Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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mardi 6 octobre 2026

El Cuerpo de Oriol Paulo (2012) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Moins drôles qu'instructives sont ces petites vidéos qui circulent sur le net et notamment sur Facebook et qui en une poignée de minutes vous aiguillent sur des longs-métrages que vous n'auriez éventuellement pas encore vus. Intéressantes mais aussi parfois agaçantes. Surtout lorsque vous découvrez que rares sont celles qui demeurent encore inédites. À croire que vous bouffez de la ''pellicule'' au kilomètre et à une cadence telle qu'il ne vous reste plus grand chose à vous mettre sous la dent à part la lie du genre, et ici, en l'occurrence, du thriller. Oriol Paulo ? Kézako ? Rien moins que l'un de ces réalisateurs et scénaristes espagnols aussi fascinants qu’insuffisamment connus qu'il faut suivre de près et ne surtout pas lâcher de vue. Le genre de cinéaste que l'on se prend à révérer en l'espace d'un seul film. S'agissant de mon expérience personnelle, nous remonterons jusqu'en 2019 lorsque je découvrais l'excellent thriller de science-fiction Durante la Tormenta qu'il réalisa cette année là. Toujours méfiant mais avisant tout de même les conseils de celles et ceux qui affirment détenir la perle rare, ce n'est bizarrement qu'aujourd'hui que je m'intéresse à nouveau à Oriol Paulo. Comme si son nom et cette œuvre précieuse découverte voilà sept ans s'étaient effacés de ma mémoire. Et ça n'est donc pas un long-métrage que j'ai choisi de découvrir histoire de lui rendre l'hommage qui lui revient mais deux. À commencer par El Cuerpo qui précède donc Durante la Tormenta de six ans...


Un premier jet cinématographique après plusieurs courts-métrages et un téléfilm permettant donc au bonhomme de s'exercer dans l'art difficile du thriller policier labyrinthique et du twist ''coup de poing''. Vous savez, le genre de révélation qui stoppe net vos battements de cœur ou au contraire les accélère lorsque après plus d'une heure trente l'auteur se décide enfin à vous révéler la cruelle vérité. Tout commence ici par la fuite d'un gardien de morgue se poursuivant dans une forêt lorsqu'à son arrivée sur le bord d'une route, celui-ci est renversé par une voiture. Plongé dans le coma, il est transporté inconscient à l'hôpital. Dans ce même établissement repose à la morgue le cadavre de la femme d'affaires Mayka Villaverde Freire (Belén Rueda) que son époux Alejandro Ulloa Marcos (Hugo Silva) a retrouvée morte un peu plus tôt dans la journée. Tandis qu'une autopsie est prochainement prévue, le corps disparaît ! C'est là qu'intervient alors l'inspecteur Jaime Peña (José Coronado), chargé lui et son équipe de dénouer cette bien curieuse affaire de disparition de cadavre. Voilà. Vous n'en saurez pas davantage. À vous désormais de tenter de décortiquer en tant réel (celui des enquêteurs et de l'époux de la victime) ce qui se trame autour de cette disparition qui prend des allures de machination diabolique...


Sachez tout de même que pour le cinéaste espagnol rien n'est moins important que de connaître le fin fond de l'histoire s'agissant la mort de Mayka Villaverde Freire et plus fondamental que de plonger le spectateur dans le flou le plus total concernant la suite d'événements qui se produisent autour de la disparition du cadavre. En effet, Oriol Paulo ne fait pas longtemps mystère de la culpabilité du personnage de l'époux Alejandro Ulloa Marcos et de sa maîtresse et complice Carla Miller (Aura Garrido). Tout juste s'amuse-t-il à construire son récit autour de l'histoire somme toute banale du couple adultère qui pour vivre librement son amour et par extension, profiter de la fortune de la défunte, a fomenté une diabolique conspiration. Bref, de quoi se demander où juste le cinéaste veut en venir... Là où El Cuerpo semble parfois redoutable est ce ce jeu pervers entre l'illusion que se fait tout d'abord Alejandro de maîtriser la situation et le piège dans lequel il va sombrer. Mais j'en dis trop. Sympathique mais pas inoubliable, le premier long-métrage fait l'erreur d'insister sur l'hypothétique survie de Mayka. Et à trop vouloir insister sur ce point, l'on finit par comprendre que l'épouse est bien morte et que l'évocation d'un éventuel état de catalepsie ne sert qu'à noyer l'un des nombreux poissons qui parsèment le récit. Vient alors la révélation finale qui, si elle peut surprendre (est c'est forcément le but recherché par Oriol Paulo), ne laisse cependant et malheureusement pas le spectateur sur le carreau. Il manque de ces petits éléments disséminés ça et là qui habituellement permettent au cerveau du spectateur de fomenter peu à peu certaines hypothèses mais qui dans le cas de El Cuerpo sont réunis en fin de parcours et tombent un peu comme un cheveu dans la soupe. Bref, le film est sympa mais loin d'être aussi remarquable que certains aimeraient nous le faire croire...

 

lundi 5 octobre 2026

Her Private Hell de Nicolas Winding Refn (2026) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Le dernier long-métrage de Nicolas Winding Refn mériterait un entracte. Oui, oui, une coupure, au beau milieu de la projection. Histoire d'aller faire un tour dans les chiottes du cinéma en espérant qu'il n'y a pas la queue et que la plomberie ne défaille pas. Entrer dans ce lieu où les grands consommateurs de bière se croisent et ce recroisent des dizaines de fois. Pénétrer cet enfer où parfois, muqueuses nasales et effluves malodorantes fusionnent dans un atroce dédale olfactif qui vous ferait perdre ce sens si précieux. Ouvrir le robinet, se saisir des miraculeuses vitamines que vous avez eu la riche idée d'emporter avec vous et les gober une à une, jusqu'à ce que la dose soit suffisante pour supporter un retour à la réalité telle que semble désormais la concevoir le cinéaste danois depuis quelques longs-métrages... L'Astrologie aurait-elle un rapport direct avec le fait que cette année 2026 ait marqué le retour du français Bertrand Mandico et de Nicolas Winding Refn sur le plan cinématographique ? Que le premier ait touché au sublime en caressant à rebrousse-poil le cinéma Z en signant une œuvre magistrale intitulée Les garçons sauvages en 2017 avant de se laisser bercer par l'envie de s'y plonger (et les spectateurs avec lui) corps et âme par la suite et que le second se soit retrouvé bloqué dans une esthétique ''néonisée''' depuis son formidable Drive en 2011 n'en fait pas des frères siamois du septième art. En passant de l'état brut de sa géniale trilogie Pusher ou du méconnu Bleeder à un cinéma arty s'observant lui-même le nombril à travers un miroir reflétant son ego, le danois ne se serait-il pas perdu dans les limbes de l'onanisme en ajoutant aux Only God Forgive (2013), The Neon Demon (2016), Too Old to Die Young (2019) et Copenhagen Cowboy (2023) un surcroit de sophistication narrative propre à ceux qui abandonnent le cinéma pour se fourvoyer dans un soit-disant art qui ne se partage avec personne d'autre que soit ? En effet, l'on peut se demander quelles sont les frontières que Nicolas Winding Refn est prêt à franchir pour se satisfaire lui-même sans penser un seul instant à ceux qui le suivent depuis ses débuts et qui au fil des décennies l'ont porté aux nues d'une carrière jusque là quasiment exemplaire... Her Private Hell n'est pas un film...


Du moins devient-il laborieux de suivre son auteur jusque dans cette galerie, certes admirablement mise en images, mais qui ferait passer un cours sur le tableau Composition VII de Vassily Kandinsky pour une séance de coloriage pour enfant de trois ou quatre ans ! Retrouver Nicolas Winding Refn dans cet art qu'il semble apparemment maîtriser sur le bout des doigts depuis quelques années n'est pas forcément un bon signe. On aurait tort de croire que ce nouveau ''matériau'' est fait de la même essence puisque dépouillé de tout ce qui attirait le chaland jusque là fasciné par son travail, Her Private Hell est parfaitement imbitable. La main droite s'acharnant sur le clavier à écrire son script aux côtés du scénariste Esti Giordani tandis que la gauche fait langoureusement descendre la fermeture à glissière de sa braguette, l'on imagine le danois frémir à chaque nouveau concept. Constituer pas à pas une œuvre qu'il pense grandiose quand le résultat à l'écran n'est qu'un imbroglio d'idées pas forcément toutes neuves (le fond, giallesque) alors qu'il n'eut sans doute comme seul objectif que de faire monter la sève non pas recueillie par une horde de fans en transe mais par un mouchoir posé sur ses genoux. En préférant l'opaque à la simplicité, celle qu'il a peu à peu abandonné tout en demeurant jusque là très respectueux de son public, Nicolas Winding Refn démontre son peu d'intérêt pour les spectateurs. Ou alors, se croit-il tellement brillant et talentueux qu'il pense sans doute que les quelques fulgurances ''gore'' suffiront à retenir leur attention. Certes, les actrices sont jolies, les décors et dans l'ensemble, l'esthétique visuelle sont remarquables. Rejoignant même parfois la beauté de certains tableaux de grands maîtres... Mais pour le reste, Her Private Hell est éprouvant. En ce sens où l'on ne détient aucune clé, où Nicolas Winding Refn n'a pas l'intention de nous éclairer et où le film est d'un bavard, d'une mollesse et finalement d'une ingratitude crasse envers les cinéphiles/phages parmi lesquels, même les plus courageux et endurants auront bien du mal à aller jusqu'au bout... Bref, et j'aurais dû commencer par là : Her Private Hell est chiant et prétentieux...

 

dimanche 4 octobre 2026

Heart of the Beast de David Ayer (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Tiraillé entre ma fascination quasi maladive pour tout ce qui touche au survival (-horror, je préfère le préciser) et ce désintérêt qui m'étreint lorsque l'on évoque en ma présence toute aventure impliquant le concept de survie en milieu naturel se contentant de mettre en scène un homme et son animal de compagnie, c'est un pas en avant et deux en arrière que j'ai pourtant passé la porte de la salle obscure de mon cinoche préféré pour découvrir le dernier long-métrage du réalisateur David Ayer et de l'acteur Brad Pitt. Non pas que le premier fasse partie de mes cinéastes préférés ni que le second me fasse le même effet qu'aux jeunes filles en fleurs qui dans les années quatre-vingt dix mouillaient leur culotte à la seule évocation de son nom mais bon, sans raison quelconque ou peut-être parce que le nouveau et tant attendu film de Nicolas Winding Refn n'y était pas projeté, j'ai donc opté pour Heart of the Beast. Ayant tout d'abord préféré échapper à l'avant-première qui eut lieu mardi dernier à 20h20 au CGR de Narbonne afin d'éviter de me frotter à un public dense et agité, c'est donc patiemment que j'ai attendu que les choses se tassent et que les salles se vident... Brad Pitt incarne l'ancien membre des forces spéciales à la retraite, James Belmont. Ayant choisi de s'éloigner de toute civilisation, il part à l'aventure en Alaska avec son chien Odin (Uber), un magnifique berger allemand, chien de combat qui lors d'un conflit à l'étranger fut gravement blessé à l'une des pattes et à la mâchoire. Après avoir fait la rencontre d'un vieil homme lors de leur périple en hydravion (J. K. Simmons dans le rôle de Watkins), ils remontent à bord de leur engin qui s'écrase au beau milieu de la forêt après que James ait eu une attaque. À son réveil, sous les eaux d'un lac, l'homme a perdu la trace de son chien. Une fois celui-ci retrouvé, James prends la route afin de rejoindre un site indiqué sur une carte..... Un homme, un chien et la nature comme élément de danger. Une nature hostile qui prend bien évidemment diverses apparences. Faune et flore semblent en effet s'est liguées afin de transformer l'aventure de James et d'Odin en véritable périple peuplé de dangers. Des loups, un ours, le froid ou encore une rivière en crue, causant tous ou presque des blessures chez l'un et l'autre de nos deux héros. Le concept étant évidemment minimaliste, David Ayer ne peut compter que sur l'interprétation de Brad Pitt mais aussi celle de Uber, lequel obéit au doigt et à l'oeil. Sans compter la nature elle-même, aussi belle que dangereuse...


Ici, la symbiose entre l'homme et l'animal est repoussée dans ses derniers retranchements puisque l'un sans l'autre, aucune survie ne semble possible. Une histoire d'amitié, d'amour même entre James et Odin, magnifiée par la caméra, filmant l'acteur et le chien dans une cohésion quasi totale qui touche forcément le cœur de celles et ceux qui savent ce que c'est que de vivre en compagnie d'un tel animal. Le premier dépendant du second et vice-versa, Heart of the Beast offre aux spectateurs leur comptant de séquences de bravoure. Des moments forts qui visent non seulement à activer certaines émotions comme l'empathie pour le personnage à quatre pattes mais aussi pour son maître, près à mettre sa propre existence en danger pour que survive à ses côtés son compagnon. L'aventure est en outre pour nos deux héros l'occasion d'oublier un tant soit peu les traumatismes de la guerre qu'ils ont ensemble partagés. Le peu de dialogues est ici contrecarré par une mise en scène de l'homme et de l'animal assez subtile exprimée à travers le regard de l'un et de l'autre. On en oublierait presque le statut de chien d'Odin/Uber tant l'humanité transparait ici à travers son regard. Élément essentiel du récit, le décor Néo-zélandais censé représenter l'Alaska est magnifié par la photographie de Mauro Fiore. Un environnement de toute beauté mais dégageant une certaine dureté qu'exploite très bien la mise en scène de David Ayer. La structure du récit a beau être on ne peut plus rudimentaire, Heart of the Beast n'en est pas moins doté de quelques fulgurances qui marquent instantanément les esprits. Comme lorsque James traverse une rivière en crue en marchant sur un tronc renversé avant de tomber dans les eaux et d'être sauvé in-extremis par son fidèle Odin. Au final, il n'est pas certain que l'on veuille se replonger une seconde fois dans cette aventure maintes fois vue sur grand écran mais au temps présent, l'expérience vaut à elle seule le coup d'œil. Ne serait-ce que pour échapper durant un peu plus d'une heure-trente aux tracas du quotidien. Un hymne à la nature, à l'homme et aux compagnons sur pattes qui gravitent autour de nous...

 

samedi 3 octobre 2026

Misery de Rob Reiner (1990) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

''Je suis votre plus fervente admiratrice''

Annie Wilkes à Paul Sheldon


Aujourd'hui, adapter le romancier américain Stephen King sur grand écran est devenu presque anecdotique. Elle est loin, en effet, l'époque où chaque adaptation du plus célèbre écrivain de romans fantastiques et d'épouvante était l'objet d'une attention de tous les instants. De grands noms participèrent à cette entreprise, tels Brian De Palma (Carrie au bal du Diable), Stanley Kubrick (Shining), George Romero (Creepshow), David Cronenberg (Dead Zone) ou bien John Carpenter (Christine). D'autres ne firent sans doute pas leurs armes auprès de cette inépuisable source d'inspiration que représente l’œuvre tentaculaire de Stephen King mais commencèrent réellement à faire parler d'eux dès qu'ils pénétrèrent dans l'univers de l'écrivain. Mary Lambert adapta Simetierre en 1989, Rob Reiner, Stand by Me en 1986 et Misery en 1990 ou encore Frank Darabont, Les évadés en 1994, La ligne verte en 1999 et The Mist huit ans plus tard. Mais revenons à Rob Reiner. Ce bonhomme à l'air jovial débuta sa carrière à la télévision avec deux téléfilms réalisés en 1974 et 1981 avant de tourner son premier long-métrage pour le grand écran. Un documenteur axé sur un groupe de métal fictif intitulé Spinal Tap. Suivent ensuite plusieurs films qui deviendront chacun dans leur catégorie d'authentiques classiques du septième art. À commencer par le formidable drame Stand by Me, inspiré de la nouvelle de Stephen King, Le corps, publiée en 1982 dans le recueil de quatre nouvelles, Différentes saisons. Viendra ensuite, Princess Bride, œuvre d'aventures et d'Heroic Fantasy qui en outre, obtiendra en France au Festival d'Avoriaz, l'Antenne d'or en 1988. Juste une année avant que Rob Reiner ne s'attaque au roman Misery, il réalisera la comédie Quand Harry rencontre Sally qui s'avèrera être un très grand succès en salle. Surtout, cette série de longs-métrages qui n'ont de commun que leur réalisateur montre combien celui-ci est capable de s'adapter à tous types de récits, passant allégrement du drame à la comédie en passant pour le fantastique.


Un mélange des genres dont sera partiellement le fruit de son travail sur Misery. Film pour lequel Rob Reiner convoque le thriller, le drame mais aussi et surtout l'épouvante avec cette histoire qui touche forcément personnellement l'auteur du roman original qui fit de plusieurs personnages centraux d'une partie de ses romans et nouvelles, des écrivains victimes parfois de leur succès. En ayant lui-même tenté de détourner l'attention de ses fans à travers la part sombre de son œuvre (Stephen King créa le pseudonyme de Richard Bachman afin de publier ses romans les plus sombres), cette expérience le ''contraindra'' à écrire et faire éditer The Dark Half sorti chez nous sous le titre La part des ténèbres avant que celui-ci ne soit ensuite adapté au cinéma par George Romero. L'occasion pour l'écrivain et le réalisateur de se retrouver onze ans après l'excellent film à sketches, Creepshow. Misery est quant à lui l'une des plus remarquables adaptations de Stephen King sur grand écran. Un grand film de peur que l'on doit notamment à ses deux principaux interprètes que sont James Caan dans le rôle de Paul Sheldon, un écrivain amoindri sauvé d'un grave accident de la route par Annie Wilkes qu'interprète ensuite Kathy Bates, laquelle s'autoproclame ''plus fervente admiratrice'' de l'auteur d'une série d'ouvrages centrés sur le personnage de Misery Chastain ! Si l'on réfléchit bien, la caractérisation de Paul Sheldon et d'Annie Wilkes est plus ou moins sommaire. Mais cette absence de profondeur habituellement caractéristique des films dénués d'empathie pour leurs personnages ne fait ici bizarrement pas vraiment défaut. Avec son physique de matrone, sa foi en Dieu, sa fascination pour le personnage de Misery, son passé d'infanticide et les crises d'hystérie qui parfois la caractérisent, le spectateur n'a besoin d'aucun autre élément pour se rendre compte du danger que cette femme d'âge plus ou moins mûr représente pour l'écrivain.


''Dieu que je t'aime''

Annie Wilkes à Paul Sheldon


Quant à Paul Sheldon, que sait-on de lui ? Pas grand chose à vrai dire, à part qu'il en a marre d'écrire autour du même personnage et qu'il rêve de tourner la page en ''tuant'' celle qui l'a pourtant rendu célèbre. Un détail presque insignifiant pour un auteur dont l'imagination est suffisamment fertile pour continuer à nourrir sa passion, son métier et donc ceux qui le suivent mais qui pour sa plus grande fan va prendre une toute autre signification. Huis-clos tendu, étouffant et même parfois terrifiant, Misery décrit avec un certain réalisme la lointaine interconnexion qui existe entre un auteur de romans et certains de ses lecteurs dont l'existence solitaire ne tourne plus guère qu'autour des personnages fictifs qu'il aura inventé à leur attention. Aussi formidable soit-il, James Caan tient dans la paume d'une Kathy Bates/Annie Wilkes au regard, à la physionomie et au tempérament impressionnants ! Misery se distingue par une certaine sobriété. Celle de ses interprètes pour commencer, mais aussi celle de Rob Reiner et de sa mise en scène, lequel n'use que parcimonieusement d'effets horrifiques. Lorsque surgit l'effroi, c'est presque sous asphyxie que le spectateur est convié à y assister. Comment en effet oublier la fameuse séquence du ''Sabot'' lors de laquelle Annie, totalement hors d'elle, brise les chevilles de Paul à l'aide d'une poutre et d'une masse ? Pour cette ancienne infirmière, la fiction ne se conçoit qu'à travers des tableaux réalistes, crédibles, vraisemblables. Bien des années après sa conception, Misery demeure toujours aussi efficace. La marque des grands films...

 

vendredi 2 octobre 2026

Resident Evil: Vendetta de Takanori Tsujimoto (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Cinq ans après le très réussi Resident Evil: Damnation de Makoto Kamiya sur lequel je reviendrai très prochainement, le réalisateur, scénariste, spécialiste des effets visuels et acteur japonais Takanori Tsujimoto mettait en scène le huitième long-métrage de la franchise vidéoludique Resident Evil et le quatrième (si l'on compte l'affreux Biohazard 4D-Executer Kōichi Ōhata de Kōichi Ōhata) à avoir été exclusivement réalisé sous forme de film d'animation. Si en 2012 le volet de Makoto Kamiya fut notamment appréciable grâce à des décors frisant parfois le photo-réalisme, Resident Evil: Vendetta de Takanori Tsujimoto semble faire un léger bond en arrière. Rien à voir fort heureusement avec le très laid Biohazard 4D-Executer qui en 2000 ressemblait davantage à une cinématique produite à l'aide du coprocesseur de décompression MDEC (pour Macroblock Decoder). Pourtant, concernant de Resident Evil: Vendetta, il devient évident que se sortir de la tête qu'il ne s'agit que d'un film d'animation devient rapidement un problème. Le récit s'inscrit chronologiquement entre le sixième opus de la franchise et le dernier en date en terme d'animation, intitulé Resident Evil: Death Island et réalisé par Eiichirō Hasumi en 2023. Dans cette itération datant donc de 2017, le cinéaste, les créateurs de l'histoire originale Tokuro Fujiwara et Shinji Mikami ainsi que le Makoto Fukami et le dialoguiste Joe McClean concoivent une œuvre tournant autour de deux des principaux protagonistes de la franchise, l'agent gouvernemental du DSO (Division of Security Operations) Leon S. Kennedy et le capitaine travaillant au sein du BSAA et ancien forces spéciales de Raccoon City (S.T.A.R.S.) (Bioterrorism Security Assessment Alliance) Chris Redfield, ex employé du département de la police de Raccoon (R.P.D) de la division des forces spéciales (S.P.F). Autre personnage récurrent, Rebecca Chambers. Elle que l'on retrouvera six ans plus tard dans Resident Evil: Death Island est une ancienne membre des S.T.A.R.S désormais professeur d'université et chercheuse à l'Institut Alexander. C'est elle qui dans le contexte de ce quatrième film d'animation de la franchise découvre le vaccin qui permettra de contrer le Virus-A (Animality Virus)...


Un virus combinant deux technologies biologiques existantes connues sous le nom de Virus-T et Las Plagas. Son créateur : Glenn Arias, un ancien agent de la CIA. L'antagoniste du récit qui n'a jamais pardonné au Gouvernement d'avoir causé la mort de son épouse lors d'un attentat et qui désormais, ivre de vengeance, a donc développé ce virus afin de le propager dans toute la ville de New York. Comme dans tout bon ou mauvais Resident Evil, qu'il s'agisse des différentes plateformes vidéoludiques ou des diverses adaptations au cinéma ou à la télévision, Resident Evil: Vendetta compte un certain nombre de créatures. Parmi elles, les éternels zombies, infectés par le Virus-A, mélangé à l'eau potable ou transmis à l'aide d'un gaz. Apparaissent également les fameux Cerberus, des dobermans visibles dès le premier jeu vidéo sorti sur console Playstation en 1996. Puis survient Diego Gomez, le garde du corps de Glenn Arias, un colosse gigantesque à la force surhumaine. Sans parler de Glenn Arias lui-même qui apparaitra lors du dernier acte dans une fusion monstrueuse de type ''Tyran'' avec Diego. Ce que l'on pourrait d'abord reprocher à Resident Evil: Vendetta c'est son scénario on ne peut plus basique.Une histoire de vengeance, un virus se propageant et trois protagonistes essayant de contrecarrer les plans de l'ancien agent de la CIA devenu fou à la mort de sa femme. En découle un récit linéaire, bourrin, empli de fusillades, de courses-poursuites mais aussi d'excellents combats au corps à corps superbement chorégraphiés et dont le style se rapproche très fortement des affrontements du héros de la saga filmique John Wick dont le premier volet vit le jour trois ans plus tôt ! Plus faible que le précédent volet, le long-métrage de Takanori Tsujimoto est sauvé in-extremis par une dernière partie qui dénote outrageusement avec ce qui vient de précéder. De la ville de New York vue de dessus à laquelle les concepteurs d'images de synthèse offrent enfin un caractère photo-réaliste, jusqu'au laboratoire où se termine l'action, Resident Evil: Vendetta échappe de peu au naufrage. Bref, un volet en demi-teinte...


jeudi 1 octobre 2026

Insidious: The Red Door de Patrick Wilson (2023) - ★★★★★☆☆☆☆☆


Tandis que la famille Lambert a laissé la place aux Brenner dans Insidious : Chapitre 3 et aux Rainier dans Insidious : La Dernière Clé, le cinquième volet de la franchise créée par Leigh Whannell et tout d'abord réalisée par James Wan marquait en 2023 le retour à l'écran des principaux membres de la famille d'origine constituée de Josh (Patrick Wilson), de son ex épouse Renai (Rose Byrne) ou encore de Dalton (Ty Simpkins). Avant que l'intrigue ne se déroule neuf ans après les précédents événements au centre desquels furent plongés les Lambert, Insidious: The Red Door démarre par une séquence durant laquelle le père et le fils sont plongés sous hypnose afin qu'ils oublient tout de leur affrontement avec les démons. Afin de protéger Dalton, ses parents vont en outre lui faire croire que durant cette période celui-ci fut plongé dans le coma. Neuf années passent et l'adolescent part faire ses études dans une école d'art afin d'y perfectionner son talent de dessinateur. Accompagné par son père, lui et Josh ne se quittent pas en bons termes. Partageant pour le moment sa chambre d'étudiant avec l'étudiante Christina Winslow (Sinclair Danie), Dalton est pris de vertiges lorsque durant un cours administré par la prof Armagan (Hiam Abbass), le jeune homme dessine une porte. Sans le savoir puisqu'il n'a conservé aucun souvenir des événements ayant eu lieu près d'une décennie en arrière, Dalton vient involontairement d'ouvrir une brèche donnant directement sur le ''Lointain'' et sur les démons qui y vivent. De son côté, Josh commence à avoir des visions cauchemardesques. Perturbé par son absence de liens vis à vis de sa famille et incapable de mettre de l'ordre dans certains de ses souvenirs, il se lance dans une quête de vérité. Un concept que partage à l'université Dalton qui lui aussi est désormais harcelé par d'abominables visions... Ce cinquième et avant-dernier opus de la franchise Insidious dont le dernier volet est récemment sorti sur les écrans sous le titre Insidious : L'Invasion du Lointain fait donc fi des troisième et quatrième longs-métrages pour se recentrer sur la famille d'origine de la saga. Réalisé par Patrick Wilson qui endosse donc ici les rôles de réalisateur et d'interprète du père de famille, Insidious: The Red Door est scénarisé par Scott Teems...


C'est la première fois que ce dernier intervient dans la franchise, lui qui la même année concevra aux côtés de Peter Sattler et de David Gordon Green le script de L'Exorciste : Dévotion qui devait être le premier volet d'une nouvelle trilogie reposant sur le chef-d’œuvre éponyme de William Friedkin avant que le projet ne soit finalement abandonné. Dans cette quatrième itération, Patrick Wilson renoue donc avec la famille constituée par son propre personnage, l'ex épouse ici très peu visible à l'écran et surtout son fils Dalton avec lequel il entre régulièrement en conflit. Critiqué, malmené, incendié par la plupart des critiques et des spectateurs, Insidious: The Red Door demeure sans doute pour certains le plus incompris de toute la saga. En effet, Patrick Wilson et son scénariste semblent être davantage et en priorité motivés par l'idée d'évoquer la cellule familiale. Celle-là même qui a éclaté et que les horreurs auxquelles les différents protagonistes vont être bientôt confrontés pourraient peut-être permettre de recoller les morceaux. Alors oui, bien sûr, Patrick Wilson prend son temps. Oui, le film ne prend pas immédiatement d'assaut les personnages. Et quand bien même les spectateurs seraient uniquement venus assouvir leur soif inextinguible pour les démons, les jumpscares et autres joyeusetés horrifiques, Insidious: The Red Door rencontre le même soucis pour ces dernier que le dernier volet de la franchise Conjuring intitulé L'heure du jugement. Cette propension à plonger les spectateurs dans l'intimité des personnages qui semble donc pour eux incompatible avec le concept de film d'horreur. Et pourtant, bien avant que le film de Patrick Wilson ne joue comme les précédents avant lui la carte de la facilité, ce sont sans doute ces moments de pure communion avec les personnages de Josh et de Dalton qui offrent au long-métrage ses rares qualités. N'en déplaise à ceux qui affirment le contraire et qui voient en ces séquences la somme, le résultat, d'une œuvre à minina ennuyeuse et au pire, merdique au dernier degré. Sans dire que le film est un chef-d’œuvre puisqu'il n'est que le énième avatar de légions de films reposant sur le même concept, Insidious: The Red Door reste relativement agréable à regarder. Surtout durant les trente ou quarante premières minutes, avant que tout ne se mette à dégénérer...


mercredi 30 septembre 2026

Anecdotes : Maniac de William Lustig

 


Ma passion pour le cinéma d'horreur remonte à des décennies et même bien au-delà de l'âge légal puisque aussi loin que je puisse remonter dans mes souvenirs, ma première expérience en la matière date du 20 juin 1976, lorsque mon père m'invita à le rejoindre sur le canapé du salon afin de découvrir en sa compagnie lors du Cinéma de Minuit sur FR3 le Nosferatu, eine Symphonie des Grauens du réalisateur allemand Friedrich Wilhelm Murnau. J'avais donc un peu plus de quatre ans et cette expérience forgea sans doute ma future passion pour l'horreur, l'épouvante et le fantastique... Aujourd'hui et sans doute les semaines à venir, plutôt que d'évoquer les classiques du genre sous l'angle le plus commun, je me suis dis que leur dédier toute une série d'articles consacrés à des anecdotes plus ou moins connues serait une idée plutôt sympa. Et puisque en parallèle de mon blog consacré au septième art qui ''ouvrit ses portes'' voilà quinze ans le 12 avril 2011 avec le Maniac de William Lustig, c'est donc avec ce classique de l'horreur et de l'épouvante la plus glauque qui soit que j'ai décidé d'ouvrir les hostilités...


Commençons avec l'actrice britannique Caroline Munro dont la carrière fut parsemée d'un certain nombre de productions horrifiques parmi lesquelles, le dyptique L'Abominable Docteur Phibes/Le Retour de l'abominable Docteur Phibes ainsi que Dracula 73, Evil baby ou encore Les prédateurs de la nuit. Tandis que le rôle de la photographe Anna D'Antoni avait tout d'abord été prévu à l'attention de l'actrice italienne et ancienne épouse du cinéaste Dario Argento, Daria Nicolodi, prise par le tournage de Inferno, celle-ci fut contrainte de renoncer au long-métrage de William Lustig. Ce qui permit à la britannique qui se trouvait alors à une convention organisée à New York de croiser la route du maquilleur Tom Savini qui prévint alors de la présence de la jeune femme, l'acteur Joe Spinell avec lequel elle avait déjà participé au tournage de Starcrash : Le Choc des étoiles de Luigi Cozzi deux ans auparavant. Habituée au cinéma d'horreur et d'épouvante mais William Lustig considérant que l'actrice n'avait sans doute pas en tête le genre de violence à laquelle le cinéaste allait s'attaquer, celui-ci proposa à Caroline Munro de regarder Halloween de John Carpenter. Surprise par ce nouveau type de cinéma horrifique, la jeune femme accepta alors volontiers de participer au tournage en tant que principale interprète féminine après que son époux Judd Hamilton ait tout de même ajouté la somme de deux-cent mille dollars au budget initial.


S'ouvrant sur une séquence se déroulant au bord d'une plage où le tueur en série Frank Zito (Joe Spinell) sévira pour la première fois en assassinant un couple de jeunes amoureux, William Lustig fit un clin d'œil au classique de Steven Spielberg Les dents de la mer en remplaçant le fameux requin par un homme atteint de démence. Autre anecdote relativement connue, les conditions de tournage. Généralement filmé à la sauvage et sans autorisation, William Lustig, Joe Spinell et l'équipe technique durent à chaque fois faire vite avant que la police ne débarque sur les lieux ! Plus amusante est celle concernant la bande musicale de Jay Chattaway, hautement dérangeante, glaçante et morbide et à laquelle devait être ajouté un thème musical beaucoup plus enjoué composé par Michael Sembello et qui au final allait servir de générique à la célèbre comédie musicale réalisée en 1983 par Adrian Lyne, Flashdance ! D'ailleurs, lorsque l'on y pense, le fait que la chanson Maniac n'ait pas été intégrée au long-métrage est plutôt une bonne chose puisqu'elle dénotait complétement avec l'ambiance lugubre du long-métrage de William Lustig...


Si Maniac marqua et continue de marquer autant les esprits, ça n'est pas seulement en raison du récit, du contexte social, du portrait glaçant de son tueur en série ou de sa partition musicale mais également parce qu'aux effets-spéciaux, le maquilleur Tom Savini proposa un véritable festival de séquences gores. Des crânes de femmes scalpées, une explosion de tête, un long couteau enfoncé dans un torse ou encore une orgie de sang finale absolument dantesque... Il faut savoir que Tom Savini était souvent contraint de raisonner Joe Spinell, alors acteur principal, producteur et scénariste du film, lequel voulait sans cesse repousser les limites en matière d'horreur. S'agissant des scènes d'horreur en question, William Lustig n'a d'ailleurs jamais nié le fait qu'avait été utilisée une fausse tête décapitée provenant à l'origine du tournage du premier Vendredi 13 réalisé en 1980 par Seans S. Cunningham et auquel participa déjà Tom Savini en tant que concepteur des effets-spéciaux gores.


Concernant l’exiguïté de l'appartement de Frank Zito, le cinéaste se serait en outre inspiré du film policier suédois de Bo Widerberg intitulé Un flic sur le toit pour sa création. William Lustig, Joe Spinell et Andrew Garroni réussirent à réunir la somme de quarante-huit mille dollars dont l'essentiel provenait des films pornographiques précédemment réalisés par le premier d'entre eux. Plaçant leur argent en bourse, leur investissement leur rapporta finalement la somme de cent-trente cinq mille dollars. Ajoutant à cela les deux-cent mille dollars apportés par Judd Hamilton pour un total de trois-cent trente mille dollars. Enfin, pour celles et ceux qui se demandent encore aujourd'hui si une hypothétique version ''director's cut'' agrémentée de scènes inédites existe, la réponse de William Lustig est sans appel : non !

 

mardi 29 septembre 2026

Insidious : Out of the Further de Jacob Chase (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Insidious: The Red Door d'Adam Robitel ne devait-il pas être l'ultime volet de la franchise Insidious ? Une promesse non tenue qui tient compte sans doute des résultats obtenus par chacun des longs-métrages ayant vu le jour sur grand écran depuis maintenant plus de quinze années. Le premier obtenant cent millions de recette et les suivants encore davantage. Un succès qui ne s'est jamais démenti puisque après un troisième volet qui attira moins de spectateurs à l'échelle mondiale que le second, le quatrième a vu son influence augmenter en dépassant les cent soixante-dix millions d'entrées et le cinquième friser les cent quatre-vingt dix millions de spectateurs ! Sorti il y a un peu plus d'un mois, Insidious: Out of the Further de Jacob Chase a quant à lui attiré près de cent soixante millions d'âmes dans les salles. Par rapport aux précédents volets, le récit évolue désormais non plus simplement entre le monde réel et le monde de l'au-delà puisque les ''créatures'' qui étaient ''figées'' dans le plan astral ont désormais la capacité d'intégrer notre univers. La famille Dalton personnifiée à l'écran par Patrick Wilson, Ty Simpkins ou encore par Rose Byrne ne sont plus d'actualité. Ses différents membres sont désormais remplacés par Gemma Hall (Amelia Eve) et par sa fille Maya (Island Austin) qui vivent seules dans la demeure familiale où avait grandit la jeune femme auprès de sa mère décédée dans de tragiques circonstances. Insidious: Out of the Further s'ouvre d'ailleurs sur une séquence se situant en 1999 avant de plonger l'héroïne vingt ans plus tard au sein même de cette demeure où elle a conservé de lointains souvenirs... Le titre de ce nouvel (et espérons-le) dernier opus de la saga Insidious met en scène une mère célibataire capable d'entrer dans le Lointain, cet univers parallèle où se retrouvent piégée l'âme des défunts. Un lieu dans lequel elles errent dans l'attente de posséder l'esprit d'un être bien vivant afin de rejoindre notre plan. Un don ? Sans doute, oui, mais représentant un danger certain puisque sans le vouloir, Gemma offre ainsi l'occasion aux entités démoniaques de quitter le purgatoire pour rejoindre notre monde. Incarnée pour la sixième fois par l'actrice Lin Shaye, Elise Rainier est l'un des personnages les plus importants de la saga. Médium et enquêtrice du paranormal, sa fonction principale est surtout de venir en aide aux victimes...


Capable de voir et de communiquer avec les esprits et d'accéder au Lointain, elle semble devoir désormais passer par Clare (Maisie Richardson-Sellers), une jeune tatoueuse qui une fois en transe permet à la vieille femme désormais décédée d’interagir avec les mondes réels et de l'au-delà. L'une des différences fondamentales étant la possibilité pour les entités de passer la porte de l'au-delà pour pénétrer notre univers, les enjeux se montrent désormais beaucoup plus complexes à aborder par notre héroïne et par Elise. Mais au fond, rien n'a vraiment changé en terme de mise en scène ou d'effroi. Cependant, Insidious: Out of the Further est doté de quelques séquences qui peuvent justifier son existence et sans doute pour l'avenir, de nouvelles séquelles mettant désormais en scène non plus les Dalton mais bien de nouvelles familles à infester pour les démons. Pas sûr que l'idée soit bonne même si le fait est que la franchise continue à brasser des centaines de millions de billets verts et pourtant, il arrive que ce sixième opus étonne en proposant quelques passages relativement efficaces. Comme lors de cette séquence qui voit Gemma parcourir un long et étroit tunnel de coussins dont elle trouve beaucoup de difficulté à s'extraire ou lors de cette sinistre consultation dans son cabinet de dentiste qui la voit affronter l'un de ces trois vieillards croisés plus tôt au détour d'une rue. Cumulant en seize ans d'existence près de neuf-cent millions de dollars, rien ne nous interdit de croire qu'un nouveau volet de la franchise Insidious puisse être évoqué dans les mois ou années à venir. D'autant plus qu'il y aura toujours du monde pour aller vivre cette même et redondante expérience que les plus aguerris trouvent sans doute futile depuis l'issue du premier ou du second volet...

 

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