Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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mardi 14 juillet 2026

Violated ! d'Albert Zugsmith (1975) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 




 

Après une longue carrière de cinéaste étalée sur vingt et un ans et constituée d'une vingtaine de longs-métrages dont une partie fut consacrée à la Sexploitation, le réalisateur, scénariste et producteur américain Albert Zugsmith a donné son tout dernier tour de manivelle en 1975 avec Violated !. On ne débattra pas bien longtemps ici sur le sens à donner à ce titre puisque le viol est justement au centre de ce récit dont au moins un tiers des séquences est justement consacré à des agressions d'ordre sexuel dont les victimes sont toutes des femmes. Jolies et notamment interprétées par René Bond et Susanne Suzan, elles sont les proies d'un violeur insaisissable. Pourtant, la police ne ménage pas sa peine puisque l'inspecteur chargé de l'enquête, le détective Purvis (Wes Bishop), multiplie les interrogatoires s'agissant d'hommes ayant été aperçus sur les lieux des crimes au moment même où ils furent commis. De quoi alimenter la suspicion et ainsi noyer le poisson quant à l'identité du violeur. Un criminel qui, s'il n'assassine pas ensuite ses victimes, leur laisse un ''cadeau''. Un souvenir sous forme de croix gammée gravée à même la chair. Qui sur un avant-bras, qui sur le sein droit. Typique du cinéma d'exploitation américain des années soixante-dix où sexualité et violence allaient de paire, Violated ! met en scène une victime qui plutôt que d'attendre désespérément que la police arrête le coupable choisit de se faire vengeance. Avec l'aide de son ami Quentin Judson (Jay Scott sous le pseudonyme de Billy Buzby), que la police a pourtant soupçonné durant un certain temps et avec celle de Midge Lewis (l'actrice Suzanne Suzan), une autre victime du pervers qui elle aussi a gardé des séquelles physiques et psychologiques, Terry Murphy (René Bond) décide de tendre un traquenard afin de piéger le violeur et ainsi lui faire payer tous ses crimes. Mais d'ici à ce que notre trio mette au point leur projet de vengeance, Violated ! Ne va être qu'une succession de scènes de viols. Lors desquelles nos interprètes féminines ne rechignent pas à se mettre à poil. Et notamment René Bond, laquelle n'a vraiment pas froid aux yeux puisque avant d'être agressée, Albert Zugsmith prendra quelques temps pour la filmer entièrement nue sous sa douche...


La mise en scène et l'interprétation n'étant pas de première qualité, le réalisateur joue donc sur la violence du propos. Dans un contexte où le cinéaste traite curieusement de végétarisme comme s'il pouvait être perçu comme une tare aussi critiquable que la désinvolture avec laquelle certaines femmes qui cherchent l'aventure passent des petites annonces explicites dans des journaux spécialisés, le scénario écrit conjointement avec William Maron aborde en outre la difficulté des victimes à convaincre les autorités. Le détective Purvis demeurant l'exemple parfait du flic sceptique. Entre l'enquête, inefficace (et ce malgré les allers-retours répétés en salle d'interrogatoire) et un violeur qui fait de sa ''profession'' un acte quasi quotidien, le retour à l'auto-défense est donc déclenché par la voie d'une victime au fort tempérament, rendu sans doute un peu ''fragile'' psychologiquement. Surtout lorsque l'on sait dans quelles mesures Terry est capable de faire payer à son bourreau l'agression dont elle fut la victime. Et dans quelle autre son ami Quentin est capable de la suivre dans la voie de la déraison. Démarrant de manière relativement dérangeante puisque plutôt réaliste (attrait typique de ce genre de production plus ou moins fauchée), Violated ! vire ensuite dans sa dernière partie vers une certaine forme de grand-guignol même si les amateurs d'hémoglobine n'en auront malheureusement pas pour leur argent ! Tandis que le relâchement de la police semble être de plus en plus une évidence (une laxité accentuée en outre par une musique étrangement guillerette et proprement inappropriée lors d'un repas en extérieur entre l'inspecteur et son collègue), le final se met en place. Alors qu'un énième suspect en la personne d'un carreleur passionné de sculpture sur bois est pour Terry et ses deux complices le coupable idéal, l'on assiste à une vengeance qui dépasse presque de loin l'acte de viol. Alors que le suspect ''idéal'' se retrouve ''savoureusement'' grillé sur une chaise électrique de conception artisanale fabriquée par Quentin, l'on découvre le véritable visage du violeur. Son passé entrant directement en résonance avec ses actes. Mais pire encore puisque en grand provocateur, Albert Zugsmith suggère que beaucoup de violeurs se cachent derrière de tout aussi nombreux hommes...

 

lundi 13 juillet 2026

Carnage (Corruption) de Robert Hartford-Davis (1968) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Ce qui saute aux yeux lorsque l'on découvre pour la toute première fois le septième long-métrage du réalisateur, producteur et scénariste britannique Robert Hartford-Davis est la relation qu'entretient son film avec un classique de l'épouvante hexagonale. En effet, même si le traitement infligé à Corruption et aux yeux sans visage de Georges Franju est sensiblement différent, l'un et l'autre s'inscrivent dans une certaine idée de la culpabilité, de la beauté et de la réparation. De manière beaucoup plus frontale et directe, le cinéaste britannique explore l'obsession entourant le personnage central. Et même celle de sa compagne, dont il est fou amoureux et dont il est en partie responsable de l'accident qui l'a défigurée ! Jaloux, le chirurgien plasticien Sir John Rowan, tente de maintenir son emprise sur Lynn Nolan (Sue Lloyd), mannequin de profession qui lors d'une dispute entre son compagnon et un photographe du nom de Mike Orme (l'acteur Anthony Booth) a reçu un projecteur en plein visage. Ruinant ainsi la carrière de la jeune femme, John Rowan n'a alors plus qu'une idée en tête : réparer sa faute en expérimentant un procédé chirurgical basé sur l'emploi d'un laser et de l'hypophyse qu'il prélève tout d'abord sur le cadavre d'une jeune femme reposant à la morgue avant d'être poussé par Lynn à l'extraire directement sur le corps de jeunes femmes qu'il agresse et tue. Car si les résultats se révèlent très positifs, les effets s'avèrent malheureusement temporaires... Quatre ans après The Black Torment, c'est la seconde fois que Robert Hartford-Davis réalise un film d'horreur. Et pour cela, il confie le scénario à Derek et Donald Ford qui semblent donc s'inspirer de l’œuvre du cinéaste français. Qu'ils aient été officiellement ou non sensibles au sujet du long-métrage de Georges Franju, Corruption reste de toute manière considéré comme une réinterprétation de ce chef-d’œuvre de l'épouvante à la française. Dépouillé de toute la poésie qui faisait partie intégrante des Yeux sans visage, le long-métrage de Robert Hartford-Davis s'inscrit ensuite dans une contre-culture typique de l'époque et au sein de laquelle le protagoniste principal à bien du mal à s'intégrer. Dans une Angleterre post soixante-huitarde (le film sort en décembre 1968 au Royaume-Unis), le film confronte un chirurgien établit comme étant l'un des meilleurs de sa profession à un monde alors en pleine mutation. Que l'on pourrait considérer, si l'on se positionne du côté de John Rowan, comme étant dégénérée. Tandis qu'il est le représentant symbolique d'une vieille garde campée sur des valeurs supposément ''rétrogrades'' ou du moins ''traditionnelles'', la séquence situant son action lors de la soirée peut se voir comme une confrontation culturelle et sociale entre l'ancien monde et celui qui à cette époque très précise est en train de bouleverser la société britannique. D'une contenance plutôt rigide, le chirurgien est ainsi confronté à la décadence d'une jeunesse sexuellement libérée, aux coutumes vestimentaires extraverties, plongé ainsi dans un univers qui ne lui appartient pas...


D'où son objection lorsqu'il constate cet esprit de liberté qu'il refuse d'accorder à sa compagne, préférant la maintenir sous une certaine emprise de peur qu'elle ne lui échappe. De ce constat revendiquant d'une part le maintient sous son joug de la jeune femme, une contradiction s'impose pourtant, le chirurgien acceptant alors contre son grès de se lancer dans un périple meurtrier qui, pour l'époque, se révèle relativement graphique en terme de scènes d'horreur. Incarné par un Peter Cushing que l'on avait généralement l'habitude de voir dans des rôles de ''gentils personnages'', l'acteur britannique interprète là un individu troublant. Le représentant d'une certaine morale qui dans le contexte de l'époque fait figure d'anomalie jusqu'à ce que la folie s'empare du personnage. Si certaines séquences s'avèrent relativement pénibles de part leur redondance, les meurtres expriment quant à eux le manque d'objectivité du personnage qui se sait condamné à commettre des meurtres puisque l'efficacité du traitement qu'il applique à Lynn reste de toute manière temporaire. Robert Hartford-Davis dézingue ici l'ordre moral en créant chez le chirurgien un désintérêt progressif pour l'éthique face à une Lynn qui risque de lui échapper. S'agissant des quelques meurtres étalés à l'image, on peut supposer qu'ils furent un choc pour une partie du public, peu habituée à assister à un tel étalage de violence sur grand écran. Robert Hartford-Davis use d'ailleurs de procédés qui accentuent la folie du personnage. Contre-plongée, utilisation d'un objectif grand angle permettant de déformer le visage de l'assassin, les proportions du meurtrier sont ainsi déformées. L'on remarquera la résistance des victimes, prouvant que d'origine, le chirurgien n'est pas ''constitué'' afin de commettre des meurtres. Notons en outre que Robert Hartford-Davis s'amuse à filmer les crimes en vue subjective. Positionnant non pas la caméra dans le dos du tueur mais dans celui des jeunes femmes qu'il assassine. Notons enfin cette conclusion pleine d'interrogations et que l'on a bien du mal à s'expliquer. Tandis que John Rowan semble rendre son dernier souffle, visage face caméra, l'intrigue remonte le fil du récit jusqu'à ce moment très précis précédant le drame qui eut lieu lors de la soirée. Quel est donc le sens de cette fin de récit ? J'attends toujours et encore la réponse...

 

dimanche 12 juillet 2026

Colony (Gunche) de Yeon Sang-ho (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Auteur de dix longs-métrages live et d'animation dont quatre entièrement consacrés au phénomène des infectés, le réalisateur sud-coréen Yeon Sang-ho est donc revenu cette année avec Gunche (Colony)... Dix ans après Seoul Yeok (Seoul Station) et Busanhaeng (Dernier train pour Busan) et six années après Bando (Peninsula), voici donc le retour des créatures parmi les plus virulentes du cinéma d'horreur. Cependant, il ne faut pas considérer Gunche comme le quatrième volet d'une éventuelle tétralogie mais davantage comme une œuvre à part dans la filmographie de son auteur même si une fois encore, Yeon Sang-ho s'approprie des créatures existant depuis des décennies puisque George Romero et David Cronenberg furent les premiers à évoquer leur existence à travers The Crazies en 1973 et Shivers deux ans plus tard. Attendu de pied ferme par celles et ceux qui vouent une véritable passion pour Dernier train pour Busan depuis sa sortie sur les écrans en 2016, d'autres virent probablement et avec nettement plus de méfiance l'arrivée du long-métrage dans les salles françaises le 27 Mai dernier. En effet, après les deux premiers volets de sa franchise, entre un Seoul Station entièrement tourné en animation et un Dernier train pour Busan tourné avec de vrais interprètes dans des décors réels, Peninsula s'avéra une véritable douche froide malgré sa prometteuse bande-annonce. Autant dire que Colony est pour Yeon Sang-ho sa dernière chance de remettre les pendules à l'heure s'agissant du thème des infectés. À défaut de quoi, le sud-coréen sera définitivement contraint de changer de braquet pour ne plus s'intéresser qu'à des sujets qui sortent de l'ordinaire. Comme pour son prochain projet intitulé Lost Paradise qui en est à sa phase de post-production et qui s'intéresse cette fois-ci au fils d'une femme disparue depuis neuf confronté à de sombres secrets inscrits dans un monde où la frontière entre réel et virtuel reste floue. Concernant Colony, après avoir ''balancé'' des hordes d'infectés dans une station de métro, puis dans un train et enfin carrément dans toute la péninsule coréenne, cette fois-ci Yeon Sang-ho retourne à des considérations moins ambitieuses que lors de sa précédente approche du genre puisque l'intrigue se déroule désormais dans un immeuble de plusieurs dizaines d'étages notamment constitué d'un immense centre commercial mais aussi d'une société et d'un laboratoire de biotechnologie. C'est donc bien là que se déroule l'action qui tout d'abord n'est pas sans rappeler le Dawn of the Dead (Zombie) de George Romero ou dans une moindre mesure le [•REC] de Paco Plaza et Jaume Balagueró. Du premier, Colony emprunte le centre commercial et du second, il reprend l'action située sur plusieurs étages...


Mais alors que l'un et l'autre sont devenus deux classiques d'un genre qui évolua de manière fort étonnante (les zombies du premier devenant ainsi les infectés du second), il n'est pas certain que Colony demeure comme l'une des dates importantes d'un genre qui a connu tellement de visions personnelles et de détournements (entre classiques, nanars et parodies plus ou moins bien senties) que l'on a finit par prendre le sujet dans le sens d'un ''Running Gag''. Un terme qui sied d'ailleurs formidablement bien au dernier long-métrage du cinéaste sud-coréen car au risque de blesser celles et ceux qui tiennent déjà à assurer leur entourage ainsi qu'eux-mêmes qu'ils ont selon eux assisté à la projection d'un nouveau monument du genre, Colony n'a que peu d'intérêt en dehors d'une seule bonne, très bonne idée conçue par le cinéaste et son scénariste Choi Kyu-sok lors de l'écriture du script : faire évoluer ses créatures au fil du récit. En invoquant en outre la sociologie des fourmis. Désormais capables de communiquer à travers un réseau de pensée unique et grâce à une substance organique et visqueuse qui s'étend de plus en plus, l'idée semble effectivement géniale mais repose sur un ou plusieurs concepts déjà existants : à titre d'exemples et concernant exclusivement l'évolution des créatures, l'on évoquera une fois de plus George Romero qui à travers Day of the Dead en 1986 et Land of the Dead en 2005 avait fait évoluer ses zombies vers plus ''d'humanité''... Et c'est sans compter sur d'autres exemples encore plus probants parmi lesquels Warm Bodies de Jonathan Levine ou la série In the Flesh de Dominic Mitchell dans laquelle les zombies étaient réinsérés socialement... S'agissant du concept de colonie, c'est à un autre type de fiction qu'il faut se référer. Et quel plus bel exemple que de citer le Collectif Borgs de l'univers Star Trek dans lequel ces créatures mi-organiques, mi-cybernétiques assimilent d'autres espèces tout en étant eux-mêmes régis par une conscience collective... ? Malgré les apparences, Colony innove donc assez peu. D'une durée excédant de peu les deux heures, le film est inutilement long. Beaucoup d'action catapultant une poignée de protagonistes mal caractérisés pour un remue-ménage qui épuise autant les spectateurs que les héros eux-mêmes. Au final, le dernier long-métrage de Yeon Sang-ho se regarde avec plaisir tout en étant souvent d'une déconcertante banalité. Et c'est un admirateur avec à son compteur plus d'une centaine d’œuvres du genre découvertes à ce jour qui vous le dit !

 

samedi 11 juillet 2026

Silent Retreat de Ace Jordan (2015)



Zac, Meigan, Dale, Tedi, Lira et Rita sont tous réunis dans une demeure située en pleine forêt afin de participer le temps d'un week-end à un séminaire organisé par la société de médias qui les emploie. Lira en a profité pour se faire accompagné de son petit ami Joël. Entre elle et Redi, les disputes sont perpétuelles entre ces deux employés qui ne peuvent se souffrir. Zac et Meigan partagent l'une des chambres à l'étage, quant à Tedi, il dort au rez de chaussée. Coordonné par Dale, assisté par Rita, le séminaire sera entrecoupé de moments de détente. Rita en profitera la première en allant dès lendemain matin de leur arrivée se promener dans la forêt réputée être habitée par de nombreux ours. Mais un gardien veille. Il s'appelle Earl Warren et habite dans une cabane pas très éloignée de la maison où vont passer trois jours les six séminaristes.

Le soir-même, Meigan est très inquiète. En effet, Rita n'est pas rentrée de sa promenade matinale et personne ne semble l'avoir revue depuis. Dale tente de la rassurer en lui expliquant que la jeune femme connaît bien les lieux et qu'elle s'est sans doute arrêtée quelque part pour la nuit. Mais très vite, les événements vont s'enchaîner. Lorsque le lendemain, tout le monde part finalement à la recherche de la disparue, Dale et Tedi, qui ont prévu de leur côté d'aller rendre visite au gardien, constatent que si la porte d'entrée est ouverte, l'une des pièces de la cabane a quant à elle été soigneusement fermée à clé. Chacun cherche de son côté, mais le temps passe et Rita est toujours introuvable...

Curieux que ce film signé Ace Jordan a de quoi laisser sceptique. Lorgnant tout d'abord du côté du fantastique avec l'étrange apparition d'un jeune garçon qui ne semble être visible que par le personnage de Zac, Silent Retreat prend un virage à cent quatre vingt degré et se transforme alors en thriller mâtiné de slasher. Du moins c'est ce le cinéaste semble avoir choisi, mais ne nous trompons pas. Si le film manque cruellement de cohésion dans la mise en œuvre de son scénario, et si la forme et le fond demeurent inégaux l'un envers l'autre (la première faisant défaut au second), il y a un petit je ne sais quoi qui rend Silent Retreat attachant.

Ça part dans tous les sens. Le récit ne sachant sur quel pied danser. On se doute bien que ce qui paraît évident au premier abord n'est qu'un leurre pour tromper le spectateur, mais cela est devenu une telle habitude au cinéma, que l'on réfléchi désormais systématiquement au sujet des quelques éventualités qui s'offrent à nous. Le plus fascinant demeurant sans doute l'une de ces dites éventualités délivrée à travers des bandes magnétiques retrouvées et scrupuleusement écoutées par Meigan.
Au final, Silent Retreat se laisse tranquillement regarder. On ne sait finalement trop quoi en penser. Ni un chef-d’œuvre, ni une série Z. Il a pour lui de posséder un scénario à tiroirs qui aurait sans doute mérité un peu plus d'attention. Concernant l'interprétation, les différents interprètes font très bien leur boulot. A voir donc, pour se faire une idée de la chose...


vendredi 10 juillet 2026

Le pont de Cassandra (The Cassandra Crossing) de George P. Cosmatos (1976) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Lorsque trois écoterroristes s'introduisent dans des locaux scientifiques de l'Organisation Mondiale de la Santé à Genève, l'un d'eux est abattu par des agents de la sécurité, le second est blessé puis emmené à l’hôpital tandis que le dernier parvient à prendre la fuite. Malheureusement, pour lui et pour son complice, les deux hommes sont entrés en contact avec une souche de la peste pulmonaire. Si le premier meurt rapidement de la maladie, le second est parvenu à s'échapper pour ensuite monter clandestinement à bord d'un train reliant la gare de Genève à celle de Stockholm. L'armée américaine envoie à Genève le colonel du renseignement militaire Stephen Mackenzie (Burt Lancaster), lequel est chargé de mener les opérations tandis que le docteur Elena Stradner (Ingrid Thulin) est tenue d'étudier le cas du suspect transporté à l’hôpital afin de trouver une solution pour éviter le pire : En effet, maintenant que l'officier de l'armée américaine et la spécialiste en microbiologie et en santé publique connaissent l'origine de la maladie et savent que dans un train transportant plus de mille passagers se trouve un clandestin atteint de la peste pulmonaire, tous deux vont mener un combat pour éviter que l'affection dont est atteint l'écoterroriste ne s'étende en dehors du train... En pleine période de l'âge d'or du film catastrophe, Le pont de Cassandra (The Cassandra Crossing) de George P. Cosmatos relève de plusieurs courants cinématographiques puisqu'il empiète également sur les domaines du thriller et de la stratégie géo-politico-militaire. Ici, plus que la maladie, laquelle sert de lien entre les personnages et le caractère pernicieux de l'intervention de l'armée américaine, c'est bien d'un message anti-militariste qu'il s'agit puisque les valeurs humanistes sans cesse actionnées à travers le discours et l'attitude de la plupart des protagonistes enfermés dans un train lancé à vive allure entrent en résonance avec la logique militaire qui veut que le principal objectif soit de minimiser les conséquences d'une épidémie. Comme très souvent dans ce genre de production qui cette fois-ci prend place dans un train et non plus à bord d'un avion ou d'un paquebot, les rôles principaux sont tenus par de grandes vedettes du cinéma américain. L'on retrouve ainsi Burt Lancaster qui au tout début de la décennie avait déjà incarné le rôle du directeur général de l'aéroport international de Lincoln, Mel Bakersfeld dans Airport de George Seaton. Et il ne sera pas le seul à revenir au thème du film catastrophe puisque à ses côtés, l'on retrouve Ava Gardner dans le rôle de Nicole Dressler, deux ans après qu'elle ait joué celui de Remy Graff dans l'excellent Tremblement de terre de Mark Robson, Richard Harris dans celui du docteur Jonathan Chamberlain deux ans après avoir incarné le rôle du démineur et Lieutenant Commandeur Anthony Fallon dans le tout aussi réussi Terreur sur le Britannic de Richard Lester, ainsi que l'ancien joueur professionnel de football américain O. J. Simpson qui deux ans avant d'incarner le faux prêtre mais vrai flic Haley dans le film de George P. Cosmato avait interprété le rôle du chef de la sécurité Harry Jernigan dans le génial La tour infernale de John Guillermin...


D'autres grandes stars participent également au projet. Comme la superbe actrice italienne naturalisée française Sophia Loren qui interprète ici Jennifer Rispoli, l'ex épouse du docteur Chamberlain. Martin Sheen, célèbre comédien, père d'une flopée d'acteurs parmi lesquels Charlie Sheen et Emilio Estevez et qui joue ici le rôle de Robby Navarro, un jeune gigolo héroïnomane vivant aux crochets de Nicole Dressler. Plus anecdotiques sont les présences de Lionel Stander qui endosse l'uniforme du contrôleur du train Max (un prénom qu'il retrouvera lors de sa participation à la mythique série télévisée Pour l'amour du risque entre 1979 et 1984), d'Ann Turkel qui interprète le rôle de la hippie Susan ou encore celle de la toute jeune Fausta Avelli qui joue ici le rôle de Caterina et qui durant sa courte carrière côtoiera notamment Lucio Fulci (La longue nuit de l'exorcisme et L'emmurée vivante) ou bien Dario Argento (Phenomena). Une grande partie des scènes se situent donc dans un train menacé de devenir le terreau d'une épidémie foudroyante. Mais si le mot Peste effraie, bizarrement, la guérison s'avère relativement aisée grâce à l'apport d'une forte dose d'oxygène ! L'implication de l'armée vise ici à transformer le train en zone de quarantaine, des soldats en combinaison et armés jusqu'aux dents instaurant ainsi la loi martiale. Les voyageurs n'étant plus traités comme hommes ou des femmes mais comme de multiples foyers d'infection. Aucun droit à la parole et donc non décisionnaires de ce qui adviendra d'eux, l'on comprend alors peu à peu le projet mis en place par le colonel Stephen Mackenzie et ses supérieurs. Le message ici est très clair et s'inscrit finalement dans une certaine logique sécuritaire : la vie d'un millier d'hommes et de femmes vaut moins que la survie d'une ville ou d'une nation toute entière. De cette critique en ressort une œuvre qui ne ménage ni ses effets, ni les passagers du train puisque entre le ''jeu de massacre'' qui va opposer nos héros aux soldats en combinaison et une fin authentiquement tragique, le nombre de morts ne se comptera plus sur les doigts d'une ou deux mains mais sur des dizaines...

 

jeudi 9 juillet 2026

Amjeon (Warning: Do Not Play) de Kim Jin-won (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pressée par un collaborateur d'écrire le scénario de son prochain film, la jeune Park Mi-jung (Seo Yea-ji) cherche son inspiration dans un fait-divers très étrange qui se produisit dix ans en arrière. En effet, lors d'une projection en salle, une œuvre signée de Kim Jae-hyun (Jin Seon-kyu) provoqua l'hystérie et causa même la mort par crise cardiaque de l'un des spectateurs. Cherchant des témoins de l'affaire pouvant l'informer sur l'éventuelle possibilité de rencontrer l'auteur du long-métrage maudit et ainsi de mettre la main sur le film en question, Park Mi-jung ne sait pas encore qu'elle va mettre le pied dans une aventure terrifiante emplie de phénomènes étranges et paranormaux... Douze ans après son premier long-métrage The Butcher, le réalisateur et scénariste sud-coréen Kim Jin-won réapparaissait en 2019 sur grand écran avec Amjeon (Warning: Do Not Play), un petit film d'horreur souvent malmené par la critique et par les spectateurs qui le découvrirent lors de sa sortie. Pourtant, au sortir de la projection, on peut se demander ce qui poussa certains à s'acharner dessus comme s'il n'était que le pur produit d'un esprit dénué d'imagination, de sens de la mise en scène et de la direction d'acteurs. Il est vrai que pour sa seconde incartade dans le domaine de l'horreur au cinéma, Kim Jin-won ne facilite pas la tâche des spectateurs puisque son film se révèle relativement alambiqué. Partant sur un postulat pourtant très simple, soit l'enquête d'une jeune femme sur un événement plutôt étrange qui se produisit une décennie en arrière, le cinéaste sud-coréen traite d'un sujet qu'il ne maîtrise malheureusement pas tout à fait ! De plus, même si Seo Yea-ji se montre très convaincante dans le rôle de l'héroïne, surtout lorsqu'elle est amenée à exprimer un certain effroi teinté de révulsion lors des différentes apparitions ectoplasmiques durant la dernière partie du récit, il est difficile de s'attacher à ce personnage dont l'empathie pour ses concitoyens se juge à l'aune de ses ambitions. Créant ainsi une certaine forme d’ambiguïté, voire même d'incohérence entre sa réaction proprement épidermique face à l'entité du récit et son attitude très.... ''professionnelle'' lorsqu'il s'agit de prendre en photo tout élément pouvant agrémenter ses recherches et cela, en dépit du danger !


Un comportement invraisemblable puisque l'héroïne photographie froidement des scènes lors de certaines interactions avec des phénomènes paranormaux tout en étant par la suite prise de convulsions ! Ici, le film maudit agit comme un personnage à part entière tout en ayant des conséquences directes sur le personnage central du récit. Une mise en abîme du cinéma, de l'art créatif, qui possède son créateur et ceux qui participent à son élaboration. Kim Jin-won insiste d'ailleurs sur ce sujet en intégrant le concept de ''film dans le film'' où l'héroïne se retrouve directement impliquée au cœur de ce projet intitulé Warning qui en devient par conséquent assez nébuleux. Ici, le réalisateur tord le concept entourant l'utilisation d'outils audiovisuels (cassettes vidéos, caméras, etc...) en inversant les valeurs de ce que projette ou pas le téléphone dont Kim Jae-hyun fait un usage intensif. Dans le cas de Amjeon, l'objet n'est plus le révélateur des phénomènes paranormaux mais l'outil permettant de différencier les abominations auxquelles l'héroïne est directement confrontée de la réalité à laquelle celle-ci échappe lorsqu'elle ose enquêter sur les lieux du tournage maudit. Fasciné par le cinéma d'horreur outre-atlantique (Kim Jin-won voue notamment un culte au Evil Dead de Sam Raimi) ou par le cinéma déjanté du japonais Shinya Tsukamoto, auteur en outre du film culte Tetsuo, le réalisateur sud-coréen parvient malgré un brouillard scénaristique quasi permanent, à créer un certain trouble. Et ce, grâce à la totale implication de son interprète principale mais aussi grâce à des décors parfois très anxiogènes qui tranchent radicalement avec l'univers dans lequel la jeune femme évolue habituellement (l'école de cinéma et d'une manière plus générale, des bureaux s'inscrivant dans l'industrie du cinéma). On pense bien évidemment à l'appartement de Kim Jae-hyun, glauque à souhait, antre d'un esprit rendu fou par son projet de film maudit réalisé conjointement avec un..... fantôme (!?!). Et plus encore à ce théâtre abandonné où fut tourné Warning et où l'héroïne se lance dans une enquête périlleuse, confrontée à des phénomènes paranormaux, dans des décors sordides, mal éclairés, aidée seulement par la lumière et l'écran de son petit téléphone portable. Bref, une expérience assez curieuse, aux finitions approximatives, brouillonne mais néanmoins intrigante...

 

mercredi 8 juillet 2026

Zhou (Incantation) de Kevin Ko (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Asie toujours mais détour cette fois-ci du côté de Taïwan avec Zhou (Incantation), dernier long-métrage du réalisateur, scénariste et directeur de la photographie Kevin Ko. Tandis qu'aucun nouveau projet ne semble être au planning du cinéaste taïwanais, retour donc sur ce long-métrage qui comme de très nombreux autres avant lui intègre au récit des éléments fantastiques relatifs aux domaines des superstitions et du folklore religieux asiatique. Ici l'on suit les aventures de Li Ronan (Tsai Husuan-yen) qui après avoir passé six années dans un hôpital psychiatrique retrouve sa fille Dodo (Huang Sin-ting) qui durant tout ce temps fut confiée à la garde d'une famille d'accueil. Si le retour de la gamine chez sa mère biologique se passe relativement bien, Dodo semble pourtant être victime d'une malédiction. La fille de Li Ronan est notamment la seule à apercevoir au plafond de sa chambre une entité qui paraît être hostile. Plutôt que de rechercher dans le présent ce qui touche le cœur du sujet, Kevin Ko préfère se plonger dans le passé de son héroïne. Six ans auparavant, à l'époque même où elle et son ancien petit ami Dom (Sean Lin) ainsi que leur camarade Yuan (Wen Ching-yu) alimentaient une chaîne Youtube avec leurs propres vidéos de chasseurs de fantômes. Entre séquences actuelles et flash-back remontant donc six ans en arrière, Zhou est en outre entièrement filmé caméra à l'épaule et de manière subjective, façon Found Footage. De plus, le cinéaste taïwanais implique directement le spectateur puisque l'héroïne du récit s'adresse directement à lui dès les premiers instants. Et même si la jeune femme lui lâche rapidement la grappe, la volonté de l'intégrer reste en toile de fond... Zhou s'inspire plus ou moins d'un fait-divers qui eut lieu à Kaohsiung dans le district de Gushan en 2005. Convaincus d'être possédés par des démons, les six membres d'une même famille tentèrent de conjurer le mauvais sort en se frappant mutuellement à l'aide de tablettes spirituelles et de bâtons. Pire : ils se recouvrirent d'excréments et d'urine, persuadés que cela allait chasser les divinités issues du folklore chinois qui s'en prenaient à chacun d'entre eux ! L'horreur atteignant son paroxysme lorsque la plus âgée des filles fut rouée de coups jusqu'à ce que mort s'ensuive... Un cas jugé d'hystérie collective dont les principaux acteurs furent reconnus coupables ''d'abandon de personne sans défense ayant entraîné sa mort''... Projeté à Taïwan dès le 18 mars 2022, le film sera mis à disposition du public quatre mois plus tard sur la plateforme Netflix...


Outre la tentative de manipulation psychologique du spectateur, Kevin Ko choisit de traiter le sujet sous l'angle de la culpabilité et des liens familiaux. En effet, après avoir été séparée de sa fille, l'héroïne tente de reconstruire une vie normale auprès de Dodo. Emprunt d'un caractère profondément religieux attaché à certaines croyances propres à la culture bouddhiste et taoïste, le script de Kevin Ko et du scénariste Chang Che-Wei tente de faire comprendre au spectateur que l'issue ne peut être résolue qu'en passant par la transmission de la malédiction à travers plusieurs personnes. Une ''contagion'' qui permettrait au final de la ''diluer''. L'emploi du concept de Found Footage agissant ainsi d'une manière presque semblable au thème invoqué à la fin du siècle dernier par le japonais Hideo Nakata à travers Ringu (Ring) et sa cassette vidéo maudite ou au beau milieu des années 2010 par l'américain David Robert Mitchell à travers It Follows dans lequel l'entité qui s'attaquait aux protagonistes était sujette à une métaphore des maladies sexuellement transmissibles... Si l'intervention du surnaturel devient rapidement une évidence, Kevin Ko maintient longtemps le secret entourant les causes et les conséquences de la malédiction qui repose sur la personne de Dodo. En outre, le cinéaste appuie durant un certain laps de temps sur l'idée qu'en aidant sa fille, Li Ronan ne fait que renforcer le mal dont celle-ci est atteinte. Atteignant ainsi un important degré de perversité en révélant notamment que le rituel, le symbole affiché à plusieurs reprises et l'incantation prenant la forme de la phrase ''Hou-ho-xiu-yi, si-sei-wu-ma'' ne sont plus vraiment bénéfiques à la guérison de la petite fille mais lui sont au contraire extrêmement défavorables. Privilégiant ainsi une fois encore la participation du spectateur qui, s'il se laisse convaincre par le procédé mis en place par Kevin Ko, se sait désormais en partie coupable de ce qui se produit à l'image... Enfin, Zhou traite bien évidemment de la folie. Tout comme s'agissant du fait-divers ayant eu lieu en 2005. Car comment comprendre autrement ce qui a pu aboutir à cette ''emprise'' familiale qui poussa cinq individus à en tuer un cinquième ? Touffu et donc parfois assez brouillon, Zhou n'en est pas moins une œuvre intéressante et constituant un ajout important dans l'iconographie des légendes et autres folklores asiatiques représentés sur grand écran...

 

mardi 7 juillet 2026

Noijeu de Kim Soo-jin (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Undertone de Ian Tuason fut une expérience plus que désagréable reposant essentiellement sur le son. Et donc, sur l’ouïe. Non pas que le concept soit mauvais, bien au contraire, mais la mise en scène mollassonne ruina l'essentiel du récit reposant presque uniquement sur l'interprétation de son héroïne incarnée à l'écran par Nina Kiri. S'agissant de Noijeu du réalisateur sud-coréen Kim Soo-jin qui vient de sortir dans les salles françaises, son premier long-métrage repose à peu près sur les mêmes fondements puisque son héroïne à lui est malentendante. Pas totalement sourde, mais simplement atteinte d'une déficience auditive qu'elle comble à l'aide d'un dispositif lui permettant d'y pallier. À vrai dire, et au sortir de cette expérience très réjouissante, je n'ai toujours pas saisi l'intérêt d'un tel procédé. Car si effectivement le handicap de Seo Joo-yeong (interprétée par Lee Sun-bin) participe de l'ampleur angoissante des derniers instants du récit, ce ''détail'' la concernant n'a généralement pas vraiment d'importance lors du déroulement de l'histoire. C'est d'ailleurs même tout le contraire puisque saisissant ce qui se déroule autour d'elle d'un point de vue il est vrai handicapant, c'est bien de bruit dont il s'agit ici. Si l'intrigue se déroule dans un immeuble de copropriétés où se côtoient locataires et propriétaires, ça n'est pas par hasard. En effet, si une partie importante de la population sud-coréenne est contrainte de vivre au sein d'immeubles qui répercutent très facilement le moindre bruit de pas, d'objet qui tombe ou de cris d'enfants, sa densité provoque fatalement des conflits de voisinages qui peuvent rapidement dégénérer... En ce sens, le long-métrage de Kim Soo-jin évoque ostensiblement l'un des classiques de l'épouvante signé en 1976 par Roman Polanski : Le locataire dans lequel un petit immigré polonais rencontrait de grandes difficultés à vivre au contact de voisins souvent revêches dans un vieil appartement parisien qu'il loua après le suicide apparent de la précédente locataire. Le cinéaste franco-polonais signant et interprétant ainsi un véritable monument de l'épouvante, ultra flippant, paranoïaque et inconfortable que d'aucun de raisonnable ne pouvait juger entrer dans le domaine du fantastique. Surtout lorsque la conclusion venait apporter une solution finalement très concrète s'agissant de l'état mental du héros...


Chose un peu plus délicate à cerner chez Kim Soo-jin qui avec Noijeu signe une œuvre aux multiples ramifications, se rapprochant finalement autant du film de Roman Polanski que du chef-d’œuvre absolu de la J-Horror Honogurai Mizu no Soko Kara (Dark Water) signé en 2002 par l'un des maîtres en la matière, Hideo Nakata. Contrairement à Undertone de Ian Tuason, ici l'usage du son et des silences fonctionne à la perfection... Nous suivons les aventures de la jeune Seo Joo-yeong qui après la disparition de sa jeune sœur Seo Joo-hee ((Han Su-a) vient s'installer dans son appartement dans l'espoir de la voir rapidement réapparaître. Mais ce qui survient le plus ardemment n'est pas le retour de sa cadette mais toute une série de problèmes liés au bruit et donc au voisinage. Entre un voisin particulièrement inquiétant habitant l'étage en dessous (Ryu Kyung-soo dans le rôle de Joong-sim) ou une propriétaire retors (Baek Joo-hee) qui compte bien préserver le calme dans l'objectif de faire rénover l'immeuble, notre héroïne ne peut visiblement compter que sur le soutien de Ki-hoon, le petit ami de sa sœur qu'interprète Kim Min-seok et sur celui de Jeong-in (Jeon Ik-ryung), une voisine plutôt conciliante qui semble en savoir beaucoup sur le passé trouble de l'immeuble. Un sujet qui ajoute une couche supplémentaire aux problèmes que va rencontrer Seo Joo-yeong, ainsi menacée par le voisin de l'appartement 504 et par la propriétaire qui voit d'un mauvais œil les plaintes formulées par la jeune femme qui cherche à retrouver sa sœur. En terme d'épouvante, le constat est sans appel : Noijeu est le digne descendant de la J-Horror même si ce courant est propre au Japon. D'une manière générale, le long-métrage de Kim Soo-jin est l'un des meilleurs représentants actuels de l'épouvante en Asie et même sur un plan international traitant du sujet des fantômes dans un contexte social tendu. Le cinéaste sud-coréen a en effet l'art et la manière de mettre en scène ses personnages dans des situations angoissantes. Et si les rapports de voisinages ne sont pas des plus tétanisants quoique parfois très crispants, la visite de l'immense décharge souterraine où les quelques visites nocturnes du voisin du dessous restent de grands moments de cinéma d'épouvante. Pour son premier film, Kim Soo-jin réussit à égaler les maîtres-étalons du genre et l'on a déjà hâte de découvrir ses futurs projets...

 

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