Voilà un projet plus
qu'intriguant s'agissant du dernier long-métrage de l'allemand Uwe
Boll. Mais soyons clairs : l'auteur de House of the Dead,
de Bloodrayne,
de Rampage
de Zombie Massacre
et de beaucoup d'autres longs-métrages n'est théoriquement pas du
genre à être attendu au tournant puisque son importante
filmographie est essentiellement constituée de navets, voire de
nanars... Cependant, Citizen Vigilante
pourrait marquer le retour de l'allemand vers un cinéma plus
traditionnel tout en cherchant à provoquer les âmes les plus
''pures''. De celles qui dans une certaine frange de la population
accordent sans doute beaucoup trop importance à l'immigration tout
en se voilant la face sur les conséquences néfastes qu'elle puisse
avoir. Du moins est-ce apparemment le discours d'Uwe Boll qui avec
Citizen Vigilante
jette non pas un pavé dans la mare mais carrément une montagne de
roche en fusion qui eut pour conséquence de le voir bannir dans son
propre pays. Et lorsque l'on entend parler d'interdiction, ou de
bannissement comme dans le cas de ce dernier long-métrage,
forcément, cela attise la curiosité. Et il faut dire que malgré
une forme très en accord avec le cinéma habituel de Uwe Boll,
celui-ci reflète les contradictions entre des valeurs qui prônent
le droit d'asile depuis la loi fondamentale de 1949 inscrite dans la
Constitution de l’Allemagne de l’Ouest révélant ainsi des
valeurs humanistes, et une réalité devant laquelle certains
préfèrent se voiler la face : l'immigration illégale d'où
émerge parfois des mœurs incompatibles avec la société
occidentale et une violence qu'évoquent couramment et principalement
les médias de droite quand d'autres préfèrent les ignorer. C'est
donc bien sur cette réalité que certains chercheront toujours à
masquer qu'Uwe Boll ouvre les hostilités. Avec cette jeune femme qui
au sortir de ses emplettes est agressée gratuitement par un homme de
couleur. Égorgée en plein jour, celle-ci meurt en quelques
secondes, laissant derrière elle un tout jeune orphelin. Tandis que
les médias relèguent cette tragique information, un justicier très
apprécié des internautes qui expriment la volonté d'en voir plus
comme lui fait le ménage dans la ville. Tout commence par une leçon
donnée à trois adolescents qui refusent de payer leur ticket de bus
et se poursuit par un certain nombre de meurtres visant notamment les
responsables du chaos qui est en train de mener le pays à un marasme
social, économique, politique et judiciaire mais aussi directement
ceux qui commettent sur le sol de leur terre l'accueil, des meurtres
ou des viols...
Avec
tout l'absence de finesse qui le caractérise, Uwe Boll enchaîne les
assassinats commis par celui qu'il iconise auprès d'un peuple qui se
montre donc très enthousiaste. En outre, le rôle de Sanders, le
justicier en question, est incarné par l'acteur américain Armie
Hammer. L'interprète du justicier connaît depuis 2021 de gros
soucis avec la justice puisqu'il a été soupçonné de viol,
d'agressions sexuelles et psychologiques. Bien que la police de Los
Angeles n'ait pas réuni suffisamment de preuves pour l'inculper et
le faire condamner, la carrière d'Armie Hammer redémarre assez
mollement. Écarté du tout Hollywood, il joue désormais
principalement dans de petites productions indépendantes à l'image
de Citizen Vigilante,
justement, où il semble mimer le personnage incarné par Bob
Odenkirk dans Nobody
d'Ilia Naïchouller... En dehors du fait que le dernier long-métrage
d'Uwe Boll soit parfois très politiquement incorrecte tout en étant
objectivement le reflet d'une réalité concrète, Citizen
Vigilante reste
quand même une très mauvaise expérience. Non pas en raison du
message véhiculé mais parce que la mise en scène est comme très
souvent chez son auteur la ''coquille'' qui fait tout s'effondrer.
Si au départ le film devait s'intituler The Dark
Knight,
les propriétaires de la marque associée au personnage de DC Comics
Batman
ont demandé à ce que soit changé le titre. Si le vigilantisme est
un type de film qui a notamment fleurit à travers la saga Death
Wish
dans les années soixante-dix sans que cela n'émeuve quiconque au
point de faire interdire le film sur son territoire d'origine, c'est
bien parce qu'Uwe Boll évoque les thèmes de l'immigration, de
l'islamisation, d'une politique et d'une justice défaillantes que le
film rencontre des problèmes dans son pays. Il n'est pas impossible
que Citizen Vigilante
vienne combler l'appétit de certains détraqués en terme de
nouvelle solution finale concernant cette fois-ci l'immigration
extra-européenne, maghrébine et subsaharienne, mais en dehors de la
polémique, il faut surtout bien se mettre en tête que le film est
d'abord un énorme étron qui au-delà de son extrémisme est
vraiment une purge à tous les étages ! Bref, du Uwe Boll pur
jus !
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