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samedi 29 avril 2017

La légende de Zatoïchi (VII) : La Lame "Zatōichi abare tako" de Kazuo Ikehiro (1964) - ★★★★★★☆☆☆☆



« Finalement, le monde n'est pas peuplé que de démons... ». C'est ainsi que Zatoichi, le masseur aveugle, découvre qu'un bienfaiteur se dirigeant vers Kajikazawa lui a sauvé la vie en le tirant d'un faux pas (un homme a tenté de le tuer en lui tirant dans le dos à l'aide d'un mousquet) et en lui offrant un médecin, une chambre et le couvert.

Le cinéaste japonais Kazuo Ikehiro semble avoir fait fi depuis longtemps de l'honneur des samouraïs puisque depuis l'épisode précédent qu'il réalisa lui-même la même année, les opposants à la présence de Zatoichi font preuve d'une lâcheté sans égal, sublimant dans ce septième épisode la médiocrité des bandits qui s'attaquent au héros en jouant de sa cécité. En ressort alors une grande satisfaction pour les spectateurs de voir leur « héros » vaincre avec la facilité qu'on lui connaît ses ennemis. Il revêt ainsi la tenue de super-anti-héros proche des faibles et adversaire des puissances qui régissent souvent avec malhonnêteté les contrées qu'il est amené à traverser.
Face à Zatoichi, pas de méchant aussi charismatique que dans l'épisode précédent mais toujours ces clans qui se déchirent pour un bien. Celui auquel prétend un certain Yasugoro (l'excellent Tatsuo Endo), monstre de cruauté qui assistera le sourire aux lèvre au meurtre de celui qui lui refuse la concession d'une rivière pouvant lui rapporter beaucoup d'argent.

Cruauté dans le comportement de ce chef de clan donc, mais également dans les combats car si La Légende De Zatoichi - La lame demeure un cran au dessous des œuvres précédentes, son auteur possède parfois un sens de la démesure lorsqu'il s'agit de montrer des batailles opposant deux clans. Quelques gerbes de sang, et surtout, une brutalité animale parfois incommodante. Toute l'horreur de la guerre à échelle réduite sur fond de complot dont les premières victimes sont les plus faibles.
Zatoichi, le maître es-sabre déploie tout son talent sur terre, et même sous l'eau lorsque cela semble indispensable. Shintarō Katsu cabotine de plus en plus pour notre seul bonheur, Kazuo Ikehiro s'employant à offrir à son acteur le moyen de rendre son personnage toujours plus attachant. Qu'il s'agisse de combattre ou de se mettre en scène dans des situations amusante, le public et forcément conquis, et ce, quel que soit la qualité du titre.

L'action et l'aventure flirtent de plus en plus avec l'humour Zatoichi tombant dans un trou ou se gavant de riz). Quant à elle, la sensualité est mise au rabais pour un temps, le cinéaste s'affranchissant pourtant lors d'un minuscule plan de plus en plus des limites imposée au début avec, une fois encore, le corps dénudé d'une belle et jeune geisha que l'on découvrira sous des coutures différentes de l'épisode précédent. Difficile d'isoler La Légende De Zatoichi - La lame du reste de la licence. Entre ceux qui sont tombés sous le charme du masseur aveugle et qui sont prêt à prendre tout ce qu'on leur met sous les yeux et ceux dont les exigences ne souffrent d'aucune baisse de régime, le combat (virtuel) s'impose. Ce septième volet n'est sans doute pas l'un des tout meilleurs de la saga La Légende de zatoichi, mais il demeure d'une honnête facture. En attendant le prochain...

vendredi 28 avril 2017

Dernier Train Pour Busan de Yeon Sang-ho (2016) - ★★★★★★★★☆☆



En Corée du Sud, c'est la panique parmi les habitants de Séoul. Un virus particulièrement dangereux transforme hommes et femmes qui en sont atteints en infectés avides de chair humaine. Alors que l'armée met tout en œuvre pour endiguer l'épidémie qui malheureusement gagne du terrain, Sok-woo et sa fille Soo-ahn montent à bord d'un train en partance pour Busan où vit la mère de la petite et avec laquelle Sok-woo est divorcé. Mais tandis que le train s'apprête à quitter la gare de Séoul, une jeune femme apparemment malade monte dans un wagon et meurt peu de temps après dans d'étranges circonstances. Alors que les médias transmettent sur les postes de télévision installés un peu partout dans le train le chaos qui règne en ville, la jeune femme se transforme à son tour en infectée et fait sa première victime en mordant un steward. Quelques instants plus tard, il est contaminé à son tour. C'est alors le début d'un siège organisé par les voyageurs du train dont le nombre, peu à peu, diminue à force de subir les mortels assauts des infectés dont le nombre ne cesse de grandir. Parmi les survivants, on compte donc Sok-woo et sa fille, un groupe de jeunes sportifs, ainsi qu'un couple formé de Sang-hwa et Seong-kyeong. Tous ensemble, ils vont tenter de trouver un échappatoire à bord du train qu'ils vont être obligés de remonter jusqu'à la locomotive de tête. Faisant preuve d'un grand courage face aux infectés, mais aussi en face de certains individus ayant échappé aux morsures des infectés mais qui pour rester en vie vont se comporter de façon imprévue...

Alors que le cinéaste Yeon Sang-ho s'est surtout fait connaître pour son œuvre d'animation (il a notamment réalisé une préquelle au Dernier Train pour Busan avec Seoul Station), il signe ici son premier long-métrage en 'live'. La question essentielle demeurant de savoir si oui ou non il reste de la place dans le domaine encombré des zombies, morts-vivants et autres infectés. Comment s'imposer à la suite des classiques de George Romero (La Nuit des Morts-Vivants, Zombie, Le Jour des Morts-Vivants), de Danny Boyle (28 Jour & 28 Semaines Plus Tard) ainsi qu'après l'excellente série The Walking Dead et sa petite sœur Fear Walking Dead ? La réponse se trouve peut-être justement dans le film du sud-coréen qui signe l'un des meilleurs représentants du genre. Et pourtant, ça n'était pas gagné d'avance. J'en veux pour preuve ce malaise presque permanent dû aux agissements et aux gesticulations de ses créatures quelque peu grotesques. De quoi annihiler tout sentiment d'angoisse. Et ce, presque durant la totalité du long-métrage. Sauf que derrière le dessinateur se cache également un artiste capable d'une mise en scène grandiose dans sa manière d'aborder le cadrage de certains plans. Entre le survol d'une gare désaffectée ou quelques rares survivants tentent d'échapper à une horde sans cesse grandissante de poursuivants et des moments de bravoures effectués dans des conditions précaires en matières d'espace, Yeon Sang-ho fait des miracles et impose définitivement son point de vue sur le phénomène. Dernier Train pour Busan est une sorte de contraction entre film catastrophe, huis-clos, survival en milieu ferroviaire (sic!) et drame humain. Oui, oui, peut-être verserez-vous votre petite larme à la fin de ce film qui ne ménage aucunement les spectateurs lorsqu'il s'agit d'émouvoir à grands renforts de partition musicale. A ce propos, louons la qualité des compositions de Jang Yeong-gyoo dont les œuvres collent parfaitement à l'action présente devant nous.
Rien n'aurait sans doute été pareil si le film ne reposait pas également sur les épaules d'interprètes solides. Il faudrait les citer tous. De Gong Yoo, Kim Soo-an, Jeong Yu-mi et Ma Dong-séok qui forment à eux quatre les principaux interprètes jusqu'à Kim Ef-seong, prodigieux dans son rôle d'ordure intégrale. Le genre à faire autant (si ce n'est plus) de victimes que les infectés eux-mêmes.
Les deux heures que dure Dernier Train pour Busan s'avalent sans aucun problème. Un film pour petits et grands puisquà part quelques égratignures et quelques rares gerbes de sang, le film de Yeon Sang-ho n'est pas très riche en matière d'horreur. Un excellent divertissement qui démontre une fois encore la force du cinéma sud-coréen. La France a encore beaucoup de chemin et autant de leçon à apprendre des autres avant de pouvoir rivaliser dans le domaine (La Horde)...

Litan, la cité des spectres verts de Jean-Pierre Mocky (1981) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Le fantastique, Jean-Pierre Mocky, ça le connaît puisque déjà, en 1964, le cinéaste français originaire de Nice avait signé l'intéressante Cité de l'Indicible Peur avec l'acteur Bourvil. Dix-sept ans plus tard, il revient au genre alors que ses thèmes de prédilections sont habituellement la comédie et le policier. Encore une cité, celle des Spectres Verts de Litan où se déroule une fête et autour de laquelle démarre une intrigue incroyablement confuse. Dans des décors étouffés par une brume incessante et où circule une eau investie par les spectres verts du titre, Nora est la victime d'un horrible cauchemar dont les moments essentiels ressurgissent une fois qu'elle a mis les pieds à Litan. Une bourgade labyrinthique parcourue de grottes et de couloirs souterrains inondés à laquelle la petite commune française Annonay située dans le département de l'Ardèche sert de décor.
En plein cœur d'un carnaval où les habitants circulent logiquement le visage caché derrière un masque se déroule un récit complexe de part le montage et la mise en scène incohérents de leur auteur. Basé sur un scénario écrit à huit mains par Suzy Baker, Patrick Granier, Jean-Pierre Mocky et Jean-Claude Romer, Litan : La Cité des spectres verts est vérolé par un trop grands nombre de problèmes pour mériter jusqu'au Prix de la critique qui lui a été accordé au Festival international du film fantastique d'Avoriaz en 1982.

Jean-Pierre Mocky a beau engager quelques têtes bien connues telles Marie-José Nat, Nino Ferrer ou Dominique Zardi, le reste du casting (dont fait partie la propre épouse du réalisateur Marysa Mocky) peine à avoir l'envergure nécessaire à la bonne marche d'un projet, pourtant au départ, très alléchant. L'un des aspects les plus remarquablement fantastique du film (et fil conducteur d'une bonne majorité de ses longs-métrages) est la préférence du cinéaste pour les être difformes, laids et effrayants. Sans vouloir trop m'appesantir sur la chose, reconnaissons à Jean-Pierre Mocky cette tendance à vouloir n'engager sur ses plateaux que des êtres au physique hors norme. Non pas que la pratique soit universellement nuisible mais les acteurs sont si mauvais qu'on ne peut pas, en tout honnêteté, reconnaître une quelconque qualité d'acteur à ces interprètes qui ne connaissent du métier, pas même le minimum obligatoire.

C'est pourtant cet aspect dénigrant du film qui offre justement au spectateur l'occasion d'assister à un spectacle hors du commun. Car en agissant de la sorte, Jean-Pierre Mocky sort des sentiers (plutôt mal) battus par d'autres. C'est d'ailleurs peut-être en cela qu'il a touché le jury d'Avoriaz cette année là. Malheureusement, après temps d'années, le film a semble-t-il perdu du peu de charme qu'il possédait déjà et suivre les aventures rocambolesques de Nora et Jock est plus ennuyeux que véritablement captivant. Une épreuve de force qui, si elle est menée jusqu'au bout, laisse alors le champ libre aux curieux de tous poils qui voudraient par la suite en savoir un peu plus sur ce cinéaste français vraiment atypique. D'autant plus que contrairement aux apparences laissées par la majeure partie des films qu'il signera par la suite, Jean-Pierre Mocky a, durant toute sa carrière, émaillé sa filmographie de quelques bijoux cinématographiques. Reste à fouiller dans le tas afin d'y déceler les quelques pépites qui s'y trouvent. Œuvre unique en son genre, Litan : La Cité des spectres verts aura malheureusement subit les outrages du temps et ne demeure aujourd'hui plus qu'un Nanar devant lequel rigoler reste encore la meilleure chose à faire...
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