Pour ce nouvel article consacré à Jean-Pierre Mocky, nous nous
déplaçons jusqu'en 2003, année relativement peu faste pour le
cinéaste si l'on veut rester polis, courtois et respectueux vis à
vis de sa très longue carrière. Il n'est d'ailleurs pas
inconcevable d'imaginer qu'il aurait probablement continué à
tourner des films puisque c'est bien son décès survenu le 8 août
2019 qui mit un terme à la réalisation et à l'écriture de
longs-métrages. Cette année là, il réalisa d'ailleurs le tout
dernier d'entre eux, intitulé Tous Flics.
Concernant Le furet,
il s'agissait là de l'unique collaboration entre le cinéaste
français et l'acteur Jacques Villeret qui tient le rôle-titre de
cette comédie criminelle et policière dans laquelle l'on retrouve
également deux très fidèles interprètes de Jean-Pierre Mocky
puisque Michael Lonsdale et Michel Serrault apparaîtront tous les
deux dans divers œuvres alignant l'un et l'autre une dizaine de
collaborations. Comme à son habitude, Jean-Pierre Mocky réunit
quelques vedettes du cinéma français auxquelles l'on peut ajouter
Robin Renucci qui six ans plus tard apparaîtra dans Colère,
quelques seconds rôles parmi de très grands habitués du
réalisateur tels que Dominique Zardi ou Jean Abeillé ou, encore
plus étonnant, des personnalités qui viennent d'univers qui n'ont
pas véritablement de lien direct avec le septième art. On pense
bien évidemment au chanteur de rock Dick Rivers, ancienne vedette de
la chanson française qui connut tout d'abord le succès avec son
groupe Les Chats
Sauvages
dans les années soixante avant qu'il ne se lance dans une carrière
solo ou bien l'animateur de télévision Karl
Zéro, de son vrai nom Marc Tellenne, dont la période la plus faste
se concentra probablement lors de ses différentes participations aux
émissions Nulle
Part Ailleurs
et Le
Vrai Journal
sur Canal+
entre
1994 et 2006... Le furet du titre est donc ce tueur à gages
insaisissable qui donne du mal à la police ainsi qu'au truand Don
Salvadore (Michael Lonsdale). L'une et l'autre ne rêvant que d'une
chose. Stopper net sa carrière d'assassin. En effet, lorsque cette
adaptation du roman Le
furet dans le métro
de l'écrivain et illustrateur de bandes dessinées américain Lou
Cameron débute, le meurtrier en est déjà à sa quatrième victime.
Mais l'homme ne s'en prend pas à n'importe qui : celui-ci
semble avoir un effet une prédisposition pour les petites crapules,
les voyous, les dealers... Mais ce que l'on découvre rapidement,
c'est que l'homme ne tue pas selon son unique volonté puisqu'il
exécute en réalité des contrats commandités par un certain Anzio
(Michel Serrault) qui lui promet sans cesse de lui faire rencontrer
enfin Don Salvatore...
Ayant
toujours un prétexte pour repousser les présentations entre le
mafieux et le tueur à gages qu'incarne donc à l'écran Jacques
Villeret, ce dernier rêve de devenir riche, de conduire de belles
voiture et d'avoir toutes les femmes qu'il désire malgré qu'il soit
marié et père de deux fils. Véritable anguille qui glisse entre
les mailles du filet, le furet se cache sous l'apparat du sympathique
petite serrurier, grand amateur de films d'action et qui lors des
contrats qu'il est chargé d'exécuter a l'habitude de passer par les
égouts et par les tunnels du métro parisien... Le
furet
met en scène l'actrice (et reine de beauté !!!) Patricia Barzyk
dans le rôle du médecin légiste Karadin. Son personnage
entretiendra une relation privée avec l'inspecteur Bart chargé
d'enquêter sur la série de meurtres qui endeuille les réseaux
criminels et qu'incarne de son côté Robin Renucci. Quant à eux,
Dick Rivers, Jean Abeillé et Karl Zéro interprètent des bandits.
Les deux premiers étant à la solde de Don Salvatore tandis que le
troisième est le neveu poltron d'Anzio. Doté d'un budget d'un peu
moins d'un million d'euros, Le
furet
reste une œuvre relativement intéressante s'agissant d'un film de
Jean-Pierre Mocky s'inscrivant dans une période charnière où
s'enchaînent quelques bonnes surprises mais aussi des longs-métrages
presque ''impropres'' à la consommation. On ne reviendra évidemment
pas sur l'interprétation souvent calamiteuse de certains grands
fidèles acteurs du réalisateur, le film étant évidemment tout
d'abord porté par un Jacques Villeret également à la production
qui choisit de financer le film car le script de Jean-Pierre Mocky
lui plaît beaucoup. L'acteur aurait même réussit à convaincre
Jean-Pierre Mocky de retourner certaines séquences qu'il jugeait de
mauvaise qualité. Le plus décevant restant ici l'incarnation de
Michel Serrault qui, il faut bien le reconnaître est mauvais, voire
même pathétique. Mais dans l'ensemble, le film reste très plaisant
à regarder. Notons enfin que la bande musicale est l’œuvre du
compositeur franco-roumain Vladimir Cosma qui bien longtemps après
avoir écrit la musique du Grand
blond avec une chaussure noire,
des Aventures de Rabbi
Jacob
ou de celle de L'aile
ou la cuisse
a ici franchement perdu de sa superbe....
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