Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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dimanche 24 mai 2026

Mortal Kombat 2 de Simon McQuoid (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Cinq ans après la troisième adaptation de la franchise de jeux vidéos Mortal Kombat démarrée sur grand écran en 1995 avec Mortal Kombat de Paul W. S. Anderson, poursuivie deux ans plus tard avec Mortal Kombat : Destruction finale de John R. Leonetti et complétée en 2021 avec le reboot Mortal Kombat de Simon McQuoid, ce dernier réinterprète pour la seconde fois l'univers vidéoludique créé à l'origine par la société de développement et d'édition de jeux vidéos américaine Midway (reprise ensuite par NetherRealm Studios) pour offrir aux fans de la saga une œuvre aspirant à recréer le monde du principal concurrent de la franchise Street Fighter de la société de développement japonaise Capcom. Attendu par des amateurs qui après la sortie du reboot furent ''désemparés'' par un premier opus qui manquait foncièrement de combats et s'avérait au fond assez peu fidèle au jeu d'origine, Simon McQuoid rectifie en partie le tir en plongeant ses protagonistes dans une série de combats se déroulant dans l'outre-monde gouverné par Shao Kahn (incarné à l'écran par l'acteur Martyn Ford). Mortal Kombat 2 débute alors que le tyran assassine le roi d'Edenia au cours d'un combat. Ressortant vainqueur, Shao Kahn prend pour épouse Sindel (Ana Thu Nguyen), la veuve du roi et devient le père de substitution de Kitana (Adeline Rudolph) qui vingt ans après avoir perdu son père biologique semble s'être désormais rangée du côté du nouvel empereur de l'outre-monde. Cette séquelle prend pour cadre le combat entre divers combattants à la solde de Shao Kahn et des adversaires réunis autour de Raiden (Tadanobu Asano) pour la survie de l'espèce humaine et du Royaume Terrestre. Constitué autour de Sonya Blade (Jessica McNamee), de Jackson Briggs plus connu sous le diminutif de Jax (Mehcad Brooks) ou de Liu Kang (Ludi Lin), le clan du Bien pourra compter sur le soutien tout d'abord contraint de Johnny Cage (Karl Urban), personnage emblématique de la série de jeux depuis ses origines et présent dans les adaptations cinématographiques de 1995 et 1997 tandis qu'il était absent du reboot de 2021. Dans le cas de Mortal Kombat 2, s'il est bien connu des amateurs de la franchise vidéoludique que Johnny Cage est doté de plusieurs pouvoirs, sa présence ici est celle d'un homme dénué de toute faculté physique exceptionnelle en dehors de ses qualités de karatéka ou de kickboxer qu'il mis à contribution dans des films d'action auxquels tente d'ailleurs bien maladroitement de rendre hommage Simon McQuoid lors d'un faux extrait de film mettant en scène Johnny !


Si concevoir d'offrir à un personnage vieillissant, totalement ignoré lors de certaines conventions annuelles comme le décrit une séquence vers le début du récit et n'ayant apparemment pas pratiqué le moindre art martial depuis des années, le rôle principal du sauveur du Royaume Terrestre peut paraître inopportun, sa présence semble avoir pour principale destinée d'apporter la touche d'humour nécessaire à un univers des plus sombre. Car à vrai dire, voir l'acteur Karl Urban se dépatouiller lors de certains combats qui illustrent à quel point les arts-martiaux ne sont pas l'une des ses principales qualités confirment qu'il y a ici erreur de casting. Ou alors ne faut-il voir en ce personnage que ce bouffon qui derrière des lunettes de soleil qu'il ajuste à l'aide de son majeur balance des références cinématographique dénuées d'inspiration en terme d'écriture. Évoquer indirectement ou non et sous forme de punchlines des œuvres ou des personnages tels que Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin de John Carpenter, Dumbeldore de la saga Harry Potter, Transformers ou encore Le seigneur des anneaux ne font pas forcément de ces répliques d'intenses moments de rigolade et l'on espère presque qu'après sa rapide défaite face à Kitana le personnage disparaîtra des radars. D'autant plus que du côté des forces du Bien, l'on peu notamment compter sur Liu Kang ou Jax dont le charisme est à mille lieu du pitre Johnny ''super beau gosse'' Cage ! Coté décors, le budget estimé à soixante-dix millions de dollars permet aux personnages d'évoluer dans des environnements majoritairement créés par ordinateur. Et malgré l'importante somme d'argent allouée à leur conception, on est loin ici de certaines prouesses techniques visibles dans certaines grandes productions américaines. Ce qui n'empêche pas certain décors d'être très attractifs. Du côté des combats, là encore l'on peut distinguer des affrontements parfaitement exécutés quand d'autres s'avèrent techniquement à la ramasse. Il y a donc du bon et du moins bon. Parmi les combats notables, celui entre Liu Kang et son frère Kung Lao (Max Huang) fait partie des quelques pépites qui en terme de chorégraphies sont relativement appréciables. Ici, le spectateur n'étant pas amené à réfléchir, Mortal Kombat 2 est un pur divertissement dénué de toute réflexion ou presque. Des effets-spéciaux, du combat au corps à corps, à mains nues ou à l'arme blanche. Bref, du bourrin plutôt jouissif et finalement très divertissant...

 

samedi 23 mai 2026

Mar Negro de Rodrigo Aragäo (2013)



Près d'une île, deux hommes partent pêcher en pleine nuit lorsqu'ils tombent sur une étrange et très agressive créature surgie des eaux. Avant d'avoir pu s'en débarrasser, l'un d'eux est gravement mordu au bras. Dès son retour chez lui, il est soigné par son épouse Indiara dont est secrètement amoureux un jeune albinos.
Le travesti Isidora Fernandez est ravi de pouvoir enfin ouvrir le Sururus Club. L'homme y a mis toute sa foi et tout son courage et invite tous les hommes à venir y passer un bon moment. Car le Sururus Club est un lieu de débauche où le sexe et l'alcool vont couler à flot. Pour fêter l'événement, Isidora a fait venir la chanteuse Clara pour qu'elle y interprète quelques chansons. Mais rien ne va se dérouler comme prévu. Dans les cuisines du Sururus, on prépare le diner qui sera servi aux convives : du poisson, pas vraiment frais, et contenant une bactérie qui va transformer en zombis tous ceux qui en mangeront.

Plus loin, la maladie a gagné du terrain chez le pêcheur dont la blessure ne cesse de se rouvrir. Alors que son épouse est partie donner un coup de main dans les cuisines du Sururus, leur fille le soigne tant bien que mal mais lui aussi se transforme en zombi. Le carnage peut alors commencer...


Cette fois-ci, direction le Brésil pour un film d'horreur particulièrement gore. Rien à voir avec les telenovela, ces feuilletons à rallonge dont semblent être friands les habitants des pays hispanophones. Ici, on est plus proche de Peter Jackson et de son Bad Taste que de Gilberto Braga et son Cœur de Diamant diffusé entre 1985 et 1987 sur TF1. Quoique en matière d'effets-spéciaux, on ne peut pas dire que Mar Negro du cinéaste brésilien Rodrigo Aragäo soit vraiment brillant. Troisième volet d'une trilogie initiée par Mangue Negro en 2008 et poursuivi en 2011 par A Noite do Chupacabras, Mar Negro n'est pas avare en matière d'hémoglobine.

Si le sang met du temps avant de repeindre la totalité des décors et des interprètes, on ne pourra pas reprocher au cinéaste d'avoir ménagé ses effets. Le récit est on ne peut plus anecdotique et sert en réalité les scènes d'horreur qui vont suivre. Ces dernières sont d'ailleurs majoritairement constituées de dizaines de litres de sang projetés contre les murs et sur les personnages. Décapitations et impacts de balles sont le plus souvent masqués par cette abondance d'hémoglobine mais il arrive que parfois l'on entraperçoive quelques effets gore intéressants.
Pas non plus de quoi sauter au plafond mais avec un budget initial de 69 000 euros, Rodrigo Aragäo ne s'en sort pas trop mal. Et puis, il est assez rare de trouver des films d'horreur brésiliens pour ne pas faire la fine bouche. A part le célèbre cinéaste Jose Mojica Marin (dont certaines des œuvres seront probablement chroniquées ici ou sur Cinémart), le Brésil semblait jusqu'à maintenant assez frileux en matière d'horreur, de fantastique ou même de gore. 


vendredi 22 mai 2026

Martwi Przed świtem de Dawid Torrone (2026) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Tout le monde en parle... Enfin, tout le monde, surtout ceux qui apprécient les films d'horreur typés Slashers et qui s'attendaient sûrement à ressentir des frissons inédits. Et pour le coup, les caractères visuels et narratifs de Martwi Przed świtem de Dawid Torrone l'éloignent drastiquement des codes du genre pour se complaire dans une certaine forme d'art totalement barré et malheureusement, souvent indigeste. Prendre pour argent comptant les quelques avis élogieux qui prétendent que le premier long-métrage du réalisateur et scénariste polonais Dawid Torrone est une réussite, c'est prendre surtout le risque de se retrouver totalement désabusé devant une œuvre façonnée à la truelle par un artisan qui semble s'être emmêlé les pinceaux entre révérence appuyée pour un genre qui a connu sa seule véritable heure de gloire voilà plus de quarante ans et prétentions artistiques réparties sur chaque plan par un sagouin atteint de démence ! À dire vrai, ce qui semble avant tout avoir inspiré le cinéaste n'est pas tant ce sous-genre du cinéma d'horreur né pour certains dans le courant des années 60 et pour d'autres la décennie suivante sur le territoire américain que son alter ego transalpin connu sous le nom de Giallo et qui pour certains là encore semble avoir été enfanté par un certain Mario Bava, auteur en 1963 de La Ragazza Che Sapeva Troppo ou l'année suivante de Sei Donne Per l'Assassino. Un genre dont s'emparera d'ailleurs son compatriote Dario Argento lequel signera une impressionnante séries de longs-métrages considérés pour la plupart comme d'authentiques classiques du genre..... Mais pour en revenir à Martwi Przed świtem, son auteur semble avoir été tout d'abord inspiré par des œuvres telles que Suspiria ou Opera de ce même Dario Argento et plus encore Deliria de Michele Soavi qui en 1987 sorti sur notre territoire et à l'internationale sous le titre Bloody Bird. Un classique auquel se raccorde le récit de Martwi Przed świtem puisque dans un cas comme dans l'autre, une troupe d'acteurs s'installe dans un théâtre afin de répéter une pièce avant d'être attaquée par un tueur masqué. Si l'assassin du long-métrage de Michele Soavi est notamment demeuré célèbre grâce au masque de hibou qu'il portait sur le visage, celui de Martwi Przed świtem n'est pas en reste puisque de son côté, le tueur cache le sien derrière un masque très particulier puisque constitué de dizaines d'yeux ! Ironique lorsque l'on sait que voir à travers un tel attirail paraît invraisemblable...


Pour être tout à fait honnête et en tant que grand amateur de Slashers et de Gialli, Martwi Przed świtem s'avère effroyablement... mauvais ! Surenchérissant dans la démesure artistique, le travail sur la ''pellicule'' (?), le grain, le brouillard permanent, la surexposition et les couleurs tantôt délavées, tantôt criardes finissent de brouiller les perspectives que le réalisateur s'amuse en outre à déglinguer à grands coups de travellings allant dans tous les sens. Comme un bateau ivre perdu en plein océan, tanguant par ''mer agitée''. De quoi avoir la nausée, chopper une céphalée, mais aussi et surtout n'y rien comprendre. Et d'une certaine manière, tant mieux. Car derrière le flou artistico-scénaristique demeurent quelques séquences beaucoup plus simples à décrypter et qui masquent de ce fait, assez mal la pauvreté de l'écriture. Entre des meurtres rares et qui donc se font attendre, des effets gore pas franchement au niveau de ce que l'on est en droit d'attendre en 2026 (un personnage cache avec toute la difficulté du monde son bras, caché sous sa veste tandis que le tueur vient de lui couper ce qui lui servait de prothèse), un scénario si peu inspiré que son auteur se croit contraint de le noyer sous une chape de séquences toutes plus visuellement délirantes les unes que les autres, avouons-le : on s'fait chier ! Les courses-poursuites frisent le ridicule. Les acteurs/trices sont mauvais, surjouent, tandis que le spectateur a parfois bien du mal à faire la différence entre les répétitions de la troupe et les meurtres commis par le tueur masqué. Difficile de savoir où a vraiment voulu en venir Dawid Torrone si ce n'est que son film n'est qu'un copier/coller de quelques idées forcément pas toutes neuves saupoudrées d'une vision toute personnelle qui cause plus de dégâts qu'elle n'apporte de bienfaits. L'effort est louable mais finalement caduque ! Sans intérêt, donc...

 

jeudi 21 mai 2026

L'âme idéale d'Alice Vial (2025) - ★★★★★★★★★☆

 


 

De part son sujet, le premier long-métrage de la réalisatrice, scénariste et actrice française Alice Vial évoque immédiatement Ghost de Jerry Zucker avec Patrick Swayze Demi Moore et Whoopi Goldberg et dans lequel un fantôme communiquait avec une voyante afin d'entrer en contact avec son épouse dont l'existence était mise en danger par un individu peu scrupuleux. Plus près de chez nous l'on évoquera Fantômes avec chauffeur de Gérard Oury, à la forme nettement plus légère mais qui là encore mettait en scène deux protagonistes qui après avoir été les victimes d'un guet-apens devenaient des fantômes contraints de collaborer alors que leur relation n'avait jusque là jamais dépassé celle entre un PDG de grande entreprise et son chauffeur (Philippe Noiret et Gérard Jugnot dans les rôles de Philippe Bruno-Tessier et Georges Morel). Comédie fantastico-romantique, L'âme idéale évoque ensuite le sujet de la mort, à travers les soins palliatifs et le don que possède Elsa, une quarantenaire qui depuis toujours est capable de communiquer avec les morts. Quant à son statut de médecin travaillant dans le service des soins palliatifs d'un grand hôpital, le personnage évoque l'un des très grands films traitant du sujet à avoir vu le jour ces dernières années à travers le formidable Heldin de la réalisatrice et scénariste suisse Petra Volpe. Une œuvre puissante, aussi bien dans sa forme que dans le fond, rejoint désormais par cette nouvelle itération qui bien que des éléments fantastiques y soient intégrés n'en est pas moins d'une très grande profondeur. Si la capacité de voir et de communiquer avec les morts peut-être en soi considéré comme un don, pour Elsa, il s'agit plus probablement d'une malédiction puisque ce ''pouvoir'' incontrôlé qu'elle possède par ''héritage'' de sa mère l'empêche de nouer une relation stable avec des hommes qui la quittent dès lors qu'ils prennent conscience de ses facultés. Un soir, alors qu'elle est en scooter, la jeune femme percute un bus et s'effondre au sol. Blessée à l'arcade, elle est secourue par Oscar, le passager d'un taxi qui lui propose de l'emmener chez lui afin de la soigner... La rencontre entre ces deux individus va être le départ d'une histoire d'amour très éloignée des codes du genre...


D'emblée, L'âme idéale nous prend à la gorge lors d'une séquence d'ouverture décrivant très précisément les facultés d'Elsa qui lors d'un dîner avec son compagnon et ses beaux-parents est confrontée au fantôme de leur fille, une adolescente qui s'est suicidée voilà plusieurs années. Lors de cette scène émotionnellement forte, Alice Vial évoque le rituel pratiqué par Elsa permettant aux fantômes de régler le problème qui les empêche de quitter le monde des vivants, en traversant un halo lumineux afin de pouvoir définitivement reposer en paix. Un premier et véritable uppercut auquel, on s'en doute, succéderont d'autres séquences toutes aussi bouleversantes... Pour autant, L'âme idéale n'est pas qu'un conglomérat de scène larmoyantes malgré des sujets délicats tournant autour de la mort. Bien qu'une révélation plus ou moins inattendue va venir bouleverser la relation entre Elsa et Oscar, la cinéaste parvient à injecter une dose d'humour salutaire dans un contexte où rôde avec régularité le sujet de la mort. Incarné par un duo d'interprètes constitué autour de la magnifique Magalie Lépine-Blondeau et de Jonathan Cohen que l'on a davantage l'habitude de voir dans des comédies, le film d'Alice Vial touche par sa grande profondeur d'âme, où l'écriture et l'interprétation atteignent un degré d'intensité que l'on ne ressent généralement que trop rarement. La réalisatrice et scénariste (qui a collaboré à l'écriture du script avec Jean-Toussaint Bernard) évoque en outre la pratique de la télé-médecine en soins palliatifs jugée ici comme un traitement du malade totalement déshumanisé. Parmi les personnages secondaires, notons Mireille, femme d'âge mûr en fin de vie formidablement interprétée par l'actrice Anne Benoît. Personnage avec lequel Elsa crée d'ailleurs un lien très fort. Quelques amusantes petites ''coquilles'' viennent ponctuer le récit comme l'impossibilité pour Oscar de préparer un café pour Elsa alors qu'on le vit plus tôt ouvrir la porte de son appartement. Mais rien de grave car face à l'émotion quasi perpétuelle qui ponctue le récit et à laquelle participe notamment la très jolie bande musicale de l'arrangeur et multi-instrumentiste française Olivier Marguerit, l'on est conquis par cette histoire, belle, troublante, attendrissante, émouvante, parfois drôle et merveilleusement interprétée par notre duo et tous ceux qui gravitent autour d'eux. Un vrai GROS coup de cœur...

 

mercredi 20 mai 2026

Animal Totem de Benoît Delépine (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Provenant à l'origine du mot Ototeman issu des peuples autochtones anishinaabe d’Amérique du Nord, le terme Animal-Totem se rattache désormais plus simplement à l'idée de désigner un animal auquel l'on s'identifie. C'est aussi le titre du dernier long-métrage de Benoît Delépine que ce partenaire habituel de Gustave Kervern réalise et écrit cette fois-ci en solitaire. Bien que les deux hommes aient collaboré sur près d'une quinzaine de projets en commun, il arrive parfois que l'un et l'autre prennent leurs distances pour mettre en scène des œuvres indépendantes. Benoît Delépine réalisa ainsi en 2010 le court-métrage Comme un chien, en 2014 Enfin la fin et l'année suivante le téléfilm Groland, le gros métrage aux côtés de Christian Borde tandis que Gustave Kervern tourna le court Ya basta ! en 2010, le long Je ne me laisserai plus faire en 2024 alors que son dernier projet à l'heure actuelle intitulé Voilà, c'est fini en est à sa phase de post-production... Animal Totem a beau avoir été écrit à une main, celle de Benoît Delépine, le réalisateur, scénariste, acteur et figure emblématique de l'émission de télévision diffusée sur Canal+, Groland, n'en a pas pour autant perdu de son mordant. L'auteur confie à l'acteur Samir Guesmi le rôle de Darius six mois avant son apparition dans l'excellent Grand Ciel d'Akihiro Hata dans lequel il incarnera le rôle d'un syndicaliste prénommé Saïd. Dans Animal Totem, celui-ci incarne un homme qui prétend à qui lui prête une oreille distraite qu'on lui a volé ses papiers et toutes ses affaires lors de son arrivée à l'aéroport de Beauvais. Tout sauf... une valise à roulettes fort heureusement reliée à son bras gauche par une paire de menottes. À pied, et sur des dizaines de kilomètres, le voilà, chemin faisant et lors de rencontres inopinées, lancé dans une aventure qui doit le porter jusqu'à un rendez-vous d'une importance capitale... Considérant son dernier long-métrage davantage comme un conte moderne que comme une simple comédie noire dont il se fait généralement le chantre aux côtés de son ami Gustave Kervern, Benoît Delèpine explique la genèse d'Animal Totem à travers le souvenir d'un père agriculteur originaire de Picardie qui usait de produits insecticides mais aussi et surtout d'un combat écologique réel mené contre la présence d'une usine chimique qui eut pour conséquence l'abandon de sa construction. Le film est donc lui-même un message écologique parsemé de rencontres inattendues...


C'est ainsi que Darius croise la route d'une jeune anarchiste (Solène Rigot dans le rôle de Coli) qui vole les riches, celle d'un ASVP (pour Agent de surveillance de la voie publique), d'un amateur de MMA et de réseaux sociaux (Jonas Dinal dans le rôle de ''Tiger King''), d'un moniteur de tir à l'arc et même d'un étrange personnage, poète à ses heures, interprété par Patrick Bouchitey, qui voit en outre en noir et blanc et semble percevoir Saïd tel que le scénario de Benoît Delépine ne semble pas encore disposé à le dévoiler aux spectateurs. Car derrière sa bonhomie, sa passion pour la nature et les animaux parmi lesquels l'homme cherche justement à dénicher son ''Animal-Totem'', Saïd cache derrière un costume qui à bien y réfléchir peut nous aiguiller sur sa fonction première, un individu beaucoup moins calme et tranquille qu'il n'y paraît. Filmé dans un cinémascope qui réduit la lisibilité à travers deux bandes noires qui dévorent plus de la moitié de l'image, Animal Totem est parsemé de plans en grand angle. Mais surtout, le dernier film de Benoît Delépine semble n'avoir pas grand chose à nous raconter, l'écriture demeurant parfois d'une déprimante simplicité. Pourtant, le potentiel est là et l'on retrouve parfois la noirceur de l'ex duo, notamment lorsque le personnage central du récit évoque la composition d'un bidon de produits chimiques insecticide découvert dans un champ et dont la composition rappelle à Darius celle du traitement administré à sa mère lors de sa chimio ! Et jusqu'à cette séquence jouissive, rencontre entre notre héros et un infâme chasseur incarné par Gérard Boucaron, qui en outre est au centre d'un projet de construction d'usine chimique qui risque d'avoir des conséquences lourdes sur la faune et la flore de la région ! Tout ce qui précède la rencontre entre les deux hommes prend alors tout son sens à ce moment très précis et ce film que l'on pouvait jusqu'à maintenant considérer de si petit qu'on aurait oublié son existence à peine quelques jours après sa projection prend désormais une ampleur beaucoup plus importante. Au final, Animal totem est une sympathique comédie noire et écologique, sans doute mineure dans la carrière de son auteur. Un Benoît Delépine que l'on espère voir très vite collaborer de nouveau avec Gustave Kervern sur un prochain projet de long-métrage...

 

mardi 19 mai 2026

Grand ciel d'Akihiro Hata (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur et scénariste, le japonais Akihiro Hata signe une œuvre ambitieuse pour un budget qui pourtant ne semble avoir tourné autour que de trois ou quatre millions d'euros. Coproduction franco-luxembourgeoise, Grand ciel s'inscrit dans une veine sociale mêlant thriller et fantastique pour un résultat qui dépasse de très loin le simple statut de projet incluant une critique du monde moderne sous les atours d'une dystopie plus ou moins futuriste. Le titre se réfère à un projet immobilier éponyme de grande ampleur, écologique, une vision paradisiaque d'un quartier chaleureux, lumineux, arboré, mais qui tranche radicalement avec ce chantier monstrueux où Vincent travaille depuis peu. Un personnage central excellemment incarné à l'image par l'acteur Damien Bonnard. Un ouvrier ambitieux, qui compte bien demeurer en place même si son contrat doit se terminer dans les jours à venir. Par chance, l'un des ouvriers qui travaillent de nuit et à ses côtés disparaît sans donner de nouvelles. Et parce que l'un de ses supérieurs lui a rapidement promis de prendre prochainement de l'avancement, Vincent accepte tout d'abord de prendre la place d'Ousmane (Issaka Sawadogo), le collègue disparu. Alors qu'ils travaillent ensemble dans les étages inférieurs d'une immense tour enfouis dans le sol où le béton a tendance à s'effriter, Saïd (Samir Guesmi), Mihai (Tudor Aaron Istodor), Ahmed (Ahmed Abdel Laoui) et Vincent découvrent un soir qu'une autre équipe a bouché le trou qu'ils avaient réalisé tôt le matin même afin de résoudre le problème lié à la mauvaise qualité du béton. Pour Saïd, cela devient une évidence : Afin de ne pas perturber le chantier, Ousmane a probablement été retrouvé mort et pour ne pas alerter les autorités, son corps a été coulé dans le béton... Aussi évident que puisse paraître ce projet de dissimulation de corps évoqué par ce personnage de syndicaliste très impliqué dans les conditions de travail de ses collègues, le script d'Akihiro Hata et des scénaristes Jérémie Dubois et Camille Lugan est en réalité beaucoup moins évident qu'il n'y paraît. Grand ciel oppose tout d'abord deux points de vue dont le contraste est relativement saisissant. D'un côté, ce projet immobilier, véritable havre de paix étincelant de couleurs, lumineux et paisible et de l'autre, ce chantier, marqué par la grisaille du béton, la poussière, le bruit et l'obscurité. L'on évoquera d'ailleurs à ce sujet la remarquable photographie de David Chizallet et les décors d'Aurore Casalis qui offrent à ces derniers l'apparence d'un ogre gigantesque qui dévore les ouvriers.


Un cadre étouffant, anxiogène, labyrinthique, à l'image de ces fondations, canaux ininterrompus de pièces qui rappellent les fameuses backrooms des espaces liminaux dont cultivent l'image certains usagers des réseaux sociaux. Ici, l'ouvrier est traité par la hiérarchie comme de la main-d’œuvre dont la santé et la sécurité n'est évidemment pas la priorité. D'autant plus que l'on découvre que parmi les employés, certains n'ont pas de papiers et sont présents illégalement sur le territoire français. Grand ciel s'inscrit donc dans une certaine réalité sociale fascinante, éreintante, asphyxiante, déployant également chez son personnage principal une certaine forme d'ambivalence entre le soucis de protéger ceux qui bientôt seront sous ses ordres et celui de conserver le poste qui lui permettrait un jour de vivre en compagnie de sa petite amie Nour (Mouna Soualem) et de son beau-fils au cœur même du complexe immobilier auquel il participe lui-même à la construction. Le long-métrage d'Akihiro Hata n'est pas qu'un empilement de poncifs qui dans ce genre de production fait les beaux jours des réfractaires à toute forme d'autorité puisque sous les oripeaux du drame social où la disparition de plusieurs ouvriers est maintenue secrète par les dirigeants de l'entreprise de construction, le réalisateur ajoute à Grand ciel un élément fantastique qui participe à l'étrangeté de cette œuvre qui n'est plus alors qu'une critique sociale mais devient à travers la monstrueuse structure d'acier et de béton, une allégorie où l'immeuble en chantier dévore ceux qui le bâtissent. Où tout ouvrier, qu'il meure ou disparaisse tout simplement est remplacé d'un simple claquement de doigt. Compositrice du groupe de musique nantais Mansfield. TYA, la violoniste française Carla Pallone crée à l'occasion une bande musicale envoûtante, qui imprègne le long-métrage d'une ambiance lourde, pesante, voire même surnaturelle. À laquelle s'ajoute un sound-design absolument dément qui colle à merveille à l'environnement dans lequel sont projetés les protagonistes. Une œuvre réaliste mais ponctuée d'éléments fantastiques qu'Akihiro Hata choisit finalement de ne pas expliciter dans leur totalité. Reste au spectateur de se faire sa propre idée s'agissant des événements étranges qui surgissent lorsque Vincent investit les fondations du chantier... Une très grande réussite...

 

lundi 18 mai 2026

Andy Warhol's Bad de Jed Johnson (1977) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Derrière le très énigmatique titre Andy Warhol's Bad l'on pourrait croire que se cache une œuvre signée de l'un des plus célèbres représentants du mouvement artistique Pop Art prétentieusement ''surligné'' du nom de son auteur ou d'un long-métrage lui étant entièrement consacré. Et pourtant, la présence de son patronyme provient surtout du fait qu'Andy Warhol fut producteur de ce qu'il est finalement plus commun de nommer sous le titre beaucoup plus simple et bien moins ''nombrilistique'' de Bad. Avant de produire cet unique film signé de Jed Johnson dont la carrière se résuma au montage et à la photographie de quelques longs-métrages, Andy Warhol finança plusieurs films signés du cinéaste underground Paul Morrissey dont les plus célèbres demeurent la trilogie Flesh/Trash/Heat et le ''diptyque'' horrifique Flesh for Frankenstein et Blood for Dracula. Concernant la seule incartade de Jed Johnon derrière la caméra, Bad suit Hazel Aiken (Carroll Baker), une femme d'un certain âge, propriétaire d'un salon de beauté qui gagne moins de billets vers en traitant ses patientes par électrolyse qu'en employant de jeunes femmes dénuées de toute morale afin d'exécuter des contrats visant à assassiner des individus gênants. Débarque à l'écran l'acteur Perry King, plus connu chez nous pour avoir été l'un des personnages centraux de la série Riptide entre 1984 et 1986 que pour le rôle qu'il incarne ici. Celui de L.T. Un véritable parasite qui propose ses services à Hazel et s'installe dans une chambre à l'étage de l'immeuble appartenant à la vieille dame alors qu'il n'a pour l'instant pas les moyens de la payer. Comptant sur ses futurs revenus lorsque celle-ci acceptera de lui confier un contrat, Hazel se montre pourtant méfiante vis à vis de cet individu qui passe plus de temps allongé sur le canapé à regarder des émissions de télévision qu'à l'aider à gagner de l'argent... Le scénario de Pat Hackett et George Abagnalo ne s'embarrassant d'aucune morale, les jeunes recrues de Hazel acceptent tous types de contrats. Allant du meurtre d'un chien appartenant à un individu considéré de ''déplaisant'' par une voisine jusqu'à l'assassinat pur et simple d'un bébé autiste dont la mère veut impérativement se débarrasser ! On croit halluciner et pourtant, c'est bien de cela dont il s'agit. Le format de Bad s'avère relativement étrange puisque intercalés entre divers meurtres dont celui d'un garagiste dont les membres inférieurs sont broyés, le film de Jed Johnson est surtout extrêmement bavard. Au point que l'on se ronge les ongles en attendant que le prochain meurtre survienne à l'écran. Aussi folle que puisse paraître l'entreprise, les demandes s'enchaînent les unes derrière les autres...


Et pourtant, aussi nombreux les contrats apparaissent-ils, leur exécution se fait relativement rare à l'écran et ce film que certains affirment être comme étant ''trash'' et versant dans l'humour très noir ne pas pas aussi loin que la plupart des œuvres estampillées, au hasard, John Waters. Mais d'une certaine manière, il est vrai que Bad est noir. Mais d'un autre côté, le bavardage incessant des protagonistes désamorce le discours de Jed Johnson qui veut que derrière l'apparente intégrité morale de nos concitoyens se cache une âme sombre, perverse, capable de s'adonner aux pires exactions. À l'origine, le rôle incarné par Caroll Baker devait être interprété par l'actrice Shelley Winters que l'on vit notamment dans l'immense chef-d’œuvre de Charles Laughton The Night of the Hunter en 1955, Bloody Mama de Roger Corman en 1970, Le locataire de Roman Polanski en 1976 dans lequel elle incarnait le rôle de la concierge ou encore dans quelques films d'horreur dont ''l'inoubliable'' Gran Bollito de Mauro Bolognini dans lequel son personnage assassinait des individus de son entourage avant de les transformer en savon ! Quant au rôle tenu par Perry King, le chanteur Ricky Nelson avait tout d'abord été envisagé avant que celui-ci ne refuse de participer au projet. Personnage assez peu intéressant, L.T passe son temps à se prélasser, profitant de la ''naïveté'' toute relative de son hôte. Bon, le film est souvent ponctué de ventres mous, certes. Mais quelques effusions de sang viennent réveiller le spectateur endormi. Il faut savoir que Jed Johnson avait en outre pour projet de tourner une séquence très violente vers la fin du tournage. Scène dont les principaux interprètes refusèrent le concept tant elle repoussa les limites de l'immoralité. Pourtant, et contre l'avis de ses acteurs, le réalisateur finira par la tourner, repoussant ainsi effectivement les limites de ce que l'on peut concevoir en terme d'ignominie ! Vous souvenez-vous de cette femme qui faisait appel aux services de Hazel afin de se débarrasser de son bébé autiste ? Et bien l'exécution du contrat se faisant attendre et la mère n'en pouvant plus des hurlements de son enfant, l'on assiste à une hallucinante séquence de défenestration. Oui, oui, vous avez bien lu. La mère du bébé le jette par la fenêtre et en grand pervers, Jed Johnson filme tout. Jusqu'à l'impact du pauvre petit être de chair au sol ! Dégueu et définitivement nihiliste !

 

dimanche 17 mai 2026

Les hommes préfèrent les grosses de Jean-Marie Poiré (1981) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

C'était les années quatre-vingt et à l'époque certains n'avaient pas peur d'aborder des sujets désormais ''sensibles'' sous l'angle de la comédie sans se faire taxer comme ici, de grossophobie ! Nous sommes en 1981 et Jean-Marie Poiré n'a pas encore signé l'adaptation cinématographique de la pièce de théâtre Le père Noël est une ordure, le génial Mes meilleurs copains ou le premier volet de la trilogie (si l'on ne compte pas la version américaine) Les visiteurs. En ce début de décennie où la liberté d'expression avait encore un sens, Josiane Balasko est tout comme la plupart des membres de la Troupe du Splendid l'une des grandes vedettes de la comédie française. Après les deux premiers volets de la saga Les bronzés, l'actrice enchaîne les rôles et rien qu'en cette année 1981, elle participe aux tournages de Clara et les chic types, Le maître d'école (aux côtés de Coluche), d'Hôtel des Amériques et donc des Hommes préfèrent les grosses qui selon le titre tente à vouloir faire croire que la gente masculine serait davantage attirée par les femmes rondes, dodues et même pourquoi pas, obèses. Pourtant, l'on découvre rapidement que la ''grosse'' de cette sympathique comédie qui connaîtra une rude concurrence puisque la même année sortira La chèvre de Francis Veber, La soupe aux choux de Jean Girault ou la comédie satirique de Bertrand Tavernier, Coup de torchon n'est paradoxalement pas au centre des attentions des hommes qui gravitent autour d'elle puisque c'est après avoir tout fait pour trouver une colocataire encore moins attirante qu'elle (on retiendra d'ailleurs à ce sujet la savoureuse réplique de sa meilleure amie incarnée par Dominique Lavanant) que Lydie (Josiane Balasko, donc) tombe finalement sur Eva, un joli mannequin incarné par l'actrice et... mannequin justement, Ariane Lartéguy. Après s'être faite plaquer par son petit ami et chef du personnel de l'entreprise pour laquelle elle travaille Paul Berthelot (Martin Lamotte) et avec lequel elle avait prévu de s'installer dans un tout nouvel appartement, Lydie Langlois cherche donc désormais à partager le loyer avec une colocataire. C'est là qu'arrive Eva. Jeune femme séduisante sur laquelle s'accrochent les hommes dont Gérard, le frère de Lydie, véritable pot de colle, incarnant le beauf par excellence, ainsi que Ronald, personnage nettement plus charismatique que ce pauvre petit vendeur de poisson incarné par Luis Rego. Les hommes préfèrent les grosses est typique de son époque et ne s'embarrasse pas de la moindre pincette pour traiter son héroïne comme une pauvre fille que les hommes méprisent en raison de son surpoids et d'une apparence générale qui n'en font pas un canon de beauté.


Lydie, c'est la bonne copine. La confidente. Qui débarque en boite de nuit vêtue d'une robe rose ridicule, qui se prend une baffe à la place d'un autre, qui tend gentiment l'oreille et écoute les confidences, mais qui semble aussi et surtout incapable de construire quoi que ce soit avec les hommes. Tous des cons ou presque, d'ailleurs. Entre un Luis Rego qui sous ses allures de beauf trop sûr de lui cultive le malaise, un Martin Lamotte pleutre qui n'hésite pas à balancer Lydie pour faute grave à son supérieur, laquelle se retrouve à la porte de son boulot, un Ronald en dandy de cinquième catégorie ou un Thierry Lhermitte qui dans le rôle du petit ami d'Arlette (Dominique Lavanant) se la joue végétarien pacifiste mais s'avère être en fait un bon gros connard ! On a beau avoir de la tendresse pour le personnage incarné par Josiane Balasko et trouver que les personnages masculins que l'héroïne est contrainte de se farcir ne sont que de sombre crétins mais reconnaissons que Les hommes préfèrent les grosses est franchement très drôle et charrie quelques répliques ou situations relativement cocasses. Lydie cherchant une colocataire : ''Faudrait qu'elle soit beaucoup plus moche que moi. Comme ça, je serai tranquille...'' Arlette lui répondant du tac au tac : '' M'enfin, ne m'dis pas que tu cherche un monstre. Tu trouveras pas, faut pas rêver !''. Notons l'intervention de Daniel Auteuil dans le rôle de l'ex compagnon d'Eva, Jean-Yves. Avec ses faux airs de psychopathe obnubilé par la jeune femme, le personnage n'est qu'un énième pauvre type comme en compte beaucoup la comédie de Jean-Marie Poiré. Du côté des anecdotes, il faut savoir que le rôle qu'interprète Luis Rego devait être joué par Michel Blanc mais celui-ci, inquiet à l'idée d'incarner un personnage trop semblable à celui de Jean-Claude Dusse qu'il incarna dans Les bronzés refusa à seulement quelques semaines du début du tournage. L'ancien membre du Splendid rencontre cette année là un grand succès grâce à la comédie de Patrice Leconte, Viens chez moi, j'habite chez une copine. Premier rôle aux côtés de Bernard Giraudeau, il n'est pas impossible que l'acteur ait également refusé le rôle de Gérard dans Les hommes préfèrent les grosses parce qu'il n'y incarnait pas le personnage central. C'est du moins ce qu'à sans doute imaginé Jean-Marie Poiré qui pour se ''venger'' du désistement de Michel Blanc fit dire à une speakerine présente un court instant dans le film la phrase suivante : ''M.B a la grosse tête''...

 

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