Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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jeudi 26 février 2026

Sirāt d'Oliver Laxe (2025) - ★★★★★★★★★★

 


 

Au pied des montagnes situées dans le sud marocain, une rave-party a lieu lorsque Luis, un père de famille, accoste les participants afin de leur demander s'ils ont vu sa fille. En effet, depuis plusieurs mois qu'elle n'a pas donné de ses nouvelles, son père a décidé de prendre la route vers le Maroc et précisément lors du déroulement de cette fête principalement dédiée aux rythmes binaires où il a entendu dire que sa fille y serait peut-être. Accompagné de son fils Estéban (le jeune Bruno Núñez Arjona), Luis va faire la connaissance d'un groupe de ''ravers'' qu'il va suivre sur le chemin d'un autre événement prévu loin de là dans l'espoir d'y retrouver sa fille, parcourant avec eux un désert qui va s'avérer beaucoup moins accueillant que prévu... Dire que Sirāt, le dernier long-métrage réalisé par Oliver Laxe est un choc est un euphémisme. Autant j'ai tendance à me méfier de ce genre de ''superlatif'' qui n'est me semble-t-il pas toujours vraiment approprié, autant ici le terme employé va comme un gant à cette expérience qui offre à peu près tout ce que l'on peut attendre du septième art. L'intensité des regards, l'immensité des décors espagnol et marocains, cette musique également, entêtante, obsédante, hypnotique et agissant donc comme une drogue inoffensive et pourtant formidablement ''immergeante''. Les fondations, solides, de Sirāt tiennent bien évidemment tout d'abord à travers la mise en scène d'Oliver Laxe qui depuis ses débuts rend hommage à notre planète ainsi qu'aux cultures diverses et variées qui la composent. Le contraste est d'ailleurs ici relativement saisissant. Confrontant le ''Beat Techno'' à des paysages sauvages, rudes, mais d'une beauté à couper le souffle. Ouvrant le récit à travers la préparation d'un événement consacré à la techno, musique ici répétitive et sombre due au musicien et DJ français Kangding Ray, pseudo sous lequel se cache David Letellier. Lequel signe une bande-son en total accord avec le sujet. Beat régulier, nappes discrètes, noires, et dont l'ampleur résonne encore très longtemps après la fin du récit. D'un point de vue scénaristique, Sirāt peut paraître très sommaire. En effet, le script d'Oliver Laxe et de Santiago Fillol se résume en quelques mots seulement. Un père de famille part à la recherche de sa fille dans le désert et suit les pas d'un petit groupes de technophiles...


Mais là où le scénario fait preuve d'assez peu d'originalité, c'est bien dans la mise en scène, dans l'interprétation et dans le caractère stupéfiant des décors et des interprètes que le film tire toute son essence. Une interprétation si juste et réaliste des compagnons de route de l'acteur espagnol Sergi López (qui incarne donc le rôle de Luis) que l'on a souvent l'impression que Stefania Gadda, Tonin Janvier, Jade Oukid, Joshua Liam Herderson et Richard Bellamy ne sont rien de plus, rien de moins que de véritables teufeurs amateurs de rassemblements technos... Véritable Road-trip...pant, Sirāt est une invitation au voyage, dans des contrées dont la beauté n'a d'égal que le danger pernicieux qui parfois rode notamment au détour d'une route étroite située à des dizaines de mètres de hauteur. Si les héros de cette traversée du désert promue parfois au parcours du combattant savent très bien ce qu'ils risquent en employant certains chemins de traverse, le spectateur n'est par contre absolument pas préparé aux événements tragiques qui vont parsemer le parcours de nos sept personnages. Reparti du festival de Cannes avec le très mérité Prix du Jury de 2025, le long-métrage d'Oliver Laxe est une onde de choc qui se répercute au delà des festivals ou des salles de cinéma, résonnant à plus ou moins long terme sur des spectateurs savoureusement ''choqués'' par le spectacle qui s'est étalé devant leurs yeux. Entre émerveillement dû à des paysages à couper le souffle et à des séquences nocturnes d'une intensité hors du commun, effroi et sidération imputables à des événements tragiques (pratiquement) inattendus, ou effet de transe attribué à cette musique enveloppante qui marque chaque séquence d'une intensité folle, OUI, Sirāt est un choc. Sans doute LE choc de l'année qui s'est écoulée. Un film dont on n'oubliera sans doute pas l'univers sonore et visuel mais aussi la parfaite incarnation et la sublime émulsion qui naît entre chacun des personnages/interprètes. Bref, une expérience ultime, intense, belle, touchante et parfois effroyable. À découvrir absolument...

 

mercredi 25 février 2026

Le jour J de Claude Zidi Jr. (2025) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Claude Zidi Jr., auteur des Déguns 1 & 2 ou de Maison de retraite 2 + Kev Adams, humoriste pour jeunes écervelés et interprète d'une pléthores de comédies de seconde zone + Chantal Ladesou, ancienne ''élève'' de la mythique émission de FR3 ''La Classe'' + Didier Bourdon, ancien Inconnu et acteur capable d'avoir incarné près de vingt rôle en cinq années seulement = Le jour J. Une comédie que certains prétendent être la descendante directe de la trilogie La septième compagnie réalisée entre 1973 et 1977. En attendant que le vent se calme et de balayer les feuilles qui risquent de tomber dans la piscine, voilà que je regarde pour la seconde fois le tout dernier long-métrage du fils de Claude Zidi après m'être endormi à plusieurs reprises la veille au soir. Digne héritier de son papa, Junior a donc choisi de se spécialiser dans la comédie. Mais alors que le paternel nous avait habitué à des comédies dont certaines sont depuis sont entrées au panthéon du genre, le fiston a semble-t-il beaucoup de mal à reproduire ce que faisait Papa en son temps ! Et Le jour J en est la plus remarquable représentation. Nous sommes en juin 1944 à la veille du Débarquement en Normandie et Denis Porte (Kev Adams) est chargé de tromper les troupes allemandes en s'occupant de soldats et d'armes lourdes factices. Tandis qu'il fait la connaissance de Sami, un algérien qui rêve de l'indépendance de son pays d'origine, les deux hommes vont directement se retrouver au cœur du Débarquement. Aux interprètes cités plus haut, nous ajouterons Jonathan Lambert, véritable pile électrique et ancien trublion de La Grosse Émission ou sur France 2 dans l'émission de Ruquier On n'est pas couchés dans lesquelles il se grimait à l'effigie des ''stars'' qui étaient invitées sur le plateau. Si Sami est incarné par Brahim Bouhlel, Jonathan Lambert joue le rôle d'un abbé. L'on retrouve aussi Cristiana Reali dans celui de Madeleine Porte, la mère de Denis ainsi que Marie Parisot dans celui de la jolie Margot pour laquelle le jeune héros va faire preuve de courage pour affronter l'ennemi. Au vu du désastre, je commence enfin à comprendre, au bout de près d'un demi-siècle de cinéphilie, pourquoi il m'arrive de m'endormir devant certains films.


Tandis que certains individus s'avèrent capables d'ingurgiter à peu près n'importe quelle merde sans broncher et ce, jusqu'à la dernière seconde, ceux qui ont assez de matière grise pour réfléchir et véritablement ressentir ce qu'ils ont devant les yeux ont cette faculté de régulièrement ''débrancher'' leur cerveau au moment opportun. Il y a donc ceux qui vont dresser leur liste des courses durant telle ou telle séquence ou, donc, ceux qui vont simplement se laisser attirer dans les bras de Morphée. Parce que, hein ! Faut pas se laisser ''impressionner'' à l'idée que OUI, Le jour J pourrait être une variation sur le même thème que La septième compagnie. Et si même la trilogie de Robert Lamoureux était très objectivement nanardesque, elle demeure tout de même très appréciée des amateurs de comédies plus ou moins franchouillardes. Interprétation pathétique, dialogues écrits sans une once d'inspiration, mise en scène plate, le film aura tout de même coûté huit petits millions d'euros. Une petite somme qui au regard du résultat paraît malgré tout trop imposante. Surtout que d'un point de vue technique, la comédie de Claude Zidi Jr. ne fait preuve d'aucune prouesse particulière. Car si le film est en partie tourné dans des villages qui semblent vouloir reproduire l'époque évoquée par le scénario, quelques costumes de soldats nazis ou alliés ne suffisent pas à plonger les personnages dans une reconstitution réaliste. Et puis, mon dieu, ces répliques d'un niveau de cours d'école élémentaire! Ce que tout ceci peut être lourdingue, pas drôle, et auréolé d'une esthétique de téléfilm vraiment navrante ! À quoi de toute manière pouvions-nous nous attendre avec un tel casting ? Mais le pompon reviendra à Chantal Ladesou, capable de jouer le rôle d'une MILF aussi excitante qu'une vendeuse de poisson hurlant à qui veut l'entendre que sa marchandise est fraîche. Poussant en outre le fardeau d'une sur-interprétation en se caricaturant elle-même. Bref, Le jour J est un cancer généralisé dont on ne peut objectivement rien retirer de positif... en dehors de quelques rires plus ou moins nerveux. Pas un nanar donc, mais un navet, un vrai !

 

mardi 24 février 2026

Primate de Johannes Roberts (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Je sens que je vais encore me faire des ennemis s'agissant de Primate de Johannes Roberts mais que voulez-vous, je n'ai pas aimé ! Après avoir découvert sur le tard et de ce même auteur 47 Meters Down et sa séquelle ainsi que Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City lors de sa sortie en salle, je ne m'attendais de toute manière pas à découvrir l'un de ces grands films d'horreur qui inaugurent une année en promettant monts et merveilles, victimes d'un buzz qui laisserait entendre qu'ils pourraient faire partie du catalogue des œuvres à posséder impérativement dans toute vidéothèque qui se respecte. Alors, bien sûr, Primate n'est pas non plus l'un de ces gros navets, ni même l'un de ces pseudo-nanars qui constituent la grande majorité des films qui sortent en salle ou directement sur les plateformes de streaming légales. Mais de là à le considérer comme nombre de critiques professionnels ou de spectateurs l'ayant découvert sur grand écran comme étant une grande réussite dans le domaine, j'en suis encore à me demander ce qui a pu à ce point motiver de si nombreuses éloges. Car au fond, qu'est-ce que Primate ? Un énième film d'horreur tournant autour d'une agression animale. Mais si le singe est en soit une créature que l'on a sans doute trop peu vue dans ce genre de production, il serait bon de rappeler aux ''écervelés'' qui ont la mémoire défaillante ou à ceux qui sont bien trop jeunes pour les avoir découvert à l'époque que quelques longs-métrages avaient déjà traité ce genre de thématique. On pense bien évidemment à Link de Richard Franklin et son vieil orang-outan, à Monkey Shines de George Romero et son singe capucin que devait affronter son propriétaire, un tétraplégique, et son entourage, ou encore au beaucoup moins connu Shakma de Hugh Parks et Tom Logan dans lequel un babouin devenait particulièrement agressif après avoir reçu une injection qui devait supposément avoir l'effet inverse... Alors, tout ''bon'' fan de cinéma d'horreur et d'épouvante signifiera sans doute que tout ce que l'on demande au genre est de faire peur tout en déversant son comptant d'hémoglobine. Certes, le long-métrage de Johannes Roberts n'est pas avare en matière de séquences gores. Il se peut même que quelques plans il est vrai plutôt angoissants aient leur petit effet sur une partie du public n'étant pas vraiment habituée à ce genre de spectacle. Mais de là à l'encenser de telle manière que le film ne peut que nous attirer irrésistiblement vers la première salle le projetant, je ne comprends pas. Aurais-je eu la mauvaise idée d'avoir un niveau d'exigence un peu trop élevé ?


Peut-être, mais avec les années et cette habitude de dévorer des films d'horreur par dizaines et même par centaines, une certaine lassitude s'est installée et accepter de devoir subir une œuvre qui fait fi de tout réel travail de fond en matière d'écriture a fini par rendre chaque expérience ou presque relativement pénible. On louera cependant l'interprétation du singe Ben qui dans le cas de primate n'est pas le pur produit d'un travail d'équipe dévolu aux images de synthèse mais se trouve être bel et bien interprété par l'acteur Miguel Torres Umba. Maquillage plutôt efficace, regard menaçant, il faut quand même avouer que l'attitude du chimpanzé est l'occasion de sacrées barres de rires. Car comment prêter au singe certaines attitudes propres à l'homme et qui de mon point de vue personnel passent très mal à l'écran ? Ensuite, les personnages. Si les filles n'ont absolument rien de fantastique ou d'innovant à nous raconter sur leur existence personnelle, les mecs sont plus cons que jamais. Des clichés en pagaille, volontairement inclus dans le récit. Je veux bien jouer le jeu de la carte des ''poncifs'' mais pas celui d'être pris pour un idiot qui serait en mesure d'accepter de payer sa place de cinéma pour aller voir un film qui n'apporte jamais ô grand jamais sa pierre à l'édifice du cinéma. Les codes de l'horreur et de l'épouvante sont si bien imbriqués et généralisés que oui, je l'avoue, je me suis ennuyé. Drôle d'impression que d'avoir été le témoin d'un spectacle qui au fond ne fait appel qu'au procédé des slashers tout en remplaçant le tueur en série lambda par un singe ! D'ailleurs, s'agissant de ce dernier, l'auteur pousse la ressemblance avec les grands noms du genre que sont Michael Myers ou Jason Voorhees en faisant ressurgir Ben alors qu'on le croyait mort, ''tué'' d'un tesson de bouteille planté en plein cœur... À dire vrai, et pour être tout à fait honnête, il n'est pas étonnant que le film ait rencontré le succès en salle. Seulement, mieux vaut s'être lancé dans l'aventure sans le moindre préjugé. Une prise de conscience qui malheureusement chez moi n'a absolument pas opéré. Reste un petit film d'horreur qui devrait, je pense, objectivement disparaître des mémoires le temps voulu. Un bon point cependant pour la bande musicale analogique signée d'Adrian Johnston qui rappellera aux anciens les heures de gloire du cinéma de John Carpenter ou de celui de Dario Argento...

 

lundi 23 février 2026

A Woman Scorned de Michael Hoad et Becca Hirani (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

I Spit on Your Grave de Meir Zarchi. Ms. 45 d'Abel Ferrara. Thriller - En Grym Film de Bo Arne Vibenius. Et plus récemment, Revenge de la réalisatrice française, Coralie Fargeat. Des longs-métrages mettant en scène des femmes qui après avoir été agressées sexuellement ou non il en existe des pelletées et tous les citer serait un véritable tour de force. C'est donc sans attente particulière et sans crier gare qu'a débarqué l'année dernière A Woman Scorned, mis en scène par les acteurs et réalisateurs Michael Hoad et Becca Hirani. Spécialisés dans le cinéma horrifique, les voici qui collaborent ensemble pour la toute première fois alors qu'ils ont chacune et chacun derrière eux, une carrière plus ou moins importante dans la mise en scène. Le cas de A Woman Scorned est un peu particulier puisque l'héroïne du récit n'a pas été la victime d'un viol. On pourrait même évoquer le fait que si elle se lance dans une vengeance contre un groupe d'hommes qui pensent apparemment plus souvent avec leur queue qu'avec leur cervelle, ça n'est pas parce qu'ils s'en sont pris à elle mais à sa sœur Laura (l'actrice Hannah Pauley). Toutes aussi blondes et américaines l'une que l'autre, elle et Jas (Megan Purvis) ont décidé de se ressourcer dans la campagne anglaise pour quelques jours. Isolées, les deux jeunes femmes partent faire une promenade dans la nature lorsqu'elles croisent de loin un groupe d'autochtones dont il n'est pas inconcevable de pouvoir imaginer qu'ils passent probablement tous leurs week-ends une main dans le caleçon, l'autre enserrant une bière, assis dans leur canapé ou dans leur fauteuil à suivre les matchs de leur équipe de foutreball préférée ! Leur chef ? Un certain Randy (Aaron-Jon North). Crâne rasé, longue barbe, attitude de teubé testostéroné, le genre de bonhomme qui pour répondre à la question ''Combien font dix multiplié par cinquante'' répondra sans doute possible ''Oh ba, chais pas comment qui faut que j'fais pour compter !!!''. Bref, une belle brochette d'abrutis dont les neurones se comptent au même nombre que celui des footballeurs qui jouent sur un terrain. Je sais, c'est pas de moi mais de qui ? Je ne m'en souviens plus. N'étant pas féru de crinières blondes, je me dois malgré tout d'être tout à fait honnête. Parmi les deux filles, l'une est plus jolie que l'autre... D'ailleurs, la plus... moche risque d'être du genre à faire fantasmer ceux qui trouvent l'actrice Elisabeth Moss plutôt attirante !


Bref, Laura étant d'un tempérament solide, la jeune femme renvoie le discours du hâbleur crétin dans sa chaumière ! Plus tard, alors que celle-ci cuisine un plat pour sa sœur, elle demande à Jas d'aller acheter une bonne bouteille de vin au village d'à côté. Ce que s'empresse de faire cette dernière avec la vigueur d'un condamné à mort que l'on amène à la potence. Ah oui, parce qu'il faut savoir que Jas est ''détentrice'' d'un trauma qui n'est certes pas accroché au mur de son salon mais bien ancré dans sa tête. Un traumatisme qui l'empêche encore de vivre pleinement sa vie. Alors, lorsqu'elle revient du village et constate que durant son absence Laura a reçu la visite de Randy et de ses copains et qu'elle a eu pour récompense de recevoir une balle dans la tête, l'heure de la vengeance a sonné pour sa sœur... Bon ben, que dire au sujet de A Woman Scorned dont la signification chez nous indique que les auteurs considèrent leur héroïne comme une femme bafouée ? Ben que c'est de la bonne petite merdasse à tendance nanardesque, mais pas woke pour un sou puisque noirs et blancs se sont ligués pour prouver que l'homme est une cause par avance perdue pour la science. Par contre, la gente masculine en question prend cher. Non seulement les mecs sont ici représentés par des individus qui n'ont que deux logiques : la violence et le sexe, mais en outre, côté caractérisation, on est au niveau zéro ! Quant aux femmes, aussi rares à l'image que les poils qui auraient logiquement du dévorer mon visage si je n'étais malheureusement pas imberbe, elles seront symbolisées à travers le personnage de Jas. Jeune femme qui va déployer une force que l'on n'était pourtant loin de concevoir tant elle paraissait jusque là éminemment fragile. Bon, faut pas se leurrer. Le long-métrage de Michael Hoad et Becca Hirani est d'une médiocrité et d'une naïveté qui confinent à l'amateurisme. Emportant avec eux le jeu de leur actrice principale Megan Purvis. C'est simple : on n'y croit pas un seul instant. Non seulement l'interprète de Jas en fait des caisses dans des actes de vengeance totalement improbables, mais la mise en scène des chorégraphies vient en rajouter une couche dans ce fatras de séquences mal branlées ! Tant et si bien que l'on finirait presque par rire aux éclats tant le jeu des uns et des autres ainsi que les divers affrontements frisent le ridicule ! Vous êtes prévenus...

 

dimanche 22 février 2026

Pa-myo (Exhuma) de Jang Jae-hyeon (2024) - ★★★★★★★☆☆☆



 

Après le Japon avec 8-Ban Deguchi (Exit 8) du réalisateur, scénariste et producteur Genki Kawamura, direction la Corée du Sud avec Pa-myo (Exhuma) du cinéaste coréen Jang Jae-hyeon. On quitte ici le terrain de l'imaginaire débridé d'un jeu vidéo reposant sur le concept des Backrooms pour se pencher sur celui du Folkore et de l'histoire coréenne à travers une œuvre touffue, parfois complexe, surtout si l'on n'est pas vraiment à l'aise avec tout ce qui repose sur les traditions ancestrales du pays. Car très rapidement, le scénario de Jang Jae-hyeon plonge ses protagonistes en plein cœur d'une étrange malédiction remontant au temps où la Corée était sous le contrôle de l'empire du Japon. Occupé dès 1910, le pays ne verra la capitulation du pays colonisateur qu'en août 1945... Un peu à la façon de la série de films américains The Conjuring, le long-métrage de Jang Jae-hyeon met en scène une équipe constituée de deux chamans, Lee Hwa-rim (Kim Go-eun) et son assistant Yoon Bong-gil (Lee Do-hyun), qui après avoir été sollicités par l'un des membres d'une très riche famille coréenne exilée aux États-Unis afin de les aider à résoudre le mystère entourant la maladie dont souffre leur très jeune enfant, décide de faire appel au géomancien Kim Sang-deok (Choi Min-sik) et à son assistant, l'entrepreneur funéraire Go Yeong-geun (Yoo Hae-jin). Le projet de cette équipe nouvellement formée consistant à exhumer la tombe d'un très vieil ancêtre appartenant à la famille de Park Ji-yong (Kim Jae-cheol), celui-là même qui a fait appel aux chamans. Lors d'un rituel un très ancien cercueil est ainsi extrait de sa tombe située au sommet d'une montagne. Mais alors que sur demande de son descendant qui veut qu'il soit incinéré sans avoir été au préalable ouvert, le temps change et la pluie se met à tomber. Ce qui selon les rites coréens interdit toute crémation. L'équipe en charge de déplacer le cercueil décide alors de le déplacer temporairement jusqu'à un hôpital le temps que la pluie cesse. Mais un employé un peu trop curieux va ouvrir le cercueil pour tenter de dérober les trésors qu'il est censé renfermer...


On le comprends rapidement, il s'agit ici de traiter d'une malédiction qui repose sur le passé historique d'une famille dont nous apprendrons que l'ancêtre en question vu reconnu coupable d'avoir ''vendu'' son pays. Aussi exotiques que puissent apparaître certaines pratiques cérémoniales, il faut savoir que la plupart des mythes évoqués et des rituels pratiqués dans le films font partie intégrante des coutumes locales. Lorsqu'il s'agit pour les protagonistes de déplacer le cercueil pour briser une malédiction, d'évoquer des rituels Gut entourés de chants, de danses et d'offrandes afin d'apaiser les esprits ou encore de désigner les cinq éléments, bois, feu, terre, métal et eau, tout est construit autour des croyances réelles du peuple coréen. Face à ces pratiques, le script de Genki Kawamura évoque également la Légende des Pieux de Fer. Une légende urbaine qui veut que des barres de fer aient été planté dans le sol coréen afin de briser le flux d’énergie spirituelle du pays et ainsi affaiblir la nation... Sont ensuite évoquées des esprits malveillants. À travers les kitsune, ces renards possédés qui cette fois-ci font appel à la culture japonaise. Tout comme les Oni, dont l'un des esprits d'anciens guerriers samouraïs coléreux donnera du fil à retordre à nos quatre protagonistes. Assez troublant mais évoqué de manière très succincte, un Nure-onna est même visible à l'image vers le début du récit. Un serpent à tête humaine enfoui dans la tombe d'où sera extrait le cercueil... Plus qu'un simple film d'horreur, Pa-myo fait figure de témoignage historique et identitaire d'un pays qu'en Occident l'on connaît finalement mal et si même certaines séquences peuvent parfois prêter à sourire, on ne peut qu'être fasciné par l'approche mémorielle et culturelle du cinéaste pour sa nation. Avec ses plus de deux heures, son ambiance fantastique et son approche toute particulière du thriller surnaturel, le long-métrage de Genki Kawamura est une très grande réussite que l'on rapprochera de l'extraordinaire Goksung (The Strangers) que signa Na Hong-Jin voilà dix ans en arrière même si toute analogie est par avance futile tant ce chef-d’œuvre du septième ne souffre en réalité d'aucune comparaison.

 

samedi 21 février 2026

Petite Histoire du Cinéma: (1932) Vampyr de Carl Theodor Dreyer



Allan Gray s'est lancé dans l'étude du culte du Diable et des superstitions. Ses recherches l'ont rendu un peu fou et rêveur, incapable de distinguer le réel du surnaturel. Alors qu'il flâne au hasard, il arrive un soir devant le hameau de Courtempierre, lieu paisible qui connu pourtant un fléau qui décima une partie de ses habitants. Réservant une chambre à l'hôtel du petit village, il reçoit le soir-même la visite d'un vieillard dans sa chambre qui lui confie un paquet contenant un ouvrage écrit de sa main et consacré aux vampires. L'homme avant de quitter la pièce, inscrit sur l'enveloppe "A ouvrir après ma mort".

Lorsque plus tard dans la soirée Allan Gray part visiter les alentours, il entend des cris d'enfant qui le poussent jusqu'à un château situé non loin de là. Il y croise un vieil homme curieux qui lui assure qu'il n'y a aucun enfant en ces lieux. Il tombe ensuite nez à nez avec l'homme qui plus tôt s'invita dans sa chambre d'hôtel. Ce dernier meurt, laissant orphelines ses deux filles Léone et Gisèle. La première, très marquée par la disparition de son père est tétanisée. La seconde, elle, semble irrésistiblement attirée dehors. Elle parcourt le parc attenant au château. Lorsque Allan part à sa recherche, il la retrouve inconsciente. Le médecin de famille est dépêché sur les lieux. C'est le vieil homme étrange qu'Allan a aperçu quelques temps plus tôt. Le médecin explique au jeune homme que la seule chance pour Gisèle de survivre est de lui donner du sang. Il propose donc à Allan de donner le sien...

L'oppressante impression ressentie lors de la vision de ce Vampyr signé Carl Theodor Dreyer n'est que le fruit du hasard. Ou plutôt d'une erreur que le cinéaste choisit de conserver afin d'accentuer l'atmosphère énigmatique qui se dégage de cette œuvre parfois étouffante. A ce titre, les scènes se déroulant dans la chambre du jeune Allan Gray possèdent une aura particulière, les murs semblant se refermer sur cet homme qui paraît alors trop grand dans cet environnement exigu. Les ombres elles-mêmes sont un élément fondamental et appliquent au film toute entier la marque des grandes œuvres expressionnistes allemandes du début du vingtième siècle.

Ces jeux d'ombres et de lumières sont tout d'abord déroutants. Puis c'est le récit qui apparaît opaque. Jusqu'à ce que l'on saisisse où veut en arriver Dreyer. La juxtaposition entre la livraison de ce que contient l'ouvrage et ce qu'est en train de découvrir Allan Gray aide à la pleine compréhension du scénario qui défile devant nos yeux. L'image est fantasmatique et auréolé d'une ambiance trouble que vient renforcer la présence de cet inquiétant médecin au look d'Albert Enstein mortifère.

La caméra se déplace parfois de manière curieuse, entourant ses personnages, les accompagnant ou les précédant dans leurs déplacements. Le mythe du vampire est ici bien différent de celui que l'on a l'habitude de croiser, malgré certains aspects qui les font tout de même se ressembler (la manière idéale de les tuer étant pour tous de leur enfoncer un pieu en plein cœur), celui de Dreyer n'a pas les dents longues et n'a rien d'aussi classieux que celui du cinéaste Tod Browning ou celui campé maintes fois par Christopher Lee.

Vampyr demeure une œuvre majeure du cinéma expressionniste allemand qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie.

vendredi 20 février 2026

8-Ban Deguchi (Exit 8) de Genki Kawamura (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Et ben voilà, ça y est ! Certains se sont enfin décidés à exploiter au format long l'un des concepts de légende urbaine parmi les plus fascinants. Relativement récent puisque celui-ci ne remonte qu'à 2019, le principe des Backrooms est simple : Nous plonger dans des univers parallèles qui semblent infinis, accessibles en se noclippant et dont les plus étranges et inquiétants représentants ont notamment été décrits par Felix Dupuis qui sous le pseudonyme de Feldup et sur sa chaîne Youtube éponyme s'est brillamment penché sur le sujet... C'est donc devant 8-Ban Deguchi du réalisateur, scénariste et producteur japonais Genki Kawamura intitulé à l'internationale Exit 8 que les non-initiés au phénomène vont pouvoir s'instruire. Un long-métrage qui s'inspire en outre du jeu vidéo du même nom développé par Kotake Create en 2025 et qui met le joueur dans la peau d'un personnage cherchant à fuir un espace souterrain apparemment infini. Visuellement, le film de Genki Kawamura reprend très exactement l'esthétique du jeu avec ses interminables couloirs carrelés de blanc du métro japonais ainsi que le PNJ que croise le personnage central du film un an plus tard. Le concept de Backrooms s'avère réduit à sa plus simple expression puisque l'idée de pièces immenses où il est facile de se perdre est abandonné au profit de couloirs infinis se répétant Ad nauseam. Très rapidement, et après avoir quitté le wagon qui le transportait, un homme (interprété par Kazunari Ninomiya) marche tout en téléphonant à son épouse qui lui annonce qu'elle attend un enfant. Tandis qu'il prévoit de la rejoindre à l’hôpital où elle a prévu de mettre un terme à sa grossesse, l'homme ne prend pas conscience que le couloir qu'il est en train d'emprunter se vide peu à peu des voyageurs. Se retrouvant bientôt seul au départ d'un long couloir bifurquant ensuite sur la gauche, il commence par croiser un homme porteur d'une mallette (l'acteur Yamato Kōchi). Après plusieurs virages, un second couloir tout aussi long se présente à lui. Si le héros n'en a pas encore conscience, le spectateur, lui, se rend rapidement compte que quelque chose cloche. En effet, pour la seconde fois, celui-ci croise l'homme à la mallette qui quelques instants plus tôt est apparu dans le couloir précédent... Ce n'est qu'après l'avoir croisé une troisième ou quatrième fois qu'il finira par concevoir qu'il tourne en rond. En réalité, le terme n'est pas vraiment adéquat.


Difficile en effet de décrire la situation de ce pauvre homme dans des conditions qui feraient perdre la tête de n'importe quel autre voyageur. Afin de mieux intégrer le phénomène dans l'esprit des spectateurs, Genki Kawamura et le scénariste Kentaro Hirase réintègrent les divers éléments présents dans le jeu. Car aussi minimaliste que puissent paraître les décors, ajouter à l'univers des détails permettant de situer les personnages arrange grandement la lisibilité. Renforçant par là-même la perversité du script. En effet, l'homme parcourt indéfiniment le même couloir ainsi que les mêmes virages jusqu'à la lecture d'un panneau indiquant qu'en présence d'une anomalie il devra faire demi-tour. L'enjeu est donc ici très clair. Faire confiance à son acuité en différenciant celles-ci de ce qui peut apparaître comme étant tout à fait normal afin de rejoindre enfin la fameuse sortie numéro 8... Si le concept est fascinant, il est en revanche difficile de le concevoir sur le long terme. Et Exit 8 reflète justement ce problème. Car si durant quinze ou vingt minutes le long-métrage de Genki Kawamura est objectivement passionnant, intriguant, voire même très anxiogène, sans mauvais jeu de mots, le scénario finit par tourner en rond ! Après un démarrage vertigineux, il semblerait que le cinéaste n'ait plus rien eu à nous raconter. Alors, il ajoute au récit des personnages secondaires très ''vaporeux'' en terme d'écriture. Côté enjeux, tout est dit dans le premier tiers voire quart du long-métrage et ensuite rien, que du vide... Jusqu'à rendre même caduque l'espoir de voir enfin le héros se dégager de cette situation inextricable... Bref, Exit 8 est une énorme déception. Le mieux restant donc de suivre les quinze ou vingt premières minutes et de laisser tomber le reste... Notons enfin que cette année sortira The Backrooms du Youtubeur Kane Parsons qui en 2022 avait déjà publié sur sa chaîne un mythique court-métrage éponyme d'une dizaine de minutes dont la version longue devrait donc sortir en 2026...

 

jeudi 19 février 2026

Possession : le remake de Parker Finn (202?)

 


 

Cela ressemble à une très mauvaise blague et pourtant, oui, il va bien y avoir un remake du film culte du cinéaste polonais Andrzej Żuławski, Possession ! À l'heure actuelle, l'ancien compagnon de Sophie Marceau doit se retourner dans sa tombe. Quant à ses fans, la société de production de Robert Pattinson Icki Eneo Arlo les empêche sans doute de dormir depuis cette annonce qui au mieux aurait pu être une mauvaise blague mais qui au pire semble rapidement se préciser. Ce que l'on sait ? Que Margaret Qualley et Callum Turner devraient reprendre les rôles principaux incarnés à l'époque par Isabelle Adjani et Sam Neill. Bon ben, je ne connais ni d'Eve ni d'Adam ces deux acteurs américains mais à voir leur tronche, j'ai un peu peur que l'on se retrouve devant un film du type Cinquante Nuances de Grey. Un film basé sur la hype dont bénéficia le roman d'origine que je n'ai de toute manière pas lu vu que c'est pas trop ma came de suivre le mouvement ou certaines recommandations ! Après, Possession nouvelle version devrait être réalisé par Parker Finn. L'auteur des deux Smile. Deux sympathiques films d'horreur mais qui ne justifient pas forcément que lui soit confié le remake d'un film tel que celui de Zulawski. Et pourquoi ne pas enchaîner ensuite en confiant la mise en scène de celui de L'important c'est d'aimer à Jordan Peel ? De La Femme publique à David Charhon ou encore celui de L'Amour braque à Michèle Laroque avec dans les rôles principaux Muriel Robin, Michaël Youn et Samy Naceri en lieu et place de Sophie Marceau, Tcheky Karyo et Francis Huster ? Tu vois, Gros (pas toi cher lecteur, mais Robert Pattinson), j'aurais pu encore garder mon calme si j'avais entendu parler d'un remake de Szamanka vu que le long-métrage est pour le coup un vrai film d'horreur dans le sens littéral du terme. Car bien que celui-ci comme tous les autres longs-métrages de Zulawski soit dans mes petits papiers, il aurait été moins ridicule de confier l'antépénultième film du polonais que l'un de ses meilleurs, intouchable, ''indéflorable'', inviolable. On sait ensuite qu’après une longue bataille, c'est finalement Paramount Pictures qui a remporté le ''gros lot'' de produire le film. Chose plus ou moins rassurante : Possession n'en est apparemment qu'à sa phase de développement. Écriture du script et composition du casting définitif sont donc d'actualité mais il n'est pas interdit d'espérer que le film n'ira pas à terme. Évidemment, si le récit repose sur le script d'Andrzej Żuławski et Frederic Tuten, sa modernisation sera probablement l'un des points les plus sensibles pour les fans du cinéaste qui désirent tout comme votre serviteur que l’œuvre d'origine ne soit pas entachée par l'existence d'un miteux remake ! Concernant le contexte, difficile d'imaginer que l'on puisse retrouver la force des décors bétonnés, froids et démoralisant de Berlin-Ouest où fut tourné le film de 1981. Et que penser des séquences emblématiques que l'on pourrait au mieux espérer ne pas voir réadaptées pour mieux conserver le souvenir des originales ? La scène du métro, le repère de la bête, les conflits entre Anna et Mark au restaurant où dans la rue... Bref, je me connais, tout en me rongeant les sangs dans l'espoir que le projet tombe à l'eau, je ne pourrai sans doute pas éviter la projection lors de sa sortie si jamais il arrive à terme. Histoire de confirmer définitivement et une bonne fois pour toute que le génie d'Andrzej Żuławski est inégalable...

 

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