Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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lundi 20 juillet 2026

Le bal des vampires de Roman Polanski (1968) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Lorsque l'on y songe, l'acteur, réalisateur, producteur et scénariste franco-polonais Roman Polanski aurait pu embrasser une carrière de cinéaste exclusivement spécialisé dans le fantastique et l'épouvante. Et pourtant, le sort ou un plan bien établit à l'avance en a décidé autrement. Cependant, au regard de Répulsion en 1965, Le bal des vampires en 1967, Rosemary's Baby en 1968 ou Le locataire en 1976 qui malgré ses atours de film fantastique demeure en réalité l'un des drames horrifico-psychologiques parmi les plus remarquables à avoir vu le jour sur un écran de cinéma, il est vrai que d'une certaine manière il a su anoblir des genres qui encore aujourd'hui et malgré leur évidente profusion restent pour certains un art mineur dans le septième art. The Fearless Vampire Killers adopte les mêmes velléités qu'un certain Young Frankenstein réalisé sept ans plus tard par Mel Brooks. Car dans un cas comme dans l'autre, il s'agit moins de se moquer d'un courant cinématographique que de lui rendre hommage sous le prisme de l'humour. De la comédie beaucoup moins potache que ses contemporains qui feront florès les décennies suivantes. La grâce avec laquelle Roman Polanski adopte son point de vue pour un genre qui fit ses premiers pas en littérature en 1819 avec l'ouvrage de l'écrivain et médecin britannique John Polidori, The Vampyre et au cinéma avec Le manoir du Diable de Georges Meliès reste avant tout son esthétisme. Le long-métrage semble en effet est en raccord total avec l’œuvre du peintre allemand Caspar David Friedrich. Même propension que le chef décorateur Wilfred Shingleton à dépeindre des environnements imposants, chargés d'un certain romantisme contemplatif. Tout comme le suisse Arnold Böcklin semble lui-même avoir été une source d'inspiration inépuisable à travers une œuvre à l'architecture gothique parcourue par la mort. Mais du gothique, justement, l'on retiendra surtout et avant tout, le cinéma britannique de la Hammer Film Productions et de ses quelques concurrents dont la Amicus qui noyèrent les années cinquante, soixante et soixante-dix d'un nombre impressionnant de longs-métrages mettant en scène des créatures issues du bestiaire fantastique.


Et donc parmi elles, les vampires. Ceux-là mêmes que l'on retrouve dans Le bal des vampires en 1967 où l'horreur est en permanence battu à plate couture par un humour parfois très grinçant. Roman Polanski n'en oublie cependant pas les fondamentaux du cinéma d'épouvante et fantastique. En ersatz du célèbre Comte Dracula, le Comte Von Krolock est incarné par un Ferdy Mayne qui lui-même marche sur les traces du plus connu des interprètes du mythique suceur de sang, Christopher Lee ! Moins productif en la matière que son concurrent britannique, il incarnera malgré tout le Comte Dracula une unique fois dans la comédie horrifique ouest-allemande Le Sabbat des vampires (Gebissen Wird Nur Nachts) de Freddie Francis en 1971 ! D'aucun pourrait considérer que le film de Roman Polanski a sévèrement pris un coup de vieux en près de soixante ans d'existence. Préférons plutôt lui prêter le terme de ''patine visuelle''. En réalité, le film est d'une beauté qui encore aujourd'hui est renversante. Comme posté devant une série de tableaux ayant pris vie, le spectateur ne peut être encore de nos jours que subjugué devant le travail colossal opéré par le chef décorateur Wilfred Shingleton donc, mais également par la costumière Sophie Devine ou le directeur de la photographie Douglas Slocombe. Le film n'aura ainsi subit les outrages du temps que pour celles et ceux qui ne jurent plus désormais que pour les blockbusters américains bourrés jusqu'à la gueule d'effets-spéciaux numériques. Là où sans doute le bas-blesse se situe dans le scénario de Roman Polanski et de Gérard Brach qui déjà a collaboré à plusieurs reprises avec le cinéaste franco-polonais. Car à bien y regarder, le sujet est on ne peut plus simpliste. 

 

Le scénario tourne autour du professeur et chasseur de vampires Abronsius (Jack MacGowran) et de son assistant Alfred (qu'incarne lui-même Roman Polanski) qui dès leur arrivée dans une auberge des Carpates sont saisis par l'ambiance et par le mutisme qui y règne dès que le premier évoque la présence dans la région d'un château ou l'existence des vampires. Tandis que le cinéaste s'emploie à filmer des séquences aussi inutiles qu'amusantes (l'aubergiste retrouvant de nuit sa maîtresse), le pire se prépare lorsque la fille des propriétaires est mordue par le Comte Von Krolock avant d'être kidnappée. Le reste de l'aventure se déroulera alors à l'intérieur du château où nos deux héros chercheront à sauver la jeune et délicieuse Sarah des griffes (ou plutôt des dents) du fameux Comte en question. Une Sarah interprétée par la magnifique actrice américaine Sharon Tate que Roman Polanski épousa un an plus tard mais dont on connaît bien évidemment le sort tragique puisque enceinte de plus de huit mois, la jeune femme fut assassinée par des membres de la ''Famille Manson'' dans la soirée du 9 août 1969. Comme Mel Brooks plus tard avec Frankenstein Junior, Roman Polanski parvient à doser à la perfection le comique avec les éléments surnaturels. Notons que le récit prend une certaines ampleur grâce à l'incroyable partition du pianiste et compositeur polonais Krzysztof Komeda auquel Roman Polanski confiera notamment celle de Rosemary's Baby un an plus tard. Bref, cinquante-neuf ans après sa sortie en salle, Le bal des vampires reste un classique du genre et un incunable pour celles et ceux qui voudraient s'initier au genre à travers une certaine ''légèreté''...


 

dimanche 19 juillet 2026

Evil Dead Burn de Sébastien Vaniček (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Après la trilogie de Sam Raimi réalisée entre 1981 et 1992, le remake signé de Fede Álvarez en 2013, la série produite entre 2015 et 2018 intitulée Ash vs. Evil Dead, le décevant Evil Dead Rise de Lee Cronin en 2023 et avant le retour de la franchise prévue pour 2028 avec Evil Dead Wrath de Francis Galluppi, le sixième opus est sorti il y a une dizaine de jours sur les écrans français. Après que la direction du remake ait été confiée à un cinéaste d'origine uruguayenne et le suivant à un irlandais, cette fois-ci, Sam Rami a fait appel à un français. Auteur du très remarqué Vermines en 2023, le réalisateur et scénariste Sébastien Vaniček a donc accepté la lourde tâche de reprendre les rênes d'une saga légendaires dont on espère d'ailleurs qu'un jour son créateur réalisera un nouveau segment. Peut-être reprendra-t-il le récit là où il l'interrompit en 1992 avec Evil Dead 3 : L'Armée des ténèbres mais toujours est-il qu'aujourd'hui, l'américain n'assure une fois de plus que le rôle de producteur... Si Evil Dead Rise n'était franchement pas terrible au point que l'on pouvait presque espérer que la franchise s'arrête là, l'arrivée hier sur les écrans de cinéma de Evil Dead Burn était pourtant très attendue. D'autant plus qu'en mettant en avant un cinéaste hexagonal, le film a des chances de toucher la fibre patriotique de certains spectateurs avides de renouveau dans le domaine du cinéma d'horreur français. Et même si le film est une œuvre collectivement produite et interprétée par des artistes venus de différents continents, Sébastien Vaniček y imprime sa patte tout en imposant dans le rôle principal d'Alice, l'actrice suisse de trente-quatre ans Souheila Yacoub ainsi que les néo-zélandais Hunter Doohan, Tandi Wright et Luciane Buchanan et les australiens Maude Davey et George Pullar... Suivant des séquences pré et post-générique, Evil Dead Burn nous présente Alice dont l'époux Will (George Pullar) est récemment décédé dans un grave accident de voiture. Accueillie par sa belle-famille pour les obsèques, la jeune femme est mal à l'aise. Surtout vis à vis du beau-père Edgar (Erroll Shand) qui ne l'a jamais vraiment appréciée. Notamment idéalisé par sa belle-mère Susan (Tandi Wright), Will était pourtant un homme très violent. Une tare qui semble d'ailleurs être de famille puisque Edgar se montre également très agressif envers Alice mais aussi envers sa famille que complètent son fils Joseph (Hunter Doohan) et l'épouse de ce dernier, Thya (Luciane Buchanan)... Bien qu'il soit relativement facile de critiquer le scénario pour sa pauvreté, ce que réussissent très bien à démontrer Sébastien Vaniček et le scénariste Florent Bernard est le rapport ténu qui existe entre les événements fantastiques qui vont se produire et la violence intrafamiliale qui existe chez cette famille depuis plusieurs générations...


Du moins depuis celle qui concerne Edgar puisque au détour d'une simple photo et de quelques discussion entre les divers personnages l'on comprend également que le script tente le pari osé de lier les protagonistes avec le plus emblématique personnage de la saga, Ash Williams. Une photo témoigne donc de la filiation entre le héros des trois premiers longs-métrages et de la série, perpétuant ainsi la lignée familiale puisque après avoir découvert le père de Ash dans Ash vs Evil Dead, voici que l'on découvre désormais une partie importante de sa descendance... Evil Dead Burn traite de divers sujets. À commencer par le deuil, la famille (ici tout à fait dysfonctionnelle) pour se diriger ensuite vers le fantastique, l'horreur et l'épouvante dans un contexte démoniaque qui rejoint donc l'évocation de la violence qui semble irrésolument toucher les membres masculins de la famille... Pour ne rien changer à la grande tradition de la saga et pour ne surtout pas déroger à l'immuable règle qui régit la série de longs-métrages depuis ses origines, Evil Dead Burn se montre extrêmement généreux en terme d'hémoglobine. Du gore qui tâche, qui gicle, des morceaux de corps qui valdinguent dans toutes les pièces et des traumatismes corporels qui repoussent de très loin tout ce que l'on a pu voir depuis les origines de la saga en 1981 ! Il est même probable que les habitués du genre risquent à une ou deux occasions de faire la grimace devant certaines séquences quand d'autres, moins coutumiers du genre détourneront probablement le regard à diverses occasions. La caméra de Sébastien Vaniček déborde d'une énergie salvatrice. Entre un découpage ultra nerveux qui n'empêche cependant pas la pleine lisibilité et un plan-séquence aux trois-quarts du récit qui montre le brio du cinéaste en matière de mise en scène et de direction d'acteurs, le film est absolument jouissif. Crade mais néanmoins doté d'un humour noir parfois assez féroce, ce retour à la campagne de la franchise après un détour plus ''urbain'' prouve que Sam Raimi a eu raison de confier ce volet à Sébastien Vaniček. Notons que le cinéaste a de nouveau confié la bande-musicale au duo de compositeurs français Double Danger...

samedi 18 juillet 2026

Je Préfère Qu'on Reste Amis... de Eric Toledano et Olivier Nakache (2004) ★★★★★★★☆☆☆



Claude Mendelbaum est défragmenter de logiciels informatiques chez Investek. Célibataire, timide et hypocondriaque, il est le fils d'une mère atteinte de la maladie d’Alzheimer. Ses amis se battent pour qu'il trouve une compagne depuis qu'il s'est séparé de son ex deux ans plus tôt, d'autant plus que son métier lui prend tout son temps. C'est lors du mariage de son meilleur ami Daniel qu'il fait la connaissance de Serge. "Marié à trente ans et divorcé à quarante" comme il aime le répéter sens cesse autour de lui, il rôde dans les mariages afin d'y faire des conquêtes féminines. Père de deux fillettes, il ne voit plus son ex-femme depuis deux ans. Toujours bien habillé, souriant et prêt à faire de nouvelles rencontres, Serge aborde Claude et s'en fait très vite un ami. Pourtant les deux hommes n'ont rien en commun. Serge aime sortir tandis que Claude, lui, préfère cloîtré chez lui. Pourtant, au contact du quinquagénaire, le jeune informaticien va découvrir un univers qui lui est étranger.

En effet, Serge va l'inviter à participer à une soirée un peu particulière. Un speed-dating lors duquel il devra faire ses preuves devant sept femmes, n'ayant pour chacune que sept minutes devant lui pour les convaincre qu'il est l'homme qu'il leur faut. Jeté dans la fosse au lion et pas du tout habitué de ce genre de situation, Claude se vautre lamentablement. Son ami Daniel lui aussi se mêle de sa vie privée et l'invite à rejoindre le cercle des célibataires inscrits dans la boite de rencontres Uni-Célib'. Mais là non plus, le succès n'est pas au rendez-vous.

C'est alors qu'en se rendant à un mariage auquel il n'a pas été convié en compagnie de Serge que Claude tombe sous le charme de la mariée...

Réalisé par le binôme Eric Toledano et Olivier Nakache, Je préfère qu'on reste amis... est une comédie légère et tendre entre deux acteurs français parmi les plus populaires. D'abord Gérard Depardieu, l'un des plus grand acteurs français mais auquel malheureusement plus personne ne semble vouloir offrir de très grands rôles. A ses côtés, Jean-Paul Rouve, aussi à l'aise dans la comédie que dans le drame (Bunker Paradise), est ce jeune homme sensible et timide qui s'habille comme un magasinier de supermarché et qui n'attire pas du tout la gente féminine.

On ne hurle pas vraiment de rire devant les facéties du duo et pourtant, tout fonctionne parfaitement. Les cinéastes parviennent même à injecter une forme d'émotion devant cette convaincante solitude que nos deux héros ressentent malgré l'image joyeuse qu'ils tentent de se renvoyer. Je préfère qu'on reste amis... nous fait également ressentir l'importance et le poids que peuvent avoir l'amitié et la solitude dans une vie. Claude zappe la première en se cloîtrant chez lui et s’accommode de la seconde en se persuadant qu'il s'agit chez lui d'un choix. Serge lui, ne peut concevoir la vie sans amitié et n'accepte aucune forme de solitude, au point d'aller traîner dans des mariages où il n'a pas été convié et des speed-dating qui le conforteront dans l'opinion qu'il a de ne pas encore être bon pour la casse. Rouve et Depardieu forment un duo épatant, d'abord étonnant, mais par la suite vraiment convainquant.

Je préfère qu'on reste amis... est une bonne surprise. Le film ne restera peut-être pas dans les annales, mais il a le mérite de nous faire passer un très agréable moment. Et n'est-ce pas là tout l'intérêt des comédies ?

A noter, la présence des regrettées Annie Girardot et Valérie Benguigui...

vendredi 17 juillet 2026

Shǔ wáng de Lǐ Bǐng (2025) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Voilà pourquoi j'aime tant le cinéma japonais ou sud-coréen et pourquoi il m'arrive très souvent d'éprouver si peu d'empathie pour celui qui nous vient de Chine. J'avais beau me dire qu'une fois de plus l'expérience serait probablement à la hauteur de mes maigres attentes, c'est pourtant avec espoir que je me suis lancé dans la projection de Shǔ wáng de Lǐ Bǐng sorti à l'internationale sous le titre Evil of the Rat. Xia Tian (Zhào Qiàn) et ses amis Lin Feng (Dǒng Yán-Lěi), Bai Xi (Zhāng Jié) A Kai (Zhāng Céng-Céng) et Xiao Jing (Zhang Yu-Xin) sont sur la route lorsqu'au cœur d'une forêt ils tombent sur une jeune fille apeurée qui demande leur aide. Au volant de son gros 4x4, A Kai stoppe tout net sur demande de Xia Tian qui au sortir du véhicule ne trouve aucune trace de la gamine. Déboule alors un type à moto qui recherche justement la petite fille. Cachée sous la voiture du groupe d'adolescents, son père l'enjoint de venir vers lui et repart en sa compagnie vers une ancienne usine désaffectée où tous les habitants et employés sont censés avoir quitté les lieux. Inquiète au sujet de la petite fille, Xia Tian propose à ses amis de s'y rendre afin de s'assurer que rien ne va lui arriver de mal. Lorsque tous les cinq ils arrivent devant les portes de l'usine, ils sont accueillis par l'inconnu qui plus tôt est venu récupérer la gamine et par un second homme plutôt réfractaire à leur présence. Cependant, Xia Tian leur demande si elle et ses amis peuvent dormir sur place pour la nuit. Tandis qu'il lui semble avoir reconnue la jeune femme (qui est journaliste et en outre responsable en partie de la fermeture de l'usine), le premier des deux hommes accepte d'accueillir le petit groupe. Durant la soirée, et alors qu'ils sont enfermés dans le dortoir où ils sont déjà censés dormir, Xia Tian et ses quatre compagnons décident d'investiguer au cœur même de l'usine afin de retrouver la petite fille. Ce qu'ils vont découvrir dépassera cependant de très loin ce qu'ils avaient imaginé... Car en effet, au centre du récit de Shǔ wáng écrit par le scénariste chinois Kui Hu se trouve une usine dont le sous-sol est envahi par de milliers de rats tous dirigés par l'un d'entre eux...


D'un blanc immaculé et surnommé le Roi des Rats par ceux qui vivent et travaillent encore sur place, la présence au sein de l'établissement de la petite fille prend tout son sens lorsque l'on apprend qu'elle est capable de communiquer avec les.......... rongeurs ! Enfin, avec celui qui dirige les autres... Bon, on va pas se voiler la face durant cent-sept ans en faisant croire qu'au delà de l'idée on ne peut plus originale entourant l'intrigue le film pourrait être réussi puisque au contraire, celui-ci s'avère en fait très mauvais. Copieusement interprété par de jeunes acteurs qui comme souvent dans ce genre de production horrifique n'ont pas grand chose à se mettre sous la dent question dialogue, on a droit à des protagonistes inintéressants au possible : Un couple d'amoureux, une amie jalouse, un ''bon gros'' et un copain un peu lâche qui ne veut surtout pas s'impliquer dans des tâches qui pourraient mettre son existence en danger. Shǔ wáng est d'abord et avant tout un film d'exploration dans un décor ma foi, plutôt creepy même si les poils des bras n'ont jamais vraiment l'occasion de se hérisser ! Le jeu d'acteur, la mise en scène et la bande musicale transforment un sujet plutôt alléchant en une œuvre atrocement plate, lisse, sans la moindre aspérité. En bref, un film d'horreur familial qui risque d'ennuyeux les spectateurs dès lors qu'ils auront dépassé les cinq ou six ans. Il n'y a par conséquent jamais matière à se réjouir. Même pas dans ce contexte d'usine désaffectée envahie en outre par des milliers de rats en images de synthèse. À ce propos, les effets-spéciaux sont à l'aune de la piètre qualité du long-métrage : soit, to-ta-le-ment ratés !!! Incapables de dissimuler leurs origines ''informatiques'', on pouvait encore espérer que le sujet du complot industriel qui vient s'installer au beau milieu du récit rehausserait le niveau, mais non, rien à faire, le naufrage est total !

 

jeudi 16 juillet 2026

Voices of Desire de Chuck Vincent (sous le pseudonyme de Mark Ubell) (1972) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Derrière le pseudonyme de Mark Ubell se cache le réalisateur, scénariste, producteur, monteur et acteur américain Chuck Vincent. Décédé à l'âge de cinquante et un ans, il aura tout de même eu le temps de réaliser plus d'une cinquantaine de longs-métrages dont un certain nombre de films pornographiques dans le courant des années soixante-dix avant de se lancer dans la série B dans le milieu des années quatre-vingt. En 1972, il signe le très étrange Voices of Desire que les amateurs bien avisés considèrent comme une version ''adulte'' (puisque érotique), psychédélique et underground du Répulsion de Roman Polanski. En effet, dans le cas de Voices of Desire comme dans celui de Répulsion, les deux longs-métrages mettent en scène une jeune femme psychologiquement fragile. Là où l'un et l'autre prennent des chemins différents concernent leur attitude vis à vis de la sexualité. Si en 1965, Carol (Catherine Deneuve) éprouvait de grandes difficultés de communication avec les hommes en l'enfermant dans une psychose provoquant chez elle une véritable révulsion envers eux, le portrait d'Anna (Sandra Peabody) est déjà beaucoup plus difficile à dépeindre. Mais tout comme chez Roman Polanski, la narration passe chez Chuck Vincent par des phases hallucinatoires qu'il est complexe de dissocier des quelques séquences lors desquelles la jeune femme semble avoir repris ses esprits. Une première chose saute aux yeux : le budget ! Estimé à neuf mille dollars, il rejoint celui de petites productions indépendantes de l'époque parmi lesquelles l'on peut notamment citer le film culte Carnival of Souls de Herk Harvey auquel Voices of Desire est parfois comparé pour son approche surréaliste. Profitons d'ailleurs de cette occasion pour citer l'excellent Messiah of Evil de Willard Huyck et Gloria Katz, autre grand classique de l'horreur psychologique qui faisait également la part belle à un environnement anxiogène, peuplé d'êtres étranges impliqués dans un univers plus ou moins onirique...


S'agissant de Voices of Desire, le film met donc tout d'abord en scène la jeune Anna lors d'un interrogatoire mené par un détective puis un psychiatre pour lesquels Chuck Vincent choisit d'entretenir une certaine ambiguïté en choisissant de ne pas relier ces personnages au nom de leur interprète respectif. Un choix qui semble être directement lié avec cette volonté d'entretenir le doute entre ce qui relève du réel et ce qui tient du fantasme. Si l'on comprend graduellement que l'interrogatoire mené par le psychiatre est directement lié aux événements qui seront ensuite relatés, il est par contre assez difficile de connaître les intentions du détective lorsque à son tour il interroge la jeune femme. Aurait-elle commis un crime ? Toujours est-il que l'on découvre l'un des nœuds du problème : Anna est en effet assaillies en permanence par des voix. Qu'elle se trouve chez elle ou dans la rue, des voix masculines l'enjoignent de les rejoindre. D'évidence, l'intention de Chuck Vincent n'est pas ici de résoudre l'épineux problème qui ronge littéralement son héroïne même si l'on comprendra plus tard l'une de ses origines. À l'issue d'un récit branlant, qui sent très fortement l'amateurisme et le manque de moyens, la situation finale s'avère la même qu'au départ. Et même s'ils s'y mettent à deux pour l'aider, Anna semble condamnée à revivre sans cesse la même situation. D'une durée n'excédant pourtant pas les soixante et onze minutes et malgré qu'il soit considéré comme un film culte par un petit groupe d'individus pour son approche du septième art franchement atypique et underground, Voices of Desire est souvent pénible à regarder. Déjà fort mal maîtrisé par un Chuck Vincent qui hésite entre érotisme, fantastique, épouvante, horreur psychologique et visions surréalistes (des thèmes qui pourtant restent fascinants), le long-métrage est surtout constitué d'une bonne moitié de scènes de nudité lors desquelles l'actrice Sandra Peabody entre en contact physique avec des personnages de sexe masculin et féminin. Une multitude de séquences qui ont énormément de mal à éveiller la libido tant elles sont répétitives et tout sauf aphrodisiaques ! C'est long, très long, trop long et toujours accompagné d'une musique dont la répétitivité finit par taper sur les nerfs ! L'un des rares atouts du film se situe surtout dans cette vision de l'érotisme sur grand écran qui dénote totalement avec ce que l'on a l'habitude de voir. Au final, la promesse de vivre une expérience similaire aux quelques exemples de longs-métrages cités plus haut n'est pas vraiment tenue et Voices of Desire ne reste au fond qu'une curiosité que l'on n'aura pas forcément envie de voir une seconde fois...

 

mercredi 15 juillet 2026

La Isla de la Muerte de Mel Welles (1967) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Les distributeurs français ont parfois de drôles d'idées. Comme celle, par exemple, d'avoir traduit La Isla de la Muerte du réalisateur, scénariste et acteur américain Mel Welles par Le baron vampire. À ne pas confondre bien évidemment avec Baron vampire (Gli Orrori del Castello di Norimberga) que réalisera cinq ans plus tard l'italien Mario Bava. Un titre français d'autant plus absurde qu'il aiguille le spectateur dans une mauvaise direction en le poussant à croire que les personnages du récit seraient confrontés à un suceur de sang aux dents longues alors que La Isla de la Muerte est en réalité beaucoup plus proche du roman de Herbert George Wells L'Île du docteur Moreau (The Island of Dr. Moreau) dans lequel un naufragé du nom d'Edward Prendick échouait sur une île et y découvrait la présence d'un savant fou (le Docteur Moreau du titre), un homme de science totalement obsédé à l'idée de transformer des animaux en êtres humains... Ici, le concept est à peu près le même à la seule différence où le Baron von Weser qu'incarne à l'écran l'acteur américain Cameron Mitchell est fasciné à l'idée de créer des espèces végétales mutantes. Un peu à la manière d'un whodunit qui dégénérerait pour se transformer au final en un film horrifico-fantastique, l'intrigue débute sur le continent où un homme harangue la foule en promettant la visite d'une île paradisiaque remplie d'une flore luxuriante. Six personnes prennent place à l'arrière de son véhicule et font donc route en voiture, puis à bord d'un ferry. À leur arrivée, ils sont les témoins d'un drame lorsque à bord d'une seconde voiture le chauffeur écrase accidentellement l'un des employés du propriétaire des lieux. L'homme meurt sur le coup mais le Baron von Weser les console en leur expliquant que la victime était atteinte de troubles mentaux. Une fois rassurés, les six convives pénètrent l'immense demeure de leur hôte... L'invraisemblable traduction française du titre s'explique de deux façons. La première étant que la région a été désertée par des villageois superstitieux convaincus que des vampires vivent sur l'île...


Quant à la seconde, nous ne la découvrirons que bien plus tard, après que l'on se soit par erreur forgé l'idée selon laquelle des ''descendants'' de Dracula sont responsables des quelques morts qui surviendront durant le récit ! Bien que le scénario de Mel Welles, d'Ernst Ritter von Theumer et de Stephen Schmidt se résume à ce que ce type de cinéma d'épouvante nous habitue généralement, le réalisateur dresse une galerie de personnages pas inintéressante. Outre l'énigmatique Baron et son serviteur Baldi (l'acteur Mike Brendel) qui fait figure d'ersatz du Igor de l'univers de Frankenstein, nos six touristes forment un groupe on ne peut plus hétéroclite et pour certains, relativement excentriques. Dans cette dernière catégorie nous citerons Cora Robinson (l'allemande Kai Fischer), femme adultère, alcoolique et un brin nymphomane qui se jette sur tout ce qui bouge au grand dam de son vieil époux, James (le suédois Rolf von Nauckhoff). Toujours dans la même catégorie, citons ensuite Myrtle Callahan (l'espagnole Matilde Muñoz Sampedro), une sexagénaire superstitieuse qui s'affole à la moindre occasion et qui n'aura de cesse que de trouver dans l'un des autres convives, le suspect idéal : le Professeur Julius Demerist (l'allemand Hermann Nehlsen). Botaniste de profession qui a toujours l'air d'avoir un balais profondément enfoncé entre les fesses, il se passionne pour les activités du Baron jusqu'à lui proposer de travailler à ses côtés. Cette étonnante galerie de personnages est complétée par un très joli couple. D'un côté, l'architecte David Moss (l'espagnol George Martin), jeune ''élégant'' particulièrement prévenant. Surtout s'agissant de la magnifique Beth Christiansen qu'interprète quant à elle la superbe actrice originaire de Grenade, Elisa Montés. Sympathique petit film d'horreur, La Isla de la Muerte ne trompe son monde pas très longtemps. Et même si certains meurtres sont exécutés hors champ histoire de cultiver le plus longtemps le mystère quant à leur auteur, il est assez facile d'imaginer que le tueur n'est peut-être pas celui qu'évoque le titre français. Notons qu'à l'internationale le long-métrage fut affublé de divers titres, tels l'assez peu gouleyant Bloodsuckers, mais également Slaughter of the Vampires ou Island of the Doomed...

 

mardi 14 juillet 2026

Violated ! d'Albert Zugsmith (1975) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 




 

Après une longue carrière de cinéaste étalée sur vingt et un ans et constituée d'une vingtaine de longs-métrages dont une partie fut consacrée à la Sexploitation, le réalisateur, scénariste et producteur américain Albert Zugsmith a donné son tout dernier tour de manivelle en 1975 avec Violated !. On ne débattra pas bien longtemps ici sur le sens à donner à ce titre puisque le viol est justement au centre de ce récit dont au moins un tiers des séquences est justement consacré à des agressions d'ordre sexuel dont les victimes sont toutes des femmes. Jolies et notamment interprétées par René Bond et Susanne Suzan, elles sont les proies d'un violeur insaisissable. Pourtant, la police ne ménage pas sa peine puisque l'inspecteur chargé de l'enquête, le détective Purvis (Wes Bishop), multiplie les interrogatoires s'agissant d'hommes ayant été aperçus sur les lieux des crimes au moment même où ils furent commis. De quoi alimenter la suspicion et ainsi noyer le poisson quant à l'identité du violeur. Un criminel qui, s'il n'assassine pas ensuite ses victimes, leur laisse un ''cadeau''. Un souvenir sous forme de croix gammée gravée à même la chair. Qui sur un avant-bras, qui sur le sein droit. Typique du cinéma d'exploitation américain des années soixante-dix où sexualité et violence allaient de paire, Violated ! met en scène une victime qui plutôt que d'attendre désespérément que la police arrête le coupable choisit de se faire vengeance. Avec l'aide de son ami Quentin Judson (Jay Scott sous le pseudonyme de Billy Buzby), que la police a pourtant soupçonné durant un certain temps et avec celle de Midge Lewis (l'actrice Suzanne Suzan), une autre victime du pervers qui elle aussi a gardé des séquelles physiques et psychologiques, Terry Murphy (René Bond) décide de tendre un traquenard afin de piéger le violeur et ainsi lui faire payer tous ses crimes. Mais d'ici à ce que notre trio mette au point leur projet de vengeance, Violated ! Ne va être qu'une succession de scènes de viols. Lors desquelles nos interprètes féminines ne rechignent pas à se mettre à poil. Et notamment René Bond, laquelle n'a vraiment pas froid aux yeux puisque avant d'être agressée, Albert Zugsmith prendra quelques temps pour la filmer entièrement nue sous sa douche...


La mise en scène et l'interprétation n'étant pas de première qualité, le réalisateur joue donc sur la violence du propos. Dans un contexte où le cinéaste traite curieusement de végétarisme comme s'il pouvait être perçu comme une tare aussi critiquable que la désinvolture avec laquelle certaines femmes qui cherchent l'aventure passent des petites annonces explicites dans des journaux spécialisés, le scénario écrit conjointement avec William Maron aborde en outre la difficulté des victimes à convaincre les autorités. Le détective Purvis demeurant l'exemple parfait du flic sceptique. Entre l'enquête, inefficace (et ce malgré les allers-retours répétés en salle d'interrogatoire) et un violeur qui fait de sa ''profession'' un acte quasi quotidien, le retour à l'auto-défense est donc déclenché par la voie d'une victime au fort tempérament, rendu sans doute un peu ''fragile'' psychologiquement. Surtout lorsque l'on sait dans quelles mesures Terry est capable de faire payer à son bourreau l'agression dont elle fut la victime. Et dans quelle autre son ami Quentin est capable de la suivre dans la voie de la déraison. Démarrant de manière relativement dérangeante puisque plutôt réaliste (attrait typique de ce genre de production plus ou moins fauchée), Violated ! vire ensuite dans sa dernière partie vers une certaine forme de grand-guignol même si les amateurs d'hémoglobine n'en auront malheureusement pas pour leur argent ! Tandis que le relâchement de la police semble être de plus en plus une évidence (une laxité accentuée en outre par une musique étrangement guillerette et proprement inappropriée lors d'un repas en extérieur entre l'inspecteur et son collègue), le final se met en place. Alors qu'un énième suspect en la personne d'un carreleur passionné de sculpture sur bois est pour Terry et ses deux complices le coupable idéal, l'on assiste à une vengeance qui dépasse presque de loin l'acte de viol. Alors que le suspect ''idéal'' se retrouve ''savoureusement'' grillé sur une chaise électrique de conception artisanale fabriquée par Quentin, l'on découvre le véritable visage du violeur. Son passé entrant directement en résonance avec ses actes. Mais pire encore puisque en grand provocateur, Albert Zugsmith suggère que beaucoup de violeurs se cachent derrière de tout aussi nombreux hommes...

 

lundi 13 juillet 2026

Carnage (Corruption) de Robert Hartford-Davis (1968) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Ce qui saute aux yeux lorsque l'on découvre pour la toute première fois le septième long-métrage du réalisateur, producteur et scénariste britannique Robert Hartford-Davis est la relation qu'entretient son film avec un classique de l'épouvante hexagonale. En effet, même si le traitement infligé à Corruption et aux yeux sans visage de Georges Franju est sensiblement différent, l'un et l'autre s'inscrivent dans une certaine idée de la culpabilité, de la beauté et de la réparation. De manière beaucoup plus frontale et directe, le cinéaste britannique explore l'obsession entourant le personnage central. Et même celle de sa compagne, dont il est fou amoureux et dont il est en partie responsable de l'accident qui l'a défigurée ! Jaloux, le chirurgien plasticien Sir John Rowan, tente de maintenir son emprise sur Lynn Nolan (Sue Lloyd), mannequin de profession qui lors d'une dispute entre son compagnon et un photographe du nom de Mike Orme (l'acteur Anthony Booth) a reçu un projecteur en plein visage. Ruinant ainsi la carrière de la jeune femme, John Rowan n'a alors plus qu'une idée en tête : réparer sa faute en expérimentant un procédé chirurgical basé sur l'emploi d'un laser et de l'hypophyse qu'il prélève tout d'abord sur le cadavre d'une jeune femme reposant à la morgue avant d'être poussé par Lynn à l'extraire directement sur le corps de jeunes femmes qu'il agresse et tue. Car si les résultats se révèlent très positifs, les effets s'avèrent malheureusement temporaires... Quatre ans après The Black Torment, c'est la seconde fois que Robert Hartford-Davis réalise un film d'horreur. Et pour cela, il confie le scénario à Derek et Donald Ford qui semblent donc s'inspirer de l’œuvre du cinéaste français. Qu'ils aient été officiellement ou non sensibles au sujet du long-métrage de Georges Franju, Corruption reste de toute manière considéré comme une réinterprétation de ce chef-d’œuvre de l'épouvante à la française. Dépouillé de toute la poésie qui faisait partie intégrante des Yeux sans visage, le long-métrage de Robert Hartford-Davis s'inscrit ensuite dans une contre-culture typique de l'époque et au sein de laquelle le protagoniste principal à bien du mal à s'intégrer. Dans une Angleterre post soixante-huitarde (le film sort en décembre 1968 au Royaume-Unis), le film confronte un chirurgien établit comme étant l'un des meilleurs de sa profession à un monde alors en pleine mutation. Que l'on pourrait considérer, si l'on se positionne du côté de John Rowan, comme étant dégénérée. Tandis qu'il est le représentant symbolique d'une vieille garde campée sur des valeurs supposément ''rétrogrades'' ou du moins ''traditionnelles'', la séquence situant son action lors de la soirée peut se voir comme une confrontation culturelle et sociale entre l'ancien monde et celui qui à cette époque très précise est en train de bouleverser la société britannique. D'une contenance plutôt rigide, le chirurgien est ainsi confronté à la décadence d'une jeunesse sexuellement libérée, aux coutumes vestimentaires extraverties, plongé ainsi dans un univers qui ne lui appartient pas...


D'où son objection lorsqu'il constate cet esprit de liberté qu'il refuse d'accorder à sa compagne, préférant la maintenir sous une certaine emprise de peur qu'elle ne lui échappe. De ce constat revendiquant d'une part le maintient sous son joug de la jeune femme, une contradiction s'impose pourtant, le chirurgien acceptant alors contre son grès de se lancer dans un périple meurtrier qui, pour l'époque, se révèle relativement graphique en terme de scènes d'horreur. Incarné par un Peter Cushing que l'on avait généralement l'habitude de voir dans des rôles de ''gentils personnages'', l'acteur britannique interprète là un individu troublant. Le représentant d'une certaine morale qui dans le contexte de l'époque fait figure d'anomalie jusqu'à ce que la folie s'empare du personnage. Si certaines séquences s'avèrent relativement pénibles de part leur redondance, les meurtres expriment quant à eux le manque d'objectivité du personnage qui se sait condamné à commettre des meurtres puisque l'efficacité du traitement qu'il applique à Lynn reste de toute manière temporaire. Robert Hartford-Davis dézingue ici l'ordre moral en créant chez le chirurgien un désintérêt progressif pour l'éthique face à une Lynn qui risque de lui échapper. S'agissant des quelques meurtres étalés à l'image, on peut supposer qu'ils furent un choc pour une partie du public, peu habituée à assister à un tel étalage de violence sur grand écran. Robert Hartford-Davis use d'ailleurs de procédés qui accentuent la folie du personnage. Contre-plongée, utilisation d'un objectif grand angle permettant de déformer le visage de l'assassin, les proportions du meurtrier sont ainsi déformées. L'on remarquera la résistance des victimes, prouvant que d'origine, le chirurgien n'est pas ''constitué'' afin de commettre des meurtres. Notons en outre que Robert Hartford-Davis s'amuse à filmer les crimes en vue subjective. Positionnant non pas la caméra dans le dos du tueur mais dans celui des jeunes femmes qu'il assassine. Notons enfin cette conclusion pleine d'interrogations et que l'on a bien du mal à s'expliquer. Tandis que John Rowan semble rendre son dernier souffle, visage face caméra, l'intrigue remonte le fil du récit jusqu'à ce moment très précis précédant le drame qui eut lieu lors de la soirée. Quel est donc le sens de cette fin de récit ? J'attends toujours et encore la réponse...

 

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