Après avoir collaboré en 1974 sur La moutarde me monte au
nez,
le trio Claude Zidi, Jane Birkin et Pierre Richard se retrouvent un
an plus tard sur le tournage de La course à
l'échalote.
Et si même leur première collaboration fut un succès, cette énième
comédie du réalisateur et scénariste français n'est que trop
rarement à la hauteur des attentes des fans de Pierre Richard. Trop
farfelue mais aussi et surtout beaucoup moins amusante que le futur
Bête, mais discipliné qui
cette fois-ci mettra en scène Jacques Villeret en 1979, La
course à l'échalote
assemble tant de séquences, tant de péripéties qui n'ont ni queue
ni tête que le film devient rapidement pesant. Contrairement à
Bête, mais discipliné
qui justement s'emploiera lui aussi à mettre en scène un bidasse
dans un cortège de séquences improbables mais qui pourtant
fonctionneront davantage... Le septième long-métrage de Claude Zidi
met donc en scène pour la seconde fois le duo Jane Birkin/Pierre
Richard. Cette fois-ci, l'actrice franco-britannique incarne Janet,
une jeune employée de salon de coiffure qu'épie quotidiennement aux
jumelles le fondé de pouvoir de la 20th
Century Bank Pierre
Vidal (Pierre Richard) auquel le directeur va très bientôt confier
la direction pour une semaine pour cause de départ en vacances. Une
confiance méritée pour un employé consciencieux qui va pourtant
vivre une aventure à laquelle lui et sa petite amie Janet n'étaient
pas préparés. En effet, tandis que l'homme d'affaire Bertrand de
Rovère (l'acteur Claude
Dauphin que l'on a pu notamment découvrir dans L'important
c'est d'aimer d'Andrzej
Żuławski, Le
locataire
de Roman Polanski ou encore Le
pion
de Christian Gion) a déposé quelques jours auparavant une mallette
contenant un acte de cession des parts d’une société
organisatrice de spectacles en blanc dans son coffre personnel, un
hold-up a lieu le dernier jour d’intérim de Pierre Vidal visant
directement le document en question. Rapidement soupçonné par le
commissaire Brunet (excellent Michel Aumont), Pierre reçoit en outre
la visite de Bertrand de Rovère qui désire retirer la mallette.
Nous sommes le vendredi en fin de journée et Pierre fait tout pour
retarder l'ouverture du coffre lorsque l'heure de fermeture de la
banque arrive. Menacé par l'homme d'affaire qui le prévient de
représailles si jamais le document a disparu à la réouverture le
lundi suivant, Pierre n'a que deux jours pour retrouver les voleurs
et pour mettre la main sur la mallette et les documents qu'elle
contient...
Il est curieux de constater combien certaines comédies purent nous
laisser d'impérissables souvenirs et se transformer au fil des
décennies en une accumulation de séquences potaches pas franchement
drôles. En bref, tout l'art d'un Claude Zidi qui mettra bien cinq
années avant de proposer autre chose que des comédies
franchouillardes de qualité plus ou moins médiocre. Car en
attendant L'aile ou la cuisse, La zizanie,
Les sous-doués (ou comment transformer une comédie
scolaire nanardesque en film culte), Inspecteur la Bavure,
les deux premiers volets de la saga Les ripoux, La
totale ! ou le thriller Profil bas avec
Patrick Bruel, il aura fallut ingurgiter d'innombrables gags bas du
front même si certains d'entre eux font incontestablement partie du
patrimoine français comme les quelques longs-métrages réalisés
autour des Charlots comme Les fous du stade et Le
grand Bazar (pour ne citer que les deux plus digestes des
quatre que Claude Zidi tournera avec la troupe notamment formée
autour de Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli, Jean Sarrus et
Jean-Guy Fechner). S'agissant de La course à l'échalote,
toute la partie se situant à l’intérieur de la banque reste très
convenable. L'on peut y apprécier les quelques gaudrioles proposées
par un Pierre Richard égal à lui-même (le coup de la cuvette des
toilettes). Pour le reste, entre la trop longue et pénible séquence
du train et du ferry et le délire à peine descriptible qui la
succède jusqu'au terme du récit, on pourra louer l'inventivité
sans cesse renouvelée de Claude Zidi et des scénaristes Michel
Fabre et Jean-Luc Voulfow et pourtant, c'est avec une certaine
lassitude que l'on assiste à un débordement de gags au final fort
peu distrayants. Au regard de la filmographie de Pierre Richard dont
les propres longs-métrages ou les comédies d'Yves Robert, de Gérard
Oury et de Francis Veber ont toujours été le signe d'une comédie
française de qualité, Claude Zidi, et notamment à travers La
course à l’échalote, témoigne d'une médiocrité
relativement embarrassante. Notons enfin que Jane Birkin et Pierre
Richard se retrouveront presque vingt ans plus tard sur le tournage
de Mariées mais pas trop de Catherine Corsini pour une
troisième et dernière collaboration...

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