Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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mercredi 15 avril 2026

La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol : Marius d'Alexander Korda (1931) - ★★★★★★★★★☆



La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol : Marius.


Avant-propos :

 J'ai cinquante-quatre ans, suis originaire de la région parisienne, vis depuis trente ans à Marseille et donc dans le sud depuis plus de la moitié de ma vie. Et pourtant, si je prends en compte ce que certains habitants du cru ne cessent de me ressasser, j'aurai beau vivre trente ans de plus à Marseille, jamais ô grand jamais je ne serais moi-même marseillais. N'ayant de toute façon jamais eu cette prétention, je ne me formalise pas. D'autres compatriotes cette fois-ci originaires de Seine-et-Marne pourraient considérer de traîtrise que de m'être laissé aller à goûter à la bouillabaisse ou au panisses et au chichi. Devenu apatride dans mon propre pays la France, c'est donc dans l'imaginaire offert par de grands auteurs que j'ai choisi de me réfugier lorsque souvent je me pose la question : '' d'où viens-je...?  ''.  La langue française, lorsqu'elle est écrite, est universelle. Sans accents. Presque anonyme si ce n'est le ton que lui donne l'auteur du texte que l'on tient entre les mains. Accent marseillais ? Parisien ?  Qui sait...?



Marius donne des regrets. Celui qui tout d'abord nous a refusé de vivre il y a près d'un siècle, proche de ce Vieux Port de carte postale en noir blanc. De ces autochtones au fort accent qui de nos jours se dilue au profit d'un parler '' racaille ''. Premier volet de la La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol reposant sur l'ouvrage du célèbre écrivain et cinéaste français, ce long-métrage de plus de deux heures est comme très souvent chez son auteur, ce que l'on peut considérer comme l'un des plus précieux nectars en matière d'écriture. Bien avant Michel Audiard, Francis Veber ou Bertrand Blier, l'écrivain, scénariste et réalisateur français donne ici ses lettres de noblesse au cinéma méridional. Un héritage culturel et cinématographique qui pour certains fait probablement la nique à la concurrence parisienne de l'époque dont les qualités sont pourtant très '' flatteusement'' mises en avant par les archéologues du septième art... Tandis que le réalisme poétique du cinéma parisien s'ancre à l'époque au travers de certaines œuvres aussi célèbres que Quai des brumes ou Hôtel du Nord de Marcel Carné ou Sous les toits de Paris de René Clair, au ton plus sombre et donc beaucoup plus pessimiste, le cinéma de Marcel Pagnol s'inscrit dans un courant beaucoup plus chaleureux. Pourtant, l'un et l'autre de ces cinémas se trouvent être très proches du peuple. D'où des thématiques qui dans Marius parlent invariablement au plus grand nombre, que l'on soit du sud ou du nord. Ironiquement, si plusieurs séquences situées notamment aux abords du Vieux Port ont effectivement été très exactement tournées sur le lieu de l'intrigue, d'autres furent réalisées dans les Studios de Joinville, situés à Joinville-le-Pont, dans le Val-de-Marne. Et parmi ces dernières, celles situant leur action dans le Bar de la Marine, un lieu authentique du Vieux Port reconstitué à l'occasion du long-métrage...



Si l'histoire est somme toute classique et tourne autour de deux idées principales, Marius vaut évidemment davantage pour ses dialogues et son interprétation que pour son cadre, lequel se résume rapidement au Bar de César Ollivier qu'interprète l'excellent Raimu et à quelques séquences tournées en extérieur et notamment sur le quai du Vieux Port de Marseille. Si le père de Marius est très présent à l'image et donne la réplique au héros lors de séquences souvent admirables, c'est bien autour du jeune homme que tourne ce premier volet de la La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol. Laquelle se poursuivra l'année suivante avec Fanny avant de prendre fin en 1936 avec César. Dans Marius, il est beaucoup question d'amour et de passion. Écrit par Marcel Pagnol mais réalisé par le britannico-hongrois Alexander Korda, le long-métrage fait effectivement la part belle à cet amour que partagent l'un pour l'autre Marius et la jeune Fanny. Respectivement interprétés par Pierre Fresnay et Orane Demazis, cette dernière accompagnera la carrière de Marcel Pagnol durant un temps tout en partageant son existence entre 1925 et 1938. L'on pourra d'ailleurs regretter qu'en 1952 le cinéaste et écrivain n'ait pas préféré opter pour une actrice de la trempe d'Orane Demazis plutôt que pour sa nouvelle compagne Jacqueline dont l'incarnation dans la seconde partie de Manon des sources intitulée Hugolin laissa quelque peu à désirer ! Si beaucoup semblent tout d'abord se souvenir de la mythique partie de carte et de la légendaire réplique de César ''Tu me fends le cœur, Marius vaut surtout pour ses innombrables lignes de dialogues dont la richesse et l'esprit parfois très méridional régalent les oreilles du spectateur en permanence. Un humour très présent, donc, mais aussi quelques moments plus graves qui démontrent notamment la richesse d'interprétation de la plus part des acteurs présents à l'image. Les rapports entre Marius et son père César. Et plus encore, cette séquence relativement longue durant laquelle Marius et Fanny avouent s'aimer tandis que le jeune homme révèle à la jeune femme la raison pour laquelle il ne peut pas l'épouser. Bref, Marius est une pépite du cinéma français des années trente qui n'a pris que très peu de rides. De formidables acteurs. Une histoire simple campée par des personnages fascinants, touchants et souvent drôles...


The Gates de Stephen Hall (2023) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Le retour parmi les vivants de dangereux criminels ayant été condamnés et exécutés à la chaise électrique n'est pas nouveau dans l'impitoyable univers du cinéma puisque deux films d'horreur au moins ont évoqué ce sujet dans les années quatre-vingt. Et ce, coup sur coup, avec Prison de Renny Harlin en 1988 et Shocker de Wes Craven l'année suivante. L'on pourrait également citer le cinquième épisode de la troisième saison de la série de science-fiction culte X-Files intitulé The List (La liste) et dans lequel Mulder et Scully enquêtaient voilà plus de trente ans sur une série de meurtres commis par l'ancien détenu Napoleon ''Neech'' Manley, exécuté lui aussi à la chaise électrique après avoir promis de revenir d'entre les morts afin de se venger de cinq individus qui le malmenèrent en prison... Habitué des films d'horreur, après avoir réalisé toute une série de courts-métrages ainsi qu'un long en 2018 sous le titre Night Shift, le réalisateur et scénariste américain Stephen Hall est réapparu en 2023 avec The Gates. Un film que l'on pourrait dire ''d'époque'' puisque interprété en costumes et intégrant sa poignée de personnages à la fin du dix-neuvième siècle. Aux alentours des années 1890, le tueur en série William Colcott est arrêté, jugé, enfermé puis condamné à la chaise électrique. Une expérience qui n'a pas vraiment l'air de le ''froisser'' puisqu'il semble au contraire plutôt serein... Et pour cause, celui-ci va revenir hanter la prison en prenant notamment possession de l'épouse du directeur de la prison et en poussant tout d'abord deux prisonniers condamnés à mort au suicide... Sobrement traduit chez nous sous le titre Les portes, le dernier long-métrage de Stephen Hall mêle avec un certain brio film historique, épouvante, horreur et fantastique sous-tendant l'idée selon laquelle deux de ses personnages seraient à l'origine d'une machine capable d'enregistrer les voix de fantômes captées à travers des ondes si minces que celles-ci ne sont pas perceptibles par l'oreille humaine. The Gates évoquant d'ailleurs très rapidement le Phénomène de Voix Électroniques (ou PVE) cher aux nombreux chasseurs de fantômes qui pullulent depuis un certain nombre d'années sur les réseaux sociaux et dont Guss DX (pseudonyme sous lequel se cache Guillaume Durieux) est l'un des plus fameux représentants hexagonaux...


D'un constat simple qui veut qu'une paire d'enquêteurs paranormaux, un médium, plusieurs gardiens de prison, le directeur ainsi qu'un prêtre acceptent de s'enfermer afin d'empêcher une entité maléfique de s'échapper des murs de l'établissement, Stephen Hall transforme un simple film d'épouvante en huis-clos fantastico-horrifique dans lequel s'opposent tout d'abord des points de vue divergents. Car l'arrivée au centre de l'intrigue d'Emma Wicks et de son oncle Frederick Ladbroke signe les soubressauts de nouvelles techniques d'investigation face à une méthode de médiumnité beaucoup plus classique employée par un certain Lucian Abberton (l'acteur Michael Yare). Tandis qu'Emma est incarnée par l'actrice Elena Delia, le rôle de son oncle a été confié à l'acteur John Rhys-Davies, célèbre pour avoir notamment interprété le rôle de Sallah dans la saga Indiana Jones de Steven Spielberg, celui du Nain Gimli dans la franchise Le seigneur des anneaux ou encore le professeur Maximilien Arturo dans la série de science-fiction Sliders... Mixant les films cités au départ de cette critique avec des œuvres aussi diverses que L'exorciste de William Friedkin et la cohorte de film d'horreur très inspirés par ce classique de l'épouvante, The Gates rejoint donc la très longues liste des œuvres convoquant la présence d'un esprit maléfique dans un récit plutôt linéaire et minimaliste. Le cadre et le rythme accentuant le sentiment de sobriété qui se dégage de la mise en scène, de l'interprétation et des effets visuels et spéciaux même si ces derniers accentuent l'aspect horrifique des événements durant la dernière partie de l'aventure. Évoqué sous le prisme d'une entité invisible mais bien présente, l'esprit démoniaque de William Colcott réapparaît sous les traits d'une femme qui va s'en prendre aux protagonistes. Une apparition qui malheureusement frise le ridicule à défaut d'être capable de véhiculer le moindre sentiment d'effroi chez le spectateur. Malgré une reconstitution historique qui se cantonne aux quatre murs de la prison et des costumes qui font illusion, The Gates se regarde comme une petite gourmandise sans prétentions particulières. Une petite production horrifique dont on devine ou l'on imagine que le budget ne fut pas mirobolant. Bref, sympa, sans plus...

 

mardi 14 avril 2026

Delirio Caldo de Renato Polselli (1972) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Connu chez nous sous le titre Au-delà du désir mais aussi sous celui beaucoup plus délirant et opportuniste de Sexe en délire, Delirio Caldo du réalisateur, scénariste et producteur italien Renato Polselli revêt davantage les atours du Giallo que du drame ou de la comédie érotiques que laissent transparaître ses deux ''traductions'' françaises. Et pourtant, de nudité il est bien question ici, dans cette œuvre étrange, parfois étouffante, souvent fiévreuse et assurément morbide. Partant d'un postulat que partagent énormément de Gialli puisque le script de Renato Polselli tourne autour d'une série de meurtres que la police a bien du mal à résoudre. Et ce, alors même que l'inspecteur Edwards (Raul Lovecchio sous le pseudonyme de Raoul) peut compter sur l'aide et le soutien du psychologue Herbet Lyutak qu'interprète l'acteur américano-hongrois Mickey Hargitay. Le film s'ouvrant pratiquement sur le meurtre de la septième victime annoncée d'un tueur en série qui sévit maintenant depuis un an, Renato Polselli filme l'acteur principal dans une situation qui ne laisse aucun doute quant à la responsabilité de son personnage. Notons que l'assassinat en question est tourné dans des conditions relativement singulières puisque après avoir proposé à une jeune femme de l'amener en voiture jusqu'à un rendez-vous, la véritable personnalité psychotique du docteur Herbet Lyutak s'exprime lors d'une séquence de poursuite qui les amènera lui et sa victime jusqu'au lit d'une rivière où la jeune femme sera alors assassinée par étranglement et par noyade. Une séquence étonnement longue, dérangeante, où le regard halluciné de Mickey Hargitay fonctionne à plein régime et sème le trouble chez le spectateur. Si Delirio Caldo convie ce dernier à suivre les exactions d'un homme sexuellement frustré qui à défaut de pouvoir satisfaire sa femme toujours vierge se rabat sur des inconnues qu'il tue afin de prémunir celle-ci de toute pulsion meurtrière, le script est aussi et surtout construit non pas seulement autour de ce seul personnage masculin mais aussi et surtout autour du couple que l'acteur forme aux côtés de l'actrice italienne Rita Calderoni qui incarne donc à l'écran l'épouse de Herbet Lyutak, Marzia. Une femme profondément amoureuse, incapable de vivre sans l'homme qu'elle aime. À tel point que des révélations finales viendront enfin expliquer certains détails qui durant le récit apparaîtront comme étant totalement incohérents...


Lorsque Valéry Giscard d'Estaing est élu Président de la République Française le 27 mai 1974, c'est le signe en France d'un relâchement des contrôles moraux plutôt stricts que connaît jusque là notre pays, lequel passe ainsi par davantage de libéralisme, ce qui a pour conséquence sur les plans d'ordre sexuels et culturels et s'agissant à proprement parler de Delirio Caldo (comme pour d'autres avant et après lui), l'avantage de pouvoir enfin sortir dans les salles de cinéma hexagonales après avoir été totalement interdit et classé X pour pornographie (le film sortant en outre sur support VHS sous le titre explicite et pourtant très proche de l'original, Délire ardent !). plus que n'importe quel Giallo, le film du cinéaste italien est une véritable plongée dans la psyché d'un couple sexuellement frustré mais tellement amoureux que l'usage de pratiques déviantes finit par cultiver leur passion commune. D'un côté l'on a donc un homme refusant presque tout contact avec sa femme de peur de la tuer et de l'autre, une épouse capable d'accepter qu'il l'étrangle lorsque les pulsions semblent irrépressibles. En mêlant sexe et violence dans un contexte où la frontière entre réalité, rêves et fantasmes devient de plus en plus mince, Renato Polselli signe une œuvre moite, inconfortable, où le sexe pourtant en abondance agit comme un inhibiteur de libido. Derrière la bande originale somme toute classique de Gianfranco Reverberi est libéré un flot intarissable de gémissements féminins sensuels et organiques qui agissent comme autant de curseurs sur la folie des uns et des autres. Celle-là même qu'exprime cette cacophonie terminale ouvrant de vertigineuses perspectives dont la solution, un peu floue il est vrai, viendra enfin apporter une solution à l'énigme entourant l'identité du tueur réel... Bref, Delirio Caldo reste une œuvre à part, moins sulfureuse que ne laissent présager sans ancienne interdiction en salle ainsi que celle aux moins de dix-huit ans. Un long-métrage que d'aucun pourrait juger de ''malade'' mais qui pourtant sonne comme un mirage essentiel du cinéma européen du début des années soixante-dix, avec son cortèges de qualités mais aussi de défauts...

 

lundi 13 avril 2026

L'occhio nel Labirinto (L’œil du labyrinthe) de Mario Caiano (1972) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Tout commence par la poursuite et l'assassinat d'un homme dans un long et vaste espace désaffecté qui curieusement résonne de nos jours avec le mythe des Backrooms également connus sous le nom d'espaces liminaux. Le docteur Luca Berti (l'acteur allemand Horst Frank) tombe à terre, ensanglanté, après avoir reçu plusieurs coups de couteaux de la part d'un inconnu. Mais heureusement, tout ceci n'était qu'un rêve. Celui que vient de faire Julie (la britannico-italienne Rosemary Dexter). À moins qu'il ne s'agisse d'une prémonition ? Désirant en avoir le cœur net, la jeune femme décide de retrouver celui qui jusqu'à maintenant était son médecin et son amant et qui demeure introuvable. D'après les dire d'un patient de l’hôpital psychiatrique où il travaille, Luca serait parti dans un petit village. C'est là que Julie décide de démarrer ses recherches... L'occhio nel Labirinto (L’œil du labyrinthe) de Mario Caiano est un bien curieux long-métrage que l'on serait tentés de ranger dans la catégorie des Gialli même si au fond, seule la séquence d'ouverture laisse à penser que son auteur a véritablement voulu empiéter sur un genre auquel avaient déjà donné ses premières lettres de noblesses des cinéastes tels que Mario Bava, Lucio Fulci, Sergio Martino et bien évidemment Dario Argento. Pourtant, à bien y regarder, le script assez flou de Mario Caiano et des scénaristes Horst Hächler et Antonio Saguera est parfois plus proche du Whodunit que de celui dont les origines remontent aux années 1920 lorsque furent mis à disposition des lecteurs des romans publiés par la maison d’édition Arnoldo Mondadori Editore. Des ouvrages aux couvertures jaunes sorties sous le nom I libri gialli (d’où l'appellation Giallo) qui pour la plupart étaient des traductions de romans policiers anglo-saxons. Œuvre originale mais non dénuée de tout un tas de problèmes qui la confinent au statut de petite production aussi curieuse qu'ennuyeuse, L'occhio nel Labirinto n'est tout d'abord pas très évident à suivre. Avec son cortège de personnages qui nous sont imposés très rapidement et parmi lesquels nous retiendrons surtout ceux incarnés par Adolfo Celi (L'Homme de Rio de Philippe de Broca en 1964, Opération Tonnerre de Terence Young en 1965), dans le rôle de Frank, l'ancien propriétaire d'un immeuble transformé depuis en orphelinat, par Alida Valli, dans celui de Gerda, une richissime propriétaire d'une vaste demeure.


Ou même par l'autrichienne Sybil Danning qui plus tard deviendra surtout ''célèbre'' pour avoir notamment joué le rôle de la James Bond Girl dans Octopussy de John Glen ou dans Sheena, reine de la jungle de John Guillermin et qui dans L'occhio nel Labirinto incarne une jeune photographe prénommée Toni. Le long-métrage joue ici sur la confusion d'un groupe d'individus qui le plus clair du temps passe son temps à bronzez au soleil. Une pratique qui à l'écran n'apporte bien entendu pas son comptant de séquences passionnantes tandis que la jeune et jolie Julie persiste à vouloir connaître la vérité au sujet de la disparition de son amant. Sur une musique très persistante signée du compositeur Roberto Nicolosi, une photographie de Giovanni Ciarlo et un montage de Jolanda Benvenuti, L'occhio nel Labirinto est donc similaire à un Whodunit transalpin dont le scénario s'amuse à laisser planer le doute quant à la disparition du psychiatre tout en cultivant l'idée selon laquelle, l'un des protagonistes du récit constitué d'une poignée de personnages pourrait être l'assassin qui dans le rêve de la jeune femme poignarda son amant ! Et plutôt que de faciliter la tâche de celle-ci dans sa recherche de la vérité, Mario Caiano et ses scénaristes la compliquent en donnant à chacun de bonnes raisons d'avoir eu envie de l'assassiner... Bon, c'est bien beau tout ça mais sachons être honnêtes et reconnaissons que L'occhio nel Labirinto n'est franchement pas passionnant. Et même souvent ennuyeux. Car derrière son très énigmatique titre qui laisse, au pire ou au mieux, envisager une œuvre nébuleuse et intrigante, l'on se retrouve devant un sujet à défaut d'être passionnant, du moins traité de manière trop superficielle pour véritablement happer l'attention du spectateur. Un long-métrage hybride entre Giallo et Whodunit et où les révélations ne donnent jamais les effets de surprises escomptés. Bref, inutile de perdre son temps devant ce film sans trop d'intérêts et mieux vaut se replonger dans les classiques des deux genres qu'il tente pourtant d'explorer, mais avec maladresse...

 

dimanche 12 avril 2026

Freeway (Le tueur de l'autoroute) de Francis Delia (1988) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Après un Poppers sans intérêt aucun perverti par un langage visuel des plus rédhibitoire, allons donc nous ressourcer du côté des ''Pycho Killer Films'' avec Freeway (Le tueur de l'autoroute) de Francis Delia. Un nom qui s'il ne signifie probablement pas grand chose pour bon nombre d'entre nous s'avère pourtant fort évocateur puisqu'il n'est rien moins que celui partagé par le compositeur attitré du réalisateur et scénariste Abel Ferrara, Joe Delia. Parmi la quantité de longs-métrages dont il a assuré la composition des bandes musicales, ce dernier a en effet notamment travaillé sur les géniaux Ms .45, The King of New York, Bad Lieutenant et The Addiction. Quittant ainsi régulièrement sa ''zone de confort'' comme à l'occasion de cette petite production horrifico-policière qui aurait tout aussi bien pu être l'adaptation cinématographique d'un authentique fait-divers bien que le script de Francis Delia et Darrel Fetty s'inspire en réalité du roman éponyme de la productrice, scénariste et romancière Deanne Barkley qui chez nous vit le jour sous le titre Libres Sévices chez Gallimard en 1979... Un type rôdant la nuit, à bord de sa voiture, soliloquant et assassinant généralement ses victimes à l'aide d'un flingue, cela aurait pu nous rappeler quelques bribes du glauquissime Maniac de William Lustig ou du tout aussi malaisant Henry, Portrait of a Serial Killer de John McNaughton, mais il n'en est rien. Loin d'être aussi dérangeant et bien que doté d'un script qui n'est pas moins linéaire que ses cultissimes concurrents, Freeway a tout de même quelques soucis à se faire s'agissant des réactions du public à son sujet car quoi que le regard de Billy Drago reconnaissable entre tous puisse bercer l'imaginaire du spectateur en invoquant de profonds troubles psychiatriques chez son personnage, le peu d'intensité de l'incarnation entre en totale contradiction avec la torpeur que nous pourrions éprouver devant ces gros plans cachant mal l'identité de l'assassin...


Si des dizaines, des centaines voire des milliers d’œuvres télévisuelles et cinématographiques comparables à ce petit long-métrage dénué d'ambitions réelles n'arrangent en rien sa situation, c'est surtout que Freeway ne nous emporte jamais au-delà de la confortable place de ''téléfilm du dimanche après-midi'' qu'il semble revendiquer. Principalement incarné par Darlanne Fluegel dans le rôle de Sarah Harper et James Russo dans celui de Frank Quinn, l'un et l'autre de ces deux personnages ont connu un drame. Ancien flic, Frank est rentré un jour chez lui pour trouver les corps de sa femme et de sa fille étendus sur le sol. Quant à l'infirmière Sarah, l'arrivée au service des urgences de la nouvelle victime du Tueur de l'autoroute lui rappelle une fois de plus que l'homme qu'elle aimait fut l'un des premiers à mourir sous les balles de cet insaisissable meurtrier... L'approche artistique post-moderne (pour l'époque) de Francis Delia épouse une forme qu'adopta (PAR LE PLUS GRAND DES HASARDS, N'EST-CE PAS?) Abel Ferrara durant une grande partie de sa carrière. Mais le frère du compositeur qui signe ici une bande musicale très classique n'étant pas le plus remarquable des artistes à mettre en scène cet état de déchéance civilisationnelle représentée par une police inactive et par la présence presque viscérale de la violence, Freeway conforte l'idée selon laquelle le mimétisme ne fonctionne ici pas du tout. Le génie en moins, la mise en scène et la direction d'acteurs s'en ressentent et le long-métrage de Francis Delia est loin d'évoquer les grandes figures de la criminalité cinématographiques imprimées à l'époque sur pellicule. C'est mou sans être totalement indigeste. Long sans être interminable. Joué sans être totalement ''incarné''. De la photographie de Frank Byers en passant par les décors d'Archie D'Amico et D.A. Metrov et jusqu'au montage de Philip Sgriccia, Freeway souffre à vrai dire d'une flemme généralisée qui ne lui permet jamais de s'extraire du carcan où d’innombrables objets filmiques du genre se sont malheureusement tous engouffrés. En résulte une œuvre insignifiante dont nous aimerions pourtant pouvoir sauver quelques artefacts. Mais en vain...

 

samedi 11 avril 2026

Near Death Experience de Gustave Kervern et Benoît Delépine (2014) - ★★★★★★★★☆☆



Victime d'un burn-out, Paul, marié et père de deux enfants décide de partir. De quitter son boulot, sa famille et même ce monde qui lui impose trop de contraintes. Un vendredi 13, il enfourche son vélo, prend la route et roule jusqu'au pied de la montagne Sainte-Victoire. Là, il y abandonne son engin, mais pas l'idée qui s'est immiscée dans son esprit de se suicider. Arrivée au sommet d'un point de vue sur la vallée, il passe une jambe au dessus de la rambarde de sécurité, puis le second. Mais un randonneur le dérange dans sa tentative et Paul s'éloigne. Plus, loin, tout en haut du Barrage de Bimont, il s'apprête à faire une seconde tentative. Mais là encore, il est dérangé par une famille à bicyclette...

Near Death Experience est l'avant-dernier long-métrage de Gustave Kervern et Benoît Delépine. Peut-être pas le meilleur, mais du moins le plus émouvant. Le plus sensible également. Un voyage intérieur mené par un personnage interprété par l'écrivain, réalisateur et acteur Michel Houellebecq. Un choix qui aurait été étonnant si le film n'était pas signé de deux des auteurs de l'émission Groland. Un interprète atypique pour une œuvre qui l'est tout autant. Si Near Death Experience est beaucoup moins barré que les deux premiers longs-métrages en noir et blanc du duo, il faut reconnaître qu'il demeure tout de même aride en terme d'action. Une certaine suspension y règne. Gustave Kervern et Benoît Delépine ne signent non pas une comédie noire, mais un drame où la pensée morbide se mêle à une réflexion clairvoyante sur l'état de notre société.

Écrit par les deux cinéastes eux-mêmes, le scénario dresse le portrait dur et réaliste du quotidien d'un homme au bout du rouleau et incapable de se fondre dans le moule qu'imposent les règles établies par la société. Fuyant les responsabilités et les contraintes de sa profession, et de sa vie personnelle. L’œuvre toute entière tourne autour du personnage interprété par l'écrivain qui en dehors du vagabond (Marius Bertram) est le seul à être filmé de la tête au pieds (habitude chère à Gustave Kervern et Benoît Delépine). Dès les premiers instants situés dans un bar, on comprend le choix des deux auteurs dans celui de faire interpréter Paul par Michel Houellebecq.

Paul, justement. Alcoolique dépressif, cycliste amateur et suicidaire. C'est presque dur à dire mais l'écrivain, auteur l'année passée du controversé Soumission, a la gueule de l'emploi. Silhouette de coureur, lèvre inférieure adaptée à l'absorption de boissons alcoolisées et voix traînante (certains monologues demeurant parfois malheureusement difficiles à cerner). Impossible d'imaginer le pourtant excellent Benoît Poelvoorde (Le Vélo de Ghislain Lambert) à sa place. Bien qu'à un certain moment l'inquiétude gagne, Michel Houellebecq nous rassure assez vite sur sa capacité à endosser le rôle de Paul. Pour reprendre une expression à la mode, disons que l'écrivain est JUSTE extraordinaire.
Quant à Gustave Kervern et Benoît Delépine, dieu sait qu'ils en ont fait du chemin depuis leurs débuts de cinéastes en matière de mise en scène. Le film gagne de plus en force émotionnelle supplémentaire grâce au choix judicieux de la bande originale. La Jeune Fille et la Mort de Schubert plane à plusieurs reprises sur le film et y imprime un réelle émotion. Quand au Black Sabbath sur lequel gesticule Houellebecq, il marque la fin de la résignation du personnage de Paul. Le film n'aurait-il d'ailleurs pas mérité de se clore ainsi ?

Pour terminer, sachez que le sens du titre donné au film, Near Death Experience, n'est en réalité pas si éloigné des NDE, en français Expérience de Mort Imminente (visions ou sensations découlant d'un état comateux ou d'une mort clinique), puisque si le personnage de Paul est bien vivant (bien qu'à un moment donné il affirme être mort), on le voit remonter le temps de sa propre existence, comme une vision complète remontant de sa prime jeunesse (le monologue durant lequel seule la silhouette de l'acteur est sublime) jusqu'à ses cinquante-six ans. A bien y réfléchir d'ailleurs, on peut se demander dans quelle mesure Gustave Kervern et Benoît Delépine n'auraient pas en réalité pensé l'intégralité du film (s'entend par là, l'histoire telle qu'on la perçoit), comme cet enchaînement de visions (représentées ici de manière exclusivement verbale par le personnage de Paul) qui découle d'une NDE telle que l'on peut se la représenter. Paul ne serait-il en fin de compte pas déjà mort ? En tout cas, le moins que l'on puisse dire, c'est que bien après l'avoir vu, le film continue à poser des questions. Une merveilleuse découverte...

vendredi 10 avril 2026

Poppers de José María Castellví (1984) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

''Ça y est ! Il est passé du cinéma traditionnel au porno-gay !'' J'avoue que la tentation, parfois, de me lancer dans l'aventure de l'érotisme soft ou de la pornographie la plus crue me tente, mais de là à troquer mon obédience pour l'hétérosexualité contre ce que certains considèrent d'impur ne m'est pas encore passé par la tête. Voulant ainsi (et en outre) préserver mon précieux arrière-train au point de refuser tout dépistage du cancer colo-rectal lors de tests immunologique fécaux dont les résultats risqueraient de m'amener à accepter qu'un spécialiste me fourre je ne sais trop quel objet dans le... cul ! Avec son titre très évocateur dont le nom fut très longtemps et presque exclusivement rattaché aux mœurs homosexuelles, Poppers paraît flirter immodérément avec la pratique de la sodomie. Parce que si certains n'ont toujours pas compris de quoi il s'agit, ce produit qui dans le milieu gay facilite la dilatation des muscles sphinctériens n'a en réalité ici rien de commun avec le terme employé. En effet, ceux dont nous parlons ici ne sont pas le fruit du développement de substances vasodilatatrices mais sont bien issus d'un mouvement qui émergea en Allemagne dans les années 1980. Anti-consuméristes assumés, filles et fils de bonnes familles, conformistes et matérialistes, c'est donc du côté de cette jeunesse que semble tout d'abord poser son regard le réalisateur et scénariste espagnol José María Castellví tandis que nous sommes en 1984. Sur un script et des dialogues respectivement écrits en collaboration avec Jacinto Santos et Luis Infante, le cinéaste nous plonge dans une œuvre fiévreuse et très clipesque qui aujourd'hui donne le sentiment d'avoir voulu régurgiter sur le format long, pas mal de concepts, passés ici à la moulinette du mauvais goût ! Volontairement ou non inspirée d'ailleurs par la nouvelle de Richard Connell, The Most Dangerous Game écrite voilà plus d'un siècle et qui fut adaptée à plusieurs reprises sur grand écran. Ici, tout commence par un drame ''banal''. Santos (l'acteur Miguel Ortiz), chanteur et guitariste d'un groupe de pop-rock plante lors d'un concert un couteau dans le ventre d'un adolescent après avoir vu sa copine le laisser l'embrasser.


La sentence tombe : deux ans de prison (et l'on se plaint en France que les peines soient trop légères). Sorti de taule, le jeune homme aimerait bien retrouver ses anciens amis mais à défaut, il se retrouve tout d'abord au contact d'un homme puis d'une prostituée et enfin d'un groupe de vieux bonshommes qui lui proposent un curieux marché. Soit il accepte de servir de gibier lors d'une chasse à l'homme, soit il est exécuté sur le champ ! Après avoir réussi à échapper au bourbier dans lequel il s'est fourré, Santos retrouve la prostituée qu'il accuse d'être responsable du piège dans lequel il est tombé. Mais contre toute-attente, et alors qu'il est bien décidé à se venger, la jeune femme décide de l'y aider... On ne va pas tourner autour du pot : Poppers est un ratage total. Si la décennie suivante fut parmi les pires en terme d'effets-spéciaux, les années quatre-vingt ont de leur côté parfois engendré des œuvres télévisuelles et cinématographiques qui n'ont absolument pas survécu à l'outrage du temps. José María Castellví choisit ainsi pour son œuvre des couleurs criardes et une esthétique générale qui brûlent la rétine. Des choix visuels que l'on croyait jusqu'à maintenant être propres au cinéma de l'italien Lamberto Bava mais que l'espagnol réussi à ''sublimer'' dans toute leur horreur. Scénaristiquement fade, réalisé avec les pieds d'un homme-tronc (!?!), plus laid que l'enfant issu de la copulation entre un Blobfish, un scotoplane globosa et un poisson chauve-souris à lèvres rouges lors d'une partouze aquatique, Poppers est, j'ose l'affirmer haut et fort, un supplice qui n'a même les atouts d'un vrai bon nanar. Une triste expérience qui ne mérite pas que l'on se penche sur son cas. L'on remerciera malgré tout José María Castellví de nous avoir épargné d'être retourné derrière la caméra puisque ce film aura été son chant du cygne en tant que réalisateur et scénariste. Depuis, qu'est-il devenu ? Dans quelle branche a-t-il décidé de sévir après sa très courte carrière sur le plan cinématographique ? Difficile de répondre à cette question dont la réponse ne doit de toute manière pas intéresser grand monde !

 

jeudi 9 avril 2026

Worldbreaker de Brad Anderson (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Avant-propos...

Tout juste avant d'évoquer le dernier long-métrage de Brad Anderson Worldbreaker, j'aimerais insister sur le fait qu'en fidèle cinéphage s'auto-définissant prétentieusement par le passé comme cinéphile, j'ai toujours aimé le cinéma de l'auteur des géniaux Happy Accidents en 1999, Session 9 en 2001 et bien sûr de son très, très, très fameux The Machinist en 2004. Point d'orgue d'une carrière alors à son apogée me semble-t-il pour un Brad Anderson qui malheureusement ne retrouvera jamais vraiment cet état de grâce. Pas même avec les pourtant très réussis Transsiberian en 2009, The Call en 2013, Hysteria en 2014, La fracture en 2019 ou encore Blood trois ans plus tard. Une filmographie non dénuée de défauts, bien évidemment, matérialisés à deux occasions. En 2010 tout d'abord, avec le décevant L'empire des ombres, puis en 2024, avec son avant-dernier projet intitulé The Silent Hour... Le futur auteur de Twilight of the Dead qu'aurait dû réaliser George Romero de son vivant signe cette année son retour après moins d'une année d'absence. Une courte échelle de temps qui espérons-le aura suffit pour développer un script et produire une mise en scène à la hauteur de ses plus brillants faits d'arme...


Worldbreaker est donc le dernier long-métrage de l'américain Brad Anderson. Une œuvre pratiquement passée sous silence puisque à moins d'avoir échappé à une éventuelle vague promotionnelle, celui-ci ne semble même pas avoir bénéficié d'un très important bouche à oreille. S'agissant du dernier film de Brad Anderson, la présence au casting de l'actrice serbo-russe naturalisée américaine Milla Jovovich a de quoi nous rendre inquiets. Voire, prudents. Telle une ancienne actrice porno reconvertie dans le cinéma traditionnel dont on prévoit par avance qu'elle se mettra à poil à deux ou trois occasions et quelles que soient les circonstances, l'ancienne vedette du Cinquième élément de Luc Besson et de la franchise Resident Evil est l'assurance d'une expérience faisandée au point d'approcher la glorieuse étiquette d'icône du nanar des années 2000-2020 ! En effet, Milla Jovovich contamine tout ce qu'elle touche. Empoisonne n'importe quel concept comme si tout ceux qui l'ont employée jusqu'à aujourd'hui étaient incapables d'envisager de la faire tourner dans autre chose que des films d'action et de science-fiction bourrins. Et même si au fond Worldbreaker nous épargne très souvent tout un tintamarre nocturne fait d'explosions et de meurtres sanguinolents traduits par l'affrontement entre une poignée de survivants et des créatures tantôt extraites de fissures terrestres tantôt hybrides après que des hommes aient été mordus par celle-ci, les quelques séquences mouvementées qui tentent d'opérer une action sur l'envie de dormir du spectateur confirment que l'on est bien devant une œuvre partiellement interprétée par Milla Jovovich et moins devant celle d'un cinéaste qui brilla de mille feux par le passé... Aujourd'hui, tout a changé et vivant sur le continent dans l'attente qu'une nouvelle fissure libère d'horribles créatures, un père (Luke Evans) et sa fille Willa (Billie Boullet) tentent de survivre jusqu'au moment où ils sont contraints de se réfugier sur une île déserte. Pendant ce temps là, la mère de l'adolescente incarnée par Milla Jovovich choisit de demeurer sur le front afin de combattre l'ennemi...


Nous serions tentés de dire ''tant mieux'' puisque les rares séquences d'abrutissement intellectuel se déroulent justement lors des rares interventions de l'actrice. Car en dehors de ces quelques passages éminemment bourrins, Worldbreaker se révèle plutôt sobre. D'abord, en matière de scénario, lequel se résume à un père qui enseigne à sa fille comment survivre dans un monde hostile régulièrement attaqué par deux types de créatures appelées ''casseurs'' et ''hybrides'' (ces dernières étant des victimes humaines mordues et transformées en ridicules araignées humanoïdes!), ensuite, à travers l'incarnation sans éclat particulier MAIS non dénuée d'une certaine émotion des deux principaux interprètes. Et c'est bien ce que l'on retiendra du long-métrage de Brad Anderson. Ce rapport d'un père à sa fille et vice versa déversant son lot de séquences émouvantes dans un contexte de film d'action franchement pas très fin (les créatures, les quelques séquences d'action). Sans parler de ce message néo-féministe dépassant de loin tout ce que l'on peut entendre de plus stupide en matière de patriarcat, signifiant ainsi que le cerveau masculin est simple, que l'homme est mauvais et que par évidence, ces deux tares expliquent qu'il soit le seul à devoir se transformer en hideuse créature hybride à la suite d'une morsure ! On a connu Brad Anderson plus fin, plus inspiré ! Réduisant l'apparition des ''arachnides'' au strict minimum sans doute pour raison financière, Worldbreaker demeurera au final comme la plus faible contribution de son auteur au cinéma même si, je le répète, les séquences intimistes entre le père et sa fille restent plutôt touchantes. Bref, une déception...

 

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