Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Clémence Poésy. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Clémence Poésy. Afficher tous les articles

samedi 18 novembre 2023

Pièce Montée de Denys Granier-Deferre (2010) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Même patronyme mais pas même prestige me suis-je dis à la toute fin de la projection de Pièce montée de Denys Granier-Deferre. Le père de ce dernier, prénommé Pierre, nous offrit tout de même (et au hasard des inspirations), La métamorphose des cloportes en 1965, La Horse en 1970, le dépressif Le chat et La veuve Couderc l'année suivante, puis La cage, Adieu poulet, Le toubib ou encore Une étrange affaire quelques années plus tard. La filmographie du fiston, elle, s'est rachitiquement enrichie d’œuvres cinématographiques qui se comptent sur les doigts d'une seule main. La cynique comédie Que les gros salaires lèvent le doigt en 1982, Réveillon chez Bob en 1984, Blanc de Chine en 1988, Coma en 1994 et donc, Pièce montée en 2009. Depuis presque quinze ans, Denys Granier-Deferre n'a donc plus mis les mains dans le cambouis du Cinéma avec un grand C. Celui qui l'on contemple dans les salles obscures. Le réalisateur n'a par contre pas chômé du côté du petit écran puisqu'en une vingtaine d'années, il a régulièrement réalisé des téléfilms et des épisodes de séries télévisées. Ô, rien de vraiment glorieux. Un épisode de L'instit par-ci, un autre du Commissaire Maigret par-là... Les comédies françaises se situant autour du mariage ne sont pas une denrée rare. Certaines sont comme ici sujettes à des règlements de comptes entre membres d'une même famille. Des rancœurs enfouies très profondément et qui resurgissent au moment le plus inopportun qui soit. Dans le cas de Pièce montée, le film repose sur l'ouvrage de la romancière française Blandine Le Callet intitulé La pièce montée qui fut édité pour la première fois en 2006. Premier roman, premier succès. En effet, La pièce montée se vend alors à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires et remporte notamment les Prix René-Fallet ainsi que le Prix des lecteurs du Livre de poche en 2007. Quatre ans plus tard, Denys Granier-Deferre adapte donc le roman sur grand écran, l'occasion de découvrir pour l'une des toutes dernières fois l'actrice Danielle Darrieux qui décédera sept ans plus tard à l'âge de cent ans ! En effet, celle-ci n'apparaîtra plus ensuite que dans le téléfilm C'est toi c'est tout de Jacques Satamaria en 2010 tandis qu'elle participera en voix-off au court-métrage d'Emmanuel Vernières Tournons ensemble, Mademoiselle Darrieux dans lequel elle s'entretiendra avec un réalisateur sur un futur projet auquel elle aurait dû conjointement participer aux côtés de son petit-fils.


Mais la mort, hélas, l'emporta entre-temps. Tout comme Jean-Pierre Marielle, Danièle est l'une des rares valeurs ajoutées de cette Pièce montée dont les qualités sont sans nul doute très en deçà de ce que l'on est en droit d'attendre pour ce genre de long-métrage. Une comédie, certes. Acerbe, je veux bien. Mais dont l'écriture n'égale absolument pas celle des classiques du genre. Rien de bien transcendant donc dans la vie de ce jeune couple formé par Jérémie Rénier et Clémence Poésy que l'on a récemment pu découvrir dans le spin-off de The Walking Dead intitulé Daryl Dixon où elle joue aux côtés de l'acteur américain Daryl Dixon. Nous découvrons Bérengère et Vincent quelques heures avant leur union devant le curé d'une petite ville de province située géographiquement dans la commune rurale de Frémainville dans le département du Val-d'Oise. Eux, mais aussi leurs familles respectives. Et autant dire que de ce côté là, le spectateur va pouvoir ''savourer'' les sautes d'humeur, l'aigreur et la vilenie presque généralisée de tout ce petit monde. Le principal soucis de Pièce montée est la trop grande ''gentillesse'' avec laquelle le réalisateur et le scénariste Jérôme Soubeyrand traitent le sujet du roman de Blandine Le Callet. Trop de personnages tuent le concept. Surtout que le film ne dure que quatre-vingt dix minutes. Pas de quoi approfondir la plupart des protagonistes. De la relation qu'entretient le couple formé par Léa Drucker et Christophe Alévêque en passant par les personnages interprétés par Julie Gayet, Dominique Lavanant, Charlotte de Turckheim ou les futurs mariés eux-même, il n'y a guère que la fibre émotionnelle qui fonctionne ici. Revoir Danielle Darrieux et Jean-Pierre Marielle dans les conditions présentes (l'un et l'autre n'étant depuis, plus de ce monde) rend leurs personnages respectifs particulièrement touchants. Pour le reste, Pièce montée est une comédie qui structurellement manque malheureusement de folie...

 

mercredi 31 janvier 2018

The Ones Below de David Farr (2015) - ★★★★★★★☆☆☆



Roman Polanski, à travers sa trilogie de l'appartement, avait compris bien avant d'autres que l'horreur, la vraie ne s'inscrivait pas dans un quelconque imaginaire mais bien dans un contexte social réaliste. C'est ainsi que par trois fois, en 1965 avec Répulsion, en 1968 avec Rosemary's baby puis en 1976 avec Le Locataire, il s'appliqua à mettre en place ce principe et réalisa pas moins de trois des plus terrifiants longs-métrages de l'histoire du cinéma. Quarante ans après que le polonais ait clôt sa terrifiante trilogie, voilà que débarque sans prévenir The Ones Below (ou, London House) qui sur un principe presque semblable à celui de Rosemary's baby risque de marquer durablement les esprits. Le contexte social décrit par le cinéaste britannique David Farr est pourtant aussi désuet et naïf que les mélodrames familiaux diffusés le week-end à heure de grande écoute. Un sentiment que renforce le cadre presque idyllique d'un minuscule immeuble planté au beau milieu d'un quartier tranquille de Londres.

C'est là que vivent Kate et Justin. Un jeune couple qui attend un heureux événement : la naissance de leur premier enfant. Peu de temps après, un second couple vient s'installer dans l'immeuble au rez de chaussée, juste en dessous de l'appartement de kate et Justin. Theresa et Jon attendent eux aussi un heureux événement puisque la jeune épouse attend-elle même un bébé. Invités par Kate à dîner contre l'avis de Justin, la fin du repas se termine par un accident. Une chute dans les escaliers qui cause la perte du bébé de Theresa. Après avoir tenu des propos malheureux envers Kate et Justin qu'ils accusent d'être responsables de la mort du bébé, Jon et Theresa quittent un temps le pays pour se ressourcer en Allemagne.
Lorsqu'ils reviennent plusieurs mois après, Kate a donné naissance à un petit Billy. Renouant avec leurs voisins, ils acceptent de confier de temps en temps leur enfant à Jon et Theresa. Mais alors que cette dernière semble avoir bien récupérer de la perte de son bébé, Kate dépérit. Elle semble avoir l'esprit ailleurs et oublie un jour d'éteindre le gaz. Une autre fois, elle oublie d'arrêter l'eau de la baignoire. Pire : Billy semble allergique au lait maternel. Peu à peu la jeune femme commence à douter de la sincérité des voisins et commence à épier Theresa. C'est là qu'elle découvre qu'en cachette, la jeune femme prend des photos d'elle et du bébé et va même jusqu'à lui donner le sein...

La bande musicale composée par Aderm Llhan, le cadre immaculé, et le rythme lent et cotonneux de la mise en scène procurent le sentiment que l'on est face à un drame exclusivement centré sur la perte d'un enfant et ses conséquences psychologiques sur son entourage. Et d'une certaine manière, c'est en partie le sujet de The Ones Below. Mais en se référant au film de Roman Polanski cité plus haut, allant même jusqu'à en reprendre certain éléments en les transformant (le spectateur finira invariablement par penser que le soda préparé avec « amour » par Theresa à l'attention de Kate est responsable des allergies de Billy), le britannique effectue un virage à trois-cent soixante degrés plongeant ainsi ses protagonistes au cœur d'un thriller émotionnellement très efficace.
Un peu toujours à la manière de Roman Polanski, David Farr développe différentes grilles de lecture allant du complot organisé par le couple formé par les excellents interprètes que sont Laura Birn et David Morrissey (l'inoubliable Gouverneur de la série The Walking Dead) jusqu'à la crise de paranoïa qui semble se développer chez le personnage de Kate admirablement incarné par l'actrice française Clémence Poésy.

Dans le genre film d'horreur psychologique, The Ones Below déroule une intrigue implacable, glaçant parfois les sangs devant un époux (l'acteur Stephen Campbell Moore) pas toujours confiant envers une épouse apparemment fort déboussolée. Visuellement, le film de David Farr n'affiche aucune espèce d'ambition. Il réserve cette dernière à travers une mise en scène épurée, efficace, sublimée par des interprètes jouant très justement leur rôle sans jamais dépasser les limites de la cohérence. Au même titre que A l'Intérieur de Julien Maury et Alexandre Bustillo mais dans un registre radicalement différent, on conseillera aux futures mamans d'aller voir ailleurs...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...