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vendredi 31 mai 2024

Terreur extraterrestre de Greydon Clark (1980), les scènes coupées... puis réintroduites...

 


 

Retour sur l'une de ces petites productions américaines de science-fiction et d'horreur qui dans les années quatre-vingt firent le bonheur des magasins de location vidéo au format VHS. Dans cet article, il ne va pas s'agir de reprendre tout ce qui a déjà été écrit mille fois mais d'évoquer les quelques coupes qui furent effectuées à l'époque et qui ne furent disponibles dans notre pays que bien des années plus tard grâce à de nouvelles éditions comme celle proposée par l'éditeur Sidonis Calysta dès le mois d'août 2021 de Terreur extraterrestre, cette excellente série B qui ne fut objectivement rien moins que la principale source d'inspiration au mythique Predator de John McTiernan presque dix ans plus tard. Dans sa version intégrale, c'est presque quinze minutes de contenu supplémentaire qui nous sont proposées. Un quart-d'heure qui à l'époque n'avait pas été doublé en français et qui est donc désormais disponible en version originale sous-titrée. C'est donc au sujet des séquences qui ont subi le plus de coupes que nous allons parler et non pas des éventuels plans isolés qui peuvent avoir été rajoutés dans les récentes éditions du long-métrage de Greydon Clark. La première intervient à environ huit minutes après le début du film lorsque après que le panneau d'affichage de la station-essence du chasseur Joe Taylor (l'acteur Jack Palance) soit visible à l'écran, le plan suivant ne s'inscrit donc plus directement à l'intérieur du magasin délabré du propriétaire mais dans les toilettes attenantes. L'occasion pour la jeune Sandy (Tarah Nutter) de rencontrer pour la première fois le sergent Fred Bobbs (Martin Landau) dans les toilettes des hommes, un ancien soldat obnubilé par la présence des extraterrestres. L'occasion également d'y découvrir tagué sur l'un des murs la phrase que ne cessera pas de citer le personnage durant le récit : ''No chance, no help, no escape''. Suit tout juste après une séquence lors de laquelle les compagnons de la jeune femme, Greg (Christopher S. Nelson) et Tom (David Caruso) prennent de l'essence, ce dernier interrogeant le premier sur ce qu'il pense de Sandy avant que celle-ci et son amie Beth (Lynn Theel) ne réapparaissent à l'image. L'on découvre alors un Tom proposant aux autres de ne payer l'essence qu'ils viennent de mettre dans le van avant que les autres ne le contraignent de changer d'avis...


La seconde séquence réintroduite dans la version intégrale se situe aux abords des lieux où un père et son fils furent attaqués par les étranges créatures volantes de forme circulaire dotées de dents voraces et d'appendices pénétrant la peau au tout début du film. L'on découvre un groupe de scouts dont le chef interprété par l'acteur Larry Storch se sépare un instant des jeunes membres après leur avoir fait un cours sur une tribu d'indiens. Quelques instants plus tard, celui-ci découvre le camping-car des deux premières victimes avant d'être à son tour attaqué par les même créatures volantes. S'ensuit la fuite des jeunes scouts lors de l'apparition hors-champ de l'extraterrestre visible uniquement sous forme d'ombre. Cette séquence objectivement bien trop longue et il faut le reconnaître, plutôt inutile permet surtout de justifier la présence du corps du chef des scouts dans la cabane que découvriront très prochainement Greg et Sandy. Cependant, un détail relativement intéressant donne tout son sens à cette séquence. En effet, comme cela arrive parfois lors de l'intrusion de phénomènes liés aux ovnis, l'usage par le chef des scouts d'une boussole dont l'aiguille censée donner le nord s'affole met en lumière des perturbations électromagnétiques. Un indice qui sera d'ailleurs reproduit lors de la prochaine séquence réintroduite dans cette version intégrale et qui interviendra quelques minutes plus tard lorsque Greg et Sandy seront isolés de leurs amis Tom et Beth...


Alors que les jeunes scouts prennent la fuite, nous retrouvons les quatre jeunes gens à bord du van et à destination d'un lac où ils ont l'intention d'aller se baigner. Contrairement aux avertissements de Joe Taylor qui leur déconseillait de se rendre au lac, dans cette troisième séquence coupée à l'origine, nous voyons Greg, Sandy, Beth et Tom se dévêtir pour aller faire un plongeon. Dans la version expurgée, il pouvait être de coutume de s'interroger face à ce curieux montage qui montrait directement Greg et Sandy séparés des deux autres. En effet, entre leur arrivée aux abords du lac et l'horrible découverte de leur cadavre dans la cabane servant de garde-manger à l'alien, Beth et Tom disparurent totalement de l'image. L'on comprend désormais pourquoi le groupe s'est retrouvé scindé en deux. Gênés par un Tom et une Beth batifolant dans les eaux du lac, Greg et Sandy choisissent d'aller faire une petite balade dans les alentours. Doté d'un poste de radio, Greg ne parvient pas à obtenir la moindre source de diffusion. Ce qui ramène bien évidemment aux mêmes événements que ceux ayant eu lieu quelques instants auparavant lors de l'usage de la boussole par le chef des scouts. L'on retrouve pour la dernière fois Tom et Beth bien vivants, allongés et s'embrassant sur une serviette de plage, puis retour de leurs deux amis qui constatent qu'ils ont disparu... En à peine une demi-heure, la version intégrale propose donc de réintroduire presque un quart-d'heure de long-métrage supplémentaire donnant pour la plupart un sens au récit. Le reste du long-métrage prendra alors la forme de l’œuvre telle que les plus anciens d'entre nous la découvrirent à l'époque de sa sortie dans les années quatre-vingt...

 

mardi 19 novembre 2019

First Blood de Ted Kotcheff (1982) - ★★★★★★★★☆☆



Pour le Béret vert américain ancien combattant du Vietnam John James H. Rambo, c'est une journée de merde qui commence. D'abord, il apprend que le dernier de ses compagnons d'arme est mort d'un cancer six mois plus tôt. Ensuite, voilà qu'il est refoulé jusqu'aux portes de Hope, petite ville tranquille dirigée par le shérif Will Teasle qui lui refuse la possibilité de se restaurer. La pluie se met alors à tomber et Rambo décide d'aller à l'encontre du shérif et de revenir à Hope. Mauvaise idée : alors que dix minutes plus tôt démarraient les aventures de ce tout premier volet d'une saga qui en comptera cinq, l'ancien combattant incarné par Sylvester Stallone est plongé au fin fond d'une montagne, poursuivi par le shérif et ses hommes. En seulement dix minutes, pas une de plus, le réalisateur canadien d'origine bulgare Ted Kotcheff (Wake in fright en 1971, Uncommon Valor en 1983) a posé les bases de tout ce qui fait le sel et l'intérêt de First Blood sorti chez nous sous le titre Rambo. Adaptation du roman éponyme de l'écrivain canadien David Morell, Rambo constitue non seulement l'un des plus formidables films d'action et de ''guerre'' des années quatre-vingt, mais également l'une des critiques les plus acerbes sur le traitement des anciens combattants ayant fait la guerre au Vietnam...

Si pour la ménagère de plus de cinquante ans la seule évocation du titre résonne sans doute comme un film bourrin, testostéroné à outrance, et sans une once de profondeur, le scénario écrit à six mains par Michael Kozoll, William Sackheim et Sylvester Stallone et la mise en scène plus subtile qu'il n'y paraît de Ted Kotcheff prouvent le contraire. Bien entendu, il est inutile d'espérer voir beaucoup d'autres choses que l'affrontement entre un shérif retord et un ancien béret vert rompu au combat. C'est ce que demande le public, et tant mieux, puisqu'il sera servi. Ce qui n'empêche pas ce premier volet de la franchise d'aborder le saisissant contraste qui existe entre le héros et l'antagoniste. Le héros demeurant bien évidemment le personnage incarné par Sylvester Stallone et pour lequel, le spectateur ne pourra s'empêcher de prendre fait et cause. Les rôles sont donc ici inversés puisque le méchant du film demeure bien le shérif Will Teasle. Ce gentil shérif, ''bonhomme'' envers ses concitoyens mais absolument détestable envers Rambo. Un personnage ambigu, donc, admirablement interprété par le colossal Brian Dennehy.

Rambo est un vrai film de guerre. Et même si les personnages n'y croisent aucune rizière ni aucun camp de prisonniers, il s'agit bien d'un affrontement. Un homme seul face à des dizaines. L'armée et les autorités et face à elles comme seul espoir et seule alternative : le soutien du Colonel Samuel Trautman. Celui qui forma durant trois ans au Vietnam l'homme qu'est devenu Rambo, est qui est incarné ici par l'acteur américain Richard Crenna.
Décors multiples. Entre la petite localité de Hope, une montagne recouverte de sapins, et une mine inondée, Rambo évolue et révèle sa nature profonde d'ancien béret vert ayant connu les pires horreurs au Vietnam. Capable de survivre en milieu hostile, on le découvre confectionnant des pièges à l'attention des hommes qui le traquent, capable de s'orienter, de chasser le sanglier... Et pour rendre encore plus crédible son personnage, Sylvester Stallone n'hésite pas à donner de sa personne en mettant sa vie en danger. Car croyez-le ou non, mais il effectua lui-même la cascade qui consistait pour Rambo à sauter d'une falaise, des sapins devant réduire sa chute. Résultat : trois côtes cassées.

Composé par le célèbre Jerry Goldsmith, le score oscille entre l'épique et l'émotion. Entre les différentes scènes de poursuite et d'affrontements et le superbe thème qui ouvre le long-métrage. Film d'action obligé, Rambo se termine sur un véritable florilège d'explosions lors d'une séquence que l'on pourra apprécier à différents niveaux que l'on soit davantage attaché à la critique sociale ou à l'actionner qu'est en grande partie le film de Ted Kotcheff. Rambo, c'est également des répliques cultes inoubliables : ''Je ne viens pas sauver Rambo de la police, je viens sauver la police de Rambo !'', ''En ville, tu fais la loi. Ici, c’est moi. Alors fais pas chier. Fais pas chier ou je te ferai une guerre comme t’en as jamais vue.'', ''Si vous lancez vos hommes, n’oubliez pas une chose [...] Réservez-leur une place à la morgue.'' ou encore, ''Un homme qui a appris à ignorer toutes les souffrances, à ignorer le temps, à vivre sur le terrain, à manger des choses qui feraient vomir un bouc!''.

Il y a ceux qui firent connaissance avec l'acteur Sylvester Stallone à travers Rocky. D'autres grâce à Rambo. Que l'on ait découvert ce dernier au moment de sa sortie sur grand écran, en VHS ou lors d'un passage à la télévision, l'expérience fut à coup sûr aussi forte pour chacun(e) d'entre nous. Un film à voir, à revoir, encore et encore...

mercredi 7 février 2018

The King of New York d'Abel ferrara (1990) - ★★★★★★★★★★



Accompagnant un Bad Lieutenant qu'il signera deux ans plus tard en 1992, en ajoutant même The Addiction réalisé en 1995, le cinéaste new-yorkais Abel Ferrara mettait en scène en 1990 un The King of New York ouvrant le bal d'une trilogie d'une exceptionnelle qualité. En fait de trilogie, il faudrait en réalité inscrire à la liste des hommages rendus à un cinéaste underground à sa ville natale, une bonne majorité de ses longs-métrages, à commencer par le crapoteux Driller Killer, jusqu'à certaines de ses dernières œuvres signée dans le courant des années 2000 en passant par Fear City ou encore MS.45. The King of New York est de ces longs-métrages qui à la sortie de leur projection demande quelques instants pour sortir totalement du contexte dans lequel ont été plongés durant plus de cent minutes ses personnages ainsi que les spectateurs. Accompagné des fidèles Nicholas St. John au scénario et de Joe Delia à la bande-son, le cinéaste originaire du Bronx signe une œuvre dont l'intensité dramatique culmine lors d'expositions nocturnes sublimées par la photographie du monténégrin Bojan Bazelli. La noirceur de l'intrigue et le désespoir dans lequel baigne le récit ouvre des perspectives à un Abel Ferrara coutumier du fait et qui installera au panthéon du film policier nihiliste, un Bad Lieutenant crépusculaire.

Le roi de son New-York, de cette cité à laquelle est demeuré fidèle Abel Ferrara, sort de prison, déchu de son titre depuis sa cellule par des organisations criminelles mexicaines ou chinoises qui ont su profiter de son absence pour mettre la main sur le trafic de drogue vérolant une cité où les enfants ne sont pas les dernières des victimes. De la poudre blanche, d'abord, mais également de la prostitution. Une vision que ne partage pas Franck White, admirablement interprété par Christopher Walken dans l'un de ses meilleurs rôles. En total décalage, le spectateur assiste à la reconquête d'un territoire par un individu qui, accompagné de ses fidèles lieutenants (dont le génial Laurence Fishburne, dans la peau de Jimmy Jump), dessoude un à un ses principaux rivaux. Face à cette montée de la violence dont Franck a la judicieuse idée d'expliquer au flic Roy Bishop (excellent Victor Argo) que durant son incarcération, elle n'a pas cessé d'augmenter, Abel Ferrara oppose un flic tenté de se corrompre lui-même devant l'inefficacité de la justice acceptant l'argent sale de Franck contre la libération de Jimmy et de ses hommes de main.

The King of New York possède une force incroyable. Sa mise en scène, l'interprétation, la photographie ainsi que la bande-son en font un monument glaçant, jamais opportuniste (chaque action étant légitimée), mais que d'aucun pourra juger de partiale dans le portrait d'un Franck Black érigé en héros comme le sera le flic corrompu de Bad Lieutenant. D'ailleurs, en regardant bien, sous certains aspects, les destins de ces deux héros de fiction possèdent des trajectoires à peine distinctes. Deux lignes parallèles opposant le flic à la vermine, deux individus poussés par une volonté semblable de réussite, avec plus ou moins d'ambition (entre les paris ratés de l'un et la conquête du réseau de drogue de l'autre), mais une réussite fort inégale puisque à sens unique. Abel Ferrara ne voulant apparemment pas faire l'éloge ou l'apologie de l'un ou de l'autre, il leur réservera un sort similaire. Christopher Walker y est formidable de justesse et de charisme, affichant un visage blafard qui ne cessera de s'assombrir à l'image du récit. Le cinéaste lui oppose un David Caruso auquel le spectateur demeurera éminemment plus réceptif envers le personnage de Dennis Gilley qu'à son amorphe interprétation de flic de la police scientifique de la série télévisée Les Experts Las Vegas. Vengeance, trahison, exécutions sommaires ou bien gunfights sous perfusion de musique rap, The King of New York est l'un des trois plus grandes œuvres de leur auteur. Une magistrale leçon de cinéma... a voir, à revoir, encore et encore...

samedi 2 novembre 2013

Session 9 de Brad Anderson (2001)



Bill Griggs confie à cinq hommes la rénovation d'un ancien asile d'aliénés désaffecté. Il leur assure que s'ils parviennent à terminer les travaux en l'espace d'une semaine ils toucheront chacun une prime s'élevant à 10 000 dollars. La bâtisse est immense et les travaux semblent insurmontables. Phil, Mike, Hank, Gordon ainsi que son neveu Jeff vont donc tout mettre en œuvre pour que les travaux soient finis avant la fin de la semaine. Chacun va pourtant mettre son grain de sel pour ralentir la rénovation, et cela, de manière fort inconsciente. Il y a d'abord Hank qui malgré son age se comporte encore comme un adolescent. Joueur invétéré il n'aspire qu'à gagner. Il sort avec l'ex-femme de Phil qu'il avoue ne fréquenter que pour le sexe. Phil vit assez mal cette situation et le duel permanent que se livrent les deux hommes ralentit l'avancée des travaux. Mike quand à lui aurait pu être un excellent avocat mais a abandonné ses études beaucoup trop rapidement. Alors qu'il descend dans les sous-sols de l'établissement afin de résoudre un problème de fusibles, il découvre dans une remise les pièces à convictions d'une vieille affaire qui toucha l'établissement et qui provoqua sa fermeture définitive. Gordon est le plus âgé des cinq hommes. Il a eu beaucoup plus de mal au départ à imposer la présence de Hank auprès de Phil que celle de son neveu pourtant atteint de nyctophobie.  


Les travaux commencent et permettent à chacun de se familiariser avec les environs. Chambres d'isolement, sous-sols insalubres et mal éclairés, ancienne salle de réception inondée dont le sol est tapi d'amiante. Mike passe un temps fou a passer les vieilles bandes magnétiques trouvées dans la salle des archive située dans l'un des nombreux couloirs du sous-sol. Des pièces à conviction qui relatent les témoignages d'une jeune femme enfermée il y a longtemps dans cet hôpital et atteinte de troubles psychiatriques sévères. Hank quand à lui, alors qu'il asperge d'un produit tags et graffitis laissés par d'anciens squatters dans les niveaux les plus bas de l'asile, trouve une pièce d'argent remontant à l'année 1888. Puis une seconde datant elle de 1983, quelques mètres plus loin. Avant de se retrouver devant un mur troué duquel tombent d'autres pièces, bijoux, billets et divers trésors qu'il s'empresse d'amasser. Gordon lui, entend des voix. Une seule en fait. Celle d'un homme. A vrai dire, l'oncle de Jeff semble surmené. Il vit habituellement avec sa femme, leur enfant et leur chien mais depuis qu'il a frappé celle qui partage sa vie il dort dans un motel... 


Brad Anderson (" The Machinist ") sort " Session 9 " la même année que son " Happy Accidents". Même si les deux films abordent des sujets radicalement différents on retrouve la patte du cinéaste. Alors que l'un conte une histoire d'Amour originale et inédite, le second n'est pas le simple film de fantômes qu'il semble être au premier abord. Beaucoup plus profond que la majorité des films sur le sujet, il permet surtout d'accentuer l'aspect humain des protagonistes. Entre l'homme dont le conflit intérieur rend fou et celui dont les événements étranges qui se produisent alentours permettent d'exécuter un plan sordide, le cheminement qui mène vers la porte de sortie est moins évident qu'il n'y parait. D'ailleurs, Anderson s'amuse à brouiller les pistes à mesure que l'intrigue avance. A l'image de " The Machinist ", il construit une histoire constellée de faux-semblants qui brouillent les pistes. Quel rapport entre le drame silencieux que vit Gordon et la voix qui le hante? Et ces images qui le traquent jusque dans ses rêves? La disparition de Hank semble arranger Phil, oui, mais jusqu'à quel point. A qui appartient cette silhouette rencontrée dans les sous-sols par Hank et qui semble responsable de sa disparition? Qui sont véritablement ces deux hommes que Gordon a vu au travers d'une fenêtre parler avec son ami Phil?
 
Brad Anderson joue avec nos peurs primaires. Celle de l'inconnu, de l'obscurité et de la solitude. Au départ, chacun peut s'identifier au personnage de son choix avant de l'identifier lui-même comme un ennemi potentiel. Les décors eux-mêmes participent à l'angoisse qui sourde et qui se fait de plus en plus présente et pesante. L'angoisse culmine lorsque Hank se sent poursuivit dans les coursives du sous-sol ou bien lorsque Jeff est acculé lui-même dans l'un de ces longs couloirs alors que les ampoules s'éteignent les unes après les autres. Claustrophobie et Nyctophobie latentes sont au rendez-vous. Les acteurs assurent leur part de marché ( David Caruso et Peter Mullan en tête de cortège ), la partition musicale plante le décor et l'environnement dans lequel se déroule l'action est le lieu idéal pour que nos peurs se développent de manière idéale. 
 
Un bon petit film de fantômes qui sort des sentiers battus...
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