J'étais pas prêt.....
Mais peut-être que si..... Mais en fait, non,... mais oui !
Derrière un titre et diverses affiches qui fleurent bon le gros
nanar qui tâche, Frankenstein's Army est
un Found-Footage signé en 2013 par le réalisateur, scénariste,
producteur et concepteur d'effets-spéciaux allemand, Richard
Raaphorst. Son dernier, en fait, puisque depuis, il a consacré sa
carrière aux autres à travers les métiers d'illustrateur, de
story-boarder, de concepteur d'animatroniques et autres joyeusetés
qui tous forment un ensemble déjà visible dans ce qui semble être
un port-folio des talents inhérents à ce véritable touche à tout
de génie ! Oui, de génie. Il en est même qui parmi
d'illustres cinéastes semblent avoir été profondément touchés
par son travail puisque parmi eux, et pour n'en citer qu'un, Brandon
Cronenberg (oui, oui, le fils de...) a fait appel à ses services
dans le domaine de la conception de mondes imaginaires convertis en
''réalité'' pour son Infinity Pool de
2022. Au sujet de ce dernier, notons que son prochain projet de film
de science-fiction spatiale intitulé Dragon
en est à sa phase de pré-production. Mais remontons dans le passé,
neuf ans avant la rencontre entre les deux hommes avec
Frankenstein's Army.
Dans le même esprit qu'un certain Iron Sky
signé un an avant lui par Timo Vuorensola, Richard Raaphorst inscrit
l'histoire de ses protagonistes dans le contexte de la seconde guerre
mondiale. Nous sommes en 1945 et le conflit s'apprête à prendre
fin. Les héros ne sont ni français, ni anglais, ni américains, ni
allemands mais russes. Au nombre de sept membres (six soldats et un
reporter de guerre), une section est en repérage lorsque elle reçoit
un appel de Tigre
Blanc 3.0.3.
Un allié avec lequel le groupe a beaucoup de mal à communiquer. Le
chef de section Novikov (Robert Gwilyn) prend alors la décision
d'aller rejoindre avec ses hommes le lieu d'émission-radio mais
lorsqu'ils arrivent sur place, ils découvrent un village qui semble
avoir été ravagé par les nazis. Première séquence véritablement
intéressante où la section découvre un charnier constitué de
nonnes qui toutes en ont été massacrées. S'ensuivent des corps qui
jonchent les rues ainsi que des maisons en ruine qui toutes ont été
saccagées. Un décor et une ambiance délétères que n'aurait sans
doute pas renié le maître italien du gore sombre et craspec des
années soixante-dix/quatre-vingt, Lucio Fulci. Des corps qui
suintent visiblement une odeur pestilentielle attirant des hordes de
mouches et des effets pratiques pas franchement déplaisants pour le
moment...
Véritable
bourbier visuel donnant une idée assez précise de l'enfer que peut
être un champ de bataille, tout par à vau-l'eau lorsque Novikov
meurt, tué par une étrange créature humanoïde faite de bric et de
broc. Dès lors, Sergei (Joshua Sasse), le plus gradé et Vassili
(Andrei Zayats), le plus ancien se crêpent le chignon pour savoir
qui va prendre le commandement. Dimitri (Alexander Mercury), le
reporter, Sacha (Luke Newberry), le cadet et Ivan (Hon Ping Tang), le
dernier du groupe décident de se mettre sous les ordres de Sergei.
Quant à Vassili, celui-ci perd peu à peu les pédales et se
comporte de manière extrêmement agressive et inquiétante. Mais
revenons à cette créature qui vient de tuer Novikov. Elle est le
premier exemple véritablement concret confirmant l'existence dans le
coin d'un chirurgien fou de l'armée allemande qui travaille sur des
prisonniers de guerre qu'il transforme en créatures mi-humaines,
mi-robotiques ! Et là, le film verse dans le grand porte-nawak
jouissif. Une sorte de mix improbable entre l'évocation historique
déviant vers son côté le plus gore à la manière de Men
Behind the Sun,
charriant des ''cénobites'' ''BORGiens'' très artisanaux mais dont
la conception est aussi originale que délirante (l'homme-perçeuse
demeurant l'un des plus remarquables exemples), flirtant du côté du
Japon cyber-punk comme le fit notamment en 1989 le réalisateur
Shin'ya Tsukamoto avec Tetsuo,
ou n'ayant encore rien à envier à ses homologues allemands Andreas
Schnaas, Jörg Buttgereit ou Olaf Ittenbach en terme de tripailles.
Un œil qui explose, puis une tête. Des doigts coupés et une
superbe éviscération. Sans parler de ce festival gore lors de la
dernière partie du long-métrage où le tant attendu Docteur Viktor
Frankenstein (Karel Roden) ouvre des crânes en deux, extrait les
cerveaux qu'il relie à des électrodes pour transformer ses victimes
en zombies de chair, de sang, mais aussi de ferraille ! Bref,
Frankenstein's Army
est complètement fou. Notons enfin que pour un found-footage, le
réalisateur nous épargne aussi souvent que le script le nécessité
les secousses habituelles qui rendent généralement inconfortable ce
genre d'expérience.....
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