Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Nanar. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nanar. Afficher tous les articles

samedi 2 août 2025

The Mildew from Planet Xonader de Giulio De Santi et Neil Meschino (2015)



A une époque où le président des États-Unis Ronald Reagan est au pouvoir, un colonel de l'armée américaine rend visite à un laboratoire de recherches médicales dont le père fondateur se nomme Edison Carter et dans lequel sont menées des expérience visant à créer une arme bactériologique capable d’annihiler toute vie sur notre planète. L'un des scientifiques vient justement de mettre la main sur une souche de moisissure appelée « Stacky Morte » et particulièrement virulente qui et en mesure de provoquer d'horribles mutations génétiques chez les individus qui entrent directement en contact avec elle.
Alors que jusqu'à maintenant tout se déroulait dans les meilleures conditions, le député Blankeship, qui lui-même a été invité à visiter les locaux, ingère quelques spores mélangés à de la cocaïne. Il est la première victime d'une abominable mutation qui le mène à la mort. Mais les spores s'étant dispersés dans l'air, l'espace confiné est de plus en plus réduit. Militaires et scientifiques se sont réfugiés dans une salle dans l'espoir d'y demeurer à l'abri jusqu'à ce que le système de sécurité ait nettoyé toute la zone...

Spécialisée dans le cinéma gore, la maison de production Necrostorm (tout un programme) propose avec ce film signé du duo Giulio De Santi et Neil Meschino, une œuvre Z totalement assumée. The Mildew from Planet Xonader est saignant. Des hectolitres de sang, et au vu des couleurs que sécrètent les corps touchés par la moisissure, des matières dont les origines nous demeurent encore inconnues. De mémoire, il y avait bien longtemps que le cinéma gore n'avait pas produit d’œuvre gore dont les scènes d'horreur sont un véritable feu d'artifice aux mille couleurs (n'ayant pas vu le reste de la production Necrostorm, je juge dont cette œuvre à l'aveugle). La seule et unique fois où un réalisateur joua avec une palette de couleurs flamboyante fut lors du classique Street Trash, seul et unique long-métrage du talentueux Jim Muro.

Malheureusement, la comparaison s'arrête là ! Car si les deux films jouent dans la même catégorie, en matière d'interprétation, de lieux servant d'intrigue, de mise en scène et d'effets-spéciaux, The Mildew from Planet Xonader est l'exemple même de ce qu'une véritable équipe de tournage (comprendre une équipe de professionnels) n'oserait pas faire. Quant à la proposer à la diffusion. Mais aujourd'hui, le cinéma n'étant plus véritablement ce qu'il était, n'importe qui est en mesure de produire n'importe quoi. Le cinéma Z ayant lui aussi son public que fidèles, certains se sont engouffrés dans la brèche pour ne plus en sortir. Ni meilleur, ni pire qu'un autre, The Mildew from Planet Xonader propose un quota de scènes gore qui ravira les amateurs du genre les moins regardant. Ça pisse, ça gicle, des têtes explosent, les tripes prennent l'air, les visages se déforment, l'épiderme fond, les orbites baient, un survivant vomi, et tout ça, dans un joyeux bordel opposant comme de coutume militaires et scientifiques.

C'est mauvais mais tellement bon à la fois. Pas besoin de réfléchir... Ici, vous êtes prié de laisser vos neurones à l'entrée. Les effets-spéciaux sont majoritairement créés à partir de moulages en latex même si l'on note quelques passages en CGI (Computer-generated imagery). Le film est intégralement filmé dans un espace confiné à deux ou trois pièces et un couloir, ce qui donné un effet huis-clos involontairement généré par le manque flagrant de moyens. Les amateurs du genre se régaleront sûrement, quant aux autres, comme à leur habitude, ils passeront certainement leur chemin...

dimanche 13 juillet 2025

La dernière bourrée à Paris de Raoul André (1973) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Quelle ironie tout de même... Alors qu'hier j'écrivais ceci : ''Y'a un os dans la moulinette est une excellente porte d'entrée dans le genre'', voilà qu'aujourd'hui, afin de clore le mini-cycle que j'ai décidé de consacrer au réalisateur français Raoul André et à la comédie franchouillarde, je tombe sur La dernière bourrée à Paris. Que les choses soient claires ! Bourrée ne veut pas dire ici que l'héroïne y apparaît le plus clair de son temps dans un état d'ivresse avancé ni qu'elle passe son temps en position horizontale pour se faire culbuter par le bel étalon italien rencontré en tout début de récit. Non, ce piteux jeu de mots se réfère non seulement au Dernier tango à Paris que réalisa Bernardo Bertolucci un an auparavant et dont le film de Raoul André se veut être une parodie mais également une référence à la danse dont la plus célèbre version est auvergnate... Alors qu'en 1972 les personnages incarnés par Marlon Brando et Maria Schneider se rencontraient lors de la visite d'un appartement, en 1973, la charmante Berthe (Patricia Lesieur) tombe sur Victor, interprété par l'acteur Tony Kendall qui contrairement à ce que laisse supposer son nom n'est pas américain mais italien. Pour la jeune femme, c'est le coup de foudre. D'autant plus qu'elle sort d'une séance cinéma où elle a justement assisté à la projection du Dernier tango à Paris ! Plusieurs événements font référence au long-métrage sulfureux de Bernardo Bertolucci. Comme l'appartement où se déroule une bonne partie de l'action entre Berthe et Victor ainsi que toute la dernière partie du film. Mais contrairement à ce que laisse supposer Raoul André, l'adresse est différente. Tout comme cette musique et les voix des personnages que l'on entend hors-champ de l'écran de cinéma qui est censé diffuser Le dernier tango à Paris au début du film. Il n'en demeure pas moins que le réalisateur français y a ajouté un clin d’œil très concret au film du réalisateur italien en incorporant l'actrice Darling Légitimus (qui au demeurant est la grand-mère de l'ancien Inconnus, Pascal Légitimus) dans le rôle d'une concierge. Personnage qu'elle incarnait déjà l'année passée.


Ces petites anecdotes demeurant précisément quelques-uns des rarissimes détails d'intérêt concernant La dernière bourrée à Paris, le film regroupe ensuite des fidèles de Raoul André parmi lesquels l'on retrouve donc Francis Blanche, Daniel Prévost, Paul Préboist (ainsi que son frère Jacques), Christian Marin, Annie Cordy, Micheline Dax, la propre fille du réalisateur Ariane Carletti (pour ceux qui ne le sauraient toujours pas, elle fut la Ariane de Récré A2 et de Club Dorothée) ou bien... Marion Game... qui pour l'occasion est l'ultime centre d'intérêt de cette comédie qui est donc franchouillarde, certes, mais surtout d'une nullité si remarquable que celles et ceux qui y survécurent au moment de sa sortie voilà plus de cinquante ans en font certainement encore d'horribles cauchemars ! Tellement mauvais que de supporter une telle péloche dans son intégralité se révèle être un véritable calvaire. Ça n'est donc que par preuve de conscience cinéphilique que je me suis contraint à un exercice consistant à relancer le film à plusieurs reprises, chaque fois que je fermais l’œil et que me passait sous le nez telle ou telle séquence. À bien y regarder, le film a duré au final plus de six heures !!! Fort heureusement, derrière ce capharnaüm qui ne rend hommage ni à Bernado Bertolucci, ni à son classique, ni à la comédie française en général et donc pas davantage aux interprètes et aux techniciens qui travaillèrent dessus, La dernière bourrée à Paris est malgré tout l'occasion de découvrir Marion Game sous toutes ses coutures. Déjà craquante lorsqu'elle ne se contente que de sourire dans un premier temps, allez savoir pourquoi mais l'attention du spectateur se trouve être ensuite happée par les formes de cette actrice qui ici, ne cache absolument rien de ses charmes. Autant dire que de voir Marion Game à poil est aussi plaisant que de manger une bonne glace sous le soleil de Santorin, par quarante degrés, après avoir marché une bonne dizaine de kilomètres ! À part ça ? RIEN! Le vide, sidéral. Niveau interprétation, écriture et mise en scène, c'est le néant. Il y a autant d'espoir de rire ou même plus simplement de sourire qu'il y a de chance de traverser en une seule journée le vide qui sépare deux systèmes solaires. Bref, La dernière bourrée à Paris est une catastrophe qui mérite à peine d'entrer dans le registre du nanar qui par définition se doit malgré tout de divertir. Ici, à part une Marion Game parfois en mode ''retour à la nature'', y'a vraiment rien à manger ni à boire...

 

samedi 31 mai 2025

Blood Lake : Attack of the Killer Lampreys de James Cullen Bressack (2014) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Depuis le début de sa carrière au début des années quatre-vingt, l'actrice américaine Shannen Doherty continue son petit bonhomme de chemin, surtout à la télévision, où nous avons pu notamment la découvrir dans le rôle de Jenny Wilder dans La Petite Maison dans la Prairie lorsqu'elle n'était encore qu'une gamine ou quelques années plus tard dans Beverly Hills, série dans laquelle elle interprétait celui de Brenda Walsh. Deux séries extrêmement populaires à travers le monde qui ne l’empêchèrent cependant pas de tourner dans d'autres séries télévisées et d'apparaître dans un certain nombre de longs-métrages tels que la comédie Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ? de Peter Segal en 1994 ou Nowhere de Gregg Araki en 1997. Mais c'est bien sur le petit écran que l'actrice à fait l'essentiel de sa carrière et pas seulement dans des séries mais également dans de nombreux téléfilms. Produit par la société de cinéma et de distribution américaine The Asylum, Blood Lake : Attack of the Killer Lampreys met en scène des créatures marines qui s'attaquent à l'homme. En parallèle à la saga Sharknado qui elle-même voit l'un des anciens interprètes de la série Beverly Hills (l'acteur Ian Ziering qui interprétait alors le personnage de Steve Sanders) affronter une armada de requins volants (!!!), le film de James Cullen Bressack reprend à peu de chose près le même concept d'invasion sauf qu'ici, on n'est plus dans la même démesure que chez Anthony C. Ferrante puisque le cadre est désormais celui d'une petite bourgade balnéaire dont le maire, bien évidemment, va se montrer relativement retors à l'idée de fermer l'endroit et ainsi interdire l'accès aux touristes...


On a déjà vu ça mille fois ailleurs. À commencer par Les Dents de la Mer de Steven Spielberg même si de par leur taille et leur nombre, les lamproies de Blood Lake : Attack of the Killer Lampreys rapproche l’œuvre de James Cullen Bressack du classique de Joe Dante, Piranha. Tourné à l'aide de caméras numériques, on ne trouve à l'image aucun grain, aucun parasite qui faisait le charme de ses ancêtres dans le domaine des attaques animales. Si le réalisateur s'y connaît lorsqu'il s'agit d'utiliser sa caméra, autant savoir tout de suite que le film impose un style visuel ultra classique. Artistiquement, le film ne prend aucun risque et l'on est une fois de plus devant l'un de ces petits films tournés à la chaîne qui imposent des codes perpétuellement rabâchés. Sans être incroyablement performants, les interprètes s'en sortent honnêtement. À part sans doute l'actrice Ciara Hanna, laquelle incarne la fille de Cate (Shannen Doherty) et de Michael (Jason Brooks) sans être une seule seconde convaincante. Réalisées en images de synthèse, les lamproies arborent un design tantôt correct, tantôt râté. Shannen Doherty est sous-employée puisque le rôle principal revient à l'acteur Jason Brooks qui interprète un spécialiste venu résoudre sur place le problème lié à la présence de nombreuses lamproies dans un lac. À savoir que l'acteur Christopher Lloyd fait lui-même partie du casting dans le rôle du maire. Un maire ultra caricatural. À tel point que son personnage en devient invraisemblable. Blood Lake : Attack of the Killer Lampreys ne bouleversera pas les amateurs du genre. Sans une once d'imagination en dehors de certaines attaques de lamproies, ceux qui dénigrent en outre ce sous-genre continueront certainement de camper sur leur position... Bof, bof !!!

mercredi 12 mars 2025

Alien Platoon de Norbert Moutier (1992) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

À défaut d'avoir été un grand cinéaste, Norbert Moutier, AKA N.G.Mount, AKA Norbert Georges Mount, AKA Bert Mount eut la capacité d'attirer le chaland avec des titres aussi divers que Mad Mutilator (Ogroff), Trepanator, Dinosaur of the Deep ou comme dans le cas présent, Alien Platoon. Tout ou presque dans ce dernier reflète cette approche du septième art, nanardesque, fauché, tourné dans des conditions amateurs et qui pourtant, fit les grandes heures du cinéma Z propre à attirer la convoitise des amateurs de nanars, comme le firent avant lui certains auteurs italiens. Il y a en effet chez le français, ce même goût du plagiat détournant de grandes œuvres du septième art tout en leur administrant un ravalement de façade esthétiquement et artistiquement régressifs. Lorsque l'on signe un film au titre aussi évocateur que Alien Platoon, il est en général urgent, voire primordial de ne surtout pas se moquer de son public même si ce dernier ne s'attend pas à ce que la forme soit la même que ces classiques pour grand public financés à coups de dizaines ou de centaines de millions de billets verts. Floué, le spectateur l'est quand même un peu. Même celui qui connaît déjà l’œuvre passée de Norbert Moutier et qui sait déjà à peu près à quoi s'attendre. Si le ''Platoon'' du titre se réfère bien au genre ''Film de guerre'', le ''Alien'', lui, n'a rien à foutre dans ce même titre qui a plus à voir en réalité avec le Predator de John McTiernan ou encore le Terminator de James Cameron. Et ça n'est pas parce que le fidèle Jean Rollin qui joue ici le rôle du Major de l'armée française Taylor l'affirme mais parce qu'en tant que spectateurs, il n'est pas impossible et même carrément probable que l'image du T-800 nous vienne à l'esprit. Et ce, même si le super-soldat (incarné par Norbert Moutier lui-même) n'a franchement ni l'allure ni le charisme d'Arnold Schwarzenegger ! Faut quand même pas pousser ! Surnommé le Chasseur, il s'agit d'un soldat ayant fait l'objet de modifications physiques. Désormais recouverte de métal et de câbles électriques (c'est du moins ainsi que je l'ai compris), la ''créature'' ne va malheureusement pas fonctionner comme cela était prévu.


C'est pourquoi une section de soldats à la tête desquels l'on retrouve Michel Finas dans le rôle du sergent Banner est envoyée en forêt afin de retrouver le Chasseur qui s'est donc enfui de la base militaire afin de mettre un terme aux hypothétiques nuisances dont il pourrait se rendre responsable. Ah oui, j'avais oublié de le préciser : plutôt que de faire appel à l'un de ses nombreux soldats, l'armée de terre française a préféré opérer des modification génétiques et organiques sur le corps d'un assassin condamné à mort... Bon, on va pas vous la faire à l'envers, c'est pas dans nos habitudes. Aussi mauvais qu'il puisse être, Alien Platoon n'en est pas moins un vrai bon nanar à la française. Peut-être même l'un des plus grands de sa catégorie tout court. De quoi rendre jaloux les spécialistes italiens en la matière. Chacun y joue comme un pied, à tel point que même mauvais, Jean Rollin a l'air d'avoir été formé au cours Florent ou dans n'importe quelle autre grande école de cinéma hexagonale ! Michel Finas ne s'en sort pas trop mal non plus. Tout juste peut-on se demander pourquoi son personnage passe son temps à gueuler. Mais on ne va pas trop lui en vouloir vu le sort qui l'attend plus tard lors du récit. L'un des plus grands regrets que l'on puisse émettre et le court temps de présence à l'image du Chasseur. Une créature de latex qui pourtant semble avoir sur la tête un préservatif de taille XXXXXXXXXL qui aurait passé trop de temps sous le soleil d'un après-midi de mois de juillet caniculaire. Plus rares encore sont les moments où l'on peut profiter de la voix de ce ridicule super-soldat. Dans un ordre d'idée, vous souvenez-vous des reptiliens de la génialissime série V originale qui fut diffusée dans le courant des années quatre-vingt ?


J'imagine que tout comme moi vous vous étiez à l'époque amusés de la voix étouffée par les maquillages des extraterrestres dès lors qu'ils apparaissaient sous leur véritable apparence ? Et bien là, c'est la même chose. Plutôt que d'avoir retravaillé ses dialogues en post-synchronisation, Norbert Moutier semble avoir préféré gardé le son de sa voix tel quel. Pour un résultat franchement hilarant ! En chef de section, Michel Finas n'est pas reste. Avec sa débordante bedaine d'ancien coureur cycliste à la retraite, il n'y a guère que son engouement pour faire passer la pilule. À part cela, le reste de la troupe est constituée en outre des frères jumeaux Didier et Philippe Leroux et même de Christophe Lemaire dont la ressemblance avec les deux autres laisse un moment envisager qu'il pourrait s'agir de triplés. Oui, vous avez bien lu. Christophe Lemaire. L'un des anciens rédacteurs des magazine Starfix et Mad Movies et auteur de la rubrique ''film du mois'' dans le magazine de musique Rock & Folk. Désormais, et avec d'autres chroniqueurs tels que Fausto Fasulo ou François Cognard, il anime l'excellente web-émission Le bistro de l'horreur pour le compte du site web Filmo TV. Des vidéos que l'on peut notamment découvrir sur Youtube (je vous les conseille d'ailleurs vivement). Pour en revenir à Alien Platoon, allez savoir pourquoi mais Norbert Moutier semble totalement obsédé par les morts-vivants puisque tout comme dans Trepanator, il semble ici ne pas pouvoir s'empêcher d'intégrer des zombies qui, comme pour Le commando des morts-vivants de Ken Wiederhorn quinze ans auparavant sont d'anciens soldats revenus à la vie. Bref, dans ce joyeux bordel qu'est Alien Platoon, il y a à boire et à manger et nul doute que les amateurs de nanars qui ne le connaissent pas encore se feront désormais une joie et un devoir de le découvrir enfin...

 

jeudi 6 mars 2025

Trepanator de N.G.Moutier (1992) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Huit ans après Mad Mutilator et seulement une année avant Alien Platoon, le réalisateur, scénariste et libraire français Norbert Moutier revenait avec un nouveau zé-d'œuvre du zédième-art. Trepanator que ça z'appelle. Le plus zédifiant cinéaste hexagonal revenait en 1991 avec une œuvre ambitieuse se référant à l'écrivain américain H.P.Lovecraft à travers cette citation : ''La vie est une chose hideuse et de la face cachée de notre savoir, suintent de démoniaques fragments de vérité qui la rendent mille fois plus hideuse''... C'est par cette phrase poético-morbide extraite du recueil de nouvelles Facts Concerning the Late Arthur Jermyn and His Family que le romancier publia pour la première fois en 1920 que sous son habituel pseudonyme de N.G.Mount, Norbert Moutier attise notre curiosité en inscrivant donc son œuvre dans la traditionnelle ambition de l'homme se prenant pour Dieu. Plus proche du chirurgien fou de la nouvelle Herbert West – Reanimator que H.P.Lovecraft fera publier sous forme de feuilleton dès juillet 1922 que du roman de la romancière britannique Frankenstein; or, The Modern Prometheus qui vit quant à lui le jour en 1818 avant d'être traduit en français trois ans plus tard, Norbert Moutier semble d'ailleurs insister à ce sujet puisque le neurochirurgien qu'interprète à l'écran Michel Finas (que l'on reverra très rapidement au générique d'Alien Platoon) se nomme Herbert East (signifiant ''Est'', par opposition à West qui lui, signifie ''Ouest''). Descendant d'un médecin aussi fou que lui qui fut assassiné par la police alors qu'il opérait dans d'abominables conditions des patients qui perdaient littéralement la tête. Herbert a donc depuis repris les travaux de son ancêtre et cherche à faire fructifier ses travaux en revendant aux plus offrants le fruit de son labeur. Et ça tombe bien car actuellement se préparent les futures élections présidentielles américaines.... Ah oui ! J'oubliais de le préciser mais après une séquence d'introduction se déroulant en France, voici les protagonistes désormais projetés aux États-Unis. Une illusion qui aurait été presque parfaite si tout ce qu'avait entrepris le chef-décorateur pour nous faire croire qu'effectivement le film se déroulait outre-atlantique n'avait pas été sabordé par des moyens financiers au raz des pâquerettes !


Car tout comme projet initié par Norbert Moutier, Trepanator sent le film fauché. Sans doute quelques dizaines de milliers de francs (et je suis large) ont apparemment servi à tourner ce film à la vas comme j'te pousse, sans répétitions et sans prises multiples. Un film 100% bio, sans addictifs autres que des tonnes de latex servant à fabriquer des crânes, des mains, des jambes, des têtes, des bras tous plus factices les uns que les autres et auxquels ont été ajoutés des abats d'animaux pour un résultat, ma foi, plutôt réussi. Compte tenu du budget et du manque de talent de l'auteur et de ses interprètes, on ne va pas gâcher le seul aspect de Trepanator qui peut encore retenir le spectateur devant son écran. Côté gore, on en a donc pour notre argent. Ça saigne beaucoup. Les trépanations en question n'étant qu'une mise en bouche gracieusement offerte en apéritif avant que notre neurochirurgien ne passe la frontière du raisonnable et ne se transforme en un véritable équarrisseur. La table d'opération se transformant rapidement en un véritable étal de boucher, Herbert East peut compter sur l'assistance de Karl, sorte de Igor frenchie glauquement incarné par Michael Raynaud, créateur ici des effets-spéciaux et dont la carrière d'acteur s'arrêtera à ce seul long-métrage. Notons que parmi les principaux interprètes l'on retrouve le réalisateur Jean Rollin. Cinéaste et écrivain culte qui a fait du mythe du vampire son principal gagne-pain sur grand écran et dans les librairies (il adaptera notamment au cinéma en 1997 son propre roman Les Deux Orphelines vampires édité quant à lui en 1993 dans la collection culte, Angoisse, des éditions Fleuve Noir). Mais le plus surprenant reste ici la courte présence à l'image du réalisateur américain William Lustig. Auteur du cultissime Maniac en 1980, il apparaît sous les traits d'un patient victime de cauchemars récurrents qui se présentent sous la forme d'une silhouette. Celle d'un flic. Celui qu'incarna l'acteur Robert Z'dar dans la franchise Maniac Cop que réalisa également William Lustig. Une silhouette qui ne prête d'ailleurs absolument pas à la confusion puisque le visage, certes ombragé, fait référence au problème de chérubisme dont était victime l'acteur américain ! Pour ce qui est de l'histoire, Trepanator s'intéresse essentiellement à son chirurgien fou et au dirigeant de l'établissement où il travaille (quiconque se retrouve à devoir passer le pas de la porte d'un tel endroit pour s'y faire opérer est condamné à une mort certaine). Mais également a ce jeune homme politique pas très futé dont Herbert choisi de prélever le cerveau afin de l'échanger avec celui de son père ! Après, tout par en vrille, ce film de savant fou se transformant en une invasion de zombies ! Bref, c'est du grand n'importe quoi jouissif malgré la légion de tares que porte en lui le film de Norbert Moutier ! Culte !

 

lundi 3 mars 2025

Opération Las Vegas de N.G.Moutier (1990) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Lorsque l'acteur américain Richard Harrison accepte de tourner dans le nouveau long-métrage du réalisateur, scénariste, acteur, romancier et... libraire (Mdr) français Norbert Georges Vincent Moutier, sans doute est-il loin d'imaginer que sa promesse allait le contraindre de participer à l'un des plus gros film Z de l'histoire du cinéma ! Une œuvre fauchée comme un champ de blé en jachère, qui voit le jour au tout début des années quatre-vingt dix tout en ayant l'air d'avoir été tourné vingt ans plus tôt. Un film d'espionnage, d'arts-martiaux où sont au menu trahison, séduction, attaque au sabre et aux armes à feu par des ninjas et des militaires... Tout ça pour une mallette contenant apparemment les plans d'un réacteur nucléaire. Surtout ''connu'' pour avoir mis en scène l'ultra Z Mad Mutilator, Norbert Moutier a également marqué les esprits des amateurs de lectures sanguinolentes en écrivant les sympathiques Neige d'enfer et L'équarrisseur de Soho pour la collection Gore des éditions Fleuve Noir en 1988 et 1990. En huit long-métrages réalisés en quinze ans et sous divers pseudonymes, l'ancien rédacteur du fanzine Fantastyka n'hésite pas à mouiller la chemise en signant avec Opération Las Vegas l'un de ces objets filmiques les plus invraisemblables qui soient. Démontrant ainsi la remarquable absence de talent d'un auteur malgré tout très optimiste quant au résultat obtenu une fois déclenché le clap de fin ! Prompt à faire habituellement chier les réalisateurs bis italiens, sachons balayer devant notre porte en évoquant cette fois-ci l'un des plus remarquables pourvoyeurs de nanars hexagonaux. Le fond de l'œuvre signée de Norbert Moutier lui-même ayant moins d'importance que la forme, c'est sur cette dernière que reposera tout l'intérêt d'une telle projection. Ceux qui survécurent à l'expérience Mad Mutilator savent déjà à quoi s'attendre. On peut d'ors et déjà leur assurer que l'expérience sera bien moins pénible. Et ce, malgré un montage et un mélange bordélique des genres qui n'aident absolument pas au confort du spectacle étalé devant nos yeux. Si le réalisateur et scénariste semble prendre les choses très au sérieux, le spectateur, lui, risque de pouffer de rire assez régulièrement. Vêtu d'un costard trois pièces, dans le rôle de Jefferson, Richard Harrison est quand même le seul type au monde à draguer les filles à bord d'une voiture familiale ! Et pourtant, cela semble fonctionner.


La preuve étant qu'il attire dans ses filets une certaine Britta (interprétée par l'actrice française Brigitte Borghese). Blonde et bien tanquée, avec ce petit air de P#%@ qui lui sied à ravir... Comment ça une Pute ? Ça n'est absolument pas ce que j'avais en tête. Pas du tout. Je pensais plutôt à une Poupée,certes gonflable, mais certainement pas une Pute !!! Trêve de plaisanterie. Comme si les nombreuses fusillades filmées avec l'engouement d'un neurasthénique ne suffisaient pas, on a droit à une bande-musicale absolument indigeste signée par Garabello (un rapport avec Jean-Louis Garabello ?). Lorsque l'on parle de soupe, ici, on évoque évidemment davantage des pommes de terre à l'eau qu'un délicieux velouté à base de crème fraîche. Côté doublage, c'est le pompon. En dehors de la blonde Brigitte Borghese l'on a l'impression que la totalité des interprètes masculins l'on été par le même doubleur. Expressions et timbre de voix sont tellement caricaturaux qu'on a souvent l'impression que tous les personnages furent doublés par Mozinor ! Bon, après, on reconnaîtra Opération Las Vegas comme ayant pu être éventuellement une authentique source d'inspiration pour les frères Coen. N'y at-il pas en effet chez les américains de The Big Lebowski une petite touche de cette pépite qu'est la série Z signée Norbert Moutier sous le pseudonyme de N. G. Moutier ? La seule ''preuve'' étant de mettre côte à côte l'acteur hollandais John Van Dreelen et l'américain John Goodman. Même tendance (ou presque) à prendre de la bedaine mais surtout, même tenue vestimentaire. Pour être tout à fait franc, le film est quand même assez chiant à suivre malgré sa courte durée qui n'excède que de quelques secondes les soixante-sept minutes. Heureusement, le spectateur trouve régulièrement l'occasion de rire. Comme lors de cette séquence à l'improbable montage durant laquelle un type se rend compte qu'on lui a remis une mallette piégée. La jetant loin de lui, celle-ci explose. Lors du plan suivant, le gars s'abrite derrière sa voiture..... Après l'explosion !!! Pas avant, non, APRES !!! Bref, le film de Norbert Moutier est un authentique cas d'école qui ferait bondir n'importe quel prof spécialité dans le cinéma. Mais alors, parfois, quelle tranche de rigolade...

 

samedi 1 mars 2025

La Maison qui Tue de Peter Duffell (1971) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



La Maison qui tue de... Tin ! Tin ! Tin ! (onomatopée bien connue des amateurs de petits, moyens, et grands frissons)... l'auteur de Psychose. Comme ne l'indique pas directement cette courte affirmation présente sur l'affiche française de ce film (qui n'a rien de commun avec le visuel présenté ci-dessus) en réalité signé du cinéaste Peter Duffell, The House That Dripped Blood dans sa version originale n'a donc pas été réalisé par Robert Bloch, qui demeure bien, par contre, l'auteur du roman à l'origine du chef-d’œuvre du britannique Alfred Hitchcock. Comme quoi, un simple mot de deux lettres (ici, « de ») peut trahir la volonté de faire du fric sur le nom d'une célébrité. Mais n'enterrons pas tout de suite l’œuvre de Peter Duffell, surtout qu'au générique, outre des interprètes aux patronymes inhabituels (Denholm Elliot, Nyree Dawn Porter, ou encore Jon Pertwee), on retrouve deux immenses acteurs hélas, depuis disparus : les britanniques Christopher Lee et Peter Cushing. Pas le genre de petite monnaie dont on cherche à se débarrasser dans les magasins. Plutôt des pièces d'or dont il vaut mieux respecter la valeur.

Soit dit en passant, La Maison qui tue est quand même un gros navet. Stars de la Hammer ou pas, la Amicus récupère nos deux glorieux interprètes et leur file entre les mains la responsabilité d'incarner des personnages dans une séries de sketches pitoyables qu'ils partageront avec d'autres acteurs nettement moins prestigieux mais dont le faciès parlera sans doute à certains d'entre nous.

Le récit tourne autour d'un inspecteur mandaté par Scotland Yard afin d'enquêter sur la disparition d'un acteur. Les quatre sketches ont pour cadre une demeure qui, on l'apprendra bien plus tard, s'identifie à ses locataires. Pour une anthologie d'épouvante, on reste froid devant l'indigence de la mise en scène, servie par des décors terriblement laids et sommaires noyés dans des lumières crues qui donnent à l'ensemble l'allure d'un théâtre grand-guignol plutôt navrant. Il faut s'armer d'un courage sans borne pour supporter les cent minutes et quelques que dure La Maison qui tue. Un titre alléchant pour un long-métrage qui s'étire à l'infini. Avec un tel patronyme, certains durent fantasmer à l'idée d'observer un ouvrage abordant les mêmes terres angoissantes qu'un Burnt Offerings hautement anxiogène. Mais ici, point de maison dévorant l'âme de ses locataires. Juste des personnages vivant des situations vues mille fois auparavant mais, ici, avec nettement moins de classe et de moyens.

La Amicus propose à ce point une telle accumulation de poncifs éculés que l'on ne peut que raisonnablement penser que la concurrente de la prestigieuse Hammer l'a forcément fait exprès. Comme une version parodique de très mauvais goût et surtout, très ennuyeuse des films à sketches britanniques qui émaillaient la filmographie de la célèbre société de production britannique fondée par William Hinds et Enrique Carreras en 1934. Comment vous expliquer le peu d'intérêt qu'évoque La Maison qui tue sinon qu'il est comparable au vide qui sépare notre planète du prochain système solaire... Le néant absolu en terme de mise en scène pour un cinéaste qui signait en cette année 1971, son second long-métrage dix ans après le premier. Pauvre Christopher Lee, pauvre Peter Cushing... qu'allaient faire dans cette galère ces deux grands Messieurs de l'horreur britannique ? Et dire que sur Amazon le film est vendu à l'hypnotique prix de 20 euros, dans une édition (Bach Films) habituée à proposer d'immondes nanars, chacun pour une poignée de centimes seulement (on comprend la gêne des revendeurs qui n'oseraient tout de même pas revendre ces infamies plus chers que leur valeurs artistique)... Au mieux, la jaquette vous fera hurler de rire. Au pire, ben, si vous l'achetez, vous pourrez toujours caler le pied d'un meuble avec le boitier. Quant à la galette argentée, un bon conseil : Jouez au frisbee avec le cd de cette Maison qui PUE !...



mardi 18 février 2025

Pass Thru de Neil Breen (2016)

 


 

Parcourir l’œuvre de Neil Breen, c'est un peu comme de monter les marches qui séparent le sol pavé de gravier d'un institut psychiatrique jusqu'à accéder à son entrée. Chacune d'entre elles étant représentée par l'un ou l'autre de ses films. Une fois la porte ouverte, deux types en blouse blanche vous accueillent. L'un d'eux cache derrière son dos la camisole qui bientôt fera partie intégrante et exclusive de votre garde-robe. Entre les deux infirmiers apparaît alors Neil Breen en directeur des lieux. Un sourire cynique au bord des lèvres, il glisse à l'oreille des subalternes l'endroit où vous finirez vos jours : le pavillon des cinéphiles atteints de graves troubles neurologiques. Car en Dealer de Nanars, le réalisateur, scénariste, costumier, musicien, décorateur, concepteur des effets-spéciaux, principal interprète et producteur de Pass Thru et de tout un tas d'autres OFNIs offre généreusement sa toute première dose au naïf spectateur (en général, une bande-annonce suffit pour que la proie tombe dans les filets du prédateur). Deux minutes de Neil Breen directement injectées au cœur des pupilles pour aller jusqu'aux connexions neuronales pour y faire des ravages irréparables ! J'exagère sans doute, il est vrai, les conséquences induites par la vision trop prolongée du cinéma de Neil Breen. En effet, imaginer finir ses jours entre les quatre murs capitonnés d'une chambre d’hôpital psychiatrique est très légèrement amplifié. La folie qui peut s'emparer du spectateur n'étant jusqu'à aujourd'hui pas encore prouvée. Il demeure cependant un élément difficile à nier. L'emprise que l’œuvre toute entière de Neil Breen peut avoir sur son audience. Car à force de regarder les uns derrières les autres les longs-métrages qu'il a réalisé ces vingt dernières années, l'absence de nouveau projet peut s'avérer difficile a accepter. C'est donc avec une infinie précaution doublée d'une certaine fascination que j'ai découvert Pass Thru. Sachant qu'après lui ne me resterait plus qu'à découvrir Double Down, son tout premier long-métrage, c'est avec tout le respect qu'il se doit que j'ai contemplé ces aventures mégalomaniaques datant de 2016. Neil Breen passe cette fois-ci de l'autre côté du miroir. Du côté obscure. Un garrot entourant le bras gauche et une seringue (vide) plantée dans le bras, une ombre passe et voici que son âme se désolidarise de son corps ! Totalement fasciné, voire même carrément obsédé par la corruption au niveau de l'état, des entreprises et des banques, Neil Breen ressasse encore et encore les mêmes thématiques.


Ajoutant toujours à cela, une grosse rasade de spiritualité. Pass thru reprend la thématique de Fateful Findings, Neil Breen incarnant désormais et coup sur coup, trois personnages. Thgil, la ''Lumière'' (heu.... ça va les chevilles) ainsi qu'une intelligence artificielle... Tellement intelligente que le type qui vient tout juste de jouer les passe-muraille en plein désert se croit maintenant obligé de gravir un rocher pour atteindre son nouvel objectif. Malgré ses prétentions d'Être de Lumière, Neil Breen a tout de même perdu de sa superbe, vêtu comme un clodo ! Par contre, le Neil Breen réalisateur s'est offert un nouveau joujou. Un drone dont l'opérateur se sert pour filmer la Star en plans larges dans un désert d'où notre héros ne semble pas vouloir décoller. Plus confuse que jamais, la mise en scène souffre des tares habituelles. Un scénario alambiqué d'où sourdent des sous-intrigues auxquelles l'auteur n'apporte ni justification, ni explication. Traitant en outre sont sujet à travers un montage chaotique. Accentuant ainsi la difficulté avec laquelle le spectateur suit les aventures du personnage central qui, en outre, se démultiplie à travers trois personnalités. Neil Breen exerce tout son talent de conteur et d'interprète dans une œuvre qui ne fait que réinterpréter inlassablement tout ce qu'il déjà construit autour de ses premiers longs-métrages. Ne changent que les interprètes secondaires, qui dans le cas de Pass Thru incarnent d'une part des trafiquants d'immigrants et d'autre part des étrangers qui pensaient sans doute trouver une vie meilleure que dans leur propre pays. Les ambitions de ''Lumière'' sont parfaitement honorables : unir les hommes. Tout en éliminant celles et ceux qui depuis toujours font le mal sur notre planète. Un véritable acte génocidaire puisque notre héros venu des étoiles indique que les morts se compteront par millions ! Incarnant donc un mélange entre un extraterrestre et une intelligence artificielle, l'on apprend que ''Lumière'' vient également du futur. L'occasion pour Neil Breen de nous offrir un cours sur la Courbure du Temps ! Entouré d'un parterre de seconds rôles tous plus pathétiques les uns que les autres, le réalisateur, scénariste et acteur peut laisser libre cours à son délire mystique et narcissique habituel. Tout comme les œuvres passées et à venir, Pass thru ressemble à la vidéo promotionnelle d'une secte ésotérique au centre de laquelle trône un Neil Breen paranoïaque et complotiste. Une vision tantôt dystopique, tantôt idéaliste abreuvée à la sauce Z. Un mélange, comme d'habitude, autant détonnant que risible...

 

samedi 8 février 2025

Colpi di Luce/Light Blast de Enzo G. Castellari (1985) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 

 


Alors là, avec Colpi di Luce du réalisateur italien Enzo G. Castellari, on tient du lourd. Du très, très, très lourd que les amateurs de nanars vont aimer, adorer, aduler au point d'en faire, peut-être durant un temps, leur messe du vendredi soir après une semaine de travail éreintante. Le genre de réjouissance à mater entre potes sur un vieux poste de télévision à tube cathodique et sur support magnétique. Enzo G. Castellari, lequel a tâté du western (Tuez-les tous... et revenez seul! En 1968), du film de guerre (Sur ordres du Führer en 1969), de la comédie (La grande débandade en 1972), du film d'aventures fantastiques (Sinbad of the Seven Seas en 1989) mais aussi et surtout, de la science-fiction post-apocalyptique avec les deux volets de la franchise Les guerriers du Bronx en 1982 et en 1983 ou le film d'horreur avec le sous-Jaws, La mort au large. Renommé à l'internationale sous le titre Light Blast (que l'on traduira chez nous par Explosion lumineuse), Colpi di Luce met en scène l'acteur américain Erik Estrada. Et si ce nom ne parlera pas forcément à tout le monde, les plus anciens reconnaîtront sans mal celui qui interpréta le rôle de Francis ''Ponch'' Poncherello dans la série policière américaine CHIPs ! Désormais orphelin de son compagnon Jonathan ''Jon'' Baker (l'acteur Larry Wilcox) et abandonnant sa célèbre moto, c'est sous le nom de l'Inspecteur Ronn Warren qu'il enfourchera désormais des voitures de tous types lors de courses-poursuite aussi peu effrénées qu'interminables. Cela semble d'ailleurs ici l'un des principaux fonds de commerce du réalisateur italien, lequel consacre au moins la moitié de son long-métrage à faire traverser à son héros les rues de San Francisco...


On ne sait pas pas si Enzo G. Castellari a voulu faire son ''Henri Verneuil'' qui en 1971 avait semble-t-il établi un record de durée avec sa course-poursuite en voiture dans les rues d'Athènes d'une dizaine de minutes entre Jean-Paul Belmondo et Omar Sharif dans Le casse, mais à côté de cette mythique séquence, celles qu'accumule Colpi di Luce font vraiment peine à voir. La plus notable demeurant également la plus ennuyeuse d'entre toutes puisqu'elle clôt quasiment l'intrigue en s'étalant sur huit longues et très pénibles minutes. Le récit s'articule autour de l'ancien professeur de l'Université de San Francisco Yuri Svoboda qui depuis est devenu quelque peu ''zinzin'' et a conçu une sorte de canon laser capable de faire fondre tout type de matériaux ainsi que n'importe quel organisme vivant. Menaçant de détruire la ville si les autorités ne lui remettent pas rapidement une très grand somme d'argent, l'inspecteur Ronn Warren va donc se lancer à sa poursuite. Un canon à l'efficacité plus que redoutable. D'où quelques séquences gore (oui, oui) qui ne dégoûteront pas grand monde mais qui par contre risqueront d'en faire rire beaucoup d'autres. Les effets-spéciaux sentent le film fauché à plein nez. À dire vrai, des mannequins d'exposition auxquels ont été ajoutés diverses prothèses (sans doutes conçues à l'aide de cire) et qui une fois exposés à la chaleur font leur petit effet. Bien entendu, le résultat est comme le reste de l'intrigue : parfaitement raté. Daté, nanti d'une bande musicale ultra répétitive signée de Guido De Angelis et de Maurizio De Angelis typique des années quatre-vingt, la présence d'Erik Estrada n'offre absolument pas à Colpi di Luce un quelconque avantage par rapport à la concurrence. Son interprétation est plate, sans émotion (la mort de son épouse).


Mais bon, faut quand même avouer que l'on se marre (involontairement) beaucoup devant cette bobine qui a bien mal vieilli. Du bon gros Z italien comme on les bichonne. Des gunfights en veux-tu, en voilà avec à la clé, des victimes sans distinction de sexe et une explosion de tête originale lors d'un braquage de banque réalisé en ouverture de programme. Face à Erik Estrada, le grand méchant du film se nomme donc Yuri Soboda. C'est l'acteur italien Ennio Girolami qui l'interprète et malheureusement, le pauvre, l'antagoniste du récit manque franchement de charisme. Tout comme d'ailleurs Michael Pritchard qui incarne quant à lui le collègue de Ronn Warren, Swann. Et puis, quitte à évoquer des personnages dont le charme ne saute pas directement aux yeux, évoquons une fois de plus ce hold-up en ouverture de film et son braqueur carrément inapproprié. La promesse immédiate d'un long-métrage totalement nanardesque. Ce que viendra de surcroît confirmer le ''sublime'' doublage en français. Un modèle du genre pour tout amateur de séries Z et de nanars en puissance. Dans le genre, Colpi di Luce/ Light Blast ne fait peut-être pas partie des plus connus mais il demeure un essentiel que tout amateur se doit d'avoir découvert au moins une fois dans son existence. Vous êtes maintenant prévenus et n'avez donc plus aucune excuse...

 

mercredi 15 janvier 2025

Attack of the Killer Tomatoes de John de Bello (1978) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Il y a d'assez nombreuses années, j'avais effectué une première tentative... Laquelle s'était soldée par un cuisant échec. Impossible d'aller jusqu'au bout. Même pas jusqu'à la moitié de ce que beaucoup considèrent pourtant comme un film culte. Attack of the Killer Tomatoes connu chez nous sous la traduction L'attaque des tomates tueuses. Culte ? Pour qui ? Pourquoi ? Comment ? Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts. Une bonne vingtaines de Bruno Mattei plus tard (lequel mérite, LUI, le statut de cinéaste culte) et après avoir récemment subit cinq longs-métrages cagués par Neil Breen, je pensais qu'une nouvelle tentative me permettrait de redécouvrir le premier véritable film signé de John de Bello (adaptation de son propre court-métrage) sous un nouveau jour. Avec tout le trentième degré qu'il mérite ! Et ben non ! Même pas ! Rejoignant dans mon flop quatre de ces cinquante dernières années constitué autour de Raiders of the Living Dead de Samuel M. Sherman, Attack of the Giant Blurry Finger de Cody Clarke, Birdemic 3: Sea Eagle de James Nguyen et Baise-moi de Virginie Despentes, je peux comprendre l'aura de Attack of the Killer Tomatoes tout en n'en partageant pas la même observation. Antérieur de quatre années au premier long-métrage écrit par les réalisateurs, scénaristes et producteurs David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker plus connus sous l'acronyme ZAZ, Attack of the Killer Tomatoes prenait donc ,à peu de chose près en 1978, la même direction artistique que ces trois pionniers du cinéma parodique. Lesquels signeront notamment ensemble durant leur carrière, Y a-t-il un pilote dans l'avion en 1980, Top secret ! en 1984, ou la série des Nacked Gun sortis chez nous sous les titres Y a-t-il quelqu'un... pour sauver la reine, le président et Hollywood. Ironie du sort, un certain Richard Mueller créera en 1990 une série de dessins animés en vingt-trois épisodes inspirée de l’œuvre originale et intitulée Attack of the Killer Tomatoes: The Animated Series. Quid de l'ironie, celle-ci sera notamment diffusée au Mexique sous le titre El Ataque de los Tomates Asesinos sur le réseau de télévision câblé mexicain destiné aux enfants : ZAZ ! Pour en revenir au film à proprement parler, l'expérience est rude.


Difficile à digérer devrais-je dire. Tant pour la forme que pour le fond. De ce dernier l'on retiendra un scénario confus engageant l'Armée et le Gouvernement américain, ainsi qu'une espionne et des journalistes, dans un combat contre un type bien précis de solanacées mues par on ne sait quel procédé (en réalité, des types hors champ balancent devant l'objectif de la caméra des tomates plus ou moins mûres), lesquelles s'en prennent vigoureusement à celles et ceux qui ont le malheur de croiser leur chemin. Doté d'un script aux nombreuses ramifications, John de Bello signe une comédie parodique navrante. Sus aux fans du long-métrage, force est de reconnaître que dans son entièreté, l'accumulation forcenée de gags s'additionnant toutes les deux ou trois secondes à travers des situations toutes plus rocambolesques les unes que les autres ou à travers des dialogues dont la bêtise n'a d'égal que leur absence de drôlerie, est vraiment, vraiment, vraiment épuisante ! Attack of the Killer Tomatoes fait non seulement figure de sous ZAZ (au point où l'on pourrait lui accoler l'étiquette de... NAZ), mais également de sous Benny Hill. C'est d'autant plus dommage que le film n'est pas atrocement laid d'un point de vue esthétique. Mais entre ses quelques piètres incartades musicales, ses centaines de vannes qui laissent peu de répit ni le temps de reprendre son souffle au spectateur, ses effets-spéciaux réduits à leur plus simple expression, c'est l'écriture toute entière qu'il aurait fallut passer au tamis afin d'en évacuer la partie la plus absconse. Soit, la presque totalité des lignes de dialogue ! Au mieux, l'on esquissera un sourire lorsque viendra le temps d'imaginer le pauvre type qui en post-production dû bien se marrer en doublant les tomates tueuses à travers d'inaudibles onomatopées. Pour le reste, le spectacle est tout simplement... affligeant ! Notons que contrairement à ce que laisse envisager la toute dernière image qui laisse entrevoir une séquelle mettant cette fois-ci en scène des carottes tueuses, c'est bien de tomates dont il s'agira dans les trois suites toutes également réalisées par John de Bello. En 1988, tout d'abord, avec Return of the Killer Tomatoes, en 1991 avec Killer Tomatoes Strike Back! Et enfin avec Killer Tomatoes Eat France! l'année suivante. Si en 1975 des chercheurs américains théorisèrent le le phénomène de Jaws Effect après que les spectateurs outre-atlantique aient découvert Les dents de la mer de Steven Spielberg sur grand écran (classique de l'épouvante que John de Bello tente ici naïvement de parodier), dans le cas de Attack of the Killer Tomatoes, il y a par contre de fortes chances pour que vous continuiez à manger ces délicieux fruits. À moins qu'ils ne proviennent bien entendu des serres d'Alméria, en Espagne...

 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...