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vendredi 2 octobre 2026

Resident Evil: Vendetta de Takanori Tsujimoto (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Cinq ans après le très réussi Resident Evil: Damnation de Makoto Kamiya sur lequel je reviendrai très prochainement, le réalisateur, scénariste, spécialiste des effets visuels et acteur japonais Takanori Tsujimoto mettait en scène le huitième long-métrage de la franchise vidéoludique Resident Evil et le quatrième (si l'on compte l'affreux Biohazard 4D-Executer Kōichi Ōhata de Kōichi Ōhata) à avoir été exclusivement réalisé sous forme de film d'animation. Si en 2012 le volet de Makoto Kamiya fut notamment appréciable grâce à des décors frisant parfois le photo-réalisme, Resident Evil: Vendetta de Takanori Tsujimoto semble faire un léger bond en arrière. Rien à voir fort heureusement avec le très laid Biohazard 4D-Executer qui en 2000 ressemblait davantage à une cinématique produite à l'aide du coprocesseur de décompression MDEC (pour Macroblock Decoder). Pourtant, concernant de Resident Evil: Vendetta, il devient évident que se sortir de la tête qu'il ne s'agit que d'un film d'animation devient rapidement un problème. Le récit s'inscrit chronologiquement entre le sixième opus de la franchise et le dernier en date en terme d'animation, intitulé Resident Evil: Death Island et réalisé par Eiichirō Hasumi en 2023. Dans cette itération datant donc de 2017, le cinéaste, les créateurs de l'histoire originale Tokuro Fujiwara et Shinji Mikami ainsi que le Makoto Fukami et le dialoguiste Joe McClean concoivent une œuvre tournant autour de deux des principaux protagonistes de la franchise, l'agent gouvernemental du DSO (Division of Security Operations) Leon S. Kennedy et le capitaine travaillant au sein du BSAA et ancien forces spéciales de Raccoon City (S.T.A.R.S.) (Bioterrorism Security Assessment Alliance) Chris Redfield, ex employé du département de la police de Raccoon (R.P.D) de la division des forces spéciales (S.P.F). Autre personnage récurrent, Rebecca Chambers. Elle que l'on retrouvera six ans plus tard dans Resident Evil: Death Island est une ancienne membre des S.T.A.R.S désormais professeur d'université et chercheuse à l'Institut Alexander. C'est elle qui dans le contexte de ce quatrième film d'animation de la franchise découvre le vaccin qui permettra de contrer le Virus-A (Animality Virus)...


Un virus combinant deux technologies biologiques existantes connues sous le nom de Virus-T et Las Plagas. Son créateur : Glenn Arias, un ancien agent de la CIA. L'antagoniste du récit qui n'a jamais pardonné au Gouvernement d'avoir causé la mort de son épouse lors d'un attentat et qui désormais, ivre de vengeance, a donc développé ce virus afin de le propager dans toute la ville de New York. Comme dans tout bon ou mauvais Resident Evil, qu'il s'agisse des différentes plateformes vidéoludiques ou des diverses adaptations au cinéma ou à la télévision, Resident Evil: Vendetta compte un certain nombre de créatures. Parmi elles, les éternels zombies, infectés par le Virus-A, mélangé à l'eau potable ou transmis à l'aide d'un gaz. Apparaissent également les fameux Cerberus, des dobermans visibles dès le premier jeu vidéo sorti sur console Playstation en 1996. Puis survient Diego Gomez, le garde du corps de Glenn Arias, un colosse gigantesque à la force surhumaine. Sans parler de Glenn Arias lui-même qui apparaitra lors du dernier acte dans une fusion monstrueuse de type ''Tyran'' avec Diego. Ce que l'on pourrait d'abord reprocher à Resident Evil: Vendetta c'est son scénario on ne peut plus basique.Une histoire de vengeance, un virus se propageant et trois protagonistes essayant de contrecarrer les plans de l'ancien agent de la CIA devenu fou à la mort de sa femme. En découle un récit linéaire, bourrin, empli de fusillades, de courses-poursuites mais aussi d'excellents combats au corps à corps superbement chorégraphiés et dont le style se rapproche très fortement des affrontements du héros de la saga filmique John Wick dont le premier volet vit le jour trois ans plus tôt ! Plus faible que le précédent volet, le long-métrage de Takanori Tsujimoto est sauvé in-extremis par une dernière partie qui dénote outrageusement avec ce qui vient de précéder. De la ville de New York vue de dessus à laquelle les concepteurs d'images de synthèse offrent enfin un caractère photo-réaliste, jusqu'au laboratoire où se termine l'action, Resident Evil: Vendetta échappe de peu au naufrage. Bref, un volet en demi-teinte...


lundi 28 septembre 2026

Resident Evil de Zach Cregger (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

C'est en toute confiance que je me suis rendu hier soir dans mon cinéma préféré pour y faire connaissance avec le tout nouveau personnage de la franchise Resident Evil... Très confiant, oui, car derrière la mise en scène et l'écriture de ce huitième et nouvel opus live se cache Zach Cregger, l'auteur des excellents Barbarian en 2022 et Weapons en 2025. Pourtant, il y avait de quoi se faire du soucis car la licence vidéoludique créée par Capcom voilà des dizaines d'années n'a jamais vraiment bénéficié d'adaptations cinématographiques à la hauteur de sa qualité ou de sa réputation. Après quatre longs-métrages signés de Paul W.S. Anderson, un d'Alexander Witt, un de Russell Mulcahy et celui qui fut le dernier en date, Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City, réalisé par Johannes Roberts en 2021, de qualité relativement bonne et pourtant incompréhensiblement rejeté par une grosse partie de la communauté des fans, Zach Cregger s'est donc lancé dans le pari incensé de redorer le blason d'une franchise dont il n'a jamais vu le moindre volet. Et autant dire que cela se voit, se ressent et explique sans doute pourquoi son dernier film s'éloigne drastiquement du reste de l'octalogie qui n'était en grande majorité qu'une série de longs-métrages bourrins, sans finesse aucune et plus proches d'un cinéma Z se fichant du matériau d'origine que celui d'auteurs désirant véritablement rendre hommage à une licence de jeux vidéos qui marqua et continue de marquer profondément l'esprit des joueurs... On pourrait alors arguer que Zach Cregger en fait autant en n'employant les zombies que lors de rares séquences. S'il est vrai que ceux-ci n'apparaissent que de manière très sporadique, le cinéaste exploite cependant beaucoup plus profondément le fameux Virus-T, l'une des souches du Virus Progenitor conçu par la Umbrella Corporation. Un virus qui devait à l'origine permettre à ceux auxquels il fut injecté de développer des capacités physiques hors normes mais qui malheureusement dégénéra pour donner forme à des créatures dont le nouvel opus sorti le 16 septembre dernier permet de découvrir de nouvelles formes de mutations. Si Resident Evil évoque bien l'existence de la ville et de l’hôpital de Raccoon City ainsi que la société Umbrella Corporation et si les créatures ressemblent parfois effectivement à certaines de celles que l'on pouvait croiser au détour de certains jeux issus de la franchise vidéoludique, le film de Zach Cregger aurait aussi bien pu porter un tout autre nom...


Ici, le long-métrage est principalement incarné par l'acteur Austin Abrams. Il y interprète le rôle du coursier médical Bryan Hodukavich auquel est confié la tâche de livrer un très important colis à destination de l'hôpital général de Raccoon City. Il est tard, la neige a recouvert de son blanc manteau la totalité de la région et le jeune homme est pressé de retrouver sa petite amie qui est enceinte. Malheureusement pour lui, la nuit va être longue, très longue et semée d'une foule d'embûches dont il devra se dépatouiller avec ses maigres moyens. Car plutôt que de faire de son personnage central un homme fort et héroïque, Zack Cregger choisi d'en faire un individu lambda auquel n'importe lequel d'entre nous ou presque pourra s'identifier. Une arme à la main, Bryan tire souvent à côté. Au moindre bruit, il se met à crier, à gémir, à respirer très fortement. Devant le danger, il fuit ! Et pourtant, sans hypothétique autre raison que de gagner le double de ce que lui rapporte habituellement les courses qu'il effectue, Bryan va aller jusqu'au bout, pénétrer dans Raccoon City, rencontrer quelques personnages secondaires qui ne feront pas long feu et surtout croiser en chemin des créatures véritablement monstrueuses. L'une des très grandes qualités de Resident Evil est pour son auteur d'avoir su comprendre les attentes non pas simplement des fans de la série de jeux mais bien des amateurs de cinéma d'horreur en exploitant leurs peurs les plus profondes. Et tout cela en évitant le plus possible d'user d'une méthodologie dont certains usent abondamment ! Ici, pas ou peu de jumpscares mais toute une série de situations angoissantes, admirablement mises en scène par un artiste qui s'y connait en la matière. On pense bien évidemment aux incessantes rencontres bien creepy que Bryan effectuera mais aussi et surtout au différents situations auxquelles il sera confronté. Comme cette séquence située dans un tunnel et qui ferait presque regretter qu'à l'époque de l'adaptation télévisuelle du roman Le fléau de Stephen King la séquence se déroulant elle-même dans un tunnel ait été ratée au point d'agacer certains fans du bouquin. Filmant très souvent l'acteur principal dans le dos et même parfois en vue subjective, Zack Cregger signe une fois de plus un excellent film d'horreur, parmi les meilleurs à avoir vu le jour cette année. Se terminant sur une fin ouverte, Zack Cregger ne semble pourtant pas avoir décidé de poursuivre l'aventure puisque son prochain film intitulé The Flood devrait être une œuvre de science-fiction...

 

mardi 17 septembre 2024

Resident Evil – The Final Chapter de Paul W.S.Anderson (2016) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Un programme informatique à l'effigie d'une gamine d'à peine dix ans qui trahit l'organisation à l'origine de sa création (Umbrela Corporation). Un scénario qui nous explique très tardivement quelques-uns des fondements de la mythologie. Une héroïne qui aura eu besoin de pas moins de six longs-métrages pour comprendre qu'il lui fallait remonter à la source (le Hive) pour mettre fin au projet génocidaire du co-fondateur de la société, le docteur Roland Isaacs. Des créatures en veux-tu, en voilà, du simple morts-vivant amélioré ou non en passant par les lickers (et leur variante Uber), le Némésis, la version tyrant du docteur Isaacs et jusqu'aux bourreaux et aux Cerbères ! On aura eu droit à tout mais surtout à du très mauvais comme le démontrera de manière métronomique et exemplaire Paul W.S.Anderson qui plutôt que de clore la saga de manière époustouflante va le faire de la façon la plus tragiquement grotesque ! Resident Evil – The Final Chapter s'avère être probablement le pire de tous les volets de la franchise. Dressant un sinistre tableau, aussi sombre que le fond d'une ruelle insalubre filmée de nuit, sans Lune et sans le moindre éclairage. Des effets-spéciaux numériques atroces pour un budget qui s'élève malgré tout à quarante millions de dollars. Vingt-cinq de moins que pour le précédent, Resident Evil – Retribution, ce qui laisse augurer du dédain sans doute exprimé de la part des producteurs qui ne comptèrent sans doute pas sur de futures recettes vu que Paul W.S.Anderson allait ici en finir avec son héroïne et l'univers apocalyptique quelle parcourait déjà depuis quatorze ans... Nanar intersidéral dont les ressources dans ce domaine semblent inépuisables, Resident Evil – The Final Chapter fait œuvre de testament renvoyant tout ce qui précéda au rang d'honnêtes productions fantastico-horrifiques. Tout dans ce dernier long-métrage est à l'image du reste, puissance mille. Plus caricatural, plus laid, les personnages sont aussi attachants qu'un pitbull qui vient de vous mordre à la jambe. Le réalisateur augmente le curseur dans tous les domaines en demandant à son monteur, Doobie White, de démultiplier notamment le nombre de plans à l'image. 
 

Crève Isaacs, Crève... !


Autant dire qu'à part quelques rares occasions de comprendre ce qui se passe à l'écran, l'essentiel du programme demeure parfaitement indigeste. À force d'imposer des plans qui parfois n'excèdent pas le dixième de seconde, la lecture des combats est brouillonne. Ce qui en soit est dommage vue la qualité évidente de certaines chorégraphies qui devant la boucherie orchestrée par le monteur s'avèrent finalement pénibles à regarder. En pleine crise d’épilepsie, Doobie White accélère même la mesure lors du dernier tiers du long-métrage, le spectateur n'ayant d'autre choix que de tenter de déchiffrer ce qui se déroule à l'écran. Autre aspect hautement crispant, véritable gimmick propre au cinéma de Paul W.S.Anderson : les Jump Scares. Quand d'autres cinéastes disséminent avec parcimonie quelques séquences d'effroi par effet de surprise, le réalisateur en propose par brassées entières. Je ne les ai pas comptés mais s'agissant de ce dernier opus, il est très envisageable de supposer que les Jump Scares se comptent par dizaines pour un total qui pourrait sans rire atteindre la soixantaine. Et même peut-être la centaine. Si en plus l'on prend en compte le fait que pas un seul d'entre eux ne fonctionne, le concept s'avère être dans le cas de Resident Evil – The Final Chapter d'un usage parfaitement inutile. Laid (les Bullet Time et les créatures en CGI ressemblent à de vieilles cinématiques de jeux vidéo), ridicule, caricatural, bourré de facilités, redondant (ce sixième opus nous refait le coup du clone d'Alice), perclus de retournements de vestes habituels, certains personnages sont comme d'habitude à pisser de rire. Apparats post-Matrix/Terminator proprement ridicules pour Albert Wesker et palme d'or revenant à l'acteur Iain Glen qui dans la peau du docteur Roland Isaacs est tout simplement IN-SU-PPOR-TA-BLE !!! Bref, il était temps que tout cela se termine... Du moins jusqu'à ce que la franchise ne revienne sur le devant de la scène en 2021 avec Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City de Johannes Roberts. Un reboot qui, croisons les doigts, demeurera peut-être comme l'un des derniers soubresauts d'une franchise vidéoludique qui pâtit de ses diverses adaptations sur grand écran même si la dernière itération s'avérera très au dessus des six volets réalisés entre 2002 et 2016...

 

lundi 16 septembre 2024

Resident Evil - Retribution de Paul W.S.Anderson (2012) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Avec le cinquième opus de la franchise Resident Evil, on sent bien que le réalisateur Paul W.S.Anderson a voulu se faire plaisir. On peut considérer qu'il a parfaitement atteint le but qu'il s'était fixé. Et cela, au mépris de toute vraisemblance en matière de réalisme ou de continuité scénaristique. Une habitude dans cette franchise qui part à vau-l'eau à chaque incartade du cinéaste américain dans l'univers du jeu initialement conçu par Capcom ! Proche d'un univers vidéoludique couplé au concept d'Escape Game couché sur un lit d'effets-spéciaux et d'action façon salle d'arcade, Resident Evil – Retribution aurait, isolé de la plupart des autres volets, mérité d'être nommé au titre de l'adaptation d'un jeu vidéo la plus nanardesque qui soit. Mais au regard des précédents, dont un Resident Evil – Extinction assez navrant, la cinquième aventure d'Alice et de ses compagnons (à géométrie variable) n'est pas la pire d'entre toutes. Après avoir intégré au fil des différentes intrigues la plupart des personnages iconiques de la franchise vidéoludique, il ne manquait plus que d'y voir apparaître l'un des deux principaux personnages du jeu vidéo Resident Evil 2 qui vit le jour pour la première fois en 1998 sur la console de salon de Sony, la Playstation ! En effet, Leon S. Kennedy y fait une apparition remarquée sous les traits de l'acteur et mannequin estonien Johann Urb qui pour le coup s'avère très ressemblant au personnage pixelisé de base. Quant à Ada Wong, dont Leon est apparemment amoureux, elle est également issue du second jeu de la franchise. Son passage sur grand écran sera exclusif à ce seul Resident Evil – Retribution. L'occasion pour l'actrice et chanteuse chinoise Li Bingbing de lui prêter ses traits. Dans cette aventure qui reprend tout d'abord les derniers instants du précédent épisode, Alice se réveille aux côtés de celui qui est désormais son époux. La jeune femme et Carlos Oliveira (toujours interprété par l'acteur israëlien Oded Fehr) vivent effectivement ensemble et sont parents de la jeune Becky (Aryana Engineer). Le couple et leur fille semblent désormais couler des jours heureux jusqu'à l'arrivée subite d'une horde de zombies qui vont tout remettre en cause. Subite, oui, comme cela est généralement l'habitude chez Paul W.S.Anderson...


Une pratique relativement crispante ayant pour principe de voir surgir d'un seul coup des zombies alors que jusque là régnait un véritable silence de mort (sans mauvais jeu de mots). Dans Resident Evil – Retribution, on finit par se demander qui est le véritable antagoniste du récit. Albert Wesker, désormais incarné par Shawn Roberts ? Ou bien Jill Valentine (Sienna Guillory) qui réapparaît désormais sous la coupe d'Umbrella Corportation grâce à un dispositif de contrôle accroché à sa poitrine (comme dans le jeu Resident Evil 5 sorti trois ans auparavant sur Playstation 3) ? Toujours est-il qu'avec l'aide d'Ada, Alice va devoir suivre un parcours très précis d'un point A, un laboratoire expérimental appartenant à Umbrella, jusqu'à un point B où l'attend une équipe notamment constituée de Leon et Luther West (toujours incarné par l'acteur Boris Kodjoe) dans une reconstitution en mode simulation d'un quartier de New York et de Moscou. Le film brille si peu par son scénario que même les méduses, les éponges, les vers de terre et autres créatures sans cervelle auraient pu tout à fait réserver leur place de cinéma à l'époque de sa sortie sur grand écran. Le film ne fait donc pas œuvre de réflexion et connaître la mythologie entourant Resident Evil n'a absolument aucune importance ! Le seul véritable intérêt de ce cinquième opus réside dans l'avalanche d'effets-spéciaux, de cascades, de combats à mains nues ou armées et de fusillades. Quand je dis que Paul W.S.Anderson s'est amusé, on sait pour une fois où sont passés les soixante-cinq millions de dollars de budget. Notons que parmi les antagonistes du récit réside le personnage de Rain Ocampo qu'incarne l'actrice dominico-portoricaine Michelle Rodriguez. L'occasion de retrouver le personnage et son interprète pour la seconde fois, dix ans après le premier opus sortit en 2002. Notons enfin que comme à son habitude, Paul W.S.Anderson ne laisse aucune ambiguïté quant à l'arrivée future d'un sixième opus avec son final ouvert. Ce sera d'ailleurs effectivement le cas quatre ans plus tard avec Resident Evil: The Final Chapter au titre très prometteur...

 

dimanche 15 septembre 2024

Resident Evil – Afterlife de Paul W.S.Anderson (2010) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Alors qu'en 2007 le réalisateur australien Russell Mulcahy était parvenu à offrir une certaine honorabilité à la franchise avec le troisième volet intitulé Resident Evil – Extinction, l'auteur de l’œuvre originale Paul W.S. Anderson a le malheur ici de reprendre les commandes de ce quatrième opus désormais intitulé Resident Evil – Afterlife. Alors que le précédent allait piocher dans l'un des classiques du cinéma post-apocalyptique, Mad Max de George Miller, Paul W.S. Anderson se prend pour Larry et Andy Wachowski et ouvre les hostilités avec une séquence pompeusement inspirée par le classique du duo, Matrix qui vit le jour huit ans auparavant. Vêtue de cuir noir, Alice, qu'interprète toujours Milla Jovovich qui décidément est toujours plus sexy, est submergée par une horde de soldats lors d'une séquence qui fait donc indéniablement références à quelques scènes iconiques des frères Wachowski (qui depuis, sont devenues sœurs !!!). Paul W.S. Anderson repoussant ainsi la référence au classique de la science-fiction en employant lui-même la technique du Bullet Time. Sauf que dans le cas de Resident Evil – Afterlife rien n'y est aussi artistiquement ou techniquement maîtrisé. Sans être un chef-d’œuvre, Resident Evil – Extinction avait tout de même relevé le niveau et le retour au sein de la franchise de Paul W.S. Anderson sonne surtout et avant tout comme un retour à la médiocrité. Confirmant que le bonhomme ne transforme jamais le plomb en or mais plutôt le rhodium en simple bout de métal rouillé, cette nouvelle itération de l'univers Resident Evil accumule les tares et confirme tout le bien ou le mal que l'on pense de la franchise. Que l'on soit amateur de séries Z ou de nanars et l'expérience s'avère plutôt riche en matière de séquences parfaitement incongrues. Que l'on ait un minimum d'exigences et là, c'est autre chose. Financé à hauteur de soixante millions de dollars, le long-métrage de Paul W.S.Anderson démarre à Tokyo lors d'une séquence opposant Alice à Albert Wesker, l'un des antagonistes de la licence qui apparu dès le premier jeu vidéo et à continué d'apparaître dans une majorité de suites ainsi que dans deux longs-métrages. Celui-ci ainsi que le précédent, Resident Evil – Extinction.


À l'époque incarné par l'acteur irlandais Jason O'Mara, il est désormais remplacé par le canadien Shawn Roberts. L'on retrouve Claire Redfield pour la seconde fois mais également son frère Chris (l'acteur Wentworth Miller) alors considéré comme un criminel par celles et ceux qui ont choisi de l'enfermer dans une cellule. Un groupe de survivants qui voit en l'apparition d'Alice, celle qui va pouvoir les sauver en les emmenant jusqu'à Arcadia que notre héroïne croyait être une ville située en Alaska alors même qu'il s'agit en réalité d'un cargo situé à quelques kilomètres du site où se déroule l'action. Une ville grouillant de centaines de milliers de zombies auxquels les personnages de ce quatrième opus vont tenter d'échapper à travers des gunfights toujours plus ridicules et grandiloquents mais qui font la force de cette franchise souvent nanardesque ! Le plus gros du récit s'articule autour d'une prison/refuge indigne de celle de celle dans laquelle s'abritèrent un temps les héros de la série The Walking Dead. Régulièrement filmés devant des fonds verts, les protagonistes s'intègrent souvent mal aux décors qui paraissent en général s'inscrire dans un thème artistique proche de cinématiques de piètre qualité. Après plus d'une heure d'intrigue, Alice et ses compagnons se dirigent vers la cargo, source d'espoir même si très vite un détail va précéder tout phénomène de surprise (le grognement diffusé par le message radio propagé par les équipes de l'Arcadia chargée de rameuter d'éventuels survivants). En bonhomme si peu inspiré qu'il lui faille piller ça et là des idées provenant de l'imagination de concepteurs ou de scénaristes de jeux vidéos, Paul W.S.Anderson va jusqu'à vaguement emprunter l'une des créatures emblématique d'une autre franchise de jeux vidéos autrement plus glauque et flippante, Silent Hill. Le Majini semble effectivement avoir été inspiré par le Pyramid Head. D'une laideur parfois indicible, Resident Evil – Afterlife se termine comme ses prédécesseurs par un final qui laisse augurer d'une nouvelle séquelle. Laquelle arrivera deux ans plus tard sous le titre Resident Evil – Retribution, toujours réalisée par Paul W.S.Anderson...

 

vendredi 13 septembre 2024

Resident Evil – Extinction de Russell Mulcahy (2007) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Après un second opus nanardesque réalisé par Alexander Witt en 2004, le troisième long-métrage cinématographique de la franchise Resident Evil a vu le jour trois ans plus tard, en 2007. Cette fois-ci,Resident Evil – Extinction est l'œuvre du réalisateur australien Russel Mulcahy. Et Russel Mulcahy, ça n'est pas n'importe qui puisqu'en 1984 il fut l'auteur de l'excellent Razorback qui remporta plusieurs prix dans de multiples festivals et fut même nominé lors du festival international du film fantastique d'Avoriaz un an plus tard, en 1985. Mais pour le grand public, Russel Mulcahy reste avant tout celui qui réalisa notamment Highlander en 1986. Film qui partage le public mais qui reste parfois visuellement remarquable, signant en outre la rencontre entre les stars Sean Connery et Christophe Lambert... Treize ans plus tard, le réalisateur australien signe un Résurrection généralement décrié, méprisé, raillé mais qui pourtant demeure un très sympathique thriller considéré comme un sous-Seven (David Fincher),ce qu'il demeure effectivement. Honnête artisan du septième art qui compte de sympathiques productions sans qu'aucune n'atteigne malheureusement le titre de chef-d’œuvre absolu du cinéma, Russel Mulcahy prend donc les commandes des troisièmes aventures d'Alice, laquelle est bien évidemment incarnée une nouvelle fois par l'actrice ukraino-serbo-américaine Milla Jovovich. Et une fois encore, nous la redécouvrons s'éveillant d'un long sommeil, dans un laboratoire immaculé et désertique d'où elle va tenter de s'échapper. Cette première séquence prend des allures d'ersatz de Cube, l'excellent film de science-fiction que réalisa en 1997 Vincenzo Natali. Pour les amateurs minutieux et rejetant la moindre incohérence, notons ce mémorable passage lors duquel Alice saute au plafond d'une pièce piégée par un laser plutôt que de se baisser pour l'éviter. Une manière sans doute pour le réalisateur de nous rappeler combien l'héroïne est dotée de facultés hors normes. Malheureusement, sa tentative d'évasion des lieux (toujours dirigés par le Dr Alexander Roland Isaacs qu'interprète une nouvelle fois l'acteur Iain Glen) se solde par sa mort. Sacrilège ! Russell Mulcahy aurait donc décidé aux côtés du scénariste et réalisateur Paul W. S. Anderson de tuer la poule aux œufs d'or ? Que les fans se rassurent, il ne s'agissait que d'un clone !


Car la véritable Alice, elle, est en chemin pour retrouver un convoi à la tête duquel se trouve son ancien compagnon d'infortune, Carlos Oliveira (toujours incarné par Oded Fehr) mais aussi et surtout Claire Redfield (interprétée par l'actrice américaine Ali Larter), l'un des personnages centraux de la saga de jeux vidéos créés par Capcom, laquelle apparu notamment dans Resident Evil 2 et Resident Evil: Code Veronica. L'occasion pour elle et Alice de faire connaissance et ainsi faire un bout de chemin ensemble avant d'être temporairement séparées. En effet, Milla Jovovich et Ali Larter se retrouveront sur le tournage de Resident Evil - Afterlife en 2010 ainsi que sur celui de Resident Evil - Chapitre final six ans plus tard. Une fois la séquence d'introduction achevée, la quasi totalité des plans qui suivront se dérouleront théoriquement aux États-Unis alors qu'ils seront en réalité tournés au Mexique. Dans ce troisième opus que l'on s'attendait voir tourné par Russell Mulcahy dans l'Outback australien (un paysage magnifique qui servit de décor à son Razorback), l'histoire se penche donc sur nos trois principaux héros ainsi que sur des personnages secondaires faisant partie d'un voyage vers l'Alaska. Un lieu supposé être un refuge pour les survivants d'une planète qui après que le Virus T se soit propagé est devenu un immense désert (allez savoir comment, perso, je n'ai pas la réponse). Là, Russell Mulcahy semble s'être remémoré les grandes étendues désertiques de son pays natal et fait de Resident Evil – Extinction une sorte de sous-Mad Max qui n'est pourtant pas si mauvais qu'on pourrait le croire. Et ce, grâce à une très belle photographie de David Johnson, à des costumes signés de Joseph A. Porro ou grâce au directeur artistique Marco Niro. Surtout, le film n'a absolument pas l'allure des nanars que sont la plupart des volets de la franchise. On sent chez l'australien le goût du travail bien fait même si une fois encore, le film pâtit d'un scénario rachitique apparemment écrit à l'encre sympathique ! Contrairement à l'épisode précédent, un soin particulier a été apporté aux maquillages des infectés qui, enfin, ressemblent à des zombies décharnés d'assez belle tenue. Si le sang n'est toujours pas en abondance, quelques efforts ont été également produits de ce côté là. Pas mal d'action à la ''Mad Max'', une Alice toujours prompt à produire des acrobaties et une attaque d'oiseaux relativement bien fichue. Notons qu'après Alexander Witt, Russell Mulcahy rend lui aussi hommage au Jour des morts-vivants de George Romero à travers cette base souterraine dont les extérieurs sont entourés d'un grillage qui tient à l'écart des milliers de zombies ou encore à travers le concept de rééducation chez l'un de ses représentants, lequel rappelle bien évidemment le personnage iconique du Jour des morts-vivant, Bub le zombie ! Au final, Resident Evil – Extinction est une très sympathique surprise. Pas un des meilleurs du genre mais une honnête série B qui permet de passer un agréable moment...

 

jeudi 12 septembre 2024

Resident Evil: Apocalypse d'Alexander Witt (2004) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Résidente Ivooooooole......... Je me souviendrai toujours de ces deux mots qui ouvraient les hostilités et qui phonétiquement sonnaient comme la promesse de faire d'horribles cauchemars après que l'on ait parcouru les nombreuses pièces du manoir de Raccoon City en 1996 sur la console de Sony, la Playstation. Depuis, le jeu s'est transformé en une gigantesque franchise constituée de nombreux jeux mais aussi de pas mal de longs-métrages dont le premier sorti en 2002 et réalisé par Paul W. S. Anderson mettait en scène Milla Jovovich dans le rôle d'Alice. La première séquelle vit le jour deux ans plus tard sous le titre Resident Evil: Apocalypse. Cette fois-ci réalisé par Alexander Witt, cette suite met à nouveau en scène la jeune héroïne mais remplace la quasi-totalité du casting en intégrant de nouveaux personnages. Paul W. S. Anderson qui à ce moment très précis du développement du long-métrage est pris par celui du crossover Alien VS. Predator libère donc la place à un réalisateur qui les dix années précédentes travailla notamment comme directeur de seconde équipe sur des films d'action tels que Speed, Speed 2 et Twister de Jan de Bont, The X-Files, le film : Combattre le futur de Rob Bowman, Gladiator, Hannibal et La chute du faucon noir de Ridley Scott ou encore La mémoire dans la peau de Doug Liman. À savoir, des films qui ont fait leurs preuves sur grand écran et c'est donc relativement confiants que nous pouvions nous lancer en 2004 dans la projection de ce Resident Evil: Apocalypse qui fait donc suite au premier et qui démarre dans le Hive, ce laboratoire secret situé dans les sous-sols d'un vieux manoir. Dans les rue de Raccoon City, c'est l’apocalypse (d'où le titre). Les morts attaquent les vivants sans que les autorités ne puissent rien y faire. Heureusement, Alice reprend du service. Personnage créé spécifiquement par Paul W.S. Anderson en 2002 pour les films, la voici désormais rejointe par l'un des personnages iconiques de la série de jeux vidéos.


Jill Valentine y apparaît effectivement sous les traits de l'actrice anglaise Sienna Guillory tandis qu'apparaîtront également deux autres personnages qui eux proviennent du troisième jeu de la licence de chez Capcom, Resident Evil 3: Nemesis. L'acteur israélien Oded Fehr y incarne donc Carlos Oliveira, le responsable de le la division A de l'Umbrella Biohazard Countermeasure Service tandis que le canadien Eack Ward apparaît sous l'identité du mercenaire Nicholai Ginovaef de ce même service créé par la Umbrella Corporation, une société multinationale de recherche pharmaceutique créée en 1968... Notons que Sienne Guillory est ici chez nous doublée par l'actrice Françoise Cadol, laquelle est notamment connue pour être la doubleuse officielle de Sandra Bullock ou d'Angelina Jolie en France. Alice se réveille dans une pièce immaculée alors qu'elle semble avoir été l'objet de recherches scientifiques. Dans un laboratoire puis dans des rues qui semblent abandonnés, la jeune femme erre, apparemment sans but précis. Les fans de la franchise réalisée par George Romero auront d'ailleurs l'occasion d'assister à un clin d’œil de la part du réalisateur à travers l'apparition à l'écran de la une d'un exemplaire du Raccoon City Times qui renvoie vraisemblablement à celle d'un journal qui fut visible lors de la séquence d'ouverture du génial Jour des morts-vivants en 1986 ! Si la bande originale de Jeff Danna ne fait preuve d'aucune originalité, l'essentiel est qu'elle fait le taf. Couplée au montage parfois ultra cut d'Eddie Hamilton, elle permet au récit de conserver un rythme plutôt important. Financé à hauteur de quarante-cinq millions de dollars, on peut se demander parfois où est passé le pognon. La photographie de Derek Rogers et Christian Sebaldt est quelconque, accompagnée d'un certain nombres d'effets-spéciaux en CGI et d''effets visuels (les ralentis) très rarement convaincants. Resident Evil: Apocalypse est en proie à un scénario très peu inspiré mais aussi et surtout à des séquences proprement jouissives qui raviront les amateurs de soirées Pizza/Bière/Nanar.


Resident Evil: Apocalypse, c'est le western des temps modernes, avec ce héros qui saute d'un hélicoptère au sommet d'un immeuble et qui a le temps de dégainer ses armes pour faire des dizaines de morts parmi les infectés avant de toucher le sol ou lorsque Alice arrive dans une église à moto et effectue un salto arrière avant de sortir à son tour ses flingues de leur étui ! Resident Evil: Apocalypse (n')est (pas), on le devine, d'une finesse absolue. Aucun moyen ou presque de distinguer les morts des vivants si ce n'est la démarche brinquebalante des premiers. Question maquillages, c'est donc ici le néant ! Entre crêpage de chignons entre les blonde et brune héroïnes, fusillades par dizaines, chorégraphies d'arts-martiaux à deux balles en mode cache-misère ''grâce'' au montage ultra nerveux, certains durent se mettre un paquet de billets verts dans la poche : Une femme se suicide du haut d'un building ? Alexander Witt se contente de la filmer une fois étalée au sol des dizaines de mètres plus bas. Le membre d'un commando jette un explosif en pleine rue ? On n'aperçoit pas l'obus péter mais seulement les flammes qu'il engendre. Plus de dix ans après les remarquables effets-spéciaux de Jurassic Park de Steven Spielberg, découvrir les affreuses images de synthèse mettant en scène les fameux Licker cause de terribles migraines. Enfermé dans une cave à température modérée, il y a tout de même de fortes chances pour que le long-métrage d'Alexander Witt se bonifie avec le temps. Et ce, même si les amateurs de films d'horreur en seront pour leurs frais puisque Resident Evil: Apocalypse brille davantage pour son action que pour ses effusions de sang. Bref, si vous aimez les montages épileptiques, les scénarios qui tiennent en trois mots, les mises en scène au ras des pâquerettes et surtout, les extravagances faisant fi de toute vraisemblances en terme de gravité (Newton s'en retournerait dans sa tombe), ce film est fait pour vous...

 

dimanche 13 août 2023

Resident Evil: Degeneration de Makoto Kamiya (2008) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Si l'on prend en compte le court-métrage d'animation Biohazard 4D-Executer d'une durée de vingt minutes réalisé par Koichi Ohata huit ans auparavant, Resident Evil: Degeneration de Makoto Kamiya fut la seconde alternative à la série de longs-métrages en live action inspirés de la fameuse licence de jeux vidéos éditée par Capcom pour la toute première fois dès 1996 sur la console de salon, Playstation. Dans l'ordre chronologique, et si l'on ne retient cette fois-ci pas le court-métrage sorti en 2000, l'oeuvre de Makoto Kamiya est la quatrième à voir le jour et à s'inspirer de l'univers de Resident Evil. Après les live action Resident Evil de Paul W.S. Anderson, Apocalypse d'Aelxander Witt et Extinction de Russell Mulcahy, Resident Evil: Degeneration est donc le premier long-métrage entièrement conçu en images de synthèse pour la franchise. Parmis les interprètes qui se sont envolés vers le Japon afin de procéder aux captures de mouvements, R.C. Ormond fut chargé d'animer les personnages de Leon S. Kennedy et de l'un des antagonistes du récit, Curtis. Lon Rom et Christy Hall s'impliquèrent quant à elles dans les personnages respectifs de Claire Redfield et Angela Miller. Notons que parmi les personnages principaux de Resident Evil: Degeneration se trouve le sénateur Ron Davis. Un homme de taille très moyenne, au visage ingrat, rond, doté d'un goître et de petits yeux vicieux. Un individu peu recommandable qui renvoie étonnamment à Oswald Chesterfield Cobblepot dit le Pingouin de l'univers du DC Comics, Batman. Le scénario de Shotaro Suga basé sur une histoire originale de Hiroyuki Kobayashi et Yoshiaki Hirabayashi cultive l’ambiguïté de ce type parfaitement imbuvable mais dont le projet semble pourtant positivement ambitieux puisqu'après avoir donné son accord au sujet des tests humains sur la recherche d'un vaccin contre le Virus T lors du congrès américain, il s'avère que Ron Davis cherche désormais un moyen de contrer le virus sur lequel ont pris le contrôle des terroristes étrangers en déployant une cargaison de vaccins afin de protéger la population. Aux côtés de ce petit personnage fort peu aimable, nous retrouvons donc une toute petite poignée des personnages iconiques de la franchise de jeux vidéos.


C'est ainsi que réapparaissent à l'image Claire Redfield et Leon S. Kennedy pour une aventure se déroulant entre un aéroport et les locaux d'un centre de recherche situé à Harvardville. C'est dans ce dernier lieu que la jeune femme va d'ailleurs accueillir durant la seconde moitié du long-métrage le personnage de Frederic Downing, chercheur en chef de WilPharma dont l'importance, au cœur du récit, va s'avérer considérable. Le pari de mettre en scène un anime reposant sur l'univers du célèbre jeu vidéo de Capcom est risqué. Surtout si l'on se remémore les trois adaptations en live action qui précédemment ont vu le jour sur grand écran. Car de l'exceptionnelle qualité des jeux à avoir vu le jour entre 1996 et les décennies à venir aux étrons cinématographiques qui sortiront dans les salles obscures, il n'y a qu'un pas très sensible à franchir. Mais que les fans se rassurent. Sans être un authentique chef-d’œuvre du Survival-Horror étalé, transposé, projeté sur la toile blanche des salles de cinéma, Resident Evil: Degeneration ravira certainement nombre de fans de la franchise vidéoludique. En revanche, il va falloir se montrer modeste en matière d'exigences car visuellement, les images de synthèses ne se montrent pas toujours à la hauteur. Surtout au niveau des personnage qui demeurent typiques des cinématiques propres aux jeux Capcom ou même au concurrent Square Enix. Questions décors, là encore, le long-métrage hésite entre le photo-réalisme et le minimum syndical. De plus, le film est régulièrement plongé dans une obscurité qui gâche littéralement l'action se déroulant devant nos yeux. Quant à la Motion Capture, au regard de ce qui était envisageable à l'époque, on est encore loin d'atteindre ici la perfection. Reste qu'en comparaison du film Resident Evil et de ses deux premières suites, le film de Makoto Kamiya demeure malgré tout un cran très largement au dessus. De l'action, des zombies, un méchant qui se transforme après s'être inoculé le Virus G, des escouades, des fusillades, des environnements plus ou moins convaincants mais aussi des passages à vide lors desquels les personnages s'entretiennent afin de se donner davantage de caractère et de substance. Bref, un sympathique film d'animation...

 

vendredi 11 août 2023

Resident Evil: Death Island de Eiichirō Hasumi (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dernier long-métrage en date consacré à l'univers de l'une des franchises de jeux vidéos les plus célèbres, Resident Evil: Death Island de Eiichirō Hasumi est un film d'animation. Le cinquième du genre après le court-métrage Biohazard 4D-Executer de Koichi Ohata en 2000, Resident Evil: Degeneration et Resident Evil: Damnation de Makoto Kamiya en 2008 et 2012 ainsi que Resident Evil: Vendetta de Takanori Tsujimoto en 2017. Sans doute moins connus que les œuvres tournées en live action et mettant majoritairement en scène l'actrice ukrainienne Milla Jovovich dans le rôle d'Alice, le dernier en date risque d'inverser la tendance tant son auteur semble s'être investit dans son projet. Première chose remarquable : la qualité des images de synthèse. Nous sommes beaucoup plus proche du style qu'imposent certaines sociétés de développement de jeux vidéos japonaises en matière de cinématiques que les américains de chez Pixar ou DreamWorks. Bon, en même temps, ça n'est pas un spécialiste de la chose qui vous dit ça. Mais force est de reconnaître que la patte Capcom imprime littéralement l’œuvre de Eiichirō Hasumi ! Produit par Kadokawa Corporation et la société américaine Sony Pictures Entertainment, Resident Evil: Death Island réunit plusieurs des illustres personnages de la franchise de jeux vidéos originelle principalement issus des deux premiers volets, Resident Evil 1 (1996) & Resident Evil 2 (1998). Rebecca Chambers, Jill Valentine, Chris Redfield retrouvent donc dans ce dernier projet, Claire Redfield (la sœur de ce dernier) ainsi que Leon S. Kennedy. Mis à disposition du public français le 25 juillet dernier, Resident Evil: Death Island propose une intrigue relativement classique. Une histoire de vengeance prenant tout d'abord pour lieu et temps d'action le Racoon City d'il y a quelques années. Dylan Blake et une dizaine d'autres membres d'une unité furent chargés de mettre à l'abri des cadres supérieurs d'Umbrella et plusieurs représentants du gouvernement. Malheureusement, l'unité y fut quasiment anéantie lors d'une attaque perpétrée par des individus atteints par le Virus T...


Virus qui, rappelons-le, est l'une des souches du virus Progenitor, lequel était conçu à l'origine afin de recombiner certains gènes et ainsi permettre de démultiplier les capacités physiques de tel ou tel hôte. Avec, bien entendu, les effets secondaires désastreux que l'on connaît : mutations diverses et autres joyeusetés. Seul survivant, Dylan va déployer une rancœur après avoir été contraint de tuer son meilleur ami lors de l'assaut. Nous sommes désormais en 2015 et l'homme est désormais à la tête d'un projet visant à éradiquer l'espèce humaine à l'aide du virus injecté par la voix de bio-drones ! Seront lancés sur ses traces, Jill Valentine, Chris Redfield, sa sœur Claire ainsi que Leon S. Kennedy... On l'aura compris, ici, il s'agit tout d'abord d'une histoire de vengeance. L'intrigue se déroulant en 2015, elle se situe après celle de Resident Evil: Vendetta mais s'intègre entre les deux volets du jeu vidéo Resident Evil 6 et Resident Evil 7: Biohazard. Si la coutume veut généralement qu'un manga inspire son adaptation sur grand écran, s'agissant de Resident Evil: Death Island l'opération est inversée puisque ça n'est qu'après la création du long-métrage que fut annoncée la sortie d'un manga sous forme mensuelle sur Comic Hu des multiples sociétés réunies sous le nom de Kadokawa Corporation. Si les images de synthèse rendent de manière générale les personnages et le contexte crédibles, les animations demeurent parfois perfectibles. Certains déplacements ou attitudes de personnages primaires ou secondaires délimitent très clairement la frontière qui sépare le film d'animation d'un long-métrage interprété par de véritables acteurs si le soucis du détail avait été poussé jusque dans ses derniers retranchements. De menus détails pour une oeuvre qui fait objectivement le taf. Une grande partie se déroulant sur l'île où se situe la célèbre prison d'Alcatraz, nous avons droit à quelques séquences angoissantes. Comme le passage où Jill et Léon traversent les égouts et affrontent quelques spécimens de Lickers! Quelques idées de mise en scène sont plutôt séduisantes, tout comme les combats au corps à corps même si là encore, les animations ne sont pas au top. Si quelques ventres mous viennent ternir l'ensemble, le final, grandiose, vaut carrément le coup d'oeil. Bref, Resident Evil: Death Island est une excellente surprise qui ravira les fans... et les autres...

 

lundi 31 janvier 2022

Resident Evil de Paul W. S. Anderson (2002) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

À l'origine de la franchise cinématographique Resident Evil, une série de jeux vidéos qui virent le jour pour la toute première fois sur la console de salon Playstation il y vingt-six ans en 1996. Un jeu de survival Horror parmi les plus célèbres et concurrent direct de la saga Silent Hill qui verra quant à elle le jour trois ans plus tard avant d'être à son tour adaptée sur grand écran avec l'excellent film éponyme réalisé par Christophe Gans en 2006. Adaptation très libre du jeu de Capcom, Resident Evil premier du nom est l’œuvre du réalisateur, scénariste et producteur britannique Paul W. S. Anderson qui n'en était pas à son premier coup d'essai en matière d'adaptation de jeu vidéo puisqu'en 1995 nous lui devions déjà celle du jeu de baston Mortal Kombat. Deux ans avant d'adapter deux mythes de la science-fiction à travers le crossover Alien vs. Predator, le réalisateur s'attaquait donc à l'un des plus grands jeux de la première console du géant Sony à voir le jour sur un marché dominé jusque là par Sega et Nintendo. Un long-métrage librement inspiré d'aventures qui en outre à l'époque mettaient en scène les personnages de Chris Redfield et Jill Valentine que le joueur pouvait incarner tour à tour. Mais à l'heure de son adaptation sur grand écran, ces deux personnages iconiques de la saga disparaissent au profit d'Alice qu'interprète l'actrice russo-serbe naturalisée américaine Milla Jovovich, l'ancienne compagne et égérie de Luc Besson ainsi que Rain Ocampo, dont l'américaine d'origine dominicaine Michelle Rodriguez (Avatar de James Cameron en 2009, Machete et Machetes Kills en 2010 et 2013) porte les traits ou encore Eric Mabius qui lui, endosse le costume de Matthew Addison (personnage qui à l'origine devait être interprété par l'acteur David Boreanaz ''malheureusement'' coincé sur le tournage de la série Angel)...


Ce premier long-métrage d'une franchise qui à ce jour en compte sept se décharge donc complètement des objectifs fixés dans le jeu vidéo d'origine puisque non seulement les personnages-clés n'y apparaissent pas, mais l'intrigue elle-même est bien différente de celle du jeu vidéo de 1996 qui situait une grand part de son action dans l'imposant et très luxueux manoir Spencer de la ville de Raccon City. Le récit se déroule tout d'abord dans un laboratoire scientifique souterrain, propriété de la multinationale Umbrella Corporation où un virus est sciemment libéré dans l'air. Tous les membres du personnel se retrouvent alors enfermés et périssent dans de douloureuses conditions. Une fois l'introduction passée l'on retrouve l'héroïne du récit qu'interprète donc la sexy Milla Jovovich, évanouie dans sa douche, le corps à peine recouvert d'un rideau de plastique. Les spectateurs noteront qu'au choix, et plutôt que de revêtir des vêtements chauds (les tremblements d'Alice témoignent d'une température assez fraîche), la jeune femme préférera porter sur le dos une robe de soirée rouge plutôt inconfortable si l'on tient compte des événements qui vont bientôt se produire ! Immédiatement rejointe par le flic Matthew Addison, ils sont rapidement capturés par les membres d'un commando d'élite avec lesquels ils vont quitter les lieux à bord d'un train pour s'enfoncer loin dans les profondeurs d'un complexe qui les mènera jusqu'au HIVE, le lieu même où au début du film les spectateur purent être les témoins de la mort de dizaines d'hommes et de femmes... qui bientôt reviendront à la vie pour s'en prendre à notre poignée de personnages coincés dans un laboratoire alors envahi de zombies...


Avec son budget de trente-trois millions de dollars, nous aurions pu espérer que Resident Evil bénéficie d'excellents effets-spéciaux ou de décors à la hauteur du jeu vidéo dont il s'inspire. Mais Paul W. S. Anderson ayant semble-t-il une ambition toute autre, on peut se demander où est passé le pognon car à l'écran, le film ressemble d'abord à ces innombrables productions de science-fiction horrifiques des années quatre-vingt dix bénéficiant de visuels atroces. Encore que le film du britannique s'en sorte un peu mieux. L'ampleur de la tâche en matière de décors semble si insurmontable vu le budget qui n'est pas non plus mirobolant, Paul W. S. Anderson trouve un subterfuge ingénieux et efficace dans l'emploi d'une cartographie des lieux en images de synthèse permettant aux spectateurs de situer très exactement les personnages en un moment donné de l'action. Une action qui justement bouffe une grande partie de l'intrigue dont l'un des principaux intérêts demeure l'exploration des divers lieux. Les zombies ressemblent davantage à ceux créés à l'époque à l'occasion du Zombie de George Romero. Soit assez peu défraîchis ou en tout cas, loin d'atteindre la perfection de ceux de la série The Walking Dead. Relativement peu sanglant si on le compare aux grands classiques du genre, le film est ponctué en outre de quelques séquences gore en images de synthèse relativement imbitables (le laser découpant scrupuleusement certains membres du commando). La bande-son est quant à elle un mélange de titres de métal assez assourdissants tentant vainement de donner du punch à un film visuellement décevant. On regretterait presque que George Romero qui au départ était pressenti pour écrire et réaliser le film lui-même ait été finalement mis de côté. Pour autant, la vision de Paul W. S. Anderson n'est pas l’infâme bouillie de pixels que l'on aurait pu craindre. Quant aux dernières images, elles rendent honneur aux toutes premières séquences jouables du jeu vidéo Resident Evil 2 qui vit le jour en 1998. Notons que le second volet de la franchise cinématographique intitulé Resident Evil: Extinction sortira sur les écrans en 2007 et sera réalisé cette fois-ci par le réalisateur australien Russel Mulcahy. Un gage de qualité... ?

 

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