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vendredi 14 août 2026

Blaxploitation: The Black Panther de Lee Frost (1975) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Nous avons, en France, en terme de comédie franchouillarde, le très précieux Le Führer en folie de Philippe Clair. Et quel que soit ses qualités qui, soyons honnêtes sont extrêmement limitées, nous ne sommes pas prêts de renier cet OVNI qui même au sein d'une très foisonnante catégorie demeure l'un des points d'orgue du nanar à la française ! Et bien, chez l'Oncle Tom, ils ont The Black Gestapo. Pas tout à fait le même genre de film mais pourtant, une œuvre qui profite allégrement d'une période sombre de notre histoire pour orner ses différentes affiches d'un titre on ne peut plus racoleur... Pourtant, lorsque l'on parle racolage, certains spécialistes sont capables de pire encore. Et le pire, ici, n'est pas tant ce titre très explicite mais bien celui que certains distributeurs hexagonaux s'amusèrent à coller au long-métrage de Lee Frost, cet éminent pourvoyeur d'érotisme léger, de Blaxploitation et même d'un inénarrable et cultissime The Thing with Two Heads (La chose à deux têtes) en 1972 dans lequel la tête d'un chirurgien blanc négrophobe était greffée à côté de celle d'un homme de couleur ! Dans notre si beau pays, The Black Gestapo vit donc le jour sous le titre encore plus explicite de Black Nazi !!! Édité chez Ciné Budget dont la vidéothèque ne fut apparemment constituée que d'un peu moins de trente longs-métrages, le film ne fait pourtant référence aux partisans du Parti national-socialiste des travailleurs allemands ou à la police politique de l'Allemagne nazie qu'à travers les uniformes que certains officiers d'une petite ''armée'' de soldats afro-américains porteront sur le dos une fois bien établi ce groupe chargé de combattre le mal qui s'est emparé des quartiers pauvres où vit la communauté afro-américaine... A la tête d'une organisation qui pour l'instant s'avère pacifique, l'on trouve le Général Ahmed (Rod Perry). Trop mou et donc pas assez entreprenant aux yeux de son principal collaborateur le Colonel Kojah (Charles Robinson), ce dernier demande à son supérieur l'autorisation d'entraîner six hommes afin de partir à la chasse des criminels blancs qui s'en prennent aux habitants de la ville. Blancs, oui, car comme très souvent dans ce genre de films qui dans les années soixante-dix appartenaient à la catégorie Blaxploitation, The Black Gestapo fait tout d'abord porter le chapeau de la criminalité et donc de la corruption à l'homme blanc...


Le noir passant ainsi pour le gentil de l'histoire. Pourtant, Lee Frost n'est pas homme à se laisser aller à la démagogie puisque tout comme dans The Thing with Two Heads où Jack Moss (l'acteur Rosey Grier) demeurait un criminel condamné à mort, le pouvoir mis entre les mains du Colonel Kojah va très rapidement lui monter à la tête. Après avoir filmé le nettoyage de la ville d'authentiques crapules dont un certain Vito (Phil Hoover) en principal homme de main de Vincent joué par Lee Frost, le réalisateur a cependant ici l'honnêteté de reconnaître que la ''crapulerie'' n'est pas le signe distinctif exclusif de l'homme blanc puisque très vite, Le Colonel et ses hommes vont carrément prendre la place de ceux qu'il traquèrent afin de récolter l'argent que les commerçants et autres prostituées concédaient à la mafia locale. Une mafia qui a donc changé de couleur. The Black Gestapo mêle Vigilante, action et thriller pour un résultat en réalité plutôt médiocre. Une œuvre qui éveille la conscience d'un homme qui vouait jusque là sa vie au bien de sa communauté mais qui devant la trahison et la corruption d'une partie de ses hommes est désormais décidé à prendre les armes pour rétablir l'ordre. The Black Gestapo vaut surtout chez nous pour son doublage en français, authentiquement nanardesque, où les insultes pleuvent, telles ''Sale nègre'', ''Enculé'', ''Fils de pute'' et autres joyeusetés. De jolies actrices de couleurs confondues qui ne rechignent jamais à ôter le haut pour livrer aux lubriques spectateurs de très appétissantes poitrines pour ceux qui apprécient les ''modèles'' de tailles raisonnables (on n'est pas ici chez le macromastophile Russ Meyer). Plutôt redondant, plus ou moins bien interprété selon l'acteur ou l'actrice, le contenu de The Black Gestapo n'est pas aussi impertinent que voudrait le laisser croire le titre. Et si même Le Colonel Kojah et ses hommes arborent les uniformes associés à la SS, à aucun moment le film n'évoque les nazis ou la Gestapo. Bref, ça se regarde, surtout pour les amateurs de Blaxploitation qui voudraient parfaire leur éducation en la matière. Pour les autres, le long-métrage de Lee Frost apparaît comme une œuvre mineure dans cette catégorie et celle des Vigilante...

 

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