Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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lundi 24 août 2026

Warlock Moon de William Herbert (1973) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Voici un bien bel et bien étrange objet que ce Warlock Moon signé du réalisateur et scénariste américain William Herbert. Seul long-métrage à son actif et dont il a écrit le script sous le pseudonyme de John Sykes, Warlock Moon a beau être méconnu dans nos contrées, s'arrêter dessus quelques instants paraît indispensable. Car officiellement ou non, nous verrons un peu plus loin qu'il semble avoir inspiré l'un des plus grands (si ce n'est LE plus grand) film d'horreur de tous les temps. Mais avant cela, évoquons d'abord l'étrangeté du récit. William Herbert n'est sans doute pas le premier ni le dernier à s'être amusé à mélanger les concepts même si son unique long-métrage dépasse de loin tout ce que l'on peut imaginer en terme de mix improbable. Dans cette histoire où se croisent tout d'abord une jeune étudiante et l'employé subalterne d'un journal local qui vont sympathiser, le réalisateur imagine tout un tas d'événements qui mis bout à bout transforment le récit en un gloubiboulga pas toujours très cohérent. Si tant est, bien entendu, que l'on puisse adhérer à certains concepts comme celui des fantômes... Jenny Macallister sort de cours lorsqu'elle aperçoit Joe Spano, un inconnu assis sur un banc et affublé d'un masque de Groucho Marx. Amusée, la jeune femme le laisse la suivre et se laisse même convaincre d'accepter de déjeuner avec lui. Vision très optimiste des relations humaines qui n'ont évidemment plus cours de nos jours. Tandis qu'ils sont en voiture, ils se perdent en chemin et tombent sur une grande bâtisse apparemment désaffectée qui fut une ancienne station thermale fermée après qu'ait été révélé un scandale interne. Persuadés que l'établissement est abandonné, Jenny et Joe pénètrent à l'intérieur mais sont rapidement interpellés par la propriétaire des lieux, une certaine Agnes Abercrombi (Edna MacAfee). Laquelle se montre tout d'abord assez froide avant de comprendre que le couple n'a aucune mauvaise intention... Le soir-même, Joe propose à Jenny de revenir dès le lendemain afin d'y déjeuner. Plutôt réfractaire à l'idée de s'y rendre à nouveau puisque après avoir exploré les lieux la veille la jeune femme avait ressenti de drôles de sensations, celle-ci accepte finalement d'y retrouver Joe. Arrivée en avance, Jenny découvre que tout le mobilier a disparu. Tout comme la propriétaire des lieux. C'est alors qu'elle rencontre un chasseur (Harry Bauer) qui lui révèle le passé trouble de l'établissement... Bon, comme indiqué un peu plus haut, il est tout d'abord question ici de fantômes. Ou plutôt d'UN fantôme.


Celui d'une jeune femme qui était au cœur du scandale en question et qui apparaît désormais sous la forme d'une Dame Blanche. Plutôt bienveillante d'ailleurs puisqu'elle paraît vouloir prévenir Jenny des dangers qu'elle encourt en demeurant sur place même si lors de sa dernière apparition à l'écran, le rire sinistre qui sortira d'entre ses lèvres aura tendance à démontrer le contraire. Ensuite, le film présente deux frères en mode ''culs-terreux'' (interprétés par Steve Solinsky et Richard Vielle), assez creepy il faut dire et qui agressent et tuent à coups de haches ceux qui font l'erreur de pénétrer la propriété d'Agnes qui est donc ici présentée comme leur ''charmante'' maman ! Sans parler enfin du revirement sataniste sur lequel l'intrigue se conclut... Maintenant, revenons sur ce qui semble être une certitude même si aucun document officiel ne vient entériner ce fait : Réalisé un an plus tard par Tobe Hooper, Massacre à la tronçonneuse a beau être connu pour être tout d'abord et en partie inspiré du tueur Ed Gein, il y a bien des éléments dans Warlock Moon auxquels semblera se référer un an plus tard Tobe Hooper. La demeure de la ''Famille Tronçonneuse'' rappelant évidemment cette grande bâtisse. Ces deux rejetons, exemples parfaits de dégénérescence, évoquant quant à eux, Leatherface même si contrairement à lui, ni l'un ni l'autre ne portent de masque. Et puis, il y a Agnes, chez qui il devient difficile de ne pas voir la version féminine du futur Drayton Sawyer, paternel de Leatherface et de son frangin ''l'auto-stoppeur'', incarné dans Massacre à la tronçonneuse par Jim Siedow. Ensuite, il faut bien connaître l’œuvre de Tobe Hooper et surtout son acte final débutant par le repas familial et se terminant pas la fuite de l'héroïne Sally Hardesty (Marilyn Burns) pour ne pas y voir quelques menus détails qu'avait déjà imaginé mettre en scène un an auparavant William Herbert. Pour terminer, s'agissant de Joe et de Janny, le premier est incarné par l'acteur Joe Spano dont la carrière s'est essentiellement déroulée à la télévision tandis que la seconde, elle, est interprétée par Laurie Walters que les plus vieux d'entre nous connaissent pour l'avoir découverte au milieu des années quatre-vingt dans la série culte Huit, ça suffit ! Elle y apparaissait en effet sous les traits de Joanie, l'une des sept enfants du clan Bradford...

 

dimanche 23 août 2026

Les sœurs Soleil de Jeannot Szwarc (1997) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Décédé l'année dernière à l'âge de quatre-vingt sept ans, le réalisateur français Jeannot Szwarc eut une drôle de trajectoire puisque après avoir démarré sa carrière en France en réalisant des publicités télévisées ainsi que des documentaires, il quitta le pays pour les États-Unis où il débuta une longue carrière sur le territoire américain en tournant dès 1968, deux épisodes de la série L'homme de fer. Enchaînant par la suite par une dizaine d'autres séries dont Le virginien ou Opération danger, il mettra en scène son premier long-métrage pour la télévision en 1972 avec le thriller Night of Terror. Quatre autres suivront puis, entre 1970 et 1973 il réalisera dix-neuf épisodes de l'anthologie fantastique de Rod Serling Night Gallery. Son premier long-métrage cinématographique, Jeannot Szwarc le réalisera juste après, en 1973. Il s'agit du drame Extreme Close-Up. Avant de poursuivre sa carrière au cinéma, il réalisera un épisode de la série policière Columbo (Adorable mais dangereuse) et même un autre de L'homme qui valait trois milliards ! Le français continuera durant plus de vingt ans à jongler entre cinéma et télévision, réalisant d'un côté Les insectes de feu, Les Dents de la mer, 2e partie ou encore Supergirl et de l'autre, des épisodes pour les séries Kojak, Les têtes brûlées, Baretta ou encore La cinquième dimension. On le voit, le plus gros de la carrière de Jeannot Szwarc s'est donc faite outre-atlantique. Ce qui ne l'a pas empêché de revenir dans son pays d'origine, la France, dans les années quatre-vingt dix pour notamment diriger la mini-série italo-franco-allemande en quatre parties La montagne de diamants et surtout trois comédies qui verront le jour sur grand écran. S'il tourne en 1994 La Vengeance d'une blonde sur la base de dialogues écrits par Marie-Anne Chazel et Michel Delgado, lesquels conçoivent également le script aux côtés de Bernard Murat et Valentine Albin, trois ans plus tard, et après avoir réalisé Hercule & Sherlock avec Christopher Lambert, Richard Anconina et Philippine Leroy-Beaulieu, il reprend une partie de l'équipe qu'il réunissait autour de son premier long-métrage tourné dans l'Hexagone en retrouvant pour la seconde fois le scénariste Michel Delgado (qui une fois encore assure l'écriture aux côtés de Marie-Anne Chazel), la costumière Catherine Leterrier (qui se trouve être la sœur aînée du politicien Laurent Fabius), le compositeur Eric Lévi (membre du groupe Era et notamment auteur de la bande originale des Visiteurs de Jean-Marie Poiré en 1993) ainsi qu'une partie non négligeable des interprètes de La vengeance d'une blonde puisque l'on retrouve au générique Marie-Anne Chazel dans le rôle de la ''bourgeoise coincée'' Bénédicte d'Hachicourt et Clémentine Célarié dans celui de la chanteuse Gloria Soleil (nom de scène de Françoise Tricot).


Thierry Lhermitte se présente quant à lui sous les traits de Brice, l'époux de Bénédicte, et l'on peut découvrir de nouveaux venus, tels la jeune et future dramaturge Léonore Confino qui interprète ici du haut de ses douze ans la fille des Hachicourt, Clémence, Didier bénureau (Les visiteurs) dans le rôle de l'abbé Gervais, Bernard Farcy (Taxi, Les trois frères), la toujours aussi charmante Isabelle Carré dont l'importante carrière n'avait débutée que quatre ans en arrière avec le rôle de Valérie dans l'excellent comédie dramatique de Coline Serreau, Romual et Juliette ou encore dans de tout petits rôles, Alain Doutey (La septième compagnie, la série de l'été Orages d'été et sa suite Orages d'été, avis de tempête toutes deux mises en scène par Jean Sagols en 1989 et 1990) et Bruno Solo (les trois premiers volets de la saga La vérité si je mens !, la série télévisée Caméra Café)... Les sœurs Soleil évoque la rencontre entre une mère de famille aisée un peu coincée et une chanteuse sur le retour le jour où la première des deux accompagne sa fille qui a gagné le droit de participer au tournage du clip de la seconde. Contraintes pour diverses raisons de collaborer, la rencontre entre Bénédicte et Gloria va provoquer un véritable choc culturel entre leurs deux univers... Jeannot Szwarc et ses deux scénaristes évoquent la confrontation entre la vie bien lisse, respectable et emprunte de religion de Bénédicte et celle beaucoup plus extravertie et ''rock’n’roll'' de la chanteuse. Tout comme La vengeance d'une blonde, Les sœurs Soleil dénote dans la carrière de leur auteur. Déjà peu habitué à donner dans la comédie, Jeannot Szwarc semble surtout avoir voulu profiter de l'engouement du public pour les comédies de Jean-Marie Poiré période Les visiteurs en reprenant le même principe de comédie survoltée en choisissant même d'employer certains interprètes de cette comédie culte ainsi que son compositeur. Pourtant, bien loin d'intégrer la réussite des Visiteurs, Les sœurs Soleil reste assez pathétique dans son fonctionnement. Déjà que La vengeance d'une blonde n'était pas une grande réussite, Les sœurs Soleil enfonce encore un peu plus le clou de la comédie ringarde. Bref, Jeannot Szwarc a finalement bien fait de retourner ensuite aux États-Unis pour y poursuivre sa carrière à la télévision américaine jusqu'en 2019 et ainsi de nous épargner une éventuelle et nouvelle comédie faisandée tournée sur le territoire national...

 

samedi 22 août 2026

Ils ne verront jamais le jour : Une épouvantable méprise de Patrice Leconte

 

 

Après l'échec commercial de sa comédie policière Les Vécés étaient fermés de l’intérieur avec Coluche et Jean Rocheford qui vient de sortir alors que nous sommes en 1976, mais avant le succès des Bronzés deux ans plus tard, Patrice Leconte est alors en plein doute. Ce qui ne l'empêche pas de rapidement remonter à cheval pour entreprendre aux côtés de l'auteur de bandes dessinées René Pétillon, l'écriture d'une nouvelle comédie que le cinéaste envisage cette fois-ci sous la forme d'une parodie de mélodrame bourgeois située vers la fin du dix-neuvième siècle. Après avoir découvert la pièce de théâtre de la Troupe du Splendid Amour, coquillages et crustacés qu'il ne cesse depuis d'encenser, Patrice Leconte approche ses membres afin de leur proposer un tout nouveau synopsis intitulé Une épouvantable méprise. Devenant rapidement proche de Gérard Jugnot, Christian Clavier, Marie-Anne Chazel, Josiane Balasko, Michel Blanc, Thierry Lhermitte et Bruno Moynot, il propose à toute la troupe de jouer dans son prochain film. Le cinéaste leur tend le script, que chacun trouve particulièrement amusant, mais au moment de trouver des financements, aucun producteur n'a assez de courage pour se lancer dans l'aventure. Et d'une certaine manière, cela peut se comprendre puisque après seulement un long-métrage à son actif et qui plus est qui n'a pas marché en salle, Patrice Leconte se retrouve devant un mur qui paraît infranchissable. Et pourtant, c'est peut-être sans doute face à l'impossibilité de trouver de l'argent pour monter son projet que Patrice Leconte va avoir la chance de réaliser ce qui deviendra l'une des comédies les plus cultes du cinéma français : Les bronzés. En effet, après le succès de la pièce écrite et interprétée par les membres du Splendid, le producteur Yves Rousset-Rouard souhaite vivement l'adapter sur grand écran. Pour autant, celui-ci désire que le film soit réalisé par un cinéaste confirmé et c'est finalement grâce à l'impulsion du Splendid qui lui impose le nom de Patrice Leconte que celui-ci se retrouve finalement derrière la caméra...


S'agissant du projet avorté intitulé Une épouvantable méprise, Patrice Leconte avait donc bien l'intention de tourner un film en costumes parodiant les mélodrames bourgeois du dix-neuvième siècle. L'on sait dans les grandes lignes les thèmes que le réalisateur et scénariste français avait l'intention d'aborder. Secrets de familles, drames, passions mais aussi et surtout, malentendus. Ceux-là même qui se réfèrent au titre et qui auraient probablement donné lieu à une quantité non négligeable de quiproquos ! Malheureusement, il semblerait que ce soit justement ce décalage entre comédie, parodie et film plus ou moins historique interprété en costumes qui refroidit les producteurs qui furent envisagés. Un destin finalement ironique pour un projet abandonné alors que Patrice Leconte réalisera presque trois décennies plus tard, le film Ridicule qui lui-même se déroulera dans la France du dix-huitième siècle ! Pour résumer, ce que l'on sait donc de source sûre au sujet de Une épouvantable méprise est donc la participation du dessinateur René Pétillon à l'écriture, que les membres de la Troupe du Splendid étaient prêt à participer au projet en tant qu'interprètes, que le film aurait été une comédie parodique situant son action à la fin du dix-neuvième siècle mais que l'incapacité du réalisateur à trouver des financiers lui a ouvert les portes du succès avec Les bronzés ! Enfin, du propre aveu de Patrice Leconte dont la filmographie se compte en dizaines de longs-métrages, il existe autant de projets avortés auxquels il n'a donc pas donné suite. Et si Une épouvantable méprise marque une date importante dans sa carrière, le plus fameux exemple semble demeurer La maison vide que Patrice Leconte avait prévu de tourner en 2018 avec Juliette Binoche et Alain Delon juste avant que celui-ci ne mette un terme définitif à sa carrière. Un drame romantique qui n'a donc jamais été concrétisé mais sur lequel nous reviendrons peut-être un jour...

 

vendredi 21 août 2026

De si gentils petits... monstres ! (The Children) de Max Kalmanowicz (1980) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Tandis qu'Eli Roth vient de mettre en scène des dizaines d'enfants meurtriers dans son denier long-métrage intitulé Ice Cream Man, remontons près de quarante-cinq ans en arrière afin d'évoquer l'un de ses plus lointains ancêtres si l'on occulte le classique de la science-fiction Village of the Damned de Wolf Rilla qui vit le jour en 1960. À deux ans d'intervalle, deux films aux thématiques sensiblement proches virent le jour dans les années quatre-vingt. En 1981, Ed Hunt réalisa le plutôt sympathique Les Tueurs de l'éclipse (Bloody Birthday) dans lequel trois enfants âgés de dix ans décimaient celles et ceux qui leur déplaisaient. Un an auparavant, Max Kalmanowicz avait déjà mis en scène des enfants dans un autre film d'horreur intitulé De si gentils petits... monstres ! (The Children). Un long-métrage qui à l'époque avait probablement déjà davantage marqué les esprits chez nous pour son intéressante affiche mais aussi pour son accroche ''Nous revenions de l'école... Une chose terrifiante est arrivée ! Nous sommes devenus... De si gentils petits... MONSTRES ! Priez le ciel de ne jamais nous rencontrer'' que pour son contenu car, comment dire... mais... le film de Max Kalmanowicz est l'une de ces expériences qui feraient presque regretter que l'on ait trouvé une excuse pour échapper à une projection en Power Point en entreprise pour regarder ce petit film d'épouvante littéralement insignifiant. Nous allons tout d'abord commencer par évacuer toute ambiguïté s'agissant de la bande musicale signée du compositeur Harry Manfredini et dont les contours ressemblent très fortement à celle du thème de Vendredi 13 du réalisateur, scénariste et producteur américain Sean S. Cunningham : rien de surprenant ici puisque c'est ce même Harry Manfredini qui à l'époque en fut l'auteur. Peu inspiré, il a donc à l'occasion de sa participation au projet de Max Kalmanowicz écrit une partition qui en tous points est similaire au classique du slasher sorti justement la même année... Lorsque débute l'intrigue de De si gentils petits... monstres !, l'on assiste à une fuite de gaz dans une usine de produits chimiques et radioactifs. Malheureusement, nous ne sommes pas à Tromaville et l’œuvre échappe à la grande folie qui plane généralement sur les productions de la mythique société Troma Entrtainment...


L'intrigue situe son action dans une petite ville très tranquille des États-Unis. Peut-être même TROP tranquille, à l'image du rythme assommant imprimé par la mise en scène et le jeu parfois approximatif de certains interprètes. Dans les rôles de John Freemont et du shérif Billy Hart, les acteurs Martin Shakar et Gil Rogers vont devoir affronter cinq enfants qui après que leur bus scolaire soit passé au beau milieu d'un nuage radioactif se sont transformés en monstres s'attaquant aux adultes. L'une des seules originalités du long-métrage autre que celle d'utiliser des gamins dans le rôle de tueurs reste sans doute la méthode employée : ici, pas de couteau, de marteau, de hache ou de pistolet pour dessouder pères et mères. Les gamins apposent leurs mains sur le corps de leurs victimes qui soudainement se mettent à hurler dans d'atroces souffrances, leur corps brûlant jusqu'à finir le visage totalement cramé, boursouflé et donc, tout à fait méconnaissable... Max Kalmanowicz tente de jouer sur l'apparente innocence de ses jeunes interprètes dont les victimes se laissent tout d'abord facilement approcher. De si gentils petits... monstres ! entre dans la logique de la peur de la contamination nucléaire tout en développant assez peu le concept pour se concentrer sur des gamins errant dans une petite ville où il ne semblait jusque là, jamais rien se passer de captivant. L'un des principaux et rares points d'intérêt du film se situe dans le dilemme moral entourant les jeunes meurtriers. Comment agir devant des enfants qui assassinent leur entourage ? Max Kalmanowicz répond assez sobrement et simplement à cette question en rendant impossible leur décès par tir par arme à feu. En effet, lorsque l'un d'entre eux reçoit une balle dans le ventre, il se relève immédiatement sans ressentir la moindre séquelle. La solution, que l'on pourra autant juger de logique qu'absurde viendra mettre un terme aux agissements de nos cinq petits monstres. Mais d'ici à ce que tout revienne dans l'ordre pour les habitants, il va tout de même falloir que le spectateur supporte un récit d'une lenteur abyssale plutôt désarmante qui nuit totalement à l'intérêt de l’œuvre. Bref, une petite production horrifique typique de son époque à laquelle l'on préférera donc Les Tueurs de l'éclipse ou le dernier long-métrage d'Eli Roth...

 

jeudi 20 août 2026

Ice Cream Man d'Eli Roth (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

On ne remerciera jamais assez Eli Roth d'avoir œuvré et de poursuivre d'ailleurs encore aujourd'hui, la voie du cinéma d'horreur. Même s'il se laisse parfois aller à quelques légèretés que nous n'aurons pas l'outrecuidance de lui reprocher. Des dates importantes, comme l'année 2002 avec son très épidermique Cabin Fever qui à n'en point douter provoqua probablement un taux de malaises viscéraux chez les personnes atteintes d'hypocondrie assez important. Ou 2005 et 2007, lorsqu'il repoussa certaines limites du Torture Porn auquel il offrit certaines de ses lettres de noblesse avec Hostel et Hostel 2. Ou 2013, année où il proposa avec Green Inferno, une relecture du film culte du cinéaste italien Ruggero Deodato, Cannibal Holocaust. Après le fort sympathique Thanksgiving : La Semaine de l'horreur en 2023 et la très dispensable adaptation du jeu vidéo éponyme Borderlands l'année suivante selon certaines sources plutôt crédibles, il est de nouveau réapparu sur le devant de la scène du cinéma d'horreur avec son dernier projet intitulé Ice Cream Man. Et à moins d'avoir passé les dernières semaines, voire les derniers mois enfermé dans une pièce sans lumière, sans électricité et sans aucun moyens de communication, il s'est avéré bien difficile de passer à côté des nombreuses news évoquant ce film que d'aucun aurait pu alors espérer être comme le renouveau du slasher ! Un film dont la promesse tient, quoi, tout au plus une petite demi-heure, entre des séquences gore plutôt jouissives et une folie enfantine, adolescente et collective toute aussi jubilatoire... Pourtant, l'ombre de pas mal de classiques de l'épouvante et de l'horreur plane au dessus de ce long-métrage courtement vêtu en matière de durée...


Ce qui est d'ailleurs d'abord une qualité lorsque d'autres prolongent Ad nauseam l'expérience, créant ainsi une épouvantable émulsion entre répétitivité et ennui. Deux critères rédhibitoires auxquels n'échappe fort malheureusement pas toujours le dernier film d'Eli Roth. De plus, en terme d'originalité, Ice Cream Man coince un peu. À commencer par son Boogeyman qui derrière le costume d'un vendeur de glace plutôt avare en paroles semble tout d'abord se référer au génial Art le Clown de la franchise Terrifier dont le quatrième opus ne semble pas être prévu avant la fin de l'année 2027 ! Malheureusement, et malgré tout les efforts décuplés par Eli Roth et son interprète Ari Millen pour que l'antagoniste de l'histoire apparaisse un tant soit peu effrayant, la distanciation avec laquelle le personnage est traité vis à vis du massacre qui va avoir lieu dans la petite et charmante ville où se déroule l'intrigue joue ici pour beaucoup s'agissant de cette hypothétique et vaine passion pour un croquemitaine pas vraiment au fond, d'un ''nouveau genre''... Car s'il peut évoquer bien sûr le clown Art, il est un boogeyman encore plus prestigieux et mythique qui remonte à la surface de nos mémoires lorsque l'on découvre le passé du vendeur de glace. Difficile en effet de ne point voir de corrélation entre ce bonhomme tout de blanc vêtu, à la moustache parfaitement taillée et au commandes d'un camion de glaces et un certain... Freddy Krugger au pull rayé.


Si le plus simple des spectateurs, celui qui regarde ''à l'occasion'' un film d'horreur lorsque celui-ci passe à la télévision où sur sa plateforme de streaming préférée, pense qu'ici, la grande originalité vient du principe qu'il n'y a pas ici UN tueur mais des dizaines ayant en outre l'apparente juvénilité de plus ou moins sympathiques ''têtes blondes'', c'est qu'il ne connaît certainement pas encore quelques-uns des grands classiques de la science-fiction ou du fantastique qui mirent en lumière des criminels de très bas âge. On pense bien entendu au Village of the Damned de Wolf Rilla et dans une moindre mesure au remake que réalisera des décennies plus tard John Carpenter, au dérangeant Les Révoltés de l'an 2000 (Who Can Kill a Child?) de Narciso Ibáñez Serrador ou encore à De si gentils petits... monstres ! (The Children) de Max Kalmanowicz de 1980 et dans lequel de jeunes élèves étaient intoxiqués au passage d'un nuage radioactif avant de se transformer en meurtriers ! Ice Cream Man est gore, et même très gore. Tous les enfants ayant ingéré une glace se transforment en garnements assoiffés de sang qui s'attaquent exclusivement aux adultes qu'ils décapitent, tronçonnent, démembrent avec tout les outils qui leurs passent par la main. On a même droit à une trépanation vraiment dégueu ! Bref, un véritable festival qui n'empêche malheureusement pas le film d'Eli Roth d'être assez répétitif ! Le réalisateur ainsi que le directeur de la photographie Simon Shohet, le compositeur Brandon Roberts et la costumière Jenifur Jarvis insufflent malgré tout au film une patte parfois vintage qui n'est pas inintéressante. Pour le reste, les vrais amateurs de cinéma d'horreur risquent de trouver le récit quelque peu redondant...

 

mercredi 19 août 2026

Le furet de Jean-Pierre Mocky (2003) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pour ce nouvel article consacré à Jean-Pierre Mocky, nous nous déplaçons jusqu'en 2003, année relativement peu faste pour le cinéaste si l'on veut rester polis, courtois et respectueux vis à vis de sa très longue carrière. Il n'est d'ailleurs pas inconcevable d'imaginer qu'il aurait probablement continué à tourner des films puisque c'est bien son décès survenu le 8 août 2019 qui mit un terme à la réalisation et à l'écriture de longs-métrages. Cette année là, il réalisa d'ailleurs le tout dernier d'entre eux, intitulé Tous Flics. Concernant Le furet, il s'agissait là de l'unique collaboration entre le cinéaste français et l'acteur Jacques Villeret qui tient le rôle-titre de cette comédie criminelle et policière dans laquelle l'on retrouve également deux très fidèles interprètes de Jean-Pierre Mocky puisque Michael Lonsdale et Michel Serrault apparaîtront tous les deux dans divers œuvres alignant l'un et l'autre une dizaine de collaborations. Comme à son habitude, Jean-Pierre Mocky réunit quelques vedettes du cinéma français auxquelles l'on peut ajouter Robin Renucci qui six ans plus tard apparaîtra dans Colère, quelques seconds rôles parmi de très grands habitués du réalisateur tels que Dominique Zardi ou Jean Abeillé ou, encore plus étonnant, des personnalités qui viennent d'univers qui n'ont pas véritablement de lien direct avec le septième art. On pense bien évidemment au chanteur de rock Dick Rivers, ancienne vedette de la chanson française qui connut tout d'abord le succès avec son groupe Les Chats Sauvages dans les années soixante avant qu'il ne se lance dans une carrière solo ou bien l'animateur de télévision Karl Zéro, de son vrai nom Marc Tellenne, dont la période la plus faste se concentra probablement lors de ses différentes participations aux émissions Nulle Part Ailleurs et Le Vrai Journal sur Canal+ entre 1994 et 2006... Le furet du titre est donc ce tueur à gages insaisissable qui donne du mal à la police ainsi qu'au truand Don Salvadore (Michael Lonsdale). L'une et l'autre ne rêvant que d'une chose. Stopper net sa carrière d'assassin. En effet, lorsque cette adaptation du roman Le furet dans le métro de l'écrivain et illustrateur de bandes dessinées américain Lou Cameron débute, le meurtrier en est déjà à sa quatrième victime. Mais l'homme ne s'en prend pas à n'importe qui : celui-ci semble avoir un effet une prédisposition pour les petites crapules, les voyous, les dealers... Mais ce que l'on découvre rapidement, c'est que l'homme ne tue pas selon son unique volonté puisqu'il exécute en réalité des contrats commandités par un certain Anzio (Michel Serrault) qui lui promet sans cesse de lui faire rencontrer enfin Don Salvatore...


Ayant toujours un prétexte pour repousser les présentations entre le mafieux et le tueur à gages qu'incarne donc à l'écran Jacques Villeret, ce dernier rêve de devenir riche, de conduire de belles voiture et d'avoir toutes les femmes qu'il désire malgré qu'il soit marié et père de deux fils. Véritable anguille qui glisse entre les mailles du filet, le furet se cache sous l'apparat du sympathique petite serrurier, grand amateur de films d'action et qui lors des contrats qu'il est chargé d'exécuter a l'habitude de passer par les égouts et par les tunnels du métro parisien... Le furet met en scène l'actrice (et reine de beauté !!!) Patricia Barzyk dans le rôle du médecin légiste Karadin. Son personnage entretiendra une relation privée avec l'inspecteur Bart chargé d'enquêter sur la série de meurtres qui endeuille les réseaux criminels et qu'incarne de son côté Robin Renucci. Quant à eux, Dick Rivers, Jean Abeillé et Karl Zéro interprètent des bandits. Les deux premiers étant à la solde de Don Salvatore tandis que le troisième est le neveu poltron d'Anzio. Doté d'un budget d'un peu moins d'un million d'euros, Le furet reste une œuvre relativement intéressante s'agissant d'un film de Jean-Pierre Mocky s'inscrivant dans une période charnière où s'enchaînent quelques bonnes surprises mais aussi des longs-métrages presque ''impropres'' à la consommation. On ne reviendra évidemment pas sur l'interprétation souvent calamiteuse de certains grands fidèles acteurs du réalisateur, le film étant évidemment tout d'abord porté par un Jacques Villeret également à la production qui choisit de financer le film car le script de Jean-Pierre Mocky lui plaît beaucoup. L'acteur aurait même réussit à convaincre Jean-Pierre Mocky de retourner certaines séquences qu'il jugeait de mauvaise qualité. Le plus décevant restant ici l'incarnation de Michel Serrault qui, il faut bien le reconnaître est mauvais, voire même pathétique. Mais dans l'ensemble, le film reste très plaisant à regarder. Notons enfin que la bande musicale est l’œuvre du compositeur franco-roumain Vladimir Cosma qui bien longtemps après avoir écrit la musique du Grand blond avec une chaussure noire, des Aventures de Rabbi Jacob ou de celle de L'aile ou la cuisse a ici franchement perdu de sa superbe....

 

mardi 18 août 2026

L'étalon de Jean-Pierre Mocky (1969) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Six ans après Un drôle de paroissien, Jean-Pierre Mocky, Francis Blanche et Bourvil se retrouvèrent une fois encore aux côtés d'autres interprètes moins connus tels Jean-Claude Rémoleux, Roger Legris, Rudy Lenoir ou encore Luc Andrieux pour L'étalon. Tous s'étaient d'ailleurs réunis autour d'un autre projet réalisé un an plus tôt par le réalisateur et scénariste français intitulé La grande Lessive !. S'agissant de L'étalon, l'on reconnaît la marque de fabrique de Jean-Pierre Mocky, son amour pour la comédie satirique, genre qu'il s'est employé à déconstruire à sa manière toute particulière pour le bonheur et même parfois le malheur du public. Car en effet, le onzième film du cinéaste est très significatif des failles et des limites de son système qui l'a toujours vu employer d'authentiques vedettes du cinéma, les mêlant très souvent à des comédiens et des acteurs de seconde, voire de troisième catégorie. Des amateurs incapables de tenir un échange au-delà de deux ou trois phrases. Il est d'ailleurs plutôt amusant de constater qu'il se servira notamment ici des faiblesses d'interprétation de l'acteur Jean-Claude Rémoleux qui interprète le député Léon Lacassagne pour lui faire jouer le rôle d'un politicien ayant de grandes difficultés pour s'exprimer en public ! Concernant le script de Jean-Pierre Mocky et de son fidèle collaborateur Alain Moury, le réalisateur ainsi qu'André Bourvil en sont à l'origine. L'histoire suit à peu près le même chemin que celui d'Un drôle de paroissien. En lieu et place du personnage de Georges Lachaunaye qui pour faire vivre sa famille était contraint de voler l'argent des troncs d'églises, l'acteur interprète désormais le rôle du vétérinaire William Chaminade qui alors qu'il s'apprête à prendre un bateau en partance pour l'Afrique vient au secours d'une femme (Noëlle Leiris dans le rôle de Nelly Pointard) qui vient de tenter de se suicider en se jetant de la fenêtre d'un restaurant. La jeune femme explique alors à son sauveur qu'elle est en manque d'amour. Ayant perdu ses bagages, n'ayant nul endroit où dormir et sans le sou, le vétérinaire imagine alors un moyen de se faire de l'argent tout en proposant aux femmes esseulées et en mal d'amour de rencontrer des hommes (les étalons en question) qui seront tout d'abord drastiquement sélectionnés pour leur avantages physiques par William et par un collaborateur, le docteur Finus (l'acteur R.J Chauffard). On le voit, dans un cas comme dans l'autre, Bourvil interprète un personnage prêt à défier la justice et la loi...


D'un côté voleur et de l'autre se transformant en proxénète, son personnage n'est pas le seul qui semble ici se référer à l'un des protagonistes d'Un drôle de paroissien puisque après avoir incarné l'inspecteur Cucherat six ans auparavant, Francis Blanche joue désormais le personnage du percepteur Dupuis. Et dans un cas comme dans l'autre là encore, les deux individus s'attachent à poursuivre le héros du récit afin de lui faire cesser toute activité criminelle. Toujours aussi débonnaire, Bourvil apparaît à l'écran le crâne rasé, vêtu d'un costume blanc ainsi que de gants, d'une chemine et d'un chapeau noir. Cachant ainsi plus ou moins son absence de cheveux qui ne s'explique non pas selon un désir du cinéaste mais se référant plutôt à un choix esthétique de la part de l'acteur lui-même qui à cette époque est atteint d'un cancer et doit suivre un lourd protocole médical le contraignant à subir des séances de chimiothérapie qui lui font perdre ses cheveux. S'il ne semble pourtant pas affaibli par la maladie ou par son traitement, Bourvil n'est cependant pas à la hauteur de ses meilleurs rôles. Un constat que l'on reprochera tout d'abord à Jean-Pierre Mocky qui commence déjà à cette époque à mélanger vedettes de cinéma (l'on retrouve ici notamment Michael Lonsdale dans le rôle du commissaire Donald Both) et acteur à l'amateurisme assumé. Un drôle de melting-pot qui malheureusement fonctionne plutôt mal. D'autant plus qu'en reprenant plus ou moins la structure narrative d'Un drôle de paroissien, L'étalon manque sincèrement d'inspiration. C'est long, répétitif et peu divertissant. Pourtant, Jean-Pierre Mocky et son scénariste semblent être parfois saisis d'une forte inspiration. À moins que les deux hommes n'aient été captivés à l'idée du concept de ''doubles'' propre à la trilogie Fantomas qui donna lieu à trois longs-métrages réalisés entre 1964 et 1967 par André Hunebelle avec en vedette Mylène Demongeot, Jean Marais et bien évidemment Louis de Funès, la séquence se déroulant à l'Assemblée Nationale où se joue le projet du vétérinaire de faire passer une loi sous les faux traits du député Léon Lacassagne est relativement réussie. Pour le reste, L'étalon demeure une comédie très moyenne typique de ce que deviendra de manière récurrente le cinéma de Jean-Pierre Mocky jusqu'à la fin de sa carrière...

 

lundi 17 août 2026

Un drôle de paroissien de Jean-Pierre Mocky (1963) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Jean-Pierre Mocky a durant sa très longue carrière et parmi des dizaines et des dizaines de longs-métrages réussi à mettre en scène des œuvres qui au fil du temps sont devenues des classiques tandis que d'autres restent de pures navets, à l'image de l'insupportable, l'inappréciable, le catastrophique Agafia qu'il réalisa en 2015 ! Fort heureusement, parmi ses meilleurs films l'on trouve plusieurs collaborations avec l'acteur André Bourvil que le cinéaste français débaucha à l'occasion de quatre longs-métrages qu'il tourna entre 1963 et 1969. Le premier, Un drôle de paroissien est donc celui dont nous allons parler dans le présent article. Leur association fut ensuite poursuivie en 1964 avec La cité de l'indicible peur qui parfois fut retitré La grande frousse, avec La grande lessive en 1968 et enfin un an plus tard avec L'étalon. Quatre longs-métrages qui réunissent également autour du réalisateur et l'acteur un autre fidèle interprète de Jean-Pierre Mocky puisqu'en effet, Francis Blanche fut du voyage non seulement dans ces quatre films mais également dans quatre autres. À commencer par Un couple en 1960, Snobs ! en 1961, Les vierges en 1962 ainsi que Les compagnons de la marguerite en 1966. Quant à Jean Poiret, le troisième premier rôle d'Un drôle de paroissien aux côtés de ses deux partenaires, il retrouva également l'un et l'autre aux génériques La Cité de l'indicible peur et de La grande lessive et retrouva Jean-Pierre Mocky en 1987 et 1988 sur les tournages respectifs du Miraculé et d'Une nuit à l'Assemblée nationale... En attendant, nous sommes en 1963 et alors que Bourvil a repris le rôle que refusa d'interpréter Fernandel qui estimait avoir suffisamment tourné de films situant leur action dans des églises (la saga des Don Camillo), c'est donc sur les conseils de l'acteur Jean Gabin que Jean-Pierre Mocky approcha l'acteur auquel il confia le rôle de Georges Lachaunaye, membre d'une famille qui depuis quatre générations s'est toujours employée à ne jamais se donner la peine de travailler. Ce qui donnera d'ailleurs lieu à un échange absolument savoureux entre Georges et un sacristain qui après lui àvoir expliqué que pour vivre dignement il faut travailler s'est vu répondre ceci de la part du membre de la famille Lachaunaye : ''Mon père ne me le pardonnerait jamais. Je n'ai pas été élevé pour ça. Et je ne sais rien faire''. Le principal soucis, c'est qu'à ne rien faire de leur journée, Georges, son père Mattieu (Jean Yonnel), son épouse Juliette (Solange Certain), sa sœur Françoise (Véronique Nordey) et sa tante Claire (Denise Péronne) vivent dans une très grande précarité...


Locataires d'un appartement dont ils n'ont plus les moyens de payer le loyer, maintenant qu'ils ont vendu tout ce qu'ils possédaient afin de subvenir à leurs besoins, il leur faut impérativement trouver une solution. Et pour cela, Georges décide avec la complicité de Raoul, l'ami de la famille Lachaunaye, auquel il propose tout d'abord d'arrêter son métier peu rentable de dentiste, de l'aider à piller les troncs des églises ! Une action évidemment peu morale puisqu'il s'agit de voler, même en partie, l'argent que les paroissiens ont déposé un peu partout dans les troncs des églises de la région. Un drôle de paroissien décrit la professionnalisation du métier de voleur où Georges se contente tout d'abord de voler l'argent à l'aide de caramels mous avant de faire preuve aux côtés de Raoul d'une véritable ingéniosité. Mais dans ce tableau ''idyllique'' d'une ''profession'' presque décrite comme un sacerdoce, un ombre plane au dessus de la tête des voleurs. Celle de l'inspecteur Cucherat qu'interprète donc Francis Blanche. Un flic chargé de surveiller les églises en raison d'une recrudescence des pillages et qui traque celui qui depuis plusieurs jours vide les troncs des églises. Jean-Pierre Mocky décrit ensuite les Lachaunaye comme une famille de bourgeois déclassée, continuant à vivre de privilèges bien qu'ils ne puissent plus se permettre de vivre tels des parasites de notre société. En clair, leur valeurs tournent autour d'un principe simple : Aux autres de donner et à eux de récolter... Se confrontent ainsi deux ordres d'idée : un paradoxe opposant une famille d'anciens nantis privilégiés au refus de se salir les mains dans des métiers qui inférioriseraient leur statut de bourgeois. Un concept que le réalisateur traite d'ailleurs sur le ton de l'absurde puisque avant de ''renflouer'' les caisses grâce aux vols des troncs d'église et ainsi de pouvoir donner l'illusion de s'être réapproprié leur ancien statut, Georges et sa famille vivront longtemps dans un appartement sans meubles, sans chauffage et sans presque aucune nourriture... Un drôle de paroissien est une excellente comédie en noir et blanc (à l'exception de la délirante séquence du cauchemar tournée en couleur), avec un Bourvil suave, un Francis Blanche hargneux et un Jean Poiret volubile...

 

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