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jeudi 30 janvier 2025

Waxwork 2 d'Anthony Hickox (1992) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Si Waxwork d'Anthony Hickox était mauvais, sa suite frise carrément l'abomination. N'ayant plus aucune raison de porter ce titre depuis que le musée de cire est parti en fumée à l'issue des précédentes aventures dont seuls Sarah et Mark ont survécu, cette séquelle envisage le concept de son aîné de manière exponentielle en ne se référant plus seulement à quelques vieilles références lointaines de la littératures et du cinéma fantastique mais se complaît également à singer quelques grands classiques de l'horreur des années soixante-dix et quatre-vingt. Le budget de Waxwork étant estimé à environ trois millions et cinq-cent mille dollars, Anthony Hickox a donc bénéficié d'une rallonge d'un demi million de billets verts supplémentaires pour laisser libre court à son délire de metteur en scène méta du cinéma d'épouvante dans lequel il représente donc pour la seconde fois tout un panel de créatures qui vont du Nosferatu de l'allemand Friedrich Wilhelm Murnau au Evil Dead de Sam Raimi dont la piteuse représentation est ici évoquée à travers l'intervention de l'acteur Bruce Campbell qui à cette occasion interprète le rôle de John Loftmore, alter ego du Ash de la célèbre franchise horrifique. La dite référence aura d'ailleurs lieu à deux reprises. À commencer par l'une des premières séquences du film lors de laquelle Sarah (désormais interprétée par l'actrice Monika Schnarre en lieu et place de Deborah Foreman qui à l'époque semble avoir fait le choix de mettre temporairement un terme à sa carrière puisqu'elle ne redonnera plus de nouvelles d'elle jusqu'en 1995) bataille avec une main coupée qui vient de tuer son beau-père et sur laquelle elle finit par prendre le dessus en la plongeant dans un broyeur à ordures ménagères dans une impressionnante gerbe de sang. Accusée du meurtre de ce vieux soûlard qui ne manquera donc à personne, la jeune femme comparait libre à son procès. Entre deux séances, Mark propose de lui venir en aide et tous les deux se rendent chez Sir Wilfred (toujours incarné Patrick McNee) dont un enregistrement indique qu'il existe un moyen de voyager dans le temps et dans des univers parallèles. L'occasion pour la jeune femme et son ami de prouver l'innocence de Sarah. Ceux-ci vont dès lors traverser un miroir (merci à l'écrivain britannique Lewis Carroll et à son roman Les Aventures d'Alice au pays des merveilles) et vivre une foule d'aventures qui leur feront une nouvelle fois rencontrer nombre de mythes du bestiaire fantastique. Passée la vieille rengaine des monstres propre à l'Universal Monsters, Anthony Hickox et ses interprètes s'amusent à piétiner d'excellentes références cinématographiques ainsi que divers genres.


Entre chevalerie, fantastique et horreur, Waxwork 2 a pour seule qualité de n'être jamais avare en péripéties. Se chargeant cette fois-ci seul de l'écriture du scénario, le réalisateur fait mine d'intégrer ses personnages dans les mondes merveilleux du voyage dans le temps et des univers parallèles pour faire fi de toute crédibilité et de toute cohésion scénaristique. N'ayant dans sa botte que ses deux principaux protagonistes pour maintenir un semblant d'homogénéité entre les différentes phases de l'aventure, Waxwork 2, à défaut d'être un bon film, a ceci d'avantageux qu'il permet surtout aux fans d'horreur, d'épouvante et de fantastique de réviser ses classiques. Hétéroclite, cette première et dernière suite d'une mini franchise faisandée vire au Z tout en exploitant un concept qui forcément fera des adeptes. Car si les personnages sont toujours aussi peu intéressants et aussi faiblement campés, l'intérêt est ailleurs. Dans cette collection de vignettes dont certaines, il est vrai, sont beaucoup trop courtes quand d'autres auraient méritées d'être charcutées au montage, il y a à boire et à manger : parmi les références l'on trouve donc un 'hommage'' à Alien de Ridley Scott mixé à The Thing de John Carpenter. À dire vrai, l'on est beaucoup plus proche de Galaxy of Terror de Bruce D. Clark et de Alien Degli Abissi d'Antonio Margheriti que des deux classiques de la science-fiction horrifique. Vient ensuite un long, très long, trop long passage situé dans un contexte historique et chevaleresque dont l'esthétique générale (des décors jusqu'aux costumes) ferait passer La Caverne de la rose d'or de Lamberto Bava pour un modèle d'esthétisme ! Suivront ensuite une fusillade dans un centre commercial entre humains et morts-vivants à la manière de Dawn of the Dead de George Romero (on pense aussi au génial nanar/plagiat Virus cannibale de Bruno Mattei et Claudio Fragasso), une séquence se déroulant à Whitechapel et mettant en face de nos héros le célèbre Jack L'éventreur ou encore, donc, un hommage burlesque au Nosferatu de l'époque expressionniste allemande. Malgré ces quelques sympathiques incartades pas toujours très respectueuses, Waxwork 2 reste tout de même très ennuyeux en raison de séquences chevaleresques inintéressantes au possible et surtout,beaucoup trop longues...

 

samedi 20 juillet 2024

Sauvez le Neptune (Gray Lady Down) de David Greene (1978) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Parmi les nombreux longs-métrages qui nous ont offert l'opportunité de découvrir l'acteur américain Charlton Heston dans LE ou L'UN des rôles principaux, il en est qui s'avèrent moins connus que d'autres. Ce qui ne les rend pas pour autant moins intéressants. Encarté entre la période faste de celui qui côtoya des figures historiques par l'entremise de la fiction et un avenir plus régulièrement tourné vers le petit écran, Gray Lady Down n'est donc pas la première œuvre mettant en scène la star américaine à laquelle l'on pense en général. Les années virent éclore toute une série de films catastrophes auxquels, parfois, Charlton Heston lui-même participa. On peut même dire qu'il s'agira de l'un de ses principaux ''fonds de commerce'' dans le courant des années soixante-dix puisqu'en l'espace de seulement trois années, entre 1972 et 1974, le public le découvrira notamment dans Alerte à la bombe de John Guillermin ainsi que dans 747 en péril de Jack Smight et Tremblement de terre de Mark Robson, tout deux réalisés en 1974. Que les événements se produisent sur terre, dans les airs ou sous les océans, Charlton Heston est à chaque fois de la partie. Concernant les fonds marins, ceux-ci étant propices à ce genre de situation, Gray Lady Down ne mettait pas en scène en 1978 un navire de croisière comme pu l'être le Titanic mais un sous-marin. Le genre d'engin capable de s'enfoncer très loin sous les eaux profondes des mers et des océans et que l'on a surtout pour coutume d'employer en fiction dans des films de guerre. D'ailleurs, s'il n'y en avait qu'un seul à découvrir, ruez-vous sur l'extraordinaire Das Boot du réalisateur allemand Wolfgang Petersen dans sa version longue de presque cinq heures ! Mais dans ce cas là, prévoyez tout d'abord de visionner le long-métrage de David Greene car Das Boot est un tel choc que toute concurrence est bonne à foutre aux ordures. Et ce, même si dans le cas de Gray Lady Down (sorti chez nous sous le titre Sauvez le Neptune), la mise en scène et l'interprétation sont d'honnête facture. L'avantage avec ce genre de projet est qu'il touche à peu près n'importe qui normalement constitué physiologiquement et intellectuellement. Comment en effet ne pas être pris d'un certain effroi à l'idée de mourir noyé ? Nous sommes d'accord pour dire que dans le top cinq des morts les plus redoutées, celle-ci trône généralement en très bonne place. Le contexte dans lequel va évoluer une grande partie des personnages est donc ici favorable à l'angoisse liée au risque de noyade.


Le Neptune du titre est le nom donné à un sous-marin nucléaire américain qui lors d'une opération se retrouve en avarie à des centaines de mètres sous les eaux après avoir été percuté par un cargo. Alors que celui-ci s'enfonce inexorablement, le Capitaine Paul Blanchard et son équipage vont devoir patienter jusqu'à ce qu'interviennent les secours, lesquels ont fort heureusement été rapidement alertés. Charlton Heston incarne donc le rôle du commandant du Neptune, rassurant ses hommes, palliant à leurs angoisses en tentant de maintenir une certaine cohésion même si certains d'entre eux vont commencer à ressentir des troubles psychologiques. Comme dans tout bon film du genre l'on a bien évidemment droit au phénomène de pression qui s'exerce sur l'une des portes étanches derrière laquelle une salle est remplie d'eau. Le fil conducteur de l'angoisse qui va étreindre l'équipage tout entier et notamment le Capitaine Paul Blanchard dont le regard ne laisse aucun doute sur ce qu'il ressent s'articule donc autour de ce détail d'importance. Au delà de ce simple fait, Sauvez le Neptune prône ensuite certaines valeurs humaines, comme l'entraide dans un milieu où malheureusement et naturellement, l'homme aurait plutôt tendance à penser tout d'abord à sauver sa propre existence. Dehors et donc au dessus de leurs têtes s'activent des hommes qui entreprennent tout ce qu'ils peuvent pour les soutenir moralement et intervenir avant que le drame ne se produise. Dans le rôle du Capitaine Bennett, nous retrouvons l'acteur Stacy Keach aux commandes des opérations de sauvetage. Un officier qui auréolé de son grade adopte pourtant parfois une attitude désagréable. Notamment vis à vis de Mickey qu'incarne l'acteur Ned Betty qui six ans plus tôt avait été contraint par d'affreux ploucs de faire le cochon en milieu hostile dans le classique du survival, Délivrance de John Boorman ! L'on retrouve également dans le rôle du Capitaine Gates l'acteur David Carradine. L'homme, particulièrement valeureux comme nous pourront le constater bien plus tard est aux commandes d'un sous-marin de poche qui aidera grandement la Marine dans son entreprise de sauvetage. Malgré un casting trois étoiles notamment complété par Stephen McHattie, Ronny Cox ou encore Dorian Harewood, l'ampleur du sujet n'est pas toujours à la hauteur de nos attentes. Le scénario de James Whittaker, Howard Sackler et Frank P. Rosenberg inspiré d'un roman de David Lavallee, sans être ennuyeux, charrie beaucoup de séquences inutiles ou qui se répètent inlassablement. Le film de David Greene est finalement beaucoup moins anxiogène qu'on aurait pu l'espérer même si quelques passages font illusion. Charlton Heston semble parfois cruellement s'ennuyer. C'est en tout cas avec mollesse qu'il incarne le personnage plus ou moins passif du capitaine Paul Blanchard. Bref, Sauvez le Neptune est un sympathique petit film catastrophe, rien de plus, rien de moins...

 

jeudi 28 mars 2024

Big Stan de Rob Schneider (2007) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

J'imagine le type qui, mouillé des pieds à la tête, ne pèse guère plus de quarante ou cinquante kilos. Celui qui au sein d'un bosquet essentiellement constitué de Salix artica se croit plongé en plein cœur d'une forêt de Sequoiadendron giganteum. Je l'imagine ensuite s'être fait jeter en prison pour avoir volé des collants de contention ou des culottes énurésie pour sa grand-mère dont la retraite ne lui permet pas de se les offrir. Enfermé dans une cellule entouré de gros bras faisant deux fois sa taille, on l'imagine se tenir à carreau et se plier à toutes leurs exigences. Big Stan de Rob Schneider pourrait alors lui paraître comme un véritable réconfort. Un défouloir sur lequel projeter des fantasmes parfaitement irréalisables dans la vie de tous les jours... Acteur, réalisateur, scénariste et producteur américain, Rob Schneider signait en 2008 avec Big Stan ou Le grand Stan chez nous, une comédie se déroulant essentiellement en prison. L'acteur et réalisateur incarne le principal rôle d'un arnaqueur se retrouvant en prison après avoir été reconnu coupable de détournement d'argent auprès d'hommes et de femmes à la retraite. Sachant qu'il va être enfermé durant les trois prochaines années, Stan profite des six mois de sursis que lui offre la justice pour prendre contact avec un spécialiste des arts-martiaux afin d'apprendre des techniques de défense et de se préserver des éventuelles agressions dont il pourrait être victime lors de son incarcération... David Carradine, dont la popularité fut tout d'abord liée à son interprétation de Kwai Chang Caine dans la mythique série télévisée américaine Kung Fu incarne ici le Maître. Fumeur invétéré de cigarillos aux méthodes d'apprentissage atypiques, il vient s'installer dans la luxueuse demeure de Stan afin de lui enseigner les arts-martiaux.


Une fois les bases maîtrisées, Stan part pour la taule où il va partager la cellule de Larry dit ''Shorts'' (l'acteur Henry Gibson) et affronter toute une série de prisonniers à la carrure fort impressionnante. À la suite d'une bagarre l'opposant à l'un des détenus les plus redoutés auquel il met une rouste, le directeur de la prison Warden Gasque (l'acteur Scott Wilson qui joua notamment dans plusieurs saisons de la série The Walking Dead) convoque Stan dans son bureau qui accepte de l'aider dans ses manigances au sujet de transactions immobilières. Comédie carcérale mélangeant humour, film de prison et arts-martiaux, Big Stan ne fait tout d'abord pas dans la dentelle avec ses premières lignes de dialogues particulièrement vulgaires qui laissent craindre un long-métrage manquant cruellement de finesse. Mais si le film de Rob Schneider ne fera effectivement jamais preuve d'une grande délicatesse, l'acteur et réalisateur s'amuse à reprendre les codes de virilités en vigueur dans les prisons afin de les tordre . Violence, agressions sexuelles, groupes ethniques d'origines diverses (blacks, blancs et latinos ne se mélangeant pas), tout ce que l'on attend d'un film de prison y est mais traité sur un ton nettement plus léger que d'habitude. Mais plus que tout, Big Stan semble être inspiré par le formidable Les évadés de Frank Darabont dont il reprend un bon nombre d'idées sans pour autant se hisser à sa hauteur. Ultra caricatural, voire même souvent ridicule, le film révèle la nature profonde (mais authentiquement invraisemblable) de prisonniers qui font fi de leur culture ou de leur race pour se rassembler en une communauté unie. Burlesque ? Idiot, même. Et je ne parle même pas du spectacle affligeant se déroulant dans la cours de promenade lors du final ! Bref, il y en a pour tous les (dé)goûts. Du meilleur au pire !

 

jeudi 21 mars 2024

Bruce Campbell - Sundown: The Vampire in Retreat d'Anthony Hickox (1989) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Pour le second long-métrage du cycle consacré à l'acteur américain Bruce Campbell, j'ai choisi d'évoquer le sympathique Sundown: The Vampire in Retreat d'Anthony Hickox dont la carrière débuta un an seulement auparavant, en 1988, lorsque sortit sur les écrans de cinéma le premier volet de la courte franchise Waxwork dont il écrivit le script et qu'il mit en scène lui-même. Pour son second long-métrage, Anthony Hickox aborde son film sous différents angles en produisant une œuvre hybride. C'est ainsi que Sundown: The Vampire in Retreat sortit chez nous sous le titre Sundown, la guerre des vampires se présente tel un western moderne auquel auraient été greffés des genres aussi divers que la comédie, le fantastique, l'horreur et l'épouvante. Un mélange qui plutôt que de s'avérer indigeste se montre en réalité très homogène. Il y aurait beaucoup de choses à dire concernant cette sympathique bobine de type série B sortie en 1989 mais qui, me semble-t-il, n'est pas très connue dans notre pays. Une bonne raison, donc, pour revenir dessus. À commencer par le casting. Constitué d'une très belle brochette d'interprètes, le long-métrage met principalement en scène David Carradine que l'on a tout d'abord connu chez nous à travers la série américaine Kung Fu produite entre 1972 et 1975. À ses côtés, et parmi les plus connus, évoquons tout d'abord par galanterie, la présence de l'actrice Morgan Brittany dans le rôle de Sarah, l'épouse de David Harrisson (l'acteur Jim Metzer), concepteur d'un sang synthétique dont la venue est très attendue dans la petite ville de Purgatory. Deborah Foreman campe quant à elle la sexy Sandy, employée du restaurant de la ville. Du côté des interprètes masculins, nous retrouvons dans le tout petit rôle de l'épicier Otto, l'acteur Dabbs Greer qui fut surtout connu pour son interprétation du révérend Alden dans la série culte, La petite maison dans la prairie ! John Ireland incarne quant à lui le rôle de Jefferson, le grand méchant de l'histoire, M. Emmet Walsh celui du redneck prénommé Mort et, bien entendu, l'on retrouve Bruce Campbell dans le rôle du dernier descendant de Van Helsing, le célèbre chasseur de vampires.


À son sujet, l'affiche trompe d'ailleurs le public puisque l''interprète de Ash dans la franchise Evil Dead de Sam Raimi est loin de compter ici parmi les principaux interprètes. Et même s'il apparaît à diverses occasions, son rôle s'avère mineur au regard d'autres personnages. Arrière-petit fils de Van Helsing, l'individu qu'il interprète à l'écran est loin d'avoir le charisme de son lointain ancêtre. Gauche et timide, ça n'est certes pas sur lui qu'il faudra compter pour débarrasser Purgatory des méchants vampires qui la gangrènent. Je dis méchants par oppositions aux gentils car eux aussi pullulent en ville. Une bourgade qui a effectivement la particularité d'abriter une communauté de suceurs de sang (synthétique) dont certains remettent en cause la validité de cette nourriture de base de tout vampire désormais produite par un laboratoire. Film prônant l'intégration non plus des noirs, des asiatiques, des mexicains, ou des arabes mais bien des humains au sens général du terme dans une communauté exclusivement constituée de vampires, Sundown: The Vampire in Retreat est donc bien un film fantastique même si les décors, certaines situations (comme le duel final entre le Baron Mardulak et Jefferson) et la bande-musicale renvoient sans cesse au western. Concernant le public hexagonal à proprement parler, nous reconnaîtrons notamment dans les doublages de Bruce Campbell et de David Harrisson, les voix de Guy Chapellier et d'Edgar Givry. Le film d'Anthony Hickox offre quelques très rares plans gore comme une très belle décapitation située au début du récit dans la station-service de Purgatory et pas mal de fusillades, surtout lors de la seconde moitié opposant les deux clans de vampires. D'une durée avoisinant une heure et quarante-cinq minutes, un grand nombre de séquence de Sundown: The Vampire in Retreat furent tournées au cœur du magnifique Parc national des Arches situé dans l'Utah, à l’ouest des États-Unis. Bref, Anthony Hickox signe un second film très divertissant, plus amusant que réellement terrifiant. De quoi passer un excellent moment...

 

samedi 9 mars 2024

Kill Bill : Volume 1 de Quentin Tarantino (2003) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Je voudrais tout d'abord remercier mon grand ami Joël pour avoir su me convaincre de me lancer dans la projection de Kill Bill : Volume 1 de Quentin Tarantino. Si tu me lis, saches que je t'en serai éternellement reconnaissant. Et pourtant, c'était pas gagné, je vous le dis. Dans mon top dix des cinéastes les plus ennuyeux, les plus surcotés, l'américain tient une place de choix ! Le genre de bonhomme dont le style, souvent, m'exaspère. Au point que je ne suis que très rarement parvenu à aller au bout des quelques films que je me suis laissé convaincre de regarder. Reservoir Dogs ? Sympa, sans doute, vu que je n'en ai gardé aucun souvenir ou presque. Pulp Fiction ? Stoppé net lors de la scène de danse. Boulevard de la mort ? Très en deçà du Planète terreur de Robert Rodriguez avec lequel il partagea en 2007 l'affiche du double programme intitulé Grindhouse. Django Unchained ? Pas tenu plus de vingt minutes. Quant à Inglourious Basterds, Les Huit Salopards et Once Upon a Time… in Hollywood, je ne me suis même pas donné la peine de les regarder............. Oui, je sais, j'en ai oublié un : Jackie Brown, seul à trouver grâce à mes yeux jusque là. S'il n'est pas certain que Kill Bill : Volume 1 me réconcilie avec le cinéma de Quentin Tarantino et que je ne me sens pas encore près à reprendre sa filmographie depuis le début, je dois avouer que l'expérience fut extrêmement gratifiante. Surtout en ce vendredi 9 mars 2024 pluvieux, venteux, nuageux et glacial. Le genre de long-métrage qui réchauffe le cœur et l'âme à défaut des orteils ou de toute autre frileuse extrémité ! Surtout, et comme la légende entourant son auteur le veut, Kill Bill : Volume 1 est un vrai film de cinéphile, réalisé par un cinéphile pour les cinéphiles. Et même plus loin puisque les cinéphages eux-mêmes s'y retrouveront. De quoi faire revivre la mémoire cinématographique de chacun, avec ses propres références. Les miennes ? Baby Cart : Le Sabre de la vengeance de Kenji Misumi et ses suites ou la pantagruélique franchise initiée en 1962 par ce même réalisateur japonais, La Légende de Zatoïchi : Le Masseur aveugle. D'une certaine manière, Kill Bill : Volume 1 fait le pont entre le cinéma d'hier et celui qui allait devenir le cinéma de demain mais qui depuis est déjà derrière nous.


Brassant de nombreuses inspirations dont un large pan du cinéma d'action et d'arts-martiaux nippon des années 60 et 70 (si le sabre renvoie forcément aux deux franchises évoquées juste au dessus, la tenue que porte lors de la dernière partie Uma Thurman ici présente dans le rôle de Beatrix Kiddo/Black Mamba rappelle très clairement celle de Bruce Lee dans Le jeu de la mort réalisé en 1978) et reposant sur un concept on ne peut plus simple (une histoire de vengeance), Quentin Tarantino s'autorise toutes les folies. Qu'il s'agisse à proprement parler de la mise en scène, le bonhomme filme en couleur, en noir et blanc et intègre même quelques séquences animées comme lors de la formidable scène revenant sur le passé dramatique de O-Ren Ishii/Cottonmouth qu'interprète l'actrice sino-américaine Lucy Liu. Champs/Contre-champs, Plongées et Contre-plongées, Split-Screen (assez discret, il est vrai), Quentin Tarantino nous gratifie d'une mise en scène absolument remarquable permettant ainsi de transformer un script tout ce qu'il y a de plus commun en un film d'action et d'arts-martiaux auquel un certains nombres de longs-métrages et de cinéastes devront beaucoup. Parmi ses héritiers, on peut citer la franchise John Wick de Chad Stahelski ou la série de films Kingsman de Matthew Vaughn. Si les séquences d'arts-martiaux ne se comptent pas par dizaines, elles sont riches, longues et chorégraphiées avec suffisamment de brio pour contenter les amateurs. Des combats qui frisent d'ailleurs parfois le burlesque, surtout lorsque têtes, bras et jambes volent dans les airs en laissant derrière eux des geysers de sang qui n'effraieront cependant même pas les plus fragiles de l'estomac. Notons également la superbe bande originale. Autre passion de Quentin Tarantino qui s'en donne à cœur joie en sélectionnant une playlist des plus hétéroclites. Quelques vieux standards américains, de la musique typée western ou quelques airs mexicains interprétés à la trompette ! Bref, Kill Bill : Volume 1, c'est du grand spectacle absolument jouissif, souvent invraisemblable tout en conservant un certain sens du sérieux. Un film tout simplement culte auquel donna une suite son auteur dès l'année suivante sous le titre Kill Bill : Volume 2...

 

lundi 14 novembre 2022

Cannonball de Paul Bartel (1976) - ★★★★★☆☆☆☆☆




Le Cannonball fut à l'origine une course de voitures tout à fait illégale qui consistait pour les pilotes à traverser le continent nord-américain d'est en ouest dans les années soixante-dix. C'est sur ce postulat que démarre le film éponyme que réalisa le cinéaste et acteur américain Paul Bartel en 1976, soit un an après avoir déjà mis en scène une course de bolides avec La course à la mort de l'an 2000. Mais ici, il abandonne le côté post-apocalyptique et met en scène une compétition lors de laquelle des pilotes chevronnés vont devoir traverser les États-Unis le plus rapidement possible. Et ceci, en employant tous les moyens, légaux ou non ! Paul Bartel retrouve dans le rôle principal de Coy « Cannonball » Buckman l'acteur David Carradine qu'il avait déjà dirigé l'année précédente. Mais alors que le propos de La course à la mort de l'an 2000 ne servait que de prétexte pour étaler à l'image des séquences proprement hallucinantes (dont d'innocentes victimes de la course qui étaient volontairement écrasées par les concurrents), le scénario de Cannonball semble avoir été vidé de toute substance puisqu'il ne se résume qu'à la course elle-même. Oh, le film évoque bien la concurrence qui existe entre le personnage principal et son rival Cade Redman (l'acteur Bill McKinney) et présente des personnages secondaires souvent extravagants mais au fond, quel intérêt peut-il y avoir à assister à cette course dont la violence ne sera disséminée qu'au compte-goutte ? Outre les deux hommes, l'on découvre que sont en compétition trois jeunes et jolies serveuses à bord d'une camionnette, le pilote d'origine allemande Wolfe Messer (l'acteur James Keach), lequel est un brin nostalgique de la Seconde Guerre Mondiale même si aucun oripeau ne vient confirmer certains de ses propos, deux jeunes adultes, amoureux et installés à bord du véhicule paternel de la demoiselle ou encore l'afro-américain Beutell (Stanley Bennett Clay), lequel est affligé dans le doublage français d'un fort accent africain tandis que l'une des trois serveuses l'affuble du surnom de ''Blanche Neige''...


Autant dire qu'il souffle sur Cannonball un vent de liberté qui n'existe plus. Les commissions et réseaux ''populaires'' sont aujourd'hui tels que tout propos devient désormais le sujet ''d'études préliminaires'' afin de savoir s'il est acceptable ou non de les prononcer ! Le ton du long-métrage est léger. Du moins, jusqu'à un certain point car même si la plupart des séquences prêtent à sourire (comme ce jeune guitariste accompagné de sa ''maman'' à bord de l'un des véhicules, persuadés tout deux de son talent de compositeur et d'interprète), le film prend un virage à trois-cent soixante degrés à un quart-d'heure de sa conclusion avec son impressionnant et très sanglant carambolage. Paul Bartel semble en outre prendre beaucoup de plaisir à dessiner les contours d'une autorité policière pas très finaude. Entre les deux motards qui se laissent séduire par les trois serveuses avant d'être abandonnés à leur triste sort sur le bas côté de la route et un troisième représentant de la loi qui plus tard se fera avoir dans des conditions différentes mais tout aussi humiliantes, le réalisateur se complaît dans l'avilissement de l'uniforme ! Si les véhicules s'entrechoquent, si les sorties de route ne sont pas rares, si les filles sont jolies et si les habitants des régions visitées sont montrés comme des ploucs, le long-métrage montre malheureusement très rapidement ses limites. La course a beau traverser l'Amérique du nord de part en part, les paysages parcourus se ressemblent malheureusement tous. Il est à noter qu'à partir de 1981 fut lancée la réalisation d'une trilogie portant sur le même sujet bien qu'elle n'ait pas d'autre lien direct avec le long-métrage de Paul Bartel. Le réalisateur Hal Needham réalisa en 1981 et 1984 L'Équipée du Cannonball et Cannonball 2 (Cannonball Run 1 et 2) tandis que Jim Drake se chargera de la mise en scène de Cannonball 3 (également connu sous le titre original Speed Zone!) cinq ans plus tard...

samedi 12 novembre 2022

La Course à la mort de l'an 2000 de Paul Bartel (1975) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Mettons de côté tout ce qui a été réalisé jusque là et remontons jusque dans les années soixante-dix et quatre-vingt pour y découvrir que les sports furent parfois le théâtre de quelques longs-métrages d'anticipation devenus parfois cultes. La mode des sports extrêmes où la mort rôde sur le chemin des athlètes semble avoir connu un engouement dès l'année 1975 puisqu'au beau milieu des seventies les spectateurs virent éclore quelques pellicules particulièrement gratinées. Rollerball de Norman Jewison, Les gladiateurs de l'an 3000 conjointement réalisé par Allan Arkush , Nicholas Niciphor et Roger Corman et puis, bien évidemment, l'improbable La Course à la mort de l'an 2000 de Paul Bartel. La décennie suivante ne sera pas en reste puisque les États-Unis et la France exploiteront à quelques années d'intervalle, des types de jeux télévisés étonnamment similaires. Outre-atlantique sera réalisé Running Man sous la houlette de Paul Michael Glazer (le célèbre flic brun et frisé de la série Starsky et Hutch) et dans l'hexagone, Le Prix du danger sous celle du réalisateur français Yves Boisset... Mais revenons en 1975 avec La Course à la mort de l'an 2000 de Paul Bartel sorti sur le territoire américain sous le titre Death Race. Une œuvre au contenu invraisemblable. Du moins, de nos jours puisque l'on aurait du mal à imaginer que certains aspects du scénario puissent être mis en pratique alors que la bienséance est désormais de mise. Imaginez donc un long-métrage dans lequel une course de voiture constituée de cinq bolides permettrai aux pilotes d'engranger des points chaque fois qu'il écraseraient un piéton. Pour corser le propos et le rendre encore plus provocateur, femmes, enfants et vieillards rapporteraient beaucoup plus de points que d'écraser des hommes. Et là, vous vous dites : nooooon ! Ils n'oseraient tout de même pas filmer la mort de celles et ceux dont la préservation est moralement prioritaire à celle des individus de sexe masculin ? Et bien si, très chers lecteurs. Et dans le genre, le film de Paul Bartel met la barre très haut. Du moins, pour l'époque puisque les corps s'embrochent sur des piquets, se font rouler dessus et autres joyeusetés. Tout ceci dans la bonne humeur de commentateurs jubilant chaque fois que l'un des pilotes ôte la vie d'un badaud !


Pour son second long-métrage après la comédie horrifique Private Parts signée trois ans auparavant, le réalisateur originaire de New York se paie le luxe d'un casting trois étoiles puisque les deux principaux représentants de cette course à la mort située dans un futur dystopique ne sont rien moins que Sylvester Stallone qui l'année suivante connaîtra un succès mondial en incarnant le plus célèbre boxeur de l'histoire du cinéma ainsi que David Carradine qui entre 1972 et cette année 1975 fut la vedette de la série Kung-Fu. Et s'il en demeure certains qui se posent la question qui de la boxe ou de cet art martial l'emporte, la réponse se trouve justement dans La Course à la mort de l'an 2000 puisque les deux hommes s'y affronteront. Bon, il est vrai que de parler de Kung-fu est un brin exagéré puisque l'un et l'autre des deux hommes useront tout d'abord de leurs poings mais face à Kwai Chang Caine dit ''Petit Scarabée'', Rocky Balboa ne fera pas le poids et se retrouvera au tapis. Preuve aussi qu'une musculature développée n'est pas le signe d'une supériorité physique. Mais passons. C'était il y a plus de trente ans et dans mon souvenir, le long-métrage de Paul Bartel était demeuré comme une œuvre parfaitement jouissive. Non pas que de voir d'innocentes victimes était réjouissant (quoique!) mais par sa folie, son énergie (le film est en effet essentiellement constituée de séquences mettant en scène les bolides) et certains détails proprement hallucinants (le véhicule arborant une croix gammée, l'engouement du public, les infirmières volant dans les airs au contact des pare-chocs etc...), le film se montrait particulièrement créatif et provocateur. Mais ça, c'était il y a bien longtemps. Car si le message moral (car message il y a) laissé derrière lui évoque les dérives de notre société et des prises de conscience qui au final s'avéreront justes, le scénario est plutôt faiblard...


Voire même souvent inexistant. À contrario, il est amusant de redécouvrir aujourd'hui La Course à la mort de l'an 2000 puisque d'une certaine manière, la pratique consistant à écraser et tuer de pauvres innocent fait désormais partie de notre quotidien. Là où les motos ont remplacé les bolides lors de rodéos urbains et là où la presse a remplacé les show télévisés et les arènes de plein air, le prix à remporter n'est évidemment pas le même. C'est qu'il faut garder un minimum de morale, tout de même. Du moins, jusqu'au jour où de tels crimes ne seront punis que par quelques réprimandes (hein ? Quoi ? C'est déjà le cas ? Ou ? En France ? Merde alors !!!) et non plus par de la prison ! De nos jours, redécouvrir le film de Paul Bartel aura sans doute très légèrement moins d'effets que de se goinfrer de mousse au chocolat pour se retrouver au final avec une bonne grosse crise de foie. Pas déplaisant à revoir mais plutôt (et surtout) très décevant. Le film a beau être culte, il faut surtout l'avoir connu à l'époque de sa sortie ou du moins dans la décennie qui suivit sa projection en salle car de nos jours, la folie s'étant emparée des hommes, peu seront les spectateurs qui feront la grimace devant le propos du film. Si d'un côté La Course à la mort de l'an 2000 semble être à proprement parler visionnaire, il a en revanche assez mal vieilli. Par le passé, un monument provocateur mais aujourd'hui, un objet passablement désuet...

 

samedi 30 juin 2018

La voie du Tigre, le signe du Dragon (épisode pilote de la série Kung-Fu - 1972)



Il m'arrive parfois de m'emballer un peu trop rapidement. De surévaluer une œuvre. Mais là, non, je suis certain de mon fait. Donner du bonheur au spectateur en véhiculant un message, simple, réconfortant, telle devrait être la mission de toute série. De tout long-métrage. La prise de risque ici, est énorme. On la dirait insurmontable, surtout qu'en comparaison, Kung-Fu est aussi contemplatif que sont très souvent exubérantes la plupart des séries télévisées. Surtout depuis un certain nombre d'années où produire pour le petit écran revêt autant d'importance que pour le grand. Quelle mouche a bien pu piquer le producteur et scénariste américain Ed Spielman et l'acteur sino-américain Bruce Lee pour envisager une seule seconde que la série incarnée par l'acteur David Carradine, lui-même 'habité' par le personnage de Kwai Chang Caine, pourrait avoir du succès ? Car il fallait oser imposer un tel personnage. Élève d'un monastère shaolin, élevé par des prêtres prônant aussi bien l'amour et le respect de leurs semblables que celui de la nature. Kwai Chang Caine, ce fugitif, accusé de meurtre dans son pays d'origine, la Chine, réfugié aux États-Unis où vivent là-bas ses semblables. Lesquels sont victimes de l'homme blanc. Rien qu'à travers son titre La voie du Tigre, le signe du Dragon, ce pilote d'une série au final constituée de soixante-deux épisodes divisés en trois saisons demeure à lui seul tout un programme. Et sous ce titre, c'est tout un pan du monachisme shaolin qui nous est révélé avec une pudeur presque déconcertante.

Comme cela sera l'habitude durant le déroulement de la série, nous découvrons un Kwai Chang Cain adulte, débarquant d'un désert qu'il a traversé pour aboutir dans le cas présent, dans une petite ville de l'ouest américain. C'est là qu'il fait la connaissance d'un vieil homme chinois qui l'aide à trouver un travail. Le voici désormais employé à la construction d'une ligne de chemin de fer. Tous ceux qui travaillent là sont comme Caine : chinois. Le responsable du projet ainsi que ses hommes lourdement armés sont tous américains. Les tensions sont nombreuses entre blancs et 'bridés'. Surtout depuis qu'il a été découvert que la colline que les ouvriers doivent creuser afin d'y aménager la voie de chemin de fer contient des poches de gaz très dangereuses. Bientôt, tous découvrent que Caine est un prêtre Shaolin. C'est sur lui que se reposent désormais les ouvriers contre le consentement du responsable du chantier qui apprend bientôt que le nouveau venu est recherché dans son pays pour meurtre...

La série Kung-Fu est l'expression même du Zen. Contemplative, et d'une profondeur incroyablement touchante de par les vertus qu'elle véhicule, les aventures de Kwai Chang Caine prônent la tolérance envers son prochain quel qu'il soit. Même si ce fait n'est pas encore véritablement établi dans cet épisode pilote, les vertus des enseignements prodigués par son maître à penser offrent au héros des capacités hors du commun telles que la médecine traditionnelle chinoise, la survie en milieu hostile (comme on le découvre dans cet épisode, Kwai Chang Caine est capable de déceler sous le sable du désert, de quoi se nourrir), et la maîtrise des arts-martiaux à travers le Kung-fu shaolin.

Ce qui stupéfait avant tout autre chose demeure dans cette immense source d'inspiration dans laquelle puise le héros lorsque surgissent les complications. A ce titre, le spectateur ne pourra rester insensible devant les préceptes évoqués par le vieil homme aveugle, figure remarquable de la série, et dont l'importance capitale dépasse ici le simple cadre de l'éducation de son élèvre comme nous l'apprendra la fin de cet épisode qui tient véritablement du miracle. La voie du Tigre, le signe du Dragon est une œuvre profonde. Un enseignement à l'attention de tous. Cruelle, tragique, émouvante et belle à la fois. L'embranchement parfait entre le cinéma ésotérique d'Alejandro Jodorowsky (El Topo, La Montagne Sacrée) et le film de kung-fu cher à Bruce Lee. Car si sur grand écran, le chilien, auteur du sublime Santa Sangre osa en 1970 le seul et unique western ésotérique de l'histoire du cinéma, ce parangon allait trouver sa formule télévisée à travers Kung-Fu et ses admirables interprètes que furent David Carradine et Keye Luke...

mardi 7 février 2017

Cycle Larry Cohen - Q (1982) - ★★★★★★☆☆☆☆



Premier article du cycle consacré au cinéaste américain « Larry Cohen ». L'homme derrière lequel se cache la création de la célèbre série des années soixante Les Envahisseurs avec Roy Thinnes dans le rôle de David Vincent. L'homme qui écrivit également les scénarios de Phone Game et Cellular. En tant que réalisateur, les amateurs de films d'horreur le connaissent sans doute pour sa trilogie It's Alive (Le Monstre est Vivant et ses deux séquelles), mais pas seulement. Car on le connaît pour avoir également tourné quelques curiosités telles que God Told Me To ou ce Q dont il s'agit ici. Chez nous, le film est sorti sous le titre Épouvante sur New-York. Un titre beaucoup plus proche de ce que peuvent ressentir les habitants d'une ville aux prises avec une créature ailée qui tue pour se nourrir et vit au sommet d'une immense tour où repose un œuf prêt à éclore.
En vedette, David Carradine, le petit scarabée de la série Kung-fu, Richard Roundtree, l'un des plus célèbres représentants de la vague « Blaxploitation », mais aussi et surtout Michael Moriarty dans le rôle d'une petite frappe sans envergure, complice d'un hold-up raté et surtout, seul à connaître l'endroit où vit la bête qui a déjà fait plusieurs victimes.

Pas facile d'endosser le costume d'un poltron qui chiale dans les jupe de sa compagne. Un lâche doublé d'un idiot puisque son personnage, persuadé d'avoir droit à l’immunité, va communiquer ses informations en échange de quoi, il devrait obtenir, en autre, la somme d'un million de dollars. Force est de constater que l'on n'a pas le temps de s'ennuyer. Épouvante sur New-York brasse différents genres, dont l'horreur, le fantastique, la comédie et le policier. Volontaire ou pas, l'humour est bien présent. Les effets-spéciaux parfois ringards participant à cela.
L'intrigue démarre sur une légende. Ce qui laisse une impression étrange alors que le film semble prendre plusieurs directions. Mais il y a une logique là-dedans. En effet, piochant dans la culture et les légendes mexicaines, le titre original, Q, fait directement référence au serpent à plumes de l'histoire pan-mésoaméricaines. On comprend alors ce que vient faire dans l'enquête ce cadavre entièrement dépecé et les recherches qu'effectue l'inspecteur Shepard que David Carradine interprète.

L’œuvre est typique des années quatre-vingt avec ses rues de New-York brassant tout un tas d'ethnies. Un cadre urbain qui renvoie aussi bien à L'inspecteur Harry et ses suites qu'à certaines séries américaines telles que Starsky et Hutch. Afin de montrer sa créature, le cinéaste emploie deux techniques. La ,première consiste à filmer certaines parties de la bête en gros plans (surtout lors des scènes durant lesquelles elle s'empare de ses victimes à l'aide de ses griffes), et la seconde, en « stop-motion », une technique chère au célèbre concepteur d'effets-spéciaux Ray Harryhausen qui travailla sur de nombreux films en employant cette technique consistant à filmer image par image des créatures sculptées en pâte à modeler. L'effet est plutôt cheap mais relativement réussi.
Notons que la créature n'a que peu de rapport avec Quetzalcoatl (le serpent à plumes) qui donne son initiale au titre original du film. Dénué de plumes, la bête ressemble en réalité davantage à une sorte de lézard ou de dinosaure imberbe et au cuir épais.

Épouvante sur New-York n'est pas avare en terme d'effets gore puisque dès les premières minutes on assiste à la décapitation d'un laveur de carreaux. Plus tard, on assiste à divers découvertes macabres comme des ossements encore sanguinolents ou des membres arrachés tombés du ciel et jonchant les rues de New-York. Q est une honnête série B, plutôt bien interprétée et à l'intrigue suffisamment intéressante pour que l'on ne s'y ennuie pas un instant...

jeudi 31 mars 2016

Gray Lady Down de David Greene (1978)



Le sous-marin nucléaire Neptune vogue dans les fonds marins du pacifique lorsqu'après avoir fait surface, un cargo le percute violemment, le faisant couler à plus de 1400 pieds de profondeur. Le capitaine du cargo responsable de la catastrophe ordonne qu'un message d'alerte soit lancé en direction des autorités. Le Ministère de la Marine prend la décision de dépêcher sur les lieux un mini sous-marin expérimental commandé par le Capitaine Gates et assisté par Mickey, un soldat de l'armée américaine. Le capitaine Bennett quant à lui est chargé des opérations de sauvetage.

Le Capitaine Paul Blanchard commande le Neptune dont les réserves en oxygène sont estimées à quarante-huit heures. Le sous-marin demeure malheureusement dans une position qui rend délicate toute tentative d'amarrage, de plus, une partie du Neptune est noyée sous les eaux. L'équipage fait bonne figure, auprès d'un commandant qui les rassure sur leur sort. Tout le monde à bord s'organise en attendant les secours mais l'une des écoutilles séparant la salle de commandement aux parties immergées commence à montrer des signes de faiblesse...

La star Charlton Heston qui a déjà derrière lui une solide carrière d'acteur est un habitué des situations difficiles. Habitué des films catastrophes (on a pu le voir dans les classiques 747 en Péril et Tremblement de Terre) c'est lui qui est à la tête du Neptune. Un personnage solide qui montre cependant de manière réaliste ses faiblesses. Gray Lady Down est quasiment une œuvre de huis-clos, la majeure partie des séquences se déroulant à bord du sous-marin. Concernant celles tournées à bord des deux navires de l'Armée américaine, on doit la possibilité au cinéaste David Green de tourner à bord de l'USS Pigeon et l'USS Cayuga, la généreuse autorisation du ministère de la Défense et de la Marine américaine. Les mauvaises langues diront qu'il y a là, l'opportunité de faire de la propagande dissimulée, mais qui sait.

L'essentiel demeurant dans ce récit tragique rappelant des catastrophes alors, passées et à venir, témoignant de la solide constitution mentale d'hommes naviguant sous les eaux profondes d'un océan malgré tous les dangers que cela implique. Et comme les héros ne sont jamais véritablement infaillibles autrement que dans les bandes-dessinées de super-héros, le personnage campé par Charlton Heston fini par douter lui même des chances qu'ont ses hommes de revoir un jour la lumière du soleil. Le rôle de la femme dans Gray Lady Down se cantonne à celui d'épouse. Elle n'est en effet jamais représentée autrement quand l'homme, lui, se retrouve confronté à son statut de mal dominant. Entre un David Carradine auréolé du statut de véritable héro se sacrifiant pour la survie d'une quarantaine d'homme et un Stacy Keach, capitaine et commandant les opérations de sauvetage, le torchon brûle à une ou deux occasions. Mais rien de grave puisque tout rentre dans l'ordre de manière assez efficace. Il ne faut surtout pas égratigner l'image de l'Armée américaine.

Curieusement, et contrairement à des œuvres aussi émotionnellement fortes que le Das Boot de Wolfgang Petersen ou le U-571 de Jonathan Mostow, le climat du film de David Greene n'est pas aussi angoissant que l'on aurait pu croire. Ménageant peut-être un peu trop ses effets, l'inquiétude qui aurait dû normalement s'installer dans l'esprit du spectateur n'est pas aussi prégnante qu'elle l'aurait été si davantage d'événements internes au sous-marin avaient eut lieu. Toutefois, Gray Lady Down demeure quand même un bon film qui fait tout de même pâle figure devant l'excellent L'Aventure du Poséïdon sorti six ans plus tôt. A voir tout de même pour compléter sa collection...
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