Marcos Vela est contacté
par une éditrice afin d'enquêter sur les réseaux de restaurants
clandestins en Espagne. Acceptant de s'infiltrer pour le compte de
Paola Bardon afin d'écrire un papier juteux sur ce phénomène en
expansion depuis des années à New-York et Londres, Marcos croise
durant l'un de ces coûteux dîners une certaine Eva. La jeune femme
se retrouve très vite dans le lit du critique gastronomique et lui
révèle l'existence d'un restaurant dans lequel on sert à quelques
privilégiés clients une viande toute particulière.
Moyennant une somme de
dix mille euros et la promesse de tenir sa langue, Marcos parvient à
s'y faire inviter. En fait de restaurant, le jeune homme arrive dans
une luxueuse demeure après avoir roulé à l'arrière d'une voiture
le yeux bandés. Il est présenté aux propriétaire de lieux, un
certain Dimas qui semble douter des véritables intentions de Marcos.
Questionné, le propriétaire présente alors au critique les pièces
de viandes qui lui seront servies plus tard dans la soirée...
Des débuts « choc »,
marquants, à « vomir ». C'est ce que disent,
pensent ou écrivent certains sur la scène d'ouverture de cet
Omnivoros signé Oscar Rojo. Personnellement, et pour l'avoir
regardé à jeun ce matin, je dois dire que je n'ai pas très
bien compris les raisons qui ont pu pousser certains à dire que les
débuts de cette œuvre étaient prometteurs. Si ce n'est le masque
de la souffrance terriblement bien retranscrit sur le visage de cette
mère agonisant sur son lit de mort, l'enfant se nourrissant de sa
génitrice une fois décédée à ce petit quelques chose qui en
fait, je trouve, une scène parfaitement ridicule. On veut dès le
départ nous faire comprendre que l'on n'est pas ici pour rigoler.
Que l'épreuve sera difficile. Éprouvante. Cauchemardesque. Mais
n'est pas Peter Greenaway qui veut (Le cuisinier, Le Voleur, Sa
Femme et Son Amant). Ici, pas vraiment de scénario. Ou si peu.
Juste un prétexte pour nous montrer une cuisine assez particulière.
Autant que puisse l'être l’équarrisseur, ce doux-dingue qui
s'amuse littéralement en ébouillantant le torse de l'une de ses
victimes.
Le film est constitué de
deux principales idées qui ne se succèdent pas mais se chevauchent
au contraire jusqu'à un final qui s'avère, du moins si l'on fait
très attention au « petit » détail, parfaitement
inutile. A croire que le cinéaste espagnol prend les spectateurs
pour des êtres aussi stupides que son boucher.
Nauséeux Omnivoros ?
Pas vraiment. Et pourtant, le cadre huppé dans lequel se déroulent
les événements aurait pu achever de faire de cette œuvre un
monument de perversion. Il n'y a malheureusement pas grand chose à
sauver du film de Oscar Rojo. De la viande encore vivante enchaînée
et malmenée, on en a déjà vu des tonnes. Omnivoros se
cherche mais a beaucoup de mal à se trouver.
Pourtant, tout n'est pas
à jeter aux ordures. Le film possède un parfum d'érotisme qui
conviendra certainement à quelques-uns d'entre nous. De plus, les
passages se situant dans la cuisine ici transformée en abattoir
promettent quelques dégoulinantes scènes d'horreur, avouons-le,
plutôt bien fichues (l'homme vidé de son sang comme un cochon) et
une délicieuse scène de repas cannibale durant laquelle la caméra
fait office de spectatrice incommodée par le spectacle qui s'y
déroule. A part ces quelques menus détails, Omnivoros se
révèle finalement assez plat et surtout sensiblement ennuyeux...






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