Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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jeudi 27 août 2026

Que justice soit faite de F. Gary Gray (2009) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Sur les conseils d'un ami très proche dont le film de chevet, je préfère le préciser, est La soupe au chou de Jean Girault, ami que l'on pourrait donc davantage considérer de nanardophile dans le meilleur de cas et de franchouillardophile dans le pire que de véritable cinéphile ou cinéphage, j'ai regardé il y a deux jours le très évocateur Que justice soit faite de F. Gary Gray. Un réalisateur, producteur et acteur d'origine afro-américaine dont je ne connaissais jusque là que l'assez peu satisfaisant quatrième volet de la franchise Men in Black sous-titré International. En parcourant sa filmographie, je constate ensuite que le bonhomme a également réalisé le huitième opus de la saga Fast & Furious dont la seule évocation me donne des hauts le cœur de dégoût ! L'ami en question, pour qui élégance, raffinement, chic et délicatesse passent par une bonne grosse séance de flatulences en plein air (j'entends par là, celles de nos regrettés Louis de Funès et Jean Carmet) m'affirme sans rougir que tous ceux auxquels il adressa ce film comme celui à ne surtout pas manquer apprécièrent l'expérience. Ni une, ni deux, et sans avoir au préalable demandé à qui avait été destiné ce précieux conseil, je me lançais donc dans cette expérience de thriller mâtiné de vengeance tardive scrupuleusement préparée par un époux et un père dont la femme et la petite fille furent assassinées par deux dangereux criminels venus cambrioler leur demeure. Bref, le genre de Vigilante dont j'attendais qu'il réussisse presque à me faire oublier les premiers volets de la fameuse licence Death Wish incarnée par sieur Charles Bronson dans les années soixante-dix, quatre-vingt et quatre-vingt dix. Et d'une certaine manière, il y réussit. Non pas grâce à ses qualités, celles qui par définition sont surtout et intrinsèquement liées aux desiderata du fervent admirateur de bousins dont les budgets flirtent à minima avec les cinquante millions de dollars, mais grâce (et ici, en l'occurrence, à cause) de ses nombreuses invraisemblances qui en se superposant les unes aux autres font de Que justice soit faite, un authentique cas d'école. Prendre à ce point le spectateur pour un con en lui faisant avaler des couleuvres par dizaines en espérant qu'il passera un moment agréable dénué de toute réflexion quant au virage systématiquement improbable du récit, oui, je le dis, je l'écris, F. Gary Gray et le scénariste Kurt Wimmer prennent vraiment les spectateurs pour des crétins. On comprend alors que Frank Darabont ait préféré prendre ses jambes à son cou pour divergence artistique. Pas de chance pour Gerard Butler qui incarne ici le rôle de l'époux et père meurtri qui prendra dix ans pour fomenter sa vengeance. Car après avoir consciencieusement préparé la mort des deux criminels, l'ingénieur Clyde Alexander Shelton n'en aura pas pour autant terminé et fera payer à toutes celles et ceux qu'il juge responsable du prix de leur ''trahison''...




L'un des faits les plus remarquablement absurdes du script de Kurt Wimmer concerne tout d'abord l'accord obtenu par le procureur Nick Rice (Jamie Foxx) au sujet de Clarence Darby (Christian Stolte) auquel il demande de témoigner contre son complice Rupert Ames (Josh Stewart) afin que celui-ci soit condamné à mort lors de leur procès ! Si celui qui n'a pas encore mis les pieds dans le plat en visionnant cette indigence scénaristique généralisée que représente Que justice soit faite a peu de chance de comprendre où se situe la ''coquille'', l'autre est saisi par tant d'incohérence. Car le procureur en question préfère effectivement négocier avec le véritable assassin qu'avec son complice ! Imaginez donc ce dernier être exécuté par injection tandis que Clarence Darby ira passer quelques années en zonzon avant d'être libéré pour bonne conduite. Profitons de l'occasion qui nous est offerte pour évoquer les nombreuses ellipses qui viennent briser le peu d'intérêt qu'aurait pu théoriquement offrir le long-métrage. Car la vengeance en question, prometteuse sur le papier et sur les lèvres de mari et père revanchard, n'est ni plus ni moins qu'éludée en un peu moins de temps qu'il ne faut pour le dire ! Mais ce qu'il y a probablement de pire avec Que justice soit faite reste sans aucun doute la caractérisation de notre héros qui plus qu'un ingénieur est devenu au fil du temps un stratège du crime, omniscient, qui en outre a eu suffisamment de temps pour développer des capacités qui semblent aller bien au delà de celles du personnage incarné par Liam Neeson dans l'excellent Taken. Expert en informatique, en explosifs, en droit, en psychologie et même en manipulation ! Autant dire qu'à côté de lui, n'importe quel super-héros Marvel ou DC Comics ne peut faire le poids. F. Gary Gray pousse si loin le curseur que son thriller, sous couvert de confronter la Justice à des problématiques d'ordre moral, juridiques et procéduriers (bien loin d'atteindre de ce point de vue là l'intensité du tragique et bouleversant La Vie de David Gale d'Alan Parker) finit par devenir involontairement drôle. Et encore, faut-il s'être tout d'abord assuré de ne pas être atteint d'Hypomimie avant de se lancer dans l'aventure car sinon, vous aurez la désagréable impression d'être atteint de paralysie faciale tant vous aurez envie de rire sans pouvoir cependant y parvenir ! Au final, Que Justice soit faite est assez difficile à évaluer, entre thriller poussif et parodie inconsciente...

 

mercredi 26 août 2026

L'igane à la langue de feu de Riccardo Freda (1971) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Alors que précédemment je m'infligeais L'étrange couleur des larmes de ton corps de Hélène Cattet et Bruno Forzani dont je n'ai longtemps pas osé mettre en ligne l'article que je lui ai consacré de peur de me prendre la foudre de la part des fans du duo, il fallait bien un petit retour en arrière au cœur des fascinantes annales du Giallo pour me remettre de cette expérience cinématographique qui se regarde un peu trop le nombril à défaut d'être capable de nous offrir un scénario qui tient debout ! Direction l'Italie, donc, pays de naissance d'un sous-genre mêlant Policier, Slasher et Horreur (et parfois même, une pointe de sexe) dont les racines se situent dans l'univers du livre et remontent en 1929 lorsque l'éditeur italien Arnoldo Mondadori lança la collection Il Giallo Mondadori. Outre les histoires décrites dans des romans qui au départ demeurent des éditions d’œuvres d'auteurs originaires de Grande-Bretagne ou des États-Unis à l'image d'Agatha Christie, Edgar Wallace ou Arthur Conan Doyle, l'une des particularités de la collection est cette couleur jaune qu'arborent les couvertures et qui donne son nom au genre. Parmi les grands cinéastes qui marquèrent le Giallo et profondément l'esprit des spectateurs, Mario Bava et Dario Argento demeurent sans doute parmi les plus iconiques. Il y en eu d'autres, plus connus des véritables amateurs. Comme Lucio Fulci, lequel deviendra plus tard le roi du gore craspec, glauque et transalpin. Ou encore Sergio Martino, Umberto Lenzi ou encore Massimo Dallamano et Antonio Margheriti. Quant à lui, Riccardo Freda œuvra dans divers genres. Du film historique au péplum, en passant par l'horreur, le fantastique et donc, le Giallo. Si l'on considère l'ensemble de sa carrière riche d'une cinquantaine de longs-métrages, le giallo ne représente qu'une part infime de son œuvre. Se comptant sur le bout des doigts, le réalisateur et scénariste italien signa en 1971 L'iguane à la langue de feu (ou L'iguana dalla lingua di fuoco dans sa langue d'origine). Ah oui ! Autre spécificité que l'on rencontre dans le genre Giallo : ses titres parfois à rallonge et poétiques. Dessinant les contours de récits qui se voudraient dès leur intitulé, fascinants, énigmatiques, sauvages, mais qui dans le cas de celui-ci reste de piètre qualité. Rien d'étonnant à ce que l'on y découvre qu'un tueur dont l'identification ne surviendra que sur le tard s'en prend à de jeunes et jolies femmes. Un individu qui, comme cela est généralement le cas dans le genre, est ganté de noir et use d'armes blanches...


Mais ici, ce qui fait de l'assassin un cas particulier et sa propension à jeter au visage de ses victimes le contenu de fioles remplies de vitriol. Les défigurant ainsi avant de les égorger. L'un des premiers meurtres s'avère d'ailleurs relativement gore puisque en gros plan l'on assiste à l'égorgement d'une jeune femme dont le visage a tout d'abord été sévèrement brûlé. Désormais, reste à savoir qui est le tueur. Principal fond de commerce d'un genre que l'on comparera aux Whodunit britanniques, découvrir l'identité de l'assassin étant l'élément essentiel du Giallo, ne demeure plus alors pour le cinéaste et le scénariste qui s'aventurent dans le genre que de broder autour de divers suspects et de protagonistes parmi lesquels l'on retrouve souvent des inspecteurs de police chargés de mener de difficiles et noueuses enquêtes policières. Ici, Riccardo Freda multiplie les détails (LES ? En réalité, plutôt LE) de manière très lourde, appuyée et insistante. Comme s'il voulait s'assurer que le spectateur, sans doute trop stupide pour le faire sans l'emploi d'artifices, saisit bien que tel ou tel personnage EVIDEMMENT ambigu est un suspect potentiel ! C'est ainsi que tous les personnages ou presque semblent être atteints de lynétaphilie. Hommes et femmes arborent une paire de lunettes COMME le meurtrier. Et vas-y que je te balance le même jump scare sonore chaque fois que déboule à l'écran un protagoniste portant à la main ou sur le nez l'une d'entre elles, qu'elle soit de soleil ou non ! Bien évidemment, Riccardo Freda impose à ses interprètes d'en faire des tonnes question ambiguïté. Le long-métrage offrant son lots de personnages très douteux, certains arborant un faciès de péd#phile, le genre à traîner du côté des écoles en imperméable gris, la main dans le pantalon. Des ''clones'' de François Hollande, adipeux et au regard malsain ! Bref, une galerie de personnages plus proches des pervers tels qu'on peut les concevoir que des criminels sanguinaires tels que l'on pourrait les considérer dans l'imaginaire des tueurs en série de fiction. Notons que parmi les interprètes l'on découvre dans certains rôles ''principaux'', l'acteur italien Luigi Pistilli (Et pour quelques dollars de plus, Il était une fois dans l’Ouest, La queue du scorpion ou encore Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon), Anton Driffing (Les Canons de Navarone, Les héros de Telemark) ainsi que quelques actrices au charme indéniable, telle l'allemande Dagmar Lassander... Au final, si L'iguane à la langue de feu n'est pas un mauvais film, il ne marque absolument pas le genre Giallo de son empreinte. Une œuvre fade et parfois confuse...

 

mardi 25 août 2026

Undertone de Ian Tuason (2026) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Sniiiiiif.... Vous la sentez cette odeur désagréable qui nous vient d'Outre-Atlantique qui dans un ordre de grandeur et dans la catégorie qui nous intéresse ici sert pour beaucoup de modèle à suivre ? Ben moi, j'la sens qui diffuse ce même parfum de tromperie qui voilà près de vingt ans déjà nous piégea ma compagne et moi lorsque nous nous décidâmes à pousser la porte du CGR de Narbonne pour aller découvrir ce long-métrage dont tout le monde parlait à l'époque, Paranormal Activity. Cette chiure que d'obscures petites natures ou de producteurs et distributeurs malhonnêtes prétendaient être un film d'horreur terrifiant ! On le savait, pourtant, qu'acheter nos places était une idée aussi peu lucide que de jeter directement notre argent dans la première benne à ordures se présentant sur notre chemin. Et pourtant.......... Aujourd'hui, il vaut mieux avoir des relations qui vous permettent de vous jeter dans la gueule du loup sans prendre trop de risques. Ou plus simplement, sans ressentir le désolant constat d'avoir connement allégé votre porte-monnaie sans vous être au préalable muni d'un maximum d'informations au sujet du film que vous avez prévu de découvrir ! Épargnant cette fois-ci la femme de ma vie, c'est donc chez un pote très au fait des moyens de circulation numérique permettant de voir un film avant tout le monde que j'ai pu découvrir Undertone du réalisateur, scénariste et producteur Ian Tuason. Au regard d'un budget ne dépassant pas les cinq-cent mille dollars, l'on peut se demander ce qui se cache derrière cette œuvre au succès apparemment phénoménal sur le territoire américain et dont ''tout le monde'' parle désormais chez nous. Phrase à prendre avec des pincettes puisque autour de moi, et après avoir fait le tour de mes connaissances, personne n'en a jamais entendu parler jusqu'à aujourd'hui ! ''Hype'', ''Buzz'', des termes qui souvent me donnent envie de remettre ma doudoune même en plein cagnard. Trop frileux à l'idée de retomber dans le panneau et d'avoir une fois de plus perdu quelques deniers supplémentaires, c'est les mains dans les poches, la moue boudeuse et les idées pas franchement éclairées que je passais donc la porte de l'appartement du pote en question pour m'étaler de tout mon long sur son sofa. Une bière à la main et l'autre à proximité du paquet de cigarettes, Undertone démarra son intrigue de manière très rudimentaire...


L'histoire ? Une femme (Nina Kiry dans le rôle d'Evy) s'apprête à lancer son nouveau podcast hebdomadaire en réseau qu'elle réalise à distance avec son ami Justin (Adam DiMarco). Seule avec sa mère qui à l'étage s'apprête visiblement à rendre son dernier souffle, Evy apprend de la bouche de Justin qu'il a reçu dix étranges fichiers que le jeune homme lui propose de diffuser durant leur nouvelle émission. Evy accepte et voilà que les emmerdes commencent... Évoquer en préambule le long-métrage réalisé par Oren Peli en 2009 ne tient pas du hasard. Bien au contraire. Car si Undertone ne se présente pas ouvertement comme le Found Footage que fut Paranormal Activity à son époque, il en reprend d'une manière assez originale, il est vrai, le concept. Ici, rien ne passe pourtant réellement ou du moins majoritairement par l'image mais passe au contraire par le son. Cet élément qui produit en général un mécanisme propre à l'effroi. En ce sens, le long-métrage de Ian Tuason s'avère assez remarquable. Un sound-design travaillé en profondeur afin d'atteindre le point névralgique situé dans la partie inférieure de notre cerveau agissant sur la peur. Le budget étant excessivement restreint, le cinéaste doit composer avec son actrice, plongée au cœur d'une série d'événements paranormaux, assise devant l'écran de son ordinateur. Ayant gardé en mémoire le traumatisant Burnt Offerings de Dan Curtis dans lequel une mère de famille (interprétée par Karen Black), accompagnée de son époux et de leur fils avait pour mission de veiller au bien-être de la tante des ses hôtes qui louèrent à nos trois protagonistes leur superbe demeure pour une bouchée de pain, l'idée de la mère mourante de Undertone, stagnant à l'étage tandis que l'héroïne demeurait plongée dans une semi-obscurité participa de mon envie de découvrir le film du cinéaste philippino-canadien. Et pourtant, quelle déconvenue ! Riche de promesses et de sensations fortes, Undertone n'est en réalité qu'un coup d'épée dans l'eau. Tant d'acharnement à créer un climat sonore enveloppant pour un résultat qui confine malheureusement au néant ! Bref, après un Obsession remarquable vu la veille sur grand écran, Undertone m'apprendra à passer par des circuits non officiels. Une punition qui prit parfois des airs de supplice...

 

lundi 24 août 2026

Warlock Moon de William Herbert (1973) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Voici un bien bel et bien étrange objet que ce Warlock Moon signé du réalisateur et scénariste américain William Herbert. Seul long-métrage à son actif et dont il a écrit le script sous le pseudonyme de John Sykes, Warlock Moon a beau être méconnu dans nos contrées, s'arrêter dessus quelques instants paraît indispensable. Car officiellement ou non, nous verrons un peu plus loin qu'il semble avoir inspiré l'un des plus grands (si ce n'est LE plus grand) film d'horreur de tous les temps. Mais avant cela, évoquons d'abord l'étrangeté du récit. William Herbert n'est sans doute pas le premier ni le dernier à s'être amusé à mélanger les concepts même si son unique long-métrage dépasse de loin tout ce que l'on peut imaginer en terme de mix improbable. Dans cette histoire où se croisent tout d'abord une jeune étudiante et l'employé subalterne d'un journal local qui vont sympathiser, le réalisateur imagine tout un tas d'événements qui mis bout à bout transforment le récit en un gloubiboulga pas toujours très cohérent. Si tant est, bien entendu, que l'on puisse adhérer à certains concepts comme celui des fantômes... Jenny Macallister sort de cours lorsqu'elle aperçoit Joe Spano, un inconnu assis sur un banc et affublé d'un masque de Groucho Marx. Amusée, la jeune femme le laisse la suivre et se laisse même convaincre d'accepter de déjeuner avec lui. Vision très optimiste des relations humaines qui n'ont évidemment plus cours de nos jours. Tandis qu'ils sont en voiture, ils se perdent en chemin et tombent sur une grande bâtisse apparemment désaffectée qui fut une ancienne station thermale fermée après qu'ait été révélé un scandale interne. Persuadés que l'établissement est abandonné, Jenny et Joe pénètrent à l'intérieur mais sont rapidement interpellés par la propriétaire des lieux, une certaine Agnes Abercrombi (Edna MacAfee). Laquelle se montre tout d'abord assez froide avant de comprendre que le couple n'a aucune mauvaise intention... Le soir-même, Joe propose à Jenny de revenir dès le lendemain afin d'y déjeuner. Plutôt réfractaire à l'idée de s'y rendre à nouveau puisque après avoir exploré les lieux la veille la jeune femme avait ressenti de drôles de sensations, celle-ci accepte finalement d'y retrouver Joe. Arrivée en avance, Jenny découvre que tout le mobilier a disparu. Tout comme la propriétaire des lieux. C'est alors qu'elle rencontre un chasseur (Harry Bauer) qui lui révèle le passé trouble de l'établissement... Bon, comme indiqué un peu plus haut, il est tout d'abord question ici de fantômes. Ou plutôt d'UN fantôme.


Celui d'une jeune femme qui était au cœur du scandale en question et qui apparaît désormais sous la forme d'une Dame Blanche. Plutôt bienveillante d'ailleurs puisqu'elle paraît vouloir prévenir Jenny des dangers qu'elle encourt en demeurant sur place même si lors de sa dernière apparition à l'écran, le rire sinistre qui sortira d'entre ses lèvres aura tendance à démontrer le contraire. Ensuite, le film présente deux frères en mode ''culs-terreux'' (interprétés par Steve Solinsky et Richard Vielle), assez creepy il faut dire et qui agressent et tuent à coups de haches ceux qui font l'erreur de pénétrer la propriété d'Agnes qui est donc ici présentée comme leur ''charmante'' maman ! Sans parler enfin du revirement sataniste sur lequel l'intrigue se conclut... Maintenant, revenons sur ce qui semble être une certitude même si aucun document officiel ne vient entériner ce fait : Réalisé un an plus tard par Tobe Hooper, Massacre à la tronçonneuse a beau être connu pour être tout d'abord et en partie inspiré du tueur Ed Gein, il y a bien des éléments dans Warlock Moon auxquels semblera se référer un an plus tard Tobe Hooper. La demeure de la ''Famille Tronçonneuse'' rappelant évidemment cette grande bâtisse. Ces deux rejetons, exemples parfaits de dégénérescence, évoquant quant à eux, Leatherface même si contrairement à lui, ni l'un ni l'autre ne portent de masque. Et puis, il y a Agnes, chez qui il devient difficile de ne pas voir la version féminine du futur Drayton Sawyer, paternel de Leatherface et de son frangin ''l'auto-stoppeur'', incarné dans Massacre à la tronçonneuse par Jim Siedow. Ensuite, il faut bien connaître l’œuvre de Tobe Hooper et surtout son acte final débutant par le repas familial et se terminant pas la fuite de l'héroïne Sally Hardesty (Marilyn Burns) pour ne pas y voir quelques menus détails qu'avait déjà imaginé mettre en scène un an auparavant William Herbert. Pour terminer, s'agissant de Joe et de Janny, le premier est incarné par l'acteur Joe Spano dont la carrière s'est essentiellement déroulée à la télévision tandis que la seconde, elle, est interprétée par Laurie Walters que les plus vieux d'entre nous connaissent pour l'avoir découverte au milieu des années quatre-vingt dans la série culte Huit, ça suffit ! Elle y apparaissait en effet sous les traits de Joanie, l'une des sept enfants du clan Bradford...

 

dimanche 23 août 2026

Les sœurs Soleil de Jeannot Szwarc (1997) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Décédé l'année dernière à l'âge de quatre-vingt sept ans, le réalisateur français Jeannot Szwarc eut une drôle de trajectoire puisque après avoir démarré sa carrière en France en réalisant des publicités télévisées ainsi que des documentaires, il quitta le pays pour les États-Unis où il débuta une longue carrière sur le territoire américain en tournant dès 1968, deux épisodes de la série L'homme de fer. Enchaînant par la suite par une dizaine d'autres séries dont Le virginien ou Opération danger, il mettra en scène son premier long-métrage pour la télévision en 1972 avec le thriller Night of Terror. Quatre autres suivront puis, entre 1970 et 1973 il réalisera dix-neuf épisodes de l'anthologie fantastique de Rod Serling Night Gallery. Son premier long-métrage cinématographique, Jeannot Szwarc le réalisera juste après, en 1973. Il s'agit du drame Extreme Close-Up. Avant de poursuivre sa carrière au cinéma, il réalisera un épisode de la série policière Columbo (Adorable mais dangereuse) et même un autre de L'homme qui valait trois milliards ! Le français continuera durant plus de vingt ans à jongler entre cinéma et télévision, réalisant d'un côté Les insectes de feu, Les Dents de la mer, 2e partie ou encore Supergirl et de l'autre, des épisodes pour les séries Kojak, Les têtes brûlées, Baretta ou encore La cinquième dimension. On le voit, le plus gros de la carrière de Jeannot Szwarc s'est donc faite outre-atlantique. Ce qui ne l'a pas empêché de revenir dans son pays d'origine, la France, dans les années quatre-vingt dix pour notamment diriger la mini-série italo-franco-allemande en quatre parties La montagne de diamants et surtout trois comédies qui verront le jour sur grand écran. S'il tourne en 1994 La Vengeance d'une blonde sur la base de dialogues écrits par Marie-Anne Chazel et Michel Delgado, lesquels conçoivent également le script aux côtés de Bernard Murat et Valentine Albin, trois ans plus tard, et après avoir réalisé Hercule & Sherlock avec Christopher Lambert, Richard Anconina et Philippine Leroy-Beaulieu, il reprend une partie de l'équipe qu'il réunissait autour de son premier long-métrage tourné dans l'Hexagone en retrouvant pour la seconde fois le scénariste Michel Delgado (qui une fois encore assure l'écriture aux côtés de Marie-Anne Chazel), la costumière Catherine Leterrier (qui se trouve être la sœur aînée du politicien Laurent Fabius), le compositeur Eric Lévi (membre du groupe Era et notamment auteur de la bande originale des Visiteurs de Jean-Marie Poiré en 1993) ainsi qu'une partie non négligeable des interprètes de La vengeance d'une blonde puisque l'on retrouve au générique Marie-Anne Chazel dans le rôle de la ''bourgeoise coincée'' Bénédicte d'Hachicourt et Clémentine Célarié dans celui de la chanteuse Gloria Soleil (nom de scène de Françoise Tricot).


Thierry Lhermitte se présente quant à lui sous les traits de Brice, l'époux de Bénédicte, et l'on peut découvrir de nouveaux venus, tels la jeune et future dramaturge Léonore Confino qui interprète ici du haut de ses douze ans la fille des Hachicourt, Clémence, Didier bénureau (Les visiteurs) dans le rôle de l'abbé Gervais, Bernard Farcy (Taxi, Les trois frères), la toujours aussi charmante Isabelle Carré dont l'importante carrière n'avait débutée que quatre ans en arrière avec le rôle de Valérie dans l'excellent comédie dramatique de Coline Serreau, Romual et Juliette ou encore dans de tout petits rôles, Alain Doutey (La septième compagnie, la série de l'été Orages d'été et sa suite Orages d'été, avis de tempête toutes deux mises en scène par Jean Sagols en 1989 et 1990) et Bruno Solo (les trois premiers volets de la saga La vérité si je mens !, la série télévisée Caméra Café)... Les sœurs Soleil évoque la rencontre entre une mère de famille aisée un peu coincée et une chanteuse sur le retour le jour où la première des deux accompagne sa fille qui a gagné le droit de participer au tournage du clip de la seconde. Contraintes pour diverses raisons de collaborer, la rencontre entre Bénédicte et Gloria va provoquer un véritable choc culturel entre leurs deux univers... Jeannot Szwarc et ses deux scénaristes évoquent la confrontation entre la vie bien lisse, respectable et emprunte de religion de Bénédicte et celle beaucoup plus extravertie et ''rock’n’roll'' de la chanteuse. Tout comme La vengeance d'une blonde, Les sœurs Soleil dénote dans la carrière de leur auteur. Déjà peu habitué à donner dans la comédie, Jeannot Szwarc semble surtout avoir voulu profiter de l'engouement du public pour les comédies de Jean-Marie Poiré période Les visiteurs en reprenant le même principe de comédie survoltée en choisissant même d'employer certains interprètes de cette comédie culte ainsi que son compositeur. Pourtant, bien loin d'intégrer la réussite des Visiteurs, Les sœurs Soleil reste assez pathétique dans son fonctionnement. Déjà que La vengeance d'une blonde n'était pas une grande réussite, Les sœurs Soleil enfonce encore un peu plus le clou de la comédie ringarde. Bref, Jeannot Szwarc a finalement bien fait de retourner ensuite aux États-Unis pour y poursuivre sa carrière à la télévision américaine jusqu'en 2019 et ainsi de nous épargner une éventuelle et nouvelle comédie faisandée tournée sur le territoire national...

 

samedi 22 août 2026

Ils ne verront jamais le jour : Une épouvantable méprise de Patrice Leconte

 

 

Après l'échec commercial de sa comédie policière Les Vécés étaient fermés de l’intérieur avec Coluche et Jean Rocheford qui vient de sortir alors que nous sommes en 1976, mais avant le succès des Bronzés deux ans plus tard, Patrice Leconte est alors en plein doute. Ce qui ne l'empêche pas de rapidement remonter à cheval pour entreprendre aux côtés de l'auteur de bandes dessinées René Pétillon, l'écriture d'une nouvelle comédie que le cinéaste envisage cette fois-ci sous la forme d'une parodie de mélodrame bourgeois située vers la fin du dix-neuvième siècle. Après avoir découvert la pièce de théâtre de la Troupe du Splendid Amour, coquillages et crustacés qu'il ne cesse depuis d'encenser, Patrice Leconte approche ses membres afin de leur proposer un tout nouveau synopsis intitulé Une épouvantable méprise. Devenant rapidement proche de Gérard Jugnot, Christian Clavier, Marie-Anne Chazel, Josiane Balasko, Michel Blanc, Thierry Lhermitte et Bruno Moynot, il propose à toute la troupe de jouer dans son prochain film. Le cinéaste leur tend le script, que chacun trouve particulièrement amusant, mais au moment de trouver des financements, aucun producteur n'a assez de courage pour se lancer dans l'aventure. Et d'une certaine manière, cela peut se comprendre puisque après seulement un long-métrage à son actif et qui plus est qui n'a pas marché en salle, Patrice Leconte se retrouve devant un mur qui paraît infranchissable. Et pourtant, c'est peut-être sans doute face à l'impossibilité de trouver de l'argent pour monter son projet que Patrice Leconte va avoir la chance de réaliser ce qui deviendra l'une des comédies les plus cultes du cinéma français : Les bronzés. En effet, après le succès de la pièce écrite et interprétée par les membres du Splendid, le producteur Yves Rousset-Rouard souhaite vivement l'adapter sur grand écran. Pour autant, celui-ci désire que le film soit réalisé par un cinéaste confirmé et c'est finalement grâce à l'impulsion du Splendid qui lui impose le nom de Patrice Leconte que celui-ci se retrouve finalement derrière la caméra...


S'agissant du projet avorté intitulé Une épouvantable méprise, Patrice Leconte avait donc bien l'intention de tourner un film en costumes parodiant les mélodrames bourgeois du dix-neuvième siècle. L'on sait dans les grandes lignes les thèmes que le réalisateur et scénariste français avait l'intention d'aborder. Secrets de familles, drames, passions mais aussi et surtout, malentendus. Ceux-là même qui se réfèrent au titre et qui auraient probablement donné lieu à une quantité non négligeable de quiproquos ! Malheureusement, il semblerait que ce soit justement ce décalage entre comédie, parodie et film plus ou moins historique interprété en costumes qui refroidit les producteurs qui furent envisagés. Un destin finalement ironique pour un projet abandonné alors que Patrice Leconte réalisera presque trois décennies plus tard, le film Ridicule qui lui-même se déroulera dans la France du dix-huitième siècle ! Pour résumer, ce que l'on sait donc de source sûre au sujet de Une épouvantable méprise est donc la participation du dessinateur René Pétillon à l'écriture, que les membres de la Troupe du Splendid étaient prêt à participer au projet en tant qu'interprètes, que le film aurait été une comédie parodique situant son action à la fin du dix-neuvième siècle mais que l'incapacité du réalisateur à trouver des financiers lui a ouvert les portes du succès avec Les bronzés ! Enfin, du propre aveu de Patrice Leconte dont la filmographie se compte en dizaines de longs-métrages, il existe autant de projets avortés auxquels il n'a donc pas donné suite. Et si Une épouvantable méprise marque une date importante dans sa carrière, le plus fameux exemple semble demeurer La maison vide que Patrice Leconte avait prévu de tourner en 2018 avec Juliette Binoche et Alain Delon juste avant que celui-ci ne mette un terme définitif à sa carrière. Un drame romantique qui n'a donc jamais été concrétisé mais sur lequel nous reviendrons peut-être un jour...

 

vendredi 21 août 2026

De si gentils petits... monstres ! (The Children) de Max Kalmanowicz (1980) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Tandis qu'Eli Roth vient de mettre en scène des dizaines d'enfants meurtriers dans son denier long-métrage intitulé Ice Cream Man, remontons près de quarante-cinq ans en arrière afin d'évoquer l'un de ses plus lointains ancêtres si l'on occulte le classique de la science-fiction Village of the Damned de Wolf Rilla qui vit le jour en 1960. À deux ans d'intervalle, deux films aux thématiques sensiblement proches virent le jour dans les années quatre-vingt. En 1981, Ed Hunt réalisa le plutôt sympathique Les Tueurs de l'éclipse (Bloody Birthday) dans lequel trois enfants âgés de dix ans décimaient celles et ceux qui leur déplaisaient. Un an auparavant, Max Kalmanowicz avait déjà mis en scène des enfants dans un autre film d'horreur intitulé De si gentils petits... monstres ! (The Children). Un long-métrage qui à l'époque avait probablement déjà davantage marqué les esprits chez nous pour son intéressante affiche mais aussi pour son accroche ''Nous revenions de l'école... Une chose terrifiante est arrivée ! Nous sommes devenus... De si gentils petits... MONSTRES ! Priez le ciel de ne jamais nous rencontrer'' que pour son contenu car, comment dire... mais... le film de Max Kalmanowicz est l'une de ces expériences qui feraient presque regretter que l'on ait trouvé une excuse pour échapper à une projection en Power Point en entreprise pour regarder ce petit film d'épouvante littéralement insignifiant. Nous allons tout d'abord commencer par évacuer toute ambiguïté s'agissant de la bande musicale signée du compositeur Harry Manfredini et dont les contours ressemblent très fortement à celle du thème de Vendredi 13 du réalisateur, scénariste et producteur américain Sean S. Cunningham : rien de surprenant ici puisque c'est ce même Harry Manfredini qui à l'époque en fut l'auteur. Peu inspiré, il a donc à l'occasion de sa participation au projet de Max Kalmanowicz écrit une partition qui en tous points est similaire au classique du slasher sorti justement la même année... Lorsque débute l'intrigue de De si gentils petits... monstres !, l'on assiste à une fuite de gaz dans une usine de produits chimiques et radioactifs. Malheureusement, nous ne sommes pas à Tromaville et l’œuvre échappe à la grande folie qui plane généralement sur les productions de la mythique société Troma Entrtainment...


L'intrigue situe son action dans une petite ville très tranquille des États-Unis. Peut-être même TROP tranquille, à l'image du rythme assommant imprimé par la mise en scène et le jeu parfois approximatif de certains interprètes. Dans les rôles de John Freemont et du shérif Billy Hart, les acteurs Martin Shakar et Gil Rogers vont devoir affronter cinq enfants qui après que leur bus scolaire soit passé au beau milieu d'un nuage radioactif se sont transformés en monstres s'attaquant aux adultes. L'une des seules originalités du long-métrage autre que celle d'utiliser des gamins dans le rôle de tueurs reste sans doute la méthode employée : ici, pas de couteau, de marteau, de hache ou de pistolet pour dessouder pères et mères. Les gamins apposent leurs mains sur le corps de leurs victimes qui soudainement se mettent à hurler dans d'atroces souffrances, leur corps brûlant jusqu'à finir le visage totalement cramé, boursouflé et donc, tout à fait méconnaissable... Max Kalmanowicz tente de jouer sur l'apparente innocence de ses jeunes interprètes dont les victimes se laissent tout d'abord facilement approcher. De si gentils petits... monstres ! entre dans la logique de la peur de la contamination nucléaire tout en développant assez peu le concept pour se concentrer sur des gamins errant dans une petite ville où il ne semblait jusque là, jamais rien se passer de captivant. L'un des principaux et rares points d'intérêt du film se situe dans le dilemme moral entourant les jeunes meurtriers. Comment agir devant des enfants qui assassinent leur entourage ? Max Kalmanowicz répond assez sobrement et simplement à cette question en rendant impossible leur décès par tir par arme à feu. En effet, lorsque l'un d'entre eux reçoit une balle dans le ventre, il se relève immédiatement sans ressentir la moindre séquelle. La solution, que l'on pourra autant juger de logique qu'absurde viendra mettre un terme aux agissements de nos cinq petits monstres. Mais d'ici à ce que tout revienne dans l'ordre pour les habitants, il va tout de même falloir que le spectateur supporte un récit d'une lenteur abyssale plutôt désarmante qui nuit totalement à l'intérêt de l’œuvre. Bref, une petite production horrifique typique de son époque à laquelle l'on préférera donc Les Tueurs de l'éclipse ou le dernier long-métrage d'Eli Roth...

 

jeudi 20 août 2026

Ice Cream Man d'Eli Roth (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

On ne remerciera jamais assez Eli Roth d'avoir œuvré et de poursuivre d'ailleurs encore aujourd'hui, la voie du cinéma d'horreur. Même s'il se laisse parfois aller à quelques légèretés que nous n'aurons pas l'outrecuidance de lui reprocher. Des dates importantes, comme l'année 2002 avec son très épidermique Cabin Fever qui à n'en point douter provoqua probablement un taux de malaises viscéraux chez les personnes atteintes d'hypocondrie assez important. Ou 2005 et 2007, lorsqu'il repoussa certaines limites du Torture Porn auquel il offrit certaines de ses lettres de noblesse avec Hostel et Hostel 2. Ou 2013, année où il proposa avec Green Inferno, une relecture du film culte du cinéaste italien Ruggero Deodato, Cannibal Holocaust. Après le fort sympathique Thanksgiving : La Semaine de l'horreur en 2023 et la très dispensable adaptation du jeu vidéo éponyme Borderlands l'année suivante selon certaines sources plutôt crédibles, il est de nouveau réapparu sur le devant de la scène du cinéma d'horreur avec son dernier projet intitulé Ice Cream Man. Et à moins d'avoir passé les dernières semaines, voire les derniers mois enfermé dans une pièce sans lumière, sans électricité et sans aucun moyens de communication, il s'est avéré bien difficile de passer à côté des nombreuses news évoquant ce film que d'aucun aurait pu alors espérer être comme le renouveau du slasher ! Un film dont la promesse tient, quoi, tout au plus une petite demi-heure, entre des séquences gore plutôt jouissives et une folie enfantine, adolescente et collective toute aussi jubilatoire... Pourtant, l'ombre de pas mal de classiques de l'épouvante et de l'horreur plane au dessus de ce long-métrage courtement vêtu en matière de durée...


Ce qui est d'ailleurs d'abord une qualité lorsque d'autres prolongent Ad nauseam l'expérience, créant ainsi une épouvantable émulsion entre répétitivité et ennui. Deux critères rédhibitoires auxquels n'échappe fort malheureusement pas toujours le dernier film d'Eli Roth. De plus, en terme d'originalité, Ice Cream Man coince un peu. À commencer par son Boogeyman qui derrière le costume d'un vendeur de glace plutôt avare en paroles semble tout d'abord se référer au génial Art le Clown de la franchise Terrifier dont le quatrième opus ne semble pas être prévu avant la fin de l'année 2027 ! Malheureusement, et malgré tout les efforts décuplés par Eli Roth et son interprète Ari Millen pour que l'antagoniste de l'histoire apparaisse un tant soit peu effrayant, la distanciation avec laquelle le personnage est traité vis à vis du massacre qui va avoir lieu dans la petite et charmante ville où se déroule l'intrigue joue ici pour beaucoup s'agissant de cette hypothétique et vaine passion pour un croquemitaine pas vraiment au fond, d'un ''nouveau genre''... Car s'il peut évoquer bien sûr le clown Art, il est un boogeyman encore plus prestigieux et mythique qui remonte à la surface de nos mémoires lorsque l'on découvre le passé du vendeur de glace. Difficile en effet de ne point voir de corrélation entre ce bonhomme tout de blanc vêtu, à la moustache parfaitement taillée et au commandes d'un camion de glaces et un certain... Freddy Krugger au pull rayé.


Si le plus simple des spectateurs, celui qui regarde ''à l'occasion'' un film d'horreur lorsque celui-ci passe à la télévision où sur sa plateforme de streaming préférée, pense qu'ici, la grande originalité vient du principe qu'il n'y a pas ici UN tueur mais des dizaines ayant en outre l'apparente juvénilité de plus ou moins sympathiques ''têtes blondes'', c'est qu'il ne connaît certainement pas encore quelques-uns des grands classiques de la science-fiction ou du fantastique qui mirent en lumière des criminels de très bas âge. On pense bien entendu au Village of the Damned de Wolf Rilla et dans une moindre mesure au remake que réalisera des décennies plus tard John Carpenter, au dérangeant Les Révoltés de l'an 2000 (Who Can Kill a Child?) de Narciso Ibáñez Serrador ou encore à De si gentils petits... monstres ! (The Children) de Max Kalmanowicz de 1980 et dans lequel de jeunes élèves étaient intoxiqués au passage d'un nuage radioactif avant de se transformer en meurtriers ! Ice Cream Man est gore, et même très gore. Tous les enfants ayant ingéré une glace se transforment en garnements assoiffés de sang qui s'attaquent exclusivement aux adultes qu'ils décapitent, tronçonnent, démembrent avec tout les outils qui leurs passent par la main. On a même droit à une trépanation vraiment dégueu ! Bref, un véritable festival qui n'empêche malheureusement pas le film d'Eli Roth d'être assez répétitif ! Le réalisateur ainsi que le directeur de la photographie Simon Shohet, le compositeur Brandon Roberts et la costumière Jenifur Jarvis insufflent malgré tout au film une patte parfois vintage qui n'est pas inintéressante. Pour le reste, les vrais amateurs de cinéma d'horreur risquent de trouver le récit quelque peu redondant...

 

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