Dernier film en date pour l'acteur et humoriste franco-marocain Hakim
Jemili cette année, Une
famille de bâtards
de l'humoriste, romancier, réalisateur et scénariste français
Mourad Winter met en scène deux frères et une sœur tous issus du
même père mais d'une mère différente. En effet, ce qui lie
Mohamed, Morgane et Maurice, c'est Mohand (Omar Baha), le
propriétaire du bar Chez
Momo
qui le jour arbore une fonction tout à fait respectable et qui
lorsque vient la nuit, se transforme en tripot abritant des machines
à sous illégales et un réseau de prostitution dirigée par Sylvie
(Florence Foresti). À la tête du trafic, le truand corse Patrick
(David Alaya). Un homme de poigne qui avec l'aide de son homme de
main Francis (Alexandre Kominek) exerce un contrôle non seulement
sur le bar mais aussi sur Morgane (Laura Felpin) qui après avoir
perdu une très grosse somme d'argent au poker lui est redevable de
trois-cent mille euros. Un soir, Mohand est abattu par deux hommes en
scooter à l'entrée de son établissement. Entre la vie et la mort,
l'homme est à l'hôpital, plongé dans le coma. C'est là
qu'intervient Mohamed (Hakim Jemili), jeune ''producteur de musique''
en devenir ainsi que Maurice (Benjamin Tranié), professeur de techno
légèrement ''perché'' qui après avoir appris qu'il était le fils
de Mohand décide de quitter son métier pour venir tenir le bar aux
côtés de ses demi-frère et sœur... Pour son second long-métrage
après la très sympathique comédie romantique sortie l'année
passée et intitulée L'amour,
c'est surcoté,
Mourad Winter retrouve à nouveau Hakim Jemili et Laura Felpin qu'il
avait donc déjà réuni autour d'une histoire d'amour réunissant
deux personnalités diamétralement opposées. Cette fois-ci, les
personnages qu'ils interprètent vont s'unir aux côtés de Maurice
afin de prendre leur destin en main et par là même, combattre ceux
qui depuis trop longtemps maintenant ont la main mise sur
l'établissement de leur père. Avec son allure de beauf assumée
dans ce long-métrage où il arbora durant les deux mois de tournage
une moustache tout à fait ringarde, Benjamin Tranié dénote dans
cet univers de corruption et de violence où son personnage de
Maurice apparaît bien fragile en comparaison des voyous qui orbitent
autour de nos principaux protagonistes...
On
pense bien évidemment à David Alaya, dont la corpulence et le
regard de teigneux impressionnent ou encore à celui qui incarne son
principal rival en la personne de Kamel (l'acteur franco-algérien
Ouassini Embarek qui entre autres longs-métrages était apparu dans
la bouse infâme Baise-moi
de Virginie Despentes à la fin du siècle dernier). Mourad Winter
nous avait rassuré l'année dernière sur sa propension à mettre en
scène ses propres projets cinématographiques grâce à l'excellent
L'amour, c'est surcoté.
Cette année, il revient donc avec une comédie plutôt pétillante,
incarnée par un trio d'acteurs fort sympathiques, et ce bien que le
sujet ne prête à l'origine, pas forcément à sourire. Car si Une
famille de bâtards
ne s'inspire pas à proprement parler d'une histoire vraie, dans les
années quatre-vingt, l'usage de machines à sous illégales dans les
arrières-salles des bars était une réalité. Des individus liés
au grand banditisme imposaient les machines en question, lesquelles
rapportaient des sommes d'argent colossales que se partageaient
ensuite les propriétaires des établissements et les truands...
Comme le démontre ensuite la première séquence, cette activité
n'était pas sans dangers puisqu'elle pouvait créer dans certains
cas des rivalités entre réseaux criminels... Le décor principal du
long-métrage reste donc majoritairement celui du bar, lequel n'a pas
été créé en studio mais se révèle au contraire parfaitement
authentique puisqu'il appartient au père du réalisateur et se situe
à Ivry-sur-Seine. Mourad Winter a donc choisi de transposer le récit
en 1997, à l'époque où la pratique des machines à sous était
prolifique. Notons que parmi les seconds rôles l'on retrouve Kad
Merad dans le rôle de Djilali dit ''La Taupe'' (les flics, ici
incarnés par Céline Groussard dans le rôle du Commissaire Migné
ferment effectivement les yeux sur les activités de Mohand contre
des renseignements), personnage énigmatique, aveugle, très proche
de Sylvie mais fondamental pour la suite des événements. Au final,
Une
famille de bâtards
est une comédie plutôt sympathique même si elle n'atteint jamais
vraiment le niveau de satisfaction que l'on avait pu ressentir devant
L'amour,
c'est surcoté...






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