Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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lundi 7 septembre 2026

Ils ne verront jamais le jour : Ei8ht

 


 

En 2015 sort sur les écrans Prémonitions d'Afonso Poyart dans lequel Anthony Hopkins incarne un médium à la retraite contacté par le FBI afin de l'aider à remonter la piste d'un tueur en série insaisissable. Une œuvre qui faillit ne jamais voir le jour ou qui du moins est née sur les cendres d'un projet de film qui ne verra LUI jamais le jour. Ce long-métrage dont on parle est la suite de Se7en de David Fincher. La société de production cinématographique et télévisuelle américaine New Line Cinema s'intéresse de très près au script qu'un scénariste américain du nom de Ted Griffin a écrit sous le titre Solace et prend la décision d'en faire la séquelle de l'excellent thriller sorti en 1995 avec Morgan Freeman et Brad Pitt. Et ce, bien que de l'aveu même de son auteur, le script n'a été à l'origine pas pensé comme une suite du long-métrage de David Fincher. Pourtant, plusieurs problèmes vont rapidement s'imposer. Brad Pitt n'est absolument pas intéressé par ce projet de séquelle, Morgan Freeman hésite à reprendre son rôle de l'inspecteur William Somerset et quant à David Fincher, il est pour lui hors de question de retourner derrière la caméra pour mettre en images un scénario dont il refuse catégoriquement le concept ! Le scénario est donc réécrit et les personnages des deux inspecteurs sont supprimés. Le personnage de William Somerset est donc remplacé par celui du médium John Clancy (Anthony Hopkins), celui de l'inspecteur David Mills (Brad Pitt) disparaît tandis que le tueur en série Chares Ambrose est désormais incarné par Colin Farrell puisque comme tout le monde le sait, le John Doe de Se7en (Kevin Spacey) était abattu à l'issue du récit par l'un des deux inspecteurs chargés de l'enquête...


Stylisé de manière plus ou moins officiel sous le titre Ei8ht, le projet devait donc mettre en scène Morgan Freeman dans le rôle de William Somerset. Profondément marqué par sa dernière enquête, celui-ci est désormais à la retraite. Cependant, l'ancien inspecteur semble être ''victime'' de visions. Des flashs qui apparaissent notamment lorsqu'il touche certains objets ou certains individus. Après une entrée conçue de manière plutôt paisible, mettent en scène un ancien flic à la retraite vivant à l'écart de la ville, le scénario évoque un premier meurtre. William Somerset est immédiatement contacté par ses anciens collègues qui pensent qu'il est probablement celui à même de pouvoir le mieux les aider à mettre la main sur l'assassin. Tandis qu'il commence par refuser d'apporter son aide, au contact d'une photo, le visage du tueur lui apparaît. Ted Griffin conçoit un tueur en série doté des mêmes facultés que l'ancien inspecteur. Ce qui lui permet notamment d'avoir de l'avance sur les enquêteurs, de deviner leurs agissements et donc d'anticiper leur comportement. Tandis que dans Se7en le tueur concentrait ses meurtres autour des sept péchés capitaux, celui de Ei8ht sembler tuer pour des raisons bien différentes. En enquêtant sur les victimes, Somerset découvre qu'elles n'ont aucun lien familial, religieux ou géographique entre elles mais que toutes cachaient un sombre destin. L'ancien inspecteur en déduit alors que le tueur les assassine en raison de ce qu'elles risquent de devenir... Tandis qu'un combat psychologique est mené entre Somerset et le tueur, l'ancien inspecteur retourne à ses anciennes habitudes d'enquêteur. Ei8ht devait être marqué par la peur de Somerset vis à vis de son nouveau don. Le surnaturel étant scrupuleusement lié à l'enquête jusqu'à l'inévitable confrontation finale avec le tueur. De l'aveu même du scénariste Ted Griffin, le script qu'il développa à l'origine avec Sean Bailey fut conjointement écrit aux côtés d'un authentique médium qui à l'époque traquait un tueur en série... Au final, le film ne verra jamais le jour sous cette forme hybride et c'est peut-être mieux ainsi tant Se7en se suffisait à lui seul...

 

dimanche 6 septembre 2026

Les Diplômés du dernier rang de Christian Gion (1982) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Trois ans avant d'incarner le professeur de lettres Frédéric Game dans la comédie de Patrick Schulmann P.R.O.F.S, l'acteur, compositeur et interprète Patrick Bruel se plaçait de l'autre côté de la barrière en interprétant dans Les Diplômés du dernier rang de Christian Gion l'un des élèves d'une grande école privée de gestion dont les médiocres résultats n'eurent rien à envier à ceux obtenus par ceux du cours privé Louis XIV des Sous-doués réalisé cinq ans auparavant par Claude Zidi. L'intrigue ne situe pas ici son action dans une classe d'école courante mais dans un amphithéâtre sous lequel certains des élèves ont aménagé un salon qui leur permet de tricher aux examens et de passer du bon temps. Ne se concentrant pas uniquement sur leurs études mais aussi et surtout sur leurs nombreux loisirs qu'ils auto-alimentent au grand désarroi du directeur, Marcel (Michel Galabru) et de la psychologue de l'établissement, Dominique (Marie Laforêt), Philippe (Patrick Bruel), Michel (Patrice Minet), Robert (Philippe Manesse) et leurs camarades de classe n'en font qu'à leur tête. Bien qu'étant antérieur aux Sous-doués, cet ancêtre de l'une des plus populaires comédies françaises s'inscrivant dans le contexte de l'enseignement lui est éminemment inférieur. Car si Claude Zidi signa une œuvre qui elle-même ne peut être jugée autrement que comme une bouffonnerie certes parfois très amusante mis surtout devenue culte au fil des années, Les Diplômés du dernier rang n'en est qu'un pâle brouillon, où les gags s'enchaînent à un rythme soutenu tout en ne faisant mouche qu'en de très rares occasions ! La comédie de Christian Gion est donc plus proche d'une nanardise telle que Le bahut va craquer que Michel Nerval tourna en 1981 que du très appréciable P.R.O.F.S dans lequel Patrick Schulmann mettait les professeurs en avant ou du sympathique Diabolo menthe que réalisa Diane Kurys la décennie précédente, en 1977...


Dans la grande tradition des comédies franchouillardes mettant en scène leurs personnages dans des situations particulièrement ubuesques, Les Diplômés du dernier rang ne se départit d'une certaine absurdité, comme lorsque l'on découvre pour la première fois la pièce aménagée sous l'amphithéâtre et où les élèves bronzent, allongés sur des transats ou lorsque certains d'entre eux créent une société du nom de TALC (pour Tarte A La Crème) afin de s'adonner au même ''loisir'' que l'entarteur belge Noël Godin qui vient tout juste de nous quitter à l'âge de quatre-vingt ans... Les comédies de l'époque se passant très souvent le relais, Les Diplômés du dernier rang s'inscrit très exactement entre les comédies des Charlots qui très souvent et à une allure métronomique se jouaient de certaines institutions comme l'armée (ici représentée par Charles Gérard dans le rôle d'un colonel de l'Armée de Terre) et celle qui bien après celle-ci remettront en scène certaines figures du genre comme Michel Galabru qui en 1985 interprétera le rôle du commissaire de police Grasset ! Le réalisateur ET scénariste reprenant peu ou prou le même concept que Michel Lang à l'époque d'À nous les petites Anglaises en transportant les élèves de son école privée en Angleterre où ceux-ci vont devoir participer à un match de Rugby organisé par une équipe anglaise. Mise en scène et scénario étant relativement bordéliques, Les Diplômés du dernier rang ressemble davantage à une succession de sketches souvent mièvres qui permettent pourtant et étonnamment de découvrir au détour de quelques séquences des interprètes que l'on ne s'attendait certainement pas à voir dans ce genre de film. On pense bien évidemment en priorité à l'actrice britannique Catriona MacColl dans le rôle de Lucy, une anglaise qui accueille chez elle nos élèves, jusque dans son lit, et qui avant de se perdre dans cette navrante comédie fut tout de même l'héroïne principale de la Trilogie de la Mort de l'italien Lucio Fulci (Frayeurs, L'au-delà et La maison près du cimetière), trois œuvre extrêmement gores et morbides, ainsi que l'une des plus importantes protagonistes de l'angoissante série télévisée française de science-fiction, Noires sont les galaxies en 1981. Au final, Les Diplômés du dernier rang s'avère assez pathétique et l'on conseillera à celles et ceux qui ne connaissent toujours pas les quelques exemples comparatifs cités plus haut de se tourner d''abord vers ceux-ci plutôt que vers la comédie de Christian Gion...

 

samedi 5 septembre 2026

Nuts de Martin Ritt (1987) - ★★★★★★★☆☆☆



Issue d'une famille aisée, Claudia Draper a été arrêtée après avoir été soupçonnée du meurtre de l'un de ses clients. En effet, la jeune femme a, pour subvenir à ses besoins sans l'aide de ses parents, choisi de travailler comme call-girl. C'est ainsi qu'elle a du faire le cruel choix de tuer Allen Green qui refusa de la laisser partir de chez lui ou bien de mourir elle-même sous la violence de cet homme âgé d'apparence respectable. D'abord défendue par un avocat payé par ses parents Rose et Arthur Kirk, Claudia se montre envers lui si violente, qu'elle est abandonnée à son triste sort avant que ne lui soit imposé l'avocat commis d'office, Aaron Levinski.

L'affaire qui est confiée à ce dernier n'est pas simple. Hystérique et indomptable, Claudia ne facilite pas la tâche de Aaron. L'avocat à toutes les difficultés à se faire accepter par la sauvageonne. Bien avant que ne débute le procès accusant la jeune femme d'homicide volontaire, Aaron doit faire la preuve que Claudia n'est pas la folle que la partie adverse tente de faire croire. L'avocat n'est pas non plus aidé par Arthur, qui n'est que le beau-père de Claudia. Celui-ci va tenter au même titre que l'accusation de faire interner Claudia et l'empêcher de participer à son procès.

Parvenant peu à peu mais avec beaucoup de mal à attirer la confiance de Claudia, Aaron va tout mettre en œuvre pour que la jeune femme soit reconnue saine d'esprit et soit en mesure d'assurer sa défense lors de son propre procès...


Martin Ritt, réalisateur d'un peu plus d'une vingtaine de long-métrages réalisait avec cet efficace Nuts, son avant dernier film. Et pour interpréter le rôle de Claudia, il fit appel à la star de la chanson américaine Barbra Streisand. Un choix particulier mais dont la performance ne laisse planer plus le moindre doute lors du déroulement de l'intrigue.

Une sorte de huis-clos judiciaire qui oppose des figures importantes du septième art ( Karl Malden, Eli Wallach, Robert Webber et James Whitmore) à un Richard Dreyfuss des plus convainquant. Barbra Streisand est tout simplement prodigieuse dans ce rôle difficile qui axe on sujet non pas sur le procès d'une meurtre mais sur l'éventuelle possibilité que l'accusée n'y puisse pas participer pour raison de folie. Nuts cache en réalité une histoire beaucoup plus profonde et va chercher dans l'histoire la plus intime de cette famille recomposée dissimulant un très lourd secret qui, on s'en doute évidemment, nous sera révélé avant la fin et aura des répercussions sur les décisions à prendre vis à vis de la jeune femme.

Nuts se révèle donc être un excellent film, interprété par des actrices et acteurs donnant le meilleur d'eux-mêmes, Barbra Streisand et Richard Dreyfuss en tête...

vendredi 4 septembre 2026

Irréalisable de Babor Lelefan (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Enfin une vraie bonne et surtout très inattendue découverte avec la dernière comédie de l'acteur, réalisateur, scénariste, monteur et directeur de la photographie français Babor Lelefan. De son vrai nom Clément Bérut, il débute sa carrière en réalisant de tout petits films d'animation à l'aide de logiciels aujourd'hui plus ou moins éculés tels Paint et Windows Movie Maker. Il crée plus tard sa chaîne Youtube mais travaille ensuite dès 2017 sur des projets de films beaucoup plus ambitieux. Auteur des scripts, metteur en scène et acteur de ses propres œuvres, il met tout d'abord en scène Irregardable, puis Impionçable trois ans plus tard. Après une coupure de six années entrecoupées par le court-métrage L'étrange histoire de la famille Morraton, il revient en 2026 avec son projet le plus remarquable. La comédieIrréalisable qu'il met en scène et écrit une nouvelle fois. Il y retrouve certains des interprètes de son précédent film comme Augustin Shackelpopoulos qui fait ici une brève apparition lors de la séquence d'ouverture dans le rôle d'un médecin gynécologue, mais aussi Lucas Pastor et Marc Jarousseau. Clément Métayer ainsi que Camille Fievez incarnent un couple qui rencontre de grandes difficultés pour avoir un enfant. Tandis que Jeff est totalement obnubilé par son métier de banquier, Laurence ne pense qu'à tomber enceinte. Castratrice, la jeune femme ne cesse de réprimander son compagnon. Le Docteur Amédée leur propose alors de prendre une semaine de vacances afin de régler leurs problèmes de ''fertilité''. Le couple débarque alors au Gîte des Mimosas tenu par les très chaleureux Monica (Daphné Huynh) et Greg (Lucas Pastor). Bientôt, d'autres hôtes débarquent au gîte. Deux frères tout d'abord, dont l'un (Babor Lelefan) est dépressif depuis le suicide de sa compagne et l'autre (Ambroise Carminati) est un commercial excessivement imbu de sa personne. Puis arrivent les hippies Rolland (Thomas Olland) et sa petite amie Fabiola (Jenny Letellier, la créatrice aux côtés de Valentin Jean de la chaîne Youtube humoristico-parodique Le Monde à l'Envers)...


Si peu de monde en dehors de Jeff a quelque chose à redire concernant la présence de nombreuses caméras dans les chambres, le séjour se passe tout d'abord dans une relative quiétude jusqu'au moment où l'esprit de chacun commence à s'échauffer. Laurence reproche à son compagnon de ne pas être suffisamment attentif à son désir d'avoir un enfant et finit même par lui reprocher le fait d'être un peu trop proche de leur hôte Monica. Tandis qu'entre Fabiola et Rolland l'entente reste cordiale, les rapports entre les deux frères se dégradent rapidement, le premier rabaissant sans cesse le second qui en outre essaie de sortir dans l'impasse où il se trouve en tentant d'écrire et de composer son premier album de rap... Dans ce contexte houleux mais particulièrement drôle et inspiré, Babor Lelefan incarne lui-même le rôle du dépressif dont le frère qui est donc incarné par Ambroise Carminati a un très lourd ascendant sur lui. Entre comédie collégiale où les personnages règlent leurs comptes et machination en devenir qui ne délivre les intentions du charmant couple d'hôtes qu'une fois passée la moitié de l'intrigue, Irréalisable est une excellente surprise. Une comédie comme l'on aimerait finalement en voir plus souvent. Surtout qu'en comparaison des nombreuses purges qui sortent chaque année sur le territoire français pour des montants frisant presque à chaque fois les dix millions de budget, le long-métrage de Babor Lelefan prouve qu'avec seulement cinquante-mille euros il est possible de faire, sinon des miracles, tout du moins plaisir aux amateurs de comédies survoltées et surtout très, très drôles ! Les gags s'enchaînent comme à l'époque de la Troupe du Splendid et l'avantage d'un genre comme celui de la comédie est que le sujet prête davantage à l'écriture qu'aux décors, aux costumes ou aux effets-spéciaux. Autant dire qu'après la surprise de ce film inattendu, l'envie de remonter le temps pour aller découvrir les deux précédents longs-métrages du cinéaste se fait pressente. Et c'est tant mieux puisque Babor Lelefan a généreusement mis à disposition de son public sur Youtube, Irregardable et Impionçable...



 

jeudi 3 septembre 2026

Dolly de Rod Blackhurst (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 




 

Après avoir entendu de la bouche d'un proche que Dolly de Rod Blackhurst pouvait être vu comme un hommage aux survivals des années soixante-dix et notamment au plus grand d'entre tous, le Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, je réalisais quelle fut mon erreur en pensant qu'il pouvait s'agir d'un énième long-métrage mettant en scène une poupée diabolique ! En effet, l'affiche est trompeuse et ce que l'on pourrait prendre pour une énième variation du thème ayant mis en scène par le passé des jouets possédés comme dans Annabelle, Dolls ou The Boy ressemble effectivement davantage aux quelques classiques de l'épouvante qui lancèrent la mode des familles de dégénérés anthropophages... Dolly est donc le nom du personnage qui trône en bonne place sur l'affiche du dernier long-métrage du producteur, réalisateur, scénariste et directeur de la photographie américain qui comme ses prédécesseurs se penche sur un cas clinique particulièrement marqué par une enfance traumatique. Ici, pas les membres d'une famille au chômage contrainte de s'en prendre à des touristes de passage pour les mettre à leur menu mais une femme en manque évident d'affection qui vient d'enterrer le corps sans tête de sa très chère maman.Vivant dans une maison isolée dans la forêt, cette imposante ''créature'' que l'on n'aimerait sans doute pas avoir comme compagne ou comme simple amie est interprétée à l'écran par la catcheuse professionnelle américaine Max Lindsey plus connue sous le nom de Max The Impaler (ou Max l'empaleuse). Une carrure impressionnante qui n'est bien évidemment pas sans rappeler le Leatherface ou ''Tronche de cuir'' du chef-d’œuvre que Tobe Hooper mis en scène en 1974. Même appétence pour le meurtre et même esprit dérangé. Tout comme celui qui porta à son époque des masques constitués de peau humaine, Dolly ne s'exprime qu'à travers d'incompréhensibles borborygmes. Si l'un des plus célèbres boogeymen inspiré des méfaits commis par l'authentique psychopathe Edward Gein usait généralement d'une masse ou d'une tronçonneuse, Dolly a pour habitude d'utiliser une pelle. Le visage caché derrière un masque en porcelaine qui renvoie directement aux centaines de poupées qui ornent les arbres de la forêt et les différentes pièces de l'étrange demeure qui l'abrite, il semble que Dolly ait un sérieux problème avec son cher papa comme le pointeront plus tard un certains nombre d'éléments...


Le film de Rod Blackhurst joue ensuite sur la passion bien innocence des petites filles pour les poupées à travers un personnage déviant. On pourrait accorder à Dolly le droit de s'amuser avec elles, d'en disséminer un peu partout autour de la propriété familiale ou d'avoir transformé la cave en sanctuaire tout à la gloire de sa chère maman disparue si cette monstruosité comme le septième art est ponctuellement capable d'en accoucher n'avait pas également pour habitude de s'en prendre aux touristes de passage. ici, le couple formé par Macy (Fabianne Therese) et son compagnon Chase (Seann William Scott). Si ce dernier est le père d'une charmante petite fille, Macy, elle, ne semble pas encore prête à assumer son rôle de future belle-mère. Toujours est-il que Chase décide d'emmener en randonnée forestière sa petite amie dans un lieu qu'il avait l'habitude de parcourir étant enfant. Dès leur arrivée, le couple découvre ainsi des poupées accrochées aux arbres ou reposant directement sur le sol. Alors que Chas s'apprête à demander la main de Macy, une étrange musique se met à raisonner dans la forêt et le jeune homme décide tout d'abord de découvrir son origine... Et c'est là que les choses vont se gâter. Alors oui, Dolly est bien un hommage au Massacre à la tronçonneuse. Ambiance morbide à laquelle le cinéaste ajoute quelques filtres discrets qui tentent de retranscrire l'atmosphère poisseuse d'antan. Agrémenté d'une bande musicale étrange signée du compositeur Nick Bohun, le film a cependant beaucoup de mal à soutenir la comparaison avec l’œuvre de Tobe Hooper. En cause, tout d'abord, l'attitude du couple qui fasse au danger reste bloqué sur place et ce, même lorsque Dolly est divertie par des bruits ou des mouvements extérieurs. À trop vouloir faire de son personnage un alter ego féminin de Leatherface, Rod Blackhurst en oublierait presque la tension de l’œuvre séminale du genre qui à l'époque avait eu de quoi secouer par son réalisme glauque et documentaire. Dolly est malheureusement un peu trop mou et répétitif. La cause revenant à un script écrit en collaboration avec le scénariste Brandon Weavil qui n'avance jamais vraiment. Ou en tout cas, pas avant les deux premiers tiers du long-métrage. Fort heureusement, quelques séquences gore viennent agrémenter le sujet, entre mâchoire arrachée, jambe brisée ou tête éclatée à l'aide de la pelle en question. Mais ce qui demeure une certitude est qu'en comparaison avec le film auquel Rod Blackhurst tente de rendre hommage, Dolly paraît bien innocent. Bref, un sympathique divertissement qui ne passera sans doute malheureusement pas le cap de la seconde projection...

 

mercredi 2 septembre 2026

The Yeti de Gene Gallerano et William Pisciotta (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Ahhhhh, le yéti. Cette imposante et légendaire créature généralement associée aux hautes montagnes de l’Himalaya. Croisé au détour de la bande-dessinée Tintin au Tibet de Hergé lorsque nous étions enfants, ou sur grand écran, notamment avec le classique britannique de la Hammer Films L'Abominable Homme des neiges en 1957... Si l'horreur, l'épouvante et le fantastique n'ont eu de cesse que d'inventer des créatures prenant toutes sortes de formes, le yéti, lui, est issu de l'imaginaire de traditions himalayennes liées aux populations tibétaines, népalaises et Bhoutanaises... Ce n'est qu'au vingtième siècle que cette créature majoritairement décrite comme mesurant jusqu'à trois mètres de haut et possédant un visage simiesque, un poil épais de couleur blanche ou parfois brune et une silhouette humanoïde devient célèbre bien que des ouvrages d'origine tibétaines remontant à des temps anciens l'évoquaient déjà. Bien que son existence ne soit soutenue par aucune preuve du fait que personne n'a jamais pu prouver son existence, le yéti continue d'alimenter le folklore local et mondial et a logiquement intégré la cryptozoologie que les scientifiques considèrent toujours comme une pseudo-science. Son existence supposée ou plus souvent fantasmée a donc donné naissance à plusieurs longs-métrages. Celui que l'on nomme plus communément chez nous L'abominable homme des neiges ou sur le territoire américain le Bigfoot a effectivement été au centre d'un certain nombre de films dont The Yeti des réalisateurs et scénaristes américains Gene Gallerano et William Pisciotta semble être la dernière itération. Porté par une galerie de personnages on ne peut plus hétéroclites et on ne peut moins compatibles les uns avec les autres, l'intrigue tourne autour d'un groupe d'aventuriers partis à la recherche des membres d'une expédition qui ont disparu en Alaska. Merriell Sunday Sr. (Corbin Bernsen) et Hollis Bannister (William Sadler) n'ont effectivement pas donné de leurs nouvelles depuis un certain temps et leur rejetons respectifs Merriell Sunday Jr. (Eric Nelsen) et Ellie Bannister (la canadienne Brittany Allen), accompagné de plusieurs autres membres dont une zoologiste et d'une Gueule Cassée de la grande guerre qui depuis s'est reconverti dans la protection ont pris la décision de partir à leur recherche...


Si Gene Gallerano et William Pisciotta semblent davantage préoccupés par l'ambiance à donner à ce premier long-métrage qu'ils réalisent en commun, leur mise en scène a alors de lourdes conséquences sur le rythme. Perpétuellement plongés sous une brume épaisse et dans un clair-obscur qui empêchent le cycle jour-nuit d'être totalement établi, les personnages vont non seulement être confrontés à une créature monstrueuse qui va faire plusieurs victimes dans les rangs de cette expédition on ne peut plus ''énervée'' mais vont également parfois s’entre-déchirer. Entre le fils Sunday et un spécialiste en explosifs (Gene Gallerano lui-même dans le rôle de Daniel Hewitt) dont l'attitude patriarcale tranche avec nos habitudes et trois femmes qui savent à peu près ce qu'elles veulent, les dialogues s'enflamment régulièrement et rendent parfois les échanges ''entre humains'' presque plus inquiétants que la seule présence dans les parages de la bête. Si le Yéti n'est pas la bestiole ayant bénéficié de la plus importante mise en lumière du bestiaire fantastique, le duo de cinéastes ne profitent pas pour autant de l'occasion pour l'exhiber à tout bout de champ en dehors de quelques séquences plutôt anxiogènes et donc plutôt réussies situées au beau milieu d'une forêt brumeuse et grisâtre, aux teintes atones dues au directeur de la photographie Joel Froome. Quelques grognements, quelques pas et la respiration de l'invisible créature suffisent à faire travailler l'imaginaire du spectateur. Du moins, pendant un temps car après tout se gâte. On se rend bien vite compte que du côté du scénario il ne faut surtout pas s'attendre à quoi que ce soit de vraiment original. Le coup de l'animal qui vient récupérer le bébé que des explorateurs lui ont dérobé, on connaît déjà. Si l'aventure n'est pas déplaisante, côté horreur, The Yeti se montre relativement avare. Quelques ''égratignures'', neuf mètres d'intestins portés à pleines mains par la charmante Ellie (malgré l'idée saugrenue et surtout inutile de l'affubler d'une poliomyélite !) et quelques éclaboussures d'un sang bien vif ne font pas de The Yeti un monument du cinéma fantastique et d'horreur. Il faudra donc n'avoir rien de mieux à se mettre sous la dent que le film de Gene Gallerano et William Pisciotta pour justifier de s'y perdre durant près de quatre-vingt dix minutes...

 

mardi 1 septembre 2026

Amsterdamned de Dick Maas (1988) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Tandis qu'il remporta en 1984 le Grand Prix du Festival international du film fantastique d'Avoriaz avec le film fantastique et d'horreur L'Ascenseur (De Lift), le néerlandais Dick Maas allait refaire parler de lui en 1988 avec le bien nommé Amsterdamned. Un mélange entre policier et slasher plutôt efficace même si dans ses grandes lignes, le troisième long-métrage du réalisateur et scénariste originaire de Heemstede en Hollande-Septentrionale fait souvent preuve d'un classicisme qui le fait ressembler à un mélange entre la série policière néerlandaise Baantjer (l'équivalent des séries française Commissaire Maigret et allemande Derrick) et ces nombreux film d'horreur mettant en scène d'insaisissables tueurs en série cachés derrière un masque et des costumes plus ou moins excentriques ! Si l'acteur Huub Stapel a fait toute sa carrière ou presque dans son pays d'origine, on peut dire qu'il doit sa reconnaissance mondiale à Dick Maas qui fit de lui le héros de L'ascenseur dans lequel il incarna le personnage de Felix Adelaar, un mécanicien de la compagnie néerlandaise Deta Liften chargé de réparer l'ascenseur d'une grande tour. Fidèle interprète de son compatriote néerlandais, Huub Stapel réapparaîtra notamment dans la comédie Flodder en 1986, sa suite six ans plus tard Flodder in Amerika! ainsi que dans Sint en 2010... Dans Amsterdamned, il interprète cette fois-ci le rôle de l'inspecteur Eric Visser. Père d'Anneke (Tatum Dagelet), il enquête sur une série de meurtres particulièrement horribles qui endeuillent la ville d'Amsterdam. La particularité du tueur est que celui-ci ne rode non pas dans les rues de la ville mais parmi les cent-soixante canaux s'étalant sur environ cent kilomètres qui constituent le réseaux maritime de la cité. Autre point intéressant, le tueur est affublé d'une tenue intégrale de plongée. S'agissant des meurtres, si leur originalité reste à prouver puisque le tueur use généralement d'un couteau de plongée, c'est la mise en scène de certains d'entre eux qui intéressera surtout l'amateur de slashers ou de gialli. À commencer par le meurtre de la prostituée qui ouvre le bal. Après avoir été attirée de nuit sous les eaux d'un des canaux de la capitale des Pays-Bas, son corps est retrouvé suspendu à l'un des nombreux ponts de la ville. Un bateau-mouche rempli de touristes dont une bonne majorité d'enfants passant en dessous dès le lendemain matin, le corps encore tout sanguinolent laisse une large traînée de sang au passage de l'embarcation...


Parmi les victimes de notre insaisissable assassin, deux écologistes venus récolter l'eau des canaux afin d'en étudier la composition, une quêteuse, un pêcheur et quelques-autres malheureuses proies qui auront le malheur de tomber entre les mains du tueur. Du côté de l'enquête, rien que de très banal. Et même si les investigations menées par Eric Visser avancent pas à pas, on a parfois l'impression que l'homme est davantage intéressé par sa nouvelle relation avec la séduisante Laura (Monique van de Ven qui joua notamment dans Turks fruit et Katie Tippel de Paul Verhoeven en 1973 et 1975) que par la traque du tueur. Pourtant, une scène en particulier tentera de nous convaincre du contraire. En effet, après avoir déroulé son intrigue sur un rythme plutôt lent et lors de meurtres assez peu sanglants en dehors d'une sympathique décapitation, Dick Maas nous offre une séquence de poursuite absolument géniale nous permettant ainsi de découvrir la magnificence de la ville d’Amsterdam, de ses nombreux ponts et de ses canaux. Une séquence longue, virevoltante, énergique derrière le volant de hors-bords qui rappelle parfois les meilleures courses-poursuites entre les personnages interprétés chez nous à l'époque par Jean-Paul Belmondo et divers criminels. Sauf qu'ici, tout se passe sur l'eau ! Notons la présence de Hidde Maas qui contrairement à ce que l'on pourrait croire n'a aucun lien de parenté avec Dick Maas. Ici, il incarne le rôle du psychiatre et ami de Laura, Ruysdael. Le personnage sera d'ailleurs au centre d'un quiproquo qui mènera l'intrigue vers un twist final inattendu. Se chargeant encore une fois de la mise en scène, de l'écriture et de la partition musicale, Dick Maas signe avec Amsterdamned un sympathique petit film que l'on rangera également dans la catégorie des films d'horreur même s'il n'entre pas officiellement dans celle-ci. Notons enfin qu'en 2025 et après près de dix années de silence, le cinéaste est revenu à la réalisation avec Amsterdamned 2 dans lequel Huub Stapel y reprend le rôle de l'inspecteur Eric Visser. Un film qui en France n'est malheureusement pas encore disponible...


 

lundi 31 août 2026

Shí ren sha de Huanxiang Chen (2023) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Derrière le titre Shí ren sha se cache en fait un énième film de requin tueur. Et si la principale originalité du long-métrage réalisé par Huanxiang Chen provient du fait qu'il soit originaire de Chine, l'autre minuscule intérêt de l’œuvre se situe peut-être dans son approche beaucoup plus sérieuse de son sujet face à une cohorte de films généralement originaires des États-Unis et qui pour une grande partie d'entre eux ont choisi entre autres séquences plus ou moins gore de donner dans un humour potache relativement misérable... Le film qui à l'internationale est sorti sous le titre Shark Evil s'ouvre sur la traque d'un grand requin blanc par des braconniers qui vont réussir à le harponner mais sans parvenir à le tuer. Bien au contraire, ce sont ces hommes qui vont mourir entre les mâchoires de la bête qui parviendra à fuir tout en étant cependant raccordée par une chaîne au chalutier désormais déserté de toute présence humaine... L'intrigue se poursuit ensuite avec des jeunes diplômés venus fêter leur réussite à bord d'un yacht loué pour l'occasion. Piégés en pleine mer et traqués à leur tour par le requin, nos quatre vacanciers vont devoir apprendre à survivre au danger qui rode tout autour d'eux... Le lieu de l'action étant donc très limité malgré la vaste étendue d'eau qui s'offre à nos personnages, le réalisateur ainsi que son scénariste Gao Feng n'ont tout d'abord pas d'autre choix que de remplir les vides du script par des lignes de dialogue aussi interminables qu'inintéressantes. À leur arrivée sur le quai avant qu'ils ne prennent le large, le cinéaste tente de créer des tensions entre certains individus. Et notamment entre Chen TongYan et Cheng YuFei qu'interprètent respectivement les actrices chinoises Xiaoxuan Wei et Fan Dong. La première est la petite amie de Wu Liang (Xin Zer Tan) tandis que la seconde est une vieille connaissance du beau jeune homme qui prépare avec cette dernière une surprise pour Chen TongYan. L'occasion pour Huanxiang Chen de multiplier les quiproquos dans ce qui semble n'être pour l'instant qu'une comédie romantique pour adolescent(e)s en fleur sur le visages desquel(le)s bourgeonnent leurs premiers boutons d'acné !


Malgré l'américanisation du titre qui une fois traduit signifie en réalité ''Requin mangeur d'hommes'', l'on pourrait croire à une énième variante hybridant l'une des ces puissantes créatures marines à des mythes ancestraux du cinéma fantastique et d'épouvante parmi lesquels l'on trouve notamment un requin fantôme (Ghost Shark), un requin à plusieurs têtes (dont le record semble avoir été obtenu avec 6-Headed Shark Attack), un requin-pieuvre (Sharktopus et ses suites), un requin qui évolue dans le sable (Sand Shark), un requin vampire (Sharkula), des requins déboulant après lors d'avalanches (Avalanche Sharks), un requin robot (Roboshark) et bien évidemment des requins transportés par des tornades avec la série des Sharknado dont le nouvel épisode devrait sortir sous peu. Beaucoup moins agité du bocal et malgré sa ''traduction'' en anglais, Shark Evil se rapprocherait donc potentiellement du style beaucoup plus premier degré des Dents de la mer de Steven Spielberg même si l’œuvre du cinéaste chinois s'en éloigne drastiquement d'un point de vue émotionnel et qualitatif. Ici, il ne se passe pas grand chose. Et si le requin, créé en images de synthèse, a parfois plutôt belle allure en comparaison de la majorité des créatures qui évoluent dans ce type de long-métrage, il faut reconnaître que l'on se fait souvent chier devant ces allers-retours incessants entre la surface et les fonds marins. Le film finit par opposer les deux jeunes femmes dont les ''accompagnateurs'' de sexe masculin sont déjà en train d'être digérés par la bête lors d'un dernier acte se déroulant à bord du chalutier appartenant aux braconniers. En dehors d'une toute petite exploration des lieux que l'on aurait sans doute aimé finalement voir se prolonger, là encore, Huanxiang Chen peine à exploiter les failles psychologiques de ses deux héroïnes et le reste du long-métrage n'est qu'une succession de séquences émotionnellement vides jusqu'à un acte final que l'on devine déjà bien en amont. Pour enfoncer le clou, Shí ren sha n'est même pas doté de la moindre petite séquence gore. Lorsqu'une victime finit dans l'eau, désormais entre les mâchoires du requin, seules quelques bulles de sang remontent à la surface. En dehors de la blessure exposée sur la jambe droite de Chen TongYan, il n'y a donc rien à se mettre sous la dent. Bref, le long-métrage de Huanxiang Chen n'est à conseiller qu'aux fans purs et durs du genre. Les autres risquent de s'ennuyer ferme...

 

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