Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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jeudi 12 mars 2026

Cold Storage de Jonny Campbell (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Cold Storage de Jonny Campbell ou comment faire l'expérience d'une œuvre cinématographique dont son auteur assume mal les répercussions irrévérencieuses et audacieuses que son script aurait pu susciter. Un scénario moins barge à l'écran que sur le papier et l'intervention (étonnante et anachronique) d'un Liam Neeson qui semble s'être perdu sur le plateau de tournage d'un film qui ne sied pas vraiment au phénomène de castration dont son personnage est affublé ''terminent'' ce qui aurait pu sur le court, moyen ou long terme, devenir un film culte. Mais non, sans doute trop périlleux pour Jonny Campbell dont le seul fait d'arme sur grand écran fut le pourtant sympathique Alien Autopsy en 2006 tandis qu'il poursuivit majoritairement sa carrière à la télévision. Vingt ans après son premier long-métrage, voici que le cinéaste s'intéresse à nouveau à un phénomène issu de l'espace.Un organisme ayant accompagné la chute de Skylab, cet authentique laboratoire spatial américain qui connut une irrémédiable chute jusqu'à la surface de notre planète où il vint s'abîmer dans les eaux de l'océan indien le 11 juillet 1979 lors de son entrée dans l'atmosphère. À cet événement bien réel, le réalisateur ainsi que le scénariste et écrivain David Koepp (lequel s'est ici inspiré de son propre roman) ajoutent donc une nouvelle forme de vie microscopique prenant de très inquiétantes proportions. Tout comme l'infection se propage en général de manière relativement foudroyante dans la majeur partie des cas de films dits d'infectés, les champignons, dans Cold Storage, prolifèrent à vitesse grand V pour un résultat dont l'efficacité et les conséquences s'avèrent redoutables. Là encore, il s'agit d'une hypothèse qui n'est malheureusement confirmée qu'à une échelle plutôt réduite puisque sous ses allures de petite production dont le budget est difficile à évaluer faute d'informations à son sujet, le long-métrage de Jonny Campbell est une assez grande déception. Quelques effets gores plutôt ''sympatoches'' mais une mise en scène et une interprétation plutôt mollassonne.  
 
Pas de quoi sauter au plafond alors qu'au même moment Sam Raimi revient à ses premières amours avec son excellent Send Help ! Liam Neeson semble avoir pris un sérieux coup de vieux dans cette nouvelle (et pseudo) itération de l'ancien membre des Forces Spéciales américaines qu'il incarna dans Taken de Pierre Morel en 2008, ici transformé en ancien militaire ayant participé près de quatre décennies auparavant à la recherche et à la découverte d'un micro-organisme d'origine extraterrestre. Mettant ainsi à nue grâce à des capacités exceptionnelles de construction psychologique, la personnalité d'Abigail (Ellora Torchia), sous-fifre de l'armée américaine lors d'un échange téléphonique qui va devenir dans l'ombre, son alliée lorsqu'il devra retrouver un échantillon du champignon enfermé dans la pièce principale d'un laboratoire dissimulé aux yeux de tous derrière l'un des murs d'un entrepôt de stockage. Lieu principal de l'intrigue où travaillent Naomi (Georgina Campbell) et Travis (Joe Keery), deux jeunes adultes un peu trop curieux qui vont être en partie la cause d'une fuite du micro-organisme de type cryptogamique. Car en effet, plus que de se propager rapidement, le champignon en question va avoir de drôles de répercussions sur quiconque entre en contact avec lui. Et pas seulement les humains, mais les animaux également comme le démontreront un chat (celui de Naomi) et, plus curieux encore, un cerf ! Les attentes et la surprise ne faisant pas plus d'effets qu'un pétard mouillé après moins d'une demi-heure, Cold Storage semble en revanche multiplier les références même s'il faut être très observateur (ou dérangé du ciboulot) pour s'en apercevoir. Prenons par exemple le comportement de Naomi et de Travis. Après avoir vu, revu et re-revu en large et en travers le film culte de Dan O'Bannon Le retour des morts-vivants, il m'est par exemple difficile de ne pas évoquer l'échange entre les personnages de Frank et de Freddy lorsque le 3 juillet 1984 le premier parla au second d'une commande arrivée par erreur dans l'entrepôt de fournitures médicales d'Uneeda où les deux hommes travaillaient. Comparez donc la séquence où Frank évoquait à l'époque l'existence des fûts renfermant des morts-vivants et leur découverte par Freddy dans la cave à celle où Naomi et Travis décident de descendre dans un ancien complexe scientifico-militaire..... Hum ? Tout comme la scène d'intro, d'ailleurs, qui ne peut que renvoyer qu'à celle du classique de la science-fiction que réalisa en 1972 le cinéaste Robert Wise, The Andromeda Strain. En cherchant, bien on pourra rallonger la liste de quelques autres exemples. Mais au fond, en dehors de ces sympathiques petites anecdotes et quelques rares séquences gores et rythmée, Cold Storage, qui se veut être une comédie d'horreur n'est jamais vraiment drôle. Et cela, en raison d'une écriture relativement terne. Le film tourne en boucle et malgré sa courte durée il paraît parfois bien long. Au final, Cold Storage se regarde sans réel déplaisir mais il s'oubliera malheureusement très vite...

 

mercredi 11 mars 2026

Bone Lake de Mercedes Bryce Morgan (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Sage (Maddie Hasson) et Diego (Marco Pigossi) partent en week-end rejoindre une somptueuse demeure isolée et bordée par un lac. En ménage depuis plusieurs années, ils ont la mauvaise surprise de constater qu'un autre couple a réservé lui aussi la même propriété. Choisissant de faire contre mauvaise fortune bon cœur, ils acceptent de partager la maison avec Cin (Andra Nechita) et Will (Alex Roe). Mais alors que les premières heure de la journée se déroulent sans réelles difficultés, au fil du temps qui passe, ces derniers se montrent curieux vis à vis de Sage et de Diego. Voire invasifs et même toxiques. À ce titre, la réalisatrice, scénariste, productrice, directrice de la photographie Mercedes Bryce Morgan a bien du mal à conserver le mystère entourant les personnages de Cin et Will. Deux individus diamétralement opposés à ceux qui vont devoir subir questions et rapprochements physiques dont ils se seraient bien passés... Alors que Diego a l'intention de profiter du week-end pour demander Sage en mariage, un fait relativement courant dans ce genre de production, il est clair que sa compagne n'est pas vraiment prête à se faire passer la bague au doigt. Caricatural jusque dans ses derniers retranchements, Bone Lake se veut un mélange entre film d'horreur, thriller et érotisme. Un jeu auquel se prêtent volontiers les quatre interprètes même si en matière des uns et des autres des genres que la cinéaste s'emploie à injecter au scénario de Joshua Friedlander, l'effet est souvent plus amusant que véritablement angoissant. Relativisant le concept d'érotisme dans une œuvre qui n'en conserve du principe que quelques bribes, les acteurs se montrent par contre relativement timide en terme de nudité. Pas une fesse ni même le moindre téton ou presque ne déborde du cadre. Le sexe n'est ici qu'une question de point de vue servant à tester la fidélité d'un couple confronté à deux individus qui s'aiment d'un amour franc mais aussi déviant comme le démontrera la suite des événements. Rien de véritablement révélateur ici puisque contenu dans un certain nombre de twists dont la plupart se dévoilent bien en amont de leur exposition à l'écran, les effets de surprises tant recherchés par Mercedes Bryce Morgan tombent à l'eau. Mais pas dans celle de ce lac qui malheureusement se veut être un objet de suspens alors même que des plans arrivant bien trop tôt dans l'histoire ne font que confirmer que la cinéaste n'a fait que s'emmêler les pinceaux, trop empressée à dévoiler le contexte réel dans lequel baigne chacun des protagonistes...


Quatre longs-métrages, quelques téléfilms et des épisodes de séries télévisées au compteur n'ont semble-t-il pas entraîné Mercedes Bryce Morgan à perfectionner son art de la mise en scène. Ou bien même celui de la direction d'acteurs. Car si l'on devine un certain potentiel chez ses interprètes, dirigés à la truelle, ils ont l'air tous les quatre de sortir tout juste de leurs études de théâtre, projetés au cœur d'une œuvre qui sur le papier était pourtant prometteuse. Cependant, rien ne va. Réalisation bancale, rythme lymphatique, scénario et mise en scène débilitants. Chaque séquence est prévisible, Mercedes Bryce Morgan prenant en outre le spectateur par la main lorsque le couple Sale/Diego évoque l'hypothétique présence de caméras de surveillance... On se dit, alors, que non, la réalisatrice ne va tout de même pas oser... Qu'elle a bien dû trouver une alternative expliquant certains faits relatés par Will ou Cin et que Sale et Diego devraient être logiquement les seuls à connaître. Mais non, une fois de plus, Mercedes Bryce Morgan tombe dans le panneau et n'offre jamais au spectateur le sentiment d'être surpris par un twist qu'il n'avait pas vu venir. Ah si ! Quand même. Vers la fin. Un événement qui pour le coup pourra surprendre le public ! L'intérêt de ce genre de production étant habituellement de générer un sentiment de malaise face au comportement d'individus psychologiquement instables mettant en péril l'existence d'un autre couple, l'efficacité d'un tel concept vu, revu, rabâché maintes fois peut fonctionner peu ou prou sur certains spectateurs mais certainement pas sur ceux qui sont rompus à ce genre d'exercice... dont on devine en outre la conclusion... plutôt sanglante il est vrai. Au final, Bone Lake ment sur la marchandise. Pas ou peu de sexe, des effusions de sang retranchées vers la fin du récit et un script intéressant mais abordé de manière bancale...

 

mardi 10 mars 2026

La soupe aux choux de Jean Girault (1982) - ★★★★★☆☆☆☆☆




Ça n'est pas tant le film qu'il m'importe ici d'évoquer mais celui qui me conseilla fortement, presque à genoux, de faire l'effort de le redécouvrir plus de quarante ans après sa découverte à la télévision... J'espère que chacun s'accordera à dire que La soupe aux choux est une sombre merde, mais si d'aventure quelques malveillants s'apprêtaient à laisser des commentaires assassins, je préfère tout de suite les prévenir : au premier qui affirmera que l’œuvre de Jean Girault fut et reste d'une importance considérable dans le paysage cinématographique français ainsi que dans la carrière de son auteur et de son acteur fétiche, je menacerai alors de voter le 15 mars prochain pour Sébastien Delocu aux élections municipales ! Et si ce même commentateur persiste ou si d'autres se joignent à lui à la curée, alors, en 2017, je voterai pour Jean-Cul Mélenfion ! Voilà, c'est dit... Pour en revenir à cet ''ami'' qui eut l'outrecuidance d'évoquer dans un authentique premier degré, je le cite, ''Que les États-Unis ont leur E.T l'extraterrestre Steven Spielberg et qu'en France, nous avons La soupe aux choux'', je lui répondrai qu'avec davantage de culture, de ''bon sens'' et d'ironie crasse, il aurait tout aussi bien pu évoquer Rencontre du troisième type! Car c'est tout d'abord de cela dont il s'agit dans ce qui demeure pour le réalisateur français ainsi que pour sa star Louis de Funès, leur avant-dernier long-métrage avant disparition des radars (les deux hommes mourront à un an d'intervalle). Aux côtés de l'une des plus grandes vedettes de la comédie française à laquelle certains ont l'infâme effronterie de lui apposer comme descendant naturel dans le registre de l'humour l'inconsistant Jamel Debbouze, l'on retrouve Jean Carmet dans l'un de ces personnages qu'il affectionnait et qui contrairement au personnage qu'incarne Louis de Funès lui va comme un gant. Il faut dire que malade, essoufflé, amaigri et parfois doté d'affligeantes lignes de dialogue, on n'a pas très envie de voir Louis de Funès dans cet état. Au bord de l'auto-caricature, presque pathétique même si, il est vrai, l'arrivée tardive et le passage éphémère de la jolie et pétillante Christine Dejoux dans le rôle de La Francine apporte une plus-value, Louis de Funès n'est malheureusement plus que l'ombre de lui-même. Adaptation du roman éponyme de l'écrivain et scénariste français René Fallet, La soupe aux choux signe la fin d'une hégémonie. Celle d'un acteur qui su attirer des millions de spectateurs en salle et devant leur poste de télévision tout en incarnant des individus presque majoritairement veules, autoritaires, tyranniques, pleutres devant les hommes de pouvoir et despotiques devant les faibles. 

 

La soupe aux choux dénote d'ailleurs fortement en comparaison des rôles que Louis de Funès interpréta par le passé. En somme, en incarnant Claude Ratinier, dit ''le Glaude'', l'acteur s'est apaisé pour donner la réplique au plus vieux compagnon du protagoniste qu'il incarne en la personne de Francis Chérasse, dit ''le Bombé''. Rôle qui est donc tenu par un Jean Carmet nettement moins présent à l'image que l'acteur-vedette d'une grande majorité des comédies de l'époque. Si ''bizarrement'', beaucoup se réfèrent à la séance de pets du long-métrage, la vérité est que La soupe aux choux est peut-être moins grotesque qu'il n'y paraît. Car au delà des flatulences de nos deux vieilles peaux récalcitrantes à la modernité, le film de Jean Girault évoque malgré tout quelques thématiques pas du tout inintéressantes. Comme les projets de transformation du milieu rural en complexe moderne, la solitude, la perte d'un être cher (qui en outre donne lieu à des retrouvailles relativement touchantes entre le Glaude et la Francine) ou l'indéfectible amitié entre deux hommes... Et puis, il y a cette rencontre improbable entre le Glaude et la Denrée. Un extraterrestre de la planète Oxo attiré par les bruits de pets des deux septuagénaires !?! Pour camper le rôle de la Denrée, l'acteur Jacques Villeret. Comme le veut l'adage ''Le ridicule ne tue pas'', l'acteur survivra à ses deux partenaires pour ne disparaître que vingt-trois ans plus tard, en 2005. Dire que le costume de l'extraterrestre est ridicule est un euphémisme. Confirmer que son étrange façon de s'exprimer est absurde est une évidence. Mais malgré le contraste qui s'opère entre la ruralité du contexte et l'arrivée de la science-fiction dans un genre et une approche qui ne s'y prêtaient pas forcément à de quoi surprendre. Du moins pendant quelques instants et SURTOUT, si l'on n'a jamais vu ou entendu parler de La soupe aux choux... Ouais, bon, ben c'est bien beau tout ça mais le film de Jean Girault ressemble sacrément à un nanar... plutôt ennuyeux dans ses grandes largeurs. Probablement le film de chevet de Delocu et de mon ami, d'ailleurs... Notons malgré tout la célèbre et inoubliable bande musicale analogique de Raymond Lefebvre qui est demeurée dans toutes les têtes...


lundi 9 mars 2026

The Substitute de Robert Mandel (1996) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Parmi les longs-métrages mettant en scène jeunesse et gangs américains, certains s'illustrent à travers l'environnement dans lequel évoluent leurs personnages. Riches de faits-divers qui ont sans doute plus ou moins inspiré réalisateurs et scénaristes, l'on pu notamment voir évoluer James Belushi dans The Principal de Christopher Cain en 1987, Michelle Pfeiffer dans Dangerous Minds de John N. Smith en 1995, ou encore Samuel L.Jackson dans One Eight Seven de Kevin Reynolds deux ans plus tard. Entre ces deux derniers exemples est venu s'incarner dans le rôle d'un ancien militaire devenu mercenaire, l'acteur Tom Beranger. Premier volet d'une quadrilogie dans lequel celui-ci interprète le rôle de Jonathan Shale, The Substitute  de Robert Mandel débute son action alors qu'il mène auprès de ses hommes une mission à l'étranger. Mais alors que celle-ci s'est couronnée de succès, le groupe se retrouve malgré tout au chômage. Au même moment, la compagne de Jonathan est agressée par l'un des membres d'un gang dirigé par Juan Lacas. Un étudiant violent que Jane Hetzko (l'actrice Diane Venora) tente de faire renvoyer après qu'elle ait été menacée par ce voyou tandis que le principal de la Columbus High School où la jeune femme enseigne estime qu'il n'y a pas suffisamment de preuves pour le mettre à la porte. Ancien policier, Claude Rolle (Ernie Hudson) refuse donc de renvoyer Juan Lucas qui envoie donc l'un des membres de son gang attaquer l'enseignante. Fort heureusement, Jonathan arrive au moment opportun afin d'éviter le pire pour sa compagne. Mais le mal est fait : la jeune femme se retrouve malgré tout avec la jambe plâtrée et incapable de faire cours à ses élèves. Préoccupé par la situation de danger qui plane au dessus d'elle, Jonathan décide de se faire passer pour un professeur bardé de diplômes afin d'intégrer la Columbus High School et ainsi se retrouver à donner des cours aux élèves de Jane. Si les débuts sont difficiles, ce prof de substitution de la classe va pourtant rapidement happer l'attention de ses élèves. Du moins d'une grande partie d'entre eux puisque au fond de la classe, Juan Lacas ne l'entend pas de cette oreille... Dans cet excellent film dramatique mâtiné d'une bonne dose d'action qu'est ce premier volet de la saga The Substitute, Tom Beranger campe le personnage idéal. Charismatique et doté de facultés physiques accumulées lors de son expérience dans l'armée, l'homme va non seulement s'opposer à la virulence de son jeune élève mais en outre démasquer un vaste réseau de drogue... Charismatique, certes, mais également doté d'une assurance qui va permettre au personnage de ne pas se laisser impressionner ou intimider par une partie de la faune qui arpente les couloirs du lycée...


Plus qu'un banal film d'action qui ne reposerait que sur l'affrontement perpétuel entre un ancien soldat caché sous une fausse identité (celle du professeur d'histoire James Smith) et un groupe d'individus parfois surarmés, The Substitute ne prend jamais son public pour un imbécile et le scénario de Roy Frumkes, Rocco Simonelli et Alan Ormsby développe un véritable récit autour de son large panel de protagonistes. Du groupe de mercenaires qui orbitent autour du personnage central. Quatre individus ayant chacun leurs spécificités. Quatre personnages interprétés par d'excellents acteurs, William Forsythe incarne un électron libre relativement instable à travers Hollan, un spécialiste des explosifs. Raymond Cruz joue le rôle de Joey Six, l'expert en armes du groupe. Luis Guzmán campe celui de Rem, un tireur d'élite. Quant à Richard Brooks, il incarne le personnage de Wellman qui dans The Substitute et au sein du groupe est chargé de la coordination et de la logistique. Surtout, leur implications évitent les écueils du film bourrin dans lequel le Héros pourrait à lui seul défaire une organisation criminelle. Notons également que le script développe la relation entre Jane et Jonathan même si là encore, le réalisateur le fait de manière réfléchie, subtile, évitant ainsi l'engourdissement du récit. Et puis, il y a évidemment celles et ceux qui vivent au quotidien le rapprochement avec le problème qui intéresse directement le personnage interprété par Tom Beranger. À commencer par Glenn Plummer qui incarne le professeur Darrell Sherman, ou encore ces deux élèves que sont Jerome Brown (Shar-Ron Corley) et Lisa Rodriguez (Maria Celedonio). Deux personnages types qui veulent s'en sortir et qui donnent un peu d'espoir là où l'on pense que tout est foutu. Action, violence, drame, mais aussi comédie puisque parfois le script se laisse aller à quelques fantaisies comme la fameuse séquence des ''fibres'' mettant en scène Cliff De Young dans le rôle de Matt Wolfson ou cette caricature ultra-revendiquée de ce pseudo-personnage de film d'action matérialisé à l'écran par l'acteur Willis Sparks dans le rôle de John Janus. Notons enfin, pour les amateurs de Hip-Hop, une bande sonore majoritairement consacrée à ce genre musical dont la sélection brille de nombreuses pépites. Bref, un film pour tous. Un régal permanent. Une œuvre beaucoup plus fine et intelligente qu'elle ne pouvait le laisser présager au départ...

 

dimanche 8 mars 2026

La pire mère au monde de Pierre Mazingarbe (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Avec son titre qui renvoie à une tripotée de comédies tournant autour d'éternels conflits familiaux, La pire mère au monde est trompeur. Pour son premier long-métrage après six courts réalisés entre 2010 et 2019, Pierre Mazingarbe se penche sur les rapports conflictuels qui opposent la substitut du procureur Louise de Pileggi et sa greffière de mère, Judith. N'étant pas déplaisante à contempler, l'ancienne ''Miss Météo'' du Grand Journal animé sur Canal+ par Michel Denisot, Louise Bourgoin, débute sa carrière au cinéma après que Fabrice Luchini lui ait conseillé de se présenter au casting de La fille de Monaco d'Anne Fontaine en 2008. Elle y décrochera au final l'un des deux rôles principaux... Un début de carrière au cinéma plutôt prometteur puisqu'elle enchaînera par la suite les interprétations sur grand écran et à la télévision, dans différentes séries télévisées... À ses côtés, l'ancienne humoriste........ Mince ! Comment s'appelle-t-elle déjà ? Aidez-moi, siouplez ! Bah, si. Souvenez-vous : Celle qui a pour habitude d'abandonner ses amis au moment où ils ont probablement besoin d'un maximum de soutien. Celle qui déballe sa vie quand personne ne veut d'elle comme interprète principale ou secondaire d'un nouveau projet cinématographique histoire de rester dans la lumière. Ou bien celle qui prétendait être la première ''AU MONDE'' à avoir annoncé son homosexualité alors qu'une recherche de quelques secondes sur le net suffit à la discréditer... Ben non, rien à faire, j'me souviens plus de son nom. Mais c'est pas grave, puisque le film tourne surtout autour de sa partenaire. Un peu comme si Pierre Mazingarbe lui avait offert le second rôle par pitié. Ou parce qu'elle le supplia peut-être à genoux de lui offrir le rôle de cette acariâtre mère qui au fond, lui va comme un gant ! Mais sans doute me trompe-je... Manipulateur, le titre ? Oui, effectivement. Ou alors, le réalisateur et scénariste s'est-il planté au moment de faire le choix de tourner une comédie. Ce que La pire mère au monde n'est pas vraiment. Ou alors, noire, mais là encore, le cinéaste échoue à dérider les spectateurs tant l'on reste fermé devant la confrontation entre mère et fille dans ce qui se rattache en réalité davantage au thriller. Développant, il est vrai, mais avec un niveau de psychologie relativement bas, la relation tendue entre une Louise et une Judith qui se détestent promptement...


Si bien que l'on a du mal à croire à cette farandole d'injures et de grimaces prenant place au sein d'un récit policier traitant d'un réseau de drogue touchant directement un chenil et son propriétaire, le toujours excellent Gustave Kervern incarnant ici le rôle de Dante Lounas. Et puisque l'humour, noir, connaît quelques faiblesses d'ordre scénaristique, Pierre Mazingarbe fait appel à la compositrice française Julie Roué afin d'appuyer son approche de la comédie qu'il désire être donc plutôt sombre avec une bande musicale parfois sinistre. Ce qui réussit d'ailleurs plutôt bien lorsque le cinéaste choisit de mettre de côté l'humour pour plancher davantage sur cette histoire écrite aux côtés de Thomas Pujol et Sara Wikler et dans laquelle, le réalisateur développe l'idée de chiens-mules facilitant le transport de cocaïne ! Pierre Mazingarbe tente en outre la critique facile et acerbe quand au manque de moyens ou de motivation de la justice lorsqu'il s'agit de traiter du Viol à travers une réplique qui tombe totalement à plat ! Compliqué, également, pour le réalisateur et scénariste de justifier l'animosité qui existe entre la fille et la mère. Ou de traiter des ambitions contrariées de Louise face à son insupportable rival Enguerrand de Rostein de Zboube interprété par Johann Cuny. Oscillant entre comédie faussement noire et thriller moite parfois en mode ''Seven du pauvre'', le film de Pierre Mazingarbe ne parvient jamais à rendre touchantes ou attachantes l'une et l'autre des principales interprètes. Pas même lorsque leurs rapports tendent à davantage de proximité comme lorsque est annoncé la rechute du cancer dont est atteinte Judith. Un personnage suffisamment froid et impersonnel pour que l'on se fiche royalement de son sort. Une protagonistes qui donc est incarnée par.......... Ben, non ! Rien à faire ! Impossible de me souvenir de son nom...

 

samedi 7 mars 2026

Les Tortillards de Jean Bastia (1960) - ★★★★★★☆☆☆☆



Parfois connu sous les titres Les Tortillards sont là ou Après Nous les Mouches, le cinquième long-métrage du cinéaste français Jean Bastia, Les Tortillards (et deuxième auquel participa Louis de Funès la même année, en 1960), ne s'encombre pas vraiment d'un scénario digne de ce nom. Épaulé par son frère, le compositeur d'opérettes Pascal Bastia, le cinéaste propose une farce aux allures de théâtre de boulevard déstructuré inspiré des grands auteurs tels qu'Edmond Rostand et son célèbre Cyrano de Bergerac, qui, ici, sont maltraités par une famille de comédiens dirigée par César Beauminet, lequel est poursuivi par un huissier de justice. Forcés de prendre la fuite, les Beauminet et l'équipe qui complète la troupe partent en tournée en Province, accompagnés pour l'occasion de Gérard Durand, fiancé à Suzy, la fille de César, et fils d’Émile Durand, l'inventeur de l'insecticide « Cicéron ». Ce dernier voit d'un assez mauvais œil le départ de son fils, surtout après qu'un quiproquo l'ait fait confondre avec l'huissier venu se présenter tout comme lui à la famille Beauminet.

Sur la route, César et les siens ont bien du mal à se faire de l'argent. Le public suit, mais les recettes sont maigres et insuffisantes pour leur permettre de manger à leur faim. Gérard qui au départ ne faisait que les accompagner finit par se voir offrir d'importants rôles au seins des pièces présentées au public. Pendant ce temps là, et alors que l'épouse et la sœur d’Émile décident de retrouver la troupe en tournée, celui-ci a bien du mal à trouver la recette miracle qui permettrait à son insecticide de contrer celui de son principal rival. Suivi de son collaborateur Léon, il décide à son tour de prendre la route afin de rattraper la troupe. Peut-être un moyen de valoriser enfin son invention...

Parce que Les Tortillards manque singulièrement d'un scénario solide, le long-métrage de Jean Bastia repose uniquement sur le jeu de ses interprètes. Et en la matière, Jean Richard, celui-là même qui débutera sept ans plus tard une longue carrière à la télévision dans le rôle du commissaire Maigret en fait des caisses. Plus que Louis de Funès, qui se retrouve souvent au second plan, et Roger Pierre, qui incarne le fils de ce dernier, Jean Richard joue davantage à la manière d'un comédien que d'un acteur. Comme la plupart des interprètes qui autour de lui nous proposent un spectacle explosif totalement brouillon mais ne souffrant quasiment pas de temps morts. Reposant essentiellement sur les diverses interprétations de pièces célèbres, Les Tortillards n'est pratiquement qu'une succession de scènes de théâtre filmées, accueillies par un nombre restreint de spectateurs. Une tournée sans enjeux pour une troupe affamée et désargentée qui pourtant reste soudée malgré l'adversité.

Le film de Jean Bastia est vif, sympathique, dévoilant une énergie folle. Et même si l'on y espère découvrir surtout Louis de Funès, sa présence moins importante que celle de la majorité des interprètes ne l'empêche jamais de marquer les esprits à travers ce rôle qu'il aura toujours continué à incarner durant toute sa carrière. La conséquence des faiblesses scénaristiques fait que le film n'est jamais vraiment drôle. Amusant, certes, grâce à l'énergie déployée par la majorité de ses interprètes, mais mineur en comparaison de bon nombre de comédies à l'affiche desquelles trônait en bonne place Louis de Funès...

vendredi 6 mars 2026

Nosferatu de Robert Eggers (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

S'attaquer à un mythe tel que le légendaire film expressionniste allemand Nosferatu, eine Symphonie des Grauens réalisé par Friedrich Wilhelm Murnau en 1922 est une prise de risque que prit tout d'abord brillamment son contemporain Werner Herzog en 1979 à travers l'excellent Nosferatu: Phantom der Nacht. Après une première œuvre que tout bon cinéphile ou cinéphage compte parmi les chefs-d’œuvre du septième art et un premier remake aux qualités indéniables et littéralement habité par son principal interprète, l'acteur Klaus Kinski, on peut se demander où se situe l'intérêt d'une nouvelle itération en ce premier quart du vingt et unième siècle qui a trop souvent l'habitude de manquer d'inspiration en matière de terreur... Et pourtant, quelle plus rassurante annonce aurions-nous pu attendre que celle d'une toute nouvelle adaptation signée d'un cinéaste se situant assurément tout en haut de la liste des réalisateurs dont on peut avoir une confiance quasi absolue ? Car c'est bien de fiabilité dont on parle au sujet de l'américain Robert Eggers, qui entre 2015 et 2022 a signé trois grands longs-métrages. The Witch, The Lighthouse ainsi que The Northman. Trois œuvres originales rejointes donc en 2024 par une quatrième, s'inscrivant dans une longue, très longue lignée d'adaptations cinématographiques reposant sur l'un des plus célèbres ouvrage de la littérature fantastique mondiale, le Dracula de Bram Stoker..... Et dire que le Nosferatu, eine Symphonie des Grauens de Friedrich Wilhelm Murnau faillit nous passer sous le nez. Car bien qu'ayant pris certaines précautions en renommant son vampire en Comte Orlok (incarné à l'époque par l'acteur allemand Max Schreck) et en ne citant pas le nom de Dracula mais celui de Nosferatu, personnage inspiré par des ouvrages ethnographiques évoquant certaines croyances roumaines d'après l'écrivain britannique, la plupart des copies du tout premier Nosferatu a voir le jour sur grand écran furent détruites après que la veuve de Bram Stoker ait gagné son procès pour plagiat !


L'une des différences fondamentales entre le vampire du romancier et celui du cinéaste allemand reposant sur leur aspect physique respectif. Tandis que Dracula a majoritairement été personnifié par des interprètes physiquement conformes à l'apparence humaine, les deux premiers Nosferatu à voir le jour sur grand écran apparurent sous celle de créatures humanoïdes, certes, mais symbolisant l'apparence d'un rat (ou d'une chauve-souris), allusion à la peste qui ravage le récit dès l'entrée du vampire dans la ville de Wisborg (en lieu est place de Londres dans le roman d'origine). Des mains aux longs doigts griffus, un crâne chauve, de longues incisives et des oreilles en pointes... De cette créature iconique, Robert Eggers se débarrasse de l'apparence pour lui prêter un aspect beaucoup plus ''crédible'' en ce sens où l'on pourrait éventuellement accorder au vampire la capacité de séduire celle qu'il tentera de s'accaparer. On parle bien évidemment d'Ellen, interprétée par Lily-Rose Depp, fille de Vanessa Paradis et de Johnny Depp, jeune femme en proie à différentes crises dont certaines de somnambulisme, victime d'une connexion avec le Comte Orlok qui de son côté est incarné par l'acteur suédois Bill Skarsgård, connu pour avoir notamment joué le rôle de Pennywise dans les différentes adaptations cinématographiques et télévisées du roman Ça de Stephen King entre 2017 et 2025. On pourra (ou pas d'ailleurs) reprocher ce choix esthétique de la part du cinéaste qui trahit donc l'apparence du vampire originel conçu à l'origine par Friedrich Wilhelm Murnau et par le directeur artistique Albin Grau mais pour le reste, son Nosferatu est une expérience de cinéma qui vaut pourtant le détour. Sans trop trahir l’œuvre originale bien que la version de 2024 passe tout logiquement comme celle de 1979 du muet au parlant !


L'on passe ensuite de l’expressionnisme allemand au gothique, dans un ensemble de décors reconstituant un dix-neuvième siècle impressionnant. Des décors de Craig Lathrop, en passant par les costumes de Linda Muir et plus encore la photographie de Jarin Blaschke, fidèle du cinéaste américain puisque les deux hommes collaborèrent ensemble sur les trois précédents longs-métrages de Robert Eggers, Nosferatu est une claque visuelle de tous les instants. Chaque plan ou presque est l'occasion d'admirer la finition du moindre petit détail projeté à l'écran. Une merveille picturale. Une série de tableaux animés s'enfonçant peu à peu dans une noirceur irrémédiable... Dans cette nouvelle version, le réalisateur aborde le personnage d'Ellen de manière beaucoup plus profonde que par le passé. Chargeant la mule de cette curieuse relation, cette connexion entre la jeune femme et cet aristocrate monstrueux qu'elle a involontairement invoqué dans son désir de trouver amour et compagnie au tout début du récit. Fidèle, donc, dans ses grandes largeurs, d'une beauté à couper le souffle et notamment incarné par un Bill Skarsgård à la voix rauque buvant le sang de ses victimes dans un bruit de déglutition absolument terrifiant, Nosferatu tente à démontrer que sans être en pleine possession de son propre script, Robert Eggers est pourtant incapable de marquer par de profonds engagements littéraires, la différence entre les œuvres de 1922, de 1979 et la sienne. Du coup, Nosferatu version 2024 pourra apparaître pour les nostalgiques des anciennes versions, comme une inutile adaptation. Car en dehors de la forme que prend le long-métrage, sans cesse éblouissante et d'une ampleur sensorielle parfois éclatante, le film de Robert Eggers n'est au fond qu'une ''redite''. Une variation sur le même thème. Tantôt passionnante, tantôt... ennuyeuse et redondante....

 

jeudi 5 mars 2026

Retour à Silent Hill de Christophe Gans (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Cinéaste rare mais populaire auprès des amateurs de cinéma d'horreur depuis qu'il réalisa en 2006 l'une des meilleures adaptation de jeu vidéo avec Silent Hill, le réalisateur et scénariste français Christophe Gans était attendu au tournant avec Retour à Silent Hill en 2026. Après un second volet intitulé Silent Hill : Révélation, méprisé par la plupart des critiques et par une très large partie des spectateurs mais qui fort heureusement ne fut pas signé par le cinéaste hexagonal mais par la britannique MJ Bassett qui avant son coming-out transgenre voilà dix ans se faisait appeler Michael J. Bassett, Christophe Gans a repris les rênes de la franchise pour nous offrir un ''Retour'' très attendu. Pile vingt années après le premier long-métrage, Retour à Silent Hill sonne comme la célébration d'un mythe de l'univers vidéoludique, concurrent direct de la série Resident Evil et auquel le français offrit ses plus belles lettres de noblesse sur grand écran. Pourtant, entre 2006 et 2026, bien des choses ont changé. Les attentes du public étant à équidistance de ses exigences, le film n'a cette fois-ci malheureusement pas eu l'honneur de connaître le même succès. Basé cette fois-ci non plus sur le premier jeu de la série vidéoludique de type survival-horror créée en 1999 par la société de développement de jeux vidéos japonaise Konami mais sur le second sobrement intitulé Silent Hill 2, Retour à Silent Hill contient un certain nombres d'idées qui sont propres au script de Christophe Gans, Sandra Vo-Anh et Will Schneider. Cela n'est peut-être pas évident au premier abord même si certains éléments déployés sur le tard viennent confirmer l'hypothèse, mais réalisateur et scénaristes se sont employés à revendiquer une certaine forme d'exploration mentale du personnage de James Sunderland incarné à l'écran par l'acteur Jeremy Irvine tandis que dans le jeu vidéo, ce personnage, central, était tout d'abord attiré à Silent Hill par l'entremise d'une mystérieuse lettre. Probablement que les auteurs ont choisi cette version altérée du récit afin de ne pas perdre en route ceux qui ne connaissent pas l'univers du jeu vidéo. Un choix qui pourra être peu ou prou considéré comme une trahison pour certains mais qui pour d'autres sera vu comme une relecture beaucoup plus limpide du récit originel. Autre détail de très grande importance, les personnages de Mary, Maria, Angela et Laura que l'on retrouve de nouveau...


Là encore, Christophe Gans et ses deux scénaristes font une entorse à l'histoire du jeu. Mais laissons la discrétion à celles et ceux qui voudraient découvrir par eux-mêmes ce qu'il en est... Ce qui par contre change ici drastiquement est l'intervention d'un culte religieux et sectaire qui était absent de Silent Hill 2. Ensuite, et contrairement au principe qui veut qu'un joueur se fasse sa propre idée de l'univers vidéoludique qu'il tient entre ses mains, le scénario de Retour à Silent Hill demeure très clair sur ses intentions et ne laisse plus vraiment de portes de sortie en cloisonnant le récit à travers une issue qui ne laisse aucunement la place à l’ambiguïté... En dehors de ces quelques libertés qui figurent objectivement des prises de risque, qu'est-ce qui donc a pu pousser certains critiques, heureusement non majoritaires, à vomir tant de bile à l'encontre du dernier long-métrage de Christophe Gans ? L'on est encore à se poser la question tant le film vaut bien mieux que la charge négative qu'il dû subir à sa sortie. Sans doute, il est vrai, Retour à Silent Hill s'avère en deçà de la première adaptation de l'univers du jeu vidéo. Probablement que certaines séquences dont le ridicule n'a d'égal que leur invraisemblance gâchent une partie de l'expérience (James tentant ainsi d'échapper à la Spider Lady, créature androgyne et humanoïde apparentée à une araignée ou au fameux Pyramid Head tout en ne pensant jamais, ô grand jamais à éteindre sa lampe-torche histoire de se faire discret!). Peut-être ces incessantes ruptures scénaristiques et de ton projetant notre héros dans le mi-joyeux, mi-douloureux passé qu'il partagea avec sa compagne Mary Crane (Hannah Emily Anderson) ont-elles gêné certains spectateurs ? Retour à Silent Hill n'en est pas moins une réussite. Sombre, occulte, dantesque, emplie comme toujours d'une solitude qui arrache cœur et esprit. Cette nouvelle itération a en fait surtout le ''tort'' d'arriver en troisième position. S'alignant ainsi sur un univers que l'on connaît désormais par cœur. Aucune surprise ou presque donc. Le retentissement de la sirène ou ces mutations glauquissimes d'environnements déjà pas très ragaillardissant ne faisant malheureusement plus peur à grand monde. Reste alors l'immersion, totale, dans un univers cauchemardesque ampli de créatures tout aussi effroyables mais malheureusement, très mal exploitées. À l'image du Pyramid Head justement...

 

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