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Libellés

mardi 17 janvier 2017

Halloween 3 : Season of the Witch de Tommy Lee Wallace (1982) - ★★★★★★☆☆☆☆



Halloween 3 : Le Sang du Sorcier est un cas à part dans la saga Halloween initiée en 1978 par le cinéaste américain John Carpenter, et qui, entre les suites et les reboots est constituée de dix longs-métrages. Si le troisième volet est si différent des autres, c'est parce qu'il est le seul à ne pas centrer son intrigue sur le célèbre tueur psychopathe Michael Myers mais sur un fabricant de masques d'Halloween dont le projet est de tuer un maximum de personnes. Tout commence lorsqu'un homme échappe de justesse à une mort certaine alors qu'il était poursuivi par de curieux individus. Emmené à l’hôpital, l'homme semble tenir des propos incohérents. Pourtant, il est retrouvé sans vie quelques heures plus tard dans sa chambre, tué par un homme qui tente de prendre la fuite. Alerté par les cris d'une infirmière, le Dr Daniel Challis tente de rattraper ce dernier et assiste avec effroi à son suicide, l'homme s'aspergeant d'essence avant d'y mettre le feu.
Assisté par la fille de la victime, Ellie Grimbridge, le Dr Daniel Challis décide de mener sa propre enquête. Celle-ci le mène jusqu'à une petite bourgade où est implantée une usine dans laquelle sont produits les masques d'Halloween d'un certain Conal Cochran. Les curieux individus qui s'en sont pris au père de Ellie y maintiennent la sécurité et semblent mus par un processeur. En fait, ils vont se révéler être des machines construites par Conal Cochran lui-même...

Halloween 3 : Le Sang du Sorcier a acquis, lors de sa sortie en 1982 (le film ne sortira dans notre pays que l'année suivante), une assez mauvaise réputation. La raison en est des plus simple : en omettant volontairement d'y inclure le personnage de Michael Myers et en changeant l'intrigue originale, le cinéaste Tommy Lee Wallace (auquel on doit le long-métrage Vampire, vous avez dit vampire ? 2 ou le téléfilm inspiré du roman de Stephen King, Ça) prenait forcément le risque de perdre une partie de son public. En fait, tous ceux qui ne juraient que pour le célèbre tueur masqué. Désormais, outre leur concepteur et ses machines humanoïdes, le danger vient des masques que son usine produit. Acheté par les parents et portés par leurs enfants, ils provoquent d'étranges décès. L'une des scènes les plus horribles demeurant lorsqu'une femme tente de bidouiller le symbole de la marque à l'aide d'une tête d'épingle.

Comment s'explique le choix du cinéaste d'avoir chamboulé une saga en changeant totalement ses personnages et son intrigue ? Là encore, la réponse est des plus évidente. Puisque Halloween est une fête folklorique et païenne originaire des Îles Anglos-Celtes et qu'elle est fêtée aux États-Unis tous les 31 octobre, Tommy Lee Wallace s'est sûrement dit qu'en transformant la saga en une anthologie de films d'horreur concentrant leur intrigue sur cette célèbre fête serait une bonne idée. Sa vision allait beaucoup plus loin que ce simple épisode de la saga puisque la suite devait demeurer du même tenant.
Sauf que le public n'a pas suivi et que les recettes furent presque désastreuses en comparaison des deux premiers films. Pourtant, et alors que le personnage de Michael Myers et revenu au premier plan dès l'épisode suivant, les recettes du quatrième et cinquième opus furent pires encore que celle de Halloween 3 : Le Sang du Sorcier. Principalement interprété par l'acteur Tom Atkins que l'on a pu voir dans certains grands classiques de l'épouvante (Fog, New York 1997, Creepshow, ou encore le premier volet de la saga Lethal Weapon), l’œuvre de Tommy Lee Wallace se révèle en réalité être un très bon cru, rendu anxiogène par l'angoissante partition musicale de John Carpenter et Alan Howarth. Il ne faut donc pas se laisser influencer par le changement de direction qu'à pris le film et se laisser porter par son histoire haletante...

lundi 16 janvier 2017

The Rezort de Steve Barker (2015) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Deux milliards d'humains ont perdu la vie lors d'une apocalypse zombiesque. Alors que la planète s'est remise lentement de cette tragédie, un parc d'attraction a été mis à disposition de ceux qui veulent connaître des sensations fortes. Un safari durant lequel il est possible d'approcher des morts-vivants et même, pourquoi pas, d'en tuer certains. Parmi les nouveaux arrivants se trouvent Archer, un chasseur expérimenté dans le tir à longue distance, Lewis, un ancien soldat formé au combat, Mélanie, sa fiancée, ou encore l’énigmatique Sadie qui refuse autant que possible de devoir tirer sur les zombies.
Malheureusement, pour ces courageux aventuriers, rien ne va se dérouler comme prévu. En effet, une faille est découverte dans le système de sécurité de Rezort. Un ingénieur a beau tenter de remettre un peu d'ordre dans les fichiers informatiques du réseau, un virus se propage et provoque la désactivation du système de sécurité mis en place un peu partout sur le parcours qu'effectuent les voyageurs, ainsi que sur la base elle-même. C'est le début d'une invasion à laquelle Lewis, Archer, Sadie, leur guide et les autres vont tenter d'échapper...

Encore et encore... et encore. Çà n'en finit plus. On essore un genre jusqu'à la dernière goutte... de sang. Jusqu'à ce que tous les thèmes soient évoqués. Quitte à croiser comme ici, plusieurs genres. Car outre le phénomène zombie, l'intrigue de The Rezort semble avoir été partiellement inspirée par le Jurassic Park de Steven Spielberg. Avec beaucoup moins d'ampleur et de moyens cependant, le cinéaste britannique Steve Barker auquel on doit déjà deux film centrant en partie leur action sur des zombies (Outpost et sa suite Outpost : Black Sun respectivement tournés en 2008 et 2012) signe une honnête série B. Pas de quoi se pâmer, mais tout de même, on a vu pire.

Pas de dinosaures magnifiés par le meilleur des artisans en CGI. Des macchabées qui cavalent, mais pas trop. Des effets-spéciaux moyens, mais là encore, on a subit plus vilain dans le domaine. Du côté du scénario, l'intrigue est on ne peut plus basique. The Rezort manque cruellement de fond. Alors que son géniteur aurait mieux fait d'approfondir les conséquences du drame ayant mis à mal la population mondiale, il enferme ses personnages sur une île et confronte ces « nouveaux riches »à ceux que l'on ne pourra éventuellement pas s'empêcher de comparer à ces hordes d'immigrés qui s'installent dans les pays occidentaux et dont beaucoup aimeraient se débarrasser.

En fait, tout le plaisir de The Rezort demeure dans ce safari au pays des « morts qui marchent ». Qui courent, pardon. A ce propos, quand reviendra-t-on à cette espèce en voie d'extinction tellement décharnée qu'il est plus raisonnable d'imaginer ses représentants rampant plutôt que courant à perdre leur haleine fétide vers leur festin de cervelle et de tripes ?

dimanche 15 janvier 2017

Under the Shadow de Babak Anvari - ★★★★★★★☆☆☆



Année 1985. En plein conflit Iran-Irak, la ville de Téhéran s'apprête à subir des bombardements. Iraj, père de Dorsa et époux de Shideh est appelé à se rendre dans une ville voisine afin d'y pratiquer son métier de médecin, abandonnant derrière lui les siens. Généralement confiée aux bons soins d'une voisine, Dorsa apprend à sa mère l'existence des Djinns, ces créatures invisibles transportées par le vent et qui peuvent apparaître sous différentes formes. Niant leur existence, Shideh demande à sa fille de la croire lorsqu'elle affirme qu'ils n'existent pas. Et pourtant... alors que Dorsa semble avoir égaré sa poupée Mikia, d'étranges événements se produisent dans l'appartement. Tout d'abord, un missile s'écrase sur le toit de l'immeuble. Mais fort heureusement, celui-ci n'a pas explosé. Le plafond de l'appartement a malheureusement subit des dégats. Alors que Shideh reçoit régulièrement des coups de téléphone de la part de Iraj qui enjoint son épouse d'aller s'installer chez ses parents, la jeune femme et sa fille reçoivent la visite d'une étrange femme qui disparaît aussi vite qu'elle est apparue. Alors que les habitants quittent peu à peu la ville devenue u lieu à haut risque, Shideh et Dorsa finissent par être les dernières à demeurer dans l'immeuble...

Le film du cinéaste iranien Babak Anvari prend place en plein conflit entre l'Iran et l'Irak. Une guerre qui a débuté en 1980 et a pris fin huit ans plus tard en 1988. Une affrontement qui a surtout coûté la vie à de nombreuses victimes, évaluées entre 500 000 et 1 200 000. Réalisé l'an passé, Under The Shadow est censé se situer en 1985, lors des premiers bombardements lancés sur Téhéran par l'armée irakienne. L'aspect social de ce film collaboratif entre l'Iran, la Grande Bretagne, la Jordani et l'État du Qatar prend une place prépondérante, laissant l'aspect fantastique prendre son temps pour s'instaurer dans le quotidien de cette petite famille.
Le film témoigne des habitudes culturelles et religieuse liées à l'Islam, et se veut une critique féroce mais jamais véritablement mordante de la situation de la femme. Pour preuve, cette menace qui pend au nez de Shideh (l'épatante Narges Rashidi) alors qu'elle a « osé » sortir dans la rue sans son voile. Un châtiment auquel elle échappera de justesse mais qui demeure à peine pensable chez nous, occidentaux : des coups de fouets !

Autre fait marquant, la volonté de Shideh de retourner à ses études de médecine qu'elle a abandonné cinq ans plus tôt. Un espoir qui sera stoppé net par le doyen de l'université qui lui fait comprendre que son passé d'ancienne militante lors de la révolution iranienne de 1979 lui a définitivement fermé les portes de l'éducation. Entre les contrôles militaires permanents, le départ de Iraj, les risques d'attaques ennemies et l'entité qui semble avoir choisi Dorsa comme victime de son emprise, Shideh a fort à faire. Under The Shadow fait preuve d'une très grande simplicité. Nous sommes au cœur d'un drame qui nous touche forcément. La grande force du long-métrage de Babak Anvari est d'avoir évité tous les poncifs du genre et surtout, de n'avoir pas porté son œuvre uniquement sur les événements fantastiques. En fait, il se sert avec élégance du sujet des Djinns pour lancer une charge contre certaines croyances, contre l'armée, l'état policier et surtout, bien sûr, contre la condition des femmes.
En matière d'effets-spéciaux, là encore, le cinéaste fait preuve d'ingéniosité. Pour parer à un manque de moyens, ou tout simplement pour donne du crédit aux événements surnaturels, les effets-spéciaux demeurent on ne peut plus discrets. Quelques immenses voiles drapant une entité sans visage, un plafond qui se craquelle, le vent qui s'insinue à travers les fenêtres entrouvertes, ou encore les alertes à la bombe anxiogènes qui émaillent le film. Narges Rashidi porte à bout de bras le film, mais pas seulement elle. La toute jeune Avin Manshadi campe une Dorsa tout à fait crédible. Une jolie surprise qui nous vient d'ailleurs...
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