Il y a une semaine très
exactement est sorti dans les salles de cinéma le dernier
long-métrage du réalisateur, scénariste et producteur norvégien
André Øvredal. Auteur en 2010 de Troll Hunter,
en 2016 de l'épatant The Jane Doe Identity
ou en 2023 de The Last Voyage of the Demeter,
il revient donc cette année avec Passenger.
Encore un film d'horreur mais qui désormais se déroule à bord d'un
camping-car appartenant à Tyler (Jacob Scipio). Fiancé à Maddie
(Lou Llobell), l'homme la demande en mariage. Ce qu'accepte la jeune
femme même si l'idée de changer complètement d'existence et de
vivre désormais sur la route ne l'enchante guère. Un soir, alors
qu'ils roulent sur un chemin peu fréquenté, ils sont dépassés par
une voiture qui roule à vive allure avant de venir s'écraser contre
un arbre. Préoccupé par le sort du conducteur, le couple s'arrête
aux abords du lieu de l'accident. Tandis que Tyler tente d'aider
Lucas (Miles Fowler) alors qu'il essaie de s'extraire de son
véhicule, celui-ci est subitement attiré à l'intérieur de
l'habitacle. L'airbag se déclenche subitement et le tue sur le coup.
À l'extérieur, Maddie sent comme une présence inquiétante. Les
urgences arrivent, Tyler explique aux sauveteurs ce qui vient de se
produire et le couple reprend ensuite la route vers sa destination.
Le lendemain, Tyler et Maddie découvrent sur le côté droit du
camping-car une étrange marque de griffure... Voici donc comment
débutent les effrayantes aventures de notre jeune couple d'amoureux
qui sous l'impulsion de Tyler a donc prévu de vivre désormais à
bord d'un camping-car entièrement aménagé. Passenger
s'inscrit dans un genre horrifique très à la mode consistant à
opposer les protagonistes à une légende urbaine. Sujet très
contemporain du cinéma d'horreur et d'épouvante, Maddie et Tyler
sont donc confrontés à un boogeyman relativement charismatique
incarné à l'écran par l'acteur Joseph Lopez. Visage blafard et
marqué par la vieillesse, celui-ci se présente sous différentes
formes. Celle, tout à fait concrète d'un homme présent au détour
de petits chemins de travers, sous celle d'un ectoplasme, lorsque
interviennent des phénomènes paranormaux, et parvenant même à se
dissimuler sous les traits de Tyler lorsque l'impose sa situation de
traqueur nocturne. Ici, la poursuite de Maddie et Tyler s'explique à
travers une légende exprimant l'idée selon laquelle il ne faut
jamais s'arrêter sur une route de nuit. Une observation faite par
Diana Marsh (Melissa Leo), femme d'âge mûr appartenant à la même
communauté d'individus ayant choisi de vivre en marge de la société
que va tout d'abord rencontrer Maddie lors d'un festival...
L'on
comprend alors que le couple n'est pas le premier à être victime de
cette traque qui généralement se termine par la disparition des
victimes. À sa façon très particulière et convoquant donc le
fantastique, Passenger
traite de ces milliers d'américains qui chaque année disparaissent
sans jamais donner de nouvelles. Cherchant absolument à créer la
peur chez le spectateur, André Øvredal emploie des techniques
souvent éprouvées, voire même éculées comme peuvent l'être les
Jumpscares. Un procédé de moins en moins efficace à force d'être
utilisé dans la plupart des films d'horreur. Le montage parfois
brutal et même inconsidéré de Martin Bernfeld donne l'impression
que certains plans manquent, réduisant ainsi l'impact de certaines
séquences horrifiques en passant directement à autre chose d'une
séquence à l'autre. Passenger
est typique de ce genre de longs-métrages qui s'attardent moins sur
l'horreur psychologique que sur une épouvante directement liée aux
peurs enfantines (l'obscurité, l'inconnu, les croquemitaines). Et en
ce cas là, il n'en ressort que de rares scènes véritablement
angoissantes. On pense, lors de la séquence d'ouverture durant
laquelle Lucas croise en chemin et à plusieurs reprises le
''Passager'', au fameux épisode de La quatrième
dimension
intitulé L'auto-stoppeur
dans lequel l'héroïne croisait bien avant nos deux héros, toujours
le même individu à des distances pourtant invraisemblables. Notons
que Passenger
contient malgré tout un passage vraiment réussi et qui témoigne du
potentiel d'une œuvre qui malheureusement retombe très vite dans la
routine et donc dans les travers d'un genre un peu trop encombré :
la scène du parking durant laquelle André Øvredal a l'idée plutôt
intelligente de réaliser un travelling circulaire autour de son
actrice Lou Llobell. Laquelle a beau tenter de se rapprocher du
camping-car (lieu de refuge théorique), mais qui chaque fois qu'elle
s'en approche après lui avoir tourné le dos, constate qu'il s'est
éloigné de plusieurs dizaines de mètres... Pour le reste,
Passenger
est un film d'horreur relativement anodin...
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