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vendredi 4 juillet 2025

M3GAN 2.0 de Gerard Johnstone (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après un premier volet plutôt efficace réalisé en 2022 par Gerard Johnstone et s'inscrivant dans les genres science-fiction et horreur, le réalisateur et scénariste américain revient trois ans plus tard avec la suite des aventures de la roboticienne Gemma Forrester (Allison Williams), de sa nièce Cady James (Violet McGraw) et de la fameuse poupée autonome dotée d'une intelligence artificielle. À l'époque, cette dernière était un prototype sur lequel la tante de la jeune fille travaillait et qui décidait de la tester sur sa nièce. Très ''proche'' de Cady, M3GAN (pour Modèle 3 Génératif Androïde) fit le vide autour de la gamine en la surprotégeant et en tuant tous ceux qui lui paraissaient mettre en péril son existence. Alors qu'à l'issue du long-métrage Cady plantait un tournevis dans la puce centrale de la poupée et mettait semble-t-il un terme définitif à ses agissements, voilà qu'en 2025 M3GAN refait surface alors qu'un nouveau modèle prénommé AMELIA (pour Autonomous Military Engagement Logistics and Infiltration Android) a été créé à des fins militaires. Tandis que Gemma a connut la célébrité après avoir écrit un ouvrage consacré à la régulation de l'intelligence artificielle, l'ordinateur renfermant toutes les données technologiques de M3GAN enregistrées sur son ordinateurs ont été piratées afin de créer un tout nouveau modèle. Malheureusement, AMELIA parvient à devenir autonome et à réfléchir par elle-même. Dès lors, le nouveau modèle décide d'éliminer les responsables de sa fabrication et de mettre la main sur une carte-mère renfermant une intelligence artificielle primitive, malveillante et évolutive enfermée dans les locaux d'une ancienne entreprise de fabrication de photocopieuses transformée en véritable bunker depuis les années quatre-vingt. Gemma, Cady, mais aussi Tessa (Jen Van Epps) et Cole (Brian Jordan Alvarez) vont tout mettre en œuvre pour qu'AMELIA n'accède pas à la carte-mère. Car à défaut de réussir à l'empêcher d'assouvir ses sombres desseins, c'est l'existence de l'humanité toute entière qui pourrait être mise en jeu... Pour cette suite, Gerard Johnstone débarrasse donc la franchise de l'aspect horrifique qui enrobait en partie M3GAN voilà trois ans en arrière. Désormais, si M3GAN 2.0 conserve tout le côté science-fiction de l’œuvre initiale à travers des technologies de pointe dont on frissonne d'avance qu'elles puissent exister un jour, le réalisateur propose une séquelle survitaminée mais dévitalisée en terme d'épouvante. Remplaçant ainsi l'effroi par l'humour, ajoutant à cela une très forte dose d'action, de combats et de moments de bravoure que l'on croirait parfois extraits d'un quelconque film de supers-héros.


Que celles et ceux qui apprécièrent l'incarnation d'Amie Donald dans le rôle de M3GAN se rassurent. L'actrice est toujours présente et même si l'enfant est devenue une adolescente, on reconnaît derrière les traits de la poupée la talentueuse danseuse néo-zélandaise. Face à elle et ceux qui vont tout comme elle tenter de stopper AMELIA, cette dernière va se montrer particulièrement redoutable. Modèle plus récent et donc plus évolué, son incarnation a été confiée à l'actrice ukrainienne Ivanna Sakhno. Le regard aussi troublant que celui de M3GAN, ce robot en mode 2.0 semble parfois faire référence à l'une des plus célèbres franchises de science-fiction. En effet, comment ne pas penser à l'affrontement entre le T-800 interprété par Arnold Schwarzenegger et le T-1000 incarné par Robert Patrick dans Terminator 2 de James Cameron en 1991 ? À la différence de quoi, AMELIA semble devoir mettre à mal la réputation de l'androïde constitué de polymimétique tant ses facultés semblent dépasser de très loin tout ce que l'on a pu voir jusqu'à maintenant. La franchise n'en avait sans doute pas forcément besoin mais Gerard Johnstone lui donne un sacré coup de fouet. L'humour, dans cette suite, est omniprésent et brise consciemment l'aspect horrifique de son aîné pour proposer aux spectateurs un spectacle bourré d'énergie, de courses-poursuites, de combats entre robots, laissant malgré tout une large place aux effets-spéciaux. De ce côté là, rien à dire. L'on a droit à un florilège parfaitement intégré au récit. Certains critiqueront certainement le changement de cap du récit quand d'autres préféreront sans doute cette vision presque irrévérencieuse vis à vis de l'original. Parfois très drôle et surtout, très ludique, les références à certaines œuvre qui n'entrent pas forcément dans le même cadre sont savoureuses. On pense notamment à la course-poursuite en voiture sur fond de musique empruntée à la mythique série télévisée K 2000, au poster de The Thing qui trône sur un mur ou encore cette main coupée qui se déplace au sol et que certains compareront à La Chose de la Famille Adams tandis que d'autres envisageront cette séquence comme un hommage à la main coupée de Ash dans Evil Dead 2 de Sam Raimi. Toujours est-il que M3GAN 2.0 ne nous laisse aucun répit. Le film va à cent à l'heure et les ventres mous sont aux abonnés absents. Vue la tournure que prend la saga, il n'est pas impossible que surgisse un jour la nouvelle selon laquelle un troisième volet serait dans les planning des producteurs...

 

vendredi 6 janvier 2023

M3GAN de Gerard Johnstone (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Le 31 décembre au soir, c'était soit se coltiner un public hétéroclite dont une partie passerait probablement son temps sur son téléphone au lieu de suivre les nouvelles aventures de Jake Sully et Neyriti (j'aime pas les jeeeeeeeeeeeeeeeunes!), soit patienter quelques jours supplémentaires que l'engouement s'amenuise (tu parles!) et choisir un autre programme. Et pourquoi pas M3GAN de Gerard Johnstone...? Surtout que le bonhomme n'est pas un débutant et qu'il reste tout de même l'auteur d'un long-métrage réalisés en 2014 intitulé Housebound... Ouais, je sais, moi non plus je ne connais pas la chose. Bon, on va quand même faire confiance à ce réalisateur que nous ne connaissons ni d'Eve ni d'Adam. C'est jour de fête oui ou non... ? À vrai dire, le Mega CGR de Narbonne ne nous a pas vraiment gâté en cette fin d'année 2022. Pas de science-fiction à part le chef-d'o... (Oups ! J'ai rien dit !) de James Cameron, des dessins animés à la pelle et quelques comédies qui donnent autant envie d'aller les voir que de se chopper un herpès sur le bord inférieur de la lèvre. Si l'on se positionne du côté du décérébré auquel on peut proposer sans cesse la même histoire d'épouvante ou de la néophyte qui ne se jette corps et âme qu'une fois l'an dans le genre horrifique, tout va bien, M3GAN ''passe crème''. Pour les autres, ça va être un peu plus compliqué. Car si le long-métrage de Gerard Johnstone empêche que l'on se tape une sieste pour le prix d'une place de cinéma, question frissons, dans mes souvenirs, ma douce et tendre moitié n'a sursauté qu'une seule fois. Le temps d'un Jump Scare, piège dans lequel l'on tombe en général la première fois mais qui ne nous surprend plus lorsque le réalisateur insiste sur ce procédé usé jusqu'à la corde. D'emblée, le film de Gerard Johnstone ressemble à ces dizaine, et peut-être même, centaines de longs-métrages dans lesquels interviennent poupées, ''gardes-chiards'' ou enfants maléfiques. Chacun a à l'esprit une œuvre ou une autre mettant en scène des ''créatures'' qui de base devraient l'attendrir mais qui au final cherchent à lui glacer le sang...


M3GAN fait partie de cette catégorie de films d'horreur qui s'inscrivent dans le quotidien de nombre de familles. Un genre qui a malheureusement beaucoup de mal à se renouveler et que l'on réservera donc aux nouveaux cinéphages ivres de lâcher quelques gouttes d'urine au fond de leur caleçon. Pour les autres, si l'ennui n'est fort heureusement pas le principal défaut du long-métrage, l’œuvre de Gerard Johnstone s'inscrit également dans la grande famille du cinéma de science-fiction dystopico-horrifique. Car si originalité il y a, c'est dans la conception même de la poupée Megan dont le numéro de modèle explique l'astuce qui se cache derrière le titre. Dans le genre convenu, on a rarement vu mieux. Une gamine (scotchée devant sa put*#@ de tablette) perd ses deux parents lors d'un grave accident de voiture visible lors de la séquence d'introduction. Un conseil : si vous ne voulez pas vous étouffer de rire en mangeant votre pop-corn, attendez que l'accident ait eu lieu. Parce que là, on a droit à un plan d'une laideur telle que n'importe quel effet-spécial de la série Au-delà du réel : L'aventure continue paraîtra d'une beauté comparable à ceux d'un certain Avatar 2 : la voie de l'eau (mais j'ai rien dit, hein?). Après, rien que du très classique avec une tante qui prend en charge la gamine sans pour autant avoir vraiment envie de prendre le temps de s'en occuper. Une tante (Allison Williams dans le rôle de la roboticienne Gemma) qui travaille sur un projet de jouet révolutionnaire. Une poupée parfaitement autonome et capable d'évoluer au contact de Cady (Violet McGraw), la nièce de Gemma. Un lien indéfectible entre la poupée et la gamine se crée, lequel va avoir de dramatiques répercussions sur l'entourage de Cady et de sa tante Gemma...


James Wan à l'écriture et Jason Blum à la production. Vous êtes prévenus et surtout, vous avez le devoir de consulter la filmographie des deux bonhommes pour comprendre qu'avec M3GAN, c'est toute une notion du cinéma d'épouvante qui s'exprime avec ses codes et des références qui sont toujours les mêmes. Volant un plan au Robocop de Paul Verhoeven au passage et même quelques séquences à d'autres références de la science-fiction, le long-métrage de Gerard Johnstone ne fait preuve d'aucune espèce d'originalité si ce n'est justement l'aspect technologique du jouet que la tante met entre les mains de sa nièce. Autant l'on appréciera le caractère ambigu du procédé (Gemma semble d'abord moins intéressée par l'idée du cadeau offert à sa nièce que d'utiliser cette dernière pour ses recherches), autant le film fait preuve de si peu d'originalité que l'on passe son temps à deviner ce qui ensuite va se dérouler à l'écran. Mais le pire (ou le mieux pour les amateurs de nanars) reste le dernier quart-d'heure environ lors duquel l'on a droit à des postures de la part de la poupée sans doute très à la mode, mais au fond, aussi, surtout agaçante, avec une Morgan qui se contorsionne de manière sans doute stylisée mais en revanche tout à fait invraisemblable. Là encore, Gerard Johnstone fait quelques emprunts. On pense notamment au final du premier Terminator de James Cameron (les fans comprendront). M3GAN est plaisant, sans plus, et s'adresse avant tout au jeune public qui, lui seul, ressentira éventuellement quelques frissons. Pour les autres, le film sera l'occasion de se poiler en toute discrétion. Bref, un pur produit Blumhouse Productions...

 

samedi 9 mars 2019

Get Out de Jordan Peele (2017) - ★★★★★★★★★☆



Voilà bientôt deux ans que Get Out est sorti, et autant de temps que j'évite d'en évoquer l'existence autour de moi afin qu'aucune information le concernant ne filtre et ne vienne gâcher mon expérience. Deux ans à porter des ornières devant les yeux et des bouchons aux oreilles. Deux ans à éviter malgré ma curiosité, les sites internet et les articles de presses tous dévolus à la cause de ce premier long-métrage de Jordan Peele très majoritairement apprécié par les professionnels et le public. Deux ans, enfin, à patienter, pour que les braises de ce trop large engouement dont a bénéficié ce thriller horrifique ne s'éteignent. De cet enthousiasme qui généralement a sur moi, un effet négatif. Ô, un pote à moi a bien tenté de m'étourdir l'esprit en invoquant l'hypothèse d'un film tournant autour de pratiques sexuelles interraciales à la mode depuis quelques temps, mais je remercie notre SAIgneur qu'il m'ait épargné d'en connaître par avance le contenu réel.
Car l'expérience Get Out ne supportera pas de souffrir du moindre indice évoqué au préalable et ce, même si sont convoqués des faits historiques, criminels ou caricaturaux jetés ça et là afin de troubler l'esprit critique du spectateur venu pour une fois, RÉELLEMENT, découvrir quelque chose de neuf et surtout, très éloigné de ce que la presse semble avoir besoin de considérer chaque année comme étant LE film d'horreur du moment. Oubliez donc les derniers Hérédité de Ari Aster et Sans un Bruit de John Krasinski qui contrairement aux dires de certains spécialistes son d'assez piètres films d'épouvante ne distillant qu'en d'infimes proportions (et là, je suis généreux) les frissons tant attendus des spectateurs orphelins de vrais bons films du genre...

Si parfois, je m'étends un peu trop longuement sur le récit à proprement parler, le cas Get Out m'oblige cependant à avancer avec prudence sur le terrain du résumé. Pour ne pas déflorer l'intrigue qui demeurerait encore une inconnue pour celles et ceux qui ne l'auraient pas encore découvert, disons que l'histoire tourne autour du jeune « black » Chris Washington (l'excellent acteur britannique Daniel Kaluuya), fiancé à la belle Rose Armitage (l'actrice et chanteuse américaine Allison Williams), laquelle convie son petit ami à venir faire connaissance avec ses parents dans leur grande et luxueuse propriété.. Voici donc tout ce que je dévoilerai d'une intrigue écrite par le cinéaste lui-même. Un scénario intelligent, constitué de bribes de faits authentiquement historiques qui mélangés donnent à contempler une œuvre qui pour le coup, peut se vanter de réellement réinventer le genre horrifique.

Tourné presque exclusivement à Fairhope, en Alabama durant trois semaines ainsi qu'à la Barton Academy et dans le Ashland Place Historic District du centre-ville de Mobile, elle aussi en Alabama, Get Out est une œuvre incroyablement oppressante qui réveille d'abord la conscience du spectateur vis à vis des traitements infligés au peuple noir à travers la traite des noirs dès le milieu du quinzième siècle. Et plus loin encore, à travers un détail d'apparence anodine mais qui trahit l'un des aspects fondamentaux du récit mais que je ne vous révélerai pas dans le cas présent. D'autres références semblent motiver le cinéaste à moins qu'il ne s'agisse simplement de l'esprit bouillonnant du spectateur nourrissant le fantasme qui s'étale devant son regard à travers ses propres références cinématographiques ? Toujours est-il que l'on aura beau réfléchir, tenter de saisir le fond du problème, ou d'en découvrir le dénouement avant que le générique de fin ne survienne, le film de Jordan Peele est une très belle expérience. Mise en scène et interprétation sont remarquables. Si les quelques « Jump Scares » du début risquent d'en rebuter certains (je me souviens m'être fait la réflexion que si la peur ne provenait que de ce genre de gimmick, je risquais de très vite m'ennuyer), ils disparaissent au profit d'une horreur psychologique efficace. Si comme moi vous avez fait l'effort de patienter jusqu'à aujourd'hui, abandonnez vos travaux actuels et foncez louer Get Out... vous n'en reviendrez peut-être pas...
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