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vendredi 14 mars 2025

Billy the Kid vs. Dracula de William Beaudine (1966) - ★★★★★★☆☆☆☆

 

 

 

Le Crossover est au cinéma, un genre très particulier. Et si dans l'univers des super-héros le concept ne semble pas aussi farfelu qu'il puisse paraître, il est d'autres domaines dans lesquels faire croiser le fer entre deux personnages provenant de deux franchises différentes peut sembler totalement invraisemblable. Voire totalement grotesque. Le plus incongru dans ce domaine n'étant sans doute pas d'avoir provoqué la rencontre par deux fois entre l'Alien de Ridley Scott et le Predator de John McTiernan avec Alien vs Predator de Paul W. Anderson et Alien vs Predator : Requiem de Colin Strause et Greg Strause. Ni même le Jason Voorhees de la franchise Friday the 13th de Sean Cunningham et le Freddy Krueger de la saga A Nightmare on Elm Street de Wes Craven avec Freddy vs. Jason de Ronny Yu. Il faut savoir également que le Crossover n'est pas une notion qui remonte à seulement quinze ou vingt ans puisqu'au siècle dernier, déjà, des auteurs très ''inspirés'' eurent comme projet de produire des œuvres qui elles aussi firent appel à des personnages de fiction faisant la rencontre avec, notamment, certains grands mythes du bestiaire fantastique. C'est ainsi qu'entre 1941 et 1955 le duo d'acteurs et d'humoristes américains Bud Abbott et Lou Costello plus connus sous le nom de scène Abbott et Costell en firent les frais à plusieurs reprises. Ils eurent l'occasion de croiser des fantômes par deux fois dans Hold That Ghost d'Arthur Lubin et John Rawlins en 1941 et dans The Time of Their Lives de Charles Barton en 1946, la créature de Frankenstein dans Abbott and Costello meet Frankenstein également réalisé par Charles Barton en 1948, l'homme invisible dans Abbott and Costello Meet the Invisible Man de Charles Lamont en 1951, Docteur Jekyll et Mr Hyde dans Abbott and Costello Meet Dr Jekyll and Mr. Hyde et la Momie dans Abbott and Costello Meet the Mummy également tout deux réalisés par Charles Lamont en 1953 et 1955. Une dizaine d'années plus tard l'on aura droit à deux des cas d'école les plus improbables du genre grâce au réalisateur américain William Beaudine qui durant de nombreuses années aura mis en scène de très nombreux films muets avant que sa carrière ne ralentisse durant les années soixante et soixante-dix. C'est dans le courant de l'année 1966 qu'il a l'idée particulièrement saugrenue de mélanger deux genres qui n'ont semble-t-il aucune bonne raison de se côtoyer : le fantastique et le western. Et si ce dernier eut parfois l'occasion de s'associer avec l'horreur (Sundown: The Vampire in Retreat d'Anthony Hickox en 1990, Ravenous d'Antonia Bird en 1999 ou encore le parfois très impressionnant Bone Tomahawk de S. Craig Zahler), le voir se mêler à deux des plus grandes figures du fantastique à de quoi laisser le spectateur perplexe.


Alors que je reviendrai sans doute plus tard sur Jesse James Meets Frankenstein's Daughter, parlons pour commencer de Billy the Kid vs. Dracula. Les fans de cinéma et de littérature horrifique savent que Dracula provient à l'origine de l'ouvrage écrit par le romancier irlandais Bram Stoker à la fin du dix-neuvième siècle. Personnage à l'origine littéraire donc, mais dont les sources d'inspiration semblent venir de Vlad Țepeș et de son père Vlad Dracul ayant vécu tout deux au quinzième siècle où ils furent tour à tour princes de Valachie (un état qui avec la Moldavie et la Transylvannie forment trois principautés médiévales dont la population est roumanophone). Dracula est le plus célèbre Vampire du cinéma et fut notamment interprété à une dizaine de reprises par l'acteur britannique Christopher Lee. Contrairement à Dracula, William Henry McCarty, plus connu sous le nom de Billy le Kid vécu réellement. Et si l'on ne connaît pas précisément sa date de naissance, celle de sa mort est bien le 14 juillet 1881. D'après certains, il serait né le 23 novembre 1859 et serait donc mort à l'âge de vingt et un ans. Selon la légende, le jeune homme aurait tué autant d'hommes que le nombre d'années qu'il vécu. Célèbre pour avoir eu la réputation d'être un excellent tireur, le voici donc dans Billy the Kid vs. Dracula opposé au célèbre suceur de sang transylvain. Aussi absurde que puisse apparaître cette rencontre, l'incongruité de leur apparition commune à l'écran n'est en réalité pas effective. Et cela grâce au scénario de Carl K. Hittleman et à la mise en scène de William Beaudine qui demeurent relativement en retrait vis à vis du mythe du vampire ici surtout traité à la manière d'un usurpateur d'identité. La volonté première de Dracula étant de mettre la main sur la magnifique Lisa Oster qu'interprète la non moins sublime Hannie Landman et dont Billy the Kid vs. Dracula sera le seul long-métrage à la mettre en scène. Le but principal du vampire : en faire une morte-vivante, état dans lequel il est lui-même plongé. Mais la jeune et richissime propriétaire d'un ranch (ses parents firent fortune grâce à une mine d'argent) peut compter sur le soutien de William ''Billy le Kid'' Bonney (l'acteur Chuck Courtney) qui n'est autre que son petit ami avec lequel elle pense prochainement se marier. Mais alors que sa mère et son oncle James Underhill sont à bord d'une diligence en compagnie d'un mystérieux individu, celle-ci est attaquée par des indiens en furie et sont tous assassinés... à l'exception de cet étrange personnage vêtu d'un costume et d'une cape noirs !


En fait, Dracula, qui après que la mère de Lisa lui ait tendu une photo de sa très jolie fille n'a plus qu'une idée en tête : la retrouver afin de la faire sienne après s'être fait passer pour son oncle qu'elle n'a jamais vu. Le vampire va devoir composer avec la présence de William mais aussi d'un couple d'allemands dont Dracula/ James Underhill a précédemment tué la fille en la vidant de son sang dans une auberge. Le couple, persuadé de la culpabilité du nouveau venu et de ses origines vampiriques, va réussir à persuader William que celui qui se fait passer pour l'oncle de sa future épouse n'est autre que Dracula... Bon, très honnêtement, on a échappé au pire. Et si certains se montrent particulièrement odieux et agressifs vis à vis de Billy the Kid vs. Dracula, force est de reconnaître que pour un Crossover totalement atypique, le film fonctionne plutôt bien. Outre l'implication du vampire dans le désordre qui régnera bientôt au sein du couple William/Lisa (la jeune femme refuse de croire que l'homme qui s'est présenté à sa porte n'est pas son oncle mais un vampire), celui qui par le passé se fit connaître sous le nom de Billy le kid va de plus devoir soutenir les provocations de l'un des employés de sa fiancée qui voit d'un mauvais œil d'être désormais dirigé par le jeune homme depuis le décès de la mère de Lisa. Le Comte Dracula tout vêtu qu'il demeure de son costume caricatural est incarné à l'écran par l'acteur John Carradine, aux plus de cinq-cent rôles et qui fit notamment le bonheur des amateurs de cinéma d'horreur et d'épouvante en apparaissant dans un certain nombres d’œuvres horrifiques telles que The Hound of the Baskervilles de Sidney Lanfield en 1939, Revenge of the Zombies de Steve Sekely en 1943, House of Frankenstein et House of Dracula réalisés par Erle C. Keaton en 1944 et 1945, The House of Seven Corpses de Paul Harrison en 1973, The Sentinel de Michael Winner en 1977, Shockwave de Ken Wiederhorn la même année ou encore le génial The Howling de Joe Dante en 1981. Quelques exemples de films d'horreur parmi des dizaines d'autres s'inscrivant eux-mêmes au cœur d'une filmographie dense, riche et hétéroclite. Billy the Kid vs. Dracula est pour l'acteur l'occasion d'incarner un vampire caricatural (son apparence vestimentaire), qui n'apparaît pas dans le reflet des miroirs, se transforme en chauve-souris, craint les crucifix mais qui, à contrario, ne semble pas souffrir des rayons du soleil. Mieux, John Carradine n'apparaît pas un seul instant nanti des fameuses dents que tout vampire qui se respecte se doit généralement de brandir devant ses proies au moment de les ''saigner''. Dracula, ici, avant de mordre ses victimes, les ensorcelle, les hypnotise, faisant de ce vampire un descendant direct du cinéma expressionniste allemand lors des séquences d’envoûtement... Après, Billy the Kid vs. Dracula n'est ni un chef-d’œuvre du cinéma d'épouvante et horrifique, ni un modèle de western. Toutefois, l'on aurait pu craindre le pire. Mais la beauté de Hannie Landman, la présence à l'image de John Carradine (papa du ''Petit Scarabée'' de la série Kung Fu interprété par le fiston, David Carradine) et la cocasserie du sujet assurent le spectacle...

 

jeudi 11 avril 2024

The Bees d'Alfredo Zacarías (1978) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Si quelqu'un connaît The Bees du réalisateur et scénariste mexicain Alfredo Zacarías, je suis partant pour qu'il m'explique le fin fond de cette histoire dont je me demande encore quelle est la part volontaire ou non de second degré qu'il dégage. Ne venez pas me dire que je suis Gérontophobe ou que j'affirme en ces termes que j'affirme que la différence d'âge entre un homme et une femme ne devrait pas excéder les dix ans mais entendre de la bouche de Sandra Miller (Angel Tompkins) que le ''vieillard'' qui meurt sous des dizaines ou des centaines de piqûres d'abeilles tueuses au tout début du récit était son époux (Claudio Brook dans le rôle du Docteur Franklin Miller) me paraît assez peu crédible. Mais bon, passons. Tout comme dans L'inévitable catastrophe d'Irwin Allen sorti la même année, The Deadly Bees de Freddie Francis en 1966, Quand les abeilles attaqueront de Bruce Geller en 1976 ou plus récemment Stung de Benni Diez, The Bees met en scène des insectes hyménoptères réputés très agressifs. Des abeilles originaires d'Amérique du sud importées sur le territoire nord-américain au profit de sociétés cosmétiques. Jusque là, rien d'anormal me direz-vous. Et vous auriez parfaitement raison. Sont introduits au sein du récit, les acteurs John Saxon et John Carradine. Deux valeurs sûres qui devraient logiquement assurer une certaine qualité au long-métrage d'Alfredo Zacarías. Sauf que, ben en fait, le compte n'y est pas vraiment. Plus ''catastrophique'' que le simple film catastrophe qu'il prétend être, The Bees déroule tranquillement son synopsis dans lequel interviennent des dialogues totalement inattendus dans ce genre de production. Bon, il s'agissait là de la version française. Donc, difficile de dire si les seuls doubleurs étaient sous l'emprise d'opiacés ou si la version originale est elle-même dotée de dialogues totalement perchés. Les séquences s'enchaînant dans un ordre qui apparaît souvent aléatoire, le monteur du film dû sans doute travailler sur le matériau de base les deux mains dans le plâtre ! De l'anarchie en veux-tu, en voilà. Des dialogues à l'emporte-pièce qui n'ont parfois aucun lien avec le sujet. Des rapports humains ambigus dans le sens où la légèreté prime parfois sur les conséquences réelles décrites par des vagues d'abeilles s'en prenant à tout ce qui passe dans leur champ de vision.


The Bees est une oie que son auteur se complaît à gaver avec tout ce qui lui passe entre les mains. Le long-métrage est peut-être le meilleur exemple de ce que peut charrier un vrai bon nanar. Le genre de production qui envisage le récit sous l'angle le plus sérieux qui soit tout en se prenant les pieds dans le tapis à force d'accumuler incohérences, jeu approximatif, lignes de dialogues incongrues et mise en scène bordélique ! L'intégration au cœur du récit des Nations Unies dans un projet visant à rendre moins agressives des abeilles sud-américaines n'arrange malheureusement pas le propos. Bourré de plans répétés parfaitement inutiles comme cette blonde qui à l'apparition dans le champ de vision de John Saxon voit d'un mauvais œil l'arrivée de Sandra Miller, on se demande par exemple pourquoi Alfredo Zacarías multiplie les plans sur elle puisque sa présence n'a aucune espèce de conséquence sur la suite des événements. À la décharge du réalisateur mexicain, nous admettrons que sa grande générosité consistant à multiplier l'apparition de ses minuscules mais très nombreuses créatures offre à The Bees une certaine dynamique. Par contre, le désintérêt d'Alfredo Zacarías pour ses personnages est visible à l'écran. Ce qui peut avoir comme conséquences des situations impromptues et véritablement pittoresques. Certaines attaques ressemblent à la sortie d'une église après la célébration d'un mariage : on imagine derrière l'équipe technique des types munis de seaux remplis de riz, jetant le tout par brassées afin de simuler l'agression des protagonistes (personnages principaux ou simples figurants). L'effet est souvent foireux mais bon, quand le budget ne suit pas, faut pas s'étonner du résultat à l'écran. On conseillera malgré tout aux chanceux qui auront pu se procurer le film doté de différentes options de langues de se lancer dans la version originale car le doublage française se montre franchement désastreux ! Bref, difficile d'évoquer la réelle valeur artistique de ce petit film au fond très sympathique malgré les montagnes de défauts qui l'accompagnent...

 

jeudi 22 septembre 2022

The Boogey Man de Ulli Lommel (1980) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

En ce début des années quatre-vingt, la mode semble être aux slashers. Opposés à Jason Voorhees et à la passion dévorante de sa maman chérie qui pour venger la mort de son enfant massacra à tour de rôle les moniteurs du camp de Crystal Lake dans le premier volet de la franchise Friday the 13th, certains auteurs ont choisi d'édifier des cathédrales aux pires représentants de notre espèce. Des individus dont les traumatismes de l'enfance justifient à peu près tous les actes qui sont décrits dans des pellicules crapoteuses parmi lesquelles l'on retrouve le glauquissime Maniac de William Lustig dont le tueur assassinait de jeunes et jolies femmes, figures maternelles d'une mère qui lui brûlait le torse à l'aide de mégots de cigarettes. Moins réussi mais relativement réaliste dans sa vision de la folie schizophrène, le Cauchemars à Daytona Beach de Romano Scavolini impliquait un monstre à visage humain atteint de psychose incroyablement malsain. Témoin dans son enfance d'un rapport sexuel entre ses parents, George Tatum ne put alors se résoudre à faire autrement que les tuer l'un et l'autre à coups de hache. De quoi perturber l'homme qu'il deviendra plus tard. On pourrait citer nombre de cas similaires même si peu auront réussi à générer autant de malaise devant la caméra. Chez nous, ces deux là sortirent sur les écrans en 1981. L'année même de production d'une œuvre déjà nettement plus obscure réalisée par un allemand. Un certain Ulli Lommel qui déjà en 1973 signa le très marquant La tendresse des loups (Die Zärtlichkeit der Wölfe), long-métrage inspiré des méfaits de Fritz Haarman, un authentique tueur en série surnommé le Boucher ou le vampire de Hanovre qui fut responsable de la mort d'une trentaine d'enfants entre 1918 et 1924. Sept ans plus tard, donc, ce réalisateur allemand très prolifique revenait avec The Boogey Man, un film au titre passe-partout...


Également connu sous le titre Spectre, le film de Ulli Lommel laisse tout d'abord planer l'éventualité d'une œuvre profondément dérangeante. Ce que semble d'ailleurs tout d'abord confirmer la bande-originale de Tim Krog, pas très éloignée de celle que signa notamment le compositeur allemand Klaus Schulze à l'attention du cauchemardesque Schizophrenia de Gerald Kargl qui allait quant à lui sortir deux ans plus tard. Des nappes de synthétiseurs glaçantes, mélancoliques et désespérées ! De quoi donner des sueurs froides d'autant plus que d'emblée le récit débute à la manière de Cauchemars à Daytona Beach puisque là encore, un gamin va être témoin des rapports entre sa mère et (cette fois-ci) son amant avant de tuer ce dernier à coup de couteau de cuisine ! Un certain malaise s'installe presque immédiatement. Surtout lorsque la mère assiste sans broncher à la scène durant laquelle son amant attache son propre fils à son lit, pieds et poings liés et bouche bâillonnée. De quoi diffuser un parfum de scandale (ici, l'amour maternel n'existe pas). Les années ont passé et Willy (Nicholas Love) et sa sœur Lacey ((Suzanna Love) ont bien grandit mais ont conservé un profond traumatisme de cette nuit-là. Alors qu'ils ont depuis été élevés par un couple de parents adoptifs ils reçoivent un jour une lettre de leur mère qu'ils n'ont pas revue depuis vingt ans et le cauchemar recommence. Alors que Nicholas est devenu mutique, Lacey est victime de terribles cauchemars. Sur les conseils du psychiatre Warren (John Carradine), la jeune femme retourne sur les lieux du massacre qui depuis a été racheté par une autre famille. La jeune femme y retrouve dans l'ancienne chambre de sa mère un miroir à travers lequel elle aperçoit la silhouette de l'amant assassiné. Perdant momentanément la raison, Lacey fait exploser le miroir en mille morceaux. Son mari prend alors l'étrange décision de ramasser les débris et de les ramener chez eux...


Et c'est là que tout part en vrille. Pas seulement les événements que vont vivre les personnages mais le scénario lui-même, écrit par le réalisateur, l'actrice Suzanne Love ainsi que David Herschel. L'on ne s'étonnera d'ailleurs pas de découvrir qu'ils s'y mirent à trois tant The Boogey Man semble partir dans autant de directions. On ne sait plus s'il s'agit d'un slasher, d'un film fantastique où rôde l'ombre d'un fantôme (le Spectre en question du titre français) ou d'une histoire de possession. Celle d'un miroir dont les débris semblent être à l'origine d'une multitude d'événements. Devenant de plus en plus alambiqué, le film de Ulli Lommel ira jusqu'à plonger dans le ridicule avec cette vision éminemment kitsch d'une Suzanne Love/Lacey visiblement possédée en fin de long-métrage. Un film qui d'ailleurs se terminera en queue de poisson. Si ce n'était la partition glaçante de Tim Krog, l'attitude inquiétante de Nicholas Love et quelques rares passages sanguinolents, The Boogey Man n'aurait d'autre intérêt que l'étrangeté permanente qui le parcours. Entre slasher et paranormal, le film ne sait malheureusement pas vraiment sur quel pied danser... Curieux... !

jeudi 28 octobre 2021

The Nesting (Retour vers le cauchemar) d'Armand Weston (1981) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Du milieu des années soixante-dix jusqu'à la moitié des années quatre-vingt, toute une série de longs-métrages ayant pour vocation de mettre en scène des demeures plus ou moins hantées furent tournés pour le bonheur des fans de fantastique et d'épouvante qui pour le coup, bénéficièrent de films de très grande qualité. Burnt Offerings de Dan Curtis et sa demeure qui dévorait littéralement l'âme de ses locataires, Amityville, la maison du Diable de Stuart Rosenberg qui se réappropriait un effroyable et véridique fait-divers, The Changeling de Peter Medak, véritable monument de l'effroi avec George C. Scott, Shining de Stanley Kubrick et son hôtel hanté, adaptation plus ou moins fidèle du roman éponyme écrit par l'écrivain américain Stephen King, L'au-delà et La maison près du cimetière de Lucio Fulci, leurs séquences gore et leur ambiance morbide, ou encore les très divertissants Poltergeist de Tobe Hooper et House de Steve Miner... Tout ceci inclus dans une plage de dix ans seulement. Mais si le film The Nesting d'Armand Weston dont il est question ici aborde lui aussi le même thème de la maison hantée, on le rapprochera parfois sans doute davantage de l'excellent La sentinelle des maudits que réalisa Michael Winner en 1977. Si en comparaison des exemples cités ci-dessus le film d'Armand Weston peut paraître bien inférieur d'un point de vue qualitatif, les amateurs de sensations fortes pas trop exigeants en la matière, les explorateurs urbains (ou Urbex) ou les chasseurs de fantômes lui trouveront malgré tout un certain charme, aussi désuet soit-il...


The Nesting met en scène l'écrivain de romans gothiques Lauren Cochran (l'actrice Robin Groves), jeune agoraphobe qui afin d'être dans les meilleures conditions possibles pour entamer l'écriture de son nouvel ouvrage déménage temporairement et vient s'installer dans une vieille demeure laissée à l'abandon, propriété d'un certain colonel LeBrun qu'interprète l'acteur John Carradine (père de David ''Petit Scarabée'' Carradine, le personnage central de la série Kung-fu). Un vieillard qui a la vue de la future locataire est victime d'une crise cardiaque. [ellipse] Lauren dispose ses quelques affaires dans les deux seules pièce de l'immense bâtisse qu'elle a l'intention d'investir mais très rapidement, des événements étranges et même tragiques se produisent. La jeune femme fait des cauchemars criants de vérité (c'est d'ailleurs à l'image des visions que fait l'héroïne que The Nesting se rapproche très sensiblement de La sentinelle des maudits puisque la top modèle Alison Parker interprétée par l'actrice Cristina Raines qui elle aussi s'était installée tout récemment dans un vieil immeuble y côtoyait déjà des locataires qui allaient se révéler être en réalité des fantômes) et décide d'investir le reste de la demeure afin de comprendre d'où remonte l'origine des événements dont elle est le témoin ''privilégié''. L'une des originalités de The Nesting est d'installer son intrigue dans une demeure qui fut le théâtre de la prostitution. En effet, celle-ci ayant servi de maison close, l'héroïne est directement confrontée aux fantômes du passé...


À vrai dire, au delà des simples similitudes qui font converger The Nesting vers le récit de La sentinelle des maudits, le film d'Armand Weston (auteur de quelques longs-métrages seulement dont le porno The Defiance of Good, œuvre relativement violente qui situe son action dans un institut psychiatrique) reprend des éléments de quelques-uns des longs-métrages évoqués plus haut. La lecture d'une page répétant inlassablement la même phrase renvoyant à Jack Nicholson devant sa machine à écrire dans Shining ou les sons étranges et la demeure (pourtant ici plus que jamais décatie) qui eux ramènent quelque peu à The Changeling. Toutes proportions gardées bien évidemment puisqu'en comparaison, The Nesting est largement inférieur à ces quelques références. Il n'en demeure pas moins que certaines séquences demeurent efficaces. Quelques morts dont celle du psychiatre de l'héroïne empalé, l’œil exorbité. Quelques agressions physiques dont celle d'un ouvrier particulièrement antipathique. Et des apparitions fantomatiques pourtant loin d'être angoissantes... Le film fut tourné dans l'impressionnante demeure octogonale de Armour-Stiner près du fleuve Hudson dans la région de New York. Il film bénéficie en outre d'une partition musicale riche et diverse signée des compositeurs Jack Malken et George Kim Scholes. Aussi curieux que cela puisse paraître, The Nesting mélange également le sujet de la maison hantée au film de rednecks avec l'un des spécimens les plus remarquables jamais vus sur un écran ! À savoir qu'il existe deux versions du long-métrage puisque la première dure quatre-vingt dix-neuf minutes tandis que la seconde est plus longue de quatre minutes. Une œuvre moyenne mais qui se regarde avec un certain plaisir...

 

lundi 1 juin 2020

Blood Of Ghastly Horror de Al Adamson (1971) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆ (🥔🥔🥔🥔🥔🥔🥔☆☆☆)

Une seconde note sera désormais allouée aux nanars symbolisée comme suit: 🥔

L'histoire purement créative qui tourne autour de Blood Of Ghastly Horror de Al Adamson est assez unique en son genre. En effet, car l'amateur à la recherche de la moindre information le concernant aura tôt fait de remarquer que trois dates sont généralement évoquées quant à l'année de création de cette petite série Z notamment interprétée par le célèbre acteur américain John Carradine, premier d'une lignée d'interprètes poursuivie par David, Robert et Keith. L'acteur a eu beau apparaître dans quelques chefs-d’œuvre ou non du fantastique ou autres genres cinématographiques tels La Fiancée de Frankenstein de James Whale en 1935, Le Chien des Baskerville de Sidney Lanfield en 1939, Chasse à l'Homme de Fritz Lang en 1941 ou beaucoup plus tard La Sentinelle des Maudits de Michael Winner et Le Commando des Morts-Vivants de Ken Wiederhorn tout deux sortis en 1977, le film de Al Adamson demeure quant à lui, désespérément mauvais. Et pourtant, il y avait matière à réaliser une œuvre sinon correctement interprétée et mise en scène, du moins ne souffrant d'aucun temps mort. Car la spécificité réellement étonnante de Blood Of Ghastly Horror demeure dans le fait qu'il s'agisse en réalité d'un film datant d'abord de 1965 intitulé Psycho A-Go-Go et auquel plusieurs séquences ont été ajoutées en 1969, le résultat à l'écran passant ainsi de cette première version à la seconde, cette fois-ci intitulée The Fiend with the Electronic Brain.

Mais Al Adamson, peu satisfait du résultat décida en 1971 de reproduire le principe en y ajoutant une nouvelle fois des séquences supplémentaires avec pour résultat, la version définitive connue sous le titre Blood Of Ghastly Horror. À l'origine, l'histoire couvrait les conséquences d'un hold-up et la poursuite d'une mère et de son enfant ayant caché le fruit du vol dans sa poupée. Puis ce fut au tour du récit tournant autour du docteur Howard Vanard et ses expériences sur un cerveau électronique implanté dans celui d'une victime de la guerre du Vietnam blessée à la tête. Un individu qui deviendra incontrôlable et commettra de nombreux meurtres. À cela, le réalisateur a ajouté plusieurs séquences supplémentaires mettant en scène les acteurs Kent Taylor, Tommy Kirk et Regina Carrol. On passe donc du thriller de 1967 au film d'horreur de 1971.Au final, Blood Of Ghastly Horror est un long-métrage hybride et peu cohérent. En effet, le spectateur aura l'impression d'assister à différents récits sans réelle cohésion ni lien entre eux. Une démarche vraiment étonnante qui participe à l'étrange aura d'un film qui ne mérite cependant aucun éloge...

Parce que Blood Of Ghastly Horror est tout simplement... mauvais. Al Adamson a beau passer de son savant fou à l'enquête policière, de l'enquête policière aux braqueurs, des braqueurs au soldat/zombie, du soldat/zombie, à la petite fille et sa mère ou de la petite fille et sa mère aux braqueurs, Blood Of Ghastly Horror demeure indigeste. À vrai dire, seul John Carradine parvient à tirer son épingle du jeu. À une époque où les soutien-gorge ''bombe'' (ou ''obus'') semblent être encore la norme et ou les femmes portent toutes la coupe ''carré'' ou de volumineux chignons, Al Adamson à parfois l'air de s'être perdu dans l'univers d'un Russ Meyer où ses plantureuses actrices auraient été catapultées sur une autre planète pour être remplacées par des actrices aux normes mammaires moins exigeantes. Déjà que la réalisation et l'interprétation ne brillent pas par le professionnalisme du réalisateur et de ses acteurs, le film a le culot d'ennuyer malgré les changements constants de situations. Si la scène d'ouverture fait illusion, le reste est à la traîne. Si le montage est brouillon (logique lorsque l'on doit travailler sur des images provenant de divers projets), le pire provient sans doute du son. À croire que Bob Dietz et Sam Kopetzky se sont endormis sur la table de mixage. En effet, si un bruit de fond précise parfois que la scène se situe dans les rues d'une ville peuplée de véhicules, jamais le spectateur n'entendra le moindre moteur ronronner ou la plus petite portière claquer... Blood Of Ghastly Horror est donc une œuvre branlante qui tire son unique intérêt de la présence de John Carradine, seul maître à bord mais que le réalisateur aura la mauvaise idée de dessouder bien avant le générique de fin...

jeudi 16 janvier 2020

TROMA : Monster in the Closet de Bob Dahlin (1986) - ★★★★★★★☆☆☆



Monster in the Closet est de ces petits concentrés de bonheur qui font parfois les beaux jours du cinéma d'horreur. Réalisé par Bob Dahlin en 1986 et distribué par la Troma Entertainment, il met en scène tout un panel de seconds rôles qui firent les joies du grand mais surtout du petit écran. C'est ainsi donc qu'en dehors de l'interprète principal Donald Grant qui n'est malheureusement pas des plus célèbre dans notre hexagone, nous retrouvons notamment l'actrice Denise DuBarry qui interpréta en outre le personnage de Sue dans la série Chips, Claude Akins qui en dehors d'une longue carrière à la télévision interpréta divers rôle au cinéma dont celui du général Aldo dans La Bataille de la Planète des Singes, Howard Duff qui fit l'essentiel de sa carrière sur le petit écran avec des séries telles que Le Virginien, Insight, Police Story ou encore Côte Ouest. On pourrait également citer Henry Gibson, Donald Moffat, Paul Dooley ou encore John Carradine (qui dans le cas présent fait une courte apparition avant de mourir au tout début du film) et Frank Ashmore, ce dernier étant surtout connu sous nos latitudes pour avoir incarné le gentil Martin de la série de science-fiction V : les Visiteurs en 1983 et 1984.

L’œuvre de Bob Dahlin prend pour cadre une petite localité proche de San Francisco. Plusieurs meurtres mystérieux y ont été effectivement commis, les victimes ayant toutes été découvertes dans un placard. Le journaliste Richard Clark est envoyé pour enquêter sur l'affaire. C'est ainsi qu'il fait la connaissance de la jolie Diane Bennett, professeur à l'université, laquelle travaille en collaboration avec le docteur Pennyworth. Mère du petit ''prof'', la jeune femme, le docteur, son fils, le père Finnegan et Richard vont mener leurs propres investigations afin de découvrir qui s'en est pris et continue à s'en prendre aux habitants de la ville. Très vite, ils se rendent compte que le responsable des meurtres n'est pas un homme mais une créature particulièrement hideuse qui vit dans les placards et surtout, qu'elle est apparemment invincible...

Humour et fantastique se mêlent pour un résultat particulièrement détonnant. Si l'amateur de frissons devra aller voir ailleurs, les amateurs de divertissements familiaux seront par contre aux anges. Personnages attachants, antagonistes bêtes et méchants (Frank Ashmore s'éclate dans le rôle du journaliste arriviste ''Scoop''). Dans le cas présent, la Troma n'est pas producteur du film mais en est le distributeur. Ce qui n'empêche pas Monster in the Closet d'arborer un ton parfaitement en accord avec cette société de production habituée à produire des œuvres éminemment trashs (The Toxic Avenger, Class of Nuke 'Em High, etc...). Ici, rien de particulièrement cradingue et irrévérencieux à relever, mais un humour digne de la célèbre société avec ses inserts temporels incessants et ses personnages en partie un brin dérangés. Monster in the Closet évoque nombre de références cinématographiques que le spectateur cinéphile s'amusera à énumérer. On retrouve notamment une référence au Superman de Richard Donner à travers le personnage de Richard Clark (référence évidente au Clark Kent pourvu de supers pouvoirs), au Alien de Ridley Scott avec la seconde mâchoire du monstre surgissant à toute vitesse de la première, et plus encore au Rencontre du Troisième Type de Steven Spielberg auquel la mélodie jouée par le docteur Pennyworth semble évidemment faire référence. Ajoutons à cela une créature plutôt bien fichue et surtout très originale, des scènes de panique en ville plutôt bien conçues, des interventions militaires aussi bruyantes qu'inefficientes et l'on tient là une sacrée bonne comédie fantastique et l'un des meilleurs films produits par la Troma...

mardi 14 janvier 2020

Evils of the Night de Mardi Rustam (1985) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



Tout commence par l’atterrissage d'un vaisseau spatial. Y succèdent deux jeunes couples s'adonnant au plaisir de la chair façon ''Soft Porn'' dans une forêt, la nuit venue (je vous laisse imaginer l'état du doublage français qui laisse entrevoir le peu d'engouement des interprètes censés donner vie aux personnages dans la langue de Molière). Ce premier acte se termine alors par la mort de l'un de ces messieurs qui au moment de jouir, meurs étranglé à l'aide d'un lien passé autour du cou par un inconnu. Changement de décor : on passe à un établissement qui demeure encore à ce moment très précis, difficile à définir (jusqu'à ce que l'on se rende compte qu'il s'agit d'une hôpital). Toujours est-il que l'on y retrouve l'acteur John Carradine en mauvaise posture. Comprendre dans le rôle du docteur Kozmar. Un individu qui de part son accoutrement rétro-futuriste des plus kitsch semble provenir d'une autre planète. Tout comme les quelques assistantes qui arpentent les couloirs de l'édifice elles aussi affublées de vêtements tout à fait hors de propos si l'on considère alors ce film signé Mardi Rustam comme un slasher. Ce que la suite laisse d'ailleurs envisager avec ses couples s'enlaçant (encore) mais désormais sur une plage, ses dialogues insipides et ses jump Scares à l'ancienne demeurant superficiel. On s'attendrait presque à voir surgir Jason Voorhees et son célèbre masque de hockey. C'est dire si l'originalité n'est à l'ordre du jour de cet étrange long-métrage sorti sous le titre Evils of the Night.

Doit-on alors s'attendre à voir se dévoiler l'identité d'un tueur en toute fin de métrage ? Ou bien Mardi Rustam a-t-il décidé d'innover à sa façon dans les domaines de l'épouvante et de la science-fiction en mêlant ces deux genres s'accouplant finalement peu à l'époque ? Le réalisateur brouille très rapidement les cartes et EMbrouille tout aussi efficacement le spectateur qui ne sait pas vraiment à quel saint se vouer. Celui du slasher bête et méchant ? Dont les vides sont comblés par des scènes de nudité manquant absolument de sensualité et d'érotisme torride ? Ou bien Evils of the Night cache-t-il en réalité une œuvre de science-fiction ayant pour principal atout d'aborder l'abduction ? Toujours est-il qu'après une demi-heure, le flou persiste. L'ennui également car plutôt que d'avoir pris soin de nous livrer des dialogues affûtés, ceux-ci combattent à armes égales avec un scénario qui jusqu'à maintenant ne faisait rien pour appâter le spectateur. Mais qui sont donc ces deux types cagoulés qui enlèvent de jeunes femmes pour les emmener à l’hôpital ?

Au premier bâillement, un conseil : focalisez-vous sur la beauté des interprètes féminines ou mieux encore, sur les dialogues et leur traduction qui sans fausse modestie, reflètent l'incompétence crasse de leurs auteurs Mardi Rustam et Philip Dennis Connors au point qu'ils finiront par vous arracher un sourire. Pauvre Neville Brand (Le Crocodile de la mort de Tobe Hooper, Terreur Extraterrestre de Greydon Clark) dont il s'agissait ici de la dernière apparition sur grand écran, lequel terminait donc sa carrière par un authentique navet, bouffé par des montagnes de dialogues creux, par une interprétation catastrophique, par un score à vomir des fausses notes de clavier vintage et je le répète encore une fois, par un doublage totalement à la ramasse. Difficile alors d'être indulgent envers cet Evils of the Night presque aussi mauvais que le mythique Raiders of the Living Dead de Samuel M. Sherman (et j'exagère à peine). Si seulement le film avait pu nous offrir quelques menues séquences gore, peut-être le spectateur aurait-il pu être davantage concilient. Mais même dans ce domaine Evils of the Night manque le coche. À croire que plutôt que de l'investir dans le film, le réalisateur s'est fait la malle avec le budget du film enfermé dans une mallette. Un conseil : allez préparer le dîner de ce soir, vous dorer une heure au soleil ou faire la sieste mais surtout n'allez pas vous aventurer sur les terres stériles de Evils of the Night. Vous le regretteriez...

dimanche 1 septembre 2019

The Wizard of Mars de David L. Hewitt (1965)



Les astronautes Steve, Charlie, Dorothy et Doc sont les occupants d'un vol spatial qui a pour destination la quatrième planète de notre système solaire, Mars. Mais à l'approche de la planète rouge, leur vaisseau percute un objet après que les communications avec la terre aient été coupées. Contraints de se séparer d'une partie de la fusée, ils s'écrasent sur le sol de Mars avec une quantité d'oxygène qui ne peut leur permettre de respirer que pour les quatre jours à venir. Très vite, ils se lancent à la recherche de la partie qu'ils ont éjecté de leur vaisseau et qui peut leur permettre de survivre davantage de temps.
Mais en chemin, ils croisent la route d'étranges créatures qui s'en prennent à leurs canots de sauvetage. Ils traversent ensuite plusieurs grottes et tombent sur une coulée de lave. Plus tard, il reprennent espoir en entendant un signal émis par ce qu'ils croient être la partie du vaisseau qu'ils recherchent. Mais comme le fait remarquer ironiquement Charlie, l'engin en question n'est qu'un véhicule spatial qui fut envoyé deux ans plus tôt afin de vérifier la viabilité de la planète. Découragés, les membres de l'expédition font pourtant une découverte étonnante. Une cité plantée au sommet d'une montagne à l'intérieur de laquelle vit un martien. De plus, l'air s'y trouve être parfaitement respirable...

Interprété par les acteurs Roger Gentry, Vic McGee, Jerry Rannow, Eve Bernhardt et John Carradine (le père de David Carradine, le petit scarabée de la série télévisée Kung-Fu), The Wizard of Mars est un film de science-fiction datant de 1965 et signé par le réalisateur David L. Hewitt. Ce dernier en a également écrit le scénario aux côtés d'Armandi Busick. Très librement adapté des romans "The Wonderful Wizard of Oz" et "Glinda of Oz" de L. Frank Baum, le film possède un minuscule dont les conséquences ses voient dès le générique du début. Des matte painting dégueulasses nous laissant supposer que les membres de l'expédition ont posé les pieds sur la planète Mars.

A ce propos, les scientifiques auraient mieux fait de regarder The Wizard of Mars au lieu de se demander durant des décennies s'il y avait de l'eau à la surface de la planète et s'il y avait trace de quelconques organismes vivants. Car le film de David L. Hewitt nous donne une réponse très précise à ce sujet. L'équipage traverse en effet à bord de canots de sauvetage de grands espaces constitués d'eau et sont même attaqués par des créatures similaires au mollusques que nous avons sur notre planète. Mieux encore, une cité à l'architecture pas si différente de celle que l'on trouve sur Terre est présente en haut d'une montagne et la projection d'une créature humanoïde qui nous est en tout point semblable nous est offerte après la traversée d'une grotte aux multiples ramification, d'une salle remplie de lave en fusion, et même d'un désert.
Si tout ceci nous empêche d'y croire, ça n'est vraiment pas important. Le film est si ennuyeux, si lent, et le récit si peu développé qu'on a bien du mal à s'immerger dans cette histoire qui aurait tout aussi bien pu se dérouler sur Terre.

La naissance du projet fut consécutive à la rencontre entre David L. Hewitt et un groupe d'exploitants de distributeurs automatiques qui avaient l'intention de produire des films avec lui. Pour cela, il a fallut pour le cinéaste, convaincre ces messieurs que la science-fiction avait un fort potentiel. En accord avec les propos de David L. Hewitt, le projet finit par voir le jour pour un cout n'excédant pas les trente-trois mille dollars. Concernant les effets-spéciaux, ils furent réalisés à l'aide d'une imprimante optique. Quand aux prises de vue réelles, elles furent effectuées sur les sites du parc national de Great Basin et à Fallon dans le Nevada. Afin d'être distribué sur les chaînes américaines, The Wizard of Mars fut l'objet de coupures qui ramenèrent sa durée à soixante-dix huit minutes. Il demeure actuellement toujours inédit dans notre pays...

jeudi 12 avril 2018

Shock Waves - Le Commando des Morts-Vivants de Ken Wiederhorn (1977) - ★★★★★☆☆☆☆☆



C'est en tentant très récemment de redécouvrir vainement le toujours très décevant (et finalement, très crétin) World War Z, sans doute l'une des plus grosses productions cinématographiques proposant une histoire tournant autour du fameux thème des 'infectés' (et non pas des morts-vivants avec lesquels ils n'entretiennent en réalité, pas beaucoup de points communs), que l'idée d'écrire un article, non plus sur ces derniers, mais sur les zombies tels que les chérissait l'immense George Romero, m'est venue. Avec en point de mire... et bien, en fait, pas grand chose de précis. Car le genre est tellement encombré, qu'il n'est pas difficile de piocher à l'aveugle dans le vivier tout en remontant la main pleine d'une poignée d’œuvres plus ou moins réussies. C'est donc par le plus grand des hasards que sont remontés jusqu'à moi, Shock Waves de Ken Wiederhorn, Dead Heat de Mark Goldblatt, Beware! Children at Play de Mik Cribben, ou encore le diptyque frenchie de Benjamin Rocher et Thierry Poiraud, Goal of the Dead. La seule entorse que je me sois concédée vis à vis du hasard étant, bien entendu, d'aborder des longs-métrages qui n'avaient jusque là, pas encore eu les 'honneurs' d'un article sur Cinémart...

On commence donc avec le Shock Waves de Ken Wiederhorn, plus connu dans nos contrées sous le titre Le Commando des Morts-Vivants. Nous retiendrons d'ailleurs ce dernier, pour une fois assez proche du contenu de l’œuvre en question, même si la traduction dans notre langue ne respecte pas le titre original. Bien qu'accueillant parmi les interprètes, l'actrice Brooke Adams, qui un an auparavant combattait aux côtés de Donald Sutherland, des envahisseurs d'un genre particulier dans l'excellent Invasion of the Body Snatchers de Philip Kaufman et incarnerait le personnage de Sarah Bracknell aux côtés de Christophen Walken dans l'un des innombrables chefs-d’œuvre de David Cronenberg, The Dead Zone, en 1983, Le Commando des Morts-Vivants demeure cependant une œuvre plutôt moyenne. Mais sans doute pas aussi médiocre que le second chapitre de la saga Le Retour des Morts-Vivants initiée en 1985 par le scénariste et réalisateur américain Dan O'Bannon, et réalisé cette fois-ci par Ken Wiederhorn. Le cinéaste n'ayant apparemment pas d'atomes crochus avec le genre 'films de zombies', il aurait pourtant sans doute connu une carrière bien différente si les producteurs de la Columbia ne lui avaient pas retiré des mains la réalisation de ce qui allait devenir plus tard l'un des grands classiques de Brian de Palma, Body Double.
Le Commando des Morts-Vivants démarre véritablement après qu'une voix off nous ait expliqué que lors de la seconde guerre mondiale, l'armée allemande avait créé toute une section de super-soldats dont la totalité des membres disparu sans jamais laisser de trace. A la suite de ces quelques minutes d'information essentielles servant de propos à film de zombies dont les agissements diffèrent quelque peu des cannibales habituellement rencontrés dans ce genre de production, nous découvrons deux couples à bord d'un vieux rafiot. Des vacanciers qui à l'occasion de vacances dans les Antilles ont loué les services d'un capitaine de bateau et de ses hommes. Là encore, une (ancienne) vedette du cinéma en la personne de John Carradine (interprète d'environ deux-cent cinquante rôles et père des acteurs David, Robert, et Keith Carradine). Le capitaine c'est lui. Lors de la première nuit et alors que tous sont au beau milieu de la Mer des Caraïbes, une étrange lumière jaune fait son apparition. Plus tard, dans la nuit, le bateau croise la route d'un immense cargo qu'il évite de justesse, ce qui n'empêche pas la petite embarcation d'échouer aux abords d'une île apparemment déserte. Dès le lendemain matin, les membres d'équipage et les vacanciers constatent que le capitaine a disparu. En parcourant l'île, ils tombent sur une grande demeure isolée. C'est là qu'ils vont croiser la route des super-soldats perdus par l'armée allemande...

Le spectacle offert par Le Commando des Morts-Vivants est relativement ennuyeux. Il ne se passe effectivement pas grand chose, les personnages se contentant surtout de palabrer et d'investiguer les lieux. Les morts-vivants du titre sont des soldats du troisième Reich en assez grande forme vu leur âge mais au visage passablement décomposé par l'eau dans laquelle ils demeurent immergés. L'une des spécificités de ces morts-vivants est de craindre la lumière du soleil (ils portent des lunettes à verres opaques). Le contact direct de leurs rétines avec l'astre suffit à les tuer. Face à eux, les membres de l'équipage et les vacanciers ne feront pas long feu, en dehors du personnage incarné par Brooke Adams comme cela est signifié dès le début du long-métrage. Chiant à mourir, Le Commando des Morts-Vivants possède cependant un étrange pouvoir d'attraction qui justement peut s'expliquer à travers le rythme imposé par l'absence de réelle écriture. Le score électronique de Richard Einhorn participe grandement à l'étrangeté qui émane non seulement des scènes situées à bord du bateau (la musique se mêlant alors au ronronnement du moteur), mais aussi plus tard, lorsque tous posent le pied sur l'île. En matière d'horreur, on aura rarement vu aussi avare que le film de Ken Wiederhorn puisqu'en la matière, l'absence d'hémoglobine est totale. Pas de quoi réjouir les amateurs de grosses effusions de sang. Un film à réserver aux fans absolus d'un genre fort encombré, ou peut-être à ceux qui idolâtrent Peter Cushing, car oui, j'oubliais de le préciser, l'immense acteur britannique fait partie du casting... A part cela, rien de bien intéressant à se mettre sous la dent... 

 

lundi 22 février 2016

Le Commando des Mort-Vivants de Ken Wiederhorn (1977)



L'équipage tout entier d'un petit bateau de croisière commandé par Ben, un vieil homme acariâtre peu commode, s'échoue près d'un récif après avoir percuté un immense paquebot en très mauvais état. Le corps du capitaine est retrouvé plus tard, mort dans d'étranges circonstances. Les survivants trouvent une île non loin et la parcourent dans l'espoir d'y trouver de l'aide. C'est au centre de celle-ci qu'ils découvrent un luxueux hôtel apparemment laissé à l'abandon.

Mais alors qu'il y pénètrent sans y avoir été autorisés, une voix au fort accent allemand leur ordonne de quitter l’île, promettant aux naufragés de terribles dangers s'ils ne l'écoutent pas. Et en effet, lié à un événement curieux qui s'est produit plus tôt, une lumière jaune puis l'obscurité totale qui ont provoqué l'accident du bateau, d'anciens nazis endormis sous les eaux atlantiques se lèvent et parcourent l'île à la recherche de proies.

Un à un, les naufragés tombent sous les griffes de ces soldats allemands encore vêtus de leur uniforme de SS et chaussés de lunettes aux verres opaques qui les protègent du Soleil.

Keith, Norman, Chuck, Rose et Beverly tentent de fuir l'île à bord d'un petit bateau dont le SS Commander leur a donné la position. Mais rien ne va comme prévu. A l'aise dans l'eau, les supers-soldats éliminent les naufragés un à un. Le cuistot rend l'âme en premier. Puis c'est au tour, de Norman, puis de Chuck. Alors que Rose est victime de l'un des morts-vivants, elle parvient à s'échapper en lui retirant par accident sa paire de lunettes. Le monstre meurt alors quelques seconde plus tard...

Le Commando des Mort-Vivants est un petit film sorti en 1977 et réalisé par Ken Wiederhorn, cinéaste auquel on devra bien des années plus tard la séquelle Le Retour de Mort-Vivants 2 (qui n'a rien à voir avec le film ici en question) et un épisode de Freddy, le Cauchemar de Vos Nuits, série inspirée par le célèbre croquemitaine des Griffe de la Nuit.

Peter Cushing dans le rôle du commander SS. Brook Adams dans celui de Rose. Et même une petite apparition de John Carradine (père de David, le petit scarabée de la série Kung-Fu), vieille gloire du septième art, dans celui de du capitaine du bateau. Plutôt bon signe lorsqu'on sait que le premier fait partie des plu illustres interprètes de la maison Hammer Films, et que la seconde a joué dans des œuvres fantastiques aussi marquantes que L'invasion des Profanateurs de Philip Kaufman et Dead Zone de David Cronenberg.

Pourtant, Shock Waves atteint très vite ses limites. Même s'il est plaisant de découvrir cette île (presque) déserte, cet hôtel délabré et inquiétant, cette imagerie nazie surréaliste dans ce contexte fantastique ou bien encore ces très originaux morts-vivants qui ne sortent pas de terre mais, de sous les eaux, l'intrigue tourne un peu en rond. Des naufragés qui sans cesse sont repoussé vers l'île, comme si une malédiction les empêchait de fuir.

On pourra également reproché l'absence de sang, détail à peine croyable si l'on tient compte du fait que l'agressivité des morts-vivants est généralement en rapport avec leur besoin fondamental de se nourrir. Le propos demeure tout de même assez original et renvoie à certaines informations concernant les expériences que menaient les allemands durant la seconde guerre mondiale. Et puis, il y a Brook Adams et Peter Cushing ; Ne boudons pas trop notre plaisir de les voir dans cette petite production horrifique, d'autant plus qu'il y a très, très nettement moins bon dans le genre...
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