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lundi 27 mars 2017

Baxter de Jérôme Boivin (1989) - ★★★★★★★★☆☆



Relativement bien représenté au cinéma, le meilleur ami de l'homme est mis en valeur d'une manière toute particulière en 1989 avec ce premier long-métrage signé du cinéaste français Jérôme Boivin. Cataloguée œuvre fantastique, Baxter est surtout une étude des mœurs humaines glaçante vue à travers le regard d'un chien, un bull terrier qu'un jour, Florence offre à sa mère, Madame Deville, une vieille dame qui vit seule et qui n'est pas particulièrement chaude à l'idée d’héberger un animal chez elle. Contre mauvaise fortune bon cœur, elle accepte finalement la présence de Baxter, qui au départ doit se contenter d'un territoire assez limité. Mais Baxter n'est pas un chien comme les autres. Il pense. Peut-être d'ailleurs est-ce une habitude chez cette curieuse espèce, mais c'est en tout cas la première fois (ou presque puisque le cinéaste Lou Breslow aborda de manière sensiblement similaire la même thématique en 1951 avec You never can tell) que l'on ose « violer » l'intimité d'un chien en révélant ses pensées sur grand écran.
Au grès du vent, Baxter passe de main en main. De la vieille femme qu'il finira par tuer en provoquant sa chute dans les escaliers, en passant par le jeune couple parent d'un bébé qu'il tentera de noyer, jusqu'au saisissant portrait d'enfant fasciné par la liaison entre Adolf Hitler et Eva Braun, le film dresse un constat navrant. La musique composée par Marc Hillman et Patrick Roffé participant parfois au climat étrange lorsque c'est de la gueule même, ou plutôt de l'esprit même de Baxter, que nous sont révélés les traumas de ses maîtres. A le redécouvrir aujourd'hui, Baxter a étonnamment conservé toute sa force. Bien que l'approche soit originale, on ne peut rester de marbre devant ce portrait clinique d'un gamin, fou d'un récit tragique qui emporta des millions d'individus lors de la seconde guerre mondiale.

Baxter, ce petit chien dont l'âme n'est pas aussi lisse que sa silhouette, tente à plusieurs reprises de faire plier ses maîtres à sa bonne volonté. Allant même jusqu'à commettre des meurtres. Usant de son instinct, c'est pourtant ce dernier qui le mènera à sa perte. Croire qu'il s'agit ici d'une œuvre à l'attention de nos chères têtes blondes serait une erreur. Nous ne sommes pas chez Walt Disney. Pas de Guimauve, pas de sucreries, par de bons sentiments. Baxter arbore parfois l'aspect clinique du cinéma autrichien de Michael Haneke. Jérôme Boivin parvient à refroidir son public, accentuant à chaque « passage de témoin », l'horreur de l'âme humaine.
La partie consacrée aux rapports qu'entretient le jeune Charles avec l'image du couple formé par Hitler et Braun atteint un degré d'horreur particulièrement bien mené. On sent tout le pouvoir maléfique de cet enfant lâché dans la nature et dont les pulsions de morts laissent présager pires conséquences encore que le « simple » fait de tuer une portée de chiots. Selon Jérôme Boivin, tout n'est qu'instinct chez Baxter. Même lorsqu'il s'agit de défendre la portée ou bien de se défendre ou de laisser faire face à la barre qui s'abat sur lui.

Œuvre atypique, Baxter a remporté une mention spéciale au festival d'Avoriaz en 1989. Jérôme Boivin donne pour la première fois la parole au meilleur ami de l'homme. Toute la sincérité non calculée de cet animal qui ne juge jamais sans arrière pensée les actes de ses maîtres. On tient là presque un chef-d’œuvre du cinéma fantastique français. En tout les cas, celui qui fut et demeure l'un des meilleurs représentants du genre sur notre territoire...

samedi 25 mars 2017

Star Trek : Insurrection de Jonathan Frakes (1998) - ★★★★★★☆☆☆☆



Pour cette troisième aventure au cinéma (et la neuvième dans l'univers de Star Trek) du vaisseau Enterprise commandé par le Capitaine Jean-Luc Picard, son équipage et lui vont avoir fort à faire avec les habitants d'une planète habitée par les six-cent vingt deux âmes constituée par le peuple Ba'ku et située dans la zone de Briar Patch du Secteur 441. Au cœur de cette nouvelle intrigue, la Directive Première, mise à mal par un dysfonctionnement des circuits de Data lorsque celui-ci est attaqué par plusieurs membres de l'espèce Son'a qui ont investit la planète. Présent sur Ba'ku depuis quelques temps afin d'étudier sa population, Data allait en effet mettre à jour la présence non-officielle d'un vaisseau Son'a. Contrairement aux inquiétudes du Capitaine Picard, très attaché à la Directive Première malgré certaines de ses prises de position passées, les habitants de Ba'ku possèdent une technologie équivalente à celle de la Fédération mais ont choisi de ne pas s'en servir. La Directive Première n'étant pratiquement plus à l'ordre du jour, le problème de Picard, Data, Worf et du Docteur Crusher, se situe ailleurs.

Car la présence des Son'a sur Ba'ku n'a rien d'innocent. Peuple éminemment soucieux de son apparence, les Son'a, dirigés par leur leader Ahdar Ru'afo (F. Murray Abraham), savent que les Ba'ku cachent un secret qu'ils convoitent : les anneaux de la planète émettent en effet un rayonnement de particules métaphasiques permettant à ses habitants non seulement d'être immortels, mais de rajeunir également. Lorsque le Capitaine Picard et Data, accompagnés par Anij (Donna Murphy), l'une des habitantes de l'un des principaux villages de Ba'ku, mettent à jour la présence d'un vaisseau Son'a au milieu d'un lac, ils comprennent où les envahisseurs veulent en venir. A l'intérieur, un programme holodeck a été mis en route, reconstitution fidèle du village Ba'ku. Les Son'a ont en effet l'intention de déporter les habitants de la planète pour ainsi se l'approprier. Mais Picard n'entend pas laisser Ahdar Ru'afo et son peuple agir ainsi...

Assez malmené par la presse, Star Trek : Insurrection peut se voir comme une version longue et cinématographique d'un épisode inédit de la série télévisée La Nouvelle Génération. Pour le fan pur et dur, c'est surtout l'occasion de découvrir une fois encore sur grand écran (à l'époque, pas d'écran plat de cent-cinquante centimètres de diagonale à la maison) ses personnages et son univers préférés. On est loin, très loin de la surenchère visuelle d'un Star Wars.
Des effets-spéciaux qui ne fatiguent pas la vue mais demeurant d'une qualité appréciable et surtout, très fidèles au modèle d'origine. C'est fin, bien fait, et le film nous fait grâce de la technologie de l'occultation lors de très jolies scènes (la découverte du vaisseau Son'a dans le lac). Beaucoup d'humour, peu d'action, mais des thématiques qui reviennent toujours hanter le cinéma américain. Jonathan Frakes aborde le sujet périlleux de la déportation. On retrouve l'équipe au complet, avec un Data toujours prompt à évoquer sa condition d'androïde, un Worf « honteusement » atteint par la puberté, un Geordi recouvrant la vue grâce au bénéfice apporté par son contact avec les particules métaphasiques, et Picard rajeunissant et impliqué dans une affaire l'opposant aux envahisseurs Son'a et à l'un des représentants de la Fédération, l'Amiral Matthew Dougherty (Anthony Zerbe).


Star Trek : Insurrection nous offre également l'occasion de faire connaissance avec deux nouvelles civilisations : d'un côté, les pacifistes Ba'kus formés d'ancien guerrier exilés sur Ba'ku, et les guerrier Son'a, qui ne sont autre que d'anciens membres de la colonie, chassés du groupe après avoir tenté de rétablir les règles d'antan. Chaque clan ayant établit de nouvelles règles, les seconds, très soucieux de leur apparence finiront par convoiter la planète de leurs anciens semblables comme on le découvre donc dans ce neuvième long-métrage.
Sans doute la simplicité du récit et de la mise en scène a-t-elle participé au rejet d'une partie du public et majoritairement de la presse à l'époque, Star Trek : Insurrection n'est pas le ratage complet que certains voudraient nous faire croire. Il est vrai qu'en son sein, La Nouvelle Génération nous avait offert l'occasion de découvrir de magnifiques épisodes en regard desquels l'intrigue de ce long-métrage peu paraître bien pâle. Sortant dans les salles obscures alors même qu'était diffusée aux États-Unis et en France l'extraordinaire série Deep Space Nine, le film de Jonathan Frakes avait de toute manière peu de chance de faire l'unanimité...

vendredi 24 mars 2017

Le Passage de René Manzor (1984) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Le passage est le premier long-métrage du cinéaste et scénariste français René Manzor, né en 1959, et surtout frère de Francis Lalanne, le chanteur, et de Jean-Félix... Lalanne également, auteur et compositeur de la bande musicale du long-métrage qui nous intéresse ici ainsi que de celles des trois autres films que son frère à réalisé jusque là. Souvent, et à juste titre, considéré comme un véritable nanar, Le Passage est effectivement une œuvre relativement décevante. En partie produite par Alain Delon, qui pour ne pas changer fait encadrer son nom lors du générique afin de bien se faire distinguer des autres, et par Daniel Champagnon et Francis Lalanne, interprète de la chanson du générique de fin et plus gros succès de son auteur, l’œuvre de René Manzor est l'une des rares incartades françaises dans le domaine du cinéma fantastique à l'époque.
Et tout comme la plupart de ceux qui s'y sont essayé jusque là, le cinéaste français pond une œuvre qui ne laissera sans doute pas de souvenir impérissable dans l'esprit collectif des amateurs de fantastique et de science-fiction. La présence d'Alain Delon au générique (le personnage principal Jean Diaz, c'est lui) n'étant pas forcément un gage de qualité, on ne comptera pas non plus sur l'interprétation de Christine Boisson et Jean-Luc Moreau pour nous convaincre qu'il s'agit là d'une réussite en la matière.

Le pitch est simple : Jean Diaz, auteur reconnu, a abandonné toute idée de tourner à nouveau ce pourquoi il est célèbre. Véritable prodige de l'animation, il conserve toujours un script auquel il n'a jamais donné suite. Personne jusqu'à maintenant n'a réussi ou tenté de le convaincre de reprendre là où il s'était arrêté. Il va pourtant recevoir un « coup de pouce » inattendu en la personne de la Faucheuse. La Mort elle-même en effet va provoquer un accident qui plongera David, le fils de Jean, dans le coma. La mort plane au dessus du lit d’hôpital et si Jean veut que son fils vive, il doit accepter de se remettre au travail et de réaliser un dessin animé avertissant de la fin du monde à venir. Jean accepte et se retrouve isolé dans un lieu connu de la seule Mort. Pour la famille et l'entourage du dessinateur, celui est bel et bien mort durant l'accident qui a plongé David dans le coma. Mais lorsque ce dernier se réveille enfin, il tente de convaincre sa mère Catherine que Jean est bien vivant...

Alain Delon en souffrance. Alain Delon en pleures. Mais comment y croire ? J'ai bien essayé, mais ne l'ai jamais trouvé convaincant. Le premier long-métrage de René Manzor souffre d'un manque terrible de savoir-faire. Tout comme la bande musicale composée par son frère Jean-félix, prônant le minimalisme tout en tentant d'investir le cœur des spectateurs. Il est évident que certains n'en ressortiront pas indemnes, les enfants en premiers. A l'âge où l'on ne regarde pas encore dans le détail. Dans cette Mort caricaturale au possible. Dans ces décors atrocement laids. Dans ce récit mal mené. Aussi mal interprété. Le Passage a terriblement vieilli alors même qu'il manquait déjà de maturité. De celle à laquelle auraient pu prétendre les adultes bien sûr, et non pas les enfants dont certains devaient sans doute être confrontés pour la première fois à la Mort telle qu'on avait l'habitude de la personnifier. L’œuvre se veut cruelle, et quelque part l'est-elle sans doute, mais aucune émotion ne parcourt ce dédale froid et lugubre qui sépare le père de son fils. Même les retrouvailles, point d'orgue du récit, tombent à plat.
C'est d'autant plus dommage que le film est parfois parcouru de magnifiques animations toutes de noir et blanc dessinées. On en regretterait presque que René Manzor n'ait pas choisi de faire de son Passage une œuvre intégralement animée...
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