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jeudi 13 juin 2024

Halloween : Resurrection de Rick Rosenthal (2002) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 




''Que jamais tu ne repose en paix...''. C'est quasiment sur ces mots que se termine le dernier volet de la franchise Halloween avant que Michael Myers ne revienne sous l'impulsion de Rob Zombie en 2007 sous forme de remake. Une sentence à laquelle répondra le célèbre tueur au masque blanc à l'effigie de William Shatner en ouvrant une dernière fois les yeux dans le tout dernier plan le montrant allongé sur la table d'une morgue. Pourtant aucun autre épisode ne viendra confirmer son retour à la vie puisque entre Halloween : Resurrection et le remake sobrement intitulé Halloween de 2007, nul n'osa reprendre le flambeau. Il faut dire qu'avec ce huitième long-métrage consacré au croquemitaine de Haddonfield réalisé par Rick Rosenthal, ce dernier a réussi l'impensable : proposer une œuvre encore plus indigeste que l'avait été l'infâme Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers de Joe Chappelle. Alors qu'à l'époque la mode est aux émissions de télé-réalité également fort judicieusement appelée ''télé-poubelle'', plus de vingt ans après avoir réalisé le second volet de la franchise simplement intitulé Halloween II, Rick Rosenthal inscrit ce huitième opus dans cette mode consistant à enfermer de jeunes gens dans un environnement pour une durée plus ou moins longue afin de permettre aux spectateurs ''d'étudier'' leur comportement à l'écran. Et en terme d'analyse, on parle là bien évidemment de profiter des excès de langage, voire de bagarres au sein du groupe qui pourraient naître des dissensions. Après une première partie fort intéressante se situant dans un institut psychiatrique ayant accueilli Laurie Strode (toujours incarnée par Jamie Lee Curtis) duquel l'héroïne parvient à s'échapper, le réalisateur et les scénaristes Larry Brand et Sean Hood marquent un grand coup lors d'une séquence la montrant assassinée par son frère Michael. La suite, malheureusement, sera d'un tout autre ordre puisque situant l'action dans la demeure ayant servi de cadre aux événements de 1978. Désormais abandonnée et totalement délabrée, la demeure des Strode va être le théâtre d'une émission diffusée sur les réseaux sociaux et à laquelle vont participer une petite poignée de protagonistes. Bill Woodlake, Donna Chang, Jen Dantzig, Jim Morgan, Rudy Grimes et Sara Moyer rejoignent le réalisateur de l'émission Freddie Harris (incarné par le rappeur Busta Rhymes) et son assistante, Nora Winston. Après un court briefing et l'installation de plusieurs caméras dans des lieux stratégiques de la demeure, les six jeunes candidats arrivent afin de l'explorer et de découvrir les raisons pour lesquelles Michael est devenu un tueur.


Bien entendu, l 'intrigue s'inscrit au moment même où les festivités d'Halloween débutent. L'occasion pour Michael Myers de réapparaître et d'assassiner l'un après l'autre les membres de l'équipe de tournage, les créateurs de l'émission ainsi que les six candidats. Un concept intéressant. L'angle choisit est en effet pour l'époque quelque peu original mais son traitement est malheureusement des plus pauvre. Rien en réalité ne différencie vraiment Halloween : Resurrection du plus banal des slashers. Même pas l'environnement, étonnamment nu malgré la confirmation que le mobilier d’origine est demeuré en l'état. Le réalisateur jongle entre l'action mettant en scène les six candidats et la projection sur Internet d'images parasitées à laquelle assistent les invités d'une fête d'Halloween se situant dans ce qui semble être la bibliothèque de leur hôte ! L'une des spécification du cinéma d'horreur est l'absence quasi systématique de caractérisation des personnages. Et c'est encore plus vrai lorsqu'il s'agit des slashers. En général, nous avons droit à des adolescents ou de jeunes adultes très bas du front, amateurs de petites culottes, d'herbe, de résine de cannabis ou d'alcool. Bref, une belle brochette d'étudiants ayant pour coutume de régner par la terreur au fond des classes ou étant à contrario parmi les élèves les plus populaires (ou pour être précis, les meilleurs sportifs de leur université). S’insère en général dans ce type de groupe une tête pensante qui a souvent la particularité d'être le ou la seul(e) survivant(e) du récit. Ceux qui évoluent dans Halloween : Resurrection semblent certes moins portés sur ce type de ''récréations'', ce qui n'en fait pas pour autant des protagonistes plus captivants. Ici, l'absence de caractérisation étant poussée à son paroxysme, il devient très rapidement illusoire de ressentir le moindre stress pour l'un ou l'autre tant leur sort nous indiffère. Et pour un film qui veut s'inscrire dans les genres horreur et épouvante, l’œuvre de Rick Rosenthal est redoutablement inefficace ! Quand bien même le concept de caméra embarquée, fixée par le biais d'un harnais sur la tête des participants, pouvait avoir un certain intérêt, surtout à l'époque de la sortie du film, le résultat n'en est pas pour autant satisfaisant. Bref, Rick Rosenthal conclu la franchise de la pire des manières. Heureusement, Rob Zombie viendra par la suite remettre un peu d'ordre dans ce fatras d'ineptie avec son remake Halloween et sa suite directe, Halloween 2...

 

mercredi 12 juin 2024

Halloween, 20 ans après de Steve Miner (1998) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avec l'infâme Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers sorti en 1995, le réalisateur Joe Chappelle aurait pu signer la fin de la franchise consacrée à l'un des plus célèbres croquemitaines du cinéma d'horreur, Michael Myers. Pourtant, entre ce sixième chapitre et le suivant intitulé Halloween, 20 ans après, l'attente aura été moins longue qu'entre le troisième et le quatrième, le cinquième et le sixième, ou même bien plus tard entre le Halloween : Resurrection de 2002 et le premier volet de la trilogie réalisée par David Gordon Green en 2018 sobrement intitulé Halloween. Mis en scène par Steve Miner auquel on doit le très sympathique House mais aussi l'immonde Day of the Dead, Halloween, 20 ans après marque les débuts de l'acteur Josh Harnett dont le look et l'attitude ne changeront pas d'un iota lorsque la même année Robert Rodriguez le dirigera dans The Faculty mais marque aussi et surtout le grand retour de Jamie Lee Curtis dans le rôle légendaire de Laurie Strode après une absence longue de dix-sept ans ! Malheureusement, le long-métrage offrira également l'occasion de constater la disparition du docteur Samuel Loomis incarné pour l'éternité par le formidable Donald Pleasence depuis les débuts de la franchise. Si la voix de ce personnage au moins aussi important que Laurie Strode et Michael Myers résonne dans ce septième long-métrage de la saga, ce n'est pas celle de Donald Pleasence que nous aurons l'occasion d'entendre au tout début de l'intrigue mais celle de l'américain Tom Kane, acteur surtout connu pour avoir prêté sa voix dans un certain nombre de dessins animés ainsi que pour divers personnages de l'univers Star Wars... Alors que Jamie Lee Curtis avait expressément demandé que son personnage soit tué dans un accident à l'issue de sa dernière apparition à l'écran afin de ne plus être contrainte de l'interpréter, la voici qui pourtant réapparaît vingt ans plus tard, plus obsédée par son frère que jamais, d'autant plus que la fête d'Halloween se profile. Se cachant depuis toutes ces années sous une fausse identité, Laurie Strode, qui désormais se fait appeler Keri Tate, est mère d'un fils prénommé John qu'incarne donc le jeune Josh Hartnett. N'excédant pas les quatre-vingt sept minutes, Halloween, 20 ans après s'avère un épisode particulièrement nerveux, bien meilleur que le précédent opus et même que certains qui leur furent antérieurs.


Cet épisode échappe enfin à l'univers lié à la petite communauté de Haddonfield où avaient un peu trop tendance à se retrouver tous les personnages des anciens épisodes. Désormais, l'intrigue se déroule en Caroline du Nord où elle endosse le rôle de directrice d'un pensionnat privé du nom d'Académie de la Haute École où elle vit avec son fils. Laurie a beau vivre à des centaines de kilomètres de Haddonfield, cela ne l'empêche pas de craindre un éventuel retour de Michael dans sa vie et par extension dans celle de John. Toujours soucieuse de son bien-être, celle-ci décide pour une fois de lâcher du lest afin de lui permettre de partir pour le week-end avec ses camarades. Mais John a prévu tout autre chose en compagnie de sa petite amie Molly Cartwell (Michelle Williams) et de deux autres de leurs camarades. Ceux-ci ont en effet décidé de demeurer au pensionnant pour le week-end. Mauvaise idée puisque le frère de Laurie, Michael, va justement choisir ce jour là pour réapparaître. Avec Halloween, 20 ans après, le réalisateur Steve Miner ainsi que les scénaristes : Matt Greenberg et Robert Zappia décident non pas de remettre les pendules à zéro mais plutôt à l'heure, faisant ainsi fi de tout ou presque des événements qui purent se dérouler jusque là lors des précédents épisodes. Mais comment faire ? C'est bien simple : En faisant apparaître en préambule le personnage de Marion Chambers Whittington, assistante du docteur Samuel Loomis qui n'était plus reparue à l'image depuis l'issue du second épisode et qui possède dans ce septième volet, le dossier concernant Jamie Strode. Des informations confidentielles qui vont donc permettre à Michael de retrouver la trace de sa sœur. De retour sur le devant de la scène, Laurie Strode n'est donc plus la mère de Jamie Lloyd qui par conséquent ne semble jamais avoir existé. Si Halloween, 20 ans après parvient à donner un coup de fouet à la franchise et ainsi à la rajeunir, la bande son empreinte de lyrisme étonne pourtant beaucoup. Et si le célèbre thème de John Carpenter est une fois encore au rendez-vous, son orchestration démontre combien le minimalisme de la composition originale collait parfaitement au caractère de l’œuvre séminale. On l'attendait depuis longtemps cet affrontement viril entre Laurie et Michael. Nous voici donc récompensés. Le film est bien rythmé, sans temps morts et nantis de meurtres exaltant notre goût du sang. Quand au final, particulièrement brutal, il ne pouvait être envisagé autrement... Bref, un opus très réussi...

 

mardi 11 juin 2024

Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers de Joe Chappelle (1995) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

J'évoquais dans le précédent article consacré à Halloween 5 : La Vengeance de Michael Myers la grande médiocrité du cinquième opus de la franchise Halloween commis par le réalisateur suisse Dominique Othenin-Girard. C'était bien entendu sans avoir vu le sixième, intitulé Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers et réalisé par un certain Joe Chappelle, auteur l'année suivante du quatrième volet de la saga Hellraiser et qui en cette année 1995 allait signer cette improbable séquelle située une nouvelle fois à Haddonfield. Comment envisager ou deviner que ce réalisateur d'origine américaine allait pousser le curseur de la médiocrité dans ses derniers retranchements ? C'est donc désormais chose faite. Cependant, Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers n'est pas tout à fait dénué de tout intérêt. Car si la mise en scène, le scénario et l'interprétation s'avèrent généralement piteux, il demeure quelques détails fort intéressants qu'il ne faudrait surtout pas passer sous silence. Car dans cette nouvelle aventure de Michael Myers, il est fondamental de prendre en considération certains choix faits par le réalisateur ainsi que par le scénariste Daniel Farrands. Comme celui de réintégrer l'un des personnages emblématiques de la franchise qui avait disparu depuis l’œuvre originale de 1978. Passons sur la ridicule introduction d'une secte de type religieuse pour nous concentrer sur ce personnage qui plus de dix ans auparavant était donc apparu très jeune à l'écran, au contact de Laurie Strode, l'héroïne du long-métrage réalisé alors par John Carpenter, laquelle était en charge de le garder tandis que le gamin s'était laissé persuadé par plusieurs de ses camarades qu'il était poursuivi par le célèbre croquemitaine. Apparaissant sous forme d'archives vidéos dans le second volet de la franchise, Tommy (alors incarné par l'acteur Brian Andrews) disparu des radars pour ne réapparaître finalement que dans ce sixième opus sous les traits de l'acteur Paul Rudd. Depuis devenu adulte, son obsession pour les événements survenus deux décennies auparavant et pour le tueur en particulier l'ont poussé à collectionner de manière compulsive tout document se référant à la tragédie et aux individus qui furent au centre de l'affaire. Dans ce sixième volet, la jeune héroïne Jamie Lloyd désormais interprétée par l'actrice J.C. Brandy ne fera pas long feu puisqu'elle sera rapidement assassinée par son oncle dans une grange. Sa mère étant prétendument décédée deux épisodes plus tôt dans un grave accident de voiture, il fallait bien donner du grain à moudre à Michael Myers en créant une fois encore un nouveau rejeton à la famille Strode en la personne de Steven, prénom donné par Tommy qui le découvrira planqué dans une armoire (!!!).


Désormais incarné par l'acteur A. Michael Lerner, le personnage du Boogeyman est au centre d'une polémique relativement brûlante et qui change selon le point de vue des producteurs et du réalisateur ainsi que celui de la version proposée. Pour bien comprendre la chose, il faut remonter au début de ce sixième chapitre lors duquel Jamie Lloyd met au monde un bébé. Considérée disparue au même titre que Michael Myers à la toute fin du précédent volet, la voici entre les mains de curieux individus encapuchonnés qui attendaient apparemment jusque là la naissance du fils de la jeune femme. Un culte druidique dont fait partie le mystérieux homme vêtu de noir qui à la toute fin de Halloween 5 : La Vengeance de Michael Myers avait aidé Michael Myers à s'échapper et avait enlevé Jamie. Le projet de cette folle et obscure organisation étant apparemment de sacrifier l'enfant de la jeune femme. Celle-ci parvenant à prendre la fuite pour se diriger vers Haddonfield, une question se pose alors : qui est le père de l'enfant ? C'est là que repose toute l’ambiguïté de cet épisode fort médiocre (et je reste poli). Car si officiellement celui-ci fut conçu in vitro à partir du sperme de Michael Myers (amusant si l'on considère dans quelles conditions sa semence a pu lui être prélevée), les producteurs envisagèrent une formule nettement plus... ''sale''. En clair, Michael aurait couché avec sa nièce qui de surcroît n'était âgée que de quinze ans !!! Imaginons un seul instant que le film soit sorti en 2024 avec l'idée très précise d'une adolescente violée par l'un des membres de sa propre famille... Hein ? Non, je l'avoue ça ne l'aurait pas vraiment fait... Quoique... Pour le reste, Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers est dans cette version 'théâtrale'' de quatre-vingt huit minutes d'une indigence presque totale. Dans laquelle, le scénario, peu aidé par un montage anarchique, est totalement incohérent. En cause, la coupe nette et franche d'un certain nombre de séquences impactant directement le réalisateur qui la voulait ainsi. Laissant en outre un très désagréable arrière-goût dans la bouche lorsque l'on sait qu'il s'agissait là de l'antépénultième apparition de l'acteur Donald Pleasence sur grand écran, lequel allait nous quitter sept mois avant que le film ne sorte sur le territoire américain tandis que Joe Chappelle allait s'amuser à expurger le film d'un certain nombre de séquences mettant en scène le docteur Samuel Loomis... Disparition du joli minois de Danielle Harris qui incarnait Jamie dans les deux précédents épisodes et apparition du visage très concrètement disgracieux de ce pauvre Devin Gardner qui incarne le tout jeune Danny Strode. Il est presque fascinant de constater à quel point le film est perclus de protagonistes peu à même d'engendrer l'empathie. Bref, comme vous l'aurez compris, Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers demeurera comme le pire segment de la franchise...



 

lundi 10 juin 2024

Halloween 5 : La Revanche de Michael Myers de Dominique Othenin-Girard (1989) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Retour un an seulement après Halloween 4 : Le Retour de Michael Myers de Dwight H. Little pour le tueur au masque blanc à l'effigie (quelque peu foireuse) de William Shatner avec un Halloween 5 : La Revanche de Michael Myers cette fois-ci mis en scène par le réalisateur suisse Dominique Othenin-Girard. C'est fou les progrès qu'a pu faire Michael Myers en terme de conduite en aussi peu de temps. Le voilà maintenant au volant d'un bolide au moteur rugissant ayant appartenu à l'une de ses toutes récentes victimes. Si le plus résistant des croquemitaines (au même titre qu'un certain Jason Voorhees) semble ''évoluer'' vers plus ''d'humanité'' (outre le fait qu'il conduit, il accepte d'arrêter son véhicule afin que sa passagère puisse aller s'acheter des cigarettes), il en est une qui par contre semble avoir régressé : La jeune et adorable Jamie (Danielle Harris) qui depuis le précédent épisode a perdu la voix. Désormais muette, la jeune fille a en revanche obtenu la capacité de pouvoir vivre en temps réel les assauts perpétrés par son psychopathe d'oncle, qu'il demeure à proximité ou éloigné de la gamine. Ce qui nous vaut quelques séquences lors desquelles l'actrice étend son jeu et sa panoplie d'émotions au delà de ce qu'elle avait déjà pu exprimer lors du précédent volet. Il est d'ailleurs presque dommage que l'usage de la parole lui soit ôté durant la moitié de ces nouvelles aventures (d'autant plus que le doublage de l'actrice américaine dans notre langue est au mieux ridicule et au pire, totalement insupportable!). Après un quatrième opus sympa mais manquant foncièrement d'hémoglobine, on espère donc que Halloween 5 : La Revanche de Michael Myers nous offrira des meurtres plus sanglants et surtout directement filmés devant l'objectif de la caméra et non plus hors-champ. En la matière, le meurtre du petit ami de Tina Williams (Wendy Kaplan) prénommé Mike (Jonathan Chapin en mode ''Fonzie'') est intéressant puisque le tueur lui enfonce une griffe de jardin en plein crâne sans que la scène ne soit coupée. Un effet qui rappelle vaguement le meurtre à la hache de Marcie Stanler, l'une des adolescentes massacrées dans le premier volet de la franchise Vendredi 13 en 1980. Parmi les personnages que l'on rencontrait dans le précédent épisode de la franchise, et outre celui incarné par Danielle Harris, l'on retrouve bien évidemment Michael Myers qui cette fois-ci est interprété par Don Shanks.


Une nouvelle incarnation pour un tueur apparemment amateur de jardinage puisqu'entre la griffe de jardin, la faux ou la fourche, Michael Myers y troque très souvent son couteau de cuisine contre ces objets d'usage courant. Rachelle Carruthers (Ellie Cornell) intervient elle aussi à nouveau mais dans une moindre mesure puisque sa place au sein du récit sera atténuée par la présence de son amie Tina qui deviendra donc la véritable héroïne de ce cinquième opus au même titre que Jamie ou que le docteur Samuel Loomis interprété pour l'avant-dernière fois par l'acteur Donald Pleasence. Halloween 5 : La Revanche de Michael Myers demeure sans doute l'un des volets les plus faibles de la franchise. Faible mais aussi sûrement le seul qui puisse générer autant d'agacement auprès des spectateurs. La raison en est simple : alors que le shérif Ben Meeker est toujours présent, incarné une fois encore par l'acteur Beau Starr, Dominique Othenin-Girard et les scénaristes Shem Bitterman et Michael Jacobs préfèrent majoritairement présenter l'autorité sous le visage d'un binôme de subalternes complètement débiles, accompagnés par une litanie à l'aune de leur attitude totalement désengagée des événements se produisant au sein de la petite localité d'Haddonfield. Le réalisateur semble avoir d'ailleurs volontairement choisi de les faire passer pour un duo de crétins incapables, l'un d'eux se dandinant de façon grotesque afin d'accentuer le caractère débile du personnage. Sans doute un moyen, fort peu opérationnel, d'apporter une note d'humour. Chose incompatible avec le contexte et qui de toute manière ne fonctionne absolument pas ! La présence de cet improbable duo qui fort heureusement ne gangrène qu'une partie congrue du long-métrage n'empêche pas le reste du récit d'être difficilement soutenable. Entre une Jamie qui passe la seconde partie du long-métrage à pleurer, gueuler ou gémir (le doublage d'Isabelle Noérie étant un supplice, on aurait presque finalement préféré qu'elle reste muette), des adolescentes pas vraiment finaudes et de fausses apparitions de Michael Myers un peu trop répétitives, il n'y a guère que la présence Donald Pleasence incarnant un Docteur Loomis totalement obnubilé ou la scène finale située dans la demeure originelle de Laurie Strode (dont le grenier semble être devenu l'antre du tueur) pour sauver le film du naufrage complet. Bref, le retour de Michael Myers un an après les événements du quatrième volet est un raté quasi complet !

 

dimanche 9 juin 2024

Halloween 4 : Le Retour de Michael Myers de Dwight H. Little (1988) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Après un étonnant virage pris par le troisième opus intitulé Halloween 3 : Le Sang du sorcier et dans lequel les fans de Michael Myers ne trouvèrent nulle trace de leur tueur préféré, la franchise allait s'enrichir six ans plus tard d'un quatrième long-métrage cette fois-ci titré Halloween 4 : Le Retour de Michael Myers. Un retour en grande forme pour cet assassin décidément très coriace et toujours poursuivi par le docteur Samuel Loomis, personnage incarné ici pour l'antépénultième fois à l'écran par le génial Donald Pleasence. Michael Myers revient donc après sept ans d'absence mais chronologiquement, dix années après avoir commis les meurtres qui ont fait sa ''renommée'' lors de la fête d'Halloween dans la petite communauté d'Haddonfield. Plongé dans le coma, il doit être transféré de l’hôpital psychiatrique dans lequel il séjourne depuis toutes ces années jusque dans un nouvel établissement hospitalier. Mais bien évidemment, rien ne va se dérouler comme prévu et s'éveillant de son long sommeil, il va tuer les ambulanciers et prendre la fuite afin de rejoindre Haddonfield où il compte bien ''terminer le travail'' consistant à tuer sa sœur Laurie Strode qui jusque là était interprétée par Jamie Lee Curtis. Mais le scénario invoquant son décès dans un accident de voiture un peu moins d'un an auparavant sur demande express de l'actrice elle-même, celle-ci n'apparaîtra pas un seul instant à l'image. Tiens, d'ailleurs, en parlant de voitures. Saviez-vous que Michael savait conduire ? Non ? Et bien Halloween 4 : Le Retour de Michael Myers offrira l'occasion de le découvrir, Mouarf ! Maintenant, pour pallier à l'absence de la jeune sœur de Michael, comment faire ? C'est bien simple : inventer un nouveau personnage en la personne de Jamie Lloyd, la propre fille de Laurie. Personnage qui apparaîtra par la suite dans les cinquième et sixième opus de la franchise. N'ayant pas abandonné son métier d'actrice depuis son apparition dans le rôle de la craquante Jamie, Danielle Harris a continué à consacrer une partie de sa carrière au cinéma d'horreur, donnant également de la voix pour des jeux vidéos ou des films d'animation. Visage très connu des anciennes générations puisqu'elle figura notamment aux génériques du Dernier samaritain de Tony Scott en 1991, de Daylight de Rob Cohen en 1996 ou de Urban Legend de Jamie Blanks deux ans plus tard, on peut comprendre que Danielle Harris ait réussi à faire une carrière au cinéma qui persévère encore de nos jours tant son incarnation de la nièce de Michael Myers est convaincante.


Ce dernier est quant à lui interprété par George P. Wilbur, lequel prend la relève après Nick Castle pour le premier volet de la franchise et Dick Warlock pour le second. Concernant les autres rôles l'on trouve la famille adoptive de Jamie et parmi ses membres, la jeune Rachel qu'interprète l'actrice Ellie Cornell, laquelle devra s'occuper de la gamine le soir d'Halloween durant l'absence de ses parents. Une nuit mouvementée comme on le devine aisément, impliquant les habitants d'Haddonfield, sachant maintenant comment se comporter face au tueur impitoyable. Halloween 4 : Le Retour de Michael Myers faillit ne jamais voir le jour après les désastreux résultats rencontrés par le troisième opus de la franchise. Surtout, le public ne rêve alors que d'une chose : la réintégration de Michael Myers au sein du récit. Chose qui sera donc faite ici. Pas mauvais en soit, ce quatrième long-métrage de la saga se décompose en deux parties. La seconde, beaucoup moins ouverte que la première situe la majeure partie de son action à l'intérieur de la demeure du shérif Ben Meeker (l'acteur Beau Starr). Un représentant de la loi qui pour une fois dans l'histoire du cinéma d'épouvante ne mettra pas trois plombes avant de réaliser le danger ! L'un des gros points noirs du long-métrage se situe dans l'absence quasi systématique d'hémoglobine à l'image. Un comble pour un slasher. La majeure partie des meurtres sont effectivement tournés hors-champ. C'est donc à ce sujet, une grosse déception. Ensuite, Halloween 4 : Le Retour de Michael Myers reste quant même mois soporifique que l'original et peut même amuser devant tant d'incohérences. Michael Myers est un magicien. Un illusionniste qui peut apparaître à deux endroits différents à seulement quelques minutes d'intervalle. Pour exemple, la séquence lors de laquelle le shérif, Jamie, le docteur Loomis et Rachel filent tout droit jusqu'à la demeure du premier pour s'y calfeutrer en compagnie de deux officiers chargés de fermer toutes les voies d'accès. On est bien d'accord ? Michael Myers est bien censé se trouver à quelques kilomètres de distance ? À pieds ? Sans moyens de locomotion même si maintenant on sait qu'il est capable de se servir d'un embrayage, d'un frein et d'un accélérateur ? Alors, comment expliquer sa présence dans la maison du shérif ? D'autant plus qu'il y débarque avec la discrétion d'un chat parti en chasse contre toute une famille de souris. Mais bon, c'est sans doute ce que l'on appelle la magie du cinéma. Oups, j'allais oublier : le film est signé par Dwight H. Little qui signera notamment sa propre adaptation du Fantôme de l'opéra et qui retrouvera en outre la jeune Danielle Harris deux ans plus tard sur le tournage de Désigné pour mourir avec en vedette, Steven Seagal... Quant à Michael Myers, il réapparaîtra dès 1989 dans un cinquième volet intitulé Halloween 5 : La Revanche de Michael Myers et réalisé cette fois-ci par le suisse Dominique Othenin-Girard...

 

vendredi 23 décembre 2022

Halloween II de Rick Rosenthal (1981) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

William Shatner is back ! Oups ! Je voulais dire, Michael Myers is back et il n'est pas content. Et pas mort non plus, donc, malgré les six balles qu'il a reçu dans le buffet à la fin du précédent volet de la franchise Halloween. Toujours affublé de son sinistre masque blanc à l'effigie du plus ancien (enfin, pas vraiment) capitaine du vaisseau Enterprise de la franchise Star Trek, le voilà qui continue à arpenter les rues d'Haddonfield, toujours à la recherche de Laurie Strode qu'interprète une fois encore l'actrice Jamie Lee Curtis alors âgée de vingt-trois ans... J'ai beau être en admiration devant la très grande majorité des œuvres signées de John Carpenter, je continue malgré tout à admettre mon rejet vis à vis de son troisième long-métrage après le très moyen Dark Star en 1974 et le génial Assaut deux ans plus tard. Alors je sais, je sais. Halloween est majoritairement apprécié, voire adulé par les fans purs et durs. Ça n'est pourtant pas la peine de me jeter des tomates pourries, de vouloir me guillotiner sur la place publique ou vomir telle ou telle insanité puisque de toute manière, rien ne pourra me faire changer d'avis sur cette œuvre que j'ai toujours, et que je continuerai quoi qu'il arrive, à juger d'ennuyeuse... Évaluant que le second opus avait peu de chance d'être aussi soporifique que ne l'était l’œuvre de John Carpenter (ici à la production et à l'écriture), il m'aura tout de même fallut attendre quarante et une année pour ressentir le besoin de découvir cette séquelle désormais signée de Rick Rosenthal, lequel a depuis vogué entre, clips vidéos, téléfilms (Les oiseaux 2), séries télévisées (Demain à la une) et longs-métrages cinématographiques (American Dreamer). Halloween II démarre là où les événements du premier prirent fin. Autant dire que l'on peut tout aussi bien se farcir les deux volets à la suite sans que l'on ait véritablement l'impression que trois années d'interruption les séparent !


En amoureux de cinéma d'épouvante en général et sans doute de celui de George Romero en particulier, Rick Rosenthal offre plusieurs clins d’œil au premier long-métrage du réalisateur originaire de Pittsburgh, La nuit des morts-vivants. Car ne l'oublions pas : comme l'indique le titre du film, le récit se déroule la nuit d'Halloween est il s'avère donc logique que les foyers accueillent cette nuit là sur leurs petits écrans de télévision ce classique de l'horreur et de l'épouvante datant de 1968. il apparaît même que les programmateurs n'ont laissé d'autre choix aux spectateurs que d'assister à la projection de ce seul long-métrage puisqu'à l’hôpital où chez l'habitant, c'est le même programme qui est proposé. Les plus vicieux s'amuseront d'ailleurs peut-être à vérifier si l'échelle de temps est respectée entre la projection de La nuit des morts-vivants qui intervient à plusieurs reprises durant le récit et les aventures se situant au cœur d'Haddonfield ! En France l'on remarquera surtout un doublage du classique de George Romero qui n'a plus rien de commun avec celui que l'on connaissait jusque là. Un détail... Concernant Halloween II à proprement parler, c'est l'occasion de redécouvrir Laurie Strode et Michael Myers mais aussi et surtout le Docteur Loomis, toujours incarné par le génial Donald Pleasence. Dans cette seconde mouture, la jeune héroïne est emmenée d'urgence dans un hôpital entre les murs duquel se déroulera la majorité du récit. Dehors, la ville se soulève et les habitants d'Haddonfield semblent être mus par l'esprit collectif de la vengeance...



Celle et ceux qui découvrirent Halloween Kills de David Gordon Green en 2021 sont en terrain connu puisque ce dernier n'est autre qu'un reboot des secondes aventures de Laurie Strode et de Michael Myers. Si les choses entre l’œuvre originale de 1978 et celle de 1981 n'ont pas fondamentalement évoluées, Rick Rosenthal gratifie par contre les amateurs de slashers d'un Bodycount nettement plus important que trois ans auparavant puisqu'il double le nombre de cadavres. Des meurtres souvent originaux même si certaines situations se montreront forcément invraisemblables comme le démontreront certaines séquences. Jamie Lee Curtis est sous-employée durant les deux tiers du long-métrage puisque allongée dans un lit d’hôpital. Elle demeurera figée pendant la première heure avant de subitement sortir de sa catatonie ! Halloween II introduit le personnage de Jimmy (l'acteur Lance Guest), un adolescent étonnamment préoccupé par la sécurité de Laurie mais qui se montrera relativement inquiétant à certaines occasions. Ponctué de séquences de dialogues parfois relativement ''Soap'', Halloween II bénéficie de quelques sympathiques trouvailles comme lorsque Michael Myers surgit subitement dans le cadre pour être ensuite filmé derrière son épaule gauche. Le réalisateur reprend quelques idées de l’œuvre originale comme lorsque le boogeyman sort lentement de l'obscurité. Un effet toujours aussi efficace. Dans l'ensemble, le film se tient mais paraît à vrai dire se rapprocher davantage du principal concurrent de la franchise (le Vendredi 13 de Sean S. Cunningham et ses suites) que du film de John Carpenter dans le traitement des meurtres. À noter l'esprit parfois ''Giallesque'' de certaines séquences, comme ce flash-back assez piteux intervenant au milieu du récit ou ce plan relativement esthétique filmant en plongée et en noir et rouge le cadavre d'un infirmière vidée de son sang et d'un homme étalé à ses côtés dans une mare écarlate. Il faudra attendre 1988 et le réalisateur Dwight H. Little pour retrouver les principaux protagonistes de la franchise avec... Halloween IV. Car comme les fans le savent très bien le troisième volet Halloween 3 : Le Sang du sorcier réalisé par Tommy Lee Wallace n'a absolument rien à voir avec les autres épisodes si ce n'est son titre et la présence de John Carpenter à la production...

 

samedi 5 novembre 2022

Halloween Ends de David Gordon Green (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 

 


 

Alors qu'il est en plein tournage d'une suite supposée directe de L'exorciste réalisée par William Friedkin en 1973, David Gordon Green signe en 2022 ce qui s'apparente à l'ultime retour de l'un des plus célèbres boggeymen du l'histoire du cinéma, Michael Myers. C'est en tout cas ainsi que l'envisage le réalisateur américain qui de toute manière vient de perdre les droits de la franchise au profit de Malek Akkad, fils du célèbre producteur syrien Moustapha Akkad qui produisit en autres longs-métrages les huit premiers films Halloween réalisés entre 1978 et 2002. Pour cette dernière aventure intitulée Halloween Ends, David Gordon Green reprend un principe qui aurait pu et même dû être envisagé à l'issue du quatrième volet puisque à la fin de celui-ci, le personnage de Jamie Lloyd qu'interprétait alors l'actrice Danielle Harris semblait devoir reprendre le flambeau après que Michael Myers soit tombé au fond d'un puits de mine. Si l'actrice réapparaissait bien dans son rôle dans le cinquième long-métrage, Michael Myers également... À l'issue de Halloween Kills sorti l'année passée, on pouvait se demander dans quelle direction allaient se diriger les événements dans l'ultime volet de la trilogie réalisée par David Gordon Green. Le réalisateur ne tarde pas à apporter une réponse franche puisque dès l'entame l'on fait la connaissance d'un nouveau personnage du nom de Corey Cunningham. Incarné par l'acteur canadien Rohan Campbell, celui-ci ouvre les hostilités en tuant accidentellement un gamin dont les parents lui avaient confié la charge durant quelques heures. Arrêté, puis emprisonné après avoir été condamné à passer quatre ans derrière les barreaux, Corey revient dans la ville de Haddonfield où furent perpétrés nombre de massacres de la part de Michael Myers. Un monstre qui depuis a cessé de nuire de manière directe mais qui a laissé un profond traumatisme parmi les habitants de la petite localité. Là, le jeune homme qui travaille dans une casse auprès de son père Ronald (l'acteur Rick Moose) rencontre des difficultés pour s'intégrer. D'autant plus qu'en ville, certains se souviennent de lui et du meurtre qu'il a involontairement commis quatre ans auparavant. Il y fait également la connaissance de Laurie Strode (éternelle héroïne de la franchise, toujours interprétée par l'actrice Jamie Lee Curtis) et de sa petite-fille Allyson (Andi Marichak) qui a survécu aux précédentes attaques de Michael Myers...


Théoriquement (tout cela dépend de ce qu'aura l'intention de faire des droits de la franchise Malek Akkad), Halloween Ends devrait donc être le dernier volet consacré au tueur masqué et armé d'un couteau de cuisine. Si la fin ne convainc pas la totalité du public, alors comment le prochain réalisateur devra-t-il s'y prendre pour qu'une fois pour toute la ville d'Haddonfield soit définitivement débarrassée de son sinistre boogeyman ? Pour ce troisième opus, David Gordon Green ne se contente pas de reprendre la recette ultra classique du tueur semant la mort sur son chemin. Et même si le bodycount est plutôt satisfaisant et les meurtres parfois très saignants, le réalisateur américain semble davantage s'intéresser aux traumatismes engendrés par la série de meurtres commis précédemment. Mort mais hantant la population, le fantôme de Michael Myers va prendre tout d'abord forme de manière tout à fait inattendue. Cette approche d'une localité dont les habitants ne se sont toujours pas remis des décès de leur proches et amis revêtant alors le visage apparemment innocent du jeune Corey Cunningham. Un gamin psychologiquement perturbé, marginalisé, entretenant une relation ambiguë avec l'une des survivantes du précédent opus, que le réalisateur va utiliser comme second couteau et comme miroir d'un tueur qui reviendra de toute façon, qu'on le veuille ou non. De cette manière de faire réapparaître le célèbre tueur portant un masque de William Shatner blafard et inexpressif l'on peut douter de la véracité. Comme si Halloween Ends explorait l'éventualité d'un retour à la vie du boogeyman par l'entremise d'une psyché profondément atteinte à l'image d'une ville marquée par l'horreur. Et plus intimement lié à ce jeune garçon, Corey, qui plus que le tueur innocent réapparaissant après quatre ans d'enfermement va se révéler être comme une catharsis des pulsions qui couvent à Haddonfield...


Corey peut être envisagé comme une vision moderne du Arnold Cunningham de Christine, le chef-d’œuvre inviolable signé par John Carpenter en 1983. Corey ne travaille-t-il pas dans une casse quand Arnold, lui, traînait et trouvait dans l'une d'elles les pièces lui permettant de réparer sa Plymouth Fury de 1957 ? Les deux garçons, marginaux l'un comme l'autre n'entretiennent-ils pas une relation nouvelle avec une jeune femme ? Ne portent-ils pas le même nom ? L'approche des deux réalisateurs de l'univers et de leur principal personnage n'est-elle pas commune, sombre et désespérée ? Encore que de comparer l'un et l'autre des longs-métrages peut apparaître abusif si l'on tient compte du fait que se cache dans cette comparaison, d'un côté un chef-d’œuvre et de l'autre, un film d'horreur honnêtement exécuté. Car Halloween Ends est sans doute le meilleur des trois volets signés de David Gordon Green. La rencontre entre Corey et Allyson est touchante et le climat particulièrement délétère. Comme une fin du monde (ou la fin D'UN monde) annoncée ! Le désespoir transpire à chaque coin de rue malgré le sourire de Jamie Lee Curtis/Laurie Strode. Le réalisateur contient ses seconds rôles dans une charge qui ne dépasse pas la simple parole et évite au dernier volet de la trilogie de se muer en un ersatz de The Purge de James DeMonaco. On regretterait presque que David Gordon Green en est terminé avec Michael Myers...

mercredi 20 octobre 2021

Halloween Kills de David Gordon Green (2021) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Après un premier volet carrément revigorant et un troisième qui sortira probablement l'année prochaine avant que son auteur n’entame une nouvelle trilogie tournant autour du classique de William Friedkin L'exorciste, le second volet de la nouvelle trilogie Halloween réalisé par David Gordon Green est enfin disponible depuis peu. En fait, depuis le 20 octobre, soit aujourd'hui. Et vues les qualités du premier, l'attente aura été longue. Plus longue que celle dont les spectateurs devront apparemment faire preuve en attendant le troisième épisode prévu donc pour l'année prochaine sous le titre Halloween Ends. Mais d'ici là, évoquons Halloween Kills, celui-là même qui fut deux jours auparavant proposé en avant-première et qui désormais débarque dans nos salles de cinéma préférées. Toujours réalisé par le réalisateur américain, auteur entre autre de Stronger en 2017 avec dans le rôle principal Jake ''Donnie Darko'' Gyllenhaal, Halloween Kills situe son action juste après les événements du premier volet de la nouvelle trilogie. Laurie Strode (toujours incarnée par Jamie Lee Curtis) débarque en sang à l’hôpital après un générique en forme d'hommage à l’œuvre de John Carpenter. On y retrouve d'ailleurs son célèbre thème musical réinterprété. Persuadée que Michael Myers (James Jude Courtney) est en train de partir en fumée dans l'incendie d'une maison d'Haddonfield, celui-ci parvient une fois de plus à s'en tirer. Devenu plus immortel qu'un zombie puisque même une grave blessure à la tête ne semble pas être en mesure d'en finir une bonne fois pour toute, il va errer durant presque deux heures dans les rues de la ville, semant la mort autour de lui...


Et c'est en partie en cela que Halloween Kills déçoit. Non pas ses meurtres, nombreux et parfois généreux en terme d'hémoglobine accomplis par un James Jude Courtney qui tente de se rapprocher au mieux au Michael Myers original incarné par Nick Castle, mais le peu d'investissement de David Gordon Green et de ses scénaristes Danny McBride et Scott Teems qui se contentent de faire traverser de long en large les rues de la ville à un tueur qui imite à outrance les mimiques de celui qui déjà fit des ravages en 1978 crève l'écran. L'originalité, les trois hommes la cherchent ailleurs. Dans l'implication d'une ville toute entière qui ce soir décide qu'il est enfin temps d'en finir avec le plus terrifiant des boogeymen. Égorgements, décapitations, utilisation d'une scie circulaire ou plus simplement de couteaux ou de ses propres mains, Michael Myers fait rarement preuve d'imagination. Même lorsqu'il s'en prend à Cameron Elam (Dylan Arnold) qu'il tue un peu à la manière du meurtrier de Haute Tension d'Alexandra Aja mais sans jamais aller aussi loin dans le gore (la séquence de l'escalier). En convoquant toute une ville à s'armer et à traquer le célèbre tueur à l'effigie d'un William Shatner psychopathe et blafard, David Gordon Green sème quelque peu le trouble dans l'esprit du spectateur qui se perd parfois dans un récit brouillon qui veut absolument passer des uns aux autres des personnages et du passé au présent sans faire toutefois systématiquement preuve de cohésion...


Si David Gordon Green paraît se laisser influencer par la culture Woke, on le remerciera de nier cette évidence lors de deux doubles meurtres remettant les choses à plat façon doigt d'honneur à cette bien-pensance qui se généralise aujourd'hui à travers tous les types de médias et que certains tentent d'étendre au septième art. Mais heureusement persistent des réfractaires dont Michael Myers est peut-être l'étendard. À moins qu'il s'agisse de l'inverse puisqu'en tuant hétéros, gays, noirs et blancs sans distinction de couleur ou de préférences sexuelles, il met tout le monde sur un même plan. Et tant mieux d'ailleurs ! Halloween Kills ressemble à une mini guerre civile à l'échelle d'une communauté qui choisi de se faire justice elle-même en traquant un tueur qui ne s'avérera pas toujours être le bon. Où quand l’hôpital se transforme en une foire d'empoigne, chacun cherchant à mettre la main sur Michael avant ses congénères. Symbole de cette sauvagerie qui s'empare désormais des services d'urgence ? Question caractérisation, on est aux abonnés absents. Chacun y affirmant son besoin de vengeance dans un état de fureur parfois assourdissant (Laurie Strode, blessée, mais hurlant dans sa chambre d’hôpital). Alors, quand les morts commencent à se compter sur davantage que les doigts d'une seule main, le destin du spectateur ne repose plus que sur l'étalage de séquences moyennement gore. Si Halloween Ends promet la fin de la saga et donc logiquement la mort de Michael Myers, on se demande comment vont s'y prendre les scénaristes pour tuer celui qu'il ont transformé en un individu indestructible. Seul l'avenir nous le dira...

 

lundi 7 janvier 2019

Halloween de David Gordon Green (2018) - ★★★★★★★☆☆☆



N'ayant jamais été fan du premier Halloween pour lequel la plupart de ceux qui l'ont découvert à l'époque ou bien plus tard s'accordent à dire qu'il s'agit d'un classique du slasher et du film d'horreur tout court, j'ai bien failli passer à côté de ce qui désormais semble être la suite officielle du film sorti en 1978 sur les écrans. Intouchable, intemporel, culte. Mais combien pour dire que l'original est ennuyeux ? Dénué de scénario ? Et au final, tout sauf effrayant ? Pas grand monde, hein ? Parce qu'il faut être culotté pour oser s'attaquer à l'un des premiers films du genre, même s'il n'a pas été le tout premier à voir le jour. Même si l'immense cinéaste qui est derrière la chose se nomme John Carpenter. Et puis, Rob Zombie est tombé dans la marmite en 2007 et deux ans plus tard en signant un excellent remake (Halloween) et une séquelle profondément navrante. Mais c'est bien l’œuvre signée par le leader du groupe White Zombie et non pas celle de John Carpenter qui m'a donné envie de voir la suite désormais officielle du Halloween de 1978. Et pour le coup, la surprise fut plutôt bonne.

2018 signe le grand retour de Jamie Lee Curtis dans le rôle de Laurie Strode. Quarante ans après les événements de 1978, la star a bien vieilli. Le visage marqué par ce que son personnage a enduré quatre décennies plus tôt, Laurie est désormais prête à en finir avec celui qui la hante depuis toujours. Mère et grand-mère, alcoolique notoire, divorcée et vivant en un lieu isolé bâtit pour se préserver du retour éventuel de l'un des plus célèbres boogeymen de l'histoire du cinéma, Laurie est donc bien l'héroïne de cet ultime (?) épisode produit par Malek Akkad, Jason Blum et Bill Block ainsi que par John Carpenter et Jamie Lee Curtis eux-mêmes.

Tout commence pourtant assez mal. Deux journalistes enquêtant sur la personnalité de Michael Myers se voient offrir l'opportunité de le rencontrer. Mais alors, on croit rêver devant une séquence absurde, mélange de cirque Barnum et de la série de 1967, Le Prisonnier, de George Markstein et Patrick McGoohan. Une vision un peu décadente du milieu psychiatrique où les fous sont enchaînés à même le sol, dans une pièce ouverte sur le ciel, et dans une posture abracadabrantesque ! Une ouverture un peu foireuse du mythe que la suite parviendra à rattraper à travers ce qui demeure, reconnaissons-le, comme l'un des slashers les plus réjouissants de la décennie. Entre le charme des années soixante-dix et le caractère brutal des années 2000. Beaucoup plus convainquant que l'original, le Halloween signé par David Gordon Green ménage d’excellentes séquences de terreur, filmant de plain-pied le tueur masqué et ses victimes. Michael Myers au grand jour, puis dans l'angoissante obscurité d'une demeure dont l'éclairage est activé grâce à un détecteur de mouvements. 1...2...3... soleil ! Le jeu est macabre, mais les meurtres jouissifs. Bien moins crapoteux que chez certains de ses confrères, mais leur nombre suffit à contenter l'amateur d'horreur et d'épouvante.

Jamie Lee Curtis y est brillante, psychologiquement fragile, physiquement résistante, mais aussi émouvante (ses pleurs lors du dîner de retrouvailles au restaurant sont véritablement convaincants). Le cinéaste crée un réel climat d'angoisse. Les ombres et lumières sont utilisées à juste titre et il n'est pas rare d'y éprouver une certaine tension même lorsque les crimes tardent à être exécutés par un Michael Myers charismatique (bravo pour la patine du masque le rendant toujours plus vivant). Si David Gordon Green nous accorde tout d'abord la vision d'un Michael Myers sans son masque, on aurait sans doute aimé, tout comme ce psychopathe de docteur Ranbir Sartain, l'entendre enfin ouvrir la bouche pour s'adresser à son éternelle proie Laurie Strode. Maintenant que la boucle est bouclée, reste à espérer que cette cuvée 2018 sera la dernière. Autant rester sur cette excellente conclusion. A noter la présence au générique de Nick Castle qui fut rien moins que la silhouette de Michael Myers dans l’œuvre originale. J'en vois déjà certains verser une larme d'émotion...

samedi 17 novembre 2018

Halloween 2 de Rob Zombie (2009) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Alors que la suite de son propre remake a faillit lui échapper, le chanteur et cinéaste Rob Zombie remet le couvert après le succès de son Halloween version 2007. Bien qu'il avait su apporter suffisamment de nouveauté pour que l’œuvre ne transpire par la redite, sa vision se raccordait malgré tout sensiblement à celle de John Carpenter. Ce qui n'est plus le cas dans cet Halloween 2 sortit deux ans plus tard en 2009. N'étant à l'origine pas du tout fan de la franchise mais ayant apprécié le remake de Rob Zombie, c'est avec un certain empressement, comme une grosse envie d'aller me vider la vessie de son trop plein de bière, que j'ai voulu voir à quoi ressemblait sa séquelle et si elle avait un tant soit peu de légitimité. Une chose est certaine : Rob Zombie a décidé de remettre les pendules à l'heure. Ou plutôt, le compteur à zéro. Car même si la suite prend directement effet après les événements du premier épisode, le cinéaste a donné un grand coup de balai (de pied?) au mythe afin de le dépoussiérer une fois encore. Ce qui en définitive, n'est pas forcément une bonne chose car à trop vouloir bousculer les conventions, l'auteur de The Devil's Reject a enfanté d'une œuvre bâtarde qui ne conserve en fait que l’icône monstrueuse et sa célèbre proie.

Au casting, on retrouve les mêmes principaux interprètes. Brad Dourif dans le rôle du shérif Leigh Brackett, Tyler Mane dans celui de Michael Myers, mais aussi et surtout Scout Taylor-Compton dans la peau de Laurie Strode et bien entendu, Malcom McDowell en Dr Sam Loomis préoccupé cette fois-ci par sa nouvelle renommée due à l'ouvrage qu'il a écrit sur son expérience de psychiatre avec son plus célèbre patient. Rob Zombie assombrit l'image. Au point de n'en faire plus qu'une œuvre abusivement crépusculaire parcourue par une grande majorité de chevelus. Un long-métrage gothique. Rock dans l'esprit, incarné par une tripotée de « métalleux».

Le chemin emprunté par cet Halloween 2 est incompréhensible. A croire que Rob Zombie avait déjà en tête son long-métrage suivant, The Lords of Salem. Halloween 2, c'est surtout une bouillie informe (infâme?) qui ressemble à tout sauf au film auquel cette séquelle semble avoir été mise en chantier afin de lui rendre hommage. Michael Myers n'y sert la soupe qu'à une multitude d'homicides dont le nombre finit par épuiser le spectateur même le plus avide de meurtres en série. Tout juste le cinéaste retient-il l'attention dès lors qu'il critique l'aspect médiatique concentrant l'intérêt du public pour un ouvrage évoquant le cas d'un véritable dément alors même que son auteur ne tient pas compte de la réaction des parents des victimes. Le Docteur Sam Loomis y est cette fois-ci décrit comme un individu ayant mis entre parenthèses sa carrière de psychiatre pour sa nouvelle passion, l'écriture : et surtout, la célébrité. Il incarne ainsi l'immonde messager à la morale douteuse mais dont se repaissent ses semblables, avides de récits macabres.

Heureusement, encore, que Malcom McDowell ait accepté une nouvelle fois de prêter ses traits au fameux psychiatre car à par ses diverses apparitions, Halloween 2 n'est qu'une œuvre horrifique qui se cherche sans véritablement parvenir à mettre la main sur un fil d’Ariane tangible. Rob Zombie oppose au récit linéaire original, des fantasmes personnels qui débouchent sur des personnages peu crédibles (à croire que le pays n'est habité que par des enfants, des adolescents et des adultes chevelus et amateurs de métal), un univers gothique graphiquement très réussi mais au final, assez pesant, et des dizaines de situations s'enchaînant sans réelle cohérence ni la moindre cohésion (les passages avec la mère de Michael, sorte de Dame Banche accompagnée d'un cheval tout aussi immaculé sont simplement... ridicules). A croire que le cinéaste n'a fait que remplir les blancs d'un film de commande qu'il s'est pourtant refusé de laisser à un autre... Décevant !

vendredi 16 novembre 2018

Halloween de Rob Zombie (2007) - ★★★★★★★☆☆☆



Qu'il soit réussi ou non, qu'il surpasse son illustre source d'inspiration ou qu'il ne lui arrive pas même à la cheville, s'il y a bien un point qu'il sera difficile de contredire, c'est le culot avec lequel le cinéaste Rob Zombie se sera approprié le mythe de Michael Myers pour en proposer une relecture faisant table rase sur l'iconographie de l'un des plus célèbres tueurs masqués du septième art, et même s'il aura dû pour cela, lâcher un peu de leste. Trente ans... Il aura fallut trente ans pour que quelqu'un se décide enfin à revenir aux sources. A ne plus simplement continuer à nourrir une légende qui avait finit (paraît-il) par s'étioler à force de vouloir l'exploiter. Né le 12 janvier 1965, chanteur et musicien du groupe de métal White Zombie, Rob se lance dans le septième art en 2003 avec The House of 1000 Corpses, œuvre remarquée, mais sans doute pas autant que le second long-métrage d'un artiste qui aura, au moins, su se reconvertir de la plus belle des manières. The Devil's Rejects, deuxième film et premier véritable choc. Un road-trip d'une violence inouïe qui renoue avec un certain cinéma transgressif des années soixante-dix. On pense notamment au Texas Chainsaw Massacre de Tobe Hooper, ou à The Hills Have Eyes de Wes Craven. Après avoir réalisé une fausse bande-annonce (Werewolf Women of the SS) pour le diptyque Grindhouse, Rob Zombie s'attèle donc à la réalisation de son troisième long-métrage sobrement intitulé Halloween. 
 
Ça n'est plus un secret pour les rares badauds qui ont osé franchir les portes de Cinémart ces dernier jours mais je n'ai que très moyennement apprécié l’œuvre séminale du pourtant génial John Carpenter. Presque aussi chiant que de rester planté devant une pendule pendant quatre-vingt dix minutes à voir s'égrainer les secondes, puis les minutes, Halloween cuvée 1978 fut une énorme déception (d'ailleurs, à ce propos, n'ayant pas envie de me faire taper sur les doigts, je ne ferai pas la critique de Suspiria version Dario Argento que j'ai, « grave » détestée). Aussi creux qu'improbable, le film usurpe totalement son statut d’œuvre culte (pour les coups de fouet, je suis dispo ce soir de 22h à 3h du matin) , ce qui ne m'a pourtant pas empêché de vouloir persévérer afin de trouver, peut-être, la perle rare. Sur laquelle il me semble par ailleurs avoir déjà mis la main il y a quelques années à travers l'excellent Halloween 3. Mais celui-ci n'ayant aucun rapport avec l’œuvre de John Carpenter, et ne voulant surtout pas subir les suites consécutives, j'ai donc porté mon choix sur la vision toute personnelle de Rob Zombie.

La phase narcissique étant arrivée à son terme, entrons désormais dans le vif du sujet. Première différence entre l’œuvre originale et son remake, le choix appliqué par Rob Zombie de revenir en profondeur sur l'enfance de Michael Myers et ne pas se contenter simplement de le montrer en train de tuer sa grande sœur. Le cinéaste décrit l'univers néfaste dans lequel baigne l'enfant. Une histoire personnelle qui fait écho aux faits-divers macabres qui parfois ressurgissent dans les médias lorsque l'on apprend qu'un gamin a pénétré l'enceinte de l’établissement scolaire où il étudie afin d'y dessouder un maximum de ses camarades. Le petit Michael est le souffre-douleur de son beau-père, un alcoolique notoire passant son temps calé dans un fauteuil à regarder des émissions débiles et à boire la bière. Aimante, la mère de l'enfant danse nue dans une boite de strip-tease afin de subvenir aux besoins de sa petite famille également constituée d'une fille plus âgée que Michael et d'une seconde beaucoup plus jeune. Harcelé par deux de ses camarades, le futur tueur en série d'Haddonfield (dont l'un des passes-temps favoris et de torturer les animaux), passe à l'acte sur l'un deux et sur plusieurs membres de sa famille avant d'être jugé et interné dans un hôpital psychiatrique. Rob Zombie dresse un vrai portrait de psychopathe et clôt ainsi une première partie passionnante et idéalement incarnée par l'acteur Daeg Faerch qui dans la peau de Michael Myers enfant est assez stupéfiant.

Cette première partie est également l'occasion de faire connaissance avec le fameux Docteur Sam Loomis de l’œuvre originale, cette fois-ci incarné par le génial Malcom McDowell dont le look tranche avec sa profession. Un individu pas vraiment net qui pourtant laisse envisager sa volonté d'aider le jeune adolescent en perdition. C'est également l'occasion d'assister à la lente séparation entre le corps et l'esprit d'un Michael Myers plongeant dans le mutisme le plus total durant les quinze années précédent sa fuite de l'établissement. Rob Zombie convoque une armada de « guests » mémorables. Au hasard : Danny Trejo dans le rôle du gardien Ismael Cruz, ou Richard Lynch dans celui de Chambers, le principal de l'établissement scolaire. Plus tard, d'autres rejoindront les festivités : Brad Dourif dans le rôle du Shérif Leight Bracket, Dee Wallace Stone dans celui de Cynthia Strode, la mère de l'héroïne Laurie incarnée par Scout Taylor-Compton après Jamie Lee-Curtis, ou encore Ken Foree, le « black » du Zombie de George Romero, Sybil Danning, Bill Moseley, ou enfin Udo Kier. Une belle brochette d'acteurs pour un film qui contrairement à l'oeuvre de John Carpenter ne fait jamais dans l'attentisme et accumule les cadavres. Des meurtres violents, mais pas forcément outranciers en matière d'horreur. Si Scout Taylor-Compton assure son emploi d'héroïne, elle a cependant bien du mal à nous faire oublier l'interprétation de Jamie Lee-Curtis dans la version de 1978.

La partition musicale a quant à elle été confiée à Tyler Bates, ce qui n'empêche pas Rob Zombie de réemployer les plus fameux thèmes composés à l'époque par John Carpenter lui-même. Accompagné par le souffle inquiétant du boogeyman Halloween version 2007 est beaucoup plus nerveux que son ancêtre. Incarné par Tyler Mane, le Michael Myers de cette cuvée est un colosse de plus de deux mètres qui en impose à l'écran. L’œuvre de Rob Zombie s'inscrit également dans un contexte beaucoup plus réaliste en apportant à l’esthétique générale un grain particulier grâce à l'emploi du format 16mm. Le film n'évite pas les sempiternelles scènes de cul, beaucoup plus explicites dans l'acte et dans le verbe que par le passé. Rob Zombie a gagné le pari de dépoussiérer une légende en l'améliorant sous tous ses aspects. Il part ainsi rejoindre les quelques remakes de classiques de l'épouvante ayant eu avant lui l'occasion de faire mieux que les œuvres originales (La Colline a des Yeux de Alexandre Aja l'année précédente). Un excellent slasher...
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