Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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samedi 17 octobre 2026

Un début prometteur d'Emma Luchini (2015) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Non, ça n'est pas un hasard si Emma Luchini porte le même nom qu'un certain Fabrice, l'un des plus populaires acteurs et comédiens français puisque cette réalisatrice de quarante et un ans est tout simplement sa fille. Avec Un début prometteur, la jeune femme en est à son deuxième long-métrage après la comédie dramatique Sweet Valentine réalisée en 2009. Ce début prometteur n'est donc pas le sien. Pas plus que celui de son père dont la carrière longue comme un bras est ponctuée d'excellents longs-métrages qu'il serait trop long d'énumérer tous. Quant à Manu Payet qui excelle ici dans le rôle de Martin Vauvel, un écrivain alcoolique blasé par l'amour de retour chez son père, sa carrière au cinéma est déjà suffisamment longue et son talent assuré pour que soit acquise la certitude qu'il campera parfaitement son rôle. Ce début n'est donc pas le sien non plus. Zacharie Chasseriaud, lui, n'a que dix-huit ans lorsqu'il interprète le personnage de Gabriel, le frère de Martin et fils de Francis (Fabrice Luchini), âgé de seize ans à l'écran. Si l'acteur fait illusion, il n'en est pas à son coup d'essai puisque sa carrière a débuté dix ans en arrière avec le drame de Jean-Pierre Améris, Poids Léger. Enfin, c'est peut-être du côté de l'actrice et chanteuse belge Veerle baetens qu'il faudra aller fouiller. En effet, si sa carrière sur grand écran est lancée dès le début du siècle avec le film Misstoestanden de son compatriote Renatt Coppens, la jeune femme tourne pour le cinéma français pour la toute première fois avec le film d'Emma Luchini...


Allez, pour être tout à fait honnête, ce début que promet le titre concerne sans doute davantage le personnage de Gabriel dont les regards ne laissent aucun doute sur son immaturité en matière de sentiments amoureux. Le genre d'adolescent qui tombe amoureux au premier regard. D'abord de sa prof (Claire, interprétée par Solveig Maupu), mais surtout l'amie de cette dernière, la séduisante trentenaire Mathilde Carmain (Veerle Baetens, donc) qui va suivre Gabriel et Martin dans leurs péripéties. Une aventure qui au final ne tiendra que sur des bases fragiles heureusement magnifiées par la présence de son excellent casting, porté par un Manu Payet que l'on ne s'étonnera pas de découvrir si brillant. Et d'ailleurs, fort heureusement puisque Fabrice Luchini se voit offrir un rôle qui le place relativement en retrait. Gabriel tombe donc amoureux de Mathilde qui elle, est une joueuse invétérée qui cherche à se refaire. Sans un sou en poche, le jeune garçon demande à son frère Martin dont la vente de son roman a remporté de l'argent s'il peut lui prêter mille cinq-cent euros. Si Martin est d'abord réticent, il accepte d'aider son frère qu'il accompagne ensuite jusqu'à l’hôtel ou Gabriel a donné rendez-vous à Mathilde afin de lui remettre l'argent. Martin fait connaissance avec la jeune femme et c'est ivre qu'il débarque un soir chez elle en compagnie de Gabriel...


Un début prometteur est un film léger. Très... et même trop penseront certains. Car en effet, basé sur le roman éponyme de Nicolas Rey que l'écrivain adapte lui-même en compagnie de la réalisatrice et de l'actrice et scénariste Vanessa David, Emma Luchini n'ambitionne pas de tout jouer sur sa mise en scène mais plutôt sur les dialogues et sur le jeu de ses interprètes. Un pari osé, mais réussi puisque même si Un début prometteur ne relève jamais de la comédie géniale que sont capables d'engendrer des Francis Veber (Le dîner de cons), des Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte (Le prénom) ou des Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri (Un air de famille, Cuisine et dépendances), le second long-métrage de la réalisatrice est suffisamment frais et enjoué pour que l'on prenne du plaisir à suivre cette touchante histoire d'amitié entre deux frères et cette charmante inconnue qui ne fera que passer dans leur existence. Manu Payet y est impeccable dans le rôle de Martin, débarquant telle une épave alcoolisée philosophant sur l'amour et les femmes. Du haut de ses dix-huit ans, Zacharie Chasseriaud convainc également dans le rôle de Gabriel, ce jeune cheval fou qui selon ses propres propos est prêt à attraper le sida ou de faire de la prison pour les beaux yeux de celle qu'il aime. Veerle baetens et son joli petit minois ainsi que son charmant accent belge accompagne notre duo de frangins sur les routes jusque dans un mariage tunisien avant de disparaître comme derrière un écran de fumée. Un ange passe... C'est finalement Fabrice Luchini dont le personnage est très largement en retrait qui s'offre la part congrue en matière de dialogues et de présence à l'image. Mais notre principal trio étant suffisamment convainquant, il est encore possible d'envisager qu'une histoire se fasse sans la présence de cet excellent interprète. Un début prometteur est donc une sympathique comédie portée par des interprètes et des personnages attachants...

 

vendredi 16 octobre 2026

Poussière d'ange d'Édouard Niermans (1987) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Abandonné par son épouse Martine (Fanny Citottençon), Simon Blount boit. Beaucoup. Trop, même. Le visage blafard et les yeux rougis par l'alcool et le manque de sommeil, cet inspecteur de police qui travaille pour le compte du commissaire Florimont (Michel Aumont) est en pleine dérive et l'a d'ailleurs tout récemment prouvé lors d'un déjeuner au restaurant lors duquel il a harcelé Martine de questions jusqu'à ce qu'elle lui avoue avoir un nouvel homme dans sa vie. ''Pétant'' littéralement un câble, Simon a frappé la jeune femme devant tous les autres clients avant que certains d'entre eux n'interviennent pour les séparer. Martine promettant alors qu'il ne la verrait plus ! Bien qu'étant souvent pris de boisson, Simon exécute parfaitement son travail et c'est pour cela qu'il se lance dans une enquête concernant la mort d'un certain Igor Malevitch (Henri Marteau)..... Comme une manière d'indiquer au public que tout ce qu'il va découvrir à présent sera certes majoritairement sombre et désespéré mais que le personnage central aura droit à une fin plutôt optimiste, Poussière d'ange d'Édouard Niermans démarre donc de façon plutôt classique, avec ce flic, père de famille et époux qui sur le quai d'une gare arbore un look dont on rend grâce au scénario du réalisateur et de Jacques Audiard et Alain Le Henry qu'il change pour opérer une transition abrupte entre le type bien propre sur lui et l'alcoolique attifé d'une longue gabardine marchant d'un pas brinquebalant et trainant la semelle au sol... Poussière d'ange a beau décrire un protagoniste rongé par la jalousie et l'absence de sa femme, c'est après s'être vu confier une affaire de vol dans un grand magasin qu'il va faire la connaissance de Violetta. Et une Fanny en chassant une autre, tandis que le personnage incarné par Fanny Cottençon disparaît de l'écran et du récit, celui interprété par Fanny Bastien va prendre de plus en plus de place dans l'existence de l'inspecteur. Sans que jamais le spectateur ne puisse découvrir à l'évidence que Simon éprouve plus que de l'amitié pour cette jeune femme paumée qui tâte sans cesse son pouls pour s'assurer qu'il bat toujours, l'homme porte tant d'intérêt pour Violetta qu'il décide d'arrêter de boire. Poussière d'ange est donc tout d'abord l'histoire d'une rencontre entre deux êtres malmenés par la vie. Violetta, orpheline, est issue d'un foyer où elle rencontra Gabriel Spielmacher (Luc Lavandier), un jeune homme très instable avec lequel elle partage toujours son existence.....


Un homme soupçonné d'avoir assassiné Igor Malevitch. Oui, l'amant de Martine. Car le film, sous ses allures de drame et de polar dont les approches semblent non pas devoir se télescoper mais se reléguer au fil du récit, nous conte une histoire moins alambiquée qu'il n'y paraît et qui au contraire joue finement sur plusieurs tableaux pour ne constituer qu'un seul et unique sujet. En effet, au fil de l'intrigue l'on découvre que tout est lié..... ou presque. De la mort d'Igor Malevitch, notoirement connu par la police des mœurs pour avoir été un proxénète jusqu'à Violetta dont la mère fut assassinée par deux malfrats en passant par l'attitude de plus en plus suspecte du commissaire Florimont qui apprend notamment à Simon Blount qu'il va devoir être très prochainement muté. Bien que la carrière de Fanny Bastien soit relativement clairsemée, il faut probablement avoir vécu dans les années quatre-vingt pour se souvenir de cette jolie et angélique actrice française qui dans Poussière d'ange incarne une Violetta physiquement maladive, toujours fagotée des mêmes vêtements et mythomane à ses heures... Le long-métrage d'Édouard Niermans échappe au statut d'œuvre anecdotique en nous offrant une histoire belle, tragique, touchante mais aussi très noire et où le bout du tunnel semble si loin que l'on ne s'attend certainement pas à une fin heureuse pour tout le monde. Polar dramatique, Poussière d'ange témoigne d'un homme qui sous l'influence involontaire d'une jeune paumée va reprendre les rênes de son existence. Le film traite également du sujet de la vengeance. Toutes les pièces du puzzle s'imbriquant alors à la perfection. Outre celles des autres acteurs, c'est bien l'interprétation de Bernard Giraudeau qui retient toute notre attention. Et si jeu n'atteint pas tout à fait l'intensité de celui de Nicolas Cage dans Living Las Vegas de Mike Figgis ou celui de Daniel Auteuil dans MR 73 d'Olivier Marchal, on reste malgré tout subjugué et hypnotisé par ce personnage, alcoolique au dernier degré et qui remonte petit à petit la pente pour venir au secours d'une jeune et jolie paumée...

 

jeudi 15 octobre 2026

Une famille de bâtards de Mourad Winter (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dernier film en date pour l'acteur et humoriste franco-marocain Hakim Jemili cette année, Une famille de bâtards de l'humoriste, romancier, réalisateur et scénariste français Mourad Winter met en scène deux frères et une sœur tous issus du même père mais d'une mère différente. En effet, ce qui lie Mohamed, Morgane et Maurice, c'est Mohand (Omar Baha), le propriétaire du bar Chez Momo qui le jour arbore une fonction tout à fait respectable et qui lorsque vient la nuit, se transforme en tripot abritant des machines à sous illégales et un réseau de prostitution dirigée par Sylvie (Florence Foresti). À la tête du trafic, le truand corse Patrick (David Alaya). Un homme de poigne qui avec l'aide de son homme de main Francis (Alexandre Kominek) exerce un contrôle non seulement sur le bar mais aussi sur Morgane (Laura Felpin) qui après avoir perdu une très grosse somme d'argent au poker lui est redevable de trois-cent mille euros. Un soir, Mohand est abattu par deux hommes en scooter à l'entrée de son établissement. Entre la vie et la mort, l'homme est à l'hôpital, plongé dans le coma. C'est là qu'intervient Mohamed (Hakim Jemili), jeune ''producteur de musique'' en devenir ainsi que Maurice (Benjamin Tranié), professeur de techno légèrement ''perché'' qui après avoir appris qu'il était le fils de Mohand décide de quitter son métier pour venir tenir le bar aux côtés de ses demi-frère et sœur... Pour son second long-métrage après la très sympathique comédie romantique sortie l'année passée et intitulée L'amour, c'est surcoté, Mourad Winter retrouve à nouveau Hakim Jemili et Laura Felpin qu'il avait donc déjà réuni autour d'une histoire d'amour réunissant deux personnalités diamétralement opposées. Cette fois-ci, les personnages qu'ils interprètent vont s'unir aux côtés de Maurice afin de prendre leur destin en main et par là même, combattre ceux qui depuis trop longtemps maintenant ont la main mise sur l'établissement de leur père. Avec son allure de beauf assumée dans ce long-métrage où il arbora durant les deux mois de tournage une moustache tout à fait ringarde, Benjamin Tranié dénote dans cet univers de corruption et de violence où son personnage de Maurice apparaît bien fragile en comparaison des voyous qui orbitent autour de nos principaux protagonistes...


On pense bien évidemment à David Alaya, dont la corpulence et le regard de teigneux impressionnent ou encore à celui qui incarne son principal rival en la personne de Kamel (l'acteur franco-algérien Ouassini Embarek qui entre autres longs-métrages était apparu dans la bouse infâme Baise-moi de Virginie Despentes à la fin du siècle dernier). Mourad Winter nous avait rassuré l'année dernière sur sa propension à mettre en scène ses propres projets cinématographiques grâce à l'excellent L'amour, c'est surcoté. Cette année, il revient donc avec une comédie plutôt pétillante, incarnée par un trio d'acteurs fort sympathiques, et ce bien que le sujet ne prête à l'origine, pas forcément à sourire. Car si Une famille de bâtards ne s'inspire pas à proprement parler d'une histoire vraie, dans les années quatre-vingt, l'usage de machines à sous illégales dans les arrières-salles des bars était une réalité. Des individus liés au grand banditisme imposaient les machines en question, lesquelles rapportaient des sommes d'argent colossales que se partageaient ensuite les propriétaires des établissements et les truands... Comme le démontre ensuite la première séquence, cette activité n'était pas sans dangers puisqu'elle pouvait créer dans certains cas des rivalités entre réseaux criminels... Le décor principal du long-métrage reste donc majoritairement celui du bar, lequel n'a pas été créé en studio mais se révèle au contraire parfaitement authentique puisqu'il appartient au père du réalisateur et se situe à Ivry-sur-Seine. Mourad Winter a donc choisi de transposer le récit en 1997, à l'époque où la pratique des machines à sous était prolifique. Notons que parmi les seconds rôles l'on retrouve Kad Merad dans le rôle de Djilali dit ''La Taupe'' (les flics, ici incarnés par Céline Groussard dans le rôle du Commissaire Migné ferment effectivement les yeux sur les activités de Mohand contre des renseignements), personnage énigmatique, aveugle, très proche de Sylvie mais fondamental pour la suite des événements. Au final, Une famille de bâtards est une comédie plutôt sympathique même si elle n'atteint jamais vraiment le niveau de satisfaction que l'on avait pu ressentir devant L'amour, c'est surcoté...

 

mercredi 14 octobre 2026

Tout va super de Patrick Cassar (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Découvert sur grand écran dans Docteur ? de Tristan Séguéla en 2019, l'acteur Hakim Jemili est apparu cette année dans pas moins de cinq longs-métrages dont le thriller Mata de Rachel Lang et Bagarre de Julien Hollande. Après avoir fait un passage à l'Alpe d'Huez où il a été présenté en sélection officielle et en compétition lors de la 29e édition qui s'est déroulée entre le 19 et le 25 janvier, Tout va super de Patrick Cassar, auteur de la comédie Premières vacances et de la comédie romantique et de science-fiction Un mariage sans fin, s'inscrit dans un registre beaucoup plus dramatique même si le réalisateur et scénariste français ne délaisse pas le ton humoristique de ses précédentes œuvres. Et pourtant, ce sujet qui ne prête pas à rire portant en partie sur l'accompagnement d'une femme en fin de vie pouvait laisser envisager un récit morose et larmoyant. Mais en optant pour une histoire au contraire éminemment joyeuse, Patrick Cassar offre à ses interprètes des rôles aussi drôles que touchants. Et ainsi au public, un spectacle qui ne se départi pas d'un certain sens de l'humour parfois plus ou moins noir plutôt remarquable. Hakim Jemili incarne ainsi le rôle d'Elie Jemoul, jeune homme poli, parfois maladroit et attachant dont la mère Sylvaine vient d'apprendre qu'elle est en rémission d'un cancer. Assurée d'avoir peu de chance que la maladie ne reprenne du terrain, c'est pourtant lors d'une nouvelle consultation plusieurs semaines plus tard qu'elle et son fils apprennent qu'elle a rechuté ! Entre-temps, Elie a fait la connaissance d'Anaïs (Marie Colomb), jeune barmaid dans une boite de nuit avec laquelle il va débuter une relation amoureuse. Lorsque le jeune homme apprend que sa mère est de nouveau atteinte par le cancer, celui-ci préfère rassurer Anaïs en lui assurant que ''Tout va super''... Bien que Patrick Cassar et le scénariste, acteur et metteur en scène Rudy Milstein abordent ici à l'écriture des sujets graves et délicats à aborder, ceux de la maladie et de la mort, les deux hommes le font à travers une sensibilité que témoignent les interprétations des trois principaux personnages. Sylvaine étant incarnée par la toujours épatante Noémie Lvovsky, Tout va super joue au yoyo avec nos émotions...


L'équilibre entre comédie et drame est rondement mené même si, étrangement, l'on passe beaucoup plus de temps à rire qu'à véritablement ''pleurer''. L'actrice est formidable, interprétant une Sylvaine rompue aux protocoles médicaux mais qui se sait condamnée et en a donc assez de subir des séances de chimiothérapie. Survient alors Anaïs, qui sous sa propre impulsion conseille à Elie d'emmener sa mère dans son pays d'origine, le Liban, afin qu'elle y retrouve un amour de jeunesse... Une histoire simple, que l'on rencontre parfois, en France, au détour d’œuvres dramatiques qui elles non plus ne se départissent pas d'un sens de l'humour noir parfois ravageur. Le cynisme est pourtant ici relativement discret même si l'on a droit à quelques personnages pittoresques. Et en premier lieu, l'aide à domicile Fabien qu'interprète lui-même le co-scénariste du film, Rudy Milstein. Un personnage improbable qui sur les conseils d'un cancérologue avisant Elie que sa mère aura besoin d'un soutien extérieur dans les semaines à venir s'installe chez les Jemoul. L'occasion d'assister au jeu totalement ubuesque de l'acteur, parfait dans le rôle de l'aide à domicile qui débute, tenant des propos souvent mal avisés par rapport à sa patiente mais qui génèrent en revanche pas mal de rires. Dans le rôle de la cancérologue qui suit Sylvaine l'on retrouve l'actrice Camille Chamoux. De passage pour une courte séquence là encore très amusante, Alexandra Roth interprète le rôle de Corinne, chauffeur UBER très sympathique et fan absolue de toute ce qui touche à l'Asie ! En optant pour un ton plus généralement porté sur la comédie que sur le côté dramatique de la situation, Patrick Cassar parvient à faire passer la pilule et le message en douceur. Notons la bande-musicale hétéroclite composée en partie par Alexandre de la Baume et accompagnée par quelques morceaux électroniques, telles les chansons In Your Fantasy de Diakar ou Let her Go d'Isaac Delusion. Bref, une comédie dramatique rafraîchissante, lumineuse, drôle et touchante...

 

mardi 13 octobre 2026

Anecdotes : The Thing de John Carpenter

 


 

Abordons cette fois-ci le mythique The Thing de John Carpenter sorti le 25 juin 1982 aux États-Unis et le 3 novembre de la même année sur le territoire français. Adaptation très largement supérieure à celle de Christian Nyby intitulée The Thing from Another Planet et sortie en 1951, The Thing s'inspire donc du roman Who Goes There? de l'écrivain américain John W. Campbell. Illusion parfaite, le film situe son action en Antarctique alors qu'il fut tourné en partie au Canada, en Colombie-Britannique, pour les extérieurs tandis que les séquences se déroulant à l'intérieur de la station de recherche américaine ont été réalisées en studio, à Los Angeles. Une vision si crédible du froid qui règne au sein du récit qu'il est difficile d'imaginer qu'à l'extérieur du studio les températures atteignaient en réalité les trente-cinq degrés et plus... Avant d'être l'unes des œuvres de science-fiction et d'épouvante les plus remarquables de l'histoire du cinéma, The Thing est avant tout un film emprunt d'une paranoïa permanente accentuée par les décors on ne peut plus étouffants de la station de recherche scientifique et des décors enneigés. Un aspect volontairement renforcé par John Carpenter qui pour rendre le contexte encore plus anxiogène pour ses interprètes avait pour habitude de régulièrement projeter le Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper durant les pauses en Colombie-Britannique...


Durant la séquence d'ouverture nous découvrons un chien tentant d'échapper à deux norvégiens en hélicoptère qui pour une raison demeurant pour l'instant inexplicable, tentent de le tuer. Il faut savoir qu'à l'origine, John Carpenter devait faire un caméo en interprétant le rôle du pilote de l’hélicoptère. Mais les conditions extrêmes et surtout le fait que le cinéaste n'ait jamais piloté un tel engin l'ont poussé à plus de raison et ainsi faire appel à un vrai pilote-cascadeur. S'agissant du chien, un malamute de l'Alaska, croisement entre un loup et un malamute prénommé Jed, l'on s'est longtemps demandé comment il pu agir de manière aussi crédible lors de son apparition durant la première partie du long-métrage. Il faut savoir que son attitude, relativement déroutante, était chez lui, tout à fait naturelle. Au point qu'il généra un certain malaise sur le plateau de tournage. N'aboyant jamais, il exécutait en outre très précisément les ordres qui lui étaient donnés... Tandis que le seul le nom du célèbre compositeur italien Ennio Morricone apparaît au générique, John Carpenter a pourtant participé à l'élaboration de la bande musicale de The Thing. Assisté d'Alan Howarth, le réalisateur constata lors du montage final qu'il manquait quelques séquences musicales concernant certains passages dramatiques. On peut malgré tout découvrir lors du générique de fin que John Carpenter est crédité en tant que coordinateur musical. Ce n'est que bien plus tard, lorsque sortira en 2020 sur support vinyl l'ep Lost Cues: The Thing que le cinéaste connaîtra la reconnaissance pour son travail sur la bande musicale...


S'agissant des effets-spéciaux, l'on peut encore aujourd'hui et malgré l'avancée des technologies actuelles, louer le travail absolument remarquable du maquilleur prosthétique Rob Bottin. Un travail tellement conséquent que le pauvre homme, épuisé par la montagne de maquillages qu'il effectua, termina à l'hôpital pour surmenage ! Autre star du maquillage à l'époque, Stan Winston pris le relais afin de terminer la création de l'indescriptible créature qui prend forme lors de la séquence du chenil. L'une des scènes les plus mémorables se situe sans aucun doute lorsque le Dr Cooper (interprété par Richard Dysart) se retrouve les deux avant-bras arrachés par une monstrueuse mâchoire ventrale alors qu'il tente un massage cardiaque à l'aide d'un défibrillateur sur l'un de ses coéquipiers. Pour tourner la séquence, l'équipe de maquilleurs a fait appel à un acteur du nom de Joe Doucette, lui-même réellement amputé des deux avant-bras. L'un des détails les moins ragoûtants concernant les différentes formes que prend la créature concerne sans doute cette matière visqueuse qui la recouvre et dégouline devant les yeux ébahis (et dégoûtés) des spectateurs. Son concepteur, toujours Rob Bottin, la conçoit alors à partir d'un mélange de gel capillaire, de confiture de fraise et d'alginate de sodium. Autre aspect notable de cette créature, son cri. Là encore, son concepteur Alan Howarth crée un mix totalement invraisemblable mélangeant feulements de pumas, couinements de cochons, cris d'oiseaux ralentis, auxquels il ajoute le son de sa propre voix retravaillée en studio...


S'il est une anecdote qui fait partie de la mythologie entourant The Thing, c'est bien celle concernant le regard des personnages. À l'aide d'un projecteur ''Eye-Light'', le chef opérateur Dean Cundey avait pour objectif de cibler les yeux des acteurs dont les personnages demeuraient encore humains. Matérialisant ainsi la vie humaine dans leur regard tandis que les répliques produites par la créature étaient censées avoir le regard ''mort''. Une révélation qui théoriquement pourrait spoiler l'intrigue dans sa globalité si l'on observe chaque personnage durant le récit, mais ça n'est rien en regard d'une anecdote sans doute encore plus folle. En effet, lorsque les norvégiens atterrissent sur la base américaine au tout début du long-métrage, tandis que l'un d'eux tente de mettre une balle dans la tête du chien, le spectateur peut l'entendre prononcer cette phrase : ''Se til helvete og kom dere vekk. Det er ikke en bikkje, det er en slags ting! Det imiterer en bikkje, det er ikke realt! Gå vekk, din idioter!''. Ce qui, en bon français, peut se traduire ainsi : ''Allez vous faire foutre et dégagez d'ici. Ce n'est pas un chien, c'est une sorte de chose ! Ça imite un chien, ce n'est pas réel ! Dégagez, bande d'idiots ! ''. Imaginez donc la tête des spectateurs norvégiens lorsque ceux-ci découvrirent avant les personnages américains que le chien n'était pas ce qu'il semblait être mais un monstre ! Un Spoiler avec un grand S !!!

 

lundi 12 octobre 2026

Anecdotes : Vendredi 13 de Sean S. Cunningham

 


 

Bien que Vendredi 13 de Sean S. Cunningham ne soit pas le premier slasher à avoir vu le jour sur grand écran, l'année 1980 fut marquée par la sortie de l'une des pierres angulaires du genre. Pourtant, il faut remonter jusqu'en 1979, soit un an auparavant pour retrouver certains propos de son auteur qui bien avant que le casting ait été constitué, que l'équipe technique ait été réunie et que les fonds aient été récoltés, eut le culot d'acheter une pleine page publicitaire dans le magazine Variety du 04 juillet pour y affirmer que le film était le plus terrifiant jamais réalisé alors que le tournage n'avait pas débuté ! À l'origine, le script conçu par le scénariste Victor Miller évoquait non pas Jason comme futur tueur mais Josh. Il modifia par la suite le prénom choisit lors de l'écriture du script intitulé A Long Night at Camp Blood et le transforma en Jason. Estimant au final que Josh était un prénom bien trop amical, il lui préféra celui de Jason qui en outre était celui d'un camarade d'école qui avait pris l'habitude de le harceler ! Actrice de télévision et de théâtre, Betsy Palmer n'était absolument pas habituée des films d'horreur mais afin de pouvoir s'offrir une voiture, elle accepta de tourner dans ce petit film d'horreur en incarnant le rôle de Pamela Voorhees qui, comme tout le monde le sait dorénavant, est la véritable meurtrière de ce premier opus et non pas son fils qui pour l'instant ''fait de l'apnée' dans les profondeurs du lac de Crystal Lake ! Une voiture à dix-mille dollars que le tournage couvrit dans son intégralité puisque Betsy Palmer se vit offrir un cachet de mille dollars par jour et ce, pendant dix jours...


Une fois l'équipe technique et le casting réunis sur le plateau, tout ce petit monde avait pour habitude de manger dans une cantine commune où trônait un four à pizzas. Le célèbre maquilleur Tom Savini et son assistant utilisèrent le four en question afin d'y faire cuir les prothèses en latex constituées de fausses têtes et de différentes blessures. Parmi les effets prosthétiques, l'on trouve notamment le visage asymétrique de Jason qui n'était pas prévu dans le scénario mais que Tom Savini proposa afin d'accentuer le choc lors du grand final lorsque l'enfant (incarné par Ari Lehman) surgit des eaux. Le Camp de Crystal Lake où l'action du film se situe existe bel et bien. Vendredi 13 a effectivement été tourné dans un authentique camp de vacances même si celui-ci porte en réalité le nom de Camp No-Be-Bo-Sco. Toujours en activité, l'équipe de tournage dû cependant patienter jusqu'à la fin des vacances de l'été 1979 et le départ des enfants pour pouvoir entreprendre de tourner le film. C'est après avoir découvert Halloween de John Carpenter que Sean S. Cunningham décide opportunément de tourner son propre slasher. L'ambition principale du réalisateur américain étant de gagner de l'argent, il demande au scénariste Victor Miller de reproduire le schéma de Halloween à l'identique tout en imaginant des meurtres plus nombreux et surtout, nettement plus sanglants...


Si à l'époque la pratique ne choquait sans doute pas autant que de nos jours, il faut savoir que contrairement à la grande majorité des scènes de meurtres, la mort du serpent dans Vendredi 13 ne fut pas simulée puisque la couleuvre en question fut achetée à un propriétaire de serpents local avant que Tom Savini ne la tue lui-même devant le refus de l'acteur qui était supposé le faire. L'une des séquences les plus terrifiantes du long-métrage reste sans doute ce final inattendu, lorsque Jason surgit des eaux calmes du lac pour se saisir de l'unique survivante du massacre. Une fois de plus, l'idée provient non pas du réalisateur ou du scénariste mais bien de Tom Savini qui après avoir découvert Carrie au bal du Diable de Brian De Palma voulait reproduire ce même type de scène (que l'on retrouvera d'ailleurs dans le glauquissime Maniac). Victor Miller témoigna par la suite de son rejet de ce qu'était devenue la saga. Lui qui s'était attaché à ce que son scénario se concentre autour de la tragédie d'une mère dont le fils s'était noyé par négligence des moniteurs et qui décidait de venger sa mort. Pour lui, Jason devait demeurer une simple victime et non pas le tueur en série immortel qu'il devint par la suite...


On ne reviendra pas sur la présence de Kevin Bacon au générique où sur le sens précis de l'écho que l'on entend régulièrement que créa le compositeur Harry Manfredini mais plutôt sur quelques menus détails relativement étonnants. Comme celui concernant le chanteur Lou Reed. Possédant une ferme pas très loin du Camp No-Be-Bo-Sco, il lui arriva de s'inviter le soir sur le lieu du tournage pour y donner de petits concerts privés et gratuits à toute l'équipe du film. Concernant la séquence finale, encore elle, malgré l'apparente douceur de l'air puisque l'intrigue est supposée se dérouler en plein été, son tournage fut compliqué pour Adrienne King qui interprétait l'unique survivant Alice et pour Ari Lehman qui donc incarnait Jason adolescent. En effet, le tournage de la séquence ayant eu lieu en automne et l'eau se révélant glaciale, l'un et l'autre échappèrent de peu à l'hypothermie. Enfin, la fiction rejoignant la réalité, à l'issue du tournage Adrienne King fut victime de harcélement de la part d'un fan dérangé qui la traqua jusque chez elle. Profondément marquée par cet événement, elle s'écarta des plateaux de tournage durant près de trente ans, marquant son retour en 2010 dans le film d'horreur et de science-fiction Psychic Experiment de Mel House. Notons qu'elle est réapparue cette année dans la série Crystal Lake dans laquelle elle reprend son rôle d'Alice...

 

dimanche 11 octobre 2026

Tchao Pantin de Claude Berri (1983) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Au beau milieu d'une carrière remarquable de producteur et de réalisateur, Claude Berri signa en 1983 le polar Tchao Pantin. Une œuvre sombre, désespérée et désenchantée qui ne brille donc évidemment pas par un quelconque parti-pris lumineux et optimiste. Le long-métrage met en scène l'humoriste et acteur Coluche qui jusque là avait surtout interprété des personnages plutôt drôles dans des comédies pas toujours très fines mais qui en cette année 1983 allait rencontrer la consécration en remportant lors de la cérémonie des César, celui du meilleur acteur. Un rôle difficile, compliqué à mettre en œuvre pour un artiste surtout connu pour ses sketches humoristiques sur scène et ses personnages comiques sur grand écran. Et en même temps, Claude Berry aura sans doute retenu de l'artiste comique la satire sur fond de politique et d'injustices sociales qu'il mit en œuvre durant sa carrière. Coluche incarne Lambert, ancien flic reconverti en employé de station-essence solitaire, taciturne et alcoolique qui depuis la mort de son fils boit. Beaucoup. Trop, même. Un soir, alors qu'il est à son poste, arrive le jeune Youssef Bensoussan qu'interprète Richard Anconina qui pour ce rôle obtiendra le César du Meilleur second rôle masculin (ainsi que celui de meilleur espoir masculin). Petit trafiquant de drogue sans envergure, voleur de mobylettes, l'arrivée de ce jeune beur dans l'existence du pompiste va avoir l'effet d'un électrochoc. Tandis que ce dernier a perdu son fils, Youssef semble être en quête d'une figure paternelle. Entre les deux hommes s'installe une véritable relation d'amitié, quasi fusionnelle, même si l'un et l'autre s'écharpent sur des questions purement morales. Youssef travaille pour le compte de Rachid (Mahmoud Zemmouri), le propriétaire d'un bar qui sert de couverture à un trafic de drogue. Mais un jour, alors que Youssef fouille la planque où il cache habituellement sa réserve de drogue, celle-ci a été dérobée. Bien que Lambert lui propose de l'aider à rembourser sa dette envers Rachid, le jeune garçon est assassiné par deux hommes en moto... Tchao Pantin, que l'on pourrait facilement comparer à d'autres œuvres tout aussi sombres que Les fauves de Jean-Louis Daniel, Poussière d'ange d'Édouard Niermans ou Série noire d'Alain Corneau ne met pas en scène que ce seul duo puisque apparaissent à l'image Agnès Soral dont la carrière se résumait majoritairement jusque là à quelques rôles à la télévision et qui ici incarne la jeune punkette Lola. Tout d'abord attirée par la moto empruntée à Rachid que conduit sans autorisation Youssef, la jeune femme aura un rôle beaucoup plus intéréssant durant la suite des événements...


Quant à Philippe Léotard (La balance, La petite sirène), il interprète le rôle de l'inspecteur Bauer. Un flic qui prend connaissance du passé professionnel de Lambert et fera preuve d'empathie vis à vis du pompiste même s'il devine que celui-ci n'est pas étranger à la série de meurtres qui vont suivre le décès de Youssef. Mis en lumière par le réalisateur et le directeur de la photographie Bruno Nuytten et en musique par Charlélie Couture, Tchao Pantin est de ces œuvres particulièrement moroses qu'il faut s'interdire de découvrir un jour de mélancolie. Sombre, âpre et plutôt bien incarné par Coluche, Richard Anconina, Agnès Soral et Philippe Léotard, le film de Claude Berri s'inscrit dans un Paris désargenté à travers les quartiers de Barbès, de Belleville ou de la Chapelle ''sublimés'' par des teintes maussades produites par le travail de Bruno Nuytten qui d'ailleurs obtiendra le César de la Meilleure photographie pour son travail. Le film décrit assez bien les contextes de solitude et de misère sociale qui planent au dessus des personnages et autour de décors parfois en friches dans lesquels tous les personnages évoluent. Adaptation cinématographique du roman homonyme d'Alain Page scénarisée par Claude Berri lui-même, Tchao Pantin évoque également le deuil et la rédemption. Celui de Lambert qui depuis la mort de son fils l'expie en buvant et en vivant seul (son rejet initial des autres et d'ailleurs très démonstratif). C'est la troisième fois que Claude Berri engage Coluche sur un plateau de tournage si l'on ne tient pas compte de son apparition en tant que figurant non-crédité au générique dans Sex-shop en 1972. Il lui offrit ainsi le tout petit rôle de Marquand au tout début des années soixante-dix dans Le pistonné en 1970 avant de le retrouver sur celui de la comédie Le maître d'école une décénie plus tard. Avec Tchao pantin, le cinéaste lui offre l'un de ses rares rôles dramatiques au cinéma, deux ans avant son interprétation d'Oscar Pilli, officier erratique et megalomane de l'armée italienne durant la Seconde guerre mondiale. Notons enfin qu'en dehors des prix obtenus par Richard Anconina et Bruno Nuytten, Gérard Lamps et Jean Labussière recevront celui du Meilleur son. Quant à Coluche, il obtiendra donc celui du Meilleur acteur face à Gérard Depardieu (Les compères de Francis Veber), Yves Montand (Garçon ! de Claude Sautet), Alain Souchon (L'été meurtrier de Jean Becker) et Michel Serrault (Mortelle randonnée de Claude Miller)...

 

samedi 10 octobre 2026

Fanged Up de Christian James (2017) - ★★★★★☆☆☆☆☆



La Grande-Bretagne s'est lancée depuis un certain nombre d'années dans la production d'une large sélection de long-métrage horrifi-comiques dont les zombies font très majoritairement les frais. Les pauvres. Il y a deux ans, le cinéaste britannique Christian James réalisait son troisième film après Freak Out en 2003 et Stalled en 2013. Deux œuvres qui déjà, mêlaient horreur et comédie. Pour son dernier film à l'heure actuelle, Christian James ne convoque non pas une horde de zombies mais des vampires et ce, dans un cadre hors du commun puisqu'il s'agit d'une prison dans laquelle sont enfermés de petits délinquants ayant comme particularité de ne pas avoir de famille (pratique lorsque l'on veut faire disparaître un individu que personne ne recherchera) et de partager le même groupe sanguin. C'est là qu'est envoyé Jimmy Ragsdale qui après avoir semé la pagaille dans une boite de nuit se retrouve donc traité comme n'importe quel criminel alors qu'il n'a en réalité pas vraiment commis d'acte répréhensible (le bonhomme tentait de draguer l'épouse du patron d'une boite de nuit quand ce dernier tentait de se débarrasser de ce très embarrassant employé aux cuisines). C'est là également qu'il fait la connaissance de son compagnon de cellule, l'imposant Victor Stanczyk (l'impressionnant Stu Bennett), condamné pour avoir tué son propre frère, et brute épaisse qui contre toute-attente, va prendre soin du nouveau venu surnommé ''bite molle'' (ce qui donne un aperçu assez clair du contenu de ce descendant direct d’œuvres aussi diverses que le Evil Dead de Sam Raimi, Une Nuit en Enfer de Robert Rodriguez ou encore Braindead de Peter Jackson.

Si la promesse de nous en donner pour notre argent en matière de gags et de sang est tenue, le film n'est cependant pas totalement réussi. Du moins, lors de certains passages. Concernant le premier tiers, Fanged Up assure haut la main en matière d'humour. Les répliques fusent, le film étant à ce moment promis à un statut de film culte. Malheureusement, le soufflet retombe dès le second acte durant lequel le héros (ou pourrions-nous plutôt dire, le Zéro) est déjà installé dans ses quartiers. Un centre pénitencier d'un genre quel que peu différent puisque l'intégralité des gardiens, ainsi que n'importe quel autre membre du personnel, directeur compris, sont tous des vampires assoiffés de sang. Ce qui peut expliquer le fait que chaque détenu possède un groupe sanguin identique aux autres (on suppose alors que ce dernier est d'une qualité supérieure aux autres, et même si l'impasse est faite sur les raison de ce choix, en réalité, on s'en fout un peu). Tout ce qu'attend en réalité le public, c'est de voir dégénérer la situation. Ce qui arrive bien évidemment lors du dernier tiers...

… lors duquel notre héros, d'une exceptionnelle poltronnerie, tente de fuir la prison en compagnie d'un petit groupe de survivants parmi lesquels se trouve donc son nouvel ami Victor, mais également la séduisante Katie Makepeace (Danielle Harold), médecin de la prison venue à l'origine enquêter sur la disparition de son prédécesseur. Si Fanged Up ne se départit jamais de son humour, cette fois-ci les choses sérieuses commencent. Un festival de scènes gore très sanglantes (en réalité, des seaux de faux sang balancés au visage des interprètes), certaines se révélant d'ailleurs particulièrement originales (on pense notamment au prisonnier coincé à l'intérieur d'une plaie béante située au beau milieu de la cage thoracique d'un vampire). Les interprètes s'amusent beaucoup, le spectateur, à certains endroits, beaucoup moins. Les couleurs sombres rendent certaines séquences illisibles et gâchent un peu le tableau, mais on sent un vrai amour du cinéaste pour le cinéma d'horreur artisanal. Un petit film sympathique mais pas transcendant...
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