Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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lundi 9 mars 2026

The Substitute de Robert Mandel (1996) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Parmi les longs-métrages mettant en scène jeunesse et gangs américains, certains s'illustrent à travers l'environnement dans lequel évoluent leurs personnages. Riches de faits-divers qui ont sans doute plus ou moins inspiré réalisateurs et scénaristes, l'on pu notamment voir évoluer James Belushi dans The Principal de Christopher Cain en 1987, Michelle Pfeiffer dans Dangerous Minds de John N. Smith en 1995, ou encore Samuel L.Jackson dans One Eight Seven de Kevin Reynolds deux ans plus tard. Entre ces deux derniers exemples est venu s'incarner dans le rôle d'un ancien militaire devenu mercenaire, l'acteur Tom Beranger. Premier volet d'une quadrilogie dans lequel celui-ci interprète le rôle de Jonathan Shale, The Substitute  de Robert Mandel débute son action alors qu'il mène auprès de ses hommes une mission à l'étranger. Mais alors que celle-ci s'est couronnée de succès, le groupe se retrouve malgré tout au chômage. Au même moment, la compagne de Jonathan est agressée par l'un des membres d'un gang dirigé par Juan Lacas. Un étudiant violent que Jane Hetzko (l'actrice Diane Venora) tente de faire renvoyer après qu'elle ait été menacée par ce voyou tandis que le principal de la Columbus High School où la jeune femme enseigne estime qu'il n'y a pas suffisamment de preuves pour le mettre à la porte. Ancien policier, Claude Rolle (Ernie Hudson) refuse donc de renvoyer Juan Lucas qui envoie donc l'un des membres de son gang attaquer l'enseignante. Fort heureusement, Jonathan arrive au moment opportun afin d'éviter le pire pour sa compagne. Mais le mal est fait : la jeune femme se retrouve malgré tout avec la jambe plâtrée et incapable de faire cours à ses élèves. Préoccupé par la situation de danger qui plane au dessus d'elle, Jonathan décide de se faire passer pour un professeur bardé de diplômes afin d'intégrer la Columbus High School et ainsi se retrouver à donner des cours aux élèves de Jane. Si les débuts sont difficiles, ce prof de substitution de la classe va pourtant rapidement happer l'attention de ses élèves. Du moins d'une grande partie d'entre eux puisque au fond de la classe, Juan Lacas ne l'entend pas de cette oreille... Dans cet excellent film dramatique mâtiné d'une bonne dose d'action qu'est ce premier volet de la saga The Substitute, Tom Beranger campe le personnage idéal. Charismatique et doté de facultés physiques accumulées lors de son expérience dans l'armée, l'homme va non seulement s'opposer à la virulence de son jeune élève mais en outre démasquer un vaste réseau de drogue... Charismatique, certes, mais également doté d'une assurance qui va permettre au personnage de ne pas se laisser impressionner ou intimider par une partie de la faune qui arpente les couloirs du lycée...


Plus qu'un banal film d'action qui ne reposerait que sur l'affrontement perpétuel entre un ancien soldat caché sous une fausse identité (celle du professeur d'histoire James Smith) et un groupe d'individus parfois surarmés, The Substitute ne prend jamais son public pour un imbécile et le scénario de Roy Frumkes, Rocco Simonelli et Alan Ormsby développe un véritable récit autour de son large panel de protagonistes. Du groupe de mercenaires qui orbitent autour du personnage central. Quatre individus ayant chacun leurs spécificités. Quatre personnages interprétés par d'excellents acteurs, William Forsythe incarne un électron libre relativement instable à travers Hollan, un spécialiste des explosifs. Raymond Cruz joue le rôle de Joey Six, l'expert en armes du groupe. Luis Guzmán campe celui de Rem, un tireur d'élite. Quant à Richard Brooks, il incarne le personnage de Wellman qui dans The Substitute et au sein du groupe est chargé de la coordination et de la logistique. Surtout, leur implications évitent les écueils du film bourrin dans lequel le Héros pourrait à lui seul défaire une organisation criminelle. Notons également que le script développe la relation entre Jane et Jonathan même si là encore, le réalisateur le fait de manière réfléchie, subtile, évitant ainsi l'engourdissement du récit. Et puis, il y a évidemment celles et ceux qui vivent au quotidien le rapprochement avec le problème qui intéresse directement le personnage interprété par Tom Beranger. À commencer par Glenn Plummer qui incarne le professeur Darrell Sherman, ou encore ces deux élèves que sont Jerome Brown (Shar-Ron Corley) et Lisa Rodriguez (Maria Celedonio). Deux personnages types qui veulent s'en sortir et qui donnent un peu d'espoir là où l'on pense que tout est foutu. Action, violence, drame, mais aussi comédie puisque parfois le script se laisse aller à quelques fantaisies comme la fameuse séquence des ''fibres'' mettant en scène Cliff De Young dans le rôle de Matt Wolfson ou cette caricature ultra-revendiquée de ce pseudo-personnage de film d'action matérialisé à l'écran par l'acteur Willis Sparks dans le rôle de John Janus. Notons enfin, pour les amateurs de Hip-Hop, une bande sonore majoritairement consacrée à ce genre musical dont la sélection brille de nombreuses pépites. Bref, un film pour tous. Un régal permanent. Une œuvre beaucoup plus fine et intelligente qu'elle ne pouvait le laisser présager au départ...

 

dimanche 8 mars 2026

La pire mère au monde de Pierre Mazingarbe (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Avec son titre qui renvoie à une tripotée de comédies tournant autour d'éternels conflits familiaux, La pire mère au monde est trompeur. Pour son premier long-métrage après six courts réalisés entre 2010 et 2019, Pierre Mazingarbe se penche sur les rapports conflictuels qui opposent la substitut du procureur Louise de Pileggi et sa greffière de mère, Judith. N'étant pas déplaisante à contempler, l'ancienne ''Miss Météo'' du Grand Journal animé sur Canal+ par Michel Denisot, Louise Bourgoin, débute sa carrière au cinéma après que Fabrice Luchini lui ait conseillé de se présenter au casting de La fille de Monaco d'Anne Fontaine en 2008. Elle y décrochera au final l'un des deux rôles principaux... Un début de carrière au cinéma plutôt prometteur puisqu'elle enchaînera par la suite les interprétations sur grand écran et à la télévision, dans différentes séries télévisées... À ses côtés, l'ancienne humoriste........ Mince ! Comment s'appelle-t-elle déjà ? Aidez-moi, siouplez ! Bah, si. Souvenez-vous : Celle qui a pour habitude d'abandonner ses amis au moment où ils ont probablement besoin d'un maximum de soutien. Celle qui déballe sa vie quand personne ne veut d'elle comme interprète principale ou secondaire d'un nouveau projet cinématographique histoire de rester dans la lumière. Ou bien celle qui prétendait être la première ''AU MONDE'' à avoir annoncé son homosexualité alors qu'une recherche de quelques secondes sur le net suffit à la discréditer... Ben non, rien à faire, j'me souviens plus de son nom. Mais c'est pas grave, puisque le film tourne surtout autour de sa partenaire. Un peu comme si Pierre Mazingarbe lui avait offert le second rôle par pitié. Ou parce qu'elle le supplia peut-être à genoux de lui offrir le rôle de cette acariâtre mère qui au fond, lui va comme un gant ! Mais sans doute me trompe-je... Manipulateur, le titre ? Oui, effectivement. Ou alors, le réalisateur et scénariste s'est-il planté au moment de faire le choix de tourner une comédie. Ce que La pire mère au monde n'est pas vraiment. Ou alors, noire, mais là encore, le cinéaste échoue à dérider les spectateurs tant l'on reste fermé devant la confrontation entre mère et fille dans ce qui se rattache en réalité davantage au thriller. Développant, il est vrai, mais avec un niveau de psychologie relativement bas, la relation tendue entre une Louise et une Judith qui se détestent promptement...


Si bien que l'on a du mal à croire à cette farandole d'injures et de grimaces prenant place au sein d'un récit policier traitant d'un réseau de drogue touchant directement un chenil et son propriétaire, le toujours excellent Gustave Kervern incarnant ici le rôle de Dante Lounas. Et puisque l'humour, noir, connaît quelques faiblesses d'ordre scénaristique, Pierre Mazingarbe fait appel à la compositrice française Julie Roué afin d'appuyer son approche de la comédie qu'il désire être donc plutôt sombre avec une bande musicale parfois sinistre. Ce qui réussit d'ailleurs plutôt bien lorsque le cinéaste choisit de mettre de côté l'humour pour plancher davantage sur cette histoire écrite aux côtés de Thomas Pujol et Sara Wikler et dans laquelle, le réalisateur développe l'idée de chiens-mules facilitant le transport de cocaïne ! Pierre Mazingarbe tente en outre la critique facile et acerbe quand au manque de moyens ou de motivation de la justice lorsqu'il s'agit de traiter du Viol à travers une réplique qui tombe totalement à plat ! Compliqué, également, pour le réalisateur et scénariste de justifier l'animosité qui existe entre la fille et la mère. Ou de traiter des ambitions contrariées de Louise face à son insupportable rival Enguerrand de Rostein de Zboube interprété par Johann Cuny. Oscillant entre comédie faussement noire et thriller moite parfois en mode ''Seven du pauvre'', le film de Pierre Mazingarbe ne parvient jamais à rendre touchantes ou attachantes l'une et l'autre des principales interprètes. Pas même lorsque leurs rapports tendent à davantage de proximité comme lorsque est annoncé la rechute du cancer dont est atteinte Judith. Un personnage suffisamment froid et impersonnel pour que l'on se fiche royalement de son sort. Une protagonistes qui donc est incarnée par.......... Ben, non ! Rien à faire ! Impossible de me souvenir de son nom...

 

samedi 7 mars 2026

Les Tortillards de Jean Bastia (1960) - ★★★★★★☆☆☆☆



Parfois connu sous les titres Les Tortillards sont là ou Après Nous les Mouches, le cinquième long-métrage du cinéaste français Jean Bastia, Les Tortillards (et deuxième auquel participa Louis de Funès la même année, en 1960), ne s'encombre pas vraiment d'un scénario digne de ce nom. Épaulé par son frère, le compositeur d'opérettes Pascal Bastia, le cinéaste propose une farce aux allures de théâtre de boulevard déstructuré inspiré des grands auteurs tels qu'Edmond Rostand et son célèbre Cyrano de Bergerac, qui, ici, sont maltraités par une famille de comédiens dirigée par César Beauminet, lequel est poursuivi par un huissier de justice. Forcés de prendre la fuite, les Beauminet et l'équipe qui complète la troupe partent en tournée en Province, accompagnés pour l'occasion de Gérard Durand, fiancé à Suzy, la fille de César, et fils d’Émile Durand, l'inventeur de l'insecticide « Cicéron ». Ce dernier voit d'un assez mauvais œil le départ de son fils, surtout après qu'un quiproquo l'ait fait confondre avec l'huissier venu se présenter tout comme lui à la famille Beauminet.

Sur la route, César et les siens ont bien du mal à se faire de l'argent. Le public suit, mais les recettes sont maigres et insuffisantes pour leur permettre de manger à leur faim. Gérard qui au départ ne faisait que les accompagner finit par se voir offrir d'importants rôles au seins des pièces présentées au public. Pendant ce temps là, et alors que l'épouse et la sœur d’Émile décident de retrouver la troupe en tournée, celui-ci a bien du mal à trouver la recette miracle qui permettrait à son insecticide de contrer celui de son principal rival. Suivi de son collaborateur Léon, il décide à son tour de prendre la route afin de rattraper la troupe. Peut-être un moyen de valoriser enfin son invention...

Parce que Les Tortillards manque singulièrement d'un scénario solide, le long-métrage de Jean Bastia repose uniquement sur le jeu de ses interprètes. Et en la matière, Jean Richard, celui-là même qui débutera sept ans plus tard une longue carrière à la télévision dans le rôle du commissaire Maigret en fait des caisses. Plus que Louis de Funès, qui se retrouve souvent au second plan, et Roger Pierre, qui incarne le fils de ce dernier, Jean Richard joue davantage à la manière d'un comédien que d'un acteur. Comme la plupart des interprètes qui autour de lui nous proposent un spectacle explosif totalement brouillon mais ne souffrant quasiment pas de temps morts. Reposant essentiellement sur les diverses interprétations de pièces célèbres, Les Tortillards n'est pratiquement qu'une succession de scènes de théâtre filmées, accueillies par un nombre restreint de spectateurs. Une tournée sans enjeux pour une troupe affamée et désargentée qui pourtant reste soudée malgré l'adversité.

Le film de Jean Bastia est vif, sympathique, dévoilant une énergie folle. Et même si l'on y espère découvrir surtout Louis de Funès, sa présence moins importante que celle de la majorité des interprètes ne l'empêche jamais de marquer les esprits à travers ce rôle qu'il aura toujours continué à incarner durant toute sa carrière. La conséquence des faiblesses scénaristiques fait que le film n'est jamais vraiment drôle. Amusant, certes, grâce à l'énergie déployée par la majorité de ses interprètes, mais mineur en comparaison de bon nombre de comédies à l'affiche desquelles trônait en bonne place Louis de Funès...

vendredi 6 mars 2026

Nosferatu de Robert Eggers (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

S'attaquer à un mythe tel que le légendaire film expressionniste allemand Nosferatu, eine Symphonie des Grauens réalisé par Friedrich Wilhelm Murnau en 1922 est une prise de risque que prit tout d'abord brillamment son contemporain Werner Herzog en 1979 à travers l'excellent Nosferatu: Phantom der Nacht. Après une première œuvre que tout bon cinéphile ou cinéphage compte parmi les chefs-d’œuvre du septième art et un premier remake aux qualités indéniables et littéralement habité par son principal interprète, l'acteur Klaus Kinski, on peut se demander où se situe l'intérêt d'une nouvelle itération en ce premier quart du vingt et unième siècle qui a trop souvent l'habitude de manquer d'inspiration en matière de terreur... Et pourtant, quelle plus rassurante annonce aurions-nous pu attendre que celle d'une toute nouvelle adaptation signée d'un cinéaste se situant assurément tout en haut de la liste des réalisateurs dont on peut avoir une confiance quasi absolue ? Car c'est bien de fiabilité dont on parle au sujet de l'américain Robert Eggers, qui entre 2015 et 2022 a signé trois grands longs-métrages. The Witch, The Lighthouse ainsi que The Northman. Trois œuvres originales rejointes donc en 2024 par une quatrième, s'inscrivant dans une longue, très longue lignée d'adaptations cinématographiques reposant sur l'un des plus célèbres ouvrage de la littérature fantastique mondiale, le Dracula de Bram Stoker..... Et dire que le Nosferatu, eine Symphonie des Grauens de Friedrich Wilhelm Murnau faillit nous passer sous le nez. Car bien qu'ayant pris certaines précautions en renommant son vampire en Comte Orlok (incarné à l'époque par l'acteur allemand Max Schreck) et en ne citant pas le nom de Dracula mais celui de Nosferatu, personnage inspiré par des ouvrages ethnographiques évoquant certaines croyances roumaines d'après l'écrivain britannique, la plupart des copies du tout premier Nosferatu a voir le jour sur grand écran furent détruites après que la veuve de Bram Stoker ait gagné son procès pour plagiat !


L'une des différences fondamentales entre le vampire du romancier et celui du cinéaste allemand reposant sur leur aspect physique respectif. Tandis que Dracula a majoritairement été personnifié par des interprètes physiquement conformes à l'apparence humaine, les deux premiers Nosferatu à voir le jour sur grand écran apparurent sous celle de créatures humanoïdes, certes, mais symbolisant l'apparence d'un rat (ou d'une chauve-souris), allusion à la peste qui ravage le récit dès l'entrée du vampire dans la ville de Wisborg (en lieu est place de Londres dans le roman d'origine). Des mains aux longs doigts griffus, un crâne chauve, de longues incisives et des oreilles en pointes... De cette créature iconique, Robert Eggers se débarrasse de l'apparence pour lui prêter un aspect beaucoup plus ''crédible'' en ce sens où l'on pourrait éventuellement accorder au vampire la capacité de séduire celle qu'il tentera de s'accaparer. On parle bien évidemment d'Ellen, interprétée par Lily-Rose Depp, fille de Vanessa Paradis et de Johnny Depp, jeune femme en proie à différentes crises dont certaines de somnambulisme, victime d'une connexion avec le Comte Orlok qui de son côté est incarné par l'acteur suédois Bill Skarsgård, connu pour avoir notamment joué le rôle de Pennywise dans les différentes adaptations cinématographiques et télévisées du roman Ça de Stephen King entre 2017 et 2025. On pourra (ou pas d'ailleurs) reprocher ce choix esthétique de la part du cinéaste qui trahit donc l'apparence du vampire originel conçu à l'origine par Friedrich Wilhelm Murnau et par le directeur artistique Albin Grau mais pour le reste, son Nosferatu est une expérience de cinéma qui vaut pourtant le détour. Sans trop trahir l’œuvre originale bien que la version de 2024 passe tout logiquement comme celle de 1979 du muet au parlant !


L'on passe ensuite de l’expressionnisme allemand au gothique, dans un ensemble de décors reconstituant un dix-neuvième siècle impressionnant. Des décors de Craig Lathrop, en passant par les costumes de Linda Muir et plus encore la photographie de Jarin Blaschke, fidèle du cinéaste américain puisque les deux hommes collaborèrent ensemble sur les trois précédents longs-métrages de Robert Eggers, Nosferatu est une claque visuelle de tous les instants. Chaque plan ou presque est l'occasion d'admirer la finition du moindre petit détail projeté à l'écran. Une merveille picturale. Une série de tableaux animés s'enfonçant peu à peu dans une noirceur irrémédiable... Dans cette nouvelle version, le réalisateur aborde le personnage d'Ellen de manière beaucoup plus profonde que par le passé. Chargeant la mule de cette curieuse relation, cette connexion entre la jeune femme et cet aristocrate monstrueux qu'elle a involontairement invoqué dans son désir de trouver amour et compagnie au tout début du récit. Fidèle, donc, dans ses grandes largeurs, d'une beauté à couper le souffle et notamment incarné par un Bill Skarsgård à la voix rauque buvant le sang de ses victimes dans un bruit de déglutition absolument terrifiant, Nosferatu tente à démontrer que sans être en pleine possession de son propre script, Robert Eggers est pourtant incapable de marquer par de profonds engagements littéraires, la différence entre les œuvres de 1922, de 1979 et la sienne. Du coup, Nosferatu version 2024 pourra apparaître pour les nostalgiques des anciennes versions, comme une inutile adaptation. Car en dehors de la forme que prend le long-métrage, sans cesse éblouissante et d'une ampleur sensorielle parfois éclatante, le film de Robert Eggers n'est au fond qu'une ''redite''. Une variation sur le même thème. Tantôt passionnante, tantôt... ennuyeuse et redondante....

 

jeudi 5 mars 2026

Retour à Silent Hill de Christophe Gans (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Cinéaste rare mais populaire auprès des amateurs de cinéma d'horreur depuis qu'il réalisa en 2006 l'une des meilleures adaptation de jeu vidéo avec Silent Hill, le réalisateur et scénariste français Christophe Gans était attendu au tournant avec Retour à Silent Hill en 2026. Après un second volet intitulé Silent Hill : Révélation, méprisé par la plupart des critiques et par une très large partie des spectateurs mais qui fort heureusement ne fut pas signé par le cinéaste hexagonal mais par la britannique MJ Bassett qui avant son coming-out transgenre voilà dix ans se faisait appeler Michael J. Bassett, Christophe Gans a repris les rênes de la franchise pour nous offrir un ''Retour'' très attendu. Pile vingt années après le premier long-métrage, Retour à Silent Hill sonne comme la célébration d'un mythe de l'univers vidéoludique, concurrent direct de la série Resident Evil et auquel le français offrit ses plus belles lettres de noblesse sur grand écran. Pourtant, entre 2006 et 2026, bien des choses ont changé. Les attentes du public étant à équidistance de ses exigences, le film n'a cette fois-ci malheureusement pas eu l'honneur de connaître le même succès. Basé cette fois-ci non plus sur le premier jeu de la série vidéoludique de type survival-horror créée en 1999 par la société de développement de jeux vidéos japonaise Konami mais sur le second sobrement intitulé Silent Hill 2, Retour à Silent Hill contient un certain nombres d'idées qui sont propres au script de Christophe Gans, Sandra Vo-Anh et Will Schneider. Cela n'est peut-être pas évident au premier abord même si certains éléments déployés sur le tard viennent confirmer l'hypothèse, mais réalisateur et scénaristes se sont employés à revendiquer une certaine forme d'exploration mentale du personnage de James Sunderland incarné à l'écran par l'acteur Jeremy Irvine tandis que dans le jeu vidéo, ce personnage, central, était tout d'abord attiré à Silent Hill par l'entremise d'une mystérieuse lettre. Probablement que les auteurs ont choisi cette version altérée du récit afin de ne pas perdre en route ceux qui ne connaissent pas l'univers du jeu vidéo. Un choix qui pourra être peu ou prou considéré comme une trahison pour certains mais qui pour d'autres sera vu comme une relecture beaucoup plus limpide du récit originel. Autre détail de très grande importance, les personnages de Mary, Maria, Angela et Laura que l'on retrouve de nouveau...


Là encore, Christophe Gans et ses deux scénaristes font une entorse à l'histoire du jeu. Mais laissons la discrétion à celles et ceux qui voudraient découvrir par eux-mêmes ce qu'il en est... Ce qui par contre change ici drastiquement est l'intervention d'un culte religieux et sectaire qui était absent de Silent Hill 2. Ensuite, et contrairement au principe qui veut qu'un joueur se fasse sa propre idée de l'univers vidéoludique qu'il tient entre ses mains, le scénario de Retour à Silent Hill demeure très clair sur ses intentions et ne laisse plus vraiment de portes de sortie en cloisonnant le récit à travers une issue qui ne laisse aucunement la place à l’ambiguïté... En dehors de ces quelques libertés qui figurent objectivement des prises de risque, qu'est-ce qui donc a pu pousser certains critiques, heureusement non majoritaires, à vomir tant de bile à l'encontre du dernier long-métrage de Christophe Gans ? L'on est encore à se poser la question tant le film vaut bien mieux que la charge négative qu'il dû subir à sa sortie. Sans doute, il est vrai, Retour à Silent Hill s'avère en deçà de la première adaptation de l'univers du jeu vidéo. Probablement que certaines séquences dont le ridicule n'a d'égal que leur invraisemblance gâchent une partie de l'expérience (James tentant ainsi d'échapper à la Spider Lady, créature androgyne et humanoïde apparentée à une araignée ou au fameux Pyramid Head tout en ne pensant jamais, ô grand jamais à éteindre sa lampe-torche histoire de se faire discret!). Peut-être ces incessantes ruptures scénaristiques et de ton projetant notre héros dans le mi-joyeux, mi-douloureux passé qu'il partagea avec sa compagne Mary Crane (Hannah Emily Anderson) ont-elles gêné certains spectateurs ? Retour à Silent Hill n'en est pas moins une réussite. Sombre, occulte, dantesque, emplie comme toujours d'une solitude qui arrache cœur et esprit. Cette nouvelle itération a en fait surtout le ''tort'' d'arriver en troisième position. S'alignant ainsi sur un univers que l'on connaît désormais par cœur. Aucune surprise ou presque donc. Le retentissement de la sirène ou ces mutations glauquissimes d'environnements déjà pas très ragaillardissant ne faisant malheureusement plus peur à grand monde. Reste alors l'immersion, totale, dans un univers cauchemardesque ampli de créatures tout aussi effroyables mais malheureusement, très mal exploitées. À l'image du Pyramid Head justement...

 

mercredi 4 mars 2026

Send Help de Sam Raimi (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après être passé par la case Blockbusters par quatre fois avec sa trilogie Spider-Man entre 2002 et 2007 et avec Doctor Strange in the Multiverse of Madness en 2022, le réalisateur, scénariste et producteur américain Sam Raimi est revenu cette année avec un long-métrage beaucoup plus modeste mais pas forcément plus sobre. En effet, l'auteur de la cultissime saga de films gores Evil Dead et de son itération télévisuelle Ash vs Evil Dead revient en 2026 avec un ''petit'' film qui a tout du ''grand'' dans les domaines qu'il explore. Cette folie propre au cinéaste qu'il eu notamment l'occasion de mettre en scène dans le génial Crimewave écrit aux côtés des frères Ethan et Joel Coen en 1985... Depuis son Drag Me to Hell en 2009 et avant son précédent Doctor Strange in the Multiverse of Madness, Sam Raimi n'a tourné que quelques courts-métrages, mais ça y est, cette fois-ci le voilà réapparaissant avec ce qui est la promesse d'un retour aux sources. Send Help n'est pourtant pas le film gore auquel l'on pouvait s'attendre. Et ce, même si effectivement, un ou deux plans s'avèrent plutôt gratinés en la matière. Une première séquence durant laquelle l'héroïne incarnée par Rachel McAdams chasse le sanglier sur une île déserte où elle s'est échouée à la suite d'un crash d'avion avec son patron interprété quant à lui par Dylan O'Brien. Et une seconde, qui s'inscrit dans un gore de type ''émétophile'' assez... gerbant, justement ! Pour le reste, Send Help peut être vu comme l'émulsion parfaite entre le film d'aventures survivaliste, la comédie, le film d'horreur et la critique sociale... Empruntant ainsi leur concept à des émissions de type Koh Lanta ou à des longs-métrages mettant en scène un ou plusieurs individus échoués sur une île déserte. Mais ici, pourtant, rien d'aussi rageusement familiale que le très sympathique Seul au monde de Robert Zemeckis. L'auteur de Send Help en profite pour régler les comptes de ses deux principaux protagonistes que sont Linda Liddle et son patron Bradley Preston. Opposition entre une ambitieuse employée de bureau dont l'hygiène, semble-t-il, laisse à désirer et à laquelle l'ancien patron de l'entreprise qui l'emploie avait promis un poste de sous-directrice avant qu'il ne décède. Mais à la mort de celui-ci, son propre fils a repris les rênes de la boite et a offert le poste en question à l'un des concurrents de la jeune femme. Relativisant la situation mais choisissant malgré tout d'en parler avec son nouveau boss, Linda se voit offrir l'occasion de prouver sa valeur lors d'un voyage d'affaire à Bangkok...


Mais alors qu'elle, Bradley et plusieurs employés sont à bord d'un avion, ce dernier s'écrase en pleine mer. À son réveil sur une plage de sable fin, Linda constate qu'elle et son patron sont les seuls survivants de la tragédie. Bradley étant gravement blessé, la jeune femme va user de ses connaissances en survivalisme pour subsister à la surface de cette île recelant maints dangers... Avec Send Help, Sam Raimi nous offre un voyage exotique sur une île perdue au milieu des océans. Un décor superbe qui va servir de cadre de règlement de comptes entre une employée certes ''arriviste'' mais ô combien sympathique interprétée de manière très enjouée par l'actrice Rachel McAdams. Cabotinant sans cesse mais révélant des ressources inépuisables, Linda profite de cette occasion pour montrer à Bradley ses capacités. Celles-là mêmes qui pourraient potentiellement lui servir à décrocher le poste qu'elle briguait avant la tragédie. Face à elle, un Dylan O'Brien/Bradley Preston bien dans son rôle de patron de grande entreprise, arrogant, autoritaire, mais qui très rapidement va devoir composer avec les talents de son employée s'il veut pouvoir survivre aux multiples dangers que le duo rencontrera sur la surface de l'île (nature sauvage, animaux dangereux, climat capricieux). Sur un script des plus simples, Sam Raimi et les scénaristes Damian Shannon et Mark Swift composent une œuvre socialement chargée, entre despotisme, patriarcat, ambition professionnelle, toxicité patron/employée, capitalisme, survivalisme et manipulation. Car aussi limpide que puisse apparaître le récit, Sam Raimi se joue de la forme apparemment simpliste de l'histoire pour nous convier à quelques twists plutôt bien fichus dont l'un d'entre eux au moins n'aurait sans doute pas laissé indifférent un auteur tel que M. Night Shyamalan. À contrario, pour celles et ceux qui espéraient un déluge de sang, il faudra repasser. Mais Send Help est tellement jouissif et le duo fonctionne tellement bien que l'absence régulière d'hémoglobine n'est en réalité pas un problème. Bref, c'est l'éclate totale...

 

mardi 3 mars 2026

La tournée de Florian Hessique (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Tandis que pour son sixième long-métrage le réalisateur et scénariste Richard Favard prend contact avec l'agent artistique Grégory Laurent (Richard Berry) afin de trouver l'un des interprètes principaux de son nouveau film intitulé Dialogue avec mon voisin, sachant que l'ancienne gloire du cinéma français Marius De Villeduc (Patrick Chesn ais) rencontre des soucis financier, son agent propose au cinéaste d'engager ce dernier sur le tournage. Bien que relativement exigeant, l'acteur accepte finalement d'interpréter le rôle prévu contre un salaire de soixante-mille euros. Une somme dont il ne touchera l'intégralité qu'à condition qu'il accepte de partir en tournée d'avant-premières dans toute la France. Principalement incarné par Patrick Chesnais, donc, mais aussi par une génération d'acteurs qui n'ont plus grand chose à prouver, La tournée réunit également de jeunes interprètes parmi lesquels nous retrouvons principalement Florian Hessique, réalisateur, scénariste et acteurs qui avec ce cinquième long-métrage se penche sur son propre vécu. En effet, le script du film repose sur son expérience des tournées promotionnelles en incarnant à travers le personnage de Richard Favard son propre avatar. Comédie en forme de road-movie parcourant la province française, La tournée est une mise en abîme du septième art dans laquelle le réalisateur exploite ses connaissances du milieu avec tout ce que cela peut comporter de joie, de bonheur mais aussi de situation nettement plus alambiquées. Florian Hessique incarne l'un des personnages centraux. Acteur-réalisateur, il est dépassé par les événements, par un certain nombre d'imprévus mais prend les choses avec une certaine philosophie. Contrairement au personnage interprété par Patrick Chesnais, dont la longue carrière d'acteur souffre relativement mal des problèmes que l'équipe va rencontrer lors de la tournée. Mais les deux hommes vont pouvoir compter sur le soutien de trois autres membres de l'équipe qui tout comme eux vont prendre les routes de France, à la rencontre de personnages parfois pittoresques. L'on est là face à une comédie qui se rapproche sensiblement du ton des Grands ducs que réalisa Patrice Leconte il y a une trentaine d'années...


Retour sur le devant de la scène d'une vieille star de cinéma dont les nouvelles ''figures'' se souviennent à peine, choc des générations, problèmes techniques et logistiques, bref, les deux heures qui se profilent sont la promesse éventuelle d'une aventure drôle et riche en situations ''folkloriques''. Afin d'accompagner les deux acteurs vedettes, ceux du long-métrage lui-même ainsi que ceux de cette mise en abîme, Florian Hessique convie dans des rôles au moins aussi important que le sien ainsi que celui de Patrick Chesnais, l'acteur Roland Marchisio ainsi que les interprètes féminines Hélène Bizot et Aurore Planas. Quid de ce qui touche réellement au vécu du réalisateur et ce qui tient uniquement de la fantaisie. Car entre des situations que l'on peut objectivement prêter à l'expérience personnelle de Florian Hessique et celles, totalement farfelues, qui mettent en lumière les personnages interprétés au hasard par Thierry Lhermitte, Martin Lamotte ou encore Vincent Desagnat, La tournée est une comédie légère, plutôt rythmée, lumineuse, mais qui malheureusement ne semble pas avoir rencontré son public, ou si peu, et encore moins les critiques qui l'ont généralement assassiné ! Généralement attachants, certains des personnages ajoutent un intérêt certain à cette tournée qui commence tout d'abord assez mal avant que l'engouement du public pour le film de Richard Favard ne s'affiche très clairement. Entre Hélène Bizot qui incarne une Colette ''maternelle'' vrillant parfois en matrone ''S-M'' sous l'effet (ou non) de l'alcool, Roland Marchisio dans la peau de Lucien, un ancien combattant du Kosovo devenu chauffeur de minibus, un ''couteau-suisse'' extrêmement prévenant vis à vis des acteurs du film et puis la très solaire Aurore Planas qui dans le rôle de Fanny Aguilar apporte fraîcheur et spontanéité, le film vaut en réalité bien mieux que la volée de bois vert qu'il s'est pris lors de sa sortie en salle le 18 juin 2025. On ne parle évidemment pas là d'un petit chef-d’œuvre de la comédie française mais d'un petit film fort sympathique et dont la longueur n'est absolument pas rédhibitoire...

 

lundi 2 mars 2026

Les Bodin's partent en vrille de Frédéric Forestier (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Sur grand écran, à la télévision et sur scène, Les Bodin's sont partout. Créé en 1994 par Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet, le duo fut pourtant tout d'abord un spectacle solo écrit et interprété par le premier. Intitulé Les aventures Solexines de Maria Bodin, c'est donc en 1989 qu’apparaît pour la toute première fois cette vieille dame un brin despotique de quatre-vingt sept ans qui sera rejointe cinq ans plus tard par son fils Christian. De trente-sept ans son cadet, pas très finaud et surtout relativement naïf, il rejoint donc sa mère Marie dans toute une série de spectacles joués sur scène jusqu'à leur première apparition hors planches, au cinéma, dans Mariage chez les Bodin's d'Éric Le Roch en 2008. Suivi deux ans plus tard par Amélie au pays des Bodin's, toujours réalisé par Éric Le Roch, la série de longs-métrages sera complétée par le réalisateur Frédéric Forestier par deux fois lui aussi avec le très réussi Les Bodin's en Thaïlande en 2021 et Les Bodin's partent en vrille l'année dernière... Côté fiction télévisuelle, le duo est apparu dans pas moins de huit téléfilms. Sans compter leur participation à divers événements, tel le jeu télévisé Fort Boyard auquel ils ont participé à quatre reprises en 2018. Bien qu'ayant reçu des critiques plutôt mitigées, Les Bodin's en Thaïlande demeure parmi les meilleures fictions ayant mises en scène Maria Bodin et son fils Christian. Une œuvre plutôt drôle, mouvementée, dépaysante et même parfois très émouvante, oui, oui ! En reprenant le concept de voyage à l'étranger, Frédéric Forestier semble avoir à cœur de reproduire quatre ans plus tard le même type de spectacle avec, toujours dans les rôles principaux, les inénarrables Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet. L'un et l'autre arborant toujours leur improbable dentition, Marie demeurant toujours cachée derrière un foulard et des lunettes rondes tandis que Christian arbore encore une fois une subtile couperose, témoignant que chez les Bodin's, boire de l'alcool est un sacerdoce. Dans leurs nouvelles aventures écrites par le duo ainsi que par le réalisateur, Maria et Christian découvrent que le Président Directeur Général de l'entreprise Mondialacta Albert de Beauharnais (interprété par l'acteur Michel Bompoil) a fomenté aux côtés du maire de Pouziou (Michel Vivier) un projet de construction d'une usine de production de fromage de chèvre tout près de leur ferme...


Tandis que les habitants espèrent que l'implantation de cette nouvelle usine permettra à leur petit village de rester en vie, Marie se révolte contre cette situation nouvelle et le fait clairement savoir au maire ainsi qu'au PDG de l'entreprise ! Mais alors qu'ils se retrouvent tous au Salon de l'Agriculture où le bouc des Bodin's va remporter une médaille d'or, Maria convie Albert de Beauharnais et l'un des cadres de Mondialacta (Guillaume Clérice dans le rôle de Guy Laval) à boire en sa compagnie. Lors du Salon, elle et son fils retrouvent en outre un ancien habitant de Pouziou, Khalid (Kamel Abdelli), qui depuis s'est réinstallé dans son pays d'origine, le Maroc, avec sa fille Leila (Hajar Abourachid). Mais tandis que Maria, Christian, le PDG et son bras droit se sont enivrés plus que de raison, à leur réveil, ils constatent avec désarroi que Khalid les a fait traverser la Méditerranée pour atterrir au Maroc ! Surtout, Marie va rapidement découvrir qu'elle détient grâce à son fils Christian une vidéo compromettante d'Albert de Beauharnais datant de la veille et tournée au beau milieu de la soirée alors qu'ils étaient tout ivres... Le message de Frédéric Forestier, Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet est ici très clair. Car au delà des pitreries habituelles amorcées dès l'ouverture du long-métrage par Marie et Christian, Les Bodin's partent en vrille est pour le duo ainsi que le pour le réalisateur l'occasion de dénoncer la désertification des campagnes. Le film situe ainsi son action à Pouziou-les-trois-Galoches, petit village fictif reconstitué au cœur des ruelles de Preuilly-sur-Claise en Touraine. Comme en témoigne d'ailleurs le nombre réduit d'habitants, passant de cinq-mille durant sa plus florissante période, à quelques centaines d'âmes aujourd'hui... Le film est également l'occasion de traiter de l'arrivée d'une concurrence féroce entre l'industrialisation des productions fermières face à l'artisanat dont Maria et Christian semblent être désormais les seuls à se préoccuper. Reste que l'on ne change pas une équipe qui gagne et que tout comme Les Bodin's en Thaïlande, les gags et les bons mots s'enchaînent sans réel temps morts même si d'un point de vue qualitatif Les Bodin's partent en vrille se situe un cran en dessous de son prédécesseur...

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