Tout commence ou presque
comme dans le roman de Stephen King Thinner
adapté à l'écran sous son titre d'origine aux États-Unis et chez
nous sous celui de La peau sur les os.
Dans cette adaptation piteuse de Tom Holland, pourtant réalisateur
dans les années quatre-vingt des excellents Fright
Night
et Child's Play,
un avocat new-yorkais était victime d'une malédiction jetée par le
père d'une gitane qu'il avait renversé en voiture après qu'il ait
été acquitté lors de son procès. Dès lors, l'homme se mettait à
perdre un kilo par jour jusqu'à devenir squelettique... S'agissant
de Jusqu'en enfer (Drag
Me to Hell)
de Sam Raimi, pas d'accident de voiture causant la mort d'une vieille
femme provoquée par un avocat mais une ambitieuse jeune femme,
responsable des prêts d'une banque mise sous pression par son
directeur qui l'a mise en concurrence avec l'un de ses collègues
pour le poste à pourvoir de directeur adjoint ! Lorsque
débarque à la banque une vieille tzigane qui pour la troisième
fois demande une prolongation de son hypothèque, le directeur (David
Paymer dans le rôle de James Jacks) fait indirectement comprendre à
sa jeune employée que si elle ne s'affirme pas en refusant de
soutenir la demande de la vieille femme, les chances pour Christine
Brown d'obtenir le poste tant convoité risquent de s'amenuiser.
Contre bonne fortune mauvais cœur, la jeune femme annonce à la
cliente qu'elle est contrainte de refuser la prolongation de son
hypothèque. Cette dernière entre alors dans une furie incontrôlable
avant d'être chassée de l'établissement par deux agents de
sécurité. À la sortie du travail, Christine part retrouver sa
voiture garée dans un parking souterrain lorsque la vieille dame
surgit pour l'agresser. Après un duel digne des meilleurs
affrontements de Evil Dead
et de ses séquelles que réalisa des années en arrière Sam Raimi,
la tzigane arrache un bouton au manteau de Christine et lui jette un
sort... Dès lors, l'enfer se déchaîne sur la jeune femme qui va
n'avoir de cesse que d'être victime d'hallucinations dont elle seule
sera la témoin... Jusqu'en enfer,
c'est tout le savoir-faire de Sam Raimi résumé en cent minutes, qui
après la trilogie Evild Dead,
le moins connu mais néanmoins tout aussi jouissif Crimewave
(notamment scénarisé par les frères Ethan et Joel Coen) et avant
le récent Send Help
ne fait pas que signer ici un classique instantané du cinéma
fantastique et d'horreur mais termine de convaincre si besoin était
qu'il demeure l'un des grands maîtres de l'épouvante matinée d'une
certaine idée de la gaudriole façon ''Tex Avery''...
Un
film ''gore'' pour les familles, qui fait rire plutôt qu'il
n'effraie. Bref, un film pour les spectateurs de sept à soixante-dix
sept ans comme il est de coutume de nommer ce genre de production...
Écrit en collaboration avec son frère Ivan auquel l'on doit
notamment les scripts de Darkman,
de Army of Darkness : Evil Dead III
ou encore des trente épisodes de la génialissime série Ash
vs Evil Dead
entre 2015 et 2018, Sam Raimi signe une bande-dessinée live, bourrée
de moments de bravoures, de scènes choc, un tourbillon de folie et
de scènes plutôt crades qui font moins intervenir l'hémoglobine
que des matières aussi peu appétissantes que de la salive, de la
bile et autres matières provenant du tube digestif. Le réalisateur
abusant parfois du procédé lorsque vivante ou morte la tzigane,
alors incarnée par Lorna Raver, ''embrasse'' notre pauvre employée
de banque incarnée par Alison Lohman tout en déversant quelques
hectolitres d'une matière dont on se refuse de connaître l'origine.
Notons d'ailleurs le superbe maquillage de l'actrice alors âgée de
soixante-six ans, transformée en sorcière tzigane en ''kit'' avec
son œil crevé, ses fausses dents et sa tendance à régurgiter une
matière franchement peu ragoutante... Grand-guignolesque, Jusqu'en
enfer
s'amuse avec son personnage de jeune femme ambitieuse, arriviste,
confrontée à des impératifs qui la dépassent, avec l'image
qu'elle renvoie aux autres (la confrontation lors du dîner organisé
par les parents de son petit ami incarné par Justin Long) et surtout
avec ces phénomènes surnaturels contre lesquels elle va devoir
trouver une solution si elle veut pouvoir s'en débarrasser. De bout
en bout, le long-métrage de Sam Raimi se déroule tel un train
fantôme, entre humour, horreur et hystérie... Notons que la fin
ouverte promettait à l'époque une hypothétique séquelle. Ce qui
semble être effectivement le cas puisque dans le planning du
réalisateur américain est annoncé pour 2028 un Drag
me to Hell 2 !
Vivement...
.png)
.png)
.png)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire