
Ma passion pour le cinéma
d'horreur remonte à des décennies et même bien au-delà de l'âge
légal puisque aussi loin que je puisse remonter dans mes souvenirs,
ma première expérience en la matière date du 20 juin 1976, lorsque
mon père m'invita à le rejoindre sur le canapé du salon afin de
découvrir en sa compagnie lors du Cinéma de Minuit sur
FR3 le Nosferatu, eine Symphonie des Grauens
du réalisateur allemand Friedrich Wilhelm Murnau. J'avais donc un
peu plus de quatre ans et cette expérience forgea sans doute ma
future passion pour l'horreur, l'épouvante et le fantastique...
Aujourd'hui et sans doute les semaines à venir, plutôt que
d'évoquer les classiques du genre sous l'angle le plus commun, je me
suis dis que leur dédier toute une série d'articles consacrés à
des anecdotes plus ou moins connues serait une idée plutôt sympa.
Et puisque en parallèle de mon blog consacré au septième art qui
''ouvrit ses portes'' voilà quinze ans le 12 avril 2011 avec le
Maniac de
William Lustig, c'est donc avec ce classique de l'horreur et de
l'épouvante la plus glauque qui soit que j'ai décidé d'ouvrir les
hostilités...

Commençons
avec l'actrice britannique Caroline Munro dont la carrière fut
parsemée d'un certain nombre de productions horrifiques parmi
lesquelles, le dyptique L'Abominable Docteur
Phibes/Le
Retour de l'abominable Docteur Phibes
ainsi que Dracula 73,
Evil baby ou
encore Les prédateurs de la nuit.
Tandis que le rôle de la photographe Anna D'Antoni avait tout
d'abord été prévu à l'attention de l'actrice italienne et
ancienne épouse du cinéaste Dario Argento, Daria
Nicolodi, prise par le tournage de Inferno,
celle-ci fut contrainte de renoncer au long-métrage de William
Lustig. Ce qui permit à la britannique qui se trouvait alors à une
convention organisée à New York de croiser la route du maquilleur
Tom Savini qui prévint alors de la présence de la jeune femme,
l'acteur Joe Spinell avec lequel elle avait déjà participé au
tournage de Starcrash : Le Choc
des étoiles
de Luigi Cozzi deux ans auparavant. Habituée au cinéma d'horreur et
d'épouvante mais William Lustig considérant que l'actrice n'avait
sans doute pas en tête le genre de violence à laquelle le cinéaste
allait s'attaquer, celui-ci proposa à Caroline Munro de regarder
Halloween
de John Carpenter. Surprise par ce nouveau type de cinéma
horrifique, la jeune femme accepta alors volontiers de participer au
tournage en tant que principale interprète féminine après que son
époux Judd Hamilton ait tout de même ajouté la somme de deux-cent
mille dollars au budget initial.

S'ouvrant
sur une séquence se déroulant au bord d'une plage où le tueur en
série Frank Zito (Joe Spinell) sévira pour la première fois en
assassinant un couple de jeunes amoureux, William Lustig fit un clin
d'œil au classique de Steven Spielberg Les
dents de la mer
en remplaçant le fameux requin par un homme atteint de démence.
Autre anecdote relativement connue, les conditions de tournage.
Généralement filmé à la sauvage et sans autorisation, William
Lustig, Joe Spinell et l'équipe technique durent à chaque fois
faire vite avant que la police ne débarque sur les lieux ! Plus
amusante est celle concernant la bande musicale de Jay Chattaway,
hautement dérangeante, glaçante et morbide et à laquelle devait
être ajouté un thème musical beaucoup plus enjoué composé par
Michael Sembello et qui au final allait servir de générique à la
célèbre comédie musicale réalisée en 1983 par Adrian Lyne,
Flashdance !
D'ailleurs, lorsque l'on y pense, le fait que la chanson Maniac
n'ait pas été intégrée au long-métrage est plutôt une bonne
chose puisqu'elle dénotait complétement avec l'ambiance lugubre du
long-métrage de William Lustig...

Si
Maniac
marqua et continue de marquer autant les esprits, ça n'est pas
seulement en raison du récit, du contexte social, du portrait
glaçant de son tueur en série ou de sa partition musicale mais
également parce qu'aux effets-spéciaux, le maquilleur Tom Savini
proposa un véritable festival de séquences gores. Des crânes de
femmes scalpées, une explosion de tête, un long couteau enfoncé
dans un torse ou encore une orgie de sang finale absolument
dantesque... Il faut savoir que Tom Savini était souvent contraint
de raisonner Joe Spinell, alors acteur principal, producteur et
scénariste du film, lequel voulait sans cesse repousser les limites
en matière d'horreur. S'agissant des scènes d'horreur en question,
William Lustig n'a d'ailleurs jamais nié le fait qu'avait été
utilisée une fausse tête décapitée provenant à l'origine du
tournage du premier Vendredi 13
réalisé en 1980 par Seans S. Cunningham et auquel participa déjà
Tom Savini en tant que concepteur des effets-spéciaux gores.

Concernant l’exiguïté de l'appartement de Frank Zito, le cinéaste se serait en
outre inspiré du film policier suédois de Bo Widerberg intitulé
Un flic sur le toit pour
sa création. William Lustig, Joe Spinell et Andrew Garroni
réussirent à réunir la somme de quarante-huit mille dollars dont
l'essentiel provenait des films pornographiques précédemment
réalisés par le premier d'entre eux. Plaçant leur argent en
bourse, leur investissement leur rapporta finalement la somme de
cent-trente cinq mille dollars. Ajoutant à cela les deux-cent mille
dollars apportés par Judd Hamilton pour un total de trois-cent
trente mille dollars. Enfin, pour celles et ceux qui se demandent
encore aujourd'hui si une hypothétique version ''director's cut''
agrémentée de scènes inédites existe, la réponse de William
Lustig est sans appel : non !