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mardi 7 juin 2022

Firestarter de Keith Thomas (2022) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Lorsque l'on est (ou lorsque l'on a été) fan de Stephen King, une nouvelle adaptation de l'un de ses nombreux ouvrages est toujours bonne à prendre en période de vache maigre... Ouais, bon, j'avoue qu'en ce moment, les dites vaches sont bien grasses et qu'elles se bousculent aux portillons des abattoirs. En effet, on n'a jamais vu autant de films d'horreur, d'épouvante ou fantastique qu'actuellement. Il y en a pour toutes les bouches. Des palais les plus raffinés jusqu'aux estomacs les plus fragiles. Même ceux qui souffrent d'agueusie cinématographique (comprendre ceux pour qui n'importe quelle merde fera l'affaire), il y a de quoi faire. Ce sont d'ailleurs ces derniers qui sont en général, les mieux lotis. Firestarter, c'est une histoire qui remonte à très loin mais que j'ai trop tardé à découvrir. Tout commença en 1980 avec la sortie du roman éponyme connu chez nous sous le titre Charlie. Puis il y eut quatre ans plus tard une adaptation sur grand écran signée de Mark L. Lester. Pas vraiment un manche le gaillard puisqu'il signa toute une succession de séries B franchement très excitantes à l'époque tout comme aujourd'hui (Class 84 en 1982 et Commando en 1985 étant des plus significatifs). Charlie, je l'ai quant à lui découvert plus de trente ans après sa sortie sur grand écran. Ce qui la fout mal pour un ancien fan de l'écrivain et ce qui s'avère surtout dommageable pour le contenu de l’œuvre en question puisque la chose m'est passée en travers du gosier comme avec autant d'élégance qu'une huître avariée ! Autant dire que j'ai trouvé le film absolument indigeste. Surtout, incroyablement daté...


Quarante ans plus tard sortait en juin 2022 sur nos écrans, une nouvelle adaptation logiquement intitulée Firestarter et réalisée cette fois-ci par un certain Keith Thomas qui jusque là n'avait à son actif qu'un seul long-métrage. Un film d'horreur intitulé The Vigil Mais revenons à cette nouvelle vision du roman de Stephen King (Heuuu, t'oublie de parler de Firestarter de The Prodigy qui est sorti en 1996 <== Lolo, TU ES PRIÉ DE SORTIR IMMEDIATEMENT!!!). Bon, ça commence mal. Jason Blum au poste de producteur, la réalisation est d'abord confiée à un certain Akiva Goldsman qui, je le regrette, me demeure personnellement inconnu. Mais rien de grave puisque le bonhomme se tire et laisse la place à Fatih Akın. Ouais, le type qui a pondu en 2019 l'excellent (et assez glauque) Golden Glove. Tout va bien, donc.... Sauf que lui aussi prend la poudre d'escampette pour finalement laisser le champ libre à Keith Thomas. Dans le rôle principal, l'acteur Zac Efron qui en 2019 interpréta notamment un Ted Bundy convainquant dans Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile de Joe Berlinger (un conseil, préférez-lui tout de même le génialissime No Man Of God d'Amber Sealey avec Elijah Wood et Luke Kirby). Dans le rôle-titre de la petite Charlie, la toute jeune actrice Ryan Kiera Armstrong dont la carrière s'étoffe petit à petit depuis ses débuts à la télévision en 2018. Mais venons-en au fait. Car sachez que tout ce que vous venez de lui a été écrit alors que le générique du début n'a pas encore commencé. Histoire d'avoir de la matière à raconter en cas de rejet total de cette nouvelle mouture. Croisons les doigts et à tout de suite, une fois les quatre-vingt quinze minutes consommées...


Si vous avez des niveaux de Candy Crush Saga ou de Pet Rescue Saga à rattraper, c'est le moment de vous y mettre puisque Firestarter version 2022 ne vous apportera rien. Préférez donc le mettre en fond sonore plutôt que de l'utiliser tel un sujet de divertissement pour vos mirettes. Il n'apporte bien évidemment rien de fondamental dans la longue liste des adaptations cinématographiques des romans et autres nouvelles de Stephen King. Le film de Keith Thomas est étonnamment plat. Sans aspérités, proche de ce que pourrait être le sujet d'un vulgaire téléfilm fantastique réservé aux petits et grands. Le réalisateur privilégie donc les dialogues et tente de nous la refaire façon Scanners (David Cronenberg) avec ses méchants et ses gentils.... pas toujours bienveillants. Rien d'original. S'agissant de la fuite d'un père et de sa fille, ostracisés en raison de leurs ''pouvoirs'', on a déjà vu ça mille fois auparavant. Tiens, d'ailleurs, à ce sujet, la chose semble être traitée de manière à ce qu'elle colle plus ou moins à cette indécrottable mode des freaks dotés de pouvoirs paranormaux. Malgré des purges Historiques (notez le H majuscule) de l'ampleur de Paranormal Activity d'Oren Peli en 2009, les productions Blumhouse ont toujours su nous concocter de sympathiques petites bobines telles Sinister de Scott Derrickson, Whiplash de Damien Chazelle, Get Out de Jordan Peele ou Happy Birthdead de Christopher Landon. Mais avec Firestarter l'on est très clairement redescendus au bas de l'échelle. Toute l'émotion que tente de faire passer Keith Thomas à travers ce père et sa fille en fuite laissera sur le carreau une bonne partie du public. Les personnages se confondent, comme les... ''pouvoirs'' semblent se multiplier au sein d'un même personnage. Tout devient très confus, parfois même illogique. On sent bien que le réalisateur aimerait que l'on s'attache à Charlie et à son père, mais c'est peine perdue... Le film ne vaudra finalement que pour la bande musicale co-écrite par John Carpenter, son fils Cody ainsi que Daniel Davies. Et si cette version 2022 ne semble pas aussi datée que celle de 1984, l'intrigue, les personnages et l'action n'en demeurent pas moins d'un intérêt tout relatif...

 

jeudi 23 juillet 2020

Body Bags de John Carpenter et Tobe Hooper (1993) - ★★★★★★☆☆☆☆



Comme son nom l'indique, un sac mortuaire est une housse en nylon servant à transporter le corps d'un défunt. C'est aussi le nom d'une anthologie télévisuelle, du moins dans sa version originale puisque Body Bags de John Carpenter et Tobe Hooper est devenu chez nous Petits Cauchemars avant la Nuit. Un titre un peu... débile digne de ces infâmes traductions disponibles chez nos lointains voisins canadiens. Présent lors de l'ouverture de l'anthologie, entre chaque court-métrage ainsi que lors de sa conclusion, John Carpenter est en outre l'auteur de deux des trois sketches intitulés La Station Service et Les Cheveux du Docteur Miracle. Tobe Hooper est quant à lui l'auteur du dernier d'entre eux, Œil pour Œil... Le premier consacre son récit à une jeune étudiante du nom de Anne (l'actrice afro-américaine Alex Datcher notamment vue aux côtés de Wesley Snipes dans Passager 57 de Kevin Hooks) qui pour se faire un peu d'argent travaille de nuit dans une station-service. L'occasion de faire des rencontres parfois inquiétantes avec des clients pas toujours très nets (de quoi voir défiler à l'écran Wes Craven, David Naughton ou encore Sam Raimi) mais sans aucune mesure avec le tueur qui rôde bientôt dans les parages. Si quelques gimmick rappellent que John Carpenter est bien l'auteur de La Station Service (cette façon si personnelle de filmer le tueur en arrière-plan), ce premier sketch est d'une qualité toute relative même si elle se révèle plutôt sympathique dans sa dernière partie...

Contrairement à ceux qui affirment que Tobe Hooper est celui qui s'en sortira le mieux dans le concept de l'anthologie avec son court-métrage, le second réalisé par John Carpenter demeure il me semble, le meilleur des trois proposés ici. Principalement interprété par l'acteur Stacy Keach, surtout connu pour avoir incarné entre 1984 et 1998 le personnage du détective privé Mike Hammer dans la série télévisée éponyme, Les Cheveux du Docteur Miracle brille par son absence d'hémoglobine mais aussi par la présence d'un second degré plutôt efficace. Dans ce sketch, un certain Richard Coberts totalement obnubilé par la perte de ses cheveux va accepter de suivre un traitement révolutionnaire lui permettant de retrouver une longue et luxuriante chevelure. Un traitement malheureusement accompagné d'effets secondaires indésirables. Stacy Keach s'y avère irrésistible. Avant de retrouver pour une dernière fois John Carpenter qui se livre dans le rôle d'un médecin-légiste zombifié à une visite de la morgue où il est employé, Tobe Hooper livre un segment relativement plat malgré la richesse du propos. Œil pour Œil met en scène l'acteur Mark Hammil (le personnage de Luke Skywalker dans la première trilogie Star Wars), lequel interprète le rôle d'un célèbre joueur de base-ball qui à la suite d'un grave accident de voiture perd son œil droit. À la suite d'une intervention chirurgicale, il retrouve une vue parfaite grâce à la greffe d'un œil opérée par le Docteur Bregman interprété par le réalisateur Roger Corman. Mais comme le spectateur aura tôt fait de le deviner, Brent Matthews sera rapidement victime de visions abominables avant d'apprendre que l’œil qui lui a été greffé fut celui d'un dangereux psychopathe...

D'une manière générale, Body Bags est typique de ces anthologies horrifiques qui jouent sur différents thèmes et différents genres pour mêler humour, horreur et fantastique pour un résultat finalement pas si mauvais que cela. L'anthologie demeure cependant très en deçà d'un Creepshow réalisé par George Romero en 1982 et visuellement, les couleurs criardes s'avèrent parfois indigestes. Autant dire que ça pique les yeux à certaines occasions. Mais en prônant un certain humour, surtout lors du second segment qui selon moi demeure la pièce maîtresse de celle anthologie, John Carpenter et Tobe Hooper assurent un taux de divertissement assez élevé. Entre slasher, comédie horrifique et fantastique sous perfusion de The Hand d'Oliver Stone (pour ne citer que celui-ci), Petits Cauchemars avant la Nuit se laisse regarder même si l'on est encore très loin d'atteindre ce que les deux réalisateurs ont produit de mieux durant leur longue carrière. À noter que la présence d'un troisième réalisateur du nom de Larry Sulkis a été évoqué à la mise en scène alors même qu'il demeure non crédité au générique...

mercredi 22 juillet 2020

Los Angeles 2013 de John Carpenter (1996) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Quinze ans après avoir signé le classique de la science-fiction dystopico-post-apocalyptique New York 1997, allez savoir pourquoi, John Carpenter prend enfin la décision de concrétiser le scénario écrit par le scénariste américain Coleman Luck en 1985. Mais alors qu'à cette époque le script semble trop léger pour celui qui entre les deux volets réalisera une succession de chefs-d’œuvre plus ou moins horrifiques (parmi lesquels on retrouve The Thing en 1982, Christine en 1983 ou Prince des Ténèbres en 1987), deux événements vont avoir des conséquences sur la suite de sa carrière et John Carpenter prendra finalement la décision de tourner ce qui deviendra en 1996, Los Angeles 2013. Il aura en effet fallu des émeutes en 1992 à Los Angeles et un tremblement de terre pour que le projet soit relancé avec en vedette, un Kurt Russell sur lequel le poids des années ne semble avoir aucune prise. Le film débute par un topo qui nous explique qu'en 2000, un tremblement de terre a eu des conséquences désastreuses sur le continent américain, la ville de Los Angeles se retrouvant ainsi isolée du reste du pays à la suite d'un immense tsunami. Le gouvernement américain décide treize ans plus tard de profiter de la configuration géographique de Los Angeles pour transformer la ville en île-prison. Mais désormais, John Carpenter durcit cette thématique déjà abordée dans New York 1997 en enfermant davantage que les seuls criminels. Désormais, et à titre d'exemple, le seul fait d'être athée suffit pour être arrêté et jeté en prison parmi les prisonniers de droit commun...

Dans cette séquelle, le héros Snake Plissken est une nouvelle fois ''engagé'' (pour ne pas dire contraint) d'aider les autorités afin de récupérer une boite noire à laquelle semble particulièrement tenir le président en place. Exit Lee Van Cleef dans le rôle du responsable de la sécurité de New York désormais remplacé par le tout aussi détestable commandant Malloy incarné par l'acteur Stacy ''Mike Hammer'' Keach. Les fans du premier volet ne seront pas perdus puisque John Carpenter se contente en fait de reprendre les mêmes ingrédients tout en relevant l'exploit de faire moins bien qu'à l'époque. Tout ou presque est similaire à ce que proposait New York 1997 sauf que John Carpenter semble moins investi qu'auparavant. Si le casting fait le boulot, les effets-spéciaux sont dignes des pires séries de science-fiction des années quatre-vingt dix. À tel point que l'on se demande dans quelles mesures le réalisateur n'a pas volontairement donné sa touche kitsch à ce Los Angeles 2013 dont certaines séquences demeurent parfaitement indigestes. À titre d'exemple, le tremblement de terre d'une durée ridicule proposé en début de métrage n'a pas le dixième de l'impact visuel de celui du classique du film catastrophe signé en 1974 par Mark Robson, Earthquake. L'usage d'effets-spéciaux numériques gâche une partie du film tellement l'on a l'impression d'être face à des cinématiques de vieux jeux vidéos du début de l'ère numérique. La séquence du sous-marin demeure d'ailleurs l'une des plus remarquablement bâclée de ce Los Angeles 2013... synthétique !

Reste peut-être le récit... ? Bon, tout n'est pas qu'une (peu) scrupuleuse repompe de l'original. Et même si durant une grosse demi-heure Los Angeles 2013 ne fait pas franchement preuve d'originalité, avec le temps, ça s'arrange. Enfin, le terme est légèrement galvaudé. Car concernant la dite originalité, Big J se permet des incartades pas toujours judicieuses. Car à moins d'avoir un sacré sens de l'humour et une propension à accepter tout ce que ce ''Dieu'' de la science-fiction et du fantastique est capable de mettre en boite, le film est ponctué de séquences hautement nanardesques quand d'autres s'avèrent intéressantes (Le chirurgien fou incarné par Bruce Campbell et sa cohorte de timbrés en robe de bure). Telle la scène où Snake Plissken fait du surf en compagnie de Peter ''Pipeline'' Fonda. Où encore la rencontre entre le héros et une Pam Grier/Hershe Las Palmas en mode ''trans''. Deux options s'offrent au spectateur : soit Big J assume et alors il a réussi son coup. Soit il est passé à côté d'un concept qui se voulait plus proche de l'original que d'un quelconque nanar et là, c'est loupé. Mais connaissant le bonhomme et la qualité de sa filmographie, on aura tôt fait de l'imaginer faire un pieds de nez à l'univers hautement nihiliste de New York 1997 pour faire de sa séquelle un reflet beaucoup moins sombre. Des vingt longs-métrages (ciné et télé), Los Angeles 2013 demeure sans doute comme le plus faible d'entre tous. Un échec artistique qu'il parviendra fort heureusement à faire oublier deux ans plus tard avec l'excellent Vampires...

vendredi 3 juillet 2020

New York 1997 de John Carpenter (1981) - ★★★★★★★★☆☆



Alors que l'on est sans nouvelles du futur remake de New York 1997 que devrait normalement réaliser Leigh Whannell (Invisible Man en 2020), petit retour sur la version de John Carpenter qui en 1981 signait son cinquième long-métrage et un retour à la science-fiction sept ans après Dark Star. Mais à une science-fiction d'un genre différent. De celles qui fleurissent en nombre depuis une bonne vingtaine d'années. New York 1997 ne se déroule pas dans les étoiles, à bord d'un vaisseau, ou sur la planète d'une lointaine galaxie. Non, le film se déroule sur Terre, dans un New York transformé en île-prison et entouré d'un mur infranchissable. Les quelques ponts qui mènent au continent sont farcis de mines et il faut un plan très précis pour pouvoir les traverser. Manhattan est donc le lieu idéal pour y enfermer à ciel ouvert les criminels en tous genres. Une conférence internationale devant avoir lieu, le président des États-Unis s'y rend à bord de l'Air Force One. Malheureusement pour lui, des terroristes se sont introduits à bord et font écraser l'avion au beau milieu de Manhattan. Cependant, le chef de l'état a eu le temps de s'en éjecter à bord d'une capsule de survie. Atterrissant en terre hostile, il est très vite repéré en enlevé par les hommes d'un certain Duke qui commande le territoire. Le chef de la police Bob Hauk fait rapidement rapatrier le hors la loi Snake Plissken, seul homme selon lui à être capable de ramener le président hors de Manhattan et surtout, la cassette audio qui est en sa possession et qui renferme d'importantes informations sur la fusion nucléaire. Contraint d'aider les forces de police, Snake Plissken a un peu moins de vingt-quatre heures pour retrouver le président et l'extraire de la zone de danger. Afin de s'assurer que l'homme ne prendre pas la fuite, Bob Hauk fait injecter à son insu deux capsules explosives microscopiques dans le cou de Snake. Si dans moins de vingt-quatre heure celui-ci ne revient pas avec le président et la cassette, il est assuré de mourir dans d'horribles circonstances...

Si New York 1997 est reconnu comme l'un des plus grands films de science-fiction du début des années quatre-vingt et demeure l'un des plus sombres et désespérés de la catégorie ''dystopie'', il est aussi de ces longs-métrages qui ont servi de source d'inspiration à de nombreux plagiats dont beaucoup d’œuvres italiennes parmi lesquelles Les Guerriers du Bronx d'Enzo G. Castellari, 2019 Après la Chute de New York de Sergio Martino ou Les Rats de Manhattan de Bruno Mattei qui lui doivent beaucoup. Des films qui ne semblent pas avoir fait réagir dans de trop grandes proportions John Carpenter si ce n'est concernant le cas Lock Out de James Mather et Stephen St. Leger. Produit par l'inépuisable Luc Besson, John Carpenter a porté plainte contre lui et le film a été effectivement reconnu comme étant un plagiat de son New York 1997. Il suffit d'ailleurs de lire le synopsis de ce très médiocre ersatz pour s'en convaincre. Totalement abouti dans sa forme nihiliste, le long-métrage de John Carpenter met en scène l'acteur Kurt Russel avec lequel il entamait ici une collaboration qui allait s'étendre sur quatre longs-métrages (il sera ensuite effectivement la vedette de The Thing en 1982, de Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin en 1986, et de la séquelle de New York 1997 intitulée Los Angeles 2013 et sortie sur les écrans en 1996).Comme souvent, la partition musicale est l’œuvre du réalisateur lui-même. Quant au scénario, John Carpenter le signe auprès de Nick Castle qui signera également celui de la séquelle et interprétera quelques rôles au cinéma dont Dark Star en 1974 et Halloween, la Nuit des Masques en 1978...

Une fois n'est pas coutume, la compagne de John Carpenter Adrienne Barbeau à laquelle il offrit le rôle principal dans le précédent The Fog fait partie de l'aventure dans le rôle de Maggie, compagne de Harold « Brain » Hellman quant à lui interprété par l'acteur Harry Dean Stanton (Alien de Ridley Scott en 1979). Lee Van Cleef incarne le chef de la police Bob Hauk tandis que Donald Pleasance (le docteur Loomis de Halloween) campe le président des États-Unis et Ernest Borgnine, Cabbie, le chauffeur de taxi. Notons également la présence du chanteur soul Isaac Hayes dans le rôle de Duke, le maître incontesté de l'île-prison. À un scénario relativement minimaliste, John Carpenter oppose une vision anxiogène d'un Manhattan contrôlé par diverses tribus de criminels. C'est dans ce contexte éminemment sauvage qu'évolue l'anti-héro Snake Plissken. Ici, pas le temps de laisser la place à la moindre romance. Lorsque le héros rencontre pour la première fois une femme sur le sol de Manhattan, il ne faut pas plus d'une ou deux minutes à John Carpenter pour l'éliminer du récit. Débutant comme une traque solitaire, le récit coltine au personnage principal des individus pas moins soupçonnables que ceux qui gangrènent la ville. 

Violent mais jamais vraiment gore, New York 1997 distille cependant une ambiance oppressante sans doute due à l'absence de refuge concret ou s'abriter en cas de danger. Le danger est partout. Si l'on y réfléchie bien, le film de John Carpenter relève presque du miracle. Car avec son mélange de science-fiction dystopique, sa faune bigarrée parfois vautrée dans une luxure grandiloquente et son combat en arène digne d'un péplum italien, New York 1997 échappe au ridicule. L'interprétation y est sans doute pour quelque chose, n'est-ce pas ? Tout comme les décors de Joe Alves qui évitent de ne ressembler qu'à du carton-pâte où les effets visuels auxquels a participé un certain... James Cameron. Et puis, il y a cette inoubliable musique composée par John Carpenter. Toujours minimaliste mais marquant l'esprit durablement. Comme il continuera de le faire tout au long de sa carrière, le réalisateur prouvait déjà à nouveau qu'il était capable d’œuvrer dans un contexte chaque fois différent et d'en extraire un joyau, ici, des plus noir...

jeudi 2 juillet 2020

Meurtre au 43eme Étage de John Carpenter (1978) - ★★★★★★★☆☆☆



Beaucoup de cinéastes ont débuté leur carrière en démarrant à la télévision. John Carpenter, lui, à débuté la sienne sur grand écran. Si l'on ne tient pas compte des courts-métrages qu'il réalisa entre 1962 et 1969 bien entendu. Entre 1974 et 1978, il réalise trois longs-métrages dont celui qui deviendra un véritable phénomène dans le genre Slasher en devenant l'un des plus appréciés des spécialistes. Imaginez, avec son budget de trois-cent vingt-cinq mille dollars, Halloween finit par remporter la modique somme de quarante-sept millions de dollars rien que sur le territoire américain lors de sa sortie. Mais plutôt que d'enchaîner directement avec un quatrième long-métrage cinéma, John Carpenter va réaliser coup sur coup, deux téléfilms. Le superbe biopic consacré au King Elvis Presley intitulé Le Roman d'Elvis, mais avant cela, celui qui deviendra par la suite l'un des grands noms de l'horreur, de l'épouvante et du fantastique mettra en scène le thriller Meurtre au 43eme Étage... Si pour beaucoup, Halloween demeure un intouchable du septième art. En ce qui me concerne, je n'ai jamais compris l'engouement que pouvait faire naître chez les amateurs d'épouvante ce slasher terriblement ennuyeux. Et à vrai dire, si l'on doit le comparer à ce premier téléfilm que John Carpenter réalisa en 1978, ce dernier lui est, je trouve, infiniment supérieur en terme de suspens et d'angoisse. Les fans du réalisateur britannique Alfred Hitchcock noteront la référence à son Fenêtre sur Cour auquel le scénario de Meurtre au 43eme Étage semble indéniablement se référer. Et par conséquent, la ressemble que partagent également celui-ci et le formidable Body Double de Brian de Palma...

Mais le téléfilm de John Carpenter n'étant ni un remake du premier datant de 1954, ni la source d'inspiration du second sorti quant à lui trente ans plus tard en 1984, malgré les quelques ressemblances qui lient forcément ces trois œuvres, Meurtre au 43eme Étage possède une identité qui lui est propre. Au cœur de l'intrigue, la trentenaire Leigh Michaels. Nouvellement installée dans un appartement de Los Angeles et employée dans une station de télévision, elle est très rapidement victime de coups de téléphone répétés de la part d'un homme qui vit apparemment dans l'immeuble d'en face. Recevant également des lettres à répétition, elle a beau appeler la police pour se plaindre, celle-ci ne peut rien faire pour elle tant que Leigh ne sera pas directement menacée par son harceleur qui choisi avec précaution les mots qu'il emploie. Lors d'une sortie dans un bar, Leigh fait la connaissance de Paul Winkless. Un professeur de philosophie avec lequel elle débute une relation et auquel la jeune femme confie ses angoisses. Décidé à lui venir en aide, Paul fait appel à un ami inspecteur de police qui malheureusement, ne semble pas prêt à intervenir. Devant la menace sans cesse grandissante, Leigh finit par prendre la décision de régler ses problèmes seule aidée de Sophie, son amie et collègue de travail...

Meurtre au 43eme Étage a beau n'être qu'un téléfilm, cela n'empêche pas John Carpenter (qui s'est lui-même chargé de l'écriture mais qui par contre a laissé à Harry Sukman le soin de composer la musique) d'y avoir mis tout son talent au service d'un thriller de très haute tenue qui n'a absolument pas à rougir face aux meilleurs d'entre eux à être sortis dans les salles à la même époque. Bien qu'étant son épouse à l'époque, l'actrice Adrienne Barbeau (Fog et New York 1997 de John Carpenter, Creepshow de George Romero, Le Couvent de Mike Mendez) ne tient pas le rôle principal mais celui de Sophie, l'amie de Leigh qui quant à elle est interprétée par Lauren Hutton. L'actrice et mannequin incarne une héroïne au caractère bien trempé et qui sait exactement ce qu'elle veut. En faisant de sa protagoniste une femme solide, John Carpenter s'arrange pour montrer la lente descente aux Enfers dont elle va être la protagoniste. En effet, de la femme qui dit non dès lors qu'elle n'a pas elle-même pris les commandes de telle ou telle situation, Lauren Hutton interprète une héroïne sous tension qui peu à peu perd pied et le contrôle d'elle-même. De la jeune femme toujours souriante et parfois cynique, il ne reste plus d'autre qu'une victime insomniaque, sujette à l'inappétence, et que la moindre silhouette ou la moindre sonnerie de téléphone finissent par terroriser.

Si le récit est relativement classique dans son déroulement (incompétence des autorités, harceleur invisible, lumières qui s'éteignent, bruits suspects, etc...), John Carpenter injecte au récit quelques moments de bravoure et certains cadrages absolument remarquables. À titre d'exemple, nous évoquerons la séquence durant laquelle l'héroïne, magnifiquement interprétée, se trouve coincée sous une grille tandis que le suspect passe au dessus d'elle. Ou lors du combat final entre le harceleur et sa victime, lorsque penchée dans le vide, Leigh est filmée sous un angle vertigineux. Si le duel entre Laurie Strode et Michael Myers de Halloween vous a terrifié, alors celui qui oppose Leigh au dingue qui la harcèle au téléphone risque de vous tétaniser. Meurtre au 43eme Étage a beau n'être qu'un téléfilm, il aura finalement mérité sa sortie sur les grands écrans américains au même titre que l'excellent Duel de Steven Spielberg sept ans auparavant...

mercredi 1 juillet 2020

Memoirs of an Invisible Man de John Carpenter (1992) - ★★★★★★★★★☆



S'il est assez peu conventionnel et sans doute encore moins appréciable de voir une œuvre littéraire être triturée au cinéma dans tous les sens, il est cependant envisageable d'imaginer que l'écrivain britannique H. G. Wells aurait sans doute apprécié le travail effectué par le réalisateur américain John Carpenter sur son formidable Memoirs of an Invisible Man même si officiellement, le film et le roman n'entretiennent aucun rapport. Que le quatorzième long-métrage de l'un des artisans du fantastique les plus remarquables est inspiré en réalité de l'ouvrage éponyme de Harry F. Saint plutôt que du célèbre roman The Invisible Man publié pour la première fois en 1897 ne change pas le fait que Memoirs of an Invisible Man évoquera dans la mémoire collective, l’œuvre de H. G. Wells. Et pourtant... rien ne semble plus éloigné du mythique roman du britannique que le film de John Carpenter. Le Griffin littéraire décrit comme un individu ayant une aversion pour l'espèce humaine et ici remplacé par Nick Halloway. Un homme charmant, profondément intègre, amoureux de la belle Alice Monroe, et qui subit les conséquences d'un accident de laboratoire dont il n'est pas à l'origine. Plutôt que de plonger peu à peu dans une certaine forme de démence, le héros de Memoirs of an Invisible Man résiste à tout ce qui pourrait en faire un homme mauvais. C'est sans doute la raison pour laquelle le film lui oppose un antagoniste de taille en la personne de David Jenkins. Un agent de la CIA ambitieux et totalement obsédé à l'idée d'entrer en possession de Nick dont l'invisibilité récente est source de promesses multiples au sein du gouvernement américain. Mais c'est sans compter sur Nick qui pressent rapidement le danger d'une telle collaboration alors que son unique espoir est de retrouver sa forme originale...

C'est sur ce postulat que repose donc Memoirs of an Invisible Man. Une œuvre qui s'éloigne donc du roman de H. G. Wells puisque je le répète, il s'agit d'une adaptation de celui de Harry F. Saint. Beaucoup moins sombre que ne l'évoque le récit du britannique, John Carpenter transforme cette histoire fantastique en un fabuleux melting pot convoquant autant la comédie que l'action ou le thriller. La genèse du quatorzième long-métrage de John Carpenter a ceci de particulier qu'il semblerait que cela soit sur demande de Chevy Chase qui incarne à l'écran le personnage de Nick Halloway que soit née la collaboration entre l'acteur et le réalisateur. Chevy Chase aurait en effet fait appel à l'auteur de New York 1997, Christine ou The Thing pour l'aider à relancer sa carrière à ce moment là, dans le creux de la vague. Un ''pari'' qui ne portera pourtant pas ses fruits puisque le film ayant coûté la modique somme de quarante millions de dollars, il n'en rapportera finalement sur le sol américain qu'un peu moins de quinze. Ce qui peut en partie s'expliquer par le fait que le ''style John Carpenter'' ne se reconnaît pas immédiatement. À commencer par la bande-originale qui pour l'une des rares fois dans sa carrière fut signée par un autre compositeur que le réalisateur lui-même. Une musique qui devait d'ailleurs être à l'origine confiée au compositeur Jack Nitzsche (déjà auteur de celle de Starman également réalisé par John Carpenter en 1984) et qui fut finalement composée par l'américaine Shirley Walker...

Outre la formidable mise en scène de John Carpenter qui sait faire preuve ici d'une infinie délicatesse dans le traitement de son sujet et des rapports entre Chavy Chase et Darryl Hannah, ce sont bien ces deux là qui font de Memoirs of an Invisible Man une œuvre remarquable. Bien que l'héroïne de Splash de Ron Howard en 1984 ne soit employée que dans une minorité de séquences, surtout durant les deux premiers tiers du film où elle n’apparaît que rarement, Darryl Hannah incarne une Alice Monroe émouvante s'intégrant à l'histoire comme un personnage essentiel et non pas une potiche dont le seul attrait tiendrait dans ses formes parfaites. L'une des idées de génie de cette version beaucoup plus optimiste ou en tout cas bien moins sombre du thème de l'homme invisible que dans les autres adaptations est dans le choix de n'avoir pas fait de son héros un personnage qui déambule perpétuellement sous des bandages. En effet, Chavy Chase, qui excelle véritablement dans le rôle de Nick Halloway, est la plupart du temps visible à l'écran. Tel un vampire, John Carpenter n'expose son étrange condition d'homme invisible qu'à travers son absence de reflet ou lorsqu'il est accoutré de vêtements n'ayant pas subit le même sort que lui. Face à ce couple charmant que le récit ne réunira que très tardivement, l'antagoniste est incarné par l'acteur Sam Neill qui interprétera le rôle principal du démentiel In the Mouth of Madness lui-même réalisé par John Carpenter trois ans plus tard. Il interprète dans le cas présent l'immonde David Jenkins, dont le timbre raffiné, le comportement pince-sans-rire et le regard glaçant finissent d'en faire un antagoniste remarquable. Memoirs of an Invisible Man s'écarte des habituelles visions du mythique personnage de l'homme invisible en lui apportant cette touche d'humanité qui disparaissait du personnage de l’œuvre originelle. En résulte un long-métrage formidablement divertissant, amusant, touchant, nanti de superbes effets-spéciaux numériques et d'une interprétation exceptionnelle de son principal trio d'acteur(trice)s. Un quasi chef-d’œuvre qui ne souffre à vrai dire que de menues imperfections ne relevant que de l'écriture de Robert Collector, Dana Olsen et William Goldman. Une merveille...

lundi 12 novembre 2018

Halloween, la Nuit des Masques de John Carpenter (1978) - ★★★★★☆☆☆☆☆




J'avais jusqu'ici presque honte d'avouer que je n'avais jamais vu le classique de John Carpenter Halloween, erreur que j'ai réparé hier soir. Et à statut d’œuvre culte, il fallait bien que je propose à ma tendre moitié de me suivre dans cette aventure qui, j'en étais persuadé, allait être palpitante. Pourtant, au sortir de la projection, mon palpitant, justement, allait connaître une baisse de régime, un ralentissement pire qu'un embouteillage en période de vacances estivales. Si je ne me suis pas endormi, c'était tout comme. Et comme si j'avais honteusement ressenti le besoin de ne pas être isolé dans cette galère, j'ai jeté un œil à Anna pour voir si elle aussi s'était assoupie. Et effectivement, c'est en milieu de parcours que je l'ai surprise les yeux clos. Il faut dire que du haut de son statut, on pouvait s'attendre à ce que Halloween donne l'impression d'avoir carrément réinventé un genre à lui tout seul. Peut-être l'ai-je découvert bien trop tard. Peut-être l'aurai-je vu avec l’œil du fan absolu qui le vit pour la première fois quarante ans plus tôt. A vrai dire, je me suis surtout retrouvé dans la position du psychiatre Sam Loomis poirotant devant la baraque de Michael Myers.

J'ai bien compris qu'avec ce film, on touchait à quelque chose de justement... intouchable. Et pourtant, il fallait bien qu'un jour quelqu'un mette les mains dans le cambouis (à défaut d'hémoglobine, vous savez, cette matière gluante et cuivrée qui manque cruellement au long-métrage de John Carpenter) et faire comprendre aux nouvelles futures générations de fans de film d'épouvante et d'horreur qu'elles devront aller voir ailleurs si elles veulent réellement avoir peur ou se "salir les mains". Je m'étais dis que ça me changerait de la trop longue saga des Vendredi 13 et des dizaines d'ersatz insipides que ces deux franchises ont généré, mais rien à faire. L'ennui s'est très rapidement installé et ne m'a pas quitté avant le dernier quart-d'heure. Loin derrière le séminal Black Christmas de Bob Clark (daté de 1974), de The Burning de Tony Maylam ou de l'excellent The Prowler de Joseph Zito, Halloween n'est en fait qu'une pâle copie, peut-être en avance sur les autres, oui, mais une pâle copie du genre slasher.

Le principal soucis, outre le fait qu'il manque un minimum d'hémoglobine pour contenter les amateur de boucherie et de scènes flippantes pour ceux qui aiment frissonner, c'est l'absence de réel scénario. Pas un brin d'histoire, si ce ne sont les raisons pour lesquelles un gamin revient quinze ans plus tard après avoir été interné à la suite du meurtre de sa sœur. De plus, le film est farci d'invraisemblances. Même si l'on nous explique un peu grossièrement que le tueur a eu le temps d'apprendre à conduire des voitures pendant son internement, le voir s'échapper à bord d'un véhicule au début du film alors qu'il est resté demeuré enfermé dans un hôpital psychiatrique dès ses six ans, rend la chose peu banale. Beaucoup plus tard, lorsque Sam Loomis croise la route du shérif Leigh Brackett, le docteur précise confirme la présence du tueur masqué et son inquiétude, ce qui pourtant ne l'empêche d'arborer une certaine insouciance. Et je ne vous parle même pas du passage en voiture de l’héroïne et de l'une de ses amies durant lequel la nuit prend la relève de manière trop abrupte. Des détails ? Si vous voulez...

Alors que Halloween 3 m'avait fait une forte impression (dû à l'absence du tueur emblématique de la saga?), ce premier jet, qui n'a bien entendu aucun rapport m'a laissé de marbre. Pourtant, force est de constater qu'à plusieurs reprises, quelques menus détails m'ont empêché de définitivement décrocher. La discussion entre le shérif et le psychiatre dans la demeure délabrée de Michael Myers. La présence de Jamie Lee Curtis dans la peau de Laurie Strode. Ou bien encore certaines apparitions du tueur en arrière-plan. Une manière parfois stylisée de le voir surgir discrètement derrière une fenêtre ou à l'embrasure d'une porte. Ah ! Et puis bien entendu, l'entêtante partition musicale intégralement composée par John Carpenter lui-même. Quant au casting : irréprochable. Avec un Donald Pleasence toujours aussi « présent » et un Nick Castle sous le masque d'un tueur glaçant et dénué de la moindre émotion. A noter que le masque, acheté dans un magasin de farces et attrapes était censé représenter le visage de l'acteur William « Capitaine Kirk » Shatner !!!

Au final, Halloween fut une très grosse déception. Un tout petit slasher, ennuyeux, jamais effrayant, sans la moindre goutte de sang (à part une gorge très discrètement tranchée), nantie d'incohérences, dont le scénario fut aux abonnés absents mais dont la partition musicale résonne encore dans mon esprit. Un classique ? oui, sans doute, mais qui a très mal vieilli...

mardi 5 juin 2018

Terror in the Aisle de Andrew J. Kuehn (1984)



Une salle de cinéma. Des dizaines de spectateurs. Donald Pleasance et Nancy Allen pour nous servir d'hôtes. Terror In The Aisle est une anthologie du film d'horreur-épouvante. On y retrouve des extraits de plusieurs dizaines de classique du genre, et même quelques-uns qui n'auraient rien à faire ici (Midnight Express, Marathon Man, Les Faucons de la Nuit) s'ils n'étaient pas en mesure eux-même de distiller une certaines angoisse. Masacre à la Tronçonneuse, Hurlements, La Nuit des Morts-Vivants, Scanner, Poltergeist, Terreur sur la Ligne, Rosemary's Baby, Alien, le Huitième Passager, Psychose, Phantom of the Paradise et bien d'autres encore représentent ce qui se faisait de mieux au siècle dernier. Du moins jusqu'à l'année 1984, date de sortie de cette compilation qui n'est pas du tout avare en terme de sensation.

Et même si l'on est amateur du genre, que l'on connaît sur le bout des doigts la presque totalité des scènes qui nous sont proposées, le plaisir de les revoir ainsi commentées est un pur bonheur. A e propos, contrairement à la majorité des documentaires, ici, les scènes qui servent de matière aux propos des deux acteurs ne sont jamais entrecoupées de passages explicatifs filmés dans des studios vides ou dans les demeures personnelles de ces derniers. Eux-mêmes sont assis parmi les spectateurs, se fondant ainsi parfaitement dans le décor. Terror In The Aisle a donc davantage les allures d'une fiction agrémentée des commentaires de deux stars du cinéma que d'une simple anthologie compilant les un derrière les autres, des extraits de film.


L’œuvre est d'abord timide dans ses premiers soubresauts. Puis, peu à peu, le rythme s'accélère et prend une ampleur à laquelle on ne s'attend pas forcément. Alors que certains spectateurs s'agitent sur leur fauteuil, les yeux grands ouverts, d'autres les ferment, attendant que les détails les plus sordides du spectacle auquel ils assistent veuillent bien prendre fin. Nous redécouvrons sous un angle différent les œuvres de John Carpenter, David Cronenberg, Tobe Hooper, Brian de Palma ou encore Alfred Hitchcock...

A voir, à revoir, encore et encore...


samedi 14 octobre 2017

John Carpenter's Ghosts of Mars de John Carpenter (2001) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Ghosts of Mars demeure à ce jour l'avant-dernier long-métrage de John Carpenter et celui que beaucoup s'accordent à affirmer qu'il s'agit du moins bon. Peut-être ont-ils raison, peut-être ont-il tort. Toujours est-il qu'en le comparant aux autres films du cinéaste américain, il est vrai que celui-ci à beaucoup de mal à peser dans la balance. J'avais moi-même tenté d'appuyer cette hypothèse que semble confirmer le scénario, la mise en scène, l'interprétation et les décors. Un western situé au beau milieu de la planète rouge. Des couleurs rouges et criardes. Des décors obsolètes ressemblant à ceux croisés dans d'innombrables nanars et rip-offs. Outre la participation du cinéaste lui-même à la composition de la bande-son, participent au projet l'artiste Buckethead et le groupe Anthrax. Résultat : une musique métal qui colle parfaitement à l'histoire et donne leur équilibre aux créatures imaginées par John Carpenter et Larry Sulkis.
A ne surtout pas comparer avec les chefs-d’œuvre que sont Mad Max, pour son côté guerrier post-apocalyptique et The Thing du même John Carpenter auquel semble parfois se revendiquer Ghosts of Mars. Le cinéaste transpose en effet l'idée d'un environnement hostile, à l'écart de toute civilisation, et dont les seuls occupants sont agressés par une entité d'origine inconnue. Remplacez la station de recherche en Antarctique et la créature extraterrestre extraite d'un bloc de glace par une base sur Mars dont tous les occupants ont disparu et par des créatures fantomatiques libérées par inadvertance lors de fouilles archéologiques et vous tenez entre les mains un remake inavoué du classique que John Carpenter signa il y a trente-deux ans.

Nous sommes en 2176 (le cinéaste se décidant enfin à transposer son intrigue dans un futur beaucoup moins proche que ceux avoisinant de trop près l'époque à laquelle ils furent tournés. New York 1997 ayant été tourné en 1981 et Los Angeles 2013, en 1996). Cette fois-ci, l'intrigue se déroule pas dans l'une des deux ou trois décennies à venir mais dans un peu plus d'un siècle et demi. La planète Mars est depuis colonisée par des terra-formeurs mais alors qu'une équipe de flics constituée autour du commandant Helena Braddock (l'actrice Pam Grier que le cinéaste employa déjà cinq ans auparavant sur le tournage de Los Angeles 2013) arrive dans une cité minière à bord d'un train afin de prendre en charge un individu accusé d'un sextuple meurtre, celle-ci constate avec étonnement qu'il n'y a pas âme qui vive. En fait, il serait plus judicieux de dire qu'il en demeure encore en vie mais que ceux-ci semblent possédés. Parmi les quelques survivants à avoir encore toute leur tête se trouve James "désolations" Williams. Celui que Braddock et son équipe sont chargés de ramener sur Terre. Enfermé avec les autres, il garde le silence tandis que dans une autre cellule, l'un des prisonniers est agité. Le pauvre semble être atteint d'un mal étrange. Braddock et les siens apprennent très vite que la ville n'est pas si déserte que cela et que dans la région, un groupe formé d'anciens mineurs sèment la mort. Il s'avère qu'ils sont possédés par l'esprit de créatures originaire de la planète et que leur but est d'effacer toute trace d'humanité sur Mars. Le combat s'engage alors entre le commando et les mineurs possédés.

Contre toute attente, Pam Grier n'est pas la principale interprète de Ghosts of Mars. John Carpenter élimine assez rapidement son personnage pour offrir à l'actrice canadienne Natasha Henstridge le rôle principal. L'actrice qui s'était jusque là faite remarquer pour son interprétation dans les deux premiers volets de La Mutante est accompagnée de l'acteur et rappeur californien Ice Cube, de Jason Statham, et de l'actrice Clea DuVall. Le rôle de l'inquisiteur est quant à lui incarné par l'actrice Rosemary Forsyth. Les amateurs de nanars à gros budgets (le film a tout de même coûté 28 millions de dollars) y trouveront très certainement leur compte. Les dialogues sont insipides, l'action bourrine, et les flash-back, dont le procédé aurait pu être travaillé davantage, sont assez sommaires. Un film mineur dans la carrière du cinéaste...

jeudi 12 octobre 2017

Assault on Precinct 13 de John Carpenter (1976) - ★★★★★★★☆☆☆



Lorsqu'en 1976, le cinéaste américain John Carpenter se voit offrir l'opportunité de tourner son second long-métrage, il n'a malheureusement pas les moyens de ses ambitions. Alors qu'il s'imaginait déjà consacrer un biopic à Mikel « El Lobo » Lejarza, un membre du service de renseignement espagnol infiltré au cœur du groupe armé ETA (Euskadi Ta Askatasuna, pour Pays Basque et Liberté), il pense ensuite à la réalisation d'une œuvre dans l'esprit de El Dorado que Howard Hawks tourna en 1966. S'il en abandonne l'idée, il s'inspirera cependant d'un autre western du réalisateur, producteur et scénariste américain : Rio Bravo avec John Wayne et Dean Martin. John Carpenter remplace le shérif John T. Chance, l'adjoint alcoolique Dude, le vieil homme boiteux Stumpy, la fille aux plumes et le jeune Colorado Ryan par le lieutenant Bishop, la secrétaire Leigh, et les truands Wells et Napoleon Wilson. Quant au récit, si beaucoup d'éléments ont été supprimés de l’œuvre originale, l'auteur de Halloween préserve l'état de siège dans lequel tombent ses personnages. Exit le Far West, bonjour le quartier d'Anderson de Los Angeles. 
Y fait régner la terreur le gang Street Thunder qui vient justement de voler un stock d'armes à feu. Alors que plusieurs membres du gang sont morts durant le vol, les autres promettent de mettre la ville à feu et à sang. C'est ainsi qu'une gamine est tuée alors que le gang s'en prenait à un marchand de glace. Le père de la petite s'empare d'un pistolet que le marchand planquait sous le tableau de bord de son véhicule et prend en chasse les voyous. Après de longues heures de course-poursuite, il parvient à tuer celui qui tiré sur sa fille mais devient désormais la proie des autres. Se réfugiant dans le commissariat du Central 13, il se retrouve piégé entre les quatre murs de l'édifice en compagnie du lieutenant Bishop auquel a été confiée la charge de surveiller le commissariat jusqu'à son transfert dans un autre quartier. S'engage alors un combat entre les forces de police et les membres du gang qui réclament justice après la mort de l'un d'entre eux...

John Carpenter n'y va pas par quatre chemins : pour assurer la survie des membres de l'autorité coincés dans le commissariat, il choisi une étonnante option : faire de deux criminels, ses alliés. Avec les cent-mille dollars alloués à Assault on Precinct 13, pour son second long-métrage, John Carpenter s'en sort brillamment. Si la source d'inspiration principale se fait ressentir, le cinéaste parvient à se démarquer très nettement de l’œuvre de Howard Hawks grâce à l'univers qu'il impose. Le sien. Déjà, tout ce qui fait le charme du cinéma Carpenterien est là : une ambiance lourde, sombre, dans laquelle joue un rôle prépondérant, l'obscurité. Le cinéaste a le don d'employer les décors à bon escient. Pour preuve, le déplacement furtif du gang se déplaçant de nuit entre les arbres jouxtant le trottoir faisant face au commissariat. A travers ce simple plan, John Carpenter crée un climat effrayant. L'impression d'encerclement. Comme un rapace refermant ses griffes autour de sa proie. Et puis, il y a cette musique, lancinante, anxiogène, marque de fabrique de l'auteur de Prince des Ténèbres et de Christine. Car c'est déjà le réalisateur lui-même qui met les mains dans le cambouis. Réalisateur, compositeur, scénariste, mais également monteur (sous le pseudonyme de John T. Chance qui n'est autre que le nom du personnage campé par l'acteur John Wayne dans Rio Bravo).

Un touche à tout qui nous offre ici un bel exemple de thriller où la tension veille à ne jamais baisser la garde. Même les instants où il ne se passe rien est l'occasion de mettre nos nerfs à rude épreuve. Dans le genre, Assault on Precinct 13 fait figure d’œuvre d'épouvante urbaine. Ici, pas question de créer un climat de suspicion envers quelle que race que ce soit. Que l'on soit du côté du Bien ou du Mal, les visages pâles, les blacks et les chicanos font tous partie du spectacle. Assault on Precinct 13 a le bon goût de ne dénigrer personne en la matière et ne se fait jamais le témoin d'un quelconque moralisme. Tout au plus le film arbore-t-il le visage de la rédemption à travers le personnage de Napoleon Wilson, campé par l'acteur Darwin Joston. Le rôle du lieutenant Etahn Bishop, John Carpenter l'offre à l'acteur noir Austin Stoker, quant à celui de la secrétaire Leigh, c'est l'actrice Laurie Zimmer qui l'incarne. A sa sortie en 1976 aux États-Unis, le film ne rencontre pas le succès escompté. Il est cependant très apprécié du public anglais. Le film marche très bien en Italie et ne sortira que deux ans plus tard chez nous, en France. Assault on Precinct 13 faillit être classé X par la Motion Picture Association of America qui considéra la scène où la jeune fille meurt inappropriée. Grâce à une savante entourloupe du cinéaste, le film sortit finalement dans la version pensée par son auteur, incluant donc la scène en question.
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