Séance rattrapage 2025
numéro 4. On poursuit avec Vleesdag
du réalisateur et scénariste néerlandais Martijn
Smits. Sorti à l'échelle internationale sous le titre Meat
Kills en
en France sous celui de Abattoir,
le film suit un petit groupe d'activistes mené par Nasha (Emma
Josten) qui après que son tout nouveau membre Mirthe (Caro Derkx)
ait apporté la preuve des maltraitances subies par des cochons dans
un abattoir décide de s'y rendre le soir-même dans l'objectif de
faire pression sur le propriétaire et sa famille afin qu'ils cessent
leurs activités. Tandis que le patriarche est absent (Bart Oomen
dans le rôle de Jonas), Nasha et les autres membres du collectif de
protection des animaux complété par Ishmael (Sem Ben Yakar),
Jonathan (Sweder de Sitter) et Donna (Chardonnay Rillen)
s'introduisent dans la ferme familiale pour y taguer leurs
revendications. Surpris par l'un des fils de Jonas (Derron Lurvink
dans le rôle de Jacco), leur mission tourne bientôt au carnage.
Tandis que Nasha et ses compagnons prennent finalement en otage les
deux fils du propriétaire, celui-ci débarque et parvient à faire
prisonnier trois des membres alors qu'entre-temps, la cheffe des
activistes et Mirthe ont contraint Jacco de les emmener là où sont
abattues les bêtes. Subissant lui-même ce qu'endurent
quotidiennement les cochons, le jeune homme tombe accidentellement
dans un bac d'eau bouillante. Menaçant de faire payer aux intrus
leur effraction, Jonas perd littéralement la tête lorsqu'il
découvre son fils, gravement brûlé et sur le point de mourir...
Vendu par certains comme LE film gore de l'année dernière, Vleesdag
tient en réalité assez peu sa promesse. En effet, même s'il est
vrai que certaines séquences s'avèrent relativement gratinées,
certaines d'entre elles sont malheureusement filmées hors-champ. On
pense ainsi par exemple au démembrement de ce pauvre Ishmael, l'un
des rares membres du collectif à ne pas apprécier les débordements
dont fait preuve Nasha ! Entre film d'horreur plus ou moins
sanguinolent et activisme politico-écologique, le long-métrage de
Martijn Smits ne se positionne pas très clairement d'un côté ou de
l'autre. Mais plutôt que de simplement justifier l'abattage
d'animaux dans des conditions parfois plus que discutables ou de
présenter la cause animale sous son aspect le plus respectable, le
néerlandais choisit de généraliser la violence d'un côté comme
de l'autre...
Naît
de cette ambiguïté un rejet presque systématique des méthodes
utilisées par les employés en abattoir mais aussi celles pratiquées
par les activistes, qui en matière de violence physique n'ont rien à
envier aux premiers. En découle une œuvre où la mort des uns comme
celle des autres est libératrice pour le spectateur, qu'il soit d'un
bord ou d'un autre de l'échiquier entre cause animale et goût
prononcé pour la viande. L'un des thèmes centraux se situant autour
d'une certaine forme de justice connue sous le nom d'antispécisme,
Vleesdag
démontre surtout les dérives de l’extrémisme. Les valeurs étant
alors définitivement bafouées en raisons de méthodes employées
qui ne valent guère mieux que celles appliquées dans certains
abattoirs. Ambiance lourde, violence exacerbée, esprit de vengeance
de part et d'autre des deux ''groupes'' d'individus, Vleesdag
transpire littéralement le sang. Le message déployé par Nasha et
ses activistes est contrebalancé par un ''excès de zèle'' et de
violence qui les conduit à se montrer aussi violents et ainsi, aussi
répréhensibles que ceux contre lesquels ils ont choisi de mener
leur combat. Dans son jusqu’au-boutisme, Martijn Smits en oublie
même que certains sont moins radicaux que d'autres. Mais pour lui
comme pour ses personnages, aucune différence de traitement n'est
concevable et le récit mène à son terme jusqu'à l'extermination
quasi totale des protagonistes du récit. Si le film n'a d'emblée
pas besoin de ses débordement sanglants pour se montrer violent
puisque dans une moindre mesure il rappelle quelques-unes des
expériences les plus traumatisantes en terme de Home
Invasion
(Funny Games
de Michael Haneke, en 1997), Martijn Smits émaille malgré tout son
œuvre de quelques joyeusetés gore que l'on aurait cependant aimé
voir en plus grand nombre. Le final renouant fort heureusement vers
la fin avec cette grande tradition du genre qui veut que le sang
coule à flot, certes, mais que l'intérieur même des corps
jaillisse directement à l'image ! En outre perfectible, Vleesdag
a comme principal défaut d'être souvent très attentiste et donc
relativement mou. Mais ne boudons malgré tout pas notre chance de
tomber sur ce genre de production puisque le film reste très
plaisant à regarder...
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