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jeudi 9 juillet 2026

Evil Dead Burn de Sébastien Vaniček (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Après la trilogie de Sam Raimi réalisée entre 1981 et 1992, le remake signé de Fede Álvarez en 2013, la série produite entre 2015 et 2018 intitulée Ash vs. Evil Dead, le décevant Evil Dead Rise de Lee Cronin en 2023 et avant le retour de la franchise prévue pour 2028 avec Evil Dead Wrath de Francis Galluppi, le sixième opus est sorti il y a une dizaine de jours sur les écrans français. Après que la direction du remake ait été confiée à un cinéaste d'origine uruguayenne et le suivant à un irlandais, cette fois-ci, Sam Rami a fait appel à un français. Auteur du très remarqué Vermines en 2023, le réalisateur et scénariste Sébastien Vaniček a donc accepté la lourde tâche de reprendre les rênes d'une saga légendaires dont on espère d'ailleurs qu'un jour son créateur réalisera un nouveau segment. Peut-être reprendra-t-il le récit là où il l'interrompit en 1992 avec Evil Dead 3 : L'Armée des ténèbres mais toujours est-il qu'aujourd'hui, l'américain n'assure une fois de plus que le rôle de producteur... Si Evil Dead Rise n'était franchement pas terrible au point que l'on pouvait presque espérer que la franchise s'arrête là, l'arrivée hier sur les écrans de cinéma de Evil Dead Burn était pourtant très attendue. D'autant plus qu'en mettant en avant un cinéaste hexagonal, le film a des chances de toucher la fibre patriotique de certains spectateurs avides de renouveau dans le domaine du cinéma d'horreur français. Et même si le film est une œuvre collectivement produite et interprétée par des artistes venus de différents continents, Sébastien Vaniček y imprime sa patte tout en imposant dans le rôle principal d'Alice, l'actrice suisse de trente-quatre ans Souheila Yacoub ainsi que les néo-zélandais Hunter Doohan, Tandi Wright et Luciane Buchanan et les australiens Maude Davey et George Pullar... Suivant des séquences pré et post-générique, Evil Dead Burn nous présente Alice dont l'époux Will (George Pullar) est récemment décédé dans un grave accident de voiture. Accueillie par sa belle-famille pour les obsèques, la jeune femme est mal à l'aise. Surtout vis à vis du beau-père Edgar (Erroll Shand) qui ne l'a jamais vraiment appréciée. Notamment idéalisé par sa belle-mère Susan (Tandi Wright), Will était pourtant un homme très violent. Une tare qui semble d'ailleurs être de famille puisque Edgar se montre également très agressif envers Alice mais aussi envers sa famille que complètent son fils Joseph (Hunter Doohan) et l'épouse de ce dernier, Thya (Luciane Buchanan)... Bien qu'il soit relativement facile de critiquer le scénario pour sa pauvreté, ce que réussissent très bien à démontrer Sébastien Vaniček et le scénariste Florent Bernard est le rapport ténu qui existe entre les événements fantastiques qui vont se produire et la violence intrafamiliale qui existe chez cette famille depuis plusieurs générations...


Du moins depuis celle qui concerne Edgar puisque au détour d'une simple photo et de quelques discussion entre les divers personnages l'on comprend également que le script tente le pari osé de lier les protagonistes avec le plus emblématique personnage de la saga, Ash Williams. Une photo témoigne donc de la filiation entre le héros des trois premiers longs-métrages et de la série, perpétuant ainsi la lignée familiale puisque après avoir découvert le père de Ash dans Ash vs Evil Dead, voici que l'on découvre désormais une partie importante de sa descendance... Evil Dead Burn traite de divers sujets. À commencer par le deuil, la famille (ici tout à fait dysfonctionnelle) pour se diriger ensuite vers le fantastique, l'horreur et l'épouvante dans un contexte démoniaque qui rejoint donc l'évocation de la violence qui semble irrésolument toucher les membres masculins de la famille... Pour ne rien changer à la grande tradition de la saga et pour ne surtout pas déroger à l'immuable règle qui régit la série de longs-métrages depuis ses origines, Evil Dead Burn se montre extrêmement généreux en terme d'hémoglobine. Du gore qui tâche, qui gicle, des morceaux de corps qui valdinguent dans toutes les pièces et des traumatismes corporels qui repoussent de très loin tout ce que l'on a pu voir depuis les origines de la saga en 1981 ! Il est même probable que les habitués du genre risquent à une ou deux occasions de faire la grimace devant certaines séquences quand d'autres, moins coutumiers du genre détourneront probablement le regard à diverses occasions. La caméra de Sébastien Vaniček déborde d'une énergie salvatrice. Entre un découpage ultra nerveux qui n'empêche cependant pas la pleine lisibilité et un plan-séquence aux trois-quarts du récit qui montre le brio du cinéaste en matière de mise en scène et de direction d'acteurs, le film est absolument jouissif. Crade mais néanmoins doté d'un humour noir parfois assez féroce, ce retour à la campagne de la franchise après un détour plus ''urbain'' prouve que Sam Raimi a eu raison de confier ce volet à Sébastien Vaniček. Notons que le cinéaste a de nouveau confié la bande-musicale au duo de compositeurs français Double Danger...

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