Tout comme la série de longs-métrages Ringu,
la saga Ju-on
comporte un nombre important de films qu'il est sans doute
intéressant de détailler, entre les œuvres qui nous proviennent
directement du Japon et les quelques tentatives de remakes américains
pas toujours très glorieux ayant vu le jour. Une quinzaine de
productions dont les origines remontent à 1998 lorsque sont
regroupés à l'époque les deux courts-métrages de Takashi Shimizu
Katasumi
et 4444444444
sous le titre Gakkô no kaidan G et
qui se concluent jusqu'à aujourd'hui avec The
Grudge
du réalisateur Nicolas Pesce, la quatrième version du récit ayant
traversé les océans pour atterrir sur le territoire américain.
Avant lui, une trilogie outre-atlantique vit le jour entre 2004 et
2009. Les deux premiers volets ayant été réalisés par l'immense
Takashi Shimizu, les commandes du troisième furent mise entre les
mains de Toby Wilkins, monteur, réalisateur, scénariste, concepteur
d'effets visuel et producteur d'un certain nombre de productions qui
jusque là n'avait tourné que quelques courts-métrages mais aussi
et surtout le très intéressant Splinter
en 2008 dans lequel les personnages étaient coincés dans une
station service aux prises avec un étrange phénomène les
transformant en créatures recouvertes d'épines. Si l'on peut ainsi
considérer que l'américain ne met pas les pieds dans le plat d'une
franchise mondialement reconnue comme l'une des plus marquantes de la
J-Horror sans s'être au préalable essayé à l'horreur et au
fantastique avec Splinter
un an plus tôt, Toby Wilkins démontre en revanche que rien ne
détermine vraiment de la qualité d'une œuvre et surtout pas le
fait qu'un petit film indépendant aussi sympathique soit-il puisse
prouver du talent régulier de son auteur... The
Grudge 3
sort en 2009, soit trois ans après le second volet de la trilogie
américaine. S'il subsiste quelques traces des origines asiatiques de l’œuvre originale à travers le duo d'antagonistes et le personnage
de Naoko Kawamata (interprétée par Emi Ikehata), la sœur de
Kayako et tante de Toshio, le film aurait tout aussi bien pu se
nommer autrement et mettre en scène des esprits maléfiques d'une
toute autre apparence. Ici l'on passe rapidement du cadre immobilier
typique d'une certaine frange de la population japonaise à un
immeuble situé à Chicago et quasiment abandonné par les locataires
qui ne se comptent que sur les doigts d'une main ou presque...
C'est
là que vivent Lisa (Johanna Braddy), son frère Max (Gil McKinney),
leur jeune sœur malade Rose (Jadie Rose Hobson) ou encore le petit
ami de la jeune femme, Andy (Beau Mirchoff) avec lequel elle a prévue
de partir faire carrière dans la mode à New York. Pourtant, sur les
suppliques de son frère, Lisa accepte de rester l'aider subvenir aux
besoins médicaux de leur jeune sœur qui souffre de graves problèmes
de santé. Tandis qu'un jour Lisa et Andy s'introduisent dans
l'appartement où eu lieu le drame développé dans le précédent
épisode, la malédiction s'abat sur eux et leurs proches et ne va
pas les lâcher d'un pouce... Bon, euh, que dire si ce n'est que The
Grudge 3
reste l'une des adaptations les plus faibles du scénario original de
Takashi Shimizu. Fade, sans consistance particulière et en outre
incarné par Aiko Horiuchi et Shimva Tsuchiya qui campent
respectivement les maléfiques Kayako Saeki et son fils Toshio, le
film se concentre autour d'un immeuble sans charme dont le cinéaste
n'exploite pas vraiment les différentes possibilités. L'isolement
des protagonistes se ressent ainsi à peine. Et que dire de
l'intervention de Naoko Kawamata qui bien qu'elle soit relativement
bien interprétée par l'actrice japonaise Emi Ikehata n'apporte
absolument rien de fondamental au récit. Tout d'abord reléguée en
arrière-plan, lorsque le personnage opère enfin une approche vers
Lisa afin de collaborer avec elle sur le plan de destruction des deux
entités maléfiques, le rituel auquel les deux jeunes femmes ainsi
que Rose vont assister est d'une inutilité crasse. Un prétexte pour
nous dévoiler un cérémonial ancestral hérité de la mère de
Naoko d'une vacuité absolue ! Visuellement insignifiant, le
film aurait pu compter sur les diverses apparitions des deux fantômes
si au moins Toby Wilkins ne s'était contenté que de quelques rares
apparitions et non pas faire de ses deux ''créatures'' l'occasion de
manifestations ultra répétitives qui terminent de rendre chacune
d'entre elles sans intérêt. Pas d'effroi, un récit qui tourne en
boucle autour du sujet de la maladie de Rose ou du conflit entre Lisa
et Max et quelques meurtres qui manquent cruellement d'intensité.
Bref, retournez plutôt voir les originaux connus sous le nom de Ju-on
plutôt que cette version américaine sans saveur de l'un des plus
grands mythes de la J-Horror...

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