Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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lundi 22 juin 2026

La prison du viol (Jackson County Jail) de Michael Miller (1976) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Avec son titre français fort racoleur, La prison du viol (traduction réductrice et quelque peu déformée de Jackson County Jail) pourrait passer pour un énième film d'exploitation de type W.I.P et pourtant, ce long-métrage signé de Michael Miller dont le plus ''célèbre'' fait d'arme reste l'étonnant Silent Rage (Horreur dans la ville) avec Chuck Norris et qu'il réalisa en 1982 mérite toute l'attention du cinéphage et même parfois du cinéphile qui sommeille, je l'espère, en chacun de nous... D'abord parce qu'il nous présente un duo de personnages principaux relativement intéressant. D'un côté, Dinah Hunter, cadre publicitaire originaire de Los Angeles qui après avoir essuyé un refus de diffusion de sa dernière création et des propos excessivement misogynes de la part d'un de ses clients venu assister à la projection de sa nouvelle publicité va connaître les vingt-quatre heures les plus intenses de son existence. De l'autre, Coley Blake. Un voleur vivant en marge de la société et dont les activités criminelles semblent être une véritable profession de foi ! Si la rencontre entre cette séduisante citadine et ce charismatique individu originaire d'un monde déjà nettement plus rural paraît improbable, celle-ci va pourtant sceller cette ''union'' certes de courte durée mais d'une intensité réelle. Au terme d'un récit qui ne perd pas de temps en palabres inutiles ni en considérations théoriques produisant un clash entre civilisation et existence arriérée, on se demande qui de l'actrice Yvette Mimieux ou de son personnage de Dinah Hunter le réalisateur déteste le plus... Car comment expliquer cet acharnement avec lequel Michael Miller multiplie les malheurs de son héroïne. Autant en 1984, Brian De Palma jouera de cette même persécution avec le personnage de Jake Scully dans le chef-d’œuvre Body Double en licenciant le protagoniste de son emploi de comédien avant que celui-ci ne découvre que sa petite amie le trompe avec un autre pour au final le faire tomber dans un piège, autant toucher à un personnage féminin, et en l'occurrence la sublime Yvette Mimieux, est déjà beaucoup plus dérangeant. Car en l'espace de quelques heures, Dinah va démissionner de son emploi, découvrir que l'homme avec lequel elle vit depuis deux ans invite chez eux de très jeunes femmes, se faire voler sa voiture par un jeune couple qu'elle avait pourtant eu la gentillesse de prendre à son bord (dont un Robert Carradine jeune et donc fort méconnaissable), se faire agresser par un barman auquel elle demandait de l'aide et enfin se retrouver en prison pour l'agression mensongère du dit propriétaire du bar...


Et comme si cela ne suffisait pas, Dinah sera violée par l'un des adjoints du shérif avant qu'elle ne se défende et ne le tue à l'aide d'un tabouret... Lorsque l'on remonte rétrospectivement le fil des événements, l'on pense ironiquement que la jeune femme aurait finalement mieux fait de fermer sa gueule lorsque ce gros plein de soupe critiqua son travail publicitaire quelques heures auparavant... Au-delà de cette authentique tragédie qui confinerait presque à la parodie si tout n'était pas que pur malaise, le véritable intérêt de La prison du viol reste bien évidemment la rencontre entre Dinah et Coley qui de son côté est interprété par l'excellent Tommy Lee Jones. Et putain ce qu'il pouvait être beau lorsqu'il avait trente ans, son âge lors du tournage du film ! Un rebelle bien charpenté, barbe de trois jours, cheveux mi-longs, caractère trempé du mâle que l'on supposerait un brin macho mais qui derrière ses manières un peu rustres cache peut-être en réalité, un héros incompris. Incompris, oui, de la société mais aussi des autorités policières qui aimeraient l'ajouter à leur tableau de chasse. Et c'est bien cette relation entre deux êtres que tout différencie qui rend le film parfois si touchant. Et ce, derrière un script d'une noirceur parfois stupéfiante. D'un pessimisme outré jusque dans son dernier plan, La prison du viol n'est pas juste un road-movie criminel, une cavale infernale ou une hypothétique histoire d'amour tuée dans l’œuf ! Car outre la description d'une ruralité qui aligne consciencieusement les portraits de culs-terreux, le long-métrage de Michael Miller sert de base à une relation courte et intense entre deux individus de milieux différents qui par la force des choses sont poussés par un même ''désir'' d'évasion. On ne saura jamais en conclusion quel sort attendra Dinah et c'est sans doute mieux ainsi. À ranger aux côtés de Bonnie et Clyde d'Arthur Penn, de La Balade sauvage de Terrence Malick ou de Thelma et Louise de Ridley Scott...


dimanche 21 juin 2026

Red Rabbit lodge de Kevin Khachan (2026) - ★☆☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Avant toute chose, petit jeu : Le premier ou la première qui parvient à me citer un film de 2026 plus mauvais encore que celui dont nous allons parler dans cet article aura toute ma sympathie. Un ''cadeau'' qui n'a, il est vrai, pas grande valeur mais par les temps qui courent, c'est toujours mieux que rien... Avant de me dans l'écriture de cet article consacré à Red Rabbit Lodge du réalisateur, scénariste, producteur et directeur de la photographie américain Kevin Khachan, j'ai eu la curiosité d'aller jeter un œil à sa biographie. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que le bonhomme est comparé à Dario Argento, l'un des maîtres incontestés du Giallo. Mais le meilleur restait à venir puisque selon IMDB, Kevin Khachan serait carrément un ''cinéaste de renommée internationale connu pour sa narration innovante et sa mise en scène qui repousse les limites...''. Okay ! J'veux bien. Mais de quelles limites parle-t-on ? Celles de l'indigence ? Celles de l'amateurisme ? La célèbre base de données en ligne consacrée au cinéma mondial ne s'arrête pas là. Il faut le voir pour le croire ! En effet, IMDB continue ainsi en évoquant un film ''largement acclamé'', ''mettant (par la suite) en valeur son talent pour la création de récits captivants''... Et c'est ainsi que je découvre alors que le site est ouvert à toute modification de la part de n'importe quel utilisateur ayant un compte IMDB ! Bref, je commence à comprendre une chose, que je ne peux évidemment pas prouver, mais il est fort probable que Kevin Khachan lui-même ait écrit sa propre bio sur la page qui lui est consacrée. Car alors, comment expliquer de tels propos lorsque l'on découvre pour la première fois son œuvre. À commencer justement par ce Red Rabbit Lodge qui restera sans doute cette année comme l'un des plus mauvais films tous genres confondus. Un long-métrage que l'on rangera sans doute dans le top cent des plus mauvaises productions de l'histoire du cinéma d'horreur. S'attaquant à un genre dont il ne connaît que les codes préliminaires. Un tueur masqué, tuant à l'arme blanche et dont l'identification ne devrait logiquement aboutir qu'en fin de récit. Anecdote plus ou moins amusante : le film tourne autour d'une poignée de jolies jeunes femmes lors d'une soirée masquée dans une grande demeure filmée en contre-plongée façon Psychose d'Alfred Hitchcock.


Ne parvenant pas à rembourser le prêt immobilier qu'elle a contracté, Victoria propose de louer certaines chambres à de jeunes fmmes. Déguisées qui en Marilyn, qui en danseuse étoile, qui en soubrette ou qui en nonne, à un moment, cette dernière est mise en scène par Kevin Khachan lors d'une séquence durant laquelle le réalisateur semble vouloir rendre hommage à Abel Ferrara et à son mythique L'ange de la vengeance ! Pathétique ! Le film s'ouvre sur une séquence se produisant vingt ans avant les événements qui vont ensuite servir de matière au récit. Une jeune femme se caresse devant un film pornographique avant d'être rejointe par celui qu'elle croit être son petit ami mais qui en réalité se révèle être un tueur en série affublé d'un masque ridicule. S'ensuit un générique qui fait effectivement référence aux Gialli de Dario Argento et d'autres cinéastes italiens et puis... plus rien... ou presque. Le long-métrage, qui pourtant n'excède pas les quatre-vingt six minutes est d'une platitude abyssale. Mise en scène inexistante. Dialogues au rabais. Interprétation ca-ta-stro-phi-que, montage à la serpe, photographie de Soap Opera, scénario.................. hein ? Quoi ? Quel scénario ? Y'en a pas ! Sur près de quatre-vingt dix minutes, on a droit à plus d'une heure et quelque de ventres mous. Red Rabbit Lodge est aussi passionnant à regarder qu'une vidéo tournée lors d'une soirée entre potes par un cameraman en herbe. Les ''acteurs'', c'est comme cela que l'on ose les appeler, font mine de danser lorsque la caméra tourne, ou de crier lorsque le tueur se décide enfin à venir interrompre d'interminables lignes de dialogues qui n'ont probablement pas été écrites avant le début du tournage mais plutôt improvisées par ces quelques jolies poupées dont la silhouette est le seul attrait du film ! Vous vouliez du sang. Faites demi-tour ! En effet, les quelques gouttes qui surgissent à l'écran ne satisferont sans doute pas votre appétit en matière d'hémoglobine. C'est d'un chiant, les amis, vous n'imaginez même pas... Et puis, cette musique, atroce, signée d'un certain Daniel Stone et qui pourtant semble avoir été générée par Intelligence Artificielle. Bref, Red Rabbit Lodge est une.... MERDE ! Pas un film, une MERDE !!!

 

samedi 20 juin 2026

Savage Water de Paul W. Kener (1979)



Je l'écrivais il y a de cela, dans deux jours (ne cherchez pas le sens de cette phrase), certains films gagnent à être traduits, puis doublés en français. Savage Water fait partie de ces improbables bobines qui ne peuvent laisser indifférent. Certainement pas grâce à son scénario, sa mise en scène ou son interprétation. Il faudra faire avec mais : le premier est inexistant. Ou du moins s'est-il perdu en chemin, ou même peut-être noyé dans ces Eaux Sauvages que la jaquette de l'une des éditions DVD promet d'être l'expérience la plus intense depuis Délivrance (The most intense river experience since « Deliverance »). Ne vous faites pas d'illusion. Même si l'expérience mérite d'être vécue ne serait-ce qu'une seule fois dans votre existence (juste pour que vous vous fassiez une idée de ce qui peut résulter d'un doublage amateur fait avec une conscience professionnelle frisant le zéro absolu), comparer le classique de John Boorman et cette excroissance syphilitique est évidemment une blague de potache.

La mise en scène est à l'avenant du scénario. Un peu comme si le réalisateur avait confié sa caméra à Mère Nature en prétextant avoir oublié un rendez-vous chez le dentiste. Autant dire qu'il devait avoir les dents en très mauvais état pour que son film donne l'impression de n'avoir jamais été dirigé. Quant à l'interprétation, que voulez-vous que je vous dise... ? Je vous fais le pari, qu'en cherchant même très loin dans vos mémoires le pire film que vous avez vu, vous lui mettrez un quinze sur vingt après avoir vu Eaux Sauvages. Quoique, je n'ai personnellement pas eu besoin de chercher longtemps pour en trouver un de plus éprouvant à regarder. Ceux qui me connaissent TRES BIEN savent que Raiders of theLiving-Dead demeure en la matière, mon film de chevet.

Putain, un slasher me direz-vous. Un que je n'aurais pas encore dans ma collection ? Oui, enfin, bon. Disons que jusqu'au procès final expédié de manière aussi rapide que... pas grand chose en fait, l’œuvre tente de maintenir un suspens aussi tendu qu'un arc dont la corde aurait pété ! Sérieusement, lorsque l'on lance le film, on a très vite l'impression que le type qui a loué le film avant vous a logé le mauvais DVD dans le boîtier avant de le ramener dans son vidéoclub.

Aaaahhh, les vidéoclubs... ces dizaines de jaquettes promettant des heures d'hémoglobine, ces rayons planqués un peu plus loin, honteux d'arborer des films aux titres aussi évocateurs que La Bonne Sœur aux Gros Nichons (mon premier porno), Caligula (mon premier péplum... porno lui aussi), ou le très éducatif Le Sexe qui Parle (le genre de film qui, s'il devait un jour arriver à la femme d'être victime du même mal que son héroïne, résoudrait bien des problèmes d'adultère)...

Eaux Sauvages ressemble dans sa première grosse partie (en fait, une heure sur les quatre-vingt dix minutes que dure le film) à une vidéo de vacances. Il ne s'y passe rien. C'est plat, inintéressant, vide de tout ce que l'on pourrait exiger d'un film au titre aussi évocateur. Une dizaine de personnages environs font un peu de rafting, discutent, mangent, apprennent à mettre un gilet de sauvetage et à placer des cordages sur les canoës. Certaines scènes valent pourtant le détour. Deux notamment m'ont très fortement marquées. D'abord, il y a cette scène située à l'intérieur d'un cockpit d'avion. Sans même avoir à tendre l'oreille, on s'aperçoit que le bruit du moteur est celui produit par un hélicoptère. Un HELICOPTERE !!! D'un autre côté, c'est plutôt amusant. Un peu comme cette seconde scène durant laquelle on découvre un couple d'allemand. Leur accent est si caricatural qu'il nous renvoie à l'époque ou Michel Leeb imitait les noirs ou les asiatiques. En plus, comme le spectateur est forcément un con, le couple germanique termine ses phrases par un « ja » ou un « jawohl » indentifiant définitivement s'il en était besoin leurs origines.

Mais ce qui demeure le plus fameux dans ce film, c'est effectivement son doublage. Si ce (trop) long-métrage ne devait déjà pas peser bien lourd dans sa langue natale, ceux qui l'on doublé on effectué un travail d'une rigueur exceptionnelle... non, j'déconne ! En fait, c'est navrant. Et en meêm temps, c'est ce qui fait le charme de cet OFNI dont on ne cessera jamais de vanter des défaut qui en font ses qualités de nanar.
Ah ! Et puis je voulais préciser une chose : il y a bien eu un cinéaste derrière tout ça. Son nom : Paul W. Kener.

vendredi 19 juin 2026

Backrooms de Kane Parsons (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Pour bien comprendre ce qu'est une Backroom et surtout l'usage qui en est fait depuis maintenant sept ans lorsque en 2019 apparut sur le forum anonyme anglophone 4chan un fil de discussion (ou thread) d'un genre très particulier, il faut donc remonter aux origines. Et comprendre que tout est parti d'un concept finalement assez simple. Avant que n'intervienne le youtubeur et vidéaste américain Kane Parsons, des internautes conçoivent et ajoutent alors par couches successives, des niveaux ancrés dans des espaces liminaux. Des lieux que l'on peut décrire comme étant des secteurs généralement vides, immenses, à l'architecture parfois bancale, voire même improbable, dont certains paraissent avoir été inspirés par l'Escalier de Penrose que le généticien britannique Lionel Penrose conçu en 1958 avant que l'artiste graphique néerlandais Maurits Cornelis Escher n'en reprenne le principe deux ans plus tard avec sa célèbre lithographie Klimmen en Dalen (Montée et descente) dans laquelle celui-ci imaginait un objet impossible contredisant les lois physiques ! Mais pour mieux comprendre le concept, plutôt que de réduire le principe à quelques mots, le plus simple reste finalement d'aller découvrir si ce n'est déjà fait, les trois vidéos réalisées par l'excellent youtubeur français Feldup, lequel les a donc consacrées au sujet des Backrooms... Nous sommes ensuite en 2022. C'est à dire à une date qui n'est au fond pas très éloignée dans le temps. Âgé de dix-sept ans seulement, Kane Parsons imagine mettre en images ce que des internautes avaient tout d'abord conçu sous forme de graphiques. The Backrooms (Found Footage) est alors, et sans mauvais jeu de mots, la porte d'entrée idéal pour pénétrer cet univers. Une vidéo courte puisque ne durant que neuf minutes mais durant laquelle l'on assiste à ce qui semble être tout d'abord un reportage ou au tournage d'un petit film d'amateur dans la rue lorsque le cameraman fait une chute et se retrouve propulsé dans l'une de ces fameuses Backroom. Kane Parsons envisage alors les lieux comme un dédale constitué de salles immenses, de couloirs sans fin, d'architectures invraisemblables, de puits sans fonds, de pièces qui ne donnent nulle part ou d'escaliers qui n'aboutissent à rien. Un lieu qui se voudrait être paisible à raison d'une unité de ton homogène mais qui pourtant délivre une authentique anxiété chez le spectateur.


Sans compter que lors de cette première et involontaire escapade du cameraman, il semblerait que celui-ci ne soit pas tout à fait seul... À peine un an plus tard, la société indépendante américaine de production et distribution cinématographique A24 envisage de produire aux côtés d'autres maisons de production, une version cinéma de ce qui est devenu depuis la diffusion de The Backrooms (Found Footage) une web-série. Offrant à Kane Parsons l'opportunité de réaliser lui-même le long-métrage sur la base d'un script écrit par le créateur et showrunner de la série DMZ avant que le scénario ne soit finalement remanié par le scénariste Will Soodik auquel l'on doit notamment l'écriture d'épisodes pour les séries Homeland et Ash vs Evil Dead. Bien que l'idée puisse s'avérer excitante, on sait combien adapter un court-métrage ayant fait sensation sur Internet au point de devenir véritablement viral est particulièrement risqué. L'un des meilleurs exemples demeurant probablement l'excellent Lights Out de David Sandberg qui après avoir attiré puis effrayé des millions d'internautes s'est vu adapté sur grand écran avec pour conséquence principale de forcer sur des éléments qui à l'origine n'appartenaient directement au concept de ce court-métrage de deux minutes trente environ. Trop long et finalement peu inspiré, l'on continue toujours de redécouvrir la version d'origine tout en éludant sa beaucoup trop ''élastique'' transposition sur grand écran... Maintenant qu'est sorti sur nos écrans le tant attendu Backrooms dans une version revisitée et au scénario ''étendu'', qu'en penser ? Le film de Kane Parsons vaut-il vraiment le coup que l'on se déplace dans les salles de cinéma ? A-t-il réellement des chances d'avoir le même impact que le court de neuf minutes partagé quatre ans auparavant sur les réseaux sociaux ? Le conseillera-t-on davantage à celles et ceux qui ne connaissent pas le projet d'origine ou au contraire aux fans qui connaissent sous toutes ses coutures la web-série ? Pas évident en réalité de répondre à ces questions tant différentes données entrent en interaction. Il se peut que les néophytes connaissent quelques troubles de l'audition et de la vision, sans même parler des risques de tachycardie que pourraient engendrer chez eux certaines séquences prétendument effrayantes, plongeant ainsi les spectateurs dans une certaine forme de torpeur face à un univers qu'ils n'avaient jusque là jamais appréhendé.


Pour ceux qui connaissent déjà l’œuvre séminale, cela devient déjà nettement plus compliqué. Ne serait-ce que pour le public français, nourri à la web-série et au formidable travail de recherche de Feldup, Backrooms peut être observé comme le parfait exemple de projet inutile. Convoquant certainement l'engouement des fans tout en leur proposant un spectacle sans doute un peu trop ''bigarré'' pour retenir son attention jusqu'au terme du récit... En soit, Backrooms n'est pas un mauvais film. Mais alors que le court-métrage d'origine demeure encore aujourd'hui comme une expérience anxiogène parmi les plus efficaces, il n'est pas certains que l'on se souvienne très longtemps de son adaptation sur grand écran. Contraint de nourrir son intrigue afin d'éviter toute redondance, le réalisateur et son scénariste ajoutent à l'exploration des espaces liminaux des séquences supplémentaires qui font surtout figure de remplissage. Justifiant sans doute pour ses auteurs la durée ''excessive'' du long-métrage, le film se concentre parfois sur des dialogues entre Clark (Chiwetel) et sa thérapeute Mary (Renate Reinsve). Les deux héros de ce récit lors duquel on apprend que le premier supporte mal d'être séparé de son ex épouse tandis que la psychologue tente de lui faire remonter la pente. Ancien alcoolique qui a arrêté de boire depuis peu, Clark découvre dans le sous-sol de son magasin que l'un des murs donne sur une autre ''dimension''. Un vaste complexe à la géométrie variable, empli de bric et de broc. Un décor proche de ce que l'on connaît déjà des backroom. Aidé par deux amis (Lukita Maxwell et Finn Bennett dans les rôles de Kat et Bobby), Clark tente d'approfondir ses recherches s'agissant d'un lieu qu'il explore maintenant depuis plusieurs jours. Mais lorsque le patient de Mary finit par ne plus donner de ses nouvelles, la jeune femme décide de se lancer à sa recherche malgré des propos qui lors de leur dernière rencontre lui ont semblé incohérents... C'est avec un certain plaisir que l'on retrouve donc l'univers des backrooms, ici parfaitement retranscrits. Mais est-ce par habitude, l'effet escompté relève désormais plus du subterfuge que d'un réel génie qui s'efface derrière une succession de séquences extérieures au contexte parfois inintéressant et qui ruinent donc en partie l'immersion. Ces retours réguliers dans le monde réel rompt avec ces espaces inquiétants, d'autant plus que l'on se fout à peu près de tout ce qu'impliquent les échanges entre Mary et Clark. Malgré tout, Kane Parsons est parvenu à retranscrire durant des séquences immersives parfois angoissantes l'univers dont il fut lui-même à l'origine. Image parasitée, décors jaunes dans la majorité des cas et musique produite par le compositeur canadien Edo Van Breemen viennent appuyer un concept qui au fond fonctionne mal à l'état de fiction qu'en tant que creepypasta qui à l'époque pouvait, au pire, être traité comme une légende urbaine intégrée dans la conscience collective comme un phénomène réel. Les spectateurs étant désormais écartelés entre l'idée de découvrir un simple film d'horreur et celle d'être plongés dans les méandres d'un univers qui, pourquoi pas, serait réellement accessible...

 

jeudi 18 juin 2026

Scary MoVIe de Michael Tiddes (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

N'étant pas un aficionado de cette franchise débutée voilà vingt-six ans, mes connaissances à son sujet sont réduites au minimum. Jusqu'ici constituée de cinq longs-métrages dont les deux premiers furent réalisés en 2000 et 2001 par Keenen Ivory Wayans, les troisième et quatrième par David Zucker et le cinquième par Malcolm D. Lee, cette année a donc vu le retour à l'écran de certains des acteurs et personnages emblématiques de la série à l'image des frères du réalisateur, Marlon et Shawn Wayans qui avaient disparu de l'image après seulement les deux premiers volets. Seules Anna Faris et Regina Hall qui elles aussi sont de retour avaient persisté jusqu'au quatrième épisode de la franchise avant d'être remplacées dans le cinquième par Ashley Tisdale et Erica Ash... Série de films parodiques, Scary Movie n'a jamais cessé de brocarder le cinéma d'horreur et fantastique en se moquant ouvertement des scènes les plus cultes du genre. Et ceci, sous couvert d'un sexisme et d'une vulgarité totalement décomplexés. La franchise est surtout connue pour avoir parodié le Scream de Wes Craven dont il reprendra d'ailleurs dès le départ le nom et l'apparence du boogeyman connu sous le nom de Ghostface. Un tueur moins agile, gaffeur, s'auto-parodiant mais toujours aussi cynique et efficace en terme de bodycount que dans l’œuvre originale. Bon, on ne va pas se voiler la face. Ici, le compteur neuronal reste figé sur le chiffre zéro et l'aiguille de n'importe quel détecteur de conneries demeure dans la zone rouge ! Contrairement aux films produits et réalisés par les ZAZ rien ou presque ne se déroule en arrière-plan et les dialogues sont d'une faiblesse si importante que le réalisateur Michael Tiddes est contraint de pallier l'asthénie quasi généralisée en terme de drôlerie par des gags majoritairement visuels...


L'occasion une nouvelle fois de parodier des œuvres plus ou moins récentes avec toujours en toile de fond, le Scream de Wes Craven. Parmi elles, l'on trouve donc notamment des ''relectures'' humoristiques de Sinners, de Smile 2, de The Substance, de M3GAN, de Candyman ou encore de Terrifier. Une séquence en animation, du livestream qui dégénère en jeu de massacre avec Shorty Meeks (Marlon Wayans) et quelques sketchs à l'image de Brosferatu, une séquence post-générique parodiant Nosferatu. Il est fort à parier que les fans des débuts risquent de verser leur petite larme d'émotion à la vue du retour des quatre principaux protagonistes des deux premiers longs-métrages à avoir vu le jour au début du siècle tandis que celles et ceux qui ne furent pas spécialement attirés à l'époque par le concept de grand fourre-tout humoristico-horrifique resteront certainement de marbre devant une si grande vulgarité et par l’éternelle propension des auteurs à parler de sexe. Cependant, et même sans être un adepte du genre, il est possible parfois de lâcher un rire nerveux devant une séquence tellement ''What the Fuck'' que s'esclaffer devient irrépressible. La femme fontaine ou le streamer décapité ayant eu sur moi un réel effet comique ! Pour le reste, Scary MoVIe n'est qu'un enchaînement de gags lourds et souvent très mal sentis. De la redondance en veux-tu, en voilà mais une fin plutôt intéressante qui voit les générations s'affronter lors d'un final qui plus qu'à aucun autre moment du film exploite le concept de mise en abyme avec ses héros qui sortent du cadre strict de leur personnage pour un retour à la réalité opposant de nouvelles recrues aux créateurs de la franchise. Tout ceci n'est donc jamais vraiment sérieux et s'avère donc très bas de plafond, immature et tout de même réservé à un public averti, adepte de pitreries en tous genres, souvent portées en dessous de la ceinture...

 

mercredi 17 juin 2026

The Furious (Huo Zhe Yan) de Kenji Tanigaki (2026) - ★★★★★★★★☆☆




The Furious de Kenji Tanigaki..... Vous l'aurez compris, comme je l'imagine, qu'avec un titre pareil, faut pas s'attendre à assister à la réunion d'un club du troisième âge dont les membres seraient passionnés de macramé ou de mots fléchés ! Ici, ça cogne dur. Mais pas comme dans une cours d'école où durant l'interclasse deux élèves ou deux clans opposés se frotteraient l'un à l'autre à coups de pieds désordonnés dans les jambes et de coups de poings dans le visage. Pas raisonnable pour un sou et se fichant totalement du manque de vraisemblance des chorégraphies dont il s'est probablement chargé lui-même lors des combats, le réalisateur japonais signe en 2026 avec ce qui à Hong-Kong est sorti sous le titre originale Huo Zhe Yan, l'un de ces thrillers d'action et d'arts-martiaux asiatiques très attendus cette année. Il faut dire que la bande annonce avait de quoi nous réjouir tout en étant la promesse d'une nouvelle référence en la matière après les excellents Taken de Pierre Morel en 2008, The Raid de Gareth Evans en 2012 ou encore le récent et extraordinaire City of Darkness signé du réalisateur hongkongais Soi Cheang en 2024... S'agissant du second, les spectateurs auront tout loisir de découvrir que l'acteur indonésien qui à l'époque campait le rôle de Mad Dog est de retour cette année dans le rôle de l'un des personnages antagonistes. Un individu prénommé Tak, grand amateur d'arc, lequel est son arme favorite, traînant toujours à l'écran son démoniaque faciès rendu encore plus sinistre désormais lorsqu'il se met à sourire ! Pas très bavard mais déjà beaucoup plus que l'un des deux héros de cette histoire somme toute banale écrite à quatre mains par Mak Tin-shu, Lei Zhilong, Shum Kwan-sin et Frank Hui et qui se trouve être muet. Un scénario entretenant d'ailleurs un rapport ténu avec Taken puisque ce même personnage prénommé Wang et incarné par Xie Miao se lance à la recherche de sa fille Rainy (Yang Enyou) qui a été enlevée devant ses yeux. D'emblée, et avant que le drame ne vienne bousculer l'existence du père et de sa fille, Kenji Tanigaki parvient à instaurer une complicité entre les personnages qui se ressent énormément à l'écran, rendant ainsi le duo très attachant. Mais le drame n'étant jamais très loin de succéder au bonheur, Wang se lance dans une course effrénée et va à cette occasion croiser la route de Navin, homme dont l'épouse journaliste enquêtait sur des disparitions d'enfants avant de s'évaporer elle-même dans la nature. Enquêtant à son tour sur un réseau supposé de kidnapping et de vente de jeunes enfants, Navin s'est infiltré voilà deux mois mais l'arrivée de Wang va tout foutre en l'air. Lorsque l'un et l'autre comprennent qu'ils ont un intérêt commun, ils décident de s'allier et de démanteler l'organisation criminelle...


C'est sans la moindre hésitation que mon choix s'est porté sur The Furious plutôt que sur Disclosure Day de Steven Spielberg que j'ai décidé de reporter d'un ou deux jours. Parce qu'entre l'hypothèse de vivre une expérience humaine probablement très profonde, avec ses questionnements sur les différentes formes de croyances qu'il s'agisse de Dieu ou de l'existence même des extraterrestres et vivre une aventure toute aussi intense faisant davantage appel à la bête sommeille en tout homme afin d'atteindre un but ici évidemment légitime, mon choix s'est donc porté sur celle-ci... The Furious est le digne descendant de ses prédécesseurs et confirme une nouvelle fois qu'en matière de cinéma d'action et d'arts-martiaux l'Asie n'a pas de compte à rendre à quiconque et reste seule maîtresse d'un art qu'elle maîtrise de bout en bout. Doté d'un budget estimé à environ vingt millions de dollars, le long-métrage de Kenji Tanigaki réunit différentes nations : Japon, Chine, Indonésie et Thaïlande où sera d'ailleurs tourné le film. Et plus précisément à Bangkok, dès le mois d'avril 2024 et ce, durant une période de trois mois. Ville tentaculaire et donc anxiogène, théâtre de nombreux enlèvements d'enfants dont ne semble d'ailleurs pas trop se préoccuper le chef du commissariat. Corrompu ? Pleutre ? Nous le découvrirons beaucoup plus tard lors du récit. On ne s'étonnera pas d'apprendre que Kenji Tanigaki a participé voilà deux ans en arrière à l'élaboration des cascades de City of Darkness du hongonkongais Soi Cheang tant les chorégraphies de son tout dernier long-métrage semblent produites dans le même esprit en terme d'inventivité et de création. Des combats opposants les acteurs Miao Xie (Wang Wei) et Joe Taslim (Navin) à des antagonistes très résistants incarnés par Brian Le (Ho), Yayan Ruhian (Tak), Sahajak Boonthanakit (Mr. Song) ou encore Joey Iwanaga (Paklung, l'un des richissimes pontes de l'organisation criminelle). N'oublions pas la jeune Enyou Yang qui interprète la fille de Wang, très investie dans le récit puisque kidnappée et motivée ensuite à s'échapper et à faire libérer tous les enfants qui comme elle sont enfermés dans un établissement du nom de Snake Pit...


Mais bien évidemment, ce que l'on vient chercher ici en priorité, ce sont les combats. Et à ce titre, on en prend plein les yeux. Un show quasi permanent, des affrontements souvent dantesques, périlleux (on se demande comment certains acteurs n'ont pas fini à l’hôpital) et millimétrés. Quelques séquences émouvantes entre le père et sa fille, un duo de choc entre Wang et Navin, mais aussi, quelques séquences absurdes et sans doute moins pertinentes que d'autres. L'on pense notamment à la libération des enfants durant laquelle l'on découvre encore une fois l'étrange attitude du commissaire de police qui refuse à ses subalternes d'intervenir. Longue séquence qui oppose nos deux héros à une armada de criminels dans un couloir. Une séquence étonnamment tournée, brouillonne, répétitive et surtout, dénuée de toute maestria chorégraphique. Étrange... Kenji Tanigaki manquerait-il alors d'imagination ? Son inspiration se serait-elle envolée en fumée ? Pas vraiment puisque le final confirme ensuite qu'il en avait encore sous le pied et que la scène de la libération des enfants était sans doute traitée sous forme ''d'entracte'' afin de rendre encore plus intense ce qui allait suivre. Notons ensuite que le film verse parfois dans le grand-guignol avec des scènes extrêmement gore agrémentées de bruitages qui accentuent l'horreur de la situation. Kenji Tanigaki se lâchant alors durant une séquence ma foi totalement invraisemblable durant laquelle Paklung libère toute la folie qu'il contenait jusque là au point de commettre un acte irréparable... Ce passage est sans doute celui de trop. Une surenchère qui fait plus rire qu'elle n'engendre l'épouvante. Heureusement, le final, grandiose, viendra remettre un peu d'ordre dans toute cette histoire. Un combat à quatre opposant Wang et Navin à Tak et Paklung avant qu'un cinquième élément en la personne de Ho ne vienne s'ajouter au combat. Bref, The Furious, c'est du très grand spectacle visuel à défaut de nous proposer un défi intellectuel. Un scénario basique mais une réalisation, une interprétation et des chorégraphies magistrales...


mardi 16 juin 2026

Mauvaise pioche de Gérard Jugnot (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Tout débute en 2011 lorsque sont retrouvés sous la terrasse de leur demeure, Agnès Dupont de Ligonnès, sa fille Anne, ses trois fils Arthur, Thomas et Benoït ainsi que le chien de la famille. Quant au père, Xavier ? Il disparaît, tout simplement, après avoir été filmé pour la dernière fois dans le Var quelques jours plus tard. L'homme s'est-il suicidé ? Est-il l'auteur du quintuple homicide ? Toujours est-il que pour la police, il demeure encore aujourd'hui comme le principal suspect... Si la mini-série télévisée de Pierre Aknine Un homme ordinaire reste l'adaptation du fait-divers la plus fidèle, certains longs-métrages cinématographiques font étonnamment penser à l'affaire. À commencer par Paul Sanchez est revenu ! de Patricia Mazuy en 2018. Sur un ton déjà nettement plus cynique, la comédie noire de Christophe Meurisse Les Pistolets en plastique fait elle aussi référence à cette même affaire. Dernier film en date à s'inspirer du quintuple homicide et à la disparition du principal suspect, Mauvaise Pioche de Gérard Jugnot l'aborde par contre sur un ton beaucoup plus léger... Sorti le 1er Avril dernier sur les écrans français, le long-métrage met en scène le réalisateur lui-même, célèbre pour avoir partagé durant un certain nombre d'années la même existence professionnelle et privée que les autres membres de la troupe du Splendid. Une carrière d'acteur qui s'est rapidement transformée pour devenir celle, multi-tâches, d'un cinéaste complet. Entre production, réalisation, écriture et interprétation. Se plaçant ainsi pour la première fois derrière la caméra en 1984 avec Pinot simple flic et signant ponctuellement de petites pépites à l'image de Une époque formidable en 1991 et Monsieur Batignole en 2002... Offrant en contrepartie de ses diverses apparitions dans Babysitting, Nicky Larson et le Parfum de Cupidon et Alibi.com 2 de Philippe Lacheau l'opportunité à celui-ci d'apparaître dans son dernier long-métrage dans le rôle du Capitaine de police Grégory Vassilian, Gérard Jugnot réunit autour de lui une importante équipe d'interprètes de toutes générations. Si Josiane Balasko n'apparaît que lors d'une très courte mais drôlatique séquence s'amusant de l'usage des filtres dont sont friands les consommateurs de selfies et de réseaux sociaux, Thierry Lhermitte porte les traits du maire de Mimet et du Président de l'association des Amis de Napoléon à laquelle appartient justement Serge Martin qu'incarne donc Gérard Jugnot... 

 

S'apprêtant à prendre l'avion à l'aéroport de Gènes pour retourner en France, celui-ci est arrêté par les douaniers qui le confondent rapidement avec Durant de Solilesse. Un homme dont la famille a été assassinée et qui depuis a disparu. Certains éléments laissent à penser que ce dernier se cache désormais sous les traits et le nom de Serge Martin. En France, Le Commissaire Taillade (Jean-Pierre Darroussin) rêve de boucler cette affaire insolvable qu'il traite depuis des années avant de prendre sa retraite. C'est pourquoi il envoie le Capitaine Grégory Vassilian chercher le suspect à son arrivée en France. Lâchant l'information auprès de l'ambitieuse journaliste Léa Paoli (Reem Kherici) avec laquelle il espère dîner, le flic provoque une véritable tornade autour de Serge Martin... Si Mauvaise Pioche n'est clairement pas la comédie de l'année et sans doute encore moins la meilleure qu'ait conçu Gérard Jugnot ainsi que ses deux scénaristes Frédéric Hazan et Serge Lamadie, le film n'en est pas moins relativement divertissant. Aidé par une distribution qui voit donc apparaître à l'écran Zabou Breitman dans le rôle de l'amoureuse transite de notre héros, la propriétaire du café de Mimet prénommée Michèle, Philippe Duquesne, en client de l'établissement vissé au zinc, François Bureloup, dans le rôle de Maxence, le meilleur ami de Serge, l'acteur/Personnage sera plus tard en contact avec de nouveaux protagonistes. Tels François Morel dans le rôle de Jean, un co-détenu avec lequel il partagera la même cellule de prison ou bien Laurent Gamelon qui dans cette comédie interprète de son côté un gardien de prison... Mauvaise Pioche est l'occasion pour Gérard Jugnot d'établir toute une liste de défaillances propres à notre société. Où un innocent est malencontreusement confondu avec un assassin. Allant même jusqu'à aller en prison pour avoir accidentellement blessé un policier (en l'occurrence, le Capitaine Grégory Vassilian). Détaillant ainsi, de manière volontairement légère, la vie en taule. S'ensuit le traitement d'une certaines partie des habitants du village dont est originaire notre héros et qui malgré son innocence restent persuadés qu'il n'est pas tout blanc. Méchamment arriviste, la journaliste Léa Paoli ''informe'' les spectateurs au dépit du bon sens, sans le moindre scrupule et sur la base de ''preuves'' pas toujours très convaincantes... Et au beau milieu de ce tohu-bohu, Serge, que certains soutiennent, à l'image d'une Zabou Breitman que l'on a tellement pris l'habitude de découvrir ces dernières années sous des apparences froides que son personnage paraît ici peu vraisemblable. Bref, une comédie sympa, qui cherche parfois sans doute un peu trop à ressembler aux œuvres de la Bande à Fifi mais qui reste finalement plaisante à regarder... une fois...

 

lundi 15 juin 2026

Marsupilami de Philippe Lacheau (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

En 1952, le dessinateur belge André Franquin crée le Marsupilami. Créature totalement imaginaire qui selon son auteur n'est pas forcément et directement inspirée par des animaux existant même s'il en a retiré certains traits physiques ou comportementaux. On peu donc imaginer que certains singes l'ont inspiré à travers l'usage de sa queue préhensile tandis que son pelage et les tâches sombres qui le composent se réfèrent plus probablement à certains fauves parmi lesquels, le guépard... Une quarantaine de bandes-dessinées le mettent en scène depuis sa première apparition dans Spirou et les Héritiers l'année de sa création. Comme beaucoup de personnages de bandes-dessinées strictement liés à des créatifs originaires du vieux continent, le Marsupilami eut les honneurs de connaître une adaptation à la télévision sous la forme d'une première série belgo-américaine simplement intitulée Marsupilami, en vingt-huit épisodes et produite par Walt Disney Television Animation. Au tout début du vingtième siècle, une seconde série est produite par Marathon Média et diffusée sur France 3. Enfin, l'année dernière la série Les Marsupilamis produite par Ellipse Animation et Belvision contient cinquante-deux épisodes diffusés sur Gulli... Nous passerons ensuite sur les quelques jeux qui furent créés pour différentes plateformes pour passer au grand format. Le cinéma, porte d'entrée pour des personnages de fiction, imaginés par des dessinateurs de talents, qui trouvent parfois le moyen de ''prendre'' vie dans des longs-métrages live. S'agissant du Marsupilami, de par sa constitution, la créature d'André Franquin est un pur produit issu du talent des concepteurs en images de synthèse et non pas endossé par un acteur caché sous un costume ridicule. En 2012 sort sur les écrans Sur la piste du Marsupilami d'Alain Chabat, dont on connaît le talent s'agissant d'adapter une bande-dessinée en live (Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre). Une comédie mi-figue, mi-raisin bien loin d'égaler les meilleures œuvres de son auteur. Principalement incarné par Jamel Debbouze, par Alain Chabat lui-même ainsi qu'une galerie de personnages pittoresques, le film s'avère relativement dispensable.


Alors, lorsque sort quatorze ans plus tard Marsupilami, certains détails laissent à penser qu'il pourrait s'agir d'une séquelle alors que les deux adaptations n'entretiennent que peu de rapport en dehors de la présence évidente du Marsupilami et de... Pablito Camaron, qu'incarnait déjà en 2012 Jamel Debbouze et que l'acteur reprend donc quatorze ans plus tard. Cette fois-ci, le film ne tourne pas principalement autour de son personnage ni de celui interprété par Alain Chabat mais davantage autour d'une galerie de protagonistes que les fans de la Bande à Fifi composée de Philippe Lacheau (ici une fois de plus aux manettes de la réalisation, de l'écriture et dans le rôle de David Ticoule), Tarek Boudali, Julien Arruti, Elodie Fontan et Reem Kherici connaissent très bien... Marsupilami est donc d'abord et avant tout une comédie typique de cette bande prête à tout et surtout, à toutes les facéties, quitte même à faire preuve d'une vulgarité très coutumière chez elle avec ces gags redondants placés sous la ceinture et entre les jambes d'un ou deux protagonistes. Une trivialité qui ne doit cependant pas contraindre les parents à voiler le visage de leur progéniture lors de ces rares écarts puisque le film de Philippe Lacheau est d'abord et avant tout une œuvre familiale, plutôt drôle, enchaînant les gags à une vitesse vertigineuse, avec une équipe dont les différents membres se connaissent sur le bout des doigts et traînant à ses côtés quelques sympathiques seconds rôles. Parmi lesquels, Gérard Jugnot en capitaine de paquebot de croisière, Alban Ivanov en douanier, Jean Reno dans le rôle de Jeffrey Malone et même Didier Bourdon dans le rôle du père de Pablito... Au final, Marsupilami est une comédie fraîche, divertissante et nettement plus réjouissante que certaines autres adaptations de l'univers d'André Franquin tels les très mauvais Gaston Lagaffe de Pierre-François Martin-Laval et Les Aventures de Spirou et Fantasio d'Alexandre Coffre tous deux sortis en 2018...

 

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