Nous avons, en France, en
terme de comédie franchouillarde, le très précieux Le Führer
en folie de
Philippe Clair. Et quel que soit ses qualités qui, soyons honnêtes
sont extrêmement limitées, nous ne sommes pas prêts de renier cet
OVNI qui même au sein d'une très foisonnante catégorie demeure
l'un des points d'orgue du nanar à la française ! Et bien,
chez l'Oncle Tom, ils ont The Black Gestapo.
Pas tout à fait le même genre de film mais pourtant, une œuvre qui
profite allégrement d'une période sombre de notre histoire pour
orner ses différentes affiches d'un titre on ne peut plus
racoleur... Pourtant, lorsque l'on parle racolage, certains
spécialistes sont capables de pire encore. Et le pire, ici, n'est
pas tant ce titre très explicite mais bien celui que certains
distributeurs hexagonaux s'amusèrent à coller au long-métrage de
Lee Frost, cet éminent pourvoyeur d'érotisme léger, de
Blaxploitation
et même d'un inénarrable et cultissime The
Thing with Two Heads
(La
chose à deux têtes)
en 1972 dans lequel la tête d'un chirurgien blanc négrophobe était
greffée à côté de celle d'un homme de couleur ! Dans notre si
beau pays,
The Black Gestapo
vit donc le jour sous le titre encore plus explicite de Black
Nazi !!!
Édité chez Ciné
Budget
dont la vidéothèque ne fut apparemment constituée que d'un peu
moins de trente longs-métrages, le film ne fait pourtant référence
aux partisans du Parti national-socialiste des travailleurs allemands
ou à la police politique de l'Allemagne nazie qu'à travers les
uniformes que certains officiers d'une petite ''armée'' de soldats
afro-américains porteront sur le dos une fois bien établi ce groupe
chargé de combattre le mal qui s'est emparé des quartiers pauvres
où vit la communauté afro-américaine... A la tête d'une
organisation qui pour l'instant s'avère pacifique, l'on trouve le
Général Ahmed (Rod Perry). Trop mou et donc pas assez entreprenant
aux yeux de son principal collaborateur le Colonel Kojah (Charles
Robinson), ce dernier demande à son supérieur l'autorisation
d'entraîner six hommes afin de partir à la chasse des criminels
blancs qui s'en prennent aux habitants de la ville. Blancs, oui, car
comme très souvent dans ce genre de films qui dans les années
soixante-dix appartenaient à la catégorie Blaxploitation,
The
Black Gestapo
fait tout d'abord porter le chapeau de la criminalité et donc de la
corruption à l'homme blanc...
Le
noir passant ainsi pour le gentil de l'histoire. Pourtant, Lee Frost
n'est pas homme à se laisser aller à la démagogie puisque tout
comme dans The
Thing with Two Heads où
Jack Moss (l'acteur Rosey Grier) demeurait un criminel condamné à
mort, le pouvoir mis entre les mains du Colonel Kojah va très
rapidement lui monter à la tête. Après avoir filmé le nettoyage
de la ville d'authentiques crapules dont un certain Vito (Phil
Hoover) en principal homme de main de Vincent joué par Lee Frost, le
réalisateur a cependant ici l'honnêteté de reconnaître que la
''crapulerie'' n'est pas le signe distinctif exclusif de l'homme
blanc puisque très vite, Le Colonel et ses hommes vont carrément
prendre la place de ceux qu'il traquèrent afin de récolter l'argent
que les commerçants et autres prostituées concédaient à la mafia
locale. Une mafia qui a donc changé de couleur. The
Black Gestapo
mêle Vigilante,
action et thriller pour un résultat en réalité plutôt médiocre.
Une œuvre qui éveille la conscience d'un homme qui vouait jusque là
sa vie au bien de sa communauté mais qui devant la trahison et la
corruption d'une partie de ses hommes est désormais décidé à
prendre les armes pour rétablir l'ordre. The
Black Gestapo
vaut surtout chez nous pour son doublage en français,
authentiquement nanardesque, où les insultes pleuvent, telles ''Sale
nègre'', ''Enculé'', ''Fils de pute'' et autres joyeusetés. De
jolies actrices de couleurs confondues qui ne rechignent jamais à
ôter le haut pour livrer aux lubriques spectateurs de très
appétissantes poitrines pour ceux qui apprécient les ''modèles''
de tailles raisonnables (on n'est pas ici chez le macromastophile
Russ Meyer). Plutôt redondant, plus ou moins bien interprété selon
l'acteur ou l'actrice, le contenu de The
Black Gestapo
n'est
pas aussi impertinent que voudrait le laisser croire le titre. Et si
même Le Colonel Kojah et ses hommes arborent les uniformes associés
à la SS, à aucun moment le film n'évoque les nazis ou la Gestapo.
Bref, ça se regarde, surtout pour les amateurs de Blaxploitation
qui voudraient parfaire leur éducation en la matière. Pour les
autres, le long-métrage de Lee Frost apparaît comme une œuvre
mineure dans cette catégorie et celle des Vigilante...
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