Dix ans après avoir mis en scène Thomas Blanchard et Thomas Scimeca
dans Le Voyage au Groenland dans
lequel les deux interprètes faisaient le connaissance d'une
communauté inuit, le réalisateur et scénariste Sébastien Betbeder
retourne côtoyer ce peuple autochtone de l'Arctique et y plonge
désormais les personnages incarnés par Blanche Gardin, Philippe
Katerine et Bastien Bouillon. Lesquels interprètent respectivement
Coline, Basile et Lolo, une sœur et ses deux frères qui n'ont plus
communiqué entre eux depuis des années depuis que la jeune femme a
fait le choix de partir au Pôle Nord afin de rechercher le Yéti,
une créature légendaire issue de divers folklores. L'Incroyable
Femme des neiges
commence
alors que Coline, transite de froid, s'écroule au sol. Le récit
opère alors un voyage dans le temps. Un temps effectivement
indéfinissable passe et l'on retrouve la jeune femme dans le village
natal du Jura où elle vécu sa jeunesse auprès de ses deux frères
et de leurs parents. Coline retrouve Basile, lequel travaille dans un
restaurant. Lolo, quant à lui, ne débarquera qu'un peu plus tard,
lorsque son frère estimera qu'il est tant que la fratrie se réunisse
alors que Coline est devenue mutique. Entre temps, celle-ci aura eu
l'occasion de revoir Christophe (Laurent Papot), un ancien petit ami
qui avait fait le choix de la quitter. Car Coline est une femme
instable. Bipolaire. Tandis que sa mort approche, elle et ses deux
frères vont partir retrouver la petite communauté inuit qui l'avait
accueillie alors qu'elle risquait de perdre la vie quelques années
auparavant avant d'être miraculeusement retrouvée par deux hommes
de la communauté en question... Notons que pour une fois, Blanche
Gardin nous épargne la vulgarité dont elle s'est rapidement faite
l'une des ''spécialistes'' lors de ses spectacles pour au contraire
approcher son personnage de manière plutôt sobre. De son côté, et
bien que le rôle de Basile lui colle relativement bien à la peau,
l'exubérance de Philippe Katerine est ici beaucoup moins visible.
Aux
côtés de Bastien Bouillon, ils composent une fratrie quelque peu
dysfonctionnelle qui s'explique notamment lors d'une périlleuse et
vertigineuse randonnée devant mener nos trois protagonistes jusqu'au
refuge de leur père décédé. Sans trop être caricaturaux, l'on
peut tout de même considérer les personnages comme des
''originaux''. Un terme qui sied d'ailleurs parfaitement au récit,
dont la sobriété ainsi qu'une certaine austérité range
L'Incroyable Femme des neiges
dans une catégorie de longs-métrages qui s'écartent drastiquement
du cinéma populaire et grand public. Et même si le titre prétend à
l'origine opérer une rencontre ''fabuleuse'' entre notre héroïne
féminine et l'un des plus célèbres mythes relatant l'existence
d'une créature parfois nommée Bigfoot, Basajaun ou Kaptar, le
long-métrage de Sébastien Betbeder est aussi et surtout ancré dans
une réalité tragique : la mort annoncée de Coline. L'occasion
pour le réalisateur et scénariste français d'évoquer à travers
le récit, des coutumes ancestrales inuit qui porteront nos trois
protagonistes en un lieu sacré, une porte, un chemin emprunté par
nombre d'habitants de la région lorsque la Mort se fait pressante.
Une issue abordée de manière d'ailleurs très optimiste puisque
même si Sébastien Betbeder évoque l'idée d'un adieu entre la
sœur et les deux frères, rien ne semble véritablement inéluctable.
Derrière cette idée originale emprunte de mysticisme se cache
malgré tout une œuvre qui ne se départit pas d'un certain humour.
À travers la personnalité des divers protagonistes, certes, mais
également à travers certaines situations. Comme les retrouvailles
on ne peut plus extravagantes entre Coline et Sophie Giroud
(Clémentine Baert), cette gamine que l'héroïne détestait assez
peu cordialement du temps de leur adolescence et qui depuis est
mariée avec Christophe, son ancien compagnon ! L'Incroyable
Femme des neiges
demeure malgré tout une œuvre très particulière, dénuée d'une
énergie propre à la comédie. Humour et drame s'imbriquent dans un
récit qui fait la part belle à des décors parfois saisissants de
beauté et à une communauté inuit que le réalisateur rend très
attachante...
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