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samedi 15 août 2026

Cocorico 2 de Julien Hervé (2026) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

C'est long, très long, tellement long... Et surtout, c'est pénible, vraiment pénible, tellement pénible que l'on pourrait croire que cette purge, cette infamie, ce cancer que l'on dit être une comédie aurait tout aussi bien pu être l’œuvre d'une Michèle Laroque ou d'un David Charhon. Imaginons d'ailleurs durant un court instant que ces deux là décident un jour de mettre en scène ensemble un prochain film en commun, hum ? Ouais, je sais, rien que d'y penser, ça donne le tournis. Mais en attendant, le scénariste et réalisateur français Julien Hervé n'a eu besoin de personne pour signer le nouveau grand navet de cette décennie et des années 2000-2020 en totale perdition sur le territoire hexagonal. Des pseudo-comédies qui semblent surtout faire l'étalage d'un pognon monstre dont les propriétaires paraissent se ficher du devenir puisque tout comme pour le film dont il s'agit ici de faire la critique sans s'énerver, il est des œuvres ayant coûté des millions dont la valeur artistique reste encore à évaluer ! Déjà, pourquoi réaliser la suite d'un film relativement mauvais ? Sans doute parce que Cocorico est rentré dans ses frais en rapportant un peu moins de quinze millions d'euros pour un budget de dix. Rien de mirobolant et pourtant, les sociétés de production SND et White and Yellow Films ont décidé de faire à nouveau confiance à Julien Hervé qui pour la seconde fois s'est chargé lui-même de l'écriture et de la réalisation de sa nouvelle comédie. On prend les mêmes et on recommence. Mais alors que Cocorico était encore ''regardable'' malgré un concept sympathique très mal exploité, sa suite parvient à être encore moins bonne que l'original. Une pâle copie d'une mauvaise comédie, au mieux, ça peut donner une franchouillardise acceptable. Mais là, même pas. Au point qu'il nous semble régulièrement être pris pour des légumes ingérant le même plat à chaque repas. De la direction artistique de Simon Blanjoie aux décors de Laure Lepelley-Monbillard en passant par l'indigente musique de Matei Bratescot qui revient pour la seconde fois nous assommer avec des compositions qui puent l'Intelligence Artificielle même s'il y a bien un compositeur derrière elle, Cocorico 2 a de grandes chances en fin d'année de finir au sommet des flops 10 catégorie ''Comédies Françaises'' !


Évidemment, on n'attend plus rien de Didier Bourdon et de Christian Clavier qui font une fois encore là où on leur demande. Cachetonnant dans des comédie faisandées depuis maintenant une bonne dizaine d'années. Poussant malgré tout des spectateurs assez stupides pour leur accorder encore et encore leur confiance à aller dépenser une dizaine d'euros chaque fois qu'ils passent au cinéma. Si Cocorico 2 est consternant, ça n'est pas simplement parce qu'il nous présente deux vieillissantes vedettes du cinéma français dans les inconfortables rôles de septuagénaires incapables de remettre en question leur ostracisme culturel, social et racial ni même parce que Julien Hervé pille le fond de commerce de Philippe de Chauveron (réalisateur de la trilogie Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu et de à bras ouverts) et encore moins parce qu'il semble espérer que les spectateurs sont assez stupides pour se laisser avoir une seconde fois (la suite n'attirera d'ailleurs qu'environ six-cent soixante milles d'entre eux, soit, un million et trois-cent mille de moins que pour le premier volet) mais bien parce que c'est mauvais ! Face à Didier Bourdon dont la qualité de comédien s'est depuis très longtemps faite la malle, Christian Clavier semble avoir définitivement abandonné l'idée de jouer pour laisser la place à son ''double'' Jacques-Henri Jacquart de la saga Les visiteurs. Nos deux interprètes ont donc abandonné toute ambition. Tout comme la pauvre Sylvie Testud qui est venue se perdre dans deux comédies d'une rare indigence bien longtemps après nous avoir notamment offert une superbe performance dans le formidable Les Blessures assassines de Jean-Pierre Denis au tout début du siècle. On ne citera pas le reste du casting qui de toute manière se partage la partie congrue d'un script rachitique, mal écrit et d'un récit qui accumule tant de fautes de goût en matière de dialogues que le malaise finit par s'imposer face à des interprètes qui rament à contre-courant. Bref, un désastre !

 

mardi 6 janvier 2026

Kaamelott - Deuxième volet, partie 1 d'Alexandre Astier (2025) - ★★★★★★★☆☆☆


Je n'ai jamais été fan de la série Kaamelott. Ni même ne serait-ce que bon public pour ce genre de spectacle prétendument humoristique dont l'esprit me passe cependant toujours au dessus de la tête ! Après avoir tenté une approche timide de la série qui s'est arrêtée après seulement deux ou trois épisodes et après une première adaptation sur grand écran en 2021 avec KAAMELOTT – Premier volet qui m'avait plongé dans la certitude définitive que l'univers médiéval d'Alexandre Astier n'était vraiment pas fait pour moi, j'ai malgré tout décidé de faire l'effort d'aller voir la suite..... divisée en deux parties et dont la seconde est prévue pour la fin de l'année 2026. INTÉGRISTE ! Toi qui prône l'idée selon laquelle seuls les fans peuvent avoir une vue objective de l'univers Kaamelott. Toi qui ne conçoit pas que le néophyte soit en mesure de le comprendre. Toi qui refuse de lire ou d'entendre tout ce qui pourrait aller à l'encontre de ton propre avis sur le sujet, deux options s'imposent à toi. Soit tu choisis de cesser la lecture avant même d'avoir pu découvrir ce que j'ai pensé de cette seconde partie, soit tu me lis et prends le risque, tel un chevalier de la Table Ronde,  d'affronter la houle d'un tsunami de critiques supposées négatives... Revenons un instant sur KAAMELOTT – Premier volet dans lequel Lancelot régnait par la terreur sur le royaume de Logres. Certains des Chevaliers de la Table Ronde fuyaient tandis que d'autres furent enfermés. Alors que Guenièvre (incarnée à l'écran par Anne Girouard) était la prisonnière de Lancelot (interprété par Thomas Cousseau), la résistance finissait par s'organiser au moment où Arthur faisait était de retour. Ce dernier se saisit à nouveau de l'épée d'Excalibur et un combat s'engagea entre le roi et ce traître de Lancelot. À l'issue duquel Arthur sortit vainqueur, blessé, affaibli, tandis que le Royaume de Kaamelott et la Table Rondes se retrouvaient détruits...


L'action de Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 se situe peu de temps après les événements du premier long-métrage. Alors que les Chevaliers s'apprêtent à se réunir autour d'une Table Ronde reconstruite à partir de différents éléments en bois appartenant à tous types d'objets (tables, chaises, planches, etc...), Le Roi Arthur (Alexandre Astier) refuse de sortir de son lit et d'assumer ses responsabilités. Pire : il choisit de planter l'épée Excalibur dans un nouveau bloc de pierre. Après qu'un incendie soit survenu dans la chambre qu'il partage avec Guenièvre, Arthur décide finalement de se rendre à la convocation de la nouvelle Table Ronde et y parvient au moment même où le sujet des quêtes provoque de houleux échanges. Les anciens estimant qu'ils n'ont plus rien à prouver s'agissant de leur courage et de leur témérité. Si Kaamelott : Deuxième Volet se retrouve partagé en deux parties, c'est sans doute parce que sur la longueur, et si l'on considère par avance que la seconde de ce deuxième volet aura peu ou prou la même durée, l'ensemble risquait de frôler les quatre ou cinq heures. Bref, l'indigestion pour certains spectateurs peu habitués aux cinés-marathons ! Et si cette première partie aligne déjà les cent-quarante minutes, c'est parce qu'Alexandre Astier semble avoir voulu faire ''son Peter Jackson'', époque Le seigneur des anneaux, en proposant une œuvre grandiose des points de vue visuels et scénaristiques...


Si la comparaison risque de donner des boutons aux fans de l’œuvre de l'écrivain britannique J. R. R. Tolkien, Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 souffre en effet de ce parallèle que l'on pourrait faire entre deux visions artistiques ne bénéficiant absolument pas dès le départ des mêmes moyens financiers. Alors que chaque volet de la trilogie réalisée par le néo-zélandais entre 2001 et 2003 revint en moyenne à quatre-vingt quatorze millions de dollars, Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 aura coûté un peu moins de vingt millions d'euros. Soit, presque quatre fois moins. Mais si cela se voit à l'écran, il ne faut surtout pas se sortir de la tête que le projet d'Alexandre Astier, si ambitieux puisse-t-il être, n'est au départ que l'adaptation sur grand écran d'une série télévisée à succès inspirée du Cycle Arthurien et mêlée de plusieurs influences dont l'une des plus essentielles semble être l'humour très britannique de la troupe des Monty Python composée des membres Terry Jones, Terry Gilliam, John Cleese, Graham Chapman, Eric Idle et Michael Palin. Autre source flagrante d'inspiration qui s'entend ici dans ce second volet lors des balbutiements de l'intrigue, Michel Audiard. Certains échanges entre les personnages semblent en effet se référer à ce grand dialoguiste français...


Après que le Roi Arthur ait enfin pris la décision de rejoindre les membres de la nouvelle Table Ronde, le récit de Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 est dispatché en divers aventures. En effet, la suite du script verra certains partir à la conquête du dernier dragon opalescent théoriquement installé sur les terres gelées du Désert des Dragons tandis que d'autres partiront jusqu'en Orcanie afin d'y dénicher la tyrannique Anna de Tintagel (interprétée par la superbe Virginie Ledoyen) et ses trois complices qui font régner la terreur dans leur ''royaume'' et dans les alentours. D'autres quêtes s'ajouteront pour un spectacle relativement attrayant, entre décors enneigés, catacombes et cités dévastées. Au titre de ces dernières l'on citera les Ruines de Ban où vit réfugié Lancelot. Sorte de Gollum qui a perdu de sa superbe et qui tente vainement de prendre contact avec le fantôme de son père. Des séquences qui permettent à l'humour d'Alexandre Astier et de son équipe de s'effacer au profit de quelque menue émotion. La spécificité de Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 semble être d'ailleurs le changement radical de ton. L'univers est ici plus sombre. Plus dur. Et donc moins drôle et ce même si le réalisateur, scénariste et acteur français perpétue ce qui faisait la particularité de sa série... Il y a donc deux manières de concevoir les nouvelles aventures du Roi Arthur et des Chevaliers de la (nouvelle) Table Ronde. Soit l'on hurle à la trahison et par effet boomerang, le film risque fortement de déplaire. Soit l'on voit dans cette nouvelle direction la meilleure idée qu'ait pu avoir Alexandre Astier pour perpétuer et faire avancer son univers et ses personnages. Perso, je suis de cet avis. Kaamelott : Deuxième Volet, partie 1 m'a permis de ''renouer'' avec un univers qui jusque là m'avait laissé totalement indifférent. Désormais, c'est certain, lorsque sortira la seconde partie l'on pourra me voir faire la queue devant le guichet du cinéma qui projettera à Narbonne les prochaines aventures du Roi Arthur, de Lancelot, de Guenièvre ou de Perceval...

mercredi 29 octobre 2025

Le million de Grégoire Vigneron (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Une fois installés dans la salle numéro 2 du cinéma CGR de Narbonne, ma compagne et moi n'attendions certainement pas à prendre autant de plaisir que la veille et l'avant-veille après la découverte du sympathique Répondeur de Fabienne Godet et de l'excellent Avignon de Johann Dionnet. Au choix, nous avions tout loisir d'opter soit pour le nouveau long-métrage de Grégoire Vigneron, soit faire un voyage dans le temps aux côtés d'Elsa Zylbestein et Didier Bourdon avec C'était mieux avant de Vinciane Millereau ou encore de choisir Le jour J de Claude Zidi Jr. que certains prétendent déjà comme étant le Mais où est donc passée la septième compagnie des années 2020 ! N'étant pas vraiment férus de Kev Adams même si ce dernier ne nous a jamais systématiquement déçu et n'ayant pas non plus la patience d'attendre que se profile à l'horloge midi passée d'une heure, nous avons donc préféré nous ''ruer'' (un bien grand mot en réalité) sur Le million de Grégoire Vigneron. Une comédie, à n'en point douter, aussi légère que celles auxquelles Christian Clavier nous a habitué depuis belle lurette. L'acteur et ancien membre de la Troupe du Spledid est donc ici l'un des deux personnages principaux d'une comédie qui n'a absolument rien à voir à ce que laisse supposer le titre. Ici, pas de gagnant de la Française des Jeux profitant opportunément de sa nouvelle richesse pour changer de vie ou pour sauver sa petite entreprise en faillite. Non, Le million oppose un serrurier et ex-taulard au jeune employé d'une entreprise de BTP qui vont se joindre afin de replacer dans un coffre la mallette contenant un million d'euros que le jeune homme en question a dérobé plus tôt dans la journée. Je ne révèle ici rien de fondamental puisque le film s'ouvre tout d'abord sur l'intrusion des deux hommes dans la salle renfermant le coffre du PDG de l'entreprise, Richard, incarné à l'écran par Gilles Cohen. Bien que Stan (Rayanne Bensetti) ait été licencié par ce dernier après avoir commis une ''faute grave'' due à la malveillance d'un concurrent de l'entreprise visant le même poste que lui, en apprenant que l'homme en question (Léonard Berthet-Rivière dans le rôle de Fred) a fait passer ses intérêts personnels avant l'avenir de l'entreprise, Richard a décidé finalement de reprendre Stan à ses côtés... Malheureusement, entre-temps, ce dernier a dérobé une mallette contenant un million d'euros. Le jeune homme fait alors appel au serrurier Hippolyte avec lequel il a eu maille à partir quelques heures auparavant. Les deux hommes auront jusqu'au lendemain matin six heures pour replacer l'argent dans le coffre de l'entreprise...


L'échelle temporelle de ce Million écrit à trois mains par Isabelle Jaquet, Julie Ponsonnet et par Grégoire Vigneron lui-même se situe presque très exactement au même niveau que celle de Docteur ? que signa Tristan Séguéla six ans en arrière. Il est d'ailleurs amusant de noter qu'avant Christian Clavier, le regretté Michel Blanc s'était déjà acoquiné avec un autre acteur de la nouvelle génération en la personne du très sympathique Hakim Jemela... Nominé cette année au 21ème Festival du film français d'Helvétie dans la section Grande Première et financé à hauteur de plus de sept millions d'euros, Le million démarre plutôt péniblement. Évacuons d'emblée la question s'agissant de la bande musicale signée du compositeur Sylvain Goldberg, laquelle est d'une telle conformité qu'elle se range immédiatement dans la catégorie des bandes originales sans relief et sans inspiration ! Bref, le genre de musique que l'on ne cesse d'entendre dans les comédies actuelles et qui se ressemblent toutes au point qu'elles semblent avoir été générées par une quelconque Intelligence Artificielle en version gratuite ! Passons également sur le pseudo message écolo qui échoue au beau milieu de l'intrigue comme un cheveu sur la soupe avant de réapparaître comme valeur morale à la toute fin du récit pour nous concentrer sur les personnages secondaire parmi lesquels nous retrouvons la très à la mode Claire Chust dans le rôle de la petite amie de Stan, Marine, Charlotte Gabris dans celui de son ex, Esther, ou encore Julie Ferrier et le belge Jean-Luc Couchard en couple dans les rôles d'Annabelle (ex-femme de Hippolyte) et Aslan, son nouveau compagnon ! Bien que les débuts soient laborieux, le rythme finit par s'accélérer et l'on s'étonne finalement de prendre du plaisir devant cette comédie même si l'on n'a que trop rarement l'occasion de rire. Depuis plus de trente ans Christian Clavier continue d'interpréter le perpétuel rôle de Jacquouille même s'il module en général son timbre de voix. Le duo qu'il forme avec Rayanne Bensetti fonctionne finalement très bien et même si à aucun moment l'on a le sentiment d'avoir assisté au renouveau de la comédie française, on quitte la salle sans avoir eu l'impression de s'être fait arnaqués (à 3,50 euros la place, c'aurait été de l'avarice)...

 

lundi 6 octobre 2025

Le routard de Philippe Mechelen (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Vieux de plus d'une cinquantaine d'années, Le Guide du Routard est aussi précieux pour les voyageurs qui désirent connaître ''les bonnes adresses'' à travers la planète que le Guide Michelin l'est pour les amateurs de bonne cuisine. Alors, quand débarque sur les écrans de cinéma une comédie apparemment dédiée à ces femmes et ces hommes qui depuis 1973 font tout pour rendre nos déplacements à l'étranger les plus agréables qui soient, il est tentant d'y jeter un œil ! D'autant plus que deux des principaux interprètes en les personnes de Christian Clavier et Michel Blanc nous avaient déjà convié à ce genre d'exercice en 1978 et 1979 avec Les Bronzés et Les bronzés font du ski tous deux réalisés par Patrice Leconte et dans lesquels ils étaient notamment accompagnés par le reste de la Troupe du Splendid. En 2019, Jean Huth réalise Rendez-vous chez les Malawas, autre comédie française également incarnée par Christian Clavier mais également par Ramzy Bedia, Sylvie Testud ou encore Michaël Youn mais qui ne rencontre pas le succès escompté. Là encore, il s'agissait d'une parodie. Non pas celle d'un guide ou d'un célèbre club de vacances (contrairement aux Bronzés qui caricaturait le Club Med) mais celle de l'excellente émission de télévision de Frédéric Lopez, Rendez-vous en terre inconnue... Contrairement à ce que laisse envisager le titre et surtout le personnage incarné à l'écran par Hakim Jemili (lequel débuta sa carrière sur grand écran aux côtés de Michel Blanc dans la comédie Docteur?), Le routard n'est pas ce voyageur qu'idéalise le fameux Guide du Routard et qui à peu de frais voyage à travers le monde avec dans son sac, le guide en question. À dire vrai, le personnage de Yann Tatin est un mélange entre celui qui se définit comme moitié chômeur et moitié intérimaire, rêvant de voyager sans pour autant en avoir les moyens et celui qui par malice va se faire passer pour un fin connaisseur du Maroc et de Marrakech à proprement parler afin de se faire engager à l'essai par l'un des responsables du Guide du Routard, Karol Kowalski (Christian Clavier). L'occasion de faire ses preuves à Marrakech, justement. Lieu principal du tournage où le réalisateur et scénariste Philippe Mechelen a pu compter sur l'équipe de ''Lions Productions & Service''. Originaire du Maroc, Philippe Mechelen témoigne alors du grand professionnalisme dont font preuve ses membres..


Décors somptueux, entre riad situés dans la médina, marchés, ruelles anciennes, autochtones et désert, l'intérêt principal du routard se situe donc en priorité au niveau du cadre magnifique dans lequel évoluent les interprètes et leurs personnages. Pour le reste, le long-métrage du français est on ne peut plus classique. Caricaturant la population locale, celle des souks ou des chauffeurs de taxi dont on tient là un sacré phénomène en la personne de Mounir, incarné par le ''porteur de moumoute'' Medi Sadoun. S'agissant de Philippe Mechelen, nous pouvions craindre le pire. Car en dehors du pas terrible Doudou qu'il réalisa en 2018, il semble surtout s'être fait connaître en participant à l'écriture des cinq opus de la franchise Les Tuche ou celle du navrant Astérix et Obélix : L'Empire du Milieu réalisé et interprété par Guillaume Canet en 2023. Bref, pas de quoi sauter au plafond. Et en effet, côté écriture, Le routard a beau s'inspirer du célèbre guide touristique français, le film est d'un classicisme qui ne le différencie pas des productions habituelles en matières de comédies françaises. Hakim Jemili fait du Hakim Jemili. Autant dire que ceux qui apprécient ce sympathique personnage aimeront le voir évoluer dans le rôle de cet employé à l'essai d'une entreprise dont il ne maîtrise absolument pas les codes tandis que les autres continueront de l'ignorer... Christian Clavier lui-même continue à interpréter toujours le même rôle quelle que soit la situation. Un personnage ici qui semble ne servir que de caution à un long-métrage qui aurait parfaitement pu se passer de lui. Au beau milieu de ce voyage exotique et parfois dépaysant viennent s'incruster l'actrice Manon Azem dans le rôle de Sofia Berrada ainsi qu'un manuscrit appartenant au patrimoine national marocain que Michel Blanc, dans le rôle du docteur en archéologie Charoux tentera de revendre pour la modique somme de cinq millions de dollars après l'avoir fait dérober par un couple de pieds nickelés (Aude Gogny-Goubert et Yann Papin dans les rôles respectifs des époux Frida et Régis). Notons également la présence de Fred Testot (seule moitié demeurée bienveillante de l'ancien duo Omar et Fred) en sympathique organisateur d'événements ou celle d'Alice Taglioni et Philippe Lefebvre dans les rôles de Marie-Nesrine et Marc-Aziz Garnier, deux français reconvertis dans la chambre d'hôtes... Sans être un naufrage, sauvé de justesse par le cadre marocain et par quelques vannes plutôt drôles, Le routard est une petite comédie visiblement sans prétentions, qui se regarde sans réel déplaisir mais qui comme une bonne, et même une très grande parties d'entre elles, s'oublie rapidement...

 

dimanche 9 mars 2025

Jamais sans mon psy d'Arnaud Lemort (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Il y  a quelques semaines est sorti sur Netflix Lune de miel avec ma mère de Nicolas Cuche. Et comme le film est principalement interprété par la nouvelle icône française des comédies à destination des Ehpads et autres maisons de retraite Michèle Laroque, c'est par différentes phases que j'ai choisi de passer avant de me lancer dans cette nouvelle aventure de celle qui au fil du temps est devenue l'une des pires représentantes de l'humour hexagonal. Quelques nanars italiens et puis, avant de me jeter une bonne fois pour toutes dans le bain de ce que je suppose être par avance l'une des pires comédies françaises de ce début d'année 2025, le dernier film d'Arnaud Lemort qui avant Jamais sans mon psy fut notamment l'auteur du sympathique Dépression et des Potes en 2012 mais aussi et surtout du très gênant Ibiza en 2018. Il aura donc fallut au réalisateur et scénariste français cinq bonnes années pour se remettre de l'échec critique et commercial de cette bouse infâme à laquelle, déjà, l'acteur Christian Clavier était convié. Vous savez, cet acteur qui joue plus vite et plus régulièrement que son ombre et qui rien que ces quinze dernières années est apparu dans une bonne grosse vingtaine de longs-métrage dont beaucoup ont comme point commun d'être des comédies généralement de piètre qualité ! Jamais sans mon psy entre dans la catégorie des films mettant en scène un futur couple dont l'un de ses deux représentants est confronté aux parents du second alors qu'ils ont prochainement prévu de se marier. Dans le genre, on évoquera au moins une dizaine de comédies ayant pour cadre ce même type de personnages. Il n'y a donc dans le scénario d'Arnaud Lemort, rien de très spécifique à attendre si ce ne sont tous les stéréotypes qui se rattachent à un tel événement. Car bien entendu, le film ne fait pas que réunir simplement un homme et sa fiancée chez les parents de celle-ci alors que ceux-ci s'apprêtent à fêter leur anniversaire de mariage. Non. Damien Leroy (Baptiste Lecaplain) espère pouvoir annoncer prochainement à ses futurs beaux-parents son intention d'épouser Alice (Claire Chust), fille de Paloma Béranger (Cristiana Reali) mais aussi et surtout d'Olivier, docteur en psychiatrie incarné par Christian Clavier. Lequel n'est autre que le spécialiste qui depuis cinq ans suit le jeune homme pour ses troubles psychiatriques et ses diverses phobies. Lorsqu'Olivier comprend que le jeune homme qu'aime sa fille Alice est l'un de ses patients parmi les plus ''récalcitrants'', le père de famille va tout entreprendre pour faire exploser leur couple et ainsi se débarrasser de celui qui s'attend à être son futur gendre...


Tous les moyens sont bons. Comme d'accueillir durant le week-end, Stéphane. L'ex-petit ami d'Alice avec laquelle tout deux ne s'étaient pas quittés en bons termes mais dont Olivier espère pouvoir se servir pour que sa fille rompt avec son fiancé. Interprété par l'acteur Rayane Bensetti, Arnaud Lemort l'emploie tout d'abord pour son charme, influant ainsi directement sur le script. Un physique que le réalisateur met à contribution de manière assez inattendue puisqu'il le placera dans un fauteuil roulant. Mais si les Béranger et leurs proches tombent des nues en découvrant que l'ancien petit ami d'Alice est désormais handicapé, le public, lui, sait que le jeune homme a conservé toute son intégrité physique et qu'il ne fait que chercher à apitoyer la fiancée de Damien afin qu'elle retombe dans ses bras. Dénuée de toute originalité, la scène évoque forcément Bienvenue chez les ch'tis de Dany Boon lorsque Kad Merad tentait de son côté d'apitoyer un employé de l'administration avant de se lever par reflex de son fauteuil roulant. On s'attend donc à ce qu'à travers sa nouvelle comédie Arnaud Lemort reproduise la scène et effectivement, c'est ce qui arrive au bout d'un certain temps. Attendue, la séquence tombe malheureusement ici complètement à plat. Le principal soucis de Jamais sans mon psy se situe justement au niveau des gags qui sont tellement téléphonés que le spectateur les envisage bien avant qu'ils se produisent à l'image. Et pourtant, relativement laborieux dans ses premiers instants, il n'est malgré tout pas rare que l'on esquisse un sourire ou que par un fait inexplicable et donc extraordinaire l'on se mette à rire devant certaines séquences. Que cela soit nerveux ou qu'il s'agisse de la résurgences de vieux souvenirs cinéphiliques datant d'une empirique époque où les comédies savaient être drôles, il nous faut malgré tout reconnaître que l'on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer. Les vannes s'enchaînent avec plus ou moins de bonheur. Jamais sans mon psy n'est à vrai dire qu'un nouveau copier/coller de comédies qui chaque année atterrissent en nombre dans les salles de cinéma. Comme en témoigne par exemple la partition musicale assez peu inspirée et surtout interchangeable de Dominique Jonny. Bref, la nouvelle comédie d'Arnaud Lemort se regarde sans véritable indifférence mais risque surtout de s'oublier très rapidement...

 

dimanche 31 mars 2024

Grosse fatigue de Michel Blanc (1994) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Mais qu'est-ce qui arrive à Michel Blanc ? En manque d'inspiration depuis dix ans (le film évoque pourtant le fait que seulement sept année séparent son dernier long-métrage en tant que réalisateur de l'époque où se situe l'action de Grosse fatigue), jeté hors de la boite de nuit tenue par Régine, accusé de viol sur la personne de Josiane Balasko, jeté en prison puis libéré et enfin accueilli dans la splendide résidence secondaire de Carole Bouquet dans le Lubéron, l'acteur et réalisateur semble proche de la dépression. En effet, Michel Blanc ne comprend absolument pas ce qui lui arrive. Et nous non plus d'ailleurs. Jusqu'au jour où on lui annonce qu'il va très prochainement dédicacer les cassettes de ses films au rayon ''Sport et plein air'' à l'hypercontinent d'Orange ! Bien décidé à clarifier toute cette affaire, il se rend en compagnie de Carole Bouquet à la séance de signatures... Le concept de film dans lequel tout ou partie des interprètes jouent leur propre rôle est relativement récurrent. En France, l'un des plus représentatifs du genre demeure Les acteurs que réalisera six ans plus tard le réalisateur et scénariste Bertrand Blier. Concernant le second long-métrage de Michel Blanc, parmi la pléthore d'interprètes, certains incarnent des personnages de fictions, tels Philippe du Janerand, François Morel, Jean-Louis Richard, Bruno Moynot ou encore Bernard Farcy. Des dizaines de rôles secondaires autour desquels beaucoup d'autres comédiens apparaissent sous leur véritable identité : Philippe Noiret, Charlotte Gainsbourg, Mathilda May, Dominique Besnehard, Guillaume Durant mais également, les anciens membres de la troupe du Splendid dont faisait lui-même partie Michel Blanc. C'est donc entouré de Josiane Balasko, de Marie-Anne Chazel, de Thierry Lhermitte, de Christian Clavier et de Dominique Lavanant qu'il partage avec les spectateurs cette histoire absolument loufoque et presque invraisemblable dont il a écrit le scénario aux côtés de Josiane Balasko, de Jacques Audiard et de Bertrand Blier.


Si j'ai volontairement ''oublié'' de citer le nom de Gérard Jugnot, c'est pour mieux évoquer le fait qu'en dehors de sa participation en tant qu'interprète de son propre rôle dans le film, l'intrigue repose à l'origine sur un fait-divers dont il fut lui-même la victime. En effet, durant plusieurs années, un hommes partageant les même caractéristiques physiques que lui a usurpé son identité à des fins commerciales. Un individu du nom de Michel Praz qu'avait approché la star française pour le tournage de Pinot simple flic s'est semble-t-il un peu trop prêté au jeu : l'homme signait des autographes, animait le Tour de France dans les boites de nuit et contribuait à la vente de véhicules d'une concession automobile en promettant aux futurs acheteurs une photo d'eux en sa compagnie. Tout cela contre monnaie sonnante et trébuchante, bien entendu... Au final, Gérard Jugnot lui fera un procès et finira par obtenir gain de cause. Pour en revenir au film, on devine désormais les tenants et les aboutissants de cette histoire rondement menée, bien écrite (on reconnaît bien là la verve de l'auteur de Marche à l'ombre) et relativement bien rythmée. Pour Carole Bouquet, Grosse fatigue est l'occasion de changer de registre et de s'essayer à la comédie. L'ombre de Bertrand Blier plane à plusieurs reprises au dessus du récit. Et notamment lors de la séquence située dans la cellule d'une prison où Michel Blanc va être confronté à trois voyous. Aux côtés de François Aragon et d'Antoine Basler, Arno Chevrier campe un détenu à l'éloquence proche de celle du Gérard Depardieu de Tenue de soirée. Le passage en prison rend d'ailleurs très clairement hommages à certains échanges entre Antoine et Bob, deux des trois protagonistes principaux du long-métrage de Bertrand Blier. Sur le ton de l'absurde, à la limite du cauchemar éveillé, Michel Blanc signe une comédie cynique mais très sympathique qui égratigne quelque peu le métier d'acteur en le dévoilant sous un jour nouveau. Bourré indirectement de références cinématographiques, Grosse fatigue peut être envisagé comme un OFNI du fait qu'une bonne moitié des actrices et acteurs y interprètent leur propre rôle. Ce qui n'empêche absolument pas le film d'être parfois très amusant...


mardi 27 février 2024

Cocorico de Julien Hervé (2024) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 



Cocorico.... Toute le message et la portée philosophico-franchouillarde ne tient qu'à ce seul terme dont le chauvinisme n'a sans doute aucun équivalent sur le territoire français. Il m'est avis que le réalisateur et scénariste Julien Hervé dû un soir d'hiver, projeter au coin d'un feu animé au sein du foyer d'une cheminée multicentenaire, le Plancha d'Eric Lavaine. L’appropriation d'une idée plutôt amusante ainsi effectuée, le bonhomme se retrouva avec sur les bras un début de scénario qui de l'avis de n'importe quel cinéphile ne pouvait constituer l'unique substrat d'une vraie bonne comédie hexagonale. À cela il lui fallait donc travailler sur le matériau de base afin de l'étoffer et, pourquoi pas, offrir en ce mois de février 2024, une œuvre suffisamment riche pour nous faire oublier la quantité hautement toxique de purges qui furent produites l'année dernière. En double Lucky Luke de la farce ''à la française'' tournant plus vite que leur ombre, l'ex membre du Splendid, Christian Clavier et l'ex Inconnu Didier Bourdon s'y battent lors d'un duel verbal que l'on aurait tant aimé à la hauteur de ces quelques classiques de la comédie française regroupant une brochette d'interprètes prêts à se battre à grands coups de dialogues bien sentis. Le concept de test ADN permettant de connaître ses origines est en soit une idée de scénario plutôt séduisante. Surtout lorsqu'elle confronte une famille de français moyens (celle qu'incarnent Didier Bourdon et Sylvie Testud) à un couple d'aristocrates (formé par Christian Clavier et Marianne Denicourt)... Accompagné par l'habituel cortège de clichés, Cocorico commence plutôt bien, les uns et les autres figurant plutôt clairement leur position dans la société. Lors d'une réunion se déroulant dans l'immense et luxueuse demeure des Bouvier-Sauvage (le long-métrage fut tourné au château de Montaigne à Saint-Michel-de-Montaigne en Dordogne), la fille des richissimes viticulteurs (Chloé Coulloud dans le rôle d'Alice) et le fils des Martin (Julien Pestel dans celui de François) annoncent qu'ils vont se marier. Une nouvelle qui n'enthousiasme pas les Bouvier-Sauvage contrairement aux Martin. Le jeune couple en profite pour faire une surprise à leurs parents respectifs : En douce, Alice et François ont récupéré l'ADN de leurs parents, ont fait faire le test dans le laboratoire où travaille la jeune femme et tendent désormais à chacun de leurs parents l'enveloppe à son nom. Comme on s'en doute bien avant avoir posé nos fesses sur les sièges bordeaux de notre salle de cinéma préférée, les résultats vont avoir des effets inattendus sur les membres des deux familles...


Autant le dire tout de suite, Cocorico ne réchauffera le cœur que des fans de comédies françaises estampillées ''années 2000-2010'' qui dans leur grande majorité n'ont d'autre intérêt que de leur faire jeter leur argent par les fenêtres. Six ans après son premier long-métrage Le doudou, le scénariste des volets 2, 3 et 4 des Tuche ou du déplorable Astérix & Obélix: L'Empire du Milieu de Guillaume Canet est à l'image d'un train qui poursuit son chemin sur la même voie ferrée : Habitué à nous livrer des dialogues poussifs, la donne ne change ici absolument pas. Les diverses révélations sont à la hauteur de la déception. La première partie se concentrant très exactement sur les résultats des tests et sur les conséquences en terme de rapports entre les deux familles, il semble que Julien Hervé ne se soit pas donné trop de peine pour trouver les origines permettant de remettre en question les acquis des uns et des autres. En cela, LE sujet central du récit est on ne peut plus défaillant. Et pourtant, oui, le pire reste à venir. Entre une Marianne Denicourt qui fait le poirier afin de reprendre ses esprits, un Christian Clavier qui relance sans cesse le personnage incarné par Didier Bourdon sur ses origines allemandes ou une Sylvie Testud s'accoutrant pathétiquement en descendante de la reine Élisabeth II, Cocorico a presque cinquante ans de retard. Ce que l'on aurait pu prendre pour des railleries émises par les deux ou trois couples du troisième âge qui assistaient à la séance furent d'authentiques rires diffusés dans une salle dramatiquement vide ! Je lançais ça et là quelques regards dépités vers ma compagne qui de son côté semblait avoir abandonné tout espoir de passer du bon temps. J'osais même sortir et allumer mon smartphone en pleine séance dans l'espoir que le plus gros du film était déjà derrière nous... Les acteurs ont beau en faire des tonnes, il n'y aurait eu guère que la distribution à l'entrée de la salle d'un comprimé de Viagra pour rendre l'expérience réellement excitante. Sans être totalement affligeant (projetez-vous Notre tout petit petit mariage de je sais plus qui pour vous en convaincre), Cocorico ne mérite ni le déplacement en salle et encore moins que l'on débourse un peu plus de vingt euros pour assister à sa projection...

 

samedi 9 décembre 2023

La soif de l'or de Gérard Oury (1993) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Il me semble, mais je peux me tromper, que c'est à peu près à cette époque que Christian Clavier à finit par devenir pratiquement aussi irritant à voir sur un écran de cinéma que de prendre à pleines mains une poignée d'orties. Il paraîtrait en effet que le contact de Jean-Marie Poiré qui avant cela avait débauché l'acteur sur la quasi totalité de ses longs-métrages l'ait transformé en hydre à deux têtes. L'une posée et magistrale (Mes meilleurs copains). Et l'autre, plus farfelue, en mode ''électron libre'' ! Comme dans le pourtant cultissime Les visiteurs (le deux ayant été en partie massacré par la ''désastreuse prestation'' de Muriel ''j'passe mon temps à chialer sur les plateaux de télé'' Robin et le trois étant d'une inutilité absolue) ou le navrant Les anges gardiens. À la suite des Visiteurs dont il partagea la vedette auprès de Jean, Reno, l'excellente Valérie Lemercier, Marie-Anne Chazel (avec laquelle il vécu plus de trente ans et qu'il retrouvera l'année suivante dans le pathétique La vengeance d'une blonde de Jeannot Szwarc) et Christian Bujeau, Christian Clavier rencontre le réalisateur et scénariste Gérard Oury qui, sans doute à l'agonie de ne pas avoir su remplacer l'immense Louis de Funès, lui propose de jouer dans sa nouvelle comédie, La soif de l'or. Antépénultième long-métrage de l'auteur du Corniaud, des Aventures de Rabbi Jacob ou de La carapate et du coup du parapluie (tout deux interprétés par Pierre Richard), le cinéaste est désormais plus proche de ce qu'il a pour habitude de produire depuis quelques années que des trésors dont il fut l'un des principaux artisans dans les années soixante, soixante-dix et même au début des années quatre-vingt. Louis de Funès étant maintenant mort depuis dix ans, Gérard Oury semble n'avoir eu de cesse de trouver son remplaçant. À presque vingt années d'intervalle avec La folie des grandeurs, La soif de l'or semble tout d'abord avoir été taillé pour feu Monsieur le plus acariâtre des acteurs comiques ! Remplacé par l'un des interprètes les plus populaires de notre pays, le roi de la mauvaise foi aurait sans nul autre pareil fait illusion. D'ailleurs, si l'on se pose un instant après avoir terminé la projection de La soif de l'or, on peut se demander quel aurait été notre avis sur cette comédie si elle avait été mise en scène non plus en 1993 mais vingt ou trente ans plus tôt. À l'époque où justement, Louis de Funès était le roi de la comédie et où n'importe laquelle d'entre elles pouvait passer au mieux pour excellente et au pire pour divertissante du moment qu'il apparaissait à l'écran.


Car c'est peut-être bien là le soucis principal de La soif de l'or qui souffre en ce début/milieu des années quatre-vingt dix de sortir avec de nombreuses années de retard. Mais ce qui semble devoir revenir à dire que les comédies de Louis de Funès ne passeraient pas si elles devaient sortir de nos jours dans les salles obscures est un autre problème sur lequel nous pourrons un autre jour nous pencher. Dix-huit ans après C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule ! de Jacques Besnard (excellente comédie malgré son titre très... ''franchouillard''), Christian Clavier retrouve l'actrice et ex professeur d'art dramatique française Tsilla Chelton. En effet, en 1975, l'apparition très furtive de l'acteur dans les toilettes public de la gare de l'Est fut l'occasion de le voir croiser Tsilla Chelton alors dans le rôle d'une savoureuse Dame Pipi prénommée Rose ! Désormais, ils incarnent un duo de personnalités avares, mesquines et radines. Lui interprète Urbain Donnadieu et elle sa grand-mère Zezette (rien à voir avec celle du Père Noël est une ordure de Jean-Marie Poiré, bien évidemment). Dans La soif de l'or tous deux tentent de passer la frontière suisse avec, planqués dans les briques d'une maison-témoin, mille lingots d'or. Une fortune que ne veut surtout pas partager Urbain avec son épouse Fleurette (Catherine Jacob) avec laquelle il est en instance de divorce. Celle-ci fréquente en outre Jacques (Philippe Khorsand), l'ami et l'employé d'Urbain qui ne sait pas encore que ces deux là ont l'intention de faire leur vie ensemble. Déterminés à mettre la main sur la fortune d'Urbain, Florette et Jacques vont suivre le neveu et sa grand-mère jusqu'à la frontière suisse où le comte Muller (Bernard Haller) attend ses deux clients pour une transaction. La soif de l'or parcours les routes de France et multiplie les séquences humoristiques et autres cascades. Pour une comédie qui serait sortie vingt ou trente ans plus tôt, sans doute l'avant-avant dernier long-métrage de Gérard Oury aurait-il pu faire illusion mais en 1993, non, vraiment pas. Surtout que cette même année est justement sorti quelques mois auparavant Les visiteurs. Pour un budget équivalent à l'époque à un peu plus de sept millions et cinq-cent mille euros, La Soif de l'or aura attiré sur le seul sol français, assez de spectateurs pour rembourser son financement. Pas de quoi s'emballer malgré tout. Reste que voir Tsilla Chelton (Tatie Danielle d’Étienne Chatiliez) tirer la tronche reste un pur moment de plaisir...

 

dimanche 30 octobre 2022

Irréductible de Jérôme Commandeur (2022) - ★★★★★★★☆☆☆




La semaine du 29 juin, pendant que je trimais à ''l'usine à trier les factures et autres courriers plus ou moins prioritaires'' à l'attention de mes concitoyens, ma compagne se payait une tranche de rire en salle obscure. Sans moi !!! Et pour une fois qu'une comédie française avait l'air franchement drôle, il a fallut que mon métier nous sépare. Heureusement, il est des méthodes qui n'ont rien de miraculeux mais qui demandent cependant un effort financier pour pouvoir longtemps après profiter du spectacle sans bouger de chez soi. Renoncer à quelques deniers paraît de moins en moins compliqué. Les services de VOD, Streaming et autres joyeusetés se multipliant au grès des envies. À la question ''trouvez-vous Jérôme Commandeur drôle et sympathique ?'', j'imagine que ceux qui répondront par la négative ne se bousculeront pas au portillon. Car quoi que l'on pense de ses spectacles ou des rôles qu'il a interprété jusqu'ici sur grand et petit écran, cet humoriste, acteur ET réalisateur possède un sacré capital sympathie. Six ans après avoir réalisé le plaisant Ma famille t'adore déjà ! en collaboration avec Alan Corno, Jérôme Commandeur est revenu cette année avec Irréductible. Long-métrage qui sous son nom de bande-dessinée adaptée au cinéma (ce qu'il n'est évidemment pas) est en fait le remake hexagonal de la comédie italienne Quo Vado ? réalisée en 2016 par Gennaro Nunziante. Une œuvre que l'humoriste, acteur et réalisateur s'approprie ici entièrement puisque Irréductible bénéficie de la touche ''Jérôme Commandeur''. Tout ce qui caractérise ce personnage haut en couleur qui débuta sa carrière sur scène en 1997 s'exprime effectivement dans cette comédie légère et situant son action entre l’Équateur, le Pôle Nord, la Suède et... la banlieue parisienne (bien que tourné dans l'hexagone ainsi qu'à La Réunion)...


Vincent Peltier a la Fonction Publique dans la peau. Comme son père avant lui. Ses beaux-parents y sont très attachés. Au cas échéant, Vincent aurait pu être cireur de pompes vu avec quelle application il cire celles de sa belle-mère qu'interprète l'actrice Eva Darlan. L'aventure de ce fonctionnaire traqué par l’inspectrice du ministère de la Fonction Publique Isabelle Bailliencourt qui tente de lui faire signer sa démission contre un chèque de quelques dizaines de milliers d'euros débute en pleine cambrousse. À bord d'un taxi conduit par le toujours désopilant Estéban, Vincent est kidnappé par une dangereuse tribu dont le chef du village, Coca (l'acteur au regard hypnotisant Jean-Louis Loca) exige du jeune homme qu'il lui raconte sa vie afin de savoir s'il mérite ou non d'être épargné ou brûlé vif dans un bûcher. Commence alors un retour en arrière, de la petite enfance de Vincent jusqu'à ses tribulations à travers le globe ! Sous ses allures de comédie légère, Irréductible n'en est pas moins riche en événements conduits par toute une tripotées de seconds rôles parmi lesquels nous retrouvons Lætitia Dosch dans la peau de la suédoise Eva, Christian Clavier dans le rôle du responsable du syndicat des cheminots Michel Gougnat, Gérard Darmon dans le costume étriqué du ministre de la Fonction Publique Roselyn Bacheron (inutile de préciser d'où provient la référence) ainsi que quelques personnages généreusement offerts à Valérie Lemercier, Malik Bentahla, Gérard Depardieu (pour une séquence émouvante où il évoquera comme personne son amour de la France) ou encore l'éternel Michel Crémadès...


Si le principe peut sembler parfois rédhibitoire, ici, le fait que Jérôme Commandeur fasse du Jérôme Commandeur est un atout que ne dénigreront que ceux qui n'apprécient pas particulièrement son style. Pour les autres, le pari est gagné. Lui que l'on retrouvera quelques mois plus tard dans l'excellente suite de Barbecue intitulée Plancha (Non, non, ça n'est pas une plaisanterie) réussi le pari de signer le remake d'une comédie italienne en lui donnant un ton qui lui est propre. Celui qu'imprime en général l'acteur et humoriste où qu'il intervienne. Si Irréductible ne révolutionne évidemment pas le genre, il s'y passe tant de choses que même les plus réfractaires à l'humour de la star trouveront de quoi se sustenter. N'écoutez par les ignares qui osent le comparer aux Chevaliers du Fiel (et leur infâme doublé Les Municipaux, ces héros/Les Municipaux, trop c'est trop). Car si le second long-métrage de Jérôme Commandeur en tant que réalisateur et principal interprète n'est pas toujours irrésistiblement drôle, au regard de la production annuelle française en matière de comédies françaises, il est encore parmi ceux qui s'en sont très honnêtement sortis cette année 2022...


jeudi 21 avril 2022

Qu'est-ce qu'on a tous fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Dans un univers parallèle, une idiocratie vers laquelle semblent d'ailleurs se diriger nos générations futures, il y a de fortes chances pour que le troisième opus de la franchise Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? fasse partie de la sélection officielle de l'année 2022. Il y a même, pourquoi pas, des raisons de croire qu'il pourrait remporter le Grand Prix, le Prix du Jury, Les Prix d'interprétation masculine et féminine, celui de la Mise en scène, du Scénario et, allons jusqu'au bout, la tant enviée Palme d'Or. Oui mais voilà... Nous ne vivons pas dans ce monde là mais dans celui qui dans quelques jours va couronner au titre de président(e) de la République, une femme ou un homme qui aura été majoritairement élu par dépit. Ce soir, certains ont choisi de les regarder tous les deux s'écharper à grands coups de vocables plus ou moins bien sentis durant plus de deux heures et trente minutes. D'autres auront sans doute préféré voir vingt-deux multi-millionnaires en short et baskets à crampons courir après un ballon sur une pelouse, se tacler, s'engueuler ou mieux, se taper sur la gueule pour le plaisir des fans de ''foutreball''. En tant que cinéphage, j'ai choisi de m'évader un peu, loin de ces sujets dont certaines chaînes martèlent leurs programmes. Racisme, communautarisme, immigration... en choisissant pourtant, tel un serpent se mordant la queue, d'aller voir Qu'est-ce qu'on a tous fait au Bon Dieu ? Qui est donc le troisième volet de la trilogie comique de Philippe de Chauveron, l'un des chantres de la comédie populaire comme la conçoivent désormais certains. Ou Sociologie du pauvre comme l'on pourrait la définir. De celles qui se servent de certains thèmes très à la mode pour nous faire croire qu'elle abordent leur sujet sous un angle osé, trash, voire irrévérencieux. Forcément, la chose se doit d'être caricaturale. Reprenant la recette des deux premiers épisodes, ce troisième volet est la partie visible d'une saga gigogne qui ne fait qu'ajouter à chaque nouvelle apparition du couple Verneuil (Chantal Lauby et Christian Clavier) et de leur foisonnante famille Benetton, des personnages en plus. Des ''immigrés'' temporaires originaires du Maghreb, de Chine, d’Israël ou d'Afrique Noire venus fêter les quarante ans de mariage d'un couple dont l'époux ressemble de plus en plus à l'un des plus célèbres borgnes du vingtième siècle. Non, je ne parle pas de Peter ''Columbo'' Falk mais bien de Jean-Marie Le Pen dont la fille va peut-être bientôt nous gouverner...


 

Il ne faudra pas avoir honte de reconnaître les quelques rires qui dans la salle auront propagé devant, derrière et sur les côtés, un virus donnant lieu à des hoquets de satisfaction de la part même du spectateur le plus enclin à vomir le concept. De la comédie rabâchée à en avoir des maux de tête et des crampes d'estomac. Imaginez : un couple, leur quatre filles et leurs conjoints ainsi que les parents de ces derniers. Additionnez le tout, offrez à chacun sa part de répliques et il y a bien un moment où, comme un sphincter se relâchant sous la pression d'un gaz, un rire vous échappera. Le visage figé au point de m'être demandé si je n'avais pas été victime d'une paralysie faciale due à un arrêt vasculaire cérébral durant les premières minutes de projection, celui-ci s'est pourtant peu à peu décontracté. Comme une éructation libérée de son entrave labiale après que l'on se soit assuré qu'il n'y avait personne alentour. On retrouve les interprètes de toujours. Le français de ''souche'', blanc et forcément xénophobe (Christian Clavier, donc), le noir fulminant tel un buffle dans la savane (Pascal Nzonzi), le chinois que l'on sent prêt à dégainer les poings tel un Bruce Lee de Prisunic (Bing Yin), l'arabe qui, ironie du sort, est moins caricatural que prévu puisque amateur exclusif de rock (Abbes Zahmani), mais aussi le juif, radin comme de bien entendu (Daniel Russo). Et puis les couples Ary Abittan/Alice David, Medi Sadoun/Frédérique Bel, Noom Diawara/Élodie Fontan et Frédéric Chau/Émilie Caen. L'ensemble sent quant même bien le réchauffé et même cette odeur rance que sentent les vieux vêtements humides trop longtemps enfermés dans les tiroirs. Il y a d'ailleurs dans les salles, un détail particulièrement significatif : le fait que le public le plus réactif aux gags soient justement les personnes du troisième âge ! Et dire qu'un quatrième volet est envisagé en cas d'excellentes recettes ; Alors, ne faites pas comme moi. Défendez le cinéma, le vrai, en n'allant surtout pas voir celui-ci. Vous économiserez ainsi votre argent pour, je ne sais pas moi, par exemple le prochain Quentin Dupieux...



dimanche 25 juillet 2021

Kaamelott – Premier volet d'Alexandre Astier (2021) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

 

La série Kaamelott, c'est un peu comme Game of Thrones, Casa del papel ou Gomorra. À force de m'entendre dire que c'était culte, mortellement drôle et addictif, j'ai surpassé mon appréhension. De celle qui m'a fait abandonner Game of Thrones après seulement les quatre premiers épisodes. De celle qui fait des deux autres séries de vagues idées de projections futures... sans le moindre enthousiasme ni pourtant la moindre envie d'y perdre du temps. J'ai donc opté pour quelques épisodes avant de rapidement déchanter. Non pas que je sois réfractaire à l'univers d'Alexandre Astier puisque j'ai littéralement bu ses paroles durant son excellente Exoconférence même si je n'y ai pas tout compris et ait notamment apprécié Astérix : Le Domaine des dieux qu'il a co-réalisé en compagnie de Louis Clichy. C'est juste que Kaamelott, ça n'est pas fait pour moi. Il peut y avoir plusieurs hypothèses concernant le rejet dont peut faire preuve une partie d'un public qui, concernant cette série, m'a toujours semblé infinitésimale. Jamais réfractaire à l'humour français malgré des dizaines de déceptions, il fallait pourtant que je sois stupide, atteint d'insolation ou de sénilité pour que j'accepte de m'enfermer dans une salle de cinéma tandis qu'au dehors il faisait si beau. Pourquoi ? Pour suer des gouttes grosses comme le pouce, affublé d'un masque s'effilochant, mes lèvres goûtant alors des fibres aussi peu ragoutantes que les poils de plusieurs culs ! Et étrangers, comme cela va s'en dire. Le pire de tout, je crois, est de se retrouver dans une salle obscure avec autour de soi des dizaines de fans de la première heure. Qui ne sont en réalité pas vraiment venus assister à une version 2.0 cinématographique de leur série culte sur grand écran mais plutôt venus collaborer à une sorte de grand messe... limite sectaire ! Cette première aventure cinématographique d'une future trilogie a beau s'intituler Kaamelott – Premier volet, le novice aura surtout l'impression d'avoir loupé quelques séquences importantes de la série télévisée.


On retrouve fort logiquement les interprètes de la série originale, parmi lesquels Thomas Cousseau, Anne Girouard, Lionnel Astier (le papa d'Alexandre Astier qui joua notamment dans Le vent des moissons et Orages d'étés de Jean Sagols en 1988 et 1989), Joëlle Sevilla, Jean-Christophe Hembert, Franck Pitiot, Jacques Chambon, suivis par un nombre important de guests parmi lesquelles, Clovis Cornillac qui à l'époque de la série avait le vent en poupe sur grand écran, Christian Clavier, qui nous ''offre'' une énième alternative au personnage de Jacquouille des Visiteurs de Jean-Marie Poiré, le toujours excellent Alain Chabat dont le personnage du Duc d'Aquitaine est ici sous-exploité ou encore Guillaume Gallienne qui incarne un Alzagar qui en comparaison de pas mal de personnages demeure encore l'un des plus intéressants. Après deux heures de projection, j'me dis que les moins fans des fans n'ont peut-être pas davantage que moi résisté à l'avalanche de dialogues qu'assène le long-métrage. Encore aurait-il fallut que ceux-ci tiennent la distance car après quelques lignes fort évocatrices (on pense notamment parfois à ceux de l'immense Michel Audiard), le plus difficile est d'être capable de tenir la distance. Et en l'occurrence, ici, la durée. Assommé, épuisé, éreinté par ce perpétuel et très bavard ping-pong de dialogues, à peiné maintenu en éveil par les rarissimes rires du public (un signe qui ne trompe pas sur les qualités humoristiques du long-métrage), le long-métrage d'Alexandre Astier et l'aventure de ses personnages ne m'ont jamais intéressé. S'il fallait comparer Kaamelott – Premier volet à un autre titre du même ''acabit'', ça n'est certes pas du côté des Monty Python qu'on irait fouiller mais plutôt chez Jean-Marie Poiré et le quatrième et hypothétique volet des Visiteurs (les décors et les costumes sont d'ailleurs semblables à ceux dans lesquels sont transportés Jean Reno et Christian Clavier à l'époque de Louis VI dit le Gros) dans lequel le réalisateur nous conterait enfin un récit situé voilà mille ans en arrière et que les sains d'esprits que nous sommes ne sont pas pressés de découvrir... Parole de non-fan. Aux aficionados de se faire, maintenant, leur propre opinion...

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