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mercredi 8 juillet 2026

Zhou (Incantation) de Kevin Ko (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Asie toujours mais détour cette fois-ci du côté de Taïwan avec Zhou (Incantation), dernier long-métrage du réalisateur, scénariste et directeur de la photographie Kevin Ko. Tandis qu'aucun nouveau projet ne semble être au planning du cinéaste taïwanais, retour donc sur ce long-métrage qui comme de très nombreux autres avant lui intègre au récit des éléments fantastiques relatifs aux domaines des superstitions et du folklore religieux asiatique. Ici l'on suit les aventures de Li Ronan (Tsai Husuan-yen) qui après avoir passé six années dans un hôpital psychiatrique retrouve sa fille Dodo (Huang Sin-ting) qui durant tout ce temps fut confiée à la garde d'une famille d'accueil. Si le retour de la gamine chez sa mère biologique se passe relativement bien, Dodo semble pourtant être victime d'une malédiction. La fille de Li Ronan est notamment la seule à apercevoir au plafond de sa chambre une entité qui paraît être hostile. Plutôt que de rechercher dans le présent ce qui touche le cœur du sujet, Kevin Ko préfère se plonger dans le passé de son héroïne. Six ans auparavant, à l'époque même où elle et son ancien petit ami Dom (Sean Lin) ainsi que leur camarade Yuan (Wen Ching-yu) alimentaient une chaîne Youtube avec leurs propres vidéos de chasseurs de fantômes. Entre séquences actuelles et flash-back remontant donc six ans en arrière, Zhou est en outre entièrement filmé caméra à l'épaule et de manière subjective, façon Found Footage. De plus, le cinéaste taïwanais implique directement le spectateur puisque l'héroïne du récit s'adresse directement à lui dès les premiers instants. Et même si la jeune femme lui lâche rapidement la grappe, la volonté de l'intégrer reste en toile de fond... Zhou s'inspire plus ou moins d'un fait-divers qui eut lieu à Kaohsiung dans le district de Gushan en 2005. Convaincus d'être possédés par des démons, les six membres d'une même famille tentèrent de conjurer le mauvais sort en se frappant mutuellement à l'aide de tablettes spirituelles et de bâtons. Pire : ils se recouvrirent d'excréments et d'urine, persuadés que cela allait chasser les divinités issues du folklore chinois qui s'en prenaient à chacun d'entre eux ! L'horreur atteignant son paroxysme lorsque la plus âgée des filles fut rouée de coups jusqu'à ce que mort s'ensuive... Un cas jugé d'hystérie collective dont les principaux acteurs furent reconnus coupables ''d'abandon de personne sans défense ayant entraîné sa mort''... Projeté à Taïwan dès le 18 mars 2022, le film sera mis à disposition du public quatre mois plus tard sur la plateforme Netflix...


Outre la tentative de manipulation psychologique du spectateur, Kevin Ko choisit de traiter le sujet sous l'angle de la culpabilité et des liens familiaux. En effet, après avoir été séparée de sa fille, l'héroïne tente de reconstruire une vie normale auprès de Dodo. Emprunt d'un caractère profondément religieux attaché à certaines croyances propres à la culture bouddhiste et taoïste, le script de Kevin Ko et du scénariste Chang Che-Wei tente de faire comprendre au spectateur que l'issue ne peut être résolue qu'en passant par la transmission de la malédiction à travers plusieurs personnes. Une ''contagion'' qui permettrait au final de la ''diluer''. L'emploi du concept de Found Footage agissant ainsi d'une manière presque semblable au thème invoqué à la fin du siècle dernier par le japonais Hideo Nakata à travers Ringu (Ring) et sa cassette vidéo maudite ou au beau milieu des années 2010 par l'américain David Robert Mitchell à travers It Follows dans lequel l'entité qui s'attaquait aux protagonistes était sujette à une métaphore des maladies sexuellement transmissibles... Si l'intervention du surnaturel devient rapidement une évidence, Kevin Ko maintient longtemps le secret entourant les causes et les conséquences de la malédiction qui repose sur la personne de Dodo. En outre, le cinéaste appuie durant un certain laps de temps sur l'idée qu'en aidant sa fille, Li Ronan ne fait que renforcer le mal dont celle-ci est atteinte. Atteignant ainsi un important degré de perversité en révélant notamment que le rituel, le symbole affiché à plusieurs reprises et l'incantation prenant la forme de la phrase ''Hou-ho-xiu-yi, si-sei-wu-ma'' ne sont plus vraiment bénéfiques à la guérison de la petite fille mais lui sont au contraire extrêmement défavorables. Privilégiant ainsi une fois encore la participation du spectateur qui, s'il se laisse convaincre par le procédé mis en place par Kevin Ko, se sait désormais en partie coupable de ce qui se produit à l'image... Enfin, Zhou traite bien évidemment de la folie. Tout comme s'agissant du fait-divers ayant eu lieu en 2005. Car comment comprendre autrement ce qui a pu aboutir à cette ''emprise'' familiale qui poussa cinq individus à en tuer un cinquième ? Touffu et donc parfois assez brouillon, Zhou n'en est pas moins une œuvre intéressante et constituant un ajout important dans l'iconographie des légendes et autres folklores asiatiques représentés sur grand écran...

 

mardi 12 mai 2026

Shirome de Kōji Shiraishi (2010) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Après avoir vanté les qualités de réalisateur du cinéaste japonais Kōji Shiraishi à travers deux de ses longs-métrages intitulés Noroi et Okaturo, il est regrettable de constater que ses prédispositions à mettre en scène des personnages dans divers Found Footage ne se maintient pas systématiquement. Pour preuve, Shirome qu'il réalise en 2010. Un long-métrage qui perpétue cette longue tradition qui chez Kōji Shiraishi consiste à filmer des individus caméra à l'épaule et un interagissant avec eux comme s'il était en train de mettre en scène un documentaire. Comme pour les exemples précédents, Shirome s'intéresse à un cas très spécifique de phénomène surnaturel puisque l'action va en partie se dérouler dans une ancienne école désaffectée où eurent lieux de tragiques événements. C'est en effet dans une classe du deuxième étage que furent retrouvés les corps suspendus à des cordes de deux élèves supposées s'être suicidées. Mais pour certains, la mort des deux jeunes filles fut probablement liée à une légende selon laquelle lorsque l'on fait un vœu auprès du Kami (entité vénérée dans le shintoïsme) Shirome sans être totalement convaincu de son existence, celui-ci peut pousser ceux qui font appel à lui au suicide ou à la folie... Tout comme dans Okaturo, Kōji Shiraishi interprète son propre rôle et propose à un groupe de six jeunes chanteuses qui ont la particularité d'exister réellement d'interpréter ceux des héroïnes féminines. En effet, tandis que de nos jours Kanako Momota, Shiori Tamai, Ayaka Sasaki et Reni Takagi ne sont plus que quatre, elles formèrent au départ aux côtés d'Akari Hayami et Momoka Ariyasu le groupe Momoiro Kurōbā Zetto. Très populaires au Japon, les jeunes femmes se retrouvent donc au centre de ce récit qui mêle donc Found Footage, légendes urbaines et fantastique... Il est fort probable qu'en mettant en scène les six jeunes chanteuses, Kōji Shiraishi ait pris le parti à l'époque de faire la promotion de leur groupe car alors comment justifier la présence d'interprètes qui à défaut d'être de véritables artistes de la chanson n'ont aucun talent pour l'interprétation ? Pourtant, ici, le cinéaste japonais ne demande rien d'autre à ses interprètes que de demeurer elles-mêmes et de pousser régulièrement des cris lorsque le script le demande. En dehors de l'intérêt de présenter un groupe d'adolescentes typiques du Pays du Soleil Levant, avec leurs codes vestimentaires et celui de mettre en avant un groupe musical offrant des shows paraît-il très ''revigorants'', Shirome manque probablement d'être l'un des plus mauvais films du genre Found Footage alors même que son auteur peut s'enorgueillir d'avoir réalisé avant cela les meilleurs d'entre eux. Ici, le concept est simple...


Réunir les jeunes filles dans cette fameuse classe et les pousser à faire un vœu auprès de Shirome afin qu'elles puissent accéder à une populaire émission de télévision japonaise. Le film se divise ainsi en deux parties. La première présentant évidemment les membres du groupe, de frêles de jeune femmes qui ne cessent de hurler pour un oui et pour un non. D'ailleurs, si certaines précautions doivent être entreprises devant des longs-métrages diffusant des images graphiquement fortes, ici, l'on conseillera aux spectateurs de se munir de paracétamol tant Kanako Momota, Shiori Tamai et leurs copines ont tendance à produire des cris stridents qui rapidement donnent des maux de tête. Ici et comme cela est récurrent chez Kōji Shiraishi, l'on ne s'étonnera pas d'apercevoir des phénomènes d'ordre surnaturel très habituels chez le cinéaste japonais. Des orbes, qui en passant au dessus des têtes ont des conséquences directes sur l'action des personnages. Tandis que la première partie, relativement longue, pesante et s'intéressant principalement à nos jeunes héroïnes, situe son action dans la moyenne basse des attentes des spectateurs, la seconde ne se révèle malheureusement pas tellement plus fascinante. Peu inspiré, Kōji Shiraishi manque de jouer avec certains repères qui voudraient que le récit repose (ou non) sur une certaine forme de manipulation physique et mentale. On ne sait jamais vraiment quel est le but réel du cinéaste s'agissant du projet d'emmener les jeunes filles là où le double suicide se déroula. Les emmène-t-il vraiment pour qu'elles accèdent à la populaire émission de télévision ou agit-il uniquement dans un but personnel opportuniste ? Toujours est-il qu'en matière d'effroi, Shirome s'avère relativement maigre. Voire même inexistant. Quelques bribes d'images sont appréciables, comme lorsque l'une des jeunes filles est réveillée par une orbe alors qu'elle dort aux côtés de ses amies dans un dortoir ou lorsque un ''historiens'' des événements tragiques survenus dans le passé est pris d'une crise d'hystérie juste avant que le groupe ne pénètre entre les murs de l'école. Mais à part ces quelques fragiles envolées, le film n'a absolument aucun intérêt... L'on poussera alors les spectateurs à se rediriger vers Noroi et Okaturo plutôt que du côté de ce petit long-métrage dénué de tout impact émotionnel et physique...

 

 

lundi 11 mai 2026

Okaruto de Kôji Shiraishi (2009) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Évoquer le réalisateur et scénariste japonais Kôji Shiraishi, c'est s'intéresser à un cinéaste vraiment à part, qui a majoritairement consacré sa carrière à une manière très particulière de tourner ses films. Auteur d'une centaine de courts et de longs-métrages, de séries télévisées et même d'un unique téléfilm en 2004 (Suiyô Puremia: Sekai Saikyô J Horâ SP Nihon no Kowai Yoru), il est en effet devenu l'un des spécialistes du Found Footage. Ce type de production tournée caméra à l'épaule et censée révéler le contenu de pseudos documents vidéos relatant d'authentiques événements dramatiques... Oubliez tout ce que vous connaissez sur le sujet. Qu'il s'agisse de l'ancêtre Cannibal Holocaust ou de The Blair Witch Project de Daniel Myrick et Eduardo Sánchez que beaucoup considèrent encore aujourd'hui comme le meilleur d'entre tous. En effet, effacez donc de votre mémoire cette idée préconçue que c'est aux États-Unis que le meilleur Found Footage du monde fut tourné car c'est vers un ailleurs, très éloigné de là, du côté du Pays du Soleil Levant qu'il faut tourner son regard. Car si même vous faites partie des indécrottables passionnés du genre qui ne connaissent malheureusement pas encore Noroi, il est encore temps de réparer cette erreur et de découvrir enfin LE chef-d’œuvre du genre, si tant est que l'on puisse nommer ainsi certains représentants de ce courant du cinéma d'horreur... Dans ce long-métrage fantastico-horrifique, Kôji Shiraishi s'intéressait en 2004 à la disparition d'un journaliste spécialisé dans le paranormal alors qu'il enquêtait jusque là sur un très ancien démon japonais du nom de Kagutaba. S'il est donc réalisateur et scénariste de ses propres projets, le cinéaste originaire de Fukuoka situé sur l'île de Kyūshū est aussi parfois aux manettes du montage, de la photographie, des effets-spéciaux et endosse même parfois l'un des rôles comme ici, avec Okaruto, dans lequel il incarne un réalisateur de documentaires intéressé par le cas particulièrement extraordinaire d'un certain Shonei Eno . Un individu incarné par l'acteur Shôhei Uno (le concept repoussant les limites du réalisme en présentant les principaux protagonistes sous des patronymes très proches de ceux de leurs interprètes respectifs) et qui trois ans après avoir été au centre d'un fait-divers très étrange fait aujourd'hui l'objet de toutes les attentions de la part d'un réalisateur qui est donc joué par le réalisateur lui-même ainsi que de celle d'Akira Wakatsuki (Akira Takatsuki), un producteur ouvert à l'idée d'aider financièrement Shôhei contre sa participation à un projet visant à prendre sur le fait, la présence quotidienne d'événements extraordinaires que lui seul semble être en mesure de voir. Sans argent et désormais sans abris, les deux hommes lui offrent l'opportunité de dormir durant une semaine dans leur bureau et de gagner de l'argent chaque fois qu'il aura la possibilité de filmer l'un des phénomènes en question. Portant dans le dos les stigmates de son agression au couteau survenue trois ans plus tôt et perpétrée par un déséquilibré qui s'est ensuite jeté d'une falaise, Shonei accepte. Alors qu'il vient de trouver un nouvel emploi, le voilà qui chaque jour fait suivre une petite caméra confiée par le réalisateur...


Si au départ, aucun fait étrange ou presque ne se manifeste, très vite les choses s'accélèrent et le spectateur est pris comme témoin d'une série d'événements très curieux qui vont les plonger lui et le personnage principal dans un univers très lovecraftien... Un monde qui jusque là était de l'ordre de l'indicible mais que Kôji Shiraishi va donc traiter à sa façon si particulière et même unique à vrai dire. Ce sens du cadre qui lui permet d'intégrer des éléments auquel l’œil peu exercé peut parfois échapper. Un objet survolant la scène de crime, trois ans plus tôt et qui au mieux et au départ, paraissait n'être que le survol d'un oiseau et qui au pire, était passé devant nos yeux sans que nous en ayons eu conscience... Là encore, le cinéaste japonais s'amuse avec le concept de Found Footage pour élaborer ce que l'on appelle un documenteur. L'objectif étant une nouvelle fois de créer l'illusion d'être devant d'authentiques événements alors que l'on sait pertinemment que tout est faux. Et pourtant, cela fonctionne. Et même si croire au défilé d'images qui se déroulent devant nous devient compliqué, la lente progression du récit qui s'aligne presque sur deux heures fascine par ce jeu de construction, entre enquête paranormale et surgissement de phénomènes surnaturels. Citant ainsi la présence d'ovnis et d'objets vaporeux parfois comparables à des orbes. Détail amusant, parmi les interprètes l'on aperçoit durant un cours moment le réalisateur Kiyoshi Kurosawa dans son propre rôle. Illustre cinéaste japonais qui nous gratifie régulièrement d'excellents films, tels Kyua en 1997, Kuriipii en 2016 ou encore Kuraudo l'année dernière... Bénéficiant de moyens qui malheureusement ne sont pas à la hauteur de ses ambitions, Kôji Shiraishi signe pourtant une œuvre passionnante même si l'on reste tout de même très loin de son immense Noroi. Sans doute trop long, le film aurait mérité d'être recentré autour de certaines séquences tandis que d'autres auraient méritées d'être jetées aux oubliettes. Il n'empêche que malgré des effets-spéciaux faits avec des bouts de ficelles et le savoir-faire d'un artisan sans le sou, Okaruto reste malgré tout au sommet du panier du genre Found Footage. Le japonais prenant visiblement un immense plaisir à développer continuellement ses ''obsessions'' pour des formes de ''vie'' très particulières...

 

mardi 31 mars 2026

Heretics de Jose Prendes (2024) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Je m'souviens de ce moment culte et halluciné où l'animateur et critique gastronomique Jean-Pierre Coffe jeta en pleine émission La grande famille une saucisse de Toulouse industrielle en arguant que c'était de la merde. Et bien, si j'avais eu entre les mains le DVD ou le Blu-ray de Heretics plutôt que sa version dématérialisée, je crois bien que l'un ou l'autre aurait fait un vol plané de plusieurs mètres avant d’atterrir trois étages plus bas après avoir été jeté avec autant de hargne et de vigueur que le bout de charcuterie en question ! Parce que, hein, j'en ai vu des merdes. Mais des comme celle-ci, JAMAIS. Ou si rarement. Une merde, oui. Et même si ma compagne fronce les sourcils en me rappelant chaque fois qu'il est interdit d'employer ce terme, j'affirme qu'aucun autre ne peut le remplacer. Pire que l'explosion de l’usine de pesticides de l’Union Carbide, à Bhopal, en Inde. Pire que l'explosion du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine. Pire que cet autre accident nucléaire de niveau 7 survenu après un tremblement de terre à Fukushima, au Japon. Ou pire encore que l’effondrement de l’atelier de confection Rana Plaza à Dacca, au Bangladesh. Oui, Heretics, l'antépénultième long-métrage de Jose Prendes qui jusqu'à maintenant et en vingt-cinq ans de carrière a commis une quinzaine de longs-métrages dont plusieurs films d'horreur, est bien une catastrophe qui dépasse toutes celles commises par l'Homme durant l'évolution industrielle mondiale ! Bon, j'exagère peut-être un peu puisque aux dernières nouvelles, Heretics n'a semble-t-il causé la mort de personne. L'on est par contre en droit de penser que le film aurait dû logiquement mettre un terme à la carrière de son auteur ainsi qu'à celle de ses interprètes parmi lesquels une grande majorité reste inconnue sur notre territoire tandis que la trogne de l'infatigable Eric Roberts s'y dévoile derrière le personnage de John, un prêtre qui depuis la mort de son épouse vit désormais seul avec sa fille Eva (Neely Dayan). Une sainte nitouche qui pourtant sera la seule des héroïnes féminines du long-métrage à dévoiler autant à l'écran sa plantureuse poitrine ! John accepte qu'Eva invite chez eux pour la soirée un groupe d'amis. Après toute une série d'interminables séquences réunissant de jeunes hommes et femmes lors de conversations dont l'ampleur intellectuelle sera du niveau de certains échanges entre influenceuses spécialisées dans la vente de produits de beauté sur Internet, l'un d'entre eux évoque l'idée d'aller faire un tour du côté de la maison des Simmons. Supposée être hantée, Eva hésite. Mais l'avis général l'emportant, la jeune femme accepte finalement de suivre ses amis sans se douter que la visite de cette demeure supposée hantée va se transformer en cauchemar... pour les protagonistes, certes, mais également pour nous, pauvres témoins de la mort d'un genre qui fit florès mais auquel Jose Prendes donne ici le coup de grâce en signant probablement l'un des pires films d'horreur de l'histoire du genre...


Et je ne prends aucun pincette en écrivant cela puisque si l'on additionne tout ce qui ne va pas, l'on constate que parmi les colonnes qualités et défauts, la première reste désespérément vide ! Il faut dire que le réalisateur, scénariste, producteur, acteur et directeur de la photographie vénézuélien a fait fort ! Au risque de me répéter comme j'ai tendance à le faire lorsque j'évoque un bousin de cette ampleur, tout dans Heretics est digne d'être jeté à la poubelle. Mise en scène, scénario, cadrage, photographie, bande-musicale (mon dieu ce faux air du groupe Era qui tourne en boucle), interprétation, décors, effets-spéciaux et visuels ou montage, rien ne va. Si la première partie est d'un ennui et d'une vacuité abyssaux, ça n'est presque rien en comparaison de ce qui va suivre. Comme dans tout bon ou mauvais Found Footage, la caméra de Jose Prendes est prise d'irrépressibles tremblements. Là, encore, ça peut se comprendre. Mais lorsque le cinéaste se montre incapable de tenir sa caméra à hauteur de visage, là, on s'indigne. D'ailleurs, à propos de caméra ou de tout autre objet consistant à filmer ce qui entoure les protagonistes, si le concept de Found Footage a toujours privilégié des personnages continuant à filmer ce qui les entoure au mépris du danger, ici, la chose est évidemment invraisemblable. Ce qui, au fond, produit sans doute un effet indésirable et qui pourtant ''sauve'' le film de son passage à la poubelle : les rires ! Car il n'est pas rare en effet d'éprouver ce sentiment de joie rencontré par le passé lors du visionnage de certains grands classiques du Nanar. Car si Heretics est effectivement une bonne grosse daube comme le septième art est rarement capable de nous en proposer de ce niveau là, beaucoup d'événements s'avèrent si invraisemblables qu'il est pratiquement impossible de retenir certains sourires devant des situations que le réalisateur refuse pourtant probablement de voir autrement que sous le prisme du premier degré. Je ne vais pas dévoiler le contenu du maigre scénario pour laisser libre court à l'imagination de celles et ceux qui voudraient malgré tout le découvrir mais sachez que vous vous apprêtez à voit une œuvre hybride. Entre infâme petite production horrifique cumulant tant de tares qu'il mérite sa place dans le top 3 des pires films des années 2010 et comédie involontaire à force de faire tourner ses personnages en rond alors qu'il aurait si simple pour eux de quitter les lieux... Un conseil : regardez le film en version française. Histoire d'en ajouter une couche avec ses doublages dégueulasses et sa post-synchronisation foireuse... !

 

lundi 19 janvier 2026

The Mitchin Murders de Jamie B-Debbage (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Spécialisée dans la diffusion en streaming de thrillers et de films policiers, la plateforme américaine Found TV est accessible gratuitement à travers le monde mais aussi et d'abord à l'attention des anglophones puisque en France, par exemple, les œuvres bénéficiant de sous-titres dans notre langue sont relativement rares. Le mieux étant alors pour ceux qui ont au moins quelques bases en anglais de lancer la projection d'un film en activant ceux du long-métrage concerné. Avec un minimum de connaissances, le spectateur pourrait alors parvenir à suivre l'intrigue sans trop de difficultés... Et notamment celle de The Mitchin Murders qui comme le titre l'indique très clairement se déroule dans la ville imaginaire de Mitchin. Une petite communauté dont nous ne découvrirons de toute manière que d'éparses images d'ensemble puisque le plus gros de l'intrigue se déroulera dans divers salons où seront interrogés plusieurs témoins et victimes d'agressions de la part d'un tueur dont l'identité n'est toujours pas connue et qui dans les années quatre-vingt dix assassina un certains nombre de jeunes gens dont plusieurs femmes et un hommes. Parmi, les témoins, deux victimes qui ont survécu aident ainsi les journalistes amateurs Jessie (Georgie McGuigan) et Thomas (Robert Douglas Metson) à en savoir davantage sur ce qui survint voilà plus de trente ans dans cette petite ville moins tranquille qu'elle n'y paraît puisque semble-t-il, Mitchin a toujours été le théâtre de faits étranges... À communauté fantaisiste, meurtres fictifs. The Mitchin Murders ne repose donc pas sur un fait-divers authentique mais sur un script faisant appel à l'imaginaire débridé des amateurs de Slashers ou de légendes urbaines à travers son croquemitaine insaisissable. Tourné à la manière d'un Found-Footage, ce Documenteur signé de Jamie B-Debbage est son premier long format après trois courts-métrages réalisés entre 2017 et 2019. Il met en évidence les soupçons portés sur un étrange individu vivant en marge de la société dans une forêt, un endroit qui dans l'ordre d'importance des cadres visuels servant l'intrigue du film se place en seconde position. L'affaire étant en outre résumée à travers des extraits de journaux télévisés et grâce à l'intervention de Jessie, laquelle détaille tous les éléments essentiels de l'affaire avant d'y plonger de plain-pied lors des interviews que lui accorderont les anciennes victimes du tueur Maisie Winters (Kate Winter) et Sarah O'Reilly (Philippa Dawson)...


Deux jeunes femmes dont l'une a conservé des séquelles physiques et psychologiques tandis que la seconde, qui est actrice, espère lancer sa carrière à travers les entretiens en question... L'âme de tout un pan du Found-Footage plane évidemment au dessus de la tête du long-métrage de Jamie B-Debbage. Et à commencer bien entendu par Le projet Blair Witch d'Eduardo Sánchez et Daniel Myrick auquel il ressemble parfois même si le côté fantastique s'est envolé pour laisser la place à une enquête policière et aux investigations d'un duo de journalistes/détectives amateurs. Le long-métrage reposant essentiellement sur l'interview des deux jeunes femmes, d'un duo de vieilles dames quelque peu excentriques et de proches des différentes victimes mortes ou encore en vie, Jamie B-Debbage passe le plus clair de son temps à filmer ses interprètes assises sur leur canapé. Côté décors, le spectateur n'a donc pas grand chose à se mettre sous la dent. Et ce, même lorsque la caméra de nos deux enquêteurs se promène en pleine forêt. Une sorte de bois sans charme particulier et dont on pouvait un temps penser qu'il aurait pu mener les protagonistes jusque dans la demeure du faux coupable Bruce Herber (Alistair Findlay). Sans être un véritable repoussoir pour amateurs de films tournés à l'aide d'un tout petit matériel au format numérique avant que l'image ne soit visuellement et volontairement dégradée par l'emploi de nombreux filtres (grains épais, rayures, tremblements, baisse de résolution et perte de netteté), The Mitchin Murders reste malgré tout de piètre qualité. Le film reposant en grande majorité sur les différentes interviews, les séquences prenant notamment pour cadre la forêt n'ont pratiquement aucun intérêt. Tout comme la résolution de l'intrigue d'ailleurs. L'on finit par se foutre de l'identité de l'assassin, surtout après avoir attendu tant de temps en écoutant témoigner les deux principaux témoins. Plutôt bien interprété même si l'on distingue effectivement qu'il ne s'agit que d'une fiction, The Mitchin Murders se regarde sans réel déplaisir mais dans le Found-Footage, il y a peu de chance que les fans le retiennent parmi les meilleurs du genre...

 

jeudi 18 décembre 2025

Dream Eater de Mallory Drumm, Jay Drakulic et Alex Lee Williams (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Je sais pas vous mais me concernant, lorsque je tombe sur un tout nouveau Found-Footage, j'ai le reflex immédiat de penser que le concept vu à la première personne à la manière d'un faux documentaire est largement dépassé... Depuis plus de cinquante ans, le genre à été trituré de toutes les manières et dans tous les sens possibles. Alors, lorsque j'entends dire ou que je lis dans la presse ou sur les réseaux sociaux que l'un des derniers représentants du genre n'est rien moins que le plus terrifiant film d'horreur de l'année 2025, je ne peux évidemment pas passer à côté. Car autant je me complet devant d'abominables purges que je me contente ensuite de critiquer avec toute l'objectivité qui me caractérise, autant je ne suis pas contre une proposition cinématographique qui me conforterait dans l'idée que tout n'est pas perdu en matière de films d'horreur ! Bref, il aura fallut qu'ils s'y mettent à trois pour pondre le petit dernier d'un sous-genre du cinéma d'épouvante qui vit éclore des classiques tels que Cannibal Holocaust de Ruggero Deodatto en 1980, The Blair Witch Project d'Eduardo Sánchez, Daniel Myrick en 1999 ou bien [•REC] de Paco Plaza et Jaume Balagueró... Et non, je ne citerai pas Paranormal Activity que réalisa Oren Peli en 2007. Car même s'il existe des personnes pour apprécier ce genre de spectacle absolument vide et sans intérêt, je ne voudrais pas que l'on pense que j'ai choisi d'en faire la promotion.. contrairement aux autres exemples cités... Avec son titre relativement creepy se traduisant chez nous celui de Mangeur de rêve, Dream Eater de Mallory Drumm, Jay Drakulic et Alex Lee Williams (dont la première et le troisième incarneront les deux seuls véritables protagonistes du récit) s'intéresse à un couple de jeunes adultes vivant sous le même toit et qui décide un jour de partir s'installer pour quelques temps dans un chalet isolé et enneigé afin que Mallory (Mallory Drumm) puisse filmer les crises de somnambulisme de son petit ami Alex (Alex Lee Williams) afin de permettre à des spécialistes du sommeil d'analyser les séquences et ainsi prévoir un traitement qui permettra au jeune homme de guérir. L'on apprend qu'Alex a déjà fait l'objet d'une crise très violente. Laquelle a convaincu Mallory de tenter l'expérience...


C'est donc dans un lieu isolé, à l'écart de toute civilisation et dans un cadre dont il semblerait qu'il devient difficile de s'échapper vues les congères qui ne cessent de s'élever autour du chalet que l'on découvre au fil des jours et des nuits qui s'écoulent peu à peu dans la terreur, Alex être pris de nouvelles crises. Avec son look de ''hardos'' amateur de rock gothique ou de Black Metal, Alex Lee Williams est le candidat idéal pour faire naître un réel sentiment d'angoisse durant ce périple quasi solitaire où les événements vont s'enchaîner à une vitesse folle. Bien entendu, la meilleure idée qu'aient eu les trois auteurs du récit est d'avoir choisi d'isoler le couple, lequel n'aura d'autres moyens hypothétiques de demander de l'aide que de faire appel à des spécialistes du sommeil en passant par des applications sociales (bref, autant donner un coup d'épée dans l'eau). Le concept du Found-Footage étant ici employé à l'aide d'une caméra à l'épaule et d'un système de surveillance vidéo fixé à différents endroits du chalet, les amateurs seront en terrain conquis. Une œuvre se déroulant donc majoritairement en intérieur mais qui contrairement à l'infâme Paranormal Activity possède assez de matière et d'idées pour forcer l'intérêt du réfractaire à ce genre de conception du cinéma d'horreur et d'épouvante. Les trois cinéastes reprennent notamment le concept du personnage filmé de dos, ici à une cadence malheureusement un peu trop répétitive, emprunté au plan final et ultra flippant de The Blair Witch Project. Dream Eater conserve un certain mystère, à travers ce lugubre sifflement que l'on entend à intervalles réguliers chaque fois qu'Alex est victime d'une crise. Un Alex effectivement parfois effrayant. Œil exorbité, écume aux lèvres, visage crispé et menaçant... Mais ces quelques détails font-il cependant de Dream Eater le film le plus effrayant de l'année ? Non, certainement pas. Quelques plans s'avèrent effectivement horrifiques mais de là à nous faire sauter au plafond, faut quand même pas exagérer. Cependant, le long-métrage de Mallory Drumm, Jay Drakulic et Alex Lee Williams reste malgré tout un honorable représentant du genre Found-Footage...

 

dimanche 30 novembre 2025

Shelby Oaks de Chris Stuckmann (2025) - ★★★★★★★☆☆☆



Réalisateur et scénariste d'un futur projet qui pour l'instant ne porte pas d'autre nom que celui de Untitled the Exorcist, Mike Flanagan a notamment dans son bagage de cinéaste le long-métrage horrifique Ouija : les origines, les mini-séries The Haunting of HillHouse et La chute de la maison Usher, les adaptations de Stephen King Jessie et The Life of Chuck et concernant Shelby Oaks de Chris Stuckmann, il en est le producteur... Premier long-métrage de ce dernier après une série de courts et d'épisodes de séries télévisées, Shelby Oaks est un film d'horreur qui débute de manière très classique en nous présentant un groupe de jeunes adultes adeptes de phénomènes étranges qu'ils filment et postent sur leur chaîne Youtube ''Paranormal Paranoïds''. Mais après une énième investigation tournée dans la ville fantôme de Shelby Oaks, le groupe formé autour de Riley (Sarah Dum) va totalement disparaître de la nature sans jamais donner la moindre nouvelle durant des années. Les médias se font rapidement l'écho de cette tragédie, les uns spéculant sur l'idée d'un canular visant à attirer le plus de monde sur leur chaîne Youtube et les autres s'inquiétant de leur disparition. Et parmi ces derniers, la propre sœur de Riley, Mia (Camille Sullivan). Parmi les interprètes principaux l'on retrouve l'acteur Keith David que l'on a pu découvrir dans The Thing et Invasion Los Angeles de John Carpenter, Platoon d'Oliver Stone ou bien Requiem for a Dream de Darren Aronofsky. Ici, il incarne le rôle du directeur de la prison de Shelby Oaks. Laquelle accueillit en son temps le prisonnier Wilson Miles (Charlie Talbert). Un homme très étrange qui sembla causer la lente dégradation de de Shelby Oaks jusqu'à ce que la totalité de ses habitants la quittent pour devenir une ville fantôme. Tandis que Mia se lance sur les traces de sa sœur après que Wilson Miles ait sonné chez elle pour se suicider d'une balle dans la tête devant sa porte d'entrée, la jeune femme investit Shelby Oaks ainsi que sa prison désormais abandonnée. Loin de prendre conscience du danger qui rode en ces lieux, Mia va découvrir ce qui se trame réellement derrière toute cette histoire... Tout d'abord filmé comme un faux reportage, un documenteur ou un Found Footage (ce qui revient au même puisque le principe est identique), Shelby Oaks sera sans doute l'une des dernières petites ''sensations'' horrifiques que les spectateurs auront pu découvrir en salle en cette année 2025 en matière de cinéma d'épouvante...


Confirmant l'adage selon lequel c'est dans les vieux pots que l'on fait la meilleure confiture, le long-métrage de Chris Stuckmann reprend la structure et les visions cauchemardesques de quelques classiques du genre en les transposant à sa façon. Et ce qui aurait pu n'être qu'un gloubiboulga indigeste se révèle être en réalité une très bonne surprise. Témoignant qu'un film d'horreur prend toute sa force lorsque le spectateur se donne les moyens de le découvrir dans des conditions idéales : seul et plongé dans le noir total. Ne manque plus que d'avoir peu dormi la veille pour que toute la saveur du film s'exprime et parvienne ainsi à faire sursauter son auditoire. Alors que l'on aurait pu reprocher au réalisateur et scénariste d'avoir choisi de filmer son œuvre à la manière d'un Found Footage au format 4/3, le cadre s'élargit au point de voir l'image exploiter ensuite le format 16/9 pour un confort visuel nettement plus approprié pour une expérience en salle de cinéma. Le film abandonne alors le ton faussement documentaire pour se concentrer sur le personnage de Mia qui après avoir relevé plusieurs indices lors du visionnage d'une cassette que tenait Wilson Miles dans une main au moment de se suicider décide de se rendre sur place ! De nuit. Et seule... Contraignant ainsi le spectateur à se retrouver dans la même position que l'héroïne, témoin muet d'une aventure nocturne, solitaire et glaçante, voire morbide et qui va attirer Mia dans le repère d'une drôle de vieille dame, toute dernière habitante de Shelby Oaks... Les inspirations sont ici relativement nombreuses. Vu le cadre, on pense bien entendu à Silent Hill du français Christophe Gans (auquel on ajoutera le méconnu et mésestimé Abandonnée de l'espagnol Nacho Cerda), ainsi qu'au Projet Blair Witch et même à Rosemary's Baby de Roman Polanski pour son approche démoniaque du fantastique. Le frisson naît tout d'abord ici du cadre nocturne et de l'isolement autour de l'héroïne. Mais également de ce choix de poser parfois la caméra et d'interrompre toute action jusqu'à ce que survienne un élément extérieur dont l'apparition subite a de grandes chances de faire réagir le public. Ces fameux Jump Scares qui habituellement ne fonctionnent plus vraiment. Le climax du long-métrage se situant alors dans l'antre de la sorcière, très bel exemple de repaire du mal retranscrit jusque dans cette tapisserie investie par la moisissure... A voir...


samedi 27 septembre 2025

Paranormal Activity 3 – Secrets de Famille de Henry Joost et Ariel Schulman (2011)




Après Oren Peli en 2007 et Tod Williams en 2010, on aurait pu croire que cela s'arrêterait là. Mais c'était sans compter une fois de plus sur le désir de certains d'exploiter au maximum un filon juteux qui demeure encore aujourd'hui incompréhensible. Le premier Paranormal Activity était d'une pauvreté scénaristique et d'une interprétation insignifiante extraordinaire. Je m'étais laissé piégé une fois, et avais fait l'effort volontaire de regarder le second histoire de suivre l'évolution d'une saga qui était très mal partie malgré les commentaires élogieux d'une ribambelle d'adolescents en mal de sensations fortes pourtant absentes du projet. Cette fois-ci, ils s'y sont mis à deux pour réaliser le troisième épisode. Avec un tel renfort, on aurait pu penser que le film allait y gagner. Et bien, pas du tout. Bien au contraire, s'il était possible d'imaginer que l'on puisse faire pire que le premier volet, la saga régresse. On atteint les abîmes de l'inconsistance, de l'inutile. Ou comment jeter son argent par la fenêtre tout en comptant sur celui des spectateurs crédules qui se laisseront à leur tour piéger par un sujet, au départ, plutôt séduisant.

Cédant à la mode des préquelles, Paranormal Activity 3 – Secrets de Famille (mais où donc ont-ils été chercher un sous-titre aussi naze?) revient sur les origines du phénomène. On retrouve donc les personnages des deux sœurs Katie et Krysti Key mais beaucoup plus jeunes et donc campées par deux actrices différentes, Chloe Csengery et Jessica Tyler Brown. Pour commencer, on nous montre de vielles bandes VHS pour nous signifier la décennie durant laquelle vont se produire les événements. Ensuite, on découvre un père de famille déjà très intéressé par la vidéo puisque la maison familiale est inondée de caméras. Les deux réalisateurs tentent de donner un peu de consistance à leurs personnages en faisant du Dennis, un époux dont le statut social n'est pas très apprécié de sa belle-mère. En fait, un détail dont tout le monde se fiche puisque l'essentiel ici n'est pas de dresser un portrait social à la manière d'un Ken Loach ou d'un Stephen Frears mais de nous montrer des événements paranormaux. Chose qu'il va falloir attendre patiemment car les entités vont se montrer particulièrement frileuses au départ. Timides, les effets visuels tardent à nous en mettre plein la vue. Et lorsqu'enfin déboulent des effets censés saisir les spectateurs à la gorge, la moitié du public s'est déjà endormi.

Paranormal Activity 3 – Secrets de Famille est tellement ennuyeux que l'on n'attend qu'une seule chose. Qu'il se termine. Quand on pense que certains le considèrent comme le meilleur opus de la saga, ça laisse présager du pire pour la suite. De plus, plutôt que de laisser de temps en temps le côté pris sur le vif en laissant la caméra portée à l'épaule de côté et en filmant comme le ferait un vrai cinéaste de fiction, Henry Joost et Ariel Schulman préfèrent, en dehors des scènes filmées à travers les caméras de surveillance, continuer dans un style cinéma-vérité qui confine parfois au ridicule. Notamment lors de la scène se déroulant dans la salle de bain. Quiconque assisterait aux événements se produisant à ce moment-là aurait lâché sa caméra pour fuir. Mais non, hurlant de peur, le jeune homme continue à filmer tout en tentant de s'échapper du lieu sinistre où se produisent d'étranges phénomènes. Risible. Le reste ne l'est peut-être pas, mais sûrement pas non plus effrayant. Et c'est bien là le plus grave. On ne ressent rien. Pas le moindre petit frisson, pas un sursaut. Ce troisième épisode ne fait que proposer un plat déjà servi par deux fois. Paranormal Activity 3 – Secrets de Famille n'aura donc aucun intérêt pour ceux qui ont comme films de fantômes préférés, des œuvres de la trempe de The Changeling, Burnt Offerings ou La Sentinelle de Maudits...

dimanche 18 mai 2025

8213 : Gacy House d'Anthony Fankhauser (2010) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

''Alerte daube !, Alerte daube !''. Veuillez éteindre vos écrans de télévision et vous retrancher dans le plus proche abris anti-navets.... Ah si seulement ce genre d'avertissement pouvait être systématiquement relégué auprès de celles et ceux qui s'apprêtent à découvrir une purge cinématographique, cela aurait peut-être pour conséquence de voir surgir dans les salles obscures, les vidéoclubs (s'il en existe encore), les rayons vidéos des grandes surfaces, les plates-formes de streaming et les programmes télévisés, un peu moins de merde qu'il n'en sort chaque année. Ouais, je sais, je rêve... Étant un fervent cinéphage et amateur de criminologie, chaque fois qu'une œuvre de fiction se penche sur un cas authentique de meurtrier en série, la vie, pour moi, s'arrête jusqu'à ce que j'ai pu mettre la main dessus. Alors, quand je découvre que l'une d'entre elles a réussi à m'échapper, je stoppe toute activité pour y jeter un œil....... quitte à y perdre la plupart de mes sens comme devant ce 8213 : Gacy House dont le titre s'avère très rapidement mensonger ! Comme en témoigne l'ouverture de ce long-métrage signé d'Anthony Fankhauser dont il s'agit ici du troisième des cinq films qu'il a réalisé jusqu'ici. Mais derrière ce titre qui fait référence à l'un des plus célèbres serial killers américains ayant assassiné plus de trente jeunes hommes entre 1972 et 1978 se cache en réalité la fausse suite d'un mockbuster intitulé Paranormal Entity réalisé un an auparavant en 2009 par Shane Van Dyke et produit par la société de distribution cinématographique The Asylum... Alors que quelques minutes plus tard l'une des héroïnes du récit annonce que l'intrigue se déroulera dans la demeure du tueur en série John Wayne Gacy, quelques instants auparavant était précisée l'infirmation selon laquelle la dite maison fut détruite en 1979 ! Les murs entre lesquels vont se dérouler les événements ne sont donc pas très précisément ceux où furent perpétrés des dizaines d'assassinats de la part de celui que l'on surnomma ''Pogo le clown, le clown tueur'' mais ceux d'une propriété qui s'apparente à la demeure qui fut construite par la suite. Filmé à la manière d'un Found Footage, 8213 : Gacy House respecte grossièrement tout ce qui s'apparente au genre.


En effet, l'on apprend tout d'abord que les six investigateurs paranormaux du récit ont tous disparu et que les vidéos auxquelles nous allons assisté sont les seuls témoignages restants des événements qu'ils vécurent ce jour-là ! À leur arrivée, ils installent des caméras dans toutes les pièces de la maison, de la cave au grenier. Contrairement à la plupart des films de ce genre, les phénomènes paranormaux se déclarent assez rapidement. Pourtant, rien ne va. Conservant le schéma, entre caméras agitées de soubresauts, systèmes de surveillance vidéo défaillants, apparitions mystérieuses et bruits enregistrés par les micros et autres appareils audio, 8213 : Gacy House n'en est pas moins l'un des pires Found Footage a avoir vu le jour depuis la création du genre au cinéma. Apparemment peu préparés à ce qui les attend puisque certains d'entre eux commencent à vouloir fuir l'endroit dès les premiers instants, ils demeureront malheureusement les seuls à ressentir l'effroi devant ce triste spectacle, filmé comme d'habitude à l'arrache et dans une demeure qui n'a comme seul lieu d'éventuel pouvoir anxiogène, un espace très réduit situé dans la cave que l'on suppose être le chemin menant aux combles où John Wayne Gacy enterra une grande majorité de ses victimes. Alors, non seulement le long-métrage d'Anthony Fankhauser est l'un des pires représentants de sa catégories, mais en outre, concernant le fameux Serial Killer, sa présence passe par de résiduels événements. Son ''fantôme'' prononçant ainsi la phrase Kiss my Ass qui selon la légende serait la dernière qu'il aurait proférée au gardien qui le conduisit jusqu'à la chambre d'exécution. Puis survient plus tard une apparition du tueur sous une forme spectrale plutôt ridicule qui lui offre davantage une apparence aux rayons X du Toxic Avenger, le personnage central de la franchise éponyme des écuries Troma Entertainment initiée en 1984 par Michael Herz et Lloyd Kaufman. Bref, même pour les aficionados purs et durs de Found Footage, celui-ci demeurera une véritable engeance à côté de laquelle il sera impératif de passer...

 

dimanche 11 août 2024

Dashcam de Rob Savage (2022) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Troisième long-métrage du réalisateur Rob Savage après Strings en 2012 etHost en 2020 dans lequel le contexte se déroulait déjà lors du confinement lié au Covid-19, Dashcam a la particularité de mettre en scène la chanteuse et guitariste du groupe de rock américain Giant Drag Annie Hardy dans son propre rôle. Alors âgée de quarante ans lors du tournage du long-métrage, cette artiste aux paroles aussi vulgaires que celles prononcée durant le récit de ce second long-métrage auquel elle participe quatre ans après Thea Icarus Line Must Die de Michael Grodner est l'héroïne d'un slasher assez peu original. Construit comme il se doit autour d'un événement ''terrifiant'' et fantastique s'étalant sur une courte durée, Annie Hardy s'incarne donc elle-même en touriste américaine désirant échapper à la ''folie'' qui s'est emparée des habitants sur son territoire d'origine depuis l'apparition du Covid-19. La quadragénaire prend l'avion dans un aéroport fantomatique pour atterrir quelques heures plus tard sur le sol britannique où elle va aller retrouver un ancien ami du nom de Stretch (Amar Chadha-Patel) qui depuis s'est mis en couple avec une jeune femme obsédée par l'hygiène (l'actrice Caroline Ward). Complètement perchée, Annie est une influenceuse qui filme en direct le moindre de ses faits et gestes. Suivie par des centaines d'internautes qui vivent seconde par seconde les faits qui se déroulent, à force de se comporter de manière irresponsable, Annie se fait jeter dehors par le couple et s'empare de la voiture de Stretch afin de s'adonner à son hobbies préféré : improviser des textes de chansons à partir de mots proposés par ses followers. Malheureusement pour elle, la soirée ne va pas s'arranger puisqu'en se rendant dans un restaurant abandonné, elle tombe sur la propriétaire qui la supplie de prendre à bord du véhicule une vieille femme à la peau basanée afin de la conduire jusqu'à une adresse précise. À force d'insistance, l'inconnue parvient à convaincre Annie qui accepte alors de transporter celle qui se fait appeler Angela (Angela Enahoro). Une vieille dame don le visage est dissimulé sous un masque de protection respiratoire... Dans son propre rôle, on ne peut pas dire que Annie Hardy apparaisse franchement sympathique.


Que l'on accorde du crédit au fait que la jeune femme se rebelle au sujet du comportement à adopter lors de la vague de Covid-19 ou que sa tendance à tenir des propos particulièrement grossiers durant les soixante-dix sept minutes que dure le récit soit systématique, Dashcam ne donne pas une image très reluisante des complotistes qui finissent à travers son personnage par devenir relativement crispants ! Passé ce détail, ce long-métrage fort heureusement assez court se déroule de nuit, majoritairement à bord du véhicule de Stretch qu'Annie lui a donc volé. Ce dernier la rejoindra d'ailleurs au beau milieu d'un récit visuellement chaotique lors duquel l'on découvrira qu'Angela, la passagère, n'est pas tout à fait la vieille dame tranquille qu'elle semble être. Ponctué de séquences volontairement trash (la vieille femme se chiant dessus), Dashcam entre dans la catégorie des Found-Footage de petite envergure. Celui-ci est effectivement relativement commun, bourré de Jumpscares inefficaces, et surtout filmé comme si le cameraman (ici, en l'occurrence Annie Hardy, laquelle tient dans sa main un smartphone) était attaqué par un essaim de frelons asiatiques. La chanteuse et désormais actrice a beau être mignonne, l'on aimerait parfois qu'elle ferme son clapet quelques instants histoire que l'on puisse profiter d'autre chose que de ses interminables lignes de dialogue, entre vulgarité et discours complotiste. Dashcam est court mais ennuie pourtant si rapidement qu'il paraît durer trente bonnes minutes de plus. D'un point de vue frissons, le film de Rob Savage demeure là encore très inefficace. Le principe est toujours le même et se répète ad nauseam : un moment d'accalmie avant que ne survienne un nouveau Jumpscare suivi d'une course-poursuite entre nos deux principaux personnages et la ''créature'' qui se trouve sur leurs talons. Bref, Dashcam propose une piètre expérience cinématographique en terme d'écriture ou d'épouvante ! On pourra même s'étonner de certaines interventions de la part des followers d'Annie, confirmant si cela était nécessaire le factice de certains éléments. Comme ce sang beaucoup trop rouge pour être crédible... L'on réservera donc le dernier long-métrage de Rob Savage aux fans purs et durs de Found-Footage tandis que les autres risquent de très rapidement s'y ennuyer...

 

 TEASER

vendredi 10 novembre 2023

Gliitch de Hugo König (2023) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 



De prime abord,  Gliitch semble vouloir ressembler à cet ''art'' qui se veut passer pour conceptuel. De ces toiles au départ d'un blanc immaculé, puis tapissées d'urine, de gerbe ou d’excréments avant d'être exposées dans des galeries d'art à l'attention de ''ceux qui savent''. Car il est vrai qu'à la découverte du dernier long-métrage de Hugo König qui n'en est donc pas à son premier coup d'essai, il est difficile d'aborder cet énième Found-Footage sous un autre angle que celui de la médiocrité. Comment un réalisateur, une équipe technique et des interprètes ont-il pu en effet donner naissance à une telle engeance ? C'est la question que l'on ne cesse de se poser entre les incessants ''blurps'' d'insatisfaction que notre esprit et nos tripes sont incapables de retenir. Le concept du Found-Footage étant ce qu'il est, il devient fort compliqué de critiquer l’œuvre pour son esthétique générale. Effectivement, qu'il s'agisse des tremblements très ''parkinsoniens'' dont est victime la caméra, de l'usage de zooms et d'un montage parfois épileptique ou lorsque certains techniciens font fi de tout sens du décorum en employant notamment un éclairage à la ''vas-y comme j'te pousse'', il est quasiment impossible de déceler les défauts involontairement acquis lors de ce procédé de tournage en mode subjectif. C'est donc ailleurs que l'on ira puiser la source du ou des malaise(s) que l'on aura ressenti devant cette bobine n'excédant pas les quatre-vingt deux minutes. Vu le pedigree des interprètes, il demeure fâcheux de constater que parmi eux, certains n'en sont pas à leurs débuts devant la caméra. Ce que suppose en revanche leur pitoyable incarnation est qu'on ne les reverra sans doute pas de sitôt sur grand ou petit écran. À lui seul, Gliitch est un véritable condensé de mauvais goût qui n'a même pas le mérite d'avoir été voulu ainsi. Concernant le principe même du Found-Footage, le long-métrage, qui d'emblée revendique en être un, se soustrait très rapidement à la logique du concept dès lors que l'on a compris que les protagonistes ne sont pas cinq, mais quatre. D'où une succession de séquences filmées de manière ''traditionnelle'', si tant est que l'on puisse évaluer ainsi le travail de metteur en scène de Hugo König. Au regard de la succession d'événements qui se produisent à l'image et de leur mise en situation par des interprètes qui ne connaissent du métier que le nom, Gliitch est tout d'abord aussi plaisant à découvrir que de boire à la paille le contenu stomacal d'un chef-cuisinier atteint de troubles gastriques (et mentaux).


Comprendre que le film de Hugo König est une authentique épreuve qui refoule le spectateur moins pour ses qualités de produit purement horrifique que pour l'accumulation de tares dont il bénéficie. Si le scénario promet une aventure au cœur de la fameuse forêt rousse se situant à proximité de la centrale nucléaire V. I. Lénine plus connue sous le nom de Centrale nucléaire de Tchernobyl, les décors semblent aussi banalement plats que ne l'est le script. Au point que le film paraît avoir été tourné au Bois de Boulogne ! Inutile d'espérer découvrir la fascinante ville de Prypiat. Le film ne parvient jamais à n'être rien d'autre qu'un cache-misère de fortune. Et que dire de l'interprétation... Là encore, les amateurs de nanars vont pouvoir se frotter les mains. Le film multiplie en effet les séquences les plus absurdes qui soient. Une seconde lecture sera d'ailleurs sûrement nécessaire pour y dénicher la valeur réelle de certaines d'entre elles (la scène de la caravane ou celle de la cuisine). Seul acteur masculin, Frédéric Villabruna est littéralement à pisser de rire. Surtout lorsque au beau milieu du récit, le bonhomme se prend pour l'un des protagonistes du Projet Blair Witch de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez et se place face à un mur. Effet absolument pas garanti ! Entouré de trois donzelles dont une pouffe (désolé pour l'actrice en question), botoxée à mort, le regard figé et donc inexpressif. C'est la foire d'empoigne pour un carré d'acteurs du dimanche qui tentent apparemment d'obtenir le titre du plus mauvais interprète de ces cinquante dernières années. Au regard de ce qui se déroule devant nos yeux, on finit par se demander dans quelle mesure le réalisateur ne se serait pas chargé avant l'écriture du scénario de vider toutes les bouteilles de son bar préféré. D'une incohérence qui donne le tournis, le ridicule du film est de plus accentué par une partition musicale tout à fait inappropriée........... Snif snif... vous sentez comme ça ressemble à du placement de produit genre : ''une fois le film terminé, nous vous invitons à vous diriger vers le site Apple Music afin de bénéficier d'une importante réduction sur l'achat de notre bande originale'' ? Bref, vous l'aurez compris, Gliitch est à bannir de vos prochaines playlists cinématographiques...

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