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dimanche 17 mai 2026

Les hommes préfèrent les grosses de Jean-Marie Poiré (1981) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

C'était les années quatre-vingt et à l'époque certains n'avaient pas peur d'aborder des sujets désormais ''sensibles'' sous l'angle de la comédie sans se faire taxer comme ici, de grossophobie ! Nous sommes en 1981 et Jean-Marie Poiré n'a pas encore signé l'adaptation cinématographique de la pièce de théâtre Le père Noël est une ordure, le génial Mes meilleurs copains ou le premier volet de la trilogie (si l'on ne compte pas la version américaine) Les visiteurs. En ce début de décennie où la liberté d'expression avait encore un sens, Josiane Balasko est tout comme la plupart des membres de la Troupe du Splendid l'une des grandes vedettes de la comédie française. Après les deux premiers volets de la saga Les bronzés, l'actrice enchaîne les rôles et rien qu'en cette année 1981, elle participe aux tournages de Clara et les chic types, Le maître d'école (aux côtés de Coluche), d'Hôtel des Amériques et donc des Hommes préfèrent les grosses qui selon le titre tente à vouloir faire croire que la gente masculine serait davantage attirée par les femmes rondes, dodues et même pourquoi pas, obèses. Pourtant, l'on découvre rapidement que la ''grosse'' de cette sympathique comédie qui connaîtra une rude concurrence puisque la même année sortira La chèvre de Francis Veber, La soupe aux choux de Jean Girault ou la comédie satirique de Bertrand Tavernier, Coup de torchon n'est paradoxalement pas au centre des attentions des hommes qui gravitent autour d'elle puisque c'est après avoir tout fait pour trouver une colocataire encore moins attirante qu'elle (on retiendra d'ailleurs à ce sujet la savoureuse réplique de sa meilleure amie incarnée par Dominique Lavanant) que Lydie (Josiane Balasko, donc) tombe finalement sur Eva, un joli mannequin incarné par l'actrice et... mannequin justement, Ariane Lartéguy. Après s'être faite plaquer par son petit ami et chef du personnel de l'entreprise pour laquelle elle travaille Paul Berthelot (Martin Lamotte) et avec lequel elle avait prévu de s'installer dans un tout nouvel appartement, Lydie Langlois cherche donc désormais à partager le loyer avec une colocataire. C'est là qu'arrive Eva. Jeune femme séduisante sur laquelle s'accrochent les hommes dont Gérard, le frère de Lydie, véritable pot de colle, incarnant le beauf par excellence, ainsi que Ronald, personnage nettement plus charismatique que ce pauvre petit vendeur de poisson incarné par Luis Rego. Les hommes préfèrent les grosses est typique de son époque et ne s'embarrasse pas de la moindre pincette pour traiter son héroïne comme une pauvre fille que les hommes méprisent en raison de son surpoids et d'une apparence générale qui n'en font pas un canon de beauté.


Lydie, c'est la bonne copine. La confidente. Qui débarque en boite de nuit vêtue d'une robe rose ridicule, qui se prend une baffe à la place d'un autre, qui tend gentiment l'oreille et écoute les confidences, mais qui semble aussi et surtout incapable de construire quoi que ce soit avec les hommes. Tous des cons ou presque, d'ailleurs. Entre un Luis Rego qui sous ses allures de beauf trop sûr de lui cultive le malaise, un Martin Lamotte pleutre qui n'hésite pas à balancer Lydie pour faute grave à son supérieur, laquelle se retrouve à la porte de son boulot, un Ronald en dandy de cinquième catégorie ou un Thierry Lhermitte qui dans le rôle du petit ami d'Arlette (Dominique Lavanant) se la joue végétarien pacifiste mais s'avère être en fait un bon gros connard ! On a beau avoir de la tendresse pour le personnage incarné par Josiane Balasko et trouver que les personnages masculins que l'héroïne est contrainte de se farcir ne sont que de sombre crétins mais reconnaissons que Les hommes préfèrent les grosses est franchement très drôle et charrie quelques répliques ou situations relativement cocasses. Lydie cherchant une colocataire : ''Faudrait qu'elle soit beaucoup plus moche que moi. Comme ça, je serai tranquille...'' Arlette lui répondant du tac au tac : '' M'enfin, ne m'dis pas que tu cherche un monstre. Tu trouveras pas, faut pas rêver !''. Notons l'intervention de Daniel Auteuil dans le rôle de l'ex compagnon d'Eva, Jean-Yves. Avec ses faux airs de psychopathe obnubilé par la jeune femme, le personnage n'est qu'un énième pauvre type comme en compte beaucoup la comédie de Jean-Marie Poiré. Du côté des anecdotes, il faut savoir que le rôle qu'interprète Luis Rego devait être joué par Michel Blanc mais celui-ci, inquiet à l'idée d'incarner un personnage trop semblable à celui de Jean-Claude Dusse qu'il incarna dans Les bronzés refusa à seulement quelques semaines du début du tournage. L'ancien membre du Splendid rencontre cette année là un grand succès grâce à la comédie de Patrice Leconte, Viens chez moi, j'habite chez une copine. Premier rôle aux côtés de Bernard Giraudeau, il n'est pas impossible que l'acteur ait également refusé le rôle de Gérard dans Les hommes préfèrent les grosses parce qu'il n'y incarnait pas le personnage central. C'est du moins ce qu'à sans doute imaginé Jean-Marie Poiré qui pour se ''venger'' du désistement de Michel Blanc fit dire à une speakerine présente un court instant dans le film la phrase suivante : ''M.B a la grosse tête''...

 

samedi 14 mars 2026

Les Nouvelles Aventures de Cendrillon de Lionel Steketee (2017) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Les mythes ont la vie dure. Tout comme le désastreux diptyque consacré au personnage d'Aladin (Les Nouvelles Aventures d'Aladin d'Arthur Benzaquen en 2017, Alad'2 de Lionel Steketee l'année dernière), Cendrillon, le personnage retranscrit par Charles Perrault à partir de version orales en 1697 a lui aussi connu les misères d'une adaptation calamiteuse. Cette fois-ci, le responsable de cette infamie qui ferait passer la filmographie des Charlots pour de véritables chefs-d’œuvre cinématographiques est... heu... ben... Lionel Steketee. Comme quoi. Pourquoi tenter de faire mieux lorsque l'on peut faire pire ? Le plus fou est d'imaginer que l'on puisse accepter de produire une chose pareille. En même, temps, on ne sait jamais à l'avance à quoi ressemblera le produit. Financé par Daniel Tordjman, lequel a également produit les deux volets d'Aladin, Les Nouvelles Aventures de Cendrillon part d'un principe simple : adapter de façon libre l’œuvre de Charles Perrault en y injectant tous les poncifs à la mode.
Que l'on soit d'accord ou pas avec le principe consistant à aborder des thèmes aussi courants que délicats que le communautarisme, l'homosexualité, ou que sais-je encore, l'oeuvre de Lionel Steketee tente avec humour de s'emparer sans la moindre finesse de quelques-uns de ces sujets que certains considèrent avec démagogie comme de véritables brûlots, alors qu'il ne faudrait point n'y voir d'autre que des tentatives, certes maladroites, d'appropriation de thématiques à la mode. Noyées, bien entendu, dans un récit convenu par avance. Ou comment faire du neuf avec du vieux. Quoique en matière de neuf, Lionel Steketee et son scénariste Daive Cohen (déjà à l'action sur les deux volets d'Aladin, c'est dire si le cinéaste devrait penser à changer de scénariste) ont bien du mal à nous intéresser à ce sujet mainte fois remanié au cinéma, au théâtre, à la télévision ou en littérature.

Pourtant, au départ, tout semblait partir sur de bonnes bases. Malgré un duo réalisateur/scénariste dont la présence au générique pouvait dès le départ inquiéter l'amateur de comédies françaises, le casting suffisait à convaincre certains de faire le premier pas vers les salles obscures le jour de la sortie du film : Marilou Berry et sa mère Josiane Balasko, mais également Arnaud Ducret, Didier Bourdon, Vincent Desagnat et Jérôme Commandeur pour les principaux interprètes. La première dans le double rôle de Julie et Cendrillon, la seconde dans ceux de la voisine de l'héroîne et la belle-mère de Cendrillon, et les suivant incarnant respectivement Marco et Le Prince Marco, le patron de Julie et le Roi, Gilbert et le Prince Gilbert, et le dernier interprétant le rôle unique du Duc. Lionel Steketee n'amuse que lui en intégrant un caméo de Kev Adams en Aladin sous la forme d'une pauvre photo, ou le personnage de Blanche Neige et de sept nains renommés pour l'occasion en Vénère, Relou, Péteur (quelle finesse de l'entendre émettre des flatulences), Feignasse, Boloss, Teubé et Cécoin.

Les Nouvelles Aventures de Cendrillon passe de la vie un brin tristounette de Julie au conte qu'elle adapte pour l'enfant que le fils de son patron lui confie pour la soirée. Une reconstitution haute en couleurs mais pas vraiment convaincante. Tout y étant de carton-pâte, on supposera que le réalisateur prévoyait de concentrer toute son attention sur le jeu de ses interprètes. Sauf qu'ici, tout sonne faux, et de toute manière, le récit est tellement connu et rabâché qu'il faut vraiment avoir des nerfs d'acier pour tenir jusqu'au bout. Pas drôle pour un sou malgré la présence d'un Arnaud Ducret bien dans son élément, Les Nouvelles Aventures de Cendrillon est de surcroît assez vulgaire et désobligeant. Le réalisateur nous assène quelques séquences façon « comédie musicale » parfaitement insipides. Au mépris de ses spectateurs, futurs téléspectateurs et acheteurs éventuel du dvd, Lionel Steketee signe l'une des pires comédies françaises de 2017. Et même l'une des pires tout court... A éviter...

vendredi 8 août 2025

Délocalisés d'Ali et Redouane Bougheraba (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


Première chose à savoir : vous idolâtrez Josiane Balasko depuis que vous l'avez découverte dans Les Bronzés au point de ne jamais manquer aucune de ses apparitions cinématiques ou télévisuelles ? Abandonnez toute idée de la voir régulièrement évoluer au sein de ce récit qui se déroule en grande majorité à Calcutta. En effet, si l'ancienne membre de la Troupe du Splendid apparaît au générique, elle partage avec l'acteur Stéphan Wojtowicz le tout petit rôle de l'un des beaux-parents du héros incarné par l'acteur et humoriste franco-algérien Redouane Bougheraba. Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur auprès de son frère Ali, Redouane Bougheraba interprète le personnage de... Redouane ! Employé d'une petite entreprise de fabrication de matelas, ses collègues et lui se voient offrir de la part de leur supérieur (Antoine Gouy dans le rôle de Berthelot) l'opportunité de faire le pont et ainsi de profiter de quatre jours de repos. Mais lors du retour des salariés à l'usine le lundi suivant, tous constatent qu'ils ont été écartés de leur entreprise afin de permettre aux dirigeants de faire vider les lieux. Tandis que Redouane (qui attendait de profiter de sa récente promotion) et ses collègues craignent d'être licenciés, Berthelot leur propose d'aller travailler en Inde. À Calcutta. Si tous refusent, Redouane, lui, accepte. D'autant plus que son supérieur lui promet que son salaire sera doublé. Reste à convaincre sa compagne Marguerite (l'actrice Vanessa Guide) d'accepter de l'accompagner à l'étranger... Combien de comédies françaises dramatiques ou non nous ont déjà été proposées sur ce postulat ? Beaucoup, c'est vrai. Trop sans doute. Mais l'un des gros points positifs de Délocalisés des frère Bougheraba se situe au niveau du cadre géographique et de ses interprètes secondaires.


Plutôt que de nous refaire le coup de la France profonde versant Hauts-de-France où le taux de chômage est tel qu'il est souvent bien plus facile d'offrir au public nordique un récit qui les touche directement, les frères Bougheraba transportent leurs interprètes et leur équipe technique jusqu'en Inde. Poussant ainsi en outre leur volonté de s'imprégner des codes vestimentaires du pays en confiant la conception des costumes à l'indienne Madhushree Athavale. Pour un budget approchant les neufs millions d'euros, Délocalisés n'a sans doute pas comme ambitions de devenir le prochain grand classique de la comédie française mais au regard des authentiques escroqueries financières que parait être une partie de la production française en la matière (dont Toutes pour une de Houda Benyamina et ses dix millions d'euros de budget reste l'une des plus représentatives), le long-métrage d'Ali et Redouane Bougheraba diffère de cette cohorte de bousins qui pour certains furent financés avec notre argent. Bien que dans ses grandes lignes le film ne fasse pas franchement preuve d'une très grande inspiration, accompagnés à l'écriture par les scénaristes Cédric Dosne et Germain Blo, les deux frangins profitent de la simplicité du script pour nous offrir une comédie fraîche, dépaysante, colorée et qui, Ô miracle, parvient à nous arracher quelques sourires et deux ou trois rires. Ce qui en la matière devient une denrée de plus en plus rare sur le territoire hexagonal. Les frères Bougheraba n'en n'oublient cependant pas de faire de leur œuvre une critique de la mondialisation et des écarts culturels qui existent entre l'Inde et notre pays. En résulte un sympathique voyage en Inde, traversé de plans parfois magnifiques comme lors du Holi, ce festival des couleurs d'origine hindou durant lequel la population fête la fin de l'hiver et exprime sa joie lors d'un véritable feu d'artifice de couleurs. Bref, Délocalisés permet, sans prise de tête, de passer un très agréable moment. Et ce malgré quelques facilités que les deux frères Bougheraba auraient pu nous épargner. Comme celle d'envisager le couple formé par Josiane Balasko et Stéphan Wojtowicz comme des racistes. Notons enfin la participation de l'acteur bangladeshi Ahassan Uddin dont le rôle Rahul Kool est son tout premier sur grand écran...

 

jeudi 5 juin 2025

Pauline et l'ordinateur de Francis Fehr (1977) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Découvrir Josiane Balasko, Martin Lamotte, Gérard Jugnot, Marie-Anne Chazel ou encore Bruno Moynot avant qu'eux et les autres membres de la Troupe duSplendid ne deviennent célèbres la même année grâce aux Bronzés de Patrice Leconte a de quoi aiguiser la curiosité. D'autant plus que le film dont il est question de parler ici fut intégré dans la section Perspectives du Cinéma français née quatre ans avant sa sortie sur grand écran sous l'impulsion de Président du Festival de Cannes Robert Favre Le Bret et du Délégué général Maurice Bessy qui voulaient l'un et l'autre proposer d'autres catégories de films. Dire que Pauline et l'ordinateur échappe à celles communément proposées par le festival est un euphémisme. Sans être aussi hermétique qu'un Themroc signé en 1973 par Claude Faraldo et dont les dialogues n'étaient qu'une succession d'onomatopées et de rugissements, le premier long-métrage de Francis Fehr a de quoi laisser perplexe. Comédie au ton inhabituel et dont les séquences semblent avoir été majoritairement interprétées de manière improvisée, l'expérience est ardue pour quiconque se réfère à la catégorie dans laquelle le long-métrage semble devoir s'inscrire. Écrit par le réalisateur lui-même, Pauline et l'ordinateur est une comédie dont la subtilité est parfois, pour ne pas dire majoritairement, difficile à saisir. Le soucis principal provenant sans doute de l'implication d'interprètes (et donc de personnages) qui n'ont malheureusement pas le talent suffisant pour tenir les quelques lignes de dialogues qui leur ont été confiées sans que quelques lacunes en matière de diction ne viennent pervertir les échanges entre Josiane Balasko et chacun d'entre eux. Si le principal soucis de l'héroïne paraît avoir un lien direct avec le monde de l'informatique et des ordinateurs (d'où le titre) ainsi qu'un problème de surpoids (ironique lorsque l'on songe que l'actrice n'a sans doute jamais parue si mince à l'écran), le fond de l'histoire est assez délicat à saisir. Pauline et l'ordinateur prend davantage l'allure d'une collection de sketchs permettant à l'héroïne de croiser de nombreux personnages avec lesquels elle échange en général sur le sujet qui l'obsède principalement ! Pour être tout à fait honnête, le long-métrage de Francis Fehr s'avère plutôt pénible à regarder. Après un générique de début plutôt étrange, voire anxiogène et qui ne cadre pas vraiment avec le ton voulu par l'auteur du film, le réalisateur consacre la totalité des plans à sa vedette. Une Josiane Balasko/Pauline qui s'interroge sur le monde qui l'entoure.


Qui s'interroge, oui. Mais qui aussi Interroge les autres. Et parmi eux, des hommes et des femmes que nous n'aurons plus jamais l'occasion de revoir sur grand ou petit écran et d'autres qui verseront dans une carrière bien différente de celle qui les impose ici comme de piètres partenaires. À l'image de Jacques Attali, célébrité ''multi-tâche'' qui pourtant échoue à donner la réplique à Josiane Balasko. Concernant les membres de la Troupe du Splendid qui participent au projet, inutile d'espérer voir autre chose qu'un contenu similaire aux quelques sketchs et fausses publicités de leurs débuts. Même hésitation, même absence de dialogues réellement percutants. Les uns et les autres tâtonnent sans jamais pouvoir nous convaincre que l'expérience méritait que l'on y jette un œil ! Pourtant, il m'est arrivé de me surprendre à rire à deux occasions. La première ? Tout bêtement lorsque Josiane Balasko pose sa jambe sur une barre d'entraînement de danse classique comme le ferait un boucher sur son étal avec une pièce de bœuf. Rire nerveux ou sincère, je ne m'en souviens plus vraiment. Quant au second rire, quand a-t-il eu lieu ? Et dans quelle circonstance ? Là encore, c'est le flou total ! Concernant la bande musicale, elle est l’œuvre du compositeur français Éric Demarsan. Une musique très étrange. Expérimentale et électronique. Un courant musical balbutiant auquel sont ajoutés quelques extraits du groupe culte originaire d'Allemagne, Tangerine Dream. Un groupe formé à l'époque par son fondateur Edgar Froese, alors accompagné par les légendaires Christopher Franke et Peter Baumann. Notons que les trois membres du groupe apparaissent d'ailleurs à l'image lors d'une session d'enregistrement ! Mais en dehors de ce fait relativement marquant pour les fans de ce groupe emblématique de la Kosmische Musik propre aux années 60/70, Pauline et l'ordinateur demeure une œuvre beaucoup trop sourde aux sirènes du grand public. Un long-métrage expérimental voué à échouer dans le cercle très étroit des amateurs d'Objets Filmiques Non Identifiés. Bref, une curiosité assez désagréable à suivre jusqu'à son terme...

 

dimanche 31 mars 2024

Grosse fatigue de Michel Blanc (1994) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Mais qu'est-ce qui arrive à Michel Blanc ? En manque d'inspiration depuis dix ans (le film évoque pourtant le fait que seulement sept année séparent son dernier long-métrage en tant que réalisateur de l'époque où se situe l'action de Grosse fatigue), jeté hors de la boite de nuit tenue par Régine, accusé de viol sur la personne de Josiane Balasko, jeté en prison puis libéré et enfin accueilli dans la splendide résidence secondaire de Carole Bouquet dans le Lubéron, l'acteur et réalisateur semble proche de la dépression. En effet, Michel Blanc ne comprend absolument pas ce qui lui arrive. Et nous non plus d'ailleurs. Jusqu'au jour où on lui annonce qu'il va très prochainement dédicacer les cassettes de ses films au rayon ''Sport et plein air'' à l'hypercontinent d'Orange ! Bien décidé à clarifier toute cette affaire, il se rend en compagnie de Carole Bouquet à la séance de signatures... Le concept de film dans lequel tout ou partie des interprètes jouent leur propre rôle est relativement récurrent. En France, l'un des plus représentatifs du genre demeure Les acteurs que réalisera six ans plus tard le réalisateur et scénariste Bertrand Blier. Concernant le second long-métrage de Michel Blanc, parmi la pléthore d'interprètes, certains incarnent des personnages de fictions, tels Philippe du Janerand, François Morel, Jean-Louis Richard, Bruno Moynot ou encore Bernard Farcy. Des dizaines de rôles secondaires autour desquels beaucoup d'autres comédiens apparaissent sous leur véritable identité : Philippe Noiret, Charlotte Gainsbourg, Mathilda May, Dominique Besnehard, Guillaume Durant mais également, les anciens membres de la troupe du Splendid dont faisait lui-même partie Michel Blanc. C'est donc entouré de Josiane Balasko, de Marie-Anne Chazel, de Thierry Lhermitte, de Christian Clavier et de Dominique Lavanant qu'il partage avec les spectateurs cette histoire absolument loufoque et presque invraisemblable dont il a écrit le scénario aux côtés de Josiane Balasko, de Jacques Audiard et de Bertrand Blier.


Si j'ai volontairement ''oublié'' de citer le nom de Gérard Jugnot, c'est pour mieux évoquer le fait qu'en dehors de sa participation en tant qu'interprète de son propre rôle dans le film, l'intrigue repose à l'origine sur un fait-divers dont il fut lui-même la victime. En effet, durant plusieurs années, un hommes partageant les même caractéristiques physiques que lui a usurpé son identité à des fins commerciales. Un individu du nom de Michel Praz qu'avait approché la star française pour le tournage de Pinot simple flic s'est semble-t-il un peu trop prêté au jeu : l'homme signait des autographes, animait le Tour de France dans les boites de nuit et contribuait à la vente de véhicules d'une concession automobile en promettant aux futurs acheteurs une photo d'eux en sa compagnie. Tout cela contre monnaie sonnante et trébuchante, bien entendu... Au final, Gérard Jugnot lui fera un procès et finira par obtenir gain de cause. Pour en revenir au film, on devine désormais les tenants et les aboutissants de cette histoire rondement menée, bien écrite (on reconnaît bien là la verve de l'auteur de Marche à l'ombre) et relativement bien rythmée. Pour Carole Bouquet, Grosse fatigue est l'occasion de changer de registre et de s'essayer à la comédie. L'ombre de Bertrand Blier plane à plusieurs reprises au dessus du récit. Et notamment lors de la séquence située dans la cellule d'une prison où Michel Blanc va être confronté à trois voyous. Aux côtés de François Aragon et d'Antoine Basler, Arno Chevrier campe un détenu à l'éloquence proche de celle du Gérard Depardieu de Tenue de soirée. Le passage en prison rend d'ailleurs très clairement hommages à certains échanges entre Antoine et Bob, deux des trois protagonistes principaux du long-métrage de Bertrand Blier. Sur le ton de l'absurde, à la limite du cauchemar éveillé, Michel Blanc signe une comédie cynique mais très sympathique qui égratigne quelque peu le métier d'acteur en le dévoilant sous un jour nouveau. Bourré indirectement de références cinématographiques, Grosse fatigue peut être envisagé comme un OFNI du fait qu'une bonne moitié des actrices et acteurs y interprètent leur propre rôle. Ce qui n'empêche absolument pas le film d'être parfois très amusant...


vendredi 14 janvier 2022

Mes très chers enfants d'Alexandra Leclère (2021) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Le temps passe... Certains artistes vieillissent, d'autres mûrissent. L'humour reste et ses exigences également. Ses créateurs évoluent, ses spectateurs aussi, parfois, mais pas toujours. L'équipe du Splendid, Les Nuls ou Les Inconnus font partie du passé mais demeurent dans l'inconscient (presque) collectif comme les parangons d'un humour décomplexé et ultra productif (en effet, combien de vannes par minute dans chacun des deux premiers volets de la franchise des Bronzés ?) qui chaque fois qu'une troupe s'est séparée, s'est quant à lui délité. Aujourd'hui, que les comiques ou non se valent, les uns et les autres se croisent et s'accouplent dans des projets communs. Pour le meilleur mais aussi et surtout pour le pire. L'un des derniers exemples en date, le couple formé par Josiane Balasko et Didier Bourdon dans Mes très chers enfants d'Alexandra Leclère. Laquelle retrouve la première qu'elle avait mise en scène en 2011 dans Maman et le second sept ans après Le grand partage et Garde alternée il y en a cinq...


Le temps passe, oui... Et l'embonpoint chez certains, se déclare. Chez ce nouveau couple de fiction, cette apparence qui n'a plus rien de commun avec la silhouette qui était celle de leurs interprètes au temps de leurs débuts se combine à une forme de sagesse. Chantal et Christian Blanc, un couple d'un certain âge, parents de deux enfants dont l'une à fait carrière dans le secrétariat (Marilou Berry dans le rôle de Sandrine, compagne du chirurgien-dentiste Régis qu'interprète Esteban) et le second travaille pour une grosse entreprise (Ben dans le rôle de Stéphane) dirigée par Édouard de Castignac qu'incarne Laurent Stocker... Comme tout parent qui se respecte, Chantal et Christian aimeraient voir leurs enfants plus souvent. Mais ces deux là ont toujours mieux à faire. C'est alors que Christian imagine un stratagème pour attirer Sandrine et Stéphane chez eux, surtout que Noël approche à grand pas. Faire croire à ces deux ingrats que le couple a gagné dix-huit millions d'euros à la loterie...


A trois mois d'intervalle, la comédie d'Alexandra Leclère reprend le principe de Pourris gâtés de Nicolas Cuche tout en inversant certaines valeurs. Dans l'un, le principe reposait sur un père richissime qui faisait croire à ses trois enfants qu'il était poursuivi par le Fisc et se réfugiait en leur compagnie dans un Marseille n'ayant rien de commun avec le faste de leur existence monégasque afin de leur inculquer de vraies valeurs comme celle de gagner sa vie par soi même. Dans le second, la notion d'argent sert d'appât aux deux ingrats pour un résultat qui se rapprochera étonnamment de celui de Pourris gâtés... Si Mes très chers enfants n'a rien d'une comédie transcendante dont on prendrait du plaisir à réciter certaines répliques, ou d'une profondeur telle qu'on la rangerait immédiatement parmi les meilleures, lorsque l'on est habitué à sortir d'une salle après avoir subit l'une de ces innombrables purges dont a le secret le cinéma comique français depuis un certain nombre d'années, Mes très chers enfants demeure encore tout à fait envisageable comme première partie de soirée...


Il ne faudra cependant pas trop se montrer exigeant en terme d'écriture, de mise en scène ou d'interprétation car le film est léger, sans prises de risques aucune (osez-donc plutôt découvrir la comédie noire Oranges sanguines pour comprendre ce que veut dire prendre des risques). Redécouvrir Balasco et Bourdon sur grand écran et presque toujours un plaisir même si la comédie n'a depuis quelques années jamais été aussi jouissive que lorsqu'elle se compromet dans des projets irrévérencieux. Chose que ne tente jamais vraiment l’œuvre d'Alexandra Leclère. Si vous aimez vous baigner dans les eaux calme d'un lac, ce film est fait pour vous. Si par contre l'aventure est pour vous synonyme de mer déchaînée, peut-être faudra-t-il vous tourner vers un tout autre projet... Comme le Barbaque de Fabrice Eboué par exemple...

 

samedi 18 décembre 2021

C'est la vie de Julien Rambaldi (2019) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Entre l'annonce de sa production, sa sortie en salle et ce moment tant redouté qui consiste à faire le déplacement pour aller la découvrir, la vie d'une comédie française n'est pas toujours de tout repos. Surtout depuis pas mal d'années. La faute à cet incessant ballet qui voit moult longs-métrages sortir les uns après les autres sans jamais rien ne proposer de neuf. Des comédies insipides calquant leur scénario, leur mise en scène, leur interprétation, leurs décors et leur musique sur des œuvres qui elles-mêmes s'avéraient déjà peu enclines à devenir des classiques du genre. Exception faites de quelques coups de génies qui viennent ponctuellement contredire l'idée que l'un des genres les plus populaires du cinéma français n'a plus grand chose à dire. Savoir garder son calme, rester objectif et oser parler d'une œuvre qui d'emblée, on le sait, connaîtra plus de rejet que de satisfaction auprès des critiques est un exercice délicat qui à force de s'en prendre plein la gueule rebute à l'idée d'écrire une note à son attention. Troisième comédie du français Julien Rambaldi après Les meilleurs amis du monde en 2010 et Bienvenue à Marly-Gomont en 2016, C'est la vie est sans doute à ce jour le meilleur film de son auteur. Aussi léger que ses prédécesseurs mais gagnant une profondeur sans doute moins superficielle, il n'est pas inenvisageable qu'une fois de plus certains s'amusent à désapprouver le concept. Simple, il est vrai, d'une maternité accueillant le même jour cinq femmes qui s'apprêtent à accoucher. Et autant de destins que Julien Rambaldi et ses interprètes nous invitent à contempler. Léa Drucker, Alice Pol, Sarah Stern, Mélodie Richard et Florence Loiret-Caille incarnent respectivement Manon Laval, la PDG de l'agence de programme spatial Arespace, Sophie Castro, future mère esseulée, Estelle, une jeune femme couvée par une mère baba-cool, Lan, une homosexuelle accompagnée de sa petite amie (l'actrice Fadily Camara) et du géniteur de son futur enfant (Thomas Scimeca dans le rôle de Gaëtan) et enfin Chloé Fontaine qui elle, doit accoucher d'un bébé prématuré...


Des trajectoires différentes pour cinq femmes dont le but prochain est le même : donner la vie. C'est la vie situe la quasi totalité de son intrigue dans les couloirs et les chambres d'une maternité tenue d'une poigne de fer par Dominique (Josiane Balasko), la plus ancienne sage-femme de l'établissement. La clinique reçoit la visite du tout jeune et tout nouveau médecin Antoine Moretti. Les présentations commencent mal entre Dominique qui outrepasse ses responsabilités en s’immisçant ''un peu trop'' dans la vie de ses patientes et le nouveau responsable du service, un brin trop orgueilleux. Pourtant, ils vont ensemble et avec l'aide des proches de leurs cinq nouvelles patientes, tout faire pour que les accouchements se déroulent dans les meilleures conditions. Le réalisateur français signe avec C'est la vie une franche réussite. Drôle et émouvant à la fois, le film parvient en l'espace d'un peu plus de cent minutes à rendre attachante une foule de personnages. Entre les futures mère, leurs conjoints ou les parents, Julien Rambaldi et son scénariste Thomas Perrier parviennent même à y ajouter quelques savoureuses séquences situées en dehors des murs de la clinique. Là où interviendra notamment la toujours excellente Julia Piaton dans le rôle de Sandrine, une jeune femme qui vient tout juste de perdre son père et qui aux côtés de l'acteur Antoine Gouy (lequel interprète le rôle de l'époux d'Estelle) formera un temps un duo sympathique perdu sur les routes menant jusqu'à la clinique...


Parmi les autres seconds rôles, rappelons la présence de Tom Leeb en arbitre de football et père du futur bébé de Sophie/Alice Pol. Celle d'Anne Benoît dans le rôle de l'étouffante et psychédélique mère d'Estelle, Mamoune. Ou encore de Youssef Hadji qui campe quant à lui l'époux de Manon/Léa Drucker, Nathan Laval, ici ''fin psychologue'' auprès de quelques ''âmes perdues''. C'est la vie est typiquement le genre de comédie que l'on regarde sans complexe et dont on peut vanter les mérites sans honte. Un moment de fraîcheur qui ne souffre d'aucun temps mort. Drôle et émouvant. Caractérisant ses personnages avec justesse. Une authenticité que leur rendront bien leurs interprètes respectifs. Josiane Balasko y tient le rôle précieux de la sage-femme proche de ses patientes et particulièrement attentionnée. Les histoires de chacun nous vont droit au cœur sans que le film ne se lamente jamais sur leur sort. On en ressort séduits, conquis d'avoir partagé avec cette vingtaine de personnages ces quelques jolis moments de grâce et d'intimité. Pas un chef-d’œuvre mais une sympathique comédie qui nous rassure tout de même sur l'état de santé du cinéma humoristique français...

 

jeudi 21 octobre 2021

Cycle troupe du Splendid à la réalisation : Les keufs de Josiane Balasko (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Après s'être accoutrée comme une clocharde dans son tout premier long-métrage en tant que réalisatrice, Josiane Balasko s'apprête désormais davantage dans son nouveau rôle. Celui qu'elle interprète dans Les Keufs, un second film où elle tient une fois de plus le rôle principal, mais désormais non plus aux côtés d'Isabelle Huppert mais d'Isaak de Bankolé, acteur d'origine ivoirienne qui tout comme Farid Chopel apparaîtra trois ans auparavant dans L'addition de Denis Amar avant de se faire véritablement connaître grâce à Black Mic-Mac de Thomas Gilou dans lequel il tiendra la vedette aux côtés de Jacques Villeret. Désormais seule aux commandes et donc sans l'assistance d'aucun autre réalisateur, Josiane Balasko fait appel à l'écrivain Jean-Bernard Pouy et au scénariste Christian Biegalski afin de mettre au point la trame de son nouveau film. Cette fois-ci l'actrice et réalisatrice saute la barrière et passe de l'autre côté de la frontière qui sépare la police des... ''filous''. Elle interprète en effet le personnage de l'inspectrice Mireille Molyneux tandis que son nouveau partenaire incarne lui l'inspecteur Blaise Lacroix de l'Inspection Générale des Services connue également sous l'acronyme IGS ! Débarrassée de son horrible gabardine et de sa chevelure désordonnée, elle débarque à l'image vêtue d'un juste au corps et d'un pantalon moulant qui dessinent parfaitement sa silhouette ainsi que d'une longue coiffure de feu. Autant dire qu'entre Sac de nœuds et Les keufs, c'est le jour et la nuit pour une Josiane Balasko dont le personnage s'est affiné et s'est refait une santé physique et mentale qui n'ont plus rien de commun avec celle d'Anita !


Aujourd'hui, l'affaire est grave. Se faisant passer pour une prostituée, Mireille Molyneux tente de serrer Charlie (l'acteur Jean-Marie Marion), un maquereau qu'elle réussi à arrêter grâce à l'aide de Yasmina (Farida Khelfa), elle-même prostituée. Mais soupçonnant la jeune femme de l'avoir trahi, Charlie la fait enlever. Suivie en retrait par deux ''bœufs-carottes'', Mireille est très inquiète et ne cesse de vouloir retrouver Yasmine. Enquêtant en solo, elle va en outre interroger une certaine Dany (excellente Catherine Hiegel), une toxicomane qu'elle soupçonne de savoir où se trouve la jeune femme. Josiane Balasko pousse le curseur de la critique sociale un peu plus loin que lors de son premier long-métrage en tant que réalisatrice. Blaise Lacroix étant un homme de couleur, on a droit à de nombreuses allusions sur ses origines. Nègre, négro, il n'est pas rare que le racisme soit évoqué dans un contexte moribond où sont également exploités les sujets de la drogue et de la prostitution. En comparaison avec Sac de nœuds, Les keufs est déjà beaucoup moins réjouissant. Pourtant, le duo Balasko/De bankolé fonctionne très bien et certains seconds rôles s'avèrent généreux en matière d'incarnation. On pense notamment à Ticky Holgado et son rôle d'inspecteur de l'IGS victime en permanence d'aventures malheureuses (chute dans une flaque d'eau, nez cassé, passage à tabac par des dealers, etc...) ou encore à Jean-Pierre Léaud ici à contre-emploi dans le rôle du commissaire Bouvreuil, une bombe à retardement hystérique tout à fait réjouissante qui lui permit d'être nommé aux César dans la catégorie Meilleur second rôle masculin en 1988...


Si certaines séquences s'avèrent plutôt intéressantes comme les diverses interventions d'une Catherine Hiegel en toxicomane plus vraie que nature ou celles qui présentent Ticky Holgado dans des situations délicates, un peu trop nombreuses sont celles qui évoquent par contre le racisme ordinaire dont sera régulièrement victime le personnage incarné par Isaac De Bankolé. Josiane Balasko ainsi que ses scénaristes Christian Biegalski et Jean-Bernard Pouy manquent là d'imagination et tournent quelque peu en rond. Si le duo est attachant, le film est déjà beaucoup moins amusant que le précédent. Une fois encore, et l'on ne pourra pas lui reprocher, l'actrice et réalisatrice profite de l'occasion pour égratigner notre société tout en oubliant parfois l'essentiel qui est celui de faire rire. Les keufs n'est pas déplaisant, l'interprétation de l'ivoirien est fraîche pour l'époque mais le film a surtout pris un sacré coup de vieux. Parmi les divers musiciens ayant collaboré à la bande musicale, nous noterons la présence du chanteur et saxophoniste camerounais Manu Dibango ainsi que celle du musicien Stéphane Sirkis, connu pour avoir été l'un des frères jumeaux du groupe de rock français Indochine avant de disparaître le 27 février 1999 à l'âge de trente-neuf ans. Une semi-déception... avant le retour fracassant de Josiane Balasko en réalisatrice quatre ans plus tard avec... Ma vie est un enfer... !

 

Cycle troupe du Splendid à la réalisation : Sac de Noeuds de Josiane Balasko (1985) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Cela fait un moment que la chose me titille mais cette fois-ci, c'est décidé. Je me lance dans un méga cycle consacré aux membres du Splendid. Non pas en tant qu'interprètes mais en tant que réalisateurs. Dans l'ordre alphabétique patronymique bien entendu. Concernant Marie-Anne Chazel, Thierry Lhermitte et Bruno Moynot cela ira très vite puisque la première n'a réalisé qu'un court et un long-métrage, le second un long et le troisième aucun. Les plus importantes carrières en tant que réalisateurs sont donc celles de Gérard Jugnot avec douze longs-métrages, de Josiane Balasko qui en compte huit et enfin Michel Blanc avec cinq films. Je ne tiendrai pas compte des courts-métrages et autres documentaires mais consacrerai ce cycle uniquement aux longs formats. Vingt-sept films à chroniquer, donc. Pas tout à fait un travail de titan mais c'est certain, un réel plaisir de pouvoir redécouvrir l’œuvre de cette troupe culte qui après des débuts en commun a fait pour la plupart une carrière en solo particulièrement brillante. On commence donc avec Josiane Balasko qui bien avant de connaître la consécration en 1996 avec Gazon Maudit se fit tout d'abord la main sur deux petites comédies fort sympathiques parmi lesquelles son tout premier long-métrage Sac de nœuds en 1985. Aux côtés de celle qui allait devenir l'une des plus grandes actrices françaises de sa génération en la personne d'Isabelle Huppert, Josiane Balasko se met en scène dans le rôle d'Anita, une paumée en gabardine façon ''Lieutenant Columbo'' et le cheveu en pétard à la manière du chanteur du groupe britannique The Cure, Robert Smith.


En blonde platine un peu cruche, d'apparence un peu ''facile'' Isabelle Huppert interprète Rose-Marie Martin, épouse d'un flic alcoolique et violent (Daniel Russo) qu'elle croit avoir tué d'un coup de couteau. En fuite en compagnie de sa voisine et nouvelle amie Anita, les deux femmes vont notamment croiser sur leur route le délinquant Rico Da Silva... Un Rico Da Silva interprété par le trop rare Farid Chopel qui depuis s'en est allé à l'âge de 55 ans, victime d'un cancer foudroyant en avril 2008. Fils d'une mère kabyle mais revendiquant la Lorraine comme véritables origines, Farid Chopel fut habitué aux rôles de crapules ou de voyous comme l'attestèrent notamment ses sombres interprétations dans L'addition de Denis Amar ou dans Les fauves de Jean-Louis Daniel tous deux réalisés en 1984. Sac de nœuds viendra l'année suivante, tout comme La Vengeance du serpent à plumes de Gérard Oury qu'il interprétera aux côtés de Coluche, Maruschka Detmers, Philippe Khorsand ou encore Luis Rego. Déjà, en 1985, Josiane Balasko dissémine ici ou là sa vision d'une certaine France à travers une critique sociale désabusée. Et au beau milieu des années quatre-vingt, déjà, le milieu social dans lequel vivent nos deux héroïnes coïncide directement avec le contexte dans lequel elles vivent. Victimes des hommes, tout d'abord, mais de la vie en général également, nos trois marginaux sont ainsi réunis dans une comédie drôle mais aussi parfois amère, typique des années quatre-vingt...


Assistée de Philippe Guez et Claude Othnin-Girard à la mise en scène et par le futur réalisateur de Sur mes lèvres, d'Un prophète ou de Dheepan Jacques Audiard au scénario, Josiane Balasko réalise un road-movie déjanté, à l'humour parfois noir, un brin grossier, mais pas trop, qui gagne en force et en énergie à mesure que le récit évolue. Entre des dialogues pas toujours très fins mais des situations qui s'enchaînent avec vigueur, l'arrivée de Farid Chopel/ Rico Da Silva est un atout évident tandis que la participation de certains seconds rôles étoffe très largement l'intrigue. Rencontre avec un Jean Carmet savoureux et très attachant en pharmacien mélomane traumatisé par la Collaboration. Avec un Coluche, également, propriétaire d'un club de jeux clandestin exploitant la compagne de Rico que des dizaines de badauds acceptent de faire la queue pour la regarder s'exhiber. Quant à Dominique Lavannant, elle interprète une infirmière alcoolique et suicidaire. Drôle et parfois émouvant, ce trio de marginaux unis dans leurs différences mais aussi dans leur trauma respectif (Anita cherche notamment à retrouver le docteur qu'elle rend responsable de la mort de son jeune enfant cinq ans plus tôt) demeure inoubliable. Et même si Josiane Balasko, en débutante, maîtrise encore avec difficulté le métier de réalisatrice, on ne peut que tomber sous le charme des personnages qu'elle a offert à Isabelle Huppert et Farid Chopel. Une comédie moins bête qu'elle n'en a l'air, terriblement humaine, et qui n'empêche pas une certaine noirceur... Un régal...

 

lundi 27 septembre 2021

L'esprit de famille d'Eric Besnard (2020) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Eric Besnard est de ces réalisateurs et scénaristes français dont on pouvait penser que la cause était irrémédiablement perdue. En 2009, il signait le film d'aventures 600 kilos d'or pur. Une purge. Une vraie, une grande, une inégalable daube. Le genre à ruiner la carrière de ses interprètes, qu'ils s'appellent ou pas Clovis Cornillac, Bruno Solo, Audrey Dana... ou même celle de Gérard Klein et Patrick Chesnais. Ceux-là mêmes dont la présence à l'écran n'y a pourtant rien changé. Deux ans après, le réalisateur débarquait à nouveau dans les salles obscures avec Mes héros, cette comédie poussive, molle et surtout pas drôle du tout malgré la présence du duo formé par Josiane Balasko et Gérard Jugnot (un hommage aux Bronzés de Patrice Leconte ?). À leurs côtés, le génial Pierre Richard ainsi que.... Clovis Cornillac... le courageux.... mais peut-être plus encore, l'inconscient ! De quoi être remonté et vouloir gueuler contre le ou la responsable qui dans votre cinéma préféré pris la décision de le programmer en cette année 2012. Trois ans plus tard, nous faisions l'impasse sur Le goût des merveilles, le précédent long-métrage d'Eric Besnard malgré des critiques pas si mauvaises que cela. Pourtant, Ô miracle, on n'y trouvait pas trace de Clovis Cornillac. Plutôt une bonne nouvelle... L'année dernière sortait sur les écrans, l'avant-dernier film en date d'Eric Besnard, L'esprit de Famille. Un titre qui pour une fois colle si bien au récit qu'il a même l'avantage de pouvoir être interprété de deux manières différentes. La première, qui demeure la plus évidente, parle de la solidarité qui existe entre les membres d'une même famille mais qui dans le cas présent n'est tout d'abord pas si évident que cela...


La seconde, et cela ne sera un secret pour personne puisqu'il meurt dès les premières minutes du film, évoque la présence au sein d'une famille composée d'une mère, de ses deux fils, de leur épouse respective et de l'enfant d'un des deux couples, du fantôme du père mort il y a peu d'une crise cardiaque. Alexandre (Guillaume de Tonquédec) est le seul à l'entendre et le voir. Mieux, le père et le fils discutent ensemble, alarmant la mère (Josiane Balasko dans le rôle de Marguerite), le frère (Jérémy Lopez dans celui de Vincent) mais amusant son fils Max (le jeune Jules Gauzelin) tout en attendrissant sa belle-sœur Sandrine (Excellente Marie-Julie Baup) qui tous se demandent si Alexandre n'a pas perdu la tête. Durant un week-end de trois jours, ils vont tous se réunir, se souvenir du père et époux qu'était Jacques et régler les dysfonctions qui règnent au sein de leur famille... si L'esprit de Famille n'est pas la comédie de la décennie et si elle ne fut pas celle de l'année 2020 non plus, force est de reconnaître qu'Eric Besnard a enfin compris que de bons dialogues, de bons interprètes et surtout une direction d'acteurs digne de ce nom pouvait faire la différence. Ici, le réalisateur touche à des sujets sensibles sur le ton de l'humour. La distance entre un fils et son père dont il n'a pas vraiment profité durant son enfance. Ce père, c'est l'acteur François Berléand qui use de son habituel ton narquois pour incarner ce fantôme qui fait sourire mais jamais peur. Josiane Balasko incarne une mère un peu froide, cachant ses émotions mais profondément marquée par l'absence de son époux. Alexandre est un écrivain ''égoïste'' et distant auprès duquel s'invective le frère Vincent, agent sportif....


Si le cadre (une magnifique demeure installée sur le territoire de Locmariaquer dans le Morbihan) est classique bien que lumineusement mise en images par le directeur de la photographie Jean-Marie Dreujou, l'intérêt repose surtout sur la présence d'un casting solide complété par la toujours excellente Isabelle Carré qui interprète Roxane, l'épouse d'Alexandre (son talent étant cependant insuffisamment exploité dans le cas présent) mais aussi et surtout par Marie-Julie Baup, sans doute bien moins connue mais qui tient là le rôle idéal pour une comédie de la belle-sœur atteinte de troubles émotionnels profonds qui l'empêchent de cacher ses émotions. Autant dire que l'actrice s'offre la part belle à certaines répliques explosives (on pense notamment à la réponse apportée à Alexandre qui lui demande en un mot de dire ce qu'elle pense de lui ou plus tard lorsqu'elle exprime sa joie d'avoir gagné un petit match de rugby en famille organisé sur une plage). Sans jamais être totalement bouleversant, les rapports entre les deux frères ou entre Alexandre et son père sont parfois touchants, mais jamais larmoyants. À vrai dire, L'esprit de Famille est plutôt une bonne surprise. Une comédie qui n'interdit pas les rires, interprétée par une belle brochette d'acteurs et d'actrices français...

 

vendredi 13 août 2021

Un tour chez ma fille d'Éric Lavaine (2021) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

À lui seul, Tatie Danielle d’Étienne Chatiliez avait déjà posé les bases du genre dès 1990. Créé et imposé avec cette vieille dame odieuse et tyrannique (extraordinaire Tsilla Chelton) des fondations qui se tiennent encore aujourd'hui fièrement debout, bien au dessus de toute concurrence. Dans un autre style, ce même Étienne Chatiliez était venu nous proposer onze ans plus tard, une alternative moins grinçante mais tout aussi réjouissante avec Tanguy. D'un côté, une arrière grand-mère acariâtre faisait vivre l'enfer à ses petits-neveux interprétés par Catherine Jacob et Eric Prat ainsi qu'à sa ''nounou'' en la personne d'Isabelle Nanty. Beaucoup moins agressif mais néanmoins tout aussi crispant, nous avions droit à Tanguy dans lequel nous assistions à la tentative désespérée de ses parents de décourager leur fils qui prenait racines chez eux. Après ces deux cas d'école, ces classiques de la comédie française, beaucoup s'y sont essayés, mais la majorité d'entre eux s'y sont cassés les dents. Même Étienne Chatiliez n'est jamais parvenu à retrouver la grâce par la suite. Ni avec L'oncle Charles, ni avec Tanguy, le retour, cette purge sortie sur les écrans de cinéma il y a deux ans. Depuis un certain nombre d'années, on le sait, la comédie française bat de l'aile, creusant de plus en plus son déficit en terme d'humour et d'inspiration. Et lorsque l'on n'a pas le moindre échantillon d'imagination sur soi, forcément, qu'est-ce qu'il nous reste d'autre que d'aller piller dans des réserves déjà vides ? En 2016, le réalisateur Éric Lavaine reprend le concept avec cette fille (Alexandra Lamy) qui retourne vivre chez sa mère dans Retour chez ma mère. Passe encore, cette comédie plutôt sympathique même si jamais vraiment irrésistiblement drôle. En 2020, c'est au tour de Michèle Laroque de vouloir proposer sa vision du concept avec Chacun chez soi. Malgré la Covid-19. Mais surtout, malgré son nullissime premier long-métrage Brillantissime sorti trois ans auparavant...


Une lubie, un caprice de ''star'' qui n'atteindra malheureusement que la dernière place d'un classement avec Chacun chez soi, tout juste au dessus de son premier méfait... Cinq ans après Retour chez ma mère, le réalisateur Eric Lavaine revient avec la suite et surtout à l'esprit, l'idée de reprendre le concept en inversant les rôles. Cette fois-ci, ça n'est plus la fille qui s'incruste chez sa mère mais l'inverse. On reprend PRESQUE tous les mêmes interprètes, à part Alexandra Lamy qui aura eu ''la bonne idée'' de n'apparaître qu'à travers sa voix, l'actrice ayant elle-même averti Eric Lavaine que le film risquait d'être trop proche du précédent volet si une fois de plus étaient confrontés les personnages de Jacqueline et Stéphanie Mazerin. En lieu et place de l'actrice, c'est donc Mathilde Seigner qui incarnait sa sœur à l'écran dans Retour chez ma mère qui se retrouve désormais sur le devant de la scène avec en prime, une Josiane Balasko terriblement étouffante. On parle évidemment de son personnage et non pas de l'interprète elle-même. Également fidèle au rôle qu'il a déjà tenu dans le premier volet, l'acteur et humoriste Jérôme Commandeur reprend le rôle d'Alain Bordier, le compagnon de Carole. Une présence qui logiquement devrait être synonyme de fous rires puisque sa seule présence sauve en général des œuvres qui flirtent avec le naufrage artistique et qui devrait donc suffire à offrir à Un tour chez ma fille, son comptant de séquences drôles. Sauf que de vouloir en faire une généralité n'est pas vraiment conseillé. Surtout lorsque l'on a subi sur grand écran, cette purge absolue de la comédie française sortie le 14 juillet dernier dans laquelle jouait justement Jérome Commandeur, un navet intitulé Mystère à Saint Tropez.


Une daube monumentale signée de Nicolas Benamou dont le seul intérêt aura permis à Brillantissime de monter d'un cran dans le classements des pires comédies hexagonales et d'apaiser le dégoût de ses plus virulents détracteurs... En guest, on a droit à la présence de Line Renaud dans le rôle de Mamoune, la mère de Josiane ou de Jean-François Cayrey en artisan-plombier et électricien d'origine polonaise. Un personnage qui cache mal son rapport avec le duo qu'interprétèrent en leur temps Zinedine Soualem et Laurent Gamelon dans La maison du bonheur de Dany Boon et que le scénario d'Éric et Bruno Lavaine et d'Hector Cabello Reyes pompe ''joyeusement''. Ici, en moins drôle, bien évidemment... C'est d'ailleurs une constante dans Un tour chez ma fille. Malgré la présence et le talent de Josiane Balasko, de Mathilde Seigner ou de Jérome Commandeur auxquels on sert des dialogues relativement plats qui ne réinventent rien et puisent dans le passé. Le pire, c'est que vu le niveau de qualité drastiquement bas de la comédie française actuelle, on se contentera malgré tout d'Un tour chez ma fille. Encore faudra-t-il considérer vaut le coup de payer le prix d'une place de cinéma. Divertissant, sans plus...

 

lundi 2 août 2021

Grâce à Dieu de François Ozon (2019) - ★★★★★★★★★☆

 


 

L'antépénultième long-métrage du réalisateur, scénariste et producteur français François Ozon Grâce à Dieu s'inspire d'un fait-divers authentique. Celui qui entoure l'Affaire Bernard Preynat, ce prêtre accusé de pédophilie entre 1972 et 1991. Reconnu coupable d'avoir abusé sexuellement dix enfants lors d'un rassemblement de scouts, il est renvoyé de l'état clérical et prend cinq de prison ferme. Dans le scénario de François Ozon, tout commence avec Alexandre Guérin (interprété par l'acteur Melvil Poupaud) qui lors d'une conversation se remémore les abus sexuels dont il fut victime de la part du père Bernard Preynat alors qu'il n était qu'un tout jeune adolescent. Le souvenir douloureux de cette période pousse le jeune homme, père de cinq enfants et marié à Marie (Aurélia Petit), à rencontrer Régine Maire, la psychologue de l'archevêché. C'est grâce à elle qu'Alexandre parvient à obtenir un rendez-vous avec le cardinal Philippe Barbarin auprès duquel il témoignes des attouchements dont il fut victime il y a longtemps. Bien que le cardinal lui ait promis de faire la lumière sur toute cette affaire, Alexandre comprend très vite qu'il n'obtiendra rien des autorités ecclésiastiques. Pire : le père Bernard Preynat, malgré les plaintes de plusieurs parents, officie toujours au contact d'enfants...


Avec Grâce à Dieu, François Ozon signe un très grand film, qui s'abstient de montrer l'affaire sous son aspect le plus dérangeant pour n'en retenir que l'essentiel. Le combat mené par les victimes d'un homme d'église en qui leurs parents et eux-mêmes avaient mis leur confiance entre ses mains. Entre dépositions des victimes, création de La Parole Libérée, cette association qui réunit à l'époque une soixantaine de personnes victimes du père Bernard Preynat et qui très récemment a été dissoute par ses propres membres, confrontations entre le bourreau et certains de ceux dont il abusa à l'époque et qui depuis sont tous devenus des adultes, l’œuvre de François Ozon fait également l'état des lieux des traumatismes qui découlèrent du viol de plusieurs d'entre eux. De la simple caresse jusqu'à la fellation contrainte, le réalisateur aborde le sujet de la pédophilie avec une infinie sobriété tout en n'oubliant jamais d'y évoquer également le silence dont s'est rendue coupable l’église et les retombées médiatique, judiciaires et religieuse d'une telle affaire. François Ozon s'intéresse moins au bourreau qu'à ses victime. Ce qui lui évite (et épargne aux spectateurs) d'exposer plus qu'il n'en faut le bourreau sous la lumière des projecteurs. Car les véritables héros de ce récit sont justement ceux dont le père Bernard Preynat abusa. Un homme de Dieu courageusement interprété par l'acteur Bernard Verley qui quoi qu'on en dise, a su parfaitement dessiner les contours de ce prêtre doux dans les paroles mais capable de pire dans les actes...


Melvil Poupaud, donc, mais également Denis Ménochet (notamment inoubliable dans l'excellent Seules les bêtes de Dominik Moll en 2019), mais aussi et surtout Swann Arlaud, qui dans le rôle d'Emmanuel Thomassin interprète l'une des victimes du pédophile de manière absolument bouleversante. Le festival de Cannes saura d'ailleurs s'en émouvoir puisqu'il y recevra le très mérité prix du meilleur acteur dans un second rôle (un second rôle qui d'ailleurs aurait mérité d'être hissé au niveau de ceux de Melvil Poupaud et de Denis Ménochet tant Swann Arlaud marque Grâce à Dieu de sa seule présence et de sa qualité d'interprétation). On appréciera également les participations de Josiane Balasko, d'Odile Debord, d'Aurélia Petit, de Julie Duclos ou d'Amélie Daure qui incarnent avec justesse qui une mère, qui une épouse ou qui une compagne... N'oublions pas également l'acteur François Marthoulet qui incarne quant à lui le rôle du Cardinal Philippe Barbarin qui lui aussi sera au centre de l'affaire pour avoir gardé le silence quant aux faits reprochés au père Bernard Preynat. Sans jamais se placer à la hauteur d'un juge, François Ozon signe une partition parfaite. Un sujet grave traité dans la plus grande dignité par le réalisateur et ses interprètes. Je le répète, Grâce à Dieu est un très grand film...

 

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