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dimanche 14 juin 2026

Jusqu'en enfer (Drag Me to Hell) de Sam Raimi (2009) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Tout commence ou presque comme dans le roman de Stephen King Thinner adapté à l'écran sous son titre d'origine aux États-Unis et chez nous sous celui de La peau sur les os. Dans cette adaptation piteuse de Tom Holland, pourtant réalisateur dans les années quatre-vingt des excellents Fright Night et Child's Play, un avocat new-yorkais était victime d'une malédiction jetée par le père d'une gitane qu'il avait renversé en voiture après qu'il ait été acquitté lors de son procès. Dès lors, l'homme se mettait à perdre un kilo par jour jusqu'à devenir squelettique... S'agissant de Jusqu'en enfer (Drag Me to Hell) de Sam Raimi, pas d'accident de voiture causant la mort d'une vieille femme provoquée par un avocat mais une ambitieuse jeune femme, responsable des prêts d'une banque mise sous pression par son directeur qui l'a mise en concurrence avec l'un de ses collègues pour le poste à pourvoir de directeur adjoint ! Lorsque débarque à la banque une vieille tzigane qui pour la troisième fois demande une prolongation de son hypothèque, le directeur (David Paymer dans le rôle de James Jacks) fait indirectement comprendre à sa jeune employée que si elle ne s'affirme pas en refusant de soutenir la demande de la vieille femme, les chances pour Christine Brown d'obtenir le poste tant convoité risquent de s'amenuiser. Contre bonne fortune mauvais cœur, la jeune femme annonce à la cliente qu'elle est contrainte de refuser la prolongation de son hypothèque. Cette dernière entre alors dans une furie incontrôlable avant d'être chassée de l'établissement par deux agents de sécurité. À la sortie du travail, Christine part retrouver sa voiture garée dans un parking souterrain lorsque la vieille dame surgit pour l'agresser. Après un duel digne des meilleurs affrontements de Evil Dead et de ses séquelles que réalisa des années en arrière Sam Raimi, la tzigane arrache un bouton au manteau de Christine et lui jette un sort... Dès lors, l'enfer se déchaîne sur la jeune femme qui va n'avoir de cesse que d'être victime d'hallucinations dont elle seule sera la témoin... Jusqu'en enfer, c'est tout le savoir-faire de Sam Raimi résumé en cent minutes, qui après la trilogie Evild Dead, le moins connu mais néanmoins tout aussi jouissif Crimewave (notamment scénarisé par les frères Ethan et Joel Coen) et avant le récent Send Help ne fait pas que signer ici un classique instantané du cinéma fantastique et d'horreur mais termine de convaincre si besoin était qu'il demeure l'un des grands maîtres de l'épouvante matinée d'une certaine idée de la gaudriole façon ''Tex Avery''...


Un film ''gore'' pour les familles, qui fait rire plutôt qu'il n'effraie. Bref, un film pour les spectateurs de sept à soixante-dix sept ans comme il est de coutume de nommer ce genre de production... Écrit en collaboration avec son frère Ivan auquel l'on doit notamment les scripts de Darkman, de Army of Darkness : Evil Dead III ou encore des trente épisodes de la génialissime série Ash vs Evil Dead entre 2015 et 2018, Sam Raimi signe une bande-dessinée live, bourrée de moments de bravoures, de scènes choc, un tourbillon de folie et de scènes plutôt crades qui font moins intervenir l'hémoglobine que des matières aussi peu appétissantes que de la salive, de la bile et autres matières provenant du tube digestif. Le réalisateur abusant parfois du procédé lorsque vivante ou morte la tzigane, alors incarnée par Lorna Raver, ''embrasse'' notre pauvre employée de banque incarnée par Alison Lohman tout en déversant quelques hectolitres d'une matière dont on se refuse de connaître l'origine. Notons d'ailleurs le superbe maquillage de l'actrice alors âgée de soixante-six ans, transformée en sorcière tzigane en ''kit'' avec son œil crevé, ses fausses dents et sa tendance à régurgiter une matière franchement peu ragoutante... Grand-guignolesque, Jusqu'en enfer s'amuse avec son personnage de jeune femme ambitieuse, arriviste, confrontée à des impératifs qui la dépassent, avec l'image qu'elle renvoie aux autres (la confrontation lors du dîner organisé par les parents de son petit ami incarné par Justin Long) et surtout avec ces phénomènes surnaturels contre lesquels elle va devoir trouver une solution si elle veut pouvoir s'en débarrasser. De bout en bout, le long-métrage de Sam Raimi se déroule tel un train fantôme, entre humour, horreur et hystérie... Notons que la fin ouverte promettait à l'époque une hypothétique séquelle. Ce qui semble être effectivement le cas puisque dans le planning du réalisateur américain est annoncé pour 2028 un Drag me to Hell 2 ! Vivement...

 

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