Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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mercredi 4 février 2026

El llanto de Pedro Martín-Calero (2025) - ★★★★★★★★☆☆


 

 

Séance rattrapage 2025 numéro 3. Cette fois-ci, nous allons évoquer un film originaire d'Espagne, d'Argentine et de France dont tous les amateurs de fantastique ou d'épouvante n'ont pas forcément entendu parler l'année dernière. Et pourtant, caché derrière des productions provenant majoritairement des États-Unis, El llanto de Pedro Martín-Calero fait probablement partie des cinq ou dix meilleurs films du genre à avoir vu le jour en 2025. Si l'on est systématiquement assurés de tomber de nombreuses fois sur des œuvres qui n'ont au mieux comme intérêt que le script d'origine, il est parfois encourageant de voir que certains cinéastes sont capable dès leur premier long-métrage de sublimer leur sujet. Et si celui qui est au cœur du récit peut crisper les tensions entre ceux qui s'élèvent contre le patriarcat et le sexisme et ceux qui en ont assez que le septième art s'empare un peu trop couramment du sujet, la forme que prend l'intrigue de El llanto est telle que leur exaltation a de fortes chances de réunir les uns comme les autres dans un même élan d'espoir. Celui d'aborder un thème d'actualité fortement chargé d'un point de vue du politique, de la sociologie, du militantisme et des médias... Sorti sur le territoire français sous le titre Les Maudites, le premier long-métrage du réalisateur, scénariste, producteur et directeur de la photographie espagnol Pedro Martín-Calero, né en 1983 à Valladolid vaut véritablement le coup d’œil. Formé à la photographie à l’ECAM de Madrid (Escuela de Cinematografía y del Audiovisual de Madrid), Pedro Martín-Calero est l'auteur du scénario en collaboration avec la scénariste Isabel Peña. Et il fallait bien la touche et la sensibilité d'une femme pour apporter tant de profondeur à une œuvre s'inscrivant pourtant dans un genre qui touche généralement davantage à l'effroi d'ordre surnaturel qu'à l'émotion encadrant une histoire de viol. Car c'est bien de cela dont il s'agit ici. Les maudites en question appartenant à une lignée de femmes qui toutes vont avoir comme points communs d'appartenir à la même famille mais qui de surcroît vont être les victimes d'un étrange individu, invisible aux yeux de tous, mais dont la présence à travers certains médias ou objets d'usage courant va apparaître comme une présence hostile permanente. Construit sous forme de chapitres devenus très ordinaires de nos jours puisque chacun d'entre eux sera précédé d'un titre renvoyant à chacune des héroïnes du récit, El llanto déroule son intrigue entre diverses époques...


Tout d'abord au présent, et à travers les technologies actuelles, la madrilène Andrea (Ester Expósito) est témoin de faits étranges. Alors que son petit ami est en Australie pour un temps indéterminé, la jeune femme ressent une présence à ses côtés et prenant la forme d'un vieil homme en imperméable noir. Élevée par des parents adoptifs, celle-ci apprend en outre que sa véritable mère fut condamnée à de la prison ferme après avoir été accusée du meurtre d'une jeune femme. Après avoir déroulé son lot de péripéties durant cette première partie déjà très intrigante, le scénario plonge au cœur de l'action une nouvelle protagoniste prénommée Camilla (Malena Villa) vingt ans en arrière. Étudiante en cinéma, elle fait suivre en permanence sa caméra dans l'espoir de tourner LE court-métrage qui satisfera enfin son professeur. C'est lors d'un trajet en bus qu'elle tombe sur Marie (Mathilde Ollivier), jeune femme cachée derrière des lunettes noires qu'elle décide de suivre et de filmer. Cette dernière est au centre de toutes les questions qui se posent à travers une œuvre beaucoup moins alambiquée que ne le laissaient présager les différents changements d'époque. Tournant autour de ses trois principales interprètes, El llanto est un petit bijou de construction usant de technologies anciennes et modernes. Traitant ainsi de l'invisibilité des victimes de viols ou de harcèlements. Entre drame, fantastique et thriller, le film peut être vu comme une alternative au remarquable It Follow de David Robert Mitchell qui traitait certes de manière différente et sur un sujet sans réel rapport d'une malédiction se transmettant d'un individu à un autre. Alors oui, El llanto concentre une partie de son sujet sur le thème du féminicide et de tout ce qui peut se rattacher au mouvement #MeToo. Mais Pedro Martín-Calero n'en oublie pas pour autant d'aborder le sujet sous l'angle de l'épouvante. Et ça fonctionne. Plutôt bien, d'ailleurs. Et ce, même si l'on ne saute pas d'effroi au plafond, le long-métrage n'en est pas moins parfois très angoissant. Ou comment allier le Message à une forme de récit très ancré dans la thématique des Légendes Urbaines. Bref, une réussite...

 


mardi 3 février 2026

Great White Waters d'Anthony C. Ferrante (2025) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆


 

 

Depuis huit années que la franchise Sharknado a pris fin, le cinéaste américain Anthony C. Ferrante a tourné d'innombrables courts et longs-métrages cinéma et télévisuel avant de réapparaître en 2023 non pas avec un septième opus de sa drolatique série de films comico-horrifiques dans lesquels des requins volants s'en prenaient à la population mais des squales beaucoup plus classiques. Signant ainsi Blind Waters dans lequel un couple en vacances affrontait l'un de ses représentants parmi les plus récalcitrants ! En 2025, rien ne change vraiment, tout se recycle puisque à nouveau, Anthony C. Ferrante s'attaque à un nouveau film de requins mettant cette fois-ci en scène des créatures baignant autour d'une très grande quantité de cocaïne perdue au fond des mers. Intitulé Great White Waters, ce dernier long-métrage signé d'un auteur décidément très productif demeure dans la droite lignée des néo-nanars qu'il signa donc entre 2013 et 2018. Cependant, n'espérez pas voir cette fois encore les bestioles en question évoluer dans les airs... Et à l'issue des quatre-vingt treize minutes que dure le long-métrage, on serait en droit de dire que cela est presque regrettable tant Great White Waters est mauvais. Mais à un point, les amis, que vous n'êtes probablement pas prêts à concevoir, surtout si vous n'êtes pas habitués à voir nager dans les eaux troubles du film de requins ce genre de petit budget n'ambitionnant jamais d'atteindre les sommets du genre. Il y a bien longtemps que toute tentative a été abandonnée s'agissant de l'idée d'égaler THE classique du genre, Les dents de la mer de Steven Spielberg. Et encore, lorsqu'un cinéaste y parvient (presque) comme l'australien Sean Byrne l'année dernière, ça n'est qu'en passant par des chemins détournés comme avec l'excellent Dangerous Animals dont les squales ne servaient que de matière secondaire à un récit tournant surtout autour d'un psychopathe et de sa principale victime. D'emblée, rien d'anormal que de découvrir que ni l'interprétation, ni la mise en scène de Great White Waters ne peuvent prétendre à recevoir le moindre prix dans un quelconque festival en dehors de celui des Golden Raspberry Awards. Sauf que celui-ci a comme habitude de ne s'attaquer qu'à des œuvres qui ont d'abord su faire parler d'elles dans la presse, les réseaux ou plus directement en salle. Des films reconnus en tant que tels et non pas en tant que vastes fumisteries comme peut l'être justement considéré le dernier long-métrage d'Anthony C. Ferrante...


Je ne pensais pas devoir l'écrire un jour mais on a connu le bonhomme en meilleure forme ! Jouant ici le jeu du premier degré, Anthony C. Ferrante semble avoir perdu l'essence même de son art. Celui de ne surtout pas se prendre au sérieux et appliquer au genre qui promeut habituellement le frisson, une bonne dose d'humour totalement décomplexé. Mais en voulant entrer dans le rang tout en n'ayant ni les qualités pour le faire et encore moins les moyens pour s'en donner la peine, le cinéaste vient de produire dans le cas de Great White Waters, l'un des pires représentants de son espèce. Ici, pas de requins volants, nageant dans le sable ou dans la neige, hybridé avec Frankenstein, le mythe du zombie, radioactif, à trois, quatre, cinq et même six têtes ou encore je ne sais quelle autre espèce de délire improbable. Désormais, les requins sont eux aussi rentrés dans le rang de la normalité pour un programme qui au final s'avère aussi anodin que terriblement ennuyeux. L'on y suit pendant quatre-vingt dix minutes environ une équipe de narco-trafiquants chargé par le puissant Leo Reverend (incarné par le nullissime Steve Hanks) de récupérer des caisses contenant des fioles remplies de stupéfiants. Pour leur malheur, l'eau est infestée de requins en CGI. Mais par chance débarque la jeune et jolie Gia Shah (Angela Cole) qui a bord de sa petite embarcation transporte un appareil électromagnétique qui permet d'éloigner les requins. ''Embauchée'' par les malfrats sans se douter qu'ils sont de dangereux criminels, Gia ne sait pas qu'elle est en train de mettre son existence en danger. Des morts... des requins... de l'eau à perte de vue et un scénario aussi vide qu'une boite de chocolats qui serait tombée entre les mains d'un consommateur compulsif de friandises... Cerise sur le gâteau, les doublages français. On n'avait sans doute pas entendu des dialogues aussi atrocement récités par des doubleurs sans doute payés au SMIC depuis le glorieux temps des Nanars d'antan... A croire même que certains ont été conçus à l'aide d'une intelligence artificielle tant l'ensemble sonne faux. Et pourtant, malgré une somme relativement conséquente de défauts, Great White Waters n'est jamais drôle, jamais divertissant mais par contre, d'un ennui qui sidère par sa puissance. Bref, n'hésitez surtout PAS à ne PAS vous lancer dans l'aventure de ce nouvel étron...


lundi 2 février 2026

Good Boy de Ben Leonberg (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dans la série rattrapage, on continue avec un petit film sans prétention mais Ô combien intéressant... Quel propriétaire de chien n'a jamais éprouvé cette étrange sensation d'une présence étrangère dans sa demeure lorsque son animal de compagnie se fige à l'entrée d'une pièce ? Le museau pointant vers un mur ou en direction du plafond ? Fixant sans geindre ni bouger un endroit très précis sans que nous ne puissions percevoir ce qui l'intrigue ? Les fantômes existent-ils ? Seul un chien est-il en mesure de répondre à cette question ? Good Boy tend à rendre visible ce qui ne l'est pas. À travers, justement le regard de ce chien, protagoniste principal d'une œuvre qui risque fort de faire avant tout des adeptes parmi ceux qui aiment ces animaux. Alors, Good Boy ? Film à réserver aux cynophiles ou bien même les ailurophiles y trouveront leur compte ? Réponse : le premier long-métrage du réalisateur, scénariste et producteur américain Ben Leonberg tend à démontrer qu'il est possible pour un camp comme pour l'autre d'éprouver les mêmes sentiments même si les seconds peuvent parfois éprouver de l'aversion pour ces bêtes hurlantes et très dépendantes que sont souvent les chiens. Si le scénario de Ben Leonberg et d'Alex Cannon semble original, qu'il le soit ou non dans son traitement du concept de maison hantée et de fantôme, l'intervention d'un chien n'est pas tout à fait unique dans l'histoire du cinéma d'horreur et d'épouvante. Évacuons tout de suite toute une série de longs-métrages où la race canine n'est pas tout à fait au premier plan du récit pour rappeler aux mémoires défaillantes trois exemples. À Commencer par Cujo de Lewis Teague en 1983, adaptation d'un roman de Stephen King. Du nom d'un Saint-Bernard mordu par une chauve-souris enragée et qui après avoir lui-même contracté la maladie s'attaquait à une mère et son fils. Puis Max, le meilleur ami de l'homme réalisé par John Lafia en 1993 et dans lequel un dogue du Tibet génétiquement modifié s'en prenait aux habitants d'une ville. Mais pensons tout d'abord à Baxter de Jérôme Boivin. Très grande réussite du cinéma fantastique hexagonal qui remporta en 1989 la Mention spéciale du jury au très regretté Festival international du film fantastique d'Avoriaz. Du point de vue de l'objectivité de l'animal, c'est bien de ce film là dont se rapproche le plus Good Boy. Mettant ainsi en scène un chien dans le rôle principal. Et comme dans Baxter, dans lequel un Bull Terrier capable de penser et de réfléchir étudiait les hommes, Good Boy est filmé à hauteur d'animal. Ce qui pourrait avoir l'air d'un exercice de torture pour les cervicales s'avère en fait un très bon moyen de hisser le spectateur lui-même à la hauteur d'un animal de compagnie...


Permettant ainsi de percevoir les mêmes choses que notre héros canin. Tandis que d'autres se sont essayés quelques années en arrière à un exercice d'une prétention sans nom au sujet des Fantômes et autres Maison Hantées, tel A Ghost Story de David Lowery ou plus récemment, Presence de Steven Soderbergh, Good Boy tend à attirer dans ses filets tout amateur d'animal de compagnie tout en réussissant le pari d'écrire et de mettre en scène un script qui vaut bien la plupart des classiques du genre. Quelques JumpScares dont un ou deux sont relativement efficaces, des apparitions plutôt Creepy, une ambiance lourde et mortifère ne serait-ce qu'à travers les éclairages, l'isolement du chien et de son maître ou plus simplement en raison de la très grave maladie dont est atteint ce dernier, et puis, bien évidemment, on pense d'abord et avant tout à deux choses. Au chien, un Retriever de la Nouvelle-Écosse tout à fait adorable prénommé Indy dans la vie comme dans le film et qui obéit au doigt et à l’œil. Ensuite, à la mise en scène et le choix des différents cadrages. En effet, en artiste complet, ajoutant à ses différentes casquettes celle de monteur et de directeur de la photographie, Ben Leonberg sait très précisément où placer sa caméra et cela se voit très clairement à l'image. Sublimant ainsi la plupart des plans, ajoutant une donnée très humaniste chez l'espèce canine qui sous son regard d'observatrice communique une émotion tout à fait palpable. Accroché à l'idée de faire d'Indy la seule et véritable vedette du long-métrage, le cinéaste s'emploie à mettre dans l'ombre au sens propre comme au figuré l'acteur Shane Jensen qui dans le rôle de Todd l'accompagne quasiment durant toute l'aventure. Au final, l'on tient là une œuvre qui ne se moque ni des amoureux des animaux, ni des amateurs de cinéma d'épouvante. Le résultat à l'écran est efficace et pour un premier long-métrage, Ben Leonberg parvient à atteindre ses principaux objectifs. Artistique, à travers la lumière, les décors et la photographie. Narratif, à travers l'intervention du chien comme élément principal. Et enfin, émotionnel, s'agissant des perceptions d'Indy et de sa relation avec son maître... Bref, un petit bijou...

 

dimanche 1 février 2026

Bad Girls go to Hell de Doris Wishman (1965) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Figure apparemment emblématique du cinéma d’exploitation indépendant des années 1960, la réalisatrice, scénariste, monteuse, productrice et actrice américaine Doris Wishman a réalisé en quarante-deux ans de carrière une trentaine de longs-métrages donc quelques sympathiques navets, tel le déplorable film de science-fiction Nude on the Moon en 1961. Une œuvre qui sept ans après sa découverte le 2 septembre 2019 hante encore mes nuits les plus agitées. Un Nudie relativement hors-norme dans lequel le scientifique Jeff Huntley et le Professeur Nichols atterrissaient à la surface de la Lune pour y découvrir une espèce extraterrestre humanoïde en tous points semblable aux terriens en dehors du fait que ses représentants de sexe féminins s'y promenaient à moitié nus ! Celui qui n'a jamais entendu parler de Bad Girls go to Hell sait pourtant déjà que ce petit long-métrage d'à peine une heure et cinq minutes a de fortes chances d'être du même tonneau. Un film au titre d'ailleurs légèrement trompeur puisque ''Les filles'' ne sont en réalité qu'une seule et même femme et quant à savoir si celle-ci est ''Mauvaise'', il faudrait se pencher sur son cas très précis. En effet, tout comme Thania (l'actrice Zoë Lund), héroïne de L'Ange de la vengeance que réalisa seize ans plus tard Abel Ferrara, Meg Kelton (Gigi Darlene), une habitante de Boston, est violée par le concierge de son immeuble à deux reprises. Et deux fois, c'est au moins une fois de trop. Alors que l'homme a réussi à l'attirer chez lui, se saisissant d'un dessous de plat en porcelaine, la jeune femme fracasse le crâne de son agresseur avant de prendre la fuite et de se réfugier dans l'appartement qu'elle partage avec son mari. Tandis que ce dernier est parti travaillé, et très inquiète à l'idée de finir ses jours en prison, Meg plie bagages et s'enfuit pour New York. Vadrouillant en ville et ne sachant où elle va pouvoir dormir le soir venu, la jeune femme fait une première rencontre en la personne d'Al Bains. Un très sympathique jeune homme qui l'invite à passer la nuit chez lui en tout bien tout honneur. L'une des plus importantes failles du genre Nudies réapparaît ici une nouvelle fois. Visiblement peu soucieuse au sujet de la crédibilité, Doris Wishman ne voit rien à redire à son propre scénario...


En effet, comment une femme qui a fuit un violeur peut-elle accepter ensuite de monter dans l'appartement d'un inconnu ? L'homme étant un alcoolique qui tente de combattre son addiction, voilà qu'en outre Meg déniche une bouteille sans doute oubliée par son propriétaire dans un placard et auquel elle sert un verre avant qu'il ne se saisisse de la bouteille pour la vider cul-sec. Devenant violent envers la jeune femme, celle-ci profite finalement de l'ivresse de son hôte pour prendre la fuite. Et le reste de Bad Girls go to Hell est construit ainsi, sur diverses rencontres plus ou moins amicales. Après être partie précipitamment de l'appartement d'Al, elle louera une chambre à une certaine Madame Grace (Marlene Starr) dont l'époux incarné par Charles E. Mazin tentera à son tour de la violer. Bref, la pauvre Meg n'aura pas de chance et continuera de faire d'autres rencontres jusqu'à croiser le flic... qui enquête justement sur la mort du concierge... Contrairement à beaucoup de Nudies, celui-ci n'est pas trop mauvais. Et même s'il s'agit d'une petite production que l'on devine plutôt fauchée, un effort a visiblement été consenti au niveau écriture. Et même si certaines invraisemblances viennent s'intercaler lors des errances de notre héroïne, ça va, on a vu pire. Par contre, les amateurs de nudité n'en auront sans doute pas pour leur argent. Étonnamment, Bad Girls go to Hell se montre relativement timide en la matière. Alors que de nombreuses productions du genre ne lésinent pas sur les actrices qui se déshabillent dès que la caméra tourne, ici rien de bien émoustillant. Une toison entraperçue à travers une robe en dentelle, deux ou trois paires de fesses mais pas une seule poitrine, la réalisatrice et ses interprètes se démenant pour que n'apparaisse à l'écran que la silhouette d'un sein à peine dessiné. D'un autre côté, cela empêche Bad Girls go to Hell de trop tourner en rond et autour de séquence de sexe toutes plus mornes les unes que les autres. La cinéaste prend soin de son bébé et lui accorde un script beaucoup plus détaillé que d'habitude et socialement ''engagé''. Bref, un exemple de Nudies qui pour une fois démontre que parfois le ''miracle'' peut avoir lieu...

 

samedi 31 janvier 2026

I Am Not A Serial Killer de Billy O’Brien (2016)



John Wayne Cleaver est un adolescent presque comme tous les autres. PRESQUE car il vit dans une demeure dont l'une des pièce sert à sa mère de salle d'autopsie. PRESQUE parce qu'il consulte un psychiatre en raison de troubles comportementaux particulièrement inquiétants. En effet, John est un sociopathe qui n'a comme seul ami qu'un camarade de classe. Une amitié fabriquée de toute pièce et qui lui donne l'impression d'être comme tous ceux de son âge. La petite ville du Midwest dans laquelle il vit est le théâtre d'une série de meurtres particulièrement horribles.
Alors que John prend sur lui pour que ses pulsions ne prennent jamais le dessus, il s'intéresse de très près à l'un de ses voisins : Bill, un vieil homme âgé de soixante-dix neuf ans qu'il surprend un jour en train de commettre un meurtre. Mais plutôt que d'alerter la police, l'adolescent traque jour et nuit le vieil homme, allant jusqu'à laisser sur le pare-brise de son véhicule un mot dans lequel il lui écrit savoir qui il est...

Avec sa très belle affiche digne des meilleures œuvres indépendantes du festival de Sundance, I Am Not A Serial Killer a de quoi attiser la curiosité. Tout comme son titre d'ailleurs qui contrairement à la majorité des cas, laisse entendre que le héros central du film n'est pas l'un de ces tueurs en série qui encombrent le septième art. En réalité, tout tient dans le titre de ce film signé du réalisateur irlandais Billy O’Brien qui signait déjà deux ans plus tôt Scintilla, une œuvre de science-fiction. Si I Am Not A Serial Killer emprunte en partie au genre, il s'agit avant tout d'un thriller au cœur duquel un adolescent mène une enquête personnelle sur un homme dont il soupçonne d'être le tueur en série qui sévit en ville. L'originalité du scénario provient du fait que le héros est lui-même détenteur de pulsions meurtrières qu'il parvient à réprimer. Le personnage qu'interprète le jeune acteur Max Record est tiraillé entre le désir de stopper les agissements du tueur et la fascination qu'exerce ce dernier sur lui.

Face à lui, on retrouve l'acteur Christopher Lloyd (l'un des patients de Vol au Dessus d'un Nid de Coucou et le Dr Emmett Lathrop Brown de la trilogie Retour Vers le Futur). Il s'agit ici du seul cas (à moins que je ne me trompe) de tueur en série approchant les quatre-vingt ans. Alors que John Wayne Cleaver sent chez lui le potentiel de devenir un tueur en série prendre de plus en plus de place dans sa vie, il est attiré par le tueur qui sévit. Par ce dernier, mais également par ses victimes dont la proximité est facilitée par le métier d’embaumeuse de sa mère, lui permettant ainsi d'approcher les cadavres une fois découverts par la police et transportés chez eux afin d'être examinés. I Am Not A Serial Killer n'est pas exempt d'un certain humour, à ,commencer par le nom du jeune héros qui fait directement référence à celui de l'un des plus grands tueurs en série qu'aient connu les États-Unis d'Amérique, le célèbre John Wayne Gacy. Le personnage campé par l'acteur Max Record génère beaucoup plus d'empathie que le Graham Young, adepte des poisons dans l'excellente comédie noire Le Manuel d'un jeune empoisonneur, et retrouver l'acteur Christopher Lloyd dans ce rôle atypique fait plaisir à voir. I Am Not A Serial Killer n'a sans doute rien de commun avec tout ce que vous aurez vu jusqu'à maintenant. Une très belle réussite...

vendredi 30 janvier 2026

Strange Rampage de Harry Kerwin (1967) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Vous aimez pisser dans un violon ? Jeter du sel dans la mer ? Parler aux murs ou plus simplement, perdre votre temps ? Alors il y a de fortes chances pour que Strange Rampage de Harry Kerwin soit fait pour vous. Que le ciel me tombe sur la tête, qu'un ouragan emporte ma demeure, qu'une invasion de rats vienne piller mes réserves de nourriture si un jour je trouve pire ''film'' à me coller devant la rétine. Et pourtant, hier encore, j'étais persuadé qu'avec Love after Death de l'argentin Glauco Del Mar j'avais atteint les limites raisonnables d'un type très particulier de longs-métrages. Le nudies... Ce très curieux sous-genre qui fit florès dans les années cinquante et soixante et dont le principe plus que douteux fut largement exploité sur le territoire américain a pour principal ''intérêt'' d'exhiber de jolies jeunes femmes à majorité blondes et brunes (où sont donc passées les rouquines?). Non pas vêtues de robes de soirée élégantes mais presque nues comme des vers, poitrines saillantes, fessiers molletonnés, ligne d'épaule délicate et surtout, oui, surtout, bouche cousue ! Bref, des objets de fantasmes qui une fois encore avec Strange Rampage posent la question de l'intérêt de ce genre de productions généralement mal filmées, mal interprétées, mal écrites et techniquement à la ramasse. Oh, j'en vois bien qui ont une réponse toute faite à cette question, la main tendue vers le pantalon, caressant langoureusement la braguette ou les premiers boutons, dans l'attente du top de départ pour se donner du plaisir devant Miss ''Boobs'' en personne ! Mais trêve de plaisanterie, l'heure est grave. Tandis qu'aujourd'hui les néo-féministes hissent des pancartes castratrices à base de ''A bas le patriarcat'', à l'époque l'on était moins regardant sur la marchandise. Entre droit de regard inexistant et droit de cuissage très opérant, Strange Rampage semble se vouloir autant une comédie qu'une vue sur le sujet de la sexualité féminine. Ici, frustrée et présentée par un pseudo psychanalyste pour qui le secret médical est un concept apparemment superfétatoire. Soixante-cinq minutes durant, le docteur Nathan Sarbone (Brad F. Grinter) nous explique que des femmes vivant seules sont rendues folles par la solitude...


Afin de pallier au manque d'hommes dans leur existence, celles-ci compulsent une brochure vantant les mérites de Miami Beach. L'occasion pour notre spécialiste es sexologie d'évoquer le cas de quatre femmes dont deux au moins valent le détour. À commencer par Ann Rowe (Ann Howe) qui, convaincue d'être atteinte d'une éruption cutanée, ne peut s'empêcher de se foutre à poil afin de montrer ses boutons à des inconnus. Ou encore le cas de Sally Lane (Bunny Ware), jeune femme très physiquement pointilleuse s'agissant des hommes. Bien qu'elle finisse par trouver le conjoint idéal se pose un sérieux problème : la jeune femme ne parvient pas à le charmer malgré d'innombrables tentatives de séduction. Et l'on comprendra rapidement pour quelle raison ! Si Love after Death (qui devrait apparaître ici très prochainement) était déjà très mauvais, Strange Rampage élève le genre Nudies au panthéon du navet ! Malgré des actrices qui se laissent amadouer au point que l'on se demande si elles iront jusqu'à ôter ce petit bout de tissu qui camoufle leur toison (ce qui, malheureusement, n'arrive jamais) et dont les corps ne souffrent d'aucune imperfection ou presque, ce court long-métrage de Harry Kerwin n'offre en réalité que peu d'intérêt. Du Soft-porn effeuillant juste assez ses interprètes pour que les libidineux spectateurs visés soient attirés telle des guêpes par le miel mais pas assez pour que l'amateur de porno hardcore ''se fasse la main'' sur des actrices monolithique dont les cours de théâtre auront probablement cessé au bout d'une semaine seulement. Beaucoup trop de blabla de la part du docteur Nathan Sarbone mais aussi et surtout, des scènes interminables. Comme cette jolie blonde à forte poitrine (comme dirait un ancien humoriste) se déshabillant devant un parterre de ''messieurs'' très bien élevés et s'exhibant durant pas moins de... sept... longues... minutes ! Le concept était de base plutôt original mais le résultat final sonne malheureusement creux. Aucun intérêt ou presque pour le spectateur lambda. Car à moins d'être un ''Nudiesophile'' forcené, Strange Rampage n'est d'aucun intérêt. D'un point de vue cinématographique ou psychanalytique... Vous êtes prévenus...

 

jeudi 29 janvier 2026

Blood Thirst de Newt Arnold (1971) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Si le nom de Newt Arnold évoque d'abord et avant tout Bloodsport, tous les coups sont permis qu'il réalisa en 1988, l'homme a surtout consacré sa carrière au métier d'assistant réalisateur ou à celui de réalisateur de seconde équipe. C'est ainsi qu'en un peu plus de trente ans de métier il a notamment travaillé sur Guet-apens et Pat Garrett et Billy le Kid de Sam Peckinpah en 1972 et 1973, La tour infernale de John Guillermin en 1974, Le convoi de la peur de William Friedkin en 1977, sur Blade Runner de Ridley Scott en 1982 ou encore Abyss de James Cameron en 1989. Bref, un sacré pedigree pour celui qui fut également scénariste, producteur, acteur et donc réalisateur, de trois longs-métrages dont le film d'horreur Blood Thirst en 1971. Sur un scénario de N.I.P. Dennis, ce petit long-métrage en noir et blanc plutôt méconnu chez nous vaut pourtant bien mieux que l'indifférence dans laquelle il s'est retrouvé bien après sa très confidentielle projection en France le 14 mai 1971 dans de rares salles de cinéma. Depuis, le film de Newt Arnold ne semble pas avoir bénéficié de la moindre sortie sur support physique chez nous mais avec un peu de chance, il est possible de le découvrir dans de piètres copies sur Internet à travers divers sites de streaming et autres méthodes plus ou moins légales. En effet, scénariste et réalisateur semblent s'être évertués à ne pas faire de leur bébé une quelconque production horrifique en élevant parfois notamment les dialogues au dessus du niveau imposé par ce genre de productions. Et même si l'on a une nouvelle fois le droit à la sempiternelle amourette entre le héros et la fille d'un proche ami, le sujet demeure suffisamment original et surtout bien écrit pour que Blood Thirst ne devienne pas que le petit film d'horreur vite vu, vite oublié. À défaut d'avoir pu bénéficier d'une copie visuellement honorable, c'est donc au cœur d'une intrigue policière matinée d'épouvante et de fantastique que nous convie Newt Arnold. L'intrigue démarre alors qu'une employée du Barrio club ayant généreusement accepté de rester tard le soir pour aider son employeur à faire l'inventaire est retrouvée morte, suspendue par les pieds, les deux bras marqués par deux longues entailles et le corps vidé de son sang. Maria Cortez n'est pas la première victime d'une série de meurtres commis par un individu qui a pour habitude d'agir dans l'obscurité. L'inspecteur Miguel Ramos (Vic Diaz) ne parvenant pas à mettre la main sur l'assassin, celui-ci décide de faire appel à son ami américain le détective Adam Rourke (Robert Winston) afin qu'il l'aide à résoudre cette enquête qui déjà a fait de nombreuses victimes...


Se faisant passer pour un écrivain intéressé à l'idée d'écrire un livre sur l'affaire, Adam s'infiltre au Barrio Club afin d'entrer en contact avec le propriétaire, un certain Calderon (Vic Silayan). Très populaire, le club est surtout apprécié des clients grâce à la présence de Serena (Yvonne Nielson) qui chaque soir danse langoureusement devant eux. Lancé dans son enquête, Adam est en outre aidé par Sylvia (Katherine Henryk), la fille adoptive de son ami et inspecteur Miguel Ramos... Filmé en noir et blanc, Blood Thirst mêle donc film policier et fantastique, situant ainsi son action à Manille. Financé par la société de production Journey Productions Inc., le long-métrage a entièrement été tourné aux Philippines comme en témoigne une partie des interprètes qui sont issus du cru. Newt Arnold ne fait pas longtemps mystère s'agissant de l'étrange apparence de l'assassin qui même s'il est rapidement filmé en arrière-plan et dans l'obscurité exhibe un visage monstrueux. Alors, masque de Halloween ? Visage gravement abîmé à la suite d'un accident qui justifierait que son propriétaire ait une revanche à prendre ? Maladie génétique ? Malédiction ? Si la réponse à cette question tarde, la résolution de l'énigme passera par un concept très en raccord avec l'idée d'un rituel archaïque invoquant la vie éternelle. Construit autour d'excellents dialogues, Blood Thirst met en scène un personnage central relativement agaçant. Du moins lors de la première moitié du récit durant laquelle son interprète fait l'étalage de son assurance en tant qu'américain plutôt séduisant en ravissant ou, à minima, en reluquant toute femme qui passe à sa portée. À croire que le bonhomme est d'abord venu faire du tourisme sexuel pour, seulement ensuite, enquêter sur la série de meurtre qui endeuille Manille et à proprement parler le Barrio Club. Aidé par un inspecteur cul-de-jatte, victime d'une tentative de meurtre, soutenu par un compagnon d'un genre tout à fait inédit (un mannequin à son effigie), Adam parviendra comme on s'en doute à résoudre une affaire qui tient davantage du surnaturel que du meurtre sadique ou crapuleux... Une très bonne surprise...

 

mercredi 28 janvier 2026

The Sex Killer de Barry Mahon (1967) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Nous sommes en 1967, soit trois ans après que le tueur en série américain Albert DeSalvo ait été arrêté. Surnommé ''L'étrangleur de Boston'', ce plombier qui profitait de sa profession pour pénétrer dans l'appartement de ses futures victimes les mettait en confiance avant de les étrangler de ses propres mains ou à l'aide d'objets divers tels les collants que ses proie portaient sur elles. Alors qu'en 1968 les meurtres commis par Albert DeSalvo inspireront le film The Boston Strangler de Richard Fleischer, il est fort possible qu'un an auparavant The Sex Killer de Barry Mahon ait lui-même été inspiré par les atrocités commises par ce célèbre tueur en série. Même méthode s'agissant des meurtres, ici également perpétrés avec les bas des victimes. Même propension à s'introduire chez elles même si le métier du tueur ne sert absolument pas de prétexte à ''s'inviter'' dans leur appartement. Dénué de bande musicale, The Sex Killer examine l'évolution d'un obsédé sexuel qui aux prémices des multiples assassinats qu'il va bientôt commettre travaille au rayon stockage d'une petite entreprise de fabrication et de location de mannequins d'exposition. Fasciné par les femmes mais incapable d'entretenir une relation normale avec elles, l'homme commence tout d'abord par s'acheter une paire de jumelles qu'il utilise afin d'épier de jeunes femmes se faisant bronzer sur la terrasse des immeubles voisins. L'on notera d'ailleurs deux choses au sujet de ces séquences. Tout d'abord que les figurantes sont toutes plus mauvaises les unes que les autres et que le fait qu'elles n'aient pas la moindre petite ligne de dialogue à prononcer est une très bonne chose. Ensuite, Barry Mahon a la curieuse idée de les filmer sous différents angles. Développant ainsi chez le spectateur, plusieurs hypothèses dont deux au moins s'avèrent en tous points fantaisistes. Commençons d'abord par ce qui semble être le plus crédible. Que le réalisateur ait tout simplement choisi d'exploiter le corps de ses figurantes sous tous les angles afin que le spectateur profite de leurs atouts physiques. Et ce, quitte à rendre invraisemblable les perpétuels changements de points de vue ! Maintenant, élaborons un principe aujourd'hui très à la mode mais qui à l'époque, si tant est que Barry Mahon ait pensé ces scène ainsi, auraient pu passer comme étant ''révolutionnaires'' !


Concevoir l'idée qu'au sommet de chaque tour, de chaque building, de chaque terrasse se cache peut-être et même sans doute, un voyeur et un tueur potentiel. Soit le mouvement #MeToo à l'échelle du septième art conceptualisé des décennies en arrière... Enfin, et cela est évidemment à prendre au dixième degré, peut-être le tueur, prénommé Tony et incarné par Bob Meyer est-il en mesure de se téléporter instantanément d'un immeuble à l'autre afin de reluquer les jeunes femmes sous tous les angles ? Si l'on est en droit de penser qu'Albert DeSalvo fut la principale source d'inspiration de ce moyen-métrage qui n'excède pas les cinquante-cinq minutes, l'acteur qui tient le rôle de l'assassin ressemble par contre étrangement à l'un des tueurs en série français parmi les plus connus et qui sévit quant à lui dans les alentours de Nogent-sur-Oise entre le 10 janvier 1969 et le 06 janvier 1976 : Marcel Barbeault ! La ressemblance entre les deux hommes est effectivement très frappante mais n'est par contre que le fruit du hasard puisque le tueur français ne perpétra ses meurtres que deux ans après la sortie de The Sex Killer. De là à imaginer qu'il ait pu lui-même tomber par hasard sur une copie du film l'ayant par la suite inspiré, il y a tout de même peu de chance que cela soit le cas... Pourtant limitée, une diffusion du film sur grand écran eut bien lieu, dans de petites salles ou directement dans les Drive-In américains. Mal joué, surtout par les actrices, l'on retiendra sans doute la parenté scénaristique qui existe entre The Sex Killer et l'un des plus grands classiques du Psychokiller, un certain Maniac réalisé treize ans plus tard par William Lustig. Pourtant, ce dernier n'a jamais proféré le moindre mot s'agissant du long-métrage de Barry Mahon, ses références étant alors à aller chercher ailleurs. Dans les méfaits perpétrés par un autre célèbre tueur en série américain du nom de David Berkowitz, dans le film d'Alfred Hitchcock Psychose ou dans certains gialli italiens des années soixante-dix... Quant à lui, The Sex Killer reste une curiosité, entre Psychokiller, drame détaillant le quotidien morne et compulsif d'un désaxé sexuel taiseux, solitaire, asocial et mal dans sa peau et Nudie Cutie consacrant une importante part des séquences à la nudité...

 

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