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samedi 18 janvier 2025

The Being de Jackie Kong (1983) - ★★★★★☆☆☆☆☆



The Being est le premier long-métrage du cinéaste, producteur et scénariste américain Jackie Kong. Comme bon nombre de films avant et après le lui, The Being explore l'éventualité d'une mutation génétique s'opérant sur l'un des habitants d'une petite ville où sont stockés des produits radioactifs et contre lesquels le maire de Spotville Gordon Lane (l'acteur José Ferrer) n'a apparemment pas l'intention de faire quoi que ce soit. Une mauvaise publicité et c'est l'économie de la ville toute entière qui en pâtira. Surtout en cette journée de festivité célébrant Pâques, l'une des plus importantes fêtes du christianisme, religion chère à une population américaine vivant recluse dans l'un des nombreux trous du cul du pays. Spotville, un coin de l'Amérique perdu, où vivent des habitants forcés de vivre aux côtés d'un important dépôt de déchets radioactifs causant de curieux phénomènes dont le dernier n'est pas des plus anodin puisque l'un de ses habitants a muté pour devenir une créature visqueuse particulièrement vigoureuse puisqu'en l'espace d'une nuit seulement, elle va faire un maximum de victimes parmi la population.

Parmi les premières d'entre elles, une poignée d'adolescents venus baiser dans un cinéma drive-in durant la projection d'un film d'épouvante. Le détective Mortimez Lutz (Bill Osco) enquête sur cette curieuse affaire qui laisse derrière elle des preuves singulières puisque des traces d'une substance verte et visqueuse accompagnent chaque meurtre. L'état d'urgence n'étant pas déclaré, Mortimez est aidé du scientifique Garson Jones (Martin landau) dans sa recherche du coupable : l'époux d'une vieille dame que les gamins du coin s'amusent à traiter de sorcière.
The Being ressemble à beaucoup de longs-métrages abordant ce même type de sujet. Alors que le Japon préfère le traiter sous l'angle du kaijū eiga (films de monstres géants), aux États-Unis et en Grande Bretagne, les cas de mutations génétiques ne sont pas rares dans le septième art et le sujet est récurrent dans les années cinquante avec quelques titres fort populaires tel que l'une des plus célèbres série de longs-métrages, la saga des Quatermass dont les origines remontent à l'année 1955. Bien que la transformation de son héros soit consécutive à un événement n'ayant aucun rapport avec la créature du film de Jackie Kong, certaines similitudes demeurent. Comme le lien très évident que l'on pourrait notamment faire entre The Being et son plus proche semblable, le film C.H.U.D que réalisera le cinéaste américain Douglas Cheek un an après Jackie Kong.

Le sujet est identique et la ressemblance frappante. Et même si C.H.U.D n'est sorti aux États-Unis qu'un an après (et le 27 février 1985 chez nous), The Being demeure bien celui qui a lancé sur les écrans de cinéma sa créature le premier. Bien qu'interprété par quelques grands acteurs américains, le film de Jackie Kong demeure en contrepartie d'une extrême faiblesse. Pas loin d'être du niveau d'un nanar, son auteur laisse en plan quelques idées évoquées et auxquelles il ne donne pas la moindre suite.
Les effets-spéciaux sont relativement sobres (pour ne pas dire) navrant et l'interprétation honnête. The Being n'est, au final, pas un très bon film. Pour autant, il conserve un certain charme. Celui de ces bandes vidéos américaines des années quatre-vingt qui mettaient en avant l'Amérique profonde. Ses snacks, ses drive-in, et son autorité...

vendredi 31 mai 2024

Terreur extraterrestre de Greydon Clark (1980), les scènes coupées... puis réintroduites...

 


 

Retour sur l'une de ces petites productions américaines de science-fiction et d'horreur qui dans les années quatre-vingt firent le bonheur des magasins de location vidéo au format VHS. Dans cet article, il ne va pas s'agir de reprendre tout ce qui a déjà été écrit mille fois mais d'évoquer les quelques coupes qui furent effectuées à l'époque et qui ne furent disponibles dans notre pays que bien des années plus tard grâce à de nouvelles éditions comme celle proposée par l'éditeur Sidonis Calysta dès le mois d'août 2021 de Terreur extraterrestre, cette excellente série B qui ne fut objectivement rien moins que la principale source d'inspiration au mythique Predator de John McTiernan presque dix ans plus tard. Dans sa version intégrale, c'est presque quinze minutes de contenu supplémentaire qui nous sont proposées. Un quart-d'heure qui à l'époque n'avait pas été doublé en français et qui est donc désormais disponible en version originale sous-titrée. C'est donc au sujet des séquences qui ont subi le plus de coupes que nous allons parler et non pas des éventuels plans isolés qui peuvent avoir été rajoutés dans les récentes éditions du long-métrage de Greydon Clark. La première intervient à environ huit minutes après le début du film lorsque après que le panneau d'affichage de la station-essence du chasseur Joe Taylor (l'acteur Jack Palance) soit visible à l'écran, le plan suivant ne s'inscrit donc plus directement à l'intérieur du magasin délabré du propriétaire mais dans les toilettes attenantes. L'occasion pour la jeune Sandy (Tarah Nutter) de rencontrer pour la première fois le sergent Fred Bobbs (Martin Landau) dans les toilettes des hommes, un ancien soldat obnubilé par la présence des extraterrestres. L'occasion également d'y découvrir tagué sur l'un des murs la phrase que ne cessera pas de citer le personnage durant le récit : ''No chance, no help, no escape''. Suit tout juste après une séquence lors de laquelle les compagnons de la jeune femme, Greg (Christopher S. Nelson) et Tom (David Caruso) prennent de l'essence, ce dernier interrogeant le premier sur ce qu'il pense de Sandy avant que celle-ci et son amie Beth (Lynn Theel) ne réapparaissent à l'image. L'on découvre alors un Tom proposant aux autres de ne payer l'essence qu'ils viennent de mettre dans le van avant que les autres ne le contraignent de changer d'avis...


La seconde séquence réintroduite dans la version intégrale se situe aux abords des lieux où un père et son fils furent attaqués par les étranges créatures volantes de forme circulaire dotées de dents voraces et d'appendices pénétrant la peau au tout début du film. L'on découvre un groupe de scouts dont le chef interprété par l'acteur Larry Storch se sépare un instant des jeunes membres après leur avoir fait un cours sur une tribu d'indiens. Quelques instants plus tard, celui-ci découvre le camping-car des deux premières victimes avant d'être à son tour attaqué par les même créatures volantes. S'ensuit la fuite des jeunes scouts lors de l'apparition hors-champ de l'extraterrestre visible uniquement sous forme d'ombre. Cette séquence objectivement bien trop longue et il faut le reconnaître, plutôt inutile permet surtout de justifier la présence du corps du chef des scouts dans la cabane que découvriront très prochainement Greg et Sandy. Cependant, un détail relativement intéressant donne tout son sens à cette séquence. En effet, comme cela arrive parfois lors de l'intrusion de phénomènes liés aux ovnis, l'usage par le chef des scouts d'une boussole dont l'aiguille censée donner le nord s'affole met en lumière des perturbations électromagnétiques. Un indice qui sera d'ailleurs reproduit lors de la prochaine séquence réintroduite dans cette version intégrale et qui interviendra quelques minutes plus tard lorsque Greg et Sandy seront isolés de leurs amis Tom et Beth...


Alors que les jeunes scouts prennent la fuite, nous retrouvons les quatre jeunes gens à bord du van et à destination d'un lac où ils ont l'intention d'aller se baigner. Contrairement aux avertissements de Joe Taylor qui leur déconseillait de se rendre au lac, dans cette troisième séquence coupée à l'origine, nous voyons Greg, Sandy, Beth et Tom se dévêtir pour aller faire un plongeon. Dans la version expurgée, il pouvait être de coutume de s'interroger face à ce curieux montage qui montrait directement Greg et Sandy séparés des deux autres. En effet, entre leur arrivée aux abords du lac et l'horrible découverte de leur cadavre dans la cabane servant de garde-manger à l'alien, Beth et Tom disparurent totalement de l'image. L'on comprend désormais pourquoi le groupe s'est retrouvé scindé en deux. Gênés par un Tom et une Beth batifolant dans les eaux du lac, Greg et Sandy choisissent d'aller faire une petite balade dans les alentours. Doté d'un poste de radio, Greg ne parvient pas à obtenir la moindre source de diffusion. Ce qui ramène bien évidemment aux mêmes événements que ceux ayant eu lieu quelques instants auparavant lors de l'usage de la boussole par le chef des scouts. L'on retrouve pour la dernière fois Tom et Beth bien vivants, allongés et s'embrassant sur une serviette de plage, puis retour de leurs deux amis qui constatent qu'ils ont disparu... En à peine une demi-heure, la version intégrale propose donc de réintroduire presque un quart-d'heure de long-métrage supplémentaire donnant pour la plupart un sens au récit. Le reste du long-métrage prendra alors la forme de l’œuvre telle que les plus anciens d'entre nous la découvrirent à l'époque de sa sortie dans les années quatre-vingt...

 

mardi 6 juin 2023

The Ghost of Sierra de Cobre de Joseph Stefano (1964) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

 

Étrange long-métrage que ce The Ghost of Sierra de Cobre tourné en 1964 par le réalisateur et scénariste Joseph Stefano dont il s'agissait là de l'unique long-métrage dans une carrière majoritairement consacrée à l'écriture de scénarii et à la production. Quelques cinéastes furent en leur temps touchés par la grâce en étant eux-mêmes auteurs d’œuvres uniques devenues mythiques. On pense bien évidemment à Charles Laughton et à son The Night of the Hunter de 1955 ou à Leonard Kastle et à son The Honeymoon Killers de 1970. Malheureusement pour lui, le long-métrage de Joseph Stefano ne connaîtra pas le même destin car qui connaît vraiment ce petit film de fantômes à part les fans purs et durs de fantastique et d'épouvante axé sur les esprits et autres ectoplasmes ? Soixante ans après sa création, c'est donc presque une découverte que ce film mettant en scène l'acteur américain Martin Landau qui jusque là a tourné dans de nombreux épisodes de séries télévisées et s'apprête à entrer dans la légende du petit écran en incarnant le personnage de Rollin Hand dans la mythique série d'espionnage Mission impossible entre 1966 et 1969 et plus tard en interprétant celui du commandant John Koenig dans la série de science-fiction Cosmos 1999 en 1975 et 1976. A ses côtés, l'on retrouve les acteurs Tom Simcox, Judith Anderson et surtout Diane Baker au cœur d'un curieux trio de personnages. La première incarne une domestique ambiguë aux services d'un couple d'époux, les Mandore, incarnés par les deux autres interprètes. Diane Baker campe le rôle de Vivia, belle et jeune épouse d'un Henry atteint de cécité depuis sa naissance, lequel est persuadé d'être harcelé par le fantôme de sa mère décédée et enterrée non loin de leur luxueuse demeure dans un caveau familial. Le spectateur sera d'emblée le témoin d'événements étranges, comme les gémissements d'une femme accentués par une bande musicale répétitive et des apparitions ectoplasmiques qui ne laissent aucun doute sur la présence d'une créature fantomatique en ces lieux. Une grande propriété évaluée à plus de sept millions de dollars. Une déclaration qui laisse ensuite supposer une éventuelle machination tentant à faire perdre la tête à Henry Mandore afin qu'il vende au plus offrant la demeure qu'il partage avec son épouse Vivia...


Tourné en noir et blanc, The Ghost of Sierra de Cobre fut à l'origine prévu pour être l'épisode pilote d'une série fantastique en devenir. Mais d'après certains échos, celui-ci était considéré comme si terrifiant que sa diffusion à la télévision américaine fut annulée. Il aura donc fallut se déplacer jusqu'au Pays du Soleil Levant pour pouvoir découvrir l’œuvre de Joseph Stefano qui devint du coup légendaire au point d'inspirer par la suite nombres de réalisateurs japonais. Une réputation qu'il est de nos jours très aisé de considérer de galvaudée tant The Ghost of Sierra de Cobre semble déficient en matière d'effroi. Surtout lorsqu'on le compare au classique de Robert Wise The Haunting qui vit le jour un an plus tôt ou aux traumatisants Burnt Offerings de Dan Curtis (1976) et The Changeling de Peter Medak (1980). Traduit chez nous sous le titre The Haunted, le fantôme de la Sierra de Cobre, le... téléfilm de Joseph Stefano semble ne pas savoir sur quel pied danser. D'apparence car même s'il s'avère hésiter entre fantastique et machination, il paraît évident que le réalisateur s'emploie à semer le doute, même de la manière la plus maladroite qui soit. Car plutôt que de maintenir le suspens quant à la supposée présence d'un esprit sur la propriété des Mandore, Joseph Stefano préfère sauter les pieds directement dans le plat en ne laissant planer aucun doute à ce sujet. Le mystère, lui, reposera sur d'autres éléments, l'objectif étant de résoudre en priorité le désordre semé par cette entité qui s'acharne avant tout sur la belle Vivia. Le film exploite relativement mal la demeure des Mandore où se situe en partie l'action (partagée entre celle-ci et la maison d'architecte de Nelson Orion qu'interprète donc Martin Landau) et nous ''fait grâce'' de ses recoins les plus sombres et donc, les plus anxiogènes. Quelques effets faciles (portes qui s'ouvrent seules, mobilier tombant au sol, etc) et apparition ectoplasmiques sont au cœur d'effets sommaires assez peu marquants d'un point de vue visuel. On peut comprendre que The Ghost of Sierra de Cobre ait pu marquer certains esprits à l'époque mais de nos jours, certainement pas. Notons le curieux montage de Anthony DiMarco qui semble s'être parfois endormi sur sa table de travail tant certains plans s'éternisent. The Ghost of Sierra de Cobre demeurera comme une curiosité dont le principal intérêt est d'y voir évoluer l'acteur Martin Landau. Pour le reste, il s'agit d'un film fantastique et d'épouvante mineur...

 

dimanche 9 septembre 2018

Zombies et autres Morts-Vivants dans les Séries Télévisées...1 (Cosmos 1999 : Tout ce qui Luit)



Après avoir consacré une série d'articles sur les Boucles temporelles dans les séries télévisées l'année dernière, je vous propose d'aborder cette fois-ci le thème du zombie (et d'une manière générale, des morts-vivants, infectés, etc...) à travers le petite écran, et ce, dans des séries qui n'ont à l'origine, pas vocation à traiter ce genre de sujet. J'en veux pour preuve le premier exemple choisit : la célèbre série de science-fiction créée par Gerry et Sylvia Anderson, Cosmos 1999. Avec dans le rôle du Commandant John Koenig, l'excellent Martin Landau. C'est au cœur du quatrième épisode de la seconde saison, qu'interviendront les créatures qui nous intéressent ici.
565 après avoir quitté l'orbite de notre planète, la Lune sur laquelle est implantée la base Alpha, se dirige tout droit vers une nouvelle planète.dont la trajectoire croise celle des Alphans, qui ne sont autre que les habitants de la base Alpha dont font partie maintenant depuis plus d'un an et demi, le Docteur Helena Russell (Barbara Bain), Alan Carter (Nick Tate), ou encore Sandra Benes (Zienia Merton), certains interprètes de la première saison ayant eu la judicieuse idée de quitter le navire comme le démontrera la baisse de qualité de cette deuxième fournée réalisée à la suite de la première entre 1976 et 1978.

Tout ce qui Luit débute à bord de l'un des aigles de la base Alpha (ces navettes permettant de naviguer hors du complexe installé à la surface de la Lune) à bord duquel ont pris place le Commandant Koenig, le Docteur Russell, Maya (nouveau personnage féminin de cette seconde saison), le pilote Nick, Tony, ainsi qu'un géologue. Alors que le Commandant confie à Tony et le Docteur Russell la surveillance de la navette, lui ainsi que Nick, le géologue et Maya se rendent dans une grotte où ils sont censés prélever un minerai extrêmement rare. Pourtant, tout ce qu'ils y découvrent, c'est une roche lumineuse dont ils prélèvent un morceau avant de le ramener jusqu'à la navette afin de l'étudier une fois retournés sur Alpha. Mais alors que Tony s'approche de la roche, il est foudroyé. Laissé pour mort, le Docteur réalise qu'en dehors du cœur qui s'est arrêté, le reste des organes vitaux de Tony fonctionnent toujours. Retournant chercher le minerai que le géologue devait prélever à l'origine, celui-ci est très vite rejoint par le Commandant Koenig, Maya et Nick.. c'est durant leur absence à bord de l'aigle que Tony se lève, apparemment contrôlé par l'étrange caillou rapporté dans la navette, lequel semble avoir conservé un lien avec la roche demeurée à l'intérieur de la grotte...

Vous l'aurez compris, ici, pas de morts-vivants sortant de leur tombe le visage décrépit et les vêtements en lambeaux. Nous retournons plutôt aux origines du mythe du zombie. Ou plutôt sommes-nous dirigés vers certains de ses aspects. Ici, pas de marabout ensorcelant sa victime mais un caillou aux propriétés étranges prenant le contrôle de l'un des alphans. Bien que l'analogie avec le mythe du zombie soit évidente, on peut également évoquer celui du vampire puisque c'est à une importante source d'énergie dont l'homme est détenteur d'un point de vue physiologique (l'eau constituant environs 60% de sa masse) et au niveau des réserves accumulées sur la base Alpha, qu'il semble vouloir s'attaquer. La résolution de l'épisode sera, comme d'habitude, le résultat d'une étude scientifique approfondie. Et puisque les alphans ne sont pas des guerriers mais plutôt des explorateurs, ils ne chercheront pas à détruire le rocher (dont le géologues découvrira les origines organiques) mais enverront à la surface de la planète au moment de la quitter à bord de l'aigle, des cristaux nucléiques actifs afin de permettre à la pluie de tomber à sa surface et ainsi nourrir le rocher dont les besoins en eau sont pressants... L'une des spécificités de cet épisode demeure dans l'absence totale de scènes se déroulant sur la base Alpha puisque l'intégralité de l'épisode fut tourné à bord de la navette et sur la surface de la planète visitée. Un épisode kitsch mais d'une assez bonne tenue si on le compare à la pauvreté de la seconde saison à laquelle il est rattaché...

Un grand merci au ZOMBLARD pour la source d'inspiration...

jeudi 20 juillet 2017

Hommage à Martin Landau: Cosmic Princess de Charles Crichton et Peter Medak (1982)



Pour la plupart d'entre nous, en France, Martin Landau, c'est d'abord et avant tout le Commandant John Koenig de la série télévisée de science-fiction, Cosmos 1999. Pour d'autres, il faudra remonter jusque dans les années soixante avec la célèbre série Mission Impossible à laquelle l'acteur américain participa entre 1966 et 1968. Plus loin encore, on pu le remarquer dans un épisode de La Quatrième Dimension, puis deux de sa principale rivale, Au-Delà du Réel. Les Mystères de l'Ouest, Au Nom de la Loi, Des Agents très Spéciaux et même Columbo bénéficièrent du passage très remarqué de Martin Landau. A partir de l'année 1975 et jusqu'en 1982, date de diffusion du quatrième téléfilm inspiré par Cosmos 1999, lesquels demeurent à chaque fois l'adaptation de deux épisodes de la série, Cosmic Princess est donc la dernière apparition du commandant Koenig, ainsi que du Docteur Helena Russell (l'actrice et ancienne compagne de Martin Landau, Barbara Bain), Alan Carter (Nick Tate) et Sandra Benes (Ziena Merton), les personnages les plus récurrents de la série puisqu'ils sont présents dans les deux saisons.
Cosmic Princess tourne en partie autour du personnage de Maya, laquelle fera partie intégrante du casting de la deuxième saison. C'est ainsi qu'on la découvre vivant sur une planète ayant connu un cataclysme terrible ayant décimé sa population. Aux côtés de son père, elle tente de maintenir une certaine cohésion climatique mais sans rien savoir des intentions de Mentor (le père en question), lequel utilise le cerveau des humanoïdes qui ont le malheur de s'approcher de la planète Psychon afin d'alimenter un ordinateur capable de la maintenir telle qu'elle est et afin d'empêcher des catastrophes naturelles de la détruire définitivement. Mentor contrôle dans les sous-sols de Psychon des prisonniers auxquels il a volé l'âme et dont il détient un contrôle total. Des dizaines de représentants d'espèces humanoïdes asservies et extrayant de précieux minerais. Lorsque plusieurs hommes de la base Alpha tombent dans le piège de Mentor, le Commandant Koenig prend la décision de leur venir en aide. Malheureusement, lui aussi tombe dans le piège. Ce n'est que grâce à l'intervention de Maya qui finit par se rendre compte que son propre père se sert de l'âme de ses prisonniers et découvre qu'il travaillent à la chaîne sous terre que la jeune polymorphe accepte d'aider Koenig et ses compagnons...

En un peu moins d'une heure trente, on retrouve l'ambiance générale de cette série de science-fiction culte et terriblement kitsch. C'est d'ailleurs ce dernier aspect qui offre à la série son aura si particulière. Des uniformes-pyjama aussi légendaires que ceux des membres de l'équipage de l'Enterprise de la série Star trek, et des personnages incroyablement attachants. Landau, Bain, tate, bien entendu, l'absence de l'excellent Barry Morse (le Professeur Victor Bergman de la première saison) se faisant par contre cruellement ressentir.
Les effets-spéciaux sont toujours à la ramasse et les décors n'ont rien perdu de leur charme. Les interprètes sont habités et en l'espace de quatre-vingt dix minutes environs, leurs personnages sont confrontés à une foule d'événements dont plusieurs attaques de Maya transformée pour l'occasion en créatures diverses. Du lion, en passant par l'aigle ou la colombe, elle arbore parfois d'improbables costumes de monstres plus ridicule que vraiment terrifiants. On regrettera sans doute l'absence du célèbre et cultissime générique composée par Barry gray mais dans l'ensemble la cohésion demeure. D'autant plus que Cosmic Princess est la réunion non pas de deux épisodes se faisant suite mais du premier de la seconde saison La Métamorphose (The Metamorph) ainsi que du quinzième, Déformation spatiale (Space Warp). Un excellent prétexte pour se replonger dans la série Cosmos 1999 et de doubler son plaisir...

mercredi 19 juillet 2017

Hommage à Martin Landau: Alone in the Dark de Jack Sholder (1982)



Alone in the Dark n'a rien à voir avec la série de jeux vidéos d'horreur français portant le même titre, ni même avec le film qu'ils inspirèrent. Non, celui dont il s'agit ici concerne l'un des tout premiers long-métrages du cinéaste Jack Sholder, celui-là même qui réalisa le second volet des aventures du croquemitaine Freddy Krugger (La Revanche de Freddy en 1985) ainsi que le remarquable film d'action et de science-fiction Hidden en 1987. Alone in the Dark est sorti chez nous sous le titre Dément dont l'absence de S demeure singulière puisque ce petit slasher américain ne met pas en scène un, mais quatre psychopathes libérés dans la nature et qui portent un intérêt certain pour leur nouveau médecin, le Docteur Dan Potter. Un médecin qui remplace au pied levé le Dr Harry Merton, lequel était chargé d'étudier plusieurs cas à l’hôpital Psychiatric Haven, mais qui depuis a quitté la ville. Le directeur de l’hôpital, le docteur Leo Bain, accueille chaleureusement Dan Potter et lui présente les quatre malades auquel il aura à faire.
Frank Hawkes, un ancien soldat paranoïaque, le prêcheur Byron "Preacher" Sutcliff (dont on appréciera le nom de famille faisant très certainement référence au célèbre tueur en série Peter Sutcliffe, également connu sous le surnom de L'éventreur du Yorkshire), un pyromane foutant le feu aux églises durant les offices, le violeur d'enfants Ronald Elster (référence au Vertigo d'Alfred Hitchcock ?) , un colosse de plus de deux-cent kilos capable de soulever n'importe quel individu comme s'il s'agissait d'une poupée de chiffon, et enfin le maniaque homosexuel Tom Bleeder Skaggs dont la particularité est d'être hémophile et de saigner du nez chaque fois qu'il étrangle l'une de ses victimes.

Avec une telle bande de givrés, on imagine forcément que le spectacle sera à la hauteur de nos attentes et pourtant, c'est la déception. Alone in the Dark exploite trop insuffisamment sa galerie de personnages en concentrant bien trop son intrigue autour du pourtant excellent acteur Dwight Schultz que l'on connaît avant tout chez nous pour l'avoir découvert dans le rôle du capitaine H.M. « Looping » Murdock dans la série culte Agence tous Risques entre 1983 et 1987. Atour de lui, plus que la galerie de personnages citée plus haut, c'est la galerie d'interprètes qui retient notre attention. Surtout les incroyables faciès de Jack Palance (Frank Hawkes), Earland van Lidth (Ronald 'Fatty' Elster), et surtout Martin Landau (Byron 'Preacher' Sutcliff) dont le sourire sinistre imprime à lui seul cette pellicule finalement assez mal fagotée, et surtout pour nous, français, terriblement mal doublée (il suffit d'entendre les voix françaises de Dwight Schultz et de Donald Pleasance (le docteur Leo Bain) pour s'en convaincre).

Martin Landau en déséquilibré, ça n'est pas la première fois. Déjà dans le film de science-fiction à petit budget Terreur Extraterrestre, l'acteur interprétait un bouseux de l'Amérique profonde assez savoureux. L'acteur y croisait d'ailleurs déjà Jack Palance. Alone in the Dark est un tout petit film d'horreur remplissant à peine son contrat d’œuvre d'épouvante. Si l'humour peine à faire sourire malgré le capital sympathie que dégage le casting, la peur et le sang ne font pas honneur au genre. Quelques passages demeurent relativement agréables à voir, mais le film est victime de trop de carences pour devenir un classique du genre. Certains semblent cependant le tenir en haute estime. Jack Sholder s'est inspiré des écrits du psychiatre écossais RD Laing, lequel affirmait que les psychotiques étaient des individus ayant de gros problèmes pour se soumettre à un monde dé&jà lui-même, psychotique. Détail amusant, l'acteur Earland van Lidth n'a bénéficié d'aucune aide en terme d'effets-spéciaux lors des scènes durant lesquelles il était chargé de porter à bout de bras ses victimes. En ancien leveur de poids, il était en effet nanti d'une force incroyable. Le célèbre maquilleurTom savini fut l'auteur des très rares effets-spéciaux gore, quant à l'apparition du tueur masqué, contrairement aux apparences, il ne fut pas inspiré par le fameux Jason Voorhees de la saga Vendredi 13...

Hommage à Martin Landau: Terreur Extraterrestre de Greydon Clark (1980)



Il y a des films sur lesquels on n'a pas forcément envie de s'étendre. De petites productions horrifiques tout droit venues des États-Unis qui ne feront jamais d'ombre aux grands classiques. Et pourtant, c'est souvent lorsqu'en pleine nuit le sommeil est agité, et que l'on a des myriades de films à chroniquer qu'une idée pas forcément intelligente nous vient à l'esprit: Donner vie à une nouvelle section. Consacrée à ces petites productions que l'on partageait entre potes il y a de nombreuses années. Cette "terreur extraterrestre" ("Without Warning" dans la langue de Shakespeare) nous plonge en pleine campagne américaine. Là où les adolescents aiment se retrouver. Et comme dans toute bonne pellicule sanguinolente, on y croise un binôme immature que l'on ne regrettera pas voir servir de diner à la créature du film. Il y a aussi les deux héros du film. Deux autres jeunes personnes qui regrettent sûrement d'avoir mis les pieds dans cette bourgade habitées par des bouseux. Il faut dire que Sandy et Greg ne s'attendaient certainement pas à tomber sur un type de la trempe de Fred "Sarge" Dobbs (l'excellent Martin Landau) en pénétrant dans le seul bar de ce trou perdu. Un shérif tout droit sorti de l'asile et qui radote son passé militaire. Un vrai dingue paranoïaque avec lequel nos deux jeunes gens vont avoir maille à partir. 
 
Car le bonhomme semble être au courant d'un fait dont les habitants du coin se gaussent. Un alien a posé son vaisseau dans les environs pour s'adonner à sa passion: la chasse à l'homme. Beth et Tom, les deux amis de Sandy et Greg, en ont déjà fait les frais. Pendus dans ce qui semble être le garde-manger de l'hostile extraterrestre; leur corps se désagrègent à la vitesse de ceux qui les ont déjà précédés. Lorsque Sandy et Greg tombent sur les cadavres de leurs amis, ils prennent la fuite et tombent justement sur le bar dans lequel le shérif Dobbs partage une partie de billard. Et c'est ici que les véritables problèmes débutent pour les adolescents.


Si Greydon Clark reste chez nous un parfait inconnu, il suffit de se rendre sur son site officiel ou sur Wikipedia pour constater qu'il s'agit d'un cinéaste, producteur, scénariste et acteur plutôt prolifique. Sauf qu'ici, on a plutôt affaire avec un cinéma fast-food. Aussi vite vu, aussi vite oublié.  
Pourtant le réalisateur semble y croire. Ou sinon, pourquoi embaucher des acteurs de la trempe de Neville Brand (le tueur cinglé du morbide "Eaten Alive" de Tobe Hooper) , Cameron Mitchell (pour une toute petite apparition au début du film), Martin Landau (qui malgré la pauvreté du scénario parvient à camper le seul rôle véritablement intéressant), ainsi que Jack Palance (qui joua dans de nombreux films dont pas mal de westerns). On croise même David Caruso dans un rôle des plus insipide avant qu'il ne se fasse connaître grâce à Abel Ferrarra et son excellent "King Of New-York" et surtout son personnage d'Horacio Caine dans la série à succès "Les Experts: Miami".


Greydon Cark surfe sur le succès du film de Ridley Scott "Alien, Le Huitième Passager" réalisé un an auparavant. Ici, pas de vaisseau, pas de planète aux paysages austères, pas de créature à la séduisante silhouette mais un alien qui ressemble à ses ancêtres des années cinquante-soixante. Un crâne bien plein mais des intentions primaires. On ne le verra qu'à la toute fin du film, ce qui ne pose pas vraiment de problème puisque le principal intérêt du film se trouve finalement dans la terreur qu'inspire Martin Landau auprès des deux jeunes héros. Si l'aspect général de l'alien est relativement sobre, on remarquera les armes qu'il emploie pour attaquer l'homme: En effet, plutôt que d'user d'armes sophistiquées, il lance sur ses proies d'étranges petites créatures qui figent leurs horribles excroissances dans la chair de leurs victimes avant de leur pomper le sang.


"Terreur Extraterrestre" se révèle être une toute petite production horrifique. Et si dès le départ on ne s'attend pas à un florilège d'effets-spéciaux et que l'on n'est pas trop regardant sur le scénario, il se peut que l'on passe un moment agréable d'autant plus que le film parvient à distiller un certain malaise à une ou deux reprises.

samedi 25 avril 2015

Spéciale Série: Starsky & Hutch (1975-1979) Cosmos 1999 (1975-1978)





Starsky et Hutch :


L’un est blond, l’autre brun. L’un est plutôt calme et réservé, l’autre extraverti. Ces deux flics au caractère bien trempé n’ont, malgré leur apparente désinvolture, aucun conseil à recevoir de leur entourage professionnel. Intègres et à la moralité sans faille, ils ne semblent avoir comme faiblesse que les quelques femmes qui vont, souvent pour une très courte durée, partager leur existence. Ces dernières sont victimes d’un tueur qui par vengeance les élimine (Amour quand tu nous tiens), Ou sont d’une jalousie maladive (Quel charme). Starsky (Paul Michael Glaser) est le propriétaire d’une très belle Ford Gran Torino à laquelle il tient plus que tout. Celle de Hutch (David Soul) et une épave et reflète bien le désintéressement de son propriétaire.


Les deux flics travaillent sous les ordres du Capitaine Dobey (Bernie Hamilton), un bon gros type qui aime les hamburgers et les sandwichs bien gras. Ils peuvent compter sur l’aide de leur ami Huggy (Antonio Fargas), propriétaire du bar « Les Bons Tuyaux » et accessoirement indicateur des deux policiers. 


La série comprend quatre saisons et comptabilise ainsi quatre-vingt-douze épisodes. On y croise des « guest » célèbres comme « l’immolé » Richard Lynch, dans trois épisodes dont le tout premier de la série et surtout le très marquant Quadrature qui épouse les formes du genre Epouvante. Robert Loggia dans deux épisodes dont Tant va la Cruche à l’eau ou encore Melanie Griffith, John Caradine, Dee Wallace, et John Saxon pour l’excellent Vampirisme.


Starsky et Hutch demeure encore aujourd’hui un classique en matière de série policière américaine et à même  droit à une adaptation cinématographique malheureusement peu flatteuse qui n’a pas su mettre en image ce qui faisait la personnalité de nos deux héros. Le film en effet fait passer les deux policiers pour de fieffés crétins, ce qui n’était pas le cas de la série qui réussissait à faire la part des choses entre l’humour enfantin des deux personnages et leur capacité à assumer leur rôle de flics…





Cosmos 1999 :




Producteur d’une dizaine de séries télévisées, le britannique Gerry Anderson est surtout connu pour avoir produit trois des plus illustres d’entre elles dans les années 60/70. La première mettait en scène des marionnettes et est connue chez nous sous le titre Les Sentinelles de l’Air. Quatre années plus tard sort UFO, Alerte dans l’Espace qui se trouve être la série à l’origine de celle qui nous intéresse ici, Cosmos 1999.

Cosmos 1999 demeure encore aujourd’hui comme une œuvre phare de la science-fiction même si elle est, avouons-le, plutôt kitsch.



L’homme semble avoir trouvé le moyen de pallier à la prolifération des déchets nucléaires sur notre planète en les stockant sur la Lune. La base lunaire Alpha déjà installée non loin de l’entrepôt accueillant les déchets va cependant connaître un sort peu enviable : une explosion provoque la désorbitation de la Lune et les 311 occupants de la base vont ainsi errer dans le cosmos et devoir faire face à d’innombrables dangers.



Cosmos 1999, c’est tout d’abord un trio de personnages principaux attachants campés par les excellents Martin Landau et Barbara Bain (qui à l’époque étaient en couple) ainsi que Barry Morse. Un commandant, un docteur et un professeur qui vont avoir fort à faire durant les deux saisons et les 48 épisodes que dure la série. L’un des points essentiels de Cosmos 1999 est  l’aspect clairement philosophique de toute une partie des épisodes. En effet, il n’est pas rare de croiser des personnages « new age » dans des décors qui le sont tout autant avec, en point de mire, des réflexions sur l’existence même de la vie. La première saison reste la meilleure des deux, la seconde incluant le personnage de Maya, un « métamorphe » capable de changer de forme à sa guise. Cosmos 1999 finit à la longue par devenir relativement redondant dans le traitement des sujets. Il arrive même parfois que deux épisodes soient pratiquement identiques. C’est à se demander si les scénaristes qui œuvraient sur la série n’avaient pas des soucis d’inspiration…



Revoir Cosmos 1999 aujourd’hui est réjouissant. Si les effets-spéciaux paraissent logiquement dépassés en regard du spectacle auquel on assiste aujourd’hui, un certain attachement aux personnages et à l’environnement tout aussi inquiétant que merveilleux cultivent l’intérêt pour cette fantastique série de science-fiction…
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