Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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samedi 15 août 2026

Cocorico 2 de Julien Hervé (2026) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

C'est long, très long, tellement long... Et surtout, c'est pénible, vraiment pénible, tellement pénible que l'on pourrait croire que cette purge, cette infamie, ce cancer que l'on dit être une comédie aurait tout aussi bien pu être l’œuvre d'une Michèle Laroque ou d'un David Charhon. Imaginons d'ailleurs durant un court instant que ces deux là décident un jour de mettre en scène ensemble un prochain film en commun, hum ? Ouais, je sais, rien que d'y penser, ça donne le tournis. Mais en attendant, le scénariste et réalisateur français Julien Hervé n'a eu besoin de personne pour signer le nouveau grand navet de cette décennie et des années 2000-2020 en totale perdition sur le territoire hexagonal. Des pseudo-comédies qui semblent surtout faire l'étalage d'un pognon monstre dont les propriétaires paraissent se ficher du devenir puisque tout comme pour le film dont il s'agit ici de faire la critique sans s'énerver, il est des œuvres ayant coûté des millions dont la valeur artistique reste encore à évaluer ! Déjà, pourquoi réaliser la suite d'un film relativement mauvais ? Sans doute parce que Cocorico est rentré dans ses frais en rapportant un peu moins de quinze millions d'euros pour un budget de dix. Rien de mirobolant et pourtant, les sociétés de production SND et White and Yellow Films ont décidé de faire à nouveau confiance à Julien Hervé qui pour la seconde fois s'est chargé lui-même de l'écriture et de la réalisation de sa nouvelle comédie. On prend les mêmes et on recommence. Mais alors que Cocorico était encore ''regardable'' malgré un concept sympathique très mal exploité, sa suite parvient à être encore moins bonne que l'original. Une pâle copie d'une mauvaise comédie, au mieux, ça peut donner une franchouillardise acceptable. Mais là, même pas. Au point qu'il nous semble régulièrement être pris pour des légumes ingérant le même plat à chaque repas. De la direction artistique de Simon Blanjoie aux décors de Laure Lepelley-Monbillard en passant par l'indigente musique de Matei Bratescot qui revient pour la seconde fois nous assommer avec des compositions qui puent l'Intelligence Artificielle même s'il y a bien un compositeur derrière elle, Cocorico 2 a de grandes chances en fin d'année de finir au sommet des flops 10 catégorie ''Comédies Françaises'' !


Évidemment, on n'attend plus rien de Didier Bourdon et de Christian Clavier qui font une fois encore là où on leur demande. Cachetonnant dans des comédie faisandées depuis maintenant une bonne dizaine d'années. Poussant malgré tout des spectateurs assez stupides pour leur accorder encore et encore leur confiance à aller dépenser une dizaine d'euros chaque fois qu'ils passent au cinéma. Si Cocorico 2 est consternant, ça n'est pas simplement parce qu'il nous présente deux vieillissantes vedettes du cinéma français dans les inconfortables rôles de septuagénaires incapables de remettre en question leur ostracisme culturel, social et racial ni même parce que Julien Hervé pille le fond de commerce de Philippe de Chauveron (réalisateur de la trilogie Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu et de à bras ouverts) et encore moins parce qu'il semble espérer que les spectateurs sont assez stupides pour se laisser avoir une seconde fois (la suite n'attirera d'ailleurs qu'environ six-cent soixante milles d'entre eux, soit, un million et trois-cent mille de moins que pour le premier volet) mais bien parce que c'est mauvais ! Face à Didier Bourdon dont la qualité de comédien s'est depuis très longtemps faite la malle, Christian Clavier semble avoir définitivement abandonné l'idée de jouer pour laisser la place à son ''double'' Jacques-Henri Jacquart de la saga Les visiteurs. Nos deux interprètes ont donc abandonné toute ambition. Tout comme la pauvre Sylvie Testud qui est venue se perdre dans deux comédies d'une rare indigence bien longtemps après nous avoir notamment offert une superbe performance dans le formidable Les Blessures assassines de Jean-Pierre Denis au tout début du siècle. On ne citera pas le reste du casting qui de toute manière se partage la partie congrue d'un script rachitique, mal écrit et d'un récit qui accumule tant de fautes de goût en matière de dialogues que le malaise finit par s'imposer face à des interprètes qui rament à contre-courant. Bref, un désastre !

 

vendredi 31 juillet 2026

Cycle Les Charlots: Le retour des Charlots de Jean Sarrus (1992) ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Pris en flagrant délit d'adultère avec sa maîtresse Riquita (Frédérique Lazarini) par sa femme Amalia (Jezabelle Amato), Antionio Pereira (Luis Rego) simule l'amnésie. Désemparée, elle fait appel aux anciens camarades de son époux afin de l'aider à retrouver la mémoire. Jean (Jean Sarrus), Phil (Gérard Filippelli) et Richard (Richard Bonnot) voyagent ainsi jusqu'au Portugal et s'installent dans un hôtel de Lisbonne. Afin d'aider Antonio, ils décident de lui faire revivre divers situations du passé. C'est ainsi qu'ils font appel à l'adjudant Caussade qu'ils ont côtoyé durant leur service militaire. Notons que désormais le personnage est interprété par l'acteur et humoriste français Guy Montagné en lieu et place de Franck-Olivier Bonnet qui dans Le Retour des bidasses en folie de Michel Vocoret en 1983 interprétait le rôle de l'adjudant Cossade et non pas Caussade dont l'orthographe a donc depuis été curieusement modifiée ! Notons ensuite qu'outre le retour de Luis Rego au sein du groupe Les Charlots, la formation musicale et cinématographique ne compte désormais plus que Jean Sarrus et Gérard Filippelli puisque Jean-Guy Fechner est passé à autre chose depuis presque vingt ans tandis que Gérard Rinaldi s'est lui-même tourné vers d'autres projets cinématographiques ET télévisuels. Remplacé par le chanteur, musicien et acteur Richard Bonnot dont la carrière au cinéma se résume à deux films (celui-ci ainsi que La Cible de Pierre Courrège en 1997), ce dernier arrive difficilement à faire oublier le ''séducteur'' et la ''tête pensante'' du groupe... Le retour des Charlots est le dernier long-métrage à avoir mis en scène Les Charlots. Et même ainsi reconstitué, le groupe n'est malheureusement pas parvenu à rehausser le niveau d'une filmographie qui peu à peu est devenue de plus en plus navrante. Une chute qui a véritablement débutée neuf ans auparavant avec Le retour des bidasses en folies en 1983 et qui s'est poursuivie un an plus tard avec Charlots Connections. Le long-métrage est surtout l'occasion pour Jean Sarrus de se placer devant mais aussi derrière la caméra. Réalisateur et scénariste du Retour des Charlots, il n'aura pourtant pas permis à la troupe de finir en beauté et même si Le retour des Charlots n'est pas aussi pathétique que Le retour des bidasses en folies, cette comédie franchouillarde qui demeure pour le coup, magnifiquement anachronique, vise en plein dans le mille dans la catégorie des nanars à la française...


L'amnésie dont est atteint l'un des protagonistes n'est qu'un prétexte pour le réalisateur/acteur/scénariste et ses partenaires d'aligner les gags bas du front. C'est d'autant plus dommage que Jean Sarrus tente d'émouvoir son auditoire en invoquant un certain esprit de camaraderie au centre du thème des retrouvailles. Ce qu'il tente à travers des séquences d'une confondante crétinerie. Lorsque habillés comme des bébés, comme des rugbymen ou encore comme des bidasses Jean, Phil et Richard débarquent en trombe accompagnés de l'adjudant Caussade, on tombe des nues devant tant de bêtise immature. D'autant plus qu'il faut faire un effort surhumain pour ne serait-ce qu'esquisser le moindre sourire. Il est loin le temps des Fous du stade ou du Grand Bazar et notre trio a beau en faire des tonnes, à gesticuler dans tous les sens et à livrer des répliques qui ne valent même pas les blagues Carambar, tout, absolument tout tombe à plat. Au mieux (ou au pire), Le retour des Charlots témoigne d'une époque où l'on pouvait se moquer librement d'une femme en surpoids (la très ''fellinienne'' Jezabelle Amato en prenant régulièrement pour son grade) et où l'on pouvait lourdement draguer les clientes d'un hôtel sans voir surgir les pseudos ligues féministes 2.0. Tout ici est tellement mauvais que la fibre nostalgique ne fonctionne jamais. Est-ce l'époque, mais curieusement, la comédie de Jean Sarrus repose sur les mêmes mécaniques que par le passé sans pour autant éveiller chez le spectateur le moindre plaisir. Tourné au Portugal, à Lisbonne, Le retour des Charlots est l'un des derniers témoignages de ce que l'on appelle communément la Comédie Franchouillarde. De l'aveu même de son réalisateur, scénariste et interprète, le film est un ratage complet. Anecdote amusante pour les cinéphages mais sans doute moins pour l'équipe de tournage lorsque le film fut présenté aux distributeurs, le remplaçant de Gérard Rinaldi, Richard Bonnot, fut le seul spectateur à venir se présenter lors de la projection. Notons enfin la présence dans le rôle d'un chef de bande de l'américain Jango Edwards dont les plus anciens téléspectateurs de Canal+ se souviennent pour ses diverses apparitions burlesques sur la quatrième chaîne française...


 

mardi 28 juillet 2026

Le trouble-fesses de Raoul Foulon (1976) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Après le très dérangeant L'homme qui voulait savoir de George Sluizer, il fallait bien une comédie franchouillarde de l'acabit de celle-ci pour se changer les idées. Du moins pouvais-je le supposer jusqu'à ce qu'au bout des quatre-vingt six minutes de projection, je m'aperçoive que j'avais placé à mes côtés, un verre rempli d'eau, une boite complète de somnifères, une lame de rasoir et qu'une corde était suspendue au dessus de ma tête, raccordée au lustre du plafond! Autant il m'arriva souvent de me demander ce qui pouvait passer par la tête de David Lynch ou Alessandro Jodorowsky au moment de concevoir leurs films, autant Le trouble-fesses de Raoul Foulon me paraît lui mériter d'être étudié en profondeur afin de comprendre ce qui pousse un homme à écrire et réaliser un tel projet ! N'étant dès le départ pas au dessus de tout soupçon puisqu'une bonne partie du casting ne laisse aucun doute quant au contenu du long-métrage, Raoul Foulon se lance dans l'élaboration d'un projet qui n'a rien de véritablement conceptuel puisqu'il s'inscrit dans une vague de comédies (très) légères et extrêmement nombreuses mêlant quiproquos et érotisme éthéré... Nous sommes au beau milieu des années soixante-dix et alors que le porno fait florès dans certaines salles de cinéma parisiennes, la comédie dite franchouillarde s'invite dans un domaine avec lequel elle partage tout d'abord une forme d'indigence que l'on ne rencontre que dans ces deux seuls courants cinématographiques. Mais alors que la pornographie possède des moyens concrets d'exciter ses spectateurs, la comédie nanardesque à la française se doit d'assumer son incompétence lorsqu'il s'agit de faire rire son public. Et ça n'est certes pas avec Le trouble-fesses que Raoul Foulon parviendra à maintenir celui-ci en haleine. Car à moins d'être atteint de mazophilie (ou fétichisme des seins), rien ne va ! Autant la poitrine de Bernadette Lafont parvient-elle à une ou deux occasions de très courte durée à détourner l'attention du spectateur vers autre chose que les indigestes mise en scène, interprétation et scénario, autant le reste élève le film au niveau de purge qui sur une échelle de cinq arrive péniblement à gravir le tout premier échelon. Accompagnant la brune à l'imposante poitrine, Michel Galabru et Maurice Risch complètent un trio d'interprètes principaux qui jonglent entre mauvais mots et situations parfois gênantes. Si le premier incarne Eugène Lajoux, un cadre d'entreprise adultère marié à Dany (qui est donc interprétée par Bernadette Lafont), le second interprète Ernesto Capoli, le neveu du patron de l'entreprise en question, qui après avoir été surpris dans le lit d'une jeune femme dont le père est un mafieux est contraint de quitter l'Italie pour rejoindre la capitale française...


Un queutard, qui dès qu'une jupette ou un décolleté se profile à l'horizon est systématiquement guidé vers sa propriétaire afin de tenter de coucher avec elle. Lorsque l'on pense que Maurice Risch est tout de même celui qui incarna le gros dégueulasse du film éponyme que réalisa la décennie suivante Bruno Zincone, on a un peu de mal à l'imaginer en séducteur ici, dans ce Trouble-fesses dont l'appellation lui est entièrement consacrée. En dragueur compulsif, Ernesto traque toutes celles qui se présentent volontairement ou non devant lui. Ce qui donne lieu à des séquences qui de nos jours paraissent invraisemblables. Ou du moins, désormais inenvisageables. On force un baiser, on soulève une jupe, on se colle sans que cela ne gêne personne sauf la jeune femme concernée. En contrepartie, l'homme est représenté de manière fort ridicule et les femmes, pourtant contraintes d'assouvir tous les désirs de leurs ''patrons'', sont bien celles qui en réalité mènent la barque. Ayant consacré la quasi totalité de sa carrière artistique dans le domaine de la photographie de plateau, Raoul Foulon signait là son seul long-métrage en tant que réalisateur et scénariste. Une grave erreur de parcours pour celui qui tout de même travailla auprès d'André Hunebelle sur Le capitan, Bernard Borderie sur Les quatre mousquetaires ou encore sur La rupture de Claude Chabrol. Le trouble-fesses est cependant un digne représentant de la vague de comédies franchouillardes des années soixante-dix. Pathétique, mal branlé, atrocement creux et d'une confondante bêtise ! Bref, si vous avez le courage de vous lancer dans l'aventure, rassurez-vous, vous n'aurez pas un centime à débourser puisque de généreux contributeurs ont eu la bonne idée de proposer le film sur différentes plateformes. Dont YouTube... Bon courage, tout de même...

 

vendredi 24 juillet 2026

Cycle Les Charlots: Le retour des bidasses en folie de Jean Sarrus (1983) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Alors là, on s'attaque à un gros, très gros morceau de la comédie franchouillarde à forte tendance nanardesque. Tandis que Les Charlots nous avaient laissé avec un Charlots contre Dracula d'assez bonne facture en 1979, il aura fallut attendre quatre années avant de revoir Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli et Jean Sarrus sur grand écran (Jean-Guy Fechner ayant quitté le groupe après le tournage de Bons Baisers de Hong Kong d'Yvan Chiffre d'un commun accord avec le producteur Christian Fechner). Et franchement, on s'en serait bien passé car dans la grande tradition des films de bidasses au sens scénaristique mais aussi directement inclus dans le titre, Le Retour des bidasses en folie manque de peu l'anachronisme puisqu'il situe sa création au début des années quatre-vingt. Énième et dernier représentant d'une série de longs-métrages qui en réalité n'entretiennent pas tous des rapports entre eux, le film de Michel Vocoret (scénariste pour Max Pécas sur le film érotique Club privé pour couples avertis en 1978 avant d'être auteur lui-même de cinq comédies navrantes) vient donc après Les Bidasses en folie et Les Bidasses s'en vont en guerre de Claude Zidi, Les Bidasses au pensionnat de Michel Vocoret lui-même, Embraye bidasse, ça fume de Max Pécas (comme quoi, les grands esprits se rencontrent dans une même communauté de biens), Les Bidasses en vadrouille de Christian Caza et Les Bidasses aux grandes manœuvres de Raphaël Delpard. De quoi se chopper une sévère indigestion si tant est que l'on a le courage de les regarder les uns derrière les autres. On pouvait rêver ou du moins espérer que Le Retour des bidasses en folie soit moins affligeant que la concurrence puisque Les Bidasses en folie et Les Bidasses s'en vont en guerre n'étaient à leur époque pas les plus mauvais de tous mais c'était sans compter sur le ''talent'' de Michel Vocoret dans l'art de mettre en scène les derniers représentants des Charlots (qui, je le rappelle, étaient cinq à l'origine puisque Lui Rego en faisait effectivement partie) dans l'une des pires comédies françaises de toute l'histoire du septième art...


Un titre de gloire que l'on aurait pu soumettre à l'improbable Führer en folie de Philippe Clair ou bien à son Grand Fanfaron qui, hasard ou non, fut également distribué sous le titre Les Bidasses en cavale... ! Ici, Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli et Jean Sarrus interprètent tout d'abord trois anciens vétérans de la Seconde Guerre Mondiale qui lors d'une cérémonie de commémoration se rappellent leurs aventures en tant que simples soldats de l'armée de terre française. Le film évoquant en outre l'existence d'un trésor caché par la Kommandantur (tiens, tiens, un petit parfum de De l'or pour les braves de Brian G. Hutton ne se ferait-il pas sentir?). Retour ensuite dans le passé où nos trois acteurs rendossent donc pour la troisième fois après Les Bidasses en folie en 1971 et Les Bidasses s'en vont en guerre en 1974 leur uniforme de soldats et interprètent à nouveau les personnages de Gérard, Phil et Jean. L'occasion pour les trois hommes de retrouver leur ancien compagnon de route Luis Rego qui après un paquet de seconds rôles entre 1971 et 1981 revient ici auprès d'eux en incarnant cette fois-ci le rôle d'un sergent ! Notons également la présence de l'acteur Franck-Olivier Bonnet, acteur multi-couteaux capable de jouer dans le pire (comme ici) tout comme dans le meilleur (Un mauvais fils et Série noire de Claude Sautet, La guerre du feu de Jean-Jacques Annaud, La crise de Coline Serreau ou encore Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet...). Pour le reste, la comédie de Michel Vocoret est d'une lourdeur abyssale. Un humour pompier au degré zéro d'un genre qui ne vole déjà pas très haut. Drôle ? Jamais! Épuisant ? Définitivement ! D'un pathétique qui veut que même en tant que simple téléspectateur l'on ait parfois le réflexe de détourner le regard devant tant d'indigence ! Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Comédie Franchouillarde est ici réuni en à peine plus de quatre-vingt minutes. Il y a en outre des noms et des visages qui ne trompent pas sur la marchandise : à commencer par Jacques Jouanneau qui interprète un général et Roger Carel qui incarne le colonel allemand von Berg. Bref, d'un côté comme de l'autre des lignes ennemis, France et Allemagne ont du soucis à se faire !

 

samedi 20 juin 2026

Savage Water de Paul W. Kener (1979)



Je l'écrivais il y a de cela, dans deux jours (ne cherchez pas le sens de cette phrase), certains films gagnent à être traduits, puis doublés en français. Savage Water fait partie de ces improbables bobines qui ne peuvent laisser indifférent. Certainement pas grâce à son scénario, sa mise en scène ou son interprétation. Il faudra faire avec mais : le premier est inexistant. Ou du moins s'est-il perdu en chemin, ou même peut-être noyé dans ces Eaux Sauvages que la jaquette de l'une des éditions DVD promet d'être l'expérience la plus intense depuis Délivrance (The most intense river experience since « Deliverance »). Ne vous faites pas d'illusion. Même si l'expérience mérite d'être vécue ne serait-ce qu'une seule fois dans votre existence (juste pour que vous vous fassiez une idée de ce qui peut résulter d'un doublage amateur fait avec une conscience professionnelle frisant le zéro absolu), comparer le classique de John Boorman et cette excroissance syphilitique est évidemment une blague de potache.

La mise en scène est à l'avenant du scénario. Un peu comme si le réalisateur avait confié sa caméra à Mère Nature en prétextant avoir oublié un rendez-vous chez le dentiste. Autant dire qu'il devait avoir les dents en très mauvais état pour que son film donne l'impression de n'avoir jamais été dirigé. Quant à l'interprétation, que voulez-vous que je vous dise... ? Je vous fais le pari, qu'en cherchant même très loin dans vos mémoires le pire film que vous avez vu, vous lui mettrez un quinze sur vingt après avoir vu Eaux Sauvages. Quoique, je n'ai personnellement pas eu besoin de chercher longtemps pour en trouver un de plus éprouvant à regarder. Ceux qui me connaissent TRES BIEN savent que Raiders of theLiving-Dead demeure en la matière, mon film de chevet.

Putain, un slasher me direz-vous. Un que je n'aurais pas encore dans ma collection ? Oui, enfin, bon. Disons que jusqu'au procès final expédié de manière aussi rapide que... pas grand chose en fait, l’œuvre tente de maintenir un suspens aussi tendu qu'un arc dont la corde aurait pété ! Sérieusement, lorsque l'on lance le film, on a très vite l'impression que le type qui a loué le film avant vous a logé le mauvais DVD dans le boîtier avant de le ramener dans son vidéoclub.

Aaaahhh, les vidéoclubs... ces dizaines de jaquettes promettant des heures d'hémoglobine, ces rayons planqués un peu plus loin, honteux d'arborer des films aux titres aussi évocateurs que La Bonne Sœur aux Gros Nichons (mon premier porno), Caligula (mon premier péplum... porno lui aussi), ou le très éducatif Le Sexe qui Parle (le genre de film qui, s'il devait un jour arriver à la femme d'être victime du même mal que son héroïne, résoudrait bien des problèmes d'adultère)...

Eaux Sauvages ressemble dans sa première grosse partie (en fait, une heure sur les quatre-vingt dix minutes que dure le film) à une vidéo de vacances. Il ne s'y passe rien. C'est plat, inintéressant, vide de tout ce que l'on pourrait exiger d'un film au titre aussi évocateur. Une dizaine de personnages environs font un peu de rafting, discutent, mangent, apprennent à mettre un gilet de sauvetage et à placer des cordages sur les canoës. Certaines scènes valent pourtant le détour. Deux notamment m'ont très fortement marquées. D'abord, il y a cette scène située à l'intérieur d'un cockpit d'avion. Sans même avoir à tendre l'oreille, on s'aperçoit que le bruit du moteur est celui produit par un hélicoptère. Un HELICOPTERE !!! D'un autre côté, c'est plutôt amusant. Un peu comme cette seconde scène durant laquelle on découvre un couple d'allemand. Leur accent est si caricatural qu'il nous renvoie à l'époque ou Michel Leeb imitait les noirs ou les asiatiques. En plus, comme le spectateur est forcément un con, le couple germanique termine ses phrases par un « ja » ou un « jawohl » indentifiant définitivement s'il en était besoin leurs origines.

Mais ce qui demeure le plus fameux dans ce film, c'est effectivement son doublage. Si ce (trop) long-métrage ne devait déjà pas peser bien lourd dans sa langue natale, ceux qui l'on doublé on effectué un travail d'une rigueur exceptionnelle... non, j'déconne ! En fait, c'est navrant. Et en meêm temps, c'est ce qui fait le charme de cet OFNI dont on ne cessera jamais de vanter des défaut qui en font ses qualités de nanar.
Ah ! Et puis je voulais préciser une chose : il y a bien eu un cinéaste derrière tout ça. Son nom : Paul W. Kener.

samedi 14 mars 2026

Les Nouvelles Aventures de Cendrillon de Lionel Steketee (2017) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Les mythes ont la vie dure. Tout comme le désastreux diptyque consacré au personnage d'Aladin (Les Nouvelles Aventures d'Aladin d'Arthur Benzaquen en 2017, Alad'2 de Lionel Steketee l'année dernière), Cendrillon, le personnage retranscrit par Charles Perrault à partir de version orales en 1697 a lui aussi connu les misères d'une adaptation calamiteuse. Cette fois-ci, le responsable de cette infamie qui ferait passer la filmographie des Charlots pour de véritables chefs-d’œuvre cinématographiques est... heu... ben... Lionel Steketee. Comme quoi. Pourquoi tenter de faire mieux lorsque l'on peut faire pire ? Le plus fou est d'imaginer que l'on puisse accepter de produire une chose pareille. En même, temps, on ne sait jamais à l'avance à quoi ressemblera le produit. Financé par Daniel Tordjman, lequel a également produit les deux volets d'Aladin, Les Nouvelles Aventures de Cendrillon part d'un principe simple : adapter de façon libre l’œuvre de Charles Perrault en y injectant tous les poncifs à la mode.
Que l'on soit d'accord ou pas avec le principe consistant à aborder des thèmes aussi courants que délicats que le communautarisme, l'homosexualité, ou que sais-je encore, l'oeuvre de Lionel Steketee tente avec humour de s'emparer sans la moindre finesse de quelques-uns de ces sujets que certains considèrent avec démagogie comme de véritables brûlots, alors qu'il ne faudrait point n'y voir d'autre que des tentatives, certes maladroites, d'appropriation de thématiques à la mode. Noyées, bien entendu, dans un récit convenu par avance. Ou comment faire du neuf avec du vieux. Quoique en matière de neuf, Lionel Steketee et son scénariste Daive Cohen (déjà à l'action sur les deux volets d'Aladin, c'est dire si le cinéaste devrait penser à changer de scénariste) ont bien du mal à nous intéresser à ce sujet mainte fois remanié au cinéma, au théâtre, à la télévision ou en littérature.

Pourtant, au départ, tout semblait partir sur de bonnes bases. Malgré un duo réalisateur/scénariste dont la présence au générique pouvait dès le départ inquiéter l'amateur de comédies françaises, le casting suffisait à convaincre certains de faire le premier pas vers les salles obscures le jour de la sortie du film : Marilou Berry et sa mère Josiane Balasko, mais également Arnaud Ducret, Didier Bourdon, Vincent Desagnat et Jérôme Commandeur pour les principaux interprètes. La première dans le double rôle de Julie et Cendrillon, la seconde dans ceux de la voisine de l'héroîne et la belle-mère de Cendrillon, et les suivant incarnant respectivement Marco et Le Prince Marco, le patron de Julie et le Roi, Gilbert et le Prince Gilbert, et le dernier interprétant le rôle unique du Duc. Lionel Steketee n'amuse que lui en intégrant un caméo de Kev Adams en Aladin sous la forme d'une pauvre photo, ou le personnage de Blanche Neige et de sept nains renommés pour l'occasion en Vénère, Relou, Péteur (quelle finesse de l'entendre émettre des flatulences), Feignasse, Boloss, Teubé et Cécoin.

Les Nouvelles Aventures de Cendrillon passe de la vie un brin tristounette de Julie au conte qu'elle adapte pour l'enfant que le fils de son patron lui confie pour la soirée. Une reconstitution haute en couleurs mais pas vraiment convaincante. Tout y étant de carton-pâte, on supposera que le réalisateur prévoyait de concentrer toute son attention sur le jeu de ses interprètes. Sauf qu'ici, tout sonne faux, et de toute manière, le récit est tellement connu et rabâché qu'il faut vraiment avoir des nerfs d'acier pour tenir jusqu'au bout. Pas drôle pour un sou malgré la présence d'un Arnaud Ducret bien dans son élément, Les Nouvelles Aventures de Cendrillon est de surcroît assez vulgaire et désobligeant. Le réalisateur nous assène quelques séquences façon « comédie musicale » parfaitement insipides. Au mépris de ses spectateurs, futurs téléspectateurs et acheteurs éventuel du dvd, Lionel Steketee signe l'une des pires comédies françaises de 2017. Et même l'une des pires tout court... A éviter...

mercredi 15 octobre 2025

Terminator : Skynet Rising de Rui Constantino (2024) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Dans la série des longs-métrages Terminator, il en est un que l'on oublie. Que l'on cache. Comme une honte. Le vilain petit canard de la famille. Moche comme un pou. Difforme. Une erreur de la nature. Un OGM qui pourtant fait partie d'une longue lignée d'avatars qu'à une époque l'on nommait simplement sous le sobriquet de ''plagiats'' mais qui de nos jours ont leur coup de tampon officiel sous celui de ''Mockbusters''! Si la franchise a débuté en 1984 avec Terminator et sous la houlette de James Cameron, croyez-vous qu'elle ai vraiment cessé trente-quatre ans plus tard avec Terminator : Dark Fate de Tim Miller en 2019 ? NON ! Car en 2024, c'est à dire pas plus tard que l'année dernière, un coutumier de la contrefaçon cinématographique en la personne du réalisateur, scénariste, directeur de la photographie, compositeur, régisseur et acteur portugais Rui Constantino a osé l'impensable. Se disant sans doute qu'au vu des critiques négatives dont furent atteints les derniers opus, celui-ci pouvait sans doute se permettre de tourner son bousin personnel sans que ne se voient ses innombrables défauts ! Navré de te le dire mon pauvre Rui, mauvais tu fus, tu es et demeureras mauvais... à jamais ! Et pourtant. Si l'on compare son Terminator : Skynet Rising à ne serait-ce que... par hasard... son immonde The Thing Returns tourné en 2021, ce cinéaste qui tourne à la vitesse de l'éclair puisque rien que ces cinq dernières années il a réalisé pas moins de dix-huit longs et moyens-métrages (sans compter les courts et les épisodes de séries télévisées) n'est pas le plus mauvais de ses films. Pillant en outre des franchises telles que Halloween (Halloween: Filho Pródigo et Halloween: O Legado) ou Alien (Alien : O desperar), il s'est donc attaqué à l'une des plus célèbres sagas de science-fiction dystopiques. Terminator : Skynet Rising prend pour cadre historique la destruction du système informatique Legion qui survint lors du précédent épisode de la franchise. Notons malgré tout que les développeurs Slitherine, Cats who play CJSC et Skydance Media furent à l'origine d'une séquelle vidéoludique intitulée Terminator : Dark Fate Defiance qui vit le jour le 21 août 2023 en lieu et place de ce qui devait être un nouvel opus cinématographique. S'emparant de la chose, Rui Constantino met en scène dans la foulée, Terminator : Skynet Rising. Un volet évidemment non officiel qui au regard de sa production habituelle n'est pas le pire de ses ''bébés''. Car si en comparaison de n'importe lequel des six longs-métrages officiels de la franchise cet avatar apparaît comme une bande Z des plus fauchée, il suffit d'avoir subit l'infâme The Things Returns pour se convaincre que des progrès ont depuis été accomplis...


Cependant, toujours incapable de produire le moindre champ/contre-champ, filmant ses interprètes de trop près et cette fois-ci de trois-quart et non plus de face, le cinéaste portugais nous inflige ses éternelles lignes de dialogues filmées sur des arrières-plans de bureau ou de bâtiment désaffectés ou lors d'abominables incrustation de personnages sur fonds verts... Il est à noter que pour Terminator : Skynet Rising, il semblerait que Rui Constantino se soit non seulement permis d'emprunter le script d'origine de la saga mis qu'il ait aussi puisé dans le jeu vidéo sorti un an auparavant. En effet, si son film est bien interprété par des acteurs faits de chair et de sang, il s'agit d'un melting-pot entre images réelles, incrustations sur fond vert et utilisation de skins propres à l'univers du jeu vidéo. Une curieuse émulsion qui permet malgré tout au réalisateur d'offrir un spectacle à la mesure de ses (petites et peu coûteuses) ambitions. Dans Terminator : Skynet Rising, les machines tentent de restaurer Skynet. Heureusement, la résistance humaine a pris connaissance du projet et décide de lancer une offensive afin de détruire définitivement son plus grand ennemi... Le film est moche, c'est un fait. Des effets-spéciaux complètement dépassés et sans doute conçus sous un vieux modèle de PC tournant sous une ancienne licence Windows ! Des acteurs en dessous de tout dont un chef de la résistance si mauvais que l'on a peine à croire qu'il ne fait pas exprès d'être aussi peu crédible. Bourré d'images de synthèse et de mises en situation qui en général partent un peu dans tous les sens, Terminator : Skynet Rising bénéficie pourtant de quelques sympathiques séquences. Tandis que l'on retrouvera Arnold Schwarzenegger.... Heu, pardon, plutôt son avatar, Rui Constantino crée pour l'occasion un nouveau modèle de machine. Et sans doute même plusieurs mais celui qui nous intéresse ici est capable de disparaître dans des volutes de fumée visuellement comparables à de l'ancre de seiche pour se téléporter à quelques mètres de là. Un Terminator qui semble être alors la fusion entre une machine entièrement recouverte de peau humaine et un Ninja entièrement vêtu de noir ! À part cela, rien de véritablement excitant si ce n'est que Terminator : Skynet Rising s'avère extrêmement sombre. Une série Z un peu plus ambitieuse et regardable que beaucoup d’œuvres qui s'inscrivent dans le genre...

 

dimanche 17 août 2025

Crocodile Swarm de Tyler-James (2023) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Dix minutes..... Allez, un quart d'heure. C'est à peu près le temps qu'il faut pour réunir la totalité des séquences d'action. Une concentration qui s'étale pourtant sur une durée peu excessive puisque Crocodile Swarm n'excède pas les soixante-seize minutes. Et pourtant, chers amis, si vous saviez... Déjà que la thématique n'est pas très originale puisque des agressions animales de type reptilien pullulent au cinéma, avec son septième long-métrage, le prolifique Tyler-James nous octroie d'une œuvre dont l'indigence est telle qu'il pourrait bien s'agir de l'un des plus calamiteux représentants de sa catégorie. ''Offert'' aux abonnés de Amazon Prime Video, le film démarre curieusement. Comme si le monteur avait oublié d'intégrer une séquence d'ouverture ou que le réalisateur avait purement et simplement oublié de la tourner. Quatre jeunes adultes apparaissent donc directement au cœur d'un réseau de grottes qui paraissent avoir été partiellement et artificiellement façonnées par la main de l'homme. En effet, alors qu'elles ont désormais été abandonnées et rendues interdites d'accès, celles-ci furent exploitées pour l'or qu'elles renfermaient. Un groupe d'adultes donc, formé autour de trois femmes et un hommes, est plongé dans les profondeurs de la terre supposément pour y dérober de l'or mais la réalité est ailleurs. L'homme a choisi cet endroit pour demander la main de sa fiancée. La jeune femme accepte lorsque l'une de leurs deux amies disparaît, arrachée au groupe par les mâchoires d'un crocodile. Effrayé, le reste du groupe désormais réduit à trois personnes prend la fuite. Le couple d'amoureux et leur amie prenant des chemins différents, cette dernière se retrouve à ton tour entre les mâchoires d'un crocodile après avoir tenté de remonter à la surface à l'aide des cordes qui servirent aux quatre amis à descendre dans la grotte. Retour à la surface, à des dizaines de kilomètres de là. L'on fait alors la connaissance de la sœur de la future mariée. Inquiète de n'avoir pas de nouvelles et après que la police ait fait preuve d'un certain désintérêt pour l'histoire qu'elle leur a raconté au téléphone, la jeune femme décide dès le lendemain d'aller chercher sa sœur dans la grotte.


Accompagnée de son petit ami, de deux amies, d'un homme qui travailla dans la grotte au moment où l'extraction de l'or était à son apogée et du capitaine d'un hors-bord qui va les transporter jusqu'aux abords du site, le groupe ainsi formé va être à son tour confronté à une armada de crocodiles plus affamés les uns que les autres... Si dans l'idéal l'on espère toujours que l'interprétation sauvera un projet cinématographique de l'indigence qui constitue l'ensemble des aspects techniques et artistiques qui l'entourent, le fait que les actrices et acteurs de Crocodile Swarm soient excessivement mauvais participe finalement au caractère inintéressant de chacun des personnages. Évoluant dans des grottes qui en tant normal sont probablement ouvertes au public et furent probablement louées à l'occasion du long-métrage, nos interprètes semblent à tout moment se demander ce qu'ils sont venus faire dans ce bousin. Ou du moins, attendre des directives de la part du réalisateur qui ne semble lui-même pas savoir comment les diriger. La faute, sans doute, à un script dont le niveau de profondeurs ne dépasse pas celle des lacs souterrains dans lesquels baignent patiemment des dizaines de crocodiles conçus en images de synthèse. Louant au passage les services de concepteurs qui ont l'air de toucher pour la première fois de leur existence à des outils informatiques tant le résultat à l'écran dépasse presque tout ce que l'on a pu voir jusqu'à maintenant. C'est simple, on n'y croit pas un seul instant. Non seulement les bestioles sont ratées mais de plus, leur intégration dans des décors naturels l'est tout autant. Mou, laid et sans le moindre intérêt puisque même les amateurs de films d'horreur n'y trouveront pas leur compte en matière de séquences gore, Crocodile Swarm vient rejoindre ces légions de films fauchés bourrés de CGI foireux qui contentent apparemment le public outre-atlantique puisque malgré des centaine de purges à avoir vu le jour depuis des décennies, certains continuent à faire fructifier leur compte en banque en produisant, réalisant et interprétant d'authentiques séries Z...

 

jeudi 26 juin 2025

Alone in the Dark d'Uwe Boll (2005) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Maître incontesté et incontestable du septième dont l'approche est emprunte d'une profonde finesse et d'une poésie palpable à tout instant, le réalisateur allemand originaire de Wermelskirchen (à vos souhaits!) Uwe Boll n'a depuis 1992 cessé de tourner, ajoutant régulièrement à son palmarès, d'authentiques chefs-d’œuvre du septième art.................... Pauvres naïfs que vous êtes... Vous croyez vraiment qu'un type aussi peu connu des masses, réservé à une certaine ''élite'' capable d'ingurgiter à peu près n'importe quelle merde sans tourner de l’œil, serait resté dans l'ombre sans faire quotidiennement parler de lui dans la presse spécialisée ? Bon, reconnaissons tout de même qu'Uwe Boll ne laisse généralement pas les spécialistes ''es cinéma'' indifférents. Lorsque l'on réalise plus de trente longs-métrages en autant d'années de carrière, ça n'est pas toujours bon signe. L'une des spécialités du réalisateur germanique étant l'adaptation sur grand écran de jeux vidéos relativement violents, Uwe Boll a durant les années 2000 réalisé celles des jeux House of the Dead,Postal, Far Cry, Bloodrayne et donc Alone in the Dark. Lequel sort en 2005 pour l'hypothétique bonheur des fans de la première heure qui en 1992 découvrirent pour la toute première fois le jeu vidéo créé par le mythique concepteur français Frédérick Raynal et développé/édité par Infogrames. Alone,in the Dark est alors considéré comme le tout premier Survival Horror, genre auquel les licences Resident Evil de Capcom et Silent Hill de Konami donneront ses lettres de noblesses quelques années plus tard. Incarné à l'écran par l'acteur américain Christian Slater, le personnage central du récit est le même que celui de la version vidéoludique : Edward Carnby. Un détective privé qui à l'époque était chargé d'enquêter dans le manoir d'un homme qui s'était donné la mort. À l'époque, techniquement, le jeu est une véritable révolution. Dans des décors fixes, le personnage était conçu en trois dimensions. En 2005, Uwe Boll armé de ses gros sabots, pense le film dans une refonte généralisée. Ici, pas de manoir, de costume bleu/gris/vert ou de moustaches pour son héros. À vrai dire, le réalisateur allemand abuse de la licence pour mettre en scène un personnage proche d'un Indiana Jones du pauvre poursuivi par des types peu recommandables mais aussi et surtout accompagné par la jolie Tara Reid.


Actrice notamment vue dans The Big Lebowski des frères Coen en 1998, dans Urban Legend de Jamie Blanks la même année, dans plusieurs volets de la franchise American Pie réalisée à l'origine par Paul et Chris Weitz en 1999 ou dans l’infâme Les visiteurs en Amérique de Jean-Marie Poiré (alors planqué sous le pseudonyme de Jean-Marie Gaubert) ! Alone in the Dark version cinéma est une bonne grosse bouse dégageant un fumet bien moins agréable à humer que celle produite par les vaches de nos campagnes hexagonales. Tout le charme du jeu vidéo d'origine a disparu. Le seul point commun demeurant donc le titre, exagérément usité afin, sans doute, d'attirer d'éventuels curieux. Mais s'agissant d'Uwe Boll, on sait d'avance à quoi s'attendre. Comment, en outre, Christian Slater a-t-il pu tomber aussi bas ? Le Adso de Melk du Nom de la rose, le Clarence Worley de True Romance n'est ici plus que l'ombre de lui-même. Contraint d'enchaîner les productions de piètre réputation, il trouve avec Alone in the Dark de quoi confirmer que l'on peut avoir tourné avec les plus grands avant de se retrouver à devoir accepter de jouer dans de véritables purges. De la mise en scène en passant par le scénario (ah bon ? Parce qu'il y a un scénario?) sans oublier l'interprétation, les décors et les dialogues, Alone in the Dark ne fait absolument pas honneur à la licence vidéoludique qu'il est censé représenter. Techniquement, le film est à la ramasse. Les créatures sont laides et comme le jeu d'origine jouit de la réputation d'avoir été inspiré par George Romero mais aussi et surtout par l'univers de l'écrivain H.P.Lovecraft, l'on aurait sans doute préféré que les créatures en question demeurent indicibles plutôt que de devoir nous brûler la rétine à force d'apparaître devant nos yeux. Petite anecdote : Uwe Boll aurait affirmé que le créateur du jeu Frédérick Raynal aurait apprécié son adaptation de House of the Dead et l'aurait par conséquent contacté pour lui proposer la réalisation d'un film au sujet de Alone in the Dark. Propos que le concepteur, bien évidemment, invalidera rapidement... Notons enfin qu'une séquelle verra le jour trois ans plus tard, toujours produite par Uwe Boll mais cette fois-ci réalisée par ses compatriotes Michael Roesch et Peter Scheerer. Alors ? Les deux hommes ont-il réussi à faire mieux ou pire qu'Uwe Boll ? Réponse dans un prochain article...

 

jeudi 12 juin 2025

La Casa dell'Orco de Lamberto Bava (1988) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 




 

Bon... Étant donné que La Casa dell'Orco fait probablement partie des plus mauvaises expériences télévisuelles horrifiques auxquelles j'ai pu assister en un peu plus d'un demi-siècle, on ne va pas trop s'attarder sur le fond de l'histoire, écrite par Dardano Sacchetti et... Lamberto Bava. Oui, oui, ce tâcheron qui réussi malgré tout à pondre en 1980 un Macabro tout à fait convenable avant de signer coup sur coup, les purges La Casa con la Scala nel Buio et Shark - Rosso nell'Oceano en 1983 et 1984. Passons sur Blasfighter et sur les deux volets Dèmoni pour lambiner autour de ce qui fut le troisième des quatre téléfilms que le réalisateur italien mis en scène pour la série Brivido giallo qui à l'origine devait en compter un de plus ! Après Una Notte al Cimitero, Per sempre et avant A Cena col Vampiro, en une seule année Lamberto Bava a donc tourné ces trois opus ainsi que La Casa dell'Orco. Prétendument similaire à celui de Quella Villa Accanto al Cimitero de Lucio Fulci d'après son auteur lui-même, le scénariste Dardano Sacchetti explique alors que le script avait à l'origine était justement prévu pour être celui du dernier opus de la Trilogia della Morte (ou trilogie de l'apocalypse) de Lucio Fulci débutée en 1980 avec Paura nella Città dei Morti Viventi, poursuivie en 1981 avec ...e tu Vivrai nel Terrore! - L'Aldilà et conclue la même année avec Quella Villa Accanto al Cimitero. Les spectateurs remarqueront d'ailleurs que l'un des interprètes principaux de La Casa dell'Orco est le même que celui qui incarna le rôle du docteur Norman Boyle dans le troisième volet de la trilogie. En effet, l'acteur italien Paolo Malco interprétait sept ans plus tard le personnage de Tom, époux de Cheryl, auteur de romans d'épouvante traumatisée durant son enfance par d'abominables cauchemars et qui à l'écran est incarnée par l'actrice Virginia Bryant. L'histoire débute peu ou prou lorsque le couple et leur fis Bob (Patrizio Vinci) s’installent dans un château délabré à la peu élogieuse réputation (voir l'attitude des habitants du coin s'agissant de son évocation). D'étranges événements vont s'y produire et alors que Cheryl a débuté l'écriture de son nouveau roman, il lui semble que le monstre qui hantait ses cauchemars a pris forme dans les catacombes de l'édifice... C'est à peu près tout ce qu'il y a à savoir au sujet de ce téléfilm qui testera sans nul doute l'endurance des téléspectateurs les plus endurcis. En effet, rarement l'on aura eu l'opportunité d'assister à tel spectacle de désolation.


D'une mollesse et d'une répétitivité absolues, La Casa dell'Orco dépasse les normes en matière de ventres mous. Quelques détails semblent ensuite confirmer que le scénario repose effectivement sur celui qui avait à l'origine été rédigé pour Quella Villa Accanto al Cimitero. Outre le fait que l'on retrouve l'acteur Paolo Malco, que sa présence soit le fait du hasard ou d'une forme d'opportunisme, celle, parmi les personnages, du fils prénommé Bob semble donc corréler le fait que ce dernier, incarné ici aussi par un jeune interprète, fut celui-là même qui fut l'un des trois membres de la famille Boyle sept ans auparavant ! Deux gamins qui dans un cas comme dans l'autre entretiennent en outre une relation amicale avec deux jeunes filles toutes aussi étranges l'une que l'autre. Maintenant, évoquons l'intéressant imbroglio qui concerne l'un des titres sous lesquels le film est sorti sur certains territoires. Tout comme cette fausse saga intitulée La Casa au sein de laquelle les distributeurs italiens osèrent intégrer les deux premiers volets de la franchise Evil Dead ainsi que les opus 2 et 3 de la série de films House, il est arrivé qu'après le succès rencontré par les deux volets officiels de la saga Dèmoni l'on pu découvrir La Casa dell'Orco traduit sous le titre Demons III : The Ogre ! Et c'est là que tout se complique. Alors qu'un Demons 5 : La Maschera del Demonio réalisé par Lamberto Bava lui-même voit le jour en 1990 alors que Luigi Cozzi avait un an auparavant (!!!) réalisé Demons 6 : De Profundis, ce qui devait être à l'origine le troisième volet de la franchise réalisé par Michele Soavi devint finalement en 1989, La Chiesa (sorti chez nous sous le titre Sanctuaire). Vous en voulez encore ? N'ayant lui-même aucun rapport avec les deux opus d'origine, Noite Maldita - Dèmoni 3 d'Umberto Lenzi a quant à lui vu le jour en 1991. Bref, autant dire que dans tout ce bazar, il est parfois difficile de s'y retrouver. Concernant La Casa dell'Orco à proprement parler, inutile de dire que le téléfilm est une purge. Ennuyeux et surtout CRISPANT. En cause : une bande musicale signée du compositeur britannique Simon Boswell constituée de deux musiques qui tournent en boucle durant plus d'une heure-trente. Insupportable !

 

jeudi 1 mai 2025

Jekyll and Hyde Portfolio d'Eric Jeffrey Haims (1971) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Classé X aux États-Unis l'année de sa sortie sur grand écran et considéré comme une pièce de collection s'agissant de la version VHS sous lequel le film fut ensuite distribué au Brésil, Jekyll and Hyde Portfolio d'Eric Jeffrey Haims est l'occasion d'évoquer une fois encore le sujet de la Sexploitation à travers l'adaptation au cinéma du classique de la littérature fantastique écossaise, L'Étrange Cas du Dr Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson. Le long-métrage entre également dans la catégorie des Video Nasty. Ces films exploités sans avoir été au préalable soumis au British Board of Film Classification et qui appartenaient généralement à des catégories bien spécifiques réunissant certains critères comme la violence ou le sexe. Très librement inspiré du célèbre roman de l'écrivain originaire d’Édimbourg, Jekyll and Hyde Portfolio est donc l'une des très nombreuses adaptations du récit qui sous sa forme originale compta quelques classiques mais aussi un certain nombre de longs-métrages inattendus. À l'image de l'excellent The Nutty Professeur, parodie écrite, réalisée et principalement interprétée par l'acteur américain Jerry Lewis. Ou encore à travers ce Jekyll and Hyde Portfolio, lequel ne conserve du récit initial que quelques vagues éléments. Qu'il soit l'objet d'un véritable culte au Brésil auprès de certains amateurs est une chose. Mais si l'on veut demeurer totalement objectif, le résultat à l'écran est absolument désastreux. Eric Jeffrey Haims semble tant fasciné par la poitrine de ses interprètes féminines qu'il consacre l'essentiel de son œuvre à filmer en gros plans des poitrines libérées de leurs entraves pour le ''bien'' de spectateurs aussi attirés que lui par la mazophilie. Mais ici, rien de commun avec l'obsession d'un Russ Meyer qui consacra une bonne partie de sa filmographie à filmer des actrices plantureuses aux énormes poitrines. Rien de commun avec la série de longs-métrages Vixen, avec Faster, Pussycat! Kill! Kill! ou encore avec Mondo Topless. Celles de ses interprètes sont dans la moyenne. Ni trop petites, ni trop imposantes. Il est important d'insister sur cet aspect du film tant l'essentiel du récit tourne autour de séquence filmant ses actrices et acteurs en position horizontale. Sur la base d'un financement étriqué Jekyll and Hyde Portfolio ne risque pas d'émouvoir celles et ceux qui sont venus s'offrir quelques frissons n'ayant rien à voir avec tout ce qui se situe au dessous de la ceinture. Techniquement et artistiquement, l'on est plus proche de ce que produisait généralement le cinéaste espagnol Jesús Franco que de l'œuvre classieuse que l'on est en droit d'attendre de l'adaptation de l'un des plus remarquables ouvrages de la littérature fantastique mondiale.


Si l'hémoglobine apparaît parfois à l'écran, et dans des teintes orangées, l'essentiel est moins d'évoquer les exactions d'un type pas très sain psychologiquement que ces envahissantes parties fines entre individus de sexe opposé... ou non. Relations hétérogènes et saphisme sont donc au cœur d'une intrigue bancale, interprétée par des acteurs en dessous de tout, qui récitent leur texte sans le moindre engouement. Si redécouvrir aujourd'hui l'œuvre d'un artiste aussi fondamental que put l'être Herschell Gordon Lewis (qui, je le rappelle aux étourdis, est considéré à juste titre comme l'inventeur du Gore sur grand écran) semble être une évidence, Jekyll and Hyde Portfolio accumule les tares avec une telle régularité que sa projection s'inscrit dans cette catégorie de films qui constituent presque une véritable épreuve ! Les effets-spéciaux se limitant à quelques giclées de faux sang (ainsi qu'à une décapitation, je l'avoue), Eric Jeffrey Haims croit sans doute très approprié d'insister par deux fois sur l'authentique dissection d'une grenouille filmée en gros plan ! Si la pratique peut paraître en soit parfaitement anodine (qui n'a pas vécu ce traumatisme sur les bancs d'école?), cette insistance avec laquelle le réalisateur s'amuse avec ce batracien dont le cœur bat encore a de quoi donner la nausée. Quant aux scènes de sexe à proprement parler, elles conservent toutes cette désagréable fadeur que l'on rencontre dans ce genre de productions fauchées auxquelles participent en général des actrices relativement peu motivées ! Bref, l'on ressort de l'expérience sans avoir jamais eu la sensation d'avoir effectivement assisté à la projection d'une œuvre culte ! Jekyll and Hyde Portfolio est aussi triste à regarder que les poitrines de ses interprètes féminines. Les ébats se ressemblent tous et se fixent tous de manière obsessionnelle sur la poitrine des actrices. L'acting est déplorable. Les décors hideux La mise en scène inexistante. Quant au roman de Robert Louis Stevenson, il n'en demeure que quelques monstrations ridicules à travers des visages qui se déforment, sans l'emploi d'effets-spéciaux, devant l'objectif d'une caméra voyeuriste. Même pas un nanar. Juste une série Z sans intérêt...

 

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