Voyage en 1981 à
l'époque bénie du cinéma d'horreur où les idées les plus folles
faisaient leur chemin dans l'esprit des scénaristes et réalisateurs
au beau milieu de longs-métrages au caractère beaucoup plus
transgressif. Ici, pas de tueurs en série plus ou moins inspirés
par d'authentiques faits-divers se défoulant sur de jeunes et très
souvent stupides adolescents mais une main ! Celle d'une jeune
femme qui voilà trois-cent ans fut sacrifiée par des satanistes au
nom du Diable ! Enfermée alors dans un coffret après avoir été
coupée, sa main gauche est découverte de nos jours par Mark et
Jennifer Baines alors qu'ils explorent une ancienne mine. Là, le
couple découvre un temple, puis l'objet en question. De retour dans
leur chambre d'hôtel, Jennifer s'endort dans leur chambre tandis que
Mark s'enivre. Curieux de découvrir ce que renferme le coffret, il
l'ouvre pour constater qu'à l'intérieur ne subsiste qu'un tas de
poussière... Rejoignant son épouse, il s'endort à son tour. Dans
le salon, la poussière semble prendre vie, s'amalgame puis prend la
forme d'une main. Celle-ci se déplace, mue par une vie propre et
s'en va attaquer le couple dans sa chambre. Tandis que Mark semble
avoir pris le dessus, celui-ci part s'enfermer dans la salle de bain
avec la main. À son retour, celle-ci a disparu. Ou plutôt, elle
semble avoir pris la place de celle de Mark dont le comportement se
met alors à changer... Sorti sur son territoire d'origine sous le
titre Demonoid,
le vingtième long-métrage du prolifique réalisateur, scénariste
et producteur mexicain Alfredo Zacarías vit le jour chez nous au
début des années quatre-vingt sous le titre Les
doigts du Diable.
Pourquoi les doigts et non pas la main ? Sans doute parce que
par le plus grand des hasards vit le jour la même année le film The
Hand
d'Oliver Stone qui en France sortit au cinéma sous le titre La
main du cauchemar !
Mais sans doute plus sûrement parce qu'en 1943, le réalisateur
français Maurice Tourneur réalisa le film fantastique La
main du Diable...
Tout ne s'est donc peut-être joué que sur la peur de confondre un
film avec un autre... L'actrice américaine Samantha Eggar fait
partie de ces interprètes féminines qui jouèrent à peu près tout
mais aussi dans un certain nombre de film d'horreur. Interprète
principale de The Brood (Chromosome
3)
de David Cronenberg en 1979 et présente aux génériques de The
Uncanny
de Denis Héroux, Curtains
de Richard Ciupka en 1983 ou de l'excellent The
Collector
de William Wyler bien avant cela, elle est donc ici l'héroïne de
cette petite production dont le budget ne permis pas à son auteur de
faire des miracles...
Car
sans être un mauvais film, Demonoid
montre rapidement ses limites en terme d'horreur puisque le récit
n'est qu'une succession de séquences lors desquelles la Main du
récit possède celles et ceux qui entrent à son contact.
Étrangement, le long-métrage d'Alfredo Zacarías évoque une œuvre
qui rapidement deviendra un petit classique d'action et de
science-fiction en remportant notamment sept ans plus tard le grand
prix du Festival international du film fantastique d'Avoriaz. On
parle là bien évidemment de The Hidden
de Jack Sholder. Un film d'apparence simpliste mais qui est
rapidement devenu culte pour les amateurs du genre. L'un et l'autre
des longs-métrages cultivent effectivement une relation relativement
ténue lorsque l'on explore les scripts respectifs. Certains détails
sautent aux yeux. Car si The Hidden
mettra donc en scène quelques années plus tard une entité
extraterrestre voyageant de corps en corps, dans Demonoid
une main allait quant à elle prendre la place de celle de différents
protagonistes. L'un des points communs entre les deux films se situe
ensuite dans le changement de comportement des victimes et dans la
course-poursuite permanente des différents héros. Ici, le
personnage interprété par Samantha Eggar est épaulé par le Père
Cunninghan qu'incarne de son côté l'acteur Stuart Whitman. Lui
aussi tourna dans un certain nombre de films d'horreur durant sa
carrière, parmi lesquels nous noterons Les
Rongeurs de l'Apocalypse
(Night of the Lepus)
de William F. Claxton en 1972, Le Crocodile de la
mort
(Eaten Alive)
de Tobe Hooper en 1976 ou bien Ruby
de Curtis Harrington l'année suivante. Pas exceptionnel mais pas
réellement mauvais non plus, Demonoid
reste malgré tout dans la tranche inférieure de ce que pouvait
proposer le cinéma d'horreur et fantastique américain de l'époque.
Quelques passages sanglants mais des moyens financiers tels qu'ils
n'ont pas permis au réalisateur d'aller plus en avant au cœur de ce
thème pourtant fascinant de la main maudite...
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