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lundi 25 octobre 2021

Rampage de William Friedkin (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Dix ans déjà... dix ans que j'ai débuté l'écriture d'un article consacré à Rampage de William Friedkin et auquel je m'était promis de donner une suite. Mais à quoi bon puisque cette première partie, depuis jetées aux ordures, était d'une confondante médiocrité. Comme lâcher dans la nature une chose aussi péniblement écrite, sans inspiration, comme si j'avais été l'un de ces modestes critiques nourris à l'école Allociné. Dix ans plus tard, j'espère avoir fait quelques progrès et c'est à l'issue d'une nouvelle projection du long-métrage de l'auteur de Cruising, de Killer Joe et de Bug que je me décide enfin à en parler à nouveau. Une œuvre à la réputation sulfureuse sortie chez nous sous le titre Le sang du châtiment puisqu'elle est traitée ici comme s'il s'agissait d'un récit basé sur un fait divers authentique. Vrai ou faux, qu'elle importance puisqu'il suffit de citer nombre de serial killers américains pour trouver de quelconques similitudes entre leurs méfaits et l'histoire de Charles Reece, tueur en série ayant commis plusieurs meurtres atroces avant d'être arrêté par la police et d'être condamné à la peine de mort. À dire vrai, l'intrigue repose en partie sur le cas de Richard Chase, auteur de six meurtres qui entre le 29 décembre 1977 et le 27 janvier 1979 tua, bu le sang et pratiqua des actes de cannibalisme sur ses six victimes, la presse finissant ainsi par le surnommer Le Vampire de Sacramento... Rampage a la réputation de posséder deux fins bien distinctes. En effet, le long-métrage abordant le thème de la peine de mort, il existe une version dans laquelle le tueur est condamné et une seconde où il est plus ''simplement'' condamné à la prison à vie. Mais il paraît évident à l'époque que William Friedkin est pour même si depuis, il semble s'être ravisé et a été jusqu'à renier le film...


Si l'on retrouve certains gimmicks chers à William Friedkin (la poupée de l'enfant du héros tout juste décédé tombant au sol. Un symbole que l'on retrouve notamment dans L'exorciste lorsque un médaillon tombe après le décès de la mère du prêtre Damien Karras), on a bien du mal à imaginer que ce qui ne s'apparente au fond qu'à un téléfilm très moyen, format qui cependant parvient parfois à donner vie à d'excellentes surprises dans un genre similaire (on pense notamment au génial The deliberate stranger réalisé par Marvin J. Chomsky en 1986 et basé sur les horreurs commises par l'un des plus célèbres tueurs en série américains, Ted Bundy), soit l’œuvre de William Friedkin. Un film dont le musicien Ennio Morricone n'est lui-même pas parvenu à rehausser le niveau puisqu'à cette occasion il a produit parmi ses pires compositions. De la soupe auditive indigne du maître italien et une mise en scène inconcevable de la part du réalisateur américain... Contrairement à The Hunted qu'il réalisera seize ans plus tard en 2003, William Friedkin ne s'intéresse non pas majoritairement à la traque du tueur par un district attorney fraîchement débarqué (l'acteur Michael Biehn que l'on a pu notamment voir dans Terminator et Abyss de James Cameron) mais davantage au cas de conscience que suscite la question de la peine de mort. Un sujet évoqué bien avant que le tueur soit derrière les barreaux et plus précisément évoqué lors de son procès. Une prise de position de la part du réalisateur ? Peut-être, oui, mais le contraire est possible puisque l'on peut se demander si son approche ici du sujet en font forcément un fervent défenseur de la peine de mort...


Il n'est pas rare, surtout à l'époque, que des œuvres cinématographiques soient en partie ruinées par le doublage approximatif qui résulte comme dans le cas présent d'une traduction parfois piteuse. Et celle notamment de l'acteur Michael Biehn qui interprète le district attorney Anthony Fraser. Le timbre de voix français ne collant absolument pas à la physionomie du personnage, il sera donc conseillé, comme d'une manière générale d'ailleurs, de découvrir Rampage dans sa version originale sous-titrée en français (pour les anglophobes !). Inspiré par le cas Richard Chase, le tueur incarné par l'acteur Alex McArthur rappelle en fait surtout celui de Richard Ramirez, condamné à mort pour avoir violé et tué à de nombreuses reprises. À l'issue de la projection, on se rend bien compte d'une chose : que si le film entretient une telle réputation, ça n'est pas pour ses qualités visuelles ou esthétiques (hein ? Où ça ? Et, surtout, lesquelles ?) ou son sens de l'imagination et de l'observation (y'a tellement d'écho dans la boite à idées qu'elle est forcément vide!). Ni même pour ce travail de sape que représente le doublage en français réalisé par quoi... deux ou trois acteurs qui en changeant de timbre semblent avoir doublé chacun à leur tour deux ou trois personnages différents (l'épouse du héros et l'une des témoins du procès sont très clairement doublées par la même actrice). Non... plutôt parce que William Friedkin a choisi de faire de son personnage principal un fervent défenseur de la peine de mort. Ce qui dans l'esprit des gens veut forcément dire que le réalisateur lui-même EST pour la peine capitale. Malgré la puissance évocatrice du thème, malgré quelques séquences plutôt ''saignantes'', l'enquête policière de Rampage ne vaut même pas celle d'un épisode de New York section criminelle et le jugement n'égale pas celui d'un procès mené par Perry Mason. À dire vrai, l’œuvre de William Friedkin ressemble davantage à une entreprise d'auto-destruction comme le prouvent également la mise en scène ''plan-plan'', la partition musicale d'Ennio Morricone ou l'incarnation de Michael Biehn qui personnifie un Anthony Fraser bien trop lisse ou en tout cas, bien moins charismatique qu'un Kyle Reese ou un Hiram Coffey. Une déception...

 

lundi 18 novembre 2019

Terminator de James Cameron (1984) - ★★★★★★★★★☆



Plus de mille neuf-cent articles et pas un seul consacré au premier Terminator. J'ai honte ! Tellement honte. L'un des mes plus grands frissons, répété à l'envie, sept jours d'affilées, dans le même petit cinéma de quartier de Chelles, en Seine et Marne (seul Le Retour des Morts-Vivants subira le même sort). Le Cosmos, qui existe toujours même si depuis, beaucoup de choses ont changé question décoration intérieure. James Cameron, Linda Hamilton, Michael Biehn et Arnold Schwarzenegger. Le carré gagnant. Action, science-fiction, et même, oui, épouvante. Parce que j'ai encore le souvenir de cette machine terrifiante et indestructible.Rien que ce plan lors duquel le T800 sort des flammes, se relève et paraît durant un court instant, gigantesque. Ou un peu plus tard, lorsque dans le couloir qui mène à l'intérieur de l'usine où il connaîtra ENFIN un destin funeste, on le voit s'approcher tandis que Sarah Connor et Kyle Reese tentent de fermer sur lui une lourde porte de métal. Qui ne s'est pas écrié intérieurement ''Mais fermez-la, cette bon dieu de porte !'' ?

Les petits jeunes d'aujourd'hui ne peuvent absolument pas comprendre ce que le public adolescent d'alors pu ressentir au moment de pénétrer dans la salle de cinéma, curieux de découvrir le ''premier'' long-métrage de James Cameron sur grand écran (oui, euh, parce qu'il faut que je vous dise, le papa du très mauvais Piranha 2 : Les Tueurs Volants l'a désavoué). Ce préambule situé en 2029 dans une cité dévastée, charnier à ciel ouvert où des milliers de crânes humains sont pilés par de monstrueuses machines de guerre totalement autonomes. Cette vision extrêmement sombre d'un futur incertain pour l'humanité qu'une poignée de résistants cherche encore à sauver. Et puis, ce générique tribal et guerrier composé par le chanteur et compositeur américain Brad Fiedel, extraordinaire mise en bouche d'une œuvre de science-fiction brutale et anxiogène qui se déroulera alors en 1984, nos jours d'alors... L'histoire est on ne peut plus simple. Venue du futur, une machine, le Terminator, arrive au beau milieu des années quatre-vingt pour tuer Sarah Connor. Jeune employée d'un fast-food, elle doit bientôt donner naissance au futur chef de la résistance humaine qui en 2029 doit normalement vaincre les machines créées à l'origine par l'intelligence artificielle Skynet. De l'année 2029, John Connor, le fils de Sarah, envoie l'un de ses plus fidèles combattants en la personne de Kyle Reese afin de protéger la jeune femme du Terminator dont l'unique objectif est de la tuer.

L'une des premières très grandes idées de ce premier Terminator est d'opposer une machine quasi-indestructible à un homme dans tout ce qu'il possède de force mais aussi de faiblesse. Michael Biehn incarne un Kyle Reeze charismatique débarquant avec tout ce qui caractérise son humanité (le Terminator est insensible à la douleur. Lui pas !). James Cameron lui oppose un Arnold Schwarzenegger physiquement impressionnant. Un Terminator au visage anguleux, au regard froid et impénétrable (normal, il s'agit d'une machine). Le combat semble inégal, perdu d'avance pour l'homme face à la machine. Toute la prudence dont est contraint de faire preuve Kyle Reeze (face à la machine mais également à la police), le Terminator, lui, s'en tape. Impossible à détruire, il peut quand bon lui semble, entrer dans un commissariat et y tuer la totalité des policiers présents !
Un combat perdu d'avance, surtout qu'entre en jeu Sarah Connor, qui sous l'apparence du joli boulet dont il faut sauver la vie, celle-ci ne va pas faciliter les choses à Kyle. Du moins, dans un premier temps. Et dire que Michael Biehn et Arnold Schwarzenegger ont failli ne pas faire partie de l'aventure, considérant l'histoire quelque peu stupide...

Film d'action effréné (on ne s'ennuie pas une seconde, ce qui ne sera pas le cas de la suite, aïe, aïe, aïe!!!). Courses-poursuites en voiture, à moto ou à bord d'un poids-lourd, le Terminator à la faculté de s'adapter à tout type de situations (il est doté d'un micro-processeur lui permettant d'analyser rapidement chaque scène afin de l'appréhender au mieux). Doté d'un squelette entièrement métallique, il est cependant recouvert de peau humaine. Ce qui lui confère l'apparence d'un homme. Ce qui en terme d'effets-spéciaux est plutôt économique. Concernant ces derniers, ils sont l’œuvre de Roger George et Frank DeMarco de Fantasy II Film Effects, le célèbre Stan Winston s'étant chargé de la modélisation du Terminator après que Dick Smith ait refusé de participer au projet sans oublier de conseiller à James Cameron de faire appel à celui qui deviendra l'un des grands spécialistes des maquillages et des effets spéciaux animatroniques. Pas de CGI (privilège qui sera par contre réservé à la séquelle Terminator 2 : le Jugement sept ans plus tard), mais quelques séquences à effets-spéciaux sont demeurées inoubliables. Comme ces deux ou trois plongées dans un 2029 nihiliste, avec ses machines gigantesques annihilant l'espèce humaine. Et puis, il y a ces nombreux gunfight, absolument jouissifs. À l'intérieur de la boite de nuit Technoir (terme relatif aux œuvres de science-fiction mêlée au film noir), dans le commissariat (dans lequel on croise notamment la route de Paul Winfield dans le rôle du lieutenant Ed Traxler, Earl Boen dans celui du Docteur Peter Silberman ou encore Lance Henriksen (que l'on reverra dans le film suivant de James Cameron, Aliens : le Retour) qui lui incarne le sergent Hal Vukovich, ou dans les rues de Los Angeles. Mais si Sarah Connor/Linda Hamilton (qui sortait du tournage des Démons du Maïs la même année avant de poursuivre une discrète carrière d'actrice cinéma hors saga Terminator) et Kyle Reeze/ Michael Biehn sont bien les vedettes du film, le Terminator n'en est pour autant pas relégué au second plan.

De sa forme initiale sous les traits d'Arnold Schwarzenegger jusqu'à son apparence finale débarrassée de ses attributs organiques, le Terminator est examiné sous toutes les coutures. Mais c'est ainsi donc également que les effets-spéciaux montrent leurs limites. Si l'effet faisait à peu près illusion à l'époque, la scène durant laquelle le Terminator est face au miroir cache assez mal la '''marionnette'' qui remplace l'acteur durant cette séquence relativement sanglante où le cyborg s'arrache un œil. Ce qui d'ailleurs s'avère dommage si l'on tient compte du fait qu'un peu plus tard, le visage abîmé du Terminator est un maquillage beaucoup plus convainquant directement appliqué sur le visage de l'acteur. On notera vers la fin un effet en Stop Motion, lui, plutôt sympathique même si à l'époque, l'intégration de personnages ou d'objets dans une image filmée à part était encore perfectible.

Mais plus que ces menus défauts, ce que l'on retient de ce premier Terminator, c'est son incroyable endurance. Impossible d'éprouver le moindre sentiment d'ennui. Le couple Kyle/Sarah et la trop courte passion qui les anime les rend absolument touchants. L'unité de temps très courte choisie par James Cameron et un montage serré permet à Terminator d'aller directement droit au but. Chaque scène y est donc à sa place. Film culte par excellence, c'est pourtant souvent sa première séquelle qu'évoquent ceux qui vécurent cette première expérience beaucoup plus tard que lors de sa sortie officielle au cinéma. C'est pourtant bien ce Terminator là, le seul, le vrai, qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie...

vendredi 6 avril 2018

Sélection de 3 films à voir, à revoir... ou à éviter (11)

Plus c'est long, plus c'est bon paraît-il. Mais cela, bien évidemment, dépend aussi de certaines conditions. Heureusement, les dix-sept minutes qui manquaient à la version proposée en 1986 d'un Aliens, le Retour déjà fort intéressant vinrent combler les attentes des fans lors de l'édition d'un laser disc en 1992, une version Director'sCut du classique de James Cameron. Moins oppressant que l'original de Ridley Scott mais proposant une relecture du mythe en mode 'film de guerre', le second épisode de la saga Alien est parfois considéré comme le meilleur d'entre eux. Un avis pas forcément objectif et à traiter au cas par cas. L'un des principaux défauts de James Cameron demeure dans cette fâcheuse habitude qu'à le cinéaste de caractériser certains de ses personnages de manière outrancière (le Schwarzenegger de Terminator 2 en est un bon exemple), voire grandiloquente, ne les voyant jamais 'grandit'. Caricaturaux, et dans une majorité des cas, particulièrement agaçants, les militaires présentés ici n'ont plus rien à voir avec les personnages créés par Ridley Scott. La maturité a laissé place à une bande de gamins armés jusqu'aux dents, jouant des coudes, posant fièrement devant la caméra, sans jamais livrer le moindre message brillant par son intelligence. Mais de toute manière, quand on pense que les militaires sont incapables de différencier une souris d'un hamster, le spectateur peut déjà se poser des questions sur leurs hypothétiques chances de survivre aux péripéties qu'ils vont connaître à la surface de la planète LV-4-26. Dans cette version longue, beaucoup de scènes absentes dans la version de 1986 si l'on tient compte du fait que le film passe alors de cent-trente sept à cent cinquante-quatre minutes. L'une des plus marquantes d'entre elle demeure la longue séquence durant laquelle la famille de la jeune Newt est décimée lors d'une sortie sur LV-4-26, planète d'origine des aliens. Une scène intéressante, certes, mais qui dans le contexte de la version proposée en premier lieu pouvait demeurer invisible. Car sa présence, qui pourra plus ou moins être appréciée, ôte tout effet de surprise quant à la découverte de la gamine un peu plus tard dans le récit. D'autant plus que la disparition de ses parents se fond dans celle des colons installés sur l'austère planète, foyer de milliers d’œufs aperçus dans le premier volet de la saga. Il était donc fort judicieux de la couper, ce passage se révélant fort inutile dans la compréhension des événements, et son absence permettant de conserver une certaine part de mystère entourant le silence radio des colons ne répondant plus aux appels effectués par la station orbitale Gateway... Des scènes complétant cette version Director'sCut, Aliens, le Retour en contient plus d'une quinzaine. Le long-métrage ne perd heureusement pas de son dynamisme en cours de route et permet d'assister à un spectacle encore plus dense. Une version indispensable pour tout fan de l’œuvre originale...

Le second long-métrage abordé ici n'aura sans doute pas bénéficié d'un budget aussi important que celui de James Cameron, toujours est-il qu'il n'en demeure pour autant, pas moins intéressant à découvrir. Œuvre signée Jack Starrett auquel l'un des rédacteurs du numéro 14 du fanzine Vidéotopsie rendit un hommage imposant, Race with the Devil est une sympathique petite pellicule, poussiéreuse à souhait et renvoyant au meilleur du cinéma bis des année soixante-dix. C'est vrai qu'en découvrant l’œuvre de Jack Starrett, y plane sur les cendres d'un générique de fin surgissant de manière plutôt abrupte et inattendue, ce parfum tenace qui donne envie de reprendre certaines idées afin de se les réapproprier. Connu chez nous sous le titre Course Contre l'Enfer, le long-métrage semble avoir inspiré tout un pan du septième art. Du moins, m'a-t-il immédiatement évoqué quelques saillies cinématographiques et télévisuelles. Bien avant leur heure, le film de Jack Starrett m'a fait pensé à un mix entre La Colline a des yeux de Wes Craven (la caravane, les décors naturel arides, les adeptes d'une secte sanguinaire prenant le relais des anthropophages) et l'épisode Sorcellerie de la toujours excellente série Starsky et Hutch et réalisé par Nicholas Sgarro. Sauf que, ben oui, l'auteur de Race with the Devil a eu l'idée quelques années avant les autres.
Petit film mais grandes vedettes puisque Race with the Devil accueille tout de même en son sein les acteurs Peter Fonda et Warren Oates, ainsi que les actrices Loretta Switt et Lara Parker qui à cette occasion incarneront leurs épouses. Un quatuor formant deux couples qui en plein mois de janvier décident de prendre le large en s'accordant quelques froides vacances dans le trou du cul du monde. Destination : Amarillo, ville américaine du nord du Texas, et sur la route de laquelle nos quatre personnages vont connaître quelques soucis lorsque passablement ivres, les deux mâles en questions vont êtres les témoins d'un sabbat nocturne particulièrement sordide puisque débouchant sur le meurtre d'une des disciple d'un groupuscule satanique. Le scénario ne s'embarrasse jamais d'une écriture complexe. Jack Starrett sait exactement où il veut emmener les spectateurs. Sur les routes d'une Amérique qui semble avoir abandonné sa foi en Dieu pour se retourner vers le Diable. Sur un scénario de Wes Bishop et Lee Frost, le cinéaste (qui fait ici une jolie apparition dans la peau d'un pompiste) installe une ambiance particulièrement anxiogène. Quels que soient les individus croisés sur leur chemin (indigènes, touristes et autorités), tous ont l'air d'avoir en commun d'appartenir à cette même secte qui va durant presque quatre vingt-dix minutes, pourrir l'existence de nos paisibles vacanciers. La paranoïa finit par s'installer et le moindre regard peut être perçu comme une menace. En cela, Race with the Devil est une totale réussite. Bien que le film démarre assez mollement, l'action prend finalement le relais assez rapidement et l'on ne s'ennuie alors, pas un instant. Bien interprété, malicieux dans sa manière d'optimiser l'angoisse relative au dépaysement, l’œuvre de Jack Starrett ménage un suspens régulier et dresse un portrait de l'Amérique et de ses ploucs assez saisissant. Race with the Devil, c'est deux couples d'amis contre 'le reste du monde'. Une excellente série B...

Mick Taylor is back !!! Le plus grand tueur en série de fiction d'Australie, lui-même inspiré des méfaits du meurtrier Bradley John Murdoch, coupable d'avoir tenté d'assassiner le couple de touristes britanniques formé par Peter Falconio et Joanne Lee (cette dernière ayant survécu), revenait en 2015, soit dix ans après le premier Wolf Creek. Cette suite, sobrement intitulée Wolf Creek 2 n'a absolument rien à envier à son prédécesseur. Démarrant sur les chapeaux de roues lors d'une introduction 'Mad Maxienne', l'acteur australien John Jarratt cabotine toujours autant, pour le bonheur d'un public qui aura droit à un met de choix de plus de cent minutes. Dans le décor aride du désert australien où les touristes et les indigènes se comptent sur les doigts d'une seule main, débarquent deux jeunes allemands en vadrouille aux abord du cratère de Wolfe Creek situé en plein cœur du parc national de l'État d'Australie-Occidentale. Ils boivent, ils fument de l'herbe, baisent sous la tente... bref, le parfait cliché que l'on offre à une jeunesse provenant habituellement d'Amérique. Mais que Katarina Schmidt et Rutger Enqvist soient d'origine germanique n'y change rien. Le seul fait que ces touristes étrangers foulent le sol du pays natal de Mick Taylor suffit à ce dernier pour entrer dans une rage folle et les dessouder de la plus belle et plus violente façon. Égorgement, têtes explosées, décapitations, doigts tranchés à la meuleuse et éviscérations sont au programme d'un films couillu aux effets-spéciaux remarquablement réussis.
L'acteur John Jarratt qui sous les traits de Mick Taylor incarne pour la seconde fois le tueur en série est impeccable. Cynique, misogyne, raciste, et prenant un plaisir malsain à torturer moralement ses victimes en leur faisant miroiter l'espoir de les relâcher ou en leur décrivant de quelle atroce manière elles vont passer de vie à trépas, Taylor paraîtrait presque sympathique aux yeux des téléspectateurs à force d'user d'un humour féroce et d'arborer aussi fréquemment son inquiétant sourire. Pour ce second volet, on a droit à un spectacle se diversifiant davantage que par le passé. Outre la séance de torture prenant des allures de jeu sanglant entre Mick Taylor et sa dernière victime, Paul Hammersmith (l'acteur australien Ryan Corr), à la manière d'un Hostel, le cinéaste Greg McLean, déjà auteur du premier volet, s'offre sa version du Duel de Steven Spielberg et va même jusqu'à évoquer certains aspects du western à travers la poursuite à cheval ou les coups de fouets. Wolf Creek 2 est hautement divertissant, gratiné en matière d'effets gore, amusant, parfois angoissant, et l'on ne s'y ennuie pas un seul instant. On pourra même se ranger du côté du monstre lorsqu'en préambule, deux flics ripoux l'humilient sans réelle justification, avant d'être eux-même les premières victimes de cet anti-héros éminemment charismatique. A noter qu'un troisième épisode à été confirmé par Greg McLean en fin d'année dernière. Reste à espérer que le projet soit maintenu et qu'il nous parvienne dans les plus brefs délais...

samedi 10 juin 2017

Aliens, Le Retour de James Cameron (1986)



Perdue dans l'espace, la capsule de survie à l'intérieur de laquelle hiberne Ripley est miraculeusement découverte par un vaisseau de sauvegarde. Extraite de celle-ci, la dernière survivante du Nostromo est rapatriée à bord d'une station spatiale avant d'être interrogée sur les raisons pour lesquelles elle a fait exploser le cargo commercial commandé par le capitaine A.J.Dallas. Les responsable de l'agence Weyland-Yutani ont beaucoup de mal à croire les propos que tient la jeune femme concernant les évènements survenus sur le Nostromo et décident de la déchoir de son statut de pilote d'appareils commerciaux. Ripley apprend notamment qu'elle a passé cinquante-sept ans à dériver dans l'espace à bord de la capsule de survie. Elle apprend également que sur LV-426, la planète sur laquelle elle et son équipage atterrirent après que "Maman" les ait informé de la réception d'un message, vivent des terraformeurs employés par la compagnie Weylanf-Yutani. Ceux-ci y vivent en toute sérénité avec leurs proches. Ripley alerte les responsables de la compagnie mais ces derniers font mine de l'ignorer.

Plus tard, Carter J. Burke, l'un des représentants de la compagnie sonne à la porte de Ripley, accompagné d'un lieutenant de l'armée américaine. Burke et Gorman font part à Ripley de leurs inquiétudes. En effet, on est sans nouvelles des colons basés sur LV-426 et la liaison semble avoir été coupée. Les deux hommes proposent à Ripley de se rendre sur la planète afin d'enquêter sur le mystérieux silence radio. La jeune femme refuse d'abord mais accepte ensuite à la seule condition que le bataillon de marines qu'elle accompagnera sera chargé de détruire les créatures et non pas d'en faire un sujet d'étude.


A bord du vaisseau Sulaco, Tous les membres du nouvel équipage se réveillent d'un long sommeil alors que la planète LV-426 se profile. Lors d'un repas de groupe, Ripley constate que parmi l'équipe se trouve un androïde prénommé Bishop. Ripley se méfie tout d'abord de cette machine qui lui rappelle fortement l'expérience traumatisante vécue à bord du Nostromo en compagnie de l'ancien modèle d'androïde Ash. Ripley est envoyée sur la surface de la planète LV-426 en tant que consultante. Entourée de marines puissamment armés, elle pénètre une base coloniale désolée et sans trace de vie. A part Newt, qu'elle et les marines finissent par dénicher dans une cachette. La gamine est l'unique survivante de la planète et certains signes démontrent que les familles de colons ont été victimes de la même espèce de créature que celle que Ripley et son équipage affrontèrent cinquante-sept ans plus tôt. Des structures métalliques semblent avoir fondu sous l'effet d'un puissant acide. Pire, une salle remplie de facehuggers dont deux sont encore vivants paraît avoir été le théâtre d'expériences...


Aux astronautes spécialistes de l'extraction de minerai de Ridley Scott, James Cameron leur préfère des marines au Q.I frisant celui d'une basse-court.


James Cameron ("Terminator"), pourtant capable de faire preuve de beaucoup de finesse ("Abyss"), n'y va pas par quatre chemins lorsqu'il s'agit de décrire son bataillon de marines. Une bande de gamins écervelés, frénétiquement convaincus par leur supériorité et dont la gente féminine est représentée par un spécimen totalement fasciné par les armes et les répliques cinglantes. C'est autour d'une bande de soldats loin d'imaginer ce qui les attend sur la planète LV-426 que Ripley est jetée en pâture. D'un sérieux et d'une moralité sans équivoque, elle accepte de retourner sur les lieux du cauchemar qui la hante depuis son retour parmi les hommes. Il n'y a guère qu'en la personne de Dwayne Hicks (campé par Michael Biehn, le héros du premier "Terminator") et l'androïde Bishop (Lance Henriksen) que nous pouvons avoir éventuellement confiance, et surtout pas en celle de Carter J. Burke (Paul Reiser) dont le visage ne nous revient pas, et ce, dès sa première apparition. On devine très vite d'où vient le danger hormis celui généré par la présence hostile d'une armada d'aliens belliqueux.


De l'angoisse qui naissait des couloirs tortueux du Nostromo, il ne reste plus grand chose sur la planète LV-426 malgré l'évidente volonté du cinéaste de reproduire cette éprouvante sensation de malaise lors que la visite de cette dernière par l'équipe de Ripley cinquante-sept ans plus tôt. L'arrivée de la jeune Newt sonne comme une bouffée d'air frais dans ce conglomérat de testostérones maniérées que pas même le charme de Ripley ne parvient à faire oublier. Prenant la pause devant la caméra, les insupportables Jenette Goldstein (Vasquez) et William Hope (Gorman) s'exhibent, muscles saillants, comme deux mannequins à l'affut du moindre flash.


Choisissant une voie "grand public", le film de James Cameron n'en demeure pas moins une vraie réussite.


Si l'ambiance ténébreuse n'est ici représentée qu'en de rares occasions, le film de Cameron possède un rythme qui (ne) faisait (pas) défaut dans le film de Ridley Scott. Disons plutôt, que ce dernier est différent et hisse "Aliens, Le Retour" au niveau des meilleurs films d'action. Contrairement au premier, il ne mêle pas l'épouvante à la science-fiction mais cette dernière au film de guerre. La machine est évidemment bien huilée puisque malgré l'énorme présence que représente l'œuvre de Ridley Scott dans les consciences, Cameron réalise une suite du niveau (ou presque) de "Alien, Le Huitième Passager"...
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