Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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dimanche 8 novembre 2026

Les passagers de Serge Leroy (1977) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En grand pourvoyeur de polars et autres thrillers à la française, le réalisateur et scénariste Serge Leroy signait en 1977 Les passagers avec Jean-Louis Trintignant aux commandes de sa voiture et dans le rôle d'Alex Moineau et Richard Constantini qui dans celui de son beau-fils Marc incarne le personnage de Marc, le fils de sa nouvelle épouse Nicole qu'interprète de son côté la superbe Mireille Darc. Tandis qu'Alex remonte à bord de son véhicule et en compagnie de Marc la route qui mène de Rome à la capitale française, une étrange camionnette entièrement noire les suit de près sur l'autoroute, disparaissant la nuit tombée lorsque l'homme et le garçon dorment à l'hôtel pour ensuite réapparaître derrière eux. Vu le déroulement de l'intrigue, on pense presque immédiatement au téléfilm culte de Steven Spielberg Duel que l'américain réalisa en 1971. Un long-métrage très anxiogène qui inspira étonnamment la même année, en 1977, deux œuvres dont les similitudes les rapprochent de ce que l'on appelle communément des films jumeaux. Du moins en partie puisque si dans L'enfer mécanique d'Elliot Silverstein le mystère reste quasiment total jusqu'à l'issue de l'intrigue, Serge Leroy et Jean-Pierre Vergne (en co-scénariste) ont la mauvaise idée de vendre l'identité de celui qui traque les deux principaux protagonistes après seulement dix minutes ! Autant dire que concernant le mystère qui entoure ce personnage et les origines de sa camionnette ne font pas long-feu... Sur un rythme relativement soporifique, Serge Leroy met en scène un road movie, entre l'Italie et la France. Une grande majorité du récit se déroule sur les autoroutes transalpines, entre bitume et chambres d'hôtel avec en point de mire celui qui poursuit pour on ne sait quel but au départ, Alex et Marc. Mais là encore, allez savoir pour quelle raison mais le cinéaste préfère livrer au spectateur un élément essentiel qu'il aurait mieux fait de garder pour lui tout au long de l'histoire. En effet, parce qu'il semble vouloir mettre rapidement en scène la toujours magnifique Mireille Darc, Serge Leroy ne fait aucun mystère du lien qui existe entre elle et..... Bernard Fresson qui dans la peau de Fabio apparaît donc comme son ancien amant. Un homme qui accepte mal que son ancienne compagne l'ait quitté pour un autre homme...


Les pièces du puzzle se mettent alors en place avec une certaine logique et le spectateur n'a plus qu'à constater le résultat sans avoir eu besoin de réfléchir à la question ne serait-ce qu'au-delà des dix ou quinze premières minutes. Si Jean-Louis Trintignant interprète un beau-père simple, doux, discret et très compréhensif vis à vis d'un Marc très en avance intellectuellement sur son âge, Bernard Fresson incarne quant à lui un individu plutôt inquiétant, totalement obsédé par Nicole, atteint de troubles psychiatriques qui le font commenter ses actes devant une Nicole qui pourtant est absente. Des séquences où apparaît justement Mireille Darc afin de figurer la folie qui s'est emprise de Fabio depuis qu'elle l'a quitté ! Car à la vérité, la jeune femme est au chaud, chez elle, à Paris et à attendre son fils et son mari tandis qu'eux, les pauvres, subissent un haut niveau de stress même s'ils éprouvent quelques difficultés à se l'avouer. Les passagers reste donc le Duel du pauvre, souffrant majoritairement d'une flagrante absence de rythme qui nuit souvent au récit. D'autant plus que le film se déroulant généralement à bord du véhicule conduit par Alex/Jean-Louis Trintignant, le récit ne peut même pas compter sur ses dialogues qui eux-mêmes s'avèrent souvent très banals. Pas de quoi frissonner même si en tueur (misogyne ?) disséminant ça et là les cadavres (dont deux motards de la police italienne) Bernard Fresson fait ce qu'il peut pour se rendre effrayant. Notons malgré tout une particularité intéressante s'agissant du scénario puisque il s'inspire en fait d'un roman écrit par l'un des plus grands auteurs d'épouvante et d'horreur de la littérature américaine, Dean Koontz qui sous le pseudonyme de K.R.Dwyer signa en 1973 le roman Shattered qui chez nous fut publié en 1977 sous le titre Les passagers...

 

samedi 7 novembre 2026

Les Grands Prix du Festival international de Paris du film fantastique et de science-fiction (1973-1978)





Pour en arriver à créer le Festival international du film fantastique et de science-fiction de Paris, le jeune Alain Schlokoff a dû passer par diverses étapes afin de forger ce qui deviendra plus tard sa spécialité : le cinéma fantastique. Féru de fanzines américains, c’est à quatorze ans qu’il achète une machine à écrire afin de produire ses propres fanzines. Malheureusement pour lui, l’expérience démarre sous de bien mauvaises augures puisqu’en 1967, et alors qu’il a déjà conçu quelques fanzines, il a l’ambition d’en produire un beaucoup plus important. A tel point que dès le numéro deux, il décide de le faire imprimer. Alain Schlokoff perd cependant la propriété de Horizons du fantastique mais se relève très vite et fonde L’Ecran du fantastique, qui deviendra par la suite l’une des plus importantes références en matière de magasine consacré au cinéma fantastique. Mais le bonhomme ne s’arrête pas là. Alors qu’il termine son service militaire en 1972, il lance le premier projet d’un genre qui en influencera plus d’un : Le Festival international du film fantastique et de science-fiction de Paris. De 1973 à 1989, outre des prix d’interprétation, des prix pour les effets-spéciaux, de la Critique, ou encore pour le scénario, le Grand Grix remis chaque année à une œuvre fut La Licorne d’Or. 


Il y en avait pour tous les gouts et de toutes les qualités. En 1973, le tout premier film à recevoir cette récompense est Asylum de Roy Ward Baker (Les 7 Vampires d’Or). Un psychiatre, un jeune médecin qui aimerait intégrer un hopital psychiatrique, et quatre patients. Résultat, le gagnant est un film à sketches « visité » entre autre par Peter Cushing, Patrick McGee, Barry Morse ou bien Charlotte Rampling. L’année suivante, c’est l’excellent The Wicker Man (dont on a osé réaliser un remake il y a quelques années) qui remporte le grand prix. Signé par Robin Hardy, le film nous conte les mésaventures d’un policier fraîchement débarqué sur une étrange île où disparaissent de jeunes filles. Bientôt, le sergent découvre que les habitants des lieux se livrent à un curieux culte païen. Contraire à l’éthique du policier, ce dernier va tout faire pour démanteler cet étrange réseau auquel appartiennent même les mères de familles. Une erreur : le piège va se refermer sur lui. Un grand prix bien mérité puisque depuis, The Wicker Man est considéré comme l’un des meilleurs films britanniques. 1975. Les Insectes de Feu n’est ni un mauvais film, ni un chef-d’œuvre. C’est pourtant ce film qui remporte le précieux sésame cette année-là. Etrange récit que cette histoire de tremblement de terre qui libère des insectes possédant la faculté d’allumer des incendies. Des conséquences terribles dont va faire les frais une petite bourgade des États-Unis. 

En 1976, c’est une œuvre de science-fiction qui remporte le grand prix. Réalisé un an plus tôt par le cinéaste Paul Bartel,  La Course à la mort de l'an 2000 est une œuvre d’anticipation visionnaire qui critique férocement la société américaine et les dérives dans lesquelles elle aura tendance à plonger bien des années plus tard. Reality show fictif avant l’heure, le film explore un monde qui a perdu de sa superbe depuis un krach mondial survenu en 1979. Un seul homme est à la tête d’un parti unique. L’engouement du public n’est pas dirigé ici vers le football mais vers une curieuse course de voitures dans laquelle écraser des pétions est un paramètre essentiel si l’on veut gagner celle-ci. Sylvester Stallone et David Carradine sont les acteurs principaux de cette œuvre étonnante et finalement plutôt jouissive. L’environnement semble être au cœur des préoccupations du jury de 1977, puisque c’est le très « animal » The Food Of The Gods de Bert I. Gordon qui repart avec la Licorne d’Or. Des animaux qui grandissent grâce aux bienfaits d’une étrange substance. Voilà un étrange phénomène qui pourrait donner des idées à certains. Et c’est d’ailleurs ce qui se produit puisque les indigènes du coin vont vouloir exploiter ce précieux don des dieux. Mal leur en prendra puisqu’ils devront faire face à des créatures voraces et particulièrement agressives. L’année suivante, c’est Tobe Hooper qui repart avec le grand prix. L’homme qui a commis le plus grand film d’épouvante de tous les temps (excusez du peu) revient avec une autre histoire elle aussi inspirée de faits réels. Le Crocodile de la Mort, s’il n’est pas aussi puissant que son prédécesseur demeure néanmoins une œuvre efficace et surtout, l’une des meilleures de son auteur. Glauque à souhait et suintant la folie et la nécrophilie, Eaten Alive a pour lui d’être interprété par le génial Neville Brand. A noter que Tobe Hooper engage ici pour la seconde fois l’actrice (et scream girl) Marilyn Burns,  et que l’on y croise un « cow-boy » dont la tronche sera bientôt connue de tous les aficionados de Freddy Krueger, celle de Robert Englund…

vendredi 6 novembre 2026

Satsujinki wo Kau Onna de Hideo Nakata (2018) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Lorsque l'on évoque le cinéma d'épouvante japonais contemporain, en général, les premiers noms qui viennent à l'esprit sont ceux de Takashi Shimizu, de Hideo Nakata ou de Shin'ya Tsukamoto. Le premier est resté fidèle au genre qui l'a rendu célèbre tandis que le troisième a parfaitement réussi ses divers passages par d'autres catégories que l'horreur et le fantastique. Parmi ses plus brillantes tentatives, nous citerons les très réussis Rokugatsu no Hebi (A Snake of June) en 2002, Nobi (Fires on the Plain) en 2014 mais aussi et surtout le formidable Kotoko en 2011. Quant à Hideo Nakata, s'agissant de sa capacité à sortir de sa zone de confort inscrite dans le marbre de la J-Horror versant dans l'occultisme et la chasse aux fantômes, l'homme a notamment signé en 2019 une œuvre qui sort des sentiers balisés d'une carrière relativement homogène. Satsujinki wo Kau Onna (traduisible sous le titre La femme qui abrite un tueur) traite du corps et de l'esprit chez une jeune femme atteinte de troubles dissociatifs de la personnalité depuis l'âge de dix ans. Depuis en fait qu'elle a poussé dans le vide celui qu'elle croyait être son père. Un homme qui pratiquait sur elle des actes sexuels contre nature d'ordre incestueux et pédophiles. C'est ainsi qu'au fil des années Kyôko (Asuka Rin) a non seulement développé une aversion totale pour les hommes mais aussi diverses personnalités dont Yukari (Airi Matsuyama), du prénom de sa propre mère incarnée quant à elle par Toshie Negishi et qui la protègent de toute tentative d'intrusion de la part de la gente masculine. Apte à faire la connaissance de son voisin, l'écrivain Fuyuki Tajima (Kenji Mizuhashi) dont elle est une fan assidue mais dont il manque le premier ouvrage devenu introuvable, Kyôko travaille comme employée d'un bar-restaurant... Ici, pas vraiment de fantômes en dehors de ce qui appartient aux mauvais démons de l'héroïne incapable d'entretenir la moindre relation avec les hommes. La personnalité de Kyôko se rapproche sensiblement de celle de la jeune manucure prénommée Carol du classique de Roman Polanski, Répulsion...


À la différence où notre jeune protagoniste semble bien fantasmer d'hypothétiques relations sexuelles qu'elle n'assumera cependant pas par elle-même mais en passant ainsi le relais à Yukari, sa personnalité la plus exubérante, extravertie et nymphomane. Représentation maternelle de celle qui l'éleva, Yukari, tout comme la mère de l'héroïne éprouve une véritable fascination pour le sexe que Hideo Nakata transpose d'ailleurs à l'écran à travers différentes séquences ouvertement érotiques. Entre relations sexuelles mixtes et saphisme, ces scènes expriment le dérèglement intellectuel de Kyôko, incapable de s'assumer en tant que femme et replongeant même dans sa propre enfance à travers l'une des trois autres personnalités qui prennent régulièrement sa place. L'approche de Satsujinki wo Kau Onna est également comparable au cinéma d'un autre grand auteur cette fois-ci d'origine polonaise, Andrzej Żuławski. Si Roman Polanski a toujours fait preuve d'une certaine pudeur, Andrzej Żuławski, lui, avait pour habitude de lâcher ses héroïnes dans des tornades d'émotions et de pulsion viscérales extrêmes. Ce que l'on retrouve donc chez Hideo Nakata, à travers quelques séquences relativement explicites bien que le film soit avant tout un drame véritablement poignant. Basé sur le roman éponyme de Kei Ohishi, Satsujinki wo Kau Onna surprend tout d'abord par sa maturité. Si l'on élude l'aspect voyeuriste des nombreuses scènes de sexe, Hideo Nakata fait par contre en revanche œuvre de sobriété dans la narration. Car bien que le sujet puisse confiner à l'absolue noirceur, avec ce titre qui indique à l'avance le point de non retour inévitable vers lequel l'héroïne tente à se laisser glisser, l'un des maîtres de la J-Horror ne se laisse pas abuser par l'envie de verser des tombereaux d'hémoglobine pour mieux rester sur le terrain du drame psychologique et partager ainsi avec le public une expérience émotionnellement intense. Ce qu'est véritablement Satsujinki wo Kau Onna. Une œuvre troublante et dérangeante qui assurément prouve que le cinéaste japonais est donc effectivement capable de dépasser les frontières de l'horreur pour aller tutoyer l'intimité de ses personnages. Une réussite...

 

jeudi 5 novembre 2026

Pandémie (Gamgi) de Kim Seong-su (2013) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Si le film catastrophe est un genre en soit qui a donné lieu à de nombreuses œuvres cinématographiques plus ou moins réalistes ou absurdes, il demeure une sous catégorie qui a su exploiter la thématique de la pandémie pour flirter avec l'horreur et l'épouvante en transformant les victimes d'un virus en zombies, voire en infectés extrêmement agressifs envers leur concitoyens. Mais en 2013, le réalisateur sud-coréen Kim Seong-su est bien loin de ces considérations ''philosophiques'' qui généralement permettent de remettre les compteurs à zéro en éliminant la quasi totalité de l'espèce humaine pour permettre aux survivants de tout recommencer... ici, le récit est à l'échelle d'une ville d'environ cinq-cent mille habitants. Pas de monstres baveux terriblement belliqueux mais une cité très commune de Corée du sud qui va rencontrer un événement sans précédent qui pourrait bien avoir des répercussions sur le plan mondial si les responsables de la ville n'y mettent pas un terme le plus rapidement possible. Très vite, le réalisateur met en scène les frères Ju Byung-woo (Lee Sang-yeob) et Ju Byung-ki (Lee Hee-joon) lors d'une séquence constituant l'entrée sur le territoire non plus de migrants entassés dans un container dont un seul a survécu mais bien de ce mal invisible qui va rapidement se propager dans la ville de Bundang. Kim Seog-su nous présente ensuite Oh Ji-goo (Jang Hyuk), un sauveteur volontaire qui vient en aide à la jeune Kim In-hae (Soo Ae) qui travaille au centre de lutte contre la contagion de Bundang et qui après un accident de voiture se retrouve au fond d'un puits dont le sauveteur va l'extraire. Intervenant sur le terrain, l'Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies fait ensuite brûler le container et les cadavres qu'il renferme mais le virus a déjà commencé à se propager dans toute la cité. Administrateurs de la ville et politiciens minimisent la situation mais se retrouvent contraints de créer une zone de quarantaine pour les malades..... D'une durée ne dépassant les deux heures que d'une toute petite poignée de minutes, Pandémie (Gamgi) est typiquement le genre de spectacle auquel doivent s'attendre en général les amateurs de films catastrophes, qu'il s'agisse de productions américaines, asiatiques ou provenant de n'importe quel continent.....


Et ce qui aurait dû être une force pour une œuvre nous provenant donc de Corée du sud et qui aurait possiblement dû proposer quelques chose d'infiniment plus exotique que sur le territoire américain ne se révèle être en fait qu'une alternative dénuée de toute forme d'inspiration. En dehors, sans doute, de cette habitude très ''Corean-Touch'' qui n'est cependant pas propre au cinéma catastrophiste coréen mais qui consiste à injecter de l'humour à des situations qui ne s'y prêtent pas toujours. Car ici, aussi sérieux le sujet puisse-t-il être, le personnage incarné par l'acteur Jang Hyuk n'est pas de ceux auquels l'on aurait d'emblée penser confier la garde d'une petite gamine, fille de la jeune doctoresse Kim In-hae dont son sauveteur va rapidement tomber amoureux. Pourtant, le film démarrait sur la promesse d'un spectacle que l'on pouvait sans doute espérer plus proche d'un Contagion signé de Steven Soderbergh deux ans auparavant que de ces blockbusters bourrés d'une action ininterrompue renforcée par des visuels stupéfiants et une bande musicale tonitruante voire, assourdissante. Malheureusement, nous sommes parfois plus proches du spectacle généralement imposé par le nanardesque Roland Emmerich de la période 2012 ou Moofall que de celle de son brillant Le jour d'après... Sans être aussi bourrin, Kim Seong-su fait souvent preuve d'une finesse toute relative et va même pécher là où l'on aurait aimé qu'il exploite d'autres concepts plutôt que de nous assainer une bluette sans intérêt. Alors oui, certains visuels sont (plus ou moins) impressionnants mais pour le reste, le long-métrage demeure cependant très académique dans son fonctionnement. Quant au sentimentalisme avec lequel le cinéaste sud-coréen tente de nous toucher, l'effet y est inverse. Boursouflé par tant de sensiblerie, par ce rapport à l'autre dont on se fiche en réalité autant que de cet amour naissant entre deux formes de ''sauveurs de l'humanité'', Pandémie, malheureusement, s'englue tant et si bien dans des considérations extérieures qu'il finit par n'être plus qu'un film catastrophe très commun, fade et sans réelle saveur...

 

mercredi 4 novembre 2026

Nervures de Raymond St-Jean (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Petit détour par le Québec avec ce qui restera sans doute pour celles et ceux qui eurent la chance de le découvrir lors de sa sortie en salle dans son pays d'origine le 12 juin 2026 comme l'un des films d'horreur et fantastiques parmi les plus remarquables à avoir vu le jour cette année. Une année plus ou moins riche qui a notamment permis aux amateurs de découvrir Obsession de Curry Barker, 28 ans plus tard : Le Temple des Morts de Nia DaCosta, Backrooms de Kane Parsons ou le plus récent Resident Evil de Zach Cregger... Une chance, oui, car Nervures du québécois Raymond St-Jean est de ces œuvres inédites chez nous qui brassent tellement de genres et de thématiques que l'émulsion révèle un potentiel rarement inégalé. Tout part pourtant d'un concept assez simple. Âgée de vingt-sept ans, Isabelle (Romane Denis) revient dans son village natal retrouver ses parents qu'elle n'a pas revu depuis longtemps. Plutôt traditionalistes, ils ont effectivement toujours mal accepté le fait qu'elle soit homosexuelle et qu'elle vive avec une femme de couleur (Madeleine Sarr dans le rôle de Catherine). Lorsque elle et sa compagne arrivent chez ses parents, Isabelle apprend que son père est décédé voilà quelques semaines en arrière. Pour la jeune femme, c'est l'incompréhension : pourquoi sa mère ne lui a-t-elle pas téléphoné pour lui annoncer la mauvaise nouvelle ? En outre, celle-ci semble affaiblie. En effet, Thérèse (Marie-Thérèse Fortin) a perdu beaucoup de poids et semble être frappée de somnambulisme. Alors que le mystérieux docteur Toupin (Sylvain Marcel) veille sur la santé de la vieille femme, Isabelle apprend de plus que le chien de la famille est lui aussi décédé. Tout comme son cousin Charles (Léonard Turgeon) que son oncle Émile (Alexandre Castonguay) a veillé jusqu'à sa disparition... Beaucoup de morts, donc, autour de la jeune héroïne qu'incarne Romane Denis. Dans un contexte social où la fermeture de deux usines a contraint la plupart des habitants d'un village à partir vivre ailleurs, Nervures impose des thématiques fortes et très largement reléguées de nos jours. On ne parle bien évidemment pas de la relation entre les deux jeunes femmes qui ne se prévaut pas d'un quelconque affranchissement des nouveaux codes cinématographiques imposés par la bienséance mais bien de la mort, de l'euthanasie et pourquoi pas, de l'immortalité. Derrière le script de Raymond St-Jean et de Martin Girard se cache une véritable réflexion sur ce qu'il est supposé être possible de mettre en œuvre lorsque la douleur est devenue si intense qu'elle en devient insupportable...


Et c'est là qu'intervient le personnage relativement ambigu qu'interprète Sylvain Marcel. Un phytothérapeute dont l'exercice de la médecine fut bouleversée par sa rencontre avec la botaniste suédoise Nancy (Anana Rydvald) qui deviendra plus tard son épouse... Depuis, l'homme s'exerce à trouver le meilleur remède à la souffrance des gens à partir de décoctions injectées en intraveineuses à partir de plantes exotiques. Et c'est là que tout déraille..... On l'aura compris, le long-métrage de Raymond St-Jean est une approche assez particulière de la médecine alternative, avec celui que l'on hésite pour l'instant à considérer comme un ''savant fou''. Car Raymond St-Jean a l'intelligence de travailler au corps la personnalité de ce praticien physiquement imposant, travaillant dans l'ombre de sa cave et dont certaines pratiques laissent encore supposer qu'il œuvre réellement pour le bien de l'humanité. Derrière le drame se cache la pourriture. Cette peur presque physiologique et intellectuellement insupportable qui pousserait donc certains individus à franchir le cap de l'expérimentation pour vivre ou mourir mieux ! Et pour mettre en image ce concept assez fou qui déborde rapidement du simple cadre de la médecine, le réalisateur fait appel à une large palette de spécialistes en effets-spéciaux pratiques et numériques pour nous offrir des plans d'une virtuosité technique et émotionnelle que l'on ne rencontre guère que chez le grand maître du Body Horror, David Cronenberg. À ce titre, Nervures mérite sans doute une publicité beaucoup plus large que le silence qui a entouré sa sortie. Son auteur réussissant en outre à réconcilier les amateurs de frissons avec le cinéma d'épouvante. Là encore, Raymond St-Jean excelle à créer un véritable climat de tension, accompagnant parfois son héroïne dans un décor nocturne et orageux qui participe de cette angoisse sourde qui trouve là son point culminant. Et comment ne pas évoquer cet instant de cinéma aussi troublant que magique, le phytothérapeute penché au dessus de son épouse devenue depuis une.... ''femme-plante'' attristée à l'idée de partir sans celui qu'elle aime... ? Impossible de passer à côté de Nervures qui demeurera sans doute parmi les œuvres horrifiques les plus brillantes à avoir vu le jour en 2026...

 

mardi 3 novembre 2026

Le corbillard de Jules de Serge Penard (1982) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

À voir la filmographie de son auteur dont l’œuvre la plus célèbre reste Le chêne d'Allouville en 1981 mais dont une majorité flirte avec ce que l'on avait communément l'habitude de nommer à l'époque la Comédie Franchouillarde, il est vrai qu'à la seule évocation de Tendrement vache ou du Gaffeur, il était plus vraisemblable de s'attendre avec la sortie en 1982 du Corbillard de Jules à l'une de ces productions typiquement hexagonales qui firent et continuent de faire la ''fierté nationale''. Pour éclairer le client qui voudrait se laisser tenter par l'achat du film sur support dvd en espérant le dénicher dans une brocante pour un ou deux euros seulement, Le Corbillard de Jules ressemble évidemment moins au Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg qu'à la trilogie de La septième compagnie de Robert Lamoureux. Et encore, le film de Serge Penard ne s'en sort pas trop mal face à la flopée de nanars que l'on serait presque tentés de ranger dans la catégorie Z portant sur le sujet de la Seconde Guerre Mondiale ! Un seul exemple, Le Führer en folie de Philippe Clair en 1974. Pourtant, ici, rien à voir. Le film se situe presque très exactement à la frontière entre ces deux versants extrêmes de la comédie la plus mièvre. Pas celle qui sépare l'excellence ou le haut du panier de la pire engeance en la matière mais plutôt, justement, les deux franges correspondant à ce que d'aucun pourrait juger de pathétique : le nanar et la comédie franchouillarde... Si la référence reste Mais où est donc passée la septième compagnie et ses deux séquelles, l'on est ici plus proches des Bidasses en folie de Claude Zidi si l'on s'en tient strictement à la mise en scène et à l'interprétation. Pourtant, aussi peu optimiste que puisse être le regard que l'on pose sur certains de ses interprètes parmi lesquels l'on retiendra bien évidemment les noms d'Aldo Maccione, Francis Perrin, Henri Courseau et Jean-Marc Thibault, Le corbillard de Jules n'est pas l'abominable navet auquel l'on pouvait s'attendre. À bien y réfléchir l'on pourrait même, avec un peu d'effort et de concentration, penser que Serge Penard et ses scénaristes Maurice Fasquel et Alphonse Boudard (ce dernier adaptant ainsi son propre roman éponyme) n'ont pas mis en boite l'une de ces comédies atrocement beauf s'engluant dans des répliques totalement moisies mais plutôt l'une de celles qui cherchent maladroitement à faire passer le message d'une France qui fut parfois peu glorieuse...


Et tout ceci en enrobant le récit d'une bande musicale pourtant bien ringarde signée de Georges Garvarentz et ciblant les Bals Musette et fêtes de villages ruraux. De quoi se sentir en pays étranger, avec ces paysans dont la similarité physique presque ''consanguine'' crée un sentiment de malaise presque aussi palpable que la fameuse et glauquissime Danse du Village du film culte de Fabrice Du Welz, Calvaire ! Ouais, bon, j'exagère un peu... Le corbillard de Jules porte bien son nom puisque le film met en scène Aldo, Alphonse et Jean-Paul, trois soldats de l'armée française qui durant la Seconde Guerre Mondiale et sur demande d'un certain Gaston Ribourdoir ont pour mission de transporter le corps de son fils (et par contraction, de leur camarade et ami) jusqu'à un village afin de l'y enterrer avec les honneurs qui lui sont dus. Les trois hommes acceptent et les voilà installés à l'arrière d'une camionnette conduite par le père de leur compagnon décédé. En chemin, ils feront différentes rencontres. Le corbillard de Jules met en évidence l'absurdité de la guerre. Surtout que la mort de Jules intervient alors même que le conflit s'apprête à prendre fin. Le film met en outre en exergue le comportement de certains français, entre résistance et collaboration. À ce titre, le personnage d'Aldo incarné par Aldo Maccione dénote avec celui que l'on rencontre dans ce genre de production. Amer et rancunier, le personnage ne mâche pas ses mots et s'en remet à sa morale lorsqu'il s'agit de juger celui qu'il pense avoir eu des sympathies pour les nazis. La comédie décrit également les problèmes que rencontrèrent les français pour se nourrir à travers l'évocation du marché noir. Le long-métrage de Serge Penard est une œuvre hybride qui peut se définir comme une comédie fauchée comme les blés et surtout, très mal écrite et qui pourtant cherche à faire passer un message. Le résultat est on ne peut plus étonnant. Ni jamais vraiment drôle et ni tout à fait dramatique, Le corbillard de Jules reste une énigme qui pourtant de nos jours et à la revoyure risque désormais de se casser les dents...

 

lundi 2 novembre 2026

Casque bleu de Gérard Jugnot (1994) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

On l'oublie souvent mais la carrière sur les planches de Gérard Jugnot ne débuta pas avec la Troupe du Splendid en 1977 avec Amour, coquillages et crustacés mais en 1975 avec la pièce de théâtre Ma tête est malade. Au cinéma, c'est pareil. Pas de Bronzés en vue lorsque lui, ses partenaires, les membres du Café de la Gare fondé par Romain Bouteille en 1969 et de futures stars telles que Daniel Auteuil ou Gérard Depardieu sont réunis autour du réalisateur Jacques Doillon et de ses assistants Alain Resnais et Jean Rouch pour le film L'an 01 ! Côté écriture, après le scénario du court-métrage Bonne présentation exigée qu'il écrit en 1974 en collaboration avec Michel Blanc, Thierry Lhermitte et Christian Clavier, ces deux derniers et lui sont à l'origine de l'idée de la comédie culte C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule ! de Jacques Besnard en 1975. Comme la plupart des membres de la Troupe du Splendid, Gérard Jugnot passera de nombreuses fois derrière la caméra, dirigeant divers actrices et acteurs pour la première fois avec Pinot simple flic en 1984. Connu pour ses nombreuses incarnations comiques, il lui arrive parfois d'apparaître dans des rôles plus graves et mélancoliques. Comme dans l'excellent Tandem de Patrice Leconte aux côtés de l'immense Jean Rochefort. Il signera en 1991 ce qui reste sans doute son plus beau et plus touchant long-métrage. La superbe comédie dramatique Une époque formidable dans laquelle il se met en scène dans le rôle du cadre au chômage Michel Berthier qui après avoir perdu son travail se sépare de sa femme Juliette qu'interprète la magnifique Victoria Abril et se retrouve dans la rue où il fait la connaissance d'un groupe de sans domicile fixe qui le prennent sous leur aile... Après une pause de trois années durant lesquelles il tournera notamment Voyage à Rome de Michel Lengliney et Grosse fatigue de son ami Michel Blanc, Gérard Jugnot revient derrière la caméra en 1994 avec Casque bleu dans lequel il retrouve l'actrice espagnole, laquelle incarne de nouveau son épouse mais dans des circonstances bien différentes. Lui joue le rôle de Patrick et elle celui d'Alicia. Rien ne va plus vraiment entre les deux époux depuis qu'il l'a trompée. Une fois, une seule, mais cela a suffit pour briser la confiance que la jeune femme avait pour son mari. Patrick sent bien que quelque chose a changé et, désireux de retrouver l'Alicia d'avant son infidélité, il lui propose un voyages aux Balkans, sur l'île et dans l'hôtel même où ils passèrent leur lune de miel voilà quinze ans en arrière. Accueillis par le couple d'homosexuels Nicolas et Freddy tous deux interprétés par Jean-Pierre Cassel et Rolanf Marchisio, ils vont côtoyer durant leur séjour plusieurs autres vacanciers...


Et notamment la célibataire Laurette (Valérie Lemercier) qui désespère de trouver un compagnon avec lequel partager sa vie, le jeune Daniel (Jean-Noël Brouté), le séducteur Gianni (Hubert Saint-Macary) ou un sympathique couple de personnes âgées prénommées Pierre et Gisèle respectivement incarnés par Claude Piéplu et Micheline Presle... Tandis que chacun vit son petit bonhomme de chemin, partageant avec d'autres ses joies mais aussi ses petits tracas du quotidien, Patrick peine à reconquérir le cœur d'Alicia. Tandis qu'en toile de fond les médias et certains signes avant-coureur laissent planer le doute s'agissant d'un éventuel conflit militaire à venir, lors d'une escapade loin de l'hôtel, les propriétaires et le groupe de vacanciers entendent au loin ce qu'ils pensent tout d'abord être des feux d'artifice... Tourné sur l'ile de Comino dans l'archipel Maltais, le film revient sur la Guerre des Balkans, l'un des conflits ayant opposé la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie et le Kosovo entre 1991 et 2001. Alors que la guerre n'est pas terminée au moment du tournage, le titre Casque bleu se rapporte aux Casques Bleus qui furent dépêchés sur place par l'ONU. Pourtant, le long-métrage de Gérard Jugnot ne se concentre pas principalement autour de cette période marquée par les conflits mais bien autour d'une poignée de vacanciers qui en toutes circonstances continuent majoritairement à ne se soucier que de leur petite personne. Si la presse accueille parfois le film de manière plutôt positive en louant l'audace du sujet (traiter sa comédie sur fond de guerre) s'inscrivant au cœurs des problèmes personnels de tout à chacun, le public semble quant à lui beaucoup plus frileux. La faute non pas à la mise en scène, au scénario, aux dialogues ou au jeu des différents interprètes mais sans doute à cause d'un fait que l'on ne peut évidemment pas reprocher au long-métrage et à son auteur : la comparaison avec le magnifique Une journée formidable sorti trois ans auparavant. Le film n'a évidemment pas la même intensité et pourtant, lui nier ses innombrables qualités relèverait de la mauvaise foi. Car de Jean-Pierre Cassel en passant par Valérie Lemercier et jusqu'au très attachant couple de vieillards interprété par Claude Piéplu et Micheline Presle, chacun se donne la réplique lors d'échanges parfois houleux ou déconnectés par rapport à la situation qu'ils sont en train de vivre mais cependant toujours très drôles. Casque bleu se savoure comme une longue succession de séquences qui s'enchaînent sans pratiquement aucun temps mort. Au final, Gérard Jugnot réussi le pari de mêler la comédie à la gravité de son sujet et ce, sans une once de malveillance...

 

dimanche 1 novembre 2026

Beomjoedosi 3 de Lee Sang-yong (2023) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Troisième volet d'une franchise sud-coréenne qui une fois arrivée à son terme devrait compter au total huit longs-métrages, Beomjoidosi 3 prouve une fois de plus la vigueur du cinéma asiatique en matière de thriller et d'action. Après un premier film signé de Yunsung Kang en 2017 et un second réalisé par Lee Sang-yong en 2022, le retour de l'inspecteur Ma Seok-do ne s'est pas longtemps fait attendre puisque le troisième opus n'est sorti qu'un an après le deuxième. Toujours aussi frais, toujours aussi drôle et toujours aussi percutant, l'un des plus célèbres acteurs sud-coréen du nom de Ma Dong-seok reprend donc du service dans ce rôle iconique qui le voit désormais promu ainsi que ses coéquipiers dans l'unité d'enquête métropolitaine où il va cette fois-ci avoir maille à partir avec un très important réseau de drogue japonais dirigé par un certain Ichijo (l'acteur Jun Kunimura) qui dans ce volet produit une nouvelle drogue qu'il exporte en partie vers la Corée du sud et que réceptionne le yakuza Hiroshi (Yoon Kang) avec lequel est en outre en affaire le flic totalement corrompu, Joo Seong-cheol (Lee Jun-Hyuk) qui laisse donc se faire les transactions entre le Japon et la Corée du Sud moyennant de fortes sommes d'argent. Mais tandis que l'inspecteur Ma Seok-do et ses hommes parviennent à faire tomber Hiroshi et ainsi récupérer vingt kilos de cette nouvelle drogue se présentant sous forme de pilules bleues, Joo Seong-cheol et plusieurs subalternes tout aussi corrompus que lui tendent un piège à l'inspecteur et s'emparent de la drogue qu'ils proposent de revendre pour trente millions de dollars à une certaine Présidente Jin (Shim Young-eun), une redoutable cheffe d'un syndicat de la drogue chinoise. Bon, si tout à l'air au départ assez confus et que l'on peut éventuellement s'emmêler les pinceaux entre les divers prota/antagonistes du récit, il faut savoir une chose. Beomjoidosi 3 tourne principalement autour de trois ou quatre personnages. Notre inspecteur Ma Seok-do, toujours aussi pince-sans-rire mais aussi capable de sortir les poings lorsqu'il en ressent la nécessité, le flic corrompu, Joo Seong-cheol et la Présidente Jin. Autour d'eux gravitent des personnages plus ou moins secondaires...


À l'image du chef du réseau de drogue japonais Ichijo, de son meilleur tueur à gages, Ricky (excellent Munetaka Aoki), de Tomo (Ahn Se-ho) qui n'est autre que l'homme de main de Hiroshi et bien évidemment de la poignée d'inspecteurs qui travaillent main dans la main avec Ma Seok-do. Une fois bien intégrée la liste de ces personnages, tout devrait se faire dans une certaine sérénité. Car une fois absorbée la caractérisation de chacun, Beomjoidosi 3 n'est rien moins qu'un bonheur de cinéma d'action, drôle mais aussi parfois très violent, où les changements de rythme et de ton sont perpétuels. L'incarnation de Ma Dong-seok est toujours aussi savoureuse tout comme celle des interprètes qui gravitent autour de lui comme notamment cet inspecteur qui s'autorise perpétuellement à tempérer l'attitude de son supérieur souvent tenté d'aligner les gifles et les coups de poings autour de lui. Brillamment écrit par Kim Min-Sung et transposé à l'écran par Lee Sang-yong, le script mêle très intelligemment trois lignes bien distinctes et qui pourtant s'entremêlent avec ce brio que l'on reconnaît souvent dans le cinéma asiatique en général et sud-coréen à proprement parler. Les intérêts de chacun se percutent, s'enchevêtrent et au final, c'est le spectateur qui en sort vainqueur, conquis d'avoir assisté à un spectacle coloré, sans doute peu novateur en comparaison d'autres œuvres issues de ce pays très riche et généreux en la matière mais qui s'avère être un véritable coup de boost qui vous plonge dans la bonne humeur. Dès l'année suivante a été réalisé le quatrième opus sobrement intitulé Beomjoidosi 4 tandis que le cinquième volet, Beomjoidosi 5 est actuellement dans sa phase de production et devrait logiquement voir le jour l'année prochaine. Quant aux volets 6, 7 et 8, nous n'avons pour l'instant aucunes informations les concernant...

 

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