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mercredi 20 septembre 2023

Hitman, the Cobra de Godfrey Ho (1987)

 


 

Il y a dans le merveilleux monde des nanars, des longs-métrages dont la légende repose davantage sur quelques répliques que pour leurs récits dans leur ensemble. Si Hitman, the Cobra est si populaire auprès des amateurs du genre, c'est sans doute pour les quelques phrases prononcées vers la toute fin de ce récit se déroulant aux Philippines, dans un petit village de paysans subissant l'oppression de la part de l'envahisseur japonais. D'origine hongkongaise, le réalisateur Godfrey Ho (Men Behind the Sun 2 : Laboratory of the Devil) signait l'un de ses cent-cinquante sept longs-métrages tournés en vingt-sept ans de carrière ! Autant dire qu'avec un tel rythme, pas étonnant de trouver parmi une telle filmographie, de quoi passer une soirée au chaud, bien tranquillement calé dans son fauteuil ou son canapé, seul ou accompagné de quelques potes avinés ! Hitman, the Cobra fait partie de ces incunable du cinéma Z dont la propension à faire rire et proportionnelle au sérieux affiché par son auteur. Film de guerre bourré de gunfights, Godfrey Ho semble vouloir indiquer sa volonté d'égaler le Rambo de Ted Kotcheff et consorts mais avec des attributs de nanar qui laissent franchement parfois pantois d'admiration. Dès le départ l'on sait que l'on franchit les portes d'un authentique spécimen du genre. Le réalisateur philippin filme une course-poursuite dont les plans sont remontés à trois reprises, donnant ainsi à cette ridicule séquence une bien curieuse allure. Ensuite, le récit est un condensé de maladresses au niveau du montage. C'est à croire que Homer Kwong, l'artiste chargé de monter les différentes scènes de combats était à proprement parler en train d'étudier l'art du montage au moment même de joindre les bouts de séquences les uns après les autres. Résultat final, Hitman, the Cobra n'est qu'une succession de plans sans queue ni tête qui donnent mal au crâne à trop vouloir comprendre le déroulé du récit. Si l'on a bien compris le concept consistant à vouloir délivrer tout un village de paysans philippins de l'oppresseur nippon, le film est un tel bordel que l'on assiste impuissant à son déroulement sans finalement plus trop chercher à rien y comprendre. On baisse donc les bras en résistant péniblement à l'envie de mettre un terme à cette aventure bricolée avec trois fois rien.


''Philip, je sais où tu te caches... Viens ici que j'te bute enculé...''


Car oui, les décors sont atrocement vides. On s'étonne même d'apprendre que la photographie fut dirigée par un être fait de chair et de sang nommé Raymond Chang tant le visuel est une torture pour le fragile regard du téléspectateur. C'est laid, mais laid... Le casting de Robin Poon réunit des figurants qui font là où leur demande de faire, point barre. Au milieu de cette tribu de paysans vêtus comme des partisans français de la seconde guerre mondiale exploités par des individus peu scrupuleux, quelques figures s'imposent évidemment. Comme l'acteur Richard Harrison qui après avoir fait une carrière en Italie s'installa aux Philippines dans le milieu des années soixante-dix. Il incarne le fameux Philip (ça c'est du prénom ultra-charismatique pour un film de guerre), objet d'un culte prenant des proportions inimaginables grâce à quelques-une des répliques les plus mythiques du genre Nanar. Il est d'ailleurs nécessaire d'indiquer l'importance du doublage français qui une fois de plus dans le genre, fait des merveilles. Des ''connards'' par dizaines, des voix viriles qui sentent bon le quotient intellectuel ne dépassant par les 30 ou 40, Hitman, the Cobra est fait pour ceux qui en ont plus dans le pantalon que dans la caboche. Maintenant, évoquons la bande-son du long-métrage. Entre les nombreuses fusillades qui constituent environ quatre-vingt dix pourcents du récit, le producteur Stephen Tsang introduit des passages musicaux qui allient des airs constitués de deux ou trois notes seulement à des compositions pillées chez d'illustres artistes. C'est ainsi que l'on reconnaîtra notamment le Mama de Genesis ou le Phaedra de Tangerine Dream. La plus grande difficulté pour une œuvre de ce genre arrive lorsqu'il s'agit de la noter. Faut-il la doter d'un bon gros zéro, note que l'on accorde généralement aux plus gros ratés du septième art ou au contraire lui offrir un 10/10 pour les immenses qualités de production nanardesque dont il dispose ? Si l'on veut être tout à fait objectif, et ce, que l'on soit fan ou pas de ce genre de productions, en dehors de ses quelques fameuses répliques finales et quelques autres passages bien croustillants, Hitman, the Cobra s'avère tout de même très ennuyeux. Les combats sont confus et beaucoup trop nombreux. Reste le ''subtil'' doublage en français, un détail qui fait toute la différence...

 

samedi 10 décembre 2022

Nos Amies les Bêtes : Zombie Cats From Mars de Montetré (2015)



Zombie Cats From Mars... Voici un titre qui ne fait pas très sérieux. On s'attend tout au plus à une bande Z et fauchée tournée dans l'anonymat et interprétée par une bande de parfaits inconnus. En pensant cela, nous sommes relativement proches de la vérité. Réalisé par un Montetré au patronyme énigmatique, Zombie Cats From Mars aurait sans doute plu au cinéaste Ed Wood que certains ont eu la mauvaise idée de considérer comme le plus mauvais réalisateur de l'histoire du cinéma (le temps nous a appris qu'il n'en était rien et que beaucoup d'autres ont fait pire depuis).

Prenez un shaker, placez-y des acteurs du dimanche, un scénario aussi fin qu'une tranche de jambon dégraissée et découennée, des effets-spéciaux abominables et deux ou trois chats que l'on fera passer pour une légion de félins, et vous aurez une petite idée du contenu de ce navet qui surpasse allégrement une bonne partie de la production Z de ces dernières années.

Zombie Cats From Mars, c'est l'histoire d'une petite bourgade, Portland, qui reçoit la visite d'un vaisseau extraterrestre dont les occupants sont des chats venus semer la terreur et la mort sur notre planète. Déjà, là, on se fait une idée assez précise de ce que contiendra le film. Le vaisseau est incrusté de telle manière qu'on ne peut y croire ne serait-ce qu'un instant. C'est moche et réalisé avec un sens artistique démesurément absent du projet. Quand au chat incrusté lui-même dans le vaisseau, il n'a pas l'apparence du félin escompté et promis par le titre. Billy est lui, le principal personnage du film. Un adolescent mal dans sa peau qui consulte un psychiatre et qui n'a qu'un seul ami. Billy se perfuse aux films d'horreur. Alors, quand son pote et lui sont témoins de l'arrivée du vaisseau tout droit venu de la planète Mars, c'est un événement pour lui. Sauf que personne autour de lui ne semble prêt à entendre ce qu'il a à dire. Même le journal local affirme que les lumières que les habitants ont vu sont celles d'un ballon-météo. Alors que la police enquête sur une série de meurtres, Billy se prépare de son côté à combattre l'envahisseur.

Un tel synopsis mérite quelques instants de réflexion... soit Montetré est un grand déconneur (ce que semble au premier abord confirmer le titre de l’œuvre), soit il n'a pas conscience au moment de tourner son film du naufrage que risque d'encourir celui-ci. On est loin, très loin d'atteindre des sommets en matière d'humour. On se demande même s'il faut en chercher ne serait-ce qu'une once. Les différents interprètes ont bien du mal à nous convaincre et peu de situations viennent corroborer la forte impression qui se dégage à travers le titre. Des chats-zombies venus de Mars. Ça a beau être totalement stupide, on a déjà vu idée aussi saugrenue. Même certains clowns viennent de l'espace. On ne va pas faire un fromage de cet échec complet mais si une chose est certaine, c'est qu'on aura sans pas envie de s'y replonger une seconde fois. Ça n'est pas parce que l'on tente de tutoyer les fleurons d'un genre qui a ses adeptes que l'on est forcément en terrain conquis. Zombie Cats From Mars est à jeter aux ordures !

mercredi 5 février 2020

Island Of Death de Nico Mastorakis (1975)



Mykonos... ses prêtres orthodoxes, ses crustacés, ses ruelles étroites, ses maisons blanches et ses indigènes. Célia et Christopher sont en vacances sur cette île des Cyclades grecques. Du moins en apparences puisqu'en réalité, ils ont en projet d'éliminer tous ceux qu'ils considèrent comme dépravés.

Un couple de serial killer, ça n'est tout de même pas commun au cinéma même si l'on en connaît quelques brillants représentants (le plus célèbre étant le duo formé par Henry Lee Lucas et Ottis Toole dans Henry, Portrait Of A Serial Killer). La Grèce est quand à elle un pays qui ne fait pas souvent de vagues en matière de cinéma. Il y a bien quelques œuvres marquantes à signaler (comme le troublant Singapore Sling de Nikos Nikolaidis), mais rien de vraiment transcendant lorsqu'il s'agit de remuer les estomacs. Le pauvre Nico Mastorakis va, en 1975, tenter de marquer d'une pierre blanche le septième art avec un Island Of Death qui porte bien son nom puisque l'île de Mykonos va devenir le terrain de jeu d'un couple de meurtriers (que l'on croit alors mariés mais qui vont se révéler être frère et sœur). Deux dangereux psychopathes qui vont expurger l'île du mal qui les habite.

Et le mal pour Nico Mastorakis revêt différents visages : gays, noirs, lesbiennes vont passer à la moulinette d'un couple particulièrement inventif. Ils vont crucifier un peintre puis lui faire avaler un pot de peinture. Vont tuer un couple homosexuel, l'un à coups de sabre, le second d'une balle dans la bouche (ce qui nous vaut une extraction de cervelle hors-champ de la caméra). Un "black" quand à lui va terminer ses jours à quelques centaines de mètres du sol, pendu sous un avion de tourisme en plein vol. Le sommet demeurant tout de même cette "milf" que Christopher asperge de son urine (!!!) avant de la décapiter à l'aide d'une pelleteuse.

Visiblement, le cinéaste compte sur son imagination pour créer une atmosphère dérangeante agrémentée de meurtres abominables. Le principal soucis de cet Island Of Death, c'est que toutes ces scènes censées choquer tombent comme un soufflet à la cuisson. La léthargie dont semblent souffrir les deux tueurs (Bob Behling et Jane Lyle) décrédibilise leurs actes. On s'ennuie plus que l'on ne s’écœure des horreurs proposées par le cinéaste. Afin d'accentuer son sulfureux propos, il jette en pâture une chèvre que Christopher va alors "sodomiser" (un comble pour celui qui tue tous ceux qui commettent des actes contre-nature) et parsème son œuvre de scènes érotiques totalement inintéressantes.

Island Of Death est parsemé d'invraisemblances : Recherchés par un homme dans leur pays d'origine, Célia et Christopher téléphonent à la mère de ce dernier afin de lui faire profiter de leurs ébats amoureux. Le téléphone de la mère mis sur écoute (on ne sait pourquoi), le "black" parvient à retrouver leur trace en Grèce. Plus tard, Célia et Christopher, conscients de la présence de l'individu sur l'île décident de louer un avion. Et qui débarque à l'improviste pile devant l'avion et tombe dans la gueule du loup ? Le type en question. Le film utilise des raccourcis incohérents mais qui éludent et permettent de simplifier un scénario au départ assez faible. Le montage est catastrophique. L'interprétation nulle, les scènes de meurtres toutes filmées hors-champ et sans aucun intérêt. Bref, Island Of Death est une curiosité, oui, mais un véritable nanar !

mercredi 25 juillet 2018

America 3000 de David Engelbach (1985)



Le monde n'est plus ce qu'il a été. Depuis plus de neuf cent ans, l'humanité est retournée à la barbarie. Femmes et hommes se distinguent par une haine profonde, les premières s'étant muées en amazones traquant les seconds qu'elles séparent ensuite en deux catégories : d'abord les « Seeders », individus aux attributs sexuel leur donnant le pouvoir de reproducteurs, assurant ainsi la continuité de l'espèce amazone. Et puis les « Macos », des hommes que les femmes au pouvoir ont intellectuellement affaibli en leur coupant les cordes vocales et en les asservissant.

Mais alors que Korvis a été choisi comme nouveau reproducteur, il parvient à fuir le camp des amazones avec un ami et à libérer une tribu de « Macos » retenus prisonniers. Il découvre également un abri anti-nucléaire dans lequel le dernier président des États-Unis, élu il y a plus de neuf cent ans, avait trouvé refuge lors de la guerre thermonucléaire qui avait dévasté la planète. Korvis y découvre une cache d'armes et d'explosifs ainsi qu'une combinaison anti-nucléaire. Vêtu de cette dernière et armé jusqu'aux dents, l'ancien prisonnier est bien décidé à changer le monde et à libérer tous les peuples qui sont entre les mains des amazones...

America 3000... le titre laisse à lui seul le sentiment que l'on va être mis à rude épreuve devant ce film signé par le cinéaste et scénariste David Engelbach. Et en effet, le chemin menant au générique de fin va se révéler pavé de piège au moins aussi dangereux que la radioactivité qui a décimé une grande majorité de la population humaine. Neuf cent ans ont donc suffit pour que notre espèce retourne à l'état sauvage avec tout ce que cela comprend de barbarie. Le script de America 3000 a été directement écrit par David Engelbach lui-même. En fait, cela faisait dix ans qu'il traînait dans un tiroir, le cinéaste avouant lui-même que le contenu du scénario était en avance sur son temps (détail fort amusant et essentiel à connaître avant de découvrir le film afin de se rendre compte du décalage entre cette prétentieuse affirmation et le résultat navrant de ce minuscule nanar qui se voudrait sans doute une suite directe au classique Mad Max de George Miller).

Produit à l'époque par la Cannon, le fait de relever les noms de Menahem Golan et Yoram Globus au générique aurait dû suffire à nous rassurer. Pourtant, le résultat est à la limite de la catastrophe. Volontaire ou pas, l'humour est présent du début à la fin. Mais l'emploi d'un tel substantif n'est ici, pas un gage de qualité. Afin de faire des économies sur le budget, David Engelbach a préféré dans les décors naturels du Colorado. N'y cherchez aucune structure, aucun décor de cinéma car à part de vieilles huttes (et des costumes taillés à la serpe dans de la toile en coton), c'est le vide absolu. La seule réelle invention finalement se trouvant dans le système d'ouverture du portail du camp des amazones...

Interprété par Chuck Wagner (dont le nom n'a rien à voir avec une éventuelle contraction de l'acteur Chuck Norris et du compositeur Richard Wagner), America 3000 est un authentique nanar. Mais cette fois-ci, malgré tout le respect que l'on a pour le cinéma transalpin, c'est du côté des Amériques que l'histoire se déroule. Il est important de noter qu'à côté d'un scénario déjà particulièrement indigent, rien ne nous aiguille sur la manière dont les femmes ont pris le pouvoir sur l'espèce humaine dans sa globalité et comment les hommes ont pu, eux, se laisser dépasser par les événements au point de devenir des esclaves à la solde de la gente féminine.

La réalité des faits est que le scénario part un peu dans toutes les directions. On se perd quelque peu dans un récit brouillon, inintéressant, et une interprétation grotesque de la totalité du casting (la totalité, oui, ce qui est éminemment rare il faut le noter). Le summum demeurant dans celle de Chuck Wagner (le Korvis en question) qui dès lors qu'il met la main sur la combinaison nous offre le tableau affligeant d'un homme voulant conquérir le cœur de ses semblables et ainsi faire régner la paix. Une idée brillante, mais le résultat est tellement grotesque que l'on a surtout envie de pouffer de rire. Les quelques explosions et scènes d'actions ne parviennent pas vraiment à relancer un intérêt qui depuis s'est fait la malle, d'autant plus que le doublage en français vient davantage noircir le tableau. America 3000 est donc un bon gros nanar que les amateurs du genre sauront apprécier...

dimanche 8 juillet 2018

American Cyborg de Boaz Davidson (1993)



Après que la troisième guerre mondiale ait dévasté la planète, les humains tentent de survivre dans un monde où règnent en maîtres diverses intelligences artificielles. Alors même que la totalité des hommes et des femmes sont devenus stériles en raison des retombées radioactives consécutive à un intense bombardement, un laboratoire de recherches médicales s'apprête à envoyer une jeune femme, Mary, à l'autre bout d'une ville nommée Charlestown afin d'y confier et mettre en sécurité le fœtus auquel elle a récemment donné la vie. Enfermé dans un container, sa seule espérance de vie est d'arriver dans les trente heures jusqu'à un port où les attendent lui et sa génitrice.

Les événements se précipitent : Un cyborg s'introduit dans le laboratoire et élimine chacun à leur tour les employés, Mary demeurant la seule survivante. Fuyant l'implacable cyborg programmé pour tuer, la jeune femme croise sur son chemin un certain Austin. Persuadée d'avoir trouvé en lui une aide, Mary propose à Austin de l'accompagner jusqu'au port où il pourra récupérer autant de capsules d' AZP, un traitement permettant de se protéger des effets néfastes de la radioactivité. Austin accepte, mais en chemin, ils vont affronter à plusieurs reprises l'increvable cyborg, une horde de cannibales mutants, ainsi que l'implacable brûlure des rayons solaires et des pluies acides.

Réalisé par James Cameron, Terminator... Pardon, je reprends. Réalisé par Albert Pyun, Cyborg... Décidément... Réalisé par Boaz Davidson, American Cyborg fait partie de cette longue liste de nanars post-apocalyptiques qui fleurissaient dans les années soixante-dix et quatre-vingt. Datant pourtant de 1993, ce petit film sans prétentions et sans réelle valeur artistique non plus paraît déjà bien daté à l'époque de sa sortie. Dès les premières minutes, il semble que Boaz Davidson connaisse ses classiques sur le bout des doigts sans pourtant, à aucun moment, faire preuve d'autant de talent que ses sources d'inspiration. Outre les deux films cités au dessus (le cyborg indestructible poursuivant sa proie sans relâche et la mission de la jeune femme accompagnée d'un homme rencontré sur sa route ne peuvent qu'évoquer Terminator et Cyborg), on pense notamment à Blade Runner de Ridley Scott (toutes proportions gardées), sauf qu'ici, les rôles machines-humains sont inversés. Une ville plongée dans l'obscurité, des centaines d'individus errant dans la nuit, et une pluie incessante. Une cité-prison dont l'origine, là aussi, semble est le fruit d'une source d'inspiration évidente : le New-York 1997 de John Carpenter.

Si American Cyborg demeure sans conteste un bon gros nanar, hilarant, mal fichu, assez moyennement interprété et aux décors assez déprimants dans leur conception, tout n'y est pas fatalement négatif. Si l'intrigue pille sans honte toute une série d’œuvres du même type (c'est à se demander si le genre post-apocalyptique est réellement capable de se renouveler), Boaz Davidson lui imprime un rythme réellement soutenu. Les amateurs d'action y trouveront effectivement leur comptant de scènes de bravoure. Un film à voir accompagné d'une bonne pizza quatre fromages et d'une bière bien fraîche...

vendredi 23 mars 2018

The Alien Within de Scott P. Levy (1995)


En 2020, l'homme a épuisé toutes les ressources de la planète. Depuis, de grosses entreprises ont développé des stations sous-marines expérimentales dans l'espoir de pouvoir extraire les richesses enfouies sous les océans de la Terre. Une équipe de mineurs fouille les profondeurs lorsqu'ils reçoivent un SOS venant d'une équipe d'origine russe. Dépêchés sur les lieux, les mineurs découvrent qu'il ne reste plus de l'équipe étrangère qu'un seul survivant, les autres ayant été visiblement décimés par un virus.

L'homme est transporté jusqu'à l'infirmerie de la plate-forme d'extraction sous-marine américaine pour y être soigné. L'un des hommes de l'équipe, blessé durant le sauvetage, est lui aussi soigné par le médecin. Le russe finit par mourir après qu'une créature monstrueuse se soit échappé de son corps pour s'en prendre ensuite au second patient.

Peu à peu, les membres de l'équipage américain meurent les uns après les autres, nourrissant une véritable épidémie de paranoïa parmi ceux qui demeurent encore en vie.

Signé par Scott P. Levy , The Alien Within est typiquement le genre de film qui surfe sur le succès d'un film. Ici, il s'agit du Alien, le Huitième Passager de Rydley Scott dont Levy pille toutes les idées sans même parvenir à rendre hommage au classique de la science-fiction. Car en effet, si The Alien Within se déroule effectivement sous le eaux profondes de nos océans, le cadre et le déroulement de l'intrigue colle aux basques du film de Scott. De la créature qui se développe dans le corps des hommes jusqu'à la décision qui est prise de détruire la créature en faisant sauter la base, en passant par la présence d'un androïde, Levy ne se gène pas pour tout piquer à l’œuvre dont il s'inspire mais sans lui rendre le moindre honneur.

Car le film est une véritable catastrophe. Linterprétation fait peine à voir. Les effets-spéciaux sont mauvais, mais mauvais... Même à l'époque de Cosmos 1999 les spécialistes en matière de décors étaient capables de faire aussi bien. Même le twist final est grotesque. Qu'à donc été faire Roddy McDowall dans cette bouse science-fictionnelle digne des pires productions estampillées Sci-Fi Channel ?

Quitte à subir la vision de petites productions sans le sou, bricolées avec un minimum d'entrain par des équipes convaincues de tenir entre leurs mains l'avenir du genre science-fiction, mieux vaut se retourner vers des œuvres sans prétention comme peuvent l'être La Galaxie de la Terreur ou Inseminoïd. Concernant The Alien Within, rien ne peut nous sauver de cette purge que de l'envoyer directement au... vide-ordures...

samedi 25 juin 2016

Cauchemars à Daytona Beach (UNCUT) de Romano Scavolini (1981)



Georges Tatum est malade. Diagnostiqué schizophrène, il est harcelé par d'incessants cauchemars obsessionnels et souffre d'une très importante amnésie. Enfermé dans un institut spécialisé, les médecins le pensent guéri et décident de lui rendre sa liberté. La première chose que fait Georges est de longer les rues moites des quartiers chauds de la ville. Après avoir assisté à un strip-tease dans un peep-show miteux, il est victime d'une crise d'angoisse et s'effondre au sol.
Une fois remis sur pieds, il prend un bateau qui se dirige vers la Floride, pays de son enfance. Là-bas, il commet son premier meurtre... enfin, pas vraiment puisque tout petit déjà, il a tué ses parents à coups de hache. La raison pour laquelle il s'est retrouvé interné dans un hôpital psychiatrique.

Georges Tatum n'est donc pas guéri. D'ailleurs, rien ne nous met en condition pour nous faire croire le contraire. Toujours harcelé par d'épouvantables cauchemars, on se doute bien que le héros de Cauchemars à Daytona Beach (titre français largement plus efficace que l'original sobrement intitulé Nightmare) ne va pas se contenter de rendre visite à de vieux amis. Un titre qui a sans aucun doute marqué toute une génération. Celle des années quatre-vingt, des vidéoclubs, des cassettes VHS aux slogans aux accroches avantageant des films parfois monstrueusement nuls. Auréolé du statut d’œuvre culte, Cauchemars à Daytona Beach l'est-il vraiment ? Ou bien ne s'agit-il en réalité que d'une bande horrifique lorgnant sur les grands classiques du genre sans jamais parvenir ni à les surpasser, ni même à les égaler ?

Et bien, un peu des deux sans doute. Car s'il est justement l'objet d'un tel culte, Cauchemars à Daytona Beach ne l'a fort probablement pas obtenu grâce à d'éventuelles qualités scénaristiques. En effet, le film de Romano Scavolini se révèle mauvais. A tel point qu'il est difficile de tenir jusqu'au bout sans fermer l’œil un seul instant. Il faut savoir qu'à l'époque où je l'ai découvert, c'est à dire dans les années quatre-vingt, il y a donc presque trente ans, la seule façon de le dénicher était de louer la cassette vidéo dans l'un des vidéoclubs du coin, pas très loin des pornos qui encombraient les rayons fréquentés par de vieux vicelards en imperméables beiges (!?). A l'époque, la version proposée était écourtée de quelques minutes. Pour les amateurs de gore, évidemment, les plus importantes. Déjà que le film était lent et d'un insondable ennui, il fallait ouvrir très grands les yeux pour y déceler quelques rares résidus d'hémoglobine (l'excellent C.H.U.D dont les effets-spéciaux furent réalisés par le génial Tom Savini connut lui aussi des coupes sévères à l'encontre de plans gratinés).

C'est pour quoi, presque trente ans plus tard, j'ai enfin pris la décision de le voir à nouveau, mais cette fois-ci, dans sa version uncut. Une vraie version uncut, dont les rajouts sont significatifs en terme de scènes sanglantes puisque certains passages manquant dans la version expurgée nous montrent cette fois-ci tout ce qui a pu faire la réputation d'un film qui n'en méritait pas autant, version uncut comprise. Pour celles et ceux qui voudraient découvrir ce monumental étron cinématographique, il serait, avant toute chose, intéressant de lire les quelques phrases qui suivent, inspirée d'un court article trouvé sur le net :


MÔssieur Scavolini lui-même aurait prétendu dans une interview que le cinéaste italien Dario Argento, mondialement connu, et grand maître es-gialli, l'aurait plagié lors d'une scène montrant une victime se baisser en avant et livrant à l’œil de la caméra, le tueur caché dans son dos. Alors, je ne sais pas de quelle œuvre d'Argento Scavolini tient ses propos, mais je rappellerais à sa majesté Scavolini qu'un an avant lui, les géniaux William Lustig et Joe Spinell avaient déjà trouvé cette ingénieuse technique pour le cauchemardesque Maniac, réalisé par le premier et interprété par le second. Quand à se vanter d'avoir mis la main sur un chef-opérateur de Fellini pour son film, lorsque vous aurez le loisir de découvrir Cauchemars à Daytona Beach, vous risquez de rire doucement au vu de la pauvreté des images. Je ne préciserai rien de ce qu'a pu affirmer Romano Scavolini concernant les immense Steven Spielberg et John Carpenter, mais ce gars-là, je vous le dis, est vraiment, vraiment perché (prétentieux avez-vous dit?).
Si Cauchemars à Daytona Beachest mauvais, c'est d'autant plus regrettable que l'acteur principal interprétant le rôle de Georges tatum (Baird Stafford) est lui, par contre, tout à fait saisissant. Et même.... carrément... flippant. Totalement habité par son personnage, il n'hésite pas à donner de sa personne pour rendre son personnage plus effrayant encore que le thème principal du film. Quand au reste, mieux vaut s'asseoir dessus que d'avoir à en discuter. A noter que le doublage français est affreux, ce qui n'arrange évidemment rien aux affaires de Romano Scavolini qui, cependant, semble avoir une très haute estime de son film, et de lui-même d'ailleurs...

mercredi 18 mai 2016

The Phoenix Incident de Keith Arem (2015)



Le 13 mars 1997 les habitants de la ville de Phoenix dans l'Arizona ont été les témoins d'étranges événements. En effet, des phénomènes lumineux ont été aperçus dans le ciel. Si pour bon nombre de personnes l'événement était à rapprocher d'un phénomène lié aux ovnis, l'armée américaine n'a quant à elle pas pu s'empêcher de relier les faits à un lâché de fusées éclairantes effectué par des modèles d'avions AZ-10 Warthog.
Ça, c'est pour l'histoire telle qu'elle est connue et majoritairement rapportée par les spécialistes en ufologie.

Le cinéaste Keith Arem s'approprie l'événement presque vingt ans plus tard et donne naissance à un docu-fiction d'une qualité plus que discutable. Interviews de militaires ayant assisté à cet événement plus connu sous le nom de « Lumières de Phoenix », illuminé soupçonné d'avoir causé la mort de quatre hommes, interventions militaires aériennes, et images provenant d'archives personnelles des dits quatre hommes, confrontés pour leur malheur à un cas de rencontre du troisième type.

The Phoenix Incident est filmé à la manière d'un found-footage. Encore un, oui, je sais. Une fois n'est pas coutume, l'image est saccadée, floue, parasitée par un nombre invraisemblable de scories (on ressort les vieux caméscopes de l'époque). Quatre potes partent faire du quad en plein désert et vont tomber nez à nez avec des avions militaires pourchassant en plein vol des engins qui n'ont rien de terrestre. Après avoir pleuré des larmes de sang à tenter d'apercevoir quelque chose d'identifiable dans cette bouillie de pixels, on se rassure un peu avec ce passage visuellement intéressant. C'est plutôt bien fichu et on entre enfin, après une trentaine de minutes inintéressantes, à trouver un semblant d'intérêt à un récit qui n'aboutira finalement, et malheureusement, à rien de véritablement excitant.

La faute à une suite d'événements élevant The Phoenix Incident au rang de purge cinématographique. Les ufologues risquent de baisser les yeux de désespoir alors que les UFO-sceptiques vont se frotter les mains. Élancés, les vaisseaux extraterrestres ont vraiment de la gueule. Par contre, imaginer un seul instant que la technologie humaine soit en mesure d'en descendre un est véritablement grotesque. Quoique... dès que l'on découvre à quoi ressemblent ces êtres venus d'ailleurs aux commandes de leurs superbes bolides noirs, on doute moins de l'efficacité probable de l'armée américaine. Autant confier le pilotage d'un rafale à un primate. En effet, ici, pas de petits Gris mais un mix entre l'alien de Hans Ruedi Giger et Scooby-Doo (pardonnez la référence, je n'ai rien trouvé de mieux).

Pire encore, on entend ces créatures venues des confins de l'espace au volants d'engins technologiquement si avancée que nous sommes, nous humains, à côté de ces êtres là, encore à l'âge de pierre, gémir comme des bêtes sauvages. Des bêtes sauvages dotées de six pattes (en bref, de très gros insectes). Connaissant l'issue fatale de nos quatre héros, le suspens s'en voit terriblement diminué, voire inexistant. Il demeure un fait, dans l’œuvre de Keith Arem pire encore que ce qui apparaissait jusque là comme le summum en matière de cocasserie (pour rester poli), c'est ce fameux type dont l'armée se fait des gorges chaudes depuis qu'elle l'a mis en état d'arrestation en le supposant coupable d'un quadruple homicide. Le film prend un virage à trois-cent soixante degré et oublie tout ce à quoi il aspirait au début. Fini le docu-fiction, maintenant, c'est de l'action pure avec en point d'orgue, un messie devenu invincible, capable de soulever un homme d'une seule main et pouvant encaisser deux tirs de fusil à pompes dans le bide sans sourciller. Navrant...


mardi 3 mai 2016

Nos Amies les Bêtes : Zoombies de Glenn Miller (2016)



Le Eden wildlife Zoo est un parc regroupant toutes les espèces animales menacées de disparition. Il y a cinquante ans, un homme s'est évertué à protéger toute les espèces que l'homme s'est acharné à détruire. Aujourd'hui, c'est sa petite-fille, le Docteur Ellen Rogers qui a pris la relève. L'ouverture du Eden Wildlife Zoo est prévue pour bientôt mais d'ici là, tout le personnel travaillant dans le parc va devoir collaborer avec des stagiaires fraîchement arrivés.
Malheureusement pour ces derniers, un mystérieux virus commence à faire des ravages parmi les singes qui une fois échappés de l'infirmerie de l'établissement vont contaminer le reste des animaux présents sur le site. Les employés ainsi que les stagiaires vont devoir se battre pour survivre dans un zoo où les animaux se transforment les uns après les autres en créatures sanguinaires...

On connaissait le singe-rat zombie de Braindead de Peter Jackson, le chat zombie de Re-Animator de Stuart Gordon ou encore le mouton zombie de Black Sheep de Jonathan King. Dans Zoombies (contraction de zoo et zombies) c'est tout un zoo qui est la proie d'un étrange virus transformant ses pensionnaires en zombies agressifs et avides de chair humaine. Dernière production estampillée Asylum, le film de Glenn Miller semble lui-même s'inspirer de deux œuvre mondialement connues puisque'on y retrouve partiellement l'esprit du Jurassic Park de Steven Spielberg ainsi que du Zombie de George Romero mais cette fois-ci, à la sauce nanar.
Débutant à la manière d'un pseudo-reportage, Zoombies invite au voyage dans un univers merveilleux, un monde rempli de créatures exotiques, un centre de soin pour animaux en danger. Une volière, une savane africaine, un marais rempli d'alligators ainsi qu'un royaule entièrement consacré aux grands singes.

Si sur le papier le synopsis fait baver, le résultat, lui, est beaucoup moins ambitieux. En effet, si la plupart des interprètes ont visiblement envie de croire en ce projet, Zoombies se révèle catastrophique. La faute à un budget alloué au film visiblement insuffisant. Entre effets-spéciaux de maquillage totalement dépassés et effets numérique foireux, l’œuvre de Glenn Miller est une bouse cinématographique à ranger aux côtés des innombrables productions horrifiques mettant en scène des animaux rendus agressifs et sanguinaires à cause de l'homme.

L'équipe du film n'a pas le talent de celle de la saga de Steven Spielberg. Tracy Rosen aux maquillages, Bryan Koss à la photographie, supervision des effets-spéciaux assurée par Emile Edwin Smith, et musique composée par Christopher Cano. Si vous ne connaissez aucun d'entre eux, c'est normal. Tout comme les principaux interprètes, Ione Butler, Andrew Asper, Lala Nestor, Kim Nielsen ou Marcus Anderson. Zoombies ravira les amateurs de curiosités qui aiment se vautrer dans leur canapé en visionnant ce genre de perles Z. une œuvre qui finira bien un jour par devenir culte auprès des aficionados. Pour les autres, le film de Glenn Miller ne sera qu'un maillon supplémentaire dans la longue chaîne de films insipides tournés à la vas vite et sortant presque directement en dvd. A éviter...


lundi 22 février 2016

Le Commando des Mort-Vivants de Ken Wiederhorn (1977)



L'équipage tout entier d'un petit bateau de croisière commandé par Ben, un vieil homme acariâtre peu commode, s'échoue près d'un récif après avoir percuté un immense paquebot en très mauvais état. Le corps du capitaine est retrouvé plus tard, mort dans d'étranges circonstances. Les survivants trouvent une île non loin et la parcourent dans l'espoir d'y trouver de l'aide. C'est au centre de celle-ci qu'ils découvrent un luxueux hôtel apparemment laissé à l'abandon.

Mais alors qu'il y pénètrent sans y avoir été autorisés, une voix au fort accent allemand leur ordonne de quitter l’île, promettant aux naufragés de terribles dangers s'ils ne l'écoutent pas. Et en effet, lié à un événement curieux qui s'est produit plus tôt, une lumière jaune puis l'obscurité totale qui ont provoqué l'accident du bateau, d'anciens nazis endormis sous les eaux atlantiques se lèvent et parcourent l'île à la recherche de proies.

Un à un, les naufragés tombent sous les griffes de ces soldats allemands encore vêtus de leur uniforme de SS et chaussés de lunettes aux verres opaques qui les protègent du Soleil.

Keith, Norman, Chuck, Rose et Beverly tentent de fuir l'île à bord d'un petit bateau dont le SS Commander leur a donné la position. Mais rien ne va comme prévu. A l'aise dans l'eau, les supers-soldats éliminent les naufragés un à un. Le cuistot rend l'âme en premier. Puis c'est au tour, de Norman, puis de Chuck. Alors que Rose est victime de l'un des morts-vivants, elle parvient à s'échapper en lui retirant par accident sa paire de lunettes. Le monstre meurt alors quelques seconde plus tard...

Le Commando des Mort-Vivants est un petit film sorti en 1977 et réalisé par Ken Wiederhorn, cinéaste auquel on devra bien des années plus tard la séquelle Le Retour de Mort-Vivants 2 (qui n'a rien à voir avec le film ici en question) et un épisode de Freddy, le Cauchemar de Vos Nuits, série inspirée par le célèbre croquemitaine des Griffe de la Nuit.

Peter Cushing dans le rôle du commander SS. Brook Adams dans celui de Rose. Et même une petite apparition de John Carradine (père de David, le petit scarabée de la série Kung-Fu), vieille gloire du septième art, dans celui de du capitaine du bateau. Plutôt bon signe lorsqu'on sait que le premier fait partie des plu illustres interprètes de la maison Hammer Films, et que la seconde a joué dans des œuvres fantastiques aussi marquantes que L'invasion des Profanateurs de Philip Kaufman et Dead Zone de David Cronenberg.

Pourtant, Shock Waves atteint très vite ses limites. Même s'il est plaisant de découvrir cette île (presque) déserte, cet hôtel délabré et inquiétant, cette imagerie nazie surréaliste dans ce contexte fantastique ou bien encore ces très originaux morts-vivants qui ne sortent pas de terre mais, de sous les eaux, l'intrigue tourne un peu en rond. Des naufragés qui sans cesse sont repoussé vers l'île, comme si une malédiction les empêchait de fuir.

On pourra également reproché l'absence de sang, détail à peine croyable si l'on tient compte du fait que l'agressivité des morts-vivants est généralement en rapport avec leur besoin fondamental de se nourrir. Le propos demeure tout de même assez original et renvoie à certaines informations concernant les expériences que menaient les allemands durant la seconde guerre mondiale. Et puis, il y a Brook Adams et Peter Cushing ; Ne boudons pas trop notre plaisir de les voir dans cette petite production horrifique, d'autant plus qu'il y a très, très nettement moins bon dans le genre...

lundi 14 septembre 2015

Massacre Allemand à la Tronçonneuse de Christoph Schlingensief (1990)



Allemagne, 3 Octobre 1990. La réunification allemande s'achève enfin dans le pays coupé jusqu'ici en deux. Les allemands de l'est vont enfin pouvoir se mêler à ceux de l'ouest. Mais cette intégration n'est pas du goût de tout le monde. Certains y voient comme l'invasion d'anciens habitants de l'ex République Démocratique Allemande. Et notamment une famille de boucher de l'ancienne République Fédérale Allemande qui va alors systématiquement assassiner ceux qui viennent de l'autre coté du mur...
A peine croyable... Le cinéaste et homme de théâtre allemand Christoph Schlingensief signe avec ce Massacre Allemand à la Tronçonneuse, une œuvre atypique qui ne l'a sans doute pas, à l'époque de sa sortie, réconcilié avec ceux qui ne l'aimaient déjà pas beaucoup. Deuxième volet d'une trilogie sur l'Allemagne initiée par 100 Jahre Adolf Hitler - Die letzte Stunde im Führerbunker et conclue avec Terror 2000 - Intensivstation Deutschland , Das deutsche Kettensägenmassaker, titre original de cet ovni, est mélange absurde de comédie et d'horreur.

Le cruel manque de moyens se fait ressentir tout au long de cette pellicule dont l'une des rares qualité est ce grain typique du 16mm de l'époque. La bande est aussi crasseuse que l'usine où a été tourné ce moyen-métrage qui n'excède pas les une heure et trois minutes. De quoi faire le tour d'une œuvre totalement barge, interprétée par des acteurs et actrices amateurs qui pourtant se donnent corps et âme à ce projet à ranger dans la section nanars. Car si le titre et certains éléments du décor font clairement référence au classique de l'épouvante Massacre à la Tronçonneuse, le film de Christoph Schlingensief n'en a aucune des qualités. C'est mal joué et mal filmé. Les effets-spéciaux sont dignes des travaux d'un amateur et quand au montage, c'est un bordel sans nom.

Et pourtant... le casting s'en donnant à cœur joie dans les cris d'hystérie, on reste devant l'écran à se demander jusqu'où ira le délire du cinéaste allemand et de ses interprètes. On croise la route de l'acteur Udo Kier (The Kingdom) qui n'est visiblement pas là pour alléger la souffrance du spectateur puisqu'il campe lui-même l'un des personnages frappadingue de la famille de bouchers.
Das deutsche Kettensägenmassaker tente vainement de se raccroche au classique dont il s'inspire au travers de personnages aussi azimutés que ceux de Tobe Hooper. Volker Spengler campe un personnage similaire à l'auto-stoppeur de Texas... et Alfred Edel rappelle quand à lui celui du cuistot-garagiste qui dirige la Famille Tronçonneuse. Quand à Karina Fallenstein, elle est la version germanique de Sally Hardesty (l'excellente Marilyn Burns) mais ne parvient jamais à se hisser à la hauteur de celle dont elle s'inspire. Elle apporte en outre tout ou partie des incohérences du scénario. Agressée, humiliée, cela ne l'empêche pas de se coltiner durant un moment avec celui qui vient de tuer son petit ami. Grotesque !

Si vous voulez vous faire une idée précise de l’œuvre de Christoph Schlingensief, disons que Das deutsche Kettensägenmassaker et à mi-chemin entre le classique de Tobe Hooper cité plus haut et le Desperate Living de John Waters. Vous serez prévenus...



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