mardi 10 avril 2018

Section VHS : Le Sous-Sol de la Peur de Wes Craven (1991) - ★★★★★★★☆☆☆



Allez, on réinstalle le 'six têtes de lecture', on rebranche le câble péritel, on passe du numérique à l'analogique et du format dvd au format vhs. Terminé le ré-encodage en Haute Définition, bienvenue aux bandes magnétiques qui à force de lectures se sont pris des balafres autrement plus impressionnantes que celle d'Al 'Scarface' Capone. On commence le marathon avec Le Sous-Sol de la Peur de Wes Craven. Ce génie du shocker qui nous avait asséné coup sur coup en début de carrière deux longs-métrages cultissimes intitulés La Dernière Maison sur la Gauche et La Colline a des Yeux revenait en 1991 avec un douzième longs-métrages plein de promesses. Certains critiques s'étaient même risqués à l'époque d'évoquer Massacre à la Tronçonneuse comme point de comparaison. Après les excellents Griffes de la Nuit et L'emprise des Ténèbres (entourés d'autres films plus ou moins réussis) et avant le désastre artistique connu sous le nom de Scream (ainsi que ses suites), L'un des maîtres es films d'horreur allait pondre l'une de ses plus jouissives productions avec ce The People Under The Stairs (dans sa version originale). Tout commence d'abord par une musique assez navrante rappelant les actioners incarnés par Monsieur Alain Delon en personne dans les années quatre-vingt. Du saxophone alors que le petit black du récit monte les étages d'un immeuble sordide grouillant de pauvres ères, dans lequel il vit avec sa (très jolie) sœur et leur maman, très malade, cela sonne comme une mauvaise partition. Comme la plupart des airs composés par Don Peake et Graeme Revell, d'ailleurs. C'est là qu'intervient Leroy, le copain, soit-disant, de Ruby (la sœur en question), une petite frappe qui aimerait bien s'approprier la fortune que cache dans sa demeure le couple propriétaire de l'infâme ghetto dans lequel vit notamment Dexter, le petit black en question, et les siens.

Tout l'intérêt de ce Sous-Sol de la Peur repose alors dans ce qui va suivre. Cambriolant la demeure du couple se faisant appeler Papa et Maman, Dexter (surnommé Tou Fou) va découvrir enfermés dans les murs de la belle (surtout de l'extérieur) et grande demeure, des gamins affamés par un couple qui s'avère en fait, totalement barge. La chasse à l'homme peut alors commencer, d'autant plus que le gamin et Leroy ne s'attendaient pas non plus à ce que la baraque soit farcie de pièges. Alors que Leroy va très vite passer de vie à trépas, Tout Fou, aidé par deux des nombreux gamins qu'ont enlevé Papa et Maman, va tenter de fuir ce lieu de perdition...

Wouaw ! Wes Craven se sert dans le vivier des personnages tous aussi timbrés les uns que les autres de l'excellente série de David Lynch Twin Peaks pour en extraire les acteurs Everett McGill et Wendy Robie qui y formaient déjà le couple Hurley. En exploitant leur incroyable physique, Wes Craven fait de ces propriétaires racistes deux des plus beaux spécimens de boggeymen du septième art. Toute la folie retenue des Hurley de la série de David Lynch s'exprime enfin à travers ce nouveau couple incestueux kidnappant des enfants (parce que maman rêve depuis toujours d'en avoir). De l'extérieur, la maison demeure (!) anodine, mais à l'intérieur, en effet, on pourrait presque la comparer à celle de la famille Tronçonneuse du classique de Tobe Hooper. Everett McGill et Wendy Robie sont carrément épatants. Les deux acteurs ne ménagent pas leurs efforts et l'on a souvent droit à des scènes totalement ahurissantes en terme d'interprétation. N'oublions pas le jeune Brandon Adams qui dans le rôle du courageux et malin Dexter assure le spectacle face à l'un des couples de malades les plus gravement atteints de la matière grise. Les moments d'anthologie sont nombreux, mais on retiendra sans doute surtout l'accoutrement que porte Everett McGill lorsqu'il se lance à la poursuite des gosses dans la demeure. A ce titre, la maison servant de décor au film peut être envisagée comme un personnage à part entière. La jeune Alice incarnée par l'actrice A. J. Langer renvoie quant à elle étonnamment aux gamines chantant la fameuse berceuse entendue dans les différents épisodes de la saga mettant en vedette le célèbre brûlé Freddy Krugger (le génial Robert Englund). Si Le Sous-Sol de la Peur ne fiche pas véritablement la trouille tout en demeurant à certains moment anxiogène (???), on retiendra parmi les nombreuses scènes de course-poursuite dans la demeure, celle durant laquelle Papa éviscère Leroy dans la cave. Une scène particulièrement glauque durant laquelle on découvre notamment que le couple de frère et sœur se livrent au cannibalisme. Le final démentiel lui-même est sans doute demeuré dans la mémoire de ceux qui ont découvert le film à l'époque. L’œuvre de Wes Craven demeure comme un excellent souvenir qui n'a finalement pas trop mal vieilli. Un long-métrage qui n'économise pas son énergie et offre un spectacle macabre finalement pas si éloigné de certains faits-divers qui défraient parfois la chronique américaine...

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