Charlots' Connexion
de
Jean Couturier est comme un îlot d'espoir placé au beau milieu d'un
océan de merde, entre deux immenses purges signées de Michel
Vocoret en 1983 (Le retour des bidasses en folie)
et Jean Sarrus en 1992 (Le retour des Charlots).
Et aussi incroyable, aussi inattendu, aussi miraculeux que cela
puisse paraître, le second et dernier long-métrage à avoir été
mis en scène en solo par Jean Couturier n'est pas l'abjection à
laquelle nous aurions pu nous attendre. N'atteignant cependant jamais
les qualités toutes relatives de quelques savoureuses
franchouillardises proposées par le quintette Les Charlots au début
de leur carrière sur grand écran, Charlots'
Connexion
n'en est pas moins salvateur pour quiconque dû subir quelques années
auparavant les troisièmes aventures des Bidasses, œuvre ô combien
inutile et démontrant qu'il faut parfois savoir s'arrêter au bon
moment. Faut-il être financièrement blindé ou être pécuniairement
suicidaire que l'on peut parfois se demander ce qui peut pousser
certains producteurs comme Christian Ardan et Edgar Oppenheimer à
vouloir réinjecter de l'argent dans une nouvelle comédie
estampillées ''Les Charlots''
après
le naufrage artistique que représenta Le retour
des bidasses en folie.
La réponse se trouvant très exactement au sein des résultats
atteints par ce dernier puisque même si le film de Michel Vocoret
n'atteignit pas le record historique de 7 460 911 de spectateurs
détenu par Les bidasses en folie
de Claude Zidi en 1971, les deux hommes supposèrent avec bonheur que
la comédie française typée 'bidasses'' avait de fortes tendances à
attirer le public devant les salles de cinéma. Les
bidasses s'en vont en guerre
toujours réalisé par Claude Zidi en 1974 confirmant cet état de
fait après une lente mais perceptible périclitation du Grand Œuvre
de la troupe entre Les fous du stade
(5 744 270 d'entrées) et A nous 4 cardinal
(1 386 200 d'entrées) ! Et même si Le
Retour des bidasses en folie n'attirera
au final qu'un peu plus d'un million et cent-mille spectateurs dans
les salles pour un budget que l'on devine avoir été ridicule, la
barre du million dépassée a probablement la première des
motivations pour Christian Ardan et Edgar Oppenheimer qui se
lancèrent donc rapidement dans la production du quinzième et de ce
qui allait devenir l'avant-dernier long-métrage des Charlots. Ou du
moins, de ce qui allait rester du groupe en fin de course...
Nous
reviendrons très bientôt sur le médiocre Retour
des Charlots
de Jean Sarrus réalisé en 1992 mais en attendant, évoquons donc
Charlots' Connexion qui
derrière ce titre un peu plus ''énigmatique'' qu'à l'accoutumée
cache une comédie typique de celles qui depuis leurs débuts mirent
en scène Gérard Rinadi, Jean Sarrus ou encore Gérard Filipelli
(sans compter Jean-Guy Fechner qui fut le premier à quitter la
bande). Désormais, en attendant de trouver du boulot, Gérard, Jean
et Phil jouent qui de la guitare, qui de la basse, qui de la
trompette à l'église lors des cérémonies de mariages lorsque les
trois hommes sont repérés par Monsieur Marcaud (l'acteur Henri
Garcin) qui leur propose de travailler pour lui. Leur objectif est
simple. Recueillir des ''loyers'' chez divers commerçants. Un
travail qu'ils acceptent immédiatement sans pour autant savoir qu'en
réalité il s'agit d'un racket pur et simple. Lorsqu'ils découvrent
que la jolie blanchisseuse Juliette (Carole Lixon) et ses deux tantes
(incarnées par Paulette Dubost et Jacqueline Doyen) sont elles-mêmes
rackettées par leur nouvel employeur, Gérard, Jean et Phil décident
d'abandonner leur boulot et de venir en aide à la jeune femme.
Cependant, Monsieur Marcaud ne le voit pas de cet œil là et
commande à ses deux gardes du corps de faire comprendre aux trois
hommes qu'on ne laisse pas tomber un contrat aussi facilement. En
parallèle aux magouilles de Marcaud, Liane (Alexandra Stewart), son
épouse et principale concurrente, décide elle aussi de s'en prendre
à nos trois héros, convaincue que leur présence risque de faire du
tort à son propre trafic ! Contrairement au précédent
long-métrage des Charlots tout comme pour le dernier que seulement
deux des membres incarneront sur le tard, en 1992, le scénario de
René Havard et son adaptation par Richard
Balducci sont plutôt cohérents et ne ressemblent pas qu'à un
assemblage de gags dont la continuité serait brisée par une somme
d'incohérences scénaristiques. Ici, tout est construit comme une
comédie, entre humour et crime, où chaque étape est parfaitement
définissable. Même lorsque Gérard Rinaldi, Jean Sarrus et Gérard
Filipelli se retrouvent au final à devoir faire les pitres comme
lors de la séquence située dans un parc de dinosaures où nos héros
se battent, affublés de peaux de bêtes et de gourdins en bois !
Bref, le niveau est ici partiellement rehaussé... Et cela avant le
naufrage définitif qui aura lieu huit ans plus tard avec Le
retour des Charlots...













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