Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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samedi 31 octobre 2026

The Psychopath de Freddie Francis (1965) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Derrière The Psychopath se cache le réalisateur, scénariste et directeur de la photographie Freddie Francis. En France le film sortira sous l'appellation Les Poupées de Cendre. A ne pas confondre avec l'ouvrage écrit en 1979 par la résistante et femme de lettres franco-américaine Tereska Torrès, Les Poupées de Cendre se base en fait sur le scénario de l'auteur de romans policiers Robert Bloch dont l'un des plus grands faits d'arme fut la publication de son roman Psycho en 1959 que le célèbre cinéaste britannique Alfred Hitchcock transposa à l'écran l'année suivante.
On ne pouvait donc espérer qu'une œuvre grandiose de la part du cinéaste ayant commis auparavant des œuvres telles que Meurtre par Procuration ou Le Train de l’Épouvante. C'est pourtant avec un immense regret qu'il me faut avouer que cet ersatz de giallo provenant directement d'Angleterre est loin d'atteindre les objectifs qu'il semblait s'être fixé. Le scénario promettait pourtant de passer un peu moins de quatre-vingt minutes d'intenses émotions auprès d'artistes mélomanes tombant les uns derrière les autres, victimes d'une 'malédiction' les condamnant à mourir, certes, de manière originale. Le premier écrasé à de multiples reprises sous les roues d'une voiture rouge, le second empoisonné, puis un autre étranglé et pendu, le suivant brûlé au chalumeau... bref, des manières de passer de vie à trépas qui diffèrent des habituels meurtres perpétrés au couteau auxquels l'on avait l'habitude d'assister dans les gialli made in Italie.

En transposant le sujet en Angleterre, Freddie Francis ôte à son œuvre tout le charme de ces bandes vénéneuses italiennes qui pullulèrent dans les années 70-80 et tente d'y inclure le caractère particulier des demeures victoriennes britanniques. Le cinéaste ainsi que le scénariste plongent (ou tentent de plonger) leurs personnages dans un climat fantastique parfois soutenu par une partition musicale très onirique et des décors souvent étouffants. Alors même que dans la plupart des gialli le mystère entourant l'identité du tueur est cultivé jusqu'au final, The Psychopath ne conserve qu'une infime part d’ambiguïté chez ses personnages. L'identité de l'assassin nous paraît tellement évidente que tout nous pousse à croire que, non, ça ne peut être lui. Et pourtant...

Outre l'originalité dans la mise en œuvre des assassinats, leur auteur dépose auprès des cadavres une poupée à leur effigie. De quoi alimenter le rapport entre The Psychopath et les gialli dont il s'inspire. Tout comme le port de gants noirs dont s'affuble le meurtrier. La majeur partie du casting est constituée d'acteurs et d'actrices assurant une interprétation de manière tout juste acceptable. Il n'y a guère que Patrick Wymark dans le rôle de l'inspecteur Holloway pour nous rappeler les grandes heures du flegmatique Sherlock Holmes ou la nonchalance et la bonhomie du célèbre lieutenant détective Columbo et dont Holloway reprend ici l'imperméable.
On a parfois davantage l'impression d'assister à mauvais épisode de Derrick ou à l'un de ces vieux et interminables soap-opera. Au final, The Psychopath est une grosse déception, à la mesure de nos attentes. On est loin, très loin même du Psychose d'Alfred Hitchcock que les producteurs tentèrent d'assimiler au film de Freddie Francis en lui donnant un titre proche de celui du chez-d'oeuvre de l'auteur de La Corde et des Oiseaux, Schizo...

vendredi 30 octobre 2026

Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai (2005) - ★★★★★★☆☆☆☆




Negai est le troisième volet de l'hexalogie Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô dont l'intégralité des épisodes est sortie la même année, en 2005. Réalisé par Atsushi Shimizu, lequel n'a rien à voir avec Takashi Shimizu (créateur de la saga Ju-on), Negai met en scène le jeune Hitochi (Orito Kasahara), un enfant discret, sans véritable ami et meilleur élève de sa classe. Fils d'un couple aimant formé autour du père Yoshiro (Toshinori) et de la mère Etsuko (Kyôko Tôyama), le jeune garçon ne peut compter que sur son talent de créateur d'objets pour se divertir et briser sa solitude. C'est ainsi qu'à partir d'objets du quotidien Hitochi se met à fabriquer une poupée d'apparence humaine. Du bois, du tissu, du fil de fer mais aussi et surtout deux effrayants globes oculaires et une mâchoire dotées d'aiguilles parfaitement aiguisées... Priant chaque soir pour que Kokomo (du nom que le garçon donne à sa création) prenne vie, la relation entre Hitochi et son jouet prend une tournure inattendue. Voire inquiétante. Jusqu'au jours où le garçon reçoit chez lui sa camarade Tomoko (Natsumi Okumura) à laquelle il a promit d'apporter son aide et ses connaissances pour ses devoirs. Convaincu d'être désormais son ami, Hitochi cherche à se débarrasser de Kokomo dont il considère désormais la présence inutile. Mais c'était sans compter sur la volonté de rester auprès de son créateur de la part de la poupée qui quoi qu'en fasse le garçon revient systématiquement à la maison... Adaptation d'ouvrage signé de l'un des mangakas japonais les plus célèbres dans le domaine de l'horreur connu sous le nom de Kazuo Umezu, Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai se rapproche ostensiblement de récits anciens et contemporains du cinéma et de la littérature occidentaux puisque viennent presque immédiatement en tête La Poupée diabolique de Lindsay Shonteff réalisé en 1964 ou Magic de Richard Attenborough tourné quant à lui en 1978. L'une des plus célèbres séries de science-fiction américaines des années 50/60 s'étant elle-même emparée du sujet en 1962 avec le cultissime épisode La Marionnette de Abner Biberman...


Ici, Atsushi Shimizu ne cherche à aucun moment à faire mystère de ses intentions tant sa poupée instaure le malaise dès sa première apparition. Créant ainsi l'une des représentations du genre parmi les plus sinistres qui soient. Une vision d'horreur dont on peut d'ailleurs se demander comment son propre créateur peut être capable de supporter sa présence dans sa chambre lorsque tombe la nuit. Une alternative à la solitude qui va bientôt prendre des proportions ''insoupçonnées'' lorsque Kokomo va commencer à s'en prendre à tous ceux qui osent se dresser entre elle et son créateur. Filmé avec des moyens financiers apparemment dérisoires, Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai reste malgré tout une assez bonne surprise qui ne vous prendra qu'un peu moins d'une heure de votre temps. Un moyen-métrage visuellement anecdotique, filmé en DTV (Direct To DVD) pour un résultat qui pique souvent les yeux. D'autant plus que le réalisateur japonais emploie quelques filtres de très mauvais goût, tout comme l'incrustation de nuages factices censés accentuer l'horreur de ce qui s'apprête à arriver. Sans être d'une importance fondamentale, l'existence de Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai permet surtout d'avoir une idée assez précise de l'approche du sujet par son auteur, entre la bienveillance parentale qui ne sera au final d'aucune utilité pour l'enfant ou le besoin pour ce dernier de se créer un ami virtuel jusqu'au jour où une jeune fille de chair et de sang vient innocemment s'imposer entre le garçon et sa création. Malgré une esthétique souvent atroce bien que créant plus ou moins volontairement un climat morose assez particulier, Umezu Kazuo: Kyôfu Gekijô : Negai offre quelques séquences plutôt creepy. Et notamment lorsque Kokomo s'en prend à Tomoko ou lorsque Hitochi se décide enfin à affronter sa création et par contraction ses peurs lors d'un final plutôt marquant...


jeudi 29 octobre 2026

L'été meurtrier de Jean Becker (1983) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Les années quatre-vingt furent riches en matière de thrillers français. Il en est même qui furent bien au dessus du lot. Comme le génial Mort un dimanche de pluie de Joël Santoni en 1986. Quant à 1983, plusieurs d'entre eux durent batailler pour obtenir le titre de meilleur thriller de l'année. Mortelle randonnée de Claude Miller, Tchao Pantin de Claude Berri mais aussi et surtout, L'été meurtrier de Jean Becker. Un réalisateur et scénariste qui a toujours compté dans le paysage cinématographique français et qui continua à signer de très bons films comme l'incroyable Deux jours à tuer en 2008 avec Albert Dupontel... L'une des spécificités de L'été meurtrier est d'y voir réuni Isabelle Adjani et Alain Souchon dans les deux principaux rôles d’Éliane et de Pin-Pon. Un peu à la manière de La Maison assassinée que réalisera cinq ans plus tard Georges Lautner, le long-métrage de Jean Becker repose sur une vengeance tardive, motivée par un drame qui s'inscrit dans une époque très lointaine et mue par l'esprit de vengeance de l'héroïne même si les circonstances ne sont pas les mêmes. Les deux œuvres se déroulent cependant dans deux petits villages ruraux bien distincts. Nous sommes en 1976 et Éliane, son père paralytique Gabriel (Michel Galabru) et sa mère Paula (Maria Machado) surnommée Eva Braun en raison de ses origines germaniques viennent s'installer dans un village du sud de la France. Tous les villageois assistent à l'arrivée de la petite famille et pour cause : la jeune femme est d'une très grande beauté mais aussi de mœurs apparemment très légères. Sexy, provocatrice et pourtant très attachée à l'image qu'elle renvoie, tous les jeunes hommes du village fantasment de la mettre dans leur lit. Et d'ailleurs, les coucheries ne se font pas attendre puisque parmi eux, le frère cadet de Pin-Pon, Mickey (François Cluzet) et leur ami Georges Massigne (Martin Lamotte) n'ont pas tardé pour lui mettre le grappin dessus... Pin-Pon, lui, attend calmement son tour. Affectueux, sincère et plutôt naïf, son attitude finit par séduire Éliane qui très vite et contre toute attente tombe amoureuse de ce jeune pompier volontaire...


Derrière ce résumé relativement succinct du script de Jean Becker et Sébastien Japrisot sur la base d'un roman écrit par ce dernier, L'été meurtrier cache non seulement un drame épouvantable mais également un thriller érotique qui marque forcément par la présence à l'écran d'Isabelle Adjani qui avant cela aura notamment tourné auprès de Werner Herzog (Nosferatu, fantôme de la nuit), d'Andrzej Żuławski (Possession), de Claude Miller (Mortelle randonnée) avant de tourner aux côtés de Luc Besson l'excellent Subway en 1985, Camille Claudel de Bruno Nuytten en 1988 ou encore La reine Margot de Patrice Chéreau en 1994... Un an après qu'elle ait tourné Tout feu, tout flamme de Jean-Paul Rappeneau dans lequel elle allait déjà retrouver le chanteur Alain Souchon, ce dernier joue donc de nouveau à ses côtés, interprétant l'un de ses plus importants rôles au cinéma. Entre drame poignant et thriller psychologique, L'été meurtrier décortique l'état mental d'une jeune femme totalement dévastée par un drame remontant pourtant bien avant sa naissance. Une tragédie qui l'obsède et qui l'empêche de vivre normalement. Face à elle, toute une galerie de personnages incarnés par des interprète de valeur sûre. Comme Jenny Clève et Suzanne Flon qui incarnent respectivement la mère et la tante de Pin-Pon et Mickey. Evelyne Didi qui interprète la maîtresse d'école amoureuse d’Éliane ou encore Roger Carel, Manuel Gélin et même Marie-Pierre Casey, devenue célèbre grâce à une publicité pour Pliz et qui dans L'été meurtrier incarne le petit rôle de Mademoiselle Tussaud, la garde-malade de Gabriel qu'interprète le formidable Michel Galabru qui sorti de ses innombrables rôles dans des comédies incarne un personnage grave... Entre amour, vengeance, mensonges et traumatismes, L'été meurtrier est d'une maîtrise formelle remarquable. Une œuvre implacable, fascinante et merveilleusement incarnée... Un classique qui remporta quatre prix aux Césars 1984 dont le César de la meilleure actrice pour Isabelle Adjani ou celui de la meilleure actrice dans un second rôle pour Suzanne Flon...


 

mercredi 28 octobre 2026

Malfaisante de Rob Sauvage (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Produit par la société de production américaine Blumhouse Productions créée par Jason Blum en 2000 et par sa filiale Atomic Monster fondée quant à elle huit ans auparavant, Malfaisante (Other Mommy) est le dernier long-métrage de ces deux sociétés spécialisées dans le fantastique, l'épouvante et l'horreur à avoir vu le jour en 2026. Tiré du roman Incidents Around the House de l'écrivain Josh Malerman, le film met en scène la toute jeune Bela interprétée par Arabella Olivia Clark et ses deux parents, Ursula (Jessica Chastain) et Russ ( Jay Duplass)... A dire vrai, ce dernier est plutôt le beau-père de la jeune enfant qui depuis un certain temps reçoit la visite nocturne d'une entité qui affirme ne lui vouloir que du bien. La preuve puisque ''L'autre Maman'' comme Bela et ses proches l'appelleront tout au long du récit prend l'apparence d'Ursula. Et quoi de plus rassurant que d'être approché par une femme dont les traits sont semblables à ceux de celle qui nous a enfanté ? Pour James Wan, esprits, fantômes et autres ectoplasmes sont d'usage courant. Ne serait-ce que pour citer ses propres œuvres, parmi elles l'on retrouve notamment les deux premiers volets de la franchise Conjuring, les deux premiers de la saga Insidious ou encore le récent Malignant qu'il a mis en scène voilà cinq ans... Cette fois-ci, la réalisation de Malfaisante est confiée à Rob Sauvage, auquel l'on doit notamment le très moyen Host en 2020 et le très mauvais Dashcam deux ans plus tard. Autant dire qu'à priori il n'y a rien de véritablement spectaculaire à attendre de la part d'un cinéaste dont la moyenne basse des œuvres laisse craindre le pire. Notons d'ailleurs ses projets futurs, parmi lesquel Molepeople et son protagoniste piégé dans les sous-sols de New-York ou bien The Hills Have Eyes dont le titre ne laisse aucun doute sur ses origines d'énième remake du classique de l'horreur signé de Wes Craven en 1977 et prévu pour 2030... Plus malin qu'il n'en a l'air, le script de Malfaisante s'intéresse à une petite cellule familiale baignant dans le mensonge. Contrairement aux autres films portant sur le sujet d'une invasion domestique par une créature diabolique, le long-métrage de Rob Sauvage ne fait aucun mystère de la présence de cette Autre Maman incarnée de nouveau par Jessica Chastain auprès des parents de la gamine et d'autres intervenants extérieurs...


D'une durée raisonnable ne dépassant que de très peu les quatre-vingt dix minutes, Malfaisante surprend moins pour son accumulation de Jumpscares inefficaces que pour certains choix en matière d'apparitions. Bien que le film s'inspire d'un ouvrage littéraire, il n'est pas interdit de penser que Rob Sauvage et la scénariste Akela Cooper se soient quelque peu inspirés de plusieurs entités ayant déjà fait les beaux jours du cinéma d'épouvante sur grand écran. Difficile en effet de ne pas reconnaître devant le sourire de l'Autre Maman celui des héroïnes de Smile et de Smile 2 ou devant son attitude parfois glaçante celle du récent et très réussi Obsession ! Quant à l'entité elle-même, ne rappelle-t-elle pas au fond un certain Freddy Krueger de la saga Les griffes de la nuit ou encore le Grippe-sou de Ça version 2017 et 2019 ? Cette propension à apparaître sous différentes versions et différentes formes pour mieux effrayer les spectateurs ? Cette façon qu'avaient en leur temps les entités d'attirer à eux les âmes innocentes ? On pourrait d'ailleurs comparer également Bela à la jeune Carol-Anne Freeling incarnée dès 1982 par la regrettée Heather O'Rourke qui à l'époque représentait elle-même l'innocence, la pureté, la vulnérabilité face au mal domestique (ici notamment représenté par l'adultère). On ne se souviendra sans doute pas longtemps de Malfaisante malgré l'impeccable incarnation de la toute jeune Arabella Olivia Clark, celle de Jessica Chastain ou encore celle de Jay Duplass qui dans le rôle du beau-père se montre tantôt faible tantôt protecteur. Quelques effets-spéciaux plutôt sympas et originaux, telle cette main gigantesque qui surgit de l'océan et un trio d'interprètes qui assurent le spectacle. Un petit film d'horreur que l'on conseillera avant tout au jeune public et moins aux spectateurs sevrés depuis des décennies à ce genre de spectacle. Bref, moyen. Ni indispensable, ni mauvais...

 

mardi 27 octobre 2026

Street Fighter de Kitao Sakurai (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Faut-il être victime de hyperpyrexie pour s'enfermer dans une salle obscure tout en sachant que ce que l'on va avoir à toutes les chances de n'être rien de plus qu'un énorme nanar ? Faut-il être pris de démence pour en plus y aller tout en n'étant pas spécialement fan du jeu vidéo original si mythique soit-il ? Soyons clair, les vrais nanars n'existent plus ! Cette sincérité touchante, ce premier degré assumé que l'on ne retrouve guère dans le cinéma dit ''nanardesque'' actuel sont certaines des marques propres au genre. Sharknado, un nanar ? Non, définitivement non. Plutôt une imitation. Une contrefaçon, bien que très plaisante à regarder, elle et ses succédanés... Après le retour de Mortal Kombat, voici donc venu le temps de retrouver les personnages du célèbre jeu vidéo développé par les équipes de la société japonaise de développement et d'édition japonaise Capcom dès 1987. On connait tous même sans jamais avoir forcément posé la main sur une manette de jeu le célèbre Street Fighter 2 sorti sur borne d'arcade, sur console Nintendo et sur de nombreux autres supports domestiques. Vous rêvez d'assister aux nouvelles aventures de Ken, de Ryu, de Chun-Li, de Zangief, de Blanka et d'une bonne partie de la clique de combattants de la franchise vidéoludique sans avoir à taper comme un sourd sur les boutons d'une manette de jeu ? Rendez-vous dans les bonnes et mauvaises crêperies qui proposent la projection de Street Fighter version 2026 signée de l'acteur, réalisateur et directeur de la photographie américano-japonais Kitao Sakurai. Américain ? Japonais ? Barrez la mention inutile. Si à l'époque, en 1994, l'on allait voir non seulement la première adaptation du jeu intitulé Street Fighter - L'ultime combat de Steven E. de Souza pour ses origines vidéoludiques, ce fut sans doute également pour une partie de son casting. Jean-Claude Van Damme bien entendu, mais aussi la très sexy Kylie Minogue qui incarnait alors Cammy White ! Mais aujourd'hui, hein ? Noah Centineo, Andrew Koji, Callina Liang ou Cody Rhodes.... Mais putain, c'est qui ces mecs (et cette nana, bravo la parité hommes/femmes) ? Je suis vraiment pas à la page et n'en connaît aucun à part... Jason Momoa dont je ne connais de sa filmographie, aucune œuvre. Ouais, jamais vu à l'écran. Tout juste entendu son nom de la part de potes qui bouffent du cinéma blockbusterisé comme ils dévorent autant de hamburgers maxis giant dans les Mac'Do !


Lors de ces nouvelles aventures cinématographiques tournées en mode live (avec d'authentiques interprètes) mais bénéficiant également de séquences de flashback en animation, difficile de faire la part des choses entre ce qui tient de l'historique réel des personnages et de ce qui provient de l'esprit même de Kitao Sakurai et du scénariste Dalan Musson. Surtout pour le néophyte. Toujours est-il que l'on apprend que l'ignoble Bison (David Dastmalchian) projette de faire enlever Ryu (Andrew Koji) afin d'aspirer l'entièreté de son ''Psycho Power'' et ainsi d'être en possession d'une force illimitée. Mais depuis que le Maître Gouken a perdu la vie, assassiné par son propre frère Akuma (Roman Reigns), Ryu vit seul, vend d'infectes ramens dans la rue et s'est écarté de tout combat. Lorsque le journaliste Don Sauvage (Eric André) annonce à l'antenne et sous la pression du Baron qu'un nouveau tournoi va être organisé afin de remettre en jeu le titre de champion du monde de Ryu, Ken (Noah Centineo) profite de l'occasion pour tenter de redorer son blason. D'abord très populaire, celui-ci est depuis la risée du public. Accompagné par son fidèle coach Dan Hibiki (Andrew Schulz), il va remonter sur le ring et affronter divers concurrents dont Vega (Orville Peck) et Zangief (Olivier Richters) tout en maintenant l'espoir que Ryu sortira enfin de sa cachette. Mais dans l'ombre, Bison attend que Ryu réapparaisse afin d'exécuter son plan maléfique... Voilà, pour le scénario, c'est tout. Et franchement, cela suffit amplement. Car à moins de s'attendre à une œuvre philosophique sur la vie, ses avantages et ses inconvénients, portée par des interprètes de l'Actors Studio, vous pourrez ranger vos neurones dans les vestiaires pour ne les récupérer qu'à la sortie de la projection. Car oui, Street Fighter version 2026 est bourrin, dénué de finesse et très sommaire du côté des dialogues même si Kitao Sakurai paraît vouloir parfois injecter un semblant de profondeur chez certains personnages comme chez le plus inattendu d'entre eux en la personne de Blanka (Jason Momoa) que Bison arracha à sa mère... Pour le reste, le film n'est qu'une succession de punchlines il est vrai parfois très amusantes. Comme le sont nombre de situations. Comme lorsque Ken peine à donner un coup à Ryu lors de leur premier affrontement dans la chambre d'hôtel. Notons d'ailleurs qu'en général, les combats sont plutôt bien exécutés et chorégraphiés. Pas trop de cuts et une clarté visuelle qui donc est plutôt bienvenue. Bref, Street Fighter est une bonne surprise, un peu bruyante il est vrai, mais doté d'effets-spéciaux plutôt sympathiques qui retranscrivent notamment bien les techniques de combat de la plupart des héros du jeu original. Il n'est donc pas interdit aux non amateurs de ce dernier d'aller se défouler au cinéma devant ce vrai bon divertissement et aux autres de prendre leur pied devant ce long-métrage à la fin ouverte.... Peut-être une suite ?


 

lundi 26 octobre 2026

The Grudge 3 de Toby Wilkins (2009) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Tout comme la série de longs-métrages Ringu, la saga Ju-on comporte un nombre important de films qu'il est sans doute intéressant de détailler, entre les œuvres qui nous proviennent directement du Japon et les quelques tentatives de remakes américains pas toujours très glorieux ayant vu le jour. Une quinzaine de productions dont les origines remontent à 1998 lorsque sont regroupés à l'époque les deux courts-métrages de Takashi Shimizu Katasumi et 4444444444 sous le titre Gakkô no kaidan G et qui se concluent jusqu'à aujourd'hui avec The Grudge du réalisateur Nicolas Pesce, la quatrième version du récit ayant traversé les océans pour atterrir sur le territoire américain. Avant lui, une trilogie outre-atlantique vit le jour entre 2004 et 2009. Les deux premiers volets ayant été réalisés par l'immense Takashi Shimizu, les commandes du troisième furent mise entre les mains de Toby Wilkins, monteur, réalisateur, scénariste, concepteur d'effets visuel et producteur d'un certain nombre de productions qui jusque là n'avait tourné que quelques courts-métrages mais aussi et surtout le très intéressant Splinter en 2008 dans lequel les personnages étaient coincés dans une station service aux prises avec un étrange phénomène les transformant en créatures recouvertes d'épines. Si l'on peut ainsi considérer que l'américain ne met pas les pieds dans le plat d'une franchise mondialement reconnue comme l'une des plus marquantes de la J-Horror sans s'être au préalable essayé à l'horreur et au fantastique avec Splinter un an plus tôt, Toby Wilkins démontre en revanche que rien ne détermine vraiment de la qualité d'une œuvre et surtout pas le fait qu'un petit film indépendant aussi sympathique soit-il puisse prouver du talent régulier de son auteur... The Grudge 3 sort en 2009, soit trois ans après le second volet de la trilogie américaine. S'il subsiste quelques traces des origines asiatiques de l’œuvre originale à travers le duo d'antagonistes et le personnage de Naoko Kawamata (interprétée par Emi Ikehata), la sœur de Kayako et tante de Toshio, le film aurait tout aussi bien pu se nommer autrement et mettre en scène des esprits maléfiques d'une toute autre apparence. Ici l'on passe rapidement du cadre immobilier typique d'une certaine frange de la population japonaise à un immeuble situé à Chicago et quasiment abandonné par les locataires qui ne se comptent que sur les doigts d'une main ou presque...
C'est là que vivent Lisa (Johanna Braddy), son frère Max (Gil McKinney), leur jeune sœur malade Rose (Jadie Rose Hobson) ou encore le petit ami de la jeune femme, Andy (Beau Mirchoff) avec lequel elle a prévue de partir faire carrière dans la mode à New York. Pourtant, sur les suppliques de son frère, Lisa accepte de rester l'aider subvenir aux besoins médicaux de leur jeune sœur qui souffre de graves problèmes de santé. Tandis qu'un jour Lisa et Andy s'introduisent dans l'appartement où eu lieu le drame développé dans le précédent épisode, la malédiction s'abat sur eux et leurs proches et ne va pas les lâcher d'un pouce... Bon, euh, que dire si ce n'est que The Grudge 3 reste l'une des adaptations les plus faibles du scénario original de Takashi Shimizu. Fade, sans consistance particulière et en outre incarné par Aiko Horiuchi et Shimva Tsuchiya qui campent respectivement les maléfiques Kayako Saeki et son fils Toshio, le film se concentre autour d'un immeuble sans charme dont le cinéaste n'exploite pas vraiment les différentes possibilités. L'isolement des protagonistes se ressent ainsi à peine. Et que dire de l'intervention de Naoko Kawamata qui bien qu'elle soit relativement bien interprétée par l'actrice japonaise Emi Ikehata n'apporte absolument rien de fondamental au récit. Tout d'abord reléguée en arrière-plan, lorsque le personnage opère enfin une approche vers Lisa afin de collaborer avec elle sur le plan de destruction des deux entités maléfiques, le rituel auquel les deux jeunes femmes ainsi que Rose vont assister est d'une inutilité crasse. Un prétexte pour nous dévoiler un cérémonial ancestral hérité de la mère de Naoko d'une vacuité absolue ! Visuellement insignifiant, le film aurait pu compter sur les diverses apparitions des deux fantômes si au moins Toby Wilkins ne s'était contenté que de quelques rares apparitions et non pas faire de ses deux ''créatures'' l'occasion de manifestations ultra répétitives qui terminent de rendre chacune d'entre elles sans intérêt. Pas d'effroi, un récit qui tourne en boucle autour du sujet de la maladie de Rose ou du conflit entre Lisa et Max et quelques meurtres qui manquent cruellement d'intensité. Bref, retournez plutôt voir les originaux connus sous le nom de Ju-on plutôt que cette version américaine sans saveur de l'un des plus grands mythes de la J-Horror...

 

dimanche 25 octobre 2026

Flush de Grégory Morin (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avec son premier long-métrage tourné en solo suivant plusieurs courts et quelques collaborations, l'acteur et réalisateur Grégory Morin a lâché en 2026 une véritable petite bombe. Imaginez la rencontre entre le rachitique cinéma de Stéphane Ambiel (deux courts-métrages seulement au compteur en 1988 et 1997) et celui de Gaspar Noé. L'esprit trash du premier et l'esthétique du second. En fait, tout ce dont les fans de gore français typé années quatre-vingt/quatre-vingt dix espèrent toujours retrouver sur le devant de la scène et qui depuis près de quarante ans les a malheureusement laissé orphelin. Depuis le mythique Baby Blood d'Alain Robak dont il serait sans doute plus judicieux pour les plus anciens et à l'attention des néophytes qui voudraient aujourd'hui le découvrir de prévenir ces derniers qu'il n'a pas forcément bien vieilli ou encore avec le cultissime (oui, oui) Kamikaze de Didier Grousset dans lequel Michel Galabru incarnait un inventeur de génie ayant conçu un appareil lui permettant de faire exploser les speakerines et autres présentateurs télévisés qui lui déplaisaient, le gore à la française n'a me semble-t-il, plus tout à fait la même saveur. Cet esprit très artisanal qui prévalait chez ces auteurs et chez quelques autres dont par exemple Jean Marboeuf et cet autre ''légendaire'' long-métrage qu'il réalisa en 1987 intitulé Grand Guignol ne se retrouve plus guère que dans d'obscures productions. Renforcé par la présence du toujours hilarant Jonathan Lambert qui dans le rôle du personnage principal incarne le cocaïnomane Luc, Flush part d'un contexte aussi invraisemblable que délirant. Luc débarque dans les anciennes toilettes turques d'une boite de nuit dont on entend le rythme binaire diffusé à l'étage pour se faire un rail de coke. Rien que de très banal jusqu'au moment où celui-ci glisse et se retrouve le pied coincé dans le trou des gogues ! Une situation plutôt inconfortable qui n'est pourtant rien en comparaison de ce qui va bientôt lui arriver. En effet, après avoir finalement réussi à retirer son pied du trou et après avoir été plus ou moins aidé par un certain Dindon (Rémy Adriaens), le propriétaire de la boite déboule, très énervé au sujet d'un sachet de cocaïne que son employé a eu la très mauvaise idée de planquer dans le trou des chiottes ! Vous sentez arriver le quiproquo ?


Bref, sur ce postulat de départ, disons que le film va uniquement reposer sur l'inconfortable situation de Luc qui après avoir passé la première partie le pied dans la merde va endurer un calvaire dont l'affiche elle-même ne laisse planer aucun doute... Derrière ce premier long-métrage dont on appréciera qu'il n'excède pas les soixante-dix minutes vu qu'en aussi peu de temps Grégory Morin réussi malgré tout le tour de force de mettre en scène quelques ventres mous, Flush est typiquement le genre de production gore française et indépendantes rêvée. Du gore, certes, mais beaucoup plus discret qu'on ne le pense puisque au final, si on le compare aux nombreuses séquences uro/scatologiques, ce sont bien ces dernières qui pourraient pousser certains spectateurs à faire la grimace. Il est vrai qu'en la matière, Grégory Morin n'a rien à envier au cultissime Mongolitos de Stéphane Ambiel tant son imagination dépasse parfois celle du plus crapoteux adorateur de pipi/caca ! Imaginez donc ce que l'on peut faire avec une canalisation bouchée par un tampon usagé, avec un rat totalement addict à la coke, un propriétaire de boite de nuit sur les nerfs et un employé complétement con ! Force à Jonathan Lambert d'avoir tourné la quasi totalité du film sur le ventre, la tête sous la faïence de toilettes turques assez peu sobrement souillées d’excréments, d'urine et autres matières dont on préfère ignorer l'origine. À sa manière, Grégory Morin est peut-être plus encore que les deux exemples cités plus hauts le digne descendant de Jan Kounen (celui des débuts avec Gisèle Kerozène ou Vibroboy) ou du duo Jean-Pierre Jeunet/Marc Caro à l'époque de Delicatessen. Autant dire que l'on tient là un sacré lascar qui espérons-le et malgré son prix du public du meilleur film international au FanTasia 2025 ne déviera pas de cette voie qu'il trace maintenant depuis plus d'un quart de siècle... Déjà culte !

 

samedi 24 octobre 2026

Identity de James Mangold (2003) - ★★★★★★★☆☆☆




Un motel miteux perdu en pleine campagne américaine. En clair, le trou du c## du monde. Un gérant qui ne souffre pas la présence des femmes de mœurs légères. Une jeune femme, ''supposées coutumière de ces fameuses habitudes''. Un couple et leur enfant muet (un autiste?). L'homme est hébété depuis que son épouse a été renversée par un ancien flic devenu le chauffeur d'une ancienne star de cinéma désormais oubliée. Un couple de jeunes adultes tout juste mariés (vive Las Vegas !). Et puis, un inspecteur et le prisonnier qu'il est chargé de transférer. Tout ce petit monde hétéroclite se retrouve bien malgré lui au même endroit. Le dit motel, une nuit d'orage lors de laquelle, la pluie ne cessera pas de tomber. Loin de là, Malcolm Rivers, un criminel reconnu coupable d'avoir assassiné six personnes, s'apprête à être exécuté. Dernier recours pour son avocat aidé d'un psychiatre, le docteur Malick : convaincre le juge qui l'a condamné que son client n'avait pas conscience de commettre des meurtres, celui-ci étant atteint de trouble dissociatif de la personnalité. Pendant ce temps là, à l'hôtel, un tueur sévit. Première victime : l'actrice Caroline Suzanne (interprétée par Rebecca de Mornay) dont le chauffeur (et donc ancien flic) Ed retrouve la tête dans le tambour d'une machine à laver. Très rapidement, les soupçons se portent sur le criminel Robert Maine (sinistre Jake Busey) qui vient tout juste de s'échapper après s'être libéré de ses entraves. Alors que la route est impraticable et que tous sont condamnés à demeurer au motel malgré les morts qui commencent à s'accumuler, outre ceux-ci, tous plus violents les uns que les autres, d'étranges événements se produisent...


Maintenant, si vous n'avez pas encore découvert Identity, le cinquième long-métrage de l'auteur de Copland en 1997 ou de 3H10 pour Yuma en 2007, permettez-moi de vous chasser. Car ce qui va suivre délivre une bonne partie de l'intrigue........... Démarrant comme un thriller relativement convaincant et reposant sur l'interprétation et sur son incroyable atmosphère, ce qui figure être comme une sorte de néo-slasher (on ne connaîtra effectivement l'identité du tueur que dans les dernières secondes) ou de néo-Cluedo (ne manque plus qu'Hercule Poirot ou Miss Marple) va en réalité encore bien plus loin. Si Identity semble s'approcher dangereusement de la frontière du fantastique, il n'en est rien. Pur thriller noir et horrifique réalisé sur la base d'un scénario écrit à quatre mains par le réalisateur lui-même ainsi que par Michael Cooney, le film se veut en fait une plongée dans les affres d'un cerveau malade. Celui de Malcolm Rivers qu'interprète à merveille Pruitt Taylor Vince. L'acteur idéal pour le rôle d'un serial killer atteint d'un sérieux trouble de la personnalité puisque'il est lui-même notamment connu pour être atteint de nystagmus. Ce qui à l'écran se traduit par un mouvement d'oscillation continu des yeux et sur lequel, Pruitt Taylor Vince n'a malheureusement pour lui, aucun contrôle. Identity se compose donc de deux parties distinctes qui s'entremêlent brillamment jusqu'à ce que la relation entre le tueur et les dix individus ''enfermés'' dans une zone comprenant le motel et un restaurant soit mise au grand jour...


Car ce que l'on va peu à peu découvrir, c'est d'abord que tous ont un rapport les uns avec les autres. Chaque détail compte. Des meurtres sous forme de compte à rebours, en passant par la disparition des cadavres et jusqu'à cette étonnante séquence lors de laquelle le criminel Robert Maine se retrouve à nouveau à proximité du motel alors qu'il vient de tout faire pour s'en éloigner. Les plus vifs d'esprits comprendront certainement avant les autres le fond de l'histoire. Un sujet passionnant qui permet tout d'abord de retrouver dans un même long-métrage outre les interprètes déjà cités plus haut, les acteurs John Cusack, Ray Liotta, Alfred Molina ou les actrices Amanda Peet et Clea Duvall. Soyez prévenus. Tout ou partie de ce que vous allez voir n'est qu'un jeu de dupe. Méfiez-vous des faux-semblants. Outre l'interprétation, l'ambiance sinistre et le cadre désolé, on appréciera le montage et la mise en scène qui révèlent le talent d'un réalisateur qui compte sur le moindre petit détail pour tromper les spectateurs. Chacun de ceux-ci trouve son explication et ce qui demeurait sans doute improbable quelques minutes auparavant trouve sa justification dans l'une ou l'autre des séquences qui lui succèdent. Identity, c'est un peu comme un roman d'Agatha Christie sous perfusion de schizophrénie. On croit se perdre dans les méandres de l'esprit du tueur mais tout est finalement parfaitement clair. Un thriller/puzzle du meilleur effet...

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