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mercredi 23 avril 2025

Mickey 17 de Bong Joon-ho (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Le réalisateur sud-coréen Bong Joon Ho fait partie de ces cinéastes sur lesquels on peut généralement compter si l'on désire passer un très agréable moment devant un long-métrage pétri de qualités. Prouvant ainsi durant une bonne partie de sa carrière qu'il fut capable d'aligner des œuvres parfaitement maîtrisées (Memories of Murder, Mother, Snowpiercer), allant même jusqu'à conquérir les États-Unis et le monde entier en remportant une foule de prix comme l'Oscar du meilleur film, du meilleur scénario ou du meilleur réalisateur aux Oscars 2020 ou bien la Palme d'Or au festival de Cannes un an auparavant pour Parasite. Entre 2019 et 2025, c'est le silence radio dans les salles de cinéma. Six années au cours desquelles le cinéaste participe malgré tout à l'élaboration de quarante et un épisodes de la série Snowpiercer adaptée de son propre long-métrage réalisé quant à lui en 2013. C'est donc avec une joie non mesurée qu'était attendu son Mickey 13 qui, sans vouloir faire la nique en comparant sa sortie avec celle de la nouvelle version de Blanche-Neige était un moyen parfaitement tronqué d'aller voir une œuvre portant le nom de l'un des plus illustres personnages créés par Walt Disney ! Sauf qu'ici, celui incarné par Robert Pattinson n'a rien d'une grande et joviale souris au pantalon rouge et court et aux grandes oreilles noires mais affiche plutôt un air bêta, naïf et donc forcément attachant ! C'est vrai, quoi. Celui que l'on ne cesse généralement de comparer au rôle qu'il tint durant la quintologie Twilight est ici présent derrière le masque d'un jeune homme qui ne semble pas vraiment avoir sa place dans un monde futuriste situant son action en 2054. Fuyant les emmerdes qu'il a contracté sur Terre après avoir suivi les conseils plus ou moins avisés de son seul et donc meilleur ami Timo (l'acteur Steven Yeun, devenu mondialement célèbre grâce au rôle de Glenn Rhee dans la série The Walking Dead entre 2010 et 2016), Mickey a pour projet de faire partie du prochain équipage à destination de la planète glacée Niflheim. Mais nombreux sont les candidats et pour être bien certain d'en faire partie, le jeune homme accepte de signer un contrat de travail dans lequel il sera employé en tant que ''Remplaçable''. Sachant par là même qu'il servira désormais de cobaye lors de missions dangereuses (comme celle de tester l'atmosphère de la planète Niflheim à l’atterrissage du vaisseau, par exemple). Mais alors qu'il mettra son existence en danger, une technologie future permettra de le réimprimer. Sorte de clonage en mode 2.0 qui semble avoir été très fortement inspiré par la technologie consistant à employer les imprimantes 3D.


Sauf qu'ici il s'agit bien d'un individu dont on a conservé la mémoire, laquelle est directement réinjecté dans le cerveau du nouveau Mickey qui vient alors prendre la place du précédent. L'on comprend alors le sens du titre Mickey 17. Énième itération d'un individu qui croisera pour l'occasion, son clone nommé Mickey 18 alors que tout le monde est persuadé qu'il est mort lors d'une chute dans une crevasse à la surface de Niflheim. Message plus ou moins grossier visant directement le président américain Donald Trump (Mark Ruffalo incarne un Kenneth Marshall très caricatural allant sans doute dans ce sens), Mickey 17 se veut non seulement être une comédie de science-fiction mais aussi une critique acerbe de la politique américaine. Dans sa grande générosité, Bong Joon-ho adapte le roman éponyme d'Edward Ashton sorti trois ans plus tôt et fourre dans son œuvre tout ce qui lui passe par la tête. De quoi, sans doute, justifier la durée du long-métrage qui approche les cent-quarante minutes. Ce qui en soit n'est pas un exploit vu que de nos jours, certains films côtoient sans complexe les trois heures ! Un film long, donc, mais aussi et surtout, malheureusement, assez pénible à suivre jusqu'à son terme. Car si l'entrée en matière est plutôt sympathique et laisse transparaître une œuvre ambitieuse, divertissante et bourrées de bonnes intentions, le résultats n'est pas du tout à la hauteur. Le problème étant justement que le réalisateur sud-corén en fait beaucoup trop ! Chargeant la mule jusqu'au ras de la gueule, l'indigestion est assurée. Dans un univers grisâtre qui peut parfois rappeler celui du chef-d’œuvre de Terry Gilliam, Brazil, les décors de Fiona Crombie n'en sont pas pour autant tout aussi remarquables. C'est terne, triste, répétitif et donc peu engageant. Les effets-spéciaux sont tout juste corrects et rappellent parfois ceux de Okja que réalisa justement Bong Joon-ho en 2017. Ses rampants semblant provenir d'un film d'animation pour enfants, Mickey 17 ne risque pas d'effrayer grand monde. Comme il ne prend pas davantage le risque de faire rire lors d'un récit où notre héros rencontre l'amour tant l’œuvre se disperse à travers des situations et des lignes de dialogue inintéressantes au possible. Bref, le film est une grosse déception qui coche toutes les cases de l’œuvre stérile dénuée de toute charge émotionnelle. Reste pourtant la formidable partition du compositeur sud-coréen Jung Jae-il qui après sa participation à Parasite signe ici une œuvre souvent magnifique...

 

lundi 27 février 2023

Nope de Jordan Peele (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Si en France l'on aime à rappeler sans doute par chauvinisme que le tout premier film de l'histoire du cinéma fut La Sortie de l'usine Lumière à Lyon (1895) de Louis Lumière tandis que certains historiens préfèrent quant à eux accorder ce titre au Salut de Dickson de William Kennedy Laurie Dickson (lequel est antérieur de quatre années), l'une des héroïnes du dernier long-métrage du réalisateur afro-américin Jordan Peele, Emerald Haywood (qu'interprète l'actrice Keke Palmer) nous rappelle cependant que les véritables origines du cinéma remonteraient jusqu'en 1877. Année qui vit éclore Étude & analyses du mouvement du photographe britannique Eadweard Muybridge qui mit ainsi en œuvre un système composé de divers appareils-photos disposés de telle manière qu'il pouvait ainsi analyser les mouvements d'un cheval au galop. Une série de clichés qui mis bout à bout créèrent une animation constituée de seize images. Un fait authentique que nous rappelle donc la jeune femme qui elle-même est une lointaine descendante du cavalier noir qui se trouvait justement sur le dos du cheval près de cent-quarante cinq ans en arrière. L'homme blanc que je suis n'a pu d'ailleurs éviter de déceler dans cette proposition, une certaine idée de reconstruction de l'Histoire (ici, cinématographique), aussi crédible soit-elle, mais comme l’idolâtrent les adeptes de la Cancel-Culture. Maintenant, reste à savoir si Jordan Peele ironise sur le sujet ou s'il l'évoque au premier degré... Ensuite, sans doute doté d'un solide sens de l'humour, le réalisateur a nommé son troisième long-métrage, Nope. Ce qui en théorie ne veut pas dire grand chose dans nos contrées se réfère pourtant à l'adverbe de négation Non que l'on utilise parfois sous d'autres formes, telle Nan ! Mais il s'avérerait que le Nope du titre serait en relation directe avec l'acronyme N.O.P.E qui lui, signifierait Not Of Planet Earth (Pas de la planète Terre)...


Un message caché comme le film semble en contenir un certain nombre pourtant ici relativement inutile si l'on tient compte du fait que les médias furent arrosés d'un nombre conséquent d'images montrant justement la présence d'une soucoupe volante ''à l'ancienne'' dans le ciel d'Agua Dulce en Californie. C'est là que sont justement installés Emerald et son frère Otis dit OJ (l'acteur britannique Daniel Kaluuya qui fut déjà la vedette de Get Out, le tout premier long-métrage de Jordan Peele). Propriétaires d'un ranch où ils élèvent des chevaux, ils ont récemment perdu leur père mort dans d'étranges circonstances. En effet, une pièce de 5 cents tombée du ciel lui a perforé l'orbite droit pour se loger ensuite dans son cerveau ! L'intrigue se déroule six mois plus tard et à l'agonie financière qui depuis leur est tombée dessus s'ajoute l'obligation de vendre des chevaux pour survivre et maintenir à flot leur petite entreprise... Avec ce troisième long-métrage, Jordan Peele s'approche dangereusement du style propre à un autre cinéaste outre-atlantique : M. Night Shyamalan. En effet, disposant ça et là quelques mystères entourant la présence d'un appareil volant d'origine extraterrestre, Nope convoque d'ors et déjà le style très particulier du réalisateur américain originaire d'Inde. Et sans doute plus précisément celui de Signes, œuvre largement sous-estimée par une partie des critique et que ce dernier réalisa vingt ans auparavant...


Sur un tempo lent, si lent que l'on a parfois l'impression que le film a été tourné en High Frame Rate pour être projeté en vingt-quatre images par seconde (Oh, ça va ! Je rigole), Jordan Peele rend hommage à certains grands espaces typiques de l'Ouest américain plus communément appelé Far West pourtant concentré en un lieu presque unique : le ranch en question. Pas de colts, d'éperons, d'indiens ou de duels au pistolet mais une ville reconstituée sous forme de parc d'attraction aux commandes duquel l'on retrouve l'acteur américano-sud-coréen Steven Yeun (Mayhem, la série The Walking Dead) dans le rôle de Ricky Park. Et puis, il y a ces images cauchemardesques d'un tournage de Sitcom qui tourne mal. Images qui hantent justement ce personnage et qui semblent avoir été inspirées au réalisateur par un cauchemar terrifiant dont il fut lui-même victime. Oui mais voilà : résumer cette séquence à la seule évocation d'un rêve qui tourna mal serait bien trop évident. Surtout dans ce cinéma qui fait figure de Blaxploitation contemporaine et qui met au premier plan des interprètes d'origine afro-américaine. Par extension et de part ses origines sud-coréennes, le personnage interprété Steven Yeun sera d'ailleurs le seul ''américain aux origines étrangères'' qui survivra à cette éprouvante séquence tandis que les blancs, eux, seront scrupuleusement massacrés par un singe, personnage central de la dite Sitcom. À moins que le réalisateur n'y évoque le traitement infligé à ces animaux exhibés dans les cirques et autres manifestations (télévisuelles ou non) et qui finissent par littéralement ''perdre la tête'' avant de se venger sur ceux qui les ont retiré de leur milieu naturel pour les exploiter. Mais je m'égare... Après un Get Out d'excellente facture et un Us particulièrement décevant, Jordan Peele réapparaissait donc en 2022 avec un troisième long-métrage ambitieux et prometteur. Attirant forcément les amateurs d'invasions extraterrestres en particulier et de science-fiction en général, le film s'éloigne des canons récents du genre. Ici, le spectaculaire est remisé au fond du placard et le réalisateur use de ficelles ''primitives'' pourtant convaincantes : des silhouettes se fondant par exemple dans le décor et dans l'obscurité, filmées sans l'emploi du moindre contre-champ. Le spectateur y observera alors tout comme Daniel Kaluuya, des créatures qu'il identifiera immédiatement comme menaçantes et d'origine extra terrestres. Où lorsque entrent en action les pouvoirs de suggestion de l'image et... du son !


Entre théories officielles et multiplications de pistes n'arrivant jamais jusqu'à leur conclusion, avec un peu d'exercice, il est facile d'exploiter ses propres facultés d'analyse et d'étudier telle ou telle séquence afin d'y trouver ça et là des concepts qui ne sont pourtant pas forcément sortis de la tête du réalisateur. Bah tiens ! Allez, je mets la main à la pâte (sur le ton de l'humour, évidemment). Imaginez, ce vaisseau, immense structure plane, sans ailes et Ô malheur, sans système d'occultation (un comble pour une technologie avancée contrainte de jouer à cache-cache derrière les nuages) se nourrissant de tout ce qui lui passe sous la main... Enfin, de main, nous évoquerons davantage cette bouche/anus qui s'ouvre au moment de passer à table. Et bien, je me suis fais la réflexion que l'engin ressemblait quand même vachement à un sombrero vu d'en dessous. Et puisque chacun a droit à son hypothèse, ben j'me suis surpris à penser que Jordan Peele évoquait quelque part la politique migratoire entre le Mexique et les États-Unis !!! Ouais, la réflexion est sans doute stupide mais l'est-elle davantage que la tournure que prennent les événements ? C'est à se demander si le réalisateur n'a pas volontairement sabordé un projet qui a l'origine se montrait sacrément ambitieux. Virant sans doute involontairement à la comédie, le dernier acte est d'un grotesque rarement atteint sur un écran de cinéma. On ne sait plus alors ce qui relève du premier ou du second degré. Nope semble malheureusement confirmer que Jordan Peele n'est sans doute l'auteur que d'un seul film. Un réalisateur à l'origine prometteur mais qui par la suite n'a pas été à la hauteur des attentes de son public. Reste ici, quelques plans remarquables et une photographie parfois stupéfiante. Pour le reste...

 

vendredi 18 octobre 2019

The Twilight Zone : A Traveller d'Ana Lily Amirpour (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆



Pour ce quatrième épisode des nouvelles aventures de Twilight Zone, la production en a confié la réalisation à une femme. La réalisatrice américaine d'origine iranienne Ana Lily Amirpour, notamment auteur en 2016 d'une comédie horrifique intitulée The Bad Batch. A Traveler plante quant à lui le décor en Alaska, dans une toute petite ville servant de base au moment de fêter Noël. Ce soir là, le shérif Lane Pendleton (l'acteur Greg Kinnear) procède au pardon annuel accordé à l'un des prisonniers enfermés en cellule. Mais alors qu'il s'apprête à en faire bénéficier le seul à être derrière les barreaux ce soir là, Lane Pendleton et son adjointe Yuka Mangoyak (Marika Sila) découvrent la présence d'un inconnu enfermé à côté de leur prisonnier. Un individu qui affirme s'appeler Un Voyageur et qui parcourt le monde en se rendant sur différents sites privilégiés dont cette petit ville de l'Alaska où sa rencontre avec le shérif doit avoir lieu. Dans la salle principale de la prison, les habitants de la ville se sont regroupés autour du shérif et de son adjointe pour fêter la Noël ensemble. Convaincu de la bonne foi de l'inconnu, Lane accepte d'ouvrir sa cellule et de l'inviter à la fête malgré les réticences de Yuka. Bientôt, Un Voyageur va révéler les véritables raisons de sa présence en ce lieu...

Incarné par l'acteur américano-sud-coréen Steven Yeun, l'une des anciennes vedettes de la série télévisée The Walking Dead, le personnage qui donne son nom à l'épisode ressemble étrangement à quelques-uns de ceux que l'on croise dans l'univers du plus populaire écrivain spécialiste de l'épouvante. Un certain Stephen King dont on retrouve la patte même s'il n'a à vrai dire aucun rapport avec cet épisode de Twilight Zone qui repose sur un scénario écrit par Glen Morgan. D'une durée proche de celle du tout premier épisode, la réalisatrice tente d'imposer un climat de suspicion entre ses différents protagonistes. Manipulation, mensonge et ambition semblent au cœur d'une intrigue dont on ne connaîtra la vérité que lors de la conclusion même si un détail d'importance laisse très rapidement planer le doute quant aux origines de l'inconnu. Découvrir A Traveler en noir et blanc revêt un charme tout particulier puisqu'à travers le très intéressant travail sur les ombres et lumières, plus que les précédents, cet épisode nous renvoie directement aux plus anciens épisode de la série originale et à la peur rouge liée à l'anticommunisme américain d'une certaine période révolue ainsi qu'aux différentes évocations d'invasions extraterrestres qui furent d'une certaine manière, le fond de commerce de son créateur Rod Serling.

L'approche du phénomène fait ici penser à l’extraordinaire The Monsters Are Due on Maple Street qui fut diffusé pour la première fois le 4 mars 1960 sur CBS avant de débarquer chez nous dix-sept ans plus tard sur TF1. Réalisé par Ronald Winston, il démontrait admirablement la mécanique poussant les habitants d'un quartier à soupçonner tel ou tel voisin d'être un extraterrestre ou un espion A Traveler use de mécaniques similaires même si au final, le résultat n'est pas aussi remarquable. Il demeure cependant de bonnes choses. Comme l'arrivée de ce personnage énigmatique qui fait penser, de part la période invoquée et sa stature très particulière, au personnage d'André Linoge de la mini-série Storm of the Century dont le scénario original est de Stephen King. Et tant qu'à faire, on évoquera à nouveau ce spécialiste de l'épouvante à travers certaines conséquences dues à la présence de Un Voyageur dans les locaux de la police d'Iglaak, la petite ville où se déroule l'intrigue. En effet, comment ne pas se rappeler les effets dévastateurs dus à la présence d'un certain Leland Gaunt dans la petite ville de Castle Rock, personnage issu du long-métrage Needful Things, lui-même, adaptation du roman bazaar de Stephen King? A Traveler est un épisode intéressant qui offre son petit lot d'effets. Bien mieux que les deux précédents, très décevants...

lundi 6 août 2018

Mayhem de Joe Lynch (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆



On pourrait l'imaginer ainsi, mais l'acteur américano-sud-coréen Steven Yeun n'a pas directement débuté sa carrière au cinéma en quittant le rôle de Glenn, le jeune asiatique débrouillard de la série culte The Walking Dead. Car si chez nous le spectateur ne fera généralement le rapprochement entre ce personnage et celui qu'il l'incarna qu'à travers la série adaptée de la bande-dessinée éponyme créée par Robert Kirkman, Tony Moore et Charlie Adlard. Les fans se souviennent sans doute à quel point la disparition de Glenn fut violente. Depuis sa disparition sur petit écran, Steven Yeun n'a pour autant pas multiplié les rôles au cinéma. Une poignée de longs-métrages dont certains demeurent anecdotiques quand d'autres ont fait parler d'eux (Okja de Bong Joon-Ho l'année dernière). En 2016, après avoir mis un terme au personnage de Glenn, Steven Yeun accepte de participer au long-métrage de Joe Lynch, Mayhem. En raison de coûts bien moins importants et d'un temps de tournage plus élastique, le cinéaste choisi de tourner son dernier long-métrage en Serbie. C'est là-bas donc qu'il réalise ce petit film d'horreur qui s'inscrit dans une thématique qui n'est pas tout à fait inédite puisque la même année, le cinéaste australien Greg McLean proposait déjà le très gore The Belko Experiment. On peut même remonter plus loin dans le temps avec l'excellent De Bon Matin du cinéaste français Jean-Marc Moutout avec Jean-Pierre Darroussin même si là, le film est un drame et non plus une œuvre horrifique.

De fait, si l'on veut être tout à fait honnête, il faut élargir les sources d'influence du film de Joe Lynch qui emprunte surtout aux nombreux films d'infectés avec en premier lieu le Rec des espagnols Paco Plaza et Jaume Balagueró pour l'aspect huis-clos que revêt Mayhem. Ensuite, tout est histoire de goûts. Car si le long-métrage de Joe Lynch n'est pas un mauvais film, on est loin d'atteindre le haut du panier. Si retrouver l'acteur Steven Yeun dans la peau d'un personnage différent de celui auquel il nous avait habitué est avantageux, le résultat à l'écran n'est pas tout à fait celui que l'on aurait pu espérer. La faute à un scénario d'une extrême minceur. Certains argueront que l'essentiel tient dans l'action et dans les différents effets gore du film mais là encore, le long-métrage pêche par un manque d'excès en la matière. Si l'action est présente (bien que régulièrement stoppée par des scènes parfois ennuyeuses), les scènes d'horreur à proprement parler ne sont pas toujours très réussies. A ce titre, on pourra très largement lui préférer l’œuvre de Greg McLean qui en la matière fit preuve d'une grande générosité.

Concernant la caractérisation de ses personnages, Joe Lynch se contente de peu. Si Steven Yeun est un acteur attachant, son personnage ne l'est par contre pas forcément. La faute à un choix assez curieux de la part du cinéaste qui choisit de faire de la totalité des personnages, des infectés. Le personnage de Derek Cho qu'incarne Steven Yeun l'étant lui-même, il n'est pas rare qu'on le découvre aussi violent que ceux qu'il affronte. Difficile de différencier le héros de ses ennemis, donc. Mais pour pour pallier à ce manque d'identification entre bons et mauvais, Joe Lynch rend ces derniers encore plus mauvais et agressifs que Derek... Mayhem est avant tout un gros défouloir dans lequel les interprètes s'en donnent à cœur joie. Ce qui permet aux spectateurs de ne s'ennuyer qu'en de très rares occasions. Pas un chef-d’œuvre, mais pas fondamentalement mauvais non plus...
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