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jeudi 17 septembre 2026

Disforia de Christopher Cartagena González (2025) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Franchement ? Je ne suis pas peu fier de ne pas avoir partagé le même engouement que la plupart de celles et ceux qui ont découvert Disforia du réalisateur, scénariste et producteur originaire d'Elche en Espagne, Christopher Cartagena González. Par trop effrayé à l'idée de ressembler à ces vagues de mollusques qui se ruent sys-té-ma-ti-que-ment devant les salles de cinéma dès qu'un film de super-héros, de zombies, de fantômes ou comme ici de cinéma de science-fiction dystopique, je ne me voyais pas assumer, le regard empli de tristesse et de honte, le fait d'être contrevenu à certains de mes principes. Lesquels, je l'avoue, se font pourtant régulièrement et tragiquement la malle... Cela fait des mois, si ce n'est des années que je hurle sur tous les toits que l'avenir de l'horreur au cinéma et sur le petit écran est moins organique que psychologique. Et voilà que débarque donc l'inattendu Disforia sur lequel reposait tous les espoirs d'un féru ET de science-fiction dystopique ET d'horreur ''pissecologique'' comme j'aime à le susurrer à l'oreille de ma modeste petite personne ! Cependant, cette psychologie, que l'on espère évoquée avec profondeur et sensibilité n'est qu'un objet de marketing surfait et surtout, relativement mensonger. Comme si l'aspartame avait le goût et la forme d'un morceau de sucre sans en être vraiment ! Tout le monde devrait logiquement s'accorder sur le fait qu'il n'y a rien de véritablement original dans la description d'un couple et de leur jeune fille désirant s'éloigner des grandes villes devenues de véritables souricières depuis que le monde s'est transformé en ce qu'il s'apprête probablement à devenir dans celui que nous connaissons. Pour son premier long-métrage, Christopher Cartagena González s'attaque à l'effondrement de notre société consécutive à une crise économique majeure. Esther (Fariba Sheikhan), Tomás (Eloy Azorin) et leur fille Say (Noah Casas) partent se réfugier dans leur maison de campagne, loin du bruit, de la fureur et de la violence citadine. Une demeure qu'ils ont prévu de vendre afin de quitter l'Espagne pour se rendre en France. Si l'idée d'un récit se déroulant en partie dans notre pays est plutôt séduisante sur le papier, à l'écran, ne croyez sans doute pas retrouver les vertes prairies de l'Hexagone puisque aucun des trois protagonistes n'aura le temps de passer la frontière pour y trouver refuge ! En effet, la petite famille reçoit la visite de Vera (Claudia Salas) avec laquelle Tomás a communiqué à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux. Venue théoriquement acheter la demeure, la jeune femme fomente en réalité des projets beaucoup plus sombres que le simple achat d'une maison de campagne...


Découpé en deux parties, Disforia confronte le spectateur en servant un premier acte servant de révélateur aux maux intérieurs qui touchent le couple. Isolés dans leur habitation, le film est tout d'abord un huis-clos dans lequel sont évoqués le suicide, l'instinct maternel et donc l'isolement, rendant l'ensemble, il est vrai, quelque peu inconfortable. Un long moment passé en compagnie d'un couple dont on ne saisit pas toujours ce qui différencie le réel du mensonge. Horreur psychologique ? Oui, certes, mais parfois d'un chiant qui confine définitivement à l'ennui. Jusqu'à ce que débarque comme un cheval au galop ruant dans les brancards, Vera, jeune adepte des réseaux sociaux, tendance ''Dark Web''. Un sujet plutôt rares mais ici parfois central et surtout évoqué à la manière d'un script écrit par la main d'un auteur qui ne connait visiblement pas grand chose en matière de psychologie. Ouais, parce que Disforia, outre le fait que le long-métrage de Christopher Cartagena González se complaise à fourvoyer l'intimité de ses héros à travers une dystopie qui vire au Home Invasion, se joue de toute sobriété pour n'être rien de plus, rien de moins qu'une œuvre bâtarde où l'envahisseuse délivre ''son message'' en un minuscule coup de cuillère à pot ! Question psychologie, on repassera. Aucune tension, aucun suspens concernant ce nouveau personnage qui en l'espace de quelques dizaine de secondes montre son vrai visage. Il faut dire qu'avec ses quatre-vingt minutes, son auteur n'a pas le temps de tergiverser et plonge ses protagonistes dans un bain de violence que ces derniers redoutaient si jamais ils avaient pris la décision de demeurer en ville. Sans aucune finesse et sur un ton d'un classicisme à peine perturbé par le concept de violence filmée en direct à l'attention d'abominables followers en attente des exactions commises par Vera, Disforia s'avère être en fait d'une triste banalité... que l'on conseillera donc à celles et ceux qui demeurent néophytes en matière d'horreur psychologique, de science-fiction dystopique ou de Home Invasion et surtout pas à celles et ceux qui en ont un peu marre qu'on les prenne pour des vaches à lait en leur servant sans cesse la même recette...

 

samedi 12 septembre 2026

Futur immédiat de Graham Baker (1991) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Le 23 mars 1988 sortait sur les écrans français l'excellent Hidden de Jack Sholder. Un long-métrage alliant intelligemment science-fiction, action, humour et ajoutant à cela, une authentique touche d'émotion. Résultat : entre autres récompenses, le film se vit octroyer le Grand Prix du Festival international du film fantastique d'Avoriaz la même année. Toujours en 1988 sort sur ces mêmes écrans français, Futur immédiat (ou Alien Nation dans sa langue d'origine) de Graham Baker. Un réalisateur ''quasiment'' inconnu à l'époque puisqu'après avoir débuté sur petit écran, il entamera sa carrière dans les salles obscures avec le troisième volet de la trilogie The Omen connu chez nous sous le titre La malédiction finale (un quatrième opus verra le jour à la télévision sous le titre La Malédiction 4 : L'Éveil en 1991). On peut donc considérer qu'il baigne déjà à l'époque dans un imaginaire fantastique, d'autant plus que six ans plus tard il sera, parmi nombres d'autres cinéastes, au générique de la série Amazing Stories notamment produite entre 1985 et 1987 par Steven Spielberg (un long-métrage éponyme basé sur trois des épisodes de la série verra d'ailleurs le jour au cinéma en 1987). L'année suivant sa participation, le voilà qui revient sur grand écran avec une œuvre de science-fiction qui tout comme celle de Jack Sholder introduit la science-fiction dans un contexte d'enquête policière. Les similitudes sont nombreuses entre les deux longs-métrages même si au fond, l'une et l'autre paraissent parfaitement distinctes. Futur immédiat n'introduit pas la notion d'invasion mais plutôt celle d'une intégration aussi difficile que celle qu'ont notamment connu ou continuent de connaître les immigrés originaires d'Italie, de Chine ou du Mexique. Ici, la majeure partie des aliens visibles à l'écran ne sont pas hostiles et vivent à la mesure de l'espèce humaine. Des créatures si bien intégrées que certaines font elles aussi commerce de leur corps, tiennent de petites échoppes ou comme principalement évoqué ici ont pour objectif de développer une organisation axée sur le trafic d'une drogue propre à la civilisation extraterrestre.


Futur immédiat est donc une allégorie du monde dans lequel nous vivons et dont la seule fantaisie paraît être la présence sur Terre d'une espèce humanoïde dont l'intelligence est comparable à celle des humains. Seule différence, un crâne légèrement sur-développé et pourvu de tâches à la manière de certains fauves. Ici, les antagonistes ne sont pas d'origine humaine mais d'origine extraterrestre. Et bien que certains de leurs représentants semblent parfaitement intégrés à notre société comme William Harcourt (l'acteur Terence Stamp), d'autres ont choisi la voie du crime. Après qu'une fusillade ait causé la mort de son coéquipier, le sergent Matthew Sykes se porte volontaire afin d'enquêter sur une autre affaire aux côtés de Sam Francisco (Mandy Patinkin), premier extraterrestre à avoir obtenu une promotion au sein de la police de Los Angeles. L'objectif du long-métrage semble être de reproduire le concept du Buddy Movie, genre dans lequel deux individus aux caractères généralement opposés font équipe, tout en intégrant une légère touche de science-fiction dans un contexte pourtant relativement commun. Bien que d'une certaine manière le long-métrage se rapproche de celui de Jack Sholder, l’œuvre de Graham Baker n'atteint malgré tout pas le niveau du film qui fut célébré comme écrit plus haut à travers le prix qu'il reçu à l'époque lors du plus célèbre festival du film fantastiques des années quatre-vingt. Ce qui n'empêchera pas Futur immédiat d'obtenir lcelui du meilleur film de science-fiction aux Saturn Awards de Los Angeles deux ans après sa sortie sur le territoire américain. Concernant les effets-spéciaux, l'équipe en charge de créer les maquillages des extraterrestres fut l'entreprise Stan Winston Studios du nom de l'un des plus fameux créateurs de maquillages fantastiques et d'animatronique à l'époque. Sans être bluffants puisqu'assez minimalistes, ceux-ci donnent cependant une image assez précise de ce à quoi pourraient ressembler des créatures intelligentes venues d'ailleurs de type humanoïde. Concernant le récit lui-même, le scénario de Rockne S. O'Bannon repose sur une structure narrative des plus commune. Reste que le film demeure intéressant grâce à la présence à l'écran d'un James Caan xénophobe, du moins envers la population extraterrestre, mais comme la coutume le veut dans ce genre de long-métrage, sa relation d'abord tendue avec Sam Francisco donnera lieu à un rapprochement bienheureux. Plusieurs suites verront le jour entre 1989 et 1997. Classique mais sympathique...

 

vendredi 1 mai 2026

Jeonjijeok Dokja Sijeom (Omniscient Reader: The Prophecy) de Byung-woo Kim (2026)

 


 

Kim Dok-ja (Ahn Hyo-seop) est employé dans l'entreprise Minosoft en tant que stagiaire lorsque son contrat arrive à terme. Lecteur assidu du roman en ligne Three Ways to Survive the Apocalypse (Trois façons de survivre à l'apocalypse), il est surtout le dernier à avoir tenu jusqu'à ce que l'histoire arrive à son terme. En effet, la popularité du roman ayant dégringolé, son auteur a décidé d'y mettre un terme. Mécontent du résultat final de l'ouvrage, Kim Dok-ja décide de se plaindre directement en envoyant un message à son auteur. En réponse, TLS123 (c'est le nom de l'écrivain) propose au jeune homme d'inventer lui-même une nouvelle fin au roman d'origine dans lequel, Yoo Joong-hyuk (Lee Min-ho) demeurait le seul survivant parmi les héros. Tandis que Kim Dok-ja retrouve dans le métro son ancienne collègue de travail Yoo Sang-ah (Chae Soo-bin) elle aussi arrivée au terme de son contrat, un dokkaebi (créature légendaire issue du folklore coréen) annonce aux voyageurs qu'à dix-neuf heures l'humanité va devoir affronter divers scénarii imposés par des... Constellations. Des entités qui vivent dans le ''Star Stream'' et qui observent les humains à distance tout en influençant le cours des événements. Bon, je devine que certains font déjà la gueule et se demandent quel est tout ce charabia que j'emploie depuis le début de cet article... Dokkaebi ? Constellations ? Star Stream ? Et c'est sans compter sur le nom généralement imprononçable des différents protagonistes qui demandent parfois du temps pour être clairement intégrés au sein du récit. Une histoire qui dans le cas de Jeonjijeok Dokja Sijeom (Omniscient Reader: The Prophecy) prend son temps puisque le dernier long-métrage du réalisateur et scénariste sud-coréen flirte avec les deux heures ! Je vous avouerai que ce genre de production n'est pas du tout ma came et qu'elle semble de toute manière promise à une carrière qui ne reposera que sur l'attention des fans de ce genre de films typiquement asiatiques. Il y a pourtant certains éléments auxquels pourront se raccrocher les néophytes qui comme moi refusent de boire à la source de ce genre de scripts tellement surréalistes qu'ils en deviennent totalement imbuvables...



L'ironie étant que dans mon cas, le surréalisme en question est une donnée que j'envisage généralement de manière plutôt optimiste. Mais ici, malheureusement, il demeure peu d'éléments qui permettent véritablement de raccorder la fiction à la réalité... Du côté des toutes petites références qui permettront aux réfractaires de croire ne serait-ce qu'un instant en l'illusion, le script de Kim Byung-woo et de Lee Jeong-min (lequel repose sur le roman en ligne éponyme de Sing Shong) aborde le début du récit et quelques passages à venir sous le même angle que la série sud-coréenne à succès Ojing-eo Geim de Hwang Dong-hyuk connue chez nous sous le titre Squid Game. De quoi offrir à une partie des spectateurs l'espoir d'une œuvre dont certaines mécaniques furent déjà employées dans cette excellente série diffusée entre 2021 et 2025. Les autres, eux, que l'on considérera appartenir en majorité à une tranche d'âge variant entre seize et trente-cinq ans et dont l'hygiène de vie compose très certainement entre la lecture d'ouvrages de ce type et les jeux vidéos... Non pas que Jeonjijeok Dokja Sijeom soit exclusivement réservé aux fans de Manga, de Manhwa (son équivalent sud-coréen), de Kaijū eiga ou de jeux vidéos façon Japanese Role-Playing Game, Action-RPG dont les combats ne seraient pas spécifiquement basés sur l'ATB (Active Time Battle), mais tant de furie, de débauche de CGI de médiocre qualité (certains décors ainsi que les différentes créatures sont franchement laids), de combat qui ressemblent à des cinématiques de jeux vidéos m'ont totalement sorti du récit ! C'est d'autant plus dommage que Byung-woo Kim fut l'auteur l'année dernière du sympathique Daehongsu (Submersion), un mélange entre science-fiction, action et catastrophe suffisamment original pour sortir du cadre classique. Sans doute pas le film de la décennie ni même de l'année mais riche en rebondissements. Ici, on passe à tout autre chose. Il devient donc très difficile d'évaluer un film tel que Jeonjijeok Dokja Sijeom lorsque l'on n'est absolument pas un spécialiste du genre...

 

jeudi 16 avril 2026

Transmutation (Demonwarp) d'Emmett Alston (1988) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Amateurs de scénarii perchés, bienvenue à vous. Acteur prolifique durant plus de quatre décennies, George Kennedy est surtout resté célèbre en incarnant le rôle du Capitaine Ed Hocken dans la trilogie The Nacked Gun sortie chez nous sous le titre Y a-t-il un flic... (pour sauver la reine en 1988, le président en 1991 et Hollywood en 1994) mais également celui de Joe Patroni dans les cinq volets de la saga Airport entre 1970 et 1979 ! Étant passé en outre par à peu près tous les genres, on a pu notamment le découvrir dans un certain nombre de films d'horreur, d'épouvante et de fantastique parmi lesquels, Le Bateau de la mort d'Alvin Rakoff, Creepshow 2 de Michael Gornick, M.N.I. mutants non identifiés de Thierry Notz ou bien le nanar culte Le Clandestin de Greydon Clark, lequel donna également naissance à l'excellente petite production de science-fiction horrifique Terreur Extraterrestre en 1980. S'agissant de Transmutation d'Emmett Alston (auteur en outre de American Ninja en 1985 ou de Force of the Ninja en 1993), le long-métrage se rapproche d'ailleurs qualitativement de ce dernier et moins des deux précédents tant ce film qui mêle à peu près tout ce que l'on est en droit d'attendre en terme d'horreur et de fantastique. Voire même de science-fiction. Un peu comme si l'on avait demandé à Christophe Izard, l'inventeur de la recette du Gloubi-boulga, d'écrire un scénario à partir de toutes les idées les plus folles qu'il aurait eu en tête à ce moment là ! Tout commence par la chute de ce qui semble être une météorite en pleine campagne.Un ''bolide'' qui ressemble d'ailleurs davantage à un gros œuf qu'à un caillou venu des tréfonds de l'univers. S'ensuit l'attaque dans une vieille bicoque d'un homme d'âge mûr (George Kennedy dans le rôle de Bill Crafton) et de sa fille Julie (Jill Marin), laquelle est assassinée par une grosse bête poilue aux allures de Bigfoot tandis que son paternel s'évanouit avant d'avoir pu venir à son secours ! Quelques jours passent et débarquent alors cinq jeunes adultes du type de ceux que l'on voit généralement se faire zigouiller dans les slashers. Ils vont s'installer chez le père de l'un d'entre eux. Le propriétaire de la demeure, celle-là même que Bill Crafton avait loué avant d'être attaqué par l'infâme créature, n'a plus donné signe de vie depuis quelques temps. C'est donc non seulement dans l'intention de passer quelques jours en bonne compagnie (Michelle Bauer et Shannon Kennedy Sullivan, la propre fille de George Kennedy, incarnant respectivement les deux seules femmes du groupe, Betsy et Tara) mais aussi pour l'un des garçons, l'occasion d'investiguer sur la disparition de son père que le groupe se réunit en ces lieux malgré la peu flatteuse réputation que connaît la région...


Faux slasher mais vrai nanar, le tueur n'y est pas un alter ego des célèbres Jason Voorhees et Michael Myers mais bien ce qui semble être un grand singe. Lequel va de nouveau débarquer dans la maison de Clem (le propriétaire incarné par Joe Praml) pour s'en prendre au groupe et faire deux victimes parmi les garçons (et tant qu'à faire, les plus cons des trois). Tentant de survivre aux assauts répétés de la bête, les deux filles ainsi que Jack (David Michael O'Neill), le fils du propriétaire (vous suivez?), vont rapidement quitter la maison pour s'enfoncer dans la campagne environnante et faire plusieurs rencontres jusqu'à découvrir une grotte dans laquelle s'est retranchée le... ''primate''... ! Si Transmutation (connu sur le territoire américain sous le titre Demonwarp) démarre assez bien, le reste du long-métrage est d'une toute autre teneur. Répétitif à souhait mais doté de quelques effets gore prosthétiques plus ou moins aboutis, le film est souvent très lent et donc relativement ennuyeux. Du moins, jusqu'à son dernier acte. Celui-là même qui situe son action à l'intérieur de la grotte. Là, Emmet Alston et les scénaristes Jim Bertges et Bruce Akiyama s'en donnent à cœur joie. Sur la base d'une histoire créée par John Carl Buechler (oui, oui, on parle bien là du réalisateur de Troll en 1986, de Cellar Dweller en 1987, de Vendredi 13, chapitre VII : Un nouveau défi en 1988 ou de Ghoulies III en 1991), Transmutation part totalement en vrille. À commencer par cette ''comète'' qui comme nous le découvrons alors est en réalité un vaisseau spatial venu s'écraser à la surface de notre planète. Tandis que l'on découvre rapidement que le ''singe'' qui attaquait jusque là toute personne croisant sa route n'est en réalité que le père de Jack génétiquement retourné à l'état sauvage, un groupe de... ''zombies'' contrôlés par une force maléfique (en fait, l'extraterrestre échoué à bord du dit vaisseau) répare l'engin pour un départ prévu prochainement. Bon, on ne va pas détailler ce qui suit lors de cette dernière partie totalement barge et nanardesque mais elle vaut à elle seule son pesant d'or. Pas étonnant alors que Transmutation soit considéré par certain comme un authentique film culte malgré ses nombreux défauts. À voir pour se faire une idée très précise du bousin... !

 

jeudi 9 avril 2026

Worldbreaker de Brad Anderson (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Avant-propos...

Tout juste avant d'évoquer le dernier long-métrage de Brad Anderson Worldbreaker, j'aimerais insister sur le fait qu'en fidèle cinéphage s'auto-définissant prétentieusement par le passé comme cinéphile, j'ai toujours aimé le cinéma de l'auteur des géniaux Happy Accidents en 1999, Session 9 en 2001 et bien sûr de son très, très, très fameux The Machinist en 2004. Point d'orgue d'une carrière alors à son apogée me semble-t-il pour un Brad Anderson qui malheureusement ne retrouvera jamais vraiment cet état de grâce. Pas même avec les pourtant très réussis Transsiberian en 2009, The Call en 2013, Hysteria en 2014, La fracture en 2019 ou encore Blood trois ans plus tard. Une filmographie non dénuée de défauts, bien évidemment, matérialisés à deux occasions. En 2010 tout d'abord, avec le décevant L'empire des ombres, puis en 2024, avec son avant-dernier projet intitulé The Silent Hour... Le futur auteur de Twilight of the Dead qu'aurait dû réaliser George Romero de son vivant signe cette année son retour après moins d'une année d'absence. Une courte échelle de temps qui espérons-le aura suffit pour développer un script et produire une mise en scène à la hauteur de ses plus brillants faits d'arme...


Worldbreaker est donc le dernier long-métrage de l'américain Brad Anderson. Une œuvre pratiquement passée sous silence puisque à moins d'avoir échappé à une éventuelle vague promotionnelle, celui-ci ne semble même pas avoir bénéficié d'un très important bouche à oreille. S'agissant du dernier film de Brad Anderson, la présence au casting de l'actrice serbo-russe naturalisée américaine Milla Jovovich a de quoi nous rendre inquiets. Voire, prudents. Telle une ancienne actrice porno reconvertie dans le cinéma traditionnel dont on prévoit par avance qu'elle se mettra à poil à deux ou trois occasions et quelles que soient les circonstances, l'ancienne vedette du Cinquième élément de Luc Besson et de la franchise Resident Evil est l'assurance d'une expérience faisandée au point d'approcher la glorieuse étiquette d'icône du nanar des années 2000-2020 ! En effet, Milla Jovovich contamine tout ce qu'elle touche. Empoisonne n'importe quel concept comme si tout ceux qui l'ont employée jusqu'à aujourd'hui étaient incapables d'envisager de la faire tourner dans autre chose que des films d'action et de science-fiction bourrins. Et même si au fond Worldbreaker nous épargne très souvent tout un tintamarre nocturne fait d'explosions et de meurtres sanguinolents traduits par l'affrontement entre une poignée de survivants et des créatures tantôt extraites de fissures terrestres tantôt hybrides après que des hommes aient été mordus par celle-ci, les quelques séquences mouvementées qui tentent d'opérer une action sur l'envie de dormir du spectateur confirment que l'on est bien devant une œuvre partiellement interprétée par Milla Jovovich et moins devant celle d'un cinéaste qui brilla de mille feux par le passé... Aujourd'hui, tout a changé et vivant sur le continent dans l'attente qu'une nouvelle fissure libère d'horribles créatures, un père (Luke Evans) et sa fille Willa (Billie Boullet) tentent de survivre jusqu'au moment où ils sont contraints de se réfugier sur une île déserte. Pendant ce temps là, la mère de l'adolescente incarnée par Milla Jovovich choisit de demeurer sur le front afin de combattre l'ennemi...


Nous serions tentés de dire ''tant mieux'' puisque les rares séquences d'abrutissement intellectuel se déroulent justement lors des rares interventions de l'actrice. Car en dehors de ces quelques passages éminemment bourrins, Worldbreaker se révèle plutôt sobre. D'abord, en matière de scénario, lequel se résume à un père qui enseigne à sa fille comment survivre dans un monde hostile régulièrement attaqué par deux types de créatures appelées ''casseurs'' et ''hybrides'' (ces dernières étant des victimes humaines mordues et transformées en ridicules araignées humanoïdes!), ensuite, à travers l'incarnation sans éclat particulier MAIS non dénuée d'une certaine émotion des deux principaux interprètes. Et c'est bien ce que l'on retiendra du long-métrage de Brad Anderson. Ce rapport d'un père à sa fille et vice versa déversant son lot de séquences émouvantes dans un contexte de film d'action franchement pas très fin (les créatures, les quelques séquences d'action). Sans parler de ce message néo-féministe dépassant de loin tout ce que l'on peut entendre de plus stupide en matière de patriarcat, signifiant ainsi que le cerveau masculin est simple, que l'homme est mauvais et que par évidence, ces deux tares expliquent qu'il soit le seul à devoir se transformer en hideuse créature hybride à la suite d'une morsure ! On a connu Brad Anderson plus fin, plus inspiré ! Réduisant l'apparition des ''arachnides'' au strict minimum sans doute pour raison financière, Worldbreaker demeurera au final comme la plus faible contribution de son auteur au cinéma même si, je le répète, les séquences intimistes entre le père et sa fille restent plutôt touchantes. Bref, une déception...

 

mardi 10 mars 2026

La soupe aux choux de Jean Girault (1982) - ★★★★★☆☆☆☆☆




Ça n'est pas tant le film qu'il m'importe ici d'évoquer mais celui qui me conseilla fortement, presque à genoux, de faire l'effort de le redécouvrir plus de quarante ans après sa découverte à la télévision... J'espère que chacun s'accordera à dire que La soupe aux choux est une sombre merde, mais si d'aventure quelques malveillants s'apprêtaient à laisser des commentaires assassins, je préfère tout de suite les prévenir : au premier qui affirmera que l’œuvre de Jean Girault fut et reste d'une importance considérable dans le paysage cinématographique français ainsi que dans la carrière de son auteur et de son acteur fétiche, je menacerai alors de voter le 15 mars prochain pour Sébastien Delocu aux élections municipales ! Et si ce même commentateur persiste ou si d'autres se joignent à lui à la curée, alors, en 2017, je voterai pour Jean-Cul Mélenfion ! Voilà, c'est dit... Pour en revenir à cet ''ami'' qui eut l'outrecuidance d'évoquer dans un authentique premier degré, je le cite, ''Que les États-Unis ont leur E.T l'extraterrestre Steven Spielberg et qu'en France, nous avons La soupe aux choux'', je lui répondrai qu'avec davantage de culture, de ''bon sens'' et d'ironie crasse, il aurait tout aussi bien pu évoquer Rencontre du troisième type! Car c'est tout d'abord de cela dont il s'agit dans ce qui demeure pour le réalisateur français ainsi que pour sa star Louis de Funès, leur avant-dernier long-métrage avant disparition des radars (les deux hommes mourront à un an d'intervalle). Aux côtés de l'une des plus grandes vedettes de la comédie française à laquelle certains ont l'infâme effronterie de lui apposer comme descendant naturel dans le registre de l'humour l'inconsistant Jamel Debbouze, l'on retrouve Jean Carmet dans l'un de ces personnages qu'il affectionnait et qui contrairement au personnage qu'incarne Louis de Funès lui va comme un gant. Il faut dire que malade, essoufflé, amaigri et parfois doté d'affligeantes lignes de dialogue, on n'a pas très envie de voir Louis de Funès dans cet état. Au bord de l'auto-caricature, presque pathétique même si, il est vrai, l'arrivée tardive et le passage éphémère de la jolie et pétillante Christine Dejoux dans le rôle de La Francine apporte une plus-value, Louis de Funès n'est malheureusement plus que l'ombre de lui-même. Adaptation du roman éponyme de l'écrivain et scénariste français René Fallet, La soupe aux choux signe la fin d'une hégémonie. Celle d'un acteur qui su attirer des millions de spectateurs en salle et devant leur poste de télévision tout en incarnant des individus presque majoritairement veules, autoritaires, tyranniques, pleutres devant les hommes de pouvoir et despotiques devant les faibles. 

 

La soupe aux choux dénote d'ailleurs fortement en comparaison des rôles que Louis de Funès interpréta par le passé. En somme, en incarnant Claude Ratinier, dit ''le Glaude'', l'acteur s'est apaisé pour donner la réplique au plus vieux compagnon du protagoniste qu'il incarne en la personne de Francis Chérasse, dit ''le Bombé''. Rôle qui est donc tenu par un Jean Carmet nettement moins présent à l'image que l'acteur-vedette d'une grande majorité des comédies de l'époque. Si ''bizarrement'', beaucoup se réfèrent à la séance de pets du long-métrage, la vérité est que La soupe aux choux est peut-être moins grotesque qu'il n'y paraît. Car au delà des flatulences de nos deux vieilles peaux récalcitrantes à la modernité, le film de Jean Girault évoque malgré tout quelques thématiques pas du tout inintéressantes. Comme les projets de transformation du milieu rural en complexe moderne, la solitude, la perte d'un être cher (qui en outre donne lieu à des retrouvailles relativement touchantes entre le Glaude et la Francine) ou l'indéfectible amitié entre deux hommes... Et puis, il y a cette rencontre improbable entre le Glaude et la Denrée. Un extraterrestre de la planète Oxo attiré par les bruits de pets des deux septuagénaires !?! Pour camper le rôle de la Denrée, l'acteur Jacques Villeret. Comme le veut l'adage ''Le ridicule ne tue pas'', l'acteur survivra à ses deux partenaires pour ne disparaître que vingt-trois ans plus tard, en 2005. Dire que le costume de l'extraterrestre est ridicule est un euphémisme. Confirmer que son étrange façon de s'exprimer est absurde est une évidence. Mais malgré le contraste qui s'opère entre la ruralité du contexte et l'arrivée de la science-fiction dans un genre et une approche qui ne s'y prêtaient pas forcément à de quoi surprendre. Du moins pendant quelques instants et SURTOUT, si l'on n'a jamais vu ou entendu parler de La soupe aux choux... Ouais, bon, ben c'est bien beau tout ça mais le film de Jean Girault ressemble sacrément à un nanar... plutôt ennuyeux dans ses grandes largeurs. Probablement le film de chevet de Delocu et de mon ami, d'ailleurs... Notons malgré tout la célèbre et inoubliable bande musicale analogique de Raymond Lefebvre qui est demeurée dans toutes les têtes...


samedi 31 janvier 2026

I Am Not A Serial Killer de Billy O’Brien (2016)



John Wayne Cleaver est un adolescent presque comme tous les autres. PRESQUE car il vit dans une demeure dont l'une des pièce sert à sa mère de salle d'autopsie. PRESQUE parce qu'il consulte un psychiatre en raison de troubles comportementaux particulièrement inquiétants. En effet, John est un sociopathe qui n'a comme seul ami qu'un camarade de classe. Une amitié fabriquée de toute pièce et qui lui donne l'impression d'être comme tous ceux de son âge. La petite ville du Midwest dans laquelle il vit est le théâtre d'une série de meurtres particulièrement horribles.
Alors que John prend sur lui pour que ses pulsions ne prennent jamais le dessus, il s'intéresse de très près à l'un de ses voisins : Bill, un vieil homme âgé de soixante-dix neuf ans qu'il surprend un jour en train de commettre un meurtre. Mais plutôt que d'alerter la police, l'adolescent traque jour et nuit le vieil homme, allant jusqu'à laisser sur le pare-brise de son véhicule un mot dans lequel il lui écrit savoir qui il est...

Avec sa très belle affiche digne des meilleures œuvres indépendantes du festival de Sundance, I Am Not A Serial Killer a de quoi attiser la curiosité. Tout comme son titre d'ailleurs qui contrairement à la majorité des cas, laisse entendre que le héros central du film n'est pas l'un de ces tueurs en série qui encombrent le septième art. En réalité, tout tient dans le titre de ce film signé du réalisateur irlandais Billy O’Brien qui signait déjà deux ans plus tôt Scintilla, une œuvre de science-fiction. Si I Am Not A Serial Killer emprunte en partie au genre, il s'agit avant tout d'un thriller au cœur duquel un adolescent mène une enquête personnelle sur un homme dont il soupçonne d'être le tueur en série qui sévit en ville. L'originalité du scénario provient du fait que le héros est lui-même détenteur de pulsions meurtrières qu'il parvient à réprimer. Le personnage qu'interprète le jeune acteur Max Record est tiraillé entre le désir de stopper les agissements du tueur et la fascination qu'exerce ce dernier sur lui.

Face à lui, on retrouve l'acteur Christopher Lloyd (l'un des patients de Vol au Dessus d'un Nid de Coucou et le Dr Emmett Lathrop Brown de la trilogie Retour Vers le Futur). Il s'agit ici du seul cas (à moins que je ne me trompe) de tueur en série approchant les quatre-vingt ans. Alors que John Wayne Cleaver sent chez lui le potentiel de devenir un tueur en série prendre de plus en plus de place dans sa vie, il est attiré par le tueur qui sévit. Par ce dernier, mais également par ses victimes dont la proximité est facilitée par le métier d’embaumeuse de sa mère, lui permettant ainsi d'approcher les cadavres une fois découverts par la police et transportés chez eux afin d'être examinés. I Am Not A Serial Killer n'est pas exempt d'un certain humour, à ,commencer par le nom du jeune héros qui fait directement référence à celui de l'un des plus grands tueurs en série qu'aient connu les États-Unis d'Amérique, le célèbre John Wayne Gacy. Le personnage campé par l'acteur Max Record génère beaucoup plus d'empathie que le Graham Young, adepte des poisons dans l'excellente comédie noire Le Manuel d'un jeune empoisonneur, et retrouver l'acteur Christopher Lloyd dans ce rôle atypique fait plaisir à voir. I Am Not A Serial Killer n'a sans doute rien de commun avec tout ce que vous aurez vu jusqu'à maintenant. Une très belle réussite...

samedi 3 janvier 2026

Fortress de Stuart Gordon (1993)



Nous poursuivons ce qui à l'origine ne devait normalement pas être un cycle consacré à Christophe Lambert mais qui semble finalement en prendre la direction. Pour la raison un peu spéciale qui veut que je sois un peu gêné par l'incroyable acharnement du public envers cet acteur qui n'est quand même pas mauvais au point d'être rangé dans le même registre que Steven Seagal ou Jean-Claude Vandamme.
Je ne vais sans doute pas me faire davantage d'amis en parlant aujourd'hui de Fortress. œuvre australo-américaine signée par Stuart Gordon, le papa du cultissime Re-Animator. Ce qui n'étonne pas vraiment quand on découvre les quelques effets gore qui parsèment ce petit film de science-fiction.

Le cinéaste installe son intrigue dans un futur proche. Les ressources se font si rares qu'un seul enfant par foyer est désormais autorisé. Karen B. et John Henry Brennick ont perdu le leur mais en attendent un second. Lors d'un passage à la frontière, ils sont démasqués. Karen parvient à prendre la fuite mais John, lui, est arrêté puis emmené dans une prison de la société MENTEL. Le voici désormais incarcéré dans la Forteresse. Une prison souterraine située en plein désert et d'où personne n'est jamais parvenu à s'enfuir.

Mais bien sûr, vous l'aurez compris, Christophe est arrivé, sans s'presser. Fortress cultive l'art de piocher dans les classiques. Vous y trouverez des méchants, très méchants, et des gentils, vachement sympathiques. D'un côté, Vernon Wells (Commando), Tom Towles (Henry, Portrait d'un Tueur en Série) et Kurtwood Smith (Robocop, le seul, le vrai l'unique signé Paul Verhoeven). Et de l'autre, outre notre Cri-Cri d'amour, Lincoln Kilpatrick (Prison. Comme quoi on ne change pas une recette qui marche), Clifton Collins Jr. (Star Trek), sans oublier l’immanquable, l'indispensable et l’inénarrable Jeffrey Combs et son éternel regard halluciné. Le cinéaste et l'acteur se retrouveront sur cinq plateaux de tournages différents, comptant les différentes suites de Re-Animator, ainsi, que le surestimé From Beyond.

Je fais du remplissage, certes, mais que puis-je dire sur ce Fortress sinon qu'il n'a jamais marqué, et ne marquera sans doute pas davantage le futur du septième art. On commence à saisir le sens du terme mauvais acteur lorsque l'on découvre ChristopheR Lambert dans ce film. C'est vrai qu'il n'est pas très bon. Faut dire qu'après une course-poursuite, une séparation d'avec son épouse et une incarcération, il aurait été de bon ton de laisser son personnage respirer. Les méchants sont vraiment caricaturaux. Tawles et Wells sont deux fieffés bourrins. Le Q.I additionné de leurs deux personnages, ne doit pas dépasser celui d'un nasique perché sur une branche et balançant son tarin au dessus du vide. Fortress est un savant mélange de science-fiction mâtinée de tout un tas de genres qui s'entrechoquent et qui au final donnent un résultat au dessus de tous soupçons. La quête de fuite du personnage principal ne suffisant pas, on rameute sa femme histoire de lui mettre un supplément de désir de vengeance dans la tête. Le directeur est aussi dingue que la moitié des prisonniers, du moins, aussi sadique, et cache un secret épouvantable qui augmente encore l'aspect « je mets sur pellicule tout ce que j'ai dans la tête, je secoue, et je sers » ruinant toute crédibilité. En même temps, c'est de la S.F. Quoique, Fortress ressemble en réalité à une œuvre fantastique.

Oubliez La Ligne Verte et Les Evadés. Ici, les cellules puent la testostérone génétiquement modifiée. Adieu poésie ! Fortress est viscéralement primaire et cache malheureusement mal ses véritables intentions. Résultat : le film est bof ! Bof !

vendredi 2 janvier 2026

Avatar 3 : de Feu et de Cendres de James Cameron (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

James Cameron l'a annoncé : si les résultats de son Avatar 3 : de Feu et de Cendres n'atteignent pas des résultats satisfaisant au box-office, les quatrième et cinquième volets ne verront probablement pas le jour. Maintenant, reste à savoir ce qu'attend de son nouveau bébé l'auteur des deux premiers Terminator, d'Abyss ou de Titanic. S'il espère atteindre ou voire même dépasser les chiffres d'Avatar 2 : la Voie de l'eau, on en est encore loin. Et même si les deux milliards de recettes sont un objectif qui peut être encore tout à fait envisagé, pour l'instant, les nouvelles aventures de Jack Sully, de Neytiri, de Quaritch et de l'ensemble des personnages évoluant à la surface de Pandora n'ont rapporté à l'échelle mondiale ''que'' sept-cent soixante millions de dollars ! Dans ce troisième chapitre, James Cameron intègre un nouveau clan qui par opposition aux Omaticaya (Peuple de la Forêt) et aux Metkayina (Peuple des Récifs) est beaucoup plus dur et donc beaucoup moins pacifique. Les Mangkwan (ou Peuple des Cendres) possèdent une physionomie égale à celles des autres Na'vi à la différence où leur peau est grise et parfois recouverte de peintures tribales rouge. La première des couleurs rappelant la cendre et la seconde le feu. Les Mangkwan sont un peuple de guerriers, de conquérants menés par la charismatique Varang (interprétée par l'actrice hispano-britannique Oona Chaplin qui n'est autre que la petite-fille de Charlie Chaplin et la fille de Géraldine Chaplin). L'on retrouve ici la totalité des personnages ayant évolué dans le précédent long-métrage, qu'il s'agisse des protagonistes d'ordre humanoïde ou des créatures marines...


James Cameron ajoutant à son univers foisonnant quelques animaux aériens et océaniques. À l'image des Raies des Vents et des Medusoid qui conduisent les engins pilotés par les marchands volants ou ces créatures maritimes qui ressemblent à des calamars particulièrement agressifs connus sous le nom de Syong. Beaucoup moins apaisant que le second opus qui parfois pouvait être vu comme une sorte de documentaire ethnologico-botanico-zoologique parfois lointainement inspiré des modes de vie terrestre et comme une étude géoscientifique propre à la planète Pandora, Avatar 3 : de Feu et de Cendres est clairement un film de guerre. Connaissant le talent de James Cameron pour cette approche beaucoup plus frontale et ''énervée'' (le bonhomme nous avait déjà prouvé son talent en transformant l'univers d'Alien, le huitième passager en véritable film de guerre entre Xénomorphes et Marines dans Aliens, le retour) on pouvait d'ors et déjà nous attendre à des combats spectaculaires et épiques. Et si certains reprochent au cinéaste canadien de s'être insuffisamment éloigné de l’Élément qui constituait l'essentiel des décors d'Avatar 2 : la Voie de l'eau, d'avoir fait peu de cas de la région qui donne son sous-titre à ce troisième volet en ne lui consacrant que quelques dizaines de minutes sur les cent-quatre vingt que dure le long-métrage ou de relancer une fois de plus la grosse machinerie guerrière qui concluait le récit du second opus, il faudrait vraiment faire le difficile pour ne pas se laisser séduire par cette aventure que d'aucun pourrait juger effectivement de mise à jours du second volet en mode 2.0. Ce qu'il faut retenir est que James Cameron a tourné le 2 et le 3 à la suite. Et cela se voit très clairement. Il est donc logique qu'Avatar 3 : de Feu et de Cendres soit dans la continuité du précédent volet...


Mais que celles et ceux qui ne l'ont pas encore découvert en salle se rassurent. Si l'aventure se déroule effectivement en majorité autour de l'atoll de coraux où sont implantés les Metkayina, de nombreuses séquences permettent de ''changer d'air''.Visuellement, Avatar 3 : de Feu et de Cendres est un spectacle sans cesse renouvelé. On en prend plein les yeux du début à la fin et les ventres mous sont rarissimes. Quoique, parler de passages à vide serait très exagéré puisqu'ils impliquent l'un des aspects les plus fondamentaux de ce troisième long-métrage. Conflits intérieurs, remords, autorité, liens familiaux, etc... Avatar 3 : de Feu et de Cendres distille de nombreuses séquences aussi profondes qu'émouvantes qui permettent de plonger encore davantage dans la psychologie des personnages. Bien évidemment, l'on reconnaît le goût de James Cameron pour la critique environnementale dès lors que les protagonistes approchaient dans le second opus les fonds marin, leur faune et leur flore. Dans Avatar 3 : de Feu et de Cendres, le cinéaste continue d'explorer l'idée d'espèces indigènes exoplanétaires se référant aux peuples terriens vivant notamment en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou en Amazonie mais se réfère encore davantage qu'auparavant à la notion de colonisation (les territoires du peuple amérindien) à travers le personnage de Spider (Jack Champion), lequel est l'un des éléments centraux de ce nouveau récit. Après avoir vécu une expérience de cinéma toujours aussi intense, après être sortis de la salle conquis par le spectacle auquel nous avons assisté et une fois les doutes effacés, il ne nous reste plus qu'à espérer que James Cameron choisira de poursuivre l'aventure de Jack Sully et des Na'vi même si l'on rêve de le voir un jour réaliser son rêve qui consiste à écrire, réaliser et produire un remake du Voyage fantastique que Richard Fleischer réalisa en 1966..

 

lundi 15 décembre 2025

Ick de Joseph Kahn (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Connu sous l'acronyme PIFFF, le Paris International Fantastic Film Festival a lieu maintenant depuis quatorze ans. Créé en 2011 par l’association Paris Ciné Fantastique en collaboration avec le magazine Mad Movies et ccueilli au départ par le Gaumont Opéra Capucines, ses principaux fondateurs furent Gérard Cohen, Cyril Despontin ainsi que Fausto Fasulo. Tandis que l'édition 2025 se déroulera du 10 au 16 décembre prochains, celle de 2024 s'est ouverte l'année dernière au 4 décembre avec le dernier long-métrage du réalisateur américano-sud-coréen Joseph Kahn intitulé Ick. L'auteur d'innombrables clips vidéos pour des artistes tels que Public Enemy, Ice Cube, Patricia Kaas, Faith No More, Wu-Tang Clan, Rob Zombie Christina Aguilera, Aerosmith, Moby et des dizaines d'autres ainsi que celui de quelques longs-métrages parmi lesquels l'on trouve la comédie musicale et dramatique Bodied en 2017 a donc signé l'année dernière le film d'horreur Ick, renouant ainsi quelque peu avec un genre qu'il aborda en 2011 avec le slasher Detention. Sauf que dans le cas présent, le réalisateur et scénariste mêle cette horreur avec la science-fiction en incluant un bien curieux antagoniste, un peu à la manière de Splinter que réalisa Toby Wilkins en 2008. Le film de Joseph Kahn prend par contre pour cadre non plus une station-service mais un lycée. Après une première partie relativement foutraque durant laquelle le cinéaste résume en quelques minutes les années d'étudiant du héros Hank Wallace incarné à l'écran par Brandon Routh, Un joueur de football talentueux qui malheureusement va voir sa carrière sportive s'arrêter nette le jour où l'une de ses jambes va buter contre l'Ick, cette curieuse substance provenant du fin fond de l'espace et véhiculée par une comète qui est venue s'écraser sur le sol de notre planète. Et pour ne rien arranger, sa petite amie d'alors le quitte pour un certain Ted Kim (Peter Wong)... L'intrigue est ensuite transportée des années plus tard et l'on retrouve Hank en professeur de sciences naturelles. L'ancien footballeur du lycée a depuis perdu de son aura et mène une existence banale et peu florissante. Depuis, Ted et Staci (l'ancienne petite amie de Hank incarnée par Mena Suvari) se sont mariés et cette dernière a donné naissance à Grace (Malina Pauli Weissman). Lors d'une conversation, en calculant les dates, Hank s'est mis à soupçonner que l'adolescente devait sûrement être sa fille. Et bien que Grace le méprise tout autant que les autres élèves du lycée, le prof de sciences naturelles décide de veiller sur elle. Et ça tombe bien : en effet, le Ick, cette substance que tout le monde connaît et qui paraissait jusqu'à maintenant inoffensive du fait de sa très lente croissance se comporte depuis quelques jours de manière très différente...


Ick fait plus ou moins partie de cette longue série de longs-métrages mettant en scène des entités extraterrestres venues se fondre dans la masse humaine. Sauf que dans ce cas précis, l'envahisseur est exposé en plein jour, sur le sol, les murs et toute autre surface plane de la petite ville d'Eastbrook. Une matière sombre et végétale (merci L'invasion des profanateurs de Philip Kaufman) qui se développe lentement, ce qui explique que la population ait jugé sa présence avec autant de légèreté et d'insouciance. Possédant un petit côté The Faculty de Robert Rodriguez, le dernier long-métrage de Joseph Kahn évoque ces petites villes américaines où il ne se passe pas grand chose et où sa jeune population attend avec ferveur le seul véritable événement de l'année. La fête annuelle durant laquelle et à l'issue de leurs études, les élèves du lycée se regroupent pour danser, boire, fumer et copuler. Bref, rien que de très banal pour un récit où le tueur n'est plus armé d'un long couteau mais est capable de se développer à une vitesse folle et de prendre possession de ses victimes afin d'en faire de nouvelles. Le vidéo-clipper Joseph Kahn laisse le montage et la direction photographique à d'autres mais se concentre sur une mise en scène énergique et bruyante. Inspiré par toutes ces vidéos qu'il tourna pour des artistes musicaux en tous genres, le cinéaste signe un dernier long-métrage qui offre une large place à une bande musicale adolescente en forme de Rock-FM produisant un phénomène de retour dans le passé. Un hommage au cinéma de l'ancien temps, celui des années quatre-vingt, quatre-vingt-dix ou deux-mille pas toujours facile à définir (d'où proviennent exactement ces adolescents qui passent leur temps à laquer leurs cheveux?). On peut apprécier le style très particulier de Joseph Kahn mais en terme de Body Snatcher, on le conseillera en priorité aux plus jeunes car les anciens risquent de faire grise mine devant ce spectacle un peu trop bordélique, second degré et en outre incarné par un ''héros'' qui manque cruellement de charisme. Bref, pas mauvais mais pas non plus très excitant...

 

lundi 8 décembre 2025

Bugonia de Yórgos Lánthimos (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Artiste réservé et peu enclin à se livrer lors des quelques rares interviews qu'il consent à donner dans les différents médias, le réalisateur, scénariste et producteur athénien Yórgos Lánthimos a bâtit une œuvre qui semble évoquer un cinéaste très sûr de lui, narcissique, voire peut-être même un brin orgueilleux. Et pourtant, il est tout le contraire. Il faut dire que certaines de ses œuvres, et à commencer par Canine en 2009, Alps en 2011 et The Lobster en 2015, ne furent pas du genre à ménager leur public. C'est pourquoi l'on peut considérer qu'en 2025 l'homme a enfin choisi de lâcher la bride même si encore une fois il aborde un thème à priori des plus simple avec son savoir-faire personnel. En effet, Bugonia parlera avant tout à celles et ceux qui sont coutumiers de certains concepts en vogue comme le complotisme, le capitalisme, le post-traumatisme et l'idée aussi folle que passionnante s'agissant de la présence parmi nos concitoyens d'individus venus d'une autre planète. Yórgos Lánthimos joue d'ailleurs sur cette ambiguïté tout au long d'un récit qui frôle les cent-vingt minutes et qui met tout d'abord en scène l'égérie du cinéaste Emma Stone avec laquelle Yórgos Lánthimos signe sa quatrième collaboration. Dans Bugonia, la jeune femme incarne Michelle Fuller, Présiente Directrice Générale de l'entreprise pharmaceutique Auxolith Biomedical. Une femme ambitieuse, reconnue pour ses talents et dont l'un des projets portant sur un traitement anti-opioïde s'est pourtant soldé par un échec. Face à elle, l'acteur Jesse Plemons, vu chez Steven Spielberg, Paul Thomas Anderson, Jane Campion ou Martin Scorsese et qui après avoir collaboré une première fois avec le cinéaste grec l'année dernière pour Kinds of Kindness apparaît ici sous les traits de Teddy Gatz. Un homme déboussolé, effondré, paranoïaque et complotiste qui s'est fichu dans la tête que la PDG de Auxolith Biomedical est une extraterrestre qui est venu au titre d'une espèce que le jeune homme appelle les andromédiens pour préparer l'invasion de notre planète. Une idée farfelu à laquelle, pourtant, adhère son cousin Don, un jeune homme à la santé mentale fragile incarné à l'écran par l'acteur américain autiste Aidan Delbis. Aussi fou et criminel que puisse paraître le projet des deux hommes, Teddy et Don vont kidnapper Michelle, l'enfermer dans la cave de la demeure familiale, lui faire avouer qu'elle fait bien partie d'une espèce extraterrestre et exiger de sa part qu'elle convainque ses supérieurs de la nécessité de les emmener à bord du vaisseau-mère...


Ouais, rien que cela ! Bugonia est un jeu de confrontations entre un homme, Teddy, accablé par un drame dont les répercussions montrent encore aujourd'hui des signes plus qu'inquiétants, et une femme, Michelle, ambitieuse patronne d'une entreprise florissante qui croit très probablement que l'argent' peut tout résoudre. L'affrontement entre les deux personnages est passionnant et l'on ne sait jamais vraiment de quel côté se ranger. Car l'un et l'autre, sous une forme indépendante qui leur appartient, apparaissent tantôt touchants, tantôt glaçants. Mais le piège avec ce genre de scénario écrit ici par Will Tracy est d'éveiller rapidement certains soupçons chez ceux qui sont rompus à ce genre d'exercice. D'autant plus que le dernier long-métrage de Yórgos Lánthimos est en fait le remake du film de science-fiction sud-coréen Jigureul Jikyeora ! de Jang Joon-hwan plus connu chez nous sous le titre Save the Green Planet ! Et donc, la messe est dite. Si Emma Stone continue à développer une carrière remarquable, il est probable que l'on retienne ici surtout la performance de Jesse Plemons, dont le personnage de Teddy est sans doute la nouvelle référence en matière de paranoïa et de complotisme sur grand écran. Quatorze ans après Curtis LaForche (Michael Shannon) dans Take Shelter de Jeff Nichols et sept après Sam (Andrew Garfield) dans Under the Silver Lake de David Robert Mitchell, il incarne un individu crédible, dont l'obsession et l'instabilité ne l'empêchent absolument pas d'être méthodique et très intelligent. Enfin, c'est avec un certain cynisme que Yórgos Lánthimos abordera l'issue du récit. Une conclusion que l'on peut d'ailleurs juger à différents échelons sur une échelle de valeur allant de un à cinq. Après s'être inspiré du scénario du sud-coréen Jang Joon-hwan, cette fois-ci, l'athénien paraît vouloir rendre hommage au mythes et légendes ancestrales de son propre pays. En effet, comment ne pas penser aux écrits qui à une époque firent les beaux jours d'un genre très particulier: le péplum mythologico-fantastique. On pense alors évidemment à Jason et les argonautes de Don Chaffey ou au Choc des titans de Desmond Davis. Mais de là à dire que l'idée de reprendre certains de ces concepts en 2025 pour clore une oeuvre jusque là plutôt brillante fut la meilleure qu'ait eu le réalisateur de Bugonia, il est possible d'en douter...


 

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