Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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mercredi 14 janvier 2026

The Painted de Sasha Sibley (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Second long-métrage de Sasha Sibley après The Box en 2021 (lequel n'entretient aucun rapport avec l'œuvre éponyme réalisée par Richard Kelly en 2009), The Painted traite d'un sujet qui a maintes fois été abordé sous différentes formes au cinéma et en littérature. L'un des sujets les plus remarquables à avoir été adapté sur grand écran demeure Le portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde. En effet, un nombre incalculable de films et de téléfilms mirent en scène le personnage titre du roman, un très bel homme vivant dans le Londres aristocratique de la fin du dix-neuvième siècle et qui pour conserver toute sa beauté et après que le peintre Basil Hallward ait réalisé son portrait, pactisa avec le Diable afin que la peinture vieillisse à sa place. Si certains demeurèrent fidèle au récit, d'autres ne firent que s'en inspirer. À l'image de Brian De Palma et de son cultissme Phantom of the Paradise ou de l'écrivain écossais Graham Masterton qui avec son chef-d’œuvre Le portrait du mal signa en 1985 l'un de ses plus remarquables ouvrages littéraires ainsi qu'un monument de l'épouvante... Avec Velvet Buzzsaw, Dan Gilroy signa en 2019 un long-métrage qui mit en scène les œuvres d'un peintre décédé qui tuaient littéralement ceux qui tentaient d'en faire le commerce. Quant à The Witches du britannique Nicolas Roeg, il mettait en scène en 1990 une gamine enfermée dans un tableau. Notons enfin à titre d'exemple de production beaucoup plus familiale, le personnage de Vigo des Carpates, un sorcier tyrannique du seizième siècle enfermé dans une toile agissant comme une prison et comme un point de passage vers le monde réel... S'agissant de The Painted, le film entre également dans la catégorie des films de maisons hantées et des malédictions. L'action se déroule tout d'abord dans les années soixante, cinq mois avant que n'interviennent les membres d'une famille qui seront les héros de l'histoire. L'on assiste à une curieuse cérémonie consistant à transférer l'âme d'un défunt (ici, en l'occurrence, celle d'une jeune femme) dans une peinture afin que celle-ci survive au delà de la mort. Cependant, rien ne va se passer comme prévu puisque l'époux va faire apparaître la démoniaque Cassandra Dubray, épouse d'un lointain ancêtre de la famille dont la plus récente représentante est Evelyn (Aleksa Palladino), qui n'est autre que l'épouse d'Adam (Sean Bridgers) avec lequel elle a eut trois enfants : Nelson (Jadon Cal), Janice (Jessica Ruth Bell) et Lucy (Zara King). Lorsque cinq mois après les événements du début la mère de famille apprend que sa cousine Ana Franco (Jill Young) est décédée et lui a légué son immense propriété, elle, son mari et leurs enfants déménagent pour s'y installer. Cette nouvelle fortune tombe en outre assez bien puisque Adam a perdu beaucoup de ses clients et rencontre par conséquent de grandes difficultés financières...


Tandis qu'ils font l'inventaire des différents objets présents dans la demeure, Evelyn et Adam découvrent une peinture représentant une femme nue qu'ils décident de cacher dans les combles afin de ne pas froisser l'innocence de leur plus jeune fille Lucy. La demeure étant entièrement tapissée de toiles représentants divers personnages ayant réellement existé, certaines d'entre elle semblent prendre vie. Et notamment celle qui est accrochée au dessus du lit de Janice. Lorsque vient la nuit, l'adolescente est attaquée durant son sommeil par un individu qui lui coupe les cheveux. À son réveil, Janice est furieuse et s'en prend à sa petite sœur qu'elle croit coupable. Mais bientôt, une série d'événements va démontrer que la famille Elster n'est peut-être pas seule dans la maison... S'il y a assez peu de chance pour que les amateurs d'épouvante rompus au genre se laissent impressionner par la vague d'événements qui vont se dérouler dans cet imposant manoir de style victorien, d'autres pourraient bien être surpris et même sursauter à diverses occasions. À ce titre, The Painted se montre plutôt efficace. Et ce, même si certaines balises propres au genre sont ici employées. Comme ce personnage très secondaire et donc insuffisamment exploité qu'incarne l'actrice Patrice Johnson. Elle y interprète le rôle de Leonora Pettengill, une femme d'âge moyen spécialisée dans les rituels occultes liés à l'art. Elle entrepose ainsi dans sa cave, toute une série de peintures maudites, un peu à l'image de la collection privée d’objets maudits que rassemblèrent durant leur parcours de chasseurs de fantômes, les époux Ed et Lorraine Warren et que l'on découvre dans la franchise The Conjuring ! Tout comme la fuite des Elster rappelle peu ou pour celle de la famille Lutz dans le classique de l'épouvante, Amityville, la maison du Diable de Stuart Rosenberg. Doté d'excellents effets-spéciaux numériques à l'image de ces peintures démoniaques composées en temps-réel, The Painted est une bonne surprise. Tout juste pourra-t-on reprocher au réalisateur et scénariste d'avoir créé un personnage de patriarche très caricatural et relativement agaçant (agressif et obsédé par le sexe même s'il saura se racheter vers la fin du récit) et d'avoir proposé une fin quelque peu théâtrale et ampoulée...

 

mardi 13 janvier 2026

Hellraiser VIII : Hellworld de Rick Bota (2005) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Coproduit par Dimension Films, Miramax Films et par la société de production et le studio de cinéma roumains Castel Film Romania tout deux créés en 1991 par Charles Band et Vlad Păunescu, Hellraiser VIII : Hellworld est le troisième long-métrage de la franchise à avoir été réalisé à la suite par Rick Bota. Le huitième volet de la saga suit donc Hellraiser VI : Hellseeker en 2002 et Hellraiser VII : Deader qui déjà, fut avant cet antépénultième volet réalisé lui-même en 2005. Après un sixième opus financé à hauteur de trois millions de dollars et un septième dont le budget se monta à quatre, le huitième bénéficie quant à lui de cinq millions de billets verts. Pourquoi ? On n'en sait rien. Sans doute les poches des producteurs furent-elles trop petites pour accueillir la totalité de leur fortune et c'est pourquoi ceux-ci prirent la décision d'apporter une aide financière encore plus importante que pour les deux précédents volets malgré la récente disgrâce que connut alors la franchise née de la plume de Clive Barker au milieu des années quatre-vingt ! Histoire de se débarrasser du surplus de pognon qui leur brûlait probablement les doigts. De l'argent sale comme l'on pourrait envisager les recettes des deux précédents navets de la saga. Pourtant, il en demeure toujours pour croire que le miracle peut encore avoir lieu. Sous l'effet du phénomène dit de ''Fable de la Grenouille'', l'accoutumance est telle que la franchise Hellraiser, comme toute autre dont le nombre d'épisodes dépasse les six ou sept longs-métrages, est capable de rendre addict celui ou celle qui s'est tout d'abord laissé attirer par le délire tendancieux d'un monde ouvert sur le Satanisme et le Sadomasochisme ! C'est ainsi que l'on peut se retrouver projeté en pleine projection de Hellraiser VIII : Hellworld. Ce pur produit du marché du DTV qui s'avère aussi bon pour la santé à regarder que de se nourrir exclusivement à base de nourriture issue des Fast-Food américains ! Un an en arrière est arrivé sur le marché du cinéma le premier jet de la franchise Saw. Une œuvre certes très maline et dont la conclusion était imprévisible mais qui donna ensuite naissance à des séquelles de plus en plus dégénérées et donc abrutissantes. Puis débarqua en septembre 2005 le premier volet d'une autre franchise : Hostel. Démarrage d'une autre série de Torture-Porn dont la sortie fut donc précédée par celle de cette véritable anomalie qu'est Hellraiser VIII : Hellworld.


Cette chose qui en substance se permet tout comme Freddy sort de la nuit de Wes Craven mais avec onze ans de retard, de nous proposer une Métafiction dans laquelle l'iconique Pinhead, ses compagnons cénobites, le Cube ainsi que les instruments de tortures revêtent désormais une forme concrête en les extrayant de leur statut de simple outils de distraction pour amateurs de films d'horreur. S'agissant de ce huitième film d'une saga qui commence franchement à s'éterniser, les scénaristes Joel Soisson et Carl V. Dupré (lequel fut écarté du précédent projet) réinterprètent à leur sauce le concept des personnages de fiction se matérialisant dans la vie réelle. Une idée qui en d'autres situations aurait pu être séduisante mais qui dans le cas de la saga Hellraiser est caduque puisque il s'agit là très exactement du concept de départ de celle-ci ! Atteint par le syndrome du jeunisme, Hellraiser VIII : Hellworld est donc interprété par des acteurs plus jeunes que ceux qui hantaient les sombres couloirs des précédents volets. Le récit tourne autour de cinq amis qui rejoignent la demeure d'un individu qui les accueille afin de participer à un jeu très à la mode se déroulant dans le Hellworld du titre. Très excités à l'idée d'y participer, Chelsea (Katheryn Winnick), Allison (Anna Tolputt qui, excusez du peu, aurait pu facilement interpréter le rôle de Pennywise dans une version féministe et sans maquillage de Ça, l'adaptation cinématographique du roman éponyme de Stephen King), Derrick (Khary Payton), Mike (Henry Cavill) et dans une moindre mesure Jake (Christopher Jacot) vont tomber dans un piège tendu par leur hôte, tristement interprété par Lance Henriksen qui, je le rappelle tout de même, participa notamment aux tournages de Terminator et Aliens, le retour de James Cameron en 1984 et 1986, Aux frontières de l'aube de Kathryn Bigelow en 1987 et fut la vedette principale de la série MillenniuM de Chris Carter entre 1996 et 1997 ! Pauvre Lance, obligé de se farcir la présence de partenaires qui braillent plus qu'ils ne jouent et de servir un script dont l'indigence ramène sans doute ce huitième volet de la franchise Hellraiser au rang de pire épisode ! Celle-ci aura d'ailleurs semble-t-il beaucoup de difficultés à s'en remettre puisqu'il faudra cette fois-ci patienter six ans avant de voir débarquer à nouveau directement en DTV l'avant dernier volet. Terminé alors, les budgets à sept chiffres. Intitulé Hellraiser IX : Revelations et réalisé désormais par Victor Garcia (Mirrors 2 en 2010), le film ''bénéficiera'' d'un budget de seulement trois-cent mille dollars...

 

Eight Eyes d'Austin Jennings (2023) - ★★★★★★☆☆☆☆


 

Originaire des États-Unis, le réalisateur, scénariste, monteur, chef décorateur, musicien et acteur Austin Jennings signe avec Eight Eyes son tout premier long-métrage après avoir réalisé en 2009 le court-métrage Casting Session ainsi que quatre-vingt sept épisodes de la série télévisée The Last Drive-in-with Bob Briggs entre 2018 et 2023. Eight Eyes est l'une des premières œuvres cinématographiques à avoir été produite par la société de distribution américaine Vinegar Syndrome dont l'objectif principal est la protection et la préservation des films de genre. C'est ainsi qu'en 2021 est créé VSP (ou Vinegar Syndrome Pictures), une filiale qui sous ce nom verra émerger des œuvres rares, parfois inachevées, comme dans le cas du film d'action du taïwanais John Liu, New York Ninja. Un film datant de 1984 et dont le tournage fut interrompu après la faillite du distributeur d'origine. L'œuvre sera finalement rachetée par Vinegar Syndrome et sera la première à voir le jour sous la bannière de VSP ! Eight Eyes est quant à lui, le premier long-métrage à être directement produit sous la houlette de Vinegar Syndrome Pictures. La société s'est alors associée à Not the Funeral Home, autre entreprise de production spécialisée dans le cinéma d'horreur et de genre qui est responsable en outre de la diffusion sur la plateforme Shudder de la série The Last Drive-in-with Bob Briggs mais également du cinquième opus de la franchise Subspecies intitulé Castle Freak, Subspecies V: Bloodrise et dont le réalisateur est Ted Nicolaou. À la vision de Eight Eyes, les plus vieux d'entre nous seront probablement interloqués par l'étonnante correspondance qui existe entre le film d'Austin Jennings et le long-métrage culte de Tobe Hooper réalisé cinquante ans en arrière, Massacre à la tronçonneuse. Car si le premier long-métrage du cinéaste multi-tâches débute comme l'un de ces films d'horreur prenant pour cadre la visite d'un ou plusieurs touristes américains en Europe virant au cauchemar, la seconde moitié du récit entre de plain-pied au sein d'une famille qui n'est pas sans rappeler celle de ''Tronche de cuir'' (ou Leatherface en version originale) et de sa famille d'anthropophages dégénérés.


Cass (Emily Sweet) et Gav (Bradford Thomas) peuvent être ainsi comparés à Sally Hardesty (Marilyn Burns) et son compagnon Jerry (Allen Danziger). Si ces derniers étaient en terrain conquis puisque demeurant sur le territoire américain, ils allaient avec leur entourage être confrontés à une famille de timbrés jusqu'à ce que ne survienne qu'une unique survivante en la personne de Sally ! Dans le cas de Cass et de Gav, ce couple d'américains marié depuis un an décide d'organiser une tardive lune de miel en Serbie. Assistant tout d'abord au mariage d'un couple originaire du pays, Cass et Gav croisent dès le lendemain un certain Saint Pierre (Bruno Veljanovski) qui prétend avoir participé la veille au même événement qu'eux. Rapidement, l'homme, borgne, offre ses services aux jeunes américains. Les conviant à visiter quelques lieux pittoresques du pays. Plutôt confiant, Gav se laisse guider par cet étrange autochtone tandis que Cass émet quelques réserves..... Quand on vous dit qu'il ne faut pas suivre des inconnus, mieux vaux s'en tenir à ce genre de conseil. Surtout lorsque l'on se retrouve dans la situation de Cass et de Gav... Hommage évident au cinéma des années soixante-dix, l'une des particularités de Eight Eyes est d'avoir été filmé à l'aide d'une caméra 16 mm Kodak. Un matériel employant un format de pellicule argentique populaire dans les années soixante/soixante-dix qui permet d'obtenir un grain relativement prononcé. Certaines séquences furent quant à elles produites à l'aide d'une caméra Super 8mm. Permettant ainsi l'obtention d'images beaucoup plus dégradées, granuleuses et instables. Le tout ayant été évidemment shooté numériquement en 4K pour la commercialisation du long-métrage. Autre aspect intéressant du film, son approche parfois mystique, avec ces voix d'outre-tombe dont la signification demeure très longtemps un mystère.


Partagés entre plusieurs équipes, certains effets-spéciaux arborent une esthétique vintage et fantastique qui tranche littéralement avec le propos horrifique du film. D'autres par contre sont consacrés aux quelques effets gore, tels l'égorgement d'Anton (Jovan Stankovic) ou l'éventration de de Wax Baby (Nenad Mijatovic), tous deux frères de Saint Pierre et dont le second fait largement référence à Leatherface jusqu'à demeurer muet et porter un masque couvrant l'intégralité de son visage. Lorsque le couple d'américains se retrouve piégé dans la sordide maison familiale appartenant à l'oncle de Saint Pierre (un oncle sous oxygène qui passe son temps à se masturber devant des vidéos pornographiques ou à jouer de la guimbarde), le malaise qui déjà était prégnant lors de la visite ''culturelle'' de coins tout aussi sordides du pays se renforce davantage. Murs crasseux, investis par la moisissure et par des tâches dont l'origine demeure plus que douteuse. Pièces encombrées de tout un fatras d'objets aussi hétéroclites qu'iconoclastes. Et puis, il y a l'attitude des membres de la famille, tous plus tarés les uns que les autres, dont ce Wax Baby, justement, portant sur le visage un masque de bébé recouvert de cire de bougie et se promenant tranquillement, toute bedaine et ''zguègue'' à l'air dans l'infâme demeure. Eight Eyes est donc une œuvre très particulière, sortant visuellement des sentiers battus. Un film Grindhouse au sens le plus noble. Cependant, le long-métrage d' Austin Jennings n'est pas dénué de défauts. Le rythme plutôt lent passe encore lorsqu'il s'agit de visiter des recoins sombre de Serbie. Mais lorsque survient la vengeance de Cass, la mollesse avec laquelle intervient la jeune américaine face à ses bourreaux frise le ridicule. Comme cette fin qui pour le coup est à l'exact opposé de Massacre à la tronçonneuse dans lequel, Sally était poursuivie avec acharnement par Leatherface. Dans le cas de Eigth Eyes, la jeune femme s'empare d'un van (encore une référence au long-métrage de Tobe Hooper?) et s'en va, tranquillement, Saint Pierre rodant autour du véhicule sans penser un instant à faire sauter en éclat l'une des vitres pour s'en prendre à la jeune femme! Oh, et puis tiens ! Quitte à faire référence à Massacre à la tronçonneuse, n'oublions pas d'évoquer la Mama (Gordana Jovic), qui sous sa forme cadavérique est momifiée.... Comme la grand-mère de la ''famille Tronçonneuse'' justement...


lundi 12 janvier 2026

Adieu Jean-Pat de Cécilia Rouaud (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

L'effondrement de la comédie française a pris une telle ampleur que l'on arrive à douter presque systématiquement de tout ce qui sort en salle. Les médias et le public n'étant généralement pas tendres avec tout ce qui touche au genre, et l'on comprend pour quelle raison, Adieu Jean-Pat de Cécilia Rouaud (auteur de Photo de famille, Les complices, Le livreur de noël et réalisatrice de seconde ou troisième équipe sur Monsieur Batignole, Le raid ou encore Une pure affaire) n'échappe pas à cette règle même si une partie de ses spectateurs lui ont trouvé de réelles qualités. À contrario, l'exigence d'un magazine culturel tel que Télérama l'empêche comme on s'en doute et comme à son habitude de lui octroyer de bonnes notes ! En ce début d'année 2026 l'on ne va pas tirer sur l'ambulance et encore moins sur le corbillard puisque Adieu Jean-Pat a été écrit par Fabcaro, Xavier Lacaille et... surtout Laurent Tirard. De ce dernier, l'on connaît les deux premiers volets de la franchise Le petit Nicolas portés à l'écran en 2009 et 2014 ainsi que le piteux Astérix et Obélix : Au service de sa Majesté. Mais aussi et surtout les très réussis Un homme à la hauteur, Le retour du héros et Le discours avant qu'il ne termine sa carrière avec l'infâme Juste ciel ! Malheureusement disparu le 5 septembre 2024 d'une détérioration des organes suite à une greffe de moelle osseuse consécutive à un cancer, il fut notamment scénariste sur le très sympathique Prête-moi ta main d'Eric Lartigau en 2006... Nous n'allons donc pas nous acharner sur Adieu Jean-Pat, d'autant plus qu'après des débuts laborieux qui s'étalent sur une bonne vingtaine de minutes, le long-métrage de Cécilia Rouaud n'est finalement pas aussi mauvais que nous pouvions le craindre... Âgé de trente-cinq ans et vivant avec sa compagne Alice (l'actrice Fanny Sidney), Étienne (Hakim Jemili) s'apprête à lire un texte en hommage à son ''ami'' Jean-Patrick qui est décédé dans un tragique accident d'auto.


Le récit opère alors un retour en arrière de quelques jours. Consultant un hypnothérapeute afin de résoudre le problème qui lui pourrit l'existence depuis son plus jeune âge, lors d'une séance, Étienne replonge en enfance. L'on découvre alors que celui que tout le monde croit être l'un des meilleurs amis du disparu en réalité le déteste ! Harcelé et humilié chaque fois que ses parents, sa sœur et lui partaient en vacances au même endroit que Jean-Patrick et ses parents (Valérie Karsenti et Thibault de Montalembert), l'homme en a conservé une très grande rancœur. Par un concours de circonstances et parce qu'il ne sait pas dire non, Étienne va donc devoir accepter malgré lui de participer à la veillée funèbre organisée par les parents du défunt, Régine et Henri Galibert et d'écrire un texte à la mémoire de son pire ennemi... Tout l'intérêt de Adieu Jean-Pat se situe autour de l'attitude débonnaire du héros, l'excentricité de sa meilleure amie Léonore (Constance Labbé), le comportement quasiment ''alzheimerien'' de Gustave Kervern qui incarne le rôle d'Antoine, le père d’Étienne, ou celui de sa sœur Clémence (Nora Hamzawi), laquelle est craintive à l'idée de mettre au monde l'enfant qu'elle attend. Tout ce petit monde auquel l'on ajoutera les parents du mort vouant un véritable culte à leur fils disparu fait de cette petite comédie financée à hauteur d'un peu plus de six millions et demi d'euros un très agréable divertissement. Une petite touche d'humour noir (la pièce montée au sommet de laquelle trône une figurine à l'effigie d'une voiture accidentée) très discrète accompagne des dialogues parfois délicieusement absurdes. En loser maladroit, dépassé par les événements mais au fond très attachant, Hakim Jemili incarne avec son phrasé habituel contraignant souvent à pencher l'oreille en avant, un personnage effectivement très attendrissant. Si Adieu Jean-Pat n'a rien d'exceptionnel, on se surprend malgré tout à rire à l'occasion de plans ou de séquences parfaitement ubuesques. Bref, ne boudons pas notre plaisir devant ce qui restera malgré tout une comédie mineure...

 

dimanche 11 janvier 2026

The Living Doll de George Dugdale et Peter Mackenzie Litten (1990) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Lorsque l'on évoque la nécrophilie au cinéma, plusieurs genres s'affrontent. Il y a d'abord ce mythe entourant cette déviance sexuelle qui voudrait que certains longs-métrages pornographiques circuleraient sous le manteau ou sur le Dark Web, mais qui donc à pu être témoin de telles atrocités pour pouvoir en témoigner ? Il y a ensuite ces films d'horreur dont la réputation repose en général davantage sur l'exploitation d'une telle pratique que sur les qualités intrinsèques des œuvres en question. On pense bien entendu au Froid baiser de la mort (Il Terzo occhio ) de Mino Guerrini, à Baiser macabre (Macabro) de Lamberto Bava, à Aftermath de Nacho Cerdà, à Blue Holocaust (Buio Omega) de Joe D'Amato, au diptyque Nekromantik 1 & 2 de Jörg Buttgereit ou plus près de chez nous, à Lune Froide de Patrick Bouchitey, surtout dans sa version courte... Et puis, il existe des exemples de fictions qui traitent du problème sans pour autant appartenir ni à l'une ni à l'autre de ces deux catégories... C'est ainsi qu'il devient délicat d'aborder le cas de The Living Doll de George Dugdale et Peter Mackenzie Litten. Deux cinéastes aux carrières éphémères qui signèrent ensemble en 1985 le slasher Le jour des fous (Slaughter High), cinq ans avant de revenir avec l'un des films les plus dingues et les plus étonnants traitant de la nécrophilie. Un long-métrage que l'on ne rangera donc pas immédiatement dans la catégorie des films d'horreur puisqu'il s'agit d'abord d'un drame. Presque touchant, même. Dans lequel l'étudiant en thanatologie Howard (Mark Jax) est très amoureux de Christine (Katie Orgill), une très jolie jeune femme blonde qui à l'entrée de l’hôpital où il exerce vend des fleurs. Fasciné par cette beauté qu'il n'ose pourtant approcher, Howard va découvrir un jour que dans la morgue repose un cadavre fraîchement débarqué. En effet, après avoir assisté à une dispute entre Christine et son petit ami au sortir d'une boite de nuit le soir-même où il allait justement et courageusement l'aborder, Howard la découvre allongée dès le lendemain matin sur une table d'autopsie. Pour le jeune homme, c'est le monde qui s'écroule. Bouleversé, les larmes aux yeux, il n'a pourtant pas l'intention de laisser le sort lui dicter son comportement et déterre le soir-même le corps de Christine qui plus tôt dans la journée à été enterrée. Ramenant le cadavre chez lui, Howard va traiter la jeune femme comme si elle était sa petite amie et comme si elle était toujours en vie... Mais malheureusement, plus le temps passe et plus le corps de Christine se dégrade...


Si l'on était contraints de reconnaître que The Living Doll contient des visuels propres au cinéma d'horreur et d'épouvante, il s'agirait alors d'évoquer l'autopsie de Christine et la lente décomposition dont elle va être ensuite la victime et dont les réalisateurs ainsi que l'équipe de sept spécialistes en effets-spéciaux ne nous épargnent aucun détail. Le contraste est relativement saisissant s'agissant d'une Katie Orgill absolument magnifique dont le personnage, au fil du temps, se décompose à vue d’œil. Sa peau de satin bleuissant à mesure que s'égrènent les heures et les jours et le réseau sanguin affleurant sous son épiderme étant les prémices les moins répugnants puisque ensuite, certains fluides quittent l'organisme de Christine, conviant par la suite une multitude de larves du plus repoussant effet ! On sentirait presque l'odeur de putréfaction à travers l'écran ! Ce qui ne semble pourtant pas déranger Howard dont l'état de santé périclite aussi sûrement que sa bien-aimée se putréfie ! Comédie romantico-morbide, The Living Doll est une expérience pourtant moins dérangeante qu'elle n'y paraît. Et même si l'étouffant climat dans lequel baigne le sordide appartement de Howard ne fait rien pour arranger les choses, les quelques ''sorties'' majoritairement concentrées autour de la morgue où il rejoint son collègue ou celui qui assure leur formation à tous les deux permettent de souffler avant les retours incessants dans l'antre de cet amoureux transit d'un cadavre pourrissant. Les effets-spéciaux, aussi inattendu que cela puisse paraître face à l'impression de micro-budget qu'offre le film, sont de très bonne qualité. Aussi rares soient-ils, ceux-ci contenteront les amateurs de séquences gore. Pas trop mal incarné, surtout par son acteur principal, The Living Doll convie au sein de ce récit très étrange la star de la chanson afro-américaine Eartha Kitt qui incarne le rôle de la propriétaire de l'immeuble dans lequel vit notre héros. Chanteuse qui, pour anecdote n'ayant rien à voir avec le film en question, était l'idole de l'un des pires tueurs en série qu'ait connu notre pays. En effet, de son propre aveu, Thierry Paulin dit ''Le tueur de vieilles dames'' (condamné pour le meurtre de dix-huit d'entre elles mais soupçonné d'en avoir assassiné un nombre bien plus important) était fan de l'artiste américaine qu'il imitait lors de spectacles de transformismes...

 

samedi 10 janvier 2026

Conjuring 2 : Le Cas Enfield de James Wan (2016)



Alors que la légitimité des travaux effectués par le couple formé par Ed et Lorraine Warren est remise en question par certains de leurs détracteurs, dont certains affirment que le cas « Amityville n'est qu'un canular monté de toutes pièces par la famille Lutz, propriétaire des lieux. Malgré l'expérience traumatisante vécue dans la demeure par Lorraine, la médium et son mari acceptent de se rendre dans une maison de la banlieue de Londres où vivent Peggy et ses quatre enfants, Janet, Margaret, Johnny- et Billy que la mère de famille élève seule. Relégués par les médias, les événements qui s'y produisent depuis quelques jours intéressent l’église qui se charge alors d'informer les Warren.

Imaginez... vous vous réveillez, allongé dans ce qui semble être un lit. Il fait encore nuit, la Lune ne brille d'aucun reflet, et il règne dans la pièce un silence régulièrement dérangé par les grincements d'un parquet. Vous n'y voyez rien et commencez à vous affoler. Votre respiration s'accélère et ce n'est qu'au bout de quelques minutes que vous vous rappelez et comprenez que vous êtes loin de chez vous, de votre lit et que vous venez de vous réveiller dans celui d'une agréable maison de campagne. Demain, tout ira pour le mieux. Il fera jour, et les oiseaux chanteront dès que le soleil transpercera les minuscules fentes des volets de votre chambre. Vous reprenez votre souffle et vous rendormez tranquillement jusqu'au petit matin.
L'espace d'un instant, c'est un peu le sentiment que l'on ressent devant ce deuxième volets des Dossiers Warren, Conjuring 2 : Le Cas Enfield. Sauf qu'ici, l'angoisse ne dure pas les quelques minutes qui vous sont nécessaires pour remettre un peu d'ordre dans votre esprit mais plus de deux heures. Le temps que dure cette suite en tous points remarquable.

D'abord parce qu'elle s'inscrit dans la grande tradition des œuvres horrifiques inspirées de faits authentiques. Le film de James Wan fait en effet référence au cas Enfield, l'une des affaires de hantise les plus célèbres et documentée de l'histoire du paranormal. Le réalisateur reprend les véritables prénoms des protagonistes de cet incroyable événement dont les premiers signent se manifestèrent le 31 Aout 1977 et s'achevèrent plus d'un an après.

Cette fois-ci, le couple Warren (Vera Farmiga et Patrick Wilson) file tout droit pour une petite banlieue de Londres au coeur des années soixante-dix. Renouant avec les classiques du genre (Amityville, la Maison du Diable de Stuart Rosenberg), le cinéaste parvient à le renouveler, lui donner un second souffle que l'armada de productions récentes du même genre n'ont pas réussi à atteindre. Pas même le remake de Rosenberg qui malgré les progrès en matière d'effets-spéciaux n'arrive pas à la cheville de son ainé. Conjuring 2 : Le Cas Enfield tient sa promesse lorsqu'il s'agit de faire monter l'angoisse à mesure que le récit se développe. Entre une première partie qui nous présente Peggy et sa petite famille, entrecoupées de passages mettant en scène le couple Warren, la tension monte miraculeusement lors de climax nocturnes vraiment réellement effrayants. James Wan a le don pour placer ses caméras là où il est certain d'obtenir le meilleur effet. Tout comme il sait produire la peur à travers d'innombrables jeux d'ombres dont l'efficacité est à toute épreuve.

Mais ce que l'on retiendra certainement longtemps de cette suite, c'est l'admirable interprétation de la jeune actrice Madison Wolfe qui dans le rôle de Janet rappelle quelque part la belle performance de Linda Blair dans L'Exorciste de William Friedkin. Malgré la durée du film (qui dure plus de deux heures), on ne s'ennuie pas un seul instant. Non seulement James Wan a réussi le pari de faire mieux que le premier volet, mais son film est également l'un des meilleurs représentants du genre. Un futur classique que les amateurs du genre n'oublieront pas de ranger aux côtés des sublimes The Changeling et La Sentinelle des Maudits...

vendredi 9 janvier 2026

Kombucha de Jake Myers (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Le cinéaste canadien David Cronenberg demeure toujours une source d'inspiration pour les auteurs de films d'horreur. Car rien qu'en cette année 2025 déclinante, une dizaine de longs-métrages dont au moins la moitié qui ont fait parler d'eux sont sortis soit sur grand écran, soit directement sur diverses plate-formes légales de streaming. Parmi eux, l'excellent Bring Her Back, œuvre viscéralement passionnante signée des frères Danny and Michael Philippou qui déjà en 2022 avaient réussi à nous surprendre avec l''horrifique et très réussi Talk to Me sorti chez nous sous le titre La main. Notons également la version déviante de Cendrillon avec The Ugly Stepsister d'Emilie Blichfeldt, le Control Freak de Shal Ngo ou, évidemment, le Together de Michael Shanks dont tout le monde a probablement entendu parler. Sans oublier la production franco-belge Alpha, troisième film de l'auteure de la Palme d'or du festival de Cannes en 2021 avec le beaucoup trop surestimé Titane et qui cette année est encore une fois revenue avec une nouvelle proposition de Body Horror sans qu'une fois de plus elle ne parvienne à faire particulièrement briller le genre... Parmi les petits retardataires nous citerons enfin l'inattendu Kombucha de Jake Myers. Lequel n'a rien à voir avec un célèbre tueur en série masqué perpétrant des meurtres lors de la fête d'Halloween mais qui avec son dernier long-métrage adapte au format long son propre court-métrage Kombucha! qu'il réalisa deux ans en arrière. Le film dont le script repose sur l'écriture du metteur en scène mais aussi sur celle du scénariste Geoff Bakken suit les aventures du guitariste Luke Merritt (incarné par le très sympathique Terrence Carey). Après des années de ''galère'' à chercher à gagner sa vie, il croise tout à fait par hasard un très vieil ami qu'il n'avait pas revu depuis de nombreuses années et qui lui propose de travailler pour l'entreprise Symbio. La manageuse de la société accueille Luke et lui promet un avenir radieux s'il collabore efficacement dans le cadre d'une entreprise hyper-active qui pourrait très rapidement lui permettre de gagner des primes et mieux, de prendre du galon. Mais il demeure en revanche un étonnant ''rituel'' auquel s'adonnent tous les employés de Symbio. Chacun boit quotidiennement sa ''ration'' de Kombucha. Une boisson fermentée que déteste cependant Luke mais qui renferme dans le cas du produit proposé par l'entreprise dirigée par Kelsey (Claire McFadden) certains ingrédients qui demeurent secrets. Tandis qu'il vit séparé de son ex-petite amie Elyse (Paige Bourne), Luke se force à boire du Kombucha afin d'être réglé sur le mode de fonctionnement de l'entreprise. Et tandis que le jour de son embauche une femme se rue dans les locaux de Symbio afin d'accuser Kelsey d'être en partie responsable de la mort de sa fille, Luke se met à boire comme tout le monde sa dose de boisson fermentée jusqu'à en devenir dépendant... Causant ainsi quelques dérèglements d'ordre intestinal...


Un moindre mal en comparaison de ce qu'il va bientôt subir à l'image de quelques autres symptômes déjà nettement plus inquiétants...... Outre son côté Body Horror, Kombucha épouse également les contours d'un autre type de cinéma qui lui se rapproche davantage de la science-fiction que de l'horreur ou de l'épouvante. On pense ici au classique de Philip Kaufman L'invasion des profanateurs et de tous ceux qui lui ont succédé sans jamais l'égaler dans le sous-genre Body Snatchers ! Un concept fascinant qui fut et demeure encore aujourd'hui décortiqué sous toutes ses coutures et dont le principe est relativement simple : il s'agit en général d'une race extraterrestre qui pour se fondre dans la masse en toute discrétion et pour éventuellement préparer une invasion possède le corps d'hôtes humains. Une vision encore plus radicale lorsque la ''créature'', qu'elle soit extraterrestre ou non d'ailleurs, choisit carrément de remplacer l'homme ou la femme dont il conserve l'exacte apparence ! Ici, le sujet reste encore lointainement évoqué jusqu'à ce que Elyse mette enfin à jour la réalité de Symbio. Une entreprise qui un peu à la manière du génial Invasion Los Angeles de John Carpenter prépare donc de son côté l'invasion encore supposée d'une espèce venue d'une lointaine galaxie dont l'une des représentantes s'avère donc être Kelsey. Dans le genre Body Horror, le long-métrage de Jake Myers fait partie des tous meilleurs à avoir vu le jour cette année. Ne s'embarrassant pas d'effets de style scénaristiques ou visuels superflus, le film peut compter sur l'incarnation de ses différents personnages et notamment celle qu'offre Terrence Carey à ce pauvre Luke, ce sympathique musicien qui pour reconquérir le cœur de son ex va accepter un poste dont il ne soupçonnera que très tardivement les véritables enjeux. Bien que l'essentiel du film tourne autour du genre Horreur, Kombucha n'en est pas moins doté d'un certain humour qui contrairement aux habitudes des comédies horrifiques n'en fait pas des caisses mais s'avère être tout au contraire capable de doser l'attitude parfois amusante de Luke dans un contexte théoriquement inquiétant. Au final, Kombucha est vraiment une très bonne surprise. Frais sans être totalement innovant, il clôt en cette année 2025, le cinéma d'horreur en beauté...

 

jeudi 8 janvier 2026

Unwelcome de Jon Wright (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après avoir récemment abordé The Long Night de Rich Ragsdale, Fréwaka d'Aislinn Clarke ainsi que The Damned de Þórður Pálsson, j'ai choisi pour ce nouvel article de traiter de Unwelcome, le dernier long-métrage en date du réalisateur et scénariste britannique Jon Wright qui comme les trois autres s'inscrivent dans le Folk Horror. Un sous-genre du cinéma d'horreur et d'épouvante qui s'approprie des composantes propre au folklore du monde entier. Et comme cela est souvent le cas, l'intrigue investit comme lieu d'action, un contexte rural, voire plus ou moins arriéré et qui dans le cas présent se penche sur des créatures issues des légendes celtes. Connues sous le nom de Bonnets-rouges, ces petits êtres physiquement proches des gobelins sont connus pour être malveillants. L'intrigue démarre alors que les londoniens Maya (Hannah John-Kamen) et son époux Jamie (Douglas Booth) ont dû faire face à un événement traumatisant. Attaqués chez eux par trois hommes qui s'en sont pris à la jeune femme alors enceinte sans que son époux ait pu lui venir en aide, ce dernier apprend que sa grand-tante Maeve vient de mourir. Héritant d'une très belle maison de campagne, le couple en profite pour quitter la capitale anglaise afin de fuir la violence qui la gangrène et d'oublier ce qui leur est arrivé. Mais pour Jamie, n'ayant pu aider Maya lors du tragique événement, sa fierté d'homme en a pris un sacré coup et il n'arrive absolument pas à remonter psychologiquement la pente. À leur arrivée, ils sont accueillis par Niamh (Niamh Cusack) qui très vite leur conseille de respecter un rite que pratiquait la tante de Jamie. En effet, sur son conseil, Maya doit accepter de déposer chaque jour devant la porte du jardin donnant sur une forêt, une offrande afin de tenir à distance des créatures qui y vivent. Les fameux Bonnets-rouges ! Lors de son installation, le couple constate que la demeure a besoin de travaux. C'est ainsi qu'ils font appel à Papa Whelan (interprété par l'acteur Colm Meaney qui dans les séries Star Trek : La Nouvelle Génération et Star Trek : Deep Space Nine incarna le rôle du Sous-Officier Premier Maître, Miles O'Brien) et à ses trois enfants. Si l'imposant Eoin (Kristian Nairn) se comporte de manière étrange et inquiétante, Killian (Chris Walley) et leur sœur Aisling (Jamie-Lee O'Donnel) se montrent carrément hostiles envers les nouveaux venus...


Si la présence de cette étrange famille au sein de la demeure nouvellement acquise par Maya et Jamie devient rapidement un problème, un autre soucis va se présenter à eux. Car si tout comme le couple d'anglais certains villageois remettent en question l'existence des Bonnets-rouges, plusieurs événements vont mettre en évidence leur présence dans la forêt... Unwelcome est un film d'horreur assez curieux. À commencer par la caractérisation de Jamie, toujours traumatisé et donc incapable d'intervenir directement chaque fois que son épouse, la famille Whelan ou les créatures interviennent lors de situations délicates, voire périlleuses. L'un des points forts du long-métrage de Jon Wright est ce portrait d'un quatuor de culs-terreux dont aucun ne semble être véritablement en mesure d'apaiser les tensions naissantes. Pas même Papa Whelan dont l’ambiguïté est presque aussi flippante que l'attitude radicale de ses trois enfants. Surtout Killian et Aisling qui prennent très rapidement en grippe le couple et surtout Jamie dont ils saisissent vite les faiblesses pour s'en prendre directement à lui. Outre le côté Folk Horror, Unwelcome s'inscrit peu ou prou dans la thématique du Home Invasion à travers ces rejetons du cru franchement hostiles. D'ailleurs, l'actrice Jamie-Lee O'Donnel n'est parfois pas sans rappeler l'américaine Audrie Neenan qui dans Le Retour de l'inspecteur Harry de et avec Clint Eastwood incarnait le rôle de la très vulgaire Ray Parkins, la complice d'un viol collectif à la suite duquel l'une des deux victimes se retrouva dans un état végétatif permanent tandis que sa sœur allait impitoyablement se venger sur leurs bourreaux ! Si parfois Jon Wright parvient à créer un certain malaise lors d'affrontements entre le couple Maya/Jamie et la fratrie de ''rednecks'', le film prend une tournure presque inattendue en ce sens où l'on découvre que les tant redoutés bonnets-rouges interviendront en faveur du couple lors de l'affrontement final ! Plutôt sympathique, violent mais ayant parfois l'allure d'un conte pour adultes, Unwelcome se clôt par contre par un final inutile et voire même parfaitement ridicule...

 

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