Un motel miteux perdu en
pleine campagne américaine. En clair, le trou du c## du monde. Un
gérant qui ne souffre pas la présence des femmes de mœurs légères.
Une jeune femme, ''supposées coutumière de ces fameuses
habitudes''. Un couple et leur enfant muet (un autiste?). L'homme est
hébété depuis que son épouse a été renversée par un ancien
flic devenu le chauffeur d'une ancienne star de cinéma désormais
oubliée. Un couple de jeunes adultes tout juste mariés (vive Las
Vegas !). Et puis, un inspecteur et le prisonnier qu'il est
chargé de transférer. Tout ce petit monde hétéroclite se retrouve
bien malgré lui au même endroit. Le dit motel, une nuit d'orage
lors de laquelle, la pluie ne cessera pas de tomber. Loin de là,
Malcolm Rivers, un criminel reconnu coupable d'avoir assassiné six
personnes, s'apprête à être exécuté. Dernier recours pour son
avocat aidé d'un psychiatre, le docteur Malick : convaincre le
juge qui l'a condamné que son client n'avait pas conscience de
commettre des meurtres, celui-ci étant atteint de trouble
dissociatif de la personnalité. Pendant ce temps là, à l'hôtel,
un tueur sévit. Première victime : l'actrice Caroline Suzanne
(interprétée par Rebecca de Mornay) dont le chauffeur (et donc
ancien flic) Ed retrouve la tête dans le
tambour d'une machine à laver. Très rapidement, les soupçons se
portent sur le criminel Robert Maine (sinistre Jake Busey) qui vient
tout juste de s'échapper après s'être libéré de ses entraves.
Alors que la route est impraticable et que tous sont condamnés à
demeurer au motel malgré les morts qui commencent à s'accumuler,
outre ceux-ci, tous plus violents les uns que les autres, d'étranges
événements se produisent...
Maintenant, si vous
n'avez pas encore découvert Identity,
le cinquième long-métrage de l'auteur de Copland
en 1997 ou de 3H10 pour Yuma en
2007, permettez-moi de vous chasser. Car ce qui va suivre délivre
une bonne partie de l'intrigue........... Démarrant comme un
thriller relativement convaincant et reposant sur l'interprétation
et sur son incroyable atmosphère, ce qui figure être comme une
sorte de néo-slasher (on ne connaîtra effectivement l'identité du
tueur que dans les dernières secondes) ou de néo-Cluedo
(ne manque plus qu'Hercule Poirot ou Miss Marple) va
en réalité encore bien plus loin. Si Identity
semble s'approcher dangereusement de la frontière du fantastique, il
n'en est rien. Pur thriller noir et horrifique réalisé sur la base
d'un scénario écrit à quatre mains par le réalisateur lui-même
ainsi que par Michael Cooney, le film se veut en fait une plongée
dans les affres d'un cerveau malade. Celui de Malcolm Rivers
qu'interprète à merveille Pruitt Taylor Vince. L'acteur idéal
pour le rôle d'un serial killer atteint d'un sérieux trouble de la
personnalité puisque'il est lui-même notamment connu pour être
atteint de nystagmus.
Ce qui à l'écran se traduit par un mouvement d'oscillation continu
des yeux et sur lequel, Pruitt Taylor Vince n'a malheureusement pour
lui, aucun contrôle. Identity
se compose donc de deux parties distinctes qui s'entremêlent
brillamment jusqu'à ce que la relation entre le tueur et les dix
individus ''enfermés'' dans une zone comprenant le motel et un
restaurant soit mise au grand jour...
Car
ce que l'on va peu à peu découvrir, c'est d'abord que tous ont un
rapport les uns avec les autres. Chaque détail compte. Des meurtres
sous forme de compte à rebours, en passant par la disparition des
cadavres et jusqu'à cette étonnante séquence lors de laquelle le
criminel Robert Maine se retrouve à nouveau à proximité du motel
alors qu'il vient de tout faire pour s'en éloigner. Les plus vifs
d'esprits comprendront certainement avant les autres le fond de
l'histoire. Un sujet passionnant qui permet tout d'abord de retrouver
dans un même long-métrage outre les interprètes déjà cités plus
haut, les acteurs John Cusack, Ray Liotta, Alfred Molina ou les
actrices Amanda Peet et Clea Duvall. Soyez prévenus. Tout ou partie
de ce que vous allez voir n'est qu'un jeu de dupe. Méfiez-vous des
faux-semblants. Outre l'interprétation, l'ambiance sinistre et le
cadre désolé, on appréciera le montage et la mise en scène qui
révèlent le talent d'un réalisateur qui compte sur le moindre
petit détail pour tromper les spectateurs. Chacun de ceux-ci trouve
son explication et ce qui demeurait sans doute improbable quelques
minutes auparavant trouve sa justification dans l'une ou l'autre des
séquences qui lui succèdent. Identity,
c'est un peu comme un roman d'Agatha Christie sous perfusion de
schizophrénie. On croit se perdre dans les méandres de l'esprit du
tueur mais tout est finalement parfaitement clair. Un thriller/puzzle
du meilleur effet...








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