jeudi 12 avril 2018

Shock Waves - Le Commando des Morts-Vivants de Ken Wiederhorn (1977) - ★★★★★☆☆☆☆☆



C'est en tentant très récemment de redécouvrir vainement le toujours très décevant (et finalement, très crétin) World War Z, sans doute l'une des plus grosses productions cinématographiques proposant une histoire tournant autour du fameux thème des 'infectés' (et non pas des morts-vivants avec lesquels ils n'entretiennent en réalité, pas beaucoup de points communs), que l'idée d'écrire un article, non plus sur ces derniers, mais sur les zombies tels que les chérissait l'immense George Romero, m'est venue. Avec en point de mire... et bien, en fait, pas grand chose de précis. Car le genre est tellement encombré, qu'il n'est pas difficile de piocher à l'aveugle dans le vivier tout en remontant la main pleine d'une poignée d’œuvres plus ou moins réussies. C'est donc par le plus grand des hasards que sont remontés jusqu'à moi, Shock Waves de Ken Wiederhorn, Dead Heat de Mark Goldblatt, Beware! Children at Play de Mik Cribben, ou encore le diptyque frenchie de Benjamin Rocher et Thierry Poiraud, Goal of the Dead. La seule entorse que je me sois concédée vis à vis du hasard étant, bien entendu, d'aborder des longs-métrages qui n'avaient jusque là, pas encore eu les 'honneurs' d'un article sur Cinémart...

On commence donc avec le Shock Waves de Ken Wiederhorn, plus connu dans nos contrées sous le titre Le Commando des Morts-Vivants. Nous retiendrons d'ailleurs ce dernier, pour une fois assez proche du contenu de l’œuvre en question, même si la traduction dans notre langue ne respecte pas le titre original. Bien qu'accueillant parmi les interprètes, l'actrice Brooke Adams, qui un an auparavant combattait aux côtés de Donald Sutherland, des envahisseurs d'un genre particulier dans l'excellent Invasion of the Body Snatchers de Philip Kaufman et incarnerait le personnage de Sarah Bracknell aux côtés de Christophen Walken dans l'un des innombrables chefs-d’œuvre de David Cronenberg, The Dead Zone, en 1983, Le Commando des Morts-Vivants demeure cependant une œuvre plutôt moyenne. Mais sans doute pas aussi médiocre que le second chapitre de la saga Le Retour des Morts-Vivants initiée en 1985 par le scénariste et réalisateur américain Dan O'Bannon, et réalisé cette fois-ci par Ken Wiederhorn. Le cinéaste n'ayant apparemment pas d'atomes crochus avec le genre 'films de zombies', il aurait pourtant sans doute connu une carrière bien différente si les producteurs de la Columbia ne lui avaient pas retiré des mains la réalisation de ce qui allait devenir plus tard l'un des grands classiques de Brian de Palma, Body Double.
Le Commando des Morts-Vivants démarre véritablement après qu'une voix off nous ait expliqué que lors de la seconde guerre mondiale, l'armée allemande avait créé toute une section de super-soldats dont la totalité des membres disparu sans jamais laisser de trace. A la suite de ces quelques minutes d'information essentielles servant de propos à film de zombies dont les agissements diffèrent quelque peu des cannibales habituellement rencontrés dans ce genre de production, nous découvrons deux couples à bord d'un vieux rafiot. Des vacanciers qui à l'occasion de vacances dans les Antilles ont loué les services d'un capitaine de bateau et de ses hommes. Là encore, une (ancienne) vedette du cinéma en la personne de John Carradine (interprète d'environ deux-cent cinquante rôles et père des acteurs David, Robert, et Keith Carradine). Le capitaine c'est lui. Lors de la première nuit et alors que tous sont au beau milieu de la Mer des Caraïbes, une étrange lumière jaune fait son apparition. Plus tard, dans la nuit, le bateau croise la route d'un immense cargo qu'il évite de justesse, ce qui n'empêche pas la petite embarcation d'échouer aux abords d'une île apparemment déserte. Dès le lendemain matin, les membres d'équipage et les vacanciers constatent que le capitaine a disparu. En parcourant l'île, ils tombent sur une grande demeure isolée. C'est là qu'ils vont croiser la route des super-soldats perdus par l'armée allemande...

Le spectacle offert par Le Commando des Morts-Vivants est relativement ennuyeux. Il ne se passe effectivement pas grand chose, les personnages se contentant surtout de palabrer et d'investiguer les lieux. Les morts-vivants du titre sont des soldats du troisième Reich en assez grande forme vu leur âge mais au visage passablement décomposé par l'eau dans laquelle ils demeurent immergés. L'une des spécificités de ces morts-vivants est de craindre la lumière du soleil (ils portent des lunettes à verres opaques). Le contact direct de leurs rétines avec l'astre suffit à les tuer. Face à eux, les membres de l'équipage et les vacanciers ne feront pas long feu, en dehors du personnage incarné par Brooke Adams comme cela est signifié dès le début du long-métrage. Chiant à mourir, Le Commando des Morts-Vivants possède cependant un étrange pouvoir d'attraction qui justement peut s'expliquer à travers le rythme imposé par l'absence de réelle écriture. Le score électronique de Richard Einhorn participe grandement à l'étrangeté qui émane non seulement des scènes situées à bord du bateau (la musique se mêlant alors au ronronnement du moteur), mais aussi plus tard, lorsque tous posent le pied sur l'île. En matière d'horreur, on aura rarement vu aussi avare que le film de Ken Wiederhorn puisqu'en la matière, l'absence d'hémoglobine est totale. Pas de quoi réjouir les amateurs de grosses effusions de sang. Un film à réserver aux fans absolus d'un genre fort encombré, ou peut-être à ceux qui idolâtrent Peter Cushing, car oui, j'oubliais de le préciser, l'immense acteur britannique fait partie du casting... A part cela, rien de bien intéressant à se mettre sous la dent... 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...