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vendredi 30 octobre 2026

Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai (2005) - ★★★★★★☆☆☆☆




Negai est le troisième volet de l'hexalogie Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô dont l'intégralité des épisodes est sortie la même année, en 2005. Réalisé par Atsushi Shimizu, lequel n'a rien à voir avec Takashi Shimizu (créateur de la saga Ju-on), Negai met en scène le jeune Hitochi (Orito Kasahara), un enfant discret, sans véritable ami et meilleur élève de sa classe. Fils d'un couple aimant formé autour du père Yoshiro (Toshinori) et de la mère Etsuko (Kyôko Tôyama), le jeune garçon ne peut compter que sur son talent de créateur d'objets pour se divertir et briser sa solitude. C'est ainsi qu'à partir d'objets du quotidien Hitochi se met à fabriquer une poupée d'apparence humaine. Du bois, du tissu, du fil de fer mais aussi et surtout deux effrayants globes oculaires et une mâchoire dotées d'aiguilles parfaitement aiguisées... Priant chaque soir pour que Kokomo (du nom que le garçon donne à sa création) prenne vie, la relation entre Hitochi et son jouet prend une tournure inattendue. Voire inquiétante. Jusqu'au jours où le garçon reçoit chez lui sa camarade Tomoko (Natsumi Okumura) à laquelle il a promit d'apporter son aide et ses connaissances pour ses devoirs. Convaincu d'être désormais son ami, Hitochi cherche à se débarrasser de Kokomo dont il considère désormais la présence inutile. Mais c'était sans compter sur la volonté de rester auprès de son créateur de la part de la poupée qui quoi qu'en fasse le garçon revient systématiquement à la maison... Adaptation d'ouvrage signé de l'un des mangakas japonais les plus célèbres dans le domaine de l'horreur connu sous le nom de Kazuo Umezu, Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai se rapproche ostensiblement de récits anciens et contemporains du cinéma et de la littérature occidentaux puisque viennent presque immédiatement en tête La Poupée diabolique de Lindsay Shonteff réalisé en 1964 ou Magic de Richard Attenborough tourné quant à lui en 1978. L'une des plus célèbres séries de science-fiction américaines des années 50/60 s'étant elle-même emparée du sujet en 1962 avec le cultissime épisode La Marionnette de Abner Biberman...


Ici, Atsushi Shimizu ne cherche à aucun moment à faire mystère de ses intentions tant sa poupée instaure le malaise dès sa première apparition. Créant ainsi l'une des représentations du genre parmi les plus sinistres qui soient. Une vision d'horreur dont on peut d'ailleurs se demander comment son propre créateur peut être capable de supporter sa présence dans sa chambre lorsque tombe la nuit. Une alternative à la solitude qui va bientôt prendre des proportions ''insoupçonnées'' lorsque Kokomo va commencer à s'en prendre à tous ceux qui osent se dresser entre elle et son créateur. Filmé avec des moyens financiers apparemment dérisoires, Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai reste malgré tout une assez bonne surprise qui ne vous prendra qu'un peu moins d'une heure de votre temps. Un moyen-métrage visuellement anecdotique, filmé en DTV (Direct To DVD) pour un résultat qui pique souvent les yeux. D'autant plus que le réalisateur japonais emploie quelques filtres de très mauvais goût, tout comme l'incrustation de nuages factices censés accentuer l'horreur de ce qui s'apprête à arriver. Sans être d'une importance fondamentale, l'existence de Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai permet surtout d'avoir une idée assez précise de l'approche du sujet par son auteur, entre la bienveillance parentale qui ne sera au final d'aucune utilité pour l'enfant ou le besoin pour ce dernier de se créer un ami virtuel jusqu'au jour où une jeune fille de chair et de sang vient innocemment s'imposer entre le garçon et sa création. Malgré une esthétique souvent atroce bien que créant plus ou moins volontairement un climat morose assez particulier, Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai offre quelques séquences plutôt creepy. Et notamment lorsque Kokomo s'en prend à Tomoko ou lorsque Hitochi se décide enfin à affronter sa création et par contraction ses peurs lors d'un final plutôt marquant...


lundi 26 octobre 2026

The Grudge 3 de Toby Wilkins (2009) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Tout comme la série de longs-métrages Ringu, la saga Ju-on comporte un nombre important de films qu'il est sans doute intéressant de détailler, entre les œuvres qui nous proviennent directement du Japon et les quelques tentatives de remakes américains pas toujours très glorieux ayant vu le jour. Une quinzaine de productions dont les origines remontent à 1998 lorsque sont regroupés à l'époque les deux courts-métrages de Takashi Shimizu Katasumi et 4444444444 sous le titre Gakkô no kaidan G et qui se concluent jusqu'à aujourd'hui avec The Grudge du réalisateur Nicolas Pesce, la quatrième version du récit ayant traversé les océans pour atterrir sur le territoire américain. Avant lui, une trilogie outre-atlantique vit le jour entre 2004 et 2009. Les deux premiers volets ayant été réalisés par l'immense Takashi Shimizu, les commandes du troisième furent mise entre les mains de Toby Wilkins, monteur, réalisateur, scénariste, concepteur d'effets visuel et producteur d'un certain nombre de productions qui jusque là n'avait tourné que quelques courts-métrages mais aussi et surtout le très intéressant Splinter en 2008 dans lequel les personnages étaient coincés dans une station service aux prises avec un étrange phénomène les transformant en créatures recouvertes d'épines. Si l'on peut ainsi considérer que l'américain ne met pas les pieds dans le plat d'une franchise mondialement reconnue comme l'une des plus marquantes de la J-Horror sans s'être au préalable essayé à l'horreur et au fantastique avec Splinter un an plus tôt, Toby Wilkins démontre en revanche que rien ne détermine vraiment de la qualité d'une œuvre et surtout pas le fait qu'un petit film indépendant aussi sympathique soit-il puisse prouver du talent régulier de son auteur... The Grudge 3 sort en 2009, soit trois ans après le second volet de la trilogie américaine. S'il subsiste quelques traces des origines asiatiques de l’œuvre originale à travers le duo d'antagonistes et le personnage de Naoko Kawamata (interprétée par Emi Ikehata), la sœur de Kayako et tante de Toshio, le film aurait tout aussi bien pu se nommer autrement et mettre en scène des esprits maléfiques d'une toute autre apparence. Ici l'on passe rapidement du cadre immobilier typique d'une certaine frange de la population japonaise à un immeuble situé à Chicago et quasiment abandonné par les locataires qui ne se comptent que sur les doigts d'une main ou presque...
C'est là que vivent Lisa (Johanna Braddy), son frère Max (Gil McKinney), leur jeune sœur malade Rose (Jadie Rose Hobson) ou encore le petit ami de la jeune femme, Andy (Beau Mirchoff) avec lequel elle a prévue de partir faire carrière dans la mode à New York. Pourtant, sur les suppliques de son frère, Lisa accepte de rester l'aider subvenir aux besoins médicaux de leur jeune sœur qui souffre de graves problèmes de santé. Tandis qu'un jour Lisa et Andy s'introduisent dans l'appartement où eu lieu le drame développé dans le précédent épisode, la malédiction s'abat sur eux et leurs proches et ne va pas les lâcher d'un pouce... Bon, euh, que dire si ce n'est que The Grudge 3 reste l'une des adaptations les plus faibles du scénario original de Takashi Shimizu. Fade, sans consistance particulière et en outre incarné par Aiko Horiuchi et Shimva Tsuchiya qui campent respectivement les maléfiques Kayako Saeki et son fils Toshio, le film se concentre autour d'un immeuble sans charme dont le cinéaste n'exploite pas vraiment les différentes possibilités. L'isolement des protagonistes se ressent ainsi à peine. Et que dire de l'intervention de Naoko Kawamata qui bien qu'elle soit relativement bien interprétée par l'actrice japonaise Emi Ikehata n'apporte absolument rien de fondamental au récit. Tout d'abord reléguée en arrière-plan, lorsque le personnage opère enfin une approche vers Lisa afin de collaborer avec elle sur le plan de destruction des deux entités maléfiques, le rituel auquel les deux jeunes femmes ainsi que Rose vont assister est d'une inutilité crasse. Un prétexte pour nous dévoiler un cérémonial ancestral hérité de la mère de Naoko d'une vacuité absolue ! Visuellement insignifiant, le film aurait pu compter sur les diverses apparitions des deux fantômes si au moins Toby Wilkins ne s'était contenté que de quelques rares apparitions et non pas faire de ses deux ''créatures'' l'occasion de manifestations ultra répétitives qui terminent de rendre chacune d'entre elles sans intérêt. Pas d'effroi, un récit qui tourne en boucle autour du sujet de la maladie de Rose ou du conflit entre Lisa et Max et quelques meurtres qui manquent cruellement d'intensité. Bref, retournez plutôt voir les originaux connus sous le nom de Ju-on plutôt que cette version américaine sans saveur de l'un des plus grands mythes de la J-Horror...

 

samedi 24 octobre 2026

Identity de James Mangold (2003) - ★★★★★★★☆☆☆




Un motel miteux perdu en pleine campagne américaine. En clair, le trou du c## du monde. Un gérant qui ne souffre pas la présence des femmes de mœurs légères. Une jeune femme, ''supposées coutumière de ces fameuses habitudes''. Un couple et leur enfant muet (un autiste?). L'homme est hébété depuis que son épouse a été renversée par un ancien flic devenu le chauffeur d'une ancienne star de cinéma désormais oubliée. Un couple de jeunes adultes tout juste mariés (vive Las Vegas !). Et puis, un inspecteur et le prisonnier qu'il est chargé de transférer. Tout ce petit monde hétéroclite se retrouve bien malgré lui au même endroit. Le dit motel, une nuit d'orage lors de laquelle, la pluie ne cessera pas de tomber. Loin de là, Malcolm Rivers, un criminel reconnu coupable d'avoir assassiné six personnes, s'apprête à être exécuté. Dernier recours pour son avocat aidé d'un psychiatre, le docteur Malick : convaincre le juge qui l'a condamné que son client n'avait pas conscience de commettre des meurtres, celui-ci étant atteint de trouble dissociatif de la personnalité. Pendant ce temps là, à l'hôtel, un tueur sévit. Première victime : l'actrice Caroline Suzanne (interprétée par Rebecca de Mornay) dont le chauffeur (et donc ancien flic) Ed retrouve la tête dans le tambour d'une machine à laver. Très rapidement, les soupçons se portent sur le criminel Robert Maine (sinistre Jake Busey) qui vient tout juste de s'échapper après s'être libéré de ses entraves. Alors que la route est impraticable et que tous sont condamnés à demeurer au motel malgré les morts qui commencent à s'accumuler, outre ceux-ci, tous plus violents les uns que les autres, d'étranges événements se produisent...


Maintenant, si vous n'avez pas encore découvert Identity, le cinquième long-métrage de l'auteur de Copland en 1997 ou de 3H10 pour Yuma en 2007, permettez-moi de vous chasser. Car ce qui va suivre délivre une bonne partie de l'intrigue........... Démarrant comme un thriller relativement convaincant et reposant sur l'interprétation et sur son incroyable atmosphère, ce qui figure être comme une sorte de néo-slasher (on ne connaîtra effectivement l'identité du tueur que dans les dernières secondes) ou de néo-Cluedo (ne manque plus qu'Hercule Poirot ou Miss Marple) va en réalité encore bien plus loin. Si Identity semble s'approcher dangereusement de la frontière du fantastique, il n'en est rien. Pur thriller noir et horrifique réalisé sur la base d'un scénario écrit à quatre mains par le réalisateur lui-même ainsi que par Michael Cooney, le film se veut en fait une plongée dans les affres d'un cerveau malade. Celui de Malcolm Rivers qu'interprète à merveille Pruitt Taylor Vince. L'acteur idéal pour le rôle d'un serial killer atteint d'un sérieux trouble de la personnalité puisque'il est lui-même notamment connu pour être atteint de nystagmus. Ce qui à l'écran se traduit par un mouvement d'oscillation continu des yeux et sur lequel, Pruitt Taylor Vince n'a malheureusement pour lui, aucun contrôle. Identity se compose donc de deux parties distinctes qui s'entremêlent brillamment jusqu'à ce que la relation entre le tueur et les dix individus ''enfermés'' dans une zone comprenant le motel et un restaurant soit mise au grand jour...


Car ce que l'on va peu à peu découvrir, c'est d'abord que tous ont un rapport les uns avec les autres. Chaque détail compte. Des meurtres sous forme de compte à rebours, en passant par la disparition des cadavres et jusqu'à cette étonnante séquence lors de laquelle le criminel Robert Maine se retrouve à nouveau à proximité du motel alors qu'il vient de tout faire pour s'en éloigner. Les plus vifs d'esprits comprendront certainement avant les autres le fond de l'histoire. Un sujet passionnant qui permet tout d'abord de retrouver dans un même long-métrage outre les interprètes déjà cités plus haut, les acteurs John Cusack, Ray Liotta, Alfred Molina ou les actrices Amanda Peet et Clea Duvall. Soyez prévenus. Tout ou partie de ce que vous allez voir n'est qu'un jeu de dupe. Méfiez-vous des faux-semblants. Outre l'interprétation, l'ambiance sinistre et le cadre désolé, on appréciera le montage et la mise en scène qui révèlent le talent d'un réalisateur qui compte sur le moindre petit détail pour tromper les spectateurs. Chacun de ceux-ci trouve son explication et ce qui demeurait sans doute improbable quelques minutes auparavant trouve sa justification dans l'une ou l'autre des séquences qui lui succèdent. Identity, c'est un peu comme un roman d'Agatha Christie sous perfusion de schizophrénie. On croit se perdre dans les méandres de l'esprit du tueur mais tout est finalement parfaitement clair. Un thriller/puzzle du meilleur effet...

jeudi 24 septembre 2026

Résident débile de Laurent Coiffic (2000) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

En attendant d'aller voir dans les jours prochains la toute nouvelle itération cinématographique basée sur l'univers du jeu vidéo créé par Capcom, Resident Evil, mieux que de me refarcir l'intégralité des œuvres sorties depuis sur grand écran, sur support physique ou numérique, j'ai choisi de m'intéresser au très superfétatoire Résident débile dont la définition même n'arrive pas vraiment à coller au sentiment de désespoir qui peut étreindre le spectateur devant un film aussi pitoyable. Mais l'appeler Resident à chier ou Resident je viens de voir l'une des plus grosses merdes qu'il m'ait été donné l'occasion de contenpler n'ayant bien évidemment aucun sens, devenu tributaire d'une licence vidéoludique qui ne lui a pourtant rien demandé, Laurent Coiffic n'aura ''marqué'' de son empreinte le septième art qu'à trois occasions. Directeur de la photographie en 2017 sur Les 4 sales locataires de Cyril Étesse, voix-off sur le court métrage Revolution de Joffrey Schmitt en 2024, il commença et termina donc sa carrière de réalisateur en l'an 2000 avec Résident débile dont il serait carrément osé d'expliquer le sens hautement ironique et parodique du titre à celles et ceux qui connaissent le jeu vidéo dont il s'inspire. À la lecture du script de Laurent Coiffic, de Stephen Moret et de Christopher Croce, tout laissait plus ou moins supposer une œuvre certes parodique mais fidèle au terreau d'origine. Que nenni puisque si la division des forces spéciales S.T.A.R.S. (pour Special Tactics and Rescue Service) est évoquée tout comme certains personnages iconiques de la franchise comme Albert Wesker sont présents à l'écran, ne rêvons tout de même pas d'une aventure humoristique reprenant les différentes étapes des premiers jeux vidéos. La ville de Racoon City est ici remplacée par la forêt de Racon ! Une forêt qui ressemble d'ailleurs moins à celles de Mallemoisson, de Rialsesse ou des Bertranges en France qu'à un petit parc agrémenté d'une flore dont les espèces n'ont pas le moindre intérêt. Tout commence lorsqu'un couple en mode ''Un gars, une fille'' dont le cinéaste pille sans vergogne la typographie et la musique meurt attaqué par un zombie. Afin d'enquêter sur place, le colonel Albert Wesker fait notamment appel à deux anciens camarades de la guerre du Vietnam Spring Fellow Hawk et Dur Snake Source...


Mais tandis que le groupe devra affronter des ''hordes'' de zombies, ils devront également faire face à d'anciens adversaires en les personnes de Heinrich Kroeger, Sniper Waf et Fluide Snake Octopus... Que dire, hum, hum. Comme l'aurait sans doute si bien définit le philosophe Jacquouille la Fripouille, Résident débile, c'est de la grosse merdasse ! Une parodie, certes, des jeux Resident Evil mais aussi de la licence Metal Gear Solid, mais il faut voir dans quel état le réalisateur laisse les spectateurs qui après à peine moins de soixante-dix minutes finissent avec moitié moins de neurones que les quelques zombies qui râlent à l'écran. On pourrait facilement hurler devant ce naufrage qui renvoit même à l'état de chef-d'œuvre la pire parodie officielle de n'importe quel film d'horreur ou thriller ayant vu le jour sur grand écran. Pourtant, en remontant sur les origines du concept et sur l'expérience calamiteuse de son auteur Laurent Coiffic lors de ses études de cinéma dans une école qu'il jugea de merdique alors qu'il avait déboursé l'astronomique somme de trente-mille francs pour un résultat qui frisa le néant, l'on a déjà beaucoup moins envie de lui taper sur les doigts. Un budget de dix-mille balles et une équipe d'acteurs recrutés parmi ses amis, Laurent Coiffic fait ce qu'il peut, avec ses faibles moyens financiers, le peu d'expérience des interprètes et de sa mise en scène. Le plus drôle ne se situant pas dans les dialogues mais bien dans l'évocation des différentes sources d'inspiration du réalisateur car sans craindre le ridicule celui-ci cite David Fincher, Ridley Scott, Hideo Kojima ou encore John Woo ! Laid, mal joué et trèèèèèèèès rarement inspiré côté dialogues et situations même si certaines références peuvent faire sourire (le coffre à diamants et la petite ritournelle de la licence Zelda comme seul exemple), Résident débile est vraiment pénible. Sans avoir demandé aucune licence, le bonhomme agrémente l'ensemble de toute une série de références musicales puisque Laurent Coiffic a '''emprunté'' diverses sources issues de plusieurs jeux estampillés Resident Evil, tout comme l'on peut entendre les thèmes du Retour vers le futur, de Benny Hill, ou des jeux Rainbow Six et Parasite Eve... Bref, à éviter de toute urgence !

 


lundi 21 septembre 2026

Umezu Kazuo: Kyôfu gekijô – Zesshoku de Tadafumi Itō (2005) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Cruel dilemme que de devoir choisir entre The End of Tom Six, Cry Uncle et cet étrange Umezu Kazuo: Kyôfu gekijô – Zesshoku signé du japonais Tadafumi Itō. Le premier est le dernier long-métrage de Tom Six, auteur de la sulfureuse trilogie Human Centipede. Un docu-fiction autobiographique qui revient sur la carrière de ce cinéaste hautement narcissique et notamment sur son avant-dernier long-métrage The Onania Club qu'aucun distributeur n'a encore eu le courage de distribuer. Le second, signé de John G. Avildsen, appartient au catalogue de la société de distribution et de production trash TromaEntertainment... S'agissant de Umezu Kazuo: Kyôfu gekijô – Zesshoku, le film de Tadafumi Itō est le second volume d'une hexalogie adaptée des mangas du ''Dieu des mangas d'horreur'', Kazuo Umezu. Dans ce petit film d'à peine un peu plus d'une heure, le cinéaste japonais aborde la tragique histoire de la très jolie Tomoko, jeune lycéenne amoureuse d'un camarade prénommé Akira (Yûki Tsujimoto) que ce dernier ignore malgré ses incessantes relances. Vivant seule avec sa mère (Yuki Enomoto), Tomoko a pour seule amie Rie (Shôko Nakagawa). De manière incompréhensible, l'adolescente, comme nous le découvrirons plus tard, a une image faussée de son apparence. En effet, un soir, alors qu'elle est dans sa chambre, elle se regarde dans le miroir et constate qu'elle a pris trente kilos ! Directement filmé en DTV (pour Direct-to-Video) est donc tout d'abord d'une qualité visuelle toute relative. Autant dire que l'on ne s'arrêtera pas devant les hypothétiques charmes esthétiques de l'ensemble puisque rien ne vient ici flatter la rétine du spectateur. L'intérêt est donc forcément ailleurs. Dans cette description presque bouleversante d'une adolescente solitaire qui nie durant un temps sa véritable apparence. Se voyant belle et attirante jusqu'au jour où tout comme le spectateur, celle-ci découvre qu'elle est bien moins jolie qu'elle ne le pensait. Bien évidemment, il faut, pour le réalisateur et ses scénaristes Hiroshi Takahashi et Kazuo Umezu, trouver une raison à ce désordre psychologique qui enferme la jeune femme dans le dénie. Sans être aussi émotionnellement impactant que les terribles twists de La vie de David Gale d'Alan Parker ou de The Machinist de Brad Anderson dans un autre ordre d'idée, celui de Hiroshi Takahashi et Kazuo Umezu assume un caractère au moins aussi déstabilisant. Une révélation que l'on laissera le spectateur découvrir par lui-même au mi-temps du récit...


Bien qu'étant catalogué comme film d'horreur, cet élément que rechercheront sans doute très rapidement les amateurs de J-Horror n'est qu'une donnée très secondaire. Et ce, même si l'évocation d'un régime drastique enclenché par l'héroïne peut laisser espérer une œuvre de type Body-Horror. Mais ici, rien de tout cela. En effet, de part sa courte durée et de part la sobriété mise en œuvre par Tadafumi Itō, les épanchements sanguins sont rarissimes. Quant à l'évolution physique de Tomoko, elle est éludée de manière sommaire et surtout sans surprise puisque dès le départ, l'héroïne est physiquement visible dans ses deux états. À noter d'ailleurs qu'elle est incarnée à l'écran par deux actrices. D'un côté par la rondouillette Naomi Kaizuka et de l'autre par la très mignonne Miku Ueno. Bien que Umezu Kazuo: Kyôfu gekijô – Zesshoku soit visuellement d'une confondante laideur et que la mise en scène et l'interprétation soient parfois d'une exceptionnelle mièvrerie, Tadafumi Itō a malgré tout réussi à se saisir du traumatisme de son personnage féminin principal pour relever ce qui tient également de l'image que renvoie sur elle le miroir. Le japonais étend même son sujet en traitant du jugement esthétique lorsque Akira rejette l'adolescente. Un point de vue que confirme d'ailleurs la dernière partie du récit lorsque le garçon accepte enfin de sortir avec Tomoko maintenant qu'elle a perdu tous ses kilos superflus. Umezu Kazuo: Kyôfu gekijô – Zesshoku traite bien évidemment et avec une certaine crédibilité de l'image déformée que renvoit non seulement le miroir mais aussi l'esprit même de l'héroïne. Sauf qu'ici, le réalisateur inverse tout d'abord le concept en ne mettant pas en scène une jeune boulimique ou anorexique convaincue d'être trop grosse mais bien une adolescente persuadée d'être très jolie ! Le film forme une boucle infernale, où le rejet de la nourriture est exploité dans le cadre d'une transformation physique radicale tandis qu'une fois le but atteint, Tomoko est en proie à une irrépressible envie de ''Dévorer''. On regrettera donc ici surtout l'esthétique relativement repoussante du projet. À contrario, Tadafumi Itō a sur parfaitement retranscrire l'état de délabrement psychologique de son héroïne. Bref, une très intéressante curiosité...

 

vendredi 28 août 2026

Taken de Pierre Morel (2008) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après avoir évalué les dégâts de manière je l'espère, tout à fait respectueuse tout en compressant mon muscle du plancher pelvien pour ne pas me pisser dessus de rire concernant la pathétique projection de Que justice soit faite de F. Gary Gray, il fallait bien un petit reshoot de Taken premier du nom signé en 2008 par le réalisateur et directeur de la photographie français Pierre Morel pour réévaluer l'état de santé du thriller de la fin des années 2000. Preuve que ça n'est pas systématiquement dans les vieux pots que l'on fait la meilleure confiture puisque l'un et l'autre ne sont séparés que d'une année seulement. Quatre ans après le dystopique Banlieue 13 qui donnait une image à l'époque peu glorieuse de notre société et qui pourtant de nos jours lui ressemble de plus en plus, Pierre Morel signait donc en 2008 un petit film d'action qui sous couvert d'avoir été notamment produit par Luc Besson reste encore aujourd'hui comme l'un des plus efficaces thrillers dans lequel le cinéaste français eu la bonne idée de mettre des billes. Autour de plusieurs sociétés de production qui comme elles celle de Luc Besson a choisi de faire confiance au projet, c'est donc bien par l'entremise d'Europacorp que l'auteur du Grand bleu, de Subway, du Cinquième élément ou du pitoyable Valérian et la Cité des mille planètes et producteur de Haute tension d'Alexandre Aja, Danny the Dog de Louis Leterrier ou la série des Taxi a investi dans ce thriller nerveux littéralement habité par un Liam Neeson ultra-charismatique. Dans le rôle de Bryan Mills, un ancien agent secret américain, l'acteur promet à celui qui vient d'enlever sa fille qui venait tout juste de débarquer à Paris avec sa meilleure amie de le chercher, de le trouver et de le tuer ! Protecteur au point d'étouffer la charmante Kim (Maggie Grace), sa fille donc, Bryan possède des compétences et des relations qui vont lui permettre de remonter jusqu'à la source. Un réseau de trafic sexuel qui agit notamment sur le territoire français. Pour le père de l'adolescente, c'est tout d'abord le choc. Mais pas de temps à perdre puisque l'un de ses anciens partenaires lui prédit que si dans les quatre-vingt seize heures il n'a pas retrouvé sa fille, il ne la reverra jamais... Dans le rôle de l'ex-épouse du héros, l'actrice et mannequin néerlandaise Famke Janssen que l'on connaît notamment pour son rôle de Jean Grey dans la franchise X-Men.


Elle interprète dans Taken l'exact opposé de son ex. acceptant de donner toujours plus de liberté à leur fille, le long-métrage oppose donc tout d'abord deux attitudes. Un aspect qui sera rapidement relégué au second plan puisque l'essentiel de l'histoire est donc moins dans la description d'une cellule familiale éclatée que dans le récit d'une course contre la montre d'un père remontant un réseau criminel par étapes. Ici, pas de chichis. Les morts se comptent par dizaines pour le plaisir des amateurs de gunhfights et de combats au corps à corps mais aussi pour un public beaucoup plus large tant Pierre Morel parvient à produire une œuvre dynamique interprétée en outre par un Liam Neeson qui en impose tout d'abord par sa stature d'un mètre quatre-vingt treize et ensuite par ses prouesses physiques directement issues de l’entraînement qu'il suivit scrupuleusement auprès de l'ancien soldat du SAS Mick Gould qui lui inculqua le combat à mains nues et l'usage de différentes armes. Pierre Morel a surtout compris qu'il fallait faire avancer l'intrigue par échelon et ne surtout pas trop en donner au spectateur dès le début. Ne serait-ce qu'en matière de combat au corps à corps, il ne faut pas s'attendre à des contacts physiques qui perdurent dans le temps et ça n'est que lors de l'assaut final à bord du yacht d'un richissime homme d'affaire arabe incarné par Nabil Massad opposant Bryan au chef de la sécurité Ali (Jalil Naciri) que l'on assistera à un duel qui vaut bien la plupart des scènes d'action visibles dans les film d'origines philippine, coréenne ou encore thaïlandaise... Taken brosse le portrait de bons gros méchants qui passeront tous pour notre bonheur à la casserole. À commencer par l'albanais Marko Hoxha (Arben Bajraktaraj) qui kidnappa Kim, le directeur adjoint de la DST Jean-Claude Pitrel interprété par le français Olivier Rabourdin, sans oublier celui qui organise la vente des jeunes femmes à de richissimes individus, Patrice Saint-Clair qu'incarne quant à lui le franco-britannique Gérard Watkins. Bref, Taken assume complètement son statut de thriller simple et sans prise de tête. De l'action, des combats, une pluie de balles pour un très jouissif défouloir...

 

jeudi 27 août 2026

Que justice soit faite de F. Gary Gray (2009) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Sur les conseils d'un ami très proche dont le film de chevet, je préfère le préciser, est La soupe au chou de Jean Girault, ami que l'on pourrait donc davantage considérer de nanardophile dans le meilleur de cas et de franchouillardophile dans le pire que de véritable cinéphile ou cinéphage, j'ai regardé il y a deux jours le très évocateur Que justice soit faite de F. Gary Gray. Un réalisateur, producteur et acteur d'origine afro-américaine dont je ne connaissais jusque là que l'assez peu satisfaisant quatrième volet de la franchise Men in Black sous-titré International. En parcourant sa filmographie, je constate ensuite que le bonhomme a également réalisé le huitième opus de la saga Fast & Furious dont la seule évocation me donne des hauts le cœur de dégoût ! L'ami en question, pour qui élégance, raffinement, chic et délicatesse passent par une bonne grosse séance de flatulences en plein air (j'entends par là, celles de nos regrettés Louis de Funès et Jean Carmet) m'affirme sans rougir que tous ceux auxquels il adressa ce film comme celui à ne surtout pas manquer apprécièrent l'expérience. Ni une, ni deux, et sans avoir au préalable demandé à qui avait été destiné ce précieux conseil, je me lançais donc dans cette expérience de thriller mâtiné de vengeance tardive scrupuleusement préparée par un époux et un père dont la femme et la petite fille furent assassinées par deux dangereux criminels venus cambrioler leur demeure. Bref, le genre de Vigilante dont j'attendais qu'il réussisse presque à me faire oublier les premiers volets de la fameuse licence Death Wish incarnée par sieur Charles Bronson dans les années soixante-dix, quatre-vingt et quatre-vingt dix. Et d'une certaine manière, il y réussit. Non pas grâce à ses qualités, celles qui par définition sont surtout et intrinsèquement liées aux desiderata du fervent admirateur de bousins dont les budgets flirtent à minima avec les cinquante millions de dollars, mais grâce (et ici, en l'occurrence, à cause) de ses nombreuses invraisemblances qui en se superposant les unes aux autres font de Que justice soit faite, un authentique cas d'école. Prendre à ce point le spectateur pour un con en lui faisant avaler des couleuvres par dizaines en espérant qu'il passera un moment agréable dénué de toute réflexion quant au virage systématiquement improbable du récit, oui, je le dis, je l'écris, F. Gary Gray et le scénariste Kurt Wimmer prennent vraiment les spectateurs pour des crétins. On comprend alors que Frank Darabont ait préféré prendre ses jambes à son cou pour divergence artistique. Pas de chance pour Gerard Butler qui incarne ici le rôle de l'époux et père meurtri qui prendra dix ans pour fomenter sa vengeance. Car après avoir consciencieusement préparé la mort des deux criminels, l'ingénieur Clyde Alexander Shelton n'en aura pas pour autant terminé et fera payer à toutes celles et ceux qu'il juge responsable du prix de leur ''trahison''...




L'un des faits les plus remarquablement absurdes du script de Kurt Wimmer concerne tout d'abord l'accord obtenu par le procureur Nick Rice (Jamie Foxx) au sujet de Clarence Darby (Christian Stolte) auquel il demande de témoigner contre son complice Rupert Ames (Josh Stewart) afin que celui-ci soit condamné à mort lors de leur procès ! Si celui qui n'a pas encore mis les pieds dans le plat en visionnant cette indigence scénaristique généralisée que représente Que justice soit faite a peu de chance de comprendre où se situe la ''coquille'', l'autre est saisi par tant d'incohérence. Car le procureur en question préfère effectivement négocier avec le véritable assassin qu'avec son complice ! Imaginez donc ce dernier être exécuté par injection tandis que Clarence Darby ira passer quelques années en zonzon avant d'être libéré pour bonne conduite. Profitons de l'occasion qui nous est offerte pour évoquer les nombreuses ellipses qui viennent briser le peu d'intérêt qu'aurait pu théoriquement offrir le long-métrage. Car la vengeance en question, prometteuse sur le papier et sur les lèvres de mari et père revanchard, n'est ni plus ni moins qu'éludée en un peu moins de temps qu'il ne faut pour le dire ! Mais ce qu'il y a probablement de pire avec Que justice soit faite reste sans aucun doute la caractérisation de notre héros qui plus qu'un ingénieur est devenu au fil du temps un stratège du crime, omniscient, qui en outre a eu suffisamment de temps pour développer des capacités qui semblent aller bien au delà de celles du personnage incarné par Liam Neeson dans l'excellent Taken. Expert en informatique, en explosifs, en droit, en psychologie et même en manipulation ! Autant dire qu'à côté de lui, n'importe quel super-héros Marvel ou DC Comics ne peut faire le poids. F. Gary Gray pousse si loin le curseur que son thriller, sous couvert de confronter la Justice à des problématiques d'ordre moral, juridiques et procéduriers (bien loin d'atteindre de ce point de vue là l'intensité du tragique et bouleversant La Vie de David Gale d'Alan Parker) finit par devenir involontairement drôle. Et encore, faut-il s'être tout d'abord assuré de ne pas être atteint d'Hypomimie avant de se lancer dans l'aventure car sinon, vous aurez la désagréable impression d'être atteint de paralysie faciale tant vous aurez envie de rire sans pouvoir cependant y parvenir ! Au final, Que Justice soit faite est assez difficile à évaluer, entre thriller poussif et parodie inconsciente...

 

mercredi 19 août 2026

Le furet de Jean-Pierre Mocky (2003) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pour ce nouvel article consacré à Jean-Pierre Mocky, nous nous déplaçons jusqu'en 2003, année relativement peu faste pour le cinéaste si l'on veut rester polis, courtois et respectueux vis à vis de sa très longue carrière. Il n'est d'ailleurs pas inconcevable d'imaginer qu'il aurait probablement continué à tourner des films puisque c'est bien son décès survenu le 8 août 2019 qui mit un terme à la réalisation et à l'écriture de longs-métrages. Cette année là, il réalisa d'ailleurs le tout dernier d'entre eux, intitulé Tous Flics. Concernant Le furet, il s'agissait là de l'unique collaboration entre le cinéaste français et l'acteur Jacques Villeret qui tient le rôle-titre de cette comédie criminelle et policière dans laquelle l'on retrouve également deux très fidèles interprètes de Jean-Pierre Mocky puisque Michael Lonsdale et Michel Serrault apparaîtront tous les deux dans divers œuvres alignant l'un et l'autre une dizaine de collaborations. Comme à son habitude, Jean-Pierre Mocky réunit quelques vedettes du cinéma français auxquelles l'on peut ajouter Robin Renucci qui six ans plus tard apparaîtra dans Colère, quelques seconds rôles parmi de très grands habitués du réalisateur tels que Dominique Zardi ou Jean Abeillé ou, encore plus étonnant, des personnalités qui viennent d'univers qui n'ont pas véritablement de lien direct avec le septième art. On pense bien évidemment au chanteur de rock Dick Rivers, ancienne vedette de la chanson française qui connut tout d'abord le succès avec son groupe Les Chats Sauvages dans les années soixante avant qu'il ne se lance dans une carrière solo ou bien l'animateur de télévision Karl Zéro, de son vrai nom Marc Tellenne, dont la période la plus faste se concentra probablement lors de ses différentes participations aux émissions Nulle Part Ailleurs et Le Vrai Journal sur Canal+ entre 1994 et 2006... Le furet du titre est donc ce tueur à gages insaisissable qui donne du mal à la police ainsi qu'au truand Don Salvadore (Michael Lonsdale). L'une et l'autre ne rêvant que d'une chose. Stopper net sa carrière d'assassin. En effet, lorsque cette adaptation du roman Le furet dans le métro de l'écrivain et illustrateur de bandes dessinées américain Lou Cameron débute, le meurtrier en est déjà à sa quatrième victime. Mais l'homme ne s'en prend pas à n'importe qui : celui-ci semble avoir un effet une prédisposition pour les petites crapules, les voyous, les dealers... Mais ce que l'on découvre rapidement, c'est que l'homme ne tue pas selon son unique volonté puisqu'il exécute en réalité des contrats commandités par un certain Anzio (Michel Serrault) qui lui promet sans cesse de lui faire rencontrer enfin Don Salvatore...


Ayant toujours un prétexte pour repousser les présentations entre le mafieux et le tueur à gages qu'incarne donc à l'écran Jacques Villeret, ce dernier rêve de devenir riche, de conduire de belles voiture et d'avoir toutes les femmes qu'il désire malgré qu'il soit marié et père de deux fils. Véritable anguille qui glisse entre les mailles du filet, le furet se cache sous l'apparat du sympathique petite serrurier, grand amateur de films d'action et qui lors des contrats qu'il est chargé d'exécuter a l'habitude de passer par les égouts et par les tunnels du métro parisien... Le furet met en scène l'actrice (et reine de beauté !!!) Patricia Barzyk dans le rôle du médecin légiste Karadin. Son personnage entretiendra une relation privée avec l'inspecteur Bart chargé d'enquêter sur la série de meurtres qui endeuille les réseaux criminels et qu'incarne de son côté Robin Renucci. Quant à eux, Dick Rivers, Jean Abeillé et Karl Zéro interprètent des bandits. Les deux premiers étant à la solde de Don Salvatore tandis que le troisième est le neveu poltron d'Anzio. Doté d'un budget d'un peu moins d'un million d'euros, Le furet reste une œuvre relativement intéressante s'agissant d'un film de Jean-Pierre Mocky s'inscrivant dans une période charnière où s'enchaînent quelques bonnes surprises mais aussi des longs-métrages presque ''impropres'' à la consommation. On ne reviendra évidemment pas sur l'interprétation souvent calamiteuse de certains grands fidèles acteurs du réalisateur, le film étant évidemment tout d'abord porté par un Jacques Villeret également à la production qui choisit de financer le film car le script de Jean-Pierre Mocky lui plaît beaucoup. L'acteur aurait même réussit à convaincre Jean-Pierre Mocky de retourner certaines séquences qu'il jugeait de mauvaise qualité. Le plus décevant restant ici l'incarnation de Michel Serrault qui, il faut bien le reconnaître est mauvais, voire même pathétique. Mais dans l'ensemble, le film reste très plaisant à regarder. Notons enfin que la bande musicale est l’œuvre du compositeur franco-roumain Vladimir Cosma qui bien longtemps après avoir écrit la musique du Grand blond avec une chaussure noire, des Aventures de Rabbi Jacob ou de celle de L'aile ou la cuisse a ici franchement perdu de sa superbe....

 

mercredi 29 juillet 2026

Oliver Twist de Roman Polanski (2005) - ★★★★★★★★★☆

 


 

On aura beau dire, trouver de quoi critiquer l'homme, mais Roman Polanski reste un immense artiste. Et si le répéter, le ressasser, le marteler peut d'évidence en choquer certains, qu'importe puisque le bonheur est là, s'étalant sur de grandes toiles blanches, dans des salles plongées dans le noir, exposé devant des yeux toujours plus ébahis par le spectacle qui leur est proposé. Pourtant, j'avoue avoir longtemps hésité à regarder Oliver Twist en raison d'une écriture qui n'appartient pas directement au cinéaste. En effet, son dix-huitième long-métrage est une adaptation du roman éponyme de l'écrivain britannique Charles Dickens dont il ne s'est même pas chargé de l'écriture du scénario puisque celle-ci a été confiée au dramaturge et scénariste sud-africain Ronald Harwood. Sa présence au sein d'une longue filmographie survenant chronologiquement juste après l'immense chef-d’œuvre Le pianiste ne semble pas être le fruit du hasard mais entre plutôt dans une certaine logique de désacralisation d'un passé trouble cette fois-ci traité à travers non plus des faits ayant réellement eu lieu durant la première moitié du vingtième siècle mais à travers une fiction écrite voilà près de cent-quatre-vingt ans... Oliver Twist, ici incarné à l'écran par Barney Clark, est peut-être ainsi le jeune Roman qui dans sa Pologne natale vécu la Seconde Guerre Mondiale, survécu au ghetto de Cracovie et dû vivre séparé de ses parents, dans la précarité, témoin très jeune de la violence des rues... Car Oliver Twist, c'est justement l'histoire que nous racontent et le roman, et cette énième adaptation cinématographique. Se retrouvant au départ dans un orphelinat aux règles strictes, le jeune Oliver est ensuite engagé dans une entreprise de pompes funèbres dont il va rapidement fuir la violence en prenant à pieds des chemins de campagnes menant jusqu'à la capitale londonienne. Arrivé à bout de souffle, affamé et les chaussures trouées, il est rapidement repéré par le jeune Artful Dodger (Harry Eden) dit ''le Rusé'' qui l'introduit chez Fagin (Ben Kingsley). Un vieil homme aussi usé que les vêtements qu'il porte sur le dos mais surtout, un grand manipulateur entouré de jeunes voleurs qu'il a lui-même formé pour son propre profit. C'est donc dans cette même intention qu'il prend sous son aile Oliver. Prenant soin de lui, le nourrissant, Fagin a de grands projets pour ce gamin d'à peine dix ans. Mais alors qu'un jour Oliver suit Artful et un autre de ses nouveaux ''amis'' afin de voler des passants dans la rue, il se retrouve accusé de vol par un client de librairie avant d'être emmené au tribunal afin d'y être jugé...


Heureusement pour lui, le propriétaire de la librairie, M. Brownlow (Edward Hardwicke) affirme qu'il est innocent et décide de prendre l'enfant sous son aile en l'accueillant chez lui. Malheureusement pour Oliver, on ne quitte pas Fagin et son groupe de voleurs aussi facilement. Et bien que le garçon puisse compter sur le soutien de la jolie Nancy (Leanne Rowe), le compagnon de cette dernière, William Sykes (Jamie Foreman) a d'autres projets pour le jeune orphelin qu'il pense être capable de balancer le réseau à la police... Si l'on devait compter les chefs-d’œuvre réalisés par Roman Polanski depuis ses débuts de carrière qui ont commencé en 1955, les doigts de deux mains ne suffiraient probablement pas. Oliver Twist vient ainsi rejoindre la longue liste des œuvres du cinéaste franco-polonais à côté desquelles il ne faut surtout pas passer. Depuis un temps très récent, le directeur de la photographie polonais Pawel Edelman est devenu un fidèle collaborateur de Roman Polanski. En fait, depuis Le pianiste. Une fidélité qui depuis n'a jamais été démentie puisqu'il a récemment travaillé sur The Palace, le dernier long-métrage à ce jour du cinéaste. Et plus que jamais, Oliver Twist témoigne de la précision chirurgicale avec laquelle Roman Polanski pense son œuvre. Le directeur de la photographie mais aussi le chef décorateur et directeur artistique polonais Allan Starski insufflant ainsi au long-métrage une poésie visuelle qui n'a objectivement que très peu d'équivalent dans le monde du cinéma. D'une beauté à couper le souffle, chaque plan rejoint ce que votre serviteur a pour habitude de comparer à des tableaux subitement pris d'une vie qui leur est propre. De l'orphelinat en passant par la campagne et jusqu'aux ruelles sombres et crasseuses des quartiers pauvres de Londres, le film est d'une beauté absolument sidérante. Écrasé par le poids d'un savoir-faire artistique hors normes, le scénario de Ronald Harwood fait figure de parent pauvre au sein d'un grand œuvre qui permet malgré tout à Roman Polanski d'y exprimer une fois de plus certaines de ses obsessions...


D'ailleurs, contrairement à ce que pourrait laisser supposer la présence au sein du récit d'un héros âgé de seulement dix ans, Oliver Twist n'est pas un conte pour enfants mais plutôt une critique virulente de la société victorienne dénonçant notamment l'exploitation et la maltraitance des enfants, la pauvreté et les injustices. Tout ceci dans un contexte où la criminalité explose, entre simple violence verbales, vols et assassinats. Plus curieux est la place prise par le jeune héros au sein du récit. Celui dont le nom orne l'affiche ne semble pourtant pas être directement acteur de sa propre existence mais fait davantage figure d'observateur de la société. Souvent installé en arrière-plan du récit, sa place n'est donc pas celle qu'on lui prêterait tant la présence à l'écran de certains personnages tels que Fagin, William Sykes ou même Artful Dodger lui volent régulièrement la vedette. Se déroulant dans les années 1830, le film traite des sujets les plus sombres dans une Angleterre victorienne balbutiante. Les couleurs chatoyantes de la campagne anglaise laissant rapidement la place à une ville de Londres sombre, désespérée, crasseuse, vérolée par la violence et qui semble peu à peu préparer la vague de meurtres abominables qui endeuilleront quelques décennies plus tard le sordide quartier de Whitechapel comme en témoignent certains plans nocturnes et embrumés absolument magnifiques. Notons enfin l'extraordinaire incarnation des personnages et en premier lieu, celui de Fagin, interprété à l'écran par un Ben Kingsley tout à fait méconnaissable et dont l’ambiguïté tiraille en permanence le spectateur qui ne sait plus où donner de la tête entre empathie et animosité. Si Barney Clark est craquant, souvent placé en arrière-plan des autres interprètes il ne fait plus figure alors que de lointain symbole d'une Angleterre décrépite quand Jamies Foreman impose une présence à l'image tout à fait saisissante. Au final, Oliver Twist est un très grand film. Un prodige visuel sans cesse renouvelé, interprété par des actrices et acteurs grimés selon des standards caricaturaux de l'époque. Bref, du grand cinéma, sombre mais populaire. À voir ou revoir absolument...

 

dimanche 14 juin 2026

Jusqu'en enfer (Drag Me to Hell) de Sam Raimi (2009) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Tout commence ou presque comme dans le roman de Stephen King Thinner adapté à l'écran sous son titre d'origine aux États-Unis et chez nous sous celui de La peau sur les os. Dans cette adaptation piteuse de Tom Holland, pourtant réalisateur dans les années quatre-vingt des excellents Fright Night et Child's Play, un avocat new-yorkais était victime d'une malédiction jetée par le père d'une gitane qu'il avait renversé en voiture après qu'il ait été acquitté lors de son procès. Dès lors, l'homme se mettait à perdre un kilo par jour jusqu'à devenir squelettique... S'agissant de Jusqu'en enfer (Drag Me to Hell) de Sam Raimi, pas d'accident de voiture causant la mort d'une vieille femme provoquée par un avocat mais une ambitieuse jeune femme, responsable des prêts d'une banque mise sous pression par son directeur qui l'a mise en concurrence avec l'un de ses collègues pour le poste à pourvoir de directeur adjoint ! Lorsque débarque à la banque une vieille tzigane qui pour la troisième fois demande une prolongation de son hypothèque, le directeur (David Paymer dans le rôle de James Jacks) fait indirectement comprendre à sa jeune employée que si elle ne s'affirme pas en refusant de soutenir la demande de la vieille femme, les chances pour Christine Brown d'obtenir le poste tant convoité risquent de s'amenuiser. Contre bonne fortune mauvais cœur, la jeune femme annonce à la cliente qu'elle est contrainte de refuser la prolongation de son hypothèque. Cette dernière entre alors dans une furie incontrôlable avant d'être chassée de l'établissement par deux agents de sécurité. À la sortie du travail, Christine part retrouver sa voiture garée dans un parking souterrain lorsque la vieille dame surgit pour l'agresser. Après un duel digne des meilleurs affrontements de Evil Dead et de ses séquelles que réalisa des années en arrière Sam Raimi, la tzigane arrache un bouton au manteau de Christine et lui jette un sort... Dès lors, l'enfer se déchaîne sur la jeune femme qui va n'avoir de cesse que d'être victime d'hallucinations dont elle seule sera la témoin... Jusqu'en enfer, c'est tout le savoir-faire de Sam Raimi résumé en cent minutes, qui après la trilogie Evild Dead, le moins connu mais néanmoins tout aussi jouissif Crimewave (notamment scénarisé par les frères Ethan et Joel Coen) et avant le récent Send Help ne fait pas que signer ici un classique instantané du cinéma fantastique et d'horreur mais termine de convaincre si besoin était qu'il demeure l'un des grands maîtres de l'épouvante matinée d'une certaine idée de la gaudriole façon ''Tex Avery''...


Un film ''gore'' pour les familles, qui fait rire plutôt qu'il n'effraie. Bref, un film pour les spectateurs de sept à soixante-dix sept ans comme il est de coutume de nommer ce genre de production... Écrit en collaboration avec son frère Ivan auquel l'on doit notamment les scripts de Darkman, de Army of Darkness : Evil Dead III ou encore des trente épisodes de la génialissime série Ash vs Evil Dead entre 2015 et 2018, Sam Raimi signe une bande-dessinée live, bourrée de moments de bravoures, de scènes choc, un tourbillon de folie et de scènes plutôt crades qui font moins intervenir l'hémoglobine que des matières aussi peu appétissantes que de la salive, de la bile et autres matières provenant du tube digestif. Le réalisateur abusant parfois du procédé lorsque vivante ou morte la tzigane, alors incarnée par Lorna Raver, ''embrasse'' notre pauvre employée de banque incarnée par Alison Lohman tout en déversant quelques hectolitres d'une matière dont on se refuse de connaître l'origine. Notons d'ailleurs le superbe maquillage de l'actrice alors âgée de soixante-six ans, transformée en sorcière tzigane en ''kit'' avec son œil crevé, ses fausses dents et sa tendance à régurgiter une matière franchement peu ragoutante... Grand-guignolesque, Jusqu'en enfer s'amuse avec son personnage de jeune femme ambitieuse, arriviste, confrontée à des impératifs qui la dépassent, avec l'image qu'elle renvoie aux autres (la confrontation lors du dîner organisé par les parents de son petit ami incarné par Justin Long) et surtout avec ces phénomènes surnaturels contre lesquels elle va devoir trouver une solution si elle veut pouvoir s'en débarrasser. De bout en bout, le long-métrage de Sam Raimi se déroule tel un train fantôme, entre humour, horreur et hystérie... Notons que la fin ouverte promettait à l'époque une hypothétique séquelle. Ce qui semble être effectivement le cas puisque dans le planning du réalisateur américain est annoncé pour 2028 un Drag me to Hell 2 ! Vivement...

 

jeudi 11 juin 2026

Aquarium de Frédéric Grousset (2004) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Que peut-on obtenir avec trois-mille euros de budget et un script tenant sur une simple feuille A4 ? Réponse : Aquarium. Après deux courts-métrages réalisés en 2002, le réalisateur, producteur et scénariste français Frédéric Grousset s'attaquait en 2004 à un type spécifique de projet cinématographique sous forme de huis-clos concentrant six personnages (trois femmes et trois hommes) confinés entre les quatre murs d'une pièce hermétiquement close. Un principe pas vraiment novateur en cette année 2004 puisque sept ans plus tôt, Cube de Vincenzo Natali reposait déjà sur le même principe même si les protagonistes avaient le choix de passer d'une pièce à une autre en bravant un certain nombre de pièges. À dire vrai, le long-métrage de Frédéric Grousset se rapproche davantage de Saw de James Wan sorti la même année aux États-Unis et un an plus tard en France. D'étonnantes similitudes qui pourraient faire croire que l'un des deux aurait éventuellement pu s'inspirer du second mais n'empiétons pas sur ce genre de terrain pour nous concentrer sur l'objectif premier consistant à évoquer les qualités et les défauts d'Aquarium. Ouais, parce que si l'on devait finalement faire la comparaison entre Saw et celui-ci, le film de Frédéric Grousset ne fait évidemment pas le poids. En même temps, James Wan bénéficia d'un budget d'un million et deux-cent mille dollars quand le français ne disposa que d'une somme quatre-cent fois inférieure. Expliquant en des termes propres à une idéologie dystopique la fonction de cette ''boite'' où des personnalités diverses et variées qui ne se connaissent ni d'Eve ni d'Adam se retrouvent enfermées, le long-métrage de Frédéric Grousset implique des protagonistes qui à l'extérieur n'auraient probablement pas eu de raisons de se côtoyer. L'intérêt étant d'ailleurs ici de faire interagir des hommes et de femmes de milieux sociaux et de caractères différents. Ici, l'ombre d'une certaine télé-réalité plane en outre au dessus des personnages, dont les moindres mouvements sont scrutés à l'aide d'une caméra positionnée en hauteur. La seule différence avec une émission du type Loft Story étant qu'ici ne demeure aucun recoin permettant d'échapper à l’œil de la caméra...


Une voix raisonne ponctuellement, édictant des règles strictes auxquelles nos six prisonniers sont contraints de se tenir. À défaut de quoi, c'est la mort assurée. Pas le temps de faire connaissance avec les personnages outre que leur prénom et leur profession. Mais qu'ont-ils pu bien faire à l'extérieur pour devoir se retrouver enfermés dans cette pièce nue qui au fil du temps ressemble de plus en plus à une tombe à mesure que les jeux (car il s'agit tout d'abord de cela) déclinent tout un tas de perversités ? Aquarium oppose deux types d'attitudes. Tandis que la voix (et donc celui qui se cache derrière) semble vouloir tester chaque prisonnier pour en tirer le meilleur (ou le pire) et ainsi donc n'en conserver qu'un seul à la fin, les six victimes de ce sinistre ''cirque'' vont devoir collaborer même si l'on devine rapidement que l'espoir de survie est pour la majorité d'entre eux, totalement illusoire... Coté casting, peu ou pas d'acteurs connus puisque Karen Bruere n'a ensuite tourné que dans un épisode de la série Candice Renoir dix ans plus tard, Abel Divol est apparu dans un épisode de Plus belle la vie en 2011 et Caïn l'année suivante, Capucine Mandeau ayant notamment figuré au casting de RRRrrrr !!! d'Alain Chabat, tandis que le reste du casting constitué de Julien Masdoua, Michel Robin et Sophie Talon n'a également tourné que dans une poignée de séries ou téléfilms en dehors du premier dont la carrière est au contraire étoffée d'une cinquantaine de projets parmi lesquels il a lui-même réalisé le téléfilm 24 minutes chrono en 2005. D'une manière générale, le concept étant ce qu'il est, toute la force d'un tel projet repose sur l'écriture et l'interprétation. S'agissant du jeu des actrices et acteurs, ça va même si l'on oscille parfois du côté de l'amateurisme. Du côté de l'écriture, Frédéric Grousset et le scénariste, réalisateur et producteur Jean Mach font assez vite le tour de la question même si le dernier acte réserve une surprise relativement inattendue. Bref, un tout petit film tourné avec amour et passion. Pas de quoi se relever la nuit mais tout de même touchant dans son engagement...

 

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