Je m'souviens de ce
moment culte et halluciné où l'animateur et critique gastronomique
Jean-Pierre Coffe jeta en pleine émission La grande famille
une saucisse de Toulouse industrielle en arguant que c'était de la
merde. Et bien, si j'avais eu entre les mains le DVD ou le Blu-ray
de Heretics
plutôt que sa version dématérialisée, je crois bien que l'un ou
l'autre aurait fait un vol plané de plusieurs mètres avant
d’atterrir trois étages plus bas après avoir été jeté avec
autant de hargne et de vigueur que le bout de charcuterie en
question ! Parce que, hein, j'en ai vu des merdes. Mais des
comme celle-ci, JAMAIS. Ou si rarement. Une merde, oui. Et même si
ma compagne fronce les sourcils en me rappelant chaque fois qu'il est
interdit d'employer ce terme, j'affirme qu'aucun autre ne peut le
remplacer. Pire que l'explosion
de l’usine de pesticides de l’Union Carbide,
à Bhopal, en Inde. Pire que l'explosion du réacteur numéro 4 de la
centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine. Pire que cet autre
accident nucléaire de niveau 7 survenu après un tremblement de
terre à Fukushima, au Japon. Ou pire encore que l’effondrement de
l’atelier de confection Rana Plaza à Dacca, au Bangladesh. Oui,
Heretics,
l'antépénultième long-métrage de Jose Prendes qui jusqu'à
maintenant et en vingt-cinq ans de carrière a commis une quinzaine
de longs-métrages dont plusieurs films d'horreur, est bien une
catastrophe qui dépasse toutes celles commises par l'Homme durant
l'évolution industrielle mondiale ! Bon, j'exagère peut-être
un peu puisque aux dernières nouvelles, Heretics
n'a semble-t-il causé la mort de personne. L'on est par contre en
droit de penser que le film aurait dû logiquement mettre un terme à
la carrière de son auteur ainsi qu'à celle de ses interprètes
parmi lesquels une grande majorité reste inconnue sur notre
territoire tandis que la trogne de l'infatigable Eric Roberts s'y
dévoile derrière le personnage de John, un prêtre qui depuis la
mort de son épouse vit désormais seul avec sa fille Eva (Neely
Dayan). Une sainte nitouche qui pourtant sera la seule des héroïnes
féminines du long-métrage à dévoiler autant à l'écran sa
plantureuse poitrine ! John accepte qu'Eva invite chez eux pour
la soirée un groupe d'amis. Après toute une série d'interminables
séquences réunissant de jeunes hommes et femmes lors de
conversations dont l'ampleur intellectuelle sera du niveau de
certains échanges entre influenceuses spécialisées dans la vente
de produits de beauté sur Internet, l'un d'entre eux évoque l'idée
d'aller faire un tour du côté de la maison des Simmons. Supposée
être hantée, Eva hésite. Mais l'avis général l'emportant, la
jeune femme accepte finalement de suivre ses amis sans se douter que
la visite de cette demeure supposée hantée va se transformer en
cauchemar... pour les protagonistes, certes, mais également pour
nous, pauvres témoins de la mort d'un genre qui fit florès mais
auquel Jose Prendes donne ici le coup de grâce en signant
probablement l'un des pires films d'horreur de l'histoire du genre...
Et
je ne prends aucun pincette en écrivant cela puisque si l'on
additionne tout ce qui ne va pas, l'on constate que parmi les
colonnes qualités et défauts, la première reste désespérément
vide ! Il faut dire que le réalisateur, scénariste,
producteur, acteur et directeur de la photographie vénézuélien a
fait fort ! Au risque de me répéter comme j'ai tendance à le
faire lorsque j'évoque un bousin de cette ampleur, tout dans
Heretics
est digne d'être jeté à la poubelle. Mise en scène, scénario,
cadrage, photographie, bande-musicale (mon dieu ce faux air du groupe
Era qui tourne en boucle), interprétation, décors, effets-spéciaux
et visuels ou montage, rien ne va. Si la première partie est d'un
ennui et d'une vacuité abyssaux, ça n'est presque rien en
comparaison de ce qui va suivre. Comme dans tout bon ou mauvais Found
Footage, la caméra de Jose Prendes est prise d'irrépressibles
tremblements. Là, encore, ça peut se comprendre. Mais lorsque le
cinéaste se montre incapable de tenir sa caméra à hauteur de
visage, là, on s'indigne. D'ailleurs, à propos de caméra ou de
tout autre objet consistant à filmer ce qui entoure les
protagonistes, si le concept de Found Footage a toujours privilégié
des personnages continuant à filmer ce qui les entoure au mépris du
danger, ici, la chose est évidemment invraisemblable. Ce qui, au
fond, produit sans doute un effet indésirable et qui pourtant
''sauve'' le film de son passage à la poubelle : les rires !
Car il n'est pas rare en effet d'éprouver ce sentiment de joie
rencontré par le passé lors du visionnage de certains grands
classiques du Nanar. Car si Heretics
est effectivement une bonne grosse daube comme le septième art est
rarement capable de nous en proposer de ce niveau là, beaucoup
d'événements s'avèrent si invraisemblables qu'il est pratiquement
impossible de retenir certains sourires devant des situations que le
réalisateur refuse pourtant probablement de voir autrement que sous
le prisme du premier degré. Je ne vais pas dévoiler le contenu du
maigre scénario pour laisser libre court à l'imagination de celles
et ceux qui voudraient malgré tout le découvrir mais sachez que
vous vous apprêtez à voit une œuvre hybride. Entre infâme petite
production horrifique cumulant tant de tares qu'il mérite sa place
dans le top 3 des pires films des années 2010 et comédie
involontaire à force de faire tourner ses personnages en rond alors
qu'il aurait si simple pour eux de quitter les lieux... Un conseil :
regardez le film en version française. Histoire d'en ajouter une
couche avec ses doublages dégueulasses et sa post-synchronisation
foireuse... !
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