Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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dimanche 22 mars 2026

Marty Supreme de Josh Safdie (2026) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Après une carrière en commun longue d'une dizaine d'années qui a vu éclore quelques pépites parmi lesquelles l'on peut citer Good Time en 2017 ainsi que Uncut Gems en 2019, les frères Safdie se sont séparés pour, officiellement, poursuivre chacun de leur côté des carrières de cinéastes bien distinctes. Pourtant, les raisons invoquées semblent bien plus sombres qu'elles n'en n'ont l'air mais nous ne nous attarderons pas ici à leur sujet. En effet, il est sans doute plus préférable d'évoquer le dernier long-métrage réalisé par Josh, l'aîné des deux frères qui après le départ de Benjamin vient de réaliser, écrire et produire (en collaboration avec son principal interprète Timothée Chalamet, Ronald Bronstein, Eli Bush et Anthony Katagas) ce qui sans doute demeurera comme l'un des meilleurs films à avoir vu le jour en cette année 2026 même si celle-ci n'en est pour l'instant qu'à son troisième mois. Après avoir habitué le public à assister à des spectacles relativement sombres notamment à travers les deux exemples cités plus haut, Josh Safdie perpétue un genre dont les frères Joel et Ethan Coen ont longtemps été les portes-étendards. Un mélange entre thriller noir, absurde, drame et dont Blood Simple, Fargo, No Country for old Men ou Burn After Reading demeurent les plus remarquables exemples. Pourtant, ici, nulle trace de l'un et de l'autre à la réalisation ou à l'écriture. En solo, John Safdie assure lui-même la réalisation. Ainsi que l'écriture à laquelle a collaboré le scénariste, acteur, monteur et producteur Ronald Bronstein auquel les frères Safdie offrirent notamment le rôle de Lenny dans Lenny and the Kids il y a dix-sept ans. Derrière un titre qui renvoie à l'appellation des balles de Tennis de Tables oranges dont le personnage central Marty Mauser s'enorgueillit d'être l'inventeur alors même que leur conception provient du fait que les blanches étaient difficilement décelables lorsque des matchs étaient diffusés à la télévision, Marty Supreme décrit avec raison la personnalité excentrique de cet ''anti-héros'' arrogant, opportuniste et très souvent dénué de toute morale lorsqu'il s'agit d'arriver à ses fins...


Un personnage charismatique pourtant dénué de l'ampleur physique que l'on prêterait généralement à ce genre d'individu. Relativement frêle comme l'était celui que l'acteur est censé reproduire à l'image, doté d'une moustache et d'une coiffure qui renvoient à l'époque où chez nous la série télévisée policière Les brigades du Tigre rencontrait un certain succès, on ne peut pas dire que Timothée Chalamet jouisse ici d'un statut d’icône sexuelle. Et pourtant, comme le démontrera par la suite l'évolution de sa relation avec la comédienne Kay Stone (Gwyneth Paltrow), l'homme est si sûr de lui et possède un tel bagout que rien, vraiment rien ne semble pouvoir se mettre en travers de sa route. Pas même la relation qu'il va entretenir avec cette beauté d'âge plus ou moins mûr qui s'amusera souvent de l'attitude de ce jeune homme d'une trentaine d'années son cadet mais avec lequel elle entretiendra une relation charnelle relativement intense. L'auteur de Marty Supreme mêle les genres avec un certain brio. Contrairement à un Edgar Wright qui parfois épuise à force d'être beaucoup trop démonstratif (Baby Driver en 2017, The Running Man en 2025), cette facette du cinéma de Josh Safdie fonctionne par contre à merveille. Sur la base d'un fait parfaitement authentique (le film s'inspire en effet de Marty Reisman, un pongiste qui entre 1958 et 1960 remporta deux fois l'US Open de Tennis de Table), Josh Safdie et son scénaristes ont conçu une œuvre qui dépasse de loin les frontières du Biopic tel qu'il est généralement envisagé sur grand écran pour introduire son arrogant personnage dans un récit qui fait appel à un genre auquel ceux qui connaissent bien l'histoire de l'ancien champion de ''Ping Pong'' aujourd'hui décédé depuis une quinzaine d'années ne s'attendaient certainement pas...


Une ambition dévorante qui poussera Marty ainsi que celle qu'il a engrossé huit mois auparavant (l'actrice Odessa A'Zion dans le rôle de Rachel Mizler) à suivre un chemin pavé d'embûches, mettant à diverses reprises sa vie et celle de la jeune femme en danger. Pourquoi ? Pour atteindre un but, un seul. Rencontrer de nouveau Endo (Koto Kawaguchi), le champion japonais de Tennis de Table qui quelques mois auparavant sortit vainqueur de la finale de l'Open d'Angleterre qui opposa les deux hommes. Persuadé que son adversaire fut avantagé grâce à un nouveau modèle de raquette, Marty n'a plus qu'un seul objectif. Partir au Japon pour les prochains championnats du monde afin de jouer contre Endo et de le battre. Problème : le jeune homme n'a pas l'argent nécessaire qui lui permettrait de prendre l'avion pour le Pays du Soleil Levant... Si Marty Supreme repose sur une mécanique parfaitement huilée, le film profite également d'un casting trois étoiles. À Commencer par Kevin O'Leary, lequel incarne le rôle du richissime homme d'affaire Milton Rockwell sur lequel compte Marty pour réaliser son projet. Tyler Okonma interprète de son côté le chauffeur de taxi et ami/complice d'arnaques Wally. Mais aussi et surtout, le long-métrage de Josh Safdie est l'occasion de redécouvrir l'immense Abel Ferrara dans le rôle d'Ezra Mishkin. Un personnage ambigu, dont les contours sont volontairement mal définis (mafioso ? Bookmaker ?) mais qui sera lui aussi au centre d'un récit touffu, transcendé par un cinéaste qui n'a pas laissé au hasard la moindre petite porte de sortie. Bref, foncez voir Marty Supreme tant qu'il est en salle, vous ne le regretterez pas...

 

samedi 21 mars 2026

Leaving Las Vegas de Mike Figgis (1995) - ★★★★★★★★★★




Ben Sanderson (interprété par Nicolas Cage) a tout perdu. Sa femme l'a quitté emportant avec elle leur progéniture, et il vient tout juste de se faire licencier par la boite de production dans laquelle il travaillait. Alors Ben boit, plus que de mesure. En plein désarroi il n'a plus qu'une seule idée en tête,  avoir recours au suicide. Et comme il passe son temps à écumer les bars, il décide de se noyer dans l'alcool jusqu' à en mourir. Alors pour en finir il décide de tout quitter pour finir ses jours à Las Vegas, cette grande ville où les bars et les salles de jeux sont ouverts vingt quatre heures sur vingt quatre. Avant de partir, il brûle tout ce qui le rattache avec son existence: papiers et souvenirs partent en fumée, comme pour le libérer de tous les biens matériels qui le rattachent à une existence qu'il veut oublier.

Arrivé à Las Vegas, Ben fait la connaissance d'une prostituée prénommée Sera (la superbe Elisabeth Shue) avec laquelle il sympathise très vite. La jeune femme a quitté Los Angeles et fuit un certain Yuri, maquereau violent qui ne tarde pourtant pas à la retrouver. Usant d'un humour noir et sans faille, Ben tente tant bien que mal de cacher son goût immodéré pour l'alcool. 

Plus qu'une simple séance de culbute dans un hôtel minable, la première rencontre entre Sera et Ben est pour eux l'occasion de partager une bonne bouteille et d'en apprendre un peu plus l'un sur l'autre. Plus tard, pressée par Yuri de rapporter davantage d'argent, Sera est humiliée par un homme qui se méprend sur ses intention. Elle part alors à la recherche de Ben qu'elle retrouve assis sur un banc, au milieu d'un boulevard, toujours pris de boisson, livide et délirant plus que jamais, incapable de voir la main que lui tend Sera. Celle-ci retrouve Ben un peu plus tard dans sa chambre d'hôtel miteuse avant de partager avec lui un délicieux repas dans un restaurant. Leur histoire d'amour, débute véritablement à ce moment là, avec toujours en toile de fond, la déchéance volontaire de Ben qui va bientôt s'installer chez Sera...

Nicolas Cage, qu'on le veuille ou non est un acteur formidable. C'est peut-être avec ce film que l'on découvre sa réelle capacité à interpréter un véritable rôle de composition. Habitué aux films d'action musclés, de ceux qui n'exigent aucune réflexion de la part du spectateur, il prouve avec ce film (pour lequel il remporta l'oscar du meilleur acteur) qu'il est capable d'interpréter un rôle difficile et sensible. Et quoi de plus censé que de voir "Leaving Las Vegas" en version originale? Car malgré un doublage en français excellent, on y perd un peu en émotion et en sincérité. Il n'est pas rare de se sentir mal à l'aise devant certaines scènes alors que d'autres émeuvent et prennent à la gorge. Sera, elle, se démène tant bien que mal pour sortir Ben de sa situation alors que la sienne est déjà tellement compliquée, réalisant que l'issue de celui qu'elle aime ne peut être que fatale. Alors elle va l'accompagner jusqu'au bout.......Par amour. 


Elisabeth Shue est formidable dans son rôle de "prostituée-ange gardien" et aurait sans doute mérité au même titre que Nicolas Cage, de remporter un Oscar. Mike Figgis réalise un film tout en finesse et simplicité et tape en plein dans le mille, n'hésitant pas parfois à bousculer le spectateur dans des scènes, qu'elles soient interprétées par Cage ou Shue, qui forcent le respect tant elles sont jouées de façon admirable.

Un film jusqu'au boutiste puisque l'Amour seul n'arrivera pourtant pas à sauver Ben...

vendredi 20 mars 2026

La bonne étoile de Pascal Elbé (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

La seconde guerre mondiale ayant fait l'objet de nombreuses adaptations cinématographiques, il n'est pas étonnant que certains réalisateurs et scénaristes aient pris le parti de l'évoquer sous l'angle de la comédie. Allant chez nous de l'extrême ''franchouillardise'' avec Le Führer en folie de Philippe Clair en 1974 en passant par la comédie populaire avec Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré et la trilogie de La 7ème compagnie de Robert Lamoureux et même jusqu'à ce que l'on aurait pu considérer à l'époque de sa sortie comme un ''Blockbuster'', La grande vadrouille, malgré un budget minime dépassant à peine les deux millions deux-cent mille euros pour une œuvre qui attira au moment de sa sortie et uniquement sur le territoire hexagonal, plus de dix-sept millions de spectateurs... Écrit et réalisé par Pascal Elbé, La bonne étoile est son quatrième long-métrage en tant que réalisateur, il est surtout connu pour sa carrière d'acteur, ce qui ne l'a donc pas empêché de débuter son métier de cinéaste dès 2010 avec Tête de turc. Suivront en 2015 Je compte sur vous et en 2020 On est fait pour s'entendre. Originaire d'une famille juive d'Algérie, le sujet central de La bonne étoile éclaire sous un jour qui n'est malheureusement pas tout neuf le cas du juif en France. comme en témoignent certains événements récents ou comme Pascal Elbé, lequel constate que depuis la fin de la guerre rien n'a vraiment changé. Les préjugés perdurent et il n'est pas certain que La bonne étoile permette ou pousse les esprits réfractaires à changer d'opinion s'agissant de la communauté juive. Et pourtant... Relativement mal perçu par une partie des critiques qui n'ont peut-être pas réellement saisi de ce que voulait témoigner à son public Pascal Elbé, La bonne étoile est un petit bijou qui gagne en force et en intérêt au fil de l'intrigue. Après des débuts hésitants dont quelques passages pourtant forts drôles réunis dans une bande-annonce qui laissait présager une pure comédie débarrassée de toute forme de dramaturgie, le dernier film écrit et réalisé par Pascal Elbé est en fait beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. Et ce, même s'il convie dans le rôle de Jean Chevalin, un Benoît Poelvoorde qui comme souvent oscille entre drôlerie et infortune. Tout commence pourtant par une idée absurde : soldat de l'armée française, Jean Chevalin déserte au bout d'une journée seulement. Et alors que d'autres qui comme lui ont lâchement abandonné leur poste en s'enfuyant avant d'être retrouvés puis condamnés au peloton d'exécution, l'homme entend faire passer son épouse Paulette (Audrey Lamy), leur fils Marcel (Louis Lagorce Douce-Doussière) et lui pour une famille juive.


Afin, ensuite, de se mettre à l'abri chez Madeleine (Zabou Breitman), une Comtesse qui a pour habitude d'abriter des familles pourchassées par l'armée allemande... Pleutre, Jean va pourtant bien malgré lui se retrouver embrigadé dans la résistance et devenir cet homme courageux qui jusqu'à maintenant lui faisait défaut... En chemin, il rencontrera Sam Goldstein (Pascal Elbé lui-même) qui par sa faute a été séparé de son fils Salomon (Camille Sagols)... Quand la France se met à la comédie dramatique plutôt qu'à la comédie ''tout court'', il n'est pas rare d'être agréablement surpris. Car sous ses atours de parodie dont l'essentiel tourne autour de la poltronnerie du personnages incarné par Benoît Poelvoorde, c'est l'attitude même des français lors de l'invasion de notre pays par l'Allemagne nazie qui intéresse ici Pascal Elbé. Traduisant la Collaboration à travers quelques individus manifestement plus enclins à traverser la guerre en se positionnant autrement que du côté de l'envahisseur que de celui de leurs propres concitoyens, La bonne étoile décrit les agissements de ceux qui assurèrent leurs arrières en s'associant à la police politique du Troisième Reich connue sous le nom de Gestapo ou les bassesses notamment fomentées ici par une horrible bonne femme dénonçant une famille juive qu'elle côtoie pourtant depuis des années. Mais surtout, La bonne étoile pousse un homme à côtoyer ceux-là mêmes qu'il était prédisposé à voir comme le veulent les clichés, jusqu'à prendre son courage à deux mains afin de reconquérir le cœur de son épouse. Parfois drôle même si l'on ne rigole pas à gorge déployée, mais aussi très émouvant (l'on remerciera d'ailleurs le duo de musiciens Romain Allender et Valentin Couineau pour certaines de leurs compositions), La bonne étoile se range finalement du côté du meilleur de la ''comédie de guerre à la française''. Bien loin de ce que laissait présager la bande-annonce... et c'est tant mieux !

 

jeudi 19 mars 2026

Kyua de Kiyoshi Kurosawa (1997) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Cinéaste japonais très prolifique, le réalisateur, scénariste, acteur, directeur de la photographie et monteur Kiyoshi Kurosawa signait en 1997 le très étrange Kyua qui dans notre langue signifie guérir mais qui pour les besoins de sa distribution à l'internationale a été traduit sous le titre de Cure. Alors que certains s'escriment à faire le Bien, d'autres penchent du côté du Mal. C'est ainsi que l'on peut voir le personnage de Kunio Mamiya, incarné à l'écran par l'acteur Masato Hagiwara, acteur présent à plus de cent-cinquante reprises au cinéma et à la télévision japonaise et qui dans le cas de ce très énigmatique personnage qu'il interprète ici dispose d'une attitude ambivalente, trouble et indécise. Face à lui, l'inspecteur Kenichi Takabe qu'interprète de son côté Kōji Yakusho. Rompu à son métier de flic, il va à travers cette difficile enquête menée autour d'une série de meurtres rencontrer l'un de ses plus dangereux adversaires. La logique croisant la route du ''paranormal'' dans une œuvre très inconfortable, suivant deux ans plus tard le même chemin qu'un certain thriller psychologique américain brillamment orchestré par le réalisateur David Fincher, Se7en ! Au Pays du Soleil Levant, Kiyoshi Kurosawa ne traite cependant pas des sept péchés capitaux comme le fit deux ans auparavant son ''rival'' outre-atlantique mais du Mesmérisme, du nom de son fondateur, le médecin originaire du Grand-Duché de Bade, Franz Anton Mesmer. Reposant sur la théorie du magnétisme animal, le Mesmérisme se veut être selon celui-ci la capacité de guérir tout individu grâce à l'emploi d'un fluide magnétique influençant chaque être sur cette planète. De cette conception très particulière de mener à la guérison en brisant les obstacles qui empêchent la libre circulation du dit fluide magnétique, Kiyoshi Kurosawa développe l'idée d'une telle intervention à des fins beaucoup moins bienveillantes que ne le laisse supposer le procédé. Une manière, peut-être, pour le cinéaste, d'effectuer de manière très personnelle une critique très amère d'une pratique qui une fois mise entre de mauvaises mains peut donner lieu à de dangereuses dérives. Mais plus qu'une étude scientifico-psychologique portant principalement sur cette doctrine qui fit notamment des émules au dix-huitième siècle puisque la reine Marie-Antoinette s'y intéressa, Kiyoshi Kurosawa intègre le concept au cœur d'un thriller moite, sombre, dans lequel une série de meurtres particulièrement épouvantables sont commis non pas par un seul homme, mais par plusieurs...


En effet, chaque assassinat n'est relié que grâce à certains stigmates portés par les victimes. Une ''signature'' qui unit les meurtres les uns aux autres. Des égorgements en forme de X, toutes les victimes décédant ainsi rapidement par hémorragie massive ! L'un des aspects les plus curieux de toute cette affaire est que les tueurs étaient bien avant de devenir des assassins, des individus n'ayant jamais eu affaire avec la justice. Loin d'être un film grand public cherchant à systématiquement ''divertir'' son public, Kyua pénètre l'âme en profondeur, à travers un rythme parfois tellement lascif qu'il finit par engourdir l'esprit. Détournant ainsi le spectateur de son objectif principal consistant à suivre une banale histoire de meurtres en série suivie d'une enquête policière. On ne sait alors plus trop sur quel tableau mise le cinéaste japonais. Horreur ? Thriller ? Surnaturel ? Sans doute un peu des trois, entremêlés, liés par la volonté d'une approche psychologique jamais rébarbative même si parfois la lenteur du récit peut s'avérer agaçante... Avec sa personnalité si particulière, le personnage de Kunio Mamiya rejoint ainsi certains grands noms du cinéma mondial. Tel justement le John Doe de Se7en ou le Akira Yamada de l'incroyable Limbo, chef-d’œuvre signé du réalisateur hongkongais Soi Cheang en 2021. Visuellement, Kyua n'a rien à se reprocher vis à vis de la concurrence, décrivant un monde parfois déshumanisé mais aussi très réaliste et dans lequel Kiyoshi Kurosawa filme froidement et avec distanciation certains crimes (comme celui de l'agent devant l'entrée du commissariat). Ici, pas de mystère quant à l'identité réelle du responsable de ce que l'on pourrait évoquer comme étant une forme d'épidémie de meurtres commis par procuration ! Tout au plus le réalisateur conserve-t-il durant un temps le mystère quant à la méthode employée pour pousser d'innocentes personnes à commettre l'irréparable. Reste que Kyua demeure une œuvre pénétrante qui ne comblera pourtant pas toutes les attentes de certains amateurs de thrillers noirs ou d'autres attirés par les divertissements pour grand public en raison de son rythme parfois lymphatique et d'un climat qui ne convie jamais vraiment à la réjouissance...

 

mercredi 18 mars 2026

Jiko Bukken: Zoku Kowai Madori de Hideo Nakata (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Cinq années après le sympathique mais néanmoins dispensable Jiko Bukken: Kowai Madori, le cinéaste japonais Hideo Nakata revenait en 2025 avec une suite intitulée Jiko Bukken: Zoku Kowai Madori et reposant sur le même principe. Digérant tout un pan de la J-Horror, cette séquelle qui n'en est pas vraiment une même si là encore le script met le héros en situation de confrontation avec des phénomènes paranormaux, repose sur un concept connu sous le nom de Propriétés Stigmatisées. Comprendre qu'une demeure, qu'il s'agisse d'un appartement, d'une maison ou d'un lieu tel qu'une auberge ou un hôtel peut perdre de sa valeur dès lors qu'il confronte propriétaires et locataires à des événements plus ou moins inquiétants directement liés à l'histoire des lieux... Considérant que tout comme le précédent volet Jiko Bukken: Zoku Kowai Madori se base sur des faits authentiques et non sur la simple imagination de son auteur, Hideo Nakata signe avec cette suite une œuvre qui dépasse de très loin les rares qualités que possédait déjà Jiko Bukken: Kowai Madori. Un retour aux sources pour l'auteur d'une pléiade de long-métrages horrifico-fantastique prenant sans doute leur source dans le folklore japonais et précisément à travers le terme Yōkai qui au Pays du Soleil Levant désigne tout ce qui a trait à des phénomènes paranormaux de type spectres, fantômes, ectoplasmes et autres joyeusetés du genre. Parmi les grandes œuvres du cinéaste japonais, le séminal volet de la franchise Ringu et sa suite en 1998 et 1999 ou ce qui demeure sans doute le plus remarquable joyau de la J-Horror avec Honogurai Mizu no Soko Kara, sorti à l'internationale sous le titre Dark Water, et dont la puissance résonne encore davantage comme une œuvre prémonitoire lorsque l'on compare le script de Hideo Nakata et des scénaristes Yoshihiro Nakamura et Ken'ichi Suzuki à l'un des faits-divers les plus troublants ayant pourtant eu lieu onze ans après la sortie du film : L'Affaire Elisa Lam, dont le corps fut retrouvé noyé dans l'un des réservoirs d'eau de l'hôtel Cecil situé à Los Angeles le 19 février 2013. Mais revenons à Jiko Bukken: Zoku Kowai Madori dans lequel le jeune ouvrier en métallurgie Yahiro Kuwata (Shota Watanabe) rêve de faire de la télé. C'est sur les conseils de son supérieur hiérarchique qu'il part pour Tokyo retrouver un certain Fujiyoshi (Kôtarô Yoshida) qui l'aiguille alors vers une émission pour laquelle le jeune homme devra accepter de vivre dans diverses demeures ayant été le théâtre de phénomènes étranges...


Là où Jiko Bukken: Zoku Kowai Madori ressemble à son aîné mais diffère de la majorité des films d'horreur japonais mettant en scène des créatures fantomatiques, c'est dans son découpage. Sans pour autant arborer réellement les atours du film à sketches, le long-métrage de Hideo Nakata est découpé en plusieurs chapitres numérotés et se distinguant par le plan et le nom des différents lieux qu'investira notre jeune héros. Surtout, le cinéaste en profite pour développer toute une série de contextes allant du petit studio en passant par l'auberge et jusqu'à la colocation. De quoi isoler Yahiro dans certaines conditions tout en lui opposant des colocataires dans d'autres circonstances. Allant même jusqu'à réunir autour de lui une équipe de télévision lors de la séquence se déroulant dans une auberge vidée de clients bien trop impressionnables... Si avec Jiko Bukken: Zoku Kowai Madori ne retrouve pas la fibre angoissante et le génie de ses premières proposition en matière de J-Horror, ce dernier renoue malgré tout avec le charme de ces productions horrifiques qui ne perdent que rarement l'exotisme qui leur est propre. Mais à trop vouloir répéter Ad Nauseam le même principe comme son compatriote Takashi Shimizu, le résultat ne peut être que mitigé. Et à moins de n'avoir jamais connu le grand frisson devant Ringu, Dark Water ou encore Janghwa, Hongryeon du coréen Kim Jee-woon, la peur se fera malheureusement rare... Et pourtant, oui, pourtant, le film fonctionne à merveille lorsqu'il s'agit d'évoquer les différentes manières d'aborder les phénomènes. D'autant plus que le scénario n'oublie pas d'inclure un peu de féminité en la personne de Karin (Miku Hatta), un petit bout de femme fort charmante rencontrée sur une plage par Yahiro lors du tournage d'une publicité. S'installera alors une complicité entre les deux protagonistes, cachant en outre un renversement de situation aussi inattendu qu'émouvant. Bref, Hideo Nakata revenait l'année dernière en très grande forme avec ses premières amours. Espérons que cela sera également le cas pour Takashi Shimizu dont on attend toujours ses deux prochains projets qui demeurent encore malheureusement à l'état de pré-production, The Graveyard Apartment et Kuchi ni Kansuru Anketo...

 

mardi 17 mars 2026

The Bayou de Taneli Mustonen et Brad Watson (2025) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Ça débute comme un film sur le narco-trafic, se poursuit comme un ersatz de la série Lost avant de lorgner du côté du Survival à tendance '' Agression Animale''. Autant le dire tout de suite, c' est de la merde. Et donc, totalement indispensable. Parce mauvais ou pas, n'importe quel film mérite en réalité d'être découvert. Si mauvais soit-il. Si indigents soient la mise en scène ou l'interprétation. Aucune grande star au générique mais un petit groupe d'acteurs qui nous feraient presque regretter le temps où des requins avaient la capacité de voler dans le ciel dans l'objectif de s'en prendre notamment à l'un des protagonistes de la série culte américaine, Beverly Hills 90210. D'ailleurs, si vous avez le courage de lire ce post jusqu'au bout, je vous réserve une petite surprise qui n'a rien à voir avec le 1er Avril qui se profile lointainement à l'horizon. Bon, pour être tout à fait franc, j'ai bien cru que nous tenions avec The Bayou, la perle rare. Un début prometteur. Ô pas cette séquence d'ouverture présentant des trafiquants de drogue ou celle exhibant de jeunes adultes typiques du cinéma visant le jeune public pré et post-adolescent mais bien la suivante. Un décor et une ambiance présentant un cadre proche des plus grands Survival du vingtième siècle. Genre Massacre à la tronçonneuse ou Délivrance. Mais bon, faut pas rêver puisque tout tourne en eau de boudin dès qu'un groupe de passagers d'un avion de tourisme se retrouve échoué dans le bayou du titre. Lequel n'est accessoirement pas celui que l'on pouvait espérer puisque le long-métrage de Taneli Mustonen et Brad Watson a sans doute pour des raisons financières été majoritairement tourné aux Philippines ! Marquée par la mort de son frère lors du braquage d'une épicerie, la jeune diplômée en médecine Kyle (Athena Strates) part en avion en compagnie de plusieurs amis afin de disperser ses cendres. Mais en plein vol, une avarie contraint le pilote à atterrir en urgence. L'avion s'écrase alors en plein bayou, là où des dizaines d'alligators affamés attendent la moindre opportunité pour s'attaquer aux survivants du crash... Simple, efficace, le script d'Ashley Holberry et de Gavin Cosmo Mehrtens ne cherche pas à noyer le spectateur dans une pseudo-analyse comportementale des personnages même si certains d'entre eux se détachent sensiblement du groupe...


The Bayou n'étant évidemment pas d'une grande originalité ni d'une subtilité exemplaire, l'on a droit au connard en costard, chemise ouvert et téléphone portable rivé à l'oreille. Faisant fi des recommandations des autres passagers qui lui conseillent d'éteindre son appareil... En bref, le Gros Con dans toute sa splendeur. Lequel est dans le genre, très rapidement rejoint par l'une des ''amies'' de l'héroïne. Une certaine Malika qu'interprète l'actrice Elisha Applebaum et que l'on espère voir crever à petit feu, goulûment avalée par l'un des sauriens qui rôdent dans des paysages qui à défaut d'être représentatifs de l'image que l'on se fait des bayous de la Louisiane possèdent le charme typique des luxuriantes forêts philippines. Un point positif à mettre au crédit d'un film très basique dans son déroulement. Crispant non pas en raison des risques perpétuels qu'encourent les personnages à s'aventurer à l'extérieur de la cabane où ils se sont précédemment réfugiés mais bien à cause de deux ou trois parasites de l'espèce humaine dont la vie, dans ce genre de récit, ne tient fort heureusement qu'à un fil ! Le genre étant ce qu'il est, plusieurs influences sautent aux yeux. Et notamment l'excellent Rogue que l'australien Greg McLean réalisa voilà près de vingt ans en arrière et qui pour le coup était vraiment angoissant ! Si j'abuse évidemment en affirmant que The Bayou est une merde puisqu'il vaut bien toute une palanquée d'autres films portant sur le même sujet, son absence d'innovations, de caractérisation et la pauvreté du script liée à une mise en scène et une interprétation académiques en font une œuvre tout à fait dispensable. Concernant la surprise que je vous réservais, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, après une absence de sept années, la franchise Sharknado va bientôt ressurgir sur nos écrans à travers une préquelle intitulée Sharknado Origins qui comme son titre l'indique devrait revenir sur les origines du mal... Notons que le film n'en étant qu'à sa phase de pré-production, prévoir une date précise de sortie serait risqué. En attendant d'en savoir davantage, il vous est clairement conseillé de revoir les anciens opus plutôt que ce The Bayou qui demeure selon moi, sans intérêt...

 

lundi 16 mars 2026

NFT: Cursed Images de Jonas Odenheimer (2026) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Le concept de l'objet maudit au cinéma n'est pas tout neuf. Récemment l'on a pu notamment voir surgir The Monkey d'Oz Perkins, œuvre mineure dans la carrière du cinéaste, adaptation foireuse de la nouvelle éponyme écrite par le romancier américain Stephen King en 1985 et parue chez nous dans le recueil de nouvelles Brume. Concept copié l'année dernière à travers Caveat de Damian Mc Carthy et son lapin mécanique. Sans compter sur les nombreuses œuvres qui reposent sur celui des poupées diaboliques telles que Dolls de Stuart Gordon, Child's Play de Tom Holland et ses nombreuses séquelles, Annabelle de John R. Leonetti ou encore The Boy 1 & 2 de William Brent Bell et même, en remontant plus loin dans le temps, The Devil Doll de Tod Browning sorti en salle le 6 août 1937. Mais ces jouets n'étant pas les seuls objets d'apparence inertes à être possédés par une entité diabolique, on peut évoquer la voiture de l'excellent Christine de John Carpenter ou celle de The Car d'Elliot Silverstein. La robe rouge de In Fabric de Peter Strickland et des dizaines d'autres objets parmi lesquels nous ne pouvons pas faire l'impasse sur la cassette vidéo maudite de la mythique franchise horrifique japonaise, Ringu initiée en 1998 par le génial Hideo Nakata... Coté littérature, on pensera bien entendu au fameux Portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde qui au cinéma et à la télévision donnera lieu à quelques excellentes surprises, tel l'immense Phantom of the Paradise de Brian de Palma, lequel redéfinissait le concept en le mêlant en outre à celui de Faust, lui-même adapté à plusieurs reprises au cinéma et dont l'ouvrage d'origine écrit entre 1808 et 1832 par Johann Wolfgang von Goethe décrivait un homme qui contre certains services procurés par Méphistophélès acceptait de livrer à ce dernier, son âme... Dernière itération du thème de l'objet maudit, NFT: Cursed Images est le second long-métrage signé du réalisateur, producteur et scénariste originaire du Brésil, Jonas Odenheimer après un premier film d'horreur signé en 2015, Classroom 6. Sur la base d'un script écrit par ses soins, le cinéaste réunit autour d'une table cinq amis, plus tard rejoints par deux autres protagonistes féminins. Évoquant durant d'interminables minutes leurs affaires, tournant autour de la crypto-monnaie. Employant ainsi des termes dont l'accès n'est parfois admissible que lorsque l'on s'y connaît en la matière. Bref, un charabia prétentieux, voire méprisant vis à vis de celui ou celle qui n'y ''bite'' pas grand chose. Survient ensuite l'évocation du mythe entourant le concept de Non-Fungible Token Cursed Image reprit par le titre.


Une image, photo ou tout autre photogramme planqué derrière une vidéo d'apparence normale qui révèle un aspect étrange. Inquiétant. Incompréhensible. Dès lors, le film s'ouvre sur une séquence horrifique tournée à la manière volontairement ou non du cinéma indépendant propre au genre. Caméra portée à l'épaule. Image vacillante, couleurs ternes, interprétation naturaliste. L'occasion également d'y découvrir l'actrice américaine Najarra Townsend qui au sein d'une carrière excessivement prolifique interpréta surtout le rôle de Samantha England dans le très dérangeant Contracted d'Eric England en 2013 ainsi que dans la séquelle signée cette fois-ci par Josh Forbes deux ans plus tard, Contracted: Phase II. S'ensuit alors la présentation d'une petite galerie de personnages dont les principaux intérêts semblent soit d'ordre professionnels, soit d'ordre plus intime. Comme l'ancien couple formé par Cass et James (Mariah Nonnemacker et David Wayman), involontairement réunis lors d'une soirée qui va virer au cauchemar dès lors que chacun des convives aura accepté de recevoir une image réputée maudite... et dont l'on devine rapidement quelles vont être les conséquences sur l'avenir des protagonistes. Une galerie de personnages à laquelle nous ajouterons notamment Nes (Nobuste Jnr), individu très prudent qui alerte ses amis sur le potentiel danger que revêtent les NFT Cursed Image en question. Le long-métrage de Jonas Odenheimer est une déception. Non pas que l'on pouvait s'attendre au renouveau d'un genre, mais face à quelques apparitions réellement creepy aidées en cela par quelques effets-spéciaux prosthétiques relativement efficaces, la mise en scène mollassonne, des dialogues vraiment pas à la hauteur de l'intensité des événements qui se produisent et une interprétation/direction des acteurs proche de l'amateurisme dans ce qu'il peut avoir de discutable font de NFT: Cursed Images un film d'horreur raté dans quasiment tout ce qu'entreprennent le réalisateur et ses interprètes. L'on a souvent l'impression d'assister au tournage d'un film amateur entre potes, lors d'une soirée où l'un d'eux aurait émit l'idée de jouer avec une caméra nouvellement acquise par l'un d'entre eux. Le résultat est sans appel : NFT: Cursed Images est l'un des pires films d'horreur de cette première partie de l'année...

 

dimanche 15 mars 2026

Scream 7 de Kevin Williamson (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

N'ayant jamais été fan de la franchise initiée par le scénariste Kevin Williamson, ici à la réalisation et à l'écriture et par Wes Craven pour lequel j'ai malgré tout conservé une certaine admiration pour à peu près tout ce qu'il mit en scène avant le premier volet datant de 1996, voir débarquer sur grand écran le septième opus sobrement intitulé Scream 7 ne m'a fait ni chaud, ni froid. Et pourtant, c'est bien grâce ou à cause de températures oscillant entre les douze et quinze degrés que j'ai décidé de tout faire pour ne pas demeurer statique en cette journée pluvieuse du 15 mars 2026. Direction le cinéma le plus proche pour découvrir ce que d'aucun juge déjà comme l'un des pires épisodes de la saga. Pire, parait-il, que le précédent, que je n'ai pas eu le bonheur ou la malchance de voir depuis sa diffusion en salle il y a trois ans tout rond ! Ne connaissant de la franchise que les premier et second épisode, c'est donc avec l'esprit pratiquement neuf (l'un et l'autre datant de 1996 et 1997) que j'ai passé la porte donnant sur une large salle, pratiquement vide en dehors de quelques post-adolescents qui à l'époque du premier Scream ou de sa séquelle immédiate ne devaient être encore que des gamins. Une quinzaine de spectateurs disséminés dans une salle qui devait compter deux ou trois-cent places et parmi eux, un couple de vieilles personnes sans doute en mal de frissons qui allaient cependant repartir avec un pouls ne dépassant pas les soixante battements par minute... Car à moins de n'avoir jamais vu un seul film d'horreur de leur vie, il y avait peu de chance pour que le cœur sans doute unit par l'amour de ce charmant couple s'emballe devant des jumpscares que personne de censé n'oserait produire de nos jours. Et pourtant, c'est bien ce qu'a fait Kevin Williamson. En d'autres lieux, en d'autres temps scénariste mais aujourd'hui, reprenant les rênes du bébé qu'il créa avec l'auteur des cultissimes La colline a des yeux, La dernière maison sur la gauche, Les griffes de la nuit ou Le sous-sol de la peur... Scream 7 semble s'adresser à deux types de spectateurs. Avec évidemment, une prédisposition pour le fan de base, qui connaît les précédents volets sur le bout des doigts, connaît chaque personnage, chaque réplique et chaque meurtre. Absente du sixième opus, Neve Campbell réapparaît dans le rôle de Sidney Prescott. Poissarde mère de famille en conflit avec sa fille Tatum (Isabel May) et désormais marié à l'officier de police Mark Evans (Joel McHale).


Retour également pour Courteney Cox, toujours dans le rôle de la journaliste Gale Weathers et qui débarque ici dans l'aventure comme un cheveu dans la soupe lors d'une apparition aussi soudaine qu'invraisemblable ! Réapparaissent également Jasmin Savoy Brown et Mason Gooding dans les rôles de Mindy et Chad Meeks-Martin. Une présence absolument inutile qui ne sert apparemment qu'à nous rappeler qu'ils furent présents aux génériques des cinquième et sixième opus. Plus étonnant est le ''retour'' du personnage de Stuart Macher, l'un des deux tueurs du premier Scream de 1996 qui mourrait à la fin et qui dans Scream 7 fait donc un retour profitant de l'intelligence artificielle. Parmi les nouvelles têtes, l'on notera la présence à l'écran de Kraig Dane dans le rôle de Karl Gibbs, un ancien patient d'hôpital psychiatrique mais aussi et surtout celle d'Anna Camp dans celui de Jessica Bowden, la ''sympathique'' voisine de Sidney et mère d'un Lucas (Asa Germann) fan de films d'horreur quelque peu instable... Tout ce petit monde orbite autour d'un script qui n'apporte évidemment rien de plus à une saga qui a déjà fait le tour complet de tout ce que l'on peut voir dans n'importe quel slasher. Et pourtant, malgré des critiques souvent fort mitigées, le long-métrage de Kevin Williamson se regarde sans déplaisir. Si l'on peut comprendre que les fans puissent ressentir une certaine lassitude, le néophyte, ou du moins celui ou celle qui n'a pas mis les pieds dans cet univers depuis au moins quinze ou vingt ans peut y trouver matière à passer un agréable moment. Par contre, inutile d'espérer ressentir le moindre effroi. Depuis plus de cinquante ans qu'existe le genre (merci Mario Bava), cuisiné à toutes les sauces, des plus réalistes aux plus improbables, être surpris, sursauter, avoir peur ou même se passionner pour des personnages qui manquent cruellement de caractérisation est devenu illusoire...

 

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