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lundi 12 août 2024

Zombi Holocaust de Marino Girolami (1980) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Après le succès rencontré par L'enfer des zombies de Lucio Fulci lors de sa sortie en août 1979 sur le territoire italien et en février de l'année suivante en France, le producteur, réalisateur et scénariste Fabrizio De Angelis qui avait en partie financé ce projet a remis très rapidement le couvert en produisant une œuvre en tout point semblable ou presque à ce classique du cinéma gore. C'est ainsi qu'un peu moins de sept mois plus tard sort sur les écrans de cinéma Zombi Holocaust de Marino Girolami qui à cette occasion réalise le long-métrage sous le pseudonyme de Frank Martin. Le film est l'adaptation d'une histoire écrite par Fabrizio De Angelis lui-même et transformée ensuite sous forme de scénario par le réalisateur Romano Scandariato. Connu chez nous sous le titre La terreur des zombies, le long-métrage de Marino Girolami reprend donc le même schéma que celui de L'enfer des zombies en ne changeant que quelques menus détails. Dans le cas de Zombi Holocaust, deux médecins et deux journalistes-reporters se rendent sur l'île de Kito après qu'une série de faits étranges aient eu lieu dans un hôpital new-yorkais. En effet, des vols d'organes sont perpétrés sur des cadavres par des individus apparemment liés à une secte originaires de l'île en question. C'est donc accompagnés de plusieurs indigènes issus de la région que les docteurs Peter Chandler et Laurie Ridgeway ainsi que Susan Kelly et George Harper vont se rendre sur l'île de Kito où ils retrouveront notamment un certain docteur O'Brien (incarné par Donald O'Brien... Pourquoi se faire chier à inventer un nom lorsqu'il suffit de reprendre celui de son interprète ?). Le film étant produit par Fabrizio De Angelis, on ne s'étonnera donc pas d'y retrouver Ian McCulloch dans le rôle du docteur Peter Chandler ou même l'acteur péruvien Dakar puisque l'un et l'autre furent au générique de L'enfer des zombies l'année précédente. Quant à Alexandra Delli Colli qui avant et après avoir joué dans le long-métrage de Marino Girolami tourna notamment dans trois comédies françaises réalisées par Max Pécas, Marche pas sur mes lacets en 1977, On est venu là pour s'éclater en 1979 ainsi que Mieux vaut être riche et bien portant que fauché et mal foutu en 1980, les amateurs de cinéma d'horreur auront le privilège de la retrouver en 1982 dans un autre classique du cinéma gore signé par Lucio Fulci, L'éventreur de New York !


Après une première partie censée situer son action sur le territoire américain et plus précisément à New York pour ensuite embarquer toute l'équipe de tournage sur l'île de Kito alors même que le film fut entièrement tourné en Italie, il est clair que Fabrizio De Angelis a d'autres projets pour ce bon gros nanar qui n'est qu'une pâle copie du fameux long-métrage de Lucio Fulci. En effet, surfant également sur un autre succès du cinéma d'horreur sorti très peu de temps auparavant, Zombi Holocaust dont le titre ne laisse aucun doute sur la présence de morts-vivants au sein du récit se penche sur un autre mythe du cinéma horrifico-fantastique : celui du cannibale. Car un peu moins de deux mois auparavant sortait le mythique Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato, à la réputation sulfureuse, véritable monument, considéré pendant un temps comme un authentique Snuff Movie, accusation qui s'avérera fausse contrairement aux ignobles et véridiques meurtres perpétrés sur divers animaux ! Et bien, Fabrizio De Angelis a l'idée plus ou moins bonne de mélanger ses zombies avec des cannibales. Mixant alors le genre Mondo (ici, heureusement totalement factice) au film de zombies dans lequel ceux-ci sont le fruit d'expérimentations pratiquées par un médecin fou. Si l'on doit comparer Zombi Holocaust aux deux classiques de l'horreur qu'il pille sans vergogne, le film de Marino Girolami fait vraiment pâle figure. Certes,le faible budget du film n'explique pas tout (L'enfer des zombies fut de son côté financé à hauteur de quatre-cent dix millions de lires soit l'équivalent d'un peu plus de deux-cent dix milles euros. Idem pour Cannibal Holocaust). Mais comment expliquer que le long-métrage de Marino Girolami apparaisse si médiocre ? La raison principale provient d'un scénario bâclé où les incohérences se multiplient. Mêler zombies et cannibales n'est donc très clairement pas la meilleure idée qu'aura eu Fabrizio De Angelis durant sa carrière. Et pourtant, si le récit est inintéressant au possible même après une idée de départ plutôt intrigante, le film a pour principal intérêt une succession de séquences gore qui réjouiront les amateurs d'hémoglobine. Pas de quoi sauter au plafond en terme de conception des effets-spéciaux mais le film n'est jamais avare en terme d'effusions de sang. Autopsies, amputations, éventrations, actes de cannibalisme, Zombi Holocaust est en la matière plutôt généreux. Bref, un film a voir avec toutes les précautions d'usage et notamment celle qui consiste à bien prendre en compte qu'il ne s'agit que d'une piètre et très opportuniste production horrifique italienne. À noter que chez nous, le doublage en français enfonce le clou...

 

jeudi 30 novembre 2023

Zombibi de Martijn Smits et Erwin van den Eshof (2012) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Dans un monde idéal où les zombies existeraient réellement, même le type le plus paumé aurait ses chances avec une jolie blonde au caractère bien trempé. Dans ce même univers où les morts sortiraient de leur tombe ou déambuleraient dans les rues après avoir été mordus par l'un de leurs congénères, leur vitesse de déplacement serait telle que les survivants auraient peu de chance de venir grandir leurs rangs. Enfin, se pose la question de savoir si face à de telles créatures et dans de telles conditions nous aimerions être entourés d'Aziz, de son frère Mo ou du duo de pitres Jeffrey et Nolan. Parce que malgré la lenteur de ses créatures, Zombibi de Martijn Smits et Erwin van den Eshof n'est tout de même n'est pas vraiment le monde rêvé pour qui désire sauter dans son bureau, la greluche de service sans avoir à regarder derrière lui toutes les deux minutes ! Drôle de titre que Zombibi... D'ailleurs, si l'on s'amuse à copier le terme sur Google Traduction pour en avoir la signification, voici ce que l'on obtient :زومبيب. Et lorsque l'on s'amuse ensuite à traduire ce dernier dans notre langue, voici le résultat qui s'affiche : Zombi ! Bref, les mystères d'Internet demeurant impénétrables, passons au sujet qui nous intéresse ici. Malgré son allure de comédie d'horreur ''So British'', Zombibi ou Kill Dead Zombie ! ne provient pas d'Angleterre, d’Écosse ou d'Irlande mais des Pays-Bas. Et vu le parcours du combattant que représente la seule prononciation du nom de ses deux réalisateurs, il ne faudra pas moins de trois secondes pour s'en douter. Martijn Smits et Erwin van den Eshof collaboraient ici pour la seconde fois après Off Road en 2010 Si la carrière du premier débuta dix ans auparavant avec le court-métrage The Wretched, le second commença la sienne un an plus tard avec lui aussi un court-métrage intitulé Vrouwenvlees. L'un et l'autre se retrouveront sur les plateaux de la série Popoz et de son adaptation sur grand écran avant de faire des carrières séparées. Originaires du Maroc mais ayant pris la nationalité néerlandaise, Yahya Gaier et Mimoun Oulad Radi interprètent les frères Aziz et Mo.


Le premier travaille tandis que le second, oisif, est toujours à la recherche du projet mirifique qui leur permettra, à son frère et lui, de gagner beaucoup d'argent et ainsi vivre tranquillement. Lors d'une arrestation, ils se retrouvent dans une cellule commune à celle de Jeffrey et Nolan, deux blacks incarnés par le rappeur néerlandais Sergio Hasselbaink et par Uriah Arnhem dont la carrière n'est pour l'instant parsemée que de quelques rares apparitions (neuf en douze ans de carrière). Aux côtés des quatre hommes, la part de féminité est représentée par la charmante Kim qu'interprète la blonde Gigi Ravelli et par Tess qu'incarne la brune Nadia Poeschmann. Soit, une fliquette et une pouffe... Pardon ! Une femme aux mœurs légères... Dans ce monde où un satellite russe s'est écrasé au sommet d'un immense building, un liquide vert d'origine extraterrestre contamine toutes celles et ceux qui entrent en contact avec lui. Une morsure causée par un infecté et hop, cela fait un zombie de plus. Les amateurs de comédies façon Scary Movie s'y retrouveront sans problème. D'ailleurs, il ne sera sans doute tout d'abord pas rare de confondre Sergio Hasselbaink avec Marlon Wayans de la célèbre franchise parodique dont les deux premiers volets furent réalisés par le frangin de ce dernier, Keenen Ivory Wayans. Zombibi est aussi débile que Scary Movie et ce ne sont certes pas ses origines néerlandaise qui peuvent justifier sa vision si l'on déteste le principe. La comédie horrifique de Martijn Smits et Erwin van den Eshof est poussive, finalement peu originale et dotée d'effets-spéciaux numériques qui bien évidemment n'égalent pas ceux d'un The Walking Dead. Au mieux, le film reste un sympathique divertissement qui aurait sans doute mérité des dialogues un peu moins systématiquement débiles. On a en effet, peu l'occasion de souffler devant ce déluge de propos crétins. Mais il faut se faire une raison : c'est bien là le principe de certaines comédies parodiques actuelles. Autant dire que Zombibi n'a rien à voir avec l'excellent Shaun of the Dead d'Edgar Wright que le film de Martijn Smits et Erwin van den Eshof donnera, au mieux, envie de redécouvrir...

 

lundi 5 juin 2023

Deadsight de Jesse Thomas Cook (2018) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

''Previously on Walking Dead...'' Nous sommes en 2019 au Canada et Deadsight n'est l'un que des très nombreux projets tournant autour du phénomène des zombies. Créatures qui, à cette occasion, ne courent pas comme des dératés comme cela est généralement le cas avec les infectés. Celles qui d'ailleurs apparaissent à l'écran font davantage figure de victimes de morsures les transformant en monstres très agressifs que de créatures sorties tout droit de leur tombe afin de satisfaire leur goût pour la chair humaine. Le long-métrage de Jesse Thomas Cook est un Direct-to-Video, signe avant coureur des maux qui touchent en général ce genre de productions, fauchées comme les blés et visuellement dénuées de tout intérêt. Là où Deadsight échoue tout d'abord est dans sa volonté de créer une réelle empathie pour des personnages d'horizons différents. D'un côté, un homme atteint de cécité temporaire se réveillant en premier lieu à bord d'une ambulance accidentée (Adam Seybold dans le rôle de Ben Neilson) et qui en chemin rencontrera des hommes et des femmes décédés et miraculeusement ressuscités. Et de l'autre, la fliquette Mara Madigan (l'actrice Liv Collins) en mode ''Marge Gunderson'', héroïne bien connue des amateurs des frères Coen découverte dans leur chef-d’œuvre Fargo en 1996. décor recouvert d'un blanc manteau. Jesse Thomas Cook pousse d'ailleurs le mimétisme (l'hommage?) au point d'en faire une héroïne enceinte, tout comme celle qu'interprétait à son époque l'actrice Frances McDormand. Perclus de faiblesses sans doute dues à un budget étriqué, Deadsight n'est en outre pas vraiment original. De très loin, le long-métrage de Jesse Thomas Cook semble entretenir de vagues accointances avec le classique de George Romero La nuit des morts-vivants, rapport au contact initial entre la blonde et l'homme noir avant que tout ne dégénère une fois cloîtrés à l'époque dans une demeure cachant de ''sombres secrets''...


Ici, tout ou presque est filmé au grand air. Un air pas très frais il est vrai tant les dangers semblent être partout où le regard se pose. Malheureusement, trop concentrés dans l'attente de saillies gore qui n'auront jamais la portée des travaux effectués des décennies en arrière par Tom Savini ou par l'équipe en charge des effets-spéciaux de la série The Walking Dead les spectateurs n'auront que très peu de temps à accorder aux deux héros et à leur relation. Fond de teint et mascara semblent être les ingrédients essentiels des maquillages qui ne rendent pas vraiment honneur au genre fantastique qui nous intéresse ici. Les créatures sont significatives des tares qui corrompent le peu d'intérêt qui déjà se ressent à la lecture du scénario mais aussi et surtout, à la vision de ces échanges verbaux chiants comme une longue nuit blanche à regarder les secondes s'égrener jusqu'au petit matin. Il sera facile d'argumenter qu'en comparaison de pas mal de concurrents dans le domaine du film de zombies ou d'infectés, celui-ci n'est pas le pire. Comme il sera tout aussi aisé d'affirmer que d'autres s'en sont sortis avec tellement plus de talent qu'il serait inutile de perdre son temps devant Deadsight. Dans un cas comme dans l'autre, rien ne peut nous contraindre à suivre les aventures de ces deux erre perdus dans un univers pseudo post-apocalyptique qui possède des teintes et un grain qui s'avèrent au fond, non négligeables. Rares signes marquant l'ambition du réalisateur qui réalisa notamment en 2013, un Septic Man qui sur le papier semblait vouloir offrir une alternative aux productions Troma mais qui déjà souffrait des mêmes tares que Deadsight. Car si l'on veut bien faire l'effort de lui pardonner ses faiblesses en matière d'écriture (l'actrice principale et Kevin Revie s'étant chargés du scénario) ou d'effets-spéciaux réalisés par Nick Flook, le long-métrage de Jesse Thomas Cook est surtout plombé par d'interminables séquences de dialogues inintéressants au possible. Le film est donc très ennuyeux, peu rythmé et mène donc invariablement soporifique...

 

samedi 11 mars 2023

Dellamorte Dellamore de Michele Soavi (1994) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Hommage à ce grand monsieur qu'était François Hadji-Lazaro, fondateur des groupes de rock alternatif français Pigalle et Les garçons bouchers qui s'est éteint le 25 février dernier. Mais plutôt que de revenir sur sa fructueuse carrière de chanteur et de multi-instrumentiste complétée par une poignée d'albums solos, cet article est l'occasion de revenir non pas sur le chanteur et musicien qu'il était mais sur l'acteur qu'il fut également, devenant ainsi en 1994 l'un des interprètes principaux de Dellamorte Dellamore, œuvre signée du réalisateur italien Michele Soavi qui en 1987 signa pas moins que l'un des chefs-d’œuvre du cinéma horrifique transalpin avec Deliria (ou Bloody Bird à l'internationale). Dans la séquence d'introduction, le gardien de cimetière Francesco Dellamorte (l'acteur britannique Rupert Everett) reçoit la visite d'un homme au teint blafard et au regard exorbité. Ni une, ni deux, il se saisit de son arme et tire une balle dans la tête de l'individu qui s'effondre au sol. Une courte scène d'ouverture qui fait très clairement référence à un autre réalisateur italien, sans doute le plus grand auteur de la Botte dans le domaine de l'horreur putride et gore, Lucio Fulci. Le son que produit le tir et l'aspect du zombie semblant sortir tout droit de l'une des œuvres crépusculaires que le cinéaste auteur de L'enfer des Zombies, de L'au-delà, de Frayeurs ou de La maison près du cimetière consacra aux morts-vivants durant sa carrière... L'on distingue alors le détachement du personnage de Francesco qui afin d'opérer cette sommaire exécution à laissé l'homme qu'il avait au bout du fil avant de le reprendre ensuite tout en allumant en toute quiétude une cigarette. Ce qui apparaît comme un détail apporte un semblant d'explication quant à la manière de fonctionner du jeune gardien. Un acte presque anodin, perpétré de nuit dans un cimetière où aura principalement lieu l'intrigue. Accompagné par la musique de Riccardo Biseo et Manuel De Sica (ce dernier collabora en outre avec son père, le réalisateur Vittorio De Sica, ainsi que Dino Rizi ou encore Joe D'Amato), Dellamorte Dellamore est l'objet d'un véritable culte. Et notamment en France puisque certains le considèrent comme une œuvre intouchable et aux indiscutables qualités visuelles... Le film remportera d'ailleurs dans notre pays le prix du jury lors de la seconde édition du Festival international du film fantastique de Gérardmer en 1995 ainsi que d'autres récompenses dans plusieurs pays...


Co-produit par l'Italie, l'Allemagne et la France, le film accueille en son sein des interprètes d'origines diverses. Outre l'acteur britannique l'on retrouve donc l'actrice italienne Anna Falchi dans le rôle de Elle, une jeune et très jolie veuve fascinée par la mort qui entretiendra une idylle de courte durée avec Francesco avant de connaître un triste sort. L'acteur américain Mickey Knox incarne quant à lui le commissaire Straniero tandis que M/ichele Soavi s'offre un caméo en apparaissant à l'image lors d'une séquence située en ville. Reste donc François Hadji-Lazaro qui lui interprète le personnage de Gnaghi, l'assistant de Francesco légèrement débile qui de son côté va lui-même connaître l'amour avec la tête de la fille du maire récemment décédée dans un accident de voiture particulièrement gore ! Rendu fou de douleur après la seconde mort d'Elle qui comme de nombreux autres cadavres reviendra à la vie une fois enterrée dans le cimetière, Francesco perdra la tête et se rendra en ville afin de tuer quelques habitants. Constitué en outre de tableaux morbides de toute beauté (le cimetière et l'ossuaire demeurant visuellement remarquables), Dellamorte Dellamore repose d'abord et avant tout sur ses qualités esthétiques et moins sur son scénario largement prévisible et sur l'étrange tonalité de l'ensemble. Film d'horreur parfois très graphique bénéficiant d'effets-spéciaux appréciables, le long-métrage du réalisateur italien n'est pas toujours très sérieux et flirte même avec la comédie. Une histoire d'amour zombiesque d'une très grande beauté et où Rupert Everett cabotine un brin tandis que François Hadji-Lazaro demeure désespérément muet en dehors de quelques borborygmes, effectuant les tâches les plus ingrates (c'est lui qui en effet creuse les trous ou nettoie les allées du cimetière). Mélange de romance, de gothique, de comédie et de gore, Dellamorte Dellamore est une œuvre singulièrement drôle et tragique à la fois. Michele Soavi signait là l'un de ses meilleurs films et confirmait tout le bien que l'on pensait de lui...

 

jeudi 9 février 2023

Gangnam Zombie de Soo Sung Lee (2023) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Depuis la sortie en 2016 de Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho, les zombies et plus spécifiquement les infectés connaissent un engouement en Corée du sud. Entres séries et longs-métrages, il y a à boire et à manger. Du même réalisateur nous avons pu découvrir depuis, la préquelle Seoul Station et la suite Peninsula. D'autres cinéastes se sont engouffrés dans la brèche parmi lesquels le réalisateur Soo Sung Lee dont Gangnam Zombie est le dixième long-métrage. Débutant par un flash-forward situant son action entre les murs d'un immeuble, nous découvrons d'emblée les deux héros incarnés par les acteurs Il-Joo Ji et Ji-Yeon Park. Lors de cette séquence, Hyeon-seok et Min-jeong tentent d'échapper à une horde d'infectés affamés dans les couloirs d'un immeuble dont la propriétaire se montre particulièrement tyrannique envers les mauvais payeurs. Hyeon-seok et Min-jeong travaillent pour une chaîne Youtube mais connaissent de très grosses difficultés financières dues à une insuffisante popularité. Lorsque survient la présence d'un individu à Gangnam dont l'attitude s'avère inquiétante, le chef de projet décide de tout mettre en œuvre pour retrouver l'homme en question et le filmer afin d'attirer un maximum de public sur leur chaîne. Choi Sung-min n'auront cependant pas besoin d'aller bien loin pour mettre la main dessus puisque celui-ci viendra bientôt infecter le personnel des différentes entreprises qui travaillent dans l'immeuble où est installée l'entreprise de nos héros...


Autant le dire tout de suite, Gangnam Zombie ne fera pas d'ombre aux grands classiques du genre. Dès le départ, on sent bien que le film de Yeon Sang-ho va manquer d'ampleur. Une impression qui va lentement mais sûrement s'installer dans ce récit linéaire qui ne fait appel à aucune situation inédite. Débutant sa carrière en 2012 avec Jeonmangjongeun Jib et la poursuivant l'année suivante avec Yeonaeui Gisul, l'empreinte romantique de ses débuts insuffle à l’œuvre du réalisateur sud-coréen cette même volonté de créer une bluette entre ses deux principaux protagonistes. L'un cherchant l'autre sans obtenir la moindre faveur, cette dernière est en outre lourdement approchée par leur patron. Un poltron qui aura pour coutume de se cacher derrière ses employés lors d'incessants assauts de la part des infectés. D'une manière générale, Gangnam Zombie sent le réchauffé en appliquant de manière poussive tous les ingrédients d'un bon film d'infectés tout en manœuvrant de manière fort maladroite. Le dernier long-métrage de Soo Sung Lee semble avoir bénéficié d'un budget inconfortable ne lui permettant pas de repousser les limites d'un genre dont Dernier train pour Busan représente sans doute encore l'un des plus brillants représentants. À moins que Soo Sung Lee n'ait simplement choisi ce contexte que mieux nous raconter sa romance fadasse sous l'angle de l'humour noir. Un humour qui parvient avec grande peine à convaincre...


Scénaristiquement parlant, Gangnam Zombie se fiche à peu près de toute cohérence. En effet, après la séquence d'introduction, nous découvrons deux individus cherchant à dérober des biens enfermés dans des containers. L'un d'eux se fait alors griffer par un chat avant de se transformer en infecté.... Lorsque l'on vous dit qu'il faut surtout prendre des précautions lorsque vous êtes griffé par l'une de ces charmantes bêtes à poils ronronnantes, hein !!! Ici l'on résumera sois-même la chose à une forme de Bartonellose aggravée puisque le réalisateur ne nous donnera aucune information sur les raisons de cette transmission entre le chat et l'homme. Si quelques scènes se montrent plus ou moins amusantes et si Jo Kyoung-Hoon (dans le rôle du patient zéro) a franchement une gueule inquiétante, les différentes séquences de Gangnam Zombie s'avèrent malheureusement insignifiantes. Question horreur, les amateurs demeureront sur leur faim. Plus minimalistes que partout ailleurs, les morsures ne sont jamais explicitement montrées à l'image et le sang ne perle qu'au bout des lèvres des nouveaux infectés. Quant au combat qui s'engage ensuite entre Hyeon-seok (spécialiste de taekwondo) et les infectés, les différentes séquences se montrent là, pour le coup, involontairement drôles voire pathétiques. Le spectateur aura régulièrement l'impression d'assister à une bataille d'enfants plongés dans une piscine combattant à l'aide de bâtons de natation !!! Bref, à moins de n'avoir rien de mieux à faire de sa journée ou d'être un fan compulsif de films d'horreur section ''zombies'' ou ''infectés'', inutile de perdre son temps devant Gangnam Zombie...

 

samedi 8 octobre 2022

The Cursed: Dead Man's Prey de Kim Yong-Wan (2021) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

''Écrit par le scénariste du Dernier train pour Busan et Peninsula'' qui, tout les amateurs du genre le savent, sont deux des trois volets de la trilogie zombiesques réalisés par le sud-coréen Yeon Sang-ho. Une valeur sûre qui malheureusement n'est ici qu'aux commandes du scénario puisque la réalisation a été confiée à Yong-wan Kim qui n'avait jusque là réalisé qu'un seul long-métrage en 2018 (Chaem-Pieon) ainsi que la totalité des épisodes de la série Bangbeob, titre original de ce qui allait sortir à l'internationale sous celui de... The Cursed. C'est donc d'une adaptation dont il s'agit ici puisque le film dont il est question s'intitule The Cursed: Dead Man's Prey. N'ayant pas vu la série, je n’émettrai aucun point de vue sur ses qualités ou ses défauts potentiels pour m'en tenir strictement au long-métrage. Enrobé sous des oripeaux proches des deux films réalisés par Yeon Sang-ho en 2016 et 2020,  The Cursed: Dead Man's Prey bénéficie d'une affiche alléchante qui trompe son monde en laissant vaguement imaginer que le film pourrait être une suite éventuelle des deux longs-métrages précités. Ou du moins, dont l'inspiration scénaristique ne serait pas très éloignées des deux appendices de cette brillante trilogie complétée par le film d'animation en forme de préquelle Seoul Station (lequel sortira juste après le premier volet bien que remontant le fil chronologique à travers des événements antérieurs à ceux de Dernier Train...). Toute comparaison s'arrêtant là, force est d'admettre que l'intérêt pour ce nouveau film d'origine sud-coréenne mettant en scène des zombies n'ira pas plus loin que la surprise de découvrir qu'il s'agit en fait de l'adaptation d'une série visible sur la plate-forme Netflix. Si certains s'émeuvent en général assez peu de ce qui y est projeté, The Cursed: Dead Man's Prey confirmera tout le mal que certains pensent (parfois exagérément) de la dite plate-forme. Car en effet, l'on est loin des cannons du genre, qu'ils soient d'origine asiatique ou occidentale !


Le long-métrage de Yong-wan Kim a ceci d'exaspérant qu'il a tendance à exhiber des zombies dont l'attitude s'avère aussi ridicule et improbable que celle des morts-vivants d'une autre série elle aussi disponible sur Netflix : Jigeum Woori Hakkyoneun ou, All of Us Are Dead. Entre les craquements ininterrompus des os des macchabées et leur façon de se mouvoir, la mise en scène aura eu raison de ma patience après seulement... un épisode ! Avec ses zombies encapuchonnés, ses flics qui malgré le risque (avéré) de danger de mort ne dégainent jamais leur arme (notamment lors d'un assaut d'une centaine de clochards et de migrants tous sous le contrôle d'une force ''mystérieuse''), son faux rythme maladroitement accentué par la partition musicale pourtant tonitruante de Dong-wook Kim et son récit décousu, The Cursed: Dead Man's Prey s'avère assez peu satisfaisant. L'attitude des zombies est à minima ridicule. S'agitant de manière improbable comme les personnages d'un manga et adoptant des postures invraisemblables comme à la recherche désespérée de vulgaires exercices de style, le long-métrage est aussi peu attrayant dans son approche visuelle que dans le récit lui-même. Là même où l'on nous expose un antagoniste demandant pour on ne sait quelles raisons (à moins que mes yeux se soient clos d'ennui au mauvais moment ?) au président de s'excuser à défaut de quoi déferlera sur la ville une armée de morts-vivants. Bon, ça n'est pas très exactement exposé ainsi mais ça y ressemble finalement beaucoup. Dans le genre immeuble assiégé, mieux vaut remonter le temps de quelques années en arrière et redécouvrir pourquoi pas, l'excellent The Raid de Gareth Evans. Bon, les zombies n'y sont sans doute pas compris dans l'histoire mais les chorégraphies et les combats y étaient par contre parfaitement exécutés ! The Cursed: Dead Man's Prey est à bannir des planning ciné !



 

jeudi 14 juillet 2022

Army of the Dead de Zack Snyder (2021) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Il fait (trop) chaud, il fait (trop) beau et dans ces cas là, impossible de garder une posture plus de cinq minutes sans en changer. Cinq sens et même pas capable de léviter pour éviter tout contact avec n'importe quelle surface. Sept millions d'années d'évolution pour ne pas avoir encore trouvé la solution radicale contre les grandes chaleurs. Bon ! Vu que j'ai pas envie de me lever les fesses toutes les quatre-vingt dix minutes pour changer de média, ce soir et la nuit prochaine seront chargés en films dont la durée minimum devra avoisiner les cent-cinquante minutes. Pour commencer, Army of the Dead de Zack Snyder. Le genre de réalisateur qui en général me rebute au plus haut point. Même son remake de Dawn of the Dead de George Romero n'était pas parvenu à me convaincre en 2004. Parce qu'un zombie, ça ne court pas mon p'tit bonhomme. Au mieux, ça déambule comme un somnambule sous l'emprise de l'alcool. Pas fan de super-héros, j'ai vite fait le tour de sa filmographie et n'aie même pas jeté un œil désintéressé à sa Snyder Cut de Justice Ligue. C''est donc avec d'infinies précautions que je me suis lancé dans l'aventure Army of the Dead. Cette exclusivité Netflix mise à disposition l'année dernière. Télécommande en main, prêt à dégainer à la première occasion et à arrêter le massacre, j'ai pourtant décidé de faire l'effort d'aller jusqu'au bout. Deux-heures et vingt-huit minutes de long-métrage, voilà ce qui m'attend. Nombreux sont ceux qui ont déjà découvert le film. Lesquels s'étaient sûrement rués dessus le jour de sa sortie, le 21 mai 2021. Un événement. Comme aurait dû l'être aussi la séquelle (officielle?) de Massacre à la Tronçonneuse réalisée en 2020 par David Blue Garcia et proposée sur la célèbre plate-forme dès le 18 février dernier. Dans un cas comme dans l'autre, c'est la déception qui va alors primer. Surtout pour le second à vrai dire puisque du film de Zack Snyder, je n'attendais en réalité pas grand chose. C'est drôle car dans mon esprit, j'avais déjà pondu un article sur le sujet. Mais j'ai eu beau chercher un peu partout dans l'incroyable bordel que représente mon fatras de documents ODT parsemés sur mes différents DD, nulle trace d'un quelconque avis sur la chose...


Et pourtant, je me souviens qu'à l'époque, j'avais comme sans doute beaucoup d'abonnés à Netflix, réservé ma soirée pour regarder le film d'horreur fleuve de Zack Snyder. J'en avais même gardé un souvenir ému... par l'amertume... Il faut dire qu'à redécouvrir Army of the Dead aujourd'hui et à réaliser combien la plupart des séquences s'étaient effacées de ma mémoire, le film m'apparaît encore plus mauvais que la première impression qu'il m'avait laissée. D'une prétention sans égale et d'un maniérisme qui donne la nausée, le film de Zack Snyder ressemble en fait davantage à une longue, très longue, trop longue cinématique de jeu vidéo qu'à un véritable film d'horreur. Je me demande ce qu'aurait pensé George Romero de cette purge dont le budget est évalué entre soixante-dix et quatre-vingt dix millions de dollars. Connaître sa réaction face à ces créatures Alpha exploitant sans vergogne le concept du Bub de Day of the Dead et sans doute encore plus le Big Daddy de Land of the Dead ! Énorme clip de presque deux-heures et demi, Army of the Dead est un spectacle haut en couleurs absolument insupportable. Bourrin, sans finesse et sans la moindre parcelle d'intelligence, le film enchaîne toute une série de séquences usant abusivement de ralentis, d'effets visuels, les personnages étant en grande majorité bas du front. Faisant fi de ce qui fait l'essence du zombie cher à George Romero, Zack Snyder ne se repose pas sur ses acquis et propose différentes évolutions du mythe. Des Alphas dont les postures sont d'abord dictées à des fins esthétiques mais qui malheureusement frisent le ridicule. Des Boiteux qui, plus que le mythe du zombie semblent parfois se référer aux vampires puisqu'ils ne paraissent pas devoir supporter la lumière du soleil. Avec ce léger détail qui veut que sous l'action de la pluie ils reviennent à la vie !!!


Et non, ça n'est pas une mauvaise plaisanterie de ma part. Le film ne demande même pas le minimum syndical de réflexion nécessaire au sentiment d'angoisse lors les séquences censément les plus tendues. Army of the Dead semble avoir été conçu dans l'unique but de satisfaire les envies immatures de son auteur ainsi que les téléspectateurs dépourvus de réflexion. Les personnages eux-mêmes, et pourtant dieu sait s'ils sont en nombre important, ne comptent parmi leurs rangs aucun individu susceptible d'être apprécié des spectateurs. Hommes et femmes transpirent la fonte, la poudre et les testostérones. Vous me direz que pour la réflexion, on a toujours le choix de se retourner vers un autre type de cinéma mais ici, dans le cas présent, tout semble stérile, superficiel et contrefait. Pas drôle du tout malgré l'enchaînement de punchlines (toutes plus inefficaces les unes que les autres), pas davantage effrayant, le film se montre particulièrement avare en matière de scènes d'horreur, confirmant ainsi qu'il s'agit d'une œuvre visant tous les publics (jusqu'aux plus jeunes) et pas seulement les vrais fans de cinéma d'épouvante. Vulgaire et parfois doté de CGI étonnamment laids, avec son film Zack Snyder semble ne pas se soucier un seul instant du mythe du zombie et de la légende qui l'entoure et paraît même s'en moquer. Army of the Dead a beau multiplier les séquences d'action et les interventions de zom... créatures, le long-métrage se montre en fait d'un ennui assez sidérant. Au final, Army of the Dead n'est pas davantage qu'un nanar friqué et complaisant. Après une telle expérience, il n'y aura guère qu'une cure à base de la trilogie originelle de George Romero, du Retour des morts-vivants de Dan O'Bannon ou bien même du Virus Cannibale de Bruno Mattei pour faire oublier cette totale indigence...

 

lundi 31 janvier 2022

Resident Evil de Paul W. S. Anderson (2002) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

À l'origine de la franchise cinématographique Resident Evil, une série de jeux vidéos qui virent le jour pour la toute première fois sur la console de salon Playstation il y vingt-six ans en 1996. Un jeu de survival Horror parmi les plus célèbres et concurrent direct de la saga Silent Hill qui verra quant à elle le jour trois ans plus tard avant d'être à son tour adaptée sur grand écran avec l'excellent film éponyme réalisé par Christophe Gans en 2006. Adaptation très libre du jeu de Capcom, Resident Evil premier du nom est l’œuvre du réalisateur, scénariste et producteur britannique Paul W. S. Anderson qui n'en était pas à son premier coup d'essai en matière d'adaptation de jeu vidéo puisqu'en 1995 nous lui devions déjà celle du jeu de baston Mortal Kombat. Deux ans avant d'adapter deux mythes de la science-fiction à travers le crossover Alien vs. Predator, le réalisateur s'attaquait donc à l'un des plus grands jeux de la première console du géant Sony à voir le jour sur un marché dominé jusque là par Sega et Nintendo. Un long-métrage librement inspiré d'aventures qui en outre à l'époque mettaient en scène les personnages de Chris Redfield et Jill Valentine que le joueur pouvait incarner tour à tour. Mais à l'heure de son adaptation sur grand écran, ces deux personnages iconiques de la saga disparaissent au profit d'Alice qu'interprète l'actrice russo-serbe naturalisée américaine Milla Jovovich, l'ancienne compagne et égérie de Luc Besson ainsi que Rain Ocampo, dont l'américaine d'origine dominicaine Michelle Rodriguez (Avatar de James Cameron en 2009, Machete et Machetes Kills en 2010 et 2013) porte les traits ou encore Eric Mabius qui lui, endosse le costume de Matthew Addison (personnage qui à l'origine devait être interprété par l'acteur David Boreanaz ''malheureusement'' coincé sur le tournage de la série Angel)...


Ce premier long-métrage d'une franchise qui à ce jour en compte sept se décharge donc complètement des objectifs fixés dans le jeu vidéo d'origine puisque non seulement les personnages-clés n'y apparaissent pas, mais l'intrigue elle-même est bien différente de celle du jeu vidéo de 1996 qui situait une grand part de son action dans l'imposant et très luxueux manoir Spencer de la ville de Raccon City. Le récit se déroule tout d'abord dans un laboratoire scientifique souterrain, propriété de la multinationale Umbrella Corporation où un virus est sciemment libéré dans l'air. Tous les membres du personnel se retrouvent alors enfermés et périssent dans de douloureuses conditions. Une fois l'introduction passée l'on retrouve l'héroïne du récit qu'interprète donc la sexy Milla Jovovich, évanouie dans sa douche, le corps à peine recouvert d'un rideau de plastique. Les spectateurs noteront qu'au choix, et plutôt que de revêtir des vêtements chauds (les tremblements d'Alice témoignent d'une température assez fraîche), la jeune femme préférera porter sur le dos une robe de soirée rouge plutôt inconfortable si l'on tient compte des événements qui vont bientôt se produire ! Immédiatement rejointe par le flic Matthew Addison, ils sont rapidement capturés par les membres d'un commando d'élite avec lesquels ils vont quitter les lieux à bord d'un train pour s'enfoncer loin dans les profondeurs d'un complexe qui les mènera jusqu'au HIVE, le lieu même où au début du film les spectateur purent être les témoins de la mort de dizaines d'hommes et de femmes... qui bientôt reviendront à la vie pour s'en prendre à notre poignée de personnages coincés dans un laboratoire alors envahi de zombies...


Avec son budget de trente-trois millions de dollars, nous aurions pu espérer que Resident Evil bénéficie d'excellents effets-spéciaux ou de décors à la hauteur du jeu vidéo dont il s'inspire. Mais Paul W. S. Anderson ayant semble-t-il une ambition toute autre, on peut se demander où est passé le pognon car à l'écran, le film ressemble d'abord à ces innombrables productions de science-fiction horrifiques des années quatre-vingt dix bénéficiant de visuels atroces. Encore que le film du britannique s'en sorte un peu mieux. L'ampleur de la tâche en matière de décors semble si insurmontable vu le budget qui n'est pas non plus mirobolant, Paul W. S. Anderson trouve un subterfuge ingénieux et efficace dans l'emploi d'une cartographie des lieux en images de synthèse permettant aux spectateurs de situer très exactement les personnages en un moment donné de l'action. Une action qui justement bouffe une grande partie de l'intrigue dont l'un des principaux intérêts demeure l'exploration des divers lieux. Les zombies ressemblent davantage à ceux créés à l'époque à l'occasion du Zombie de George Romero. Soit assez peu défraîchis ou en tout cas, loin d'atteindre la perfection de ceux de la série The Walking Dead. Relativement peu sanglant si on le compare aux grands classiques du genre, le film est ponctué en outre de quelques séquences gore en images de synthèse relativement imbitables (le laser découpant scrupuleusement certains membres du commando). La bande-son est quant à elle un mélange de titres de métal assez assourdissants tentant vainement de donner du punch à un film visuellement décevant. On regretterait presque que George Romero qui au départ était pressenti pour écrire et réaliser le film lui-même ait été finalement mis de côté. Pour autant, la vision de Paul W. S. Anderson n'est pas l’infâme bouillie de pixels que l'on aurait pu craindre. Quant aux dernières images, elles rendent honneur aux toutes premières séquences jouables du jeu vidéo Resident Evil 2 qui vit le jour en 1998. Notons que le second volet de la franchise cinématographique intitulé Resident Evil: Extinction sortira sur les écrans en 2007 et sera réalisé cette fois-ci par le réalisateur australien Russel Mulcahy. Un gage de qualité... ?

 

mercredi 27 octobre 2021

Night Shadows de John 'Bud' Cardos (1984) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Tiens, un film avec des bouseux et des mutants.. Quoique la différence entre les uns et les autres n'est pas évidente vu le degré de consanguinité dont semblent être affublés les premiers. Heureusement que parmi ces texans vivant au fin fond de l'Amérique profonde se trouve quelques individus pour accueillir nos deux héros, de jeunes citadins. Un shérif et une jolie institutrice qui porte d'ailleurs très bien son prénom puisqu’elle s'appelle Au lit ! Hein ? Quoi ? Ahhhh, d'accord. Holly ! Je m'disais aussi. Et bien tant pis. N'empêche qu'elle est charmante et qu'il est dommage qu'on ne la voit parfois pas davantage que cette bande d'abrutis qui accueillent à la ''texane'' les frères Josh et Mike, les ''invectivant'' avec ce même talent pour la prose et ce même courage de la meute dont témoigne aujourd'hui la racaille des cités françaises. Mais je m'égare. John 'Bud' Cardos ne change absolument pas de braquet et signe après L'horrible Invasion, The Dark et Le jour de la fin des temps une nouvelle petite série B à tendance horrifique mettant en scène des créatures humanoïdes bien des années avant la grande vague d'infectés qui allait déferler vingt ou trente ans plus tard (et ne me rappelez pas qu'avec The Crazies George Romero était déjà passé par là... je le sais bien !). J'irai sans doute allumer une bougie la prochaine fois que je franchirai le seuil d'une église car Ô miracle, Night Shadows aussi connu sous le titre Mutant (bizarrement au singulier d'ailleurs) fonctionne plutôt bien malgré quelques passages relativement creux...


Le récit s'intéresse à de nombreux cas de meurtres et de disparitions dans un patelin dont la dernière mode vestimentaire est la chemise à carreaux et dont les distractions ne semblent malheureusement pas être le point fort. Il faut dire qu'ici, la seule activité autre que celle consistant à agresser les touristes est de jouer au billard ou de passer son temps accoudé au bar afin de s'y enivrer. Il demeure pourtant une autre option permettant, elle, de se remplir les poches : Travailler pour une entreprise voisine qui se charge de clandestinement déverser des produits hautement toxiques dans un large trou situé dans un hangar (!?!). Ce qui pourrait alors expliquer la disparition de plusieurs habitants, ainsi que celle du frère de Josh, ou la découverte de cadavres sécrétant une drôle de substance poisseuse comme le constatera bientôt le médecin légiste du coin. Pauvre shérif, réputé pour être porté sur la boisson, qui demande des renforts mais n'en obtient aucun. Chacun sa merde, en gros. Josh et Au lit ! Pardon, Holly (décidément, je ne m'y ferai pas) vont ensemble mettre à jour les pratiques de cette obscure entreprise et surtout être les victimes d'incessantes attaques de la part de dizaines de zombies/infectés, lesquels étant bien évidemment les villageois disparus. Night Shadows dure environ une heure et quarante minutes (un peu moins qu'un peu plus d'ailleurs) et, faut-il que je vous l'avoue, les soixante-quinze premières ne représentent absolument pas le meilleur du récit. La faute à des séquences qui plombent l'ambiance et le rythme malgré quelques sympathiques passages...


Mais ne nous arrêtons pas simplement sur ce simple constat puisqu'en l'espace de vingt minutes (un peu plus qu'un peu moins cette fois-ci), lors du dernier acte, John 'Bud' Cardos nous assène un final pas tout à fait grandiose mais presque. Pas vraiment au niveau de La nuit des morts-vivants, de Zombie (George Romero) ou du Retour des morts-vivants (Dan O'bannon) mais quand même vachement sympa. La ville toute entière enfin réveillée de sa torpeur se donne rendez-vous aux mêmes endroits pour frénétiquement attaquer Holly (sourire) et Josh. Ce qui donne lieu à quelques courts moments de parfaite réjouissance, telle la séquence se déroulant dans les toilettes de l'école ou plus tard dans un magasin. Si l'attitude des zombies est un peu cheap, les maquillages et les effets-spéciaux à l'ancienne s'avèrent relativement cool. Des zombies encore plus verts que chez Romero. Entre autre choses, le film n'est pas incarné que par des inconnus puisque le rôle de Josh est tenu par Wings Hauser et celui du shérif Will par Bo Hopkins. Quant à la jolie Holly (… !...), elle est interprétée à l'écran par l'actrice Jody Medford dont la toute petite carrière au cinéma débuta l'année précédente en 1983 avec Chained Heat de Paul Nicholas (oui, oui, le film de prison avec Linda Blair et plein de femmes qui se baladent le c[censuré] et les nic[censuré] à l'air) pour malheureusement se terminer avec ce second long-métrage. Quelle tristesse...

 

mercredi 4 août 2021

Le lac des morts-vivants de Jean Rollin (1981) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Ahhhhhhhhhhh, la magie du cinéma. Ces instants de liberté si précieux qui permettent aux cinéastes du monde entier de laisser libre cours à leurs fantasmes de la manière la plus débridée qu'elle puisse être et ce, quelque soit l'argent qu'ils aient en leur possession. Artisan du cinéma d'exploitation français devenu grâce au bouche à oreille l'un de ces réalisateurs cultes de l'hexagone, Jean Rollin, allez savoir pourquoi, réalisa ce cultissimo-nanardesque Lac des morts-vivants sous l'étrange pseudonyme de J.A. Lazer et non pas sous son propre nom. Pourquoi ? Parce qu'une ribambelle s'y désape avec autant de faciliter que pour se brosser les dents ? Étonnant de la part d'un réalisateur qui a jonglé durant une grande partie de sa carrière entre l'horreur et le porno (Lèvres entrouvertes pour sexes chauds ou Pénétrations vicieuses sous le pseudonyme de Michel Gentil et Gamines en chaleur ou Sodomanie sous celui de Robert Xavier). La raison doit venir d'ailleurs. Peut-être plus simplement parce que Le Lac des morts-vivants se démarque quelque peu de l'éternelle fascination du réalisateur français pour le thème des vampires. Car ici, et comme l'indique très précisément le titre, il s'agit de morts-vivants. De zombies plus verdâtres encore que ceux d'un certain George Romero qui trois ans plus tôt allait définitivement asseoir sa suprématie dans le genre avec le chef-d’œuvre absolu de la catégorie, Dawn of the Dead en 1978...


Concernant Jean Rollin, les choses sont infiniment plus compliquées. Les moyens mis en œuvre n'étant pas tout à fait les mêmes, le résultat se voit très clairement à l'écran. Quatre ans après le réalisateur américain Ken Wiederhorn et son Commando des morts-vivants (Shock Waves en 1977), le français reprend le concept (lui pique l'idée, ouais!) des morts-vivants en uniformes nazis végétant sous l'eau. Couplés à des visages entièrement peints dans un vert qui laisse davantage transparaître un certain talent pour le maquillage façon ''œuvre d'art picturale simplifiée à l'extrême'' que le réalisme de soldats allemands revenus à la vie et semant terreur et mort aux abords d'un lac, le long-métrage de Jean Rollin mérite son titre de Nanar tant le film s'avère aussi drôle que dramatiquement loupé ! Il faut savoir qu'à l'origine le film devait être l’œuvre de l'espagnol Jesús Franco (autre sacré personnage du septième art. L'alter ego hispanique de Jean Rollin!). Le réalisateur quitte le film au beau milieu du tournage et la relève est ainsi assurée par le français qui signe l'un des pires mais aussi des plus mémorables films d'horreur toutes thématiques confondues...


Le bonhomme venant du X, on n'aura pourtant pas droit au moindre gros-plan explicite (n'est pas Joe D'Amato qui veut!). Mais connaissant Jean Rollin, on ne s'étonnera pas en revanche de voir d'entrée de jeu une superbe naïade toute bronzée se foutre à poil pour le bonheur des libidineux. Une séquence d'une durée de cinq minutes environs servant de prétexte à l'apparition du premier mort-vivant du titre. À noter la soupe musicale proposée par le compositeur français Daniel White, celui-là même qui participa tout de même à l'élaboration de dizaines de bandes-originales dont celles des Maîtresses du docteur Jekyll de Jesús Franco en 1964 (auquel Daniel White restera très fidèle durant de nombreuses années), Les Gardiennes du pénitencier d'Alain Deruelle en 1979 et même celle du Don Quichotte de 1992, un étonnant projet en collaboration entre Jesús Franco et Orson Welles (!?!) qui malheureusement ne verra jamais le jour. Tourné dans la campagne oisienne, sans doute pas très loin du château de la Reine Blanche à Coye-la-Forêt dans la région Hauts-de-France qui sert de décor à la demeure du maire interprété par l'acteur suisse Howard Vernon, Le Lac des morts-vivants est, faut-il l'admettre, souvent très ennuyeux. La plupart des seconds rôles sont ''incarnés'' par des amateurs.


Les ''ploucs'' du coin qui n'y bitent rien en matière d'interprétation mais demeurent finalement assez touchants dans le naturel qu'ils dégagent. Il faut dire que Jean Rollin n'était sans doute pas le genre de cinéaste à refaire la même scène des dizaines de fois jusqu'à l'obtention de la séquence parfaite. Question effets-spéciaux, comme d'habitude chez le réalisateur, c'est le minimum syndical. La palme d'or revenant donc aux morts-vivants peints en vert. Si la post-synchronisation s'avère déplorable, impossible de ne pas éprouver beaucoup de plaisir à entendre parler les nazis dans notre langue avec un fort accent du coin ! Question décors, c'est la ruralité qui parle. Pour les costumes, rien de mieux que des figurants qui viennent sapés comme dans leur quotidien. Quant à l'histoire, elle mêle une journaliste venue enquêter sur le ''lac maudit'' (et non pas ''DES maudits'' comme le maire croit nécessaire de le préciser........!), l'évocation de plusieurs meurtres de jeunes femmes (toutes évidemment consciencieusement dénudées, olé, olé!) par des nazis zombifiés anthropophages surgis des eaux du lac en question. Tout ceci se déroulant dans une campagne bien de chez nous sur un rythme terriblement soporifique. Une œuvre ponctuée par les compositions de Daniel White, tantôt du style ''petite musique de supermarché'', tantôt genre ''musique concrète et avant-gardiste''. De quoi semble-t-il, passer un bon moment, hein ? Ben non, pas vraiment en fait. À vous de juger...

 

mardi 3 août 2021

Les affamés de Robin Aubert (2017) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Deux chums qui après avoir fait une drave jasent à l'arrière d'un char sur ce qu'ils auraient aimé entreprendre s'ils le monde n'avait pas viré au cauchemar. L'un étrive l'autre qui ne se gêne pas d'en faire de même à son tour. Puis l'un reste sur le carreau, tapon de Vézina qui aurait mieux fait de se méfier, laissant désormais son chum à sa solitude. Astheure, Bonin devrait peut-être penser à prendre la route avant que les affamés ne remontent sa trace... Pas le temps de se crosser ou de courailler une éventuelle guidoune qui aurait fait une pause pipi sur le bord de la route. Seule compte ici, la survie ! Pas plus loin qu'à quelques kilomètres de là, Céline tente de gazer son char quand une charrue pas vraiment chique, un peu matante mais pas du genre guidoune ruine tous ses espoirs avant de l'inviter à boire sous son porche. Des scènes d'un quotidien où atchoumer ou bardasser peut vous faire perdre la vie ou capoter... au sens propre comme au figuré...


Les affamés de Robin Aubert n'est certes pas mon premier film de zombies mais le premier dont les origines sont le Québec à voir le jour sur Cinémart. Un mensonge en réalité puisque si l'on remonte le fil du temps, furent évoqués La Petite Aurore, L'enfant Martyre de Jean-Yves Bigras, Hall de Francesco Giannini ou Le Bonheur de Pierre de Robert Ménard. Alors que doit sortir le 29 octobre prochain Brain Freeze du québécois Julien Knafo, il était sans doute intéressant de se pencher sur Les affamés, ce long-métrage qui quatre ans en arrière s'intéressait déjà au sujet des zombies. Enfin, disons plutôt des infectés puisque l'attitude des créatures en question ne laisse la place à aucune forme d'ambiguïté. En effet, celles-ci semblent avoir un semblant de réflexion et sont particulièrement véloces contrairement aux morts-vivants tels qu'ils furent imaginés à l'origine et (re)conceptualisés en 1968 par l'immense George Romero, devenant ainsi anthropophages. Tout aussi difficile que puisse être l'apprentissage de la langue québécoise qui à l'oreille du non prophète pourra sembler argotique ou du moins familière, Les affamés n'impose pas vraiment à nos côtés le moindre dictionnaire. Les moins aventureux auront tout de même sans doute le reflex de voir en Netflix une échappatoire salvatrice permettant de suivre les aventures de Bonin, Tania, Pauline ou Céline dans un confort tout relatif puisque différents choix de sous-titres y sont proposés, parmi lesquels le français-canadien CC (CC (pour Closed Captioning) signifiant que le film est également accessible aux sourds et malentendants). Après, faut pas se voiler la face...


L'aventure que nous propose Robin Aubert s'avère relativement plate, cumulant plus que de raison les ventres mous auxquels s'ajoutent quelques rares saillies sanglantes. Véritablement ennuyeux, il est cependant envisageable de sursauter à une ou deux occasions, lorsque entrent en interaction les Jump Scares et l'assoupissement du spectateur. Ou comment prendre un coup de fouet en plongeant dans une eau à dix degrés après s'être endormi sous un soleil de plomb durant des heures. Parsemé de quelques plans majestueux, voire poétiques, comme cette brume d’où s'extraie peu à peu un monticule constitué de centaines de chaises. Lieu de culte pour des zombies véritablement en osmose. Que le réalisateur ait choisi de n'en rien dire à ce sujet est une chose. Qu'il soit peu ou prou inspiré par l'idée d'une allégorie sur la société de consommation en est une autre. En n'éclairant jamais le spectateur sur les enjeux du récit et de ses personnages, il laisse son public sur le bord de la route avec cette vilaine idée en tête : ''quel peut donc être l'intérêt d'un tel projet, où la seule chose qui surnage sont les quelques blagues très ''Grosses Têtes'' que balancent certains des protagonistes ?''. Les interprètes font alors ce qu'ils peuvent pour retenir l'attention des spectateurs contraint de suivre ce Walking Dead sous calmants. Plus lent que ne le sont ses créatures, plutôt bien réalisé mais ratant le coche du scénario bien construit, Les affamés n'est au fond pas vraiment une déception, juste un projet sincère mais soporifique...

 

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