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vendredi 2 janvier 2026

Avatar 3 : de Feu et de Cendres de James Cameron (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

James Cameron l'a annoncé : si les résultats de son Avatar 3 : de Feu et de Cendres n'atteignent pas des résultats satisfaisant au box-office, les quatrième et cinquième volets ne verront probablement pas le jour. Maintenant, reste à savoir ce qu'attend de son nouveau bébé l'auteur des deux premiers Terminator, d'Abyss ou de Titanic. S'il espère atteindre ou voire même dépasser les chiffres d'Avatar 2 : la Voie de l'eau, on en est encore loin. Et même si les deux milliards de recettes sont un objectif qui peut être encore tout à fait envisagé, pour l'instant, les nouvelles aventures de Jack Sully, de Neytiri, de Quaritch et de l'ensemble des personnages évoluant à la surface de Pandora n'ont rapporté à l'échelle mondiale ''que'' sept-cent soixante millions de dollars ! Dans ce troisième chapitre, James Cameron intègre un nouveau clan qui par opposition aux Omaticaya (Peuple de la Forêt) et aux Metkayina (Peuple des Récifs) est beaucoup plus dur et donc beaucoup moins pacifique. Les Mangkwan (ou Peuple des Cendres) possèdent une physionomie égale à celles des autres Na'vi à la différence où leur peau est grise et parfois recouverte de peintures tribales rouge. La première des couleurs rappelant la cendre et la seconde le feu. Les Mangkwan sont un peuple de guerriers, de conquérants menés par la charismatique Varang (interprétée par l'actrice hispano-britannique Oona Chaplin qui n'est autre que la petite-fille de Charlie Chaplin et la fille de Géraldine Chaplin). L'on retrouve ici la totalité des personnages ayant évolué dans le précédent long-métrage, qu'il s'agisse des protagonistes d'ordre humanoïde ou des créatures marines...


James Cameron ajoutant à son univers foisonnant quelques animaux aériens et océaniques. À l'image des Raies des Vents et des Medusoid qui conduisent les engins pilotés par les marchands volants ou ces créatures maritimes qui ressemblent à des calamars particulièrement agressifs connus sous le nom de Syong. Beaucoup moins apaisant que le second opus qui parfois pouvait être vu comme une sorte de documentaire ethnologico-botanico-zoologique parfois lointainement inspiré des modes de vie terrestre et comme une étude géoscientifique propre à la planète Pandora, Avatar 3 : de Feu et de Cendres est clairement un film de guerre. Connaissant le talent de James Cameron pour cette approche beaucoup plus frontale et ''énervée'' (le bonhomme nous avait déjà prouvé son talent en transformant l'univers d'Alien, le huitième passager en véritable film de guerre entre Xénomorphes et Marines dans Aliens, le retour) on pouvait d'ors et déjà nous attendre à des combats spectaculaires et épiques. Et si certains reprochent au cinéaste canadien de s'être insuffisamment éloigné de l’Élément qui constituait l'essentiel des décors d'Avatar 2 : la Voie de l'eau, d'avoir fait peu de cas de la région qui donne son sous-titre à ce troisième volet en ne lui consacrant que quelques dizaines de minutes sur les cent-quatre vingt que dure le long-métrage ou de relancer une fois de plus la grosse machinerie guerrière qui concluait le récit du second opus, il faudrait vraiment faire le difficile pour ne pas se laisser séduire par cette aventure que d'aucun pourrait juger effectivement de mise à jours du second volet en mode 2.0. Ce qu'il faut retenir est que James Cameron a tourné le 2 et le 3 à la suite. Et cela se voit très clairement. Il est donc logique qu'Avatar 3 : de Feu et de Cendres soit dans la continuité du précédent volet...


Mais que celles et ceux qui ne l'ont pas encore découvert en salle se rassurent. Si l'aventure se déroule effectivement en majorité autour de l'atoll de coraux où sont implantés les Metkayina, de nombreuses séquences permettent de ''changer d'air''.Visuellement, Avatar 3 : de Feu et de Cendres est un spectacle sans cesse renouvelé. On en prend plein les yeux du début à la fin et les ventres mous sont rarissimes. Quoique, parler de passages à vide serait très exagéré puisqu'ils impliquent l'un des aspects les plus fondamentaux de ce troisième long-métrage. Conflits intérieurs, remords, autorité, liens familiaux, etc... Avatar 3 : de Feu et de Cendres distille de nombreuses séquences aussi profondes qu'émouvantes qui permettent de plonger encore davantage dans la psychologie des personnages. Bien évidemment, l'on reconnaît le goût de James Cameron pour la critique environnementale dès lors que les protagonistes approchaient dans le second opus les fonds marin, leur faune et leur flore. Dans Avatar 3 : de Feu et de Cendres, le cinéaste continue d'explorer l'idée d'espèces indigènes exoplanétaires se référant aux peuples terriens vivant notamment en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou en Amazonie mais se réfère encore davantage qu'auparavant à la notion de colonisation (les territoires du peuple amérindien) à travers le personnage de Spider (Jack Champion), lequel est l'un des éléments centraux de ce nouveau récit. Après avoir vécu une expérience de cinéma toujours aussi intense, après être sortis de la salle conquis par le spectacle auquel nous avons assisté et une fois les doutes effacés, il ne nous reste plus qu'à espérer que James Cameron choisira de poursuivre l'aventure de Jack Sully et des Na'vi même si l'on rêve de le voir un jour réaliser son rêve qui consiste à écrire, réaliser et produire un remake du Voyage fantastique que Richard Fleischer réalisa en 1966..

 

samedi 30 décembre 2023

Secrets de tournage : Aliens de James Cameron (1986)

 


 

Après avoir évoqué Alien, le huitième passager de Ridley Scott, passons maintenant à sa suite intitulée Aliens et dont le S aurait semble-t-il pour première fonction de bien différencier l’œuvre originale de la séquelle qu'allait donc réaliser James Cameron six ans plus tard. L'auteur des futurs Abyss et Avatar débutera l'écriture deux ans auparavant le temps que l'acteur Arnold Schwarznegger se libère du contrat qui le lie au projet Conan le destructeur de Richard Fleischer afin de pouvoir apparaître dans le fameux rôle du T-800 dans le classique de la science-fiction, Terminator. Un projet que sa future épouse, scénariste et productrice ont ''dans les cartons'' depuis l'année précédente en 1983. James Cameron a alors neuf mois pour écrire le scénario de Aliens emploient le talent de l'illustrateur Ron Cobb qui avait déjà travaillé sur Alien, le huitième passager mais lui adjoindront le designer industriel et concepteur néo-futuriste Syd Mead. Le Nostromo ayant explosé à l'issue des premières aventures de Ripley, la jeune femme est découverte errant en état de stase à bord de la capsule de sauvetage cinquante-sept ans après avoir réussi à tuer le xénomorphe. Arrivés à cette étape, nous pourrions dire que tout a été dit et qu'il n'y a plus qu'à ranger le personnage dans un tiroir et passer à autre chose. C'est néanmoins ce qu'avait envisagé l'actrice Sigourney Weaver qui au départ considérait que le développement de son personnage était parvenu à son terme dans l’œuvre originale. Pourtant, à la lecture du script de James Cameron, la fibre maternelle de celle qui quatre ans plus tard aura pour fille une petite Charlotte avec le metteur en scène de théâtre Jim Simpson la fait changer d'avis. Du pur film d'épouvante dont accoucha Ridley Scott en 1979, James Cameron fait de son Aliens, un pur long-métrage d'action et de guerre dans un contexte de science-fiction toujours baigné d'effroi. La présence à l'écran de Sigourney Weaver étant pratiquement réglée, il faudra cependant à James Cameron tout le courage d'affronter la production qui se refuse à accepter les exigences financières de l'actrice qui du point de vue des producteurs ne fait pour l'instant pas partie du projet. Si cela peut faire sourire aujourd'hui, la somme exigée de un million de dollars représentait une somme importe à l'époque et était équivalente à trois fois le salaire que toucha Sigourney Weaver sur le tournage du premier Alien.


Deux ans avant la sortie du projet sortait sur les écrans le mythique Terminator qui mettait en scène deux humains face à un cyborg ''indestructible''. Aux côtés d'Arnold Schwarzenegger et de Linda Hamilton qui campa le rôle emblématique de Sarah Connor, l'acteur Michael Biehn interpréta celui de Kyle Reese, venu du futur afin de protéger des assauts incessants du T-800, la future mère du chef de la résistance prénommé John. Deux ans plus tard, James Cameron fait le forcing pour qu'apparaisse de nouveau à l'image et dans le rôle du caporal Dwayne Hicks, celui qui deviendra son acteur fétiche sur pas moins de quatre longs-métrages : Terminator et Aliens, donc, ainsi que Abyss et Terminator 2 lors d'un caméo visible dans la version longue. Les quinquagénaires se souviennent sans doute de l'antagoniste Albert Ganz de 48 heures réalisé par Walter Hill en 1982 ou quelques années plus tôt d'Ajax, l'un des protagonistes emblématiques du film culte Les guerriers de la nuit lui aussi réalisé par Walter. Deux personnages interprétés à l'époque par le charismatique James Remar. Et bien sachez-le mais c'est lui qui au départ était prévu pour le rôle qu'incarnera finalement Michael Biehn. En effet, James Remar quittera rapidement le tournage en raison de désaccords artistiques avec le réalisateur James Cameron. Lequel s'empresse alors d'embaucher son acteur préféré. Si Ripley apparaît l'arme à la main, là encore il faudra toute la psychologie du cinéaste pour convaincre sa star Sigourney Weaver, laquelle est une forcenée de l'activisme contre l'usage des armes à feu. Une force de persuasion de la part de James Cameron puisque non seulement l'actrice acceptera finalement d'apparaître armée, mais son personnage sera en outre doté d'armes lourdes dont un lance-flammes particulièrement efficace ! Alors que James Cameron avait embauché sur son dernier long-métrage le monteur Mark Golblatt auquel l'on devra les années suivantes les montages de Rambo 2 de George Pan Cosmatos, Commando de Mark L. Lester, Predator 2 de Stephen Hopkins et d'un grand nombre de longs-métrages dont certains sont depuis entrés dans la légende, son choix se porta finalement sur Ray Lovejoy dont les travaux remarquables sur les mythiques 2001, l'odyssée de l'espace et Shining réalisés en 1968 et 1980 par Stanley Kubrick n'y furent sans doute pas étrangers.


Et pourtant, le résultat désole James Cameron qui s'apprête à virer le monteur avant que celui-ci n'occupe un week-end entier à remonter l'une des séquences les plus importantes de Aliens, convainquant ainsi le réalisateur de le garder dans son équipê. Le tournage se déroula dans des conditions parfois compliquées sur le compte desquelles l'entièreté de la responsabilité ne mit pas en cause James Cameron. Car si ce dernier se montra parfois peut-être trop exigeant envers l'équipe technique, en reprenant les artisans ayant œuvré sur le premier volet de la franchise, il se mit à dos la plupart d'entre eux, tous originaire de Grande Bretagne, lesquels voyaient d'un mauvais œil que cette suite soit tournée par un réalisateur américain et non plus britannique comme pouvait l'être Ridley Scott. Une animosité qui ne s'arrangea pas lorsque James Cameron exigea notamment que les journées de tournage s'éternisent au delà des horaires raisonnables puisque une seule d'entre elles avoisinait les quatorze heures ! L'une des principales difficultés rencontrées par la suite d'un classique, qu'il s'agisse de science-fiction ou de toute autre style cinématographique, est la redondance. Comment aller plus loin que l'original qui, je le rappelle, est un classique, un authentique chef-d’œuvre si parfait que l'on peut se demander qui d'autre que James Cameron pouvait prendre la relève ? En poussant les meubles. En voyant plus grand. Plus large. Et plus titanesque. Du moins, dans certaines fonctions propres aux genres qui sont ici traités. L'épouvante ? James Cameron a beau être un authentique magicien du septième art comme il ne cessera jamais de le prouver par la suite, on imagine mal qu'il ait pu ne serait-ce qu'un seul instant imaginer aller plus loin dans l'effroi que son prédécesseur. Par contre, en terme de spectacle et de volumes, Aliens est bien le digne héritier de Alien, le huitième passager.


Et même si l'angoisse demeure, le spectacle y sera nettement plus viril. Sentant sans doute moins la sueur que la poudre, Aliens réintègre le fameux xénomorphe alors que le spécialiste des maquillages Stan Winston crée sur commande de James Cameron, une reine qui n'aura visuellement rien à envier à la créature du premier opus. Un monstre impressionnant qui accaparera pas moins de douze techniciens pour pouvoir lui donner vie à l'écran. S'il est un aspect qui dans ce genre de contexte est habituellement invraisemblable (combien de films de science-fiction mettant en scène des personnages bas du front dans des projets de voyages spatiaux coûtant pourtant des milliards de dollars ?), ici l'attitude prétendument caricaturale des soldats semble au contraire avoir été le fruit d'un entraînement des plus sérieux et réaliste de la part des actrices et acteurs qui le suivirent au sein d'une unité militaire d'élite britannique. Des acteurs qui comme l'envisageait alors James Cameron ont débarqué sur le tournage sous l'adage ''venez comme vous êtes''... On imagine aujourd'hui assez mal qu'une œuvre d'une telle intensité ait pu n'être financée qu'à hauteur d'une peu moins de vingt millions de dollars. Surtout si on compare le budget de Aliens à celui de Avatar 2, la voie de l'eau qui coûta pas moins d'un quart de milliard de dollars. Le film rapportera à l'échelle internationale rien moins que la coquette somme de cent-trente et un millions de dollars. Pour info, le film s'installera en France à la vingt et unième place du classement de l'année 1986, loin derrière le magnifique diptyque de Claude Berri Jean de Florette/Manon des sources, le Rocky 4 de Sylvester Stallone, Le nom de la rose de Jean-Jacques Annaud ou même derrière Le passage de René Manzor avec Alain Delon qui lui, s'appropria la seizième place. Encarté entre le dessin animé Astérix chez les bretons de Pino Van Lamsweerde et Karaté Kid 2 : le moment de vérité 2 de John G. Avildsen, Aliens attirera dans l'hexagone plus de un million et sept-cent vingt milles spectateurs...

 

dimanche 8 janvier 2023

Avatar 2 : la voie de l'eau de James Cameron (2022) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Majoritairement et prioritairement préoccupé par l'intensité d'un scénario, Avatar 2 : la voie de l'eau aura pourtant fondamentalement changé mon opinion sur le fait qu'une œuvre peut et même, SE DOIT de contenir un véritable script. Un critère dans lequel doit forcément intervenir la notion d'originalité. Une jolie forme, je veux bien, mais surtout, du fond, du fond, du fond ! Autant dire qu'en redécouvrant récemment le premier volet de la franchise datant de 2009 me vint l'envie de me cogner la tête contre les murs de mettre laissé ''berner'' par son délicieux enrobage. Avatar 2 : la voie de l'eau continuera sans doute à brasser autant d'émules que de détracteurs. Mais aujourd'hui, j'ai presque envie d'être malhonnête au point de refuser aux derniers toute critique. Quelle soit constructive ou non. Il y eu le James Cameron de Terminator. Ce film constitué de matière brute que ne parviendrait pas à égaler et encore moins à surpasser le second volet de la franchise, n'en déplaise aux fans hardcore de Terminator 2 : Le Jugement dernier. Désormais, le James Cameron nouveau est arrivé et avec lui, un film-somme, représentatif de sa carrière toute entière d'amoureux du cinéma mais aussi et surtout de sa passion pour les fonds marins. On pourrait quasiment remonter aux origines de sa filmographie avec Piranha 2 : Les Tueurs volants mais non, hein, on va tout de même pas réveiller de mauvais souvenirs à ceux qui ont découvert la chose à l'époque de sa sortie où lors de sa diffusion en VHS. Une purge que même son auteur préfère oublier, c'est dire...
On va plutôt remonter en 1989 avec son sublime
Abyss dont tout le monde connaît l'histoire par cœur et qui déjà, s'avèrait être une prouesse technologique. Huit ans plus tard, James Cameron revenait avec sa grandiose adaptation d'une catastrophe que tout le monde connaît : celle du paquebot transatlantique (soit disant) insubmersible Titanic qui à la suite d'une collision avec un iceberg s'enfonça dans les eaux de l'océan Atlantique Nord, causant ainsi la mort de 1500 passagers environ... Depuis longtemps déjà James Cameron se passionnait pour le mythe mais sa réalisation sous forme de fiction ne marquera pas la fin de l'aventure ''sous-marine'' pour le réalisateur puisqu'après le succès phénoménal de son septième long-métrage, il réalisera trois documentaires portant peu ou prou sur la même thématique : les fonds marins. Ghosts of the Abyss en 2003, Volcanoes of the Deep Sea en 2004 et enfin Aliens of the Deep en 2005. On a donc bien compris que James Cameron et sa passion pour l'océan ne font plus qu'un... même si la chose ne saute pas aux yeux lorsque sort sur les écrans Avatar premier du nom puisque l'aventure situera essentiellement son action dans une zone vaguement comparable aux forêts tropicales terrestres...


Puis vint Avatar 2 : la voie de l'eau dont le sous-titre à lui seul démontre que James Cameron n'a pas encore tout à fait finit d'explorer mers et océans. Sauf qu'ici, ben, tout est... faux ! Ouais ! Mais ce qui pourrait paraître comme un inconvénient prend des allures de voyage sur l'une de ces planètes que les astronomes professionnels ou en herbe rêveraient un jour de fouler. Bonne nouvelle : on peut avoir détesté l'original pour se passionner pour cette séquelle qui, très honnêtement, n'a rien de vraiment commun avec Avatar. Treize années d'un travail titanesque qui ont permis à James Cameron d'obtenir un résultat très haut dessus des espérances de son public. Coinçant cependant ses détracteurs dans une boucle qui ne cesse de tourner autour du mythe : celui selon lequel le point faible de la franchise se situe au niveau du scénario. Et là, force est de reconnaître que tout comme il y a treize ans en arrière, cet Avatar 2 : la voie de l'eau n'est pas le film le plus original qui soit. On pourrait même dire qu'il brasse des thématiques tellement usées qu'on pourrait vanter les qualités de l’œuvre sur ses seules prouesses technologiques. Mais bon, comme je l'annonçais au début de cet article, le manque de profondeur du scénario est très largement pallié par tout ce qui se situe en dehors de ce seul aspect du long-métrage.
Car tout en entrant dans la salle d'un pas méfiant, à la sortie, le constat est sans appel. Le film tant attendu existe bel et bien et il s'appelle
Avatar 2 : la voie de l'eau. Avec cette suite, Avatar premier du nom ressemble à brouillon dont l'ampleur visuelle se doit désormais d'être revue à la baisse. Découvert au cinéma Mega CGR de Narbonne ce lundi aux côtés de ma compagne, la suite des aventures de Jake Sully (toujours interprété par l'acteur Sam Worthington) et de Neytiri (l'actrice Zoe Saldaña) le fut en 3D, forcément, mais également en HFR, ou High Frame Rate. Ce qui, en gros, signifie une nette augmentation du nombre d'images par seconde, permettant ainsi une fluidité de l'image totalement novatrice et visible notamment lors des scènes d'action. Il existe dans l'esprit d'une partie du public un point noir qu'il est nécessaire d'évoquer lors de l'emploi du HFR : si cette technologie permet effectivement de rendre plus lisibles les arrières-plans, il a pour certains, la fâcheuse tendance à lisser l'image. Ce que j'appelle personnellement, ''l'effet Soap-Opera''. Il faut donc d'abord choisir dans quelles conditions l'on va aborder le long-métrage. Soit en 24 images par secondes, soit en 48. Sachant que le film passe, paraît-il, allégrement de l'un à l'autre dans sa version HFR...


Notons que si cela semble avoir gêné une partie du public, ça n'a pas été le cas pour ma compagne et moi. Bien au contraire puisque la lisibilité n'en fut que plus grande que par le passé. Avatar premier du nom, je le répète, m'avait causé des maux de tête (image beaucoup trop sombre). Tandis que Avatar 2 : la voie de l'eau, lui, projette directement le spectateur au cœur de l'action. Plus immersif, voire même intrusif, l'on n'est plus simple spectateur mais ''acteur'' de l'action qui se déroule devant nos yeux. James Cameron invente un nouveau concept. Ou plutôt, réinvente la notion de documenteur en plongeant les spectateurs dans un univers à ce point réaliste que l'on ne se pose même plus la question de ce qui est vrai et de ce qui est faux. Images de synthèse ? Véritables décors ou personnages ? Des questions qui n'ont ici plus la moindre importance ni même le moindre sens. Pandora existe bel et bien et James Cameron nous le prouve ici. La moindre texture de peau, la moindre gouttelette d'eau, du plus petit au plus grand des représentants de la faune et de la flore, tout est pensé, généré et proposé au spectateur avec un sens inouï du réalisme. Avatar 2 : la voie de l'eau est une fiction, certes.
Mais c'est peut-être aussi et surtout un formidable voyage au cœur d'un peuple qui n'est pas si éloigné de certains que l'on rencontre sur notre propre planète. Des références inévitables qui me firent dire au temps du premier
Avatar que l'aventure manquait d'originalité. Sans doute parce qu'au fond, je ne croyais pas vraiment à cet univers qui visuellement m'avait pourtant séduit à l'époque. Tandis qu'à travers Avatar 2 : la voie de l'eau, James Cameron s'est employé à nous faire découvrir un monde merveilleux tout en exploitant scénaristiquement les failles qui agitent en temps réel notre planète la Terre. Impossible en effet de ne pas ressentir un certain malaise face à ces baleiniers qui déciment à la surface de nos océans les plus grands mammifère marins lorsque survient l'infâme chasseur de tulkun, Mick Scoreby (l'acteur Brendan Cowell). Quant à l'homme, James Cameron continue à en faire le visage du mal. L'envahisseur, destructeur d'un écosystème dont il ne cesse de vouloir prélever les ressources. Avec un affolant soucis du timing, James Cameron passe de la contemplation d'un univers aquatique et de ses magnifiques autochtones à l'arrivée ''en grandes pompes'' particulièrement tonitruante de l'armée commandée par l'avatar du Colonel Miles Quaritch (toujours interprété par Stephen Lang). Si bien que l'amateur de cinéma d'action et le doux rêveur pourront se retrouver côte à côte pour cette grande messe de plus de trois heures qui en paraissent moitié moins...


Avatar 2 : la voie de l'eau se présente moins comme une séquelle attendue que comme un nouveau cycle. Un nouveau point de départ. Mieux : une remise à zéro de l'univers de Pandora et des Na'vis. Un nouveau volet pour de nouveaux environnements qui s'avéreront au final beaucoup plus riches que dans le premier volet. Sorti des prouesses technologiques dont est gavé le film et qui pour une fois dans l'univers des blockbusters ne sert pas qu'à remplir des vides scénaristiques, l'aventure se veut également humaine. Moins portée sur l'amour entre deux ''créatures'' de nature différente que sur le lien familial, le film touche par la proximité qui relie les valeurs morales des Na'vis à celles que l'on rêverait de voir se généraliser sur notre propre planète. Pandora, c'est le paradis tel que la Terre devrait l'être. Sans l'homme pour la détruire. Un message profondément naïf, certes... Le nouveau long-métrage de James Cameron brasse une quantité de sujets, ce qui permet au film de toucher tout le monde à divers degrés. Fraternité, symbiose, dualité, environnement, etc... Rien que de très classique comme l'argueront sans doute certains. Mais pour une fois, oserais-je dire, quelle importance puisque le spectacle est ici total et que le fond rejoint la forme telle que les a voulu James Cameron. Et dire qu'il va falloir attendre 2024 pour découvrir la suite...

 

mercredi 21 décembre 2022

Avatar de James Cameron (2009) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avant de plonger la tête sous l'eau et d'espérer trouver deux places côte à côte pour ma compagne et moi en fin d'année pour la projection du ''tant attendu'' Avatar 2 : la voie de l'eau, retour sur le premier volet dont la seconde bouture aura mis treize années à voir le jour. À l'époque, le spectacle enchanteur avait, je l'avoue, pris le dessus sur la profondeur du scénario. Si la forme avait pris tant d'emprise sur l'écriture, c'était sans doute parce que Avatar me semblait avoir d'abord été conçu pour offrir un spectacle visuel inédit. Ce qu'il fut d'ailleurs, en terme de technologie numérique. C'est donc ainsi que je décidais consciemment d'aborder Pandora et ses Na'vis comme une sorte de Apocalypto en mode 2.1 sans qu'il soit pour autant forcément plus spectaculaire que le chef-d’œuvre réalisé par Mel Gibson quelques années en arrière. Sorti de la salle j'étais comme beaucoup, essoré, éreinté, mais néanmoins subjugué par la quantité de données que James Cameron avait pu concéder à son public. Une claque monumentale qui me fit immédiatement oublier la vacuité du scénario. Un spectacle total qui ne parvint cependant pas à faire oublier ces durs instants de souffrance céphalique provoquée par une 3D et une image parfois si sombre que j'osais durant la projection, retirer à diverses reprises les lunettes que je portais sur le nez. L'étrange flou qui irradiait alors l'écran devenait incontestablement plus supportable que l'impression de ''gris'' qui ruinait un visuel que j'osais supposer nettement plus confortable en 2D ! Que le nombre des années porte chance ou non, voilà que treize ans plus tard je décide de me replonger dans l'aventure Avatar premier du nom. Je l'avoue, ça n'est pas la première fois puisque quelques années en arrière, j'ai tenté de retrouver ce même frisson mêlé de nausée en espérant être enfin débarrassé de ce très incommodant vertige lié à sa 3D. C'est ainsi que la réalité m'a enfin sauté au visage et que j'ai pu constater combien le scénario pouvait être convenu. À me demander même si le mal de tête d'origine n'avait pas eu davantage de conséquences sur cette indifférence liée au récit que les effets-spéciaux eux-mêmes. Aujourd'hui est enfin l'occasion de redécouvrir le film dans sa version ''ultime''. J'entends par là, dans son montage rallongé de seize minutes. Soit presque trois heures de spectacle, considérant cette fois-ci que la 2D est peut-être définitivement pour moi, la meilleure alternative pour m'immerger dans le merveilleux univers de Pandora...


Ce qui semble-t-il avait beaucoup fait réfléchir les sceptiques à l'époque contenait dans la simple idée qu'une civilisation moins évoluée que l'espèce humaine ait pu avoir l'avantage sur cette dernière lors de certains affrontements. Car ne l'oublions pas. Si l'homme est parvenu à atteindre Pandora, c'est d'abord et avant tout parce que des technologies avancées le lui ont permis. Les spectateurs ont donc pu constater qu'en matière d'armement, là encore le peuple des Na'vis avait encore de très grands progrès à faire. Avatar souffrait d'un défaut majeur dont certains tentèrent de noyer l'évocation sous un déluge d'informations revendiquant la majesté visuelle et technique du long-métrage. De ce point de vue là, il était logique d'accorder que le film de James Cameron n'avait de leçons à recevoir de personne. Après, que l'on soit simple spectateur ou fan avéré de cinéma dans tous les compartiments qui le composent, on peut avoir des doutes quant à une quelconque innovation en terme d'écriture puisque Avatar n'est ni plus ni moins qu'une œuvre où le Bien combat le Mal. Où l'armée est caractérisée comme à son habitude, avec ses soldats et ses officiers surentraînés, bodybuildés, mais aussi souvent bas du front. C'est donc à ce propos que l'on est en droit de s'interroger sur certaines des valeurs artistiques du projet qui paraît alors n'être qu'une vitrine technologique repoussant les limites de tout ce qui a été étalé sur grand écran jusque là ! Et c'est vrai que Avatar est beau, qu'il en met plein la vue, avec ses formidables environnements, ses décors et ses personnages générés par ordinateurs. Cette nouvelle norme qui à l'époque met tout le monde d'accord. Mais après ça, que reste-t-il du long-métrage de James Cameron ? Une réécriture de l'Histoire terrienne en mode extraterrestre ?


Comme dans tout bon ou mauvais film traitant de l'asservissement, du remplacement ou de l'extermination de tout un peuple, Avatar faisait bien les choses en mettant en scène une guerre entre deux civilisations. L'une, colonisatrice et la seconde, constituée d'autochtones. L'homme face au peuple originaire de Pandora. Avec, toujours en toile de fond, le duel éternel entre soldats et scientifiques. Il est si simple de prendre fait et cause pour les seconds et pour le peuple qu'ils vont tenter d'approcher. Surtout lorsque l'armée est figurée par un individu aussi primaire que le colonel Miles Quaritch. OUI ! Un colonel ! Car on ne peut pas dire que l'acteur Stephen Lang fasse dans la finesse. Pas plus que son doubleur français Jean-Bernard Guillard et son timbre de voix rauque. On ne s'étonnera qu'un très court instant de cette imagerie un brin stéréotypée qui ne s'éloigne au fond pas vraiment de celle que véhiculaient Aliens, le retour en 1986 ou Abyss trois ans plus tard que réalisait déjà le Sieur Cameron... On l'aura donc compris, son Avatar, celui qui fait référence aux personnages représentant tel ou tel internaute, est bien davantage que la simple icône numérique qu'il est censé représenter et se veut tout d'abord un message de paix pour tout homme et toute femme vivant sur notre planète. Accepter la différence, respecter les peuples, leurs terres, leurs coutumes et leurs croyances. Mais pour faire la différence, James Cameron possède l'arme ultime : la féerie de l'imaginaire et surtout, les armes pour s'en emparer et la transposer à l'écran. Le concept est simple. Se fondre parmi les Na'vis sous une forme hybride. Comprendre qu'une fois reposant dans d'étranges caissons, les héros humains ne seront plus reconnaissables qu'à travers leur voix ainsi qu'à travers leur visage. Le réel se confond si bien avec l'illusion que l'on est parfois incapable de dissocier le vrai du faux. Et ce même s'il arrive que certaines images de synthèse parviennent avec beaucoup de mal à se substituer aux véritables interprètes comme cela peut être notamment le cas lorsque le colonel Miles Quaritch s'installe à bord d'un mecha !


Le sujet de Avatar est universel. Il est même évident que les sources d'inspiration du scénario reposent sur des exemples propres à l'humanité. Il est inconcevable d'imaginer que James Cameron ait pu créer un tel univers sans avoir à l'esprit les us et coutumes de certaines tribus d'Afrique, d'Amazonie ou des indiens d'Amérique. Tout ou presque renvoie à ces peuplades dont l'homme dit civilisé n'a jamais cessé de vouloir entreprendre la destruction au profit des ressources naturelles. Ce qui est tout ou partie de l'intrigue de Avatar puisque l'on comprend rapidement que l'homme tient à s'approprier les richesses naturelles propres à Pandora. Mais le long-métrage de James Cameron n'est pas qu'une vision manichéenne opposant nos semblables à ce qui est comparable à des cultures technologiquement ''sous-développées''. Il met également au cœur de l'intrigue l'initiation de son héros incarné par l'acteur Sam Worthington qui dans la peau du soldat Jake Sully intègre le clan Omaticaya dont la princesse Neytiri (l'actrice Zoe Saldana) va devoir faire l'éducation. S'imposent à l'image des valeurs qui semblent chez nous s'être peu à peu délitées et qui renvoient encore une fois aux coutumes terriennes qui ne subsistent aujourd'hui qu'au plus profond des forêts tropicales terrestres. La bande musicale du compositeur James Horner renvoie d'ailleurs régulièrement les personnages à ces tribus ancestrales. James Cameron habitue tout d'abord le public à ce peuple connecté à la nature environnante (Sigourney Weaver, dans le rôle du Docteur Grace Augustine donnera d'ailleurs une définition claire et précise du cadre dans lequel vivent les Na'vis). Jake est initié à la chasse, à la découverte de la nature, aux coutumes du clan Omaticaya, tout cela au cœur d'un spectacle sonore et visuel foisonnant. Faune et flore brillent de mille feux et de mille couleurs. Mais si l'imagination foisonne, on retrouve encore certaines inspirations. La flore renvoie aux espèces tropicales terrestres tandis que la flore rappelle certaines créatures du temps de la Préhistoire... Au spectateur ensuite de choisir son camp. Entre culture new age et gros bras armés, pacifisme et affrontements, amour et génocide, Avatar en met plein la vue et plein les oreilles mais reste scénaristiquement convenu...

 

lundi 8 juin 2020

Terminator 2 : Judgment Day de James Cameron (1991) - ★★★★★★★☆☆☆



N'étant pas de ceux qui suivent scrupuleusement l'évolution des personnages d'une franchise en m'excitant comme une puce dès lors qu'intervient telle ou telle incohérence (à part celle concernant Star Trek, je l'avoue), c'est sans doute la raison pour laquelle j'ai rejoins les rangs de ceux qui ont apprécié la sortie en 2015 de Terminator Genisys d'Alan Taylor et de Terminator : Dark Fate de Tim Miller l'année passée. Étant de ceux qui eurent la chance et le privilège de découvrir le tout premier Terminator de James Cameron en salle à l'époque de sa sortie en avril 1984, ce chef-d’œuvre absolu de la science-fiction et de l'action à ranger aux côtés du Predator de John McTiernan n'avait selon moi, surtout pas besoin d'une séquelle. Et surtout pas de Terminator 2 : Judgment Day. Un long-métrage qui est à l'origine de nombreuses disputes entre potes, la totalité d'entre eux assurant leur passion pour ce second volet qu'ils préfèrent nettement au premier tandis que je défendais bec et ongles, le statut de meilleur opus de la saga de Terminator premier du nom. En réalisant Terminator 2 : Judgment Day. James Cameron adoucissait les angles d'une œuvre au caractère profondément sombre. L'univers du premier opus était sauvage, brutal, noir et d'un pessimisme absolu. Si James Cameron l'a d'ailleurs majoritairement filmé de nuit, c'est sans doute dans le soucis de proposer un produit aussi efficace en matière d'action, que nihiliste en terme de récit. Si la suite conserve un fond de pessimisme, James Cameron semble avoir pourtant tourné sa veste en proposant une version édulcorée de son classique pour pouvoir attirer dans ses griffes de producteur, tous les types de public, des fans du premier opus jusqu'aux enfants, sans doute moins atteints psychologiquement par une suite beaucoup moins ''cauchemardesque''...

Si par rapport au premier Terminator ce second volet conserve une logique scénaristique qui peu à peu s'effacera au fil des nombreuses séquelles, l'une des quelques bonnes idées du script est d'avoir fait de la machine incarnée par Arnold Schwarzenegger, le gentil du film. Tandis qu'on lui oppose ainsi qu'à Sarah (Linda Hamilton) et John Connor (Edward Furlong), une machine d'un genre nouveau, le T-1000 (l'acteur Robert Patrick), James Cameron semble se moquer de sa propre franchise en y injectant des punchlines qui certes, amuseront la galerie, mais qu'un vrai fan du premier opus ne pourra réellement ''digérer''. Alors oui, le spectacle est bien au rendez-vous. Les effets-spéciaux, pour l'époque, sont réellement bluffants. Mais à le redécouvrir aujourd'hui, on pourra émettre une opinion personnelle quant à leur difficulté à supporter le temps qui passe. Incroyables pour l'époque, ils peinent aujourd'hui à convaincre. Surtout lors de certains déplacements du T-1000 dont on devine assez facilement que se cachent en partie derrière ce personnage, des effets-spéciaux numériques. Les pro-Terminator 2 argueront sans doute que le premier ne s'en sort sans doute pas mieux, et même, encore moins bien. C'est sans doute vrai. Mais c'est aussi ce qui participe de son charme quand Terminator 2:Judgment Day semble, lui, vouloir atteindre la perfection. C'est ce que l'on pourrait lui reprocher d'ailleurs. De trop vouloir ressembler à une ''vitrine'' tout en omettant parfois d'aller à l'essentiel. Conséquences : le film s'avère parfois très ennuyeux. Un comble pour une séquelle qui se veut au contraire un divertissement de tous les instants...

Les fans de la franchise s'y retrouveront cependant très certainement. James Cameron y respecte l'évolution de ses personnages. Et même si le récit fait un bond important dans le temps, ceux-ci demeurent immédiatement identifiables. Sarah Connor évidemment, toujours incarnée par l'actrice Linda Hamilton qui en sept années, à eu largement le temps de prendre du muscle. Et même John Connor, pourtant absent du premier volet et qu'incarne l'acteur Edward Furlong alors âgé de quatorze ans à l'époque (son personnage n'ayant que onze ans). L'une des grosses différences demeure donc dans un Arnold Schwarzenegger faisant cette fois-ci plutôt le bien que le mal face à un Robert Patrick par contre, totalement convaincant dans la peau du T-1000. Aussi froid que son homologue de 1984 mais cependant doté d'une technologie le rendant apparemment indestructible. Une idée non seulement séduisante, mais surtout logique. Surtout lorsque l'on sait que le T-800 n'était pas infaillible puisqu'il était détruit dans le premier Terminator. Il fallait donc lui trouver une alternative beaucoup plus résistante dont le public ne pourrait soupçonner la façon dont les héros parviendraient à l'éliminer. Si une partie du long-métrage reprend certaines scènes-clés du premier opus en leur apportant une plus-value en matière d'effets-spéciaux, James Cameron en profite surtout pour exploiter et approfondir le sujet de Cyberdyne Systems et Skynet qui sont à l'origine du désastre à venir que l'on connaît...

Déjà très (trop) longue, la version cinéma de deux heures et dix-sept minutes sortie à l'époque en 1991 demeure cependant la plus courte puisqu'en 1993 sera disponible une ''Special Edition'' de deux heures et trente-trois minutes ainsi qu'une ''Skynet Edition'' en 2009 plus longue encore de trois minutes. La version cinéma sur laquelle repose cet article est une bonne surprise. Bien qu'inférieur au précédent volet, Terminator 2:Judgment Day fournit suffisamment de matière pour que le fan pur et dur passe un très agréable moment. James Cameron sait y faire lorsqu'il s'agit d'action comme il le prouvera d'ailleurs déjà cinq ans plus tôt avec le second volet de la franchise Alien et ce, même si à plusieurs occasions, le rythme s'avère malheureusement brisé par des séquences ''attentistes''. Le récit évolue avec bien davantage de logique que dans les prochains opus qui prendront de très larges libertés scénaristiques. Mais pour ceux qui ne jurent que par le tout premier Terminator, comme c'est le cas pour moi, cette séquelle est une redite partielle, agrémentée d'une évolution logique du récit, ponctuée de séquences d'action remarquables et d'effets-spéciaux, pour l'époque, saisissants. Mais pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cet épisode, ni même le tout premier, et ne porteraient qu'un faible intérêt à la mythologie de la franchise, autant qu'ils se rabattent sur Terminator:Dark Fate. Car si pour les puristes le long-métrage de Tim Miller demeure une trahison (le réalisateur osa quand même y faire assassiner le sauveteur de l'humanité John Connor !!!), le film reprend assez fidèlement une partie des séquences de Terminator 2:Judgment Day et peut être dès lors considéré comme un hybride entre une suite ayant pris la malhonnête liberté de se débarrasser de tout ce qui l'encombrait et un reboot aux effets-spéciaux dernier cri. À chaque spectateur alors, fan ou non, de faire son choix...

lundi 18 novembre 2019

Terminator de James Cameron (1984) - ★★★★★★★★★☆



Plus de mille neuf-cent articles et pas un seul consacré au premier Terminator. J'ai honte ! Tellement honte. L'un des mes plus grands frissons, répété à l'envie, sept jours d'affilées, dans le même petit cinéma de quartier de Chelles, en Seine et Marne (seul Le Retour des Morts-Vivants subira le même sort). Le Cosmos, qui existe toujours même si depuis, beaucoup de choses ont changé question décoration intérieure. James Cameron, Linda Hamilton, Michael Biehn et Arnold Schwarzenegger. Le carré gagnant. Action, science-fiction, et même, oui, épouvante. Parce que j'ai encore le souvenir de cette machine terrifiante et indestructible.Rien que ce plan lors duquel le T800 sort des flammes, se relève et paraît durant un court instant, gigantesque. Ou un peu plus tard, lorsque dans le couloir qui mène à l'intérieur de l'usine où il connaîtra ENFIN un destin funeste, on le voit s'approcher tandis que Sarah Connor et Kyle Reese tentent de fermer sur lui une lourde porte de métal. Qui ne s'est pas écrié intérieurement ''Mais fermez-la, cette bon dieu de porte !'' ?

Les petits jeunes d'aujourd'hui ne peuvent absolument pas comprendre ce que le public adolescent d'alors pu ressentir au moment de pénétrer dans la salle de cinéma, curieux de découvrir le ''premier'' long-métrage de James Cameron sur grand écran (oui, euh, parce qu'il faut que je vous dise, le papa du très mauvais Piranha 2 : Les Tueurs Volants l'a désavoué). Ce préambule situé en 2029 dans une cité dévastée, charnier à ciel ouvert où des milliers de crânes humains sont pilés par de monstrueuses machines de guerre totalement autonomes. Cette vision extrêmement sombre d'un futur incertain pour l'humanité qu'une poignée de résistants cherche encore à sauver. Et puis, ce générique tribal et guerrier composé par le chanteur et compositeur américain Brad Fiedel, extraordinaire mise en bouche d'une œuvre de science-fiction brutale et anxiogène qui se déroulera alors en 1984, nos jours d'alors... L'histoire est on ne peut plus simple. Venue du futur, une machine, le Terminator, arrive au beau milieu des années quatre-vingt pour tuer Sarah Connor. Jeune employée d'un fast-food, elle doit bientôt donner naissance au futur chef de la résistance humaine qui en 2029 doit normalement vaincre les machines créées à l'origine par l'intelligence artificielle Skynet. De l'année 2029, John Connor, le fils de Sarah, envoie l'un de ses plus fidèles combattants en la personne de Kyle Reese afin de protéger la jeune femme du Terminator dont l'unique objectif est de la tuer.

L'une des premières très grandes idées de ce premier Terminator est d'opposer une machine quasi-indestructible à un homme dans tout ce qu'il possède de force mais aussi de faiblesse. Michael Biehn incarne un Kyle Reeze charismatique débarquant avec tout ce qui caractérise son humanité (le Terminator est insensible à la douleur. Lui pas !). James Cameron lui oppose un Arnold Schwarzenegger physiquement impressionnant. Un Terminator au visage anguleux, au regard froid et impénétrable (normal, il s'agit d'une machine). Le combat semble inégal, perdu d'avance pour l'homme face à la machine. Toute la prudence dont est contraint de faire preuve Kyle Reeze (face à la machine mais également à la police), le Terminator, lui, s'en tape. Impossible à détruire, il peut quand bon lui semble, entrer dans un commissariat et y tuer la totalité des policiers présents !
Un combat perdu d'avance, surtout qu'entre en jeu Sarah Connor, qui sous l'apparence du joli boulet dont il faut sauver la vie, celle-ci ne va pas faciliter les choses à Kyle. Du moins, dans un premier temps. Et dire que Michael Biehn et Arnold Schwarzenegger ont failli ne pas faire partie de l'aventure, considérant l'histoire quelque peu stupide...

Film d'action effréné (on ne s'ennuie pas une seconde, ce qui ne sera pas le cas de la suite, aïe, aïe, aïe!!!). Courses-poursuites en voiture, à moto ou à bord d'un poids-lourd, le Terminator à la faculté de s'adapter à tout type de situations (il est doté d'un micro-processeur lui permettant d'analyser rapidement chaque scène afin de l'appréhender au mieux). Doté d'un squelette entièrement métallique, il est cependant recouvert de peau humaine. Ce qui lui confère l'apparence d'un homme. Ce qui en terme d'effets-spéciaux est plutôt économique. Concernant ces derniers, ils sont l’œuvre de Roger George et Frank DeMarco de Fantasy II Film Effects, le célèbre Stan Winston s'étant chargé de la modélisation du Terminator après que Dick Smith ait refusé de participer au projet sans oublier de conseiller à James Cameron de faire appel à celui qui deviendra l'un des grands spécialistes des maquillages et des effets spéciaux animatroniques. Pas de CGI (privilège qui sera par contre réservé à la séquelle Terminator 2 : le Jugement sept ans plus tard), mais quelques séquences à effets-spéciaux sont demeurées inoubliables. Comme ces deux ou trois plongées dans un 2029 nihiliste, avec ses machines gigantesques annihilant l'espèce humaine. Et puis, il y a ces nombreux gunfight, absolument jouissifs. À l'intérieur de la boite de nuit Technoir (terme relatif aux œuvres de science-fiction mêlée au film noir), dans le commissariat (dans lequel on croise notamment la route de Paul Winfield dans le rôle du lieutenant Ed Traxler, Earl Boen dans celui du Docteur Peter Silberman ou encore Lance Henriksen (que l'on reverra dans le film suivant de James Cameron, Aliens : le Retour) qui lui incarne le sergent Hal Vukovich, ou dans les rues de Los Angeles. Mais si Sarah Connor/Linda Hamilton (qui sortait du tournage des Démons du Maïs la même année avant de poursuivre une discrète carrière d'actrice cinéma hors saga Terminator) et Kyle Reeze/ Michael Biehn sont bien les vedettes du film, le Terminator n'en est pour autant pas relégué au second plan.

De sa forme initiale sous les traits d'Arnold Schwarzenegger jusqu'à son apparence finale débarrassée de ses attributs organiques, le Terminator est examiné sous toutes les coutures. Mais c'est ainsi donc également que les effets-spéciaux montrent leurs limites. Si l'effet faisait à peu près illusion à l'époque, la scène durant laquelle le Terminator est face au miroir cache assez mal la '''marionnette'' qui remplace l'acteur durant cette séquence relativement sanglante où le cyborg s'arrache un œil. Ce qui d'ailleurs s'avère dommage si l'on tient compte du fait qu'un peu plus tard, le visage abîmé du Terminator est un maquillage beaucoup plus convainquant directement appliqué sur le visage de l'acteur. On notera vers la fin un effet en Stop Motion, lui, plutôt sympathique même si à l'époque, l'intégration de personnages ou d'objets dans une image filmée à part était encore perfectible.

Mais plus que ces menus défauts, ce que l'on retient de ce premier Terminator, c'est son incroyable endurance. Impossible d'éprouver le moindre sentiment d'ennui. Le couple Kyle/Sarah et la trop courte passion qui les anime les rend absolument touchants. L'unité de temps très courte choisie par James Cameron et un montage serré permet à Terminator d'aller directement droit au but. Chaque scène y est donc à sa place. Film culte par excellence, c'est pourtant souvent sa première séquelle qu'évoquent ceux qui vécurent cette première expérience beaucoup plus tard que lors de sa sortie officielle au cinéma. C'est pourtant bien ce Terminator là, le seul, le vrai, qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie...

lundi 9 septembre 2019

Piranha Part Two: The Spawning de James Cameron et Ovidio G. Assonitis (1981) - ★★★★★★☆☆☆☆



Si l'on demande à James Cameron le titre de son premier long-métrage, il y a de fortes chances pour qu'il évoque le premier volet de la saga Terminator plutôt que la séquelle du sympathique Piranhas réalisé par le cinéaste Joe Dante en 1978. Désavoué par le réalisateur de Aliens, le retour, Abyss, Titanic et Avatar (dont les quatre prochaines séquelles sont attendues pour les huit années avenir), Piranha Part Two: The Spawning (retitré chez nous Piranha 2 : Les Tueurs volants), cette suite a en effet de quoi faire tâche dans une filmographie que l'on peut juger d'exemplaire. Pour autant, faut-il réellement en avoir honte ? En réalité, pas vraiment car contrairement à ceux qui voudraient nous faire croire que cette suite est une immense daube, elle n'est pas aussi mauvaise qu'on pourrait l'imaginer. Sans doute certains critiques ont-ils besoin de se réconforter à l'idée de savoir que même un mégalomane de l'acabit de son auteur a pu un jour défaillir, mais la vérité est que Piranha Part Two: The Spawning se regarde, oui, oui. Très loin du nanar que certains s'amusent à évoquer, il n'est pas insupportable de suggérer qu'il peut être relativement agréable à suivre même si au fond, on ne peut pas dire que du point de vue du scénario, James Cameron et le scénariste et producteur italien Ovidio G. Assonitis aient pondu un script remarquable...

Afin de se démarquer de l'original, et même si cette séquelle reprend l'hypothèse de créatures marines issues d'expérimentations militaires, les deux hommes semblent tenir entre les mains L’IDÉE qui fera de leur petit bébé l’œuvre qui se démarquera du petit classique que réalisa Joe Dante deux ans auparavant : désormais, les piranhas du film voleront, accentuant ainsi leurs capacités à faire de l'homme leur principal déjeuner. En ouverture, une scène de cul improbable entre un homme et une femme venus découvrir de nouvelles sensations en forniquant dans les fonds marins. De quoi réveiller les vilaines petites bêtes qui viendront les grignoter avec autant de vigueur que leur cousins du premier Piranhas. Comme le spectateur le remarquera très rapidement à travers le générique de début, l'essentiel de l'équipe autour du film est constitué d'italiens dont le compositeur Stelvio Cipriani (La Baie sanglante de Mario Bava, La Lame infernale de Massimo Dallamano, L'Avion de l'apocalypse d'Umberto Lenzi) qui pour le coup signe une partition musicale fort agréable à entendre.

Pour le reste, Piranha Part Two: The Spawning n'est qu'une très pâle copie de l'original, mais aussi des Dents de la Mer de Steven Spielberg en relatant l'éternel discours des conséquences économiques qui pourraient surgir dans un contexte touristique et ici, comme dans l'original, la responsabilité de l'armée dans cette affaire. Si le double meurtre en ouverture du film laisse craindre le pire en matière d'effets gore, le film est cependant nanti de quelques séquences hautement sanglantes qui fera patienter les spectateurs les plus influençables en la matière jusqu'au générique de fin. Le film de James Cameron, co-écrit et co-réalisé aux côtés d'Ovidio G. Assonitis (qui le produit également) est évidemment parcouru de séquences en mode ''topless'' et tente vainement de faire rire à travers des dialogues absolument navrants. On notera la présence à l'écran de l'actrice Tricia O'Neil dont la ressemblance avec Adrienne Barbeau (Fog, New York 1999, Creepshow, etc...) est stupéfiante ou celle de l'acteur Lance Henriksen que l'on verra à de nombreuses reprises sur grand écran dont deux autres longs-métrages de James Cameron, Terminator et Aliens, le retour. Ne vous laissez pas abuser par les critiques féroces à l'encontre du premier film de James Cameron (dont il fut éjecté parait-il, au bout de deux semaines de tournage) car si Piranha Part Two: The Spawning n'est très clairement pas une réussite, il se laisse malgré tout regarder...
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