Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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samedi 9 mai 2026

Ça tourne à Saint-Pierre et Miquelon de Christian Monnier (2021) - ★★★★★★☆☆☆☆

 

 


Avec ses fausses informations télévisées présentant Roman Zodowski (Référence à Roman Polanski ? Andrzej Zulawski?) comme un original qui a connu le succès avec son premier long-métrage, Ça tourne à Saint-Pierre et Miquelon se révèle mensonger dans quasiment tous les domaines qu'il investit. Ce qui ne sera et surtout, devra pas être renvendiqué au sens péjoratif du terme tant l'objet que l'on tient ici en main paraît peu anodin. Sans être non plus tout à fait passionnant puisque bénéficiant d'un scénario rachitique et d'une mise en scène anémique, le second long-métrage de Christian Monnier (quinze ans après Le chien!) peut s'envisager comme un bol d'air frais iodé situant, comme le titre l'indique, son action à Saint-Pierre et Miquelon. Un archipel français plus connu pour son nom que pour sa zone géographique puisque contrairement à ce que l'on pourrait supposer, celui-ci n'est pas situé dans une zone proche de l'hexagone mais au sud-est de l'île canadienne de Terre-Neuve. C'est donc là-bas, très loin de chez nous et pourtant visuellement si proche de certaines de nos côtes que se déroule l'action de cette comédie qui soyons-en sûrs, n'emballera pas tout le monde. Les gamins sevrés aux jeux vidéos ou aux réseaux sociaux passeront leur temps au pied du canapé à consulter leur smartphone ou à discuter entre eux tandis que d'autres se demanderont quelle idée saugrenue est venue à l'esprit de leur proche de leur offrir ce cadeau empoisonné (DVD disponible depuis 19 octobre dernier). D'un point de vue personnel, Ça tourne à Saint-Pierre et Miquelon est un peu fade. Amusant sans être drôle, et nettement moins transgressif en terme de fantaisie que le En roue libre de Didier Barcelo découvert sur grand écran il y a quelques mois. Rien à voir entre l'un et l'autre, c'est vrai. Mais un brin de folie que les deux longs-métrages partagent malgré tout !


Dans cette comédie où Céline Mauge (l'actrice du même nom, dans son propre rôle) espère jouer dans le nouveau film du trublion du cinéma Roman Zodowski (interprété par l'acteur Philippe Rebbot, raison principale pour laquelle je me suis collé à la projection du film), il n'y à guère à manger en terme de pur comique de situation. Plutôt axé sur la détresse d'une comédienne désespérant de tourner avec son nouveau réalisateur, lui-même enfermé depuis des jours dans une baraque située à proximité du logement temporaire que l'héroïne partage avec deux membres de l'équipe technique, Ça tourne à Saint-Pierre et Miquelon s'emballe dans des séquences de boulimie lors desquelles des plats de morue font les frais de la nouvelle obsession de l'actrice. Entre l'attente et les crises d'hystérie de Céline Mauge, l'ingénieur du son Keanu (Jules Sitruk) et la régisseuse Adèle (l'actrice Adèle Lebon) composent un duo intéressant, entre un adepte des causes environnementales et animales et une jeune femme un brin garçonne. Afin d'apporter un peu de matière et de profondeur à un récit qui reste tout d'abord bloqué sur ses aspirations d'origine, Christian Monnier et l'actrice Sheila O'Connor (La boum 1 et 2 de Claude Pinoteau, P.R.O.F.S de Patrick Schulmann) imaginent une sous-intrigue qui bientôt prendra le pas pour ensuite faire corps avec le sujet du film que sont censés tourner ensemble l'actrice et le réalisateur. Interviennent ainsi Claire Nadeau, Patrick Bouchitey ou Dominique Pinon dans des rôles minimes mais parfaitement essentiels au dessus desquels surnage à peine Philippe Rebbot, malheureusement sous employé ! Céline Mauge porte donc presque à elle seule ce projet tout à fait particulier, de nature parfois automnale qui ne fera exploser de rire que peu de monde mais qui demeure tout de même relativement intriguant. Un moment de douce folie parfaitement accessible au commun des mortels mais qui paraîtra bien ennuyeux pour les habitués de transgressions cinématographiques. Une œuvre mi-figue, mi-raisin...

 

vendredi 8 mai 2026

They Will Kill You de Kirill Sokolov (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

They Will Kill You. Un concept, pas de scénario, mais du fun à tous les étages avec pourtant, ce persistant message qui depuis maintenant pas mal d'années renverse les valeurs du Bien et du Mal sur grand écran en faisant systématiquement de l'homme blanc le nouveau stéréotype du méchant antagoniste quand dans le courant du vingtième siècle, la représentation du noir à l'écran passa par le ségrégationnisme, le racisme et plus tard l'emploi de la communauté dite afro-américaine dans des rôles de sauvages, de domestiques ou de criminels. Fort heureusement, la culture de l'africanité et sa reconnaissance ainsi que le courant culturel américain des années soixante-dix connu sous le nom de Blaxploitation eurent tendance à renverser la vapeur. Après la quasi disparition de ce courant, quelques cinéastes l'ont fait sporadiquement revivre et ça n'est que depuis quelques années, à travers des œuvres telles que Shaft de John Singleton, Black Dynamite de Scott Sanders ou le moins connu They Cloned Tyrone de Juel Taylor, que la Blaxploitation et la mise en avant de nouveau balbutiante de la communauté afro-américaine permet à certains de rediriger le discours vers un message politique encore plus engagé. Pour avoir essoré en long et en large un bon nombre de longs-métrages du genre datant des années soixante-dix, il est clair que l'une des différences fondamentales est désormais de glorifier l'homme de couleur en lui faisant endosser aussi souvent que cela lui est permis, le rôle du bon samaritain. Et si dans la Blaxploitation d'antan, le blanc était souvent remisé au second plan, considéré déjà de ''mauvais garnement'', parfois même parodié et donc souvent moqué, aujourd'hui, le temps des ''réparations'' semble être arrivé à son apogée et après des décennies d'incurie, les rôles se sont donc ''définitivement'' inversés... Tout commence (ou presque) lorsque Asia Reaves (Zazie Beetz) est séparée de sa jeune sœur Maria (Myha'la) après qu'elle ait tiré sur leur père d'une balle de pistolet. Un père (fouettard, et donc blanc, bien évidemment) qui contre toute attente demeure en vie. Ce qui n'empêche pas la fugitive d'être arrêtée puis enfermée pour les cinq années à venir...


Au sortir de la prison où elle a eu tout le temps de s'affranchir de ses codétenues en s'adonnant à la bagarre, Asia part à la recherche de sa sœur et apprend que depuis un certain temps, celle-ci travaille dans le très chic hôtel ''Le Majestic''. Tenu par une famille blanche aisée dont la directrice est l'épouse d'un certain Ray (Paterson Joseph), l'établissement est entretenu par une batterie de domestiques afro-américaines toutes dévouées à leur tâche. Changeant de nom, Asia se fait embaucher afin de retrouver Maria et de l'emmener loin avec elle... Mais les choses ne vont bien évidemment pas se dérouler telles que la jeune femme l'avait prévu... On le voit, le script de d'Alex Litvak et Kirill Sokolov est relativement succinct. Mais ce qui l'est plus ou moins selon le genre de films que l'on a l'habitude de regarder, c'est le ton outrancier avec lequel le réalisateur, scénariste et monteur russe Kirill Sokolov va traiter son sujet. Humour, gore et action s'entremêlant dans un tourbillon parfois vertigineux et plutôt distrayant. Mais là encore, selon que l'on soit un véritable cinévore ou un spectateur irrégulier, les références pourtant multiples ne sauteront pas forcément aux yeux de tous. Pourtant, il y a dans They Will Kill You, un peu du Kill Bill de Quentin Tarantino. Lui-même étant visiblement inspiré par le cinéma asiatique, l'on retrouve de nombreux combats à l'arme blanche et même parfois au fusil. Jouant avec les décors, entre chambres, couloirs et vides sanitaires, le long-métrage de Kirill Sokolov laisse une grande place à l'action, à travers des combats plutôt bien orchestrés même si l'on est très loin des prouesses techniques d'un The Raid réalisé par Gareth Evans en 2011 ou d'un City of Darkness signé de Soi Cheang en 2024. Concernant le gore, c'est encore du côté de l'Asie qu'il faudra pencher le regard puisque en dehors de quelques menues tripailles, l'hémoglobine gicle davantage à la manière de geysers comme dans Tokyo Gore Police de Yoshihiro Nishimura, Machine Girl Noboru Iguchi ou encore Meatball Machine de Yūdai Yamaguchi et Junichi Yamamoto. Bref, rien de très fin mais le film possède malgré tout quelques plans virtuoses, une direction artistique pas dégueu et une pêche d'enfer...

 

jeudi 7 mai 2026

Terminal Choice (Hardware : Meurtres par Ordinateur) de Sheldon Larry (1985) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Curieusement traduit en Allemagne sous le titre Todespoker (''Poker de la mort'') bien que cela ait en réalisé du sens et chez nous sous celui de Hardware : Meurtres par Ordinateur, le thriller horrifique de Sheldon Larry Terminal Choice se déroule intégralement dans une clinique américaine presque entièrement automatisée. L'entièreté des processus vitaux étant gérée par un puissant ordinateur, médecins et infirmières n'interviennent que lors d'opérations chirurgicales. Le personnage principal du récit se nomme Frank Holt et pour lui, les jours à venir vont s'avérer plutôt compliqués. En effet, l'une des patientes dont il avait la responsabilité meurt dans d'étranges circonstances. Les doses prescrites pour son traitement ayant été modifiées, celles-ci sont devenues léthales et la patiente est morte d'une hémorragie externe globale. Mais lorsque un autre malade dont il avait également la charge vient à décéder, les soupçons se portent directement sur lui. Et pour cause puisque le docteur Frank Holt est un ancien alcoolique qui désormais est soupçonné d'avoir repris la boisson et de s'être montré négligeant. Son ex petite amie Anna et lui vont non-officiellement se lancer dans la traque de celui qui semble tout manigancer afin de lui nuire tandis que le docteur Dodson sera chargé d'enquêter sur la série de meurtres qui continue d'endeuiller la clinique... Si Terminal Choice sort en salle aux Etats-Unis en mai 1985 sous ce titre, une seconde sortie est prévue cinq mois plus tard cette fois-ci sous le titre Death Bed ! Le titre du long-métrage connaîtra d'ailleurs plusieurs changements. C'est ainsi qu'il portera les noms de Critical List, Death List ou encore Trauma. Une habitude courante dans les années quatre-vingt qui permettait aux distributeurs de rallonger la vie de ce type de séries B vouées à finir leur existence dans les rayons des vidéoclubs. Le héros Frank Holt est interprété par l'acteur Joe Spano dont la carrière a débuté au début des années soixante-dix et n'a pas faibli depuis puisque entre la télévision et le grand écran il a tourné dans quatre-vingt dix longs-métrages et épisodes de séries télévisées. Notons parmi ses faits d'arme, la version féminine de L'homme qui rétrécit en 981 avec The Incredible Shrinking Woman de Joel Schumacher, la série Capitaine Furillo, le téléfilm Le grand tremblement de terre de Los Angeles en 1990 ou sa participation à deux épisodes de la série X-Files ainsi qu'à l'excellent Apollo 13 e Ron Howard en 1995...


Son personnage est donc ici accompagné de son ancienne amante Anna qu'interprète l'actrice Diane Venora qui sera notamment nommée aux Golden Globes en 1988 pour son rôle de Chan Parker Richardson dans Bird de Clint Eastwood. Parmi les personnages secondaires qui apparaissent comme de potentiels coupables, citons Robert Joy dans le rôle du docteur Rimmer ou bien Nicholas Campbell (Chromosome 3 et Dead Zone de David Cronenberg) dans celui d'Henderson. Parmi les victimes, nous reconnaîtrons l'actrice Teri Austin que l'on a pu notamment découvrir dans le soap opera Côte Ouest ainsi que dans différentes séries télévisées telles que Code Quantum, Arabesque ou encore La loi de Los Angeles avant qu'elle ne mette un terme à sa carrière afin de se consacrer à la protection des animaux en 2001. Le scénario de Neal Bell et Peter Lawrence perd volontairement les spectateurs dans tout un tas d'hypothèses sans pour autant être capables de rendre l'ensemble cohérent. Grippé par une mise en scène flemmarde et une interprétation vraiment pas à la hauteur des ambitions scénaristiques, Terminal Choice peut se voir comme une version émminamment allégée de concepts croisés tels que L'ascenseur de Dick Mass, Morts suspectes de Michael Crichton et même l'épisode de la série de science-fiction télévisée X-Files, Un fantôme dans l'ordinateur. Pourtant, le film de Sheldon Larry ne parvient à maintenir l'attention qu'à travers l'envie de connaître la vérité et grâce à quelques passages sanglants relativement répétitifs. Notons en outre que dans le rôle du docteur Dodson, l'acteur David McCallum (Des agents très spéciaux, L'homme invisible, NCIS: Enquêtes spéciales, etc...) est malheureusement sous employé. Bref, Terminal Choice demeure très anecdotique...

 

mercredi 6 mai 2026

The Crawlers aka Contamination.7 aka Troll 3 : Contamination de Joe D'Amato et Fabrizio Laurenti (1990)) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

 

Parfois honteusement titré Troll 3 : Contamination (mais qui donc de parfaitement sain d'esprit voudrait surfer sur le Troll de John Carl Buechler ou sur Troll 2 de Claudio Fragasso ?), The Crawlers de Joe D'Amato et Fabrizio Laurenti (tous deux respectivement cachés sous les pseudonymes de David Hills et Martin Newlin) sent d'emblée le nanar italien à plein nez. Comme tenterait à le prouver la société de production cinématographique fondée par Joe D'Amato en 1980, la Filmirage. Laquelle abritera dès lors nombre des productions réalisées par l'auteur d'Anthropophagus et d'Ator l'invincible ainsi que celles de plusieurs de ses compatriotes italiens, tels Umberto Lenzi, George Eastman, Claudio Fragasso ou encore Lucio Fulci. Firme à laquelle rendront d'ailleurs hommage dans notre pays David Didelot et ses collaborateurs à travers les quelque cent quatre-vingt huit pages de l'avant dernier numéro du cultissime fanzine Vidéotopsie paru en décembre 2017. L'écologie se retrouvant régulièrement au centre de diverses intrigues au cinéma, dans les années quatre-vingt, la mode était aux containers de déchets radioactifs, généralement abandonnés dans la nature. Deux ans avant que la catastrophe de Tchernobyl ne survienne au niveau du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire V. I. Lénine à Pripiat, Douglas Cheek réalise le sinistre C.H.U.D dans lequel des clochards vivant dans les égouts de New York où sont entreposés des fûts de déchets radioactifs se transforment en mutants avant de s'attaquer aux habitants de la ville. La même année, les fondateurs de la société de production et de distribution de films américaine Troma Entertainment Michael Herz et Lloyd Kaufman démarrent le projet Tromaville et lancent toute une série de longs-métrage dont les plus célèbres d'entre tous demeurent les franchises The Toxic Avenger et Class of Nuke'Em High. Dans la première, le souffre douleur d'une université tombe dans un container radioactif et sous l'effet de la radiation se transforme bientôt en super-héros difforme sauvant la veuve et l'orphelin. Dans la seconde, une usine de produits chimiques est directement implantée en plein cœur de Tromaville, au grand dam des étudiants de l'université et des habitants de la cité. Dans une même veine, nous pourrions citer également Redneck Zombies de Pericles Lewnes, autre production Troma Entertainment dans laquelle, cette fois-ci en 1989, des individus se transforment en zombies après être entrés en contact avec un bidon de ces mêmes déchets radioactifs abandonné dans une forêt !


Quelques rares exemples de longs-métrages pas vraiment sérieux sur la forme et parfois, excessivement gore. Doté d'un budget que l'on devine aussi riquiqui que ceux alloués aux productions de Michael Herz et Lloyd Kaufman, The Crawlers, également connu sous le titre Contamination.7, prend pour cadre une petite bourgade de l'Amérique profonde. Ici, pas de rednecks mais un propriétaire de centrale nucléaire et un shérif corrompus jusqu'à la moelle. Les héros ? Un groupe de jeunes gens parmi lesquels, une jeune femme revenant dans sa ville natale des années après s'être installée dans une grande ville. Celle-ci réapparaît comme par hasard au moment où d'horribles événements vont se produire. En effet, alors que le propriétaire de l'usine produisant des déchets radioactifs s'en débarrasse en les faisant jeter dans la forêt alentour, la nature commence à se comporter de manière tout à fait inattendue. Effectivement, comme mues par une force invisible, les racines des arbres sortent de terre et avancent vers les habitations où elles s'attaquent à leurs propriétaires. C'est aidée de ses amis et de sa famille que Josie (l'actrice Wanja Mary Sellers) va tenter d'alerter les autorités, à défaut de quoi, le groupe tentera lui-même d'endiguer la lente mais irrémédiable progression meurtrière des végétaux... Aussi absurde que puisse être le sujet, The Crawlers fonctionne malgré tout et ce, sans être trop ridicule. La chose n'étant pas vraiment inédite, Sam Raimi avait déjà visuellement mis en pratique l'assaut et le viol d'une jeune femme par les branches d'un arbre dans le film d'horreur culte Evil Dead en 1981 ! Ici, rien d'aussi remarquablement créatif. L'on est plus proche d'une petite production à la manière de Kingdom of the Spiders de John « Bud » Cardos. Les araignées étant donc ici remplacées par des racines. Relativement répétitif, le long-métrage de Joe D'Amato et Fabrizio Laurenti réserve cependant deux ou trois plans gore plutôt sympathiques et efficaces. En revanche, l'on n'adouberons absolument pas l'infâme partition musicale composée par Carlo Maria Cordio qui dans le genre ''soupe'' est moins proche d'un velouté que de ces vieilles préparations à base de légume majoritairement constituées d'eau que nos vieux nous infligeaient voilà un demi siècle ! Au final, The Crawlers se regarde sans déplaisir. Comme un téléfilm du dimanche soir sur M6. Une curiosité qui n'a rien de mémorable mais qui aura le mérite de remplir un début de soirée morose...

 

mardi 5 mai 2026

The Headless Eyes de Kent Bateman (1971) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Il y a diverses façons d'aborder une œuvre telle que The Headless Eyes de Kent Bateman. Soit par curiosité pour tout objet filmique non identifié. Soit par rejet pour tout ce qui touche à la dépravation. Soit par fascination, et ce pour ces mêmes raisons. Celui-là a de bonnes raisons d'offrir matière à la discussion. Un OFNI qui l'est moins pour sa saveur de petite production fauchée comme les blés que pour son approche morbide et amateur de son sujet. Une thématique qui déjà à l'époque n'innovait déjà plus vraiment mais dont les charmes sont à ranger du côté crapoteux insufflé par l'image poisseuse, la réalisation bancale et l'interprétation habitée de son principal protagoniste. Un sujet autour duquel se concentre d'ailleurs la totalité du long-métrage. Car ici, l'enquête policière et les différentes déclarations des médias semblent être les derniers des soucis du réalisateur, scénariste et producteur qui signait là son tout premier long-métrage. Une carrière erratique pour Kent Bateman qui ensuite tournera deux films d'aventure, cinq épisodes de séries télévisées ainsi que le drame Bench at the Edge. Tout ceci en vingt-sept ans de carrière. Le bonhomme ne consacrant pas davantage de temps à l'écriture de scénarii ou à la production d’œuvres télévisées ou cinématographiques dont les mises en scène ne lui étaient d'ailleurs pas toutes destinées. Des types comme Arthur Malcolm (l'acteur suédois Bo Brundin dont la sporadique carrière s'étendra jusqu'en 2012), le monde en a connu un nombre invraisemblable. Rejoint très rapidement par la fiction qui s'est faite l'écho des exactions d'individus on ne peut plus inspirés lorsqu'il s'agit de s'en prendre à leurs semblables. Dans le grand Œuvre qui sert d'exutoire et de dispensaire aux refoulés qui ne sont jamais passés à l'acte et ont toujours préféré se délecter des pires horreurs projetées sur petits et grands écrans, The Headless Eyes se situe presque très exactement au croisement de deux des œuvres les plus marquantes de l'histoire du cinéma d'horreur et d'épouvante. Et pour être plus précis, celles qui mettent en scène des tueurs en série dont l'usage d'armes diverses et variées ne souffrent d'aucun manque d'imagination. Six ans auparavant, le pape du gore Herschell Gordon Lewis imaginait concevoir un film tournant autour d'un artiste-peintre (Gordon Oas-Heim dans le rôle d'Adam Sorg) qui dans Color me Blood Red tuait ses semblables afin de prélever leur sang et ainsi ajouter à ses œuvres un rouge ''parfait''.


De son côté, William Lustig créera en 1980 avec Maniac l'un des tueurs en série les plus iconiques et les plus flippants du septième art en la personne de Frank Zito (formidablement incarné par Joe Spinell. Un individu en proie à de terribles cauchemars dus à un sérieux complexe d’œdipe qu'il choisissait de résoudre en tuant principalement des femmes dont il prélevait ensuite les scalps pour les emmener dans sa sordide tanière et les planter au sommet des crânes de mannequins d'exposition. Au titre de ces deux exemples, The Headless Eyes emprunte au premier sa technique rudimentaire, à base de faux sang trop épais pour être honnête, de mise en scène bénéficiant de moyens financiers ridicules et d'une direction d'acteurs déplorable. Ajouté à cela, un faux hommage à Color me Blood Red auquel il emprunte également la profession de son héros, lui aussi artiste-peintre ! Près d'une décennie avant que Frank Zito ne vienne hanter les rues nocturnes de New-York pour y assassiner prostituées et autres représentantes féminines à la cuisse légère, Artur Malcolm opta bien avant lui pour des méthodes relativement peu commune. Car si des années plus tard Frank aura tendance à rentrer à la maison avec dans ses poches des sachets de plastique transparents renfermant des tribus prélevés à ses victimes, Arthur aura bien avant lui pensé à faire de même en ramenant dans son antre, les yeux des siennes. Victime lui-même d'une énucléation administrée par une femme qu'il tentait deux ans auparavant d'étrangler, voici que l'on découvre un individu totalement désaxé, obsédé par la question des yeux et hanté par on ne sait quelle entité qui s'amuse à lui glisser dans le creux de l'oreille des mots qui le poussent à agir de manière monstrueuse envers les femmes. Pour être tout à fait honnête, The Headless Eyes est assez mauvais. Bien qu'il remémore de manière relativement excitante les prémices du gore sur grand écran et que Bo Brundin est véritablement habité par son personnage, le gros soucis avec le long-métrage de Kent Bateman se situe surtout aux niveaux de l'écriture et du rythme. Passée une première demi-heure satisfaisante, ça n'est pas faire offense au réalisateur et à son œuvre que de dire qu'ensuite l'on se fait horriblement chier durant le reste du récit. Notons malgré tout que la bande-son signée d'un parfait inconnu demeure un modèle d'étrangeté que l'on rangera du côté de celle de Massacre à la tronçonneuse, oui, oui. Bref, une curiosité pour tous les amateurs de Serial Killers pas trop exigeants...

 

lundi 4 mai 2026

Michael d'Antoine Fuqa (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Mettons déjà une chose au clair. Je ne suis et n'ai jamais été un grand fan de Michael Jackson même si tout comme parmi les amateurs de bonne musique qui comme moi restèrent généralement indifférent à son art, quelques chansons demeurent de vrais bons hits. Comme l'excellent Billie Jean, Don't Stop 'Til You Get Enough, Wanna Be Startin' Somethin' ou bien encore l'incroyable clip vidéo de Thriller dont la première diffusion sur une chaîne hexagonale eu lieu dans l'émission animée par Michel Drucker Champs-Élysées au mois de décembre 1983. Un clip qui aujourd'hui encore demeure comme l'un des grands moments de la télévision française. Sans oublier bien évidemment sa première partie de carrière au sein des Jackson Five qu'il constitua aux côtés de ses frères Tito, Jackie, Jermaine et Marlon, Pas fan, donc, mais très sensible à la vie qu'a pu avoir l'artiste américain. Au point, oui, d'avoir très envie d'aller découvrir le biopic que lui a très récemment consacré cette année le réalisateur américain Antoine Fuqa. Sobrement intitulé Michael, ce long-métrage de plus de deux-heures s'est pris une volée de bois vert de la part d'une partie des critiques professionnels américains et français et je voulais savoir pour quelles raisons. Au sortir de la salle, je dois avouer avoir eu beaucoup de mal à comprendre le sens de certaines critiques même si au fond et de manière tout à fait objective, j'en suis ressorti tout sauf essoré, ébloui ou plus simplement conquis par le spectacle auquel je venais d'assister. Alors que bon nombre de long-métrages pourtant d'excellente qualité n'ont malheureusement pas la chance de voir le jour sur grand écran mais sur des plates-formes de streaming, Michael aurait tout aussi bien pu être directement projeté dès sa sortie dans les salons accueillant de grands écrans plats tant le film d'Antoine Fuqa semble à des années-lumière de tout ce que le septième art est désormais capable de nous offrir en terme de technique de l'audiovisuel. Doté d'un budget pourtant confortable de cent-cinquante cinq millions de dollars, d'un support musical et d'un sujet en or, Michael renvoie directement à ce que pourraient produire de ''mieux'' des techniciens dévolus au seul format télévisuel...


Pas spécialement alléchant, le film ressemble trop souvent à un vieux téléfilm sans pour autant avoir ne serait-ce qu'une once des qualités que pouvait avoir l'excellent Le Roman d'Elvis que réalisa en 1979 le réalisateur John Carpenter. Un téléfilm lui aussi, réalisé cette fois-ci par un maître du septième art pourtant généralement spécialisé dans le cinéma fantastique et d'horreur et qui pourtant avait réussi le pari de changer temporairement de registre pour s'attaquer à un autre mythe de la variété américaine, Elvis Presley. Pour autant, le biopic d'Antony Fuqa n'est pas le désastre annoncé. Et même si celles et ceux qui connaissent mal le contenu des tabloïds pour qui la vie de Michael Jackson fut une manne financière s'attendaient probablement à en apprendre davantage que le simple déroulement d'une vie au contact d'un père violent et autoritaire avec, à l'horizon, l'émancipation de la star mondiale, que reste-t-il réellement de l'art créatif ? Quelques menus story-boards gribouillés au coin d'une table et retranscrits lors de rachitiques plans à l'écran ? Adoubé par la propre famille de Michael, on comprend alors mieux quelles furent les restrictions imposées. Trop lisse, pas assez aventureux et insuffisamment critique, les fondations de l’œuvre ne tiennent en réalité qu'à travers l'incarnation de Jaafar Jackson. Le neveu de Michael, dont la ressemblance est souvent bluffante. Sans oublier les chorégraphies et la reconstitution des concerts qui demeurent parfaitement réalistes. À dire vrai, Michael fait ''presque'' le même effet que la projection de La tour sombre, cette chose inerte et sans ambition réalisée en 2017 par Nikolaj Arcel et qui demeure sans doute la pire adaptation d'un très, très, très gros pavé écrit par le romancier américain Stephen King. Dans un cas comme dans l'autre, les attentes furent longues et le résultat en dessous de tout. Deux mythologies cinématographiquement tuées dans l’œuf ! Michael s'interrompt d'ailleurs subitement sur un fondu au noir avec le message ''Son histoire continue'', juste avant que les différentes polémiques qui émaillèrent la vie de la star n'interviennent sur le devant de la scène. Un peu comme s'il était encore nécessaire de préserver l'image du Roi de la pop alors que le mal fut fait de son vivant...

 

dimanche 3 mai 2026

Las Trompetas del Apocalipsis de Julio Buchs (1969) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Tout commence avec le retour à Londres du marin de profession, Richard Milford. Lorsque celui-ci arrive chez sa sœur, c'est pour apprendre qu'elle s'est apparemment suicidée. Malgré des témoignages qui vont à l'encontre des certitudes de la police qui a depuis bouclé l'affaire, la mort par suicide a donc été officialisée. Pourtant, lorsque Richard apprend que le professeur de musique de sa sœur s'est lui aussi suicidé, le marin décide de se lancer dans sa propre enquête. Sur les conseils d'une connaissance de sa sœur, l'homme commence par se rendre dans une discothèque où à ses habitudes un certain Boris Molders dit ''Le roumain'' ! Puis c'est au tour du neveu du professeur de musique de recevoir la visite de Richard Milford..... Le héros évolue dans un monde de hippies très caricaturaux, ressemblant à des gourous, des messies ou des hommes des cavernes, défoncés à la marijuana, portant des peaux de bêtes tandis que leurs pendants féminins adoptent parfois des tenues typiques du peuple amérindien. Bref, c'est la cour des miracles car quoi qu'on en dise, quoi qu'on en pense, l'image édulcorée de l'homme ou de la femme prônant les vertus du ''Peace and Love'' s'efface ici au profit d'une violence exacerbée que l'on prêtera pourtant historiquement et généralement aux '' Blousons Noirs'' !  Musique psychédélique et funky sont au programme d'un giallo d'un genre assez particulier où le défilé d'un certain nombre d'adonis laisse entendre que le réalisateur sait s'entourer d'interprètes charismatiques... Comme cela arrive parfois dans ce genre de production, la police n'en branle pas une et semble vouloir demeurer sur ses positions : celle selon laquelle la sœur de Richard Milford s'est suicidée. Et quand bien même le professeur de musique de la jeune femme aurait perdu la vie dans des conditions étrangement similaires, pour les flics cela ne fait pas un pli: Suicide ! Suicide ! Suicide ! Notre marin de profession se voit donc ainsi contraint d'enquêter personnellement sur le décès de sa sœur. Si les spectatrice tomberont probablement sous le charme de Brett Halsey ou de Manuel del Blas, les spectateurs, eux, seront évidemment séduits par les actrices Marilù Tolo et Romina Power. En outre, le titre original du long-métrage du réalisateur et scénariste madrilène Julio Buchs Las Trompetas del Apocalipsis semble durant un temps vouloir se référer indirectement aux sept trompettes du Livre de l'apocalypse sonnant chacune à leur tour l'avènement d'événements apocalyptiques !


Mais en réalité, malheureusement, rien d'aussi mystico-religieux même si l'on reste éventuellement dans une même veine à travers ce récit finalement moins farfelu qu'il n'en a l'air. Car si trompettes du Livre de l'apocalypse n' ont finalement aucun rapport, c'est bien d'un écrit vieux de plusieurs millénaires dont il s'agit ici. Un texte très ancien provenant de la Mésopotamie et dont la pleine comprehension ordonné visiblement l'usage d'une drogue bien spécifique... causant de graves hallucinations qui pousserait donc ses usagers au suicide ! En dehors du cadre strict du récit, de l'interprétation et de la mise en scène qui sont souvent tout juste passables, quelques anecdotes plus ou moins croustillantes tournent autour des différents titres qu'ont donné au long-métrage de Julio Buchs les différents distributeurs à travers le monde. Du fait qu'il s'agisse d'une production italo-espagnole, le film ne porte pas le même selon qu'il s'agisse de sa distribution dans l'un et l'autre de ces pays. Si en Espagne celui-ci est donc connu sous l'appellation Las Trompetas del Apocalipsis et aux États-Unis sous celle de Murder by Music, chez nous il fut très sobrement traduit sous le titre de Mortelle symphonie. Mais aussi sous celui de Perversion Story. Et pour celles et ceux qui connaissent bien le cinéma du réalisateur italien Lucio Fulci, cette traduction peut prêter à confusion puisque l'auteur de Frayeur, de L'au-delà ou de La maison près du cimetière réalisa la même année que Las Trompetas del Apocalipsis, l'excellent Una sull'altra. Un autre giallo qui chez nous fut également renommé sous le titre Perversion Story. Par contre, lorsque l'on évoque le titre propre à la distribution transalpine du long-métrage de Julio Buchs, c'est là que les choses se gâtent. En effet, sous l'appellation I Caldi Amori di una Minorenne se cache la très ambiguë traduction Mon amour tendre pour un mineur. Drôle de choix lorsque l'on y pense, surtout que l'évocation propre au titre italien ne se réfère jamais au contenu du film... A Final, Las Trompetas del Apocalipsis est une œuvre mineure du genre Giallo. Atypique, parfois surprenante, mais aussi terriblement datée...

 

samedi 2 mai 2026

L'Armée des Douze Singes de Terry Gilliam (1995) - ★★★★★★★★★☆




Adaptation du film "La jetée" de Chris Maker, L'Armée des Douze Singes voit James Cole (incarné par un Bruce Willis fantastique et loin de ses rôles de héros brutaux et charismatiques), prisonnier sous terre en l'an 2035, vivant à l'abri d'un air devenu dangereux à respirer, au même titre que les autres survivants de l'espèce humaine, devenir le cobaye bien malgré lui d'une expédition visant à récolter dans un passé pas si lointain que ça, des informations qui pourront peut-être permettre de comprendre ce qui a pu décimer la quasi totalité de l'espèce humaine en 1996.

D'abord envoyé par erreur en l'an 1990, c'est à dire six ans avant que la catastrophe ne se produise, il est retrouvé errant en pleine rue vêtu d'une simple tenue de plastique transparente et semble délirer, affirmant qu'il vient du futur. Bien sûr, personne ne le croit et, pris pour un fou, il fera la connaissance du docteur Kathryn Railly interprété par la superbe Madeleine Stowe, et ira faire un séjour dans un hôpital psychiatrique où il fera une nouvelle rencontre en la personne du jeune Jeffrey Goines campé par Brad Pitt, jeune bourgeois aux idées farfelues fils d'un richissime homme d'affaire mais qui semble avoir envers ce dernier une haine sans limites.

Cole sera assez vite rapatrié dans "son présent" où il devra se justifier de son internement en 1990. Il affirmera avoir été envoyé à cette époque par erreur et sera vite réexpédié en 1996, peu de temps avant que la catastrophe annoncée ne se produise, afin de récolter assez d'éléments pouvant permettre d'éviter que le monde ne bascule dans le chaos. Il rencontre à nouveau le docteur Railly pour qui les retrouvailles sont loin d'être une sinécure puisque pour elle, six années se sont écoulées et qu'elle a gardé de Cole un bien mauvais souvenir. Pour lui, rien n'est encore acquis. Il doit encore gagner la confiance d'une femme qui l'a fait enfermer plusieurs années auparavant pour troubles mentaux alors que pour lui, ces six années n'ont duré en réalité que quelques heures. Il retrouvera aussi Jeffrey, toujours aussi perturbé mais cette fois-ci libre des entraves de tout institut psychiatrique.


Là où le film fait preuve d'une intelligence rare, c'est qu'il évite tout poncifs liés à ce type de scénarios catastrophes. Cole entre les mains duquel tous les espoirs d'une humanité décimée repose, va être l'acteur principal d'une quête insoluble après qu'il ai trouvé en une organisation clandestine, la fameuse armée des douze singes, dont les affiches encombrent les murs de la ville, la responsable des maux qui vont mener la race humaine vers son destin tragique. Une armée menée par Jeffrey lui-même, inspiré qu'il fut six ans auparavant par un Cole qui émit alors une idée qu'il faudra aux spectateurs découvrir par eux-même.On comprends alors assez tard, et même beaucoup trop tard que James Cole est sur la mauvaise voie, que ce qu'il a pris pour une organisation dangereuse n'est pas le déclencheur de ce pourquoi il a été envoyé dans le passé. Et lorsqu'il réalise l'ampleur de son erreur, il est déjà trop tard. Il va mourir dans les bras du docteur Railly sans avoir pu vivre ce qui semble clairement être le début d'une histoire d'Amour entre elle et lui.

Au delà d'une histoire réellement prenante, on est fasciné par le jeu des différents intervenants. Tous donnent le meilleur d'eux mêmes et il estcurieux de voir Bruce Willis blessé dans son corps et dans son âme alors qu'on avait l'habitude de le voir dans des rôles plutôt musclés. Brad Pitt, lui, est irrésistible comme à son habitude et notamment dans sa gestuelle et dans sa façon de s'exprimer (à noter que le doublage en français est remarquable). Les décors n'étonneront pas les fidèles de Gilliam qui retrouveront le coté décalé du bonhomme mais qui seront peut-être surpris par l'apparente mais relative fluidité du scénario. Pendant plus de deux heures, on en prends plein les mirettes, et il n'est pas rare de ressentir tout types d'émotions allant même jusqu'aux larmes lorsque survient la fin tragique du héros principal...

Un film absolument remarquable et visionnaire...


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