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vendredi 6 mars 2026

Nosferatu de Robert Eggers (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

S'attaquer à un mythe tel que le légendaire film expressionniste allemand Nosferatu, eine Symphonie des Grauens réalisé par Friedrich Wilhelm Murnau en 1922 est une prise de risque que prit tout d'abord brillamment son contemporain Werner Herzog en 1979 à travers l'excellent Nosferatu: Phantom der Nacht. Après une première œuvre que tout bon cinéphile ou cinéphage compte parmi les chefs-d’œuvre du septième art et un premier remake aux qualités indéniables et littéralement habité par son principal interprète, l'acteur Klaus Kinski, on peut se demander où se situe l'intérêt d'une nouvelle itération en ce premier quart du vingt et unième siècle qui a trop souvent l'habitude de manquer d'inspiration en matière de terreur... Et pourtant, quelle plus rassurante annonce aurions-nous pu attendre que celle d'une toute nouvelle adaptation signée d'un cinéaste se situant assurément tout en haut de la liste des réalisateurs dont on peut avoir une confiance quasi absolue ? Car c'est bien de fiabilité dont on parle au sujet de l'américain Robert Eggers, qui entre 2015 et 2022 a signé trois grands longs-métrages. The Witch, The Lighthouse ainsi que The Northman. Trois œuvres originales rejointes donc en 2024 par une quatrième, s'inscrivant dans une longue, très longue lignée d'adaptations cinématographiques reposant sur l'un des plus célèbres ouvrage de la littérature fantastique mondiale, le Dracula de Bram Stoker..... Et dire que le Nosferatu, eine Symphonie des Grauens de Friedrich Wilhelm Murnau faillit nous passer sous le nez. Car bien qu'ayant pris certaines précautions en renommant son vampire en Comte Orlok (incarné à l'époque par l'acteur allemand Max Schreck) et en ne citant pas le nom de Dracula mais celui de Nosferatu, personnage inspiré par des ouvrages ethnographiques évoquant certaines croyances roumaines d'après l'écrivain britannique, la plupart des copies du tout premier Nosferatu a voir le jour sur grand écran furent détruites après que la veuve de Bram Stoker ait gagné son procès pour plagiat !


L'une des différences fondamentales entre le vampire du romancier et celui du cinéaste allemand reposant sur leur aspect physique respectif. Tandis que Dracula a majoritairement été personnifié par des interprètes physiquement conformes à l'apparence humaine, les deux premiers Nosferatu à voir le jour sur grand écran apparurent sous celle de créatures humanoïdes, certes, mais symbolisant l'apparence d'un rat (ou d'une chauve-souris), allusion à la peste qui ravage le récit dès l'entrée du vampire dans la ville de Wisborg (en lieu est place de Londres dans le roman d'origine). Des mains aux longs doigts griffus, un crâne chauve, de longues incisives et des oreilles en pointes... De cette créature iconique, Robert Eggers se débarrasse de l'apparence pour lui prêter un aspect beaucoup plus ''crédible'' en ce sens où l'on pourrait éventuellement accorder au vampire la capacité de séduire celle qu'il tentera de s'accaparer. On parle bien évidemment d'Ellen, interprétée par Lily-Rose Depp, fille de Vanessa Paradis et de Johnny Depp, jeune femme en proie à différentes crises dont certaines de somnambulisme, victime d'une connexion avec le Comte Orlok qui de son côté est incarné par l'acteur suédois Bill Skarsgård, connu pour avoir notamment joué le rôle de Pennywise dans les différentes adaptations cinématographiques et télévisées du roman Ça de Stephen King entre 2017 et 2025. On pourra (ou pas d'ailleurs) reprocher ce choix esthétique de la part du cinéaste qui trahit donc l'apparence du vampire originel conçu à l'origine par Friedrich Wilhelm Murnau et par le directeur artistique Albin Grau mais pour le reste, son Nosferatu est une expérience de cinéma qui vaut pourtant le détour. Sans trop trahir l’œuvre originale bien que la version de 2024 passe tout logiquement comme celle de 1979 du muet au parlant !


L'on passe ensuite de l’expressionnisme allemand au gothique, dans un ensemble de décors reconstituant un dix-neuvième siècle impressionnant. Des décors de Craig Lathrop, en passant par les costumes de Linda Muir et plus encore la photographie de Jarin Blaschke, fidèle du cinéaste américain puisque les deux hommes collaborèrent ensemble sur les trois précédents longs-métrages de Robert Eggers, Nosferatu est une claque visuelle de tous les instants. Chaque plan ou presque est l'occasion d'admirer la finition du moindre petit détail projeté à l'écran. Une merveille picturale. Une série de tableaux animés s'enfonçant peu à peu dans une noirceur irrémédiable... Dans cette nouvelle version, le réalisateur aborde le personnage d'Ellen de manière beaucoup plus profonde que par le passé. Chargeant la mule de cette curieuse relation, cette connexion entre la jeune femme et cet aristocrate monstrueux qu'elle a involontairement invoqué dans son désir de trouver amour et compagnie au tout début du récit. Fidèle, donc, dans ses grandes largeurs, d'une beauté à couper le souffle et notamment incarné par un Bill Skarsgård à la voix rauque buvant le sang de ses victimes dans un bruit de déglutition absolument terrifiant, Nosferatu tente à démontrer que sans être en pleine possession de son propre script, Robert Eggers est pourtant incapable de marquer par de profonds engagements littéraires, la différence entre les œuvres de 1922, de 1979 et la sienne. Du coup, Nosferatu version 2024 pourra apparaître pour les nostalgiques des anciennes versions, comme une inutile adaptation. Car en dehors de la forme que prend le long-métrage, sans cesse éblouissante et d'une ampleur sensorielle parfois éclatante, le film de Robert Eggers n'est au fond qu'une ''redite''. Une variation sur le même thème. Tantôt passionnante, tantôt... ennuyeuse et redondante....

 

jeudi 5 mars 2026

Retour à Silent Hill de Christophe Gans (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Cinéaste rare mais populaire auprès des amateurs de cinéma d'horreur depuis qu'il réalisa en 2006 l'une des meilleures adaptation de jeu vidéo avec Silent Hill, le réalisateur et scénariste français Christophe Gans était attendu au tournant avec Retour à Silent Hill en 2026. Après un second volet intitulé Silent Hill : Révélation, méprisé par la plupart des critiques et par une très large partie des spectateurs mais qui fort heureusement ne fut pas signé par le cinéaste hexagonal mais par la britannique MJ Bassett qui avant son coming-out transgenre voilà dix ans se faisait appeler Michael J. Bassett, Christophe Gans a repris les rênes de la franchise pour nous offrir un ''Retour'' très attendu. Pile vingt années après le premier long-métrage, Retour à Silent Hill sonne comme la célébration d'un mythe de l'univers vidéoludique, concurrent direct de la série Resident Evil et auquel le français offrit ses plus belles lettres de noblesse sur grand écran. Pourtant, entre 2006 et 2026, bien des choses ont changé. Les attentes du public étant à équidistance de ses exigences, le film n'a cette fois-ci malheureusement pas eu l'honneur de connaître le même succès. Basé cette fois-ci non plus sur le premier jeu de la série vidéoludique de type survival-horror créée en 1999 par la société de développement de jeux vidéos japonaise Konami mais sur le second sobrement intitulé Silent Hill 2, Retour à Silent Hill contient un certain nombres d'idées qui sont propres au script de Christophe Gans, Sandra Vo-Anh et Will Schneider. Cela n'est peut-être pas évident au premier abord même si certains éléments déployés sur le tard viennent confirmer l'hypothèse, mais réalisateur et scénaristes se sont employés à revendiquer une certaine forme d'exploration mentale du personnage de James Sunderland incarné à l'écran par l'acteur Jeremy Irvine tandis que dans le jeu vidéo, ce personnage, central, était tout d'abord attiré à Silent Hill par l'entremise d'une mystérieuse lettre. Probablement que les auteurs ont choisi cette version altérée du récit afin de ne pas perdre en route ceux qui ne connaissent pas l'univers du jeu vidéo. Un choix qui pourra être peu ou prou considéré comme une trahison pour certains mais qui pour d'autres sera vu comme une relecture beaucoup plus limpide du récit originel. Autre détail de très grande importance, les personnages de Mary, Maria, Angela et Laura que l'on retrouve de nouveau...


Là encore, Christophe Gans et ses deux scénaristes font une entorse à l'histoire du jeu. Mais laissons la discrétion à celles et ceux qui voudraient découvrir par eux-mêmes ce qu'il en est... Ce qui par contre change ici drastiquement est l'intervention d'un culte religieux et sectaire qui était absent de Silent Hill 2. Ensuite, et contrairement au principe qui veut qu'un joueur se fasse sa propre idée de l'univers vidéoludique qu'il tient entre ses mains, le scénario de Retour à Silent Hill demeure très clair sur ses intentions et ne laisse plus vraiment de portes de sortie en cloisonnant le récit à travers une issue qui ne laisse aucunement la place à l’ambiguïté... En dehors de ces quelques libertés qui figurent objectivement des prises de risque, qu'est-ce qui donc a pu pousser certains critiques, heureusement non majoritaires, à vomir tant de bile à l'encontre du dernier long-métrage de Christophe Gans ? L'on est encore à se poser la question tant le film vaut bien mieux que la charge négative qu'il dû subir à sa sortie. Sans doute, il est vrai, Retour à Silent Hill s'avère en deçà de la première adaptation de l'univers du jeu vidéo. Probablement que certaines séquences dont le ridicule n'a d'égal que leur invraisemblance gâchent une partie de l'expérience (James tentant ainsi d'échapper à la Spider Lady, créature androgyne et humanoïde apparentée à une araignée ou au fameux Pyramid Head tout en ne pensant jamais, ô grand jamais à éteindre sa lampe-torche histoire de se faire discret!). Peut-être ces incessantes ruptures scénaristiques et de ton projetant notre héros dans le mi-joyeux, mi-douloureux passé qu'il partagea avec sa compagne Mary Crane (Hannah Emily Anderson) ont-elles gêné certains spectateurs ? Retour à Silent Hill n'en est pas moins une réussite. Sombre, occulte, dantesque, emplie comme toujours d'une solitude qui arrache cœur et esprit. Cette nouvelle itération a en fait surtout le ''tort'' d'arriver en troisième position. S'alignant ainsi sur un univers que l'on connaît désormais par cœur. Aucune surprise ou presque donc. Le retentissement de la sirène ou ces mutations glauquissimes d'environnements déjà pas très ragaillardissant ne faisant malheureusement plus peur à grand monde. Reste alors l'immersion, totale, dans un univers cauchemardesque ampli de créatures tout aussi effroyables mais malheureusement, très mal exploitées. À l'image du Pyramid Head justement...

 

mercredi 4 mars 2026

Send Help de Sam Raimi (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après être passé par la case Blockbusters par quatre fois avec sa trilogie Spider-Man entre 2002 et 2007 et avec Doctor Strange in the Multiverse of Madness en 2022, le réalisateur, scénariste et producteur américain Sam Raimi est revenu cette année avec un long-métrage beaucoup plus modeste mais pas forcément plus sobre. En effet, l'auteur de la cultissime saga de films gores Evil Dead et de son itération télévisuelle Ash vs Evil Dead revient en 2026 avec un ''petit'' film qui a tout du ''grand'' dans les domaines qu'il explore. Cette folie propre au cinéaste qu'il eu notamment l'occasion de mettre en scène dans le génial Crimewave écrit aux côtés des frères Ethan et Joel Coen en 1985... Depuis son Drag Me to Hell en 2009 et avant son précédent Doctor Strange in the Multiverse of Madness, Sam Raimi n'a tourné que quelques courts-métrages, mais ça y est, cette fois-ci le voilà réapparaissant avec ce qui est la promesse d'un retour aux sources. Send Help n'est pourtant pas le film gore auquel l'on pouvait s'attendre. Et ce, même si effectivement, un ou deux plans s'avèrent plutôt gratinés en la matière. Une première séquence durant laquelle l'héroïne incarnée par Rachel McAdams chasse le sanglier sur une île déserte où elle s'est échouée à la suite d'un crash d'avion avec son patron interprété quant à lui par Dylan O'Brien. Et une seconde, qui s'inscrit dans un gore de type ''émétophile'' assez... gerbant, justement ! Pour le reste, Send Help peut être vu comme l'émulsion parfaite entre le film d'aventures survivaliste, la comédie, le film d'horreur et la critique sociale... Empruntant ainsi leur concept à des émissions de type Koh Lanta ou à des longs-métrages mettant en scène un ou plusieurs individus échoués sur une île déserte. Mais ici, pourtant, rien d'aussi rageusement familiale que le très sympathique Seul au monde de Robert Zemeckis. L'auteur de Send Help en profite pour régler les comptes de ses deux principaux protagonistes que sont Linda Liddle et son patron Bradley Preston. Opposition entre une ambitieuse employée de bureau dont l'hygiène, semble-t-il, laisse à désirer et à laquelle l'ancien patron de l'entreprise qui l'emploie avait promis un poste de sous-directrice avant qu'il ne décède. Mais à la mort de celui-ci, son propre fils a repris les rênes de la boite et a offert le poste en question à l'un des concurrents de la jeune femme. Relativisant la situation mais choisissant malgré tout d'en parler avec son nouveau boss, Linda se voit offrir l'occasion de prouver sa valeur lors d'un voyage d'affaire à Bangkok...


Mais alors qu'elle, Bradley et plusieurs employés sont à bord d'un avion, ce dernier s'écrase en pleine mer. À son réveil sur une plage de sable fin, Linda constate qu'elle et son patron sont les seuls survivants de la tragédie. Bradley étant gravement blessé, la jeune femme va user de ses connaissances en survivalisme pour subsister à la surface de cette île recelant maints dangers... Avec Send Help, Sam Raimi nous offre un voyage exotique sur une île perdue au milieu des océans. Un décor superbe qui va servir de cadre de règlement de comptes entre une employée certes ''arriviste'' mais ô combien sympathique interprétée de manière très enjouée par l'actrice Rachel McAdams. Cabotinant sans cesse mais révélant des ressources inépuisables, Linda profite de cette occasion pour montrer à Bradley ses capacités. Celles-là mêmes qui pourraient potentiellement lui servir à décrocher le poste qu'elle briguait avant la tragédie. Face à elle, un Dylan O'Brien/Bradley Preston bien dans son rôle de patron de grande entreprise, arrogant, autoritaire, mais qui très rapidement va devoir composer avec les talents de son employée s'il veut pouvoir survivre aux multiples dangers que le duo rencontrera sur la surface de l'île (nature sauvage, animaux dangereux, climat capricieux). Sur un script des plus simples, Sam Raimi et les scénaristes Damian Shannon et Mark Swift composent une œuvre socialement chargée, entre despotisme, patriarcat, ambition professionnelle, toxicité patron/employée, capitalisme, survivalisme et manipulation. Car aussi limpide que puisse apparaître le récit, Sam Raimi se joue de la forme apparemment simpliste de l'histoire pour nous convier à quelques twists plutôt bien fichus dont l'un d'entre eux au moins n'aurait sans doute pas laissé indifférent un auteur tel que M. Night Shyamalan. À contrario, pour celles et ceux qui espéraient un déluge de sang, il faudra repasser. Mais Send Help est tellement jouissif et le duo fonctionne tellement bien que l'absence régulière d'hémoglobine n'est en réalité pas un problème. Bref, c'est l'éclate totale...

 

mardi 3 mars 2026

La tournée de Florian Hessique (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Tandis que pour son sixième long-métrage le réalisateur et scénariste Richard Favard prend contact avec l'agent artistique Grégory Laurent (Richard Berry) afin de trouver l'un des interprètes principaux de son nouveau film intitulé Dialogue avec mon voisin, sachant que l'ancienne gloire du cinéma français Marius De Villeduc (Patrick Chesn ais) rencontre des soucis financier, son agent propose au cinéaste d'engager ce dernier sur le tournage. Bien que relativement exigeant, l'acteur accepte finalement d'interpréter le rôle prévu contre un salaire de soixante-mille euros. Une somme dont il ne touchera l'intégralité qu'à condition qu'il accepte de partir en tournée d'avant-premières dans toute la France. Principalement incarné par Patrick Chesnais, donc, mais aussi par une génération d'acteurs qui n'ont plus grand chose à prouver, La tournée réunit également de jeunes interprètes parmi lesquels nous retrouvons principalement Florian Hessique, réalisateur, scénariste et acteurs qui avec ce cinquième long-métrage se penche sur son propre vécu. En effet, le script du film repose sur son expérience des tournées promotionnelles en incarnant à travers le personnage de Richard Favard son propre avatar. Comédie en forme de road-movie parcourant la province française, La tournée est une mise en abîme du septième art dans laquelle le réalisateur exploite ses connaissances du milieu avec tout ce que cela peut comporter de joie, de bonheur mais aussi de situation nettement plus alambiquées. Florian Hessique incarne l'un des personnages centraux. Acteur-réalisateur, il est dépassé par les événements, par un certain nombre d'imprévus mais prend les choses avec une certaine philosophie. Contrairement au personnage interprété par Patrick Chesnais, dont la longue carrière d'acteur souffre relativement mal des problèmes que l'équipe va rencontrer lors de la tournée. Mais les deux hommes vont pouvoir compter sur le soutien de trois autres membres de l'équipe qui tout comme eux vont prendre les routes de France, à la rencontre de personnages parfois pittoresques. L'on est là face à une comédie qui se rapproche sensiblement du ton des Grands ducs que réalisa Patrice Leconte il y a une trentaine d'années...


Retour sur le devant de la scène d'une vieille star de cinéma dont les nouvelles ''figures'' se souviennent à peine, choc des générations, problèmes techniques et logistiques, bref, les deux heures qui se profilent sont la promesse éventuelle d'une aventure drôle et riche en situations ''folkloriques''. Afin d'accompagner les deux acteurs vedettes, ceux du long-métrage lui-même ainsi que ceux de cette mise en abîme, Florian Hessique convie dans des rôles au moins aussi important que le sien ainsi que celui de Patrick Chesnais, l'acteur Roland Marchisio ainsi que les interprètes féminines Hélène Bizot et Aurore Planas. Quid de ce qui touche réellement au vécu du réalisateur et ce qui tient uniquement de la fantaisie. Car entre des situations que l'on peut objectivement prêter à l'expérience personnelle de Florian Hessique et celles, totalement farfelues, qui mettent en lumière les personnages interprétés au hasard par Thierry Lhermitte, Martin Lamotte ou encore Vincent Desagnat, La tournée est une comédie légère, plutôt rythmée, lumineuse, mais qui malheureusement ne semble pas avoir rencontré son public, ou si peu, et encore moins les critiques qui l'ont généralement assassiné ! Généralement attachants, certains des personnages ajoutent un intérêt certain à cette tournée qui commence tout d'abord assez mal avant que l'engouement du public pour le film de Richard Favard ne s'affiche très clairement. Entre Hélène Bizot qui incarne une Colette ''maternelle'' vrillant parfois en matrone ''S-M'' sous l'effet (ou non) de l'alcool, Roland Marchisio dans la peau de Lucien, un ancien combattant du Kosovo devenu chauffeur de minibus, un ''couteau-suisse'' extrêmement prévenant vis à vis des acteurs du film et puis la très solaire Aurore Planas qui dans le rôle de Fanny Aguilar apporte fraîcheur et spontanéité, le film vaut en réalité bien mieux que la volée de bois vert qu'il s'est pris lors de sa sortie en salle le 18 juin 2025. On ne parle évidemment pas là d'un petit chef-d’œuvre de la comédie française mais d'un petit film fort sympathique et dont la longueur n'est absolument pas rédhibitoire...

 

lundi 2 mars 2026

Les Bodin's partent en vrille de Frédéric Forestier (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Sur grand écran, à la télévision et sur scène, Les Bodin's sont partout. Créé en 1994 par Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet, le duo fut pourtant tout d'abord un spectacle solo écrit et interprété par le premier. Intitulé Les aventures Solexines de Maria Bodin, c'est donc en 1989 qu’apparaît pour la toute première fois cette vieille dame un brin despotique de quatre-vingt sept ans qui sera rejointe cinq ans plus tard par son fils Christian. De trente-sept ans son cadet, pas très finaud et surtout relativement naïf, il rejoint donc sa mère Marie dans toute une série de spectacles joués sur scène jusqu'à leur première apparition hors planches, au cinéma, dans Mariage chez les Bodin's d'Éric Le Roch en 2008. Suivi deux ans plus tard par Amélie au pays des Bodin's, toujours réalisé par Éric Le Roch, la série de longs-métrages sera complétée par le réalisateur Frédéric Forestier par deux fois lui aussi avec le très réussi Les Bodin's en Thaïlande en 2021 et Les Bodin's partent en vrille l'année dernière... Côté fiction télévisuelle, le duo est apparu dans pas moins de huit téléfilms. Sans compter leur participation à divers événements, tel le jeu télévisé Fort Boyard auquel ils ont participé à quatre reprises en 2018. Bien qu'ayant reçu des critiques plutôt mitigées, Les Bodin's en Thaïlande demeure parmi les meilleures fictions ayant mises en scène Maria Bodin et son fils Christian. Une œuvre plutôt drôle, mouvementée, dépaysante et même parfois très émouvante, oui, oui ! En reprenant le concept de voyage à l'étranger, Frédéric Forestier semble avoir à cœur de reproduire quatre ans plus tard le même type de spectacle avec, toujours dans les rôles principaux, les inénarrables Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet. L'un et l'autre arborant toujours leur improbable dentition, Marie demeurant toujours cachée derrière un foulard et des lunettes rondes tandis que Christian arbore encore une fois une subtile couperose, témoignant que chez les Bodin's, boire de l'alcool est un sacerdoce. Dans leurs nouvelles aventures écrites par le duo ainsi que par le réalisateur, Maria et Christian découvrent que le Président Directeur Général de l'entreprise Mondialacta Albert de Beauharnais (interprété par l'acteur Michel Bompoil) a fomenté aux côtés du maire de Pouziou (Michel Vivier) un projet de construction d'une usine de production de fromage de chèvre tout près de leur ferme...


Tandis que les habitants espèrent que l'implantation de cette nouvelle usine permettra à leur petit village de rester en vie, Marie se révolte contre cette situation nouvelle et le fait clairement savoir au maire ainsi qu'au PDG de l'entreprise ! Mais alors qu'ils se retrouvent tous au Salon de l'Agriculture où le bouc des Bodin's va remporter une médaille d'or, Maria convie Albert de Beauharnais et l'un des cadres de Mondialacta (Guillaume Clérice dans le rôle de Guy Laval) à boire en sa compagnie. Lors du Salon, elle et son fils retrouvent en outre un ancien habitant de Pouziou, Khalid (Kamel Abdelli), qui depuis s'est réinstallé dans son pays d'origine, le Maroc, avec sa fille Leila (Hajar Abourachid). Mais tandis que Maria, Christian, le PDG et son bras droit se sont enivrés plus que de raison, à leur réveil, ils constatent avec désarroi que Khalid les a fait traverser la Méditerranée pour atterrir au Maroc ! Surtout, Marie va rapidement découvrir qu'elle détient grâce à son fils Christian une vidéo compromettante d'Albert de Beauharnais datant de la veille et tournée au beau milieu de la soirée alors qu'ils étaient tout ivres... Le message de Frédéric Forestier, Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet est ici très clair. Car au delà des pitreries habituelles amorcées dès l'ouverture du long-métrage par Marie et Christian, Les Bodin's partent en vrille est pour le duo ainsi que le pour le réalisateur l'occasion de dénoncer la désertification des campagnes. Le film situe ainsi son action à Pouziou-les-trois-Galoches, petit village fictif reconstitué au cœur des ruelles de Preuilly-sur-Claise en Touraine. Comme en témoigne d'ailleurs le nombre réduit d'habitants, passant de cinq-mille durant sa plus florissante période, à quelques centaines d'âmes aujourd'hui... Le film est également l'occasion de traiter de l'arrivée d'une concurrence féroce entre l'industrialisation des productions fermières face à l'artisanat dont Maria et Christian semblent être désormais les seuls à se préoccuper. Reste que l'on ne change pas une équipe qui gagne et que tout comme Les Bodin's en Thaïlande, les gags et les bons mots s'enchaînent sans réel temps morts même si d'un point de vue qualitatif Les Bodin's partent en vrille se situe un cran en dessous de son prédécesseur...

dimanche 1 mars 2026

Gourou de Yann Gozlan (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Gourou de Yann Gozlan est la troisième occasion pour le cinéaste français de rencontrer l'acteur Pierre Niney. Un interprète très en vogue qui pourtant ne fait pas l'unanimité. Mais qui d'ailleurs en bénéficie réellement, de cette approbation généralisée parmi les acteurs, chanteurs et autres artistes dont on découvre à chaque instant le degré de talent sur grand écran, à la télévision ou sur scène, en concert ou au théâtre ? Pas grand monde à vrai dire, et même, aucun d'entre eux pour être tout à fait franc.Un mot de travers à l'encontre de notre beau pays et certains d'entre nous renverraient des crétins de haute volées dans un pays qui ne souffrirait pas du racisme qu'ils évoquent à longueur de temps. Mais Pierre Niney, lui, qu'a-t-il bien pu faire ou dire pour qu'une partie du peuple français le range du côté des ''personæ non gratæ'' ? Avoir osé prendre son téléphone en pleine finale du tournoi de Roland-Garros de 2025 ? Avoir récemment dénigré l'une de ses anciennes profs de français en la citant ouvertement dans une courte vidéo ? Peut-être, mais Pierre Niney n'en est pas moins l'une des valeurs sûres de ces quinze dernières années qui comme le titre du dernier long-métrage de Yann Gozlan semble agir comme un ''gourou'' sur le cinéma français en ''choppant'' des rôles qui lui vont comme un gant et qui prouvent surtout que l'acteur est relativement exigeant en terme de choix de personnages. Onze ans après Un homme idéal et cinq après Boîte noire, les deux hommes se retrouvent donc à tourner de nouveau ensemble sur un sujet dont Pierre Niney est à l'origine. Retravaillé par le cinéaste ainsi que par le scénariste Jean-Baptiste Delafon, le script de Gourou se penche sur le cas de Mathieu Vasseur. Un célèbre coach qui lors de séminaires de très grande ampleur a fait le choix d'aider son prochain. Mais alors qu'une loi visant à réglementer ce type d'activité risque de tout remettre en question, Mathieu va peu à peu perdre le contrôle. Mettant ainsi en péril son ambition d'accéder à un ''pouvoir'' détenu jusqu'à maintenant par le ''Coatch Star'', l'américain Peter Conrad (incarné à l'image par l'acteur Holt McCallany)...




Pierre Niney s'offre ainsi le beau rôle, celui d'un homme fascinant, très sûr de lui et visiblement humaniste même si Yann Gozlan préfère très rapidement ouvrir la porte au champ des possibles à travers l’ambiguïté qu'apporte en général et de manière inconditionnelle ce genre d'individu. Une ambiguïté qui s'installe très rapidement au sein de l'univers maîtrisé de cet homme populaire auprès de ses adeptes et des réseaux. Un outil dont se sert d'ailleurs Yann Gozlan, évaluant ainsi la force corrosive et l'impact qu'il peut susciter sur l'opinion ou sur celui qui est directement visé. Parfois plus ou moins drôle puisque renvoyant à des pratiques personnelles chez certains individus (Mathieu étant invité dans l'émission de Cyril Hanouna), le film et son héros sont accompagnés d'une pléthore d'interprètes plus ou moins secondaires. Pierre Niney peut ainsi compter sur le soutien de Marion Barbeau qui incarne la séduisante compagne du héros, Adèle, d'Anthony Bajon, acteur à la carrière prometteuse comme le démontrent ses derniers choix cinématographiques et qui incarne ici le rôle de Julien, jeune homme ''sauvé'' par Mathieu lors d'un séminaire, ou encore de Christophe Montenez dans le rôle de Christophe, le frère du ''Gourou''... Derrière ce terme se cache pourtant une réalité. L'emprise d'un individu sur une masse de taille plus ou moins importante. Basé sur une idée de Pierre Niney, acteur donc, le concept peut bien évidemment renvoyer au-delà du statut de simple coach pour ainsi faire référence à certaines stars de cinéma dont l'acteur-vedette du long-métrage peut s'enorgueillir de détenir le titre... Entre manipulation, ambition, paranoïa, critique sociale et politique, Gourou est surtout un formidable thriller ambiancé par le subtil jeu des interprètes, l'adroite mise en scène de Yann Gozlan, la photographie parfois toute en noirceur d'Antoine Sanier ou la bande musicale de Chloé Thévenin. Dépassant de peu les cent-vingt minutes, Gourou prouve à nouveau le talent de Pierre Niney. Sa maîtrise brille ici de mille feux malgré un personnage qui possède autant d'atouts pour charmer que de perversion pour se faire haïr. Finalement, l'on peut observer Mathieu Vasseur comme étant le double de fiction de l'acteur français...

 

samedi 28 février 2026

The Machinist de Brad Anderson (2003)



Trevor Reznik travaille dans une usine lorsqu'il provoque par erreur d'inattention un accident qui cause la perte d'un bras à l'un de ses collègues de travail. Trevor va mal, très ml en ce moment. Il a perdu énormément de poids et d'étranges événements émaillent son existence. Heureusement, il peut compter sur le soutient de la serveuse Marie et de la prostituée Stevie, à laquelle il fait une incroyable révélation: Trevor Reznik n'a pas dormi depuis un an...

Tourné en Espagne, le film de Brad Anderson possède des qualités indéniables. D'abord un scénario en béton signé Scott Kozar, véritable labyrinthe scénaristique qui a du donner du fil à retordre à Luis De La Madrid pour le montage final du film. L'histoire aurait pu donner une œuvre inaccessible, hermétique et qui aurait pu avoir comme conséquence, le rejet des spectateurs. Mais 'il n'en n'est rien... 

Ensuite, l'image, sublime, donne un coté sombre et presque désespéré tout en gardant une impression de rêve éveillé que seules quelques teintes criardes, comme le véhicule de ce fameux personnage énigmatique campé par l'excellent John Sharian, viennent "déranger" dans l'unicité des couleurs. La musique, elle, n'est pas en reste. Quelques notes jetées de ci de là qui font pour beaucoup dans l'ambiance générale du film et qui sont l’œuvre de Roque Banos. Mais c'est surtout Christian Bale qui impressionne dans le rôle titre. Celui de Trevor Reznik. A l'image Robert De Niro dans Raging Bull qui avait du prendre un poids conséquent pour jouer le rôle d'un boxeur, Christian Bale, lui, au contraire a fondu comme neige au soleil et a perdu 28 kilos pour interpréter le rôle de de Trevor Reznik. Dans le film, il n'est plus que l'ombre de lui-même et interprète son rôle de façon prodigieuse. Des qualités, le film en regorge du début jusqu'à la fin et l'on reste pantois d'admiration devant un tel exploit.

Certains plans du film, et même beaucoup rappellent un peu la manière dont David Lynch opère dans son approche de la réalisation, le plus surprenant étant que The Machinist n'est que la seconde œuvre cinématographique de Brad Anderson, ce qui tente à prouver que l'expérience n'est pas tout mais qu'il faut avoir aussi au départ un sacré sens de la mise en scène. Là ou très souvent Lynch nous perd dans de savantes, mais très complexes situations, nous donnant à réfléchir longuement, sans jamais nous donner les clés, ou alors très peu, allant même jusqu'à laisser le spectateur dans l'expectative quand arrive le générique de fin, Anderson lui, parvient en l'espace d'un instant à nous faire comprendre ce qui pendant une heure trente nous a plongé dans un brouillard épais. Chaque scène, chaque moment clé du film devient alors limpide et les pièces du puzzle s'imbriquent entre elles, nous apportant la réponse à toutes ces questions que nous nous sommes posées durant le film et qui nous livrent avec un calme apparent l'effroyable vérité. 

Car quoi que l'on dise, force est de reconnaître que l'on s'en pose des questions. Et pas qu'un peu. D'abord, pourquoi le héros ne dort-il plus depuis un an ? Est-il la victime d'un complot qui voudrait le pousser à l'auto-destruction? Devient-il simplement fou à force d'événements terrifiants s'accumulant autour de lui? Et qui est cet homme étrange que personne dans son entourage ne semble connaître ni ne parait même avoir jamais vu? Et que dire de tous ces petits événements qui se produisent dans son appartement? Comme s'il était épié, peut-être même le cobaye d'une expérience abominable menée à des fins tragiques. Toutes les réponses, vous les trouverez dans une conclusion remarquable et terrifiante de simplicité.

The machinist est un expérience hors du commun à coté de laquelle il serait regrettable de passer.Une œuvre subtile, envoutante, remarquablement mise en scène et interprétée...


vendredi 27 février 2026

C'était mieux demain de Vinciane Millereau (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Voyage dans le temps, boucles et paradoxes temporels ont pris une place importante dans la science-fiction actuelle. Presque autant que les dystopies et autres catastrophismes préfigurant ce que deviendra peut-être l'humanité dans quelques dizaines d'années. Mais alors que certains auteurs nous offrent une vision de l'avenir plus effrayante que véritablement attrayante, imaginer pouvoir voyager dans le passé ou dans le futur est un concept qui demeure encore difficile à concevoir en tant que science parfaitement maîtrisée par celles et ceux qui y travaillent et y croient dur comme fer ! Ce qui n'empêche pas écrivains, scénaristes et réalisateurs de mettre parfois toutes leurs billes dans un projet qui reste bien entendu de l'ordre de la fiction mais qui, espérons-le, deviendra un jour réalité... En attendant, et à défaut de pouvoir aller tutoyer leurs plus anciens ancêtres ou découvrir ce qui attend l'humanité dans un siècle ou deux, les amateurs de science-fiction peuvent se reposer sur le travail d'artistes qui s'emploient à les faire rêver. Les tentatives hexagonales étant dans ce registre là, relativement rares, on ne boudera pas le premier long-métrage de l'actrice, réalisatrice et scénariste française Vinciane Millereau qui avant C'était mieux demain n'a signé qu'un court-métrage intitulé Barbie Girls en 2009. Consacrant le plus clair de son temps à l'interprétation de rôles au cinéma et à la télévision, Vinciane Millereau adapte son propre scénario. Celui qu'elle a écrit aux côtés de Julien Lambroschini. Et pourtant, ceux qui connaissent Nuestro Tiempos du cinéaste mexicain Chava Cartas ont sans doute pensé durant un court instant que C'était mieux demain avait de fortes chances d'être l'adaptation du script qu'écrivirent Juan Carlos Garzón et Angélica Gudiño peu de temps auparavant. Plus étonnant encore, alors que Nuestro Tiempos a vu le jour sur Netflix le 11 juin 2025, son ''concurrent'' français est sorti en salle quatre mois plus tard seulement. À croire que.... non... hein... On ne va pas parler de plagiat mais plutôt d'un curieux hasard... Bref, C'était mieux demain met en scène Elza Zylberstein et Didier Bourdon dans les rôles de Hélène et Michel Dupuis. Un couple de quinqua/sexagénaires de la fin des années cinquante, parents de deux enfants dont Jeanne (Mathilde Le Borgne) qui attend un enfant ! Dans un monde dominé par le patriarcat, Michel est seul à travailler tandis que Hélène s'occupe des nombreuses tâches ménagères. Vivant sur le seul salaire de son mari, elle est contrainte de vivre avec son temps...


Comme de laver le linge à la main... jusqu'au jour où elle gagne une machine à laver. Lorsque Michel découvre dans la cave familiale l'appareil que vient d'acquérir son épouse, plutôt que d'adouber l'idée que l'arrivée dans leur foyer d'une machine lavant le linge à sa place lui permettra de réduire sa charge de travail, celui-ci décide de la revendre à bon prix. Un désaccord éclate alors au sein du couple et tandis qu'ils se disputent autour de la nouvelle machine à laver, Hélène et Michel s'électrocutent au contact de l'eau et de l'électricité. Toujours en vie, ils découvrent à leur réveil que bien des choses ont changé autour d'eux. Et pour cause : les voici désormais projetés dans le futur, en 2025. Michel découvre qu'il est désormais homme d’intérieur tandis que Hélène est devenue la responsable du service dont était chargé l'ancien directeur de son mari ! Si le voyage dans le temps se déroule ici de manière relativement absurde, ce qui apparaît tout aussi étonnant se situe au niveau des personnages. Car plutôt que de se retrouver face à deux enfants qui théoriquement devraient avoir vieilli d'une soixantaine d'années au minimum et à des voisins qui ne sont plus les mêmes puisque probablement morts depuis des années, voilà que les personnages, et donc ainsi que les interprètes présents au tout début du récit situant son action dans les années 50 sont exactement les mêmes près de six décennies plus tard. Comme si le temps n'avait eu de prise sur personne. Comme si l'ensemble des protagonistes, plutôt que de vieillir normalement avaient été projetés eux-mêmes dans un futur parallèle dont ils n'auraient pas conscience en dehors du couple formé par Hélène et Michel ! Passée cette originalité qui distingue C'était mieux demain de la plupart des œuvres soutenant la thèse du voyage dans le temps, la comédie de Vinciane Millereau est beaucoup moins lourde que nous pouvions le craindre. Et ce, malgré une approche humoristique du sujet. Confrontant ainsi ce couple à un futur où les technologies et les mœurs ont évolué dans des proportions qu'ils étaient loin d'imaginer. Surtout, le film est également l'occasion de confronter les personnages au racisme ordinaire, au patriarcat et donc à la place des femmes dans la société ayant cours au siècle dernier face à cette évolution qu'aura du mal à digérer Michel... Sympa !

 

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