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samedi 20 juin 2026

Savage Water de Paul W. Kener (1979)



Je l'écrivais il y a de cela, dans deux jours (ne cherchez pas le sens de cette phrase), certains films gagnent à être traduits, puis doublés en français. Savage Water fait partie de ces improbables bobines qui ne peuvent laisser indifférent. Certainement pas grâce à son scénario, sa mise en scène ou son interprétation. Il faudra faire avec mais : le premier est inexistant. Ou du moins s'est-il perdu en chemin, ou même peut-être noyé dans ces Eaux Sauvages que la jaquette de l'une des éditions DVD promet d'être l'expérience la plus intense depuis Délivrance (The most intense river experience since « Deliverance »). Ne vous faites pas d'illusion. Même si l'expérience mérite d'être vécue ne serait-ce qu'une seule fois dans votre existence (juste pour que vous vous fassiez une idée de ce qui peut résulter d'un doublage amateur fait avec une conscience professionnelle frisant le zéro absolu), comparer le classique de John Boorman et cette excroissance syphilitique est évidemment une blague de potache.

La mise en scène est à l'avenant du scénario. Un peu comme si le réalisateur avait confié sa caméra à Mère Nature en prétextant avoir oublié un rendez-vous chez le dentiste. Autant dire qu'il devait avoir les dents en très mauvais état pour que son film donne l'impression de n'avoir jamais été dirigé. Quant à l'interprétation, que voulez-vous que je vous dise... ? Je vous fais le pari, qu'en cherchant même très loin dans vos mémoires le pire film que vous avez vu, vous lui mettrez un quinze sur vingt après avoir vu Eaux Sauvages. Quoique, je n'ai personnellement pas eu besoin de chercher longtemps pour en trouver un de plus éprouvant à regarder. Ceux qui me connaissent TRES BIEN savent que Raiders of theLiving-Dead demeure en la matière, mon film de chevet.

Putain, un slasher me direz-vous. Un que je n'aurais pas encore dans ma collection ? Oui, enfin, bon. Disons que jusqu'au procès final expédié de manière aussi rapide que... pas grand chose en fait, l’œuvre tente de maintenir un suspens aussi tendu qu'un arc dont la corde aurait pété ! Sérieusement, lorsque l'on lance le film, on a très vite l'impression que le type qui a loué le film avant vous a logé le mauvais DVD dans le boîtier avant de le ramener dans son vidéoclub.

Aaaahhh, les vidéoclubs... ces dizaines de jaquettes promettant des heures d'hémoglobine, ces rayons planqués un peu plus loin, honteux d'arborer des films aux titres aussi évocateurs que La Bonne Sœur aux Gros Nichons (mon premier porno), Caligula (mon premier péplum... porno lui aussi), ou le très éducatif Le Sexe qui Parle (le genre de film qui, s'il devait un jour arriver à la femme d'être victime du même mal que son héroïne, résoudrait bien des problèmes d'adultère)...

Eaux Sauvages ressemble dans sa première grosse partie (en fait, une heure sur les quatre-vingt dix minutes que dure le film) à une vidéo de vacances. Il ne s'y passe rien. C'est plat, inintéressant, vide de tout ce que l'on pourrait exiger d'un film au titre aussi évocateur. Une dizaine de personnages environs font un peu de rafting, discutent, mangent, apprennent à mettre un gilet de sauvetage et à placer des cordages sur les canoës. Certaines scènes valent pourtant le détour. Deux notamment m'ont très fortement marquées. D'abord, il y a cette scène située à l'intérieur d'un cockpit d'avion. Sans même avoir à tendre l'oreille, on s'aperçoit que le bruit du moteur est celui produit par un hélicoptère. Un HELICOPTERE !!! D'un autre côté, c'est plutôt amusant. Un peu comme cette seconde scène durant laquelle on découvre un couple d'allemand. Leur accent est si caricatural qu'il nous renvoie à l'époque ou Michel Leeb imitait les noirs ou les asiatiques. En plus, comme le spectateur est forcément un con, le couple germanique termine ses phrases par un « ja » ou un « jawohl » indentifiant définitivement s'il en était besoin leurs origines.

Mais ce qui demeure le plus fameux dans ce film, c'est effectivement son doublage. Si ce (trop) long-métrage ne devait déjà pas peser bien lourd dans sa langue natale, ceux qui l'on doublé on effectué un travail d'une rigueur exceptionnelle... non, j'déconne ! En fait, c'est navrant. Et en meêm temps, c'est ce qui fait le charme de cet OFNI dont on ne cessera jamais de vanter des défaut qui en font ses qualités de nanar.
Ah ! Et puis je voulais préciser une chose : il y a bien eu un cinéaste derrière tout ça. Son nom : Paul W. Kener.

dimanche 5 avril 2026

Shadows of Blood de Sydney Ling (1988) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Icône du cinéma fantastique et d'épouvante espagnol, l'acteur, réalisateur, scénariste et ancien catcheur Paul Naschy a longtemps incarné le personnage de Waldemar Daninsky, un noble d'origine polonaise qui une nuit fut mordu par le lycanthrope Imre Wolfstein. Interprétant le personnage à plus de dix reprises entre 1968 et 2004, il est donc notamment apparu dans le rôle du loup-garou dans Les vampires du docteur Dracula d'Enrique Lopez Eguiluz, Dracula contre Frankenstein de Tulio Demichelli, Docteur Jekyll et le loup-garou de Leon Klimovsky ou encore La tombe du loup-garou de Fred Olen Ray. De son vrai nom Jacinto Molina Álvarez, sa carrière fut émaillée de nombreux seconds rôles et si même le cinéma fantastique ibérique a connu un certain déclin dans les années 80 et 90, Paul Naschy a connu un impressionnant regain d'intérêt auprès des amateurs de cinéma d'horreur dans le courant des années 2000... Si pour certains l'espagnol est donc devenu un acteur culte du cinéma fantastique ibérique, l'on ne conseillera pas à celles et ceux qui voudraient faire connaissance avec son cinéma de commencer avec le Shadows of Blood que signera en 1988 le réalisateur et scénariste Sydney Ling dont la carrière se résume à très peu de choses puisque après cet Objet Filmique Non Identifié que l'on rangera dans la catégorie des séries Z, il patienta douze ans avant de réaliser son second et dernier long-métrage intitulé Grandmother Martha. Un documentaire de plus de vingt-quatre heures suivant les traces d'une certaine Martha Stelloo... L'on ne reprochera pas au cinéaste néerlandais de n'avoir depuis, plus donné de nouvelles tant la projection de Shadows of Blood s'avère pénible sur la durée. Et pourtant, contrairement à la stupéfiante durée du documentaire qu'il consacra à Martha Stello, sa seule fiction ne dépasse pas les soixante-dix minutes. Du menu fretin qui paraît pourtant durer une éternité tant le film ressemble à un vade-mecum de tout ce qu'il ne faut surtout pas faire lorsque l'on se lance dans un projet cinématographique. Une purge, oui ! Une vraie ! De celles qui renvoient l’œuvre d'un auteur dans la grande benne du cinéma dans sa forme la plus laide. Car ici, rien ne va en dehors d'un script pourtant alléchant. Celui entourant deux tueurs en série qui ensemble se sont évadés de l’hôpital psychiatrique qui jusqu'à maintenant avait mis la population à l'abri de leurs exactions. On pourrait bien évidemment penser au cultissime Henry, portrait d'un serial killer de John McNaughton, sorti deux ans auparavant mais ce serait faire injure au cinéaste américain tant Shadows of Blood forme une série de contrepoints relativement homogènes s'agissant de leur grande médiocrité...


Ici, le film de Sydney Ling vogue entre meurtres multiples exécutés à la main, au couteau ou bien même à la perceuse et enquête policière effectuée avec tant de vigueur par des inspecteurs de police et un agent d'Interpol que l'on a souvent l'impression qu'en bons fonctionnaires, ceux-ci attendent la fin de la journée pour rentrer chez eux ! Paul Naschy apparaît à l'écran en binôme aux côtés de Barry Fleming dont la carrière se résume en comparaison avec l'espagnol à peu de chose puisque en dehors de Shadows of Blood, il n'est apparu que dans un seul épisode de la série Legacy en 1999 ainsi que dans le film fantastique The Still Unknown de Joshua David Johnston en 2006. L'on suit donc les pénibles pérégrinations de deux tueurs sadique qui après s'être échappés vont se séparer pour commettre chacun de leur côté un maximum de meurtres en espérant que l'un et l'autre seront les plus productifs et inventifs des deux. Seul élément véritablement marquant du long-métrage : le visage de Paul Naschy. Une vraie gueule de satyre au rire démoniaque probablement enregistré en post-production. Pour le reste, le film est une véritable infamie. Une douleur insupportable pour les oreilles. Une torture pour les yeux. Il suffirait de lister toutes les catégories techniques, de la mise en scène à la photographie en passant par la bande musicale signée par Sydney Ling lui-même pour les ranger dans la colonne des tourments que connut sans doute le tournage et la post-production alors même que, chose amusante, les meurtres perpétrés par nos deux tueurs en série semblent laisser de marbre les passants, témoins de ce curieux jeu auquel s'adonnent les deux acteurs. Trois notes de piano et de synthé, un montage et un mixage sonore aux fraises que l'on comparera au style si particulier du réalisateur, scénariste et directeur de la photographie vietnamien James Nguyen (la franchise Birdemic) et surtout, un jeu d'acteur lénifiant de la part de la totalité des interprètes venus toucher un cachet sans doute rachitique ! Mais à la vérité, une authentique curiosité, tellement foireuse à tous les étages que l'on pourrait éventuellement apprécier la chose sous l'effet de psychotropes ! Bref, vous êtes prévenus...

 

mercredi 15 octobre 2025

Terminator : Skynet Rising de Rui Constantino (2024) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Dans la série des longs-métrages Terminator, il en est un que l'on oublie. Que l'on cache. Comme une honte. Le vilain petit canard de la famille. Moche comme un pou. Difforme. Une erreur de la nature. Un OGM qui pourtant fait partie d'une longue lignée d'avatars qu'à une époque l'on nommait simplement sous le sobriquet de ''plagiats'' mais qui de nos jours ont leur coup de tampon officiel sous celui de ''Mockbusters''! Si la franchise a débuté en 1984 avec Terminator et sous la houlette de James Cameron, croyez-vous qu'elle ai vraiment cessé trente-quatre ans plus tard avec Terminator : Dark Fate de Tim Miller en 2019 ? NON ! Car en 2024, c'est à dire pas plus tard que l'année dernière, un coutumier de la contrefaçon cinématographique en la personne du réalisateur, scénariste, directeur de la photographie, compositeur, régisseur et acteur portugais Rui Constantino a osé l'impensable. Se disant sans doute qu'au vu des critiques négatives dont furent atteints les derniers opus, celui-ci pouvait sans doute se permettre de tourner son bousin personnel sans que ne se voient ses innombrables défauts ! Navré de te le dire mon pauvre Rui, mauvais tu fus, tu es et demeureras mauvais... à jamais ! Et pourtant. Si l'on compare son Terminator : Skynet Rising à ne serait-ce que... par hasard... son immonde The Thing Returns tourné en 2021, ce cinéaste qui tourne à la vitesse de l'éclair puisque rien que ces cinq dernières années il a réalisé pas moins de dix-huit longs et moyens-métrages (sans compter les courts et les épisodes de séries télévisées) n'est pas le plus mauvais de ses films. Pillant en outre des franchises telles que Halloween (Halloween: Filho Pródigo et Halloween: O Legado) ou Alien (Alien : O desperar), il s'est donc attaqué à l'une des plus célèbres sagas de science-fiction dystopiques. Terminator : Skynet Rising prend pour cadre historique la destruction du système informatique Legion qui survint lors du précédent épisode de la franchise. Notons malgré tout que les développeurs Slitherine, Cats who play CJSC et Skydance Media furent à l'origine d'une séquelle vidéoludique intitulée Terminator : Dark Fate Defiance qui vit le jour le 21 août 2023 en lieu et place de ce qui devait être un nouvel opus cinématographique. S'emparant de la chose, Rui Constantino met en scène dans la foulée, Terminator : Skynet Rising. Un volet évidemment non officiel qui au regard de sa production habituelle n'est pas le pire de ses ''bébés''. Car si en comparaison de n'importe lequel des six longs-métrages officiels de la franchise cet avatar apparaît comme une bande Z des plus fauchée, il suffit d'avoir subit l'infâme The Things Returns pour se convaincre que des progrès ont depuis été accomplis...


Cependant, toujours incapable de produire le moindre champ/contre-champ, filmant ses interprètes de trop près et cette fois-ci de trois-quart et non plus de face, le cinéaste portugais nous inflige ses éternelles lignes de dialogues filmées sur des arrières-plans de bureau ou de bâtiment désaffectés ou lors d'abominables incrustation de personnages sur fonds verts... Il est à noter que pour Terminator : Skynet Rising, il semblerait que Rui Constantino se soit non seulement permis d'emprunter le script d'origine de la saga mis qu'il ait aussi puisé dans le jeu vidéo sorti un an auparavant. En effet, si son film est bien interprété par des acteurs faits de chair et de sang, il s'agit d'un melting-pot entre images réelles, incrustations sur fond vert et utilisation de skins propres à l'univers du jeu vidéo. Une curieuse émulsion qui permet malgré tout au réalisateur d'offrir un spectacle à la mesure de ses (petites et peu coûteuses) ambitions. Dans Terminator : Skynet Rising, les machines tentent de restaurer Skynet. Heureusement, la résistance humaine a pris connaissance du projet et décide de lancer une offensive afin de détruire définitivement son plus grand ennemi... Le film est moche, c'est un fait. Des effets-spéciaux complètement dépassés et sans doute conçus sous un vieux modèle de PC tournant sous une ancienne licence Windows ! Des acteurs en dessous de tout dont un chef de la résistance si mauvais que l'on a peine à croire qu'il ne fait pas exprès d'être aussi peu crédible. Bourré d'images de synthèse et de mises en situation qui en général partent un peu dans tous les sens, Terminator : Skynet Rising bénéficie pourtant de quelques sympathiques séquences. Tandis que l'on retrouvera Arnold Schwarzenegger.... Heu, pardon, plutôt son avatar, Rui Constantino crée pour l'occasion un nouveau modèle de machine. Et sans doute même plusieurs mais celui qui nous intéresse ici est capable de disparaître dans des volutes de fumée visuellement comparables à de l'ancre de seiche pour se téléporter à quelques mètres de là. Un Terminator qui semble être alors la fusion entre une machine entièrement recouverte de peau humaine et un Ninja entièrement vêtu de noir ! À part cela, rien de véritablement excitant si ce n'est que Terminator : Skynet Rising s'avère extrêmement sombre. Une série Z un peu plus ambitieuse et regardable que beaucoup d’œuvres qui s'inscrivent dans le genre...

 

jeudi 6 mars 2025

Trepanator de N.G.Moutier (1992) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Huit ans après Mad Mutilator et seulement une année avant Alien Platoon, le réalisateur, scénariste et libraire français Norbert Moutier revenait avec un nouveau zé-d'œuvre du zédième-art. Trepanator que ça z'appelle. Le plus zédifiant cinéaste hexagonal revenait en 1991 avec une œuvre ambitieuse se référant à l'écrivain américain H.P.Lovecraft à travers cette citation : ''La vie est une chose hideuse et de la face cachée de notre savoir, suintent de démoniaques fragments de vérité qui la rendent mille fois plus hideuse''... C'est par cette phrase poético-morbide extraite du recueil de nouvelles Facts Concerning the Late Arthur Jermyn and His Family que le romancier publia pour la première fois en 1920 que sous son habituel pseudonyme de N.G.Mount, Norbert Moutier attise notre curiosité en inscrivant donc son œuvre dans la traditionnelle ambition de l'homme se prenant pour Dieu. Plus proche du chirurgien fou de la nouvelle Herbert West – Reanimator que H.P.Lovecraft fera publier sous forme de feuilleton dès juillet 1922 que du roman de la romancière britannique Frankenstein; or, The Modern Prometheus qui vit quant à lui le jour en 1818 avant d'être traduit en français trois ans plus tard, Norbert Moutier semble d'ailleurs insister à ce sujet puisque le neurochirurgien qu'interprète à l'écran Michel Finas (que l'on reverra très rapidement au générique d'Alien Platoon) se nomme Herbert East (signifiant ''Est'', par opposition à West qui lui, signifie ''Ouest''). Descendant d'un médecin aussi fou que lui qui fut assassiné par la police alors qu'il opérait dans d'abominables conditions des patients qui perdaient littéralement la tête. Herbert a donc depuis repris les travaux de son ancêtre et cherche à faire fructifier ses travaux en revendant aux plus offrants le fruit de son labeur. Et ça tombe bien car actuellement se préparent les futures élections présidentielles américaines.... Ah oui ! J'oubliais de le préciser mais après une séquence d'introduction se déroulant en France, voici les protagonistes désormais projetés aux États-Unis. Une illusion qui aurait été presque parfaite si tout ce qu'avait entrepris le chef-décorateur pour nous faire croire qu'effectivement le film se déroulait outre-atlantique n'avait pas été sabordé par des moyens financiers au raz des pâquerettes !


Car tout comme projet initié par Norbert Moutier, Trepanator sent le film fauché. Sans doute quelques dizaines de milliers de francs (et je suis large) ont apparemment servi à tourner ce film à la vas comme j'te pousse, sans répétitions et sans prises multiples. Un film 100% bio, sans addictifs autres que des tonnes de latex servant à fabriquer des crânes, des mains, des jambes, des têtes, des bras tous plus factices les uns que les autres et auxquels ont été ajoutés des abats d'animaux pour un résultat, ma foi, plutôt réussi. Compte tenu du budget et du manque de talent de l'auteur et de ses interprètes, on ne va pas gâcher le seul aspect de Trepanator qui peut encore retenir le spectateur devant son écran. Côté gore, on en a donc pour notre argent. Ça saigne beaucoup. Les trépanations en question n'étant qu'une mise en bouche gracieusement offerte en apéritif avant que notre neurochirurgien ne passe la frontière du raisonnable et ne se transforme en un véritable équarrisseur. La table d'opération se transformant rapidement en un véritable étal de boucher, Herbert East peut compter sur l'assistance de Karl, sorte de Igor frenchie glauquement incarné par Michael Raynaud, créateur ici des effets-spéciaux et dont la carrière d'acteur s'arrêtera à ce seul long-métrage. Notons que parmi les principaux interprètes l'on retrouve le réalisateur Jean Rollin. Cinéaste et écrivain culte qui a fait du mythe du vampire son principal gagne-pain sur grand écran et dans les librairies (il adaptera notamment au cinéma en 1997 son propre roman Les Deux Orphelines vampires édité quant à lui en 1993 dans la collection culte, Angoisse, des éditions Fleuve Noir). Mais le plus surprenant reste ici la courte présence à l'image du réalisateur américain William Lustig. Auteur du cultissime Maniac en 1980, il apparaît sous les traits d'un patient victime de cauchemars récurrents qui se présentent sous la forme d'une silhouette. Celle d'un flic. Celui qu'incarna l'acteur Robert Z'dar dans la franchise Maniac Cop que réalisa également William Lustig. Une silhouette qui ne prête d'ailleurs absolument pas à la confusion puisque le visage, certes ombragé, fait référence au problème de chérubisme dont était victime l'acteur américain ! Pour ce qui est de l'histoire, Trepanator s'intéresse essentiellement à son chirurgien fou et au dirigeant de l'établissement où il travaille (quiconque se retrouve à devoir passer le pas de la porte d'un tel endroit pour s'y faire opérer est condamné à une mort certaine). Mais également a ce jeune homme politique pas très futé dont Herbert choisi de prélever le cerveau afin de l'échanger avec celui de son père ! Après, tout par en vrille, ce film de savant fou se transformant en une invasion de zombies ! Bref, c'est du grand n'importe quoi jouissif malgré la légion de tares que porte en lui le film de Norbert Moutier ! Culte !

 

lundi 3 mars 2025

Opération Las Vegas de N.G.Moutier (1990) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Lorsque l'acteur américain Richard Harrison accepte de tourner dans le nouveau long-métrage du réalisateur, scénariste, acteur, romancier et... libraire (Mdr) français Norbert Georges Vincent Moutier, sans doute est-il loin d'imaginer que sa promesse allait le contraindre de participer à l'un des plus gros film Z de l'histoire du cinéma ! Une œuvre fauchée comme un champ de blé en jachère, qui voit le jour au tout début des années quatre-vingt dix tout en ayant l'air d'avoir été tourné vingt ans plus tôt. Un film d'espionnage, d'arts-martiaux où sont au menu trahison, séduction, attaque au sabre et aux armes à feu par des ninjas et des militaires... Tout ça pour une mallette contenant apparemment les plans d'un réacteur nucléaire. Surtout ''connu'' pour avoir mis en scène l'ultra Z Mad Mutilator, Norbert Moutier a également marqué les esprits des amateurs de lectures sanguinolentes en écrivant les sympathiques Neige d'enfer et L'équarrisseur de Soho pour la collection Gore des éditions Fleuve Noir en 1988 et 1990. En huit long-métrages réalisés en quinze ans et sous divers pseudonymes, l'ancien rédacteur du fanzine Fantastyka n'hésite pas à mouiller la chemise en signant avec Opération Las Vegas l'un de ces objets filmiques les plus invraisemblables qui soient. Démontrant ainsi la remarquable absence de talent d'un auteur malgré tout très optimiste quant au résultat obtenu une fois déclenché le clap de fin ! Prompt à faire habituellement chier les réalisateurs bis italiens, sachons balayer devant notre porte en évoquant cette fois-ci l'un des plus remarquables pourvoyeurs de nanars hexagonaux. Le fond de l'œuvre signée de Norbert Moutier lui-même ayant moins d'importance que la forme, c'est sur cette dernière que reposera tout l'intérêt d'une telle projection. Ceux qui survécurent à l'expérience Mad Mutilator savent déjà à quoi s'attendre. On peut d'ors et déjà leur assurer que l'expérience sera bien moins pénible. Et ce, malgré un montage et un mélange bordélique des genres qui n'aident absolument pas au confort du spectacle étalé devant nos yeux. Si le réalisateur et scénariste semble prendre les choses très au sérieux, le spectateur, lui, risque de pouffer de rire assez régulièrement. Vêtu d'un costard trois pièces, dans le rôle de Jefferson, Richard Harrison est quand même le seul type au monde à draguer les filles à bord d'une voiture familiale ! Et pourtant, cela semble fonctionner.


La preuve étant qu'il attire dans ses filets une certaine Britta (interprétée par l'actrice française Brigitte Borghese). Blonde et bien tanquée, avec ce petit air de P#%@ qui lui sied à ravir... Comment ça une Pute ? Ça n'est absolument pas ce que j'avais en tête. Pas du tout. Je pensais plutôt à une Poupée,certes gonflable, mais certainement pas une Pute !!! Trêve de plaisanterie. Comme si les nombreuses fusillades filmées avec l'engouement d'un neurasthénique ne suffisaient pas, on a droit à une bande-musicale absolument indigeste signée par Garabello (un rapport avec Jean-Louis Garabello ?). Lorsque l'on parle de soupe, ici, on évoque évidemment davantage des pommes de terre à l'eau qu'un délicieux velouté à base de crème fraîche. Côté doublage, c'est le pompon. En dehors de la blonde Brigitte Borghese l'on a l'impression que la totalité des interprètes masculins l'on été par le même doubleur. Expressions et timbre de voix sont tellement caricaturaux qu'on a souvent l'impression que tous les personnages furent doublés par Mozinor ! Bon, après, on reconnaîtra Opération Las Vegas comme ayant pu être éventuellement une authentique source d'inspiration pour les frères Coen. N'y at-il pas en effet chez les américains de The Big Lebowski une petite touche de cette pépite qu'est la série Z signée Norbert Moutier sous le pseudonyme de N. G. Moutier ? La seule ''preuve'' étant de mettre côte à côte l'acteur hollandais John Van Dreelen et l'américain John Goodman. Même tendance (ou presque) à prendre de la bedaine mais surtout, même tenue vestimentaire. Pour être tout à fait franc, le film est quand même assez chiant à suivre malgré sa courte durée qui n'excède que de quelques secondes les soixante-sept minutes. Heureusement, le spectateur trouve régulièrement l'occasion de rire. Comme lors de cette séquence à l'improbable montage durant laquelle un type se rend compte qu'on lui a remis une mallette piégée. La jetant loin de lui, celle-ci explose. Lors du plan suivant, le gars s'abrite derrière sa voiture..... Après l'explosion !!! Pas avant, non, APRES !!! Bref, le film de Norbert Moutier est un authentique cas d'école qui ferait bondir n'importe quel prof spécialité dans le cinéma. Mais alors, parfois, quelle tranche de rigolade...

 

samedi 1 mars 2025

La Maison qui Tue de Peter Duffell (1971) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



La Maison qui tue de... Tin ! Tin ! Tin ! (onomatopée bien connue des amateurs de petits, moyens, et grands frissons)... l'auteur de Psychose. Comme ne l'indique pas directement cette courte affirmation présente sur l'affiche française de ce film (qui n'a rien de commun avec le visuel présenté ci-dessus) en réalité signé du cinéaste Peter Duffell, The House That Dripped Blood dans sa version originale n'a donc pas été réalisé par Robert Bloch, qui demeure bien, par contre, l'auteur du roman à l'origine du chef-d’œuvre du britannique Alfred Hitchcock. Comme quoi, un simple mot de deux lettres (ici, « de ») peut trahir la volonté de faire du fric sur le nom d'une célébrité. Mais n'enterrons pas tout de suite l’œuvre de Peter Duffell, surtout qu'au générique, outre des interprètes aux patronymes inhabituels (Denholm Elliot, Nyree Dawn Porter, ou encore Jon Pertwee), on retrouve deux immenses acteurs hélas, depuis disparus : les britanniques Christopher Lee et Peter Cushing. Pas le genre de petite monnaie dont on cherche à se débarrasser dans les magasins. Plutôt des pièces d'or dont il vaut mieux respecter la valeur.

Soit dit en passant, La Maison qui tue est quand même un gros navet. Stars de la Hammer ou pas, la Amicus récupère nos deux glorieux interprètes et leur file entre les mains la responsabilité d'incarner des personnages dans une séries de sketches pitoyables qu'ils partageront avec d'autres acteurs nettement moins prestigieux mais dont le faciès parlera sans doute à certains d'entre nous.

Le récit tourne autour d'un inspecteur mandaté par Scotland Yard afin d'enquêter sur la disparition d'un acteur. Les quatre sketches ont pour cadre une demeure qui, on l'apprendra bien plus tard, s'identifie à ses locataires. Pour une anthologie d'épouvante, on reste froid devant l'indigence de la mise en scène, servie par des décors terriblement laids et sommaires noyés dans des lumières crues qui donnent à l'ensemble l'allure d'un théâtre grand-guignol plutôt navrant. Il faut s'armer d'un courage sans borne pour supporter les cent minutes et quelques que dure La Maison qui tue. Un titre alléchant pour un long-métrage qui s'étire à l'infini. Avec un tel patronyme, certains durent fantasmer à l'idée d'observer un ouvrage abordant les mêmes terres angoissantes qu'un Burnt Offerings hautement anxiogène. Mais ici, point de maison dévorant l'âme de ses locataires. Juste des personnages vivant des situations vues mille fois auparavant mais, ici, avec nettement moins de classe et de moyens.

La Amicus propose à ce point une telle accumulation de poncifs éculés que l'on ne peut que raisonnablement penser que la concurrente de la prestigieuse Hammer l'a forcément fait exprès. Comme une version parodique de très mauvais goût et surtout, très ennuyeuse des films à sketches britanniques qui émaillaient la filmographie de la célèbre société de production britannique fondée par William Hinds et Enrique Carreras en 1934. Comment vous expliquer le peu d'intérêt qu'évoque La Maison qui tue sinon qu'il est comparable au vide qui sépare notre planète du prochain système solaire... Le néant absolu en terme de mise en scène pour un cinéaste qui signait en cette année 1971, son second long-métrage dix ans après le premier. Pauvre Christopher Lee, pauvre Peter Cushing... qu'allaient faire dans cette galère ces deux grands Messieurs de l'horreur britannique ? Et dire que sur Amazon le film est vendu à l'hypnotique prix de 20 euros, dans une édition (Bach Films) habituée à proposer d'immondes nanars, chacun pour une poignée de centimes seulement (on comprend la gêne des revendeurs qui n'oseraient tout de même pas revendre ces infamies plus chers que leur valeurs artistique)... Au mieux, la jaquette vous fera hurler de rire. Au pire, ben, si vous l'achetez, vous pourrez toujours caler le pied d'un meuble avec le boitier. Quant à la galette argentée, un bon conseil : Jouez au frisbee avec le cd de cette Maison qui PUE !...



mardi 18 février 2025

Pass Thru de Neil Breen (2016)

 


 

Parcourir l’œuvre de Neil Breen, c'est un peu comme de monter les marches qui séparent le sol pavé de gravier d'un institut psychiatrique jusqu'à accéder à son entrée. Chacune d'entre elles étant représentée par l'un ou l'autre de ses films. Une fois la porte ouverte, deux types en blouse blanche vous accueillent. L'un d'eux cache derrière son dos la camisole qui bientôt fera partie intégrante et exclusive de votre garde-robe. Entre les deux infirmiers apparaît alors Neil Breen en directeur des lieux. Un sourire cynique au bord des lèvres, il glisse à l'oreille des subalternes l'endroit où vous finirez vos jours : le pavillon des cinéphiles atteints de graves troubles neurologiques. Car en Dealer de Nanars, le réalisateur, scénariste, costumier, musicien, décorateur, concepteur des effets-spéciaux, principal interprète et producteur de Pass Thru et de tout un tas d'autres OFNIs offre généreusement sa toute première dose au naïf spectateur (en général, une bande-annonce suffit pour que la proie tombe dans les filets du prédateur). Deux minutes de Neil Breen directement injectées au cœur des pupilles pour aller jusqu'aux connexions neuronales pour y faire des ravages irréparables ! J'exagère sans doute, il est vrai, les conséquences induites par la vision trop prolongée du cinéma de Neil Breen. En effet, imaginer finir ses jours entre les quatre murs capitonnés d'une chambre d’hôpital psychiatrique est très légèrement amplifié. La folie qui peut s'emparer du spectateur n'étant jusqu'à aujourd'hui pas encore prouvée. Il demeure cependant un élément difficile à nier. L'emprise que l’œuvre toute entière de Neil Breen peut avoir sur son audience. Car à force de regarder les uns derrières les autres les longs-métrages qu'il a réalisé ces vingt dernières années, l'absence de nouveau projet peut s'avérer difficile a accepter. C'est donc avec une infinie précaution doublée d'une certaine fascination que j'ai découvert Pass Thru. Sachant qu'après lui ne me resterait plus qu'à découvrir Double Down, son tout premier long-métrage, c'est avec tout le respect qu'il se doit que j'ai contemplé ces aventures mégalomaniaques datant de 2016. Neil Breen passe cette fois-ci de l'autre côté du miroir. Du côté obscure. Un garrot entourant le bras gauche et une seringue (vide) plantée dans le bras, une ombre passe et voici que son âme se désolidarise de son corps ! Totalement fasciné, voire même carrément obsédé par la corruption au niveau de l'état, des entreprises et des banques, Neil Breen ressasse encore et encore les mêmes thématiques.


Ajoutant toujours à cela, une grosse rasade de spiritualité. Pass thru reprend la thématique de Fateful Findings, Neil Breen incarnant désormais et coup sur coup, trois personnages. Thgil, la ''Lumière'' (heu.... ça va les chevilles) ainsi qu'une intelligence artificielle... Tellement intelligente que le type qui vient tout juste de jouer les passe-muraille en plein désert se croit maintenant obligé de gravir un rocher pour atteindre son nouvel objectif. Malgré ses prétentions d'Être de Lumière, Neil Breen a tout de même perdu de sa superbe, vêtu comme un clodo ! Par contre, le Neil Breen réalisateur s'est offert un nouveau joujou. Un drone dont l'opérateur se sert pour filmer la Star en plans larges dans un désert d'où notre héros ne semble pas vouloir décoller. Plus confuse que jamais, la mise en scène souffre des tares habituelles. Un scénario alambiqué d'où sourdent des sous-intrigues auxquelles l'auteur n'apporte ni justification, ni explication. Traitant en outre sont sujet à travers un montage chaotique. Accentuant ainsi la difficulté avec laquelle le spectateur suit les aventures du personnage central qui, en outre, se démultiplie à travers trois personnalités. Neil Breen exerce tout son talent de conteur et d'interprète dans une œuvre qui ne fait que réinterpréter inlassablement tout ce qu'il déjà construit autour de ses premiers longs-métrages. Ne changent que les interprètes secondaires, qui dans le cas de Pass Thru incarnent d'une part des trafiquants d'immigrants et d'autre part des étrangers qui pensaient sans doute trouver une vie meilleure que dans leur propre pays. Les ambitions de ''Lumière'' sont parfaitement honorables : unir les hommes. Tout en éliminant celles et ceux qui depuis toujours font le mal sur notre planète. Un véritable acte génocidaire puisque notre héros venu des étoiles indique que les morts se compteront par millions ! Incarnant donc un mélange entre un extraterrestre et une intelligence artificielle, l'on apprend que ''Lumière'' vient également du futur. L'occasion pour Neil Breen de nous offrir un cours sur la Courbure du Temps ! Entouré d'un parterre de seconds rôles tous plus pathétiques les uns que les autres, le réalisateur, scénariste et acteur peut laisser libre cours à son délire mystique et narcissique habituel. Tout comme les œuvres passées et à venir, Pass thru ressemble à la vidéo promotionnelle d'une secte ésotérique au centre de laquelle trône un Neil Breen paranoïaque et complotiste. Une vision tantôt dystopique, tantôt idéaliste abreuvée à la sauce Z. Un mélange, comme d'habitude, autant détonnant que risible...

 

dimanche 19 janvier 2025

Le jardinier de David Charhon (2025) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Se lancer dans l'aventure du Jardinier, c'est prendre le risque de vivre l'une des plus laborieuses expériences en matière de comédie française. Il suffit d'ailleurs de voir le pedigree de son auteur pour comprendre là où on met les pieds. Le simple fait d'énumérer la liste des principaux interprètes du dernier long-métrage de ce tâcheron de David Charhon suffit également à distiller un frisson d'angoisse qui malheureusement n'a rien de commun avec le chef-d’œuvre éponyme réalisé par l'italien Dario Argento en 1975, Les frisson de l'angoisse. S'il demeure un point que l'on pourra juger de positif, c'est au sujet du budget qui semble-t-il n'a pas dépassé les dix millions d'euros. Une somme malgré tout conséquente qui aurait sans doute pu servir à des causes beaucoup plus nobles que la réunion à l'image de ''comédiens'' qui n'ont de cette profession, ni le goût, ni la saveur et encore moins le talent. Le genre d'association vouée à l'échec comme vont le prouver durant près de cent-dix longues et pénibles minutes, son auteur et ses interprètes. Le moins atroce des faits d'armes accomplis par David Charhon étant encore De l'autre côté du périph dans lequel les antinomiques Laurent Lafitte et Omar Sy (l'un étant de talent et le second n'étant qu'un piètre transfuge du petit écran qui aurait dû y demeurer) s'affrontaient dans une comédie en forme de Buddy Movie à la française, le bonhomme nous a tout au long de sa carrière infligé des situations atrocement gênantes. De Cyprien jusqu'à sa dernière entreprise de destruction neuronale en passant par Les naufragés ou Le dernier mercenaire, David Charhon condamne ses spectateurs à une odyssée perpétuelle qui débuta donc il y a près de quinze ans. Autant d'années à subir le pire du pire en matière de comédies françaises. Engloutissant donc des sommes importantes dans des œuvres financées par des types qui soit sont inconscients de la merde dans laquelle ils s'apprêtent à patauger, soit ont tellement de pognons qu'ils se mouchent le nez ou se torchent les fesses avec !


Le jardinier est tellement mauvais qu'il parviendrait presque à faire oublier les précédents écarts de conduite de Jean-Claude Van Damme, icône belge du cinéma d'action qui accepte donc de rempiler pour la seconde fois aux côtés du réalisateur et scénariste. Un véritable suicide artistique, une fin de carrière indigente, un choix parfaitement incompréhensible, trois ans après s'être justement infligé Le dernier mercenaire qui jusque là était ce qu'avait mis en scène de pire David Charhon. Dans Le jardinier, l'acteur côtoie Michael Youn, ancien transfuge de la télévision humoristique basse du front dont certains cinéastes ont ensuite honoré sa présence sur grand écran à travers des rôles ''remarquables'' tandis que lui-même se mit en scène dans d'effroyables comédies dont seule Fatal s'avère plus ou moins digeste. Charriant une réputation de bouffon largement méritée, il campe ici le rôle de Serge Shuster, un haut fonctionnaire de l'état français dont le nom apparaît tout en bas d'une liste d'hommes à abattre. Détenant une photographie de cette même liste que lui a envoyé plus tôt dans la journée son ami le Docteur Dominique Rouma (Élie Semoun dans son éternel rôle de personnage des Petites annonces), un commando va se rendre dans sa luxueuse propriété afin de le retrouver et de le tuer. Mettant ainsi sa famille en danger (dont la très mauvaise humoriste, scénariste et réalisatrice algéro-belge Nawell Madani qui incarne Mia Shuster, l'épouse du politicien), Serge pourra heureusement compter sur les compétences physiques de Léo (Jean-Claude Van Damme, donc), un jardinier dont sa famille et lui ne savent finalement pas grand chose mais dont les connaissances en matière de combat au corps à corps et autres utilisation d'ouils de jardinage vont s'avérer précieuses. Face à nos deux héros, trois gusses physiquement en forme prélevés non pas dans le riche vivier des acteurs français mais dans ceux, divers, de la chanson ou du sport.


Le jardinier, avec tout le mauvais goût que l'on connaît chez son auteur réunit ainsi à l'écran Ragnar Le Breton, le rappeur Kaaris et le kick-boxer Jérôme Le Banner. Tous les trois estampillés ''acteurs''. Comme s'il suffisait de leur accoler cette étiquette pour que subitement infuse dans leur jeu un véritable talent pour le métier. S'agitant à l'écran comme un trio d'attardés dont la tête ''pensante'' est Phoebus (Le Banner), Kaaris est encore celui qui s'en sort le mieux. Ragnar Le Breton a beau tenter de faire rire avec cette habitude d'envoyer des gifles par barquettes de douze, rien ne fonctionne moins bien que cette attitude qu'il prend tout au long du récit. Tout comme Le Banner, qui excusez du peu, a l'air d'un fieffé abruti mais auquel David Charhon accorde pourtant le rôle du chef du commando ! Jean-Claude Van Damme, le pauvre, est obligé de tenir la dragée haute (mais à voix basse) à un casting faisandé mis en scène avec toute l'intelligence que l'on connaît du réalisateur et scénariste. Dans cette purge qui concentre l'essentiel de son action entre la propriété et ses fondations dont Serge Shuster ne soupçonnait pas l'existence, l'acteur belge incarne un Rambo des espaces verts très méticuleux et taciturne. Long, très long, trop long, Le jardinier n'est qu'une succession de punchlines qui toutes tombent à plat. Au même titre que la présence d'un bébé dans les bras de Jean-Claude Van Damme lors de certains combats où l'attitude d'abruti qu'incarne Michael Youn. Côté action, c'est un peu toujours la même chose. Des lignes de dialogues interminables et sans le moindre intérêt qui demandent parfois que l'on tende l'oreille tant le belge murmure plus qu'il ne s'exprime réellement. Jean-Claude Van Damme a l'air de se faire autant chier que nous, à imaginer dans sa tête l'énorme boulette qu'il fit en acceptant d'apparaître dans cette énième bouse signée de l'un des pires réalisateurs français actuels. Le jardinier aurait mérité un format plus court. Pas quatre-vingt dix minutes ni même une heure. Mais une dizaine de minutes, pourquoi pas. Histoire de concentrer en aussi peu de temps les très répétitives scènes d'action et ainsi nous épargner ses effarants dialogues...

 

mercredi 15 janvier 2025

Attack of the Killer Tomatoes de John de Bello (1978) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Il y a d'assez nombreuses années, j'avais effectué une première tentative... Laquelle s'était soldée par un cuisant échec. Impossible d'aller jusqu'au bout. Même pas jusqu'à la moitié de ce que beaucoup considèrent pourtant comme un film culte. Attack of the Killer Tomatoes connu chez nous sous la traduction L'attaque des tomates tueuses. Culte ? Pour qui ? Pourquoi ? Comment ? Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts. Une bonne vingtaines de Bruno Mattei plus tard (lequel mérite, LUI, le statut de cinéaste culte) et après avoir récemment subit cinq longs-métrages cagués par Neil Breen, je pensais qu'une nouvelle tentative me permettrait de redécouvrir le premier véritable film signé de John de Bello (adaptation de son propre court-métrage) sous un nouveau jour. Avec tout le trentième degré qu'il mérite ! Et ben non ! Même pas ! Rejoignant dans mon flop quatre de ces cinquante dernières années constitué autour de Raiders of the Living Dead de Samuel M. Sherman, Attack of the Giant Blurry Finger de Cody Clarke, Birdemic 3: Sea Eagle de James Nguyen et Baise-moi de Virginie Despentes, je peux comprendre l'aura de Attack of the Killer Tomatoes tout en n'en partageant pas la même observation. Antérieur de quatre années au premier long-métrage écrit par les réalisateurs, scénaristes et producteurs David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker plus connus sous l'acronyme ZAZ, Attack of the Killer Tomatoes prenait donc ,à peu de chose près en 1978, la même direction artistique que ces trois pionniers du cinéma parodique. Lesquels signeront notamment ensemble durant leur carrière, Y a-t-il un pilote dans l'avion en 1980, Top secret ! en 1984, ou la série des Nacked Gun sortis chez nous sous les titres Y a-t-il quelqu'un... pour sauver la reine, le président et Hollywood. Ironie du sort, un certain Richard Mueller créera en 1990 une série de dessins animés en vingt-trois épisodes inspirée de l’œuvre originale et intitulée Attack of the Killer Tomatoes: The Animated Series. Quid de l'ironie, celle-ci sera notamment diffusée au Mexique sous le titre El Ataque de los Tomates Asesinos sur le réseau de télévision câblé mexicain destiné aux enfants : ZAZ ! Pour en revenir au film à proprement parler, l'expérience est rude.


Difficile à digérer devrais-je dire. Tant pour la forme que pour le fond. De ce dernier l'on retiendra un scénario confus engageant l'Armée et le Gouvernement américain, ainsi qu'une espionne et des journalistes, dans un combat contre un type bien précis de solanacées mues par on ne sait quel procédé (en réalité, des types hors champ balancent devant l'objectif de la caméra des tomates plus ou moins mûres), lesquelles s'en prennent vigoureusement à celles et ceux qui ont le malheur de croiser leur chemin. Doté d'un script aux nombreuses ramifications, John de Bello signe une comédie parodique navrante. Sus aux fans du long-métrage, force est de reconnaître que dans son entièreté, l'accumulation forcenée de gags s'additionnant toutes les deux ou trois secondes à travers des situations toutes plus rocambolesques les unes que les autres ou à travers des dialogues dont la bêtise n'a d'égal que leur absence de drôlerie, est vraiment, vraiment, vraiment épuisante ! Attack of the Killer Tomatoes fait non seulement figure de sous ZAZ (au point où l'on pourrait lui accoler l'étiquette de... NAZ), mais également de sous Benny Hill. C'est d'autant plus dommage que le film n'est pas atrocement laid d'un point de vue esthétique. Mais entre ses quelques piètres incartades musicales, ses centaines de vannes qui laissent peu de répit ni le temps de reprendre son souffle au spectateur, ses effets-spéciaux réduits à leur plus simple expression, c'est l'écriture toute entière qu'il aurait fallut passer au tamis afin d'en évacuer la partie la plus absconse. Soit, la presque totalité des lignes de dialogue ! Au mieux, l'on esquissera un sourire lorsque viendra le temps d'imaginer le pauvre type qui en post-production dû bien se marrer en doublant les tomates tueuses à travers d'inaudibles onomatopées. Pour le reste, le spectacle est tout simplement... affligeant ! Notons que contrairement à ce que laisse envisager la toute dernière image qui laisse entrevoir une séquelle mettant cette fois-ci en scène des carottes tueuses, c'est bien de tomates dont il s'agira dans les trois suites toutes également réalisées par John de Bello. En 1988, tout d'abord, avec Return of the Killer Tomatoes, en 1991 avec Killer Tomatoes Strike Back! Et enfin avec Killer Tomatoes Eat France! l'année suivante. Si en 1975 des chercheurs américains théorisèrent le le phénomène de Jaws Effect après que les spectateurs outre-atlantique aient découvert Les dents de la mer de Steven Spielberg sur grand écran (classique de l'épouvante que John de Bello tente ici naïvement de parodier), dans le cas de Attack of the Killer Tomatoes, il y a par contre de fortes chances pour que vous continuiez à manger ces délicieux fruits. À moins qu'ils ne proviennent bien entendu des serres d'Alméria, en Espagne...

 

lundi 13 janvier 2025

Cade: The Tortured Crossing de Neil Breen (2023)

 


 

L'enfer étant, parait-il, pavé de bonnes intentions, c'est derrière l'apparat parfaitement décontracté du naïf sous lequel je me suis hier réfugié que je me suis lancé dans la projection du dernier long-métrage de Neil Breen dont je commençais à cerner les intentions à travers Twisted Pair trois jours auparavant. Ce drôle d'objet cinématographique faussement auteurisant et sans doute moins orgueilleux qu'il n'y paraissait. Une expérience, pourtant, autrement plus complexe à identifier que la plupart de celles proposées par certains génies du septième art (à commencer par David Lynch). Cade: The Tortured Crossing vient prendre la relève cinq ans après les précédentes aventures de Cabe et Cale qui réapparaissent donc pour la seconde fois après Twisted Pair. Question : vais-je être récompensé pour ce courage qui me caractérise ? Ce tout nouveau projet du plus complet des cinéastes, capable d'endosser à lui seul les casquettes de réalisateur, interprète, musicien, chef-décorateur, monteur ou directeur de la photographie va-t-il me réconcilier avec cette approche très spécifique du cinéma ? Pas sûr. Car à peine guéri des blessures psychologiques infligées lors de la projection de son avant-dernier long-métrage, son auteur ne semble pas avoir calmé ses ardeurs à travers ce qui constitue peut-être son œuvre la plus formellement ''non-aboutie'' ! La quintessence d'un art dont les techniques les plus récentes sont ignorées mais dont les proportions que prend le script n'ont à vrai dire que peu de concurrents. Hier encore, j'osais comparer Neil Breen à David Lynch. Et même à David Cronenberg, grâce aux architectures dont la froideur était innocemment traduite à travers des fonds verts figés dans le silence et où pas âme ou presque ne subsistait. Aujourd'hui, c'est à un autre grand cinéaste qu'il sera de plus ou moins bonne augure de comparer le travail de Neil Breen. Car aussi incongru que cela puisse paraître, il y a chez ce bonhomme presque tout à fait unique, une faim insatiable consistant à mettre en images tout ce qui lui passe par la tête. Tout comme le réalisateur chilien Alejandro Jodorowsky et ses mythiques El Topo, La montagne sacrée ou Santa Sangre pour n'évoquer que ses œuvres les plus connues. Mais là encore, la comparaison s'arrête à cette seule perspective d'un cinéma boulimique, qui dans le cas de ce dernier s'avérait prodigieusement fascinant.


Une vision des choses qui prend le chemin inverse dans le cas de Cade: The Tortured Crossing. L'approche habituellement foisonnante de son auteur a ici disparu au profit d'une œuvre dont les décors pétrifiés sont désormais rejoints par un script totalement sclérosé. Toujours doté de ses supers-pouvoirs, Cabe est devenu un mécène tout acquis à la cause d'un hôpital psychiatrique dont les patients sont pourtant les sujets d'expériences abominables menées par des médecins peu scrupuleux en terme de déontologie. Si les dons offerts par notre héros sont acceptés les bras ouverts par les grands responsables de l'entreprise, ceux-ci ne servent donc non pas à aider les patients à guérir mais à faire progresser la science de manière plus que douteuse. L'on retrouve ensuite Cale qui, démunit des facultés qu'il partageait avec son frère au début de Twisted Pair est désormais victime d'un mal qui le contraint à collaborer avec les médecins de l'asile. Kidnappant de jeunes SDF pour les emmener à l’hôpital où ils serviront de cobayes, il espère ainsi pouvoir bénéficier des résultats des recherches et ainsi survivre au mal qui le ronge. Exit la cybercriminalité. Si l'évocation de l'Intelligence Artificielle perdure, le sujet tourne surtout autour de cet hôpital, de ses patients/victimes et de leurs bourreaux. Un sujet on ne peut plus intéressant mais qui sous la houlette de Neil Breen confine à l'ennui le plus total ! Dans le précédent article consacré à son précédent long-métrage, j'évoquais The Room de Tommy Wiseau. Sauf qu'en réalité, c'est plutôt à un autre type de cinéma que l'on doit comparer celui de Neil Breen. Son œuvre toute entière dévolue à l'amateurisme se rapproche effectivement plus de la trilogie Birdemic réalisée entre 2010 et 2022 par le cinéaste américain originaire de Da Nang, au Vietnam, James Nguyen. Sorte de triple ''hommage'' nanardesque aux Oiseaux d'Alfred Hitchcock, ces trois films avaient l'avantage de proposer un contenu capable de garder éveillés les spectateurs. Cade: The Tortured Crossing fait, lui, figure de long et très douloureux chemin de croix. Un récit tournant en boucle sur lui-même et d'où n’émergent que de très, très, très rares et très très, très courts instants de satisfaction (le combat entre Cabe et un tigre blanc en images de synthèses affreuses!). Dans le bouillonnant vivier du cinéma Z le plus infâme, Cade: The Tortured Crossing rejoint donc le nullissime Attack of the Giant Blurry Finger que réalisa de son côté Cody Clarke deux ans auparavant. Autant dire, qu'ici, Neil Breen réalise un véritable exploit !

 

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