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vendredi 10 juillet 2026

Le pont de Cassandra (The Cassandra Crossing) de George P. Cosmatos (1976) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Lorsque trois écoterroristes s'introduisent dans des locaux scientifiques de l'Organisation Mondiale de la Santé à Genève, l'un d'eux est abattu par des agents de la sécurité, le second est blessé puis emmené à l’hôpital tandis que le dernier parvient à prendre la fuite. Malheureusement, pour lui et pour son complice, les deux hommes sont entrés en contact avec une souche de la peste pulmonaire. Si le premier meurt rapidement de la maladie, le second est parvenu à s'échapper pour ensuite monter clandestinement à bord d'un train reliant la gare de Genève à celle de Stockholm. L'armée américaine envoie à Genève le colonel du renseignement militaire Stephen Mackenzie (Burt Lancaster), lequel est chargé de mener les opérations tandis que le docteur Elena Stradner (Ingrid Thulin) est tenue d'étudier le cas du suspect transporté à l’hôpital afin de trouver une solution pour éviter le pire : En effet, maintenant que l'officier de l'armée américaine et la spécialiste en microbiologie et en santé publique connaissent l'origine de la maladie et savent que dans un train transportant plus de mille passagers se trouve un clandestin atteint de la peste pulmonaire, tous deux vont mener un combat pour éviter que l'affection dont est atteint l'écoterroriste ne s'étende en dehors du train... En pleine période de l'âge d'or du film catastrophe, Le pont de Cassandra (The Cassandra Crossing) de George P. Cosmatos relève de plusieurs courants cinématographiques puisqu'il empiète également sur les domaines du thriller et de la stratégie géo-politico-militaire. Ici, plus que la maladie, laquelle sert de lien entre les personnages et le caractère pernicieux de l'intervention de l'armée américaine, c'est bien d'un message anti-militariste qu'il s'agit puisque les valeurs humanistes sans cesse actionnées à travers le discours et l'attitude de la plupart des protagonistes enfermés dans un train lancé à vive allure entrent en résonance avec la logique militaire qui veut que le principal objectif soit de minimiser les conséquences d'une épidémie. Comme très souvent dans ce genre de production qui cette fois-ci prend place dans un train et non plus à bord d'un avion ou d'un paquebot, les rôles principaux sont tenus par de grandes vedettes du cinéma américain. L'on retrouve ainsi Burt Lancaster qui au tout début de la décennie avait déjà incarné le rôle du directeur général de l'aéroport international de Lincoln, Mel Bakersfeld dans Airport de George Seaton. Et il ne sera pas le seul à revenir au thème du film catastrophe puisque à ses côtés, l'on retrouve Ava Gardner dans le rôle de Nicole Dressler, deux ans après qu'elle ait joué celui de Remy Graff dans l'excellent Tremblement de terre de Mark Robson, Richard Harris dans celui du docteur Jonathan Chamberlain deux ans après avoir incarné le rôle du démineur et Lieutenant Commandeur Anthony Fallon dans le tout aussi réussi Terreur sur le Britannic de Richard Lester, ainsi que l'ancien joueur professionnel de football américain O. J. Simpson qui deux ans avant d'incarner le faux prêtre mais vrai flic Haley dans le film de George P. Cosmato avait interprété le rôle du chef de la sécurité Harry Jernigan dans le génial La tour infernale de John Guillermin...


D'autres grandes stars participent également au projet. Comme la superbe actrice italienne naturalisée française Sophia Loren qui interprète ici Jennifer Rispoli, l'ex épouse du docteur Chamberlain. Martin Sheen, célèbre comédien, père d'une flopée d'acteurs parmi lesquels Charlie Sheen et Emilio Estevez et qui joue ici le rôle de Robby Navarro, un jeune gigolo héroïnomane vivant aux crochets de Nicole Dressler. Plus anecdotiques sont les présences de Lionel Stander qui endosse l'uniforme du contrôleur du train Max (un prénom qu'il retrouvera lors de sa participation à la mythique série télévisée Pour l'amour du risque entre 1979 et 1984), d'Ann Turkel qui interprète le rôle de la hippie Susan ou encore celle de la toute jeune Fausta Avelli qui joue ici le rôle de Caterina et qui durant sa courte carrière côtoiera notamment Lucio Fulci (La longue nuit de l'exorcisme et L'emmurée vivante) ou bien Dario Argento (Phenomena). Une grande partie des scènes se situent donc dans un train menacé de devenir le terreau d'une épidémie foudroyante. Mais si le mot Peste effraie, bizarrement, la guérison s'avère relativement aisée grâce à l'apport d'une forte dose d'oxygène ! L'implication de l'armée vise ici à transformer le train en zone de quarantaine, des soldats en combinaison et armés jusqu'aux dents instaurant ainsi la loi martiale. Les voyageurs n'étant plus traités comme hommes ou des femmes mais comme de multiples foyers d'infection. Aucun droit à la parole et donc non décisionnaires de ce qui adviendra d'eux, l'on comprend alors peu à peu le projet mis en place par le colonel Stephen Mackenzie et ses supérieurs. Le message ici est très clair et s'inscrit finalement dans une certaine logique sécuritaire : la vie d'un millier d'hommes et de femmes vaut moins que la survie d'une ville ou d'une nation toute entière. De cette critique en ressort une œuvre qui ne ménage ni ses effets, ni les passagers du train puisque entre le ''jeu de massacre'' qui va opposer nos héros aux soldats en combinaison et une fin authentiquement tragique, le nombre de morts ne se comptera plus sur les doigts d'une ou deux mains mais sur des dizaines...

 

vendredi 29 mai 2026

Deep Water de Renny Harlin (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Les requins mangeurs d'hommes sont de retour........... Enfin, pas vraiment puisqu'ils n'ont jamais cessé d'apparaître sur grand écran, les chaînes de télé et les sites de streaming. Rien qu'en 2025 l'on compte une petite dizaine de longs-métrages parmi lesquels l'excellent Dangerous Animals de l'australien Sean Byrne. Une très bonne surprise dans laquelle la présence de ces élasmobranches parfois très belliqueux envers l'espèce humaine n'est au fond qu'un prétexte pour nous présenter Tucker (l'acteur Jai Courtney), un tueur en série ayant comme spécificité de filmer ses victimes suspendues par un câble et au dessus de l'océan dans l'attente qu'un requin vienne les... ''grignoter'' ! Autre excellente surprise, l'américano-australien Thrash de Tommy Wirkola (auteur en outre de Dead Snow 1 & 2, Seven Sisters et de... Spermageddon!!!) dans lequel des requins s'en prenait aux rares survivants d'une petite ville côtière submergée après le passage d'un ouragan. Très sympathique proposition bien qu'un brin pompée sur le Crawl du français Alexandre Aja dans lequel les protagonistes étaient cette fois-ci les proies d'alligators... En attendant la sortie prochaine du huitième opus de la franchise Sharknado toujours réalisé par Anthony C. Ferrante et intitulé Sharknado Origins, penchons nous sur Deep Water de Renny Harlin (à ne pas confondre avec le film éponyme signé d'Adrian Lyne en 2022). S'il s'agit encore une fois d'un énième film d'horreur avec des requins, il est surtout l’œuvre d'un artisan de l'action, de l'horreur, de l'épouvante et du fantastique qui durant la première partie de sa carrière réalisa quelques films notables. Il fut en effet l'auteur de Prison et du Cauchemar de Freddy en 1988, de 58 minutes pour vivre en 1990 (la deuxième aventure de John McClane, héros de la franchise Die Hard), de Cliffhanger : Traque au sommet en 1993 et plus tard de L'exorciste : Au commencement en 2004 mais aussi d'un premier long-métrage mettant en scène des requins en 1999 avec Peur Bleue, lequel n'a évidemment rien à voir avec le film éponyme réalisé par Daniel Attias en 1985, lequel mettait en scène non pas des requins mais un loup-garou ! On l'aura compris, Renny Harlin n'est donc théoriquement pas un manche en la matière. Après avoir consacré ces dernières années sa carrière à la franchise The Strangers (ou Les intrus chez nous), le voilà qui revient avec deux films. The Beast, film d'action mettant en scène l'acteur Samuel L. Jackson et qui devrait prochainement voir le jour, ainsi que Deep Water...

 

Un mélange entre film catastrophe et film d'horreur. Avec tout ce que cela peut compter de bons sentiments et d'antagonistes imbuvables. Tout commence dans un avion à bord duquel nous sont présentés les protagonistes essentiels du récit. À commencer par Ben (Aaron Eckhart), le commandant en second, assis aux côtés de Rich, le commandant de bord incarné par un Ben Kingsley dont l'apparition sera curieusement écourtée puisqu'il ne survivra pas au crash. Au crash, oui ! Car Dan (Angus Sampson) un passager très imbu de lui-même a mis son smartphone dans sa valise qui elle-même a été placée dans la soute à bagages. Sauf que le téléphone semble avoir un problème électrique. Lequel déclenche des étincelles et provoque un incendie qui va à son tour causer d'importants dégâts. L'avion devient alors incontrôlable et vient se perdre dans l'océan tandis que plusieurs parties du fuselage viennent s'échouer sur un récif corallien..... Un endroit évidemment infesté de requins très agressifs qui ne vont faire qu'une bouchée de certains survivants. Bon ben que dire sinon que Deep Water est assez décevant en ce sens ou il n'apporte pas grand chose dans la thématiques des films d'horreur mettant en scène des requins ? Quelques morts assez violentes, un commandant en second certes charismatique mais ô combien cliché, de l'héroïsme, mais aussi quelques personnages secondaires très crispants. Comme cet enc[CENSURE]lé de Dan justement. Tellement imbitable (et non, ça n'est pas un gros mot) qu'à défaut de vivre une vraie bonne aventure en milieu hostile l'on passe son temps à attendre le moment où il finira entre les dents d'un squale ! On pense ensuite à ces ''chamailleries'' perpétuelles entre un afro-américain et un japonais dont j'ai rapidement oublié les prénoms mais aussi et surtout à cette sale gamine prénommée Cora (la jeune actrice Molly Belle Wright) que l'on donnerait bien à manger aux requins histoire d'effacer définitivement de son visage cette moue boudeuse qu'elle nous inflige durant une bonne moitié du récit ! Ouais, je sais, c'est mesquin. Mais bon, le film étant d'un classicisme ronflant, la mise en scène de Renny Harlin pousse à se focaliser sur les petits détails...

 

vendredi 24 avril 2026

Nature prédatrice (Thrash) de Tommy Wirkola (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Des films d'horreur mettant en scène des populations confrontées à des requins assoiffés de sang, il en existe des dizaines. Des centaines, même. Et parmi eux, d'innombrables navets, séries z et même quelques nanars qui valent leur pesant d'or. Fort heureusement, certains s'en sortent mieux que d'autres. À commencer par Les dents de la mer de Steven Spielberg, que tout le monde connaît, même celles et ceux qui ne l'ont pas encore découvert. Un classique de l'horreur et de l'épouvante qui en la matière continue de servir d'exemple. Moins connus et pourtant tout aussi tendus et efficaces, l'on peut citer Instinct de survie (The Shallows) de Jaume Collet-Serra, The Reef d'Andrew Traucki ou bien Open Water de Chris Kentis. Dernier né, Thrash de Tommy Wirkola est sans doute pour l'instant, l'une des meilleures surprises que la plateforme de streaming Netflix ait eu à nous proposer en ce début d'année 2026 en matière de cinéma d'horreur. Et à proprement parler de film mettant en scène des requins tueurs. Pourtant, si l'on s'en tient strictement au scénario de Tommy Wirkola, il apparaît évident que le réalisateur et scénariste norvégien s'est très largement inspiré d'un autre long-métrage d'horreur qui 2019 mettait cette fois-ci en scène non pas des requins mais des alligators. Réalisé par le français Alexandre Aja auquel l'on devait notamment jusque là le remake de La colline a des yeux de Wes Craven, Haute Tension, Mirrors ou encore le remake de Piranha de Joe Dante, Crawl mettait en scène la jeune Haley Keller (l'actrice britannique Kaya Scodelario) dans une petite ville de Floride aux prises avec un ouragan qui allait provoquer la montée des eaux et ainsi attirer des alligators. Et bien s'agissant de Thrash qui en France est sorti le 10 avril dernier sur Netflix sous le titre Nature prédatrice, c'est un peu et même très franchement la même histoire. Cette fois-ci, le sujet tourne autour de Lisa Fields (la britannique Phoebe Dynevor), jeune femme enceinte et prête à accoucher qui contre les recommandations de sa mère est demeurée dans la petit ville côtière où elle vit seule. Autre héroïne du récit, Dakota (la canado-ougandaise Whitney Peak), jeune femme dont les parents sont décédés et qui elle aussi vit seule dans une grande maison dont elle ne sort pratiquement jamais pour cause d'agoraphobie ! L'acteur américano-béninois Djimon Hounsou campe quant à lui le rôle de Dale Edwards, l'oncle de Dakota et accessoirement biologiste des fonds marins spécialisé dans les requins (comme cela tombe bien)...


Le récit intègre ensuite un adolescent (Stacy Clausen) et ses deux jeunes sœurs, tous les trois vivant avec un couple de tuteurs plus intéressés par l'argent que leur rapporte la garde des trois enfants que par leur bien-être ! Tout comme dans Crawl, le long-métrage de Tommy Wirkola démarre par l'annonce d'un ouragan prévu pour les heures à venir. C'est donc ainsi que Nature prédatrice déroule tout d'abord son intrigue sous la forme d'un film catastrophe qui n'a absolument rien à envier aux productions évoluant exclusivement autour de ce concept, qu'il s'agisse de l'interaction des personnages avec les éléments qui ici vont se déchaîner, ou des conséquences directement liées à la nouvelle configuration que prendra la petite ville une fois l'ouragan ayant détruit les digues retenant les eaux de l'océan Atlantique... Bénéficiant d'excellents effets-spéciaux, le cinéaste s'en donne à cœur-joie et les séquences mettant en scène la vague qui sur son chemin détruit et emporte tout ce qu'elle peut avec elle demeurent très réalistes. Puis vient ensuite le sujet central du récit. La survie des personnages dans un milieu hostile. Une petite ville noyée sous des eaux qui abritent des requins-bouledogues mais aussi, un grand requin blanc... Là encore l'on a droit à quelques scènes d'attaques plutôt convaincantes. Nanties en outre de quelques effets gore efficaces mais qui malheureusement ne durent souvent que le temps d'un clignement d’œil. Doté d'une belle photographie signée Matthew Weston, surtout lorsque le soleil se couche pour laisser place à l'obscurité, d'un rythme échevelé, d'une interprétation très persuasive mais de caractérisations qui n'ont parfois aucune utilité (quel peut avoir notamment comme intérêt le fait de savoir que l'oncle de Lisa est biologiste des fonds marins?), Nature prédatrice est une excellente surprise que l'on ne réservera pas uniquement aux amateurs de films d'horreur ou de films catastrophe mais à toutes celles et ceux qui voudraient passer un moment vraiment fun !

 

vendredi 13 juin 2025

Poséidon de Wolfgang Petersen (2006) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Le véritable héros a-t-il besoin de survivre aux péripéties pour qu'autour du personnage naisse la légende ? Non. Seuls les ''spectateurs'' de ses exploits sont condamnés à demeurer vivants afin de témoigner de sa bravoure et de son sacrifice. C'est en partie le message que nous livre le réalisateur, scénariste et producteur germano-américain Wolfgang Petersen à travers son avant dernier long-métrage, Poséidon. Derrière ce titre qui porte le nom du Dieu grec des Mers mais aussi celui du navire dans lequel va se dérouler l'intrigue, le cinéaste retourne pour une énième fois dans les eaux sombres des océans, six ans après The Perfect Storm dans lequel le capitaine Frank William Tyne, Jr (l'acteur George Clooney) et ses hommes affrontaient une terrible tempête en pleine mer. Et plus loin encore, un quart de siècle tout rond après son spectaculaire Das Boot dont Poséidon fait peut-être au fond figure de contre-pied dans son approche du récit. En effet, lorsque le public assistait médusé à cet incroyable spectacle sous-marin interprété du point de vue d'un équipage allemand lors de la Seconde Guerre Mondiale, l'angoisse naissait alors en partie de cet ''assourdissant'' silence qui n'était perturbé que par les bruits des moteurs, des hélices ou de la déformation de la coque soumise à une pression extérieure augmentant à mesure que l'engin s'enfonçait dans les profondeurs de l'océan. Et comment oublier cette démentielle séquence des grenades sous-marines lancées par une corvette ennemie ? Avec une certaine économie de moyens signifiant une énergie davantage adaptée au professionnalisme des ''acteurs'' du récit que lors de scènes d'action endiablées, c'est bien cette attitude réservée à ces héros de tous les jours que l'on observait alors et non pas la recrudescence de gros bras courant dans tous les sens et maniant le concept d'héroïsme au-delà de toute vraisemblance. Bref, tout le contraire de Poséidon dont certains reprochèrent apparemment à son auteur d'avoir choisi de proposer un véritable moment de détente plutôt qu'un spectacle reposant sur une étude scientifique rigoureusement attachée à rendre le plus crédible possible la catastrophe ! Si la plupart des affiches du film montrent le navire dans la position qui sera la sienne une fois frappé par une vague déferlante, d'autre exhibent deux des principaux protagonistes du récit. Au premier plan, l'acteur américain Josh Lucas. Et derrière lui, son compatriote Kurt Russell. Signifiant ainsi peut-être d'emblée lequel de ces deux héros survivra tandis que l'autre devra se sacrifier pour qu'à la fin, il n'en reste qu'un.


Car c'est bien là tout le problème de ces deux personnages et des deux personnalités qui les incarnent. L'un comme l'autre, Josh Lucas/Dylan Johns et Kurt Russell/Robert Ramsey n'opposent aucune forme d'opposition en terme de valeurs. C'est pour quoi, à la fin, l'un d'eux mourra pour que les autres survivent... Poséidon est, avant d'être un excellent blockbuster catastrophe, le remake d'un classique réalisé en 1972 par le réalisateur, scénariste et producteur britannique, Ronald Neame. À l'origine l'on trouve donc The Poseidon Adventure. Un film catastrophe à l'époque incarné par un très beau florilège d'interprètes parmi lesquels, Gene Hackman, Roddy McDowall, Ernest Borgnine, Stella Stevens, Shelley Winters ou encore Carol Lynley et Red Buttons... Oeuvre dont le succès sera soumis à l'implacable loi des suites sept ans plus tard avec le déjà nettement moins convaincant, Le Dernier Secret du Poseidon pourtant signé par Irwin Allen, autre spécialiste des fonds-marins puisque avant cela, il signa en 1961 Voyage to the Bottom of the Sea ainsi que City Beneath the Sea dix ans plus tard. L'un des aspects les plus remarquables que ne pourront nier ceux qui lui préfèrent la version de Ronald Neame se situe à travers les effets-spéciaux et les environnements de Poséidon. Entre le retournement du navire consécutif à la vague déferlante en passant par l'agencement des salles complétement bouleversé et jusqu'aux coursives et bouches d'aérations dans lesquelles s'engouffrent les eaux froides de l'océan, le spectacle est total et quasiment ininterrompu. Le spectateur ne trouve ainsi pas le temps de s'ennuyer. Wolfgang Petersen étant visiblement très attaché à la personnalité de ses personnages, le seul véritable antagoniste incarné par Kevin Dillon ne fera fort heureusement pas long feu. Poséidon a beau effectivement traîner dans son sillage une somme importante d'invraisemblances, pour être tout à fait sincère, on s'en tape! Une fois acquise la certitude que Wolgang Petersen cherche davantage à divertir son public qu'à proposer une œuvre rigoureusement réaliste, ne reste plus qu'à se laisser emporter par cette aventure très généreuse en terme d'effets-spéciaux, de décors et de séquences anxiogènes. Porté par d'excellents interprètes, Poséidon n'est certes pas un chef-d’œuvre mais il a au moins le mérite d'emmener très précisément ses personnages là où il sont attendus...

 

vendredi 2 mai 2025

Bullet Train Explosion (Shinkansen Daibakuha) de Shinji Higuchi (2025) -★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Proposé sur la plate-forme Netflix depuis le 23 avril dernier, Bullet Train Explosion (Shinkansen Daibakuha) de Shinji Higuchi est un remake du long-métrage éponyme réalisé par son compatriote Jun'ya Satō en 1975, lequel fut rebaptisé chez nous sous le titre Super Express 109. Dans un cas comme dans l'autre, les deux longs-métrages mettent en scène des individus se rendant responsables d'un acte terroriste en plaçant une bombe dans un train de la compagnie East Japan Railway Company même si à l'époque cela demeure très officieux. Effectivement, contrairement au film de Jun'ya Satō, la version de Shinji Higuchi a été soutenue par la société japonaise de transports ferroviaires en proposant au réalisateur et à son équipe technique de profiter de certaines installations ainsi que de plusieurs modèles de Shinkansen. Des trains à grandes vitesse comparables à nos TGV et qui font la fierté du Japon. Alors qu'un nouveau modèle est attendu pour 2030, ceux qu'expose Bullet Train Explosion sont l'un des éléments les plus remarquables du long-métrage. Leur design futuriste et leur vitesse pourtant ici sous-exploitée (celui dans lequel se déroulera l'action n'excédera en effet pas les cent-vingt kilomètres-heure) ont de quoi séduire les spectateurs. Le film apparaît d'ailleurs tout d'abord comme une véritable vitrine faisant l'apologie de la East Japan Railway Company et de son principal moyen de transport. À cette occasion, la société met les petits plats dans les grands avec son plus récent modèle de train. Un bijou de technologie conduit par une femme et aux commandes duquel le meilleur de la technologie est capable de pallier au moindre problème. Tout comme dans les avions, il est ainsi possible de mettre le train en pilotage automatique et ainsi de réguler sans effort la vitesse de l'engin. Ce qui, bien entendu, va arranger les affaire de la conductrice puisqu'elle sera chargée de conduire le train à une vitesse de cent-vingt kilomètres-heure. Si Bullet Train Explosion est effectivement le remake de Super Express 109, en Occident, le long-métrage de Shinji Higuchi rappelle en fait surtout le film d'action Speed de Jan de Bont dans lequel l'agent du SWAT Jack Traven (Keanu Reeves) se retrouvait à bord d'un bus piégé qui devait maintenir une certaine vitesse pour ne pas exploser.


On évoquera également Runaway Train du cinéaste russe Andreï Kontchalovski et son train lancé dans une course folle. Ainsi que Terreur sur le Britannic de Richard Lester qui cette fois-ci se déroulait à bord d'un paquebot mais qui lui aussi était ''chargé'' en explosifs... A dire vrai, on pourrait citer beaucoup d'œuvres cinématographiques catastrophistes sur fond de terrorisme, ce qui, par comparaison avec Bullet Train Explosion n'offre au long-métrage de Shinji Higuchi que peu de marge de manœuvre s'il veut pouvoir se distinguer de la concurrence ! Objectif ô combien délicat et que le réalisateur japonais ne semble malheureusement pas avoir tout à fait atteint. Non pas que le film soit mauvais, bien au contraire. Simplement, l'on se retrouve devant un film dont la plupart des séquences ne sont qu'une relecture de ce que propose habituellement ce genre de productions. Quelques explosions plutôt convaincantes, une action presque ininterrompue, des passagers qui s'agitent devant l'annonce d'une bombe présente à bord, des équipes techniques situées au siège de la East Japan Railway Company de Tokyo qui mettent tout en œuvre pour éviter que les intentions du terroriste ne se transforment en véritable catastrophe ferroviaire et puis, l'intervention des politiques ainsi que celle de passagers qui, effet de mode oblige, profitent de l'événement pour faire le buzz sur Internet. Le film propose malgré tout quelques twists, à l'image de l'identité du poseur de bombe, des raisons invoquées jusqu'à leurs conséquences. Un propos parfois outrancier dans sa conclusion, un brin invraisemblable mais le statut de strict divertissement de Bullet Train Explosion excuse certaines légèretés employées lors du récit. Bref, un sympathique film d'action alignant quelques moments de bravoure. Notamment lorsque un second train est acheminé afin de faire évacuer la quasi totalité des passagers du Hayabusa 60 ! Mais au final, que restera-t-il de cette expérience au fil des années ? Et bien, pas grand chose à part le vague souvenir d'avoir passé un bon moment devant son poste de télévision...

 

mercredi 5 février 2025

S.O.S Concorde de Ruggero Deodato (1980) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Auteur de quelques œuvres particulièrement gratinées dans les années soixante-dix et quatre-vingt portant sur le thème des cannibales (Ultimo Mondo Cannibale en 1977, Cannibal Holocaust en 1980) et de quelques pépites nanardesques (La Casa Sperduta nel Parco en 1980, I Predatori di Atlantide en 1983 ou The Barbarians en 1987), le réalisateur italien Ruggero Deodato semblait vouloir en 1979 spéculer sur la vague de films catastrophes qui déferlèrent entre 1974 et 1979 sur les écrans de cinéma outre-atlantiques (Airport de George Seaton, Airport 1975 de Jack Smight, Airport '77 de Jerry Jameson et enfin The Concorde... Airport '79 de David Lowell Rich). Connu pour s'être emparé de très grandes références cinématographiques américaines durant deux bonnes décennies pour en proposer des variantes dont les qualités sont très majoritairement discutables, le cinéma transalpin semble cette fois-ci avoir pris de l'avance sur les grands tenants du film catastrophe. En effet, si les États-Unis furent les premiers à quitter les starting-blocks et si l'on compare les dates des sorties internationales de The Concorde... Airport '79 avec celles de S.O.S Concorde que le réalisateur italien a semble-t-il réalisé la même année, il est peut envisageable que les scénaristes Alberto Fioretti, Ernesto Gastaldi et Renzo Genta aient volé à Eric Roth, Jennings Lang et Arthur Hailey l'idée de mettre en scène cette fois-ci, le Concorde... Afin de capitaliser sur l'éventuel futur succès de son film, Ruggero Deodato américanise son nom en enlevant quelques lettres à son prénom, lequel apparaît donc anglicisé sous la forme actuelle de Roger Deodato. Moins connu pour ses qualités de conteur ou de metteur en scène que pour son cultissime, effroyable mais pas toujours recommandable Cannibal Holocaust (les meurtres réels d'animaux), le réalisateur italien signe pourtant dans le cas de S.O.S Concorde une œuvre qui vaut peut-être finalement bien mieux que la concurrence américaine plus préoccupée par de longues séquences d'expositions nous présentant les principaux protagonistes que par le contenu scénaristique de leurs films. En effet, contrairement à la série des Airport, le long-métrage de Ruggero Deodato a l'intelligence de ne pas se concentrer uniquement sur la catastrophe. Celle-ci se résumant finalement en une poignée de minutes d'ailleurs assez peu savamment mises en scène.


L'intérêt du scénario d'Alberto Fioretti, Ernesto Gastaldi et Renzo Genta est donc à aller chercher ailleurs, dans les raisons qui ont causées la catastrophe. Interviennent au sein du récit, les responsables d'une compagnie aérienne concurrente. Une équipe chargée d'explorer les fonds marins dans l'intention de retrouver l'avion en question. Une femme qui tente d'échapper à la garde de celui qui est aux commandes de l'expédition. Et enfin, un journaliste chargé de couvrir l'affaire et dont l'ancienne épouse qui l'avait supplié au téléphone de venir la retrouver sur une île afin de partager avec lui des informations sera retrouvée morte d'une crise cardiaque (Fiamma Maglione dans le rôle de Nicole Brody). S.O.S Concorde est donc moins un film catastrophe qu'un thriller d'aventures. Un an avant de revenir à l'horreur et de signer l'un des plus grands traumatismes de l'histoire du cinéma avec Cannibal Holocaust, Ruggero Deodato signe avec S.O.S Concorde une honnête série B qui, sans cette mise en scène dont les défauts ont ce même arrière-goût que certaines production propres au cinéma transalpin de l'époque, aurait pu remettre à plat la comparaison entre cinémas européen et américain. La preuve qu'un budget que l'on devine bien inférieur aux quatorze millions qui furent débloqués pour The Concorde... Airport '79 de David Lowell Rich peut être être remplacé par la ténacité et l'enthousiasme de toute une équipe. Et si ce dernier bénéficia des présences d'Alain Delon, de George Kennedy, de Sylvia Kristel (Emmanuelle de Just Jaeckin, en 1974) ou de Robert Wagner, le film de Ruggero Deodato n'est quant à lui pas en reste. Sans doute moins connus que leurs homologues français et outre-atlantiques, les quelques vedettes de S.O.S Concorde n'ont, pour l'amateur de cinéma bis, pas la moindre raison de rougir ! En effet, parmi les principaux interprètes, nous citerons l'américain James Franciscus, la franco-américaine Mimsy Farmer et l'italien Venantino Venantini. Et pour parler directement aux amateurs d'un certain cinéma dit de genre, nous évoquerons leur participation respectives à des œuvres telles que Le chat à neuf queues de Dario Argento, L'invasion des piranhas d'Antonio Margheriti ou La Mort au large d'Enzo G. Castellari pour le premier, Quatre mouches de velour gris de Dario Argento, La traque de Serge Leroy ou le très glauque Frissons d'horreur d'Armando Crispino pour la seconde et enfin Frayeurs de Lucio Fulci, Cannibal Ferox d'Umberto Lenzi ou Les Exterminateurs de l'an 3000 de Giuliano Carnimeo pour le dernier. Sans oublier Dakar, acteur et catcheur d'origine péruvienne. Lequel ne fera ici pas long-feu mais dont l'on aura particulièrement retenu sa participation aux tournages de L'enfer des zombies de Lucio Fulci et de La terreur des zombies de Marino Girolami tous deux sortis un an auparavant. Fusillades, complot, enquête journalistique, S.O.S Concorde se regarde avec un authentique plaisir...

 

dimanche 22 septembre 2024

Titanic Rises de Nick Lyon (2022) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Depuis l'immense succès du Titanic de James Cameron, nous aurions pu croire que ce récit romantico-catastrophique allait faire des dizaines d'émules sous forme de Mockbusters mais il faudra pourtant attendre bien des années avant d'entendre parler à nouveau du mythique paquebot transatlantique supposé être insubmersible et qui pourtant dans la nuit du 14 au 15 avril 1912 coula dans l'océan Atlantique après avoir frappé un iceberg. Bien que.... Bien qu'il me semble que l'univers du porno se soit emparé du phénomène avec un certain... Tita nique très peu de temps après ! Si certains amateurs veulent d'ailleurs apporter quelques-une de leurs connaissances à ce sujet en commentaires, ils sont les bienvenus. En 2010 sera produit Titanic : Odyssée 2012 (parfois plus sobrement intitulé Titanic 2), un téléfilm américain produit et réalisé par Shane Van Dyke à destination des ménagères qui aiment regarder la télévision en repassant leur linge ou des fans de nanars dont l'indigence est telle qu'ils leur sont exclusivement réservés ! Il en est qui se montrent incroyablement persévérants, voire même très optimistes, puisque après un premier Titanic suivi d'un second qui tous les deux ont connu le même triste sort, Le réalisateur Nick Lyon et la société de production The Asylum se sont alliés afin de mettre à l'eau un Titanic Rises également ''connu'' sous les titres Titanic 3 et Titanic 666. Projet complètement piteux qui commence, se poursuit et se termine de la pire des manières, on ne pouvait en attendre autrement de la part d'une société de production qui a fait du concept de Mockbuster son principal gagne-pain. Des bande faisandées pillant dans la bonne humeur et les fonds de tiroir des œuvres telles que King Kong, Da Vinci Code, Indiana Jones, Avatar ou encore Ça et Simetierre, deux adaptations cinématographiques inspirées de deux énormes succès littéraires signés du romancier américain Stephen King ! Concernant Titanic Rises, second Mockbuster inspiré de la tragédie et du long-métrage de James Cameron produit par The Asylum après Titanic : Odyssée 2012, Nick Lyon est parvenu à mettre en images un scénario dont le vide absolu est très clairement visible à l'écran.


Surtout dans sa première partie avec ce couple d'influenceurs (nous sommes alors en 2022) que la caméra suit très régulièrement dans les couloirs du Titanic 3, dernière itération d'un paquebot qui n'était finalement pas si insubmersible que cela et qui va être le théâtre de phénomènes paranormaux. Des événements surnaturels liés au pillage des biens personnels des voyageurs du premier Titanic prélevés dans les fonds marins par un certain professeur Hal Cochran (l'acteur Jamie Bamber, lequel est avant tout connu pour son rôle d'Apollo dans la série Battlestar Galactica). Le genre d'énergumène excessivement lourd (pas par son poids mais par cette insistance avec laquelle il va draguer l'une des passagère en dépit de la présence de son époux) et que le scénario met en cause au sujet des événements qui vont très prochainement se produire à bord du navire... Visuellement, le fin connaisseur de la société The Asylum ne sera pas surpris de découvrir une œuvre dont l'esthétique s'avère généralement repoussante. C'est laid, sans aucun sens artistique, entre décors et interprétation de télé-favelas et photographie dénuée de toute personnalité, il est fou de constater combien la ''touche'' The Asylum transpire à chaque plan. Si l'interprétation est si mauvaise, c'est aussi et surtout en partie à cause des dialogues dont l'ineptie est absolument remarquable. Assez digne, au fond, des personnages incarnés à l'image par Derek Yates et AnnaLynne McCord qui respectivement campent les rôles de Jackson et Mia Stone, deux influenceurs apparemment victimes d'une importante fuite de neurones qui vont, pour le bien du récit et des spectateurs, mourir dans d'étonnantes conditions. Titanic Rises met également en scène Lydia Hearst dans le rôle de la petit fille de l'un des naufragés du premier Titanic venue exiger réparations auprès du professeur Hal Cochran en faisant appel au monde occulte des mauvais esprits. Le film part donc totalement en vrille. Ce qui, d'un certain point de vue n'est pas plus mal vu que Titanic Rises demeurait jusque là terriblement ennuyeux. Mais si le rythme s'accélère, le long-métrage de Nick Lyon n'en est pas moins une catastrophe dans tous les sens du terme. Moche, donc, mais aussi mal joué, mal réalisé et doté d'effets-spéciaux pourtant inenvisageables à notre époque, Titanic Rises est tout sauf un plaisir à visionner. Quant aux ménagères, qu'elles se rassurent. Elles ne risqueront pas de brûler la chemise de leur mari en la repassant tant le récit du film devrait logiquement être incapable d'absorber leur attention...

 

mercredi 18 septembre 2024

Titanic 2 de Shane Van Dyke (2010) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Une caisse entière d'un excellent vin attend bien sagement dans le bac à légumes de votre réfrigérateur que vous vous décidiez à en déboucher une ou deux bouteilles ? Trois ou quatre potes ont choisi ce jour là pour venir s'incruster sur votre canapé ? Vous avez oublié de renouveler votre abonnement Netflix, Dysney+ ou Amazon Prime et n'y avez donc plus accès ? Une seule solution s'offre à vous : Brancher votre PC ou votre Mac à l'aide d'un câble HDMI sur votre écran plat de 150 cm de diagonale afin d'avoir une vue beaucoup plus agréable de son contenu et ainsi faire un tour sur les sites de Streaming et en VOD. Pourquoi ne pas vous offrir l'une de ces soirées inoubliables devant un bon petit film bien nanardesque après avoir passé une commande de pizzas ? Si telle est votre intention, n'hésitez pas : ruez vous sur Titanic 2. Le 2, un ! Pas cette infamie beaucoup trop longue et prétentieuse réalisée par un parfait inconnu du nom de James Cameron dans les années quatre-vingt-dix mais bien celui mis en scène en 2010 par Shane Van Dyke, l'illustre auteur d'autres inoubliables longs-métrages portant les noms de Paranormal Identity, 6 Guns ou A Haunting in Salem... Pourquoi s'infliger les trois heures et quart d'une œuvre boursouflée d'autosatisfaction lorsque l'on peut se contenter d'un film qui ne vous prendra pas plus de quatre-vingt six minutes de votre temps ? Il va en revanche falloir prendre quelques précautions. Comme vider en compagnie de vos amis les deux premières bouteilles du bon vin évoqué plus haut avant de démarrer la séance. Histoire que votre sang s'imprègne tout d'abord de l'alcool qu'elles contiennent. Pensez d'ailleurs à inviter parmi vos convives un ami agent de la circulation. Osez donc lui demander de venir accompagné de quelques alcootests histoire de bien vous assurer qu'au minimum le taux d'alcool dans votre sang sera d'au moins deux ou trois degrés. Une fois cette précaution prise, lancez Titanic 2... Profitez du générique pour aller ouvrir la porte d'entrée au livreur et ainsi récupérer les pizzas que vous avez commandé il y a trois quart d'heure environ. Insistez auprès de vos potes pour qu'ils acceptent de poser sur leur genoux, une large serviette qui assurera la réception des miettes et de la sauce tomate qui pourraient y choir. Les rires que risque de causer le long-métrage de Shane Van Dyke pourraient effectivement engendrer des spasmes involontaires qui causeraient des dommages irréparables sur le tissu remarquablement immaculé de votre canapé couleur pistache...


Titanic 2, ça n'est pas du cinéma d'auteur, mais presque. Concevant son voyage à bord du ''petit frère'' du plus célèbre paquebot de croisière de l'histoire maritime coulé voilà plus d'un siècle après sa collision avec un iceberg, Shane Van Dyke semble ici être un adepte du fond vert. Des décors dont la majesté n'ont absolument rien à envier aux remarquables paysages bucoliques qui s'affichent parfois sur les murs de certaines chambres d'adolescents en lieu et place de la classique tapisserie. Des plages ensoleillées aux montagnes enneigées ou comment partir en vacances sans dépenser un seul centime ou se lever le cul de son lit ! D'une profondeur inouïe, et l'on parle ici du néant à l'échelle de l'univers, le scénario ne s'embarrasse pas de ces petits détails qui habituellement transforment une intrigue d'une heure et trente minutes en un récit de plus de trois heures. Shane Van Dyke ne s'intéresse pas à ses personnages. Et donc, par contraction, le spectateur non plus ! Tout au plus ce dernier espérera entrapercevoir un bout de fesse ou de nichon vues les jolies bimbos botoxées qui participent à l'aventure. Et ce, même si l'espoir est très rapidement vain : nos jeunes interprètes féminines ne faisant pas de bronzage intégral sur une plage de sable fin mais faisant en général partie de l'équipage, c'est vêtues jusqu'à la dernière minute de leur uniforme de marin qu'elle apparaîtront à l'écran... Concernant les interprètes, imaginant que vous vous fichez autant de leur identité que de savoir à quelle heure part le prochain train à destination de Bourdons-sur-Rognon dans le département de la Haute-Marne, je vous ferai l'économie de les citer. À part peut-être celui de Bruce Davison qui reste le seul acteur plus ou moins connu de cette aventure ainsi que le réalisateur lui-même qui s'offre narcissiquement le rôle du propriétaire du paquebot. Décors relativement laids et non-immersifs, il me semble que le Titanic 2, lorsqu'il est filmé en plan large, n'est en fait qu'un décor en deux dimensions. Comme s'il s'était agit d'une image découpée dans un magazine célébrant l'univers maritime ! Doté d'un budget que l'on devine misérable, Titanic 2 nous offre quelques moments particulièrement croustillants. Comme ces milliers de voix que l'on entend hurler au départ du port alors que les figurants présents à l'écran ne doivent pas être plus de trente ou quarante. Ou comme lorsque le paquebot est percuté par un iceberg et que l'on voit les passagers courir à droite, à gauche, sans but précis, tentant ainsi d'apporter une énergie à une intrigue qui jusque là en manquait cruellement. Pourtant, le point d'orgue est sans doute à chercher ailleurs. Lors de cette séquence durant laquelle l'une des héroïnes applique un pansement sur l'épaule de l'une de ses collègues. L'on découvre alors qu'il est possible de faire avec les moyens du bord. Quelques bouts de sparadrap ainsi qu'une... carte de crédit ! Bref, vous avez compris de quoi il retourne avec ce Titanic 2 qui ne risquait déjà pas à l'époque de briller dans les salons mondains du septième art et qui de nos jours n'a pas gagné davantage en galons d'intérêt...

 

samedi 20 juillet 2024

Sauvez le Neptune (Gray Lady Down) de David Greene (1978) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Parmi les nombreux longs-métrages qui nous ont offert l'opportunité de découvrir l'acteur américain Charlton Heston dans LE ou L'UN des rôles principaux, il en est qui s'avèrent moins connus que d'autres. Ce qui ne les rend pas pour autant moins intéressants. Encarté entre la période faste de celui qui côtoya des figures historiques par l'entremise de la fiction et un avenir plus régulièrement tourné vers le petit écran, Gray Lady Down n'est donc pas la première œuvre mettant en scène la star américaine à laquelle l'on pense en général. Les années virent éclore toute une série de films catastrophes auxquels, parfois, Charlton Heston lui-même participa. On peut même dire qu'il s'agira de l'un de ses principaux ''fonds de commerce'' dans le courant des années soixante-dix puisqu'en l'espace de seulement trois années, entre 1972 et 1974, le public le découvrira notamment dans Alerte à la bombe de John Guillermin ainsi que dans 747 en péril de Jack Smight et Tremblement de terre de Mark Robson, tout deux réalisés en 1974. Que les événements se produisent sur terre, dans les airs ou sous les océans, Charlton Heston est à chaque fois de la partie. Concernant les fonds marins, ceux-ci étant propices à ce genre de situation, Gray Lady Down ne mettait pas en scène en 1978 un navire de croisière comme pu l'être le Titanic mais un sous-marin. Le genre d'engin capable de s'enfoncer très loin sous les eaux profondes des mers et des océans et que l'on a surtout pour coutume d'employer en fiction dans des films de guerre. D'ailleurs, s'il n'y en avait qu'un seul à découvrir, ruez-vous sur l'extraordinaire Das Boot du réalisateur allemand Wolfgang Petersen dans sa version longue de presque cinq heures ! Mais dans ce cas là, prévoyez tout d'abord de visionner le long-métrage de David Greene car Das Boot est un tel choc que toute concurrence est bonne à foutre aux ordures. Et ce, même si dans le cas de Gray Lady Down (sorti chez nous sous le titre Sauvez le Neptune), la mise en scène et l'interprétation sont d'honnête facture. L'avantage avec ce genre de projet est qu'il touche à peu près n'importe qui normalement constitué physiologiquement et intellectuellement. Comment en effet ne pas être pris d'un certain effroi à l'idée de mourir noyé ? Nous sommes d'accord pour dire que dans le top cinq des morts les plus redoutées, celle-ci trône généralement en très bonne place. Le contexte dans lequel va évoluer une grande partie des personnages est donc ici favorable à l'angoisse liée au risque de noyade.


Le Neptune du titre est le nom donné à un sous-marin nucléaire américain qui lors d'une opération se retrouve en avarie à des centaines de mètres sous les eaux après avoir été percuté par un cargo. Alors que celui-ci s'enfonce inexorablement, le Capitaine Paul Blanchard et son équipage vont devoir patienter jusqu'à ce qu'interviennent les secours, lesquels ont fort heureusement été rapidement alertés. Charlton Heston incarne donc le rôle du commandant du Neptune, rassurant ses hommes, palliant à leurs angoisses en tentant de maintenir une certaine cohésion même si certains d'entre eux vont commencer à ressentir des troubles psychologiques. Comme dans tout bon film du genre l'on a bien évidemment droit au phénomène de pression qui s'exerce sur l'une des portes étanches derrière laquelle une salle est remplie d'eau. Le fil conducteur de l'angoisse qui va étreindre l'équipage tout entier et notamment le Capitaine Paul Blanchard dont le regard ne laisse aucun doute sur ce qu'il ressent s'articule donc autour de ce détail d'importance. Au delà de ce simple fait, Sauvez le Neptune prône ensuite certaines valeurs humaines, comme l'entraide dans un milieu où malheureusement et naturellement, l'homme aurait plutôt tendance à penser tout d'abord à sauver sa propre existence. Dehors et donc au dessus de leurs têtes s'activent des hommes qui entreprennent tout ce qu'ils peuvent pour les soutenir moralement et intervenir avant que le drame ne se produise. Dans le rôle du Capitaine Bennett, nous retrouvons l'acteur Stacy Keach aux commandes des opérations de sauvetage. Un officier qui auréolé de son grade adopte pourtant parfois une attitude désagréable. Notamment vis à vis de Mickey qu'incarne l'acteur Ned Betty qui six ans plus tôt avait été contraint par d'affreux ploucs de faire le cochon en milieu hostile dans le classique du survival, Délivrance de John Boorman ! L'on retrouve également dans le rôle du Capitaine Gates l'acteur David Carradine. L'homme, particulièrement valeureux comme nous pourront le constater bien plus tard est aux commandes d'un sous-marin de poche qui aidera grandement la Marine dans son entreprise de sauvetage. Malgré un casting trois étoiles notamment complété par Stephen McHattie, Ronny Cox ou encore Dorian Harewood, l'ampleur du sujet n'est pas toujours à la hauteur de nos attentes. Le scénario de James Whittaker, Howard Sackler et Frank P. Rosenberg inspiré d'un roman de David Lavallee, sans être ennuyeux, charrie beaucoup de séquences inutiles ou qui se répètent inlassablement. Le film de David Greene est finalement beaucoup moins anxiogène qu'on aurait pu l'espérer même si quelques passages font illusion. Charlton Heston semble parfois cruellement s'ennuyer. C'est en tout cas avec mollesse qu'il incarne le personnage plus ou moins passif du capitaine Paul Blanchard. Bref, Sauvez le Neptune est un sympathique petit film catastrophe, rien de plus, rien de moins...

 

jeudi 11 avril 2024

The Bees d'Alfredo Zacarías (1978) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Si quelqu'un connaît The Bees du réalisateur et scénariste mexicain Alfredo Zacarías, je suis partant pour qu'il m'explique le fin fond de cette histoire dont je me demande encore quelle est la part volontaire ou non de second degré qu'il dégage. Ne venez pas me dire que je suis Gérontophobe ou que j'affirme en ces termes que j'affirme que la différence d'âge entre un homme et une femme ne devrait pas excéder les dix ans mais entendre de la bouche de Sandra Miller (Angel Tompkins) que le ''vieillard'' qui meurt sous des dizaines ou des centaines de piqûres d'abeilles tueuses au tout début du récit était son époux (Claudio Brook dans le rôle du Docteur Franklin Miller) me paraît assez peu crédible. Mais bon, passons. Tout comme dans L'inévitable catastrophe d'Irwin Allen sorti la même année, The Deadly Bees de Freddie Francis en 1966, Quand les abeilles attaqueront de Bruce Geller en 1976 ou plus récemment Stung de Benni Diez, The Bees met en scène des insectes hyménoptères réputés très agressifs. Des abeilles originaires d'Amérique du sud importées sur le territoire nord-américain au profit de sociétés cosmétiques. Jusque là, rien d'anormal me direz-vous. Et vous auriez parfaitement raison. Sont introduits au sein du récit, les acteurs John Saxon et John Carradine. Deux valeurs sûres qui devraient logiquement assurer une certaine qualité au long-métrage d'Alfredo Zacarías. Sauf que, ben en fait, le compte n'y est pas vraiment. Plus ''catastrophique'' que le simple film catastrophe qu'il prétend être, The Bees déroule tranquillement son synopsis dans lequel interviennent des dialogues totalement inattendus dans ce genre de production. Bon, il s'agissait là de la version française. Donc, difficile de dire si les seuls doubleurs étaient sous l'emprise d'opiacés ou si la version originale est elle-même dotée de dialogues totalement perchés. Les séquences s'enchaînant dans un ordre qui apparaît souvent aléatoire, le monteur du film dû sans doute travailler sur le matériau de base les deux mains dans le plâtre ! De l'anarchie en veux-tu, en voilà. Des dialogues à l'emporte-pièce qui n'ont parfois aucun lien avec le sujet. Des rapports humains ambigus dans le sens où la légèreté prime parfois sur les conséquences réelles décrites par des vagues d'abeilles s'en prenant à tout ce qui passe dans leur champ de vision.


The Bees est une oie que son auteur se complaît à gaver avec tout ce qui lui passe entre les mains. Le long-métrage est peut-être le meilleur exemple de ce que peut charrier un vrai bon nanar. Le genre de production qui envisage le récit sous l'angle le plus sérieux qui soit tout en se prenant les pieds dans le tapis à force d'accumuler incohérences, jeu approximatif, lignes de dialogues incongrues et mise en scène bordélique ! L'intégration au cœur du récit des Nations Unies dans un projet visant à rendre moins agressives des abeilles sud-américaines n'arrange malheureusement pas le propos. Bourré de plans répétés parfaitement inutiles comme cette blonde qui à l'apparition dans le champ de vision de John Saxon voit d'un mauvais œil l'arrivée de Sandra Miller, on se demande par exemple pourquoi Alfredo Zacarías multiplie les plans sur elle puisque sa présence n'a aucune espèce de conséquence sur la suite des événements. À la décharge du réalisateur mexicain, nous admettrons que sa grande générosité consistant à multiplier l'apparition de ses minuscules mais très nombreuses créatures offre à The Bees une certaine dynamique. Par contre, le désintérêt d'Alfredo Zacarías pour ses personnages est visible à l'écran. Ce qui peut avoir comme conséquences des situations impromptues et véritablement pittoresques. Certaines attaques ressemblent à la sortie d'une église après la célébration d'un mariage : on imagine derrière l'équipe technique des types munis de seaux remplis de riz, jetant le tout par brassées afin de simuler l'agression des protagonistes (personnages principaux ou simples figurants). L'effet est souvent foireux mais bon, quand le budget ne suit pas, faut pas s'étonner du résultat à l'écran. On conseillera malgré tout aux chanceux qui auront pu se procurer le film doté de différentes options de langues de se lancer dans la version originale car le doublage française se montre franchement désastreux ! Bref, difficile d'évoquer la réelle valeur artistique de ce petit film au fond très sympathique malgré les montagnes de défauts qui l'accompagnent...

 

mercredi 6 mars 2024

The Abyss (Avgrunden) de Richard Holm (2024) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Lorsque la Scandinavie se lance dans le film catastrophe, cela peut donner de bons résultats. Bølgen de Roar Uthaug, en 2015. Skjelvet de John Andreas Andersen, trois ans plus tard. En 2024, c'est au tour du suédois Richard Holm de se lancer dans l'aventure avec Avgrunden en s'inspirant d'un fait-divers authentique ayant eu cours en 2020 dans la ville minière de Kiruna, en Suède. Auteur d'une série de long-métrages tournés directement en vidéo ou d'épisodes de séries télévisées, Avgrunden est le premier véritable film ''cinématographique'' de Richard Holm et pour le coup, la déception est à la hauteur de nos attentes. Tellement mauvais qu'on croirait la chose avoir été produite par l'une de ces sociétés fauchées spécialisées dans la production de Mockbusters ! Tout commence par un court résumé de la catastrophe s'étant réellement déroulée sur le territoire de Kiruna, avec force images en noir et blanc et se poursuit par une courte séquence lors de laquelle de jeunes gens enivrés se retrouvent emportés par une faille toute récente. Là, déjà, on sent que ça va piquer les yeux. On a tant et si bien l'impression que le réalisateur se méfie des spécialistes en effets visuels embarqués sur le projet que ces premiers soubresauts d'une catastrophe à venir sont à peine visibles à l'écran. Comme si les cacher derrière des fourrés permettait de camoufler leur piètre qualité. Ensuite, l'on a droit au coup des époux (pas tout à fait) divorcés. Elle (Tuva Novotny dans le rôle de Frigga Vibenius) s'ébat sur le canapé familial avec son nouvel amant Dabir Ayobi (Kardo Razzazi) tandis que son ex (Peter Franzén dans le rôle de Tage Vibenius) débarque pour fêter l'anniversaire de leur fils Simon en compagnie de leur fille Mika (Felicia Maxime, en mode rebelle) et de sa petite amie Aila (l'actrice Tintin Poggats Sarri........... dont les parents étaient apparemment fans du dessinateur belge, Hergé!).


Et ouais, comme d'hab, on a droit au couple homosexuel, le virus LGBT ayant donc atteint les côtés suédoises ! Bon, en même temps, ça n'est pas très grave puisque la copine de Mika crèvera en tombant dans un trou. Bon débarras ! Découvert par Tage le pantalon sur les genoux, la rencontre entre le nouveau compagnon de Frigga et le père de famille ne va pas être des plus facile. Mais là encore, les scénaristes Robin Sherlock Holm et Nicola Sinclair ainsi que le réalisateur ont pu puiser dans les dizaines, les centaines, les milliers de scripts écrits par d'autres auteurs pour d'autres œuvres cinématographiques dans lesquels des ''pièces rapportées'' se comportaient en véritables héros afin de gagner les faveurs d'un ou plusieurs protagonistes au départ relativement méfiants envers eux. Maintenant que l'on a à peu près situé la position de chacun, force est de reconnaître que Avgrunden est assez pénible à suivre en raison d'une succession de ventres mous qui peinent à nous maintenir éveillés. Ça n'est d'ailleurs pas le grondement du glissement de terrain qui me réveilla au beau milieu du récit, mais mes propres ronflements ! Outre quelques séquences situées en ville lors desquelles des fissures apparaissent au beau milieu des routes et des trottoirs, emportant au passage quelques figurants, on a droit à une scène située au fin fond d'une mine (l'occasion d'entendre geindre comme une fiotte le mari éconduit de Frigga), une autre lors de laquelle un glissement de terrain d'ampleur cataclysmique met en exergue les désastreux CGI, et enfin, une séquence de secourisme (la mère, le père, la fille et l'amant tous unis dans un même élan de solidarité) à... pisser de rire, je vous le dis. Frigga se lançant corps et âme sur un tas de décombres en mode Lara Croft. Le père montrant ENFIN un peu de courage en sacrifiant sa propre existence (là encore, bon débarras). Tout ceci pour une séquence qui sent bon le micro-budget ! Bref, passez votre chemin. Avgrunden est au mieux un téléfilm et au pire, un ersatz de production à la The Asylum. Vous êtes prévenus...

 

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