Voici un bien bel et bien
étrange objet que ce Warlock Moon
signé du réalisateur et scénariste américain William Herbert.
Seul long-métrage à son actif et dont il a écrit le script sous le
pseudonyme de John Sykes, Warlock Moon
a beau être méconnu dans nos contrées, s'arrêter dessus quelques
instants paraît indispensable. Car officiellement ou non, nous
verrons un peu plus loin qu'il semble avoir inspiré l'un des plus
grands (si ce n'est LE plus grand) film d'horreur de tous les temps.
Mais avant cela, évoquons d'abord l'étrangeté du récit. William
Herbert n'est sans doute pas le premier ni le dernier à s'être
amusé à mélanger les concepts même si son unique long-métrage
dépasse de loin tout ce que l'on peut imaginer en terme de mix
improbable. Dans cette histoire où se croisent tout d'abord une
jeune étudiante et l'employé subalterne d'un journal local qui vont
sympathiser, le réalisateur imagine tout un tas d'événements qui
mis bout à bout transforment le récit en un gloubiboulga pas
toujours très cohérent. Si tant est, bien entendu, que l'on puisse
adhérer à certains concepts comme celui des fantômes... Jenny
Macallister sort de cours lorsqu'elle aperçoit Joe Spano, un inconnu
assis sur un banc et affublé d'un masque de Groucho Marx. Amusée,
la jeune femme le laisse la suivre et se laisse même convaincre
d'accepter de déjeuner avec lui. Vision très optimiste des
relations humaines qui n'ont évidemment plus cours de nos jours.
Tandis qu'ils sont en voiture, ils se perdent en chemin et tombent
sur une grande bâtisse apparemment désaffectée qui fut une
ancienne station thermale fermée après qu'ait été révélé un
scandale interne. Persuadés que l'établissement est abandonné,
Jenny et Joe pénètrent à l'intérieur mais sont rapidement
interpellés par la propriétaire des lieux, une certaine Agnes
Abercrombi (Edna MacAfee). Laquelle se montre tout d'abord assez
froide avant de comprendre que le couple n'a aucune mauvaise
intention... Le soir-même, Joe propose à Jenny de revenir dès le
lendemain afin d'y déjeuner. Plutôt réfractaire à l'idée de s'y
rendre à nouveau puisque après avoir exploré les lieux la veille
la jeune femme avait ressenti de drôles de sensations, celle-ci
accepte finalement d'y retrouver Joe. Arrivée en avance, Jenny
découvre que tout le mobilier a disparu. Tout comme la propriétaire
des lieux. C'est alors qu'elle rencontre un chasseur (Harry Bauer)
qui lui révèle le passé trouble de l'établissement... Bon, comme
indiqué un peu plus haut, il est tout d'abord question ici de
fantômes. Ou plutôt d'UN fantôme.
Celui
d'une jeune femme qui était au cœur du scandale en question et qui
apparaît désormais sous la forme d'une Dame Blanche. Plutôt
bienveillante d'ailleurs puisqu'elle paraît vouloir prévenir Jenny
des dangers qu'elle encourt en demeurant sur place même si lors de
sa dernière apparition à l'écran, le rire sinistre qui sortira
d'entre ses lèvres aura tendance à démontrer le contraire.
Ensuite, le film présente deux frères en mode ''culs-terreux''
(interprétés par Steve Solinsky et Richard Vielle), assez creepy il
faut dire et qui agressent et tuent à coups de haches ceux qui font
l'erreur de pénétrer la propriété d'Agnes qui est donc ici
présentée comme leur ''charmante'' maman ! Sans parler enfin
du revirement sataniste sur lequel l'intrigue se conclut...
Maintenant, revenons sur ce qui semble être une certitude même si
aucun document officiel ne vient entériner ce fait : Réalisé
un an plus tard par Tobe Hooper, Massacre à la
tronçonneuse
a beau être connu pour être tout d'abord et en partie inspiré du
tueur Ed Gein, il y a bien des éléments dans Warlock
Moon
auxquels semblera se référer un an plus tard Tobe Hooper. La
demeure de la ''Famille Tronçonneuse'' rappelant évidemment cette
grande bâtisse. Ces deux rejetons, exemples parfaits de
dégénérescence, évoquant quant à eux, Leatherface même si
contrairement à lui, ni l'un ni l'autre ne portent de masque. Et
puis, il y a Agnes, chez qui il devient difficile de ne pas voir la
version féminine du futur Drayton Sawyer, paternel de Leatherface et
de son frangin ''l'auto-stoppeur'', incarné dans Massacre
à la tronçonneuse
par Jim
Siedow. Ensuite, il faut bien connaître l’œuvre de Tobe Hooper et
surtout son acte final débutant par le repas familial et se
terminant pas la fuite de l'héroïne Sally Hardesty (Marilyn Burns)
pour ne pas y voir quelques menus détails qu'avait déjà imaginé
mettre en scène un an auparavant William Herbert. Pour terminer,
s'agissant de Joe et de Janny, le premier est incarné par l'acteur
Joe Spano dont la carrière s'est essentiellement déroulée à la
télévision tandis que la seconde, elle, est interprétée par
Laurie Walters que les plus vieux d'entre nous connaissent pour
l'avoir découverte au milieu des années quatre-vingt dans la série
culte Huit, ça suffit
!
Elle y apparaissait en effet sous les traits de Joanie, l'une des
sept enfants du clan Bradford...
.png)

.png)







.png)
.png)
.png)
.png)


.png)
.png)
.png)

.png)
.png)
.png)
.png)
.png)