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vendredi 30 octobre 2026

Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai (2005) - ★★★★★★☆☆☆☆




Negai est le troisième volet de l'hexalogie Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô dont l'intégralité des épisodes est sortie la même année, en 2005. Réalisé par Atsushi Shimizu, lequel n'a rien à voir avec Takashi Shimizu (créateur de la saga Ju-on), Negai met en scène le jeune Hitochi (Orito Kasahara), un enfant discret, sans véritable ami et meilleur élève de sa classe. Fils d'un couple aimant formé autour du père Yoshiro (Toshinori) et de la mère Etsuko (Kyôko Tôyama), le jeune garçon ne peut compter que sur son talent de créateur d'objets pour se divertir et briser sa solitude. C'est ainsi qu'à partir d'objets du quotidien Hitochi se met à fabriquer une poupée d'apparence humaine. Du bois, du tissu, du fil de fer mais aussi et surtout deux effrayants globes oculaires et une mâchoire dotées d'aiguilles parfaitement aiguisées... Priant chaque soir pour que Kokomo (du nom que le garçon donne à sa création) prenne vie, la relation entre Hitochi et son jouet prend une tournure inattendue. Voire inquiétante. Jusqu'au jours où le garçon reçoit chez lui sa camarade Tomoko (Natsumi Okumura) à laquelle il a promit d'apporter son aide et ses connaissances pour ses devoirs. Convaincu d'être désormais son ami, Hitochi cherche à se débarrasser de Kokomo dont il considère désormais la présence inutile. Mais c'était sans compter sur la volonté de rester auprès de son créateur de la part de la poupée qui quoi qu'en fasse le garçon revient systématiquement à la maison... Adaptation d'ouvrage signé de l'un des mangakas japonais les plus célèbres dans le domaine de l'horreur connu sous le nom de Kazuo Umezu, Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai se rapproche ostensiblement de récits anciens et contemporains du cinéma et de la littérature occidentaux puisque viennent presque immédiatement en tête La Poupée diabolique de Lindsay Shonteff réalisé en 1964 ou Magic de Richard Attenborough tourné quant à lui en 1978. L'une des plus célèbres séries de science-fiction américaines des années 50/60 s'étant elle-même emparée du sujet en 1962 avec le cultissime épisode La Marionnette de Abner Biberman...


Ici, Atsushi Shimizu ne cherche à aucun moment à faire mystère de ses intentions tant sa poupée instaure le malaise dès sa première apparition. Créant ainsi l'une des représentations du genre parmi les plus sinistres qui soient. Une vision d'horreur dont on peut d'ailleurs se demander comment son propre créateur peut être capable de supporter sa présence dans sa chambre lorsque tombe la nuit. Une alternative à la solitude qui va bientôt prendre des proportions ''insoupçonnées'' lorsque Kokomo va commencer à s'en prendre à tous ceux qui osent se dresser entre elle et son créateur. Filmé avec des moyens financiers apparemment dérisoires, Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai reste malgré tout une assez bonne surprise qui ne vous prendra qu'un peu moins d'une heure de votre temps. Un moyen-métrage visuellement anecdotique, filmé en DTV (Direct To DVD) pour un résultat qui pique souvent les yeux. D'autant plus que le réalisateur japonais emploie quelques filtres de très mauvais goût, tout comme l'incrustation de nuages factices censés accentuer l'horreur de ce qui s'apprête à arriver. Sans être d'une importance fondamentale, l'existence de Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai permet surtout d'avoir une idée assez précise de l'approche du sujet par son auteur, entre la bienveillance parentale qui ne sera au final d'aucune utilité pour l'enfant ou le besoin pour ce dernier de se créer un ami virtuel jusqu'au jour où une jeune fille de chair et de sang vient innocemment s'imposer entre le garçon et sa création. Malgré une esthétique souvent atroce bien que créant plus ou moins volontairement un climat morose assez particulier, Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai offre quelques séquences plutôt creepy. Et notamment lorsque Kokomo s'en prend à Tomoko ou lorsque Hitochi se décide enfin à affronter sa création et par contraction ses peurs lors d'un final plutôt marquant...


mercredi 28 octobre 2026

Malfaisante de Rob Sauvage (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Produit par la société de production américaine Blumhouse Productions créée par Jason Blum en 2000 et par sa filiale Atomic Monster fondée quant à elle huit ans auparavant, Malfaisante (Other Mommy) est le dernier long-métrage de ces deux sociétés spécialisées dans le fantastique, l'épouvante et l'horreur à avoir vu le jour en 2026. Tiré du roman Incidents Around the House de l'écrivain Josh Malerman, le film met en scène la toute jeune Bela interprétée par Arabella Olivia Clark et ses deux parents, Ursula (Jessica Chastain) et Russ ( Jay Duplass)... A dire vrai, ce dernier est plutôt le beau-père de la jeune enfant qui depuis un certain temps reçoit la visite nocturne d'une entité qui affirme ne lui vouloir que du bien. La preuve puisque ''L'autre Maman'' comme Bela et ses proches l'appelleront tout au long du récit prend l'apparence d'Ursula. Et quoi de plus rassurant que d'être approché par une femme dont les traits sont semblables à ceux de celle qui nous a enfanté ? Pour James Wan, esprits, fantômes et autres ectoplasmes sont d'usage courant. Ne serait-ce que pour citer ses propres œuvres, parmi elles l'on retrouve notamment les deux premiers volets de la franchise Conjuring, les deux premiers de la saga Insidious ou encore le récent Malignant qu'il a mis en scène voilà cinq ans... Cette fois-ci, la réalisation de Malfaisante est confiée à Rob Sauvage, auquel l'on doit notamment le très moyen Host en 2020 et le très mauvais Dashcam deux ans plus tard. Autant dire qu'à priori il n'y a rien de véritablement spectaculaire à attendre de la part d'un cinéaste dont la moyenne basse des œuvres laisse craindre le pire. Notons d'ailleurs ses projets futurs, parmi lesquel Molepeople et son protagoniste piégé dans les sous-sols de New-York ou bien The Hills Have Eyes dont le titre ne laisse aucun doute sur ses origines d'énième remake du classique de l'horreur signé de Wes Craven en 1977 et prévu pour 2030... Plus malin qu'il n'en a l'air, le script de Malfaisante s'intéresse à une petite cellule familiale baignant dans le mensonge. Contrairement aux autres films portant sur le sujet d'une invasion domestique par une créature diabolique, le long-métrage de Rob Sauvage ne fait aucun mystère de la présence de cette Autre Maman incarnée de nouveau par Jessica Chastain auprès des parents de la gamine et d'autres intervenants extérieurs...


D'une durée raisonnable ne dépassant que de très peu les quatre-vingt dix minutes, Malfaisante surprend moins pour son accumulation de Jumpscares inefficaces que pour certains choix en matière d'apparitions. Bien que le film s'inspire d'un ouvrage littéraire, il n'est pas interdit de penser que Rob Sauvage et la scénariste Akela Cooper se soient quelque peu inspirés de plusieurs entités ayant déjà fait les beaux jours du cinéma d'épouvante sur grand écran. Difficile en effet de ne pas reconnaître devant le sourire de l'Autre Maman celui des héroïnes de Smile et de Smile 2 ou devant son attitude parfois glaçante celle du récent et très réussi Obsession ! Quant à l'entité elle-même, ne rappelle-t-elle pas au fond un certain Freddy Krueger de la saga Les griffes de la nuit ou encore le Grippe-sou de Ça version 2017 et 2019 ? Cette propension à apparaître sous différentes versions et différentes formes pour mieux effrayer les spectateurs ? Cette façon qu'avaient en leur temps les entités d'attirer à eux les âmes innocentes ? On pourrait d'ailleurs comparer également Bela à la jeune Carol-Anne Freeling incarnée dès 1982 par la regrettée Heather O'Rourke qui à l'époque représentait elle-même l'innocence, la pureté, la vulnérabilité face au mal domestique (ici notamment représenté par l'adultère). On ne se souviendra sans doute pas longtemps de Malfaisante malgré l'impeccable incarnation de la toute jeune Arabella Olivia Clark, celle de Jessica Chastain ou encore celle de Jay Duplass qui dans le rôle du beau-père se montre tantôt faible tantôt protecteur. Quelques effets-spéciaux plutôt sympas et originaux, telle cette main gigantesque qui surgit de l'océan et un trio d'interprètes qui assurent le spectacle. Un petit film d'horreur que l'on conseillera avant tout au jeune public et moins aux spectateurs sevrés depuis des décennies à ce genre de spectacle. Bref, moyen. Ni indispensable, ni mauvais...

 

vendredi 23 octobre 2026

Sadako DX de Hisashi Kimura (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Après avoir vu un Sadako 3D 2 plutôt dispensable et un Sadako vs. Kayako plutôt réjouissant même si l'affrontement entre deux des plus iconiques représentations fantomatiques du cinéma asiatique resta décevante, nous allons terminer avec un Sadako DX dont le contenu termina de me convaincre qu'il fallait absolument et urgemment passer à autre chose... Cette fois-ci, c'est le réalisateur Hisashi Kimura qui prend les commandes. Et bien que dans l'ordre chronologique de la franchise Sadako DX se situe en quatorzième position, le récit fait l'impasse sur tout ce qui a suivit le long-métrage de Hideo Nakata en 1998 pour s'inscrire comme la suite ''officielle'' de ce classique de la J-Horror ! Le film met en scène l'étudiante Ayaka Ichijo (Fuka Koshiba) dont le Q.I dépasse de loin la moyenne. Une jeune femme donc particulièrement intelligente au centre d'un récit qui fait appel cette fois-ci et plus que jamais à l'élément infectieux de la malédiction liée à la fameuse cassette vidéo qui désormais a été numérisée afin d'être répandue sur les réseaux sociaux. Le scénario de Yuya Takahashi ne fait d'ailleurs que nous rabattre en permanence cet aspect du récit. Six ans après le crossover Sadako vs. Kayako, Hisashi Kimura nous propose une alternative théoriquement plus intéressante que la plupart des séquelles qui virent le jour..... du moins sur le papier car une fois retranscrit à l'écran le script de Yuya Takahashi fonctionne relativement mal. L'on ne pourra cependant pas reprocher à Fuka Koshiba d'avoir tué le projet dans l’œuf tant elle demeure malgré tout l'un des rares points positifs du long-métrage. L'on passera sur sa beauté toute juvénile pour retenir du personnage qu'elle incarne, des méthodes de déduction qui feraient pâlir de jalousie n'importe quels complotistes capables de s'exhiber des heures durant dans des podcasts en théorisant sur tout et n'importe quoi et sur autant de sujets que l'esprit humain est capable d'engendrer... Ayaka Ichijo est donc au centre du récit, accompagnée par un voyant du nom de Maître Kenshin (Hiroyuki Ikeuchi). Un bonhomme assez spécial outrageusement décrit comme un opportuniste très médiatisé qui use de la légende de la cassette vidéo maudite comme une source de revenus. L'idiot n'imaginant pas un seul instant que l'objet en question puisse être effectivement capable de causer la mort de celles et ceux qui ont la malchance de regarder son contenu....


Comme souvent dans la franchise, le concept est clair : pour l'héroïne comme pour ses proches (et ici, en l'occurrence, sa sœur Futaba qu'interprète Yuki Yagi ainsi que sa mère et tout comme le très tactile Oji Maeda (Kazuma Kawamura), le sujet porte sur l'urgence de mettre un terme à la malédiction dont ils seront victimes avant l'échéance fatale. Notons également l'intervention d'un Hikikomori (un individu socialement isolé interprété par Mario Kuroba) germophobe (qui est donc atteint d'une peur irraisonnée envers les microbes et autres germes) et qui se cache derrière un masque. Bref, de quoi planter le décor d'un groupe de personnes prêtes à affronter chacun à leur manière, la monstrueuse Sadako..... qui dans cet énième ersatz va avoir la particularité d'apparaître à l'origine non pas sous la forme qu'on lui connaît mais sous celles de divers proches des victimes. Une excellente idée qui porte malheureusement mal ses fruits puisque plutôt que de semer le doute dans la tête des protagonistes et des spectateurs, nul doute ne subsiste quant à leur lien direct avec Sadako. Notons en outre que l'attitude des différentes incarnations est proprement ridicule. En cause, des gesticulations tellement théâtrales que l'on passe davantage de temps à pouffer de rire qu'à vraiment ressentir une peur viscérale face aux diverses apparitions. Dommage encore lorsque l'on évoque une idée plutôt intéressante, détail sans doute de peu d'importance mais qui tout de même prouve l'implication du scénariste à l'écriture du scénario. La fameuse vidéo qui plus que d'être une redite de toutes celles qui lui précédèrent dans les œuvres antérieures apporte son comptant d'innovation avec ces séquences filmées sur les lieux de vie mêmes des victimes. Enfin, passons sur la pratique du Split Screen, répétitive et finalement sans intérêt dès lors que l'on comprend que l'échéance telle que l'envisageaient jusque là les personnages n'est pas une preuve absolue de l'instant T de leur mort ! Bref, pas de quoi sauter au plafond....

 

jeudi 22 octobre 2026

Sadako vs. Kayako de Kōji Shiraishi (2016) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Nous sommes en 2016, il y a dix ans tout rond, et nous avons rendez-vous cette année là avec la rencontre au sommet de deux des plus remarquables phénomènes surnaturels nés de l'esprit d'auteurs japonais particulièrement créatifs. D'un côté, Koji Suzuki, le créateur du roman Ringu en 1991. Et de l'autre, le réalisateur et scénariste Takashi Shimizu, bien connu pour ses nombreuses œuvres faisant appel aux fantômes et autres esprits maléfiques dont il a toujours majoritairement fait son fond de commerce. Auteur prolifique de près d'une centaine d’œuvre en trente-cinq ans de carrière, le cinéaste Kōji Shiraishi prend donc en 2016 la relève de ses prédécesseurs avec long-métrage qui marquera sans doute l'histoire des franchises Ringu et Ju-on puisqu'à la manière d'un certain nombre de films d'horreur américains tels Freddy vs. Jason et Alien vs. Predator, Sadako vs. Kayako met donc en scène deux des plus iconiques Onryō représentants la culture littéraire japonaise. Des esprits vengeurs quittant ponctuellement le plan astral pour venir dans le plan matériel où nous vivons. D'un côté, nous avons donc Sadako Yamamura (Elly Nanami), jeune femme qui fut jetée dans un puits par un divers personnages selon les récits et où elle agonisa longuement avant que naisse la malédiction. De l'autre, nous avons Kayako Saeki (Runa Endo) dont l'époux les noyèrent elle et leur fils Toshio (Rintarō Shibamoto), persuadé qu'elle le trompait avec un autre homme. Tandis que Sadako apparaît sur le plan matériel et assassine ses nouvelles victimes après que celles-ci aient eu la mauvaise idée de visionner une cassette vidéo réputée hantée, s'agissant de Kayako, ses possibilités de déplacement s'avèrent relativement réduites puisque son fantôme s'en prend à celles et ceux qui ont la malchance de s'introduire dans la demeure qu'elle partageait en famille avant d'être assassinée. Notons d'ailleurs qu'elle n'est jamais vraiment seule puisque le fantôme de son fils Toshio apparaît également à l'écran. Si le prénom de Sadako apparaît en premier dans le titre, cela est sans doute du fait que le récit tourne principalement autour de deux étudiantes qui ont eu le malheur de tomber sur la fameuse cassette vidéo maudite qu'elles ont visionnées chacune à leur tour. Bien qu'ayant fait appel à l'un de leurs professeurs (Masahiro Komoto dans le rôle de Shin'ichi Morishige) ainsi qu'à une exorciste supposée pouvoir les débarrasser de la malédiction, la solution viendra plus probablement de l'intervention du détenteur de pouvoirs psychiques Keizo Tokiwa (Masanobu Andō) et de l'étrange petite fille aveugle prénommée Tamao (Mai Kikuchi) qui l'accompagne partout.


Le concept ? Opposer Sadako à Kayako afin de débarrasser Yūri Kurahashi (Mizuki Yamamoto) et Natsumi Ueno (imi Satsukawa) de la malédiction et ainsi de les garder en vie... Kōji Shiraishi resserre ici l'intrigue puisque les victimes n'ont plus sept jours pour trouver un moyen de défier la malédiction mais plus que deux. En outre, le cinéaste débarrasse l'intrigue de ce qui au fil du temps est devenu superflu. À savoir que refiler la cassette vidéo à une autre personne pour qu'elle la regarde ne suffit plus à se débarrasser de la malédiction. Il y a deux camps. Peut-être même trois si l'on compte celui qui réunit ceux qui ne font pas de différences entre les deux franchises. D'un côté, les fans de Ring et de l'autre, ceux qui lui préfèrent nettement Ju-on. Le film, qui aurait dû permettre au réalisateur de mettre en scène une confrontation dantesque entre les deux personnages du titre se révèle de ce point de vue là, relativement décevant. Pas de combat épique entre Sadako et Kayako mais une joute d'une poignées de secondes seulement qui dessert malheureusement la seconde. Sadako semble donc être ici privilégiée. Plus puissante, certes, mais sans doute moins charismatique que Kayako dont les différentes apparitions restent assez flippantes même après un peu moins d'une vingtaine d'années (je rappelle que nous sommes alors en 2016). Tandis que la plupart des adaptations des deux franchises ne bénéficièrent pas de qualités techniques particulièrement marquantes, le travail sur la photographie de Hidetoshi Shinomiya est par contre ici tout à fait bénéfique. De très belles images, peu colorées et accentuées par un choix de costumes et de décors dont les teintes se résument à des gris clairs, des roses pâles et des bruns qui tranchent avec les noirs et bleux profonds lors des attaques surnaturelles. Si le combat ultime n'a donc pas vraiment lieu entre les deux plus célèbres fantômes de la J-Horror, Sadako vs. Kayako parvient tout de même parfois à nous rappeler les grandes heures du genre, lorsque l'on découvrait notamment pour la première fois cette iconique séquence de Kayako, fantomatique et affreusement blafarde descendant telle une araignée géante les escaliers de sa demeure délabrée...

 

mercredi 21 octobre 2026

Sadako 3D 2 de Tsutomu Hanabusa (2013) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Difficile, parfois, de s'y retrouver parmi la quinzaine d'adaptations cinématographiques qui tournent autour du roman de l'écrivain japonais Koji Suzuki, Ringu. Entre le premier long-métrage, un téléfilm datant de 1995 qui contredit ce que j'écrivais dans le précédent article consacré à Ring Virus et dans lequel j'affirmais que le premier film était celui que réalisa Hideo Nakata en 1998 et ses nombreuses variantes commes celle de George Iida intitulée Spiral (Rasen) la même année ou celles qui donneront beaucoup plus tard leur nom à l'héroïne maléfique de la saga comme par exemple Sadako 3D en 2012, il est parfois compliqué en effet de ne pas se mélanger les pinceaux. Comme son nom l'indique, Sadako 3D 2 est la suite du précédent volet de la franchise. Toujours réalisé par Tsutomu Hanabusa, cette séquelle permet de retrouver à l'écran l'actrice Satomi Ishihara qui tout comme dans le précédent long-métrage interprète le rôle d'Akane Ayukawa. À la différence où cette fois-ci celle-ci n'incarne plus l'héroïne du récit puisqu'elle apparaitra de manière sporadique car désormais, Akane est officiellement reconnue comme étant décédée. La jeune femme a laissé derrière elle une petite fille prénommée Nagi (Kokoro Hirasawa) qu'elle a eu avec Takanori Andō (toujours interprété par l'acteur (Kōji Seto) et dont s'occupe désormais sa tante Fūko Andō (Miori Takimoto) qui n'est autre que la sœur de Takanori. La technologie ayant évoluée depuis la fin des années quatre-vingt dix, la transmission de la malédiction propre à la célèbre franchise de J-Horror a abandonné la cassette-vidéo alors déjà très obsolète il y a près de trente ans pour se propager à travers les téléphones cellulaires et les ordinateurs portables.... D'un côté, les indécrottables fans de la saga écriront que Sadako 3D 2 est une franche réussite tandis que ceux qui ne font que passer par là exprimeront leur désaccord en affirmant que ce nouveau reboot de la franchise s'avère bien inutile. Et puis, demeurent ceux qui, en toute raison, essaient d'expliquer ce qui va et ce qui dérange dans cette œuvre dont on peut objectivement reconnaître qu'elle n'apporte pas grand chose, avec ses twists ridicules et inappropriés. Comme l'une des quelques révélations qui prétend que la jeune Nagi ne serait pas la fille d'Akane mais celle de la démoniaque Sadako Yamamura ! Ouais, ok, pourquoi pas ?


Mais lorsque l'on ose nous dire qu'Akane est toujours bien vivante et qu'elle a été écartée de tout contact avec celle que l'on prenait jusqu'ici pour sa fille afin d'éviter que Sadako ne ressurgisse, il est fort probable que soit l'on nous prenne pour des idiots, soit les scénaristes Daisuke Hosaka et Noriaki Sugihara aient oublié en cours de route qu'avant cette révélation, divers événements surnaturels ont eu lieu durant le récit. Parce que si vraiment écarter de tout contact Nagi de sa mère avait dû préserver quiconque de toute menace, d'où viennent alors toutes ces victimes qui vont périr dès que la gamine exprimera la moindre contrariété ? Comparé au Ringu réalisé par Hideo Nakata en 1998, ce Sadako 3D 2 mis en scène par Tsutomu Hanabusa fait malheureusement pâle figure. Surtout pour une œuvre qui se veut être un retour aux sources (biaisées) redéfinissant une saga où plusieurs des éléments essentiels sont purement et simplement ignorés. L'on a même parfois l'impression que les scénaristes et le réalisateur se sont davantage inspirés de l'excellent Exte (Ekusute) que réalisa Sion Sono six ans auparavant que du roman, des comics ou des précédentes adaptations cinématographiques de Ringu. Visuellement, rien de remarquable si ce n'est qu'aucun effort particulier n'a été effectué du côté de la photographie. C'est plat et à la limite du DTV même si de ce point de vue là, la géniale série en douze épisodes Rasen de Yoshihiro Kitayama réalisée en 1999 prouve qu'on peut mettre de côté l'aspect visuel d'une œuvre pour se concentrer sur un scénario vraiment solide. Très répétitif, le film vaut surtout pour la présence à l'écran de la très jeune Kokoro Hirasawa qui étonnamment incarne une Nagi supposément diabolique plutôt convaincante ou pour le raz de marée sanglant lorsque notre héroïne et sa nièce sont emportées par un flot de sang avant d'être engloutie dans un océan par contre visuellement raté. Des effets-spéciaux en majorités peu crédibles conçus avec les moyens du bord. Ce qui n'empêchera pas la franchise de se poursuivre en 2016 puisque le réalisateur Kōji Shiraishi prendra à son tour la relève avec Sadako vs. Kayako (Sadako bāsasu Kayako) dont nous parlerons très prochainement...

 

mardi 20 octobre 2026

Ring Virus (Ling) de Kim Dong-Bin (1999) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

L'existence de Ring Virus (Ling) tient à l'origine au fait que sur le marché sud-coréen était à l'époque et jusqu'en fin 1998, interdite toute importation de produits culturels provenant du Japon. Afin de contourner cette interdiction et permettre au public de Corée du sud de découvrir l’œuvre inspirée du roman du même titre de Kōji Suzuki était donc de produire un remake. Mais tandis que le public sud-coréen s'apprêtait à pouvoir enfin découvrir bientôt l’œuvre de Hideo Nakata sur son propre territoire, la production de Ring Virus était presque parvenue à son terme. Quelques mois avant la levée de l'interdiction, les spectateurs purent malgré tout découvrir le remake de Kim Dong-bin en salle le 12 juin de cette même année. L'une des principales différences entre Ring et Ring Virus provient des personnages, tous différents. Concernant le récit, en dehors de quelques détails, l'histoire est la même. On pourrait donc considérer inutile de regarder la version sud-coréenne quant la japonaise imposait dès la fin du siècle dernier, les bases de la J-Horror moderne, tout comme la saga Ju-on initiée en 1998 par le cinéaste japonais Takashi Shimizu... À l'origine, le scénario de Kim Dong-bin repose sur celui du japonais Hiroshi Takahashi qui lui-même s'est inspiré du roman de l'écrivain Kōji Suzuki. Dans cette version, le personnage central, celui autour duquel tourne l'évocation d'une malédiction touchant toutes celles et ceux qui ont eu le malheur de visionner une cassette vidéo maudite, n'est plus Sadako Yamamura mais Park Eun-Suh. Une alternative sud-coréenne qui ensuite sera à nouveau remplacée par Samara Morgan dans les trois volets américains en 2002, 2005 et 2017. Avec Ring Virus, Kim Dong-bin tente une approche beaucoup plus fidèle du roman même s'il n'est pas difficile de voir dans ce remake une œuvre très semblable à la première adaptation cinématographique. Ring (ou Ringu pour les japonophiles) reste l'une des sagas les plus importantes dans le contexte de la J-Horror mais également en terme de productions puisqu'elle compte pas moins de quatorze longs-métrages ainsi que deux séries télévisées...


Suivant de près Ring 2 qui chez nous sortira tardivement le 20 mars 2002, Ring Virus met en scène la jeune journaliste Hong Sun-Joo (l'actrice Shin Eun-kyung) qui après avoir assisté à la cérémonie en hommage à sa nièce Sang-Mi récemment décédée, découvre que la jeune femme n'est pas la seule à avoir perdu la vie dans d'étranges circonstances. En effet, trois de ses amis sont tout comme elle officiellement morts d'une crise cardiaque ! Lors de son enquête, Hong Sun-Joo découvre en outre qu'ils avaient passé la nuit dans un complexe hôtelier. Découvrant une cassette vidéo, la jeune journaliste la visionne et apprend alors qu'il ne lui reste plus que sept jours à vivre. En rendant visite au médecin légiste Choi-Yeol (Jung Jin-young) qui autopsia les quatre adolescents, Hong Sun-Joo fait une copie de la cassette à l'attention du médecin qui s'empresse alors de la regarder. Choi-Yeol se retrouve à son tour condamné à mourir une semaine plus tard. L'un et l'autre vont s'unir afin d'enquêter sur le mystère qui entoure la disparition de Park Eun-Suh qui leur semble être à l'origine de la cassette maudite ainsi que sur certaines images qui auraient disparues et qui permettraient selon eux d'annuler la malédiction... Plus qu'un simple film d'horreur fantastique, Ring Virus est surtout l'occasion de démontrer le talent des sud-coréens en matière de thrillers moites. Car si le long-métrage Kim Dong-bin appartient bien au genre ''surnaturel'', l'enquête menée par les deux principaux protagonistes vaut bien celle que mènent la plupart des flics mis en scène dans les thrillers et films policiers sud-coréens. Le long-métrage bénéficie d'une photographie signée de Mauricio Dortona et Hwang Chul-hyun pas toujours à la hauteur mais parfois convaincante et notamment lorsque nos deux héros investissent les lieux du drame originel. Une île balayée par le vent et la pluie dans un cadre austère au moins aussi anxiogène que puisse l'être le sujet. Bref, pas de grand bouleversements par rapport à l’œuvre de Hideo Nakata mais une alternative pas du tout inintéressante...

 

samedi 3 octobre 2026

Misery de Rob Reiner (1990) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

''Je suis votre plus fervente admiratrice''

Annie Wilkes à Paul Sheldon


Aujourd'hui, adapter le romancier américain Stephen King sur grand écran est devenu presque anecdotique. Elle est loin, en effet, l'époque où chaque adaptation du plus célèbre écrivain de romans fantastiques et d'épouvante était l'objet d'une attention de tous les instants. De grands noms participèrent à cette entreprise, tels Brian De Palma (Carrie au bal du Diable), Stanley Kubrick (Shining), George Romero (Creepshow), David Cronenberg (Dead Zone) ou bien John Carpenter (Christine). D'autres ne firent sans doute pas leurs armes auprès de cette inépuisable source d'inspiration que représente l’œuvre tentaculaire de Stephen King mais commencèrent réellement à faire parler d'eux dès qu'ils pénétrèrent dans l'univers de l'écrivain. Mary Lambert adapta Simetierre en 1989, Rob Reiner, Stand by Me en 1986 et Misery en 1990 ou encore Frank Darabont, Les évadés en 1994, La ligne verte en 1999 et The Mist huit ans plus tard. Mais revenons à Rob Reiner. Ce bonhomme à l'air jovial débuta sa carrière à la télévision avec deux téléfilms réalisés en 1974 et 1981 avant de tourner son premier long-métrage pour le grand écran. Un documenteur axé sur un groupe de métal fictif intitulé Spinal Tap. Suivent ensuite plusieurs films qui deviendront chacun dans leur catégorie d'authentiques classiques du septième art. À commencer par le formidable drame Stand by Me, inspiré de la nouvelle de Stephen King, Le corps, publiée en 1982 dans le recueil de quatre nouvelles, Différentes saisons. Viendra ensuite, Princess Bride, œuvre d'aventures et d'Heroic Fantasy qui en outre, obtiendra en France au Festival d'Avoriaz, l'Antenne d'or en 1988. Juste une année avant que Rob Reiner ne s'attaque au roman Misery, il réalisera la comédie Quand Harry rencontre Sally qui s'avèrera être un très grand succès en salle. Surtout, cette série de longs-métrages qui n'ont de commun que leur réalisateur montre combien celui-ci est capable de s'adapter à tous types de récits, passant allégrement du drame à la comédie en passant pour le fantastique.


Un mélange des genres dont sera partiellement le fruit de son travail sur Misery. Film pour lequel Rob Reiner convoque le thriller, le drame mais aussi et surtout l'épouvante avec cette histoire qui touche forcément personnellement l'auteur du roman original qui fit de plusieurs personnages centraux d'une partie de ses romans et nouvelles, des écrivains victimes parfois de leur succès. En ayant lui-même tenté de détourner l'attention de ses fans à travers la part sombre de son œuvre (Stephen King créa le pseudonyme de Richard Bachman afin de publier ses romans les plus sombres), cette expérience le ''contraindra'' à écrire et faire éditer The Dark Half sorti chez nous sous le titre La part des ténèbres avant que celui-ci ne soit ensuite adapté au cinéma par George Romero. L'occasion pour l'écrivain et le réalisateur de se retrouver onze ans après l'excellent film à sketches, Creepshow. Misery est quant à lui l'une des plus remarquables adaptations de Stephen King sur grand écran. Un grand film de peur que l'on doit notamment à ses deux principaux interprètes que sont James Caan dans le rôle de Paul Sheldon, un écrivain amoindri sauvé d'un grave accident de la route par Annie Wilkes qu'interprète ensuite Kathy Bates, laquelle s'autoproclame ''plus fervente admiratrice'' de l'auteur d'une série d'ouvrages centrés sur le personnage de Misery Chastain ! Si l'on réfléchit bien, la caractérisation de Paul Sheldon et d'Annie Wilkes est plus ou moins sommaire. Mais cette absence de profondeur habituellement caractéristique des films dénués d'empathie pour leurs personnages ne fait ici bizarrement pas vraiment défaut. Avec son physique de matrone, sa foi en Dieu, sa fascination pour le personnage de Misery, son passé d'infanticide et les crises d'hystérie qui parfois la caractérisent, le spectateur n'a besoin d'aucun autre élément pour se rendre compte du danger que cette femme d'âge plus ou moins mûr représente pour l'écrivain.


''Dieu que je t'aime''

Annie Wilkes à Paul Sheldon


Quant à Paul Sheldon, que sait-on de lui ? Pas grand chose à vrai dire, à part qu'il en a marre d'écrire autour du même personnage et qu'il rêve de tourner la page en ''tuant'' celle qui l'a pourtant rendu célèbre. Un détail presque insignifiant pour un auteur dont l'imagination est suffisamment fertile pour continuer à nourrir sa passion, son métier et donc ceux qui le suivent mais qui pour sa plus grande fan va prendre une toute autre signification. Huis-clos tendu, étouffant et même parfois terrifiant, Misery décrit avec un certain réalisme la lointaine interconnexion qui existe entre un auteur de romans et certains de ses lecteurs dont l'existence solitaire ne tourne plus guère qu'autour des personnages fictifs qu'il aura inventé à leur attention. Aussi formidable soit-il, James Caan tient dans la paume d'une Kathy Bates/Annie Wilkes au regard, à la physionomie et au tempérament impressionnants ! Misery se distingue par une certaine sobriété. Celle de ses interprètes pour commencer, mais aussi celle de Rob Reiner et de sa mise en scène, lequel n'use que parcimonieusement d'effets horrifiques. Lorsque surgit l'effroi, c'est presque sous asphyxie que le spectateur est convié à y assister. Comment en effet oublier la fameuse séquence du ''Sabot'' lors de laquelle Annie, totalement hors d'elle, brise les chevilles de Paul à l'aide d'une poutre et d'une masse ? Pour cette ancienne infirmière, la fiction ne se conçoit qu'à travers des tableaux réalistes, crédibles, vraisemblables. Bien des années après sa conception, Misery demeure toujours aussi efficace. La marque des grands films...

 

jeudi 1 octobre 2026

Insidious: The Red Door de Patrick Wilson (2023) - ★★★★★☆☆☆☆☆


Tandis que la famille Lambert a laissé la place aux Brenner dans Insidious : Chapitre 3 et aux Rainier dans Insidious : La Dernière Clé, le cinquième volet de la franchise créée par Leigh Whannell et tout d'abord réalisée par James Wan marquait en 2023 le retour à l'écran des principaux membres de la famille d'origine constituée de Josh (Patrick Wilson), de son ex épouse Renai (Rose Byrne) ou encore de Dalton (Ty Simpkins). Avant que l'intrigue ne se déroule neuf ans après les précédents événements au centre desquels furent plongés les Lambert, Insidious: The Red Door démarre par une séquence durant laquelle le père et le fils sont plongés sous hypnose afin qu'ils oublient tout de leur affrontement avec les démons. Afin de protéger Dalton, ses parents vont en outre lui faire croire que durant cette période celui-ci fut plongé dans le coma. Neuf années passent et l'adolescent part faire ses études dans une école d'art afin d'y perfectionner son talent de dessinateur. Accompagné par son père, lui et Josh ne se quittent pas en bons termes. Partageant pour le moment sa chambre d'étudiant avec l'étudiante Christina Winslow (Sinclair Danie), Dalton est pris de vertiges lorsque durant un cours administré par la prof Armagan (Hiam Abbass), le jeune homme dessine une porte. Sans le savoir puisqu'il n'a conservé aucun souvenir des événements ayant eu lieu près d'une décennie en arrière, Dalton vient involontairement d'ouvrir une brèche donnant directement sur le ''Lointain'' et sur les démons qui y vivent. De son côté, Josh commence à avoir des visions cauchemardesques. Perturbé par son absence de liens vis à vis de sa famille et incapable de mettre de l'ordre dans certains de ses souvenirs, il se lance dans une quête de vérité. Un concept que partage à l'université Dalton qui lui aussi est désormais harcelé par d'abominables visions... Ce cinquième et avant-dernier opus de la franchise Insidious dont le dernier volet est récemment sorti sur les écrans sous le titre Insidious : L'Invasion du Lointain fait donc fi des troisième et quatrième longs-métrages pour se recentrer sur la famille d'origine de la saga. Réalisé par Patrick Wilson qui endosse donc ici les rôles de réalisateur et d'interprète du père de famille, Insidious: The Red Door est scénarisé par Scott Teems...


C'est la première fois que ce dernier intervient dans la franchise, lui qui la même année concevra aux côtés de Peter Sattler et de David Gordon Green le script de L'Exorciste : Dévotion qui devait être le premier volet d'une nouvelle trilogie reposant sur le chef-d’œuvre éponyme de William Friedkin avant que le projet ne soit finalement abandonné. Dans cette quatrième itération, Patrick Wilson renoue donc avec la famille constituée par son propre personnage, l'ex épouse ici très peu visible à l'écran et surtout son fils Dalton avec lequel il entre régulièrement en conflit. Critiqué, malmené, incendié par la plupart des critiques et des spectateurs, Insidious: The Red Door demeure sans doute pour certains le plus incompris de toute la saga. En effet, Patrick Wilson et son scénariste semblent être davantage et en priorité motivés par l'idée d'évoquer la cellule familiale. Celle-là même qui a éclaté et que les horreurs auxquelles les différents protagonistes vont être bientôt confrontés pourraient peut-être permettre de recoller les morceaux. Alors oui, bien sûr, Patrick Wilson prend son temps. Oui, le film ne prend pas immédiatement d'assaut les personnages. Et quand bien même les spectateurs seraient uniquement venus assouvir leur soif inextinguible pour les démons, les jumpscares et autres joyeusetés horrifiques, Insidious: The Red Door rencontre le même soucis pour ces dernier que le dernier volet de la franchise Conjuring intitulé L'heure du jugement. Cette propension à plonger les spectateurs dans l'intimité des personnages qui semble donc pour eux incompatible avec le concept de film d'horreur. Et pourtant, bien avant que le film de Patrick Wilson ne joue comme les précédents avant lui la carte de la facilité, ce sont sans doute ces moments de pure communion avec les personnages de Josh et de Dalton qui offrent au long-métrage ses rares qualités. N'en déplaise à ceux qui affirment le contraire et qui voient en ces séquences la somme, le résultat, d'une œuvre à minina ennuyeuse et au pire, merdique au dernier degré. Sans dire que le film est un chef-d’œuvre puisqu'il n'est que le énième avatar de légions de films reposant sur le même concept, Insidious: The Red Door reste relativement agréable à regarder. Surtout durant les trente ou quarante premières minutes, avant que tout ne se mette à dégénérer...


mardi 29 septembre 2026

Insidious : Out of the Further de Jacob Chase (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Insidious: The Red Door d'Adam Robitel ne devait-il pas être l'ultime volet de la franchise Insidious ? Une promesse non tenue qui tient compte sans doute des résultats obtenus par chacun des longs-métrages ayant vu le jour sur grand écran depuis maintenant plus de quinze années. Le premier obtenant cent millions de recette et les suivants encore davantage. Un succès qui ne s'est jamais démenti puisque après un troisième volet qui attira moins de spectateurs à l'échelle mondiale que le second, le quatrième a vu son influence augmenter en dépassant les cent soixante-dix millions d'entrées et le cinquième friser les cent quatre-vingt dix millions de spectateurs ! Sorti il y a un peu plus d'un mois, Insidious: Out of the Further de Jacob Chase a quant à lui attiré près de cent soixante millions d'âmes dans les salles. Par rapport aux précédents volets, le récit évolue désormais non plus simplement entre le monde réel et le monde de l'au-delà puisque les ''créatures'' qui étaient ''figées'' dans le plan astral ont désormais la capacité d'intégrer notre univers. La famille Dalton personnifiée à l'écran par Patrick Wilson, Ty Simpkins ou encore par Rose Byrne ne sont plus d'actualité. Ses différents membres sont désormais remplacés par Gemma Hall (Amelia Eve) et par sa fille Maya (Island Austin) qui vivent seules dans la demeure familiale où avait grandit la jeune femme auprès de sa mère décédée dans de tragiques circonstances. Insidious: Out of the Further s'ouvre d'ailleurs sur une séquence se situant en 1999 avant de plonger l'héroïne vingt ans plus tard au sein même de cette demeure où elle a conservé de lointains souvenirs... Le titre de ce nouvel (et espérons-le) dernier opus de la saga Insidious met en scène une mère célibataire capable d'entrer dans le Lointain, cet univers parallèle où se retrouvent piégée l'âme des défunts. Un lieu dans lequel elles errent dans l'attente de posséder l'esprit d'un être bien vivant afin de rejoindre notre plan. Un don ? Sans doute, oui, mais représentant un danger certain puisque sans le vouloir, Gemma offre ainsi l'occasion aux entités démoniaques de quitter le purgatoire pour rejoindre notre monde. Incarnée pour la sixième fois par l'actrice Lin Shaye, Elise Rainier est l'un des personnages les plus importants de la saga. Médium et enquêtrice du paranormal, sa fonction principale est surtout de venir en aide aux victimes...


Capable de voir et de communiquer avec les esprits et d'accéder au Lointain, elle semble devoir désormais passer par Clare (Maisie Richardson-Sellers), une jeune tatoueuse qui une fois en transe permet à la vieille femme désormais décédée d’interagir avec les mondes réels et de l'au-delà. L'une des différences fondamentales étant la possibilité pour les entités de passer la porte de l'au-delà pour pénétrer notre univers, les enjeux se montrent désormais beaucoup plus complexes à aborder par notre héroïne et par Elise. Mais au fond, rien n'a vraiment changé en terme de mise en scène ou d'effroi. Cependant, Insidious: Out of the Further est doté de quelques séquences qui peuvent justifier son existence et sans doute pour l'avenir, de nouvelles séquelles mettant désormais en scène non plus les Dalton mais bien de nouvelles familles à infester pour les démons. Pas sûr que l'idée soit bonne même si le fait est que la franchise continue à brasser des centaines de millions de billets verts et pourtant, il arrive que ce sixième opus étonne en proposant quelques passages relativement efficaces. Comme lors de cette séquence qui voit Gemma parcourir un long et étroit tunnel de coussins dont elle trouve beaucoup de difficulté à s'extraire ou lors de cette sinistre consultation dans son cabinet de dentiste qui la voit affronter l'un de ces trois vieillards croisés plus tôt au détour d'une rue. Cumulant en seize ans d'existence près de neuf-cent millions de dollars, rien ne nous interdit de croire qu'un nouveau volet de la franchise Insidious puisse être évoqué dans les mois ou années à venir. D'autant plus qu'il y aura toujours du monde pour aller vivre cette même et redondante expérience que les plus aguerris trouvent sans doute futile depuis l'issue du premier ou du second volet...

 

mercredi 23 septembre 2026

The Dark and the Wicked de Bryan Bertino (2020) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Habitué du cinéma d'horreur, le réalisateur,scénariste et producteur américain originaire du Texas Bryan Bertino signa notamment la série de longs-métrages The Strangers ainsi que le très sympathique The Monster en 2016. Quatre ans plus tard, en 2020, il réalise The Dark and the Wicked qui chez nous peut se traduit sous le titre ''Les ténèbres et le maléfique''. Une ''appellation'' qui certes colle relativement bien avec le contenu du récit mais qui ne se réduit pas qu'au simple contexte des différents éléments d'une famille confrontés à une entité tenace et particulièrement invasive... The Dark and the Wicked met prioritairement en scène Louise et son frère Michael qu'interprètent respectivement Marin Ireland et Michael Abbott Jr. Une petite fratrie dont les deux seuls représentants vivent chacun de leur côté jusqu'à ce moment très précis où ils apprennent que leur père (Michael Zagst) est très gravement malade. Rejoignant la ferme familiale isolée que leur géniteur partage avec leur mère (Julie Oliver-Touchstone) et donc l'époux de ce dernier, Louise et Michael constatent rapidement que quelque chose ne tourne pas rond. Leur mère leur indique notamment entendre des voix qui n'appartiennent pas à son mari. Déjà pas mal terrifiée par l'angoissante situation, un soir celle-ci se coupe plusieurs doigts en cuisinant avant d'aller se pendre dans la grange de la propriété. Découverte décédée le lendemain par ses deux enfants, ceux-ci prennent la décision de rester sur place afin de s'occuper de leur père alité dans sa chambre, sous respirateur et apparemment incapable de bouger ou de simplement s'exprimer. Les événements s'enchaînent alors sur un rythme pas vraiment endiablé, Michael hésitant à quitter les lieux tandis que sa sœur reste campée sur sa position en décidant de demeurer sur place...


Le sujet principal du récit, la famille. Au centre de laquelle la culpabilité s'installe. Face à la maladie de leur père contre laquelle ses deux enfants ne peuvent rien, une entité développe son emprise sur chacun des membres de la famille. Et le ''suicide'' de la mère telle qu'est conçue son décès ne mettra pas un terme au jeu macabre que se livrera ce démon venu hanté les nuits de Louise et de Michael. Plutôt que d'opter pour une vision visuellement très explicite du Mal, Bryan Bertino préfère conserver une certaine part de mystère s'agissant de ce qui rôde autour et dans la demeure familiale. Quelle sont ses origines ? Quel est son but premier ? Et même, plus simplement, qui est-elle ? Un choix qui permet de douter dans un premier temps quand à la réalité de cette créature tapie dans l'ombre et qui n'est majoritairement visible qu'à travers le regard ou le comportement des protagonistes. Poussant parfois le spectateur à se poser des questions quant à sa réelle existence. En inscrivant l'intrigue dans un contexte géographique isolé et donc à l'écart de toute source pouvant éventuellement apporter de l'aide à Louise et à son frère, Bryan Bertino augmente le potentiel d'angoisse du long-métrage. Une source d'inquiétude supplémentaire qu'il aura d'ailleurs déjà notamment exploité avec brio lors du tournage de The Monster. En dehors de quelques Jumpscares plutôt efficaces, le cinéaste préfère l'attente à l'action ininterrompue. Signifiant pour le spectateur, une œuvre au rythme souvent lancinant, lymphatique et à certains endroits, relativement ennuyeuse. D'une noirceur quasi généralisée et donc d'un pessimisme qui confine souvent au nihilisme, The Dark and the Wicked ''réinvente'' presque les concepts de Home-Invasion et de possession sans jamais nous donner les clés de son intrigue. D'autant plus qu'en terme de conclusion, rien ne nous indiquera les motivations et les origines réelles de l'entité, nous laissant quelque peu sur notre faim. Un film qui repose davantage sur son étouffante atmosphère que sur son sujet. Sympa, sans plus...

 

lundi 14 septembre 2026

Horror House on Highway 5 de Richard Casey (1985) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Bon, heu, alors, hum.... Comment démarrer cette critique sans heurter la sensibilité des rares fans de ce film plus qu'étonnant qui jouit d'un statut d’œuvre véritablement culte dans son pays d'origine ? Une fascination sans doute impossible à expliquer chez nous lorsque de l'autre côté de l'Atlantique l'on supprime une série pour défaut d'audimat quand bien même fut-elle d'une exceptionnelle qualité. Le chiffre, le chiffre, toujours le chiffre, au détriment du puissant intérêt qu'une œuvre peut engendrer chez une partie du public. Bien que Horror House on Highway 5 n'appartienne de toute évidence pas à la catégorie des blockbusters ni des chefs-d’œuvre du cinéma hollywoodien dont les auteurs se revendiquent pourtant ''prétentieusement'' être d'origine, le premier long-métrage du parfait inconnu qu'est chez nous Richard Casey dont la carrière se résume à une poignée de clips musicaux et trois longs-métrages (dont un Horror House on Highway 6 en 2014) est on ne peut plus étrange. Curieux, dans sa manière de s'inviter sans y avoir été convié dans le grand tourbillon du cinéma fantastique et d'épouvante lorsqu'il convoque le personnage du Docteur Mabuse créé par l'écrivain luxembourgeois Norbert Jacques et adapté pour la première fois par le cinéaste allemand Fritz Lang en 1922 avec Doktor Mabuse, der Spieler en ne modifiant son patronyme que d'une seule lettre ajoutée (un R entre le A et le B). Ou lorsque en cette année 1985, il s'amuse des codes du slasher, du survival et du shocker estampillé ''années soixante-dix'' en pillant certaines des idées les plus folles de classiques de l'horreur tels que La colline a des yeux de Wes Craven ou Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper. Avançant son concept avec le peu de prudence requise mais au contraire avec une prétention et une vigueur qui n'appartiennent qu'à ceux qui ''osent'' malgré de faibles moyens budgétaires...


Sur un ton humoristico-horrifique, Richard Casey met en scène les étudiants Louise Kingsley (Susan Leslie), Sally Smith (Irene Cagen) et le fumeur de haschisch Michael Simpson (Michael Castagnolia) qui sur demande de leur professeur d'histoire acceptent de se rendre dans une région isolée de Californie afin de se renseigner au sujet de Frederick Bartholomew, un ancien scientifique allemand lié au développement des fusées V-2 durant la Seconde Guerre Mondiale. Là-bas, Sally fait la connaissance d'un certain Dr. Marbuse (Phil Therrien) qui pourrait lui apporter de précieuses informations concernant l'homme en question. Pendant ce temps là, ses deux camarades de classe vont se retrouver piégés dans une zone géographique ou sévit un tueur en série dont le visage est caché derrière un masque de l'ancien président des Etats-Unis, Richard Nixon ! L'une des caractéristiques principales de Horror House on Highway 5 qui pour certains possède un certain attrait propre au bordel généralisé qui règne au sein du récit est justement cette absence de réelle continuité scénaristique. Le chaos est presque total et le jeu confondant d'amateurisme de tous les interprètes finissent de donner au long-métrage de Richard Casey une aura que l'on ne rencontre généralement même pas dans les pires séries Z ! S'il est probable que de part son ambiance ''inédite'' et son approche sans commune mesure avec les deux classiques cités plus haut puisse séduire dans un premier temps le public, malheureusement, Horror House on Highway 5 est si mauvais que l'on finit davantage par subir le spectacle plutôt que de le savourer. Et pourtant, ce mélange entre slasher, satanisme, évocation des heures les plus sombres de l'histoire mondiale, occultisme ou présence de parasites cérébraux avait de quoi contenter les fans absolus de cinéma d'horreur. Malheureusement, fauché comme les blés, joué par des acteurs qui n'en sont pas réellement et mis en scène à grands coups de pelles, le film de Richard Casey n'est en réalité perceptible dans son originalité qu'à travers son invraisemblable bande sonore notamment composée par Suzanne McDermott et Kraig Grady. Un collage sonore, parfois bruitiste mais aussi musical, hétéroclite et très probablement enregistré dans le garage d'un lotissement abritant des américains de classe moyenne, la bande musicale donne à l'ensemble une étrange nature d’œuvre brute et psychédélique. Mais pour le reste, mon dieu ce que Horror House on Highway 5 peut être mauvais...

 

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