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jeudi 9 juillet 2026

Amjeon (Warning: Do Not Play) de Kim Jin-won (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pressée par un collaborateur d'écrire le scénario de son prochain film, la jeune Park Mi-jung (Seo Yea-ji) cherche son inspiration dans un fait-divers très étrange qui se produisit dix ans en arrière. En effet, lors d'une projection en salle, une œuvre signée de Kim Jae-hyun (Jin Seon-kyu) provoqua l'hystérie et causa même la mort par crise cardiaque de l'un des spectateurs. Cherchant des témoins de l'affaire pouvant l'informer sur l'éventuelle possibilité de rencontrer l'auteur du long-métrage maudit et ainsi de mettre la main sur le film en question, Park Mi-jung ne sait pas encore qu'elle va mettre le pied dans une aventure terrifiante emplie de phénomènes étranges et paranormaux... Douze ans après son premier long-métrage The Butcher, le réalisateur et scénariste sud-coréen Kim Jin-won réapparaissait en 2019 sur grand écran avec Amjeon (Warning: Do Not Play), un petit film d'horreur souvent malmené par la critique et par les spectateurs qui le découvrirent lors de sa sortie. Pourtant, au sortir de la projection, on peut se demander ce qui poussa certains à s'acharner dessus comme s'il n'était que le pur produit d'un esprit dénué d'imagination, de sens de la mise en scène et de la direction d'acteurs. Il est vrai que pour sa seconde incartade dans le domaine de l'horreur au cinéma, Kim Jin-won ne facilite pas la tâche des spectateurs puisque son film se révèle relativement alambiqué. Partant sur un postulat pourtant très simple, soit l'enquête d'une jeune femme sur un événement plutôt étrange qui se produisit une décennie en arrière, le cinéaste sud-coréen traite d'un sujet qu'il ne maîtrise malheureusement pas tout à fait ! De plus, même si Seo Yea-ji se montre très convaincante dans le rôle de l'héroïne, surtout lorsqu'elle est amenée à exprimer un certain effroi teinté de révulsion lors des différentes apparitions ectoplasmiques durant la dernière partie du récit, il est difficile de s'attacher à ce personnage dont l'empathie pour ses concitoyens se juge à l'aune de ses ambitions. Créant ainsi une certaine forme d’ambiguïté, voire même d'incohérence entre sa réaction proprement épidermique face à l'entité du récit et son attitude très.... ''professionnelle'' lorsqu'il s'agit de prendre en photo tout élément pouvant agrémenter ses recherches et cela, en dépit du danger !


Un comportement invraisemblable puisque l'héroïne photographie froidement des scènes lors de certaines interactions avec des phénomènes paranormaux tout en étant par la suite prise de convulsions ! Ici, le film maudit agit comme un personnage à part entière tout en ayant des conséquences directes sur le personnage central du récit. Une mise en abîme du cinéma, de l'art créatif, qui possède son créateur et ceux qui participent à son élaboration. Kim Jin-won insiste d'ailleurs sur ce sujet en intégrant le concept de ''film dans le film'' où l'héroïne se retrouve directement impliquée au cœur de ce projet intitulé Warning qui en devient par conséquent assez nébuleux. Ici, le réalisateur tord le concept entourant l'utilisation d'outils audiovisuels (cassettes vidéos, caméras, etc...) en inversant les valeurs de ce que projette ou pas le téléphone dont Kim Jae-hyun fait un usage intensif. Dans le cas de Amjeon, l'objet n'est plus le révélateur des phénomènes paranormaux mais l'outil permettant de différencier les abominations auxquelles l'héroïne est directement confrontée de la réalité à laquelle celle-ci échappe lorsqu'elle ose enquêter sur les lieux du tournage maudit. Fasciné par le cinéma d'horreur outre-atlantique (Kim Jin-won voue notamment un culte au Evil Dead de Sam Raimi) ou par le cinéma déjanté du japonais Shinya Tsukamoto, auteur en outre du film culte Tetsuo, le réalisateur sud-coréen parvient malgré un brouillard scénaristique quasi permanent, à créer un certain trouble. Et ce, grâce à la totale implication de son interprète principale mais aussi grâce à des décors parfois très anxiogènes qui tranchent radicalement avec l'univers dans lequel la jeune femme évolue habituellement (l'école de cinéma et d'une manière plus générale, des bureaux s'inscrivant dans l'industrie du cinéma). On pense bien évidemment à l'appartement de Kim Jae-hyun, glauque à souhait, antre d'un esprit rendu fou par son projet de film maudit réalisé conjointement avec un..... fantôme (!?!). Et plus encore à ce théâtre abandonné où fut tourné Warning et où l'héroïne se lance dans une enquête périlleuse, confrontée à des phénomènes paranormaux, dans des décors sordides, mal éclairés, aidée seulement par la lumière et l'écran de son petit téléphone portable. Bref, une expérience assez curieuse, aux finitions approximatives, brouillonne mais néanmoins intrigante...

 

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