mercredi 28 juin 2017

S-F Années 50: Fiend Without a Face de Arthur Crabtree (1958) - ★★★★★☆☆☆☆☆





Après les États-Unis avec War of the Satellites de Roger Corman, cette fois-ci, direction l'Angleterre avec Fiend Without a Face du britannique Arthur Crabtree. Petite production horrifique datant de l'année 1958 et traduite chez nous sous le titre Monstres Invisibles (alors que sa réelle signification demeure Ennemi sans visage), Fiend Without a Face n'a d'autre véritable intérêt que d'un point de vue historique, politique et militaire puisque s'inscrivant dans la mouvance d'un certain cinéma de science-fiction entrant dans le cadre de la Guerre Froide qui opposa les États-Unis et l'URSS ainsi que le régime communistes et les démocraties occidentales, avec en point de mire, le nucléaire. Terme le plus souvent entendu dans l’œuvre d'Arthur Crabtree puisque les habitants de la petite ville de Winthrop sont apparemment victimes des retombées radioactives d'une installation expérimentale due aux Forces Aériennes Américaines qui ont mis en place un radar capable de scruter les activités de leur ennemi juré : l'URSS.

Si le cadre employé est celui d'une petite ville du Canada sur laquelle est implantée une base américaine alors que les origines de Fiend Without a Face sont britanniques, l'approche du cinéaste anglais peut s'expliquer par le fait que deux ans plus tôt, en 1956, lors de la Crise du canal de Suez (29 Octobre-7 Novembre 1956), l'Angleterre (mais pas seulement), a dû supporter une menace provenant directement de l'URSS à l'époque ou elle fut dirigée par le politique Nikita Khrouchtchev. Toutes les obsessions de l'époque transpirent donc dans ce petit film mettant en scène des meurtres particulièrement étranges, et dont les cadavres ont été victimes de prélèvements : en effet, le cerveau ainsi qu'une partie de la colonne vertébrale de celles-ci ont été arrachés, laissant ainsi des marques de ponction.

En parallèle à la série de meurtres, Fiend Without a Face émet l'hypothèse selon laquelle les expériences menées par l'Armée seraient responsable des événements. D'ailleurs, la réaction des bovins provenant de l'élevage d'un certain Griselle, première victime à être retrouvée morte, semble d'abord la confirmer. Mais le témoignage de sa sœur, Barbara, corrobore le fait que le problème vient d'ailleurs. Et pourquoi pas alors du professeur R.E Walgate, lequel mène des expériences sur la télékinésie. Relativement bien interprété, Fiend Without a Face demeure au final assez ennuyeux. La faute à une sévère baisse de régime due très certainement à un manque d'inspiration. Alors qu'il date de 1956, si l'on pouvait imaginer un seul instant que le film d'Arthur Crabtree ait pu ensuite un tant soit peu inspirer des cinéastes, on pourrait alors éventuellement indiquer une certaine ressemblance entre le siège des principaux protagonistes dans la demeure du professeur R.E Walgate et celui des personnages de La Nuit des Morts-Vivants dans la maison, lieu central de son intrigue. Et pourquoi même hypothéquer sur l'éventualité que Ridley Scott se soit inspiré (comme il le fit ensuite avec La Planète des Vampires de Mario Bava) des curieuses créatures générées psychiquement par ce même professeur R.E Walgate, lesquelles rappellent sensiblement le Facehugger de Alien, le Huitième Passager. Au delà des quelques apparents intérêts que peut produire Fiend Without a Face sur les amateurs de science-fiction directement issue des années cinquante, le propos demeure ouvertement Prosélytique...

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