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mercredi 22 mars 2023

Cigarette Burns (2006) & Pro-Life (2007) de John Carpenter

 


 

Outre ses longs-métrages, outre des courts réalisés entre 1962 et 1969 et outre quelques clips musicaux, John Carpenter réalisa en 2006 et 2007 deux moyens-métrages au bénéfice de l'anthologie Masters of Horror. Le premier, intitulé Cigarette Burns, met en scène l'acteur Norman Reedus, plus connu pour avoir endossé le costume relativement crasseux du biker spécialiste de l'arbalète Daryl Dixon dans la série d'horreur The Walking Dead. Dans ce moyen-métrage d'une durée de cinquante minutes, il incarne Kirby Sweetman dont la spécialité est de dénicher des films rares et donc relativement difficiles à trouver. Et parmi ceux-ci, La Fin absolue du monde (qui donne son nom à la version française) dont la réputation lui a valu de disparaître des radars puisque tous ceux qui ont eu l'occasion de le découvrir se sont entre-tués. Chargé par le collectionneur Bellinger (l'acteur allemand Udo Kier) de mettre la main sur le film dont les bobines furent très officiellement détruites, Kirby voyage à travers le monde afin de rencontrer celles et ceux qui pourraient l'aiguiller dans ses recherches. Difficile de retrouver la patte de l'auteur de Christine, de The Thing ou de New York 1997 dans cet épisode de l'anthologie. Œuvre marquée par la présence de Norman Reedus qui quelques années avant de se laisser aller (son personnage de Daryl dans la série The Walking Dead s'avère frileux à l'idée de se laver) apparaît étonnamment propre sur lui, Cigarette Burns offre une mise en abyme du cinéma avec cette histoire un peu folle de film devenu maudit après qu'un ange ait été tué lors de son tournage. Le moyen-métrage évoque l'emprise d’une œuvre sur ceux qui ont eu les honneurs d'une projection. Avec tout ce que cela évoque comme inconvénients. De là à fantasmer sur les répercussions que purent avoir dans la vie réelle certaines créations sur des individus perturbés et d'y voir une certaine corrélation avec le récit, il n'y a qu'un pas que John Carpenter franchi plus ou moins timidement. Pas de débordements sanglants, mais une ambiance parfois volontairement poisseuse bien que son statut de simple épisode d'anthologie horrifique ne permet pas à Cigarette Burns d'offrir aux spectateurs une esthétique à la hauteur de ce que ce maître incontesté de l'horreur qu'est John Carpenter fut généralement capable de nous livrer...


L'année suivante, Big John offrait à nouveau ses services à Masters of Horror avec Pro-Life (ou Piégée à l'intérieur dans l'hexagone). Dans ce moyen-métrage d'une durée de cinquante-sept minutes, le réalisateur confronte l'actrice Caitlin Wachs, qui interprète ici la jeune Angélique, à Ron Perlman qui dans le rôle de son père Dwayne, refuse que sa fille avorte de l'enfant qu'elle attend. Œuvre horrifique aux multiples facettes, Pro-Life évoque le fanatisme religieux d'un père de famille qui à cette occasion enrôle ses trois fils afin de pénétrer la clinique où attend sa fille d'être débarrassée du bébé qu'elle porte. Le moyen-métrage en profite bien évidemment pour évoquer le sujet de l'avortement. Mais John Carpenter n'étant pas du genre à se contenter de la basse-besogne consistant à simplement évoquer un fait de société, le Mal s'insinue donc forcément au cœur de l'établissement et donc, de l'intrigue. MIEUX ! C'est bien dans le ventre de l'adolescente elle-même qu'il se niche puisque l'on découvrira qu'Angélique porte l'enfant du Diable qui la viola peu de temps auparavant. Débarquant le ventre à peine rebondit, la grossesse prend rapidement des proportions démesurées tandis que dehors, Dwayne et ses trois rejetons se lancent dans un raid meurtrier. John Carpenter semble emprunter l'idée au chef-d’œuvre de Roman Polanski Rosemary's Baby même si la finesse est ici aux abonnés absents. Exit l'horreur psychologique et les tensions qui en découlent. On retrouve le versant gore qui tâche (à la manière d'un Vampires à l'ambition revue nettement à la baisse). Avec sa gueule et sa manière de soliloquer, Ron Perlman incarne un père de famille acceptable même si son attitude fait généralement sourire. Imaginez, le type explose la tête d'un agent de sécurité (à grands renforts de CGI) avant de demander des comptes au directeur de l'établissement sur lequel il pratiquera un avortement (une séquence qui n'est, malheureusement, pas jusqu’au-boutiste puisque filmée dans le dos de Ron Perlman). Si le maquillage du Diable est plutôt convainquant, le montage de Pro-Life s'avère assez curieux. Des rencontres inopinées entre le Dieu des Enfers et d'hypothétiques victimes dont la mort ne s'affichera malheureusement pas à l'écran. À ce titre, le récit comporte une coquille de taille puisque Dwayne ''devine'' la mort de l'un de ses fils alors même que ce dernier meurt sans que son père ait assisté à son décès ! Trop long malgré son format, les quelques séquences gore ou encore le bébé (pâle copie de la tête/araignée de The Thing) se traînant au sol avant de se prendre une balle en pleine tête ne suffisent pas à faire de Pro-Life une œuvre digne de son auteur...

 

vendredi 8 novembre 2019

La Guerre des Mondes de Howard Overman (2019) - ★★★★★★★☆☆☆



Coïncidence ou guerre déclarée entre les chaînes Canal + et TF1 ? Toujours est-il qu'une fois de plus, ce sont les spectateurs qui sortiront vainqueurs de cet affrontement qui, comme l'indique le calendrier des diffusions, oppose deux séries inspirées d'un même ouvrage : The War of the Worlds de l'écrivain britannique H.G.Wells, tout d'abord adapté sur grand écran à deux occasions. Le premier long-métrage en 1953 avec l’œuvre éponyme de Byron Haskin, puis, bien plus tard, avec celle de Steven Spielberg en 2005. Pour rappel, la toute première adaptation ne fut en réalité pas celle qui sortit sur les écrans dans les années cinquante mais la version radiophonique d'Orson Wells. Mais ça, c'est une autre histoire. En 2019, donc, ça n'est pas une mais deux variations d'un même thème que nous proposent la Grande Bretagne d'un côté, et cette même Grande Bretagne accompagnée de la France et des États-Unis de l'autre. Nous reviendrons sur la première dans le prochain article pour nous consacrer dans celui-ci sur la seconde. Une production internationale ambitieuse mais sur laquelle les fans du roman de H.G.Wells auront sans doute beaucoup de choses à dire. Car s'il est une évidence qui saute très rapidement aux yeux, c'est le grand écart opéré par la série La Guerre des Mondes vis à vis du roman. En effet, par rapport à ce dernier, cette série constituée pour l'instant d'une saison de huit épisodes (la seconde étant en préparation) est très éloignée du roman. Au point que l'on se demande dans quelles mesures son créateur, l'auteur britannique Howard Overman, ne s'est pas tout simplement servi du prestige qu'entoure le nom du roman de H.G.Wells pour s'assurer l'attention du public.

Si dans un premier temps, la chute de très nombreuses ''météores'' rappelle ostensiblement le début du roman The War of the Worlds, la suite prend par contre des chemins de traverse qui entraînent les spectateurs dans une aventure plus proche de la série Falling Skies de Robert Rodat ou de Colony de Carlton Cuse et Ryan Condal que de l’œuvre de l'écrivain britannique. Comme nous le verrons dans le second article consacré à cette double adaptation du roman de H.G.Well sortie cette année, il subsiste de très nombreuses différences entre la création Canal + et la mini série diffusée pour la première sur la chaîne britannique BBC One. La Guerre des Mondes s'inscrit dans un contexte contemporain qui de fait, l'éloigne très nettement des préoccupations qui couvraient une partie du roman original. Alors que dans ce dernier H.G.Wells soulignait notamment l'impérialisme occidental, la série de Howard Overman se penche quant à elle forcément sur des thématiques bien différentes comme l'immigration, à travers le personnage de Kariem Gat Wich Machar qu'interprète avec subtilité l'acteur Bayo Gbadamosi. À production internationale, casting international. C'est ainsi donc que vont se côtoyer des interprètes (et donc des personnages) d'origines diverses. L'Irlandais Gabriel Byrne, l'américaine Elizabeth McGovern, la britannique Natasha Little ou encore les français Léa Drucker et Adel Bencherif pour les récurrents.

L'une des principales critiques généralement formulées demeure dans le rythme imprimé à cette saison dont la durée est, il est vrai, disproportionnée en comparaison des enjeux qui y sont déployés (chaque épisode durant une moyenne de quarante-cinq minutes, je vous laisse faire le calcul). Que Howard Overman ait choisit d'organiser son œuvre autour de ses personnages en privilégiant tout d'abord leur caractérisation est une chose. Mais de là à tourner en rond en omettant (presque) de faire évoluer le récit autour de son invasion extraterrestre s'avère parfois très gênant. De plus, ceux qui connaissent bien la série Black Mirror sentiront sans doute comme moi un certain malaise devant les seules créatures exhibées dans cette première saison et qui font furieusement penser à celles de l'excellent épisode MetalHead réalisé par David Slade et diffusée pour la première fois voilà deux ans. On pourra également regretter le fait que la production ait fait preuve d'une économie de moyens assez importante en matière d'effets-spéciaux. À titre d'exemple, la séquence tant attendue de l'explosion du champ magnétique créé par les entités extraterrestres que le spectateur n'aura pas la chance d'observer, l'auteur préférant les enfermer dans le noir auprès de divers protagonistes.

Mais à côté de ces différentes failles qui ne feront pas de cette première saison prometteuse l'inoubliable adaptation d'un roman culte de la science-fiction, on pourra tout de même louer le travail effectué sur les dialogues et le professionnalisme de ses interprètes. En effet, qu'il s'agisse de Léa Drucker et Adel Bencherif, de Gabriel Byrne, ou d'autres tels que Stephen Campbell Moore, Stéphane Caillard ou encore de l'inquiétant Mathieu Torloting, chaque interprète y incarne son personnage à la perfection. Quant aux décors, désolés et parfois anxiogènes, s'ils ne surpassent ni n'égalent ceux d'un Walking Dead jusqu'auboutiste, ils se révèlent suffisamment crédibles pour plonger le spectateur dans une aventures parfois riche en émotions. En espérant que les auteurs de la seconde saison aient pris conscience des erreurs faites sur la première et nous offrent un spectacle digne du matériau d'origine...

samedi 30 juin 2018

La voie du Tigre, le signe du Dragon (épisode pilote de la série Kung-Fu - 1972)



Il m'arrive parfois de m'emballer un peu trop rapidement. De surévaluer une œuvre. Mais là, non, je suis certain de mon fait. Donner du bonheur au spectateur en véhiculant un message, simple, réconfortant, telle devrait être la mission de toute série. De tout long-métrage. La prise de risque ici, est énorme. On la dirait insurmontable, surtout qu'en comparaison, Kung-Fu est aussi contemplatif que sont très souvent exubérantes la plupart des séries télévisées. Surtout depuis un certain nombre d'années où produire pour le petit écran revêt autant d'importance que pour le grand. Quelle mouche a bien pu piquer le producteur et scénariste américain Ed Spielman et l'acteur sino-américain Bruce Lee pour envisager une seule seconde que la série incarnée par l'acteur David Carradine, lui-même 'habité' par le personnage de Kwai Chang Caine, pourrait avoir du succès ? Car il fallait oser imposer un tel personnage. Élève d'un monastère shaolin, élevé par des prêtres prônant aussi bien l'amour et le respect de leurs semblables que celui de la nature. Kwai Chang Caine, ce fugitif, accusé de meurtre dans son pays d'origine, la Chine, réfugié aux États-Unis où vivent là-bas ses semblables. Lesquels sont victimes de l'homme blanc. Rien qu'à travers son titre La voie du Tigre, le signe du Dragon, ce pilote d'une série au final constituée de soixante-deux épisodes divisés en trois saisons demeure à lui seul tout un programme. Et sous ce titre, c'est tout un pan du monachisme shaolin qui nous est révélé avec une pudeur presque déconcertante.

Comme cela sera l'habitude durant le déroulement de la série, nous découvrons un Kwai Chang Cain adulte, débarquant d'un désert qu'il a traversé pour aboutir dans le cas présent, dans une petite ville de l'ouest américain. C'est là qu'il fait la connaissance d'un vieil homme chinois qui l'aide à trouver un travail. Le voici désormais employé à la construction d'une ligne de chemin de fer. Tous ceux qui travaillent là sont comme Caine : chinois. Le responsable du projet ainsi que ses hommes lourdement armés sont tous américains. Les tensions sont nombreuses entre blancs et 'bridés'. Surtout depuis qu'il a été découvert que la colline que les ouvriers doivent creuser afin d'y aménager la voie de chemin de fer contient des poches de gaz très dangereuses. Bientôt, tous découvrent que Caine est un prêtre Shaolin. C'est sur lui que se reposent désormais les ouvriers contre le consentement du responsable du chantier qui apprend bientôt que le nouveau venu est recherché dans son pays pour meurtre...

La série Kung-Fu est l'expression même du Zen. Contemplative, et d'une profondeur incroyablement touchante de par les vertus qu'elle véhicule, les aventures de Kwai Chang Caine prônent la tolérance envers son prochain quel qu'il soit. Même si ce fait n'est pas encore véritablement établi dans cet épisode pilote, les vertus des enseignements prodigués par son maître à penser offrent au héros des capacités hors du commun telles que la médecine traditionnelle chinoise, la survie en milieu hostile (comme on le découvre dans cet épisode, Kwai Chang Caine est capable de déceler sous le sable du désert, de quoi se nourrir), et la maîtrise des arts-martiaux à travers le Kung-fu shaolin.

Ce qui stupéfait avant tout autre chose demeure dans cette immense source d'inspiration dans laquelle puise le héros lorsque surgissent les complications. A ce titre, le spectateur ne pourra rester insensible devant les préceptes évoqués par le vieil homme aveugle, figure remarquable de la série, et dont l'importance capitale dépasse ici le simple cadre de l'éducation de son élèvre comme nous l'apprendra la fin de cet épisode qui tient véritablement du miracle. La voie du Tigre, le signe du Dragon est une œuvre profonde. Un enseignement à l'attention de tous. Cruelle, tragique, émouvante et belle à la fois. L'embranchement parfait entre le cinéma ésotérique d'Alejandro Jodorowsky (El Topo, La Montagne Sacrée) et le film de kung-fu cher à Bruce Lee. Car si sur grand écran, le chilien, auteur du sublime Santa Sangre osa en 1970 le seul et unique western ésotérique de l'histoire du cinéma, ce parangon allait trouver sa formule télévisée à travers Kung-Fu et ses admirables interprètes que furent David Carradine et Keye Luke...

samedi 25 avril 2015

Spéciale Série: Starsky & Hutch (1975-1979) Cosmos 1999 (1975-1978)





Starsky et Hutch :


L’un est blond, l’autre brun. L’un est plutôt calme et réservé, l’autre extraverti. Ces deux flics au caractère bien trempé n’ont, malgré leur apparente désinvolture, aucun conseil à recevoir de leur entourage professionnel. Intègres et à la moralité sans faille, ils ne semblent avoir comme faiblesse que les quelques femmes qui vont, souvent pour une très courte durée, partager leur existence. Ces dernières sont victimes d’un tueur qui par vengeance les élimine (Amour quand tu nous tiens), Ou sont d’une jalousie maladive (Quel charme). Starsky (Paul Michael Glaser) est le propriétaire d’une très belle Ford Gran Torino à laquelle il tient plus que tout. Celle de Hutch (David Soul) et une épave et reflète bien le désintéressement de son propriétaire.


Les deux flics travaillent sous les ordres du Capitaine Dobey (Bernie Hamilton), un bon gros type qui aime les hamburgers et les sandwichs bien gras. Ils peuvent compter sur l’aide de leur ami Huggy (Antonio Fargas), propriétaire du bar « Les Bons Tuyaux » et accessoirement indicateur des deux policiers. 


La série comprend quatre saisons et comptabilise ainsi quatre-vingt-douze épisodes. On y croise des « guest » célèbres comme « l’immolé » Richard Lynch, dans trois épisodes dont le tout premier de la série et surtout le très marquant Quadrature qui épouse les formes du genre Epouvante. Robert Loggia dans deux épisodes dont Tant va la Cruche à l’eau ou encore Melanie Griffith, John Caradine, Dee Wallace, et John Saxon pour l’excellent Vampirisme.


Starsky et Hutch demeure encore aujourd’hui un classique en matière de série policière américaine et à même  droit à une adaptation cinématographique malheureusement peu flatteuse qui n’a pas su mettre en image ce qui faisait la personnalité de nos deux héros. Le film en effet fait passer les deux policiers pour de fieffés crétins, ce qui n’était pas le cas de la série qui réussissait à faire la part des choses entre l’humour enfantin des deux personnages et leur capacité à assumer leur rôle de flics…





Cosmos 1999 :




Producteur d’une dizaine de séries télévisées, le britannique Gerry Anderson est surtout connu pour avoir produit trois des plus illustres d’entre elles dans les années 60/70. La première mettait en scène des marionnettes et est connue chez nous sous le titre Les Sentinelles de l’Air. Quatre années plus tard sort UFO, Alerte dans l’Espace qui se trouve être la série à l’origine de celle qui nous intéresse ici, Cosmos 1999.

Cosmos 1999 demeure encore aujourd’hui comme une œuvre phare de la science-fiction même si elle est, avouons-le, plutôt kitsch.



L’homme semble avoir trouvé le moyen de pallier à la prolifération des déchets nucléaires sur notre planète en les stockant sur la Lune. La base lunaire Alpha déjà installée non loin de l’entrepôt accueillant les déchets va cependant connaître un sort peu enviable : une explosion provoque la désorbitation de la Lune et les 311 occupants de la base vont ainsi errer dans le cosmos et devoir faire face à d’innombrables dangers.



Cosmos 1999, c’est tout d’abord un trio de personnages principaux attachants campés par les excellents Martin Landau et Barbara Bain (qui à l’époque étaient en couple) ainsi que Barry Morse. Un commandant, un docteur et un professeur qui vont avoir fort à faire durant les deux saisons et les 48 épisodes que dure la série. L’un des points essentiels de Cosmos 1999 est  l’aspect clairement philosophique de toute une partie des épisodes. En effet, il n’est pas rare de croiser des personnages « new age » dans des décors qui le sont tout autant avec, en point de mire, des réflexions sur l’existence même de la vie. La première saison reste la meilleure des deux, la seconde incluant le personnage de Maya, un « métamorphe » capable de changer de forme à sa guise. Cosmos 1999 finit à la longue par devenir relativement redondant dans le traitement des sujets. Il arrive même parfois que deux épisodes soient pratiquement identiques. C’est à se demander si les scénaristes qui œuvraient sur la série n’avaient pas des soucis d’inspiration…



Revoir Cosmos 1999 aujourd’hui est réjouissant. Si les effets-spéciaux paraissent logiquement dépassés en regard du spectacle auquel on assiste aujourd’hui, un certain attachement aux personnages et à l’environnement tout aussi inquiétant que merveilleux cultivent l’intérêt pour cette fantastique série de science-fiction…

lundi 13 avril 2015

Spéciale Série: Noires Sont Les Galaxies de Daniel Moosmann



Un soir, Patrick, médecin généraliste, est témoin d'une agression sur la personne de Coretta. Victime du tenancier d'une boite de nuit dans laquelle la jeune femme travaille, elle est sauvée par Patrick qui se mèle de la dispute. Une bagarre s'engage alors entre les deux hommes mais Belloni, l'agresseur, prend le dessus. Il sort un couteau mais au moment où il s'apprête à l'utilier sur Patrick, celui-ci frappe Belloni à l'aide d'une pierre. Le tenancier étrangle Patrick, et c'est Coretta qui dans un sursaut s'empare du couteau et le plante dans le dos de son patron. L'homme meurt sur le cou. Arrive alors un inconnu qui propose un étrange marché au médecin et à la jeune femme : Il leur propose de les débarrasser du corps de Belloni. Ils acceptent.


Patrick invite Coretta à venir se réfugier chez lui. Ils passent la nuit ensemble et décident de ne plus se quitter. Plus tard, Coretta retrouve l'inconnu de la veille qui lui propose cinquante mille francs en échange du cadavre d'une jeune femme de vingt-cinq ans. Patrick travaille la nuit dans un hôpital, juste à côté de la morgue. Lorsque Coretta lui parle de son projet, il refuse de l'aider à voler un cadavre. Mais quand la jeune femme retourne voir l'inconnu, celui-ci se fait pressant. Il la menace de lui faire prendre la place du cadavre qu'il lui a demandé si elle ne lui en trouve pas un dans les plus brefs délais. Inquiéte, Coretta en parle à Patrick, bien décidé à venir en aide à celle dont il et tombé amoureux...


Réalisée par Daniel Moosmann la série télévisée Noires Sont Les Galaxies est surtout connue des plus anciens pour avoir été à l'origine de crises d'effroi lors de sa diffusion en 1981 sur Antenne2. Durant quatre épisodes d'une durée moyenne de cinquante minutes, on suit les aventures périlleuses d'un interne et d'une ancienne strip-teaseuse de boite de nuit face à l'invasion d'extraterrestres tantôt amicaux, tantôt belliqueux. Deux espèces en exile sur notre planète et qui sur Terre continuent à se faire la guerre : Les pacifiques Exis et les inquiétants Inx. Durant le premier épisode, tout le mystère qui entoure la disparition de cadavres et celui de cet inconnu qui rode autour de la morgue, prêt à payer pour emporter des cadavres avec lui est conservé . Par la suite, les événements vont se déchainer. Les effets-spéciaux rudimentaires suffisent pourtant à créer un certain malaise d'autant qu'une grande partie des scènes fut tournée de nuit. Certains décors sont sinistres, à l'image de ce village-fantôme et de son usine désaffectée où s'y passent d'étranges choses. 


L'élément le plus anxiogène demeure cependant la bande-son lugubre qui parcourt l’œuvre toute entière. La lente évolution du récit n'est pas une gène en soit puisqu'elle crée une tension permanente qui culmine parfois dans des proportions rarement vues à la télévision (découverte des cadavres éventrés dans le château, la scène de la piscine entre Mme Genson et Patrick, etc...), surtout à l'époque. Richard Fontana, Catherine Leprince et François Perrot sont les principaux interprétes de cette série de science-fiction matinée d'épouvante.
On retrouve également l'actrice britannique Catriona MacColl, bien connue des amateurs d'horreur transalpine puisqu'elle fut l'actrice principale de trois des œuvres les plus marquantes du cinéaste italien Lucio Fulci (Frayeurs, L'au-delà et La Maison Près Du Cimetière).

La série Noires Sont Les Galaxies a peut-être aujourd'hui perdu de l'impact émotionnel de l'époque mais a conservé  l'aspect mystérieux et angoissant du sujet. A noter que le récit ressemble beaucoup à l'un des grands classiques américains de science-fiction, L'invasion Des Profanateurs De Sépultures...

mercredi 22 janvier 2014

Les Petits Meurtres d'Agatha Christie



La série de téléfilms Les Petits Meurtres d'Agatha Christie est une adaptation des romans du célèbre auteur anglais du même nom. Plus connue pour avoir été adaptée au cinéma par de grands cinéastes (Le Crime de l'Orient-Express de Sidney Lumet, Mort sur le Nil de John Guillermin ou encore Meurtre au Soleil de Guy Hamilton), Agatha Christie est mise à l'honneur, ici, à travers une excellente série. Cette première saison met à l'honneur le commissaire Larosière et son assistant, l'inspecteur Lampion. Constituée de onze épisodes majoritairement mis en scène par Eric Woreth, la série Les Petits Meurtres d'Agatha Christie parvient à allier l'humour au suspens à travers ce duo de flics irrésistible campé par les impeccables Antoine Duléry et Marius Colucci. Si le premier a déjà une longue carrière d'acteur au cinéma, il en va autrement pour le second qui n'est autre que le fils du plus célèbre humoriste français : Michel Coluci dit, "Coluche", et qui en un peu moins de vingt-cinq ans n'a tourné qu'une quinzaine de films.

Les Petits Meurtres d'Agatha Christie n'est en réalité par la première apparition d'Antoine Duléry et de Marius Colucci dans la peau du commissaire et de l'inspecteur puisque trois ns plutôt déjà, en 2006 donc, les deux acteurs ont été réunis pour incarner les personnages d'Agatha Christie dans la mini-série en quatre partie Petits Meurtres en Famille, qui, à la différence des Petits Meurtres d'Agatha Christie, conte un ,seul et même récit, adapté du roman Le Noël d'Hercule Poirot.

Si ce téléfilm était déjà de bonne facture, la présence de Robert Hossein, Bruno Todeschini, Elsa Zylberstein n'y étant pas étranger, c'est assurément la série qui nous intéresse ici qui laisse éclater le brio du duo principal.

En effet, c'est l'antinomie de ces deux personnages qui fait la force du binôme. Entre l'arrogance liée au statut de policier français numéro de Larosière et l'effacement dont fait preuve eut égard à son supérieur de la part de Lampion, c'est à perpétuel jeu de chamaillerie auquel l'on assiste avec très souvent, une propension à se mettre du côté de l'inspecteur plutôt que de celui du commissaire. Un peu à l'image de Monk et de son personnage émouvant, plein de tocs mais d'une avarice extraordinaire et déplaisante, le commissaire Larosière est un homme au fort caractère et au charisme évident. Imbu de sa personne, il reconnaît le talent de son subalterne mais n'hésite jamais à le blesser et même à le rabaisser plus bas que terre lorsqu'il estime que l'enquête n'avance pas assez vite. Fier et très sûr de lui, il aime les femmes, beaucoup, passionnément même, et traîne très souvent du côté d'une maison close tenue par une très bonne connaissance à lui.

Lampion, lui, n'a pas la moindre ascendance sur son supérieur. Commun, d'abord insignifiant, il va pourtant gagner ses gallons à force de courage, d'abnégation et d'obstination. Homosexuel, on sent pointer chez lui plus qu'une admiration pour le commissaire Larosière même si jamais aucun événement ne vient appuyer ouvertement cette curieuse impression que Lampion est amoureux de son supérieur.

 Antoine Duléry charme et agace en même temps. Marius Colucci reste du début à la fin tel que son personnage se doit d'être. Calme, ouvert, généreux, il est le compagnon de route rêvé. Duléry est comme un père, un cataliseur, avec ses qualités mais aussi ses défauts. Chacun possède une force et une faiblesse qui, assemblées les unes aux autres créent un duo de choc irrésistiblement drôle. De plus, les épisodes sont rondement menés, on se passionne pour ces intrigues parfois tarabiscotées. On en devine parfois des solutions qui se révèlent en fin de compte très éloignées de la vérité, et c'est aussi pour cela que l'on aime Agatha Christie.

Bref, Les Petits Meurtres d'Agatha Christie est une totale réussie. On regrettera juste q'uil n'y ai que onze épisodes...


lundi 21 octobre 2013

Spéciale Série: Sueurs Froides




Sueurs Froides est une série française datant de 1988 et basée sur le recueil de nouvelles Crimes Parfaits Et Imparfaits de Louis C. Thomas. Elle fut diffusée entre février et juin 1988 sur la quatrième chaîne Canal+. Disponible en un triple dvd regroupant l'intégralité des 18 épisodes, elle avait comme particularité d'être chaque fois introduite par le cinéaste Claude Chabrol. Si dans le fond les histoires revêtaient l'apparence de courts métrage policiers, certains baignaient dans une aura fantastique et surréaliste assez bluffants pour l'époque.
Afin d'honorer une série qui marqua la jeunesse des quarantenaire et quinquagénaires actuels, voici un petit résumé de quelques épisodes d'une série devenue culte au fil des années...


Le Chat Et La Souris
Ce tout premier épisode pose les bases de ce que sera la série. Soit un épisode au climat inquiétant, presque irréel, où les ombres ont presque autant d'importance que les éclairages. Interprété par le duo Thierry Lhermitte-Véronique Genest, le scénario de Le Chat Et La Souris est pourtant des plus basique. Un pharmacien découvre que sa femme le trompe. Et comme celle-ci ne veut pas donner le nom de son amant à son époux, ce dernier use d'un stratagème particulièrement inventif pour obtenir ce qu'il désire. Plongé dans une ambiance sombre, l'épisode rode plutôt bien la série et donne envie d'en découvrir d'autres. On remarquera la discrète présence de Jean-Guy Fechner des Charlots dans le rôle d'un policier.


La Sublime Aventure
Interprété par Guy Marchand, cet épisode démarre en trombe avec une ambiance glauque et moite. S'ensuit une série d'images surréalistes filmées en un lieu imprécis que l'on devine être un hôpital psychiatrique. Murs blancs, infirmiers en blancs, malades en blanc. Le pauvre héros de cette histoire se retrouve engoncé dans une camisole après avoir affirmé à la police que sa femme a disparu après s'être sublimée ! La suite est à l'avenant de la stupeur qui entoure le scénario. Fernand découvre que son épouse a été victime d'un virus qui commence à faire des ravages : la sublimite ! Mais personne ne semble vouloir l'entendre ni l'écouter. Malgré les preuves qui l'innocentent, Fernand reste enfermé ! A moins qu'il ne s'agisse d'un rêve ? 


La Chute
Jacques Chalmont reçoit un coup de téléphone de sa fille Fanny. La jeune femme n'en peut plus. Son mari a été une fois de plus violent et l'a battue. Elle se réfugie alors avec leur fille chez son père. Dès le lendemain, le mari vient récupérer leur fille et menace Fanny au téléphone, et l'oblige à revenir chez eux. La raccompagnant jusqu'à son domicile, Jacques sent bien qu'elle est en danger. C'est alors qu'il décide de se débarrasser de son beau-fils. Michel Galabru et Zabou Breitman sont les principaux interprètes de cette vicieuse machination dont les conséquences vont être lourdes pour le père de Fanny.
Bon épisode, beaucoup moins aventureux que les deux précédents mais voir Michel Galabru cabotiner comme il le fit deux ans plus tôt dans le Kamikaze de Didier Grousset.

Dernier week-end
Arielle Dombasle, Philippe Khorsand, Monique Tarbès et Philippe Brizard sont les interprètes de cette campagnarde histoire de vengeance. Un couple installé dans une cabane de pêcheur. Un lac. Une voisine un peu trop envahissante. Deux pêcheurs. Et l'amant de la femme. Le mari a cessé de boire depuis un très grave accident qui a coûté les jambes à sa femme. Julie est bien décidée à faire payer à Philippe cette tragédie. Mais seule elle ne peut rien faire. Alors Maurice, son amant, va l'aider à se débarrasser de son mari en faisant croire à un accident de pêche.
Une idée sympathique et un twist final intéressant pour une interprétation tout juste acceptable de la non-actrice Arielle Dombasle. Heureusement, la présence de l'excellent Philippe Khorsand relève un peu l’intérêt.
La Belle Ouvrage
Le secrétaire général du PDL Étienne Varlon est retrouvé mort dans son bureau par son ami et député Jacques Sange, . L'homme s'est suicidé a l'aide d'un revolver après avoir laissé une lettre expliquant on geste. Ayant détourné des fonds dans les caisses du parti, il s'est retrouvé dans l'incapacité de les rembourser. Enfin, c'est ce que voudrait faire croire Henri Descouet, le secrétaire de Varlon. Car ce qui apparaît comme étant un suicide est en réalité un assassinat mis en scène par Descouet. C'et lui qui a tapé les faux aveux. Lui qui a tué d'une balle dans la tête son patron. Lui qui s'est arrangé pour que son meurtre ressemble à un suicide. Mais c'était sans compter sur l'arrivée de Jacques chez son ami. Alors que Descouet quitte la demeure, Jacques tombe sur le corps de son ami. En tombant sur les faux aveux de Varlon, il refuse que l'on sache qu'il s'est suicidé. Il prend l'arme et la lettre d'aveux avec lui et s'en va. Descouet qui a assisté à toute la scène décide de suivre Jacques qui vient de compromettre ses projets en faisant disparaître les fausses preuves du suicide de Varlon.
Excellent épisode où se côtoient des acteurs de la trempe de Jean-Pierre Bisson, Roger Dumas et Christian Clavier. Sur fond de politique, on découvre un Clavier assassin qui voit son stratagème tomber à l'eau à cause d'un ami et député un peu trop zélé. Une intéressante interprétation pour un scénario diabolique.
 
Toi, Si Je Voulais
Philippe Breugnot est un être adorable, gentil... Tellement même qu'il a tendance à se faire marcher sur les pieds sans dire un mot. Mais un jour, alors qu'il roule sur une départementale, il est stoppé par deux gendarmes à moto qui vérifient le bon fonctionnement de son véhicule. Lorsque l'un d'eux demande où Philippe a l'intention de se rendre, celui-ci refuse de répondre. Le gendarme l'accuse alors d'avoir fait du 160 kilomètres-heure alors que Philippe affirme n'avoir pas dépassé les 80. Le gendarme lui met une contravention. Révolté, Philippe s’énerve pour la toute première fois de son existence et lui lance un "crève salaud" de circonstance.
Le gendarme meurt, ainsi que son collègue. Philippe possède désormais le don extraordinaire de tuer par simple volonté, et il ne va pas se gener pour éliminer tous ceux qui vont se mettre en travers de son chemin...
Totalement absurde mais ô combien jubilatoire, cet épisode aborde un registre quelque peu usité dans cette série fantastique. Gérard Jugnot, Julie Jézéquel, Wladimir Yordanoff campe les rôles principaux de cet excellent exercice de style qui rappelle indéniablement le film Kamikaze avec Michel Galabru.

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