Depuis huit années que la franchise
Sharknado
a pris fin, le cinéaste américain Anthony C. Ferrante a
tourné d'innombrables courts et longs-métrages cinéma et
télévisuel avant de réapparaître en 2023 non pas avec un septième
opus de sa drolatique série de films comico-horrifiques dans
lesquels des requins volants s'en prenaient à la population mais des
squales beaucoup plus classiques. Signant ainsi Blind
Waters
dans lequel un couple en vacances affrontait l'un de ses
représentants parmi les plus récalcitrants ! En 2025, rien ne
change vraiment, tout se recycle puisque à nouveau, Anthony C.
Ferrante s'attaque à un nouveau film de requins mettant cette
fois-ci en scène des créatures baignant autour d'une très grande
quantité de cocaïne perdue au fond des mers. Intitulé Great
White Waters,
ce dernier long-métrage signé d'un auteur décidément très
productif demeure dans la droite lignée des néo-nanars qu'il signa
donc entre 2013 et 2018. Cependant, n'espérez pas voir cette fois
encore les bestioles en question évoluer dans les airs... Et à
l'issue des quatre-vingt treize minutes que dure le long-métrage, on
serait en droit de dire que cela est presque regrettable tant Great
White Waters est
mauvais. Mais à un point, les amis, que vous n'êtes probablement
pas prêts à concevoir, surtout si vous n'êtes pas habitués à
voir nager dans les eaux troubles du film de requins ce genre de
petit budget n'ambitionnant jamais d'atteindre les sommets du genre.
Il y a bien longtemps que toute tentative a été abandonnée
s'agissant de l'idée d'égaler THE classique du genre, Les
dents de la mer de
Steven Spielberg. Et encore, lorsqu'un cinéaste y parvient (presque)
comme l'australien Sean Byrne l'année dernière, ça n'est qu'en
passant par des chemins détournés comme avec l'excellent Dangerous
Animals
dont les squales ne servaient que de matière secondaire à un récit
tournant surtout autour d'un psychopathe et de sa principale victime.
D'emblée, rien d'anormal que de découvrir que ni l'interprétation,
ni la mise en scène de Great White Waters
ne peuvent prétendre à recevoir le moindre prix dans un quelconque
festival en dehors de celui des Golden
Raspberry Awards.
Sauf que celui-ci a comme habitude de ne s'attaquer qu'à des œuvres
qui ont d'abord su faire parler d'elles dans la presse, les réseaux
ou plus directement en salle. Des films reconnus en tant que tels et
non pas en tant que vastes fumisteries comme peut l'être justement
considéré le dernier long-métrage d'Anthony C. Ferrante...
Je
ne pensais pas devoir l'écrire un jour mais on a connu le bonhomme
en meilleure forme ! Jouant ici le jeu du premier degré,
Anthony C. Ferrante semble avoir perdu l'essence même de son art.
Celui de ne surtout pas se prendre au sérieux et appliquer au genre
qui promeut habituellement le frisson, une bonne dose d'humour
totalement décomplexé. Mais en voulant entrer dans le rang tout en
n'ayant ni les qualités pour le faire et encore moins les moyens
pour s'en donner la peine, le cinéaste vient de produire dans le cas
de Great White Waters,
l'un des pires représentants de son espèce. Ici, pas de requins
volants, nageant dans le sable ou dans la neige, hybridé avec
Frankenstein, le mythe du zombie, radioactif, à trois, quatre, cinq
et même six têtes ou encore je ne sais quelle autre espèce de
délire improbable. Désormais, les requins sont eux aussi rentrés
dans le rang de la normalité pour un programme qui au final s'avère
aussi anodin que terriblement ennuyeux. L'on y suit pendant
quatre-vingt dix minutes environ une équipe de narco-trafiquants
chargé par le puissant Leo Reverend (incarné par le nullissime
Steve Hanks) de récupérer des caisses contenant des fioles remplies
de stupéfiants. Pour leur malheur, l'eau est infestée de requins en
CGI.
Mais par chance débarque la jeune et jolie Gia Shah (Angela Cole)
qui a bord de sa petite embarcation transporte un appareil
électromagnétique qui permet d'éloigner les requins. ''Embauchée''
par les malfrats sans se douter qu'ils sont de dangereux criminels,
Gia ne sait pas qu'elle est en train de mettre son existence en
danger. Des morts... des requins... de l'eau à perte de vue et un
scénario aussi vide qu'une boite de chocolats qui serait tombée
entre les mains d'un consommateur compulsif de friandises... Cerise
sur le gâteau, les doublages français. On n'avait sans doute pas
entendu des dialogues aussi atrocement récités par des doubleurs
sans doute payés au SMIC depuis le glorieux temps des Nanars
d'antan... A croire même que certains ont été conçus à l'aide
d'une intelligence artificielle tant l'ensemble sonne faux. Et
pourtant, malgré une somme relativement conséquente de défauts,
Great White Waters n'est
jamais drôle, jamais divertissant mais par contre, d'un ennui qui
sidère par sa puissance. Bref, n'hésitez surtout PAS à ne PAS vous
lancer dans l'aventure de ce nouvel étron...



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