En soixante-dix huit longs-métrages et en trente-deux ans de
carrière, le réalisateur italien Marino Girolami a touché à tous
les genres et a même laissé derrière lui à l'attention des
amateurs de nanars horrifiques, le ''légendaire'' Zombi
Holocaust
connu en France sous le titre La terreur des
zombies !
Autant dire que est à l'opposée de ce film d'horreur qui fait
hurler de rire lors des soirées arrosées tout en étant capable
d'endormir le sauvage sagement assis tout seul devant sa télé.
Sorti chez nous sous le titre L'autre côté de
la violence
le 06 juillet 1977 soit un an tout rond après sa diffusion dans les
salles italiennes, Roma, l'altra Faccia della
Violenza
est un thriller d'excellente facture. Ce que l'on appelle dans son
pays d'origine, un Poliziottesco.
Sous-genre du film policier qui s'inscrit dans le contexte des Années
de Plomb qui entre la fin des années soixante et le tout début des
années quatre-vingt marquèrent le pays à travers des tensions
politiques débouchant sur des actes de terrorisme et sur une
violence généralisée. Si le long-métrage de Marino Girolami s'en
tient tout d'abord à un sujet principal, celui d'un petit groupe de
policiers traquant une bande de quatre voyous adeptes de vols,
d'agressions physiques, de viols et de meurtres, Roma,
l'altra Faccia della Violenza
se distingue ensuite par sa critique sociale. Confrontant une
jeunesse radicale qui par manque de perspective d'avenir ou par
simple snobisme vis à vis du monde adulte et de la société en
général s'engage dans une violence et une révolte extrêmes. Le
film démarre pourtant de manière classique. Quatre criminels
conquièrent les rues de la ville à la recherche de mauvais coups.
Jusqu'au jour où ils dépassent les limites et causent la mort d'une
jeune femme lors d'une soirée chic se déroulant dans une luxueuse
demeure. Lorsque le père de la jeune victime, le Docteur Alessi
(Anthony Steffen), apprend que celle-ci n'a pas survécu à la balle
qu'elle a reçu dans la poitrine, il se rend, furieux, jusqu'au
commissariat où il critique la mollesse de la police. Et notamment
celle du Commissaire Carli qu'interprète à l'écran l'acteur Marcel
Bozzuffi...
Un
flic qui dans ce contexte particulièrement tendu où la jeunesse
s'égare et où la pègre est prête à en venir directement aux
mains face aux quatre criminels qui lui fond du tort, s'avère
capable de contenir sa colère. Profondément humain comme en
témoigne notamment son rapport au jeune marginal Stefano (Umberto
Liberati) auquel il tente d'apporter un peu d'aide, Carli se retrouve
devant une affaire relativement complexe à mener. Entre un témoin
du meurtre qui se rétracte après avoir reçu une alléchante
proposition d'acquisition d'un magasin de fleurs, des suspects qui
n'en sont finalement plus, un père épris de vengeance qui va mener
à bien une ''odyssée'' meurtrière afin d'éliminer les véritables
coupables du meurtre de sa fille, des gosses de riches intouchables
et entourés d'avocats véreux, il est clair que le commissaire va
avoir du pain sur la planche. À l'époque de sa sortie en salle,
Roma, l'altra Faccia
della Violenza
fut interdit chez nous aux moins de seize ans. D'une violence tout
relative en comparaison de ce qu'étalent de nos jours nombre de
longs-métrages, il est vrai que le contexte dans lequel évoluent
les personnages s'avère assez âpre. Des fusillades en pagailles qui
parfois font des victimes innocentes tuées à cause d'une balle
perdue. Le père de famille subissant notamment une agression de la
part de trois des quatre voyous qu'il traque. Un double viol commis
dans une serre. Et puis des séquences de courses-poursuites assez
énergiques, avec des flics qui préfèrent passer leur temps à
tirer des coups de semonce en l'air tandis que les criminels, eux,
laissent derrière eux nombre de cadavres. Notons que le film offre
une séquence particulièrement gratinée durant laquelle un criminel
en fuite se fait écraser par un autobus. Avec ce que cela peut
sous-entendre comme conséquences sur le corps de la victime. Une
scène bien gore ! Écrit par Marie-Claire Solleville, Vincenzo
Mannino et Gianfranco Clerici, Roma,
l'altra Faccia della Violenza
est accompagné par une sympathique partition musicale signée
deVince Tempera, Fabio Frizzi et Franco Bixio. Bref, un très bon, et
même un excellent Poliziottesco...
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