Pour en arriver à créer le Festival international du film fantastique
et de science-fiction de Paris, le jeune Alain Schlokoff a dû passer par
diverses étapes afin de forger ce qui deviendra plus tard sa spécialité :
le cinéma fantastique. Féru de fanzines américains, c’est à quatorze ans qu’il
achète une machine à écrire afin de produire ses propres fanzines. Malheureusement
pour lui, l’expérience démarre sous de bien mauvaises augures puisqu’en 1967,
et alors qu’il a déjà conçu quelques fanzines, il a l’ambition d’en produire un
beaucoup plus important. A tel point que dès le numéro deux, il décide de le
faire imprimer. Alain Schlokoff perd cependant la propriété de Horizons du fantastique mais se relève
très vite et fonde L’Ecran du fantastique, qui deviendra par la suite l’une des
plus importantes références en matière de magasine consacré au cinéma
fantastique. Mais le bonhomme ne s’arrête pas là. Alors qu’il termine son service
militaire en 1972, il lance le premier projet d’un genre qui en influencera
plus d’un : Le Festival
international du film fantastique et de science-fiction de Paris. De 1973 à
1989, outre des prix d’interprétation, des prix pour les effets-spéciaux, de la
Critique, ou encore pour le scénario, le Grand Grix remis chaque année à une œuvre
fut La Licorne d’Or.
Il y en avait pour tous les gouts
et de toutes les qualités. En 1973, le tout premier film à recevoir cette
récompense est Asylum de Roy Ward
Baker (Les 7 Vampires d’Or). Un
psychiatre, un jeune médecin qui aimerait intégrer un hopital psychiatrique, et
quatre patients. Résultat, le gagnant est un film à sketches « visité »
entre autre par Peter Cushing, Patrick McGee, Barry Morse ou bien Charlotte
Rampling. L’année suivante, c’est l’excellent The Wicker Man (dont on a osé réaliser un remake il y a quelques
années) qui remporte le grand prix. Signé par Robin Hardy, le film nous conte
les mésaventures d’un policier fraîchement débarqué sur une étrange île où
disparaissent de jeunes filles. Bientôt, le sergent découvre que les habitants
des lieux se livrent à un curieux culte païen. Contraire à l’éthique du
policier, ce dernier va tout faire pour démanteler cet étrange réseau auquel
appartiennent même les mères de familles. Une erreur : le piège va se
refermer sur lui. Un grand prix bien mérité puisque depuis, The Wicker Man est considéré comme l’un
des meilleurs films britanniques. 1975. Les Insectes de Feu n’est ni un mauvais
film, ni un chef-d’œuvre. C’est pourtant ce film qui remporte le précieux
sésame cette année-là. Etrange récit que cette histoire de tremblement de terre
qui libère des insectes possédant la faculté d’allumer des incendies. Des
conséquences terribles dont va faire les frais une petite bourgade des États-Unis.
En 1976, c’est une œuvre de science-fiction
qui remporte le grand prix. Réalisé un an plus tôt par le cinéaste Paul Bartel,
La Course à la mort de l'an 2000 est une œuvre d’anticipation visionnaire qui
critique férocement la société américaine et les dérives dans lesquelles elle
aura tendance à plonger bien des années plus tard. Reality show fictif avant l’heure,
le film explore un monde qui a perdu de sa superbe depuis un krach mondial
survenu en 1979. Un seul homme est à la tête d’un parti unique. L’engouement du
public n’est pas dirigé ici vers le football mais vers une curieuse course de
voitures dans laquelle écraser des pétions est un paramètre essentiel si l’on
veut gagner celle-ci. Sylvester Stallone et David Carradine sont les acteurs
principaux de cette œuvre étonnante et finalement plutôt jouissive. L’environnement
semble être au cœur des préoccupations du jury de 1977, puisque c’est le très « animal »
The Food Of The Gods de Bert I. Gordon qui repart avec la Licorne d’Or.
Des animaux qui grandissent grâce aux bienfaits d’une étrange substance. Voilà un
étrange phénomène qui pourrait donner des idées à certains. Et c’est d’ailleurs
ce qui se produit puisque les indigènes du coin vont vouloir exploiter ce
précieux don des dieux. Mal leur en prendra puisqu’ils devront faire face à des
créatures voraces et particulièrement agressives. L’année suivante, c’est Tobe
Hooper qui repart avec le grand prix. L’homme qui a commis le plus grand film d’épouvante
de tous les temps (excusez du peu) revient avec une autre histoire elle aussi
inspirée de faits réels. Le Crocodile de la Mort, s’il n’est pas aussi
puissant que son prédécesseur demeure néanmoins une œuvre efficace et surtout,
l’une des meilleures de son auteur. Glauque à souhait et suintant la folie et
la nécrophilie, Eaten Alive a pour lui d’être interprété par le génial Neville
Brand. A noter que Tobe Hooper engage ici pour la seconde fois l’actrice (et scream
girl) Marilyn Burns, et que l’on y
croise un « cow-boy » dont la tronche sera bientôt connue de tous les
aficionados de Freddy Krueger, celle de Robert Englund…


















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