The Furious
de Kenji Tanigaki..... Vous l'aurez compris, comme je l'imagine,
qu'avec un titre pareil, faut pas s'attendre à assister à la
réunion d'un club du troisième âge dont les membres seraient
passionnés de macramé ou de mots fléchés ! Ici, ça cogne
dur. Mais pas comme dans une cours d'école où durant l'interclasse
deux élèves ou deux clans opposés se frotteraient l'un à l'autre
à coups de pieds désordonnés dans les jambes et de coups de poings
dans le visage. Pas raisonnable pour un sou et se fichant totalement
du manque de vraisemblance des chorégraphies dont il s'est
probablement chargé lui-même lors des combats, le réalisateur
japonais signe en 2026 avec ce qui à Hong-Kong est sorti sous le
titre originale Huo Zhe Yan,
l'un de ces thrillers d'action et d'arts-martiaux asiatiques très
attendus cette année. Il faut dire que la bande annonce avait de
quoi nous réjouir tout en étant la promesse d'une nouvelle
référence en la matière après les excellents Taken
de
Pierre Morel en 2008, The Raid
de Gareth Evans en 2012 ou encore le récent et extraordinaire City
of Darkness signé
du réalisateur hongkongais Soi Cheang en 2024... S'agissant du
second, les spectateurs auront tout loisir de découvrir que l'acteur
indonésien qui à l'époque campait le rôle de Mad Dog est de
retour cette année dans le rôle de l'un des personnages
antagonistes. Un individu prénommé Tak, grand amateur d'arc, lequel
est son arme favorite, traînant toujours à l'écran son démoniaque
faciès rendu encore plus sinistre désormais lorsqu'il se met à
sourire ! Pas très bavard mais déjà beaucoup plus que l'un
des deux héros de cette histoire somme toute banale écrite à
quatre mains par Mak Tin-shu, Lei Zhilong, Shum Kwan-sin et Frank Hui
et qui se trouve être muet. Un scénario entretenant d'ailleurs un
rapport ténu avec Taken puisque
ce même personnage prénommé Wang et incarné par Xie Miao se lance
à la recherche de sa fille Rainy (Yang Enyou) qui a été enlevée
devant ses yeux. D'emblée, et avant que le drame ne vienne bousculer
l'existence du père et de sa fille, Kenji Tanigaki parvient à
instaurer une complicité entre les personnages qui se ressent
énormément à l'écran, rendant ainsi le duo très attachant. Mais
le drame n'étant jamais très loin de succéder au bonheur, Wang se
lance dans une course effrénée et va à cette occasion croiser la
route de Navin, homme dont l'épouse journaliste enquêtait sur des
disparitions d'enfants avant de s'évaporer elle-même dans la
nature. Enquêtant à son tour sur un réseau supposé de kidnapping
et de vente de jeunes enfants, Navin s'est infiltré voilà deux
mois mais l'arrivée de Wang va tout foutre en l'air. Lorsque l'un et
l'autre comprennent qu'ils ont un intérêt commun, ils décident de
s'allier et de démanteler l'organisation criminelle...
C'est
sans la moindre hésitation que mon choix s'est porté sur The
Furious
plutôt que sur Disclosure Day
de Steven Spielberg que j'ai décidé de reporter d'un ou deux jours.
Parce qu'entre l'hypothèse de vivre une expérience humaine
probablement très profonde, avec ses questionnements sur les
différentes formes de croyances qu'il s'agisse de Dieu ou de
l'existence même des extraterrestres et vivre une aventure toute
aussi intense faisant davantage appel à la bête sommeille en tout
homme afin d'atteindre un but ici évidemment légitime, mon choix
s'est donc porté sur celle-ci... The Furious
est le digne descendant de ses prédécesseurs et confirme une
nouvelle fois qu'en matière de cinéma d'action et d'arts-martiaux
l'Asie n'a pas de compte à rendre à quiconque et reste seule
maîtresse d'un art qu'elle maîtrise de bout en bout. Doté d'un
budget estimé à environ vingt millions de dollars, le long-métrage
de Kenji Tanigaki réunit différentes nations : Japon, Chine,
Indonésie et Thaïlande où sera d'ailleurs tourné le film. Et plus
précisément à Bangkok, dès le mois d'avril 2024 et ce, durant une
période de trois mois. Ville tentaculaire et donc anxiogène,
théâtre de nombreux enlèvements d'enfants dont ne semble
d'ailleurs pas trop se préoccuper le chef du commissariat.
Corrompu ? Pleutre ? Nous le découvrirons beaucoup plus
tard lors du récit. On ne s'étonnera pas d'apprendre que Kenji
Tanigaki a participé voilà deux ans en arrière à l'élaboration
des cascades de City of Darkness
du hongonkongais Soi Cheang tant les chorégraphies de son tout
dernier long-métrage semblent produites dans le même esprit en
terme d'inventivité et de création. Des combats opposants les
acteurs Miao Xie (Wang Wei) et Joe Taslim (Navin) à des antagonistes
très résistants incarnés par Brian Le (Ho), Yayan Ruhian (Tak),
Sahajak Boonthanakit (Mr. Song) ou encore Joey Iwanaga (Paklung, l'un
des richissimes pontes de l'organisation criminelle). N'oublions pas
la jeune Enyou Yang qui interprète la fille de Wang, très investie
dans le récit puisque kidnappée et motivée ensuite à s'échapper
et à faire libérer tous les enfants qui comme elle sont enfermés
dans un établissement du nom de Snake
Pit...
Mais
bien évidemment, ce que l'on vient chercher ici en priorité, ce
sont les combats. Et à ce titre, on en prend plein les yeux. Un show
quasi permanent, des affrontements souvent dantesques, périlleux (on
se demande comment certains acteurs n'ont pas fini à l’hôpital)
et millimétrés. Quelques séquences émouvantes entre le père et
sa fille, un duo de choc entre Wang et Navin, mais aussi, quelques
séquences absurdes et sans doute moins pertinentes que d'autres.
L'on pense notamment à la libération des enfants durant laquelle
l'on découvre encore une fois l'étrange attitude du commissaire de
police qui refuse à ses subalternes d'intervenir. Longue séquence
qui oppose nos deux héros à une armada de criminels dans un
couloir. Une séquence étonnamment tournée, brouillonne, répétitive
et surtout, dénuée de toute maestria chorégraphique. Étrange...
Kenji Tanigaki manquerait-il alors d'imagination ? Son
inspiration se serait-elle envolée en fumée ? Pas vraiment
puisque le final confirme ensuite qu'il en avait encore sous le pied
et que la scène de la libération des enfants était sans doute
traitée sous forme ''d'entracte'' afin de rendre encore plus intense
ce qui allait suivre. Notons ensuite que le film verse parfois dans
le grand-guignol avec des scènes extrêmement gore agrémentées de
bruitages qui accentuent l'horreur de la situation. Kenji Tanigaki se
lâchant alors durant une séquence ma foi totalement invraisemblable
durant laquelle Paklung libère toute la folie qu'il contenait jusque
là au point de commettre un acte irréparable... Ce passage est sans
doute celui de trop. Une surenchère qui fait plus rire qu'elle
n'engendre l'épouvante. Heureusement, le final, grandiose, viendra
remettre un peu d'ordre dans toute cette histoire. Un combat à
quatre opposant Wang et Navin à Tak et Paklung avant qu'un cinquième
élément en la personne de Ho ne vienne s'ajouter au combat. Bref,
The Furious,
c'est du très grand spectacle visuel à défaut de nous proposer un
défi intellectuel. Un scénario basique mais une réalisation, une
interprétation et des chorégraphies magistrales...
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