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lundi 26 octobre 2026

The Grudge 3 de Toby Wilkins (2009) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Tout comme la série de longs-métrages Ringu, la saga Ju-on comporte un nombre important de films qu'il est sans doute intéressant de détailler, entre les œuvres qui nous proviennent directement du Japon et les quelques tentatives de remakes américains pas toujours très glorieux ayant vu le jour. Une quinzaine de productions dont les origines remontent à 1998 lorsque sont regroupés à l'époque les deux courts-métrages de Takashi Shimizu Katasumi et 4444444444 sous le titre Gakkô no kaidan G et qui se concluent jusqu'à aujourd'hui avec The Grudge du réalisateur Nicolas Pesce, la quatrième version du récit ayant traversé les océans pour atterrir sur le territoire américain. Avant lui, une trilogie outre-atlantique vit le jour entre 2004 et 2009. Les deux premiers volets ayant été réalisés par l'immense Takashi Shimizu, les commandes du troisième furent mise entre les mains de Toby Wilkins, monteur, réalisateur, scénariste, concepteur d'effets visuel et producteur d'un certain nombre de productions qui jusque là n'avait tourné que quelques courts-métrages mais aussi et surtout le très intéressant Splinter en 2008 dans lequel les personnages étaient coincés dans une station service aux prises avec un étrange phénomène les transformant en créatures recouvertes d'épines. Si l'on peut ainsi considérer que l'américain ne met pas les pieds dans le plat d'une franchise mondialement reconnue comme l'une des plus marquantes de la J-Horror sans s'être au préalable essayé à l'horreur et au fantastique avec Splinter un an plus tôt, Toby Wilkins démontre en revanche que rien ne détermine vraiment de la qualité d'une œuvre et surtout pas le fait qu'un petit film indépendant aussi sympathique soit-il puisse prouver du talent régulier de son auteur... The Grudge 3 sort en 2009, soit trois ans après le second volet de la trilogie américaine. S'il subsiste quelques traces des origines asiatiques de l’œuvre originale à travers le duo d'antagonistes et le personnage de Naoko Kawamata (interprétée par Emi Ikehata), la sœur de Kayako et tante de Toshio, le film aurait tout aussi bien pu se nommer autrement et mettre en scène des esprits maléfiques d'une toute autre apparence. Ici l'on passe rapidement du cadre immobilier typique d'une certaine frange de la population japonaise à un immeuble situé à Chicago et quasiment abandonné par les locataires qui ne se comptent que sur les doigts d'une main ou presque...
C'est là que vivent Lisa (Johanna Braddy), son frère Max (Gil McKinney), leur jeune sœur malade Rose (Jadie Rose Hobson) ou encore le petit ami de la jeune femme, Andy (Beau Mirchoff) avec lequel elle a prévue de partir faire carrière dans la mode à New York. Pourtant, sur les suppliques de son frère, Lisa accepte de rester l'aider subvenir aux besoins médicaux de leur jeune sœur qui souffre de graves problèmes de santé. Tandis qu'un jour Lisa et Andy s'introduisent dans l'appartement où eu lieu le drame développé dans le précédent épisode, la malédiction s'abat sur eux et leurs proches et ne va pas les lâcher d'un pouce... Bon, euh, que dire si ce n'est que The Grudge 3 reste l'une des adaptations les plus faibles du scénario original de Takashi Shimizu. Fade, sans consistance particulière et en outre incarné par Aiko Horiuchi et Shimva Tsuchiya qui campent respectivement les maléfiques Kayako Saeki et son fils Toshio, le film se concentre autour d'un immeuble sans charme dont le cinéaste n'exploite pas vraiment les différentes possibilités. L'isolement des protagonistes se ressent ainsi à peine. Et que dire de l'intervention de Naoko Kawamata qui bien qu'elle soit relativement bien interprétée par l'actrice japonaise Emi Ikehata n'apporte absolument rien de fondamental au récit. Tout d'abord reléguée en arrière-plan, lorsque le personnage opère enfin une approche vers Lisa afin de collaborer avec elle sur le plan de destruction des deux entités maléfiques, le rituel auquel les deux jeunes femmes ainsi que Rose vont assister est d'une inutilité crasse. Un prétexte pour nous dévoiler un cérémonial ancestral hérité de la mère de Naoko d'une vacuité absolue ! Visuellement insignifiant, le film aurait pu compter sur les diverses apparitions des deux fantômes si au moins Toby Wilkins ne s'était contenté que de quelques rares apparitions et non pas faire de ses deux ''créatures'' l'occasion de manifestations ultra répétitives qui terminent de rendre chacune d'entre elles sans intérêt. Pas d'effroi, un récit qui tourne en boucle autour du sujet de la maladie de Rose ou du conflit entre Lisa et Max et quelques meurtres qui manquent cruellement d'intensité. Bref, retournez plutôt voir les originaux connus sous le nom de Ju-on plutôt que cette version américaine sans saveur de l'un des plus grands mythes de la J-Horror...

 

vendredi 23 octobre 2026

Sadako DX de Hisashi Kimura (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Après avoir vu un Sadako 3D 2 plutôt dispensable et un Sadako vs. Kayako plutôt réjouissant même si l'affrontement entre deux des plus iconiques représentations fantomatiques du cinéma asiatique resta décevante, nous allons terminer avec un Sadako DX dont le contenu termina de me convaincre qu'il fallait absolument et urgemment passer à autre chose... Cette fois-ci, c'est le réalisateur Hisashi Kimura qui prend les commandes. Et bien que dans l'ordre chronologique de la franchise Sadako DX se situe en quatorzième position, le récit fait l'impasse sur tout ce qui a suivit le long-métrage de Hideo Nakata en 1998 pour s'inscrire comme la suite ''officielle'' de ce classique de la J-Horror ! Le film met en scène l'étudiante Ayaka Ichijo (Fuka Koshiba) dont le Q.I dépasse de loin la moyenne. Une jeune femme donc particulièrement intelligente au centre d'un récit qui fait appel cette fois-ci et plus que jamais à l'élément infectieux de la malédiction liée à la fameuse cassette vidéo qui désormais a été numérisée afin d'être répandue sur les réseaux sociaux. Le scénario de Yuya Takahashi ne fait d'ailleurs que nous rabattre en permanence cet aspect du récit. Six ans après le crossover Sadako vs. Kayako, Hisashi Kimura nous propose une alternative théoriquement plus intéressante que la plupart des séquelles qui virent le jour..... du moins sur le papier car une fois retranscrit à l'écran le script de Yuya Takahashi fonctionne relativement mal. L'on ne pourra cependant pas reprocher à Fuka Koshiba d'avoir tué le projet dans l’œuf tant elle demeure malgré tout l'un des rares points positifs du long-métrage. L'on passera sur sa beauté toute juvénile pour retenir du personnage qu'elle incarne, des méthodes de déduction qui feraient pâlir de jalousie n'importe quels complotistes capables de s'exhiber des heures durant dans des podcasts en théorisant sur tout et n'importe quoi et sur autant de sujets que l'esprit humain est capable d'engendrer... Ayaka Ichijo est donc au centre du récit, accompagnée par un voyant du nom de Maître Kenshin (Hiroyuki Ikeuchi). Un bonhomme assez spécial outrageusement décrit comme un opportuniste très médiatisé qui use de la légende de la cassette vidéo maudite comme une source de revenus. L'idiot n'imaginant pas un seul instant que l'objet en question puisse être effectivement capable de causer la mort de celles et ceux qui ont la malchance de regarder son contenu....


Comme souvent dans la franchise, le concept est clair : pour l'héroïne comme pour ses proches (et ici, en l'occurrence, sa sœur Futaba qu'interprète Yuki Yagi ainsi que sa mère et tout comme le très tactile Oji Maeda (Kazuma Kawamura), le sujet porte sur l'urgence de mettre un terme à la malédiction dont ils seront victimes avant l'échéance fatale. Notons également l'intervention d'un Hikikomori (un individu socialement isolé interprété par Mario Kuroba) germophobe (qui est donc atteint d'une peur irraisonnée envers les microbes et autres germes) et qui se cache derrière un masque. Bref, de quoi planter le décor d'un groupe de personnes prêtes à affronter chacun à leur manière, la monstrueuse Sadako..... qui dans cet énième ersatz va avoir la particularité d'apparaître à l'origine non pas sous la forme qu'on lui connaît mais sous celles de divers proches des victimes. Une excellente idée qui porte malheureusement mal ses fruits puisque plutôt que de semer le doute dans la tête des protagonistes et des spectateurs, nul doute ne subsiste quant à leur lien direct avec Sadako. Notons en outre que l'attitude des différentes incarnations est proprement ridicule. En cause, des gesticulations tellement théâtrales que l'on passe davantage de temps à pouffer de rire qu'à vraiment ressentir une peur viscérale face aux diverses apparitions. Dommage encore lorsque l'on évoque une idée plutôt intéressante, détail sans doute de peu d'importance mais qui tout de même prouve l'implication du scénariste à l'écriture du scénario. La fameuse vidéo qui plus que d'être une redite de toutes celles qui lui précédèrent dans les œuvres antérieures apporte son comptant d'innovation avec ces séquences filmées sur les lieux de vie mêmes des victimes. Enfin, passons sur la pratique du Split Screen, répétitive et finalement sans intérêt dès lors que l'on comprend que l'échéance telle que l'envisageaient jusque là les personnages n'est pas une preuve absolue de l'instant T de leur mort ! Bref, pas de quoi sauter au plafond....

 

jeudi 22 octobre 2026

Sadako vs. Kayako de Kōji Shiraishi (2016) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Nous sommes en 2016, il y a dix ans tout rond, et nous avons rendez-vous cette année là avec la rencontre au sommet de deux des plus remarquables phénomènes surnaturels nés de l'esprit d'auteurs japonais particulièrement créatifs. D'un côté, Koji Suzuki, le créateur du roman Ringu en 1991. Et de l'autre, le réalisateur et scénariste Takashi Shimizu, bien connu pour ses nombreuses œuvres faisant appel aux fantômes et autres esprits maléfiques dont il a toujours majoritairement fait son fond de commerce. Auteur prolifique de près d'une centaine d’œuvre en trente-cinq ans de carrière, le cinéaste Kōji Shiraishi prend donc en 2016 la relève de ses prédécesseurs avec long-métrage qui marquera sans doute l'histoire des franchises Ringu et Ju-on puisqu'à la manière d'un certain nombre de films d'horreur américains tels Freddy vs. Jason et Alien vs. Predator, Sadako vs. Kayako met donc en scène deux des plus iconiques Onryō représentants la culture littéraire japonaise. Des esprits vengeurs quittant ponctuellement le plan astral pour venir dans le plan matériel où nous vivons. D'un côté, nous avons donc Sadako Yamamura (Elly Nanami), jeune femme qui fut jetée dans un puits par un divers personnages selon les récits et où elle agonisa longuement avant que naisse la malédiction. De l'autre, nous avons Kayako Saeki (Runa Endo) dont l'époux les noyèrent elle et leur fils Toshio (Rintarō Shibamoto), persuadé qu'elle le trompait avec un autre homme. Tandis que Sadako apparaît sur le plan matériel et assassine ses nouvelles victimes après que celles-ci aient eu la mauvaise idée de visionner une cassette vidéo réputée hantée, s'agissant de Kayako, ses possibilités de déplacement s'avèrent relativement réduites puisque son fantôme s'en prend à celles et ceux qui ont la malchance de s'introduire dans la demeure qu'elle partageait en famille avant d'être assassinée. Notons d'ailleurs qu'elle n'est jamais vraiment seule puisque le fantôme de son fils Toshio apparaît également à l'écran. Si le prénom de Sadako apparaît en premier dans le titre, cela est sans doute du fait que le récit tourne principalement autour de deux étudiantes qui ont eu le malheur de tomber sur la fameuse cassette vidéo maudite qu'elles ont visionnées chacune à leur tour. Bien qu'ayant fait appel à l'un de leurs professeurs (Masahiro Komoto dans le rôle de Shin'ichi Morishige) ainsi qu'à une exorciste supposée pouvoir les débarrasser de la malédiction, la solution viendra plus probablement de l'intervention du détenteur de pouvoirs psychiques Keizo Tokiwa (Masanobu Andō) et de l'étrange petite fille aveugle prénommée Tamao (Mai Kikuchi) qui l'accompagne partout.


Le concept ? Opposer Sadako à Kayako afin de débarrasser Yūri Kurahashi (Mizuki Yamamoto) et Natsumi Ueno (imi Satsukawa) de la malédiction et ainsi de les garder en vie... Kōji Shiraishi resserre ici l'intrigue puisque les victimes n'ont plus sept jours pour trouver un moyen de défier la malédiction mais plus que deux. En outre, le cinéaste débarrasse l'intrigue de ce qui au fil du temps est devenu superflu. À savoir que refiler la cassette vidéo à une autre personne pour qu'elle la regarde ne suffit plus à se débarrasser de la malédiction. Il y a deux camps. Peut-être même trois si l'on compte celui qui réunit ceux qui ne font pas de différences entre les deux franchises. D'un côté, les fans de Ring et de l'autre, ceux qui lui préfèrent nettement Ju-on. Le film, qui aurait dû permettre au réalisateur de mettre en scène une confrontation dantesque entre les deux personnages du titre se révèle de ce point de vue là, relativement décevant. Pas de combat épique entre Sadako et Kayako mais une joute d'une poignées de secondes seulement qui dessert malheureusement la seconde. Sadako semble donc être ici privilégiée. Plus puissante, certes, mais sans doute moins charismatique que Kayako dont les différentes apparitions restent assez flippantes même après un peu moins d'une vingtaine d'années (je rappelle que nous sommes alors en 2016). Tandis que la plupart des adaptations des deux franchises ne bénéficièrent pas de qualités techniques particulièrement marquantes, le travail sur la photographie de Hidetoshi Shinomiya est par contre ici tout à fait bénéfique. De très belles images, peu colorées et accentuées par un choix de costumes et de décors dont les teintes se résument à des gris clairs, des roses pâles et des bruns qui tranchent avec les noirs et bleux profonds lors des attaques surnaturelles. Si le combat ultime n'a donc pas vraiment lieu entre les deux plus célèbres fantômes de la J-Horror, Sadako vs. Kayako parvient tout de même parfois à nous rappeler les grandes heures du genre, lorsque l'on découvrait notamment pour la première fois cette iconique séquence de Kayako, fantomatique et affreusement blafarde descendant telle une araignée géante les escaliers de sa demeure délabrée...

 

mercredi 21 octobre 2026

Sadako 3D 2 de Tsutomu Hanabusa (2013) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Difficile, parfois, de s'y retrouver parmi la quinzaine d'adaptations cinématographiques qui tournent autour du roman de l'écrivain japonais Koji Suzuki, Ringu. Entre le premier long-métrage, un téléfilm datant de 1995 qui contredit ce que j'écrivais dans le précédent article consacré à Ring Virus et dans lequel j'affirmais que le premier film était celui que réalisa Hideo Nakata en 1998 et ses nombreuses variantes commes celle de George Iida intitulée Spiral (Rasen) la même année ou celles qui donneront beaucoup plus tard leur nom à l'héroïne maléfique de la saga comme par exemple Sadako 3D en 2012, il est parfois compliqué en effet de ne pas se mélanger les pinceaux. Comme son nom l'indique, Sadako 3D 2 est la suite du précédent volet de la franchise. Toujours réalisé par Tsutomu Hanabusa, cette séquelle permet de retrouver à l'écran l'actrice Satomi Ishihara qui tout comme dans le précédent long-métrage interprète le rôle d'Akane Ayukawa. À la différence où cette fois-ci celle-ci n'incarne plus l'héroïne du récit puisqu'elle apparaitra de manière sporadique car désormais, Akane est officiellement reconnue comme étant décédée. La jeune femme a laissé derrière elle une petite fille prénommée Nagi (Kokoro Hirasawa) qu'elle a eu avec Takanori Andō (toujours interprété par l'acteur (Kōji Seto) et dont s'occupe désormais sa tante Fūko Andō (Miori Takimoto) qui n'est autre que la sœur de Takanori. La technologie ayant évoluée depuis la fin des années quatre-vingt dix, la transmission de la malédiction propre à la célèbre franchise de J-Horror a abandonné la cassette-vidéo alors déjà très obsolète il y a près de trente ans pour se propager à travers les téléphones cellulaires et les ordinateurs portables.... D'un côté, les indécrottables fans de la saga écriront que Sadako 3D 2 est une franche réussite tandis que ceux qui ne font que passer par là exprimeront leur désaccord en affirmant que ce nouveau reboot de la franchise s'avère bien inutile. Et puis, demeurent ceux qui, en toute raison, essaient d'expliquer ce qui va et ce qui dérange dans cette œuvre dont on peut objectivement reconnaître qu'elle n'apporte pas grand chose, avec ses twists ridicules et inappropriés. Comme l'une des quelques révélations qui prétend que la jeune Nagi ne serait pas la fille d'Akane mais celle de la démoniaque Sadako Yamamura ! Ouais, ok, pourquoi pas ?


Mais lorsque l'on ose nous dire qu'Akane est toujours bien vivante et qu'elle a été écartée de tout contact avec celle que l'on prenait jusqu'ici pour sa fille afin d'éviter que Sadako ne ressurgisse, il est fort probable que soit l'on nous prenne pour des idiots, soit les scénaristes Daisuke Hosaka et Noriaki Sugihara aient oublié en cours de route qu'avant cette révélation, divers événements surnaturels ont eu lieu durant le récit. Parce que si vraiment écarter de tout contact Nagi de sa mère avait dû préserver quiconque de toute menace, d'où viennent alors toutes ces victimes qui vont périr dès que la gamine exprimera la moindre contrariété ? Comparé au Ringu réalisé par Hideo Nakata en 1998, ce Sadako 3D 2 mis en scène par Tsutomu Hanabusa fait malheureusement pâle figure. Surtout pour une œuvre qui se veut être un retour aux sources (biaisées) redéfinissant une saga où plusieurs des éléments essentiels sont purement et simplement ignorés. L'on a même parfois l'impression que les scénaristes et le réalisateur se sont davantage inspirés de l'excellent Exte (Ekusute) que réalisa Sion Sono six ans auparavant que du roman, des comics ou des précédentes adaptations cinématographiques de Ringu. Visuellement, rien de remarquable si ce n'est qu'aucun effort particulier n'a été effectué du côté de la photographie. C'est plat et à la limite du DTV même si de ce point de vue là, la géniale série en douze épisodes Rasen de Yoshihiro Kitayama réalisée en 1999 prouve qu'on peut mettre de côté l'aspect visuel d'une œuvre pour se concentrer sur un scénario vraiment solide. Très répétitif, le film vaut surtout pour la présence à l'écran de la très jeune Kokoro Hirasawa qui étonnamment incarne une Nagi supposément diabolique plutôt convaincante ou pour le raz de marée sanglant lorsque notre héroïne et sa nièce sont emportées par un flot de sang avant d'être engloutie dans un océan par contre visuellement raté. Des effets-spéciaux en majorités peu crédibles conçus avec les moyens du bord. Ce qui n'empêchera pas la franchise de se poursuivre en 2016 puisque le réalisateur Kōji Shiraishi prendra à son tour la relève avec Sadako vs. Kayako (Sadako bāsasu Kayako) dont nous parlerons très prochainement...

 

mardi 20 octobre 2026

Ring Virus (Ling) de Kim Dong-Bin (1999) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

L'existence de Ring Virus (Ling) tient à l'origine au fait que sur le marché sud-coréen était à l'époque et jusqu'en fin 1998, interdite toute importation de produits culturels provenant du Japon. Afin de contourner cette interdiction et permettre au public de Corée du sud de découvrir l’œuvre inspirée du roman du même titre de Kōji Suzuki était donc de produire un remake. Mais tandis que le public sud-coréen s'apprêtait à pouvoir enfin découvrir bientôt l’œuvre de Hideo Nakata sur son propre territoire, la production de Ring Virus était presque parvenue à son terme. Quelques mois avant la levée de l'interdiction, les spectateurs purent malgré tout découvrir le remake de Kim Dong-bin en salle le 12 juin de cette même année. L'une des principales différences entre Ring et Ring Virus provient des personnages, tous différents. Concernant le récit, en dehors de quelques détails, l'histoire est la même. On pourrait donc considérer inutile de regarder la version sud-coréenne quant la japonaise imposait dès la fin du siècle dernier, les bases de la J-Horror moderne, tout comme la saga Ju-on initiée en 1998 par le cinéaste japonais Takashi Shimizu... À l'origine, le scénario de Kim Dong-bin repose sur celui du japonais Hiroshi Takahashi qui lui-même s'est inspiré du roman de l'écrivain Kōji Suzuki. Dans cette version, le personnage central, celui autour duquel tourne l'évocation d'une malédiction touchant toutes celles et ceux qui ont eu le malheur de visionner une cassette vidéo maudite, n'est plus Sadako Yamamura mais Park Eun-Suh. Une alternative sud-coréenne qui ensuite sera à nouveau remplacée par Samara Morgan dans les trois volets américains en 2002, 2005 et 2017. Avec Ring Virus, Kim Dong-bin tente une approche beaucoup plus fidèle du roman même s'il n'est pas difficile de voir dans ce remake une œuvre très semblable à la première adaptation cinématographique. Ring (ou Ringu pour les japonophiles) reste l'une des sagas les plus importantes dans le contexte de la J-Horror mais également en terme de productions puisqu'elle compte pas moins de quatorze longs-métrages ainsi que deux séries télévisées...


Suivant de près Ring 2 qui chez nous sortira tardivement le 20 mars 2002, Ring Virus met en scène la jeune journaliste Hong Sun-Joo (l'actrice Shin Eun-kyung) qui après avoir assisté à la cérémonie en hommage à sa nièce Sang-Mi récemment décédée, découvre que la jeune femme n'est pas la seule à avoir perdu la vie dans d'étranges circonstances. En effet, trois de ses amis sont tout comme elle officiellement morts d'une crise cardiaque ! Lors de son enquête, Hong Sun-Joo découvre en outre qu'ils avaient passé la nuit dans un complexe hôtelier. Découvrant une cassette vidéo, la jeune journaliste la visionne et apprend alors qu'il ne lui reste plus que sept jours à vivre. En rendant visite au médecin légiste Choi-Yeol (Jung Jin-young) qui autopsia les quatre adolescents, Hong Sun-Joo fait une copie de la cassette à l'attention du médecin qui s'empresse alors de la regarder. Choi-Yeol se retrouve à son tour condamné à mourir une semaine plus tard. L'un et l'autre vont s'unir afin d'enquêter sur le mystère qui entoure la disparition de Park Eun-Suh qui leur semble être à l'origine de la cassette maudite ainsi que sur certaines images qui auraient disparues et qui permettraient selon eux d'annuler la malédiction... Plus qu'un simple film d'horreur fantastique, Ring Virus est surtout l'occasion de démontrer le talent des sud-coréens en matière de thrillers moites. Car si le long-métrage Kim Dong-bin appartient bien au genre ''surnaturel'', l'enquête menée par les deux principaux protagonistes vaut bien celle que mènent la plupart des flics mis en scène dans les thrillers et films policiers sud-coréens. Le long-métrage bénéficie d'une photographie signée de Mauricio Dortona et Hwang Chul-hyun pas toujours à la hauteur mais parfois convaincante et notamment lorsque nos deux héros investissent les lieux du drame originel. Une île balayée par le vent et la pluie dans un cadre austère au moins aussi anxiogène que puisse l'être le sujet. Bref, pas de grand bouleversements par rapport à l’œuvre de Hideo Nakata mais une alternative pas du tout inintéressante...

 

lundi 11 décembre 2023

Rasen de Jōji Iida (1998) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dans la longue, très longue série de longs-métrages consacrés à la mythologie entourant le personnage de Sadako Yamamura et en dépit d'un titre différent de l'original, Rasen du réalisateur et scénariste japonais Jōji Iida n'en demeure pas moins l'un de ses meilleurs représentants. Et pourtant, si l'on en juge par son contenu, on remarquera que l'auteur d'une dizaine de longs-métrages en presque vingt ans de carrière prend de grandes libertés avec le script original de Hiroshi Takahashi lui-même adapté du roman Ringu écrit par Kōji Suzuki en 1991. L'entité n'est désormais visuellement plus aussi remarquable que cette même année 1998 où sortait justement Ringu de Hideo Nakata, véritable phénomène qui allait rendre mondialement populaire le genre J-Horror ! The Spiral, titre à l'internationale de Rasen, coupe court avec l'approche qui sera généralement appliquée tout au long de la saga et notamment dès l'année suivante avec le retour de Hideo Nakata aux commandes de Ringu 2. Écrit et donc réalisé par Jōji Iida, Rasen met en scène le médecin légiste Mitsuo Ando (l'acteur Kōichi Satō), un homme anéanti par la mort de son jeune fils qui s'est noyé sans que son père ait pu faire quoi que ce soit pour le sauver. Hanté par d'horribles cauchemars, il est de plus poussé par l'un de ses collègues à autopsier le corps de l'un de leurs amis dont le cadavre vient tout juste d'être retrouvé chez lui. À savoir que l'acteur qui joue le mort n'est autre que Hiroyuki Sanada qui fut tout d'abord connu du jeune public pour avoir incarné Ayato / Le Fantôme dans la série culte japonaise, San Ku Kaï. Pressé par les autorités de découvrir si l'homme s'est suicidé, s'il est mort d'une crise cardiaque ou d'une toute autre maladie, Mitsuo va très vite découvrir que sa mort est liée à une étrange cassette vidéo réputée pour causer la mort de celles et ceux qui la regardent. D'abord méfiant, l'arrivée de nouveaux cadavres tous liés à cette fameuse cassette va ensuite conforter le médecin légiste dans l'idée que celle-ci est peut-être effectivement maudite. Et pour le savoir, Mitsuo va lui-même la regarder... Bien que Rasen apparaisse comme une trahison par rapport au premier long-métrage qui fut tourné parallèlement en cette année 1998, il n'en est rien. En effet, le long-métrage n'est pas qu'une simple suite au Ringu de Hideo Nakata mais l'adaptation du roman Rasen (sorti chez nous sous le titre Double Hélice) qu'écrivit lui-même Kōji Suzuki en 1995.


Profitons-en d'ailleurs pour évoquer Ring: Kanzenban et rendons à César ce qui lui appartient puisque l'on ne doit pas la première incartade dans l'univers de Sakado Yamamura à Hideo Nakata mais à Chisui Takigawa qui trois ans avant lui réalisait en 1995 ce téléfilm directement inspiré de l'ouvrage de l'écrivain. Pour en revenir à Rasen, le récit ne s'articule pas du tout ou si peu autour du drame que connut la jeune fille. Et même si son meurtre est rapidement évoqué à travers une courte séquence, le film s'intéresse surtout aux investigation du protagoniste finement interprété par Kôichi Satô, lequel incarne un Mitsuo Andô plutôt crédible. L'enquête policière étant largement mise de côté, nous suivons donc les traces de cet homme déchiré par la mort de son fils mais qui, à travers ses recherches va découvrir des éléments lui permettant d'espérer son retour parmi les vivants. De ce point de vue là, Rasen part un peu en vrille, il est vrai. L'actrice Hinako Saeki interprète une Sadako Yamamura nettement moins terrifiante que dans Ringu. Débarrassée de son teint blafard, de ses yeux cerclés de noir ou de sa longue chevelure lui barrant le visage, elle apparaît comme une séductrice dont les intentions sont par contre toujours aussi évidentes : revenir parmi les vivants quitte à prendre la place de son hôte ! L'une des grandes différences entre Ringu et Rasen se situe ici dans la ''contamination'' par Sadako envers ses victimes. Car la légende qui veut que ceux qui ont regardé la cassette vidéo dans laquelle l'on retrouve les fameuses et très étranges images du premier opus meurent les uns après les autres ne semble désormais plus être que L'UN des moyens dont use Sadako pour revenir dans le monde matériel. L'entité est désormais traitée comme une maladie de type variole se transmettant entre individus. Bien que Rasen soit assez lent, le film de Jōji Iida s'avère très convainquant. Un très grand soin a été apporté à la mise en scène ainsi qu'à la caractérisation de son principal personnage. Ce qui le rend beaucoup plus attachant que la plupart des protagonistes de la franchise. De plus, la discrète et minimale bande musicale de La Finca (dont Rasen sera la seule partition musicale créée pour le cinéma) imprime une ambiance relativement troublante. Certains se désespéreront sans doute de n'y pas retrouver la ''créature'' telle qu'ils la connaissent ou de ne pas sursauter lors de Jump-Scares totalement absents de Rasen. Tant pis pour eux car cette troisième adaptation dans l'ordre chronologique des sorties est vraiment une réussite...

 

mardi 21 novembre 2023

The Grudge 2 de Takashi Shimizu (2006) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Dans les années soixante, il fallait choisir son camp entre The Beatles et The Rolling Stones. Vingt ans plus tard, les amateurs de cinéma fantastique et d'horreur étaient contraints de se mettre à la page en achetant chaque mois, soit Mad Movies, soit L'écran Fantastique. Dans un cas comme dans l'autre, on pouvait tout aussi bien ne pas trancher la question en écoutant et en lisant les uns ET les autres... Concernant parmi les deux plus célèbres magazines du cinéma fantastique à l'époque (auxquels l'on ajoutera, au hasard, Starfix, Vendredi 13 ou Toxic), on pouvait préférer l'un plutôt que l'autre. Tout n'était alors qu'une histoire de goûts... et de couleurs puisque Mad Movies, allez savoir pourquoi, m'était toujours apparu comme plus ''graphique'' que L'écran Fantastique. Comme toute bonne revue qui se respecte, les avis, quels que soient les rédacteurs ou les films incriminés, se doivent d'être toujours prompt à révéler la nature profonde qui fait d'une œuvre ce qu'elle est ou n'est pas. Car alors, le spectateur pouvait, du moins à l'époque, se forger une première opinion avant d'aller vérifier lui-même sur grand écran la véracité des propos tenus dans telle ou telle revue. S'agissant de The Grudge 2 que réalisa le japonais Takashi Shimizu en 2006, les avis furent tranchés. D'un côté, l'on avait un rédacteur de Mad Movies affirmant que le film est une ''Honte'' tandis que celui de L'écran Fantastique attestait que le long-métrage parvenait en outre à ''susciter l'intérêt'' et que ''l'horreur très discrète'' n'excluait pas ''Les moments-choc'' ! Imaginez alors à l'époque de la sortie du film le bonhomme tenant entre ses mains ses deux Bibles et ne sachant pas auquel de ses saints se vouer ? Cruel dilemme qui de nos jours ne s'impose plus vraiment puisque la consommation de longs-métrages n'est plus aussi figée dans le temps que par le passé. Désormais, il ne faut pas attendre plus de quelques mois pour pouvoir découvrir en VOD des œuvres que nous aurions manquées faute de temps lors de leur passage dans les salles obscures.Il n'aura pas fallut bien longtemps pour qu'une suite à The Grudge soit annoncée dans les médias. Et bien que la séquelle ne soit sortie que deux ans plus tard, trois jours suffirent à annoncer le futur projet au vu des recettes engrangées par son prédécesseur ! Toujours piloté par Takashi Shimizu, The Grudge 2 est une fois de plus incarné en partie par des interprètes d'origine américaine.


Et une fois de plus, nous retrouvons le couple maudit et leur enfant, Kayako, Toshio et Takeo Saeki, lesquels sont toujours interprétés par les mêmes acteurs bien que le jeune Yūya Ozeki soit désormais en partie remplacé par Ohga Tanaka du fait qu'il ait bien changé physiquement en deux ans. Si les deux enfants ne se ressemblent pas vraiment, la furtivité de leurs apparition et le maquillage aidant, l'illusion est presque parfaite. Comme lors de l'introduction du premier volet, là encore le récit débute par une séquence d'introduction qui en apparence semble n'avoir rien de commun avec le récit qui s'en suivra. Dans The Grudge, Bill Pullman/Peter Kirk se suicidait en se jetant par la fenêtre de sa chambre tandis que la séquelle propose une première séquence lors de laquelle une jeune femme (l'actrice Jennifer Beals dans le rôle de Trish Kimble) assassine son ''enc%@]#'' de mari (l'acteur Christopher Cousins dans celui de Bill) à coup de poêle après lui avoir versé l'huile bouillante qu'elle contenait sur le sommet du crâne ! Bien que l'on retrouve l'actrice Sarah Michelle Gellar dans le rôle de Karen Davis, il semblerait que Takashi Shimizu ait décidé de confier le rôle principal à Amber Tamblyn dont la carrière au cinéma paraît décoller moyennement depuis quelques années (127 Heures de Danny Boyle en 2010 ou Django Unchained de Quentin Tarantino deux ans plus tard demeurant sans doute parmi ses meilleurs faits d'arme). On ne change pas un principe qui jusque là a toujours fonctionné et ainsi donc, le réalisateur japonais reprend le système du récit à tiroirs en mêlant diverses intrigues toutes plus ou moins liées entre elles. C'est ainsi que le fétichiste des jupes courtes et plissées pourra découvrir de jeunes étudiantes plus ou moins avides de frissons tandis qu'un retour en arrière tentera de déchiffrer la scène d'ouverture. Et au milieu, l'essentiel du récit tournant autour des deux sœurs Karen et Aubrey qui d'origine, ne semblaient jusque là pas avoir de très bons rapports. Takashi Shimizu noie le poisson de manière plutôt habile en nous faisant croire que tout ce qui survient à l'écran n'est chronologiquement distant que de quelques instants. Mais s'il y a flash-back, c'est bien dans le contexte auquel Bill, ses deux enfants Lacey et Kimble ainsi que sa nouvelle épous, Trish, sont confrontés. Renouant avec ce qu'il sait faire de mieux, Takashi Shimizu assène une fois de plus des séquences choc dont l'efficacité sera peut-être moins évidente pour celles et ceux qui connaissent et suivent la franchise depuis ses débuts que pour celles et ceux qui découvriront Kayako Saeki pour la toute première fois. Redondant, The Grudge 2 ? Peut-être, oui, d'une certaine manière. Sauf que son auteur continue à savoir comment saupoudrer la franchise d'authentiques moments de terreur. Certains se répètent quand d'autres sont innovants. Nous remercierons en outre le compositeur américain Christopher Young pour sa seconde participation à l'élaboration de la partition musicale et dont les violons sont redoutables...

 

lundi 20 novembre 2023

The Grudge de Takashi Shimizu (2004) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Depuis 2002 et The Ring de Gore Verbinski, la J-Horror s'est vue contaminée par la colonisation du genre par le pays ''souverain'' en la matière : les États-Unis. Et parmi les œuvres les plus touchées par le phénomène, les franchises Ringu et Ju-On respectivement conçues par Hideo Nakata et Takashi Shimizu. Concernant ce dernier, relever tout ce qui touche à la franchise née en 1998 peut s'avérer un parcours du combattant. Des courts-métrages 4444444444 et Katasumi réalisés à la fin du siècle dernier jusqu'à The Grudge 2 en 2006, le réalisateur japonais a plongé à maintes reprises dans l'univers de sa créature vengeresse. Si l'on ajoute les deux courte œuvres qui ont donné naissance à la franchise, Takashi Shimizu fut l'auteur de huit courts et longs-métrages ! Auxquels l'on ajouteras ceux réalisés par Toby Wilkins, Ryūta Miyake, Mari Asato et Masayuki Ochiai. Tout comme Gore Verbinski avant lui, donc, Takashi Shimizu aura œuvré à une autre échelle dès 2004 avec le remake de son propre film, Ju-On. Intitulé The Grudge, ce reboot est très majoritairement incarné par des interprètes d'origine américaine. Bien que le réalisateur ait ici étonnamment choisi de conserver le Japon comme terre d'accueil de ses obsessions pour le surnaturel, The Grudge adopte une narration qui tranche quelque peu avec celle de l'original qui à l'époque était découpée sous forme d'actes. Un concept qui pouvait déstabiliser puisque sous la forme d'un puzzle que le spectateur était contraint de reconstituer intellectuellement lui-même, le déroulement de l'intrigue pouvait apparaître décousu. Ce qui, très honnêtement, n'était pas le cas. Takashi Shimizu adapte donc son concept pour un public moins enclin à faire travailler ses neurones que dans son pays natal. Concernant le casting l'on retrouve les trois interprètes formant la famille Saeki, laquelle fut au centre d'un drame que les amateurs de la franchise connaissent désormais sur le bout des doigts. Takako Fuji, Yūya Ozeki et Takashi Matsuyama reprennent donc du service mais sont désormais opposés à un casting majoritairement incarné par des actrices et acteurs américains. Et parmi eux, Sarah Michelle Gellar, rendue mondialement célèbre entre 1997 et 2001 grâce à la série télévisée Buffy contre les vampires.


Bill Pullman, que l'on a pu notamment voir chez David Lynch dans le remarquable Lost Highway en 1997 ou l'année précédente en président des États-Unis dans l'ultra patriotique Independence Day de Roland Emmerich. Quant à Grace Zabriskie, elle interprète ici l'une des premières victimes de Kayako Saeki (l'actrice Takako Fuji) longtemps après avoir été faire un tour dans l'espace avec le nanardesque mais néanmoins génial Galaxy of Terror de Bruce D. Clark en 1981 ou après avoir elle aussi rencontré David Lynch à plusieurs reprises sur les tournages de Wild at Heart en 1990, Twin Peaks: Fire Walk with Me en 1992 ou deux ans après le remake de Ju-On sur celui de Inland Empire. Autour de ces trois là ainsi que de Jason Behr, KaDee Strickland ou William Mapother graviteront tout de même quelques nouveaux personnages d'origine japonaise comme l'inspecteur Nakagawa qu'interprète l'acteur Ryō Ishibashi qui avant cela tint la vedette dans Audition en 1999 et Suicide Club en 2001 respectivement réalisés par les électrons libres Takashi Miike et Sion Sono ! Bénéficiant d'un budget nettement plus confortable que pour l’œuvre originale qui fut financée à l'époque à hauteur d'une équivalence à quatre millions de dollars, les dix millions de The Grudge permettent à Takashi Shimizu de proposer des effets-spéciaux d'un niveau largement supérieur. L'une des principales différences scénaristiques entre l'original et le remake se situe dans cette obsession trouble de Kayako Saeki pour son ancien professeur Peter Kirk qu'incarne Bill Pullmank une thématique qui était absente de Ju-On. La découverte de son journal intime par l'époux de la jeune femme prénommé Takeo (l'acteur Takashi Matsuyama) mènera à l'événement primordial d'où découlera par la suite une succession d'événements aussi tragiques qu'épouvantables. Si Takashi Shimizu réussit le pari de transposer son univers en le faisant incarner par des interprètes américains, certains aspects relatifs à l'intensité émotionnelle ne sont ici plus tout à fait présents. Bien que les scènes chocs pullulent et que dans une très large majorité des cas elles demeurent efficaces, le drame originel est par contre désormais abordé de manière beaucoup moins troublante. À l'échelle mondiale, le film rapportera près de vingt fois la mise de départ et s'avérera donc un joli succès. Takashi Shimizu remettra une dernière fois le couvert en 2006 avec The Grudge 2 avant de laisser d'autres cinéastes prendre par la suite la relève...

 

vendredi 17 novembre 2023

Ju-on: Shiroi Rôjo de Ryuta Miyake (2009) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Celles et ceux qui aiment les puzzles et qui voudraient se frotter à un autre type de jeu mais qui à peu de chose près reposer sur le même principe, bienvenue dans le merveilleux univers de la J-Horror. Ici, pas question de rendre rébarbatif le jeu en question puisqu'il ne sera demandé à personne de dresser une liste exhaustive de tout ce que le cinéma nippon a pu engranger en matière de fantômes, esprits, ectoplasmes et autres apparitions surnaturelles. Non, nous allons surtout nous pencher sur les deux plus célèbres franchises du genre et déjà, sachez-le, ça ne sera pas forcément chose facile ni de tout repos. D'un côté, Ringu. De l'autre, Ju-On. Vous avez une heure pour me rendre vos copies..... Bon, plus sérieusement, nous allons évoquer aujourd'hui l'un des nombreux chapitres de la seconde et faramineuse franchise que d'opportunistes réalisateurs mettent régulièrement à jour. Il faut tout d'abord savoir que l'on trouve parmi les divers longs-métrages qui furent réalisés depuis le début de ce siècle, des œuvres qui furent créditées sous le tire original, Ju-On et d'autres sous celui de The Grudge. Il en est même certaines qui furent affublées des deux. Quand je vous dis que c'est un beau bordel.... Ensuite, et contrairement à ce que l'on pense généralement, tout n'a pas véritablement débuté en 2000 mais à la fin du vingtième siècle. Et pour être plus précis, en 1998. En effet, le japonais Takashi Shimizu réalisa à l'époque deux courts-métrages intitulés Katasumi et 4444444444 qui furent tous deux à l'origine de la future saga dont le dernier exemplaire est sorti voilà trois ans sous le titre The Grudge, lequel fut réalisé par Nicolas Pesce. Notons qu'une adaptation télévisée vit également le jour cette même année 2020 avec l'arrivée d'une série en six épisodes intitulée Ju-On : Origins créée par Takashige Ichise et Hiroshi Takahashi. Entre séquelles, reboot et remakes est sorti en 2009 et pour les dix ans de la première série de longs-métrages, Ju-on: Shiroi Rôjo de Ryuta Miyake dont la carrière de cinéaste débuta véritablement en 2001 avec l'écriture du scénario de Gakko no Kaidan: Mononoke Special de Kiyoshi Kurosawa, Akira Ogata et Norio Tsuruta. Malgré l'apparent opportunisme qui se cache derrière ce concept auquel l'on ajoutera Ju-on: Kuroi Shōjo de Mari Asato qui lui-même fêta les dix ans de la franchise se cache en fait un épisode plutôt soigné et dont le principe reste le même.


Sous forme de chapitres portant tous le prénom des uns et des autres protagonistes évoluant au sein du récit, Ju-on: Shiroi Rôjo charrie lui aussi son lot de séquences horrifiques qui n'ont apparemment, aucun rapport entre elles. Et pourtant, derrière cette succession d'événements tragiques, le long-métrage de Ryuta Miyake cache un double drame. En effet, dans ce qui demeure le huitième long-métrage de la franchise Ju-On/The Grudge (supervisé en outre par Takashi Shimizu lui-même), le réalisateur et scénariste japonais pousse le curseur de l'horreur un peu plus loin encore que ses prédécesseurs. Il n'est plus seulement ici question d'évoquer la vengeance d'un individu ayant été assassiné mais bien d'aborder l'histoire trouble d'une famille décidément affligée par le malheur. Qui donc est cette vieille femme au teint blafard apparaissant ponctuellement, un ballon de basket à la main ? Et cette jeune fille, alors... ? En fait, deux victimes d'un double meurtre atroce. On comprend alors qu'elles sont réapparue sous forme d'entités surnaturelles. Mais l'horreur ne s'arrête pas là car même si certains faits ne sont que suggérés, on comprend rapidement que le fils de cette famille a priori tout à fait normale laissait s'exprimer des pulsions incestueuses vis à vis de sa jeune sœur. Pour les dix ans de la franchises, Ryuta Miyake ne fait rien moins que de briser ce qui chez nous demeure un tabou mais qui au Japon n'est pas un acte répréhensible dès lors qu'au pays du Soleil Levant, l'inceste est consenti de part et d'autre ! Sans être au niveau de l’œuvre originale, on se surprend malgré tout à apprécier cette nouvelle malédiction même si au fond l'on nous sert toujours un peu le même plat. On réservera donc en priorité ce double-programme au fans de la franchise mais l'on conseillera malgré tout aux néophytes de se lancer dans l'aventure Ju-On en débutant par le classique de Takashi Shimizu sorti dix ans auparavant, donc...

 

mardi 14 novembre 2023

Ringu 0 de Norio Tsuruta (2000) - ★★★★★★★☆☆☆

 

 


 

À l'origine, il y eut une série d'ouvrages littéraires tous écrits par le romancier japonais Koji Suzuki. Un auteur adapté à de nombreuses reprises sur grand et petit écrans puisque le chef-d’œuvre de Hideo Nakata Honogurai mizu no soko kara fut lui-même inspiré de la nouvelle L'eau flottante dont il fut également à l'origine. Après avoir obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire Japonais qui contrairement à ce que l'énoncé laisse entendre n'est pas originaire du Pays du Soleil Levant mais bien de chez nous puisqu'il fut créé en 1974 par le critique et écrivain français Jean-Pierre Fontana lors du festival de science-fiction se déroulant à Clermont-Ferrand, Koji Suzuki écrit et fait éditer en 1991, le roman Ringu. Premier tome d'une série d'ouvrages et base du scénario du premier long-métrage véritablement important du cinéaste japonais Hideo Nakata. Il faut savoir que Ringu ne s'est pas contenté au fil des années de n'être qu'une franchise se rappelant sporadiquement aux bons souvenirs des amateurs de J-Horror mais qu'elle demeure au contraire, particulièrement tentaculaire. Au point qu'il est presque risqué de dresser une liste assumant pleinement son statut d'exhaustivité au sujet des nombreuses œuvres qui furent bâties autour du mythe de l'emblématique personnage portant le nom de Sadako Yamamura. Sachons tout d'abord que contrairement à ce que l'on peut lire ça et là, Ring de Hideo Nakata ne fut pas le premier à se pencher sur le cas de cette sinistre entité vengeresse qui fut un jour assassinée et jetée dans un puits. Dès 1995, le réalisateur Chisui Takigawa mit en scène le téléfilm Ring : Kanzenban dans lequel la fameuse vidéo qui tuera plusieurs années après celles et ceux qui oseront la regarder est déjà présente. On connaît la suite. Hideo Nakata reprend le flambeau trois ans plus tard et signe donc en 1998, le cultissime Ringu.


Premier volet d'une très longue série de longs-métrages, entre séquelles, reboots et remakes, le schéma semblant devoir éternellement se reproduire. Alors que Hideo Nakata se chargera de mettre en scène Ringu 2 en 1999, la suite du remake américain The Ring 2 en 2005 ainsi que Sadako en 2019 (du nom du personnage central de la franchise, donc), d'autres réalisateurs s'empareront à leur tour du phénomène ces trois dernières décennies. Nous n'allons pas dresser la liste exacte des cinéastes ayant chacun apporté leur pierre à l'édifice mais retenons parmi eux que Jôji Iida réalisa Rasen en 1998, que Dong-bin Kim mis en scène Ling l'année suivante, que Gore Verbinski fut l'auteur du remake The Ring en 2002 ou que Tsutomu Hanabusa réalisa coup sur coup les deux volets en 3D intitulés Sadaka 3D et Sadaka 3D 2. Notons également que deux séries virent le jour en 1999. Respectivement intitulées Ringu – Saishûshô et Rasen, il n'est interdit que je revienne prochainement sur cette dernière. Bon, c'est bien beau tout ça, mais pour en revenir au sujet principal de cet article, évoquons Ringu 0. Il ne s'agit ni d'une suite, ni d'un remake, ni d'un reboot de tout ce qui a pu être fait jusqu'au moment de sa sortie. Non, Ringu 0 est ce que l'on a coutume de nommer désormais depuis un certain temps, une préquelle. L'intrigue se déroule donc bien avant les événements du Ringu de Hideo Nakata. Le réalisateur japonais abandonne d'ailleurs un temps la franchise au profit cette fois-ci de Norio Tsuruta dont la carrière cinématographique s'est depuis enrichie d'une vingtaine d’œuvres dont plusieurs téléfilms et séries télévisées. Dans Ringu 0, Norio Tsuruta remonte le temps de trois décennies afin d'évoquer les circonstances dans lesquelles la jeune Sadako est devenue plus tard, celle que l'on connaît.


Écrit par le scénariste Hiroshi Takahashi et adapté du roman de Kôji Suzuki Ba-sudei qui parut en 1999, Ringu 0 situe majoritairement son intrigue au sein d'une troupe de théâtre que vient d'intégrer Sadako Yamamura. Interprétée par l'actrice Yukie Nakama, la nouvelle venue paraît fragile, timide et va très rapidement être au centre de controverses au sujet d'un meurtre dont vient d'être victime la comédienne principale de la pièce que répète la troupe. Engagée pour le rôle titre à la place de la défunte par le metteur en scène, les partenaires de Sadako ne sont pas tendres avec la jeune femme. Mais heureusement pour elle, Sadako peut compter sur le soutien de l'un d'entre eux. Ce qui malheureusement ne va pas empêcher de se multiplier d'inquiétants événements dont feront en outre partie les différentes visions particulièrement macabres de la jeune femme. Le principe de la préquelle étant ce qu'il est, on se doute bien que le final ne nous apportera rien de bien nouveau. Tout l'intérêt découle à vrai dire de l'immersion au cœur de l'existence même de Sadako qui jusque là n'apparaissait que comme une entité maléfique. On a même du mal à imaginer que sous les traits de la charmante Yukie Nakama puisse couver l'une des créatures du bestiaire fantastique japonais parmi ses plus cruelles représentantes ! Ringu 0 évoque parfois le génial Rinne que réalisera Takashi Shimizu cinq ans plus tard et dans lequel cet autre cinéaste japonais allait remplacer la troupe de comédiens de théâtre par un réalisateur, des interprètes et une équipe technique lors du tournage d'un film situé dans un hôtel abandonné. Le décor relativement inédit servant de cadre à Ringu 0 participe de cet intérêt que l'on peu porter à une œuvre qui au fond, n'invente rien d'autre et ne fait que remettre en avant Sadako ainsi que certaines situations que l'on pouvait découvrir à travers les inquiétantes images diffusées par la fameuse vidéo maudite. Pas le meilleur de la franchise mais tout de même essentiel si l'on veut savoir très exactement ce qui se produisit trente ans avant les événements de Ringu...


lundi 13 novembre 2023

The Complex (Kuroyuri Danchi) de Hideo Nakata (2013) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Hideo Nakata, l'un des grands maîtres de la J-Horror s'était tourné vers d'autres projets, toujours ancrés dans l'horreur et l'épouvante, mais s'éloignant drastiquement de son thème de prédilection : les fantômes. Celui qui signa quelques-uns des classiques du genre, tels Ringu, sa séquelle ainsi que la suite du remake (vous suivez?) et plus encore, le remarquable Honogurai mizu no soko kara sorti sur le territoire français sous le titre Dark Water (à ne pas confondre avec l'immonde remake américain de Walter Salles signé en 2005) revenait en 2013 à ses premières amours. Offrant ainsi l'espoir aux fans du genre en général et au cinéaste japonais en particulier, de frissonner à nouveau comme à la toute fin du siècle dernier ou au tout début des années 2000. Bref, de quoi se replonger dans des univers que l'on connaît bien et qui, forcément, s'avèrent parfaitement balisés. C'est donc d'ailleurs en partie le cas avec The Complex qui voit le jour en 2013. Il y a donc dix ans tout juste, Hideo Nakata nous contait l'histoire de la jeune Asuka, de son jeune frère et de ses parents, lesquels viennent de s'installer dans un nouvel appartement situé au cœur d'un complexe résidentiel au doux nom de ''Lys noir'' (celui du titre, justement). Un HLM dont l'architecture est typique de celles que l'on découvre en général chaque fois que le cinéma japonais nous décrit l'existence de personnages de classe moyenne. Bref, des cages à lapins ! Ce qui n'empêche pas notre petite famille d'être très heureuse. Asuka s'apprête notamment à découvrir ses nouveaux camarades de classes. Poussée par ses parents à venir se présenter à leurs nouveaux voisins, l'adolescente frappe à la porte de l'appartement qui fait face au leur. Mais alors que la porte du voisin s'entrebaille, elle se referme aussitôt sans qu'Asuka ait eu le temps de se présenter. Dépitée, la jeune fille part faire un tour dans le quartier et croise un jeune enfant qui joue dans un bac à sable. Fuyant la présence d'Asuka, celle-ci décide finalement de rentrer chez elle. Très vite, elle fera la connaissance d'un camarade de classe prénommé Sasahara qui deviendra rapidement son ami et confident. Le jeune garçon épaulera surtout Asuka lorsque d'étranges événements se manifesteront au sein du complexe résidentiel. Quatorze ans après le premier volet de la franchise Ringu, les esprits viennent une fois de plus frapper à la porte du cinéma cher à Hideo Nakata. Et une fois encore, le sujet est ici lié à un drame survenu dans un passé plus ou moins lointain. On se souvient tous de Sadako, jeune fille assassinée puis jetée dans un puits dans Ringu ou de la tragédie survenue dans Honogurai mizu no soko kara, bien avant que Yoshimi Matsubara et sa petite fille de 6 ans, Ikuko ne viennent s'installer dans un nouvel appartement.


À ce titre, The Complex semble plus proche de ce dernier que de Ringu. Si la vengeance de Sadako était éminemment plus justifiable du fait que la gamine avait été assassinée, les conséquences de faits ayant eu lieu dans des contextes accidentels reliant les personnages de Honogurai mizu no soko kara et The Complex sont déjà beaucoup plus délicates à admettre. Hideo Nakata ajoute à cela, le deuil, le remord et l'absence. Des sentiments que l'on retrouve en très grande majorité dans ce genre de long-métrage mais qui s'avère ici, sans doute, l'un des points culminants. Plutôt que se lancer dans une réitération strictement consensuelle basée sur des archétypes calqués avec une infinie rigueur, Hideo Nakata ajoute un élément qui différencie The Complex d'une partie de la concurrence. Et ce, même si le sujet n'est ici pas évoqué pour la toute première fois : celui de la communication avec les défunts. Comme le découvrira (un peu trop) rapidement le spectateur, l'existence d'Asuka est marquée par un drame personnel qui lui a ''permis'' de développer la capacité de parler avec les morts et ainsi lui révéler une cruelle vérité ! Récemment, j'évoquais l'approche nettement plus complaisante de Takashi Shimizu envers une certaine catégorie de spectateurs. Pas celle formant ces groupes homogènes d'amateurs de films d'horreur mais plutôt celles et ceux constituant cette denrée visiblement grandissante des amateurs de Dramas ! Pas de la soupe, non, mais déjà, une nette prédisposition à lisser l'un de ses thèmes de prédilection. Sans jamais vraiment rentrer dans cette catégorie, The Complex n'innove jamais tout à fait et se montre plus soporifique que réellement inquiétant. Ce qui, à la lecture du synopsis peut paraître étonnant vue que le film mêle trois intrigues en même temps. Celle qui est propre à l'héroïne incarnée par Atsuko Maeda (laquelle est accompagnée tout au long du récit par l'acteur Hiroki Narimiya), celle du petit enfant auquel Asuka va s'attacher, ainsi que celle de ce vieil homme dont la jeune adolescente découvrira rapidement chez lui, le cadavre. Hideo Nakata tente une nouvelle fois d'émouvoir son auditoire mais malheureusement, The Complex ne vaut pas le dixième de son chef-d’œuvre Honogurai mizu no soko kara. Trop lent, trop dispersé, le film s'avère au final très ennuyeux...

 

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