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mercredi 23 avril 2025

Mickey 17 de Bong Joon-ho (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Le réalisateur sud-coréen Bong Joon Ho fait partie de ces cinéastes sur lesquels on peut généralement compter si l'on désire passer un très agréable moment devant un long-métrage pétri de qualités. Prouvant ainsi durant une bonne partie de sa carrière qu'il fut capable d'aligner des œuvres parfaitement maîtrisées (Memories of Murder, Mother, Snowpiercer), allant même jusqu'à conquérir les États-Unis et le monde entier en remportant une foule de prix comme l'Oscar du meilleur film, du meilleur scénario ou du meilleur réalisateur aux Oscars 2020 ou bien la Palme d'Or au festival de Cannes un an auparavant pour Parasite. Entre 2019 et 2025, c'est le silence radio dans les salles de cinéma. Six années au cours desquelles le cinéaste participe malgré tout à l'élaboration de quarante et un épisodes de la série Snowpiercer adaptée de son propre long-métrage réalisé quant à lui en 2013. C'est donc avec une joie non mesurée qu'était attendu son Mickey 13 qui, sans vouloir faire la nique en comparant sa sortie avec celle de la nouvelle version de Blanche-Neige était un moyen parfaitement tronqué d'aller voir une œuvre portant le nom de l'un des plus illustres personnages créés par Walt Disney ! Sauf qu'ici, celui incarné par Robert Pattinson n'a rien d'une grande et joviale souris au pantalon rouge et court et aux grandes oreilles noires mais affiche plutôt un air bêta, naïf et donc forcément attachant ! C'est vrai, quoi. Celui que l'on ne cesse généralement de comparer au rôle qu'il tint durant la quintologie Twilight est ici présent derrière le masque d'un jeune homme qui ne semble pas vraiment avoir sa place dans un monde futuriste situant son action en 2054. Fuyant les emmerdes qu'il a contracté sur Terre après avoir suivi les conseils plus ou moins avisés de son seul et donc meilleur ami Timo (l'acteur Steven Yeun, devenu mondialement célèbre grâce au rôle de Glenn Rhee dans la série The Walking Dead entre 2010 et 2016), Mickey a pour projet de faire partie du prochain équipage à destination de la planète glacée Niflheim. Mais nombreux sont les candidats et pour être bien certain d'en faire partie, le jeune homme accepte de signer un contrat de travail dans lequel il sera employé en tant que ''Remplaçable''. Sachant par là même qu'il servira désormais de cobaye lors de missions dangereuses (comme celle de tester l'atmosphère de la planète Niflheim à l’atterrissage du vaisseau, par exemple). Mais alors qu'il mettra son existence en danger, une technologie future permettra de le réimprimer. Sorte de clonage en mode 2.0 qui semble avoir été très fortement inspiré par la technologie consistant à employer les imprimantes 3D.


Sauf qu'ici il s'agit bien d'un individu dont on a conservé la mémoire, laquelle est directement réinjecté dans le cerveau du nouveau Mickey qui vient alors prendre la place du précédent. L'on comprend alors le sens du titre Mickey 17. Énième itération d'un individu qui croisera pour l'occasion, son clone nommé Mickey 18 alors que tout le monde est persuadé qu'il est mort lors d'une chute dans une crevasse à la surface de Niflheim. Message plus ou moins grossier visant directement le président américain Donald Trump (Mark Ruffalo incarne un Kenneth Marshall très caricatural allant sans doute dans ce sens), Mickey 17 se veut non seulement être une comédie de science-fiction mais aussi une critique acerbe de la politique américaine. Dans sa grande générosité, Bong Joon-ho adapte le roman éponyme d'Edward Ashton sorti trois ans plus tôt et fourre dans son œuvre tout ce qui lui passe par la tête. De quoi, sans doute, justifier la durée du long-métrage qui approche les cent-quarante minutes. Ce qui en soit n'est pas un exploit vu que de nos jours, certains films côtoient sans complexe les trois heures ! Un film long, donc, mais aussi et surtout, malheureusement, assez pénible à suivre jusqu'à son terme. Car si l'entrée en matière est plutôt sympathique et laisse transparaître une œuvre ambitieuse, divertissante et bourrées de bonnes intentions, le résultats n'est pas du tout à la hauteur. Le problème étant justement que le réalisateur sud-corén en fait beaucoup trop ! Chargeant la mule jusqu'au ras de la gueule, l'indigestion est assurée. Dans un univers grisâtre qui peut parfois rappeler celui du chef-d’œuvre de Terry Gilliam, Brazil, les décors de Fiona Crombie n'en sont pas pour autant tout aussi remarquables. C'est terne, triste, répétitif et donc peu engageant. Les effets-spéciaux sont tout juste corrects et rappellent parfois ceux de Okja que réalisa justement Bong Joon-ho en 2017. Ses rampants semblant provenir d'un film d'animation pour enfants, Mickey 17 ne risque pas d'effrayer grand monde. Comme il ne prend pas davantage le risque de faire rire lors d'un récit où notre héros rencontre l'amour tant l’œuvre se disperse à travers des situations et des lignes de dialogue inintéressantes au possible. Bref, le film est une grosse déception qui coche toutes les cases de l’œuvre stérile dénuée de toute charge émotionnelle. Reste pourtant la formidable partition du compositeur sud-coréen Jung Jae-il qui après sa participation à Parasite signe ici une œuvre souvent magnifique...

 

mercredi 1 février 2023

The Batman de Matt Reeves (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Comment foirer une projection ? Ben tout d'abord en attendant que le film en question passe sur un service de distribution de contenu internet alors qu'il aurait sans doute été plus judicieux d'aller l'admirer sur grand écran lors de sa sortie en salle. Et puis, quelle idée de faire le choix de le découvrir doublé en français plutôt que dans sa version originale ! Aussi bizarre que cela puisse paraître sachant que l'avis des autres, ben j'm'en tape en général tant que je n'ai pas découvert l'objet du litige en question, c'est en français que j'ai choisi de découvrir The Batman de Matt Reeves et non dans sa version originale. Pourquoi ? Parce que !!!... Non, en fait, pour une raison aussi simple qu'absurde : à trop lire et trop entendre que l'acteur qui endosse le rôle-titre (Robert ''Twilight'' Pattinson) avait une voix d'adolescent en pleine mue, ben j'me suis dit qu'envisager le film avec la voix de Thomas Roditi dans les oreilles m'empêcherait certainement de grincer des dents. Sauf que....... Sauf que si lui s'en sort plutôt pas (TROP) mal, dans la longue liste des ''invités'', y'en a certains qui ont du soucis à se faire. Ou plutôt, LE PUBLIC, LUI, a-t-il eu du soucis à se faire parce dans le genre ''farces et attrapes'', la présence vocale d'Emmanuel Karsen est des plus improbables. Nan mais ! Affubler (voire, affliger) l'acteur Con O'Neill (et donc le personnage du chef Mackenzie Bock) du timbre de voix si particulier et tellement inapproprié de l'acteur et doubleur français cause plus de rires que nécessaire... Ensuite, totalement obnubilé par la question du ''Wokisme'' ou de la ''Cancel Culture'' au point de me demander si je ne devrais pas retourner consulter mon psy, voilà que je me fais d'emblée une réflexion qui ne tient qu'en trois mots : ''Une Catwoman noire ???''


Ouais, pourquoi pas. Surtout que la chose s'avère en fait relativement courante puisque entre 1967 et 1968, la chanteuse Eartha Kitt (la chanson ''This is my life'' parlera sans doute aux plus anciens) endossa le costume de la ''féline'' dans la série Batman tandis que Halle Berry prêta ses traits au personnage en 2004 dans Catwoman. Sur ce point, rien de vraiment précis donc... si ce ne sont les premières ébauches produites par ses créateurs, les créateurs de comics Bill Finger et Bob Kane, dès le tout début des années quarante ! Bon, ça reste un détail... Rappelons que Matt Reeves fut tout de même l'auteur du sympathique Cloverfield en 2008, du génial remake du film suédois de Tomas Alfredso, Låt den rätte komma in titré pour l'occasion Let me in ainsi que des formidables La Planète des singes : L'Affrontement en 2014 et La Planète des singes : Suprématie en 2017 (de ce dernier, je l'avoue, je ne m'en suis pas encore remis)... Bref, le genre de type dont on pourrait presque dire que l'on peut aller voir ses œuvres les yeux fermés si cela ne devait pas engendrer des difficultés de compréhension. The Batman, c'est quoi ? Trois heures ou presque d'un récit tout d'abord relativement confus. Faute avouée étant généralement à moitié pardonnée, j'avoue m'être rapidement levé de mon siège pour aller chercher la traditionnelle dose de chocolat que ma compagne et moi dévorons toujours devant un film. C'est peut-être ainsi la raison pour laquelle entrer dans le film paru foncièrement rude. Avais-je dès le départ manqué un ou plusieurs dialogues essentiels ? Pas une, pas cinq ni quinze ou vingts minutes mais une bonne demi-heure me fut nécessaire pour comprendre où voulaient en venir le réalisateur et son scénariste Peter Craig et ainsi quelque peu adhérer au concept ! Des sous-intrigues en veux-tu, en voilà, pour autant de personnages à mémoriser. Advint ce qui devait alors advenir (!?!) : The Batman ne fut plus qu'une expérience faisant moins appel à la réflexion et la concentration qu'à une certaine forme de contemplation...


Car qu'on le veuille ou non, le long-métrage de Matt Reeves déchire visuellement. La direction artistique confiée à une pléthore de spécialistes dont je n'ai absolument pas envie d'énumérer la liste car trop longue alliée à la photographie de Greig Fraser et à la bande-son musicale de Michael Giacchino offre un spectacle vertigineusement funèbre ! Tout est noir, sombre, pessimiste, fait de bruit et de fureur. Les décors de James Chinlund tapent dans le mille et Gotham City n'a presque jamais paru aussi austère et nihiliste ! Oui mais voilà : qu'est-ce qu'on peut se faire ch*#@ !!! Les références volontaires ou non à l'univers vidéoludique créé par l'entreprise britannique de développement de jeux vidéo Rocksteady Studios paraissent tellement nombreuses que j'avais chaque fois l'impression de redécouvrir Batman: Arkham City en version ''Live'' ! Les combats eux-mêmes ''transpirent'' littéralement ce que les amateurs de jeux vidéos en général et de l'univers de Batman en particulier purent découvrir entre 2009 (date de sortie du jeu Batman: Arkham Asylum) et 2015 (Batman: Arkham Knight). Tout ceci saupoudré d'une série d'énigmes et de séquences plongées sous la pluie à peine dignes du génial Se7en de David Fincher. Et pour retenir quoi au final ? Ben pas grand chose... Face à la trilogie ''poids-lourd'' réalisée par Christopher Nolan entre 2005 et 2012 (ouais, le gars qui tourne aussi parfois des trucs très chiants genre ''branlette intellectuelle'' comme Tenet) et formée de Batman Begins, The Dark Knight et The Dark Knight Rises, le long-métrage de Matt Reeves est de mon avis personnel (et visiblement assez peu partagé) la première fausse note d'un cinéaste dont la carrière était jusque là exemplaire...

 

dimanche 16 janvier 2022

The Lighthouse de Robert Eggers (2019) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Quatre années après avoir signé le remarquable The Witch, le réalisateur et scénariste américain Robert Eggers revenait en 2019 avec son second long-métrage The Lighthouse. Une œuvre différente, moins portée sur le fantastique et qui outre plusieurs nominations remporta notamment la même année, le prix FIPRESCI (prix de la critique internationale) au festival de Cannes. N'abandonnant pas pour autant son style visuel et narratif, Robert Eggers plonge avec The Lighthouse ses deux principaux interprètes (auxquels s'ajoute l'actrice Valeriia Karaman) au cœur d'une œuvre troublante, fantomatique et terriblement anxiogène filmée en noir et blanc et au format 4/3 dont l'usage remonte au tout début du vingtième siècle. Un choix relativement étonnant mais encore utilisé avec parcimonie de nos jours. Si ce choix peut sembler curieux, son utilisation s'avère en revanche tout à fait appropriée puisque resserrant autour des deux personnages, une intrigue déjà fortement emprunte d'anxiété. Celle qui dans le cas présent concerne deux gardiens de phares qui vont non seulement devoir se confronter à une tempête à venir mais aussi et surtout à des secrets que chacun d'eux semble vouloir préserver. Situant son action sur un îlot, loin des terres habitées, The Lighthouse saisit presque immédiatement par son ambiance. Le noir et blanc et le format jouant un rôle prépondérant dans l'évolution du récit, du caractère des personnages qu'interprètent admirablement Willem Dafoe, fidèle collaborateur du réalisateur Abel Ferrara ainsi que Robert Pattinson dont la carrière a véritablement explosée dès l'année 2008 avec la franchise Twilight)...


Ici, les deux acteurs s'affrontent lors d'un véritable duel de caractères. Le premier figurant un ancien capitaine au long cours, ayant tout vu, tout vécu, transformé en gardien de phare bourru jusqu'à la moelle face à une nouvelle recrue ayant quitté son pays d'origine, le Canada, où il exerça le métier de bûcheron avant d'être transporté jusqu'à cette île afin de changer d'existence. Robert Eggers imprime à son second long-métrage une atmosphère sombre, étouffante et putride. Un caillou balayé par les vents, humide, glissant, plongé le plus souvent dans une obscurité que seule la lanterne du phare semble encore capable d'illuminer. Un objet de convoitise pour le jeune Ephraim Winslow mais que compte bien conserver comme privilège personnel, le bougon Thomas Wake. Drame au cœur duquel les légendes maritimes (celle de la sirène, notamment, qu'interprète donc Valeriia Karaman, ou les récits de capitaine de navire que conte à la jeune recrue, le vieux Thomas Wake) s’amoncellent en couches successives pour arriver à un point de non retour où ces récits fantastiques (au sens propre comme au figuré) prennent forme. L’œuvre n'est pas très éloignée de l'univers d'un certain Howard Phillips Lovecraft, écrivain dont l'approche romancée de l'indicible explose ici à diverses occasions. Le film de Robert Eggers nous happe par son incroyable ambiance faite d'images en noir et blanc sombres et mortifères. Une carte postale de fin du monde à l'échelle d'un îlot où les vagues, menaçantes, ne cessent de grandir jusqu'à nous donner l'impression que celui-ci sera prochainement englouti sous des eaux tempétueuses...


Légende encore lorsqu'est évoqué le mythe selon lequel tuer une mouette pourrait porter malheur. Un signe qui ne trompe pas et qui dans le cas présent fait sans doute porter à Ephraim Winslow une part de responsabilité dans les événements qui vont se produire. La notion du temps perdant ici de sa valeur, nos deux gardiens vont souffrir de manques importants. Isolement, solitude, appétit sexuel, remords, et si l'on tient compte du réalisateur lui-même qui évoquait que ''Rien de bon ne peut arriver quand deux hommes sont isolés dans un phallus géant'', les rapports de maître à... ''esclave'' que porte en lui le long-métrage ne peuvent engendrer que désordre moral et désobéissance. Il serait facile d'encourager celles et ceux qui n'ont toujours pas découvert ce joyau en exposant les nombreuses fulgurances visuelles dont est doté The Lighthouse. Mais ce serait sans doute prendre le risque de faire perdre un peu d'intérêt à une œuvre qui mérite que l'on en conserve tout ou partie de ses secrets. Un long-métrage véritablement envoûtant, porté par deux très grands interprètes. Un cauchemar sublimé par la photographie de Jarin Blaschke et par l'exceptionnelle bande-son de Mark Korven qui en outre collabora déjà avec Robert Eggers sur son premier long-métrage. Après deux longs-métrages plus que convaincants, nul doute que l'on attende son prochain film intitulé The Northman actuellement en post-production...

 

mercredi 8 avril 2020

Good Time de Joshua et Ben Safdie (2017) - ★★★★★★★★☆☆



Constantine et Nick Nikas braquent une banque mais les choses tournent mal. Le contenu du sac contenant les billets contient une liasse piégée qui explose. Prenant la fuite, ils sont poursuivis par des agents de police qui finissent par arrêter Nick tandis que son frère parvient à leur échapper. Enfermé avec d'autres détenus, le premier est passé à tabac puis se retrouve à l’hôpital. D'abord convaincu de pouvoir réunir l'argent de la caution qu'exige un avocat véreux pour la libération de Nick, ''Connie'' comprend qu'il va devoir se débrouiller seul. Lorsqu'il apprend que son frère a été transféré aux urgence, il n'a plus qu'une obsession : le retrouver et l'aider à s'échapper. Mais son plan ne va pas se dérouler comme il l'avait prévu. En effet, convaincu d'avoir réussi à retrouvé Nick, il va très vite se rendre compte de son erreur. L'homme au visage bandé qu'il traîne inconscient derrière lui est un petit dealer qui a eu maille à partir avec les autorités. Pris sous l'aile d'une vielle femme et de sa petite-fille Crystal, Connie compte cependant profiter de l'opportunité que lui offre Ray qu'il a libéré à la place de son frère. L'homme lui raconte en effet qu'après avoir échappé à la police en compagnie de deux autres petite frappes, ceux-ci ont laissé derrière eux le fruit d'un vol dans un parc d'attraction. Connie propose alors à Ray de l'aider à récupérer l'argent et de le partager en deux. Une longue nuit s'ouvre alors aux deux hommes...

Deux ans avant Uncut Gems, les frères Joshua et Ben Safdie plongeaient déjà leurs protagonistes dans des situations ubuesques. Un cauchemar nocturne et nihiliste dans un New York anxiogène. Une course-poursuite infernale dont personne ou presque ne sortira indemne. Si Good Time prend dès le départ les allures d'un drame social qui expose un Nick déficient mental formidablement interprété par Ben Safdie, très vite, le contexte change pour muer en un thriller sombre et désespéré. Les feux de la rampe n'éclairent pas ici le modèle américain. Joshua et Ben Safdie semblent se complaire à décrire un univers où ne se côtoient que junkies, braqueurs de banque, avocat véreux et innocence ''perdue''. Comme plus tard avec leur dernier long-métrage Uncut Gems, les deux frangins poussent le curseur de la déliquescence à ce point que Good Time en devient pittoresque et même, presque amusant. Les deux cinéastes injectent en effet à leur thriller un ''shoot'' d'humour macabre qui désamorce si souvent la noirceur du propos que l'on fini par sourire devant l'étalage d'incompétences dont fait preuve le personnage de Connie interprété par l'acteur britannique Robert Pattinson qui ici, incarne la loose comme peu d'autres avant lui.

Toujours aussi caricaturaux, et comme soulignant la parenté de leur œuvre avec les polars les plus sombres et les plus emblématiques du septième art (on pense notamment parfois au cinéma d'Abel Ferrara, Sydney Lumet, Charles Laughton ou plus près de nous, A1lain Corneau ou Gaspar Noé), Joshua et Ben Safdie injectent là encore, des séquences visuellement cruelles témoignant d'une réalité sociale ''crasse''. Loin du buddy Movie ou deux caractères opposés s'affrontent, Good Time est un thriller réunissant un collège d'âmes en peine cherchant à s'en sortir par tous les moyens. Mais ceux que tentent d'utiliser les personnages ne sont pas dans le cas présent de ceux qui vous sortent de la merde mais vous y enfonce la tête. Il se dégage de leur avant dernier film, une poésie de la noirceur totalement jubilatoire qui ne souffre parfois que de vivre sur le fil du rasoir. Entre l'absurdité de certaines séquences outrageusement caricaturales (ce sort qui s'acharne avec constance sur les personnages), l'évocation éminemment touchante du lien qui unit les deux frères, la course-poursuite désespérée de ses anti-héros traquée en hauteur par d'agiles drones, la ''consternante'' habitude des frères Safdie à ne pas vouloir caresser le spectateur dans le sens du poil et l'ample score de Oneohtrix Point Never, Good Time est de ces cauchemars dont on n'a pas du tout envie de se réveiller...

jeudi 15 août 2019

Twilight Chapitre I : Fascination de (2008) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



C'est sous l'impulsion de Stéphane Erbisti, auteur et rédacteur en chef de l'excellent fanzine ''TOUTES LES COULEURS DU BIS'' et propriétaire du tout aussi réjouissant blog ''LE PETIT CINEMA DE STÉPHANE'' que j'ai décidé de passer le cap de la réticence et des commentaires parfois outrageusement définitifs (dans le mauvais sens du terme, s'entend) pour me lancer dans l'aventure Twilight. Et même si je passe après ce blogueur très averti en matière de cinéma, c'est en partie après avoir conversé en sa compagnie que j'ai pris sur moi et ai visionné pour commencer comme le veut la tradition chère aux sagas, par le premier épisode d'entre eux. D'une durée d'un peu moins de deux heures, j'ai d'abord estimé que je pouvais AU PIRE, perdre deux heures d'existence, et AU MIEUX, pourquoi pas, découvrir un univers qui sinon m'aurait peut-être échappé jusqu'au moment de rendre mon dernier souffle, m'aurait au moins permis de m'échapper, ne fut-ce qu'un court instant, de l'univers cinématographique et autiste dans lequel j'ai parfois tendance à m'enfermer.
Tout d'abord, j'aimerais évoquer les a priori qui ont faillit me condamner à considérer la saga Twilight comme inadaptée à mon mode de vie de cinéphile. À commencer par cet éprouvant sentiment qui se dégage des différentes affiches de ce premier volet intitulé Twilight Chapitre 1 : Fascination sur lesquelles s'affichent tant de jeunesse et de fraîcheur auxquelles je n'aspire plus vraiment du haut de mes quarante-sept ans. Ensuite, le sujet : le vampirisme. Cet état très particulier qui ne m'a jamais attiré autrement que lors d'expériences parfois suspectes mais sortant plus généralement de l'ordinaire suceur de sang grillant sous le moindre rayon de soleil, éprouvant un certain malaise devant une gousse d'ail ou un crucifix et ne reflétant pas son image dans les miroirs. Le vampire, le seul, le vrai qui brille à mes yeux est celui qui hante le bitume, ne craint pas toujours la lumière du soleil et dont le mal peut tout aussi bien être comparé à une maladie sinon mentale (Martin, de George Romero), du moins assimilable à certaines maladies sexuellement transmissibles (The Addiction d'Abel Ferrara)...

Séance...

C'est malheureusement l'esprit parasité par une trop faible mais surtout par une trop prégnante expérience dans le domaine de la romance au cinéma que j'ai donc découvert le premier chapitre des aventures d'Isabella Swan et d'Edward Cullen. Une humaine et un vampire, réunis sans doute trop rapidement dans leurs sentiments, la passion et l'amour. Moins d'une heure après le générique du début, voilà qu'ils s'avouent leur flamme réciproque au point de ne pas supporter l'idée de se perdre. Un peu trop rapide à mon goût lorsque le jeu de l'attirance-répulsion d'Angélique, Marquise des Anges de Bernard Borderie avait su en son temps conserver le temps d'un film dans son entier, ce côté passionnel et fragile entre un homme et une femme. Ou plus tard, lorsque la délicatesse du scénariste Richard LaGravenese et la mise en scène toute en nuances de Clint Eastwood avaient accouché du sublime Sur la Route de Madison. Autre lieu, autre genre, autre génération, Twilight Chapitre 1 : Fascination est bien trop pressé dans sa tentative d'éluder les rapports entre ses deux jeunes héros incarnés par la très jolie Kristen Stewart et le charismatique Robert Pattinson. Autant l'on peut être séduit par leur apparences ainsi que celles des autres membres de cette famille de vampire qui tous ont un cachet qui empêche le spectateur de leur demeurer indifférent, autant s'avèrent-ils parfois trop lisses pour faire oublier une autre ''fratrie'' de vampires, celle du Génération perdue de Joel Schumacher sorti en 1987.

S'il manque de profondeur en matière de romanesque, ce film pourtant réalisé par la réalisatrice Catherine Hardwicke (une femme et donc, toute la sensibilité féminine qu'on en attend) possède de belles teintes hivernales. Pourtant réalisé caméra à l'épaule et débutant sous les allures d'une œuvre indépendante, Twilight Chapitre 1 : Fascination souffre de gimmicks visuels infernaux polluant parfois la scène (ralentis, accélérations de l'image qui peuvent sortir le spectateur de l'histoire). Ce premier chapitre n'a pas la classe du Dracula de Tod Browning, ni la sublime atmosphère du Nosferatu, eine Symphonie des Grauens de Friedrich Wilhelm Murnau (ou du remake réalisé plus tard par le cinéaste Werner Herzog), ni la folie des Vampires de John Carpenter ni celle de ceux d'Une Nuit en Enfer de Robert Rodriguez. Il n'offre jamais aucun des enjeux émotionnels et dramatiques des chefs-d’œuvre Låt den Rätte Komma in de Tomas Alfredson et de son remake réalisé par Matt Reeves, Let me In. À dire vrai, Twilight Chapitre 1 : Fascination est ce qu'il semblait être dès le départ : un spectacle visant avant tout le jeune public. Des dialogues mièvres, une intrigue qui vire au grand n'importe quoi (l'hypothétique match de base-ball entre gangs de vampires rivaux), et un spectacle grandiloquent d'où ne surnage finalement que la relation entre l'héroïne et son père Charlie incarné à l'écran par l'acteur Billy Burke. Bref, pas vraiment une référence dans l'univers encombré dues vampires...
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