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jeudi 16 avril 2026

Transmutation (Demonwarp) d'Emmett Alston (1988) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Amateurs de scénarii perchés, bienvenue à vous. Acteur prolifique durant plus de quatre décennies, George Kennedy est surtout resté célèbre en incarnant le rôle du Capitaine Ed Hocken dans la trilogie The Nacked Gun sortie chez nous sous le titre Y a-t-il un flic... (pour sauver la reine en 1988, le président en 1991 et Hollywood en 1994) mais également celui de Joe Patroni dans les cinq volets de la saga Airport entre 1970 et 1979 ! Étant passé en outre par à peu près tous les genres, on a pu notamment le découvrir dans un certain nombre de films d'horreur, d'épouvante et de fantastique parmi lesquels, Le Bateau de la mort d'Alvin Rakoff, Creepshow 2 de Michael Gornick, M.N.I. mutants non identifiés de Thierry Notz ou bien le nanar culte Le Clandestin de Greydon Clark, lequel donna également naissance à l'excellente petite production de science-fiction horrifique Terreur Extraterrestre en 1980. S'agissant de Transmutation d'Emmett Alston (auteur en outre de American Ninja en 1985 ou de Force of the Ninja en 1993), le long-métrage se rapproche d'ailleurs qualitativement de ce dernier et moins des deux précédents tant ce film qui mêle à peu près tout ce que l'on est en droit d'attendre en terme d'horreur et de fantastique. Voire même de science-fiction. Un peu comme si l'on avait demandé à Christophe Izard, l'inventeur de la recette du Gloubi-boulga, d'écrire un scénario à partir de toutes les idées les plus folles qu'il aurait eu en tête à ce moment là ! Tout commence par la chute de ce qui semble être une météorite en pleine campagne.Un ''bolide'' qui ressemble d'ailleurs davantage à un gros œuf qu'à un caillou venu des tréfonds de l'univers. S'ensuit l'attaque dans une vieille bicoque d'un homme d'âge mûr (George Kennedy dans le rôle de Bill Crafton) et de sa fille Julie (Jill Marin), laquelle est assassinée par une grosse bête poilue aux allures de Bigfoot tandis que son paternel s'évanouit avant d'avoir pu venir à son secours ! Quelques jours passent et débarquent alors cinq jeunes adultes du type de ceux que l'on voit généralement se faire zigouiller dans les slashers. Ils vont s'installer chez le père de l'un d'entre eux. Le propriétaire de la demeure, celle-là même que Bill Crafton avait loué avant d'être attaqué par l'infâme créature, n'a plus donné signe de vie depuis quelques temps. C'est donc non seulement dans l'intention de passer quelques jours en bonne compagnie (Michelle Bauer et Shannon Kennedy Sullivan, la propre fille de George Kennedy, incarnant respectivement les deux seules femmes du groupe, Betsy et Tara) mais aussi pour l'un des garçons, l'occasion d'investiguer sur la disparition de son père que le groupe se réunit en ces lieux malgré la peu flatteuse réputation que connaît la région...


Faux slasher mais vrai nanar, le tueur n'y est pas un alter ego des célèbres Jason Voorhees et Michael Myers mais bien ce qui semble être un grand singe. Lequel va de nouveau débarquer dans la maison de Clem (le propriétaire incarné par Joe Praml) pour s'en prendre au groupe et faire deux victimes parmi les garçons (et tant qu'à faire, les plus cons des trois). Tentant de survivre aux assauts répétés de la bête, les deux filles ainsi que Jack (David Michael O'Neill), le fils du propriétaire (vous suivez?), vont rapidement quitter la maison pour s'enfoncer dans la campagne environnante et faire plusieurs rencontres jusqu'à découvrir une grotte dans laquelle s'est retranchée le... ''primate''... ! Si Transmutation (connu sur le territoire américain sous le titre Demonwarp) démarre assez bien, le reste du long-métrage est d'une toute autre teneur. Répétitif à souhait mais doté de quelques effets gore prosthétiques plus ou moins aboutis, le film est souvent très lent et donc relativement ennuyeux. Du moins, jusqu'à son dernier acte. Celui-là même qui situe son action à l'intérieur de la grotte. Là, Emmet Alston et les scénaristes Jim Bertges et Bruce Akiyama s'en donnent à cœur joie. Sur la base d'une histoire créée par John Carl Buechler (oui, oui, on parle bien là du réalisateur de Troll en 1986, de Cellar Dweller en 1987, de Vendredi 13, chapitre VII : Un nouveau défi en 1988 ou de Ghoulies III en 1991), Transmutation part totalement en vrille. À commencer par cette ''comète'' qui comme nous le découvrons alors est en réalité un vaisseau spatial venu s'écraser à la surface de notre planète. Tandis que l'on découvre rapidement que le ''singe'' qui attaquait jusque là toute personne croisant sa route n'est en réalité que le père de Jack génétiquement retourné à l'état sauvage, un groupe de... ''zombies'' contrôlés par une force maléfique (en fait, l'extraterrestre échoué à bord du dit vaisseau) répare l'engin pour un départ prévu prochainement. Bon, on ne va pas détailler ce qui suit lors de cette dernière partie totalement barge et nanardesque mais elle vaut à elle seule son pesant d'or. Pas étonnant alors que Transmutation soit considéré par certain comme un authentique film culte malgré ses nombreux défauts. À voir pour se faire une idée très précise du bousin... !

 

dimanche 19 octobre 2025

La Meurtrière diabolique (Strait-Jacket) de William Castle (1964) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

La folie au cinéma est une thématique récurrente sur laquelle se sont penchés d'innombrables cinéastes à travers le temps. De grands réalisateurs s'y sont également intéressés. Au titre des plus grandes œuvres, l'on citera Soudain l'été dernier de Joseph L. Mankiewicz en 1959, Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? de Robert Aldrich en 1962, Shock Corridor de Samuel Fuller en 1963 ou encore Vol au dessus d'un nid de coucou de Miloš Forman en 1975. Bon nombre de cinéastes spécialisés dans le cinéma d'épouvante se sont également emparés du sujet. Difficile de les énumérer tous mais parmi eux, l'autrichien Gerald Kargl la traita en 1983 avec son remarquable et éprouvant Schizophrenia. Un long-métrage si déstabilisant que son auteur se retrouva financièrement démuni et contraint de travailler dans la publicité afin de rembourser ses dettes ! Dans certains pays où le film sera interdit ou écopera d'un classement X au même titre que le cinéma pornographique, il faudra patienter de longues années avant que le public puisse enfin le découvrir... Mais revenons en arrière, jusqu'en 1964, année où fut projeté sur les écrans La Meurtrière diabolique (Strait-Jacket) du réalisateur américain William Castle, œuvre marquée d'une interdiction aux moins de treize ans et d'un avertissement pour violence, gore et contenu dérangeant. Aussi puissant qu'est le titre dans sa traduction française que dans sa version originale (laquelle signifie Camisole de force), le film est d'abord l’œuvre d'un réalisateur puis d'un scénariste qui tous deux se sont chacun dans leur catégorie, spécialisés dans le cinéma et le roman d'épouvante. Du premier l'on retiendra l'usage de gadgets à l'attention des spectateurs lors de la projection de plusieurs de ses longs-métrages en salle. Au titre desquels, La nuit de tous les mystères et Le désosseur de cadavres en 1959 et 13 Fantômes l'année suivante.


Quant au second, le célèbre écrivain américain Robert Bloch, il est surtout devenu mondialement célèbre pour avoir été à l'origine en 1959, l'auteur du roman Psychose que le cinéaste Alfred Hitchcock adapta sous le même titre l'année suivante... Huit ans avant qu'il ne retourne à des ''aspirations'' d'ordre psychiatrique en écrivant le scénario du film à sketchs de Roy Ward Baker Les Mystères d'Asylum, Robert Bloch se pencha sur l'écriture de ce qui à l'écran deviendra La meurtrière diabolique. William Castle, qui ne renie alors pas le genre qui le rendit célèbre se montre pourtant beaucoup plus sobre dans sa description de l'horreur et de l'épouvante. Et pourtant, si le film a écopé d'un PG-13 sur le territoire américain, ça n'est pas pour rien. En effet, bien que l'on soit là face à un drame domestique au sein d'une famille au terrible passé, William Castle assène quelques plans horrifiques plutôt rares pour l'époque. L'on évoquera moins leur aspect gore du fait que pas une seule goutte de sang ne soit déversé à l'image que la répétitivité des séquences exposant des décapitations perpétrées à la hache. Tout commence il y a vingt ans, lorsque de retour chez elle, Lucy Harbin découvre que son mari est au lit avec son ancienne petite amie. Ne supportant pas cette trahison, l'épouse abusée s'empare d'une hache et tue le couple adultérin. Et ce, devant les yeux de sa petite fille Carol ! Enfermée dans un hôpital psychiatrique durant les vingt années qui suivent, Lucy est finalement rendue à sa liberté et est accueillie par son frère Bill (Leif Erickson), sa belle-sœur Emily (Rochelle Hudson) et par Carol qui depuis les deux dernières décennies a été élevée par son oncle et sa tante. La gamine a depuis bien changée et est devenue une très jolie jeune femme fiancée à Michael Fields (John Anthony Hayes) dont les parents forment un couple de riches propriétaires... Le retour de Lucy s'avère délicat. N'ayant eu de contact avec autrui qu'à travers les patients de l'asile et les différents spécialistes qui se sont chargés de sa santé, celle qui est devenue une vieille dame craint de rencontrer Michael et ses parents.


Et alors que les médecins ont jugé qu'elle pouvait retourner vivre avec les siens, le comportement de plus en plus alarmant de Lucy inquiète sa fille ainsi que son frère et sa belle-sœur... Dans un superbe noir et blanc, William Castle filme donc les retrouvailles d'une mère et de sa fille dans un contexte trouble. Alors que Carol est incarnée par la charmante Diane Baker que l'on a pu notamment découvrir dans Voyage au centre de la Terre de Henry Levin, Pas de printemps pour Marnie d'Alfred Hitchcock ou dans l'épisode La montre témoin de la série policière Columbo, Le film de William Castle est véritablement porté par la présence et l'incarnation de Joan Crawford, immense actrice aux plus de cent rôles et qui dans le cas de La Meurtrière diabolique déploie son talent d'interprète en exploitant toutes les possibilités offertes par un personnage à l'humeur changeante. L'actrice est ainsi tour à tour inquiétante, touchante, ambiguë, lorsque sa personnalité change et passe de la tranquille et timide mère de Carol en une furie qui s'exprime en hurlant. Au drame et au film d'épouvante l'on ajoutera en outre le concept de thriller à un long-métrage qui n'aura pas livré tous ses secrets lors de sa première heure mais confondra au contraire le public face à ses certitudes. Notons enfin la présence de l'acteur George Kennedy qui des décennies avant d'être apparu à plusieurs reprises dans la franchise Airport ou parmi les interprètes de Mort sur le Nil de John Guillermin ou de Tremblement de terre de Mark Robson incarne ici l'homme à tout faire de la famille Harbin, Leo Krause. Un personnage diamétralement opposé à ceux qu'on lui connaît généralement, avec son look de cul-terreux sale et un brin immoral...


mardi 16 janvier 2024

Search and Destroy de William Fruet (1979) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Le retour à la vie civile n'est pas facile pour tout le monde. Surtout pour ceux qui ont été abandonnés sur le champ de bataille. C'est sans doute ce qu'a dû se dire l'homme qui dans Search and Destroy est bien décidé à faire payer la section de soldats qui lors d'une mission ayant eu cours durant la guerre du Vietnam ont pris la fuite en le laissant sur place. Troisième long-métrage pour le réalisateur William Fruet après Wedding in White en 1972 et Death Weekend en 1976, Search and Destroy ne se déroule non pas au cœur du conflit qui opposa l'armée américaine à la république démocratique du Viêt Nam mais quatre ans plus tard, sur le sol des États-Unis où Kip Moore et Buddy Grant ont repris une vie normale. Le premier travaille dans un garage à automobiles et le second aux abords des chutes du Niagara aux commandes d'une embarcation maritime pour touristes. Kip fréquente Kate Barthel qu'interprète l'actrice Tisa Farrow, sœur cadette de Mia Farrow. Au générique de ce film qui réunit donc Perry King et Don Stroud, nous retrouvons également l'acteur George Kennedy, très populaire à l'époque puisqu'on le découvrit notamment dans plusieurs films de catastrophe aérienne (Airport de George Seaton et ses suites, 747 en péril, Les naufragés du 747, Airport 80 Concorde ou encore chez Agatha Christie dans l'excellent Mort sur le Nil de John Guillermin). Accompagné par une bande-musicale électronique relativement monotone signée de Martin Deller, Cameron Hawkins et Ben Mink, Search and Destroy s'inscrit dans la tradition des Survival et des Vigilantes urbains dont les qualités demeurent relativement difficiles à définir.


Non pas que le film de William Fruet soit un navet, loin de là, mais il souffre d'avoir été à l'origine écrit par Dan Enright qui nous propose à cette occasion, une promenade qui reste souvent ''de santé'' tant le long-métrage s'éternise parfois lors de séquences dont la durée fini par être épuisante. Le sommeil guette donc lors de cette chasse à l'homme vengeresse dont plusieurs compagnons de nos deux principaux protagonistes ainsi que Buddy Grant lui-même feront les frais. Surtout connu pour son rôle de détective Cody Allen dans la série Riptide, Perry King endosse ici celui d'un vétéran du Vietnam contraint de reprendre les armes face à la menace qui sous les traits de l'acteur et taekwondoïste sud-coréen Jong Soo Park met en péril l'existence de Kip Moore et de son entourage. Apparemment fasciné par les chutes du Niagara, le réalisateur filme a répétition ces majestueuses cascades. Un peu trop, même. Ce qui ralentit drastiquement l'intrigue. À dire vrai, le film est assez peu riche en moments chocs et déroule surtout son lot de scènes inutiles. Vient se frotter à l'intrigue le toujours impeccable George Kennedy,donc, accompagné pour l'occasion par l'acteur Tony Sheer, lequel incarne le sergent Frank Malone. Œuvre d'origine canadienne, Search and Destroy atteint très rapidement ses limites en raison d'un financement plutôt restreint. Un déficit budgétaire qui se concrétise dès les premières secondes et notamment lorsque Kip, Buddy et les autres membres de leur section évoluent dans un Vietnam visuellement invraisemblable. De fait, cette première séquence renvoie directement au film culte que réalisera la décennie suivante Buddy Giovinazzo Combat Shock et dans lequel, là encore, les limites du budget allaient le contraindre de tourner les scènes de guerre ouvrant le film dans son propre jardin ! Petit film d'action sans grandes prétentions, Search and Destroy est donc à réserver en priorité aux amateurs purs et durs. Les autres se tourneront plutôt du côté des classiques du genre...

 

lundi 12 juin 2023

The Terror Within (M.N.I Mutants non identifiés) de Thierry Notz (1989) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Alors là, moi je dis bravo. Oser piller, plagier, singer et détrousser un classique de la science-fiction sans marquer ses joues du sceau du rouge de la honte, c'est faire preuve d'une arrogance mêlée d'incrédulité. Car qui peut douter que M.N.I Mutants non identifiés (titre français apparemment inspiré du M.A.L Mutant aquatique en liberté de Sean S. Cunningham qui sorti la même année) n'est rien d'autre qu'un pompage quasi intégral du Alien, le huitième passager de Ridley Scott ? Sorti sur son territoire d'origine sous le titre The Terror Within, ne pas voir le long-métrage de Thierry Notz comme un plagiat purement et simplement éhonté du classique de la science-fiction et de l'épouvante sorti dix ans en arrière, c'est préférer se voiler la face. Ici, tout diffère en fait au niveau du contexte. Il n'est plus question de Space Opera horrifique puisque le récit ne se déroule plus dans l'espace à bord du Nostromo mais bien sur notre planète, la Terre, qui à la suite d'une guerre chimique a vu quatre-vingt dix-neuf pourcents de sa population disparaître. Ne survivent que quelques chanceux et notamment une poignée d'individus retranchés à environ cent-cinquante mètres sous la surface. S'il arrive parfois que l'un ou l'autre des pensionnaires de ce véritable bunker souterrain sorte afin de trouver de quoi nourrir ses compagnons, la plupart du temps ceux-ci évitent de mettre le nez dehors. Et ce, pour une raison bien simple. En dehors des créatures naturellement hostiles qui ont toujours peuplé la planète (rapaces, serpents...), des mutants rodent et s'en prennent systématiquement à celles et ceux qu'ils croisent sur leur chemin. Deux des résidents du bunker en feront d'ailleurs les frais. Deux autres tenteront de retrouver leurs compagnons en partant à la recherche. À leur place, ils ramèneront une jeune inconnue ayant miraculeusement survécu à la guerre et aux dangers propres à la vie en extérieur. Mieux : elle est enceinte. Mais après avoir été ramenée à la base et après quelques examens, le docteur Linda (l'actrice Terri Treas) remarque que l'évolution du fœtus est anormale puisque bien trop rapide. De manière collégiale est prise la décision de faire avorter la jeune femme... Et c'est là que tout part en couill... vrille. Et dans le récit à proprement parler, et s’agissant la manière avec laquelle Thierry Notz et son scénariste Thomas McKelvey Cleaver semblent s'être acharnés à pomper l’œuvre de Ridley Scott...


Qu'il s'agisse de certaines séquences comme l'évocation de l'arme qui pourrait être envisagée afin de tuer la créature qui sortira du ventre de sa mère, la visite des tunnels d'aération ou encore de certaines lignes de dialogues qui en tout cas dans notre langue, ne changent que d'un ou deux termes mais sont très objectivement empruntés à Alien, le huitième passager. Nous avons notamment droit à un face à face entre le mutant et l'acteur afro-américain John Lafayette qui interprète le rôle du peu courageux Andre. Un personnage pas très valeureux, donc, ou du moins, nettement en deçà des capacités offertes dix ans auparavant à son alter ego Parker qu'incarnait le génial Yaphet Kotto. C'est donc d'un recyclage quasi systématique du classique de Ridley Scott auquel le spectateur est convié. Et autant dire que lorsque l'on connaît l’œuvre originale et ses immense qualités techniques, de mise en scène, d'interprétation et au niveau des effets-spéciaux, M.N.I Mutants non identifiés fait très clairement pâle figure. Principalement interprété par Starr Andreeff, Andrew Stevens et surtout George Kennedy (lequel a touché à tous les types de cinéma comme le film catastrophe à de nombreuses reprises au sein de la franchise Airport), le long-métrage est un curieux hybride entre ce qu'aurait pu être une honnête série B horrifique et de science-fiction avec un nanar, voire une série Z. L'interprétation oscille donc entre l'acceptable et le médiocre. Il faut voir l'attitude de Tommy Hinkley lorsque son personnage Neil assiste apparemment médusé au sanglant accouchement de la jeune Karen (l'actrice Yvonne Saa). TO-TA-LE-MENT improbable ! Surtout, M.N.I Mutants non identifiés nous fait regretter tous ces personnages mis en scène dix ans en arrière par Ridley Scott. Tous plus iconiques les uns que les autres. Même le chat était bien meilleur que le chien qui désormais prend sa place ! Sans être ratée, la créature conçue par Dan Jones fait elle aussi pâle figure au regard de celle issue de l'imaginaire du plasticien suisse Hans Ruedi Giger. Bref, M.N.I Mutants non identifiés n'est qu'une très pâlotte version d'Alien de Ridley Scott et l'on peut se demander où se situe l'intérêt d'un tel long-métrage perclus de tant de défauts. Quitte à regarder un sous-Alien, autant redécouvrir le Inseminoid de Norman J. Warren plutôt que ce M.N.I Mutants non identifiés terriblement décevant...

 

mercredi 2 mars 2022

Wacko de Greydon Clark (1982) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Les comédies parodiques sont des longs-métrages qui se comptent par centaines et qui traversent le septième art depuis des décennies. Bud Abbott et Lou Costello en ont fait leur fond de commerce en parodiant par exemple un certain nombre de mythes du cinéma fantastique (Bud Abbott and Lou Costello Meet Frankenstein en 1948, Abbott and Costello Meet the Invisible Man en 1951, Abbott and Costello Meet Dr. Jekyll and Mr. Hyde en 1953, etc...), Jerry Lewis et Roman Polanski leur emboîtant le pas avec, respectivement, Docteur Jerry et Mister Love en 1963 et Le bal des vampires en 1967, Mel Brooks empruntant également le concept notamment à travers Young Frankenstein en 1974 ou Spaceballs en 1984. Sans oublier la troupe d'humoristes britanniques Monty Python qui mit en scène et interpréta le mythique Monty Python : Sacré Graal ! en 1975 et bien sûr, les plus célèbres et productifs de tous : le trio formé par les frères David et Jerry Zucker et Jim Abrahams qui seront surtout connus sous l'acronyme ZAZ ! Trois hommes auxquels l'on devra les classiques de la comédie parodique que seront les films Y a-t-il un pilote dans l'avion ? en 1980, Top secret en 1984, Y a-t-il quelqu'un pour tuer ma femme ?, chacun y allant également de sa carrière solo. Jim Abrahams avec Quand les jumelles s'emmêlent en 1988), David Zucker avec Y a-t-il un flic pour sauver la reine ?, la même année ou son frangin Jerry qui lui, optera pour un changement radical de style en réalisant notamment le très beau film d'amour fantastique Ghost en 1990 avec Patrick Swayze, Demi Moore et Whoopi Goldberg. D'autres s'engouffreront par la suite dans le genre parodique avec plus ou moins de bonheur et de succès parmi lesquels la franchise Scary Movie dont le réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain Keenen Ivory Wayans réalisera les deux premiers volets en 2000 et 2001...


Parmi la liste tentaculaire de longs-métrages s'inscrivant dans le même courant, on trouve des œuvres demeurées sur grand écran, inédites dans notre pays. Et parmi elles, un certain Wacko dont l'auteur Greydon Clark n'était pourtant pas coutumier du fait. Car en effet, si ce nom n'est pas inconnu des amateurs de cinéma d'horreur et d'épouvante, c'est parce qu'il fut en outre l'auteur de quelques sympathiques bobines horrifiques dont Terreur extraterrestre (Without Warning) en 1980 fut sans doute la plus réussie et demeure la plus connue de ses réalisations. À moins que les amateurs n'aient surtout retenu de sa carrière, le nanardesque Le Clandestin (Uninvited) qu'il réalisa huit ans plus tard. Un véritable OFNI, célébré par les amateurs de films Z, lequel demeure sans doute involontairement drôle. En somme, presque une parodie inconsciente. Mais pour revenir au genre qui nous intéresse ici il faut savoir qu'en 1983, Greydon Clark se rendit coupable d'une parodie de film d'horreur à tendance Slasher relativement étonnante. Un long-métrage difficile à aborder dans sa globalité puisqu'il ''bénéficie'' d'un engorgement en matière de gags qui pourra paraître, du moins pour les non initiés au genre parodique, comme parfaitement indigeste. En effet, dès le préambule en forme de flash-back nous présentant un tueur au visage planqué sous une citrouille préalablement vidée de sa chair à l'aide d'un couteau à la lame particulièrement impressionnante, un individu armé de surcroît d'une tondeuse en guise d'arme de prédilection, Greydon Clark met en scène une somme conséquente de situations parfaitement grotesques dont le degré de drôlerie semble tout d'abord à la portée du public américain...


Les spectateurs français, plus enclins à savourer tout d'abord l'humour autrement que sous sa forme littéraire (Le diner de cons de Francis Veber en 1998, Le prénom d'Alexandre De La Patellière et Matthieu Delaporte en 2011, ou d'une manière plus général, le cinéma de Michel Audiard ou de Bertrand Blier etc...) pourront avoir du mal avec l'humour typiquement américain reposant d'abord sur le visuel et la gestuelle. Le concept adopté par Greydon Clark semble cependant avoir un avantage. En adoptant la multiplication des gags aux dépends d'un récit au scénario ultra simple, le réalisateur et ses scénaristes Dana Olsen, Michael Spound, Jim Kouf et David Greenwalt permettent à leur public d'y trouver son compte en matière de trouvailles quelque soit son niveau d'exigence en matière d'humour. Wacko s'avère tout de même très bête. Une légion de gags qui tombent parfois très bas et dont l’efficience est souvent absente. Quelques running gags mettant en scène l'acteur George Kennedy dans le rôle de Mr. Docteur Graves, le père de l'héroïne Mary interprétée par l'actrice Julia Duffy et époux de Mrs. Docteur Graves incarnée quant à elle par Stella Stevens. Chacun y trouvera matière à rire ou à s'affliger devant ce spectacle parfois indigent. Sûr que certains ne pourront s'empêcher de s'esclaffer pendant que d'autre regarderont l'écran en chien de faïence. L'acteur Joe Don Baker tire cependant son épingle du jeu dans le rôle de l'inspecteur passablement usé, Dick Harbinger. Pour le reste, Wacko est un imbroglio de séquences humoristiques foutraques dont l'accumulation s'avère souvent difficile à avaler...

 

dimanche 18 août 2019

Just Before Dawn de Jeff Lieberman (1981) - ★★★★★★☆☆☆☆



Le survival est un genre cinématographique qui connut son heure de gloire dans les années soixante-dix avec des classiques tels que La Colline a des Yeux et Massacre à la Tronçonneuse et s'est même permis une incartade dans divers courants comme la science-fiction ou le film catastrophe. Au début des années quatre-vingt, et flirtant sur un certain succès dans le domaine de la survie en territoire hostile, le réalisateur britannique John Boorman offrit lui même aux personnages de Délivrance un voyage au cœur d'une contrée sauvage dominée par une forêt danse, un fleuve tumultueux et des autochtones dégénérés. D'un budget ne dépassant pas les deux millions de dollars américain, le film rapporta lors de sa sortie en salle dans la deuxième moitié de l'année 1972 un succès important puisqu'il rapporta presque cinquante millions de dollars, soit à peu près vingt-cinq fois la mise de départ. Neuf ans plus tard, ce fut au tour d'un autre cinéaste reconnu d'imaginer le calvaire de neuf membres de la garde nationale perdus dans les marécages de la Louisiane, sur les terres de chasseurs Cajuns dérangés par leur présence. Walter Hill réalisait là, sans doute l'un des meilleurs longs-métrages du genre avec Southern Comfort. La même année, le réalisateur Jeff Lieberman, auteur notamment du Rayon Bleu et de La Nuit des Vers Géants allait apporter sa pierre à l'édifice avec Just Before Dawn qui fut traduit chez nous sous le titre Survivance, une traduction certainement voulue en rapport avec l’œuvre de John Boorman.

Le genre survival étant relativement encombré, certains s'y sont cassés les dents (les infâmes The Blood Stalkers de Robert W. Morgan en 1976 et Savage Water de Paul Kiener 1979 demeurant sans doute les pires exemples), Just Before Dawn s'en sort avec les honneurs. Pourtant, au regard des classiques du genre, le film de Jeff Lieberman est très loin d'être parfait. Le récit nous conte les aventures de cinq amis décidés à passer le week-end au sommet d'une montagne, près d'un site dont l'un d'eux a hérité. Ils croisent en chemin Ty, un homme ayant apparemment perdu la tête et affirmant être poursuivi par le Diable. Les cinq amis Jonathan, Warren, Constance, Daniel et Merry Cat Logan faisant peu de cas des propos tenus par l'ivrogne, ils décident de le laisser sur le bas-côté du chemin et de reprendre la route à bord de leur camping-car afin de se rendre aux abords d'une cascade où il s'arrêteront pour la nuit. Mais alors qu'ils sont restés indifférents aux avertissements du garde forestier Roy McLean qu'ils ont croisé plus tôt en chemin, le week-end de Warren et de ses amis va se transformer en cauchemar car dans la région sévissent deux frères jumeaux qui tuent systématiquement tous ceux qui osent pénétrer leur territoire...

Just Before Dawn est donc un survival plutôt convaincant. Et même s'il a tendance à mettre un temps fou à démarrer, lui donnant ainsi parfois des airs de slasher, il s'avère relativement angoissant. D'autant plus que Jeff Lieberman sait s'y prendre lorsqu'il s'agit de créer un climat oppressant. La densité végétale des lieux étant pour beaucoup dans cette impression de malaise permanente également accentuée par la partition musicale de Brad Fiedel, auteur de plus d'une centaine de compositions pour le grand écran et la télévision, on ne sait jamais vraiment d'où viendra le danger. Ce qui peut en revanche pâtir au long-métrage demeure dans la succession d'invraisemblances qui émaillent le récit. Averti à de nombreuses occasions, le groupe conserve cependant la volonté de passer le week-end dans la région. Et même lorsque les morts commencent à s'abattre parmi eux, plutôt que de choisir la solution du retrait vers le camping-car, que trouvent-il de mieux à faire ? Un feu de camp, sans qu'aucune protection ne vienne leur assurer leur survie. Parmi les interprètes, on retrouve dans les rôle des ''héros'', l'actrice Deborah Benson, laquelle joua surtout pour le petit écran. Mais si Just Before Dawn bénéficie d'une certaine popularité, c'est sans doute grâce à la présences des acteurs Gregg Henry, que l'on vit notamment dans la plupart des films de Brian de Palma (Body Double, L'Esprit de Caïn, Femme Fatale ou encore Snake Eyes) et de George Kennedy qui fut présent dans la série de films Airport dans le rôle de Joe Patroni, dans le film catastrophe Tremblement de terre ou encore dans Creepshow 2 et dans la série des Y a-t-il un flic... Quant à John Hunsaker, dont la carrière d'acteurs semble s'est arrêtée après seulement huit long-métrage, il incarne le double rôle des frères jumeaux. Just Before Dawn est au final une production relativement convenable...

lundi 30 octobre 2017

Tremblement de Terre de Mark Robson (1974)



A Los Angeles, les habitants de la ville sont encore loin d'imaginer le drame terrible qui va se jouer dans quelques heures. Pourtant, des signes avant-coureurs e sont manifestés plus tôt dans la matinée. Pour l'ingénieur en chef d'une entreprise de construction Stewart Graff, c'est la crise. Alors que son patron et beau-père lui offre le plus important poste de celle-ci, son couple bat de l'aile au point qu'il prend la décision de quitter son épouse. A l'autre bout de la ville, le sergent Lew Blade est mis au placard après avoir frappé un policier d'une autre juridiction. Quand au motard Miles Quade, il prépare un sow à moto qui devrait les mettre lui, son assistant Sal et la sœur de ce dernier Rosa à l'abri du besoin.
Mais alors que les heures défilent, les prémices d'une catastrophe à venir se font sentir. Un séisme se fait ressentir dans toute la région et le plus important barrage de la région commence à montrer des signes de faiblesse. Les Scientifique Willis Stockle et Walter Russel, après études, confirment le pire à venir : un tremblement de terre d'ampleur jamais égalé risque de plonger la ville de Los Angeles dans le chaos...

Tourné durant cinq mois au début de l'année 1974, Tremblement de Terre fait partie de ces quelques mastodontes du cinéma américain de l'époque qui demeurent encore aujourd'hui d'une redoutable efficacité. Les films catastrophes, s'ils sont légions, ne comptent dans leurs rangs que très peu de grands classiques. Ceux-ci étant majoritairement daté des années soixante-dix. La même année fut tourné un autre classique du genre, La Tour Infernale de John Guillermin. Mais ce n'est pas tout. L'aube des années soixante-dix vit fleurir une série consacrée aux avions avec le premier d'entre eux : Airport, en, 1970. Puis vint deux ans plus tard L'Aventure du Poseïdon. Autre grand classique tourné à la toute fin de cette décennie, l'excellent Meteor, en 1979. mais il ne faut pas oublier que le film catastrophe est un genre qui existe depuis plus de cent ans, le premier essai remontant en 1908 avec le court-métrage Les Derniers Jours de Pompeï de Luigi Maggi. Un sujet qui d'ailleurs sera repris durant plusieurs décennies.

En ce qui concerne ce Tremblement de Terre réalisé par Mark Robson, on ne peut pas dire qu'il lésine sur les moyens puisqu'après l'habituelle présentation des personnages, le récit gravitant autour des actrices et acteurs Charlton Heston, Ava Gardner, George Kennedy (un habitué des films catastrophes), Victoria Principal ou encore Geneviève Bujold, se précipite sur le thème qui nous intéresse ici. Celui de la catastrophe imminente que le cinéaste a tout d'abord la bonne idée d'aborder d'un point de vue scientifique avant de laisser le scénario mettre en évidence le pire à venir à travers des événement demeurant encore minimes à ce moment très précis. Mettant en place un scénario beaucoup plus complexe que la simple vague de catastrophes détruisant une ville toute entière, le récit jongle entre les histoires personnelles de plusieurs personnages, tous très intéressants.

Puis c'est alors que les premières secousses se font ressentir. Suivies de la plus importante sans qu'aucun détail narratif ne nous ait averti de son arrivée si soudaine. L'ampleur du travail sur les décors explose les rétines. La durée de la scène, ainsi que la chorégraphie (s'entend le placement des acteurs et figurants) et les remarquables effets-spéciaux en mettent plein la vue. Décors réels et maquettes se confondent tant et si bien qu'il est parfois impossible de distinguer le vrai du faux.

La présence des principaux interprètes au capital sympathie est une valeur sûre qui apporte beaucoup à cette œuvre qui dépasse les deux heures. Sans l'ombre d'une image de synthèse qui à l'époque n'était encore qu'un rêve, Tremblement de Terre surpasse tout ce qui a été entreprit auparavant dans le domaine et n'a été qu'en de très rares occasions surpassé. Le cinéaste Roland Emmerich lui-même n'aura retenu la leçon qu'à moyen terme puisque après un excellent Jour D'Après, il allait commettre le pire en réalisant le nullissime 2012. plus de quarante ans après, l'oeuvre de Mark Robson a évidemment pris quelques rides mais n'a pas à rougir devant les blockbusters souvent surestimés d'aujourd'hui...



vendredi 2 juin 2017

Airport 1975 (747 en Péril) de Jack Smight (1974) - ★★★★★★☆☆☆☆



Il aura fallut attendre quatre années avant que ne sorte le second volet de la saga catastrophique Airport en 1974. quatre années au beau milieu desquelles sera projeté le Skyjacked du cinéaste John Guillermin. Une œuvre qui n'a rien à voir avec les autres films de catastrophe aérienne mais qui leur demeure pourtant supérieur en terme de qualité. L'une des particularités de 747 en Péril (Airport 1975) est d'avoir servi de source d'inspiration pour la parodie du trio formé par Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker, Y a-t-il un pilote dans l'avion ? Le film met en scène un Boieng 747, remplaçant ainsi le modèle 707 ayant servi dans l'épisode précédent. Cette fois-ci, l'équipage et les voyageurs embarqués à bord de ce nouvel avion de ligne vont avoir à faire avec un accident de très grande ampleur qui décimera la totalité du personnel de commandes. Alors que le vol prévoit de débarquer ses passagers montés à l'aéroport de Washington, à Los Angeles, un imprévu oblige le commandant le Stacy de faire atterrir l'avion à Salt lake City. Entre-temps, un petit avion de tourisme à bord duquel le pilote vient de faire un arrêt cardiaque suit une route chaotique et semble se rapprocher dangereusement de l'avion piloté par Stacy.
A terre, les aiguilleurs du ciel tente de prévenir le commandant du boieng mais il est déjà trop tard. Le petit avion file droit vers le cockpit de l'engin de la Coulumbia Airlines et c'est la collision. Alors que l'avion de tourisme est pulvérisé, une grosse partie du cockpit du boieng est arraché. Les deux copilotes de Stacy sont tués sur le coup, quant au commandant, il est gravement blessé au visage. L'avion n'ayant plus de pilote, les passagers vont devoir compter sur l'aide de l’hôtesse en chef, Nancy Pryor qui va alors prendre les commandes de l'avion de ligne, aidée au sol par Alan Murdock, ancien pilote pour l'armée américaine et compagnon de la jeune femme, ainsi que par Joe Patroni, vice-président de la compagnie Colombia Airlines.

Parmi les passagers, on reconnaîtra la jeune actrice Linda Blair qui effraya le public du monde entier en revêtant le visage du Diable dans le classique de William Friedkin L'Exorciste en 1973. Ainsi que Helen Reddy, en bonne sœur, les deux actrices ayant été parodiées six ans plus tard par les ZAZ. Roy Thinnes (la série Les Envahisseurs) et Karen Black (Burnt Offerings, Le Jour du fléau) font également partie du voyage. 747 en Péril n'est, sans mauvais jeu de mots, pas une catastrophe, mais demeure dans le fond, parfois ennuyeux malgré des péripéties inédites. Beaucoup de bavardage inutile dont le seul intérêt semble être de combler les vides d'un scénario qui ne tient que sur la base d'une catastrophe dont l'issue semble improbable (la collision permettant au boieng de continuer sa route). Toutefois, quelques scènes parviennent à maintenir un certain suspens comme lors de la tentative de sauvetage par un pilote de l'armée américaine confirmé. Le sort qui lui est accordé demeure d'ailleurs prévisible si l'on tient compte du fait que Charlton Heston, plus grande star du casting se devait fort logiquement de prendre la place du héros afin de mener à bien lui-même le sauvetage de l'avion de ligne. Des quatre longs- »métrages de la saga Airport, le film du cinéaste américain Jack Smight demeure sans doute le plus apte à résister au temps qui passe. Pour ses quelques qualités qui défient le temps (actrices et acteurs incarnent parfaitement leur personnage respectif) et pour la mise en parallèle avec la parodie qu'ont réalisé plus tard Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker. En effet, il serait sans doute amusant de voir les deux œuvres successivement afin de noter toutes les références dont s'est inspiré le trio de producteurs-réalisateurs...


jeudi 1 juin 2017

Airport 79 (Airport 80) de David Lowell Rich (1979) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Décidément, ce pauvre Joe Patroni (personnage interprété à quatre reprises par l'acteur George Kennedy) n'a pas eu de chance avec les voyages aériens. Après avoir essuyé plusieurs catastrophes aériennes, cet ancien chef de la sécurité (Airport), vice président d'une compagnie aérienne (747 en Péril) et chef des opérations de sauvetage (Les Naufragés du 747), le voici désormais aux commandes d'un Concorde flambant neuf. Exit les vieux modèles de boeing 707 et 747. Désormais, c'est à bord d'un avion de ligne supersonique capable de voler à une vitesse légèrement supérieure à deux fois celle du son. L'embarquement des passagers se fait attendre. 28 minutes à partir du générique du début, auxquelles il faut aouter neuf minutes supplémentaires pour enfin voir le Concorde s'envoler. Autant de temps à nous présenter des personnages secondaires amusants. Le saxophoniste consommant de l'herbe dans de fortes proportions, l'équipe de gymnastes russes dont un « gros bébé » est accompagné de son adorable petite fille muette, et dont l'une des athlète est éprise d'un très séduisant américain. La réconciliation américano-soviétique serait-elle en marche ? Exit aussi la jeune fille malade, remplacée désormais par une glacière renfermant le cœur destiné à la greffe d'un enfant d'à peine dix ans. Georges Kennedy, toujours au rendez-vous et unique rescapé des trois autres volets de la saga catastrophique Airport, c'est lui qui tient désormais les commandes de l'avion de ligne dans le rôle du commandant Joe Patroni.
Si Airport 80 est bien d'origine américaine, il compte dans ses rangs la présence de l'acteur français Alain Delon, véritable star chez nous, et à l'époque premier acteur français ex-aequo avec l'autre monstre sacré du cinéma français des années quatre-vingt spécialisé dans le film d'action, Jean-Paul Belmondo. Il est amusant de noter que le titre français présenté ci-dessus diffère très légèrement de l'original. Aux États-Unis, le film est en effet sorti sous le titre de Airport 79 et si un changement a té effectué en chemin sur le sol français, c'est avant tout en rapport avec sa date de sortie. Imaginez : Airport 80 sortant chez nous le 19 décembre 1979 et continuant sa route sur les écrans de cinéma l'année suivante, soit en 1980, avec un titre se référant à l'année qui vient de s'écouler et non plus celle en cours, cela aurait sans doute nuit à l'image du film de David Lowell Rich qui pourtant déjà, sentait un peu le renfermé.

Alain Delon a beau faire... le beau... devant la caméra, et George Kennedy déployer tout le capital sympathie qu'il a acquis au prix de nombreuses incarnations au cinéma, Airport 80 paraît plus âgé qu'un autre film de catastrophe aérienne sorti, lui, huit ans plus tôt (Alerte à la Bombe). Cependant, l'une des grandes forces du films est d'avoir mêlé une intrigue en marge du sujet central de la saga afin de justifier la constitution en deux actes du long-métrage. Au cœur d'une machination perpétrée par un ingénieur concevant des armes de guerre pour l'armée américaine mais également pour des pays n'étant pas en odeur de sainteté avec le pays qui le nourrit, l'acteur Robert Wagner. Découvert par sa maîtresse, la journaliste Maggie Whelan (Susan Blakely), cette dernière menace de tout révéler à la presse. Une proposition forcément inconcevable pour l'ingénieur Kevin Harrison qui va alors tout mettre en œuvre pour que le vol à destination de Paris disparaisse des radars avant l'arrivée.

Pour mettre un terme en forme d'apothéose à la saga des Airport, David Lowell Rich propose non pas une catastrophe, mais deux. On suppose donc assez vite, et compte-tenu de la vitesse à laquelle arrive à son terme la première, que tout est à recommencer. Des missiles, et un fantôme armé jusqu'aux dents vont éprouver les nerfs et le facultés des deux commandants de bord. Jusqu'à cet atterrissage en douceur n'ayant fait aucune victime. Mais alors qu'il reste trois quart d'heure de métrage, on se doute que le Concorde, son équipage et ses passagers n'ont pas fini d'en baver... Jusqu'à un final aussi improbable que ridicule, d'ailleurs. Airport 80 se laisse regarder sans véritable déplaisir. Il fallait de toute manière conclure cette saga. Et si David Lowell Rich ne le fait pas de la meilleurs des manières, on se laisse bercer par une intrigue qui pourtant, au bout de quatre longs-métrages, a façonné des spectateurs rompus à l'exercice des dangers aériens proposés par le cinéma américain des années soixante-dix...

lundi 3 octobre 2016

Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? de David et Jerry Zucker et Jim Abrahams (1998)



De retour aux États-Unis après un séjour à Beyrouth où il a déjoué les plans de Rouhollah Khomeini, Mikhail Gorbachev, Yasser Arafat, Mouammar Kadhafi, Fidel Castro et Idi Amin Dada, le lieutenant Frank Drebin est chargé de la sécurité pour la venue prochaine de la Reine Elisabeth II d'Angleterre. En parallèle, il enquête sur une sombre affaire de drogue dont a été victime son meilleur ami et partenaire Nordberg, soupçonné de trafique alors qu'il avait en réalité mis la main sur un réseau de trafiquants de drogue mené par un certain Vincent Ludwig. En remontant jusqu'à celui-ci, Frank fait la connaissance de Jane Spencer, assistante de Ludwig, lequel la jette dans les bras du lieutenant afin d'en apprendre un peu plus sur lui.
Mais très vite, Frank et Jane vont tomber amoureux l'un de l'autre. Malheureusement pour Frank, lors d'une erreur de jugement reléguée par tous les médias, il va se voir retirer la protection de la Reine Elisabeth II par la maire de Los Angeles. En apprenant de la bouche de Jane qu'un attentat contre la Reine organisé par Ludwig doit être commis lors d'un match de base-ball, il décide malgré tout de s'y infiltrer en endossant le rôle d'arbitre principal du match qui va avoir lieu...

Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? est le troisième long-métrage de la série des Y a-t-il... ? Réalisés, produits et scénarisés par le trio des ZAZ formé par David et Jerry Zucker et Jim Abrahams. Si l'on tient compte uniquement des œuvres auxquelles les trois hommes ont participé, Y a-t-il enfin un pilote dans l'avion ? ne peut donc être considéré comme l'un des projets officiels de la série puisque il n'ont participé ni à la réalisation, ni à la production, ni même à l'écriture. Deux ans après le second, Y a-t-il quelqu'un pour tuer ma femme ? David Zucker est seul aux commandes de Y a-t-il un flic pour sauver la reine ?, même si ses deux complices participent toujours à l'écriture du scénario.

Dans le rôle principal, l'acteur Leslie Nielsen qui jouait déjà le premier volet des Y a-t-il... ? Autre petite précision : lorsque l'on parle ici de saga, le principe des suites ne peut être considéré que dans les versions françaises des œuvres du trio. Aucune ambiguïté n'est permise lorsque l'on constate que dans leur version originale, rien ne rattache les deux premiers films des suivants qui eux, formeront une trilogie à part entière. Dans le rôle du lieutenant Drebin, Leslie Nielsen campe un flic maladroit, séduit par une Priscilla Presley de toute beauté. A leurs côtés, on retrouve l'acteur George Kennedy qui a fait le forcing pour faire partie du casting alors qu'il avait regretté de ne pas avoir été pressenti pour jouer dans Y a-t-il un pilote dans l'avion ? Une fois encore, les ZAZ font preuve d'une imagination débordante. Les gags s'enchaînent à une vitesse prodigieuse, ne laissant aucun moment de répit au spectateur qui chercher ce que peuvent receler les premier et second plans. En ouverture, nous avons droit à un panel de sosies d'une partie des plus grands « secoués » de notre histoire. Le film surfe sur la vague de la parodie en s'inspirant très souvent de classiques tels que Un Espion de Trop (le procédé d'hypnose utilisé par le machiavélique Ludwig (l'excellent Ricardo Montalban) ayant été inspiré par le film de Don Siegel), ou L'Inspecteur Harry pour la réplique « quand je vois deux types en toge poignarder un mec, je les flingue. Ça, c'est ma politique. »

Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? demeure sans doute à ce jour comme l'un des tout meilleurs films des ZAZ, en tout cas, celui dont les gags ont conservé toute leur fraîcheur. Un film à voir et à revoir. A noter que deux suite ont été réalisées par la suite : Y a-t-il un flic pour sauver le président ? En 1991 et Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ? En 1994, toutes les deux étant toujours interprétées par Leslie Nielsen...

 

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