Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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mercredi 24 juin 2026

Saccharine de Natalie Erika James (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pourquoi s'embêter à suivre des régimes contraignants qui parfois ne donnent pas les résultats escomptés ou alors, de manière temporaire ? Il semblerait que la réalisatrice et scénariste australo-américaine Natalie Erika James ait trouvé la recette miracle ! Tellement ''évidente'' que l'on devrait se taper la tête contre les murs ou s'envoyer des gifles en se posant cette question : ''Mais pourquoi personne n'y a pensé plus tôt ?''. Réglant la question comme l'avait fait en son temps Richard Fleischer avec le film d'anticipation Soylent Green mais pour des raisons bien différentes, il semblerait donc qu'il y ait moyen d'exploiter, contre la vieillesse en 1973 et toujours sous le même thème de l'anthropophagie, le corps de nos chers disparus afin de permettre à celles et ceux qui souffrent d'obésité plus ou moins morbide de retrouver la ligne en un temps record... Sous ses faux airs de film d'horreur à tendance Body Horror, ce genre dont s'est emparée depuis quelques années la gente féminine, Saccharine cache une œuvre d'une profondeur étonnante, aux ramifications multiples et qui ne s'arrête pas à la seule évocation d'une jeune femme en pleine crise d'anorexie/boulimie mais exploite l'image qu'elle peut avoir d'elle-même. La réalisatrice allant même jusqu'à chercher dans les tréfonds de son esprit et dans son passé ce qui chez Hana la pousse à vouloir modifier son apparence. Le long-métrage de Natalie Erika James, que l'on connaissait déjà pour avoir tourné Relic en 2020 et Appartement 7A quatre ans plus tard, démarre de façon plutôt conventionnelle. L'actrice Midori Francis incarne une jeune femme pas très bien dans sa peau, dont la mère est une maniaque du ménage et dont le père, pour l'instant, ne donne aucun signe de vie. Tourné principalement à Melbourne en Australie, Saccharine, c'est pour commencer, un titre très énigmatique. En effet, quel rapport peut avoir l'édulcorant artificiel au pouvoir sucrant de trois à quatre-cent supérieur à celui du sucre avec cette gélule miracle que l'ancienne meilleure amie de notre héroïne va proposer à cette dernière d'essayer ? Aucun, à priori. D'autant plus que son contenu n'a en réalité aucune valeur nutritive ou énergétique. Ensuite, Hana vit dans un contexte familial très particulier, dont on devine rapidement les contours. Globalement, Saccharine traite du culte de la beauté. Outre quelques passages montrant notre étudiante en médecine s'entraîner aux côtés d'autres élèves sur le cadavre d'une femme obèse dans un laboratoire de dissection, Hana suit un protocole visant à la maintenir en forme...


L'occasion pour évoquer son attirance pour la magnifique Alanya qu'interprète à l'écran l'actrice Madeleine Madden. Faire de l'héroïne une étudiante en médecine n'a rien d'innocent. En effet, mis à sa disposition, le laboratoire de recherche de la faculté de médecine où Hana suit les cours va lui permettre d'analyser le contenu de la fameuse gélule. Saccharine intégrant ainsi par la suite un discours sur l'auto-médication et ses dangers. Le film traite en outre de l'image que nous renvoie le miroir et qui chez les personnes atteintes d'obésité, d'anorexie ou de boulimie est déformée. D'où, là encore, l'utilisation de surfaces convexes qui réfléchissent l'un des éléments les plus mystérieux du long-métrage en la personne de Grace (Octavia Barron Martin), un cadavre obèse surnommé ''Big Bertha'' par les étudiants et qui régulièrement va venir hanter Hana lors de séquences de boulimie. Saccharine mêle ainsi des éléments fantastiques au mal-être profond de notre héroïne, qui après avoir volé une partie du cadavre pour la transformer en cendres et ainsi l'ingérer comme ''régime minceur'', va se retrouver coincée dans un état d'accoutumance proche des dépendances liées aux drogues dures... Si Natalie Erika James ne s'était pas évertuée à parsemer son œuvre ça et là d'éléments cryptiques, Saccharine apparaîtrait comme un petit film d'horreur assez peu novateur, construit autour d'une thématique généralement ancrée dans le genre Body Horror. Mais l'australienne se disperse, comme happée par la volonté de faire ingurgiter au spectateur autant de données que son héroïne dévore de nourriture. Dans l'ensemble, le long-métrage est relativement limpide. Si ce n'est la dernière partie qui louvoie entre séquences explicatives et délire visuel... Du gore concentré en fin de récit, si l'on ne tient évidemment pas compte des quelques passages dans la salle de dissection et agrémenté d'une bande musicale signée Hannah Peel rendant le tout parfois dérangeant. Un curieux film d'horreur, entre exaltation métaphysique sur l'identité, le regard que l'on a sur notre propre apparence et sur celle que l'on renvoie, l'accoutumance, l'auto-médication, le long-métrage débordant même sur le sujet de l'anthropophagie... Bref, un sympathique film, élargissant parfois à outrance le programme mais dans l'ensemble, une assez bonne surprise...

 

mardi 23 juin 2026

Le Fils de Saul (Saul Fia) de László Nemes (2015) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

On se souvient encore très bien de La zone d'intérêt (The Zone of Interest) de Jonathan Glazer, véritable électrochoc britannico-américano-polonais qui en 2023 marqua très fortement les esprits en décrivant le quotidien de l'officier allemand SS Rudolf Höss et de sa famille qui en 1943 vivaient dans la zone d'intérêt du Camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. Un quotidien d'apparence très normal si ce n'est qu'il révélait en arrière-plan une réalité monstrueuse. L'extermination systématique et majoritaire des juifs d'Europe et d'autres détenus parmi lesquels des prisonniers de guerre soviétiques, des opposants politiques, des homosexuels et autres ''indésirables''... Le long-métrage était marqué par le bruit de fond permanent des fours crématoires ou par les hurlements des prisonniers menés à la mort. Des séquences ne fonctionnant pourtant qu'à travers l'usage de la suggestion. Plus frontal s'avère Le Fils de Saul (Saul Fia) du réalisateur hongrois originaire de Budapest László Nemes qui avec son premier long-métrage signe en 2015 une œuvre nettement moins équivoque en plongeant directement le héros du récit dans le camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz. Se déroulant sur une période de deux jours, le long-métrage nous conte donc la vie du prisonnier juif hongrois Saul Ausländer. ''Bénéficiant'' d'un statut de ''privilégié'' (d'où l'importance, ici, des guillemets) puisque évitant les chambres à gaz et donc la mort en ayant incorporé un Sonderkommando, une unité de travail majoritairement constituée de prisonniers juifs contraints de participer au mécanisme de Solution Finale visant à exterminer le peuple juif... Saul Ausländer qu'interprète l'acteur et poète hongrois Géza Röhrig se présente donc comme un homme robuste et en bonne santé qui fut sélectionné lors de son arrivée au camp d'Auschwitz. ''Chance'' que n'eurent pas des centaines de milliers d'hommes et de femmes qui furent gazés dès leur arrivée. Le fils de Saul démarre d'ailleurs au Krematorium. Cette zone à part du camp où les membres du Sonderkommando vivent à l'écart des autres prisonniers pour ne pas éveiller de soupçons quant aux ''activités'' qui s'y déroulent. Dès lors, László Nemes plonge le spectateur dans le quotidien épouvantable de ces hommes bénéficiant du privilège de pouvoir vivre encore un certain temps.Un sursis, certes, mais il faut voir dans quelles circonstances. Conditionnés par leur bourreaux, ils mènent eux-mêmes les prisonniers jusqu'aux vestiaires où ces derniers sont contraints de se déshabiller avant d'être retranchés dans les douches de sinistre réputation. Sans prendre de pincettes tout en laissant travailler l'imaginaire du spectateur, le cinéaste hongrois suggère l'horreur qui est en train de se dérouler derrière les lourdes portes en métal qui séparent les vestiaires où patientent les membres du Sonderkommando des douche à proprement parler où son envoyés par le toit des granulés de Zyklon B...


Au contact de l'air, ce puissant pesticide libère alors un gaz extrêmement toxique qui tue toutes celles et ceux qui entrent à son contact. Bien évidemment, László Nemes nous évite la vision de ces hommes et de ces femmes entièrement nus agonisant mais ces dizaines, ces centaines de hurlements qui en arrière-plan accompagnent l'image des membres du Sonderkommando qui attendent que tout soit fini est aussi difficile à supporter que le bruit obsédant accompagnant de la première minute à la dernière le récit de La zone d'intérêt huit ans plus tard. Filmant majoritairement son acteur principal de dos, le réalisateur resserre en permanence le cadre, enfermant le spectateur comme témoin direct des horreurs qui se déroulent dans ce camp de la mort. Mais le récit porte un espoir, si ténu soit-il : parmi les corps inertes des dernières victimes à avoir été gazées se trouve un jeune garçon que Saul croit être son fils. Encore en vie, le jeune enfant respire difficilement. Malheureusement, après qu'un officier nazi l'ait étouffé en constatant qu'il n'avait aucune chance de survivre, Saul n'a alors plus qu'une idée en tête : éviter au corps de son fils d'être envoyé à la crémation et lui offrir un enterrement digne. Et pour cela, l'homme va devoir trouver parmi les prisonniers, un rabbin afin d'effectuer un enterrement rituel... En réalité, une véritable course contre la montre, la caméra enfermant de plus en plus le personnage et par contraction les spectateurs dans un cadre visuel mortifère. Horreur absolue des conditions de vie des membres du Sonderkommando. Chargés d'envoyer les prisonniers à la mort, de les dépouiller de leurs biens, de déplacer ensuite leur cadavre jusqu'au crématorium, avec, toujours cette idée du jour qui viendra où ils seront remplacés et eux-mêmes exécutés. Véritable cauchemar parfois insoutenable, Le fils de Saul reste l'un des témoignages visuels parmi les plus saisissants et les plus inconfortables concernant le sort des prisonniers du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. Refusant ainsi au spectateur d'échapper à la vérité en lui exposant de manière frontale et plus ou moins directe les horreurs commises durant la Seconde Guerre Mondiale. Une question de survie pour son héros mais un véritable chemin de croix émotionnel pour le spectateur confronté enfin à la réalité. Un choc !


 

lundi 22 juin 2026

La prison du viol (Jackson County Jail) de Michael Miller (1976) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Avec son titre français fort racoleur, La prison du viol (traduction réductrice et quelque peu déformée de Jackson County Jail) pourrait passer pour un énième film d'exploitation de type W.I.P et pourtant, ce long-métrage signé de Michael Miller dont le plus ''célèbre'' fait d'arme reste l'étonnant Silent Rage (Horreur dans la ville) avec Chuck Norris et qu'il réalisa en 1982 mérite toute l'attention du cinéphage et même parfois du cinéphile qui sommeille, je l'espère, en chacun de nous... D'abord parce qu'il nous présente un duo de personnages principaux relativement intéressant. D'un côté, Dinah Hunter, cadre publicitaire originaire de Los Angeles qui après avoir essuyé un refus de diffusion de sa dernière création et des propos excessivement misogynes de la part d'un de ses clients venu assister à la projection de sa nouvelle publicité va connaître les vingt-quatre heures les plus intenses de son existence. De l'autre, Coley Blake. Un voleur vivant en marge de la société et dont les activités criminelles semblent être une véritable profession de foi ! Si la rencontre entre cette séduisante citadine et ce charismatique individu originaire d'un monde déjà nettement plus rural paraît improbable, celle-ci va pourtant sceller cette ''union'' certes de courte durée mais d'une intensité réelle. Au terme d'un récit qui ne perd pas de temps en palabres inutiles ni en considérations théoriques produisant un clash entre civilisation et existence arriérée, on se demande qui de l'actrice Yvette Mimieux ou de son personnage de Dinah Hunter le réalisateur déteste le plus... Car comment expliquer cet acharnement avec lequel Michael Miller multiplie les malheurs de son héroïne. Autant en 1984, Brian De Palma jouera de cette même persécution avec le personnage de Jake Scully dans le chef-d’œuvre Body Double en licenciant le protagoniste de son emploi de comédien avant que celui-ci ne découvre que sa petite amie le trompe avec un autre pour au final le faire tomber dans un piège, autant toucher à un personnage féminin, et en l'occurrence la sublime Yvette Mimieux, est déjà beaucoup plus dérangeant. Car en l'espace de quelques heures, Dinah va démissionner de son emploi, découvrir que l'homme avec lequel elle vit depuis deux ans invite chez eux de très jeunes femmes, se faire voler sa voiture par un jeune couple qu'elle avait pourtant eu la gentillesse de prendre à son bord (dont un Robert Carradine jeune et donc fort méconnaissable), se faire agresser par un barman auquel elle demandait de l'aide et enfin se retrouver en prison pour l'agression mensongère du dit propriétaire du bar...


Et comme si cela ne suffisait pas, Dinah sera violée par l'un des adjoints du shérif avant qu'elle ne se défende et ne le tue à l'aide d'un tabouret... Lorsque l'on remonte rétrospectivement le fil des événements, l'on pense ironiquement que la jeune femme aurait finalement mieux fait de fermer sa gueule lorsque ce gros plein de soupe critiqua son travail publicitaire quelques heures auparavant... Au-delà de cette authentique tragédie qui confinerait presque à la parodie si tout n'était pas que pur malaise, le véritable intérêt de La prison du viol reste bien évidemment la rencontre entre Dinah et Coley qui de son côté est interprété par l'excellent Tommy Lee Jones. Et putain ce qu'il pouvait être beau lorsqu'il avait trente ans, son âge lors du tournage du film ! Un rebelle bien charpenté, barbe de trois jours, cheveux mi-longs, caractère trempé du mâle que l'on supposerait un brin macho mais qui derrière ses manières un peu rustres cache peut-être en réalité, un héros incompris. Incompris, oui, de la société mais aussi des autorités policières qui aimeraient l'ajouter à leur tableau de chasse. Et c'est bien cette relation entre deux êtres que tout différencie qui rend le film parfois si touchant. Et ce, derrière un script d'une noirceur parfois stupéfiante. D'un pessimisme outré jusque dans son dernier plan, La prison du viol n'est pas juste un road-movie criminel, une cavale infernale ou une hypothétique histoire d'amour tuée dans l’œuf ! Car outre la description d'une ruralité qui aligne consciencieusement les portraits de culs-terreux, le long-métrage de Michael Miller sert de base à une relation courte et intense entre deux individus de milieux différents qui par la force des choses sont poussés par un même ''désir'' d'évasion. On ne saura jamais en conclusion quel sort attendra Dinah et c'est sans doute mieux ainsi. À ranger aux côtés de Bonnie et Clyde d'Arthur Penn, de La Balade sauvage de Terrence Malick ou de Thelma et Louise de Ridley Scott...


dimanche 21 juin 2026

Red Rabbit lodge de Kevin Khachan (2026) - ★☆☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Avant toute chose, petit jeu : Le premier ou la première qui parvient à me citer un film de 2026 plus mauvais encore que celui dont nous allons parler dans cet article aura toute ma sympathie. Un ''cadeau'' qui n'a, il est vrai, pas grande valeur mais par les temps qui courent, c'est toujours mieux que rien... Avant de me dans l'écriture de cet article consacré à Red Rabbit Lodge du réalisateur, scénariste, producteur et directeur de la photographie américain Kevin Khachan, j'ai eu la curiosité d'aller jeter un œil à sa biographie. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que le bonhomme est comparé à Dario Argento, l'un des maîtres incontestés du Giallo. Mais le meilleur restait à venir puisque selon IMDB, Kevin Khachan serait carrément un ''cinéaste de renommée internationale connu pour sa narration innovante et sa mise en scène qui repousse les limites...''. Okay ! J'veux bien. Mais de quelles limites parle-t-on ? Celles de l'indigence ? Celles de l'amateurisme ? La célèbre base de données en ligne consacrée au cinéma mondial ne s'arrête pas là. Il faut le voir pour le croire ! En effet, IMDB continue ainsi en évoquant un film ''largement acclamé'', ''mettant (par la suite) en valeur son talent pour la création de récits captivants''... Et c'est ainsi que je découvre alors que le site est ouvert à toute modification de la part de n'importe quel utilisateur ayant un compte IMDB ! Bref, je commence à comprendre une chose, que je ne peux évidemment pas prouver, mais il est fort probable que Kevin Khachan lui-même ait écrit sa propre bio sur la page qui lui est consacrée. Car alors, comment expliquer de tels propos lorsque l'on découvre pour la première fois son œuvre. À commencer justement par ce Red Rabbit Lodge qui restera sans doute cette année comme l'un des plus mauvais films tous genres confondus. Un long-métrage que l'on rangera sans doute dans le top cent des plus mauvaises productions de l'histoire du cinéma d'horreur. S'attaquant à un genre dont il ne connaît que les codes préliminaires. Un tueur masqué, tuant à l'arme blanche et dont l'identification ne devrait logiquement aboutir qu'en fin de récit. Anecdote plus ou moins amusante : le film tourne autour d'une poignée de jolies jeunes femmes lors d'une soirée masquée dans une grande demeure filmée en contre-plongée façon Psychose d'Alfred Hitchcock.


Ne parvenant pas à rembourser le prêt immobilier qu'elle a contracté, Victoria propose de louer certaines chambres à de jeunes fmmes. Déguisées qui en Marilyn, qui en danseuse étoile, qui en soubrette ou qui en nonne, à un moment, cette dernière est mise en scène par Kevin Khachan lors d'une séquence durant laquelle le réalisateur semble vouloir rendre hommage à Abel Ferrara et à son mythique L'ange de la vengeance ! Pathétique ! Le film s'ouvre sur une séquence se produisant vingt ans avant les événements qui vont ensuite servir de matière au récit. Une jeune femme se caresse devant un film pornographique avant d'être rejointe par celui qu'elle croit être son petit ami mais qui en réalité se révèle être un tueur en série affublé d'un masque ridicule. S'ensuit un générique qui fait effectivement référence aux Gialli de Dario Argento et d'autres cinéastes italiens et puis... plus rien... ou presque. Le long-métrage, qui pourtant n'excède pas les quatre-vingt six minutes est d'une platitude abyssale. Mise en scène inexistante. Dialogues au rabais. Interprétation ca-ta-stro-phi-que, montage à la serpe, photographie de Soap Opera, scénario.................. hein ? Quoi ? Quel scénario ? Y'en a pas ! Sur près de quatre-vingt dix minutes, on a droit à plus d'une heure et quelque de ventres mous. Red Rabbit Lodge est aussi passionnant à regarder qu'une vidéo tournée lors d'une soirée entre potes par un cameraman en herbe. Les ''acteurs'', c'est comme cela que l'on ose les appeler, font mine de danser lorsque la caméra tourne, ou de crier lorsque le tueur se décide enfin à venir interrompre d'interminables lignes de dialogues qui n'ont probablement pas été écrites avant le début du tournage mais plutôt improvisées par ces quelques jolies poupées dont la silhouette est le seul attrait du film ! Vous vouliez du sang. Faites demi-tour ! En effet, les quelques gouttes qui surgissent à l'écran ne satisferont sans doute pas votre appétit en matière d'hémoglobine. C'est d'un chiant, les amis, vous n'imaginez même pas... Et puis, cette musique, atroce, signée d'un certain Daniel Stone et qui pourtant semble avoir été générée par Intelligence Artificielle. Bref, Red Rabbit Lodge est une.... MERDE ! Pas un film, une MERDE !!!

 

samedi 20 juin 2026

Savage Water de Paul W. Kener (1979)



Je l'écrivais il y a de cela, dans deux jours (ne cherchez pas le sens de cette phrase), certains films gagnent à être traduits, puis doublés en français. Savage Water fait partie de ces improbables bobines qui ne peuvent laisser indifférent. Certainement pas grâce à son scénario, sa mise en scène ou son interprétation. Il faudra faire avec mais : le premier est inexistant. Ou du moins s'est-il perdu en chemin, ou même peut-être noyé dans ces Eaux Sauvages que la jaquette de l'une des éditions DVD promet d'être l'expérience la plus intense depuis Délivrance (The most intense river experience since « Deliverance »). Ne vous faites pas d'illusion. Même si l'expérience mérite d'être vécue ne serait-ce qu'une seule fois dans votre existence (juste pour que vous vous fassiez une idée de ce qui peut résulter d'un doublage amateur fait avec une conscience professionnelle frisant le zéro absolu), comparer le classique de John Boorman et cette excroissance syphilitique est évidemment une blague de potache.

La mise en scène est à l'avenant du scénario. Un peu comme si le réalisateur avait confié sa caméra à Mère Nature en prétextant avoir oublié un rendez-vous chez le dentiste. Autant dire qu'il devait avoir les dents en très mauvais état pour que son film donne l'impression de n'avoir jamais été dirigé. Quant à l'interprétation, que voulez-vous que je vous dise... ? Je vous fais le pari, qu'en cherchant même très loin dans vos mémoires le pire film que vous avez vu, vous lui mettrez un quinze sur vingt après avoir vu Eaux Sauvages. Quoique, je n'ai personnellement pas eu besoin de chercher longtemps pour en trouver un de plus éprouvant à regarder. Ceux qui me connaissent TRES BIEN savent que Raiders of theLiving-Dead demeure en la matière, mon film de chevet.

Putain, un slasher me direz-vous. Un que je n'aurais pas encore dans ma collection ? Oui, enfin, bon. Disons que jusqu'au procès final expédié de manière aussi rapide que... pas grand chose en fait, l’œuvre tente de maintenir un suspens aussi tendu qu'un arc dont la corde aurait pété ! Sérieusement, lorsque l'on lance le film, on a très vite l'impression que le type qui a loué le film avant vous a logé le mauvais DVD dans le boîtier avant de le ramener dans son vidéoclub.

Aaaahhh, les vidéoclubs... ces dizaines de jaquettes promettant des heures d'hémoglobine, ces rayons planqués un peu plus loin, honteux d'arborer des films aux titres aussi évocateurs que La Bonne Sœur aux Gros Nichons (mon premier porno), Caligula (mon premier péplum... porno lui aussi), ou le très éducatif Le Sexe qui Parle (le genre de film qui, s'il devait un jour arriver à la femme d'être victime du même mal que son héroïne, résoudrait bien des problèmes d'adultère)...

Eaux Sauvages ressemble dans sa première grosse partie (en fait, une heure sur les quatre-vingt dix minutes que dure le film) à une vidéo de vacances. Il ne s'y passe rien. C'est plat, inintéressant, vide de tout ce que l'on pourrait exiger d'un film au titre aussi évocateur. Une dizaine de personnages environs font un peu de rafting, discutent, mangent, apprennent à mettre un gilet de sauvetage et à placer des cordages sur les canoës. Certaines scènes valent pourtant le détour. Deux notamment m'ont très fortement marquées. D'abord, il y a cette scène située à l'intérieur d'un cockpit d'avion. Sans même avoir à tendre l'oreille, on s'aperçoit que le bruit du moteur est celui produit par un hélicoptère. Un HELICOPTERE !!! D'un autre côté, c'est plutôt amusant. Un peu comme cette seconde scène durant laquelle on découvre un couple d'allemand. Leur accent est si caricatural qu'il nous renvoie à l'époque ou Michel Leeb imitait les noirs ou les asiatiques. En plus, comme le spectateur est forcément un con, le couple germanique termine ses phrases par un « ja » ou un « jawohl » indentifiant définitivement s'il en était besoin leurs origines.

Mais ce qui demeure le plus fameux dans ce film, c'est effectivement son doublage. Si ce (trop) long-métrage ne devait déjà pas peser bien lourd dans sa langue natale, ceux qui l'on doublé on effectué un travail d'une rigueur exceptionnelle... non, j'déconne ! En fait, c'est navrant. Et en meêm temps, c'est ce qui fait le charme de cet OFNI dont on ne cessera jamais de vanter des défaut qui en font ses qualités de nanar.
Ah ! Et puis je voulais préciser une chose : il y a bien eu un cinéaste derrière tout ça. Son nom : Paul W. Kener.

vendredi 19 juin 2026

Backrooms de Kane Parsons (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Pour bien comprendre ce qu'est une Backroom et surtout l'usage qui en est fait depuis maintenant sept ans lorsque en 2019 apparut sur le forum anonyme anglophone 4chan un fil de discussion (ou thread) d'un genre très particulier, il faut donc remonter aux origines. Et comprendre que tout est parti d'un concept finalement assez simple. Avant que n'intervienne le youtubeur et vidéaste américain Kane Parsons, des internautes conçoivent et ajoutent alors par couches successives, des niveaux ancrés dans des espaces liminaux. Des lieux que l'on peut décrire comme étant des secteurs généralement vides, immenses, à l'architecture parfois bancale, voire même improbable, dont certains paraissent avoir été inspirés par l'Escalier de Penrose que le généticien britannique Lionel Penrose conçu en 1958 avant que l'artiste graphique néerlandais Maurits Cornelis Escher n'en reprenne le principe deux ans plus tard avec sa célèbre lithographie Klimmen en Dalen (Montée et descente) dans laquelle celui-ci imaginait un objet impossible contredisant les lois physiques ! Mais pour mieux comprendre le concept, plutôt que de réduire le principe à quelques mots, le plus simple reste finalement d'aller découvrir si ce n'est déjà fait, les trois vidéos réalisées par l'excellent youtubeur français Feldup, lequel les a donc consacrées au sujet des Backrooms... Nous sommes ensuite en 2022. C'est à dire à une date qui n'est au fond pas très éloignée dans le temps. Âgé de dix-sept ans seulement, Kane Parsons imagine mettre en images ce que des internautes avaient tout d'abord conçu sous forme de graphiques. The Backrooms (Found Footage) est alors, et sans mauvais jeu de mots, la porte d'entrée idéal pour pénétrer cet univers. Une vidéo courte puisque ne durant que neuf minutes mais durant laquelle l'on assiste à ce qui semble être tout d'abord un reportage ou au tournage d'un petit film d'amateur dans la rue lorsque le cameraman fait une chute et se retrouve propulsé dans l'une de ces fameuses Backroom. Kane Parsons envisage alors les lieux comme un dédale constitué de salles immenses, de couloirs sans fin, d'architectures invraisemblables, de puits sans fonds, de pièces qui ne donnent nulle part ou d'escaliers qui n'aboutissent à rien. Un lieu qui se voudrait être paisible à raison d'une unité de ton homogène mais qui pourtant délivre une authentique anxiété chez le spectateur.


Sans compter que lors de cette première et involontaire escapade du cameraman, il semblerait que celui-ci ne soit pas tout à fait seul... À peine un an plus tard, la société indépendante américaine de production et distribution cinématographique A24 envisage de produire aux côtés d'autres maisons de production, une version cinéma de ce qui est devenu depuis la diffusion de The Backrooms (Found Footage) une web-série. Offrant à Kane Parsons l'opportunité de réaliser lui-même le long-métrage sur la base d'un script écrit par le créateur et showrunner de la série DMZ avant que le scénario ne soit finalement remanié par le scénariste Will Soodik auquel l'on doit notamment l'écriture d'épisodes pour les séries Homeland et Ash vs Evil Dead. Bien que l'idée puisse s'avérer excitante, on sait combien adapter un court-métrage ayant fait sensation sur Internet au point de devenir véritablement viral est particulièrement risqué. L'un des meilleurs exemples demeurant probablement l'excellent Lights Out de David Sandberg qui après avoir attiré puis effrayé des millions d'internautes s'est vu adapté sur grand écran avec pour conséquence principale de forcer sur des éléments qui à l'origine n'appartenaient directement au concept de ce court-métrage de deux minutes trente environ. Trop long et finalement peu inspiré, l'on continue toujours de redécouvrir la version d'origine tout en éludant sa beaucoup trop ''élastique'' transposition sur grand écran... Maintenant qu'est sorti sur nos écrans le tant attendu Backrooms dans une version revisitée et au scénario ''étendu'', qu'en penser ? Le film de Kane Parsons vaut-il vraiment le coup que l'on se déplace dans les salles de cinéma ? A-t-il réellement des chances d'avoir le même impact que le court de neuf minutes partagé quatre ans auparavant sur les réseaux sociaux ? Le conseillera-t-on davantage à celles et ceux qui ne connaissent pas le projet d'origine ou au contraire aux fans qui connaissent sous toutes ses coutures la web-série ? Pas évident en réalité de répondre à ces questions tant différentes données entrent en interaction. Il se peut que les néophytes connaissent quelques troubles de l'audition et de la vision, sans même parler des risques de tachycardie que pourraient engendrer chez eux certaines séquences prétendument effrayantes, plongeant ainsi les spectateurs dans une certaine forme de torpeur face à un univers qu'ils n'avaient jusque là jamais appréhendé.


Pour ceux qui connaissent déjà l’œuvre séminale, cela devient déjà nettement plus compliqué. Ne serait-ce que pour le public français, nourri à la web-série et au formidable travail de recherche de Feldup, Backrooms peut être observé comme le parfait exemple de projet inutile. Convoquant certainement l'engouement des fans tout en leur proposant un spectacle sans doute un peu trop ''bigarré'' pour retenir son attention jusqu'au terme du récit... En soit, Backrooms n'est pas un mauvais film. Mais alors que le court-métrage d'origine demeure encore aujourd'hui comme une expérience anxiogène parmi les plus efficaces, il n'est pas certains que l'on se souvienne très longtemps de son adaptation sur grand écran. Contraint de nourrir son intrigue afin d'éviter toute redondance, le réalisateur et son scénariste ajoutent à l'exploration des espaces liminaux des séquences supplémentaires qui font surtout figure de remplissage. Justifiant sans doute pour ses auteurs la durée ''excessive'' du long-métrage, le film se concentre parfois sur des dialogues entre Clark (Chiwetel) et sa thérapeute Mary (Renate Reinsve). Les deux héros de ce récit lors duquel on apprend que le premier supporte mal d'être séparé de son ex épouse tandis que la psychologue tente de lui faire remonter la pente. Ancien alcoolique qui a arrêté de boire depuis peu, Clark découvre dans le sous-sol de son magasin que l'un des murs donne sur une autre ''dimension''. Un vaste complexe à la géométrie variable, empli de bric et de broc. Un décor proche de ce que l'on connaît déjà des backroom. Aidé par deux amis (Lukita Maxwell et Finn Bennett dans les rôles de Kat et Bobby), Clark tente d'approfondir ses recherches s'agissant d'un lieu qu'il explore maintenant depuis plusieurs jours. Mais lorsque le patient de Mary finit par ne plus donner de ses nouvelles, la jeune femme décide de se lancer à sa recherche malgré des propos qui lors de leur dernière rencontre lui ont semblé incohérents... C'est avec un certain plaisir que l'on retrouve donc l'univers des backrooms, ici parfaitement retranscrits. Mais est-ce par habitude, l'effet escompté relève désormais plus du subterfuge que d'un réel génie qui s'efface derrière une succession de séquences extérieures au contexte parfois inintéressant et qui ruinent donc en partie l'immersion. Ces retours réguliers dans le monde réel rompt avec ces espaces inquiétants, d'autant plus que l'on se fout à peu près de tout ce qu'impliquent les échanges entre Mary et Clark. Malgré tout, Kane Parsons est parvenu à retranscrire durant des séquences immersives parfois angoissantes l'univers dont il fut lui-même à l'origine. Image parasitée, décors jaunes dans la majorité des cas et musique produite par le compositeur canadien Edo Van Breemen viennent appuyer un concept qui au fond fonctionne mal à l'état de fiction qu'en tant que creepypasta qui à l'époque pouvait, au pire, être traité comme une légende urbaine intégrée dans la conscience collective comme un phénomène réel. Les spectateurs étant désormais écartelés entre l'idée de découvrir un simple film d'horreur et celle d'être plongés dans les méandres d'un univers qui, pourquoi pas, serait réellement accessible...

 

jeudi 18 juin 2026

Scary MoVIe de Michael Tiddes (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

N'étant pas un aficionado de cette franchise débutée voilà vingt-six ans, mes connaissances à son sujet sont réduites au minimum. Jusqu'ici constituée de cinq longs-métrages dont les deux premiers furent réalisés en 2000 et 2001 par Keenen Ivory Wayans, les troisième et quatrième par David Zucker et le cinquième par Malcolm D. Lee, cette année a donc vu le retour à l'écran de certains des acteurs et personnages emblématiques de la série à l'image des frères du réalisateur, Marlon et Shawn Wayans qui avaient disparu de l'image après seulement les deux premiers volets. Seules Anna Faris et Regina Hall qui elles aussi sont de retour avaient persisté jusqu'au quatrième épisode de la franchise avant d'être remplacées dans le cinquième par Ashley Tisdale et Erica Ash... Série de films parodiques, Scary Movie n'a jamais cessé de brocarder le cinéma d'horreur et fantastique en se moquant ouvertement des scènes les plus cultes du genre. Et ceci, sous couvert d'un sexisme et d'une vulgarité totalement décomplexés. La franchise est surtout connue pour avoir parodié le Scream de Wes Craven dont il reprendra d'ailleurs dès le départ le nom et l'apparence du boogeyman connu sous le nom de Ghostface. Un tueur moins agile, gaffeur, s'auto-parodiant mais toujours aussi cynique et efficace en terme de bodycount que dans l’œuvre originale. Bon, on ne va pas se voiler la face. Ici, le compteur neuronal reste figé sur le chiffre zéro et l'aiguille de n'importe quel détecteur de conneries demeure dans la zone rouge ! Contrairement aux films produits et réalisés par les ZAZ rien ou presque ne se déroule en arrière-plan et les dialogues sont d'une faiblesse si importante que le réalisateur Michael Tiddes est contraint de pallier l'asthénie quasi généralisée en terme de drôlerie par des gags majoritairement visuels...


L'occasion une nouvelle fois de parodier des œuvres plus ou moins récentes avec toujours en toile de fond, le Scream de Wes Craven. Parmi elles, l'on trouve donc notamment des ''relectures'' humoristiques de Sinners, de Smile 2, de The Substance, de M3GAN, de Candyman ou encore de Terrifier. Une séquence en animation, du livestream qui dégénère en jeu de massacre avec Shorty Meeks (Marlon Wayans) et quelques sketchs à l'image de Brosferatu, une séquence post-générique parodiant Nosferatu. Il est fort à parier que les fans des débuts risquent de verser leur petite larme d'émotion à la vue du retour des quatre principaux protagonistes des deux premiers longs-métrages à avoir vu le jour au début du siècle tandis que celles et ceux qui ne furent pas spécialement attirés à l'époque par le concept de grand fourre-tout humoristico-horrifique resteront certainement de marbre devant une si grande vulgarité et par l’éternelle propension des auteurs à parler de sexe. Cependant, et même sans être un adepte du genre, il est possible parfois de lâcher un rire nerveux devant une séquence tellement ''What the Fuck'' que s'esclaffer devient irrépressible. La femme fontaine ou le streamer décapité ayant eu sur moi un réel effet comique ! Pour le reste, Scary MoVIe n'est qu'un enchaînement de gags lourds et souvent très mal sentis. De la redondance en veux-tu, en voilà mais une fin plutôt intéressante qui voit les générations s'affronter lors d'un final qui plus qu'à aucun autre moment du film exploite le concept de mise en abyme avec ses héros qui sortent du cadre strict de leur personnage pour un retour à la réalité opposant de nouvelles recrues aux créateurs de la franchise. Tout ceci n'est donc jamais vraiment sérieux et s'avère donc très bas de plafond, immature et tout de même réservé à un public averti, adepte de pitreries en tous genres, souvent portées en dessous de la ceinture...

 

mercredi 17 juin 2026

The Furious (Huo Zhe Yan) de Kenji Tanigaki (2026) - ★★★★★★★★☆☆




The Furious de Kenji Tanigaki..... Vous l'aurez compris, comme je l'imagine, qu'avec un titre pareil, faut pas s'attendre à assister à la réunion d'un club du troisième âge dont les membres seraient passionnés de macramé ou de mots fléchés ! Ici, ça cogne dur. Mais pas comme dans une cours d'école où durant l'interclasse deux élèves ou deux clans opposés se frotteraient l'un à l'autre à coups de pieds désordonnés dans les jambes et de coups de poings dans le visage. Pas raisonnable pour un sou et se fichant totalement du manque de vraisemblance des chorégraphies dont il s'est probablement chargé lui-même lors des combats, le réalisateur japonais signe en 2026 avec ce qui à Hong-Kong est sorti sous le titre originale Huo Zhe Yan, l'un de ces thrillers d'action et d'arts-martiaux asiatiques très attendus cette année. Il faut dire que la bande annonce avait de quoi nous réjouir tout en étant la promesse d'une nouvelle référence en la matière après les excellents Taken de Pierre Morel en 2008, The Raid de Gareth Evans en 2012 ou encore le récent et extraordinaire City of Darkness signé du réalisateur hongkongais Soi Cheang en 2024... S'agissant du second, les spectateurs auront tout loisir de découvrir que l'acteur indonésien qui à l'époque campait le rôle de Mad Dog est de retour cette année dans le rôle de l'un des personnages antagonistes. Un individu prénommé Tak, grand amateur d'arc, lequel est son arme favorite, traînant toujours à l'écran son démoniaque faciès rendu encore plus sinistre désormais lorsqu'il se met à sourire ! Pas très bavard mais déjà beaucoup plus que l'un des deux héros de cette histoire somme toute banale écrite à quatre mains par Mak Tin-shu, Lei Zhilong, Shum Kwan-sin et Frank Hui et qui se trouve être muet. Un scénario entretenant d'ailleurs un rapport ténu avec Taken puisque ce même personnage prénommé Wang et incarné par Xie Miao se lance à la recherche de sa fille Rainy (Yang Enyou) qui a été enlevée devant ses yeux. D'emblée, et avant que le drame ne vienne bousculer l'existence du père et de sa fille, Kenji Tanigaki parvient à instaurer une complicité entre les personnages qui se ressent énormément à l'écran, rendant ainsi le duo très attachant. Mais le drame n'étant jamais très loin de succéder au bonheur, Wang se lance dans une course effrénée et va à cette occasion croiser la route de Navin, homme dont l'épouse journaliste enquêtait sur des disparitions d'enfants avant de s'évaporer elle-même dans la nature. Enquêtant à son tour sur un réseau supposé de kidnapping et de vente de jeunes enfants, Navin s'est infiltré voilà deux mois mais l'arrivée de Wang va tout foutre en l'air. Lorsque l'un et l'autre comprennent qu'ils ont un intérêt commun, ils décident de s'allier et de démanteler l'organisation criminelle...


C'est sans la moindre hésitation que mon choix s'est porté sur The Furious plutôt que sur Disclosure Day de Steven Spielberg que j'ai décidé de reporter d'un ou deux jours. Parce qu'entre l'hypothèse de vivre une expérience humaine probablement très profonde, avec ses questionnements sur les différentes formes de croyances qu'il s'agisse de Dieu ou de l'existence même des extraterrestres et vivre une aventure toute aussi intense faisant davantage appel à la bête sommeille en tout homme afin d'atteindre un but ici évidemment légitime, mon choix s'est donc porté sur celle-ci... The Furious est le digne descendant de ses prédécesseurs et confirme une nouvelle fois qu'en matière de cinéma d'action et d'arts-martiaux l'Asie n'a pas de compte à rendre à quiconque et reste seule maîtresse d'un art qu'elle maîtrise de bout en bout. Doté d'un budget estimé à environ vingt millions de dollars, le long-métrage de Kenji Tanigaki réunit différentes nations : Japon, Chine, Indonésie et Thaïlande où sera d'ailleurs tourné le film. Et plus précisément à Bangkok, dès le mois d'avril 2024 et ce, durant une période de trois mois. Ville tentaculaire et donc anxiogène, théâtre de nombreux enlèvements d'enfants dont ne semble d'ailleurs pas trop se préoccuper le chef du commissariat. Corrompu ? Pleutre ? Nous le découvrirons beaucoup plus tard lors du récit. On ne s'étonnera pas d'apprendre que Kenji Tanigaki a participé voilà deux ans en arrière à l'élaboration des cascades de City of Darkness du hongonkongais Soi Cheang tant les chorégraphies de son tout dernier long-métrage semblent produites dans le même esprit en terme d'inventivité et de création. Des combats opposants les acteurs Miao Xie (Wang Wei) et Joe Taslim (Navin) à des antagonistes très résistants incarnés par Brian Le (Ho), Yayan Ruhian (Tak), Sahajak Boonthanakit (Mr. Song) ou encore Joey Iwanaga (Paklung, l'un des richissimes pontes de l'organisation criminelle). N'oublions pas la jeune Enyou Yang qui interprète la fille de Wang, très investie dans le récit puisque kidnappée et motivée ensuite à s'échapper et à faire libérer tous les enfants qui comme elle sont enfermés dans un établissement du nom de Snake Pit...


Mais bien évidemment, ce que l'on vient chercher ici en priorité, ce sont les combats. Et à ce titre, on en prend plein les yeux. Un show quasi permanent, des affrontements souvent dantesques, périlleux (on se demande comment certains acteurs n'ont pas fini à l’hôpital) et millimétrés. Quelques séquences émouvantes entre le père et sa fille, un duo de choc entre Wang et Navin, mais aussi, quelques séquences absurdes et sans doute moins pertinentes que d'autres. L'on pense notamment à la libération des enfants durant laquelle l'on découvre encore une fois l'étrange attitude du commissaire de police qui refuse à ses subalternes d'intervenir. Longue séquence qui oppose nos deux héros à une armada de criminels dans un couloir. Une séquence étonnamment tournée, brouillonne, répétitive et surtout, dénuée de toute maestria chorégraphique. Étrange... Kenji Tanigaki manquerait-il alors d'imagination ? Son inspiration se serait-elle envolée en fumée ? Pas vraiment puisque le final confirme ensuite qu'il en avait encore sous le pied et que la scène de la libération des enfants était sans doute traitée sous forme ''d'entracte'' afin de rendre encore plus intense ce qui allait suivre. Notons ensuite que le film verse parfois dans le grand-guignol avec des scènes extrêmement gore agrémentées de bruitages qui accentuent l'horreur de la situation. Kenji Tanigaki se lâchant alors durant une séquence ma foi totalement invraisemblable durant laquelle Paklung libère toute la folie qu'il contenait jusque là au point de commettre un acte irréparable... Ce passage est sans doute celui de trop. Une surenchère qui fait plus rire qu'elle n'engendre l'épouvante. Heureusement, le final, grandiose, viendra remettre un peu d'ordre dans toute cette histoire. Un combat à quatre opposant Wang et Navin à Tak et Paklung avant qu'un cinquième élément en la personne de Ho ne vienne s'ajouter au combat. Bref, The Furious, c'est du très grand spectacle visuel à défaut de nous proposer un défi intellectuel. Un scénario basique mais une réalisation, une interprétation et des chorégraphies magistrales...


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