Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est épouvante. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est épouvante. Afficher tous les articles

mercredi 20 octobre 2021

Halloween Kills de David Gordon Green (2021) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Après un premier volet carrément revigorant et un troisième qui sortira probablement l'année prochaine avant que son auteur n’entame une nouvelle trilogie tournant autour du classique de William Friedkin L'exorciste, le second volet de la nouvelle trilogie Halloween réalisé par David Gordon Green est enfin disponible depuis peu. En fait, depuis le 20 octobre, soit aujourd'hui. Et vues les qualités du premier, l'attente aura été longue. Plus longue que celle dont les spectateurs devront apparemment faire preuve en attendant le troisième épisode prévu donc pour l'année prochaine sous le titre Halloween Ends. Mais d'ici là, évoquons Halloween Kills, celui-là même qui fut deux jours auparavant proposé en avant-première et qui désormais débarque dans nos salles de cinéma préférées. Toujours réalisé par le réalisateur américain, auteur entre autre de Stronger en 2017 avec dans le rôle principal Jake ''Donnie Darko'' Gyllenhaal, Halloween Kills situe son action juste après les événements du premier volet de la nouvelle trilogie. Laurie Strode (toujours incarnée par Jamie Lee Curtis) débarque en sang à l’hôpital après un générique en forme d'hommage à l’œuvre de John Carpenter. On y retrouve d'ailleurs son célèbre thème musical réinterprété. Persuadée que Michael Myers (James Jude Courtney) est en train de partir en fumée dans l'incendie d'une maison d'Haddonfield, celui-ci parvient une fois de plus à s'en tirer. Devenu plus immortel qu'un zombie puisque même une grave blessure à la tête ne semble pas être en mesure d'en finir une bonne fois pour toute, il va errer durant presque deux heures dans les rues de la ville, semant la mort autour de lui...


Et c'est en partie en cela que Halloween Kills déçoit. Non pas ses meurtres, nombreux et parfois généreux en terme d'hémoglobine accomplis par un James Jude Courtney qui tente de se rapprocher au mieux au Michael Myers original incarné par Nick Castle, mais le peu d'investissement de David Gordon Green et de ses scénaristes Danny McBride et Scott Teems qui se contentent de faire traverser de long en large les rues de la ville à un tueur qui imite à outrance les mimiques de celui qui déjà fit des ravages en 1978 crève l'écran. L'originalité, les trois hommes la cherchent ailleurs. Dans l'implication d'une ville toute entière qui ce soir décide qu'il est enfin temps d'en finir avec le plus terrifiant des boogeymen. Égorgements, décapitations, utilisation d'une scie circulaire ou plus simplement de couteaux ou de ses propres mains, Michael Myers fait rarement preuve d'imagination. Même lorsqu'il s'en prend à Cameron Elam (Dylan Arnold) qu'il tue un peu à la manière du meurtrier de Haute Tension d'Alexandra Aja mais sans jamais aller aussi loin dans le gore (la séquence de l'escalier). En convoquant toute une ville à s'armer et à traquer le célèbre tueur à l'effigie d'un William Shatner psychopathe et blafard, David Gordon Green sème quelque peu le trouble dans l'esprit du spectateur qui se perd parfois dans un récit brouillon qui veut absolument passer des uns aux autres des personnages et du passé au présent sans faire toutefois systématiquement preuve de cohésion...


Si David Gordon Green paraît se laisser influencer par la culture Woke, on le remerciera de nier cette évidence lors de deux doubles meurtres remettant les choses à plat façon doigt d'honneur à cette bien-pensance qui se généralise aujourd'hui à travers tous les types de médias et que certains tentent d'étendre au septième art. Mais heureusement persistent des réfractaires dont Michael Myers est peut-être l'étendard. À moins qu'il s'agisse de l'inverse puisqu'en tuant hétéros, gays, noirs et blancs sans distinction de couleur ou de préférences sexuelles, il met tout le monde sur un même plan. Et tant mieux d'ailleurs ! Halloween Kills ressemble à une mini guerre civile à l'échelle d'une communauté qui choisi de se faire justice elle-même en traquant un tueur qui ne s'avérera pas toujours être le bon. Où quand l’hôpital se transforme en une foire d'empoigne, chacun cherchant à mettre la main sur Michael avant ses congénères. Symbole de cette sauvagerie qui s'empare désormais des services d'urgence ? Question caractérisation, on est aux abonnés absents. Chacun y affirmant son besoin de vengeance dans un état de fureur parfois assourdissant (Laurie Strode, blessée, mais hurlant dans sa chambre d’hôpital). Alors, quand les morts commencent à se compter sur davantage que les doigts d'une seule main, le destin du spectateur ne repose plus que sur l'étalage de séquences moyennement gore. Si Halloween Ends promet la fin de la saga et donc logiquement la mort de Michael Myers, on se demande comment vont s'y prendre les scénaristes pour tuer celui qu'il ont transformé en un individu indestructible. Seul l'avenir nous le dira...

 

dimanche 5 septembre 2021

Gabal (가발) de Won Shin-yeon (2005) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pour saisir toutes les subtilités de Gabal, il va falloir s'armer de patience. Car si le synopsis et les différentes affiches du films donnent immédiatement à penser que l'on est devant l'un de ces sempiternels films de fantômes asiatiques mettant en scène des esprits à la chevelure brune et luxuriante, Gabal va nous prouver que dans le genre, certains ont suffisamment d'imagination pour en proposer une relecture du mythe tout à fait inédite. On est moins là devant un pur produit horrifique que devant un drame sentimentalo-fantastique laissant une large place à l'émotion. Des cascades de violons pour une histoire qui devrait toucher le cœur de bon nombre de spectateurs tout en laissant sur le bord de la route celles et ceux qui n'en attendaient pas davantage qu'une succession de séquences purement horrifiques. il faudra d'emblée abandonner toute idée d'avoir le trouillomètre à zéro, le but n'étant ici visiblement pas d'accélérer notre rythme cardiaque mais plutôt de nous faire d'abord réfléchir sur la perte d'identification d'une jeune femme atteinte d'un cancer en phase terminale dont la perruque qui vient de lui être offerte agit de manière fort peu conventionnelle sur son comportement. On en vient alors à se demander où se termine le fantastique et où commence la schizophrénie. C'est en cela que Gabal tient toutes ses promesses. Sans doute plus que dans l'attente de visions fantasmagoriques dont ont pourtant le secret bon nombre de réalisateurs japonais ou sud-coréens ou d'éventuelle saillies gore dont est de toute manière pratiquement dénué le long-métrage du réalisateur Won Shin-yeon...


Au cœur de ce récit étrange et quelque peu brouillon pour les occidentaux parfois profanes que nous sommes (il faudra un temps d'adaptation pour que l'on cesse de confondre telle ou telle actrice et par conséquent, tel ou tel personnage), deux sœurs, un homme et... une perruque, donc ! Celle-là même qui redonnera le goût de vivre à Su-hyun (l'actrice Chae Min-seo), pourtant condamnée à mourir sous peu. Sa sœur Ji-hyun (Sa Hyon-Jin) le sait. Tout comme son époux (interprété par l'acteur Kyeong-bin Rah). Mais pas Su-hyun qui en étant en outre sous l'emprise de sa perruque semble également reprendre des forces au point que sa maladie ne progresse plus. Un miracle qui malheureusement a des inconvénients. La jeune femme change de comportement. Devient odieuse et cherche à s'accaparer les faveurs du mari de sa sœur, lequel a de toute manière décidé de divorcer. En dehors d'une séquence gore relativement inconfortable qui survient vers la fin du récit, les quelques passages fantastiques s'avèrent anecdotiques et ne participent pas, d'une manière générale, à la progression et l'intérêt du film. Finalement plus proche du Locataire de Roman Polanski que de ses homologues japonais The Ring et Dark Water de Hideo nakata) et The Grudge de Takashi Shimizu, Gabal est une expérience unique, parfois touchée par la grâce mais qui souffre d'une lenteur somme toute rédhibitoire. Difficile alors de savoir s'il faut considérer l’œuvre de Won Shin-yeon comme un authentique classique du genre ou comme une alternative certes originale mais dans la forme, plutôt marquée par de trop gros ventres mous...

 

samedi 4 septembre 2021

Massacre à la tronçonneuse: la nouvelle génération de Kim Henkel (1994) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Quatre ans après le très superficiel Leatherface : Massacre à la tronçonneuse III, Tronche de cuir, sa tronçonneuse et sa famille de déjantés reviennent sous la houlette d'un très grand bohomme puisque derrière Kim Henkel se cache rien moins que le scénariste de l’œuvre originale et du Crocodile de la mort de Tobe Hooper. Autant dire qu'après la purge réalisée par Jeff Burr quelques années en arrière, Massacre à la tronçonneuse: la nouvelle génération est attendu comme le messie. Comme la résurgence d'une saga qui n'aura finalement jusque là pas su conserver le cap de la qualité au delà de ses deux premiers volets pour les uns, et de son seul volet d'origine pour les autres. Que faut-il comprendre à travers cette nouvelle génération que nous promet le titre de ce quatrième opus ? Un renouveau ? Certes non, puisque en réalité, Massacre à la tronçonneuse: la nouvelle génération doit avant tout être envisagé comme une version 2.0 du tout premier Massacre à la tronçonneuse sorti pile poil vingt ans plus tôt. Un hommage donc au chef-d’œuvre du réalisateur texan qui brille miraculeusement par ses nombreuses qualités lorsque l'on pouvait se désespérer de n'y voir qu'un énième avatar dans la lignée du précédent. Fort heureusement, Kim Henkel n'est pas que le scénariste culte que l'on connaît mais un brillant visionnaire qui malheureusement n'ira pas au delà de cette seule expérience et raccrochera la caméra pour se concentrer essentiellement sur sa carrière de scénariste (Butcher Boys en 2012, The Chainsaw Murders en 2013 ou Leatherface en 2017)...


Massacre à la tronçonneuse: la nouvelle génération est donc plus un remake qu'une suite réelle des précédents volets. Car si une fois de plus le principe du texte défilant du générique simule superficiellement l'évolution des crimes commis par la famille Sawyer à travers les années, Kim Henkel fait comme Jeff Burr avant lui et fait table rase de la plupart de ses membres afin de la reconstituer à travers des individus qui n'ont rien à envier ou presque aux précédents. On notera qu'outre Tronche de cuir, le grand-père y est toujours présent et pour une fois, dans une certaine forme olympique puisque capable cette fois-ci de se lever de sa chaise. Pour celles et ceux qui ne le savent toujours pas, le personnage de Leatherface provient à l'origine d'un fait divers authentique entourant le cas d'Edward Gein connu sous le nom du Boucher de Plainfield. Un bouseux qui se rendit coupable de deux meurtres et de dizaines de profanations de sépultures. Des cadavres qu'il rapporta chez lui avant d'en prélever diverses pièces pour en décorer sa maison. L'une des particularités de cet étrange bonhomme souvent considéré par ses voisins comme l'idiot du village fut d'avoir fabriqué à l'aide de la peau de ses victimes une étrange combinaison qu'il revêtait les soirs de pleine Lune. Le Leatherface de Massacre à la tronçonneuse: la nouvelle génération semble plus proche que jamais de son... ''modèle''. Ce qui malheureusement aura des conséquences sur le sérieux du propos car comment ne pas trouver le Tronche de cuir de ce quatrième volet ridicule ? C'est sans doute l'aspect le plus navrant d'un long-métrage qui par ailleurs est considéré comme le pire d'entre tous. Allez savoir pourquoi ? Pour la faiblesse de son scénario ? Peut-être, mais alors il faudrait critique de la même manière l'original et ses nombreuses suites...


Première chose : le visuel. Kim Henkel semble s'être souvenu de l'esthétique générale du Crocodile de la mort au moment de tourner son unique long-métrage. Dehors, la brume y est épaisse et persistante. Le réalisateur opte pour des teintes brunes qui donnent à de nombreuses séquences en extérieur un indéniable cachet. Certains passages mériteraient d'être mis en position ''arrêt sur image'' pour en contempler les qualités picturales. La laideur y est magnifiée bien davantage que dans le précédent volet dont la disgrâce visuelle gâchait en partie l'intérêt d'une œuvre déjà mal fagotée. Ensuite, que l'on aime ou pas le principe, Kim Henkel reprend à titre de droit ce qui lui appartenait en partie à l'origine : le scénario de l'original pour le triturer à quelques égards et en conserver certains effets à d'autres occasions. On retrouve donc la maison des Sawyer, son entrée (que Leatherface éventrera une fois de plus à coups de lame de tronçonneuse) et son escalier, cette fois-ci positionné à gauche. On retrouve également l'hallucinant dépotoir intérieur, sa cuisine, son congélateur et son crochet auquel Leatherface suspendra bien évidemment le corps d'une jeune étudiante vêtue de ses habits d'apparat de fête de fin d'année. D'autres séquences viendront rappeler le spectateur à ses bons souvenirs d'il y a vingt ans en arrière. Mais des acteurs originaux, que nenni. Renée Zellweger vient prendre la place de Marilyn Burns sept ans avant de devenir une star mondiale grâce au premier volet de la trilogie Bridget Jones et Matthew McConaughey celle d'Edwin Neal avant de jouer pour le compte de Steven Spielberg, Robert Zemeckis, Ron Howard, Christopher Nolan ou Gus Van Sant. Celles et ceux qui charrient de mauvaises ondes sur Massacre à la tronçonneuse: la nouvelle génération devraient reconsidérer leur position. Car même en faisant preuve d'assez peu d'imagination d'un point de vue scénaristique, même avec son final ridicule exposant un Leatherface grotesque, ce quatrième opus reste visuellement très agréable et relativement délirant dans la caractérisation des membres de la famille Tronçonneuse. En tout cas, un film qui a gagné en qualité à travers les années malgré ce que l'on a pu en penser à l'époque de sa sortie. À chacun de rester sur sa position ou de réévaluer le film à la hauteur de ses mérites...

 

Leatherface : Massacre à la tronçonneuse 3 de Jeff Burr (1990) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 

Dans peu de temps devrait débarquer sur la plate-forme de streaming Netflix le dernier rejeton de l'une des plus célèbres franchises du cinéma d'horreur et d'épouvante, Massacre à la tronçonneuse. Si l'on se doit de patienter jusqu'à ce que parvienne sur nos écrans la dernière vision en date signée de l'uruguayen Fede Alvarez dont le remake Evil Dead et Don't Breathe s’avérèrent encourageants, la saga n'a jusqu'à maintenant pas connu que des heures heureuses mais parfois de sombres périodes comme cela fut notamment le cas avec ce Leatherface : Massacre à la tronçonneuse 3 qui demeure indubitablement l'un des pires avatars de l'original et de sa séquelle tous deux signés de Tobe Hooper en 1974 et 1986. Spécialisé en outre dans la séquelle depuis Le beau-père 2 en 1989, le réalisateur, scénariste et producteur Jeff Burr n'est pas de ceux que la légende retiendra. Après le cauchemardesque Massacre à la tronçonneuse et son hilarante autant qu'auto-dérisoire séquelle, Tobe Hooper abandonne le navire au profit de l'opportuniste Jeff Burr qui n’œuvre malheureusement pas pour le bien de la franchise en signant une purge comme le cinéma d'horreur est capable d'en charrier par paquets de douze chaque année. Si l'on retrouve bien le personnage de Leatherface, on le sait déjà depuis le second volet, ça n'est plus Gunnar Hansen qui l'interprète. Ni davantage Bill Johnson (Massacre à la tronçonneuse 2) mais désormais R. A. Mihailoff qui lui-même laissera à son tour la place à Robert Jacks cinq ans plus tard pour Massacre à la tronçonneuse 4 de Kim Henkel, le fameux scénariste de l'original et du Crocodile de la mort signé de Tobe Hooper en 1977...


Entourés d'une belle brochette de timbrés parmi lesquels on retrouve une grande majorité de nouveaux venus (Edward ''Tex'' Sawyer, Alfredo et Baby Sawyer), les victimes de la famille Tronçonneuses sont au nombre de trois. Trois petites proies dont l'une fera rapidement les frais de cette famille de cannibales dégénérés qui ont conservé toute leur apparence humaine contrairement à ceux de la franchise Wrong Turn. Faisant preuve d'une originalité qui se contente du strict minimum, Jeff Burr et son scénariste David J. Schow pillent quelques bonnes idées du second volet avant de les réduire à néant. Du charismatique Chop Top (frangin de Leatherface dont l'absence dans l’œuvre originale était justifiée du fait qu'il était parti combattre au Vietnam) les deux hommes accouchent d'un Tinker "Tink" Sawyer (l'acteur Joe Unger) qui l'imite sans en avoir vraiment l'efficacité. L'un des soucis majeurs de Leatherface : Massacre à la tronçonneuse 3, c'est sa très grande laideur. Visuellement, le film est relativement atroce et s'avère tout juste digne des DTV actuels qui encombrent le marché du cinéma d'exploitation. C'est dire si découvrir le film dans ces conditions révèle un grand traumatisme. D'autant plus que le scénario est à l'aune du contenu graphique. Pas ou peu d'histoire sinon une chasse à l'homme même pas digne de représenter une alternative à l'hallucinant calvaire vécu par l'actrice Marilyn Burns et son personnage de Sally plus de vingt ans en arrière..


Qu'il s'agisse de la version française ou de l'originale, laquelle aurait dû permettre de s'imprégner davantage de l'atmosphère putride du contexte, Leatherface : Massacre à la tronçonneuse 3 ne convainc jamais. Les personnages tournent en rond entre un lieu désertique mal éclairé et une demeure dont la déco ne vaut pas celle du long-métrage d'origine. Leatherface a beau faire claquer les portes comme sa première incarnation et porter fièrement sa tronçonneuse à bout de bras, son masque est bien moins flippant que celui que portait Gunnar Hansen au beau milieu des années soixante-dix. Et la présence de l'acteur Viggo Mortensen, future vedette de la trilogie du Seigneur des anneaux de Peter Jackson, de A History of Violence de David Cronenberg, de La route de John Hillcoat ou celle de Ken Foree, acteur culte d'abord connu pour avoir interprété le rôle de Peter Washington dans le chef-d’œuvre de George Romero Zombie n'y feront rien. Le long-métrage de Jeff Burr est terne et malgré la folie de ses personnages, le degré de dégénérescence a bien du mal à égaler celui de l'original. À vrai dire, Leatherface : Massacre à la tronçonneuse 3 est au cœur de la franchise, l'un de ces points noirs inutiles qui la nivellent vers le bas. Des visages tâchés de sang mais pas une seule séquence vraiment gore, le film n'a même pas le mérite d'étancher la soif des amateurs d'hémoglobine. À oublier très rapidement...

vendredi 3 septembre 2021

Don't Breathe 2 de Rodo Sayagues (2021) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


Il y a cinq ans sortait sur les écrans Don't Breathe: La Maison des ténèbres du réalisateur uruguayen Fede Alvarez. Pas vraiment un manchot le bonhomme car quoi qu'on en dise, quoi qu'on en pense, son remake du Evil Dead de Sam Raimi réalisé trois ans auparavant demeurait très objectivement réussi. Sus aux fans de l'original (et dont je fais partie) qui seraient restés coincés en 1981. Le film reposait sur un scénario écrit par le réalisateur lui-même ainsi que par Rodo Sayagues, homologue lui aussi originaire de l'Uruguay qui prend désormais les commandes de cette séquelle sobrement intitulée Don't Breathe 2 et dans laquelle nous retrouvons avec plaisir le personnage d'aveugl.... pardon, de non-voyant, qu'incarnait déjà l'acteur Stephen Lang (Avatar et ses suites prochaines toutes réalisées par James Cameron, VFW de Joe Begos, The Seventh Day de Justin P. Lange). Que peut donc nous offrir de novateur cette séquelle qui après nous avoir coupé le souffle avec ce vieil homme atteint de cécité s'en prenant à une poignée de cambrioleurs avant que nous soit révélée la tétanisante séquence située dans la cave ? On pouvait supposer qu'une suite allait voir le jour avec sa conclusion ouverte tout en ayant eu le temps d'oublier cette dernière pour passer à autre chose. Scénariste sur le premier volet, donc, Rodo Sayagues n'a cependant pas l'expérience de metteur en scène de Fede Alvarez. Mais alors que l'on attend avec fébrilité le reboot de Massacre à la Tronçonneuse prévu finalement sur Netflix et dont le scénario est l’œuvre de Rodo Sayagues, retour sur Don't Breathe 2, que l'on ait patiemment attendu sa venue ou qu'on l'ait scrupuleusement ignorée...


Dans cette séquelle, les motivations des nouveaux intervenants sont tout d'abord bien moins claires que celles des jeunes de l'original dont le projet était de dévaliser Norman Nordstrom, cet ancien marines rompu au combat atteint de cécité. Des individus bien plus dangereux que les petits voyous qu'incarnaient les personnages de Rocky, Alex et Money. Des cambrioleurs qui devenaient des proies tandis que dans le long-métrage de Rodo Sayagues, la proie, ou plutôt, les proies sont bien dans le camp de Norman et de cette gamine qu'il a pris sous son aile après un dramatique incendie lors duquel ses parents ont perdu la vie. Se dessine alors une étrange relation qui rappelle la séquestration dont fut la victime l'adolescente de l'original. Un événement inattendu qui à l'époque devait sans doute préparer le terrain à ce qu'allait nous infliger cinq ans plus tard le nouveau scénario de Fede Alvarez et Rodo Sayagues. D'une certaine manière, aborder cette séquelle à la suite de Don't Breathe: La Maison des ténèbres serait faire du tort à un scénario sinon original, du moins proposant une atmosphère et une angoisse à la hauteur de ce que nous avait proposé le réalisateur uruguayen en 2016. Si les agresseurs changent, le contexte reste le même. Une demeure plongée dans l'obscurité, terrain propice pour l'aveugle dont les autres sens sont alors mis à contribution, ce qui doit logiquement lui offrir une longueur d'avance. Plus que sa survie, c'est bien celle de la toute jeune Phoenix (l'actrice Madelyn Grace) qui importe à ce vieil homme qui malgré son âge n'a pas perdu toutes ses ressources physiques...


Au beau milieu de ses cent-huit minutes et des poussières, le réalisateur choisit de lâcher une information capitale qui, si elle entre dans cette même logique que la tragique découverte de l'adolescente enfermée dans la cave de l'aveugle du volet original, aurait sans doute mérité de rester secrète un peu plus longtemps. Don't Breathe 2 est traversé de séquences véritablement anxiogènes même si l'on pourra éprouver cette désagréable sensation de redondance. Une resucée de l'original ne changeant que ses protagonistes au profit d'une galerie de méchants patibulaires dont le plus saisissant d'entre eux demeure sans doute le personnage de Jim Bob et son visage de psychopathe incarné par l'acteur Adam Young. L'incarnation absolue du Mal pour qui le meurtre est un sacerdoce. Au point que disparaisse assez rapidement un personnage que l'on croyait pourtant tenir sur la longueur (Stephanie Arcila dans le rôle de la fliquette Hernandez). Don't Breathe 2 pourra éventuellement être envisagé comme une franche réussite dans le domaine du thriller et de l'épouvante mais pourra tout aussi bien rebuter ceux qui connaissent l'original. La révélation à mi-parcours aura bien moins d'impact que celle diaboliquement conçue par les deux réalisateurs/scénaristes cinq ans auparavant. Moins innovante et donc bien moins surprenante, cette suite souffre malheureusement de son hérédité même si au bout d'une heure Rodo Sayagues tente tout autre chose en déplaçant avec bonheur l'intrigue en un autre lieu tout en faisant fi de toute crédibilité. Demeurent alors quelques moments de tension particulièrement efficaces et quelques saillies gore qui ne font pourtant pas de Don't Breathe 2 la suite rêvée...

 

lundi 9 août 2021

Teddy de Ludovic et Zoran Boukherma (2020) - ★★★★★★★★☆☆



Chacun à sa manière, avec leurs propres visions, avec leurs propres moyens, Thomas Salvadore, Douglas Attal et les frères Boukherma ont choisi de nous proposer autre chose. Des œuvres dont les différentes saveurs gagnent en intensité avec le temps. Et puis, il y a ceux qui choisissent de faire comme là-bas, en outre atlantique. De copier les champions du monde du blockbuster, les spécialistes du cinéma d'horreur et d'épouvante. Résultat, on frise régulièrement l'indigestion. Parce qu'en France, on pense pouvoir rivaliser avec les américains. Et d'une certaine manière, c'est vrai. Mais alors avec une sensibilité et une économie de moyens qui rendent ces films de super-héros que sont Vincent n'a pas d'écailles et Comment je suis devenu super-héros ou ce film fantastique qu'est Teddy, éminemment plus intéressants. Mieux, plus touchants. Débarrassés de ce désir de vouloir coller au plus près à ce qui se fait à des milliers de kilomètres de là quitte à nous servir un plat sans saveur, Salvadore, Attal et les frères Boukherma ont tout compris. Et même si aux ''States'' ou chez nous une partie du public fera sûrement la gueule en découvrant ces O.F.N.I.s, soyons fier d'avoir dans nos rangs des artistes avec une vraie personnalité. Concernant Ludovic et Zoran Boukherma et leur excellent Teddy, j'oserais rapprocher cette petite merveille du chef-d’œuvre Morse de Tomas Alfredson, de The Transfiguration de Michael O'Shea, et pour son sujet, de When Animals Dream du danois Jonas Alexander Arnby. Mais plus sûrement, leur second long-métrage ressemble à du Bruno Dumont.


Et plus précisément à sa mini-série en deux saisons que forment P'tit Quinquin et Coincoin et les Z'inhumains puisque les jeunes Alane Delhaye et Anthony Bajon semblent avoir été forgés dans le même moule. Celui de l'amateurisme. Mais ce qui s'avère être d'ordre naturel chez l'un est beaucoup plus complexe à définir chez le second, lequel révèle en réalité un véritable talent d'acteur en incarnant le héros de ce film fantastique pas vraiment comme les autres... Le jaune rutilant du rideau qui orne l'affiche du film semble directement renvoyer aux manches du blouson ou du maillot de basket que portait sur les épaules l'acteur Michael J. Fox dans Teen Wolf réalisé en 1985 par Rod Daniel. Une comédie fantastique plutôt sympathique avec la jeune star de la trilogie Retour vers le futur. Anthony Bajon n'en est pas une, lui, de star. Mais il le mériterait tant il excelle dans le rôle de Teddy, ce jeune garçon originaire des Pyrénées-Orientales peu instruit, qui n'a pas l'air très intelligent (genre, idiot du village comme tenteraient à le démontrer certaines séquences au départ du film), qui travaille dans un salon de massage (sa patronne est la talentueuse réalisatrice et actrice Noémie Lvovsky) et qui s'occupe très bien de sa tante, qu'il nourrit alors qu'elle demeure prostrée dans son fauteuil à longueur de journée, ainsi que de son oncle Pépin Lebref (ça ne s'invente pas !) qu'interprète l'acteur Ludovic Torrent dont il s'agit là pour le moment, du premier rôle dans un film.


Il ne faut surtout pas oublier de citer Christine Gautier qui interprète le rôle de Rebecca, la fiancée de Teddy, ainsi qu'Alain Boitel et Jean-Michel Ricart (ce dernier étant restaurateur dans la vie quotidienne), deux types de la région qui sans doute on dû s'amuser autant qu'ils nous régalent dans les rôles de deux représentants de la gendarmerie nationale. Ludovic et Zoran Boukherma signent un vrai grand moment de bonheur cinématographique. Entre social, fantastique, épouvante et comédie, Teddy est un classique instantané. Pas prétentieux pour un sou mais mêlant le réalisme à une légende dont les premiers signes remonteraient à l'antiquité, le long-métrage des frères Boukherma est à partager en famille. Un petit bijou devant lequel on ne s'ennuie pas un seul instant et qui entre rires et frissons apportera son lot d'émotions. Déjà culte... ! Autant dire que l'on attend avec une totale absence de patience leur prochain long-métrage qu'ils sont actuellement en train de tourner et dont le titre est L'année du requin...

dimanche 8 août 2021

Aftermath de Peter Winther (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dans le genre invraisemblable mais apparemment basé sur un fait divers authentique, un couple à la dérive s'installe dans une demeure au passé particulièrement trouble puisqu'un meurtre et un suicide y ont eu lieu. Voici sans doute l'idée la plus stupide qui ait pu germer dans l'esprit d'un individu. Vouloir tout faire pour recoller les morceaux entre lui et son épouse et pour cela, accepter d'emménager dans une maison où un homme a tué sa femme avant de se foutre en l'air. Quelle idée de génie... Heureusement que Aftermath s'inspire d'une histoire vraie sinon quel scénariste aurait osé proposer une idée aussi absurde si elle n'avait pas rempli les colonnes des faits divers ? Le film s'inspirerait donc de la tragédie ayant mis en scène Jerry Rice et son épouse Janice Ruhter. Sachant qu'après quelques rapides recherches je n'ai rien trouvé concernant cette dernière et que le seul Jerry Rice ''connu'' est un joueur de football afro-américain de cinquante-huit ans qui n'a absolument rien à voir avec cette histoire, il a fallut que je creuse un peu plus profondément pour trouver ceci : Un couple semble avoir effectivement été les victimes d'événements étranges et traumatisants. Et si le scénariste du film Dakota Forman affirme qu'en réalité le récit sort tout droit de l'esprit du réalisateur Peter Winther, ce dernier continue de prétendre que le scénario repose bien sur l'histoire qu'ont vécu Jerry Rice et son épouse Janice Ruhter... un couple qui au final existe vraiment (comme quoi insister dans ses recherches peut porter ses fruits). Concernant les événements dont ils furent les témoins, je n'en dirai pas davantage. Ce qui semble par contre sortir tout droit de l'imaginaire du réalisateur est cette histoire entourant le meurtre d'une femme et le suicide de son mari. D'emblée, Aftermath évoque l'un des classiques de l'épouvante que réalisa en 1979 le réalisateur américain Stuart Rosenberg : le bien nommé Amityville, la maison du Diable...


C'est donc vers un récit relativement classique que nous emmène d'abord le scénario de Aftermath. Un meurtre puis un suicide dans une très luxueuse demeure. Un jeune couple d'acquéreurs dont la relation s'est envenimée depuis que lui a découvert sa femme en train de faire une gâterie à un autre homme dans la chambre de leur ancienne maison. Des bruits suspects, des objets qui changent de place, un chien qui aboie sans raison et qui meurt dans d'étranges circonstances. Une fois l'ambiance instaurée, le spectateur peut alors se laisser guider vers un récit mêlant le thriller, l'épouvante et le drame à des éléments d'apparence fantastique. Deux heures ou presque, cela peut paraître un peu long pour un tel film, qu'il soit inspiré ou non d'une histoire réelle. Mais ce terrain que l'on croyait si bien balisé de l'épouvante façon esprits frappeurs, revenants et ectoplasmes sera plus compliqué à revendiquer que prévu. Sur-vendu par certains comme une œuvre terriblement effrayante, Aftermath est une exclusivité Netflix. J'en vois déjà faire la tête et soupirer en pensant qu'une fois de plus le pétard sera mouillé. Et pourtant, malgré cette forte et négative impression que laisse le long-métrage de Peter Winther dans ses premiers instants, ce sentiment qu'il n'apportera pas de grain à moudre à un genre déjà saturé depuis des lustres, Aftermath reste sans doute l'une des bonnes surprises de cette année. Comme au final le fut l'excellent His House de Remi Weekes que la plate-forme Netflix proposait déjà en exclusivité l'année dernière (on s'impatiente d'ailleurs de découvrir ce que nous proposera à l'avenir son très prometteur réalisateur)...


Quelque chose vit dans cette maison...

 


Si Aftermath n'est pas complètement original, il a en revanche le mérite de proposer une aventure ponctuée de séquences fortes et relativement nombreuses. À tel point qu'il peut parfois donner le tournis à force d'enchaîner les événements les uns derrières les autres. Certains y verront probablement une somme d'invraisemblances tandis que d'autres n'en retiendront que l'efficacité. Shawn Ashmore incarne l'époux bafoué qui a du mal à digéré la trahison de son épouse tandis qu'Ashley Greene Khoury interprète cette dernière, victime de tant d'événements effroyables qu'on la rapprocherais presque un temps du petit immigré d'origine juive Trelkovsky de l'effrayant Le Locataire de Roman Polanski (on se demande parfois dans quelles mesures Natalie ne serait-elle pas psychologiquement amoindrie). C'est vrai, son époux ou l'inspecteur Richardson (Sharif Atkins, très convaincant) ne sont pas seuls à finir par douter des dires de la jeune femme puisque le spectateur en viendra à douter de ce qu'il a entre(vu) à l'image. À dire vrai, plus que les faits qui parlent d'eux-mêmes, on restera surtout troublés par l’intervention de quelques seconds rôles. Comme celle d'Alexander Bedria qui se présente au départ comme un individu pétri d'arrogance ou celle de Susan Walters qui dans le rôle de Farrah, interprète une mère hautement toxique. Mise en scène subtile, scénario classique mais à tiroirs, bande-son efficace (signée par le compositeur Sacha Chaban) et interprétation impeccable promettent au spectateur de passer un très agréable moment... D'autant plus que le film se permet quelques incartades humoristiques bienvenues (le duo formé par Jamie Kaler et Freddie Basnight dans les rôles de nettoyeurs de scènes de crime est effectivement irrésistible)...

 

lundi 12 juillet 2021

The City of the Dead de John Llewellyn Moxey (1960) - ★★★★★★☆☆☆☆

 



Remplacez l'employée d'une banque qui vient de dérober la modique somme de quarante-mille dollars par une jeune étudiante passionnée de sciences occultes. Un motel planté au bord d'une route par l'hôtel d'une petite communauté rurale plongée dans une brume permanente. Un complexe œdipien par une malédiction jetée sur tout un village par une sorcière voilà plus de trois-cent ans. Un meurtre par un sacrifice et l'enquête d'une sœur par celle d'un frère et vous obtenez une étrange alternative surnaturelle du chef-d’œuvre réalisé par le britannique Alfred Hitchcock la même année en 1960, (Psychose). C'en est même parfois troublant. À tel point que l'on se demande si certains des aspects du long-métrage n'ont pas fuité durant son tournage tant The City of the Dead de John Llewellyn Moxey paraît être construit de la même manière tout en abordant un sujet radicalement différent. Exit Norman Bates qui ici est remplacé par Elizabeth Selwyn, une sorcière qui en 1692 fut brûlée sur le bûcher pour sorcellerie mais qui eut le temps de jeter un sort sur tous les habitants de Whitewood. Là où va justement se rendre l'étudiante Nan Barlow (l'actrice Venetia Stevenson) qui pour son mémoire et sur les conseils du professeur Alan Driscoll (Christopher Lee) se rend dans cette étrange petite ville afin d'y faire des recherches sur les sciences occultes pour son mémoire. Très vite accueillie par des habitants au comportement fort étrange, la jeune femme s'installe à l'hôtel le soir de la chandeleur, date qui coïncide avec un événement auquel les habitants de Whitewood sont contraints de participer depuis qu'une sorcière les maudit plus de trois-cent ans auparavant...


Dans un noir et blanc brumeux, au cœur d'un village ancestral où de vieilles demeures centenaires tiennent encore sur leurs fondations, John Llewellyn Moxey réalise une œuvre relativement curieuse qui comme Psychose déploie son intrigue à travers différents étapes similaires au long-métrage d'Alfred Hitchcock. Un mimétisme qui se retrouve même jusque dans le plan final comme pourront le constater les spectateurs. Nous sommes pourtant bien loin des qualités de l’œuvre du célèbre réalisateur britannique. Sorti quelques mois seulement après Psychose, The City of the Dead (qu'il ne faut surtout pas confondre avec l’œuvre du réalisateur italien Lucio Fulci, Frayeurs, et dont le titre en anglais est City of the Living Dead) n'en est qu'une pâle figure sabbatique qui pourtant, mérite un certain intérêt de la part des amateurs d'horreur, d'épouvante, de fantastique en général et d’œuvres portées sur la sorcellerie en particulier. Entre un cimetière aux crucifix bancals duquel sort une brume permanente, la gérante d'un hôtel (l'actrice Patricia Jessel dans un double rôle) dont la ressemblance avec une sorcière brûlée voilà trois-cent ans n'est pas anodine, l'ombre d'habitants reflétée par les phares des voitures, un étrange auto-stoppeur qui disparaît aussi subitement qu'il est apparu, des cérémonies sacrificielles, un révérend aveugle (interprété par l'acteur Norman Macowan qui renvoie ici directement vers le gardien d'angoissant La sentinelle des maudits de Michael Winner, sorti sur les écrans en 1977) et quelques autres petits détails fort alléchants, The City of the Dead possède autant de qualités qu'il a de défauts. Visuellement, cela va du pire au meilleur, et l'on ne retiendra que les jeux de lumières et d'ombres parfois saisissants plutôt que l'indigence d'un noir et blanc dont les contrastes sont insuffisamment prononcés...


L'acteur britannique Christopher Lee incarne donc l'un de ses innombrables personnages au cinéma. Ici, un professeur d'histoire versé dans les sciences-occultes. Visage émacié, silhouette menaçante, le célèbre vampire du Cauchemar de Dracula n'est pas très loin mais l'acteur n'usera pas ici de ses prothèses pour saigner ses proies. Dans le cas présent, il est moins question de vierges victimes d'exsanguination que de jeunes proies livrées à des rite sacrificiels devant permettre à tout un village de survivre au delà de la mort. Pas de vampirisme, ou alors sous une forme inédite, mais plutôt un récit surnaturel tournant notamment autour de la vie éternelle. Visages hystériques et grimaçant filmés en gros plans et lumière rase afin d'accentuer les traits. Ambiance lugubre. Sourires inquiétants. Hurlements. Curées. John Llewellyn Moxey sait s'y prendre pour nous filer certains frissons comme il le prouve à certaines occasions tout comme d'autres séquences peuvent laisser dubitatif. Quelques passages font en effet regretter que la totalité de The City of the Dead ne parvienne pas à maintenir un niveau de qualité constant. Le film se verra donc comme une curiosité et pour ses quelques fulgurances visuelles plus que pour son récit écrit par George Baxt d'après un scénario de Milton Subotsky...

 

jeudi 23 juillet 2020

Body Bags de John Carpenter et Tobe Hooper (1993) - ★★★★★★☆☆☆☆



Comme son nom l'indique, un sac mortuaire est une housse en nylon servant à transporter le corps d'un défunt. C'est aussi le nom d'une anthologie télévisuelle, du moins dans sa version originale puisque Body Bags de John Carpenter et Tobe Hooper est devenu chez nous Petits Cauchemars avant la Nuit. Un titre un peu... débile digne de ces infâmes traductions disponibles chez nos lointains voisins canadiens. Présent lors de l'ouverture de l'anthologie, entre chaque court-métrage ainsi que lors de sa conclusion, John Carpenter est en outre l'auteur de deux des trois sketches intitulés La Station Service et Les Cheveux du Docteur Miracle. Tobe Hooper est quant à lui l'auteur du dernier d'entre eux, Œil pour Œil... Le premier consacre son récit à une jeune étudiante du nom de Anne (l'actrice afro-américaine Alex Datcher notamment vue aux côtés de Wesley Snipes dans Passager 57 de Kevin Hooks) qui pour se faire un peu d'argent travaille de nuit dans une station-service. L'occasion de faire des rencontres parfois inquiétantes avec des clients pas toujours très nets (de quoi voir défiler à l'écran Wes Craven, David Naughton ou encore Sam Raimi) mais sans aucune mesure avec le tueur qui rôde bientôt dans les parages. Si quelques gimmick rappellent que John Carpenter est bien l'auteur de La Station Service (cette façon si personnelle de filmer le tueur en arrière-plan), ce premier sketch est d'une qualité toute relative même si elle se révèle plutôt sympathique dans sa dernière partie...

Contrairement à ceux qui affirment que Tobe Hooper est celui qui s'en sortira le mieux dans le concept de l'anthologie avec son court-métrage, le second réalisé par John Carpenter demeure il me semble, le meilleur des trois proposés ici. Principalement interprété par l'acteur Stacy Keach, surtout connu pour avoir incarné entre 1984 et 1998 le personnage du détective privé Mike Hammer dans la série télévisée éponyme, Les Cheveux du Docteur Miracle brille par son absence d'hémoglobine mais aussi par la présence d'un second degré plutôt efficace. Dans ce sketch, un certain Richard Coberts totalement obnubilé par la perte de ses cheveux va accepter de suivre un traitement révolutionnaire lui permettant de retrouver une longue et luxuriante chevelure. Un traitement malheureusement accompagné d'effets secondaires indésirables. Stacy Keach s'y avère irrésistible. Avant de retrouver pour une dernière fois John Carpenter qui se livre dans le rôle d'un médecin-légiste zombifié à une visite de la morgue où il est employé, Tobe Hooper livre un segment relativement plat malgré la richesse du propos. Œil pour Œil met en scène l'acteur Mark Hammil (le personnage de Luke Skywalker dans la première trilogie Star Wars), lequel interprète le rôle d'un célèbre joueur de base-ball qui à la suite d'un grave accident de voiture perd son œil droit. À la suite d'une intervention chirurgicale, il retrouve une vue parfaite grâce à la greffe d'un œil opérée par le Docteur Bregman interprété par le réalisateur Roger Corman. Mais comme le spectateur aura tôt fait de le deviner, Brent Matthews sera rapidement victime de visions abominables avant d'apprendre que l’œil qui lui a été greffé fut celui d'un dangereux psychopathe...

D'une manière générale, Body Bags est typique de ces anthologies horrifiques qui jouent sur différents thèmes et différents genres pour mêler humour, horreur et fantastique pour un résultat finalement pas si mauvais que cela. L'anthologie demeure cependant très en deçà d'un Creepshow réalisé par George Romero en 1982 et visuellement, les couleurs criardes s'avèrent parfois indigestes. Autant dire que ça pique les yeux à certaines occasions. Mais en prônant un certain humour, surtout lors du second segment qui selon moi demeure la pièce maîtresse de celle anthologie, John Carpenter et Tobe Hooper assurent un taux de divertissement assez élevé. Entre slasher, comédie horrifique et fantastique sous perfusion de The Hand d'Oliver Stone (pour ne citer que celui-ci), Petits Cauchemars avant la Nuit se laisse regarder même si l'on est encore très loin d'atteindre ce que les deux réalisateurs ont produit de mieux durant leur longue carrière. À noter que la présence d'un troisième réalisateur du nom de Larry Sulkis a été évoqué à la mise en scène alors même qu'il demeure non crédité au générique...

vendredi 30 août 2019

Zombies of Mass Destruction de Kevin Hamedani (2009)



Port Gamble, petite île tranquille au nord-ouest de la péninsule de Kitsap. Tranquille en apparence car bientôt vont s'y dérouler des événements surnaturels. D'ici là, Tom Hunt, sous l'impulsion de son petit ami Lance Murphy va devoir avouer à sa mère qu'il est homosexuel. Frida, fille d'immigré originaire d'Iran doit faire face aux remarques désobligeantes de voisins peu enclins à la diplomacie. Son père Ali, est quand à lui un musulman qui accepte mal de voir sa fille sortir en tenue légère. Le maire de Port Gamble est bien décidé à se faire réélire même si l'un des professeurs du collège compte bien lui mettre des bâtons dans les roues.

Un soir, contre l'avis de son père, Frida sort dehors retrouver son petit ami, tout récemment renvoyé de son emploi par Ali lui-même. Après avoir hésité longuement, Tom est enfin prêt à faire son coming out. La mère du jeune homme est cependant malade, et c'est en allant chercher le dessert du diner auquel son fils et Lance ont été conviés qu'elle réapparait transformée en zombie. Elle n'est d'ailleurs pas la seule puisque dehors, des ombres menaçantes errent à la recherche de chair humaine. Le petit ami de Frida fait lui-même les frais de l'appétit des zombies. S'échappant in-extremis de l'habitacle de la voiture dans laquelle elle et son fiancé s'étaient donné rendez-vous, elle se réfugie à l'intérieur de l'église. C'est d'ailleurs là que se retrouvent finalement les quelques rescapés de Port Gamble, l'édifice étant désormais entouré d'une vague de zombies avides de chair fraîche...

Première réalisation du cinéaste Kevin Hamedani, Zombies of Mass Destruction, débarque en pleine mode zombiesque. L'intérêt de l’œuvre se situant dans la critique sociale américaine et dans un certain humour qui frôle parfois la correctionnelle, on se trouve face à un film plus proche de Shaun of the Dead que d'un production estampillée George Romero. La comparaison s'arrête évidemment là, le film de Kevin Hamedani n'ayant pas les mêmes ambitions, ou du moins, les moyens nécessaires. Ce qu'il manque également à son œuvre, c'est l'imagination. Car si dans un premier temps, on a très envie de croire que l'on a enfin trouvé la pépite du genre qui manquait à la longue liste des films de zombies qui sortent à intervalles réguliers depuis quelques années, on est vite déçu.

Trop timide, pas assez trash, et bien que le sort réservé à une enfant démontre la volonté de Kevin Hamedani de secouer le monde un peu trop lisse du septième art, on reste sur notre faim. C'est sanglant sans être véritablement gore, mais l'on pourra tout de même apprécié le semblant d'hommage rendu au maître en la matière, George Romero, avec cette église et ces morts-vivants qui rappellent indéniablement le huis-clos situé dans une demeure isolée du chef-d’œuvre La Nuit des Morts-Vivants.
Ne boudons quand même pas notre bonheur, puisque parmi des dizaines d’œuvres consacrées aux morts-vivants mangeurs de chair humaine, Zombies of Mass Destruction ne s'en sort pas trop mal. Vu dans une version française pitoyable, le film de Kevin Hamedani s'en sort peut-être mieux découvert dans la langue de Shakespeare. Qui sait...

mercredi 21 novembre 2018

Satan's Slave de Norman J. Warren (1976)



Catherine Yorke et ses parents Malcolm et Elisabeth font route pour rejoindre la demeure d'Alexandre, son oncle, lorsque à l'approche de celle-ci, la voiture fait une embardée et s'écrase contre un arbre. Alors que sa mère est à demi consciente et le visage en sang, Malcolm demande à sa fille de se précipiter vers la demeure de son oncle, non loin de là, pour avertir les urgences. Mais alors qu'elle n'a fait que quelques mètres, Catherine assiste au drame : la voiture explose avec à son bord ses deux parents. Rattrapée in extremis par son oncle alors qu'elle s'apprêtait à courir vers la voiture en flammes, la jeune femme est mise à l'abri dans la demeure d'Alexandre où on lui donne un sédatif.
Catherine y fait la connaissance de Stephen Yorke, son cousin, ainsi que de Frances. Cette dernière est très vite embarrassée par la présence de Catherine entre les murs de la maison car très attachée par Stephen, elle sent bien que celui-ci n'est pas indifférent aux charmes de sa cousine. Alors que Catherine se remet peu à peu des événements, elle est victimes d'étranges hallucinations dans lesquelles elle assiste à d'horribles scènes de torture...

Après avoir tourné quelques films érotiques, le cinéaste Norman J. Warren revient dès 1976 avec une série de films d'horreur se fourvoyant parfois avec la science-fiction (Prey, Inseminoid). Sa nouvelle carrière débute avec Satan's Slave. Celui-ci comme d'autre semble avoir conservé quelques séquelles de ses œuvres passées puisqu'il y injecte quelques éléments érotiques comme lors de la nuit d'amour entre Catherine et Stephen (Candace Kellerman connue pour avoir joué aux côtés de Roger Moore dans Le Commando de sa Majesté ou dans Cosmos 1999, et Martin Potter qui lui a fait des apparition dans plusieurs longs-métrages dont Le Grand Sommeil et Lady Oscar). Dans le rôle de l'oncle, on retrouve le célèbre acteur britannique originaire de Kuala Lumpur en Malaisie, Michael Gough, qui débuta sa carrière au cinéma en 1947, joua dans quatre longs-métrages consacrant le personnage de Batman, et retrouva le cinéaste Tim Burton pour son dernier rôle en 2010, en prêtant sa voix au Dodo du film Alice au Pays des Merveilles.

Satan's Slave est une relativement bonne surprise. On y retrouve le charme de la campagne anglaise, mais surtout la patte du cinéaste Norman J. Warren qui signe là, l'un de ses meilleurs longs-métrages. C'est dire si le reste de son œuvre demeure d'une qualité toute relative car Satan's Slave, malgré son charme, ne demeure tout de même pas un étalon de choix. Bourré d’invraisemblances jusqu'à la gueule, son film se veut une intrigue tournant autour d'un individu (l'oncle de Catherine) s'adonnant à la sorcellerie. On ne saura jamais les raisons des hallucinations de la jeune femme ni vraiment celles qui voient Frances virer à trois-cent soixante degrés (quoique l'on puisse se douter que cela ait un rapport avec son envie de voir disparaître sa concurrente), toujours est-il que le film se laisse regarder sans vraiment nous leurrer : nous sommes bien ici face à un Warren. Un peu de nudité, une scène d'amour plutôt violente (le type d'accouplement que l'on retrouvera d'ailleurs deux ans plus tard dans Prey), un récit qui tourne un peu en rond, un acteur vampirien plutôt charismatique (Martin Potter), une demeure un peu coupée du monde, et quelques scènes horrifiques qui, si elles ne sont pas des plus réussies, demeurent plutôt gratinées. De quoi passer un peu moins d'une heure trente devant un petit film d'horreur de série B...

jeudi 4 octobre 2018

Paranormal Activity de Oren Peli (2007)



Katie et Miah forment un couple heureux. Du moins en apparence puisque depuis quelques temps, d'étranges événements se produisent dans leur demeure. En effet, il sont persuadés qu'un être démoniaque hante les lieux. Ils décident d'installer chez eux tout un système de caméras de surveillance afin de traquer le moindre événement surnaturel et ce, jour et nuit. Paranormal Activity est le produit de ces enregistrements...

Gros battage médiatique et énorme succès pour un film qui ne mérite en réalité aucun éloge. A part les adolescents et les mères de famille peu coutumières du genre épouvante-horreur, qui peut bien sursauter devant cette bande qui n'a d'horrifique que le titre ?

Parce que ce jour là, sans doute, nous avions écumé trop de salles de cinéma. Parce que ce jour là, nous n'avions plus rien à nous mettre sous la dent. Ou peut-être bien, parce que ce jour là, nous avons eu la faiblesse d'y croire, nous avons laissé notre curiosité nous pousser dans cette salle obscure, pleine à craquer d'adolescents boutonneux et bavards, le sol jonché de restes de pop-corn de la séance précédente. A voir les tristes visages qui quittèrent les lieux alors que nous nous apprêtions à nous asseoir sur des sièges encore bien chauds, nous aurions peut-être dû faire chemin inverse. Mai les places étaient déjà payées et puis, sincèrement, maintenant que nous avions passé la double-porte battante de la salle, nous avons fait contre mauvaise fortune, bon cœur, et nous nous sommes installés. Bien calés dans nos fauteuils et la semelle de nos chaussures balayant le tas d'ordures qui jonchaient le sol.

Que dire, alors, de cette chose que nous n'aurons pas la prétention de comparer à une œuvre cinématographique ? Qui peut croire encore qu'un cinéaste de bon goût comme Steven Spielberg a pu encenser cette chose ? Le cinéma a tendance à juger les qualités d'une œuvre au rapport entre le budget et les résultats du box-office. Mais tout bon cinéphile sait pertinemment qu'un bon film est tout d'abord un compromis entre la mise en scène, le scénario et l'interprétation. Ici, on n'a droit ni à l'un, ni aux autres. La véritable activité paranormale ici étant pour l'équipe de tournage d'avoir réussi l'exploit de motiver les foules à perdre autant d'argent que de temps à aller ce film. Incompréhensible. Enfin, presque, puisque connaissant la propension qu'on les adolescents à s'émouvoir devant ces vidéos qui tournent à plein régime sur les sites d'hébergement vidéos et qui finissent fatalement par faire le « buzz », rien d'étonnant qu'ils se retrouvent tous piégés dans les salles de cinéma par la suite. Mais, nous, les adultes, nous qui sommes censés être capables d'analyser, de réfléchir, et de conclure sur ce qui est bon ou mauvais, comment avons-nous pu nous laisser manipuler ainsi ?

Prenez, les bandes vidéos de surveillance qui tournent dans le supermarché du quartier de votre rue, compilez-les, et vous obtiendrez à peu de chose près un produit équivalent à Paranormal Activity. Soit du vide. Inintéressant au possible, creux, à peine interprété et même pas fichu de proposer le minimum syndical en terme d'effets-spéciaux, le film d'Oren Peli est sans doute l'une des trois plus grandes arnaques de l'histoire du cinéma. Surfant sur la mode du Found-footage, Paranormal Activity arrive avec mille ans de retard. On s'ennuie ferme de la première à la dernière minute et ce n'est même pas la toute fin du film (qui parvient tout de même à en faire sursauter plus d'un) vue des centaines de fois sur youtube qui vous fera changer d'avis. Une purge !
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...