C'est long, très long,
tellement long... Et surtout, c'est pénible, vraiment pénible,
tellement pénible que l'on pourrait croire que cette purge, cette
infamie, ce cancer que l'on dit être une comédie aurait tout aussi
bien pu être l’œuvre d'une Michèle Laroque ou d'un David
Charhon. Imaginons d'ailleurs durant un court instant que ces deux là
décident un jour de mettre en scène ensemble un prochain film en
commun, hum ? Ouais, je sais, rien que d'y penser, ça donne le
tournis. Mais en attendant, le scénariste et réalisateur français
Julien Hervé n'a eu besoin de personne pour signer le nouveau grand
navet de cette décennie et des années 2000-2020 en totale perdition
sur le territoire hexagonal. Des pseudo-comédies qui semblent
surtout faire l'étalage d'un pognon monstre dont les propriétaires
paraissent se ficher du devenir puisque tout comme pour le film dont
il s'agit ici de faire la critique sans s'énerver, il est des œuvres
ayant coûté des millions dont la valeur artistique reste encore à
évaluer ! Déjà, pourquoi réaliser la suite d'un film
relativement mauvais ? Sans doute parce que Cocorico
est rentré dans ses frais en rapportant un peu moins de quinze
millions d'euros pour un budget de dix. Rien de mirobolant et
pourtant, les sociétés de production
SND et
White and Yellow Films
ont décidé de faire à nouveau confiance à Julien Hervé qui pour
la seconde fois s'est chargé lui-même de l'écriture et de la
réalisation de sa nouvelle comédie. On prend les mêmes et on
recommence. Mais alors que Cocorico
était encore ''regardable'' malgré un concept sympathique très mal
exploité, sa suite parvient à être encore moins bonne que
l'original. Une pâle copie d'une mauvaise comédie, au mieux, ça
peut donner une franchouillardise acceptable. Mais là, même pas. Au
point qu'il nous semble régulièrement être pris pour des légumes
ingérant le même plat à chaque repas. De la direction artistique
de Simon Blanjoie aux décors de Laure Lepelley-Monbillard en passant
par l'indigente musique de Matei Bratescot qui revient pour la
seconde fois nous assommer avec des compositions qui puent
l'Intelligence Artificielle même s'il y a bien un compositeur
derrière elle, Cocorico 2
a de grandes chances en fin d'année de finir au sommet des flops 10
catégorie ''Comédies
Françaises'' !
Évidemment,
on n'attend plus rien de Didier Bourdon et de Christian Clavier qui
font une fois encore là où on leur demande. Cachetonnant dans des
comédie faisandées depuis maintenant une bonne dizaine d'années.
Poussant malgré tout des spectateurs assez stupides pour leur
accorder encore et encore leur confiance à aller dépenser une
dizaine d'euros chaque fois qu'ils passent au cinéma. Si Cocorico
2
est consternant, ça n'est pas simplement parce qu'il nous présente
deux vieillissantes vedettes du cinéma français dans les
inconfortables rôles de septuagénaires incapables de remettre en
question leur ostracisme culturel, social et racial ni même parce
que Julien Hervé pille le fond de commerce de Philippe de Chauveron
(réalisateur de la trilogie Qu'est-ce qu'on a
fait au Bon Dieu
et de à bras ouverts)
et encore moins parce qu'il semble espérer que les spectateurs sont
assez stupides pour se laisser avoir une seconde fois (la suite
n'attirera d'ailleurs qu'environ six-cent soixante milles d'entre
eux, soit, un million et trois-cent mille de moins que pour le
premier volet) mais bien parce que c'est mauvais ! Face à
Didier Bourdon dont la qualité de comédien s'est depuis très
longtemps faite la malle, Christian Clavier semble avoir
définitivement abandonné l'idée de jouer pour laisser la place à
son ''double'' Jacques-Henri Jacquart de la saga Les
visiteurs.
Nos deux interprètes ont donc abandonné toute ambition. Tout comme
la pauvre Sylvie Testud qui est venue se perdre dans deux comédies
d'une rare indigence bien longtemps après nous avoir notamment
offert une superbe performance dans le formidable Les
Blessures assassines de
Jean-Pierre Denis au tout début du siècle. On ne citera pas le
reste du casting qui de toute manière se partage la partie congrue
d'un script rachitique, mal écrit et d'un récit qui accumule tant
de fautes de goût en matière de dialogues que le malaise finit par
s'imposer face à des interprètes qui rament à contre-courant.
Bref, un désastre !



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