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lundi 27 février 2023

Nope de Jordan Peele (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Si en France l'on aime à rappeler sans doute par chauvinisme que le tout premier film de l'histoire du cinéma fut La Sortie de l'usine Lumière à Lyon (1895) de Louis Lumière tandis que certains historiens préfèrent quant à eux accorder ce titre au Salut de Dickson de William Kennedy Laurie Dickson (lequel est antérieur de quatre années), l'une des héroïnes du dernier long-métrage du réalisateur afro-américin Jordan Peele, Emerald Haywood (qu'interprète l'actrice Keke Palmer) nous rappelle cependant que les véritables origines du cinéma remonteraient jusqu'en 1877. Année qui vit éclore Étude & analyses du mouvement du photographe britannique Eadweard Muybridge qui mit ainsi en œuvre un système composé de divers appareils-photos disposés de telle manière qu'il pouvait ainsi analyser les mouvements d'un cheval au galop. Une série de clichés qui mis bout à bout créèrent une animation constituée de seize images. Un fait authentique que nous rappelle donc la jeune femme qui elle-même est une lointaine descendante du cavalier noir qui se trouvait justement sur le dos du cheval près de cent-quarante cinq ans en arrière. L'homme blanc que je suis n'a pu d'ailleurs éviter de déceler dans cette proposition, une certaine idée de reconstruction de l'Histoire (ici, cinématographique), aussi crédible soit-elle, mais comme l’idolâtrent les adeptes de la Cancel-Culture. Maintenant, reste à savoir si Jordan Peele ironise sur le sujet ou s'il l'évoque au premier degré... Ensuite, sans doute doté d'un solide sens de l'humour, le réalisateur a nommé son troisième long-métrage, Nope. Ce qui en théorie ne veut pas dire grand chose dans nos contrées se réfère pourtant à l'adverbe de négation Non que l'on utilise parfois sous d'autres formes, telle Nan ! Mais il s'avérerait que le Nope du titre serait en relation directe avec l'acronyme N.O.P.E qui lui, signifierait Not Of Planet Earth (Pas de la planète Terre)...


Un message caché comme le film semble en contenir un certain nombre pourtant ici relativement inutile si l'on tient compte du fait que les médias furent arrosés d'un nombre conséquent d'images montrant justement la présence d'une soucoupe volante ''à l'ancienne'' dans le ciel d'Agua Dulce en Californie. C'est là que sont justement installés Emerald et son frère Otis dit OJ (l'acteur britannique Daniel Kaluuya qui fut déjà la vedette de Get Out, le tout premier long-métrage de Jordan Peele). Propriétaires d'un ranch où ils élèvent des chevaux, ils ont récemment perdu leur père mort dans d'étranges circonstances. En effet, une pièce de 5 cents tombée du ciel lui a perforé l'orbite droit pour se loger ensuite dans son cerveau ! L'intrigue se déroule six mois plus tard et à l'agonie financière qui depuis leur est tombée dessus s'ajoute l'obligation de vendre des chevaux pour survivre et maintenir à flot leur petite entreprise... Avec ce troisième long-métrage, Jordan Peele s'approche dangereusement du style propre à un autre cinéaste outre-atlantique : M. Night Shyamalan. En effet, disposant ça et là quelques mystères entourant la présence d'un appareil volant d'origine extraterrestre, Nope convoque d'ors et déjà le style très particulier du réalisateur américain originaire d'Inde. Et sans doute plus précisément celui de Signes, œuvre largement sous-estimée par une partie des critique et que ce dernier réalisa vingt ans auparavant...


Sur un tempo lent, si lent que l'on a parfois l'impression que le film a été tourné en High Frame Rate pour être projeté en vingt-quatre images par seconde (Oh, ça va ! Je rigole), Jordan Peele rend hommage à certains grands espaces typiques de l'Ouest américain plus communément appelé Far West pourtant concentré en un lieu presque unique : le ranch en question. Pas de colts, d'éperons, d'indiens ou de duels au pistolet mais une ville reconstituée sous forme de parc d'attraction aux commandes duquel l'on retrouve l'acteur américano-sud-coréen Steven Yeun (Mayhem, la série The Walking Dead) dans le rôle de Ricky Park. Et puis, il y a ces images cauchemardesques d'un tournage de Sitcom qui tourne mal. Images qui hantent justement ce personnage et qui semblent avoir été inspirées au réalisateur par un cauchemar terrifiant dont il fut lui-même victime. Oui mais voilà : résumer cette séquence à la seule évocation d'un rêve qui tourna mal serait bien trop évident. Surtout dans ce cinéma qui fait figure de Blaxploitation contemporaine et qui met au premier plan des interprètes d'origine afro-américaine. Par extension et de part ses origines sud-coréennes, le personnage interprété Steven Yeun sera d'ailleurs le seul ''américain aux origines étrangères'' qui survivra à cette éprouvante séquence tandis que les blancs, eux, seront scrupuleusement massacrés par un singe, personnage central de la dite Sitcom. À moins que le réalisateur n'y évoque le traitement infligé à ces animaux exhibés dans les cirques et autres manifestations (télévisuelles ou non) et qui finissent par littéralement ''perdre la tête'' avant de se venger sur ceux qui les ont retiré de leur milieu naturel pour les exploiter. Mais je m'égare... Après un Get Out d'excellente facture et un Us particulièrement décevant, Jordan Peele réapparaissait donc en 2022 avec un troisième long-métrage ambitieux et prometteur. Attirant forcément les amateurs d'invasions extraterrestres en particulier et de science-fiction en général, le film s'éloigne des canons récents du genre. Ici, le spectaculaire est remisé au fond du placard et le réalisateur use de ficelles ''primitives'' pourtant convaincantes : des silhouettes se fondant par exemple dans le décor et dans l'obscurité, filmées sans l'emploi du moindre contre-champ. Le spectateur y observera alors tout comme Daniel Kaluuya, des créatures qu'il identifiera immédiatement comme menaçantes et d'origine extra terrestres. Où lorsque entrent en action les pouvoirs de suggestion de l'image et... du son !


Entre théories officielles et multiplications de pistes n'arrivant jamais jusqu'à leur conclusion, avec un peu d'exercice, il est facile d'exploiter ses propres facultés d'analyse et d'étudier telle ou telle séquence afin d'y trouver ça et là des concepts qui ne sont pourtant pas forcément sortis de la tête du réalisateur. Bah tiens ! Allez, je mets la main à la pâte (sur le ton de l'humour, évidemment). Imaginez, ce vaisseau, immense structure plane, sans ailes et Ô malheur, sans système d'occultation (un comble pour une technologie avancée contrainte de jouer à cache-cache derrière les nuages) se nourrissant de tout ce qui lui passe sous la main... Enfin, de main, nous évoquerons davantage cette bouche/anus qui s'ouvre au moment de passer à table. Et bien, je me suis fais la réflexion que l'engin ressemblait quand même vachement à un sombrero vu d'en dessous. Et puisque chacun a droit à son hypothèse, ben j'me suis surpris à penser que Jordan Peele évoquait quelque part la politique migratoire entre le Mexique et les États-Unis !!! Ouais, la réflexion est sans doute stupide mais l'est-elle davantage que la tournure que prennent les événements ? C'est à se demander si le réalisateur n'a pas volontairement sabordé un projet qui a l'origine se montrait sacrément ambitieux. Virant sans doute involontairement à la comédie, le dernier acte est d'un grotesque rarement atteint sur un écran de cinéma. On ne sait plus alors ce qui relève du premier ou du second degré. Nope semble malheureusement confirmer que Jordan Peele n'est sans doute l'auteur que d'un seul film. Un réalisateur à l'origine prometteur mais qui par la suite n'a pas été à la hauteur des attentes de son public. Reste ici, quelques plans remarquables et une photographie parfois stupéfiante. Pour le reste...

 

jeudi 17 octobre 2019

The Twilight Zone : L'Humoriste (2019) - ★★★★★★★☆☆☆



Bonne nouvelle pour tous les amateurs d'anthologies fantastiques et de science-fiction : La Quatrième Dimension est de retour. Non pas sous la forme d'un coffret ''ultimate edition'' regroupant la série d'origine créée dans les années cinquante par Rod Serling mais à travers de nouveau épisodes désormais narrés par l'acteur et réalisateur Jordan Peele, notamment auteur du redoutable Get Out en 2017 et du décevant Us sorti cette années. Première chose à savoir : les dix épisodes de cette première saison sont disponibles en couleur ET en noir et blanc. D'aucun estimera que pour un confort total chacun d'entre eux devra être découvert dans ses ''teintes'' d'origine quand le fan absolu de la série originale sera sans doute tenté de vivre l'expérience dans les mêmes conditions que ses ancêtres dans les années cinquante et soixante. Soit, dans un luxe de sobriété, chaque épisode revêtant ainsi une parure particulièrement élégante. Afin d'ouvrir le bal, le cinéaste britannique Owen Harris nous propose un premier épisode s'étalant confortablement sur la durée puisqu'il dépasse largement celle de ceux qui lui succéderont (une cinquantaine de minutes environ).

En vedette, Samir Wassan (l'acteur Pakistano-américain Kumail Nanjiani), jeune immigré indien et piètre humoriste qui n'obtient pas le moindre rire lorsqu'il monte sur scène. Du moins, jusqu'au jour où il croise au bar la star du Stand-up JC Wheeler qui lui conseille d'aborder des sujets qui lui sont personnels s'il veut pouvoir faire rire son public. Le lendemain, et alors qu'il tente une nouvelle fois de convaincre les spectateurs sur son potentiel humoristique en ressassant ses très mauvaises blagues, il se met à parler de son chien qu'il surnomme ''Chat''. Et Ô miracle, cela fonctionne. Le public réagit très positivement et Samir peut rentrer chez lui rassuré. Pourtant, de retour à son domicile où dort sa compagne Rena (l'actrice anglo-srilankaise Amara Karan), le jeune homme remarque l'absence de son chien. Pire : celui-ci ne semble jamais avoir existé et toutes les photos prises par Samir à l'aide de son smartphone ont disparues...

Pour un premier épisode, L'Humoriste (The Comedian) est particulièrement convainquant. On comprendra assez rapidement le principe qui lorgne autant du côté des ambitions d'un homme qui veut connaître l'argent et la reconnaissance, tout comme le scénario déroule le fil d'une intrigue plongeant son héros dans un état proche de la schizophrénie. Le concept est séduisant et même sublimé grâce à un détail infime que le spectateur aura tout l'occasion de découvrir et qui condamnera l'humoriste à aller toujours plus loin. S'il n'est nulle question de paradoxe temporel dans le cas présent, la structure du récit fait cependant appel à certaine des conséquences liées au fameux effet papillon généralement invoqué dans la plupart des situations liées au voyage dans le temps. Outre l'aspect fantastique de l'intrigue, on appréciera également la lente dégénérescence intellectuelle d'un héros toujours plus avide de gloire et piochant aussi bien dans son passé que dans son entourage actuel avec les conséquences terribles que cela engendre. L'Humoriste est donc une mise en bouche plutôt réussie entre humour (et l'on ne parle pas ici des gags navrants qui sous l'effet de la ''Quatrième Dimension'' invoquée par Jordan Peele ont de bien curieuses répercussions) et fantastique...

vendredi 22 mars 2019

Us de Jordan Peele (2019) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Après un essai carrément convaincant (Get Out), on attendait que le cinéaste Jordan Peele transforme et confirme tout le bien que l'on pensait de lui avec sa seconde incartade dans le cinéma d'épouvante. Résultat : Us est un déception totale, n'en déplaise à celles et ceux qui maintiennent que le second long-métrage du cinéaste américain est une réussite. Soit ils ne sont pas du tout objectifs. Soit il ont un sérieux soucis en matière de culture cinématographique. Parce que dans le genre, d'autres ont déjà donné, et ce, avec mille fois plus de talent. Rien de neuf à l'horizon, donc, et ce, malgré une bande-annonce prometteuse. De celles, tellement bien fichues, qu'elles donnent forcément envie de se ruer dans les salles lorsque le film généralement résumé en deux ou trois minutes sort enfin dans les salles.
Si Us n'est pas tout à fait dénué d'originalité, loin s'en faut, on s'y ennuie ferme ! Après une première partie dont l'intérêt cherche encore à se justifier même après le générique de fin libérateur achevé, la suite est d'un même tonneau. Tout ce que laisse supposer la scène d'introduction (révéler que l'héroïne disparu un soir près d'une fête foraine durant un quart d'heure ne gâchera pas votre éventuel plaisir) ne sert absolument à rien. Un traumatisme justifiant à lui seul l'incarnation d'une Lupita Nyong'o, il faut l'avouer, tout de même impressionnante. Ça, et une fin étonnante quoique, si l'on y réfléchie bien, quelque peu grotesque et invraisemblable.

Contrairement à un Get Out qui tout au long de son intrigue savait ménager une pression palpable précédant une révélation digne du meilleur de M. Night Shyamalan, on arrive très vite désormais à se désintéresser de l'intrigue du second long-métrage de Jordan Peele dont on ne sait jamais s'il s'agit véritablement d'un film d'épouvante ou d'une comédie horrifique. Si le cinéaste choisi la seconde option, alors, son pari est en partie réussi. Winston Duke cabotine tant dans le rôle du père de famille Gabe Wilson que chacune de ses interventions désamorce totalement l'intrigue. Un contraste saisissant si l'on compare son incarnation d'un adulte immature à celui d'une Lupita Nyong'o habitée par son personnage de Adélaïde Wilson, traumatisée par un souvenir d'enfance. L'actrice joue merveilleusement sur deux tableaux. Deux approches d'un même art. D'un côté la peur qui habite le principal personnage (celui d'Adélaïde, donc), et de l'autre, la psychopathie de Red, son alter ego... maléfique.

A part elle et les deux jeunes Shaladi Wright Joseph (Zora Wilson/Umbrae) et Evan Alex (Jason Wilson/Pluton), on retiendra sans doute également l'interprétation d'Elisabeth Moss qui dans son incarnation maléfique est plutôt convaincante, voire terrifiante. De menus soubresauts donc pour une œuvre qui pluttôt que de faire sursauter fait surtout sourire. Ce qui coince le plus en fait, c'est la fin. Car après avoir subit les quatre-vingt dix premières minutes, on pouvait espérer enfin être éclairer sur les tenants et les aboutissants d'un récit au combien brouillon et désordonné. Mais non, Jordan Peele ayant eu apparemment beaucoup de mal à fignoler un script suffisamment intelligent pour pouvoir au moins égaler celui de Get Out, voire, le surpasser, le cinéaste invoque une explication absolument farfelue et donc, pas du tout crédible. Le spectateur se demande alors pour qui (ou quoi) l'a pris le réalisateur. On pourra toujours invoquer le fait que Jordan Pelle ait choisit de crypter certaines lignes de dialogue afin d'en conserver l'exclusivité du discernement, mais bon. Il ne faudrait tout de même pas oublier que le public est avant tout venu voir un film d'horreur et non pas un film d'auteur, même si phonétiquement, les deux paraissent presque semblables. Une très grosse déception donc... Pas sûr que la totalité du public qui s'est rué dans les salles cette fois-ci s'y précipitera aussi rapidement la prochaine fois...

samedi 9 mars 2019

Get Out de Jordan Peele (2017) - ★★★★★★★★★☆



Voilà bientôt deux ans que Get Out est sorti, et autant de temps que j'évite d'en évoquer l'existence autour de moi afin qu'aucune information le concernant ne filtre et ne vienne gâcher mon expérience. Deux ans à porter des ornières devant les yeux et des bouchons aux oreilles. Deux ans à éviter malgré ma curiosité, les sites internet et les articles de presses tous dévolus à la cause de ce premier long-métrage de Jordan Peele très majoritairement apprécié par les professionnels et le public. Deux ans, enfin, à patienter, pour que les braises de ce trop large engouement dont a bénéficié ce thriller horrifique ne s'éteignent. De cet enthousiasme qui généralement a sur moi, un effet négatif. Ô, un pote à moi a bien tenté de m'étourdir l'esprit en invoquant l'hypothèse d'un film tournant autour de pratiques sexuelles interraciales à la mode depuis quelques temps, mais je remercie notre SAIgneur qu'il m'ait épargné d'en connaître par avance le contenu réel.
Car l'expérience Get Out ne supportera pas de souffrir du moindre indice évoqué au préalable et ce, même si sont convoqués des faits historiques, criminels ou caricaturaux jetés ça et là afin de troubler l'esprit critique du spectateur venu pour une fois, RÉELLEMENT, découvrir quelque chose de neuf et surtout, très éloigné de ce que la presse semble avoir besoin de considérer chaque année comme étant LE film d'horreur du moment. Oubliez donc les derniers Hérédité de Ari Aster et Sans un Bruit de John Krasinski qui contrairement aux dires de certains spécialistes son d'assez piètres films d'épouvante ne distillant qu'en d'infimes proportions (et là, je suis généreux) les frissons tant attendus des spectateurs orphelins de vrais bons films du genre...

Si parfois, je m'étends un peu trop longuement sur le récit à proprement parler, le cas Get Out m'oblige cependant à avancer avec prudence sur le terrain du résumé. Pour ne pas déflorer l'intrigue qui demeurerait encore une inconnue pour celles et ceux qui ne l'auraient pas encore découvert, disons que l'histoire tourne autour du jeune « black » Chris Washington (l'excellent acteur britannique Daniel Kaluuya), fiancé à la belle Rose Armitage (l'actrice et chanteuse américaine Allison Williams), laquelle convie son petit ami à venir faire connaissance avec ses parents dans leur grande et luxueuse propriété.. Voici donc tout ce que je dévoilerai d'une intrigue écrite par le cinéaste lui-même. Un scénario intelligent, constitué de bribes de faits authentiquement historiques qui mélangés donnent à contempler une œuvre qui pour le coup, peut se vanter de réellement réinventer le genre horrifique.

Tourné presque exclusivement à Fairhope, en Alabama durant trois semaines ainsi qu'à la Barton Academy et dans le Ashland Place Historic District du centre-ville de Mobile, elle aussi en Alabama, Get Out est une œuvre incroyablement oppressante qui réveille d'abord la conscience du spectateur vis à vis des traitements infligés au peuple noir à travers la traite des noirs dès le milieu du quinzième siècle. Et plus loin encore, à travers un détail d'apparence anodine mais qui trahit l'un des aspects fondamentaux du récit mais que je ne vous révélerai pas dans le cas présent. D'autres références semblent motiver le cinéaste à moins qu'il ne s'agisse simplement de l'esprit bouillonnant du spectateur nourrissant le fantasme qui s'étale devant son regard à travers ses propres références cinématographiques ? Toujours est-il que l'on aura beau réfléchir, tenter de saisir le fond du problème, ou d'en découvrir le dénouement avant que le générique de fin ne survienne, le film de Jordan Peele est une très belle expérience. Mise en scène et interprétation sont remarquables. Si les quelques « Jump Scares » du début risquent d'en rebuter certains (je me souviens m'être fait la réflexion que si la peur ne provenait que de ce genre de gimmick, je risquais de très vite m'ennuyer), ils disparaissent au profit d'une horreur psychologique efficace. Si comme moi vous avez fait l'effort de patienter jusqu'à aujourd'hui, abandonnez vos travaux actuels et foncez louer Get Out... vous n'en reviendrez peut-être pas...
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