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mardi 2 septembre 2025

L'annonce faite à Marius de Harmel Sbraire (1997) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Je n'ai jamais vraiment réussi à comprendre l'emballement autour de Jackie Berroyer. Personnage sympathique, il est vrai, mais bon, côté ''acting'', faut quand même pas pousser l'adoration au point de le considérer comme un excellent interprète ! Après, le pauvre, sans doute n'y est-il pour rien dans cette manière sans cesse hésitante, chevrotante qu'il a d'incarner les rôles qui lui sont offerts au cinéma. Cependant, l'on pourra en contrepartie affirmer que cette vision toute personnelle de l'art de se fondre dans la peau de certains personnages lui sied à ravir lorsque le génial Fabrice Du Welz l'emploie sur le tournage de Calvaire en 2004. Incarnant Bartel, un type totalement perché qui accueille dans son antre Marc Stevens (excellent Laurent Lucas), chanteur ringard pour maisons de retraites (la séquence d'ouverture située dans un hospice situé dans les Ardennes belges demeure d'ailleurs l'une des plus inconfortables qu'ait tourné le cinéaste) avant de le confondre avec son épouse regrettée... Sept ans auparavant et sur un ton nettement plus léger, la réalisatrice Harmel Sbraire l'engageait sur le plateau de L'annonce faite à Marius. Unique long-métrage pour cette dernière qui à l'occasion de cette première et donc dernière œuvre en tant qu'auteur réunit à l'image Jackie Berroyer et l'ancien Inconnus, Pascal Légitimus. Deux ans après Les trois frères de ses compagnons du rire de l'époque Didier Bourdon et Bernard Campan et après avoir été contraint de se séparer d'eux pour cause de différent juridique avec leur producteur Paul Lederman (les trois hommes n'ayant alors plus le droit d'apparaître ensemble à l'écran), Pascal Légitimus incarne le rôle-titre. Sur les conseils d'un jeune distributeur de prospectus avec lequel il travaille, Marius jette à l'égout ceux qui lui ont été confiés. Malheureusement pour lui, il a été photographié lors du délit et se retrouve immédiatement mis à la porte. Son jeune collègue lui conseille alors cette fois-ci de se présenter comme candidat dans un cabinet médical afin de tester de nouveaux médicaments. Un emploi particulièrement fructueux qui devrait enfin lui permettre de payer ses factures. Mais son groupe sanguin ne correspondant pas aux attentes des chercheurs, il est remercié... jusqu'à ce qu'il tombe tout à fait par hasards sur l'un d'entre eux, dont les méthodes de recherches sont relativement singulières...


En effet, le professeur Migeon qu'interprète donc Jackie Berroyer propose à Marius de lui servir de cobaye contre la coquette somme de douze-mille francs ! Mais alors que Marius s'attendait à suivre un protocole classique, l’obstétricien va lui faire avaler un médicament qui le rendra malade afin de mettre en place une expérience tout à fait inédite... Si à l'époque de sa sortie L'annonce faite à Marius pouvait paraître tout à fait fantaisiste, de nos jours, certains sont désormais convaincus que le projet fou du professeur Migeon pourrait être très facilement envisageable. Loin de cette pathologie rarissime qu'est le pseudocyesis masculin dont moins de vingt cas ont été recensés, la gestation masculine qui pour l'instant n'est un principe appliqué qu'à certains animaux comme l'hippocampe est donc au centre de ce récit tout à fait farfelu écrit par la réalisatrice avec la collaboration de... Jackie Berroyer. Comédie qui aurait pu n'être que foncièrement anodine si elle ne traitait pas d'un sujet aussi dénué de tout sens que la gestation masculine chez l'homme, L'annonce faite à Marius permet notamment de retrouver à l'image la toute craquante Léa Drucker dans le rôle de Brigitte. Un rôle dont les contours sont malheureusement mal définis. Comme si la réalisatrice n'avait eu surtout comme seule intention que d'ajouter une touche de féminité dans une intrigue presque cent pour cent masculine tournant pourtant autour d'un sujet qui touche essentiellement le sexe féminin ! À dire vrai, L'annonce faite à Marius est léger, très léger, comme un très long sketch qui aurait sans doute eu sa place à l'époque dans un programme de la chaîne Canal+. Une comédie qui finalement semble avoir été faite pour Jackie Berroyer dont la faiblesse du jeu colle à merveille avec ce personnage de scientifique ''fou''. Pascal Légitimus s'y perd, comme attendant son retour au sein du célèbre trio dont il fut l'une des trois incarnations. Au final, le long-métrage de Harmel Sbraire est une toute petite comédie, qui exige d'être abordée par les spectateurs avec simplicité. Le genre d'intrigue que l'on suit sans déplaisir mais qui à aucun moment ne marque véritablement les esprits. Une œuvre qui passe malheureusement à côté du titre d'O.F.N.I...

 

lundi 1 septembre 2025

Le mélange des Genres de Michel Leclerc (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Spécimen d'écologiste dégénérée, députée de l'Assemblée nationale, mariée à un homme déconstruit, Sandrine Rousseau s'est probablement sentie très fière et directement concernée par le personnage qu'incarne le sympathique Benjamin Lavernhe. Paul Lemaire, lui-même très satisfait de se positionner en tant qu'homme déconstruit sans pour autant attirer l'antipathie de celles et ceux qui considèrent le concept comme inconcevable, ridicule, offensant, débilitant... Pourquoi ? Parce que derrière ce personnage que l'on devine très impliqué au sujet de la cause féminine, le réalisateur Michel Leclerc et la scénariste Baya Kasmi n'oublient pas de dresser le portrait d'un individu qui peu à peu semble se dégrader aussi bien physiologiquement qu'intellectuellement. En outre, les deux auteurs qui déjà ont travaillé ensemble sur de nombreux projets s'amusent de ce personnage en le plaçant directement au cœur d'une fausse histoire d'agression et de harcèlement sexuels alors même qu'il représente le symbole ultime du mâle soumis à la dictature féministe ! Benjamin Lavernhe est actuellement l'un des acteurs français les plus intéressants à suivre sur un plan cinématographique. Depuis quelques années, le voici qui enchaîne les rôle sur grand écran, réservant ainsi d'excellentes surprises comme en 2024 lorsqu'il incarna le rôle de Thibault, célèbre chef-d'orchestre, dans le formidable En fanfare d'Emmanuel Courcol. Avant d'intégrer l'équipe de la future et nouvelle adaptation des Misérables de Victor Hugo réalisée par Fred Cavayé, Benjamin Lavernhe est donc ici confronté à une majorité d'interprètes féminines dont Léa Drucker qui interprète l'inspectrice de police Simone (épouse à l'écran de Vincent Elbaz qui incarne quant à lui le rôle de Jean-Jacques), Julia Piaton qui joue le rôle de la comédienne de théâtre Charlotte Landowski ou encore Judith Chemla, formidable interprète de Hélène dans le téléfilm 15 jours ailleurs de Didier Bivel aux côtés de Didier Bourdon et qui dans le cas présent incarne le principal membre d'un collectif féministe qu'intègre d'ailleurs Simone afin d'enquêter au sujet d'un lien supposé entre le groupe et la participation de certains membres à l'assassinat d'un homme violent dont l'épouse est pour l'instant seule à être accusée du meurtre !


Aussi sérieux que puisse être le sujet, aussi crispantes que puissent être certaines sous-intrigues qui pourraient passer pour du wokisme de la part des auteurs, Le mélange des genres est en réalité une excellente comédie, faussement démagogique et qui plus que de satisfaire les extrémistes constipés de la pompe aspirante et dégénératrice de la gauche bien pensante devrait surtout amuser ceux d'en face. Pour qui, le thème est ici à prendre au second, voire au troisième degré. Quand l'absurde pointe à l'horizon, on peut croire en la sincère intention des auteurs s'agissant de dédramatiser le sujet pour en faire moins l'objet de polémiques qu'une réelle envie de réunir les uns et les autres dans un même élan d'espoir où l'humour seul est capable d'unifier le peuple, quelles que soient ses idées, quelles que soient ses opinions. Arguons malgré tout que l'objectif aura du mal à être atteint du côté des ''gauchistes contrariés'' qui selon certains critères, semblent se refuser à prendre autrement qu'au premier degré tout ou partie des thèmes qui les préoccupe. Preuve que Le mélange des genres ne doit surtout pas être envisagé sous cet angle : le réalisateur offre à Benjamin Lavernhe le rôle d'un homme qui vire au surmenage, voire au burn-out, dans une posture un brin caricaturale. Autre preuve. L'accumulation de bévues causées par l'un des derniers membres du collectif féministe incarné par Melha Bedia, actrice que l'on a que trop peu l'occasion de présenter autrement que comme la sœur de Ramzy Bedia et dont la trogne ne prête jamais vraiment à autre chose qu'à sourire ! Il n'empêche que le film de Michel Leclerc s'intéresse également à des sujets qui eux ne prêtent absolument pas à sourire. Comme le traitement des victimes de viols qui parfois sont soumise à une autorité qui les considèrerait presque comme en partie responsables de l'agression... Bref, Le mélange des genres est une très bonne comédie qui malgré son sujet n'oublie pas l'un des éléments essentiels au genre : donner du plaisir au spectateur...

 

lundi 25 décembre 2023

Incroyable mais vrai de Quentin Dupieux (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Que peut-il y a voir de pire que d'être dans une salle de cinéma remplie d'adolescents très agités, incapables de se taire durant la projection d'un long-métrage ou passant leur temps à commenter, toutes lumières de leur smartphone déclenchées, les tout derniers articles postés sur les réseaux sociaux ? Être assis à côté d'un type dégageant une forte odeur d’ammoniaque pour avoir oublié le matin même de se laver sous les aisselles ? Qu'un infamant hasard ait justement choisi ce jour là pour vous imposer un siège dont le dossier ne cesse de retomber vers l'arrière ? Ou qu'une pantagruélique septuagénaire ait ce même jour, décidé de venir s'asseoir à côté de vous, les bras chargés de victuailles enfermées dans des sachets dont le bruit deviendra au fil de la projection, aussi invariablement crispant que d'entendre chez soit un voisin faire des trous dans le mur de sa chambre à coups de perceuse ? Ce jour où ma compagne et moi avons décidé de nous dégourdir les jambes jusqu'au CGR de Narbonne, je n'imaginais pas que la plus terrible des séances de cinéma allait m'être imposée. Incroyable mais vrai de Quentin Dupieux venait tout juste de sortir sur les écrans et en bons amateurs du bonhomme, c'est donc frais et dispos que nous avons pris la voiture. Elle, derrière le volant. Moi, à la place du mort. Un peu moins de vingt minutes plus tard, nous arrivions devant la façade du CGR pour constater que comme depuis le début, le milieu et la fin de la pandémie, nous ne serions très certainement pas venus en masse découvrir le nouveau bébé de celui qui se cache également sous le pseudonyme Mr Oizo ! Un cinéma constitué de neuf salles et pourtant, l'écho de nos voix aurait pu se faire entendre de très loin tant l'immense salle d'accueil nous semblait vide. Une toute petite poignée de spectateurs accompagnés de leurs gamins, sans doute venus découvrir le dernier dessin animé à la mode. Quant à nous, c'est avec une joie à peine dissimulée que nous avons découvert une salle rien que pour nous. Un rêve s'accomplissait alors... pour très rapidement se transformer en cauchemar...


Pourquoi ? Tout simplement parce que Quentin Dupieux, allez savoir pourquoi, choisissait alors de tourner son dernier film à l'époque à l'aide d'une caméra vielle d'une quarantaine d'années dont le zoom était cassé ! Bien que ce ''minuscule'' détail n'ait pas affecté l'expérience de ma Douce, la mienne fut pire encore que de découvrir le premier Avatar de James Cameron en 3D dans une image tellement sombre que je m'étais contraint à suivre une bonne partie du récit les lunettes 3D posées entre mes jambes. Mais rien, là, en comparaison avec Incroyable mais vrai dont le titre ne m'avait jamais semblé aussi proche de ce que je vivais personnellement dans cette salle obscure où je ne pouvais même pas raccrocher mon désespoir à celle que je préférais laisser profiter du film. L'auto-focus défaillant de la caméra employée par le réalisateur et scénariste eut pour conséquence la recherche constante d'une mise au point passant du net au flou et du flou au net. Une véritable torture pour la rétine et le cerveau, incapables l'un comme l'autre de laisser faire naturellement les choses et contraints de revoir en permanence comment aborder ce qui se déroulait sous mes yeux. Un comble pour une œuvre qui d'après nous semblait faire partie des plus ambitieuses de leur auteur. À commencer par un casting trois étoiles principalement interprété par Anaïs Demoustier, Léa Drucker ainsi que Benoît Magimel et Alain Chabat. Seconde et antépénultième expérience pour la première, l'unique pour la seconde et le troisième tandis que le dernier, lui, en était déjà à sa troisième participation à une œuvre signée de Quentin Dupieux après Réalité en 2014, Au Poste ! (en voix-off) en 2018 et avant Daaaaaali ! qui devrait très prochainement les réunir ainsi qu'Anaïs Demoustier.


Advienne que pourra en vidéo et lors de ses futurs passages à la télévision mais si Incroyable mais vrai possède effectivement un cachet visuel qui lui est personnel, espérons que d'autres ne revivent pas ce que j'ai ressenti en salle. Concernant le long-métrage lui-même, nous sommes bien chez Quentin Dupieux et son sens de l'absurde. Et même s'il s'est avant cela déjà montré techniquement beaucoup plus ''aventureux'', il aura au moins eu dans le cas présent le mérite de faire une mise à jours avec le concept de voyage et de paradoxe temporels ! C'est pourtant dans un cadre réaliste que le cinéaste installe ses quatre principaux personnages. Le couple formé par Alain et Marie (Alain Chabat et Léa Drucker achètent tout naturellement une demeure de style plutôt moderne (le genre que conçoivent en général pour leurs propres besoins les architectes), laquelle cache un très étonnant secret qui va avoir de très lourdes conséquences sur leur couple. On regretterait presque que le projet ait été mis en scène par Quentin Dupieux dont l'approche minimaliste du septième art empêche le concept d'être traité à la hauteur de son mérite. Ce qui n'enlève évidemment rien aux charmes d'un film qui passe finalement mieux sur un petit écran que sur un (trop) grand. Le principal soucis visuel dû au problème d'auto-focus est ici quasiment réglé et l'inconfort passé laisse la place à une véritable gourmandise due tant au sujet du film que du jeu des interprètes. Léa Drucker/Marie rêve de retrouver l'éclat de sa jeunesse tandis qu'à ses côtés, Alain Chabat/Alain continue de vieillir. Incroyable mais vrai offre également au thème du Portrait de Dorian Gray un petit nettoyage de printemps bienvenu. Et c'est sans compter sur le couple que forment Anaïs Demoustier en cruche un brin nymphomane et Benoît Magimel en nouvel homme ''bio-ionique'' doté d'une verge électronique ayant malgré tout conservé certains travers comme le machisme ! Accompagné d'une bande musicale bucolique cette fois-ci signée d'Andreas E. Beurmann qui réinterprète des airs de Bach, ce qui apparaît comme une stricte fantaisie est en fait beaucoup plus profond. Et si d'apparence Quentin Dupieux semble avoir fait quelques compromis, penser cela serait une erreur. Simplement l'homme et l'artiste ont-il évolué...

 

samedi 18 novembre 2023

Pièce Montée de Denys Granier-Deferre (2010) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Même patronyme mais pas même prestige me suis-je dis à la toute fin de la projection de Pièce montée de Denys Granier-Deferre. Le père de ce dernier, prénommé Pierre, nous offrit tout de même (et au hasard des inspirations), La métamorphose des cloportes en 1965, La Horse en 1970, le dépressif Le chat et La veuve Couderc l'année suivante, puis La cage, Adieu poulet, Le toubib ou encore Une étrange affaire quelques années plus tard. La filmographie du fiston, elle, s'est rachitiquement enrichie d’œuvres cinématographiques qui se comptent sur les doigts d'une seule main. La cynique comédie Que les gros salaires lèvent le doigt en 1982, Réveillon chez Bob en 1984, Blanc de Chine en 1988, Coma en 1994 et donc, Pièce montée en 2009. Depuis presque quinze ans, Denys Granier-Deferre n'a donc plus mis les mains dans le cambouis du Cinéma avec un grand C. Celui qui l'on contemple dans les salles obscures. Le réalisateur n'a par contre pas chômé du côté du petit écran puisqu'en une vingtaine d'années, il a régulièrement réalisé des téléfilms et des épisodes de séries télévisées. Ô, rien de vraiment glorieux. Un épisode de L'instit par-ci, un autre du Commissaire Maigret par-là... Les comédies françaises se situant autour du mariage ne sont pas une denrée rare. Certaines sont comme ici sujettes à des règlements de comptes entre membres d'une même famille. Des rancœurs enfouies très profondément et qui resurgissent au moment le plus inopportun qui soit. Dans le cas de Pièce montée, le film repose sur l'ouvrage de la romancière française Blandine Le Callet intitulé La pièce montée qui fut édité pour la première fois en 2006. Premier roman, premier succès. En effet, La pièce montée se vend alors à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires et remporte notamment les Prix René-Fallet ainsi que le Prix des lecteurs du Livre de poche en 2007. Quatre ans plus tard, Denys Granier-Deferre adapte donc le roman sur grand écran, l'occasion de découvrir pour l'une des toutes dernières fois l'actrice Danielle Darrieux qui décédera sept ans plus tard à l'âge de cent ans ! En effet, celle-ci n'apparaîtra plus ensuite que dans le téléfilm C'est toi c'est tout de Jacques Satamaria en 2010 tandis qu'elle participera en voix-off au court-métrage d'Emmanuel Vernières Tournons ensemble, Mademoiselle Darrieux dans lequel elle s'entretiendra avec un réalisateur sur un futur projet auquel elle aurait dû conjointement participer aux côtés de son petit-fils.


Mais la mort, hélas, l'emporta entre-temps. Tout comme Jean-Pierre Marielle, Danièle est l'une des rares valeurs ajoutées de cette Pièce montée dont les qualités sont sans nul doute très en deçà de ce que l'on est en droit d'attendre pour ce genre de long-métrage. Une comédie, certes. Acerbe, je veux bien. Mais dont l'écriture n'égale absolument pas celle des classiques du genre. Rien de bien transcendant donc dans la vie de ce jeune couple formé par Jérémie Rénier et Clémence Poésy que l'on a récemment pu découvrir dans le spin-off de The Walking Dead intitulé Daryl Dixon où elle joue aux côtés de l'acteur américain Daryl Dixon. Nous découvrons Bérengère et Vincent quelques heures avant leur union devant le curé d'une petite ville de province située géographiquement dans la commune rurale de Frémainville dans le département du Val-d'Oise. Eux, mais aussi leurs familles respectives. Et autant dire que de ce côté là, le spectateur va pouvoir ''savourer'' les sautes d'humeur, l'aigreur et la vilenie presque généralisée de tout ce petit monde. Le principal soucis de Pièce montée est la trop grande ''gentillesse'' avec laquelle le réalisateur et le scénariste Jérôme Soubeyrand traitent le sujet du roman de Blandine Le Callet. Trop de personnages tuent le concept. Surtout que le film ne dure que quatre-vingt dix minutes. Pas de quoi approfondir la plupart des protagonistes. De la relation qu'entretient le couple formé par Léa Drucker et Christophe Alévêque en passant par les personnages interprétés par Julie Gayet, Dominique Lavanant, Charlotte de Turckheim ou les futurs mariés eux-même, il n'y a guère que la fibre émotionnelle qui fonctionne ici. Revoir Danielle Darrieux et Jean-Pierre Marielle dans les conditions présentes (l'un et l'autre n'étant depuis, plus de ce monde) rend leurs personnages respectifs particulièrement touchants. Pour le reste, Pièce montée est une comédie qui structurellement manque malheureusement de folie...

 

samedi 9 juillet 2022

Or de lui - Zaï Zaï Zaï Zaï - Incroyable mais vrai

 


 

Alors que nous nous apprêtons à aller découvrir le dernier long-métrage de Quentin Dupieux, petit retour non pas sur la filmographie de celui qui se cache sous le pseudo de Mr Oizo lorsque l'inspiration musicale lui vient mais sur deux étranges et passionnantes alternatives à ce cinéma de l'absurde dont il nous abreuve depuis ses débuts en 2001 avec Nonfilm. Exit donc Quentin Dupieux. Nous accueillons au sein d'un curieux univers parallèle l'acteur Ramzy Bédia auquel le réalisateur français avait d'ailleurs offert l'un des deux principaux rôles de son décalé Steak en 2007. Mais cette fois-ci, c'est sur François Desagnat et Baptiste Lorber qu'il lui aura fallu compter. Le premier n'a cependant pas confié à Ramzy le rôle principal de sa dernière comédie Zaï Zaï Zaï Zaï. Mais découverte conjointement à la mini-série Or de lui dans lequel l'humoriste et acteur tient cette fois-ci la vedette, le rapport qu'entretiennent l'un et l'autre de ces programmes me contraint à les lier au même article. L'auteur de La beuze en 2003, de Le jeu de la vérité en 2014 ou de Le gendre de ma vie quatre ans plus tard semble avoir choisi d'offrir à sa carrière de réalisateur un virage plus absurde que jamais. Et même inédit puisqu'en dehors des Onze commandements, on ne peut pas dire que la filmographie de Vincent Desagnat fut jusque là, incroyablement originale. Alors que l'on frétille d'impatience de découvrir son prochain projet Raoul et les raouliens, Zaï Zaï Zaï Zaï développe un certain nombre d'idées qui font souvent l'unanimité lorsque l'on évoque le futur proche sous une forme dystopique. Dans un univers où n'existe qu'un seul modèle de véhicule et où Fabrice (Jean-Paul Rouve) va se retrouver traqué par la police, les médias et les réseaux sociaux parce qu'il a oublié sa carte de fidélité au moment de payer ses achats en magasin, François Desagnat se fait le critique d'une société qui n'a jamais été aussi moribonde que ces dernières années. Non dénué d'un certain humour Zaï Zaï Zaï Zaï aborde la chose sous un angle qui ne diffère pas vraiment de ce que l'on a pu découvrir jusque là au cinéma. Il décrit un monde aseptisé, dans lequel être acteur comique ou faire preuve d'un certain humour est pratiquement considéré comme une tare. François Desagnat examine notre société à la loupe et décrit avec justesse les dérives qui découlent de tous les supports médiatiques qui jugent non plus les gens sur ce qu'ils sont réellement mais sur leurs apparences. En découle une œuvre cynique, qui bat l'humour à froid, et dans laquelle Ramzy Bédia incarne l'image de l'époux et du père de substitution tandis que Jean-Paul Rouve le fuyard va de rencontres en rencontres.
 
Zaï Zaï Zaï Zaï
est l'adaptation cinématographique non pas d'un roman, mais de la bande dessinée de Fabcaro, l'auteur du roman Le discours qu'a adapté sur grand écran le réalisateur Laurent Tirard... Zaï Zaï Zaï Zaï est donc proche de l'univers de Quentin Dupieux. Et si j'osais, j'affirmerais que François Desagnat a réussi là où pêche parfois le cinéma de Mr Oizo. Lequel a souvent trop tendance à se reposer sur des scénarii originaux plutôt que sur des mises en scène fainéantes. Zaï Zaï Zaï Zaï réussit le pari de réunir Jean-Paul Rouve, Julie Depardieu, Ramzy Bédia, Yolande Moreau ou Julie Gayet dans une comédie certes absurde, mais ô combien visionnaire. Un casting de sympathiques comédiens parmi lesquels nous retrouvons également Marc Riso (dans le rôle du vigile), lequel interprète justement l'un des personnages principaux de la mini-série Or de lui aux côtés de Ramzy Bédia. Ici, tout semble a priori d'un commun assez terne. Des couples qui s'invitent à dîner, une épouse qui trompe son mari, le VRP d'une petite entreprise humilié par ses collègues et puis, un jour.... la découverte de ce ''pouvoir'' incroyable qui transforme Ramzy Bédia/Joseph en poule aux œufs d'or. Car oui, son personnage se met à chier des étrons d'or ! Des lingots en forme de ''caca''. Le début de la fortune ? Plutôt celui des emmerdes: Certes un nouvel ami (Marc Riso) mais d'abord et surtout, une épouse qui va voir ailleurs (Olivia Côte), découche, le trompe avec Stéphane (Christophe Héraut). Et puis, un marchand d'or pas très net (Vincent Solignac) et son rejeton (Jérome Niel, inquiétant dans le rôle de Gino). C'est donc dans un contexte social relativement classique qu'entre en jeu ce phénomène surprenant : Ramzy Bédia la poule aux œufs d'or ! En 1973, le chilien Alessandro Jodorowsky transformait ses excréments en or. Trois ans plus tard, l'allemand Werner Herzog et ses interprètes sous hypnose tentaient de découvrir le secret du maître verrier Mühlbeck récemment décédé, seul détenteur de la formule de fabrication du verre rubis. Cinquante ans après, Ramzy Bédia endosse le costume de l'alchimiste Joseph qui va découvrir les avantages et les inconvénients de produire des étrons en or. Là encore, le pari est réussi de mêler l'absurde à la réalité. D'autant plus que le ton humoristique est parfois contrebalancé par des séquences dramatiques relativement intenses. […] Deux heures plus tard... 
 
De retour du cinéma en proie à une insupportable céphalée, j'ai envie de gueuler un bon coup sur ce cher vieux Quentin Dupieux qui en lançant Léa Drucker dans une quête personnelle de jeunesse eternelle a fait des choix particulièrement audacieux. Voir inadaptés pour le confort des yeux. Ceux du public, contraint de détourner parfois le regard s'il ne veut pas avoir de terribles maux de tête au sortir de la salle. Que l'image soit surannée au point de nous renvoyer en pleines années soixante-dix comme l'évoque notamment l'imagerie des Boards of Canada, je veux bien. Mais de là à user d'un vieil objectif plus vraiment fiable et nous imposer ainsi durant soixante-quinze minutes une image qui ne parvient jamais à faire le focus sur les personnages ou les décors en arrière plan, c'est à un supplice que nous convie le réalisateur. De même, l'on connaît la prédisposition de Quentin Dupieux à nous offrir sans cesse des univers décalés. Et là encore, le succès de l'entreprise tient tout d'abord de son scénario. Mais à l'image, et quelles que soit sa manière d'aborder le sujet, Incroyable mais vrai apparaît comme le plus sage de ses longs-métrages. Ce qui d'une certaine manière, donne également l'impression qu'il est aussi le plus maitrisé. Celui qui offre aussi le sentiment que pour une fois, l'auteur de Rubber ou de Wrong Cops n'a pas confié son projet aux seules mains de ses interprètes. L'engouement des critiques pour Incroyable mais vrai est presque inimaginable tant le dernier film de Quentin Dupieux semble parfois si éloigné de ses délires habituels. Plus sérieux mais néanmoins parcouru d'idées folles, Incroyable mais vrai mixe voyage dans le temps, le roman d'Oscar Wilde Le portrait de Dorian Gray(ici, un simple miroir), quête de jeunesse éternelle ou de masculinité (Benoît Magimel/Gérard en homme/machine hypersexué) et face à tout ça, impose un Alain Chabat terriblement sobre et bienveillant. On sort de la salle avec le regret d'avoir assisté à cet étonnant récit dans un inconfort visuel total, figé devant l'écran à patienter jusqu'à ce que le film nous délivre ses multiples messages. En attendant Fumer fait tousser, le prochain long-métrage de Quentin Dupieux, on confirmera que le meilleur film ''Dupieuesque'' à être sorti en salle cette année n'est pas le sien mais celui de François Desagnat...

 

samedi 18 décembre 2021

C'est la vie de Julien Rambaldi (2019) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Entre l'annonce de sa production, sa sortie en salle et ce moment tant redouté qui consiste à faire le déplacement pour aller la découvrir, la vie d'une comédie française n'est pas toujours de tout repos. Surtout depuis pas mal d'années. La faute à cet incessant ballet qui voit moult longs-métrages sortir les uns après les autres sans jamais rien ne proposer de neuf. Des comédies insipides calquant leur scénario, leur mise en scène, leur interprétation, leurs décors et leur musique sur des œuvres qui elles-mêmes s'avéraient déjà peu enclines à devenir des classiques du genre. Exception faites de quelques coups de génies qui viennent ponctuellement contredire l'idée que l'un des genres les plus populaires du cinéma français n'a plus grand chose à dire. Savoir garder son calme, rester objectif et oser parler d'une œuvre qui d'emblée, on le sait, connaîtra plus de rejet que de satisfaction auprès des critiques est un exercice délicat qui à force de s'en prendre plein la gueule rebute à l'idée d'écrire une note à son attention. Troisième comédie du français Julien Rambaldi après Les meilleurs amis du monde en 2010 et Bienvenue à Marly-Gomont en 2016, C'est la vie est sans doute à ce jour le meilleur film de son auteur. Aussi léger que ses prédécesseurs mais gagnant une profondeur sans doute moins superficielle, il n'est pas inenvisageable qu'une fois de plus certains s'amusent à désapprouver le concept. Simple, il est vrai, d'une maternité accueillant le même jour cinq femmes qui s'apprêtent à accoucher. Et autant de destins que Julien Rambaldi et ses interprètes nous invitent à contempler. Léa Drucker, Alice Pol, Sarah Stern, Mélodie Richard et Florence Loiret-Caille incarnent respectivement Manon Laval, la PDG de l'agence de programme spatial Arespace, Sophie Castro, future mère esseulée, Estelle, une jeune femme couvée par une mère baba-cool, Lan, une homosexuelle accompagnée de sa petite amie (l'actrice Fadily Camara) et du géniteur de son futur enfant (Thomas Scimeca dans le rôle de Gaëtan) et enfin Chloé Fontaine qui elle, doit accoucher d'un bébé prématuré...


Des trajectoires différentes pour cinq femmes dont le but prochain est le même : donner la vie. C'est la vie situe la quasi totalité de son intrigue dans les couloirs et les chambres d'une maternité tenue d'une poigne de fer par Dominique (Josiane Balasko), la plus ancienne sage-femme de l'établissement. La clinique reçoit la visite du tout jeune et tout nouveau médecin Antoine Moretti. Les présentations commencent mal entre Dominique qui outrepasse ses responsabilités en s’immisçant ''un peu trop'' dans la vie de ses patientes et le nouveau responsable du service, un brin trop orgueilleux. Pourtant, ils vont ensemble et avec l'aide des proches de leurs cinq nouvelles patientes, tout faire pour que les accouchements se déroulent dans les meilleures conditions. Le réalisateur français signe avec C'est la vie une franche réussite. Drôle et émouvant à la fois, le film parvient en l'espace d'un peu plus de cent minutes à rendre attachante une foule de personnages. Entre les futures mère, leurs conjoints ou les parents, Julien Rambaldi et son scénariste Thomas Perrier parviennent même à y ajouter quelques savoureuses séquences situées en dehors des murs de la clinique. Là où interviendra notamment la toujours excellente Julia Piaton dans le rôle de Sandrine, une jeune femme qui vient tout juste de perdre son père et qui aux côtés de l'acteur Antoine Gouy (lequel interprète le rôle de l'époux d'Estelle) formera un temps un duo sympathique perdu sur les routes menant jusqu'à la clinique...


Parmi les autres seconds rôles, rappelons la présence de Tom Leeb en arbitre de football et père du futur bébé de Sophie/Alice Pol. Celle d'Anne Benoît dans le rôle de l'étouffante et psychédélique mère d'Estelle, Mamoune. Ou encore de Youssef Hadji qui campe quant à lui l'époux de Manon/Léa Drucker, Nathan Laval, ici ''fin psychologue'' auprès de quelques ''âmes perdues''. C'est la vie est typiquement le genre de comédie que l'on regarde sans complexe et dont on peut vanter les mérites sans honte. Un moment de fraîcheur qui ne souffre d'aucun temps mort. Drôle et émouvant. Caractérisant ses personnages avec justesse. Une authenticité que leur rendront bien leurs interprètes respectifs. Josiane Balasko y tient le rôle précieux de la sage-femme proche de ses patientes et particulièrement attentionnée. Les histoires de chacun nous vont droit au cœur sans que le film ne se lamente jamais sur leur sort. On en ressort séduits, conquis d'avoir partagé avec cette vingtaine de personnages ces quelques jolis moments de grâce et d'intimité. Pas un chef-d’œuvre mais une sympathique comédie qui nous rassure tout de même sur l'état de santé du cinéma humoristique français...

 

vendredi 8 novembre 2019

La Guerre des Mondes de Howard Overman (2019) - ★★★★★★★☆☆☆



Coïncidence ou guerre déclarée entre les chaînes Canal + et TF1 ? Toujours est-il qu'une fois de plus, ce sont les spectateurs qui sortiront vainqueurs de cet affrontement qui, comme l'indique le calendrier des diffusions, oppose deux séries inspirées d'un même ouvrage : The War of the Worlds de l'écrivain britannique H.G.Wells, tout d'abord adapté sur grand écran à deux occasions. Le premier long-métrage en 1953 avec l’œuvre éponyme de Byron Haskin, puis, bien plus tard, avec celle de Steven Spielberg en 2005. Pour rappel, la toute première adaptation ne fut en réalité pas celle qui sortit sur les écrans dans les années cinquante mais la version radiophonique d'Orson Wells. Mais ça, c'est une autre histoire. En 2019, donc, ça n'est pas une mais deux variations d'un même thème que nous proposent la Grande Bretagne d'un côté, et cette même Grande Bretagne accompagnée de la France et des États-Unis de l'autre. Nous reviendrons sur la première dans le prochain article pour nous consacrer dans celui-ci sur la seconde. Une production internationale ambitieuse mais sur laquelle les fans du roman de H.G.Wells auront sans doute beaucoup de choses à dire. Car s'il est une évidence qui saute très rapidement aux yeux, c'est le grand écart opéré par la série La Guerre des Mondes vis à vis du roman. En effet, par rapport à ce dernier, cette série constituée pour l'instant d'une saison de huit épisodes (la seconde étant en préparation) est très éloignée du roman. Au point que l'on se demande dans quelles mesures son créateur, l'auteur britannique Howard Overman, ne s'est pas tout simplement servi du prestige qu'entoure le nom du roman de H.G.Wells pour s'assurer l'attention du public.

Si dans un premier temps, la chute de très nombreuses ''météores'' rappelle ostensiblement le début du roman The War of the Worlds, la suite prend par contre des chemins de traverse qui entraînent les spectateurs dans une aventure plus proche de la série Falling Skies de Robert Rodat ou de Colony de Carlton Cuse et Ryan Condal que de l’œuvre de l'écrivain britannique. Comme nous le verrons dans le second article consacré à cette double adaptation du roman de H.G.Well sortie cette année, il subsiste de très nombreuses différences entre la création Canal + et la mini série diffusée pour la première sur la chaîne britannique BBC One. La Guerre des Mondes s'inscrit dans un contexte contemporain qui de fait, l'éloigne très nettement des préoccupations qui couvraient une partie du roman original. Alors que dans ce dernier H.G.Wells soulignait notamment l'impérialisme occidental, la série de Howard Overman se penche quant à elle forcément sur des thématiques bien différentes comme l'immigration, à travers le personnage de Kariem Gat Wich Machar qu'interprète avec subtilité l'acteur Bayo Gbadamosi. À production internationale, casting international. C'est ainsi donc que vont se côtoyer des interprètes (et donc des personnages) d'origines diverses. L'Irlandais Gabriel Byrne, l'américaine Elizabeth McGovern, la britannique Natasha Little ou encore les français Léa Drucker et Adel Bencherif pour les récurrents.

L'une des principales critiques généralement formulées demeure dans le rythme imprimé à cette saison dont la durée est, il est vrai, disproportionnée en comparaison des enjeux qui y sont déployés (chaque épisode durant une moyenne de quarante-cinq minutes, je vous laisse faire le calcul). Que Howard Overman ait choisit d'organiser son œuvre autour de ses personnages en privilégiant tout d'abord leur caractérisation est une chose. Mais de là à tourner en rond en omettant (presque) de faire évoluer le récit autour de son invasion extraterrestre s'avère parfois très gênant. De plus, ceux qui connaissent bien la série Black Mirror sentiront sans doute comme moi un certain malaise devant les seules créatures exhibées dans cette première saison et qui font furieusement penser à celles de l'excellent épisode MetalHead réalisé par David Slade et diffusée pour la première fois voilà deux ans. On pourra également regretter le fait que la production ait fait preuve d'une économie de moyens assez importante en matière d'effets-spéciaux. À titre d'exemple, la séquence tant attendue de l'explosion du champ magnétique créé par les entités extraterrestres que le spectateur n'aura pas la chance d'observer, l'auteur préférant les enfermer dans le noir auprès de divers protagonistes.

Mais à côté de ces différentes failles qui ne feront pas de cette première saison prometteuse l'inoubliable adaptation d'un roman culte de la science-fiction, on pourra tout de même louer le travail effectué sur les dialogues et le professionnalisme de ses interprètes. En effet, qu'il s'agisse de Léa Drucker et Adel Bencherif, de Gabriel Byrne, ou d'autres tels que Stephen Campbell Moore, Stéphane Caillard ou encore de l'inquiétant Mathieu Torloting, chaque interprète y incarne son personnage à la perfection. Quant aux décors, désolés et parfois anxiogènes, s'ils ne surpassent ni n'égalent ceux d'un Walking Dead jusqu'auboutiste, ils se révèlent suffisamment crédibles pour plonger le spectateur dans une aventures parfois riche en émotions. En espérant que les auteurs de la seconde saison aient pris conscience des erreurs faites sur la première et nous offrent un spectacle digne du matériau d'origine...

mercredi 3 juillet 2019

Mes Amis de Michel hazanavicius (1998) - ★★★★★★★☆☆☆



Eric Toledano, le producteur d'une sitcom française à succès et son interprète principal, Fred, se réveillent un matin dans le même lit, tout juste séparés par le corps sans vie d'une conquête de passage. Sans vie car la jeune femme, les mains liés aux montant du lit est morte. Apparemment, le jeu auquel se sont adonnés les deux amis et collaborateurs a mal tourné et les voici désormais flanqués d'un cadavre dont ils ne savent quoi faire. Alors que Fred pense déjà aller voir la police, Eric, lui, cherche un moyen de se débarrasser du corps. Mais en attendant, les deux hommes ont des responsabilités qui ne peuvent pas attendre. Tout en essayant de garder leur sang-froid, il retournent ce jour-là au studio où doit se tourner un nouvel épisode de la série Mes amis pour la vie notamment interprétée par Lola, la star féminine de la sitcom, et par Gilda et Marc...

Produit par Dominique Farrugia et Olivier Granier, Mes Amis est de ces comédies françaises qui dispense de faux éclats de rires enregistrés sur bande tandis que le spectateur lui n'aura que de brèves occasions de laisser exprimer sa bonne humeur. Ce qui, soit dit en passant, n'est pas une manière d'annoncer que le film mis en scène et réalisé par le cinéaste Michel Hazanavicius est raté, bien au contraire, mais que les rires y sont plutôt discrets. A dire vrai, si dans un premier temps, cette histoire de cadavre encombrant n'est qu'accessoire, l'auteur d'une poignée de longs-métrages en une vingtaine d'années et du cultissime La Classe Américaine en 1993 aux côtés de Dominique Mézerette se sert de ce prétexte pour plonger sa grosse dizaine d'interprètes dans le monde fermé de la télévision. Ici, et personne ne pourra prétendre le contraire, et surtout pas ceux qui connurent les fastes du sitcom à la française, c'est un hommage plus ou moins appuyé et (ir)respectueux aux sitcoms qui émaillèrent de leur présence le petit écran des années quatre-vingt dix : La première qui vient à l'esprit est forcément Premiers Baisers créée par Jean-François Porry et Bénédicte Laplace et qui entre le 23 décembre 1991 et le 12 mai 1995 connut un succès foudroyant sur la première chaîne française auprès du jeune public (et sans doute auprès des ménagères de moins de cinquante ans!).

Déjà caricaturale en soit, elle est ici parodiée de manière outrancière par un casting composé de Yvan Attal, Serge Hazanavicius (le frère du réalisateur), Karin Viard (qui dans le rôle de Lola joue comme un pied et ne retient pas son texte), Lionel Abelanski (en coordinateur tyrannique), Thibault de Montalembert (dans la peau de l'acteur Marc), Léao Drucker (dans celui de Gilda qui pour garder la ligne, se fait vomir dans les toilettes du studio), Philippe Hérisson (dans le rôle de l'ingénieur du son à l'humour lourd, lourd... très, très lourd), ou encore Zinédine Soualem (dans celui du réalisateur). Un florilège d'interprètes complété par tout un tas de célèbres figurants dont les apparitions à l'écran obligeront parfois les spectateurs à avoir l’œil aiguisé. C'est ainsi donc que l'on pourra voir au détour d'un décor Valérie Benguigui, Gilles Lellouche, Alexandra Lamy (en figurante de la sitcom), Jean-Luc Delarue, Michel Field, Nagui, Arthur, Jean-Pierre Foucault, ou encore les transfuges de Canal+ Alexandre Devoise et Philippe Vecchi...

Même si en comparaison d'autres comédies sorties cette décennie là (Le Dîner de Cons, La Cité de la Peur, Les Trois Frères ou encore Les Visiteurs) Mes Amis ne risquait pas de faire des étincelles, le film de Michel Hazanavicius se révèle pourtant fort agréable à regarder. Sans doute pour les mêmes raisons qui ont poussé le réalisateur-scénariste à se moquer des sitcoms dont son œuvre s'inspire. C'est bête, parfois méchant, souvent gratuit, et lui-même ne se gêne pas pour égratigner le monde de la télévision. Volontairement kitsch, Mes Amis tentent en dernier recours d'instaurer un suspense en reconvoquant le thème qui ouvrait les hostilités : à savoir, comment se débarrasser du corps plus tout à fait frais de la jeune femme enfermée depuis quelques jours dans le coffre de la voiture d'Eric... Même si le sujet est très léger et qu'en matière de dialogue, on a déjà vu nettement mieux, l'ironie des situations et la caricature permanente sauvent le film de l'indifférence. Un film qui semble porter la marque de son producteur, Dominique Farrugia... Un film à voir en double programme avec Sitcom de François Ozon qui, tiens, tiens, sortait lui aussi en cette année 1998...

lundi 21 mars 2016

Chaos de Coline Serreau (2001)



Paul et Hélène font route à bord de leur véhicule lorsqu'ils sont percutés en pleine rue, un soir, par une jeune prostituée poursuivie par trois hommes qui lui veulent visiblement du mal. Prête à accueillir la jeune femme à bord de la voiture, Hélène constate que Paul est d'un tout autre avis. Il bloque l'ouverture des portières et démarre alors même que la prostituée est rattrapée par les trois hommes qui la passent à tabac sous les yeux effarés d'Hélène. Paul dirige sa voiture jusqu'à une station de lavage fin de faire disparaître les traces de sang laissées par la jeune femme et le couple rentre chez lui comme si de rien n'était.
Mais si lui parvient à reprendre le court de sa vie normale, Hélène à quant à elle des remords. Ainsi, elle téléphone et se renseigne auprès des urgences afin de savoir où a été transportée la jeune femme. Une fois le nom de l’hôpital mentionné, elle s'y précipite afin de rendre visite à la blessée tombée depuis, dans le coma. Chaque jour, Hélène va veiller sur celle qui se fait appeler Noémie. De son réveil, jusqu'à ses premières paroles, prenant ainsi le risque de tomber nez à nez avec ceux qui ont mis Néomie dans cet état.

Les deux femmes vont apprendre peu à peu à se connaître, se liant même d'amitié au point d'échauder un plan afin de faire tomber le réseau de maquereaux lancés à la poursuite de Noémie. Mais rien n'est facile lorsque l'on fait partie d'une famille dont les préoccupations sont tout autres...

Lorsque l'on découvre Chaos de Coline Serreau, il est étonnant de s'apercevoir qu'il ne s'agit ni de son premier, ni de son second film mais bien de son huitième long-métrage. Car si la femme qui se cache derrière des merveilles telles que Romuald et Juliette, La Crise ou La Belle Verte profite une fois encore de son sujet pour œuvrer dans le social, on s'étonne de n'y entendre aucun dialogue de la force d'écriture de celle des films cités juste au dessus.
La cinéaste met en parallèle l'histoire de deux femmes qui n'ont certainement pas la vie dont elles rêvaient. Entre Hélène (Catherine Frot), épouse d'un chef d'entreprise (Vincent Lindon), mère d'un fils copie conforme d'un époux qui n'a d'intérêt que pour son travail, et Noémie/Malika (Rachida Brakni), fille d'un père qui la réservée à un homme beaucoup plus âgé qu'elle mais qui prendra la fuite afin d'échapper à son triste sort avant d'en connaître un autre tout aussi peu enviable en tombant dans la drogue et la prostitution.

Chaos fourmille de bonnes idées et de bonnes intentions. Et comme a l'air de l'affirmer cette œuvre jusque dans son titre, le monde dans lequel nous vivons n'est que désordre. Comme l'est le scénario aussi touffu que (volontairement?) désordonné. Si l'on peut s'étonner de n'y trouver là, rien d'autre qu'un rapport avec une première et maladroite tentative, c'est parce que les invraisemblances sont légion. Entre une Noémie qui raconte, flash-back à l'appui, comment piéger de riches milliardaires, et ce coup de foudre de la part d'un Vincent Lindon qui jusqu'ici ne s'intéressait qu'à son boulot, Chaos est maladroit dans sa façon d'aborder certaines thématiques tandis que d'autres paraissent avoir été réfléchies avant d'être mises en images (la condition des femmes musulmanes dans les quartiers difficiles).

Le film se découpe véritablement en trois parties. On distingue la première qui met en scène le duo formé par Vincent Lindon et Catherine Frot, déjà au bord de l'implosion et qui éclate véritablement avec l'apparition de Noémie/Rachida. La seconde développe les rapports entre ces deux femmes que tout semblait pourtant séparer, avec la vision sous-jacente de leurs familles respectives. La dernière partie demeure sans doute la plus farfelue du récit. Noémie n'est plus une simple prostituée d'origine maghrébine arrachée au milieu social qui était le sien jusqu'à la terrible décision de son père de la donner à un homme beaucoup plus âgé qu'elle. Elle se transforme en une escort-girl manigançant un stratagème efficace (mais peu crédible) afin de soutirer des richesses de vieux milliardaires. Tout devient encore plus grotesque lorsque le personnage de Paul tombe raide dingue de cette jeune femme s'évanouissant à ses côtés au milieu d'un couloir d'aéroport. Impossible d'y croire un seul instant. C'est même tellement risible que l'on ne peut réagir autrement qu'en se disant que tout a été mûrement réfléchi par la réalisatrice/scénariste elle-même. Coline Serreau semble donc se jouer des spectateurs et elle y réussit très bien. Au final, Chaos restera comme un bon film, pas le meilleur de son auteur, mais très frais tout de même. Il a de plus permis à l'actrice Rachida Brakni de remporter plusieurs récompenses dont le César du meilleur espoir féminin...
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