Pourquoi s'embêter à
suivre des régimes contraignants qui parfois ne donnent pas les
résultats escomptés ou alors, de manière temporaire ? Il
semblerait que la réalisatrice et scénariste australo-américaine
Natalie Erika James ait trouvé la recette miracle ! Tellement
''évidente'' que l'on devrait se taper la tête contre les murs ou
s'envoyer des gifles en se posant cette question : ''Mais
pourquoi personne n'y a pensé plus tôt ?''. Réglant la
question comme l'avait fait en son temps Richard Fleischer avec le
film d'anticipation Soylent Green
mais pour des raisons bien différentes, il semblerait donc qu'il y
ait moyen d'exploiter, contre la vieillesse en 1973 et toujours sous
le même thème de l'anthropophagie, le corps de nos chers disparus
afin de permettre à celles et ceux qui souffrent d'obésité plus ou
moins morbide de retrouver la ligne en un temps record... Sous ses
faux airs de film d'horreur à tendance Body Horror, ce genre dont
s'est emparée depuis quelques années la gente féminine, Saccharine
cache une œuvre d'une profondeur étonnante, aux ramifications
multiples et qui ne s'arrête pas à la seule évocation d'une jeune
femme en pleine crise d'anorexie/boulimie mais exploite l'image
qu'elle peut avoir d'elle-même. La réalisatrice allant même
jusqu'à chercher dans les tréfonds de son esprit et dans son passé
ce qui chez Hana la pousse à vouloir modifier son apparence. Le
long-métrage de Natalie Erika James, que l'on connaissait déjà
pour avoir tourné Relic
en
2020 et Appartement 7A quatre
ans plus tard, démarre de façon plutôt conventionnelle. L'actrice
Midori Francis incarne une jeune femme pas très bien dans sa peau,
dont la mère est une maniaque du ménage et dont le père, pour
l'instant, ne donne aucun signe de vie. Tourné principalement à
Melbourne en Australie, Saccharine,
c'est pour commencer, un titre très énigmatique. En effet, quel
rapport peut avoir l'édulcorant artificiel au pouvoir sucrant de
trois à quatre-cent supérieur à celui du sucre avec cette gélule
miracle que l'ancienne meilleure amie de notre héroïne va proposer
à cette dernière d'essayer ? Aucun, à priori. D'autant plus que
son contenu n'a en réalité aucune valeur nutritive ou énergétique.
Ensuite, Hana vit dans un contexte familial très particulier, dont
on devine rapidement les contours. Globalement, Saccharine
traite du culte de la beauté. Outre quelques passages montrant notre
étudiante en médecine s'entraîner aux côtés d'autres élèves
sur le cadavre d'une femme obèse dans un laboratoire de dissection,
Hana suit un protocole visant à la maintenir en forme...
L'occasion
pour évoquer son attirance pour la magnifique Alanya qu'interprète
à l'écran l'actrice Madeleine Madden. Faire de l'héroïne une
étudiante en médecine n'a rien d'innocent. En effet, mis à sa
disposition, le laboratoire de recherche de la faculté de médecine
où Hana suit les cours va lui permettre d'analyser le contenu de la
fameuse gélule. Saccharine
intégrant ainsi par la suite un discours sur l'auto-médication et
ses dangers. Le film traite en outre de l'image que nous renvoie le
miroir et qui chez les personnes atteintes d'obésité, d'anorexie ou
de boulimie est déformée. D'où, là encore, l'utilisation de
surfaces convexes qui réfléchissent l'un des éléments les plus
mystérieux du long-métrage en la personne de Grace (Octavia Barron
Martin), un cadavre obèse surnommé ''Big Bertha'' par les étudiants
et qui régulièrement va venir hanter Hana lors de séquences de
boulimie. Saccharine
mêle ainsi des éléments fantastiques au mal-être profond de notre
héroïne, qui après avoir volé une partie du cadavre pour la
transformer en cendres et ainsi l'ingérer comme ''régime minceur'',
va se retrouver coincée dans un état d'accoutumance proche des
dépendances liées aux drogues dures... Si Natalie Erika James ne
s'était pas évertuée à parsemer son œuvre ça et là d'éléments
cryptiques, Saccharine
apparaîtrait comme un petit film d'horreur assez peu novateur,
construit autour d'une thématique généralement ancrée dans le
genre Body Horror. Mais l'australienne se disperse, comme happée par
la volonté de faire ingurgiter au spectateur autant de données que
son héroïne dévore de nourriture. Dans l'ensemble, le long-métrage
est relativement limpide. Si ce n'est la dernière partie qui louvoie
entre séquences explicatives et délire visuel... Du gore concentré
en fin de récit, si l'on ne tient évidemment pas compte des
quelques passages dans la salle de dissection et agrémenté d'une
bande musicale signée Hannah Peel rendant le tout parfois
dérangeant. Un curieux film d'horreur, entre exaltation métaphysique
sur l'identité, le regard que l'on a sur notre propre apparence et
sur celle que l'on renvoie, l'accoutumance, l'auto-médication, le
long-métrage débordant même sur le sujet de l'anthropophagie...
Bref, un sympathique film, élargissant parfois à outrance le
programme mais dans l'ensemble, une assez bonne surprise...
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)

.png)
.png)

.00_59_20_08.Still011.jpg)




.jpg)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)