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samedi 24 septembre 2016

Welcome to New-York de Abel Ferrara (2014)



J'avoue, lorsqu'a été annoncé le tournage de Welcome to New-York d'Abel Ferrara, et connaissant le bonhomme, j'ai ressenti comme une forte douleur à la poitrine. Merde, ce grand homme, des traumatiques Bad Lieutenant et MS 45 allait donc vendre son âme au Diable. Et puis l'affaire DSK s'est dissipée, et avec elle, le souvenir de cette annonce tapageuse d'un tournage s'en inspirant. Frileuse, la France éclipse sa sortie en cinéma, et n'étant pas un adepte du VOD, j'oublie même jusqu'à l'existence du dernier né d'Abel Ferrara. Et puis, il y a quelques jours, l'irrépressible envie d'écrire sur The Addiction (ça y est, le titre est lâché), l'un des meilleurs films de son auteur, m'a donné une autre envie : celle de découvrir quelques-unes des œuvres que j'avais volontairement évité de regarder jusqu'à maintenant. GO GO Tales, 4H44, et maintenant Welcome to New-York. Et si dans le titre New-York n'apportera pas autant de bonheur et de gloire à Abel Ferrara que lors de la sortie de son excellent King of New-York, on peut se demander dans quelles mesures les critiques négatives à l'encontre de Welcome to New-York ne seraient pas exagérées.

Car en fin de compte, et malgré tous ceux qui ont tenté d'empêcher le tournage ou de nuire à sa réputation, même bien avant sa sortie en VOD ou en DVD, l’œuvre de Ferrara n'est pas aussi mauvaise que tant de personnes l'affirment. Évidemment mal reçu dans notre pays, le film passe à Cannes en marge du festival. Gilles Jacob affirmant sur RTL que les producteurs du film ont pris en otage le prestige et l'image de marque de Cannes en parasitant, comme « des coucous dans un nid », les œuvres présentées en compétition (Wikipedia). Grotesque.

Welcome to New-York n'est certes pas le meilleur film d'Abel Ferrara. Mais il n'est pas non plus le moins réussi de sa carrière. En abandonnant logiquement Willem Dafoe pour un Gérard Depardieu dont la silhouette colle mieux à celle de celui dont le scénario s'inspire, le cinéaste offre à notre Gégé national un rôle à la mesure de son talent. Prêt à tout sacrifier, jusqu'à même sa nudité pour l’œil voyeur de la caméra, Gérard Depardieu se fout à poil. Isabelle Adjani, quant à elle prend la fuite sans même être montée sur le plateau de tournage. Aurait-elle réellement été déçue par le scénario ou aurait-elle eu peur de nuire à sa carrière d'actrice ? Peut-être nous délivrera-t-elle la clé du mystère sur son lit de mort, toujours est-il que c'est l'actrice américaine Jacqueline Bisset qui prend sa place et incarne l'alter ego fictionnel d'Anne Sinclair.

Si Welcome to New-York a déçu une part du public (je ne parle même pas de ceux qui l'on assassiné sans même l'avoir vu), c'est peut-être aussi parce qu'Abel Ferrara aborde le sujet sous un angle inattendu. Le cinéaste n'a pas eu l'intention d'en faire un show spectaculaire mais plutôt une œuvre intimiste suivant la trace d'un individu sur lequel beaucoup d'espoirs en matière de politique sont fondés (son épouse le rêve président de la république française). La caméra de Ferrara suit scrupuleusement Depardieu et son personnage d'homme public accro au sexe qui a eu la malencontreuse idée d'agresser sexuellement une femme de ménage qui elle, n'a pas hésité à porter plainte. S'ensuivent donc l'arrestation et l'emprisonnement (qui donnent quand même lieu à de très intéressants moments de cinéma), et de très timides passages consacrés au harcèlement médiatique et au procès. Deux éléments fondamentaux qui ici, demeurent très largement éludés. En tant que Biopic, Welcome to New-York se révèle assez décevant, mais en tant qu'oeuvre personnelle, le film demeure plutôt agréable à suivre. Comme écrit plus haut, le film n'est pas le pire qu'ait tourné son auteur. Et retrouver l'immense Depardieu est toujours un plaisir. Un Gérard qui pourtant à affirmé plus tard avoir regretté de tourner auprès d'Abel Ferrara...

vendredi 23 septembre 2016

4H44 d'Abel Ferrara (2011)



Lui, c'est Cisco, elle, Skye. Deux amants, deux artistes qui pour cette dernière journée sur Terre ont décidé de rester unis, seuls dans leur appartement, afin d'affronter ce qui va sceller le sort de l'humanité et de toute vie sur terre : la fin du monde. Parce que l'homme n'a jamais su véritablement prendre conscience du danger, demain matin, à 4h44 très précise, la couche d'ozone aura totalement disparue et avec elle, l'absorption des rayons solaires ultraviolets ne sera plus possible.

« Pourquoi tu t'rases ? » Skye
« Pour toi. Je l'fais pour toi, je sais qu't'aime pas quand ça pique. » Cisco

Tout ou presque est contenu dans ces deux phrases récitées par les deux principaux acteur de 4H44, un drame de science-fiction sorti en 2011 et réalisé par Abel Ferrara. Willem Dafoe et Shanyn Leigh. Lui veut encore y croire, et pour cela, il n'a pas changé ses habitudes. Même s'il va connaître des hauts et des bas, mettant à rude épreuve les espoirs qu'il a fondé sur l'hypothétique idée que tout pourrait finalement se dérouler autrement le moment venu. Elle, a déjà abandonné. Et pour passer ces quelques heures qui les séparent de la mort, elle peint. Encore et toujours. Ressenti et vision apocalyptiques s'entremêlent dans son œuvre.
Dix ans après les événements du 11 septembre 2001, le fantôme des victimes des attentats qui ont causé la mort de milliers de personnes et la chute du World trade Center hante le film d'Abel Ferrara. C'est du moins ce que semblent ressentir Cisco et Skye. Trois ans plus tôt, le cinéaste Roland Emmerich sortait le prophétique 2012 qui n'était en fait que l'un des nombreux augures de tout un pan du cinéma américain basant son œuvre sur une épouvantable surenchère en matière d'effets-spéciaux.

En 2011, curieusement, deux projets coïncident. Comme coïncidèrent en 2009 deux œuvre portées par deux univers post-apocalyptiques saisissants (La Route de John Hillcoat et Le Livre d'Eli de Albert et Allen Hughes). Deux œuvres qui s'éloignent du style ravageur et ravagé imposé par le tout Hollywood. D'un côté, le Melancholia de Lars von Trier. Une œuvre riche, mais tellement ennuyeuse qu'elle laissait craindre le pire concernant le versant underground imposé par la présence d'Abel Ferrara sur le projet 4H44. Tout comme Lars von Trier, lui non plus n'abuse d'aucun effet de surenchère. Tout s'y déroule comme n'importe quel quotidien de n'importe quel individu sur Terre. L'environnement est au cœur du sujet. La famille également. La religion n'est peut-être pas la principale préoccupation du cinéaste cette fois-ci mais elle a elle aussi droit à sa part du gâteau.

Abel Ferrara signe curieusement l'un des plus beaux films sur le sujet de la fin du monde. Comme l'un des derniers soubresauts d'un ancien génie du septième art qui se serait un peu trop dilué avec le temps. Encore une fois, c'est pratiquement son acteur fétiche Willem Dafoe qui fait tout le travail. Car d'une manière générale, et c'est peut-être aussi ce qui fait son charme, Abel Ferrara n'a pas l'air très à l'aise avec sa caméra et la laisse fouiner à peu près partout dans le décor, semblant n'avoir pas vraiment d'emprise sur elle. Le cinéaste continue d'explorer l'âme humaine mais cette fois-ci avec davantage de retenue. Comme s'il fallait respecter ceux qui bientôt ne seraient plus. Le film aurait pu être ennuyeux, pourtant, Ô miracle, le charme agit sur le long terme. On regretterait presque qu'il ne dure pas davantage car en moins d'une heure trente, Abel a décidé que le tour de la question était fait. Et pourtant, il y en aurait eu des choses à raconter. Des destins promis au meilleur, comme d'autres au pire et dont la caméra a choisi de laisser la vie en suspens.
D'où l'on reconnaît le cinéma de Ferrara, qui avec cette fin sans chichi laisse la place à l'imaginaire et fait preuve d'un immense respect pour ses interprètes et leur personnage. Un vrai grand et beau film...

jeudi 22 septembre 2016

GO GO Tales d'Abel Ferrara (2007)



Avant d'aborder une œuvre d'Abel Ferrara à laquelle je tiens tout particulièrement, j'ai décidé de m'amuser un peu en parcourant quelques longs-métrages qu'il a réalisé depuis que j'ai décidé de lui être infidèle et d'aller voir ailleurs. En fait, depuis qu'il a tourné cet affreux remake de l'excellent L'Invasion des profanateurs de sépultures de Don Siegel qui connut sa meilleure relecture auprès du cinéaste Philip Kaufman en 1978 avec L'Invasion des profanateurs. Et pourtant, si l'on regarde dans la chronologie du cinéaste, on découvrira que le film dont je parlerai bientôt (et dont je préfère pour le moment garder le secret) lui est postérieur. Mais tout s'explique, hors cela, nous le verrons beaucoup plus tard. J'ai donc pioché au hasard. Sans lire le moindre synopsis et sans me référer à aucune sorte de classement ou de notation. Pour une fois, j'ai aussi décidé de respecter la chronologie des sorties. C'est ainsi que le premier long-métrage dont je vais parler est GO GO Tales qu'Abel Ferrara a tourné durant l'année 2007.

GO GO Tales, c'est l'histoire d'un cabaret chic dont l’affluence s'amenuise de jour en jour. Les danseuses qui s'y produisent n'ont pas touché d'argent depuis deux jours et pour cause, celui qui dirige le Paradise, Ray Ruby, dilapide les recettes en s'adonnant à son vice : le loto. Mais tout va s'arranger car enfin, il a gagné. Dix-huit millions de dollars. De quoi relancer la machine, surtout qu'il a plein de projets en tête. Il lui suffit juste de retrouver le billet gagnant qu'il a malencontreusement égaré. Et sans celui-ci, aucun chance d'empocher l'argent. Les danseuses veulent leur pognon, et sans lui, plus de représentation. En plus, la propriétaire vient de débarquer et menace de virer tout ce petit monde. Si jusqu'à maintenant le Paradise a maintenu ses portes ouvertes, c'est surtout grâce à l'apport financier de Johnie, le frère de Ray. Mais celui-ci a décidé de fermer les vannes et d'envoyer son frère bronzer sur une plage. Mais Ray n'est pas de cet avis...

Tout GO GO Tales semble tenir dans pas grand chose. C'est du moins l'impression que donne le film d'Abel Ferrara qui nous noie dans un trop plein de filles qui se trémoussent inutilement sur scènes. Les danses sont un peu vaines, pas du tout sexy, d'un amateurisme qui rendrait l'ensemble un peu glauque si l'on n'avait pas l'impression parfois de regarder un téléfilm réalisé pour une chaîne du câble de petite envergure. La caméra se déchaîne au beau milieu des clients, d'un cuisinier qui tente de se débarrasser de ses Hot-dogs Bio, du service d'ordre, des collaborateurs des frères Ruby, et de danseuses de plus en plus nerveuses à l'idée de ne pas toucher leur comptant de billets verts. Tout le monde passe devant la caméra mais Ferrara semble n'en avoir rien à faire. Une Asia Argento exagérément vue comme une icône de la provoc' qui n'offre qu'une performance très moyenne, de jolies filles mal cadrées, et surtout, oui surtout, un show mal écrit. Des danses ennuyeuses qui manquent de piment, de sexe, de sueur et de gros plans.

Mais le Paradise de Ferrara, en demeurant un endroit chic où les clients n'ont pas droit de toucher, seulement de regarder, condamne le spectateur à l'ennui. Ce qui sauve en réalité le film du naufrage, c'est bien la présence de l'acteur fétiche du cinéaste, Willem Dafoe. Willem Dafoe le conteur, le chanteur, le régisseur, l'animateur, le joueur. Ferrara y bâcle sa mise en scène et pourtant, Dafoe y demeure royal, impérial, salvateur. Les quelques sursauts d'intérêt que génère GO GO Taless sont le fruit de sa présence sur la scène. La sienne, mais celle aussi de l'acteur Matthew Modine qui semble ici échappé d'un quelconque long-métrage de David Lynch. Si le cinéaste s'était donné les moyens de suivre scrupuleusement son œuvre au lieu d'aller, sans doute, écluser des bières au fond de la salle, GO GO Tales aurait pu être un vrai bon film. Il n'en demeure seulement qu'un curieux petit film qui manque d'ambition. Et c'est bien dommage...
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