Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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jeudi 24 septembre 2026

Résident débile de Laurent Coiffic (2000) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

En attendant d'aller voir dans les jours prochains la toute nouvelle itération cinématographique basée sur l'univers du jeu vidéo créé par Capcom, Resident Evil, mieux que de me refarcir l'intégralité des œuvres sorties depuis sur grand écran, sur support physique ou numérique, j'ai choisi de m'intéresser au très superfétatoire Résident débile dont la définition même n'arrive pas vraiment à coller au sentiment de désespoir qui peut étreindre le spectateur devant un film aussi pitoyable. Mais l'appeler Resident à chier ou Resident je viens de voir l'une des plus grosses merdes qu'il m'ait été donné l'occasion de contenpler n'ayant bien évidemment aucun sens, devenu tributaire d'une licence vidéoludique qui ne lui a pourtant rien demandé, Laurent Coiffic n'aura ''marqué'' de son empreinte le septième art qu'à trois occasions. Directeur de la photographie en 2017 sur Les 4 sales locataires de Cyril Étesse, voix-off sur le court métrage Revolution de Joffrey Schmitt en 2024, il commença et termina donc sa carrière de réalisateur en l'an 2000 avec Résident débile dont il serait carrément osé d'expliquer le sens hautement ironique et parodique du titre à celles et ceux qui connaissent le jeu vidéo dont il s'inspire. À la lecture du script de Laurent Coiffic, de Stephen Moret et de Christopher Croce, tout laissait plus ou moins supposer une œuvre certes parodique mais fidèle au terreau d'origine. Que nenni puisque si la division des forces spéciales S.T.A.R.S. (pour Special Tactics and Rescue Service) est évoquée tout comme certains personnages iconiques de la franchise comme Albert Wesker sont présents à l'écran, ne rêvons tout de même pas d'une aventure humoristique reprenant les différentes étapes des premiers jeux vidéos. La ville de Racoon City est ici remplacée par la forêt de Racon ! Une forêt qui ressemble d'ailleurs moins à celles de Mallemoisson, de Rialsesse ou des Bertranges en France qu'à un petit parc agrémenté d'une flore dont les espèces n'ont pas le moindre intérêt. Tout commence lorsqu'un couple en mode ''Un gars, une fille'' dont le cinéaste pille sans vergogne la typographie et la musique meurt attaqué par un zombie. Afin d'enquêter sur place, le colonel Albert Wesker fait notamment appel à deux anciens camarades de la guerre du Vietnam Spring Fellow Hawk et Dur Snake Source...


Mais tandis que le groupe devra affronter des ''hordes'' de zombies, ils devront également faire face à d'anciens adversaires en les personnes de Heinrich Kroeger, Sniper Waf et Fluide Snake Octopus... Que dire, hum, hum. Comme l'aurait sans doute si bien définit le philosophe Jacquouille la Fripouille, Résident débile, c'est de la grosse merdasse ! Une parodie, certes, des jeux Resident Evil mais aussi de la licence Metal Gear Solid, mais il faut voir dans quel état le réalisateur laisse les spectateurs qui après à peine moins de soixante-dix minutes finissent avec moitié moins de neurones que les quelques zombies qui râlent à l'écran. On pourrait facilement hurler devant ce naufrage qui renvoit même à l'état de chef-d'œuvre la pire parodie officielle de n'importe quel film d'horreur ou thriller ayant vu le jour sur grand écran. Pourtant, en remontant sur les origines du concept et sur l'expérience calamiteuse de son auteur Laurent Coiffic lors de ses études de cinéma dans une école qu'il jugea de merdique alors qu'il avait déboursé l'astronomique somme de trente-mille francs pour un résultat qui frisa le néant, l'on a déjà beaucoup moins envie de lui taper sur les doigts. Un budget de dix-mille balles et une équipe d'acteurs recrutés parmi ses amis, Laurent Coiffic fait ce qu'il peut, avec ses faibles moyens financiers, le peu d'expérience des interprètes et de sa mise en scène. Le plus drôle ne se situant pas dans les dialogues mais bien dans l'évocation des différentes sources d'inspiration du réalisateur car sans craindre le ridicule celui-ci cite David Fincher, Ridley Scott, Hideo Kojima ou encore John Woo ! Laid, mal joué et trèèèèèèèès rarement inspiré côté dialogues et situations même si certaines références peuvent faire sourire (le coffre à diamants et la petite ritournelle de la licence Zelda comme seul exemple), Résident débile est vraiment pénible. Sans avoir demandé aucune licence, le bonhomme agrémente l'ensemble de toute une série de références musicales puisque Laurent Coiffic a '''emprunté'' diverses sources issues de plusieurs jeux estampillés Resident Evil, tout comme l'on peut entendre les thèmes du Retour vers le futur, de Benny Hill, ou des jeux Rainbow Six et Parasite Eve... Bref, à éviter de toute urgence !

 


mercredi 23 septembre 2026

The Dark and the Wicked de Bryan Bertino (2020) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Habitué du cinéma d'horreur, le réalisateur,scénariste et producteur américain originaire du Texas Bryan Bertino signa notamment la série de longs-métrages The Strangers ainsi que le très sympathique The Monster en 2016. Quatre ans plus tard, en 2020, il réalise The Dark and the Wicked qui chez nous peut se traduit sous le titre ''Les ténèbres et le maléfique''. Une ''appellation'' qui certes colle relativement bien avec le contenu du récit mais qui ne se réduit pas qu'au simple contexte des différents éléments d'une famille confrontés à une entité tenace et particulièrement invasive... The Dark and the Wicked met prioritairement en scène Louise et son frère Michael qu'interprètent respectivement Marin Ireland et Michael Abbott Jr. Une petite fratrie dont les deux seuls représentants vivent chacun de leur côté jusqu'à ce moment très précis où ils apprennent que leur père (Michael Zagst) est très gravement malade. Rejoignant la ferme familiale isolée que leur géniteur partage avec leur mère (Julie Oliver-Touchstone) et donc l'époux de ce dernier, Louise et Michael constatent rapidement que quelque chose ne tourne pas rond. Leur mère leur indique notamment entendre des voix qui n'appartiennent pas à son mari. Déjà pas mal terrifiée par l'angoissante situation, un soir celle-ci se coupe plusieurs doigts en cuisinant avant d'aller se pendre dans la grange de la propriété. Découverte décédée le lendemain par ses deux enfants, ceux-ci prennent la décision de rester sur place afin de s'occuper de leur père alité dans sa chambre, sous respirateur et apparemment incapable de bouger ou de simplement s'exprimer. Les événements s'enchaînent alors sur un rythme pas vraiment endiablé, Michael hésitant à quitter les lieux tandis que sa sœur reste campée sur sa position en décidant de demeurer sur place...


Le sujet principal du récit, la famille. Au centre de laquelle la culpabilité s'installe. Face à la maladie de leur père contre laquelle ses deux enfants ne peuvent rien, une entité développe son emprise sur chacun des membres de la famille. Et le ''suicide'' de la mère telle qu'est conçue son décès ne mettra pas un terme au jeu macabre que se livrera ce démon venu hanté les nuits de Louise et de Michael. Plutôt que d'opter pour une vision visuellement très explicite du Mal, Bryan Bertino préfère conserver une certaine part de mystère s'agissant de ce qui rôde autour et dans la demeure familiale. Quelle sont ses origines ? Quel est son but premier ? Et même, plus simplement, qui est-elle ? Un choix qui permet de douter dans un premier temps quand à la réalité de cette créature tapie dans l'ombre et qui n'est majoritairement visible qu'à travers le regard ou le comportement des protagonistes. Poussant parfois le spectateur à se poser des questions quant à sa réelle existence. En inscrivant l'intrigue dans un contexte géographique isolé et donc à l'écart de toute source pouvant éventuellement apporter de l'aide à Louise et à son frère, Bryan Bertino augmente le potentiel d'angoisse du long-métrage. Une source d'inquiétude supplémentaire qu'il aura d'ailleurs déjà notamment exploité avec brio lors du tournage de The Monster. En dehors de quelques Jumpscares plutôt efficaces, le cinéaste préfère l'attente à l'action ininterrompue. Signifiant pour le spectateur, une œuvre au rythme souvent lancinant, lymphatique et à certains endroits, relativement ennuyeuse. D'une noirceur quasi généralisée et donc d'un pessimisme qui confine souvent au nihilisme, The Dark and the Wicked ''réinvente'' presque les concepts de Home-Invasion et de possession sans jamais nous donner les clés de son intrigue. D'autant plus qu'en terme de conclusion, rien ne nous indiquera les motivations et les origines réelles de l'entité, nous laissant quelque peu sur notre faim. Un film qui repose davantage sur son étouffante atmosphère que sur son sujet. Sympa, sans plus...

 

mardi 22 septembre 2026

Ming'an (Mad Fate) de Soi Cheang (2023) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Auteur du démentiel Limbo en 2021 et de l'extraordinaire City of Darkness en 2023, le réalisateur, scénariste, producteur et acteur hongkongais Soi Cheang signa entre ces deux chefs-d'œuvre du septième art un Ming'an (Mad Fate) qui semble-t-il apparaît beaucoup moins riche et impressionnant. Et pourtant l'on retrouve ici la patte de ce cinéaste de génie qui compte au moins autant dans le cinéma asiatique et mondial que l'auteur de l'incroyable Gokseong (The Strangers), le sud-coréen Na Hong-jin qui avait déjà fait très fortement parler de lui avec ses deux précédents longs-métrages Chugyeogja (The Chaser) et Hwanghae (The Murderer) ou que les deux compatriotes de ce dernier, Park Chan-wook avec Oldeuboi (Old Boy) et Kim Jee-Woon avec Akmareul Boatda (J'ai rencontré le Diable). S'agissant de Ming'an, Soi Cheang signe une œuvre relativement déstabilisante. Entre drame, thriller psychologique, folklore, comédie noire et réflexion philosophique. Autant dire qu'il y a ici, de quoi faire un véritable festin de cinéphilie dès lors que l'on accepte un concept parfois et même très souvent alambiqué. Un trait de caractère que partagent d'ailleurs toutes ces œuvres que n'importe quel cinéphile ou cinéphage a l'obligation de ''s'infliger'', qu'il aime ou nom le cinéma asiatique et ses différentes et très particulières circonvolutions scénaristiques ! Sans y voir ne serait-ce qu'une once de racisme visant la population asiatique ni aucune manifestation de type ''ironie'' sur la ressemblance des uns et des autres, il est vrai que l'exercice impose parfois aux spectateurs occidentaux un petit temps d'adaptation pour différencier certains acteurs et donc, certains personnages. Ici, en revanche, pas d'effort particulier à entreprendre puisque les quelques protagonistes autour desquels évolue le récit sont parfaitement définis à travers, justement, leur apparence et non plus leur attitude au sein de l'intrigue. Car c'est justement là où le cinéaste impose une certaine contradiction entre les apparences physiques et la psychologie de chacun d'entre eux. Si les modes de fonctionnement intellectuels du flic incarné par Berg Ting-Yip Ng et du tueur en série interprété par Charm Man Peter Chan qui sévit en s'en prenant exclusivement aux prostituées sont faciles à détecter, le véritable et en réalité seul intérêt du récit tourne autour d'un Maître de feng shui campé par Gordon Lam Ka-tung et d'un étudiant mentalement perturbé quant à lui incarné par Lokman Yeung...


Plus riche qu'il n'en a l'air, le long-métrage de Soi Cheang est en fait comme les deux autres films du cinéaste hongkongais cités plus haut, un modèle de mise en scène, d'écriture et de narration. Tandis que l'on attend fiévreusement ses prochains films dont la production de Penghu Hai Zhan est achevée et dont le tournage de Jiu Long Cheng Zhai · Zhong Zhang a déjà commencé, Ming'an nous plonge au cœur d'un récit où les intrigues s'entremêlent pour finalement se rejoindre lors d'un final absolument remarquable. Pour simplifier le concept, le film du cinéaste hongkongais pourrait être définit à travers de simples et courtes phrases, telle ''naissance OU fabrication d'un monstre'', ''contrôle de la destinée'', ''voyance et manipulation'' et autres petites joyeusetés qui compilées les unes aux autres fabriquent une œuvre qui peu, alors oui, être parfois ardue à suivre pour les néophytes mais qui au fond reste d'une richesse hors du commun. Si la femme est rendue à l'état de ''subalterne'' avec sa prostituée incarnée à l'écran par Wing-Sze Ng dont la parole ne sera donnée qu'en de très rares occasions et du moins jusqu'à ce qu'elle passe entre les griffes du tueur en série, Ming'an est bien évidemment porté par l'incroyable performance de Lokman Yeung, en jeune psychopathe qui relève du tueur en série potentiel agissant d'abord sur les animaux égarés et de Gordon Lam Ka-tung en Maître de Feng Shui lancé dans une mission de sauvetage visant à éviter à l'étudiant de tomber dans le meurtre. À la photographie l'on retrouve le fidèle Gordon Lam Ka-tung qui avait déjà notamment travaillé sur Limbo et que l'on revit donc au générique de City of Darkness en 2024. Si Ming'an peut apparaître parfois anecdotique en comparaison des deux grands classiques de son auteur, une seconde projection sera peut-être nécessaire pour certains spectateurs comme ce fut d'ailleurs le cas pour votre serviteur afin d'en saisir toute la portée. Mais au final, que l'on préfère se lancer dans l'une ou l'autre de ces trois expériences de cinéma, la récompense est toujours à la hauteur. Bref, vous savez quoi faire...

 

lundi 21 septembre 2026

Umezu Kazuo: Kyôfu gekijô – Zesshoku de Tadafumi Itō (2005) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Cruel dilemme que de devoir choisir entre The End of Tom Six, Cry Uncle et cet étrange Umezu Kazuo: Kyôfu gekijô – Zesshoku signé du japonais Tadafumi Itō. Le premier est le dernier long-métrage de Tom Six, auteur de la sulfureuse trilogie Human Centipede. Un docu-fiction autobiographique qui revient sur la carrière de ce cinéaste hautement narcissique et notamment sur son avant-dernier long-métrage The Onania Club qu'aucun distributeur n'a encore eu le courage de distribuer. Le second, signé de John G. Avildsen, appartient au catalogue de la société de distribution et de production trash TromaEntertainment... S'agissant de Umezu Kazuo: Kyôfu gekijô – Zesshoku, le film de Tadafumi Itō est le second volume d'une hexalogie adaptée des mangas du ''Dieu des mangas d'horreur'', Kazuo Umezu. Dans ce petit film d'à peine un peu plus d'une heure, le cinéaste japonais aborde la tragique histoire de la très jolie Tomoko, jeune lycéenne amoureuse d'un camarade prénommé Akira (Yûki Tsujimoto) que ce dernier ignore malgré ses incessantes relances. Vivant seule avec sa mère (Yuki Enomoto), Tomoko a pour seule amie Rie (Shôko Nakagawa). De manière incompréhensible, l'adolescente, comme nous le découvrirons plus tard, a une image faussée de son apparence. En effet, un soir, alors qu'elle est dans sa chambre, elle se regarde dans le miroir et constate qu'elle a pris trente kilos ! Directement filmé en DTV (pour Direct-to-Video) est donc tout d'abord d'une qualité visuelle toute relative. Autant dire que l'on ne s'arrêtera pas devant les hypothétiques charmes esthétiques de l'ensemble puisque rien ne vient ici flatter la rétine du spectateur. L'intérêt est donc forcément ailleurs. Dans cette description presque bouleversante d'une adolescente solitaire qui nie durant un temps sa véritable apparence. Se voyant belle et attirante jusqu'au jour où tout comme le spectateur, celle-ci découvre qu'elle est bien moins jolie qu'elle ne le pensait. Bien évidemment, il faut, pour le réalisateur et ses scénaristes Hiroshi Takahashi et Kazuo Umezu, trouver une raison à ce désordre psychologique qui enferme la jeune femme dans le dénie. Sans être aussi émotionnellement impactant que les terribles twists de La vie de David Gale d'Alan Parker ou de The Machinist de Brad Anderson dans un autre ordre d'idée, celui de Hiroshi Takahashi et Kazuo Umezu assume un caractère au moins aussi déstabilisant. Une révélation que l'on laissera le spectateur découvrir par lui-même au mi-temps du récit...


Bien qu'étant catalogué comme film d'horreur, cet élément que rechercheront sans doute très rapidement les amateurs de J-Horror n'est qu'une donnée très secondaire. Et ce, même si l'évocation d'un régime drastique enclenché par l'héroïne peut laisser espérer une œuvre de type Body-Horror. Mais ici, rien de tout cela. En effet, de part sa courte durée et de part la sobriété mise en œuvre par Tadafumi Itō, les épanchements sanguins sont rarissimes. Quant à l'évolution physique de Tomoko, elle est éludée de manière sommaire et surtout sans surprise puisque dès le départ, l'héroïne est physiquement visible dans ses deux états. À noter d'ailleurs qu'elle est incarnée à l'écran par deux actrices. D'un côté par la rondouillette Naomi Kaizuka et de l'autre par la très mignonne Miku Ueno. Bien que Umezu Kazuo: Kyôfu gekijô – Zesshoku soit visuellement d'une confondante laideur et que la mise en scène et l'interprétation soient parfois d'une exceptionnelle mièvrerie, Tadafumi Itō a malgré tout réussi à se saisir du traumatisme de son personnage féminin principal pour relever ce qui tient également de l'image que renvoie sur elle le miroir. Le japonais étend même son sujet en traitant du jugement esthétique lorsque Akira rejette l'adolescente. Un point de vue que confirme d'ailleurs la dernière partie du récit lorsque le garçon accepte enfin de sortir avec Tomoko maintenant qu'elle a perdu tous ses kilos superflus. Umezu Kazuo: Kyôfu gekijô – Zesshoku traite bien évidemment et avec une certaine crédibilité de l'image déformée que renvoit non seulement le miroir mais aussi l'esprit même de l'héroïne. Sauf qu'ici, le réalisateur inverse tout d'abord le concept en ne mettant pas en scène une jeune boulimique ou anorexique convaincue d'être trop grosse mais bien une adolescente persuadée d'être très jolie ! Le film forme une boucle infernale, où le rejet de la nourriture est exploité dans le cadre d'une transformation physique radicale tandis qu'une fois le but atteint, Tomoko est en proie à une irrépressible envie de ''Dévorer''. On regrettera donc ici surtout l'esthétique relativement repoussante du projet. À contrario, Tadafumi Itō a sur parfaitement retranscrire l'état de délabrement psychologique de son héroïne. Bref, une très intéressante curiosité...

 

dimanche 20 septembre 2026

Flesh-Eating Mothers de James Aviles Martin (1988) - ★★★★★★☆☆☆☆


 

 

Bien que Flesh-Eating Mothers du réalisateur, scénariste, producteur et monteur américain James Aviles Martin puisse parfois paraître unique en son genre, comme nous le découvrirons plus tard, il n'est pas rare d'y voir certaines similitudes avec quelques productions horrifiques qui connurent en leur temps un traitement nettement différent puisqu'ils ''arrosèrent'' littéralement les pages des magazines spécialisés tandis que cette petite production est probablement davantage connue sur son territoire d'origine qu'en France. Plus qu'un simple film d'horreur ou d'épouvante mâtiné de comédie noire, Flesh-Eating Mothers est aussi et surtout une satire sociale dans laquelle le cinéaste s'attaque directement à la cellule familiale américaine des années 80. Dans une banlieue apparemment idyllique ou tandis que les hommes rapportent l'argent tandis que leurs épouses s'affairent à la maison, l'on découvre rapidement que rien n'est véritablement ce qu'il paraît être. Une mère de famille alcoolique, une seconde adultère, un père qui bat son épouse, bref... pas de quoi envier cette petite communauté qui bientôt va être au centre d'une très curieuse épidémie. L'occasion pour James Aviles Martin de traiter des maladies sexuellement transmissibles en cette décennie des années quatre-vingt où cinq ans plus tôt le virus responsable du SIDA fut enfin identifié. Alors que Roddy Douglas (Louis Homyak) trompe sa femme avec une autre, celui-ci déclenche une épidémie dont les origines restent troubles mais dont les conséquences s'avèrent aussi effroyables qu'étonnantes ! En effet, tandis qu'il traine sa queue à peu près partout dans le quartier, l'homme transmet une curieuse maladie qui se déclare uniquement chez les femmes qui ont eu des enfants. Le cinéaste appuyant encore davantage sur la responsabilité des épouses adultérines puisque le virus ne semble pas avoir de conséquences sur celles qui n'ont pas d'enfants et qui donc par contraction sont considérées comme libres de toute responsabilité ! Au centre du récit se détachent trois groupes d'individus. À commencer par plusieurs adolescents. Des amis, des camarades de classe directement visés par les mères en furies puisqu'il s'agit de leurs rejetons. Culpabilisant, ils se liguent afin de mettre un terme aux horreurs qui vont se propager durant une longue nuit dont l'ambiance rappelle parfois celle du petit film culte que réalisa en 1984 Douglas Cheek, C.H.U.D. (pour Cannibale, Humanoïde, Usurpateur et Dévastateur)...


Seconde catégorie de personnages apportant la caution scientifique, le docteur Lee Grouly (Michael Fuer) et son assistante Felicia Codd (Carolyn Gratsch) qui passeront leur temps à observer le virus à travers un microscope avant de trouver de façon scénaristiquement rudimentaire, un vaccin ! Enfin, troisième catégorie de personnages : les flics. Un patchwork d'individus qui fait état de la corruption de l'institution. Car en dehors du shérif Clyde McCormick (Mickey Ross), la police est décrite soit comme incompétente, comme corrompue (à travers le rôle du commissaire interprété par Ken Eaton), soit carrément psychotique (l'officier Hitchcock qu'incarne Morty Kleidermacher). Flesh-Eating Mothers précède d'une année le beaucoup plus populaire Parents de Bob Balaban dans lequel un adolescent soupçonnera ses parents de pratiquer le cannibalisme. Car en effet, et c'est bien là l'excellente surprise du long-métrage de James Aviles Martin, dans Flesh-Eating Mothers, les mères adultères choppent le virus et se transforment en cannibales ! D'où un certain nombre de séquences plutôt remarquables pour ce genre de petite production dont le budget ne doit pas dépasser les quelques dizaines de milliers de dollars. Nos mères de familles arrachent de gros morceaux de chair à pleines dents pour le plaisir des amateurs de séquences gore pas trop regardants sur la qualité des effets-spéciaux ici, forcément prosthétiques. Une horreur mêlant donc les sujets du sexe, de la transmission d'une maladie et de ses étonnantes conséquences comme des années en arrière le cinéaste canadien David Cronenberg avait l'habitude de traiter certains de ses sujets. Comme pour Shivers en 1975 ou Rage l'année suivante. En outre, James Aviles Martin tord ici le concept de cocon familial bienveillant et réconfortant en inversant les fonctions de protectrice de la mère en la transformant en véritable prédatrice. Bref, si Flesh-Eating Mothers souffre de ses limites budgétaires, il n'en reste pas moins une sympathique série B horrifique méconnue qui mérite d'être (re)découverte...



 

samedi 19 septembre 2026

Sans Toit ni Loi d'Agnès Varda (1985) - ★★★★★★★★☆☆



Il est des personnages dans la vie de tous les jours que l'on n'oublie pas. Dans le septième art aussi d'ailleurs. Sandrine Bonnaire fait partie de ces actrices remarquables qui ont imprimé de leur seule présence bon nombre de longs-métrages. Il n'y a qu'à la contempler dans La Cérémonie de Claude Chabrol ou dans Monsieur Hire de Patrice Leconte pour se rendre compte du potentiel de cette actrice française qui un jour de juin 1982, à l'âge de quinze ans, eut la bonne idée d'accompagner sa sœur Corinne à un casting pour le film de Maurice Pialat, A Nos Amours. Alors que Sandrine n'a pas la prétention de figurer au générique, c'est pourtant elle que le cinéaste prendra dans son film. C'est ainsi que la carrière de l'actrice débute réellement puisque jusqu'à maintenant, elle n'avait fait que de la figuration dans deux autres longs-métrages. Elle remportera d'ailleurs pour sa prestation dans le film de Pialat le César du meilleur espoir féminin. César encore puisque en 1986, et en interprétant le rôle principal du film qui nous intéresse ici, elle remportera cette fois-ci le César de la meilleure actrice.
Oui, il existe des personnages que l'on n'oublie pas, et Mona, de son vrai nom Simone Bergeron est de ceux-ci. Une jeune femme sans attaches, sans toit ni lois donc, ni personne pour lui dicter sa conduite ou la remettre dans le droit chemin. Ça n'est pas que Mona soit une voleuse (elle ne fera rien pour dérober à un compagnon de passage le petit poste de radio sur lequel elle lorgnait pourtant) mais on le sait dès les premières minutes, la jeune femme finira tristement, son corps reposant raide comme un morceau de bois dans un fossé. La cinéaste Agnès Varda remonte le cours de l'histoire de cette vagabonde qui marche sans but précis, fait des rencontres, et laisse surtout derrière elle une curieuse impression. La cinéaste française a choisi de ne juger ni son héroïne, ni celles et ceux qui croisent sa route. Une route semée de quelques embûches. On la verra violée, humiliée, questionnée, rejetée, mais aussi la proie d'une curiosité que l'on aurait pu croire malsaine mais qui en réalité demeure protectrice envers cette jeune femme qui, durant un instant, trouve l'épaule réconfortante d'une platanologue, une certaine Mme Landier, très justement interprétée par l'immense actrice Macha Méril.

Agnès Varda filme son œuvre sans concession au divertissement. Ou si peu. A travers les pseudos-témoignages de tous ceux qui l'ont rencontrée durant les quelques jours qui précèdent sa mort tragique, on n'en apprendra pas beaucoup sur Mona à part qu'elle fut secrétaire avant de tout abandonner. Sur son passé tout comme sur ce qui l'a menée à vivre en marge de la société. Sandrine Bonnaire est habitée par son personnage et n'hésite pas à donner de sa personne lorsqu'il s'agit d'incarner une femme libérée de toutes contingences. Les cheveux sales, un vieux cuir que l'on imagine sentir très mauvais, une tente pour maison et un caractère mêlant insouciance et méfiance. Voilà ce qui caractérise sans doute le mieux cette jeune clocharde dont l'unique but semble être de trouver de quoi manger.Ses petits amis sont comme elle. Des marginaux. Pas forcément à la rue, mais des individus qui inquiètent les ménagères de cinquante ans qui n'osent pas les accueillir sur le pas de leur porte.
Avec Sans Toit ni Loi, la cinéaste Agnès Varda réalise ce qui demeure sans doute chez nous comme LA référence sur les conditions de vie des sans-abris. Qu'elle ait tout abandonné sur un coup de tête ou non, on trouve son héroïne forcément touchante. D'autant plus que l'on devine une certaine douceur sous cette crasse, Sandrine Bonnaire esquissant de temps en temps un joli sourire avant de se renfermer à nouveau. En tout cas, un film qui marque les esprits. Un petit bijou...

vendredi 18 septembre 2026

Kyma, l'onde mystérieuse de Romain Daudet-Jahan (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

La science-fiction sur grand écran, en France, est suffisamment rare pour que l'on s'intéresse aux quelques propositions qui sortent ponctuellement sur grand écran. À vrai dire, l'on est plus proche ici du fantastique même si sous certains aspects le film hésite entre un genre et un autre... Derrière un titre que l'on pourrait confondre avec celui d'une aventure surréaliste et pleine de mystère, Kyma, l'onde mystérieuse de Romain Daudet-Jahan est une plongée au cœur de la campagne française où vivent Tony (Jules Lefebvre) et ses deux seuls véritables amis Zoé (Lucie Loste Berset) et Ousmane (Mamadou Haidara). Le réalisateur et scénariste qui jusque là ne s'était contenté que de tourner une poignée de courts-métrages et un documentaire intitulé Off the Records et consacré à la tournée asiatique du pianiste de jazz italien Giovanni Mirabassi semble ici particulièrement inspiré par le cinéma fantastique américain des années quatre-vingt. Celui de Steven Spielberg, de Joe Dante, de Richard Donner (période Les Goonies) ou de Rob Reiner, auteur du formidable Stand by me adapté de la nouvelle The Body de Stephen King... Le cinéaste réduit ici au maximum son casting puisque en dehors des trois adolescents, du père de Tony (Stéphan Guérin-Tillié)et de sa mère Mylène (Eve Duranceau), une zoologiste québécoise qui n'interviendra que sur le tard pour cause de déplacement sur la terre de ses origines, le Canada, apparaissent à l'image de rares antagonistes dont un Solal interprété par Patrick d’Assumçao qui assume très clairement l'emploi de la violence pour obtenir des aveux de la part d'Emile, qui est donc le père du jeune garçon après qu'il ait été kidnappé... Expliquer pourquoi Kyma, l'onde mystérieuse n'est ni un mauvais film ni une excellente surprise n'est en soi, pas véritablement une gageure. Pas mauvais, non, puisque malgré toute une série d'éléments qui confirment que rien de fondamentalement inédit ne se déroule devant nos yeux, le long-métrage se regarde sans réel déplaisir...


Il faut par contre se mettre une chose en tête : n'avoir vraiment rien de mieux à faire d'autre que de se rendre dans l'une des quelques salles qui le diffusent encore sur grand écran car sinon, ce n'est certainement qu'au bout d'une poignée de minutes que l'on choisira peut-être de quitter les lieux pour trouver une occupation nettement plus passionnante... Sans vouloir marteler le fait qu'avec Kyma, l'onde mystérieuse Romain Daudet-Jahan ne fait que signer un ersatz de comédie fantastique pompant un genre dont les origines se chiffrent en plusieurs dizaines d'années, son petit budget d'à peine un million d'euros lui vaut toutes les excuses du monde. Pas d'effets spectaculaires en dehors de quelques vrombissements et rugissements provenant d'une créature qui par contre vaut probablement le détour puisqu'elle est pour le coup et cette fois-ci, véritablement inédite. L'onde du titre. Aussi mystérieuse que le prétend l'affiche mais qui semble être directement liée aux travaux de recherche du père de Tony. D'où cet intérêt majeur de la part d'une organisation gouvernementale secrète dont fait donc partie Solal mais aussi un certain Major (l'acteur Quentin D’Hainaut) et plusieurs agents. L'armée, une fois de plus représentée sous sa forme la plus sombre, opportuniste et employant des méthodes parfois radicales. L'une des faiblesses de Kyma, l'onde mystérieuse est finalement d'être arrivé des dizaines d'années en retard. Après qu'une horde de cinéastes et de scénaristes aient déjà conçu la totalité des scripts basés sur ce type de projets. N'ayant donc pour lui aucune possibilité de pallier aux faiblesses scénaristiques d'un script écrit par le réalisateur en collaboration avec Émilie Dubois, Romain Daudet-Jahan parvient difficilement à maintenir le cap de l'intérêt pour n'être que le brouillon ''exécuté'' postérieurement des œuvres auxquelles les spectateurs prendront peut-être un malin plaisir à le comparer. Une œuvre, au fond, presque lovecraftienne dans sa conception d'une créature invisible et rétro-futuriste dans son concept d'hommage au cinéma américain de type Teen-Movie cher aux années quatre-vingt...

 

jeudi 17 septembre 2026

Disforia de Christopher Cartagena González (2025) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Franchement ? Je ne suis pas peu fier de ne pas avoir partagé le même engouement que la plupart de celles et ceux qui ont découvert Disforia du réalisateur, scénariste et producteur originaire d'Elche en Espagne, Christopher Cartagena González. Par trop effrayé à l'idée de ressembler à ces vagues de mollusques qui se ruent sys-té-ma-ti-que-ment devant les salles de cinéma dès qu'un film de super-héros, de zombies, de fantômes ou comme ici de cinéma de science-fiction dystopique, je ne me voyais pas assumer, le regard empli de tristesse et de honte, le fait d'être contrevenu à certains de mes principes. Lesquels, je l'avoue, se font pourtant régulièrement et tragiquement la malle... Cela fait des mois, si ce n'est des années que je hurle sur tous les toits que l'avenir de l'horreur au cinéma et sur le petit écran est moins organique que psychologique. Et voilà que débarque donc l'inattendu Disforia sur lequel reposait tous les espoirs d'un féru ET de science-fiction dystopique ET d'horreur ''pissecologique'' comme j'aime à le susurrer à l'oreille de ma modeste petite personne ! Cependant, cette psychologie, que l'on espère évoquée avec profondeur et sensibilité n'est qu'un objet de marketing surfait et surtout, relativement mensonger. Comme si l'aspartame avait le goût et la forme d'un morceau de sucre sans en être vraiment ! Tout le monde devrait logiquement s'accorder sur le fait qu'il n'y a rien de véritablement original dans la description d'un couple et de leur jeune fille désirant s'éloigner des grandes villes devenues de véritables souricières depuis que le monde s'est transformé en ce qu'il s'apprête probablement à devenir dans celui que nous connaissons. Pour son premier long-métrage, Christopher Cartagena González s'attaque à l'effondrement de notre société consécutive à une crise économique majeure. Esther (Fariba Sheikhan), Tomás (Eloy Azorin) et leur fille Say (Noah Casas) partent se réfugier dans leur maison de campagne, loin du bruit, de la fureur et de la violence citadine. Une demeure qu'ils ont prévu de vendre afin de quitter l'Espagne pour se rendre en France. Si l'idée d'un récit se déroulant en partie dans notre pays est plutôt séduisante sur le papier, à l'écran, ne croyez sans doute pas retrouver les vertes prairies de l'Hexagone puisque aucun des trois protagonistes n'aura le temps de passer la frontière pour y trouver refuge ! En effet, la petite famille reçoit la visite de Vera (Claudia Salas) avec laquelle Tomás a communiqué à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux. Venue théoriquement acheter la demeure, la jeune femme fomente en réalité des projets beaucoup plus sombres que le simple achat d'une maison de campagne...


Découpé en deux parties, Disforia confronte le spectateur en servant un premier acte servant de révélateur aux maux intérieurs qui touchent le couple. Isolés dans leur habitation, le film est tout d'abord un huis-clos dans lequel sont évoqués le suicide, l'instinct maternel et donc l'isolement, rendant l'ensemble, il est vrai, quelque peu inconfortable. Un long moment passé en compagnie d'un couple dont on ne saisit pas toujours ce qui différencie le réel du mensonge. Horreur psychologique ? Oui, certes, mais parfois d'un chiant qui confine définitivement à l'ennui. Jusqu'à ce que débarque comme un cheval au galop ruant dans les brancards, Vera, jeune adepte des réseaux sociaux, tendance ''Dark Web''. Un sujet plutôt rares mais ici parfois central et surtout évoqué à la manière d'un script écrit par la main d'un auteur qui ne connait visiblement pas grand chose en matière de psychologie. Ouais, parce que Disforia, outre le fait que le long-métrage de Christopher Cartagena González se complaise à fourvoyer l'intimité de ses héros à travers une dystopie qui vire au Home Invasion, se joue de toute sobriété pour n'être rien de plus, rien de moins qu'une œuvre bâtarde où l'envahisseuse délivre ''son message'' en un minuscule coup de cuillère à pot ! Question psychologie, on repassera. Aucune tension, aucun suspens concernant ce nouveau personnage qui en l'espace de quelques dizaine de secondes montre son vrai visage. Il faut dire qu'avec ses quatre-vingt minutes, son auteur n'a pas le temps de tergiverser et plonge ses protagonistes dans un bain de violence que ces derniers redoutaient si jamais ils avaient pris la décision de demeurer en ville. Sans aucune finesse et sur un ton d'un classicisme à peine perturbé par le concept de violence filmée en direct à l'attention d'abominables followers en attente des exactions commises par Vera, Disforia s'avère être en fait d'une triste banalité... que l'on conseillera donc à celles et ceux qui demeurent néophytes en matière d'horreur psychologique, de science-fiction dystopique ou de Home Invasion et surtout pas à celles et ceux qui en ont un peu marre qu'on les prenne pour des vaches à lait en leur servant sans cesse la même recette...

 

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