Cold Storage
de Jonny Campbell ou comment faire l'expérience d'une œuvre
cinématographique dont son auteur assume mal les répercussions
irrévérencieuses et audacieuses que son script aurait pu susciter.
Un scénario moins barge à l'écran que sur le papier et
l'intervention (étonnante et anachronique) d'un Liam Neeson qui
semble s'être perdu sur le plateau de tournage d'un film qui ne sied
pas vraiment au phénomène de castration dont son personnage est
affublé ''terminent'' ce qui aurait pu sur le court, moyen ou long
terme, devenir un film culte. Mais non, sans doute trop périlleux
pour Jonny Campbell dont le seul fait d'arme sur grand écran fut le
pourtant sympathique Alien Autopsy
en 2006 tandis qu'il poursuivit majoritairement sa carrière à la
télévision. Vingt ans après son premier long-métrage, voici que
le cinéaste s'intéresse à nouveau à un phénomène issu de
l'espace.Un organisme ayant accompagné la chute de Skylab,
cet authentique laboratoire spatial américain qui connut une
irrémédiable chute jusqu'à la surface de notre planète où il
vint s'abîmer dans les eaux de l'océan indien le 11 juillet 1979
lors de son entrée dans l'atmosphère. À cet événement bien réel,
le réalisateur ainsi que le scénariste et écrivain David Koepp
(lequel s'est ici inspiré de son propre roman) ajoutent donc une
nouvelle forme de vie microscopique prenant de très inquiétantes
proportions. Tout comme l'infection se propage en général de
manière relativement foudroyante dans la majeur partie des cas de
films dits d'infectés, les champignons, dans Cold
Storage,
prolifèrent à vitesse grand V pour un résultat dont l'efficacité
et les conséquences s'avèrent redoutables. Là encore, il s'agit
d'une hypothèse qui n'est malheureusement confirmée qu'à une
échelle plutôt réduite puisque sous ses allures de petite
production dont le budget est difficile à évaluer faute
d'informations à son sujet, le long-métrage de Jonny Campbell est
une assez grande déception. Quelques effets gores plutôt
''sympatoches'' mais une mise en scène et une interprétation plutôt
mollassonne.
Pas de quoi sauter au plafond alors qu'au même moment
Sam Raimi revient à ses premières amours avec son excellent Send
Help !
Liam Neeson semble avoir pris un sérieux coup de vieux dans cette
nouvelle (et pseudo) itération de l'ancien membre des Forces
Spéciales américaines qu'il incarna dans Taken
de
Pierre Morel en 2008, ici transformé en ancien militaire ayant
participé près de quatre décennies auparavant à la recherche et à
la découverte d'un micro-organisme d'origine extraterrestre. Mettant
ainsi à nue grâce à des capacités exceptionnelles de construction
psychologique, la personnalité d'Abigail (Ellora Torchia),
sous-fifre de l'armée américaine lors d'un échange téléphonique
qui va devenir dans l'ombre, son alliée lorsqu'il devra retrouver un
échantillon du champignon enfermé dans la pièce principale d'un
laboratoire dissimulé aux yeux de tous derrière l'un des murs d'un
entrepôt de stockage. Lieu principal de l'intrigue où travaillent
Naomi (Georgina Campbell) et Travis (Joe Keery), deux jeunes adultes
un peu trop curieux qui vont être en partie la cause d'une fuite du
micro-organisme de type cryptogamique. Car en effet, plus que de se
propager rapidement, le champignon en question va avoir de drôles de
répercussions sur quiconque entre en contact avec lui. Et pas
seulement les humains, mais les animaux également comme le
démontreront un chat (celui de Naomi) et, plus curieux encore, un
cerf ! Les attentes et la surprise ne faisant pas plus d'effets
qu'un pétard mouillé après moins d'une demi-heure, Cold
Storage
semble en revanche multiplier les références même s'il faut être
très observateur (ou dérangé du ciboulot) pour s'en apercevoir.
Prenons par exemple le comportement de Naomi et de Travis. Après
avoir vu, revu et re-revu en large et en travers le film culte de Dan
O'Bannon
Le retour
des morts-vivants,
il m'est par exemple difficile de ne pas évoquer l'échange entre
les personnages de Frank et de Freddy lorsque le 3 juillet 1984 le
premier parla au second d'une commande arrivée par erreur dans
l'entrepôt de fournitures médicales d'Uneeda où les deux hommes
travaillaient. Comparez donc la séquence où Frank évoquait à
l'époque l'existence des fûts renfermant des morts-vivants et leur
découverte par Freddy dans la cave à celle où Naomi et Travis
décident de descendre dans un ancien complexe
scientifico-militaire..... Hum ? Tout comme la scène d'intro,
d'ailleurs, qui ne peut que renvoyer qu'à celle du classique de la
science-fiction que réalisa en 1972 le cinéaste Robert Wise, The
Andromeda Strain.
En cherchant, bien on pourra rallonger la liste de quelques autres
exemples. Mais au fond, en dehors de ces sympathiques petites
anecdotes et quelques rares séquences gores et rythmée, Cold
Storage,
qui se veut être une comédie d'horreur n'est jamais vraiment drôle.
Et cela, en raison d'une écriture relativement terne. Le film tourne
en boucle et malgré sa courte durée il paraît parfois bien long.
Au final, Cold
Storage
se regarde sans réel déplaisir mais il s'oubliera malheureusement
très vite...
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