Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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samedi 5 septembre 2026

Nuts de Martin Ritt (1987) - ★★★★★★★☆☆☆



Issue d'une famille aisée, Claudia Draper a été arrêtée après avoir été soupçonnée du meurtre de l'un de ses clients. En effet, la jeune femme a, pour subvenir à ses besoins sans l'aide de ses parents, choisi de travailler comme call-girl. C'est ainsi qu'elle a du faire le cruel choix de tuer Allen Green qui refusa de la laisser partir de chez lui ou bien de mourir elle-même sous la violence de cet homme âgé d'apparence respectable. D'abord défendue par un avocat payé par ses parents Rose et Arthur Kirk, Claudia se montre envers lui si violente, qu'elle est abandonnée à son triste sort avant que ne lui soit imposé l'avocat commis d'office, Aaron Levinski.

L'affaire qui est confiée à ce dernier n'est pas simple. Hystérique et indomptable, Claudia ne facilite pas la tâche de Aaron. L'avocat à toutes les difficultés à se faire accepter par la sauvageonne. Bien avant que ne débute le procès accusant la jeune femme d'homicide volontaire, Aaron doit faire la preuve que Claudia n'est pas la folle que la partie adverse tente de faire croire. L'avocat n'est pas non plus aidé par Arthur, qui n'est que le beau-père de Claudia. Celui-ci va tenter au même titre que l'accusation de faire interner Claudia et l'empêcher de participer à son procès.

Parvenant peu à peu mais avec beaucoup de mal à attirer la confiance de Claudia, Aaron va tout mettre en œuvre pour que la jeune femme soit reconnue saine d'esprit et soit en mesure d'assurer sa défense lors de son propre procès...


Martin Ritt, réalisateur d'un peu plus d'une vingtaine de long-métrages réalisait avec cet efficace Nuts, son avant dernier film. Et pour interpréter le rôle de Claudia, il fit appel à la star de la chanson américaine Barbra Streisand. Un choix particulier mais dont la performance ne laisse planer plus le moindre doute lors du déroulement de l'intrigue.

Une sorte de huis-clos judiciaire qui oppose des figures importantes du septième art ( Karl Malden, Eli Wallach, Robert Webber et James Whitmore) à un Richard Dreyfuss des plus convainquant. Barbra Streisand est tout simplement prodigieuse dans ce rôle difficile qui axe on sujet non pas sur le procès d'une meurtre mais sur l'éventuelle possibilité que l'accusée n'y puisse pas participer pour raison de folie. Nuts cache en réalité une histoire beaucoup plus profonde et va chercher dans l'histoire la plus intime de cette famille recomposée dissimulant un très lourd secret qui, on s'en doute évidemment, nous sera révélé avant la fin et aura des répercussions sur les décisions à prendre vis à vis de la jeune femme.

Nuts se révèle donc être un excellent film, interprété par des actrices et acteurs donnant le meilleur d'eux-mêmes, Barbra Streisand et Richard Dreyfuss en tête...

vendredi 4 septembre 2026

Irréalisable de Babor Lelefan (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Enfin une vraie bonne et surtout très inattendue découverte avec la dernière comédie de l'acteur, réalisateur, scénariste, monteur et directeur de la photographie français Babor Lelefan. De son vrai nom Clément Bérut, il débute sa carrière en réalisant de tout petits films d'animation à l'aide de logiciels aujourd'hui plus ou moins éculés tels Paint et Windows Movie Maker. Il crée plus tard sa chaîne Youtube mais travaille ensuite dès 2017 sur des projets de films beaucoup plus ambitieux. Auteur des scripts, metteur en scène et acteur de ses propres œuvres, il met tout d'abord en scène Irregardable, puis Impionçable trois ans plus tard. Après une coupure de six années entrecoupées par le court-métrage L'étrange histoire de la famille Morraton, il revient en 2026 avec son projet le plus remarquable. La comédieIrréalisable qu'il met en scène et écrit une nouvelle fois. Il y retrouve certains des interprètes de son précédent film comme Augustin Shackelpopoulos qui fait ici une brève apparition lors de la séquence d'ouverture dans le rôle d'un médecin gynécologue, mais aussi Lucas Pastor et Marc Jarousseau. Clément Métayer ainsi que Camille Fievez incarnent un couple qui rencontre de grandes difficultés pour avoir un enfant. Tandis que Jeff est totalement obnubilé par son métier de banquier, Laurence ne pense qu'à tomber enceinte. Castratrice, la jeune femme ne cesse de réprimander son compagnon. Le Docteur Amédée leur propose alors de prendre une semaine de vacances afin de régler leurs problèmes de ''fertilité''. Le couple débarque alors au Gîte des Mimosas tenu par les très chaleureux Monica (Daphné Huynh) et Greg (Lucas Pastor). Bientôt, d'autres hôtes débarquent au gîte. Deux frères tout d'abord, dont l'un (Babor Lelefan) est dépressif depuis le suicide de sa compagne et l'autre (Ambroise Carminati) est un commercial excessivement imbu de sa personne. Puis arrivent les hippies Rolland (Thomas Olland) et sa petite amie Fabiola (Jenny Letellier, la créatrice aux côtés de Valentin Jean de la chaîne Youtube humoristico-parodique Le Monde à l'Envers)...


Si peu de monde en dehors de Jeff a quelque chose à redire concernant la présence de nombreuses caméras dans les chambres, le séjour se passe tout d'abord dans une relative quiétude jusqu'au moment où l'esprit de chacun commence à s'échauffer. Laurence reproche à son compagnon de ne pas être suffisamment attentif à son désir d'avoir un enfant et finit même par lui reprocher le fait d'être un peu trop proche de leur hôte Monica. Tandis qu'entre Fabiola et Rolland l'entente reste cordiale, les rapports entre les deux frères se dégradent rapidement, le premier rabaissant sans cesse le second qui en outre essaie de sortir dans l'impasse où il se trouve en tentant d'écrire et de composer son premier album de rap... Dans ce contexte houleux mais particulièrement drôle et inspiré, Babor Lelefan incarne lui-même le rôle du dépressif dont le frère qui est donc incarné par Ambroise Carminati a un très lourd ascendant sur lui. Entre comédie collégiale où les personnages règlent leurs comptes et machination en devenir qui ne délivre les intentions du charmant couple d'hôtes qu'une fois passée la moitié de l'intrigue, Irréalisable est une excellente surprise. Une comédie comme l'on aimerait finalement en voir plus souvent. Surtout qu'en comparaison des nombreuses purges qui sortent chaque année sur le territoire français pour des montants frisant presque à chaque fois les dix millions de budget, le long-métrage de Babor Lelefan prouve qu'avec seulement cinquante-mille euros il est possible de faire, sinon des miracles, tout du moins plaisir aux amateurs de comédies survoltées et surtout très, très drôles ! Les gags s'enchaînent comme à l'époque de la Troupe du Splendid et l'avantage d'un genre comme celui de la comédie est que le sujet prête davantage à l'écriture qu'aux décors, aux costumes ou aux effets-spéciaux. Autant dire qu'après la surprise de ce film inattendu, l'envie de remonter le temps pour aller découvrir les deux précédents longs-métrages du cinéaste se fait pressente. Et c'est tant mieux puisque Babor Lelefan a généreusement mis à disposition de son public sur Youtube, Irregardable et Impionçable...



 

jeudi 3 septembre 2026

Dolly de Rod Blackhurst (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 




 

Après avoir entendu de la bouche d'un proche que Dolly de Rod Blackhurst pouvait être vu comme un hommage aux survivals des années soixante-dix et notamment au plus grand d'entre tous, le Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, je réalisais quelle fut mon erreur en pensant qu'il pouvait s'agir d'un énième long-métrage mettant en scène une poupée diabolique ! En effet, l'affiche est trompeuse et ce que l'on pourrait prendre pour une énième variation du thème ayant mis en scène par le passé des jouets possédés comme dans Annabelle, Dolls ou The Boy ressemble effectivement davantage aux quelques classiques de l'épouvante qui lancèrent la mode des familles de dégénérés anthropophages... Dolly est donc le nom du personnage qui trône en bonne place sur l'affiche du dernier long-métrage du producteur, réalisateur, scénariste et directeur de la photographie américain qui comme ses prédécesseurs se penche sur un cas clinique particulièrement marqué par une enfance traumatique. Ici, pas les membres d'une famille au chômage contrainte de s'en prendre à des touristes de passage pour les mettre à leur menu mais une femme en manque évident d'affection qui vient d'enterrer le corps sans tête de sa très chère maman.Vivant dans une maison isolée dans la forêt, cette imposante ''créature'' que l'on n'aimerait sans doute pas avoir comme compagne ou comme simple amie est interprétée à l'écran par la catcheuse professionnelle américaine Max Lindsey plus connue sous le nom de Max The Impaler (ou Max l'empaleuse). Une carrure impressionnante qui n'est bien évidemment pas sans rappeler le Leatherface ou ''Tronche de cuir'' du chef-d’œuvre que Tobe Hooper mis en scène en 1974. Même appétence pour le meurtre et même esprit dérangé. Tout comme celui qui porta à son époque des masques constitués de peau humaine, Dolly ne s'exprime qu'à travers d'incompréhensibles borborygmes. Si l'un des plus célèbres boogeymen inspiré des méfaits commis par l'authentique psychopathe Edward Gein usait généralement d'une masse ou d'une tronçonneuse, Dolly a pour habitude d'utiliser une pelle. Le visage caché derrière un masque en porcelaine qui renvoie directement aux centaines de poupées qui ornent les arbres de la forêt et les différentes pièces de l'étrange demeure qui l'abrite, il semble que Dolly ait un sérieux problème avec son cher papa comme le pointeront plus tard un certains nombre d'éléments...


Le film de Rod Blackhurst joue ensuite sur la passion bien innocence des petites filles pour les poupées à travers un personnage déviant. On pourrait accorder à Dolly le droit de s'amuser avec elles, d'en disséminer un peu partout autour de la propriété familiale ou d'avoir transformé la cave en sanctuaire tout à la gloire de sa chère maman disparue si cette monstruosité comme le septième art est ponctuellement capable d'en accoucher n'avait pas également pour habitude de s'en prendre aux touristes de passage. ici, le couple formé par Macy (Fabianne Therese) et son compagnon Chase (Seann William Scott). Si ce dernier est le père d'une charmante petite fille, Macy, elle, ne semble pas encore prête à assumer son rôle de future belle-mère. Toujours est-il que Chase décide d'emmener en randonnée forestière sa petite amie dans un lieu qu'il avait l'habitude de parcourir étant enfant. Dès leur arrivée, le couple découvre ainsi des poupées accrochées aux arbres ou reposant directement sur le sol. Alors que Chas s'apprête à demander la main de Macy, une étrange musique se met à raisonner dans la forêt et le jeune homme décide tout d'abord de découvrir son origine... Et c'est là que les choses vont se gâter. Alors oui, Dolly est bien un hommage au Massacre à la tronçonneuse. Ambiance morbide à laquelle le cinéaste ajoute quelques filtres discrets qui tentent de retranscrire l'atmosphère poisseuse d'antan. Agrémenté d'une bande musicale étrange signée du compositeur Nick Bohun, le film a cependant beaucoup de mal à soutenir la comparaison avec l’œuvre de Tobe Hooper. En cause, tout d'abord, l'attitude du couple qui fasse au danger reste bloqué sur place et ce, même lorsque Dolly est divertie par des bruits ou des mouvements extérieurs. À trop vouloir faire de son personnage un alter ego féminin de Leatherface, Rod Blackhurst en oublierait presque la tension de l’œuvre séminale du genre qui à l'époque avait eu de quoi secouer par son réalisme glauque et documentaire. Dolly est malheureusement un peu trop mou et répétitif. La cause revenant à un script écrit en collaboration avec le scénariste Brandon Weavil qui n'avance jamais vraiment. Ou en tout cas, pas avant les deux premiers tiers du long-métrage. Fort heureusement, quelques séquences gore viennent agrémenter le sujet, entre mâchoire arrachée, jambe brisée ou tête éclatée à l'aide de la pelle en question. Mais ce qui demeure une certitude est qu'en comparaison avec le film auquel Rod Blackhurst tente de rendre hommage, Dolly paraît bien innocent. Bref, un sympathique divertissement qui ne passera sans doute malheureusement pas le cap de la seconde projection...

 

mercredi 2 septembre 2026

The Yeti de Gene Gallerano et William Pisciotta (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Ahhhhh, le yéti. Cette imposante et légendaire créature généralement associée aux hautes montagnes de l’Himalaya. Croisé au détour de la bande-dessinée Tintin au Tibet de Hergé lorsque nous étions enfants, ou sur grand écran, notamment avec le classique britannique de la Hammer Films L'Abominable Homme des neiges en 1957... Si l'horreur, l'épouvante et le fantastique n'ont eu de cesse que d'inventer des créatures prenant toutes sortes de formes, le yéti, lui, est issu de l'imaginaire de traditions himalayennes liées aux populations tibétaines, népalaises et Bhoutanaises... Ce n'est qu'au vingtième siècle que cette créature majoritairement décrite comme mesurant jusqu'à trois mètres de haut et possédant un visage simiesque, un poil épais de couleur blanche ou parfois brune et une silhouette humanoïde devient célèbre bien que des ouvrages d'origine tibétaines remontant à des temps anciens l'évoquaient déjà. Bien que son existence ne soit soutenue par aucune preuve du fait que personne n'a jamais pu prouver son existence, le yéti continue d'alimenter le folklore local et mondial et a logiquement intégré la cryptozoologie que les scientifiques considèrent toujours comme une pseudo-science. Son existence supposée ou plus souvent fantasmée a donc donné naissance à plusieurs longs-métrages. Celui que l'on nomme plus communément chez nous L'abominable homme des neiges ou sur le territoire américain le Bigfoot a effectivement été au centre d'un certain nombre de films dont The Yeti des réalisateurs et scénaristes américains Gene Gallerano et William Pisciotta semble être la dernière itération. Porté par une galerie de personnages on ne peut plus hétéroclites et on ne peut moins compatibles les uns avec les autres, l'intrigue tourne autour d'un groupe d'aventuriers partis à la recherche des membres d'une expédition qui ont disparu en Alaska. Merriell Sunday Sr. (Corbin Bernsen) et Hollis Bannister (William Sadler) n'ont effectivement pas donné de leurs nouvelles depuis un certain temps et leur rejetons respectifs Merriell Sunday Jr. (Eric Nelsen) et Ellie Bannister (la canadienne Brittany Allen), accompagné de plusieurs autres membres dont une zoologiste et d'une Gueule Cassée de la grande guerre qui depuis s'est reconverti dans la protection ont pris la décision de partir à leur recherche...


Si Gene Gallerano et William Pisciotta semblent davantage préoccupés par l'ambiance à donner à ce premier long-métrage qu'ils réalisent en commun, leur mise en scène a alors de lourdes conséquences sur le rythme. Perpétuellement plongés sous une brume épaisse et dans un clair-obscur qui empêchent le cycle jour-nuit d'être totalement établi, les personnages vont non seulement être confrontés à une créature monstrueuse qui va faire plusieurs victimes dans les rangs de cette expédition on ne peut plus ''énervée'' mais vont également parfois s’entre-déchirer. Entre le fils Sunday et un spécialiste en explosifs (Gene Gallerano lui-même dans le rôle de Daniel Hewitt) dont l'attitude patriarcale tranche avec nos habitudes et trois femmes qui savent à peu près ce qu'elles veulent, les dialogues s'enflamment régulièrement et rendent parfois les échanges ''entre humains'' presque plus inquiétants que la seule présence dans les parages de la bête. Si le Yéti n'est pas la bestiole ayant bénéficié de la plus importante mise en lumière du bestiaire fantastique, le duo de cinéastes ne profitent pas pour autant de l'occasion pour l'exhiber à tout bout de champ en dehors de quelques séquences plutôt anxiogènes et donc plutôt réussies situées au beau milieu d'une forêt brumeuse et grisâtre, aux teintes atones dues au directeur de la photographie Joel Froome. Quelques grognements, quelques pas et la respiration de l'invisible créature suffisent à faire travailler l'imaginaire du spectateur. Du moins, pendant un temps car après tout se gâte. On se rend bien vite compte que du côté du scénario il ne faut surtout pas s'attendre à quoi que ce soit de vraiment original. Le coup de l'animal qui vient récupérer le bébé que des explorateurs lui ont dérobé, on connaît déjà. Si l'aventure n'est pas déplaisante, côté horreur, The Yeti se montre relativement avare. Quelques ''égratignures'', neuf mètres d'intestins portés à pleines mains par la charmante Ellie (malgré l'idée saugrenue et surtout inutile de l'affubler d'une poliomyélite !) et quelques éclaboussures d'un sang bien vif ne font pas de The Yeti un monument du cinéma fantastique et d'horreur. Il faudra donc n'avoir rien de mieux à se mettre sous la dent que le film de Gene Gallerano et William Pisciotta pour justifier de s'y perdre durant près de quatre-vingt dix minutes...

 

mardi 1 septembre 2026

Amsterdamned de Dick Maas (1988) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Tandis qu'il remporta en 1984 le Grand Prix du Festival international du film fantastique d'Avoriaz avec le film fantastique et d'horreur L'Ascenseur (De Lift), le néerlandais Dick Maas allait refaire parler de lui en 1988 avec le bien nommé Amsterdamned. Un mélange entre policier et slasher plutôt efficace même si dans ses grandes lignes, le troisième long-métrage du réalisateur et scénariste originaire de Heemstede en Hollande-Septentrionale fait souvent preuve d'un classicisme qui le fait ressembler à un mélange entre la série policière néerlandaise Baantjer (l'équivalent des séries française Commissaire Maigret et allemande Derrick) et ces nombreux film d'horreur mettant en scène d'insaisissables tueurs en série cachés derrière un masque et des costumes plus ou moins excentriques ! Si l'acteur Huub Stapel a fait toute sa carrière ou presque dans son pays d'origine, on peut dire qu'il doit sa reconnaissance mondiale à Dick Maas qui fit de lui le héros de L'ascenseur dans lequel il incarna le personnage de Felix Adelaar, un mécanicien de la compagnie néerlandaise Deta Liften chargé de réparer l'ascenseur d'une grande tour. Fidèle interprète de son compatriote néerlandais, Huub Stapel réapparaîtra notamment dans la comédie Flodder en 1986, sa suite six ans plus tard Flodder in Amerika! ainsi que dans Sint en 2010... Dans Amsterdamned, il interprète cette fois-ci le rôle de l'inspecteur Eric Visser. Père d'Anneke (Tatum Dagelet), il enquête sur une série de meurtres particulièrement horribles qui endeuillent la ville d'Amsterdam. La particularité du tueur est que celui-ci ne rode non pas dans les rues de la ville mais parmi les cent-soixante canaux s'étalant sur environ cent kilomètres qui constituent le réseaux maritime de la cité. Autre point intéressant, le tueur est affublé d'une tenue intégrale de plongée. S'agissant des meurtres, si leur originalité reste à prouver puisque le tueur use généralement d'un couteau de plongée, c'est la mise en scène de certains d'entre eux qui intéressera surtout l'amateur de slashers ou de gialli. À commencer par le meurtre de la prostituée qui ouvre le bal. Après avoir été attirée de nuit sous les eaux d'un des canaux de la capitale des Pays-Bas, son corps est retrouvé suspendu à l'un des nombreux ponts de la ville. Un bateau-mouche rempli de touristes dont une bonne majorité d'enfants passant en dessous dès le lendemain matin, le corps encore tout sanguinolent laisse une large traînée de sang au passage de l'embarcation...


Parmi les victimes de notre insaisissable assassin, deux écologistes venus récolter l'eau des canaux afin d'en étudier la composition, une quêteuse, un pêcheur et quelques-autres malheureuses proies qui auront le malheur de tomber entre les mains du tueur. Du côté de l'enquête, rien que de très banal. Et même si les investigations menées par Eric Visser avancent pas à pas, on a parfois l'impression que l'homme est davantage intéressé par sa nouvelle relation avec la séduisante Laura (Monique van de Ven qui joua notamment dans Turks fruit et Katie Tippel de Paul Verhoeven en 1973 et 1975) que par la traque du tueur. Pourtant, une scène en particulier tentera de nous convaincre du contraire. En effet, après avoir déroulé son intrigue sur un rythme plutôt lent et lors de meurtres assez peu sanglants en dehors d'une sympathique décapitation, Dick Maas nous offre une séquence de poursuite absolument géniale nous permettant ainsi de découvrir la magnificence de la ville d’Amsterdam, de ses nombreux ponts et de ses canaux. Une séquence longue, virevoltante, énergique derrière le volant de hors-bords qui rappelle parfois les meilleures courses-poursuites entre les personnages interprétés chez nous à l'époque par Jean-Paul Belmondo et divers criminels. Sauf qu'ici, tout se passe sur l'eau ! Notons la présence de Hidde Maas qui contrairement à ce que l'on pourrait croire n'a aucun lien de parenté avec Dick Maas. Ici, il incarne le rôle du psychiatre et ami de Laura, Ruysdael. Le personnage sera d'ailleurs au centre d'un quiproquo qui mènera l'intrigue vers un twist final inattendu. Se chargeant encore une fois de la mise en scène, de l'écriture et de la partition musicale, Dick Maas signe avec Amsterdamned un sympathique petit film que l'on rangera également dans la catégorie des films d'horreur même s'il n'entre pas officiellement dans celle-ci. Notons enfin qu'en 2025 et après près de dix années de silence, le cinéaste est revenu à la réalisation avec Amsterdamned 2 dans lequel Huub Stapel y reprend le rôle de l'inspecteur Eric Visser. Un film qui en France n'est malheureusement pas encore disponible...


 

lundi 31 août 2026

Shí ren sha de Huanxiang Chen (2023) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Derrière le titre Shí ren sha se cache en fait un énième film de requin tueur. Et si la principale originalité du long-métrage réalisé par Huanxiang Chen provient du fait qu'il soit originaire de Chine, l'autre minuscule intérêt de l’œuvre se situe peut-être dans son approche beaucoup plus sérieuse de son sujet face à une cohorte de films généralement originaires des États-Unis et qui pour une grande partie d'entre eux ont choisi entre autres séquences plus ou moins gore de donner dans un humour potache relativement misérable... Le film qui à l'internationale est sorti sous le titre Shark Evil s'ouvre sur la traque d'un grand requin blanc par des braconniers qui vont réussir à le harponner mais sans parvenir à le tuer. Bien au contraire, ce sont ces hommes qui vont mourir entre les mâchoires de la bête qui parviendra à fuir tout en étant cependant raccordée par une chaîne au chalutier désormais déserté de toute présence humaine... L'intrigue se poursuit ensuite avec des jeunes diplômés venus fêter leur réussite à bord d'un yacht loué pour l'occasion. Piégés en pleine mer et traqués à leur tour par le requin, nos quatre vacanciers vont devoir apprendre à survivre au danger qui rode tout autour d'eux... Le lieu de l'action étant donc très limité malgré la vaste étendue d'eau qui s'offre à nos personnages, le réalisateur ainsi que son scénariste Gao Feng n'ont tout d'abord pas d'autre choix que de remplir les vides du script par des lignes de dialogue aussi interminables qu'inintéressantes. À leur arrivée sur le quai avant qu'ils ne prennent le large, le cinéaste tente de créer des tensions entre certains individus. Et notamment entre Chen TongYan et Cheng YuFei qu'interprètent respectivement les actrices chinoises Xiaoxuan Wei et Fan Dong. La première est la petite amie de Wu Liang (Xin Zer Tan) tandis que la seconde est une vieille connaissance du beau jeune homme qui prépare avec cette dernière une surprise pour Chen TongYan. L'occasion pour Huanxiang Chen de multiplier les quiproquos dans ce qui semble n'être pour l'instant qu'une comédie romantique pour adolescent(e)s en fleur sur le visages desquel(le)s bourgeonnent leurs premiers boutons d'acné !


Malgré l'américanisation du titre qui une fois traduit signifie en réalité ''Requin mangeur d'hommes'', l'on pourrait croire à une énième variante hybridant l'une des ces puissantes créatures marines à des mythes ancestraux du cinéma fantastique et d'épouvante parmi lesquels l'on trouve notamment un requin fantôme (Ghost Shark), un requin à plusieurs têtes (dont le record semble avoir été obtenu avec 6-Headed Shark Attack), un requin-pieuvre (Sharktopus et ses suites), un requin qui évolue dans le sable (Sand Shark), un requin vampire (Sharkula), des requins déboulant après lors d'avalanches (Avalanche Sharks), un requin robot (Roboshark) et bien évidemment des requins transportés par des tornades avec la série des Sharknado dont le nouvel épisode devrait sortir sous peu. Beaucoup moins agité du bocal et malgré sa ''traduction'' en anglais, Shark Evil se rapprocherait donc potentiellement du style beaucoup plus premier degré des Dents de la mer de Steven Spielberg même si l’œuvre du cinéaste chinois s'en éloigne drastiquement d'un point de vue émotionnel et qualitatif. Ici, il ne se passe pas grand chose. Et si le requin, créé en images de synthèse, a parfois plutôt belle allure en comparaison de la majorité des créatures qui évoluent dans ce type de long-métrage, il faut reconnaître que l'on se fait souvent chier devant ces allers-retours incessants entre la surface et les fonds marins. Le film finit par opposer les deux jeunes femmes dont les ''accompagnateurs'' de sexe masculin sont déjà en train d'être digérés par la bête lors d'un dernier acte se déroulant à bord du chalutier appartenant aux braconniers. En dehors d'une toute petite exploration des lieux que l'on aurait sans doute aimé finalement voir se prolonger, là encore, Huanxiang Chen peine à exploiter les failles psychologiques de ses deux héroïnes et le reste du long-métrage n'est qu'une succession de séquences émotionnellement vides jusqu'à un acte final que l'on devine déjà bien en amont. Pour enfoncer le clou, Shí ren sha n'est même pas doté de la moindre petite séquence gore. Lorsqu'une victime finit dans l'eau, désormais entre les mâchoires du requin, seules quelques bulles de sang remontent à la surface. En dehors de la blessure exposée sur la jambe droite de Chen TongYan, il n'y a donc rien à se mettre sous la dent. Bref, le long-métrage de Huanxiang Chen n'est à conseiller qu'aux fans purs et durs du genre. Les autres risquent de s'ennuyer ferme...

 

dimanche 30 août 2026

Unborn de David S. Goyer (2009) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Cette fois-ci, ça n'est pas sur la recommandation d'un ami (depuis renié pour m'avoir fait perdre plus d'une heure trente de mon temps devant Que justice soit faite) mais sur celle de l'un de ces jeunes vidéastes (influenceurs ?) qui s'amusent à compiler par thèmes bien précis certains courants cinématographiques comme l'horreur avec, à la clé, la promesse d'une expérience relativement intense. Et une fois encore, berné par cette petite voix qui ne cesse de me répéter que je n'ai pas ressenti de réel effroi devant un film depuis de nombreuses années et que je devrais par conséquent me laisser tenter, j'ai plongé ! Mais comment ne pas tomber dans le piège d'un script qui à l'origine peut effectivement éveiller une certaine envie de découvrir quelque chose de nouveau ? Quelque chose de neuf, d'innovant et pourquoi pas, oui, de réellement angoissant ? Imaginer qu'une jeune femme victime d'effrayants phénomènes puisse découvrir par exemple l'existence d'un frère jumeau mort à sa naissance. Que le script du réalisateur et scénariste David S. Goyer puisse ensuite évoquer occultisme et trauma de la seconde guerre mondiale à travers les propos d'une vieille dame qui n'est autre que la grand-mère de l'héroïne. Que certains des dits phénomènes renvoient dans leur physionomie crépusculaire à certains éléments propres à la mythologie Silent Hill. Que la jeune femme soit alors poursuivie par une entité maléfique qui la traque et qu'avec l'aide d'un rabbin celle-ci cherche à définitivement s'en débarrasser. Casey Beldon (l'actrice Odette Annable) se lance dans une enquête familiale qui la rapprochera toujours plus de la terrible vérité qui l'englobe elle, sa famille et des expérience occultes menées par les nazis. On pense alors aux travaux notamment menés par Heinrich Himmler et plusieurs responsables de la SS qui tous se penchèrent sur d'anciennes traditions nordiques, sur le mysticisme germanique et pire, s'intéressèrent à l’ésotérisme et aux théories raciales. Une pseudo-science visant comme on le sait à créer une population de pure race germanique. Dans le cas de Unborn, le concept demeure pourtant relativement flou et renvoie même parfois aux horreurs pratiquées par un Josef Mengele de triste mémoire. Mais tout ceci, aussi passionnant que puisse être ce mélange détonnant entre idéologie nazie et satanisme ne servent qu'à justifier un propos qui trouve rapidement ses limites.


L'ajout de ce gamin dont l'allure supposément effrayante n'est que la énième itération de l'Enfance Diabolique chère au cinéma d'épouvante. Alors que le genre s'empare depuis toujours des mythes, des cultures et des croyances religieuses du monde entier tout en connaissant une forte recrudescence dans ce domaine depuis une bonne grosse dizaine ou vingtaine d'années, Unborn s'emmêle les pinceaux en étirant son concept sans jamais produire l'effet escompté. Malgré l'originalité du scénario, l'on est très vite sûr d'une chose : Le long-métrage de David S. Goyer n'apporte aucune eau au moulin de l'épouvante malgré des visions qui parfois, il faut l'avouer, s'avèrent plutôt efficaces. Pas de quoi cependant se laisser glisser sous les draps au terme de la projection jusqu'à ce que la nuit passe et que le jour se lève. Usant de tous les subterfuges vus, connus et rebattus du cinéma d'horreur consistant à placer aux bons moments des jumpscares qui feront peut-être sursauter les plus sensibles, Unborn apparaît presque immédiatement comme le film ringard que l'on ne pouvait cependant pas pressentir à la lecture du scénario. D'autant plus que l'on espérait à travers la présence de Gary Oldman dans le rôle du rabbin Sendak que le film soit un tant soit peu convaincant. Au crédit du réalisateur et des concepteurs des effets-spéciaux numériques nous concéderont que certains plans révèlent un vertigineux potentiel. De ces murs qui se dégradent pour libérer des hordes d'insectes jusqu'à ces quelques séquences qui mettent en scène humains et animaux la tête complètement renversée nous pouvions là encore espérer le miracle se voir accomplir. Et pourtant, Unborn n'est au final qu'un énième petit film d'horreur inefficace que l'on oubliera très rapidement...

 

samedi 29 août 2026

Beneath de Ben Ketai (2014) - ★★★★★★☆☆☆☆



George Marsh fête son départ à la retraite en compagnie de ses collègues et de travail et de sa fille Samantha. Cette dernière s'invite pour la toute dernière journée de travail de son père qui aura lieu le lendemain. Malgré les avis partagés, Sam accompagne l'équipe de mineurs six-cent pieds sous terres dans le but d'extraire du charbon.
Mais rien ne se passe comme prévu et lors de l'extraction de la roche sédimentaire, deux mineurs dévoilent une nouvelle galerie. Cette découverte coïncide avec un tremblement de terre qui provoque la chute des poutres préservant la stabilité du plafond. L'équipe toute entière se retrouve bloquée au fond de la mine. Plusieurs membres meurent et l'un d'eux, Mundy, se retrouve avec une vilaine blessure à la jambe.

Afin de parer au manque d'air qui risque de se manifester dans les heures qui viennent, George et les autres décident de se réfugier dans la Chambre, une pièce pourvue d'assez de nourriture, d'eau et d'oxygène pour tenir jusqu'à l'arrivée des secours. Mais alors que les hommes sont enfin à l'abris, des bruits extérieurs leur font penser qu'il y a peut-être d'autres survivants. Confiant la garde de Mundy à a fille Samantha, George quitte l'abri en compagnie de ses hommes et part à la recherche d'éventuels survivants...

Le film de Ben Ketai s'ouvre sur la toute fin des événements qui vont nous être contés pour ensuite nous plonger dans un huis-clos particulièrement étouffant et retranscrivant assez fidèlement le contexte angoissant dans lequel doivent travailler les mineurs de fond. Beneath se targue d'être basé sur un fait-divers réel authentique survenu à Brackett en 2013 et dans lequel un groupe de mineurs s'est retrouvé piégé à près de deux-cent mètres de profondeur.

Curieusement (ou volontairement), l’œuvre du cinéaste rappelle quelques grands moments de frissons bien connus des amateurs de sensations fortes. En effet, Beneath possède un arrière-goût de The Descent de Neil Marshall et de Sanctum de Alister Grierson. L'affiche du film est d'ailleurs presque un copier/coller de celle de ce dernier. Contrairement au film de Neil Marshall, celui de Ben Ketai demeure énigmatique jusqu'à la fin concernant l'entité qui ronge l'esprit de l'équipe de mineur. Bien que quelques indices viennent étayer une forte impression de menace réelle mais fantastique, on reste un peu dans le flou et ce, même jusqu'à la toute dernière minute.

L'un des principaux atouts de l’œuvre est bien cette oppression quasi permanente et qui ne cesse de s'accentuer qui démarre aussitôt que les mineurs descendent au fond du trou. Et pour accentuer ce malaise évident, le cinéaste insiste sur les yeux écarquillés et le visage crispé de son héroïne (interprétée par l'actrice Kelly Noonan) pour nous foutre la pression. Si le film ne parlera pas à certains, il est certain que les claustrophobes de tous poils ne resteront pas insensible devant cette œuvre en permanence plongée dans le noir. Et même si les personnages manquent de profondeur, on s’intéresse surtout au sort qui leur est réservé et à ces pseudos fantômes qui viennent gâter leur étouffantes péripéties. Ben Ketai rempli parfaitement son rôle et Beneath contient tout ce qu'il faut pour en faire un bon petit film d'épouvante claustrophobe...


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