À l'issue de la seconde
guerre mondiale, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et
l'Union soviétique signent l'Accord de Londres, lequel établit un
tribunal militaire international autorisé à poursuivre les
criminels de guerre notamment pour crime contre l'humanité. Tandis
que le procès auquel devront faire face de hauts responsables du
régime nazi parmi lesquels se trouve le numéro 2 et bras droit
d'Adolf Hitler, Hermann Göring, s'apprête à s'ouvrir, le
psychiatre Douglas Kelley est dépêché en 1945 à la prison de
Mondorf-les-Bains au Luxembourg afin d'expertiser l'état mental de
hauts dignitaires nazis qui y furent enfermés après leur
arrestation. Commandant en chef de la Luftwaffe entre 1935 et 1945,
Reichsmarschall à partir de 1940, successeur officiel d’Hitler
mais aussi signataire l'année suivante d’un ordre demandant la
mise en œuvre de la Solution Finale visant à exterminer le peuple
juif présent sur le territoire européen, Hermann Göring fait
évidemment l'objet de toutes les attentions de la part de Douglas
Kelley. Le long-métrage de James Vanderbilt n'est pas le premier à
traiter du sujet puisque parmi les quelques tentatives à avoir vu le
jour, l'on peut citer Judgment at Nuremberg de
Stanley Kramer en 1961 avec Spencer Tracy, Burt Lancaster, Maximilian
Schell, Marlene Dietrich, Judy Garland et Montgomery Clift ou le
téléfilm québécois en deux partie intitulé Nuremberg
et réalisé cette fois-ci par Yves Simoneau en 2000, avec Alec
Baldwin, Brian Cox, Christopher Plummer ou encore Jill Hennessy dans
les rôles principaux... Sorti le 28 janvier dernier en France, le
Nuremberg
de James Vanderbilt est une œuvre ambitieuse qui relate notamment
la complexité des relations que développa le psychiatre Douglas
Kelley ici incarné par l'acteur égypto-américain Rami Malek (la
série Mr. Robot
et le biopic consacré au groupe américain Queen, Bohemian
Rhapsody)
avec Hermann Göring, interprété quant à lui par Russell Crowe qui
pour se fondre dans son personnage accepta de prendre du poids
(lequel sera évalué aux environs de 125 kilos), d'observer les
caractéristiques physiques et comportementales de l'ancien officier
nazi, d'en apprendre davantage sur les faits historiques et enfin
d'apprendre l'allemand afin d'apporter de la crédibilité à son
incarnation... Pour autant, le long-métrage ne se présente non pas
sous l'angle exclusif du procès de Nuremberg à l'issue duquel douze
des vingt-deux prévenus furent exécutés par pendaison mais décrit
très précisément la relation entre Hermann Göring et Douglas
Kelley...
Des
rapports qui apparaissent quelque peu ambigus, générant un certain
malaise pouvant même bizarrement créer chez le spectateur une
certaine forme d'empathie vis à vis du criminel de guerre. Le choix
d'explorer dans cette première partie les relations entre les deux
hommes rappelle une œuvre traitant d'un parti-pris similaire qui en
2021 concernait les transcriptions d'authentiques conversations ayant
eu lieu entre le tueur en série américain Ted Bundy et l'agent
spécial du FBI Bill Hagmaier. No Man of God
d'Amber Sealey mettait déjà en lumière l'humanité d'un homme
considéré alors de monstrueux après qu'il ait été reconnu
coupable de plusieurs dizaines de meurtres. Alors, que penser d'un
individu qui participa à l'élaboration d'un schéma visant à
exterminer plusieurs millions de personnes ? Sur ce point,
Nuremberg
parvient à rendre ''attachant'' un personnage ô combien monstrueux
lui aussi. Mais dont l'arrogance est beaucoup moins prégnante à
l'image qu'elle ne l'était du temps de son vivant. Le scénario de
James Vanderbilt, lequel repose sur The
Nazi and the Psychiatrist de
Jack El-Hai dans lequel l'écrivain revenait sur la relation entre le
nazi et le psychiatre, explore effectivement la part d'humanité chez
un Hermann Göring formidablement interprété par Russell Crowe et
questionné par un Douglas Kelley lui aussi parfaitement incarné par
Rami Malek même si ses différents ''tics'' faciaux dont il est
affublé donnent la sensation qu'il n'a toujours pas intégré l'idée
qu'il s'est enfin débarrassé des prothèses dentaires qu'il portait
sur le tournage de Bohemian Rhapsody !
Qu'il s'agisse des alliés ou des nazis, chaque acteur est à sa
place et gère parfaitement ses responsabilités. Notons malgré tout
que parmi eux se dégage la courte mais néanmoins très émouvante
présence de l'acteur britannique Leo
Woodall qui dans le rôle du sergent Howie Triest apportera notamment
sur un quai de gare et auprès de Douglas Kelley, un très émouvant
témoignage. Belle reconstitution, mise en scène honorable bien que
très conventionnelle, et musique passe-partout signée de Brian
Tyler mais qui se fond parfaitement dans le décor. Bref, pas un
chef-d’œuvre et sans doute encore moins le témoignage le plus
bouleversant s'agissant de cette période sombre de notre histoire
(en dehors du court et authentique document projeté lors du procès
et ici ''imposé'' aux spectateurs dans toute son atrocité) mais une
intéressante expérience de cinéma tout de même...
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)



.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)

.png)


.png)


.png)
.png)
.png)
.png)