Retour dans le passé avec Assault du
réalisateur et monteur britannique Sidney Hayers qui huit ans plus
tôt avait réalisé le film d'horreur Burn Witch
Burn
en 1962. Nous sommes en 1970 et l'auteur de nombreux épisodes de
séries télévisées parmi lesquelles beaucoup sont devenues
populaires en France, Sidney Hayers signe avec Assault
un giallo à l'anglaise, genre pourtant propre au cinéma italien et
qui côtoie ici le slasher avec son tueur dont l'identification
parviendra aux enquêteurs ainsi qu'aux spectateurs sur le tard. Afin
d’asseoir objectivement et sans ambiguïté le film dans le genre
giallo, le cinéaste intègre au casting l'actrice originaire de
Belper dans le Derbyshire, Suzy Kendall. Interprète entre autre de
L'oiseau au plumage de cristal
(L'Uccello dalle Piume di Cristallo)
de Dario Argento la même année où elle incarnait l'un des rôles
principaux à travers le personnage de Giulia ou de Torso
(I Corpi Presentano Tracce di Violenza Carnale)
de Sergio Martino dans lequel elle allait interpréter trois ans plus
tard celui de l'étudiante Jane, Suzy Kendall apparaît désormais
sous les traits de la professeur d'art Julie West. Donnant des cours
dans une école pour jeunes filles, l'une de ses élèves prénommée
Tessa (la chanteuse et actrice Lesley-Anne
Down) est agressée à la sortie, à l'issue de la journée, sur le
chemin censé la mener chez elle. C'est en prenant un raccourci à
travers les bois que l'adolescente est effectivement attaquée par un
inconnu aux mains gantées de noir (référence direct au giallo) qui
l'agresse sexuellement avant de l'abandonner, toujours bien vivante,
mais traumatisée. Mutique, la jeune fille est alors transférée
dans les services psychiatriques du Docteur Bartell (Anthony Ainley)
et confiée aux bons soins de son collègue le Docteur Greg Lomax
(James Laurenson). Tandis que ce dernier tente d'aider Tessa à
retrouver la parole, le surintendant en chef Velyan (Frank Finlay)
mène l'enquête afin de mettre la main sur le violeur. Entre-temps,
ce dernier a fait une seconde victime, toujours issue de l'école
d'art, mais qui cette fois-ci est retrouvée morte après avoir été
étranglée. Après que Julie et plusieurs de ses élèves se soient
rendues en forêt afin de retrouver l'adolescente qui plus tôt ne
donnait plus signe de vie, la professeur d'art découvre à
l'arrière-plan de sa voiture l'assassin penché sur son élève.
Devenue témoin du meurtre, la jeune femme décide d'aider la police
à retrouver l'assassin. Une collaboration à laquelle apportera en
outre son soutien le Docteur Lomax...
Comme
souvent dans ce genre de production et à cette époque, Meurtre
à haute tension Assault
(titre français du long-métrage) charrie son lot de personnages
ambigus. Et parmi eux, Leslie Sanford, responsable de l'intendance de
l'école d'art et accessoirement l'époux de Miss Sanford (Dilys
Hamlett), directrice de l'établissement avec laquelle ils forment un
duo typique des gialli italiens transposé ici en Angleterre. Incarné
par un Tony Beckley fièvreux, inquiétant et reluquant de manière
répugnante les jeunes élèves en uniforme, l'homme semble de toute
évidence attiré par ces jeunes et jolies adolescentes vétues de
jupes courtes sur lesquelles il ne peut s'empêcher de jeter des
regards insistants. Mais à caricaturer à ce point le personnage,
tout porte en réalité à croire que l'on essaie de tromper le
spectateur qui à force de tomber sur des oeuvres de ce types n'ont
plus l'habitude de tomber dans le piège. La tentative, si tant est
qu'elle puisse fonctionner durant quelques minutes, ne tarde pas à
tomber à l'eau et c'est donc au tour d'autres protagonistes
d'éveiller les soupçons. Tandis que la séquence suivant
l'agression de Tessa est curieusement expédiée, l'on ne nous
épargne rien des investigations menées sur la seconde victime. La
scène de crime s'avère en effet plutôt réaliste même si le
réalisateur a pris soin de couvrir les parties du corps les plus
''sensibles'' de la jeune actrice afin de ne pas heurter la
sensibilité des spectateurs de l'époque. Tout le charme de
l'Angleterre de ce début des années soixante-dix s'exprime à
travers cette oeuvre qui malgré tout n'atteint jamais vraiment les
qualités de ses homonymes transalpins. Comme dans tout bon ou
mauvais Slasher/Giallo, l'on découvrira une fois de plus que
l'assassin était l'un des moins suspects même si, ouais, là
encore, le coupable (faisant partie de la poignée de protagonistes
principaux) commence à avoir une curieuse attitude bien avant que le
couperet tombe. Notons enfin la présence dans le rôle de
l'imbuvable et beaucoup trop entreprenant journaliste du récit de
l'acteur anglais Freddie Jones, notamment connu pour son rôle de Sid
Buckland dans Terreur sur
le Britannic
(Juggernaut)
de Richard Lester ou celui de Bytes dans Elephant
Man de
David Lynch...
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