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vendredi 31 janvier 2025

Amityville – Darkforce (Amityville – A New Generation) de John Murlowski (1993) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Amityville – Darkforce ou Amityville – A New Generation, est le septième long-métrage consacré à la fameuse maison hantée située au 112 Ocean Avenue à Amityville sur l'île de Long Island dans l'état de New York. Et après un sixième opus ma foi fort honnête, voilà que la franchise retombe dans ses pires travers. À force de vider la maison d'origine à l'intérieur de laquelle ne se situe désormais plus l'action depuis un certain temps, voilà que scénaristes et réalisateurs se servent du mobilier de l'inquiétante demeure afin de transposer le récit de la hantise originelle un peu n'importe où. Comme dans le cas de ce septième chapitre qui voit évoluer son héros, le photographe Keyes Terry (interprété par l'acteur Ross Partridge), dans un sordide quartier de la Pomme où les clochards se mêlent aux détritus qui encombrent les trottoirs. C'est dans ce contexte relativement cradingue que Keyes rencontre en face de son immeuble un sans domicile fixe qui pour le remercier de lui avoir donné un peu d'argent après qu'il l'ait photographié sans lui demander la permission, lui offre un très beau miroir. Keyes emporte donc l'objet avec lui l'installe dans l'une des pièces de son appartement. Jusqu'ici, rien de véritablement anormal. La vie reprend son cours... jusqu'à ce qu'une lointaine relation soit retrouvée morte dans la pièce en question, décédée apparemment accidentellement. L'un des rares atouts (peut-être même le seul à vrai dire) de Amityville – Darkforce repose sur une partie non négligeable du casting. Car aux côtés de Ross Partridge évoluent dans le cercle du personnage qu'il incarne l'on retrouve par exemple l'acteur David Naughton qui après avoir été au centre du classique du cinéma d'épouvante Le loup-garou de Londres de John Landis apparaît ici très empâté. Sans doute un brin bouffi par des années de malnutrition et auquel le personnage ne rend vraiment pas honneur. En cause : un look de beauf ainsi qu'un corps peu affûté planqué sous un jogging de chômeur en attente d'un emploi.


L'on retrouve également l'acteur Terry O'Quinn, célèbre pour avoir tout d'abord interprété le rôle du psychopathe dans l'excellent Le beau-père de Joseph Ruben en 1987 (ainsi que sa suite réalisée par Jeff Burr deux ans plus tard), mais aussi et surtout pour avoir notamment participé aux séries Lost : les disparus, X-Files ou encore au spin-off de la série The Walking Dead intitulé The Ones Who Live. Acteur de Blaxploitation dans le courant des années soixante-dix mais aussi visible dans le courant plus classique du cinéma américain (Tremblement de terre de Mark Robson, Bons Baisers d'Athènes de George Pan Cosmatos aux côtés de Roger Moore ou Haut les flingues ! de Richard Benjamin avec en vedette Clint Eastwood), l'acteur afro-américain Richard Roundtree interprète ici le rôle de l'un des locataire de l'immeuble où vit Keyes, le sculpteur Pauli. Autre artiste à vivre à la même adresse, la peintre dépressive Suki qu'incarne de son côté l'actrice Julia Nickson-Soul dont les spectateurs se souviennent encore avec émotion de son interprétation du personnage de la sublime Co Bao dans Rambo 2 : la mission de George Pan Cosmatos huit ans en arrière. La présence du miroir dans ce septième long-métrage de la franchise Amityville sert de prétexte pour faire ressurgir de douloureux souvenirs chez le héros qui jusque là les avait enfouis au plus profond de sa mémoire. Afin de ne pas avoir à payer des droits d'exploitation ou faire la demande aux ayants-droits, le réalisateur John Murlowski change les noms des victimes du drame ayant eu lieu dans la nuit du 13 novembre 1974 dans la célèbre maison du 112 Ocean avenue d'Amityville et invoque une tragédie similaire à celle que vécurent six membres de la famille Defeo, propriétaires de la demeure en question, tous assassinés à coups de fusil par le fils aîné Ronald DeFeo Jr. ! En effet, le miroir révélera à Keyes un passé tragique qu'il réprimait jusque là.


L'avantage de suivre les aventures de notre petite troupe d'artistes confrontés à un miroir hanté après s'être précédemment infligé les deux volets du diptyque Waxwork est le même que la prise d'un benzodiazépine en cas d'anxiété. Tout vous semble plus lumineux. Dans un brouillard intellectuel aussi dense que la brume dont la vocation était à l'époque de la Nintendo 64 de camoufler certains décors de jeux vraiment affreux (l'immonde et injouable Superman 64), nos personnages évoluent dans un téléfilm visuellement laid et scénaristiquement pauvre, mais qu'importe puisque le film n'atteindra jamais le niveau de médiocrité des deux longs-métrages cinématographiques réalisés en 1988 et 1992 par Anthony Hickox. À dire vrai, si de part son peu d'ambition artistique Amityville – Darkforce n'aura jamais aucune chance de servir de référence à la franchise dont il est issu, nous l'inscrirons malgré tout dans la tradition de ces séries de science-fiction et de fantastique des années 50 et 60 qui ont connu un ''rajeunissement'' dans les années 80 et 90. Comme La quatrième dimension, devenue chez nous après son passage sur feu La Cinq, La cinquième dimension ou bien la fournée de la série Au-delà du réel qui lors de la décennie précédant le nouveau millénaire s'est transformée en Au-delà du réel : L'aventure continue. En effet, si au sein de sa propre franchise Amityville – Darkforce est vraiment navrant, le film vaut bien, en contrepartie, l'une de ces courtes histoires qui à l'époque ne bénéficiaient pas davantage de soins particuliers en matière d'effets-spéciaux ou de photographie. Bref, le seul moyen de supporter le film de John Murlowski dans son intégralité est, je le répète, de regarder avant lui l'un ou l'autre des deux volets consacrés à la franchise Waxwork. Vous êtes prévenus...

 

samedi 25 janvier 2025

Amityville 1992 : It's About Time de Tony Randel (1992) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Lorsque Jay Anson s'empare de l'un des plus fameux phénomènes de hantise portant sur les événements qui se produisirent à la suite de l'installation de la famille Lutz le 18 décembre 1975 au 112 Ocean Avenue à Amityville, l'écrivain ne se doutait sûrement pas que son roman The Amityville Horror allait être à l'origine de l'une des plus longues sagas cinématographiques du septième art. En effet, il existe à ce jour près de vingt-cinq longs-métrages qui tous, bien entendu, ne sont pas forcément liés directement au sujet qui préoccupa Stuart Rosenberg lorsque celui-ci adapta en 1979 le roman de Jay Anson. Véritable traumatisme pour celles et ceux de nos compatriotes en culotte courte qui le découvrirent lors de son tout premier passage à la télévision française sur l'une des trois seules chaînes hertziennes qui à l'époque étaient disponibles, Amityville, la maison du Diable est resté longtemps, très longtemps dans la mémoire du jeune public d'alors comme un véritable cauchemar. Une œuvre terrifiante dont la portée doit désormais être relativisée. À dire vrai, c'est sa suite, ou plutôt sa préquelle Amityville 2 : Le Possédé (Amityville II: The Possession) que les spécialistes de la mythologie estiment objectivement comme étant le meilleur opus de toute la franchise. Revenant sur les meurtres commis par Ronald DeFeo Jr. la nuit du mercredi 13 novembre 1974, à 3 h 15 du matin. L'homme alors âgé de vingt-trois ans se saisit d'un fusil et abat tous les membres de sa famille plongés en plein sommeil. L'homme est arrêté, jugé puis condamné à la prison à vie. Quant à la maison, elle est mise en vente est rachetée un an plus tard par la famille Lutz. Véritable manne financière, la franchise cinématographico-télévisuelle va donner naissance à une succession de longs-métrages pour le moins désastreux et parmi lesquels rares seront les réalisateurs à parvenir à en tirer des œuvres convenables. Intitulé Amityville 1992 : It's About Time (et Amityville 1993 - Votre heure a sonné en France), le sixième opus perpétue l'idée d'objets hantés. Comme dans le téléfilm Amityville 4: The Evil Escape réalisé en 1989 par Sandor Stern dans lequel une lampe supposément avoir appartenu à la famille Lutz (dont tous les membres avaient quitté la demeure après un mois de cauchemar sans emporter la moindre de leurs affaires) était achetée par une vieille dame. Dans Amityville 1992 : It's About Time, il ne s'agit plus d'une lampe mais d'une horloge. N'ayant jamais vu l'obscurité d'une salle de cinéma, le film de Tony Randel sort dont à l'époque directement en vidéo au format VHS.


Petit détail amusant : la différence de date dans le titre entre les versions américaine et française s'explique par le fait que chez nous il fut distribué en 1993 et non pas en 1992 comme sur le territoire américain. Jacob, père de famille et architecte revient d'un voyage à Amityville lors duquel il en a profité pour acheter un nouvel élément de décoration pour la maison : Une horloge qu'il s'empresse de poser au dessus de la cheminée du salon malgré l'avis mitigé de son fils Rusty (Damon Martin), de sa fille Lisa (Megan Ward) et de son ex-compagne Andrea Livingston (Shawn Weatherly) dont on se demande d'ailleurs ce qu'elle fout là puisqu'ils ne sont plus ensemble (la jeune femme fréquente désormais un certain Docteur Leonad Stafford qu'interprète Jonathan Penner). Si d'un point de vue visuel, la photographie de Christopher Taylor et les effets-spéciaux créés par la société VCE, Inc. ne font pas des étincelles, le scénario de Christopher DeFaria et Antonio Toro fonctionne par contre plutôt bien. Incarné par l'acteur de cinéma et de télévision Stephen Macht, Jacob Sterling est rapidement agressé par le chien d'une voisine. Après un passage par les urgences, il se retrouve alité dans la demeure familiale pendant qu'Andrea est chargée de s'occuper de lui et de soigner ses blessures. Des morsures qui ne vont pas cesser de s'aggraver. Tandis que l'infection gagne, l'humeur de Jacob se dégrade et le père de famille devient de plus en plus agressif. De son côté, Rusty est témoins d'étranges phénomènes dont il révélera la teneur à leur voisine, Mademoiselle Iris Wheeler qu'interprète l'actrice Nita Talbot dont le public français fera notamment la connaissance pour son rôle de Marsha dans l'épisode Le spécialiste (A Stitch in Crime)de la série Columbo en 1973. Le principal intérêt de ce sixième volet de la franchise Amityville se situe au niveau familial, lequel se désagrège à une vitesse folle. Ou encore à celui des capacités qu'a tout individu de juger l'un de ses concitoyens sur sa seule apparence (Rebelle, Rusty est couramment soupçonné d'actes plus ou moins graves). Doté de quelques sympathiques effets gore et d'une folie qui transpire littéralement à la surface de la pellicule (Lisa est, au fil du récit, de plus en plus délurée), Amityville 1992 : It's About Time demeure une honnête petite production face à la majorité des titres que constitue la franchise. Passé le visuel souvent atroce, le long-métrage de Tony Randel tient finalement bien la route. Un rare soubresaut avant que n'intervienne le pire au sein de la célèbre saga horrifique...

 

dimanche 1 décembre 2024

Amityville : Where The Echo Lives de Carlos Ayala (2024) - ★☆☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

À l'issue de la projection de Amityville : Where The Echo Lives dont me fit crapuleusement profiter un ami en me conviant à sa récente découverte, ma première pensée allait à David Didelot. Cet homme affable personnifiant le mieux ce qu'est un véritable fan de la franchise débutée à la toute fin des années soixante-dix par le réalisateur américain Stuart Rosenberg. J'ai tout de suite imaginé le désarroi qui fut sans doute le sien si comme moi il eut la (mal)chance de découvrir cette énième itération d'un mythe de l'épouvante et du fantastique détricoté dans tous les sens pour n'en livrer majoritairement que des exemplaires terriblement navrants ! S'il est un fait avéré, c'est que la franchise n'a depuis très longtemps plus rien de véritablement excitant à nous proposer. Et comme je l'évoquais dans un tout récent article consacré à l'infâme Spookies de Genie Joseph, Thomas Doran et Brendan Faulkner sorti en 1986, il y a toujours moyen de trouver pire que ce que l'on considérait jusqu'à maintenant comme étant le pire film d'horreur de tous les temps. Ça n'a jamais été aussi vrai que concernant la saga Amityville qui depuis des lustres ne cesse de prendre les fans pour des cons en proposant des œuvres faisandées qui de près ou de loin n'ont de rapport avec la série de films originaux que le nom. Dès le départ on sent bien que dans le cas de Amityville : Where The Echo Lives, l'expérience va être difficile. Ne serait-ce qu'à travers cette bande musicale si puérile que même les centres commerciaux n'oseraient pas la diffuser dans leurs ascenseurs. Apparemment composée par un ersatz de Richard Clayderman amputé de la main droite et de la moitié des doigts de la main gauche, le fond sonore est à peine digne de ce que pourrait jouer un enfant de dix ans qui suit des cours de piano depuis seulement six mois. En forme d'ouverture symphonique d'album de Black Metal du pauvre, l'ensemble donnerait des indigestions à n'importe quel mélomane adepte de musique contemporaine et minimaliste. Une bande originale finalement très en accord avec le contenu du long-métrage tant ce dernier semble vouloir repousser les limites du vide notamment instaurées il y a quelques années par le très prétentieux A Ghost Story de David Lowery... Dans le rôle principal, l'actrice Sarah McDonald. Dont l'adiposité et la surcharge pondérale sont peu en accord avec cet exercice de course à pieds qui voudrait qu'elle représente la femme d'aujourd'hui : Active, sportive et déterminée.


Éliminant de surcroît son surplus de kilos en buvant du jus d'orange avant d'aller user les talons de ses baskets sur le bitume. Honorable... pour une jeune femme dont le visage est à l'aune du reste et qui donc aura beaucoup de difficultés à convaincre qu'avec quelques touches de maquillage elle pourrait ressembler à autre chose qu'une célibataire tout juste extraite de son lit ! Engagée par une inconnue qui aimerait bien qu'elle résolve pour elle une épineuse affaire de hantise, notre spécialiste en enquêtes paranormales passe son temps à faire chauffer son café, à boire son jus de fruits, à manger des biscottes, à parler de tout et de rien mais surtout pas du sujet qui nous intéresse ici. Le film se permettant régulièrement des intrusions inesthétiques à bases de fonds noirs où s'affichent des textes que les auteurs auraient peut-être mieux fait de transformer en dialogues avant de les confier à leur principale interprète. Quoique... Les décors sont minimalistes au possible (le sujet central, lorsque le réalisateur se donne la peine de s'y consacrer, se déroulant dans un grenier sans vieux meubles, sans toiles d'araignées, etc...). Bref, avec Amityville : Where The Echo Lives, Carlos Ayala parvient à faire pire que The Amityville Playhouse de John R. Walker en 2015 ou que The Amityville Harvest et The Amityville Moon tout deux respectivement réalisés en 2020 et 2021 par Thomas J. Churchill. Dans l'univers impitoyable du cinéma d'horreur, d'épouvante ou fantastique ou chacun cherche à tirer la couverture à soit, le film de Carlos Ayala est le virus Ebola de la franchise. Capable non pas de liquéfier vos organes internes mais de rendre plus molle encore qu'elle ne l'est, votre matière grise. Des décors, jusqu'au scénario en passant par la mise en scène, l'interprétation, la photographie ou la post-synchronisation, ce.... ''film'' est une honte qui offre au fond deux occasions : celle de rattraper quatre-vingt dix minutes de sommeil que vous auriez éventuellement pu perdre la nuit précédente ou celle de relativiser sur tout ce que vous avez pu vivre comme expériences négatives dans le domaine du cinéma d'horreur et d'épouvante.....

 

jeudi 4 janvier 2024

The Amityville Curse de Tom Berry (1990) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

La franchise Amityville a beau s'agrandir sans cesse (hâte de découvrir le plus vite possible Amityville in Space de Mark Polonia), aucune des quinze ou vingt dernières œuvres à avoir vu le jour sous la thématique n'est jamais parvenue à rendre hommage aux deux mythiques premiers volets de la saga intitulés The Amityville Horror de Stuart Rosenberg en 1979 et Amityville II : The Possession de Damiano Damiani. Dans l'ordre chronologique des dates de sorties, The Amityville Curse de Tom Berry s'inscrit entre les quatrième et cinquième épisodes Amityville 4: The Evil Escapes de Sandor Stern et Amityville 1992: It's About Time de Tony Randel sortis respectivement en 1989 et 1992. Réalisateur, producteur et scénariste, Tom Berry aura durant sa carrière de cinéaste réalisé en tout et pour tout quatre longs-métrages dont Blind Fear en 1989 dans lequel nous pouvions notamment retrouver l'acteur Kim Coates que le réalisateur américain réembauchera deux ans plus tard sur le tournage de The Amityville Curse dont le remake éponyme d'Eric Tessier est d'ailleurs sorti cette année. Longtemps et justement considéré comme le pire volet de la franchise, le long-métrage de Tom Berry a depuis été largement détrôné par quelques œuvres indépendantes de la pire espèce directement tournées en vidéos. Pourtant, sachant que le film a bénéficié en 2023 d'un remake, nous pourrions supposer que l'original fut de qualité. Car alors, comment imaginer que l'on puisse avoir envie de mettre en scène une histoire qui fut déjà adaptée plus de trente ans en arrière lorsque l'on connaît l'accueil que subit alors The Amityville Curse à l'époque de sa sortie ? Mais une fois découvert le remake, on comprend que l'un et l'autre de leurs auteurs respectifs sont quasiment du même tonneau même si Eric Tessier est parvenu, dans d'infimes proportions, certes, à relever le niveau d'une franchise qui de toute manière ne pouvait pas tomber plus bas. Mais pour remonter à la tragédie qui date de l'année 1990, celle-ci mettait déjà en scène un groupe d'amis qui prenait possession d'une imposante demeure pour un prix modique, et ce dans l'intention de la restaurer avant de la louer afin d'en tirer profit. Jusque là, rien d'anormal... Ou presque. Car plus que les événements qui vont se produire lors de cette poussive séquelle, on peut se demander ce qui à l'époque assigna l'équipe technique, le réalisateur et ses interprètes à tourner leur film non plus dans la célèbre demeure du 112 Ocean Avenue de la petite ville côtière d'Amityville située sur l'île de Long Island mais au sein d'une maison qui aussi bien de l'extérieur que de l'intérieur n'a pas grand chose à voir.


Autant dire que d'emblée, le charme que constituait cette vieille et célèbre demeure qui fut à l'origine de terreurs nocturnes et enfantines et brisé. Exit également le fait-divers entourant les DeFeo dont le fils aîné tua à coups de fusil de chasse tous les membres de sa famille ou les Lutz qui après avoir racheté leur demeure furent les témoins d'étranges événements paranormaux. The Amityville Curse s'ouvre sur la mort d'un prêtre assassiné alors qu'il confessait un paroissien. Le confessionnal est alors transporté jusque dans la cave de la maison où vont avoir lieux les événements de ce cinquième opus de la franchise. Un volet durant lequel il ne va apparemment pas se passer grand chose. C'est du moins ce que l'on ressent tant la réalisation est d'une lourdeur qui confine à la paresse. C'est mou, malgré l'implication de l'actrice Dawna Wightman qui dans le rôle de Debbie incarne une jeune femme clairvoyante qui passe son temps à hurler et courir dans la demeure. Malheureusement, il en va tout autrement avec les autres interprètes. L'un des principaux soucis que l'on rencontre avec les uns et les autres des personnages est le peu d'attachement que l'on ressent pour eux. Avec ses grands sabots, Tom Berry cache mal ses intentions de faire de l'acteur Kim Coates et donc de son personnage prénommé Frank, l'incarnation du Mal. Les scénaristes ont beau eut s'y mettre à plusieurs (Michael Krueger, Norvell Rose et Doug Olson) pour concevoir le script, les personnages passent le plus clair de leur temps à répéter les mêmes gestes. Abigail (l'actrice Cassandra Gava) passe son temps dans la salle de bain, Debbie à faire des cauchemars et Bill (l'acteur Anthony Dean Rubes, lequel apparu malgré tout dans l'excellent Witness de Peter Weir six ans auparavant) à écouter de la musique classique avec ses écouteurs. Tom Berry saupoudre cette succession de séquences sans intérêt d'événements surnaturels incapables de foutre la trouille aux spectateurs. Quelques effusions de sang plus tard dont un maquillage plutôt sympathique appliqué au visage de Kim Coates, le constat est terrible : même si depuis l'on a vu pire au sein de la saga, The Amityville Curse méritait en effet sa triste réputation de plus mauvais opus de la franchise Amityville...

 

mardi 29 août 2023

The Amityville Playhouse de John R. Walker (2015) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Amityville Theater également titré The Amityville Playhouse n'est pas, contrairement à ce qu'il pourrait laisser supposer, affilié à la longue série de longs-métrages de la franchise initiée en 1979 par Amityville, la maison du Diable de Stuart Rosenberg. Non, le film de John R. Walker n'entretient de rapport avec celle-ci que le titre. Il faut savoir qu'Amityville est un quartier situé à Babylon sur l’île de Long Island et que son nom ne repose donc pas sur un terme dont un ou plusieurs représentants posséderaient les droits. En clair, c'est comme si l'on refusait à un cinéaste l'usage dans le titre de son œuvre des mots ''New York'', ''Calcutta'', ''Paris'', Lisbonne'' ou ''Tokyo''alors qu'ils ne sont cinématographiquement protégés par aucune loi allant dans ce sens. Depuis plus de dix ans, certains l'ont bien compris et en grands opportunistes, ceux-ci se sont saisit de cette chance pour pondre de fausses séquelles généralement de très mauvaise qualité. Sorti en 2015, The Amityville Playhouse fait donc partie de cette catégories d’œuvres marginales qui dès les premières secondes laissent entendre que la projection sera au mieux, l'occasion de piquer un roupillon durant plus du cent minutes et au pire, celle de vivre l'une de ces expériences cinématographiques parmi les plus intensément inutiles de tout l'histoire du septième art. Ici, pas de fantômes liés de près ou de loin à la famille DeFeo et au carnage que commis le fils aîné Ronald Jr dans la nuit du 13 novembre 1974. Pourtant, le réalisateur et le scénariste Steve Hardy intégreront malgré tout des fantômes dans ce piteux DTV situé non pas au 112 Ocean Avenue mais dans un théâtre longeant une route passante. Fawn Harriman en est la nouvelle propriétaire suite au décès de ses parents dans un incendie. Ne sachant que faire des lieux (je vends, je vends pas?), elle décide de s'y rendre avec son petit ami Kyle Blaker, Javen (le frère de ce dernier), Matt Darnell et sa meilleure amie Indira. Les cinq compagnons vont rapidement se retrouver enfermés tandis qu'à l'extérieur, l'un des professeurs de Fawn, Victor Stewart, va se pencher sur l'histoire de ce théâtre et va mettre à jour un étrange rituel qui semble se dérouler chaque année à la même date. Le début d'un mystère qui mènera très vraisemblablement à des situations étranges et même, carrément improbables. S'agissant d'une œuvre fantastique, on se fichera davantage de sa crédibilité que de la totalité des aspects artistiques d'un film qui atteint ses limites dès les premières secondes. À l'issue de la projection, cela n'étonnera personne d'apprendre que depuis ces huit dernières années, Monèle LeStrat qui interprète le rôle de Fawn Harriman n'a pas retrouvé le moindre rôle à la télévision ou au cinéma.


S'il est possible que la jeune femme ait choisi depuis The Amityville Playhouse de se tourner vers une autre profession, il est encore plus probable qu'au vu de sa pathétique interprétation, personne n'ait eu le courage ni l'irresponsabilité de l'embaucher dans une autre œuvre. Il faut dire que Monèle LeStrat ne peut compter que sur son joli minois et certainement pas sur ses talents d'actrice tant son incarnation repose sur du vide : émotionnel et comportemental. La jeune femme ne fait que réciter son texte et à ce titre, elle remporte la médaille d'or de la pire interprète du longs-métrage. Ce qui n'empêche pas ses partenaires d'être très, très, très mauvais eux aussi. À commencer par Liden Baker qui incarne le fiancé Kyle et qui en outre, s''avère parfaitement insupportable dans le rôle du crétin de service passant tout son temps à vanner et critiquer ses camarades. Deux ou trois réflexions, ça passe. Quatre ou cinq peuvent encore être tolérables (quoique). Mais au delà, le spectateur ne rêve que d'une chose : qu'il meurt, vite, et dans les pires souffrances ! Passons ensuite sur les décors qui dans le genre sont d'une tristesse absolue. La photographie et les éclairages participant au fait que l'on a l'impression que le film se déroule de nuit alors qu'à l'extérieur il fait encore jour, on a l'impression que le chef-décorateur n'a fait que draper de noir des murs devant lesquels les interprètes sont venus dispenser au public leur insipides répliques. La jeunesse d'aujourd'hui a beau être arrogante, ce sont bien les ''anciens'' (et notamment John R. Walker lui-même qui s'offre le seul rôle à peu près valable du projet) qui sauvent (en d'infimes proportions) les meubles. Effet-spéciaux minimalistes et même pas dignes d'un étudiant en maquillages en début de formation, rythme léthargique et esthétique repoussante, acting épouvantable, histoire vue et revue façon ''j'ai rien de neuf à raconter et donc, je le mets en images'', The Amityville Playhouse est une abjection totale, indigne de la franchise dont il ose emprunter le nom et du public avare de sensations fortes. Car oui, j'oubliais de le préciser : en la matière, les seuls frissons que vous ressentirez seront ceux du sommeil qui s'apprêtera à s'abattre sur vous lors de la projection. Bon courage... et surtout, bonne nuit...(Dispo sur Netflix).

 

jeudi 13 juillet 2023

Amityville, maison des horreurs ou The Amityville Curse d'Eric Tessier (2023) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 

 


 

Dans la nuit du 13 novembre 1974, au 112 Ocean Avenue de la banlieue de Babylon à Long Island, Ronald DeFeo Jr, fils aîné de Ronald DeFeo Sr et de Louise Brigante et frère de Dawn, Allison, Mark et John, s'arme d'un fusil calibre .357 Magnum et assassine tous les membres de sa famille. Le 18 décembre 1975, George Lutz, son épouse Kathleen ainsi que leurs trois enfants s'installent dans la demeure où eu lieu le massacre plus d'un an auparavant et témoignent de faits étranges, paranormaux, avant de quitter les lieux un mois après y avoir emménagé. Le 13 septembre 1977, le roman The Amityville Horror de l'écrivain américain Jay Anson sort sur le territoire américain et relate les événements qui se produisirent lors de l'installation de la famille Lutz. Le 27 juillet 1979 aux États-Unis et le 20 février 1980 en France sort sur grand écran son adaptation cinématographique réalisée par Stuart Rosenberg. Parmi les films de maisons hantées, Amityville, la maison du Diable demeure sans doute le plus célèbre d'entre tous. Tout le monde connaît, même si certains ne l'ont encore jamais vu. Le fait-divers et le long-métrage qui en découla furent à l'origine de l'une des plus longues franchises cinématographiques. À moins que je ne fasse erreur, à ce jour, il existe vingt-trois films dont une moitié environ n'en fait pas officiellement partie. L'on eu droit même à quelques longs-métrages ne faisant que reprendre le célèbre nom de la localité sans pour autant s'intéresser à l'affaire en question.
D'une manière générale, la saga fut régulièrement ponctuée d’œuvres parfaitement dispensables. Et si le premier volet est resté célèbre et demeure sans doute comme le plus connu, le meilleur, oui, reste bien
Amityville 2 : Le Possédé de Damiano Damiani qui sortit sur les écrans en 1982. Celui-ci remontait aux origines et se penchait sur le massacre de la famille DeFeo Sr par le fils aîné ! On aurait pu penser que la franchise s'était tarie mais c'était sans compter sur les quelques opportunistes qui ponctuellement nous rappellent au bon (et au mauvais) souvenir de ce phénomène aussi intriguant que mensonger ! Car en effet, les événements relatés par la famille Lutz auraient été totalement inventés. Comme tenterait notamment à le démontrer l'ouvrage de Ric Osuna intitulé The Night the DeFeos Died sorti en 2012. Dernière livraison en date, Amityville, maison des horreurs ou The Amityville Curse (à ne pas confondre avec l'épisode éponyme réalisé en 1990 par Tom Berry et traduit chez nous à l'époque sous le titre Amityville, la malédiction) du québécois Eric Tessier. Si d'autres avant lui ont eu tendance à se disperser ou proposer des alternatives absolument indigestes (The Amityville Harvest en 2020 ou The Amityville Moon et The Amityville Uprising en 2021 tout trois réalisés par Thomas J. Chruchill demeurant parmi les pires exemples), Amityville, maison des horreurs semble a priori renouer avec l'esprit d'origine. C'est ainsi que l'on retrouve une bande d'amis composée de trois femmes et deux hommes prenant place dans la célèbre demeure (qui trône d'ailleurs en bonne position sur l'affiche). Autant de personnes projetant de la transformer afin d'en faire trois appartement bien distincts. Comme l'on s'en doute très rapidement, rien ne va se dérouler comme l'avaient prévu les six jeunes gens (un couple hétéro et deux couples mixtes dont l'un est lesbien, comme ça tout le monde est content) et comme le précise le titre, l'horreur va très rapidement s'installer dans ce foyer théoriquement accueillant.


Géographiquement parlant, le tournage s'est déroulé sur les terres du réalisateur québécois, à Hudson dans la région administrative du Québec, Montérégie. C'est là-bas que son équipe et lui dénichèrent une demeure dont l'une des façades reproduit à l'identique les fameuses fenêtres qui terrifièrent des millions de (télé)spectateurs à l'époque de la sortie du long-métrage de Stuart Rosenberg sur grand puis sur petit écran. L'objectif d'Eric Tessier semble clair : redorer le blason d'une franchise qui au fil des années et des navets s'est délitée. Alors, mission réussie ? Réponse : non ! Et ce, bien que le québécois ait fait preuve d'un peu plus de respect envers le matériaux de base. Disponible dans son pays d'origine sur la plateforme Crave et à l'échelle internationale sur Tubi, Amityville, maison des horreurs montre malheureusement très vite ses limites. Entre son jeu d'acteurs peu convainquant, ses effets-spéciaux à la ramasse (les CGIs ne sont même pas dignes des images de synthèse des années quatre-vingt dix) et son scénario bancal perclus d'invraisemblances. Mais ces dernières ne sont-elles pas l’apanage de tout film fantastique...? Imaginez : parmi nos cinq nouveaux propriétaires, l'un va ''se jeter'' par la fenêtre. Bon, déjà, ça devrait avoir tendance à faire réfléchir les cinq autres. Mais non. Alors, lorsque Billie Montenouvo (l'actrice Mercedes Morris) meurt électrocutée dans sa baignoire, on se dit que cette fois-ci les quatre survivants vont plier bagages pour, au pire, louer des chambres dans l'hôtel le plus proche ? Mais non, on persiste. Même lorsque la troisième victime prénommée Debbie (l'actrice Vanessa Smythe) s'éventre à l'aide d'un couteau de cuisine devant ses trois derniers compagnons effarés !
Attendez, attendez. Je ne vous ai pas tout dit. Comptez également sur Kenny Wong qui dans le rôle de Ben Holloway, un podcasteur spécialisé dans les maisons hantées, meurt sous les roues d'une bagnole entre la première et la second victime ou sur ce prêtre venu bénir la demeure avant de se retrouver au sol à la suite d'une chute (de cinquante centimètre de haut!) affublé d'une double fracture tibia-péroné ! Après ça, si vous ne changer pas de maison, de ville, de pays ou même de continent, c'est que vous êtes inconscients ! Ce que ne semblaient pourtant pas être Abigail Blaine (Tommie-Amber Pirie) et l'ultra-prétentieux Marv Sharpe (Michael Xavier). Objets tombant au sol, voix qui harcèlent nos protagonistes, emprise, séance de spiritisme, apparitions, cauchemars,
jump Scares, etc... Tout ce qui peut éventuellement constituer une intéressante émulsion pour quiconque voudrait sursauter à la moindre occasion ! Au bout d'une heure et après la découverte d'un crâne qui semblerait être à l'origine des maux qui touchèrent jusque là nos six jeunes gens, ellipse ! L'action projette les protagonistes survivants deux mois après les événements. Et là... Comment dire... Amityville, maison des horreurs tire tout son intérêt de cette dernière demi-heure dont l'absurdité transforme ce film censé donner le frisson en comédie involontaire. Bref, vous l'aurez compris, ça n'est certainement pas avec ce vingt-troisième long-métrage de la franchise que les fans de l’œuvre originale et de la séquelle signée de Damiano Damiani auront froid dans le dos...

vendredi 8 avril 2022

The Amityville Murders de Daniel Farrands (2018) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Les amateurs de récits fantastique et d'épouvante en général et de maisons hantées en particulier connaissent tous le 112 Ocean Avenue. Une adresse située dans la petite ville côtière d'Amityville où au beau milieu des années soixante-dix se sont joués toute une série de faits divers tragiques. À commencer par la nuit du 13 novembre 1974 lors de laquelle un certain Ronald Joseph Defeo Junior a tué ses deux parents, Ronald Defeo Sr et Louise, ainsi que ses quatre frères et sœurs, Dawn, Allison, Mark et John. Rapidement reconnu coupable du sextuple homicide, ni la folie ni les propos de Ronald qui affirmait avoir été poussé au meurtre par le Diable ne lui épargnèrent la prison où il finira par mourir près de quarante-six ans plus tard, le 12 mars 2021. Treize mois plus tard, le 18 décembre 1975, une famille constituée de George Lutz, de son épouse Kathy et de leurs trois enfants emménagent malgré l'horrible passif de la demeure. Dès lors, de nombreux événements inexplicables et terrifiants vont se produire et les Lutz quitteront la demeure vingt-huit jours seulement après y avoir pénétré pour la première fois. Il était fort logique que l''histoire de ces deux familles vienne un jour frapper à la porte de la littérature et du septième art. Deux ans après le fait divers entourant les événements paranormaux dont furent les témoins les Lutz, le romancier Jay Anson voit son adaptation littéraire sortir sous le titre The Amityville Horror: A True Story. Il faudra deux années supplémentaires pour assister sur grand écran à l'adaptation par le scénariste Sandor Stern et le réalisateur Stuart Rosenberg de ce même roman. Pour un budget estimé à environ quatre millions et sept-cent mille dollars, le film intitulé Amityville : La Maison du diable sera un succès puisqu'il en rapportera sur le seul territoire américain, un peu plus de quatre-vingt cinq...


Trois ans plus tard sort sur les écrans Amityville 2 : Le Possédé qu'une partie des amateurs considèrent fort justement comme le meilleur opus de la longue, trop longue franchise qui continue aujourd'hui à faire des petits. Réalisé par Damiano Damiani et visible chez nous sur grand écran dès le 5 janvier 1983, le film n'est pas une séquelle du premier volet mais une préquelle puisqu'elle se penche non plus sur le cas de la famille Lutz mais sur celui des Defeo et notamment du fils meurtrier. Dès lors, les épisodes pousseront comme des champignons. Plus de vingt ont été réalisés depuis et la majorité demeurent d'infâmes purges dont certaines n'ont pratiquement rien de réellement commun avec les différents faits-divers ayant eu lieu dans le courant des années 70. En 2005, Andrew Douglas réalisera le remake de l’œuvre originale sortie vingt-six ans auparavant tandis qu'en 2018 sera mis à disposition des amateurs du genre, celui de la préquelle de Damiano Damiani sous le titre The Amityville Murders. En cessant de s'éloigner du mythe et en choisissant lui aussi de se pencher sur le cas de la famille Defeo, le réalisateur Daniel Farrands s'assurait là de proposer l'un des tout meilleurs opus de la franchise. Pas l'un des trois, certes, mais au moins l'un des cinq longs-métrages les plus honorables. Un film tout d'abord en forme de clin d’œil à l'une des vedettes de Amityville 2 : Le Possédé puisque l'on y retrouve dans le rôle du grand-père de Dawn et Butch (!!!) Defeo, l'acteur Burt Young qui dans le second volet de la franchise interpréta lui-même le rôle d'Anthony, le père violent de la famille Montelli (le nom remplaçant celui des Defeo) qui s'en prenait tout particulièrement au fils aîné Johnny. Celui-là même qui allait montrer des signes d'emprise diabolique avant de passer à l'acte en tuant toute sa famille. En 2018, le vrai nom Defeo réapparaît enfin et le réalisateur Daniel Farrands propose une alternative intéressante en situant l'action durant les trois semaines précédent le drame. On y fait donc la connaissance de la célèbre famille, soudée même si le père s'avère comme dans l’œuvre de 1982, particulièrement violent...


Dépassant même l'incarnation de Burt Young dans ses agissements, l'acteur Paul Ben-Victor incarne l'élément fondateur de ce qui pourrait s'apparenter pour les cartésiens, comme le déclencheur des troubles dont sera atteint le fils aîné. Car si des éléments fantastiques viennent étayer l'hypothèse selon laquelle une entité vit réellement dans le sous-sol de la maison (les pièces en lévitation témoignent de ce fait), on pense souvent à des troubles d'ordre psychiatriques. Dédoublement de la personnalité ou schizophrénie. Contrairement à la plupart des séquelles et autres longs-métrages usant par opportunisme du patronyme Amityville qui furent produites depuis le remake de 2005, The Amityville Murders est une surprise plutôt agréable. Même si le film n'a pas la moindre de chance de faire de l'ombre à Amityville 2 : Le Possédé, les amateurs du genre seront plutôt plaisamment surpris de découvrir une œuvre attachée à reproduire le fait-divers de manière relativement respectueuse même si forcément, des éléments de fiction y sont introduits librement. Pour un budget de cinq millions de dollars, The Amityville Murders se contente surtout d'exposer la relation compliquée entre le fils aîné et son père ou celle de l'adolescent en question avec sa sœur Dawn. Contrairement au long-métrage de 1982 où l'évocation d'une relation incestueuse était clairement exposée, dans le cas présent, le fait n'est que très superficiellement survolé. Pourtant moins glaçant et effrayant que Amityville 2 : Le Possédé, le long-métrage de Daniel Farrands n'en demeure pas moins une surprise plutôt attrayante. Bonne mise en scène et interprétation correcte...

 

vendredi 14 janvier 2022

The Amityville Uprising de Thomas J. Churchill (2021) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Amityville étant une authentique ville située sur l'île de Long Island dans l’état de New York, certains réalisateur se saisissent régulièrement de l'opportunité d'ajouter dans le titre de certains de leurs œuvres le nom de cette localité qui est tout d'abord connue pour avoir été le théâtre d'un drame ayant eu réellement lieu dans la nuit du 13 novembre 1974. En effet, un jeune homme du nom de Ronald DeFeo Jr tua chez eux, tous les membres de sa famille avant d'être arrêté, jugé et condamné à vingt-cinq ans de prison. Mais l'affaire ne s'arrêta pas là puisqu'une famille du nom de Lutz racheta la demeure des DeFeo un peu plus d'un an après la tragédie et furent les témoins d'événements surnaturels qui les poussèrent à la fuir et qui furent à l'origine de l'un des films d'épouvante les plus célèbres : TheAmityville Horror que réalisa Stuart Rosenberg en 1979. Notons que sa toute première séquelle (d'une liste devenue, avec le temps, interminable) Amityville II: The Possession de Damiano Damiani revenait quant à elle sur les événements précédent le massacre de la famille DeFeo. Sans doute le meilleur épisode de toute la franchise qui compte actuellement plus de vingt films, longs-métrages, téléfilms, DTV, suites et remake compris. Autant de ''curiosités'' parmi lesquels ont trouve le meilleur (ceux cités ci-dessus) mais aussi et surtout le pire. Comme par exemple l'infâme The Amityville Harvest de Thomas J. Churchill datant de 2020. Une liste à laquelle certains s'amuseront sans doute à ajouter les quelques exemples de longs-métrages n'ayant absolument aucun rapport avec la franchise mais qui profitent du célèbre nom de cette petite ville américaine qui n'exige donc aucun droit particulier pour que soit utilisé son identité...


Après un The Amityville Moon à gerber encore une fois réalisé par Thomas J. Churchill l'année passée, ce même réalisateur dont la gargantuesque productivité à forcément quelque chose de douteux semble avoir enfin décidé de clore son fumeux chapitre Amityville avec un troisième volet intitulé The Amityville Uprising. Si le premier se penchait sur une histoire de vampires et le second sur celle d'un loup-garou, concernant ce dernier, ce pseudo-réalisateur, artisan produisant plus de merde qu'un éléphant en une année, choisit cette fois-ci de nous proposer un spectacle tout autre puisque du bestiaire fantastique, Thomas J. Churchill en extraie désormais le phénomène des zombies, voire des infectés puisqu'il parvient à semer le doute à ce sujet. L'action se déroule donc à Amityville et au départ au cœur de la base militaire de Fort Johnson où survient une explosion qui libère un énorme nuage d'oxyde d'azote qui va s'étendre sur toute la ville. L'on découvre alors la vie paisible d'un commissariat où les agents de police travaillent avec la vigueur d'un guichetier de bureau de poste. Au loin, le nuage menaçant étend son périmètre lentement mais sûrement sur tous les quartiers d'Amityville et provoque un nuage de pluie acide aux conséquences désastreuses (Merci à Dan O' Bannon et son film culte Le retour des morts-vivants pour sa source intarissable d'inspiration !). Alors qu'à l'intérieur du commissariat où se situent les quatre-vingt dix-neuf pour cents de l'intrigue les policiers McQueen, Dash, Malloy et Rossy s'affairent autour d'un étrangleur de femmes qui vient tout juste d'être mis aux arrêts tandis que le médecin légiste (la morgue faisant partie intégrante de l'édifice) et son subalterne tentent d'opérer les nouveaux cadavres qui attendent bien sagement dans leur frigo, dehors, c'est la panique. La pluie commence à faire des ravages parmi la population. En effet, hommes et femmes sont attaqués par la pluie corrosive et meurent dans d'atroces souffrance.... avant de revenir à la vie et de venir s'attaquer aux occupants du commissariat...


Voici pour le contexte. En ce qui concerne son déroulement, comment dire.... le film mélange bons sentiments (les séquences montrant un père regrettant de ne pas s'être suffisamment occupé de son fils sont d'un mielleux insupportable!), invasion de zombies, film catastrophe et la vie d'un commissariat. Autant le dire toute de suite, The Amityville Uprising (qui signifie littéralement dans notre langue le soulèvement d'Amityville) est une purge. Même pas un bon nanar. Juste un navet comme tant donc et comme semble s'être fait l'un des spécialistes Thomas J. Churchill. Mike Ferguson, Scott C. Roe, Michael Cervantes, Troy Fromin et les autres interprètes jouent comme des pieds et le récit est ponctué d'interminables séquences de dialogue qui plombent littéralement le rythme du film. Et quand débarquent les zombies à l'écran, rien ne s'arrange. Entre les effets-spéciaux totalement foireux de l'explosion, l’expansion du nuage acide et les zombies eux-mêmes, c'est la foire d'empoigne pour qui tente parmi les concepteurs de créer les effets visuels ou de maquillage les plus immondes ! C'est laid, mal interprété et en dessous de tout en matière de mise en scène. Inutile d'espérer passer une soirée entre potes à se poiler devant la chose puisque le film a même tendance à devenir agaçant. Pour exemple, ces séquences répétitives lors desquelles une gueularde prénommée Mae (''l'actrice'' Aleksandra Zorich Hunt, d'une incrédibilité crasse) passe son temps à se plaindre que l'on ne s'occupe pas d'elle à l'accueil du commissariat. Bref, à moins d'être un pervers fétichiste obsédé par la franchise Amityville bien que The Amityville Uprising n'aie rien à voir avec elle, il est fortement conseillé de passer son chemin...

 

dimanche 21 novembre 2021

The Amityville Moon de Thomas J. Churchill (2021) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Dans la série des films inspirés de la mythique maison du 112 Ocean Avenue localisée dans la banlieue de Babylon de l'état de New York, The Amityville Harvest du tâcheron Thomas J. Churchill (j'en connais un dont les poussières doivent se retourner dans leur tombe) se situait en bonne, très bonne position même, pour devenir le pire segment d'une saga dont l'existence de très peu d'épisodes s'avère en réalité justifiée. Un an après, ce même tâcheron revient cette année avec The Amityville Moon, dont le titre devrait logiquement s'inscrire comme le second d'une trilogie à venir puisque l'inépuisable et ventripotent réalisateur américain vient de terminer le tournage de The Amityville Rising ! D'emblée, l'affiche inquiète. D'un minimalisme confinant à la plus grande des laideurs, y trône surtout un... loup-garou ! Ouais. Pas une fille faisant pipi sur un tapis ou la tête pivotant à trois-cent soixante degrés en hurlant des insanités. Pas un adolescent possédé par le Diable non plus et dont le visage se tord sous l'effet de la douleur ou de son emprise par le Malin. Pas d'ectoplasme verdâtre ni de gamine le visage barré par une longue chevelure brune. Non ! Un loup-garou... Vous allez me dire que lorsque l'on a réalisé l'année passée pas moins de cinq longs-métrages dont l'un d'eux s'avéra n'être qu'un bubon au visuel et à l'interprétation dégueulasses, y'a pas de quoi se gêner lorsque doit être prise la décision de réutiliser ou non une marque de fabrique déjà usée jusqu'à la corde depuis longtemps. Une pierre, deux coups pour Thomas J. Churchill qui non seulement risque de s'attirer les derniers résistants de la saga Amityville tout en récupérant en chemin, les amateurs de lycanthropie !


Et devinez quel imbécile est tombé dans le panneau ? Je vous laisse réfléchir quelques instants... Pour commencer, bonne nouvelle. Profitez-en parce que ce sera la seule : Le cinéaste (Mdr, je me gausse) change radicalement d'interprètes. Autant dire que de ce côté là, The Amityville Moon est contraint de faire mieux que son prédécesseur. Au pire, on aura droit à ce même ersatz de jeu d'acteurs auquel s'adonnaient l'année passée Kyle Lowder, Sadie Katz et le reste du casting. Ma première crainte fut d'avoir à subir ce même visuel atroce que lors de l'épisode précédent. Vous savez, cette image de Soap Opera (façon Les feux de l'amour du pauvre, c'est dire!) qui m'empêcha notamment de supporter jusqu'à son terme l'une des dernières adaptations du roman de Mary Shelley Frankenstein ou le Prométhée moderne et dont ma mémoire a préféré effacer toute trace (si quelqu'un peut m'aider à retrouver le titre sachant qu'il s'agit d'une œuvre d'origine italienne, merci d'avance). Bon, je bavasse mais qu'en est-il réellement de ce The Amityville Moon ? Chef-d’œuvre, petit film d'horreur sympathique ou purge ? La réponse est d'ors et déjà dans l'affiche du film elle-même. Le long-métrage de Thomas J. Churchill est à l'image d'une promesse de candidat aux élections présidentielles qui une fois élu ne la tiendra pas. Pourtant, d'emblée quelque chose saute au yeux : Si aucun des acteurs et actrices ne risque de remporter le moindre prix d'interprétation cette année, comparativement au volet précédent, l'intérêt de The Amityville Moon y gagne cependant quelque peu. Certaines interprètes féminines sont plutôt jolies et nettement moins tartes que dans The Amityville Harvest. On remontant le fil de leur filmographie, on peut noter que Augie Duke a notamment joué dans l'excellent Spring de Justin Benson et Aaron Moorhead en 2014 ou que Cody Renee Cameron a en l'espace de six ans seulement aligné plus de soixante rôles au cinéma ainsi qu'à la télévision...


The Amityville Moon met en scène le détective Kimball (l'acteur Trey McCurley), un flic un peu violent auquel est confiée l'enquête sur la disparition de deux pensionnaires d'un institut de redressement religieux pour adolescentes criminelles. Depuis la veille, Alyssa et Karla n'ont plus donné signe de vie. Alors que Kimball enquête, il reçoit le témoignage de l'une des pensionnaires, Mandy (Augie Duke, donc), qui affirme qu'au sein de l'établissement se déroulent de drôles de choses. Comme en témoigne une introduction en forme de flash-back qui laisse craindre le pire au rang de l'esthétisme. On ne sera pas surpris de retrouver le même visuel, toujours aussi navrant même si, faute avouée est moitié pardonnée, un effort a été accomplie en matière de mise en scène et d'interprétation. Rien de miraculeux, mais on a vu bien pire. Notons également la présence de l'actrice Tuesday Knight qui fut en 1988 l'une des héroïnes du quatrième volet de la franchise A Nightmare on Elm Street réalisé par Renny Harlin. Elle interprète dans le cas présent le rôle de la rigide sœur Ruth. Séances de thérapie de groupe (bien moins passionnantes cependant que celles de Vol au dessus d'un nid de coucou), discutions autour d'un repas ou d'une partie de cartes, crêpages de chignons, quelques meurtres et surtout, rien de commun avec la fameuse franchise Amityville. L'un des principaux soucis avec The Amityville Moon est que l'on s'y emmerde beaucoup. L'intrigue se traîne en longueur et il faut attendre une bonne heure pour que le rythme s'accélère. Le film offre assez peu de sang et n'est pas terrifiant pour un sou. Moins minable que The Amityville Harvest, The Amityville Moon n'en est pas moins un très mauvais film... 

 

mercredi 2 décembre 2020

The Amityville Harvest de Thomas J. Churchill (2020) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Bien que le subterfuge ait été démontré il y a déjà pas mal d'années, le nom d'Amityville est lié à un indéboulonnable mythe qui en quarante et un an a été à l'origine de vingt et un long-métrages. Le premier, The Amityville Horror, réalisé en 1979 par Stuart Rosenberg, demeure le plus célèbre d'entre eux. Mais pas nécessairement le meilleur puisque trois ans plus tard allait débarquer sur les écrans une séquelle réalisée par le cinéaste italien Damiano Damiani sous le titre Amityville II: The Possession qui lui serait bien supérieure. Entre 1983, année de sortie d'un troisième opus en 3D et 1996 sortiront six nouvelles ''séquelles''. Puis silence durant neuf années avant que ne surgisse sur les écrans, le remake éponyme de l’œuvre originale cette fois-ci réalisée par Andrew Douglas. Une honnête proposition en comparaison des nanars qui lui ont précédé. Et deux ceux qui allaient suivre puisque la saga allait compter jusqu'en cette année 2020, pas moins de dix longs-métrages ayant plus ou moins de rapports avec l’œuvre originale. Cette année ''marque le retour'' de la franchise avec le vingt et unième d'entre eux. Intitulé The Amityville Harvest, le film prend sa source dans une demeure qui ressemble davantage à un manoir qu'à la célèbre maison située au 112 Ocean Avenue de la petite ville côtière d'Amityville...


Autant préciser une chose tout de suite. Si vous espérez pouvoir prochainement frissonner devant l’œuvre de Thomas J. Churchill en vous enfermant dans une salle de cinéma, n'y comptez pas trop. Non pas que le Covid vous l'interdira, mais The Amityville Harvest étant tout d'abord sorti sur son territoire d'origine directement aux formats DVD et Blu-ray, il y de fortes chances pour qu'en France et sans doute partout ailleurs en Europe, le film connaisse le même triste sort. Triste ? Peut-être pas... Pour celles et ceux qui en ont marre de cette franchise à rallonge qui n'a plus grand chose à nous ''mettre sous la dent'' (vous comprendrez l'allusion un peu plus loin), un peu de courage. L'aventure ne prendra pas davantage de votre temps qu'une heure et trente trois minutes. Quatre-vingt treize minutes qui vont s'avérer malgré tout difficiles à digérer tant la mise en scène est décousue et l'interprétation indigne. Visuellement, ce DTV arbore un look de Soap Opera vraiment détestable. La partition musicale d'Erick Schroder est imbuvable et le scénario au ras des pâquerettes. Surtout, il ne respecte absolument pas l’œuvre originale dont on comprendra assez rapidement que le réalisateur n'a donné à son film ce titre que pour profiter de la popularité de la franchise...


Ceux qui déjà avaient vu d'un mauvais œil l'antépénultième épisode réalisé par le français Franck Khalfoun et intitulé Amityville: The Awakening risquent de défaillir encore davantage devant ce The Amityville Harvest dont il s'avère difficile d'énumérer les qualités tant elles semblent inexistantes et les défauts nombreux. Rien d'original à se mettre sous la dent puisque outre un décor certes plutôt fidèle au thème abordé, le récit porte sur l'invitation d'une équipe complète de ''télévision'' par le dernier membre d'une longue lignée d'une même famille ayant vécu depuis toujours dans le manoir où se situe l'action. L'intrigue est d'une lenteur abyssale, les dialogues souvent sans intérêt, le sound design minimaliste, les Jump Scares inefficients et les effets-spéciaux... que dire si ce n'est qu'ils sont d'un autre âge, de cette époque où les images de synthèse ne ressemblaient à rien d'autre que ce qu'elles étaient. Mais le pire, sans doute, reste la trahison ultime qui fait fi de toute respect envers n'importe quel autre volet de la saga. Ici, il n'est ni question du Diable, ni de démons ou de possession. Non, désormais il faut aux nouveaux ''occupants'' faire face à un... j'ose à peine l'évoquer... vampire ! Spécialisé dans le cinéma d'horreur, Thomas J. Churchill est un vilain petit canard du cinéma fantastique. Un sagouin qui pille chez les autres pour vomir de la merde. Tournant plus vite que son ombre (sept longs-métrages rien qu'en 2020 dont le dernier est en tournage), le type a dans ses cartons un film nommé The Day of the Living Dead  apparemment encore invisible. Et devinez quel grand cinéaste et quels grand films sont cette fois-ci visés ? Pauvre monde...

 

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