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mercredi 12 février 2025

Un Delitto Poco Comune de Ruggero Deodato (1988) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pour cet article, j'ai tout d'abord hésité entre une comédie française et ce que l'on pourrait comparer à une sorte de ''pseudo'' ou de ''néo'' giallo italien tant l’œuvre en question tend à s'éloigner des codes du genre pour aborder son sujet sous d'autres formes que le simple tueur en série énigmatique assassinant ses proies le visage masqué, les mains gantées de noir et à l'aide d'un couteau ou de toute autre arme contondante. D'un côté donc, L'oeil au beur(e) noir de Serge Meynard. Comédie bien de chez nous qui malgré un sujet qui persiste à faire l'actualité dans le monde merveilleux et parfois démagogique du septième art, est tout de même vieille de près de quarante ans. Incarnée principalement par Pascal légitimus, Julie Jézéquel et Smaïn en mode ''Black-Blanc(he)-Beur, le film reste sympathique même si son humour est devenu au fil du temps aussi éculé que celui du Théâtre de Bouvard qui entre 1982 et 1987 allait, sans forcément le savoir, lancer la carrière de nombre de futurs humoristes et acteurs. Mimie Mathy, le futur trio Les Inconnus, ou le duo Chevalier et Laspalès, Jean-François Dérec, Smaïn, Bruno Gaccio, Jean-Marie Bigard et des dizaines d'autres. Un film donc beaucoup trop anecdotique au regard de Un Delitto Poco Comune traduit chez nous sous le titre Le tueur de la pleine lune. Rien à voir avec la lycanthropie ou même simplement avec l'idée d'un protagoniste atteint d'hypertrichose. Non, ici, le sujet est beaucoup plus subtile et original et ferait presque regretter que le scénario de Gigliola Battaglini, Gianfranco Clerici et Vincenzo Mannino n'ait pas été plutôt confié à l'immense réalisateur et scénariste canadien David Cronenberg plutôt qu'à l'italien Ruggero Deodato. Car avec tout le respect que l'on se doit d'avoir pour l'auteur de l'un des premiers found footage de l'histoire du cinéma (le traumatisant Cannibal Holocaust en 1980), lui avoir mis entre les mains un tel script revint à gâcher tout ou partie de son potentiel dramatique. Bien que le lien qui hypothétiquement unit Un Delitto Poco Comune à The Fly (lequel vit le jour en salle un peu moins de deux ans auparavant) soit des plus minces, il est difficile de ne pas imaginer que le chef-d’œuvre du Maître incontesté du Body Horror n'ait pas inspiré les scénaristes ou le réalisateur italiens.


Si en 1986, le scénario de David Cronenberg et Charles Edward Pogue mettait en scène le scientifique Seth Brundle (magnifique Jeff Goldblum) qui après avoir expérimenté une machine de téléportation de sa propre invention se muait peu à peu en un monstrueux hybride après qu'une mouche se soit manifestement introduite dans le télépod, deux ans plus tard le héros de Delitto Poco Comune qu'allait à son tour interpréter l'acteur britannique Michael York devrait faire face à une transformation physique sans doute visuellement moins impressionnante mais dont les conséquences seraient tout aussi funestes. Alors que dans The Fly, la lente agonie du scientifique allait avoir en outre de lourdes conséquences sur sa relation passionnée avec la journaliste Veronica Quaife (sublime Genna Davis), celle de Robert Dominici et de Hélène Martell (la franco-italienne Edwige Fenech) allait elle aussi être condamnée à court terme. Quelques mois seulement, raccourcis par de grossières ellipses, contraintes par la durée pourtant raisonnable du long-métrage (quatre-vingt quatorze minutes). Delitto Poco Comune met en scène un pianiste de renommée internationale qui depuis peu se sait condamné. En effet, si la Progéria est une maladie génétique rare qui touche un nombre infinitésimal d'enfants, il est encore plus rare qu'elle se déclare chez l'adulte. Et pourtant, c'est de cela dont il s'agit. Au fil du récit, le personnage interprété par Michael York se transforme,se détériore, jusqu'à avoir le visage qui s'emplisse de rides et qu'il parvienne de moins en moins à tenir sur ses jambes. On louera d'ailleurs les effets-spéciaux de vieillissement plutôt convaincants. Du bel homme à qui tout réussi et que les femmes idolâtrent, le voici qui périclite physiquement mais aussi intellectuellement. La maladie ayant des conséquences sur son esprit, le pianiste se transforme en un tueur implacable qui, comme il le dira d'ailleurs lui-même, déteste les jeunes parce qu'ils ont toute la vie devant eux et les vieux parce qu'ils ont vécu la leur mais continuent à s'y accrocher ! Un constat terriblement tragique qui fait de Delitto Poco Comune une œuvre hybride relativement étonnante et qui malgré ses nombreux défauts de mise en scène, d'esthétique (on dirait un pauvre téléfilm du dimanche après-midi) et parfois d'écriture fait donc regretter qu'elle n'ait pas été confiée à un artiste dont la sensibilité l'aurait sans doute amenée à des sommets d'émotion auxquels malheureusement le film échappe très souvent malgré tout le talent que l'on peut prêter à sa vedette. Notons que parmi les interprètes Donald Pleasence incarne l'inspecteur Datti, chargé d'enquêter sur la série de meurtres commis par Robert Dominici (avec lequel il communique malgré tout par téléphone) et que la partition musicale fut confiée à l'excellent compositeur italien Pino Donnagio (Body Double de Brian de Palma) qui signe une œuvre parfois remarquable qui permet malgré tout au long-métrage de Ruggero Deodato de dépasser le simple stade d’œuvre surfaite. Étonnant...

 

mardi 11 juin 2024

Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers de Joe Chappelle (1995) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

J'évoquais dans le précédent article consacré à Halloween 5 : La Vengeance de Michael Myers la grande médiocrité du cinquième opus de la franchise Halloween commis par le réalisateur suisse Dominique Othenin-Girard. C'était bien entendu sans avoir vu le sixième, intitulé Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers et réalisé par un certain Joe Chappelle, auteur l'année suivante du quatrième volet de la saga Hellraiser et qui en cette année 1995 allait signer cette improbable séquelle située une nouvelle fois à Haddonfield. Comment envisager ou deviner que ce réalisateur d'origine américaine allait pousser le curseur de la médiocrité dans ses derniers retranchements ? C'est donc désormais chose faite. Cependant, Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers n'est pas tout à fait dénué de tout intérêt. Car si la mise en scène, le scénario et l'interprétation s'avèrent généralement piteux, il demeure quelques détails fort intéressants qu'il ne faudrait surtout pas passer sous silence. Car dans cette nouvelle aventure de Michael Myers, il est fondamental de prendre en considération certains choix faits par le réalisateur ainsi que par le scénariste Daniel Farrands. Comme celui de réintégrer l'un des personnages emblématiques de la franchise qui avait disparu depuis l’œuvre originale de 1978. Passons sur la ridicule introduction d'une secte de type religieuse pour nous concentrer sur ce personnage qui plus de dix ans auparavant était donc apparu très jeune à l'écran, au contact de Laurie Strode, l'héroïne du long-métrage réalisé alors par John Carpenter, laquelle était en charge de le garder tandis que le gamin s'était laissé persuadé par plusieurs de ses camarades qu'il était poursuivi par le célèbre croquemitaine. Apparaissant sous forme d'archives vidéos dans le second volet de la franchise, Tommy (alors incarné par l'acteur Brian Andrews) disparu des radars pour ne réapparaître finalement que dans ce sixième opus sous les traits de l'acteur Paul Rudd. Depuis devenu adulte, son obsession pour les événements survenus deux décennies auparavant et pour le tueur en particulier l'ont poussé à collectionner de manière compulsive tout document se référant à la tragédie et aux individus qui furent au centre de l'affaire. Dans ce sixième volet, la jeune héroïne Jamie Lloyd désormais interprétée par l'actrice J.C. Brandy ne fera pas long feu puisqu'elle sera rapidement assassinée par son oncle dans une grange. Sa mère étant prétendument décédée deux épisodes plus tôt dans un grave accident de voiture, il fallait bien donner du grain à moudre à Michael Myers en créant une fois encore un nouveau rejeton à la famille Strode en la personne de Steven, prénom donné par Tommy qui le découvrira planqué dans une armoire (!!!).


Désormais incarné par l'acteur A. Michael Lerner, le personnage du Boogeyman est au centre d'une polémique relativement brûlante et qui change selon le point de vue des producteurs et du réalisateur ainsi que celui de la version proposée. Pour bien comprendre la chose, il faut remonter au début de ce sixième chapitre lors duquel Jamie Lloyd met au monde un bébé. Considérée disparue au même titre que Michael Myers à la toute fin du précédent volet, la voici entre les mains de curieux individus encapuchonnés qui attendaient apparemment jusque là la naissance du fils de la jeune femme. Un culte druidique dont fait partie le mystérieux homme vêtu de noir qui à la toute fin de Halloween 5 : La Vengeance de Michael Myers avait aidé Michael Myers à s'échapper et avait enlevé Jamie. Le projet de cette folle et obscure organisation étant apparemment de sacrifier l'enfant de la jeune femme. Celle-ci parvenant à prendre la fuite pour se diriger vers Haddonfield, une question se pose alors : qui est le père de l'enfant ? C'est là que repose toute l’ambiguïté de cet épisode fort médiocre (et je reste poli). Car si officiellement celui-ci fut conçu in vitro à partir du sperme de Michael Myers (amusant si l'on considère dans quelles conditions sa semence a pu lui être prélevée), les producteurs envisagèrent une formule nettement plus... ''sale''. En clair, Michael aurait couché avec sa nièce qui de surcroît n'était âgée que de quinze ans !!! Imaginons un seul instant que le film soit sorti en 2024 avec l'idée très précise d'une adolescente violée par l'un des membres de sa propre famille... Hein ? Non, je l'avoue ça ne l'aurait pas vraiment fait... Quoique... Pour le reste, Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers est dans cette version 'théâtrale'' de quatre-vingt huit minutes d'une indigence presque totale. Dans laquelle, le scénario, peu aidé par un montage anarchique, est totalement incohérent. En cause, la coupe nette et franche d'un certain nombre de séquences impactant directement le réalisateur qui la voulait ainsi. Laissant en outre un très désagréable arrière-goût dans la bouche lorsque l'on sait qu'il s'agissait là de l'antépénultième apparition de l'acteur Donald Pleasence sur grand écran, lequel allait nous quitter sept mois avant que le film ne sorte sur le territoire américain tandis que Joe Chappelle allait s'amuser à expurger le film d'un certain nombre de séquences mettant en scène le docteur Samuel Loomis... Disparition du joli minois de Danielle Harris qui incarnait Jamie dans les deux précédents épisodes et apparition du visage très concrètement disgracieux de ce pauvre Devin Gardner qui incarne le tout jeune Danny Strode. Il est presque fascinant de constater à quel point le film est perclus de protagonistes peu à même d'engendrer l'empathie. Bref, comme vous l'aurez compris, Halloween 6 : La Malédiction de Michael Myers demeurera comme le pire segment de la franchise...



 

lundi 10 juin 2024

Halloween 5 : La Revanche de Michael Myers de Dominique Othenin-Girard (1989) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Retour un an seulement après Halloween 4 : Le Retour de Michael Myers de Dwight H. Little pour le tueur au masque blanc à l'effigie (quelque peu foireuse) de William Shatner avec un Halloween 5 : La Revanche de Michael Myers cette fois-ci mis en scène par le réalisateur suisse Dominique Othenin-Girard. C'est fou les progrès qu'a pu faire Michael Myers en terme de conduite en aussi peu de temps. Le voilà maintenant au volant d'un bolide au moteur rugissant ayant appartenu à l'une de ses toutes récentes victimes. Si le plus résistant des croquemitaines (au même titre qu'un certain Jason Voorhees) semble ''évoluer'' vers plus ''d'humanité'' (outre le fait qu'il conduit, il accepte d'arrêter son véhicule afin que sa passagère puisse aller s'acheter des cigarettes), il en est une qui par contre semble avoir régressé : La jeune et adorable Jamie (Danielle Harris) qui depuis le précédent épisode a perdu la voix. Désormais muette, la jeune fille a en revanche obtenu la capacité de pouvoir vivre en temps réel les assauts perpétrés par son psychopathe d'oncle, qu'il demeure à proximité ou éloigné de la gamine. Ce qui nous vaut quelques séquences lors desquelles l'actrice étend son jeu et sa panoplie d'émotions au delà de ce qu'elle avait déjà pu exprimer lors du précédent volet. Il est d'ailleurs presque dommage que l'usage de la parole lui soit ôté durant la moitié de ces nouvelles aventures (d'autant plus que le doublage de l'actrice américaine dans notre langue est au mieux ridicule et au pire, totalement insupportable!). Après un quatrième opus sympa mais manquant foncièrement d'hémoglobine, on espère donc que Halloween 5 : La Revanche de Michael Myers nous offrira des meurtres plus sanglants et surtout directement filmés devant l'objectif de la caméra et non plus hors-champ. En la matière, le meurtre du petit ami de Tina Williams (Wendy Kaplan) prénommé Mike (Jonathan Chapin en mode ''Fonzie'') est intéressant puisque le tueur lui enfonce une griffe de jardin en plein crâne sans que la scène ne soit coupée. Un effet qui rappelle vaguement le meurtre à la hache de Marcie Stanler, l'une des adolescentes massacrées dans le premier volet de la franchise Vendredi 13 en 1980. Parmi les personnages que l'on rencontrait dans le précédent épisode de la franchise, et outre celui incarné par Danielle Harris, l'on retrouve bien évidemment Michael Myers qui cette fois-ci est interprété par Don Shanks.


Une nouvelle incarnation pour un tueur apparemment amateur de jardinage puisqu'entre la griffe de jardin, la faux ou la fourche, Michael Myers y troque très souvent son couteau de cuisine contre ces objets d'usage courant. Rachelle Carruthers (Ellie Cornell) intervient elle aussi à nouveau mais dans une moindre mesure puisque sa place au sein du récit sera atténuée par la présence de son amie Tina qui deviendra donc la véritable héroïne de ce cinquième opus au même titre que Jamie ou que le docteur Samuel Loomis interprété pour l'avant-dernière fois par l'acteur Donald Pleasence. Halloween 5 : La Revanche de Michael Myers demeure sans doute l'un des volets les plus faibles de la franchise. Faible mais aussi sûrement le seul qui puisse générer autant d'agacement auprès des spectateurs. La raison en est simple : alors que le shérif Ben Meeker est toujours présent, incarné une fois encore par l'acteur Beau Starr, Dominique Othenin-Girard et les scénaristes Shem Bitterman et Michael Jacobs préfèrent majoritairement présenter l'autorité sous le visage d'un binôme de subalternes complètement débiles, accompagnés par une litanie à l'aune de leur attitude totalement désengagée des événements se produisant au sein de la petite localité d'Haddonfield. Le réalisateur semble avoir d'ailleurs volontairement choisi de les faire passer pour un duo de crétins incapables, l'un d'eux se dandinant de façon grotesque afin d'accentuer le caractère débile du personnage. Sans doute un moyen, fort peu opérationnel, d'apporter une note d'humour. Chose incompatible avec le contexte et qui de toute manière ne fonctionne absolument pas ! La présence de cet improbable duo qui fort heureusement ne gangrène qu'une partie congrue du long-métrage n'empêche pas le reste du récit d'être difficilement soutenable. Entre une Jamie qui passe la seconde partie du long-métrage à pleurer, gueuler ou gémir (le doublage d'Isabelle Noérie étant un supplice, on aurait presque finalement préféré qu'elle reste muette), des adolescentes pas vraiment finaudes et de fausses apparitions de Michael Myers un peu trop répétitives, il n'y a guère que la présence Donald Pleasence incarnant un Docteur Loomis totalement obnubilé ou la scène finale située dans la demeure originelle de Laurie Strode (dont le grenier semble être devenu l'antre du tueur) pour sauver le film du naufrage complet. Bref, le retour de Michael Myers un an après les événements du quatrième volet est un raté quasi complet !

 

dimanche 9 juin 2024

Halloween 4 : Le Retour de Michael Myers de Dwight H. Little (1988) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Après un étonnant virage pris par le troisième opus intitulé Halloween 3 : Le Sang du sorcier et dans lequel les fans de Michael Myers ne trouvèrent nulle trace de leur tueur préféré, la franchise allait s'enrichir six ans plus tard d'un quatrième long-métrage cette fois-ci titré Halloween 4 : Le Retour de Michael Myers. Un retour en grande forme pour cet assassin décidément très coriace et toujours poursuivi par le docteur Samuel Loomis, personnage incarné ici pour l'antépénultième fois à l'écran par le génial Donald Pleasence. Michael Myers revient donc après sept ans d'absence mais chronologiquement, dix années après avoir commis les meurtres qui ont fait sa ''renommée'' lors de la fête d'Halloween dans la petite communauté d'Haddonfield. Plongé dans le coma, il doit être transféré de l’hôpital psychiatrique dans lequel il séjourne depuis toutes ces années jusque dans un nouvel établissement hospitalier. Mais bien évidemment, rien ne va se dérouler comme prévu et s'éveillant de son long sommeil, il va tuer les ambulanciers et prendre la fuite afin de rejoindre Haddonfield où il compte bien ''terminer le travail'' consistant à tuer sa sœur Laurie Strode qui jusque là était interprétée par Jamie Lee Curtis. Mais le scénario invoquant son décès dans un accident de voiture un peu moins d'un an auparavant sur demande express de l'actrice elle-même, celle-ci n'apparaîtra pas un seul instant à l'image. Tiens, d'ailleurs, en parlant de voitures. Saviez-vous que Michael savait conduire ? Non ? Et bien Halloween 4 : Le Retour de Michael Myers offrira l'occasion de le découvrir, Mouarf ! Maintenant, pour pallier à l'absence de la jeune sœur de Michael, comment faire ? C'est bien simple : inventer un nouveau personnage en la personne de Jamie Lloyd, la propre fille de Laurie. Personnage qui apparaîtra par la suite dans les cinquième et sixième opus de la franchise. N'ayant pas abandonné son métier d'actrice depuis son apparition dans le rôle de la craquante Jamie, Danielle Harris a continué à consacrer une partie de sa carrière au cinéma d'horreur, donnant également de la voix pour des jeux vidéos ou des films d'animation. Visage très connu des anciennes générations puisqu'elle figura notamment aux génériques du Dernier samaritain de Tony Scott en 1991, de Daylight de Rob Cohen en 1996 ou de Urban Legend de Jamie Blanks deux ans plus tard, on peut comprendre que Danielle Harris ait réussi à faire une carrière au cinéma qui persévère encore de nos jours tant son incarnation de la nièce de Michael Myers est convaincante.


Ce dernier est quant à lui interprété par George P. Wilbur, lequel prend la relève après Nick Castle pour le premier volet de la franchise et Dick Warlock pour le second. Concernant les autres rôles l'on trouve la famille adoptive de Jamie et parmi ses membres, la jeune Rachel qu'interprète l'actrice Ellie Cornell, laquelle devra s'occuper de la gamine le soir d'Halloween durant l'absence de ses parents. Une nuit mouvementée comme on le devine aisément, impliquant les habitants d'Haddonfield, sachant maintenant comment se comporter face au tueur impitoyable. Halloween 4 : Le Retour de Michael Myers faillit ne jamais voir le jour après les désastreux résultats rencontrés par le troisième opus de la franchise. Surtout, le public ne rêve alors que d'une chose : la réintégration de Michael Myers au sein du récit. Chose qui sera donc faite ici. Pas mauvais en soit, ce quatrième long-métrage de la saga se décompose en deux parties. La seconde, beaucoup moins ouverte que la première situe la majeure partie de son action à l'intérieur de la demeure du shérif Ben Meeker (l'acteur Beau Starr). Un représentant de la loi qui pour une fois dans l'histoire du cinéma d'épouvante ne mettra pas trois plombes avant de réaliser le danger ! L'un des gros points noirs du long-métrage se situe dans l'absence quasi systématique d'hémoglobine à l'image. Un comble pour un slasher. La majeure partie des meurtres sont effectivement tournés hors-champ. C'est donc à ce sujet, une grosse déception. Ensuite, Halloween 4 : Le Retour de Michael Myers reste quant même mois soporifique que l'original et peut même amuser devant tant d'incohérences. Michael Myers est un magicien. Un illusionniste qui peut apparaître à deux endroits différents à seulement quelques minutes d'intervalle. Pour exemple, la séquence lors de laquelle le shérif, Jamie, le docteur Loomis et Rachel filent tout droit jusqu'à la demeure du premier pour s'y calfeutrer en compagnie de deux officiers chargés de fermer toutes les voies d'accès. On est bien d'accord ? Michael Myers est bien censé se trouver à quelques kilomètres de distance ? À pieds ? Sans moyens de locomotion même si maintenant on sait qu'il est capable de se servir d'un embrayage, d'un frein et d'un accélérateur ? Alors, comment expliquer sa présence dans la maison du shérif ? D'autant plus qu'il y débarque avec la discrétion d'un chat parti en chasse contre toute une famille de souris. Mais bon, c'est sans doute ce que l'on appelle la magie du cinéma. Oups, j'allais oublier : le film est signé par Dwight H. Little qui signera notamment sa propre adaptation du Fantôme de l'opéra et qui retrouvera en outre la jeune Danielle Harris deux ans plus tard sur le tournage de Désigné pour mourir avec en vedette, Steven Seagal... Quant à Michael Myers, il réapparaîtra dès 1989 dans un cinquième volet intitulé Halloween 5 : La Revanche de Michael Myers et réalisé cette fois-ci par le suisse Dominique Othenin-Girard...

 

vendredi 23 décembre 2022

Halloween II de Rick Rosenthal (1981) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

William Shatner is back ! Oups ! Je voulais dire, Michael Myers is back et il n'est pas content. Et pas mort non plus, donc, malgré les six balles qu'il a reçu dans le buffet à la fin du précédent volet de la franchise Halloween. Toujours affublé de son sinistre masque blanc à l'effigie du plus ancien (enfin, pas vraiment) capitaine du vaisseau Enterprise de la franchise Star Trek, le voilà qui continue à arpenter les rues d'Haddonfield, toujours à la recherche de Laurie Strode qu'interprète une fois encore l'actrice Jamie Lee Curtis alors âgée de vingt-trois ans... J'ai beau être en admiration devant la très grande majorité des œuvres signées de John Carpenter, je continue malgré tout à admettre mon rejet vis à vis de son troisième long-métrage après le très moyen Dark Star en 1974 et le génial Assaut deux ans plus tard. Alors je sais, je sais. Halloween est majoritairement apprécié, voire adulé par les fans purs et durs. Ça n'est pourtant pas la peine de me jeter des tomates pourries, de vouloir me guillotiner sur la place publique ou vomir telle ou telle insanité puisque de toute manière, rien ne pourra me faire changer d'avis sur cette œuvre que j'ai toujours, et que je continuerai quoi qu'il arrive, à juger d'ennuyeuse... Évaluant que le second opus avait peu de chance d'être aussi soporifique que ne l'était l’œuvre de John Carpenter (ici à la production et à l'écriture), il m'aura tout de même fallut attendre quarante et une année pour ressentir le besoin de découvir cette séquelle désormais signée de Rick Rosenthal, lequel a depuis vogué entre, clips vidéos, téléfilms (Les oiseaux 2), séries télévisées (Demain à la une) et longs-métrages cinématographiques (American Dreamer). Halloween II démarre là où les événements du premier prirent fin. Autant dire que l'on peut tout aussi bien se farcir les deux volets à la suite sans que l'on ait véritablement l'impression que trois années d'interruption les séparent !


En amoureux de cinéma d'épouvante en général et sans doute de celui de George Romero en particulier, Rick Rosenthal offre plusieurs clins d’œil au premier long-métrage du réalisateur originaire de Pittsburgh, La nuit des morts-vivants. Car ne l'oublions pas : comme l'indique le titre du film, le récit se déroule la nuit d'Halloween est il s'avère donc logique que les foyers accueillent cette nuit là sur leurs petits écrans de télévision ce classique de l'horreur et de l'épouvante datant de 1968. il apparaît même que les programmateurs n'ont laissé d'autre choix aux spectateurs que d'assister à la projection de ce seul long-métrage puisqu'à l’hôpital où chez l'habitant, c'est le même programme qui est proposé. Les plus vicieux s'amuseront d'ailleurs peut-être à vérifier si l'échelle de temps est respectée entre la projection de La nuit des morts-vivants qui intervient à plusieurs reprises durant le récit et les aventures se situant au cœur d'Haddonfield ! En France l'on remarquera surtout un doublage du classique de George Romero qui n'a plus rien de commun avec celui que l'on connaissait jusque là. Un détail... Concernant Halloween II à proprement parler, c'est l'occasion de redécouvrir Laurie Strode et Michael Myers mais aussi et surtout le Docteur Loomis, toujours incarné par le génial Donald Pleasence. Dans cette seconde mouture, la jeune héroïne est emmenée d'urgence dans un hôpital entre les murs duquel se déroulera la majorité du récit. Dehors, la ville se soulève et les habitants d'Haddonfield semblent être mus par l'esprit collectif de la vengeance...



Celle et ceux qui découvrirent Halloween Kills de David Gordon Green en 2021 sont en terrain connu puisque ce dernier n'est autre qu'un reboot des secondes aventures de Laurie Strode et de Michael Myers. Si les choses entre l’œuvre originale de 1978 et celle de 1981 n'ont pas fondamentalement évoluées, Rick Rosenthal gratifie par contre les amateurs de slashers d'un Bodycount nettement plus important que trois ans auparavant puisqu'il double le nombre de cadavres. Des meurtres souvent originaux même si certaines situations se montreront forcément invraisemblables comme le démontreront certaines séquences. Jamie Lee Curtis est sous-employée durant les deux tiers du long-métrage puisque allongée dans un lit d’hôpital. Elle demeurera figée pendant la première heure avant de subitement sortir de sa catatonie ! Halloween II introduit le personnage de Jimmy (l'acteur Lance Guest), un adolescent étonnamment préoccupé par la sécurité de Laurie mais qui se montrera relativement inquiétant à certaines occasions. Ponctué de séquences de dialogues parfois relativement ''Soap'', Halloween II bénéficie de quelques sympathiques trouvailles comme lorsque Michael Myers surgit subitement dans le cadre pour être ensuite filmé derrière son épaule gauche. Le réalisateur reprend quelques idées de l’œuvre originale comme lorsque le boogeyman sort lentement de l'obscurité. Un effet toujours aussi efficace. Dans l'ensemble, le film se tient mais paraît à vrai dire se rapprocher davantage du principal concurrent de la franchise (le Vendredi 13 de Sean S. Cunningham et ses suites) que du film de John Carpenter dans le traitement des meurtres. À noter l'esprit parfois ''Giallesque'' de certaines séquences, comme ce flash-back assez piteux intervenant au milieu du récit ou ce plan relativement esthétique filmant en plongée et en noir et rouge le cadavre d'un infirmière vidée de son sang et d'un homme étalé à ses côtés dans une mare écarlate. Il faudra attendre 1988 et le réalisateur Dwight H. Little pour retrouver les principaux protagonistes de la franchise avec... Halloween IV. Car comme les fans le savent très bien le troisième volet Halloween 3 : Le Sang du sorcier réalisé par Tommy Lee Wallace n'a absolument rien à voir avec les autres épisodes si ce n'est son titre et la présence de John Carpenter à la production...

 

jeudi 1 décembre 2022

!!! Spéciale Amicus Productions !!!

 



  • Je suis un monstre (I, Monster) de Stephen Weeks


Et si les actes monstrueux perpétrés par Jack l'éventreur n'étaient que la conséquence des expériences menées par le Docteur Jekyll ou comme ici son homologue le Docteur Psychiatre Marlowe ? Car comme nous le savons tous, chaque homme cache en lui une part sombre que seule une infime quantité de l'humanité a choisi de laisser s'exprimer. Première chose à savoir. Si le héros de Je suis un monstre (I, Monster) a changé de nom, ça n'est pas tant pour des questions de droits que par précaution de la part de ses concepteurs qui craignent alors de faire douter les investisseurs. En effet, le sujet reposant sur l'ouvrage The Strange case of Dr Jekyll and Mister Hyde de Robert Louis Stevenson qui fut déjà maintes fois transposé sur grand écran, une certaine lassitude aurait pu faire craindre que le public ne se lasse. Il n'en demeure pas moins que le long-métrage de Stephen Weeks qui signait là son premier film en 1971 s’attelle à retranscrire le plus fidèlement possible cette étrange histoire dans laquelle intervient notamment la théorie du Surmoi chère à Freud, là où s'inscrivent des valeurs morales interdisant les actes immoraux, criminels ou plus simplement répréhensibles. Produit par la société Amicus Productions connue pour être la rivale de la célèbre Hammer Films tout en étant considérée inférieure d'un point de vue créatif, Je suis un monstre n'en est pourtant sans doute pas moins l'une des meilleures adaptations du classique littéraire de l'épouvante britannique. Un joyau, à vrai dire, dans lequel l'on retrouve deux des plus grandes icônes du cinéma fantastique des années 50, 60 et 70 en Angleterre. Christopher Lee et Peter Cushing. Les deux hommes se rencontreront à de nombreuses reprises et notamment sur les tournages du Cauchemar de Dracula, Dracula 73 ou sur celui de Dracula vit toujours à Londres dans lesquels le premier interprétera le plus célèbre des vampires et face auquel le second incarnera le rôle du non moins célèbre chasseur de vampire, le Docteur Abraham Van Helsing. Baignant dans une atmosphère délétère qui ne lâchera pas son emprise avant que le générique de fin n'intervienne, Je suis un monstre décrit l'éprouvante expérience menée par le Docteur Marlowe, lequel étudie la possibilité de soigner ses patients à partir d'un sérum qui permettrait de modifier leur personnalité ainsi que leur comportement.
Testant diverses substances sur des animaux de laboratoire avant de les expérimenter sur plusieurs patients, le Docteur Marlowe décide un jour de s'injecter lui-même le fameux sérum qui le transformera en Monsieur Blake. Un être cynique, violent et physiquement repoussant que le Docteur Marlowe va autoriser à prendre sa place à de nombreuses reprises, jusqu'à ce que le drame survienne : en effet, à force de s'injecter le sérum dans les veines, le psychiatre finit par ne plus arriver à contrôler son alter ego obscure. Malgré l'emploi d'un antidote qui lui permettait jusque là de revenir à sa forme normale, Blake semble devoir prendre de plus en plus régulièrement les contrôles physique et mental de son hôte. Au delà de son approche fantastique,
Je suis un monstre aborde la thématique des drogues, de leur dépendance et des ravages qui déterminent les modifications physiologiques et comportementales des individus qui les consomment. D'où une approche relativement dramatique du personnage du Docteur Marlowe se muant en un être mesquin, agressif et se dé-sociabilisant, qu'aucun de ses proches ne reconnaît derrière le visage effrayant de Blake, ce ''maître-chanteur'' supposé qui apparaît authentiquement avoir pris le dessus sur son hôte. Christopher Lee campe alors une créature repoussante, pourtant dénué de tout maquillage et que seul son macabre sourire et une apparence physique volontairement délabrée parvient à rendre crédible. On appréciera également cette ville de Londres de la fin du dix-neuvième siècle reconstituée, avec ses ruelles sombres, insalubres et embrumées, ses recoins et ses bars sordides, ses prostituées et ses grands amateurs de mauvais alcools. Sa courte durée (à peine plus de soixante-quinze minutes) oblige le réalisateur et le scénario de Milton Subotsky à écourter certains passages du récit en multipliant les ellipses. Un inconfort minime pour une œuvre parfois glaçante et se positionnant comme l'une des meilleures adaptations de l’œuvre de Robert Louis Stevenson...


  • Le mystère de la bête humaine (The Beast must die)


Changement radical de décor avec Le mystère de la bête humaine de Paul Annett. De décor mais aussi de qualité puisque malgré le contexte dans lequel se déroule le récit (la luxueuse demeure d'un riche propriétaire), le film semble avoir l'air fauché comme les blés. Partant cependant d'une idée on ne peut plus originale, ce long-métrage dont on reconnaîtra parmi les interprètes l'acteur Peter Cushing est probablement l'un des plus improbables qu'ait pu produire la Amicus. Dire que le film est une purge est un euphémisme. Surfant sur la vague des Whodunit chers à Agatha Christie, Le mystère de la bête humaine semble également vouloir s'offrir une place bien au chaud parmi les légendes de la Blaxploitation en offrant le rôle principal à l'acteur américano-bahaméen Calvin Lockhart bien que le personnage de Tom Newcliffe devait à l'origine être interprété par Robert Quarry. Un choix qui plus que de donner l'impression que les personnages naviguent effectivement au cœur de ce formidable courant ayant revalorisé l'image des afro-américains dans le cinéma des années soixante-dix, offre un ton vraiment étrange. Surtout pour l'époque. Un black au milieu d'une troupe de personnages tous plus blancs les uns que les autres et parmi lesquels le bonhomme soupçonne l'existence d'un loup-garou ! Le concept du Whodunit étant ce qu'il est, on devine alors que le principe sera autant pour le spectateur que pour Tom Newcliffe de découvrir qui parmi ses convives est celui qui se cache derrière la bête humaine du titre. Malheureusement pour lui, le scénariste Michael Winder n'étant pas Agatha Christie, le résultat à l'écran est désastreux.
Une piteuse version des Chasses du comte Zaroff et de tous ses succédanés dans laquelle l'on s'éloigne donc de l'époque et de l'ambiance fiévreuse de Je suis un monstre pour des années soixante-dix où l'on reconnaît bien là quelques symboles de cette période notamment à travers les rouflaquettes, les coiffures afro, les pattes d'éléphant ou encore les pulls en acryliques et à cols roulés très près du corps ! On comprend très rapidement que l'expérience va s'avérer rude à contempler jusqu'au bout. D'emblée l'on assiste à la chasse d'un homme noir par des soldats commandés à distance par un certain Pavel (l'acteur Anton Diffring) avant de comprendre que tout n'était qu'une épreuve visant à démontrer les moyens mis en jeu pour une future chasse au loup-garou. C'est lourd, long et si peu passionnant que l'envie, déjà, de mettre fin au calvaire se fait ressentir. Mais bon, comme on est un brave gars et que l'on veut bien donner sa chance à Paul Annett, on va aller jusqu'au bout... Mauvais mais aussi parfois touchant de naïveté dans sa manière de vouloir proposer une alternative fantastique des Dix petits nègres ou de tout autre Whodunit du genre, Le mystère de la bête humaine souffre d'être redondant. Des séquences de chasse nocturnes sans grand intérêt. Des soupçons qui reposent un peu trop aisément sur le plus crédible des suspects. Une révélation qui n'étonnera pas grand monde et des effets-spéciaux inexistants puisqu'en lieu et place d'un loup-garou nous avons droit à un authentique loup... tout court ! Post-synchronisation désastreuse, jeux d'acteurs pathétique, scénario et mise en scène bâclés, il n'y a vraiment rien à sauver dans ce naufrage artistique. Pas même les personnages eux-mêmes et dont la caractérisation est simplement inexistante...


  • The Uncanny de Denis Héroux


Pour conclure, évoquons The Uncanny de Denis Héroux. Sous ce patronyme francophone se cache un réalisateur, scénariste et producteur montréalais,, auteur d'une quinzaine de longs-métrages en autant d'années dont une majorité de drames. Il terminera sa carrière de réalisateur avec cette production Amicus parfois traduite sous le titre Les chats du diable ou plus simplement sous celui de Brrr... Comme le titre (français) le précise, ce film à sketchs met en scène nos petites boules à poils. Oui, celles qui font des ravages auprès des amateurs de chats sur la toile. Sauf qu'ici, le concept est moins de s'attendrir en les regardant jouer ou en les écoutant ronronner que d'assister à quelques massacres au grès de péripéties mettant en avant de vils êtres humains. En préambule, le film s'ouvre sur la rencontre entre l'éditeur Frank Richards (Ray Milland) et l'auteur d'un ouvrage relatant des récits fantastiques au centre desquels s'inscrivent nombre de chats (Peter Cushing dans le rôle de Wilbur). Afin de convaincre l'éditeur de publier son roman, le vieil homme (qui craint lui-même les chats) conte à son ôte les récits que l'ouvrage renferme. Au nombre de trois, ceux-ci font donc l'objet d'autant de courts métrages. Dans le premier intitulé London 1912, une vieille dame un brin acariâtre (Joan Greenwood) demande à son notaire de remplacer son testament par un second. Alors qu'elle avait jusque là prévu de tout léguer à son neveu Michael (Simon William), voilà que désormais celle-ci compte bien laisser le tout à ses amours de chats. Sauf que la chose n'est pas tombée dans l'oreille d'une sourde et que la soubrette (Susan Penhaligon dans le rôle de Janet) s'empresse de tout révéler à l'opportuniste neveu. Le second, intitulé Quebec Province 1975, met en scène une gamine prénommée Lucy (Katrina Holden Bronson), martyrisée par sa cousine Angela (Chloe Franks) depuis qu'elle s'est installée chez sa tante et son oncle. Ne supportant pas la présence du chat de sa nièce, Mrs. Blake (Alexandra Steward) mettra tout en œuvre pour s'en débarrasser tandis que sa propre fille fera des misères à sa cousine.
Le troisième segment met quant à lui en scène un certain Valentine De'Ath (Donald Pleasence). Acteur dont l'épouse vient de décéder des suites d'un accident lors du tournage d'un film d'horreur. Un accident ? Pas vraiment. Plutôt un homicide commis pat l'époux infidèle qui s'empresse ensuite de rejoindre sa maîtresse Edina Hamilton (Samantha Eggar). Mais c'était sans compter sur le chat de la morte qui fera payer à son mari et sa maîtresse leurs odieuses manigances... Sachons rester objectifs et reconnaissons que malgré la présence d'une poignée d'interprètes prestigieux, The Uncanny est nettement moins passionnant pour son approche horrifique que pour ses portraits d'une humanité veule, intéressée et criminelle. L'on retiendra du premier sketch la longue attaque de dizaines de chats s'acharnant sur la personne de Janet. Du second, le caractère psychopathique de la cousine et une séquence assez mal fagotée renvoyant à L'homme qui rétrécit de Jack Arnold. Et du troisième... ben en fait, pas grand chose. La réalisation et la direction d'acteurs de Denis Héroux sont franchement piteuses. Les interprètes manquent de naturel et quelle que soit l'époque invoquée, on a toujours l'impression que l'intrigue se déroule à la même période. De plus, il demeure difficile de s'effrayer devant les assauts des chats. Surtout lorsque l'on en est un fervent admirateur et que l'on a appris à maîtriser ou du moins comprendre leur attitude. C'en est même parfois amusant, à nous imaginer des techniciens jeter à bouts de bras ces pauvres félins sur les acteurs qu'ils sont censés agresser...

lundi 12 novembre 2018

Halloween, la Nuit des Masques de John Carpenter (1978) - ★★★★★☆☆☆☆☆




J'avais jusqu'ici presque honte d'avouer que je n'avais jamais vu le classique de John Carpenter Halloween, erreur que j'ai réparé hier soir. Et à statut d’œuvre culte, il fallait bien que je propose à ma tendre moitié de me suivre dans cette aventure qui, j'en étais persuadé, allait être palpitante. Pourtant, au sortir de la projection, mon palpitant, justement, allait connaître une baisse de régime, un ralentissement pire qu'un embouteillage en période de vacances estivales. Si je ne me suis pas endormi, c'était tout comme. Et comme si j'avais honteusement ressenti le besoin de ne pas être isolé dans cette galère, j'ai jeté un œil à Anna pour voir si elle aussi s'était assoupie. Et effectivement, c'est en milieu de parcours que je l'ai surprise les yeux clos. Il faut dire que du haut de son statut, on pouvait s'attendre à ce que Halloween donne l'impression d'avoir carrément réinventé un genre à lui tout seul. Peut-être l'ai-je découvert bien trop tard. Peut-être l'aurai-je vu avec l’œil du fan absolu qui le vit pour la première fois quarante ans plus tôt. A vrai dire, je me suis surtout retrouvé dans la position du psychiatre Sam Loomis poirotant devant la baraque de Michael Myers.

J'ai bien compris qu'avec ce film, on touchait à quelque chose de justement... intouchable. Et pourtant, il fallait bien qu'un jour quelqu'un mette les mains dans le cambouis (à défaut d'hémoglobine, vous savez, cette matière gluante et cuivrée qui manque cruellement au long-métrage de John Carpenter) et faire comprendre aux nouvelles futures générations de fans de film d'épouvante et d'horreur qu'elles devront aller voir ailleurs si elles veulent réellement avoir peur ou se "salir les mains". Je m'étais dis que ça me changerait de la trop longue saga des Vendredi 13 et des dizaines d'ersatz insipides que ces deux franchises ont généré, mais rien à faire. L'ennui s'est très rapidement installé et ne m'a pas quitté avant le dernier quart-d'heure. Loin derrière le séminal Black Christmas de Bob Clark (daté de 1974), de The Burning de Tony Maylam ou de l'excellent The Prowler de Joseph Zito, Halloween n'est en fait qu'une pâle copie, peut-être en avance sur les autres, oui, mais une pâle copie du genre slasher.

Le principal soucis, outre le fait qu'il manque un minimum d'hémoglobine pour contenter les amateur de boucherie et de scènes flippantes pour ceux qui aiment frissonner, c'est l'absence de réel scénario. Pas un brin d'histoire, si ce ne sont les raisons pour lesquelles un gamin revient quinze ans plus tard après avoir été interné à la suite du meurtre de sa sœur. De plus, le film est farci d'invraisemblances. Même si l'on nous explique un peu grossièrement que le tueur a eu le temps d'apprendre à conduire des voitures pendant son internement, le voir s'échapper à bord d'un véhicule au début du film alors qu'il est resté demeuré enfermé dans un hôpital psychiatrique dès ses six ans, rend la chose peu banale. Beaucoup plus tard, lorsque Sam Loomis croise la route du shérif Leigh Brackett, le docteur précise confirme la présence du tueur masqué et son inquiétude, ce qui pourtant ne l'empêche d'arborer une certaine insouciance. Et je ne vous parle même pas du passage en voiture de l’héroïne et de l'une de ses amies durant lequel la nuit prend la relève de manière trop abrupte. Des détails ? Si vous voulez...

Alors que Halloween 3 m'avait fait une forte impression (dû à l'absence du tueur emblématique de la saga?), ce premier jet, qui n'a bien entendu aucun rapport m'a laissé de marbre. Pourtant, force est de constater qu'à plusieurs reprises, quelques menus détails m'ont empêché de définitivement décrocher. La discussion entre le shérif et le psychiatre dans la demeure délabrée de Michael Myers. La présence de Jamie Lee Curtis dans la peau de Laurie Strode. Ou bien encore certaines apparitions du tueur en arrière-plan. Une manière parfois stylisée de le voir surgir discrètement derrière une fenêtre ou à l'embrasure d'une porte. Ah ! Et puis bien entendu, l'entêtante partition musicale intégralement composée par John Carpenter lui-même. Quant au casting : irréprochable. Avec un Donald Pleasence toujours aussi « présent » et un Nick Castle sous le masque d'un tueur glaçant et dénué de la moindre émotion. A noter que le masque, acheté dans un magasin de farces et attrapes était censé représenter le visage de l'acteur William « Capitaine Kirk » Shatner !!!

Au final, Halloween fut une très grosse déception. Un tout petit slasher, ennuyeux, jamais effrayant, sans la moindre goutte de sang (à part une gorge très discrètement tranchée), nantie d'incohérences, dont le scénario fut aux abonnés absents mais dont la partition musicale résonne encore dans mon esprit. Un classique ? oui, sans doute, mais qui a très mal vieilli...

mardi 5 juin 2018

Terror in the Aisle de Andrew J. Kuehn (1984)



Une salle de cinéma. Des dizaines de spectateurs. Donald Pleasance et Nancy Allen pour nous servir d'hôtes. Terror In The Aisle est une anthologie du film d'horreur-épouvante. On y retrouve des extraits de plusieurs dizaines de classique du genre, et même quelques-uns qui n'auraient rien à faire ici (Midnight Express, Marathon Man, Les Faucons de la Nuit) s'ils n'étaient pas en mesure eux-même de distiller une certaines angoisse. Masacre à la Tronçonneuse, Hurlements, La Nuit des Morts-Vivants, Scanner, Poltergeist, Terreur sur la Ligne, Rosemary's Baby, Alien, le Huitième Passager, Psychose, Phantom of the Paradise et bien d'autres encore représentent ce qui se faisait de mieux au siècle dernier. Du moins jusqu'à l'année 1984, date de sortie de cette compilation qui n'est pas du tout avare en terme de sensation.

Et même si l'on est amateur du genre, que l'on connaît sur le bout des doigts la presque totalité des scènes qui nous sont proposées, le plaisir de les revoir ainsi commentées est un pur bonheur. A e propos, contrairement à la majorité des documentaires, ici, les scènes qui servent de matière aux propos des deux acteurs ne sont jamais entrecoupées de passages explicatifs filmés dans des studios vides ou dans les demeures personnelles de ces derniers. Eux-mêmes sont assis parmi les spectateurs, se fondant ainsi parfaitement dans le décor. Terror In The Aisle a donc davantage les allures d'une fiction agrémentée des commentaires de deux stars du cinéma que d'une simple anthologie compilant les un derrière les autres, des extraits de film.


L’œuvre est d'abord timide dans ses premiers soubresauts. Puis, peu à peu, le rythme s'accélère et prend une ampleur à laquelle on ne s'attend pas forcément. Alors que certains spectateurs s'agitent sur leur fauteuil, les yeux grands ouverts, d'autres les ferment, attendant que les détails les plus sordides du spectacle auquel ils assistent veuillent bien prendre fin. Nous redécouvrons sous un angle différent les œuvres de John Carpenter, David Cronenberg, Tobe Hooper, Brian de Palma ou encore Alfred Hitchcock...

A voir, à revoir, encore et encore...


lundi 4 juin 2018

The Freakmaker de Jack Cardiff (1974) - ★★★★★☆☆☆☆☆



La ville de New York fut plongée dans le noir les 13 et 14 Juillet 1977. L'année suivante, le cinéaste marseillais (oui, oui) Eddy Matalon s'emparait du sujet et réalisait le long-métrage franco-canadien New York Black Out. Un thriller urbain mâtiné de catastrophe débutant justement de manière assez classique en tentant de caractériser chacun des personnages. S'ensuit alors une succession de scénettes nous présentant un petit groupe de taulards, les convives d'un mariage 'à la grecque', un magicien français vivant avec son chien, un couple du troisième âge dont l'époux est sous assistance respiratoire, ou encore un homme et une femme coincés dans un ascenseur. Et ce, parce que le mauvais temps s'est chargé de couper l'électricité au sein d'une cité désormais en proie à la violence. Et notamment, celle administrée par les prisonniers évoqués ci-dessus, parvenus à se libérer de leurs geôliers, et s'attaquant à tout ce petit monde réuni dans le même immeuble. Une bonne histoire pour un film finalement, assez chiant. Loin des grandes productions du genre, ce New York Black Out dont l'affiche s'inspire de certaines grandes productions catastrophe (au hasard, Tremblement de Terre, La Tour Infernale, ou encore L'Aventure du Poséïdon) n'est en fait qu'un tout petit film à peine digne de figurer dans la liste des drames survenant à la suite de phénomènes naturels (ici, la tempête). Incarné en outre par l'acteur américain Ray Milland qui du plus profond de mes souvenirs fut surtout le Dr Maxwell Kirshner de l'improbable film de blaxploitation, The Thing with Two Heads, mais également l'un des soixante-neuf meurtriers de l'excellente série policière Columbo avec Peter Falk (l'épisode en question s'appelle Dites-le avec des fleurs) et l'un des principaux interprètes de cet autre épisode qu'est l'excellent Faux Témoins.

Mais bon, le sujet n'est pas là. Pour me revigorer l'esprit et ainsi m'extraire de la léthargie dans laquelle me plongea le film d'Eddy Matalon, je décidais de regarder The Freakmaker de Jack Cardiff que j'avais toujours connu jusque là sous le titre The Mutations. Une œuvre principalement interprétée par l'acteur Donald Pleasance (qui lui-même fut mis en présence du célèbre lieutenant Columbo dans l'un des plus admirables épisodes de la série, Quand le Vin est Tiré), et qui m'avait profondément marqué alors que je n'étais qu'un tout jeune adolescent le jour où je le découvrais pour la toute première fois. Qu'allais-je en penser, une trentaine d'années plus tard... ?

Pour commencer, je ne me souvenais absolument pas des timelapses de Ken Middleham. De bien belles images qui donnent le ton de The Freakmaker. Car bien qu'il s'agisse d'un film d'horreur, scénarisé par Edward Mann et Robert D. Weinbach, on a très souvent l'impression d'être placé en face d'un long-métrage éducatif. Car entre les scènes durant lesquelles nous découvrons l'évolution des plantes de la germination des graines jusqu'à l'apparition des premières fleurs, on assiste également aux cours prodigués par l'excellent acteur britannique Donald Pleasance, qui dans la peau du professeur Nolter peut être identifié comme un génial inventeur, mais également comme un individu passablement atteint et se prenant pour Dieu.
L'une des caractéristiques les plus étranges de The Freakmaker demeure dans la présence de personnages 'monstrueux'. Du moins, certains les envisageront ainsi alors qu'il s'agit simplement d'individus atteints de malformations congénitales réelles. Ces êtres parfois dits 'phénomènes de foires' sont pourtant des individus à part entière et le cinéma leur a consacré quelques très bons films. Le plus classique d'entre tous demeure bien évidemment l'extraordinaire Freaks de Tod Browning. Juste derrière arrive The Elephant Man de David Lynch. Arrive ensuite le très émouvant Mask de Peter Bogdanovich (vu à l'époque au ciné). D'autres œuvres intègrent l'idée des monstres à visage humain. Elles sont d'ailleurs très nombreuses mais majoritairement farfelues. L'une d'elle, pourtant, se démarque : La Sentinelle des Maudits de Michael Winner et ses sinistres apparitions nocturnes...

Les créatures de The Freakmaker sont donc bien réelles. Du moins, une partie d'entre elles puisqu'à force d'expérimenter des hybridations entre humains et plantes, le personnage incarné par Donald Pleasance va finir par obtenir ce qu'il désire. Jamais sorti en salle dans notre pays, The Freakmaker est une petite production horrifique peu effrayante et nantie d'effets-spéciaux moyens. Le scénario fait se croiser la route d'une troupe de phénomènes humains harcelés par un propriétaire de cirque aussi monstrueux qu'eux, avec deux couples d'étudiants cherchant à connaître la vérité sur la disparition de l'une de leurs amies, et du professeur interprété par Donald Pleasance. Le film de Jack Cardiff se permet de piller certaines des très bonnes idées du Freaks de Tod Browning. Comme la scène du banquet, ou alors le passage durant lequel les membres de la troupe de phénomènes traquent l'horrible propriétaire du cirque. Tourné en Angleterre à Londres et dans les studios Pinewood, The Freakmaker accuse quelque peu son âge mais reste une honnête petite série B...
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