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lundi 25 août 2025

Ziam de Kulp Kaljareuk (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Encore et encore on nous ressort la même recette, sans une once d'imagination, sans la moindre originalité. Si en découvrant hier les deux premiers épisodes de la série Alien : Earth je m'étais fait la réflexion que j'avais sans doute vu assez d’œuvre portées sur le sujet pour que ceux-ci n'apportent finalement pas grand chose de plus à ma fascination pour le xénomorphe et pour cet univers horrifico-fantastique, cela n'était rien en regard du spectacle offert par le troisième et dernier long-métrage du réalisateur thaïlandais Kulp Kaljareuk, Ziam. Un titre qui tire son origine dans le nom historique de la Thaïlande et auquel le réalisateur a remplacé la majuscule par un Z pour faire comprendre à ceux qui ne l'auraient pas encore compris qu'il s'agit d'un film de zombies ! Enfin... des zombies qui ont plutôt l'air d'infectés à dire vrai. Car ici, ils ne sortent pas de leur tombe, ne marchent pas avec lenteur mais se relèvent quelques secondes après avoir été mordus et tués par des hommes et des femmes atteints par un virus particulièrement virulent qui transforme la population en créatures assoiffées de sang et de violence. Ouais, rien de vraiment original si ce n'est que Kulp Kaljareuk a voulu mixer l'horreur de cette situation située dans un univers dystopique et post-apocalyptique a des combats de Muay-Thaï. Une discipline sportive propre à la Thaïlande qui fut notamment exploitée au cinéma dans quelques longs-métrages dont le très apprécié des amateurs de Jean-Claude Van Damme, Kickboxer de Mark DiSalle et David Worth en 1989... Ici, le récit tourne essentiellement autour de deux personnages. Singh, qu'incarne l'acteur Prin Suparat, est un ancien combattant spécialisé dans le Muay-Thaï que l'on découvre tout d'abord lors d'une mission qui tourne au massacre. À cette occasion, le spectateur découvrira des combats au corps à corps très décevants. Un montage ultra-cut et des choix de plans qui rendent le tout relativement brouillon. Cette spécificité du film rendant ainsi les combats totalement caduques. Ensuite, les observateurs, ou du moins ceux qui connaissent bien Banlieue 13 de Pierre Morel se souviennent probablement de la mémorable séquence lors de laquelle le personnage de Leito ''saucissonnait'' littéralement le géant ''Yéti''.


Le réalisateur thaïlandais reproduit peu ou prou la scène dans son film même si en comparaison, celle-ci semble bien moins convaincante. Alors qu'une épidémie semble s'étendre dans la région, Singh prend la décision de partir à la recherche de sa petite amie. Rin (l'actrice Nuttanicha Dungwattanawanich) travaille comme médecin dans un hôpital et va être elle-même confrontée à une vague d'infectés au sein même de l'établissement. Intervient alors un personnage secondaire en la personne de Buddy (Wanvayla Boonnithipaisit), un enfant dont la mère perdra la vie et que notre couple de héros prendra en charge. Le gamin, comme tout le reste à vrai dire, est tout à fait caricatural. Prototype même du personnage enfantin qui évolue dans on ne sait combien de films d'horreur, on s'amuserait presque de le voir affublé de crises d'asthme si ce n'était pas en réalité tout à fait pathétique. Le réalisateur ainsi que Vathanyu Ingkawiwat et Nut Nualpang s'y sont donc mis à trois pour nous pondre un scénario dénué de toute originalité et dont la puérilité déclenche moins ce côté touchant que pourrait arborer le récit qu'un ennui profond à force de découvrir une succession de séquences déjà vues mille fois auparavant. Le scénario enferme ses personnages dans l’hôpital durant la quasi totalité du récit tandis que nos personnages assistent à des vagues d'infectés dont les assauts sont répétitifs. Bref, rien d'original ! Notons que Kulp Kaljareuk a fait le choix de ne pas faire intervenir le moindre effet-spécial numérique et que toutes les scènes d'horreur ont été conçues à l'aide de maquillages. Ce qui, à première vue, n’apparaît malheureusement pas à l'image comme une évidence. Pourtant bourré d'énergie, filant à cent à l'heure, mélangeant horreur et combats au corps à corps, Ziam n'est pas franchement terrible. Trop de films portant sur le sujet sont sortis depuis ces deux dernières décennies et renouveler le genre en la matière est devenu désormais quasiment mission impossible...

 

lundi 30 juin 2025

28 ans plus tard de Danny Boyle (2025) - ★★★★☆☆☆☆☆☆




J'allais écrire qu'avec un peu de chance, le prochain volet de la franchise s'appellerait 28 siècles plus tard et que ma nature physiologique d'être humain m'interdirait très probablement de le découvrir lors de sa sortie dans deux-mille huit cent ans. Mais non. La suite directe de 28 ans plus tard est déjà prévue pour le 14 janvier 2026 sous le titre provisoire de 28 Years Later: The Bone Temple. Réalisé cette fois-ci par Nia DaCosta mais malheureusement toujours écrit par Alex Garland, ce dernier possède l’indéniable faculté de pourrir pratiquement tout ce qu'il touche. Ses entreprises n'étant cependant pas toutes à mettre à la poubelle, il fut notamment le scénariste de 28 jours plus tard de Danny Boyle et le réalisateur du très correct Ex Machina en 2014. Mais aussi, malheureusement, celui du navrant Annihilation et du très opportuniste Men à travers son message pro #MeToo. Alex Garland est donc une fois de plus à l'écriture du script de ce troisième long-métrage de la franchise qui ne respecte pas tout à fait notre temporalité puisque vingt-trois années seulement le séparent de l'entrée en matière produite et réalisée en 2002. Que dire sinon qu'il y a tromperie sur la marchandise. Et plutôt que d'avoir la prétention de donner une vision très avancée de ce qui se produit généralement dans ce genre de film, son auteur aurait sans doute été plus avisé s'ils avaient appelé leur long-métrage 28 ans de retard ! Attendu pratiquement comme le messie par les fans de l'original et même par ceux de la suite 28 semaines plus tard, le dernier long-métrage du réalisateur britannique est sinon un ratage total, du moins très en deçà de ce que certains attendaient de l'auteur d'excellentes productions accouchées presque à la fin du siècle dernier. Et c'est votre serviteur qui vous le dit. N'étant pas vraiment en osmose avec le cinéma ''Boylien'', il n'y eu guère que le génial Petits meurtres entre amis de 1994, le sympathique mais surcoté Trainspotting de 1996 (jugé par certains à l'époque comme le Orange mécanique des années quatre-vingt dix) ou l'excellente œuvre de science-fiction Sunshine tournée quant à elle en 2005 pour me séduire. Pour le reste, entre ce qui ne m'attira jamais vraiment (La plage en 2000, Slumdog Millionaire en 2008) et ce qui m'ennuya profondément (127 heures, telle est la durée que me sembla d'ailleurs être celle de ce film), je n'ai donc aucune forme d'attirance pour le cinéma du britannique originaire de Radcliffe, en Angleterre ! 28 ans plus tard se divise en deux parties (si l'on met de côté la courte introduction).


La première introduit Jamie (Aaron Taylo-Johnson) et son fils Spike (Alfie) avec lequel il va sortir des limites du camp où ils sont installés avec l'épouse du premier et donc la mère du second. Arrivé à l'âge de s'affirmer en tant qu'homme, Spike accompagne son père jusqu'au continent que rallie leur île uniquement rattachée à marée basse. Armés tous deux d'un arc, ils vont rencontrer diverses formes d'infectés avant de revenir ''triomphalement'' jusqu'à la communauté. La seconde partie tourne ensuite toujours autour de Spike mais aussi, celle fois-ci, de sa mère Isla (Jodie Comer). Souffrant d'une maladie grave, le garçon à peine âgé de quatorze ans quitte le camp et l’emmène jusqu'au continent afin de trouver un médecin qui pourra la guérir. Vous voulez connaître en détail le scénario ? Et bien sachez qu'il ne tient qu'à travers les quelques phrases que vous venez tout juste de lire. Du point de vue de l'écriture, 28 ans plus tard est un désastre. Aucune sorte d'enjeu n'est à attendre de la part du récit et de ses personnages. Pas la moindre péripétie qui sortirait le genre ''film d'infectés'' de sa zone de confort. C'est plat et n'est même pas sauvé par des décors en revanche magnifiques mais donnant parfois l'impression d'avoir été créés numériquement à partir du principal fond d'écran de Windows XP. L'imagination est aux abonnés absents. Et si vous rêvez d'un formidable récit tournant autour de la quête d'un enfant pour la survie de sa mère très malade, ne vous donnez pas la peine de vous rendre au cinéma et préférez par exemple vous réfugier entre les pages du superbe Talisman des territoires qu'écrivirent ensemble les écrivains américains Stephen King et Peter Straub avant de le faire publier pour la première fois en 1984. Au beau milieu de séquences tellement improbables qu'elles en deviennent ridicules (l'escouade armée jusqu'aux dents incapables de buter collectivement une poignée de créatures, la séquence de l’infecté accouchant d'un bébé qui va se révéler n'être pas contaminé !!!), les infectés de 28 ans plus tard apparaissent davantage comme des néandertaliens que comme des hommes et des femmes ayant été les victimes d'un virus extrêmement agressif. Au mieux l'on appréciera le Sound Design mais pour le reste, le film de Danny Boyle demeure d'une vacuité à peine croyable.Tant et si bien qu'avec sa longue barbe et ses longs cheveux luisants de sébum, Aaron Taylor-Johnson/Jamie apparaît comme un pitoyable ersatz d'Andrew Lincoln/Rick Grimes de la série The Walking Dead. Faisant par extension de Alfie Williams/Spike, l'alter ego du jeune Chandler Riggs/Carl Grimes...


jeudi 13 mars 2025

Festival of the Living Dead de Jen et Sylvia Soska (2024) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Avec le dernier long-métrage réalisé par les sœurs Jen et Sylvia Soska, différencier les zombies des infectés est devenu quasiment impossible. En effet, sous couvert d'avoir récemment réalisé une suite très tardive du classique de George Romero, The Nigh of the Living Dead (1968), les réalisatrices et scénaristes canadiennes qui avant cela avaient notamment mis en scène les pas franchement remarquables Dead Hooker in a Truck en 2009 et American Mary en 2012 ou le pas trop mauvais remake de Rage de leur compatriote David Cronenberg en 2019 ont effectivement signé l'année dernière ce qu'elles prétendent être la séquelle de l'un des plus remarquables films de zombies de toute l'histoire du genre. Doté d'un titre pas vraiment excitant en ce sens où sa définition se réfère tout d'abord au festival qui semble avoir court chaque année depuis les événements tragique de 1968, Festival of the Living Dead rappelle dès son générique, les origines du projet. Des images d'archives du premier opus de la longue saga de George Romero entrecoupées de stock-shots et autres visuels écologico-alarmistes qui rappellent en effet les événements, là où ils avaient pris fin. Faisant ainsi l'impasse sur les différentes suites de la franchise. Exit donc, Dawn of the Dead, Day of the Dead, Land of the Dead ainsi que les deux autres opus puisque visiblement, l'humanité semble avoir pris le dessus sur les cadavres revenus à la vie. Ne subsiste apparemment plus que le festival commémorant le drame qui notamment autour des héros de The night of the Living Dead ne laissa aucun survivant ! Une question : si Jen et Sylvia Soska avaient véritablement l'intention de signer une suite, pourquoi ne pas avoir simplement situé l'action peu de temps après les événements de 1968 ? Mieux : pourquoi n'avoir pas tourné Festival of the Living Dead... en noir et blanc ? L'on aurait alors davantage cru à l'authenticité d'un projet qui au final ressemble plus à une minable production Z plutôt qu'à un réel hommage au long-métrage de George Romero.


De quoi faire douter les fans du genre qui peut-être attendent toujours qu'un miracle ait lieu. Car en dehors de l'excellent remake signé de Tom Savini en 1990 dont on attendait pourtant certainement une version beaucoup plus gore du fait qu'il soit rapidement passé Grand Maître des effets-spéciaux horrifiques dans les années soixante-dix et quatre-vingt, tous ceux qui ont tenté d'apporter leur pierre à l'édifice bâtit par George Romero s'y sont pratiquement tous cassés les dents. En effet, en dehors de celui-ci ainsi que du sympathique remake de Dawn of the Dead que réalisa Zack Snyder en 2004, tout le reste est bon à jeter aux ordures. Le pire d'entre eux demeurant sans doute la nouvelle version de Day of the Dead de Steve Miner sortie en 2008. Une purge absolue signée d'un réalisateur qui par le passé avait pourtant réalisé les second et troisième opus de la franchise Friday the 23th ou l'excellent premier volet de la série de films House, en 1986. Et ce, trois ans après qu'une certaine Ana Clavell accompagnée de James Glenn Dudelson aient commis la ''suite'' du troisième opus de la saga de George Romero sous le titre, Le Jour des morts vivants 2 : Contagium. Une faute avouée étant à moitié pardonnée, j'avoue cependant adorer ce qui demeure malgré tout là encore, une série Z. L'année 2025 semble être la promesse d'une vague de films de zombies parmi lesquels, le retour (enfin en grandes pompes?) de plusieurs mythes du genre. L'on attend encore et toujours que soit enfin confirmée la mise en scène de Night of the Living Dead Reboot de la scénariste et réalisatrice américaine Nikyatu Jusu même si aucune information récente ne relate quoi que ce soit à son sujet. Tout comme The Night of the Living Dead de Marcus Slabine avec, en vedette, l'actrice Lori Cardille qui fut l'héroïne de Day of the Dead !!! Enfin, et cela n'a rien à voir avec l’œuvre de George Romero, sachez que le reboot de Return of the Living Dead, le classique de Dan O'Bannon, sortira normalement en décembre prochain. Pour revenir à Festival of the Living Dead, les canadiennes mettent en scène un petit groupe d'amis en partance pour un festival commémorant donc la fin du drame qui eut lieu voilà plus de cinquante ans en arrière. Des personnages tous plus stupides les uns que les autres d'où surgit comme d'habitude dans ce genre de production, une héroïne un peu moins bête que ses camarades (Ashley Moore dans le rôle de Ash).


Ensuite, on a droit aux sempiternelles caricatures. Du petite ami assez lâche pour préférer mettre sur le dos de sa copine la responsabilité de l'accident de voiture qui vient de se produire alors qu'ils sont en chemin pour le festival (l'abruti en question ayant effectivement préféré boire avant de se mettre au volant!), en passant par le petit frère... asthmatique (lequel oubliera bien évidemment de prendre avec lui sa ventoline) et jusqu'aux consommateurs de drogues ! Visuellement laid (j'en profite d'ailleurs pour remercier mon opticien qui a attendu la fin du film pour m'envoyer un SMS m'indiquant que mes premières paires de lunettes étaient enfin prêtes), Festival of the Living Dead a tout du film d'horreur pour adolescents américains décérébrés ! De ceux avec lesquels l'on ne rêve absolument pas de partager une séance au cinéma tant on devine qu'ils passeraient l'intégralité de la projection à hurler et à jeter du pop-corn sur la tête et les épaules de leurs voisins ! Ne partageant évidemment avec l’œuvre de George Romero qu'une part congrue de son scénario (les jeunes finiront par se regrouper dans une maison avant d'y être assiégés), Jen et Sylvia Soska profitent surtout de l'engouement des fans pour le classique du réalisateur américain pour ainsi faire leur beurre sur la base d'un scénario d'une crétinerie sans nom. Les effets gore sont rares et l'attitude des morts-vivants totalement aléatoire. Entre le premier d'entre eux qui n'hésite pas à défoncer la vitre d'une portière à coup de tête et un groupe de décharnés qui avec prudence caresse une porte vitrée sans donner le moindre coup de poing qui permettrait de la briser, les deux réalisatrices convoquent divers types de macchabées. Et cela, j'en suis persuadé, sans avoir eu volontairement conscience de regrouper différents types de zombies en un seul long-métrage. Il semblerait qu'au contraire Jen et Sylvia Soska n'y aient pas réfléchi un seul instant et qu'elles aient choisi de laisser agir leurs figurants. C'est ainsi donc que l'on retrouve des zombies aussi lents que ceux de l'univers de George Romero aux côtés d'autres créatures qui elles, cavalent comme les infectés de n'importe quel film se prétendant appartenir au même genre que 28 Days Later de Danny Boyle et consorts. Au final, on sort de la projection convaincu d'une seule chose : que The Night of the Living Dead mérite définitivement son statut de film culte insurpassable !

 

dimanche 27 octobre 2024

M - Call of Silence de Vardan Tozija (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Observé à partir du point de vue de son très jeune protagoniste Marko (Matej Sivalo), l'univers de M. Call of Silence bouleverse les conventions du film d'infectés en se plaçant à hauteur d'enfant. D'où cette modestie narrative, cette contemplation, ou cette bluette composée par Nathanaël Bergese qui constituent la matière principale de ce film d'horreur et de science-fiction très spécial se déroulant encore une fois dans un univers dystopique où il s'agit d'être très attentif à ce qui nous entoure. D'origine macédonienne, le réalisateur et scénariste Vardan Tozija signe une œuvre sans commune mesure avec le spectacle auquel le public est habituellement confronté. Surtout dans sa première moitié qui prend le même parti forestier et minimaliste que le très anecdotique Los Infectados signé en 2011 par le mexicain Alejandro G. Alegre. Autant dire que pendant presque une heure, il ne va pas s'y passer grand chose. Les personnages d'un père (Sasko Kocev), de son fils et d'une femme (Kamka Tocinovski) accompagnée de son enfant atteint de trisomie (Aleksandar Nichovski) sont les principaux protagonistes. Le premier surprotège le second jusqu'à adopter une attitude rustre et parfois agressive. La troisième tentera plus tard d'approcher ce dernier avant de mourir dans des circonstances plus qu’ambiguës. Les deux enfants finiront pas se lier d'amitié et feront route ensemble lorsque le père du premier sera condamné à rejoindre les rangs des infectés (ici appelés ''Mauvais''). Entre ces quelques événements, c'est le vide presque absolu. Comme si M. Call of Silence et son auteur faisaient le vœu d'aborder la thématique sous le prisme de l'auteurisme. Autant dire que pour l'instant, Vardan Tozija n'a semble-t-il pas choisi la voie la plus agréable et la plus facile pour nous conter cette histoire plutôt mature au centre de laquelle orbitent deux enfants et pour l'instant.... pas l'ombre d'un infecté. La préoccupation de Vardan Tozija est pour le moment de développer la relation entre un père inquiet pour l'avenir et la sécurité de son fils ainsi que l'attirance de ce dernier pour un gamin handicapé mental et sa génitrice dont il vient de croiser la route et qu'il pense être sa propre mère.


Un cheminement long, très lent, périlleux (en ce sens où une partie des spectateurs aura sans doute déjà quitté la projection) et qui au final ne sert qu'à rendre plus attachante cette histoire qui décidément sort du lot alors que les deux adultes feront bientôt partie de l'histoire ancienne. Une première partie... comment dit-on ? Chiante ? Ouais, à peu de chose près. L'espoir d'un deuxième acte s'inscrivant davantage dans ce pourquoi les spectateurs se sont plongés dans la projection étant apparemment dénué de tout fondement. À moins que la disparition ''des grands'' permettent aux ''petits'' de s'enfoncer un peu plus dans l'aventure et ainsi nous offrir un spectacle digne de l'intérêt que l'on prête au projet ? Peu à peu, la végétation pourtant toujours présente laisse la place à quelques reliques du passé. Une voie ferrée, des wagons ou une locomotive dont Marko et son nouvel ami font semblant de prendre les commandes. Des survivants aussi, le film n'échappant pas au personnage soucieux de garder avec lui sa femme et son fils atteints par le virus. Pour l'instant rien d'extraordinaire visuellement puisque ceux qui comme moi prennent régulièrement le train savent qu'en chemin ils ont l'habitude de voir par la fenêtre nombre de voies ferrées rouillées et disparaissant sous les mauvaises herbes ou encore de vieux bâtiments laissés à l'abandon. Tout est donc ici tourné en milieu naturel. LA bonne idée du cinéaste est d'avoir choisi de mettre en scène un gamin dans un milieu particulièrement hostile même si pour une fois le ''héros'' de l'histoire ne rencontrera pas vraiment d'antagonistes. Malgré l'apparente simplicité de la mise en scène et l'absence quasi généralisée d'action ou d'horreur, M. Call of Silence brille par son originalité, sa distance prise avec un certain nombre de gimmicks propres au genre et le côté cauchemardesque de certaines situations comme lors du tout dernier acte situé dans un bâtiment ou est projeté en boucle l'image holographique d'un représentant du pouvoir. Bref, malgré son rythme parfois un peu trop lent, le long-métrage de Vardan Tozija réussit finalement par séduire et fera peut-être date dans l'histoire du film de zombies et d'infectés...

 

dimanche 29 septembre 2024

We are Zombies de François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell (2023) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

We are zombies est à l'origine une bande dessinée conçue par Jerry Frissen & Guy Davis en deux tomes. L'intrigue se déroule en 2064 dans un monde où les zombies semblent s'être parfaitement intégrés parmi la population. Dans l'adaptation cinématographique des réalisateurs canadiens François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell, Karl Neard, sa sœur Maggie et leur associé Freddy Merckx détournent certains des contrats que détient la société Coleman que dirige son fondateur, Bob Coleman (Guy Nadon). Alors que ses employés sont chargés de récupérer les mal-vivants dont les parents ne veulent plus, Maggie (Megan Peta Hill) détourne les communications de la société afin que Karl (Alexandre Nachi) et Freddy (Derek Johns), amoureux transi de la jeune femme, se rendent sur les lieux de l’extraction pour ensuite négocier la vente des mal-vivants auprès d'un certain Otto Maddox (Stéphane Demmers). Malheureusement pour eux, les deux compères finissent par tomber dans un piège tendu par Don (Carlo Mestroni) et Stanley (Patrick Abellard), les employés floués de la société Coleman auxquels leur supérieur exige un remboursement des pertes engrangées par le vol des mal-vivants qui leur était dû ! Afin de convaincre les deux petits escrocs de leur payer la somme exigée se montant à cinquante-mille dollars, Don et Stanley décident de kidnapper Mrs Neard qui n'est autre que la tante de Karl et Maggie... À tout ce petit monde ne manque plus qu'à ajouter l'actrice Rosemarie Sabor qui incarne le double rôle de Jane et Zelvirella. La première n'est autre qu'une ZILF (référence à l'acronyme MILF qui signifie vulgairement Mother I'd Like to Fuck et qui dans des termes moins orduriers concerne des actes sexuels compromettant des femmes d'un certain âge), le Z ayant évidemment un lien avec l'état de zombification dans lequel elle se trouve et dont est amoureux Karl (lequel passe son temps sur internet afin de profiter contre monnaie sonnante et trébuchantes des charmes de la jeune femme). La seconde, elle, est une ancienne star du cinéma d'épouvante décédée et que le richissime Otto Maddox rêve plus que tout d'ajouter à sa collection...


Celles et ceux qui envisagent comme certains slogans l'avaient promis de trouver en ce curieux objet filmique qu'est We are Zombies, un mix entre La nuit des morts-vivants de George Romero et Shaun of the Dead d'Edgar Wright, le long-métrage de François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell n'emprunte en réalité absolument rien au premier tandis qu'il essaie de s'inscrire dans un courant parodique entre film d'horreur et comédie potache. La comparaison avec les deux classiques du film de zombies est bien entendu usurpée. Car même si We are Zombies est plaisant à regarder, nous avons là un produit nettement en dessous des qualités qu'exige une telle comparaison. Pourtant, les interprètes font le taf et les artistes chargés des effets-spéciaux s'en sont donné à cœur-joie. Loin d'être excessif en matière d'horreur et de gore, le film dispense malgré tout des maquillages horrifiques plutôt convaincants. Des zombies aux masques caoutchouteux pas toujours du meilleur goût mais quelques idées fort sympathiques. Comme ce Mal-vivant coincé entre la roue avant droite et la carlingue du véhicule de notre charmante petite équipe ou plus tard comme cette création quelque peu morbide d'Otto Maddox constituée de divers membres momifiés greffés sur le buste d'un très imposant mal-vivant... Notons que l'expression Mal-vivant provient du fait que les zombies, ici, ne sont absolument pas attirés par la chair des vivants. Intégrés dans notre société, ils figurent d'une certaine manière ces vagues d'immigrations auxquelles certains tentent de trouver une solution. Dans le cas de We are Zombies, celle qu'imaginent nos trois réalisateurs est des plus radicale mais renvoie aussi et surtout au mythe du zombie tel qu'on le connaît en général. Un mort-vivant dont l'essentiel de sa nouvelle existence est de trouver de la chair fraîche à dévorer. La fin de cette comédie horrifique est donc ouverte et l'on peu supposer qu'une suite pourrait prochainement voir le jour...

 

lundi 16 septembre 2024

Resident Evil - Retribution de Paul W.S.Anderson (2012) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Avec le cinquième opus de la franchise Resident Evil, on sent bien que le réalisateur Paul W.S.Anderson a voulu se faire plaisir. On peut considérer qu'il a parfaitement atteint le but qu'il s'était fixé. Et cela, au mépris de toute vraisemblance en matière de réalisme ou de continuité scénaristique. Une habitude dans cette franchise qui part à vau-l'eau à chaque incartade du cinéaste américain dans l'univers du jeu initialement conçu par Capcom ! Proche d'un univers vidéoludique couplé au concept d'Escape Game couché sur un lit d'effets-spéciaux et d'action façon salle d'arcade, Resident Evil – Retribution aurait, isolé de la plupart des autres volets, mérité d'être nommé au titre de l'adaptation d'un jeu vidéo la plus nanardesque qui soit. Mais au regard des précédents, dont un Resident Evil – Extinction assez navrant, la cinquième aventure d'Alice et de ses compagnons (à géométrie variable) n'est pas la pire d'entre toutes. Après avoir intégré au fil des différentes intrigues la plupart des personnages iconiques de la franchise vidéoludique, il ne manquait plus que d'y voir apparaître l'un des deux principaux personnages du jeu vidéo Resident Evil 2 qui vit le jour pour la première fois en 1998 sur la console de salon de Sony, la Playstation ! En effet, Leon S. Kennedy y fait une apparition remarquée sous les traits de l'acteur et mannequin estonien Johann Urb qui pour le coup s'avère très ressemblant au personnage pixelisé de base. Quant à Ada Wong, dont Leon est apparemment amoureux, elle est également issue du second jeu de la franchise. Son passage sur grand écran sera exclusif à ce seul Resident Evil – Retribution. L'occasion pour l'actrice et chanteuse chinoise Li Bingbing de lui prêter ses traits. Dans cette aventure qui reprend tout d'abord les derniers instants du précédent épisode, Alice se réveille aux côtés de celui qui est désormais son époux. La jeune femme et Carlos Oliveira (toujours interprété par l'acteur israëlien Oded Fehr) vivent effectivement ensemble et sont parents de la jeune Becky (Aryana Engineer). Le couple et leur fille semblent désormais couler des jours heureux jusqu'à l'arrivée subite d'une horde de zombies qui vont tout remettre en cause. Subite, oui, comme cela est généralement l'habitude chez Paul W.S.Anderson...


Une pratique relativement crispante ayant pour principe de voir surgir d'un seul coup des zombies alors que jusque là régnait un véritable silence de mort (sans mauvais jeu de mots). Dans Resident Evil – Retribution, on finit par se demander qui est le véritable antagoniste du récit. Albert Wesker, désormais incarné par Shawn Roberts ? Ou bien Jill Valentine (Sienna Guillory) qui réapparaît désormais sous la coupe d'Umbrella Corportation grâce à un dispositif de contrôle accroché à sa poitrine (comme dans le jeu Resident Evil 5 sorti trois ans auparavant sur Playstation 3) ? Toujours est-il qu'avec l'aide d'Ada, Alice va devoir suivre un parcours très précis d'un point A, un laboratoire expérimental appartenant à Umbrella, jusqu'à un point B où l'attend une équipe notamment constituée de Leon et Luther West (toujours incarné par l'acteur Boris Kodjoe) dans une reconstitution en mode simulation d'un quartier de New York et de Moscou. Le film brille si peu par son scénario que même les méduses, les éponges, les vers de terre et autres créatures sans cervelle auraient pu tout à fait réserver leur place de cinéma à l'époque de sa sortie sur grand écran. Le film ne fait donc pas œuvre de réflexion et connaître la mythologie entourant Resident Evil n'a absolument aucune importance ! Le seul véritable intérêt de ce cinquième opus réside dans l'avalanche d'effets-spéciaux, de cascades, de combats à mains nues ou armées et de fusillades. Quand je dis que Paul W.S.Anderson s'est amusé, on sait pour une fois où sont passés les soixante-cinq millions de dollars de budget. Notons que parmi les antagonistes du récit réside le personnage de Rain Ocampo qu'incarne l'actrice dominico-portoricaine Michelle Rodriguez. L'occasion de retrouver le personnage et son interprète pour la seconde fois, dix ans après le premier opus sortit en 2002. Notons enfin que comme à son habitude, Paul W.S.Anderson ne laisse aucune ambiguïté quant à l'arrivée future d'un sixième opus avec son final ouvert. Ce sera d'ailleurs effectivement le cas quatre ans plus tard avec Resident Evil: The Final Chapter au titre très prometteur...

 

dimanche 15 septembre 2024

Resident Evil – Afterlife de Paul W.S.Anderson (2010) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Alors qu'en 2007 le réalisateur australien Russell Mulcahy était parvenu à offrir une certaine honorabilité à la franchise avec le troisième volet intitulé Resident Evil – Extinction, l'auteur de l’œuvre originale Paul W.S. Anderson a le malheur ici de reprendre les commandes de ce quatrième opus désormais intitulé Resident Evil – Afterlife. Alors que le précédent allait piocher dans l'un des classiques du cinéma post-apocalyptique, Mad Max de George Miller, Paul W.S. Anderson se prend pour Larry et Andy Wachowski et ouvre les hostilités avec une séquence pompeusement inspirée par le classique du duo, Matrix qui vit le jour huit ans auparavant. Vêtue de cuir noir, Alice, qu'interprète toujours Milla Jovovich qui décidément est toujours plus sexy, est submergée par une horde de soldats lors d'une séquence qui fait donc indéniablement références à quelques scènes iconiques des frères Wachowski (qui depuis, sont devenues sœurs !!!). Paul W.S. Anderson repoussant ainsi la référence au classique de la science-fiction en employant lui-même la technique du Bullet Time. Sauf que dans le cas de Resident Evil – Afterlife rien n'y est aussi artistiquement ou techniquement maîtrisé. Sans être un chef-d’œuvre, Resident Evil – Extinction avait tout de même relevé le niveau et le retour au sein de la franchise de Paul W.S. Anderson sonne surtout et avant tout comme un retour à la médiocrité. Confirmant que le bonhomme ne transforme jamais le plomb en or mais plutôt le rhodium en simple bout de métal rouillé, cette nouvelle itération de l'univers Resident Evil accumule les tares et confirme tout le bien ou le mal que l'on pense de la franchise. Que l'on soit amateur de séries Z ou de nanars et l'expérience s'avère plutôt riche en matière de séquences parfaitement incongrues. Que l'on ait un minimum d'exigences et là, c'est autre chose. Financé à hauteur de soixante millions de dollars, le long-métrage de Paul W.S.Anderson démarre à Tokyo lors d'une séquence opposant Alice à Albert Wesker, l'un des antagonistes de la licence qui apparu dès le premier jeu vidéo et à continué d'apparaître dans une majorité de suites ainsi que dans deux longs-métrages. Celui-ci ainsi que le précédent, Resident Evil – Extinction.


À l'époque incarné par l'acteur irlandais Jason O'Mara, il est désormais remplacé par le canadien Shawn Roberts. L'on retrouve Claire Redfield pour la seconde fois mais également son frère Chris (l'acteur Wentworth Miller) alors considéré comme un criminel par celles et ceux qui ont choisi de l'enfermer dans une cellule. Un groupe de survivants qui voit en l'apparition d'Alice, celle qui va pouvoir les sauver en les emmenant jusqu'à Arcadia que notre héroïne croyait être une ville située en Alaska alors même qu'il s'agit en réalité d'un cargo situé à quelques kilomètres du site où se déroule l'action. Une ville grouillant de centaines de milliers de zombies auxquels les personnages de ce quatrième opus vont tenter d'échapper à travers des gunfights toujours plus ridicules et grandiloquents mais qui font la force de cette franchise souvent nanardesque ! Le plus gros du récit s'articule autour d'une prison/refuge indigne de celle de celle dans laquelle s'abritèrent un temps les héros de la série The Walking Dead. Régulièrement filmés devant des fonds verts, les protagonistes s'intègrent souvent mal aux décors qui paraissent en général s'inscrire dans un thème artistique proche de cinématiques de piètre qualité. Après plus d'une heure d'intrigue, Alice et ses compagnons se dirigent vers la cargo, source d'espoir même si très vite un détail va précéder tout phénomène de surprise (le grognement diffusé par le message radio propagé par les équipes de l'Arcadia chargée de rameuter d'éventuels survivants). En bonhomme si peu inspiré qu'il lui faille piller ça et là des idées provenant de l'imagination de concepteurs ou de scénaristes de jeux vidéos, Paul W.S.Anderson va jusqu'à vaguement emprunter l'une des créatures emblématique d'une autre franchise de jeux vidéos autrement plus glauque et flippante, Silent Hill. Le Majini semble effectivement avoir été inspiré par le Pyramid Head. D'une laideur parfois indicible, Resident Evil – Afterlife se termine comme ses prédécesseurs par un final qui laisse augurer d'une nouvelle séquelle. Laquelle arrivera deux ans plus tard sous le titre Resident Evil – Retribution, toujours réalisée par Paul W.S.Anderson...

 

vendredi 13 septembre 2024

Resident Evil – Extinction de Russell Mulcahy (2007) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Après un second opus nanardesque réalisé par Alexander Witt en 2004, le troisième long-métrage cinématographique de la franchise Resident Evil a vu le jour trois ans plus tard, en 2007. Cette fois-ci,Resident Evil – Extinction est l'œuvre du réalisateur australien Russel Mulcahy. Et Russel Mulcahy, ça n'est pas n'importe qui puisqu'en 1984 il fut l'auteur de l'excellent Razorback qui remporta plusieurs prix dans de multiples festivals et fut même nominé lors du festival international du film fantastique d'Avoriaz un an plus tard, en 1985. Mais pour le grand public, Russel Mulcahy reste avant tout celui qui réalisa notamment Highlander en 1986. Film qui partage le public mais qui reste parfois visuellement remarquable, signant en outre la rencontre entre les stars Sean Connery et Christophe Lambert... Treize ans plus tard, le réalisateur australien signe un Résurrection généralement décrié, méprisé, raillé mais qui pourtant demeure un très sympathique thriller considéré comme un sous-Seven (David Fincher),ce qu'il demeure effectivement. Honnête artisan du septième art qui compte de sympathiques productions sans qu'aucune n'atteigne malheureusement le titre de chef-d’œuvre absolu du cinéma, Russel Mulcahy prend donc les commandes des troisièmes aventures d'Alice, laquelle est bien évidemment incarnée une nouvelle fois par l'actrice ukraino-serbo-américaine Milla Jovovich. Et une fois encore, nous la redécouvrons s'éveillant d'un long sommeil, dans un laboratoire immaculé et désertique d'où elle va tenter de s'échapper. Cette première séquence prend des allures d'ersatz de Cube, l'excellent film de science-fiction que réalisa en 1997 Vincenzo Natali. Pour les amateurs minutieux et rejetant la moindre incohérence, notons ce mémorable passage lors duquel Alice saute au plafond d'une pièce piégée par un laser plutôt que de se baisser pour l'éviter. Une manière sans doute pour le réalisateur de nous rappeler combien l'héroïne est dotée de facultés hors normes. Malheureusement, sa tentative d'évasion des lieux (toujours dirigés par le Dr Alexander Roland Isaacs qu'interprète une nouvelle fois l'acteur Iain Glen) se solde par sa mort. Sacrilège ! Russell Mulcahy aurait donc décidé aux côtés du scénariste et réalisateur Paul W. S. Anderson de tuer la poule aux œufs d'or ? Que les fans se rassurent, il ne s'agissait que d'un clone !


Car la véritable Alice, elle, est en chemin pour retrouver un convoi à la tête duquel se trouve son ancien compagnon d'infortune, Carlos Oliveira (toujours incarné par Oded Fehr) mais aussi et surtout Claire Redfield (interprétée par l'actrice américaine Ali Larter), l'un des personnages centraux de la saga de jeux vidéos créés par Capcom, laquelle apparu notamment dans Resident Evil 2 et Resident Evil: Code Veronica. L'occasion pour elle et Alice de faire connaissance et ainsi faire un bout de chemin ensemble avant d'être temporairement séparées. En effet, Milla Jovovich et Ali Larter se retrouveront sur le tournage de Resident Evil - Afterlife en 2010 ainsi que sur celui de Resident Evil - Chapitre final six ans plus tard. Une fois la séquence d'introduction achevée, la quasi totalité des plans qui suivront se dérouleront théoriquement aux États-Unis alors qu'ils seront en réalité tournés au Mexique. Dans ce troisième opus que l'on s'attendait voir tourné par Russell Mulcahy dans l'Outback australien (un paysage magnifique qui servit de décor à son Razorback), l'histoire se penche donc sur nos trois principaux héros ainsi que sur des personnages secondaires faisant partie d'un voyage vers l'Alaska. Un lieu supposé être un refuge pour les survivants d'une planète qui après que le Virus T se soit propagé est devenu un immense désert (allez savoir comment, perso, je n'ai pas la réponse). Là, Russell Mulcahy semble s'être remémoré les grandes étendues désertiques de son pays natal et fait de Resident Evil – Extinction une sorte de sous-Mad Max qui n'est pourtant pas si mauvais qu'on pourrait le croire. Et ce, grâce à une très belle photographie de David Johnson, à des costumes signés de Joseph A. Porro ou grâce au directeur artistique Marco Niro. Surtout, le film n'a absolument pas l'allure des nanars que sont la plupart des volets de la franchise. On sent chez l'australien le goût du travail bien fait même si une fois encore, le film pâtit d'un scénario rachitique apparemment écrit à l'encre sympathique ! Contrairement à l'épisode précédent, un soin particulier a été apporté aux maquillages des infectés qui, enfin, ressemblent à des zombies décharnés d'assez belle tenue. Si le sang n'est toujours pas en abondance, quelques efforts ont été également produits de ce côté là. Pas mal d'action à la ''Mad Max'', une Alice toujours prompt à produire des acrobaties et une attaque d'oiseaux relativement bien fichue. Notons qu'après Alexander Witt, Russell Mulcahy rend lui aussi hommage au Jour des morts-vivants de George Romero à travers cette base souterraine dont les extérieurs sont entourés d'un grillage qui tient à l'écart des milliers de zombies ou encore à travers le concept de rééducation chez l'un de ses représentants, lequel rappelle bien évidemment le personnage iconique du Jour des morts-vivant, Bub le zombie ! Au final, Resident Evil – Extinction est une très sympathique surprise. Pas un des meilleurs du genre mais une honnête série B qui permet de passer un agréable moment...

 

lundi 12 août 2024

Zombi Holocaust de Marino Girolami (1980) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Après le succès rencontré par L'enfer des zombies de Lucio Fulci lors de sa sortie en août 1979 sur le territoire italien et en février de l'année suivante en France, le producteur, réalisateur et scénariste Fabrizio De Angelis qui avait en partie financé ce projet a remis très rapidement le couvert en produisant une œuvre en tout point semblable ou presque à ce classique du cinéma gore. C'est ainsi qu'un peu moins de sept mois plus tard sort sur les écrans de cinéma Zombi Holocaust de Marino Girolami qui à cette occasion réalise le long-métrage sous le pseudonyme de Frank Martin. Le film est l'adaptation d'une histoire écrite par Fabrizio De Angelis lui-même et transformée ensuite sous forme de scénario par le réalisateur Romano Scandariato. Connu chez nous sous le titre La terreur des zombies, le long-métrage de Marino Girolami reprend donc le même schéma que celui de L'enfer des zombies en ne changeant que quelques menus détails. Dans le cas de Zombi Holocaust, deux médecins et deux journalistes-reporters se rendent sur l'île de Kito après qu'une série de faits étranges aient eu lieu dans un hôpital new-yorkais. En effet, des vols d'organes sont perpétrés sur des cadavres par des individus apparemment liés à une secte originaires de l'île en question. C'est donc accompagnés de plusieurs indigènes issus de la région que les docteurs Peter Chandler et Laurie Ridgeway ainsi que Susan Kelly et George Harper vont se rendre sur l'île de Kito où ils retrouveront notamment un certain docteur O'Brien (incarné par Donald O'Brien... Pourquoi se faire chier à inventer un nom lorsqu'il suffit de reprendre celui de son interprète ?). Le film étant produit par Fabrizio De Angelis, on ne s'étonnera donc pas d'y retrouver Ian McCulloch dans le rôle du docteur Peter Chandler ou même l'acteur péruvien Dakar puisque l'un et l'autre furent au générique de L'enfer des zombies l'année précédente. Quant à Alexandra Delli Colli qui avant et après avoir joué dans le long-métrage de Marino Girolami tourna notamment dans trois comédies françaises réalisées par Max Pécas, Marche pas sur mes lacets en 1977, On est venu là pour s'éclater en 1979 ainsi que Mieux vaut être riche et bien portant que fauché et mal foutu en 1980, les amateurs de cinéma d'horreur auront le privilège de la retrouver en 1982 dans un autre classique du cinéma gore signé par Lucio Fulci, L'éventreur de New York !


Après une première partie censée situer son action sur le territoire américain et plus précisément à New York pour ensuite embarquer toute l'équipe de tournage sur l'île de Kito alors même que le film fut entièrement tourné en Italie, il est clair que Fabrizio De Angelis a d'autres projets pour ce bon gros nanar qui n'est qu'une pâle copie du fameux long-métrage de Lucio Fulci. En effet, surfant également sur un autre succès du cinéma d'horreur sorti très peu de temps auparavant, Zombi Holocaust dont le titre ne laisse aucun doute sur la présence de morts-vivants au sein du récit se penche sur un autre mythe du cinéma horrifico-fantastique : celui du cannibale. Car un peu moins de deux mois auparavant sortait le mythique Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato, à la réputation sulfureuse, véritable monument, considéré pendant un temps comme un authentique Snuff Movie, accusation qui s'avérera fausse contrairement aux ignobles et véridiques meurtres perpétrés sur divers animaux ! Et bien, Fabrizio De Angelis a l'idée plus ou moins bonne de mélanger ses zombies avec des cannibales. Mixant alors le genre Mondo (ici, heureusement totalement factice) au film de zombies dans lequel ceux-ci sont le fruit d'expérimentations pratiquées par un médecin fou. Si l'on doit comparer Zombi Holocaust aux deux classiques de l'horreur qu'il pille sans vergogne, le film de Marino Girolami fait vraiment pâle figure. Certes,le faible budget du film n'explique pas tout (L'enfer des zombies fut de son côté financé à hauteur de quatre-cent dix millions de lires soit l'équivalent d'un peu plus de deux-cent dix milles euros. Idem pour Cannibal Holocaust). Mais comment expliquer que le long-métrage de Marino Girolami apparaisse si médiocre ? La raison principale provient d'un scénario bâclé où les incohérences se multiplient. Mêler zombies et cannibales n'est donc très clairement pas la meilleure idée qu'aura eu Fabrizio De Angelis durant sa carrière. Et pourtant, si le récit est inintéressant au possible même après une idée de départ plutôt intrigante, le film a pour principal intérêt une succession de séquences gore qui réjouiront les amateurs d'hémoglobine. Pas de quoi sauter au plafond en terme de conception des effets-spéciaux mais le film n'est jamais avare en terme d'effusions de sang. Autopsies, amputations, éventrations, actes de cannibalisme, Zombi Holocaust est en la matière plutôt généreux. Bref, un film a voir avec toutes les précautions d'usage et notamment celle qui consiste à bien prendre en compte qu'il ne s'agit que d'une piètre et très opportuniste production horrifique italienne. À noter que chez nous, le doublage en français enfonce le clou...

 

samedi 27 avril 2024

La Noche Del Terror Ciego de Amando De Ossorio (1971)


Virginia et Betty furent les meilleures amies du monde mais ne se sont plus revues depuis des années. Alors, lorsque elles se retrouvent nez à nez au bord d'une piscine, les deux jeunes femmes sont heureuses. Mais la joie est pour Victoria de courte durée car après avoir présenté Betty à Roger, son ami, elle voit d'un mauvais oeil l'engouement de celui-ci pour la nouvelle venue. Séduit par la plastique de Betty, Roger lui propose de les accompagner, Victoria et lui, à un pique-nique organisé le lendemain. Après avoir essuyé un refus, il parvient tout de même à la convaincre d'accepter malgré l'évidente réticence fr Virginia, et lui propose de les rejoindre sur le quai de la gare à 16h.
C'est avec presque une heure de retard que Betty arrive à la gare le lendemain. Les trois amis embarquent à bord de leur train lorsque celui-ci qui le quai. Durant le trajet, Roger tente ouvertement de séduire Betty sans même tenir compte du malaise qui nait chez Victoria. Celle-ci, d'ailleurs, quitte son siège et file prendre l'air à l'arrière du train, rejointe bientôt par son amie Betty qui lui remémore leur passé d'étudiantes à l'internat. Mais Victoria n'en pouvant plus de voir Roger faire du charme à Betty choisit de sauter du train en rase campagne. Ses amis ont beau lui dire de revenir, Victoria leur fait un signe d'adieu puis, marche au hasard jusqu'à tomber sur une curieuse cité médiévale en ruine. Après une courte visité des alentours, elle trouve refuge dans l'une des habitations, y allume un feu, se change, étend son duvet, puis s'allonge, un petit poste de radio à ses côtés et une cigarette entre les lèvres.
Est-ce la présence de Virginia en ces lieux ou bien le feu qu'elle a allumé dans la grande cheminée de cette demeure abandonnée où elle est venue s'abritée? Toujours est-il que dans le cimetière d'à côté, une étrange brûme se répand tout autour des pierres tombales qui s'affaissent et desquelles s'extraient les morts revenus à la vie...


La Révolte Des Morts-Vivants est le premier volet de la saga des Templiers de Amando De Ossorio qui en compte quatre. Si ce premier chapitre mérite amplement que tout amateur de films d'épouvante en général et de morts-vivants en particulier s'y attarde, ce n'est certainement pas grâce à l'interprétation de ses principaux acteurs ni en raison d'un certain nombres de scènes dont l'intérêt frise l'inconsistance. Comme celle qui voit les trois principaux protagonistes échanger quelques banalités autour d'une piscine ou bien la scène "hamiltonnienne" durant laquelle on apprend que Betty a fait l'éducation sexuelle de Virginia. Un prétexte sans doute pour augmenter virtuellement l'intérêt d'un public qui risque de s'ennuyer assez rapidement.


La force de l'œuvre de Ossorio réside en réalité parmi les scènes filmées dans le village médiéval de Berzano. Une cité en ruines dans laquelle Virginia se retrouve seule aux mains de Templiers décrépis, sans doute dans toute l'histoire des morts-vivants, les plus décharnés. Si contrairement aux zombis de George Romero dont l'appétit confine les repas à d'horribles orgies culinaires, celui des Templiers de Ossorio n'a pour seul but que de leur conférer le pouvoir de revenir sans cesse parmi les vivants. L'œuvre devient alors crépusculaire. Il faut voir le soin apporté aux éclairages et aux effets-spéciaux (et notamment le brouillard qui auréole le cimetière d'une ambiance fantastique particulièrement réussie), ainsi qu'aux maquillages des revenants. Le détail qui aurait pu enfoncer le film dans le ridicule (voir les morts-Vivants monter des chevaux) tient compte de la lenteur des Templiers et justifie leur capacité à toujours mettre la main sur leurs proies.
Basée sur une légende selon laquelle les Templiers sacrifièrent de jeunes vierges six siècles plus tôt afin de connaître la vie éternelle avant d'être "proprement" exécutés sur la place publique, le film de Ossorio s'accommode de faits historiques afin de justifier leur présence et surtout leur grande capacité à venir hanter la cité de Berzano la nuit venue. Les maquillages de José Gomez, pour lequel il s'agit du premier film sur lequel il travaille en tant que responsable des effets-spéciaux, sont remarquables. Si l'on n'aperçoit que très rarement le visage énucléé de ses Templiers, leur silhouette suffit à faire frémir. La bande-son participe d'ailleurs grandement à cette stupéfiante impression d'être plongés à une époque révolue. La musique est emprunte d'un mysticisme tétanisant. Malgré la lenteur du film, on rêve durant un temps que la scène qui confronte Virginia à ses poursuivants dure éternellement. La Révolte Des Morts-Vivants souffre sans doute d'un certain nombre de baisses de régime mais les œuvres hispano-portugaises du genre sont tellement rares que l'on choisit de s'en accommoder...

lundi 25 mars 2024

Day of the Dead 2: Contagium d'Ana Clavell et James Glenn Dudelson (2005) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Incompréhensible... le mépris dont fait l'objet Le Jour des morts vivants 2 : Contagium (Day of the Dead 2: Contagium) d'Ana Clavell et James Glenn Dudelson est proprement I-NEX-PLI-CA-BLE !!! Son insuccès faisant d'ailleurs l'unanimité, je me demande si le problème ne vient finalement pas de ma propre observation de ce long-métrage qui a, je l'avoue, le culot de se prétendre être la suite du chef-d’œuvre signé par George Romero en 1985, Le jour des morts-vivants ! Peut-être est-ce d'ailleurs la raison principale pour laquelle cette tardive ''séquelle'' sortie vingt ans plus tard est devenue l'une des plus remarquables risées du cinéma d'horreur. Pourtant, l’œuvre du duo n'est pas la purge que la plupart des critiques professionnels et amateurs prétendent. S'ils veulent se défouler, qu'ils aillent plutôt le faire en jugeant Le Jour des morts (Day of the Dead) que Steve Miner réalisa plus tard, en 2008, et qui lui ambitionnait d'être le remake du long-métrage de 1985. Pour le coup, une véritable infamie signée par un cinéaste qui nous avait pourtant offert jusque là quelques sympathiques bandes horrifiques comme les volets 2 et 3 de la franchise Vendredi 13 ou le cultissime House en 1986. L'action de Day of the Dead 2: Contagium se situe tout d'abord en 1968 lorsqu'un soldat soviétique infecté par une étrange bactérie va être la cause d'une épidémie dans un hôpital militaire américain qui contraindra les autorités à prendre une décision radicale : patients et personnel médical seront scrupuleusement éliminés. Tous sauf un étudiant en médecine qui prendra la fuite, emportant avec lui un échantillon du virus qui sera bien des années plus tard retrouvé lors d'une promenade par un groupe de patients de ce même hôpital ! Pour être tout à fait honnête, la première partie du long-métrage laisse augurer d'un désastre à l'échelle cinématographique mondiale. C'est bien simple : Ana Clavell et James Glenn Dudelson peinent à nous faire croire que l'entrée en matière se situe effectivement à la fin des années soixante, soit à l'époque où se déroulait l'action de La nuit des morts-vivants, le premier volet de la franchise de George Romero.


Ensuite, et pour que l'on ne vienne pas me dire qu'apprécier Day of the Dead 2: Contagium, c'est un peu comme d'enfoncer un couteau dans le dos de George Romero, il faut envisager l’œuvre d'Ana Clavell et James Glenn Dudelson non pas comme une suite réelle du classique de ce dernier mais plus comme un film en parallèle à son univers. Car à vrai dire, l'un et l'autre des longs-métrages n'ont de rapport que le titre. En effet, l'action de Day of the Dead 2: Contagium ne se situe non plus dans un bunker souterrain mais dans un hôpital psychiatrique dans lequel d'étranges phénomènes vont se produire. Nous sommes d'ailleurs plus proche d'un univers à la ''Stephen King'', avec son quintet de personnages à la tête duquel nous retrouvons le docteur Donwynn (Stephan Wolfert), un spécialiste proche de ses patients et qui en outre s'occupe principalement de Boris (Stan Klimecko), Jackie (John F. Henry II), Isaac (Justin Ipock), Sam (Julian Thomas) et Emma (Laurie Baranyay). Cinq patients atteints de troubles divers qui en compagnie de leur médecin vont entrer en contact avec le virus qui trente-sept ans auparavant avait causé la mort de nombreuses personnes dans l’hôpital qui les abrite. L'intérêt principal de Day of the Dead 2: Contagium provient du fait que ses deux auteurs et ainsi que leur scénariste Ryan Carrassi cherchent à remonter sur les origines de l'épidémie qui s'étendra chez George Romero sur une échelle mondiale. Ici l'on observe la lente mutation de nos protagonistes, lesquels paraissent agoniser avant de découvrir des effets secondaires difficilement imaginables partout ailleurs. Il est vrai que le film d'Ana Clavell et James Glenn Dudelson apporte son lot d'absurdités, comme la communication mentale entre les personnages atteints par le virus. On arguera également que le film prend son temps pour enfin décrire les dégâts causés par le virus. Mais merde, quoi, Day of the Dead 2: Contagium, sous ses allures de film d'horreur fauché frayant parfois avec le cinéma Z est bien rythmé, du moins dans sa seconde partie, et offre quelques passages vraiment très gore bien que la comparaison avec les travaux effectués par Tom Savini soit inutile. C'est donc débarrassé de l'idée que le film puisse être la suite du long-métrage de George Romero qu'il faut s'attaquer au récit et accepter les quelques absurdités ou manques de moyens. Pas un grand film, certes, mais un bon défouloir... quitte, parfois, à ce que le visuel pique un peu les yeux...

 

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