Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Navet. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Navet. Afficher tous les articles

dimanche 17 août 2025

Crocodile Swarm de Tyler-James (2023) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Dix minutes..... Allez, un quart d'heure. C'est à peu près le temps qu'il faut pour réunir la totalité des séquences d'action. Une concentration qui s'étale pourtant sur une durée peu excessive puisque Crocodile Swarm n'excède pas les soixante-seize minutes. Et pourtant, chers amis, si vous saviez... Déjà que la thématique n'est pas très originale puisque des agressions animales de type reptilien pullulent au cinéma, avec son septième long-métrage, le prolifique Tyler-James nous octroie d'une œuvre dont l'indigence est telle qu'il pourrait bien s'agir de l'un des plus calamiteux représentants de sa catégorie. ''Offert'' aux abonnés de Amazon Prime Video, le film démarre curieusement. Comme si le monteur avait oublié d'intégrer une séquence d'ouverture ou que le réalisateur avait purement et simplement oublié de la tourner. Quatre jeunes adultes apparaissent donc directement au cœur d'un réseau de grottes qui paraissent avoir été partiellement et artificiellement façonnées par la main de l'homme. En effet, alors qu'elles ont désormais été abandonnées et rendues interdites d'accès, celles-ci furent exploitées pour l'or qu'elles renfermaient. Un groupe d'adultes donc, formé autour de trois femmes et un hommes, est plongé dans les profondeurs de la terre supposément pour y dérober de l'or mais la réalité est ailleurs. L'homme a choisi cet endroit pour demander la main de sa fiancée. La jeune femme accepte lorsque l'une de leurs deux amies disparaît, arrachée au groupe par les mâchoires d'un crocodile. Effrayé, le reste du groupe désormais réduit à trois personnes prend la fuite. Le couple d'amoureux et leur amie prenant des chemins différents, cette dernière se retrouve à ton tour entre les mâchoires d'un crocodile après avoir tenté de remonter à la surface à l'aide des cordes qui servirent aux quatre amis à descendre dans la grotte. Retour à la surface, à des dizaines de kilomètres de là. L'on fait alors la connaissance de la sœur de la future mariée. Inquiète de n'avoir pas de nouvelles et après que la police ait fait preuve d'un certain désintérêt pour l'histoire qu'elle leur a raconté au téléphone, la jeune femme décide dès le lendemain d'aller chercher sa sœur dans la grotte.


Accompagnée de son petit ami, de deux amies, d'un homme qui travailla dans la grotte au moment où l'extraction de l'or était à son apogée et du capitaine d'un hors-bord qui va les transporter jusqu'aux abords du site, le groupe ainsi formé va être à son tour confronté à une armada de crocodiles plus affamés les uns que les autres... Si dans l'idéal l'on espère toujours que l'interprétation sauvera un projet cinématographique de l'indigence qui constitue l'ensemble des aspects techniques et artistiques qui l'entourent, le fait que les actrices et acteurs de Crocodile Swarm soient excessivement mauvais participe finalement au caractère inintéressant de chacun des personnages. Évoluant dans des grottes qui en tant normal sont probablement ouvertes au public et furent probablement louées à l'occasion du long-métrage, nos interprètes semblent à tout moment se demander ce qu'ils sont venus faire dans ce bousin. Ou du moins, attendre des directives de la part du réalisateur qui ne semble lui-même pas savoir comment les diriger. La faute, sans doute, à un script dont le niveau de profondeurs ne dépasse pas celle des lacs souterrains dans lesquels baignent patiemment des dizaines de crocodiles conçus en images de synthèse. Louant au passage les services de concepteurs qui ont l'air de toucher pour la première fois de leur existence à des outils informatiques tant le résultat à l'écran dépasse presque tout ce que l'on a pu voir jusqu'à maintenant. C'est simple, on n'y croit pas un seul instant. Non seulement les bestioles sont ratées mais de plus, leur intégration dans des décors naturels l'est tout autant. Mou, laid et sans le moindre intérêt puisque même les amateurs de films d'horreur n'y trouveront pas leur compte en matière de séquences gore, Crocodile Swarm vient rejoindre ces légions de films fauchés bourrés de CGI foireux qui contentent apparemment le public outre-atlantique puisque malgré des centaine de purges à avoir vu le jour depuis des décennies, certains continuent à faire fructifier leur compte en banque en produisant, réalisant et interprétant d'authentiques séries Z...

 

jeudi 26 juin 2025

Alone in the Drak d'Uwe Boll (2005) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Maître incontesté et incontestable du septième dont l'approche est emprunte d'une profonde finesse et d'une poésie palpable à tout instant, le réalisateur allemand originaire de Wermelskirchen (à vos souhaits!) Uwe Boll n'a depuis 1992 cessé de tourner, ajoutant régulièrement à son palmarès, d'authentiques chefs-d’œuvre du septième art.................... Pauvres naïfs que vous êtes... Vous croyez vraiment qu'un type aussi peu connu des masses, réservé à une certaine ''élite'' capable d'ingurgiter à peu près n'importe quelle merde sans tourner de l’œil, serait resté dans l'ombre sans faire quotidiennement parler de lui dans la presse spécialisée ? Bon, reconnaissons tout de même qu'Uwe Boll ne laisse généralement pas les spécialistes ''es cinéma'' indifférents. Lorsque l'on réalise plus de trente longs-métrages en autant d'années de carrière, ça n'est pas toujours bon signe. L'une des spécialités du réalisateur germanique étant l'adaptation sur grand écran de jeux vidéos relativement violents, Uwe Boll a durant les années 2000 réalisé celles des jeux House of the Dead,Postal, Far Cry, Bloodrayne et donc Alone in the Dark. Lequel sort en 2005 pour l'hypothétique bonheur des fans de la première heure qui en 1992 découvrirent pour la toute première fois le jeu vidéo créé par le mythique concepteur français Frédérick Raynal et développé/édité par Infogrames. Alone,in the Dark est alors considéré comme le tout premier Survival Horror, genre auquel les licences Resident Evil de Capcom et Silent Hill de Konami donneront ses lettres de noblesses quelques années plus tard. Incarné à l'écran par l'acteur américain Christian Slater, le personnage central du récit est le même que celui de la version vidéoludique : Edward Carnby. Un détective privé qui à l'époque était chargé d'enquêter dans le manoir d'un homme qui s'était donné la mort. À l'époque, techniquement, le jeu est une véritable révolution. Dans des décors fixes, le personnage était conçu en trois dimensions. En 2005, Uwe Boll armé de ses gros sabots, pense le film dans une refonte généralisée. Ici, pas de manoir, de costume bleu/gris/vert ou de moustaches pour son héros. À vrai dire, le réalisateur allemand abuse de la licence pour mettre en scène un personnage proche d'un Indiana Jones du pauvre poursuivi par des types peu recommandables mais aussi et surtout accompagné par la jolie Tara Reid.


Actrice notamment vue dans The Big Lebowski des frères Coen en 1998, dans Urban Legend de Jamie Blanks la même année, dans plusieurs volets de la franchise American Pie réalisée à l'origine par Paul et Chris Weitz en 1999 ou dans l’infâme Les visiteurs en Amérique de Jean-Marie Poiré (alors planqué sous le pseudonyme de Jean-Marie Gaubert) ! Alone in the Dark version cinéma est une bonne grosse bouse dégageant un fumet bien moins agréable à humer que celle produite par les vaches de nos campagnes hexagonales. Tout le charme du jeu vidéo d'origine a disparu. Le seul point commun demeurant donc le titre, exagérément usité afin, sans doute, d'attirer d'éventuels curieux. Mais s'agissant d'Uwe Boll, on sait d'avance à quoi s'attendre. Comment, en outre, Christian Slater a-t-il pu tomber aussi bas ? Le Adso de Melk du Nom de la rose, le Clarence Worley de True Romance n'est ici plus que l'ombre de lui-même. Contraint d'enchaîner les productions de piètre réputation, il trouve avec Alone in the Dark de quoi confirmer que l'on peut avoir tourné avec les plus grands avant de se retrouver à devoir accepter de jouer dans de véritables purges. De la mise en scène en passant par le scénario (ah bon ? Parce qu'il y a un scénario?) sans oublier l'interprétation, les décors et les dialogues, Alone in the Dark ne fait absolument pas honneur à la licence vidéoludique qu'il est censé représenter. Techniquement, le film est à la ramasse. Les créatures sont laides et comme le jeu d'origine jouit de la réputation d'avoir été inspiré par George Romero mais aussi et surtout par l'univers de l'écrivain H.P.Lovecraft, l'on aurait sans doute préféré que les créatures en question demeurent indicibles plutôt que de devoir nous brûler la rétine à force d'apparaître devant nos yeux. Petite anecdote : Uwe Boll aurait affirmé que le créateur du jeu Frédérick Raynal aurait apprécié son adaptation de House of the Dead et l'aurait par conséquent contacté pour lui proposer la réalisation d'un film au sujet de Alone in the Dark. Propos que le concepteur, bien évidemment, invalidera rapidement... Notons enfin qu'une séquelle verra le jour trois ans plus tard, toujours produite par Uwe Boll mais cette fois-ci réalisée par ses compatriotes Michael Roesch et Peter Scheerer. Alors ? Les deux hommes ont-il réussi à faire mieux ou pire qu'Uwe Boll ? Réponse dans un prochain article...

 

jeudi 12 juin 2025

La Casa dell'Orco de Lamberto Bava (1988) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 




 

Bon... Étant donné que La Casa dell'Orco fait probablement partie des plus mauvaises expériences télévisuelles horrifiques auxquelles j'ai pu assister en un peu plus d'un demi-siècle, on ne va pas trop s'attarder sur le fond de l'histoire, écrite par Dardano Sacchetti et... Lamberto Bava. Oui, oui, ce tâcheron qui réussi malgré tout à pondre en 1980 un Macabro tout à fait convenable avant de signer coup sur coup, les purges La Casa con la Scala nel Buio et Shark - Rosso nell'Oceano en 1983 et 1984. Passons sur Blasfighter et sur les deux volets Dèmoni pour lambiner autour de ce qui fut le troisième des quatre téléfilms que le réalisateur italien mis en scène pour la série Brivido giallo qui à l'origine devait en compter un de plus ! Après Una Notte al Cimitero, Per sempre et avant A Cena col Vampiro, en une seule année Lamberto Bava a donc tourné ces trois opus ainsi que La Casa dell'Orco. Prétendument similaire à celui de Quella Villa Accanto al Cimitero de Lucio Fulci d'après son auteur lui-même, le scénariste Dardano Sacchetti explique alors que le script avait à l'origine était justement prévu pour être celui du dernier opus de la Trilogia della Morte (ou trilogie de l'apocalypse) de Lucio Fulci débutée en 1980 avec Paura nella Città dei Morti Viventi, poursuivie en 1981 avec ...e tu Vivrai nel Terrore! - L'Aldilà et conclue la même année avec Quella Villa Accanto al Cimitero. Les spectateurs remarqueront d'ailleurs que l'un des interprètes principaux de La Casa dell'Orco est le même que celui qui incarna le rôle du docteur Norman Boyle dans le troisième volet de la trilogie. En effet, l'acteur italien Paolo Malco interprétait sept ans plus tard le personnage de Tom, époux de Cheryl, auteur de romans d'épouvante traumatisée durant son enfance par d'abominables cauchemars et qui à l'écran est incarnée par l'actrice Virginia Bryant. L'histoire débute peu ou prou lorsque le couple et leur fis Bob (Patrizio Vinci) s’installent dans un château délabré à la peu élogieuse réputation (voir l'attitude des habitants du coin s'agissant de son évocation). D'étranges événements vont s'y produire et alors que Cheryl a débuté l'écriture de son nouveau roman, il lui semble que le monstre qui hantait ses cauchemars a pris forme dans les catacombes de l'édifice... C'est à peu près tout ce qu'il y a à savoir au sujet de ce téléfilm qui testera sans nul doute l'endurance des téléspectateurs les plus endurcis. En effet, rarement l'on aura eu l'opportunité d'assister à tel spectacle de désolation.


D'une mollesse et d'une répétitivité absolues, La Casa dell'Orco dépasse les normes en matière de ventres mous. Quelques détails semblent ensuite confirmer que le scénario repose effectivement sur celui qui avait à l'origine été rédigé pour Quella Villa Accanto al Cimitero. Outre le fait que l'on retrouve l'acteur Paolo Malco, que sa présence soit le fait du hasard ou d'une forme d'opportunisme, celle, parmi les personnages, du fils prénommé Bob semble donc corréler le fait que ce dernier, incarné ici aussi par un jeune interprète, fut celui-là même qui fut l'un des trois membres de la famille Boyle sept ans auparavant ! Deux gamins qui dans un cas comme dans l'autre entretiennent en outre une relation amicale avec deux jeunes filles toutes aussi étranges l'une que l'autre. Maintenant, évoquons l'intéressant imbroglio qui concerne l'un des titres sous lesquels le film est sorti sur certains territoires. Tout comme cette fausse saga intitulée La Casa au sein de laquelle les distributeurs italiens osèrent intégrer les deux premiers volets de la franchise Evil Dead ainsi que les opus 2 et 3 de la série de films House, il est arrivé qu'après le succès rencontré par les deux volets officiels de la saga Dèmoni l'on pu découvrir La Casa dell'Orco traduit sous le titre Demons III : The Ogre ! Et c'est là que tout se complique. Alors qu'un Demons 5 : La Maschera del Demonio réalisé par Lamberto Bava lui-même voit le jour en 1990 alors que Luigi Cozzi avait un an auparavant (!!!) réalisé Demons 6 : De Profundis, ce qui devait être à l'origine le troisième volet de la franchise réalisé par Michele Soavi devint finalement en 1989, La Chiesa (sorti chez nous sous le titre Sanctuaire). Vous en voulez encore ? N'ayant lui-même aucun rapport avec les deux opus d'origine, Noite Maldita - Dèmoni 3 d'Umberto Lenzi a quant à lui vu le jour en 1991. Bref, autant dire que dans tout ce bazar, il est parfois difficile de s'y retrouver. Concernant La Casa dell'Orco à proprement parler, inutile de dire que le téléfilm est une purge. Ennuyeux et surtout CRISPANT. En cause : une bande musicale signée du compositeur britannique Simon Boswell constituée de deux musiques qui tournent en boucle durant plus d'une heure-trente. Insupportable !

 

jeudi 1 mai 2025

Jekyll and Hyde Portfolio d'Eric Jeffrey Haims (1971) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Classé X aux États-Unis l'année de sa sortie sur grand écran et considéré comme une pièce de collection s'agissant de la version VHS sous lequel le film fut ensuite distribué au Brésil, Jekyll and Hyde Portfolio d'Eric Jeffrey Haims est l'occasion d'évoquer une fois encore le sujet de la Sexploitation à travers l'adaptation au cinéma du classique de la littérature fantastique écossaise, L'Étrange Cas du Dr Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson. Le long-métrage entre également dans la catégorie des Video Nasty. Ces films exploités sans avoir été au préalable soumis au British Board of Film Classification et qui appartenaient généralement à des catégories bien spécifiques réunissant certains critères comme la violence ou le sexe. Très librement inspiré du célèbre roman de l'écrivain originaire d’Édimbourg, Jekyll and Hyde Portfolio est donc l'une des très nombreuses adaptations du récit qui sous sa forme originale compta quelques classiques mais aussi un certain nombre de longs-métrages inattendus. À l'image de l'excellent The Nutty Professeur, parodie écrite, réalisée et principalement interprétée par l'acteur américain Jerry Lewis. Ou encore à travers ce Jekyll and Hyde Portfolio, lequel ne conserve du récit initial que quelques vagues éléments. Qu'il soit l'objet d'un véritable culte au Brésil auprès de certains amateurs est une chose. Mais si l'on veut demeurer totalement objectif, le résultat à l'écran est absolument désastreux. Eric Jeffrey Haims semble tant fasciné par la poitrine de ses interprètes féminines qu'il consacre l'essentiel de son œuvre à filmer en gros plans des poitrines libérées de leurs entraves pour le ''bien'' de spectateurs aussi attirés que lui par la mazophilie. Mais ici, rien de commun avec l'obsession d'un Russ Meyer qui consacra une bonne partie de sa filmographie à filmer des actrices plantureuses aux énormes poitrines. Rien de commun avec la série de longs-métrages Vixen, avec Faster, Pussycat! Kill! Kill! ou encore avec Mondo Topless. Celles de ses interprètes sont dans la moyenne. Ni trop petites, ni trop imposantes. Il est important d'insister sur cet aspect du film tant l'essentiel du récit tourne autour de séquence filmant ses actrices et acteurs en position horizontale. Sur la base d'un financement étriqué Jekyll and Hyde Portfolio ne risque pas d'émouvoir celles et ceux qui sont venus s'offrir quelques frissons n'ayant rien à voir avec tout ce qui se situe au dessous de la ceinture. Techniquement et artistiquement, l'on est plus proche de ce que produisait généralement le cinéaste espagnol Jesús Franco que de l'œuvre classieuse que l'on est en droit d'attendre de l'adaptation de l'un des plus remarquables ouvrages de la littérature fantastique mondiale.


Si l'hémoglobine apparaît parfois à l'écran, et dans des teintes orangées, l'essentiel est moins d'évoquer les exactions d'un type pas très sain psychologiquement que ces envahissantes parties fines entre individus de sexe opposé... ou non. Relations hétérogènes et saphisme sont donc au cœur d'une intrigue bancale, interprétée par des acteurs en dessous de tout, qui récitent leur texte sans le moindre engouement. Si redécouvrir aujourd'hui l'œuvre d'un artiste aussi fondamental que put l'être Herschell Gordon Lewis (qui, je le rappelle aux étourdis, est considéré à juste titre comme l'inventeur du Gore sur grand écran) semble être une évidence, Jekyll and Hyde Portfolio accumule les tares avec une telle régularité que sa projection s'inscrit dans cette catégorie de films qui constituent presque une véritable épreuve ! Les effets-spéciaux se limitant à quelques giclées de faux sang (ainsi qu'à une décapitation, je l'avoue), Eric Jeffrey Haims croit sans doute très approprié d'insister par deux fois sur l'authentique dissection d'une grenouille filmée en gros plan ! Si la pratique peut paraître en soit parfaitement anodine (qui n'a pas vécu ce traumatisme sur les bancs d'école?), cette insistance avec laquelle le réalisateur s'amuse avec ce batracien dont le cœur bat encore a de quoi donner la nausée. Quant aux scènes de sexe à proprement parler, elles conservent toutes cette désagréable fadeur que l'on rencontre dans ce genre de productions fauchées auxquelles participent en général des actrices relativement peu motivées ! Bref, l'on ressort de l'expérience sans avoir jamais eu la sensation d'avoir effectivement assisté à la projection d'une œuvre culte ! Jekyll and Hyde Portfolio est aussi triste à regarder que les poitrines de ses interprètes féminines. Les ébats se ressemblent tous et se fixent tous de manière obsessionnelle sur la poitrine des actrices. L'acting est déplorable. Les décors hideux La mise en scène inexistante. Quant au roman de Robert Louis Stevenson, il n'en demeure que quelques monstrations ridicules à travers des visages qui se déforment, sans l'emploi d'effets-spéciaux, devant l'objectif d'une caméra voyeuriste. Même pas un nanar. Juste une série Z sans intérêt...

 

samedi 1 mars 2025

La Maison qui Tue de Peter Duffell (1971) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



La Maison qui tue de... Tin ! Tin ! Tin ! (onomatopée bien connue des amateurs de petits, moyens, et grands frissons)... l'auteur de Psychose. Comme ne l'indique pas directement cette courte affirmation présente sur l'affiche française de ce film (qui n'a rien de commun avec le visuel présenté ci-dessus) en réalité signé du cinéaste Peter Duffell, The House That Dripped Blood dans sa version originale n'a donc pas été réalisé par Robert Bloch, qui demeure bien, par contre, l'auteur du roman à l'origine du chef-d’œuvre du britannique Alfred Hitchcock. Comme quoi, un simple mot de deux lettres (ici, « de ») peut trahir la volonté de faire du fric sur le nom d'une célébrité. Mais n'enterrons pas tout de suite l’œuvre de Peter Duffell, surtout qu'au générique, outre des interprètes aux patronymes inhabituels (Denholm Elliot, Nyree Dawn Porter, ou encore Jon Pertwee), on retrouve deux immenses acteurs hélas, depuis disparus : les britanniques Christopher Lee et Peter Cushing. Pas le genre de petite monnaie dont on cherche à se débarrasser dans les magasins. Plutôt des pièces d'or dont il vaut mieux respecter la valeur.

Soit dit en passant, La Maison qui tue est quand même un gros navet. Stars de la Hammer ou pas, la Amicus récupère nos deux glorieux interprètes et leur file entre les mains la responsabilité d'incarner des personnages dans une séries de sketches pitoyables qu'ils partageront avec d'autres acteurs nettement moins prestigieux mais dont le faciès parlera sans doute à certains d'entre nous.

Le récit tourne autour d'un inspecteur mandaté par Scotland Yard afin d'enquêter sur la disparition d'un acteur. Les quatre sketches ont pour cadre une demeure qui, on l'apprendra bien plus tard, s'identifie à ses locataires. Pour une anthologie d'épouvante, on reste froid devant l'indigence de la mise en scène, servie par des décors terriblement laids et sommaires noyés dans des lumières crues qui donnent à l'ensemble l'allure d'un théâtre grand-guignol plutôt navrant. Il faut s'armer d'un courage sans borne pour supporter les cent minutes et quelques que dure La Maison qui tue. Un titre alléchant pour un long-métrage qui s'étire à l'infini. Avec un tel patronyme, certains durent fantasmer à l'idée d'observer un ouvrage abordant les mêmes terres angoissantes qu'un Burnt Offerings hautement anxiogène. Mais ici, point de maison dévorant l'âme de ses locataires. Juste des personnages vivant des situations vues mille fois auparavant mais, ici, avec nettement moins de classe et de moyens.

La Amicus propose à ce point une telle accumulation de poncifs éculés que l'on ne peut que raisonnablement penser que la concurrente de la prestigieuse Hammer l'a forcément fait exprès. Comme une version parodique de très mauvais goût et surtout, très ennuyeuse des films à sketches britanniques qui émaillaient la filmographie de la célèbre société de production britannique fondée par William Hinds et Enrique Carreras en 1934. Comment vous expliquer le peu d'intérêt qu'évoque La Maison qui tue sinon qu'il est comparable au vide qui sépare notre planète du prochain système solaire... Le néant absolu en terme de mise en scène pour un cinéaste qui signait en cette année 1971, son second long-métrage dix ans après le premier. Pauvre Christopher Lee, pauvre Peter Cushing... qu'allaient faire dans cette galère ces deux grands Messieurs de l'horreur britannique ? Et dire que sur Amazon le film est vendu à l'hypnotique prix de 20 euros, dans une édition (Bach Films) habituée à proposer d'immondes nanars, chacun pour une poignée de centimes seulement (on comprend la gêne des revendeurs qui n'oseraient tout de même pas revendre ces infamies plus chers que leur valeurs artistique)... Au mieux, la jaquette vous fera hurler de rire. Au pire, ben, si vous l'achetez, vous pourrez toujours caler le pied d'un meuble avec le boitier. Quant à la galette argentée, un bon conseil : Jouez au frisbee avec le cd de cette Maison qui PUE !...



dimanche 19 janvier 2025

Le jardinier de David Charhon (2025) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Se lancer dans l'aventure du Jardinier, c'est prendre le risque de vivre l'une des plus laborieuses expériences en matière de comédie française. Il suffit d'ailleurs de voir le pedigree de son auteur pour comprendre là où on met les pieds. Le simple fait d'énumérer la liste des principaux interprètes du dernier long-métrage de ce tâcheron de David Charhon suffit également à distiller un frisson d'angoisse qui malheureusement n'a rien de commun avec le chef-d’œuvre éponyme réalisé par l'italien Dario Argento en 1975, Les frisson de l'angoisse. S'il demeure un point que l'on pourra juger de positif, c'est au sujet du budget qui semble-t-il n'a pas dépassé les dix millions d'euros. Une somme malgré tout conséquente qui aurait sans doute pu servir à des causes beaucoup plus nobles que la réunion à l'image de ''comédiens'' qui n'ont de cette profession, ni le goût, ni la saveur et encore moins le talent. Le genre d'association vouée à l'échec comme vont le prouver durant près de cent-dix longues et pénibles minutes, son auteur et ses interprètes. Le moins atroce des faits d'armes accomplis par David Charhon étant encore De l'autre côté du périph dans lequel les antinomiques Laurent Lafitte et Omar Sy (l'un étant de talent et le second n'étant qu'un piètre transfuge du petit écran qui aurait dû y demeurer) s'affrontaient dans une comédie en forme de Buddy Movie à la française, le bonhomme nous a tout au long de sa carrière infligé des situations atrocement gênantes. De Cyprien jusqu'à sa dernière entreprise de destruction neuronale en passant par Les naufragés ou Le dernier mercenaire, David Charhon condamne ses spectateurs à une odyssée perpétuelle qui débuta donc il y a près de quinze ans. Autant d'années à subir le pire du pire en matière de comédies françaises. Engloutissant donc des sommes importantes dans des œuvres financées par des types qui soit sont inconscients de la merde dans laquelle ils s'apprêtent à patauger, soit ont tellement de pognons qu'ils se mouchent le nez ou se torchent les fesses avec !


Le jardinier est tellement mauvais qu'il parviendrait presque à faire oublier les précédents écarts de conduite de Jean-Claude Van Damme, icône belge du cinéma d'action qui accepte donc de rempiler pour la seconde fois aux côtés du réalisateur et scénariste. Un véritable suicide artistique, une fin de carrière indigente, un choix parfaitement incompréhensible, trois ans après s'être justement infligé Le dernier mercenaire qui jusque là était ce qu'avait mis en scène de pire David Charhon. Dans Le jardinier, l'acteur côtoie Michael Youn, ancien transfuge de la télévision humoristique basse du front dont certains cinéastes ont ensuite honoré sa présence sur grand écran à travers des rôles ''remarquables'' tandis que lui-même se mit en scène dans d'effroyables comédies dont seule Fatal s'avère plus ou moins digeste. Charriant une réputation de bouffon largement méritée, il campe ici le rôle de Serge Shuster, un haut fonctionnaire de l'état français dont le nom apparaît tout en bas d'une liste d'hommes à abattre. Détenant une photographie de cette même liste que lui a envoyé plus tôt dans la journée son ami le Docteur Dominique Rouma (Élie Semoun dans son éternel rôle de personnage des Petites annonces), un commando va se rendre dans sa luxueuse propriété afin de le retrouver et de le tuer. Mettant ainsi sa famille en danger (dont la très mauvaise humoriste, scénariste et réalisatrice algéro-belge Nawell Madani qui incarne Mia Shuster, l'épouse du politicien), Serge pourra heureusement compter sur les compétences physiques de Léo (Jean-Claude Van Damme, donc), un jardinier dont sa famille et lui ne savent finalement pas grand chose mais dont les connaissances en matière de combat au corps à corps et autres utilisation d'ouils de jardinage vont s'avérer précieuses. Face à nos deux héros, trois gusses physiquement en forme prélevés non pas dans le riche vivier des acteurs français mais dans ceux, divers, de la chanson ou du sport.


Le jardinier, avec tout le mauvais goût que l'on connaît chez son auteur réunit ainsi à l'écran Ragnar Le Breton, le rappeur Kaaris et le kick-boxer Jérôme Le Banner. Tous les trois estampillés ''acteurs''. Comme s'il suffisait de leur accoler cette étiquette pour que subitement infuse dans leur jeu un véritable talent pour le métier. S'agitant à l'écran comme un trio d'attardés dont la tête ''pensante'' est Phoebus (Le Banner), Kaaris est encore celui qui s'en sort le mieux. Ragnar Le Breton a beau tenter de faire rire avec cette habitude d'envoyer des gifles par barquettes de douze, rien ne fonctionne moins bien que cette attitude qu'il prend tout au long du récit. Tout comme Le Banner, qui excusez du peu, a l'air d'un fieffé abruti mais auquel David Charhon accorde pourtant le rôle du chef du commando ! Jean-Claude Van Damme, le pauvre, est obligé de tenir la dragée haute (mais à voix basse) à un casting faisandé mis en scène avec toute l'intelligence que l'on connaît du réalisateur et scénariste. Dans cette purge qui concentre l'essentiel de son action entre la propriété et ses fondations dont Serge Shuster ne soupçonnait pas l'existence, l'acteur belge incarne un Rambo des espaces verts très méticuleux et taciturne. Long, très long, trop long, Le jardinier n'est qu'une succession de punchlines qui toutes tombent à plat. Au même titre que la présence d'un bébé dans les bras de Jean-Claude Van Damme lors de certains combats où l'attitude d'abruti qu'incarne Michael Youn. Côté action, c'est un peu toujours la même chose. Des lignes de dialogues interminables et sans le moindre intérêt qui demandent parfois que l'on tende l'oreille tant le belge murmure plus qu'il ne s'exprime réellement. Jean-Claude Van Damme a l'air de se faire autant chier que nous, à imaginer dans sa tête l'énorme boulette qu'il fit en acceptant d'apparaître dans cette énième bouse signée de l'un des pires réalisateurs français actuels. Le jardinier aurait mérité un format plus court. Pas quatre-vingt dix minutes ni même une heure. Mais une dizaine de minutes, pourquoi pas. Histoire de concentrer en aussi peu de temps les très répétitives scènes d'action et ainsi nous épargner ses effarants dialogues...

 

mercredi 15 janvier 2025

Attack of the Killer Tomatoes de John de Bello (1978) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Il y a d'assez nombreuses années, j'avais effectué une première tentative... Laquelle s'était soldée par un cuisant échec. Impossible d'aller jusqu'au bout. Même pas jusqu'à la moitié de ce que beaucoup considèrent pourtant comme un film culte. Attack of the Killer Tomatoes connu chez nous sous la traduction L'attaque des tomates tueuses. Culte ? Pour qui ? Pourquoi ? Comment ? Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts. Une bonne vingtaines de Bruno Mattei plus tard (lequel mérite, LUI, le statut de cinéaste culte) et après avoir récemment subit cinq longs-métrages cagués par Neil Breen, je pensais qu'une nouvelle tentative me permettrait de redécouvrir le premier véritable film signé de John de Bello (adaptation de son propre court-métrage) sous un nouveau jour. Avec tout le trentième degré qu'il mérite ! Et ben non ! Même pas ! Rejoignant dans mon flop quatre de ces cinquante dernières années constitué autour de Raiders of the Living Dead de Samuel M. Sherman, Attack of the Giant Blurry Finger de Cody Clarke, Birdemic 3: Sea Eagle de James Nguyen et Baise-moi de Virginie Despentes, je peux comprendre l'aura de Attack of the Killer Tomatoes tout en n'en partageant pas la même observation. Antérieur de quatre années au premier long-métrage écrit par les réalisateurs, scénaristes et producteurs David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker plus connus sous l'acronyme ZAZ, Attack of the Killer Tomatoes prenait donc ,à peu de chose près en 1978, la même direction artistique que ces trois pionniers du cinéma parodique. Lesquels signeront notamment ensemble durant leur carrière, Y a-t-il un pilote dans l'avion en 1980, Top secret ! en 1984, ou la série des Nacked Gun sortis chez nous sous les titres Y a-t-il quelqu'un... pour sauver la reine, le président et Hollywood. Ironie du sort, un certain Richard Mueller créera en 1990 une série de dessins animés en vingt-trois épisodes inspirée de l’œuvre originale et intitulée Attack of the Killer Tomatoes: The Animated Series. Quid de l'ironie, celle-ci sera notamment diffusée au Mexique sous le titre El Ataque de los Tomates Asesinos sur le réseau de télévision câblé mexicain destiné aux enfants : ZAZ ! Pour en revenir au film à proprement parler, l'expérience est rude.


Difficile à digérer devrais-je dire. Tant pour la forme que pour le fond. De ce dernier l'on retiendra un scénario confus engageant l'Armée et le Gouvernement américain, ainsi qu'une espionne et des journalistes, dans un combat contre un type bien précis de solanacées mues par on ne sait quel procédé (en réalité, des types hors champ balancent devant l'objectif de la caméra des tomates plus ou moins mûres), lesquelles s'en prennent vigoureusement à celles et ceux qui ont le malheur de croiser leur chemin. Doté d'un script aux nombreuses ramifications, John de Bello signe une comédie parodique navrante. Sus aux fans du long-métrage, force est de reconnaître que dans son entièreté, l'accumulation forcenée de gags s'additionnant toutes les deux ou trois secondes à travers des situations toutes plus rocambolesques les unes que les autres ou à travers des dialogues dont la bêtise n'a d'égal que leur absence de drôlerie, est vraiment, vraiment, vraiment épuisante ! Attack of the Killer Tomatoes fait non seulement figure de sous ZAZ (au point où l'on pourrait lui accoler l'étiquette de... NAZ), mais également de sous Benny Hill. C'est d'autant plus dommage que le film n'est pas atrocement laid d'un point de vue esthétique. Mais entre ses quelques piètres incartades musicales, ses centaines de vannes qui laissent peu de répit ni le temps de reprendre son souffle au spectateur, ses effets-spéciaux réduits à leur plus simple expression, c'est l'écriture toute entière qu'il aurait fallut passer au tamis afin d'en évacuer la partie la plus absconse. Soit, la presque totalité des lignes de dialogue ! Au mieux, l'on esquissera un sourire lorsque viendra le temps d'imaginer le pauvre type qui en post-production dû bien se marrer en doublant les tomates tueuses à travers d'inaudibles onomatopées. Pour le reste, le spectacle est tout simplement... affligeant ! Notons que contrairement à ce que laisse envisager la toute dernière image qui laisse entrevoir une séquelle mettant cette fois-ci en scène des carottes tueuses, c'est bien de tomates dont il s'agira dans les trois suites toutes également réalisées par John de Bello. En 1988, tout d'abord, avec Return of the Killer Tomatoes, en 1991 avec Killer Tomatoes Strike Back! Et enfin avec Killer Tomatoes Eat France! l'année suivante. Si en 1975 des chercheurs américains théorisèrent le le phénomène de Jaws Effect après que les spectateurs outre-atlantique aient découvert Les dents de la mer de Steven Spielberg sur grand écran (classique de l'épouvante que John de Bello tente ici naïvement de parodier), dans le cas de Attack of the Killer Tomatoes, il y a par contre de fortes chances pour que vous continuiez à manger ces délicieux fruits. À moins qu'ils ne proviennent bien entendu des serres d'Alméria, en Espagne...

 

lundi 6 janvier 2025

Birdemic 3: Sea Eagle de James Nguyen (2022) - ★★ ☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Après Birdemic: Shock and Terror en 2010 et Birdemic 2: The Resurrection en 2013, il aura fallut attendre une décennie entière pour enfin découvrir le troisième volet de la franchise Z du réalisateur américano-vietnamien James Nguyen. Dix années d'attentes pour aboutir à un résultat, à minima, catastrophique! Car si les deux premiers épisodes de la franchise étaient eux-mêmes très Z, ils n'en demeuraient pas moins très drôles et très divertissants. Soixante ans après la sortie de The Birds d'Alfred Hitchcock qu'encense au moins l'un des deux principaux personnages de Birdemic 3: Sea Eagle incarné par Ryan Lord, la date tombe assez bien pour rappeler aux plus jeunes qu'en son temps, le réalisateur et scénariste britannico-américain fut l'auteur de l'un des chefs-d’œuvre du cinéma d'agression animalière. Peu ont sut faire, depuis, aussi bien. Et surtout pas Jams Nguyen dont le cinéma n'est vraiment pas du même acabit même si grâce à la bienveillance de certains spectateurs, sa trilogie a gagné au fil du temps ses galons d’œuvre culte! Du moins les deux premiers volets puisqu'au regard de Birdemic 3: Sea Eagle, il y a de quoi faire la gueule devant l'indigence crasse du spectacle qui nous attend. N'excédant pas les quatre-vingt trois minutes, ce dernier est d'un ennui tel que se déclenche invariablement et en toute situation le mécanisme du sommeil. Les paupières se font lourdes tandis que l'on s'empêche avec toute la peine du monde de bailler. Le principal soucis de Birdemic 3: Sea Eagle s'inscrit moins dans la somme, pourtant importante, de soucis techniques qui nuisent aux qualités du récit que le script lui-même. Dire que James Nguyen s'est foutu de ses spectateurs est un euphémisme. Car tout ce qu'attendaient depuis ces dix dernières années les ''fans'' du réalisateur et scénariste est concentré dans ses vingt dernière minutes. Et même moins si l'on soustrait le générique de fin. Merde, quoi ! Si l'on sait (ou pas, d'ailleurs) que James Nguyen est un artiste engagé très préoccupé par l'avenir de notre planète et donc de l'humanité, il y a dans le cas du troisième volet de la franchise Birdemic un abus dont il a franchit allégrement la frontière. Si d'ailleurs le réalisateur choisit deux héros essentiellement préoccupés par la nature et ses changements d'ordre climatique, ça n'est pas par hasard. Manquant cruellement d'imagination, c'est cette fois-ci au James Nguyen ''scénariste'' qu'il faudra faire des reproches.


Durant une heure et quelques minutes, le bonhomme passe son temps à filmer son couple nouvellement formé après leur rencontre sur une plage pour imposer des dialogues apparemment prélevés et appris par coeur à partir d'ouvrage spécialisés dans l'écologie et l'environnement. Une succession de séquences parfaitement assommantes qui finiraient presque par donner l'envie au spectateur de sortir en forêt pour y foutre le feu aux arbres et déverser des litres de polluants dans les rivières ! Si au bout de trois films James Nguyen n'a pas encore compris que l'essentiel de ses fans n'attend qu'une chose et une seule (voire des oiseaux attaquer les protagonistes) et bien qu'il change de métier! Filmé dans des conditions proches des soap opera, Birdemic 3: Sea Eagle ferait presque passer ces derniers pour des séries télévisées trash, gore et immorales ! Qu'est-ce qu'on peut se faire chier, nan mais! On se FOUT des préoccupations de Kim (Julia Culbert) et d'Evan, tout comme des quelques badauds qu'ils croisent en chemin. Comme ces manifestants qui veulent sauver la planète et qui se comptent sur les doigts d'une main. Des manifestants sur lesquels la caméra de James Nuguyen s’appesantit d'ailleurs bien trop longtemps. Birdemic 3: Sea Eagle n'est pas le film d'horreur fauché et mal fagoté que l'on attendait. Il s'agit plutôt d'un message écolo-environnemental en forme de docu-fiction ringard qui n'est même pas sauvé par les défauts inhérents à l'exercice du cinéma propre au cinéaste américano-vietnamien. Lorsque intervient l'attaque des oiseaux du titre, c'est avec une certaine forme d'ironie volontairement assumée ou non que rejoints par de nouveaux et tout récents personnages, Kim et Evan vont défourailler dans le tas en buttant du piaf à coups de kalashnikovs. Bref, si vous avez adoré les deux premiers volets de la franchise mais si les seuls défauts techniques ne suffisent pas à vous rendre perméable au style ''James Nguyen'', fuyez et surtout, ne vous retournez pas! Car si Birdemic 3: Sea Eagle conserve ce même soucis de post-synchronisation, de bruitages, de montage sonore et d'effets-spéciaux (sans compter la mise en scène, la direction d'acteurs ainsi que l'interprétation), le scénario demeure tellement vides que ces défauts qui pour les amateurs de nanars demeurent des qualités ne suffiront pas à les retenir devant leur écrans au delà des dix ou quinze premières minutes. Le temps qu'il faudra pour comprendre qu'il n'y a ici, rien à espérer!

 

vendredi 13 décembre 2024

Comment se faire virer de l'hosto (Le chouchou de l'asile) de Georges Cachoux (1979) - ★☆☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Mesdames et messieurs, j'ai suis au regret de vous annoncer que durant les prochaines semaines je serai absent des réseaux sociaux, et notamment de ce groupe car deux hommes en blouse blanche sont venus très tôt ce matin me chercher manu militari pour m'enfermer dans une chambre capitonnée sur ordre du professeur Yuri Falszenberg. Un éminent psychiatre spécialisé dans l'étude comportementale et neurologique de patients atteints de cinéphilie aiguë. Avant d'être immobilisé par une camisole de force, j'ai tout de même demandé à mes nouveaux geôliers ainsi qu'à leur directeur l'autorisation de laisser un dernier article. Lesquels ont généreusement accédé à ma demande. Tout d'abord, je voudrais dire merci à Étienne Looze sans lequel je n'aurais sans doute jamais vu ou même entendu parler de Comment se faire virer de l'hosto. Je sais, je sais... tout comme moi, vous vous dites sans doute qu'avec un tel titre l'on est plus proche ici d'un Philippe Clair que d'un Francis Veber. C'est pas faux. Mais autant les œuvres du premier peuvent se parcourir jusqu'au bout sans causer trop de conséquences neurologiques, autant le film de Georges Cachoux risque d'entraîner de sévères indigestions et des céphalées qu'aucun médecin neurologue n'est à ce jour capable de guérir. Après avoir signé quelques longs-métrages dont les titres fleurent bon le porno français des années soixante-dix (Femmes vicieuses, Le sexe à la barre, tout deux écrits et réalisés en 1975), le marseillais Georges Cachoux écrivait, filmait et interprètait en 1978 Comment se faire virer de l'hosto dont le titre à l'origine était Le chouchou de l'asile avant d'être renommé lors de sa sortie en vidéo. Bref, comme l'un et l'autre l'indiquent très clairement, le film nous narre les aventures rocambolesco-burlesco-indigesto-catastrophico-nanadesco-décérébrées d'Adolpho (Michel de Reischter), lequel se prétend être le fils du Führer, Adolf Hitler ! Amateurs de post-synchronisation aux fraises, de tartes à la crème, d'improvisation, de hurlements intempestifs ou au contraire, de braiments permanents, de soliloques à deux balles (référence, sans doute, affreusement déplorable à Love Me, Please love Me de Michel Polnareff dont les auteurs devraient, soit dit en passant, porter plainte pour détournement de droits d'auteur !), de musique pompier (à côté de ça, la variétoche de Patrick Sébastien, c'est du Bach ou du Chopin), de réalisation sous LSD ou de scénario écrit sur le tranchant d'une feuille OCB pliée en huit à l'aide d'un stylo sans cartouche, faites vous plaisir !


Tiens, à propos de drogues. Si je n'ai pas eu le reflex de me gaver d’anxiolytiques, de fumer un peu d'herbe et de cannabis ou de me faire deux ou trois rails de coke avant de lancer la projection, n'hésitez pas une seule seconde à aller vous bourrer la gueule au bistrot du coin avant de vous ruer sur Youtube pour y découvrir cette purge infamante qui au fond, n'est destinée qu'aux détraqués du nanar auxquels rien n'échappe, même la pire pellicule. Munissez-vous d'un saladier dans lequel vous pourrez très facilement faire baigner votre cerveau durant la séance puisque vous n'en aurez de toute façon, pas besoin. De mon côté, j'eus les dents qui baignèrent dans leur jus et un filet de salive qui s'échappa d'entre mes lèvres entrouvertes aux trois-quarts pendant tout le film ! L'on croise au détour de séquences toutes plus navrantes les unes que les autres, le dessinateur français Gérard Lauzier notamment connu pour sa série de bandes dessinées Tranches de vie ou l'ancienne actrice porno depuis reconvertie dans la radio, Brigitte Lahaie. Parmi des blouse blanches toutes ou presque portées par de jolies figurantes, on aurait finalement préféré que cette... comment dire.... ''comédie'' vire à la pornographie afin qu'elle justifie que l'on perde quatre-vingt huit minutes de notre temps devant l’œuvre de Georges Cachoux. Il y a des termes qui dans le Larousse ou dans le Petit Robert mériteraient qu'on les redéfinisse. Ou mieux, qu'on les regroupe sous le même dénominatif commun. Chiure, purge, merde et bien d'autres encore s'en trouveraient auréolés d'une définition simple et efficace: ''Voir Le chouchou de l'asile''. Quant à l'histoire, à vrai dire, on s'en fout, tant le délire est-il poussé dans ses derniers retranchements. Mais à évoquer la frénésie permanente dans laquelle s'agitent ses interprètes, parlons plutôt d'une œuvre sous acide, scénaristiquement paresseuse, écrite avec les orteils d'un scénariste doté de deux jambes de bois  et croupissant sous un amas de protagonistes/interprètes tous plus pathétiques les uns que les autres. Bref, à fuir !

 

dimanche 1 décembre 2024

Amityville : Where The Echo Lives de Carlos Ayala (2024) - ★☆☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

À l'issue de la projection de Amityville : Where The Echo Lives dont me fit crapuleusement profiter un ami en me conviant à sa récente découverte, ma première pensée allait à David Didelot. Cet homme affable personnifiant le mieux ce qu'est un véritable fan de la franchise débutée à la toute fin des années soixante-dix par le réalisateur américain Stuart Rosenberg. J'ai tout de suite imaginé le désarroi qui fut sans doute le sien si comme moi il eut la (mal)chance de découvrir cette énième itération d'un mythe de l'épouvante et du fantastique détricoté dans tous les sens pour n'en livrer majoritairement que des exemplaires terriblement navrants ! S'il est un fait avéré, c'est que la franchise n'a depuis très longtemps plus rien de véritablement excitant à nous proposer. Et comme je l'évoquais dans un tout récent article consacré à l'infâme Spookies de Genie Joseph, Thomas Doran et Brendan Faulkner sorti en 1986, il y a toujours moyen de trouver pire que ce que l'on considérait jusqu'à maintenant comme étant le pire film d'horreur de tous les temps. Ça n'a jamais été aussi vrai que concernant la saga Amityville qui depuis des lustres ne cesse de prendre les fans pour des cons en proposant des œuvres faisandées qui de près ou de loin n'ont de rapport avec la série de films originaux que le nom. Dès le départ on sent bien que dans le cas de Amityville : Where The Echo Lives, l'expérience va être difficile. Ne serait-ce qu'à travers cette bande musicale si puérile que même les centres commerciaux n'oseraient pas la diffuser dans leurs ascenseurs. Apparemment composée par un ersatz de Richard Clayderman amputé de la main droite et de la moitié des doigts de la main gauche, le fond sonore est à peine digne de ce que pourrait jouer un enfant de dix ans qui suit des cours de piano depuis seulement six mois. En forme d'ouverture symphonique d'album de Black Metal du pauvre, l'ensemble donnerait des indigestions à n'importe quel mélomane adepte de musique contemporaine et minimaliste. Une bande originale finalement très en accord avec le contenu du long-métrage tant ce dernier semble vouloir repousser les limites du vide notamment instaurées il y a quelques années par le très prétentieux A Ghost Story de David Lowery... Dans le rôle principal, l'actrice Sarah McDonald. Dont l'adiposité et la surcharge pondérale sont peu en accord avec cet exercice de course à pieds qui voudrait qu'elle représente la femme d'aujourd'hui : Active, sportive et déterminée.


Éliminant de surcroît son surplus de kilos en buvant du jus d'orange avant d'aller user les talons de ses baskets sur le bitume. Honorable... pour une jeune femme dont le visage est à l'aune du reste et qui donc aura beaucoup de difficultés à convaincre qu'avec quelques touches de maquillage elle pourrait ressembler à autre chose qu'une célibataire tout juste extraite de son lit ! Engagée par une inconnue qui aimerait bien qu'elle résolve pour elle une épineuse affaire de hantise, notre spécialiste en enquêtes paranormales passe son temps à faire chauffer son café, à boire son jus de fruits, à manger des biscottes, à parler de tout et de rien mais surtout pas du sujet qui nous intéresse ici. Le film se permettant régulièrement des intrusions inesthétiques à bases de fonds noirs où s'affichent des textes que les auteurs auraient peut-être mieux fait de transformer en dialogues avant de les confier à leur principale interprète. Quoique... Les décors sont minimalistes au possible (le sujet central, lorsque le réalisateur se donne la peine de s'y consacrer, se déroulant dans un grenier sans vieux meubles, sans toiles d'araignées, etc...). Bref, avec Amityville : Where The Echo Lives, Carlos Ayala parvient à faire pire que The Amityville Playhouse de John R. Walker en 2015 ou que The Amityville Harvest et The Amityville Moon tout deux respectivement réalisés en 2020 et 2021 par Thomas J. Churchill. Dans l'univers impitoyable du cinéma d'horreur, d'épouvante ou fantastique ou chacun cherche à tirer la couverture à soit, le film de Carlos Ayala est le virus Ebola de la franchise. Capable non pas de liquéfier vos organes internes mais de rendre plus molle encore qu'elle ne l'est, votre matière grise. Des décors, jusqu'au scénario en passant par la mise en scène, l'interprétation, la photographie ou la post-synchronisation, ce.... ''film'' est une honte qui offre au fond deux occasions : celle de rattraper quatre-vingt dix minutes de sommeil que vous auriez éventuellement pu perdre la nuit précédente ou celle de relativiser sur tout ce que vous avez pu vivre comme expériences négatives dans le domaine du cinéma d'horreur et d'épouvante.....

 

mardi 19 novembre 2024

El Hoyo 2 (La plateforme 2) de Galder Gaztelu-Urrutia (2024) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Il m'est arrivé il y a de cela plusieurs mois de promettre d'être concis concernant un film que j'avais particulièrement détesté. Incapable de tenir ma promesse, l'on m'avait reproché de m'éterniser à son sujet. Vais-je cette fois-ci la tenir ? Réponse : NON ! Après avoir redécouvert cette nuit La plateforme du réalisateur espagnol Galder Gaztelu-Urrutia, une dystopie bourrée de symboles capitalistes, consuméristes et christiques qui avait fait son petit effet, celle-ci a récemment donné lieu à une séquelle... ou plutôt, une préquelle comme nous l'indiquera tardivement l'intrigue. Cinq ans d'attente durant lesquels je n'aurai pas la prétention d'affirmer avoir fébrilement patienté tant ce film est demeuré pour moi comme une expérience intéressante tout en étant parfaitement dispensable. La plateforme 2 ayant été mis à disposition des abonnés de Netflix dès le 4 octobre dernier, c'est sans vraiment me ruer dessus que j'ai choisi au réveil de me lancer dans cette seconde itération d'un sujet cette fois-ci construit sur la base d'un scénario écrit par le réalisateur lui-même ainsi que trois scénaristes ! Cinq ans d'absence pour Galder Gaztelu-Urrutia et deux fois plus de mains pour écrire le script de cette préquelle, évidemment, ça fait réfléchir sur les raisons qui poussent à croire que cette dernière avait de grandes chances d'être meilleure que l'original. Tu parles... C'est à se demander ce qu'a branlé le réalisateur espagnol durant cette absence prolongée tant le résultat à l'image est... catastrophique ! Nourrissant ainsi la polémique selon laquelle Netflix produit et distribue des œuvres de piètre qualité, certains vont pouvoir se frotter les mains. Déçu ? En fait, pas vraiment. Je dirais plutôt que je m'en serais tapé le coquillard si je n'avais pas perdu cent précieuses minutes de mon temps à regarder cette bouillie indigeste qui pour légitimer son existence reproduit le premier film tout en exagérant le trait. Augmentant ainsi le nombre de protagonistes, les concordances avec les ''mythes'' invoqués dans l’œuvre d'origine ainsi que la violence, La plateforme 2 est probablement l'un des pires films d'horreur et de science-fiction de ces quinze ou vingt dernières années.


Surtout en ce sens où le film ne se prétend jamais être un nanar mais plutôt une réflexion dystopico-horrifico-philosophique. En comparaison, n'importe quel nanar se revendiquant ou non en tant que tel vaut mieux que cette purge dont la violence semble être parfois inspirée par les vagues successives qui causaient un véritable choc chez Darren Aronofsky et son Mother ! tandis que dans le cas de la plateforme 2 l'on est généralement pris de rires nerveux, de convulsions, face à l'indigence du produit, face à son inefficacité, face à l'abrutissement qu'il génère à l'encontre du spectateur contraint (ou non d'ailleurs) d'assister à cette furie désorganisée, aussi bruyante qu'une foire au bétail et au final, tellement bordélique dans sa mise en scène et son interprétation pseudo-théâtrale que l'on finit par n'y plus rien comprendre. Un spectacle désolant où les éventuels personnages iconiques sont réduits à des caricatures bouffies de fatuité, de cette même autosatisfaction qui transpire d'une mise en scène induite par un réalisateur qui savait à travers le premier volet tenir entre ses mains matière à développer un univers à part entière. Atteint du syndrome de l'opportunisme, La plateforme 2 est au final aussi éprouvant à suivre jusqu'à son terme pour le spectateur que pour ses protagonistes hurlant comme des hystériques, des fanatiques, en mode improvisé. De quoi remplir les vides scénaristiques par des lignes complètes d'onomatopées et d'interjections qui franchement, finissent par donner des maux de tête ! Visuellement, rien ne change. Et alors que cette préquelle aurait pu être en mode 2.0, l'on a l'impression d'une régression permanente de la mise en scène, de l'écriture (ou quatre scénaristes ne peuvent que s'emmêler les pinceaux) et de l'interprétation. Un abaissement des critères de qualité qui à travers chaque séquence, chaque plan, transpire littéralement... Mais alors que La plateforme 2 aurait dû logiquement signer l'interruption d'une très courte franchise, voilà qu'est déjà annoncé comme une très mauvaise plaisanterie, un troisième opus auquel ne s'oppose absolument pas Galder Gaztelu-Urrutia ! Seule raison qui pourrait empêcher la création d'une Plateforme 3 selon le réalisateur espagnol ? Le peu d'engouement du public pour cette préquelle. Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire : Bannir de vos prochains projets télévisés la projection de cette daube !

 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...