Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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vendredi 10 juillet 2026

Le pont de Cassandra (The Cassandra Crossing) de George P. Cosmatos (1976) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Lorsque trois écoterroristes s'introduisent dans des locaux scientifiques de l'Organisation Mondiale de la Santé à Genève, l'un d'eux est abattu par des agents de la sécurité, le second est blessé puis emmené à l’hôpital tandis que le dernier parvient à prendre la fuite. Malheureusement, pour lui et pour son complice, les deux hommes sont entrés en contact avec une souche de la peste pulmonaire. Si le premier meurt rapidement de la maladie, le second est parvenu à s'échapper pour ensuite monter clandestinement à bord d'un train reliant la gare de Genève à celle de Stockholm. L'armée américaine envoie à Genève le colonel du renseignement militaire Stephen Mackenzie (Burt Lancaster), lequel est chargé de mener les opérations tandis que le docteur Elena Stradner (Ingrid Thulin) est tenue d'étudier le cas du suspect transporté à l’hôpital afin de trouver une solution pour éviter le pire : En effet, maintenant que l'officier de l'armée américaine et la spécialiste en microbiologie et en santé publique connaissent l'origine de la maladie et savent que dans un train transportant plus de mille passagers se trouve un clandestin atteint de la peste pulmonaire, tous deux vont mener un combat pour éviter que l'affection dont est atteint l'écoterroriste ne s'étende en dehors du train... En pleine période de l'âge d'or du film catastrophe, Le pont de Cassandra (The Cassandra Crossing) de George P. Cosmatos relève de plusieurs courants cinématographiques puisqu'il empiète également sur les domaines du thriller et de la stratégie géo-politico-militaire. Ici, plus que la maladie, laquelle sert de lien entre les personnages et le caractère pernicieux de l'intervention de l'armée américaine, c'est bien d'un message anti-militariste qu'il s'agit puisque les valeurs humanistes sans cesse actionnées à travers le discours et l'attitude de la plupart des protagonistes enfermés dans un train lancé à vive allure entrent en résonance avec la logique militaire qui veut que le principal objectif soit de minimiser les conséquences d'une épidémie. Comme très souvent dans ce genre de production qui cette fois-ci prend place dans un train et non plus à bord d'un avion ou d'un paquebot, les rôles principaux sont tenus par de grandes vedettes du cinéma américain. L'on retrouve ainsi Burt Lancaster qui au tout début de la décennie avait déjà incarné le rôle du directeur général de l'aéroport international de Lincoln, Mel Bakersfeld dans Airport de George Seaton. Et il ne sera pas le seul à revenir au thème du film catastrophe puisque à ses côtés, l'on retrouve Ava Gardner dans le rôle de Nicole Dressler, deux ans après qu'elle ait joué celui de Remy Graff dans l'excellent Tremblement de terre de Mark Robson, Richard Harris dans celui du docteur Jonathan Chamberlain deux ans après avoir incarné le rôle du démineur et Lieutenant Commandeur Anthony Fallon dans le tout aussi réussi Terreur sur le Britannic de Richard Lester, ainsi que l'ancien joueur professionnel de football américain O. J. Simpson qui deux ans avant d'incarner le faux prêtre mais vrai flic Haley dans le film de George P. Cosmato avait interprété le rôle du chef de la sécurité Harry Jernigan dans le génial La tour infernale de John Guillermin...


D'autres grandes stars participent également au projet. Comme la superbe actrice italienne naturalisée française Sophia Loren qui interprète ici Jennifer Rispoli, l'ex épouse du docteur Chamberlain. Martin Sheen, célèbre comédien, père d'une flopée d'acteurs parmi lesquels Charlie Sheen et Emilio Estevez et qui joue ici le rôle de Robby Navarro, un jeune gigolo héroïnomane vivant aux crochets de Nicole Dressler. Plus anecdotiques sont les présences de Lionel Stander qui endosse l'uniforme du contrôleur du train Max (un prénom qu'il retrouvera lors de sa participation à la mythique série télévisée Pour l'amour du risque entre 1979 et 1984), d'Ann Turkel qui interprète le rôle de la hippie Susan ou encore celle de la toute jeune Fausta Avelli qui joue ici le rôle de Caterina et qui durant sa courte carrière côtoiera notamment Lucio Fulci (La longue nuit de l'exorcisme et L'emmurée vivante) ou bien Dario Argento (Phenomena). Une grande partie des scènes se situent donc dans un train menacé de devenir le terreau d'une épidémie foudroyante. Mais si le mot Peste effraie, bizarrement, la guérison s'avère relativement aisée grâce à l'apport d'une forte dose d'oxygène ! L'implication de l'armée vise ici à transformer le train en zone de quarantaine, des soldats en combinaison et armés jusqu'aux dents instaurant ainsi la loi martiale. Les voyageurs n'étant plus traités comme hommes ou des femmes mais comme de multiples foyers d'infection. Aucun droit à la parole et donc non décisionnaires de ce qui adviendra d'eux, l'on comprend alors peu à peu le projet mis en place par le colonel Stephen Mackenzie et ses supérieurs. Le message ici est très clair et s'inscrit finalement dans une certaine logique sécuritaire : la vie d'un millier d'hommes et de femmes vaut moins que la survie d'une ville ou d'une nation toute entière. De cette critique en ressort une œuvre qui ne ménage ni ses effets, ni les passagers du train puisque entre le ''jeu de massacre'' qui va opposer nos héros aux soldats en combinaison et une fin authentiquement tragique, le nombre de morts ne se comptera plus sur les doigts d'une ou deux mains mais sur des dizaines...

 

jeudi 9 juillet 2026

Amjeon (Warning: Do Not Play) de Kim Jin-won (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pressée par un collaborateur d'écrire le scénario de son prochain film, la jeune Park Mi-jung (Seo Yea-ji) cherche son inspiration dans un fait-divers très étrange qui se produisit dix ans en arrière. En effet, lors d'une projection en salle, une œuvre signée de Kim Jae-hyun (Jin Seon-kyu) provoqua l'hystérie et causa même la mort par crise cardiaque de l'un des spectateurs. Cherchant des témoins de l'affaire pouvant l'informer sur l'éventuelle possibilité de rencontrer l'auteur du long-métrage maudit et ainsi de mettre la main sur le film en question, Park Mi-jung ne sait pas encore qu'elle va mettre le pied dans une aventure terrifiante emplie de phénomènes étranges et paranormaux... Douze ans après son premier long-métrage The Butcher, le réalisateur et scénariste sud-coréen Kim Jin-won réapparaissait en 2019 sur grand écran avec Amjeon (Warning: Do Not Play), un petit film d'horreur souvent malmené par la critique et par les spectateurs qui le découvrirent lors de sa sortie. Pourtant, au sortir de la projection, on peut se demander ce qui poussa certains à s'acharner dessus comme s'il n'était que le pur produit d'un esprit dénué d'imagination, de sens de la mise en scène et de la direction d'acteurs. Il est vrai que pour sa seconde incartade dans le domaine de l'horreur au cinéma, Kim Jin-won ne facilite pas la tâche des spectateurs puisque son film se révèle relativement alambiqué. Partant sur un postulat pourtant très simple, soit l'enquête d'une jeune femme sur un événement plutôt étrange qui se produisit une décennie en arrière, le cinéaste sud-coréen traite d'un sujet qu'il ne maîtrise malheureusement pas tout à fait ! De plus, même si Seo Yea-ji se montre très convaincante dans le rôle de l'héroïne, surtout lorsqu'elle est amenée à exprimer un certain effroi teinté de révulsion lors des différentes apparitions ectoplasmiques durant la dernière partie du récit, il est difficile de s'attacher à ce personnage dont l'empathie pour ses concitoyens se juge à l'aune de ses ambitions. Créant ainsi une certaine forme d’ambiguïté, voire même d'incohérence entre sa réaction proprement épidermique face à l'entité du récit et son attitude très.... ''professionnelle'' lorsqu'il s'agit de prendre en photo tout élément pouvant agrémenter ses recherches et cela, en dépit du danger !


Un comportement invraisemblable puisque l'héroïne photographie froidement des scènes lors de certaines interactions avec des phénomènes paranormaux tout en étant par la suite prise de convulsions ! Ici, le film maudit agit comme un personnage à part entière tout en ayant des conséquences directes sur le personnage central du récit. Une mise en abîme du cinéma, de l'art créatif, qui possède son créateur et ceux qui participent à son élaboration. Kim Jin-won insiste d'ailleurs sur ce sujet en intégrant le concept de ''film dans le film'' où l'héroïne se retrouve directement impliquée au cœur de ce projet intitulé Warning qui en devient par conséquent assez nébuleux. Ici, le réalisateur tord le concept entourant l'utilisation d'outils audiovisuels (cassettes vidéos, caméras, etc...) en inversant les valeurs de ce que projette ou pas le téléphone dont Kim Jae-hyun fait un usage intensif. Dans le cas de Amjeon, l'objet n'est plus le révélateur des phénomènes paranormaux mais l'outil permettant de différencier les abominations auxquelles l'héroïne est directement confrontée de la réalité à laquelle celle-ci échappe lorsqu'elle ose enquêter sur les lieux du tournage maudit. Fasciné par le cinéma d'horreur outre-atlantique (Kim Jin-won voue notamment un culte au Evil Dead de Sam Raimi) ou par le cinéma déjanté du japonais Shinya Tsukamoto, auteur en outre du film culte Tetsuo, le réalisateur sud-coréen parvient malgré un brouillard scénaristique quasi permanent, à créer un certain trouble. Et ce, grâce à la totale implication de son interprète principale mais aussi grâce à des décors parfois très anxiogènes qui tranchent radicalement avec l'univers dans lequel la jeune femme évolue habituellement (l'école de cinéma et d'une manière plus générale, des bureaux s'inscrivant dans l'industrie du cinéma). On pense bien évidemment à l'appartement de Kim Jae-hyun, glauque à souhait, antre d'un esprit rendu fou par son projet de film maudit réalisé conjointement avec un..... fantôme (!?!). Et plus encore à ce théâtre abandonné où fut tourné Warning et où l'héroïne se lance dans une enquête périlleuse, confrontée à des phénomènes paranormaux, dans des décors sordides, mal éclairés, aidée seulement par la lumière et l'écran de son petit téléphone portable. Bref, une expérience assez curieuse, aux finitions approximatives, brouillonne mais néanmoins intrigante...

 

mercredi 8 juillet 2026

Zhou (Incantation) de Kevin Ko (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Asie toujours mais détour cette fois-ci du côté de Taïwan avec Zhou (Incantation), dernier long-métrage du réalisateur, scénariste et directeur de la photographie Kevin Ko. Tandis qu'aucun nouveau projet ne semble être au planning du cinéaste taïwanais, retour donc sur ce long-métrage qui comme de très nombreux autres avant lui intègre au récit des éléments fantastiques relatifs aux domaines des superstitions et du folklore religieux asiatique. Ici l'on suit les aventures de Li Ronan (Tsai Husuan-yen) qui après avoir passé six années dans un hôpital psychiatrique retrouve sa fille Dodo (Huang Sin-ting) qui durant tout ce temps fut confiée à la garde d'une famille d'accueil. Si le retour de la gamine chez sa mère biologique se passe relativement bien, Dodo semble pourtant être victime d'une malédiction. La fille de Li Ronan est notamment la seule à apercevoir au plafond de sa chambre une entité qui paraît être hostile. Plutôt que de rechercher dans le présent ce qui touche le cœur du sujet, Kevin Ko préfère se plonger dans le passé de son héroïne. Six ans auparavant, à l'époque même où elle et son ancien petit ami Dom (Sean Lin) ainsi que leur camarade Yuan (Wen Ching-yu) alimentaient une chaîne Youtube avec leurs propres vidéos de chasseurs de fantômes. Entre séquences actuelles et flash-back remontant donc six ans en arrière, Zhou est en outre entièrement filmé caméra à l'épaule et de manière subjective, façon Found Footage. De plus, le cinéaste taïwanais implique directement le spectateur puisque l'héroïne du récit s'adresse directement à lui dès les premiers instants. Et même si la jeune femme lui lâche rapidement la grappe, la volonté de l'intégrer reste en toile de fond... Zhou s'inspire plus ou moins d'un fait-divers qui eut lieu à Kaohsiung dans le district de Gushan en 2005. Convaincus d'être possédés par des démons, les six membres d'une même famille tentèrent de conjurer le mauvais sort en se frappant mutuellement à l'aide de tablettes spirituelles et de bâtons. Pire : ils se recouvrirent d'excréments et d'urine, persuadés que cela allait chasser les divinités issues du folklore chinois qui s'en prenaient à chacun d'entre eux ! L'horreur atteignant son paroxysme lorsque la plus âgée des filles fut rouée de coups jusqu'à ce que mort s'ensuive... Un cas jugé d'hystérie collective dont les principaux acteurs furent reconnus coupables ''d'abandon de personne sans défense ayant entraîné sa mort''... Projeté à Taïwan dès le 18 mars 2022, le film sera mis à disposition du public quatre mois plus tard sur la plateforme Netflix...


Outre la tentative de manipulation psychologique du spectateur, Kevin Ko choisit de traiter le sujet sous l'angle de la culpabilité et des liens familiaux. En effet, après avoir été séparée de sa fille, l'héroïne tente de reconstruire une vie normale auprès de Dodo. Emprunt d'un caractère profondément religieux attaché à certaines croyances propres à la culture bouddhiste et taoïste, le script de Kevin Ko et du scénariste Chang Che-Wei tente de faire comprendre au spectateur que l'issue ne peut être résolue qu'en passant par la transmission de la malédiction à travers plusieurs personnes. Une ''contagion'' qui permettrait au final de la ''diluer''. L'emploi du concept de Found Footage agissant ainsi d'une manière presque semblable au thème invoqué à la fin du siècle dernier par le japonais Hideo Nakata à travers Ringu (Ring) et sa cassette vidéo maudite ou au beau milieu des années 2010 par l'américain David Robert Mitchell à travers It Follows dans lequel l'entité qui s'attaquait aux protagonistes était sujette à une métaphore des maladies sexuellement transmissibles... Si l'intervention du surnaturel devient rapidement une évidence, Kevin Ko maintient longtemps le secret entourant les causes et les conséquences de la malédiction qui repose sur la personne de Dodo. En outre, le cinéaste appuie durant un certain laps de temps sur l'idée qu'en aidant sa fille, Li Ronan ne fait que renforcer le mal dont celle-ci est atteinte. Atteignant ainsi un important degré de perversité en révélant notamment que le rituel, le symbole affiché à plusieurs reprises et l'incantation prenant la forme de la phrase ''Hou-ho-xiu-yi, si-sei-wu-ma'' ne sont plus vraiment bénéfiques à la guérison de la petite fille mais lui sont au contraire extrêmement défavorables. Privilégiant ainsi une fois encore la participation du spectateur qui, s'il se laisse convaincre par le procédé mis en place par Kevin Ko, se sait désormais en partie coupable de ce qui se produit à l'image... Enfin, Zhou traite bien évidemment de la folie. Tout comme s'agissant du fait-divers ayant eu lieu en 2005. Car comment comprendre autrement ce qui a pu aboutir à cette ''emprise'' familiale qui poussa cinq individus à en tuer un cinquième ? Touffu et donc parfois assez brouillon, Zhou n'en est pas moins une œuvre intéressante et constituant un ajout important dans l'iconographie des légendes et autres folklores asiatiques représentés sur grand écran...

 

mardi 7 juillet 2026

Noijeu de Kim Soo-jin (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Undertone de Ian Tuason fut une expérience plus que désagréable reposant essentiellement sur le son. Et donc, sur l’ouïe. Non pas que le concept soit mauvais, bien au contraire, mais la mise en scène mollassonne ruina l'essentiel du récit reposant presque uniquement sur l'interprétation de son héroïne incarnée à l'écran par Nina Kiri. S'agissant de Noijeu du réalisateur sud-coréen Kim Soo-jin qui vient de sortir dans les salles françaises, son premier long-métrage repose à peu près sur les mêmes fondements puisque son héroïne à lui est malentendante. Pas totalement sourde, mais simplement atteinte d'une déficience auditive qu'elle comble à l'aide d'un dispositif lui permettant d'y pallier. À vrai dire, et au sortir de cette expérience très réjouissante, je n'ai toujours pas saisi l'intérêt d'un tel procédé. Car si effectivement le handicap de Seo Joo-yeong (interprétée par Lee Sun-bin) participe de l'ampleur angoissante des derniers instants du récit, ce ''détail'' la concernant n'a généralement pas vraiment d'importance lors du déroulement de l'histoire. C'est d'ailleurs même tout le contraire puisque saisissant ce qui se déroule autour d'elle d'un point de vue il est vrai handicapant, c'est bien de bruit dont il s'agit ici. Si l'intrigue se déroule dans un immeuble de copropriétés où se côtoient locataires et propriétaires, ça n'est pas par hasard. En effet, si une partie importante de la population sud-coréenne est contrainte de vivre au sein d'immeubles qui répercutent très facilement le moindre bruit de pas, d'objet qui tombe ou de cris d'enfants, sa densité provoque fatalement des conflits de voisinages qui peuvent rapidement dégénérer... En ce sens, le long-métrage de Kim Soo-jin évoque ostensiblement l'un des classiques de l'épouvante signé en 1976 par Roman Polanski : Le locataire dans lequel un petit immigré polonais rencontrait de grandes difficultés à vivre au contact de voisins souvent revêches dans un vieil appartement parisien qu'il loua après le suicide apparent de la précédente locataire. Le cinéaste franco-polonais signant et interprétant ainsi un véritable monument de l'épouvante, ultra flippant, paranoïaque et inconfortable que d'aucun de raisonnable ne pouvait juger entrer dans le domaine du fantastique. Surtout lorsque la conclusion venait apporter une solution finalement très concrète s'agissant de l'état mental du héros...


Chose un peu plus délicate à cerner chez Kim Soo-jin qui avec Noijeu signe une œuvre aux multiples ramifications, se rapprochant finalement autant du film de Roman Polanski que du chef-d’œuvre absolu de la J-Horror Honogurai Mizu no Soko Kara (Dark Water) signé en 2002 par l'un des maîtres en la matière, Hideo Nakata. Contrairement à Undertone de Ian Tuason, ici l'usage du son et des silences fonctionne à la perfection... Nous suivons les aventures de la jeune Seo Joo-yeong qui après la disparition de sa jeune sœur Seo Joo-hee ((Han Su-a) vient s'installer dans son appartement dans l'espoir de la voir rapidement réapparaître. Mais ce qui survient le plus ardemment n'est pas le retour de sa cadette mais toute une série de problèmes liés au bruit et donc au voisinage. Entre un voisin particulièrement inquiétant habitant l'étage en dessous (Ryu Kyung-soo dans le rôle de Joong-sim) ou une propriétaire retors (Baek Joo-hee) qui compte bien préserver le calme dans l'objectif de faire rénover l'immeuble, notre héroïne ne peut visiblement compter que sur le soutien de Ki-hoon, le petit ami de sa sœur qu'interprète Kim Min-seok et sur celui de Jeong-in (Jeon Ik-ryung), une voisine plutôt conciliante qui semble en savoir beaucoup sur le passé trouble de l'immeuble. Un sujet qui ajoute une couche supplémentaire aux problèmes que va rencontrer Seo Joo-yeong, ainsi menacée par le voisin de l'appartement 504 et par la propriétaire qui voit d'un mauvais œil les plaintes formulées par la jeune femme qui cherche à retrouver sa sœur. En terme d'épouvante, le constat est sans appel : Noijeu est le digne descendant de la J-Horror même si ce courant est propre au Japon. D'une manière générale, le long-métrage de Kim Soo-jin est l'un des meilleurs représentants actuels de l'épouvante en Asie et même sur un plan international traitant du sujet des fantômes dans un contexte social tendu. Le cinéaste sud-coréen a en effet l'art et la manière de mettre en scène ses personnages dans des situations angoissantes. Et si les rapports de voisinages ne sont pas des plus tétanisants quoique parfois très crispants, la visite de l'immense décharge souterraine où les quelques visites nocturnes du voisin du dessous restent de grands moments de cinéma d'épouvante. Pour son premier film, Kim Soo-jin réussit à égaler les maîtres-étalons du genre et l'on a déjà hâte de découvrir ses futurs projets...

 

lundi 6 juillet 2026

La forteresse noire (The Keep) de Michael Mann (1986) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Tout d'abord objet de curiosité dans les années quatre-vingt pour n'avoir pas eu la chance de le découvrir ailleurs qu'à travers les quelques photographies disséminées à l'époque dans les quelques revues françaises spécialisées dans le fantastique et l'horreur, La forteresse noire s'est ensuite très rapidement transformé en objet de fantasme. Des décennies à spéculer sur son contenu, à me remémorer l'impressionnante stature de Radu Molasar, créature infernale condamnée à errer à jamais dans les limbes d'une citadelle gigantesque et à espérer découvrir un jour l’œuvre de celui qui allait seulement trois ans plus tard jeter un pavé dans la mare du néo-noir avec le chef-d’œuvre Manhunter. Un long-métrage tellement glaçant qu'à une période de canicule telle qu'on la connaît ces jours-ci, cette première adaptation cinématographique du Dragon Rouge de Thomas Harris est peut-être LA solution contre les trop fores chaleurs... Il en a coulé de l'eau sous les ponts, depuis 1983, année de sortie sur les écrans de cinéma de La forteresse noire. Film qui malgré une aura très particulière ne rencontrera pas le succès. Ni dans son pays d'origine qui ne permettra pas aux producteurs de rentrer dans leurs frais, ni chez nous, en France où le film n'attirera même pas trois-cent mille spectateurs dans les salles obscures. En 2026, le second long-métrage de Michael Mann après Le solitaire (The Thief) en 1981 fait figure d'anomalie. Non seulement s'agissant de la carrière de son auteur qui ne touchera plus jamais au fantastique mais plus encore concernant le genre lui-même. En effet, La forteresse noire est un film à part, qui convoque une partie sombre de l'histoire mondiale notamment à travers son époque puisque l'action se déroule en Avril 1941...



Mais aussi parce qu'il met en scène une troupe de soldats allemands de l'armée nazie s'accaparant un petit village roumain situé dans le col de Dinu. Un lieu tout à fait imaginaire dont on retrouve les premières descriptions dans le roman The Keep (sorti chez nous sous le titre Le donjon), ouvrage qui sert donc de source d'inspiration pour son adaptation cinématographique. Mais si le nom donné à la région où est censée se dérouler l'action est fictif, La forteresse noire a cependant été tourné dans des lieux réels et visuellement stupéfiants. Comme la ville minière de Blaenau Ffestiniog située au Pays de Galles. Quant à la forteresse en question, Michael Mann a choisi de filmer celle de Craig y Ddinas Castle. Une forteresse en ruines elle-même située au Pays de Galles. Quant aux impressionnants intérieurs, ils sont dus au directeur artistique britannique John Fox et furent construits dans les Shepperton Studios, à Shepperton, dans le comté du Surrey, au sud-ouest de Londres... Le film raconte donc tout d'abord l'installation d'un groupe de soldats allemands commandés par le capitaine Klaus Woermann (l'acteur allemand Jürgen Prochnow) dans un petit village roumain. Dès son arrivée et lors de la visite de l'immense forteresse qui trône en face du village, le Père Fonescu (Robert Prosky) prévient l'officier allemand des dangers que recouvre l'infiltration des lieux. Ornés de plus de cent croix, les intérieurs de l'édifice semblent être effectivement en prise avec des phénomènes qui sortent de l'ordinaire et qui bientôt vont se traduire par la mort de deux soldats qui ont eut la mauvaise idée de retirer de l'un des murs l'une des croix en question. Tandis que le Docteur Theodore Cuza (Ian McKellen) et sa fille Eva (Alberta Watson) sont dépêchés du camp de Dachau afin de déchiffrer un curieux message gravé sur l'un des murs intérieurs de la forteresse, arrive au village le major Kaempffer (Gabriel Byrne)...


Un officier nazi de la pire espèce qui compte bien résoudre et stopper la série de morts qui pour l'instant a fait plusieurs victimes dans les rangs de l'armée allemande... Dans un récit qui mêle contexte historique, légendes roumaines, folklore des Carpartes et mythologie juive, Michael Mann signe une œuvre glaçante, sombre, pessimiste, dans des décors souvent impressionnants. C'est ainsi que la séquence d'ouverture renvoie à certaines œuvres du cinéaste allemand Werner Herzog. L'on pense bien évidemment à celle du chef-d’œuvre Aguirre, la colère de Dieu, filmée sur les pentes du Huayna Picchu dans les Andes péruviennes. D'emblée, La forteresse noire nous promet une expérience hors du commun. Visuellement impressionnante. Agrémentée en outre par la photographie d'Alex Thomson ou par la bande musicale envoûtante du groupe de musique électronique allemand, Tangerine Dream. Lequel fut déjà auteur de la partition de The Thief trois ans auparavant... Tourné dans des conditions difficiles puisque l'un des décors pris feu et n'étant pas tout à fait la vision qu'avait Michael Mann de son film puisque la production imposa de larges coupes au montage, La forteresse noire a en outre très mal vieilli et passerait presque aujourd'hui pour un nanar aux effets-spéciaux cruellement datés. Il n'empêche qu'il s'en dégage une atmosphère unique que l'on ne retrouvera sans doute jamais plus. En l'état, le second film de Michael Mann n'a aujourd'hui d'intérêt que pour les archéologues du cinéma fantastique. Les autres risquent d'être fort déçus par une œuvre dont seules les photographies imprimées dans de vieux mensuels spécialisés ou les posters placardés à l'époque dans nos chambres du temps de notre adolescence restent iconiques...

 

dimanche 5 juillet 2026

Se7en de David Fincher (1995) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Il y eut une époque où tout ce que touchait David Fincher ou presque se transformait en or. ALIEN³ en 1992, Se7en en 1995, Fight Club en 1999 ou encore Zodiac en 2007... Alors qu'est attendu pour cette fin d'année 2026 son dernier long-métrage The Adventures of Cliff Booth, écrit par Quentin Tarantino et dont la diffusion est prévue sur Netflix pour novembre aux États-Unis et un mois plus tard pour le reste du monde, retour sur le véritable phénomène que représenta Se7en à l'époque de sa sortie. Digne successeur du glaçant Manhunter que réalisa une décennie auparavant Michael Mann, le second long-métrage de David Fincher est à l'exacte croisée des chemins entre son premier film, ALIEN³, dont il su redéfinir les codes esthétiques et narratifs pour proposer une œuvre moite, étouffante, dans un milieu carcéral à l'échelle d'une planète toute entière et les thrillers les plus sombres. Un long-métrage au mieux inconfortable pour les uns et au pire, carrément ennuyeux pour les autres... Fort heureusement, armé d'un scénario en béton signé d'Andrew Kevin Walker qui juste avant signa celui de Souvenirs de l'au-delà de Brett Leonard avant d'écrire ceux de The Game et Fight Club de David Fincher, de 8 millimètres de Joel Schumacher, de Sleepy Hollow : La Légende du cavalier sans tête de Tim Burton ou encore celui de Wolfman de Joe Johnston, le réalisateur américain allait signer en cette année 1995 l'un des thrillers les plus sombres et efficaces de l'histoire du cinéma. Également accompagné d'une équipe technique hors pair parmi laquelle l'on trouve le compositeur attitré de l'immense David Cronenberg, Howard Shore, ou le directeur de la photographie franco-iranien Darius Khondji, tout commence avec le générique de Kyle Cooper. D'une conception qui laissera sur le cul tout ceux qui le découvrirent pour la première fois, inspirant par la suite d'autres auteurs, celui-ci se fond à la perfection au thème du récit. Une parabole construite autour du principe des sept péchés capitaux. Révélant la nature humaine profondément atteinte par la foi du tueur qui pour chacun de ses meurtres va mettre en scène la victime et cacher sur le lieu du crime des indices permettant aux inspecteurs William Somerset et David Mills de poursuivre leur enquête tout en découvrant peu à peu les intentions de celui qui se fait appeler John Doe. Héritier direct de Manhunter, donc, mais aussi d'Angel Heart d'Alan Parker ou du très déstabilisant Spoorloos (L'Homme qui voulait savoir) de George Sluizer, Se7en aura lui aussi fait des petits de par le monde, comme en Espagne avec Marshland d'Alberto Rodriguez, en Belgique avec De Behandeling de Hans Herbots, en Corée du sud avec Memories of Murder de Bong Joon-ho et au Canada avec l'amusant Resurrection de Russell Mulcahy. Sans doute pas le plus réussi de tous mais en tout cas celui qui en reprend les codes jusqu'à devenir le miroir nanardesque du film signé de David Fincher quatre ans auparavant !


Dans les rôles principaux de Se7en l'on retrouve Brad Pitt et Morgan Freeman. Le premier incarne l'inspecteur David Mills. Jeune flic fougueux et impulsif, marié à Tracy qu'incarne Gwyneth Paltrow, il accompagne pour sa dernière mission l'inspecteur William Somerset qu'interprète donc de son côté Morgan Freeman. Un flic très proche de la retraite, beaucoup plus tempéré et avançant avec sagesse... De ce duo apparemment antinomique, David Fincher accouche d'un buddymovie qui n'a rien de comparable avec les comédies américaines qui ont pour habitude de lier deux tempéraments aux antipodes l'un de l'autre. Ici, le contexte est morbide, délétère, glaçant et étouffant. Le cinéaste met en scène des meurtres rituels abominables. Entrecoupés de séquences plus ''classiques'' qui permettent d'introduire le spectateur dans l'intimité de ses personnages et ainsi de les rendre attachants. L'invitation de l'inspecteur William Somerset chez le couple Mills étant d'ailleurs à ce sujet, très significative. Il n'est plus seulement question pour Tracy d'unifier la relation professionnelle entre son mari et son collègue mais bien de faire de ce duo incompatible l'équipe idéale chargée de mettre la main sur celui qui fait trembler toute la ville. Séquence qui permettra en outre d'éveiller la morale et les émotions du spectateur lorsque surviendra la séquence finale alors même que la présence de la jeune femme se réduira à quelques courtes scènes seulement. Curieusement, David Fincher élude la présence des médias, préférant donc se concentrer presque exclusivement sur l'enquête de ses deux inspecteurs. Le cinéaste signe ainsi un grand film. Qui non content d'être d'un pessimisme extrême est aussi et surtout d'une construction absolument diabolique. Visuellement superbe bien que s'inscrivant dans un univers désespérément sombre, Se7en est surtout interprété par un quatuor d'interprètes remarquables. Morgan Freeman, Gwyneth Paltrow, Brad Pitt et... un quatrième acteur dont l'identité fut tenue secrète jusqu'à la sortie du film en salle. Et même jusqu'à son apparition à l'écran puisque son nom n'apparaissait pas lors du générique d'ouverture. D'ailleurs, je tairai son identité au cas où certains n'auraient toujours pas découvert ce très grand thriller du cinéma américain... Bref, du très grand cinéma...

 

samedi 4 juillet 2026

Cycle Bernard Menez - Le chêne d'Allouville de Serge Pénard (1981) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Au cœur de la bataille qui se joue entre le maire et les adjoints de la commune française d'Allouville, et son curé (autour duquel se sont ligués les villageois), un arbre. Le Chêne d'Allouville. Plus vieux représentant de son espèce, dont l'âge est estimé à 1300 ans, et qui risque de souffrir d'un projet d'élargissement. Une route doit en effet être construite, et passant justement tout prêt de cet ancêtre millénaire, le député Charles Crétois a prévu d'y faire passer ce projet qui divise élus et villageois. Crétois peut compter sur le maire du village auquel il a promit la légion d'honneur. Afin de sauver leur précieux bien, les habitants d'Allouville se réunissent autour du vieil arbre et barricadent le village. Bientôt une compagnie de CRS débarque afin de les en faire déloger...
Voici donc le récit de ce long-métrage réalisé par le cinéaste français Serge Pénard et dans lequel se retrouvent une nouvelle fois Bernard Menez et Henri Guybet qui tournèrent déjà ensemble en 1975 dans Pas de Problème de Georges Lautner et un an après Le Chêne d'Allouville dans Ça va faire mal ! de Jean-François Davy.
Le Chêne d'Allouville n'est pas que le cœur d'une intrigue écrite à quatre mains par Alphonse Boudard et Serge Pénard mais existe réellement. Situé au centre du village d'Allouville-Bellefosse, son âge est estimé entre 800 et 1200 ans. Classé monument historique en 1932, il a été en de multiples occasions le fruit de rénovations consécutives au dégradations perpétrées par le temps et le tourisme.

Concernant l’œuvre de Serge Pénard, il s'agit avant tout d'une petite comédie franchouillarde principalement interprétée par Bernard Menez qui endosse ici l'habit de curé du village. A ses côtés, Jean Lefebvre dans le rôle de son père, Albert Lecourt, Henri Guybet dans celui du frère, ainsi que Pierre Tornade dans le rôle du maire Henri Brainville et Philippe Nicaud dans celui de Charles Crétois, le député. Le Chêne d'Allouville, c'est le combat presque inégal entre les autorités et une poignées d'hommes et de femmes qui vivent par et pour leur terre. Serge Pénard développe l'idée de respect. Envers la nature, l'environnement, et tout ça à travers un village tout entier que le modernisme tente de défigurer. Il décrit avec légèreté et simplicité, des querelles de villages intestines. Bernard Menez , Jean Lefebvre et Henri Guybet campent des paysans forts sympathiques qui ont le naïf sentiment de pouvoir changer l'ordre des choses. D'une certaines manière, le cinéaste se moque ouvertement des autorités ici représentées par la Gendarmerie, la compagnie de CRS et le maire (voir la scène durant laquelle deux CRS urinent devant une grange). Pierre Tornade paraît interpréter le même éternel rôle auquel il nous a souvent habitués. Lui est adjoint le personnage de Roger Dubois, « nerveusement » interprété par l'excellent François Dyrek.

L'aventure, si elle n'est pas vraiment drôle, permet tout de même de passer un agréable moment. Bernard Menez y interprète l'un de ses meilleurs rôles (l'expression demeurant toute relative). Le Chêne d'Allouville mérite mieux que l'étiquette de nanar qu'on lui colle un peu trop facilement...

vendredi 3 juillet 2026

Citizen Vigilante d'Uwe Boll (2026) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Voilà un projet plus qu'intriguant s'agissant du dernier long-métrage de l'allemand Uwe Boll. Mais soyons clairs : l'auteur de House of the Dead, de Bloodrayne, de Rampage de Zombie Massacre et de beaucoup d'autres longs-métrages n'est théoriquement pas du genre à être attendu au tournant puisque son importante filmographie est essentiellement constituée de navets, voire de nanars... Cependant, Citizen Vigilante pourrait marquer le retour de l'allemand vers un cinéma plus traditionnel tout en cherchant à provoquer les âmes les plus ''pures''. De celles qui dans une certaine frange de la population accordent sans doute beaucoup trop importance à l'immigration tout en se voilant la face sur les conséquences néfastes qu'elle puisse avoir. Du moins est-ce apparemment le discours d'Uwe Boll qui avec Citizen Vigilante jette non pas un pavé dans la mare mais carrément une montagne de roche en fusion qui eut pour conséquence de le voir bannir dans son propre pays. Et lorsque l'on entend parler d'interdiction, ou de bannissement comme dans le cas de ce dernier long-métrage, forcément, cela attise la curiosité. Et il faut dire que malgré une forme très en accord avec le cinéma habituel de Uwe Boll, celui-ci reflète les contradictions entre des valeurs qui prônent le droit d'asile depuis la loi fondamentale de 1949 inscrite dans la Constitution de l’Allemagne de l’Ouest révélant ainsi des valeurs humanistes, et une réalité devant laquelle certains préfèrent se voiler la face : l'immigration illégale d'où émerge parfois des mœurs incompatibles avec la société occidentale et une violence qu'évoquent couramment et principalement les médias de droite quand d'autres préfèrent les ignorer. C'est donc bien sur cette réalité que certains chercheront toujours à masquer qu'Uwe Boll ouvre les hostilités. Avec cette jeune femme qui au sortir de ses emplettes est agressée gratuitement par un homme de couleur. Égorgée en plein jour, celle-ci meurt en quelques secondes, laissant derrière elle un tout jeune orphelin. Tandis que les médias relèguent cette tragique information, un justicier très apprécié des internautes qui expriment la volonté d'en voir plus comme lui fait le ménage dans la ville. Tout commence par une leçon donnée à trois adolescents qui refusent de payer leur ticket de bus et se poursuit par un certain nombre de meurtres visant notamment les responsables du chaos qui est en train de mener le pays à un marasme social, économique, politique et judiciaire mais aussi directement ceux qui commettent sur le sol de leur terre l'accueil, des meurtres ou des viols...


Avec tout l'absence de finesse qui le caractérise, Uwe Boll enchaîne les assassinats commis par celui qu'il iconise auprès d'un peuple qui se montre donc très enthousiaste. En outre, le rôle de Sanders, le justicier en question, est incarné par l'acteur américain Armie Hammer. L'interprète du justicier connaît depuis 2021 de gros soucis avec la justice puisqu'il a été soupçonné de viol, d'agressions sexuelles et psychologiques. Bien que la police de Los Angeles n'ait pas réuni suffisamment de preuves pour l'inculper et le faire condamner, la carrière d'Armie Hammer redémarre assez mollement. Écarté du tout Hollywood, il joue désormais principalement dans de petites productions indépendantes à l'image de Citizen Vigilante, justement, où il semble mimer le personnage incarné par Bob Odenkirk dans Nobody d'Ilia Naïchouller... En dehors du fait que le dernier long-métrage d'Uwe Boll soit parfois très politiquement incorrecte tout en étant objectivement le reflet d'une réalité concrète, Citizen Vigilante reste quand même une très mauvaise expérience. Non pas en raison du message véhiculé mais parce que la mise en scène est comme très souvent chez son auteur la ''coquille'' qui fait tout s'effondrer. Si au départ le film devait s'intituler The Dark Knight, les propriétaires de la marque associée au personnage de DC Comics Batman ont demandé à ce que soit changé le titre. Si le vigilantisme est un type de film qui a notamment fleurit à travers la saga Death Wish dans les années soixante-dix sans que cela n'émeuve quiconque au point de faire interdire le film sur son territoire d'origine, c'est bien parce qu'Uwe Boll évoque les thèmes de l'immigration, de l'islamisation, d'une politique et d'une justice défaillantes que le film rencontre des problèmes dans son pays. Il n'est pas impossible que Citizen Vigilante vienne combler l'appétit de certains détraqués en terme de nouvelle solution finale concernant cette fois-ci l'immigration extra-européenne, maghrébine et subsaharienne, mais en dehors de la polémique, il faut surtout bien se mettre en tête que le film est d'abord un énorme étron qui au-delà de son extrémisme est vraiment une purge à tous les étages ! Bref, du Uwe Boll pur jus !

 

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