Décédé l'année dernière à l'âge de quatre-vingt sept ans, le
réalisateur français Jeannot Szwarc eut une drôle de trajectoire
puisque après avoir démarré sa carrière en France en réalisant
des publicités télévisées ainsi que des documentaires, il quitta
le pays pour les États-Unis où il débuta une longue carrière sur
le territoire américain en tournant dès 1968, deux épisodes de la
série L'homme de fer.
Enchaînant par la suite par une dizaine d'autres séries dont Le
virginien
ou Opération danger,
il mettra en scène son premier long-métrage pour la télévision en
1972 avec le thriller Night of Terror.
Quatre autres suivront puis, entre 1970 et 1973 il réalisera
dix-neuf épisodes de l'anthologie fantastique de Rod Serling Night
Gallery.
Son premier long-métrage cinématographique, Jeannot Szwarc le
réalisera juste après, en 1973. Il s'agit du drame Extreme
Close-Up.
Avant de poursuivre sa carrière au cinéma, il réalisera un épisode
de la série policière Columbo (Adorable
mais dangereuse)
et même un autre de L'homme qui valait trois
milliards !
Le français continuera durant plus de vingt ans à jongler entre
cinéma et télévision, réalisant d'un côté Les
insectes de feu,
Les Dents de la mer, 2e partie
ou encore Supergirl
et de l'autre, des épisodes pour les séries Kojak,
Les têtes brûlées,
Baretta ou
encore La cinquième dimension.
On le voit, le plus gros de la carrière de Jeannot Szwarc s'est donc
faite outre-atlantique. Ce qui ne l'a pas empêché de revenir dans
son pays d'origine, la France, dans les années quatre-vingt dix pour
notamment diriger la mini-série italo-franco-allemande en quatre
parties La montagne de diamants
et surtout trois comédies qui verront le jour sur grand écran. S'il
tourne en 1994 La Vengeance d'une blonde sur
la base de dialogues écrits par Marie-Anne Chazel et Michel Delgado,
lesquels conçoivent également le script aux côtés de Bernard
Murat et Valentine Albin, trois ans plus tard, et après avoir
réalisé Hercule & Sherlock
avec Christopher Lambert, Richard Anconina et Philippine
Leroy-Beaulieu, il reprend une partie de l'équipe qu'il réunissait
autour de son premier long-métrage tourné dans l'Hexagone en
retrouvant pour la seconde fois le scénariste Michel Delgado (qui
une fois encore assure l'écriture aux côtés de Marie-Anne Chazel),
la costumière Catherine Leterrier (qui se trouve être la sœur
aînée du politicien Laurent Fabius), le compositeur Eric Lévi
(membre du groupe Era et notamment auteur de la bande originale des
Visiteurs
de Jean-Marie Poiré en 1993) ainsi qu'une partie non négligeable
des interprètes de La vengeance d'une blonde
puisque l'on retrouve au générique Marie-Anne Chazel dans le rôle
de la ''bourgeoise coincée'' Bénédicte d'Hachicourt et Clémentine
Célarié dans celui de la chanteuse Gloria Soleil (nom de scène de
Françoise Tricot).
Thierry
Lhermitte se présente quant à lui sous les traits de Brice, l'époux
de Bénédicte, et l'on peut découvrir de nouveaux venus, tels la
jeune et future dramaturge Léonore Confino qui interprète ici du
haut de ses douze ans la fille des Hachicourt, Clémence, Didier
bénureau (Les
visiteurs)
dans le rôle de l'abbé Gervais, Bernard Farcy (Taxi,
Les trois frères),
la toujours aussi charmante Isabelle Carré dont l'importante
carrière n'avait débutée que quatre ans en arrière avec le rôle
de Valérie dans l'excellent comédie dramatique de Coline Serreau,
Romual et Juliette
ou encore dans de tout petits rôles, Alain Doutey (La
septième compagnie,
la série de l'été Orages d'été
et
sa suite Orages d'été, avis de tempête toutes
deux mises en scène par Jean Sagols en 1989 et 1990) et Bruno Solo
(les trois premiers volets de la saga La vérité
si je mens !,
la série télévisée Caméra Café)...
Les sœurs Soleil
évoque la rencontre entre une mère de famille aisée un peu coincée
et une chanteuse sur le retour le jour où la première des deux
accompagne sa fille qui a gagné le droit de participer au tournage
du clip de la seconde. Contraintes pour diverses raisons de
collaborer, la rencontre entre Bénédicte et Gloria va provoquer un
véritable choc culturel entre leurs deux univers... Jeannot Szwarc
et ses deux scénaristes évoquent la confrontation entre la vie bien
lisse, respectable et emprunte de religion de Bénédicte et celle
beaucoup plus extravertie et ''rock’n’roll'' de la chanteuse.
Tout comme La vengeance d'une blonde,
Les sœurs Soleil dénote
dans la carrière de leur auteur. Déjà peu habitué à donner dans
la comédie, Jeannot Szwarc semble surtout avoir voulu profiter de
l'engouement du public pour les comédies de Jean-Marie Poiré
période Les visiteurs
en reprenant le même principe de comédie survoltée en choisissant
même d'employer certains interprètes de cette comédie culte ainsi
que son compositeur. Pourtant, bien loin d'intégrer la réussite des
Visiteurs,
Les sœurs Soleil
reste assez pathétique dans son fonctionnement. Déjà que La
vengeance d'une blonde
n'était pas une grande réussite, Les sœurs
Soleil
enfonce encore un peu plus le clou de la comédie ringarde. Bref,
Jeannot Szwarc a finalement bien fait de retourner ensuite aux
États-Unis pour y poursuivre sa carrière à la télévision
américaine jusqu'en 2019 et ainsi de nous épargner une éventuelle
et nouvelle comédie faisandée tournée sur le territoire
national...







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