Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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lundi 4 mai 2026

Michael d'Antoine Fuqa (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Mettons déjà une chose au clair. Je ne suis et n'ai jamais été un grand fan de Michael Jackson même si tout comme parmi les amateurs de bonne musique qui comme moi restèrent généralement indifférent à son art, quelques chansons demeurent de vrais bons hits. Comme l'excellent Billie Jean, Don't Stop 'Til You Get Enough, Wanna Be Startin' Somethin' ou bien encore l'incroyable clip vidéo de Thriller dont la première diffusion sur une chaîne hexagonale eu lieu dans l'émission animée par Michel Drucker Champs-Élysées au mois de décembre 1983. Un clip qui aujourd'hui encore demeure comme l'un des grands moments de la télévision française. Sans oublier bien évidemment sa première partie de carrière au sein des Jackson Five qu'il constitua aux côtés de ses frères Tito, Jackie, Jermaine et Marlon, Pas fan, donc, mais très sensible à la vie qu'a pu avoir l'artiste américain. Au point, oui, d'avoir très envie d'aller découvrir le biopic que lui a très récemment consacré cette année le réalisateur américain Antoine Fuqa. Sobrement intitulé Michael, ce long-métrage de plus de deux-heures s'est pris une volée de bois vert de la part d'une partie des critiques professionnels américains et français et je voulais savoir pour quelles raisons. Au sortir de la salle, je dois avouer avoir eu beaucoup de mal à comprendre le sens de certaines critiques même si au fond et de manière tout à fait objective, j'en suis ressorti tout sauf essoré, ébloui ou plus simplement conquis par le spectacle auquel je venais d'assister. Alors que bon nombre de long-métrages pourtant d'excellente qualité n'ont malheureusement pas la chance de voir le jour sur grand écran mais sur des plates-formes de streaming, Michael aurait tout aussi bien pu être directement projeté dès sa sortie dans les salons accueillant de grands écrans plats tant le film d'Antoine Fuqa semble à des années-lumière de tout ce que le septième art est désormais capable de nous offrir en terme de technique de l'audiovisuel. Doté d'un budget pourtant confortable de cent-cinquante cinq millions de dollars, d'un support musical et d'un sujet en or, Michael renvoie directement à ce que pourraient produire de ''mieux'' des techniciens dévolus au seul format télévisuel...


Pas spécialement alléchant, le film ressemble trop souvent à un vieux téléfilm sans pour autant avoir ne serait-ce qu'une once des qualités que pouvait avoir l'excellent Le Roman d'Elvis que réalisa en 1979 le réalisateur John Carpenter. Un téléfilm lui aussi, réalisé cette fois-ci par un maître du septième art pourtant généralement spécialisé dans le cinéma fantastique et d'horreur et qui pourtant avait réussi le pari de changer temporairement de registre pour s'attaquer à un autre mythe de la variété américaine, Elvis Presley. Pour autant, le biopic d'Antony Fuqa n'est pas le désastre annoncé. Et même si celles et ceux qui connaissent mal le contenu des tabloïds pour qui la vie de Michael Jackson fut une manne financière s'attendaient probablement à en apprendre davantage que le simple déroulement d'une vie au contact d'un père violent et autoritaire avec, à l'horizon, l'émancipation de la star mondiale, que reste-t-il réellement de l'art créatif ? Quelques menus story-boards gribouillés au coin d'une table et retranscrits lors de rachitiques plans à l'écran ? Adoubé par la propre famille de Michael, on comprend alors mieux quelles furent les restrictions imposées. Trop lisse, pas assez aventureux et insuffisamment critique, les fondations de l’œuvre ne tiennent en réalité qu'à travers l'incarnation de Jaafar Jackson. Le neveu de Michael, dont la ressemblance est souvent bluffante. Sans oublier les chorégraphies et la reconstitution des concerts qui demeurent parfaitement réalistes. À dire vrai, Michael fait ''presque'' le même effet que la projection de La tour sombre, cette chose inerte et sans ambition réalisée en 2017 par Nikolaj Arcel et qui demeure sans doute la pire adaptation d'un très, très, très gros pavé écrit par le romancier américain Stephen King. Dans un cas comme dans l'autre, les attentes furent longues et le résultat en dessous de tout. Deux mythologies cinématographiquement tuées dans l’œuf ! Michael s'interrompt d'ailleurs subitement sur un fondu au noir avec le message ''Son histoire continue'', juste avant que les différentes polémiques qui émaillèrent la vie de la star n'interviennent sur le devant de la scène. Un peu comme s'il était encore nécessaire de préserver l'image du Roi de la pop alors que le mal fut fait de son vivant...

 

dimanche 3 mai 2026

Las Trompetas del Apocalipsis de Julio Buchs (1969) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Tout commence avec le retour à Londres du marin de profession, Richard Milford. Lorsque celui-ci arrive chez sa sœur, c'est pour apprendre qu'elle s'est apparemment suicidée. Malgré des témoignages qui vont à l'encontre des certitudes de la police qui a depuis bouclé l'affaire, la mort par suicide a donc été officialisée. Pourtant, lorsque Richard apprend que le professeur de musique de sa sœur s'est lui aussi suicidé, le marin décide de se lancer dans sa propre enquête. Sur les conseils d'une connaissance de sa sœur, l'homme commence par se rendre dans une discothèque où à ses habitudes un certain Boris Molders dit ''Le roumain'' ! Puis c'est au tour du neveu du professeur de musique de recevoir la visite de Richard Milford..... Le héros évolue dans un monde de hippies très caricaturaux, ressemblant à des gourous, des messies ou des hommes des cavernes, défoncés à la marijuana, portant des peaux de bêtes tandis que leurs pendants féminins adoptent parfois des tenues typiques du peuple amérindien. Bref, c'est la cour des miracles car quoi qu'on en dise, quoi qu'on en pense, l'image édulcorée de l'homme ou de la femme prônant les vertus du ''Peace and Love'' s'efface ici au profit d'une violence exacerbée que l'on prêtera pourtant historiquement et généralement aux '' Blousons Noirs'' !  Musique psychédélique et funky sont au programme d'un giallo d'un genre assez particulier où le défilé d'un certain nombre d'adonis laisse entendre que le réalisateur sait s'entourer d'interprètes charismatiques... Comme cela arrive parfois dans ce genre de production, la police n'en branle pas une et semble vouloir demeurer sur ses positions : celle selon laquelle la sœur de Richard Milford s'est suicidée. Et quand bien même le professeur de musique de la jeune femme aurait perdu la vie dans des conditions étrangement similaires, pour les flics cela ne fait pas un pli: Suicide ! Suicide ! Suicide ! Notre marin de profession se voit donc ainsi contraint d'enquêter personnellement sur le décès de sa sœur. Si les spectatrice tomberont probablement sous le charme de Brett Halsey ou de Manuel del Blas, les spectateurs, eux, seront évidemment séduits par les actrices Marilù Tolo et Romina Power. En outre, le titre original du long-métrage du réalisateur et scénariste madrilène Julio Buchs Las Trompetas del Apocalipsis semble durant un temps vouloir se référer indirectement aux sept trompettes du Livre de l'apocalypse sonnant chacune à leur tour l'avènement d'événements apocalyptiques !


Mais en réalité, malheureusement, rien d'aussi mystico-religieux même si l'on reste éventuellement dans une même veine à travers ce récit finalement moins farfelu qu'il n'en a l'air. Car si trompettes du Livre de l'apocalypse n' ont finalement aucun rapport, c'est bien d'un écrit vieux de plusieurs millénaires dont il s'agit ici. Un texte très ancien provenant de la Mésopotamie et dont la pleine comprehension ordonné visiblement l'usage d'une drogue bien spécifique... causant de graves hallucinations qui pousserait donc ses usagers au suicide ! En dehors du cadre strict du récit, de l'interprétation et de la mise en scène qui sont souvent tout juste passables, quelques anecdotes plus ou moins croustillantes tournent autour des différents titres qu'ont donné au long-métrage de Julio Buchs les différents distributeurs à travers le monde. Du fait qu'il s'agisse d'une production italo-espagnole, le film ne porte pas le même selon qu'il s'agisse de sa distribution dans l'un et l'autre de ces pays. Si en Espagne celui-ci est donc connu sous l'appellation Las Trompetas del Apocalipsis et aux États-Unis sous celle de Murder by Music, chez nous il fut très sobrement traduit sous le titre de Mortelle symphonie. Mais aussi sous celui de Perversion Story. Et pour celles et ceux qui connaissent bien le cinéma du réalisateur italien Lucio Fulci, cette traduction peut prêter à confusion puisque l'auteur de Frayeur, de L'au-delà ou de La maison près du cimetière réalisa la même année que Las Trompetas del Apocalipsis, l'excellent Una sull'altra. Un autre giallo qui chez nous fut également renommé sous le titre Perversion Story. Par contre, lorsque l'on évoque le titre propre à la distribution transalpine du long-métrage de Julio Buchs, c'est là que les choses se gâtent. En effet, sous l'appellation I Caldi Amori di una Minorenne se cache la très ambiguë traduction Mon amour tendre pour un mineur. Drôle de choix lorsque l'on y pense, surtout que l'évocation propre au titre italien ne se réfère jamais au contenu du film... A Final, Las Trompetas del Apocalipsis est une œuvre mineure du genre Giallo. Atypique, parfois surprenante, mais aussi terriblement datée...

 

samedi 2 mai 2026

L'Armée des Douze Singes de Terry Gilliam (1995) - ★★★★★★★★★☆




Adaptation du film "La jetée" de Chris Maker, L'Armée des Douze Singes voit James Cole (incarné par un Bruce Willis fantastique et loin de ses rôles de héros brutaux et charismatiques), prisonnier sous terre en l'an 2035, vivant à l'abri d'un air devenu dangereux à respirer, au même titre que les autres survivants de l'espèce humaine, devenir le cobaye bien malgré lui d'une expédition visant à récolter dans un passé pas si lointain que ça, des informations qui pourront peut-être permettre de comprendre ce qui a pu décimer la quasi totalité de l'espèce humaine en 1996.

D'abord envoyé par erreur en l'an 1990, c'est à dire six ans avant que la catastrophe ne se produise, il est retrouvé errant en pleine rue vêtu d'une simple tenue de plastique transparente et semble délirer, affirmant qu'il vient du futur. Bien sûr, personne ne le croit et, pris pour un fou, il fera la connaissance du docteur Kathryn Railly interprété par la superbe Madeleine Stowe, et ira faire un séjour dans un hôpital psychiatrique où il fera une nouvelle rencontre en la personne du jeune Jeffrey Goines campé par Brad Pitt, jeune bourgeois aux idées farfelues fils d'un richissime homme d'affaire mais qui semble avoir envers ce dernier une haine sans limites.

Cole sera assez vite rapatrié dans "son présent" où il devra se justifier de son internement en 1990. Il affirmera avoir été envoyé à cette époque par erreur et sera vite réexpédié en 1996, peu de temps avant que la catastrophe annoncée ne se produise, afin de récolter assez d'éléments pouvant permettre d'éviter que le monde ne bascule dans le chaos. Il rencontre à nouveau le docteur Railly pour qui les retrouvailles sont loin d'être une sinécure puisque pour elle, six années se sont écoulées et qu'elle a gardé de Cole un bien mauvais souvenir. Pour lui, rien n'est encore acquis. Il doit encore gagner la confiance d'une femme qui l'a fait enfermer plusieurs années auparavant pour troubles mentaux alors que pour lui, ces six années n'ont duré en réalité que quelques heures. Il retrouvera aussi Jeffrey, toujours aussi perturbé mais cette fois-ci libre des entraves de tout institut psychiatrique.


Là où le film fait preuve d'une intelligence rare, c'est qu'il évite tout poncifs liés à ce type de scénarios catastrophes. Cole entre les mains duquel tous les espoirs d'une humanité décimée repose, va être l'acteur principal d'une quête insoluble après qu'il ai trouvé en une organisation clandestine, la fameuse armée des douze singes, dont les affiches encombrent les murs de la ville, la responsable des maux qui vont mener la race humaine vers son destin tragique. Une armée menée par Jeffrey lui-même, inspiré qu'il fut six ans auparavant par un Cole qui émit alors une idée qu'il faudra aux spectateurs découvrir par eux-même.On comprends alors assez tard, et même beaucoup trop tard que James Cole est sur la mauvaise voie, que ce qu'il a pris pour une organisation dangereuse n'est pas le déclencheur de ce pourquoi il a été envoyé dans le passé. Et lorsqu'il réalise l'ampleur de son erreur, il est déjà trop tard. Il va mourir dans les bras du docteur Railly sans avoir pu vivre ce qui semble clairement être le début d'une histoire d'Amour entre elle et lui.

Au delà d'une histoire réellement prenante, on est fasciné par le jeu des différents intervenants. Tous donnent le meilleur d'eux mêmes et il estcurieux de voir Bruce Willis blessé dans son corps et dans son âme alors qu'on avait l'habitude de le voir dans des rôles plutôt musclés. Brad Pitt, lui, est irrésistible comme à son habitude et notamment dans sa gestuelle et dans sa façon de s'exprimer (à noter que le doublage en français est remarquable). Les décors n'étonneront pas les fidèles de Gilliam qui retrouveront le coté décalé du bonhomme mais qui seront peut-être surpris par l'apparente mais relative fluidité du scénario. Pendant plus de deux heures, on en prends plein les mirettes, et il n'est pas rare de ressentir tout types d'émotions allant même jusqu'aux larmes lorsque survient la fin tragique du héros principal...

Un film absolument remarquable et visionnaire...


vendredi 1 mai 2026

Jeonjijeok Dokja Sijeom (Omniscient Reader: The Prophecy) de Byung-woo Kim (2026)

 


 

Kim Dok-ja (Ahn Hyo-seop) est employé dans l'entreprise Minosoft en tant que stagiaire lorsque son contrat arrive à terme. Lecteur assidu du roman en ligne Three Ways to Survive the Apocalypse (Trois façons de survivre à l'apocalypse), il est surtout le dernier à avoir tenu jusqu'à ce que l'histoire arrive à son terme. En effet, la popularité du roman ayant dégringolé, son auteur a décidé d'y mettre un terme. Mécontent du résultat final de l'ouvrage, Kim Dok-ja décide de se plaindre directement en envoyant un message à son auteur. En réponse, TLS123 (c'est le nom de l'écrivain) propose au jeune homme d'inventer lui-même une nouvelle fin au roman d'origine dans lequel, Yoo Joong-hyuk (Lee Min-ho) demeurait le seul survivant parmi les héros. Tandis que Kim Dok-ja retrouve dans le métro son ancienne collègue de travail Yoo Sang-ah (Chae Soo-bin) elle aussi arrivée au terme de son contrat, un dokkaebi (créature légendaire issue du folklore coréen) annonce aux voyageurs qu'à dix-neuf heures l'humanité va devoir affronter divers scénarii imposés par des... Constellations. Des entités qui vivent dans le ''Star Stream'' et qui observent les humains à distance tout en influençant le cours des événements. Bon, je devine que certains font déjà la gueule et se demandent quel est tout ce charabia que j'emploie depuis le début de cet article... Dokkaebi ? Constellations ? Star Stream ? Et c'est sans compter sur le nom généralement imprononçable des différents protagonistes qui demandent parfois du temps pour être clairement intégrés au sein du récit. Une histoire qui dans le cas de Jeonjijeok Dokja Sijeom (Omniscient Reader: The Prophecy) prend son temps puisque le dernier long-métrage du réalisateur et scénariste sud-coréen flirte avec les deux heures ! Je vous avouerai que ce genre de production n'est pas du tout ma came et qu'elle semble de toute manière promise à une carrière qui ne reposera que sur l'attention des fans de ce genre de films typiquement asiatiques. Il y a pourtant certains éléments auxquels pourront se raccrocher les néophytes qui comme moi refusent de boire à la source de ce genre de scripts tellement surréalistes qu'ils en deviennent totalement imbuvables...



L'ironie étant que dans mon cas, le surréalisme en question est une donnée que j'envisage généralement de manière plutôt optimiste. Mais ici, malheureusement, il demeure peu d'éléments qui permettent véritablement de raccorder la fiction à la réalité... Du côté des toutes petites références qui permettront aux réfractaires de croire ne serait-ce qu'un instant en l'illusion, le script de Kim Byung-woo et de Lee Jeong-min (lequel repose sur le roman en ligne éponyme de Sing Shong) aborde le début du récit et quelques passages à venir sous le même angle que la série sud-coréenne à succès Ojing-eo Geim de Hwang Dong-hyuk connue chez nous sous le titre Squid Game. De quoi offrir à une partie des spectateurs l'espoir d'une œuvre dont certaines mécaniques furent déjà employées dans cette excellente série diffusée entre 2021 et 2025. Les autres, eux, que l'on considérera appartenir en majorité à une tranche d'âge variant entre seize et trente-cinq ans et dont l'hygiène de vie compose très certainement entre la lecture d'ouvrages de ce type et les jeux vidéos... Non pas que Jeonjijeok Dokja Sijeom soit exclusivement réservé aux fans de Manga, de Manhwa (son équivalent sud-coréen), de Kaijū eiga ou de jeux vidéos façon Japanese Role-Playing Game, Action-RPG dont les combats ne seraient pas spécifiquement basés sur l'ATB (Active Time Battle), mais tant de furie, de débauche de CGI de médiocre qualité (certains décors ainsi que les différentes créatures sont franchement laids), de combat qui ressemblent à des cinématiques de jeux vidéos m'ont totalement sorti du récit ! C'est d'autant plus dommage que Byung-woo Kim fut l'auteur l'année dernière du sympathique Daehongsu (Submersion), un mélange entre science-fiction, action et catastrophe suffisamment original pour sortir du cadre classique. Sans doute pas le film de la décennie ni même de l'année mais riche en rebondissements. Ici, on passe à tout autre chose. Il devient donc très difficile d'évaluer un film tel que Jeonjijeok Dokja Sijeom lorsque l'on n'est absolument pas un spécialiste du genre...

 

jeudi 30 avril 2026

L'Uomo più Velenoso del Cobra (Plus vénéneux que le cobra) de Bitto Albertini (1971) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Traduction quelque peu erronée de L'Uomo più Velenoso del Cobra, Plus vénéneux que le cobra du réalisateur, scénariste et directeur de la photographie italien Bitto Albertini se voudrait certainement calife à la place du calife avec son titre très proche d'un genre dont s'est fait le maître transalpin Dario Argento mais en réalité, le film n'a pas grand chose à voir avec le Giallo ! Car si L'Uomo più Velenoso del Cobra est effectivement parsemé de meurtres et si les raisons pour lesquelles les victimes tombent les unes après les autres ne sont pas clairement évoquées dès le départ, certaines spécificités propres au genre sont ici éludées. Pas de traumatisme lié à l'enfance, de sexualité ou d'aliénation. Mais plus encore, le visage du tueur est ici visible dès la perpétration du premier assassinat ! Et donc, pas de mains gantées de noir cachant l'identité du meurtrier... Dans le cas de L'Uomo più Velenoso del Cobra, le réalisateur s'intéresse à Tony Garden (l'acteur George Ardisson), homme retranché en Europe qui après l'annonce de la mort de son frère revient aux États-Unis bien que certaines personnes n'aient pas très envie d'apprendre son retour après qu'elles aient été foncièrement agacézs par son comportement passé. Avec un prénom qui sans doute ne lui a pas apporté autant de problèmes dans son pays d'origine qu'il n'en aurait probablement eu dans les cours d'école françaises, Bitto Albertini, aussi peu connu soit-il sur notre territoire fut tout de même à l'origine des deux premiers volets de la série de longs-métrages intitulés Black Emmanuelle que reprirent notamment à leur compte et coup sur coup Joe D'Amato dans les années soixante-dix puis Bruno Mattei et Claudio Fragasso la décennie suivante. Auteur en outre de l'improbable trilogie Les Trois Fantastiques Supermen, l'homme signa également parmi une filmographie constituée de plus de vingt longs-métrages, Giochi Erotici Nella Terza Galassia, fausse suite de Starcrash : Le Choc des étoiles de Luigi Cozzi intitulée chez nous StarCrash 2 : Les Évadés de la galaxie III ! Le synopsis de L'Uomo più Velenoso del Cobra écrit par Ernesto Gastaldi, Eduardo Manzanos Brochero et Luciano Martino ne vous rappelle-t-il pas celui de Full Contact de Sheldon Lettich dans lequel Jean-Claude Vandamme incarna dix-neuf ans plus tard le rôle de Léon Gautier qui après avoir fuit la Légion Étrangère revenait aux États-Unis pour retrouver l'épouse et la fille de son frère jumeau, lequel fut la victime d'un meurtre ?


Partant d'un postulat de base similaire, les deux films prennent cependant des voies bien différentes puisque Full Contact reste tout d'abord et avant tout un film d'action essentiellement tourné vers les combats au corps à corps. Également interprété par Erika Blanc, actrice qui fut la première à incarner l'iconique Emmanuelle du roman éponyme d'Emmanuelle Arsan avec Io, Emmanuelle tandis que le personnage deviendra réellement célèbre au cinéma après avoir été interprété en 1971 par le mannequin néerlandais Sylvia Kristel dans le film de Just Jaeckin Emmanuelle, celle-ci joue ici le rôle de Leslie Garden, la belle-sœur du héros. Ensemble, ils vont essayer de trouver l'assassin de Johnny, le frère de Tony. Plusieurs pistes s'imposent alors à eux. Dont celle d'un certain Louis Mortimer (Luciano Pigozzi) qui sera pourtant tué dans d'horribles circonstances par le même assassin. Quittant ensuite l'Amérique pour rejoindre le continent africain, le ''couple'' suit alors la piste d'un certain George MacGreves (Alberto de Mendoza), une ancienne relation qui vit désormais au Kenya... Avec son contexte dans lequel les deux frères avaient à une époque l'habitude de traîner dans les cercles mafieux, on pense rapidement que la messe est dite. Et si la résolution de l'énigme a pour effet de nous réserver une surprise relativement surprenante et que le titre semble promettre l'une de ces histoires bien tordues propres au Giallo, L'Uomo più Velenoso del Cobra démontre surtout que son auteur n'est absolument pas à la hauteur des enjeux. Et que dire de l'acteur George Ardisson ? Son interprétation hautement fadasse n'arrange rien. Bitto Albertini a eu beau diriger la photographie de plus de soixante projets cinématographiques, il semble ici avoir négligé l'un des aspects artistiques et techniques les plus fondamentaux. Le film est laid, mal cadré et tout comme le prouve la séquence du safari, tout ou presque sonne faux. Bref, un ratage quasi complet d'où n'émerge donc qu'une révélation finale inattendue...

 

mercredi 29 avril 2026

Beatriz de Gonzalo Suárez (1976) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Pour mon premier Gonzalo Suárez, je dois avouer que je n'ai pas tout à fait saisi où le cinéaste espagnol a voulu en venir. Après une ouverture des plus envoûtante, nimbée d'une brume quasi mystique, l'on comprend que le récit nous est conté par Juan, un homme d'âge apparemment mûr mais qui apparaît à l'image sous les traits du jeune acteur Óscar Martín, dont il s'agira du premier des trois seuls rôles qu'il interprétera durant sa courte carrière avant ¡Arriba Hazaña ! de José María Gutiérrez Santos en 1978 et Los Nuevos Extraterrestres de Juan Piquer Simón en 1983. Si Beatriz est bien le prénom de l'une des héroïnes de sexe féminin du long-métrage de Gonzalo Suárez co-produit entre l'Espagne et le Mexique, son interprète n'en demeure pas pour autant l'actrice principale. Noyée au cœur d'un tourbillon de personnages dont il n'est pas toujours aisé de définir les contours psychologiques, Sandra Mozarowsky est donc accompagnée lors de cette très curieuse aventure historico-horrifico-érotico-surnaturelle de Carmen Sevilla dans le rôle de Doña Carlota, la mère de la jeune femme, de José Sacristán dans celui de Máximo Bretal, le professeur d'histoire de Juan, puis de Jorge Rivero dans le rôle de Fray Angel, un moine qui après avoir survécu à l'attaque dans la forêt d'une bande de brigands se réfugie chez Doña Carlota et ses deux enfants. Mais alors que Beatriz a toujours vécu dans une intense et très rigide éducation religieuse, voilà que l'arrivée de ce beau jeune homme que Juan confond avec le Diable va mettre en péril la foi de l'adolescente qui tombe alors amoureuse du nouveau venu. Beatriz pousse ainsi ses personnages à entrer en conflit avec la morale religieuse et les désirs sexuels. Le film peut ainsi s'observer comme une féroce critique de la foi religieuse et de ses contraintes. Entièrement raconté à travers le regard et les souvenirs de Juan, son interprétation du récit est semble-t-il demeurée telle quelle. La vision d'un enfant qui voit en un homme de Dieu le Mal absolu. Ce que semble d'une certaine manière confirmer l'histoire dont est à l'origine Ramón María del Valle-Inclán et que le réalisateur et le scénaristes Santiago Moncada ont adaptés pour les besoins du film...


D'ailleurs, si le film repose effectivement sur le conte romantique éponyme du romancier espagnol, le film s'inspire également d'un autre ouvrage de Ramón María del Valle-Inclán intitulé Mi Hermana Antonia dans lequel l'auteur évoquait déjà le personnage de Máximo Bretal, lequel passait un pacte diabolique avec une vieille femme. Celle-là même que figure le personnage de Saludadora qu'incarne à l'écran l'actrice Elsa Zabala... Tout comme beaucoup de films espagnols fantastiques tournés à l'époque, Beatriz situe son action à un âge reculé et en un contexte mystico-romantique qui permet au cinéaste de jouer sur l'élément surnaturel tout en encrant le récit dans une certaine forme de critique vis à vis de l’Église. Un peu fouillis et désordonné, mais aussi et surtout aussi étrange que ''fascinant'' tout en mêlant plusieurs intrigues en un seul élan, le film de Gonzalo Suárez vaut tout d'abord pour ses superbes décors provenant majoritairement de séquences tournées dans les paysages ruraux et montagneux de Monforte de Lemos, situé en Galice. Créant ainsi un climat et une ambiance pesants, anxiogènes et où la violence est exacerbée à travers des comportements plus ou moins liés aux croyances chimériques ou au tribalisme qui semble encore courir à cette époque plus ou moins déterminée mais qui semble se situer au beau milieu du dix-neuvième siècle... Malédiction, ''fanatisme religieux'', désir sexuel et amoureux, culpabilité, condition de la femme, tentation et répression sont au coeur d'un long-métrage qui aurait pu être traité de manière beaucoup plus élogieuse si son auteur n'avait pas eu la mauvaise idée d'employer tout un tas de chemins de traverse qui embrouillent l'ensemble du récit et mènent ainsi à une incompréhension quasi permanente...

 

mardi 28 avril 2026

Jiu Long Cheng Zhai : Wei Cheng (City of Darkness) de Soi Cheang (2024) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Trois ans après la sortie de l'extraordinaire Limbo du réalisateur hongkongais Soi Cheang, l'auteur de l'un des plus grands thrillers de l'histoire du genre revenait en 2024 avec Jiu Long Cheng Zhai : Wei Cheng (City of Darkness). En changeant presque radicalement de sujet tout en développant un univers étonnamment similaire à son antépénultième long-métrage, le cinéaste confie à nouveau l'écriture du script à la scénariste hongkongaise Au Kin-yee ainsi qu'à Tai-Lee Chan et Chun Lai. Une œuvre qui apparaîtra là encore d'une ampleur tellement forte que l'expérience ne peut que laisser des traces indélébiles dans l'esprit du spectateur une fois la projection arrivée à son terme. Il faut tout d'abord savoir que le scénario du film est basé à l'origine sur le Manhua (l'équivalent chinois de la bande-dessinée japonaise connue elle sous le nom de Manga) éponyme d'Andy Seto dont la majorité des œuvres est emprunte d'un goût prononcé pour les arts-martiaux. C'est d'ailleurs en partie à travers cet aspect très spécifique du long-métrage que celui-ci se démarque de Limbo dont l'intérêt principal tournait notamment autour d'une enquête policière visant la reconnaissance, la traque et l'arrestation d'un tueur en série s'en prenant exclusivement à des femmes dont il coupait la main gauche. Ici, rien à voir puisque si dans dans ce dernier l'intrigue se déroulait dans un immense dépotoir auquel l'on pourrait malgré tout comparer l'incroyable complexe immobilier où se déroule celle de Jiu Long Cheng Zhai : Wei Cheng, le récit s'intéresse tout d'abord à Chan Lok-Kwun (Raymond Lam), jeune réfugié clandestin qui pour gagner suffisamment d'argent et ainsi s'acheter de faux papiers participe à des combats clandestins. À la suite d'une victoire, le chef d'une triade (Sammo Hung dans le rôle de Mr Big) lui propose de lui procurer une fausse carte d'identité dans les deux semaines à venir. Sentant le vent de l'arnaque souffler, Chan décide de prendre la fuite tout en dérobant un sac de drogue appartenant à Mr Big. Poursuivi par son bras droit King (Philip Ng) et plusieurs membres de la triade, le clandestin se réfugie in-extremis dans la cité fortifiée de Kowloon que gère Dik Chau (Richie Jen) et dont Cyclone (Louis Koo) est chargé de la sécurité.


Prenant Chan sous son aile, le jeune homme s'intègre rapidement et se fait plusieurs amis parmi les membres de cette autre triade qu'évitent scrupuleusement d'approcher les membres de Mr Big. Tandis que l'objectif de Chan était jusque là de se procurer des papiers et de quitter le pays, au contact de ses nouveaux compagnons, celui-ci décide de demeurer sur place, avec l'accord de Cyclone... Bon, on ne va dérouler tout le fil d'un récit qui peut apparaître relativement commun mais qui pourtant développe toute une série de sous-intrigues qui pourraient de prime abord apparaître difficiles à démêler. Mais c'est bien là que la prouesse légendaire de Soi Cheang entre une nouvelle fois en action. Entre thriller, film de gangs, art-martiaux et vengeance, le hongkongais parvient à déjouer, à contourner la complexité d'un script qui s'autorise divers couloirs scénaristiques pour obtenir au final une œuvre d'une totale cohésion. Ce qui marque en partie les esprits, au delà des remarquables chorégraphies lors des combats auxquelles l'on peut notamment raccorder le long-métrage à des œuvres telles que The Raid de Gareth Evans (et sans doute d'autres films dont je n'ai pas connaissance puisque je ne suis habituellement pas féru du genre) ou des décors dantesques que l'on doit au chef décorateur Kwok-Keung Mak, c'est bien cette histoire d'amitié et de loyauté que l'on rencontre dans cet univers désargenté où survivre passe essentiellement par un engagement vis à vis d'une personne ou comme ici, un groupe d'individus que nous n'étions pourtant pas forcément prêts au départ à découvrir sous un jour bienveillant...


L'une des forces du long-métrage se situe effectivement autour de Chang, de Cyclone, son protecteur, mais aussi de cette ''bande des quatre'' que le réfugié forme en compagnie d'un trio de personnages plutôt attachants : Shin (Terrance Lau), Douzième Maître (Tony Wu) ainsi que AV (V.H.S dans la version française) qu'incarne German Cheung... Face aux ''gentils'' du film, le script leur oppose le bedonnant Mr Big, pourtant capable de se battre au corps à corps avec force, talent et détermination. Mais le véritable antagoniste du récit reste bien son bras droit, King. Un psychopathe au rire de sadique dont les capacités physiques dépassent de très loin ce que l'on peut imaginer dans le monde réel mais qui dans une œuvre de fiction en outre adaptée d'une bande-dessinée asiatique n'a absolument rien d'étonnant. Comme l'on ne s'étonnera pas de l'invraisemblance qui englobe la majorité des combats qui pourtant sont un véritable régal pour les yeux. Maîtrisant le cadre et l'espace avec tout le talent d'un ingénieur en nanotechnologies travaillant à l'échelle des atomes, Soi Cheang a tourné son film à Hong-Kong, dans des studios où fut reconstituée en grandes partie et à échelle humaine la Citadelle Fortifiée de Kowloon, authentique enclave chinoise construite au temps de la dynastie Song (960-1279) et finalement détruite bien des siècles plus tard, en 1993. L'intrigue se déroule d'ailleurs dans les années 80 même si cela n'est pas forcément visible à l'image. Un détail au regard de l'incroyable environnement, fait de rapiéçages, de murs et de plafonds éventrés, de débris innombrables, de canalisations reliées entre elles (on pense bien évidemment au Brazil de Terry Gilliam auquel ce détail semble se référer), bref, un visuel au moins aussi saisissant que le noir et blanc de Limbo même si le choix de la couleur et le travail pourtant remarquable du directeur de la photographie Siu-Keung Cheng (déjà présent sur le tournage de Limbo de Ming'an) est très légèrement moins ''impactant''. Au final, Jiu Long Cheng Zhai : Wei Cheng est bien tel qu'on l'espérait : un grand film d'action, d'arts-martiaux, doté d'une ribambelle d'acteurs charismatiques et de beaucoup, beaucoup, beaucoup d'autres qualités... !

 

lundi 27 avril 2026

Le réveil de la momie de Lee Cronin (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


  

Celui-là, j'ai failli le faire passer à la trappe de mes soirées cinématographiques endiablées. D'abord parce que n'ayant pas suivi l'actualité concernant le dernier long-métrage de son auteur, je m'étais mis bille en tête qu'il devait s'agir d'un quatrième opus de la saga La momie dont les deux premiers volets La momie et Le retour de la momie furent réalisés en 1999 et en 2001 par Stephen Sommers et le troisième, La Momie : La Tombe de l'empereur Dragon, par Rob Cohen en 2008. Ensuite, à cause du nom du réalisateur : Lee Cronin. Non pas que le cinquième film de la franchise Evil Dead intitulé Evil Dead Rise soit une purge absolue mais le résultat était bien loin de mes attentes... Alors, lorsque j'entends ensuite dire ça et là que Le réveil de la momie est un hommage à la version de 1932 réalisée par Karl Freund avec dans le rôle principal de la créature l'immense Boris Karloff, forcément, ma curiosité s'est mise en éveil... Après deux heures de projection environ et durant lesquelles j'eus parfois la curiosité de regarder et d'écouter les réactions de mes voisins installés bien confortablement dans leur fauteuil rouge, bouffant des quantités astronomiques de pop-corn tout en décapsulant des canettes de sodas l'une après l'autre, l'un des constats semble inaliénable: La vision de Lee Cronin n'a que très peu de rapport avec l’œuvre de 1932, tout comme le récit s'articule de manière bien différente du script écrit à l'origine par le scénariste américain John L. Balderston. Passons sur le fait que Le réveil de la momie se désintéresse du cadre gothique de la version de Karl Freund pour s'ancrer dans celui d'une horreur contemporaine. Traitant de la famille tout comme dans Evil Dead Rise, le long-métrage abandonne tout romantisme pour offrir au genre une version gore totalement décomplexée. Si proche du précédent film réalisé par Lee Cronin que ce Réveil... que l'on pourrait considérer ''du pied gauche'' tant la momie va se révéler énervée que la distance entre l'une et l'autre de ces deux œuvres est assez étroite. Prenant pour thème une très vieille malédiction causant des contraintes qui nous seront livrées lors du dernier acte, Le réveil de la momie use presque abusivement du mythe de la momie tout en conservant quelques ''artefacts'' qui lui sont propres (telles les bandelettes, la malédiction ou le sarcophage). Cependant, plus que le mythe entourant cette célèbre créature du bestiaire fantastique, ce qui saute aux yeux est l'allégeance avec laquelle le cinéaste semble vouloir marcher non pas sur les traces d'un cinéma d'épouvante hollywoodien de la première moitié du vingtième siècle cher à la Universal, mais plutôt du côté de cette horreur épidermique qui donna notamment naissance en 1972 au légendaire L'exorciste de William Friedkin...


Tout, et ce dès la séquence d'ouverture qui ne se déroule non plus lors de fouilles en Irak mais au Caire, en Égypte, rappelle effectivement cet immense classique de l'horreur, de l'épouvante et du fantastique. Les Cannon, constitués de Charlie, Larissa, Sebastian, Katie et très bientôt Maud (qui pour l'instant est encore à l'état de fœtus dans le ventre de sa mère) vivent au Caire. Journaliste, Charlie (Jack Reynor) apprend qu'il va avoir une promotion. Sa femme Larissa (Laia) et leur deux enfants (incarnés par Shylo Molina et Natalie Grace) s'apprêtent à faire leurs bagages lorsque la plus jeune, Katie, est kidnappée. Charlie a beau se lancer à la poursuite de sa ravisseuse, celle-ci disparaît derrière un écran de poussière soulevée par une tempête qui vient de se déclarer. Les années passent et huit ans après le drame, la famille reçoit un coup de téléphone de la part d'un officier de police cairote qui annonce à Charlie que sa fille Katie a été retrouvée vivante... mais dans quel état, mes amis... Ce qui aurait dû être le plus beau jour des Cannon va évidemment se transformer en véritable cauchemar. Cette momie que nous promet le titre du film n'est en réalité identifiable qu'à travers les bandelettes qu'elle porte sur elle (et qui très longtemps apparaissent comme une peau très abîmée). Pour le reste, Le réveil de la momie pourrait tout aussi bien invoquer le roi des démons moyen-oriental Pazuzu que nous n'y verrions pas la moindre différence. Le long-métrage de Lee Cronin n'est donc pas foncièrement original et véhicule pas mal des poncifs propres au cinéma d'horreur dans son versant parfois le plus gore. Généreuses en la matière mais sans être aussi difficiles à regarder en face que certains le prétendent, les scènes d'horreur sont efficaces. Tout comme les éléments surnaturels qui, parfois, malgré tout, gâchent un peu le tableau (Katie qui lévite, Katie qui crache au visage de sa mère un peu à la manière de Regan dans L'exorciste, Katie qui cavale parfois comme un chimpanzé!). Le réalisateur se lance en outre dans une surenchère finale grand-guignolesque un peu cheap mais bon, le plaisir est malgré tout présent. Dire que l'on s'y ennuie serait faire preuve de mauvaise foi. Le réveil de la momie a surtout le mérite d'être bien supérieur au précédent long-métrage de Lee Cronin. Bref, un excellent divertissement...

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