Parfois connu sous les
titres Les Tortillards sont là
ou Après Nous les Mouches,
le cinquième long-métrage du cinéaste français Jean Bastia, Les
Tortillards
(et deuxième auquel participa Louis de Funès la même année, en
1960), ne s'encombre pas vraiment d'un scénario digne de ce nom.
Épaulé par son frère, le compositeur d'opérettes Pascal Bastia,
le cinéaste propose une farce aux allures de théâtre de boulevard
déstructuré inspiré des grands auteurs tels qu'Edmond Rostand et
son célèbre Cyrano
de Bergerac, qui, ici, sont maltraités par une famille de comédiens
dirigée par César Beauminet, lequel est poursuivi par un huissier de
justice. Forcés de prendre la fuite, les Beauminet et l'équipe qui
complète la troupe partent en tournée en Province, accompagnés
pour l'occasion de Gérard Durand, fiancé à Suzy, la fille de
César, et fils d’Émile Durand, l'inventeur de l'insecticide
« Cicéron ».
Ce dernier voit d'un assez mauvais œil le départ de son fils,
surtout après qu'un quiproquo l'ait fait confondre avec l'huissier
venu se présenter tout comme lui à la famille Beauminet.
Sur
la route, César et les siens ont bien du mal à se faire de
l'argent. Le public suit, mais les recettes sont maigres et
insuffisantes pour leur permettre de manger à leur faim. Gérard qui
au départ ne faisait que les accompagner finit par se voir offrir
d'importants rôles au seins des pièces présentées au public.
Pendant ce temps là, et alors que l'épouse et la sœur d’Émile
décident de retrouver la troupe en tournée, celui-ci a bien du mal
à trouver la recette miracle qui permettrait à son insecticide de
contrer celui de son principal rival. Suivi de son collaborateur
Léon, il décide à son tour de prendre la route afin de rattraper
la troupe. Peut-être un moyen de valoriser enfin son invention...
Parce
que Les Tortillards
manque singulièrement d'un scénario solide, le long-métrage de
Jean Bastia repose uniquement sur le jeu de ses interprètes. Et en
la matière, Jean Richard, celui-là même qui débutera sept ans
plus tard une longue carrière à la télévision dans le rôle du
commissaire
Maigret
en fait des caisses. Plus que Louis de Funès, qui se retrouve
souvent au second plan, et Roger Pierre, qui incarne le fils de ce
dernier, Jean Richard joue davantage à la manière d'un comédien
que d'un acteur. Comme la plupart des interprètes qui autour de lui
nous proposent un spectacle explosif totalement brouillon mais ne
souffrant quasiment pas de temps morts. Reposant essentiellement sur
les diverses interprétations de pièces célèbres, Les
Tortillards
n'est pratiquement qu'une succession de scènes de théâtre filmées,
accueillies par un nombre restreint de spectateurs. Une tournée sans
enjeux pour une troupe affamée et désargentée qui pourtant reste
soudée malgré l'adversité.
Le
film de Jean Bastia est vif, sympathique, dévoilant une énergie
folle. Et même si l'on y espère découvrir surtout Louis de Funès,
sa présence moins importante que celle de la majorité des
interprètes ne l'empêche jamais de marquer les esprits à travers
ce rôle qu'il aura toujours continué à incarner durant toute sa
carrière. La conséquence des faiblesses scénaristiques fait que le
film n'est jamais vraiment drôle. Amusant, certes, grâce à
l'énergie déployée par la majorité de ses interprètes, mais
mineur en comparaison de bon nombre de comédies à l'affiche
desquelles trônait en bonne place Louis de Funès...




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