Dark Places
ou Le manoir des fantasmes conserve le charme des productions britanniques fantastiques des
années soixante-dix. L'on y retrouve d'ailleurs l'un des acteurs
emblématiques du cinéma d'horreur et d'épouvante en la personne de
Christopher Lee qui y incarne le rôle du Docteur Ian Mandeville qui
sous des apparences de respectabilité s'avère n'être que l'avare
prétendant d'un magot planqué dans une demeure délabrée dont va
prendre possession un certain Edward Foster. Héritier d'une maison
de campagne auparavant détenue par Andrew Marr, ce dernier est
devenu fou après avoir tué ses deux enfants ainsi que son épouse
Victoria (l'actrice Jean Marsh). Notons que l'un des enfants d'Andrew
Marr, Jessica, est interprété par Jennifer Thanisch qui fut surtout
connue pour avoir incarné entre 1978 et 1979 le rôle d'Annie dans
l'adaptation télévisuelle du roman pour enfants Le
club des Cinq
de la romancière britannique Enid Blyton. Quant à Jane Birkin,
après avoir rencontré Serge Gainsbourg quelques années auparavant
sur le tournage de Slogan
de Pierre Grimblat ou après être apparue dans la palme d'or du
festival de Cannes 1967 Blow-Up
de Michelangelo Antonioni, voici qu'elle interprétait dans Dark
Places
le rôle de l'amante d'Andrew Marr. Féminicide, infanticide,
dédoublement de personnalité, appât du gain, il y a de quoi passer
un très agréable moment devant ce long-métrage atypique mettant en
scène un héritier qui peu à peu va s'immerger dans le passé de
l'ancien propriétaire de la demeure tout en perdant la tête au fil
du récit. Car en plus d'incarner le rôle d'Edward Foster, l'acteur
Robert Hardy va également assurer celui d'Andrew Marr. Seule
différence physique entre les deux personnages, la moustache que
porte le second...
L'un
comme l'autre souffrant de troubles psychiatriques, Edward ne va pas
tarder à entendre des voix dans la demeure qu'il vient d'acquérir.
Il va notamment faire connaissance avec la séduisante Sarah qui
n'est autre que la sœur du docteur Ian Mandeville. Ces deux là
partagent le projet commun de mettre la main sur l'argent caché dans
la demeure. C'est donc la raison pour laquelle la jeune femme joue de
ses charmes auprès d'Edward afin de le séduire et de découvrir où
se trouve l'argent. L'actrice Joan Collins (la série Dynastie)
interprète le rôle de Sarah. Jeune et très belle femme qui sait
comment s'y prendre avec les hommes. On apprendra de la bouche de son
frère et du notaire Prescott (l'acteur britannico-tchèque Herbert
Lom) qu'elle est une femme facile. Une aptitude à se laisser
convaincre de finir dans le lit des hommes qui, au mieux, est ici une
qualité puisque convenant parfaitement à l'ambitieux projet dans
lequel son frère et elle se sont lancés. Si Dark
Places
demeure tout d'abord timide en terme d'effets, le long-métrage nous
laisse ensuite supposer que l'on est face à une œuvre fantastique
placée sous le signe des esprits. Pourtant, le seul véritable que
l'on y croisera n'aura bien entendu rien à voir avec une éventuelle
apparition fantomatique mais plutôt celle d'un trouble psychiatrique
se déclarant au contact de cette demeure et notamment d'un tableau à
l'effigie d'Andrew Marr. Peu anxiogène, constitué d'une somme
importante de flash-back qui confondent et entremêlent parfois passé
et présent (le montage accentuant l'aspect schizophrénique du
scénario de Don Sharp et de James Hannah Jr.), le film est tout de
même nourri de quelques séquences intéressantes lors desquelles on
constate la perte quasi totale de repères de la part d'un Edward
Foster dont même l'apparence physique change au rythme des visions
sonores qui l'assaillent. Notons également qu'aucun personnage ne
semble véritablement avoir grâce aux yeux du réalisateur et
scénariste. Pas tous pourris mais tout de même porteurs de certains
gênes particulièrement disgracieux. Entre les fous et les escrocs,
c'est la foire d'empoigne. Sympathique...



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