Dix minutes..... Allez,
un quart d'heure. C'est à peu près le temps qu'il faut pour réunir
la totalité des séquences d'action. Une concentration qui s'étale
pourtant sur une durée peu excessive puisque Crocodile Swarm
n'excède
pas les soixante-seize minutes. Et pourtant, chers amis, si vous
saviez... Déjà que la thématique n'est pas très originale puisque
des agressions animales de type reptilien pullulent au cinéma, avec
son septième long-métrage, le prolifique Tyler-James nous octroie
d'une œuvre dont l'indigence est telle qu'il pourrait bien s'agir de
l'un des plus calamiteux représentants de sa catégorie. ''Offert''
aux abonnés de Amazon
Prime Video,
le film démarre curieusement. Comme si le monteur avait oublié
d'intégrer une séquence d'ouverture ou que le réalisateur avait
purement et simplement oublié de la tourner. Quatre jeunes adultes
apparaissent donc directement au cœur d'un réseau de grottes qui
paraissent avoir été partiellement et artificiellement façonnées
par la main de l'homme. En effet, alors qu'elles ont désormais été
abandonnées et rendues interdites d'accès, celles-ci furent
exploitées pour l'or qu'elles renfermaient. Un groupe d'adultes
donc, formé autour de trois femmes et un hommes, est plongé dans
les profondeurs de la terre supposément pour y dérober de l'or mais
la réalité est ailleurs. L'homme a choisi cet endroit pour demander
la main de sa fiancée. La jeune femme accepte lorsque l'une de leurs
deux amies disparaît, arrachée au groupe par les mâchoires d'un
crocodile. Effrayé, le reste du groupe désormais réduit à trois
personnes prend la fuite. Le couple d'amoureux et leur amie prenant
des chemins différents, cette dernière se retrouve à ton tour
entre les mâchoires d'un crocodile après avoir tenté de remonter à
la surface à l'aide des cordes qui servirent aux quatre amis à
descendre dans la grotte. Retour à la surface, à des dizaines de
kilomètres de là. L'on fait alors la connaissance de la sœur de la
future mariée. Inquiète de n'avoir pas de nouvelles et après que
la police ait fait preuve d'un certain désintérêt pour l'histoire
qu'elle leur a raconté au téléphone, la jeune femme décide dès
le lendemain d'aller chercher sa sœur dans la grotte.
Accompagnée
de son petit ami, de deux amies, d'un homme qui travailla dans la
grotte au moment où l'extraction de l'or était à son apogée et du
capitaine d'un hors-bord qui va les transporter jusqu'aux abords du
site, le groupe ainsi formé va être à son tour confronté à une
armada de crocodiles plus affamés les uns que les autres... Si dans
l'idéal l'on espère toujours que l'interprétation sauvera un
projet cinématographique de l'indigence qui constitue l'ensemble des
aspects techniques et artistiques qui l'entourent, le fait que les
actrices et acteurs de Crocodile Swarm
soient excessivement mauvais participe finalement au caractère
inintéressant de chacun des personnages. Évoluant dans des grottes
qui en tant normal sont probablement ouvertes au public et furent
probablement louées à l'occasion du long-métrage, nos interprètes
semblent à tout moment se demander ce qu'ils sont venus faire dans
ce bousin. Ou du moins, attendre des directives de la part du
réalisateur qui ne semble lui-même pas savoir comment les diriger.
La faute, sans doute, à un script dont le niveau de profondeurs ne
dépasse pas celle des lacs souterrains dans lesquels baignent
patiemment des dizaines de crocodiles conçus en images de synthèse.
Louant au passage les services de concepteurs qui ont l'air de
toucher pour la première fois de leur existence à des outils
informatiques tant le résultat à l'écran dépasse presque tout ce
que l'on a pu voir jusqu'à maintenant. C'est simple, on n'y croit
pas un seul instant. Non seulement les bestioles sont ratées mais de
plus, leur intégration dans des décors naturels l'est tout autant.
Mou, laid et sans le moindre intérêt puisque même les amateurs de
films d'horreur n'y trouveront pas leur compte en matière de
séquences gore, Crocodile Swarm
vient rejoindre ces légions de films fauchés bourrés de CGI
foireux qui contentent apparemment le public outre-atlantique puisque
malgré des centaine de purges à avoir vu le jour depuis des
décennies, certains continuent à faire fructifier leur compte en
banque en produisant, réalisant et interprétant d'authentiques
séries Z...