Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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jeudi 19 février 2026

Possession : le remake de Parker Finn (202?)

 


 

Cela ressemble à une très mauvaise blague et pourtant, oui, il va bien y avoir un remake du film culte du cinéaste polonais Andrzej Żuławski, Possession ! À l'heure actuelle, l'ancien compagnon de Sophie Marceau doit se retourner dans sa tombe. Quant à ses fans, la société de production de Robert Pattinson Icki Eneo Arlo les empêche sans doute de dormir depuis cette annonce qui au mieux aurait pu être une mauvaise blague mais qui au pire semble rapidement se préciser. Ce que l'on sait ? Que Margaret Qualley et Callum Turner devraient reprendre les rôles principaux incarnés à l'époque par Isabelle Adjani et Sam Neill. Bon ben, je ne connais ni d'Eve ni d'Adam ces deux acteurs américains mais à voir leur tronche, j'ai un peu peur que l'on se retrouve devant un film du type Cinquante Nuances de Grey. Un film basé sur la hype dont bénéficia le roman d'origine que je n'ai de toute manière pas lu vu que c'est pas trop ma came de suivre le mouvement ou certaines recommandations ! Après, Possession nouvelle version devrait être réalisé par Parker Finn. L'auteur des deux Smile. Deux sympathiques films d'horreur mais qui ne justifient pas forcément que lui soit confié le remake d'un film tel que celui de Zulawski. Et pourquoi ne pas enchaîner ensuite en confiant la mise en scène de celui de L'important c'est d'aimer à Jordan Peel ? De La Femme publique à David Charhon ou encore celui de L'Amour braque à Michèle Laroque avec dans les rôles principaux Muriel Robin, Michaël Youn et Samy Naceri en lieu et place de Sophie Marceau, Tcheky Karyo et Francis Huster ? Tu vois, Gros (pas toi cher lecteur, mais Robert Pattinson), j'aurais pu encore garder mon calme si j'avais entendu parler d'un remake de Szamanka vu que le long-métrage est pour le coup un vrai film d'horreur dans le sens littéral du terme. Car bien que celui-ci comme tous les autres longs-métrages de Zulawski soit dans mes petits papiers, il aurait été moins ridicule de confier l'antépénultième film du polonais que l'un de ses meilleurs, intouchable, ''indéflorable'', inviolable. On sait ensuite qu’après une longue bataille, c'est finalement Paramount Pictures qui a remporté le ''gros lot'' de produire le film. Chose plus ou moins rassurante : Possession n'en est apparemment qu'à sa phase de développement. Écriture du script et composition du casting définitif sont donc d'actualité mais il n'est pas interdit d'espérer que le film n'ira pas à terme. Évidemment, si le récit repose sur le script d'Andrzej Żuławski et Frederic Tuten, sa modernisation sera probablement l'un des points les plus sensibles pour les fans du cinéaste qui désirent tout comme votre serviteur que l’œuvre d'origine ne soit pas entachée par l'existence d'un miteux remake ! Concernant le contexte, difficile d'imaginer que l'on puisse retrouver la force des décors bétonnés, froids et démoralisant de Berlin-Ouest où fut tourné le film de 1981. Et que penser des séquences emblématiques que l'on pourrait au mieux espérer ne pas voir réadaptées pour mieux conserver le souvenir des originales ? La scène du métro, le repère de la bête, les conflits entre Anna et Mark au restaurant où dans la rue... Bref, je me connais, tout en me rongeant les sangs dans l'espoir que le projet tombe à l'eau, je ne pourrai sans doute pas éviter la projection lors de sa sortie si jamais il arrive à terme. Histoire de confirmer définitivement et une bonne fois pour toute que le génie d'Andrzej Żuławski est inégalable...

 

mercredi 18 février 2026

Silent Night, Deadly Night de Mike P. Nelson (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Slasher de petite envergure devenu depuis un classique du genre pour certains, Silent Night, Deadly Night de Charles E. Sellier Jr. fut le premier d'une longue série de longs-métrages poursuivie dès 1987 avec Silent Night, Deadly Night Part 2 de Lee Harry, en 1989 avec Silent Night, Deadly Night 3: Better Watch Out! de Monte Hellman, en 1990 avec Silent Night, Deadly Night 4: Initiation de Brian Yuzna et enfin avec Silent Night, Deadly Night 5: The Toy Maker de Martin Kitrosser l'année suivante. Il faudra ensuite patienter vingt et une année pour voir ressurgir le fameux tueur déguisé en Père Noël à travers le remake de l'original intitulé Silent Night cette fois-ci réalisé par Steven C. Miller. Puis en 2025, contre toute attente et surtout celle des fans de la saga, le réalisateur Mike P. Nelson débarque avec son tout nouveau long-métrage sobrement intitulé tout comme l’œuvre originale, Silent Night, Deadly Night. On pense alors à un remake et même si de fait ce nouveau film est décrit ainsi, il demeure probablement plus plausible de le considérer plutôt comme un reboot tant les différences pullulent entre les deux œuvres séparées d'une quarantaine d'années. Déjà auteur d'un autre reboot en 2021 avec le septième et piteux film de la franchise Wrong Turn intitulé chez nous Détour mortel: La fondation, Mike P. Nelson aborde désormais le récit autour du jeune Billy Chapman sous un angle tout à fait inédit. Car bien que le jeune homme dont l'enfance fut accompagnée par le massacre de ses parents par un tueur déguisé en Père Noël et par un passage en foyer particulièrement traumatisant soit toujours profondément marqué, un phénomène d'ordre surnaturel va venir se greffer au scénario original de Michael Hickey et de Paul Camy pour être cette fois-ci ''reconstruit'' par le réalisateur lui-même. Une idée intéressante trahissant cependant l'esprit de l’œuvre originale tout en donnant un certains sens à la voix qu'entend le jeune garçon et qui le guidera vers des actes de plus en plus sanglants ! L'ironie voulant que son interprète soit joué par Rohan Campbell dont la carrière est émaillée de plusieurs téléfilms familiaux tournant autour de l'esprit de Noël, l'un des interprètes du sous-côté Halloween Ends de David Gordon Green incarne ici l'iconique et mythique personnage associé à la fête de Noël. Homme bienveillant, qui apporte des cadeaux aux enfants sages dans la nuit du 24 au 25 décembre, vêtu d'un costume rouge et portant une longue barbe blanche, le Père Noël semble devoir être lui-même façonné de telle manière que celles et ceux qui lui vouent un culte n'aient rien à reprocher à cette nouvelle itération de la saga mettant en scène un avatar lui ressemblant presque en tous points...


Presque puisque dénué de sac, il porte ici et en général, des armes contondantes aux effets plus ou moins dévastateurs. Avec un prédisposition pour la hache dont il use et abuse pour le bonheur des amateurs de cinéma d'horreur à tendance gore. Bien qu'au sujet de ce dernier, l'hémoglobine ait tendance à prendre son temps pour apparaître à l'écran. L'on retiendra d'ailleurs la scène du bal nazi, laquelle aurait due être l'occasion d'un véritable carnage et qui au final se trouve être relativement affligeante en terme d'horreur et de mise en scène chorégraphique ! Là où Silent Night, Deadly Night démarre par contre plutôt bien est dans la description du personnage central, Billy Chapman. Un jeune homme aussi perturbé que les plus grands tarés à avoir évolué sur grand écran. Mike P. Nelson le traite au départ presque de manière clinique et l'on alors l'espoir de découvrir la saga sous un jour nouveau, plus sérieux, et donc beaucoup plus sombre et réaliste. Mais c'était sans compter sur des éléments qui vont rapidement venir gripper le concept. Tournant donc au délire avec ce bal de pré-Noël organisé par des néo-nazis virant presque à la parodie de Carrie au bal du Diable de Brian De Palma et allant même encore plus loin s'agissant de la présence persistante d'une voix intérieure qui laisserait tout d'abord entendre que Bill Chapman serait schizophrène. L'occasion pour le cinéaste de faire passer son tueur grimé en Père Noël pour un héros guidé par la voix d'un ancien criminel chargé d'éliminer la lie de la société ! On le constate, Mike P. Nelson a donc redéfini le schéma de base d'un simple slasher en un concept surnaturel qui ouvre des possibilités infinies comme le prouve d'ailleurs la séquence finale mettant en scène l'actrice Ruby Modine dans le rôle de la petite amie de Billy, Pamela Sims. Au final, l'on se retrouve devant une œuvre bâtarde pas vraiment déplaisante à regarder même si le Père Noël, armé d'une hache et s'il existe encore ou non dans l'inconscient collectif, ne fait désormais plus peur à grand monde...

 

mardi 17 février 2026

Killer Whale de Jo-Anne Brechin (2025) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Tandis que les requins ont envahi le cinéma à travers des dizaines et des dizaines de purges, dont la franchise Sharknado, laquelle ne s'en sort finalement pas si mal en comparaison de la concurrence, voilà qu'a récemment débarqué Killer Whale, le dernier long-métrage de la productrice, réalisatrice et scénariste Jo-Anne Brechin. Le film ne met donc pas en scène l'une des créatures marines parmi les plus redoutées mais l'une de ses plus sérieuses concurrentes. Un orque... Qui dans la langue de Shakespeare se traduit par Killer Whale. Curieuse traduction puisque littéralement, le terme devrait logiquement signifier Baleine Tueuse alors même que c'est le nom que donnent les américains à cette espèce de mammifère marin appartenant au sous-ordre des cétacés à dents. Si ces animaux sont surtout connut pour être très intelligents et sociaux vis à vis de l'espèce humaine, il est cependant arrivé que certains spécimens aient montré d'inquiétants comportements dus notamment au stress ou à l'enfermement... C'est un peu ce qui va d'ailleurs arriver à Ceto, un orque femelle qui après avoir tué un agent d'entretien du parc aquatique dans lequel elle est enfermée depuis des dizaines d'années va être relâchée par la direction de l'établissement. Mais Killer Whale s'ouvre tout d'abord sur une tragédie. Quelques temps auparavant, la violoncelliste Maddie (Virginia Gardner) fut témoin de la mort de son petit ami Chad (Isaac Crawley) alors qu'il tentait de la protéger lors d'un braquage exécuté par un inconnu. Rendue presque sourde à la suite d'un tir de fusil, la jeune femme est désormais contrainte de porter un appareil auditif. La mort de Chad l'ayant fortement bouleversée, sa meilleure amie Trish (Mel Jarnson) lui propose un voyage en Thaïlande où Maddie aura notamment l'occasion de faire la connaissance de Ceto à travers la vitre de son immense aquarium. Mais tandis que les deux jeunes femmes vont être les témoins de la mort de l'employé, introduites illégalement dans le parc par Josh (Mitchell Hope), Maddie et Trish prennent la fuite. Le lendemain, les trois jeunes adultes prennent le chemin d'un lagon isolé. Un endroit magnifique mais qui bientôt va devenir le théâtre de leur cauchemar. Transportant les deux jeunes femmes à bord d'un jet ski, Josh, Maddie et Trish sont attaqués par Ceto...


L'homme meurt et le jet ski prend le fond. Réfugiées sur un minuscule rocher, les deux amies vont tenter de survivre aux assauts incessants de l'orque qui désormais a un compte à régler avec l'espèce humaine... Écrit par Jo-Anne Brechin et par la scénariste Katharine McPhee, le script de Killer Whale est aussi petit que la ''plateforme'' à laquelle les deux héroïnes vont se raccrocher. Un scénario d'une telle indigence que leurs deux auteurs vont tenter de diversifier le récit entre les moments de tensions et d'autres beaucoup plus apaisés. Moins ''débile'' que la plupart des films du genre où l'on a eu droit à peu près à toutes les formes de concepts s'agissant des requins (à plusieurs têtes, radioactifs, zombies ou évoluant sur le sable, dans la neige ou dans les airs), Killer Whale oublie l'essentiel de ce genre de production totalement fanée. D'un côté, l'on observe l'incapacité de la cinéaste à produire le moindre sentiment d'effroi. D'autant plus que la quasi totalité des attaques de Ceto sont du même ordre. Tout au plus apprécierons-nous celle de Trish, lorsque celle-ci tente de rejoindre un petit banc de sable. En dehors de quelques plongées sous-marines, le reste de l'intrigue se déroule donc sur ce petit ''bout de Terre''. La bande musicale larmoyante d'Angela Little n'ayant en outre absolument aucun effet ! Côté hémoglobine, là encore c'est la déception. En dehors d'une large flaque de sang se diluant dans l'océan et de petites égratignures affectant nos deux protagonistes principales, l'amateur d'horreur et de gore risque de tirer la tronche. L'ennui s'installant très rapidement, le film ne vaudrait, au mieux, que pour ses deux interprètes en bikini, laissant ainsi tout loisir aux libidineux pervers qui seraient davantage intéressés par la plastique des héroïnes que par l'histoire elle-même de les reluquer sous tous les angles. Un récit auquel Jo-Anne Brechin et scénariste Katharine McPhee tentent d'injecter un twist censé relancer l'intrigue mais qui en réalité n'a absolument aucun effet sur la suite des événements. Bref, chiant, jamais innovant, statique et joué par des actrices qui n'obtiendront sans doute jamais aucun prix d'interprétation, se lancer dans la projection de Killer Whale n'est rien d'autre qu'une perte de temps...

 

lundi 16 février 2026

Baramulla d'Aditya Suhas Jambhale (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pour son deuxième long-métrage, le réalisateur indien Aditya Suhas Jambhale aborde pour la seconde fois les troubles qui agitent le Cachemire depuis 1947. Tandis qu'un maharaja hindou choisit à l'époque de rattacher le territoire à l’Inde alors que le Pakistan et la Chine le revendiquent, une guerre indo-pakistanaise éclate. Divisé entre les trois pays, le Cachemire est représenté par différentes factions. D'un côté, l'armée indienne. Et de l'autre, des groupes séparatistes qui réclament l'indépendance ainsi que des groupes islamistes lourdement armés et soutenus par le Pakistan. Dans les années 90, une insurrection armée prend le pouvoir sur les autorités indiennes officielles tandis que de nombreux Pandits kashmiris partent en exode face à la menace d'être assassinés. En 2019, c'est carrément l'Autonomie Spéciale du Jammu-et-Cachemire qui est remise en question et qui jusque là reconnaissait le droit à cet ancien État du nord de l'Inde d'avoir sa propre constitution, une large autonomie financière, un drapeau régional et permettait notamment à ses résidents permanents d'acheter et de posséder des terres, de bénéficier d'aides spécifiques ou d'occuper des emplois publics. Et même si certains aspects des troubles qui agitent le Cachemire ne sont pas tous clairement définis à travers cet étrange film hybride qu'est aujourd'hui Baramulla, l’œuvre réalisée et scénarisée par Aditya Suhas Jambhale (soutenu à l'écriture par Aditya Dhar) aborde le conflit sous l'angle du combat mené par les autorités indiennes officielles à travers notamment le personnage du DSP Ridwaan Shafi Sayyed (l'acteur Manav Kaul) nouvellement affecté à Baramulla, une petite ville appartenant au district du même nom rattaché au territoire du Jammu-et-Cachemire. Chargé d'enquêter sur de mystérieuses disparitions d'enfants, il s'installe avec son épouse Gulnaar (Bhasha Sumbli) et leurs deux enfants, Norrie (Arista Mehta) et Ayaan (Singh Rohaan) dans une grande demeure qui va se révéler être lourdement chargée par un passif dramatique qui sera au cœur de ce récit qui mêle donc histoire politico-religieuse et fantastique. L'occasion pour Aditya Suhas Jambhale de traiter de l'état du pays à travers une enquête policière plus ou moins complexe du fait qu'elle s'inscrive dans un méli-mélo de sous-intrigues qu'il va falloir rapidement démêler pour que chaque segment s'éclaircisse...


Traités indépendamment les uns des autres, les thèmes sont nets et précis. L'on a d'un côté des disparitions d'enfants inexpliquées. Puis intervient cette famille qui en s'installant dans sa nouvelle demeure va être témoin d'événements étranges. Survient ensuite la présence d'un groupe islamiste dirigé par un mystérieux individu connu sous le nom de Bhaijaan (lequel demeurera d'ailleurs invisible tout au long du récit) et visant à endoctriner les filles et les fils de ceux qui vivent dans la région. En toute logique, la première idée qui traverse l'esprit est que les principaux responsables sont donc Bahijaan ainsi que Khalid (Ashwini Koul) et Juneid Shaikh (Shahid Latief), ce dernier étant directement implémenté dans la communauté de Baramulla. Les principaux ''employés'' d'un réseau terroriste visant à former de jeunes recrues au djihadisme. Mais là où Baramulla prend un tournant décisif, c'est lorsque intervient l'élément surnaturel. Et bien que dans la majorité des cas la présences d'esprits, de fantômes ou autres ectoplasmes est généralement liée au principe d'antagonisme, il se pourrait que s'agissant des esprits des Sapru, famille qui fut au cœur d'un drame terrible des années en arrière, là même où vivent désormais les Sayyed, ces derniers jouent un rôle fondamental dans la préservation des enfants que le groupe islamiste tente de dérober à leurs parents... Sans être un très grand film, Baramulla n'en est pas moins intéressant. Mettant notamment en lumière les conflits qui agitent le pays, le film aborde en outre le fantastique sous un angle plutôt original. Alors que les débuts sont laborieux, chargés de tant d'information que l'on prend le risque de s'y noyer, l'intrigue se met peu à peu en place pour nous délivrer en fin de récit le combat d'un pays pour sa préservation. L’avènement ici d'un phénomène d'ordre surnaturel s'ancrant relativement bien au réalisme que constitue ce témoignage plutôt touchant d'une famille bouleversée par son propre contexte familial mais aussi par tout ce qui va tourner autour de l'enquête. Disponible sur Netflix, Baramulla est donc plutôt une bonne surprise...

 

dimanche 15 février 2026

Girl in the Basement d'Elisabeth Röhm (2021) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

De manière presque inévitable, Girl in the Basement d'Elisabeth Röhm évoque un autre drame tiré lui aussi d'un fait-divers épouvantable. The Girl Next Door de Gregory M. Wilson, adaptation du roman éponyme de Jack Ketchum lui-même inspiré du terrifiant cas de Sylvia Likens, une adolescente américaine qui dans les années soixante fut torturée et assassinée par une certaine Gertrude Baniszewski qui en avait la garde, avec la complicité de ses propres enfants ainsi que d'autres gamins habitant dans le même quartier. Sous ses allures de téléfilm du dimanche après-midi, The Girl Next Door demeure au même titre qu'un Megan is Missing signé de Michael Goi en 2011, l'une des expériences cinématographiques parmi les plus inconfortables. Le genre de production que l'on se promet généralement de ne plus jamais revoir... Girl in the Basement partage avec lui cette propension à nous éclairer sur la nature humaine dans ce qu'elle peut avoir de plus abjecte ! À l'origine du récit dont le script a tout d'abord été adapté par la scénariste Barbara Marshall, un fait-divers sordide comme les tabloïds se régalent à en déverser à chaque parution mais dont l'horreur fut telle qu'elle dépassa le simple cadre de ces torchons qui pour vendre font dans le sensationnel... On se souvient tous de l'affaire Natascha Kampusch. Cette jeune autrichienne qui à l'âge de dix ans fut kidnappée par un inconnu avant d'être séquestrée dans un abri anti-atomique situé sous la demeure de son ravisseur pendant huit ans. De cette traumatisante expérience, la jeune victime tira en 2010 une autobiographie intitulée 3096 Jours et correspondant à la durée de sa captivité. Un ouvrage fut ensuite adapté sur grand écran trois ans plus tard par la réalisatrice germano-américaine Sherry Hormann. Subissant des sévices sexuels et des violences physiques, il devint après cela impensable qu'un tel événement puisse de nouveau faire la une des journaux. Et pourtant, alors que l'affaire Natascha Kampusch allait être révélée au monde entier, une fois de plus en Autriche, sans que personne ne puisse s'en douter, la jeune Elisabeth Fritzl vivait déjà recluse par son père dans la cave de la demeure familiale depuis vingt-deux années ! Auxquelles il aura fallut ajouter deux ans de plus avant qu'elle ne parvienne enfin à s'extraire de l'enfer dans lequel l'avait amenée son géniteur. Si l'on ne s'accorde que sur la longueur des séquestrations dont furent les victimes les deux jeunes autrichiennes, Elisabeth Fritzl ''remporte haut la main'' le titre de la plus longue captivité avec pas moins de vingt-quatre ans ! Une durée d'ailleurs très légèrement raccourcie s'agissant de Girl in the Basement...


Ce qui, au titre du fait-divers le plus horrible n'est absolument pas réducteur lorsque l'on sait ce que dû subir l'adolescente. Tout comme son homologue qui allait donc être libérée deux ans avant qu'elle-même puisse fuir sa condition de captive, Elisabeth Fritzl subit elle aussi des violences physiques ainsi que des sévices sexuels. Mais là où l'abjecte atteint son point culminant, c'est lorsque l'on apprend alors que son propre père la viola à tant de reprises que l'adolescente donna naissance à sept enfants (quatre s'agissant du long-métrage)... Avec un tel sujet, le souvenir de The Girl Next Door nous hante forcément. D'autant plus que pour le coup, le téléfilm d'Elisabeth Röhm offre là encore une esthétique très proche du concept de programme télévisé. Autant dire que visuellement, Girl in the Basement n'a pour l’œil attentif de l'expert es cinéma, rien de palpitant. Suivi par une mise en scène relativement plan-plan. Du cinéma qui aurait presque pu être familial si le sujet n'était pas aussi cruel et sans précautions particulières. Car si la réalisatrice préfère souvent les fondus au noir aux actes réellement démonstratifs, le calvaire subit par l'adolescente devenue ensuite une jeune femme est évocateur de l'enfer dans lequel la mena son père. Pour le coup, nous nous trouvons face à un huis-clos souterrain, nu, glauque mais ''habillé'' au fil des années par la ''bonne volonté'' d'un père (Judd Nelson dans le rôle de Don Cody) qui torture aussi bien physiquement qu’intellectuellement sa fille, la violant sans cesse, lui donnant quatre enfants (dont l'un mourra tandis qu'un autre connaîtra des jours meilleurs que son frère Michael (Braxton Bjerken) et sa sœur Mary (Emma Myers), condamnés à vivre reclus auprès de leur mère Sarah impeccablement incarnée à l'image par Stefanie Scott. Ambiance plus ou moins pesante, père tortionnaire et sadique, Girl in the Basement souffre peut-être d'être parfois expéditif dans ses raccourcis ce qui a tendance à jouer sur l'empathie. Un attachement pour les jeunes victimes et un intérêt pour le récit qui mettent donc du temps à démarrer. L'on retiendra surtout de ce téléfilm l'histoire vraie qui entoure le récit. Il y a cependant peu de chance pour que l'on ressorte de la projection avec l'estomac aussi noué que devant celle de The Girl Next Door...

 

samedi 14 février 2026

Bad Lieutenant : Tokyo de Takashi Miike (202?)

 


 

Aussi insensé que cela ait pu paraître, le film culte d'Abel Ferrara Bad Lieutenant eut droit à une ''variation'' que certains évoquèrent soit comme une séquelle, soit comme un remake de l’œuvre originale. Et pourtant, de l'aveu même de son auteur, l'allemand Werner Herzog, The Bad Lieutenant: Port of Call New Orleans n'a officiellement rien à voir. Le cinéaste aurait même confié à l'époque n'avoir pas vu le long-métrage d'Abel Ferrara avant de mettre en scène le sien. Dont acte... Mais ce qui nous intéresse aujourd'hui est ce très excitant projet de relecture ''japonaise'' du concept de flic corrompu déplaçant désormais l'action au Pays du Soleil Levant. Celui de Takashi Miike, cinéaste génial mais aussi et sans doute un peu ''fou'', ultra-productif, et qui parmi ses œuvres les plus marquantes signa les cultissimes Visitor Q et Ichi the Killer au début du siècle. Alors que le projet semblait avoir été abandonné dans le courant des années 2000, Bad Lieutenant : Tokyo en serait en réalité dans sa phase de post-production. Ce qui, pour éclairer le profane en matière de création d'un film veut dire que le tournage est terminé et qu'il s'agit désormais de confier le montage, le mixage audio ainsi qu'une série d'opérations aux techniciens concernés... Couplé à la noirceur et au nihilisme d'Abel Ferrara, la violence et l'approche délirante inhérente à l'univers du japonais ont de quoi attiser la curiosité tandis qu'une version prétendument signée Werner Herzog avec Nicolas Cage en vedette avait eut de quoi inquiéter ! Long-métrage d'origine britannico-américano-japonaise, on sait d'ors et déjà que Bad Lieutenant : Tokyo réunira l'acteur japonais Shun Oguri, les britanniques Lily James et Harmeet Obhrai ainsi que la catcheuse américaine Gionna Daddio. Alors, doit-on s'inquiéter de voir débouler un jour en salle une nouvelle itération du classique d'Abel Ferrara trente-six ans après sa création ? S'il est difficile d'imaginer de quelconques interprètes capables de reproduire les intenses séquences tournées à l'époque autour de Harvey Keitel et Zoë Lund, connaissant le style totalement barge et décomplexé de Takashii Miike, il n'est pas impossible que Bad Lieutenant : Tokyo devienne au final aussi culte que l’œuvre originale. Patience...

 

The Secret de Pascal Laugier (2012) - ★★★★★★★☆☆☆



Il était vraiment temps de réévaluer le cinéma du cinéaste français Pascal Laugier qui depuis son passage par le Canada où il a signé ses deux derniers longs-métrages a radicalement changé son cinéma, celui outrancier de Martyrs pour un second, plus en accord sans doute avec ce que rechercherait le spectateur avide de sensations nouvelles. Du hardcore de son second long-métrage, il est passé à autre chose. A un cinéma émotionnellement accompli. Qu'il s'agisse de son tout dernier Ghostland ou bien même de The Secret dont il s'agit ici et qui date de 2012. ce qui manque à une grande majorité de films d'horreur et qui ici brille par son étonnante présence, c'est l'émotion, donc. Palpable dès les premières minutes. En filmant son infirmière tentant d'aider un nourrisson à revenir à la vie tout juste après sa naissance, le cinéaste parvient à bouleverser nos certitudes quant au contenu d'un film qui révélera, en effet, un secret tout à fait inattendu au beau milieu de l'intrigue.
Sans vouloir déflorer son contenu, disons que Pascal Laugier a réalisé à travers The Secret, une œuvre antinomique au puissant The Village du cinéaste américain d'origine indienne, M. Night Shyamalan.

Le cinéaste situe son intrigue à Cold Rock, une ville au nom fictif découverte après de longues recherches. Le choix de Pascal Laugier s'est donc porté sur l'ancienne ville minière de Nelson, en Colombie-Britannique, une province du Canada. Pour incarner le rôle principal, celui de Julia, infirmière et ancienne épouse d'un médecin qui a beaucoup apporté à cette petite ville qui depuis la fermeture de la mine est considérée pour beaucoup comme morte, le réalisateur choisit d’engager l'actrice Jessica Biel qu'il a découverte dans le remake de Massacre à la Tronçonneuse de Marcus Nispel. Outre The Village, The Secret, dans l'esprit, se rapproche également de l’œuvre de l'écrivain américain Stephen King puisque les enfants sont l'un des éléments les plus importants d'une intrigue où l'ombre du Tall Man (on trouve le film également sous cette appellation), cet individu créé par les habitants de Cold Rock pour justifier la disparition de dix-huit d'entre eux, paraît être celui qui les enlève. Mais plutôt que de proposer une histoire ultra-convenue, Pascal Laugier bouleverse les conventions et assène au spectateur un twist au beau milieu du film et le laisse atterré !

Comme dit plus haut, l'une des grandes forces de The Secret, c'est l'émotion qui s'en dégage. Merveilleusement écrit, le film, également scénarisé par Pascal Laugier, est remarquablement touchant, et ce, dès les premiers instants. Celui qui aurait dû se situer en seconde position dans la carrière de son auteur mais qui à force de réécritures fut remis à plus tard au profit du tournage de Martyrs en 2008, est sans doute le plus émouvant. Jessica Biel y est bouleversante, tout comme la plupart des interprètes qui ne se posent ici pas en simples faire-valoir mais possèdent une caractérisation suffisamment travaillée pour qu'on accorde à leur personnage un certain intérêt. Mais bien évidemment, celle qui porte le film sur son épaule, c'est bien Jessica Biel, qui dans un décor de ville minière transformée en un bouge habité par des rednecks (même les flics n'ont pas l'air très nets), est prodigieuse. Difficile d'évoquer l'histoire de son personnage sans révéler des indices cruciaux. Il faut juste se mettre en tête que The Secret est une œuvre puissamment évocatrice, dont la morale finale laissera sans doute perplexes certains spectateurs mais dont la mise en scène offre un spectacle fort réjouissant. Une interprétation inoubliable, un décor de ville-fantôme saisissant, une mise en scène et un montage brillants. Que demander de plus... ?

vendredi 13 février 2026

Classe moyenne d'Anthony Cordier (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En France, les comédies noires sont suffisamment rares pour faire l'objet de toute notre attention. Tandis que l'on attend le nouveau long-métrage de Jean-Christophe Meurisse qui en 2021 et 2024 a signé coup sur coup de joyaux de cynisme à travers Oranges sanguines et Les pistolets en plastique, en septembre 2025 il fallait se tourner vers le cinéma d'Anthony Cordier qui avec Classe moyenne allait comme on s'en doute traiter des différences de classes sociales. Mais dans le cas de cette comédie écrite aux côtés de Jean-Alain Laban, de Steven Mitz et de Julie Peyr, pas question de prendre parti pour les uns ou pour les autres membres des deux familles qui vont s'affronter dans ce véritable jeu de massacre. D'un côté, les Trousselard/De Préville. Une famille de bourgeois de classe supérieure définie à travers son langage châtié, son niveau de vie (la demeure où se déroule l'intrigue n'étant que la résidence secondaire du couple et de leur fille), ses références culturelles ou encore ses différentes professions. Philippe étant un très grand avocat, Laurence, une actrice célèbre et leur fille Garance ayant pour objectif de suivre les traces de sa mère. Du côté des Azizi, l'on descend d'un cran social pour se retrouver face à une famille de type classe ouvrière. Au service des Trousselard/De Préville qui se trouvent donc être leurs employeurs, Nadine et Tony vivent grassement de leur ''générosité'' en profitant d'une habitation mitoyenne à longueur d'année alors qu'il ne travaillent vraiment pour eux que trois mois par an. Autant de temps à devoir se plier à leurs exigences. Comme de déboucher une canalisation. Acte qui va contribuer à concentrer toutes les frustrations de Tony et de son épouse qui vivent avec leur fille Marylou. Du côté des Trousselard/De Préville l'on retrouve Laurent Lafitte et Elodie Bouchez, ici parents de Noée Abita qui incarne donc leur fille Garance. Face à eux, Ramzy Bedia et Laure Calamy incarnent alors ce coupe d'employés engagés au black pour un salaire n'égalant même pas celui du SMIC ! Accompagnés de leur fille Marylou qu'interprète la jeune Mahia Zrouki, ils vont mener une guerre face à ce couple qui l'exploite depuis plus de six ans...


Pas une seule fiche de salaire mais des mandats que Nadine a scrupuleusement conservé durant toutes ces années. Au cas où... Notons enfin la présence de l'acteur Sami Outalbali qui dans le rôle de Mehdi El Glaoui, le nouveau petit ami de garance, va se porter volontaire pour négocier auprès des Azizi une somme d'argent qui devrait éviter aux Trousselard/De Préville de se retrouver au tribunal. Car le problème est bien là. Alors que Tony a débarqué ivre un soir chez ses employeurs afin de leur dire leurs quatre vérités, ces derniers ont décidé de les virer lui et sa petite famille. Pourtant, rien ne sera aussi simple et les deux familles vont se battre chacune pour leurs ''droits''... Classe moyenne est une farce. Plus ou moins jouissive d'ailleurs. Dans un contexte de mépris de classe qui vaut autant pour les uns que pour les autres des personnages qui évoluent au sein des tensions, Anthony Cordier semble n'avoir pas voulu choisir vers quel bord se pencher. Les deux familles placées au premier plan de ce récit parfois ubuesque peuvent être vues comme vivant en symbiose. En une harmonie qui peut tout d'abord être vue comme parfaite (les Trousselard/De Préville n'ayant pas à se salir les mains en effectuant les tâches ingrates tandis que les Azizi profitent gratuitement d'une habitation pour laquelle ils ne payent donc aucun loyer), le long-métrage montre surtout que les apparences sont trompeuses et que même si d'emblée et de part leur position sociale les Trousselard/De Préville peuvent être vus comme des ogres dévorant les petites gens, les Azizi ont assez de jugeote et de clairvoyance pour avoir prévu très en amont ce qui pouvait advenir d'eux au moindre problème rencontré avec leurs employeurs... Ici, chaque interprète est à sa place au point que l'on n'imagine mal que Laurent Lafitte et Ramzy Bédia ou Élodie Bouchez et Laure Calamy aient pu échanger leur rôle. L'on appréciera le jeu d'acteur de toutes et tous et le soin apporté aux dialogues. Et si même l'on aurait pu espérer que le jeu de massacre aille encore plus loin dans la folie et la dérision, Classe moyenne reste un excellent exemple de comédie noire à la française...

 

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