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jeudi 26 mars 2026

Black Sun: The Nanking Massacre (Hei Tai Yang: Nan Jing Da Tu Sha) de Tun-Fei Mou (1995) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Considéré comme le quatrième et dernier opus de la franchise Men Behind the Sun démarrée en 1988 par le réalisateur Tun-Fei Mou et poursuivie en 1992 et 1994 par Godfrey Ho avec les volets Men Behind the Sun 2 : Laboratory of the Devil et Men Behind the Sun 3: A Narrow Escape, le réalisateur à l'origine du premier revenait en force en cette année 1995 pour offrir aux spectateurs une conclusion très éloignées des préoccupations des trois premiers longs-métrages. En effet, alors que les deux premiers s'intéressaient aux horreurs perpétrées par le Japon lors de la seconde guerre mondiale dans un camp de prisonnier/laboratoire connu sous le nom d'Unité 731, le troisième évoquait le départ précipité à bord d'un train de celles et ceux qui participèrent aux expériences inhumaines qui y furent conduites... Dans ce quatrième opus désormais intitulé Black Sun: The Nanking Massacre (Hei Tai Yang: Nan Jing Da Tu Sha) et dans lequel nous retrouvons bon nombre d'interprètes et de figurants qui n'iront pas plus loin dans leur carrière d'interprète ou de simple silhouette que cette seule expérience, Tun-Fei Mou revient sur l'un des faits les plus marquants qui aient entaché la seconde guerre mondiale, la Chine et le Japon. Alors que l'Unité 731 où étaient menées des expériences scientifiques sur des armes bactériologiques n'est ici pas au centre du récit, l'action s'inscrit cependant pile au milieu de la période où eurent lieu les horreurs commises à Harbin dans la Mandchourie. Le réalisateur délocalise les horreurs perpétuées par l'armée japonaise jusqu'à Nankin à l'issue de la bataille qui opposa l'Armée impériale japonaise à l'Armée nationale révolutionnaire chinoise. En cette fin d'année 1937, des troupes chinoises constituées de cent-mille hommes environ sont laissées sur place par le chef du Kuomintang (ou parti nationaliste chinois) Chiang Kaï-shek. Alors que le Gouvernement chinois en place décide de déserter les lieux face à l'arrivée prochaine de l'armée japonaise, Nankin est confiée à un comité international dirigé par l'homme d'affaires et dirigeant allemand du parti nazi, John Rabe...


Mais face aux envahisseurs, ce défenseur des droits internationaux ne fera pas le poids... comme le montreront rapidement les images de ce film où les horreurs de la guerre y sont décrites sans le moindre filtre. En effet, Tun-Fei Mou repousse avec Black Sun: The Nanking Massacre les limites de l'horreur à travers des actes de barbarie rarement vue jusque là sur un écran de cinéma. Traduisible sous le titre de Soleil noir : le massacre de Nankin, l’œuvre du réalisateur taïwanais est un véritable catalogue d'atrocités dont certaines repoussent les limites de l'envisageable. Surtout lorsque l'armée japonaise s'en prend à des femmes ou des enfants. Derrière son contexte politico-militaire visant à décrire les intérêts des uns et des autres des généraux de l'armée japonaise, derrière aussi l'histoire de cet homme, père de deux enfants et témoin des horreurs qui sont commises autour de lui, Black Sun: The Nanking Massacre multiplie les séquences d'horreur. Du plus ''classique'' dans ce type de contexte génocidaire avec ces dizaines et même ces centaines de soldats désarmés, de civils faits d'hommes et de femmes de tout âge, abattus par arme à feu ou décapités à l'aide d'un sabre. Une scène de crime en forme de colline où s'effondrent les cadavres qui viennent de tomber sous les balles tandis que des centaines d'autres prisonniers attendent leur tour à quelque pas de là. Jusqu'aux horreurs les plus inenvisageables. Comme cette femme éventrée dont on arrache le fœtus à l'aide d'une baïonnette. Ou cette autre que des soldats violent avant de contraindre un moine bouddhiste d'en faire autant. Comme ce bébé jeté au sol avant d'être poignardé. Ou cet autre qui devant les yeux de sa mère est jeté quant à lui dans une marmite d'eau bouillante. Le réalisateur ne ménage effectivement pas ses effets, quitte à faire dans le gratuit histoire de remuer les estomacs. Malgré la facilité avec laquelle il incorpore ensuite à ses scènes d'horreur des photos ou des vidéos d'époque parfaitement authentiques, Tun-Fei Mou a malgré tout un réel sens de la mise en scène. Des milliers de figurants exécutant les directive du réalisateur pour un film de guerre en forme de charnier souvent éprouvant...

 

vendredi 13 mars 2026

The Soldier's Revenge de David Worth (1986) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Ancien vétéran de la guerre du Vietnam ayant dénoncé les exactions de l'armée américaine lors d'une mission qui fit de nombreuses victimes innocentes, Frank Morgan (l'acteur John Savage) est accueilli froidement par la population de sa ville natale. Considéré comme un traître à la nation, il est pris à partie par certains habitants qui voient son retour d'un mauvais œil. Tandis qu'il est contraint d'affronter plusieurs d'entre eux, cet ancien pilote d'avion est engagé par Beatriz (Maria Socas), une jeune femme contrainte de transporter des armes jusqu'en Amérique latine où le chef d'un groupe de mercenaires révolutionnaires retient son père prisonnier. L'occasion pour Frank de fuir ceux qui en veulent à sa peau. Arrivé à destination, il rencontre Ricardo (Edgardo Moreira), le chef de la résistance en question. Mais alors que l'un des membres du groupe armé annonce que le père de Beatriz est finalement mort lors d'un ''accident'', Frank tente de convaincre Ricardo d'abandonner toute tentative de renverser l'état, prônant ainsi un retour à la paix. Ce que n'entend bien évidemment pas d'entreprendre le chef des rebelles qui décide alors de faire exécuter les deux américains... Divisé en trois parties, la ''revanche'' promise par The Soldier's Revenge va prendre pourtant des allures de message pacifiste. Prenant ainsi le contre-pied de l'un des classiques du genre, le Rambo signé en 1982 par le réalisateur américain Ted Kotcheff avec dans le rôle-titre, l'acteur Sylvester stallone. Alors que dans ce dernier, le héros mettait à feu et à sang la petite ville forestière de Hope après en avoir été chassé par le shérif Will Teasle qui le traqua ensuite avec ses adjoints au cœur d'une région montagneuse, le protagoniste de The Soldier's Revenge prend le parti de fuir la ville pour aider sa partenaire féminine lors d'un raid à l'étranger particulièrement dangereux. Alors que l'on s'attend à ce que la ''revanche'' du titre prenne place en Amérique Latine et non plus sur le territoire des États-Unis, rien ne va véritablement se dérouler comme le petit film d'action et de guerre que le long-métrage de David Worth semble être. Au vu de certaines séquences comme celle renvoyant Frank Morgan dans le passé, au moment juste où il constatait l'effroyable spectacle d'un village vietnamien dont tous les habitants ou presque avaient été tués, l'on comprend que le budget alloué au tournage du film n'a sans doute pas dû dépasser les quelques centaines de milliers de dollars. Et quel meilleur exemple pour confirmer cette impression que ce passage lors duquel notre héros affronte deux soldats ennemis dans ce qui semble être un sous-bois et certainement pas l'un de ces paysages exotiques qui font la particularité de pays étrangers tels que le Vietnam...


Une scène témoignant du caractère miséreux des moyens financiers consacrés à un film dont son auteur va pourtant tout mettre en œuvre pour cacher ses défauts derrière quelques séquences plus ambitieuses que ne le permettent le budget ! Alors que la première partie est percluse de défauts, entre la séquence souvenir en question ou la bagarre dans le bar filmée de telle manière qu'elle devient parfaitement illisible, le voyage en avion de Frank et Beatriz précédant leur arrivée en terre étrangère améliore quelque peu le contenu du long-métrage. Et ce, même si certains inserts plutôt curieux demeurent des choix qui restent encore très énigmatiques. Comme ces deux ou trois plans qui voient les mains des deux principaux protagonistes se frotter l'une à l'autre tandis qu'ils évoquent leur désir commun. Drôles de plans qui semblent avoir été produits en d'autres lieux et en d'autres temps. The Soldier's Revenge se poursuit ensuite alors que l'avion a finalement atterrit à quelques dizaines de kilomètres de sa destination en raison d'une panne annoncée de carburant. Sur un petit aéroport... Le hasard faisant d'ailleurs bien les choses puisque Ricardo et plusieurs de ses hommes les y attendent justement... Si l'on observe le fait que l'avion devait tenir jusqu'au bout et atterrir quelques cinquante kilomètres plus loin, comment expliquer que le chez de la rébellion se trouve dans ce petit aérodrome, perdu au milieu de nulle part ? Faisant parfois fi de toute vraisemblance, The Soldier's Revenge est surtout en manque de séquences véritablement musclées. Quelques explosions et fusillades agrémentent il est vrai le récit, mais pour un film qui se veut être la vengeance d'un soldat de l'armée américaine, le film de David Worth montre très rapidement ses limites. Au final, l'on tient là une bisserie typique des années quatre-vingt. Entre film de guerre, d'action et drame à la psychologie résiduelle. Bref, une petite série B à réserver tout d'abord aux amateurs du genre...

 

mardi 7 octobre 2025

Pozegnania de Wojciech Has (1958) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Auteur de plus d'une dizaine de courts-métrages tournés entre 1947 et 1955, le réalisateur et scénariste polonais Wojciech Has s'est ensuite absenté avant de revenir avec un premier long-métrage intitulé Petla en 1958. La même année, le cinéaste retrouve pour la seconde fois celui qui deviendra son acteur fétiche en la personne de Gustaw Holoubek. Homme aux multiples casquettes, vu au cinéma et au théâtre ainsi que sur la scène politique puisqu'il sera député à la Diète de la république de Pologne entre 1976 et 1982 avant de devenir sénateur au début des années quatre-vingt dix ! Mais le véritable héros de Pozegnania (Les adieux), second long-métrage réalisé par Wojciech Has en 1958, n'est pas incarné par Gustaw Holoubek mais par Tadeusz Janczar. Lequel interprète le rôle de Pawel, fils d'une famille aisée, promis à un riche avenir mais qui devant l'étouffante ambition de ses parents choisi de prendre la fuite au bras de Lidka (Maria Wachowiak), jeune et jolie danseuse de cabaret, fatiguée de devoir tenir la chandelle à de vieux hommes fortunés. L'occasion pour les deux jeunes gens d'aller prendre l'air à la campagne et pourquoi pas, s'avouer leurs sentiments réciproques... ? Mais cette adaptation du roman éponyme de l'écrivain Stanisława Dygata s'affranchit des conventions propres au romanesque pour inscrire cette curieuse aventure ''amoureuse'' au sein d'une bourgeoisie polonaise d'après-guerre où les valeurs seront inversées. Pawel, jeune homme un brin rebelle, refusant sa condition de nanti peut ainsi apparaître comme un sale garnement, à qui tout est offert, et qui malgré tout préfère aller jusqu'à vivre dans une chambre d'hôte miteuse et nouer une étrange relation avec une jeune femme de peu de vertu que de suivre le chemin tout tracé par son statut et ses parents. Durant quarante minutes, le spectateur a droit à un étrange jeu du chat et de la souris entre un Pawel d'abord entreprenant, puis étrangement réticent. Un jeu auquel se prête Lidka en inversant elle-même le concept en se montrant tout d'abord méfiante avant de procéder à un jeu de séduction qui laisse froid le jeune homme. Filmé en noir et blanc, Wojciech Has ironise à travers Pozegnania comme il le fera bien des années plus tard avec le formidable Nieciekawa Historia...


Retrouvant donc notamment l'excellent Gustaw Holoubek, qui dans le rôle de Mirek, l'amant de Lidka vit au sein d'une famille et d'une propriété ''reconvertie'' en ''Arche de Noé'' pour anciens membres de la bourgeoisie polonaise réduits à quémander une petite place au chaud chez la tante de ce dernier. Férocement ironique, Pozegnania traite toutes les couches de la société. Du mépris des nantis qui voient d'un mauvais œil la relation d'un ''gosse de riche'' avec une danseuse de cabaret (l'attitude de Pawel faisant à minima figure de provocation adolescente vis à vis de ses géniteurs) jusqu'à ces curieux personnages de restaurateur ou d'hôtelière que le cinéaste ne ménage pas toujours, en passant par ces anciens riches se disputant comme des couples de classe moyenne depuis qu'ils ont perdu leur rang consécutivement à l'arrivée des troupes allemandes sur le territoire polonais... Tourné entre Varsovie et Podkowa Leśna, Pozegnania est encore timide... Surtout si on le compare aux chefs-d’œuvre que son auteur s'apprêtait à signer par la suite. Si l'ironie s'est déjà faite une place importante dans le cinéma de Wojciech Has, visuellement, on est encore loin d'atteindre la maestria d’œuvres telles que Nieciekawa Historia, Osobisty Pamiętnik Grzesznika Przez Niego Samego Spisany ou de celle de l'incroyable Sanatorium Pod Klepsydrą tourné en 1973... Notons que si le film est l'adaptation du roman du même nom de son compatriote Stanisław Dygat, Wojciech Has en a changé certains concepts. Alors que son futur Nieciekawa Historia sera porté par l'excellent monologue intérieur de son principal personnage incarné par Gustaw Holoubek, le principe est ici abandonné alors même qu'il s'agissait de l'une des principales forces du récit. Le cinéaste a en outre choisit de raconter son histoire à travers celle de son jeune couple, traduisant ainsi sa volonté de transformer le roman d'origine en une œuvre mélodramatique qui depuis a tout de même pris un petit coup de vieux. Il faudra donc envisager Pozegnania comme une œuvre mineure dans la carrière du cinéaste polonais...

 

mercredi 7 mai 2025

A nous la victoire de John Huston (1981) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Ce sport que j'exècre, ce ballon rond comme on l'appelle parfois et dont je contourne ironiquement le vrai nom sous le terme très péjoratif de Foutreball, et bien aujourd'hui, voilà la seconde fois que m'est offerte l'opportunité de lui redorer le blason en l'évoquant sous sa véritable appellation : Football ! La première fois, c'était à travers l'excellent Coup de tête de Jean-Jacques Annaud dont le banquet offert par le héros incarné par Patrick Dewaere à un tas de fumiers et d'hypocrites est demeuré dans toutes les mémoires. Et la seconde, désormais, c'est A nous la victoire de John Huston que je la dois. Non pas que le film soit un chef-d’œuvre ni qu'il soit dénué de défauts. Bien au contraire. Car tout ce qui précède le match qui doit en outre permettre à une équipe formée autour d'un certain nombre d'alliés de la seconde guerre mondiale enfermés dans le camp de Gensdorf de jouer contre une équipe allemande s'avère plutôt décevant. Qu'il s'agisse du quotidien des prisonniers, de la furtive rencontre entre le capitaine américain Robert Hatch (Sylvester Stallone) et la résistante Renée (Carole Laure) ou de l'entraînement des joueurs eux-mêmes, John Huston ne semble avoir pas eu le temps de consacrer à toutes ces étapes du récit, le temps nécessaire. Le long-métrage approchant les deux heures, le réalisateur va pourtant consacrer les trois quarts du temps à ces diverses facettes de l'intrigue. Près de quatre-vingt dix minutes qui pourtant ne seront jamais suffisantes dans un contexte où il aurait sans doute été nécessaire d'étayer certains propos. Chaque phase du récit étant traité avec un peu trop de légèreté, on a du mal à croire à l'issue heureuse qu'affichera le coup de sifflet final lors du match. À quoi a-t-on assisté lors de l'entraînement ? À quelques tirs au but, rien d'autre. Renée s'affole, tremble devant les coups que reçoit le capitaine Robert Hatch de la part de l'équipe adverse ? Leurs interprètes respectifs n'auront pourtant partagé jusque là que très peu de séquences en commun. Quant au sort des prisonnier, celui-ci est traité avec un certain dédain. Au point que l'ennemi apparaît sous une forme presque ''angélique'' en comparaison de ce que l'on sait de l'enfer que furent les camps de concentration !


Tout ceci est d'autant plus dommage que A nous la victoire est incarné par un nombre plutôt important de grands acteurs. À commencer par Michael Cain qui dans le rôle du Capitaine (militairement et sportivement parlant) John Colby va accepter la proposition du Major Karl von Steiner consistant en un match opposant soldats allemands et alliés. Un officier de la Wehrmacht de son côté interprété par l'immense acteur suédois Max von Sydow. Parmi les interprètes un peu plus secondaires, le public hexagonal sera sans doute surpris de découvrir les acteurs français Amidou et Jean-François Stévenin dans le rôle des résistants André et Claude ou bien même le Roi du Football, le brésilien Pelé dans ce qu'il a toujours su faire de mieux : taper dans le ballon. Le point d'orgue du long-métrage reste évidemment le match tant attendu entre les deux équipes. Alors que dans les égouts de la ville où se déroule la compétition (Paris), la résistance s'active pour atteindre le vestiaire des alliés qui à l'issue de la première mi-temps ont pour projet de s'évader, ceux-ci encaissent devant un public hétéroclite constitué de supporters français et d'une partie des représentants de l'armée allemande (des soldats armés et accompagnés de chiens occupent les contours du terrain tandis que dans la foule, des officiers de la Wehrmacht assistent au match). L'on tient devant nos yeux ce qui demeurera sans doute comme la plus impressionnante succession de tacles perpétrés ici par l'équipe allemande. L'arbitre étant très visiblement du côté de cette dernière, on ne donne pas cher de la peau de nos alliés. Au coup de sifflet, ceux-ci sont menés 4 à 1. Une fois dans les vestiaires, il est temps de s'échapper par le trou qu'ont pratiqué les résistants durant la première partie du match. Pourtant, convaincus de pouvoir remonter le score et de remporter la victoire, les joueurs décident de retourner sur le terrain. A nous la victoire étant effectivement un pur produit de divertissement, on devine très en avance l'issue du combat ! Que l'on aime la discipline ou non, difficile de ne pas ressentir un certain frisson et une certaine émotion devant la remontée inespérée des alliés ainsi qu'un véritable élan de patriotisme au chant de la Marseillaise...

 

mercredi 12 mars 2025

Alien Platoon de Norbert Moutier (1992) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

À défaut d'avoir été un grand cinéaste, Norbert Moutier, AKA N.G.Mount, AKA Norbert Georges Mount, AKA Bert Mount eut la capacité d'attirer le chaland avec des titres aussi divers que Mad Mutilator (Ogroff), Trepanator, Dinosaur of the Deep ou comme dans le cas présent, Alien Platoon. Tout ou presque dans ce dernier reflète cette approche du septième art, nanardesque, fauché, tourné dans des conditions amateurs et qui pourtant, fit les grandes heures du cinéma Z propre à attirer la convoitise des amateurs de nanars, comme le firent avant lui certains auteurs italiens. Il y a en effet chez le français, ce même goût du plagiat détournant de grandes œuvres du septième art tout en leur administrant un ravalement de façade esthétiquement et artistiquement régressifs. Lorsque l'on signe un film au titre aussi évocateur que Alien Platoon, il est en général urgent, voire primordial de ne surtout pas se moquer de son public même si ce dernier ne s'attend pas à ce que la forme soit la même que ces classiques pour grand public financés à coups de dizaines ou de centaines de millions de billets verts. Floué, le spectateur l'est quand même un peu. Même celui qui connaît déjà l’œuvre passée de Norbert Moutier et qui sait déjà à peu près à quoi s'attendre. Si le ''Platoon'' du titre se réfère bien au genre ''Film de guerre'', le ''Alien'', lui, n'a rien à foutre dans ce même titre qui a plus à voir en réalité avec le Predator de John McTiernan ou encore le Terminator de James Cameron. Et ça n'est pas parce que le fidèle Jean Rollin qui joue ici le rôle du Major de l'armée française Taylor l'affirme mais parce qu'en tant que spectateurs, il n'est pas impossible et même carrément probable que l'image du T-800 nous vienne à l'esprit. Et ce, même si le super-soldat (incarné par Norbert Moutier lui-même) n'a franchement ni l'allure ni le charisme d'Arnold Schwarzenegger ! Faut quand même pas pousser ! Surnommé le Chasseur, il s'agit d'un soldat ayant fait l'objet de modifications physiques. Désormais recouverte de métal et de câbles électriques (c'est du moins ainsi que je l'ai compris), la ''créature'' ne va malheureusement pas fonctionner comme cela était prévu.


C'est pourquoi une section de soldats à la tête desquels l'on retrouve Michel Finas dans le rôle du sergent Banner est envoyée en forêt afin de retrouver le Chasseur qui s'est donc enfui de la base militaire afin de mettre un terme aux hypothétiques nuisances dont il pourrait se rendre responsable. Ah oui, j'avais oublié de le préciser : plutôt que de faire appel à l'un de ses nombreux soldats, l'armée de terre française a préféré opérer des modification génétiques et organiques sur le corps d'un assassin condamné à mort... Bon, on va pas vous la faire à l'envers, c'est pas dans nos habitudes. Aussi mauvais qu'il puisse être, Alien Platoon n'en est pas moins un vrai bon nanar à la française. Peut-être même l'un des plus grands de sa catégorie tout court. De quoi rendre jaloux les spécialistes italiens en la matière. Chacun y joue comme un pied, à tel point que même mauvais, Jean Rollin a l'air d'avoir été formé au cours Florent ou dans n'importe quelle autre grande école de cinéma hexagonale ! Michel Finas ne s'en sort pas trop mal non plus. Tout juste peut-on se demander pourquoi son personnage passe son temps à gueuler. Mais on ne va pas trop lui en vouloir vu le sort qui l'attend plus tard lors du récit. L'un des plus grands regrets que l'on puisse émettre et le court temps de présence à l'image du Chasseur. Une créature de latex qui pourtant semble avoir sur la tête un préservatif de taille XXXXXXXXXL qui aurait passé trop de temps sous le soleil d'un après-midi de mois de juillet caniculaire. Plus rares encore sont les moments où l'on peut profiter de la voix de ce ridicule super-soldat. Dans un ordre d'idée, vous souvenez-vous des reptiliens de la génialissime série V originale qui fut diffusée dans le courant des années quatre-vingt ?


J'imagine que tout comme moi vous vous étiez à l'époque amusés de la voix étouffée par les maquillages des extraterrestres dès lors qu'ils apparaissaient sous leur véritable apparence ? Et bien là, c'est la même chose. Plutôt que d'avoir retravaillé ses dialogues en post-synchronisation, Norbert Moutier semble avoir préféré gardé le son de sa voix tel quel. Pour un résultat franchement hilarant ! En chef de section, Michel Finas n'est pas reste. Avec sa débordante bedaine d'ancien coureur cycliste à la retraite, il n'y a guère que son engouement pour faire passer la pilule. À part cela, le reste de la troupe est constituée en outre des frères jumeaux Didier et Philippe Leroux et même de Christophe Lemaire dont la ressemblance avec les deux autres laisse un moment envisager qu'il pourrait s'agir de triplés. Oui, vous avez bien lu. Christophe Lemaire. L'un des anciens rédacteurs des magazine Starfix et Mad Movies et auteur de la rubrique ''film du mois'' dans le magazine de musique Rock & Folk. Désormais, et avec d'autres chroniqueurs tels que Fausto Fasulo ou François Cognard, il anime l'excellente web-émission Le bistro de l'horreur pour le compte du site web Filmo TV. Des vidéos que l'on peut notamment découvrir sur Youtube (je vous les conseille d'ailleurs vivement). Pour en revenir à Alien Platoon, allez savoir pourquoi mais Norbert Moutier semble totalement obsédé par les morts-vivants puisque tout comme dans Trepanator, il semble ici ne pas pouvoir s'empêcher d'intégrer des zombies qui, comme pour Le commando des morts-vivants de Ken Wiederhorn quinze ans auparavant sont d'anciens soldats revenus à la vie. Bref, dans ce joyeux bordel qu'est Alien Platoon, il y a à boire et à manger et nul doute que les amateurs de nanars qui ne le connaissent pas encore se feront désormais une joie et un devoir de le découvrir enfin...

 

jeudi 28 novembre 2024

L'enclos d'Armand Gatti (1961) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Tourné sous une forme peu conventionnelle en 1961 par le réalisateur, scénariste, dramaturge, journaliste et écrivain français Armand Gatti, L'enclos emploie donc un ton et une esthétique peu en accord avec les canons du genre qui comme lui traitent du difficile sujet de la Shoah. Loin d'être aussi ''divertissant'' que Les rescapés de Sobibor de Jack Gold, que La vie est belle de Roberto Benigni, que Les milles de Sébastien Grall ou que La liste de Schindler de Steven Spielberg pour ne citer que quelques-unes des œuvres les plus connues du répertoire, L'enclos semble mépriser le terme de ''récréation'' et offre un spectacle de désolation et d'inhumanité crasse qui laisse souvent perplexe. Vision mortifère d'une tragédie de l'Histoire qui n'est de toute manière pas à destination de tous les publics, celui-ci s'inscrit donc davantage dans un cadre réaliste et donc forcément moribond. Si l'idée initiale conçue par le réalisateur lui-même et par le journaliste et écrivain Pierre Joffroy s’affaire à produire une intrigue à la perversité morbide, L'enclos dégage une sale impression. D'une noirceur et d'une violence sourdes qui confinent aux pires geôles où finirent enfermés prisonniers politiques, traites à la cause Nazis ainsi que les représentants du peuple juif. Un film pas drôle. Ni amusant en ce sens où le spectateur est convié à un spectacle où le rythme est à l'aune de ce que purent endurer les victimes. Et pourtant, le long-métrage d'Armand Gatti est doté d'une sous-intrigue qui aurait logiquement dû l'extraire du carcan réservé au simple documentaire qu'il semble être parfois. Cette idée ô combien malsaine que l'on ne peut accorder qu'aux individus parmi les plus néfastes et monstrueux : enfermer deux hommes dans un enclos. Le numéro 3 où vont donc se retrouver piégés l'allemand Karl Schongauer (Hans Christian Blech) qui de l'avis de ses supérieurs hiérarchiques collabore avec l'ennemi à travers l'usage d'une radio amateur, ainsi que David Stein (Jean Négroni), un français dont le seul tort est d'être juif. Deux hommes qui auront vingt-quatre heures pour choisir qui des deux devra mourir pour que l'autre survive...


Des horreurs de cette guerre qui causa la mort de cinquante à soixante millions d'individus de tous bords, L'enclos concentre son action dans un camp que les auteurs semblent avoir préféré créer de toute pièce. Au point que son architecture y apparaît de manière relativement mal définie. Les contours entre les zones réservées aux allemands et celles ''sacrifiées'' aux prisonniers demeurant particulièrement floues. Tout comme la présence des miradors ou des barbelés censés retenir prisonniers ces derniers. L'inconfort généralisé que procure le film touchera sans doute plus encore ceux qui ne souffrent généralement pas de suivre de quelconques ''péripéties'' autrement que dans leur propre langue puisque le film, d'origine franco-yougoslave ne se réserve pas le droit exclusif d'être dirigé en langue française mais également en yougoslave et en allemand. Le seul moyen de pouvoir suivre avec aisance l'intégralité du propos demeurant alors l'usage de sous-titrages. L'enclos s'ouvre sur une séquence terrible tandis que les prisonniers du camp fictif de Tatenberg ''charbonnent'' en déblayant des gravas arrachés au sommet d'une colline afin de les réunir par la suite et ainsi les transporter à mains nues. Un labeur qui laisse certains prisonniers sur le carreau comme le montrent certaines images de cadavres laissés sur place. L'occasion également de faire connaissance avec ces hommes surnommés Kapo qui durant la seconde guerre mondiale étaient chargés d'encadrer les prisonniers dans les camps de concentration. Des individus qui généralement étaient eux-mêmes des prisonniers et qui dans le cas présent profitent parfois de ce privilège pour se montrer aussi inhumains que les nazis eux-mêmes ! Concentré en un lieu unique, L'enclos symbolise la société humaine, avec ses couches sociales, ses petites gens tout comme ses dirigeants. Forçant les uns à chercher comment survivre tandis que les autres ont leur sort entre les mains. Malheureusement méconnu, le long-métrage d'Armand Gatti qui malgré son austérité et les fantômes qui y errent tels les travailleurs de la Ville Basse du chef-d’œuvre de Fritz Lang, Metropolis mérite amplement d'être redécouvert...

 

mardi 5 novembre 2024

Braddock : Portés disparus III de Aaron Norris (1988) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

''Sur mon chemin en venant ici, je m'demandais comment tu pouvais être. Je veux qu'tu saches que tu es tout ce que je souhaitais trouver dans un fils. Et je suis très fier de toi. Je t'aime, Van..'' Profitez bien de cette réplique parce que c'est la seule et unique qui désigne une certaine profondeur dans le langage éminemment brut minimaliste du héros incarné par Chuck Norris. Après un premier volet potable et un second qui lui fut nettement supérieur, James Braddock revenait en 1988 pour accomplir son dernier acte héroïque. En effet, Braddock : Portés disparus III signe la fin des aventures de ce colonel de l'armée américaine qui en trois longs-métrages n'aura eu de cesse que de combattre l'ennemi vietnamien. Pourtant, cet épisode signé du propre frère de la star du cinéma d'action n'honore absolument pas ce personnage héroïque, adepte des armes à feu et du combat rapproché. Aaron Norris met donc en scène son frère dans un opus où le ridicule l'emporte généralement sur tout le reste. On était habitués à ce que l'ennemi soit incapable de viser juste dans les précédents épisodes mais le réalisateur repousse ici le concept jusqu'aux dernière extrémités, même lorsque Braddock est à l'air libre, face à des dizaines de vietnamiens surarmés dont pas un n'est capable de lui infliger la moindre blessure. Mieux : lorsque le colonel entre en contact direct avec l'un d'eux, il semble qu'à chaque fois aucun ne soit en mesure de hurler afin de prévenir ses camarades. Question infiltration, la gestion des quelques séquences lors desquelles Chuck Norris s'approche de ses futures victimes avec l'intention de pratiquer son légendaire étranglement est compliquée. Pas un n'ouvre la bouche pour crier, alerter ou même simplement murmurer un dernier râle d'agonie lors des quelques secondes de vie qu'il lui reste. Le scénario est l'œuvre de la star elle-même et du scénariste James Bruner. Deux hommes pour un script théoriquement intéressant mais qui une fois mis en images propose un spectacle sinon navrant, en tout cas pas à la hauteur de la concurrence ni même à celle du deuxième opus. Après James Hong, Ernie Ortega et Soon-Tek Oh, c'est au tour de l'acteur originaire de Trinité-et-Tobago Aki Aleong d'incarner le grand méchant de l'histoire. Dans le rôle du Général Quoc, tout porte à croire comme pour les deux précédents volets que plus on est gradé et plus on est apte à incarner le rôle d'un officier vietnamien totalement déséquilibré.


En ces termes, le Général Quoc va plus loin encore dans la caricature, hurlant sans cesse le nom de Braddock avant que la soliloque ne se transforme en un borborygme inintelligible ! Après Brian May, Braddock : Portés disparus III voit le retour au commandes de la partition musicale du compositeur Jay Chattaway, jamais lassé de nous proposer des nappes synthétiques qui dans le cas présent cadrent assez mal avec le contexte. Comme s'il avait puisé dans les réserves du tracklisting de Maniac pour ajouter à ses quelques compositions épiques et guerrières quelques froides partitions dont lui seul a le secret. Je ne reviendrai pas sur la phrase mythique imputée au colonel Braddock mais plutôt sur l'inconsistance du jeu de Chuck Norris. Déjà peu gâté en terme d'écriture et de dialogues, l'acteur semble effectivement éprouver le plus grand mal à exprimer ses sentiments. Surtout lorsque après avoir retrouvé son épouse qu'il croyait morte depuis des années, celle-ci meurt subitement, à quelques minutes d'intervalle seulement après leurs retrouvailles. Concernant l'histoire, c'est un peu toujours la même chose. Et même si les prisonniers américains sont ici remplacés par une cinquantaine d'enfants, fruits de l'union de vietnamiennes et de soldats américains (j'ai eu beau tenter de les compter, impossible de connaître précisément leur nombre), rien ne change vraiment en dehors du fait que qu'Aaron Norris pousse si loin le curseur de l'invraisemblance qu'on n'y croit pas un seul instant. Ne parlons même pas de la séance de torture totalement foirée et qui fait grise mise en comparaison de celle vécue trois ans auparavant par Sylvester Stallone dans Rambo 2 : la mission. Des dizaines, voire, des centaines de morts côté vietnamiens. Des explosions en veux-tu, en voilà, un sympathique révérend interprété par Yehida Efroni, un très antipathique Little John campé par Jack Rader et le jeune Van Tan Cang incarné par Roland Harrah III. Bref, l'apothéose tant attendue s'inscrit surtout en terme d'action et certainement pas en terme de profondeur psychologique ou d'écriture. Il était donc temps pour le colonel James Braddock de prendre sa retraite...

 

vendredi 1 novembre 2024

Portés disparus 2 de Lance Hool (1985) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après un premier volet sympa mais sans plus produit par la Cannon (détail que j'oubliais de préciser), Joseph Zito jette l'éponge ou choisit plutôt de s'investir dans deux autres projets. Tout d'abord Vendredi 13 : Chapitre final qui n'est rien moins que le meilleur opus de la franchise Vendredi 13 ainsi que Invasion USA, l'un des ''classiques'' de Chuck Norris qui donc sera assez productif en cette année 1985 puisqu'il tournera non pas deux mais trois longs-métrages, ajoutant à celui-ci Sale temps pour un flic d'Andrew Davis et donc, Portés disparus 2. Ce dernier étant titré sur son territoire d'origine Missing in Action 2: The Beginning, on comprend que plus qu'une suite, il s'agit surtout et avant tout d'une préquelle situant son action bien avant les événements du premier volet de la trilogie complétée en 1988 avec Braddock Portés disparus 3, lequel sera réalisé par le frère de la star, Aaron Norris. Dans ces nouvelles aventure du colonel James Braddock, Chuck Norris est plongé en pleine guerre du Vietnam, dans un camp où lui et plusieurs de ses hommes ont été faits prisonniers. Parmi les interprètes incarnant les soldats américains nous retrouvons Cosie Costa dans le rôle du lieutenant Anthony Mazilli, Bennet Ohta dans celui du capitaine Ho, John Wesley dans la peau du sergent-chef Ernest Franklin mais aussi Steven Williams dans le rôle du Capitaine David Nester qui pour survivre a choisit le camp ennemi en collaborant avec l'un des pires représentants de l'espèce humaine en la personne du colonel Yin. Acteur bien connu à l'époque des téléphages puisqu'il apparu dans un certain nombre de séries télévisées (Drôles de dames, Kung Fu, la légende continue ou L'Âge de cristal), l'acteur originaire de Corée du Sud Soon-Tek-Oh a beau se traîner une gueule d'ange, il se montre bien plus horrible que ne l'était Ernie Ortega dans le rôle de Vinh un an auparavant. D'ailleurs, les spectateurs pourront noter une certaine incohérence vis à vis de la séquence d'introduction du premier volet de la franchise avec cette préquelle puisque cette dernière ne semble finalement pas reprendre les événements qui se déroulèrent en préambule lors de l'ouverture de Portés disparus. Car alors, où donc sont passés le personnage de Vinh et l'acteur qui l'incarnait en 1984... ?


Toujours est-il que Joseph Zito ayant quitté le navire, le réalisateur laisse le champ libre à Lance Hool dont Portés disparus 2 sera le premier fait d'arme en tant que metteur en scène, l'homme n'ayant depuis réalisé que trois longs-métrages en près de quarante ans de carrière. Bien qu'étant largement moins connu que son prédécesseur, Lance Hool signe une suite/préquelle beaucoup plus convaincante. Situant la totalité de l'action dans un camp de prisonniers typiquement rencontré dans ce genre de production mêlant guerre et action, le réalisateur y développe une tension qui ne cessera de grandir jusqu'à l'inévitable vengeance du héros et des rares soldats américains qui seront parvenus à survivre à ce véritable enfer vert dont personne ne semble pouvoir s'échapper. Nous évoquions ci-dessus les quelques acteurs interprétant la plupart des soldats américains retenus prisonniers dans le camp vietnamiens mais il serait bon de citer également quelques-uns de ceux qui parmi les geôliers vont leur en faire voir de toutes les couleurs. Comme David Chung et le Professeur Toru Tanaka qui respectivement incarnent à l'écran Dou Chou et Lao, les soldats vietnamiens les plus proches du colonel Yin. Si les tortures physiques infligées aux soldats américains ne sont pas le plus représentatif des tourments qui sont administrés au colonel Braddock et à ses hommes, les persécutions psychologiques sont par contre d'un niveau nettement supérieur. D'une violence parfois inouïe (devant les yeux rougis et pleins de haine du colonel Braddock, le colonel Yin fait immoler le sergent-chef Ernest Franklin alors qu'il respire encore), Portés disparus 2 cultive cette supériorité vietnamienne jusqu'à rendre quasiment muet et inerte un colonel Braddock qui bien entendu mûrit sa vengeance. Bien que ne faisant pas preuve d'une très grande performance puisqu'il se montre économe en paroles, Chuck Norris parvient malgré tout à être convaincant dans son uniforme de colonel de l'armée américaine. Le dernier acte s'avère être une véritable libération lors de laquelle la tension retombe et où la satisfaction de voir l'ennemi tomber un à un est relativement réjouissante. Notons qu'après Jay Chattaway, la bande musicale est cette fois-ci confiée au compositeur australien Brian May dont le nom n'a absolument rien à voir avec celui du chanteur et guitariste du groupe britannique, Queen. L'homme signe une partition beaucoup plus épique que celle du premier volet, laquelle semble parfois étrangement résonner avec celle que composa la même année Jerry Goldsmith pour Rambo 2 : la mission...

 

lundi 28 octobre 2024

Portés disparus (Missing in Action) de Joseph Zito (1984) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Culte ! Je pourrais me contenter de cet adjectif pour décrire ce premier volet de la trilogie Portés disparus tout en étant persuadé que ceux qui comme moi ont atteint le demi-siècle me pardonneraient d'être aussi succinct. Que l'on ait cinquante ans ou même davantage, que l'on ait été adolescent dans les années quatre-vingt, que l'on ait été fan d'action, de guerre et d'arts-martiaux à cette époque bénie du cinéma bis et populaire, ce film demeure comme l'une des œuvres les plus connues incarnées par l'acteur américain Chuck Norris. Culte, donc. Mais pas simplement par la seule présence de l'un des portes-drapeaux du cinéma d'action des années quatre-vingt. Mais parce que Portés disparus est l’œuvre d'un cinéaste tout aussi remarquable. Joseph Zito, qui non content d'avoir signé le meilleur opus de la franchise Vendredi 13 en 1984 avec le quatrième volet intitulé Chapitre final avait déjà trois ans auparavant signé l'un des slashers parmi les plus réussis avec The Prowler... Culte parce que se présentèrent au casting le génial M. Emmet Walsh dans le rôle de Jack Tucker, ancien compagnon d'arme du colonel James Braddock qu'incarne donc Chuck Norris, ou l'inévitable James Hong qui contrairement à ce que laisse supposer son nom n'est pas né en Chine mais à Minneapolis, dans le Minnesota et qui dans le cas présent incarne le général Trau ! Culte puisque l'on retrouve aux commandes de la partition musicale le compositeur Jay Chattaway qui, rappelons-le tout de même, fut à l'origine de la bande originale particulièrement glaçante du morbide Maniac de William Lustig et autres joyeusetés. Après, tout est histoire de goûts et de nostalgie.


Ce qui ne passerait sans doute malheureusement plus aujourd'hui et qui à l'époque fut apparemment la norme sont les doublages des ''indigènes''. Ici, des vietnamiens que l'on pourrait croire doublés par Michel Leeb ou Didier Bourdon au temps de leur gloire tant la caricature est poussée dans ses derniers retranchements. Alors que l'année suivante Sylvester Stallone et le réalisateur George Cosmatos s'apprêtent à frapper un grand coup en offrant une suite aux première aventures de John Rambo mises en scène par Ted Kotcheff en 1982 avec Rambo 2 : la mission, le long-métrage de Joseph Zito s'inscrit davantage dans la tradition d'un cinéma beaucoup plus modeste. D'ailleurs, si l'on compare les deux-millions et demi de dollars qui servirent de financement à Portés disparus aux quarante-quatre qui permirent à George Cosmatos d'offrir à son principal interprète de quoi s'exprimer dans d'optimales conditions, on comprend pourquoi le premier n'a pas toujours l'aura qu'il mérite. Patriote à l'esprit vengeur supportant difficilement que certains de ses hommes soient encore retenus prisonniers dans un camp vietnamien près de dix ans après la fin de la guerre, James Braddock profite de sa visite officielle au Vietnam pour aller les libérer. Qualitativement parlant, on est plus proche ici des productions mettant en scène Steven Seagal et Jean-Claude Vandamme (ce dernier ayant participé au film en tant que cascadeur) que de celles dans lesquelles furent à l'époque enrôlés Sylvester Stallone ou Arnold Schwarzenegger. Sans totalement puer le film fauché, il ne faut pas s'attendre à du grand cinéma. Ça n'est d'ailleurs absolument pas ce que l'on demande à Chuck Norris, à son personnage, au script ou au réalisateur. Ce dernier nous fait d'ailleurs très rapidement comprendre qu'ici, faire parler la poudre et les poings est beaucoup plus intéressant et efficace que de faire travailler la matière grise. Tout d'abord retenu prisonnier dans un bâtiment officiel de Hô Chi Minh par des gardiens surarmés, Braddock passe la première partie du long-métrage à tenter de fuir les lieux tout de noir vêtu. De l'action pure agrémentée de cascades plus ou moins impressionnantes.


Le commentaire est ici limité. Rien à voir donc avec les grands projets cinématographiques pensés à l'époque et jusqu'à aujourd'hui pour exorciser un conflit qui fit cinquante-huit mille morts du côté américain et près de trois millions et huit-cent mille du côté vietnamiens, civils compris... Rues insalubres, boites de strip-tease, délinquance, notre héros se ''promène'' en ville jusqu'à retrouver son ami et ancien compagnon d'arme Jack Tucker (notons que dans le bar où il le retrouve l'on entend en fond sonore une reprise de ''Da Ya Think I'm Sexy'' de Rod Stewart (pathétiquement) réinterprété par la chanteuse Juliet Lee ! Tourné au Philippines (notamment devenu le lieu de prédilection du génial Bruno Matteï, pour les connaisseurs). Sans cesse mis en danger par des hommes qui en ville tentent de lui faire la peau, Côté effets-spéciaux, on devine certaines ficelle. Comme ce passage où l'on comprend la mécanique consistant à conduire un camion sans danger pour sa vedette. L'on parle évidemment de celui au volant duquel se trouve Chuck Norris. Ce dernier n'en ayant absolument pas les commandes puisque le coup de volant qu'il donne à un moment donné ne change pas la direction du véhicule. De plus, la ''star'' est doublée lors des cascades (n'est pas Belmondo qui veut...). Il va ensuite falloir patienter pas moins de soixante-quinze minutes pour découvrir enfin le camp retenant les prisonniers américains. Une geôle typique des conditions sordides dans lesquelles ils sont généralement retenus et que la majorité des films encadrant la guerre de Vietnam retranscrit ainsi. Ce dernier tiers du long-métrage augure alors dans une moindre mesure de ce que sera Rambo 2 : la mission l'année suivante. Observation et pénétration furtive du camp. Installation d'explosifs avant le feu d'artifices. Braddock fait ensuite parler la poudre face à des adversaires qui, c'est très drôle et généralement le cas dans ce genre de production, mettent toujours des plombes avant de faire feu en direction de l'ennemi ! Pas de bol, Braddock s'est planté de camp ! On connaît la suite. Pas découragé pour un sou, notre héros s'en va rejoindre l'endroit où se situent les prisonniers américains pour un final pétaradant lors duquel il parviendra à libérer ses anciens compagnons...

 

vendredi 6 septembre 2024

L'armée des ombres de Jean-Pierre Melville (1969) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Après avoir enchaîné durant la même soirée Pas très normale activité de Maurice Barthélémy, Parole de flic de José Pinheiro et L'armée des ombres de Jean-Pierre Melville, allez savoir pourquoi, mais j'ai choisi d'écrire sur ce dernier plutôt que sur l'un des deux autres. Le premier ne méritant probablement qu'injures et dégoût tandis que le second, de mémoire, eu déjà le ''privilège'' d'avoir été chroniqué ailleurs par mes soins. J'ai presque honte de l'avouer, mais je n'ai pas souvenir d'avoir déjà vu l'un ou l'autre des longs-métrages réalisés par ce cinéaste majoritairement apprécié des cinéphiles. C'est donc chose faite aujourd'hui. Peut-être le début d'une passion que viendra, je l'espère, confirmer la projection prochaine de ses œuvres parmi les plus importantes... Mais pour commencer, évoquons L'armée des ombres, long-métrage inspiré de l’œuvre littéraire de l'écrivain, journaliste et ancien résistant français originaire de Villa Clara en Argentine. Hommage à la résistance écrit en 1943 alors qu'il est installé à Londres, il semble logique que Jean-Pierre Melville se soit emparé du sujet, lui qui fut lui-même résistant lors de la Seconde Guerre Mondiale. Adaptation d'un roman dont l'auteur apportait un message de vérité tout en changeant les lieux et les noms des protagonistes afin de les protéger, L'armée des ombres met en scène quelques-uns des plus grands interprètes de l'époque. Âgé de seulement vingt-sept ans et alors que la guerre est finie, Jean-Pierre Melville rêve déjà de devenir réalisateur. Mais craignant que le sujet ne soit trop ambitieux, il attendra pas moins d'un quart de siècle avant de mettre enfin son projet initial à exécution. C'est donc en 1969 que L'armée des ombres voit le jour. Antépénultième long-métrage d'un cinéaste dont la carrière est déjà dotée d'une solide filmographie (Le Doulos, L'aîné des Ferchaux, Le samouraï), L'armée des ombres réunit deux des principaux interprètes du Deuxième souffle qu'il avait déjà réalisé trois ans auparavant.


Alors qu'en 1966 tout semblait devoir séparer les personnages que Lino Ventura et Paul Meurisse incarnaient à l'époque, désormais l'un et l'autre des nouveaux protagonistes qu'ils interprètent paraissent unis dans un même élan de patriotisme. L'action débute le 20 octobre 1942 et alors que Philippe Gerbier (Lino Ventura) est transféré dans un camp de concentration, quelques lignes de dialogues suffiront pour imposer ce personnage capable de s’accommoder très facilement de n'importe quelle situation. Redouté, même par ceux qui en ont désormais la garde du fait de certaines de ses relations, ce brillant ingénieur des Ponts et Chaussée se distingue des autres prisonniers et semble même doté d'un certain mépris vis à vis de trois d'entre eux... Robuste, portant une paire de lunettes rondes qui ajoutent à la personnalité du protagoniste la fonction d'érudit (bien qu'il ne semble rien y connaître au jeu de dominos), Philippe Gerbier prépare aux côtés d'un jeune électricien de formation leur évasion. Mais entre-temps, l'ingénieur est une nouvelle fois transféré, cette fois-ci à l'hôtel Majestic de Paris, pour y être interrogé par la Gestapo. Il parvient cependant à prendre la fuite après avoir tué un garde allemand et s'échappe pour se rendre jusqu'à Marseille où se trouve le réseau de résistance dont il est la tête pensante... Les principaux partenaires de Lino Ventura vont dès lors apparaître successivement à l'écran, comme un long passage de témoins. Paul Crauchet qui incarne le bras droit de Gerbier, Félix Lepercq, passe la main à Jean-Pierre Cassel, lequel interprète Jean-François Jardie, l'ami de Félix, avant de laisser à son tour la place à la formidable Simone Signoret dans le rôle de Mathilde, l'un des membres les plus importants du réseau avant que ne soit de nouveau rendu le témoin à Jean-Pierre Cassel qui cette fois-ci ira à la rencontre de Paul Meurisse qui incarne le rôle de son frère, Luc Jardie. Les principaux interprètes désormais présentés, revenons sur l'esthétique générale de L'armée des ombres. Une composition des couleurs qui est l’œuvre du directeur de la photographie Pierre Lhomme qui jusque là avait notamment œuvré chez Jean-Paul Rappeneau, Philippe de Broca, Costa-Gavras, Yves Boisset ou encore William Klein.


Un travail remarquable dû à des choix artistiques de la part d'un Jean-Pierre Melville pour qui le noir et blanc restera une marque de fabrique durant la moitié de sa carrière et dont celle de L'armée des ombres ne se démarque pas tout à fait. En effet, afin de retranscrire le pesant climat de l'époque, le directeur de la photographie opte pour des teintes grisâtres presque permanentes et où la couleur a bien du mal à se faire une place. Le soleil lui-même préférant se cacher derrière d'épais nuages, le long-métrage ressemble parfois à une longue succession de cartes postales d'époque ou de témoignages photographiques propres au contexte de guerre mondiale et d'oppression que le film dépeint à la perfection. Ce qui n'empêche pas quelques micro-ratés comme lorsque est filmée une maquette exposée à quelques pathétiques flammes lors d'une attaque aérienne... Le montage de Françoise Bonnot qui en outre travailla plusieurs fois auprès de Henri Verneuil dans le courant des années soixante ou collabora la décennie suivante avec l'italien Dario Argento sur Quatre mouches de velours gris, le polonais Roman Polanski sur Le locataire ou le français Jean-Jacques Annaud sur La victoire en chantant (sans parler de son travail lors des décennies suivantes) est significatif de cette pression que semble vouloir exercer Jean-Pierre Melville sur le spectateur, chaque séquence ou presque étant l'occasion pour lui de présenter l'aventure de ses personnages sous son aspect le plus périlleux... La mort du traître. L'évasion de l'hôtel Majestic ou du tunnel d'exécution sont autant de séquences anxiogènes et sidérantes à mettre sur le compte d'une mise en scène et d'une interprétation minutieuses. Quelques séquences émouvantes elles aussi sont à marquer d'une pierre blanche. Des actes du quotidien dont la simplicité émeut. Comme lorsque Luc Jardie boit son café, heureux de revoir son frère ou lorsque Mathilde prend la main de Gerbier dans la sienne... Malgré la noirceur quasi pernanente, il peut même parfois arriver au spectateur de laisser s'échapper un sourire discret d'entre ses lèvres comme lors de ce passage où Gerbier s'amuse de la tenue exotique de certains représentants de l'armée britannique portant le fameux kilt ! Ceci avant que n'intervienne bien évidemment un retour cruel à la réalité. Notons enfin la superbe partition musicale du compositeur français Eric Demarsan à l'occasion de laquelle l'on entendra notamment un extrait de Spiritual for String Choir and Orchestra composé en 1941 par l'américain Morton Gould et qui chez nous devint célèbre en devenant le générique de l'émission Les dossiers de l'écran diffusée sur la deuxième chaîne de l'ORTF puis sur Antenne 2 entre 1967 et 1991...

 

mardi 20 août 2024

Men Behind the Sun 3 : A Narrow Escape de Godfrey Ho (1992) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Généralement rejeté par la plupart de celles et ceux qui ont pu le découvrir jusqu'à maintenant, le troisième volet de la tétralogie Men Behind the Sun ne mérite cependant pas le rejet quasi systématique dont il fait l'objet. Si l'on se positionne en strict observateur d'un phénomène gore qui prit de l'ampleur à travers des visions horrifiques supposées retranscrire une réalité historique, cette séquelle peut effectivement s'envisager comme une déception. Car après un premier volet intitulé chez nous Camp 731 décrivant les expériences menées par l'armée impériale japonaise dont l'unité 731 prétendument réservée à la prévention des épidémies pratiquait en réalité des expériences bactériologiques sur des cobayes d'origine russe, chinoise ou encore coréenne, Men Behind the Sun 3 : A Narrow Escape échappe au format horreur pour s'inscrire davantage dans le film de guerre. Une approche que ne lui pardonnera pas la plupart des ''fans'' d'un premier volet particulièrement abject, choquant et morbide, réalisé en 1988 par Tun Fei Mou, lequel fut remplacé dès le second volet par le hongkongais ultra prolifique Godfrey Ho qui réalisa alors le très mauvais Men Behind the Sun 2 : Laboratory of the Devil en 1992 (lequel reprenait pas mal de séquences du premier) avant d'y replonger deux ans plus tard avec ce troisième long-métrage dans lequel les événements prennent une tournure radicalement différente. Alors que les deux premiers volets de la franchise de déroulaient à Harbin, en Mandchourie, dans la ''fameuse'' Unité 731, nous sommes désormais en 1945 et les alliés déclarent dans celui-ci la guerre au Japon. Alors que les américains prennent possession de l’île d'Okinawa, l'armée russe s'apprête à franchir la frontière mandchourienne. L'unité 731 est donc dissoute, ses prisonniers exécutés et les bâtiments détruits à l'aide d'explosifs et par le feu... Le lieutenant général Saiholi qui dirigeait le camp est désormais chargé de transporter l'unité jusqu'à la capitale avant que les russes ne viennent l'occuper. C'est donc à bord d'un train de marchandises que les soldats et les scientifiques de l'armée japonaise vont être transportés jusqu'à leur destination...


Principalement incarné par de jeunes interprètes, Men Behind the Sun 3 : A Narrow Escape débute par quelques explications en voix-off et l'étalage d'images particulièrement dégueulasses provenant des deux premiers volets. Autopsie sur le corps d'un enfant, bras gelés puis plongés dans l'eau bouillante d'une jeune femme, crémation des cadavres, en l'espace d'une poignée de minutes, Godfrey Ho nous rappelle aux bons (ou mauvais) souvenirs de Camp 731 et de sa très dispensable suite. Après ces quelques passages gore forcément moins marquants qu'à l'époque puisque isolés du contexte général lentement mais sûrement diffusé à l'époque par le long-métrage de Tun Fei Mou, Men Behind the Sun 3 : A Narrow Escape lance ses ''héros'', lesquels, rappelons-nous qu'ils furent malgré tout les outils d'expériences particulièrement ignobles, dans une aventure ferroviaire de quatre-vingt dix minutes environ. Et durant laquelle, l'on assiste à la volonté ferme et inéluctable de ces hommes et de ces femmes de maintenir leur position bien que l'empereur Hirohito ait décidé de capituler ! Principalement incarné par Robert Mak Tak-Law dans le rôle de Ilo Shinshima, Jimmy Au Shui-Wai dans celui de Kasai Yamada, Debbie Cheung Jing dans la peau de Saeko Matsushita, Zhang Guowen dans celle de Shobu Akiyama ou par l'une des rares femmes du récit, le Docteur Tama Matsushima, laquelle est incarnée par Han Yueqiao, Men Behind the Sun 3 : A Narrow Escape mérite mieux que la condamnation dont il fut l'objet, sans doute principalement pour cause de manquement aux règles du cinéma d'horreur qui veut qu'un film contienne un certain nombre de litres d'hémoglobine. Mais si le film de Godfrey Ho devient par la suite particulièrement pingre dans ce domaine, le film n'est cependant pas l'engeance que certains voudraient nous faire croire et ce, malgré un montage proprement défaillant. Certes, il privilégie d'abord les dialogues et ensuite, l'action. Mais si l'on compare ce troisième opus avec le second, une authentique arnaque reposant majoritairement sur la récupération d'un certain nombre de plans issus de Camp 731, Men Behind the Sun 3 : A Narrow Escape vaut bien mieux que l'acharnement dont il est la victime...

 

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