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lundi 20 avril 2026

La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol : Marius d'Alexander Korda (1931) - ★★★★★★★★★☆



La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol : Marius.


Avant-propos :

 J'ai cinquante-quatre ans, suis originaire de la région parisienne, vis depuis trente ans à Marseille et donc dans le sud depuis plus de la moitié de ma vie. Et pourtant, si je prends en compte ce que certains habitants du cru ne cessent de me ressasser, j'aurai beau vivre trente ans de plus à Marseille, jamais ô grand jamais je ne serais moi-même marseillais. N'ayant de toute façon jamais eu cette prétention, je ne me formalise pas. D'autres compatriotes cette fois-ci originaires de Seine-et-Marne pourraient considérer de traîtrise que de m'être laissé aller à goûter à la bouillabaisse ou au panisses et au chichi. Devenu apatride dans mon propre pays la France, c'est donc dans l'imaginaire offert par de grands auteurs que j'ai choisi de me réfugier lorsque souvent je me pose la question : '' d'où viens-je...?  ''.  La langue française, lorsqu'elle est écrite, est universelle. Sans accents. Presque anonyme si ce n'est le ton que lui donne l'auteur du texte que l'on tient entre les mains. Accent marseillais ? Parisien ?  Qui sait...?



Marius donne des regrets. Celui qui tout d'abord nous a refusé de vivre il y a près d'un siècle, proche de ce Vieux Port de carte postale en noir blanc. De ces autochtones au fort accent qui de nos jours se dilue au profit d'un parler '' racaille ''. Premier volet de la La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol reposant sur l'ouvrage du célèbre écrivain et cinéaste français, ce long-métrage de plus de deux heures est comme très souvent chez son auteur, ce que l'on peut considérer comme l'un des plus précieux nectars en matière d'écriture. Bien avant Michel Audiard, Francis Veber ou Bertrand Blier, l'écrivain, scénariste et réalisateur français donne ici ses lettres de noblesse au cinéma méridional. Un héritage culturel et cinématographique qui pour certains fait probablement la nique à la concurrence parisienne de l'époque dont les qualités sont pourtant très '' flatteusement'' mises en avant par les archéologues du septième art... Tandis que le réalisme poétique du cinéma parisien s'ancre à l'époque au travers de certaines œuvres aussi célèbres que Quai des brumes ou Hôtel du Nord de Marcel Carné ou Sous les toits de Paris de René Clair, au ton plus sombre et donc beaucoup plus pessimiste, le cinéma de Marcel Pagnol s'inscrit dans un courant beaucoup plus chaleureux. Pourtant, l'un et l'autre de ces cinémas se trouvent être très proches du peuple. D'où des thématiques qui dans Marius parlent invariablement au plus grand nombre, que l'on soit du sud ou du nord. Ironiquement, si plusieurs séquences situées notamment aux abords du Vieux Port ont effectivement été très exactement tournées sur le lieu de l'intrigue, d'autres furent réalisées dans les Studios de Joinville, situés à Joinville-le-Pont, dans le Val-de-Marne. Et parmi ces dernières, celles situant leur action dans le Bar de la Marine, un lieu authentique du Vieux Port reconstitué à l'occasion du long-métrage...



Si l'histoire est somme toute classique et tourne autour de deux idées principales, Marius vaut évidemment davantage pour ses dialogues et son interprétation que pour son cadre, lequel se résume rapidement au Bar de César Ollivier qu'interprète l'excellent Raimu et à quelques séquences tournées en extérieur et notamment sur le quai du Vieux Port de Marseille. Si le père de Marius est très présent à l'image et donne la réplique au héros lors de séquences souvent admirables, c'est bien autour du jeune homme que tourne ce premier volet de la La Trilogie Marseillaise de Marcel Pagnol. Laquelle se poursuivra l'année suivante avec Fanny avant de prendre fin en 1936 avec César. Dans Marius, il est beaucoup question d'amour et de passion. Écrit par Marcel Pagnol mais réalisé par le britannico-hongrois Alexander Korda, le long-métrage fait effectivement la part belle à cet amour que partagent l'un pour l'autre Marius et la jeune Fanny. Respectivement interprétés par Pierre Fresnay et Orane Demazis, cette dernière accompagnera la carrière de Marcel Pagnol durant un temps tout en partageant son existence entre 1925 et 1938. L'on pourra d'ailleurs regretter qu'en 1952 le cinéaste et écrivain n'ait pas préféré opter pour une actrice de la trempe d'Orane Demazis plutôt que pour sa nouvelle compagne Jacqueline dont l'incarnation dans la seconde partie de Manon des sources intitulée Hugolin laissa quelque peu à désirer ! Si beaucoup semblent tout d'abord se souvenir de la mythique partie de carte et de la légendaire réplique de César ''Tu me fends le cœur, Marius vaut surtout pour ses innombrables lignes de dialogues dont la richesse et l'esprit parfois très méridional régalent les oreilles du spectateur en permanence. Un humour très présent, donc, mais aussi quelques moments plus graves qui démontrent notamment la richesse d'interprétation de la plus part des acteurs présents à l'image. Les rapports entre Marius et son père César. Et plus encore, cette séquence relativement longue durant laquelle Marius et Fanny avouent s'aimer tandis que le jeune homme révèle à la jeune femme la raison pour laquelle il ne peut pas l'épouser. Bref, Marius est une pépite du cinéma français des années trente qui n'a pris que très peu de rides. De formidables acteurs. Une histoire simple campée par des personnages fascinants, touchants et souvent drôles...


samedi 21 février 2026

Petite Histoire du Cinéma: (1932) Vampyr de Carl Theodor Dreyer



Allan Gray s'est lancé dans l'étude du culte du Diable et des superstitions. Ses recherches l'ont rendu un peu fou et rêveur, incapable de distinguer le réel du surnaturel. Alors qu'il flâne au hasard, il arrive un soir devant le hameau de Courtempierre, lieu paisible qui connu pourtant un fléau qui décima une partie de ses habitants. Réservant une chambre à l'hôtel du petit village, il reçoit le soir-même la visite d'un vieillard dans sa chambre qui lui confie un paquet contenant un ouvrage écrit de sa main et consacré aux vampires. L'homme avant de quitter la pièce, inscrit sur l'enveloppe "A ouvrir après ma mort".

Lorsque plus tard dans la soirée Allan Gray part visiter les alentours, il entend des cris d'enfant qui le poussent jusqu'à un château situé non loin de là. Il y croise un vieil homme curieux qui lui assure qu'il n'y a aucun enfant en ces lieux. Il tombe ensuite nez à nez avec l'homme qui plus tôt s'invita dans sa chambre d'hôtel. Ce dernier meurt, laissant orphelines ses deux filles Léone et Gisèle. La première, très marquée par la disparition de son père est tétanisée. La seconde, elle, semble irrésistiblement attirée dehors. Elle parcourt le parc attenant au château. Lorsque Allan part à sa recherche, il la retrouve inconsciente. Le médecin de famille est dépêché sur les lieux. C'est le vieil homme étrange qu'Allan a aperçu quelques temps plus tôt. Le médecin explique au jeune homme que la seule chance pour Gisèle de survivre est de lui donner du sang. Il propose donc à Allan de donner le sien...

L'oppressante impression ressentie lors de la vision de ce Vampyr signé Carl Theodor Dreyer n'est que le fruit du hasard. Ou plutôt d'une erreur que le cinéaste choisit de conserver afin d'accentuer l'atmosphère énigmatique qui se dégage de cette œuvre parfois étouffante. A ce titre, les scènes se déroulant dans la chambre du jeune Allan Gray possèdent une aura particulière, les murs semblant se refermer sur cet homme qui paraît alors trop grand dans cet environnement exigu. Les ombres elles-mêmes sont un élément fondamental et appliquent au film toute entier la marque des grandes œuvres expressionnistes allemandes du début du vingtième siècle.

Ces jeux d'ombres et de lumières sont tout d'abord déroutants. Puis c'est le récit qui apparaît opaque. Jusqu'à ce que l'on saisisse où veut en arriver Dreyer. La juxtaposition entre la livraison de ce que contient l'ouvrage et ce qu'est en train de découvrir Allan Gray aide à la pleine compréhension du scénario qui défile devant nos yeux. L'image est fantasmatique et auréolé d'une ambiance trouble que vient renforcer la présence de cet inquiétant médecin au look d'Albert Enstein mortifère.

La caméra se déplace parfois de manière curieuse, entourant ses personnages, les accompagnant ou les précédant dans leurs déplacements. Le mythe du vampire est ici bien différent de celui que l'on a l'habitude de croiser, malgré certains aspects qui les font tout de même se ressembler (la manière idéale de les tuer étant pour tous de leur enfoncer un pieu en plein cœur), celui de Dreyer n'a pas les dents longues et n'a rien d'aussi classieux que celui du cinéaste Tod Browning ou celui campé maintes fois par Christopher Lee.

Vampyr demeure une œuvre majeure du cinéma expressionniste allemand qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie.

samedi 12 avril 2025

Les Mythes du Cinéma Fantastique: La Momie: The Mummy de Karl Freund (1932)


En 1921, une expedition constituée d'archéologues de renommée mondiale met à jour une tombe enfermant un sarcophage à l'intérieur duquel repose le corps momifié d'Imotep. Alors que le docteur Muller et son collaborateur Sir Joseph Whemple se demandent s'il est raisonnable d'ouvrir le coffre qu'ils viennent de découvrir (sur le couvercle duquel une phrase gravée menace quiconque tentera de s'emparer de son contenu), Imotep ouvre un œil, puis le second. Mu par une force inconnue, il quitte son sarcophage à l'ombre des lumières et fausse compagnie aux archéologues.

Onze ans plus tard, alors que l’expédition organisée par le British Museum s'apprête à faire chou blanc, le professeur Pearson et Franck Whemple (fils de Sir Joseph Pearson) reçoivent la visite d'un étrange individu nommé Ardath Bey. Celui-ci indique aux deux hommes l'emplacement d'un tombeau renfermant la dépouille de la princesse Ank-Souh-Namun, jeune femme pour laquelle Imotep fut enterré vivant il y a longtemps de cela.

Ressemblant étonnamment à la princesse, la fille du gouverneur Grovesnor, Helen, est très éprise de Franck Whemple. Ardath Bey lui-même ne semble pas indifférent aux charmes de la jeune femme en laquelle il voit la réincarnation de Ank-Souh-Namun . Son vœu le plus cher étant de faire revenir à la vie la princesse, Ardath Bey s'introduit dans le musée qui renferme désormais les objets trouvés dans la tombe de la princesse Ank-Souh-Namun ainsi que sa dépouille. A l'aide du parchemin de Thot, censé permettre de ressusciter les morts, il invoque le retour la jeune femme mais est découvert par un gardien qui l’empêche de mener à bien son projet. Tuant l'homme de ses mains, il prend la fuite et n'a désormais plus qu'un objectif : S'emparer de la jeune Helen afin de la sacrifier pour ainsi ressusciter celle qu'il a toujours aimé...

Réalisé par Karl Freund, La Momie reste encore aujourd'hui comme l'une des plus flamboyantes œuvres sur ce sujet. Basé partiellement sur une légende qui veut que lors de l'exhumation du tombeau de Toutânkhamon une malédiction a frappé l'équipe chargée d'extraire le corps, le film de Freund est un véritable chef-d’œuvre qui vaut par sa mise en scène et par un jeu d'acteurs excellent. Avec Boris Karloff en première ligne, l’œuvre explore de majestueuses citées égyptiennes qui viennent ajouter au dépaysement dû à un sujet particulièrement attrayant.

Si les effets-spéciaux sont relativement discrets, on aura tout de même droit au début du film à l'apparition de la momie dans sa forme la plus classique. Soit un homme enveloppé dans des bandelettes poussiéreuses du plus bel effet. Boris Karloff en impose véritablement grâce à une stature et surtout un visage proprement effrayant. Véritable star de la Universal à l'époque, le film repose surtout sur ses diverses apparitions.

C'est le directeur de la Universal, Carl Laemmle Jr. qui décide de produire un film avec comme personnage principal une momie. L'idée lui vient afin de compléter le bestiaire fantastique dans lequel sont déjà bien représentés Dracula et Frankenstein.

Comme c'est souvent le cas à l'époque, on retrouve l’éternel jeu de séduction entre héros sauf qu'ici il est contrecarré par l'énigmatique Ardath Bey qui use de son pouvoir d'hypnose afin d'avoir le contrôle sur la jeune Helen. On comprendra très vite que derrière cet obscure personnage se cache en fait Imotep, ce qui vaut à Boris Karloff d'interpréter deux rôle dont celui de la momie. Concernant cette dernière, son apparition sera succincte puisque nous le la verrons qu'au tout début du film, épargnant ainsi à l'acteur, l'inconvénient de porter des bandelettes durant tout le métrage. Zita Johann elle-même interprète un double rôle puisqu'elle est à l'écran Helen Grovesnor mais aussi la réincarnation de la princesse Ank-Souh-Namun.

La Momie reste donc, quatre-vingt ans après sa sortie, comme l'un des meilleurs (si ce n'est LE meilleur)  films sur le sujet. Un chef-d’œuvre.

dimanche 13 août 2017

Les Mythes du Cinéma Fantastique: Le Mort-Vivant: White Zombie de Victor Halperin (1932)



Neil Parker et Madeleine Short s'apprêtent à se marier dans la luxueuse demeure de leur hôte Charles Beaumont aux Antilles. Ayant fait connaissance avec la jeune femme peu de temps auparavant, Beaumont est littéralement tombé sous son charme et cette invitation n'est en fait qu'un leurre afin de prendre possession de Madeleine avant qu'elle ne se marie avec son fiancé. C'est ainsi que Beaumont fait appel à un sorcier vaudou du nom de Legendre. Un maître puissant dans l'art de manier les sciences occultes et qui vit entouré d'une armée d'esclaves constituée de zombis. Les deux hommes mettent au point un stratagème visant à faire croire à Neil que Madeleine meurt afin de l'exhumer après l'enterrement.

Tout fonctionne parfaitement jusqu'au moment ou Neil, fou de douleur, se rend au cimetière pour constater que la tombe de sa promise a été profanée. Durant ce temps là, dans la demeure de Beaumont, rien ne se passe comme il l'avait prévu. La jeune femme ne possède plus cette étincelle de vie dans le regard qui plaisait à son hôte et son visage n'arbore plus le moindre sourire.

C'est ainsi qu'il demande à Legendre de trouver un moyen de faire machine arrière même si cela doit lui coûter la présence à ses côtés de Madeleine. Malheureusement, le sorcier vaudou a pour celle-ci ainsi que pour Beaumont, de bien funestes projets.

Pendant ce temps-là, Neil aidé du docteur Bruner, s'apprête à retourner dans la demeure de Beaumont afin de récupérer celle qu'il aime...

White Zombie de Victor Halperin est le tout premier film à aborder le thème des morts-vivants au cinéma. Nous sommes en 1932 et George Romero est encore loin d'avoir eu l'idée de rendre ces curieux individus anthropophages. Ici, il s'agit plutôt de mettre en scène des hommes victimes d'une magie noire directement inspirée du vaudou. C'est d'ailleurs ainsi que l'on se rend compte de la véracité d'un tel procédé qui n'a rien à voir avec le fantastique mais avec une alchimie provoquant une léthargie profonde de la part de ceux qui en sont victimes. Le sorcier responsable de cet état n'a alors plus qu'à venir exhumer sa victime afin d'en prendre possession et d'en faire son esclave.

Aujourd'hui le mort-vivant est un être au sang froid, décharné, déshumanisé et surtout anthropophage. Il dévore ses semblables vivants et ne meurt, selon les films, que d'une balle dans la tête (lorsqu'il n'est pas purement et simplement quasi-indestructible). Les morts-vivants de Victor Halperin n'ont comme signe distinctifs qu'une marche lente et laborieuse et pratiquement plus aucune conscience.


L'aspect fantastique de l’œuvre apparaît dans l'emprise que possède Legendre (Bela Lugosi) sur ses victimes qu'il hypnotise et contrôle ainsi à sa guise. La cruauté de certains des personnages s'exprime à différents degrés. Il y a d'abord Beaumont et son désir d'avoir en sa possession la jeune et jolie Madeleine. Agissant de façon suspecte pour son seul et unique intérêt, on le découvre braucoup plus humain à partir du moment où il désire faire machine arrière au prix de la perte de celle qu'il aime. Legendre, lui, personnifie le mal à l'état pur. Il n'a pas plus de conscience que l'armée de zombies qui le suivent dans ses pérégrinations nocturnes. C'est un démon qui asservie son prochain. Absolument antipathique, ce personnage possède également un charisme certain.

White Zombie est un excellent film, qui, il est vrai, à quelque peu vieilli. Mais c'est aussi et surtout un merveilleux témoignage. Celui des débuts des morts-vivants au cinéma. Car depuis, ces créatures se sont multipliées à une vitesse effarante, devenant ainsi dans le bestiaire fantastique, aussi nécessaires que les vampires ou les loups-garous.

jeudi 13 février 2014

War Of The World de byron Haskin (1954)


La petite ville de Linda Rosa est le témoin de la chute d'une météorite qui vient s'écraser aux abords de son agglomération. Intriguée, la population se rassemble autour du brûlant objet. Des dizaines de fumerolles se dégagent des interstices de l'immense caillou que le docteur Clayton Forrester s’étonne de constater que la chute a généré peu de dégâts collatéraux.

Intéressé par l'objet, il préfère cependant attendre que celui-ci ait refroidit, d'autant plus qu'après analyses, il est manifeste qu'il dégage une forte radioactivité. Invité à venir s'abriter dans la demeure du pasteur Matthew Collins et de sa nièce Sylvia Van Buren, Clayton Forrester s'éloigne en leur compagnie de la météorite alors que trois hommes sont consignés afin de la surveiller durant leur absence.

Plus tard, et alors que les habitants de Linda Rosa sont réunis dans la salle des fêtes de la ville, les trois hommes qui surveillent la météorite sont témoins d'un étrange phénomène. En effet, à son sommet, une minuscule partie se détache et laisse a place à un trou circulaire duquel s'extrait un curieuse forme métallique. Un long cou surmonté d'un œil qui guette alors les alentours et fait feu sur les trois hommes stupéfaits qui tombent en poussière sur place.

A Linda Rosa, la fête bat son plein lorsque l’électricité s'éteint subitement. Les musiciens s'arrêtent et tous les hommes présents constatent que leur montre s'est arrêtée. Clayton Forrester demande au shérif de lui confier sa boussole et constate que l'aiguille ne donne plus vers le nord mais vers le site où s'est écrasé la météorite.

C'est ainsi qu'il part accompagné des autorités, du pasteur et de sa nièce sur les lieux du crash pour constater que les trois hommes ont disparu...

La guerre Des Monde de byron Haskin s'inspire du roman éponyme de H.G.Wells. Parmi les œuvres cinématographiques relatant une invasion d'extraterrestres belliqueux, celle-ci fait partie des plus fameuses, des plus réussies, et des plus célèbres. Si dans le roman, les aliens ont l'apparence de tripodes (de ceux que l'on découvre dans le décevant remake tourné longtemps après par Steven Spielberg avec le très énervant Tom Cruise dans le rôle principal), c'est parce qu'à l'époque il était inimaginable de pouvoir créer de manière crédible des structures aussi complexes. Alors, et même si leur animation n'a rien de remarquable, il fut beaucoup plus simple de concevoir des extraterrestres se mouvant à bord de vaisseaux.

On retrouve une fois encore cette habituelle complicité entre le chercheur et la jeune et jolie jeune femme qui l'assiste. L'armée américaine est mise à rude épreuve puisqu'elle n'est pas en mesure d'irriguer l'incessant et mortel ballet dont se rendent responsables des êtres venus de la planète Mars.

Revoir La Guerre Des Mondes fera du bien à tous ceux qui ne l'ont pas encore découvert, et surtout à ceux qui en ont marre de ces habituels clichés qui montrent une force d'armée américaine toujours supérieure aux autres et souvent seule capable d'endiguer ce genre de phénomènes. Des dizaines d’œuvres qui ont toujours passablement servi de prétexte pour faire la propagande de ces grandes et belles troupes suréquipées.

L'interprétation est généralement bonne, servie principalement par l'acteur Gene Barry (l'excellent épisode pilote de Columbo : Inculpé De Meurtre). Les effets-spéciaux, relativement kitsch restent d'honnête facture compte tenu de l'âge du film. L'intrigue demeure passionnante, surtout lorsque l'on constate l'impuissance des armées du monde entier devant le fléau que représente l'arrivée des extraterrestres. Si quelques menus détails paraissent exagérés, on pourra épiloguer sur la vraisemblance ou non de la conclusion, alors qu'elle démontre l'évidente nécessite d'avoir un maximum d'informations lorsqu'il s'agit de conquérir un terrain inconnu. C'est ainsi que les extraterrestres vont connaître une désillusion à la hauteur de leurs ambitions premières. Un chef-d’œuvre intemporel !

samedi 18 janvier 2014

Comme un Cheveu Sur La Soupe de Maurice Regamey (1957)


Pierre Cousin est malheureux. Ce musicien et compositeur de talent n'écrit plus que de des musiques tristes. Pire ! Il intente à sa vie. Il tente l'empoisonnement, ouvre le gaz, mais lorsque la concierge de l'immeuble où il vit lui dit que Wanda, son ex-fiancée demande à le voir, il retrouve le sourire. Il part la retrouver avec sous le bras la pile de lettres qu'elle lui a envoyé. Il manque alors de recevoir un pot de fleurs sur la tête et de se faire écraser par un automobiliste. Une fois arrivé chez Wanda, il constate que celle-ci n'a pas l'intention de refaire sa vie avec lui mais qu'elle veut simplement récupérer les lettres, les échangeant avec celles que Pierre lui avait envoyé. Il repart déconfit, avec une fois de plus, l'idée d'en finir avec son existence.

Il se jette alors par dessus un pont mais tombe sur un tas de foin transporté par une péniche. Plus tard, alors qu'il marche sur les berges de la Seine, il croise une ancre et décide de s'en lester avant de la jeter dans la rivière. A ce moment là, une jeune femme désemparée se jette à l'eau. Ni une, ni deux, Pierre décide de la sauver et saute lui aussi dans l'eau et vient au secours de la jeune femme.

Le couple ainsi improvisé se retrouve au commissariat de police. Pierre fait sécher ses vêtements avant de se rhabiller et Caroline Clément, la jeune femme, est interrogée par le commissaire dans une pièce voisine. Pierre quitte précipitamment le commissariat après qu'un individu lui ait prédit qu'il vivrait centenaire, à moins qu'il soit tué par un autre homme. C'est ainsi qu'il fait la connaissance d'Amédée, un tueur professionnel auquel il propose, moyennant de l'argent, de le tuer.

Mais Pierre est désormais un héros. On parle de lui dans la presse, on lui offre un emploi dans un grand cabaret de Montmartre, « La Belle Vie » et on l'invite sur les plateaux télé. Une proposition flatteuse mais dangereuse pour celui qui va mieux et qui désormais ne veut plus mourir.

Amédée a pourtant bien l'intention de remplir son contrat...

Comme un cheveu sur la soupe est le premier grand rôle de Louis de Funès. Et lorsque l'on pense « grand rôle », il faut imaginer plutôt « premier rôle ». Car en effet le film, au regard des nombreux classiques qui vont émailler la carrière du plus grand comique français de tous les temps, ne fait pas partie de ses meilleurs. Mais il fallait bien commencer par quelque chose et ne boudons pas notre plaisir de découvrir un Louis de Funès qui livre ici un jeu efficace dans lequel les prémices de son jeu si particulier se font sentir.

Louis de Funès qui avant d'être acteur était pianiste de bar joue ici pour notre plus grand plaisir du piano. Chose rare, on le verra également en jouer dans le film de Jean Loubignac, Ah ! les belles bacchante. La première demi-heure est plutôt plaisante avec les incessantes tentatives de suicide du personnage de Pierre Cousin et la traque dont il fait l'objet auprès des journalistes (parmi lesquels, les yeux les plus aiguisés reconnaîtront Jean-Pierre Cassel). Ensuite, le film s’essouffle et ne parvient pas vraiment à conserver le rythme.

Le seul véritable plaisir est alors de voir Louis de Funès cabotiner devant la caméra. Comme un cheveu sur la soupe restera donc surtout connu pour avoir donné sa première vraie grande chance à l'acteur en lui proposant le rôle principal. Au delà de ça, le film est une toute petite comédie, légère et presque insignifiante...



mercredi 18 décembre 2013

Abbott And Costello Meet The Invisible Man de Charles Lamont (1951)



Bud Alexander et Lou Francis viennent tout juste d'acquérir leur diplôme de détective et leur premier cabinet lorsqu'ils reçoivent la visite d'un homme qui leur demande d'enquêter sur la mort de son manager. En effet, leur client, Tommy Nelson, est un boxeur qui s'est échappé de prison après avoir été accusé à tort du meurtre. La police est à ses trousses et afin de lui échapper, le jeune homme demande à l'oncle de sa petite amie de lui injecter le sérum sur lequel il est en train de travailler et qui rend invisible quiconque se l'injecte.

Malheureusement, le sérum ne permet toujours pas de retrouver une apparence normal après quelques temps et sa présence dans un organisme met en péril l'existence de son hôte. Malgré les avertissements du docteur Philip Gray qui lui déconseille de lutiliser, Tommy décide pourtant de s'injecter le sérum et devient alors invisible. Débarrassé de ses vêtements, le boxeur disparaît au vu de tous mais suit Bud et Lou dans leur enquête pour trouver le véritable coupable du meurtre du manager...

Les deux nigauds du titre ne sont autre que les deux acteurs formant le duo comique Abbott et Costello, soit, Bud Abbott et Lou Costello. Un peu à l'image des célèbres Laurel et Hardy, ils parcoururent un bon nombre d’œuvres dans lesquelles ils ne cessèrent de démontrer leur talent pour les pitreries. Policier, aventure, et ici fantastique, tous les thèmes furent abordés (voire malmenés) par ce duo dont l'humour parait aujourd'hui quelque peu dépassé.

Toujours est-il qu'il arrive que certains gags fassent mouche. La liasse de billets, le puching-ball ou encore la séance chez le psychiatre demeurent irrésistibles.
Outre l'aspect parodique de l’œuvre, qui aurait pu laisser croire à un certain détachement au niveau des effets-spéciaux, ceux-ci se révèlent au contraire d'une exceptionnelle qualité pour l'époque et les apparitions de l'homme invisibles ne sont pas avares puisqu'il intervient régulièrement, laissant notre imagination vagabonder au fil de ses apparitions.

Si en toile de fond c'est l'enquête sur le meurtre du manager qui prédomine, l'intérêt du film tourne en réalité autour du futur combat de boxe qui doit avoir lieu entre Lou « La Bedaine » et son adversaire. On imagine le pire (et donc le plus drôle) entre le détective et le boxeur professionnel.

Deux nigauds contre l'homme invisible est une excellente comédie. Certains gags sont bien sûr éculés (vu l'age du film on aurait été étonnés du contraire), mais le cabotinage perpétuel de Lou Francis et les tentatives vaines de son compagnon Bud Alexander font de cette petite comédie une œuvre qui demeure très agréable à suivre.


vendredi 7 juin 2013

Cycle Fernandel: Le Chômeur De Clochermerle (1957)



Baptiste Lachaud est un oisif. Un contemplatif. Il n'exerce pas d'activités, passe son temps allongé sur les bancs ou dans les champs pendant que les hommes du village travaillent. Bref, c'est un fainéant. Un propre à rien, comme le surnomment certaines des habitantes de Clochemerle qui voient d'un mauvais œil le fait qu'il attire leur mari au "Cabaret", le bistrot du village. Parce qu'il se croie lésé, Baptiste se rend à la mairie afin d'obtenir une carte de chômeur. Lors d'une réunion avec ses administrés, le maire, Monsieur Piechut, décide d'accepter la demande de Baptiste malgré l'avis divergent de certains des hommes présents dans la salle. Et le voilà donc qui se pavane avec en main sa carte de chômeur. Désormais, Baptiste touche des indemnités. Un "salaire" qui n'est pas au goût de tout le monde, et surtout pas à celui des femmes du village qui acceptent mal l'idée de cotiser pour ce fainéant.

Mais le nouveau curé du village, Patard, s'est fait un ami de Baptiste. C'est l'un des rares personnages du village avec Zozotte, fille aux mœurs légères, à s'entendre avec le chômeur. Sur les conseils du prêtre, et après qu'il ait fait scandale lors de la fête du village au bras de Zozotte, Baptiste accepte de faire des efforts afin de s'attirer la sympathie des femmes de Clochemerle. C'est ainsi qu’inconsciemment, Baptiste leur rend de menus services. Il répare la gazinière de l'une. Porte le linge au lavoir d'une seconde et fait un peu de plomberie pour une troisième. Il va même jusqu'à aider le père Patard en réparant le micro de l'église. Malheureusement pour le pauvre homme, les troncs de la maison de Dieu sont pillés. Les femmes du village accusent Baptiste qui, justement, détient une somme d'argent importante...

Entre le cinéaste Jean Boyer et Fernandel, ce fut grande histoire d'amour. Ils tournèrent ensemble une dizaine d’œuvres (L'Acrobate, Les Vignes Du Seigneur, Relaxe-Toi Chérie, Coiffeur Pour Dames). Le Chômeur De Clochemerle fut leur sixième collaboration. Le film de Jean Boyer est une ode à la flânerie où pointe un intérêt certain pour l'anarchie et le "je-m'en-foutisme". Fernandel, trè à l'aise dans son rôle de sympathique parasite s'amuse à virevolter au beau milieu d'un parterre de villageoises mécontentes.

Au delà de la légèreté même du propos surnagent des implications politiques et religieuses sous-jacentes. L'autorité y est malmenée à travers le portrait du garde-champêtre Beausoleil. A croire que l'astre solaire est tombé sous le képi de cet homme jugé indirectement d'imbécile par un Baptiste braconnier qui supporte mal qu'on lui mette des bâtons dans les roues. Certains visages qui apparaissent au premier abord sympathiques (le sacristain Coiffenave et la très légère Zozotte) révèlent à la première contrariété une âme beaucoup plus sombre. La présomption d'innocence n'a pas droit de cité dans un petit village comme celui de Clochemerle pour un chômeur puisque Baptiste est jeté en prison sans ménagement. Le statut d'un homme est donc déjà à l'époque d'une importance fondamentale et dessine les contours de la réputation qu'en font ses concitoyens. La trahison est elle aussi au centre de cette histoire. Elle est liée à l'amour inassouvi d'un homme qui trahira celui en qui il croit pour l'amour d'une femme à la réputation sulfureuse.

Jean Boyer développe autant de thèmes qu'il en faut pour assurer le spectacle. Mais le show, c'est Fernandel qui l'assure avec tout le talent qu'on lui connaît. Le Chômeur De Clochemerle est aussi l'histoire d'une rédemption. Celle d'un homme que l'on aurait pu croire à jamais perdu, tellement engoncé dans sa flemmardise. Le film est donc une petite merveille. Un régal pour les yeux et les oreilles. Rafraichissant, vivifiant, Le Chômeur De Clochemerle est une excellente œuvre. Parmi les meilleurs interprétées par l'immense Fernandel...

dimanche 26 mai 2013

Cycle Fernandel: La Table Aux Crevés de Henri Verneuil (1951)



Dans le petit village de Cantagrel vivent deux clans. D'un côté, celui des républicains et de l'autre, celui des chrétiens. Le seul villageois à faire exception est Capucet, le garde-champêtre, qui passe le plus clair de son temps à boire et qui vote pour le vin qu'il a bu. Proche de Cantagrel, le petit port de Cessigney abrite une quinzaine de familles. Vivant de contrebande, elles restent fidèles à chacun de leurs membres. Quand un jour le conseiller municipal de Cantagrel, Urbain Coindet, retrouve sa femme Aurélie pendue dans la grange de leur propriété, tous les soupçons se tournent vers lui. Et tant qu'à l'accuser de meurtre, le contrebandier Frédéric, qui vient d'être arrêté par le brigadier Jantet, est assuré par son entourage que Urbain l'a de plus dénoncé pour trafic de tabac.

Frédéric est condamné à trois mois de prison ferme. Il aurait pu pardonner à celui qu'il croit être coupable de dénonciation. Malheureusement pour Urbain, celui-ci est amoureux de Jeanne, la sœur de Frédéric, que ce dernier a promis à Rambarde. Mais Jeanne elle aussi est amoureuse de Urbain. Et malgré les menaces proférées à l'égard du conseiller municipal par Frédéric dès sa sortie de prison, Jeanne et Urbain décident de s'installer ensemble. Et parce que vivre dans la région est devenue risquée pour le couple, ils choisissent de quitter Cantagrel. Mais alors qu'il croise la route de Jentet, Urbain apprend de la bouche même du brigadier que Frédéric à été involontairement dénoncé par Capucet trois mois plus tôt alors qu'il était ivre. C'est ainsi que le couple décide de retourner vivre à Cantagrel dans la ferme de Urbain, malgré les menaces qui pèsent sur lui...

La Table Aux Crevés est le premier long-métrage de Henri Verneuil, surtout connu pour avoir été l'un des grands réalisateurs français spécialisés dans le film policier. Jean-Paul Belmondo reste l'acteur auquel il a confié le plus grand nombre de rôles avec des titres aussi célèbres que Cent Mille Dollars Au Soleil ou encore le pseudo-giallo à la française Peur Sur La ville. Pour son premier long-métrage, il fait confiance à Fernandel et lui confie le rôle de Urbain Coindet. L'acteur comique fait preuve ici d'un talent étonnant dans un registre radicalement différent de celui auquel nous sommes habitués. Car en effet, La Table Aux Crevés est un drame et permet à l'acteur de donner libre court à un panel d'expressions tout à fait saisissant.

Son personnage, cynique, fait face à la population d'un village scindé en deux. On y découvre avec effroi les rancœurs enfouies depuis des lustres et qu'un événement va faire resurgir. L'amour est au centre de cette intrigue paysanne aux dialogues bluffants. Car bien au delà de l'excellente interprétation, ce sont bien ceux-ci qui marquent durablement les esprits. L'humour, très noir dont fait preuve le personnage de Fernandel parait presque anachronique et il faudra sans doute attendre le talent d'un cinéaste de la trempe de Bertrand Blier pour retrouver cette verve cinglante assénée ici par un Fernandel magistral. Il faut assister au désespoir d'Urbain, le regard rivé au dessous du corps suspendu à une corde de son épouse Aurélie, et l'entendre asséner un "J'aurai jamais cru que le piton de la suspension soit aussi solide" pour comprendre. Et des répliques telles que celle-ci, le film en compte quelque-unes aussi savoureuses. La Table Aux Crevés ne fait donc pas partie des œuvres les plus connues du cinéaste et de l'acteur mais il offre un vrai moment de détente, entre humour caustique, drame en milieu rural et histoire d'amour contrariée. Un bien beau film...

vendredi 18 janvier 2013

DVDthèque: She Demons de Richard E. Cunha (1958)



Alors qu'une tempête fait rage, Jerrie Turner et Fred Maklin se retrouvent naufragés sur une île apparemment déserte. Mais alors qu'il s'apprêtent à visiter cette dernière, ils entendent résonner des tambours. Accompagnés par Sammy Ching, ils tournent en rond dans l’île et se retrouvent au point de départ. Ils tombent sur le cadavre de l'un des survivants du naufrage, mort, deux lances plantées dans le cœur, puis sur le corps d'une femme au visage horriblement mutilé.

Jerrie, Fred et Sammy reprennent la route, suivant au son du tambour un sentier végétal au bout duquel ils vont assister à une danse de sabbat orchestré par une dizaine de femmes vêtues comme des sauvages. Alors que la cérémonie semble prendre fin, des soldats nazis investissent le camp et font de ces dernières leurs prisonnières. Témoins de la scène qui vient de se dérouler, Jerrie, Fred et Sammy décident de suivre le groupe jusqu'au repaire, une grotte, à l'intérieur de laquelle ils viennent de disparaître.

Là, un médecin fou pratique d'étranges expériences sur les prisonnières. En effet, la femme du colonel Karl Osler a le visage horriblement défiguré et celui-ci tente de fabriquer un remède qui lui permettra d'en retrouver un, plus humain...


She Demons de Richard E. Cunha est... comment dire... surréaliste !!! Réalisé un an avant le classique de Georges Franju Les Yeux Sans Visage, il nous conte les dérives d'un savant nazi voulant guérir sa femme au pris de la vie des habitantes de sexe féminins vivant sur l’île. Le sujet, ou plutôt l'accumulation de situations incongrues (une île investie par des femmes d'une autre époque et par une bande de nazis) font de cette œuvre un quasi nanar, drôle, parfois ennuyeux, mais en tout les cas, jamais effrayant. Et surtout pas ces fameuses femmes-démons du titre. Affublées d'une dentition grotesque plus amusante qu'inquiétante, elles plombent tout effet horrifique.

L'édition dvd proposée par les éditions BACH FILMS aurait pourtant dû nous mettre la puce à l'oreille. L'atroce montage-photos de la couverture est digne des plus underground et fauchées productions cinématographiques. Ce qui n'est rien en comparaison du doublage français qui frise l'indigent. Si ce n'étaient les nombreux gags qui parsèment She Demons, les acteurs qui doublent les personnages s'investissent à peine. Il suffit d'écouter ceux de Jerrie et Fred pour constater à quel point ils sont à mille lieues de toute implication. Le film devient alors relativement drôle, ponctué de scènes burlesques (celle durant laquelle Fred fait comprendre à Sammy qu'ils tournent en rond) ou ratées (la danse de sabbat, foirée à cause de l'une des figurantes et que le réalisateur ne s'est même pas donné la peine de retourner). 
 
Pour une fois, le film est proposé en français et en anglais. Pour la première, c'est presque une souffrance que d'assister à l'insignifiant débit de phrases lancées sans véritable motivation par des doubleurs non impliqués dans le projet. Pour la seconde, il devient difficile de suivre le récit, surtout lorsque l'on est anglophobe. En effet, on a beau activer les sous-titres français, ceux-ci ne s'affichent jamais. Un comble !

Le film se regarde heureusement avec suffisamment d'intérêt pour que l'on ne regrette pas d'avoir déboursé ce toujours symbolique euro pour se le procurer.

lundi 14 janvier 2013

DVDthèque: The Indestructible man de Jack Pollexfen (1956)



Le criminel Charles "Butcher" Benton vient d'être exécuté à la chaise électrique. Auteur d'un casse qui lui a rapporté plus de six-cent mille dollars, il a été trahi par ses deux complices ainsi que par son avocat qui n'est autre que le commanditaire du hold-up d'un fourgon blindé. Benton a planqué l'argent du butin dans les égouts de la ville et maintenant, ses complices cherchent à mettre la main dessus. Mais celui que l'on surnomme le boucher a envoyé avant son exécution une lettre à son amie Eva, la seule en qui il avait confiance. Et dans cette lettre, il a glissé un plan expliquant comment mettre la main sur l'argent. Mais le lieutenant Richard "Dick" Chasen continue officieusement à travailler sur l'affaire du boucher malgré la mort de ce dernier afin de retrouver le magot avant les complices du condamné.

Alors que le corps de Benton est censé être emporté jusqu'à la morgue, l'agent employé à cet effet accepte de confier le corps à un homme contre une forte somme d'argent. Le corps est ensuite amené jusqu'au laboratoire d'un certain professeur Bradshaw qui travaille actuellement sur la régénération cellulaire. Après avoir placé le corps de Benton sous une machine générant une forte charge d’électricité, Bradshaw et son assistant constatent que Benton revient peu à peu à la vie. nanti d'une force et d'une résistance à toutes épreuves, l'homme se relève, tue les deux hommes et prend la fuite en direction de Los Angeles. Devenu muet, le boucher a conservé malgré tout toute sa raison. Obnubilé par l'idée de se venger de ceux qui l'on trahi, l'homme se met en route vers Los Angeles dans l'unique but de tuer son avocat ainsi que ses deux complices. Mais la route du tueur va être semée d’embûches et va le forcer à semer la mort sur sa route...

Dans une même veine que L'Incroyable Homme Invisible, Cet Indestructible officie dans le domaine du policier, l'élément fantastique étant relégué au second plan. Les effets-spéciaux se font relativement rares puisqu'à part la séance louvoyant du côté du classique de Mary Shelley Frankenstein, rien de véritablement flagrant ne vient visuellement émerveiller nos rétines. On abdiquera par contre devant le jeu d'acteur convainquant de l'excellent acteur fantastique Lon Chaney Jr qui ne livre ici, certes, pas son plus grand rôle mais s'en sort avec les honneurs. Car il faut bien l'avouer, L'Indestructible n'atteint pas des sommets même s'il reste agréable à suivre.

Raconté sous la forme d'un flash-back par le héros policier du film, l’œuvre se veut avant tout un polar assez sombre dont le méchant le plus notable est relégué ici au rang de monstre dont le mutisme forcé le rend encore plus menaçant.

Concernant l'édition dvd éditée par BACH FILMS, elle se révèle légèrement moins médiocre que celle de L'Incroyable Homme Invisible. Cependant, vu le prix auquel il est proposé sur quelques-uns des sites de ventes les plus célèbres, il serait dommage de s'en priver d'autant plus qu'en dépit d'un sujet mêlant un sujet mainte fois rabattu, voir Lon Chaney Jr. se débattre avec ses pulsions de meurtres est un véritable bonheur. On boudera par contre l'absence de bonus véritables (ceux-ci n'étant constitués que d'une série d'affiches faisant état des différentes collections proposées par l'éditeur). Les sous-titres sont toujours à la ramasse et quant à l'image, elle est d'un flou gaussien peu agréable. Mais ne boudons pas notre plaisir...

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