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dimanche 7 juin 2026

Assault de Sidney Hayers (1970) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Retour dans le passé avec Assault du réalisateur et monteur britannique Sidney Hayers qui huit ans plus tôt avait réalisé le film d'horreur Burn Witch Burn en 1962. Nous sommes en 1970 et l'auteur de nombreux épisodes de séries télévisées parmi lesquelles beaucoup sont devenues populaires en France, Sidney Hayers signe avec Assault un giallo à l'anglaise, genre pourtant propre au cinéma italien et qui côtoie ici le slasher avec son tueur dont l'identification parviendra aux enquêteurs ainsi qu'aux spectateurs sur le tard. Afin d’asseoir objectivement et sans ambiguïté le film dans le genre giallo, le cinéaste intègre au casting l'actrice originaire de Belper dans le Derbyshire, Suzy Kendall. Interprète entre autre de L'oiseau au plumage de cristal (L'Uccello dalle Piume di Cristallo) de Dario Argento la même année où elle incarnait l'un des rôles principaux à travers le personnage de Giulia ou de Torso (I Corpi Presentano Tracce di Violenza Carnale) de Sergio Martino dans lequel elle allait interpréter trois ans plus tard celui de l'étudiante Jane, Suzy Kendall apparaît désormais sous les traits de la professeur d'art Julie West. Donnant des cours dans une école pour jeunes filles, l'une de ses élèves prénommée Tessa (la chanteuse et actrice Lesley-Anne Down) est agressée à la sortie, à l'issue de la journée, sur le chemin censé la mener chez elle. C'est en prenant un raccourci à travers les bois que l'adolescente est effectivement attaquée par un inconnu aux mains gantées de noir (référence direct au giallo) qui l'agresse sexuellement avant de l'abandonner, toujours bien vivante, mais traumatisée. Mutique, la jeune fille est alors transférée dans les services psychiatriques du Docteur Bartell (Anthony Ainley) et confiée aux bons soins de son collègue le Docteur Greg Lomax (James Laurenson). Tandis que ce dernier tente d'aider Tessa à retrouver la parole, le surintendant en chef Velyan (Frank Finlay) mène l'enquête afin de mettre la main sur le violeur. Entre-temps, ce dernier a fait une seconde victime, toujours issue de l'école d'art, mais qui cette fois-ci est retrouvée morte après avoir été étranglée. Après que Julie et plusieurs de ses élèves se soient rendues en forêt afin de retrouver l'adolescente qui plus tôt ne donnait plus signe de vie, la professeur d'art découvre à l'arrière-plan de sa voiture l'assassin penché sur son élève. Devenue témoin du meurtre, la jeune femme décide d'aider la police à retrouver l'assassin. Une collaboration à laquelle apportera en outre son soutien le Docteur Lomax...


Comme souvent dans ce genre de production et à cette époque, Meurtre à haute tension Assault (titre français du long-métrage) charrie son lot de personnages ambigus. Et parmi eux, Leslie Sanford, responsable de l'intendance de l'école d'art et accessoirement l'époux de Miss Sanford (Dilys Hamlett), directrice de l'établissement avec laquelle ils forment un duo typique des gialli italiens transposé ici en Angleterre. Incarné par un Tony Beckley fièvreux, inquiétant et reluquant de manière répugnante les jeunes élèves en uniforme, l'homme semble de toute évidence attiré par ces jeunes et jolies adolescentes vétues de jupes courtes sur lesquelles il ne peut s'empêcher de jeter des regards insistants. Mais à caricaturer à ce point le personnage, tout porte en réalité à croire que l'on essaie de tromper le spectateur qui à force de tomber sur des oeuvres de ce types n'ont plus l'habitude de tomber dans le piège. La tentative, si tant est qu'elle puisse fonctionner durant quelques minutes, ne tarde pas à tomber à l'eau et c'est donc au tour d'autres protagonistes d'éveiller les soupçons. Tandis que la séquence suivant l'agression de Tessa est curieusement expédiée, l'on ne nous épargne rien des investigations menées sur la seconde victime. La scène de crime s'avère en effet plutôt réaliste même si le réalisateur a pris soin de couvrir les parties du corps les plus ''sensibles'' de la jeune actrice afin de ne pas heurter la sensibilité des spectateurs de l'époque. Tout le charme de l'Angleterre de ce début des années soixante-dix s'exprime à travers cette oeuvre qui malgré tout n'atteint jamais vraiment les qualités de ses homonymes transalpins. Comme dans tout bon ou mauvais Slasher/Giallo, l'on découvrira une fois de plus que l'assassin était l'un des moins suspects même si, ouais, là encore, le coupable (faisant partie de la poignée de protagonistes principaux) commence à avoir une curieuse attitude bien avant que le couperet tombe. Notons enfin la présence dans le rôle de l'imbuvable et beaucoup trop entreprenant journaliste du récit de l'acteur anglais Freddie Jones, notamment connu pour son rôle de Sid Buckland dans Terreur sur le Britannic (Juggernaut) de Richard Lester ou celui de Bytes dans Elephant Man de David Lynch...

 

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