Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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vendredi 31 juillet 2026

Cycle Les Charlots: Le retour des Charlots de Jean Sarrus (1992) ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Pris en flagrant délit d'adultère avec sa maîtresse Riquita (Frédérique Lazarini) par sa femme Amalia (Jezabelle Amato), Antionio Pereira (Luis Rego) simule l'amnésie. Désemparée, elle fait appel aux anciens camarades de son époux afin de l'aider à retrouver la mémoire. Jean (Jean Sarrus), Phil (Gérard Filippelli) et Richard (Richard Bonnot) voyagent ainsi jusqu'au Portugal et s'installent dans un hôtel de Lisbonne. Afin d'aider Antonio, ils décident de lui faire revivre divers situations du passé. C'est ainsi qu'ils font appel à l'adjudant Caussade qu'ils ont côtoyé durant leur service militaire. Notons que désormais le personnage est interprété par l'acteur et humoriste français Guy Montagné en lieu et place de Franck-Olivier Bonnet qui dans Le Retour des bidasses en folie de Michel Vocoret en 1983 interprétait le rôle de l'adjudant Cossade et non pas Caussade dont l'orthographe a donc depuis été curieusement modifiée ! Notons ensuite qu'outre le retour de Luis Rego au sein du groupe Les Charlots, la formation musicale et cinématographique ne compte désormais plus que Jean Sarrus et Gérard Filippelli puisque Jean-Guy Fechner est passé à autre chose depuis presque vingt ans tandis que Gérard Rinaldi s'est lui-même tourné vers d'autres projets cinématographiques ET télévisuels. Remplacé par le chanteur, musicien et acteur Richard Bonnot dont la carrière au cinéma se résume à deux films (celui-ci ainsi que La Cible de Pierre Courrège en 1997), ce dernier arrive difficilement à faire oublier le ''séducteur'' et la ''tête pensante'' du groupe... Le retour des Charlots est le dernier long-métrage à avoir mis en scène Les Charlots. Et même ainsi reconstitué, le groupe n'est malheureusement pas parvenu à rehausser le niveau d'une filmographie qui peu à peu est devenue de plus en plus navrante. Une chute qui a véritablement débutée neuf ans auparavant avec Le retour des bidasses en folies en 1983 et qui s'est poursuivie un an plus tard avec Charlots Connections. Le long-métrage est surtout l'occasion pour Jean Sarrus de se placer devant mais aussi derrière la caméra. Réalisateur et scénariste du Retour des Charlots, il n'aura pourtant pas permis à la troupe de finir en beauté et même si Le retour des Charlots n'est pas aussi pathétique que Le retour des bidasses en folies, cette comédie franchouillarde qui demeure pour le coup, magnifiquement anachronique, vise en plein dans le mille dans la catégorie des nanars à la française...


L'amnésie dont est atteint l'un des protagonistes n'est qu'un prétexte pour le réalisateur/acteur/scénariste et ses partenaires d'aligner les gags bas du front. C'est d'autant plus dommage que Jean Sarrus tente d'émouvoir son auditoire en invoquant un certain esprit de camaraderie au centre du thème des retrouvailles. Ce qu'il tente à travers des séquences d'une confondante crétinerie. Lorsque habillés comme des bébés, comme des rugbymen ou encore comme des bidasses Jean, Phil et Richard débarquent en trombe accompagnés de l'adjudant Caussade, on tombe des nues devant tant de bêtise immature. D'autant plus qu'il faut faire un effort surhumain pour ne serait-ce qu'esquisser le moindre sourire. Il est loin le temps des Fous du stade ou du Grand Bazar et notre trio a beau en faire des tonnes, à gesticuler dans tous les sens et à livrer des répliques qui ne valent même pas les blagues Carambar, tout, absolument tout tombe à plat. Au mieux (ou au pire), Le retour des Charlots témoigne d'une époque où l'on pouvait se moquer librement d'une femme en surpoids (la très ''fellinienne'' Jezabelle Amato en prenant régulièrement pour son grade) et où l'on pouvait lourdement draguer les clientes d'un hôtel sans voir surgir les pseudos ligues féministes 2.0. Tout ici est tellement mauvais que la fibre nostalgique ne fonctionne jamais. Est-ce l'époque, mais curieusement, la comédie de Jean Sarrus repose sur les mêmes mécaniques que par le passé sans pour autant éveiller chez le spectateur le moindre plaisir. Tourné au Portugal, à Lisbonne, Le retour des Charlots est l'un des derniers témoignages de ce que l'on appelle communément la Comédie Franchouillarde. De l'aveu même de son réalisateur, scénariste et interprète, le film est un ratage complet. Anecdote amusante pour les cinéphages mais sans doute moins pour l'équipe de tournage lorsque le film fut présenté aux distributeurs, le remplaçant de Gérard Rinaldi, Richard Bonnot, fut le seul spectateur à venir se présenter lors de la projection. Notons enfin la présence dans le rôle d'un chef de bande de l'américain Jango Edwards dont les plus anciens téléspectateurs de Canal+ se souviennent pour ses diverses apparitions burlesques sur la quatrième chaîne française...


 

jeudi 30 juillet 2026

Les K d'or de Jérémy Ferrari (2026) ★★★★★★★☆☆☆

 


 

 

De son vrai nom Jérémy Larzillière,Jérémy Ferrari s'est fait connaître du grand public grâce à l'émission de Laurent Ruquier On n'demande qu'à en rire diffusée entre septembre 2010 et juillet 2014. Il aura sur se démarquer des autres humoristes grâce à sa causticité et un certaine prédisposition pour l'humour noir qu'il exerce à l'époque en traitant de sujets divers, tels l’extrémisme religieux, le handicap, le racisme ou la misogynie. Dès 2002, il enchaîne les spectacles sur scène seul ou à plusieurs, participe à un certain nombre d'émissions télévisées, écrit même pour d'autres humoristes, joue dans plusieurs téléfilms et séries télévisées et réalise son tout premier long-métrage en 2026 avec Les K d'or ! Film qu'il écrit en collaboration avec Saïd Belktibia (Ghettotube en 2015, 365 jours au Mali en 2021) et Clément Peny (Les bracelets rouges en 2020, Les survivants et Maestro en 2022). Après une bande-annonce plutôt moyenne qui décrit relativement mal le potentiel du film, Les K d'or sort en salle le 11 mars 2026. Après avoir réalisé le thriller Roqya dans lequel il confia l'un des principaux rôles à Jérémy Ferrari, Saïd Belktibia émet en compagnie de l'humoriste l'idée d'une comédie mettant en scène un protagoniste dont la mère assure que son père est l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Tandis que Saïd Belktibia avait au départ conçu l'idée de le mettre lui-même en scène, il propose finalement à Jérémy Ferrari de le réaliser à sa place. Envisageant de faire interpréter à l'humoriste Guillaume Bats l'un des trois principaux personnages, sa mort prématurée force son ami Jérémy Ferrari à revoir le script tout en incluant toujours un protagoniste affublé d'un handicap. Le rôle de Ryan sera finalement proposé à Eric Judor, la moitié du duo qu'il incarna avec Ramzy Bédia au temps de leur collaboration. Quant au personnage féminin de Zoulika, il est confié à l'actrice et humoriste Laura Felpin. Celle-ci incarne une jeune femme imprévisible et spontanée, ancienne radicalisée et qui vient tout juste de sortir d'un centre de réinsertion civique. Le concept de Les K d'or est simple : tandis que Noé (Jérémy Ferrari) compte bien retrouver l'or caché de celui que sa mère affirme être Mouammar Kadhafi, il entre en contact avec Zoulika qui d'après elle connaît un contact en Libye capable de le mettre en relation avec un certain Barberousse (Fred Testot)...


Mais avant de rencontrer l'homme en question, il va s'agir pour Noé et ses deux comparses de passer la douane mauritanienne avec une très forte somme d'argent. D'où la présence au sein du petit groupe de Ryan, jeune influenceur malvoyant auquel il va confier la garde de Tribord, un ''chien d'aveugle'' à trois pattes au dos duquel est fixé un harnais renfermant la somme de cinquante-mille euros ! De plus, Ryan a organisé cette année là un Marathon des Sables se déroulant justement au Sahel. De quoi faciliter le voyage sur place du trio... Considérant le ton habituel de Jérémy Ferrari en matière d'humour, fans et détracteurs continueront de s'écharper devant cette comédie qui reste tout à fait dans l'esprit provocateur de l'humoriste. Certains trouvant sans doute qu'il va encore une fois toujours trop loin tandis que les autres continueront de penser qu'il demeure actuellement l'un des rares à oser s'attaquer dans notre pays à des sujets qui frisent le politiquement incorrect. Alors, s'il est vrai que le premier long-métrage de Jérémy Ferrari n'est pas toujours très fin, Les K d'or est une véritable bouffée d'air frais dans un monde qui de plus en plus enferme la parole pour ne plus laisser s'exprimer que la bien-pensance. Sous ses allures de comédie parfois un peu beauf, l'humoriste, acteur, scénariste et réalisateur crie tout haut ce que certains n'osent même plus ne serait-ce que méditer intérieurement de peur qu'on ne lise dans leur pensées. Jérémy atomise le handicap (à travers Ryan mais également Virginie, la femme sans bras interprétée par Céline Groussard). Les réseaux sociaux (véhicule à mensonges pour influenceurs en mal de reconnaissance). Le terrorisme, la société dans sa globalité ou encore la cupidité... Notons enfin que Jérémy Ferrari a lui-même opté pour le collectif Hip-Hop Chinese Man originaire d'Aix-en-Provence qui pour la toute première fois participait ici à la conception d'une bande originale. En écoutant leur discographie, l'humoriste y a retrouvé tout ce qui lui semblait transpirer l'univers de son film. Matteo Di Stefano ainsi que le compositeur Matteo Locasciulli ont ainsi produit une très intéressante bande-son entre rap et musique orientale...

mercredi 29 juillet 2026

Oliver Twist de Roman Polanski (2005) - ★★★★★★★★★☆

 


 

On aura beau dire, trouver de quoi critiquer l'homme, mais Roman Polanski reste un immense artiste. Et si le répéter, le ressasser, le marteler peut d'évidence en choquer certains, qu'importe puisque le bonheur est là, s'étalant sur de grandes toiles blanches, dans des salles plongées dans le noir, exposé devant des yeux toujours plus ébahis par le spectacle qui leur est proposé. Pourtant, j'avoue avoir longtemps hésité à regarder Oliver Twist en raison d'une écriture qui n'appartient pas directement au cinéaste. En effet, son dix-huitième long-métrage est une adaptation du roman éponyme de l'écrivain britannique Charles Dickens dont il ne s'est même pas chargé de l'écriture du scénario puisque celle-ci a été confiée au dramaturge et scénariste sud-africain Ronald Harwood. Sa présence au sein d'une longue filmographie survenant chronologiquement juste après l'immense chef-d’œuvre Le pianiste ne semble pas être le fruit du hasard mais entre plutôt dans une certaine logique de désacralisation d'un passé trouble cette fois-ci traité à travers non plus des faits ayant réellement eu lieu durant la première moitié du vingtième siècle mais à travers une fiction écrite voilà près de cent-quatre-vingt ans... Oliver Twist, ici incarné à l'écran par Barney Clark, est peut-être ainsi le jeune Roman qui dans sa Pologne natale vécu la Seconde Guerre Mondiale, survécu au ghetto de Cracovie et dû vivre séparé de ses parents, dans la précarité, témoin très jeune de la violence des rues... Car Oliver Twist, c'est justement l'histoire que nous racontent et le roman, et cette énième adaptation cinématographique. Se retrouvant au départ dans un orphelinat aux règles strictes, le jeune Oliver est ensuite engagé dans une entreprise de pompes funèbres dont il va rapidement fuir la violence en prenant à pieds des chemins de campagnes menant jusqu'à la capitale londonienne. Arrivé à bout de souffle, affamé et les chaussures trouées, il est rapidement repéré par le jeune Artful Dodger (Harry Eden) dit ''le Rusé'' qui l'introduit chez Fagin (Ben Kingsley). Un vieil homme aussi usé que les vêtements qu'il porte sur le dos mais surtout, un grand manipulateur entouré de jeunes voleurs qu'il a lui-même formé pour son propre profit. C'est donc dans cette même intention qu'il prend sous son aile Oliver. Prenant soin de lui, le nourrissant, Fagin a de grands projets pour ce gamin d'à peine dix ans. Mais alors qu'un jour Oliver suit Artful et un autre de ses nouveaux ''amis'' afin de voler des passants dans la rue, il se retrouve accusé de vol par un client de librairie avant d'être emmené au tribunal afin d'y être jugé...


Heureusement pour lui, le propriétaire de la librairie, M. Brownlow (Edward Hardwicke) affirme qu'il est innocent et décide de prendre l'enfant sous son aile en l'accueillant chez lui. Malheureusement pour Oliver, on ne quitte pas Fagin et son groupe de voleurs aussi facilement. Et bien que le garçon puisse compter sur le soutien de la jolie Nancy (Leanne Rowe), le compagnon de cette dernière, William Sykes (Jamie Foreman) a d'autres projets pour le jeune orphelin qu'il pense être capable de balancer le réseau à la police... Si l'on devait compter les chefs-d’œuvre réalisés par Roman Polanski depuis ses débuts de carrière qui ont commencé en 1955, les doigts de deux mains ne suffiraient probablement pas. Oliver Twist vient ainsi rejoindre la longue liste des œuvres du cinéaste franco-polonais à côté desquelles il ne faut surtout pas passer. Depuis un temps très récent, le directeur de la photographie polonais Pawel Edelman est devenu un fidèle collaborateur de Roman Polanski. En fait, depuis Le pianiste. Une fidélité qui depuis n'a jamais été démentie puisqu'il a récemment travaillé sur The Palace, le dernier long-métrage à ce jour du cinéaste. Et plus que jamais, Oliver Twist témoigne de la précision chirurgicale avec laquelle Roman Polanski pense son œuvre. Le directeur de la photographie mais aussi le chef décorateur et directeur artistique polonais Allan Starski insufflant ainsi au long-métrage une poésie visuelle qui n'a objectivement que très peu d'équivalent dans le monde du cinéma. D'une beauté à couper le souffle, chaque plan rejoint ce que votre serviteur a pour habitude de comparer à des tableaux subitement pris d'une vie qui leur est propre. De l'orphelinat en passant par la campagne et jusqu'aux ruelles sombres et crasseuses des quartiers pauvres de Londres, le film est d'une beauté absolument sidérante. Écrasé par le poids d'un savoir-faire artistique hors normes, le scénario de Ronald Harwood fait figure de parent pauvre au sein d'un grand œuvre qui permet malgré tout à Roman Polanski d'y exprimer une fois de plus certaines de ses obsessions...


D'ailleurs, contrairement à ce que pourrait laisser supposer la présence au sein du récit d'un héros âgé de seulement dix ans, Oliver Twist n'est pas un conte pour enfants mais plutôt une critique virulente de la société victorienne dénonçant notamment l'exploitation et la maltraitance des enfants, la pauvreté et les injustices. Tout ceci dans un contexte où la criminalité explose, entre simple violence verbales, vols et assassinats. Plus curieux est la place prise par le jeune héros au sein du récit. Celui dont le nom orne l'affiche ne semble pourtant pas être directement acteur de sa propre existence mais fait davantage figure d'observateur de la société. Souvent installé en arrière-plan du récit, sa place n'est donc pas celle qu'on lui prêterait tant la présence à l'écran de certains personnages tels que Fagin, William Sykes ou même Artful Dodger lui volent régulièrement la vedette. Se déroulant dans les années 1830, le film traite des sujets les plus sombres dans une Angleterre victorienne balbutiante. Les couleurs chatoyantes de la campagne anglaise laissant rapidement la place à une ville de Londres sombre, désespérée, crasseuse, vérolée par la violence et qui semble peu à peu préparer la vague de meurtres abominables qui endeuilleront quelques décennies plus tard le sordide quartier de Whitechapel comme en témoignent certains plans nocturnes et embrumés absolument magnifiques. Notons enfin l'extraordinaire incarnation des personnages et en premier lieu, celui de Fagin, interprété à l'écran par un Ben Kingsley tout à fait méconnaissable et dont l’ambiguïté tiraille en permanence le spectateur qui ne sait plus où donner de la tête entre empathie et animosité. Si Barney Clark est craquant, souvent placé en arrière-plan des autres interprètes il ne fait plus figure alors que de lointain symbole d'une Angleterre décrépite quand Jamies Foreman impose une présence à l'image tout à fait saisissante. Au final, Oliver Twist est un très grand film. Un prodige visuel sans cesse renouvelé, interprété par des actrices et acteurs grimés selon des standards caricaturaux de l'époque. Bref, du grand cinéma, sombre mais populaire. À voir ou revoir absolument...

 

mardi 28 juillet 2026

Le trouble-fesses de Raoul Foulon (1976) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Après le très dérangeant L'homme qui voulait savoir de George Sluizer, il fallait bien une comédie franchouillarde de l'acabit de celle-ci pour se changer les idées. Du moins pouvais-je le supposer jusqu'à ce qu'au bout des quatre-vingt six minutes de projection, je m'aperçoive que j'avais placé à mes côtés, un verre rempli d'eau, une boite complète de somnifères, une lame de rasoir et qu'une corde était suspendue au dessus de ma tête, raccordée au lustre du plafond! Autant il m'arriva souvent de me demander ce qui pouvait passer par la tête de David Lynch ou Alessandro Jodorowsky au moment de concevoir leurs films, autant Le trouble-fesses de Raoul Foulon me paraît lui mériter d'être étudié en profondeur afin de comprendre ce qui pousse un homme à écrire et réaliser un tel projet ! N'étant dès le départ pas au dessus de tout soupçon puisqu'une bonne partie du casting ne laisse aucun doute quant au contenu du long-métrage, Raoul Foulon se lance dans l'élaboration d'un projet qui n'a rien de véritablement conceptuel puisqu'il s'inscrit dans une vague de comédies (très) légères et extrêmement nombreuses mêlant quiproquos et érotisme éthéré... Nous sommes au beau milieu des années soixante-dix et alors que le porno fait florès dans certaines salles de cinéma parisiennes, la comédie dite franchouillarde s'invite dans un domaine avec lequel elle partage tout d'abord une forme d'indigence que l'on ne rencontre que dans ces deux seuls courants cinématographiques. Mais alors que la pornographie possède des moyens concrets d'exciter ses spectateurs, la comédie nanardesque à la française se doit d'assumer son incompétence lorsqu'il s'agit de faire rire son public. Et ça n'est certes pas avec Le trouble-fesses que Raoul Foulon parviendra à maintenir celui-ci en haleine. Car à moins d'être atteint de mazophilie (ou fétichisme des seins), rien ne va ! Autant la poitrine de Bernadette Lafont parvient-elle à une ou deux occasions de très courte durée à détourner l'attention du spectateur vers autre chose que les indigestes mise en scène, interprétation et scénario, autant le reste élève le film au niveau de purge qui sur une échelle de cinq arrive péniblement à gravir le tout premier échelon. Accompagnant la brune à l'imposante poitrine, Michel Galabru et Maurice Risch complètent un trio d'interprètes principaux qui jonglent entre mauvais mots et situations parfois gênantes. Si le premier incarne Eugène Lajoux, un cadre d'entreprise adultère marié à Dany (qui est donc interprétée par Bernadette Lafont), le second interprète Ernesto Capoli, le neveu du patron de l'entreprise en question, qui après avoir été surpris dans le lit d'une jeune femme dont le père est un mafieux est contraint de quitter l'Italie pour rejoindre la capitale française...


Un queutard, qui dès qu'une jupette ou un décolleté se profile à l'horizon est systématiquement guidé vers sa propriétaire afin de tenter de coucher avec elle. Lorsque l'on pense que Maurice Risch est tout de même celui qui incarna le gros dégueulasse du film éponyme que réalisa la décennie suivante Bruno Zincone, on a un peu de mal à l'imaginer en séducteur ici, dans ce Trouble-fesses dont l'appellation lui est entièrement consacrée. En dragueur compulsif, Ernesto traque toutes celles qui se présentent volontairement ou non devant lui. Ce qui donne lieu à des séquences qui de nos jours paraissent invraisemblables. Ou du moins, désormais inenvisageables. On force un baiser, on soulève une jupe, on se colle sans que cela ne gêne personne sauf la jeune femme concernée. En contrepartie, l'homme est représenté de manière fort ridicule et les femmes, pourtant contraintes d'assouvir tous les désirs de leurs ''patrons'', sont bien celles qui en réalité mènent la barque. Ayant consacré la quasi totalité de sa carrière artistique dans le domaine de la photographie de plateau, Raoul Foulon signait là son seul long-métrage en tant que réalisateur et scénariste. Une grave erreur de parcours pour celui qui tout de même travailla auprès d'André Hunebelle sur Le capitan, Bernard Borderie sur Les quatre mousquetaires ou encore sur La rupture de Claude Chabrol. Le trouble-fesses est cependant un digne représentant de la vague de comédies franchouillardes des années soixante-dix. Pathétique, mal branlé, atrocement creux et d'une confondante bêtise ! Bref, si vous avez le courage de vous lancer dans l'aventure, rassurez-vous, vous n'aurez pas un centime à débourser puisque de généreux contributeurs ont eu la bonne idée de proposer le film sur différentes plateformes. Dont YouTube... Bon courage, tout de même...

 

lundi 27 juillet 2026

L'homme qui voulait savoir (Spoorloos) de George Sluizer (1988) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Stanley Kubrick, l'homme derrière l'adaptation cinématographique du roman de Stephen King Shining, confiait que la projection de L'homme qui voulait savoir (Spoorloos) du réalisateur et scénariste néerlandais George Sluizer était la plus terrifiante à laquelle il eu pu assister dans toute toute son existence. Une œuvre beaucoup moins connue que les références sur lesquelles s'attard(ai)ent notamment Steven Spielberg (Psychose d'Alfred Hitchcock, Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, Alien de Ridley Scott ou La nuit des morts-vivants de George Romero), David Cronenberg (Psychose, encore, L'exorciste de William Friedkin, Les innocents de Jack Clayton ou Les dents de la mer de Steven Spielberg) ou bien David Lynch (l'immense Persona de Ingmar Bergman ou Boulevard du crépuscule de Billy Wilder)... Auteur de plus de trente longs et courts-métrages en une cinquantaine années de carrière, George Sluizer signait en 1988 l'une des œuvres sinon les plus étranges du moins, parmi les plus troublantes. Entrant dans le domaine des thrillers axés sur la traque d'un tueur, L'homme qui voulait savoir diffère cependant de la majeure partie des films qui traitent de ce genre de sujet. Ici, pas d'enquête policière. Et même si le fait-divers est vaguement évoqué à travers des médias qui reviennent dessus lorsque l'intrigue fait un bond de trois ans après la disparition d'une jeune touriste néerlandaise du nom de Saskia Wagter (Johanna ter Steege), on ne trouve ici nulle trace de la police. Le cinéaste préférant ainsi directement raccrocher l'intrigue au compagnon de la jeune femme. Rex Hofman (Gene Bervoets), qui le jour de sa disparition était en vacances avec elle, en France, avant qu'elle ne s'évapore dans la nature lors d'un arrêt dans une station-service située en bordure d'une autoroute très fréquentée. Tandis que le titre original Spoorloos signifie chez nos ''Sans laisser de trace'', les distributeurs français lui préfèrent celui de L'homme qui voulait savoir...


Et pour une fois que le choix de ne pas respecter le titre original s'avère plutôt bien senti, exprimons notre gratitude au distributeur, au producteur ou au personnel du service marketing qui eut l'idée ingénieuse de semer le trouble. Car si comme bon nombre de spectateur notre première impression laisse à penser que cette recherche de savoir est directement liée au personnage de Rex Hofman, l'on est en droit de penser qu'il peut directement viser le responsable de la disparition de Saskia. Notons d'ailleurs que l'homme en question, le français Raymond Lemorne, est incarné à l'écran par l'excellent Bernard-Pierre Donnadieu dont les premiers (petits) rôles au cinéma lui permettent tout de même de croiser la route de Roman Polanski, de Claude Lelouche ou encore de Jean-Jacques Annaud avant qu'il ne brille par sa présence dans Le professionnel de Georges Lautner, Rue Barbare de Gilles Béhat et plus encore dans le formidable Retour de Martin Guerre de Daniel Vigne dans lequel il se confrontera en fin de récit à Gérard Depardieu... L'homme qui voulait savoir reste peut-être son plus grand rôle. En sociopathe ivre de connaître le ''grand frisson'' inspiré du roman Het Gouden Ei (L'Œuf d'Or) de l'écrivain néerlandais Tim Krabbé, l'acteur français s'avère juste terrifiant. Non parce qu'il incarne le prototype même du Grand Méchant Loup, caricatural au possible et doté d'une imagination débordante en matière de sadisme mais parce qu'au contraire, il interprète un homme théoriquement au dessus de tout soupçon, marié, et père de deux filles. Si la première partie de ce récit en trois actes se penche sur la recherche désespérée de la jeune disparue par son compagnon, la seconde montre l'approche méthodique du prédateur. Un individu qui d'ailleurs fait montre de maladresses, s'entraînant à commettre l'acte en question...


Un homme plutôt taiseux mais intelligent. Celui-là même que l'on pourrait imaginer être l'homme du titre. Car d'un côté comme de l'autre, il y a Rex, qui veut savoir la vérité sur la disparition de Saska. Préférant d'ailleurs la savoir morte que de rester dans l'inconnu. Et puis, Raymond, qui semble vouloir de connaître ce que l'on ressent lorsque l'on enlève une personne et qu'on la tue ! Deux obsessions s'affrontent. Celle de Rex et celle de Raymond, les deux hommes finissant fatalement par se rencontrer. Ici, pas de débordements de violence. Pas une goutte de sang et un corps que l'on ne retrouvera finalement jamais. Mais un Rex désespéré face à un Raymond froid, impassible et dénué de morale. L'on est donc plus proche du thriller psychologique que du pur film d'horreur. Sans jamais entrer directement dans la tête du tueur et à travers une vision beaucoup frontale que ses concurrents, George Sluizer parvient à faire entrer son film dans des cases des grands traumatismes du genre que sont Le voyeur de Michael Powell, L'Obsédé de William Wyler, Angst de Gerald Kargl, Maniac de William Lustig ou encore Henry: Portrait of a Serial Killer de John McNaughton. Un choc !

 

dimanche 26 juillet 2026

Cycle Les Charlots: Charlots' Connexion de Jean Couturier (1984) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Charlots' Connexion de Jean Couturier est comme un îlot d'espoir placé au beau milieu d'un océan de merde, entre deux immenses purges signées de Michel Vocoret en 1983 (Le retour des bidasses en folie) et Jean Sarrus en 1992 (Le retour des Charlots). Et aussi incroyable, aussi inattendu, aussi miraculeux que cela puisse paraître, le second et dernier long-métrage à avoir été mis en scène en solo par Jean Couturier n'est pas l'abjection à laquelle nous aurions pu nous attendre. N'atteignant cependant jamais les qualités toutes relatives de quelques savoureuses franchouillardises proposées par le quintette Les Charlots au début de leur carrière sur grand écran, Charlots' Connexion n'en est pas moins salvateur pour quiconque dû subir quelques années auparavant les troisièmes aventures des Bidasses, œuvre ô combien inutile et démontrant qu'il faut parfois savoir s'arrêter au bon moment. Faut-il être financièrement blindé ou être pécuniairement suicidaire que l'on peut parfois se demander ce qui peut pousser certains producteurs comme Christian Ardan et Edgar Oppenheimer à vouloir réinjecter de l'argent dans une nouvelle comédie estampillées ''Les Charlots'' après le naufrage artistique que représenta Le retour des bidasses en folie. La réponse se trouvant très exactement au sein des résultats atteints par ce dernier puisque même si le film de Michel Vocoret n'atteignit pas le record historique de 7 460 911 de spectateurs détenu par Les bidasses en folie de Claude Zidi en 1971, les deux hommes supposèrent avec bonheur que la comédie française typée 'bidasses'' avait de fortes tendances à attirer le public devant les salles de cinéma. Les bidasses s'en vont en guerre toujours réalisé par Claude Zidi en 1974 confirmant cet état de fait après une lente mais perceptible périclitation du Grand Œuvre de la troupe entre Les fous du stade (5 744 270 d'entrées) et A nous 4 cardinal (1 386 200 d'entrées) ! Et même si Le Retour des bidasses en folie n'attirera au final qu'un peu plus d'un million et cent-mille spectateurs dans les salles pour un budget que l'on devine avoir été ridicule, la barre du million dépassée a probablement la première des motivations pour Christian Ardan et Edgar Oppenheimer qui se lancèrent donc rapidement dans la production du quinzième et de ce qui allait devenir l'avant-dernier long-métrage des Charlots. Ou du moins, de ce qui allait rester du groupe en fin de course...


Nous reviendrons très bientôt sur le médiocre Retour des Charlots de Jean Sarrus réalisé en 1992 mais en attendant, évoquons donc Charlots' Connexion qui derrière ce titre un peu plus ''énigmatique'' qu'à l'accoutumée cache une comédie typique de celles qui depuis leurs débuts mirent en scène Gérard Rinadi, Jean Sarrus ou encore Gérard Filipelli (sans compter Jean-Guy Fechner qui fut le premier à quitter la bande). Désormais, en attendant de trouver du boulot, Gérard, Jean et Phil jouent qui de la guitare, qui de la basse, qui de la trompette à l'église lors des cérémonies de mariages lorsque les trois hommes sont repérés par Monsieur Marcaud (l'acteur Henri Garcin) qui leur propose de travailler pour lui. Leur objectif est simple. Recueillir des ''loyers'' chez divers commerçants. Un travail qu'ils acceptent immédiatement sans pour autant savoir qu'en réalité il s'agit d'un racket pur et simple. Lorsqu'ils découvrent que la jolie blanchisseuse Juliette (Carole Lixon) et ses deux tantes (incarnées par Paulette Dubost et Jacqueline Doyen) sont elles-mêmes rackettées par leur nouvel employeur, Gérard, Jean et Phil décident d'abandonner leur boulot et de venir en aide à la jeune femme. Cependant, Monsieur Marcaud ne le voit pas de cet œil là et commande à ses deux gardes du corps de faire comprendre aux trois hommes qu'on ne laisse pas tomber un contrat aussi facilement. En parallèle aux magouilles de Marcaud, Liane (Alexandra Stewart), son épouse et principale concurrente, décide elle aussi de s'en prendre à nos trois héros, convaincue que leur présence risque de faire du tort à son propre trafic ! Contrairement au précédent long-métrage des Charlots tout comme pour le dernier que seulement deux des membres incarneront sur le tard, en 1992, le scénario de René Havard et son adaptation par Richard Balducci sont plutôt cohérents et ne ressemblent pas qu'à un assemblage de gags dont la continuité serait brisée par une somme d'incohérences scénaristiques. Ici, tout est construit comme une comédie, entre humour et crime, où chaque étape est parfaitement définissable. Même lorsque Gérard Rinaldi, Jean Sarrus et Gérard Filipelli se retrouvent au final à devoir faire les pitres comme lors de la séquence située dans un parc de dinosaures où nos héros se battent, affublés de peaux de bêtes et de gourdins en bois ! Bref, le niveau est ici partiellement rehaussé... Et cela avant le naufrage définitif qui aura lieu huit ans plus tard avec Le retour des Charlots...

 

samedi 25 juillet 2026

Wake In Frigth de Ted Kotcheff (1971) - ★★★★★★★★★☆



L'instituteur John Grant enseigne à Tiboonda, petit coin paumé d'Australie. Aujourd'hui est le dernier jour d'école pour sa quinzaine d'élèves. Après avoir dit au revoir au propriétaire du petit hôtel minable où il loue une chambre à l'année, John part prendre un train qui doit l'emmener jusqu'à la ville de Yabba, première étape d'un voyage vers la ville de Sydney où John doit retrouver sa compagne.
L'instituteur doit y passer une nuit avant de reprendre le train dès le lendemain matin. Profitant de la soirée, il part visiter les lieux et notamment le bar où tous les habitués semblent s'y être donné rendez-vous. Là il y fait connaissance de Jock Crawford, le shérif de la ville. Les deux hommes sympathisent et partagent un grand nombre de bières. Avant d'aller se coucher, John désire manger un morceau. Le shérif emmène alors son nouvel ami dans un restaurant dans lequel des paris sont donnés sur un jeu typique de la ville. John est tenté, joue, et gagne. Trop envieux de finir avec son métier d'instituteur, il remet en jeu les quatre-cent dollar qu'il a jusqu'à maintenant remporté mais perd l'intégralité de la somme. Il y fait la connaissance du docteur Tydon qui se définit comme « bohème de nature et alcoolique »...

Douze années avant son Rambo, le cinéaste Ted Kotcheff signe cette œuvre très particulière qui connut des sorties diverses avant de totalement disparaître pendant des années. Ce n'est qu'en 2002 que des négatifs sont découvert à Pittsburgh et que le film est de nouveau projeté à Cannes trente-huit ans après sa première présentation au fameux festival du cinéma. L'un des éléments centraux de l’œuvre de Ted Kotcheff et cette implacable canicule qui colle à la peau des personnages. Une atmosphère pesante et étouffante qui rappelle celle d'un futur chef-d’œuvre signé trois ans plus tard par l'immense Sam Peckinpah, Apportez-moi la Tête d'Alfredo Garcia. Wake In Fright est un drame, mais aussi un survival un peu particulier puisque l'on n'y voit pas un homme se confronter à la barbarie d'autochtones dégénérés mais plutôt à la sympathie d'indigènes qui ont fait de l'alcool, et notamment la bière, leur meilleure compagne.

Qualifiée de ville paradisiaque par le chauffeur de taxi qui va emmener John en ville, Yabba recèle un pouvoir d'attraction qui n'a rien à voir ici avec la moindre influence séductrice, mais plutôt à voir avec un piège à souris duquel il devient alors difficile de s'extraire.

Le personnage apparemment lisse de l'instituteur se mue alors en buveur invétéré, incapable de se défaire de ces hommes passionnés par la chasse aux kangourous. Le film nous « offre » d'ailleurs une scène particulièrement difficile à supporter lors de laquelle John et ses compagnons chassent de nuit l'animal emblématique du pays. D'ailleurs, cette trop longue séance qui ressemble davantage à un massacre qu'à une banale partie de chasse nous montre sans ambages des kangourous se faire tuer « pour de vrai » devant la caméra transformée un instant en œil voyeur ! Une scène que le cinéaste justifie en expliquant durant le générique de fin que les pauvres bêtes ont été tuées durant un véritable partie de chasse orchestrée par de vrais chasseurs.

En dehors de cette séance éprouvante qui montre bien la sauvagerie latente de ces autochtones, le film montre avec éclat la déchéance d'un homme bien sous tous rapports qui à leur contact va se retrouvé déconnecté de la réalité et va plonger dans les affres de l'alcool et de la déchéance. Wake In Fright est un petit bijou qui sous l'apparence d'un petit film d'aventures sans prétentions cache un vrai cauchemar sur pellicule. Le dépaysement est total et la carte postale bien jaunie. L'immense Donald Pleasance et l'acteur Gary Bond explosent dans cette œuvre suffocante qui ne laisse pas le spectateur indemne. C'est peut-être d'ailleurs le choc culturel qui donne le frisson ici. Le cinéaste fait de ses personnages des êtres primaires qui ne vivent que par et pour la boisson. Et même si le film ne convoque qu'en de très rares occasions une certaine violence, il demeure tout de même dans l’œuvre de Kotcheff la curieuse impression que tout peut basculer dans l'horreur en un instant. une très belle réussite...

vendredi 24 juillet 2026

Cycle Les Charlots: Le retour des bidasses en folie de Jean Sarrus (1983) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Alors là, on s'attaque à un gros, très gros morceau de la comédie franchouillarde à forte tendance nanardesque. Tandis que Les Charlots nous avaient laissé avec un Charlots contre Dracula d'assez bonne facture en 1979, il aura fallut attendre quatre années avant de revoir Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli et Jean Sarrus sur grand écran (Jean-Guy Fechner ayant quitté le groupe après le tournage de Bons Baisers de Hong Kong d'Yvan Chiffre d'un commun accord avec le producteur Christian Fechner). Et franchement, on s'en serait bien passé car dans la grande tradition des films de bidasses au sens scénaristique mais aussi directement inclus dans le titre, Le Retour des bidasses en folie manque de peu l'anachronisme puisqu'il situe sa création au début des années quatre-vingt. Énième et dernier représentant d'une série de longs-métrages qui en réalité n'entretiennent pas tous des rapports entre eux, le film de Michel Vocoret (scénariste pour Max Pécas sur le film érotique Club privé pour couples avertis en 1978 avant d'être auteur lui-même de cinq comédies navrantes) vient donc après Les Bidasses en folie et Les Bidasses s'en vont en guerre de Claude Zidi, Les Bidasses au pensionnat de Michel Vocoret lui-même, Embraye bidasse, ça fume de Max Pécas (comme quoi, les grands esprits se rencontrent dans une même communauté de biens), Les Bidasses en vadrouille de Christian Caza et Les Bidasses aux grandes manœuvres de Raphaël Delpard. De quoi se chopper une sévère indigestion si tant est que l'on a le courage de les regarder les uns derrière les autres. On pouvait rêver ou du moins espérer que Le Retour des bidasses en folie soit moins affligeant que la concurrence puisque Les Bidasses en folie et Les Bidasses s'en vont en guerre n'étaient à leur époque pas les plus mauvais de tous mais c'était sans compter sur le ''talent'' de Michel Vocoret dans l'art de mettre en scène les derniers représentants des Charlots (qui, je le rappelle, étaient cinq à l'origine puisque Lui Rego en faisait effectivement partie) dans l'une des pires comédies françaises de toute l'histoire du septième art...


Un titre de gloire que l'on aurait pu soumettre à l'improbable Führer en folie de Philippe Clair ou bien à son Grand Fanfaron qui, hasard ou non, fut également distribué sous le titre Les Bidasses en cavale... ! Ici, Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli et Jean Sarrus interprètent tout d'abord trois anciens vétérans de la Seconde Guerre Mondiale qui lors d'une cérémonie de commémoration se rappellent leurs aventures en tant que simples soldats de l'armée de terre française. Le film évoquant en outre l'existence d'un trésor caché par la Kommandantur (tiens, tiens, un petit parfum de De l'or pour les braves de Brian G. Hutton ne se ferait-il pas sentir?). Retour ensuite dans le passé où nos trois acteurs rendossent donc pour la troisième fois après Les Bidasses en folie en 1971 et Les Bidasses s'en vont en guerre en 1974 leur uniforme de soldats et interprètent à nouveau les personnages de Gérard, Phil et Jean. L'occasion pour les trois hommes de retrouver leur ancien compagnon de route Luis Rego qui après un paquet de seconds rôles entre 1971 et 1981 revient ici auprès d'eux en incarnant cette fois-ci le rôle d'un sergent ! Notons également la présence de l'acteur Franck-Olivier Bonnet, acteur multi-couteaux capable de jouer dans le pire (comme ici) tout comme dans le meilleur (Un mauvais fils et Série noire de Claude Sautet, La guerre du feu de Jean-Jacques Annaud, La crise de Coline Serreau ou encore Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet...). Pour le reste, la comédie de Michel Vocoret est d'une lourdeur abyssale. Un humour pompier au degré zéro d'un genre qui ne vole déjà pas très haut. Drôle ? Jamais! Épuisant ? Définitivement ! D'un pathétique qui veut que même en tant que simple téléspectateur l'on ait parfois le réflexe de détourner le regard devant tant d'indigence ! Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Comédie Franchouillarde est ici réuni en à peine plus de quatre-vingt minutes. Il y a en outre des noms et des visages qui ne trompent pas sur la marchandise : à commencer par Jacques Jouanneau qui interprète un général et Roger Carel qui incarne le colonel allemand von Berg. Bref, d'un côté comme de l'autre des lignes ennemis, France et Allemagne ont du soucis à se faire !

 

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