Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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samedi 12 septembre 2026

Futur immédiat de Graham Baker (1991) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Le 23 mars 1988 sortait sur les écrans français l'excellent Hidden de Jack Sholder. Un long-métrage alliant intelligemment science-fiction, action, humour et ajoutant à cela, une authentique touche d'émotion. Résultat : entre autres récompenses, le film se vit octroyer le Grand Prix du Festival international du film fantastique d'Avoriaz la même année. Toujours en 1988 sort sur ces mêmes écrans français, Futur immédiat (ou Alien Nation dans sa langue d'origine) de Graham Baker. Un réalisateur ''quasiment'' inconnu à l'époque puisqu'après avoir débuté sur petit écran, il entamera sa carrière dans les salles obscures avec le troisième volet de la trilogie The Omen connu chez nous sous le titre La malédiction finale (un quatrième opus verra le jour à la télévision sous le titre La Malédiction 4 : L'Éveil en 1991). On peut donc considérer qu'il baigne déjà à l'époque dans un imaginaire fantastique, d'autant plus que six ans plus tard il sera, parmi nombres d'autres cinéastes, au générique de la série Amazing Stories notamment produite entre 1985 et 1987 par Steven Spielberg (un long-métrage éponyme basé sur trois des épisodes de la série verra d'ailleurs le jour au cinéma en 1987). L'année suivant sa participation, le voilà qui revient sur grand écran avec une œuvre de science-fiction qui tout comme celle de Jack Sholder introduit la science-fiction dans un contexte d'enquête policière. Les similitudes sont nombreuses entre les deux longs-métrages même si au fond, l'une et l'autre paraissent parfaitement distinctes. Futur immédiat n'introduit pas la notion d'invasion mais plutôt celle d'une intégration aussi difficile que celle qu'ont notamment connu ou continuent de connaître les immigrés originaires d'Italie, de Chine ou du Mexique. Ici, la majeure partie des aliens visibles à l'écran ne sont pas hostiles et vivent à la mesure de l'espèce humaine. Des créatures si bien intégrées que certaines font elles aussi commerce de leur corps, tiennent de petites échoppes ou comme principalement évoqué ici ont pour objectif de développer une organisation axée sur le trafic d'une drogue propre à la civilisation extraterrestre.


Futur immédiat est donc une allégorie du monde dans lequel nous vivons et dont la seule fantaisie paraît être la présence sur Terre d'une espèce humanoïde dont l'intelligence est comparable à celle des humains. Seule différence, un crâne légèrement sur-développé et pourvu de tâches à la manière de certains fauves. Ici, les antagonistes ne sont pas d'origine humaine mais d'origine extraterrestre. Et bien que certains de leurs représentants semblent parfaitement intégrés à notre société comme William Harcourt (l'acteur Terence Stamp), d'autres ont choisi la voie du crime. Après qu'une fusillade ait causé la mort de son coéquipier, le sergent Matthew Sykes se porte volontaire afin d'enquêter sur une autre affaire aux côtés de Sam Francisco (Mandy Patinkin), premier extraterrestre à avoir obtenu une promotion au sein de la police de Los Angeles. L'objectif du long-métrage semble être de reproduire le concept du Buddy Movie, genre dans lequel deux individus aux caractères généralement opposés font équipe, tout en intégrant une légère touche de science-fiction dans un contexte pourtant relativement commun. Bien que d'une certaine manière le long-métrage se rapproche de celui de Jack Sholder, l’œuvre de Graham Baker n'atteint malgré tout pas le niveau du film qui fut célébré comme écrit plus haut à travers le prix qu'il reçu à l'époque lors du plus célèbre festival du film fantastiques des années quatre-vingt. Ce qui n'empêchera pas Futur immédiat d'obtenir lcelui du meilleur film de science-fiction aux Saturn Awards de Los Angeles deux ans après sa sortie sur le territoire américain. Concernant les effets-spéciaux, l'équipe en charge de créer les maquillages des extraterrestres fut l'entreprise Stan Winston Studios du nom de l'un des plus fameux créateurs de maquillages fantastiques et d'animatronique à l'époque. Sans être bluffants puisqu'assez minimalistes, ceux-ci donnent cependant une image assez précise de ce à quoi pourraient ressembler des créatures intelligentes venues d'ailleurs de type humanoïde. Concernant le récit lui-même, le scénario de Rockne S. O'Bannon repose sur une structure narrative des plus commune. Reste que le film demeure intéressant grâce à la présence à l'écran d'un James Caan xénophobe, du moins envers la population extraterrestre, mais comme la coutume le veut dans ce genre de long-métrage, sa relation d'abord tendue avec Sam Francisco donnera lieu à un rapprochement bienheureux. Plusieurs suites verront le jour entre 1989 et 1997. Classique mais sympathique...

 

vendredi 11 septembre 2026

The Challenge (A armes égales) de John Frankenheimer (1982) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Qui n'a pas connu au tout début des années quatre-vingt l'excellente série américano-japonaise de James Clavell Shogun n'était probablement pas né ou n'avait pas la télévision à tube cathodique ! Pour les autres, l'été 1983 fut l'occasion de découvrir chez nous l'un des plus célèbres acteurs du Pays du Soleil Levant en la personne de Toshirō Mifune. Tournant avec les plus grands, d'Akira Kurosawa jusqu'à Ishirō Honda, avant de collaborer outre-atlantique et en dehors de son pays avec John Boorman, Terence Young, Jerry London, Steven Spielberg ou comme ici John Frankenheimer, l'acteur japonais fut donc l'une des deux grandes stars de la série diffusée à partir du 9 juillet 1983 sur TF1. À ses côtés, l'acteur américain Richard Chamberlain qui nous a quitté en mars dernier. La rencontre entre un occidental et la culture japonaise du dix-septième siècle... Mais pourquoi évoquer précisément cette série plutôt qu'une autre ? Pour une raison simple. Ce qui connaissent bien Shogun seront étonnés de constater que les scénaristes de The Challenge (A armes égales) Richard Maxwell, John Sayles et Marc Norman semblent s'être fortement inspirés de la création de James Clavell pour concevoir leur récit. Cinéaste prolifique au cinéma et à la télévision, John Frankenheimer signait en cette année 1982 une œuvre mineure dans sa carrière et pourtant si proche du récit que les téléspectateurs n'auront pu savourer chez nous qu'avec trois ans de retard (la série Shogun datant en réalité de 1980). La coïncidence devenant alors improbable lorsque l'on constate la participation de Toshirō Mifune au projet. Nulle trace par contre de Richard Chamberlain puisqu'à sa place l'on retrouve l'acteur Scott Glenn dans le rôle de Rick Murphy. Un américain payé grassement pour faire passer un sabre d'une très grande valeur des États-Unis au Japon. L'époque elle aussi a changé puisque l'intrigue ne se déroule plus en 1600 mais à notre époque. Après un court passage dans le Japon de 1945 où lors d'une cérémonie de remise de katanas l'on assiste à la mort involontaire d'un jeune garçon, le récit se poursuit aux États-Unis, dans une salle de boxe où l'on retrouve donc Rick en plein entraînement. Débarquent alors une femme et un homme en fauteuil roulant tous deux venus du Japon pour parler à l'adversaire de Rick mais au final, ce couple d'étrangers va choisir de s'en remettre à Rick auquel ils proposent la somme de cinq-cent dollars journaliers pour transporter à bord d'un avion à destination de leur pays, le précieux sabre qu'ils lui confieront...


Histoire de vengeance, de traditions ancestrales, de spiritualité, de coutumes typiquement japonaises et d'apprentissage, The Challenge avait tout pour plaire aux fans de Shogun. Mais là où James Clavell parvenait à allier le charisme de son acteur américain à celui de son principal interprète japonais dans un Japon historique fascinant, la vision de John Frankenheimer reste on ne peut plus étriquée. Là est toute la différence entre une mini-série constituée de dix épisodes et qui a tout loisir d'étendre son sujet, quand le long-métrage de l'américain n'a lui qu'un peu moins de deux heures pour faire avaler au spectateur la pilule de l'occidental débarqué de son Los Angeles natal pour un transfert de katana et qui au contact du très respectable chef de clan Toru Yoshida (qui donc est incarné par Toshirō Mifune) va apprendre à se battre au sabre et au bâton comme aux temps anciens des samouraïs. Évidemment, l'on a droit au charme très discret de l'actrice Donna Kei Benz américano-japonaise Donna Kei Benz, laquelle incarne la fille de Toru, Akiko. Atsuo Nakamura interprète quant à lui l'oncle de la jeune femme et donc le frère de Toru. Le véritable nœud du problème qui oppose les deux hommes est ce fameux sabre dont l'un et l'autre affirment être l'unique propriétaire. S'opposent alors deux types de comportement. Si Toru emploie des méthodes de combat ancestrales, Hideo préfère les armes à feu. La relation entre Rick et Toru est relativement touchante. Mais si l'acteur japonais qui incarne ce dernier n'a semble-t-il jamais été aussi charismatique que dans cette posture de chef de clan, Sctt Glenn débarque à l'image le crâne surmonté d'une affreuse coupe au bol qui le fait davantage ressembler à Kwai Chang Caine interprété par David Carradine dans la série Kung-fu qu'au personnage de John Blackthorne qu'incarnait Richard Chamberlain dans Shogun. Évidemment beaucoup moins fin que cette dernière, The Challenge est un curieux mélange entre la philosophie véhiculée par la série et le cinéma d'action dans son expression la plus élémentaire. Notons enfin que la bande originale est signée de Jerry Goldsmith...


 

jeudi 10 septembre 2026

Sweet Savior de Robert L. Roberts (1971) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Ce genre de cas, en général, se règle en trois coups de cuillère à pot ! En clair, c'est de la merde ! Mais à la vérité, rien n'est jamais aussi simple et réduire à cette seule expression le contenu de cette curieuse petite production nous provenant du fin fond de l'Amérique des années soixante-dix et née sur les cendres d'une culture hippie à l'origine de certains débordements bien qu'étant née sur un principe de non-violence serait sans doute réducteur. Par comparaison, Sweet Savior (ou The Love-Thrill Murders) de Robert L. Roberts s'aligne à peu près sur le même concept que le ''mythique'' et le beauoup trop surévalué Last House on Dead End Street de Roger Wakins qui fit tant parler de lui et resta tant de temps un mystère pour nous, pauvre cinéphiles en manque de sensations fortes, que la projection tant attendue de l'objet en question pu avoir de fortes et négatives répercussions, mêlées d'un fort ressentiment. N'étant connu quant à lui que par un cercle que l'on devinait jusque là plutôt restreint, Sweet Savior est donc fait du même bois. L'on est en effet plus proche du sapin ou de l'épicéa que du bois d'agar. En cause, pour commencer, un budget que l'on devine minuscule et qui transpire à chaque plan. Une sueur exsudée à travers une interprétation et une mise en scène si pauvre que le film de Robert L. Roberts rejoint la pléthore de nudies qui dans les années précédant sa production firent florès sur le marché underground américain. Des micro-budgets sans inspiration, privilégiant les plans longs, lents, chiants, de femmes apparemment dénuées de toute vertu et dirigées nues par des cinéastes libidineux affamés de billets verts ! Le cas de Sweet Savior étant donc un peu plus particulier, le film suit le gourou Moon (l'acteur Troy Donahue), supposément charismatique (ce sera ici aux spectateurs d'évaluer l'aura du personnage), à la tête d'une petite communauté d'hommes et de femmes prêts à tout entreprendre pour un seul regard de leur mentor. Sexe, drogue et contre-culture américaine sont au cœur d'un récit dénué de presque toute ligne directrice en matière d'écriture et de mise en scène. Car l'un des principaux soucis est ici que Robert L. Roberts (dont il s'agit du second des quatre longs-métrages qu'il réalisa entre 1968 et 1976) lâche sa poignée d'actrices et d'acteurs non professionnels lors de situations répétitives où la fesse légère et la consommation de LSD sont les rares ''atouts'' de son œuvre...


Une communauté qui rejette la bourgeoisie, vis en vase clos, pourrait reposer sur des valeurs saines mais qui s'avère en réalité le miroir d'une société qui fut notamment le théâtre le 9 août 1969 d'un massacre bien connu des criminologues en herbe et des spécialistes de la question puisque certains adeptes de la secte de Charles Manson du nom de Charles Watson, Patricia Krenwinkel, et Susan Atkins pénétrèrent la demeure du cinéaste Roman Polanski pur y assassiner son épouse Sharon Tate ainsi que plusieurs de leurs amis... Sweet Savior se veut donc être semble-t-il l'adaptation de ce sordide fait-divers qui marqua l'Amérique de la fin des années soixante. Mais alors que le projet peut s'avérer un tant soit peu intéressant pour quiconque s'intéresse au sujet, se farcir les quatre-vingt douze minutes que dure le long-métrage devient rapidement pénible, pour ne pas dire carrément un calvaire. Bien moins violent que ne le laissait présager le sujet et monstrueusement redondant en matière de sexe, avec des séquences à rallonge qui peuvent même démoraliser parmi les plus libidineux d'entre nous, le film de Robert L. Roberts est d'un intérêt plus que discutable. Son sujet, ce ''script'' qu'il a conjointement écrit aux côtés de Willie Gilbert est d'une abyssale platitude. Les personnages ont tous plus ou moins l'air de se faire chier et leurs interprètes respectifs de se demander ce qu'ils font là, à faire semblant de planer dans des hautes sphères, sans but et sous les ordres d'un gourou finalement très quelconque, à soliloquer pour ne rien dire (ce qui, il est vrai, reste tout de même un comble) et à baiser sous une musique psychédélique assourdissante. Mais la cerise sur la gâteau n'est une fois de plus servie qu'au bénéfice des spectateurs français grâce ou à cause d'un doublage absolument catastrophique. Le plus ''drôle'' demeurant sans doute l'un de ces échanges pris au hasard, lorsque deux protagonistes féminines se parlent au téléphone. Il ne faudra pas plus d'une poignée de secondes pour se rendre compte que les deux personnages sont doublés chez nous par la même personne ! Bref, Sweet Savior est un très mauvais film, mou, ennuyeux, jamais spectaculaire et certainement pas ''bandant'' pour ceux qui voudraient devant ses scènes de nus, en retirer un quelconque plaisir solitaire...

 

mercredi 9 septembre 2026

Ils ne verront jamais le jour : A Topiary de Shane Carruth

 


 

Auteur des très complexes œuvres de hard science-fiction Primer en 2004 et Upstream Color en 2013, le réalisateur, scénariste, monteur, producteur et acteur américain Shane Carruth avait prévu de tourner entre ces deux longs-métrages un projet particulièrement ambitieux. Intitulé A Topiary et initialement produit par Steven Soderberg et David Fincher, le film fut finalement rangé dans les cartons faute de financement suffisant. Les deux cinéastes/producteurs ne parvenant pas à réunir la somme de quatorze millions de dollars prévue pour donner forme à ce que Shane Carruth considère désormais comme ce qui a ''gâché toute son existence''. Il est aussi probable que le projet ait donné des sueurs aux financiers, témoins d'une ambition et d'une étrangeté du point de vue de l'intrigue qui aurait sans doute refroidi une grande partie du public. Il faut dire qu'avec Primer, le réalisateur avait démontré son absence de compromis, visant ainsi un auditoire féru de science-fiction adulte tellement rigoriste en matière de complexité qu'il abandonnait sur le bord de la route une partie même des amateurs de S-F ! Une œuvre telle alambiquée qu'elle pouvait faire ressentir un profond ennui mêlé d'un certain rejet face à tant d'arrogance... Une voie dans laquelle Shane Carruth persévéra neuf ans plus tard et à laquelle n'échappa pourtant pas vraiment A Topiary qui cependant ne vit et ne verra probablement jamais le jour...


Selon certaines sources, le long-métrage aurait duré environ deux-heures et trente minutes. Ce qui n'est désormais ni un exploit ni une épreuve insurmontable si l'on jette un œil à cette longue liste de grosses productions qui de nos jours s'alignent aisément sur cette durée. Le problème semble en outre provenir d'un autre aspect du projet. Car si le concept de A Topiary semblait ambitieux, sa forme, elle, pose des questions quant à l'approche d'un cinéaste axant davantage son intrigue autour des événements que sur la caractérisation des personnages. Tout ceci en nous balançant bien évidemment un flot ininterrompu d'informations alambiquées, à l'image de ses deux autres films ! Le problème avec Shane Carruth, qui peut être également vu de manière beaucoup plus optimiste comme une forme d'imaginaire hautement débridée, est justement cette inextinguible source d'inspiration, cette audace scénaristique et cette soif de mettre en images tant d'idées plus ou moins ''saugrenues'' et incompréhensibles par le commun des mortels qui firent sans doute hésiter les producteurs à mettre autant de billes dans un tel projet..


A l'origine, le concept de A Topiary dont on ignore quels devaient être les interprètes devait tourner autour du personnage d'Acre Stowe. Un géomètre de trente ans totalement obsédé par des figures géométriques en forme d'étoiles visibles à divers endroits de notre planète. Une fascination partagée par d'autres individus qu'il aurait été amené à rencontrer. Transporté en leur compagnie jusqu'aux confins du monde, l'odyssée du héros l'aurait mené à observer un engin dont l'importance aurait été révélée durant la conclusion de la première partie du script. Auraient alors dû intervenir ensuite des adolescents passionnés de technologies avancées, comme les révéla notamment le cinéma de science-fiction des années quatre-vingt. Des gamins manipulant l'objet en question, révélant ainsi ses étonnantes propriétés et son rapport direct avec une civilisation dite extraterrestre. Sur la base de ces quelques données scénaristiques, l'on aurait pu être en droit d'espérer que Shane Carruth se soit calmé en terme de complexité tout en demeurant toujours ambitieux. Un sujet fascinant dont on regrette qu'au final il n'ait pas été concrétisé. Cinéaste rare puisque en plus de vingt ans de carrière il n'aura finalement signé que deux longs-métrages et un épisode de la série télévisée Breakthrough en 2017, on peut toujours espérer que Shane Carruth reprenne un jour la route des studios de cinéma pour se placer derrière la caméra après près de dix années de silence . Et si rien ne vient confirmer qu'il retournera un jour à la réalisation, peut-être son hypothétique retour sera-t-il marqué par la volonté de reprendre les rênes de ce projet abandonné depuis plus de dix ans...

 

mardi 8 septembre 2026

Ils ne verront jamais le jour : Bioshock de Gore Verbinski

 


 

Chaque amateur ou presque de jeux vidéos à la première personne a sans doute bien connu la série de trois jeux Bioshock développée par le studio 2K Boston/2K Australia dans lequel le joueur prenait place dans un univers situé dans les années 1960. À bord d'un avion, le personnage qu'il incarnait s'écrasait en pleine mer avant de rejoindre une cité sous-marine du nom de Rapture conçue par le milliardaire excentrique et mégalomane Andrew Ryan à l'issue de la Seconde Guerre Mondiale. Le joueur évoluait dans un monde englouti rétro-futuriste et devait notamment survivre aux attaques incessantes de créatures bio-mécaniques du nom de Protecteurs chargées de protéger les Petites Sœurs, des fillettes génétiquement modifiées, mais aussi de celles de nombreux Chrosômes, des habitants de Rapture eux-mêmes génétiquement modifiés... Comme bon nombre de jeux vidéos avant lui, Bioshock a fait l'objet d'un projet cinématographique qui n'a cependant jamais vu le jour. À l'origine, le film ne devait pas simplement s'inspirer de la version vidéoludique du scénario mais devait scrupuleusement suivre la trame du premier des trois volets sorti sur différentes plateformes en 2007. Confiée par le studio de production et de distribution cinématographique Universal Pictures au réalisateur, scénariste et producteur américain Gore Verbinski, auteur en 2002 du remake américain de The Ring, de trois volets de la franchise Pirates des caraïbes ou encore de A Cure for Life en 2017, la mise en chantier de Bioshock rencontra très rapidement des difficultés d'ordre financier. Trop coûteux selon certains et risquant en outre d'obtenir une classification ''Interdit aux moins de 17 ans'' pour raison de violence aux Etats-Unis ! Les studios Universal ne voulant pas prendre de risques, Gore Verbinski quitte alors le projet avant que le réalisateur espagnol Juan Carlos Fresnadillo ne soit envisagé pour le remplacer... Il est d'autant plus malheureux que le projet soit abandonné que Gore Verbinski avait eu l'intention de fidèlement retranscrire l'univers du jeu en se refusant de mettre simplement en scène un blockbuster d'action bourrin. Selon la vision du cinéaste américain, l'adaptation devait respecter chacune des étapes du jeu vidéo...


À commencer par le crash en mer de Jack, le héros, qui ensuite se retranchait vers Rapture. Gore Verbinski envisageait alors de construire un monde immense, crédible, à l'architecture ''Art Déco'', avec ses appartements, ses commerces, ses stations de bathysphères, ses tunnels sous-marins et bien évidemment, ses nombreuses vitres donnant directement sur l'océan. Après l'émerveillement, le spectateur aurait alors dû remarquer que quelques chose n'allait pas dans ce monde visuellement extraordinaire. Le réalisateur avait ensuite l'intention de créer le malaise chez le spectateur. Mettant ainsi en scène la ''faune'' propre à Rapture, en restant donc fidèle au principe de la version vidéoludique. Gore Verbinski nous apprenait ensuite que l'une des phases les plus ambitieuses et fascinantes de son projet se référait au projet mégalomaniaque d'Andrew Ryan. Un monde utopique qui progressivement virait au cauchemar. Expliquant les raisons de l'effondrement de ce monde extraordinaire... S'agissant du casting, Gore Verbinski envisagea l'acteur Eddie Redmayne dans le rôle de Jack. Chose amusante, Jamie Dornan fut lui-même auditionné alors qu'il vivait en colocation avec Eddie Redmayne. Si Bioshock n'a jamais vu le jour, il existe cependant des ''Concept-Arts'' qui donnent une idée plus ou moins précise du projet qu'avait en tête Gore Verbinski. Des visuels de l'univers de Rapture comme des dessins des différents antagonistes du récit. Le film aurait probablement coûté entre cent-soixante et deux-cent millions de dollars. Une sommé astronomique qui refroidit donc la Universal qui n'était pas prête à prendre le risque de financer une œuvre qui risquait la classification ''Rated R'' correspondant à une interdiction aux moins de 17 ans, ce qui aurait drastiquement réduit le nombre de spectateurs en salle au sujet de l'adaptation d'un jeu vidéo dont on peut supposer que le plus grand nombre de joueurs ne dépassait sans doute pas cet âge là ! S'agissant de l'éventualité de mettre au poste de réalisateur Juan Carlos Fresnadillo, le créateur du jeu Ken Levine mis le holà après n'avoir pas été convaincu par la nouvelle direction prise par le cinéaste espagnol... Le projet fut donc finalement abandonné...

 

lundi 7 septembre 2026

Ils ne verront jamais le jour : Ei8ht

 


 

En 2015 sort sur les écrans Prémonitions d'Afonso Poyart dans lequel Anthony Hopkins incarne un médium à la retraite contacté par le FBI afin de l'aider à remonter la piste d'un tueur en série insaisissable. Une œuvre qui faillit ne jamais voir le jour ou qui du moins est née sur les cendres d'un projet de film qui ne verra LUI jamais le jour. Ce long-métrage dont on parle est la suite de Se7en de David Fincher. La société de production cinématographique et télévisuelle américaine New Line Cinema s'intéresse de très près au script qu'un scénariste américain du nom de Ted Griffin a écrit sous le titre Solace et prend la décision d'en faire la séquelle de l'excellent thriller sorti en 1995 avec Morgan Freeman et Brad Pitt. Et ce, bien que de l'aveu même de son auteur, le script n'a été à l'origine pas pensé comme une suite du long-métrage de David Fincher. Pourtant, plusieurs problèmes vont rapidement s'imposer. Brad Pitt n'est absolument pas intéressé par ce projet de séquelle, Morgan Freeman hésite à reprendre son rôle de l'inspecteur William Somerset et quant à David Fincher, il est pour lui hors de question de retourner derrière la caméra pour mettre en images un scénario dont il refuse catégoriquement le concept ! Le scénario est donc réécrit et les personnages des deux inspecteurs sont supprimés. Le personnage de William Somerset est donc remplacé par celui du médium John Clancy (Anthony Hopkins), celui de l'inspecteur David Mills (Brad Pitt) disparaît tandis que le tueur en série Chares Ambrose est désormais incarné par Colin Farrell puisque comme tout le monde le sait, le John Doe de Se7en (Kevin Spacey) était abattu à l'issue du récit par l'un des deux inspecteurs chargés de l'enquête...


Stylisé de manière plus ou moins officiel sous le titre Ei8ht, le projet devait donc mettre en scène Morgan Freeman dans le rôle de William Somerset. Profondément marqué par sa dernière enquête, celui-ci est désormais à la retraite. Cependant, l'ancien inspecteur semble être ''victime'' de visions. Des flashs qui apparaissent notamment lorsqu'il touche certains objets ou certains individus. Après une entrée conçue de manière plutôt paisible, mettent en scène un ancien flic à la retraite vivant à l'écart de la ville, le scénario évoque un premier meurtre. William Somerset est immédiatement contacté par ses anciens collègues qui pensent qu'il est probablement celui à même de pouvoir le mieux les aider à mettre la main sur l'assassin. Tandis qu'il commence par refuser d'apporter son aide, au contact d'une photo, le visage du tueur lui apparaît. Ted Griffin conçoit un tueur en série doté des mêmes facultés que l'ancien inspecteur. Ce qui lui permet notamment d'avoir de l'avance sur les enquêteurs, de deviner leurs agissements et donc d'anticiper leur comportement. Tandis que dans Se7en le tueur concentrait ses meurtres autour des sept péchés capitaux, celui de Ei8ht sembler tuer pour des raisons bien différentes. En enquêtant sur les victimes, Somerset découvre qu'elles n'ont aucun lien familial, religieux ou géographique entre elles mais que toutes cachaient un sombre destin. L'ancien inspecteur en déduit alors que le tueur les assassine en raison de ce qu'elles risquent de devenir... Tandis qu'un combat psychologique est mené entre Somerset et le tueur, l'ancien inspecteur retourne à ses anciennes habitudes d'enquêteur. Ei8ht devait être marqué par la peur de Somerset vis à vis de son nouveau don. Le surnaturel étant scrupuleusement lié à l'enquête jusqu'à l'inévitable confrontation finale avec le tueur. De l'aveu même du scénariste Ted Griffin, le script qu'il développa à l'origine avec Sean Bailey fut conjointement écrit aux côtés d'un authentique médium qui à l'époque traquait un tueur en série... Au final, le film ne verra jamais le jour sous cette forme hybride et c'est peut-être mieux ainsi tant Se7en se suffisait à lui seul...

 

dimanche 6 septembre 2026

Les Diplômés du dernier rang de Christian Gion (1982) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Trois ans avant d'incarner le professeur de lettres Frédéric Game dans la comédie de Patrick Schulmann P.R.O.F.S, l'acteur, compositeur et interprète Patrick Bruel se plaçait de l'autre côté de la barrière en interprétant dans Les Diplômés du dernier rang de Christian Gion l'un des élèves d'une grande école privée de gestion dont les médiocres résultats n'eurent rien à envier à ceux obtenus par ceux du cours privé Louis XIV des Sous-doués réalisé cinq ans auparavant par Claude Zidi. L'intrigue ne situe pas ici son action dans une classe d'école courante mais dans un amphithéâtre sous lequel certains des élèves ont aménagé un salon qui leur permet de tricher aux examens et de passer du bon temps. Ne se concentrant pas uniquement sur leurs études mais aussi et surtout sur leurs nombreux loisirs qu'ils auto-alimentent au grand désarroi du directeur, Marcel (Michel Galabru) et de la psychologue de l'établissement, Dominique (Marie Laforêt), Philippe (Patrick Bruel), Michel (Patrice Minet), Robert (Philippe Manesse) et leurs camarades de classe n'en font qu'à leur tête. Bien qu'étant antérieur aux Sous-doués, cet ancêtre de l'une des plus populaires comédies françaises s'inscrivant dans le contexte de l'enseignement lui est éminemment inférieur. Car si Claude Zidi signa une œuvre qui elle-même ne peut être jugée autrement que comme une bouffonnerie certes parfois très amusante mis surtout devenue culte au fil des années, Les Diplômés du dernier rang n'en est qu'un pâle brouillon, où les gags s'enchaînent à un rythme soutenu tout en ne faisant mouche qu'en de très rares occasions ! La comédie de Christian Gion est donc plus proche d'une nanardise telle que Le bahut va craquer que Michel Nerval tourna en 1981 que du très appréciable P.R.O.F.S dans lequel Patrick Schulmann mettait les professeurs en avant ou du sympathique Diabolo menthe que réalisa Diane Kurys la décennie précédente, en 1977...


Dans la grande tradition des comédies franchouillardes mettant en scène leurs personnages dans des situations particulièrement ubuesques, Les Diplômés du dernier rang ne se départit d'une certaine absurdité, comme lorsque l'on découvre pour la première fois la pièce aménagée sous l'amphithéâtre et où les élèves bronzent, allongés sur des transats ou lorsque certains d'entre eux créent une société du nom de TALC (pour Tarte A La Crème) afin de s'adonner au même ''loisir'' que l'entarteur belge Noël Godin qui vient tout juste de nous quitter à l'âge de quatre-vingt ans... Les comédies de l'époque se passant très souvent le relais, Les Diplômés du dernier rang s'inscrit très exactement entre les comédies des Charlots qui très souvent et à une allure métronomique se jouaient de certaines institutions comme l'armée (ici représentée par Charles Gérard dans le rôle d'un colonel de l'Armée de Terre) et celle qui bien après celle-ci remettront en scène certaines figures du genre comme Michel Galabru qui en 1985 interprétera le rôle du commissaire de police Grasset ! Le réalisateur ET scénariste reprenant peu ou prou le même concept que Michel Lang à l'époque d'À nous les petites Anglaises en transportant les élèves de son école privée en Angleterre où ceux-ci vont devoir participer à un match de Rugby organisé par une équipe anglaise. Mise en scène et scénario étant relativement bordéliques, Les Diplômés du dernier rang ressemble davantage à une succession de sketches souvent mièvres qui permettent pourtant et étonnamment de découvrir au détour de quelques séquences des interprètes que l'on ne s'attendait certainement pas à voir dans ce genre de film. On pense bien évidemment en priorité à l'actrice britannique Catriona MacColl dans le rôle de Lucy, une anglaise qui accueille chez elle nos élèves, jusque dans son lit, et qui avant de se perdre dans cette navrante comédie fut tout de même l'héroïne principale de la Trilogie de la Mort de l'italien Lucio Fulci (Frayeurs, L'au-delà et La maison près du cimetière), trois œuvre extrêmement gores et morbides, ainsi que l'une des plus importantes protagonistes de l'angoissante série télévisée française de science-fiction, Noires sont les galaxies en 1981. Au final, Les Diplômés du dernier rang s'avère assez pathétique et l'on conseillera à celles et ceux qui ne connaissent toujours pas les quelques exemples comparatifs cités plus haut de se tourner d''abord vers ceux-ci plutôt que vers la comédie de Christian Gion...

 

samedi 5 septembre 2026

Nuts de Martin Ritt (1987) - ★★★★★★★☆☆☆



Issue d'une famille aisée, Claudia Draper a été arrêtée après avoir été soupçonnée du meurtre de l'un de ses clients. En effet, la jeune femme a, pour subvenir à ses besoins sans l'aide de ses parents, choisi de travailler comme call-girl. C'est ainsi qu'elle a du faire le cruel choix de tuer Allen Green qui refusa de la laisser partir de chez lui ou bien de mourir elle-même sous la violence de cet homme âgé d'apparence respectable. D'abord défendue par un avocat payé par ses parents Rose et Arthur Kirk, Claudia se montre envers lui si violente, qu'elle est abandonnée à son triste sort avant que ne lui soit imposé l'avocat commis d'office, Aaron Levinski.

L'affaire qui est confiée à ce dernier n'est pas simple. Hystérique et indomptable, Claudia ne facilite pas la tâche de Aaron. L'avocat à toutes les difficultés à se faire accepter par la sauvageonne. Bien avant que ne débute le procès accusant la jeune femme d'homicide volontaire, Aaron doit faire la preuve que Claudia n'est pas la folle que la partie adverse tente de faire croire. L'avocat n'est pas non plus aidé par Arthur, qui n'est que le beau-père de Claudia. Celui-ci va tenter au même titre que l'accusation de faire interner Claudia et l'empêcher de participer à son procès.

Parvenant peu à peu mais avec beaucoup de mal à attirer la confiance de Claudia, Aaron va tout mettre en œuvre pour que la jeune femme soit reconnue saine d'esprit et soit en mesure d'assurer sa défense lors de son propre procès...


Martin Ritt, réalisateur d'un peu plus d'une vingtaine de long-métrages réalisait avec cet efficace Nuts, son avant dernier film. Et pour interpréter le rôle de Claudia, il fit appel à la star de la chanson américaine Barbra Streisand. Un choix particulier mais dont la performance ne laisse planer plus le moindre doute lors du déroulement de l'intrigue.

Une sorte de huis-clos judiciaire qui oppose des figures importantes du septième art ( Karl Malden, Eli Wallach, Robert Webber et James Whitmore) à un Richard Dreyfuss des plus convainquant. Barbra Streisand est tout simplement prodigieuse dans ce rôle difficile qui axe on sujet non pas sur le procès d'une meurtre mais sur l'éventuelle possibilité que l'accusée n'y puisse pas participer pour raison de folie. Nuts cache en réalité une histoire beaucoup plus profonde et va chercher dans l'histoire la plus intime de cette famille recomposée dissimulant un très lourd secret qui, on s'en doute évidemment, nous sera révélé avant la fin et aura des répercussions sur les décisions à prendre vis à vis de la jeune femme.

Nuts se révèle donc être un excellent film, interprété par des actrices et acteurs donnant le meilleur d'eux-mêmes, Barbra Streisand et Richard Dreyfuss en tête...
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