Je me souviens très bien de ces fiévreuses nuits lors desquelles je
n'arrivais plus à dormir, totalement obsédé par le popotin de la
Scream Queen Linnea Quigley. Fantasme de jeunesse,
d'adolescence, qui prit le relais de Marilyn Jess dès 1985 lorsque
je la découvrais pour la toute première fois en salle dans The
Return of the Living Dead (Le retour des morts-vivants)
de Dan O'Bannon, classique absolu et instantané du cinéma
d'horreur. J'y allais éponger mes maigres économies sept jours
d'affilées. Non pas seulement parce que l'actrice s'y dévêtait
pour danser à poil sur une pierre tombale avec en fond sonore le
Tonight de SSQ mais bien parce que le film est un savant et
parfait mélange entre épouvante, gore et comédie. Rien à voir
avec les différentes séquelles et surtout pas avec le très mauvais
second opus réalisé trois ans plus tard par Ken Wiederhorn. Depuis
l'existence des DVDs, c'est au moins trois ou quatre fois par an que
je me replonge dans les méandres de ce tout petit bout d'Amérique
coincé entre l'entrepôt de fournitures médicales d'Uneeda, la
morgue d'Ernie Kaltenbrunner et son cimetière. Un film AVEC des
punks mais SANS chiens et surtout, donc, Linnea Quigley, beauté
juvénile au corps parfait dont le personnage de Trash fantasmait,
selon ses propres mots de se faire dévorer par ''une bande de
vieux mecs'' ! Notons qu'est toujours prévu Trash's
Revenge: Return of The Living Dead Universe de Richard
Driscoll, une ''suite'' tardive dans laquelle nous devrions,
espérons-le, retrouver Linnea même si, forcément, l'ancienne
''Hurleuse'' du cinéma d'horreur américain a bien changée...
Ancienne star du cinéma z, cette blonde craquante et très sexy
interpréta des rôles dans des œuvres aux titres souvent
improbables à l'image de Crepozoids et Sorority
Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama de DavidDeCocteau en 1987
et 1988 ou de Hollywood Chainsaw Hookers ou Scream
Queen Hot Tub Party de Fred Olen Ray en 1988 et 1911... En
1990 sort un curieux projet signé du réalisateur, scénariste,
producteur et concepteur d'effets-spéciaux américain Kenneth
J. Hall. Après avoir tourné Evil Spawn en
1987 et Ghost Writer
deux ans plus tard, le bonhomme se lance dans la réalisation d'un
court film d'une heure environ entièrement consacré à Linnea
Quigley. Autant dire que la testostérone risque de foutre un bazar
monstre dans tout organisme propre à apprécier la plastique et la
blondeur de la délicieuse Linnea ! D'autant plus que les
festivités démarrent ici par une séance de deux minutes environs
et lors desquelles notre vedette se lave le corps à l'aide d'un
savon, la caméra de Kenneth J. Hall n'en perdant évidemment pas
une miette...
Ensuite,
pour nous rappeler aux bons souvenirs d'une carrière riche de très
nombreuses (et savoureuses) séries z, Linnea évoque certaines de
ses œuvres, parmi lesquelles celles citées plus haut. Quelques
mises en bouche jouissives qui montraient déjà la forte implication
de l'actrice, combattant alors contre des rats géants et même des
démons, un peu à la manière des personnages du diptyque Dèmoni
(Démon
1 &
2) réalisé par l'italien Lamberto Bava en 1985 et 1986 mais en
plus... ''artisanal'' dirons-nous... Ensuite, et c'est le principal
défaut tout en étant d'un intérêt certain pour ceux qui
voudraient reluquer l'actrice sous toutes ses coutures, plus de la
moitié des scènes sont consacrées à des séances d'aérobic. En
effet, installée devant sa cheminée, Linnea Quigley fait de
nombreux étirements, durant près de huit minutes. Un temps
interminable ! Sauf qu'ensuite, elle sort faire une séance de
footing à l'extérieur. L'occasion de croiser une bande de
morts-vivants qui au passage de Linnea sortent de leur tombe pour la
suivre jusque chez elle. Là, au bord de sa piscine, elle explique
aux zombies qu'ils devraient faire du sport pour ne pas continuer à
se ''défraîchir''. Et nous voilà repartis pour neuf minutes de
sport dont le seul intérêt reste toujours la présence à l'image
de Linnea et les maquillages des zombies qui pour la plupart sont
plutôt réussis. Cette séquence mettant en scène des morts-vivants
est décevante en ce sens où l'on était loin d'imaginer que Linnea
Quigley's Horror Workout
prendrait une telle tournure. Ensuite, Linnea convie quatre de ses
amies à une soirée pyjama. Après quelques extraits de ses films
projetés dans son salon, voilà qu'une fois encore l'on a droit à
une séance d'aérobic longue de huit minutes. La dernière, fort
heureusement. Et pour cause : le petit groupe va être plongé
dans l'obscurité avant d'être attaqué par le Gipper (?), d'abord
incarné à l'écran par Cleve Hall avant que Linnea ne refasse
surface et dévoile qu'elle est en réalité le tueur de ce slasher
de dixième catégorie se jouant des ridicules codes du genre comme
par exemple, la division au compte-goutte du groupe. Ce qu'il faut
retenir de Linnea Quigley's Horror Workout ?
À vrai dire, pas grand chose si ce n'est la présence de Linnea
Quigley auquel le film de Kenneth J. Hall rend hommage de la
première à la dernière seconde. Bref, un indispensable pour tout
fan de la Scream
Queen et
d'une inutilité crasse pour tous les autres...
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