Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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jeudi 12 février 2026

Rocky II : la Revanche de Sylvester Stallone (1979) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avant d'évoquer la suite directe de Rocky de John G. Avildsen, j'en profite pour revenir sur deux points que j'avais oublié de rappeler. À commencer par la présence de l'acteur Joe Spinell, inoubliable interprète du film d'horreur de William Lustig Maniac en 1980 et qui dans le premier volet de la saga ainsi que dans le second incarne l'usurier italien Tony Gazzo. Employeur de Rocky Balboa dans le premier Rocky, ce dernier y recouvre des dettes. Bien que jouant de son physique impressionnant afin de faire pression sur les mauvais payeurs, le boxeur est pourtant incapable de faire le moindre mal autour de lui. Ensuite, il serait bien indélicat de passer à côté de la bande musicale composée par l'italo-américain Bill Conti qui avec Rocky premier du nom et surtout le célèbre thème Gonna Fly Now à durablement marqué les esprits, lequel demeure encore aujourd'hui un classique. Si Sylvester Stallone incarne toujours le rôle iconique de Rocky Balboa, l'acteur est aussi désormais derrière la caméra en lieu et place de John G. Avildsen qui deux ans après le premier opus signera de son côté la comédie romantico-musicale Slow Dancing in the Big City. Toujours écrit par Sylvester Stallone lui-même, Rocky II : La Revanche n'est pas le premier long-métrage que l'acteur signe en tant que réalisateur. Avant cela, il mis en scène La taverne de l'enfer en 1978 et signera plus tard Les faucons de la nuit, Rocky III : L’œil du Tigre, Staying Alive ou encore les épisodes quatre et six de la saga et même le volet le plus violent de la franchise Rambo avec John Rambo... Lorsque démarre le second chapitre, le récit revient sur les dernières minutes qui opposèrent Rocky à Apollo Creed, toujours incarné ici par Carl Weathers. Parmi les principaux interprètes l'on retrouve d'ailleurs ceux du premier long-métrage. Et parmi eux, Talia Shire dans le rôle d'Adrian, Burt Young dans celui de Paulie, Burgess Meredith dans la peau de l'entraîneur Mickey et donc Joe Spinell dans celle de Tony Gazzo. L'on connaît bien sûr l'issue du match puisque le champion du monde conserva son titre bien que pour beaucoup, le combat fut remporté par Rocky. Face à la curée, Apollo propose sa revanche à Rocky. Mais ce dernier, qui depuis s'est marié à Adrian et vit désormais confortablement avec elle grâce aux gains qu'il a remporté lors du match, a promis à sa nouvelle femme qu'il arrêtait les combats ! Malheureusement, l'argent n'étant pas inépuisable et sa jeune épouse étant enceinte, cette dernière est contrainte de reprendre son ancien travail d'employée à l'animalerie...


Rocky trouve grâce à son beau-frère Paulie un emploi précaire à l'abattoir. Mais le contexte social étant ce qu'il est et l'entreprise n'étant pas vraiment florissante, une compression du personnel oblige son employeur à renvoyer Rocky au bout de quelques jours seulement. Pendant ce temps, dans les médias, Apollo Creed ne cesse d'humilier son ancien adversaire qui s'est juré de ne plus remonter sur un ring. Dans l'entourage du boxeur, tout le monde se moque de celui que l'on ne nomme plus ''L'étalon italien'' mais ''La poule-mouillée italienne''. Après plusieurs péripéties, Rocky acceptera finalement de remonter sur le ring comme on le devine et comme le laisse de toute manière présager le titre... On ne change pas une équipe et des thématiques qui fonctionnent et pour cette séquelle du mythique Rocky, Sylvester Stallone continue d'opposer l'ego des deux boxeurs. D'un côté l'on a un Rocky demeuré humble, accompagné des mêmes qualités et des mêmes défauts. Désormais marié à Adrian et dilapidant l'argent gagné à travers l'achat d'une voiture, la location d'un appartement et de cadeaux offerts à ses plus proches amis. De l'autre, l'on a un Apollo Creed obnubilé à l'idée d'affronter de nouveau son ancien adversaire afin de prouver définitivement qu'il mérite bien son titre de champion du monde. Le script de Sylvester Stallone joue en outre sur le contraste entre les milieux sociaux des deux hommes à travers l'entraînement de l'un et de l'autre. Rocky s'entraînant dans des conditions rudes et précaires tandis qu'Apollo peut compter sur une formation optimale... La place d'Adrian et plus importante que jamais au sein de la saga. Son personnage crée le lien entre les événements et cette émotion qui déjà était présente dans le premier opus prend une place bien plus importante dans Rocky II : La Revanche. Notamment lorsque celle-ci tombe dans le coma après avoir mis au monde son enfant... Le film est axé sur la célébrité, l'échec et l'envie de réussir. À ce titre, Rocky II : La Revanche peut être vu comme une allégorie. Le combat permanent d'un homme qui chute, puis se relève, puis tombe à nouveau pour enfin atteindre son but. Plus intense encore que le premier combat opposant Rocky et Apollo, le match est aussi et surtout beaucoup plus violent. D'un point de vue technique, cette longue séquence est aussi bien mieux gérée au niveau du cadre, du montage et de la chorégraphie...

 

mercredi 11 février 2026

Rocky de John G. Avildsen (1976) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avec la série de films Rambo le premier volet réalisé par Ted Kotcheff a vu le jour en 1982, Rocky est l'un des deux héros du cinéma américain à avoir rendu mondialement célèbre l'acteur Sylvester Stallone. L'un prenant pour cadre la petite ville forestière de Hope, cité imaginaire servant de premier point de chute à un ancien béret vert venu simplement se restaurer. Mais en chemin, il croisera la route du shérif Will Teasle, lequel refusera la présence de John Rambo et le ramènera à la sortie de la ville. Ce dernier choisissant alors d'ignorer les recommandations du représentant de la loi en se présentant de nouveau en ville. Six ans avant de traiter du retour particulièrement difficile à la vie civile d'un ancien soldat ayant combattu durant la guerre du Vietnam, à l'origine du scénario de Rocky, un combat. Celui qui opposa alors le 24 mars 1975, le champion du monde des poids lourds WBA et WBC Mohamed Ali à Charles Wepner, un autre américain qui contrairement au héros incarné par Sylvester Stallone dans le film a déjà à l'époque une importante carrière de boxeur derrière lui puisqu'elle débuta onze ans en arrière, à l'âge de vingt-cinq ans et qu'il était déjà connu des amateurs de boxe grâce à son surnom de Saigneur de Bayonne dû à ses fréquentes blessures lors des combats. Écrit par Sylvester Stallone lui-même, le script de Rocky n'est pas qu'un scénario bête et méchant conçu sur un coin de table en quelques lignes seulement. Tout comme Rambo après lui, le film de John G. Avildsen, auteur plus tard des trois Karate Kid entre 1984 et 1989 et du cinquième opus de la saga Rocky en 1990, dresse le portrait intimiste et sociologique d'une Amérique à deux facettes. Celle de l'argent, du pouvoir et de la célébrité, comme l'incarne l'acteur afro-américain Carl Weather dans le rôle d'Apollo Creed, qui plus que le champion du monde des poids lourds est surtout une star que les médias s'arrachent. Puis celle de l'américain moyen, vivant dans de pitoyables appartements situés eux-mêmes dans des quartiers relativement pauvres. L'accent est ici majoritairement mis sur cette frange de la société, incarnée non seulement par un Sylvester Stallone/Rocky Balboa qui veut s'en sortir et prouver qu'il n'est pas un bon à rien, mais également par un entourage du même milieu. À commencer par Adrian (Talia Shire), charmante employée d'une animalerie, timide et réservée et dont est amoureux notre boxeur amateur. Vient ensuite Paulie (Burt Young), le frère plus âgé de la jeune femme. Homme issu de la classe ouvrière travaillant dans un abattoir et ayant conservé une certaine rancœur vis à vis d'une existence qu'il considère ratée et qu'il noie dans l'alcool. Le futur succès et la nouvelle popularité de Rocky n'auront d'ailleurs de cesse que de cultiver chez Paulie une certaine agressivité mâtinée de jalousie...


Puis vient enfin le personnage de Mickey (Burgess Meredith), personnage central dans l'existence de son poulain auquel cependant il ne semble pas vraiment croire. En effet, après été entraîné par cet ancien boxeur raté, Rocky se voit mettre à la porte de la salle d'entraînement où il avait pourtant ses habitudes depuis six ans ! Ceux qui ne connaissent pas encore Rocky s'imaginent sans doute que le principal intérêt du long-métrage de John G. Avildsen se situe au niveau du monde de la boxe et du légendaire combat que son héros et Apollo Creed mèneront durant les dix ou quinze dernières minutes du récit mais tout comme Rambo ne sera pas six ans plus tard qu'un film de guerre urbaine entre un seul homme et une armée de soldats et de représentants de la loi, Rocky n'est pas qu'un film sur le sport en général et sur la boxe en particulier. On peut même dire qu'entre le combat final et les quelques séquences filmées dans la salle d'entraînement Mighty Mick’s, celles-ci ne représentent qu'une part congrue du récit. Notons d'ailleurs que si la salle existe réellement, le nom est lui tout à fait imaginaire puisque le lieu utilisé à l'occasion du tournage est le Front Street Gym, une véritable salle de sport ou amateurs et professionnels de la boxe avaient l'habitude de s'entraîner. Concrétisant l'aspect brut et réaliste des lieux et qui d'ailleurs est l'une des marques de fabrique de ce Rocky tourné dans le jus de la ville. Et notamment dans le quartier de Kensington situé dans la partie sud de Philadelphie. Manière de montrer la dureté de la vie pour ses habitants, parmi lesquels Rocky tentera donc de s'extraire à travers l'opportunité de changer d'existence lors du combat qui l'opposera à Apollo Creed. Rocky est donc d'abord un drame. Touchant, émouvant, Sylvester Stallone incarnant l'un de ses plus grands rôles au cinéma. Aux côtés d'interprètes très justes et dont les personnages se révèlent eux-mêmes très touchants. Comme la relation entre le boxeur et la timide employée d'animalerie. Ou les personnages de Paulie et de Mickey. Dans un autre ordre d'idée, nous avons Apollo Creed. Personnalité sûre d'elle et donc arrogante. Son manque de sérieux et de préparation face au combat qui l'attend témoignant d'ailleurs du caractère suffisant de la star de la boxe. On connaît d'ailleurs la suite et l'issue du récit. Car même si Rocky finit par perdre le combat, la légende est bien née. Sur grand écran et dans l'imaginaire des spectateurs... À tel point que cinq autres longs-métrages verront le jour entre 1979 et 2006. Sans compter les trois spin-off qui verront le jour entre 2015 et 2023 sous le titre Creed...

 

mardi 10 février 2026

God Save the Tuche de Jean-Paul Rouve (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

God Save the Tuche de Jean-Paul Rouve serait-il le témoin d'un regain d'intérêt de la part du public hexagonal pour la comédie franchouillarde ? La réponse semble être positive si l'on tient compte des chiffres ''faramineux'' qu'obtint le cinquième volet de la franchise avec ses trois millions d'entrées. Un chiffre rêvé pour nombre de comédies françaises à n'avoir pas même dépassé les cinquante ou cent-mille entrées durant leur diffusion en salle... Nous allons malgré tout commencer par une anecdote tout à fait saisissante : Car n'en déplaise à celles et ceux qui ont détesté les cinquièmes aventures des Tuche, Jean-Paul Rouve a ici réussi le tour de force de convaincre le Roi du Royaume-Uni Charles III, son épouse la Reine Consort Camilla, ainsi que le chanteur britannique Sir Elton John à participer dans leur propre rôle au tournage du film. Un exploit qui balaie évidemment tous les défauts inhérents à l'écriture, à la mise en scène et à l'interprétation......................... T'y a cru, patate crue ? Pour ce cinquième et dernier rattrapage de 2025 (parce qu'après ça, faudra voir à tourner la page), c'est donc avec God Save the Tuche que l'on conclue cette courte série de longs-métrages qui l'année dernière m'avaient échappé. Et pas des meilleurs s'agissant de cette purge qui prouve une fois encore que '' Le Grand Déplacement '' de la comédie française sur le territoire britannique n'est pas la meilleure idée que le cinéma hexagonal ait eu ces vingt ou trente dernières années (Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté de Laurent Tirard demeurant l'un des plus piteux exemples)... God Save the Tuche, c'est un peu l'idée que l'on peut se faire lorsque l'on veut comparer sa projection à la mort par hypothermie. S'enfermer dans une salle de cinéma pour y voir projeter voilà près d'un an sur grand écran ou désormais chez soi, sur support physique ou dématérialisé est un peu comme de se retrouver emprisonné dans une chambre froide à attendre que la température baisse au point que l'on ressente fatigue, confusion, engourdissement pour finir enfin par un arrêt respiratoire...


Notons que dans le cas de God Save the Tuche, la comparaison s'arrête très précisément au moment où le froid cause une certaine désorientation. Laquelle peut être alors éventuellement comparée au désordre, au chaos, au cataclysme déclenché dans notre cerveau par une profusion de vannes sorties probablement tout droit des tiroirs poussiéreux conservant les archives de feux Les Robins des Bois. Devant tant d'indigence, débitées à la vitesse d'une machine à compter les billets dépensés pour l'achat des millions de places, Jean-Paul Rouve ainsi que les scénaristes Philippe Mechelen, Julien Hervé et Nessim Chikhaoui n'ont alors de cesse que d'étouffer les spectateurs sous un flots de blagues et de situations aussi gênantes qu'inefficaces. Mais si la sensation de mourir par le froid n'est paraît-t-il pas la pire façon d'expirer, nous engluer de centaines de phrases jouant pour la plupart sur le concept de ''jeux de mots'' n'est elle, pas non plus la plus mauvaise idée qu'aient eu les auteurs du film. En effet, autant mourir de froid semble être moins rude que de périr noyé ou brûlé, autant accumuler les gags toutes les quatre ou cinq secondes dans l'espoir que certains d'entre eux fonctionnent a des chances, parfois, de fonctionner. Nous retrouvons la clique habituelle, l'acteur, scénariste et réalisateur prenant la suite d'Olivier Baroux et réunissant à son tour Isabelle Nanty, Claire Nadeau, Pierre Lottin, Sarah Stern, Théo Fernandez et dans le rôle du petit-fils Jiji, le jeune Aristote Laios qui après avoir joué dans Yao de Philippe Godeau en 2018 intègre désormais la famille Tuche. Notons enfin, les présences d'Elise Larnicol dans le rôle de la Reine d'Angleterre, Bernard Menez dans celui du Roi ou encore le britannique Ray Johnson dans celui de Sir Elton John...

 

lundi 9 février 2026

Twins de Lamberto Bava (202??)

 


 

Certains se posent-ils encore la question ? En grand pourvoyeur de frissons de plus ou moins bonne qualité, Lamberto Bava a surtout marqué l'esprit des cinéphiles grâce au deux Démons sortis en 1985 et 1986 et des téléphages à travers d'improbables téléfilms parmi lesquels l'un des plus ''illustres'' demeure La caverne de la rose d'or réalisé entre 1991 et 1996... Alors que l'on ne sait toujours pas si jour nous aurons la chance ou le malheur de le découvrir en salle, en VOD ou sur support physique Twins se fait attendre maintenant depuis maintenant huit ans. Une date qui reste à confirmer puisque selon les sources, certains l'estiment être plus récent et d'autres plus vieux ! Fils de Mario Bava, grand cinéaste italien qui réalisa de nombreux et fameux gialli et films d'horreur, Lamberto Bava n'a plus rien tourné depuis la série 6 Passi nel Giallo en 2012 et dont il réalisa la moitié des épisodes. Dire que son retour est attendu serait un peu exagéré. Le fan de cinéma a déjà bien à faire, à espérer par exemple un retour en grande forme de la part de Brian De Palma dont on prie pour que son futur Sweet Vengeance soit à la hauteur de nos attentes... Depuis 2018 et la diffusion de sa bande-annonce, Twins n'avait plus fait reparler de lui. Bloqué en phase de post-production, il semblerait qu'il y ait eu dernièrement du mouvement en Italie. Les fans du cinéaste espérant évidemment que le film arrive un jour au terme de sa production pour, au mieux, s'afficher sur grand écran et au pire, être proposé par une plateforme de streaming. Connaissant Lamberto Bava et sa propension à signer des œuvres délicieusement kitsch, il suffit de jeter un œil sur le trailer pour se convaincre que ce film, si par bonheur/malheur il est mis à destination des spectateurs, est assez pauvre visuellement. Un film cinéma ? Un téléfilm ? Toujours est-il que comme semble le confirmer l'affiche ainsi qu'une très courte séquence en fin de bande-annonce, Gérard Depardieu fait partie du casting...


Il incarne dans Twins l'évêque Tarcisi Lombard aux côtés d'autres interprètes dont Lars Eidinger et Frédéric Lerner qui interprètent respectivement les pères Paul et Michel. La star française dont les vies privée et publique ont été rendues compliquées après qu'il ait été dénoncé pour agressions sexuelles incarne donc un homme d'église chargeant les deux prêtres d'exorciser Eva et Greta, deux jeunes sœurs jumelles adoptées après le massacre de leur famille et qui montrent désormais des signes d'infestation démoniaque. Ce que l'on sait également, c'est que l'actrice Isabella Orsini interprète la directrice d'un asile tandis que les deux gamines possédées sont incarnées à l'écran par Rabeah Rahimi et Damiana Fiammenghi. Plus étonnant, David Hallyday semble y interpréter un tout petit rôle... Ce que l'on sait en outre de source sûre est que le tournage des différentes séquences du film est bel et bien arrivé à son terme. En grand opportuniste et en petit malin, Lamberto Bava, lors d'une interview, annonçait indirectement que le film pourrait être maudit. Et même s'il ne l'exprima pas en ces termes mais de manière beaucoup plus subjective, son allusion à la mort de plusieurs personnes ayant travaillé sur le projet plusieurs mois après la fin du tournage et le sujet tournant autour du Diable laissent en effet planer l'idée selon laquelle le film pourrait connaître le même sort (et le même type de marketing, à l'occasion) que la trilogie Poltergeist en son temps... Maintenant, ne reste plus qu'à s'armer de patience. Mais vus les problèmes rencontrés par Gérard Depardieu avec la justice française (égratignant au passage son image), ce nouvel imprévu s'ajoutant à la difficulté de trouver des distributeurs au film risque de condamner Twins à ne plus devenir qu'un fantasme inassouvi de cinéphile...

 

dimanche 8 février 2026

1978 de Luciano et Nicolas Onetti (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Quelle affreuse déception... Quelle horrible impression d'avoir été trompé sur la marchandise... Enfermé dans un très joli écrin (Affiche et bande-annonce), son contenu est en revanche très discutable d'un point de vue technique et artistique. Tandis que les frères Luciano et Nicolas Onetti situent l'action de leur dernier long-métrage durant la coupe du monde de football ayant eu lieu en 1978 en Argentine, les deux hommes profitent de l'occasion pour régler leurs comptes avec la très violente dictature militaire qui fut mise en place entre le 24 mars 1976 et le 10 décembre 1983 à la suite du Coup d’État ayant visé la présidente Isabel Perón. Différents chefs de la junte militaire se succèdent alors à la tête de cette dictature, laquelle sera la cause d'environ trente-mille disparitions, d'arrestations illégales, ou de tortures systématiques exercées dans des centres de détention clandestins... C'est donc visiblement dans l'optique de traiter de ce sujet que les deux réalisateurs et scénaristes ont écrit ensemble et avec l'aide de Camilo Zaffora avec lequel ils ont déjà travaillé sur plusieurs projets, le script de ce long-métrage plutôt court puisque n'excédant pas les quatre-vingt minutes. La bande-annonce tout d'abord. Riche de bruit, de fureur et de plans qui laissent entendre que certains protagonistes vont passer un sale quart-d'heure. Des séances de tortures, de viols, d'humiliations et de meurtres que l'on pense d'emblée être insoutenables ! Un torture-porn historique éduquant son public sous le prisme du cinéma d'horreur le plus décomplexé. Le plus trash, aussi. Enfin, ainsi l'espérions-nous... Et au final ? 1978 est pire qu'une douche froide ; une douche gelée. Qui vous soulève le cœur, augmente vos palpitations et ce, pour les mauvaises raisons. S'il est vrai que l'on retrouve dans des versions forcément plus longues les quelques visions cauchemardesques effleurées dans la bande-annonce, l'espoir d'être incommodé, dérangé ou épouvanté par l'étalage de tortures plus sadiques les unes que les autres retombe comme un soufflé. C'est pourtant avec un luxe de perversité qui débute par quelques paroles faussement rassurantes à l'encontre de leurs victimes que Carancho (Carlos Portaluppi) ou Moro (Mario Alarcón) insinuent que ces dernières vont subir un véritable calvaire. Dans des décors qui ne sont pas sans rappeler ceux de nombreuses productions horrifiques, sombres dédales menant à l'Enfer, les deux frères mettent en scène toute une succession de tortures. Comme des décharges électriques de huit-cent volts sur les tétons ou la pratique du waterboarding, consistant à recouvrir le visage de la victime d'un chiffon avant de l'arroser d'eau afin de la faire suffoquer...


Dans un même ordre d'idée, l'on soupçonne d'entrée de jeu que l'on va avoir droit à quelques menus tourments particulièrement épicés, lesquels, cependant, ne demeureront qu'à l'état de projet... Au delà de la déception que revêt la contribution relativement réduite des actes de barbarie projetés à l'image, Luciano et Nicolas Onetti s'y connaissent malgré tout en matière d'ambiances lourdes, malsaines, mortifères... Accompagné par une bande musicale composée par Luciano Onetti lui-même, 1978 est à ce titre plutôt réussi. Le vrai malaise, celui qu'il convient de retenir s'agissant de toute cette affaire, est d'imaginer qu'en arrière-plan de la coupe du monde de football ayant eu lieu en Argentine cette année là, le contraste entre la joie que pouvait éprouver le peuple au moment de la victoire de son pays et les horreurs perpétrées parfois à seulement quelques centaines de mètres des stades peut être moralement éprouvant pour le spectateur capable de se projeter intellectuellement en plein cœur de ces deux événements majeurs et antinomiques du pays ! Mais alors, que penser de ce revirement de situation à trois-cent soixante degrés dont la violente intrusion irait même jusqu'à arracher la tête de celui qui l'a pourtant bien ancrée sur ses épaules ? Ici, la tâche des tortionnaires étant de faire avouer aux prisonniers leurs liens avec des mouvements extrémistes de gauche, l'on va rapidement se rendre compte que les geôliers n'ont pas fait arrêter les bonnes personnes et que celles et ceux qu'ils sont en train d'interroger sont les membres d'une secte satanique. Et lorsque ces derniers finissent par se révolter contre leurs bourreaux, c'est l'enfer qui se déchaîne sur Terre... Malheureusement, si l'on devine que 1978 a été tourné à l'aide d'un budget étriqué, c'est parce qu'à l'image, le spectacle est souvent affligeant. L'on a parfois l'impression d'un Soap Opera gore, aux effets-spéciaux ultra datés, à l'interprétation théâtrale et surtout, au jeu d'acteur parfois ringard. À l'image des membres de la secte, justement. Gesticulant devant la caméra, tentant ainsi de vainement générer l'effroi pour au contraire engendrer des rires sarcastiques. Pas vraiment Z, ni nanardesque, 1978 est en réalité une fausse promesse. Un contexte horrifico-historique terriblement mal exploité pour un résultat qui frise l'indigence...

 

samedi 7 février 2026

Elle l'Adore de Jeanne Herry (2014) - ★★★★★★★☆☆☆



Premier long-métrage de la réalisatrice française Jeanne Herry (qui n'est autre que la fille de Miou-Miou et Julienc Clerc), offre l'occasion de découvrir un duo formé autour de Sandrine Kiberlain et Laurent Lafitte. Non pas un couple, mais un chanteur populaire et sa plus grande fan. Deux personnages merveilleusement caractérisés. A ce duo, on pourra ajouté celui que forment Pascal Demolon et Olivia Côte. Cette fois-ci, un vrai couple. Flics tous les deux. Lui est capitaine, elle, adjudante. Si Antoine est fidèle, Coline, elle, a le feu au cul. Folle amoureuse de celui qui en plus d'être son compagnon est aussi avec lequel elle forme un duo de policiers, Coline est pourtant incapable de se tenir à carreau et dès que l'occasion se présente, elle trompe Antoine. Ils vont tous les deux se lancer dans une affaire concernant la petite amie de Vincent Lacroix, star de la chanteuse française qui pour sa famille, ses amis, ainsi que pour la police, a mystérieusement disparue. Mais pas pour les spectateurs qui découvrent assez rapidement qu'après une nouvelle crise de jalousie durant laquelle sa compagne meurt accidentellement, la star va tout faire pour se débarrasser du cadavre. Pour cela, il décide de faire appel à sa plus grande fan, Muriel Bayen. Esthéticienne, elle ne loupe jamais un concert. Et même si Vincent ne la connaît pas vraiment, c'est elle qu'il choisit afin de l'aider à se débarrasser du corps. Mais rien ne va se dérouler comme il l'a prévu...

Pour un premier film, la cinéaste Jeanne Herry réalise un thriller efficace, rondement mené, et magistralement incarné par son principal quatuor. La vie rêvée d'une star de la chanson qui va être bouleversée. Et celle de sa plus grande fan également qui voit sous un nouveau jour sa relation avec son idole qui jusque là n'était qu'un fantasme prenant vie lors des concerts et des innombrables documents collectés par la jeune femme dans une chambre entièrement dévouée au chanteur. Une esthéticienne pleine de vie, s'inventant parfois des histoires fausses pour amuser la galerie. Mythomane, Muriel ? Oui, sans doute, un brin. Ce qui lui portera forcément préjudice le moment venu...

Et puis, en parallèle, il y a ce couple qui s'aime et se déchire. Un point de vue assez particulier puisque l'on ne sait jamais vraiment s'il faut rire ou pleurer. Alors, Elle l'Adore, comédie ? Thriller ? Ou les deux ? Je pencherais plutôt pour la deuxième proposition. Peut-être l'humour m'at-il échappé ? Le long-métrage de Jeanne Herry est une proposition intéressante qui évite d'aborder son sujet sous un angle par trop médiatique. La réalisatrice s'attache davantage à démontrer l'ascendance d'une star de la chanson sur sa plus grande fan. Un artiste bien sous tout rapport et dont la vie bascule tout à coup. Un tourbillon qui emportera une Sandrine Kiberlain toujours aussi convaincante et un Laurent Laffite se décomposant au grès d'un récit ingénieux.

Jeanne Herry sème sur la route qu'empruntent ses personnages, de petites graines qui toutes, offrent d'intéressantes situations. En passant d'un couple à l'autre, la réalisatrice tisse un scénario aussi parfaitement pensé que reproduit à l'écran. C'est d'autant plus marquant qu'il s'agit de son premier long-métrage. Sans faire preuve à aucun moment du moindre prosélytisme, Jeanne Herry ne juge jamais ses personnages. L'attitude de Vincent n'est que le fruit de l'immense désarroi qui l'étreint. Du moins pouvons-nous percevoir le personnage ainsi. Formidable, Sandrine Kiberlain a remporté le Valois de la meilleure actrice au Festival du film Francophone d’Angoulême l'année de sa sortie...

vendredi 6 février 2026

28 Years Later: The Bone Temple de Nia DaCosta (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Tandis qu'en juin 2025 28 Years Later de Danny Boyle n'avait fait que confirmer ce que je savais déjà, à savoir que le cinéaste britannique Danny Boyle est tout comme son compatriote Edgar Wright, largement surcoté, la réalisatrice et scénariste américaine Nia DaCosta a su démontrer en 2026 que la franchise en avait encore sous le pied et qu'il ne fallait en outre pas s'arrêter sur une carrière qui jusqu'à maintenant ne brilla pas par ses qualités. Auteur en outre du remake très dispensable de Candyman en 2021 et de ce que certains jugent comme l'une des pires adaptations de l'univers cinématographique Marvel avec The Marvels deux ans plus tard, Nia DaCosta a cependant réussi l'exploit de remettre les pendules à l'heure en proposant cette année un 28 Years Later: The Bone Temple qui aurait pu ou dû mettre tout le monde d'accord. Là où beaucoup retinrent chez Danny Boyle une esthétique et une mise en scène il est vrai parfois remarquablement abouties, l'on pouvait condamner un fond démagogique quand celui-ci n'était pas purement et simplement vidé de toute substance. Un film d'infectés, dans le fond, tellement rudimentaire que l'aventure s'avéra d'un prodigieux ennui ! Devenu depuis quelques années le porte-étendard d'un féminisme en mode 2.0 dont certains se régalent mais que d'autres qui tout comme votre serviteur jugent d'inapproprié dans ce genre de contexte, Alex Garland persévère en invoquant religion et sectarisme comme réponse inévitable à l'effondrement de notre société et au chaos qu'il suscite. La première moitié du long-métrage est à ce titre l'un des moments de cinéma parmi les plus marquants en terme de violence graphique que le septième art nous ait administré depuis pas mal de temps. Un symbolisme religieux né sur les cendres d'un monde dévasté, où la morale est abolie, où les croyances et les modes de vie sont redéfinis sur la base d'un programme télévisé pour la jeunesse.


Où l'apprentissage ne passe désormais plus par des codes essentiels préétablis à travers l'éducation mais par la normalisation et la sacralisation de la violence. Comparé à plus ou moins juste titre à Orange Mécanique de Stanley Kubrick qui en 1971 traitait notamment de l’ultra-violence chez une bande de jeunes voyous sevrés au meurtre, au viol et au Moloko Plus (une boisson à base de vellocet, synthemesc et de drencrom), 28 Years Later: The Bone Temple ressemble en effet parfois et davantage au film culte du cinéaste américain que le Trainspotting de Danny Boyle qui à sa sortie en 1996 était jugé comme son digne descendant. Et il faut avoir le cœur et les tripes bien accrochés lorsque Sir Jimmy Crystal (l'acteur Jack O'Connell) et les membres de sa secte sataniste, tous prénommés comme lui, s'attaque à celles et ceux qui ont le malheur de croiser leur route. À commencer par le jeune Spike (Alfie Williams), qui après avoir grandit en quarantaine dans une communauté auprès de ses parents Jamie et Isla est parti sur le continent. Ritualisant sa présence au sein du groupe formé autour de Sir Lord Jimmy Crystal, le jeune garçon passe un test dans des conditions moralement inimaginables des années en arrière. Retenu prisonnier et frôlant la peine de mort après avoir échoué lors d'une mission requise par le chef du groupe à la suite d'un massacre visuellement ignoble (certains spectateurs devront sans doute penser à aller voir le film accompagné d'un sac à vomi), il est le témoin essentiel d'un monde sans barrières morales. Où tuer est devenu un terrain de jeu dont les adeptes se gaussent à chaque effusion de sang ou lorsque de pauvres innocents se retrouvent suspendus à une poutre, les tripes à l'air ! Le scénario d'Alex Garland pousse le curseur de la violence jusqu'à rendre certains actes bien trop excessifs. En outre, le réalisateur et scénariste, toujours prompt à glisser des sous-entendus, évoque à travers le personnage de Sir Jimmy Crystal, un bien sombre individu connu sous le nom de Jimmy Sévile qui après avoir animé des émissions de télévision pour enfants en Angleterre fut accusé de pédocriminalité mais sans pour autant être condamné jusqu'à sa mort survenue le 29 octobre 2011.


En parallèle aux personnages de Sir Lord Jimmy Crystal et de Spike, l'un des protagonistes principaux de cette séquelle est le docteur Kelson. Véritable icône caractérisée en profondeur et incarnée par l'excellent Ralph Fiennes (ayant notamment interprété le personnage central du formidable Spider de David Cronenberg en 2002) qui apparaît sous les traits de celui qui cherche à honorer les morts à travers, justement, le Temple constitué de crânes qu'il a érigé en leur mémoire. Humaniste à fort potentiel d'excentricité, il est le pendant moderne du docteur Matthew Logan qui dans Le jour des morts-vivants de George Romero et bien avant lui, étudiait le comportement des zombies à des fins scientifiques visant à les ré-humaniser... Ce qui donne lieu, dans le cas de 28 Years Later: The Bone Temple à des séquences on ne peut plus pittoresques lorsque le docteur Kelson communique avec Samson (Chi Lewis-Parry), un impressionnant Alpha qui sous l'emprise d'un mélange de drogues que lui injecte l'ancien médecin semble apaisé et même, Ô miracle, paraît retrouver des bribes du monde passé tel qu'il le connut avant d'être infecté. L'un des points stratégiques du long-métrage se situera ensuite lors de la rencontre entre le docteur Kelson et Sir Lord Jimmy Crystal. Pour la suite, ben, allez voir le film en salle. Bref, contre toute attente, 28 Years Later: The Bone Temple s'avère être une brillante réussite. Un film d'infectés sans presque aucuns de leurs représentants. Il fallait oser. Mais le pari d'Alex Garland et de Nia DaCosta est réussi. Et même si la mise en scène est moins grandiloquente que celle de Danny Boyle, le scénario est suffisamment riche et innovant, les acteurs sont amplement convaincants pour nous faire oublier tout le reste. Au point que l'on regretterait presque de savoir que la troisième partie qui devrait clore la trilogie sera à nouveau réalisée par le britannique...

 

jeudi 5 février 2026

Vleesdag de Martijn Smits (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Séance rattrapage 2025 numéro 4. On poursuit avec Vleesdag du réalisateur et scénariste néerlandais Martijn Smits. Sorti à l'échelle internationale sous le titre Meat Kills en en France sous celui de Abattoir, le film suit un petit groupe d'activistes mené par Nasha (Emma Josten) qui après que son tout nouveau membre Mirthe (Caro Derkx) ait apporté la preuve des maltraitances subies par des cochons dans un abattoir décide de s'y rendre le soir-même dans l'objectif de faire pression sur le propriétaire et sa famille afin qu'ils cessent leurs activités. Tandis que le patriarche est absent (Bart Oomen dans le rôle de Jonas), Nasha et les autres membres du collectif de protection des animaux complété par Ishmael (Sem Ben Yakar), Jonathan (Sweder de Sitter) et Donna (Chardonnay Rillen) s'introduisent dans la ferme familiale pour y taguer leurs revendications. Surpris par l'un des fils de Jonas (Derron Lurvink dans le rôle de Jacco), leur mission tourne bientôt au carnage. Tandis que Nasha et ses compagnons prennent finalement en otage les deux fils du propriétaire, celui-ci débarque et parvient à faire prisonnier trois des membres alors qu'entre-temps, la cheffe des activistes et Mirthe ont contraint Jacco de les emmener là où sont abattues les bêtes. Subissant lui-même ce qu'endurent quotidiennement les cochons, le jeune homme tombe accidentellement dans un bac d'eau bouillante. Menaçant de faire payer aux intrus leur effraction, Jonas perd littéralement la tête lorsqu'il découvre son fils, gravement brûlé et sur le point de mourir... Vendu par certains comme LE film gore de l'année dernière, Vleesdag tient en réalité assez peu sa promesse. En effet, même s'il est vrai que certaines séquences s'avèrent relativement gratinées, certaines d'entre elles sont malheureusement filmées hors-champ. On pense ainsi par exemple au démembrement de ce pauvre Ishmael, l'un des rares membres du collectif à ne pas apprécier les débordements dont fait preuve Nasha ! Entre film d'horreur plus ou moins sanguinolent et activisme politico-écologique, le long-métrage de Martijn Smits ne se positionne pas très clairement d'un côté ou de l'autre. Mais plutôt que de simplement justifier l'abattage d'animaux dans des conditions parfois plus que discutables ou de présenter la cause animale sous son aspect le plus respectable, le néerlandais choisit de généraliser la violence d'un côté comme de l'autre...


Naît de cette ambiguïté un rejet presque systématique des méthodes utilisées par les employés en abattoir mais aussi celles pratiquées par les activistes, qui en matière de violence physique n'ont rien à envier aux premiers. En découle une œuvre où la mort des uns comme celle des autres est libératrice pour le spectateur, qu'il soit d'un bord ou d'un autre de l'échiquier entre cause animale et goût prononcé pour la viande. L'un des thèmes centraux se situant autour d'une certaine forme de justice connue sous le nom d'antispécisme, Vleesdag démontre surtout les dérives de l’extrémisme. Les valeurs étant alors définitivement bafouées en raisons de méthodes employées qui ne valent guère mieux que celles appliquées dans certains abattoirs. Ambiance lourde, violence exacerbée, esprit de vengeance de part et d'autre des deux ''groupes'' d'individus, Vleesdag transpire littéralement le sang. Le message déployé par Nasha et ses activistes est contrebalancé par un ''excès de zèle'' et de violence qui les conduit à se montrer aussi violents et ainsi, aussi répréhensibles que ceux contre lesquels ils ont choisi de mener leur combat. Dans son jusqu’au-boutisme, Martijn Smits en oublie même que certains sont moins radicaux que d'autres. Mais pour lui comme pour ses personnages, aucune différence de traitement n'est concevable et le récit mène à son terme jusqu'à l'extermination quasi totale des protagonistes du récit. Si le film n'a d'emblée pas besoin de ses débordement sanglants pour se montrer violent puisque dans une moindre mesure il rappelle quelques-unes des expériences les plus traumatisantes en terme de Home Invasion (Funny Games de Michael Haneke, en 1997), Martijn Smits émaille malgré tout son œuvre de quelques joyeusetés gore que l'on aurait cependant aimé voir en plus grand nombre. Le final renouant fort heureusement vers la fin avec cette grande tradition du genre qui veut que le sang coule à flot, certes, mais que l'intérieur même des corps jaillisse directement à l'image ! En outre perfectible, Vleesdag a comme principal défaut d'être souvent très attentiste et donc relativement mou. Mais ne boudons malgré tout pas notre chance de tomber sur ce genre de production puisque le film reste très plaisant à regarder...

 

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