Tandis qu'Eli Roth vient
de mettre en scène des dizaines d'enfants meurtriers dans son denier
long-métrage intitulé Ice Cream Man,
remontons près de quarante-cinq ans en arrière afin d'évoquer l'un
de ses plus lointains ancêtres si l'on occulte le classique de la
science-fiction Village of the Damned
de Wolf Rilla qui vit le jour en 1960. À deux ans d'intervalle, deux
films aux thématiques sensiblement proches virent le jour dans les
années quatre-vingt. En 1981, Ed Hunt réalisa le plutôt
sympathique Les Tueurs de l'éclipse
(Bloody Birthday)
dans lequel trois enfants âgés de dix ans décimaient celles et
ceux qui leur déplaisaient. Un an auparavant, Max Kalmanowicz avait
déjà mis en scène des enfants dans un autre film d'horreur
intitulé De si gentils petits... monstres !
(The Children).
Un long-métrage qui à l'époque avait probablement déjà
davantage marqué les esprits chez nous pour son intéressante
affiche mais aussi pour son accroche ''Nous
revenions de l'école... Une chose terrifiante est arrivée !
Nous sommes devenus... De si gentils petits... MONSTRES ! Priez
le ciel de ne jamais nous rencontrer''
que pour son contenu car, comment dire... mais... le film de Max
Kalmanowicz est l'une de ces expériences qui feraient presque
regretter que l'on ait trouvé une excuse pour échapper à une
projection en Power Point en entreprise pour regarder ce petit film
d'épouvante littéralement insignifiant. Nous allons tout d'abord
commencer par évacuer toute ambiguïté s'agissant de la bande
musicale signée du compositeur Harry Manfredini et dont les contours
ressemblent très fortement à celle du thème de Vendredi
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du réalisateur, scénariste et producteur américain Sean S.
Cunningham : rien de surprenant ici puisque c'est ce même Harry
Manfredini qui à l'époque en fut l'auteur. Peu inspiré, il a donc
à l'occasion de sa participation au projet de Max Kalmanowicz écrit
une partition qui en tous points est similaire au classique du
slasher sorti justement la même année... Lorsque débute l'intrigue
de De si gentils petits... monstres !,
l'on assiste à une fuite de gaz dans une usine de produits chimiques
et radioactifs. Malheureusement, nous ne sommes pas à Tromaville et
l’œuvre échappe à la grande folie qui plane généralement sur
les productions de la mythique société Troma
Entrtainment...
L'intrigue
situe son action dans une petite ville très tranquille des
États-Unis. Peut-être même TROP tranquille, à l'image du rythme
assommant imprimé par la mise en scène et le jeu parfois
approximatif de certains interprètes. Dans les rôles de John
Freemont et du shérif Billy Hart, les acteurs Martin Shakar et Gil
Rogers vont devoir affronter cinq enfants qui après que leur bus
scolaire soit passé au beau milieu d'un nuage radioactif se sont
transformés en monstres s'attaquant aux adultes. L'une des seules
originalités du long-métrage autre que celle d'utiliser des gamins
dans le rôle de tueurs reste sans doute la méthode employée :
ici, pas de couteau, de marteau, de hache ou de pistolet pour
dessouder pères et mères. Les gamins apposent leurs mains sur le
corps de leurs victimes qui soudainement se mettent à hurler dans
d'atroces souffrances, leur corps brûlant jusqu'à finir le visage
totalement cramé, boursouflé et donc, tout à fait
méconnaissable... Max Kalmanowicz tente de jouer sur l'apparente
innocence de ses jeunes interprètes dont les victimes se laissent
tout d'abord facilement approcher. De si gentils
petits... monstres ! entre
dans la logique de la peur de la contamination nucléaire tout en
développant assez peu le concept pour se concentrer sur des gamins
errant dans une petite ville où il ne semblait jusque là, jamais
rien se passer de captivant. L'un des principaux et rares points
d'intérêt du film se situe dans le dilemme moral entourant les
jeunes meurtriers. Comment agir devant des enfants qui assassinent
leur entourage ? Max Kalmanowicz répond assez sobrement et
simplement à cette question en rendant impossible leur décès par
tir par arme à feu. En effet, lorsque l'un d'entre eux reçoit une
balle dans le ventre, il se relève immédiatement sans ressentir la
moindre séquelle. La solution, que l'on pourra autant juger de
logique qu'absurde viendra mettre un terme aux agissements de nos
cinq petits monstres. Mais d'ici à ce que tout revienne dans l'ordre
pour les habitants, il va tout de même falloir que le spectateur
supporte un récit d'une lenteur abyssale plutôt désarmante qui
nuit totalement à l'intérêt de l’œuvre. Bref, une petite
production horrifique typique de son époque à laquelle l'on
préférera donc Les Tueurs de l'éclipse
ou le dernier long-métrage d'Eli Roth...

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