Bien que Flesh-Eating
Mothers
du réalisateur, scénariste, producteur et monteur américain James
Aviles Martin puisse parfois paraître unique en son genre, comme
nous le découvrirons plus tard, il n'est pas rare d'y voir certaines
similitudes avec quelques productions horrifiques qui connurent en
leur temps un traitement nettement différent puisqu'ils
''arrosèrent'' littéralement les pages des magazines spécialisés
tandis que cette petite production est probablement davantage connue
sur son territoire d'origine qu'en France. Plus qu'un simple film
d'horreur ou d'épouvante mâtiné de comédie noire, Flesh-Eating
Mothers
est aussi et surtout une satire sociale dans laquelle le cinéaste
s'attaque directement à la cellule familiale américaine des années
80. Dans une banlieue apparemment idyllique ou tandis que les hommes
rapportent l'argent tandis que leurs épouses s'affairent à la
maison, l'on découvre rapidement que rien n'est véritablement ce
qu'il paraît être. Une mère de famille alcoolique, une seconde
adultère, un père qui bat son épouse, bref... pas de quoi envier
cette petite communauté qui bientôt va être au centre d'une très
curieuse épidémie. L'occasion pour James Aviles Martin de traiter
des maladies sexuellement transmissibles en cette décennie des
années quatre-vingt où cinq ans plus tôt le virus responsable du
SIDA
fut enfin identifié. Alors que Roddy Douglas (Louis Homyak) trompe
sa femme avec une autre, celui-ci déclenche une épidémie dont les
origines restent troubles mais dont les conséquences s'avèrent
aussi effroyables qu'étonnantes ! En effet, tandis qu'il traine
sa queue à peu près partout dans le quartier, l'homme transmet une
curieuse maladie qui se déclare uniquement chez les femmes qui ont
eu des enfants. Le cinéaste appuyant encore davantage sur la
responsabilité des épouses adultérines puisque le virus ne semble
pas avoir de conséquences sur celles qui n'ont pas d'enfants et qui
donc par contraction sont considérées comme libres de toute
responsabilité ! Au centre du récit se détachent trois groupes
d'individus. À commencer par plusieurs adolescents. Des amis, des
camarades de classe directement visés par les mères en furies
puisqu'il s'agit de leurs rejetons. Culpabilisant, ils se liguent
afin de mettre un terme aux horreurs qui vont se propager durant une
longue nuit dont l'ambiance rappelle parfois celle du petit film
culte que réalisa en 1984 Douglas Cheek, C.H.U.D.
(pour
Cannibale,
Humanoïde,
Usurpateur
et Dévastateur)...
Seconde
catégorie de personnages apportant la caution scientifique, le
docteur Lee Grouly (Michael Fuer) et son assistante Felicia Codd
(Carolyn Gratsch) qui passeront leur temps à observer le virus à
travers un microscope avant de trouver de façon scénaristiquement
rudimentaire, un vaccin ! Enfin, troisième catégorie de
personnages : les flics. Un patchwork d'individus qui fait état
de la corruption de l'institution. Car en dehors du shérif Clyde
McCormick (Mickey Ross), la police est décrite soit comme
incompétente, comme corrompue (à travers le rôle du commissaire
interprété par Ken Eaton), soit carrément psychotique (l'officier
Hitchcock qu'incarne Morty Kleidermacher). Flesh-Eating
Mothers
précède d'une année le beaucoup plus populaire Parents
de Bob Balaban dans lequel un adolescent soupçonnera ses parents de
pratiquer le cannibalisme. Car en effet, et c'est bien là
l'excellente surprise du long-métrage de James Aviles Martin, dans
Flesh-Eating Mothers,
les mères adultères choppent le virus et se transforment en
cannibales ! D'où un certain nombre de séquences plutôt
remarquables pour ce genre de petite production dont le budget ne
doit pas dépasser les quelques dizaines de milliers de dollars. Nos
mères de familles arrachent de gros morceaux de chair à pleines
dents pour le plaisir des amateurs de séquences gore pas trop
regardants sur la qualité des effets-spéciaux ici, forcément
prosthétiques. Une horreur mêlant donc les sujets du sexe, de la
transmission d'une maladie et de ses étonnantes conséquences comme
des années en arrière le cinéaste canadien David Cronenberg avait
l'habitude de traiter certains de ses sujets. Comme pour Shivers
en 1975 ou Rage
l'année suivante. En outre, James Aviles Martin tord ici le concept
de cocon familial bienveillant et réconfortant en inversant les
fonctions de protectrice de la mère en la transformant en véritable
prédatrice. Bref, si Flesh-Eating Mothers
souffre de ses limites budgétaires, il n'en reste pas moins une
sympathique série B horrifique méconnue qui mérite d'être
(re)découverte...
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