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mardi 5 janvier 2021

George Pollock et Agatha Christie : Lady Détective entre en Scène (1964) - ★★★★★★★☆☆☆

 



Pour cette troisième aventure du réalisateur George Pollock et de l'actrice Margareth Rutherford dans l'univers d'Agatha Christie, la détective Miss Marple, qui dans ce Lady Détective entre en Scène remplace le personnage d'Hercule Poirot à l'origine au cœur de l'intrigue, intègre une troupe de comédiens parmi lesquels elle soupçonne la présence d'un assassin. Celui d'une femme dont le coupable présumé est en prison à la suite d'un procès dont seule Miss Marple doute de la culpabilité. Heureusement pour lui, la vieille dame, après avoir été le seule juré à le croire innocent, décide de faire la lumière sur cette affaire dont tous les éléments semblent incriminer le pauvre homme. Après avoir directement enquêté dans la demeure de la victime (retrouvée pendue dans son salon alors que le faux coupable tentait de dénouer le nœud de la corde), Miss Marple se fait passer pour une comédienne et intègre à la suite d'un casting, la troupe de H. Driffold Cosgood (qu'interprète l'acteur britannique Ron Moody). Constituée d'une dizaine de membres, la compagnie compte parmi eux une omnisciente frappée de somnambulisme qui semble en savoir beaucoup sur l'affaire, de trois acteurs masculins dont deux d'entre eux se chamaillent en permanence, d'un couple qui s'apprête à se marier, de trois comédiennes, de quelques techniciens et d'une domestique...


C'est dans un décor de théâtre que Miss Marple va donc évoluer, faisant fonctionner son flair à plein régime, parfois aidée de son fidèle compagnon Jim Stringer (toujours interprété par Stringer Davis). Une enquête personnelle vue d'un mauvais œil par un inspecteur Craddock (Charles Tingwell qui interprète ici pour la troisième fois le personnage) plus agacé que jamais par la présence de la détective en herbe sur les lieux de l'enquête où très rapidement, l'un des comédiens est à son tour assassiné, mais cette fois-ci par empoisonnement. Comme à son habitude, Margaret Rutherford interprète une Miss Marple savoureuse. Avide de découvrir la vérité au point de mettre sa propre existence en péril. Si le cadre change, le déroulement est sensiblement le même que lors de ses aventures passées. Quant à George Pollock, ça n'est pas la première fois qu'il trahit l’œuvre d'Agatha Christie en faisant de ce troisième long-métrage consacré à l'univers de la célèbre romancière, une nouvelle occasion de mettre en scène la détective britannique et non le belge de l'ouvrage original intitulé Mrs McGinty's Dead en Angleterre et Mrs McGinty est morte en France...


Le caractère quelque peu acariâtre mais profondément humain de Miss Marple est une fois de plus mis en avant par une Margareth Rutherford absolument irrésistible. Lady Détective entre en Scène accorde une fois encore une très grande place à l'humour et ce, dès les premiers instants. Un humour qui culmine notamment lors du procès de celui que tout le monde condamne SAUF Miss Marple, comme cela va sans dire. Comme il arrive que Hercule Poirot soit victime de la déformation de son patronyme par ses interlocuteurs, c'est la seconde fois que Miss Marple qu'en fait les frais de son côté. Après un Miss Marbre décrivant objectivement l'état d'esprit de celui qui fit l'erreur par le passé de prononcer son nom ainsi, la pauvre Jane doit cette fois-ci supporter de la bouche du directeur de la troupe H. Driffold Cosgood, un Miss Maboule assez peu gratifiant. Ici, on n'a pas droit au film dans le film, mais plutôt à la pièce de théâtre dans le film. Surtout lorsque Margareth Rutherford/Miss Marple passe son époustouflante audition. Classique dans son enchaînement, Lady Détective entre en Scène est avant d'être une très bonne comédie policière, le terrain de jeu d'une Margareth Rutherford toujours plus remarquable...


lundi 28 décembre 2020

George Pollock et Agatha Christie : Meurtre au Galop (Murder at the Gallop) (1963) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Pour la seconde fois de sa carrière, le réalisateur britannique George Pollock se penchait sur l’œuvre d'Agatha Christie un an après avoir mis en scène Le Train de 16 h 50. Une œuvre que les fans de la romancière purent décrire comme une certaine forme de trahison puisque le réalisateur osait se débarrasser de l'un des personnages principaux en la personne de Lucy Eyelesbarrow. Un détail en comparaison du sacrilège qu'il allait alors entreprendre en 1963 avec la sortie de Meurtre au Galop (Murder at the Gallop), lui-même inspiré d'un ouvrage dont le titre à lui seul permet de comprendre les largesses avec lesquelles George Pollock a choisi de prendre des libertés avec le roman d'Agatha Christie. Drôle d'hommage rendu à la romancière que cette adaptation cinématographique qui occulte totalement le personnage d'Hercule Poirot pour le remplacer par l'autre grande héroïne d'Agatha Christie : Miss Jane Marple ! Non seulement le réalisateur ''oublie'' le détective belge, mais il lui préfère purement et simplement son homologue britannique. Agatha Christie finira par s'en remettre même si le procédé la dérangera très fortement. Les fans sans doute vivront la chose comme de la haute trahison, mais pour ceux qui découvrirent le personnage sur grand écran à travers l'actrice britannique Margaret Rutherford, il n'en fut certainement rien...


Les Indiscrétions d'Hercule Poirot devenues sur grand écran Meurtre au Galop, les amateurs de la romancière n'eurent pas à attendre bien longtemps avant de constater l'absence de leur personnage favori. Dans cette seconde aventure de Miss Marple au cinéma, c'est donc bien l'actrice Margaret Rutherford que l'on retrouve avec ce même plaisir que deux ans en arrière. On peut dire que l'héroïne des romans d'Agatha Christie a pris de la bouteille. Plus caricaturale que jamais et donc encore plus attachante que dans Le Train de 16 h 50, elle n'est pas cette détective en fauteuil que certains prétendent. Du moins, pas dans ce récit dont elle vole la vedette à Hercule Poirot sur la décision des producteurs qui, allez savoir pourquoi, la préfèrent au belge (le succès du précédent long-métrage la mettant en vedette étant sans doute responsable de ce choix). Plus impliquée que jamais puisqu'au cœur même de l'intrigue, voici désormais notre vielle détective installée dans l'une des chambres du luxueux hôtel ''Le Galop'' afin d'enquêter sur la mort d'un certain M. Enderby dont elle assiste à la mort tragique alors qu'elle effectue une collecte pour une association caritative...


Chose assez coutume dans ce genre de récit, tout tourne autour d'un héritage et notamment d'un tableau que tentent de s'arracher les membres de la famille Enderby. Dans cette seconde aventure de Miss Marple, Margaret Rutherford est toujours aussi savoureuse. Accompagnée pour la seconde fois par les personnages de Jim Stringer, l'Inspecteur Craddock et du Sergent Bacon (toujours respectivement interprétés Stringer Davis, Charles 'Bud' Tingwell et Gordon Harris), elle est cette fois-ci séduite par l'un des membres de la famille Enderby, un certain Hector Enderby savoureusement incarné par Robert Morley. Dans Meurtre au Galop, on découvre les talents de cavalière de la détective, son acharnement encore plus prononcé dans l’objectif de découvrir le meurtrier (il faut voir à combien de reprises elle cherchera à mettre la main sur les bottes qui ont laissé une trace au sol sur les lieux du crime), mais également ses talents de danseuse lors d'une séquence incroyablement drôle où elle se lance aux côtés de son ami bibliothécaire, dans un twist endiablé. Irrésistible ! Outre l'enquête policière, Meurtre au Galop offre un surplus d'humour marqué par la présence des musiques composées par l'anglais Ron Goodwin qui après celles du Train de 16 h 50, fut chargé de celles du film présent. Suspens et humour font bon ménage dans ce second long-métrage qui au final, ne fait absolument pas regretter le choix des producteurs d'avoir opté pour le personnage de Miss Marple plutôt que celui d'Hercule Poirot. Un excellent cru !

 

dimanche 27 décembre 2020

George Pollock et Agatha Christie : Le Train de 16 h 50 (Murder She Said) (1962) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Le Train de 16 h 50 (Murder She Said) de George Bollock est la première adaptation d'un roman d'Agatha Christie où le personnage de Miss Marple apparaît comme héroïne. C'est également l'occasion pour le réalisateur de se pencher pour la toute première fois de sa carrière sur l’œuvre de la romancière britannique. La première des cinq fois à vrai dire puisqu'il mettra en scène Miss Marple à trois autres occasions avant d'achever sa carrière sur grand écran en 1965 avec Les Dix Petits Indiens (Ten Little Indians). La principale différence entre Le Train de 16 h 50 et les trois prochains longs-métrages de George Pollock qui mettront en scène la célèbre détective en 1963 et à deux reprises en 1964 se situe au niveau de la fidélité attachée au roman original datant de 1958. En effet, Le Train de 16 h 50 sera le seul a respecter d'une certaine manière l’œuvre d'Agatha Christie puisque la seconde et la troisième ne mettront pas en scène l'autre grand héros des romans de la britannique Hercule Poirot comme cela est le cas dans les romans, mais Miss Marple elle-même. Quant au quatrième, il sera issu d'un scénario écrit à quatre mains par David Pursall et Jack Seddon sur la base du personnage inventé par la romancière dans les années trente du siècle passé...


Bien qu'elle n'ait aucun rapport physique avec la fragile héroïne décrite dans les romans d'Agatha Christie, c'est pourtant l'actrice anglaise Margareth Rutherford qui sera engagée pour tenir le rôle de la célèbre détective. Un choix qui pourra paraître étonnant, voire considéré comme une trahison pour les fans de la romancière mais qui somme toute s'avérera un choix judicieux puisque l'actrice s'y révèle parfaitement à l'aise. Une légère touche d'arrogance simulée, un caractère de vieille fille, curieuse et parfois indiscrète et surtout, un physique pas vraiment avantageux de vielle dame acariâtre qui fera le charme de cette enquêtrice en herbe fascinée par les ouvrages policiers dont elle abreuve son quotidien auprès de son fidèle bibliothécaire Jim Stringer (l'acteur Stringer Davis), lequel apparaîtra également dans les trois autres aventures de Miss Marple réalisées par George Pollock ainsi que dans ABC contre Hercule Poirot (The Alphabet Murders) de Frank Tashlin pour lequel il ne sera cependant pas crédité. L'histoire est bien connue : alors que Jane Marple se trouve à bord du train de 16h50 qui doit la rapprocher de chez elle à St. Mary Mead, elle assiste au meurtre d'une jeune femme à bord d'un second train qui croise le sien. Une fois les autorités prévenues, et devant l'inefficacité des agents de police qui croient moyennement à son histoire, la vielle dame décide en compagnie de Jim Stringer de retrouver la trace de celle qu'elle suppose être morte mais dont le corps n'a pas été retrouvé par la police. Ses recherches l'emmènent jusqu'à la luxueuse demeure des Ackenthorpe. Là, Jane Marple s'y fait engager comme bonne, ce qui lui permettra d'enquêter ''en toute discrétion'' auprès des différents membres de la famille...


Pour sa première aventure dans la peau de Miss Marple, Margareth Rutherford fait des miracles. Si le récit et surtout la résolution du meurtre ne font certes pas partie des plus subtils qu'ait écrit la romancière britannique, l'actrice anglaise transforme son personnage en un être profondément attachant bien qu'étant d'un caractère difficile. Le scénario de David Pursall, Jack Seddon et David D. Osborn apporte un certain nombre de différences dont l'une s'avère fondamentale puisqu'alors que dans le roman, celle qui assiste au meurtre n'est autre que Mrs McGillicuddy, une vielle amie de Miss Marple et héroïne de l'ouvrage écrit par Agatha Christie dont le titre original est 4:50 from Paddington, dans le film c'est la détective elle-même qui assiste au meurtre. De plus, vu l'âge avancé de celle-ci, elle y est aidé par la jeune diplômée en mathématiques de l'Université d'Oxford, Lucy Eyelesbarrow. La disparition de ces deux personnages dans l'adaptation n'est en ce sens, pas vraiment remarquable puisqu'à elle seule, la véritable héroïne du long-métrage s'en sort à merveille. George Pollock injecte à son enquête une bonne dose d'humour ''pince sans rire'' et quelques courts moments de tension, notamment lorsque dehors la tempête fait rage et qu'à l'intérieur de la demeure, Miss Marple doit composer avec l'absence de lumière et la présence d'un meurtrier. Comme souvent dans les adaptations d'Agatha Christie, le cadre est splendide, renforcé par un très beau noir et blanc et une ambiance musicale due au compositeur Ron Goodwin. Découvert à sa sortie par la romancière elle-même, Agatha Christie trouva Le Train de 16 h 50 désolant bien qu'elle s'attendit à ce que le personnage de Miss Marple ne soit pas scrupuleusement fidèle à l'image qu'elle en avait. Force est pourtant de reconnaître que cette première incartade de Margareth Rutherford dans l'univers de la romancière britannique est une franche réussite...

 

samedi 26 décembre 2020

George Pollock et Agatha Christie : Les Dix Petits Indiens (1965) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Une carrière cinématographique d'un peu moins de quinze long-métrages dont au moins cinq consacrés à la prolifique Agatha Christie. Le britannique George Pollock fut l'auteur en 1965 de la seconde adaptation de l'un des plus célèbres romans de l'écrivain, Ten Little Niggers, connu chez nous sous le titre Dix Petits Nègres avant qu'une récente et stupide polémique ne voit le roman désormais traduit sous celui de Ils étaient dix. Une controverse dont ne sera fort heureusement pas victime le long-métrage puisqu'il sortira au Royaume-Unis en juin 1965 et aux États-Unis en février 1966 sous le titre de Ten Little Indians et en France en mai de la même année sous celui des Dix Petits Indiens. Dans un remarquable noir et blanc, George Pollock convie dix interprètes dans autant de rôles à venir s'installer dans une très belle demeure au sommet d'une montagne par temps de neige. L'histoire est bien connue et en l'espace de quelques jours, les convives, tous invités par le mystérieux Monsieur Owen, vont mourir. Une énigme que les survivants vont tenter de résoudre. Un mystère qu'ils n'auront que le temps du répit pour percer...


''Dix petits nègres s'en furent dîner, l'un d'eux but à s'en étrangler. N'en resta plus que neuf...''


Pour son dernier long-métrage, le réalisateur convie une belle brochette d'interprètes parmi lesquels sept hommes et trois femmes. Parmi les premiers, on retrouve notamment dans celui qui incarne très clairement le personnage principal, l'acteur américain Hugh O'Brian. Aux côtés duquel s'imposent dans leurs rôles respectifs, des interprètes tels que les britanniques Wilfrid Hyde-White, Stanley Holloway, Leo Genn ou encore le germano-suisse Mario Adorf. Du côté des interprètes féminines, outre la disparition rapide de Marianne Hoppe dont le personnage d'Elsa Grohmann est la première à être victime du jeu pervers qui entoure le récit, on retrouve les magnifiques Shirley Eaton et Daliah Lavi. Tous incarnent un personnage ayant quelque chose à se reprocher. Celui dont on n'entendra que la voix (dans la version originale, il s'agit de celle de l'acteur Christopher Lee) se pose donc en juge et en bourreau de ces dix individus qui derrière eux ont semé la mort...


''...Neuf petits nègres se couchèrent à minuit, l'un d'eux à jamais s'endormit. N'en resta plus que huit...''


La superbe photographie d'Ernest Steward et la musique léchée typique de l'époque de Malcom Lockyer participent au charme de ce film policier entouré de mystère qui n'a malgré son âge, pratiquement pas pris de rides. Une œuvre que l'on comparera aisément à la poignée qui fut également inspirée avant et après par l'ouvrage d'Agatha Christie et qui confortera l'impression qu'elle a su demeurer intemporelle. Dans cette version de 1965, un peu de réflexion mène à un raisonnement logique. Mais comment ne pas se laisser porter par ce récit, surtout lorsqu'à travers une pichenette aussi malhonnête que grassement mentionnée durant les cinq dernières minutes, le spectateur se retrouve dans l'incapacité de dénouer le nœud de l'affaire avant que tout ne lui soit révélé à la fin ? Pris au piège par la perversité d'une histoire hautement manipulatrice, il n'aura en conséquence d'autre choix que de se faire sa propre opinion sur le bien-fondé du récit une fois l’œuvre achevée...

Silent Rage (Horreur dans la Ville) de Michael Miller (1982) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Après être apparu auprès de Bruce Lee dans une poignée de long-métrages de karaté et quelques films d'action, l'acteur Chuck Norris aujourd'hui âgé de quatre-vingt ans fut la vedette en 1982 d'un drôle d'hybride entre policier, science-fiction, horreur, épouvante et action. Quatrième long-métrage de Michael Miller qui ne consacrera ensuite quasiment sa carrière que pour le petit écran, Silent Rage (sorti chez nous sous le pompeux titre Horreur dans la Ville) se penche sur le cas de John Kirby, un déséquilibré suivi à l’hôpital par le docteur Tom Halman. Lorsque le patient appelle le spécialiste pour lui dire que ses pulsions de mort le reprennent, il est déjà trop tard. Logé chez une mère de famille, il la tue à coups de hache avant d'être abattu par la police. Dès l'arrivée de John Kirby à l’hôpital, les médecins ne sont pas confiants.Condamné à mourir, le docteur Philip Spires tente cependant de lui injecter un sérum expérimental permettant aux cellules de se régénérer rapidement et ce, malgré l'avis mitigé du docteur Tom Halman. Bien que la mort de John Kirby soit officialisée, celui-ci est bien vivant. S'échappant de l’hôpital, il sème alors la mort autour de lui. L'une de ses premières victimes n'est autre que le docteur Halman. Mais le psychopathe ne s'arrête pas là. Il est bien décidé à éliminer tout l'entourage du spécialiste. À commencer par sa sœur Alison que fréquente le shérif de la ville, Dan Stevens...


Ce dernier est interprété par Chuck Norris qui plus de dix ans avant d'incarner le Capitaine Cordell Walker dans la série télévisée Walker, Texas Ranger endossait déjà le rôle de l'autorité, une étoile de shérif accrochée à la chemise. À ses côtés, l'actrice Toni Kalem interprète le rôle d'Alison Halman tandis que l'on retrouve dans le rôle des trois médecins impliqués dans l'affaire, les acteurs Ron Silver (le docteur Tom Halman), Steven Keats (le docteur Philip Spires) et William Finley (le docteur Paul Vaughn) qui brilla notamment huit ans auparavant dans le chef-d’œuvre de Brian de Palma, Phantom of the Paradise. Dans le rôle du tueur, il s'agit de l'acteur Brian Libby qui jusqu'en 2007 consacra une grande partie de sa carrière à la télévision (il croisera d'ailleurs pour la seconde fois Chuck Norris dans l'épisode Trial of LaRue de la série Walker, Texas Ranger en 1997). Un tueur récalcitrant, dont l'attitude s'avère relativement dérangeante. Le bodycount étant presque digne d'un slasher d'honnête facture, Silent Rage peut donc effectivement être rangé dans la catégorie des films d'horreur même si en la matière, on est loin d'un Cauchemar à Daytona Beach auquel certains éléments semblent se référer (l’œuvre de Romano Scavolini étant sortie un an auparavant)...


En cherchant bien, on peut trouver plusieurs filiations entre le long-métrage de Michael Miller et quelques ''classiques'' de l'épouvante et de la science-fiction. Les premiers qui viennent sans doute à l'esprit sont d'un côté, Terreur à l'hôpital Central (Visiting Hours) de Jean-Claude Lord qui sorti lui aussi en 1981 mais plus étonnant, il ne serait probablement pas trop stupide d'imaginer que Silent Rage ait pu, dans d'infimes proportions, inspirer le récit de l'un des films de science-fiction/action les plus remarquables des années quatre-vingt sorti deux ans plus tard en 1984. En effet, l'aptitude de John Kirby à se relever de chaque affrontement avec le shérif Dan Stevens conforte son affiliation avec le T-800 de l'immense Terminator réalisé par James Cameron et découvert sur les écrans deux ans plus tard. L'amateur pourra même pousser l'investigation jusqu'à comparer les personnages du shérif et de sa petite amie Alison Halman au couple formé par Michael Biehn/Kyle Rise et Linda Hamilton/Sarah Connor dans le chef-d’œuvre du canadien. Pour le reste, le film de Michael Miller demeure cependant bien en deçà. À part quelques affrontements en mode karateka opposant le shérif à une bande de bikers et quelques meurtres violents mais dénués d'effusions de sang, Silent Rage reste bien trop poli. L'idée de base du scénariste Joseph Fraley est intéressante mais relativement mal exploitée. Le sujet du sérum n'est qu'un prétexte pour faire évoluer un serial killer indestructible dans un cadre pourtant classique. Nous ne sommes finalement pas loin de la série Walker, Texas Ranger, dont les scénaristes auraient ne serait-ce qu'une seule fois, imaginé un script à la lisière du fantastique...

 

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