Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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vendredi 27 mars 2026

Mal de Ojo d'Isaac Ezban (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Éternelle jeunesse, rites païens, magie blanche, sorcellerie et héritage génétique, des thématiques chères au cinéma d'horreur et fantastique auxquelles s'attaquait en 2022 le réalisateur, scénariste, monteur et producteur mexicain Isaac Ezban, lequel nous a récemment habitué à mieux (Párvulos : Hijos del Apocalipsis en 2024). Pourtant, la carrière du cinéaste tente à démontrer l'instabilité de son œuvre d'un point de vue qualitatif. Car si même celui-ci est capable du meilleur, El Incidente en 2014 et Los Parecidos réalisé l'année suivante prouvent que l'on ne peut pas vraiment lui faire confiance au point de se lancer dans l'une de ses œuvres, les yeux fermés. Et malheureusement, comme une malédiction s'accrochant fermement à lui, Mal de Ojo pèse dans la balance du côté des longs-métrages que l'on aura très rapidement oublié après les avoir découvert... Développant les liens familiaux avec si peu de finesse que les prétendus twists qui émaillent l'intrigue n'en sont plus vraiment, l'antépénultième long-métrage d'Isaac Ezban démarre comme un conte pour enfant que l'on prendra malgré tout le soin d'interdire aux plus jeunes d'entre nous. Passant du cadre de la Dark Fantasy à celui du Folk Horror sans complexes ni même objectivité lorsqu'il s'agit de restituer d'un côté comme de l'autre, les bons et les mauvais points du film, le cinéaste se perd dans des circonvolutions floues et labyrinthiques qui participent de ce désir de marquer d'une forte ambiguïté, l'un des personnages centraux de l'histoire. Un récit qui suit les aventures de Nala (Paola Miguel) et de sa petite sœur Luna ((Ivanna Sofia Ferro), laquelle s'avère être victime d'une maladie dont nous ne connaîtrons pas les origines exactes mais qui la condamne à une mort certaine. Les parents des deux jeunes filles Rebecca (Samantha Castillo) et Guillermo (Arap Bethke) les confient alors à Josefa ( Ofelia Medina), leur grand-mère. Une femme que l'on trouvera très rapidement peu avenante. Le visage marqué par le temps, des lunettes aux verres opaques qui lui dévorent le visage et surtout, un comportement qui très vite va laisser planer le doute sur ses ''origines''. Non pas celles d'une vieille femme perpétuant des traditions familiales plus que discutables mais celles qui voudraient qu'elle est une sorcière...


Isaac Ezban bâtit d'ailleurs un parallèle entre les histoires que racontera à Nala et à Luna la domestique de Josefa (Paloma Almavar dans le rôle d'Abigail) et les événements qui se produiront par la suite. Si Mal de Ojo possède un petit quelque chose qui le rapproche de The Visit du cinéaste américano-indien M. Night Shyamalan qui lui est antérieur de sept années, la comparaison s'arrête à quelques menus éléments tant Isaac Ezban ne parvient absolument pas malgré tout le mal qu'il se donne, à donner du crédit à sa mise en scène ou aux personnages. Au mieux l'on appréciera une Nala jusque là méprisable, en pleine adolescente et butant donc avec l'autorité maternelle même lorsqu'il s'agit d'aider sa jeune sœur et qui par la force des choses entrera de plain-pied dans une certaine forme de maturité contrainte par l'arrivée d'un danger imminent. D'un autre côté, et malgré une ''gueule'' qui vaut bien tous les effets-spéciaux prosthétiques ou même les CGI qui parfois s'invitent au récit, la surenchère dont fait preuve Ofelia Medina, sans doute sous les recommandations du réalisateur, ruine tout effet de surprise. Des outrances qui passent parfois à l'image comme la volonté d'abrutir le spectateur supposé incapable de réflexion et auquel Isaac Ezban impose une vision simpliste du personnage ! À contrario, celui-ci semble se désintéresser totalement du reste du casting, à commencer par les parents ou bien même d'Abigail et son compagnon Pedro (Mauro González). Des personnages secondaires malheureusement abandonnés au profit du duo que forment donc Ofelia Medina et Paola Miguel. Passons sur la mise en scène et le scénario brouillons, sur le montage parfois chaotique ou sur la bande musicale parfois abusivement épique et inadaptée pour évoquer les effets-spéciaux numériques. Quelques apparitions sympathiques mais n'ayant aucune conséquence directe sur le rythme cardiaque du spectateur. Agrémentées en outre de Jumpscare dont le tour de force est là encore de n'avoir absolument aucune chance de créer le moindre sentiment d'effroi. Bref, Mal de Ojo est un coup d'épée dans l'eau qui vient rejoindre la très longue liste des petits films d'horreur sans presque aucun intérêt qui voient le jour chaque année...

 

jeudi 26 mars 2026

Black Sun: The Nanking Massacre (Hei Tai Yang: Nan Jing Da Tu Sha) de Tun-Fei Mou (1995) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Considéré comme le quatrième et dernier opus de la franchise Men Behind the Sun démarrée en 1988 par le réalisateur Tun-Fei Mou et poursuivie en 1992 et 1994 par Godfrey Ho avec les volets Men Behind the Sun 2 : Laboratory of the Devil et Men Behind the Sun 3: A Narrow Escape, le réalisateur à l'origine du premier revenait en force en cette année 1995 pour offrir aux spectateurs une conclusion très éloignées des préoccupations des trois premiers longs-métrages. En effet, alors que les deux premiers s'intéressaient aux horreurs perpétrées par le Japon lors de la seconde guerre mondiale dans un camp de prisonnier/laboratoire connu sous le nom d'Unité 731, le troisième évoquait le départ précipité à bord d'un train de celles et ceux qui participèrent aux expériences inhumaines qui y furent conduites... Dans ce quatrième opus désormais intitulé Black Sun: The Nanking Massacre (Hei Tai Yang: Nan Jing Da Tu Sha) et dans lequel nous retrouvons bon nombre d'interprètes et de figurants qui n'iront pas plus loin dans leur carrière d'interprète ou de simple silhouette que cette seule expérience, Tun-Fei Mou revient sur l'un des faits les plus marquants qui aient entaché la seconde guerre mondiale, la Chine et le Japon. Alors que l'Unité 731 où étaient menées des expériences scientifiques sur des armes bactériologiques n'est ici pas au centre du récit, l'action s'inscrit cependant pile au milieu de la période où eurent lieu les horreurs commises à Harbin dans la Mandchourie. Le réalisateur délocalise les horreurs perpétuées par l'armée japonaise jusqu'à Nankin à l'issue de la bataille qui opposa l'Armée impériale japonaise à l'Armée nationale révolutionnaire chinoise. En cette fin d'année 1937, des troupes chinoises constituées de cent-mille hommes environ sont laissées sur place par le chef du Kuomintang (ou parti nationaliste chinois) Chiang Kaï-shek. Alors que le Gouvernement chinois en place décide de déserter les lieux face à l'arrivée prochaine de l'armée japonaise, Nankin est confiée à un comité international dirigé par l'homme d'affaires et dirigeant allemand du parti nazi, John Rabe...


Mais face aux envahisseurs, ce défenseur des droits internationaux ne fera pas le poids... comme le montreront rapidement les images de ce film où les horreurs de la guerre y sont décrites sans le moindre filtre. En effet, Tun-Fei Mou repousse avec Black Sun: The Nanking Massacre les limites de l'horreur à travers des actes de barbarie rarement vue jusque là sur un écran de cinéma. Traduisible sous le titre de Soleil noir : le massacre de Nankin, l’œuvre du réalisateur taïwanais est un véritable catalogue d'atrocités dont certaines repoussent les limites de l'envisageable. Surtout lorsque l'armée japonaise s'en prend à des femmes ou des enfants. Derrière son contexte politico-militaire visant à décrire les intérêts des uns et des autres des généraux de l'armée japonaise, derrière aussi l'histoire de cet homme, père de deux enfants et témoin des horreurs qui sont commises autour de lui, Black Sun: The Nanking Massacre multiplie les séquences d'horreur. Du plus ''classique'' dans ce type de contexte génocidaire avec ces dizaines et même ces centaines de soldats désarmés, de civils faits d'hommes et de femmes de tout âge, abattus par arme à feu ou décapités à l'aide d'un sabre. Une scène de crime en forme de colline où s'effondrent les cadavres qui viennent de tomber sous les balles tandis que des centaines d'autres prisonniers attendent leur tour à quelque pas de là. Jusqu'aux horreurs les plus inenvisageables. Comme cette femme éventrée dont on arrache le fœtus à l'aide d'une baïonnette. Ou cette autre que des soldats violent avant de contraindre un moine bouddhiste d'en faire autant. Comme ce bébé jeté au sol avant d'être poignardé. Ou cet autre qui devant les yeux de sa mère est jeté quant à lui dans une marmite d'eau bouillante. Le réalisateur ne ménage effectivement pas ses effets, quitte à faire dans le gratuit histoire de remuer les estomacs. Malgré la facilité avec laquelle il incorpore ensuite à ses scènes d'horreur des photos ou des vidéos d'époque parfaitement authentiques, Tun-Fei Mou a malgré tout un réel sens de la mise en scène. Des milliers de figurants exécutant les directive du réalisateur pour un film de guerre en forme de charnier souvent éprouvant...

 

mercredi 25 mars 2026

Love After Death de Glauco Del Mar (1968) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

MON DIEU ce que ça peut être mauvais... En pleine période Nudies, je ne m'attendais pas à devoir passer une telle épreuve. Pourtant, le genre étant noyé sous un nombre incalculable de navets, celui-ci demeure pour l'instant ma pire expérience en la matière. Et pourtant, il y avait de quoi se réjouir devant un tel sujet. Imaginez : Détenteur d'un compte en banque plutôt fourni, Montel (l'acteur Guillermo De Córdova) est marié à Sofia (Carmin O'Neal) depuis six mois lorsqu'il meurt d'une crise cardiaque. Le pauvre n'aura jamais connu l'amour charnel puisqu'il était impuissant. Sa veuve, son meilleur ami, son médecin et son assistant ainsi que deux employés assistent aux obsèques. Problème numéro un : l'homme n'est pas mort mais vient d'avoir une énième crise de catalepsie. Incapable de bouger, il voit se refermer au dessus de sa tête, le couvercle du cercueil... Une fois enterré, Sofia s'empresse de profiter de la fortune de son cher défunt aux côtés du docteur Anderson (Roberto Maurano) qui en outre s'avère être son amant. Tous deux savent très bien que Montel n'est pas mort et comptent sur le fait qu'il doit logiquement mourir étouffé dans son cercueil. Problème numéro deux : l'homme parvient à s'extraire de la tombe et après avoir erré dans le cimetière, l'heure de la vengeance a sonné. Mais avant toute chose, il doit se prouver à lui-même qu'il est capable de faire l'amour à une femme. Alors, revêtu d'un costume blanc, il suit une inconnue dans la rue, puis la piège dans l'entrée d'un immeuble, l'étrangle et s'introduit chez la concierge, témoin de l'agression. Tandis que cette dernière est acculée dans le coin de son salon, Montel déshabille sa victime, lentement, très lentement, beaucoup trop lentement, et commence à la caresser, langoureusement, très langoureusement, beaucoup trop langoureusement. Apparemment très excitée, la concierge roule des yeux, se pince les lèvres, tandis que Montel essaie tant bien que mal de trouver l'excitation qui prouvera qu'il est enfin un homme. Pas de bol, cela ne fonctionne pas. De plus, voilà t'y pas que la morte n'est pas... morte mais bien vivante. Choquée ? Tu parles. Voilà t'y pas qu'à son tour la situation lui procure des sensations qui plutôt que de la pousser à fuir la scène tendent à l'exciter et à se laisser faire par son agresseur. Que constate-t-on ? Qu'en plus d'être un pitoyable amant, Montel est en outre un très piteux assassin ! S'ensuit une succession de séquences dont l'unique intérêt se trouve dans les innombrables scènes de nus, épouvantablement interminables et interprétées par des ''actrices'' qui n'ont de ''métier'' que le nom...


Car il faut les voir se trémousser avec dans le regard, cette expression qui parfois donne une définition assez juste du dégoût. Ouais, bon, j'en rajoute un peu mais bon... Pas moyen ici de s'exciter la nouille, je le confirme ! Côté vengeance, va falloir patienter parce Montel est si préoccupé par ce blocage d'ordre sexuel qui semble avoir poussé son épouse et son amant à fomenter sa mort (peut-être aussi un peu pour des questions d'argent, il est vrai) que le bonhomme va passer le plus clair de son temps à chercher celle qui, justement, parviendra à éveiller chez lui cet enthousiasme sexuel qui lui fait défaut ! D'une durée n'excédant pas les soixante-douze minutes, Love After Death (également connu sous le titre Unsatisfied Love) n'est pas comme pourrait le laisser entendre son intitulé, une œuvre axée sur la nécrophilie. Quoique, si l'on tient justement compte de la séquence se déroulant chez la concierge, on peut avoir quelques doutes à ce sujet. Mais non, le titre fait sans doute plutôt référence au fait que Montel entretienne divers relations après qu'il soit sorti de sa tombe ! L'on a droit en outre à une enquête policière qui n'a ni la saveur ni l'intérêt du plus petit thriller qui soit. Une phase du récit très homogène avec le reste de l'intrigue puisque rien, non, vraiment rien ne vient nous confirmer que l'on a bien fait de se lancer dans ce Nudies imbitable si ce n'est qu'il est parfois involontairement drôle. On pense notamment à cette séquence durant laquelle le détective (dés)incarné par Angel Mario Ramirez apprend à Anderson et à Sofia que Montel est toujours en vie. Après le départ du dit détective, la jeune femme séduit l'un des deux autres complices de la machination visant à éliminer son époux dans l'entrée alors même que le Docteur est dans la pièce d'à coté. Lui jetant des œillades aussi excitantes que le regard mort d'un mérou agonisant au soleil sur l'étal d'un poissonnier. Mise en scène bâclée, montage d'un autre monde (sans doute celui d'un technicien qui avait probablement d'autres chats à fouetter), amateurisme généralisé de la part de toutes celles et ceux qui apparaissent à l'image, redondance, apathie elle aussi généralisée, bref, l'ennui guette dès la première séquence et ne nous lâche pas une seule seconde jusqu'au générique de fin. Ce second des quatre longs-métrages réalisés par Glauco Del Mar et à bannir définitivement de vos plannings ciné !

mardi 24 mars 2026

Do not Enter de Marc Klasfeld (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Alors qu'il a quasiment consacré l'entièreté de sa carrière à tourner des clips vidéos pour divers artistes musicaux, le réalisateur, scénariste et producteur américain Marc Klasfeld s'est lancé pour la seconde fois dans la mise en scène d'un long-métrage plus de vingt années après avoir réalisé et écrit la comédie satirique The L.A. Riot Spectacular. En 2026, l'auteur de plus de cent-cinquante clips vidéos réalise donc son second projet cinématographique à travers non plus la comédie mais le cinéma d'horreur, d'épouvante et de fantastique avec Do Not Enter. Un film de genre dont il existe d'innombrables copies mais qui toujours et à jamais font le beurre de celles et ceux qui usent d'un indéfectible opportunisme pour se faire de l'argent. Et ce, quoi qu'il en coûte. Surtout lorsqu'il s'agit de prendre les spectateurs pour des imbéciles ou pour des ''patients'' atteints de sénilité, incapables qu'ils semblent être de voir qu'on leur ressort chaque année, la même partition. Faisant preuve ici d'un tout petit brin d'imagination puisque l'intrigue se déroule non plus dans une maison, un appartement ou un manoir hanté mais dans un hôtel qui a fermé ses portes après que l'épouse du directeur ait été assassinée et que le propriétaire des lieux ait lui-même disparu ! Je sais, et ma compagne ne cesse de me le répéter, mais il est interdit de proférer certains mots. Comme de dire qu'un film est une merde. Qu'un album de musique est une merde. Qu'une peinture est une merde. Qu'un ouvrage littéraire est une merde. Qu'une bande-dessinée est une merde. Ou que Jean-Luc Mélenchon est une merde même si concernant ce dernier, l'envie de l'écrire excite mes cellules grises et fait palpiter la pierre qui me sert de cœur... Tout débute ici de la pire des manières. Car après un générique qui attise tout de même la curiosité, la présentation de quatre des protagonistes qui vont évoluer durant le récit est on ne peut plus ratée. Quatre influenceurs, propriétaires d'une chaîne qui n'attire même pas cent spectateurs par vidéo. Et pourtant, Cora (Francesca Reale), Vernon (Shane Paul McGhie) ainsi que Diane (Adeline Rudolph) et son compagnon Rick (Jake Manley) se démènent pour proposer du contenu original et addictif. Mais rien n'y fait. Pas même lorsque de nuit, ils se jettent d'une rame de métro lancée à pleine vitesse lors d'une séquence absolument invraisemblable... Cependant, l'idée leur vient ensuite de s’introduire dans un hôtel désaffecté historiquement chargé...


Des meurtres, des disparitions et un magot paraît-il, astronomique, sur lequel jamais aucun visiteur n'a réussi à mettre la main ! Con comme un balai, Jake rappelle aux autres membres du groupe des Creepers qu'ils forment tous ensemble, l'une des lois qui le régissent : documenter puis disparaître. Mais surtout, le plus important, on ne touche à rien. T'as raison Coco. En gros, si les personnages trouvent le pognon, il leur est conseillé de le laisser à sa place... Tu parles ! Accompagnés d'un cinquième larron du nom de Balenger (Laurence O'Fuarain), Cora, Diane et les autres apprendront bientôt que sa présence au sein de l'hôtel n'est pas le fruit du hasard. Il faut avouer que pour l'instant, Do Not Enter a tout du bon gros navet pour adolescents boutonneux en mal de frissons pour enfants de moins de cinq ans. Les interprètes sont mauvais et le réalisateur semble pour l'instant bien incapable d'instaurer la moindre ambiance malgré des décors qui valent le détour... Fort heureusement débarquent ensuite à l'image trois bons gros connards formant quant à eux un groupe d'individus particulièrement violents. À commencer par JD (Kai Caster) qui au début avait beaucoup de mal à suivre les règles des Creepers avant de rejoindre ses nouveaux amis Mack et Tod (Brennan Keel Cook et Nicholas Hamilton) et dont le second est un fieffé psychopathe. Leur présence relance l'intrigue qui se révèle alors plus mouvementée qu'auparavant. Ajoutant à cela, une créature qui hante les lieux et qu'incarne quant à lui Javier Botet, acteur espagnol atteint du Syndrome de Marfan. Une maladie lui ''octroyant'' des spécificités physiques hors normes qui lui ont ouvert les portes du septième art et notamment celui du cinéma d'horreur puisqu'il devint célèbre en incarnant le rôle de Tristana Medeiros dans la franchise horrifique de Paco Plaza et Jaume Balagueró, [•REC]. Marc Klasfeld tentant d'ailleurs de reproduire la traumatique séquence située au dernier étage de l'immeuble où près de vingt ans en arrière le long-métrage des deux réalisateurs espagnol situait son action, mais sans avoir une once de leur génie. Difficile de noter Do not Enter avec objectivité. Entre certaines séquences véritablement nulles et d'autres qui maintiennent un certain intérêt, le film du cinéaste américain mérite à peine la moyenne. Et encore faut-il savoir à ce titre se montrer bienveillant envers Marc Klasfeld, ses interprètes ou son équipe technique...

 

lundi 23 mars 2026

L’Incroyable femme des neiges de Sébastien Betbeder (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dix ans après avoir mis en scène Thomas Blanchard et Thomas Scimeca dans Le Voyage au Groenland dans lequel les deux interprètes faisaient le connaissance d'une communauté inuit, le réalisateur et scénariste Sébastien Betbeder retourne côtoyer ce peuple autochtone de l'Arctique et y plonge désormais les personnages incarnés par Blanche Gardin, Philippe Katerine et Bastien Bouillon. Lesquels interprètent respectivement Coline, Basile et Lolo, une sœur et ses deux frères qui n'ont plus communiqué entre eux depuis des années depuis que la jeune femme a fait le choix de partir au Pôle Nord afin de rechercher le Yéti, une créature légendaire issue de divers folklores. L'Incroyable Femme des neiges commence alors que Coline, transite de froid, s'écroule au sol. Le récit opère alors un voyage dans le temps. Un temps effectivement indéfinissable passe et l'on retrouve la jeune femme dans le village natal du Jura où elle vécu sa jeunesse auprès de ses deux frères et de leurs parents. Coline retrouve Basile, lequel travaille dans un restaurant. Lolo, quant à lui, ne débarquera qu'un peu plus tard, lorsque son frère estimera qu'il est tant que la fratrie se réunisse alors que Coline est devenue mutique. Entre temps, celle-ci aura eu l'occasion de revoir Christophe (Laurent Papot), un ancien petit ami qui avait fait le choix de la quitter. Car Coline est une femme instable. Bipolaire. Tandis que sa mort approche, elle et ses deux frères vont partir retrouver la petite communauté inuit qui l'avait accueillie alors qu'elle risquait de perdre la vie quelques années auparavant avant d'être miraculeusement retrouvée par deux hommes de la communauté en question... Notons que pour une fois, Blanche Gardin nous épargne la vulgarité dont elle s'est rapidement faite l'une des ''spécialistes'' lors de ses spectacles pour au contraire approcher son personnage de manière plutôt sobre. De son côté, et bien que le rôle de Basile lui colle relativement bien à la peau, l'exubérance de Philippe Katerine est ici beaucoup moins visible.


Aux côtés de Bastien Bouillon, ils composent une fratrie quelque peu dysfonctionnelle qui s'explique notamment lors d'une périlleuse et vertigineuse randonnée devant mener nos trois protagonistes jusqu'au refuge de leur père décédé. Sans trop être caricaturaux, l'on peut tout de même considérer les personnages comme des ''originaux''. Un terme qui sied d'ailleurs parfaitement au récit, dont la sobriété ainsi qu'une certaine austérité range L'Incroyable Femme des neiges dans une catégorie de longs-métrages qui s'écartent drastiquement du cinéma populaire et grand public. Et même si le titre prétend à l'origine opérer une rencontre ''fabuleuse'' entre notre héroïne féminine et l'un des plus célèbres mythes relatant l'existence d'une créature parfois nommée Bigfoot, Basajaun ou Kaptar, le long-métrage de Sébastien Betbeder est aussi et surtout ancré dans une réalité tragique : la mort annoncée de Coline. L'occasion pour le réalisateur et scénariste français d'évoquer à travers le récit, des coutumes ancestrales inuit qui porteront nos trois protagonistes en un lieu sacré, une porte, un chemin emprunté par nombre d'habitants de la région lorsque la Mort se fait pressante. Une issue abordée de manière d'ailleurs très optimiste puisque même si Sébastien Betbeder évoque l'idée d'un adieu entre la sœur et les deux frères, rien ne semble véritablement inéluctable. Derrière cette idée originale emprunte de mysticisme se cache malgré tout une œuvre qui ne se départit pas d'un certain humour. À travers la personnalité des divers protagonistes, certes, mais également à travers certaines situations. Comme les retrouvailles on ne peut plus extravagantes entre Coline et Sophie Giroud (Clémentine Baert), cette gamine que l'héroïne détestait assez peu cordialement du temps de leur adolescence et qui depuis est mariée avec Christophe, son ancien compagnon ! L'Incroyable Femme des neiges demeure malgré tout une œuvre très particulière, dénuée d'une énergie propre à la comédie. Humour et drame s'imbriquent dans un récit qui fait la part belle à des décors parfois saisissants de beauté et à une communauté inuit que le réalisateur rend très attachante...

 

dimanche 22 mars 2026

Marty Supreme de Josh Safdie (2026) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Après une carrière en commun longue d'une dizaine d'années qui a vu éclore quelques pépites parmi lesquelles l'on peut citer Good Time en 2017 ainsi que Uncut Gems en 2019, les frères Safdie se sont séparés pour, officiellement, poursuivre chacun de leur côté des carrières de cinéastes bien distinctes. Pourtant, les raisons invoquées semblent bien plus sombres qu'elles n'en n'ont l'air mais nous ne nous attarderons pas ici à leur sujet. En effet, il est sans doute plus préférable d'évoquer le dernier long-métrage réalisé par Josh, l'aîné des deux frères qui après le départ de Benjamin vient de réaliser, écrire et produire (en collaboration avec son principal interprète Timothée Chalamet, Ronald Bronstein, Eli Bush et Anthony Katagas) ce qui sans doute demeurera comme l'un des meilleurs films à avoir vu le jour en cette année 2026 même si celle-ci n'en est pour l'instant qu'à son troisième mois. Après avoir habitué le public à assister à des spectacles relativement sombres notamment à travers les deux exemples cités plus haut, Josh Safdie perpétue un genre dont les frères Joel et Ethan Coen ont longtemps été les portes-étendards. Un mélange entre thriller noir, absurde, drame et dont Blood Simple, Fargo, No Country for old Men ou Burn After Reading demeurent les plus remarquables exemples. Pourtant, ici, nulle trace de l'un et de l'autre à la réalisation ou à l'écriture. En solo, John Safdie assure lui-même la réalisation. Ainsi que l'écriture à laquelle a collaboré le scénariste, acteur, monteur et producteur Ronald Bronstein auquel les frères Safdie offrirent notamment le rôle de Lenny dans Lenny and the Kids il y a dix-sept ans. Derrière un titre qui renvoie à l'appellation des balles de Tennis de Tables oranges dont le personnage central Marty Mauser s'enorgueillit d'être l'inventeur alors même que leur conception provient du fait que les blanches étaient difficilement décelables lorsque des matchs étaient diffusés à la télévision, Marty Supreme décrit avec raison la personnalité excentrique de cet ''anti-héros'' arrogant, opportuniste et très souvent dénué de toute morale lorsqu'il s'agit d'arriver à ses fins...


Un personnage charismatique pourtant dénué de l'ampleur physique que l'on prêterait généralement à ce genre d'individu. Relativement frêle comme l'était celui que l'acteur est censé reproduire à l'image, doté d'une moustache et d'une coiffure qui renvoient à l'époque où chez nous la série télévisée policière Les brigades du Tigre rencontrait un certain succès, on ne peut pas dire que Timothée Chalamet jouisse ici d'un statut d’icône sexuelle. Et pourtant, comme le démontrera par la suite l'évolution de sa relation avec la comédienne Kay Stone (Gwyneth Paltrow), l'homme est si sûr de lui et possède un tel bagout que rien, vraiment rien ne semble pouvoir se mettre en travers de sa route. Pas même la relation qu'il va entretenir avec cette beauté d'âge plus ou moins mûr qui s'amusera souvent de l'attitude de ce jeune homme d'une trentaine d'années son cadet mais avec lequel elle entretiendra une relation charnelle relativement intense. L'auteur de Marty Supreme mêle les genres avec un certain brio. Contrairement à un Edgar Wright qui parfois épuise à force d'être beaucoup trop démonstratif (Baby Driver en 2017, The Running Man en 2025), cette facette du cinéma de Josh Safdie fonctionne par contre à merveille. Sur la base d'un fait parfaitement authentique (le film s'inspire en effet de Marty Reisman, un pongiste qui entre 1958 et 1960 remporta deux fois l'US Open de Tennis de Table), Josh Safdie et son scénaristes ont conçu une œuvre qui dépasse de loin les frontières du Biopic tel qu'il est généralement envisagé sur grand écran pour introduire son arrogant personnage dans un récit qui fait appel à un genre auquel ceux qui connaissent bien l'histoire de l'ancien champion de ''Ping Pong'' aujourd'hui décédé depuis une quinzaine d'années ne s'attendaient certainement pas...


Une ambition dévorante qui poussera Marty ainsi que celle qu'il a engrossé huit mois auparavant (l'actrice Odessa A'Zion dans le rôle de Rachel Mizler) à suivre un chemin pavé d'embûches, mettant à diverses reprises sa vie et celle de la jeune femme en danger. Pourquoi ? Pour atteindre un but, un seul. Rencontrer de nouveau Endo (Koto Kawaguchi), le champion japonais de Tennis de Table qui quelques mois auparavant sortit vainqueur de la finale de l'Open d'Angleterre qui opposa les deux hommes. Persuadé que son adversaire fut avantagé grâce à un nouveau modèle de raquette, Marty n'a plus qu'un seul objectif. Partir au Japon pour les prochains championnats du monde afin de jouer contre Endo et de le battre. Problème : le jeune homme n'a pas l'argent nécessaire qui lui permettrait de prendre l'avion pour le Pays du Soleil Levant... Si Marty Supreme repose sur une mécanique parfaitement huilée, le film profite également d'un casting trois étoiles. À Commencer par Kevin O'Leary, lequel incarne le rôle du richissime homme d'affaire Milton Rockwell sur lequel compte Marty pour réaliser son projet. Tyler Okonma interprète de son côté le chauffeur de taxi et ami/complice d'arnaques Wally. Mais aussi et surtout, le long-métrage de Josh Safdie est l'occasion de redécouvrir l'immense Abel Ferrara dans le rôle d'Ezra Mishkin. Un personnage ambigu, dont les contours sont volontairement mal définis (mafioso ? Bookmaker ?) mais qui sera lui aussi au centre d'un récit touffu, transcendé par un cinéaste qui n'a pas laissé au hasard la moindre petite porte de sortie. Bref, foncez voir Marty Supreme tant qu'il est en salle, vous ne le regretterez pas...

 

samedi 21 mars 2026

Leaving Las Vegas de Mike Figgis (1995) - ★★★★★★★★★★




Ben Sanderson (interprété par Nicolas Cage) a tout perdu. Sa femme l'a quitté emportant avec elle leur progéniture, et il vient tout juste de se faire licencier par la boite de production dans laquelle il travaillait. Alors Ben boit, plus que de mesure. En plein désarroi il n'a plus qu'une seule idée en tête,  avoir recours au suicide. Et comme il passe son temps à écumer les bars, il décide de se noyer dans l'alcool jusqu' à en mourir. Alors pour en finir il décide de tout quitter pour finir ses jours à Las Vegas, cette grande ville où les bars et les salles de jeux sont ouverts vingt quatre heures sur vingt quatre. Avant de partir, il brûle tout ce qui le rattache avec son existence: papiers et souvenirs partent en fumée, comme pour le libérer de tous les biens matériels qui le rattachent à une existence qu'il veut oublier.

Arrivé à Las Vegas, Ben fait la connaissance d'une prostituée prénommée Sera (la superbe Elisabeth Shue) avec laquelle il sympathise très vite. La jeune femme a quitté Los Angeles et fuit un certain Yuri, maquereau violent qui ne tarde pourtant pas à la retrouver. Usant d'un humour noir et sans faille, Ben tente tant bien que mal de cacher son goût immodéré pour l'alcool. 

Plus qu'une simple séance de culbute dans un hôtel minable, la première rencontre entre Sera et Ben est pour eux l'occasion de partager une bonne bouteille et d'en apprendre un peu plus l'un sur l'autre. Plus tard, pressée par Yuri de rapporter davantage d'argent, Sera est humiliée par un homme qui se méprend sur ses intention. Elle part alors à la recherche de Ben qu'elle retrouve assis sur un banc, au milieu d'un boulevard, toujours pris de boisson, livide et délirant plus que jamais, incapable de voir la main que lui tend Sera. Celle-ci retrouve Ben un peu plus tard dans sa chambre d'hôtel miteuse avant de partager avec lui un délicieux repas dans un restaurant. Leur histoire d'amour, débute véritablement à ce moment là, avec toujours en toile de fond, la déchéance volontaire de Ben qui va bientôt s'installer chez Sera...

Nicolas Cage, qu'on le veuille ou non est un acteur formidable. C'est peut-être avec ce film que l'on découvre sa réelle capacité à interpréter un véritable rôle de composition. Habitué aux films d'action musclés, de ceux qui n'exigent aucune réflexion de la part du spectateur, il prouve avec ce film (pour lequel il remporta l'oscar du meilleur acteur) qu'il est capable d'interpréter un rôle difficile et sensible. Et quoi de plus censé que de voir "Leaving Las Vegas" en version originale? Car malgré un doublage en français excellent, on y perd un peu en émotion et en sincérité. Il n'est pas rare de se sentir mal à l'aise devant certaines scènes alors que d'autres émeuvent et prennent à la gorge. Sera, elle, se démène tant bien que mal pour sortir Ben de sa situation alors que la sienne est déjà tellement compliquée, réalisant que l'issue de celui qu'elle aime ne peut être que fatale. Alors elle va l'accompagner jusqu'au bout.......Par amour. 


Elisabeth Shue est formidable dans son rôle de "prostituée-ange gardien" et aurait sans doute mérité au même titre que Nicolas Cage, de remporter un Oscar. Mike Figgis réalise un film tout en finesse et simplicité et tape en plein dans le mille, n'hésitant pas parfois à bousculer le spectateur dans des scènes, qu'elles soient interprétées par Cage ou Shue, qui forcent le respect tant elles sont jouées de façon admirable.

Un film jusqu'au boutiste puisque l'Amour seul n'arrivera pourtant pas à sauver Ben...

vendredi 20 mars 2026

La bonne étoile de Pascal Elbé (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

La seconde guerre mondiale ayant fait l'objet de nombreuses adaptations cinématographiques, il n'est pas étonnant que certains réalisateurs et scénaristes aient pris le parti de l'évoquer sous l'angle de la comédie. Allant chez nous de l'extrême ''franchouillardise'' avec Le Führer en folie de Philippe Clair en 1974 en passant par la comédie populaire avec Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré et la trilogie de La 7ème compagnie de Robert Lamoureux et même jusqu'à ce que l'on aurait pu considérer à l'époque de sa sortie comme un ''Blockbuster'', La grande vadrouille, malgré un budget minime dépassant à peine les deux millions deux-cent mille euros pour une œuvre qui attira au moment de sa sortie et uniquement sur le territoire hexagonal, plus de dix-sept millions de spectateurs... Écrit et réalisé par Pascal Elbé, La bonne étoile est son quatrième long-métrage en tant que réalisateur, il est surtout connu pour sa carrière d'acteur, ce qui ne l'a donc pas empêché de débuter son métier de cinéaste dès 2010 avec Tête de turc. Suivront en 2015 Je compte sur vous et en 2020 On est fait pour s'entendre. Originaire d'une famille juive d'Algérie, le sujet central de La bonne étoile éclaire sous un jour qui n'est malheureusement pas tout neuf le cas du juif en France. comme en témoignent certains événements récents ou comme Pascal Elbé, lequel constate que depuis la fin de la guerre rien n'a vraiment changé. Les préjugés perdurent et il n'est pas certain que La bonne étoile permette ou pousse les esprits réfractaires à changer d'opinion s'agissant de la communauté juive. Et pourtant... Relativement mal perçu par une partie des critiques qui n'ont peut-être pas réellement saisi de ce que voulait témoigner à son public Pascal Elbé, La bonne étoile est un petit bijou qui gagne en force et en intérêt au fil de l'intrigue. Après des débuts hésitants dont quelques passages pourtant forts drôles réunis dans une bande-annonce qui laissait présager une pure comédie débarrassée de toute forme de dramaturgie, le dernier film écrit et réalisé par Pascal Elbé est en fait beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. Et ce, même s'il convie dans le rôle de Jean Chevalin, un Benoît Poelvoorde qui comme souvent oscille entre drôlerie et infortune. Tout commence pourtant par une idée absurde : soldat de l'armée française, Jean Chevalin déserte au bout d'une journée seulement. Et alors que d'autres qui comme lui ont lâchement abandonné leur poste en s'enfuyant avant d'être retrouvés puis condamnés au peloton d'exécution, l'homme entend faire passer son épouse Paulette (Audrey Lamy), leur fils Marcel (Louis Lagorce Douce-Doussière) et lui pour une famille juive.


Afin, ensuite, de se mettre à l'abri chez Madeleine (Zabou Breitman), une Comtesse qui a pour habitude d'abriter des familles pourchassées par l'armée allemande... Pleutre, Jean va pourtant bien malgré lui se retrouver embrigadé dans la résistance et devenir cet homme courageux qui jusqu'à maintenant lui faisait défaut... En chemin, il rencontrera Sam Goldstein (Pascal Elbé lui-même) qui par sa faute a été séparé de son fils Salomon (Camille Sagols)... Quand la France se met à la comédie dramatique plutôt qu'à la comédie ''tout court'', il n'est pas rare d'être agréablement surpris. Car sous ses atours de parodie dont l'essentiel tourne autour de la poltronnerie du personnages incarné par Benoît Poelvoorde, c'est l'attitude même des français lors de l'invasion de notre pays par l'Allemagne nazie qui intéresse ici Pascal Elbé. Traduisant la Collaboration à travers quelques individus manifestement plus enclins à traverser la guerre en se positionnant autrement que du côté de l'envahisseur que de celui de leurs propres concitoyens, La bonne étoile décrit les agissements de ceux qui assurèrent leurs arrières en s'associant à la police politique du Troisième Reich connue sous le nom de Gestapo ou les bassesses notamment fomentées ici par une horrible bonne femme dénonçant une famille juive qu'elle côtoie pourtant depuis des années. Mais surtout, La bonne étoile pousse un homme à côtoyer ceux-là mêmes qu'il était prédisposé à voir comme le veulent les clichés, jusqu'à prendre son courage à deux mains afin de reconquérir le cœur de son épouse. Parfois drôle même si l'on ne rigole pas à gorge déployée, mais aussi très émouvant (l'on remerciera d'ailleurs le duo de musiciens Romain Allender et Valentin Couineau pour certaines de leurs compositions), La bonne étoile se range finalement du côté du meilleur de la ''comédie de guerre à la française''. Bien loin de ce que laissait présager la bande-annonce... et c'est tant mieux !

 

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