Après la trilogie de Sam Raimi réalisée entre 1981 et 1992, le
remake signé de Fede Álvarez en 2013, la série produite entre 2015
et 2018 intitulée Ash vs.
Evil Dead,
le décevant Evil
Dead Rise
de Lee Cronin en 2023 et avant le retour de la franchise prévue pour
2028 avec Evil
Dead Wrath
de Francis Galluppi, le sixième opus est sorti il y a une dizaine de jours sur les écrans
français. Après que la direction du remake ait été confiée à un
cinéaste d'origine uruguayenne et le suivant à un irlandais, cette
fois-ci, Sam Rami a fait appel à un français. Auteur du très
remarqué Vermines
en 2023, le réalisateur et scénariste Sébastien
Vaniček a donc accepté la lourde tâche de reprendre les rênes
d'une saga légendaires dont on espère d'ailleurs qu'un jour son
créateur réalisera un nouveau segment. Peut-être reprendra-t-il le
récit là où il l'interrompit en 1992 avec Evil
Dead 3 : L'Armée des ténèbres
mais toujours est-il qu'aujourd'hui, l'américain n'assure une fois
de plus que le rôle de producteur... Si Evil
Dead Rise
n'était franchement pas terrible au point que l'on pouvait presque
espérer que la franchise s'arrête là, l'arrivée hier sur les
écrans de cinéma de Evil
Dead Burn
était pourtant très attendue. D'autant plus qu'en mettant en avant
un cinéaste hexagonal, le film a des chances de toucher la fibre
patriotique de certains spectateurs avides de renouveau dans le
domaine du cinéma d'horreur français. Et même si le film est une
œuvre collectivement produite et interprétée par des artistes
venus de différents continents, Sébastien Vaniček y imprime sa
patte tout en imposant dans le rôle principal d'Alice, l'actrice
suisse de trente-quatre ans Souheila Yacoub ainsi que les
néo-zélandais Hunter Doohan, Tandi Wright et Luciane Buchanan et
les australiens Maude Davey et George Pullar... Suivant des séquences
pré et post-générique, Evil
Dead Burn
nous présente Alice dont l'époux Will (George Pullar) est récemment
décédé dans un grave accident de voiture. Accueillie par sa
belle-famille pour les obsèques, la jeune femme est mal à l'aise.
Surtout vis à vis du beau-père Edgar (Erroll Shand) qui ne l'a
jamais vraiment appréciée. Notamment idéalisé par sa belle-mère
Susan (Tandi Wright), Will était pourtant un homme très violent.
Une tare qui semble d'ailleurs être de famille puisque Edgar se
montre également très agressif envers Alice mais aussi envers sa
famille que complètent son fils Joseph (Hunter Doohan) et l'épouse
de ce dernier, Thya (Luciane Buchanan)... Bien qu'il soit
relativement facile de critiquer le scénario pour sa pauvreté, ce
que réussissent très bien à démontrer Sébastien Vaniček et le
scénariste Florent Bernard est le rapport ténu qui existe entre les
événements fantastiques qui vont se produire et la violence
intrafamiliale qui existe chez cette famille depuis plusieurs
générations...
Du
moins depuis celle qui concerne Edgar puisque au détour d'une simple
photo et de quelques discussion entre les divers personnages l'on
comprend également que le script tente le pari osé de lier les
protagonistes avec le plus emblématique personnage de la saga, Ash
Williams. Une photo témoigne donc de la filiation entre le héros
des trois premiers longs-métrages et de la série, perpétuant ainsi
la lignée familiale puisque après avoir découvert le père de Ash
dans Ash
vs Evil Dead,
voici que l'on découvre désormais une partie importante de sa
descendance... Evil
Dead Burn
traite de divers sujets. À commencer par le deuil, la famille (ici
tout à fait dysfonctionnelle) pour se diriger ensuite vers le
fantastique, l'horreur et l'épouvante dans un contexte démoniaque
qui rejoint donc l'évocation de la violence qui semble irrésolument
toucher les membres masculins de la famille... Pour ne rien changer à
la grande tradition de la saga et pour ne surtout pas déroger à
l'immuable règle qui régit la série de longs-métrages depuis ses
origines, Evil
Dead Burn
se montre extrêmement généreux en terme d'hémoglobine. Du gore
qui tâche, qui gicle, des morceaux de corps qui valdinguent dans
toutes les pièces et des traumatismes corporels qui repoussent de
très loin tout ce que l'on a pu voir depuis les origines de la saga
en 1981 ! Il est même probable que les habitués du genre
risquent à une ou deux occasions de faire la grimace devant
certaines séquences quand d'autres, moins coutumiers du genre
détourneront probablement le regard à diverses occasions. La caméra
de Sébastien Vaniček déborde d'une énergie salvatrice. Entre un
découpage ultra nerveux qui n'empêche cependant pas la pleine
lisibilité et un plan-séquence aux trois-quarts du récit qui
montre le brio du cinéaste en matière de mise en scène et de
direction d'acteurs, le film est absolument jouissif. Crade mais
néanmoins doté d'un humour noir parfois assez féroce, ce retour à
la campagne de la franchise après un détour plus ''urbain'' prouve
que Sam Raimi a eu raison de confier ce volet à Sébastien Vaniček.
Notons que le cinéaste a de nouveau confié la bande-musicale au duo
de compositeurs français Double
Danger...
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