Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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mercredi 17 juin 2026

The Furious (Huo Zhe Yan) de Kenji Tanigaki (2026) - ★★★★★★★★☆☆




The Furious de Kenji Tanigaki..... Vous l'aurez compris, comme je l'imagine, qu'avec un titre pareil, faut pas s'attendre à assister à la réunion d'un club du troisième âge dont les membres seraient passionnés de macramé ou de mots fléchés ! Ici, ça cogne dur. Mais pas comme dans une cours d'école où durant l'interclasse deux élèves ou deux clans opposés se frotteraient l'un à l'autre à coups de pieds désordonnés dans les jambes et de coups de poings dans le visage. Pas raisonnable pour un sou et se fichant totalement du manque de vraisemblance des chorégraphies dont il s'est probablement chargé lui-même lors des combats, le réalisateur japonais signe en 2026 avec ce qui à Hong-Kong est sorti sous le titre originale Huo Zhe Yan, l'un de ces thrillers d'action et d'arts-martiaux asiatiques très attendus cette année. Il faut dire que la bande annonce avait de quoi nous réjouir tout en étant la promesse d'une nouvelle référence en la matière après les excellents Taken de Pierre Morel en 2008, The Raid de Gareth Evans en 2012 ou encore le récent et extraordinaire City of Darkness signé du réalisateur hongkongais Soi Cheang en 2024... S'agissant du second, les spectateurs auront tout loisir de découvrir que l'acteur indonésien qui à l'époque campait le rôle de Mad Dog est de retour cette année dans le rôle de l'un des personnages antagonistes. Un individu prénommé Tak, grand amateur d'arc, lequel est son arme favorite, traînant toujours à l'écran son démoniaque faciès rendu encore plus sinistre désormais lorsqu'il se met à sourire ! Pas très bavard mais déjà beaucoup plus que l'un des deux héros de cette histoire somme toute banale écrite à quatre mains par Mak Tin-shu, Lei Zhilong, Shum Kwan-sin et Frank Hui et qui se trouve être muet. Un scénario entretenant d'ailleurs un rapport ténu avec Taken puisque ce même personnage prénommé Wang et incarné par Xie Miao se lance à la recherche de sa fille Rainy (Yang Enyou) qui a été enlevée devant ses yeux. D'emblée, et avant que le drame ne vienne bousculer l'existence du père et de sa fille, Kenji Tanigaki parvient à instaurer une complicité entre les personnages qui se ressent énormément à l'écran, rendant ainsi le duo très attachant. Mais le drame n'étant jamais très loin de succéder au bonheur, Wang se lance dans une course effrénée et va à cette occasion croiser la route de Navin, homme dont l'épouse journaliste enquêtait sur des disparitions d'enfants avant de s'évaporer elle-même dans la nature. Enquêtant à son tour sur un réseau supposé de kidnapping et de vente de jeunes enfants, Navin s'est infiltré voilà deux mois mais l'arrivée de Wang va tout foutre en l'air. Lorsque l'un et l'autre comprennent qu'ils ont un intérêt commun, ils décident de s'allier et de démanteler l'organisation criminelle...


C'est sans la moindre hésitation que mon choix s'est porté sur The Furious plutôt que sur Disclosure Day de Steven Spielberg que j'ai décidé de reporter d'un ou deux jours. Parce qu'entre l'hypothèse de vivre une expérience humaine probablement très profonde, avec ses questionnements sur les différentes formes de croyances qu'il s'agisse de Dieu ou de l'existence même des extraterrestres et vivre une aventure toute aussi intense faisant davantage appel à la bête sommeille en tout homme afin d'atteindre un but ici évidemment légitime, mon choix s'est donc porté sur celle-ci... The Furious est le digne descendant de ses prédécesseurs et confirme une nouvelle fois qu'en matière de cinéma d'action et d'arts-martiaux l'Asie n'a pas de compte à rendre à quiconque et reste seule maîtresse d'un art qu'elle maîtrise de bout en bout. Doté d'un budget estimé à environ vingt millions de dollars, le long-métrage de Kenji Tanigaki réunit différentes nations : Japon, Chine, Indonésie et Thaïlande où sera d'ailleurs tourné le film. Et plus précisément à Bangkok, dès le mois d'avril 2024 et ce, durant une période de trois mois. Ville tentaculaire et donc anxiogène, théâtre de nombreux enlèvements d'enfants dont ne semble d'ailleurs pas trop se préoccuper le chef du commissariat. Corrompu ? Pleutre ? Nous le découvrirons beaucoup plus tard lors du récit. On ne s'étonnera pas d'apprendre que Kenji Tanigaki a participé voilà deux ans en arrière à l'élaboration des cascades de City of Darkness du hongonkongais Soi Cheang tant les chorégraphies de son tout dernier long-métrage semblent produites dans le même esprit en terme d'inventivité et de création. Des combats opposants les acteurs Miao Xie (Wang Wei) et Joe Taslim (Navin) à des antagonistes très résistants incarnés par Brian Le (Ho), Yayan Ruhian (Tak), Sahajak Boonthanakit (Mr. Song) ou encore Joey Iwanaga (Paklung, l'un des richissimes pontes de l'organisation criminelle). N'oublions pas la jeune Enyou Yang qui interprète la fille de Wang, très investie dans le récit puisque kidnappée et motivée ensuite à s'échapper et à faire libérer tous les enfants qui comme elle sont enfermés dans un établissement du nom de Snake Pit...


Mais bien évidemment, ce que l'on vient chercher ici en priorité, ce sont les combats. Et à ce titre, on en prend plein les yeux. Un show quasi permanent, des affrontements souvent dantesques, périlleux (on se demande comment certains acteurs n'ont pas fini à l’hôpital) et millimétrés. Quelques séquences émouvantes entre le père et sa fille, un duo de choc entre Wang et Navin, mais aussi, quelques séquences absurdes et sans doute moins pertinentes que d'autres. L'on pense notamment à la libération des enfants durant laquelle l'on découvre encore une fois l'étrange attitude du commissaire de police qui refuse à ses subalternes d'intervenir. Longue séquence qui oppose nos deux héros à une armada de criminels dans un couloir. Une séquence étonnamment tournée, brouillonne, répétitive et surtout, dénuée de toute maestria chorégraphique. Étrange... Kenji Tanigaki manquerait-il alors d'imagination ? Son inspiration se serait-elle envolée en fumée ? Pas vraiment puisque le final confirme ensuite qu'il en avait encore sous le pied et que la scène de la libération des enfants était sans doute traitée sous forme ''d'entracte'' afin de rendre encore plus intense ce qui allait suivre. Notons ensuite que le film verse parfois dans le grand-guignol avec des scènes extrêmement gore agrémentées de bruitages qui accentuent l'horreur de la situation. Kenji Tanigaki se lâchant alors durant une séquence ma foi totalement invraisemblable durant laquelle Paklung libère toute la folie qu'il contenait jusque là au point de commettre un acte irréparable... Ce passage est sans doute celui de trop. Une surenchère qui fait plus rire qu'elle n'engendre l'épouvante. Heureusement, le final, grandiose, viendra remettre un peu d'ordre dans toute cette histoire. Un combat à quatre opposant Wang et Navin à Tak et Paklung avant qu'un cinquième élément en la personne de Ho ne vienne s'ajouter au combat. Bref, The Furious, c'est du très grand spectacle visuel à défaut de nous proposer un défi intellectuel. Un scénario basique mais une réalisation, une interprétation et des chorégraphies magistrales...


mardi 16 juin 2026

Mauvaise pioche de Gérard Jugnot (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Tout débute en 2011 lorsque sont retrouvés sous la terrasse de leur demeure, Agnès Dupont de Ligonnès, sa fille Anne, ses trois fils Arthur, Thomas et Benoït ainsi que le chien de la famille. Quant au père, Xavier ? Il disparaît, tout simplement, après avoir été filmé pour la dernière fois dans le Var quelques jours plus tard. L'homme s'est-il suicidé ? Est-il l'auteur du quintuple homicide ? Toujours est-il que pour la police, il demeure encore aujourd'hui comme le principal suspect... Si la mini-série télévisée de Pierre Aknine Un homme ordinaire reste l'adaptation du fait-divers la plus fidèle, certains longs-métrages cinématographiques font étonnamment penser à l'affaire. À commencer par Paul Sanchez est revenu ! de Patricia Mazuy en 2018. Sur un ton déjà nettement plus cynique, la comédie noire de Christophe Meurisse Les Pistolets en plastique fait elle aussi référence à cette même affaire. Dernier film en date à s'inspirer du quintuple homicide et à la disparition du principal suspect, Mauvaise Pioche de Gérard Jugnot l'aborde par contre sur un ton beaucoup plus léger... Sorti le 1er Avril dernier sur les écrans français, le long-métrage met en scène le réalisateur lui-même, célèbre pour avoir partagé durant un certain nombre d'années la même existence professionnelle et privée que les autres membres de la troupe du Splendid. Une carrière d'acteur qui s'est rapidement transformée pour devenir celle, multi-tâches, d'un cinéaste complet. Entre production, réalisation, écriture et interprétation. Se plaçant ainsi pour la première fois derrière la caméra en 1984 avec Pinot simple flic et signant ponctuellement de petites pépites à l'image de Une époque formidable en 1991 et Monsieur Batignole en 2002... Offrant en contrepartie de ses diverses apparitions dans Babysitting, Nicky Larson et le Parfum de Cupidon et Alibi.com 2 de Philippe Lacheau l'opportunité à celui-ci d'apparaître dans son dernier long-métrage dans le rôle du Capitaine de police Grégory Vassilian, Gérard Jugnot réunit autour de lui une importante équipe d'interprètes de toutes générations. Si Josiane Balasko n'apparaît que lors d'une très courte mais drôlatique séquence s'amusant de l'usage des filtres dont sont friands les consommateurs de selfies et de réseaux sociaux, Thierry Lhermitte porte les traits du maire de Mimet et du Président de l'association des Amis de Napoléon à laquelle appartient justement Serge Martin qu'incarne donc Gérard Jugnot... 

 

S'apprêtant à prendre l'avion à l'aéroport de Gènes pour retourner en France, celui-ci est arrêté par les douaniers qui le confondent rapidement avec Durant de Solilesse. Un homme dont la famille a été assassinée et qui depuis a disparu. Certains éléments laissent à penser que ce dernier se cache désormais sous les traits et le nom de Serge Martin. En France, Le Commissaire Taillade (Jean-Pierre Darroussin) rêve de boucler cette affaire insolvable qu'il traite depuis des années avant de prendre sa retraite. C'est pourquoi il envoie le Capitaine Grégory Vassilian chercher le suspect à son arrivée en France. Lâchant l'information auprès de l'ambitieuse journaliste Léa Paoli (Reem Kherici) avec laquelle il espère dîner, le flic provoque une véritable tornade autour de Serge Martin... Si Mauvaise Pioche n'est clairement pas la comédie de l'année et sans doute encore moins la meilleure qu'ait conçu Gérard Jugnot ainsi que ses deux scénaristes Frédéric Hazan et Serge Lamadie, le film n'en est pas moins relativement divertissant. Aidé par une distribution qui voit donc apparaître à l'écran Zabou Breitman dans le rôle de l'amoureuse transite de notre héros, la propriétaire du café de Mimet prénommée Michèle, Philippe Duquesne, en client de l'établissement vissé au zinc, François Bureloup, dans le rôle de Maxence, le meilleur ami de Serge, l'acteur/Personnage sera plus tard en contact avec de nouveaux protagonistes. Tels François Morel dans le rôle de Jean, un co-détenu avec lequel il partagera la même cellule de prison ou bien Laurent Gamelon qui dans cette comédie interprète de son côté un gardien de prison... Mauvaise Pioche est l'occasion pour Gérard Jugnot d'établir toute une liste de défaillances propres à notre société. Où un innocent est malencontreusement confondu avec un assassin. Allant même jusqu'à aller en prison pour avoir accidentellement blessé un policier (en l'occurrence, le Capitaine Grégory Vassilian). Détaillant ainsi, de manière volontairement légère, la vie en taule. S'ensuit le traitement d'une certaines partie des habitants du village dont est originaire notre héros et qui malgré son innocence restent persuadés qu'il n'est pas tout blanc. Méchamment arriviste, la journaliste Léa Paoli ''informe'' les spectateurs au dépit du bon sens, sans le moindre scrupule et sur la base de ''preuves'' pas toujours très convaincantes... Et au beau milieu de ce tohu-bohu, Serge, que certains soutiennent, à l'image d'une Zabou Breitman que l'on a tellement pris l'habitude de découvrir ces dernières années sous des apparences froides que son personnage paraît ici peu vraisemblable. Bref, une comédie sympa, qui cherche parfois sans doute un peu trop à ressembler aux œuvres de la Bande à Fifi mais qui reste finalement plaisante à regarder... une fois...

 

lundi 15 juin 2026

Marsupilami de Philippe Lacheau (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

En 1952, le dessinateur belge André Franquin crée le Marsupilami. Créature totalement imaginaire qui selon son auteur n'est pas forcément et directement inspirée par des animaux existant même s'il en a retiré certains traits physiques ou comportementaux. On peu donc imaginer que certains singes l'ont inspiré à travers l'usage de sa queue préhensile tandis que son pelage et les tâches sombres qui le composent se réfèrent plus probablement à certains fauves parmi lesquels, le guépard... Une quarantaine de bandes-dessinées le mettent en scène depuis sa première apparition dans Spirou et les Héritiers l'année de sa création. Comme beaucoup de personnages de bandes-dessinées strictement liés à des créatifs originaires du vieux continent, le Marsupilami eut les honneurs de connaître une adaptation à la télévision sous la forme d'une première série belgo-américaine simplement intitulée Marsupilami, en vingt-huit épisodes et produite par Walt Disney Television Animation. Au tout début du vingtième siècle, une seconde série est produite par Marathon Média et diffusée sur France 3. Enfin, l'année dernière la série Les Marsupilamis produite par Ellipse Animation et Belvision contient cinquante-deux épisodes diffusés sur Gulli... Nous passerons ensuite sur les quelques jeux qui furent créés pour différentes plateformes pour passer au grand format. Le cinéma, porte d'entrée pour des personnages de fiction, imaginés par des dessinateurs de talents, qui trouvent parfois le moyen de ''prendre'' vie dans des longs-métrages live. S'agissant du Marsupilami, de par sa constitution, la créature d'André Franquin est un pur produit issu du talent des concepteurs en images de synthèse et non pas endossé par un acteur caché sous un costume ridicule. En 2012 sort sur les écrans Sur la piste du Marsupilami d'Alain Chabat, dont on connaît le talent s'agissant d'adapter une bande-dessinée en live (Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre). Une comédie mi-figue, mi-raisin bien loin d'égaler les meilleures œuvres de son auteur. Principalement incarné par Jamel Debbouze, par Alain Chabat lui-même ainsi qu'une galerie de personnages pittoresques, le film s'avère relativement dispensable.


Alors, lorsque sort quatorze ans plus tard Marsupilami, certains détails laissent à penser qu'il pourrait s'agir d'une séquelle alors que les deux adaptations n'entretiennent que peu de rapport en dehors de la présence évidente du Marsupilami et de... Pablito Camaron, qu'incarnait déjà en 2012 Jamel Debbouze et que l'acteur reprend donc quatorze ans plus tard. Cette fois-ci, le film ne tourne pas principalement autour de son personnage ni de celui interprété par Alain Chabat mais davantage autour d'une galerie de protagonistes que les fans de la Bande à Fifi composée de Philippe Lacheau (ici une fois de plus aux manettes de la réalisation, de l'écriture et dans le rôle de David Ticoule), Tarek Boudali, Julien Arruti, Elodie Fontan et Reem Kherici connaissent très bien... Marsupilami est donc d'abord et avant tout une comédie typique de cette bande prête à tout et surtout, à toutes les facéties, quitte même à faire preuve d'une vulgarité très coutumière chez elle avec ces gags redondants placés sous la ceinture et entre les jambes d'un ou deux protagonistes. Une trivialité qui ne doit cependant pas contraindre les parents à voiler le visage de leur progéniture lors de ces rares écarts puisque le film de Philippe Lacheau est d'abord et avant tout une œuvre familiale, plutôt drôle, enchaînant les gags à une vitesse vertigineuse, avec une équipe dont les différents membres se connaissent sur le bout des doigts et traînant à ses côtés quelques sympathiques seconds rôles. Parmi lesquels, Gérard Jugnot en capitaine de paquebot de croisière, Alban Ivanov en douanier, Jean Reno dans le rôle de Jeffrey Malone et même Didier Bourdon dans le rôle du père de Pablito... Au final, Marsupilami est une comédie fraîche, divertissante et nettement plus réjouissante que certaines autres adaptations de l'univers d'André Franquin tels les très mauvais Gaston Lagaffe de Pierre-François Martin-Laval et Les Aventures de Spirou et Fantasio d'Alexandre Coffre tous deux sortis en 2018...

 

dimanche 14 juin 2026

Jusqu'en enfer (Drag Me to Hell) de Sam Raimi (2009) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Tout commence ou presque comme dans le roman de Stephen King Thinner adapté à l'écran sous son titre d'origine aux États-Unis et chez nous sous celui de La peau sur les os. Dans cette adaptation piteuse de Tom Holland, pourtant réalisateur dans les années quatre-vingt des excellents Fright Night et Child's Play, un avocat new-yorkais était victime d'une malédiction jetée par le père d'une gitane qu'il avait renversé en voiture après qu'il ait été acquitté lors de son procès. Dès lors, l'homme se mettait à perdre un kilo par jour jusqu'à devenir squelettique... S'agissant de Jusqu'en enfer (Drag Me to Hell) de Sam Raimi, pas d'accident de voiture causant la mort d'une vieille femme provoquée par un avocat mais une ambitieuse jeune femme, responsable des prêts d'une banque mise sous pression par son directeur qui l'a mise en concurrence avec l'un de ses collègues pour le poste à pourvoir de directeur adjoint ! Lorsque débarque à la banque une vieille tzigane qui pour la troisième fois demande une prolongation de son hypothèque, le directeur (David Paymer dans le rôle de James Jacks) fait indirectement comprendre à sa jeune employée que si elle ne s'affirme pas en refusant de soutenir la demande de la vieille femme, les chances pour Christine Brown d'obtenir le poste tant convoité risquent de s'amenuiser. Contre bonne fortune mauvais cœur, la jeune femme annonce à la cliente qu'elle est contrainte de refuser la prolongation de son hypothèque. Cette dernière entre alors dans une furie incontrôlable avant d'être chassée de l'établissement par deux agents de sécurité. À la sortie du travail, Christine part retrouver sa voiture garée dans un parking souterrain lorsque la vieille dame surgit pour l'agresser. Après un duel digne des meilleurs affrontements de Evil Dead et de ses séquelles que réalisa des années en arrière Sam Raimi, la tzigane arrache un bouton au manteau de Christine et lui jette un sort... Dès lors, l'enfer se déchaîne sur la jeune femme qui va n'avoir de cesse que d'être victime d'hallucinations dont elle seule sera la témoin... Jusqu'en enfer, c'est tout le savoir-faire de Sam Raimi résumé en cent minutes, qui après la trilogie Evild Dead, le moins connu mais néanmoins tout aussi jouissif Crimewave (notamment scénarisé par les frères Ethan et Joel Coen) et avant le récent Send Help ne fait pas que signer ici un classique instantané du cinéma fantastique et d'horreur mais termine de convaincre si besoin était qu'il demeure l'un des grands maîtres de l'épouvante matinée d'une certaine idée de la gaudriole façon ''Tex Avery''...


Un film ''gore'' pour les familles, qui fait rire plutôt qu'il n'effraie. Bref, un film pour les spectateurs de sept à soixante-dix sept ans comme il est de coutume de nommer ce genre de production... Écrit en collaboration avec son frère Ivan auquel l'on doit notamment les scripts de Darkman, de Army of Darkness : Evil Dead III ou encore des trente épisodes de la génialissime série Ash vs Evil Dead entre 2015 et 2018, Sam Raimi signe une bande-dessinée live, bourrée de moments de bravoures, de scènes choc, un tourbillon de folie et de scènes plutôt crades qui font moins intervenir l'hémoglobine que des matières aussi peu appétissantes que de la salive, de la bile et autres matières provenant du tube digestif. Le réalisateur abusant parfois du procédé lorsque vivante ou morte la tzigane, alors incarnée par Lorna Raver, ''embrasse'' notre pauvre employée de banque incarnée par Alison Lohman tout en déversant quelques hectolitres d'une matière dont on se refuse de connaître l'origine. Notons d'ailleurs le superbe maquillage de l'actrice alors âgée de soixante-six ans, transformée en sorcière tzigane en ''kit'' avec son œil crevé, ses fausses dents et sa tendance à régurgiter une matière franchement peu ragoutante... Grand-guignolesque, Jusqu'en enfer s'amuse avec son personnage de jeune femme ambitieuse, arriviste, confrontée à des impératifs qui la dépassent, avec l'image qu'elle renvoie aux autres (la confrontation lors du dîner organisé par les parents de son petit ami incarné par Justin Long) et surtout avec ces phénomènes surnaturels contre lesquels elle va devoir trouver une solution si elle veut pouvoir s'en débarrasser. De bout en bout, le long-métrage de Sam Raimi se déroule tel un train fantôme, entre humour, horreur et hystérie... Notons que la fin ouverte promettait à l'époque une hypothétique séquelle. Ce qui semble être effectivement le cas puisque dans le planning du réalisateur américain est annoncé pour 2028 un Drag me to Hell 2 ! Vivement...

 

samedi 13 juin 2026

L'Empire des Fourmis Géantes de Bert I. Gordon (1977)



Marilyn Fraser a l'intention de mettre tous les atouts de son côté. Elle doit vendre en effet un terrain marécageux en convainquant d'éventuels acheteurs qu'ils pourront en faire une zone résidentielle. Entouré par la jungle, le terrain est accessible par bateau. C'est ainsi que la jeune femme s'y rend accompagnée d'un certain nombre d'acheteurs potentiels.
Ce que Marilyn et ses invités ne savent cependant pas, c'est que la zone est infestée de fourmis géantes qui ont muté en raison de la présence de déchets toxiques dont elles se sont nourries.

Pour Marilyn et les autres, la seule solution pour échapper à la morsure de ces monstres est de fuir à travers la jungle. A bord d'une barque, ceux qui ont réussi à s'échapper de l'enfer ne sont pas encore au bout de leurs surprises : parvenu jusqu'en ville, le groupe se retrouve aux prises avec un shérif et ses adjoints particulièrement nerveux. En effet, sous l'emprise des créatures qui gazent littéralement leurs victimes emmenées de force dans une usine produisant des céréales, les autorités ont choisi d'obéir aux ordres des fourmis géante qui sont de les nourrir...

L'écrivain britannique Herbert George Wells est mondialement connu pour avoir écrit quelques-unes des œuvres littéraires de science-fiction les plus célèbres : La Machine à Explorer le Temps, L'Île du Docteur Moreau, L'Homme Invisible ou encore La Guerre des Mondes. Adapté de la nouvelle The Empire of the Ants, L'Empire des Fourmis Géantes n'est pas un premier coup d'essai pour le cinéaste américain Bert I. Gordon puisqu'un an auparavant, soit en 1976, il s'était déjà inspiré de H.G.Wells pour son long-métrage Soudain... les monstres adapté du roman de science-fiction The Food of the Gods and How It Came to Earth. Alors qu'il y exhibait diverses créatures victimes de mutations les ayant transformées en créatures géantes, cette fois-ci, seules les fourmis semblent atteintes par les effets néfastes de déchets radioactifs rejetés dans la nature par l'homme.

Si son précédent film n'était déjà pas un modèle de réussite, L'Empire des Fourmis Géantes est quant à lui, un ratage complet ! Une vraie bouse cinématographique qui malgré la volonté du cinéaste et visiblement celle des interprètes qui, les pauvres, font ce qu'il peuvent pour rendre crédible un scénario qui ne l'est jamais, est l'exemple type d'ouvrage mal fini. On a beau y retrouver quelques têtes bien connues du septième art et de la télévision (Joan Collins de la série Dynastie, Robert Lansing que l'on retrouvera onze ans plus tard dans une œuvre similaire signée Terence H. Winkless, Voyage au bout de l'horreur, Robert Pine (CHIPs), ou encore Albert Salmi (Brubaker)), le film ne rempli jamais son contrat. Pas le moindre sentiment de peur ou d'angoisse. Les interprètes ont beau gesticuler dans tous les sens, on n'y croit pas un seul instant.

La faute sans doute à des effets-spéciaux qui lors de la sortie de film étaient déjà cruellement datés. Quand à l'histoire, à part quelques passages durant lesquels certains personnages se montrent peu courageux (Robert Pine en l’occurrence), on se fiche du sort de chacun tant la psychologie de la plupart d'entre eux à été mise à l'écart. Quand au passage montrant le shérif et ses adjoints forcer les habitants du village à accepter leur sort en les gazant à l'aide de phéromones produites par les fourmis, on nage en plein ridicule. A oublier très vite donc...

vendredi 12 juin 2026

Hokum de Damian McCarthy (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Ni vraiment un film d'horreur ou d'épouvante, ni tout à fait un thriller et non plus une œuvre exclusivement tournée vers le fantastique, Hokum est pourtant un peu de tout cela. Un mélange plutôt digeste, harmonieux et rafraîchissant. Pourtant, en mélangeant les genres, le film échappe au titre du meilleur film de l'année dans l'une ou l'autre de ces catégories. Se dispersant ainsi tout en produisant des effets relativement efficaces, l'aventure de son principal protagoniste est plus une balade de santé dans un contexte maintes fois remanié qu'une véritable et horrifique expérience de cinéma d'épouvante ! Des jumpscares à foison, accompagnés par de sinistres apparitions. Entre fantômes blafards, sorcières ou démons, difficile de catégoriser ces freaks qui échappent ponctuellement à l'obscurité pour surgir en un instant aux côtés de Ohm Bauman, héros de cette aventure, hautain, méprisant, bref, le genre de personnage que l'on serait enclin à fuir et pour lequel l'on n'éprouve pas le moindre sentiment d'empathie. Et ce même lorsque l'on apprend pour quelle raison il vient s'installer pour une semaine dans l'une des chambres d'un hôtel situé en Irlande. Auteur du très sympathique Caveat en 2020 et deux ans plus tard de Oddity que je m'apprête à découvrir bientôt, c'est donc avec régularité que le réalisateur et scénariste irlandais Damian McCarthy poursuit son œuvre dans le domaine de l'horreur et du fantastique avec un troisième long-métrage situant la quasi totalité de ses scènes d'action dans un hôtel isolé de la campagne irlandaise. Se sentant responsable du décès de sa mère, morte il y a longtemps lors d'un accident domestique, Ohm, dont le père est mort peu de temps après de chagrin et d'ivresse répétée, a pris la décision d'aller disperser les cendres de ses parents dans la souche d'un arbre auprès duquel pose sa mère sur une photo prise à l'époque par son père. Assez peu délicat avec le personnel, Ohm s'attire cependant la sympathie de Fiona (Florence Ordesh), jeune barmaid de l'établissement pleine de vie qui lui raconte que la chambre nuptiale est fermée à clé depuis des années suite à la découverte d'une sorcière enfermée depuis à l'intérieur et à double tour. D'abord intrigué, Ohm boit plus que de raison et part finalement se coucher dans sa chambre...


Le lendemain, ne répondant pas aux appels répétés de Fiona qui l'attend devant sa porte, l'un des employés de l’hôtel ouvre sa chambre et la jeune femme découvre le client pendu à une corde. Fort heureusement, l'employé et Fiona parviennent à lui sauver la vie de justesse et Ohm passe plusieurs semaines à l’hôpital. Dès son retour à l'hôtel, il apprend que la jeune femme a disparu lors d'une fête de Halloween organisée par les responsables de l'établissement... Si d'autres films fantastico-horrifiques traitèrent bien avant lui du thème du deuil, Damian McCarthy l'évoque avec une sensibilité peu commune dans ce genre d'exercice cinématographique. Porté par des interprètes qui se comptent sur les doigts d'une main mais surtout par un environnement au charme typiquement irlandais puisque le tournage eut lieu dans le comté de Cork, justement situé en Irlande. Si les séquences extérieures ont été majoritairement tournées à West Cork, certains intérieurs comme ceux de l'hôtel furent par contre recréés en studio au West Cork Film Studios à Skibbereen. Le Bilberry Woods Hotel du long-métrage est donc un lieu fictif, majestueusement décoré et aussi chaleureux qu'inquiétant. Damian McCarthy exploite ces décors à merveille, en ajoutant de menus détails qui tentent de cultiver l'effroi. À commencer par ce carillon qui ne cesse de sonner ou cette cloche directement reliée à la chambre nuptiale, celle-là même où une légende veut donc qu'une sorcière y serait enfermée. Film à l'ambiance pesante, aux sursauts multiples (lesquels n'auront pourtant sans doute d'effet que chez les plus jeunes spectateurs) aux décors sombres mais extrêmement détaillés, aux apparitions foudroyantes mais inutilement répétitives et à la bande musicale efficace, Hokum est principalement incarné par Adam Scott, Peter Coonan, David Wilmot et Florence Ordesh. Plus qu'un film de fantômes ou de sorcellerie, le long-métrage de Damian McCarthy vire au film d'enquête policière et paranormale plutôt convainquant. L'on prendra malgré tout les louanges de certains critiques avec des pincettes car si Hokum est effectivement un très bon film, il ne révolutionne pourtant aucun des genres auxquels il se raccroche...

 

jeudi 11 juin 2026

Aquarium de Frédéric Grousset (2004) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Que peut-on obtenir avec trois-mille euros de budget et un script tenant sur une simple feuille A4 ? Réponse : Aquarium. Après deux courts-métrages réalisés en 2002, le réalisateur, producteur et scénariste français Frédéric Grousset s'attaquait en 2004 à un type spécifique de projet cinématographique sous forme de huis-clos concentrant six personnages (trois femmes et trois hommes) confinés entre les quatre murs d'une pièce hermétiquement close. Un principe pas vraiment novateur en cette année 2004 puisque sept ans plus tôt, Cube de Vincenzo Natali reposait déjà sur le même principe même si les protagonistes avaient le choix de passer d'une pièce à une autre en bravant un certain nombre de pièges. À dire vrai, le long-métrage de Frédéric Grousset se rapproche davantage de Saw de James Wan sorti la même année aux États-Unis et un an plus tard en France. D'étonnantes similitudes qui pourraient faire croire que l'un des deux aurait éventuellement pu s'inspirer du second mais n'empiétons pas sur ce genre de terrain pour nous concentrer sur l'objectif premier consistant à évoquer les qualités et les défauts d'Aquarium. Ouais, parce que si l'on devait finalement faire la comparaison entre Saw et celui-ci, le film de Frédéric Grousset ne fait évidemment pas le poids. En même temps, James Wan bénéficia d'un budget d'un million et deux-cent mille dollars quand le français ne disposa que d'une somme quatre-cent fois inférieure. Expliquant en des termes propres à une idéologie dystopique la fonction de cette ''boite'' où des personnalités diverses et variées qui ne se connaissent ni d'Eve ni d'Adam se retrouvent enfermées, le long-métrage de Frédéric Grousset implique des protagonistes qui à l'extérieur n'auraient probablement pas eu de raisons de se côtoyer. L'intérêt étant d'ailleurs ici de faire interagir des hommes et de femmes de milieux sociaux et de caractères différents. Ici, l'ombre d'une certaine télé-réalité plane en outre au dessus des personnages, dont les moindres mouvements sont scrutés à l'aide d'une caméra positionnée en hauteur. La seule différence avec une émission du type Loft Story étant qu'ici ne demeure aucun recoin permettant d'échapper à l’œil de la caméra...


Une voix raisonne ponctuellement, édictant des règles strictes auxquelles nos six prisonniers sont contraints de se tenir. À défaut de quoi, c'est la mort assurée. Pas le temps de faire connaissance avec les personnages outre que leur prénom et leur profession. Mais qu'ont-ils pu bien faire à l'extérieur pour devoir se retrouver enfermés dans cette pièce nue qui au fil du temps ressemble de plus en plus à une tombe à mesure que les jeux (car il s'agit tout d'abord de cela) déclinent tout un tas de perversités ? Aquarium oppose deux types d'attitudes. Tandis que la voix (et donc celui qui se cache derrière) semble vouloir tester chaque prisonnier pour en tirer le meilleur (ou le pire) et ainsi donc n'en conserver qu'un seul à la fin, les six victimes de ce sinistre ''cirque'' vont devoir collaborer même si l'on devine rapidement que l'espoir de survie est pour la majorité d'entre eux, totalement illusoire... Coté casting, peu ou pas d'acteurs connus puisque Karen Bruere n'a ensuite tourné que dans un épisode de la série Candice Renoir dix ans plus tard, Abel Divol est apparu dans un épisode de Plus belle la vie en 2011 et Caïn l'année suivante, Capucine Mandeau ayant notamment figuré au casting de RRRrrrr !!! d'Alain Chabat, tandis que le reste du casting constitué de Julien Masdoua, Michel Robin et Sophie Talon n'a également tourné que dans une poignée de séries ou téléfilms en dehors du premier dont la carrière est au contraire étoffée d'une cinquantaine de projets parmi lesquels il a lui-même réalisé le téléfilm 24 minutes chrono en 2005. D'une manière générale, le concept étant ce qu'il est, toute la force d'un tel projet repose sur l'écriture et l'interprétation. S'agissant du jeu des actrices et acteurs, ça va même si l'on oscille parfois du côté de l'amateurisme. Du côté de l'écriture, Frédéric Grousset et le scénariste, réalisateur et producteur Jean Mach font assez vite le tour de la question même si le dernier acte réserve une surprise relativement inattendue. Bref, un tout petit film tourné avec amour et passion. Pas de quoi se relever la nuit mais tout de même touchant dans son engagement...

 

mercredi 10 juin 2026

Bustin' Loose d'Oz Scott et Michael Schultz (1981) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Cela fait un peu moins d'un an que je n'avais pas abordé la Blaxploitation et c'est pourquoi j'ai choisi aujourd'hui d'évoquer Bustin' Loose d'Oz Scott et Michael Schultz même si ce dernier n'est pas crédité au générique. S'agissant d'Oz Scott, il débutait là sa carrière de réalisateur. Poursuivant très sporadiquement et très tardivement son œuvre sur grand écran puisqu'il ne réalisa que deux autre longs-métrages avec Spanish Judges en 2000, Home Run Showdown en 2012, il a surtout été l'auteur d'innombrables épisodes de séries télévisées dont trois épisodes de Fame en 1986, deux de Cosby Show en 1990 et 1991, un pour Les experts en 2001 et a beaucoup plus récemment mis en scène des épisodes pour Law & Order: Organized Crime, S.W.A.T, Kingdom Business ou encore Agent Stoker... Quant à Michael Schultz, si celui-ci n'apparaît pas au générique, il n'en est pas moins aussi important que son homologue puisque avant de s'être lui aussi tourné vers le petit écran, il réalisa notamment les comédies musicales cultes Car Wash et Sergeant Pepper's Lonely Hearts Club Band en 1976 et 1978 ! S'agissant de Bustin' Loose, ce film datant de 1981 met en scène Richard Pryor ainsi que Cicely Tyson, deux interprètes de la communauté afro-américaine très réguliers dans le courant des années soixante-dix/quatre vingt puisque le premier est notamment connu pour avoir joué dans Silver Streak d'Arthur Hiller en 1976, The Wiz de Sidney Lumet en 1978, Brewster's Millions (Comment claquer un million de dollars par jour?) de Walter Hill en 1985 ou encore Critical Condition (Toubib malgré lui) de Michael Apted deux ans plus tard alors que la seconde est apparue dans l'excellente mini-série Roots (Racines) en 1977, le film catastrophe The Concorde... Airport '79 de David Lowell Rich ou encore dans un certain nombre de téléfilms dont The Marva Collins Story de Peter Levin dans lequel elle incarna le rôle d'une enseignante afro-américaine très impliquée dans l'éducation de ses élèves malgré la désapprobation du directeur de l'établissement qui condamnait ses méthodes d'enseignement. Une personnalité ayant d'ailleurs réellement existé et dont l'approche et l'attention auprès des adolescents sont similaires ou presque à celles de Vivian Perry, personnage cette fois-ci de fiction qu'incarnait donc déjà en 1981 Cicely Tyson...


Personnalité forte, qui après la fermeture de l'école où elle donnait des cours à des élèves difficiles cherche à prendre sous son aile huit d'entre eux qui n'ont toujours pas trouvé de place dans un nouvel établissement, Vivian va pouvoir compter sur le soutien de Joe Braxton. Un petit criminel sans réelle envergure qui jusque là volait et abusait d'honnêtes citoyens. Tandis qu'il échappe de justesse à la prison, son avocat Donald Kinsey le contraint à accepter de conduire un bus en très mauvais état afin d’accompagner sa petite amie Vivian ainsi que ses huit élèves jusqu'à une ferme appartenant à sa tante située à des milliers de kilomètres de distance. Plutôt réfractaire, Joe finit par accepter. Le voyage est long et difficile. L'homme a beaucoup de mal à supporter les cris des enfants et d'être traité comme simple chauffeur de bus par Vivian. Mais au contact de Martin, de Samantha, d'Ernesto, de Harold, d'Anthony, de Linda, de Julio et d'Annie, Joe va s'assagir et même se faire accepter par Vivian qui jusque là se montrait plutôt réticente envers lui... Comédie sociale dramatique sous forme de road movie, Bustin' Loose n'est certes pas le genre de long-métrage dont on conserve un souvenir impérissable. Et pourtant ces quelques portraits d'adolescents dont une jeune nymphomane, un aveugle, un mythomane ou encore un pyromane sont parfois touchants. Sans pour autant verser dans le larmoyant, Richard Pryor est très exactement à la place à laquelle on a l'habitude de le voir : dans le plus pur style qui est le sien et qui le montre une fois encore dans le rôle du pitre qui se dépatouille dans des situations parfois improbables. Le film d'Oz Scott et Michael Schultz est également interprété par l'acteur afro-américain Robert Christian qui dans sa courte carrière a tout de même joué dans ...And Justice for All de Norman Jewison en 1979 ou bien Prince of the City de Sidney Lumet en 1981. Dans le cas de Bustin' Loose, il interprète l'antagoniste du récit en la personne de l'avocat de Joe et du fiancé de Vivian qui après un quiproquo va tenter de mettre des bâtons dans les roues du petit groupe de voyageurs en partance pour l’état de Washington. Le film sera en outre l'occasion pour nos personnages de croiser la route de membres du Ku Klux Klan et celle d'un banquier véreux et de ses sbires. Sympa, sans plus...

 

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