Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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samedi 25 avril 2026

Raw Deal (Le Contrat) de John Irvin (1986) - ★★★★★★★☆☆☆



Le Contrat partage avec Commando ou Total Recall, ce même rapport au cinéma musclé érigeant en pourfendeur d'injustices, l'acteur américain d'origine autrichienne, Arnold Schwarzenegger. Principal « concurrent » de Sylvester Stallone, il aura su captiver l'intérêt d'un public de fidèles « suiveurs », capable de se diversifier alors que d'autres feront longtemps de l'action, leur genre de prédilection. Steven Seagal et Jean-Claude Van Damme étant parmi les parangons des arts-martiaux dans le cinéma occidental alors que Bruce Willis allait patienter jusqu'en 1988 et Die Hard pour véritablement exploser à l'écran et devenir LA valeur sûre, du moins pour la décennie à venir. Lorsque l'on approche la cinquantaine et que l'on a été (ou pas d'ailleurs) un adolescent boutonneux dans les années quatre-vingt, il est difficile aujourd'hui de cracher sur le film de John Irvin. Et pourtant, au regard de certains grands classiques du cinéma d'action incarnés par Arnold Schwarzenegger, il faudrait manquer d'objectivité pour le considérer comme tel alors qu'il se révèle mineur dans la carrière de l'acteur.

Réalisé à la suite de l'excellent Commando de Mark L. Lester (Class 1984), Le Contrat met en scène un Arnold Schwarzenegger n'exhibant pratiquement plus ses muscles (à part lors d'une séquence au lit sans la moindre trace de sexe). L'acteur y incarne le personnage du flic Mark Kaminsky qui dans la peau de Joseph P. Brenner accepte un contrat de la part de son ami et chef de police Harry Shannon dont le fils à été tué par les hommes de main de Luigi Petrovita, le parrain de la mafia de Chicago. Mark Kaminsky se débarrasse tout d'abord de sa véritable identité en faisant croise à sa propre mort et endosse le nom de Joseph P. Brenner afin de s'introduire dans le repère de Luigi Petrovita. Pour cela, il approche de près le bras droit du parrain, Paulo Rocca, après avoir fait le ménage chez son concurrent direct, un certain Martin Lamanski. Bien que le plus fidèle lieutenant de Rocca, Max Keller, se méfie de Mark Kaminsky, ce dernier parvient finalement à se faire accepter...

L'un des principaux atouts de ce Contrat, c'est sa panoplie de sales gueules. De Sam Wanamaker, en passant par Paul Shenar, et jusqu'au grêlé Robert Davi, le film de John Irvin est un hommage à ces seconds rôles qui firent les beaux jours du cinéma d'action dans les années quatre-vingt. A les comparer aux méchants d'aujourd'hui, on regretterait presque leur absence. Loin du personnage de Terminator, Arnold Schwarzenegger se prend autant de coups qu'il en reçoit. Il lui faudra même l'appui de l'actrice Kathryn Harrold pour se défaire d'un trio de grosses brutes venues en découdre lors d'une séance d'essayage dans un magasin de vêtements. Après l'ampleur de certaines séquences de Commando, celles du Contrat font parfois peine à voir.
Visiblement, Arnold Schwarzenegger n'a pas été exclusivement employé pour faire parler les muscles mais s'y voit offrir des dialogues sensiblement plus importants qu'à l'habitude. Chose que le public américain semble avoir assez mal digéré puisque le film n'obtient qu'un succès d'estime. Les spectateurs étant en droit de s'attendre à un final véritablement explosif, la séquence se déroulant dans une gravière n'est pas du tout convaincante, la pauvreté de la scène laissant supposer que John Irvin n'était pas vraiment à l'aise dans le genre. Quant au final dont on imagine sans faille le déroulement, il se révèle également décevant, les pourritures étant éliminées de manière relativement plates... Si Le Contrat n'est pas un mauvais film, il est en revanche très en deçà des films (et de quelques autres) cités en début d'article...

vendredi 24 avril 2026

Nature prédatrice (Thrash) de Tommy Wirkola (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Des films d'horreur mettant en scène des populations confrontées à des requins assoiffés de sang, il en existe des dizaines. Des centaines, même. Et parmi eux, d'innombrables navets, séries z et même quelques nanars qui valent leur pesant d'or. Fort heureusement, certains s'en sortent mieux que d'autres. À commencer par Les dents de la mer de Steven Spielberg, que tout le monde connaît, même celles et ceux qui ne l'ont pas encore découvert. Un classique de l'horreur et de l'épouvante qui en la matière continue de servir d'exemple. Moins connus et pourtant tout aussi tendus et efficaces, l'on peut citer Instinct de survie (The Shallows) de Jaume Collet-Serra, The Reef d'Andrew Traucki ou bien Open Water de Chris Kentis. Dernier né, Thrash de Tommy Wirkola est sans doute pour l'instant, l'une des meilleures surprises que la plateforme de streaming Netflix ait eu à nous proposer en ce début d'année 2026 en matière de cinéma d'horreur. Et à proprement parler de film mettant en scène des requins tueurs. Pourtant, si l'on s'en tient strictement au scénario de Tommy Wirkola, il apparaît évident que le réalisateur et scénariste norvégien s'est très largement inspiré d'un autre long-métrage d'horreur qui 2019 mettait cette fois-ci en scène non pas des requins mais des alligators. Réalisé par le français Alexandre Aja auquel l'on devait notamment jusque là le remake de La colline a des yeux de Wes Craven, Haute Tension, Mirrors ou encore le remake de Piranha de Joe Dante, Crawl mettait en scène la jeune Haley Keller (l'actrice britannique Kaya Scodelario) dans une petite ville de Floride aux prises avec un ouragan qui allait provoquer la montée des eaux et ainsi attirer des alligators. Et bien s'agissant de Thrash qui en France est sorti le 10 avril dernier sur Netflix sous le titre Nature prédatrice, c'est un peu et même très franchement la même histoire. Cette fois-ci, le sujet tourne autour de Lisa Fields (la britannique Phoebe Dynevor), jeune femme enceinte et prête à accoucher qui contre les recommandations de sa mère est demeurée dans la petit ville côtière où elle vit seule. Autre héroïne du récit, Dakota (la canado-ougandaise Whitney Peak), jeune femme dont les parents sont décédés et qui elle aussi vit seule dans une grande maison dont elle ne sort pratiquement jamais pour cause d'agoraphobie ! L'acteur américano-béninois Djimon Hounsou campe quant à lui le rôle de Dale Edwards, l'oncle de Dakota et accessoirement biologiste des fonds marins spécialisé dans les requins (comme cela tombe bien)...


Le récit intègre ensuite un adolescent (Stacy Clausen) et ses deux jeunes sœurs, tous les trois vivant avec un couple de tuteurs plus intéressés par l'argent que leur rapporte la garde des trois enfants que par leur bien-être ! Tout comme dans Crawl, le long-métrage de Tommy Wirkola démarre par l'annonce d'un ouragan prévu pour les heures à venir. C'est donc ainsi que Nature prédatrice déroule tout d'abord son intrigue sous la forme d'un film catastrophe qui n'a absolument rien à envier aux productions évoluant exclusivement autour de ce concept, qu'il s'agisse de l'interaction des personnages avec les éléments qui ici vont se déchaîner, ou des conséquences directement liées à la nouvelle configuration que prendra la petite ville une fois l'ouragan ayant détruit les digues retenant les eaux de l'océan Atlantique... Bénéficiant d'excellents effets-spéciaux, le cinéaste s'en donne à cœur-joie et les séquences mettant en scène la vague qui sur son chemin détruit et emporte tout ce qu'elle peut avec elle demeurent très réalistes. Puis vient ensuite le sujet central du récit. La survie des personnages dans un milieu hostile. Une petite ville noyée sous des eaux qui abritent des requins-bouledogues mais aussi, un grand requin blanc... Là encore l'on a droit à quelques scènes d'attaques plutôt convaincantes. Nanties en outre de quelques effets gore efficaces mais qui malheureusement ne durent souvent que le temps d'un clignement d’œil. Doté d'une belle photographie signée Matthew Weston, surtout lorsque le soleil se couche pour laisser place à l'obscurité, d'un rythme échevelé, d'une interprétation très persuasive mais de caractérisations qui n'ont parfois aucune utilité (quel peut avoir notamment comme intérêt le fait de savoir que l'oncle de Lisa est biologiste des fonds marins?), Nature prédatrice est une excellente surprise que l'on ne réservera pas uniquement aux amateurs de films d'horreur ou de films catastrophe mais à toutes celles et ceux qui voudraient passer un moment vraiment fun !

 

jeudi 23 avril 2026

Le coeur des hommes 3 de Marc Esposito (2013) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Depuis treize années qu'est sorti sur les écrans de cinéma le troisième volet de la saga Le cœur des hommes, Marc Esposito, le scénariste et le réalisateur de cette très sympathique et très touchante trilogie n'a plus donné signe de vie. Ce qui laisse peu d'espoir de découvrir un jour un quatrième opus. D'autant plus que ses interprètes ont depuis pris de la bouteille et que le cinéaste est parti s'installer à Bali afin d'y écrire notamment son autobiographie intitulée Mémoires d'un enfant du cinéma. Un titre qui en 2019 semblait annoncer une fin de carrière mais que l'on espère encore n'avoir été qu'un effet de manche... Après deux premiers volets plutôt bien accueillis, Le cœur des hommes 3 subit quant à lui les foudres de la critique dite professionnelle, laquelle s'indigne de tant de vulgarité, de misogynie et de machisme. Comme si tout cela était nouveau et n'avait pas eu lieu dans les épisodes 1 et 2 ! Comme si les critiques en question découvraient que oui, les personnages masculins, héros de ce nouveau récit, aimaient les femmes. Et qu'entre hommes, ils avaient tendance à ironiser sur les relations qu'ils entretiennent avec elles, chacun de leur côté. Très officiellement ou dans l'ombre d'une chambre d'hôtel. Partageant nombre d'anecdotes pas toujours très raffinées, plutô croustillantes, cela s'entend, mais dans la droite lignée de tout ce que nous avions pu entendre depuis la naissance de la saga dix ans auparavant. Peut-être plus ambitieux que le premier mais un peu moins que le second avec un budget revu légèrement à la baisse, Le cœur des hommes 3 a reçu de la part du public un accueil relativement frileux puisque pour un financement de huit millions et cinq-cent mille euros, le long-métrage de Marc Esposito n'en a rapporté qu'un peu plus de quatre... à l'échelle mondiale ! L'une des différences fondamentales concerne ici l'absence de l'acteur Gérard Darmon qui jusque là interprétait le rôle de Jeff. L'un des membres de la bande des quatre complétée par Antoine (Bernard Campan), Alex (Marc Lavoine) et Manu (Jean-Pierre Darroussin). Alors qu'ils se connaissent déjà depuis près d'un quart de siècle, Marc Esposito et Gérard Darmon se retrouvent donc sur les plateaux de tournages du Cœur des hommes 1 & 2 mais pas sur celui du troisième. Pourquoi ? Pour des raisons relativement confuses qui selon le cinéastes ont ''creusé un fossé'' entre les deux hommes...


Afin de parer à l'absence de Gérard Darmon, Marc Esposito engage sur le tournage du troisième volet l'acteur Éric Elmosnino dont la carrière a pris un sacré coup de fouet depuis son incarnation de Serge Gainsbourg dans le pseudo-biopic Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar en 2010. L'acteur y prend naturellement la place de Gérard Darmon sans toutefois reprendre le rôle de Jeff puisqu'il incarne celui de Jean, le patron d'Antoine. Et tout aussi naturellement, celui-ci sera rapidement intégré au groupe qui, comme à son habitude et à divers degrés de ''sobriété'' évoqueront le sujet qu'ils connaissent et apprécient le mieux ! Celui des femmes. Et n'en déplaise à certains qui depuis se sont érigés en pourvoyeurs de discours néo-féministes faisandés (ceux-là même qui sans doute s'érigent en néo-écologistes ou en anti-racistes 2.0), Le cœur des hommes 3 fonctionne plutôt bien et ne s'acharne d'ailleurs pas systématiquement à faire de la femme de la chair à canon pour messieurs prisant exclusivement de celles-ci qu'elles leur offrent leur corps sans réfléchir ! Manu n'a-t-il pas décidé de se ranger des conquêtes féminines et de rester désormais fidèle à sa femme Nanou (Catherine Wilkening) malgré l'annonce par son assistante de l'existence d'un fils de dix ans qu'il n'a jamais connu ? Quant au couple que forment Manu et Juliette (Florence Thomassin) ne demeure-t-il pas très touchant, surtout lorsque celle-ci annonce à son homme qu'elle est atteinte d'un cancer du sein ? Peut-être ne faudrait-il pas voir à travers ce troisième opus qu'un ramassis d'échanges misogynes entre quatre potes mais plutôt une comédie à la cuisse légère, où les femmes n'ont peut-être que trop rarement le droit à la parole, il est vrai, mais dont la multiplication à l'écran témoigne ici de cet amour, de cette passion qui peut-être se cache au fond derrière le script évidemment très masculiniste de Marc Esposito. Les pourfendeurs de ce cœur des hommes 3 seront sans doute alors ravis d'apprendre que les volets 4 et 5 auxquels rêvait pourtant Marc Esposito ne verront probablement jamais le jour...

 

mercredi 22 avril 2026

Chasse gardée 2 d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

La témérité ne m'ayant pas étouffé et après avoir lâchement offert à ma compagne de découvrir seule les nouvelles aventures de Simon, Adélaïde, Bernard et Olivia, c'est après qu'elle m'ait annoncé que Chasse gardée 2 était largement inférieur au précédent volet déjà réalisé en 2023 par Antonin Fourlon et Frédéric Forestier que j'ai pris la décision de m'y coller. C'est pourtant armé d'un courage qui jusque là me faisait défaut que j'ai lancé la projection de cette séquelle qui tout comme pour le premier long-métrage s'attaque aux différences culturelles qui existent entre la France des métropoles et la France périphérique notamment représentée par les petites localités généralement éparpillées dans les zones rurales de notre beau pays. Tandis que dans Chasse gardée Simon et son épouse Adélaïde (Hakim Jemili et Camille Lou) étaient parvenus à un accord avec Bernard (Didier Bourdon) afin qu'il cesse toute activité dans le domaine de la chasse (ce dernier se voyant même retirer son permis), la suite des aventures va réveiller de vieilles rancœurs qui cette fois-ci n'opposeront plus les deux anciens parisiens à l'habitant du cru mais au fils de ce dernier. De retour après cinq ans d'absence, Stan (Maxime Gasteuil) revient au village avec l'objectif très précis de transformer la vie des habitants en rachetant les terrains forestiers afin d'y pratiquer la chasse à cours. Un objectif qui, comme on le comprendra plus tard, n'a pas comme unique but de vivre à fond sa passion pour la pratique mais témoigne également du sens des affaires du jeune homme. Marié à une Bénédictine (Eden Ducourant) entièrement acquise à sa cause, Stan ne recule devant rien afin d'atteindre ses objectifs. Quitte à se mettre à dos tous ceux qui ne partagent pas sa vision. Et quitte à soudoyer certaines personnalités du village comme le maire (Théo Gross) ou l'agente immobilière, Cordélia (Chantal Ladesou) ! La guerre est désormais déclarée entre le fils de Bernard et Simon. Et contre toute attente, le père de Stan ne va non pas se liguer avec son fils mais bien avec le couple de parisiens installé désormais depuis deux ans au village...


Je m'attendais au pire et, je n'ai pas été déçu. Ou plutôt, aurais-je dû l'être au contraire car malgré la méfiance, l'avis de ma compagne et le souvenir relativement vaporeux que j'eus conservé du précédent volet, Chasse gardée 2 n'est pas l'engeance à laquelle je m'attendais. Une fois faite l'impasse sur tout ce qui touche à la mauvaise comédie française de ces vingt dernières années (visuels, décors, bande musicale, etc...), la nouvelle comédie d'Antonin Fourlon et Frédéric Forestier s'avère étonnamment efficace. Encore faut-il avoir le courage et la persévérance de passer outre les dix ou quinze premières minutes dont la vacuité dépasse de loin tout ce que l'on peut redouter en matière de comédie française. Et puis, soudain, tout par en vrille. Écrit par Antonin Fourlon, le scénario semble avoir été conçu sous l'influence de puissants psychotropes tant Chasse gardée 2 accumule les scènes d'action humoristiques sans jamais ou presque défaillir. On hallucine devant ce qui semble bien évidemment être davantage une comédie franchouillarde qu'un hypothétique film culte. Entre des animaux sauvages en images de synthèse dont le premier est poursuivi par une meute de chiens (le lièvre), dont les seconds déboulent en plein jour de marché pour dévaster la totalité des stands (les cerfs) ou dont un dernier s'invite chez Simon et Adélaïde (le loup) et des séquences qui frisent l'hystérie (le repas au sommet d'une palombière), le film déroule son intrigue à cent à l'heure pour un résultat qui malgré l'accumulation ininterrompue de gags évite l'indigestion. Parfois même très drôle (je n'ai effectivement pas pu m'empêcher de rire à l'évocation de la cassette audio diffusant en boucle des chansons de Carlos, coincée depuis 1982 dans l'auto-radio d'André, le médecin du village (André Penvern)). C'est très con mais efficace ! Notons enfin qu'outre les acteurs déjà cités l'on retrouve à nouveau Julien Pestel dans le rôle de Benjamin, Jean-François Cayrey dans celui de Michel ou encore Guillaume Bouchède dans celui de Boris...

 

mardi 21 avril 2026

La Orgía Nocturna de los Vampiros de León Klimovsky (1973) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

La Orgía Nocturna de los Vampiros de León Klimovsky... Franchement, avec un tel titre, il est parfaitement inutile d'avoir choisi l'espagnol comme seconde langue au collège pour comprendre le sens des mots et commencer à ''fantasmer'' sur son contenu... L'orgie nocturne des vampires promise par le cinéaste argentin, auteur entre autres de Odio mi Cuerpo en 1974 et Ultimo Deseo en 1976, fait partie d'une trilogie de longs-métrages consacrés aux fameux suceurs de sang aux dents longues et aiguisées poursuivie dès la même année, en 1973, avec El Exterminio de los Drácula et terminée deux ans plus tard, en 1975, avec El Extraño Amor de los Vampiros. Dans La Orgía Nocturna de los Vampiros, les passagers d'un bus en partance pour la ville imaginaire de Bojoni vont être contraints de faire un crochet en direction du petit village lui aussi fictif de Tolnio lorsque le conducteur du véhicule tombe raide mort, atteint d'une crise cardiaque ! Le pauvre homme est placé à l'arrière du bus tandis que son corps est recouvert d'une bâche afin de ne pas effrayer la seule gamine présente parmi les passagers. Lorsque le groupe arrive à Tolnio, il n'y a personne pour les accueillir. Et pour cause : comme l'indiquera dès le lendemain celui qui au village se fait appeler le Major (l'acteur José Guardiola), tout les habitants se sont rendus au cimetière afin d'honorer l'un d'entre eux, récemment décédé. Rassurés de voir qu'ils ne sont donc pas seuls et abandonnés à leur triste sort, Alma (l'actrice belge Dyanik Zurakowska), Raquel (Charo Soriano), sa fille Violeta (Sara Gil), Ernesto (Gaspar 'Indio' González) et les autres ont cependant le malheur de découvrir que le bus est désormais en panne. Entre-temps, Alma fait la connaissance de Luis (l'acteur américain Jack Taylor) qui tout comme le groupe se retrouve échoué à Tolnio. Et tout comme le bus, sa voiture elle aussi se retrouve mystérieusement en panne. Condamnant ce touriste ainsi que le groupe prévoyant de se rendre à Bojoni à demeurer au village pour quelques jours. Sans le sou, le Major propose alors à tout le monde de rencontrer celle qui se fait appeler la Comtesse (l’actrice allemande Helga Liné) et qui leur propose alors de les abriter à ses frais et sans conditions au village... Si le titre est abusivement tourné autour de l'idée qu'un groupe d'individus s'adonne à des activités sexuelles collectives, La Orgía Nocturna de los Vampiros n'est jamais tourné vers la pornographie...


Pas même vers l'érotisme même si à quelques occasions, l'actrice Dyanik Zurakowska s'effeuille devant la caméra et devant le regard aiguisé de Luis dont la chambre mitoyenne possède un trou caché dans un placard qui donne directement vers celle de la jeune femme. Le long-métrage de León Klimovsky, aussi peu soit-il connu des néophytes en matière de cinéma d'épouvante est une œuvre très intéressante en ce sens où le réalisateur argentin, le directeur de la photographie Antonio L. Ballesteros, ainsi que le directeur artistique et décorateur Gumersindo Andrés on conçu un projet qui ne souffre absolument pas de la comparaison avec ses homologues américains ou britanniques lorsqu'il s'agit de créer un climat anxiogène. Abusant ainsi pour notre plus grand plaisir des gros plans et des contre-plongées lorsque de nuit, les habitants sortent de leurs terriers afin de s'en prendre aux voyageurs égarés, qu'il ne tuent pas, mais dont ils prélèvent une partie de leur sang afin de s'en repaître. Car en effet, et comme on l'avait très rapidement deviné, Tolnio est un village qui n'est uniquement constitué que de vampires. Des rangs de suceurs de sang auxquels s'ajoutent tous ceux qui tombent entre les griffes des villageois et même entre les mains de la Comtesse. On comprend alors beaucoup mieux la générosité et les largesses de cette aristocrate dont les dents poussent lorsque le soleil se couche... Ambiance nocturne délétère, brumeuse et cauchemardesque. Visages blafards, yeux injectés de sang, sourires sinistres, les figurants s'en donnent à cœur-joie pour le plus grand plaisir du spectateur qui assiste non pas au sabbat de sexe et de sang plus ou moins annoncé par le titre mais à quelques meurtres que l'on pourrait presque qualifier de zombiesques ! Bref, sans être un grand film de vampires, La Orgía Nocturna de los Vampiros bénéficie d'une honnête interprétation, de décors ruraux qui rappellent parfois l'aspect arriéré de certaines contrées visibles dans un tout autre courant cinématographique connu sous le nom de Survival ou encore d''une ambiance nocturne très enveloppante...

 

lundi 20 avril 2026

La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol : Marius d'Alexander Korda (1931) - ★★★★★★★★★☆



La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol : Marius.


Avant-propos :

 J'ai cinquante-quatre ans, suis originaire de la région parisienne, vis depuis trente ans à Marseille et donc dans le sud depuis plus de la moitié de ma vie. Et pourtant, si je prends en compte ce que certains habitants du cru ne cessent de me ressasser, j'aurai beau vivre trente ans de plus à Marseille, jamais ô grand jamais je ne serais moi-même marseillais. N'ayant de toute façon jamais eu cette prétention, je ne me formalise pas. D'autres compatriotes cette fois-ci originaires de Seine-et-Marne pourraient considérer de traîtrise que de m'être laissé aller à goûter à la bouillabaisse ou au panisses et au chichi. Devenu apatride dans mon propre pays la France, c'est donc dans l'imaginaire offert par de grands auteurs que j'ai choisi de me réfugier lorsque souvent je me pose la question : '' d'où viens-je...?  ''.  La langue française, lorsqu'elle est écrite, est universelle. Sans accents. Presque anonyme si ce n'est le ton que lui donne l'auteur du texte que l'on tient entre les mains. Accent marseillais ? Parisien ?  Qui sait...?



Marius donne des regrets. Celui qui tout d'abord nous a refusé de vivre il y a près d'un siècle, proche de ce Vieux Port de carte postale en noir blanc. De ces autochtones au fort accent qui de nos jours se dilue au profit d'un parler '' racaille ''. Premier volet de la La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol reposant sur l'ouvrage du célèbre écrivain et cinéaste français, ce long-métrage de plus de deux heures est comme très souvent chez son auteur, ce que l'on peut considérer comme l'un des plus précieux nectars en matière d'écriture. Bien avant Michel Audiard, Francis Veber ou Bertrand Blier, l'écrivain, scénariste et réalisateur français donne ici ses lettres de noblesse au cinéma méridional. Un héritage culturel et cinématographique qui pour certains fait probablement la nique à la concurrence parisienne de l'époque dont les qualités sont pourtant très '' flatteusement'' mises en avant par les archéologues du septième art... Tandis que le réalisme poétique du cinéma parisien s'ancre à l'époque au travers de certaines œuvres aussi célèbres que Quai des brumes ou Hôtel du Nord de Marcel Carné ou Sous les toits de Paris de René Clair, au ton plus sombre et donc beaucoup plus pessimiste, le cinéma de Marcel Pagnol s'inscrit dans un courant beaucoup plus chaleureux. Pourtant, l'un et l'autre de ces cinémas se trouvent être très proches du peuple. D'où des thématiques qui dans Marius parlent invariablement au plus grand nombre, que l'on soit du sud ou du nord. Ironiquement, si plusieurs séquences situées notamment aux abords du Vieux Port ont effectivement été très exactement tournées sur le lieu de l'intrigue, d'autres furent réalisées dans les Studios de Joinville, situés à Joinville-le-Pont, dans le Val-de-Marne. Et parmi ces dernières, celles situant leur action dans le Bar de la Marine, un lieu authentique du Vieux Port reconstitué à l'occasion du long-métrage...



Si l'histoire est somme toute classique et tourne autour de deux idées principales, Marius vaut évidemment davantage pour ses dialogues et son interprétation que pour son cadre, lequel se résume rapidement au Bar de César Ollivier qu'interprète l'excellent Raimu et à quelques séquences tournées en extérieur et notamment sur le quai du Vieux Port de Marseille. Si le père de Marius est très présent à l'image et donne la réplique au héros lors de séquences souvent admirables, c'est bien autour du jeune homme que tourne ce premier volet de la La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol. Laquelle se poursuivra l'année suivante avec Fanny avant de prendre fin en 1936 avec César. Dans Marius, il est beaucoup question d'amour et de passion. Écrit par Marcel Pagnol mais réalisé par le britannico-hongrois Alexander Korda, le long-métrage fait effectivement la part belle à cet amour que partagent l'un pour l'autre Marius et la jeune Fanny. Respectivement interprétés par Pierre Fresnay et Orane Demazis, cette dernière accompagnera la carrière de Marcel Pagnol durant un temps tout en partageant son existence entre 1925 et 1938. L'on pourra d'ailleurs regretter qu'en 1952 le cinéaste et écrivain n'ait pas préféré opter pour une actrice de la trempe d'Orane Demazis plutôt que pour sa nouvelle compagne Jacqueline dont l'incarnation dans la seconde partie de Manon des sources intitulée Hugolin laissa quelque peu à désirer ! Si beaucoup semblent tout d'abord se souvenir de la mythique partie de carte et de la légendaire réplique de César ''Tu me fends le cœur, Marius vaut surtout pour ses innombrables lignes de dialogues dont la richesse et l'esprit parfois très méridional régalent les oreilles du spectateur en permanence. Un humour très présent, donc, mais aussi quelques moments plus graves qui démontrent notamment la richesse d'interprétation de la plus part des acteurs présents à l'image. Les rapports entre Marius et son père César. Et plus encore, cette séquence relativement longue durant laquelle Marius et Fanny avouent s'aimer tandis que le jeune homme révèle à la jeune femme la raison pour laquelle il ne peut pas l'épouser. Bref, Marius est une pépite du cinéma français des années trente qui n'a pris que très peu de rides. De formidables acteurs. Une histoire simple campée par des personnages fascinants, touchants et souvent drôles...


dimanche 19 avril 2026

Symptoms de José Ramón Larraz (1974) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Nous sommes en 1974 et le réalisateur et scénariste espagnol José Ramón Larraz a beau tenter de nous leurrer, le subterfuge ne fonctionne pas. Qu'il s'agisse d'un plagiat ou plus simplement d'un remake tardif de l'excellent Répulsion de Roman Polanski réalisé près de dix ans auparavant, ça n'est pas parce que l'un se déroule dans un manoir situé dans une forêt et aux abords d'un lac et que le second situe son action dans un appartement placé au cœur de Londres qu'Helen n'a aucune chance de rappeler aux bons souvenirs des cinéphiles la Carole Ledoux du classique du cinéaste franco-polonais. Avec son visage ovale si particulier, ses yeux enfoncés dans leurs orbites, l'actrice britannique Angela Pleasence rappelle à chaque instant qu'elle fut la fille du légendaire Donald Pleasence. Décédée le 10 avril dernier, la jeune femme donne à voir dans ce très curieux long-métrage lorgnant entre drame et épouvante l'une des plus saisissantes incarnations de la folie sur grand écran. En toute discrétion, se déplaçant aussi silencieusement qu'une chatte découvrant son tout nouveau territoire, Angela Pleasence interprète dans Symptoms, un personnage trouble dont on sait d'emblée qu'elle est sujette à des désordres d'ordre psychiatrique. Ce que viendra d'ailleurs confirmer la suite du récit même si pour l'instant, aucune précision ne vient étayer la moindre hypothèse quant à leur origine ! Tout commence alors qu'un couple s'enlace en pleine forêt. Puis, subitement, dans un cadre qui n'est pas tant éloigné géographiquement ou temporellement de cette première séquence, l'on aperçoit le corps d'une femme à la surface d'un lac... Helen vit seule, dans ce manoir trop grand pour elle. Mais alors qu'un certain Brady (Peter Vaughan) semble ''veiller'' sur elle, la jeune femme accueille son amie Anne (Lorna Heilbron) qu'elle supplie alors de rester à ses côtés quelques temps malgré le petit ami relativement impatient de cette dernière qui lui demande de revenir chez eux. Anne accepte finalement de rester quelques jours de plus auprès d'Helen mais un soir, alors que la nuit sans Lune éclaire difficilement l'intérieur du manoir, trop curieuse, l'amie en question monte au grenier et y trouve une malle qu'elle décide d'ouvrir... Bien évidemment, avant que tout ne chamboule et que cette touchante histoire d'amitié ne bascule dans l'horreur, José Ramón Larraz cherche à donner une définition aux peurs qui engendrent chez son héroïne, la folie.


De celles qui poussent à vivre recluses chez elles de jeunes femmes. Ici un manoir. Là-bas, un appartement londonien. Les repères de deux bêtes, cachées l'une comme l'autre dans leurs propres solitudes, cultivant ainsi leurs obsessions jusqu'à ce que des interventions extérieures ne déclenchent un tourbillon de violence. Tout ou presque dans Symptoms réveille donc le souvenir de Répulsion, premier volet de la remarquable Trilogie de l'appartement de Roman Polanski. Deux jeunes femmes frêles, timides, peu communicatives. Jusque dans ces robes de chambres qu'elles portent le plus souvent. Ce lapin d'un côté ou ce beurre rance de l'autre, qu'elles laissent respectivement traîner comme les témoins du temps qui passe. Ou celui de ces névroses qui entretiennent la paranoïa. Ces rêves éveillés, hallucinés, formés dans un cas comme dans l'autre autour de cadrages inhabituels témoignant du désordre qui se déroule dans leur tête. De l'envahissement fantasmé d'étrangers chez Carol ou des bruits inquiétants qui viennent du grenier chez Helen et qui lui rappelle sans cesse son amie Cora... La jeune femme qui justement au début était celle que Brady enlaçait... avant que l'on ne devine que le corps qui ''baignait' ensuite à la surface du lac était bien celui de cette amie disparue. Et puis, il y a l'arme employée. Une lame de rasoir et une lourde sculpture pour l'une et la lame d'un couteau pour la seconde. Bref, le long-métrage de José Ramón Larraz rappelle bien dans toutes ses entournures le chef-d’œuvre de Roman Polanski. Sur un rythme très lent, voire lancinant, Symptoms décrit la longue et inévitable dérive psychologique de son héroïne chez qui des médecins sans doute très officiellement compétents avaient pu malgré tout déceler la guérison. Fiévreuse, blafarde, cheveu en bataille et le regard dans le vide, Angela Pleasence incarne la folie avec une intensité parfois glaçante. Le cinéaste espagnol et le directeur de la photographie Trevor Wrenn sublimant en outre les décors dans un jeu d'ombres et de lumières réellement angoissant. Une œuvre rare qu'il devient urgent de redécouvrir. Surtout aujourd'hui, en hommage à une actrice qui probablement sera demeurée dans l'ombre de son père même si Symptoms révélait déjà à l'époque son immense potentiel d'interprète...

 

samedi 18 avril 2026

Organ de Kei Fujiwara (1996) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Sept ans après avoir été l'une des interprètes du cinéaste Shinya Tsukamoto dans le film culte Tetsuo, l'actrice et réalisatrice Kei Fujiwara se place cette fois-ci derrière la caméra pour pondre sa première réalisation en 1996. Organ est une œuvre organique, qui avec Tetsuo partage quelques similitudes, l'hybridation mécanico-organique en moins. De ces deux « matières » qui jusqu'en 1989 apparaissaient incompatibles, la cinéaste japonaise n'en conserve que la seconde. Car si Organ porte un nom qui lui sied à ravir, c'est parce que le film est tout entier un réservoir à viande particulièrement craspec. Dans des quartiers insalubres, les anti-héros du film barbotent dans un mélange assez écœurant de sang et de matières en décomposition.
Le récit de Organ est confus. C'est vrai, difficile de comprendre le spectacle que l'on a sous les yeux. Dès les premiers instants, on a du mal à cerner le parti-pris des personnages. Qui est flic, qui au contraire est un criminel ? Ici, le but étant pour le « héros » (terme à prendre avec des pincettes puisqu'aucun des personnages n'en est vraiment un) de retrouver son ancien collègue qu'il abandonna lors d'une enquête pour sauver sa propre existence. Organ est très gore. A partir du moment où l'on accepte le principe même du montage anarchique, inutile de chercher la moindre cohérence.

Kei Fujiwara filme à l'instinct, sans même se rendre compte des invraisemblances qui émaillent son œuvre. Le montage est nerveux mais échappe à toute logique. Comme certaines situations d'ailleurs, qui rendent totalement caduque toute recherche de point d'accroche. La post-synchronisation est catastrophique et certains bruitages accentuent le dégoût ressenti lors de scènes graphiquement très éprouvantes. Le pire dans Organ n'est pas l'hémoglobine qui coule à flot mais toutes ces substances que le corps sécrète. On a presque le sentiment de sentir les odeurs épouvantables qui se dégagent des organismes en mutation.
La monstruosité telle que l'individu se la représente généralement face aux actes barbares est ici extrapolée par la vision d'organismes qui se dégradent lentement mais sûrement vers des états qui n'ont pratiquement plus rien d'humain. Kei Fujiwara fait preuve d'une grande imagination en matière d'horreur. Le sang disparaît au profit de matières plus inquiétantes lorsque l'organisme n'est plus en mesure de combattre l'infection.

Au delà du spectacle tordu que nous propose la cinéaste viennent s'apposer des images riches de symbole qui faudra sans doute étudier un peu pour en comprendre le sens. Comme cette jeune femme accouchée dans la douleur par un immense cocon-vagin. Organ est une recherche permanente dans le domaine de l'expérimentation. Mais alors que Shinya Tsukamoto parvenait à créer une certaine cohérence dans le récit de Tetsuo, Kei Fujiwara laisse ses interprètes avancer en roue libre avec plus ou moins de bonheur.
Organ fera sans doute date dans le cinéma underground japonais. Du moins pour ceux qui sont friands de ce genre de performance, car les autres, les non-initiés, risquent de rejeter l'objet en bloc ! Vous êtes prévenus...
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