Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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mardi 31 mars 2026

Heretics de Jose Prendes (2024) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Je m'souviens de ce moment culte et halluciné où l'animateur et critique gastronomique Jean-Pierre Coffe jeta en pleine émission La grande famille une saucisse de Toulouse industrielle en arguant que c'était de la merde. Et bien, si j'avais eu entre les mains le DVD ou le Blu-ray de Heretics plutôt que sa version dématérialisée, je crois bien que l'un ou l'autre aurait fait un vol plané de plusieurs mètres avant d’atterrir trois étages plus bas après avoir été jeté avec autant de hargne et de vigueur que le bout de charcuterie en question ! Parce que, hein, j'en ai vu des merdes. Mais des comme celle-ci, JAMAIS. Ou si rarement. Une merde, oui. Et même si ma compagne fronce les sourcils en me rappelant chaque fois qu'il est interdit d'employer ce terme, j'affirme qu'aucun autre ne peut le remplacer. Pire que l'explosion de l’usine de pesticides de l’Union Carbide, à Bhopal, en Inde. Pire que l'explosion du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine. Pire que cet autre accident nucléaire de niveau 7 survenu après un tremblement de terre à Fukushima, au Japon. Ou pire encore que l’effondrement de l’atelier de confection Rana Plaza à Dacca, au Bangladesh. Oui, Heretics, l'antépénultième long-métrage de Jose Prendes qui jusqu'à maintenant et en vingt-cinq ans de carrière a commis une quinzaine de longs-métrages dont plusieurs films d'horreur, est bien une catastrophe qui dépasse toutes celles commises par l'Homme durant l'évolution industrielle mondiale ! Bon, j'exagère peut-être un peu puisque aux dernières nouvelles, Heretics n'a semble-t-il causé la mort de personne. L'on est par contre en droit de penser que le film aurait dû logiquement mettre un terme à la carrière de son auteur ainsi qu'à celle de ses interprètes parmi lesquels une grande majorité reste inconnue sur notre territoire tandis que la trogne de l'infatigable Eric Roberts s'y dévoile derrière le personnage de John, un prêtre qui depuis la mort de son épouse vit désormais seul avec sa fille Eva (Neely Dayan). Une sainte nitouche qui pourtant sera la seule des héroïnes féminines du long-métrage à dévoiler autant à l'écran sa plantureuse poitrine ! John accepte qu'Eva invite chez eux pour la soirée un groupe d'amis. Après toute une série d'interminables séquences réunissant de jeunes hommes et femmes lors de conversations dont l'ampleur intellectuelle sera du niveau de certains échanges entre influenceuses spécialisées dans la vente de produits de beauté sur Internet, l'un d'entre eux évoque l'idée d'aller faire un tour du côté de la maison des Simmons. Supposée être hantée, Eva hésite. Mais l'avis général l'emportant, la jeune femme accepte finalement de suivre ses amis sans se douter que la visite de cette demeure supposée hantée va se transformer en cauchemar... pour les protagonistes, certes, mais également pour nous, pauvres témoins de la mort d'un genre qui fit florès mais auquel Jose Prendes donne ici le coup de grâce en signant probablement l'un des pires films d'horreur de l'histoire du genre...


Et je ne prends aucun pincette en écrivant cela puisque si l'on additionne tout ce qui ne va pas, l'on constate que parmi les colonnes qualités et défauts, la première reste désespérément vide ! Il faut dire que le réalisateur, scénariste, producteur, acteur et directeur de la photographie vénézuélien a fait fort ! Au risque de me répéter comme j'ai tendance à le faire lorsque j'évoque un bousin de cette ampleur, tout dans Heretics est digne d'être jeté à la poubelle. Mise en scène, scénario, cadrage, photographie, bande-musicale (mon dieu ce faux air du groupe Era qui tourne en boucle), interprétation, décors, effets-spéciaux et visuels ou montage, rien ne va. Si la première partie est d'un ennui et d'une vacuité abyssaux, ça n'est presque rien en comparaison de ce qui va suivre. Comme dans tout bon ou mauvais Found Footage, la caméra de Jose Prendes est prise d'irrépressibles tremblements. Là, encore, ça peut se comprendre. Mais lorsque le cinéaste se montre incapable de tenir sa caméra à hauteur de visage, là, on s'indigne. D'ailleurs, à propos de caméra ou de tout autre objet consistant à filmer ce qui entoure les protagonistes, si le concept de Found Footage a toujours privilégié des personnages continuant à filmer ce qui les entoure au mépris du danger, ici, la chose est évidemment invraisemblable. Ce qui, au fond, produit sans doute un effet indésirable et qui pourtant ''sauve'' le film de son passage à la poubelle : les rires ! Car il n'est pas rare en effet d'éprouver ce sentiment de joie rencontré par le passé lors du visionnage de certains grands classiques du Nanar. Car si Heretics est effectivement une bonne grosse daube comme le septième art est rarement capable de nous en proposer de ce niveau là, beaucoup d'événements s'avèrent si invraisemblables qu'il est pratiquement impossible de retenir certains sourires devant des situations que le réalisateur refuse pourtant probablement de voir autrement que sous le prisme du premier degré. Je ne vais pas dévoiler le contenu du maigre scénario pour laisser libre court à l'imagination de celles et ceux qui voudraient malgré tout le découvrir mais sachez que vous vous apprêtez à voit une œuvre hybride. Entre infâme petite production horrifique cumulant tant de tares qu'il mérite sa place dans le top 3 des pires films des années 2010 et comédie involontaire à force de faire tourner ses personnages en rond alors qu'il aurait si simple pour eux de quitter les lieux... Un conseil : regardez le film en version française. Histoire d'en ajouter une couche avec ses doublages dégueulasses et sa post-synchronisation foireuse... !

 

lundi 30 mars 2026

We Bury the Dead de Zak Hilditch (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En 2010, la série télévisée américaine The Walking Dead a non seulement réussi à remettre au goût du jour le phénomène du zombie mais aussi à le rendre populaire auprès d'un public divers et varié. De ''presque'' sept à soixante dix-sept ans, les téléspectateurs se ruèrent alors en masse devant leur poste de télévision pour suivre les aventures de Rick Grimes, de sa famille, de ses amis mais aussi d'antagonistes de haute volée alors même que sur grand écran et depuis huit ans déjà, 28 days Laters de Danny Boyle et ses infectés avaient volé la vedette à ces créatures malodorantes et rampant à la vitesse d'hommes et de femmes très sévèrement pris de boissons après une soirée trop bien arrosée... Trop de zombies tuant le concept, on a vu des hordes de créatures dans autant de bons et de médiocres longs-métrages au point que le mythe a fini par s'essouffler et par ne passionner plus qu'un tout petit groupe d’irréductibles quand d'autres se sont probablement tournés vers d'autres horizons comme le Body Horror... Et pourtant, malgré un désintérêt presque aussi logique que le dégoût que peut produire la consommation quotidienne et sur des années du même plat, il est possible parfois de tomber sur une perle plus ou moins rare qui détonne face à la concurrence. We Bury the Dead est le dernier long-métrage du réalisateur et scénariste australien Zak Hilditch qui en 2017 s'est fait connaître à l'échelle mondiale pour avoir adapté pour la plateforme de streaming Netflix le court roman de Stephen King 1922 et qui en 2024 a donc choisi de mettre en scène une petite poignée de personnages dans un énième film de zombies même si le terme s'avère en réalité plutôt réducteur puisque le film diffère de la concurrence tout en réunissant pas mal d'éléments propres au genre. Au titre desquels, un monde dévasté ici réduit à l'échelle de la Tasmanie, cet état australien sur les côtes duquel les États-Unis ont testé une arme expérimentale qui a décimé plus de cinq-cent milles habitants ; Soit, la totalité des autochtones dont l'époux de l'héroïne, en place depuis un certain temps et qui comme les autres n'a pu échapper à la catastrophe. Bien qu'une partie de l'île soit toujours en quarantaine et surveillée par l'armée en raison d'un immense feu qui n'a pas encore été tout à fait éteint, Ava Newman (l'actrice britannique Daisy Ridley) conserve toujours l'espoir de retrouver son époux vivant. Mais situé aux dernières nouvelles dans une région qui connaît une restriction, la jeune femme débarque en Tasmanie afin de participer à la recherche et à la récupération des cadavres dans l'espoir de pouvoir peut-être échapper à la vigilance des militaires pour rejoindre celui qu'elle aime...


Aidée par Clay (l'australien Brenton Thwaites), la jeune femme va alors prendre la route à l'arrière d'une moto pilotée par celui qui jusqu'à maintenant lui servait de binôme lors de l'ingrate tâche consistant extraire les morts de chez eux. Rattaché au film de zombies, We Bury the Dead développe de manière beaucoup moins radicale que certains concurrents ce concept qui met généralement en place un univers sombre et hostile dans un futur plus ou moins proche et dystopique et où la loi du plus fort et du plus immoral concourt avec les créatures qui se sont relevées pour des questions de territoire et de survie (les secondes agissant de manière mécanique et sans réelle conscience de faire le mal). L'idée d'un monde où les ressources se sont raréfiées, où les morts ont en grande partie pris la place des vivants et où des individus très mal intentionnés usent de tous les moyens pour obtenir ce qu'ils veulent est ici réduite à sa plus simple expression. En dehors d'un soldat ayant perdu quelque peu la tête et envisagé de remplacer sa femme défunte par notre héroïne ou d'un groupe d'individus tuant tout ce qui traîne (au sens littéraire) sur leur chemin, le long-métrage de Zak Hilditch s'avère particulièrement sobre. Ici, l'espoir d'assister à des séquences gore lors desquelles des morts-vivants dévoreront celles et ceux qui oseront passer à proximité s'amenuise au fil d'un récit dont on comprendra que ce qui intéresse tout d'abord le réalisateur et scénariste est le refus du deuil. Car évidemment, plutôt que de se contenter d'une fin optimiste durant laquelle Ava retrouverait un Mitch (Matt Whelan) bien vivant, Zak Hilditch préfère décrire l'histoire de la jeune femme à travers un road trip bien moins hostile que dans certains autres films du genre même si dans le cas de We Bury the Dead, les dangers existent bel et bien. Ce qui force ici le respect est la sobriété et la grande intelligence avec laquelle le cinéaste australien traite son sujet. On est notamment touchés par cette jeune héroïne dont certaines séquences reviennent sur sa vie de couple. Bref, sans être LE film de zombies que tout le monde attendait certainement, We Bury the Dead s'avère être une très bonne surprise, et ce même si le film ne se distingue pas visuellement de la majorité des œuvres du genre tournées sur le continent américain alors même que celui-ci a été réalisé en Australie-Occidentale, à Albany...

 

dimanche 29 mars 2026

L'étrange couleur des larmes de ton corps de ton corps de Hélène Cattet et Bruno Forzani (2013) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Hommage évident et très appuyé au genre Giallo, le second long-métrage des français Hélène Cattet et Bruno Forzani, L'étrange couleur des larmes de ton corps l'est dès son titre. Lequel peut faire références à divers types de fluides exhalés par l'organisme. Comme les larmes à proprement parler, qui sont les premières sécrétions biologiques et organiques à être sécrétées en cas de douleur physique ou morale. Bien entendu, le sang lui-même est évoqué à travers le titre. Surtout lorsque les deux réalisateurs et scénaristes font appel à lui, lors d'un dernier acte particulièrement sanglant ! Sans oublier la sueur, exsudées ici dans le cas des rapports physiques entretenus entre tel et tel protagoniste. Une fois résumé le sens du titre hautement poétique de ce long-métrage qui ne cache absolument pas ses références, il faut comprendre qu'ici l'on s'apprête à pénétrer un univers particulièrement opaque. Que certains s'amusent d'ailleurs à comparer à celui d'un certain David Lynch. À tort ou à raison, il est vrai qu'avec L'étrange couleur des larmes de ton corps, Hélène Cattet et Bruno Forzani ne sont pas partis sur le principe d'aider les spectateurs chaque fois qu'une séquence vient tout juste de déranger leurs habitudes de cinéphiles en leur assénant ensuite une scène explicative. Non, dans le cas de ce bien curieux objet cinématographique, les deux français laissent complaisamment leur public faire sa propre opinion et son propre chemin vers la résolution de l'intrigue. Ce qui d'ailleurs est souvent le cas lorsque l'on parle de Giallo, branche italienne du cinéma (érotico) policier dont certains réalisateurs et notamment Dario Argento se sont fait les spécialistes et se sont ainsi érigés en Maîtres es du genre !


À travers le titre, comment en effet ne pas repenser à L'oiseau au plumage de cristal ou aux deux autres volets de la trilogie animalière signée entre 1970 et 1971 par Dario Argento, à La Dame Rouge tua sept fois d'Emilio Miraglia ou encore à L'Étrange Vice de Madame Wardh ou Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé tous deux signés du réalisateur italien Sergio Martino ? Et puis, comment ne pas soupçonner que derrière le prénom de l'épouse disparue du personnage central (Klaus Tange dans le rôle de Dan Kristensen) prénommée Edwige se cache une référence à l'une des plus remarquables interprètes du genre Giallo, la sublime Edwige Fenech ? Ensuite, tandis qu'Hélène Cattet et Bruno Forzani choisissent un style visuel et artistique qui leur est propre, certains des éléments typiques au genre viennent faire briller l’œuvre par son ajout des codes inhérents au giallo. Mains gantées. Meurtres accomplis à l'arme blanche, entre rasoir, couteau et longues aiguilles... On trouve dans L'étrange couleur des larmes de ton corps plus de Dario Argento que de n'importe quel autre cinéaste transalpin. À travers ces couleurs criardes, primaires... ces vitraux et même, ce retour à l'enfance typique du genre ! Peut-être même parfois à travers la bande musicale constituée d'un certain nombre d’œuvres signées de grands maîtres italiens tels Bruno Nicolai (qui signa la partition de Toutes les couleurs du vice de Sergio Martino en 1972), Riz Ortolani (Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato en 1980) ou encore Ennio Morricone (Le Chat à neuf queues de Dario Argento en 1971) même si l'on aurait aimé entendre en outre quelques-une des sublimes compositions du mythique groupe de rock progressif italien créé en 1972 par Claudio Simonetti et Massimo Morante, Goblin !


Maintenant, s'agissant du film à proprement parler et de son déroulement, de son récit, de son style visuel et de son montage, L'étrange couleur des larmes de ton corps est à n'en point douter une œuvre qui artistiquement demeure monumentale. Peut-être même un peu trop percutante dans son approche esthétique. Faisant preuve d'un goût très prononcé pour le psychédélisme et les kaléidoscopes, pour les couleurs criardes et primaires comme énoncé un peu plus haut, pour la stylisation des meurtres et pour la méthode du split-screen souvent employée par l'immense Brian De Palma tout au long de sa carrière, L'étrange couleur des larmes de ton corps regorge de plans techniquement très aboutis. Un fleuve ininterrompu de montages et de découpages qui risquent malheureusement de déconcerter une bonne partie des spectateurs non habitués à ce genre de spectacle. Et à commencer par votre serviteur qui après avoir été tout d'abord envoûté puis singulièrement fasciné par le spectacle étalé devant ses yeux s'est très vite retrouvé dépité par l'amoncellement inextinguible de visuels parfois grandiloquents faisant certainement œuvre de cache-misère. Car le point noir du film reste le scénario. Simpliste au point qu'Hélène Cattet et Bruno Forzani se soient sans doute crus contraints de devoir tout miser sur le visuel à défaut de pouvoir proposer un script à la hauteur de leurs aînés. Quitte à produire de la redondance à la chaîne. Une technique tellement répétitive qu'elle en devient rapidement épuisante nerveusement ! Cachant son principal défaut derrière son style visuel, en effet, mais également derrière une complexité narrative artificielle si l'on résume l'histoire dans son ensemble. Bref, L'étrange couleur des larmes de ton corps est un giallo qui d'abord émerveille par sa technique, avant de ne plus reposer justement que sur l'art de la mise en scène d'Hélène Cattet et Bruno Forzani et du découpage de Bernard Beets. En résulte une œuvre considérable d'un point de vue artistique mais totalement creuse d'un point de vue scénaristique...

 

samedi 28 mars 2026

Gremlins 2 : la Nouvelle Génération de Joe Dante (1990) - ★★★★★★☆☆☆☆



Après le succès rencontré par Gremlins lors de sa sortie en salle en 1984, on aurait pu croire que Joe Dante allait directement se pencher sur une séquelle mais il attendra finalement six ans pour réaliser Gremlins 2 : la Nouvelle Génération. Basé sur les créatures créées par le scénariste Chris Columbus, c'est dormais Charles S. Haas qui est en charge d'écrire le scénario de cette suite qui ne se situe désormais plus dans la ville imaginaire de Kingston Falls mais à New York, fief du promoteur immobilier Daniel Clamp au centre duquel trône un gigantesque building où travaillent désormais William Petltzer et sa petite amie Kate Beringer. Terminée la carrière de petits employés de banque. Désormais, Kate est guide dans la tour Clamp tandis que Billy est designer (dans le premier long-métrage était évoquée sa passion pour le dessin).Si les petites querelles de village sont derrière eux, le monde du travail dans lequel ils sont désormais plongés ne les a cependant pas libéré d'un certain poids. C'est la course à la réussite et en la matière, Joe Dante nous décrit un univers où la compassion et l'amitié sont très largement reléguées en arrière-plan.
A la suite du décès de Mr Wing incarné à l'écran par l'acteur Keye Luke, surtout célèbre pour avoir interprété Maître Po dans l'excellente série Kung Fu, c'est un employé de la société Clamp qui met la main sur le toujours très attachant mogwaï Gizmo et l'emporte avec lui jusqu'au laboratoire scientifique de l'immense tour afin de le confier aux « bons soins » du docteur Catheter, incarné par l'acteur britannique Christopher Lee. Du casting original, il ne reste plus grand monde. A part nos deux héros incarnés par Zach Galligan et Phoebe Cates, et le couple formé par Jackie Joseph et Dick Miller qui interprètent respectivement les rôles de Sheila et Murray Futterman venus rendre visite à Billy et Kate, Joe Dante a fait le ménage.

L'occasion pour le cinéaste d'intégrer au récit des personnages hauts en couleur et pas toujours très sympathiques. En premier lieu, un John Glover charismatique incarnant le promoteur immobilier Daniel Clamp mais qui à mesure que le récit avancera, se révélera finalement plus attachant qu'il n'y paraissait au premier abord. Mais les véritables héros de cette séquelle demeurent évidemment les gremlins qui une fois de plus vont faire des ravages mais à une échelle beaucoup plus importante que dans le premier volet. Une fois encore, deux des trois règles ne seront pas respectées et Gizmo, qui donnera naissance à de nombreux petits, ne pourra pas faire grand chose face à l'invasion de créatures qui déjà, sous leur forme initiale de Mogwaïs se révéleront particulièrement agités. Co-produit par Warner Bros et Amblin Entertainment, Gremlins 2 : la Nouvelle Génération est un échec cuisant puisqu'avec un budget initial de cinquante millions de dollars, il n'en rapporte sur le territoire américain qu'un peu plus de quarante et un. Et alors que le premier avait remporté cinq Saturn Awards, la séquelle est nominée six fois mais n'en remporte aucun.

Comme lors du premier Gremlin, la suite est l'occasion de nombreuses références cinématographiques parmi lesquelles Rambo 2 : la Mission, Le Fantôme de l'Opéra, Sos Fantômes ou encore L'Aventure Intérieure qui est lui-même un film réalisé par Joe Dante et produit par Amblin Entertainement. Surfant sur le succès du film sorti six ans auparavant, Joe Dante nous refait le coup de la scène située dans un cinéma. Toujours plus loin, toujours plus grand, toujours plus fou semble vouloir nous dire le cinéaste avec cette suite sur laquelle l'équipe responsable des effets-spéciaux et notamment de la conception des gremlins s'en est donnée à cœur joie. Des dizaines et des dizaines de petites créatures magnifiquement conçues, dépassant très largement celles du premier volet. Le récit file à toute allure à un tel point qu'il ne nous laisse pratiquement pas le temps de souffler. Gremlins 2 : la Nouvelle Génération est une immense farce, bariolée, féroce, mais qui d'un point de vue scénaristique manque d'une réelle profondeur. Ôtées toutes les séquence montrant les gremlins se défoulant sur les employés de la société Clamp et sur ses différentes structures, il ne reste en effet pas grand chose à tirer de cette suite visant davantage le jeune public contrairement à un premier épisode qui pouvait encore intéresser les parents. Pas mauvais en soit, Gremlins 2 : la Nouvelle Génération est cependant inférieur à son aîné. Un spectacle divertissant, sans plus...

vendredi 27 mars 2026

Mal de Ojo d'Isaac Ezban (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Éternelle jeunesse, rites païens, magie blanche, sorcellerie et héritage génétique, des thématiques chères au cinéma d'horreur et fantastique auxquelles s'attaquait en 2022 le réalisateur, scénariste, monteur et producteur mexicain Isaac Ezban, lequel nous a récemment habitué à mieux (Párvulos : Hijos del Apocalipsis en 2024). Pourtant, la carrière du cinéaste tente à démontrer l'instabilité de son œuvre d'un point de vue qualitatif. Car si même celui-ci est capable du meilleur, El Incidente en 2014 et Los Parecidos réalisé l'année suivante prouvent que l'on ne peut pas vraiment lui faire confiance au point de se lancer dans l'une de ses œuvres, les yeux fermés. Et malheureusement, comme une malédiction s'accrochant fermement à lui, Mal de Ojo pèse dans la balance du côté des longs-métrages que l'on aura très rapidement oublié après les avoir découvert... Développant les liens familiaux avec si peu de finesse que les prétendus twists qui émaillent l'intrigue n'en sont plus vraiment, l'antépénultième long-métrage d'Isaac Ezban démarre comme un conte pour enfant que l'on prendra malgré tout le soin d'interdire aux plus jeunes d'entre nous. Passant du cadre de la Dark Fantasy à celui du Folk Horror sans complexes ni même objectivité lorsqu'il s'agit de restituer d'un côté comme de l'autre, les bons et les mauvais points du film, le cinéaste se perd dans des circonvolutions floues et labyrinthiques qui participent de ce désir de marquer d'une forte ambiguïté, l'un des personnages centraux de l'histoire. Un récit qui suit les aventures de Nala (Paola Miguel) et de sa petite sœur Luna ((Ivanna Sofia Ferro), laquelle s'avère être victime d'une maladie dont nous ne connaîtrons pas les origines exactes mais qui la condamne à une mort certaine. Les parents des deux jeunes filles Rebecca (Samantha Castillo) et Guillermo (Arap Bethke) les confient alors à Josefa ( Ofelia Medina), leur grand-mère. Une femme que l'on trouvera très rapidement peu avenante. Le visage marqué par le temps, des lunettes aux verres opaques qui lui dévorent le visage et surtout, un comportement qui très vite va laisser planer le doute sur ses ''origines''. Non pas celles d'une vieille femme perpétuant des traditions familiales plus que discutables mais celles qui voudraient qu'elle est une sorcière...


Isaac Ezban bâtit d'ailleurs un parallèle entre les histoires que racontera à Nala et à Luna la domestique de Josefa (Paloma Almavar dans le rôle d'Abigail) et les événements qui se produiront par la suite. Si Mal de Ojo possède un petit quelque chose qui le rapproche de The Visit du cinéaste américano-indien M. Night Shyamalan qui lui est antérieur de sept années, la comparaison s'arrête à quelques menus éléments tant Isaac Ezban ne parvient absolument pas malgré tout le mal qu'il se donne, à donner du crédit à sa mise en scène ou aux personnages. Au mieux l'on appréciera une Nala jusque là méprisable, en pleine adolescente et butant donc avec l'autorité maternelle même lorsqu'il s'agit d'aider sa jeune sœur et qui par la force des choses entrera de plain-pied dans une certaine forme de maturité contrainte par l'arrivée d'un danger imminent. D'un autre côté, et malgré une ''gueule'' qui vaut bien tous les effets-spéciaux prosthétiques ou même les CGI qui parfois s'invitent au récit, la surenchère dont fait preuve Ofelia Medina, sans doute sous les recommandations du réalisateur, ruine tout effet de surprise. Des outrances qui passent parfois à l'image comme la volonté d'abrutir le spectateur supposé incapable de réflexion et auquel Isaac Ezban impose une vision simpliste du personnage ! À contrario, celui-ci semble se désintéresser totalement du reste du casting, à commencer par les parents ou bien même d'Abigail et son compagnon Pedro (Mauro González). Des personnages secondaires malheureusement abandonnés au profit du duo que forment donc Ofelia Medina et Paola Miguel. Passons sur la mise en scène et le scénario brouillons, sur le montage parfois chaotique ou sur la bande musicale parfois abusivement épique et inadaptée pour évoquer les effets-spéciaux numériques. Quelques apparitions sympathiques mais n'ayant aucune conséquence directe sur le rythme cardiaque du spectateur. Agrémentées en outre de Jumpscare dont le tour de force est là encore de n'avoir absolument aucune chance de créer le moindre sentiment d'effroi. Bref, Mal de Ojo est un coup d'épée dans l'eau qui vient rejoindre la très longue liste des petits films d'horreur sans presque aucun intérêt qui voient le jour chaque année...

 

jeudi 26 mars 2026

Black Sun: The Nanking Massacre (Hei Tai Yang: Nan Jing Da Tu Sha) de Tun-Fei Mou (1995) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Considéré comme le quatrième et dernier opus de la franchise Men Behind the Sun démarrée en 1988 par le réalisateur Tun-Fei Mou et poursuivie en 1992 et 1994 par Godfrey Ho avec les volets Men Behind the Sun 2 : Laboratory of the Devil et Men Behind the Sun 3: A Narrow Escape, le réalisateur à l'origine du premier revenait en force en cette année 1995 pour offrir aux spectateurs une conclusion très éloignées des préoccupations des trois premiers longs-métrages. En effet, alors que les deux premiers s'intéressaient aux horreurs perpétrées par le Japon lors de la seconde guerre mondiale dans un camp de prisonnier/laboratoire connu sous le nom d'Unité 731, le troisième évoquait le départ précipité à bord d'un train de celles et ceux qui participèrent aux expériences inhumaines qui y furent conduites... Dans ce quatrième opus désormais intitulé Black Sun: The Nanking Massacre (Hei Tai Yang: Nan Jing Da Tu Sha) et dans lequel nous retrouvons bon nombre d'interprètes et de figurants qui n'iront pas plus loin dans leur carrière d'interprète ou de simple silhouette que cette seule expérience, Tun-Fei Mou revient sur l'un des faits les plus marquants qui aient entaché la seconde guerre mondiale, la Chine et le Japon. Alors que l'Unité 731 où étaient menées des expériences scientifiques sur des armes bactériologiques n'est ici pas au centre du récit, l'action s'inscrit cependant pile au milieu de la période où eurent lieu les horreurs commises à Harbin dans la Mandchourie. Le réalisateur délocalise les horreurs perpétuées par l'armée japonaise jusqu'à Nankin à l'issue de la bataille qui opposa l'Armée impériale japonaise à l'Armée nationale révolutionnaire chinoise. En cette fin d'année 1937, des troupes chinoises constituées de cent-mille hommes environ sont laissées sur place par le chef du Kuomintang (ou parti nationaliste chinois) Chiang Kaï-shek. Alors que le Gouvernement chinois en place décide de déserter les lieux face à l'arrivée prochaine de l'armée japonaise, Nankin est confiée à un comité international dirigé par l'homme d'affaires et dirigeant allemand du parti nazi, John Rabe...


Mais face aux envahisseurs, ce défenseur des droits internationaux ne fera pas le poids... comme le montreront rapidement les images de ce film où les horreurs de la guerre y sont décrites sans le moindre filtre. En effet, Tun-Fei Mou repousse avec Black Sun: The Nanking Massacre les limites de l'horreur à travers des actes de barbarie rarement vue jusque là sur un écran de cinéma. Traduisible sous le titre de Soleil noir : le massacre de Nankin, l’œuvre du réalisateur taïwanais est un véritable catalogue d'atrocités dont certaines repoussent les limites de l'envisageable. Surtout lorsque l'armée japonaise s'en prend à des femmes ou des enfants. Derrière son contexte politico-militaire visant à décrire les intérêts des uns et des autres des généraux de l'armée japonaise, derrière aussi l'histoire de cet homme, père de deux enfants et témoin des horreurs qui sont commises autour de lui, Black Sun: The Nanking Massacre multiplie les séquences d'horreur. Du plus ''classique'' dans ce type de contexte génocidaire avec ces dizaines et même ces centaines de soldats désarmés, de civils faits d'hommes et de femmes de tout âge, abattus par arme à feu ou décapités à l'aide d'un sabre. Une scène de crime en forme de colline où s'effondrent les cadavres qui viennent de tomber sous les balles tandis que des centaines d'autres prisonniers attendent leur tour à quelque pas de là. Jusqu'aux horreurs les plus inenvisageables. Comme cette femme éventrée dont on arrache le fœtus à l'aide d'une baïonnette. Ou cette autre que des soldats violent avant de contraindre un moine bouddhiste d'en faire autant. Comme ce bébé jeté au sol avant d'être poignardé. Ou cet autre qui devant les yeux de sa mère est jeté quant à lui dans une marmite d'eau bouillante. Le réalisateur ne ménage effectivement pas ses effets, quitte à faire dans le gratuit histoire de remuer les estomacs. Malgré la facilité avec laquelle il incorpore ensuite à ses scènes d'horreur des photos ou des vidéos d'époque parfaitement authentiques, Tun-Fei Mou a malgré tout un réel sens de la mise en scène. Des milliers de figurants exécutant les directive du réalisateur pour un film de guerre en forme de charnier souvent éprouvant...

 

mercredi 25 mars 2026

Love After Death de Glauco Del Mar (1968) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

MON DIEU ce que ça peut être mauvais... En pleine période Nudies, je ne m'attendais pas à devoir passer une telle épreuve. Pourtant, le genre étant noyé sous un nombre incalculable de navets, celui-ci demeure pour l'instant ma pire expérience en la matière. Et pourtant, il y avait de quoi se réjouir devant un tel sujet. Imaginez : Détenteur d'un compte en banque plutôt fourni, Montel (l'acteur Guillermo De Córdova) est marié à Sofia (Carmin O'Neal) depuis six mois lorsqu'il meurt d'une crise cardiaque. Le pauvre n'aura jamais connu l'amour charnel puisqu'il était impuissant. Sa veuve, son meilleur ami, son médecin et son assistant ainsi que deux employés assistent aux obsèques. Problème numéro un : l'homme n'est pas mort mais vient d'avoir une énième crise de catalepsie. Incapable de bouger, il voit se refermer au dessus de sa tête, le couvercle du cercueil... Une fois enterré, Sofia s'empresse de profiter de la fortune de son cher défunt aux côtés du docteur Anderson (Roberto Maurano) qui en outre s'avère être son amant. Tous deux savent très bien que Montel n'est pas mort et comptent sur le fait qu'il doit logiquement mourir étouffé dans son cercueil. Problème numéro deux : l'homme parvient à s'extraire de la tombe et après avoir erré dans le cimetière, l'heure de la vengeance a sonné. Mais avant toute chose, il doit se prouver à lui-même qu'il est capable de faire l'amour à une femme. Alors, revêtu d'un costume blanc, il suit une inconnue dans la rue, puis la piège dans l'entrée d'un immeuble, l'étrangle et s'introduit chez la concierge, témoin de l'agression. Tandis que cette dernière est acculée dans le coin de son salon, Montel déshabille sa victime, lentement, très lentement, beaucoup trop lentement, et commence à la caresser, langoureusement, très langoureusement, beaucoup trop langoureusement. Apparemment très excitée, la concierge roule des yeux, se pince les lèvres, tandis que Montel essaie tant bien que mal de trouver l'excitation qui prouvera qu'il est enfin un homme. Pas de bol, cela ne fonctionne pas. De plus, voilà t'y pas que la morte n'est pas... morte mais bien vivante. Choquée ? Tu parles. Voilà t'y pas qu'à son tour la situation lui procure des sensations qui plutôt que de la pousser à fuir la scène tendent à l'exciter et à se laisser faire par son agresseur. Que constate-t-on ? Qu'en plus d'être un pitoyable amant, Montel est en outre un très piteux assassin ! S'ensuit une succession de séquences dont l'unique intérêt se trouve dans les innombrables scènes de nus, épouvantablement interminables et interprétées par des ''actrices'' qui n'ont de ''métier'' que le nom...


Car il faut les voir se trémousser avec dans le regard, cette expression qui parfois donne une définition assez juste du dégoût. Ouais, bon, j'en rajoute un peu mais bon... Pas moyen ici de s'exciter la nouille, je le confirme ! Côté vengeance, va falloir patienter parce Montel est si préoccupé par ce blocage d'ordre sexuel qui semble avoir poussé son épouse et son amant à fomenter sa mort (peut-être aussi un peu pour des questions d'argent, il est vrai) que le bonhomme va passer le plus clair de son temps à chercher celle qui, justement, parviendra à éveiller chez lui cet enthousiasme sexuel qui lui fait défaut ! D'une durée n'excédant pas les soixante-douze minutes, Love After Death (également connu sous le titre Unsatisfied Love) n'est pas comme pourrait le laisser entendre son intitulé, une œuvre axée sur la nécrophilie. Quoique, si l'on tient justement compte de la séquence se déroulant chez la concierge, on peut avoir quelques doutes à ce sujet. Mais non, le titre fait sans doute plutôt référence au fait que Montel entretienne divers relations après qu'il soit sorti de sa tombe ! L'on a droit en outre à une enquête policière qui n'a ni la saveur ni l'intérêt du plus petit thriller qui soit. Une phase du récit très homogène avec le reste de l'intrigue puisque rien, non, vraiment rien ne vient nous confirmer que l'on a bien fait de se lancer dans ce Nudies imbitable si ce n'est qu'il est parfois involontairement drôle. On pense notamment à cette séquence durant laquelle le détective (dés)incarné par Angel Mario Ramirez apprend à Anderson et à Sofia que Montel est toujours en vie. Après le départ du dit détective, la jeune femme séduit l'un des deux autres complices de la machination visant à éliminer son époux dans l'entrée alors même que le Docteur est dans la pièce d'à coté. Lui jetant des œillades aussi excitantes que le regard mort d'un mérou agonisant au soleil sur l'étal d'un poissonnier. Mise en scène bâclée, montage d'un autre monde (sans doute celui d'un technicien qui avait probablement d'autres chats à fouetter), amateurisme généralisé de la part de toutes celles et ceux qui apparaissent à l'image, redondance, apathie elle aussi généralisée, bref, l'ennui guette dès la première séquence et ne nous lâche pas une seule seconde jusqu'au générique de fin. Ce second des quatre longs-métrages réalisés par Glauco Del Mar et à bannir définitivement de vos plannings ciné !

mardi 24 mars 2026

Do not Enter de Marc Klasfeld (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Alors qu'il a quasiment consacré l'entièreté de sa carrière à tourner des clips vidéos pour divers artistes musicaux, le réalisateur, scénariste et producteur américain Marc Klasfeld s'est lancé pour la seconde fois dans la mise en scène d'un long-métrage plus de vingt années après avoir réalisé et écrit la comédie satirique The L.A. Riot Spectacular. En 2026, l'auteur de plus de cent-cinquante clips vidéos réalise donc son second projet cinématographique à travers non plus la comédie mais le cinéma d'horreur, d'épouvante et de fantastique avec Do Not Enter. Un film de genre dont il existe d'innombrables copies mais qui toujours et à jamais font le beurre de celles et ceux qui usent d'un indéfectible opportunisme pour se faire de l'argent. Et ce, quoi qu'il en coûte. Surtout lorsqu'il s'agit de prendre les spectateurs pour des imbéciles ou pour des ''patients'' atteints de sénilité, incapables qu'ils semblent être de voir qu'on leur ressort chaque année, la même partition. Faisant preuve ici d'un tout petit brin d'imagination puisque l'intrigue se déroule non plus dans une maison, un appartement ou un manoir hanté mais dans un hôtel qui a fermé ses portes après que l'épouse du directeur ait été assassinée et que le propriétaire des lieux ait lui-même disparu ! Je sais, et ma compagne ne cesse de me le répéter, mais il est interdit de proférer certains mots. Comme de dire qu'un film est une merde. Qu'un album de musique est une merde. Qu'une peinture est une merde. Qu'un ouvrage littéraire est une merde. Qu'une bande-dessinée est une merde. Ou que Jean-Luc Mélenchon est une merde même si concernant ce dernier, l'envie de l'écrire excite mes cellules grises et fait palpiter la pierre qui me sert de cœur... Tout débute ici de la pire des manières. Car après un générique qui attise tout de même la curiosité, la présentation de quatre des protagonistes qui vont évoluer durant le récit est on ne peut plus ratée. Quatre influenceurs, propriétaires d'une chaîne qui n'attire même pas cent spectateurs par vidéo. Et pourtant, Cora (Francesca Reale), Vernon (Shane Paul McGhie) ainsi que Diane (Adeline Rudolph) et son compagnon Rick (Jake Manley) se démènent pour proposer du contenu original et addictif. Mais rien n'y fait. Pas même lorsque de nuit, ils se jettent d'une rame de métro lancée à pleine vitesse lors d'une séquence absolument invraisemblable... Cependant, l'idée leur vient ensuite de s’introduire dans un hôtel désaffecté historiquement chargé...


Des meurtres, des disparitions et un magot paraît-il, astronomique, sur lequel jamais aucun visiteur n'a réussi à mettre la main ! Con comme un balai, Jake rappelle aux autres membres du groupe des Creepers qu'ils forment tous ensemble, l'une des lois qui le régissent : documenter puis disparaître. Mais surtout, le plus important, on ne touche à rien. T'as raison Coco. En gros, si les personnages trouvent le pognon, il leur est conseillé de le laisser à sa place... Tu parles ! Accompagnés d'un cinquième larron du nom de Balenger (Laurence O'Fuarain), Cora, Diane et les autres apprendront bientôt que sa présence au sein de l'hôtel n'est pas le fruit du hasard. Il faut avouer que pour l'instant, Do Not Enter a tout du bon gros navet pour adolescents boutonneux en mal de frissons pour enfants de moins de cinq ans. Les interprètes sont mauvais et le réalisateur semble pour l'instant bien incapable d'instaurer la moindre ambiance malgré des décors qui valent le détour... Fort heureusement débarquent ensuite à l'image trois bons gros connards formant quant à eux un groupe d'individus particulièrement violents. À commencer par JD (Kai Caster) qui au début avait beaucoup de mal à suivre les règles des Creepers avant de rejoindre ses nouveaux amis Mack et Tod (Brennan Keel Cook et Nicholas Hamilton) et dont le second est un fieffé psychopathe. Leur présence relance l'intrigue qui se révèle alors plus mouvementée qu'auparavant. Ajoutant à cela, une créature qui hante les lieux et qu'incarne quant à lui Javier Botet, acteur espagnol atteint du Syndrome de Marfan. Une maladie lui ''octroyant'' des spécificités physiques hors normes qui lui ont ouvert les portes du septième art et notamment celui du cinéma d'horreur puisqu'il devint célèbre en incarnant le rôle de Tristana Medeiros dans la franchise horrifique de Paco Plaza et Jaume Balagueró, [•REC]. Marc Klasfeld tentant d'ailleurs de reproduire la traumatique séquence située au dernier étage de l'immeuble où près de vingt ans en arrière le long-métrage des deux réalisateurs espagnol situait son action, mais sans avoir une once de leur génie. Difficile de noter Do not Enter avec objectivité. Entre certaines séquences véritablement nulles et d'autres qui maintiennent un certain intérêt, le film du cinéaste américain mérite à peine la moyenne. Et encore faut-il savoir à ce titre se montrer bienveillant envers Marc Klasfeld, ses interprètes ou son équipe technique...

 

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