Cinéaste rare mais populaire auprès des amateurs de cinéma
d'horreur depuis qu'il réalisa en 2006 l'une des meilleures
adaptation de jeu vidéo avec Silent Hill,
le réalisateur et scénariste français Christophe Gans était
attendu au tournant avec Retour
à Silent Hill
en 2026. Après un second volet intitulé Silent
Hill : Révélation,
méprisé par la plupart des critiques et par une très large partie
des spectateurs mais qui fort heureusement ne fut pas signé par le
cinéaste hexagonal mais par la britannique MJ Bassett qui avant son
coming-out transgenre voilà dix ans se faisait appeler Michael J.
Bassett, Christophe Gans a repris les rênes de la franchise pour
nous offrir un ''Retour''
très attendu. Pile vingt années après le premier long-métrage,
Retour à Silent Hill
sonne comme la célébration d'un mythe de l'univers vidéoludique,
concurrent direct de la série Resident
Evil
et auquel le français offrit ses plus belles lettres de noblesse sur
grand écran. Pourtant, entre 2006 et 2026, bien des choses ont
changé. Les attentes du public étant à équidistance de ses
exigences, le film n'a cette fois-ci malheureusement pas eu l'honneur
de connaître le même succès. Basé cette fois-ci non plus sur le
premier jeu de la série vidéoludique de type survival-horror créée
en 1999 par la société de développement de jeux vidéos japonaise
Konami
mais sur le second sobrement intitulé Silent
Hill 2,
Retour à Silent Hill
contient un certain nombres d'idées qui sont propres au script de
Christophe Gans, Sandra Vo-Anh et Will Schneider. Cela n'est
peut-être pas évident au premier abord même si certains éléments
déployés sur le tard viennent confirmer l'hypothèse, mais
réalisateur et scénaristes se sont employés à revendiquer une
certaine forme d'exploration mentale du personnage de James
Sunderland incarné à l'écran par l'acteur Jeremy Irvine tandis que
dans le jeu vidéo, ce personnage, central, était tout d'abord
attiré à Silent Hill par l'entremise d'une mystérieuse lettre.
Probablement que les auteurs ont choisi cette version altérée du
récit afin de ne pas perdre en route ceux qui ne connaissent pas
l'univers du jeu vidéo. Un choix qui pourra être peu ou prou
considéré comme une trahison pour certains mais qui pour d'autres
sera vu comme une relecture beaucoup plus limpide du récit originel.
Autre détail de très grande importance, les personnages de Mary,
Maria, Angela et Laura que l'on retrouve de nouveau...
Là
encore, Christophe Gans et ses deux scénaristes font une entorse à
l'histoire du jeu. Mais laissons la discrétion à celles et ceux
qui voudraient découvrir par eux-mêmes ce qu'il en est... Ce qui
par contre change ici drastiquement est l'intervention d'un culte
religieux et sectaire qui était absent de Silent
Hill 2.
Ensuite, et contrairement au principe qui veut qu'un joueur se fasse
sa propre idée de l'univers vidéoludique qu'il tient entre ses
mains, le scénario de Retour
à Silent Hill
demeure très clair sur ses intentions et ne laisse plus vraiment de
portes de sortie en cloisonnant le récit à travers une issue qui ne
laisse aucunement la place à l’ambiguïté... En dehors de ces
quelques libertés qui figurent objectivement des prises de risque,
qu'est-ce qui donc a pu pousser certains critiques, heureusement non
majoritaires, à vomir tant de bile à l'encontre du dernier
long-métrage de Christophe Gans ? L'on est encore à se poser
la question tant le film vaut bien mieux que la charge négative
qu'il dû subir à sa sortie. Sans doute, il est vrai, Retour
à Silent Hill
s'avère
en deçà de la première adaptation de l'univers du jeu vidéo.
Probablement que certaines séquences dont le ridicule n'a d'égal
que leur invraisemblance gâchent une partie de l'expérience (James
tentant ainsi d'échapper à la Spider
Lady,
créature androgyne et humanoïde apparentée à une araignée ou au
fameux Pyramid
Head
tout en ne pensant jamais, ô grand jamais à éteindre sa
lampe-torche histoire de se faire discret!). Peut-être ces
incessantes ruptures scénaristiques et de ton projetant notre héros
dans le mi-joyeux, mi-douloureux passé qu'il partagea avec sa
compagne Mary Crane (Hannah Emily Anderson) ont-elles gêné certains
spectateurs ? Retour
à Silent Hill
n'en est pas moins une réussite. Sombre, occulte, dantesque, emplie
comme toujours d'une solitude qui arrache cœur et esprit. Cette
nouvelle itération a en fait surtout le ''tort'' d'arriver en
troisième position. S'alignant ainsi sur un univers que l'on connaît
désormais par cœur. Aucune surprise ou presque donc. Le
retentissement de la sirène ou ces mutations glauquissimes
d'environnements déjà pas très ragaillardissant ne faisant
malheureusement plus peur à grand monde. Reste alors l'immersion,
totale, dans un univers cauchemardesque ampli de créatures tout
aussi effroyables mais malheureusement, très mal exploitées. À
l'image du Pyramid
Head
justement...
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