Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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samedi 14 février 2026

Bad Lieutenant : Tokyo de Takashi Miike (202?)

 


 

Aussi insensé que cela ait pu paraître, le film culte d'Abel Ferrara Bad Lieutenant eut droit à une ''variation'' que certains évoquèrent soit comme une séquelle, soit comme un remake de l’œuvre originale. Et pourtant, de l'aveu même de son auteur, l'allemand Werner Herzog, The Bad Lieutenant: Port of Call New Orleans n'a officiellement rien à voir. Le cinéaste aurait même confié à l'époque n'avoir pas vu le long-métrage d'Abel Ferrara avant de mettre en scène le sien. Dont acte... Mais ce qui nous intéresse aujourd'hui est ce très excitant projet de relecture ''japonaise'' du concept de flic corrompu déplaçant désormais l'action au Pays du Soleil Levant. Celui de Takashi Miike, cinéaste génial mais aussi et sans doute un peu ''fou'', ultra-productif, et qui parmi ses œuvres les plus marquantes signa les cultissimes Visitor Q et Ichi the Killer au début du siècle. Alors que le projet semblait avoir été abandonné dans le courant des années 2000, Bad Lieutenant : Tokyo en serait en réalité dans sa phase de post-production. Ce qui, pour éclairer le profane en matière de création d'un film veut dire que le tournage est terminé et qu'il s'agit désormais de confier le montage, le mixage audio ainsi qu'une série d'opérations aux techniciens concernés... Couplé à la noirceur et au nihilisme d'Abel Ferrara, la violence et l'approche délirante inhérente à l'univers du japonais ont de quoi attiser la curiosité tandis qu'une version prétendument signée Werner Herzog avec Nicolas Cage en vedette avait eut de quoi inquiéter ! Long-métrage d'origine britannico-américano-japonaise, on sait d'ors et déjà que Bad Lieutenant : Tokyo réunira l'acteur japonais Shun Oguri, les britanniques Lily James et Harmeet Obhrai ainsi que la catcheuse américaine Gionna Daddio. Alors, doit-on s'inquiéter de voir débouler un jour en salle une nouvelle itération du classique d'Abel Ferrara trente-six ans après sa création ? S'il est difficile d'imaginer de quelconques interprètes capables de reproduire les intenses séquences tournées à l'époque autour de Harvey Keitel et Zoë Lund, connaissant le style totalement barge et décomplexé de Takashii Miike, il n'est pas impossible que Bad Lieutenant : Tokyo devienne au final aussi culte que l’œuvre originale. Patience...

 

The Secret de Pascal Laugier (2012) - ★★★★★★★☆☆☆



Il était vraiment temps de réévaluer le cinéma du cinéaste français Pascal Laugier qui depuis son passage par le Canada où il a signé ses deux derniers longs-métrages a radicalement changé son cinéma, celui outrancier de Martyrs pour un second, plus en accord sans doute avec ce que rechercherait le spectateur avide de sensations nouvelles. Du hardcore de son second long-métrage, il est passé à autre chose. A un cinéma émotionnellement accompli. Qu'il s'agisse de son tout dernier Ghostland ou bien même de The Secret dont il s'agit ici et qui date de 2012. ce qui manque à une grande majorité de films d'horreur et qui ici brille par son étonnante présence, c'est l'émotion, donc. Palpable dès les premières minutes. En filmant son infirmière tentant d'aider un nourrisson à revenir à la vie tout juste après sa naissance, le cinéaste parvient à bouleverser nos certitudes quant au contenu d'un film qui révélera, en effet, un secret tout à fait inattendu au beau milieu de l'intrigue.
Sans vouloir déflorer son contenu, disons que Pascal Laugier a réalisé à travers The Secret, une œuvre antinomique au puissant The Village du cinéaste américain d'origine indienne, M. Night Shyamalan.

Le cinéaste situe son intrigue à Cold Rock, une ville au nom fictif découverte après de longues recherches. Le choix de Pascal Laugier s'est donc porté sur l'ancienne ville minière de Nelson, en Colombie-Britannique, une province du Canada. Pour incarner le rôle principal, celui de Julia, infirmière et ancienne épouse d'un médecin qui a beaucoup apporté à cette petite ville qui depuis la fermeture de la mine est considérée pour beaucoup comme morte, le réalisateur choisit d’engager l'actrice Jessica Biel qu'il a découverte dans le remake de Massacre à la Tronçonneuse de Marcus Nispel. Outre The Village, The Secret, dans l'esprit, se rapproche également de l’œuvre de l'écrivain américain Stephen King puisque les enfants sont l'un des éléments les plus importants d'une intrigue où l'ombre du Tall Man (on trouve le film également sous cette appellation), cet individu créé par les habitants de Cold Rock pour justifier la disparition de dix-huit d'entre eux, paraît être celui qui les enlève. Mais plutôt que de proposer une histoire ultra-convenue, Pascal Laugier bouleverse les conventions et assène au spectateur un twist au beau milieu du film et le laisse atterré !

Comme dit plus haut, l'une des grandes forces de The Secret, c'est l'émotion qui s'en dégage. Merveilleusement écrit, le film, également scénarisé par Pascal Laugier, est remarquablement touchant, et ce, dès les premiers instants. Celui qui aurait dû se situer en seconde position dans la carrière de son auteur mais qui à force de réécritures fut remis à plus tard au profit du tournage de Martyrs en 2008, est sans doute le plus émouvant. Jessica Biel y est bouleversante, tout comme la plupart des interprètes qui ne se posent ici pas en simples faire-valoir mais possèdent une caractérisation suffisamment travaillée pour qu'on accorde à leur personnage un certain intérêt. Mais bien évidemment, celle qui porte le film sur son épaule, c'est bien Jessica Biel, qui dans un décor de ville minière transformée en un bouge habité par des rednecks (même les flics n'ont pas l'air très nets), est prodigieuse. Difficile d'évoquer l'histoire de son personnage sans révéler des indices cruciaux. Il faut juste se mettre en tête que The Secret est une œuvre puissamment évocatrice, dont la morale finale laissera sans doute perplexes certains spectateurs mais dont la mise en scène offre un spectacle fort réjouissant. Une interprétation inoubliable, un décor de ville-fantôme saisissant, une mise en scène et un montage brillants. Que demander de plus... ?

vendredi 13 février 2026

Classe moyenne d'Anthony Cordier (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En France, les comédies noires sont suffisamment rares pour faire l'objet de toute notre attention. Tandis que l'on attend le nouveau long-métrage de Jean-Christophe Meurisse qui en 2021 et 2024 a signé coup sur coup de joyaux de cynisme à travers Oranges sanguines et Les pistolets en plastique, en septembre 2025 il fallait se tourner vers le cinéma d'Anthony Cordier qui avec Classe moyenne allait comme on s'en doute traiter des différences de classes sociales. Mais dans le cas de cette comédie écrite aux côtés de Jean-Alain Laban, de Steven Mitz et de Julie Peyr, pas question de prendre parti pour les uns ou pour les autres membres des deux familles qui vont s'affronter dans ce véritable jeu de massacre. D'un côté, les Trousselard/De Préville. Une famille de bourgeois de classe supérieure définie à travers son langage châtié, son niveau de vie (la demeure où se déroule l'intrigue n'étant que la résidence secondaire du couple et de leur fille), ses références culturelles ou encore ses différentes professions. Philippe étant un très grand avocat, Laurence, une actrice célèbre et leur fille Garance ayant pour objectif de suivre les traces de sa mère. Du côté des Azizi, l'on descend d'un cran social pour se retrouver face à une famille de type classe ouvrière. Au service des Trousselard/De Préville qui se trouvent donc être leurs employeurs, Nadine et Tony vivent grassement de leur ''générosité'' en profitant d'une habitation mitoyenne à longueur d'année alors qu'il ne travaillent vraiment pour eux que trois mois par an. Autant de temps à devoir se plier à leurs exigences. Comme de déboucher une canalisation. Acte qui va contribuer à concentrer toutes les frustrations de Tony et de son épouse qui vivent avec leur fille Marylou. Du côté des Trousselard/De Préville l'on retrouve Laurent Lafitte et Elodie Bouchez, ici parents de Noée Abita qui incarne donc leur fille Garance. Face à eux, Ramzy Bedia et Laure Calamy incarnent alors ce coupe d'employés engagés au black pour un salaire n'égalant même pas celui du SMIC ! Accompagnés de leur fille Marylou qu'interprète la jeune Mahia Zrouki, ils vont mener une guerre face à ce couple qui l'exploite depuis plus de six ans...


Pas une seule fiche de salaire mais des mandats que Nadine a scrupuleusement conservé durant toutes ces années. Au cas où... Notons enfin la présence de l'acteur Sami Outalbali qui dans le rôle de Mehdi El Glaoui, le nouveau petit ami de garance, va se porter volontaire pour négocier auprès des Azizi une somme d'argent qui devrait éviter aux Trousselard/De Préville de se retrouver au tribunal. Car le problème est bien là. Alors que Tony a débarqué ivre un soir chez ses employeurs afin de leur dire leurs quatre vérités, ces derniers ont décidé de les virer lui et sa petite famille. Pourtant, rien ne sera aussi simple et les deux familles vont se battre chacune pour leurs ''droits''... Classe moyenne est une farce. Plus ou moins jouissive d'ailleurs. Dans un contexte de mépris de classe qui vaut autant pour les uns que pour les autres des personnages qui évoluent au sein des tensions, Anthony Cordier semble n'avoir pas voulu choisir vers quel bord se pencher. Les deux familles placées au premier plan de ce récit parfois ubuesque peuvent être vues comme vivant en symbiose. En une harmonie qui peut tout d'abord être vue comme parfaite (les Trousselard/De Préville n'ayant pas à se salir les mains en effectuant les tâches ingrates tandis que les Azizi profitent gratuitement d'une habitation pour laquelle ils ne payent donc aucun loyer), le long-métrage montre surtout que les apparences sont trompeuses et que même si d'emblée et de part leur position sociale les Trousselard/De Préville peuvent être vus comme des ogres dévorant les petites gens, les Azizi ont assez de jugeote et de clairvoyance pour avoir prévu très en amont ce qui pouvait advenir d'eux au moindre problème rencontré avec leurs employeurs... Ici, chaque interprète est à sa place au point que l'on n'imagine mal que Laurent Lafitte et Ramzy Bédia ou Élodie Bouchez et Laure Calamy aient pu échanger leur rôle. L'on appréciera le jeu d'acteur de toutes et tous et le soin apporté aux dialogues. Et si même l'on aurait pu espérer que le jeu de massacre aille encore plus loin dans la folie et la dérision, Classe moyenne reste un excellent exemple de comédie noire à la française...

 

jeudi 12 février 2026

Rocky II : la Revanche de Sylvester Stallone (1979) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avant d'évoquer la suite directe de Rocky de John G. Avildsen, j'en profite pour revenir sur deux points que j'avais oublié de rappeler. À commencer par la présence de l'acteur Joe Spinell, inoubliable interprète du film d'horreur de William Lustig Maniac en 1980 et qui dans le premier volet de la saga ainsi que dans le second incarne l'usurier italien Tony Gazzo. Employeur de Rocky Balboa dans le premier Rocky, ce dernier y recouvre des dettes. Bien que jouant de son physique impressionnant afin de faire pression sur les mauvais payeurs, le boxeur est pourtant incapable de faire le moindre mal autour de lui. Ensuite, il serait bien indélicat de passer à côté de la bande musicale composée par l'italo-américain Bill Conti qui avec Rocky premier du nom et surtout le célèbre thème Gonna Fly Now à durablement marqué les esprits, lequel demeure encore aujourd'hui un classique. Si Sylvester Stallone incarne toujours le rôle iconique de Rocky Balboa, l'acteur est aussi désormais derrière la caméra en lieu et place de John G. Avildsen qui deux ans après le premier opus signera de son côté la comédie romantico-musicale Slow Dancing in the Big City. Toujours écrit par Sylvester Stallone lui-même, Rocky II : La Revanche n'est pas le premier long-métrage que l'acteur signe en tant que réalisateur. Avant cela, il mis en scène La taverne de l'enfer en 1978 et signera plus tard Les faucons de la nuit, Rocky III : L’œil du Tigre, Staying Alive ou encore les épisodes quatre et six de la saga et même le volet le plus violent de la franchise Rambo avec John Rambo... Lorsque démarre le second chapitre, le récit revient sur les dernières minutes qui opposèrent Rocky à Apollo Creed, toujours incarné ici par Carl Weathers. Parmi les principaux interprètes l'on retrouve d'ailleurs ceux du premier long-métrage. Et parmi eux, Talia Shire dans le rôle d'Adrian, Burt Young dans celui de Paulie, Burgess Meredith dans la peau de l'entraîneur Mickey et donc Joe Spinell dans celle de Tony Gazzo. L'on connaît bien sûr l'issue du match puisque le champion du monde conserva son titre bien que pour beaucoup, le combat fut remporté par Rocky. Face à la curée, Apollo propose sa revanche à Rocky. Mais ce dernier, qui depuis s'est marié à Adrian et vit désormais confortablement avec elle grâce aux gains qu'il a remporté lors du match, a promis à sa nouvelle femme qu'il arrêtait les combats ! Malheureusement, l'argent n'étant pas inépuisable et sa jeune épouse étant enceinte, cette dernière est contrainte de reprendre son ancien travail d'employée à l'animalerie...


Rocky trouve grâce à son beau-frère Paulie un emploi précaire à l'abattoir. Mais le contexte social étant ce qu'il est et l'entreprise n'étant pas vraiment florissante, une compression du personnel oblige son employeur à renvoyer Rocky au bout de quelques jours seulement. Pendant ce temps, dans les médias, Apollo Creed ne cesse d'humilier son ancien adversaire qui s'est juré de ne plus remonter sur un ring. Dans l'entourage du boxeur, tout le monde se moque de celui que l'on ne nomme plus ''L'étalon italien'' mais ''La poule-mouillée italienne''. Après plusieurs péripéties, Rocky acceptera finalement de remonter sur le ring comme on le devine et comme le laisse de toute manière présager le titre... On ne change pas une équipe et des thématiques qui fonctionnent et pour cette séquelle du mythique Rocky, Sylvester Stallone continue d'opposer l'ego des deux boxeurs. D'un côté l'on a un Rocky demeuré humble, accompagné des mêmes qualités et des mêmes défauts. Désormais marié à Adrian et dilapidant l'argent gagné à travers l'achat d'une voiture, la location d'un appartement et de cadeaux offerts à ses plus proches amis. De l'autre, l'on a un Apollo Creed obnubilé à l'idée d'affronter de nouveau son ancien adversaire afin de prouver définitivement qu'il mérite bien son titre de champion du monde. Le script de Sylvester Stallone joue en outre sur le contraste entre les milieux sociaux des deux hommes à travers l'entraînement de l'un et de l'autre. Rocky s'entraînant dans des conditions rudes et précaires tandis qu'Apollo peut compter sur une formation optimale... La place d'Adrian et plus importante que jamais au sein de la saga. Son personnage crée le lien entre les événements et cette émotion qui déjà était présente dans le premier opus prend une place bien plus importante dans Rocky II : La Revanche. Notamment lorsque celle-ci tombe dans le coma après avoir mis au monde son enfant... Le film est axé sur la célébrité, l'échec et l'envie de réussir. À ce titre, Rocky II : La Revanche peut être vu comme une allégorie. Le combat permanent d'un homme qui chute, puis se relève, puis tombe à nouveau pour enfin atteindre son but. Plus intense encore que le premier combat opposant Rocky et Apollo, le match est aussi et surtout beaucoup plus violent. D'un point de vue technique, cette longue séquence est aussi bien mieux gérée au niveau du cadre, du montage et de la chorégraphie...

 

mercredi 11 février 2026

Rocky de John G. Avildsen (1976) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avec la série de films Rambo le premier volet réalisé par Ted Kotcheff a vu le jour en 1982, Rocky est l'un des deux héros du cinéma américain à avoir rendu mondialement célèbre l'acteur Sylvester Stallone. L'un prenant pour cadre la petite ville forestière de Hope, cité imaginaire servant de premier point de chute à un ancien béret vert venu simplement se restaurer. Mais en chemin, il croisera la route du shérif Will Teasle, lequel refusera la présence de John Rambo et le ramènera à la sortie de la ville. Ce dernier choisissant alors d'ignorer les recommandations du représentant de la loi en se présentant de nouveau en ville. Six ans avant de traiter du retour particulièrement difficile à la vie civile d'un ancien soldat ayant combattu durant la guerre du Vietnam, à l'origine du scénario de Rocky, un combat. Celui qui opposa alors le 24 mars 1975, le champion du monde des poids lourds WBA et WBC Mohamed Ali à Charles Wepner, un autre américain qui contrairement au héros incarné par Sylvester Stallone dans le film a déjà à l'époque une importante carrière de boxeur derrière lui puisqu'elle débuta onze ans en arrière, à l'âge de vingt-cinq ans et qu'il était déjà connu des amateurs de boxe grâce à son surnom de Saigneur de Bayonne dû à ses fréquentes blessures lors des combats. Écrit par Sylvester Stallone lui-même, le script de Rocky n'est pas qu'un scénario bête et méchant conçu sur un coin de table en quelques lignes seulement. Tout comme Rambo après lui, le film de John G. Avildsen, auteur plus tard des trois Karate Kid entre 1984 et 1989 et du cinquième opus de la saga Rocky en 1990, dresse le portrait intimiste et sociologique d'une Amérique à deux facettes. Celle de l'argent, du pouvoir et de la célébrité, comme l'incarne l'acteur afro-américain Carl Weather dans le rôle d'Apollo Creed, qui plus que le champion du monde des poids lourds est surtout une star que les médias s'arrachent. Puis celle de l'américain moyen, vivant dans de pitoyables appartements situés eux-mêmes dans des quartiers relativement pauvres. L'accent est ici majoritairement mis sur cette frange de la société, incarnée non seulement par un Sylvester Stallone/Rocky Balboa qui veut s'en sortir et prouver qu'il n'est pas un bon à rien, mais également par un entourage du même milieu. À commencer par Adrian (Talia Shire), charmante employée d'une animalerie, timide et réservée et dont est amoureux notre boxeur amateur. Vient ensuite Paulie (Burt Young), le frère plus âgé de la jeune femme. Homme issu de la classe ouvrière travaillant dans un abattoir et ayant conservé une certaine rancœur vis à vis d'une existence qu'il considère ratée et qu'il noie dans l'alcool. Le futur succès et la nouvelle popularité de Rocky n'auront d'ailleurs de cesse que de cultiver chez Paulie une certaine agressivité mâtinée de jalousie...


Puis vient enfin le personnage de Mickey (Burgess Meredith), personnage central dans l'existence de son poulain auquel cependant il ne semble pas vraiment croire. En effet, après été entraîné par cet ancien boxeur raté, Rocky se voit mettre à la porte de la salle d'entraînement où il avait pourtant ses habitudes depuis six ans ! Ceux qui ne connaissent pas encore Rocky s'imaginent sans doute que le principal intérêt du long-métrage de John G. Avildsen se situe au niveau du monde de la boxe et du légendaire combat que son héros et Apollo Creed mèneront durant les dix ou quinze dernières minutes du récit mais tout comme Rambo ne sera pas six ans plus tard qu'un film de guerre urbaine entre un seul homme et une armée de soldats et de représentants de la loi, Rocky n'est pas qu'un film sur le sport en général et sur la boxe en particulier. On peut même dire qu'entre le combat final et les quelques séquences filmées dans la salle d'entraînement Mighty Mick’s, celles-ci ne représentent qu'une part congrue du récit. Notons d'ailleurs que si la salle existe réellement, le nom est lui tout à fait imaginaire puisque le lieu utilisé à l'occasion du tournage est le Front Street Gym, une véritable salle de sport ou amateurs et professionnels de la boxe avaient l'habitude de s'entraîner. Concrétisant l'aspect brut et réaliste des lieux et qui d'ailleurs est l'une des marques de fabrique de ce Rocky tourné dans le jus de la ville. Et notamment dans le quartier de Kensington situé dans la partie sud de Philadelphie. Manière de montrer la dureté de la vie pour ses habitants, parmi lesquels Rocky tentera donc de s'extraire à travers l'opportunité de changer d'existence lors du combat qui l'opposera à Apollo Creed. Rocky est donc d'abord un drame. Touchant, émouvant, Sylvester Stallone incarnant l'un de ses plus grands rôles au cinéma. Aux côtés d'interprètes très justes et dont les personnages se révèlent eux-mêmes très touchants. Comme la relation entre le boxeur et la timide employée d'animalerie. Ou les personnages de Paulie et de Mickey. Dans un autre ordre d'idée, nous avons Apollo Creed. Personnalité sûre d'elle et donc arrogante. Son manque de sérieux et de préparation face au combat qui l'attend témoignant d'ailleurs du caractère suffisant de la star de la boxe. On connaît d'ailleurs la suite et l'issue du récit. Car même si Rocky finit par perdre le combat, la légende est bien née. Sur grand écran et dans l'imaginaire des spectateurs... À tel point que cinq autres longs-métrages verront le jour entre 1979 et 2006. Sans compter les trois spin-off qui verront le jour entre 2015 et 2023 sous le titre Creed...

 

mardi 10 février 2026

God Save the Tuche de Jean-Paul Rouve (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

God Save the Tuche de Jean-Paul Rouve serait-il le témoin d'un regain d'intérêt de la part du public hexagonal pour la comédie franchouillarde ? La réponse semble être positive si l'on tient compte des chiffres ''faramineux'' qu'obtint le cinquième volet de la franchise avec ses trois millions d'entrées. Un chiffre rêvé pour nombre de comédies françaises à n'avoir pas même dépassé les cinquante ou cent-mille entrées durant leur diffusion en salle... Nous allons malgré tout commencer par une anecdote tout à fait saisissante : Car n'en déplaise à celles et ceux qui ont détesté les cinquièmes aventures des Tuche, Jean-Paul Rouve a ici réussi le tour de force de convaincre le Roi du Royaume-Uni Charles III, son épouse la Reine Consort Camilla, ainsi que le chanteur britannique Sir Elton John à participer dans leur propre rôle au tournage du film. Un exploit qui balaie évidemment tous les défauts inhérents à l'écriture, à la mise en scène et à l'interprétation......................... T'y a cru, patate crue ? Pour ce cinquième et dernier rattrapage de 2025 (parce qu'après ça, faudra voir à tourner la page), c'est donc avec God Save the Tuche que l'on conclue cette courte série de longs-métrages qui l'année dernière m'avaient échappé. Et pas des meilleurs s'agissant de cette purge qui prouve une fois encore que '' Le Grand Déplacement '' de la comédie française sur le territoire britannique n'est pas la meilleure idée que le cinéma hexagonal ait eu ces vingt ou trente dernières années (Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté de Laurent Tirard demeurant l'un des plus piteux exemples)... God Save the Tuche, c'est un peu l'idée que l'on peut se faire lorsque l'on veut comparer sa projection à la mort par hypothermie. S'enfermer dans une salle de cinéma pour y voir projeter voilà près d'un an sur grand écran ou désormais chez soi, sur support physique ou dématérialisé est un peu comme de se retrouver emprisonné dans une chambre froide à attendre que la température baisse au point que l'on ressente fatigue, confusion, engourdissement pour finir enfin par un arrêt respiratoire...


Notons que dans le cas de God Save the Tuche, la comparaison s'arrête très précisément au moment où le froid cause une certaine désorientation. Laquelle peut être alors éventuellement comparée au désordre, au chaos, au cataclysme déclenché dans notre cerveau par une profusion de vannes sorties probablement tout droit des tiroirs poussiéreux conservant les archives de feux Les Robins des Bois. Devant tant d'indigence, débitées à la vitesse d'une machine à compter les billets dépensés pour l'achat des millions de places, Jean-Paul Rouve ainsi que les scénaristes Philippe Mechelen, Julien Hervé et Nessim Chikhaoui n'ont alors de cesse que d'étouffer les spectateurs sous un flots de blagues et de situations aussi gênantes qu'inefficaces. Mais si la sensation de mourir par le froid n'est paraît-t-il pas la pire façon d'expirer, nous engluer de centaines de phrases jouant pour la plupart sur le concept de ''jeux de mots'' n'est elle, pas non plus la plus mauvaise idée qu'aient eu les auteurs du film. En effet, autant mourir de froid semble être moins rude que de périr noyé ou brûlé, autant accumuler les gags toutes les quatre ou cinq secondes dans l'espoir que certains d'entre eux fonctionnent a des chances, parfois, de fonctionner. Nous retrouvons la clique habituelle, l'acteur, scénariste et réalisateur prenant la suite d'Olivier Baroux et réunissant à son tour Isabelle Nanty, Claire Nadeau, Pierre Lottin, Sarah Stern, Théo Fernandez et dans le rôle du petit-fils Jiji, le jeune Aristote Laios qui après avoir joué dans Yao de Philippe Godeau en 2018 intègre désormais la famille Tuche. Notons enfin, les présences d'Elise Larnicol dans le rôle de la Reine d'Angleterre, Bernard Menez dans celui du Roi ou encore le britannique Ray Johnson dans celui de Sir Elton John...

 

lundi 9 février 2026

Twins de Lamberto Bava (202??)

 


 

Certains se posent-ils encore la question ? En grand pourvoyeur de frissons de plus ou moins bonne qualité, Lamberto Bava a surtout marqué l'esprit des cinéphiles grâce au deux Démons sortis en 1985 et 1986 et des téléphages à travers d'improbables téléfilms parmi lesquels l'un des plus ''illustres'' demeure La caverne de la rose d'or réalisé entre 1991 et 1996... Alors que l'on ne sait toujours pas si jour nous aurons la chance ou le malheur de le découvrir en salle, en VOD ou sur support physique Twins se fait attendre maintenant depuis maintenant huit ans. Une date qui reste à confirmer puisque selon les sources, certains l'estiment être plus récent et d'autres plus vieux ! Fils de Mario Bava, grand cinéaste italien qui réalisa de nombreux et fameux gialli et films d'horreur, Lamberto Bava n'a plus rien tourné depuis la série 6 Passi nel Giallo en 2012 et dont il réalisa la moitié des épisodes. Dire que son retour est attendu serait un peu exagéré. Le fan de cinéma a déjà bien à faire, à espérer par exemple un retour en grande forme de la part de Brian De Palma dont on prie pour que son futur Sweet Vengeance soit à la hauteur de nos attentes... Depuis 2018 et la diffusion de sa bande-annonce, Twins n'avait plus fait reparler de lui. Bloqué en phase de post-production, il semblerait qu'il y ait eu dernièrement du mouvement en Italie. Les fans du cinéaste espérant évidemment que le film arrive un jour au terme de sa production pour, au mieux, s'afficher sur grand écran et au pire, être proposé par une plateforme de streaming. Connaissant Lamberto Bava et sa propension à signer des œuvres délicieusement kitsch, il suffit de jeter un œil sur le trailer pour se convaincre que ce film, si par bonheur/malheur il est mis à destination des spectateurs, est assez pauvre visuellement. Un film cinéma ? Un téléfilm ? Toujours est-il que comme semble le confirmer l'affiche ainsi qu'une très courte séquence en fin de bande-annonce, Gérard Depardieu fait partie du casting...


Il incarne dans Twins l'évêque Tarcisi Lombard aux côtés d'autres interprètes dont Lars Eidinger et Frédéric Lerner qui interprètent respectivement les pères Paul et Michel. La star française dont les vies privée et publique ont été rendues compliquées après qu'il ait été dénoncé pour agressions sexuelles incarne donc un homme d'église chargeant les deux prêtres d'exorciser Eva et Greta, deux jeunes sœurs jumelles adoptées après le massacre de leur famille et qui montrent désormais des signes d'infestation démoniaque. Ce que l'on sait également, c'est que l'actrice Isabella Orsini interprète la directrice d'un asile tandis que les deux gamines possédées sont incarnées à l'écran par Rabeah Rahimi et Damiana Fiammenghi. Plus étonnant, David Hallyday semble y interpréter un tout petit rôle... Ce que l'on sait en outre de source sûre est que le tournage des différentes séquences du film est bel et bien arrivé à son terme. En grand opportuniste et en petit malin, Lamberto Bava, lors d'une interview, annonçait indirectement que le film pourrait être maudit. Et même s'il ne l'exprima pas en ces termes mais de manière beaucoup plus subjective, son allusion à la mort de plusieurs personnes ayant travaillé sur le projet plusieurs mois après la fin du tournage et le sujet tournant autour du Diable laissent en effet planer l'idée selon laquelle le film pourrait connaître le même sort (et le même type de marketing, à l'occasion) que la trilogie Poltergeist en son temps... Maintenant, ne reste plus qu'à s'armer de patience. Mais vus les problèmes rencontrés par Gérard Depardieu avec la justice française (égratignant au passage son image), ce nouvel imprévu s'ajoutant à la difficulté de trouver des distributeurs au film risque de condamner Twins à ne plus devenir qu'un fantasme inassouvi de cinéphile...

 

dimanche 8 février 2026

1978 de Luciano et Nicolas Onetti (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Quelle affreuse déception... Quelle horrible impression d'avoir été trompé sur la marchandise... Enfermé dans un très joli écrin (Affiche et bande-annonce), son contenu est en revanche très discutable d'un point de vue technique et artistique. Tandis que les frères Luciano et Nicolas Onetti situent l'action de leur dernier long-métrage durant la coupe du monde de football ayant eu lieu en 1978 en Argentine, les deux hommes profitent de l'occasion pour régler leurs comptes avec la très violente dictature militaire qui fut mise en place entre le 24 mars 1976 et le 10 décembre 1983 à la suite du Coup d’État ayant visé la présidente Isabel Perón. Différents chefs de la junte militaire se succèdent alors à la tête de cette dictature, laquelle sera la cause d'environ trente-mille disparitions, d'arrestations illégales, ou de tortures systématiques exercées dans des centres de détention clandestins... C'est donc visiblement dans l'optique de traiter de ce sujet que les deux réalisateurs et scénaristes ont écrit ensemble et avec l'aide de Camilo Zaffora avec lequel ils ont déjà travaillé sur plusieurs projets, le script de ce long-métrage plutôt court puisque n'excédant pas les quatre-vingt minutes. La bande-annonce tout d'abord. Riche de bruit, de fureur et de plans qui laissent entendre que certains protagonistes vont passer un sale quart-d'heure. Des séances de tortures, de viols, d'humiliations et de meurtres que l'on pense d'emblée être insoutenables ! Un torture-porn historique éduquant son public sous le prisme du cinéma d'horreur le plus décomplexé. Le plus trash, aussi. Enfin, ainsi l'espérions-nous... Et au final ? 1978 est pire qu'une douche froide ; une douche gelée. Qui vous soulève le cœur, augmente vos palpitations et ce, pour les mauvaises raisons. S'il est vrai que l'on retrouve dans des versions forcément plus longues les quelques visions cauchemardesques effleurées dans la bande-annonce, l'espoir d'être incommodé, dérangé ou épouvanté par l'étalage de tortures plus sadiques les unes que les autres retombe comme un soufflé. C'est pourtant avec un luxe de perversité qui débute par quelques paroles faussement rassurantes à l'encontre de leurs victimes que Carancho (Carlos Portaluppi) ou Moro (Mario Alarcón) insinuent que ces dernières vont subir un véritable calvaire. Dans des décors qui ne sont pas sans rappeler ceux de nombreuses productions horrifiques, sombres dédales menant à l'Enfer, les deux frères mettent en scène toute une succession de tortures. Comme des décharges électriques de huit-cent volts sur les tétons ou la pratique du waterboarding, consistant à recouvrir le visage de la victime d'un chiffon avant de l'arroser d'eau afin de la faire suffoquer...


Dans un même ordre d'idée, l'on soupçonne d'entrée de jeu que l'on va avoir droit à quelques menus tourments particulièrement épicés, lesquels, cependant, ne demeureront qu'à l'état de projet... Au delà de la déception que revêt la contribution relativement réduite des actes de barbarie projetés à l'image, Luciano et Nicolas Onetti s'y connaissent malgré tout en matière d'ambiances lourdes, malsaines, mortifères... Accompagné par une bande musicale composée par Luciano Onetti lui-même, 1978 est à ce titre plutôt réussi. Le vrai malaise, celui qu'il convient de retenir s'agissant de toute cette affaire, est d'imaginer qu'en arrière-plan de la coupe du monde de football ayant eu lieu en Argentine cette année là, le contraste entre la joie que pouvait éprouver le peuple au moment de la victoire de son pays et les horreurs perpétrées parfois à seulement quelques centaines de mètres des stades peut être moralement éprouvant pour le spectateur capable de se projeter intellectuellement en plein cœur de ces deux événements majeurs et antinomiques du pays ! Mais alors, que penser de ce revirement de situation à trois-cent soixante degrés dont la violente intrusion irait même jusqu'à arracher la tête de celui qui l'a pourtant bien ancrée sur ses épaules ? Ici, la tâche des tortionnaires étant de faire avouer aux prisonniers leurs liens avec des mouvements extrémistes de gauche, l'on va rapidement se rendre compte que les geôliers n'ont pas fait arrêter les bonnes personnes et que celles et ceux qu'ils sont en train d'interroger sont les membres d'une secte satanique. Et lorsque ces derniers finissent par se révolter contre leurs bourreaux, c'est l'enfer qui se déchaîne sur Terre... Malheureusement, si l'on devine que 1978 a été tourné à l'aide d'un budget étriqué, c'est parce qu'à l'image, le spectacle est souvent affligeant. L'on a parfois l'impression d'un Soap Opera gore, aux effets-spéciaux ultra datés, à l'interprétation théâtrale et surtout, au jeu d'acteur parfois ringard. À l'image des membres de la secte, justement. Gesticulant devant la caméra, tentant ainsi de vainement générer l'effroi pour au contraire engendrer des rires sarcastiques. Pas vraiment Z, ni nanardesque, 1978 est en réalité une fausse promesse. Un contexte horrifico-historique terriblement mal exploité pour un résultat qui frise l'indigence...

 

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