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mercredi 13 mai 2026

TROMA : The Battle of Love's Return de Lloyd Kaufman (1969) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Lloyd Kaufman débute sa carrière de cinéaste en 1969 alors qu'il en est encore à sa deuxième année à l'université de Yale. Le futur co-fondateur avec Michael Herz de la fameuse société de production et de distribution indépendante américaine Troma Entertainment débute à la réalisation, l'écriture et la production avec la comédie The Girl Who Returned. Enchaînant deux ans plus tard en 1971 avec The Battle of Love's Return, l'homme signe une œuvre satirique, humoristique et surréaliste qui d'une certaine manière convoque le cinéma burlesque de la première moitié du vingtième siècle, voguant ainsi entre séquences réalistes en noir et blanc lors desquelles sous son véritable patronyme il interviewe divers intervenants et plans en couleurs durant lesquels il est filmé dans la peau du personnage principal prénommé Abacrombie. Un jeune homme qui n'a pas vraiment de chance dans la vie puisque à chaque fois qu'il trouve du travail, il est invariablement mis à la porte. En outre, Abacrombie est très amoureux d'une jeune serveuse qui travaille dans un bar mais qu'il n'ose toujours pas aborder... Pour son second long-métrage, Lloyd Kaufman critique tour à tour l'armée, l'église et une vision toute personnelle des rapports avec ses concitoyens. Qu'il s'agisse d'entreprendre d'aider une dame d'un certain âge à traverser un passage piéton ou de déclarer aussi maladroitement que possible son amour pour une jeune femme totalement différente à son égard, notre héros trimballe sa bonhomie dans une ville qui lui est étrangement hostile. Parcourant la nature humaine à travers de faux portraits, tels ceux d'un homme d'affaire, d'un poète sous influence de psychotropes, d'une vieille dame, d'une jeune femme très pieuse, d'un psychiatre, d'un propriétaire de librairie de charme ou encore d'un prédicateur, le cinéaste intercale ces séances d'interviews de scènes burlesques confrontant son personnage à des situations souvent absurdes. C'est ainsi qu'en aidant une vieille dame à traverser la rue, celle-ci se met à hurler, attirant une foule bigarrée comme Lloyd Kaufman aimera plus tard en ponctuer ses prochains films sous le sceau de la Troma Entertainment. Une déconvenue amorçant le triste sort d'un homme déambulant sur le chemin devant le mener jusqu'à son lieu de travail, sans cesse harangué par une foule toujours plus hostile à son égard. Cherchant même du secours auprès d'un psychiatre (celui-là même que le réalisateur interviewa juste avant), Abacrombie est mis devant le fait accompli : viré là encore du cabinet du spécialiste, le jeune homme ne peut qu'accepter l'évidence...


Personne ne l'aime. Comme s'il dégageait une aura négative et comme si le malheur, chaque fois, devait se pencher sur lui. Embauché pour marquer les nombreux câbles d'un pont avant que des employés ne viennent les peindre, une gamine s'amuse à les arracher durant le temps qu'est imparti à Abacrombie pour prouver à son nouvel employeur qu'il est capable d'effectuer les tâches qui lui incombent. Fauché mais non dénué d'un certain charme, The Battle of Love's Return séduit par son apparente naïveté même si déjà Lloyd Kaufman confronte l'un de ses premiers personnages à la dure réalité de l'existence. Il faut savoir qu'en outre ce second film du cinéaste fut pour un certain Oliver Stone, futur réalisateur de Wall Street, de The Doors, de JFK ou de Natural Born Killer, l'occasion d'apparaître pour la toute première fois de sa carrière devant une caméra puisque aussi discrète soit sa participation aux aventures d'Abacrombie, il y incarne le tout petit rôle de Cliff ! Et s'il y a de fortes chances pour que l'on ne s'aperçoive pas de sa présence à l'image, il en est une dont nous n'oublierons par la participation. Car en effet, dans le rôle de la ''Fille de rêve'' sur laquelle a jeté son dévolu le héros du récit, l'on retrouve l'actrice américaine aux yeux de chats, Lynn Lowry. Et pour celles et ceux qui n'ont pas connaissance de son nom, les amateurs de fantastique et d'épouvante se souviendront d'elle pour avoir été surtout présente sur les plateaux de tournage de The Crazies de George Romero en 1973 et de Shivers de David Cronenberg en 1975. Dans The Battle of Love's Return, elle incarne cette jeune femme inaccessible pour notre héros, présente à diverses occasions et dans différentes situations (serveuse dans un bar, secrétaire de bureau, membre d'un groupe de hippies...). Autant The Battle of Love's Return est une comédie sociale satirique plutôt amusante, autant la fin tragique de son personnage central laisse un goût amer sans doute recherché par un Lloyd Kaufman encore très timide en matière de provocation. Notons en outre que le propre père du réalisateur avoua que sa scène préférée est celle où son ''fils'' est tué après être parti sur le front...

 

jeudi 9 octobre 2025

(Après Projection) The Toxic Avenger de Macon Blair (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Maintenant que la projection est ENFIN arrivée à son terme, sachons être objectif ! The Toxic Avenger (Unrated) version 2023 n'est pas tel que Lloyd Kaufman a pu l'affirmer. Si l'on veut demeurer en parfait accord avec ce que l'on pouvait déjà penser de la séquelle de Street Trash, il n'est pas interdit de croire ni d'affirmer que Macon Blair n'est pas parvenu à remplir le contrat que le ''Papa'' de la société de distribution et de production Troma Entertainment avait ambitionné de produire aux côtés de Legendary Pictures à laquelle l'on doit notamment le navrant Texas Chainsaw Massacre de David Blue Garcia (2022), les deux premiers volets de la trilogie Dune de Denis Villeneuve dont le troisième est prévu pour l'année prochaine ou encore l'adaptation sur grand écran du jeu vidéo Minecraft réalisé par Jared Hess. Sans compter l'arrivée prochaine d'un troisième long-métrage en vue réelle adapté de la franchise de jeux vidéos de Capcom, Street Fighter ! L'un des points noirs de cette nouvelle itération qui dans l'historique de la franchise arrive après quatre longs-métrages (The Toxic Avenger en 1985, The Toxic Avenger, Part II en 1989, The Toxic Avenger Part III: The Last Temptation of Toxie la même année et Citizen Toxie: The Toxic Avenger IV en 2000) ainsi qu'une série animée du nom de Toxic Crusaders venant s'intercaler entre les opus deux et trois, reste sa durée. Alors que l’œuvre séminale n'atteignait même pas les quatre-vingt dix minutes, le film de Macon Blair n'en aligne pas moins de cent-deux ! Et si l'on fait le calcul entre les scènes où il ne se passe pas grand chose (dont la plupart est concentrée lors des quarante premières), il n'est là aussi pas incohérent de penser que le film aurait sans doute gagné en énergie une fois débarrassé de toute séquence inutile accaparée par de trop longues lignes de dialogues et une caractérisation dont les véritables puristes de Toxie et de la Troma se fichent royalement. À dire vrai, The Toxic Avenger (Unrated) devrait tout d'abord faire office de porte d'entrée pour les futurs et éventuels adeptes de la cultissime franchise américaine. Comme l'on conseillera aux curieux qui voudraient s'essayer au cinéma de John Waters de s'y plonger en abordant sa filmographie par ses œuvres les plus récentes avant d'aller côtoyer le cinéma beaucoup plus trash dont il se fit l'un des parangons bien des années auparavant (de Mondo Trasho en 1968 jusqu'à Desperate Living en 1977). Entre comédie musicale, film de super-héros, de gangsters, humoristique et gore, The Toxic Avenger (Unrated) danse sur autant de pieds qu'il élargit son audience...


Faussement subversif, le Toxie de Macon Blair a plutôt l'air d'un gnome verdâtre se moquant du mythique super-héros radioactif de la saga d'origine que celui d'une nouvelle race de braves défenseurs de la veuve et de l'orphelin venus en découdre avec les méchants qui gangrènent la ville où se déroule l'action. Les vieux de la vieille, ceux qui parcoururent en long et en large les rayons des vidéoclubs voilà près de quarante ans, laisseront sans regret leur place de cinéma aux petits jeunes pour redécouvrir de leur côté le charme de ces bonnes vieilles VHS dégoulinantes de sang, de tripaille et de matières malodorantes ! Macon Blair tente pourtant d'attirer dans ses filets les fans d'antan. Mais si cela fonctionne parfois, comme lorsque l'on découvre notamment la pancarte de bienvenue de la ville de St. Roma's Village dont les quelques lettres effacées laissent apparaître le nom de la mythique Tromaville ( t. Roma Vill e), The Toxic Avenger (Unrated) n'est pas le digne descendant de la franchise. Macon Blair a beau montrer des têtes qui explosent, des intestins qui s'échappent par le fondement de leur propriétaire où un Toxic Avenger qui pour se débarrasser de ses chaînes urine sur elles, une pisse acide, le film n'aura pas su convaincre votre serviteur. Moins crade, provocateur et outrancier qu'il ne semble vouloir nous le faire croire, The Toxic Avenger (Unrated) n'est rien moins qu'une comédie américaine aux dialogues surfaits, alourdie par des personnages secondaires qui gigotent de manière stérile, foirant la plupart des gags que son auteur voudrait probablement hilarants... Macon Blair a presque changé de fond en comble le récit d'origine. Si l'idée est louable, on se rend rapidement compte qu'il aurait finalement mieux fait de s'en tenir au script originel et de ne point se doter de personnages inutiles. Comme peut l'être notamment Bob Garbinger qu'incarne le pourtant très bon Kevin Bacon. Tout juste l'on aurait peut-être aimé voir étoffé le personnage interprété par Elijah Wood, Fritz, frère monstrueux et parfois touchant de Bob. Peut-être certains ne l'auront-ils pas remarqué mais lors de l'attaque finale se situant sur la propriété des Garbinger, Macon Blair semble rendre hommage au Commando que réalisa Mark L. Lester en 1985. En y repensant, la chose aurait été fort amusante si Arnold Schwarznegger (qui incarnait alors le rôle du Colonel John Matrix) avait finalement accepté d'interpréter le double rôle de Winston Gooze/The Toxic Avenger quarante ans plus tard...

 

mercredi 8 octobre 2025

(Avant Projection) The Toxic Avenger de Macon Blair (2025)

 


 

Avant toute chose et surtout, avant de faire la critique post-projection du remake de The Toxic Avenger, j'avais très envie de connaître le sentiment du fondateur de la société de production et de distribution américaine Troma Entertainment, Lloyd Kaufman. Connaissant le bonhomme et surtout son appétence pour le gore, le trash et d'une manière générale tout ce qui touche à l'irrévérencieux, son avis me semblait donc primordial s'agissant de ce reboot dont les origines remontent tout de même à 2010. Avant que le projet ne soit finalement confié à Macon Blair, acteur mais aussi réalisateur et scénariste d'un premier long-métrage en 2017 sorti sous le titre de I Don't Feel at Home in This World Anymore et disponibles sur la plateforme de streaming Netflix, The Toxic Avenger version 2023 fut tout d'abord envisagé sous la direction de Steve Pink, puis celle de Conrad Vernon avant que le projet n'échoue donc entre les mains de Macon Blair qui selon Lloyd Kaufman était le plus à même de mettre en scène le plus célèbre super-héros de la fameuse société américaine ! Considérant en outre que le script, lui-même écrit par le cinéaste, est bien meilleur que celui qu'écrivit à l'époque Joe Ritter. Un scénario basé alors sur une idée de Lloyd Kaufan lui-même. Côté interprétation, si l'on peut trouver étonnant, voire amusant d'y découvrir Kevin Bacon et Elijah Wood dans les rôles respectifs de Bob et Fritz Garbinger, une autre idée, assez folle fut d'envisager rien moins qu'Arnold Schwarzenegger dans celui de Winston Gooze (en lieu et place du frêle Mark Torgl qui en 1985 interprétait le rôle de Melvin Junko), héros malheureux, diagnostiqué en phase terminale d'une maladie incurable avant de tomber dans une fosse remplie de produits toxiques. Pourtant, Arnold Schwarzenegger préférera à l'époque rendosser le costume du T-800 dans Terminator Genisys d'Alan Taylor... Et donc, arriva ce qui devait arriver, le rôle principal fut finalement confié à......... Peter Dinklage !


Ouais, le nai.... pardon, l'homme de petite taille qui ouvrit grandes les portes de la polémique en arguant que la représentation de nains vivant dans une grotte était rien moins qu'arriérée... Une remarque parfaitement idiote si l'on tient comme une vérité irréfutable le fait que les nains, dans le cas de Blanche Neige, le dernier reboot en date et en mode live des putrides écuries Disney, n'ont évidemment rien de commun avec le nanisme mais sont fondés sur de petites créatures appartenant au folklore que l'on rencontre en général dans les jardin... Tiens, prends ça dans ta face, petite chose inculte qui a osé mettre certains représentants de la ''communauté des hommes et des femmes de petite taille'' au chômage ! N'empêche qu'aujourd'hui, l'emblème de la société Troma Entertainment est désormais représenté par un wokiste d'un mètre trente-cinq tandis que dans l’œuvre originale, une fois transformé en une créature visuellement dégueulasse mais aux intentions pacifistes, Mark Torgl laissait la place à l'acteur Mitch Cohen et à ses cent-quatre vingt-treize centimètres de hauteur... ! Mais bon, qu'est-ce que vous voulez.... Si Lloyd Kaufman affirme que le remake enterre l’œuvre originale, on ne va pas mettre en doute la parole de l'un des grands prophètes du trash et du mauvais goût ! Quoique, l'exemple de Steven Spielberg qui de son propre aveu témoigna avoir ''mouillé sa culotte'' lors de la projection de l'effarante merde que fut Paranormal Activity prouve qu'il faut savoir garder à l'esprit qu'une vérité peut en cacher une autre. Bref, très chers amis, c'est le cœur pas tout à fait léger mais avec l'appétit du glouton en matière de gore, de trash et d'irrévérence que je m'apprête à sauter le pas tout en espérant que l'expérience sera différente de celle vécue au contact du faux remake mais véritable suite de Street Trash de Jim Muro. Autre classique gore des années quatre-vingt que se réappropria Ryan Kruger pour un résultat mi-figue, mi-raisin. Bonne nouvelle il ne semble pas qu'un projet de séquelle ou de reboot du cultissime Bad Taste de Peter Jackson soit encore dans les rouleaux. Ouf !

 

samedi 8 juillet 2023

Prends ta bible et tire-toi d'Alexis Wawerka (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Un petit passage sur la chaîne Youtube d'Alexis Wawerka suffit à découvrir que le projet Prends ta bible et tire-toi n'est pas récent et qu'il remonte à une dizaine d'années. Un extrait du 12/13 de France 3 Picardie datant du 12 septembre 2013 montre en effet l'engouement des habitants de la ville de Ham située dans le département de la Somme dans les Hauts-de-France pour ce projet de moyen-métrage qui ne verra finalement le jour qu'en 2023 lors de sa distribution chez Bach Films pour la modique somme de dix euros. D'une durée n’excédant pas les soixante-trois minutes, Prends ta bible et tire-toi a pris le temps de mûrir et cela se voit. Surtout si on compare ce dernier effort d'Alexis Wawerka avec ce qu'il a mis en scène jusque là. Écrit et réalisé par ce quadragénaire de quarante-sept ans né le 12 décembre 1975 à St Quentin, Prends ta bible et tire-toi est une comédie d'horreur a priori faite pour les amateurs des cercles consacrés au cinéma Z et aux nanars mais l'ampleur du travail accompli semble démontrer le contraire. Alors, bien sûr, l'on pourra évoquer l'interprétation pas toujours en accord avec ce que l'on attend d'un futur classique de la comédie, de la science-fiction ou de l'horreur, genres auxquels appartient donc le moyen-métrage d'Alexis Wawerka. Car rappelons-le une nouvelle fois, le réalisateur et scénariste a confié une partie des rôles aux habitants de Ham. Ce qui n'empêche bien évidemment pas certains interprètes d'avoir fait leurs armes bien avant d'accepter de tourner dans ce projet complètement fou. À l'image de Christian Chauvaud, de Fabien Chombart, d'Eric Ducron ou de Joëlle Hélary. Surprise, l'on y retrouve également quelques interprètes beaucoup plus célèbres, voire même légendaires tels que l'acteur et réalisateur Jean-Pierre Mocky (l'occasion pour Alexis Wawerka de lui rendre la pareille douze ans après avoir joué dans Dossier Toroto), l'acteur Jean-Claude Dreyfus (qui fut notamment l'inoubliable boucher du cultissime Delicatessen de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro en 1991) ou encore l'immense Lloyd Kaufman, dont le parler français et nettement au dessus de celui de la plupart de nos chères têtes blondes et qui fut le fondateur en 1974 de la légendaire société de production américaine Troma Entertainment et l'auteur lui-même de quelques grands classiques de l'épouvante parmi lesquels les mythiques volets de la franchise The Toxic Avenger ou l'extraordinaire Poultrygeist : Night of the Chicken Dead (notons que notre patience est mise à rude épreuve puisque l'on attend toujours la sortie sur notre territoire de son dernier bébé intitulé Shakespeare's Sh*tstorm !


Concernant Prends ta bible et tire-toi, distribué en France par Bach Films, on ose à peine espérer le voir diffusé à l'internationale sous la houlette de la Troma. Car tout dans ce moyen-métrage respire le foutraque, délirant, Z, gore et déviant du cinéma cher au célèbre distributeur américain. Mais qu'en est-il au font de ces soixante-trois minutes de pur délire ? Comme l'indique la page officielle de Prends ta bible et tire-toi, le récit s'articule autour des habitants de la ville de Ham parmi lesquels l'on retrouve un prédicateur noir, une prostituée, quelques dizaines de péquenauds dont certains se retrouveront zombifiés, de vieux schnocks (parmi lesquels l'on retrouvera donc Jean-Pierre Mocky), un maire interprété par Jean-Claude Dreyfus et un président de la république incarné par Lloyd Kaufman !!! Mais ne vous en faites pas puisque si vous êtes un adorateur de notre ''cher'' président Emmanuel Macron, sachez que le miracle aura bien lieu et qu'il apparaîtra lui aussi sous la forme d'un personnage animé. Car l'une des grandes surprises de Prends ta bible et tire-toi est de régulièrement passer du ''live'' avec des actrices et acteurs bien réels à de l'animation. Cette dernière donne d'ailleurs un sérieux coup de fouet à l'ensemble et permet surtout et avant tout de donner dans cet excès que n'auraient sans doute pas permises les limites budgétaires. Bien que la dernière partie semble démontrer le contraire puisque les débordements sanglants ne seront pas l'unique apanage des phases animées et que les amateurs de gore pourront assister à des carnages en mode ''live'' particulièrement croustillantes. Notons ensuite qu'il aura fallut pas moins d'une vingtaine d'artistes afin de donner naissance aux zombies, aux extraterrestres et aux nombreux effets visuels tandis qu'une équipe de cinq personnes s'est chargée quant à elle de réaliser les excellentes animations. Les amateurs d'épouvante, d'horreur ou de fantastique s'amuseront non seulement de ce récit, il est vrai, parfois difficile à suivre (surtout lorsque s'expriment les extraterrestres) mais aussi et surtout des nombreuses références auxquelles semble se référer Alexis Wawerka. Sans trop précéder le plaisir qu'éprouveront certains des futurs spectateurs de ce petit bijou qu'est Prends ta bible et tire-toi, j'évoquerai de plus l'excellente partition musicale de Lone Runner, artiste de musique électronique français très inspiré par la synthwave de John Carpenter ou par des groupes tels que Tangerine Dream. Les plus attentifs reconnaîtront sans mal certaines de ses sources d'inspiration puisque certaines partitions du moyen-métrage se réfèrent indéniablement au compositeur italien Fabio Frizzi période Frayeurs et L'au-delà du maître es gore Lucio Fulci ainsi qu'à une partie de la bande originale du classique de Dan O'Bannon Le retour des morts-vivants signée quant à elle par Matt Clifford. Bref, Prends ta bible et tire-toi, c'est du pur plaisir. Drôle, gore, trash, référentiel, bis... De quoi passer un peu plus d'une heure l'esprit libre. Déjà culte !

 

mercredi 8 janvier 2020

TROMA : Return to Return to Nuke 'em High Aka vol. 2 de Lloyd Kaufman (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆



Au milieu des années quatre-vingt du siècle dernier naissent deux icônes trash de l'écurie cinématographique américaine Troma Entertainment. D'un côté, Toxic Avenger et son super-héros issu de sa mutation à la suite d'une plongée accidentelle dans un fût de produits radioactifs et de l'autre, Class of Nuke 'Em High et les étudiants d'une université, victimes directes d'un accident survenu dans la centrale nucléaire de Tromaville. Au cœur des préoccupations de leurs auteurs Michael Herz et Lloyd Kaufman, la question du nucléaire et de ses répercussions sur l'environnement. En réalité, un prétexte à des débordements visuels uniques en leur genre, les deux hommes repoussant les limites du concept trash qui fait tant honneur à leur société de production cinématographique. Alors que la série de films Toxic Avenger connaît une évolution qui devrait bientôt voir prendre vie sous la forme d'un remake ''hollywoodien'' (après trois séquelles étirant ainsi jusqu'à aujourd'hui la franchise de 1985 à 2000), Class of Nuke 'Em High (sorti en France sous le titre Atomic College) a connu des suites successives au nombre de deux ainsi que deux longs-métrages en forme de reboot dont Return to Return to Nuke 'em High Aka vol. 2 est le dernier en date. Contrairement au film original, le réalisateur culte Lloyd Kaufman est désormais seul aux commandes. En réalité, il l'est depuis le premier volet de ce nouveau diptyque qui n'oublie pas les origines de la franchise et se vautre à son tour dans l'humour le plus gras, le gore le plus craspec et coloré ainsi que les effets-spéciaux parmi les moins dispendieux...

Menacée d'être révélée par le directeur de l'université de tromaville, la relation homosexuelle de Lauren et de Chrissy n'empêche pas les deux héroïnes du volet précédent de s'impliquer à nouveau dans cette nouvelle aventure mettant une fois encore en cause l'entreprise de Tacos fabriqués à partir de boue radioactive Tromarganic Foodstuffs. Débutant comme un pastiche cradingue de Carrie au bal du Diable de Brian De Palma avec sa scène de douche où les menstruations de Lauren se muent en un accouchement dignes des exactions gore de Street Trash de Jim Muro, l'un des derniers nés de Llyod Kaufman (dont on attend avec un empressement mal dissimulé son Shakespeare's Sh*tstorm qui pour l'instant en est à l'état de post-production), Return to Return to Nuke 'em High Aka vol. 2 dépasse sans doute de très loin tout ce qu'avait proposé jusqu'à maintenant le réalisateur, producteur et acteur qui dans le cas présent, incarne également l'infâme Lee Harvey Herzkauf...

Llyod Kaufman y incorpore tout ce que son imaginaire débridé est capable d'engendrer. Si le gore est à la fête, le sexe s'y fait une place encore plus importante que par le passé. Poitrines et minous s'y exposent sans la moindre censure, certains membres de la communauté masculine n'ayant aucun soucis avec l'impudicité de certains actes. Le ventripotent Zac Amico s'exhibe lui-même sans honte, la verge ornée d'un piercing, éructant des dialogues délirant comme tout ceux qui s'adonnent aux festivités punk-trash-gore-sexuelles du grand ordonnateur Lloyd Kaufman. Si les fans de la Troma attendaient très certainement de pied ferme les nouvelles aventures de Lauren et Chrissy, il n'est pas impossible que certains aient été relativement déçus par le contenu. Car si dans une certaine mesure, tout ce qu'ils sont venus chercher s'y trouve effectivement, le réalisateur nous assène une succession de séquences dont le lien n'a souvent ni queue ni tête. Le bordel inhérent aux productions Troma y trouve une quintessence à ce point exagérée qu'au final, Return to Return to Nuke 'em High Aka vol. 2 s'avère un brin ennuyeux. Impossible donc de rester accroché à cette locomotive de l'absurde si ce ne sont quelques scènes qui rappellent parfois ce qu'a pu produire de meilleur la Troma. À titre d'exemple, la parodie du Silence des Agneaux lors de laquelle Lloyd Kaufman se met lui-même en scène dans un ersatz de James « Buffalo Bill » Gumb incarné en 1991 par l'acteur Ted Levine dans le chef-d’œuvre de Jonathan Demme...

dimanche 28 octobre 2018

TROMA : Poultrygeist de Lloyd Kaufman (2006) - ★★★★★★★★★☆



Soixante ans au compteur, et des dizaines de films à son actif, Lloyd Kaufman en a encore sous la chaussure en cette année 2006. Vingt-deux ans après les premières aventures de Toxie et deux décennies après la sortie de premier Class of Nuke'Em High, le sexagénaire ne semble pas s'être assagi. Bien au contraire, il repousse avec Poultrygeist: Night of the Chicken Dead les limites du (non)raisonnable en réalisant ce qui demeurera comme l'une de ses meilleures créations. En tout cas, l'une des plus subversives et dégoulinantes. Critique crades et sanguinolente d'une Amérique marchant sur les terres d'indiens dont ils ont massacré nombre d'individus par le passé, le film de Lloyd Kaufman cogne dans le tas et n'hésite pas un seul instant à s'en prendre à certaines grandes identités de la nation qui l'a vu naître le 30 décembre 1945. Mac Donald en première ligne... auteur d'une trentaine de longs-métrages parmi lesquels quelques fleurons du gore et du mauvais goût dont Poultrygeist: Night of the Chicken Dead se révèle l'exemple le plus outrancier. Première chose à savoir : même si le titre laisse envisager un mix parodique entre le Poltergeist de Tobe Hooper et Steven Spielberg et le Night of the Living Dead de George A. Romero, le film de Lloyd Kaufman n'entretient que de vagues rapports avec le second et pas un seul avec le premier. Pas d'esprits frappeurs donc, mais des manifestants plantés devant un restaurant d'une chaîne de fast-food érigé depuis peu sur un cimetière indien (dont on n'a pas trouvé mieux que de jeter les restes dans de grandes bennes à ordures). Des manifestants qui vont bientôt connaître un sort peu enviable après avoir ingurgité des plats servis dans le dit restaurant. Possédés par un démon indien, ils vont tour à tour se transformer en zombies-poulets et s'en prendre à Arbie, Wendy ainsi qu'aux employés de American Chiken Bunker. A l'intérieur, c'est le chaos. Alors que certains font la queue devant les toilettes, pris d'horribles crampes d'estomacs, d'autres ont déjà subit d'affreuses transformations et s'attaquent à nos deux héros et leurs compagnons d'infortune. Aidés de Humus, une cuisinière musulmane vêtue d'une burqa, Arbie et Wendy décident de tenir un siège et de combattre la horde de zombies-poulets avant qu'ils ne s'en prennent au reste du pays...

Dans sa catégorie, Poultrygeist: Night of the Chicken Dead n'est rien moins qu'un chef-d’œuvre. L'aboutissement d'une œuvre consacrée à la débauche dans tous ses aspects. Sexualité débridée, hémoglobine déversée par containers, exutoire sociologique, Lloyd Kaufman signe presque un testament qu'il sera bien difficile de modifier, d'arranger, d'améliorer tant le cinéaste semble avoir mis tout ce qu'il a dans les tripes, de talent et de budget dans son film. Une comédie musicale horrifique jamais effrayante mais incroyablement gore. Lloyd Kaufman (aidé de son épouse) et Michael Herz mettent leurs billes en jeu. 500 000 milles dollars. Un petit budget pour un résultat, à l'écran, fort honorable, qui s'explique sans doute par la participation de volontaires du monde entier après que des annonces aient été transmises sur Internet afin de trouver des figurants acceptant de participer au tournage. Quant aux effets-spéciaux, si Lloyd Kaufman a pu se permettre de tourner autant de séquences gore, c'est sans doute grâce à la générosité de plusieurs studios d'effets-spéciaux qui lui ont offert gracieusement des masques ainsi que divers accessoires. D'où un film absolument vertigineux en matière d'hémoglobine. Parfois vraiment dégueu, Poultrygeist: Night of the Chicken Dead n'est pas avare en la matière et nombreuses sont les séquences durant lesquelles membres arrachés, éventrations, explosions et autres joyeusetés encore moins ragoutantes font le bonheur des amateurs du genre. Un feu d'artifices pratiquement ininterrompu. Totalement jubilatoire !!!

Une œuvre typique de l'univers Troma même si à aucun moment, contrairement à bon nombre d'autres longs-métrages de la célèbre firme, n'est faite la moindre référence envers tel ou tel long-métrage. Tout juste le héros arbore-t-il un tee-shirt sur lequel on peut vaguement identifier Toxie. Les plus attentifs seront peut-être étonnés de retrouver l'une des cascades de Sgt. Kabukiman NYPD et que le cinéaste s'amuse à réemployer sur chacun de ses films en forme de running gag. Tout fan de l'univers Troma se doit de voir au moins une fois Poultrygeist: Night of the Chicken Dead. Quant aux néophytes, s'ils ne doivent en découvrir qu'un seul, autant qu'il s'agisse de celui-là...

samedi 27 octobre 2018

TROMA : Terror Firmer de Lloyd Kaufman (1999) - ★★★★★★★☆☆☆



The Toxic Avenger, Class of Nuke 'Em High, Sgt. Kabukiman N.Y.P.D... quelques exemples de pellicules cultes tout droit sorties de la société de production Troma Entetainment, la boite de Llyod kaufman et Michael Herz créée par le premier dans les années soixante-dix et chez qui l'on trouve sans doute le plus grand nombre de longs-métrages déjantés, mixant gore, sexe et autres polissonneries de PLUS ou moins mauvais goût. Terror Firmer étant signé par l'un des papas de Toxie, le film de Llyod Kaufman ne déroge pas à la règle et se révèle même être la référence en la matière. Deux heures d'un bordel apocalyptique généré par une bande de pseudos-interprètes prêts à tout pour sublimer un scénario totalement barge. Au centre d'un casting constitué de gros bras décérébrés, de blondes peroxydées, de punks sous acide, d'un maniaque obsédé de cornichons, de super-héros aussi inattendus que Toxie, Mad Cow-Boy ou Sgt. Kabukiman et d'un cinéaste aveugle et égocentrique, un spécimen rare de serial killer puisque faisant partie de la gente féminine dessoude plusieurs membres de l'équipe de tournage.

Un tournage chaotique, des centaines de lignes de dialogue crapoteuses mises en images par un Lloyd Kaufman et des interprètes en roue libre. Jubilatoire. Du nichon, de la fesse, du sang et de la merde. Bienvenue à Troma-City, la ville où tout est permis. Pas le temps de s'ennuyer (à part un ventre mou faisant une incartade dans le domaine de la romance) : Lloyd Kaufman dirige ses interprètes comme il entend le faire depuis longtemps déjà. Sa signature étant reconnaissable entre mille, nous retrouvons donc l'habituelle avalanche de bons (et surtout, mauvais) mots. Une succession de séquences n'ayant parfois aucun rapport, ou du moins, aucune nécessité. La cohérence, ici, à le mauvais rôle. Remerciée dès l'ouverture, elle laisse la place aux turpitudes diverses de ses personnages, le film évoquant ainsi volontairement, maladroitement et dans la bonne humeur, certains des vices les plus inavouables de l'âme humaine sous une couverture que Lloyd Kaufman évite de rendre démagogique. Ici, l'hermaphrodisme est roi, le cinéaste proposant une relecture des tables de loi aussi naïve que volontairement drôle.

Homosexuels, lesbiennes, transgenres possèdent un terrain de jeu leur permettant de s'exprimer à l'envi : le tournage d'un nouvel épisode des aventures du Toxic Avenger qui, bizarrement, n'apparaîtra que succinctement, car ce faux film dans le film sert surtout de base cradingue à la romance entre un preneur de son et Jennifer, une employée. Terror Firmer, sous son aspect d’œuvre libre et totalement décomplexée témoigne également des conditions de tournage d'une œuvre estampillée Troma. Budget limité, et surtout, difficultés rencontrées avec les autorités, DETAIL que le cinéaste n'oubliera pas d'évoquer avec une certaine ironie lors du générique de fin. Mais un Troma sans hémoglobine ne serait pas un Troma. C'est donc par l’intermédiaire d'un serial killer aux méthodes particulièrement expéditives que le film baigne dans des litres de sang. Pas toujours réussis, les effets gore se révèlent en revanche souvent originaux. La complaisance du cinéaste envers le sexe et le sang est jubilatoire. Sans tabous, Lloyd Kaufman aborde l'inceste, l'homosexualité, le transgenre et filme des séquences débordant de merde, de pisse et d'urine avec une complaisance réjouissante, mais cependant, à réserver à un public avertit.

Si le spectacle est bête, il n'est par ailleurs, jamais vraiment méchant. Et quel plaisir de voir Kaufman participer au spectacle. Comme il est assez dément d'y croiser, et ce, de manière tout à fait inattendue, le duo de français Ariel Wizman et Edward Baer dans une séquence pas moins crade que les autres puisque se faisant vomir dessus par une serial killeuse ne supportant pas les trajets en voiture. Ou encore le chanteur Lemmy du groupe de hard-rock Motorhead. Du porte-nawak que le cinéaste John Waters ne dénigrerait sans doute pas. Cultissime !!!

mardi 16 octobre 2018

TROMA : Toxic Crusaders : The Movie de Bill Hutton et Tony Love (1991)



Après les quatre volets de ce qui forme actuellement la tétralogie The Toxic Avenger dont chacun est respectivement sorti sous le titre The Toxic Avenger, The Toxic Avenger, Part II, The Toxic Avenger, Part III : The Last Temptation of Toxie, Citizen Toxie : The Toxic Avenger IV, et avant un cinquième volet intitulé Toxic Twins : The Toxic Avenger V qui tarde à se manifester, il fallait bien que je me mette quelque chose sous la dent. Pourtant, le choix ne s'arrêtait pas là, puisque la très glorieuse société de production américaine Troma Entertainment créée dans les années 70 par l'acteur, réalisateur et producteur Lloyd Kaufman a produit depuis sa création, bon nombre de longs-métrages pouvant satisfaire le fan du super-héros radioactif Toxie que je suis. Grâce à l'excellent blog TromaFrench, je découvrais il y a quelques temps, l'existence de Terror Firmer, réalisé justement par Lloyd Kaufman en 1999 et tournant autour de la réalisation fictive d'un nouvel opus des aventures de Toxie. Et puis, beaucoup plus récemment, celle de Toxic Crusaders qui semblait plus proche de mes attentes. Mais dans un contexte fort différent puisque Toxie y déambule sous la forme d'un héros de dessin-animé. Une création de Lloyd Kaufman et de son complice de toujours Michael Herz, et réalisée par Bill Hutton et Tony Love. L'oeuvre présentée par TromaFrench dure un peu moins d'une heure et quart et condense les trois premiers épisodes d'une série de dessins-animés qui en contera treize au total.

Dessin-animé oblige, les enfants demeurant forcément l'une des cibles tandis que les plus âgés auront forcément la curiosité de jeter une œil sur la chose, Toxic Crusaders a très largement allégé le propos des longs-métrages en ôtant toute forme de sexualité et en bannissant ce qui faisait l'un des intérêts du film culte et de ses suites : le gore. Si Toxie continue à combattre les méchants et à défendre les opprimés, il le fait de manière beaucoup moins graphique. Toujours affublé de son fameux balais de nettoyage, le dessins-animé débute par un résumé assez succinct des événements qui ont transformé un simple employé au ménage en super-héros monstrueux. Une fois encore, la production (les auteurs?) semblent quelque peu frileux et décrivent la fiancée du héros non plus comme une jeune aveugle, mais une séduisante jeune femme atteinte de simples troubles de la vision. C'est qu'il ne faut surtout pas froisser la sensibilité handicapés !

L'une des grandes différences entre les films dits « live » et le dessin-animé de Bill Hutton et Tony Love provient du fait que Toxie est désormais accompagné de deux autres super-héros aux facultés pour le moins étonnantes. Le premier se nomme No-Zone et à l'étrange faculté de provoquer des tornade en éternuant et possède une roue à la place du pied droit !!! Le second, lui, se nomme Major Disaster et se révèle capable de prendre le contrôle des plantes. Toxic Crusaders n'est ici plus l'occasion pour notre héros de chasser les voyous de bas étage mais d'éradiquer la présence d'un cafard venu de l'espace, Bughead, dont le projet est de polluer la terre tout entière. Il a à ses côtés, pour lui venir en aide, la présence d'un certain Headbanger, fusion accidentelle de deux individus, ou de Bonehead, un homme qui lors d'un combat avec Toxie, connaîtra le même sort que notre héros en tombant directement dans un fût de produits toxiques...

Ne rêvons pas... si le principe est au départ amusant, Toxic Crusaders est au final assez médiocre. Graphiquement, l'oeuvre du duo ne fait pas le poids face aux grands pontes du dessin-animé. Mais comme l'intérêt ne repose bien évidemment pas là dessus, c'est sur le scénario que se concentrera le spectateur. Mais là encore, c'est la désillusion. Si voir tout un tas de créatures décérébrées et malveillantes affronter Toxie est d'abord amusant, on se lasse finalement assez vite. Toxic Crusaders pourra donc surtout s'envisager comme une entrée en matière dans l'univers Troma pour le jeune public. Quant aux autres, il ne leur reste plus qu'à espérer pouvoir découvrir très bientôt le cinquième chapitre des aventures du super-héro radioactif de Tromaville...

mercredi 27 septembre 2017

TROMA : Return to Nuke 'Em High Vol.1.de Lloyd Kaufman (2013) - ★★★★★★★☆☆☆



L'un des pères fondateur de la plus ancienne compagnie de films indépendants en a-t-il encore sous le pied ? La Troma a-t-elle conservé toute son énergie ? Toute sa folie ? La réponse ne se fait pas attendre puisque dès 2013, Return to Nuke 'Em High Vol.1 est dévoilé dans plusieurs festivals à travers le monde. En Espagne, au San Sebastian Horror Film Festival, En Suède, avec le Monsters of Film de Stockholm, en Irlande, avec le Horrorthon Festival de Dublin, ou encore chez nous, En France, lors du festival du film indépendant de Cannes. L'année suivante, le film sort sur les écrans américains. Quatrième volet de la saga horrifico-trash Class of Nuke 'Em High, Return to Nuke 'Em High Vol.1 relance de la plus belle des façons, presque trente ans plus tard, la licence créée par Richard W. Haines, Michael Herz et Lloyd Kaufman. Entre 1986 et 2013, bien des choses ont évoluées. Collant parfaitement à l'actualité et faisant table rase des préoccupations passées, Lloyd Kaufman qui se retrouve désormais seul aux commandes abandonné le nucléaire et semble davantage préoccupé par les OGM ( acronyme d'Organismes Génétiquement Modifiés). En proposant un “retour” en forme de “Volume 1” , le cinéaste s'affranchit du passé et donne un coup de jeune à la franchise. Un mal nécessaire qui pourtant ne troublera pas les habitudes des fans puisque le film, loin de s'être rangé, demeure dans la continuité. Toujours aussi révérencieux. Toujours aussi crade et vulgaire, Return to Nuke 'Em High Vol.1 rend hommage au passé tout en lui insufflant une énergie nouvelle, aidé en cela par des moyens, sans doute, un peu plus conséquents que par le passé, la présence de la société de production Anchor Bay Films y étant très certainement pour quelque chose.

Les fans le savent, la centrale nucléaire de Tromaville ayant été rasée dans les épisodes précédents, c'est sur les cendres de l'édifice qu'est bâtie une usine. Tromorganic s'est spécialisée dans la production d'organismes génétiquement modifiés dont les élèves de l’université de Tromaville vont être les premiers à faire les frais. C'est lors de la journée des tacos (célèbre en-cas de la cuisine mexicaine consistant en une tortilla repliée sur elle-même et contenant de la viande et de la sauce) que tout dérape. Un élève est victime d'un empoisonnement aux OGMs dont les conséquences se révèlent terribles puisqu'il va prendre feu avant que sa tête n'explose devant le regard ébahi de ses camarades de classe (qui, marque de fabrique estampillée TROMA, auront des réactions disproportionnées et contraires à celles attendues dans ce genre de cas). Dès lors, c'est l'épidémie. Les élèves participant à la chorale de l'école (et jugés de pédales selon les plus forts de l'établissement) vont également être victimes des OGMs produits par Tromorganic. Transformés en punks décérébrés, ils vont semer la panique en ville. Mais c'était sans compter sur Lauren (Catherine Corcoran), nouvelle élève dont les parents ont acheté la plus luxueuse demeure de tout Tromaville, et sur Chrissy Goldberg (Asta Paredes), qui, amoureuses l'une de l'autre et victimes elles aussi des OGM produits par Tromorganic, vont se battre contre la bande d'anciens choristes qui se sont renommés pour l'occasion, les Crétins.

Et dieu sait que ce nom leur va bien. Comme d'ailleurs à la majorité des personnages (principaux et figurants). Une bande de névrosés, gesticulant, hurlant, s'exhibant sans retenue. L'immoralité règne en maîtresse dans une ville où les deux seuls flics ne feront pas le poids. Pénis gigantesque. Mamelles produisant un lait acide. Punk israélite munit d'une Menorah (candélabre à sept branches des Hèbreux) en guise d'arme, handicapé moteur dont le fauteuil roulant arbore une immense mâchoire, obèse à la recherche perpétuelle de nourriture, néo-nazis, Tacos vert-fluorescents, sang, tripailles, homosexualité, travestisme, transsexualité,gore, meurtres. Lloyd Kaufman ne recule devant rien pour le bonheur des fans. Totalement immature tout en demeurant extrêmement jouissif, Return to Nuke 'Em High Vol.1 est le digne successeur de ses prédécesseurs.

Ce faux quatrième volet de la franchise Class of Nuke 'Em High en forme de reboot dont le titre devait être à l'origine Battle of the Bikini Subhumanoids et devait réunir un script constitué d'épreuves de deux pages écrites par par les fans devrait fort logiquement connaître une suite. Un volume 2 que les fans s'impatientent très certainement de découvrir...

mardi 26 septembre 2017

TROMA : Sgt. Kabukiman N.Y.P.D.de Lloyd Kaufman et Michael Herz (1990) - ★★★★★★☆☆☆☆



Après trois épisodes mettant en scène le Toxic Avenger, les réalisateurs, scénaristes et producteurs Lloyd Kaufman et Michael Herz décident de passer à autre chose. De s'inventer un nouveau personnage. Un super-héros au moins aussi charismatique que l'irradié Melvin. Cette fois-ci, l'intrigue se déroule à New-York et non plus dans la petite bourgade de Tromaville. Le Sgt. Kabukiman, qui depuis la sortie de Sgt. Kabukiman N.Y.P.D. est apparu dans plusieurs longs-métrages produits par la firme Troma, La principale différence entre Toxie et Kabuliman demeure dans le fait que ce dernier peut à loisir (dans la mesure où il ne se transforme pas accidentellement en clown) passer de l'état de fli, sous le nom de Harry Grisman, à celui de super-héro, sous celui de Kabukiman. Le nom et l'apparence de ce personnage n'est pas dû au hasard. En effet, c'est lors d'un spectacle de kabuki (forme de théâtre épique japonais dans lequel les comédiens portent maquillage élaboré et costumes de geishas) que le Sgt. Grisman entre en contact avec l'un des acteurs qui l'investit des pouvoirs du kabukiman, lui transmettant ainsi une partie de son savoir (la jeune Lotus s'occupant plus tard de lui enseigner le reste). Sous les traits du super-héros japonais, Grisman décide de nettoyer la ville de New-York de la violence qui la pollue. Il choisi notamment de s'en prendre au révérant Snipes, lequel se sert de différentes institutions pour les jeunes défavorisés comme de couverture pour son réseau de drogue ainsi qu'au milliardaire philanthrope Reginald Stuart, lequel a trouvé le moyen d'accomplir une ancienne prophétie visant à invoquer le Malin, lequel devant lui permettre de conquérir le monde. S'ensuivent alors une successions de crimes dont le meurtre de Connie LaRosa, la coéquipière de Grisman. Ce dernier cherchera alors à tout pris à venger la mort de son amie.

Beaucoup moins sanglant, un peu moins trash, mais toujours aussi délirant, Sgt. Kabukiman N.Y.P.D. de Lloyd Kaufman et Michael Herz demeure dans la même veine que des productions telles que The Toxic Avenger ou Class of Nuke 'Em High, les deux plus célèbres franchises du duo. C'est débile tout en restant plus sobre. Comme si les deux cinéastes avaient tenté alors de se racheter une conduite en cherchant à rendre leur dernier bébé plus moral que ce qu'ils avaient jusque là l'habitude de nous proposer. Mais c'est sans doute ne pas connaître les deux hommes que de penser une telle chose. L'église et l'autorité en prennent une fois de plus pour leur compte. Quelques signes viennent très vite rassurer sur l'état de la firme Troma. On n'y baisse pas son pantalon. Dès les premiers instants, on reconnaît la marque de fabrique du duo. Pour rappel, ne serait-ce que la scène durant laquelle deux hommes d'affaire se partagent une ligne de coke sur le capot d'une voiture de luxe.

L'inspiration, Lloyd Kaufman et Michael Herz la trouvent lors du tournage de The Toxic Avenger II dont une grande partie se déroule au Japon. Approchés par Tetsu Fujimura and Masaya Nakamura, les créateurs de la société japonaise de développement de jeux vidéo créée en 1955, ces derniers leur propose de créer un film dont le principal personnage serait un super-héros dont l'apparence serait celle d'un comédien du théâtre Kabuki. Si Sgt. Kabukiman N.Y.P.D. Paraît nanti d'un budget un peu plus important qu'à l'habitude, ça n'est pas pour rien : la société Namco produit, et donc finance, le film à hauteur d'un million et demi de dollars. Des divergences naissent entre Namco, Lloyd Kaufman et Michael Herz. Ce dernier, curieusement, se range du côté de la société de jeux vidéos qui désire faire du film, une œuvre accessible aux enfants tandis que Lloyd Kaufman, toujlours fidèle à ses idées, veut perpétuer le genre qui a rendu célèbre la firme Troma. Le résultat à l'écran peut laisser plus ou moins dubitatif.
Délirant, mais jamais choquant, Sgt. Kabukiman N.Y.P.D. ne demeure clairement pas le meilleur film estampillé Troma. Un film amusant mais auquel il manque le souffle épico-trash des œuvres citées plus haut. Si le succès d'estime du film n'a pas donné lieu à une suite, le Sgt. Kabukiman est réapparu dans plusieurs productions et dans diverses publicités de la firme Troma. L'un des faits les plus marquants de ce personnages atypique est son apparition dans l'excellent Citizen Toxie: The Toxic Avenger IV que Lloyd Kaufman réalisa seul en 2000. Kabukiman y est désigné tel un ivrogne méprisé par ses concitoyens. Une manière comme une autre de pointer du doigt un Sgt. Kabukiman N.Y.P.D. sur lequel Lloyd Kaufman n'aura pas eu la possibilité de travailler en totale liberté ? Qui sait. Toujours est-il que Sgt. Kabukiman N.Y.P.D. Se laisse regarder. Une petite comédie qui dans la sphère Troma et en comparaison d'autres productions paraît bien innocente...
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