Un concept absolument
génial pour un résultat........ malheureusement, mi-figue,
mi-raisin. Imaginez : un homme (Roman Zhukov dans le rôle
de Max) part chercher son ami en voiture afin de le ramener chez lui.
Lorsqu'il arrive, il est convié par un inconnu à pénétrer un
appartement où ont démarré des festivités honorant le patriarche
de la famille. Là, Max retrouve Dan, l'ami en question, qui est
accompagné de sa petite amie Kema (Elizaveta Yuryeva). Tandis que
Dan s'éloigne en compagnie d'une très aguicheuse invitée, Kema
décide de s'assurer qu'il n'a pas décidé de se laisser tenter par
les charmes de la jeune femme. Quant à Max, il se lève lui aussi de
table, pressé de reprendre la route. Quittant la pièce où sont
réunies une quinzaine de personnes, les deux jeunes gens se croisent
mais lorsqu'ils retournent dans la salle à manger, ils découvrent
effarés que le patriarche et tous les invités ont disparu !
Pire : l'appartement semble avoir été reconfiguré. La porte
d'entrée a laissé la place à un mur recouvert de tapisserie et
certaines pièces donnent directement sur celles que viennent de
quitter nos deux protagonistes. Incapables de quitter les lieux,
enfermés dans cette étrange prison où le temps semble en outre
s'être totalement figé, Max et Kema vont tenter de résoudre cette
étrange énigme afin de pouvoir enfin reprendre le cours normal de
leur existence... L'idée absolument brillante provient bien
évidemment de l'architecture propre à l'appartement qui sert de
lieu exclusif à l'intrigue. Ici, une porte passée donne exactement
sur la même pièce que traversée précédemment. Le réalisateur,
scénariste et monteur kazakhstanais Olzhas Bayalbayev concentre donc
le récit autour de cet appartement qui fait ainsi office de
personnage à part entière. Un premier ''acte'' particulièrement
ludique met en scène nos deux personnages face à l'étrangeté du
phénomène. Le cinéaste s'amusant de la situation lorsque
notamment, Max lance à plusieurs reprises une balle de tennis dans
son dos pour la voir immédiatement rebondir devant lui. Expliquant
ainsi par ce geste on ne peut plus anecdotique la mécanique même de
l'environnement...
Plutôt que de se référer
exclusivement au principe de claustrophobie, le titre Claustro
du
long-métrage renvoie également à cette forme de représentation
des souvenirs enfouis que n'intègrent pas immédiatement les deux
principaux protagonistes en ignorant tout d'abord une partie de leur
passé avant de comprendre que l'enjeu du récit leur est directement
lié ! Là où l'intrigue se grippe quelque peu se situe dans
l'intervention répétée de jeunes enfants, ou plutôt de leurs ectoplasmes, décédés dans diverses circonstances, dont les
fantômes sont eux aussi bloqués dans l'appartement. Ayant notamment
besoin de l'intervention de Max, une jeune fille réclame par exemple
ses deux souliers rouges afin de pouvoir quitter les lieux. Une fois
la mission accomplie par le jeune homme, la situation de
l'appartement se débloque une fois la gamine ''évaporée''. Un
concept que répète à plusieurs reprises Olzhas Bayalbayev tout en
délaissant parfois malheureusement l'idée principale de
l'appartement labyrinthique. Assez répétitive, l'intrigue est en
outre alourdie par quelques ventres mous dont nous nous serions bien
passés. En effet, afin de consolider la relation entre Max et Kema
après des débuts plutôt glacés, le réalisateur laisse le temps à
ses personnages de s'approcher, de s'apprivoiser et au final, de
s'aimer (ou plus simplement de se désirer, du moins si l'on
considère ainsi leur nouvelle relation dès qu'ils commencent à
coucher ensemble). La présence des enfants crée une rupture et
donne au film un caractère que l'on rencontre souvent dans les films
de fantômes. La surprise passée, le film devient déjà nettement
plus classique. Et pourtant, Olzhas Bayalbayev nous réserve un
final qui rehausse très largement le niveau qui avait eu tendance à
s'effondrer au fil du récit. Entre révélations et moments choc, la
dernière partie du long-métrage est vraiment réussie. À travers
la présence d'une sorcière, de quelques effets-spéciaux numériques
discrets mais bluffants et d'une action qui jusque là était en
suspens. Bref, un film à découvrir même s'il n'est pas dénué de
défauts...
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