Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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jeudi 30 avril 2026

L'Uomo più Velenoso del Cobra (Plus vénéneux que le cobra) de Bitto Albertini (1971) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Traduction quelque peu erronée de L'Uomo più Velenoso del Cobra, Plus vénéneux que le cobra du réalisateur, scénariste et directeur de la photographie italien Bitto Albertini se voudrait certainement calife à la place du calife avec son titre très proche d'un genre dont s'est fait le maître transalpin Dario Argento mais en réalité, le film n'a pas grand chose à voir avec le Giallo ! Car si L'Uomo più Velenoso del Cobra est effectivement parsemé de meurtres et si les raisons pour lesquelles les victimes tombent les unes après les autres ne sont pas clairement évoquées dès le départ, certaines spécificités propres au genre sont ici éludées. Pas de traumatisme lié à l'enfance, de sexualité ou d'aliénation. Mais plus encore, le visage du tueur est ici visible dès la perpétration du premier assassinat ! Et donc, pas de mains gantées de noir cachant l'identité du meurtrier... Dans le cas de L'Uomo più Velenoso del Cobra, le réalisateur s'intéresse à Tony Garden (l'acteur George Ardisson), homme retranché en Europe qui après l'annonce de la mort de son frère revient aux États-Unis bien que certaines personnes n'aient pas très envie d'apprendre son retour après qu'elles aient été foncièrement agacézs par son comportement passé. Avec un prénom qui sans doute ne lui a pas apporté autant de problèmes dans son pays d'origine qu'il n'en aurait probablement eu dans les cours d'école françaises, Bitto Albertini, aussi peu connu soit-il sur notre territoire fut tout de même à l'origine des deux premiers volets de la série de longs-métrages intitulés Black Emmanuelle que reprirent notamment à leur compte et coup sur coup Joe D'Amato dans les années soixante-dix puis Bruno Mattei et Claudio Fragasso la décennie suivante. Auteur en outre de l'improbable trilogie Les Trois Fantastiques Supermen, l'homme signa également parmi une filmographie constituée de plus de vingt longs-métrages, Giochi Erotici Nella Terza Galassia, fausse suite de Starcrash : Le Choc des étoiles de Luigi Cozzi intitulée chez nous StarCrash 2 : Les Évadés de la galaxie III ! Le synopsis de L'Uomo più Velenoso del Cobra écrit par Ernesto Gastaldi, Eduardo Manzanos Brochero et Luciano Martino ne vous rappelle-t-il pas celui de Full Contact de Sheldon Lettich dans lequel Jean-Claude Vandamme incarna dix-neuf ans plus tard le rôle de Léon Gautier qui après avoir fuit la Légion Étrangère revenait aux États-Unis pour retrouver l'épouse et la fille de son frère jumeau, lequel fut la victime d'un meurtre ?


Partant d'un postulat de base similaire, les deux films prennent cependant des voies bien différentes puisque Full Contact reste tout d'abord et avant tout un film d'action essentiellement tourné vers les combats au corps à corps. Également interprété par Erika Blanc, actrice qui fut la première à incarner l'iconique Emmanuelle du roman éponyme d'Emmanuelle Arsan avec Io, Emmanuelle tandis que le personnage deviendra réellement célèbre au cinéma après avoir été interprété en 1971 par le mannequin néerlandais Sylvia Kristel dans le film de Just Jaeckin Emmanuelle, celle-ci joue ici le rôle de Leslie Garden, la belle-sœur du héros. Ensemble, ils vont essayer de trouver l'assassin de Johnny, le frère de Tony. Plusieurs pistes s'imposent alors à eux. Dont celle d'un certain Louis Mortimer (Luciano Pigozzi) qui sera pourtant tué dans d'horribles circonstances par le même assassin. Quittant ensuite l'Amérique pour rejoindre le continent africain, le ''couple'' suit alors la piste d'un certain George MacGreves (Alberto de Mendoza), une ancienne relation qui vit désormais au Kenya... Avec son contexte dans lequel les deux frères avaient à une époque l'habitude de traîner dans les cercles mafieux, on pense rapidement que la messe est dite. Et si la résolution de l'énigme a pour effet de nous réserver une surprise relativement surprenante et que le titre semble promettre l'une de ces histoires bien tordues propres au Giallo, L'Uomo più Velenoso del Cobra démontre surtout que son auteur n'est absolument pas à la hauteur des enjeux. Et que dire de l'acteur George Ardisson ? Son interprétation hautement fadasse n'arrange rien. Bitto Albertini a eu beau diriger la photographie de plus de soixante projets cinématographiques, il semble ici avoir négligé l'un des aspects artistiques et techniques les plus fondamentaux. Le film est laid, mal cadré et tout comme le prouve la séquence du safari, tout ou presque sonne faux. Bref, un ratage quasi complet d'où n'émerge donc qu'une révélation finale inattendue...

 

mercredi 29 avril 2026

Beatriz de Gonzalo Suárez (1976) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Pour mon premier Gonzalo Suárez, je dois avouer que je n'ai pas tout à fait saisi où le cinéaste espagnol a voulu en venir. Après une ouverture des plus envoûtante, nimbée d'une brume quasi mystique, l'on comprend que le récit nous est conté par Juan, un homme d'âge apparemment mûr mais qui apparaît à l'image sous les traits du jeune acteur Óscar Martín, dont il s'agira du premier des trois seuls rôles qu'il interprétera durant sa courte carrière avant ¡Arriba Hazaña ! de José María Gutiérrez Santos en 1978 et Los Nuevos Extraterrestres de Juan Piquer Simón en 1983. Si Beatriz est bien le prénom de l'une des héroïnes de sexe féminin du long-métrage de Gonzalo Suárez co-produit entre l'Espagne et le Mexique, son interprète n'en demeure pas pour autant l'actrice principale. Noyée au cœur d'un tourbillon de personnages dont il n'est pas toujours aisé de définir les contours psychologiques, Sandra Mozarowsky est donc accompagnée lors de cette très curieuse aventure historico-horrifico-érotico-surnaturelle de Carmen Sevilla dans le rôle de Doña Carlota, la mère de la jeune femme, de José Sacristán dans celui de Máximo Bretal, le professeur d'histoire de Juan, puis de Jorge Rivero dans le rôle de Fray Angel, un moine qui après avoir survécu à l'attaque dans la forêt d'une bande de brigands se réfugie chez Doña Carlota et ses deux enfants. Mais alors que Beatriz a toujours vécu dans une intense et très rigide éducation religieuse, voilà que l'arrivée de ce beau jeune homme que Juan confond avec le Diable va mettre en péril la foi de l'adolescente qui tombe alors amoureuse du nouveau venu. Beatriz pousse ainsi ses personnages à entrer en conflit avec la morale religieuse et les désirs sexuels. Le film peut ainsi s'observer comme une féroce critique de la foi religieuse et de ses contraintes. Entièrement raconté à travers le regard et les souvenirs de Juan, son interprétation du récit est semble-t-il demeurée telle quelle. La vision d'un enfant qui voit en un homme de Dieu le Mal absolu. Ce que semble d'une certaine manière confirmer l'histoire dont est à l'origine Ramón María del Valle-Inclán et que le réalisateur et le scénaristes Santiago Moncada ont adaptés pour les besoins du film...


D'ailleurs, si le film repose effectivement sur le conte romantique éponyme du romancier espagnol, le film s'inspire également d'un autre ouvrage de Ramón María del Valle-Inclán intitulé Mi Hermana Antonia dans lequel l'auteur évoquait déjà le personnage de Máximo Bretal, lequel passait un pacte diabolique avec une vieille femme. Celle-là même que figure le personnage de Saludadora qu'incarne à l'écran l'actrice Elsa Zabala... Tout comme beaucoup de films espagnols fantastiques tournés à l'époque, Beatriz situe son action à un âge reculé et en un contexte mystico-romantique qui permet au cinéaste de jouer sur l'élément surnaturel tout en encrant le récit dans une certaine forme de critique vis à vis de l’Église. Un peu fouillis et désordonné, mais aussi et surtout aussi étrange que ''fascinant'' tout en mêlant plusieurs intrigues en un seul élan, le film de Gonzalo Suárez vaut tout d'abord pour ses superbes décors provenant majoritairement de séquences tournées dans les paysages ruraux et montagneux de Monforte de Lemos, situé en Galice. Créant ainsi un climat et une ambiance pesants, anxiogènes et où la violence est exacerbée à travers des comportements plus ou moins liés aux croyances chimériques ou au tribalisme qui semble encore courir à cette époque plus ou moins déterminée mais qui semble se situer au beau milieu du dix-neuvième siècle... Malédiction, ''fanatisme religieux'', désir sexuel et amoureux, culpabilité, condition de la femme, tentation et répression sont au coeur d'un long-métrage qui aurait pu être traité de manière beaucoup plus élogieuse si son auteur n'avait pas eu la mauvaise idée d'employer tout un tas de chemins de traverse qui embrouillent l'ensemble du récit et mènent ainsi à une incompréhension quasi permanente...

 

mardi 28 avril 2026

Jiu Long Cheng Zhai : Wei Cheng (City of Darkness) de Soi Cheang (2024) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Trois ans après la sortie de l'extraordinaire Limbo du réalisateur hongkongais Soi Cheang, l'auteur de l'un des plus grands thrillers de l'histoire du genre revenait en 2024 avec Jiu Long Cheng Zhai : Wei Cheng (City of Darkness). En changeant presque radicalement de sujet tout en développant un univers étonnamment similaire à son antépénultième long-métrage, le cinéaste confie à nouveau l'écriture du script à la scénariste hongkongaise Au Kin-yee ainsi qu'à Tai-Lee Chan et Chun Lai. Une œuvre qui apparaîtra là encore d'une ampleur tellement forte que l'expérience ne peut que laisser des traces indélébiles dans l'esprit du spectateur une fois la projection arrivée à son terme. Il faut tout d'abord savoir que le scénario du film est basé à l'origine sur le Manhua (l'équivalent chinois de la bande-dessinée japonaise connue elle sous le nom de Manga) éponyme d'Andy Seto dont la majorité des œuvres est emprunte d'un goût prononcé pour les arts-martiaux. C'est d'ailleurs en partie à travers cet aspect très spécifique du long-métrage que celui-ci se démarque de Limbo dont l'intérêt principal tournait notamment autour d'une enquête policière visant la reconnaissance, la traque et l'arrestation d'un tueur en série s'en prenant exclusivement à des femmes dont il coupait la main gauche. Ici, rien à voir puisque si dans dans ce dernier l'intrigue se déroulait dans un immense dépotoir auquel l'on pourrait malgré tout comparer l'incroyable complexe immobilier où se déroule celle de Jiu Long Cheng Zhai : Wei Cheng, le récit s'intéresse tout d'abord à Chan Lok-Kwun (Raymond Lam), jeune réfugié clandestin qui pour gagner suffisamment d'argent et ainsi s'acheter de faux papiers participe à des combats clandestins. À la suite d'une victoire, le chef d'une triade (Sammo Hung dans le rôle de Mr Big) lui propose de lui procurer une fausse carte d'identité dans les deux semaines à venir. Sentant le vent de l'arnaque souffler, Chan décide de prendre la fuite tout en dérobant un sac de drogue appartenant à Mr Big. Poursuivi par son bras droit King (Philip Ng) et plusieurs membres de la triade, le clandestin se réfugie in-extremis dans la cité fortifiée de Kowloon que gère Dik Chau (Richie Jen) et dont Cyclone (Louis Koo) est chargé de la sécurité.


Prenant Chan sous son aile, le jeune homme s'intègre rapidement et se fait plusieurs amis parmi les membres de cette autre triade qu'évitent scrupuleusement d'approcher les membres de Mr Big. Tandis que l'objectif de Chan était jusque là de se procurer des papiers et de quitter le pays, au contact de ses nouveaux compagnons, celui-ci décide de demeurer sur place, avec l'accord de Cyclone... Bon, on ne va dérouler tout le fil d'un récit qui peut apparaître relativement commun mais qui pourtant développe toute une série de sous-intrigues qui pourraient de prime abord apparaître difficiles à démêler. Mais c'est bien là que la prouesse légendaire de Soi Cheang entre une nouvelle fois en action. Entre thriller, film de gangs, art-martiaux et vengeance, le hongkongais parvient à déjouer, à contourner la complexité d'un script qui s'autorise divers couloirs scénaristiques pour obtenir au final une œuvre d'une totale cohésion. Ce qui marque en partie les esprits, au delà des remarquables chorégraphies lors des combats auxquelles l'on peut notamment raccorder le long-métrage à des œuvres telles que The Raid de Gareth Evans (et sans doute d'autres films dont je n'ai pas connaissance puisque je ne suis habituellement pas féru du genre) ou des décors dantesques que l'on doit au chef décorateur Kwok-Keung Mak, c'est bien cette histoire d'amitié et de loyauté que l'on rencontre dans cet univers désargenté où survivre passe essentiellement par un engagement vis à vis d'une personne ou comme ici, un groupe d'individus que nous n'étions pourtant pas forcément prêts au départ à découvrir sous un jour bienveillant...


L'une des forces du long-métrage se situe effectivement autour de Chang, de Cyclone, son protecteur, mais aussi de cette ''bande des quatre'' que le réfugié forme en compagnie d'un trio de personnages plutôt attachants : Shin (Terrance Lau), Douzième Maître (Tony Wu) ainsi que AV (V.H.S dans la version française) qu'incarne German Cheung... Face aux ''gentils'' du film, le script leur oppose le bedonnant Mr Big, pourtant capable de se battre au corps à corps avec force, talent et détermination. Mais le véritable antagoniste du récit reste bien son bras droit, King. Un psychopathe au rire de sadique dont les capacités physiques dépassent de très loin ce que l'on peut imaginer dans le monde réel mais qui dans une œuvre de fiction en outre adaptée d'une bande-dessinée asiatique n'a absolument rien d'étonnant. Comme l'on ne s'étonnera pas de l'invraisemblance qui englobe la majorité des combats qui pourtant sont un véritable régal pour les yeux. Maîtrisant le cadre et l'espace avec tout le talent d'un ingénieur en nanotechnologies travaillant à l'échelle des atomes, Soi Cheang a tourné son film à Hong-Kong, dans des studios où fut reconstituée en grandes partie et à échelle humaine la Citadelle Fortifiée de Kowloon, authentique enclave chinoise construite au temps de la dynastie Song (960-1279) et finalement détruite bien des siècles plus tard, en 1993. L'intrigue se déroule d'ailleurs dans les années 80 même si cela n'est pas forcément visible à l'image. Un détail au regard de l'incroyable environnement, fait de rapiéçages, de murs et de plafonds éventrés, de débris innombrables, de canalisations reliées entre elles (on pense bien évidemment au Brazil de Terry Gilliam auquel ce détail semble se référer), bref, un visuel au moins aussi saisissant que le noir et blanc de Limbo même si le choix de la couleur et le travail pourtant remarquable du directeur de la photographie Siu-Keung Cheng (déjà présent sur le tournage de Limbo de Ming'an) est très légèrement moins ''impactant''. Au final, Jiu Long Cheng Zhai : Wei Cheng est bien tel qu'on l'espérait : un grand film d'action, d'arts-martiaux, doté d'une ribambelle d'acteurs charismatiques et de beaucoup, beaucoup, beaucoup d'autres qualités... !

 

lundi 27 avril 2026

Le réveil de la momie de Lee Cronin (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


  

Celui-là, j'ai failli le faire passer à la trappe de mes soirées cinématographiques endiablées. D'abord parce que n'ayant pas suivi l'actualité concernant le dernier long-métrage de son auteur, je m'étais mis bille en tête qu'il devait s'agir d'un quatrième opus de la saga La momie dont les deux premiers volets La momie et Le retour de la momie furent réalisés en 1999 et en 2001 par Stephen Sommers et le troisième, La Momie : La Tombe de l'empereur Dragon, par Rob Cohen en 2008. Ensuite, à cause du nom du réalisateur : Lee Cronin. Non pas que le cinquième film de la franchise Evil Dead intitulé Evil Dead Rise soit une purge absolue mais le résultat était bien loin de mes attentes... Alors, lorsque j'entends ensuite dire ça et là que Le réveil de la momie est un hommage à la version de 1932 réalisée par Karl Freund avec dans le rôle principal de la créature l'immense Boris Karloff, forcément, ma curiosité s'est mise en éveil... Après deux heures de projection environ et durant lesquelles j'eus parfois la curiosité de regarder et d'écouter les réactions de mes voisins installés bien confortablement dans leur fauteuil rouge, bouffant des quantités astronomiques de pop-corn tout en décapsulant des canettes de sodas l'une après l'autre, l'un des constats semble inaliénable: La vision de Lee Cronin n'a que très peu de rapport avec l’œuvre de 1932, tout comme le récit s'articule de manière bien différente du script écrit à l'origine par le scénariste américain John L. Balderston. Passons sur le fait que Le réveil de la momie se désintéresse du cadre gothique de la version de Karl Freund pour s'ancrer dans celui d'une horreur contemporaine. Traitant de la famille tout comme dans Evil Dead Rise, le long-métrage abandonne tout romantisme pour offrir au genre une version gore totalement décomplexée. Si proche du précédent film réalisé par Lee Cronin que ce Réveil... que l'on pourrait considérer ''du pied gauche'' tant la momie va se révéler énervée que la distance entre l'une et l'autre de ces deux œuvres est assez étroite. Prenant pour thème une très vieille malédiction causant des contraintes qui nous seront livrées lors du dernier acte, Le réveil de la momie use presque abusivement du mythe de la momie tout en conservant quelques ''artefacts'' qui lui sont propres (telles les bandelettes, la malédiction ou le sarcophage). Cependant, plus que le mythe entourant cette célèbre créature du bestiaire fantastique, ce qui saute aux yeux est l'allégeance avec laquelle le cinéaste semble vouloir marcher non pas sur les traces d'un cinéma d'épouvante hollywoodien de la première moitié du vingtième siècle cher à la Universal, mais plutôt du côté de cette horreur épidermique qui donna notamment naissance en 1972 au légendaire L'exorciste de William Friedkin...


Tout, et ce dès la séquence d'ouverture qui ne se déroule non plus lors de fouilles en Irak mais au Caire, en Égypte, rappelle effectivement cet immense classique de l'horreur, de l'épouvante et du fantastique. Les Cannon, constitués de Charlie, Larissa, Sebastian, Katie et très bientôt Maud (qui pour l'instant est encore à l'état de fœtus dans le ventre de sa mère) vivent au Caire. Journaliste, Charlie (Jack Reynor) apprend qu'il va avoir une promotion. Sa femme Larissa (Laia) et leur deux enfants (incarnés par Shylo Molina et Natalie Grace) s'apprêtent à faire leurs bagages lorsque la plus jeune, Katie, est kidnappée. Charlie a beau se lancer à la poursuite de sa ravisseuse, celle-ci disparaît derrière un écran de poussière soulevée par une tempête qui vient de se déclarer. Les années passent et huit ans après le drame, la famille reçoit un coup de téléphone de la part d'un officier de police cairote qui annonce à Charlie que sa fille Katie a été retrouvée vivante... mais dans quel état, mes amis... Ce qui aurait dû être le plus beau jour des Cannon va évidemment se transformer en véritable cauchemar. Cette momie que nous promet le titre du film n'est en réalité identifiable qu'à travers les bandelettes qu'elle porte sur elle (et qui très longtemps apparaissent comme une peau très abîmée). Pour le reste, Le réveil de la momie pourrait tout aussi bien invoquer le roi des démons moyen-oriental Pazuzu que nous n'y verrions pas la moindre différence. Le long-métrage de Lee Cronin n'est donc pas foncièrement original et véhicule pas mal des poncifs propres au cinéma d'horreur dans son versant parfois le plus gore. Généreuses en la matière mais sans être aussi difficiles à regarder en face que certains le prétendent, les scènes d'horreur sont efficaces. Tout comme les éléments surnaturels qui, parfois, malgré tout, gâchent un peu le tableau (Katie qui lévite, Katie qui crache au visage de sa mère un peu à la manière de Regan dans L'exorciste, Katie qui cavale parfois comme un chimpanzé!). Le réalisateur se lance en outre dans une surenchère finale grand-guignolesque un peu cheap mais bon, le plaisir est malgré tout présent. Dire que l'on s'y ennuie serait faire preuve de mauvaise foi. Le réveil de la momie a surtout le mérite d'être bien supérieur au précédent long-métrage de Lee Cronin. Bref, un excellent divertissement...

dimanche 26 avril 2026

Kuraudo (Cloud) de Kiyoshi Kurosawa (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Auteur d'une bonne cinquantaine de courts et de longs-métrages, le réalisateur et scénariste japonais Kiyoshi Kurosawa s'est jusqu'à maintenant investit dans bon nombre de genres puisque son œuvre est un mélange de drames socio-psychologiques, de thrillers ou de films d'horreur, signant ainsi des longs-métrages plus ou moins mémorables, tels que Kyua en 1997, Sakebi en 2007 ou Kuriipii en 2016. Tandis que la production du projet dramatico-historique Kokurojo semble achevée, le dernier long-métrage de Kiyoshi Kurosawa a avoir vu le jour s'intitule Kuraudo (Cloud). Un concept qui mêle avec habilité différents courants abordés jusqu'à maintenant par le cinéaste, lequel les regroupe dans une œuvre assez étrange, parfois ''pathétique'', voire même envoûtante. L'intrigue se penche en effet sur Ryosuke Yoshii (l'acteur Masaki Suda), jeune employé d'une entreprise qui plutôt que d'accepter la proposition d'avancement de son supérieur Takimoto (interprété par Yoshiyoshi Arakawa) décide de quitter son métier pour travailler dans la vente d'objets sur Internet. Trouvant le filon en achetant avant tout le monde des objets recherchés à un prix relativement bas en comparaison du prix de vente beaucoup plus élevé qu'il proposera sur diverses plate-formes de vente en ligne, Ryosuke s'empare par exemple d'une collection entière de figurines le jour-même de leur vente. Devenant rapidement riche de millions de yens, le jeune homme fait pourtant l'erreur un jour de vendre des sacs imitant une grande marque. Certains acheteurs parmi les plus mécontents de découvrir qu'ils ont été arnaqués se lancent alors dans la recherche de l'escroc afin de lui mettre la main dessus... Démarrant de manière somme toute banale, Kuraudo n'en est pas moins fascinant. De la photographie de Yasuyuki Sasaki aux choix des décors que l'on doit à Norifumi Ataka et Kyoko Matsui et jusqu'à la discrète bande musicale de Takuma Watanabe (lequel collabore ici pour la seconde fois avec Kiyoshi Kurosawa après Chime en 2024), le film se pare d'une ambiance très particulière, énigmatique, et qui pour l'instant conserve tout son mystère quant à l’évolution du récit...


Le script de Kiyoshi Kurosawa se penche en outre sur la technologie numérique et son emploi à des fins malhonnêtes permettant de se faire de l'argent de manière facile et relativement rapide. Comme si le héros, abrité derrière son écran d'ordinateur, n'avait aucun soucis à se faire. L'écran agissant ainsi comme une frontière invisible empêchant Ryosuke d'être directement confronté aux conséquences morales de ses actes tout en étant persuadé d'être protégé de toute répercussion ! En ce sens, le cinéaste japonais réussit à faire preuve d'une bonté vis à vis d'un personnage malveillant même si ses actes auront forcément des conséquences néfastes pour lui et pour son entourage. Et c'est justement lorsque les méthodes de Ryosuke arrivent à leur rythme de croisière que tout bascule. Et plutôt que se tourner vers le thriller classique dans lequel ceux qui furent dupés par le jeune homme auraient tout aussi bien pu lui faire un procès ou simplement lui faire physiquement payer ses crimes, voilà que le script de Kiyoshi Kurosawa persévère dans la thématique des technologies numériques modernes en évoquant une vengeance glaçante mais ô combien révélatrice des maux qui touchent nos sociétés. Le cinéaste déroule l'idée selon laquelle, le seul moyen de récupérer leur argent serait pour les victimes de Ryosuke de l'enlever, de le séquestrer dans une usine désaffectée puis de le torturer à mort, tout ceci en le filmant et en projetant la vidéo des sévices sur les réseaux sociaux ! Un tel raisonnement serait-il la promesse d'une œuvre versant désormais dans le gore décomplexé ? Que nenni ! En effet, Kiyoshi Kurosawa semble curieusement préférer revenir au thriller classique, avec fusillades à l'appui. Une décision assez curieuse, qui évite il est vrai tout voyeurisme mais qui laisse imaginer en quoi aurait pu se transformer le film si le réalisateur et scénariste avait choisi de laisser libre cours aux intentions de cette poignées d'acheteurs très remontés contre Ryosuke. Reste que Kuraudo est une œuvre brillante, à l'atmosphère unique, d'où sourd une angoisse véritablement palpable...

 

samedi 25 avril 2026

Raw Deal (Le Contrat) de John Irvin (1986) - ★★★★★★★☆☆☆



Le Contrat partage avec Commando ou Total Recall, ce même rapport au cinéma musclé érigeant en pourfendeur d'injustices, l'acteur américain d'origine autrichienne, Arnold Schwarzenegger. Principal « concurrent » de Sylvester Stallone, il aura su captiver l'intérêt d'un public de fidèles « suiveurs », capable de se diversifier alors que d'autres feront longtemps de l'action, leur genre de prédilection. Steven Seagal et Jean-Claude Van Damme étant parmi les parangons des arts-martiaux dans le cinéma occidental alors que Bruce Willis allait patienter jusqu'en 1988 et Die Hard pour véritablement exploser à l'écran et devenir LA valeur sûre, du moins pour la décennie à venir. Lorsque l'on approche la cinquantaine et que l'on a été (ou pas d'ailleurs) un adolescent boutonneux dans les années quatre-vingt, il est difficile aujourd'hui de cracher sur le film de John Irvin. Et pourtant, au regard de certains grands classiques du cinéma d'action incarnés par Arnold Schwarzenegger, il faudrait manquer d'objectivité pour le considérer comme tel alors qu'il se révèle mineur dans la carrière de l'acteur.

Réalisé à la suite de l'excellent Commando de Mark L. Lester (Class 1984), Le Contrat met en scène un Arnold Schwarzenegger n'exhibant pratiquement plus ses muscles (à part lors d'une séquence au lit sans la moindre trace de sexe). L'acteur y incarne le personnage du flic Mark Kaminsky qui dans la peau de Joseph P. Brenner accepte un contrat de la part de son ami et chef de police Harry Shannon dont le fils à été tué par les hommes de main de Luigi Petrovita, le parrain de la mafia de Chicago. Mark Kaminsky se débarrasse tout d'abord de sa véritable identité en faisant croise à sa propre mort et endosse le nom de Joseph P. Brenner afin de s'introduire dans le repère de Luigi Petrovita. Pour cela, il approche de près le bras droit du parrain, Paulo Rocca, après avoir fait le ménage chez son concurrent direct, un certain Martin Lamanski. Bien que le plus fidèle lieutenant de Rocca, Max Keller, se méfie de Mark Kaminsky, ce dernier parvient finalement à se faire accepter...

L'un des principaux atouts de ce Contrat, c'est sa panoplie de sales gueules. De Sam Wanamaker, en passant par Paul Shenar, et jusqu'au grêlé Robert Davi, le film de John Irvin est un hommage à ces seconds rôles qui firent les beaux jours du cinéma d'action dans les années quatre-vingt. A les comparer aux méchants d'aujourd'hui, on regretterait presque leur absence. Loin du personnage de Terminator, Arnold Schwarzenegger se prend autant de coups qu'il en reçoit. Il lui faudra même l'appui de l'actrice Kathryn Harrold pour se défaire d'un trio de grosses brutes venues en découdre lors d'une séance d'essayage dans un magasin de vêtements. Après l'ampleur de certaines séquences de Commando, celles du Contrat font parfois peine à voir.
Visiblement, Arnold Schwarzenegger n'a pas été exclusivement employé pour faire parler les muscles mais s'y voit offrir des dialogues sensiblement plus importants qu'à l'habitude. Chose que le public américain semble avoir assez mal digéré puisque le film n'obtient qu'un succès d'estime. Les spectateurs étant en droit de s'attendre à un final véritablement explosif, la séquence se déroulant dans une gravière n'est pas du tout convaincante, la pauvreté de la scène laissant supposer que John Irvin n'était pas vraiment à l'aise dans le genre. Quant au final dont on imagine sans faille le déroulement, il se révèle également décevant, les pourritures étant éliminées de manière relativement plates... Si Le Contrat n'est pas un mauvais film, il est en revanche très en deçà des films (et de quelques autres) cités en début d'article...

vendredi 24 avril 2026

Nature prédatrice (Thrash) de Tommy Wirkola (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Des films d'horreur mettant en scène des populations confrontées à des requins assoiffés de sang, il en existe des dizaines. Des centaines, même. Et parmi eux, d'innombrables navets, séries z et même quelques nanars qui valent leur pesant d'or. Fort heureusement, certains s'en sortent mieux que d'autres. À commencer par Les dents de la mer de Steven Spielberg, que tout le monde connaît, même celles et ceux qui ne l'ont pas encore découvert. Un classique de l'horreur et de l'épouvante qui en la matière continue de servir d'exemple. Moins connus et pourtant tout aussi tendus et efficaces, l'on peut citer Instinct de survie (The Shallows) de Jaume Collet-Serra, The Reef d'Andrew Traucki ou bien Open Water de Chris Kentis. Dernier né, Thrash de Tommy Wirkola est sans doute pour l'instant, l'une des meilleures surprises que la plateforme de streaming Netflix ait eu à nous proposer en ce début d'année 2026 en matière de cinéma d'horreur. Et à proprement parler de film mettant en scène des requins tueurs. Pourtant, si l'on s'en tient strictement au scénario de Tommy Wirkola, il apparaît évident que le réalisateur et scénariste norvégien s'est très largement inspiré d'un autre long-métrage d'horreur qui 2019 mettait cette fois-ci en scène non pas des requins mais des alligators. Réalisé par le français Alexandre Aja auquel l'on devait notamment jusque là le remake de La colline a des yeux de Wes Craven, Haute Tension, Mirrors ou encore le remake de Piranha de Joe Dante, Crawl mettait en scène la jeune Haley Keller (l'actrice britannique Kaya Scodelario) dans une petite ville de Floride aux prises avec un ouragan qui allait provoquer la montée des eaux et ainsi attirer des alligators. Et bien s'agissant de Thrash qui en France est sorti le 10 avril dernier sur Netflix sous le titre Nature prédatrice, c'est un peu et même très franchement la même histoire. Cette fois-ci, le sujet tourne autour de Lisa Fields (la britannique Phoebe Dynevor), jeune femme enceinte et prête à accoucher qui contre les recommandations de sa mère est demeurée dans la petit ville côtière où elle vit seule. Autre héroïne du récit, Dakota (la canado-ougandaise Whitney Peak), jeune femme dont les parents sont décédés et qui elle aussi vit seule dans une grande maison dont elle ne sort pratiquement jamais pour cause d'agoraphobie ! L'acteur américano-béninois Djimon Hounsou campe quant à lui le rôle de Dale Edwards, l'oncle de Dakota et accessoirement biologiste des fonds marins spécialisé dans les requins (comme cela tombe bien)...


Le récit intègre ensuite un adolescent (Stacy Clausen) et ses deux jeunes sœurs, tous les trois vivant avec un couple de tuteurs plus intéressés par l'argent que leur rapporte la garde des trois enfants que par leur bien-être ! Tout comme dans Crawl, le long-métrage de Tommy Wirkola démarre par l'annonce d'un ouragan prévu pour les heures à venir. C'est donc ainsi que Nature prédatrice déroule tout d'abord son intrigue sous la forme d'un film catastrophe qui n'a absolument rien à envier aux productions évoluant exclusivement autour de ce concept, qu'il s'agisse de l'interaction des personnages avec les éléments qui ici vont se déchaîner, ou des conséquences directement liées à la nouvelle configuration que prendra la petite ville une fois l'ouragan ayant détruit les digues retenant les eaux de l'océan Atlantique... Bénéficiant d'excellents effets-spéciaux, le cinéaste s'en donne à cœur-joie et les séquences mettant en scène la vague qui sur son chemin détruit et emporte tout ce qu'elle peut avec elle demeurent très réalistes. Puis vient ensuite le sujet central du récit. La survie des personnages dans un milieu hostile. Une petite ville noyée sous des eaux qui abritent des requins-bouledogues mais aussi, un grand requin blanc... Là encore l'on a droit à quelques scènes d'attaques plutôt convaincantes. Nanties en outre de quelques effets gore efficaces mais qui malheureusement ne durent souvent que le temps d'un clignement d’œil. Doté d'une belle photographie signée Matthew Weston, surtout lorsque le soleil se couche pour laisser place à l'obscurité, d'un rythme échevelé, d'une interprétation très persuasive mais de caractérisations qui n'ont parfois aucune utilité (quel peut avoir notamment comme intérêt le fait de savoir que l'oncle de Lisa est biologiste des fonds marins?), Nature prédatrice est une excellente surprise que l'on ne réservera pas uniquement aux amateurs de films d'horreur ou de films catastrophe mais à toutes celles et ceux qui voudraient passer un moment vraiment fun !

 

jeudi 23 avril 2026

Le coeur des hommes 3 de Marc Esposito (2013) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Depuis treize années qu'est sorti sur les écrans de cinéma le troisième volet de la saga Le cœur des hommes, Marc Esposito, le scénariste et le réalisateur de cette très sympathique et très touchante trilogie n'a plus donné signe de vie. Ce qui laisse peu d'espoir de découvrir un jour un quatrième opus. D'autant plus que ses interprètes ont depuis pris de la bouteille et que le cinéaste est parti s'installer à Bali afin d'y écrire notamment son autobiographie intitulée Mémoires d'un enfant du cinéma. Un titre qui en 2019 semblait annoncer une fin de carrière mais que l'on espère encore n'avoir été qu'un effet de manche... Après deux premiers volets plutôt bien accueillis, Le cœur des hommes 3 subit quant à lui les foudres de la critique dite professionnelle, laquelle s'indigne de tant de vulgarité, de misogynie et de machisme. Comme si tout cela était nouveau et n'avait pas eu lieu dans les épisodes 1 et 2 ! Comme si les critiques en question découvraient que oui, les personnages masculins, héros de ce nouveau récit, aimaient les femmes. Et qu'entre hommes, ils avaient tendance à ironiser sur les relations qu'ils entretiennent avec elles, chacun de leur côté. Très officiellement ou dans l'ombre d'une chambre d'hôtel. Partageant nombre d'anecdotes pas toujours très raffinées, plutô croustillantes, cela s'entend, mais dans la droite lignée de tout ce que nous avions pu entendre depuis la naissance de la saga dix ans auparavant. Peut-être plus ambitieux que le premier mais un peu moins que le second avec un budget revu légèrement à la baisse, Le cœur des hommes 3 a reçu de la part du public un accueil relativement frileux puisque pour un financement de huit millions et cinq-cent mille euros, le long-métrage de Marc Esposito n'en a rapporté qu'un peu plus de quatre... à l'échelle mondiale ! L'une des différences fondamentales concerne ici l'absence de l'acteur Gérard Darmon qui jusque là interprétait le rôle de Jeff. L'un des membres de la bande des quatre complétée par Antoine (Bernard Campan), Alex (Marc Lavoine) et Manu (Jean-Pierre Darroussin). Alors qu'ils se connaissent déjà depuis près d'un quart de siècle, Marc Esposito et Gérard Darmon se retrouvent donc sur les plateaux de tournages du Cœur des hommes 1 & 2 mais pas sur celui du troisième. Pourquoi ? Pour des raisons relativement confuses qui selon le cinéastes ont ''creusé un fossé'' entre les deux hommes...


Afin de parer à l'absence de Gérard Darmon, Marc Esposito engage sur le tournage du troisième volet l'acteur Éric Elmosnino dont la carrière a pris un sacré coup de fouet depuis son incarnation de Serge Gainsbourg dans le pseudo-biopic Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar en 2010. L'acteur y prend naturellement la place de Gérard Darmon sans toutefois reprendre le rôle de Jeff puisqu'il incarne celui de Jean, le patron d'Antoine. Et tout aussi naturellement, celui-ci sera rapidement intégré au groupe qui, comme à son habitude et à divers degrés de ''sobriété'' évoqueront le sujet qu'ils connaissent et apprécient le mieux ! Celui des femmes. Et n'en déplaise à certains qui depuis se sont érigés en pourvoyeurs de discours néo-féministes faisandés (ceux-là même qui sans doute s'érigent en néo-écologistes ou en anti-racistes 2.0), Le cœur des hommes 3 fonctionne plutôt bien et ne s'acharne d'ailleurs pas systématiquement à faire de la femme de la chair à canon pour messieurs prisant exclusivement de celles-ci qu'elles leur offrent leur corps sans réfléchir ! Manu n'a-t-il pas décidé de se ranger des conquêtes féminines et de rester désormais fidèle à sa femme Nanou (Catherine Wilkening) malgré l'annonce par son assistante de l'existence d'un fils de dix ans qu'il n'a jamais connu ? Quant au couple que forment Manu et Juliette (Florence Thomassin) ne demeure-t-il pas très touchant, surtout lorsque celle-ci annonce à son homme qu'elle est atteinte d'un cancer du sein ? Peut-être ne faudrait-il pas voir à travers ce troisième opus qu'un ramassis d'échanges misogynes entre quatre potes mais plutôt une comédie à la cuisse légère, où les femmes n'ont peut-être que trop rarement le droit à la parole, il est vrai, mais dont la multiplication à l'écran témoigne ici de cet amour, de cette passion qui peut-être se cache au fond derrière le script évidemment très masculiniste de Marc Esposito. Les pourfendeurs de ce cœur des hommes 3 seront sans doute alors ravis d'apprendre que les volets 4 et 5 auxquels rêvait pourtant Marc Esposito ne verront probablement jamais le jour...

 

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