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lundi 25 décembre 2023

Incroyable mais vrai de Quentin Dupieux (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Que peut-il y a voir de pire que d'être dans une salle de cinéma remplie d'adolescents très agités, incapables de se taire durant la projection d'un long-métrage ou passant leur temps à commenter, toutes lumières de leur smartphone déclenchées, les tout derniers articles postés sur les réseaux sociaux ? Être assis à côté d'un type dégageant une forte odeur d’ammoniaque pour avoir oublié le matin même de se laver sous les aisselles ? Qu'un infamant hasard ait justement choisi ce jour là pour vous imposer un siège dont le dossier ne cesse de retomber vers l'arrière ? Ou qu'une pantagruélique septuagénaire ait ce même jour, décidé de venir s'asseoir à côté de vous, les bras chargés de victuailles enfermées dans des sachets dont le bruit deviendra au fil de la projection, aussi invariablement crispant que d'entendre chez soit un voisin faire des trous dans le mur de sa chambre à coups de perceuse ? Ce jour où ma compagne et moi avons décidé de nous dégourdir les jambes jusqu'au CGR de Narbonne, je n'imaginais pas que la plus terrible des séances de cinéma allait m'être imposée. Incroyable mais vrai de Quentin Dupieux venait tout juste de sortir sur les écrans et en bons amateurs du bonhomme, c'est donc frais et dispos que nous avons pris la voiture. Elle, derrière le volant. Moi, à la place du mort. Un peu moins de vingt minutes plus tard, nous arrivions devant la façade du CGR pour constater que comme depuis le début, le milieu et la fin de la pandémie, nous ne serions très certainement pas venus en masse découvrir le nouveau bébé de celui qui se cache également sous le pseudonyme Mr Oizo ! Un cinéma constitué de neuf salles et pourtant, l'écho de nos voix aurait pu se faire entendre de très loin tant l'immense salle d'accueil nous semblait vide. Une toute petite poignée de spectateurs accompagnés de leurs gamins, sans doute venus découvrir le dernier dessin animé à la mode. Quant à nous, c'est avec une joie à peine dissimulée que nous avons découvert une salle rien que pour nous. Un rêve s'accomplissait alors... pour très rapidement se transformer en cauchemar...


Pourquoi ? Tout simplement parce que Quentin Dupieux, allez savoir pourquoi, choisissait alors de tourner son dernier film à l'époque à l'aide d'une caméra vielle d'une quarantaine d'années dont le zoom était cassé ! Bien que ce ''minuscule'' détail n'ait pas affecté l'expérience de ma Douce, la mienne fut pire encore que de découvrir le premier Avatar de James Cameron en 3D dans une image tellement sombre que je m'étais contraint à suivre une bonne partie du récit les lunettes 3D posées entre mes jambes. Mais rien, là, en comparaison avec Incroyable mais vrai dont le titre ne m'avait jamais semblé aussi proche de ce que je vivais personnellement dans cette salle obscure où je ne pouvais même pas raccrocher mon désespoir à celle que je préférais laisser profiter du film. L'auto-focus défaillant de la caméra employée par le réalisateur et scénariste eut pour conséquence la recherche constante d'une mise au point passant du net au flou et du flou au net. Une véritable torture pour la rétine et le cerveau, incapables l'un comme l'autre de laisser faire naturellement les choses et contraints de revoir en permanence comment aborder ce qui se déroulait sous mes yeux. Un comble pour une œuvre qui d'après nous semblait faire partie des plus ambitieuses de leur auteur. À commencer par un casting trois étoiles principalement interprété par Anaïs Demoustier, Léa Drucker ainsi que Benoît Magimel et Alain Chabat. Seconde et antépénultième expérience pour la première, l'unique pour la seconde et le troisième tandis que le dernier, lui, en était déjà à sa troisième participation à une œuvre signée de Quentin Dupieux après Réalité en 2014, Au Poste ! (en voix-off) en 2018 et avant Daaaaaali ! qui devrait très prochainement les réunir ainsi qu'Anaïs Demoustier.


Advienne que pourra en vidéo et lors de ses futurs passages à la télévision mais si Incroyable mais vrai possède effectivement un cachet visuel qui lui est personnel, espérons que d'autres ne revivent pas ce que j'ai ressenti en salle. Concernant le long-métrage lui-même, nous sommes bien chez Quentin Dupieux et son sens de l'absurde. Et même s'il s'est avant cela déjà montré techniquement beaucoup plus ''aventureux'', il aura au moins eu dans le cas présent le mérite de faire une mise à jours avec le concept de voyage et de paradoxe temporels ! C'est pourtant dans un cadre réaliste que le cinéaste installe ses quatre principaux personnages. Le couple formé par Alain et Marie (Alain Chabat et Léa Drucker achètent tout naturellement une demeure de style plutôt moderne (le genre que conçoivent en général pour leurs propres besoins les architectes), laquelle cache un très étonnant secret qui va avoir de très lourdes conséquences sur leur couple. On regretterait presque que le projet ait été mis en scène par Quentin Dupieux dont l'approche minimaliste du septième art empêche le concept d'être traité à la hauteur de son mérite. Ce qui n'enlève évidemment rien aux charmes d'un film qui passe finalement mieux sur un petit écran que sur un (trop) grand. Le principal soucis visuel dû au problème d'auto-focus est ici quasiment réglé et l'inconfort passé laisse la place à une véritable gourmandise due tant au sujet du film que du jeu des interprètes. Léa Drucker/Marie rêve de retrouver l'éclat de sa jeunesse tandis qu'à ses côtés, Alain Chabat/Alain continue de vieillir. Incroyable mais vrai offre également au thème du Portrait de Dorian Gray un petit nettoyage de printemps bienvenu. Et c'est sans compter sur le couple que forment Anaïs Demoustier en cruche un brin nymphomane et Benoît Magimel en nouvel homme ''bio-ionique'' doté d'une verge électronique ayant malgré tout conservé certains travers comme le machisme ! Accompagné d'une bande musicale bucolique cette fois-ci signée d'Andreas E. Beurmann qui réinterprète des airs de Bach, ce qui apparaît comme une stricte fantaisie est en fait beaucoup plus profond. Et si d'apparence Quentin Dupieux semble avoir fait quelques compromis, penser cela serait une erreur. Simplement l'homme et l'artiste ont-il évolué...

 

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