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samedi 11 juillet 2026

Silent Retreat de Ace Jordan (2015)



Zac, Meigan, Dale, Tedi, Lira et Rita sont tous réunis dans une demeure située en pleine forêt afin de participer le temps d'un week-end à un séminaire organisé par la société de médias qui les emploie. Lira en a profité pour se faire accompagné de son petit ami Joël. Entre elle et Redi, les disputes sont perpétuelles entre ces deux employés qui ne peuvent se souffrir. Zac et Meigan partagent l'une des chambres à l'étage, quant à Tedi, il dort au rez de chaussée. Coordonné par Dale, assisté par Rita, le séminaire sera entrecoupé de moments de détente. Rita en profitera la première en allant dès lendemain matin de leur arrivée se promener dans la forêt réputée être habitée par de nombreux ours. Mais un gardien veille. Il s'appelle Earl Warren et habite dans une cabane pas très éloignée de la maison où vont passer trois jours les six séminaristes.

Le soir-même, Meigan est très inquiète. En effet, Rita n'est pas rentrée de sa promenade matinale et personne ne semble l'avoir revue depuis. Dale tente de la rassurer en lui expliquant que la jeune femme connaît bien les lieux et qu'elle s'est sans doute arrêtée quelque part pour la nuit. Mais très vite, les événements vont s'enchaîner. Lorsque le lendemain, tout le monde part finalement à la recherche de la disparue, Dale et Tedi, qui ont prévu de leur côté d'aller rendre visite au gardien, constatent que si la porte d'entrée est ouverte, l'une des pièces de la cabane a quant à elle été soigneusement fermée à clé. Chacun cherche de son côté, mais le temps passe et Rita est toujours introuvable...

Curieux que ce film signé Ace Jordan a de quoi laisser sceptique. Lorgnant tout d'abord du côté du fantastique avec l'étrange apparition d'un jeune garçon qui ne semble être visible que par le personnage de Zac, Silent Retreat prend un virage à cent quatre vingt degré et se transforme alors en thriller mâtiné de slasher. Du moins c'est ce le cinéaste semble avoir choisi, mais ne nous trompons pas. Si le film manque cruellement de cohésion dans la mise en œuvre de son scénario, et si la forme et le fond demeurent inégaux l'un envers l'autre (la première faisant défaut au second), il y a un petit je ne sais quoi qui rend Silent Retreat attachant.

Ça part dans tous les sens. Le récit ne sachant sur quel pied danser. On se doute bien que ce qui paraît évident au premier abord n'est qu'un leurre pour tromper le spectateur, mais cela est devenu une telle habitude au cinéma, que l'on réfléchi désormais systématiquement au sujet des quelques éventualités qui s'offrent à nous. Le plus fascinant demeurant sans doute l'une de ces dites éventualités délivrée à travers des bandes magnétiques retrouvées et scrupuleusement écoutées par Meigan.
Au final, Silent Retreat se laisse tranquillement regarder. On ne sait finalement trop quoi en penser. Ni un chef-d’œuvre, ni une série Z. Il a pour lui de posséder un scénario à tiroirs qui aurait sans doute mérité un peu plus d'attention. Concernant l'interprétation, les différents interprètes font très bien leur boulot. A voir donc, pour se faire une idée de la chose...


dimanche 21 juin 2026

Red Rabbit lodge de Kevin Khachan (2026) - ★☆☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Avant toute chose, petit jeu : Le premier ou la première qui parvient à me citer un film de 2026 plus mauvais encore que celui dont nous allons parler dans cet article aura toute ma sympathie. Un ''cadeau'' qui n'a, il est vrai, pas grande valeur mais par les temps qui courent, c'est toujours mieux que rien... Avant de me dans l'écriture de cet article consacré à Red Rabbit Lodge du réalisateur, scénariste, producteur et directeur de la photographie américain Kevin Khachan, j'ai eu la curiosité d'aller jeter un œil à sa biographie. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que le bonhomme est comparé à Dario Argento, l'un des maîtres incontestés du Giallo. Mais le meilleur restait à venir puisque selon IMDB, Kevin Khachan serait carrément un ''cinéaste de renommée internationale connu pour sa narration innovante et sa mise en scène qui repousse les limites...''. Okay ! J'veux bien. Mais de quelles limites parle-t-on ? Celles de l'indigence ? Celles de l'amateurisme ? La célèbre base de données en ligne consacrée au cinéma mondial ne s'arrête pas là. Il faut le voir pour le croire ! En effet, IMDB continue ainsi en évoquant un film ''largement acclamé'', ''mettant (par la suite) en valeur son talent pour la création de récits captivants''... Et c'est ainsi que je découvre alors que le site est ouvert à toute modification de la part de n'importe quel utilisateur ayant un compte IMDB ! Bref, je commence à comprendre une chose, que je ne peux évidemment pas prouver, mais il est fort probable que Kevin Khachan lui-même ait écrit sa propre bio sur la page qui lui est consacrée. Car alors, comment expliquer de tels propos lorsque l'on découvre pour la première fois son œuvre. À commencer justement par ce Red Rabbit Lodge qui restera sans doute cette année comme l'un des plus mauvais films tous genres confondus. Un long-métrage que l'on rangera sans doute dans le top cent des plus mauvaises productions de l'histoire du cinéma d'horreur. S'attaquant à un genre dont il ne connaît que les codes préliminaires. Un tueur masqué, tuant à l'arme blanche et dont l'identification ne devrait logiquement aboutir qu'en fin de récit. Anecdote plus ou moins amusante : le film tourne autour d'une poignée de jolies jeunes femmes lors d'une soirée masquée dans une grande demeure filmée en contre-plongée façon Psychose d'Alfred Hitchcock.


Ne parvenant pas à rembourser le prêt immobilier qu'elle a contracté, Victoria propose de louer certaines chambres à de jeunes fmmes. Déguisées qui en Marilyn, qui en danseuse étoile, qui en soubrette ou qui en nonne, à un moment, cette dernière est mise en scène par Kevin Khachan lors d'une séquence durant laquelle le réalisateur semble vouloir rendre hommage à Abel Ferrara et à son mythique L'ange de la vengeance ! Pathétique ! Le film s'ouvre sur une séquence se produisant vingt ans avant les événements qui vont ensuite servir de matière au récit. Une jeune femme se caresse devant un film pornographique avant d'être rejointe par celui qu'elle croit être son petit ami mais qui en réalité se révèle être un tueur en série affublé d'un masque ridicule. S'ensuit un générique qui fait effectivement référence aux Gialli de Dario Argento et d'autres cinéastes italiens et puis... plus rien... ou presque. Le long-métrage, qui pourtant n'excède pas les quatre-vingt six minutes est d'une platitude abyssale. Mise en scène inexistante. Dialogues au rabais. Interprétation ca-ta-stro-phi-que, montage à la serpe, photographie de Soap Opera, scénario.................. hein ? Quoi ? Quel scénario ? Y'en a pas ! Sur près de quatre-vingt dix minutes, on a droit à plus d'une heure et quelque de ventres mous. Red Rabbit Lodge est aussi passionnant à regarder qu'une vidéo tournée lors d'une soirée entre potes par un cameraman en herbe. Les ''acteurs'', c'est comme cela que l'on ose les appeler, font mine de danser lorsque la caméra tourne, ou de crier lorsque le tueur se décide enfin à venir interrompre d'interminables lignes de dialogues qui n'ont probablement pas été écrites avant le début du tournage mais plutôt improvisées par ces quelques jolies poupées dont la silhouette est le seul attrait du film ! Vous vouliez du sang. Faites demi-tour ! En effet, les quelques gouttes qui surgissent à l'écran ne satisferont sans doute pas votre appétit en matière d'hémoglobine. C'est d'un chiant, les amis, vous n'imaginez même pas... Et puis, cette musique, atroce, signée d'un certain Daniel Stone et qui pourtant semble avoir été générée par Intelligence Artificielle. Bref, Red Rabbit Lodge est une.... MERDE ! Pas un film, une MERDE !!!

 

dimanche 7 juin 2026

Assault de Sidney Hayers (1970) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Retour dans le passé avec Assault du réalisateur et monteur britannique Sidney Hayers qui huit ans plus tôt avait réalisé le film d'horreur Burn Witch Burn en 1962. Nous sommes en 1970 et l'auteur de nombreux épisodes de séries télévisées parmi lesquelles beaucoup sont devenues populaires en France, Sidney Hayers signe avec Assault un giallo à l'anglaise, genre pourtant propre au cinéma italien et qui côtoie ici le slasher avec son tueur dont l'identification parviendra aux enquêteurs ainsi qu'aux spectateurs sur le tard. Afin d’asseoir objectivement et sans ambiguïté le film dans le genre giallo, le cinéaste intègre au casting l'actrice originaire de Belper dans le Derbyshire, Suzy Kendall. Interprète entre autre de L'oiseau au plumage de cristal (L'Uccello dalle Piume di Cristallo) de Dario Argento la même année où elle incarnait l'un des rôles principaux à travers le personnage de Giulia ou de Torso (I Corpi Presentano Tracce di Violenza Carnale) de Sergio Martino dans lequel elle allait interpréter trois ans plus tard celui de l'étudiante Jane, Suzy Kendall apparaît désormais sous les traits de la professeur d'art Julie West. Donnant des cours dans une école pour jeunes filles, l'une de ses élèves prénommée Tessa (la chanteuse et actrice Lesley-Anne Down) est agressée à la sortie, à l'issue de la journée, sur le chemin censé la mener chez elle. C'est en prenant un raccourci à travers les bois que l'adolescente est effectivement attaquée par un inconnu aux mains gantées de noir (référence direct au giallo) qui l'agresse sexuellement avant de l'abandonner, toujours bien vivante, mais traumatisée. Mutique, la jeune fille est alors transférée dans les services psychiatriques du Docteur Bartell (Anthony Ainley) et confiée aux bons soins de son collègue le Docteur Greg Lomax (James Laurenson). Tandis que ce dernier tente d'aider Tessa à retrouver la parole, le surintendant en chef Velyan (Frank Finlay) mène l'enquête afin de mettre la main sur le violeur. Entre-temps, ce dernier a fait une seconde victime, toujours issue de l'école d'art, mais qui cette fois-ci est retrouvée morte après avoir été étranglée. Après que Julie et plusieurs de ses élèves se soient rendues en forêt afin de retrouver l'adolescente qui plus tôt ne donnait plus signe de vie, la professeur d'art découvre à l'arrière-plan de sa voiture l'assassin penché sur son élève. Devenue témoin du meurtre, la jeune femme décide d'aider la police à retrouver l'assassin. Une collaboration à laquelle apportera en outre son soutien le Docteur Lomax...


Comme souvent dans ce genre de production et à cette époque, Meurtre à haute tension Assault (titre français du long-métrage) charrie son lot de personnages ambigus. Et parmi eux, Leslie Sanford, responsable de l'intendance de l'école d'art et accessoirement l'époux de Miss Sanford (Dilys Hamlett), directrice de l'établissement avec laquelle ils forment un duo typique des gialli italiens transposé ici en Angleterre. Incarné par un Tony Beckley fièvreux, inquiétant et reluquant de manière répugnante les jeunes élèves en uniforme, l'homme semble de toute évidence attiré par ces jeunes et jolies adolescentes vétues de jupes courtes sur lesquelles il ne peut s'empêcher de jeter des regards insistants. Mais à caricaturer à ce point le personnage, tout porte en réalité à croire que l'on essaie de tromper le spectateur qui à force de tomber sur des oeuvres de ce types n'ont plus l'habitude de tomber dans le piège. La tentative, si tant est qu'elle puisse fonctionner durant quelques minutes, ne tarde pas à tomber à l'eau et c'est donc au tour d'autres protagonistes d'éveiller les soupçons. Tandis que la séquence suivant l'agression de Tessa est curieusement expédiée, l'on ne nous épargne rien des investigations menées sur la seconde victime. La scène de crime s'avère en effet plutôt réaliste même si le réalisateur a pris soin de couvrir les parties du corps les plus ''sensibles'' de la jeune actrice afin de ne pas heurter la sensibilité des spectateurs de l'époque. Tout le charme de l'Angleterre de ce début des années soixante-dix s'exprime à travers cette oeuvre qui malgré tout n'atteint jamais vraiment les qualités de ses homonymes transalpins. Comme dans tout bon ou mauvais Slasher/Giallo, l'on découvrira une fois de plus que l'assassin était l'un des moins suspects même si, ouais, là encore, le coupable (faisant partie de la poignée de protagonistes principaux) commence à avoir une curieuse attitude bien avant que le couperet tombe. Notons enfin la présence dans le rôle de l'imbuvable et beaucoup trop entreprenant journaliste du récit de l'acteur anglais Freddie Jones, notamment connu pour son rôle de Sid Buckland dans Terreur sur le Britannic (Juggernaut) de Richard Lester ou celui de Bytes dans Elephant Man de David Lynch...

 

vendredi 22 mai 2026

Martwi Przed świtem de Dawid Torrone (2026) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Tout le monde en parle... Enfin, tout le monde, surtout ceux qui apprécient les films d'horreur typés Slashers et qui s'attendaient sûrement à ressentir des frissons inédits. Et pour le coup, les caractères visuels et narratifs de Martwi Przed świtem de Dawid Torrone l'éloignent drastiquement des codes du genre pour se complaire dans une certaine forme d'art totalement barré et malheureusement, souvent indigeste. Prendre pour argent comptant les quelques avis élogieux qui prétendent que le premier long-métrage du réalisateur et scénariste polonais Dawid Torrone est une réussite, c'est prendre surtout le risque de se retrouver totalement désabusé devant une œuvre façonnée à la truelle par un artisan qui semble s'être emmêlé les pinceaux entre révérence appuyée pour un genre qui a connu sa seule véritable heure de gloire voilà plus de quarante ans et prétentions artistiques réparties sur chaque plan par un sagouin atteint de démence ! À dire vrai, ce qui semble avant tout avoir inspiré le cinéaste n'est pas tant ce sous-genre du cinéma d'horreur né pour certains dans le courant des années 60 et pour d'autres la décennie suivante sur le territoire américain que son alter ego transalpin connu sous le nom de Giallo et qui pour certains là encore semble avoir été enfanté par un certain Mario Bava, auteur en 1963 de La Ragazza Che Sapeva Troppo ou l'année suivante de Sei Donne Per l'Assassino. Un genre dont s'emparera d'ailleurs son compatriote Dario Argento lequel signera une impressionnante séries de longs-métrages considérés pour la plupart comme d'authentiques classiques du genre..... Mais pour en revenir à Martwi Przed świtem, son auteur semble avoir été tout d'abord inspiré par des œuvres telles que Suspiria ou Opera de ce même Dario Argento et plus encore Deliria de Michele Soavi qui en 1987 sorti sur notre territoire et à l'internationale sous le titre Bloody Bird. Un classique auquel se raccorde le récit de Martwi Przed świtem puisque dans un cas comme dans l'autre, une troupe d'acteurs s'installe dans un théâtre afin de répéter une pièce avant d'être attaquée par un tueur masqué. Si l'assassin du long-métrage de Michele Soavi est notamment demeuré célèbre grâce au masque de hibou qu'il portait sur le visage, celui de Martwi Przed świtem n'est pas en reste puisque de son côté, le tueur cache le sien derrière un masque très particulier puisque constitué de dizaines d'yeux ! Ironique lorsque l'on sait que voir à travers un tel attirail paraît invraisemblable...


Pour être tout à fait honnête et en tant que grand amateur de Slashers et de Gialli, Martwi Przed świtem s'avère effroyablement... mauvais ! Surenchérissant dans la démesure artistique, le travail sur la ''pellicule'' (?), le grain, le brouillard permanent, la surexposition et les couleurs tantôt délavées, tantôt criardes finissent de brouiller les perspectives que le réalisateur s'amuse en outre à déglinguer à grands coups de travellings allant dans tous les sens. Comme un bateau ivre perdu en plein océan, tanguant par ''mer agitée''. De quoi avoir la nausée, chopper une céphalée, mais aussi et surtout n'y rien comprendre. Et d'une certaine manière, tant mieux. Car derrière le flou artistico-scénaristique demeurent quelques séquences beaucoup plus simples à décrypter et qui masquent de ce fait, assez mal la pauvreté de l'écriture. Entre des meurtres rares et qui donc se font attendre, des effets gore pas franchement au niveau de ce que l'on est en droit d'attendre en 2026 (un personnage cache avec toute la difficulté du monde son bras, caché sous sa veste tandis que le tueur vient de lui couper ce qui lui servait de prothèse), un scénario si peu inspiré que son auteur se croit contraint de le noyer sous une chape de séquences toutes plus visuellement délirantes les unes que les autres, avouons-le : on s'fait chier ! Les courses-poursuites frisent le ridicule. Les acteurs/trices sont mauvais, surjouent, tandis que le spectateur a parfois bien du mal à faire la différence entre les répétitions de la troupe et les meurtres commis par le tueur masqué. Difficile de savoir où a vraiment voulu en venir Dawid Torrone si ce n'est que son film n'est qu'un copier/coller de quelques idées forcément pas toutes neuves saupoudrées d'une vision toute personnelle qui cause plus de dégâts qu'elle n'apporte de bienfaits. L'effort est louable mais finalement caduque ! Sans intérêt, donc...

 

dimanche 15 mars 2026

Scream 7 de Kevin Williamson (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

N'ayant jamais été fan de la franchise initiée par le scénariste Kevin Williamson, ici à la réalisation et à l'écriture et par Wes Craven pour lequel j'ai malgré tout conservé une certaine admiration pour à peu près tout ce qu'il mit en scène avant le premier volet datant de 1996, voir débarquer sur grand écran le septième opus sobrement intitulé Scream 7 ne m'a fait ni chaud, ni froid. Et pourtant, c'est bien grâce ou à cause de températures oscillant entre les douze et quinze degrés que j'ai décidé de tout faire pour ne pas demeurer statique en cette journée pluvieuse du 15 mars 2026. Direction le cinéma le plus proche pour découvrir ce que d'aucun juge déjà comme l'un des pires épisodes de la saga. Pire, parait-il, que le précédent, que je n'ai pas eu le bonheur ou la malchance de voir depuis sa diffusion en salle il y a trois ans tout rond ! Ne connaissant de la franchise que les premier et second épisode, c'est donc avec l'esprit pratiquement neuf (l'un et l'autre datant de 1996 et 1997) que j'ai passé la porte donnant sur une large salle, pratiquement vide en dehors de quelques post-adolescents qui à l'époque du premier Scream ou de sa séquelle immédiate ne devaient être encore que des gamins. Une quinzaine de spectateurs disséminés dans une salle qui devait compter deux ou trois-cent places et parmi eux, un couple de vieilles personnes sans doute en mal de frissons qui allaient cependant repartir avec un pouls ne dépassant pas les soixante battements par minute... Car à moins de n'avoir jamais vu un seul film d'horreur de leur vie, il y avait peu de chance pour que le cœur sans doute unit par l'amour de ce charmant couple s'emballe devant des jumpscares que personne de censé n'oserait produire de nos jours. Et pourtant, c'est bien ce qu'a fait Kevin Williamson. En d'autres lieux, en d'autres temps scénariste mais aujourd'hui, reprenant les rênes du bébé qu'il créa avec l'auteur des cultissimes La colline a des yeux, La dernière maison sur la gauche, Les griffes de la nuit ou Le sous-sol de la peur... Scream 7 semble s'adresser à deux types de spectateurs. Avec évidemment, une prédisposition pour le fan de base, qui connaît les précédents volets sur le bout des doigts, connaît chaque personnage, chaque réplique et chaque meurtre. Absente du sixième opus, Neve Campbell réapparaît dans le rôle de Sidney Prescott. Poissarde mère de famille en conflit avec sa fille Tatum (Isabel May) et désormais marié à l'officier de police Mark Evans (Joel McHale).


Retour également pour Courteney Cox, toujours dans le rôle de la journaliste Gale Weathers et qui débarque ici dans l'aventure comme un cheveu dans la soupe lors d'une apparition aussi soudaine qu'invraisemblable ! Réapparaissent également Jasmin Savoy Brown et Mason Gooding dans les rôles de Mindy et Chad Meeks-Martin. Une présence absolument inutile qui ne sert apparemment qu'à nous rappeler qu'ils furent présents aux génériques des cinquième et sixième opus. Plus étonnant est le ''retour'' du personnage de Stuart Macher, l'un des deux tueurs du premier Scream de 1996 qui mourrait à la fin et qui dans Scream 7 fait donc un retour profitant de l'intelligence artificielle. Parmi les nouvelles têtes, l'on notera la présence à l'écran de Kraig Dane dans le rôle de Karl Gibbs, un ancien patient d'hôpital psychiatrique mais aussi et surtout celle d'Anna Camp dans celui de Jessica Bowden, la ''sympathique'' voisine de Sidney et mère d'un Lucas (Asa Germann) fan de films d'horreur quelque peu instable... Tout ce petit monde orbite autour d'un script qui n'apporte évidemment rien de plus à une saga qui a déjà fait le tour complet de tout ce que l'on peut voir dans n'importe quel slasher. Et pourtant, malgré des critiques souvent fort mitigées, le long-métrage de Kevin Williamson se regarde sans déplaisir. Si l'on peut comprendre que les fans puissent ressentir une certaine lassitude, le néophyte, ou du moins celui ou celle qui n'a pas mis les pieds dans cet univers depuis au moins quinze ou vingt ans peut y trouver matière à passer un agréable moment. Par contre, inutile d'espérer ressentir le moindre effroi. Depuis plus de cinquante ans qu'existe le genre (merci Mario Bava), cuisiné à toutes les sauces, des plus réalistes aux plus improbables, être surpris, sursauter, avoir peur ou même se passionner pour des personnages qui manquent cruellement de caractérisation est devenu illusoire...

 

dimanche 23 novembre 2025

Prey for the Bride de Danny J. Boyle (2025) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Alors que le dernier long-métrage de l'auteur de Petits meurtres entre amis, Trainspotting, 28 jours plus tard, Sunshine ou plus récemment 28 ans plus tard, vient fraîchement d'apparaître sur Prime Vidéo, doit-on considé.... Pardon ? Ah ! L'on me précise dans l'oreillette que Prey for the Bride n'est pas le fait du britannique Danny Boyle mais de l'américain Danny J. Boyle. Ou de l'américaine d'ailleurs puisque ainsi est-il présenté sur l'Internet Movie Data Base qui me sert généralement de référence lorsque j'ai besoin d'obtenir des informations qui me sont inconnues sur tel acteur ou tel réalisateur (ce qui vaut bien entendu pour leurs pendants féminins) ! Et à moins que le célèbre cinéaste originaire de Radcliffe dans le Lancashire ait migré outre-atlantique et qu'il ait choisit d'effectuer sa transition sexuelle sans prévenir au préalable ses millions de fans, Danny J. Boyle n'a donc rien à voir avec lui. D'ailleurs, concernant ce dernier, quelques photos viennent confirmer que IMDB est dans l'erreur et qu'il s'agit bien d'un homme portant tous les attributs masculins nécessaires à sa distinction par rapport à la physiologie féminine marquée par des traits beaucoup plus fins et par la présence d'une paire de.... enfin, vous aurez compris ! Une fois de plus, je dois à l’intarissable Otto Rivers le visionnage de Prey for the Bride qui selon ses propres termes est une merde. À en juger par un tel propos introduit dans un post long comme le bras d'une personne atteinte d'Agénésie, on peut supposer qu'Otto n'a pas vraiment aimé ce qu'il a eu devant les yeux. Et comme je le comprends... Quoique traiter de merde l'un des cinq longs-métrages qu'a réalisé l'américain en 2024 est peut-être un peu rude. Tenté de vivre la même expérience que lui, j'ai à plusieurs reprises collé le nez contre l'écran de mon poste de télévision durant la projection pour en humer les hypothétiques effluves qui auraient dues s'en dégager.


Pourtant, aucun parfum soufré, âcre, fermenté et organique dû en général à la putréfaction des matières ingérées la veille et proche duquel l'on aurait été en droit d'affirmer que le film est effectivement une merde ! À moins qu'Otto n'ait employé ce terme dans le sens qui est également le mien, lorsque dans un acte des plus primaire je ne vois d'autre mot que celui-ci pour exprimer tout le rejet que je ressens pour un film, une musique, une peinture ou même parfois pour un membre de mon entourage. Bref, Prey for the Bride est effectivement un mauvais film. Sans doute pas le pire Slasher de l'histoire du genre puisque j'ai pu le regarder jusqu'au bout mais un sous-produit d'une certaine culture Geek liée à l'amour pour le cinéma d'horreur et d'épouvante dans lequel un tueur défouraille joyeusement autour de lui en éliminant scrupuleusement tous les protagonistes avec un luxe d'imagination. Concernant Prey for the Bride, vous pouvez d'emblée barrer cette dernière option. Les meurtres, dans leur grande majorité, sont effectués au couteau. Une arme qui traverse surtout d'épais vêtements, ce qui évite aux concepteurs d'effets-spéciaux gore d'avoir trop d'ouvrage à accomplir. Ensuite, le look du tueur. Encore un assassin masqué mais cette fois-ci doté d'une tête de loup absolument ridicule ! Le long-métrage de Danny J. Boyle regroupe cinq jeunes et jolies copines qui vont enterrer la vie de jeune fille de l'une d'entre elles avant que son futur époux Greg (Brad Harder) ne lui passe la bague au doigt. Toutes réunies dans la demeure de Brooke (Jacky Lai), les filles s'apprêtent à vivre un séjour intense pour elles mais relativement ennuyeux pour les spectateurs. Rien que de très banal en réalité. Entre peaufinage du bronzage autour d'une piscine, alcool à gogo et jeu de type Action ou Vérité (principe renvoyé dans les cartons au bout de cinq minutes), sans oublier l'inévitable irruption de deux faux policiers qui vont danser torse nu devant nos donzelles plus ou moins en chaleur, Prey for the Bride coche toutes les cases du sous-Slasher vidé de toute forme d'inspiration...


Tellement lisse que si nos fenêtres étaient faite de la même matière, aucune mouche ne pourrait s'y accrocher ! Même l'issue du récit et son improbable twist n'ont rien de spécifiquement original puisque le film de Danny J. Boyle emprunte grossièrement les concepts de Souviens-toi, l'été dernier et de Scream tout en étant largement en dessous de ces références ! Getenesh Berhe incarne une Dorit que l'on rejette dès les premières secondes. Prenant de la hauteur vis à vis de ses amies, prétentieuse et remettant en question d'un seul regard tout ou partie de ce qui se déroule à l'écran, on a vraiment envie qu'elle se fasse rapidement dessoudée ! Ce qui, je vous préviens d'avance, n'arrivera pas. Tuer la seule noi... pardon, la seule black d'une histoire ne se fait plus (si tu ne me crois pas, l'ami, vas donc jeter un œil à la fin de la piteuse adaptation cinématographique de Marche ou crève de Stephen King pour t'en convaincre une bonne fois pour toute). Jordan (Megan Peta Hill), future épouse d'un Greg dont elle n'a pas l'air si folle amoureuse passe son temps à chialer. April (Lina Lecompte) et la teubé de l'histoire. On devine déjà le sort que lui accordera le scénario de Bryan Dick. Le quintette se conclue enfin avec Lauren (Marnie Mahannah), jeune femme un peu flippée, amatrice de randonnées qui va finir ses jours les yeux crevés. Un effet-spécial que l'on n'imaginait pas revoir un jour sur un écran tant il semble daté ! Ajoutons un chauffeur de limousine amateur de jeunes femmes en maillot de bain (qu'il aime photographier) ainsi qu'une domestique planquée dans le sous-sol de la demeure et qui ne fera pas long feu. Prey for the Bride est plat. Sans intérêt. Vu et revu et ce, dans des conditions en général beaucoup plus favorables à l'idée de devenir ensuite accro au genre. Commencer à s'intéresser au Slasher en regardant le long-métrage de Danny J. Boyle, c'est s'assurer le rejet direct ! Au mieux, Prey for the Bride est un téléfilm que même les plus jeunes pourront suivre sans ressentir le moindre frisson et au pire....... Ben, je vous laisse juger par vous-même...

 

mercredi 1 octobre 2025

Butchers Book Three : Bonesaw de Adrian Langley (2024) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Première chose à savoir, la franchise Butchers n'a absolument rien à voir avec les différents opus de la série de longs-métrages Hatchet réalisés par Adam Green et qui en France sont sortis sous le titre Butcher. Autre chose à noter : Butchers Book Three: Bonesaw n'a comme point commun avec les deux précédents volets déjà réalisés par Adrian Langley que le nom de son auteur et son titre. Alors que Butchers et Butchers Book Two : Raghorn étaient plus proche de ce que l'on peut voir dans les premiers Wrong Turn, Butchers Book Three : Bonesaw change d'environnement et délaisse donc les forêts pour situer son action en milieu urbain. De plus, le tueur agit ici en solo. Découpé en trois actes portant chacun le prénom de l'une des héroïnes, ce troisième opus s'intéresse de très près à trois employées d'un club de strip-tease tenu par le très antipathique Sleasy (l'acteur Doug Phillips). À commencer par Nina (Shannon Dalonzo) qui très rapidement se fait virer par son employeur après qu'ils se soient disputés. La jeune femme se retrouve seule à bord d'un véhicule qui tombe régulièrement en panne. Suivie par un mec à lunettes plutôt louche qui la traque jusque dans une station-service, elle est également l'objet de l'atention de la part d'un type défiguré qui roule en van blanc qui d'emblée à déjà montré aux spectateurs que le Boogeyman de l'histoire, c'est lui. Échappant de peu à la mort et retrouvée inconsciente avant d'être transportée à l'hôpital, la jeune femme est en partie veillée par le shérif McConnell (l'actrice Marianne Laver), laquelle est très préoccupée par une série de disparitions qu'elle pense être en rapport avec le cadavre d'une femme qui vient tout juste d'être retrouvé. Wrong Turn, Butchers Book Three : Bonesaw se penche alors ensuite sur Jade, serveuse au Meat Market (la boite de strip-tease en question) et qui à son tour se dispute avec Sleasy mais cette fois-ci pour une histoire de drogue. On ne va pas détailler tout ce qui va se dérouler par la suite mais disons que la jeune femme aura nettement moins de chance que Nina ! Arrive enfin la troisième partie du récit mettant en avant le personnage de Cody (Nahomie Masengo Malemba), collègue et amie de Nina qui a eu ''l'heureuse'' et ''riche'' idée de lui donner sa carte avant que celle-ci ne prenne la porte du Meat Market... Outre ces personnages principaux qui tout au long du récit vont se passer le relais, le tueur croisera la route d'un couple de campeurs (interprétés par Hannah McGurn et Colby Frost) et de quelques autres personnages secondaires, tel l'acteur Mike Sniezek qui incarne un éleveur de porcs apparemment friand de viande humaine (à moins que celle-ci ne serve à engraisser son bétail afin de rendre meilleur le goût de la viande !).


Bien que le visage du tueur soit en général dissimulé, on devine que son propriétaire est défiguré. Rien de surprenant, donc. Ce qui l'est moins, c'est de constater que la raison semble être moins liée à la volonté de garder secrète son apparence jusqu'au terme du récit que de cacher un maquillage pas vraiment réussi... Toujours réalisé par Adrian Langley et co-écrit avec Daniel Weissenberger qui avait déjà participé à l'écriture du scénario du premier volet, Butchers Book Three : Bonesaw dispose d'une certaine connotation néo-féministe en ce sens où absolument tous les représentants de la gente masculine sont de véritables obsédés sexuels ! Ce qui peut se comprendre s'agissant des actrices, toutes tanquées comme des avions de chasse... Andrian Langley n'ayant évidemment pas fait l'économie de moyens puisque le réalisateur et scénariste n'est pas allé chercher ses interprètes à la sortie des chaînes de fast-food et que celles-ci sont d'une plastique irréprochable ! De jolies pépées, très légèrement moins superficielles que d'habitude dans ce genre de productions typées Meurtres en séries... Concernant le scénario, rien de merveilleusement bien écrit. Il s'agit Slasher tout ce qu'il y a de plus classique, avec son comptant de victime pour un Bodycount raisonnable. Côté gore, au fil du récit, cela s'améliore. Après quelques meurtres se déroulant hors cadre et surtout, après que les amateurs d'hémoglobine se soient peut-être fait une idée toute faite en la matière, le massacre prend une ampleur visuelle beaucoup plus importante. L'on regrettera cependant le peu d'inspiration dont font preuve les deux scénaristes puisque les meurtres sont à l'image de ces incessants retours par la case station-service (le tueur aurait d'ailleurs dû faire réviser son réservoir tant il passe de temps à le remplir). En général, les victimes finissent la tête tranchée... Bref, Butchers Book Three : Bonesaw se suit aisément, ne demande pas une once de réflexion, excite l’œil grâce à de jolies interprètes mais demeure trop modeste pour se distinguer de la concurrence. À noter que la fin laisse envisager un futur quatrième volet...

 

mardi 30 septembre 2025

Clown in a Cornfield d'Eli Craig (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Film entrant dans la catégorie des Slashers, Clown in a Cornfield d'Eli Craig repose sur des lauriers acquis depuis belle lurette... Si vous cherchiez une alternative originale et différente de tout ce que vous avez vu jusqu'à maintenant, vous pouvez d'ors et déjà passer votre chemin. Sorti le 20 août dernier dans plus de deux-cent salles de cinéma en France, le film est en effet un catalogue quasiment exhaustif de tout ce que le genre est capable de drainer comme idées. À commencer par l'arrivée dans un petit bled plus ou moins paumé d'un médecin et de sa fille après le décès par overdose de l'épouse du premier et de la mère de la jeune fille. C'est donc dans l'intention de laisser derrière eux ce passé douloureux que le docteur Maybook choisit pour le bien de sa fille Quinn de venir s'installer à Kettle Spring. Une petite localité plutôt chaleureuse qui a la particularité de fêter chaque été sa mascotte Frendo le Clown. Adaptation cinématographique de la nouvelle éponyme de l'écrivain américain Adam Cesare dont le premier volume est sorti en 2020 (suivi d'un second en 2022 et d'un troisième l'année dernière), le long-métrage d'Eli Craig met principalement en scène la jeune actrice Katie Douglas, à la beauté certes évidente mais aussi très conventionnelle dans ce genre de production. Ayant débuté sa carrière voilà près de vingt ans en arrière, elle interprète une adolescente très droite dans sa tête, qui n'avait pas vraiment envie de venir s'installer à Kettle Spring mais qui malgré tout va savoir très rapidement se constituer un petit cercle d'amis. À commencer par le charmant Cole qu'incarne de son côté Aaron Abrams. Le courant passe immédiatement entre ces deux là et Quinn rejoint très vite le groupe d'amis de ce dernier. Lequel compte en ses rangs, la blonde Janet (Cassandra Potenza), la brune Ronnie (Verity Marks) et le black (Tucker) Ayo Solanke. Réalisateur en 2010 de l'excellent film d'horreur plus ou moins parodique Tucker and Dale vs Evil (dont on aurait aimé à l'époque qu'une suite fut mise en chantier), l'on pouvait espérer que Clown in a Cornfield soit du même tonneau. Pourtant, on déchante assez rapidement. En effet, le film tient si bien sur les rails forcément usés du genre Slasher qu'aucun effet de surprise (ou presque, pour ceux qui n'auraient pas été attentifs au titre français) ne vient le stupéfier ! Quelques meurtres qui s'enchaînent, plutôt gore, mais aussi et surtout un twist que vient ruiner l'idée saugrenue des distributeurs français d'ajouter un S au mot clown du titre... ce qui laisse par avance présager de ce qui va suivre...


 Car si, en effet, le clown du titre va surgir pour perpétrer un massacre (tandis que nos adolescents s'amusent eux-même du mythe autour de Frendo pour tourner de petits films d'horreur le mettant en scène), lors d'une fête qui bat son plein aux abords d'une grange où la bière coule à flots, ce ne sont pas un ou deux clowns tueurs qui débarquent mais bien davantage. Bref, Kettle Spring semblerait être le repaire d'un vivier de psychopathes qui profitent de l'événement annuel pour dégainer tronçonneuses et autres armes blanches afin d'éliminer la lie de la société. Du moins, celle de Kettle Spring, apparemment personnifiée par les adolescents. Dont font alors partie nos jeunes héros qui vont devoir combattre ces clowns au faciès peu engageant. Si le premier d'entre eux s'amuse à se la jouer second degré, l'ombre d'Art le Clown de la franchise Terrifier est tellement imposante depuis qu'il est apparu pour la première fois sur grand écran que toute comparaison entre le clown le plus iconique du septième art et n'importe quel de ses concurrents est impossible. D'ailleurs, tandis qu'il osa franchir toutes les barrières du mauvais goût et du gore le plus décomplexé notamment lors du troisième opus lorsqu'il découpa scrupuleusement l'une de ses victimes à la tronçonneuse, cet outil de jardinage mais aussi de mort est ici sous employé. Trop timide, pas assez méchant, Clown in a Cornfield fait donc pâle figure ! Lorsque le visage des antagonistes est révélé, là encore, l'on n'est pas vraiment surpris de constater que le maire Arthur Hill (Kevin Durand), le shérif Dunne (Will Sasso) ou encore l'un des professeurs de l'école font partie des tueurs. Porteurs d'une morale viciée, ils campent une belle brochette de tarés malheureusement peu caractérisés. Chose étonnante, le black Tucker sera la première victime à mourir devant la caméra. Ce qui de nos jours est plutôt rare puisque les cinéastes, généralement plutôt frileux, leur réserve une mort plutôt tardive.... lorsqu'ils ne font sûrement et simplement pas partie des survivants. Clown in a Cornfield semble donc se prémunir d'une idéologie Woke, ce qui est plutôt une bonne nouvelle... jusqu'à ce qu'en fin de projection Eli Craig tombe bassement dans le piège du communautarisme homosexuel...

 

dimanche 7 septembre 2025

Souviens-toi... l'été de Jennifer Kaytin Robinson (2025) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Si la dernière itération de la franchise Souviens-toi... l'été dernier avait été produite et réalisée à l'époque où les chaînes France 2 et France 3 étaient encore connues sous les noms de Antenne 2 et FR3, il est fort à parier que Stanislas Lefort aurait crié haut et fort après l'avoir découvert à la télévision : ''C'était pas mauvais. C'était très mauvais !''. Alors, imaginez quel peut être l'intérêt de la relancer en 2025 quand bien même la mode du remake, du reboot ou de la séquelle opportuniste est en vogue depuis de trop nombreuses années. En France, parait-il, on n'a pas de pétrole mais on a des idées. Outre-atlantique, c'est l'inverse. Et cela se ressent ici très fortement. En effet, le quatrième opus de la saga Souviens-toi... l'été dernier demeure objectivement dépassé. À tel point que l'on se demande si la productrice, réalisatrice et scénariste américaine Jennifer Kaytin Robinson n'aurait surtout pas voulu reprendre les codes du Slasher très exactement là où certains les avaient laissé voilà près de quarante ans ! Une carrière marquée par trois autres longs-métrages qui chez nous sont sans doute demeurés confidentiels pour leur peu d'intérêt et une nouvel opus de la franchise Souviens-toi... l'été dernier qui ne fera probablement aucun remous dans la carrière de la cinéaste sur le plan international. À trop vouloir faire ressurgir le passé au propre comme au figuré, Jennifer Kaytin Robinson a sans doute oublié qu'en l'état, le premier volet signé en 1997 par Jim Gillespie n'a jamais vraiment été un classique du genre. Produit et réalisé à la suite de l'immense succès de Scream de Wes Craven, Souviens-toi... l'été dernier premier du nom est peut-être tout d'abord demeuré célèbre grâce à son titre (qu'il ne faudrait d'ailleurs pas faire l'erreur de confondre avec l'immense chef-d’œuvre de Joseph L. Mankiewicz, Soudain l'été dernier dont la thématique ne rejoint de toute manière pas celle du film qui nous intéresse ici). Histoire de s'assurer un fan service consistant à attirer un fan base si tant est qu'il en existe encore un même par delà les océans qui délimitent les contours de son territoire d'origine, Souviens-toi... l'été dernier convoque deux des principaux personnages du long-métrage de 1997. Julie James et Ray Bronson. Amants de fictions toujours incarnés à l'écran par Jennifer Love Hewitt et Freddie Prinze Jr. Histoire de les rappeler aux bons souvenirs des spectateurs de l'époque, nous les retrouvons dans un certain nombre de séquences dont le principal intérêt est justement leur présence et moins leur implication dans le récit...


Surtout s'agissant de la première dont le scénario aurait finalement très bien pu se passer. Les nouveaux héros de cette quatrième aventure se prénomment Danica, Ava, Milo, Teddy et Stevie. Lesquels sont respectivement incarnés par Madelyn Cline, Chase Sui Wonders, Jonah Hauer-King, Tyriq Withers et Sarah Pidgeon. Autant le dire tout de suite, le tueur est une tueuse et c'est cette dernière qui l'interprète. Cela vous évitera d'acheter un éventuel combo DVD/Blu-ray ou de patienter jusqu'à sa diffusion sur une chaîne hertzienne ou sur le câble ! Car Souviens-toi... l'été dernier est une sidérante perte de temps. Un Slasher démodé, vieillot, largué dans toutes ses entournures, qui n'invente rien, n'innove jamais, respecte scrupuleusement de traverser la rue en employant les passages cloutés, fait là où on lui dit de faire, bref, un film d'horreur abscons. Qui, comble de l'horreur justement, est d'une avarice extrême en terme d'effusions de sang. Des sailles vermillons comparables à une hypospermie et des jumpscares dont le seul attrait est de réveiller le spectateur qui devant cette pauvre bande horrifique aurait eu l'outrecuidance de s'assoupir ! Le problème avec la symbolique du crochet étant que l'usage presque exclusif de cette arme limite l'imagination. Une gorge percée par-ci, des coups dans le dos ou dans le ventre par-là, difficile de se contenter d'aussi peu de matière en terme d'hémoglobine alors que le film aurait pu être plus ou moins sauvé du naufrage s'il avait été accompagné d'une avalanche de séquences gore. Trop timide en terme d'horreur, inefficace en matière d'épouvante, trop convenu, ajoutons à cela l'invraisemblable complicité de Ray Bronson, qui, je le rappelle, fut l'une des victimes du premier tueur en 1997. Bref, le long-métrage de Jennifer Kaytin Robinson était ni fait ni à faire. Un petit bousin qui comme le reste de sa carrière tombera rapidement dans l'oubli. En attendant, malheureusement, une suite comme semble le présager la séquence post-générique de fin. L'appel du billet vert risque bien de voir éclore un cinquième volet puisque avec ses dix-huit millions de dollars de budget pour un gain trois fois supérieur en matière de box-office à l'internationale, les producteurs se jetteront probablement sur n'importe quelle idée pour continuer à faire fructifier une franchise qui n'en méritait pourtant pas tant...

 

jeudi 10 juillet 2025

Fear Street : Prom Queen de Matt Palmer (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après la trilogie constituée autour des trois films Fear Street Part One : 1994, Fear Street Part Two : 1978 et Fear Street Part Three: 1666 réalisés par Leigh Janiak et sorti successivement sur la plateforme Netflix les 2, 9 et 16 juillet 2021, il aura fallut attendre quatre ans pour qu'un nouvel opus adapté de la pléthorique collection d'ouvrages écrits par l'américain Robert Lawrence Stine voit le jour. Et pour ne pas perdre les bonnes vieilles habitudes, Fear Street: Prom Queen est lui aussi directement passé par la case télévision puisque directement mis à disposition des abonnés de Netflix le 25 mai dernier. Adaptation du quinzième volume de la série Fear Street intitulé chez nous Le bal de la mort, Fear Street : Prom Queen ne poursuit absolument pas les aventures des précédents héros mis en scène dans la trilogie de 2021 mais des candidates au titre de Reine de la promotion 1988 du lycée de Shadyside. Ville ô combien maudite et qui dans le cas présent est encore au centre d'une affaire de meurtres en série dont les principales victimes seront des étudiantes. La première à faire les frais du tueur qui dès le lendemain soir fera de nouvelles victimes durant le bal est Christy Renault (l'actrice Ariana Greenblatt), jeune candidate qui aux côtés de Tiffany Falconer (Fina Strazza) et de Melissa McKendrick (Ella Rubin) fait partie d'un groupe d'amies qui éprouve aversion et ressentiment vis à vis de Lori Granger (India Fowler) dont la mère est soupçonnée d'avoir tué son mari adultère même si elle n'a jamais pu être reconnue coupable. Autant dire que pour l'adolescente, la vie d'étudiante est compliquée. Sans cesse harcelée, Lori peut cependant compter sur l'amitié de Megan Rogers (Suzanna Son), une étudiante marginale adepte de maquillages gore ! Au nombre des personnages secondaires, l'on retrouve notamment Tyler Torres (David Iacono), petit ami de Tiffany qui ne laisse cependant pas indifférente Lori ainsi que la directrice adjointe du lycée Dolores Brekenridge qu'interprète l'actrice Lili Taylor que l'on a pu notamment voir dans The Addiction d'Abel Ferrara, Hantise de Jan de Bont ou encore Pecker de John Waters. Fear Street : Prom Queen est comme l'indique le titre et comme semble le démontrer le synopsis, un film d'horreur de type Slasher assez classique puisque dans le genre, ils sont légions à avoir éclaboussé les écrans de cinéma depuis plus de quarante ans...

 

On pense bien évidemment à Prom Night de Paul Lynch sorti en 1980 ainsi qu'à ses différentes séquelles, à The Prowler de Joseph Zito sorti l'année suivante, à une foule d'autres longs-métrages plus ou moins ''inspirés'' et même à Carrie au bal du Diable de Brian De Palma puisque son héroïne trouve en Lori Granger son incarnation la plus récente. En effet, remplacez une mère bigote par une maricide et deux filles en marge, aussi timides, réservées et humiliées l'une que l'autre et voici que se présente la descendante idéal de l'héroïne du tout premier roman de Stephen King écrit alors qu'il n'avait que vingt-sept ans ! Sauf que dans le cas présent, la jeune femme possède assez de tempérament pour que les scénaristes n'aient pas eu à faire intervenir le moindre élément surnaturel (on se souvient ainsi que Carrie était dotée du pouvoir de télékinésie). Fear Street : Prom Queen dure près de deux heures et en cela, le film de Matt Palmer traîne parfois un peu en longueur. Fort heureusement, quelques scènes particulièrement gratinées en terme d'horreur viennent excuser les ventres mous qui s'inscrivent au beau milieu du récit. En outre, les sales pestes que constitue le groupe d'amies candidates au titre de Reine de Promo le sont suffisamment pour que l'on exulte à l'idée de les voir passer à la moulinette d'un tueur vêtu d'un ciré rouge-sang et de l'éternel masque qui cache son identité. La bande-son typée années quatre-vingt et le design de certaines séquences du film nous plongent effectivement au cœur des années quatre-vingt. Certains téléphages se feront peut-être d'ailleurs tout comme moi la réflexion que Fear Street : Prom Queen ressemble à une version gore de la série culte Les années collège avec son cortège de personnages qui seraient plongés dans un univers parallèle avant de devenir les victimes d'un tueur en série. On peut toujours tenter de flairer qui se cache derrière le masque. Et même si l'on passe rapidement à autre chose pour ne plus nous concentrer que sur les meurtres, la révélation est presque évidente. Une fois le tueur découvert, il reste encore une bonne vingtaine de minutes. Assez de temps pour que l'on devine que rien n'est vraiment terminé. Bref, Fear Street : Prom Queen est classique mais convainquant. Et l'on espère alors voir arriver très prochainement un cinquième volet de la franchise toujours inspiré de la série de romans écrits par Robert Lawrence Stine...


jeudi 3 juillet 2025

Fear Street Part Three : 1666 de Leigh Janiak (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après un premier volet se situant en 1994 et un second en 1978 à l'issu duquel Deena Johnson (l'actrice Kiana Madeira) se retrouvait projetée en 1666, les événements de Fear Street Part Three : 1666 remontent donc très loin dans le temps, à l'époque où débuta vraiment l'histoire de Sarah Fier (jusque là incarnée par Elizabeth Scopel), personnage au centre d'une malédiction qui à notre époque touche depuis des décennies la ville de Shadyside. Un cycle meurtrier durant lequel la cité est le théâtre d'une série de meurtres horribles. Toujours réalisé par Leigh Janiak et adapté de la série de romans écrits par le romancier américain R. L. Stine, ce troisième opus se divise en deux parties. La première s'avérant fondamentale puisque décrivant très précisément les événements qui se déroulèrent plusieurs siècles en arrière dans une petite bourgade construite sur les terres de Shadyside par un certain Solomon Goode (Ashley Zukerman). Personnage déjà interprété par Ashley Zukerman dans le premier volet intitulé Fear Street Part One : 1994 (lequel sera remplacé par Ted Sutherland dans la préquelle Fear Street Part Two : 1978), celui-ci va se révéler être d'une importance considérable. L'on retrouve durant la première moitié de ce troisième opus quelques personnages qui accompagnèrent l'héroïne, comme le frère de la jeune femme, Josh, incarné pour la troisième fois par l'acteur Benjamin Flores Jr. Le récit nous plonge donc dans un petit village où les croyances sont persistantes et où des mœurs qui de nos jours sont inscrites dans les ''gênes'' de certains de nos compatriotes sont encore considérés en 1666 comme les signes d'une emprise avec le Mal. Lors d'une fête nocturne, Deena (désormais dans la peau de Sarah Fier mais apparaissant sous ses propres traits) et Hannah Miller (Olivia Welch) s'éloignent des festivités après une altercation avec un jeune du village prénommé Caleb (Jeremy Ford). Les deux jeunes femmes s'embrassent mais sont aperçues par un individu dont elles ignorent tout comme le spectateur, l'identité. Dès le lendemain, une malédiction semble être tombée sur le village et d'étranges phénomènes s'y déroulent. La totalité des porcelets nés dans la grange des Fier sont dévorés par leur mère, le père d'Hannah soliloque, le chien de Sarah est retrouvé pendu dans le puits sur la place publique et le pasteur Miller Miller a enfermé avec lui les plus jeunes enfants du village avant de les tuer et de leur crever les yeux...


Pour tout le monde, c'est désormais une certitude. Le Diable s'est invité au village. Il va maintenant falloir trouver celui ou celle qui a provoqué la malédiction... Et pour celles et ceux qui ont déjà vu les deux premiers opus de la franchise, la réponse paraît tout d'abord évidente. Une fois que le mystère sera résolu, le récit repartira pour une seconde session située en 1994. Une seconde moitié qui cette fois-ci sera consacrée à l'élimination du véritable coupable lors d'un mémorable bain de sang survenant dans le centre commercial de Shadyside... L'action de Fear Street Part Three : 1666 se déroule donc en partie au dix-septième siècle comme cela fut le cas en 1971 avec The Devils, chef-d’œuvre de Ken Russell basé sur le roman Les Diables de Loudun, étude d'histoire et de psychologie d'Aldous Huxley dans lequel l'ouvrage traitait de la possession des Ursulines de Loudin, suivie de l'accusation, du procès et du supplice subit par le prêtre français Urbain Grandier. Ou comme pour The Crucible de Nicholas Hytner, adapté de la pièce d'Arthur Miller, Les Sorcières de Salem et où de jeunes femmes aimant danser dans la forêt furent soupçonnées de pratiquer des orgies sataniques. Ou encore plus récemment, avec The Witch de Robert Eggers, dans lequel l'héroïne incarnée par Anya Taylor-Joy fut soupçonnée d'être au centre d'événements tragiques... Face à ces trois brillants exercices de styles ayant participé chacun à leur manière à l'élaboration de fictions tournant autour de la sorcellerie, Fear Street Part Three : 1666 pourra paraître bien léger et pourtant, cette étape du récit n'en est pas moins importante pour rejoindre enfin entre eux tous les éléments qui constituent la trame de la trilogie. Quant à la seconde partie, elle sert de terrain de jeu entre nos jeunes protagonistes et le dernier descendant d'une famille dont chaque représentant a depuis l'époque décrite dans la première partie, assumé la pérennité de la malédiction. Ce troisième opus vient donc logiquement clore la franchise dans un bain de sang avec effets gore à l'appui. Pourtant, un quatrième volet est venu agrandir la saga en 2025 sur Netflix. Cette fois-ci, Matt Palmer a pris la relève en signant un Fear Street: Prom Queen basé sur le quinzième des cinquante-trois volumes que constitue la série de romans Fear Street...

 

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