mercredi 18 octobre 2017

Je Vais Craquer de François Leterrier (1980) - ★★★★★★★☆☆☆



Jérôme Ozendron est un jeune cadre, dynamique et ambitieux. Marié à Brigitte, ils sont tous les deux les parents de trois enfants. Jérôme croise un jour la route de Christian, un ancien camarade de fac avec lequel il accepte de passer la soirée après lui avoir présenté sa famille. Au détour d'une rue, Christian lui présente Natacha, une belle blonde qui fréquente les boites de nuit. Jérôme suit Christian et la jeune femme jusqu'au club privé Chez Castel puis Chez Régine. La soirée se termine ensuite dans l'appartement que prête un ami américain à Christian. Alors que ce dernier est très occupé à faire l'amour à la belle Malika, Jérôme se prend un four auprès de Natacha et décide de finalement rentrer chez lui, à cinq heures du matin.
Quelques temps après, il est viré de l'entreprise pour laquelle il travaille depuis de nombreuses années et profite de l'occasion, selon les propos qu'il tient à Brigitte, pour changer de vie. Décidé à mettre à contribution les six mois qui viennent pour écrire enfin le roman dont il rêve, il loue une chambre de bonne afin de travailler dans le silence. Mais comme l'inspiration tarde à venir, Jérôme sort prendre l'air et croise la route de Liliale, une jeune artiste hippie un peu paumée qui va dès lors, ne plus lui laisser le moindre répit. Un jour, et alors qu'il tente par tous les moyens de se débarrasser de la collante Liliane, Jérôme croise à nouveau la route de Natacha. A nouveau, le voici plongeant dans l'univers des boites de nuit, au bras de Natacha et approchant même un producteur de cinéma qui lui propose d'écrire pour lui le scénario d'un film à venir. Pendant ce temps là, Brigitte, reste seule à la maison avec leurs enfants...

« Elle a une sale gueule mais un beau cul...
J'la saute vite fait et j'me casse. »

Elle, c'est l'actrice Anémone. Qui de sa présence dans ce film signé François Leterrier justifie à elle seule l'intérêt que l'on peut porter à Je Vais Craquer. Ce qui n'enlève bien évidemment rien à celui que l'on porter à l'interprétation de Christian Clavier qui en ancien cadre d'entreprise désirant s'intégrer dans un mode de vie qui lui est totalement étranger incarne le beauf dans toute sa splendeur. Lunettes, tenues, coiffure, et surtout, comportement. Tout semble avoir été étudié pour faire du célèbre acteur comique français, LE prototype du Con avec un grand C. A n'en point douter, Je Vais Craquer est bel et bien une comédie. Mais dans cet étalage permanent d'hypocrisie où l'apparence est reine, il demeure un sentiment de malaise. Fort heureusement contrebalancé par les diverses apparitions d'une Anémone qui interprète le personnage de Liliane. Jeune fille plutôt laide ne pouvant compter que sur ses fesses et sa poitrine.
François Leterrier abord le phénomène de rejet tout en gardant en tête que l'on est surtout là pour rire. Clavier et Anémone forment le couple idéal. Une baba-cool glutineuse comme un sparadrap sur une plaie béante. La plaie, c'est bien évidemment Christian Clavier, qui du haut de son nouveau statut de chômeur se cherche une identité propre à l'intégrer dans une société marginale et nocturne qui n'a surtout pas besoin de lui, sauf en cas d'urgence (Natacha voulant se débarrasser de son amant un peu trop collant).

Je Vais Craquer n'est peut-être pas le film auquel l'on se réfère systématiquement dès que l'on aborde le cinéma comique français des années quatre-vingt et pourtant, le film de François Leterrier est dans le genre, assez énorme. Multipliant les situations aussi gênantes que cocasses, le cinéaste y dresse un inventaire éloquent du snobisme parisien de l'époque. Ce monde souterrain, codé, et surtout superficiel qu'il arrive à retranscrire avec une certaine aisance. Bourré de répliques et de scènes cultes, Je Vais Craquer est dans le genre, une perle. Des différentes apparitions d'Anémone comme écrit plus haut, jusqu'aux interventions en voix-off de Christian Clavier, on rit et sourit assez régulièrement. Aux côtés des deux interprètes, on a la joie de retrouver la belle et talentueuse Nathalie Baye, Marc Porel dans le rôle de Christian, Maureen Kerwin dans celui de Natacha, Jean-François Derec en artiste de rue, le belge André Valardy en ancien collègue de travail de Jérôme ainsi que le chanteur Eddy Mitchell dans son propre rôle. Quant à François Leterrier, il allait réaliser l'année suivante une autre comédie française culte : Les babas-Cool, toujours avec Anémone et Christian Clavier... entre autres interprètes...

mardi 17 octobre 2017

Inside de Miguel Angel Vivas (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆



J'ai bien cru un instant que ce remake de A L'intérieur d'Alexandre Bustillo et Julien Maury était américain. Mais non, ouf ! Il nous vient d'Espagne et a été réalisé par Miguel Angel Vivas. Un espagnol, donc. Enfin, Inside n'est pas ce que l'on pourrait appeler un produit totalement ibérique puisque le casting, lui, est en revanche principalement constitué d'interprètes américains. Dans les rangs des acteurs, on rencontre même le français Stany Coppet. Au sommaire, pour ceux qui connaissent déjà l’œuvre originale, et tant pis pour les autres, deux femmes, dont l'une est enceinte et l'autre cherche à s'approprier le bébé avant qu'il n'ait été accouché. Et ce pour une raison bien précise. La première a involontairement provoqué un accident de voiture qui a coûté la vie de son mari, mais également de la conductrice d'un second véhicule, laquelle était enceinte. La première arrive à terme lorsqu'en pleine nuit, le soir du réveillon de noël, elle reçoit la visite d'une femme qui va, durant toute la nuit, tenter d'extraire de son ventre, son futur bébé. Bien que Inside soit un remake, il se détache en partie de l’œuvre originale grâce à quelques idées nouvelles apportées par le scénariste (et réalisateur) Jaume Balagueró, plus connu pour avoir réalisé, entre autres, [REC], Malveillance et La Secte sans Nom.
L'une des bonnes idées de ce remake, est d'avoir fait de son héroïne, une jeune femme partiellement sourde, permettant ainsi de jouer sur son handicap et de mâtiner quelques effets plutôt sympathiques. Dans le rôle de Sarah, la future maman, Rachel Nichols, actrice et mannequin qui en dix-sept ans de carrière au cinéma et à la télévision a jusqu'à maintenant cumulé plus d'une trentaine de rôles. A ses côtés, sous ses faux airs de Catherine Zeta-Jones, l'actrice Laura Harring qui campe ici le rôle d'une femme sans identité. Du moins, peut-on la décrire ainsi puisque ni le réalisateur, ni le scénariste ne semblent s'être préoccupés de lui donner un nom. Aucune importance puisque ce que l'on attend de ce personnage, c'est d'avoir autant de « cojones » que l'actrice dont elle a la lourde tâche de prendre la relève. Et ça n'est pas gagné. Parce qu'à côté de notre Béatrice Dalle nationale, Laura Harring fait... comment dire... un peu pâle figure. Trop jolie peut-être pour être convaincante, l'actrice américaine manque un tout petit peu du visage carnassier et du mordant de Béatrice Dalle. C'est d'ailleurs très curieux puisqu'en même temps, elle semble en faire davantage. Alors que Béatrice Dalle semblait parfois dans l'attente, son personnage demeurait beaucoup plus inquiétant.

L'un des aspects cruciaux et attendus de ce remake demeure évidemment dans les actes perpétrés et qui dans l’œuvre originale demeurent encore aujourd'hui parmi ce que le cinéma d'horreur français à produit de plus significatif. Que les amateurs du genre se rassurent, Inside propose de jolis effets gore. Le matricide involontaire de l'héroïne demeure toujours aussi grotesquement improbable mais l'intérêt d'un tel produit est que l'on y accepte toutes les formes d'incohérences à partir du moment où les auteurs nourrissent le public de cet hémoglobine dont il est friand. Hélas, ou pas d'ailleurs puisque cela dépend de plusieurs critères, Miguel Angel Vivas nous épargne l'atroce final de A L'intérieur. Détail amusant puisque il crée pour l'occasion une fin bien différente de l'originale en extrayant ses deux personnages féminins du cadre étouffant de la demeure pour les plonger dans une piscine une nuit d'orage.
Scénariste et réalisateur optent ainsi pour une fin beaucoup moins radicale que ne l'était celle de A L'intérieur. On pourra ou pas critiquer ce subterfuge, toujours est-il qu'elle évite ainsi toute forme de redondance et permet de découvrir une alternative à laquelle nous avions échappé dix ans auparavant. Difficile d'être véritablement objectif si l'on n'a pas vu l'un ou l'autre des longs-métrages. Pour se faire une idée précise des qualités de Inside, encore faut-il connaître le film dont il s'inspire. Sans vouloir faire preuve de chauvinisme, et sans vouloir davantage froisser tous ceux qui hurlent à l'infamie lorsque l'on évoque le cinéma français (et malheureusement il en demeure beaucoup), Inside arrive trop tard. Le genre de produit qui conviendra à un public plus jeune. Une œuvre qui au delà de l'aspect graphique de certaines scènes, demeure plus lisse que l'originale qui elle paraissait plus... immédiate. Spontanée. Il ne vous reste plus qu'à choisir votre camp...

Laisse-Moi Entrer de Matt Reeves (2010) - ★★★★★★★★★★



Le vampirisme et le septième art, c'est une histoire presque aussi vieille que le cinéma. Chaque fois ou presque qu'une décennie a ouvert ses portes au mythe, celle-ci a été accompagnée d'un long-métrage qui n'a pas laissé que des empreintes sanglantes mais dans l'esprit des spectateurs, une marque indélébile. De sa variante allemande réalisée en 1922 par le cinéaste Friedrich Wilhelm Murnau (Nosferatu), en passant par l'un des plus grands classiques s'inspirant ouvertement de l'ouvrage littéraire de Bram Stocker réalisé par Tod Browning en 1931 (Dracula), jusqu'aux visions personnelles de certains grands auteurs (The Addiction d'Abel Ferrara). Chacun choisira son camp. Du traditionnel vampire craignant l'ail et les crucifix, jusqu'à la créature underground vivant recluse et cachée de ses contemporains. Pour avoir découvert Låt den rätte komma in du cinéaste suédois Tomas Alfredson en 2008, apprendre qu'un remake allait voir le jour deux ans plus tard sous la houlette du réalisateur, scénariste et producteur américain Matt Reeves avait de quoi me mettre mal à l'aise. Oser toucher à ce chef-d’œuvre me paraissait inconcevable. Jusqu'à ce jour d'octobre 2017 ou n'ayant rien de mieux à regarder, j'osais affronter la chose avec, tout de même, un petit pincement au cœur. Laisse-Moi Entrer, c'est son nom. Et pour une fois que le titre français sonne aussi joliment, autant mettre de côté l'original qui ne nous apprend rien de nouveau (Let me In). Matt Reeves adapte lui-même, le scénario qu'écrivit John Ajvide Lindqvist pour l'adaptation suédoise de son propre roman Låt den rätte komma in.

Laisse-Moi Entrer est peut-être, et même sans aucun doute, l'un des plus beaux, les plus bouleversants longs-métrages sur le sujet. Impossible d'en ressortir sans être littéralement ”rincé” par cette histoire, ce conte magnifiquement interprété par les deux jeunes interprètes que sont Kodi Smit-McPhee et Chloë Grace Moretz. Une histoire d'amour, d'amitié. Cruelle, sombre, mais heureusement, parfois aussi, lumineuse. L'américain rend honneur à l'oeuvre originale en lui apportant son savoir-faire. Chaque plan est minutieusement pensé. De la photographie jusqu'aux prises de vue, en passant par la sublime partition musicale de Michael Giacchino, Laisse-Moi Entrer crée un état de béatitude tel que l'objet tient du miracle.

Sans employer de changements de tons radicaux, Matt Reeves parvient avec une exceptionnelle homogénéité à passer de la tendresse de ses deux principaux protagonistes à l'horreur et l'épouvante les plus épidermiques qui soient. De la monstruosité de l'âme humaine pas plus haute que trois pommes, à cet amour interdit entre le jeune Owen et la jolie Abby qui vient tout juste de s'installer dans le même quartier avec son père. Matt Reeves parvient à faire mieux que son homologue suédois. La beauté des rapports entre les deux enfants est magnifiquement mise en lumière par l'intelligente mise en scène du réalisateur américain. Les seconds rôles participent à leur manière à l'exploit sans cesse renouvelé de ce qui participe, je le répète une nouvelle fois, au miracle.

Laisse-Moi Entrer, c'est aussi l'occasion d'aborder le mythe du vampire (presque) sous un nouveau jour. La créature est plus humaine que jamais et révèle des secrets dont l'exposition fiche un sévère coup au moral. Matt reeves traite non pas son œuvre comme un simple film d'horreur mais comme une forme d'initiation vers l'âge adulte dont les derniers instants révèlent l'aboutissement avec l'envol de ses personnages. Le cinéaste n'oublie cependant pas le spectaculaire avec quelques passages plus divertissants que réellement poétiques. La saisissante scène de la piscine demeure dans le genre particulièrement exemplaire, le cinéaste cherchant davantage à suggérer plutôt qu'à montrer ouvertement les faits et ce, en usant d'une astuce toute bête mais terriblement excitante. Laisse-Moi Entrer évoque l'affirmation de soit, relatif lui aussi, au passage à l'âge adulte. Avec toute la sensibilité due à leur jeune âge, Kodi Smit-McPhee et Chloë Grace Moretz ne vous laisseront certainement pas indifférents. L’œuvre de Matt Reeves risque de vous hanter longtemps encore après la projection. Un authentique chef-d’œuvre...

lundi 16 octobre 2017

Portier de Nuit de Liliana Cavani (1974) - ★★★★★★★★☆☆



Je me rappelle ce lointain souvenir dans lequel, un soir, était venu se glisser sous la porte de ma chambre, le délicat parfum de l'interdit. Comme la plupart des enfants de mon âge, j'avais été invité à fermer les yeux, à m'endormir, et faire des rêves innocents tandis que les adultes veillaient jusqu'à une heure très tardive afin d'assister à ce qui allait devenir au fil des jours, des mois et des années, un fantasme de cinéphile inassouvi. Aujourd'hui, bien des années après, j'en suis à me demander ce qui a pu, à l'époque, pousser certains à classer X aux États-Unis, à censurer en Italie, ou simplement interdire aux moins de seize ans en France, Portier de Nuit de la réalisatrice italienne Liliana Cavani. Était-ce son imagerie nazie ? Ce très curieux hôtel qui arborait parfois les atours d'un bordel de luxe ? La nudité de son héroïne à peine parvenue à l'âge adulte ? Ou bien encore la relation que cette jeune femme juive allait entretenir plus tard avec celui qui fut son bourreau lorsqu'elle fut déportée du temps de l'occupation nazie ?
Même si les années ont effacé une bonne partie du potentiel dérangeant de la thématique évoquée dans Portier de Nuit, on devine les réactions du public face à un spectacle que d'aucun devait juger de déviant. Une relation sans doute incommodante et s'éloignant très largement des sentiers battus. Pourtant, Liliana Cavani ne s'évertuait pas à inscrire au panthéon des pires horreurs, son œuvre, aussi sulfureuse fut-elle.

Le portier de nuit de ce récit, c'est l'acteur britannique Dirk Bogarde, personnage qui, chronologiquement, avant de porter l'uniforme adéquat, endossa celui de nazi. Face à ce monstrueux conquérant génocidaire, une jeune femme, frêle... une enfant. Incarnée par la sublime Charlotte Rampling qui à l'époque, c'est à peine croyable, avait déjà tout de même vingt-huit ans alors qu'on lui en aurait prêté sans doute pas plus de quinze ou seize. De sa maturité amortie d'une bonne dizaine d'années, cela n'a sans doute pas empêché le public de voir en la relation qu'entretient son personnage d'abord contre son grès, ce que l'on ne nommait pas encore pédophilie. Adulte, Charlotte Rampling ? Indéniablement. Quant à Lucia Atherton, son incarnation, elle est d'abord aux yeux des censeurs, une enfant noyée au cœur d'un régime fasciste. Sa pureté ? Envolée, et avec elle ses illusions futures puisque d'épouse fidèle et intégrée dans la société (l'homme qu'elle épousera plus tard est chef-d'orchestre), elle deviendra la maîtresse esclave de Maximilian Theo Aldorfer, ancien nazi !
Lequel lui vola sa virginité. Lui fit goûter à des plaisirs charnels impropres à l'éducation d'une jeune fille de son âge. Lorsque l'un et l'autre se retrouvent à nouveau face à face en 1957, dans le hall d'accueil de l'hôtel où travaille le portier de nuit, c'est le choc. Différent de celui que connaîtront sept ans plus tard les anciens amants du chef-d’œuvre de François Truffaut, La Femme d'à Côté, mais tout aussi fort. Haine et amour. Attirance et répulsion. Difficile encore d'entrevoir la passion à venir dans ce décor chic sublimé par la photographie d'Alfio Contini. Si Liliana Cavani s'intéresse à d'anciens nazis cherchant par tous les moyens à faire oublier leur passé en éliminant tous les témoins, la réalisatrice italienne s'accroche avant tout à ces deux personnages. Une passion dévorante qui, à peu de chose près, et dans un cadre bien différent, ne s'éloigne pas tant que cela de la folie s'en prenant aux héros de La Petite Sirène de Roger Andrieux, avec Philippe Léotard et Laura Alexis. Une œuvre qui, peut-être davantage encore que Portier de Nuit, marque une frontière insolvable entre le monde de l'enfance et celui des adultes.

Avec les années, Portier de Nuit a perdu un peu de son caractère dérangeant. Mais en revanche, il a conservé et a même accentué une certaine forme de patine artistique. Charlotte Rampling paraît fragile et expose une beauté froide et enivrante. Dirk Bogarde assume un charme qu'il sublime davantage encore sous l'uniforme nazi que sous celui de portier de nuit. Moins outrée que l'amour et la mort ne pouvant se délier du cinéma d'un Andrzej Zulawski, la relation qu'entretiennent les deux héros pourra paraître aussi repoussante que sensuelle. Liliana Cavani s'autorise, de plus, quelques fulgurances aidées en cela par la magistrale partition musicale de Danièle Paris. Le danseur et chorégraphe italien Amedeo Amodio exécutant une danse devant un parterre d'officiers nazis et Charlotte Rampling chantant à moitié nue, toujours devant ces mêmes nazis dans un cabaret demeurent comme deux des moments forts de Portier de Nuit. Aujourd'hui, ce fantasme vieux de plus de trente ans est enfin assouvi. Débarrassé des craintes qui me semblaient fondées, je peux désormais me rendormir comme l'enfant que j'étais...
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