Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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lundi 1 juin 2026

Hannibal de Ridley Scott (2001) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Au départ fut Red Dragon de Thomas Harris. Premier volet d'une tétralogie complétée en 1988 par The Silence of the Lambs, en 1999 par Hannibal et enfin en 2006 par Hannibal Rising. Chacun de ces ouvrages ayant eu les honneurs d'une adaptation sur grand écran. Le premier d'entre eux, logiquement, s'inspire en 1986 du roman séminal, même si le réalisateur et scénariste Michael Mann se voit imposé le titre Manhunter pour des raisons assez farfelues provenant du producteur Dino De Laurentiis qui un an plus tôt avait produit Year of the Dragon de Michael Cimino. Lequel ne rencontra pas le succès en salle puisque après avoir été budgété à hauteur de vingt-deux millions de dollars, il n'en rapporta que dix-huit sur le territoire américain. Exit donc Red Dragon. Le choix d'un nouveau titre s'impose donc aux yeux du producteur, tentant ainsi vainement de briser la malédiction puisque Manhunter ne rencontrera pas davantage le succès car pour un financement estimé à quinze millions de dollars, il n'en rapportera qu'un peu moins de neuf ! Pourtant, si l'on se réfère à l'avis général qui sous-entend très objectivement que le long-métrage de Michael Mann est un véritable chef-d’œuvre, il est sans doute fort à parier que le choix du producteur d'en changer le titre et ainsi de faire perdre conscience au public qu'il s'agissait bien d'une adaptation du roman Red Dragon de Thomas Harris est sans doute la raison principale de son échec au cinéma. Heureusement, le temps donnera raison à Michael Mann et à sa mise en scène glaciale faisant de Manhunter une œuvre à l'identité propre et à l'incarnation parfois inoubliable... Des qualités propres à Jonathan Demme qui quinze ans plus tard permet au personnage de Clarice Starling de faire sa toute première apparition au cinéma sous les traits de la magnifique et talentueuse Jodie Foster après être née sous la plume de Thomas Harris en 1988 dans le roman The Silence of the Lambs. Sorti chez nous sous le titre Le silence des agneaux, l'adaptation du roman devient presque instantanément un classique du genre. Un chef-d’œuvre aux multiples qualités qui remportera une flopée de récompenses à travers le monde. Et surtout, la découverte d'un binôme, de deux personnages fascinants (d'un côté, la stagiaire du FBI Clarice Starling et de l'autre, le tueur en série cannibale Hannibal Lecter) littéralement incarnés par Jodie Foster donc, mais aussi par Anthony Hopkins. Sans oublier la magistrale interprétation des acteurs secondaires parmi lesquels, bien évidemment, l'on ne peut oublier la présence de Ted Levine dans le rôle de James ''Buffalo Bill'' Gumb ou celle de Scott Glenn dans celui de Jack Crawford, le supérieur de Clarice........


Larvé par les pressions découlant du succès du long-métrage de Jonathan Demme, Thomas Harris finit par accepter d'écrire Hannibal en 1999 alors qu'il n'est même pas certain qu'à l'origine le romancier fut véritablement attiré à l'idée de poursuivre par écrit l'histoire de Clarice Starling et de Hannibal Lecter. Ceux qui parcoururent les pages de ce nouvel opus seront sans doute en mesure de répondre à certaines interrogations quant à l'intérêt ou non d'un tel exercice de réactualisation, mais s'agissant de son adaptation sur grand écran sous le titre Hannibal, il est un fait que le long-métrage de Ridley Scott ne parvient jamais à égaler, et donc encore moins à surpasser, le chef-d’œuvre de Jonathan Demme. Convoquant des raisons d'ordre purement calendaire qui prévoyaient que Jodie Foster devait réaliser son troisième long-métrage Flora Plum (projet qui tomba finalement à l'eau), l'actrice refuse de jouer dans cette préquelle de The Silence of the Lambs pour des raisons que l'on jugera objectivement comme étant relativement clairvoyantes. Car tout comme Jonathan Demme qui refuse lui aussi d'apparaître au générique de la future adaptation de Hannibal, Jodie Foster déteste le roman de Thomas Harris. Du moins émet-elle des réserves quand à la tournure que prend le récit, s'agissant de la personnalité de Clarice Starling qui entretient désormais très clairement une relation à distance, certes, mais très ambiguë avec le Docteur Hannibal Lecter ! Et c'est vrai. Difficile d'admettre que la Clarice Starling déterminée, certes, mais aussi sensible et fragile soit devenue une femme au tempérament beaucoup plus affirmé même si chronologiquement, les dix années qui ont passé expliquent qu'elle ait forgé une carapace autour d'elle. S'agissant du Docteur Lecter, celui-ci est toujours incarné par le talentueux Anthony Hopkins mais s'avère au fond, nettement moins fascinant qu'il ne le fut par le passé. Un problème sans doute relatif à sa présence beaucoup plus importante que dans The Silence of the Lambs.


Un personnage qui se caractérisait à l'époque par sa grande intelligence et par une violence intériorisée qui malheureusement est un peu trop exposée à l'écran dans cette préquelle qui offre une part beaucoup plus importante aux scènes sanglantes alors que dans le précédent opus, celles-ci savaient se faire suffisamment discrètes pour avoir un réel impact lorsque subitement, elles surgissaient à l'écran. Le roman, et donc son adaptation, multiplie les interventions extérieures. À l'image de Mason Verger ancienne et seule victime à avoir survécu à Hannibal Lecter. Incarné en outre par un Gary Oldman méconnaissable puisque dissimulé sous un maquillage fort impressionnant. Ou à celle de l'inspecteur Rinaldo Pazzi (Giancarlo Giannini), lequel enquête de son côté sur le célèbre tueur en série dans une Florence curieusement photographiée par un John Mathieson qui sembla croire que Ridley Scott tourna là un gigantesque clip vidéo de plus de cent-vingt minutes. De plus, Hans Zimmer a beau être souvent glorifié comme étant l'un des plus grands compositeurs de musiques de films de son époque, ses compositions sont très largement en deçà de celles, magnifiques et bouleversantes de Howard Shore qui pour The Silence of the Lambs signa une partition très chargée d'un point de vue émotionnel. Mais bon, pour être tout à fait honnête, si j'évoque un dernier ''détail'' en fin d'article, c'est parce qu'il est propre à ce que je ressens et manque donc peut-être d'objectivité. Car oui, pour moi, le principal problème avec Hannibal, ça n'est pas tant que le film se traîne en longueur ou que le charme n'agit plus que la présence à l'image de l'actrice Julianne Moore dans le rôle de Clarice Starling. Avoir remplacé Jodie Foster par cette actrice pourtant talentueuse m'a fait le même effet que Muriel Robin remplaçant Valérie Lemercier dans Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2. Ridley Scott ayant ainsi définitivement rompu le charme... Bref, plus qu'une préquelle, le réalisateur américain semble avoir signé un tout autre film, qui n'entre absolument pas dans la mythologie du Docteur Hannibal Lecter ou qui, en tout cas, préfère s'extraire de son contexte esthétique et artistique d'origine pour en faire une œuvre personnelle.....

 

dimanche 31 mai 2026

To Nisi Tis Amartias de Kostas Doukas (1973) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

C'est assez rare pour que ce détail mérite d'être souligné mais To Nisi Tis Amartias est d'origine grecque. Signé par un réalisateur et scénariste qui me semble-t-il demeure chez nous un parfait inconnu, le long-métrage n'est pas sans rappeler The Last House on the Left que réalisa l'américain Wes Craven en 1972 ou le plus tardif La Casa Sperduta Nel Parco que tourna de son côté l'italien Ruggero Deodato en 1980. S'agissant de To Nisi Tis Amartias (traduction : L'île du péché), renommé à l'internationale sous le titre Violent Rape (ou Viol violent en français), le film démarre un peu à la manière des Spécialistes de Patrice Leconte qui en 1985 mettait en scène Bernard Giraudeau et Gérard Lanvin dans les rôles Paul Brandon et Stéphane Carella. Deux criminels qui profitaient d'une minute d'inattention de la part du policier qui les surveillait pour s'enfuir dans les hauteurs des Gorges du Verdon. Liés par une paire de menottes. Douze ans plus tôt, Stamatis Biliris (Giorgos Stratigakis) et Stefanos Katsaounis (Petros Zarkadis) forment un duo de fugitifs qui après avoir échappé à la police sont également contraints de se supporter. Reliés eux aussi à une paire de menottes, ils parviennent cependant à s'en débarrasser assez rapidement. Kostas Doukas ne s'embarrassant d'ailleurs pas de la moindre explication concernant la méthode employée, l'on passe d'un plan où ses deux interprètes portent les menottes à un autre où ils sont libérés de leurs entraves ! Tandis que les flics s'activent dans la région pour mettre la main sur ces deux dangereux criminels, Stamatis et Stefanos tombent par hasard sur Aliki Kallergi (Lia Flessi), jeune femme sexy qui se baigne nue au bord d'un lac avant de rejoindre Dimitris (Yannis Petrakis), lequel fait l'amour à sa petite amie (l'actrice Lena Samiou). Celle-ci n'étant autre que la jeune sœur d'Aliki que cette dernière jalouse. Tandis que le couple a prévu de se marier, Aliki tente de convaincre Dimitris que c'est elle dont a besoin l'amant et non pas de sa sœur cadette. Devant ce spectacle ô combien affligeant d'une trentenaire s'agrippant à l'idée de mettre le compagnon de sa sœur dans son lit, nos deux fugitifs assistent à la scène, planqués derrière un rocher. Si Stefanos sent le désir bouillir dans ses veines, Stamatis est en revanche plus disposé à faire payer aux femmes l'humiliation que son ancienne épouse, qu'il a assassiné, lui a fait subir en raison de son impuissance à lui faire l'amour...


Projetant l'image de sa femme sur celle d'Aliki, il n'a plus qu'une idée en tête : lui faire subir le même sort... Tandis que To Nisi Tis Amartias a déjà démarré voilà plus de quarante minutes, un constat s'impose. Le film est pour l'instant d'un ennui sidéral. Et ce ne sont pas les quelques scènes de nudité auxquelles participent sans broncher Lena Samiou et surtout Lia Flessa qui vont changer grand chose. Aliki passe le plus clair de son temps les seins à l'air, provoquant Stamatis lorsque lui et Stefanos décident de séquestrer les deux jeunes femmes ainsi que Dimitris et quelques autres protagonistes... Ce changement de ton lors duquel les deux fugitifs se décident enfin à agir, c'est l'espoir enfin d'assister à autre chose qu'à cette espèce de carte postale méditerranéenne ponctuée de scènes de sexe peu aventureuses en terme d'acrobaties. Mais ne nous y trompons pas. Ça n'est pas parce que Kostas Doukas a enfin choisi de faire sortir le(s) loup(s) de la bergerie que To Nisi Tis Amartias va gagner en saveur, en volupté et, pourquoi pas, en violence. Celle-là même que promet le titre anglais. Un viol qui d'ailleurs tardera à venir puisque s'inscrivant dans une conclusion mortifère où Stamatis découvrira sur le tard qu'il est désormais capable d'avoir une érection avant d'être assassiné d'un coup de fusil tiré par sa victime, Aliki. Celle-là même qui aura passé toute la seconde partie du long-métrage à mettre les nerfs de l'un de ses deux ravisseurs à rude épreuve. Dire que To Nisi Tis Amartias n'a aucun intérêt est un euphémisme. Ou si peu. Car en dehors des quelques séquences où en mode nymphomane Aliki/Lia Flessa ôte avec empressement sa jupe, son soutien-gorge et sa culotte, il n'y a vraiment rien à attendre d'une œuvre où l'on a l'impression que les personnages attendent l'arrivée d'un train. Ou comme ici, celle d'un bateau qui n'arrivera jamais. Kostas Doukas tente bien d'instaurer un climat de tension entre les ravisseurs et leurs victimes et même entre les deux hommes (Stefanos tentant vainement de raisonner ce psychopathe de Stamatis) mais ça ne fonctionne jamais. To Nisi Tis Amartias fait surtout œuvre de curiosité de part ses origines et sa rareté. Pour le reste, le film du cinéaste grec est parfaitement dispensable...

 

samedi 30 mai 2026

Dark Places (Le manoir des fantasmes) de Don Sharp (1970) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dark Places ou Le manoir des fantasmes conserve le charme des productions britanniques fantastiques des années soixante-dix. L'on y retrouve d'ailleurs l'un des acteurs emblématiques du cinéma d'horreur et d'épouvante en la personne de Christopher Lee qui y incarne le rôle du Docteur Ian Mandeville qui sous des apparences de respectabilité s'avère n'être que l'avare prétendant d'un magot planqué dans une demeure délabrée dont va prendre possession un certain Edward Foster. Héritier d'une maison de campagne auparavant détenue par Andrew Marr, ce dernier est devenu fou après avoir tué ses deux enfants ainsi que son épouse Victoria (l'actrice Jean Marsh). Notons que l'un des enfants d'Andrew Marr, Jessica, est interprété par Jennifer Thanisch qui fut surtout connue pour avoir incarné entre 1978 et 1979 le rôle d'Annie dans l'adaptation télévisuelle du roman pour enfants Le club des Cinq de la romancière britannique Enid Blyton. Quant à Jane Birkin, après avoir rencontré Serge Gainsbourg quelques années auparavant sur le tournage de Slogan de Pierre Grimblat ou après être apparue dans la palme d'or du festival de Cannes 1967 Blow-Up de Michelangelo Antonioni, voici qu'elle interprétait dans Dark Places le rôle de l'amante d'Andrew Marr. Féminicide, infanticide, dédoublement de personnalité, appât du gain, il y a de quoi passer un très agréable moment devant ce long-métrage atypique mettant en scène un héritier qui peu à peu va s'immerger dans le passé de l'ancien propriétaire de la demeure tout en perdant la tête au fil du récit. Car en plus d'incarner le rôle d'Edward Foster, l'acteur Robert Hardy va également assurer celui d'Andrew Marr. Seule différence physique entre les deux personnages, la moustache que porte le second...


L'un comme l'autre souffrant de troubles psychiatriques, Edward ne va pas tarder à entendre des voix dans la demeure qu'il vient d'acquérir. Il va notamment faire connaissance avec la séduisante Sarah qui n'est autre que la sœur du docteur Ian Mandeville. Ces deux là partagent le projet commun de mettre la main sur l'argent caché dans la demeure. C'est donc la raison pour laquelle la jeune femme joue de ses charmes auprès d'Edward afin de le séduire et de découvrir où se trouve l'argent. L'actrice Joan Collins (la série Dynastie) interprète le rôle de Sarah. Jeune et très belle femme qui sait comment s'y prendre avec les hommes. On apprendra de la bouche de son frère et du notaire Prescott (l'acteur britannico-tchèque Herbert Lom) qu'elle est une femme facile. Une aptitude à se laisser convaincre de finir dans le lit des hommes qui, au mieux, est ici une qualité puisque convenant parfaitement à l'ambitieux projet dans lequel son frère et elle se sont lancés. Si Dark Places demeure tout d'abord timide en terme d'effets, le long-métrage nous laisse ensuite supposer que l'on est face à une œuvre fantastique placée sous le signe des esprits. Pourtant, le seul véritable que l'on y croisera n'aura bien entendu rien à voir avec une éventuelle apparition fantomatique mais plutôt celle d'un trouble psychiatrique se déclarant au contact de cette demeure et notamment d'un tableau à l'effigie d'Andrew Marr. Peu anxiogène, constitué d'une somme importante de flash-back qui confondent et entremêlent parfois passé et présent (le montage accentuant l'aspect schizophrénique du scénario de Don Sharp et de James Hannah Jr.), le film est tout de même nourri de quelques séquences intéressantes lors desquelles on constate la perte quasi totale de repères de la part d'un Edward Foster dont même l'apparence physique change au rythme des visions sonores qui l'assaillent. Notons également qu'aucun personnage ne semble véritablement avoir grâce aux yeux du réalisateur et scénariste. Pas tous pourris mais tout de même porteurs de certains gênes particulièrement disgracieux. Entre les fous et les escrocs, c'est la foire d'empoigne. Sympathique...

 

vendredi 29 mai 2026

Deep Water de Renny Harlin (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Les requins mangeurs d'hommes sont de retour........... Enfin, pas vraiment puisqu'ils n'ont jamais cessé d'apparaître sur grand écran, les chaînes de télé et les sites de streaming. Rien qu'en 2025 l'on compte une petite dizaine de longs-métrages parmi lesquels l'excellent Dangerous Animals de l'australien Sean Byrne. Une très bonne surprise dans laquelle la présence de ces élasmobranches parfois très belliqueux envers l'espèce humaine n'est au fond qu'un prétexte pour nous présenter Tucker (l'acteur Jai Courtney), un tueur en série ayant comme spécificité de filmer ses victimes suspendues par un câble et au dessus de l'océan dans l'attente qu'un requin vienne les... ''grignoter'' ! Autre excellente surprise, l'américano-australien Thrash de Tommy Wirkola (auteur en outre de Dead Snow 1 & 2, Seven Sisters et de... Spermageddon!!!) dans lequel des requins s'en prenait aux rares survivants d'une petite ville côtière submergée après le passage d'un ouragan. Très sympathique proposition bien qu'un brin pompée sur le Crawl du français Alexandre Aja dans lequel les protagonistes étaient cette fois-ci les proies d'alligators... En attendant la sortie prochaine du huitième opus de la franchise Sharknado toujours réalisé par Anthony C. Ferrante et intitulé Sharknado Origins, penchons nous sur Deep Water de Renny Harlin (à ne pas confondre avec le film éponyme signé d'Adrian Lyne en 2022). S'il s'agit encore une fois d'un énième film d'horreur avec des requins, il est surtout l’œuvre d'un artisan de l'action, de l'horreur, de l'épouvante et du fantastique qui durant la première partie de sa carrière réalisa quelques films notables. Il fut en effet l'auteur de Prison et du Cauchemar de Freddy en 1988, de 58 minutes pour vivre en 1990 (la deuxième aventure de John McClane, héros de la franchise Die Hard), de Cliffhanger : Traque au sommet en 1993 et plus tard de L'exorciste : Au commencement en 2004 mais aussi d'un premier long-métrage mettant en scène des requins en 1999 avec Peur Bleue, lequel n'a évidemment rien à voir avec le film éponyme réalisé par Daniel Attias en 1985, lequel mettait en scène non pas des requins mais un loup-garou ! On l'aura compris, Renny Harlin n'est donc théoriquement pas un manche en la matière. Après avoir consacré ces dernières années sa carrière à la franchise The Strangers (ou Les intrus chez nous), le voilà qui revient avec deux films. The Beast, film d'action mettant en scène l'acteur Samuel L. Jackson et qui devrait prochainement voir le jour, ainsi que Deep Water...

 

Un mélange entre film catastrophe et film d'horreur. Avec tout ce que cela peut compter de bons sentiments et d'antagonistes imbuvables. Tout commence dans un avion à bord duquel nous sont présentés les protagonistes essentiels du récit. À commencer par Ben (Aaron Eckhart), le commandant en second, assis aux côtés de Rich, le commandant de bord incarné par un Ben Kingsley dont l'apparition sera curieusement écourtée puisqu'il ne survivra pas au crash. Au crash, oui ! Car Dan (Angus Sampson) un passager très imbu de lui-même a mis son smartphone dans sa valise qui elle-même a été placée dans la soute à bagages. Sauf que le téléphone semble avoir un problème électrique. Lequel déclenche des étincelles et provoque un incendie qui va à son tour causer d'importants dégâts. L'avion devient alors incontrôlable et vient se perdre dans l'océan tandis que plusieurs parties du fuselage viennent s'échouer sur un récif corallien..... Un endroit évidemment infesté de requins très agressifs qui ne vont faire qu'une bouchée de certains survivants. Bon ben que dire sinon que Deep Water est assez décevant en ce sens ou il n'apporte pas grand chose dans la thématiques des films d'horreur mettant en scène des requins ? Quelques morts assez violentes, un commandant en second certes charismatique mais ô combien cliché, de l'héroïsme, mais aussi quelques personnages secondaires très crispants. Comme cet enc[CENSURE]lé de Dan justement. Tellement imbitable (et non, ça n'est pas un gros mot) qu'à défaut de vivre une vraie bonne aventure en milieu hostile l'on passe son temps à attendre le moment où il finira entre les dents d'un squale ! On pense ensuite à ces ''chamailleries'' perpétuelles entre un afro-américain et un japonais dont j'ai rapidement oublié les prénoms mais aussi et surtout à cette sale gamine prénommée Cora (la jeune actrice Molly Belle Wright) que l'on donnerait bien à manger aux requins histoire d'effacer définitivement de son visage cette moue boudeuse qu'elle nous inflige durant une bonne moitié du récit ! Ouais, je sais, c'est mesquin. Mais bon, le film étant d'un classicisme ronflant, la mise en scène de Renny Harlin pousse à se focaliser sur les petits détails...

 

jeudi 28 mai 2026

Queens of the Dead de Tina Romero (2026) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

J'l'attendais pas forcément celui-là... Mais lorsque l'on sait que le film est signé de la fille de l'illustre George Romero, lequel a redéfini dès 1968 avec The Night of the Living Dead l'image du zombie en le transformant en une créature dévorant sa victime, la curiosité prend le dessus sur la suspicion et il devient pratiquement indispensable d'y jeter un œil, histoire de voir si Tina Romero a dignement suivi les traces de son père. Réponse : non ! Queens of the Dead n'est pas le septième opus de la saga poursuivie avec Dawn of the Dead en 1978, Day of the Dead en 1985, Land of the Dead en 2005, Diary of the Dead en 2007 et Survival of the Dead en 2009 et n'arrive presque même pas à s'aligner sur le plus mauvais film du genre. La réalisatrice possédant presque autant de ''talent'' que Virginie Despentes pour la mise en scène lorsque celle-ci signa l'infâme Baise-moi en 2000 et aussi pénible à regarder jusqu'au bout que le nullissime Raiders of the Living Dead que Samuel M. Sherman réalisa en 1986 si l'on veut rester strictement dans la même catégorie, le premier long-métrage de Tina Romero rassure finalement sur le fait que le véritable dernier volet de la saga que n'a pas pu tourner George Romero pour cause de décès ait été mis entre les mains des frères Paz. Et ce, même si l'on passe de Brad Anderson à la mise en scène aux frère Doron et Yoav Paz dont la filmographie ne brille pas spécialement pour ses qualités. À ce propos, exit Mila Jovovich et bienvenue à Kate Beckinsale qui la remplace donc au pied levé. Plutôt une bonne nouvelle puisque ce qui doit toujours sortir sous le titre Twilight of the Dead donnait furieusement l'impression d'être un succédané de la franchise Resident Evil plutôt que le septième volet de la saga de Zombies romériens ! Pour en revenir à Queens of the Dead, le film est un pur produit de Queersploitation. Autant dire qu'avec ses ''freaks'' croisant la route d'autres ''freaks'', le film semble essentiellement destiné aux communautés gays, lesbiennes, transgenres et non-genrées. Cis-genres et hétérosexuels se partageant la part la plus congrue, représentée à l'image à travers UN personnage revendiquant sa masculinité. Amateurs de costumes à frou-frou et à paillettes, de maquillages outranciers et de propos ouvertement tournés du côté de la communauté queer, Queens of the Dead est principalement fait pour vous. C'est coloré, certes, mais un titre ne constituant pas une preuve de qualité, Tina Romero n'est pas la digne descendante de son père. On pourrait même avoir des doutes concernant le lien biologique entre l'un et l'autre tant la distance qui sépare l’œuvre du paternel de celle de sa progéniture est vertigineuse. Avec ce film, Tina Romero n'a ensuite pas choisi la voie du premier degré mais plutôt celle du second...


Un peu à la manière d'un Shaun of the Dead qui cocherait toutes les cases du mauvais goût. Pas drôle, ça c'est certain, reposant sur un script tenant sur la tranche d'un ticket de métro et joué par des acteurs qui semblent avoir été d'abord choisis pour leur appartenance à la communauté lgbtqia+ que pour leur talent d'interprètes, Queens of the Dead a en outre le culot d'être avare en matière d'effets gores. Seul élément sur lequel le fan de la saga originel aurait pu se reposer à défaut de prendre du plaisir à assister à ce spectacle affligeant tournant autour de personnages soucieux de leur image, conflictuels et installés dans une sorte de cabaret entièrement dévolu à leur cause communautaire ! Si George Romero n'était pas mort depuis tant d'années, sans doute se retournerait-il dans sa tombe. Mieux : il est probable qu'il en serait sorti pour donner la fessée à sa fille qui, en plus d'être une mauvaise scénariste et directrice d'acteurs, s'est sans doute crue très impertinente, voire audacieuse en s'attaquant à son tour à l'église lors de deux ou trois séquences qui montrent davantage sa pleutrerie qu'un véritable courage. Seule bonne idée mais qui en réalité se réfère à un constat qui désormais porte un nom : le Smombie (contraction des mots smartphone et zombie). Ces individus qui, rivés sur leur téléphone portable restent indifférents à leur environnement. Ici, les morts-vivants traînent la patte, téléphones à la main. Une mise à jour sociale des habitudes consuméristes qui dans Dawn of the Dead montrait des morts-vivants orbitant autour d'un immense centre commercial tandis que de nos jours, beaucoup d'entre nous passent leur temps le regard scotché devant l'écran de leur smartphone ! Notons que les zombies du classique de Romero qui étaient bleus/verts passent ici sous un fond de teint ''métallique'' probablement dû à l'usage de Highlighter. Le résultat, forcément, est absolument ridicule. Pour finir, l'on a droit à deux clins d’œils : la présence de Tom Savini (maquilleur attitré de Romero sur les opus deux et trois de la saga zombièsque) dans le rôle du maire projeté lors d'une interview et une version alternative du Main Title de Day of the Dead composé à l'époque par John Harrison... Pour le reste, Queens of the Dead est un ratage total !

 

mercredi 27 mai 2026

Le Retour de la vengeance des Nanars Du 7ème Art: Zombie Massacre de Marco Ristori, Luca Boni (2012)



Une arme bactériologique et expérimentée dans une petite ville d'Europe de l'Est, conduisant à un catastrophe de grande ampleur. Les premières victimes sont les habitants mêmes de cette ville. Une pluie noire et radioactive tombée du ciel transforme quiconque entre en contact avec elle en zombie.
Le président des États-Unis commande alors à son armée d'envoyer une escouades de mercenaires faire exploser une centrale électrique à l'aide d'un bombe afin de faire passer l'accident pour une catastrophe nucléaire. Les membres de l'équipe envoyée là-bas seront également chargés d'éliminer tous les infectés qu'ils rencontreront sur leur chemin.

Ils ont une heure pour parvenir à leurs fins. Malheureusement pour eux, une fois sur place et au moment de déclencher la bombe, ils constatent que celle-ci est arrimée au camion et qu'il leur est impossible de la déplacer. Ils n'ont plus d'autre choix que de faire exploser l'engin et trouver un autre moyen de locomotion pour quitter la ville...

Voilà pour le pitch. On s'attend donc à un excellent film d'horreur garni de scène d'actions et de moments forts. Sauf que ce film vendu comme une production américaine mais dont le contenu du générique fait d'abord penser à une obscure pellicule italienne (voir le nom des protagonistes et de l'équipe de tournage) est un vrai nanar.
Déjà, le titre ridicule et primaire Zombie Massacre laisse présumer du pire. Ensuite les "héros". D'un charisme plutôt sommaire, ils n'invitent pas au voyage et ressemblent à des duos, trios ou quatuors de comiques en panne d'inspiration. Le premier ressemble à un Ramzy à la chevelure de garçon coiffeur, le second à un Danny Trejo (Machete) du dimanche, la troisième à une Lara Croft de Prisunic amorphe, quand au quatrième, il joue comme un Bruce Willis au quotient intellectuel de gastéropode.

Même pas peur...

Les vannes fusent mais tombent systématiquement à plat. Durant dix minutes on a droit à un dialogue consacré à la restauration. Les zombies sont ridicules, les personnage jamais crédibles, mais le plus amusant reste sans doute leur présentation au tout début du film. Les chorégraphies censées mettre en valeur leur capacités sont pitoyables. Surtout celle de Eden Shizuka (Tara Cardinal, la Lara Croft en question) qui bouge avec autant de vigueur qu'un cancéreux en phase terminale. Même si cela est involontaire, il arrive que l'on rie beaucoup devant des dialogues insipides que les acteurs semblent pourtant proférer avec ferveur.

Le film n'est pourtant pas si mal filmé que cela. L'image et belle, propre et presque monochrome. Mais le contenu accumule tellement d'imperfections que l'on s'ennuie. Ce qui apparaissait comme acceptable dans les années quatre-vingt demeure aujourd'hui inconcevable. Oser pondre encore des œuvres aussi pitoyables devrait être puni. Zombie Massacre est donc une purge, un nanar comme il en existe tant. Et dire qu'ils s'y sont mis à deux pour réaliser ça. A éviter...

mardi 26 mai 2026

Frankenstein's Army de Richard Raaphorst (2013) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

J'étais pas prêt..... Mais peut-être que si..... Mais en fait, non,... mais oui ! Derrière un titre et diverses affiches qui fleurent bon le gros nanar qui tâche, Frankenstein's Army est un Found-Footage signé en 2013 par le réalisateur, scénariste, producteur et concepteur d'effets-spéciaux allemand, Richard Raaphorst. Son dernier, en fait, puisque depuis, il a consacré sa carrière aux autres à travers les métiers d'illustrateur, de story-boarder, de concepteur d'animatroniques et autres joyeusetés qui tous forment un ensemble déjà visible dans ce qui semble être un port-folio des talents inhérents à ce véritable touche à tout de génie ! Oui, de génie. Il en est même qui parmi d'illustres cinéastes semblent avoir été profondément touchés par son travail puisque parmi eux, et pour n'en citer qu'un, Brandon Cronenberg (oui, oui, le fils de...) a fait appel à ses services dans le domaine de la conception de mondes imaginaires convertis en ''réalité'' pour son Infinity Pool de 2022. Au sujet de ce dernier, notons que son prochain projet de film de science-fiction spatiale intitulé Dragon en est à sa phase de pré-production. Mais remontons dans le passé, neuf ans avant la rencontre entre les deux hommes avec Frankenstein's Army. Dans le même esprit qu'un certain Iron Sky signé un an avant lui par Timo Vuorensola, Richard Raaphorst inscrit l'histoire de ses protagonistes dans le contexte de la seconde guerre mondiale. Nous sommes en 1945 et le conflit s'apprête à prendre fin. Les héros ne sont ni français, ni anglais, ni américains, ni allemands mais russes. Au nombre de sept membres (six soldats et un reporter de guerre), une section est en repérage lorsque elle reçoit un appel de Tigre Blanc 3.0.3. Un allié avec lequel le groupe a beaucoup de mal à communiquer. Le chef de section Novikov (Robert Gwilyn) prend alors la décision d'aller rejoindre avec ses hommes le lieu d'émission-radio mais lorsqu'ils arrivent sur place, ils découvrent un village qui semble avoir été ravagé par les nazis. Première séquence véritablement intéressante où la section découvre un charnier constitué de nonnes qui toutes en ont été massacrées. S'ensuivent des corps qui jonchent les rues ainsi que des maisons en ruine qui toutes ont été saccagées. Un décor et une ambiance délétères que n'aurait sans doute pas renié le maître italien du gore sombre et craspec des années soixante-dix/quatre-vingt, Lucio Fulci. Des corps qui suintent visiblement une odeur pestilentielle attirant des hordes de mouches et des effets pratiques pas franchement déplaisants pour le moment...


Véritable bourbier visuel donnant une idée assez précise de l'enfer que peut être un champ de bataille, tout par à vau-l'eau lorsque Novikov meurt, tué par une étrange créature humanoïde faite de bric et de broc. Dès lors, Sergei (Joshua Sasse), le plus gradé et Vassili (Andrei Zayats), le plus ancien se crêpent le chignon pour savoir qui va prendre le commandement. Dimitri (Alexander Mercury), le reporter, Sacha (Luke Newberry), le cadet et Ivan (Hon Ping Tang), le dernier du groupe décident de se mettre sous les ordres de Sergei. Quant à Vassili, celui-ci perd peu à peu les pédales et se comporte de manière extrêmement agressive et inquiétante. Mais revenons à cette créature qui vient de tuer Novikov. Elle est le premier exemple véritablement concret confirmant l'existence dans le coin d'un chirurgien fou de l'armée allemande qui travaille sur des prisonniers de guerre qu'il transforme en créatures mi-humaines, mi-robotiques ! Et là, le film verse dans le grand porte-nawak jouissif. Une sorte de mix improbable entre l'évocation historique déviant vers son côté le plus gore à la manière de Men Behind the Sun, charriant des ''cénobites'' ''BORGiens'' très artisanaux mais dont la conception est aussi originale que délirante (l'homme-perçeuse demeurant l'un des plus remarquables exemples), flirtant du côté du Japon cyber-punk comme le fit notamment en 1989 le réalisateur Shin'ya Tsukamoto avec Tetsuo, ou n'ayant encore rien à envier à ses homologues allemands Andreas Schnaas, Jörg Buttgereit ou Olaf Ittenbach en terme de tripailles. Un œil qui explose, puis une tête. Des doigts coupés et une superbe éviscération. Sans parler de ce festival gore lors de la dernière partie du long-métrage où le tant attendu Docteur Viktor Frankenstein (Karel Roden) ouvre des crânes en deux, extrait les cerveaux qu'il relie à des électrodes pour transformer ses victimes en zombies de chair, de sang, mais aussi de ferraille ! Bref, Frankenstein's Army est complètement fou. Notons enfin que pour un found-footage, le réalisateur nous épargne aussi souvent que le script le nécessité les secousses habituelles qui rendent généralement inconfortable ce genre d'expérience.....

 

lundi 25 mai 2026

Protein de Tony Burke (2024) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Derrière un titre relativement étrange définissant l'usage intensif de nutriments dans les salles de sport afin de favoriser la prise de muscles, Protein de Tony Burke interroge sur l'obsession chez certains de soulever de la fonte à longueur de journée afin de se façonner une importante musculature et ainsi développer leur force. Mais derrière cet objectif qui semble tout droit sorti d'un docu-fiction où la protéine en question serait mise en avant, avec son tout premier long-métrage, le réalisateur et scénariste britannique signe une œuvre hybride où le retour d'un vétéran de la guerre de l'Afghanistan traumatisé a beaucoup de mal à réintégrer le monde civil. Un taiseux interprété par l'acteur Craig Russell qui dans le rôle de Sion se montre donc peu causant et tout aussi peu souriant et affable et qui grâce à Katrina, rencontrée par hasard dans la petite localité sur laquelle il a jeté son dévolu, réussi à se faire un peu d'argent en effectuant quelques tâches ménagères et de manutention. En parallèle, l'homme cultive son corps dans une salle de sport fréquentée par un groupe de malfrats. Des trafiquants de drogue dont le chef, un jour, s'en prend à la jeune femme. Témoin discret des événements, Sion accuse le coup de n'avoir pas pu aider Katrina et se lance bientôt dans une quête qui ressemble aussi bien à une vengeance qu'à un besoin maladif pour une tendance qui explique alors l'origine du titre... Interprétée par la charmante Kezia Burrows, Katrina ne se doute pas que derrière les silences et la modestie de son ''hôte'' se cache ce qui semble être un redoutable prédateur... Ici, plusieurs points de vue s'imposent lors du récit. À commencer par le traumatisme lié à la guerre, aux innombrables morts auxquels a dû faire face l'ancien soldat et surtout, à cet acte impensable auquel il dû se soumettre pour survivre. Il est pourtant connu qu'en cas de guerre et de famine, il arrive parfois que l'Homme soit contraint de s'adonner au cannibalisme. On pense bien entendu au Siège de Leningrad qui eut lieu entre 1941 et 1944 et lors duquel, le manque de nourriture poussa la population à pratiquer le cannibalisme. Un acte contre-nature que l'on observa historiquement à diverses occasions, comme lors de l'expédition Donner dont les membres se retrouvèrent bloqués dans les neiges des montagnes de la Sierra Nevada au dix-neuvième siècle ou dans le cas encore plus célèbre du crash des Andes dans lequel le vol 571 de la Force aérienne uruguayenne s'écrasa dans les Andes, les survivants ayant été contraints de manger le corps des morts durant les deux mois qui séparèrent l'accident de l'arrivée des secours...


S'agissant de ces deux événements, il fallait bien se douter que le septième art allait finir par s'emparer du phénomène, et notamment à travers Ravenous d'Antonia Bird ou bien Alive de Frank Marshall. Bien que Protein ne relève pas d'un quelconque fait historique, le film développe cette même idée en repoussant les limites du concept puisque après sa traumatisante expérience de la guerre d'Afghanistan, Sion semble avoir développé un goût immodéré pour la viande humaine dont il prélève les meilleurs morceaux sur le corps de ses victimes qu'il conserve ensuite dans un congélateur situé dans une boutique désaffectée appartenant au principal concurrent des voyous qu'il croise et tue lors de ses pérégrinations nocturnes. Si Protein charrie de bonnes idées, leur traitement est souvent pénible à supporter. Découvrir un script riche de situations potentiellement édifiantes sur le papier et découvrir ensuite à l'écran le résultat est souvent en dessous de tout. Car en dehors des quelques meurtres, et notamment le premier, dont le réalisme crade attribuait presque au long-métrage Tony Burke le statut de docu-fiction, le reste n'est généralement pas à l'avenant. Comme pris d'une espèce de folie généralisée, l'homme finit par ne plus avoir lui-même à s'occuper de certains membres du clan de criminels. Les morts s'enchaînant ainsi parfois en dépit du bon sens. La relation entre Sion et Katrina est tout juste survolée dans ce contexte de drame social filmé caméra à l'épaule et dans des teintes volontairement ternes qui vire au cauchemar. Entre le bon et le pire (le type qui à la fin débarque devant les flics avant d'être abattu ou l'enquête policière bâclée menée en outre par une jeune femme qui abandonne ses recherches pour des motifs plus que douteux), Protein montre malheureusement d'importantes failles en terme de mise en scène et parfois d'interprétation selon le personnage et son interprète qui évoluent à l'écran. Cela étant d'autant plus dommage qu'avec un tel sujet, Tony Burke aurait pu signer un film destiné à devenir culte à court, moyen ou long terme. Suprême récompense à laquelle, malheureusement, ce film échappe...

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